Le Technologiste : ou Archives des progrès de l'industrie française et étrangère
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- TECHN0L0G1STE
- TOME XI. — ONZIÈME ANNÉE.
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- PARIS. — IMPRIMÉ PAR E. THUNOT ET Cm, Successeurs de Fain et Thunot, rue Racine, 26, près de l’Odéon.
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- TECHNOLOGISTE
- OU ARCHIVES DES PROGRES
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- L’INDUSTRIE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE,
- OUVRAGE UTILE
- AUX MANUFACTURIERS, AUX FABRICANTS, AUX CHEFS D’ATELIER, AUX INGÉNIEURS, AUX
- AUX ARTISTES, AUX OUVRIERS, y/v\k
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- Et à toutes les personnes qui s’occupent d’Arts industriels,
- Rédigé
- PAR UNE SOCIÉTÉ DE SAVANTS, DE PRATICIENS, D’INDUSTRIEL!
- ET PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION BB
- M. F. MALEPEYRE.
- TOME XI.-ONZIÈME ANNÉE.
- PARIS.
- A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET,
- RUE HAUTEFEUILLE, N° 12.
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- LE TECHNOLOGIE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Per fectionnements dans la fabrication des métaux et des alliages et dans le traitement des matières métalliques avec diverses substances.
- Par MM. A. et H. Pakkks , de Birmingham.
- Les perfectionnements que nous proposons portent sur les points suivants :
- 1° Calcination des carbonates ou des composés oxidés de cuivre à l’aide d’un grillage, soit seuls dans un fourneau de grillage, ainsi qu’on le pratique communément dans la calcination des minerais sulfures de cuivre , soit en les faisant griller en combinaison avec un acide ou un alcali ou leurs sels , ou bien encore avec le sulfate de fer ou autre sulfate . excepté celui de cuivre , afin d’en éliminer certaines impuretés et faciliter l’opération ultérieure de la fusion ou de la réduction du cuivre.
- Ce qu’il y a de mieux à faire est de réduire ces composés en poudre ou de les amener à un haut degré de division avant d'opérer sur eux par l’un ou l’autre des moyens indiqués. On peut eu chasser quelques impuretés en les calcinant sans addition d une autre matière quelconque ; mais lorsque cette impureté consiste en argile ou en antimoine , il est préférable de faire usage de chlorhydrate d’ammoniaque , dans la proportion à peu près de l’arsenic ou de l’antimoine que l’analyse aura Le Technologiite. T. XI. — Octobre 1849.
- fait découvrir dans le composé. Ou bien on se sert de chloride de barium ou de calcium , ou de quelque autre chloride dans la proportion d une partie à une partie et demie de l’arsenic ou de l’antimoine qu’on a trouvé dans le composé. Nous pensons qu’il est avantageux, avant d’enlever du fourneau , d’élever la chaleur vers la fin de l’opération de manière à fondre les matières, mais pas assez pour réduire le cuivre à l’état métallique.
- On introduit donc les composés de cuivre dans le four à calcination, et on ajoute ces agents de purification , mélangés à leur propre poids, de matières charbonneuses, en agitant de temps en temps avec le râble pendant toute la durée de l’opération qui se prolonge de trois à cinq heures, au bout desquelles on enlève généralement pour porter au fourneau de fusion, en réduisant le métal par l’un des procédés ci-dessous indiqués. Mais si, par suite de l’analyse indiquée précédemment, on avait reconnu qu’il existe une grande quantité d’impuretés, on plongerait les produits calcinés ou fondus dans l’eau pour faciliter l’élimination de celles-ci.
- 2° Quand on veut obtenir du cuivre avec un composé carbonatè ou oxidé de ce métal, ne contenant pas plus de 10 à 15 pour 100 de métal, on convertit ce composé en sulfure , afin de séparer plus aisément les matières terreuses du régule produit par cette opération, A cet effet, on emploie le
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- soufre seul ou les sulfures «le plomb, de zinc ou de fer, ou autres composés sulfurés , excepté ceux de cuivre. Quand on fait usage du soufre seul, on en emploie environ un tiers de la quantité de cuivre contenue dans le composé , et si l’on se sert d’un composé de soufre on dose ces composés, suivant la proportion dans laquelle ils fourniront l’équivalent en soufre pour convertir le cuivre en sulfure.
- Le four à réverbère , ordinairement en usage , suffit à cette opération ; mais il est préférable d’employer un fourneau à courant d’air forcé , construit sur le modèle de ceux dont on se sert communément pour fondre le 1er, et dont les dimensions sont seulement plus petites. De cette manière, l’opération marche avec plus de rapidité , et c’est sur le sulfure produit ainsi qu’on opère ensuite à la manière ordinaire pour obtenir le métal , ou de préférence par la méthode indiquée l’an dernier par M. A. Parkes pour réduire les composés sulfurés de cuivre ( V. le Techno-logiste, 10e année, p. 293).
- Lorsqu’il s’agit d’obtenir du cuivre décomposés, carbonateset oxides.contenant 20 pour 100 et plus de métal, on fait fondre avec ceux-ci du soufre ou un composé de soufre, en proportion telle que le soufre ajouté suffise pour désoxider le composé de cuivre et permettre au métal de se séparer (on ajoute un flux dans le cas où les composés dans ce minerai ou dans des minerais plus pauvres sont d’une fusion diffici le), et on met le tout en fusion dans un four à réverbère pendant 5 à 6 heures , en enlevant de temps à autre les scories. Ce temps suffit généralement pour terminer l’opération.
- Aux composés oxidés de cuivre qui renferment 20 pour 100 et au delà de ce métal, on ajoute un cinquième en poids de soufre au métal dans le composé ou la quantité de sulfure ou de sulfate qui fournit cette proportion de soufre. Les composés auxquels on doit donner la préférence sont les sulfures de cuivre, de fer, de plomb ou de zinc, ou les sulfates de ces métaux ; mais quand on se sert des sulfates, on y ajoute une égale quantité de fer.
- Si on ajoute plus de soufre qu’il n’en faut pour la désoxidation des composés de cuivre , une portion du métal reste combinée avec le soufre sous la forme de sulfure, et a besoin d'être traitée comme telle ou employée dans un chargement subséquent. D’un autre côté, si on emploie moins de soufre que celui équivalent , tout le métal contenu dans le
- carbonate ou le composé oxidé ne sera pas décomposé , mais restera dans les scories, chose qu’il faut éviter.
- Dans ces opérations, nous sommes dans l’habitude , pour bâter le travail, d’introduire avec pression des courants de vapeur d’eau, d’air ou de quelque autre vapeur ou gaz sur la surface de la masse en fusion , en employant un appareil approprié à cet objet.
- L’effet de l’introduction de la vapeur d’eau , soit seule , soit mélangée à l’air ou à quelque autre vapeur ou gaz, a cela d’avantageux qu’il permet de recueillir le soufre expulsé pendant le cours des opérations. On introduit la vapeur d’eau dans la partie postérieure près du carneau du fourneau en chassant les courants d’air et de vapeur sur la surface du métal en fusion.
- Nous ferons remarquer à cette occasion qu’on a déjà recommandé l’emploi de la vapeur d’eau dans les carneaux des fourneaux à fondre le cuivre, afin d’obtenir un tirage plus énergique , de condenser les vapeurs sulfureuses, puis de les recueillir ensuite sous la forme d’acide sulfurique ou d’acide sulfureux ; mais l'introduction de la vapeur d’eau que nous proposons consiste à la mettre à une haute température en contact avec des vapeurs d’acide sulfureux , et c’est pour cela que nous conseillons de l’introduire, soit sur la surface de la masse en fusion dans le fourneau lui -même , soit de la faire arriver sur les vapeurs acides {tendant qu’elles traversent le [tout, c’est-à-dire avant que ces vapeurs se soient dépouillées d’une partie notable de la chaleur quelles ont acquises dans le fourneau. Dans ce? circonstances , il se forme du gaz hydrogène sulfuré qui décompose les vapeurs sulfureuses, met en liberté le soufre dont la majeure partie est recueillie dans son passage à travers les cheminées extérieures.
- 3° Un autre mode de procéder, lorsqu’on opère sur des carbonates ou des oxides de plomb, consiste à ajouter une partie de sulfure de plomb à deux parties de carbonates ou d’oxides , et à faire fondre dans un four à réverbère. Ou obtient ainsi le métal contenu dans ces deux composés. Si les minerais renferment beaucoup de matières terreuses, on ajoute de la chaux ou quelque autre flux et une matière charbonneuse.
- 4° Quand on opère sur les carbonates ou composés oxidés de cuivre, on peut se servir des stéarates et des oléa-les, des gommes, des résines et de matières grasses comme agents de réduction du métal dans ces composés,
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- Nous employons res substances dans la proportion de 10 à 15 pour 100 de l’une d’elles du cuivre contenu dans le composé ( et dans le cas où les composés sont d’une fusion difficile , nous ajoutons un flux pour augmenter leur fusibilité), puis nous mettons en fusion dans un four à réverbère pendant environ cinq heures, comme on l’a dit ci-dessus.
- Les stéarates et les oléates les plus propres à cette opération sont ceux de chaux, de baryte et de soude. Nous avons remarqué que les gommes, les résines et les matières grasses réussissent généralement, et nous recommandons pour cet objet celles qu’on pourra se procurer à bon marché dans la localité.
- 5° On peut, quand on opère sur les carbonates ou ies composés oxides de cuivre, employer le fer métallique seul ou combiné avec un acide , un alcali ou leurs composés.
- Dans le cas où les composés de cuivre sont d’une fusion difficile, on ajoute un flux ordinaire , mais mieux un quintal à un quintal et demi , mesure métrique , de sulfates et de chlorides de cuivre, de fer ou de chaux, pour chaque tonneau de composé de cuivre ; et lorsque les composés sont à l’état de fusion dans un four à réverbère ou un fourneau à courant d’air forcé , ou introduit du fer métallique dans la proportion de 3 à 5 pour 100 pour chaque tonneau du composé de cuivre contenant environ 30 pour 100 de métal.
- 6° Voici encore un autre mode d’opérer simultanément sur les carbonates et les composés oxides de cuivre . les carbonates et composes oxidés de zinc, afin d'obtenir un alliage de ces deux métaux On prend î00 parties du composé de cuivre pour 75 parties de celui de zinc renfermant la même proportion en centièmes de métal, et on fond dans un vase convenable, clos de préférence, en ajoutant 10 pour 100 de flux aux composés sur lesquels ou veut opérer; puis on fait fondre pendant environ cinq heures, ou jusqu’à ce que les deux métaux soient réduits. Les proportions entre le zinc et le cuivre peuvent varier suivant la qualité de l’alliage requis ; mais il faut toujours calculer sur un petit excès de zinc , à cause de la portion de ce métal qui se volatilise pendant l’opération.
- Le meilleur flux se compose de deux parties en poids de quelqu’un des chlorides ci-après , avec une partie en poids de houille ou autre matière charbonneuse. Les chlorides sont ceux de ba-
- rium , de sodium, de calcium, de magnésium et de strontium.
- On peut aussi produire un alliage de cuivre et de zinc en opérant sur les carbonates ou les composés oxidés de cuivre, et ajoutant du zinc métallique dans la proportion suffisante pour remplacer le composé oxidé de ce métal. Dans tous les autres points, le procédé est le même que le précédent.
- Les perfectionnements que nous proposons dans la fabrication des alliages des métaux , consistent à combiner le phosphore avec le cuivre , le zinc , l’étain, le plomb, ou avec les alliages de ces métaux les uns avec les autres , ou avec d’autres métaux. Afin d’obtenir ces alliages, on fait fondre les métaux ou leurs alliages à la manière ordinaire , et on y introduit peu à peu le phosphore.
- Il est évident que de cette manière on peut produire une grande variété d’alliages avec les métaux ci-dessus , alliages qui peuvent participer plus ou moins aux propriétés que nous leur avons découvert, et qui consistent, soit à donner un plus grande fluidité aux métaux quand ils sont à l’état de fusion , soit à augmenter leur état compacte et leur solidité quand ils sont refroidis, soit à accroître leur faculté pour résister à l’oxidation.
- Nous nous bornerons ici à l’énumération de quelques-uns des alliages qui nous ont présenté les résultats les plus avantageux , et à indiquer les applications dans lesquelles lesdits alliages peuvent être considérés comme intéressants pour les arts industriels.
- Pour doubler les vaisseaux , pour les rouleaux d’impression, les tubes de chaudières, les ornements et les figures . et toutes les autres applications où la résistance et la durée sont des points importants, nous recommandons un des alliages suivants :
- parties.
- N° 1. Cuivre................. 95
- Phosphore................ 3 à 5
- N° 2. Cuivre................. 95
- Tungstène................ 3 à S»
- Phosphore................ 1 à 2
- NJ 3. Cuivre................. 60
- Znc......................38
- Phosphore ou tungstène. 2 à 5
- N° 4. Cuivre................. 60
- Zinc.................... 40
- Nickel...................20
- Phosphore................ 5
- I Pour les moulages en moules métal-
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- iiques, et où des contours et des arêtes vives sont une condition essentielle . nous conseillons un des alliages que voici :
- parties.
- N° 1. Étain .... 60
- Plomb .... 20
- Cuivre . . . . 5
- Bismuth . . . . 5
- Phosphore . . . . 5
- N° 2. Plomb .... 25
- Antimoine . . . . 5
- Cuivre . . . . 2
- Etain . . . . 25
- Phosphore . . . . 5
- N° 3. Élain .... 50
- Zinc .... 45
- Phosphore . . . . 3
- Cuivre . . . . 2
- N° 4. Plomb . . . . 50
- Arsenic . . . . 5
- Etain . . . . 10
- Cuivre . . . . 2
- Phosphore .... . . . . 3
- Procédé nouveau dans la fabrication du fer.
- Par M. W. Wickers , fabricant d’acier, à Sheffield.
- Ce procédé consiste à fondre la fonte de gueuse avec le fer forgé, et à couler le mélange fondu et divisé en petits filets dans l’eau, et enfin à convertir par les procédés ordinaires de la fabrication ce produit en fer forgé ou malléable. Afin de mieux faire comprendre ce procédé et de pouvoir le mettre à exécution , je donnerai la description des moyens que j’ai employés.
- Je prends de la fonte de gueuse et de la tournure ou delà limaille de fer forgé, et je les fais fondre ensemble dans un fourneau convenable, un cubilot par exemple, qui m’a donné de bons résultats. Les proportions de fer employé avec la fonte peuvent varier considérablement; mais j’ai trouvé qu’une très-légère addition de tournure de fer à la fonte et la coulée dans l’eau amélioraient déjà matériellement la qualité du fer forgé qu’on produisait.
- J ai ordinairement employé trente parties en poids de tournure ou de limaille de fer pour soixante-dix partiesdefonie, proportions qui dans la plupart, sinon dans toutes les espèces d’opérations de fusion, produisent une grande amélio-
- ration et une qualité supérieure de fer pour les usages ordinaires ; mais pour les fers destinés à être convertis en acier, j’ai remarqué qu’il était avantageux d’augmenter les proportions de la tournure ou de la limaille de fer dans le mélange, et j’ai employé avec succès jusqu’à quarante pour cent de tournure. J’ai constaté enfin qu’il y avait avantage à ne pas dépasser trente pour cent de cette tournure quand il s’agissait de produire du fer destiné aux usages généraux.
- Le mélange ayant été mis en fusion est divisé en filets aussi déliés qu’il est possible et coulé dans l’eau. Celte opération peut s’exécuter convenablement de bien des manières différentes ; mais j’ai employé pour cet objet un fort ba -quet en fonte perforé au fond d’un grand nombre de trous de 10 à 12 millimètres de diamètre, que. j'ai lulés à l’intérieur avec la composition sableuse qui sert à tamponner les cubilots. Je perce ce lut, auquel je donne une épaisseur de 12 millimètres, de trous d’environ 6 millimètres dans les points où le baquet est perforé, et je place celui-ci à peu près à 5 mètres au-dessus du niveau de l’eau d’une bâche en bois de lra,20 environ de profondeur. Le mélange de fer qui s’y rassemble est dans un grand étal de division, et c’est ce produit qu’on traite pour en fabriquer du fer de la même manière que la fonte ou le line-métal.
- Je me suis parfois servi de trois à cinq pour cent d’oxide de manganèse dans la bain de fonte et de fer, et j’ai introduit cet oxide en en plaçant de temps à autre de petites quantités dans les ouvertures des tuyères; le vent a suffi pour le répandre dans le fourneau. J’ai cru remarquer que ce mode de travail était avantageux.
- On a déjà mélangé et fondu ensemble de la fonte et du fer; on a aussi coulé de la fonte dans l’eau ; mais ce qui constitue le caractère de ce procédé, c’est le mélange et la fusion de la fonte de gueuse avec la limaille ou la tournure de fer, la coulée du mélange dans l’eau, etenlin l’emploi du produit pour fabriquer du fer malléable.
- Mode de fabrication de l'acier. Par M. A.-Y. Newton.
- L’appareil pour mettre à exécution ce mode de fabrication de l’acier, et
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- qui parait avoir été d’abord inventé aux i Etats-Unis, a été représenté dans les iig. 1 et 2 de la pl. 121.
- Fig. 1. Vue partie en élévation, partie en coupe de l’appareil.
- Fig 2. Plan du même appareil, vu aussi en partie en coupe.
- A est le fourneau et a son ouverture antérieure ; B la cheminée et b le carneau ; c un registre pour régler le tirage du carneau ; d une porte en fer pour fermer le devant du fourneau , porte qui est équilibrée par un poids et une chaîne qui passe sur la poulie e;
- f, f des encoches pratiquées dans la plaque antérieure du fourneau pour porter les barres quand on travaille le métal;
- g, g,g des trous percés dans la plaque antérieure pour évacuer le mâchefer ; h une tuyère qui pénètre dans le fourneau A. et qui, pour la garantir contre l’action du feu, est entouré d’eau arrivant par les tubes i,i ; C,C des réceptacles en fer doublés de briques réfractaires, pourvus chacun d'un couvercle dans lequel est une porte mobile ; j,j une grille formant le fond des réceptacles, et au-dessous desquels sont les cendriers k k.
- D est un porte-vent qui se divise en trois branches 1,2,3, dont deux,
- 1 et 3, pénètrent respectivement dans les cendriers des réceptacles C,C. E est un semblable porte-vent dont deux branches , 1 et 3, partent près du sommet de ces réceptacles, et se joignent en E pour former avec la tuyère h un conduit unique dans le fourneau A ; m,m sont des registres ou soupapes établies dans ces porte vents.
- L’intérieur du fourneau A est garni sur les côtés de plaques a*,a* en fonte de fer, ou bien en plombagine ou de briques réfractaires ; d* est une aire en fonte en avant de la porte du fourneau. Le fourneau est entouré de plaques de fer e*, et la cheminée B , fortifiée par des boulons /’*,/’*. La branche centrale 2 du porte-vent D se prolonge sous ou entre les réceptacles C.C , et pénètre dans le porte-vent E, ainsi qu’on l'a représenté au pointillé dans la fig. 2.
- Le procédé de fabrication de l’acier est le suivant :
- Le fer, après avoir été préparé comme on l’expliquera plus loin , est placé sur le fond du fourneau A. fig. 2, et recouvert de charbon. Les réceptacles C,C sont ensuite remplis de charbon ( ou, dans quelques cas , lorsque le fer se convertit aisément en acier, avec un mélange de charbon de bois et de charbon de tourbe), et quand le char-
- bon ou le mélange est enflammé , on ferme les ouvertures et on lute pour s’opposer à la fuite des gaz. On applique ensuite un courant d’air dont on peut régler la. force à volonté à l’ouverture D, et en passant à travers les réceptacles C,C . ce courant donne naissance à du gaz oxide de carbone qui est entraîné et chassé sur le fer qui est dans le fourneau A , par le porte-vent E et la tuyère h.
- Indépendamment du gaz oxide de carbone, il doit y avoir un autre courant d’air qui passe à travers le fourneau par la branche 2 du porte-vent D, et qu’on règle au moyen de la soupape ou registre m, de façon qu’on peut admettre au besoin l’air atmosphérique pour aider à la combustion nécessaire pour fondre le métal. Ce dernier courant d’air doit être ménagé , et seulement en quantité suffisante pour permettre à l’opérateur d’amener le métal à l’état dit de nature. Lorsqu’il est fondu, ce métal est travaillé par les procédés ordinaires employés à l’affinage du fer.
- Un point important du procédé consiste à graduer , au moyen des soupapes m, les proportions du gaz oxide de carbone et d’air atmosphérique lancés dans le fourneau pour amener le métal à l’état de nature et à le carburer en même temps , afin de le convertir en acier. On ne peut présenter aucune règle précise pour déterminer, dans tous les cas. la proportion exacte du gaz, oxide de carbone et d’air atmosphérique nécessaires pour produire cette conversion. Ce point dépend beaucoup de la qualité et de la quantité du fer qu’on veut convertir, ainsi que du jugement et de l’habileté de l’ouvrier dans la conduite de l’opération qui doit être poursuivie jusqu’à ce que le métal soit suffisamment amené à l’état de nature ( c’est à-dire assez affiné pour former des lopins), moment auquel il faut l’enlever et le forger avec soin en maquettes.
- 11 faut beaucoup d’habileté à l’ouvrier pour traiter le métal dans le fourneau , et pour déterminer le degré précis d’affinage et de carburation nécessaire pour produire de l’acier de première qualité. On ne peut y parvenir que par l’expérience pratique. Pour réduire les maquettes en barre, on les chauffe dans un four clos avec du charbon de bois , du charbon de tourbe ou un mélange de tous deux.
- Pendant le traitement du métal dans le fourneau A, il faut le recouvrir soi-
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- gneusement avec du charbon de bois, et interdire autant que possible tout accès à l’air au moyen de la porte à.
- Avant de soumettre le fer au procédé ci-dessus décrit, il est nécessaire , si on se sert de fonte ou fer en gueuse, de mettre en fusion au moyen d’un courant de gaz acide carbonique et oxide de carbone chaud, ou bien, quand on emploie le fer forgé de faire fondre dans un creuset de plombagine , en stratifiant avec du charbon de bois en poudre ou autre combustible riche en carbone.
- La première de ces deux opérations préparatoires peut s’effectuer en établissant sur un cubilot ordinaire qu'on a chargé sous tous lesrapporls, de la même manière qu’on le pratique pour la fonte, deux réceptacles semblables à ceux qu’on voit dans les figures 1 et 2, et de dimensions suffisantes pour contenir la quantité de charbon de bois qui sera consommée jusqu’à ce que le fer soit en fusion. Ces réceptacles, qui sont attachés aux cubilots de la même manière qu’ils le sont au fourneau A, sont chargés de charbon, qu’on enflamme au moment où le feu dans le cubilot est prêt à recevoir le vent. Mais au lieu d’appliquer directement ce vent au cubilot, on le fait passer à travers les réceptacles, comme dans les figures, et il en résulte que le fer est fondu par l’entremise du gaz acide carbonique et oxide de carbone chaud, à peu près comme dans le procédé décrit.
- La seconde opération préparatoire qu’il s’agit d’exécuter consiste d’abord à faire choix des creusets en plombagine de la meilleure qualité (on recommande pour cet objet ceux de Dixon , de New-Jersey aux Etats-Unis). Le fer forgé est ensuite stratifié avec des matières charbonneuses crues, fondu dans ces creusets avec de l’anthracite ou un autre combustible qu’on excite par un courant d’air forcé.
- Au moyen des deux procédés qui viennent d’étre décrits , le fer acquiert des propriétés aciéreuses, et se modifie dans ses caractères de manière à faciliter très-matériellement son affinage ultérieur et son amélioration parle procédé exposé en premier lieu.
- Fer controxidé ou inaltérable.
- Par M. E. Paris.
- On a vu figurer sous ce nom , à l’exposition des produits de l’industrie française en 1849, diverses pièces en
- fer revêtues d’un enduit ou fondant vitreux destiné à les protéger contre l’action de l’atmosphère et des autres fluides ou matières qui pourraient les oxider. Voici quels sont les moyens employés par l'auteur pour enduire ainsi le fer.
- Les articles en tôle ou en fer forgé , soit sous la forme de vases , de tubes , de tuyaux , soit sous toute autre quelconque, sont d’abord décapés à l’aide d’un acide étendu , puis séchés et enduits de gomme arabique dissoute dans l’eau qu’on y applique à la surface avec un pinceau. On tamise alors à la surface le verre ou matière vitreuse qu’on a réduit en poudre très-fine.
- Ces articles sont alors introduits dans un four ou une cornue chauffée de 100° à 140° C. , et quand ils sont secs on les enlève pour les transporter dans une autre cornue où ils sont chauffés à la chaleur rouge cerise, ou , jusqu’à ce que l’enduit entre en fusion, chose dont on s’assure en regardant à travers un trou pratiqué dans la cornue ou le four. En cet état, ces articles sont enlevés et déposés dans une chambre fermée ou simplement couverte pour s’opposer au contact de l’air jusqu’à ce qu’ils soient refroidis.
- Si l’enduit ainsi obtenu est imparfait, on en donne une seconde couche qu’on applique de la même manière que la première.
- L’enduit vitreux se compose de t30 parties de flint-glass en poudre, 20 1/2 parties de carbonate de soude, et 12 parties d’acide borique qu’on fait fondre ensemble dans un creuset de verrerie , et qui, lorsqu’il est fondu, est réduit en poudre fine et passé au tamis de soie. En cet état il est prêt à être employé de la manière ci-dessus indiquée.
- U est important que l’enduit vitreux soit exempt de toute matière étrangère, et à cet effet on emploie des pilons d’acier trempé pour le réduire en poudre , et avant de se servir du creuset, on en imprègne la surface intérieure avec du verre, en mouillant avec de l’eau de gomme cette surface et y tamisant du verre en poudre faisant sécher, puis appliquant une chaleur graduée jusqu’à fusion du verre.
- Si on désire que la surface du fer soit enduite d’un verre coloré, on charge d’abord avec le verre ci-dessus , puis on applique une couche du fer coloré sur le tout ou une partie de la surface , suivant, les circonstances.
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- Plalinure du verre, de la porcelaine , des faien ces fines dites anglaises, etc.
- Par M. Lüdersdorff. .
- La production de ce qu’on appelle le lustre sur les vases en faïence fine, est une opération connue depuis longtemps et qu'on pratique dans tous les établissements où on fabrique des produits céramiques de ce genre pour leur décoration. Ce lustre lui-même n’est rien autre chose qu’une couche de métal réduit excessivement mince qui adhère avec une telle force à la surface des vases, qq’on ne peut pas l’enlever par le frottement. C’est surtout aux lustres de platine et d’or qu’on donne la préférence parce qu’ils communiquent aux articles qui en sont revêtus , l’aspect d’un métal , surtout celui d’or dit Burgos qui a un aspect rosé ou violet à chatoiement métallique.
- Jusqu’à présent les moyens usuels pour produire ce lustre, se sont bornés à son application aux vases à vernis plombifère; on n’a pas tenté de l’appliquer à la porcelaine et au verre parce que ni l’une ni l’autre ne prennent ce lustre qui réussit si bien sur les faïences fines. Bien mieux, la méthode ordinaire pour le produire même pour les faïences est très-imparfaite, attendu que la nature visqueuse cl l’homogénéité imparfaite du liquide qui sert à le donner, et qui comme on sait, consiste en une émulsion faite avec la solution de platine ou d’or et l’huile de lin, permettent bien d’enduire des surfaces étendues, mais non pa* une peinture proprement dite. C’est d’un côte pince dernier motif,et de l’autre aussi pour appliquer le lustre , surtout celui de platine sur porcelaine et sur verre, que j’ai cherché dès 1840 a atteindre ce double but par un autre mode de préparation; le succès a répondu à mon attente et voici comment il faut manipuler.
- On dissout à la manière ordinaire du platine à une température modérée dans l’eau régale, et on évapore la solution à siccitè ; il faut seulement avoir l’attention aussitôt que la dissolution commence à devenir épaisse ou à sécher, d’abord de modérer beaucoup le feu , et en second lieu de pousser l’évaporation assez loin pour que le sel soit desséché, mais non jusqu’à devenir brun , et même de lui conserver autant qu’il est possible sa couleur jaune rougeâtre, en un mot de ne pas transformer le chloride de platine en chlo-
- rure. Ce dernier en effet est non-scu-lement insoluble, mais de, plus, il abandonne facilement quand on le mélange ensuite avec les matières propres à la réduction, une certaine quantité de platine qui est en partie perdu et en partie nuit à l’homogénéité de la dissolution claire qu’il s’agit ensuite d’obtenir.
- Lorsqu’on a ainsi amené le chloride de platine à l’état convenable de dessiccation on le dissout aussitôt qu’il est refroidi etsansaUendreplus longtemps, parce que ce sel attire avec avidité l'humidité de l’air; cette dissolution se lait dans parties égales d’alcool concentré (95 à 96 alcoom. centig.) qu’on verse ensuite en procédant peu à peu et non pas en une seule fois, parce que autrement il en résulterait une forte élévation de température, et en agitant constamment dans cinq parties d’essence de lavande ; la préparation est alors terminée. Elle forme une liqueur brune, limpide , qui renferme le platine à l’état de chlorure sans que celui-ci s’y précipite. En effet, comme il se forme simultanément, aux dépens de l’alcool, de l’essence de lavande et du chloride de platine, de l’acide acétique et de l’acide chlorhydrique , le chlorure, qui autrement se précipiterait, reste en dissolution. La liqueur ainsi préparée est mise dans une bouteille bien bouchée pour s’en servir au besoin, et se conserve sans altération, quoique au bout d’un temps prolongé elle devienne un peu plus dense par l’épaississement de l’huile.
- Pour produire le lustre de platine avec celte liqueur, on peint ou on enduit l’objet à plaliner soit faïence fine, porcelaine ou verre, au moyen d’un pinceau aussi uniformément qu’il est possible, on laisse sécher et on cuit à la moufle. Dans cette dernière opération il faut, relativement au degré de température nécessaire, observer quelques précautions pratiques.
- Quoique l’éclat du platine apparaisse à une température peu élevée et même bien au-dessous de la chaleur rouge , il n’adhère en réalité sur la matière qu’après avoir été soumis à une température rouge plus ou moins élevée, suivant la qualité du vernis de celle-là. Si donc d’un côté c’est une condition nécessaire à remplir que d’atteindre dans chaque cas particulier une certaine température pour la solidité du lustre, d’un autre côté c’est également une condition utile que de ne pas dépasser cette température pour sa pureté ou sa beauté. En effet, si les objets
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- éprouvent un degré trop élevé de chaleur, l’éclat miroitant du platine est détérioré , et il se recouvre sur porcelaine et sur verre d’un voile bleuâtre, tandis que sur faïence il prend un blanc plus argenté mais mat dans les deux cas. Si la chaleur a été encore plus forte, l’éclat disparaît enfin complètement et ne laisse plus que quelques taches mattes à la surface des objets.
- En général, on peut poser les règles suivantes pour assurer complètement Je succès de la cuisson.
- Avec les faïences fines et les verres aisément fusibles, la chaleur doit s’élever au rouge naissant ou sombre en y laissant les objets exposés pendant environ urte demi heure. Pour la porcelaine et lès verres durs, le feu peut s’élever jusqu’au rouge clair, mais aussitôt qu’on l’a atteint il faut l’abaisser ou le modérer. Pour plus de sécurité on fera bien, du moins tant qu’on n’aura pas acquis une pratique suffisante pour se guider par la couleur du feu, de cuire sur éprouvettes, c’est-à-dire en introduisant dans la moufle des tessons enduits de liqueur platinique, et pendant la cuisson de les retirer de temps à autre pour les examiner.
- Lorsque les objets qui ont reçu le lustre sont refroidis, on les frotte avec un chiffon de coton chargé de craie lavée humide ; leur éclat est ainsi beaucoup relevé, et d’ailleurs le frottement enlève les dernières traces d’essence ou les cendres qui sont restées à la surface par la combustion de cette matière.
- On parvient de cette manière à enduire de platine non-seulement les objets vernis, mais aussi ceux qui ne le sont pas , et par conséquent la porcelaine en biscuit, et ainsi que tous les autres produits non vernis de l’art du potier. Bien entendu que dans ce dernier cas, l’enduit ne saurait avoir d’éclat, qu’il reste matetque la couleur est d’autant plus blanche que la surface est d’une pâte plus fine, mais même avec des surfaces raboteuses Je résultat est assez satisfaisant. Cet enduit donne alors à ces ustensiles l’aspect d’objets en fer non poli et par conséquent la platinure s’applique très-avantageusement aux objets artistiques en terre cuite.
- Quoique l'application du lustre de platine aux vases, aux ustensiles, au verre, etc., appartienne plutôt aux arts d’ornements, on peut néanmoins, surtout pour le verre, en faire une application d’une utilité réelle. En effet,
- l’éclat du platine comme lustre se mariant très-bien avec celui du verre sur lequel on l’applique, il en résulte qu’on peut de cette manière fabriquer des miroirs qui ne le cèdent en rien aux miroirs métalliques, et qui ont sur eux cet avantage qu’ils sont plus faciles à fabriquer, ont une plus grande dureté et ne se ternissent pas.
- On sait que les miroirs ordinaires en verre sont impropres à certaines applications optiques, attendu que par l’étamage de la face postérieure , celle-ci réfléchit il est vrai la lumière, mais que la face antérieure en réfléchissant aussi une quantité notable, l’épaisseur et surtout ses inégalités produisent ainsi une dispersion considérable Mais si on recouvre des plaques de verre bien dressées de la manière ci dessus décrite avec le lustre de platine, alors il n’y a plus qu’une surface réfléchissante, celle antérieure, et les miroirs de ce genre deviennent de véritables miroirs métalliques exempts des défauts qu’on re-procheaux miroirsde verre ordinaires.
- Pour obtenir par enduit de platine des miroirs sans défauts, il faut d’abord éviter de se servir de verres belges , parce que ces verres, même à une faible chaleur , se corrodent à la surface ; ensuite la liqueur de platine ne doit pas être trop concentrée, et il convient en conséquence d’étendre encore avec un peu d’essence celle au degré de densité assigné ci-dessus; en troi sième lieu, il faut charger la liqueur le plus également qu’il est possible, et cela non pas d’un seul, mais des deux côtés du verre. En effet, le platine est réparti à la surface du verre en couche tellement mince, qu’il est encore translucide avec une couleur grise, et que celte circonstance s’oppose à ce qu’il forme miroir. Au contraire , si on enduit les deux faces, le miroir perd presque toute sa translucidité, ce qui est suffisant, attendu qu’on peut alors le rendre complètement tel en l’encadrant, sans que la couleur du fond de l’encadrement exerce la moindre influence sur la lumière réfléchie.
- Les autres manipulations pour la fabrication de ces miroirs sont les mêmes que celles pour la platinure des autres objets , seulement il faut opérer avec beaucoup plusde soin qu’on n’en apporte pour les vases et autres choses semblables. Mais une circonstance favorable, c’est qu’avant la cuisson on peut savoir déjà si on produira ou non un bon miroir. Ainsi qu’on l’a déjà dit, le lustre de platine apparaît bien longtemps avant la chaleur rouge , et cette
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- circonstance offre un moyen naturel de contrôle. Par conséquent, si on introduit la plaque de verre enduite dans une moufle faiblement chauffée, et pour cela le four d’un poêle ordinaire bien chauffé est suffisant, la surface miroitante apparaît en quelques minutes, et on peut déjà s’assurer de la qualité du miroir. Toutefois, lorsqu’on a laissé la plaque environ une heure dans le four, et qu’on a attendu que par une chaleur prolongée l’essence de la solution de platine ait été complètement détruite, et que le platine est déjà assez adhèrent, il est avantageux , quand on trouve que l’enduit ne couvre pas assez ou qu’il est inégal, d'appliquer une seconde couche sans s’exposer à emporter la première avec le pinceau. Quoique par ce moyen il soit possible de faire une correction ou réparation avant la cuisson, il vaut cependant toujours mieux obtenir un miroir irrépro chable par une seule couche et sans reprise. Du reste, il ne faut pas songer à une retouche lorsque le miroir est très-défectueux; dans ce cas on fera mieux d’enlever l’enduit et de charger de nouveau la plaque.
- La cuisson s’opère sur une plaque infusible, pourvue d’un léger rebord, sur laquelle on répand 3 à 4 centimètres de plâtre Calciné et passé au tamis fin, qu’on comprime avec üne plaque de verre polie afin que le plâtre présente une surface nette et bien unie. C’est sur cette couche de plâtre qu’on pose le miroir après qu’il a été , non-seulement séché parfaitement , mais encore suffisamment préparé , comme on l’a dit, à une chaleur élevée et lorsque le lustre de platine s’est complètement manifesté. La chaleur de la moufle ne doit monter que peu à peu au rouge sombre , et quand on l’a atteint, il ne faut pas le dépasser si on veut obtenir un beau miroir sur les deux faces , même celle gisante ; car si la chaleur était trop forte, ie verre se ramollirait . et la face inférieure prendrait par impression une aspect grenu.
- . Une autre application utile du plaine, c’est pour noircir les échelles ou divisions microscopiques tracées sur le verre. Les petits traits gravés ainsi ont si peu de profondeur qu’il n’est pas possible de les remplir avec les matières employées ordinairement à noircir , qui s’enlèvent constamment par le frottement. Au moyen de la dissolution de platine ci-dessus, la chose de-v,ent facile. On enduit, à cet effet, la Plaque divisée comme à l’ordinaire avec la dissolution, on laisse sécher et on
- chauffe, mais seulement jusqu’à ce que toute l’essence ait disparu et que le lustre pur de platine apparaisse. Ce point une fois atteint, on laisse refroidir. Le lustre plalinique couvre le verre, mais sans y adhérer avec force, et par conséquent on peut l’enlever avec la plus grande facilité. C’est là la difficulté , car si on frotte avec trop de force, le platine est entraîné même dans les traits. Pour pouvoir opérer en toute sécurité l’enlèvement de tout le platine répandu à la surface sans endommager les divisions, on colle sur line petite flaque de verre de 5 à 6 centimètres carrés du papier fin et satiné, et on frotte avec cette plaque, sous une pression modérée, ses traits platinés . jusqu’à ce que tout le platine de la surface soit enlevé et qu’il ne reste plus que celui incrusté dans les traits de l’échelle. Après s’ètre assuré, à l’aide du microscope, que toutes les subdivisions sont bien marquées et chargées, on cuit les plaques au rouge sombre comme pour les miroirs.
- Couleur bleu à l’arséniate de cuivre.
- Par M. Deboülleau.
- M. Reboulleau,qui avait déjà donné en 1847 quelques détails au sujet de cette couleur, n’en avait pas, à celte époque, achevé l’étude complète, et c’est pour faire connaître la composition et la préparation de ce nouveau sel , qu’il a adressé à l’Académie des sciences du 1er août dernier la note suivante :
- Par la belle couleur qui la distingue, cette substance mérite d’ètre placée au rang des matières colorantes employées en peinture. M. Reboulleau en avait proposé l’emploi pour la peinture à 1 huile et la peinture à l’eau, mais des essais ultérieurs lui ont prouvé que si elle est d’un excellent usage dans tous les cas où une matière colorante peut être employée avec l’eau pour véhicule, il n’en est pas de même pour la peinture à l’huile. Ce dernier liquide, qui jouit d’une grande avidité pour l’oxi-gène au moment de sa dessiccation , réagit sur l’oxide de cuivre , et la couleur passe du bleu au vert bleuâtre; en un mot, cet arséniate se comporte avec l’huile comme les cendres bleues et les autres préparations de cuivre douées de la couleur bleue.
- Si l’on chauffe un mélange à parties égales d’arséniate de cuivre ordinaire
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- et d’arséniate neutre de potasse, la matière entre en fusion et donne , après le refroidissement, une masse fondue d’un vert bleuâtre, parfaitement transparente, à cassure vitreuse et très-fusible. Le composé qui en résulte est un arséniate double de cuivre et de potasse obtenu par la voie sèche, suivant le procédé de M. Berthier. Pendant que cet arséniate double est en fusion complète, si l’on y projette du nitrate de potasse pulvérisé en quantité égale au cinquième du sel fondu , immédiatement une vive effervescence a lieu dans la masse, et il s’en dégage une grande quantité de deutoxide d’azote. Le creuset alors retiré du feu renferme une substanced’un bleu magnifique,formée de sous-arsèniate de potasse et d’arséniate de cuivre à l’état de sel double, et mêlée de nitrate de potasse. Lorsqu’on traite par l’eau ce composé réduit en poudre, la décomposition du sel double a lieu : l'eau entraîne de l’arsé-niate et du nitrate de potasse et laisse un précipité d’arséniate de cuivre d’un bleu admirable.
- Dans l’opération que l’on vient de décrire, au moment où la décomposition du nitrate a lieu , le sel double , qui offrait une couleur verte intense, passe subitementà une coloration bleue. Or la couleur verte de l’arséniate de cuivre appartient en propre à l’oxide de cuivre, qui en fait partie. Si cet oxide abandonne la couleur verte pour revêtir la couleur bleue sous l'influence du nitrate, dit M. lleboulleau, n’est-ce pas un indice que cet oxide a subi une modification dans sa composition? De quelle nature est celte modification? Les circonstances dans lesquelles elle a lieu nous disent assez en quoi elle consiste. Des éléments du nitrate de potasse décomposés en présence de l’arseniate, il n’y a que la potasse ou l’oxigènc à qui l’on puisse attribuer le changement subi par l’oxide de cuivre, puisque le deutoxide d’azote se dégage. Or l’expérience nous apprend, d’autre part, que la potasse n’est pas la cause de la coloration bleue que prend l’oxide; car si, lorsqu’on a introduit le nitrate dans le creuset, on continue de chauffer le mélange jusqu’à ce que l’effervescence ait cessé, l’arséniate double reprend sa coloration verte primitive.C’est donc évidemment l’oxigène qui produit le phénomène de lacolorationque nous venons de signaler. Comment se produit-il, si ce n’est en suroxidant le cuivre? Le retour de la couleur verte en présence de la potasse nous fait connaître aussi que l’arséniate bleu abandonne facile-
- ment, à une température élevée, l’oxi-gène qu’il avait absorbé pour passer au bleu. M. Reboulleau tire de ces faits les conclusions suivantes :
- L’arséniate de cuivre obtenu par double décomposition s’unit à l’arsé-niate de potasse à une température élevée, et forme un sel double d’une grande fusibilité. Pendant que ce sel est à l’état de fusion, si Ton y mêle du nitrate de potasse, il y a suroxidation du cuivre et transformation de l’arséniate vert en un arséniate d'un bleu magnifique. Il existe un oxide de cuivre plus oxigéné que celui qui colore en vert certains sels de cuivre; combiné avec l’acide arsènique, cet oxide est stable à la température ordinaire , mais se décompose à la chaleur rouge, et laisse dégager l’excès d’oxigene qu’il retenait. L’arséniate double, traité par l’eau, se décompose ; celle-ci dissout de l’arséniate de potasse et abandonne un arséniate de cuivre dont la belle nuance bleue est susceptible d’être utilisée dans la peinture à l’eau.
- Purification du naphte, de l'esprit de bois, de l'oxide hydraté de méthyle, de l'acide pyroligneux, de l’eupione, des alcools, etc.
- Par M. J.-H.-S. Wildsmith, chimiste.
- Le mode de purification que je vais faire connaître s’applique au naphlc , à l’esprit de bois, à l’oxyde hydraté de méthyle, à l’acide pyroligneux, à l’eu-pione et à certains autres produits qu’on obtient île la distillation à destruction du bois, de la tourbe à autres matières végétales, de l’acétate de chaux, des schistes bitumineux, ainsi qu’au goudron de houille, au naphte minéral et aux alcools produits par la fermentation.
- Les principes sur lesquels sont basés les procédés pour atteindre le but ci-dessus , et qui vont être expliqués ci après, consistent d’abord dans la réduction d’un carbure d’hydrogène contenu dans les matières ci-dessus (lequel carbure d’hydrogène est la substance qui leur donne une odeur particulière désagréable, qui n’est pas essentielle à leur composition), en appliquant de la manière ci-dessous l’une des substances dont il va être fait mention ; substances qui sont susceptibles de céder leur oxigène au composé organique qui rend odorantes les matiè-
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- res, et en second lieu, dans l’action de la lumière, comme favorisant cette réduction et essentielle à sa production,
- Les substances purifiantes en question peuvent être employées à l’état simple ou composé , c’est-à-dire soit sous la forme de sels, soit sous celle des acides unis aux bases respectives de ces sels. On trouve néanmoins qu’elles agissent plus efficacement à l’état de sels, et que si on les emploie sous celui d’acides, même graduellement, leur action, à moins de surveiller avec le plus grand soin, est en général trop énergique. Ces substances sont le permanganate de potasse, le bichromate et le chromale de la même base, et autres composés éminemment oxigénés qui abandonnent une portion de leur oxigéne au moment de la réduction ou dans leur combinaison avec le carbure d’hydrogène ou substance odorante.
- L’opération consiste simplement à mélanger, comme on le dira ci-après , l’un ou quelques-uns de ces sels ou acides avec le corps qu’on veut purifier, et qui, à cet effet, doit être à l’état liquide, et dans la réduction spontanée qui a lieu immédiatement par le mélange de ces sels avec l’hydrocarbure odorant. Les quantités de ces différents sels ou acides qu’il s’agit d’appliquer dans une opération de purification, dépendent des proportions respectives d’oxigène qu’ils renferment et de la quantité de cet oxigéne qui se dégage pendant une réduction, ou de la rapidité de ce dégagement. Une foule de circonstances qui accompagnent l’opération et qu’il est impossible de prévoir, la crudité ou impureté variable des différents échantillons ou qualités des matières qu’il s’agit de purifier, aussi bien que les différences centésimales ou richesses variables des alcools, constituent pour l’opérateur un sujet délicat d’expérience quand il s’agit de juger de la dose exacte de la matière purifiante qu’on se propose d employer.
- Toutefois, comme règle générale sur laquelle on pourra se baser comme indiquant le maximum des proportions a employer dans des cas généraux moyens, je diraiqu’avec lcsmalièressui-vantes, c’est-à-dire dans la purification du naphte, de l’acide pyroligneux, des produits de la distillation à destruction dubois, de la tourbe, del'acèlale de chaux, du goudron de houille, du naphte minéral, j’emploie le permanganate, ou le bichromate de potasse réduits en poudre fine, ou l’équivalent en acides à raison de 25 grammes par litre de la matière à purifier ; à la purification
- de l’eupione,obtenu des schistes bitumineux ou de toute autre source, 20 gr, des mêmes sels ou acides , et à la purification des esprits, 12 à 13 grammes , toujours par litre, de ces matières. Ces proportions serviront en grande partie de guide pour la purification des autres matières mentionnées dans ce travail.
- J’ai trouvé que dans presque tous les cas où l’on employait le chromale de potasse il en fallait à peu près le double de la quantité du permanganate et du bichromate de potasse.
- J’ai observé que par cette raison , et par suite de la trop grande énergie du permanganate, c’était le bichromate de polasse auquel il convenait de donner la préférence.
- Voici quelle est la manière de conduire l’opération :
- La matière qu’il s’agit de purifier est placée dans un baquet ou une cuve fermée, pour éviter les pertes par évaporation , avec un couvercle dont une portion est recouverte d’un verre ou autre substance translucide pour laisser passer la lumière, dont l’action est essentielle à l’opération et l’application un des principes du procédé. Je ne chercherai pas à expliquer la marche de cette opération, et je ferai connaître seulement le résultat expérimentai. La pièce de verre ne doit pas être de dimensions trop considérables, car un excès de lumière accélère trop la marche de l’épuration; on fera bien de la placer sur la partie supérieure de la cuve et de la rendre mobile, afin de pouvoir examiner de temps à autre les progrès de la purification.
- La substance purifiante, dans les proportions indiquées ci-dessus, peut, quand elle est sons la forme de sel, être versée dans la matière liquide à purifier, ou bien être placée préalablement au fond de la cuve, dans laquelle on verse ensuite cette matière. Quand elle est sous la forme d’un acide, il faut l’appliquer peu à peu, après avoir versé la matière à purifier dans la cuve, attendu qu’une application en masse comme précédemment serait trop subite et nuirait à l’opération.
- Le temps qu’il convient de mettre à la purification dépend, de même que la proportion de la substance purifiante, du degré centésimal de richesse des alcools, ainsi que de la crudité ou impureté des matières, et enfin d’une foule de circonstances variables qui ne peuvent être déterminées, dans chaque cas particulier, que par l’expérience que font acquérir la pratique et l’observation; mais en thèse générale,
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- quand on n’a pas recours aux moyens accélérateurs dont il sera question ci-après , 14 à 21 jours paraissent suffire.
- Le contenu de la cuve doit être agité soigneusement pendant quelques minutes une ou deux fois par jour, et on fera bien d’examiner fréquemment la matière, afin de s’assurer de la marche de l’opération et régler ainsi le temps nécessaire pour la compléter.
- Lorsque le temps jugé nécessaire est expiré, on décante le liquide et on le soumet à la distillation à la manière ordinaire; on trouvera alors qu’il est dans un grand état de pureté et incolore , exempt de toute odeur désagréable, et propre à être brûlé dans les lampes sans répandre la moindre émanation forte, et semblable sous ce rapport aux alcools de vin les plus purs.
- Si on désire accélérer l’opération, on peut ajouter un peu d’acide sulfurique ou d’acide chlorhydrique dans un grand état de dilution, après que la matière à purifier aura été mélangée avec la substance purifiante ; maiscette application n’est admissible que lorsque cette substance a été employée sous la forme de sels. Son effet est de favoriser la mise en liberté de l’acide renfermé dans ces sels, et par suite l’abandon qu’il fait de son oxigène. L’expérience apprendra dans quelles proportions on pourra employer les acides sulfurique ouchlorhydriqueà celobjet ; mais il est bon d’avertir qu’à moins de les appliquer avec ménagement et précaution, ils donnent lieu à une odeur piquante et éthérée qui affecte la matière après la purification, et généralement parlant les résultats de cette purification ont fait voir qu’il valait mieux, quand le temps le permettait, éviter l’emploi des acides, d'autant mieux que l’économie du temps qu’on fait ainsi n’est pas très-considérable.
- Ordinairement j’emploie 1 litre d’acide sulfurique ou chlorhydrique pour 500 litres de matière à purifier. Je crois que d’autres acides pourraient aussi être employés à cet objet, mais peut-être moins avantageusement que celui que j’ai indiqué.
- Enfin je ferai remarquer que quand le liquide a été décanté dans la cuve , on trouve que la substance purifiante a diminué en volume et est modifiée dans ses caractères chimiques par l'opération , mais que quand on la fait sécher on peut la rendre, par des procédés chimiques, à son état primitif, et la faire resservir à la purification.
- Traité de la distillation des pommes de terre.
- Par M. Evariste Hourier ,
- Ancien élève de l’École centrale des arts et manufactures.
- § 1. Delà fabrication de l'eau-de-vie de pommes de terre.
- La distillation des pommes de terre en nature, sans-séparation préalable de la fécule, depuis longtemps en usage dans le nord de l’Allemagne, est encore peu répandue en France, malgré les avantages qu’elle procure; et dans les localités où elle est en usage, les opérations en sont dirigées avec trop peu de discernement et les appareils employés sont trop imparfaits pour qu’on en puisse tirer tout le parti désirable. Il faut cependact en excepter quelques grands établissements qui sont arrivés à tirer de la pomme de terre des produits qui laissent peu à désirer tant sous le rapport de la qualité que du rendement; mais il s'en faut de beaucoup que les petites distilleries, èlabliesdans les fermes, aient atteint le même degré de perfectionnement : les produits n’atteignent pas le plus souvent moitié ou les deux tiersde ce qu’ils devraient être, et toujours ils sont de la qualité la plus inférieure. Aussi, tandis que les premiers sont recherchés aux prix les plus élevés par le commerce, ces derniers ne trouvent d’acheteurs que très-difficilement et dans un rayon peu étendu.
- Je ne parlerai pas des réformes à apporter dans les appareils disli lia loi res. Un petit cultivateur distillant seulement pour nourrir son bétail pendant l’hiver trouverait peu d’avantage à se servir d’un appareil plus parfait que celui qu’il possède ; c’est dans les appareils qui servent à la préparation des macérations qu’il y a de notables perfectionnements a apporter. Néanmoins, les appareils distillatoires devront être chauffés à la vapeur, quel que soit le système employé; sans cette précaution il est bien difficile, pour ne pas dire impossible , d’obtenir des produits de quelque valeur. J’engagerai toujours un cultivateur qui voudra acheter un appareil de distillation à choisir le plus simple , pour plusieurs raisons : 1° il est plus facile d'en apprendre le maniement aux gens de la ferme qui doi-
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- vent le faire fonctionner pendant l’hiver; 2° un appareil simple est toujours moins coûteux qu’un plus compliqué; 3° enfin il est moins sujet à se déranger et plus facile à réparer.
- Les avantages que procure une distillerie dans une exploitation agricole bien tenue sont immenses; elle permet de cultiver un grand nombre de pommes de terre dont on a l’emploi assuré -, elle fournit au bétail, pendant l’hiver, une excellente nourriture, qui ne coûte rien et permet de se livrera l’engraissement avec avantage ; enfin elle fournit du travail aux employés de la ferme pendant une saison qui est à peu près ordinairement perdue. Dans les années de disette de fourrage, on se trouve toujours avoir une ample provision de nourriture.
- La pomme de terre se compose de fécule, de tissus végétaux de différents principes, parmi lesquels se trouvent l’albumine végétale et l’eau. La partie utile dans les arts et dans la distillation en particulier est la fécule; l’albumine contribue à la nutrition des animaux , auxquels on donne soit la pomme de terre en nature, soit les résidus de distillerie. Ici c’est donc la fécule qui devra nous intéresser. Avant d’arriver à l’alambic pour subir la distillation , elle a dû passer par deux transformations ; la première s’obtient au moyen le l’orge germèe, qui renferme un principe, la diastase, qui a la propriété de dissoudre la fécule et de la transformer en un sucre incristalli-sahle de la nature du sucre de raisin. L’opération qui a pour but d’obtenir ce premier résultat prend le nom de macération. La seconde transformation s’obtient au moyen de la levure de bière, qui, dans certaines conditions de température, transforme le sucre en alcool et en acide carbonique qui se dégage, et forme ces bulles que l’on voit arriver à la surface de tout liquide en fermentation. Celte seconde transformation constitue la fermentation. De la bo une conduite de ces deux opérations dépend le rendement en alcool que l’on obtiendra d’une même quantité de pommes de terre. La qualité de ces mêmes produits dépend à la fois de la conduite de ces deux opérations , des soins de propreté, de la pureté et de la qualité des matières employées, enfin des soins et des procédés de distillation. Nous allons successivement examiner toutes ces opérations dans l’ordre où elles se présentent naturellement.
- § 2. Du choix des pommes de terre.
- On a jusqu’à présent, même dans les grandes fabriques, attaché trop peu d’importance au choix des pommes de terre que l’on se propose de distiller. Dans un sillon planté de pommes de terre, on en trouve souvent un grand nombre de variétés mêlées ensemble , et l’on peut dire presque à coup sur que parmi celles cultivées dans une localité, on ne trouvera pas la variété la plus convenable au sol et à l’industrie du pays. Ce qui intéresse le plus dans la fabrication de l’eau-de-vie , c’est la quantité de fécule que représentera la récolte de telle ou telle espèce de pomme de terre sur un hectare. On devra toujours préférer l’espèce qui rendra le plus de fécule. Supposons que nous avons trois espèces de pommes de terre, rendant en moyenne, par hectare, la première 270 quintaux, la deuxième 240 quintaux, et la troijième 200 quintaux. Admettons que la première espèce renferme 14 p. 0/0 de fécule, soit 38 quintaux par hectare ; la deuxième espèce 18 p. 0/0, soit 43 quintaux de fécule par hectare; la troisième 20 p. 0/0, soit 40 quintaux de fécule par hectare. On voit de suite que la culture de la deuxième espèce, qui en définitive produit une plus grande masse de fécule sur une surface donnée, devra être préférée. Il n’en serait pas de même pour le distillateur qui achèterait des pommes de terre; il devra ne voir que la richesse absolue en fécule , et, dans le cas qui nous occupe, il préférera, à égalité de prix, la troisième espèce. En effet, tel paye les pommes de terre 3 fr. le quintal en achetant un quintal de chaque espèce; il aura, pour la première espèce, 14. kil. de fécule; pour la deuxième, 18 kil., et pour la troisième, 20 kil. Il devra donc baser les prix d’achat sur la quantité de fécule que renferment les pommes de terre qu'on vient lui offrir. Les pommes de terre très-aqueuses, celles qui sont arrivées à une maturité incomplète, celles qui se gâtent, ne doivent être achetées que faute d’autres. En effet, leur rendement, non-seulement est inférieur à celui des autres , mais bien plus , il n’est même pas proportionnel à leur richesse en fécule. Deux causes concourent à produire cet effet : la première provient de l’albumine végétale qui se trouve en plus forte proportion relativement à la fécule, et qui, se transformant en levure pendant l’acte de la fermentation , détruit une certaine portion du sucre, qui
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- échappe ainsi à la transformation alcoolique ; la deuxième cause tient à la difficulté que l’on éprouve à bien diviser ces pommes de terre, qui, après la cuisson, forment une masse grasse, au lieu de présenter l’aspect farineux des pommes de terre riches en fécule. La fécule se trouve emprisonnée dans des grumeaux au milieu desquels l'orge germé ne peut pas agir; une grande portion échappe ainsi à la transformation en sucre et passe intacte avec les résidus. Le travail de la macération en devient aussi beaucoup plus long, plus fatigant et moins parfait.
- Une autre considération vient aussi influer sur le choix que l’on fait d’une espèce de pomme de terre : c’est la précocité. En effet, un des grands obstacles de la culture en grand de la pomme de terre, c’est la difficulté que l’on éprouve à la placer convenablement dans l’assolement; elle précède ordinairement une céréale d'hiver et l’on se trouve dans l'alternative, ou de l’arracher avant sa parfaite maturité , ou d’être en retard pour semer la céréale qui doit la suivre; le seul remède à cet inconvénient serait de rechercher les espèces précoces assez productives [tour figurer avec avantage dans la culture en grand. On ne saurait trop encourager les recherches dirigées vers ce but; d’ailleurs, les espèces précoces sont en général les plus riches en fecule. Les cultivateurs devront donc s’attacher à rechercher pour planter les espèces qui réuniront au plus haut degré ces trois conditions d’une production abondante , de la richesse en fécule et de la précocité. Le distillateur qui ne planterait pas lui-même, mais qui se contenterait d’acheter, devra aussi s’attacher à répandre dans son voisinage les espèces qui réuniront ces qualités; et lorsqu’on se sera arrêté à une espèce, on devra s’attacher à la maintenir pure et à ne planter que des tubercules sains, bien formés et parvenus à leur grosseur. Chaque climat, chaque nature de terrain, chaque mode de culture exigera une espèce différente; ce n’est que par des essais répétés dans toutes les localités que l’on parviendra à déterminer lesespècesqui conviennentàcha-cune d’elles. Telle espèce qui dans un pays sera classée au premier rang, perdra toutes ses qualités si l’on vient à la dépayser, et telle autre qui passera pour ne rien valoir, ira prospérer là où elle se trouvera dans d’autres circonstances. Mais le cultivateur qui se déterminera à des essais, reconnaîtra souvent que
- les pommes de terre cultivées dans la contrée qu’il habite ne sont pas celles qui conviennent le mieux, car presque toujours c’est au hasard que l’espèce dominante d’un canton doit d’y être cultivée . et il arrive bien rarement que des essais comparatifs aient été faits".
- La fécule étant l’élément utile de la pomme de terre, c’est sa proportion que l’on devra constater pour comparer la valeur de celles que l’on aura à choisir. Le moyen le plus simple, et qui dans la plupart des cas donne une approximation suffisante comme essai industriel, consiste à peser une certaine quantité des pommes de terre à essayer après les avoir préalablement bien lavées et bien séchées dans un linge. Supposons qu’on en ait pesé 250 grammes, on les coupe avec soin en tranches minces, on place ces tran ches sur une assiette, et on les expose à la chaleur de l’eau bouillante pour les dessécher ; on les pèse de temps à autre, et lorsque deux pesées consécutives faites à un intervalle d’un quart d’heure n’ont plus donné une différence sensible, on s’arrête. Le résidu se compose de la fécule et des autres parties solides de la pomme de terre, dont la quantité varie de 3 à 4 p. 100 de la pomme de terre non desséchée.
- Si l'on veut obtenir la fécule séparément, on opère autrement; on pèse une certaine quantité de pommes de terre lavées et essuyées; on les râpe dans une passoire en fer-blanc ou sur un tamis fin, et on lave la pulpe jusqu’à ce que l’eau passe claire: la fécule s’écoule avec l’eau à travers la passoire ou le tamis, et se dépose au fond du vase dans lequel on l’a reçue; lorsqu’elle est déposée, on verse l’eau qui entraîne l’albumine végétale, les sels dissous que contenait la pomme de terre et les débris fins du parenchyme qui ont passé à travers le tamis; on lave la fécule à plusieurs eaux pour la séparer des impuretés qui y sont encore mêlées, et lorsqu’elle est suffisamment blanche, ou la fait sécher, comme nous avons dit pour la pomme de terre, et on la pèse.
- § 3. Disposition d'une distillerie.
- Jusqu’à présent la distillation des pommes de terre a été à peu près livrée à la routine, et les procédés les plus défectueux ont été employés sans que l’on ait songé à les perfectionner. Si quelques industriels instruits et capables de perfectionner les anciens procédés sont arrivés à des méthodes de fabrication plus rationnelles et plus per-
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- fectionnées, leur manière de procéder est restée la plupart du temps un secret, ou ne s’est pas répandue, parce qu’elle exigeait des dépenses d’appareils que ne pouvaient faire les cultivateurs. On ne s’est peut-être pas assez attaché à perfectionner cette industrie, en la laissant à portée de celui qui peut la joindre à une exploitation agricole ; les industriels, éclairés par les perfectionnements qu’ils y apportaient, tendaient à en faire une industrie indépendante de l’agriculture, ce qui lui enlevait son principal mérite comme annexe de l’élève du bétail. Mais les perfectionnements que l’on peut apporter à cette industrie sont-ils donc forcément de nature à produire ce résultat? Qu’il me soit permis d’en douter. On peut avec des appareils peu dispendieux, mais judicieusement combinés, et par des procédés appropriés, arriver aux mêmes résultats dans une petite fabrication que dans une grande, et l’on y aura toujours l’avantage de récolter ses pommes de terre sur place, de consommer ses résidus, et d’employer à la fabrication un temps qui serait en grande partie perdu. Ou peut donc, et avec raison, espérer que cette industrie ne sera pas enlevée à l’agriculture comme l’a été celle de la fabrication du sucre.
- On ne doit pas confondre la distillation de la fécule avec la distillation de la pomme de terre en nature; la première restera toujours du domaine de la grande fabrication ; les procédés pour l'une et l’autre de ces deux industries ne sont pas les mêmes. La fécule donne une macération claire, la pomme de terre une macération épaisse; l’une donne des résidus que l’on emploie à la nutrition des bestiaux, l’autre ne laisse pour résidus qu’un liquide souvent fort gênant pour le fabricant; enfin la pomme de terre donne des produits qui ont besoin d’être puritiès; la fécule donne une eau de-vie exemple de mauvais goût. Les procédés et les appareils sont ainsi entièrement différents pour ces deux genres de fabrication.
- Une distillerie complète se compose de trois pièces. La première, qui peut être simplement un hangar fermé, sert aux opérations préliminaires, au lavage des pommes de terre, à la réduction en pulpe, à la macération; la deuxième renferme les cuves où s’opère la fermentation; cette pièce doit être pavée en pierres plates ou cimentées, et recouverte au moins d*un double plafond joignant bien , et dont l’un
- est cloué sous poutre (1); l’air doit pouvoir y être renouvelé; les lavages fréquents et la plus exacte propreté doit y être maintenue; une température constante de 18 à 20° centigrades est aussi nécessaire à la bonne marche des fermentations; il est donc indispensable que cette pièce soit bien abritée et close avec soin. Le sol, le plus uni possible, comme nous l’avons dit, doit aussi être disposé de façon à laisser écouler les eaux de lavage au dehors. La cuvée peut se chauffer au moyen d’un calorifère, ou mieux au moyen du générateur à vapeur que l’on y fait pénétrer; on modère alors la température, si elle venait à s’élever trop, au moyen d’une ventilation très-ménagée, pour éviter les coups d’air qui, par un refroidissement subit, pourraient déranger la marche des cuves. Celte deuxième pièce se nomme la cuverie. La troisième pièce renferme le générateur à vapeur, le foyer, les appareils de distillation et les instruments qui servent à la distillation. Cette pièce forme la distillerie proprement dite. II n’entre pas dans le plan de ce travail de décrire en détail les dispositions d’une distillerie, qui d’ailleurs peuvent varier à l’infini ; chacun devra, avant de prendre une décision sur la disposition à adopter, bien se rendre compte des ressources dont iI dispose, de la manière dont l’appareil qu’il a adopté doit fonctionner, de toutes les opérations qui doivent se succéder dans une distillerie, et des dispositions qui doivent les faciliter; enfin du terrain dont il dispose s'il doit bâtir, ou bien des bâtiments qui doivent lui servir s’il profite d’anciennes constructions. Un point auquel on devra attacher une grande importance est de savoir si l’on a à sa disposition et à portée de la distillerie de l’eau claire et en abondance; sans eau, une distillerie ne peut pas marcher, et c'est ordinairement la seule chose que l’on oublie d’examiner.
- Dans les très-petites distilleries et souvent aussi dans les grandes, on n’a qu’une seule pièce pour toutes les opérations; c’est une faute ; la cuverie au moins devrait toujours être séparée. Dans les petites distilleries, dont l’importance est trop peu de chose pour permettre de leur consacrer deux pièces, on devra au moins abriter les cuves par une cloison mobile ou fixe, afin de leur éviter les refroidissements
- (O Un plafond en plâtre ne pourrait remplacer ce plancher cloué sous poutre à cause de l’humidité qui l’aurait bientôt détruit.
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- subits ; car il est très-difficile de remettre en train une fermentation qui a été dérangée par le froid.
- § 4. Du travail des “pommes de terre.
- Les pommes de terre se lavent soit dans un baquet ou une auge au moyen d’un balai usé et un peu dur, lorsqu’on opère sur de petites quantités de pommes de terre, soit au moyen d’un laveur mécanique, semblable à celui employé dans les féculeries, lorsque la fabrication à laquelle on se livre a une certaine étendue. On doit veiller à séparer les pommes de terre des pierres auxquelles elles sont quelquefois mélangées, et qui peuvent par leur dureté détériorer les appareils qui servent à préparer la pulpe.
- Divers procédés sont en usage pour la réduction de la pomme de terre en pulpe; dans l’un on opère sur la pomme de terre sans la faire cuire, dans les autres on lui fait subir la cuisson avant de la diviser. Pour opérer cette cuisson, on se sert d’un tonneau T (fig. 1) posé sur l'un de ses fonds; ce tonneau doit être fait en bois très-sec; du bois qui aurait longtemps séjourné dans l’eau ou qui aurait déjà servi à la confection de futailles d’une plus grande capacité serait très-convenable; dans tous les cas, ce tonneau doit être cerclé en fer assez fort. Une ouverture ménagée au fond supérieur en O', sert à l’introduction des pommes de terre ; on la ferme au moyen d’on couvercle emboîtant exactement, mais simplement posé. Une autre ouverture P, munie d’une porte dont ou voit le détail fig. 2, sert à retirer les pommes de terre lorsqu’elles sont cuites. Cette porte P, fig. 2, est maintenue par le bas dans un crampon m fixé dans le bois du tonneau; un tourniquet f, également fixé au tonneau, vient maintenir la porte par le haut. A l’opposé de la porte P, fig. 1, se trouve une petite ouverture donnant passage au tuyau de vapeur V qui communique avec le générateur placé en G; un robinet R permet de lâcher ou de retenir la vapeur à volonté. Le fond du tonneau est percé de six à huit petits trous de 2 centimètres de diamètre qui permettent l’ecoulement de l’eau provenant de la condensation de la vapeur. Le tuyau V entre un peu dans le tonneau, il est terminé par une pomme d’arrosoir percée de gros trous; il serait bon que cette pomme d’arrosoir fût tournée en bas pour empêcher l’introduction des ordures. Les trous sont percés non-seulement
- au bout de la pomme , mais sur tout le pourtour, afin de livrer un passage plus facile à la vapeur. Le tuyau d’arrivée de la vapeur doit avoir un diamètre assez large pour qu’elle ne soit pas gênée dans son passage, et le générateur être assez grand pour fournir amplement la vapeur nécessaire. La cuisson des pommes de terre doit être rapide, résultat que l’on ne peut obtenir si la chaudière, la grille et le tuyau d’arrivée de la vapeur n’of frent pas des dimensions suffisantes, et si de plus le feu n’est pas conduit vigoureusement pendant cette opération. Une demi-heure ou trois quarts d’heure doivent suffire pour cuire un tonneau de 5 à 6 hectolitres. Toujours plus la cuisson sera prompte, toujours plus les pommes de terre seront farineuses et faciles à travailler. Si le tuyau de conduite de vapeur était très-long, ce qu’il faut éviter autant que possible, il faudrait l’envelopper de linges ou de cordes de paille pour éviter la déperdition de vapeur; la même précaution peut être prise à l’égard du tonneau. Les parties qui avoisinent l’entrée de la vapeur et la partie supérieure du tonneau sont lés premières cuites; le voisinage de la porte P est toujours le point où l’action de la vapeur se fait sentir le plus tard , c’est donc vers ce point que l’attention devra se porter pour reconnaître le moment où la cuisson sera terminée. On ménage à cet effet un petit trou dans la porte P, et en y introduisant une baguette, on sent si les pommes de terre offrent de la résistance ou si elles se laissent facilement traverser, ce qui indique qu’elles sont arrivées à point. Au reste, un peu avant le moment où le tonneau sera cuit, on voit sortir la vapeur avec sifflement par les trous inférieurs. Un peu d’habitude aura , bientôt appris à reconnaître le moment précis de la parfaite cuisson.
- Dès que la cuisson est arrivée à son terme, il faut se hâter de modérer la vapeur qu’on ne laisse plus arriver qu’en un petit filet; on procède alors le plus promptement possible à la réduction en pulpe des pommes de terre. Cette opération doit être conduite avec rapidité ; car si on les laisse refroidir, elle devient bientôt très-difficile, par suite de l’état gluant que prend la fécule. La division devient alors très-imparfaite, et outre un travail pénible, on n’obtient que des résultats incomplets. La réduction en pulpe doit être conduite de manière à ne pas beaucoup dépasser une demi-heure ; on remar-
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- que déjà après ce temps que les dernières portions sont beaucoup plus difficiles à travailler que les premières.
- Les appareils employés pour diviser la pomme de terre sont encore pour la plupart très-imparfaits , et cependant de la perfection de l’écoulage dépend en grande partie le rendement. Les deux appareils les plus employés sont le moulin à pomme de terre et un appareil formé d’un cylindre percé de trous comme l’appareil à faire le vermicelle.
- Le moulin à pomme de terre se compose de deux cylindres en bois , en pierre, ou mieux en fonte, montés sur un châssis en bois B, fig. 3, lequel est entouré de planches sur trois côtés et en dessous, de manière à formers une boîte pour recevoir les pomme de terre écrasées, que l’on enlève à la pelle par le quatrième côté ouvert. Une trémie Tr surmonte les deux cylindres et s’ajuste aussi exactement que possible contre ces cylindres, sans toutefois les toucher, pour éviter les frottements. 11 serait bon que les bords inferieurs de la trémie fussent garnis d’une bande de fer contournée de manière à s’appliquer le long et autour des cylindres; de celte manière on éviterait l’effet du gonflement du bois qui occasionne des frottements. Chaque cylindre est muni d’une manivelle M; l’un à droite , l’autre à gauche. Dans quelques-uns de ces appareils, on rend les cylindres solidaires au moyen d'un engrenage; cette disposition n’offre d avantages que lorsqu'un seul homme fait tourner l’un des cylindres. On ne doit pas donner plus de 15 à‘25 cent, de diamètre et 40 à 45 cent, de longueur à ces cylindres ; de plus grandes dimensions rendraient le travail pénible, surtout si l’on augmentait le diamètre, lieux hommes font tourner les cylindres pendant qu’un troisième fait tomber les pommes de terre dans la trémie; l'appareil doilpour cela être placé au-dessous de la partie du tonneau à cuire. Si les pommes de terre sont très-farineuses, elles passent sans difficulté entre les cylindres , mais lorsqu’elles sont grasses, ou lorsqu’on les a laissées relroidir, il faut les presser légèrement avec un pilon en bois, arrondi à sa base et assez gros pour ne pas être pris entre les cylindres, ce qui pourrait occasionner quelque rupture. J’ai dit que cette opération devait être conduite avec célérité ; à mesure que la caisse qui se trouve au-dessous des cylindres se remplit, un quatrième ouvrier, qui doit être le plus intelligent, la vide à la pelle dans un petit cuvier de 1 hect.
- Le Technologiite. T. XI. — Octobre i
- et demi environ ou 2 hect., placé près du moulin; ce petit cuvier doit être peu élevé de bord et allongé pour faciliter le travail. Lorsqu’on y a porté environ un demi - hectolitre de pommes de terre écrasées, on s’assure de la température de la masse , qui doit être de 60 à 70 degrés centigrades; si la température était plus élevée, ce qui arrive presque toujours, on ajouterait un peu d’eau froide que l’on brasserait pour rendre la température uniforme dans toute la masse. Aussitôt qu’on est arrivé au point convenable, on jette de l’orge germée, réduite en farine fine , dans le cuvier,et l’on brasse fortement ; l’orge germée doit se jeter doucement et se répandre sur toute la masse, afin d’agir sur toutes les parties. On continue à brasser jusqu’à ce que le tout ait pris un aspect demi-fluide et une saveur sucrée. On se sert, pour le brassage, d’un râble en fer, fig. 4, semblable à celui des brasseurs. Aussitôt que la masse a pris l’aspect demi-liquide, on renverse le petit cuvier dans un autre plus grand, placé à côté et deslinè^à contenir la totalité de la macération; un cinquième ouvrier continue à brasser dans le grand cuvier. On recommence alors dans le petit cuvier sur une nouvelle portion. Cette opération du brassage, dans le petit cuvier, est la plus importante de toutes, et l’on doit y apporter toute son attention et ses soins. Les points principaux à observer sont une température convenable et un mélange parfait. Au-dessus de 70 degrés, on risquerait de détruire le principe actif de l’orge. Il vaut mieux opérer à une température trop basse qu’à une température trop élevée; néanmoins, si la température était trop au-dessous de 60 degrés, la réaction serait trop lente, ou même n’aurait pas lieu du tout. 11 serait trop long de prendre chaque fois la température avec un thermomètre ; l’habitude aura bientôt appris à juger, sans cet instrument, du point convenable. Il est cependant bon de le consulter de temps à autre. Quant au brassage, il ne doit pas se borner simplement à un mélange exact des matières, il doit de plus opérer une trituration indispensable à la bonne réussite de l’opération. Lorsque toutes les pommes de terre sont réunies dans le grand cuvier et parfaitement triturées, on y ajoute environ leur volume d’eau à 50 ou 60 degrés, et après avoir encore brassé un instant, on laisse reposer le mélange une heure ou deux pour que la réaction s'achève. On emploie ordinairement 4kil. d’orge
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- germée par quintal de pommes de terre; cette orge doit être un peu plus germée que celle employée par les brasseurs.
- Lorsqu’on opère sur de petites quantités, deux hommes peuvent suffire; un pour moudre et un pour macérer. Il faut alors réduire les dimensions des cylindres du moulin. Des cylindres de 30 cent, de longueur peuvent être ma-nœuvrés par un homme.
- Il arrive assez ordinairement que l’on opère toute la macération dans un seul cuvier, c’est une faute; la trituration est beaucoup moins parfaite et plus pénible; une grande portion des grumeaux de pomme de terre échappe à l’action du râble, surtout vers la fin de l’opération, au moment où la masse sur laquelle on agit est le plus considérable.
- L’appareif de broyage que j’ai décrit est le plus généralement employé, quoiqu’il soit loin d’être le plus parfait. Son usage devient très-pénible chaque fois que les pommes de terre ne sont pas très farineuses, ou qu’on les a laissées refroidir ou cuver trop longtemps; il se forme alors un empois qui reste adhérent aux cylindres, et empêche de nouvelles quantités de pomme de terre d’engrener; ce n’est qu’au moyen d'une pression continuelle dans la trémie que l’on parvient à les faire passer entre les cylindres. Pour remédier à ces inconvénients, on a imaginé d’autres appareils. I/un d’eux se compose d’un vaste cylindre en cuivre posé horizontalement, dans lequel on fait cuire les pommes de terre: ce cylindre est traversé par un axe en fer muni de bras; lorsqueles pommes de terre sont cuites, on metcetaxeen mouvement au moyen d’un manège, et les bras qui y sont fixés broient les pommes de terre toutes à la fois; la macération peut aussi se faire dans le cylindre, à la suite du broyage, lorsque la pulpe écrasée est assez refroidie. Cet appareil est assez cher, et exige une force énorme pour fonctionner ; sous ces deux rapports il convient peu à une exploitation agricole, où la distillerie n’est qu’un accessoire. On conçoit que le broyage se faisant instantanément, et sans laisser refroidir les pommes de terre, il en résulte de grands avantages ; mais d’un autre côté, les pommes de terre qui, par une cause ou par une autre se trouvent être plus dures que les autres, échappent à l’action du pétrin; beaucoup de grumeaux sont dans le même cas, et principalement dans les années où la pomme, de terre est de mauvaise qualité, le travail
- de cet appareil devient défectueux. Malgré ces quelques défauts, l’emploi en est avantageux dans les grandes fabriques où il est maintenant presque généralement adopté.
- Dans les petites exploitations, on emploie aussi l’appareil suivant, qui donne des résultats très-satisfaisants. Un cylindre Cy (fig. ô'! en tôle très-forte, de 1 centimètre d’épaisseur, ou en fonte, garni d’un fond mobile posé sur le rebord intérieur placé au bas est percé de trous cylindriques de8à 10 millimètres de diamètre, tant sur son pourtour que sur son fond; ce cylindre traverse un banc B, formé d’un fort madrier de 10 à 12 centimètres d'épaisseur, il y est fixé par son rebord supérieur; un piston P entre dans le cylindre et se meut par une tige Ti, portant à sa partie supérieure un tourillon qui glisse dans un oeil allongé d’un levier L, long de 3 mètres. Au moyen de celte disposition la pression a toujours lieu verticalement. Une trémie Tr surmonte le cylindre et porte à la partie supérieure une barre de fer Ba , percée en son milieu d’un œil danslequel passeligeTi, et qui lui sert ainsi de guide. Les pommes de terre versées dans la trémie roulent dans le cylindre, et le mouvement du piston les force à passer en pulpe fine par les trous dont il est percé ; elles tombent dans une caisse C, établie sous le banc, où on les prend pour les porter à la cuve de macération, comme nous l’avons dit pour le moulin. Il faut avoir soin de donner au banc assez de longueur pour qu’il ne se renverse pas lorsqu’on agit sur le levier, ou bien il faut le fixer solidement au sol. Deux hommes peuvent manœuvrer avec cet appareil : un pour faire tomber les pommes de terre dans la trémie, l’autre pour manœuvrer le levier.
- On a aussi employé un autre mode de réduction en pulpe au moyen duquel on arrive à une division beaucoup plus parfaite que par aucun autre procédé: je veux parler du râpage qui s’opère sur les pommes de terre avant la cuisson ; le râpage s’exécute au moyen d’une râpe cylindrique, semblable à celle qui sert dans les féculeries. La pulpe obtenue est traitée par l’eau bouillante, ou même par la vapeur que l’on fait arriver dans la masse, jusqu’à ce que la fécule soit réduite en empois; on laisse refroidir cet empois jusque vers 70°, et on y ajoute l’orge germée que l’on y mêle exactement au moyen d’un vigoureux brassage. On doit toujours avoir soin de jeter l’orge par poi-
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- gnees que l’on répand sur toute la surface de la cuve à macération pour obtenir un mélange plus exact. Ce procédé est le moins répandu; c’est celui qui donne la division la plus exacte, mais il exige l’emploi d’une force assez considérable; une râpe à bras de la force de deux hommes ne peut guère donner plus de 20 à 25 quintaux de pulpe dans une journée ; de plus, cetappareil exige de fréquentes réparations. Son usage est encore trop peu répandu pour qu’on puisse en apprécier les avantages ou les désavantages.
- Dans les très-petites exploitations, où l’on n’opère que sur un ou deux hectolitres au plus à la fois, on se passe de tous ces appareils; la pomme de terre s’écrase au moyen d’un pilon en bois dans la cuve même où doit se faire la macération ; on ajoute l’orge germée lorsque la réduction en pulpe est terminée et que la masse est assez refroidie pour ne plus altérer le principe actif de I orge; mais ce procédé devient impraticable dès qu’on opère sur de plus fortes quantités. Dans ces petites exploitations, on n’a pas de générateur pour produire de la vapeur, et toutes les opérations de distillation se font à feu nu, ce qui nuit beaucoup à la qua-lité des produits. Pour cuire les pommes de terre, on emploie un petit tonneau dont l’un des fonds est percé de trous ; on place ce tonneau sur la chaudière à m place du chapiteau que l’on a eu soin d’enlever. Le fond du tonneau percé de trous est celui que l’on pose sur la chaudière. On met en ébullition l’eau que l’on a eu soin de verser dans celte chaudière, et lorsque les pommes de terre sont cuites, on enlève le petit tonneau que l’on vide dans le cuveau à macération. Si le tonneau est trop lourd Pour être ainsi enlevé , on Je vide par 'me porte.
- On pourrait à peu de frais obtenir dans ces petits appareils les avantages T'e donne un générateur à vapeur, en Y adaptant un double fond F (fig. 6), dans lequel on mettrait de l’eau; un tuyau T, muni d’un robinet IV, conduirait la vapeur produite dans le double tond au tonneau de pomme de terre, a chaudière C se trouverait aussi sous-'ade a 1 action directe du feu, qui n agjrait plus sur elle que par l'inter-
- ediame de l’eau contenue dans le
- nkr ^ar celte disposition , on
- ^tiendrait une marche beaucoup plus
- guliere de l’appareil et des produits "eaucoup plus purs.
- Maïgré le désavantage de ces petits Ppareils sur les grands comme moyen
- de fabrication, il est probable que non-seulement ils se maintiendront, mais encore qu’ils se répandront, à cause de l’avantage qu’ils offrent au petit cultivateur de pouvoir nourrir ses bestiaux 1 hiver à peu de frais, en lui procurant du travail pour une saison qui sans cela serait tout à fait perdue. C’est en grande partie à ses distilleries que l'Allemagne doit de pouvoir livrer de la viande grasse à meilleur marché que nous. Là chaque ferme a sa chaudière, fait de l’eau-de-vie et nourrit des bestiaux avec les résidus de la distillation.
- § 5. De la fermentation.
- La macération étant terminée comme nous l’avons vu , on la transporte dans la cuve à fermentation. Cette besogne peut être considérablement simplitiée Si le local où se fait la macération et la cuyerie sont disposés de façon qu’on puisse faire écouler le contenu de la cuve à macération dans un réservoir pratiqué dans le sol de la cuverie; un conduit souterrain formé de madriers de chêne ou maçonné et cimenté peut établir cette communication ; on évite par ce moyen d’ouvrir la porte de la distillerie et d’en faire varier brusquement la température. Une pompe placée au-dessus du réservoir de la distillerie y porte la macération et la fait monter dans les cuves. On doit, après chaque macération, laver avec le plus grand grand soin tous les instruments qui y ont été employés, les cuves où elle a été travaillée, le conduit, le réservoir de la distillerie et la pompe. J’insiste sur ce point parce qu’il est généralement trop négligé, ou fait avec trop peu de soin ; on craint de perdre son temps «à des opérations qui paraissent en dehors de la fabrication , et sans s’en douter, on laisse se former dans tous les appareils des ferments putrides, acétiques, etc., qui viennent compliquer la marche des fermentations, diminuer les produits et les altérer. U est bon, dans une distillerie, d’avoir un manœuvre spécialement employé aux soins de propreté hors le temps où il est retenu aux opérations de la macération.
- Les cuves doivent être d’une capacité telle qu un quintal métrique de pomme de terre occupe, après la macération et après avoir été convenablement étendu d eau, deux hectolitres et demi, en laissant encore dans la cuve environ 20 centimètres de vide. Ainsi, en supposant que l’ori opère sur cinq quintaux de pommep de terre par macération , les cuves devront contenir, étant rem-
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- plies à vingt centimètres du bord supérieur, douze hectolitres et demi. La régie établissant le rendement sur la capacité des cuves, il est important de ne pas dépasser ces proportions, sans quoi l’on s’exposerait à avoir des manquants dont il faudrait payer les droits.
- La macération telle qu’elle a été préparée ne remplit pas tout à fait la cuve à la hauteur convenable; on ajoute de l’eau pour y arriver et en même temps ramener la masse liquide à la température de 20° à 25° centigrades. On comprend, d’après cela, que la température de l’eau ajoutée devra être plus ou moins élevée pour obtenir ce résultat, suivant que la macération se sera elle-même plus ou moins refroidie. Généralement elle a conservé une température de beaucoup au-dessus de 25°; on doit alors ajouter de l’eau froide pour la ramener au point convenable. Cette opération doit se faire doucement et avec précaution, en mélangeant bien à mesure qu’on ajoute l’eau, de manière à ne pas descendre au-dessous de 20» et à ne pas rester au-dessus de 25°. Si l’on avait trop refroidi, il serait très-difficile de ramener la température au point convenable en réchauffant la cuve; si au contraire on était resté fort au-dessus de la température de 25°, il faudrait peu compter sur le refroidissement d’une masse liquide aussi considérable, qui est toujours très-lent, et si l’on se décidait à attendre ce refroidissement , on risquerait de voir s’établir dans la cuve quelque fermentation nuisible qui viendrait entraver la fermentation alcoolique au moment où l’on mettrait en levain. Le seul moyen de réchauffer une cuve lorsque, par une cause ou par une autre, elle a été refroidie, c’est de la diviser en deux portions que l'on met dans deux cuves, que l’on complète avec la macération suivante, en ayant soin cette fois d’obtenir une température convenable. On agit de même lorsqu’on a une cuve trop chaude ; mais si l’on ne devait pas faire une seconde macération dans la journée, il vaudrait mieux se décider à sacrifier une portion de la macération, que l’on remplacerait par de l’eau bouillante si la cuve est trop froide, ou par de l’eau très-froide si elle est trop chaude. Ce n’est qu’après avoir obtenu cette température que l’on doit mettre en levain.
- On procède à la préparation du levain de la manière suivante : au commencement de l'opération décrite dans le paragrafe qui précède, on a pris 15 à 20 litres de macération que l’on a placée
- dans un baquet de 25 à 30 litres de capacité ; après l’avoir ramenée à 25 à 30 degrés centigrades de témpéralure, on y ajoute environ un demi-litre de bonne levure fraîche de bière bien égouttée par quintal de pomme de terre mis en macération. On mélange aussi parfaitement que possible avec les mains ; la levure, étant conservée à la cave, se trouve ordinairement avoir une température inférieure à 10 degrés, ce qui ramène le levain à 20 ou 25 degrés environ. Si l’on n’avait pas pris la précaution de préparer la macération à 25 ou 30 degrés, il s’ensuivrait que le levain serait trop refroidi et ne fermenterait pas d’une manière convenable. Lorsque le mélange est terminé, on couvre le baquet et on le porte dans un endroit de la cuverie où il ne soit pasexposéaux courantsd’air. Après un quart d'heure ou une demi-heure, il entre en fermentation et monte rapidement, au point de sortir du baquet si celui-ci est trop rempli ; c’est à ce moment qu’on verse le levain dans la cuve que l’on veut faire fermenter; on le mélange exactement au moyen d’un vigoureux brassage que l’on exécute avec un râble de brasseur en bois et plein. Le râble en fer età jour dont on se sert pour les macérations n’imprimerait pas à la masse un mouvement assez prononcé pour bien opérer le mélange. La meilleure manière d’opérer consiste à enfoncer le râble verticalement, et très-vivement, dans toutes les parties de la cuve, et à la retirer de même très-vivement et verticalement; on imprime de celte manière un fort mouvement à la masse, et l’on produit de forts bouillonnements qui ne laissent aucun point de la cuve en repos et produisent un mélange aussi parfait que possible, condition essentielle pour une mise en fermentation prompte et régulière.
- Après un temps plus ou moins long, mais qui ne dépasse pas quelques heures, la cuve commence à entrer en fermentation; ce phénomène s’annonce par un léger bouillonnement qui forme à la surface de la cuve des bulles d’air qui se rassemblent et couvrent bientôt toute la surface. Peu après, on voit monter la partie épaisse de la macération , les pellicules de pomme de terre, la fécule non attaquée, etc. Il se forme alors ce que l’on appelle le chapeau de la cuve ; un indice de bonne fermentation se tire de l’apparence de ce chapeau : il doit être d’apparence uniforme , présentant çà et là quelques petites ouvertures par lesquelles s’échappe le gaz acide carbonique. Au
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- bout de quelques jours le chapeau se fendille et redescend ; c’est à ce moment que la cuve est bonne à distiller. On ne doit pas laisser au chapeau le temps de s’enfoncer dans la cuve ; dès qu’il s’est abaissé et que le dégagement d'acide carbonique s’est beaucoup ralenti, il faut se hâter de distiller; si l’on attendait plus longtemps, la cuve passerait à la fermentation acétique, et la quantité d’alcool serait considérablement diminuée. La durée de la fermentation varie de 2 à 5 jours, suivant la richesse en sucre de la macération et la vivacité avec laquelle la cuve a marché. Une fermentation trop courte indique toujours une faible production d’alcool. U arrive quelquefois que dans certaines cuvées le chapeau ne descend pas, malgré la cessation ou la diminution considérable du dégagement d’acide carbonique. Lorsqu’on s’aperçoit de cet accident, il faut se guider d’après le dégagement de l’acide carbonique et distiller dès qu’il a beaucoup diminué ; car il ne cesserait tout à fait qu’après un temps très-long et lorsque toute la masse serait en putréfaction. La macération, après la fermentation, prend le nom de vin ; lorsqu’on opère sur des quantités assez fortes et avec des cuves d’une grande capacité, il est convenable d’avoir à chaque cuve un gros robinet en cuivre ou en bois, au moyen duquel on lâche le vin fermenté dans un caniveau qui longe les cuves et va le conduire à un réservoir commun , d'où une pompe le monte dans l’appareil distillatoire. Dans les exploitations où l’on n’opère que sur de petites quantités et où par suite les cuves sont petites , on puise dans la cuve même au moyen d’un seau pour charger l’appareil distillatoire.
- ( La suite au prochain numéro. )
- Résumé critique des moyens proposés jusqu'à ce jour pour reconnaître le mélange du coton dans les tissus de lin tant en blanc que teints ou imprimés (1).
- Par M. L. Elsner.
- 1° Le roussi. On fait chauffer un morceau du tissu qu’on veut soumettre à
- (i) La Société d’encouragement de Berlin avait proposé cette question pour sujet d’un prix à décerner en i84a. Ce prix a été remporté par M. F.-S. Lehnerdt qui, sans connaître le moyen proposé par M. Kindt pour cet objet, et que nous avons publié dans le Tec-hnolo-. 1
- l’essai dans un tube de verre jusqu’à ce qu’il prenne une couleur jaune brunâtre. Les fibres de lin , par le traitement, s’allongent, se détordent et se serrent davantage entre eux, et en même temps ils prennent plus d’éclat ; tandis que les fibres de coton , entrelacés çà et là , se tordent davantage par l’application de la chaleur, de façon que les fils où on les a fait entrer à la filature prennent une apparence plus épaisse et plus laineuse.
- 2° L'incinération. Ou humecte un morceau de tissu avec une dissolution saturée de sucre et de sel marin , et on fait sécher ; les fils de filés , quand ils sont en coton, laissent par la combustion des cendres noires , et ceux de lin des cendres gris clair.
- 3° L'encrage. Un cercle tracé à l’encre sur un morceau de toile de lin pur ou de colon pur s’épanouit et s’emboit dans toutes les directions ; au contraire, si c’est un tissu consistant moitié en lin et moitié en coton, il ne s’emboit plus que suivant deux directions différentes, géométriques ou symétriques.
- 4° La teinture. On mordance le tissu avec le sel d’étain et on passe dans un bain de garance. Si c’est du coton, il se teint en rouge beaucoup plus intense que s’il consiste en fil de lin.
- 5° La résistance. Cette épreuve repose sur le fait expérimental que les fils de coton rompent sous un poids ou un effort moindre que ceux de lin. Les extrémités des fils de coton rompus sont plus reeoquillées , celles des fils de lin plusdroites.Les tissus de coton se déchirent, comme on sait, plus aisément que ceux de lin.
- 6° La combustibilité. Si on tire quelques fils de la chaîne et de la trame, et qu’on enflamme l’extrémité , les fils de lin s’éteignent bientôt, tandis que ceux de coton continuent à brûler promptement et vivement.
- Tous les modes d’épreuves indiqués sommairement ci-dessus sont, comme le fait remarquer avec justesse M. Stock-hardt plus ou moins incertains, et par conséquent peu propres à donner des résultats sur plusieurs on puisse compter.
- M. Stockhart a fait en outre sur l’essai par combustion quelques remarques particulières que je réunirai ici avec.
- giste , s® année , page 359, a indiqué des procédés analogues. C’est à l’occasion du rapport fait à ce sujet à la Société que M. le docteur Elsner a publié ce résumé critique, où l’on remarque plusieurs expériences qui lui sont propres et qui paraissent dignes d’intérêt.
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- quelques expériences que j’ai entreprises moi-même sur ce sujet.
- On fait brûler les fils qu’on a défilés du tissu en les tenant verticalement, et on ies laisse éteindre dans cette position ; les extrémités charbonnées des fils de lin ont une forme plus ou moins émoussée et sont toujours lisses, pressés les uns sur les autres, tandis que les fils de coton ont au contraire l’aspect d’un pinceau de crin à poils plus ou moins divergents. Ce mode d’épreuve est applicable même aux tissus en couleur , excepté ceux qui sont teints en jaune de chrome.
- En répétant ces expériences, j’ai trouvé que lorsque l’inflammation n’è-lait pas éteinte par une forte insufflation , les extrémités des fils de coton présentaient de petits boutons qu’on détachait par une légère pression, après quoi on voyait aussitôt apparaître l’aspect pénicillé des bouts brûlés des fils du coton ; d’un autre côté, si la flamme de la portion comburée des fils est éteinte par une insufflation énergique , les extrémités paraissent toujours brunâtres , pénicillées , tandis que celles des fibres du lin sont noires , unies , rapprochées les unes des autres , et formant une pointe conique. Ces phénomènes du reste se manifestent d’une manière d’autant plus tranchée que les extrémités des fils brûlés sont observés avec une loupe simple.
- Ce mode d'essai mérite d’être employé , mais simultanément et comme moyen de contrôle avec les autres méthodes qui ont été proposées pour distinguer les fils de lin de ceux du coton.
- 7° Les alcalis. Ce mode d’essai, proposé il y a quelques années par M. Boet-ger (voy. le Technologiste , 5e année, p. 246 ), mérite d’être recommandé en général pour les tissus blancs II repose, comme on sait, sur ce fait expérimental , qu’un tissu de lin pur, introduit dans une solution bouillante de parties égales de potasse caustique et d’eau, s’y colore fortement en jaüne au bout dequelques minutes, tandis qu’un tissu de coton pur ne se colore que très-faiblement en cette teinte. Quand l’essai, ayant une surface de 2 à 6 centimètres carrés, est reste 2 minutes dans la liqueur bouillante ( et l’ébullition de celte liqueur se fait commodément dans une capsule de porcelaine sur une lampe à esprit-de-vin), on l’enlève avec une petite baguette de verre, et sans le laver, on le transporte entre deux doubles de papier blanc pour le débarrasser par pression de l'excès de la liqueur. Lorsque c’est un tissu mélangé,
- on y voit apparaître des raies jaune foncé et jaune pâle , et si on extrait quelques fils tant de la chaîne que de la trame, ceux en lin sont jaune foncé et ceux en coton incolores ou très-faiblement colorés en jaune clair.
- J’avais entrepris sur le mode d’essai par les alcalis une suite d’expériences pour rechercher s’il était susceptible de recevoir des applications générales pratiques, lorsque les observations de M. le professeur Sldckhardl à ce sujet m’ont été communiquées. Comme les résultats de ce savant s’accordent en général avec les miens, je vais les rapporter ici.
- M. Stockhardt a trouvé que les tissus de lin et les fils isolés de cette matière quand on les plonge dans une lessive de potasse bouillante se colorent immédiatement en jaune , mais que la coloration devient au bout de peu de temps de plus en plus plus claire, tandis que la liqueur se colore en jaunâtre. Lorsque les tissus de lin colorés en jaune par la lessive de potasse sont lavés à l’eau chaude, ils perdent leur coloration. Si en cet état on les fait sécher et qu’on les immerge de nouveau dans la lessive, ils ne se colorenlplus; de plus M. Stockhardt a remarqué que toutes les sortes de lin ne possèdent pas la propriété de se coloror èn jaune sous l’influence de la lessive potassique, et que cette coloration n’est pas particulière à la fibre elle-même du lin, mais appartient à une matière adhérente à sa surface qui se renfle dans la lessive alcaline et s’y dissout quand on élèvelalempératurede cette lessive. Suivant M. Stockhardt, celle matière n’est autre chose que du savon.
- J’ài trouvé que par un séjour prolongé de l'échantillon dans une lessive bouillante, par exemple 2 à 3 minutes, le tissü de lin d’abord coloré fortement en jaune se décolore de même peu à peu exactement comme pour les tissus de colon. Si les tissus sont mélangés de fils de lin cl de coton, ceux de fi'rt paraissent colorés en jaune foncé et ceux de colon aü contraire apparaissent, comme des raies presque incolôres ; mais , par un séjour prolongé, les raies jaune foncé s’éclaircissent aussi peu à peu.
- Cette expérience rend les résultats de l’expérience un peu incertains ainsi que l’a déjà fait remarquei1 M. Stockhardt.
- J’ai observé absolument les mêmes phénomènes lorsque j’ai décoloré des échantillons mélangés feints, en les plongeant d'abord- dans une solution filtrée de chlorure de chaux dans l’eau,
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- lavant ensuite à l'eau pure et soumettant aussitôt à la lessive de potasse.
- Une circonstance fâcheuse de ce mode d’épreuve c’est que pour le mettre en pratique , une lessive concentrée et bouillante de potasse caustique, est une condition de rigueur.
- 8. Le miscroscope. Avec un bon
- microscope et un grossissement linéaire de 250 300 fois les fibres de
- Un paraissent fort différentes de celles du colon ; les premières se présentent sous la forme de longs tubes presque pleins d’environ un demi-millimètre de diamètre avec un canal étroit au centre à parois proportionnellement épaisses, ces tubes constituant des cylindres d’un diamètre égal et régulier. Uos libres du coton soumises au même •instrument apparaissent d’un autre côté comme des cylindres aplatis, un peu plus larges, avec un canal élargi dans le milieu à parois plus minces. Les tubes ici sont plats et ressemblant à des rubans. On les rencontre aussi très-souvent sous forme vrillée comme les tours d’un lire-bouchon , et d’ailleurs, sous le microscope , ils sont toujours plus pâles, plus transparents, plus déliés et avec un cariai d’un plus grand diamètre au milieu.
- Dans l’examen microscopique des fils dans les tissus, il faut les défiler, les ouvrir et en séparer les fibres avec la pointe d’un canif, et, en cet. état, les soumettre à l’instrument , puisqu’on sait que chaque fil d’un tissu de lin ou de coton, consiste en un grand nombre de fibres de ces substances. Avec un peu de pratique, il sera facile de distinguer au moyeu du microscope la différence de forme signalée ci-des-sns entre les fibres du lin et celles du colon.
- D’après ma propre expérience , j’ai pu me convaincre que l’épreuve par le microscope avait pour l’objet en question une importance réelle, et cette °pinion parait être partagée par M. Os-ohatz, qui s’occupe depuis longtemps, avec succès, d’études microscopiques.
- 9. L'acide sulfurique ou la destruction. M. Schleiden avait montré, il y a déjà plusieurs années, que le coton se dissolvait plus aisément que le lin dans l’acide sulfurique concentré ; mais c’est à MM. G.-C. Kindt etF.-S. Lehnerdt que revient le mérite d’avoir faitde ce résultat une application pratique pour distinguer les tissus de lin de ceux de colon.
- A la suite d’un grand nombre d’expériences que j’ai entreprises pour expè-nmenler ce procédé, j'ai obtenu les résultats suivants:
- Avec de gros treillis mélangé, j’ai trouvé souvent que 2 1/2 à 3 minutes étaient nécessaires pour obtenir un résultat sur lequel on pût compter; de plus un fil très-fin de lin a été soumis en même temps qu’un fil de coton de même longenr et pendant le même espace de temps à l’action de l’acide sulfurique concentré, puis tous deux pressés ensemble et faiblement entre deux plaques de verre, et tous deux se sont laissé écraser en même temps. Cette observation présente quelque importance pratique, parce que lors du lavage des échantillons les fils délicats de lin peuvent être rompus , et que dans les tissus il y a des fils de lin , les uns faibles , les antres forts. En outre le procédé exige beaucoup de soin, de pratique et de dextérité dans son application , si on veut qu’il donne de bons résultats, puisque, pour le mettre en pratique, il est nécessaire d’employer de l’acide sulfurique concentré du commerce. Or, celte circonstance par elle-mêmes’opposera probablement à ce qu’il devienne d’une application générale. Enfin, dans les affaires légales, on n’a plus en main le corps du délit pour pouvoir encore le soumettre à l’épreuve du microscope , circonstance que je considère comme d’un très-grand intérêt.
- Du reste, l’emploi de cette méthode, toutes les fois que j’y ai apporté une grande attention, m’a donné avec les tissus mélangés, tant en blanc que passés en teinture, des résultats qui m’ont convaincu qu’elle mérite à juste titre d’être distinguée et pratiquée simultanément, avec les autres procédés qui ont été proposés pour la solution du problème en question.
- Comme il y a des tissus qui consistent en fils qui ont été filés avec des mélanges cardés ensemble de coton en laine et d’êloupes de lin, j’ai fait préparer des fils de cette espèce, et je les ai humectés avec de l’acide sulfurique concentré , et enfin observés au microscope sous un grossissement de 250 à 300 fois. J’ai reconnu alors qu’un fil de celle espèce perdrait très-promptement sa consistance, et ensuite que les fibres du lin étaient faciles à reconnaître à leur forme particulière, tandis que celles de coton se dissolvaient.
- En résumant les circonstances fâcheuses qui se sont présentées dans les épreuves que j’ai faites par l’acide sulfurique concentré . j’ai trouvé :
- 1° Qu’il n’y a rien d’absolument certain en général relativement à la du-I rée du temps pendant lequel on doit
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- soumettre réchanlillon à l’action de l’acide sulfurique; en effet, M. Kindt indique de 1/2à2minutes, M. Lehnerdt de 1 à 1 1/2 minute, et moi j’ai trouvé des treillis qui ont exigé 3 minutes;
- 2° Qu’il y avait nécessité d’employer un réactif aussi énergique, aussi destructif que l’acide sulfurique concentré, circonstance fâcheuse, imputable aussi à l’essai par la potasse caustique, lequel ne présente pas toutefois la même confiance;
- 3° Que pour les jugements des tribunaux le corps du délit disparaît, et que le juge est contraint de s’en rapporter uniquement à l’habileté ou à l’attention de l’expérimentateur.
- 10. L'huile. L’essai par l’huile a été communiqué à la Société d’encouragement de Berlin par M. Frankenstein, négociant, et s’applique aux tissus en blanc mélangés. Il repose sur ce fait expérimental savoir, qu’une étoffe de lin pur qu’on enduit d’huile d’olive ordinaire de manière à ce qu’elle en soit complètement imprégnée, devient translucide à peu près comme le papier huilé , tandis qu’une étoffe de coton pur qui se trouve dans les mêmes conditions n’est pas translucide , mais seulement blanche et sans transparence. Dans les tissus mélangés soumis à l’opération précédente , les fils de lin apparaissent comme des raies transparentes, tandis que ceux de colon ont un aspect blanc dépourvu de toute translucidité.
- Dans les expériences auxquelles j’ai soumis ce procédé, j’ai trouvé, en effet, qu’il suffit d’un peu de pratique de la part de l’organe de la vue pour saisir parfaitement les apparences qui viennent d’être indiquées. La différence devient encore plus manifeste lorsque l’échantillon huilé est porté sur un fond noir.
- Les tissus mélangés et en couleur ont d’abord été décolorés dans mes essais en les immergeant dans une dissolution filtrée de chlorure de chaux, et les échantillons bien lavés et séchés , soumis à l’essai par l’huile, ont indiqué à ne pas s’y tromper le mélange des matières premières. D’après mes expériences, ce mode d’épreuve s’applique donc aussi bien aux tissus en blanc qu’à ceux en couleur, surtout quand on le combine avec un autre pour découvrir si des tissus sont en lin pur ou des mélanges de lin et de coton.
- 11. Les teintures alcooliques. Ce procédé, que j’ai fait connaître l’an dernier à la Société d’encouragement
- de Berlin, consiste principalement dans les moyens suivants :
- a. Distinction entre les fils de coton et ceux de lin par une coloration différente.
- b. Possibilité de soumettre les fils colorés, et par conséquent les pièces matérielles du litige au microscope.
- c. Emploi d’un moyen présentant une innocuité complète.
- Après un grand nombre d’expériences faites en vain avec diverses dissolutions colorées aqueuses pour atteindre le but proposé, j’ai tenté l’emploi des dissolutions alcooliques de diverses matières colorantes, et j’ai trouvé bientôt que les teintures, principalement celles des substances végétales renfermant une matière colorante rouge, coloraient constamment les fibres du lin en une couleur plus foncée que celle du coton, et qu’en outre le ton de la couleur elle-même était manifestement différent. Ce fait expérimental offre cela d’intéressant que dans d’autres conditions le coton, comme on sait, se teint plus facilement et en couleurs plus foncées que le lin.
- J’ai fait des expériences avec les extraits alcooliques de rocou, d’orcanette, de bois de campèche , de bois rouge , de sang-dragon, de bois de santal rouge, de phytolaque décandre, de garance d’Avignon, d’extrait de garance et de cochenille, et j’ai obtenu de bons résultats que je ferai connaître ici en peu de mots.
- Les teintures nécessaires pour les essais se préparent en versant 20 parties de l’alcool de 88° cenlig. ( = 0,847 poids spécifique) dans un vase de verre sur une partie de la substance pulvérisée, couvrant le vase et abandonnant pendant vingt quatre heures à la température ordinaire (environ 15° centig.) sans avoir recours à l’application d’une chaleur artificielle. On peut pendant ce temps agiter souvent le mélange, et à son expiration on filtre à travers le papier à filtre ordinaire les teintures qui sont alors prêtes pour les applications. Les teintures de garance ont généralement une belle couleur jaune rougeâtre, celle de cochenille une couleur éclatante rouge foncé.
- Dans une teinture de garance, un échantillon de tissu de coton pur se colore en jaune clair en quelques minutes; un échantillon de lin pur sc colore en rouge jaunâtre , celui qui n’est pas pur en orange.
- Avec la teinture de cochenille, un
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- tissu de coton pur se colore en rouge clair, et un échantillon de lin pur en violet.
- Les fils à la main de lin se distinguent des fils de la même matière aux métiers, en ce que dans tous les cas la coloration des derniers est plus claire que celle des premiers.
- Si les échantillons proviennent de tissus mélangés , et qu’on les plonge dans les teintures , on les voit, au bout de quelques minutes et quelquefois d’un quart d’heure, se barioler. Avec la teinture de garance , les fils de lin paraissent comme des raies orange-brunâtre, et ceux de colon sous forme de raies ou lignes jaune clair. Avec la teinture de cochenille, les fils de lin se colorent en violet et ceux de coton en rouge clair. Avec des mélanges considérables de coton au lin, ce mode d’épreuve réussit également bien , tandis que quand le mélange est moindre, la différence des teintes devient moins apparente. Néanmoins ce procédé est encore applicable ; seulement il exige quelques opérations secondaires, ce qui nuit un peu à sa grande simplicité.
- J’ai fait l’observation que les différences de coloration mentionnées plus haut pour distinguer les toiles de lin de celle de coton, devenaient moins saillantes lorsque les tissusrespectifs, avantd’êlre plongés dans les teintures, avaient, soit par une ébullition dans de l’eau pure ou I eau de savon, soit dans de l’acide sulfurique extrêmement étendu (eauaiguisèe d’acide sulfurique), été complètement débarrassés de l’apprêt adhérent; bien plus, après un séjour simultané de plusieurs heures, des échantillons, préalablement bien lavés et séchés, dans les teintures indiquées, les colorations ne se sont pas présentées avec des différences aussi tranchées qu’avec les produits encore pourvus de leur apprêt. Mais les échantillons ainsi colorés de lin et de coton , ayant été déposés en même temps au-dessus de la surface d’une dissolution faible et filtrée de chlorure de chaux, ce sont, ceux de coton pur , quj se sont décolorés en bien moins de temps que ceux de lin pur , et si les tissus étaient mélangés , il s’y manifestait en quelques secondes des raies incolores et des raies colorées; les premières indiquant la disposition du coton, les secondes la répartition du lin. C’est sur cette expérience que se fonde maintenant le procédé pour découvrir, au moyen de l’essai par les teintures alcooliques , même de faibles mélanges de coton
- dans les tissus de lin, tant en blanc qu’en couleur.
- J’ai , après maintes expériences, trouvé pour cela que le procédé suivant était le meilleur.
- Les tissus incolores qu’on veut soumettre à l’essai sont d’abord débarrassés complètement de leur apprêt en les faisant bouillir dans de l’eau de rivière, puis sécher. Les échantillons une fois secs, on effiloche quelques (ils tant de la chaîne que de la trame, de manière que ces fils dégagés soient libres sur deux des côtés du tissu. Les échantillons sont alors introduits pendant quelques heures dans une teinture de cochenille ou de garance (garancine) , et au bout de ce temps on les enlève suffisamment colorés , pour les sécher entre des doubles de papier «à filtrer et les déposer au-dessus de la surface d’une solution étendue et filtrée de chlorure de chaux. Si les échantillons sont mélangés , on voit, au bout de quelques secondes, et quelquefois après une minute seulement, celles qui ont été colorées avec la teinture de cochenille présenter des raies violet rougeâtre et incolores , les raies ou lignes colorées indiquant les fils de lin et celles incolores les fils de coton. Cette différence est plus tranchée sur les fils libres de la chaîne et de la trame, qui pendent sur les côtés du tissu, et dans ce cas, avec un peu de pratique , rien n’est plus facile que de distinguer les fils colorés de ceux qui ne le sont pas, et de déterminer leur nombre ou leur proportion relative ; car on voit de la manière la plus évidente qu’une partie des fils colorés libres se décolore bien plus promptement et plus rapidement que l'autre partie, qui met bien plus de temps à s’affaiblir, et ne commence à pâlir que longtemps après que la première est déjà incolore.
- Quant à ce qui concerne les tissus mélangés en couleur, ou commence par les décolorer en les plongeant dans une solution filtrée de chlorure de chaux. Les échantillons sont ensuite passés dans une eau aiguisée d’acide chlorhydrique pour les débarrasser de l’eau chlorée adhérente, lavés avec soin, séchés, puis immergés pendant quelques secondes dans la teinture de cochenille ou de garance, et, aussitôt après, soumis à l’épreuve des émanations du chlorure de chaux, qui présente, pour les tissus en couleur, les mêmes phénomènes que ceux qui ont été décrits ci-dessus , à l’occasion des tissus en blanc.
- Il résulte des détails clans lesquels cm
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- vient d’entrer, que le mode d’essai par coloration au moyen des teintures s’applique aussi bien aux tissus en couleur qu’à ceux en blanc mélangés de lin etde coton, pour y démontrer la présence du colon ; mais comme le chlorure de chaux n'a pas toujours le même degré de force, il convient de préparer une solution filtrée de ce chlorure avec 12 parties d’èau et d’étendre celle-ci d’une suffisante quantité d’eau, jusqu’à ce que les échantillons de tissus de lin etde coton colorés par la teinture de cochenille, et plongés en même temps dans la solution de chlorure de chaux, indiquent le degré de dilution que celle-ci doit avoir, c’est-à-dire que l’échantillon en coton, coloré parla cochenille, se décoloreen un temps infiniment plus court que celui également coloré en lin. Il est à peine nécessaire de prévenir qu’une période proportionnellement beaucoup plus prolongée d’immersion de l’échantillon de lin le décolorera également.
- Les résultats d’un grand nombre d’expériences, maintes fois répétées, m’ont convaincu que le mode d’essai parla coloration avec les teintures que je propose peut être mis en regard des procédés qui se sont montrés les plus avantageux pour la solution du problème en question, en confessanltoute-fois que ses manipulations, à cause des diverses opérations distinctes, sont moins simples que par les autres méthodes proposées dans le même but. Plusieurs gros négociants en toiles de Beriin ont pu se convaincre de futilité du procédé par coloration que je propose , de façon qu’il y a lieu d’espérer que les avantages de ce mode d’essai seront généralement reconnus.
- Quand on soumet un tissu de lin , dans lequel on soupçonne un mélange de coton, à un des modes d’épreuve ci-dessus, il est non-seulement convenable, mais en outre on donne aux résultats de l’expérience un plus grand poids, au lieu de les appuyer sur un seul mode d’épreuve, de les baser sur plusieurs moyens variés de contrôle ; c’est ainsi qu’on peut employer simultanément les épreuves par le microscope, l’huile, la coloration par les teintures , l’acide sulfurique , et enfin la combustion indiquée par M. Stbekhardt. Quant à l’essai par la potasse, il paraîtrait, d’après les expériences du savant que nous venons de nommer, qu’on ne saurait faire aucun fond sur lui.
- Dans le cas où ces divers modes d’essai fourniraient un résultat identique et toujours le même, il ne sera pas possible de contester que la certitude du
- jugement qu’on portera en acquerra plus de poids, que le résultat de l’essai méritera d’autant plus de confiance , et par conséquent que tous deux en acquerront une valeur plus réelle.
- Sur la manière dont le gutla-percha
- se comporte avec ses dissolvants.
- Par M. E.-R. Kent.
- Le gutta-percha est soluble dans le chloroforme, le carbure de soufre et les essences rectifiées de térébenthine, de résine, de goudron et de gutta-percha lui-même. Les deux premiers liquides le dissolvent à une basse température ; quant aux autres , une élévation de température est nécessaire. Dans les dernières solutions, le gutta-percha se précipite par le refroidissement sous la forme d’une masse cornée et volumineuse qui se redissout par la chaleur. Les dissolutions ont ordinairement une couleur brun rougeâtre et ne s’éclaircissent pas même après des mois entiers de repos; mais elles deviennent très-claires quand on les filtre lorsqu’elles sont étendues (1 partie de gutta-percha et 16 parties de dissolvant) à travers le papier on la mousseline.
- Le gutta-percha en dissolution est précipité par l’alcool ; dans les solutions par le chloroforme et le carbure de soufre on retrouve le gutta-percha avec toilles les propriétés qui lui apparie-naient primitivement, tandis que dans celles par l’essence de térébenthine et les autres hydrocarbures la masse précipitée par l’alcool retient une portion du dissolvant avec une telle énergie, qu’on ne peut l’en séparer que par la décomposition du gutta-percha.
- Si on décompose une dissolution de gutta-percha dans le chloroforme par 2 à 3 parties d’éther, cette gomme, quand on chauffe doucement, se sépare sous la forme d’une poudre parfaitement blanche qui, lavée avec de l’alcool , recueillie sur un filtre et séchée, présente une masse molle, spongieuse, ressemblant à de la moelle de sureau. Si une petite quantité du mélange en question, avant que le précipité se forme, est mise sur une plaque de verre, il reste une pellicule mince et blanche qui ressemble à la peau fine de chevreau qui sert à faire les gants. Quand on chauffe, cette pellicule perd son aspect et devient translucide. La cause de cette différence dans l’état
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- d’agrégalion provient du froid qui se produit par l’évaporation de l’éther.
- Les substances qui restent après le traitement du gulla-percha par les dissolvants consistent en fibres ligneuses, matières terreuses et la matière colorante naturelle du gutta-percha, qui est soluble dans l’eau et précipitable de sa solution par l’alcool.
- Parla distillation sèche, le gutla-per-cha donne les mêmes produits combustibles que le caoutchouc.
- Classement économique des pommes de terre.
- Par M. 3. àndekson, fabricant d'amidon.
- M. Anderson s’est proposé déclasser et partager les pommes de terre en deux ou un plus grand nombre de classes et suivant leur valeur économique.
- Le système qu’il a adopté pour cet objet repose sur ce fait assez bien établi. savoir : que les variations qu'on reconnaît dans le poids spécifique des pommes de terre sont dans un rapport à peu de chose près inlime avec la valeur commerciale relative de la substance. Ainsi l’auteur annonce qüe le poids spécifique des pommes de terre qui renferment environ 20 pour 100 en poids de matières solides et nutritives, est égal à 1,080 (en prenant pour unité le poids de l'eau distillée à 15° C.), ou, en d’autres termes, qu’elles vont au fond dans un liquide marquant 12“ de l’aréomètre de Banmé, et que le poids spécifique des pommes de terre contenant environ 30 pour 100 de matières solides nutritives est 1,120, ou qu’elles plongeront dans un liquide qui marque une densité de 17° Baumé.
- La séparation des tubercules s’opère en les introduisant en certaine quantité dans un liquide dont le poids spécifique est égal à celui de la classe de pommes de terre qu’on veut obtenir. Le poids spécifique des pommes de terre varie, en thèse générale, de 1,075 à 1,120. L auteur préfère, comme plus convenable, composer sa liqueur d’épreuve ou de classement, qui peut être de l’eau mélangée avec une certaine quantité de sel commun, d’argile ou autre substance convenable, de manière à lui donner nne densité qui soit d’accord avec les pommes de terre les plus légères qu’il se propose de classer. Quaod on les introduit dans ce liquide, d'un poids spécifique de 1,100, je suppose, ou à peu
- près 14° Baumé, les pommes de terré se partagent de suite en deux classes , celles d’un poids spécifique plus élevé qui tombent au fond, et celles d’un poids spécifique moindre qui surnagent. Les tubercules qui surnagent ayant été enlevés à la surface du liquide , on retire ceux qui sont au fond et qui ont une plus grande valeur.
- Si on veut séparer en plus de deux classes , on répète le procédé en introduisant de nouveau les pommes de terre dans un liquide plus léger ou plus dense.
- On peut aussi traiter de la même manière d’autres végétaux, tels que les navets, les carottes, les panais, et les classer par ce procédé.
- Plaques daguerriennes argentées par voie galvanoplastique.
- Un physicien, M. Kilburn, a recommandé dernièrement l’emploi des plaques photographiques argentées par voie galvanoplastique de préférence à celles en cuivre plaqué ou qui sont argentées au feu, non-seulement sous le rapport économique, mais ce qui est le plus important, sous celui technique et artistique. L’enduit d’argent, produit galvaniquement, est bien plus brillant et acquiert un poli plus noir que sur les autres plaques argentées, ce qui influe beaucoup sur la beauté de l image, attendu que les ombres de celles-ci sont plus tranchées et mieux senties. Un second avantage des plaques argentées galvaniquement se manifeste après l’io-dage et dans la chambre obscure; c’est qu’elles présentent, vis-à-vis des autres, une sensibilité trois fois plus grande, et par conséquent ont besoin de rester beaucoup moins de temps dans celte chambre. Une expérience bien simple démontre d’ailleurs l’exactitude de cette assertion. On plonge à moitié une plaque daguerrienne ordinaire dans la dissolution d'argentd’unappareil galvanique jusqu’à ce que la portion plongée se recouvre d’une couche mince d’argent, et on polit etiode celteplaqneà la manière ordinaire. La supériorité de l’argenture gaivanique est facile à constater, même pour l’œil le moins exercé.
- Importation de produits végétaux exotiques en Angleterre.
- Les usages populaires des Anglais se modifient par l’importation d’une foule
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- de produits exotiques. Depuis longtemps le marché de Londres est fourni de noix duBrésil (Bertholetia excetea), de noix de coco, d'ananas des Antilles, de raisins de Portugal , etc. On con somme , on vend à Édimbourg et à Glascow une nouvelle noix appelée Zubucajo, qui est celle du Lecythis Zubucajo de Para; elle est estimée pour les desserts. L’importation des fils de jute (Corchoris capmlaris) s’élève dans la Grande-Bretagne à 300,000 liv. sterl. (1,200,000 fr.) par année. D’autres plantes textiles de l’Inde, de la Chine et des Philippines commencent à être employées. Enfin le palmier du Brésil, figuré dans le bel ouvrage de M. Martius, sous le nom de Altelea funifera, est devenu l’objet d’un commerce actif avec Para. On se doute du reste bien peu de l’emploi de ces produits, et chacun a pu remarquer dans les rues de Londres, dit sir W.-J. Hooker dans le London journal of Botanic, 1849, p. 122, combien, depuis quelques années, la propreté des marchés et des trottoirs a augmenté. Cela lient aux brosses qu'on emploie. Si vous demandez de quelles fibres elles sont faites, on vous répond ordinairement : De baleine, je suppose. Mais non : elles sont fabriquées avec une substance végétale, avec les fibres grossières du palmier, qui croît en abondance au Brésil, et qu’on importe par paquets de plusieurs pieds de longueur, à 14 liv. sterl. la tonne , sous le nom brésilien de Piacaba. La partie de l’arbre qui sert à cet usage est la base des pétioles toute garnie de fibres brunes, que la planche de M. de Martius représente fort bien. Le fruildece même palmier fournit ce que les Anglais appellent coquilla-nuts, noix- coquilles, dont on fait à Londres beaucoup de pommeaux de canne et objets analogues.
- CORRESPONDANCE.
- Monsieur le rédacteur,
- Votre numéro d’avril dernier contient le moyen de rétablir les papiers piqués, moisis, indiqué par M. Boc-krumm de Tropton.
- Je connaissais depuis fort longtemps ce moyen. L’eau de javelle étendue de deux tiers d’eau remplit le même but. Mais si les papiers ainsi lavés sont employés dans les impressions lithographiques et la taille-douce, ils détruiront peu à peu la pierre et le cuivre, si on ne les soumet pas à un bain d’eau potable après les avoir passés dans l’acide indiqué.
- On pourra procéder de la manière suivante.
- On trempera une feuille dans l’eau acidulée, et on mettra une autre feuille sèche dessus, on continuera ainsi jusqu’à ce que la rame soit épuisée. Alors on la retourne pour reprendre la première feuille, on verra les taches disparues. Alors on trempe la feuille dans de l’eau pure pour détruire complètement l’acide On renouvellera l’eau huit à dix fois pour une rame, ensuite on fera sécher les feuilles.
- Je profite de l’occasion pour vous prier de donner de la publicité à un mélange que le hasard m’a fait trouver.
- Une dissolution de sulfate de cuivre dans laquelle on verse une certaine quantité d’eau de javelle, forme une jolie teinte vert-clair, laquelle séchée reste très-solide.
- Ori en tirera peut-être profit pour les étoffes.
- Je suis votre dévoué,
- E. K.
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- Ain S MÉCANIQUES E l COINS'TRUSTIONS.
- L’épurateur, nouveau procédé économique pour la préparation du coton pour filature et pour ouates ,
- Par MM. Math. Risler et fils, de Cernay.
- Tous les directeurs de filatures savent que depuis 28 ans, époque à laquelle remonte l’importation en France des batteurs pour éplucher le con-ton , on a constamment cherché à atténuer les mauvais effets du travail de ces machines. Les volants qui sont garnis de lames de fer et qui tournent avec une grande vitesse. font subir au coton une agitation trop brusque, et lui font éprouver des chocs trop violents qui, vivement répétés , énervent, brisent et emmêlent les filaments de ce coton, avant qu’il soit entièrement débarrassé de toutes les matières hétérogènes qu’il contient. Encore aujourd’hui, les batteurs donnent des études aux directeurs presque dans toutes les filatures , parce qu’on y trouve des inconvénients que l’on cherche à faire disparaître.
- Ainsi énervés et emmêlés, ces filaments de coton ont presque généralement besoin de deux cardages pour être redressés et complètement débarrassés des boutons et des autres ordures que les batteurs ne leur ont pas enlevés. Mais ces opérations, tout en continuant d’énerver les filaments, occasionnent une grande perte en déchets par le dèbourrage souvent répété du grand tambour et des chapeaux ; elles font de plus perdre beaucoup de temps, et sont préjudiciables à la santé de l’ouvrier.
- Il s’agissait donc , pour remédier à la défectuosité des susdites machines , de combiner un appareil qui fût propre àouvrir, à démêler, àépurer et à redresser les filaments du coton , avec toute 1 économie possible, en leur conservant toutes leurs qualités naturelles , telles que la force et l’élasticité , indispensables pour produire un fil de bonne qualité.
- M. G.-A. Risler, a résolu ce problème par l’invention de la machine dite Epurateur , qui remplace avec avantage les batteurs et permet la suppression partielle ou totale des cardes,
- suivant le plus ou le moins de netteté que l’on exige du fil.
- Avant d’être livré à la susdite machine, le coton est d’abord passe dans une machine dite ouvreuse-élaleuse, c’est-à-dire dans un vellow combiné avec un appareil propre à étaler le coton par pesées et à en former des rouleaux. Ces rouleaux sont ensuite posés sur les supports des alimentations de l’épurateur, et le coton est livré à cette machine pour en ressorliren une nappe bien propre et bien cardée , dont la qualité a été appréciée par tous les fi-lateurs étrangers et français qui ont vu fonctionner l'appareil et qui ont commandé de ces machines. Cette opération n’occasionne d’autres déchets que des ordures, des boutons et feuilles ne pouvant plus servir à rien tandis que les déchets provenant des batteurs, qui se vendent à très-bas prix, contiennent toujours une certaine quantité de bon colon.
- L’épurateur produit aisément 120 à 130 kil. de coton préparé par jour de 12 heures de travail ; il n’absorbe que les deux tiers d’un cheval de force. Une ouvrière peut soigner trois machines, qui n ont besoin d etre débourrées qu’une fois par jour au plus, même après avoir épuré les cotons les plus chargés d’ordures.
- MM. Risler ont filé des n°‘ 30/20 chaîne et trame, avec de la préparation de l’épurateur et un seul cardage; la qualité du fil a été très-bonne, et par là ils ont économisé les frais d’un second cardage.
- Pour filer de gros numéros jusqu’au n° 20, ils ont entièrement supprimé le cardage en portant la nappe de l’épurateur directementaux étirages ; ils ont également obtenu un fil de bonne qualité, et de cette manière d’opérer il est naturellement résultèd’impot tantes économies que tout filateur saura apprécier.
- En France, les filateurs ont pour ainsi dire renoncé à employer les cotons des Indes, tels que : Surate, Bengale , etc. , etc., parce qu'étant très-chargés d’ordures, ils ont besoin d’être plus longtemps battus par les volants des batteurs, et que par là leurs filaments très-courts sont à peu de chose près réduits en duvet. L’épurateur, par contre, nettoie parfaitement ces cotons, et leur conserve toute leur qualité.
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- Dans une seule opération les ordures sont entièrement séparéesdu bon coton, et les nappes de cette préparation peuvent aisément être filées sans aucun cardage jusqu’au n° 15/16.
- MM. Risler n’ont pas indiqué les chiffres des économies considérables qu’ils promettent à tous les filateurs qui voudront faire usage de leur nouveau procédé de préparation du coton ; ils les invitentà aller expérimenter eux-mêmes sur l’épurateur qui fonctionne dans leur filature. Là, selon MM. Risler, ils se convaincront aisément des avantages de cette machine, qui est appelée à jouer un grand rôle dans l’industrie cotonnière.
- Pour la fabrication des ouates, l’épurateur est devenu tout à fait indispensable. Lefabricanttrouveles opérations de l’épluchage, ducardage etdela mise en feuilles ou en nappes réunies dans une seule machine qui fournit 150 à 200 ki|. de coton préparé par jour de 12 heures de travail. Les plus mauvais déchets de coton sont transformés en une belle nappe continue, que l’on peut doubler jusqu’à ce que l’on ait atteint l’épaisseur demandée.
- Les avantages et les économies considérables que ce procédé pour préparer les ouates offre sur celui actuellement en usage, sont garantis et prouvés par une expérience de plusieurs mois.
- Machine circulaire pour l'apprêt des étoffes.
- Par M. Gijrojjd d’Abgoud, à Lyon.
- Après le tissage des étoffes, il reste dans leur contexture même une mollesse qui est le résultat inévitable du maniement continuel exercé par l’ouvrier sur son tissu à mesure qu’il l'exécute. La tension inégale des fils de la trame se fait remarquer sur la surface de l’étoffe, lorsque développée de dessus le rouleau elle est abandonnée à elle même; alors on y reconnaît aisément une certaine ondulation et des inégalités dans la superficie , qui nuisent à son éclat et qui allèrent la pureté des dessins dont le tissu peut être orné. Ces inconvénients firent imaginer l’apprêt qui devait rendre à l’étoffe le brillant, l’égalité de surface et lui donner du soutien sans en détruire la souplesse.
- L’apprêt, tel qu’il s’est fait jusqu'à ce jour, s’opère en fixant l’étoffe sur une machine appelée rame de surface
- plane, composée de deux barres en fer parallèles, où sont fixées des aiguilles multipliées, dont la longueur est de huit, douze, et quelquefois vingt-cinq mètres. Les lisières de l’étoffe sont fixées aux aiguilles au moyen de battoirs. Les deux barres peuvent être rapprochées ou éloignées selon la largeur plus ou moins grande du tissu. Une gomme eu dissolution , mise à l’état de crème, est répandue sur toute la surface de l'étoffe , qui est tendue au moyen de vis , et aussitôt après cette opération , un vaste brasier de charbon de bois porté sur un chariot qui est placé au dessous de l’étoffe est promené sans cesse d’une extrémité à l’autre de la rame jusqu’à ce que la dessiccation en soit parfaitement opérée. Quelque bien exécutées que soient ces diverses opérations , on ne saurait éviter ni les inconvénients qui peuvent résulter de l’humidité trop prolongée avant que l’étoffe soit desséchée par l’action du brasier, ni le danger d’altérer certaines couleurs incompatibles avec le gaz qui se dégage par la combustion du charbon. Neuf personnes sont indispensables pour ce travail.
- La machine inventée par M. Giroud d’Argoud, ingénieur civil, est de surface cylindrique; elle diffère des anciens métiers à apprêter appelés rames, en ce que ces derniers sont de surface plane , et que la dessiccation de l’étoffe s’y fait au moyen du charbon de terre incandescent. Elle est montée sur un bâti, et consiste en un cylindre en cuivre chauffé à la vapeur, sur lequel sont adaptés deux cercles servant à diriger les aiguilles fixées au mécanisme étirant l’étoffe en large; les cercles sont reliés par des vis et mus par une manivelle servant à les rapprocher ou à les éloigner selon la largeur de l’étoffe qu’on apprête, ils ne sont point parallèles dans toute la circonférence, mais ils s’écartentà mesure qu’ils s’éloignent du point de départ, c’est-à-dire du point où l’étoffe s’engage sous les aiguilles. Cette différence est de deux centimètres sur l’étendue de la demi-circonférence. Elle peut être augmentée ou diminuée à volonté. Pour donner l’apprêt, l’étofiê, en se développant de dessus le rouleau ensouple, passe dans un auget rempli d’apprêt, elle est ensuite présentée au cylindre en cuivre par deux personnes qui, en saisissant les bords, les dirigent sur les aiguilles. Une petite roulette, dont la circonférence est en forme de brosse, presse l’étoffe et la fixe de chaque côté sur les aiguilles. Le cylindre en cuivre, chauffé
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- à la vapeur, en attirant le tissu sur sa surface, opère simultanément l’étirage en large de l'étoffe et sa dessiccation au même instantoùelle a été imbibée d’ap-prèt, et le cylindre est entraîné dans son mouvement de rotation avec l’étoffe qui s’étend en long et en large d’une manière régulière et parfaite.
- Ainsi se trouvent résolues avec un immense avantage les difficultés de main-d’œuvre qu’offre l’ancien système, savoir l’étendue du local limité aux dimensions habituelles d’une chambre, la réduction du nombre d’ouvriers, trois suffisant ici au lieu de neuf qui sont nécessaires pour apprêter suivant l’ancienne méthode; une économie de combustible, la houille étant d’un prix moins élevé que le charbon de bois; une répartition égale de la chaleur, répartition qu’on ne saurait obtenir lorsqu’elle est distribuée au moyen d’un brasier; la dessiccation presque instantanée après l’immersion dans la gomme; enfin l’absence du danger d’altérer certaines couleurs par l’effet du gaz acide carbonique. A tous ces avantages, il faut ajouter celui de préserver les ouvriers des émanations délétères qui s’échappent d’un vaste brasier de charbons ardents, et tout ce qui a pour résultat de ménager la santé si précieuse de nos ouvriers ne saurait manquer d’ètre accueilli avec le plus vif intérêt.
- Une commission de l’Académie des sciences deLyon a été vivement frappée de tous ces avantages, et sa conviction complétée par l’approbation des hommes spéciaux, apprêteurs, teinturiers et fabricants. Aussi elle a décerné à M. Giroud d’Argoud l’une des médailles d’or fondées par M. le duc de Plaisance en faveur des inventions utiles,à la fabrique lyonnaise.
- M. Giroud d’Argoud a depuis, par de nouveaux perfectionnements, étendu • usage de sa machine à l’apprêt de toutes sortes d’étoffes.
- Turbine nouvelle.
- Par MM. Laurent et Deckherr, ingénieurs civils au Châtelet (Vosges).
- Ces constructeurs ont présenté à l’exposition de l’industrie nationale de 1849, une turbine remarquable par des innovations importantes.
- D’abord, ils ont donné une disposition telle à leur pivot, que l’eau ne peut pas l’atteindre, qu’elle en est
- constamment repoussée par de l’air comprimé par elle-même. Ce pivot, que leurs auteurs ont nommé pivot à graisse atmosphérique, peut être appliqué à tous les arbres verticaux susceptibles d’ètre noyés.
- Mais là n’est pas le point capital. Toutes les turbines n’ont pas une capacité constamment en rapport avec le volume d’eau à dépenser. Lorsque la quantité d’eau disponible diminue , on réduit aussi proportionnellement la hauteur et par suite la capacité de la roue; si au contraire la quantité d’eau augmente, on augmente en même temps la hauteur et la capacité de la roue; autrement dit, on tire toujours le plus profit possible de toute l’eau dont on dispose.
- Pour que cet effet ait lieu, les inventeurs ont disposé leur vannage de telle sorte qu’il puisse monter et descendre dansla turbinemèmeetqu’i) tournecon-starnment avec elle ; il en résulîe que les aubesde la turbine peuvenltoujoursêtre réglées à une hauteur convenable, pour présenter une capacité exactement correspondante au volume d’eau à dépenser, disposition d’autant plus intéressante , d’autant plus curieuse, qu’elle est entièrement nouvelle et n’a aucun rapport avec tout ce qui a été fait jusqu'ici sur le même sujet.
- La turbine proprement dit consiste en un fond circulaire en fonte, sur lequel sont fixées, ou au besoin soudées avec lui, des aubes cintrées, dont la hauteur correspond à la plus grande quantité d’eau à dépenser par la roue, dans la localité où on suppose devoir l'établir. Cette dépense est réglée au moyen d’une vanne circulaire mobile, qui permet de diminuer la hauteur de la turbine et par suite sa capacité, jusqu’à ce que celle-ci ne corresponde plus qu’au plus petit volume d’eau.
- Pour diriger l’eau sur les aubes de cette turbine, les constructeurs ont disposé à son intérieur une couronne en fonte garnie d’une suite de ventellesou d’aubes courbes fixes, appelées directrices, qui conduisent l’eau vers les aubes mobiles de la roue; et, afin d’éviter autant que possible les effets de la contraction, ils ont ajouté une cloche ou champignon en fonte, qui fait corps avec la couronne et reçoit toutes les ventelles. Ce champignon porte une tige verticale guidée à sa partie inférieure par un support et doit monter et descendre avec la vanne alternalive-vement. Quatre parties pleines sont ménagées sur la couronne de la turbine pour servir à la relier au moyen de
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- boulons aux bras, ou croisillons en fonte, dont le moyeu est alésé et fixé sur l’arbre vertical.
- Cette turbine n’a pas de second fond ou de plancher supérieur fermant les aubes par le haut, comme dans les autres systèmes à palettes courbes; c’est la vanne mobile elle-même qui, formée d’abord d’une partie cylindrique, porte sur toute sa circonférence une suite d’obturateurs, ayant exactement chacun la forme des espaces libres qui existent entre les aubes. Il est bon d'observer que celte vanne est divisée en quatre parties égales qui réunissent la base de la turbine à son embrasure. A la partie inférieure de ces obturateurs sont rapportés des cuirs plats que l’on serre contre le bois au moyen de plaques de tôle fixées par des vis.
- Selon MM. Laurent et Deckherr, avec ce système de vannage mobile, la turbine, quel que soit le volume d’eau disponible, fonctionne toujours dans son état normal, à pleins tuyaux, c’est-à-dire dans les conditions les plus avantageuses, etconstament les mêmes.
- Ce vannage possède encore une propriété fort remarquable et très-utile; c’est celle de se manœuvrer avec la plus grande facilité, la poussée de l’eau dans la turbine mobile contre la partie inférieure des obturateurs étant au moins suffisante pour équilibrer la résistance due au frottement de la vanne contre les aubes de cette turbine, et même le poids total de ce vannage et de la transmission. Il résulte de cette propriété que, pendant le travail de la turbine, le frottement du collier sur le manchon est presque nul, et même très-peu important pendant la manœuvre de la vanne.
- Il arrive quelquefois dans certaines localités, malgré le grillage placé en amont de la turbine, que des feuilles d’arbres , des herbes viennentse mettre à cheval sur les aubes distributives et finissent en s’y accumulant par obstruer le passage de l’eau, ce qui nécessite des visites dans le moteur.
- La vanne tournante offre cette par- ‘ ticularitè que dans sa manœuvre, elle agit à la façon d’une cisaille en passant sur chaque aube , coupe et détache tout corps étranger qui s’y trouverait engagé.
- Dans un rapport fait sur une turbine construite par MM. Laurent et Deckherr, nous lisons : « La turbine Deckherr et Laurent, établie à Dolaincourt, rend un effet utile qui s’élève à 0,75 du travail absolu dépensé par le moteur,
- quand les orifices d’admission de l'eau sont entièrement démasqués par fa vanne tournante; lorsque la dépense d’eau est réduite de 79 à 49, ou de 3 à 2, l’effet utile ne descend pas au-dessous de 0,61 ( moyenne 0,64 du travail absolu dépensé par le moteur). Quant au vannage qui forme surtout le caractère distinctif de cette turbine, il présente sans contredit, sur tous ceux connus jusqu’alors, une grande supériorité tant par sa simplicité que parla régularité de sa manœuvre, qui permet d’ouvrir ou de fermer à volonté, soit un certain nombre , soit la totalité des orifices pendant la marche même de la turbine. Aussi MM. Deckherr et Laurent nous paraissent-ils avoir résolu le problème depuis longtemps posé, de la disposition la plus simple pour fermer ou ouvrir successivement 2 à 3 orifices diamétralement opposés et tous les au-gets du distributeur. »
- MM. Laurent et Deckherr ne se sont pas seulement occupés d’un système de turbine recevant l’eau en dessous, comme celui qui vient d’être décrit , mais encore d'un nouveau mode de vannage et de distributeur d’eau, applicable aux turbines dites d'Euler ou de A. Kœchlin, qui reçoivent l’eau en dessus, pour la déverser par la partie inférieure.
- Ce système a pour objet de permettre de régler le nombre des passages nécessaires à l’admission de l’eau de la roue , proportionnellement au volume disponible, c'est-à-dire que l’on varie la section des orifices suivant les dépenses d’eau Par conséquent la turbine étant construite pour pouvoir débiter la plus grande quantité d’eau que la rivière est susceptible de fournir dans l’armée, à mesure que le volume diminue, on réduit le nombre d’ouvertures qui donnent, passage au liquide, au point que l’on peut ainsi arriver à ne dépenser que de très-faibles quantités, comparativement au volume maximum.
- Pour mettre leur idée à exécution, MM. Laurent et Deckherr ont imaginé une disposition fort simple, qui consiste , comme nous venons de le dire, dans l’application d’un nouveau genre de distribution et dans une nouvelle vanne circulaire se mouvant horizontalement.
- Le distributeur est construit de telle sorte qu’une moitié de ses orifices est recouverte, en partie seulement, par un diaphragme horizontal, à la partie supérieure et du côté de la circonférence la plus éloignée du centre, tandis
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- que l’autre moitié est au contraire recouverte en partie dans la portion la plus rapprochée du centre. La vanne est une sorte de couronne cylindrique qui est ajustée sur le plan supérieur du distributeur,et percée de deux entailles demi-circulaires dont l’une, plus grande de diamètre, est en rapport avec la première série d’orifices, et l’autre, d’un diamètre plus petit, est en correspondance avec la seconde série. Étant dentée à sa circonférence extérieure, cette vanne est extrêmement facile à manœuvrer, de sorte qu’on peut à volonté lui faire changer de position, et par suite lui faire découvrir ou recouvrir un plus ou moins grand nombre d’orifices injecteurs.
- Armengaüd aîné.
- Sur la construction, l'emploi et Vapplication des turbines verticales , ne recevant l'eau que sur une partie de leur circonférence.
- Par M. Schwamkrüg, inspecteur des machines hydrauliques de Freiberg.
- Quelque nombreuses qu’aient été les dispositions mécaniques à l’aide desquelles on a recueilli la force vive et celle de pression de l’eau , pour produire un mouvement propre aux besoins des arts industriels, et quelque multipliés qu’aient pu être les efforts qu’on a tentés pour perfectionner ces dispositions afin qu’elles puissent transmettre, à ce qu’on appelle l’opérateur ou la machine, la force qu’elles ont empruntée à l’eau, avec le moins de perte possible , elles ne paraissent pas néanmoins satisfaire encore à tous les cas qui se présentent dans la pratique. Tantôt les appareils marchent avec une trop grande rapidité, et l’on est obligé, pour modérer leur vitesse, d’employer des mécanismes intermédiaires qui absorbent une partie assez notable de la force, ou bien elles présentent, pour des cas donnés particuliers, des difficultés considérables dans leur installation et leur conduite , difficultés qui, si elles eussent été prévues, auraient conduit à adopter un autre organe mécanique connu, ou même un autre appa reil réalisant un effet utile moindre; enfin il peut arriver aussi que par rapport à leur durée et à leur solidité , elles soient d’un établissement trop dispendieux.
- Un organe mécanique très-distingué est assurément la turbine perfectionnée Le Technologisle. T. XI. —Octobre 1849.
- que M. Fourneyron a fait connaître en 1827, et qui lorsque cet appareil est convenablement établi, et lorsque des difficultés pratiques ne s'opposent pas à son application, à des cas particuliers, est sans aucun doute, théoriquement parlant , un des récepteurs hydrauliques les plus parfaits qu’on connaisse, et un appareil pouvant s’adapter à toutes les chutes sans qu’il y ait une différence bien sensible dans son effet utile.Néanmoins, il faut bien reconnaître que cette machine a un défaut qui peut abaisser notablement le rapport de son effet utile. Ce défaut, c’est le haut degré de perfection qui est nécessaire dans son établissement mécanique, surtout pour les turbines destinées aux grandes chutes et avec quantité faible d’eau motrice, degré qu’on peut à peine espérer atteindre, ou qui entraîne à des frais considérables , se répétant d’autant plus fréquemment que la chute est plus grande, parce que l’usure croît avec la hauteur de celle-ci.
- En effet, plus la chute a de hauteur, et ensuite plus l’eau motrice est en petite quantité, plus doivent naturellement être petites les cloisons directrices de la roue et plus, par conséquent, la construction a besoin d’être parfaite, même quand on ne veut atteindre qu’un effetutile assez médiocre, parce qu’indépendamment de la perte provenant des surfaces frottantes, il doit encore se produire à la sortie des veines fluides des perturbations provenant de l’eau qui s’avance entre les joues de contraction du vannage circulaire et des cloisons directrices, qui peuvent abaisser considérablement cet effet utile.
- Ajoutez à cela que les turbines de M. Fourneyron ont un autre défaut qui consiste en ce que les cloisons directrices peuvent aisément se déranger, se voiler ou s’engorger par les impuretés que renferme l’eau motrice, qui surtout à l’automne et au printemps, et même après les orages ou les débordements, entraîne des feuilles, des gazons, des glaces de surface ou de fond, etc. On peut, il est vrai, parer en partie à cet inconvénient en établissant des herses, des cribles à l’entrée du canal de dérivation ou du tuyau de la bonde; mais comme les turbines de grandeur très-médiocre exigent des herses très-serrées ou des cribles très-fins, qui s’engorgent eux-mèmes très-promptement et très-aisément, il devient indispensable de nettoyer fréquemment ces appareils, chose qui ne peut s’opérer que par un travail incommode pour çelui
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- qui conduit la roue, ou avec des frais particuliers.
- Enfin, dans les turbines qui sont très - petites et marchent avec une grande vitesse, le frottement à leur pivot inférieur est souvent si considérable que l’effet utile s’en trouve notablement affaibli.
- Il semble donc qu’il existe entre les roues hydrauliques ordinaires, roues en dessous , roues de côté, roues en dessus, roues à augets, etc., et les machines à colonne d’eau , qui ne s’établissent la plupart du temps que sur les chutes qui dépassent20 à 25 mètres, une lacune qui, dans un grand nombre de cas, ne saurait être comblée avantageusement, ni parles turbines de Four-neyron, ni par les turbines proposées postérieurement sur les noms de MM. Cadiat, Jonval, Combes, etc., pas plus que par la roue à réaction de Whitelaw, ou autre machine analogue, quel que soit le nom qu’on lui applique
- Le cas qu’on m’a posé, en 18,(6, de construire sur le puits au jour n° 5 de la galerie d’exploitation de UothSchdn-berg, qui est une des plus profondes des mines de Freiberg , et sur une chute de 10m,714, une roue en dessus ordinaire pour maintenir les eaux et l’extraction au jour, m’a conduit, Incapacité nécessaire pour l’établissement de cette roue devant être creusée dans une roche extrêmement dure de hornblende-gneiss, qui est irrégulière et parfois ouverte et crevassée, et par conséquent d’un percement très-dispendieux, m’a conduit, dis-je, à penser que je pourrais avantageusement, dans ce cas, employer les turbines de M. Fourneyron. Mais comme le calcul a fait voir que les turbines qu”il était nécessaire d’employer pour maintenir des eaux, devaient faire au moins 420 tours par minute , vitesse qui avait besoin d’être réduite au dixième par les engrenages, parce que les équipages de pompes ne doivent pas marcher avec une vitesse qui surpasse 10 coups ou élévations par minute, j’ai dû, dans une circonstance qui m’a paru aussi défavorable, rerion-•er à cette idée ; mais en même temps je me suis demandé si le principe qui sert de base au mode d’utiliser la force de l’eau dans les turbines de M. Fourneyron ne pourrait pas être appliqué aussi avec avantage à une autre roue de diamètre arbitraire, mais où la roue ne recevrait l’eau que sur une portion de sa circonférence.
- En réfléchissant attentivement à celte question, je n’ai pas tardé à trouver un mode de construction convenable, à
- l’aide duquel j’ai fait établir non-seulement la turbine qui dessert le puits dont il est parlé , mais qui a servi depuis à l’installation de deux autres turbines, dont J’une travaille sous une chute de 29“,570 et sert également au maintien des eaux, et dont l’autre, avec une chute seulement de 3m,428, est employée à la mise en activité d’un ho-card. Au moyen de cette disposition que la pratique a sanctionnée, je crois avoir comblé la lacune dont j’ai parlé plus haut, et c’est dans cet espoir que je crois devoir rendre publics quelques détails sur ce sujet.
- Le mode de construction que j’ai adopté peut servir tout aussi bien pour les roues verticales (à arbre horizontal ) que pour les roues horizontales (à arbre vertical). Dans les trois seules roues que j’ai établies jusqu’à ce jour, j’ai donné la préférence aux roues dans le plan vertical. Leur emménagement est très-simple, ainsi qu’on pourra s’en assurer par la description suivante :
- La roue verticale de lm,714 de diamètre intérieur et 2m,286 de diamètre extérieur, qui a été établie sur le puits n° 5 de la galerie indiquée, consiste en un plateau percé à jour eri fonte a a, fig. 3 et 4, pl 121„ fixé à la manière ordinaire sur l’arbre 6,6 par des clavettes. La circonférence de ce plateau porte la couronne en tôle c,c où sont assujetties les aubes courbes construites d’après le principe de celles des turbines. Le pied de la roue touche presque le niveau d,d des eaux d’aval.
- Un tuyau de chute en fonte e,e , qui part du canal de dérivation ou de la bonde et descend sur un des côtés de la turbine, repose sur des appuis f,f, au-dessous desquels il s’infléchit vers le plan de la roue pour disposer à son extrémité l’appareil de vannage.
- Cet appareil de vannage qui constitue une des parties les plus importantes de cette espèce de turbine, et qui amène les veines fluides sous une inclinaison de 58 degrés par rapport au rayon vertical correspondant de la roue, consiste en une caisse g,g de même largeur que l’aubage de la roue, et dans laquelle sont disposées trois languettes ou clapets 6,6,6, fig. 3, ajustées très-exactement dans ladite caisse et mobiles sur des axes ou broches au moyen de quoi elles peuvent tourner dans le plan de la roue et par conséquent se rapprocher plus ou moins des parois et des cloisons intermédiaires 6,6,6, établies à demeure
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- dans la caisse <7,9, et cela suivant l’ou-yerture de vanne dont on a besoin. On interrompt tout passage à l'eau ou on ferme le vannage en abaissant les languettes, c esl-a-dire en faisant reposer leurs extrémités sur les parois et cloisons intermédiaires 1c,k,k.
- Afin de pouvoir manœuvrer simultanément les languettes h,h,h, leurs axes qui sortent d’un côté de la caisse <7,<7 à travers des boites à étoupes sont pourvus de leviers 1,1,1, fig. 4 et 5, leviers qui, pour la commodité du préposé, peuvent être mis simultanément en action à l’aide d’une tringle m. Les chapeaux à vive arête n,n, placés à la partie supérieure des cloisons intermédiaires k,k, remplacent les joues °u ajutage de, contraction, et par conséquent provoquent dans cet appareil une évacuation de l’eau aussi parfaite que possible, et à coefficient de J vitesse très-élevé. Enfin on a placé en ; 0.0 des garnitures en cuir sur les languettes h,h,h pour s’opposer au passage de l’eau d'une division dans l’autre.
- Dans la deuxième roue, que j’ai fait aussi construire à Freiberg, et qui est en activité depuis une année, il n'y a, par suite de la grande hauteur de la chute qui est de *29m,570 et de la quantité médiocre d’eau dont on dispose, qu’une seule languette h dans l’appareil de vannage; (le iaçon qu’il n’y a qu’une seule veine fluide qui agisse sur la roue Au contraire , j’ai pensé qu’il était plus convenable, sur ia troisième roue du même modèle que j’ai fait établir à l’usine royale de Muldner, près Freiberg, pour mettre en action un bocardde neuf pilons, et qui a commencé son service on décembre 1848, d’établir quatre languettes de vannage , attendu que la chute n’y est que de 3m,428 , mais que quantité u’eau motrice y est de 118, par minute.
- Les dispositions principales par lesquelles ces turbines diffèrent de celles fie M. Fourneyron , consistent en ce que sans changer en rien le mode d’action de l'eau qui sert de base à ces dernières, la roue ne reçoit l’eau que sur une portion de sa circonférence et cela dans un point où il oe peut y avoir une perte de chute. Les avantages principaux qu’on obtient Par cette modification dans !e principe do la construction de la turbine de M- Fourneyron , surtout lorsqu’on applique à de grandes chutes et à des quantités médiocres d’eau motrice ,
- peuvent se résumer dans les points suivants:
- 1» La possibilité de diminuer notablement le nombre des veines fluides qui arrivent dans la roue pour la faire travailler et d’un autre côté d’augmenter proportionnellement leur section, et par conséquent de pouvoir faire disparaître les obstacles hydrauliques au mouvement tant dans la roue que dans les appareils qui amènent l’eau sur celle-ci.
- 2° Laconservation,beaucoup mieux que dans la turbine Fourneyron, de la continuité et de l’intégrité des veines fluides même avec des quantités d’eau très-variables , puisque les appareils régulateurs de vannage, ainsi qu’il résulte de la description qu’on a donnée précédemment, sont établis pour que la largeur de ces veines reste constamment égale à celle nette et dans œuvre de la roue , tandis qu’il n’y a que l’épaisseur de ces veines qui varie en proportion de l’effet qu’on veut obtenir ou de l’eau dont on dispose, de façon qu’on évite l’influence nuisible du vannage qu’on observe dans les turbines Fourneyron.
- 3° La diminution dans la perte de l’eau par suite du faible jeu qui subsiste entre les vannes et les cloisons directrices, au moyen de quoi la direction des veines qui possèdent une plus grande section se trouve moins compromise que dans les turbines ordinaires de M. Fourneyron , ce qui assure un plus grand effet utile qu’avec celles-ci.
- 4° La diminution du moment de frottement sur l’arbre, sans compter que ce mode de construction permet d’augmenter le diamètre de la roue. Mais si le rapport du diamètre de cet arbre ou de ses tourillons à la hauteur ou au diamètre de la roue , peut être bien plus petit que dans une turbine ordinaire , et si la vitesse de la roue à la circonférence est la même que celle qui aurait lieuavecune turbineFourneyron, il doit en résulter que le nombre des tours doit être en raison inverse simple du diamètre employé , tandis d’un autre côté que le frottement sur l’axe produit par l’excédant de poids de la grande roue ainsi que par la pression latérale provenant de la chute de l’eau, dans des roues établies verticalement, ne paraît pas avoir une importance bien sensible.
- 5° L’appareil de vannage ou qui amène l’eau ayant de plus grandes dimensions que dans la roue de M. Fourneyron et consistant d’ailleurs en un
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- nombre de subdivisons bien moindre que dans celle-ci, ce récepteur doit être d’un établissement mécanique bien plus facile, sans pour cela occasionner plus de frais, il y a plus : c’est que dans la plupart des cas , sa construction est plus économique que celle de la turbine française.
- 6° Une turbine de nouveau modèle peut être mise en marche avec impulsion seulement sur une portion de sa circonférence, parce que les veines fluides qui y entrent ont une section notablement plus grande que chez une turbine Fourneyron ; les circonstances étant les mêmes. On y est aussi beaucoup moins incommodé par des eaux motrices impures , et, par conséquent, on dépense moins de travail pour enlever les feuilles , les herbes, etc., au moyen de râteaux devant les herses, les cribles établissurle canal de dérivation, que lorsqu’il s’agit, dans les mêmes circonstances, d’une turbine Fourneyron.
- 7° Enfin, avec cette espèce de turbine, établie verticalement, on peut se dispenser des engrenages coniques qui, comme on sait, occasionnent plus de frottement que les engrenages droits et donnent lieu à une pression latérale. D’ailleurs , ces premiers engrenages n’étant pas toujours établis avec le soin convenable, occasionnent une marche bruyante, qu’on doit toujours chercher à éviter.
- 8° On peut se dispenser d’établir le point d’appui de la roue sur un pivot qui, pour éviter la perte de chute, doit toujours être noyé, et a, par conséquent, besoin, pour être maintenu con-stammentbien graissé,d’une disposition compliquée , avec toutes les difficultés et les incommodités qui s’y rattachent.
- D’un autre côté on ne peut pas se dissimuler que ces nouvelles espèces de turbines présentent aussi des défauts. Ainsi :
- . Elles ne peuvent pas mieux que les autres roues verticales, les roues à augets, les roues de côté, les roues en dessus, les roues à la Poncelet, etc., marcher lorsque les eaux d’aval montent au-dessus de leur niveau.
- . Etablies verticalement et lorsqu’elles travaillent sous une chute d’eau d’une grande hauteur avec une vitesse de 8m,50 et plus, elles font entendre à l’oreille un bruit désagréable , ressemblant absolument à celui d’un ventilateur à ailettes marchant avec rapidité.
- c. L’eau qui adhère aux aubes de la roue , réduite et projetée en pluie fine
- par la force centrifuge de l’appareil, se répand dans l'atelier où cette roue fonctionne.
- Toutefois, comme ce dernier inconvénient intéresse plutôt les personnes qui conduisent la roue qu’il ne concerne la marche ou la valeur de l’appareil mécanique, et que d’ailleurs on peut y remédier par une enveloppe en bois ou en tôle dont on entoure la turbine ; d’un autre côté, que le bruit qui est produit par l’entrée et l’expulsion de l’air dans la turbine ne paraît pas avoir d’influence sur le travail de la roue, et enfin qu’il est nécessaire de faire remarquer, en ce qui touche le premier des inconvénients signalés ci-dessus, savoir que les nouvelles roues ne peuvent marcher si elles sont noyées en totalité ou en partie, que ces sortes de turbines ne sont destinées que pour les grandes chutes, et par conséquent aussi pour celles où, sans une perte de force bien sensible, on peut sacrifier une petite partie de la chute pour éviter les effets du gonflement des eaux d’aval, il en résulte que les inconvénients que nous venons de signaler n’ont pas grande importance quand on les rapproche des avantages de ce système de roues.
- C’est, je crois, ici le lieu de réduire à leur juste valeur les objections qui ont été, comme on sait, élevées par M. le professeur Weisbach contre ce genre de turbines. Ce savant professeur, dans le livre II de son Manuel de l’ingénieur et du constructeur de machines, Braunschweig, 1846, p. 332, ouvrage dans lequel on trouve du reste un grand nombre de matériaux précieux sur les turbines, prétend que la roue qui fonctionne sur le puits n° 5 de la galerie de Rothschônberg a été plus dispendieuse à établir qu’une turbine à réaction, et qu’elle donne un effet utile moindre que celle-ci, entre autres motifs , parce que l’épaisseur des cloisons &,&, fig. 3, rétrécissant beaucoup la section du canal d’introduction de l’eau, la roue se trouve réduite à l’état de turbine par pression; qu’au lieu de ces cloisons épaisses il faudrait établir des cloisons directrices minces et régler la marche de la roue par une soupape unique placée à l’intérieur du tuyau de chute.
- Un fait certain, à ce que je crois, qui paraît indiquer que cette roue ne peut pas être d’un prix d’établissement plus élevé dans les mêmes circonstances qu’une roue à réaction d’un modèle connu quelconque, c’est la grande simplicité de sa construction. D’un autre
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- côlè, en ce qui concerne son effet utile, il faut bien remarquer que dans roulage que nous venons de citer le travail des turbines à réaction n’est pas, en général, considéré comme étant supérieur à celui que donnent les turbines Eourneyron, dont le principe sert de base à la roue en question, et que les expériences que j’ai pu faire avec cette roue établissent d’une manière satisfaisante qu'il ne faut pas en attendre un plus grand effet utile que les 0,75 de la force dépensée, par les mêmes raisons que M. le professeur Weisbach allègue lui-même à la page 311 de son ouvrage; car c’est un fait parfaitement démontré que pour atteindre ce chiffre au moyen d’une roue dans laquelle l’eau entre avec une vitesse correspondante à la chute totale disponible, non-seulement ff faut supposer une construction parfaitement appropriée, mais encore une exécution mécanique présentant le plus haut degré possible de perfection. Quiconque annonce un effet utile plus élevé que 0,80, chiffre qu’on pourrait peut-être atteindre dans des circonstances éminemment favorables, se trompe lui-même ou trompe les autres.
- Enfin, relativement aux cloisons k,k introduites à l’intérieur de l’appareil de vannage, je dirai que leur épaisseur ne sauraitinfiuer sur l’eOetutile de la roue; car indépendamment de la forme amincie par le haut de ces cloisons, forme adaptée à celle de la construction de la veine fluide , il est démonlré que les roues qui ne marchent que sous une seule veine et qui, par conséquent, ne présentent pas de cloisons, appliquées dans des circonstances parfaitement identiques, ne donnent pas un effet Mile supérieur à celui fourni par d’autres roues pourvues de ces cloisons intermédiaires. Quant à remplacer ces cloisons épaisses par des cloisons directrices minces, et à introduire une sou-Pape dans l’intérieur du tuyau de chute, Je crois ce moyen peu propre à remplacer le mode de vannage et en même temps de réglage adopté pour la roue en question, parce que l’introduction d une soupape (soupape de gorge) dans ce tuyau occasionnerait nécessairement une perle de chute, d’où résulterait une autre perte dans la force de la roue, laquelle se trouvant établie pour toute la hauteur de la chute doit conserver la vitesse normale correspondant à cette hauteur, tandis que cette chute se trouverait maoindrie et rèduite.Par toutes ces cau-se?> l’effet utile de la roue serait compro-, parce qu’on ne pourrait plus administrer la quantité d’eau motrice né-
- cessaire à la production de cet effet utile désiré dans le moment des sécheresses et celui où les eaux sont moins abondantes.
- Jusqu’à présent je n’ai pu faire des éludes complètes que sur les effets de la roue travaillant sous une chute de 29m,570, attendu que la turbine établie sur le puits n° 5 a, depuis le jour de son achèvement, été dans un état d’activité continuelle , etqu’il ne m’a pas été permis de prendre à loisir mes dispositions pour des expériences fondamentales. Quant à la troisième turbine, elle n’est en mouvement, au moment où j’écris, que depuis trois semaines , et tout ce que puis dire quant à présent de ces deux roues, c’est que leur travail est satisfaisant.
- Je me bornerai donc, dans ce qui va suivre, à commmuniquer les principaux résultats des expériences que j’ai faites avec la turbine indiquée. La roue a 2m,190dc diamètre extérieur, 1“,714 de diamètre intérieur; elle compte 45 aubes de 0m,09524 de largeur nette et pèse à l’état armé 1,351 kil. Le diamètre de son arbre en fer. qui roule sur coussinets en laiton, estde Ùm,0714. L’angle sous lequel la veine unique est dirigée par rapport à l’axe vertical qui passe par le centre de la roue , et son pied, est de 60 degrés.
- La languette de vannage aurait dû avoir la même largeur que la roue ; mais en la montant on lui a donné 0m,09673.
- Comme la roue a été établie pour une dépense d’eau maxima de3m,116 cubes par minute, la languette de vannage a été construite de manière qu’en supposant un coefficient pour la vitesse d’é-coulemenl de 0,9, on n’ait besoin de l’ouvrir que de 0D1,02381 ; mais elle s'ouvre jusqu’à 0m,02455, c’est-à-dire qu’on peut donner à la veine fluide qui entre dans la roue au plus une épaisseur de 0m,02455.
- La roue est enveloppée par une chemise en bois qui, sur l’arbre, ne laisse qu’un jeu de 0“,012, mais descend assez bas au-dessous de son pied pour que, dans la marche de la roue , les eaux d’aval ou du canal de fuite closent complètement la partie inférieure et ouverte de cette chemise , et pour que l’air qui s’y trouve renfermé soit comme une masse inerte entraînée dans le mouvement, de la roue et n’exerce par conséquent presque aucune influence nuisible sur la marche de celle-ci.
- Pendant le cours des expériences, les engrenages qui servent a modifier la vitesse et la ramener à celle néces-
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- saire pour le travail ont été désem-brayés, afin de n’avoir affaire qu’à la roue seule, et de pouvoir s’assurer en particulier de l’effet utile que l’eau par elle-même peut produire sur la roue.
- Du reste, les expériences ont été
- faites avec cinq ouvertures différentes de vannes , afin d'obtenir quelques données sur l'inHuence possible de l’adhérence et des frottements de l’eau dans la roue sous différentes épaisseurs de veines liquides qui y pénètrent.
- Numéros des expériences. 1 Hauteur de la chute en mètres. I Epaisseur de la reine fluide en millimètres. | Nombre j des tours de la roue par minute. ] Poids suspendu à frein de Prony, ayant une longueur de lm,476. Volume de l’eau dépensée par minute en mètres cubes. Force brute de l’eau par minute en kilogramètres. Force disponible de la roue par minute en kilogramètres. Rapport de l'effet utile à la force dépensée. Travail dépensé par le frottement des tourillons par minute en kilogramètres. Effet utile de l’eau dans la roue par minule en kilogramètres. Rapport de l’effet utile de l’eau dans la roue à la force brute de l’eau.
- Première série d’expériences.
- ' kil.
- 1 126 12.5 , 14.280 0.53220 6.855 21.135 0.78769
- 29.570 7.381 0.904 26.732
- 2 112 15.0 15.234 0.56770 6.091 21.325 0.79478
- Deuxième série d’expériences
- 3 145 17.5 22.900 0.49326 7.850 30.750 0.66238
- 4 | 1136 20.0 j 124.546 0.52874 7.364 31.910 0.68736
- 29.570 12.833 / 1.571 46.424
- 5 I 126 22.5 | 1 25.585 0.55110 6.830 32.415 0.69822
- 6 120 25.» i 27.073 0.58317 6.497 33.570 0.72313
- Troisième série d’expériences.
- 7 150 22.5 28.593 048590 8.008 38.601 0.61548
- 8 1143 25.0 | 132.280 0.51470 7.757 40.027 0.63820
- 29.570 17.310 2.121 62.718
- 9 1135 30.0 1 j 36.570 0.58310 7.317 43.883 0.69971
- 10 122 32.5 35.800 0.57080 6.610 42.410 0.67623
- Quatrième série d’expériences.
- 11 148 30.0 1 39.180 0.48660 7.834 47.014 0.58390
- 12 1137 35.9 42.312 0.52550 7.094 49.406 0.61360
- 13 ! 132 40.0 j 146.857 0 57860 6.728 53.585 0.66550
- > 29.570 22.762 2.723 80.519
- 14 \ 126 45.0 I 150.033 0.62140 6.677 56.710 0.70430
- 1 f 118 50.0 152.063 0.64660 6.247 58.310 0.72420
- 16 110 55.0 y 53.390 0.66310 5 820 59.210 0.73540
- Cinquième série d’expériences.
- 17 144 40.0 1 52.023 0.5645 7.807 59.830 0.64920
- 18 136 45.0 j 55.270 0.59.8 7 271 62.647 0.67978
- 29.570 24.563 3.H6 92.160 ,
- 19 126 50.0 ! i 56.900 0.017 i 6.831 63.731 0.69155
- 20 1 118 55.0 ! 59.300 0.6361 5.711 65.011 0.70546
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- H résulte évidemment de la dernière colonne du tableau précédent que l’épaisseur de la veine fluide qui a eu pour valeur rninima 7m‘“,381, et pour valeur maxima 24“ m, 553, a été sans influence sur l'effet utile relatif de l’eau , et par conséquent sur celui de la roue.
- Relativement à la manière même dont les expériences ont été conduites , il est nécessaire de faire encore remarquer que pour I évaluation de l’effet utile de la roue on a disposé, sur I arbre de la turbine, un frein de Prony dont le centre de gravité était exactement dans l’axe de figure de cet arbre ; de plus , que dans chaque série d’expériences la quantité d’eau motrice employée a été mesurée aussi exactement qu’il a été possible dans le canal de dérivation ou de la bonde au moyen d’un déversoir qui consistait en une planche convenablement taillée sur son bord supérieur cl antérieur, et solidement fixée sur ce canal ; et enfin qu’on a cherché à mesurer la force dépensée par le frottement aux tourillons de l’arbre de la turbine avec le frein de Prony d’abord lorsque la roue partait du repos, et ensuite lorsqu’elle était en mouvement, c’est-à-dire que, sansemployer lefrcin.on a, pour deux vitesses différentes l’une de l’autre de la roue marchant complètement à vide , mesuré la quantité d’eau dépensée , et qu’ensuile en appliquant l’effet utile relatif correspondant de l’eau sur la roue, on put en conclure le frottement de mouvement de la roue. Il en est résulté que le coefficient de frottement, lorsque la roue part du repos, est 0,16985, et que , quand la roue est en mouvement, le coefficient de frottement est 0,1587, et que tous deux par conséquent acquièrent une valeur qu’on ne doit rencontrer que dans les machines dont les tourillons ue roulent pas encore parfaitement doux dans leurs coussinets, mais en supposant toutefois que ces tourillons sont entretenus dans un bon état de graissage , état sous lequel les expériences °nt été faites.
- fia dernière colonne du tableau précèdent nous apprend aussi que le rapport de l’effet utile de l’eau sur la roue * la force brute de ce liquide a été entre ses limites extrêmes 0,5839 et 0,79478, et cela lorsque la vitesse de la roue a varié par minute de 112 à 150 tours complets, et en moyenne de 0,68691.
- Comme le coefficient d’écoulement, °u pour mieux dire , celui de la vitesse de la veine fluide, en supposant entièrement ouverte la languette dans l’ap-Pareil de vannage, s’est élevé à 0,90811,
- valeur qui, d'après le mode d’action de l’eau avant son entrée dans la roue ne représente plus que(0,90811)2=0,824663 de la force brute de ce liquide, ce qui signifie qu’on perd environ 18 pour 100 de cette der nière force par le seul écoulement de l’eau; il en résulte que la force ainsi perdue par le frottement de l’eau sur la roue et par l’écoulement de cette eau de ce récepteur doit être en moyenne égale à
- / 0,68691 \
- ('-mm) 100-16'7 p-100
- de la force de l’eau en avant de la roue, ou de 0,824663 X 16,7 — 13,7718 pour 100 de la force brute de l’eau.
- Pour la vitesse la plus avantageuse de la roue qui parait être de 110 tours par minute (expérience 16) , cette perte ne s’élève qu’à
- / 0,73510 \
- \ ~ 0,821663 ) 100 = 10,83 P'100
- de la force de l’eau immédiatement en avant de la roue ou 0,824663 X 10,83 = 8,9311 pour 100 de la force brute de l’eau.
- Cette perte de force, tant celle qui résulte du frottement de l'eau dans la roue et à la sortie de cet appareil, que celle qui provient de l’écoulement de l’eau par l’appareil de vannage, ne peuvent pas être considérées comme sans importance , d’autant mieux qu’on a apporté le plus grand soin qu’on a pu à la disposition parfaite de cet appareil de vannage, ainsi qu’à la construction et à l’installation de l’aubage de la roue. Dans tous les cas, quand il y aurait possibiilè dans les constructions de ce genre qu’on pourra entreprendre à l’a-venir d’obtenir, soit par une élévation qui ne parait pas improbable du coefficient d’ecoulement, soit par un choix plus avantageux des rapports géométriques et physiques de la roue, un effet utile de l'eau sur la roue plus élevé que celui qu’on atteint avec l’appareil en question avec la vitesse la plus avantageuse , ou de 0,73540 de la force brute de l’eau, on doit être , quelles que soient les circonstances , bien convaincu qu’on atteindra au plus le chiffre de 80 pour 100 de la force disponible de l’eau , surtout avec les chutes d’une grande hauteur et une petite quantité d’eau motrice, parce que, d’un côté , il est bien difficile de porter le coefficient de la vitesse de l’écoulement de l’eau en avant de la roue, et dans les circonstances les plus favo-
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- râbles au delà de 0,93 ; et, d’un autre côté, qu’il ne faut pas compter sur une perte moindre de 6 pour 100 de la force disponible de l'eau par suite des obstacles hydrauliques au mouvement de l’eau dans la roue et à son écoulement de celle-ci.
- Avec une turbine ordinaire de M. Fourneyron, il serait difficile d’atteindre un semblable effet utile de l’eau sur la roue d’après les motifs allégués précédemment , du moins je n’ai jamais pu y parvenir avec les unes ni avec les autres turbines de ce genre , au nombre de sept, qui ont été construites sur mes données et sous ma direction.
- Dans la plupart des cas de la pratique, on devra être très-satisfait lorsqu’on aura utilisé 75 pour 100 de la force brute de l’eau sur la roue , c’est-à-dire sans avoir égard au frottement aux tourillons de cette roue, attendu que c’est un rapport qui, à circonstances égales, ne pourrait être dépassé que par des roues en dessus ou des roues de côté puissantes et parfaitement construites, ou par des machines à colonnes d’eau également efficaces et établies avec un très-grand soin. Dans tous les cas , en se bornant en général au chiffre de 75 pour 100, il sera plus sûr de ne pas trop s’engager dans ses promesses de rendement. Or comme ce rapport du travail de l’eau sur la turbine peut être considéré comme une constante , parce que la perte de chute à l’entrée et à la sortie est une partie aliquote de la chute totale , tandis que le travail de l’eau dans une roue en-dessus varie dans le même sens, la vitesse restant la même , que la hauteur de la chute , puisqu’il faut compter sur une chute à peu près constante à l’entrée et à la sortie de l’eau , soit avec une chute faible, soit qu’elle ait une grande hauteur, il en résulte qu’il doit y avoir une chute ou une turbine du genre indiqué doit donner un effet utile supérieur ou pour le moins égal à une roue en-dessus.
- [La suite au numéro prochain.)
- Perfectionnements aux marteaux-pilons à vapeur (1).
- Par MM. Ernest Goüin et compagnie.
- Le principe des marteaux-pilons à vapeur consiste dans l’action de la va-
- %
- (i) Quelques personnes attribuent à M. Nas-
- peur sur un piston dont la tige est directement attachée au marteau. La vapeur d’abord admise sous le piston, soulève ce piston et le marteau ; puis, s’échappant par un passage qu’on lui ouvre, elle laisse retomber le marteau de son poids, quelquefois augmenté de la pression de la vapeur admise au-dessus du piston ou de l’air comprimé dans la partie supérieure du cylindre. Le coup donné, la vapeur est admise de nouveau sous le piston ; le marteau se lève, retombe, et ainsi de suite.
- Avec les marteaux construits en France par les autres mécaniciens, on est obligé, à chaque coup , de mouvoir à la main deux fois le tiroir d’entrée et de sortie de vapeur, une fois pour l’admettre, une fois pour la laisser s’échapper. De là peu de rapidité dans la succession des coups ; irrégularité dans la force des coups, parce que la vapeur tantôt réadmise avant la fin de la chute amortit le choc , tantôt lâchée trop tôt ou trop tard donne plus ou moins de levée au marteau ; de là encore nécessité d’une certaine habileté chez l’ouvrier qui conduit l’appareil.
- M. Nasmyth , en Angleterre , a, par un mécanisme fort ingénieux, rendu le marteau selfacting ou automoteur ; c’est-à-dire que le mouton lui-même, arrivé à une certaine hauteur que l’on fait varier à volonté , déplace le tiroir de distribution, fait échapper la vapeur et retombe. Au moment où le coup est donné et par l’effet même du coup, le tiroir revient sur lui-même ; la vapeur est introduite de nouveau et soulève le marteau. Avec ce mécanisme, les coups se succèdent rapidement sans perte de temps ; les levées sont parfaitement
- myth , constructeur anglais très-habile, l'invention des marteaux-pilons à vapeur.
- C’est à tort.
- Voici comment s’exprimait en 1844 M. Nas-mylh lui-même, dans une lettre adressée au Moniteur industriel : « Le 24 novembre 1839 , j’ai, pour la première fois, résumé sur le papier les lignes principales de mon appareil. « Or voici ce qu'on lit dans un brevet pris le 29novembre 1836, trois ansavant, par M. Cavé, notre célèbre constructeur :
- « Brevet pour une machine mue directement par la vapeur ou par tout autre gaz élastique , destinée à remplacer le balancier, le mouton et toutes les autres machines semblables.
- '> Le principe consiste dans l’application d’un cylindre avec son piston, fixé directement au levier de la machine , qui lui-même peut changer de forme ou de longueur, suivant la course tou le parcours) de l’objet à fabriquer. La suppression du levier pourrait également avoir lieu en appliquant directement le piston au porte-matrice ou au porte-poinçon , etc. » L’invention du marteau-pilon ne nous vient donc pas d’Angleterre, elle est toute française.
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- égalés et ne varient qu’à la volonté de l’ouvrier qui peut les rendre aussi petites que l’on voudra. Malgré ces avantages, dont une longue expérience en France et en Angleterre a démontré l’importance, la complication de ce mécanisme, plus grande en apparence qu’en réalité, et des défauts réels tels que l’impossibilité de changer rapidement la levée, et la difficulté du règlement se sont opposés à son adoption générale. Nous sommes parvenus à le remplacer par un autre d’une extrême simplicité et exempt de tous ces inconvénients.
- Voici en quoi il consiste :
- Le tiroir de distribution est fixé à la tige du piston d’un petit cylindre à double effet de 100 millimètres de diamètre et de 60 à 80 millimètres de course. La distribution de la vapeur dans ce cylindre se fait au moyen d'un très-petit tiroir que le moindre effort suffit pour déplacer,
- Cet effort est produit pour faire retomber le marteau par l’action d’un heurtoir, fixé au mouton sur l’extrémité d’un levier dont le point d'appui peut être élevé ou abaissé à volonté. Ce levier du second genre agit alors horizontalement sur une règle verticale qui, par l’intermédiaire de deux petits leviers coudés, élève aussi la tige du petit tiroir. Aussitôt la vapeur admise sous le petit piston déplace instantanément le tiroir principal, ouvre un large passage à la vapeur qui a enlevé le marteau, et le marteau retombe. Par l’effet même du coup , un levier à bras inégaux, libre autour d’un centre fixé au mouton, vient frapper horizontalement la règle déjà mentionnée et la ramène dans sa première position. Le petit tiroir se trouve ainsi abaissé, la vapeur est admise dans le dessus du petit cylindre, le grand tiroir s'abaisse, et la vapeur soulè'e de nouveau le marteau.
- Une chaîne sans fin s’enroulant sur deux poulies fixées aux montants de l’appareil , permet en élevant et en abaissant le centre du premier levier d'augmenter ou de diminuer la levée du marteau. Cette chaîne se meut sans effort, à la main, et l’on peut entre deux coups consécutifs faire varier instantanément la levée du marteau de 0,10 ou 0,12 au maximum.
- Plusieurs mécaniciens et maîtres de forges ayant vu fonctionner ce mécanisme dans nos ateliers, nous ont aussitôt demandé d apporter ce perfectionnement à leurs marteaux soit du Creu-&ot, soit de M. Nasmyth.
- Locomotives ; le Rhône.
- Par M. Ernest Goüin.
- Le Rhône a, par l’ensemble de son système, une grande ressemblance avec les locomotives construites à l’origine , il y a quinze ans. La forme de la chaudière, la disposition des essieux, la position des cylindres, sont à peu près ce qu’elles étaient dans les machines qui ont paru dans les premières années de l’exploitation du chemin de fer de Li-verpool à Manchester. Les machines d’un faible poids avaient une grande stabilité dans la marche. Les inconvénients qu’on leur trouvait étaient des manques de puissance, et elles consommaient trop de charbon ; c’est pour remédier à ces défauts qu’on avait songé aux longues chaudières, qui devaient produire beaucoup de vapeur et consommer peu; ces avantages n’ont point été obtenus. On a augmenté ainsi le poids de la machine sans augmenter la production de vapeur, et il en est résulté un inconvénient grave : c’est la résistance que les gaz ont éprouvée à passer dans de longs tubes et à travers une grille réduite, résistance dont le tuyau d’échappement a dû triompher aux dépens de la force des cylindres.
- On avait trouvé le mécanisme des premiers cylindres compliqué et d’une inspection difficile, et on a eu recours aux cylindres extérieurs. La nouvelle position des cylindres, jointe au rapprochement des essieux extrêmes , accrut les mouvements de lacet et les chances de sortie de la voie.
- On reconnaît aujourd’hui presque universellement que, pour atteindre le but qu’on se proposait, il fallait, non pas allonger la chaudière et les tubes , mais augmenter la surface de grille, augmenter le nombre des tubes et leur section. La faculté de vaporisation de la chaudière est alors augmentée sans que l’énergie de l’échappement doive devenir plus grande. Au contraire, l’air et les gaz passent plus facilement à travers le coke, et les tubes rendent le tirage par l’échappement presque inutile.
- Les essieux extrêmes , maintenus à une distance raisonnable, conservent à la machine la stabilité que lui donne la position des cylindres agissant sur un essieu coudé.
- Les avantages de ces dispositions sont confirmés par l’expérience de chaque jour. Chaque jour les ingénieurs les plus
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- compétents viennent appuyerlesystème adopté dans la machine le Rhône.
- A la dernière assemblée des ingénieurs civils de Londres, MM. Brunei, Stephenson, Locke, Gosch et plusieurs autres ont été unanimes pour le préco niser au-dessus de tout autre. Bien plus, qu’on aille dans les ateliers de l’Angleterre, et on verra que c’est le seul en construction.
- M. Gosch, ingénieur du matériel du Great-Western, qui a fait sur les locomotives les expériences les plus complètes , a constaté les avantages que présentait ce genre de machines sous le rapport de la stabilité, de la consommation et de la vitesse. La section de la grille et des tubes établie sur les proportions indiquées par l’expérience, et
- combinée avec un grand diamètre de cylindres et une détente prolongée , a fait descendre la consommation aux dernières limites atteintes jusqu’à ce jour pour des charges et des vitesses considérables.
- Les résultats sont des résultats pratiques, incontestables, basés sur les faits de tous les jours.
- Le mérite de la machine le Rhône est de présenter réunis tous les perfectionnements dus à une longue observation. A ce point de vue, elle nous semble avoir une grande supériorité sur les autres.
- Le système de distribution est à détente variable d’après le principe de la coulisse Stephenson.
- Tableau de détente.
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- 1er. . 76.74 15.05 8.21 90.71 8.57 0.72 1/16 1/9
- Ie. . . 71.65 17.28 11 07 87.90 11.03 1.07 1/16 1/9
- 3e.. . 65.49 21.22 13.29 4.91 § 12.32 1.77 1/18 2/19
- 4e.. . 58.12 24.74 17.14 80.72 16.69 2.59 1/22 1/10
- 5e.. . 47.81 29.50 22.63 74.74 20.93 4.33 1/27 1/11
- 6e.. . 37.45 33.35 29.20 68.17 25 32 6.51 1/32 1/12
- 7e.. . 26.52 35.72 37.80 59.60 29.73 10.67 1/37 1/13
- Le rapprochement des cylindres dans la machine le Rhône devait rendre presque insensibles les mouvements de lacet dus à l’inertie des bielles, tiges de pistons, de même que le ressort d’attelage devait s’opposer au mouvement de va-et-vient ou de tangage produit par la même cause.
- M. Gouiua voulu néanmoins détruire complètement la tendance à ces mouvements et ne pass’en rapporter seulement augrand écartement des roues extrêmes, écartement qui, sans en détruire la cause , s’oppose au lacet aux dépens des rails, des rebords des roues, des boîtes à graisse, des essieux et des bâtis.
- De même les ressorts , que depuis quelques années on a intercalés entre la machine et le tender, n’absorbent la force alternative qui produit le tangage qu’après qu’elle a exercé son action fâcheuse sur les boîtes à graisse et les guides , dont elle augmente notablement l’usure ; il fallait empêcher cette force perturbatrice de naître. M Gouin a pu, grâce au beau travail de M. Le-châtelier, obtenir ces résultats.
- Il a pour cela profité des bielles d’accouplement, et leur poids étant insuffisant, il a ajouté deux contre-poids de 56 kil. chacun, dont le centre de gravité est à 566 millimètres de l’essieu. Les roues ont été calées sur les essieux
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- de manière que les manivelles fassent avec le prolongement des manivelles extérieures un angle de 21° 28' 25'', et par conséquent entre elles un angle de 47“ 3' 10".
- Ainsi équilibrée, la machine de M. Gouin, si elle était suspendue, resterait rigoureusement immobile, à quelque vitesse que l’on fît tourner les roues motrices, et posée sur la voie, elle a la stabilité d'une voiture du même poids, qui aurait six roues à l’écartement extrême de 4ra,230, et l’exact parallélisme des essieux des machines les plus soigneusement montées.
- La machine, posée sur une belle bascule à six plateaux, de MM. Sagnier
- Essieu d’avant.......9,916 kilog. I |Q
- —— de milieu. . . . 9,916 I 1 ’ ----d’arrriére.. . . 4.,438
- (de Montpellier), a pu être pesée exactement , la charge sur chacun des ressorts a pu être rigoureusement déterminée.
- Avec sa charge normale d’eau et de coke, le Rhône pèse 24,270 kil. Le centre de gravité de la partie de la machine reposant sur les ressorts, est à 633 millimètres en avant de l’essieu moteur. Cette position a été déduite de plusieurs pesées, correspondant à des répartitions différentes de la charge sur les ressorts, pesées qui ont toutes fourni, à 1 millième près, le même résultat. Il en résulte la possi-bitè de faire porter sur les trois paires de roues les poids suivants :
- kilog. utilisés pour produire l'adhérence.
- 24,270 kilog.
- La charge de 9,916 kil. à l’avani as- | sure la machine contre tout mouvement de galop. Les 5 sixièmes du poids total sont utilisés pour produire l’adhérence, sans que la charge, sur aucun des essieux, atteigne celle que l’on met sur les roues motrices des machines à voyageurs.
- L’emploi d’un essieu coudé a obligé M. Gouin à relever la partie cylindrique de la chaudière, sans néanmoins que cela élève d’une manière appréciable le centre de gravité de la machine.
- En effet, les roues, cylindres, boîtes à graisse, essieux, bielles, glissières , pompes,mécanismes de distribution,bâtis, ressorts, plate-forme, etc., restent à une hauteur qui ne descend que du rayon
- des roues motrices, tandis que la partie cylindrique de la chaudière . le dôme et quelques pièces légères, c’est-à-dire un quart au plus du poids de la machine se trouvent élevés de quelques centimètres.
- La plupart des ingénieurs anglais ont reconnu par expérience que les voitures les plus stables sont celles qui ont leur centre de gravité le plus élevé, parce qu’alors la caisse participe moins aux mouvements brusques latéraux et verticaux que les roues peuvent recevoir des rails. Du reste, la faible hauteur du centre de gravité des machines les plus élevées, comparées à l’écartement des rails, doit rassurer complètement à cet égard.
- Dimensions principales de la machine.
- mèt.
- Diamètre du piston.............................................. 0.400
- Course du piston................................................ 0.560
- Diamètre des roues motrices..................................... 1.600
- Ecartement des essieux extrêmes................................. 4.230
- Surface de chauffe de foyer......................................8.000
- Nombre de tubes................................................... 155
- Diamètre extérieur des tubes.....................................0.050
- Longueur des tubes.............................................. 3.225
- Section du foyer à la hauteur de la grille.................... 1.253
- Section totale intérieure des tubes. ........................... 0.248
- La surface de chauffe du foyer, la I tubes, sont les plus grandes qui aient surface des grilles et la section des I été données à une machine destinée à
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- la voie de lm,44; jusqu’à présent on n’a trouvé des dimensions semblables que dans les machines de la voie de 2m,t0, et c’est suivant les ingénieurs du Greal-Western, principalement à ces dimensions de la chaudière qu’est due la supériorité de leurs machines.
- Le dôme a été placé aussi loin que possible du foyer. I
- D’abord pour obtenir une vapeur plus sèche , ensuite pour diminuer la longueur des tuyaux qui conduisent la vapeur aux cylindres. La chambre de vapeur est considérable et empêche toute chance d’entraînement de l’eau avec la vapeur dans les cylindres.
- Deux trousd’homme,un sur le dôme, l’autre sur le foyer, permettent de visiter toutes les parties intérieures de la chaudière. L’intérieur de la boîte à fumée est complètement libre, un seul tuyau amène la vapeur aux cylindres ; on a tenu à dégager autant que possible le bas de la cheminée, toujours dans le but de faciliter l’action du tuyau d’échappement.
- La chaudière est seulement fixée aux cylindres, du reste elle est entièrement libre; elle ne fait que passer sur les longerons , de façon à lui laisser toute liberté de dilatation. Par là même, la traction se fait directement des cylindres aux longerons et à l’attelage sans passer par la chaudière.
- Les efforts de traction ne sont ainsi transmis que par des organes d’une rigidité complète.
- Les longerons ont été faits en une seule pièce avec les plaques de garde dans le but d’augmenter la largeur du foyer.
- On a donné aussi aux boîtes à graisse un contact avec le longeron, double de ce qu’il est ordinairement, afin de diminuer l’usure rapide qui se produit sur ce point.
- Dans ce moment, on a remplacé le guide carré par un balancier qui n’est soumis à aucune usure, et qui, par conséquent, maintient bien la tige du tiroir à la hauteur voulue, sans porter à faux.
- Le support de la chaudière et le support des cylindres sont combinés de façon à se compléter l'un par l’autre.
- Machine à vapeurs combinées.
- Par M. du Tremble y.
- Nous avons déjà eu l’occasion ( 7e année, pag. 314 ) de parler de cette in-
- vention , et nous recevons à l’occasion de celte machine qui a figurée à l’exposition de 1849 sous le nom de MM. Gi-vord etcomp., de Lyon, les détails suivants :
- « La machine à vapeurs combinées marche par l’action de deux vapeurs distinctes, dont l’une est produite par la condensation de l’autre , et a pour but l’économie du combustible. Ces deux vapeurs agissant isolément etsans jamais se mélanger , cette machine se compose nécessairement soit de deux cylindres accolés comme dans le système connu de Wolf, ou isolés comme dans la machine de MM. Clément-Desormcs et comp. (1), soit de deux machines conjuguées comme celles dont on se sert pour la navigation. Dans l’un ou l’autre cas, l’un des pistons est mû par la vapeur d’eau, et le deuxième par la vapeur auxiliaire d’un liquide , plus facilement vaporisable , bouillant à une température qui ne doit pas dépasser 72 degrés centigrades, et doit encore remplir certaines conditions qui seront indiquées plus bas. La vapeur d’eau est produite et employée comme dans les machines ordinaires à condensation ; seulement, au lieu d’être envoyée à son échappement dans un condenseur à injection, elle est amenée dans une boîte parfaitement étanche, contenant un appareil appelé vaporisateur , lequel se compose d’un certain nombre de petits tubes métalliques remplis d’un liquide facilement vaporisable, tel que l’éther sulfurique , le chloroforme , le chlorure de carbone, etc. Cette vapeur remplit l’espace qui les divise, et entre en contact avec la totalité de leur sur face. La faculté que possèdent les liquides de la nature ci-dessus d’absorber avec une extrême rapidité de calorique en passant eu vapeur à une basse température, leur fait remplir vis-à-vis de la vapeur d’eau qui les environne le véritable office d’un condenseur, Ils lui enlèvent, à travers les surfaces qui les contiennent, le calorique latent et spécifique qui la fait subsister, et la réduisent à l’état liquide en passant eux-mêmes dans leurs propres réservoirs à 1 état de vapeur sous une pression proportionnelle à la température de la vapeur chauffante. La vapeur d’eau
- (t) Hauts-fourneaux, forges et ateliers de construction de MM. Clément-Dcsonncs et C®, à Oullins près Lyon , où se construit en ce moment un bateau à vapeur pour le IUlône, de la force de 200 chevaux, par le système de M. du Trembley.
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- a|nsi condensée est retirée au moyen d’une pompe à air qui maintient le vide dans l’enveloppe du vaporisateur où elle se condense, et reportée sans mélange et parfaitement distillée comme alimentation à la chaudière à eau. La vapeur du liquide qui a servi à condenser la vapeur d’eau est amenée sous le piston du deuxième cylindre, d’où, après avoir exercé sa force élastique, elle s’échappe dans un condenseur par contact qui la réduit à Pétât liquide. Le résultat, ramené par le moyen d’une pompeau vaporisateur lui sertd’alimen-tation constante et est alternativement vaporisé et condensé. On voit donc que dans ce système la vapeur d’eau agit d’une double manière : la première , comme moteur par sa force élastique ; la seconde, comme chauffage d’un liquide produisant lui-mème par sa vapo-tasition une nouvelle force motrice, ui vient ajouter son travail à celui éjà produit de la vapeur d’eau.
- « Les différentes épreuves qui ont été faites par des commissions nommées, soit par le gouvernement, soit par l’industrie particulière, ont constaté que la deuxième vapeur produite par l’un des troisliquidesci-dessusnommés, par la condensation de la vapeurd’eau, était toujours en quantité et à pression au moins égale : d’où il résulterait ou une augmentation de force du double pour la même dépense, ou un bénétice de plus de 50 0/0 dans l’emploi du combustible pour une force donnée. On comprend aussi que l’économie annoncée étant le résultat de l’emploi nouveau de la chaleur de la vapeur d’eau à l’instant même de sa condenstion passant dans un liquide plus facilement vaporisable dont elle développe la force expansive, on conçoit, disons-nous, que cette économie est indépendante des chaudières, fourneaux et divers systèmes plus ou moins parfaits de machines. Le liquide à employer doit bouillir au dessous de 72 degrés centigrades, et plus son point d’ébullition sera peu élevé, plus son emploi sera avantageux ; il ne doit pas se décomposer au-dessous de 110 à 120 degrés centigrades , ni contenir aucun acide capable de corroder les divers métaux qui composent la machine, et autant que possib.e ne donner lieu à aucuns mélanges inflammables ou explosibles. Jusqu’ici le chloroforme dont l’application est due à M. Lafond, et le chlorure de carbone employé pour la première fois à Londres par M. du Trem-«ley, remplissent seuls toutes ces conditions ; sauf la dernière, l’éther sulfu-
- rique leur est bien préférable et sera avantageusement employé partout où l’on pourra aérer ou isoler les machines. Le prix de ces liquides, celui du chlorure de carbone surtout, est assez peu élevé (2 fr. 50 c. le litre) pour que la légère perte qu’on en fait ne puisse entrer en ligne de compte ; cette perte, pour une machine de 25 chevaux travaillant 42 heures par jour, a été justifiée. pendant 18 mois de marche , avoir été de 3/4 de litres par jour. Du reste, la chimie trouvera sans doute de nouveaux liquides , ou le moyen d’abaisser le prix de ceux qui sont actuellement en usage.
- » Outre l’économie de 50 0/0 qui résulte du double emploi de la vapeur dans ce système, cette machine offre d’autres avantages. Les chaudières ne sont point sujettes à incrustations, puisque la même eau peut resservir très-longtemps ; elle est beaucoup moins pesante et moins volumineuse, parla suppression de la moitié des chaudières pour la môme puissance et l’emploi qu’elle permet des chaudières tubulaires. Plusieurs machines de ce genre ont été construites et mises en activité et ont été l’objet de rapports favorables; l’une, faisant la force de 25 chevaux, marchant par la vapeur de l’éther sulfurique, a été placée additionnellement à une machine à vapeur d’eau de pareille force et fonctionne uniquement parla vapeur d’échappement delà première , dont elle double ainsi la puissance, chez MM. Billaz et Maumenée, directeurs de la cristallerie de la Guil-lotière près Lyon ; elle y fonctionne d’unemanièresatisfante depuis 18mois : elle a été visitée par les ingénieurs du département et par tous les hommes compétents. Une autre, en vertu d’une opinion favorable émise par le conseil des travaux de la marine, a été construite au compte de l’État, et chez M. Bcslay, à Paris, de la force totale de 25 chevaux : elle a été l’objet de deux rapports considérables, l’un pour l’emploi de l’éther sulfurique, en date du 23 janvier 1848, l’autre pour l’emploi du chloroforme, en date du 31 août 1848, et reconnue d’un bon fonctionnement, elle a été envoyée à Lorient, dans les ateliers de l’État. Une troisième fonctionne actuellementà Londres chez M. Horn, 14, High Street White-Chap-pel : elle y est établie depuis plus de six mois et a servi de spécimen à la société qui vient de se former pour l’exploitation de la patente acquise de la Société de Givord et compagnie, de
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- Lyon, propriétaire des brevets et droits de M. du Trembley, l’inventeur.
- » Cette invention peut s’appliquer à peu de frais à toutes les machines existantes, à haute ou basse pression, avec ou sans détente, avec ou sans condensation, soitqu’on veuille en doubler la puissance sans augmenter la dépense du combustible ni changer les chaudières et foyers, soit qu’on préfère réduire ces derniers et la combustion de moitié en conservant la même puissance. Les constructeurs de la Société garantissent les résultats indiqués ci-dessus; le prix des machines est de peu de chose plus élevé que celui des bonnes machines ordinaires. »
- Sur la résistance des fermes horizontales composées de rails de chemin de fer accouplés.
- L’administration prussienne ayant désiré établir à Berlin de nouvelles voies de comunication à travers la Sprée entre la ville et les moulins du Fisc, établis au Mühlendamme, avait résolu de construire pour cet objet trois ponts en fer, de deux travées chacun sur les canaux de dérivation de ces moulins , mais le niveau des rues adjacentes ayant obligé d’abandonner la forme usitée des travées, on songea alors à établir des fermes horizontales de la plus faible hauteur possible et que les eaux ne pourraient atteindre, et pour cela on pensa que le système des rails accouplés, dits rails à la Vi-gnole, système qui a déjà eu quelque succès dans la construction des chemins de fer , remplirait mieux le but proposé. Quoique d’après les calculs, chaque ferme du pont, indépendamment d’une charge accidentelle de 12 quintaux également distribuée sur sa longueur, ne dût porter qu’une charge permanente de 120 quintaux provenant de la charpente en fer, du tablier et du pavage.ee choix cependant a paru commandé, attendu que pour le plus long de ces trois ponts , les portées dépasseraient encore 17 pieds 1 pouce entre les appuis (1).
- (0 On a conservé dans cet article les mesures et les poids d’Allemagne, parce qu’il s’agit moins ici de résultats absolus que de rapports , et que d’ailleurs on sait très-bien que le pied du Rhin — ora,31854 ; le pouce —0m,026154; et la livre de Prusse-oM'-,4677Q7.
- F. M.
- La nouveauté de ce mode de construction et l’absence de données expérimentales suffisantes sur la résistance qu’il pouvait présenter, faisaient un devoir d’établir au moins une ferme du modèle indiqué et de la soumettre à des épreuves. C’est ce qu’on a exécuté dans les ateliers de construction de M. Egells de Berlin, avec des résultats qui, non-seulement ont mal répondu aux espérances qu'on avait conçues, mais qui ont semblé contredire des expériences antérieures sur la résistance des rails laminés, et, par conséquent, ont fait douter qu'on ait apporté tous les soins convenables, soit dans l’assemblage des fermes, soit dans les expériences elles-mêmes.
- Pour faire disparaître toute espèce de doute relativement à l’emploi des fermes ainsi établies, on résolut de répéter les expériences et, à cet effet, on a fait fabriquer dans le même établissement, d’abord une ferme du premier modèle puis une seconde d’un système différent, et une commission a été chargée de suivre une suite d'expériences soignées qui, cette fois , ont donné des résultats favorables.
- La construction des fermes, celle des plateaux de chargement, la marche des expériences et la lecture des flèches d’inflexions observées sous des charges croissantes , ont été exposées dans le rapport qui va suivre et qui porte la date, du 13 juillet 1847.
- « On a fait établir deux fermes avec des rails de chemin de fer du modèle dit rails à la Vignole de 4 pouces de hauteur qu’on a posés sur des appuis convenables. Dans une de ces fermes les rails ont été mis à plat l’un sur l’autre, comme on l’a représenté dans la fig. 58, pl. 121. Dans l’autre , les rails ont été disposés à 2 pouces l’un de l’autre et assemblés en introduisant entre eux de 12 en 12 pouces de petites plaques en fonte comme l’indique la tig.59. Les rivets d’assemblage des deux cours de rails insérés de 12 en 12 pouces avaient 5/8 ou 0,625 de pouce de diamètre et la tête disposée rectangulairemenl sur l’axe. Entre les affleurements des rails qui avaient été soigneusement coupés d’équerre et polis , on a introduit de petites plaques d’acier.
- » On a chargé d’abord la première ferme, celle sans plaques de renfort, et les poids des deux plateaux suspendus, un sur chaque travée , qui s’élevaient à 8 quintaux 80 livres, et 5 quintaux 90 livres ont été, après l’introduction des tréteaux en fonte sous ces plateaux, portés à 10 quintaux.
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- » Puis une échelle ayant été disposée du côté droit et au milieu de chaque uioitié de la ferme, dans le point où était placé l’étrier ou la sellette du plateau, de manière à pouvoir accuser exactement jusqu’au moindre fléchissement de cette ferme, on a enlevé les tréteaux introduits sous les plateaux et sous le poids de ceux-ci seuls , c’est-à -dire avec une charge de 10 quintaux , °n a observé une flexion de 1,8 ou 0,125 de pouce. Alors les deux plateaux ont été chargés simultanément avec des plaques de fontes de 3 1/4 quintaux
- qu’on a distribuées au nombre de quatre pour chacun d’eux ou de deux sur chacune de leurs extrémités,eton a observé la flèche d’inflexion produite. Ces plateaux, après chaque nouveau chargement, étaient relevés au moyen de crics , et on examinait la ferme ainsi déchargée afin de s’assurer si elle revenait bien à sa position primitive ou bien si elle conservait une inflexion permanente. Les résultats qu’on a obtenus ainsi sont dans le tableau suivant.
- PLATEAU R ° 1. PLATEAU N ° 2.
- PLATEAU. i Charges en livres. 1 & sis ’S w 3 'ÿ « O 7" © G» Im © a S 9 © Flèches | après l’enlèvement de la i charge en ponces. 1 Charges en livres. ' J Flèches i s us ces charges en pouces. , Flèches après l’enlèvement de la charge en ponces.
- Plateau sans plaques 1,100 0.125 0.000 1,100 0.125 0.000
- avec 4 plaques 2,514 0.218 0.000 2,484 0.187 0.062
- 8 . . . . 3,941 0.281 0.000 3,908 0.250 0.062
- 12 ... . 5,380 0.375 0.031 5,380 0.375 0.093
- 16 ... . 6,823 0.436 0.011 6,823 0.468 0.125
- 20 ... . 8,223 0.500 0.062 + 8,223 0.560 0.156
- 24 ... . 9,660 0.625 0.125 9,660 0.816 0.218
- 28 . . . . 11,083 0.750 0.125 + 11,083 0.842 0.225 +
- 32 ... . 12,500 0.875 0.218 12,500 0.968 0.312
- 36 .... 13,921 0.968 0.250 13,921 1.125 — 0.375
- 40 ... . 15,356 1.125 9 375 153,56 1.280 0.500
- , » On a mis fin ce jour-là aux expé-riences, mais on a décidé que la ferme Porterait toute la nuit sa dernière charge, et le lendemain matin on a noté flèche d'inflexion sous cette charge »>nsi que celle permanente restée après le déchargement consécutifdela ferme, et on a trouvé le résultat suivant :
- » La ferme, chargée la veille depuis o heures moins 1/4 du soir jusqu’au *endemain 9 heures moins 1 4 sur chaque plateau d’un poids de 15,356 li-Vres, avait pris pendant ce temps Pour le plateau n» 1 une flèche de lpo-,l87, flèche qui, par conséquent, *va*l augmenté de 0p%052 , et pour le
- plateau n° 2 une flèche 1p°-,375 avec augmenlation de 0p°-,095. Lors du déchargement, il est resté pour le n° 1 une flèche d’inflexion permanente de üp° ,375, et pour le nu2 de Op°-,500.
- » On procéda alors aux expériences avec la deuxième forme de ferme : cette ferme , construite comme l’indique la fig. 59, était établie et assujettie sur des supports disposés à cet effet de la même manière que la première et de même pourvue d’échelles pour la mesure de ses mouvements de flexion. Seulement pour le plateau de droite , ou n° 2, on avait, pour plus de sécurité , remplacé des planches qui avaient servi jusque-
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- là par d’autres plus fortes. Le poids de ce plateau, qui était de 9 quintaux 29 livres, a été de même porté à 10 quintaux par des tares.
- » Après avoir soumis à quelques épreu-
- ves préalables l’installation régulière de la ferme et des plateaux qui s’y trouvaient suspendus , on a procédé au chargement et obtenu les résultats suivants :
- PLATEAU H 0 1. PLATEAU N 0 2.
- PLATEAUX. ! j Charges eu livres. 1 1 Flèches | sous ces charges en pouces. j Flèches 1 après l’enlèvement de la charge en pouces. [ j S > a a» CO xa U Flèches l sons ces charges ) en pouces. / Flèches 1 après l’enlèvement 1 de la I charge en pouces.
- Plateau chargé de 2 plaques 1821.5 0.093 0.000 1841.5 0.062 0.000
- 6 . . . . 3276.5 0.187 0.000 3270.5 0.125 0.000
- 8 . . . . 1000.5 0.218 0.000 1000.5 0.156 0.000
- 12 ... . 5387.5 0.280 0.031 5387.5 0.250 — 0.031 +
- 16 ... . 6825.5 0.375 0.063 6825.5 0.312 0.063
- 20 ... . 8211.0 0.173; 0-125 8211.0 0.105 0.093
- 21 ... . 9668.0 0.592 0.187 9668.0 0.500 0.125
- 28 .... 11107.0 0.733 0.250 + 11107.0 0.592 0.156
- 32 . . , . 12550.0 0.875— 0.312 12550 0 0.717; 0.250
- 36 .... 13930.0 0.968 — 0.375 13930.0 0.875 0.312
- 10 ... . 15386.0 1.093 0.567 + 15386.0 1.031 0.375 +
- 11 ... . 6809.0 1.280 0.592 16809.0 1.156 + 0.530
- 18 ... . 18381.0 1.168 + 0.750 18381.0 1.290 0.875 —
- 52 ... . 19802.0 1.750, 1.062 19 802.0; 1.904 + 1.280
- 56 .... 21237.0 2.125 — 1.313 21237.0 2.250 + 1.500 —
- 60 ... . 22632.0 2.655 1.968 22632.0 2.313 2.000 —
- 61 ... . 23900.0 3.000 » 23900.0 3.125 0.000
- » Sur la demi-ferme chargée du plateau n° 1, on a remarqué lors du dernier chargement un déversement d’a-vanten arrière, mais on n’en a pas moins continué les expériences jusqu’à ce que la charge ait atteint un poids de 23,900 livres , point où aucune disposition n’ayant pu la ramener et l’assujettir dans sa position verticale, la ferme se déversa entièrement et rendit impossible la poursuite des expériences qu’on avait en vue sous de nouvelles dispositions.
- Après l’enlèvement de la ferme et un examen soigné, on n’a remarqué ni dans les rails ni dans les rivures aucune altération ou indices quelconques de tissures anciennes.
- » Onrésolutalorsdecontinuerles expériences avec la première ferme qui fut en conséquence replacée sur les appuis et chargée tout d’abord d’un poids aussi égal que possible à celui qu’elle avait déjà porté, et pour éviter qu’elle ne se déversàtet afin qu’elle pût se maintenir constamment dans la po-
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- silion verticale , on eut soin de l'assu-jeltir des deux côtés aux deux bouts
- au milieu avec des feuilles de forte tôle de fer placées de champ, découpées suivant la forme du rail et ajustées très-exactement.
- » La dernière charge qu’avait portée cette ferme avait été de 15,356 livres, et après le déchargement il était resté une courbure permanente, dont la flèche , pour la première moitié de cette ferme ( plateau n° 1), avait été de 0po-,375 , et pour la seconde moitié ( plateau n° 2) de0po-,500. Ces plateaux furent alors chargés de nouveau avec
- des plaques de fonte pesant environ 3 1/4 quintaux , mais par suite de l’irrégularité du poids de ces plaques, on n’a pu parvenir à évaluer avec précision la charge dans la dernière expérience; le poids de cette charge n’était donc connu qu’approximativement, mais au moyen de dispositions particulières, on est parvenu enfin à le fixer sur chaque plateau avant le commencement de la nouvelle expérience à 15,542 livres, et on va voir dans le tableau suivant l’effet de cette charge et de celles consécutives.
- PLATEAU 1. PLATEAU 3N° 1
- PLATEAUX. Charges en livres. 1 Flèches | sous ces charges en ponces. j Flèches après l’enlèvement de la , charge en pouces, j ' ï Flèches 1 sous ces charges 1 Flèches après l’enlèvement île la Charge en pouces.
- Plateau chargé de 40 plaques 15,542 1.125 0.375 15,542 1.280 0.500
- U ... . 16,988 1.250 0.405 16,988 1.375 — 0.686 +
- 48 ... . 18,420 1.628 0.875 18,420 1.935 1.093
- 52 ... . 19,844 2.436 1.625 19,844 2.750 — 1.875
- 56 ... . 21,105 3.250 » 21,105 3.625 S>
- 60 ... . 22,535 4.311 22,535 4.875 + »
- 64 ... . 23,947 5.655 )) 23,947 6.500 )>
- 68 ... . 25,345 7.311 * 25,345 8.250 »
- 72 ... . 26,776 9,501 » 26,776 10.375 + »
- 76 ... . 28,209 12.625 b 28,209 12.500 »
- » Comme dans la 3e et la 4e épreuve, il est resté après le déchargement une courbure permanente de plus en plu* considérable , on s’est dispensé dans cdles suivantes du déchargement, seulement à chaque nouvelle charge de Pjaques, on a soutenu avec des crics les plateaux qu'on a ensuite laissé redescendre avec lenteur.
- » De môme que dans les expériences précédentes, on a observé dans celles-ci une disposition de la ferme à se renverser sur le côté, mais à un moindre degré qu’auparavant, néanmoins on a continué les expériences. De cette ma-mere on est parvenu à eharger les plate Technologitte. T, XI.—-Octobre 1849.
- teaux d’un poids de 28,209 livres, charge sous laquelle, non pas immédiatement , mais après quelques minutes , la première moitié de la ferme par suite des rivets qui éclatèrent s’est infléchie au point que son plateau est venu frapper sur ses appuis, mais sans qu’on observât aucune rupture dans les rails.
- » En examinant les rivets qui avaient cédé, on a pu se convraincre qu’ils avaient été fabriqués avec un fer d'excellente qualité, qu’en réalité ils n’avaient pas été arrachés ou rompus, mais que par le glissement des surfaces de contact des rails de la ferme dû à
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- l’inflexion de ceux-ci, ces rivets avaient été littéralement coupés. »
- A la suite de ces résultats les commissaires ont mis fin aux expériences sur la résistance des rails de chemins de fer accouplés et rivés, bien convaincus que les fermes ainsi établies présentaient toute la garantie désirable (1).
- Manomètre à vapeur pour les locomotives.
- Par M. Schinz, ingénieur-constructeur.
- M. Schinz , ingénieur du chemin de fer de Cologne à Minden , est parvenu à construire, d’après un principe tout à fait nouveau, un manomètre pour locomotives qui parait remplir toutes les conditions exigées dans ces sortes d’ap-
- (1) Ce rapport, qui est extrait des mémoires de la Société d’encouragement de Berlin, 1848,
- &, 160, et signé par MM. Lincke, A. Brix, Krack, elfl't, F. Dannenberg, Brasch et H. Wilken, laisse quelque chose à désirer sous le rapport des documents nécessaires à l’application du calcul: par exemple, on n’y fait pas connaître l’aire de section des rails qui ont été employés, et on se contente de donner leur hauteur (4 pouces) ; on n’y indique pas non plus si les fermes étaient libres sur leurs appuis, ou bien si elles étaient encastrées par un seul bout ou par les deux dans une maçonnerie. Du reste il paraîtrait, d’après un mémoire sur la théorie de ces sortes de fermes , dil à M. Brix, mémoire inséré à la suite du rapport et dans lequel il examine les trois cas d’installation indiqués ci-dessus, que les commissaires ont, dans leurs expériences, donné la préférence au second, c’est-à-dire que leurs fermes étaient encastrées par un bout et libres par l’autre sur leurs appuis. Or il résulte du mémoire même de M. Brix, que pour chaque ferme installée suivant l’un des trois modes indiqués , les tiédies de courbures pour une charge placée au milieu sont dans les rapports de îo : 4 : 3 , c'est-à-dire que lorsque les trois fermes sont chargées au même degré de leurs résistances respectives, celle libre sur ses appuis prend une flèche de courbure deux fois et demie plus considérable que celle encastrée par un bout et libre par l’autre, et trois fois et demie plus grande que celle encastrée aux deux extrémités. On trouve encore dans le mémoire que dans le premier modèle de ferme, c’est-à-dire celui où les rails sont rivés à plat l’un sur l’autre, il faut en moyenne un poids de 1425,6 livres pour faire fléchir la ferme de opo.,070i78, tandis qu’un poids de 1464,1 livres ne fait fléchir que de 0P“-,050679 le second modèle, c’est-à-dire celui où l’on introduit des plaques de renfort en fonte entre les rails accouples aux points d’insertion des rivets. Du reste, l’auteur croit qu’on préviendrait dans ces fermes les effets de coupage des rivets en introduisant de 12 en 12 pouces des plaques de fonte de om,750 d’épaisseur et 2 pouces de largeur, qui seraient enchâssées par moitié dans chacun des rails superposés dont les talons seraient entaillés à cet effet en ces points.
- J .... F. M.3
- pareils et qu’on pourra même appliquer avec avantage aux machines fixes.
- C’est un mano'mètre à aiguille qui donne avec fermeté , sur un cadran de 10 centimètres environ de diamètre, divisé à peu près en parties égales, les pressions jusqu’à 6kil-,198 ou 6 atmosphères, de façon que chaque 10e d’atmosphère y correspond presqu’ à un demi-centimètre sur la circonférence du cadran. Le tout est contenu dans une boîte de 12 centimètres de diamètre et 11 à 12 de longueur.
- La construction de ce nouveau manomètre repose sur l’élasticité des métaux et c’est le récipient ou tube qui reçoit la vapeur ou l’eau soumise à la pression, qui, par son changement de forme indique la pression de la vapeur.
- Les parois de toutes capacités creuses, lorsque celles-ci ne sont ni des surfaces cylindriques ni des surfaces sphériques , changent de forme lorsqu’elles sont soumises à une pression intérieure. Ces changements sont généralement peu remarquables, et cependant ils sont sensibles lorsque l’épaisseur des parois est faible par rapport à la force qui agit sur elles.
- Pour utiliser ces changements de forme et les faire servir à des indications manométriques, il faut avoir recours aune disposition de nature à donner des mouvements assez étendus sans compromettre l’élasticité du métal dont on se sert. L’auteur à cet effet a fait choix d’un tube à section elliptique qu’il plie en spirale ou mieux en hélice de façon que le petit axe de cette section coïncide avec le rayon de courbure de l’hélice.
- La pression intérieure de la vapeur fait alors effort pour amener le tube à une forme circulaire, c’est-à-dire que le petit axe de l’ellipse s’allonge , que le tube perd en partie sa courbure primitive et que le nombre des tours de l’hélice qu'il forme devient moindre.
- # Un tube, par exemple, qui d’abord présentait 40 tours en spirale n’en fait plus que 39 lorsque la pression intérieure y est portée à 12 atmosphères et l'extrémité de ce tube décrit, pendant que la pression s’élève à ce point une circonférence entière , en prenant à chacune des pressions successives une position déterminée qui permet, par réciprocité, de conclure la pression qui existe à l’intérieur. En faisant varier la section du tube ou le nombre de ses tours, on peut construire des appareils aussi sensibles que l’on veut
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- et grandir à volonté leurs indications au moyen de leviers ou d’engrenages. On peut ainsi, pour tous les cas qui se présentent, établir des manomètres très-commodes qui donneraient avec précision depuis une différence de pression de quelques millimètres d’eau jusqu’à la mesure de pression de 30 à 40 atmosphères.
- La fig. 7, pl. 21, représente en élévation et vu par derrière un manomètre pour locomotive.
- La fig. 7 est une section verticale faite suivant la longueur de l’instrument.
- a est un tube servant à établir la communication entre le manomètre et la chaudière, et pourvu à son collet d’un Petit ajustage en cuivre a' qui pénètre dans le corps du manomètre de façon telle que le mastic qui sert à garnir les joints et à s’opposer aux fuites ne puisse tomber dans l’intérieur; b est un conduit pour amener la vapeur ; c, c le tube elliptique, courbé en hélice, dont l’extrémité est maintenue par l’étrier c' sur une broche c", de manière à ce qu’elle ne puisse se mouvoir que suivant une circonférence et non pas se balancer ou se déranger sous l’influence des oscillations ou des chocs de la locomotive.
- Cet étrier c’ agit par l’intermédiaire de la broche d'sur la roue dentée d qui engrène dans le pignon e de l’arbre de l’aiguille ou index. Au lieu d’un Pignon ordinaire, l’inventeur se sert d’une vis sans fin à filets profonds, dans lesquels engrènent également les dents helicoïdes de la roue d en dispo-Sant le tout pour que l’aiguille/"fasse P°ur chacune des dents de cette roue on tour entier sur le cadran.
- h est un petit ressort spiral qui Presse constamment la vise sur la dent de la roue d, et, par conséquent, s’op-P°se aux oscillations de l’aiguille.
- La graduation du cadran g en atmosphères ou en kilogrammes et ses subdivisions s'exécute par la com-Paraison avec un bon manomètre à mercure et les rapports entre les différentes parties sont choisis de telle façon que l’aiguille fasse toujours un tour en-ber, même pour les plus hautes pressions.
- Le manomètre est introduit dans mm boîte cylindrique fc pour garantir Ie. tube elliptique contre toute atteinte.
- Cet appareil a déjà été essayé pour en faire l’expérience sur divers chemins Ve, fer allemands et les résultats en ont ele tellement satisfaisants que le mi-
- nistre du commerce, des manufactures et des travaux publics de Prusse, s’est cru autorisé à en recommander l’adoption à l’administration de divers chemins. Il indique avec la plus grande fixité et sans oscillations la pression de la vapeur dans la chaudière des locomotives et est tellement sensible qu’il fait connaître à l’instant s’il y a eu accroissement ou diminution dans cette pression. Avec cet appareil le mécanicien pourra mettre à profit de la manière la plus précise et la meilleure les différentes dispositions qui ont été inventées pour régler l’expansion et le développement de la vapeur, ainsi que l’alimentation la plus avantageuse,afin de parvenir à une économie notable dans la consommation du combustible. Il résulte des applications pratiques qu’on en a déjà faites, que les mécaniciens qui ont appris à le connaître en Font un grand cas et tiennent beaucoup à en avoir un sur leurs locomotives.
- On peut se procurer ce manomètre pour lequel M. Schinz (de Cologne) est patenté en Prusse et en Autriche, chez l’auteur lui-même, au prix de 35 tha-lers de Prusse, monnaie courante, ou 130 fr. de notre monnaie.
- Nouveau fourneau pour machines à vapeur.
- On sait que, dans les systèmes ordinaires de brûler la houille sous les chaudières des machines à vapeur, tous les gaz qui pourraient, par leur combustion, produire de la vapeur, ne sont ni obtenus ni utilisés, et que des moyens précieux de chaleur s’en vont continuellement par la cheminée.
- L’auteur du nouveau fourneau a cherché à ne plus perdre ces gaz. Pour cela, il a divisé l’eutrée de son fourneau en deux parties, en deux tubes, qui communiquent par leurs extrémités. Toutes les deux sont tour à tour chargées de houille et allumées, mais successivement et non pas simultanément , de manière à ce que celle qui est allumée chauffe la houille contenue dans celle qui ne l’est pas. Le gaz ainsi produit dans la partie du fourneau non allumée s’échappe et va se faire brûler à l’extrémité de la partie du fourneau allumée. Dès que la houille en combustion est consommée, on met le feu dans la partie du fourneau où se trouve la houille qui a servi à faire le gaz et on recharge aussitôt de houille
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- l’autre partie pour en obtenir le même service.
- C’est-à-dire , l’inventeur est parvenu à obtenir, par diverses cloisons et dispositions plus ou moins heureuses, des gaz qui se perdaient, à les utiliser au fur et à mesure, et à retirer ainsi probablement d’une quantité de combustible plus de vapeur que par les moyens ordinaires. Toutefois, avant d’assurer que l’invention offre de grands avantages , il faut attendre que les calculs de la dépense et du produit aient été faits et vérifiés ; mais l’idée est digne d’être signalée.
- Bâtiment à vapeur à haute pression.
- On va faire un essai en Angleterre pour l’introduction des machines à vapeur à haute pression dans la marine royale. Le premier bâtiment qui sera installé de cette manière sera le Minx, bâtiment à hélice armé de canons, qui va recevoir à Woolwich une machine à vapeur à haute pression de 10 chevaux pour remplacer celle de 100 chevaux à pression ordinaire qu’il avait portée jusqu’à présent.
- Chambre obscure binoculaire.
- Dans un mémoire intéressant, lu en avril dernier , à la Société des arts d’É-cosse, sir David Brewster a signalé les changements qui ont lieu dans la représentation visuelle des corps à trois dimensions, tels que des statues, des bâtiments, des corps vivants quand on les observe à différentes distances avec l’un ou avec les deux yeux, ou lorsque des copies réduites de statues sont regardées de la même manière. Il a démontré que des statues de grandeurs naturelle ou colossale ne sont pas, comme objets d’arts, aperçues d’une manière aussi parfaite que leurs copies réduites, et que, toutes choses égales, il y a un certain rapport entre la distance des yeux et la grandeur du corps à trois dimensions pour que sa forme visuelle soit le mieux développée.
- C’est en se fondant sur ces considérations que l’auteur a décrit une chambre obscure binoculaire, et expliqué un moyen pour obtenir par son secours sur un plan des dessins dissemblables de statues de grandeur naturelle ou colossale, et des corps vivants qui en
- offriraient la plus parfaite représentation en relief quand on les réunira par le stéréoscope.
- La chambre binoculaire décrite par fauteur se compose de deux demi-lentilles qu’on obtient en coupant en deux une lentille acromatique. Ces deux lentilles sont placées à la distance des deux yeux , ou à tels multiples de cette distance qu’on le juge nécessaire pour prendre des dessinsdissemblabies, grandeur nature ou colossale , afin de roproduire la statue dans le stéréoscope. A ce sujet il décrit et explique une méthode à l’aide de laquelle ces statues et les corps vivants peuvent être reproduits et représentés suivant leurs trois dimensions, et fait sentir le grand avantage que la sculpture tirerait de ces dessins dissemblables des objets d’art, ainsi que de leur étude, quand on les observerait suivant leur véritable relief au stéréoscope
- Enfin il a décrit un stéréoscope microscopique et présenté quelques dessins fort curieux et dissemblables de statues ou groupes à la chambre binoculaire , puis réunis au stéréoscope , et où l’image réunie paraissait avoir un aussi haut relief que dans les statues originales.
- Nous ne connaissons pas pour le moment d’autres détails sur la chambre obscure binoculaire de M Brewster; mais si son mémoire est publié, nous nous empresserons de faire part à nos lecteurs de tout ce qu’il renfermera d’applications utiles aux arts.
- Machines à mortaiser de MM. Hu-güennin, Ducommun et Dobied de Mulhouse (Haut-Rhin).
- Ces constructeurs ont mis à l’exposition des produits de l’industrie , deux machines de ce genre, l’une avec course de l’outil de 0 m. 25 cent., et l’autre de 0 m. 15 cent., qui toutes deux ont paru bien entendues.
- Ces machines possèdent un mouvement mécanique breveté pour éloigner la pièce du burin pendant la remonte de ce dernier.Dans toutes les machines à raboter le porte-burin , mobile dans des coussinets, se relève pendant la marche à vide, et le burin s’éloigne de la pièce ; aucune disposition analogue n’avait jusqu’ici été employée pour les machines à mortaiser, le burin en remontant s’appuyait contre la pièce et éprouvait un frottement très-nuisible à
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- la conservation de son tranchant. Il eût été très-difficile de rendre le burin mobile comme dans une machine à raboter ; MM. Huguenin , Ducomrnun et Dubied ont alors songé à éloigner la pièce , et ils y sont parvenus au moyen d’une disposition qui complique fort peu la machine. Toutes les fois que le burin arrive au bas de sa course, un excentrique placé sur l’arbre supérieur soulève , par l’intermédiaire d’une i tringle verticale , les plateaux sur lesquels est serrée la pièce à mortaiser et leur communique un léger mouvement d’oscillation autour des tourillons qui les fixent au bâti. La pièce s’éloigne alors du burin, et quand celui-ci arrive au haut de sa course, l’excentrique abandonne les plateaux qui reprennent par leur propre poids leur position primitive. La machine se trouve, pendant l’action de l’outil, placée dans les mêmes conditions de solidité qu’une machine ordinaire. Ils ont aussi disposé , dans la coulisse porte-burin , des enfoncements ou crans dans lesquels on place une pièce contre laquelle vient butter le burin ; les vis des brides peuvent être moins serrées et le burin ne court plus risque de glisser s’il survient un accroissement de résistance.
- Procédé 'pour enflammer la poudre sous l'eau.
- M. H. Rikli, de Seebach, vient de proposer un moyen qui n’a peut-être pas encore été employé pour enflammer la Poudre sous l’eau sans se servir du feu °o de l’électricité. Ce moyen, qui repose sur l’inflammation du potassium au contact de l'eau, peut d’autant mieux passer dans la pratique que l’applica-Üon en est très-facile.
- On prend une gargousse en métal ou en verre dont l’ouverture est fermée par un bouchon étanche, on la remplit de poudre, on bouche, puis à travers le bouchon on fait passer aussi d’une manière étanche un tube d’un petit diamètre qui est rempli par une mèche de coton ; la longueur de ce tube dépend de l’intervalle qu’on on veut mettre jusqu’à l’explosion. A l’extrémité infé-
- rieure de ce tube on dépose un petit morceau de potassium d’environ 8 à 10 millimètres cubes, de manière qu’il repose d’un côté sur la poudre et de l’autre sur la mèche de colon. On coule alors cette espèce de pétard dans le lieu qu’il doit occuper, et l'eau qui par voie de capillarité monte dans la mèche de coton du petit tube arrive enfin en contact du potassium qui s’enflamme et communique le feu à la poudre.
- Pour conserver ces pétards en provision il suffit de sceller le tube à mèche par les deux bouts ; quand on veut s’en servir on casse le bout supérieur et on immerge. L’inflammation du potassium fait éclater le verre à l’autre bout et partir la charge.
- Lampe de mineur de Biram.
- Dans cette lampe, le réservoir à huile est en forme de D, et s’ajuste très-exactement sur le fond d’une boite en métal de même forme , sur la face plate de laquelle est une porte ou trappe glissant dans des coulisses verticales. La mèche est plate et monte ou descend au moyen d’une crémaillère et d’un bouton à l’extérieur. Pour nettoyer celte mèche et enlever les parties charbonnèes, un gros fil articulé passe à travers l’enveloppe au niveau du porte-mèche. La cheminée est cylindrique avec ouverture au sommet, dans laquelle s’insère un manchon en gaze métallique, le tout étant assujetti au sommet par un couvercle mobile qui s’oppose à l’introduction ou la descente de l’air. La porte sur le côté plat de l’enveloppe pour laisser passer la lumière, est en toile métallique ou en talc. Quand la lampe est placée dans une atmosphère inflammable, l’air qui entre seulement par cette porte s’enflamme aussitôt et brûle dans la gaze métallique avec une légère flamme bleue. Comme cette combustion s’oppose à tout nouvel accès d’oxygène sur la mèche, la lumière à moins qu’on ne la souffle aussitôt, s’éteint bientôt sans autre inconvénient pour les ouvriers que de les plonger dans les ténèbres.
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- BlüLIOfittAPHIE.
- Nouveau manuel complet de galvanoplastie ou éléments d’électro-métallurgie.
- Par M. Smée.
- Augmenté de notes, etc.; par M. E. de Valicourt. Nouvelle édition , 1 vol. in-18 de 14 feuilles et une planche. Prix : 3 fr. 50.
- La curiosité publique , en ce qui touche l’électro-métallurgie , bien loin de se ralentir semble au contraire devenir plus vive de jour en jour. Plusieurs éditions successives du manuel que nous annonçons n’ont pu la satisfaire , et malgré des tirages considérables , l’éditeur est presque chaque année obligé de procéder à de nouvelles impressions.
- La réputation de l’ouvrage de M. Smée est aujourd’hui parfaitement établie , et nous même avons eu plusieurs fois l’occasion de nous expliquer avec franchise à ce sujet, toutefois nous n’avons pas manqué aussi de faire remarquer que ce qui donnait un intérêt plus grand au Manuel de galvanoplastie , c’étaient les notes dont l’avait enrichi M. de Yalicoürt son éditeur, notes dans lesquelles se trouvent réunis , classés , analysés tous les travaux, toutes les découvertes qui ont paru sur la galvanoplastie, tant en France qu’à l’étranger, jusqu’au moment de la pu-
- blication de chaque édition ; et qui, jointes à l’ouvrage de M. Smée, forment certainement le travail le plus complet qu’on possède sur toutes les branches de l’électro-métallurgie.
- En jetant un coup d’œil rapide sur la nouvelle édition qui vient de paraître, nous y remarquons des améliorations de détail qui y rendent, par une meilleure classification des matières, les recherches plus fructueuses et plus faciles; nous voyons en outre que l’art lui-même et ses applications ont pris un tel développement, qu’il a fallu en faire le sujet d’un volume à part, déjà très-gros en lui-même , en renvoyant à un autre volume distinct aussi une nouvelle édition de la daguerroty-pie, qui faisait partie du même ouvrage dans les éditions précédentes, volume qui ne tardera pas à paraître et contiendra de même tous les divers perfectionnements annoncés jusqu’à ce jour dans ce genre.
- C’est vraiment une chose merveilleuse que de voir avec quelle rapidité un art nouveau se perfectionne aujourd’hui et combien il excite le zèle des hommes instruits et des praticiens éclairés, mais aussi il faut avouer que rien n’est plus propre à hâter les progrès et à stimuler le zèle que des ouvrages aussi bien traités et aussi con-ciencieux que le nouveau manuel de galvanoplastie de MM. Smée et de son savant éditeur M. de Valicourt.
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE
- INDUSTRIELLES.
- Par M. Vassebot , avocat à la Cour d'appel
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre civile.
- Cours d’eau. — Usage. — Droit du
- PROPRIÉTAIRE DONT l'HÉRITAGK EST TRAVERSÉ PAR UN COURS I)’EAU.
- La disposition du code civil (art. 644) qui autorise celui dont une eau courante traverse l'héritage à user de cette eau dans l'intervalle qu'elle y parcourt, à la charge de la rendre à la sortie de son fonds à son cours ordinaire, n'est pas tellement absolue que les ouvrages permanents faits par le propriétaire de l'héritage ainsi traversé, pour détourner et retenir une partie de l'eau sur son terrain, ne puissent constituer un trouble à la possession de cette eau par les propriétaires inférieurs.
- En conséquence, l'action possessoire des propriétaires inférieurs, tendant à la destruction des ouvrages faits par le propriétaire supérieur, ne pourrait être écartée par l'unique motif que celui-ci aurait usé d'un droit à lui conféré par l'article 644 du code civil, ce serait, de la part du juge, cumuler le possessoire et le pétitoire.
- Cassation d’un jugement rendu sur appel par le tribunal civil de Beauvais, du 10 juin 1846, sur le pourvoi du sieur Martclet et consorts, contre le sieur Bethune Sully.
- Audience du 22 août. M. Portalis, premier président. M. Grandet, eons• rapp. M. Bouland, avocat général. Plaidants , MM68 Quesnault et Labot.
- COUR D’APPEL DE PARIS.
- Cours d’eau artificiel.— Prise d’eau.
- — Prescription.
- Lorsque, par suite de l'établissement d'une conge ou d'un aqueduc, le propriétaire d'un cours d'eau a, dans son intérêt particulier, détourné ce cours de sa pente naturelle, le propriétaire voisin qui a exercé une prise d'eau sur ce cours ainsi détourné, ne peut pas prescrire un droit de prise d'eau sur le cours lui-même. En conséquence, si par suite de la chute de la conge ou par la destruction de l'aqueduc, le cours d'eau est rendu à sa pente naturelle, le propriétaire voisin ne peut prétendre à exercer son droit sur ce cours d'eau ainsi rendu à sa pente naturelle, quel que soit d'ailleurs le temps pendant lequel il a joui de l'eau provenant du cours artificiel.
- Ainsi jugé par arrêt confirmatif d’un jugement du tribunal civil de Corbeil.
- Dans l’espèce, un cours d’eau, appartenant à M. de Baye, avait etc détourné de son cours naturel par une conge en bois qui le conduisait dans le terrain d’un M. Petit. Rien ne prouvait, du reste, que la conge eût été établie dans l’intérêt de M. Petit. Quoi qu’il en soit, les choses étaient en cet état depuis un très-grand nombre d’années, lorsque la conge tomba de
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- vétusté et rendit ainsi le ruisseau à son cours naturel. M. Petit s’en plaignit et demanda le rétablissement des lieux, prétendant avoir prescrit le droit de prise d’eau sur le cours d’eau ainsi rendu à sa pente naturelle. M. de Baye refusa. De là procès, sur lequel le tribunal de Corbeil fut appelé à statuer.
- Le tribunal repoussa la prétention de M- Petit, par les motifs énoncés dans la notice qui précède. M. Petit a interjeté appel, mais la cour, malgré la plaidoirie de Me Delangle, et conformément à la plaidoirie de Me Liou-ville et aux conclusions de M. l’avocat général de Royer, a confirmé purement et simplement la sentence des premiers juges.
- Audience dit 19 juillet. M. Lassis, président.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- COUR DE CASSATION.
- Digue. — Alluvion. — Propriété riveraine.
- L’alluvion formée par derrière une digue élevée par VElat, touchant à une propriété riveraine et à la digue , peut être considérée comme appartenant exclusivement au propriétaire riverain, s'il n’est pas établi que Valluvion se soit formée d'abord du côté de la digue.
- Rejet d’un arrêt de la cour de Paris, du 2 décembre 1848. M. le préfet de l’Yonne contre M. Paris-Labresse.
- Audience du 6 août 1849. M. Lasa-gni, président. M. Mesnard , conseil, rapp. M. Bouland , av. gén. Plaidant Me Moutard-Martin.
- Brevet d’invention. — Enregistrement. — Société. — Partage.
- L'article 15 du titre2de la loi de 1790, qui soumet à l’enregistrement toute cession de brevet d’invention, n’est pas applicable au cas où, par l’effet d’un partage, le breveté redevient propriétaire exclusif du brevet apporté par lui en société.
- Audience du 10 août. M. Laplagne-Barris, président. M. Rocher, conseil, rapp. M. Nouguier, av. gén. MMesde Verdière et Rendu, avocats.
- Eclairage des voies de fer dans l’intérieur des villes.
- Les chemins de fer ne sont pas des voies publiques ordinaires soumises à tous les règlements de la voirie, mais constituent des propriétés d’une nature spéciale, régies par des lois particulières.
- En conséquence, le préfet et le préfet de police comme agents de la grande et de la petite voirie, ne peuvent concéder aux compagnies privilégiées pour l’éclairage au gaz dans les différents quartiers de la ville, le droit d'éclairer la voie de fer ainsi que les bâtiments et dépendances.
- La question posée dans les lignes qui précèdent, intéresse deux natures importantes d’industrie : les chemins de fer et les usines à gaz. Nous avons rapporté la décision rendue en première instance ; la cour a adopté cette jurisprudence, qu’on peut considérer maintenant comme à peu près constante. Les compagnies de chemin de fer peuvent donc éclairer leurs voies comme elles le jugent convenable, sans être liées par les traités passés entre les villes et les compagnies pour l’éclairage au gaz.
- La cour, après délibéré, a rendu son arrêt dans les termes suivants :
- « La Cour,
- y> Considérant que , par le traité du 12 décembre 1846, la ville de Paris n’a concédé aux compagnies Mamby et Wilson d’une part, Larrieu, Buntonet Pilté, d’autre part, le droit exclusif de conserver et d’établir des tuyaux pour la conduite du gaz destiné à l’éclairage , que dans les parties de la voie publique de la cité dont elle a l’usage et la libre disposition ;
- » Considérant que ce droit ne peut s’étendre aux chemins de fer, propriété d’une nature spéciale et régie par des lois particulières ;
- » Adoptant, au surplus, les motifs des premiers juges.
- | » Confirme. »
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- 3me chambre.—M. Poultier, président. Mes Bethmont et Baud, avocats.
- COUR D’APPEL DE ROUEN.
- APPELS CORRECTIONNELS.
- Brevet d’invention. — Cession non enregistrée.—Désistement devant experts.
- Lorsque le plaignant à déclaré devant des experts qu'il renonçait à invoquer l'un de ses brevets, il ne peut plus s'en prévaloir à l'audience , bien que ce brevet ait été visé dans l'assignation.
- Le prévenu de contrefaçon peut opposer au plaignant le défaut d'enregistrement de la cession en vertu de laquelle il poursuit.
- Le plaignantne peut se prévaloir des sommations qu'il a signifiées au préfet pour obtenir l'enregistrement de sa cession, s’il n’a pas fait suivre cette sommation d'une instance administrative.
- L'enregistrement est considéré comme tardif et par conséquent comme nul lorsqu'il n'a eu lieu que postérieurement à la poursuite, bien qu'il soit antérieur au jugement.
- Mothes, Lamouroux et C* se sont fait breveter en 1834 pour un produit e1pour un procédé. Le produit consistait dans des enveloppes gélatineuses destinéesà envelopper les médicaments liquides; le procédé n’était autre que * outil à l’aide duquel ou fabriquait ces capsules.
- En 1846, Mothes, Lamouroux et O achetèrent, en outre, un brevet délivré au sieur Viel, pour un mécanisme em-porte-pièce propre à la fabrication des capsules. Us voulurent faire enregistrer leur concession , mais cet enregistrement leur fut refusé, par le motif que la cession était prononcée par jugement, etn’étail pas constatée par acte uotariè.
- En 1847, Mothes, Lamouroux et Ce découvrirent qu’une contrefaçon était organisée à Dijon par les sieurs La-^alle et Thévenot, qui faisaient vendre leurs produits à Paris, par un sieur ttaynal. Une poursuite fut engagée en
- vertu de tous les brevetsdont ils étaient propriétaires, et le tribunal, avant de statuer,renvoya les parties devanttrois experts.
- Le rapport des experts constate que Mothes, Lamouroux et C% sur l’interpellation des prévenus , déclarèrent qu’ils limitaient le procès au brevet Viel. Néanmoins l’expertise porta sur tous les brevets, et fut favorable aux plaignants, qui conclurent, à l’audience, en vertu de tous leurs brevets, sans exception.
- Les prévenus opposèrent le défaut d’enregistrement de la cession, bien que les plaignants justifiassent qu’ils avaient fait constater le refus du préfet par un acte extrajudiciaire. On leur opposa, en outre , la déclaration faite devant les experts, et par laquelle ils renonçaient à invoquer leurs brevets pour s’en tenir à celui de Viel, dont ils étaient cessionnaires.
- Sur ces exceptions et sur le fond, le tribunal statua en ces termes :
- « Attendu que le fait de la cession du brevet Viel aux plaignants est suffisamment établi par les pièces et documents de la cause ;
- » Que si l’art. 20 de la loi du 5 juillet 1844 exige pour la validité des cessions de brevets à l’égard des tiers, qu’elle soit enregistrée ausecrétariat de la préfecture, d résulte de l’ensemble des dispositions de cette même loi, qu’on doit considérer comme tiers ceux-là seulement qui ont des titres ou des droits à faire valoir contre la cession , et auxquels cette cession peut porter préjudice et non les contrefacteurs qui, placés à un autre point de vue, ne sauraient invoquer des formalités établies > seulement dans l’intérêt des premiers;
- » Qu’ainsi la fin de non-recevoir doit être décartèe ;
- » En ce qui louche le fond ;
- » Attendu que Mothes et Dublanc, aux droits desquels sont aujourd’hui Mothes et Lamouroux, ont pris le 6 décembre 1833 un brevet pour un instrument propre à obtenir des capsules gélatineuses' et pour ces capsules elles-mêmes, brevet dont la durée a été prorogée par ordonnance du 14 avril 1847;
- » Qu’en 1843 et 1844, Viel, dont Mothes et Lamouroux sont cessionnaires , a pris divers brevets pour un appareil propre à fabriquer des capsules avec toutes les pâtes connues ;
- » Que de l’ensemble de ces brevets, il résulte que Mothes et Lamouroux
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- ont le droit exclusif : 1° de vendre des capsules gélatineuses ou faites avec toute autre pâte, comme formant une enveloppe solide et néanmoins élastique et soluble pour recouvrir les médicaments, notamment liquides, et en faciliter l’introduction dans l’estomac, de manière à soustraire les autres organes par lesquels ils passent, à leur mauvais goût ou à leur action ; 2° de fabriquer ces capsules à l’aide des procédés et instruments décrits dans les brevets sus-énoncés ;
- » Attendu que le système des procédés et instruments décrits dans les brevets de Viel , les seuls qu’il importe d'examiner pour la décision du procès, quant au mode de fabrication , consiste dans l’emploi d’une force quelconque pour rapprocher deux feuilles de pâte, entre lesquelles sont placés les médicaments, et les comprimer entre deux plaques métalliques, composées de parties pleines et de parties vides, de telle sorte que les deux feuilles de pâle se trouvent, par une seule opération , soudées autour du médicament, découpées et détachées en forme de capsules pleines ;
- » Attendu que toutes ces conditions constitutives du procédé Viel se trouvent réunies dans le procédé exploité par Thévenot et Lavalle, et pour lequel ils ont pris un brevet ;
- » Que si l’instrument qu’ils emploient a une forme différente qui peut leur procurer des avantages sous le rapport de l’économie et de la promptitude, ces différences constituent, non une invention nouvelle, mais un perfectionnement de l’invention de Viel, perfectionnement qui, aux termes delà loi, ne pourra être mis en pratique par eux qu’à l’époque où l’expiration des brevets dont Molhes et Lamouroux sont propriétaires ou cessionnaires, fera tomber dans le domaine public le droit exclusif qui leur appartient aujourd’hui ;
- » Attendu qu’il est constant, en fait, que Thévenot et Lavalle ont pris part l’un et l’autre à l’exploitation de leur brevet sous la raison sociale Thévenot et O.
- » Que Raynal a vendu et débité des capsules de la fabrique Thévenot et C*, et que les circonstances de la cause établissent qu’il n’a pu ignorer que ces capsules étaient contrefaites ;
- «Condamne Thévenot, Lavalle et Raynal, chacun à 200 fr. d’amende : prononce la confiscation, au profit des plaignants, de tous les objets saisis, et
- les condamne à 4,000 fr. de dommages intérêts. »
- Sur l’appel, la cour de Paris statua en ces termes :
- «En ce qui touche la fin de non-recevoir tirée de ce que Mothes, Lamouroux et Ce, cessionnaires du brevet Viel, n’ont pas fait enregistrer l’acte de cession à la préfecture de la Seine ;
- » Considérant qu’un jugement rendu le 3 décembre 1845 par le tribunal de première instance de la Seine et passé en force de chose jugée, a reconnu Mothes et Lamouroux cessionnaires des brevets de Viel, et déclaré que ledit jugement tiendrait lieu de la réalisation des conventions intervenues le 18 janvier 1845 , entre Molhes et Lamouroux d’une part, et Viel d'autre part ;
- » Que ce jugement équivaut à l’acte notarié dont parle la loi du 5 juillet 1844, et doit avoir la même force;
- » Considérant qu’il est articulé par Mothes et Lamouroux , que pour satisfaire aux prescriptions de ladite loi, ils ont à deux reprises différentes, et antérieurement au procès intervenu entre les parties, présenté un extrait authentique dudit jugement au secrétariat de la préfecture de la Seine, pour le faire enregistrer comme acte de cession , mais que l’employé chargé de ce service a refusé de procéder à l’enregistrement demandé ;
- » Considérant que l’extrait authentique dudit jugement, qui a été délivré le 16 juillet 1846, et qui est joint aux pièces, donne aux articulations de Mothes et Lamouroux une grande présomption de vérité ;
- » Qu’en admettant que cette présomption ne puisse équivaloir à la preuve légale des faits articulés , il est du moins constant que par exploit de Bruant, huissier près le tribunal de la Seine, en date du 11 février 1848, Mothes et Lamouroux, par suite des refus sus énoncés , ont fait signifier à M. le préfet de la Seine l’extrait du jugement valant cession de brevet, et ce, pour remplir les formalités voulues par la loi ;
- » Qu’en agissant ainsi, Mothes et Lamouroux ont, autant qu’il était en leur pouvoir, obéi aux prescriptions de la loi du 5 juillet 1844, et que dès lors le défaut de l’enregistrement ne leur est pas imputable ;
- » Considérant que si la signification dont s’agit est postérieure aux poursuites entamées par Mothes et Lamouroux contre les prévenus, cette signification est antérieure au jugement dont
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- est appel, et que dès lors au moment où la sentence a été rendue , Mothes et Lamouroux avaient régularisé leur position ;
- » Adoptant, au surplus, les motifs des premiers juges ;
- » En ce qui touche les conclusions prises par Lavalle,Thévenot et Raynal, tendant à faire déclarer nul et de nul effet le brevet pris par Viel le 15 septembre 1843, et subsidiairement à faire déclarer que ledit brevet ne peut être invoqué par Mothes et Lamouroux.
- » Considérant que si, dans le mémoire descriptif du brevet pris le 19 décembre 1844, Viel déclare qu’il renonce entièrement à la pince simple, objet du brevet précédent, parce qu’il a reconnu des inconvénients à ce procédé, et qu’il veut faire une économie de temps, cette renonciation ne saurait avoir la portée que lui attribuent les prévenus ;
- Qu’en effet un brevet ne peut tomber dans le domaine public que par l’effet d’une disposition législative, et qu’aucun texte de loi ne met au nombre de ces dispositions la déclaration d’un inventeur qui, trouvant de meilleurs procédés que ceux déjà brevetés à son profit, annonce dans son brevet Nouveau qu’il donnera dans sa fabrication la préférence aux procédés perfectionnés;
- » Considérant que si le brevet du 15 septembre 1843 n’a été obtenu que pour un procédé apte à recouvrir des médicaments liquides, cette circonstance ne saurait, d'après ce qui précède, porter atteinte aux procédés de Mothes et Lamouroux ;
- » Et ce qui touche le fond :
- . » Adoptant les motifs des premiers juges, etc.»
- Lavalle et Raynal se sont pourvus en cassation contre cet arrêt, qui a été cassé, par le motif que la loi de 1844, Çn disant que la cession, non enregistrée a,la préfecture, ne pouvait être opposée aux tiers, n’a pas distingué entre les tiers qui prétendaient droit à l’in— vention et le simple prévenu de contrefaçon.
- L'arrêt de cassation ajoutait que la sommation, constatant le refus du préfet, ne pouvait tenir lieu de l'enregistrement; que le cessionnaire avait à s imputer de ne pas s’être pourvu contre ce refus.
- R L’affaire, renvoyée devant la cour de Rouen, se présentait donc en ètatd’ap-PeI du jugement de première instance.
- M. le conseiller Justin, chargé du 1
- rapport, pense qu’il y lieu de juger d’abord le moyen tiré du défaut d’enregistrement de la cession Viel, et il borne son rapport à ce point du procès.
- Quant au moyen en lui-mème, M. le conseiller le discute, et conclut, en disant qu’il lui paraît impossible que Mothes , Lamouroux et O puissent trouver un argument contre le texte si clair et si précis de la loi de 1844, malgré la doctrine émise par le tribunal et par la cour d’appel de Paris.
- La cour, après délibéré a rendu l’arrêt suivant :
- Attendu que, si dans leur exploit d’action , Mothes et O avaient basé leur demande en contrefaçon, tant sur les brevets Viel que sur ceux dont ils étaient titulaires , ils ont, dans l’instance, déclaré devant les experts nommés par le tribunal, sur l’interpellation à eux faite s’ils entendaient se servir de leurs brevets personnels, qu’ils s’en abstiendraient et qu’ils n’entendaient mettre en cause que les procédés par eux achetés de Viel ;
- » Qu’ainsi leurs brevets ont été mis hors de cause; que dès lors aussi les défendeurs n’avaient plus d’intérêt à contester le principe même des brevets revendiqués par Mothes et Ce, ainsi qu’ils l’avaient d’abord formellement annoncé ;
- » Attendu que le tribunal, dans son jugement à la cour d’appel, qui a adopté le jugement, l’a ainsi entendu, en déclarant que les procédés et instruments décrits dans les brevets Viel étaient les seuls qu’il importait d’examiner; que la cause s’est ainsi trouvée réduite à la contrefaçon des brevets de Viel;
- » Vu les art. 20 et 21 de la loi du 5 juillet 1844;
- Attendu qu’aux termes de ces articles , tout cessionnaire d’un brevet est dans l'obligation de faire enregistrer sa cession au secrétariat de la préfecture du département dans lequel Pacte a été passé ;
- » Qu’il résulte évidemment de ces textes combinés, que la loi a eu essentiellement en vue d’avertir le public industriel quels sont les propriétaires ou ayants droit actuels du brevet vis-à-vis desquels il doit se mettre en règle en cas de fabrication de produits simi-liaires ;
- » Qu’il suit de là, que le droit réservé à l’inventeur ou à son cessionnaire, d’exploiter seul la nouvelle découverte brevetée, est soumis à cerlai-1 nés conditions ; dont l’inobservation
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- peut entraîner une fin de nnn-recevoir contre l’action en contrefaçon;
- » Attendu, en fait, qu’à la date des 9 avril et 8 juin 1847, époque où des saisies ont été pratiquées, tant au domicile de Thévenot qu’à celui de Ray-nal, les demandeurs n’avaient pas fait enregistrer leur acte de cession, conformément à la loi, que cet enregistrement n’a eu lieu qu’à la date du 18 mars c’est-à-dire bien longtemps après la poursuite et les saisies opérées ;
- » D’où suit qu’à la date où ils ont intenté leur action en contrefaçon, ils n’avaient pas de titre légal pour diriger ces poursuites ;
- » Que dès lors, leur action, quant aux saisies antérieures au 1.8 mars, procède mal, et qu’ils doivent en être déboutés ;
- » Par ces motifs,
- » Déclare Mothes et O , non recevables enleur action, et les condamne aux dépens. »
- Mothes, Lamouroux et Ce, se sont pourvus en cassation contre cet arrêt..
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- TRIBUNAL DE COMMERCE DE LA SEINE.
- Timbre et amendes en matière de lettres de change—Souscripteur et
- ENDOSSEUR. — SOLIDARITÉ.
- Le souscripteur et le premier endosseur d’une lettre de change ou d’un billet à ordre, écrit sur papier libre, sont solidairement responsables envers le porteur de la totalilé du droit et des amendes payées en vertu de la loi du 24 mai 1834.
- On sait que le souscripteur et le premier endosseur d’une lettre de change ou d’un billet à ordre, qui n’est pas écrit sur un timbre proportionnel, sont frappés d’une amende de 12 pour cent du montant du titre , indépendamment du droit du timbre.
- Le fisc a une action solidaire contre le souscripteur et le premier endosseur, mais la loi ne dit pas si cette solidarité profite également au porteur de l’effet, qui a été obligé de faire l’avance du droit et de l'amende avant d’exercer son recours en justice.
- En fait, M. Lécuyer a souscrit au profit de M. Cosnard un billet de 500 fr. sur un papier qui n’était pas frappé du timbre proportionnel.
- M. Buffet, tiers porteur, a payé le droit et l’amende de 12 pour 100, et il a fait assigner M. Lécuyer en remboursement du principal et des frais qu’il a avancés ; il a obtenu contre lui un jugement par défaut, qui lui adjuge ses conclusions.
- M. Lécuyer a formé opposition, et il est venu offrir le principal et la moitié de l’amende.
- Le tribunal, après les plaidoiries de MeSchayé, agréé de M. Buffet, et de M® Martin Leroy, agréé de M. Lécuyer, a statué en ces termes :
- « Le tribunal reçoit Lécuyer opposant en la forme au jugement contre lui rendu par défaut le 17 octobre dernier, et statuant sur le mérite de son opposition ;
- » Attendu que le billet qui donne lieu au procès a été visé pour timbre extraordinaire avec amende; que Lécuyer élève la prétention de ne rembourser à Buffet que le droit de timbre et six pour cent du montant du billet, pour amende à sa charge personnelle, laissant au demandeur le soin d’obtenir d’un sieur Cosnard, bénéficiaire du litre, le surplus de l’amende, soit 6 pour 100, dont celui-ci est également tenu ;
- » Mais attendu que la loi du 24 mai 1834 dispose que les contrevenants aux lois sur le timbre, en matière de lettres de change ou de billets à ordre, seront solidaires pour le payement du droit et des amendes, sauf le recours de celui qui en aura fait l’avance pour ce qui ne sera pas à sa charge personnelle ;
- » Que, dans l’espèce, l’avance du droit et des amendes ayant été faite par Buffet, tiers porteur, celui-ci est évidemment fondé à réclamer à Lécuyer, souscripteur, la totalité des amendes, sauf à Lécuyer à exercer une action récursoire contre le premier endosseur ;
- » Que vainement Lécuyer objecte que la loi n’aurait prononcé la solidarité qu’à l’égard du fisc , et n’assujettirait le souscripteur et le bénéficiaire envers le porteur, qui a payé le droit de timbre et les amendes, qu’au remboursement de sa part virile ; qu’en effet, la loi n’a pas établi de distinction entre les droits du fisc et ceux du porteur vis-à-vis des contrevenants ; qu’elle se borne à exprimer la solidarité entre eux ;
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- » Que, d’ailleurs, le porteur est subrogé aux droits du lise; qu’il peut, dès lors, en cette qualité, exiger de l’un des contrevenants la totalité des amendes dont chacun d’eux est personnellement tenu, sans que lebénéfice de division puisse lui être opposé;
- » Attendu que Lécuycr n’a pas compris dans les offres réelles qu’il a signifiées à Buffet la totalité des amendes que celui-ci a payées; qu’ainsi ses offres sont insuffisantes ;
- » Par ces motifs,
- » Le tribunal déclare insuffisantes les offres faites par Lécuyer ;
- » Déboute Lécuyer de son opposition au jugement du 17 octobre dernier ; dit que ce jugement sera exécuté selon sa forme et teneur, et le condamne aux dépens. »
- Audience du 3 juillet 1849. M. Gri-ïûoult, président.
- JURIDICTION ADMINISTRATIVE.
- CONSEIL D’ÉTAT.
- Monnaies au type de la bépdblique.
- — Gbavübe des coins. — Concoübs.
- Décision dd jüby. — Poubvoi.
- Un décret du 3 mai 1848 a ouvert nn concours pour la gravure des coins des monnaies d’or, d’argent et de cui-vre au type de la république. L’art. 4 de ce décret dispose que le jury spécial qui sera appelé à décerner les prix devra être composé de onze membres dont sept seront choisis par les concurrents et un par le ministre des finances, les trois autres devaient être 'e président de la commission des monnaies et les deux commissaires géné-raux, qui, toutefois, ne comptaient fiue pour une voix dans la délibération.
- Par une décision insérée au Moniteur, du 28 novembre 1848, le jury décerna à M. Oudiné le prix du concours pour la pièce de 5 fr.; à M. Do-niard, le prix du concours pour la pièce de 10 c.; à M. Merley, le prix du concours pour la pièce de 20 fr.
- Vingt-cinq des graveurs qui avaient concouru protestèrent contre cette décision. Ce sont: MM. Alard, Bory, {jouvet, Barre, Boivin (de Calais), bouchon,Borrel, Cannois, Dieudonné,
- Dautzell, Desbœufs, Farochon,Fanque, Fargeau, Gayrard, Leclerc, Malbert, Montagny, Magniadas,Marrel, Pingret, Pillart, Rogat, Tournier, Vivier.
- Le ministre des finances, auquel ils s’adressèrent en premier lieu, se déclara incompétent pour réformer, soit comme juge d’appel, soit comme juge de cassation, une décision souveraine et en dernier ressort.
- Un pourvoi fut alors déposé par les artistes au secrétariat général du conseil d’Etat.
- La requête contenait deux griefs : 1° la décision aurait été prise en l’absence de M. Hauréau, l’un des membres du jury ; 2° cette décision n’aurait été précédée d’aucune discussion.
- Le conseil d’Etat a statué en ces termes :
- « Le conseil d’Etat, section du contentieux,
- » Considérant que les décisions du jury de concours ne peuvent être attaquées au fond, et qu’elles ne peuvent être déférées au conseil d’Etat par la voie contentieuse que pour excès de pouvoir et violation de la loi ;
- » En ce qui concerne le grief fondé sur ce que le jury spécial, institué par le décret du 3 mai 1848, aurait décidé qu’il serait procédé au scrutin secret sans discussion préalable ;
- » Considérant que ce mode de procéder n’est point contraire aux dispositions du décret précité et ne constitue point delà part du jury spècial un excès de pouvoir ;
- » En ce qui concerne le grief fondé sur ce que dix membres du jury sur onze, dont il se composait, auraient pris part à la décision attaquée ;
- » Considérant qu’aucune disposition du décret du 3 mai 1848 n’a prescrit, à peine de nullité, le concours de tous les membres du jury à ses délibérations ;
- y> Qu’ainsi, en statuant sur les résultats du concours en l’absence d’un seul de ses membres, le jury n’a point commis un excès de pouvoir ni une violation du décret,
- » Décide:
- » Art. 1er. La requête des sieurs Alard, Bory et consorts est rejetée. »
- Séances des 20 et 28 juillet. M. Maillard , président. M. de Saint-Aignan , rapp. M. Dumartroy, commissaire du
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- gouvernement. M. Moreau, avocat des requérants.
- Sommaire de la partie législative et judiciaire de ce numéro.
- Jurisprudence. = Juridiction civile. = Cour de cassation. — Chambre civile. = Cours d’eau. — Usage. — Droit de propriétaire dont l’héritage est traversé par un cours d’eau. = Cour d’appel de Paris. = Cours d’eau artificiel. — Prise d'eau. — Prescription. — Éclairage des voies de fer dans l’intérieur des villes.
- Juridiction criminelle. = Cour de cassation. = Digue. — Alluvion. — Propriété riveraine. = Brevet d’invention. — Enregistrement. — Société. — Partage. = Cour d’appel de Rouen. = Appels correctionnels. = Brevet d’invention. —Cession non enregistrée. — Désistement devant experts.
- Juridiction commerciale. Timbre et amendes en matière de lettres de change. — Souscription et endossement. — Solidarité.
- Juridiction administrative. = Monnaie au type de la république. — Gravure des coins. — Concours. — Décision du jury. — Pourvoi.
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- BREVETS ET PATENTES.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau «^Irlande , du 18 juin 1849 au 17 août 1849.
- *8 juin, R.-B. Schenck. Machine à broyer et teiller le lin, le chanvre et antres matières lilainenteuses.
- 28 juin. J. Hamillon. Perfectionnements dans les moyens pour couper le bois.
- 30 juin. M. Loam. Procédés pour la fabrication des fusées de mines.
- 7 juin. D. Smith. Fabrication de certains articles en plomb.
- il juillet. W. Newton. Perfectionnement dans la mécanique Jacquard (importation). 7 août. T. Robinson. Machine à broyer, teiller, couper, peigner, carder et filer le lin, le chanvre, les étoupes, la laine, la soie et autres matières filamenteuses.
- 7 août. J -E.-H. Payne et li.-W. Currie. Fabrication du galon pour les voitures et autres produits analogues.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau d’ÉcossE, du 22 juin 1849 au 22 août 1849.
- 25 juin. D. Smith. Fabrication de certains articles en plomb.
- 25 juin. E. Grundy. Machines à préparer et filer la laine, et autres matières filamenteuses.
- 25 juin. W. Neilson. Application de la vapeur au mouvement des fardeaux.
- 29 juin. R.-W. Laurie. Appareil de sauvetage.
- 9 juillet. E.-H. Payne. Fabrication du galon et autres produits analogues.
- 9 juillet. Q. Urvin. Perfectionnements aux machines à vapeur.
- ‘o juillet. W. Wilson. Mode perfectionné de couper les tubes et les tuiles en matières plastiques.
- *t juillet. J.-G. Wilson. Moyen pour obtenir une combustion parfaite dans les foyers en général.
- *6 juillet. W. Kenworthy. Perfectionnement dans les métiers mécaniques de tissage.
- 19- juillet. W.-C. Moal. Perfectionnements dans les machines mues par la vapeur, Pair ou les gaz.
- 16 juillet. G.-B. Thorneycroft. Fabrication
- des bandages, essieux pour chemin de fer.
- 17 juillet. E.-I. Fuller. Ressorts métalliques
- pour les voitures.
- juillet. P.-A. Godefroy. Mode d’apprêt des tissus.
- 18 juillet. J. Granlham. Mode de doublage
- des navires et bâtiments de mer.
- 19 juillet. J. Eccles. Métier à tisser diverses
- espèces de tissus unis et façonnés.
- 25 juillet. J. While. Semoir pour les grains.
- 30 juillet. J.-G. Gibson. Machines à préparer et Hier, et apprêter le cotou et autres matières filamenteuses. le>- août. A.-P. IIow. Instrument pour déterminer la quantité de sels dans les chaudières.
- 6 août. H.-L. Pallinson. Fabrication et application de certains composés de plomb,
- 6 août, A.-F. Rémond. Machine û faire les en-
- veloppes de lettres.
- 7 août. R.-li. Day. Fabrication du papier et
- de la toile d’émeri.
- 7 août- J. Thom. Perfectionnements dans les moyens de laver, nettoyer et blanchir la soie, la laine, le coton, les fils et les tissus.
- 10 août, J. Findlay et A. Wilkie. Appareil pour tourner, couper et profiler le bois et autres substances.
- 15 août. J.-T. Wilson. Fabrication de l’acide sulfurique et de l’alun.
- 15 août. E. Lord. Machine à préparer le coton et autres matières filamenteuses.
- 22 août. P.-A.-L. de Fontainemoreau. Perfectionnements dans le tissage (importation).
- Liste des patentes revêtues du grand sceau d’Angleterre, du 4 juillet 1849, au 30 août 1849.
- 4 juillet. T. Greenwood. Mode de filtration des sirops et des liqueurs-4 juillet. J. Robinson. Machine à mouvoir les fardeaux.
- 14 juillet. J. Granlham. Mode de doubla^ des navires et bâtiments de mer.
- 4 juillet. J. Bowden. Fabrication du savon.
- 4 juillet. J. Browne. Appareil pour favoris» la combustion.
- 4 juillet. F.-C. Knowles, Fabrication du fer et de l’acier.
- 4 juillet. R.-A. Brooman. Perfectionnement dans les générateurs de vapeur (importation).
- 4 juillet. J. Mutbery. Nouveaux tiroirs pour machines à vapeur.
- 4 juillet. W.-H. Wilding. Machines pour obtenir la force motrice.
- 4 juillet. R.-W. Thomson. Perfectionnements dans les appareils pour l’écriture et le dessin.
- 4 juillet. W- Bush. Perfectionnements dans les
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- lampes et l’éclairage (importation).
- 4 juillet. J. Combe. Machine à peigner, carder, tordre, apprêter et tisser le lin , le colon, la soie et autres matières filamenteuses.
- 4 juillet. W.-H. Brown. Perfectionnements dans les cylindres pour passer les limes plates et demi-rondes, et autres fers et aciers.
- 4 juillet. P.-A. Chauffourier. Nouvelles roulettes pour meubles (importation).
- 4 juillet. //. Bailey. Perfectionnements dans les vêtements.
- 4 juillet. R. Weare. Perfectionnements dans les batteries électriques, la production de la lumière et les communications.
- 7 juillet. R. Garret. Houes à cheval, semoirs, machines à battre et machines à vapeur pour l’agriculture.
- 7 juillet. E.-l. Fuller. Ressorts métalliques pour voitures.
- 9 juillet. T.-P. Summers. Mode de fermeture des sacs.
- 9 juillet. R.-W. Lamie. Appareils de sauvetage.
- 9 juillet. J. Goodier. Perfectionnements dans
- les moulins à farine.
- 10 juillet. G.-A. Robinson. Fabrication du
- pain et appareils pour cet objet.
- 12 juillet. G. Coltam. Machine à hacher la aille, le foin, le trèfle et scier le ois.
- 18 juillet. J. Holland. Mode de fabrication de l’acier (importation).
- 18 juillet. R. Plant. Fabrication du fer en barres.
- 18 juillet. A.-P. How. Instrument pour reconnaître la salure de l’eau (importation).
- 18 juillet. E. Leigh. Perfectionnement dans les machines à vapeur.
- 18 juillet. T. Walker. Fabrication des bottes et des souliers.
- 18 juillet. J. Usher. Machine à cultiver la terre.
- 18 juillet. W. Brown et W. Willams. Perfectionnements dans les télégraphes et les horloges électriques.
- 18 juillet. P.-C. Lister. Préparation, peignage et filature de la laine (importation).
- 24 juillet. A.-F. Rose. Perfectionnement dans l’impression typographique et les machines pour cet objet.
- 24 juillet J. Holt. Machines à préparer le coton et autres matières filamenteuses.
- 24 juillet. J. Woods. Blanchiment de certaines substances organiques (importation).
- i« août. G.-F- Harrington. Fabrication de dents artificielles et d’appareils dentaires.
- 1er août. F.-J. Cavaillon. Mode pour obtenir le gaz hydrogène carbure et pour en faire des applications.
- i«r août. E.-A.-D. Boucher. Fabrication des cardes.
- 1er août. J.-.4. Drieu. Machine à tailler les habits.
- l'r août. W- Geeves. Boîte à allumettes.
- l'r août. B. Thompson. Perfectionnements dans la fabrication du fer.
- 1er août. T. Potts. Appareil mécanique pour rideaux, stores, cartes et plans.
- 1er août. J.-E.-D. Rodgers. Fabrication de la céruse (importation).
- Ier août. D. Harcourt. Fabrication des étaux et des charnières.
- l'r août. A. Yule. Préparation des matières propres à enduire les vaisseaux.
- 1er août. R.-K. Day. Fabrication du papier et de la toile d'émeri.
- 1er août. J. Shaw. Perfectionnements dans les fusils à vent.
- 1er août. Roenh. Mode d’établissement des routes, chemins, aires, etc.
- l'r août. J. Murdoch. Conversion de l’eau de mer en eau douce, et ventilation des vaisseaux.
- 1er août. J. Parkinson. Appareil à mesurer l’écoulement des liquides.
- Patentes Américaines récentes.
- C. White. Appareil à cambrer les tiges de bottes.
- A.-E. Hitchings. Appareils à eau chaude pour le chauffage des maisons.
- R. Dillon. Mode d’accouplement des pompes avec les presses hydrauliques.
- j.-j. Wedder et H. Vine. Perfectionnements apportés aux pompes.
- J. Barker. Fourneau à chauffer l’air.
- J. Welsh. Mode de montage des stores.
- I. Adams. Machine à fabriquer les tuyaux en plomb.
- J. Smith. Mode de propulsion pour les vaisseaux.
- R. Wallace. Fabrication des cuillers en étain.
- W.-E. Meginnis. Mode de tournure pour la toilette.
- E.-P. Blake. Machine électrique.
- D. George. Nouvelle tarière creuse.
- C.-H. Brand. Fabrication des tissus
- veloutés.
- J.-B. Hall. Peinture sur des surfaces transparentes.
- JH. Loomis. Perfectionnements dans les soufflets de forge.
- I. Hammond. Ombrelles à canne.
- J. Drummond. Machine à faire les balles.
- P. Stillman. Perfectionnement dans les jauges de vapeur et de vide.
- JY. Chapen. Perfectionnements dans la baratte atmosphérique.
- I. Babbitt. Mode de séparer et recueillir l’or.
- E. -R.Roe. Machine pour mettre en œuvre et manœuvrer le télégraphe électromagnétique de Morse.
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- Le Teohnolo(£iste. Fl. 121.
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- Distillation des Pommes de terre.
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- LE TEClimOGISTË,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
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- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS METALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Emploi du carbure de soufre en gai-vanoplastique et frais respectifs des diverses batteries.
- Lors de la dix-neuvième réunion de l'Association britannique pour les progrès des sciences, qui a eu lieu le 12 septembre dernier à Birmingham, M. Eikington a fait connaître un fait remarquable et d’une grande importance dans les procédés industriels de l’argenture par voie galvanique. Ce fait est que quelques gouttes de carbure de soufre ajoutées au cyanide d’argent dans le vase à décomposition, avaient la Propriété de précipiter un argent d’un très-grand éclat au lieu d'un métal granuleux et terne comme celui qu’on prédite des solutions ordinairement employées.
- Un
- autre fait intéressant, annoncé aussi par M. Eikington, c’est que l’emploi de la machine magnéto-électrique dont on se sert à Birmingham dans ses ateliers d’argenture , malgré que les Seuls frais quelle nécessite pour maintenir le courant en activité se bornent aux dépenses d’entretien etd’alimenta-bon d’une petite machine à vapeur ordinaire , n’est pas aussi avantageux 9l?e celui des batteries voltaïques, conjointement employées au même objet et qui paraissent lui être supérieures sous le rapport de l’économie.
- Du reste , dans la discussion qui s’est elevée au sein de la société à ce propos, "L W. S. Ward a fait connaître que
- d'après des expériences qui lui sont propres et qui ont principalement porté sur les trois formesde batteries généralement employées, sa voir celle de M.Smee, celle deM. Daniell etcelledeM.Grove, il avaittrouvéque la force effective était la même quand on employait 100 paires delà première, 55 de la seconde et 34 de la troisième, et que les frais pour mettre ces batteries en activité en comptant sur un poids normal de 60 grains (4 grammes environ) de zinc par cellule et par heure sont à peu près respectivement dans les rapports de 12 c., 15 c. et 16 centimes.
- É* 1 echnologitte. T. XI. — Novembre 1849.
- Recherches sur quelques modifications dans la coloration du verre par les oxides métalliques.
- Par M. G. Bontemps.
- Dans le mémoire que notre compatriote M. G. Bontemps, a communiqué à l’association britannique sur ce sujet, on trouve des résultats pratiques d’une grande importance pour la décoration en couleur du verre et de la porcelaine.
- En premier lieu, M. Bontemps a démontré qu’on pouvait donner toutes les couleurs du spectre solaire au verre par l’emploi de l’oxide de fer, en proportions variables et par l’entremise de
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- divers degrés de température, il en a conclu que toutes ces couleurs se produisent suivant leur disposition naturelle dans le rapport de l’élévation de la température.
- On observe des phénomènes analogues avec l’oxide de manganèse. Cet oxide, comme on sait, est employé à colorer le verre en pourpre et à neutraliser le léger reflet verdâtre que le fer et le carbone donnent au verre pendant sa fabrication. Si le verre coloré par le manganèse reste trop longtemps dans le creuset ou dans l’arche , le pourpre passe d’abord à un rouge brunâtre peu intense , puis au jaune et ensuite au vert. Le verre blanc dans la fabrication duquel on a employé une faible proportion de manganèse, est sujet à devenir d’un jaune tendre par son exposition aux rayons lumineux. Cetoxide est également disposé dans certains verres à vitres à devenir pourpre sous l’action des rayons solaires. M. Bon-temps a remarqué des changements analogues dans les fours à recuire. 11 a reconnu par des expériences faites par lui sur des lentilles polygonales de Fresnel,que la lumière était l’agent qui produisait ces changements, et il doute que l’oxidation du métal puisse expliquer ces effets photogéniques.
- Une série de changements chromatiques, présentant le même caractère, a été observée avec les oxides de cuivre , les couleurs y sont de même ré-giées par la température à laquelle on expose le verre.
- M. Bontemps a trouvé que l’argent, quoiqu’avec moins d’intensité, offrait les mômes phénomènes, et que l’or qu’on emploie généralement à colorer en diverses nuances de rouge donnait, en faisant varier la chaleur à de hautes températures et en refondant plusieurs fois, un grand nombre de teintes qui variaient du bleu au pourpre, au rouge, au jaune opaque et au vert.
- Le charbon en excès dans un mélange de verre siliceo-alcalin donne une couleur jaune , qui H’est pas aussi brillante que celle de l’argent, et ce jaune peut être transformé én un rouge foncé par un second feu.
- M. Bontemps paraît disposé à rapporter ces changements chromatiques à quelques modifications physiques dans les molécules composantes plutôt qu’à des changements chimiques dans les matériaux qu’on emploie.
- Modes de fabrication des acides azotique et oxalique et de certains sels et appareil nouveau pour cet objet.
- Par MM. G. Crâne et J.-T. Jüillion, chimistes.
- Notre but a consisté à perfectionner trois opérations chimiques dont on va donner une idée sommaire.
- 1° Rendre continue dans la fabrication de l’acide azotique et de l’acide oxalique l’addition des matières qu’il s’agit de décomposer par degrés dans la liqueur-mère afin de pouvoir opérer à une haute température et de plus convertir les oxides de nitrogène en acide azotique par la décomposition de l'eau par le chlore ;
- 2° Oxider certaines substances métalliques et fabriquer en même temps des nitrates, en mettant des oxides de nitrogène et du gaz oxigène ou de l’air atmosphérique en contact avec les substances ci-après décrites; fabriquer des tartrates de terres alcalines en décomposant le tartrate de potasse par des sulfures à bases métalliques et les terres, et enfin employer les substances catalytiques ou de contact à la fabrication des composés de l’ammoniaque et du cyanogène;
- 3° Faire connaître un nouvel appareil en schiste ou en bois pour la fabrication des acides ou pour condenser des vapeurs ou des gaz.
- Pour exécuter la première de ces opérations on se sert de l’appareil dont la fig. 1, pl. 122 représente une section.
- A est un vase en schiste ardoisier que nous appellerons un générateur, et sur le sommet duquel existe une ouverture B pour l'introduction de la liqueur-mère et l’extraction du produit à la fin de l’opération. Ce vase peut être clos d’une manière inpènétrable à l’air par le bouchon C, et il existe une autre ouverture D à son sommet, sur laquelle est établi un thermomètre pour connaître la température des matières contenues dans le générateur pen-dantqu’on opère.E,E sont deux tubes en entonnoir à becs allongés passant par le sommet du générateur et descendant tout près de son fond, ces tubes servent à l’introduction des matières qu’on veut décomposer et qui découlent des tonnelets d’alimentation F,F, lesquels sont munis de robinets pour pouvoir régler cette alimentation suivant la durée qu’on veut donner à l’opération.
- G est un tube dans lequel circule de
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- la vapeur ou de l'eau chaude pour chauffer laliqueur dans legénérateur A. Il existe en H, dans la partie supérieure de ce générateur, une ouverture sur laquelle est ajusté le tuyau I pour le passage des gaz générés pendant l’opération dans le récipient K. Ce tuyau pjonge au-dessous du liquide dans ce récipient qui est rempli jusqu’au tube de trop-plein L. Au commencement de 1 opération , tout ce qui s’écoule par ce tube L est reçu dans un réservoir M, de manière à maintenir constamment une même pression pendant tout le temps qu’on opère. N est un tuyau qui plonge au-dessous de la surface du liquide dans le réservoir K et en communication avec le générateur au chlore, afin de pouvoir amener un courant de ce gaz. 0,0 sont des tubes de communication au moyen desquels les gaz ou les vapeurs sont conduits aux condenseurs. P,P et QQ des tuyaux de
- trop-plein qui versent le liquide condensé dans les condenseurs dans le réservoir U et débouchent près du fond de ce réservoir. S est aussi un robinet de trop-plein ou de décharge de ce réservoir dans le bassin de réception T et U un tube qui, partant du dernier condenseur, sert à jeter les gaz perdus dans l’atmosphère.
- L’appareil ci-dessus ayant été convenablement disposé et une quantité de liqueur-mère, introduite dans le générateur A, on verse séparément de 1 acide azotique et du sirop dans les Proportions ordinaires relativement à Cette liqueur-mère dans les tonnelets d alimentation F F ; on applique la chaloir et |a température du liquide est aussi vivement que possible portée à
- ou 90° C ; on fait couler des filets d acide azotique et de sirop par les tunes entonnoirs Ë,E (en tournant les robinets) dans cette liqueur-mère en quantité telle, que l’écoulement de la totalité dure environ 18 heures, à l’ex-P1 fat ion desquelles l’opération est terminée.
- Les gaz qui proviennent de la décomposition des matières ainsi fournies Se dégagent par le tube I dans le réci-pmnt K où on introduit par le tube N Un courant de chlore suffisant pour convertir tous les oxides de nitrogène ®n acide azotique. Une portion de l’eau dans le récipient K est décomposée; son oxigène se combine avec l’oxide de mtrogène pour former de l’acide azo-bque, tandis que son hydrogène se combine avec le chlore pour constituer 1 aÇide chlorhydrique, et ces vapeurs mélangées passent ensemble dans les
- condenseurs P,P où elles sont précipitées.
- Lorsque la totalité de l’acide azotique et du sirop est écoulée et que le dégagement des gaz ou oxides de nitrogène a cessé, on soutire la liqueur du générateur A au moyen d’un siphon inséré dans l’ouverture B, et on reçoit dans un vase convenable pour cristalliser. Quoiqu’il soit préférable de porter la liqueur à la température de 80 à 90° C., on peut toutefois amener jusqu’au point d’ébullition sanscompromettre le succès de cette opération.
- Ce qui caractérise ce procédé, c’est donc un mode continu d’addition à la liqueur-mère et par degrés des matières qu’il s’agit de décomposer ; de plus l’application d’une haute température, et enfin la fabrication de l’acide azotique avec les oxides de nitrogène en décomposant l’eau au moyen du chlore.
- Dans la seconde opération, on a pour but d’abord de fabriquer des azotates au moyen des oxides de nitrogène , et du gaz oxigène , ou de l’air atmosphérique combinés à des bases.
- Les oxides de nitrogène, quelles que soient les sources dont on se les procure , sont mélangés à du gaz oxigène ou de l’air atmosphérique, et introduits dans une chambre ou autre appareil contenant un métal ou un oxide métallique, ou bien un alcali ou une terre alcaline. La présence de ces corps basiques provoque la combinaison simultanée de l’oxide avec l’oxigène et avec la base employée pour former l’azotate, par exemple de la chaux à l’état de chaux vive , d’hydrate ou de carbonate étant placée dans la chambre sur des tablettes ou dans un appareil semblable aux purificateurs à la chaux sèche employés dans les usines pour la fabrication du gaz d’éclairage ou dans une série de ces appareils; on y fait passer avec lenteur les gaz mélangés, et lorsqu’on remarque que le gaz qui se dégage du dernier vase renferme de l’acide azoteux, le contenu de la chambre ou de l’appareil, qui doit être de l’azotate de chaux, est extrait et remplacé par une nouvelle quantité de chaux.
- Il faut avoir soin d’introduire une suffisante quantité d’air atmosphérique ou d’oxigène dans les vases, de manière à opérer la conversion complète des oxides de nitrogène, et les porter au plus haut degré d’oxidation, parce que leur combinaison consécutive avec le corps basique doit être uniquement un azotate. Le moyeu, du reste, pour s’en
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- assurer, c'est l’absence de l'un des oxides du nitrogène et la présence de l’oxigène libre dans le gaz qui s’échappe du dernier vase. Dans cet état, on a fourni la quantité d’oxigène nécessaire, tandis,au contraire, que si on voit apparaître des vapeurs rutilantes quand on laisse échapper dans l’atmosphère quelques portions de gaz auparavant incolores , c’est une preuve qu’il y a eu défaut d’oxigène , et qu’il faut faire passer dans l'appareil une plus grande proportion de ce gaz ou d’air atmosphérique.
- Quand on se sert d’un métal au lieu de chaux, il faut le réduire en particules ténues de manière à exposer une grande surface à l’action des gaz mélangés.
- Une autre branche de la seconde opération a pour but de fabriquer les tartrales des terres alcalines en décomposant le tartrate de potasse par les sulfures des bases métalliques de ces terres. Dans cette décomposition, il est économique de se servir du sulfure de calcium ou de celui de barium. A une solution de l’un ou de l’autre de ces sulfures, on ajoute donc une solution de tartrate de potasse jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de précipitation ; ou bien l’un de ces sulfures est ajouté à l’état solide , à la solution potassique , et on porte à l’ébullition en agitant de temps à autre. Il se précipite alors du tartrate de chaux ou de baryte, et il reste en solution du sulfure de potassium. La solution est examinée en ajoutant une solution de sulfure de calcium afin de s’assurer que tout le tartrate de potasse est décomposé , en ayant soin de verser un petit excès de sulfure de manière à ce qu’il n’y ait pas perte d’acide tar-trique.
- On peut aussi ajouter de la chaux ou de la baryte à la solution de tartrate de potasse, porter à l’ébullition et faire passer du gaz sulfhydrique jusqu’à ce qu’il n’y ait plus précipitation. Lorsque tout le lartrate de potasse est décomposé , on laisse reposer le précipité, on décante la solution claire , on lave le précipité pour le débarrasser du sulfure de potassium qui adhère; après quoi on le décompose d’après les procédés ordinaires pour préparer l’acide tartrique si on veut obtenir ce corps.
- Quand on se sert de chaux conjointement avec le gaz sulfhydrique pour la décomposition, on peut l’employer dans la proportion d’une partie de chaux non éteinte pour quatre parties de tartrate de potasse, ou bien cette quantité suffira pour décomposer une
- solution de tartrate neutre provenant de la décomposition par de la craie de six parties de tartrate acide de potasse.
- La troisième opération consiste à fabriquer de l’ammoniaque à l’état de carbonate, d’hydrocyanate ou d’ammoniaque libre, en faisant passer une des combinaisons de l’oxigène et du nitrogène avec un composé d’hydrogène et de carbone, ou un mélange d’hydrogène avec un composé de carbone, ou même de l’hydrogène libre à travers un tube contenant une substance catalytique ou de contact, ainsi qu’on va le dire.
- Les oxides de nitrogène quelle que soit leur source, sont mélangés en proportion telle avec le composé de carbone et d’hydrogène, ou tel mélange d’hydrogène et d’oxide de carbone ou d’acide carbonique , résultant du contact de la vapeur d’eau et de matières charbonneuses incandescentes, pour que le composé d’hydrogène ou le mélange contenant l’hydrogène soit en léger excès afin d’obtenir la conversion totale du nitrogène contenu dans l’oxyde employé soit en ammoniaque , soit en acide hydrocyanique. Ce qu’on reconnaît à l’absence des fumées rouges caractéristiques quand on fait dégager quelques-unes des matières gazeuses en contact avec l’atmosphère.
- La substance catalytique ou de contact à laquelle on doit donner la préférence, est le platine en éponge ou l’asbeste recouvert de platine ; on la place dans un tube qu’on chauffe à 350° C., et à ce tube est attaché un tuyau d’une longueur suffisante qui passe à travers un vase rempli d’eau qu’on maintient au point d’ébullition ou à peu près, de manière à réduire la température des produits et prévenir en même temps le dépôt du carbonate d’ammoniaque qui suit sa route pour arriver dans un vaisseau ordinaire à condenser le carbonate d’ammoniaque. Ce condenseur est pourvu d’un tube de sûreté pour laisser échapper les gaz non condensés et que l’on plonge dans une solution de quelque substance propre à se combiner avec l’acide hydrocyanique ou l’ammoniaque quand on les aura condensés, tel, par exemple, que la solution d’un sel de fer qui condense l’un et l’autre, ou une solutiond’hydrate de potasse quand on ne veut condenser que l’acide hydrocyanique. Dans le premier cas, on obtient du bleu de Prusse, et dans le second du ferrocya* nure de potassium, à l’aide des moyens usuels pour cet objet.
- On a déjà proposé de fabriquer les
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- composés d’ammoniaque et de cyanosée avec les oxides de nitrogène et les composés de carbone et d’hydro-gene qu’on fait passera travers un tube chauffé au rouge ; mais on a expressément recommandé, comme une des conditions indispensables du succès, que le carbone soit en excès tel qu’il donne un précipité considérable sous la forme de n°ir de lampe. Au contraire, nous ne '’oulons pas donner lieu et nous ne produisons pas de précipitation de carbone dans notre procède ; et ce qui
- caractérise et le distingue des procédés indiqués, c'est qu’on y évite particulièrement toute précipitation de carbone à l’état solide, et qu’on ne fournil de carbone que ce qui en enfant en combinaison, soit avec l’oxi-§éne,soitavec le nitrogène dans l’oxide, Peut donner naissance à la formation des acides carbonique ou hydrocya-mque ; autrement l’action de la substance catalytique serait ou détruite ou considérablement affaiblie, au point même d’arrêter l’opération.
- Le dernier objet de cette note est de faire connaître un nouvel appareil pour 'a fabrication des acides ou la condensation des gaz.
- Cet appareil consiste dans le vase A, 1, en schiste ou en bois , mais où P>fig.‘2, est un condenseur portant une ouverture V, et de dimension intérieure Propre à recevoir le diaphragme con-vexe W, fig. 3, qui est perforé de trous ct.de deux pièces qu’on introduit et lait reposer sur le rebord X ; Y est une tubulure d’évacuation qui reçoit la longue branche d’un tube à deux courbures; O et Z, un couvercle avec ou-vÇrture pour recevoir la branche la P'us courte d’un autre de ces tubes, a, b§- 1, sont des tubes formés en biseau par le bas, posés sur le diaphragme W, et qu’on fait en verre quand il s’agit de condenser des vapeurs acides, mais dont ’a matière varie suivant le but propo-SÇ. Le diamètre de ces tubes est d’en-yiron 3 millim., leur longueur 30 cent.; 1,8 sont réunis en bottes aussi serrées ^ue possible, de façon que les vides
- Us laissent entre* eux à l’extérieur torment des passages pour les vapeurs acides , et augmentent ainsi la surface ne condensation. Au lieu de tubes, on Peut employer des tiges ou baguettes P'eiries, ou une série de plaques ou ne diaphragmes perforés.
- Notice sur l'emploi de l'alun ou du sulfate d'alumine pour la fabrication du papier.
- Par M. SCHÀTTENMANN.
- Il y a environ dix ans qu’on a cherché à substituer le sulfate d’alumine à l’alun dans la fabrication du papier. On prétendait que ce nouveau produit offrirait de grands avantages, puisque sa richesse en alumine devait être double, tandis que le prix n’en serait pas plus élevé que celui de l’alun.
- L’alun est un sel double cristallisé , c’est-à-dire du sulfate d’alumine et de potasse. Sa fabrication exige 17 1/2 pour 100 de sulfate de potasse; c’est là le seul objet qui renchérit la fabrication de l’alun, et c’est en vue de cette économie qu’on a cherché à substituer le sulfate d’alumine à l’alun.
- L’on a beaucoup prôné cet avantage, et plusieurs chimistes distingués admettaient que le sulfate d’alumine présenterait une grande économie. Celte opinion avait été un instant accueillie favorablement par plusieurs membres du jury central de l’exposition quinquennale de 184-4; mais M. le professeur Peligot, rapporteur de la section de chimie, ayant fait l’analyse du sulfate d’alumine présenté à l’exposition comme étant d’une richesse double en alumine que l’alun, n’y trouva que 15 pour 100, tandis que l’alun en contient 11 pour 100. Cette différence n’a pas paru au jury central pouvoir motiver la préférence du sulfate d’alumine sur l’alun, qui est un produit d’une composition égale et d’une pureté facile à vérifier.
- En effet, l’alun est un sel obtenu par cristallisation et d’une composition homogène , tandis que le sulfate d’alumine étant un précipité , est ordinairement variable en richesse et en pureté, et il est ainsi difficile d’en faire un dosage exact et de se mettre en garde contre les parties impures que peut renfermer un même tonneau.
- Le sulfate d’alumine contient toujours un excès plus ou moins grand d’acide sulfurique. et fort souvent du fer dont il est difficile de le purger complètement. L’excès d’acide sulfurique rend le sulfate d’alumine hygrométrique; exposé à l’air, il en absorbe l’humidité et amollit la pâte.
- L’excès d’acide sulfurique a d’ailleurs le grave inconvénient de rougir les
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- toiles métalliques sur lesquelles la pâte à papier est coulée et d’attaquer les machines et les ustensiles. Le sulfate d’alumine non décomposé rend le papier hygrométrique et le décolle ensuite au contact de l’air, lors même qu’au sortir de la machine il est bien sec et paraît être de bonne qualité. Le papier qui s’altère ainsi entre les mains du marchand et du consommateur nuit à la réputation du fabricant et produit contre lui une réaction, tardive à la vérité, mais fort dangereuse et nuisible à sa vente en lui fermant le débouché pour l’avenir.
- La colle à papier est du résinate d’alumine que l’on prépare de la manière suivante :
- On décompose la résine ou colophane avec du carbonate de soude (sel de soude ou cristaux de soude) pour former le savon résineux. La richesse du carbonate de soude doit être appréciée, afin d’en faire un dosage convenable pour la décomposition de la résine ou colophane.
- Le savon résineux étant obtenu est versé dans la cuve ou le cylindre de pâte à papier , et l’on y ajoute la quantité d’alun en poudre nécessaire pour décomposer le savon résineux et en faire du résinate d’alumine. Comme la richesse de l’alun en alumine est connue et identique , il est facile d’en régler le dosage. On peut d’ailleurs opérer par excès d’alun sans qu’il en résulte d'inconvénient, parce que la présence de l’alun dans le papier n’est pas nuisible.
- Il en est tout différemmentdu sulfate d’alumine, dont la richesse en alumine est variable non-seulement d’un tonneau à l’autre, mais encore dans un même tonneau. Il contient en outre plus ou moins d’acide sulfurique libre qui agit d’une manière nuisible non-seulement pour la décomposition du savon résineux, mais encore sur les toiles métalliques, sur les machines et sur le papier même. De plus, rien ne garantit la pureté du sulfate d’alumine qui est si rarement épuré et purgé du fer qu’il contient.
- Il est dès lors difficile, sinon impossible , de faire un dosage exact avec le sulfate d’alumine pour la décomposition du savon résineux, condition indispensable pour le collage parfait du papier, parce que, d’une part, on ne connaît pas exactement sa richesse, et que, de l’autre l’excès d’acide sulfurique qu’il contient s’empare de la soude qui est l’un des éléments du savon résineux
- et forme du sulfate de soude ; mais si l’on emploie le sulfate d’alumine en excès, on éprouve tous les inconvénients qu’on vient déjà de citer, et qui consistentà détruire les fils métalliques, les machines et les ustensiles, et à rendre le papier hygrométrique.
- Il est donc évident que l’alun, sel pur et identique, obtenu par cristallisation , offre des garanties de pureté et d’une richesse égale en alumine que ne présentera jamais le sulfate d’alumine, qui ne peut être obtenu que par précipitation , et qui a toujours un excès d’acide sulfurique plus ou moins considérable. On s’expose ainsi à compromettre le collage du papier et à éprouver de grandes pertes en employant le sulfate d’alumine sans considérer que l’alun n’entre que pour une valeur minime dans le prix du papier, et que l’économie qui peut résulter dans certaines hypothèses de l’emploi du sulfate d’alumine au lieu de l’alun est imperceptible, et ne pourra jamais compenser les pertes qui résultent infailliblement d’opérations manquées, qui sont inévitables en substituant le sulfate d’alumine à l’alun.
- Les papeteries d’Alsace , des Vosges et de la Suisse qui, depuis nombre d’années, ont été assaillies d’offres de sulfate d’alumine, ont, après plusieurs essais manqués , constamment rejeté ce produit, et s’en sont tenues exclusivement à l’alun.
- Il arrive quelquefois que le collage du papier est imparfait, et qu’on en attribue la cause au défaut de qualité de l’alun ; mais c’est une erreur que nous n’avons pas eu de peine à faire connaître. En effet, l’alun de bonne qualité , comme le nôtre, est d’une pureté et d’une richesse en alumine toujours égales.
- Lorsque la préparation de la colle ne réussit pas, il ne faut donc pas en attribuer la cause à la qualité de l’alun, mais à celle du carbonate de soude (sel de soude ou cristaux de soude). En effet, la colle ne peut se former que lorsqu’il y a dans le mélange une quantité de soude suffisante pour former le savon résineux, pour décomposer l’alun et pour former le résinate d’alumine qui constitue la colle à papier. Si la quantité de carbonate de soude est insuffisante , ou si sa richesse est inférieure au titre qu’on lui suppose, comme cela est arrivé en substituant des cristaux de soude au sel de soude dont la richesse varie de moitié, l’alun n’est décomposé qu’en partie, et il ne s’y
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- forme qu’une quantité insuffisante de resinate d’alumine. Dans ce cas, on peut corriger l’opération par une addition de carbonate de soude.
- Il importe aussi que la pâte soit bien levée et qu’elle ne contienne ni acide sulfurique ni acide muriatique provenant du blanchiment des chiffons par le chlore , parce que ces acides absorberaient le carbonate de soude, et le convertiraient en sulfate ou muriate de spude , sels neutres qui n’ont pas d’action sur l’alun et qui ne se décomposent Pas comme le carbonate de soude.
- Nouveau four à briques.
- Il s’est formé tout récemment, dans les environs de Londres, une compagnie pour la fabrication des briques, des tuiles et de la poterie au moyen d’un four à cuire ces divers objets établi, dit-on, sur un nouveau principe et qui consiste, pour ainsi dire, à cuire à feu renversé au lieu de feu ascendant ainsi qu’on l’a fait jusqu’à présent, en aPpliquant le surplus de la chaleur du four qui est aujourd’hui généralement Perdu, à sécher complètement ou cuire en partie les articles dans une série de fours semblables accolés les uns aux putres. Du reste on pourra prendre une Idée plus exacte de la structure de ces foursà l’inspection des fig.4et5, pl. 122, qui les représente suivant deux coupes Ve*'licales perpendiculaires entre elles, et où l’on a indiqué, par des flèches, la marche de l’air chaud, son renversement, son dégagement et la manière dont il passe d’un four à l’autre.
- Voici quels sont les avantages qu’on assure avoir reconnus à ces nouveaux fours dans la pratique :
- 1° Economie de combustible de plus des trois quarts. La quantité de corn-oostible qu’on consomme dans la cuisson des articles en terre varie matériellement avec la qualité de l’argile. L’ar-§de, dont on a fait usage dans les expériences qui ont eu lieu sur ce nou-yeau four est l’argile dite de Londres Qui est excessivement forte et tenace. Dans un four bien organisé de construction ancienne ou ordinaire, la Quantité de houille consommée pour cuire 45,000 tuyaux de 38 millimètres de diamètre et 0m,30 de longueur est d environ 110 quintaux métriques, tandis que dans un des fours de la compagnie on a cuit d’une manière parfaite 25,000 tuyaux de la même dimen-
- sion, fabriqués avec la même argile avec une dépense seulement de 17 à 18 quintaux métriques de houille, et dans un autre fourdeplus grandedimen-tion, construit plus récemment, 40,000 de ces mêmes tuyaux avec seulement 22 1/2 quintaux; enfin lorsque la série des fours sera complète, la compagnie est convaincue qu’elle pourra cuire 25,000 de ces tuyaux avec 10 quintaux métriques de houille.
- Ces fours sont tous adaptés pour marcher aussi au bois ou à la tourbe.
- 2° Economie du temps. Dans les fours de construction ordinaire, il faut entretenir en feu pendant trois à quatre jours, mais dans le four en question une chauffe ne dure que26à28 heures.
- 3 Effet supérieur. Dans les fours ordinaires, les pertes par les accidents, la casse, les pièces surcuites ou celles qui ne le sont pas suffisamments’élèvent de 5 à 20 pour 100, tandis que dans le nouveau four il n’y a pas de perte de ce genre.
- 4° Grande simplicité. Pour cuire avec les anciens fours, il faut beaucoup d'habileté et une grande pratique, tandis que le four actuel peut être conduit par l’ouvrier le plus inexpérimenté.
- 5° Comme le même air chaud passe successivement à travers une série de deux, trois ou quatre fours, le dernier de la série sert seulement à l’opération d’une dessiccation lente et les articles sont placés dans ce four aussitôt qu’ils ont acquis une fermeté sullisante pour porter le poids de la charge qu’on monte dessus. L’avantage de celle disposition, c’est que par un beau temps les pièces peuvent être introduites dans le four dès le premier ou le second jour après qu’elles ont été moulées et dans les jours humides , trois à quatre jours après. Il en résulte que la fabrication des briques, tuiles, carreaux et tuyaux peut marcher toute l'année, a l’exception des jours de gelée, au lieu de cinq à six mois seulement d’après I ancien système et qu'il y a une immense économie dans l’étendue des appentis, des séchoirs, etc.
- 6° Ces fours sont construits de manière à consumer entièrement leur fumée.
- 7° On peut n’employer qu’un seul four de ce modèle , mais l’économie est plus notable quand on les accole en série.
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- Procédé de fabrication et de raffinage du sucre.
- Par M. J - Scoffern.
- Ce procédé consiste dans l’emploi de l’acide sulfureux comme moyen de séparer le plomb employé à purifier ou enlever la matière colorante ou autres matières étrangères contenues dans les solutions qui renferment du sucre.
- On a déjà proposé antérieurement l’application des sels de plomb comme moyen de purifier le sucre dans le cours de la fabrication et du raffinage, mais jusqu’à présent on n’avait pas trouvé de moyen pratique pour séparer ce plomb.
- Pour être plus clair, je traiterai mon sujet sous deux points de vue distincts :
- 1“ Raffinage du sucre ;
- 2° Application du procédé à l’extraction du sucre des jus primitifs de canne, betteraves ou autres matières propres à donner du sucre dit de canne.
- I. J’introduis la quantité de sucre sur laquelle je veux opérer dans une chaudière et après l’avoir dissoute à la manière ordinaire et sans avoir recours à la défécation et à la clarification par la chaux et le sang, j’ajoute le sel de plomb dans la proportion ci-dessous indiquée, ce sel ayant été préalablement pétri avec un peu d’eau chaude ou de sirop pour en faire un magma ou une pâte fluide. Il faut ajouter suffisamment de ce sel de plomb, mais non pas un excès ; chaque qualité de sucre en exige des quantités différentes, et c’est à l’expérience à fixer les proportions. Si on suppose un sucre ordinaire de la Jamaïque, il suffit de 7 grammes du sel de plomb par kilogramme de sucre pur; du sucre moins pur en exige davantage.
- Après avoir ajouté la quantité de sel de plomb déterminée on chauffe la liqueur à environ 80° C. Lorsque le sucre est entièrement fondu et le se! de plomb bien incorporé, l’application de ce degré de température pendant cinq minutes suffit pour produire l’effet désiré. On laisse reposer le contenu de la chaudière pendant un quart d’heure, au bout duquel on voit couler à fond un précipité gélatineux brun qui laisse une liqueur plus ou moins transparente. On filtre et la liqueur qui passe est reçue dans un vase en fer; elle contient une quantité considérable de plomb qu’on en sépare par une opération que j’appelle gazer et qui consiste à y faire passer un courant d’acide sulfureux gazeux jusqu’à ce qu’une portion de la
- liqueur soumise à un essai ne présente plus de traces de plomb. Pour cela on opère ainsi qu’il suit :
- Supposons que la liqueur résulte de la solution de deux parties de sucre dans une partie d’eau, elle sera visqueuse et ressemblera à du sirop. En cet état on l’agite pendant qu’on y fait passer le gaz, et au bout de dix minutes, après qu’on a commencé à la gazer on la soumet à l’essai pour voir si elle renferme encore du plomb. L’opérateur se procure à ceteffet deux ou trois petits filtres en papier, une fiole contenant de l’hydrosulfate d'ammoniaque (qu’on prépare en faisant passer un courant de gaz sulfhydrique à travers une solution d’ammoniaque) ou une solution d’acide sulfhydrique, quelques brins de paille bien nette, une solution d’acétate de plomb (5 grammes dans un hectogramme d’eau distillée), quelques supports à filtre, des verres à expérience, une bouillie faite avec 10 grammes de craie dans 30 grammes d’eau et une bassine en porcelaine de Berlin.
- Onintroduit danslabassine 30grammes de la liqueur, on porte à l’ébullition sur une lampe à esprit-de-vin, on ajoute un cuillerée à café de bouillie de craie , on fait bouillir pendant encore une minute, puis on jette la liqueur encore chaude sur un filtre humecté d’abord avec de l’eau. La liqueur filtre d’abord trouble et on la reverse sur le même filtre au moins deux fois, quoiqu’il soit difficile de l’obtenir bien limpide à cause desadensité, maiseelaest sans inconvénient pour l’exactitude de l’épreuve.Dansla liqueur filtrée, ou une portion seulement, on verse par 30 grammes 10 à 12 gouttes d’hydrosulfate d’ammoniaque ou bien environ le quart du volume du liquide filtré en acide sulfhydrique liquide et on observe le résultat. Si l’addition de l’un ou de l’autre de ces réactifs occasionne la moindre nuance noire, c’est un indice que la liqueur renferme encore du plombetqu’il faut encore la gazer; mais s’il ne se produit aucun effet ou seulement un nuage blanc, on peut en conclure qu’on a gazé assez longtemps. Comme contre-épreuve on se sert de la solution d’acétate de plomb. A cet effet, on prend une portion de la liqueur filtrée dans laquelle le premier réactif n’a produit aucun effet ou seulement un simple nuage, et on y fait, au moyen d’un tuyau de paille, tomber quelques gouttes d’acétate de plomb. Si toutes les conditions ont été observées, on la voit prendre une légère teinte noire ou bien changer du blanc
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- au ?r's. Cette apparence assure à l’ob-S5!7ateur ^ue tout *e plomb a été précédemment enlevé et qu’il peut par conséquent procéder à la dernière par-tle de son opération.
- Au moyen d’une source quelconque de chaleur ( la vapeur d’eau de préfé-rence) la liqueur, qui a été gazée, étant Portée rapidement à la température de ®0° C., on y ajoute de la craie ou du toarbre pulvérisé ou autre carbonate oe chaux , dans la proportion! d’nu S|xième du poids du sel de plomb précédemment employé. Pour faciliter le mélange de la craie ou du carbonate, avec la liqueur, on ne l’ajoute qu’à letat de pâte molle et fine, et après celte addition de craie on maintient encore celte liqueur à la température a?,®®0j pendanldix minutes ou un quart a heure (1).
- ha liqueur est alors en état d’être mrée avant d’être jetée sur les filtres à charbon.
- II. Quand l’invention s’applique au jus de la canne, il convient de rendre celui-c* neutre ou légèrement alcalin avant de le traiter par le sel de plomb. On essaye donc par le papier de tournesol, et si la couleur de ce papier est modifiée par les acides ou les sels Acides, on neutralise par de la bouillie ,e craie ou du lait de chaux à 80°, en al°utant par petites portions jusqu’à ce ^n il n’y ail plus d’indice ou du moins une très-légère indication de la pré-ençe de l’acide quand on emploie la ra'c et une réaction alcaline légère ,ais sensible quand on se sert de la chaux.
- . Quand on applique ce procédé au jus ra,s de la canne , on emploie le sel de P'omb dans la proportion de 4 grammes Par litre de jus, proportion qui varie jVec la pureté et la densité de celui-ci. -a liqueur est ensuite filtrée, gazée, cjnuie on l’a expliqué ci-dessus et sou-m^e à l’action du carbonate de chaux Pour neutraliser tout l'acide.
- Si on traite des jus de betteraves ou 1 utres jus, on opère après les avoir dé-e(|ués à la chaux, comme on le fait à présent, avec le sel de plomb tout fa r?rVe P°ur Ie jus de la canne, mais il ,aut davantage de ce sel.
- ^>0!|,r préparer le sel de plomb, on h end 50 litres, ou une quantité pro-
- de <sn^.Uan.^ on 9Pere s.l,r mie liqueur de dei bon JÜ-e eî en? d eaui Je suppose que le cha agent rï°-11 ^lre employé comme demi opérer»./1 iratl.-n ’ autrei!lenlil vaudrait mie. rerersurdes liqueurs d’une densité moindr
- portionnelle de vinaigre à 5 pour 100 d’acide acétique, on le chauffe dans une bassine en cuivre à 70° : on y démêle alors en agitant continuellement 18 kilogrammes de litharge en poudre fine , on porte à l'ébullition en brisant fréquemment la croûte qui se forme au fond du vase, et on continue à chauffer jusqu’à ce que la masse devienne assez épaisse pour que des portions commencent à être projetées au dehors ; on laisse alors tomber le feu et on chasse les dernières portions d’humidité par une douce chaleur. Le produit obtenu est un mélange de deux ou d’un plus grand nombre d’acétates basiques de plomb. Ce mode économique de préparation du sel de plomb suffit pour les applications.
- La déclaration de M. Scoffern a été faite le 8 décembre 1847, et sa patente a été expédiée le 8 juin 1848; mais non-seulement, comme il le dit, on a proposé longtemps avant lui l’emploi de l'acétate de plomb , mais aussi celui de l’acide sulfureux, et toujours avec peu de succès. Tout le monde sait aussi aujourd’hui que le procédé de M. Mel-sens repose sur celui du sulfite de chaux. Quoi qu’il en soit, M. Scoffern a cru devoir soumettre l’exposé de son procédé à l’association britannique dans la session qui s’est ouverte celte année, le 12 septembre dernier, à Birmingham, et dans le compte rendu des séances de cette société qui a paru dans les gazettes anglaises, on lit ce qui suit :
- « La quantité de sucre pur, blanc et cristallisable qui existe dans le jus de la canne à sucre est de 17 à 23 p 100 , et la quantité de jus renfermé dans la canne d’environ 90 pour 100. Sur cette quantité,on n’en obtient en moyenne que 60, et encore dans ces 60 on n’en extrait que le tiers seulement du sucre qu’ilscontiennent sousunétat brunâtre, impur, au lieu d’un sucre blanc et pur qu’on pourrait produire. Le travail dans les productions coloniales repose sur l’emploi de la chaux comme réactif pour séparer certaines impuretés, en décomposer d’autres en effectuant ces deux réactions aux dépens des deux tiers du sucre primitif. On a proposé grand nombre de moyens pour éviter l’emploi de la chaux , tel que celui de l’alumine hydraté, mais sans succès bien marqué; et parmi les réactifs les plus énergiques, on a reconnu qu’il fallait placer l’acétate basique de plomb, quoiqu’on ait renoncé à en faire usage
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- généralement à cause qu’on ne possédait pas un moyen sûr pour séparer l’excès de cet agent qui peut rester dans le sucre.
- » M. Scofïern effectue cette séparation au moyen de l’acide sulfureux refoulé par des moyens mécaniques dans les solutions de sucre. Ce procédé a été mis depuis plus d’un an en pratique dans l’une des plus grandes raffineries de sucre de l’Angleterre, et l’auteur a déposé sur le bureau plusieurs pains raffinés par ce moyen. Voici du reste comment il résume les avantages de son procédé.
- y> l°Appliquéaujusdelacanneetaux autres jus naturels contenant du sucre, il permet d’extraire celui-ci en totalité, au lieu du tiers, comme dans le cas actuel , de l’avoir à un état parfait de blancheur, si on le désire, sans l’emploi du charbon animal. Par suite de la séparation complète des impuretés, le jus ne rejette pas d’écumes quand on le fait bouillir, et par conséquent n’exige pas de travail pour écumer. Enfin la défécation est opérée en moins du tiers du temps qu’on y emploie aujourd’hui, et la qualité du sucre, dans tous les cas, si pure et si sèche qu’il n’y a aucune perte de poids dans les transports.
- » 2° Appliqué au raffinage, il permet au manufacturier de traiter des sucres d'une impureté telle qu’il n’aurait pu en tirer parti par l’ancien procédé. Il tire de ces sucres un produit égal en qualité aux plus belles moscouades, en plus grande quantité et en moins de temps. » 11 dispense du pressuragedesécumes, de l’emploi du sang et de la chaux. Enfin il est moins dispendieux que les procédés de raffinage actuels. »
- Le docteur Miller a fait remarquer, à la suite de cette communication, qu’on avait depuis longtemps élevé des objections contre l’emploi de l’acide sulfureux, qui en absorbant l'oxigène passait à l’état d’acide sulfurique et détériorait le grain de sucre.
- M. le docteur Playfair a dit qu’on avait reconnu que l’acide sulfureux donnait une saveur très-désagréable au sucre.
- Le docteur Scoffern a fait remarquer que les échantillons déposés sur le bureau démontraient que ni l’une ni l’autre de ces objections n’était fondée.
- Un membre ayant demandé s’il n’était pas possible, au moyen de l’électricité voltaïque, d’enlever les sels de plomb introduits dans le sucre par le procédé de M. Scoffern, M. Faraday a répondu que la chose lui paraissait impraticable.
- Enfin, M. le professeur de Vry a pensé que les mélasses renfermant de l’acétate de chaux ne seraient plus propres aux usages auxquels on les applique en Flandre.
- Mode de traitement de la tourbe 'pour en extraire divers produits.
- Par M. R. Reece.
- Ce mode consiste d’abord à brûler la tourbe dans un fourneau à l’aide d’un courant d’air, de manière à obtenir des gaz inflammables, des matières goudronneuses et autres produits de la tourbe, et en second lieu à recueillir parmi les produits de la tourbe la paraffine solide et celle liquide en opérant sur le goudron ou les matières goudronneuses qu’on en a extraites.
- La fig. 6, pl. 122, est le plan de deux fourneaux à courant d’air et de l’appareil pour exécuter les premières opérations.
- La fig. 7, une section verticale de ce même appareil.
- a,a, deux fourneaux à courant d’air forcé, garnis par Je haut avec des plaques de fonte, b les grilles, c,c les porte-vent qui débouchent sous les grilles. La pression la plus convenable du vent paraît être de 0kil ,14 à 0kil- ,20 par centimètre carré. Chaque fourneau est pourvu au sommet d’un couvercle qu’on lève pour introduire la charge, ce qui a lieu par intervalles en ayant bien soin que cette charge ne descende pas assez bas pour brûler de suite, mais pour distiller. d,d sont des tuyaux partant de la partie supérieure de chaque fourneau , et plongeant dans de l’eau contenue dans une auge close e ; /’, un autre tuyau qui relie l’auge fermée e avec une série de tuyaux g immergés dans l’eau contenue dans une cuve h, et qui constituent l’appareil réfrigérant pour condenser les produits des deux fourneaux. Les gaz , à leur sortie de l’appareil de condensation, peuvent être recueillis comme combustible ou pour servir à d’autres usages , tandis que le goudron et les autres produits liquides passent dans un réservoir disposé pour les recevoir.
- Les produits goudronneux peuvent être traités comme on l’indiquera dans la seconde partie de cette note, et les autres servir à la fabrication de l’ammoniaque , de l’esprit de bois et autres
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- matières, par l’un des procédés actuel-•ement en usage pour cet objet.
- 'Jn peut employer l’air chaud ou l’air r°KJ; mais l’air chaud semble préféra-e quand la tourbe renferme beau-coup d’humidité.
- La seconde partie del’invention con-iste a obtenir de la paraffine solide et e la paraffine liquide de la manière
- suivante :
- On prend le goudron fourni par le l'internent de la tourbe décrit précédemment, ou parladislillation,etaprès •avoir débarrassé de l’eau, on l’intro-?u,t dans des alambics où on le distille jusqu’à ce qu’il soit réduit à moitié et à •a température la plus basse à laquelle 11 puisse s’évaporer. On distille le ré-smu dans un second récipient, et le Produit qui arrive dans celui-ci est de a paraffine solide, de la paraffine liqui-,e et une petite quantité d’hydrocar-ures volatils. La paraffine est à l’état ,.e cristaux qu’on sépare de la paraffine ••quide à l’aide de tamis de crin ou «utres moyens, puis on en refond les cristaux et on coule dans des moules de p centimètres de profondeur. Les gâ-leaux ainsi obtenus sont soumis à la Pression de la même manière que l’a-Çjde stéarique afin d’en séparer la por-•°n la plus fluide. Le produit dur de la Presse a une couleur jaune rembrunie quon |ui enlève en le distillant et le recevant dans des moules, dont les gâ-eaux sont de nouveau soumis à la presse du fabricant de bougies stéa-^ques. La chaleur pour la distillation «oit être maintenue à 38° C , et si la Première distillation n’enlève pas la Coloration, on procède à une nouvelle. pPrès la décoloration, la paraffine est °odue, lavée avec de l’eau et de la apeur, et le produit, après avoir été ~*f>osé pendant quelques jours à l’air . a la lumière, est propre à la fabrica-•°n des bougies.
- La paraffine liquide est distillée ne ou plusieurs fois pour lui enlever a coloration, et alors on peut la brûler Uans les lampes (1).
- fai/oA Jaraît que les tentatives qui ont été de i " "'ymouih et en Irlande pour extraire le ml0urbe des marais par distillation et par C1-dessus des matières propres à dem .Lr.a®e et aulres produits chimiques, ont <j’pT.nlr,? que pour le momentces divers modes faim .f0!'.0" elaient trop dispendieux pour en objet de spéculations industrielles.
- F. M.
- Traité de la distillation des pommes de terre.
- Par M. Evariste Hourier ,
- Ancien élève de l’École centrale des arts et manufactures.
- § 6. Du choix de la levûre et de sa
- préparation.
- (Suite et fin. J
- On concevra facilement combien il est important de bien choisir la levure, puisque c’est l’agent de la fermentation. Toute levure n’est pas également bonne, quelle que soit d’ailleurs sa pureté, et de plus, il arrive très-souvent qu elleest falsifiée par des mélanges frauduleux qui en augmentent le volume. La levure qui se dépose au fond des tonneaux de bière n’est pas bonne ; elle a subi au contact de l’air, avant son dépôt, un genre d’altération qui la rend impropre à exciter la fermentation ; on ne doit se servir que de celle qui est rejetée par la bonde du tonneau lors de la fabrication de la biere. Une bonne levure a à peu près la couleur et la consistance d’une crème au café; elle présente un reflet brillant; au toucher elle est douce et onctueuse , et son odeur est celle de la bière nouvelle. Si on l’examine de près, on aperçoit à sa surface une foule de petits yeux allongés dont ejle semble entièrement formée. Quelques chimistes ont considéré ces petits yeux comme de petits végétaux se reproduisant par bourgeonnement dans les circonstances fa^ vorables. Toute levure qui ne présentera pas un aspect homogène , qui contiendra des substances dures au toucher, qui paraîtra grumeleuse ou semblera salie à la surface, devra être rejetée comme falsifiée. On refusera également celle qui sera dans un état de fermentation très-prononcé, ou au moins on aura égard à cet état en la recevant. Les marchands de levure y mêlent du sucre en poudre qui, se transformant en alcool sous l’action de la levûre, produit celte fermentation tumultueuse dont nous venons de parler. L’acheteur inexpérimenté, séduit par l’apparence de cetle levûre qui paraît si active, ne voit pas qu'il est doublement trompé; d’abord l’activité de la levûre s’est considérablement affaiblie en agissant sur le sucre qu’on y a mêlé ; ensuite, la levûre ainsi en mouvement est très-soulevée, et lQrs-
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- que le marchand la mesure, il gagne toute la quantité dont la fermentation l’a fait soulever; de sorte que si on la laisse reposer et qu’on la mesure ensuite, on est loin de retrouver la quantité que l’on avait cru acheter. On doit aussi tenir la main à ce que la levure soit égouttée; car il arive souvent qu’elle contient une grande quantité de bière qui, étant inutile pour établir la fermentation, occasionne une perte à celui qui l'a prise comme de la levûre, et présente en outre l’inconvénient de tromper sur la mesure réelle de levûre que l’on emploie pour une fermentation.
- On éprouve souvent une grande difficulté à se procurer la levûre dont on a besoin, de bonne qualité et en quantité convenable ; car il arrive précisément que la consommation devient le plus considérable au moment où la production se ralentit D’un autre côté, on ne peut pas la transporter par la gelée, qui l’altérerait, ce qui est un grave inconvénient lorsqu’on est éloigné des lieux de production ; on se trouve alors dans la nécessité d’accepter toutes les falsifications ou les produits de mauvaise qualité que vous présentent les brasseurs ou les marchands de levûre, et en outre on paye fort cher cette mauvaise levûre qui souvent n’agit pas du tout. C’est pour éviter les pertes qui sont la suite de cette nécessité que plusieurs distillateurs prennent le parti de fabriquer leur levûre eux-mêmes. Jevaisindiquer un des procédés suivis dans les distilleries bien organisées.
- On prépare une macération comme à l’ordinaire, mais avec des pommes de terre de la meilleure qualité possible; celte macération est portée à la cave pour être traitée comme nous l’indiquerons tout à l’heure. D’un autre côté on prépare une décoction de houblon ; la proportion à employer est de 250 grammes de houblon par hectolitre de pommes de terre mêlées en macération On laisse la décoction s’opérer pendant une heure environ, en ayant soin de couvrir le vase où elle se fait pour s’opposer à un trop grand dégagement de vapeur qui ferait volatiliser la partie aromatique du houblon qui est la partie active. On tire la décoction à clair et l’on y ajoute 2 kil. 500 gr. de farine d’orge germéeett kil.500gr. de farine de sarrasin ou blé noir par chaque hectolitre de pommes de terre mises en macération; à ce moment la décoction de houblon doit avoir une température de 60 à 70°. On brasse le
- toulde manière à en former une bouillie très-claire et bien homogène ; on verse alors cette bouillie dans la cuve qui contient la macération de pommes de terre, et l’on brasse pour obtenir un mélange exact; on prépare un levain comme à l’ordinaire, mais avec une mesure double de très-bonne levûre, et l’on met la cuve en fermentation , comme nous l’avons indiqué. Si l’on est au commencement de la fabrication , on emploie pour ce premier levain de la levûre de bière bien fraîche et de bonne qualité Une fois que l’on est en marche, on se sert de sa propre levure. Cette mise en fermentation se fait ordinairement le soir; dix heures après, c’est-à-dire le lendemain matin, on fait avec les mains un trou dans le chapeau qui s’est formé à la surface de la cuve et l’on examine la portion liquide qui se trouve au-dessous et la marche de la fermentation ; on recommence la même opération de temps à autre, jusqu’à ce qu’on aperçoive la levûre monter. Dès qu’elle monte , on enlève le chapeau que l’on jette dans l’une des cuves que l’on est en train de distiller ou bien dans l’alambic. On laisse monter la levûre pendant quatre heures et on l’èn-lève avec une écumoire ; on la conserve dans des pots de terre ou de grès, à l’abri des variations atmosphériques et éloignée des substances en fermentation, des légumes, des fruits; une cave à vin est parfaitement convenable pour cet objet. On continue à écumer la cuve de demi-heure en demi-heure, tant qu’elle produit de la levûre, après quoi on la distille comme les autres cuves. On peut conserver la levûre ainsi obtenue quinze jours et même plus ; il n’est cependant pas convenable de la conserver trop long-temps. Le houblon, que bien des distillateurs n’emploient pas dans cette fabrication de levure, ne contribue en rien à sa production, mais il lui communique la propriété de se conserver; la levûre obtenue sans houblon entrerait promptement en putréfaction; elle serait d’ailleurs d’une qualité bien inférieure.
- § 7. Observations sur la cuverie.
- On doit apporter le plus grand soin à maintenir la propreté la plus scrupuleuse dans la cuverie et dans tous les ustensiles qui servent à la manipulation des macérations. Les cuves doivent être lavées avec un soin scrupuleux à l’intérieur et même à l’extérieur ; on se sert à cet effet d’un balai un peu
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- dur, ou mieux d’une brosse de tonnel-lcr garnie de crins aux deux bouts P°ur pouvoir atteindre dans les angles. Jre.sol de la distillerie doit, comine je * ai déjà dit, être uni et disposé de laçon à laisser écouler l’eau de lavage des cuves; il est formé soit de briques posées de champ et cimentées, soit d’un Pavé de pierres plates, soit d’un citent, soit encore de bitume. Les murs, *e plafond doivent aussi être maintenus dans un grand état de propreté, d’humidité constante de la cuverie ne Permet pas d’employer le plâtre pour *e plafond ; un plancher joint avec soin et cloué sous poutre, aura le double avantage de préserver la charpente de Ja pourriture que provoquerait l’humi-ddé qui s’élève des cuves, et de faciliter le maintien de la propreté. Si l’on Peut ménager à l’une des extrémités de Ja cuverie une cheminée s’ouvrant dans le plafond pour établir à volonté une ^entilation, on fera bien de le faire; dans le cas contraire, il conviendra d avoir des moyens de ventilation dans les ouvertures qui donnent du jour à la euverie ; ces jours devront, autant que Possible, être plus élevés que les cuves et s’ouvrir par le haut, de manière à ne pas faire arriver Pair directement les cuves. On devra ventiler chaque lois que le besoin s’en fera sentir ; car [len n’est plus nuisible aux fermenta-bons que les émanations putrides ou acétiques qui ne manquent pas de se •aire sentir dans une cuverie qui n’est Pas très-propre et qui n’a pas été ventilée.
- Après avoir lavé les cuves à l’eau Çnaude, on y passe ordinairement un lait de chaux pour neutraliser l’acide acétique formé dont le bois peut être 1InPrègnè. Quelques distillateurs lais-Sent la cuve recouverte de la chaux qui ^ est restée adhérente par suite de la dessiccation du lait de chaux ; c’est un !;0rl : les alcalis paraissent favoriser la ,ormation de l’huile essentielle de Pomme de terre, qui outre l’inconvé-n,ent qu’elle a de donner un nouveau à l’eau-de-vie, présente encore celui de se former à ses dépens ; les a’calis d’ailleurs, comme on le sait, favorisent la fermentation putride: il est °n après quelques instants de contact u lait de chaux avec la cuve. de l’en-Çver par un rinçage à l'eau claire. On est nullement d’accord sur Popportu-he ou l’inopportunité de couvrir les uves ; les uns regardent cette précau-J'on comme très-essentielle , les autres a considèrent comme nuisible. Chacun qans ce cas agira suivant ses propres
- inspirations; mais dans le cas où l’on couvrirait les cuves, il faudra avoir le plus grand soin de nettoyer les couvercles et de les débarrasser de Peau qui vient se condenser à leur surface inférieure pendant la fermentation , et les imprégner d’émanations ammoniacales ou acétiques dont elles sont chargées.
- Bien qu’en théorie la cuverie doive être maintenue de 20° à 25° centigrades, je n’ai jamais vu d’inconvénient à la laisser descendre à 15°, car les cuves ont une température qui leur est propre, et qui est le résultat de la fermentation ; il suffit alors que la déperdition de chaleur ne soit pas assez considérable pour les refroidir ; aussi j’ai remarqué que la température de 15°, bien préférable à celle de 20° ou 25° pour la santé des ouvriers, et bien moins coûteuse à conserver, est suffisante. On ne devrait cependant pas descendre au-dessous de ce terme , et même dans ce cas, il est convenable de mettre les cuves en levain à 25° ou 30°. La température de la cave l'équilibre ensuite lorsque la fermentation est en marche.
- § 8. Des appareils de distillation.
- La distillation des pommes de terre n’exige pas une forme d’appareil qui lui soit propre; tous ou presque tous peuvent servir, s’ils remplissent la condition de n’offrir au passage des macérations depuis leur entrée dans l’appareil jusqu’à leur sortie après complet épuisement, que des conduits larges, courts et n’offrant que peu de coudes. Cette disposition est nécessitée par l’étal pâteux et grumeleux des matières à distiller qui obstrueraient bientôt des conduits d’un faible diamètre ou présentant des courbures trop brusques; inconvénient qui arrête l’opération en marche, oblige à ouvrir l’appareil et à perdre un temps précieux à en dégorger les tuyaux , ce qui n’est pas toujours sans danger pour l’opérateur, obligé de travailler dans des matières en ébullition. Au reste, lorsque cet accident arrive, on peut souvent, par l’emploi intelligent de la vapeur et le jeu des robinets, refouler les matières épaisses qui causent les obstructions ; il faut même toujours débuter par là , avant de démonter les obturateurs des trous d’homme par lesquels on agit directement. Le diamètre intérieur de tous les conduits par où doivent passer les macérations
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- ne doit jamais être au-dessous de 4 à 5 centimètres.
- Bien que tous ou presque tous les appareils de distillation puissent servir pour la pomme de terre , je vais cependant en décrire un qui, par sa simplicité et sa solidité présente tous les avantages que réclame ce genre de travail. La description de cet appareil et de sa marche donnera une idée plus nette de ce que l’on doit demander à l’appareil dont on aura à faire choix ; au surplus, je ne saurais trop le répéter, on évitera avec soin tout appareil trop compliqué , susceptible de se déranger ou difficile à réparer. Ce qu’il faut avant tout, c’est une machine solide, simple, que le premier chaudronnier venu puisse réparer, et que des mains souvent inexpérimentées puissent faire manœuvrer.
- L’appareil dont il est ici question se compose de trois œufs O, O1, O2, fig. 7; l’œuf O sert à chauffer les matières à distiller; les deux œufs O1 et O2 sont tout à faitsemblables entreeux et fonctionnent alternativement de la même manière lors de la distillation; deux conduits c,c relient les œufs O1 et O2 avec l’œuf supérieur O, et servent à l’écoulement des matières à distiller dans l’un ou l’autre des œufs inférieurs. Chacun des œufs inférieurs est muni d'une soupape de sûreté s, s s’ouvrant en dedans. L’usage de ces soupapes est de prévenir l’écrasement des œufs par la pression atmosphérique quand le vide vient à s’y faire tout â coup , comme par exemple lorsqu’on y introduit les matières à distiller.
- Deux trous d’homme tr, tr' servent à visiter l’intérieur de l’appareil, soit pour le nettoyer, soit pour débarrasser un orifice dont on n’aura pu prévenir l’engorgement.
- Chacun des deux œufs inférieurs est surmonté d’un dôme ou chambre de vapeur d, d'; il est important que ces chambres aient une certaine hauteur; c’est là que commence la distillation, et si l’espace est trop restreint, des matières épaisses soulevées par le boursouflement de la masse à distiller, ou projetées par son bouillonnement, sont entraînées avec les vapeurs alcooliques. Deux tubes tu, tu conduisent les vapeurs alcooliques formées dans deux tonnelets to, to'. De ees tonnelets les vapeurs alcooliques passent soit dans les tubes plongeurs fit*, tuz qui les reconduisent au fond des œufs O', O* pour y subir une nouvelle rectification, soit au rectificateur Re en passant par le robinet distributeur B par le double
- fond de l’œuf O, un serpentin qui tourne à l’intérieur, et enfin le tuyau tuk. Du rectificateur , les vapeurs alcooliques se rendent au serpentin du réfrigérant; un robinet placé au-dessus du rectificateur y laisse arriver un filet d’eau que l’on règle à volonté; il tombe dans la cuvette eu dont le trop-plein s’écoule par le petit tube t.
- La vapeur arrive du générateur dans une boule de distribution b, d’où elle passe par les tuyaux Va, Va’dans l’un ou l’autre des deux œufs; l’arrivée en est réglée par les robinets Ro, Ro'. Les tuyaux de vapeur doivent descendre très-près du fond des œufs; la vapeur arrivant dans la masse à distiller s’y condense d’abord, l’échauffe et bientôt entraîne les parties alcooliques. Deux robinets de vidange V, V' servent à l’écoulement des matières épuisées qui tombent dans une rigole couverte placée devant les œufs, et s’écoulent dans des réservoirs placés hors de l’atelier.
- Deux tuyaux P,P' servent à obtenir les vapeurs condensées de l’un quelconque des deux œufs pour vérifier le moment ou ils sont épuisés; les vapeurs vont se condenser en traversant le tube sr' dans un petit serpentin placé sous l’œuf supérieur O. Le robinet B , dont on voit une coupe horizontale, fig. 9, a trois ouvertures; le noyau en est percé comme le montre la figure , de manière à mettre alternativement l’une des trois ouvertures en communication avec les deux autres, ce qui permet de laisser arriver au serpentin la vapeur formée dans l’un ou l’autre des deux œufs inférieurs.
- On remarque que tous les robinets sont munis de têtes carrées, ee qui nécessite l’emploi de clefs pour les manœuvrer; sans cette précaution , il serait souvent impossible de les toucher sans risquer de se brûler; la clef ne faisant pas corps avec le robinet, s’échauffe très-peu. Pour la promptitude de la manœuvre, il est nécessaire d’avoir une clef pour (1) chaque robinet,
- (l) L’œuf O représenté( fig. 8), coupé par le milieu est à double fond ; les vapeurs alcooliques viennent se rendre dans ce double fond avant de monter dans le serpentin qui conduit au reclilicateur( ce serpentin qui entoure l’œuf O à l’intérieur n'est pas représenté dans la fig. 8)> Lorsque la distillation est trés-vive, les vapeurs alcooliques entraînent avec elles des matières impures qui se déposent dans ce double fond; les portions fluides condensées retournent dans fa masse à distiller par le robinet B (fis* 7), les matières solides sont extraites du double fond par une ouverture ou petit trou
- d’homme <r (fig. s).
- Deux obturateurs ob,oh', formés d’un métal lourd et mou, servent à boucher les orifice* d’écoulement des macérations. Ces obturateur*
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- S»?»’4 ,a rigueur une seule puisse servir pour tous.
- S 9. Marche de l'appareil.
- Toutes les matières à distiller doi-em passer par l’œuf O, que l’on charge 11 au moyen d’une pompe, soit au °yen d’un baquet ou d’un seau. °,us allons suivre la marche d’une Peration depuis la mise au feu jus-^au déchargement complet de l’ap-
- Tous les robinets étant fermés ainsi *î?c les obturateurs ob, ob\ fig. 8, on narge l’œuf supérieur O aux deux l(’rs de sa hauteur ; on met le robinet fois ouvertures B en communication > ?c ie serpentin et l’œuf O2. On élève rti^?tiVraleur ob » 8’ et ia matière à
- ch» er s’®cou*e dans l’œuf O2, fig. 7; on narge de nouveau l’œuf supérieur, et Pres avoir mis l’œuf inférieur O' en ^namunication avec le serpentin au r‘nyen du robinet B, on élève l’obtu-ateur ob pour laisser écouler la ma-tcre à distiller. Le jeu du robinet B, Pédant le chargement de l’appareil, a P°ur but de permettre la sortie de l’air œufs que l’on charge; sans cette P Caution, l’écoulement serait lent, et eme lorsque les matières sont un peu PeHSes ’ serait tout a fait arrêté, di n?nt l’écoulement de la matière à stiller , on imprime un mouvement de ^-et-vient à l’agitateur ag, fig. 8, au
- Dê°hen *a manlveHe m > ce qui em-peche l’accumulation des portions paisses de la masse, qui viendraient çj ^uer l’orifice d’écoulement. Les jeeu* œufs inférieurs étant chargés et pla urateurs ob' ob ayant été re-qu’^fS S^r ^es or‘^ces d’écoulement 8 doivent fermer, après le charge-ttie i p cha(Iue œuf’ on charge égale-le rr œu^ chauffeur O, après quoi on cierme avec son couvercle.
- Uj ®Us avons laissé l’œuf O' en com-du n,Pal*on avec le serpentin au moyen «*<net B. Pour mettre l’appareil en che, il n’y a plus qu’à ouvrir le ro-
- Sans n, avo.,r une forme conique trés-évasée qu’ii^.10! ,euri adhérence dans les orific< trés-dimllnîrli bPuctier devient telle qu’il e “«ti'Tervenfà Îp S°U,eVer- Des liges de f<
- *°ulèvo a es ,nanœuvrer ; lorsqu’on lt
- «n Passant , eS r®l,entàla hauteur convenab!
- “‘{fagé sur la tiîlfde fe? da"S Un petU lr°
- «x po&lsnr6,^est sur un axe mobi
- U cbauft,“!!„u t ,c™Pau,d 1 n e scellée au fond c r*eure dansei’metf^liaiH»tenueua 8a Parl*e supt
- s’^ràSvoTontl:1 d UB6 barre * ** ^
- binet de vapeur Ror. Il faut, à partir de ce moment, que le feu soit vigoureusement poussé sous le générateur. La vapeur arrive dans l’œuf et s’y condense d’abord avec détonation; bientôt la masse s’échauffe, une ébullition régulière s établit, et l’on suit avec la main la marche de réchauffement par la vapeur alcoolique ; on la voit s’élever dans le dôme d\ s’élever ensuite graduellement dans le tube tu\ redescendre au tonnelet to\ par le fond duquel les parties les plus aqueuses retournent dans la masse en ébullition,
- après s’être condenséesen suivant le tube plongeur PZ'. Les vapeurs alcooliques,de plus en plus riches, par suite de la condensation des portions aqueuses pendant leur marche, remontent par le tube tu3 et vont s’échapper au fond de l’œuf O'; elles se chargent d’une nouvelle quantité d’alcool en traversant la masse liquide contenue dans cet œuf. Si la masse liquide contenue dans l’œuf O' devait être échauffée entièrement par les vapeurs alcooliques de l’œuf O2, l’opération durerait trop longtemps; aussi, pour abréger, on fait arriver la vapeur du générateur en même temps dans les deux œufs au commencement de l’opération, en ouvrant les deux robinets Ro Ro', et l’on ne ferme le robinet Bo qu’au moment où l’on sent avec la main la vapeur alcoolique monter dans le tuyau tu. Si nous continuons à suivre la marche des vapeurs alcooliques parties du premier œuf O2, nous les voyons monter par le tuyau tu, redescendre au tonnelet Zo, y laisser encore quelques parties aqueuses qui s’écoulent par le tube plongeur PZ du tonnelet to; les vapeurs trouvant une issue par le robinet B, arrivent dans le double fond de l’œuf O, où elles se rectifient encore en échauffant la masse contenue dans cet œuf : de là elles s’élèvent par le serpentin qui met le double fond en communication avec le tube Zw4 qui les amène au rectificateur Re, d’où elles partent en passant par le tuyau Zw8 pour redescendre dans le serpentin du réfrigérant, d’où elles s’écoulent condensées dans un récipient disposé à cet effet.
- Lorsqu’on suppose l’œuf O2 épuisé, ce qui a lieu une demi-heure ou tout au plus une heure après qu’il a commencé à distiller, on ouvre le petit robinet r' placé sur le petit tuyau P'. Les vapeurs formées dans l’œuf O2 vont, en passant par le conduit sr’, dans un petit serpentin où elles se condensent ; on les reçoit dans un verre pour les
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- soumettre aux différentes épreuves qui indiquent s’il y a encore de l’alcool.
- Dès qu’on s’est assuré que l’œuf est épuisé, on ouvre le robinet V'; la pression de la vapeur fait promptement écouler la masse pâteuse épuisée, qui va se réunir dans un réservoir placé hors de l’atelier. On ferme alors les robinets V' et Ro\ et on ouvre le robinet Ro. L’œuf O2 se trouve à ce moment complètement fermé et rempli de vapeur d’eau qui en a chassé tout l’air, on soulève alors l’obturateur ob' et la masse à distiller contenue dans l’œuf O se précipite par le conduit cle vide se faisant dans l’œuf O2 par suite de la condensation de la vapeur qui le remplit, cet écoulement est très-rapide ; il faut avoir eu la précaution avant de soulever l’obturateur ob\ de mettre en mouvement l’agitateur ag (fig. 8), et de continuer l’agitation tant que dure cet écoulement; sans cette précaution, les parties épaisses de la masse à distiller viennent obstruer l’orifice du tuyau d’écoulement et arrêtent l’opération. C’est à ce moment que le jeu de la soupapes' devient important; le vide se faisant plus ou moins complètement dans l’œuf O2, la pression atmosphérique pourrait l’écraser, si le jeu de cette soupape , qui s’ouvre à l’extérieur, ne venait permettre l’introduction de l’air au delà d’une certaine pression. Cette opération terminée, on tourne le robinet B pour mettre l’œuf O2 en communication avec le double fond de l’œuf O et l’opération continue comme au commencement, en répétant alternativement la même manœuvre sur les deux œufs O1 et O2.
- Cet appareil donne facilement de l’eau-de-vie de 48 à 55° suivant la richesse des macérations soumises à la distillation. En remplçaant le rectifica-teur Re (fig. 7) par un appareil plus compliqué, propre à donner de l’alcool, on obtiendrait un degré aussi élevé qu’on pourrait la désirer ; mais c’est une complication de l’appareil, et je ne saurais trop le répéter, un appareil destiné à fonctionner dans une exploitation agricole, loin de tout atelier de construction, livré souvent à des mains peu exercées doit être aussi simple que possible et les avantages d’une rectification immédiate ne sont pas tellement grands qu’il faille y sacrifier l’avantage d’un appareil marchant sans dérangement. Il y a encore une autre considération , c’est qu’il est plus commode d’obtenir de l’eau-de-vie du premier jet lorsqu’on veut purifier l’alcool, comme je le dirai tout à l’heure.
- i § 10. Observations pratiques sur la • marche de Vappareil.
- Il arrive quelquefois, lorsqu’on a manqué d’attention, que les œufs sont trop pleins; cet accident provient, soit de ce qu’on a trop chargé l’appareil, soit de ce qu’on a commencé l’opération lorsque le générateur à vapeur n’était pas encore assez chauffé :dans ce dernier cas, la vapeur arrivant lentement et à une tension peu considérable, se condense longtemps dans les œufs avant de parvenir à les mettre en marche. Lorsque cet accident arrive, la distillation ne se fait plus que par soubresauts, et si l’on examine l’extrémité du serpentin par laquelle s’écoule l’eau-de-vie, on voit arriver des flots de vapeurs alcooliques qui n’ont pu se condenser et qui sont poussés par de petites explosions. Dès qu’on s’aperçoit de cette irrégularité dans la marche, il faut arrêter la vapeur et ouvrir les œufs pour s’assurer que c’est bien là la cause du dérangement. Dès qu’on s’en est assuré, il n’y a pas d’autre remède que de laisser écouler une portion du contenu de l’œuf.
- Cet accident, bien que facile à éviter avec un peu d’attention , arrive cependant assez souvent lorsqu’on emploie des ouvriers inattentifs ou inexpérimentés; il est également à craindre au commencement d’une opération, surtout par les temps très froids: dans ce cas l’appareil exige une grande quantité de vapeur d’eau pour être échauffée au point convenable pour la distillation. On évite cet accident en ne remplissant les œufs qu’à moitié pour le premier chargement. En général, il vaut mieux qu’ils soient trop peu pleins que trop pleins; on y gagnera toujours sur le rendement et sur le temps que dure un chargement en distillation. Le filet d’eau-de-vie qui coule doit toujours être froid et régulier, un peu plus gros que le tuyau d’une plume. On est souvent tenté d’approcher une lumière de l’orifice inférieur du serpentin pour examiner le filet d’eau-de-vie; il faut bien se garder de cette imprudence, surtout lorsqu’on distille à un degré élevé : le feu se communique promptement aux vapeurs alcooliques contenues dans l’appareil, et il peut en résulter une violente explosion et la destruction de l’appareil ; heureux s’il n’arrive pas d’autres accidents plus graves.
- Il est convenable, lorsqu’on veut obtenir des produits purs , et surtout lorsque ces produits ne doivent pas
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- etre soumis à une rectification ultérieure , de ne pas réunir les dernières gouttes qui s’écoulent aux premiers produits de la distillation; on recueille ordinairement pour les réunir aux distillations suivantes tout ce qui s écoulé à partir du moment où les Produits ne marquent plus que 30 à degrés centigrades. Ces derniers Produits sont très-chargés d’huile essentielle fétide qui leur donne un aspect louche et laiteux ; on les réunit , a 'a distillation suivante en les versant 9ans l’œuf supérieur et les faisant ecouler dans celui des œufs inférieurs Qui a été chargé le dernier.
- J'ai dit comment on se servait des robinets r, r pour reconnaître qu’un ®of est épuisé; le produit recueilli dans Un verre peut s’essayer de différentes manières. L’essai le plus exact se fait J» moyen de l’alcoomètre; on s’arrête des que le produit ne marque plus que ^a5°; mais ce moyen d’essai est peu Pratiqué. Le moyen le plus généralement employé consiste à verser quelles gouttes du produit obtenu sur la Partie supérieure de l’un des œufs ; on ^proche une allumette enflammée de la vapeur qui se forme, et dès qu’elle n,e prend plus feu, on est assuré que 1 Œuf essayé est épuisé. j
- On doit aussi apporter la plus grande j Mention à ce que l’eau du réfrigérant Se renouvelle assez vite pour conserver toujours une température froide ; sans '•ette précaution, la condensation se Ia,t mal, et il en résulte des pertes tres-fortes dont ori ne se rend pas o°mpte. L’eau doit toujours arriver par |e bas du réfrigérant et s’écouler par {.^Partie supérieure. A sa sortie du réitérant, elle a ordinairement une température qui varie de 40 à 60° et quelques fois plus, tandis qu’à l’entrée f\ au fond elle est à une température
- tfes-basse.
- § 0. Désinfection de Veau-de-vie et de l'esprit de pommes de terre.
- , De l’attention que l’on apporte à conduire la distillation , de la bonté de 1 appareil et du soin que l’on a de séparer des produits de la distillation les dernières gouttes appelées queues, dè-Pend en grande partie la qualité de 1 eau_(ie.v\e ; mais quels que soient les soins que l’on prend, les produits conservent toujours une odeur vineuse Particulière, qui tient à la présence de 1 huile essentielle qui a passé à la distillation
- avec ces produits. Le grand Problème de l’industrie qui nous oc-
- cupe est l’affranchissement des produits de cette odeur qui les fait repousser pour tous les usages qui exigent de la pureté. Quelques fabricants sont parvenus à résoudre ce problème plus ou moins complètement, et à enlever cette odeur à leurs eaux-de-vie ; ce qui leur donne une valeur bien supérieure à celle des produits non désinfectés. Elles peuvent alors être mêlées à des esprits-de-vin, sans que rien puisse en déceler la présence ; on les emploie aussi à la fabrication des liqueurs avec autant d’avantage que les esprits-de-vin.
- Jusqu’à présent un très-petit nombre de distillateurs sont parvenus à purifier leurs eaux-de-vie et leurs esprits d’une manière complète, et le plus grand nombre ne les purifie pas du tout, faute de connaître les procédés que chacun tient secrets. Néanmoins, en se basant sur les découvertes de la chimie , on peut arriver à obtenir une désinfection complète. Je vais indiquer les différentes méthodes, parmi lesquelles chacun pourra choisir celle que son expérience ou les circonstances locales lui indiqueront comme la plus avantageuse.
- Les agents que l’on emploie pour la purification des eaux-de-vie sont les terres et alcalis caustiques, qui se saponifient par leur action sur les huiles fétides mêlées aux liquides à désinfecter, et le charbon de bois qui, par ses propriétés absorbantes et antiputrides, concourt aussi à la désinfection. La chaux et la potasse ou la soude caustiques sont les agents de la première espèce les plus convenables, et parmi les charbons, le charbon de saule , de tilleul, et en général les charbons de bois légers , sont ceux que l’on doit préférer.
- La préparation du charbon de bois exige quelques précautions ; on l’opère ordinairement envase clos. Une vieille marmite en fonte, bien bouchée et à laquelle on ne laisse qu’une ouverture pour le dégagement des gaz provenant de la calcination du bois, peut suffire pour cette opération. On remplit celte marmite de fragments de bois, autant que possible de même grosseur; on la ferme avec son couvercle qui doit bien joindre, et qu’on lute exactement avec de la terre, à l’exception de l’orifice par où doivent s’échapper les gaz. On chauffe fortement la marmite en l’enveloppant d’un bon feu et l’on continue tant qu’il se dégage des gaz ; peu aprèsquele dégagement des gaz a cessé, le charbon est fait. On laisse refroidir
- Le Teehnologitte, T. XI. — Novembre 1849.
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- là marmite sans la découvrir, après avoir eu la précaution d’en fermer l'orifice qui a servi au dégagement des gaz. Lorsque le charbon est complètement refroidi, on le retire de la marmite , on le déduit en poudre fine et on l’enferme à l’abri du contact de l’air et de l’humidité jusqu’au moment de s’en servir.
- On prépare d’un autre côté de la chaux éteinte réduite en poudre impalpable. La chaux la plus pure, telle que la chaux grasse, est celle que l’on doit préférer. Pour arriver à une pulvérisation parfaite, la méthode d’extinction pâr l’immersion dans l'eau est celle qui donne lès meilleurs résultats. A cet effet, on met dans un panier la quantité de chaux que l’on veut éteindre et l’on plonge le tout dans un baquet d’eau chaude; une demi-minute d'immersion suffit ordinairement. Cependant , comme ce temps varie avec la quantité de la chaux employée, quelques expériences indiqueront bien vite le temps convenable. La chaux retirée, de l’eâu est vidée dans un coin de l’atelier, et bientôt elle tombe eh poudre impalpable; on la tamise et on la conserve à l’abri du contact de l’air jusqu’au momeht de l’employer.
- La désinfection des produits de la distillation s’opère de deux manières, suivant que l’on a obtenu du premier jet de Teah-de-vie ou de l’esprit au degré où l ôn doit les conserver, ou bien que les produits obtenus doivent subir une nouvelle rectification.
- Dans le premier cas, on verse dans la futaille qui contient l’eau-de-vie ou l’esprit à désinfecter le charbon pulvérisé et la chaux caustique éteinte, dans là proportion de 500 grammes de charbon et 100 grammes de chaux par hectolitre de liquidé à désinfecter. Si l’eau-de-vie est très-infecte , comme dans les années où les pommes de terre sont de mauvaise qualité, on augmentera la proportion de ces ingrédients ; dès qu’on les a introduits dans la futaille, on la roule pour opérer un mélange parfait, ou si elle est trop grosse pour être commodément mise en mouvement, on y introduit par la bonde un bâton fendu en quatre dans la moitié de sa longueur, et on agitant vigoureusement ce bâton on met toute la masse en mouvement et l’on opère le mélange désiré. Après cela, il n’y a plus qu’à laisser reposer et soutirer à clair au bout de quelques jours. On hâte le dépôt et la clarification en collant avec des blancs d’œuf, ou par tout
- autre procédé ; mais on peut en général se passer de cette précaution. Lorsqu’on veut désinfecter une nouvelle portion d’eau de-vie , on la verse sur les marcs qui sont restés dans la futaille, auxquels on a ajouté une nouvelle dose de chaux et de charbon, inférieure d’un quart à un tiers à la dose primitivement employée.
- On continue de même jusqu’à ce que la quantité de marcs soit assez considérable pour devenir gênante; on égoutte alors ces marcs après les avoir retirés de la futaille; on les épuise de l’alcool qu'ils peuvent retenir avec un peu d’eau, et l’on repasse la partie liquide ainsi séparée du marc à l’alambic , ou si l’on veut on laisse simplement éclaircir par dépôt.
- Si l’opération a été conduite avec soin, si la chaux et la charbon ont été bien préparés et bien conservés, enfin si le mélange a été fait exactement, on obtient par ce procédé des produits tout à fait exempts de mauvais goût et parfaitement clairs.
- Lorsqu’on opère sur des produits qui doivent retourner à l’alambic, pour être amenés à un degré supérieur de concentration, on opère le mélange avec la chaux et le charbon dans les œufs de l’appareil distillatoire, et l’on distille le tout. Il faut avoir eu soin auparavant de bien nettoyer l’appareil. On sépare les premiers produits qui nettoient les serpentins et les derniers qui n’ont plus assez de force pour les réunir à la rectification suivante. Les produits ainsi obtenus sont de la plus grande pureté.
- Si le charbon de bois n’avait pas été bien préparé , ou si la chaux n’était pas de bonne qualité , il conviendrait d’en augmenter la quantité; il ne faut pas cependant le faire outre mesure; car alors on aurait une quantité de marcs qui deviendrait embarrassante.
- On désinfecte également les eaux-de-vie de pommes de terre par la potasse caustique, dont l’action paraît être beaucoup plus énergique que celle de la chaux. La potasse caustique se prépare de la manière suivante : on prend de la potasse du commerce ou carbonate de-potasse que l’on fait dissoudre dans l’eau ; on prépare d’un autre côté un lait de chaux fait avec de la chaux la plus pure, telle quela chaux blanche, et l’on mélange les deux liquides; il se forme un carbonate de chaux qui se précipite et de la potasse caustique qui reste en dissolution. Si la chaux employée est de bonne qualité et n’est pas restée exposée à l’air,
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- u» poids égal à celui de la potasse employée est suffisant ; dans le cas contraire, on force un peu la proportion de chaux. 100 à 200 grammes de potasse du commerce suffisent pour la désinfection d’un hectolitre d’eau-de-vie ou d’esprit. La dissolution de potasse çausticpie est versée dans l’èau-de-vie à purifier, et le tout est reporté à l'alambic. On ne peut employer ce procédé de désinfection que pour les produits qui doivent subir une nouvelle distillation ; car la potasse ne se préci-Pitant pas , ne peut se séparer des Produits que par ce moyen.
- .On peut aussi désinfecter l’eau-de-vic de pomme de terre au moment de sa fabrication en faisant passer les vapeurs alcooliques, avant leur condensation, dans une série d’appareils renfermant des dissolutions de potasse caustique. Il existe un appareil bre-vÇtè qui remplit ce but; mais comme il n est pas du domaine public, on ne Peut l'imiter. Au reste, celui qui voudrait opérer ce lavage des vapeurs alcooliques peut s’aider de l’examen des aPPareils à laver le gaz de l’éclairage , er> observant toutefois qu’il se condense beaucoup d’eau dans les dissocions de potasse traversées par les VaPeurs alcooliques, ce qui oblige à Permettre un écoulement continuel des dissolutions potassiques des appareils supérieurs dans les inférieurs, et de ces derniers au dehors.
- § 10. Des résidus.
- Dans les exploitations agricoles , un Produit important des distilleries , qui constitue souvent à lui seul tout le bé-nefice de la fabrication, se compose des résidus ; précieuse ressource pour pourrir et engraisser le bétail à cornes a Une époque de l’année où les pâtures manquent ainsi que la ressource Uu trèfle et de la luzerne en vert.
- Des résidus de la distillation épuisés sont reçus, à leur sortie des œufs, dans uoe rigole couverte en bois ou en joaçonnerie qui les conduit hors de atelier dans un réservoir disposé à cet tet. On les puise dans ce réservoir Pour les mélanger avec de la petite Padle de blé ou d'avoine, des siliques e colza, de la paille hachée, etc. Il ®st bon d avoir deux réservoirs et de es(. vider entièrement chaque fois C ds ont été remplis. Sans cette précaution , il se forme un dépôt de maires épaisses dans le fond, qui s’aigrit Peut finir par se corrompre. Les ré-
- sidus mêlés à de la petite paille conservent une température élevée beaucoup plus longtemps que lorsqu’ils sont purs, on ne doit pas les donner au bétail trop chauds ; on laissera le mélange se refroidir et la petite paille se macérer le temps convenable. Trop chauds, les résidus offrent quelques dangers; trop froids, ils ne sont pas aussi actifs pour l’engraissement.
- Une faible ration de foin et de la paille à discrétion suffisent au bétail mis à ce régime dans les premiers temps de l’engraissement ; plus tard , on augmente la ration de foin, et l’on ajoute aux résidus des tourteaux de graines oléagineuses.
- Il arrive quelquefois que, dans les premiers jours, les animaux qui reçoivent cette nourriture ne paraissent pas s’en soucier, surtout lorsqu’ils en reçoivent pour la première fois ,• on ne doit pas s’en inquiéter, ils s’y habituent bien vite et finissent par les préférer à toute autre nourriture.
- 100 kilog. de pommes de terre donnent assez de résidus pour la nourriture de trois têtes de gros bétail de forte race. On ne doit pas les garder au delà de 3 à 4 jours ; après ce temps ils s’aigrissent et peuvent même entrer en putréfaction.
- On emploie également les r ésidus de distillerie à la nourriture des vaches laitières et à l’élève des cochons; néanmoins , ces derniers animaux ne peuvent pas s’engraisser avec cette nourriture, il faut y ajouter des substances plus riches, telles que du grain , des tourteaux, des féveroles. Quant aux vaches laitières, les résidus de distillerie paraissent leur convenir particulièrement , et la production du lait, jointe à une distillerie de pommes de terre, est une spéculation très-lucrative lorsqu’on a un débouché pour ce produit.
- Au reste, il en est de la distillation comme de toute autre industrie; celui qui voudra s’y livrer devra se rendre un compte exact des circonstances locales, des prix d’achat et de vente , et ne se déterminer qu’après s’être assuré par des chiffres qu’il peut opérer un bénéfice suffisant pour faire face à toutes les éventualités.
- Ciment de Lowitz.
- Suivant M. D. J. Stumpf ce ciment a été employé dans la construction des
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- fortifications de Mayence pour enduire les voûtes des casemates, ainsi que pour s’opposer à l’action de l’humidité sur les bois, et a parfaitement rempli toutes les conditions relatives à ces divers services.
- Ce ciment se compose de 45 parties de craie , 34 de colophane et 1 d’essence de térébenthine. La colophane est fondue et on y ajoute en agitant constamment toute la craie , puis la masse est coulée en tablettes et se durcit promptement. Quand on se sert de ce ciment dans les constructions, on en fait fondre 30 kilog. dans une chaudière et on y ajoute 60 kilog. de sable pur et sec, et 5 litres de goudron de houille. Celte masse est gâchée et appliquée à la truelle sur une épaisseur convenable ; elle prend assez promptement et devient aussi dure que la pierre sans être toutefois cassante.
- Moyen pour éviter des excès de fermentation dans les moûts pour la fabrication des eaux-de-vie de pommes de terre.
- Par M. Balling.
- Jusqu'à présent un des meilleurs moyens qu’on ait trouvé pour s’opposer à un excès de fermentation dans les
- moûts pour la fabrication de l’eau-de vie de pommes de ferre, a consisté en une addition d’orge ou de malt d’orge concassés qui rendent alors ce moût plus fluide, et ont pour effet de diminuer la ténacité des écumes qui montent à sa surface, et qui dès lors se résolvent plus aisément. Depuis quelque temps, on a employé dans la distillerie de Blansko en Hongrie, un autre moyen purement mécanique et qui est fondé sur cette considération que les écumes qui s’élèvent consistent en bulles remplies d’acide carbonique, et qu’en ouvrant ces bulles le gaz doit s’en dégager et par conséquent que les écumes et la levure doivent aller au fond. L’ouverture des bulles s’exécute en les coupant, c’est-à-dire en opposant aux bulles à mesure qu’elles s’élèvent, plusieurs lames minces disposées parallèlement les unes aux autres et à des distances égales entre elles sur les parois de la cuve à fermentation. Ces lames peuvent être en bois. Aussitôt que les bulles arrivent sur les couteaux et s’y trouvent comprimées entre eux, elles crèvent, se débarrassent du gaz quelles renferment, et la levure retombe au fond. Tous ces couteaux sont disposés sur un cadre, et on ne les introduit dans la cuve à fermentation qu’au mo -ment ou le chapeau commence à se former. Des chevilles pointues disposées en rateau ou autrement remplissent le même but.
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- Alt I S MÉCANIQUES ET CONS'TMICTIONS.
- Perfectionnements dans les machines pour peigner, carder, étirer, boudi-ner et filer le lin, le chanvre, les étoupes, la soie et autres matières filamenteuses.
- par M. P. Fairbairn, constructeur à Leeds.
- Cette invention consiste d’abord en Ut|e manière particulière pour adapter Un gill rotatif ou rouleau porc-épic à Ur)e machine à étirer les fibres ou allonger la mèche de lin ou de chanvre. Çe gill rotatif étant employé seulement jjans le but d’ouvrir ou de séparer les fibres de la matière immédiatement fians le voisinage des cylindres étireurs 0,1 laminoirs.
- Dans le mécanisme ordinaire employé Paur étirer les fibres, on s’est servi fi une série de barres voyageuses por^ lant des aiguilles ou dents de peigne, ^placées entre les cylindres de pres-sion et ceux étireurs. On a remarqué toutefois que lorsqu’on passe la mèche (|ans le travail de l’étirage, entre la Ser>e des aiguilles du mécanisme qui institue le gill actuellement en usage (construit, soit d’après le système des naPpes, soit d’après celui à vis ou cir-culaire ), les fibres retenues entre les fients de ces gills sont rompues à me-sUreqUe rétirage fait des progrès, et la mèche se trouve ainsi réduite de ‘0ngueur et de force au détriment du u produit dans les autres opérations 'to la filature.
- Dans le système perfectionné de conjonction du mécanisme que je propose, «'est plus nécessaire d'avoir une série ,!figuilles du gill comme auparavant, s déridant en arrière sur toute la lon-8ueur de la mèche ou des fibres de la Matière que l’on soumet à l’étirage; les extrémités ou parties des fibres placées ans le voisinage immédiat du pince-jjient des cylindres-étireurs ont seules Çsoin d’ètre maintenues, ouvertes ou ^Çmèlées, ce qui évite ainsi les incontinents ci-dessus indiqués et observés atls les anciens appareils.
- Les autres avantages résultant de ce leçanisine perfectionné sont un ac-roissement dans le tirage du ruban, Jusqu’à deux ou trois fois ce qu’on avait ptenu jusqu’à présent ou qu’on pra-llquc généralement ; d’éviter de plier
- les fibres sur le gill cylindrique ( inconvénient qui a lieu dans l’étirage des étoupes, parce que dans ce cas le gill retient les fibres) ; dans le nouveau mécanisme , les fibres passent tangentiel-lement entre les aiguilles du gill rotatif simplement pour séparer et ouvrir la mèche et perfectionner le travail des cylindres étireurs.
- La fig. 8, pl. 122, représente une élévation en coupe d’une portion de la machine perfectionnée d’étirage.
- La fig. 9 en est le plan.
- a,a sont les cylindres de pression entre lesquels la mèche est conduite en avant. Ces cylindres sont maintenus dans un état de marche uniforme au moyen de roues dentées b,b fixées sur leurs axes respectifs ; et comme elles engrènent l’une dans l’autre , elles font tourner simultanément les cylindres et avancer uniformément tout le corps de la mèche. Cette mèche s’avance donc en avant pour entrer entre les laminoirs conducteurs c,c et d,d vers les aiguilles du gill rotatif fixé sur l’arbre e, et de là aux cylindres étireurs f et g.
- Sur l’axe du cylindre étireur inférieur /‘est calé un pignon h qui commande une roue intermédiaire i, et cette roue i mène la roue k, fixée à l'extrémité d’un arbre intermédiaire l, lequel s’étend sur toute la longueur de la machine. Sur cet arbre sont aussi établis une série de pignons m qui mènent les pignons n calés sur les arbres des cylindres g, communications qui ont pour objet de faire marcher chaque paire de cylindres étireurs supérieurs g d’un mouvement simultané avec ceux inférieurs. Le but de cette solidarité par voie d’engrenage des cylindres étireurs entre eux est d’assurer une uniformité parfaite de mouvement de rotation entre chaque paire, au moyen de quoi il faut un poids ou une pression moindre sur le cylindre étireur supérieur, tandis que les fibres se trouvent mieux étirées.
- Le second caractère de l’invention consiste à adapter la disposition précédente du mécanisme à la filature des fils directement avec les mèches ou rubans.
- Jusqu’à présent l’usage a été de filer avec des fibres légèrement tordues, c’est-à-dire avec des rovings ou boudins. Or, par suite du tors qui persiste dans ces boudins, on éprouve de grands ob-
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- tacles pour étirer ces fibres dans toute leur longueur ; car quand on effectue cet étirage des boudins tordus, les fibres sont en grande partie rompues et les fils en conséquence rendus plus faibles et bourrus à leur surface.
- La fig. 10 représente une élévation tue par devant d’une portion d’un banc a broches auquel on a adapté l’appareil perfectionné d’étirage.
- La fig. 11 en est une autre élévation vue de côté.
- a,a cylindres de pression qui tournent avec une vitesse uniforme au moyen (}es roues dentées b,b fixées sur leurs axes respectifs; en quittant les cylindres, la mèche passe entre les rouleaux conducteurs c,c et d,d, et s’avance vers le cylindre-gill c. Ce gill rotatif empêche les fibres de se mêler, et ouvre là mèche à mesure qu’elle s'avance sur les laminoirs f et g, entre lesquels les fibres qui arrivent les premières sont pjncéçs et attirées en avant sans rupture.
- A l’aide de çe mode perfectionné de filature à mèche non tordue, on obtient un fil beaucoup plus uniforme ; ce fil est plus net, plus lisse à sa surface (ou, comme on dit dans les manufactures anglaises, il a une plus belle peaq), et les fibres se trouvent plus parfaitement combinées que par les opérations ordinaires de la filature sur boudins tordus. En employant le mécanisme perfectionné dans le travail de la filature , oq n’a plus besoin de l’opération du roving ou boudinage , et par conséquent on épargne les fiais considérables et le travail qu’exige l’emploi des appareils à boudiner.
- Le troisième caractère de l’invention a rapport à un mode nouveau pour adapter un appareil d’étirage à gill aux machines à carder les étoupes ou le lin à fibres courtes.
- On a été dans l’habitude jusqu’à ce jour de recevoir les mèches sortant des machines à carder dans des lanternes ou des pots profonds établis verticalement, et d’enlever les rubans dans les pots pour exécuter le premier étirage sur une machine distincte. Les fibres de la mèche cardée, étant avant leur étirage sous la forme d’un ruban mince possédant une faible ténacité, sont très - sujettes à s’endommager quand elles se trouvent pressées dans les pots qui les reçoivent au sortir des cardes , ainsi que dans leur marche en sortant de ces pots pour se rendre aux cylindres de pression des machines d’étirage. Ce travail présente donc un grand désavan-
- tage , car à toute altération, à toute avarie que la mèche peut recevoir ainsi, il n’est pas facile d’apporter un remède dans l’une quelconque des opérations suivantes. Cette partie de l’invention est destinée à faire disparaître ces inconvénients, en ce que la mèche à sa sortie des rouleaux de décharge de la machine à carder est saisie directement par les laminoirs de pression ou cylindres de pincement, et conduite avec une vitesse uniforme aux gills où elle est atténuée et étendue par les laminoirs ètireurs qui la délivrent sous un état propre à être transportée à la seconde machine d’étirage ou au boudi-noir, suivant le cas. La mèche arrivée à cet état est moins sujette aux avaries que précédemment.
- La figure 12 représente une élévation vue en coupe d’une portion de machine à carder, à laquelle on a réuni un exemple de ce perfectionnement, c’est-à-dire qu’on a adapté à une carde l’appareil d’étirage à gill rotatoire.
- a,a rouleau de décharge de la carde, b cylindre de pression ou de pincement, c gill rotatoire, de te laminoir éti— reur, fet g rouleaux qui délivrent la mcche étirée.
- Au moyen de cette disposition, on effectue une économie considérable, car en mariant un appareil d’étirage à une carde , on peut se dispenser de la première machine à étirer, ordinairement distincte, et on n’a plus besoin que d’une seconde machine pour compléter ce travail de l’étirage.
- Un quatrième trait qui caractérise l’invention a rapport aux nettoyeurs ou frotteurs des machines à étirer et à boudiner.
- Les frotteurs tournants, en usage jusqu’à ce jour, sont fréquemment la cause d’accidents ; il arrive en effet souvent que les roues étant à découvert, les ouvriers sont exposés à s’y engager les doigts. Oq obvie à cet inconvénient en couvrant les roues avec un chapeau ou une boîte qui sert également de levier ajusteur pour porter et maintenir les roues en prise l’une avec l’autre.
- La fig. 13 présente une vue en élévation d’une portion d’un boudinoir, où l’on a adapté le moyen perfectionné des frotteurs tournants.
- La fig. 14 est une section horizontale de ces frotteurs avec la boîte dans la" quelle tournent leurs roues motrices.
- On a représenté en r l’un des cylindres ètireurs supérieurs de la machine» et en s,s deux frotteurs tournants agi*'
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- sant sur la périphérie du cylindre éti-reur supérieur. Une couple de roues déniées f,£, calées sur des axes parallèles , sert à imprimer un mouvement de rotation à ces frotteurs , et u,u est le chapeau qui non-seulement recouvre les roues mobiles des frotteurs, mais de plus remplit les fonctions de levier ajusteur et porte les axes de ces froideurs ; ce chapeau s’élève avec ces axes exactement comme un levier sur l’arbre Moteur iü qui lui sert de centre de rotation.
- L'invention a pour cinquième ca-ractère un nouvel encliquetage ou levier à poids et à rochet qui sert à donner la pression requise aux laminoirs d’étirage des machines à filer, et au moyen duquel, à mesure que le rouleau de pression perd de son diamètre Par l’usure, on a un moyen plus certain et plus économique de l’avancer ] sur le cylindre étireur que par le procédé ordinaire d’ajustement à écrou et i très-employé jusqu’à ce jour. !
- La fig. 15 représente en élévation vue de côté une portion d’un banc à broches avec l’encliquetage et le levier à poids Perfectionnés.
- La fig. 16 est une vue en plan du Uîême appareil.
- o et b sont les cylindres ètireurs; c, le levier à poids qui presse le cylindre ® sur le cylindre a. Ce levier à poids est porté par une broche comme point de centre inséré dans la petite console d, laquelle console est fixée à la harre e qui s’étend sur tout le front de a machine. Sur le petit bras de ce levier à poids c est un cliquet f tournant aussi sur un centre destiné à s’engager dans des dents de rochet taillées SUr la pièce g. Cette pièce g consiste en Une petite barre libre passant à frottement doux par une mortaise pratiquée dans la partie inférieure du petit bras du levier c; l’extrémité supérieure de cette pièce g est en fourchette et embrasse l’arbre du cylindre b afin de Pouvoir pousser ce cylindre sur celui a,
- c’est sur sa face supérieure qu’est taillée une série de dents de rochet dans lesquelles on fait tomber le cli-Quet f. Par conséquent, le poids du h er c.P°»Ssaot le cliquet/', celui-ci Çhasse à sou tour la pièce g en avant, •aquelle presse sur l’arbre b pour mettre Çs deux cylindres en contact plus infime.
- Un conçoit que si le. diamètre du cy-’mdre de pression b devient moindre Par suite de l’usure , on peut faire avancer la pièce en fourchette g et
- pousser le cylindre sur ses appuis en relevant le cliquet et le faisant retomber dans l’intervalle de deux dents postérieures du rochet, le cylindre b étant ainsi maintenu fermement par la pression du levier à poids.
- Le sixième point sur lequel porte l’invention, est relatif aux communications de mouvement dans les machines pour peigner, carder, étirer, boudiner et filer le lin , le chanvre, les étoupes et autres matières filamenteuses , et est destiné à effectuer un mode promptde mettre en rapport deux ou un plus grand nombre d’arbres à l’aide de roues intermédiaires, de façon que le changement de pignon puisse s’effectuer avec rapidité , quel que soit le nouveau diamètre.
- La fig. 17 offre en élévation une portion de l’extrémité d’un boudinoir auquel on a adapté l’appareil perfectionné dans deux exemples, savoir : dans le cas où l’on fait usage d’une roue intermédiaire et celui où l’on en emploie deux.
- Dans le cas où l’on ne se sert que d’une seule roue intermédiaire, a est le pignon de rechange, b une roue intermédiaire , ç la roue commandée sur l’arbre e du laminoir antérieur du boudinoir, et (Z up bras radial ajustable à volonté et mobile sur pn çentre en e. Ce bras radial est percé d’une grande mortaise courbe f en forme de segment de cercle, ayant pour centre le point de rotation e; un boulon g, qui traverse une moise pendante fixée sur le bâti, passe à travers cette mortaise, et lorsque le bras d g été tourné spr soq centre de l’ètepdpe voulue., pn écrou , serré fermement sur le boulon g, sert à retenir solidement le bras dans sa position. 4 sa partie inférieure, le hras porte sur son plat un bout d’arbre h sur lequel est montée et tourne |a roue intermédiaire b. Le pignon de rechange a peut être enlevé et remplacé par un autre d’un plus grand diamètre , cl op peut changer la roue sur le bout d’arbre, ainsi qu’on le voit au pointillé dans la figure. Cp changement terminé, la roue interméthaffe ainsi que le bras radial prennent la position indiquée par ce pointillé.
- Quand on a besoin d’un plus grand nombre de roues intermédiaires ppur faire marcher le mécanisme, on adapte un bras radial analogue an précédent, ainsi qu’on le vpit dans la partie supérieure de la fig. 17. Sur l'arbre e du cylindre d’étirage antérieur comme centre on monte le bras radial d’ajustement Ci qui porte les arbres des rouesintermé-
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- diaires j et k. Ces roues sont mises en mouvement par le pignon de rechange l monté sur l’arbre postérieur m du boudinoir. Dans le cas où on veut employer un pignon de rechange l d’un plus grand diamètre, on élève le bras i avec ses roues, ainsi qu’on le voit au pointillé dans la figure (une mortaise en segment de cercle sur la branche latérale de bras permettant cette élévation) et dans cette nouvelle position on peut maintenir fermement le bras et ses roues à l’aide d’un écrou qu’on visse sur le boulon n, et qui passe à travers la mortaise circulaire du bras i ainsi que par un montant p, à la partie postérieure du métier
- Enfin le septième caractère de l’invention consiste en un mode nouveau pour mettre en rapportl’arbre principal d’un boudinoir avec l’arbre qui fait fonctionner les bobines. On y parvient à l'aide d’un train de roues montées sur un levier articulé tournant sur un centre et au moyen duquel le chariotdes bobines peut monter ou descendre pour effectuer le mouvement de reviendage tout en conservant les roues engrenées les unesavec les autres.
- La fig. 18 représente en élévation une des extrémités d’un boudinoir avec l’appareil perfectionné pour le mouvement du chariotdes bobines.
- La fig. 19 est une section verticale prise par la ligne A,B de la fig. 18.
- Sur l’arbre principal a est fixée une roue b qui commande le train de roues d’engrenage c,d,e,f. Ces roues sont montées et tournent sur des axes g,h,i et j, fixés sur un des leviers à mouvement oscillatoire k, lequel levier tourne librement à l’une des extrémités sur un point de centre g fixé sur le bras Z, suspendu à l’arbre principal a. La roue c est par ce moyen maintenue en prise avec la roue b, et par conséquent les roues c,d,e et f, qui toutes sont solidaires , tournent ensemble. L’extrémité du levier k est reliée en j à un coulisseau m qui monte et descend entre des guides sur le côté du bâti de la machine afin de faire fonctionner le chariot des bobines du métier, ce qui a lieu à la manière ordinaire, et afin que ces roues accouplées puissent être en prise quelle que soit la position qu’on donne au chariot des bobines, les leviers k et l prennent les positions indiquées au pointillé, en se mouvant sur leurs points d’articulation ou de centre en a et en g.
- Machine de Napier à courber les tôles.
- Par M. F. Boekmühi.e.
- Cette machine-outil que dans ce dernier temps on a beaucoup perfectionnée, est devenue depuis cette époque un appareil indispensable dans tous les ateliers qui s’occupent de la construction des bâtiments enfer, des chaudières et de la grande chaudronnerie. Elle est due à M. R. Napier, contre-maître des ateliers Elder à Glasgow.
- La fig. 20, pl. 122 la représente simplement en élévation et en coupe sur l’une des deux flasques du bâti. Sa construction est d’ailleurs tellement facile à comprendre que nous avons pense que cette simple indication suffirait.
- Le bâti de cette machine consiste en deux flasques verticales A,A établies solidement sur des fondations et maintenues fermementà distance entre elles par quatre fortes tringles en fer forgé, filetées par les deux bouts pour recevoir de gros écrous qui les serrent fortement sur les oreilles du bâti, à travers lesquelles elles passent.
- Les trois cylindres B,C,D ont chacun un diamètre de 0m,30 et une longueur de 3 mètres; les deux premiers B et C sont placés l’un au-dessus de l’autre ou dans le même plan vertical, tandis que la coulisse dans laquelle se meut le coussinet du troisième cylindre D se trouve placée par rapport au plandeces deux premiers cylindres sous un angle de 30°.
- Sur un des tourillons du cylindre B, il existe une roue dentée droite qui en commande une autre semblable calée du même côté sur le tourillon du cylindre G, et sur l’autre tourillon de ce dernier cylindre est placée une grande roue dentée qui engrène dans une autre calée sur un arbre J. Cet arbre J roule dans des coussinets insérés dans le bâti A,A, et, à son autre extrémité , il porte une roue qui commande une autre roue semblable montée sur l’arbre moteur L, qui d’un bout repose aussi sur le bâti A , et de l’autre roule dans un coussinet porté par un support en fer assujetti fortement sur la plaque de fondation.
- Sur cet arbre moteur L sont placées quatre poulies, dont deux sont fixées, qui au moyen d’une courroie croisée et d’une courroie non croisée, peuvent imprimer un mouvement de rotation, soit dans un certain sens, soit en sens inverse aux cylindres B et C. Les deux autres poulies sont folles et servent à
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- suspendre !e mouvement de la machine.
- On voit donc que le mouvement communiqué à cette machine est tel que les deux cylindres A et B ont la même Vltesse de circulation, et que le cylindre D, qui ne sertqu’à donner à la tôle qu’on travaille , la courbure désirée tourne seulement par le frottement que 'Ul fait éprouver cette tôle en passant enlre les deux premiers.
- Le cylindre supérieur B est établi ayec ses coussinets dans une coulisse Pratiquée dans le bâti A,A, et par conséquent ces coussinets peuvent, au moyen des vis u, être élevés ou abaissés pour s’ajuster à l’épaisseur des tôles. Oe même afin de rendre le cylindre D Mobile, on a disposé un petit arbre yertical b, muni à sa partie supérieure d un levier à deux poignées et présen-tant par le bas une roue d’angle c qui engrène dans une autre roue semblable dont l’arbre fileté tourne dans uneeou-hsse pratiquée dans le bâti A, et fait marcher un coulisseau dont l’extrémité SuPporte le coussinet du cylindre D, ce qui permet ainsi de le faire avancer ou reÇuler le cylindre suivant la courbure qu’on veut donner à la tôle.
- La roue du cylindre C a 100 dents, oo'le de l’arbre j en a 13, et la roue de apbre moteur 75.
- M°de de fabrication des roues pour chemins de fer.
- Par M. H. Smith.
- Nous avons fait connaître dans le
- v°'Ume précédent, page 600, le principe Ue la
- construction de ces roués, nous alIons actuellement entrer dans quelques détails sur leur mode de fabrication.
- L’invention consiste à forger des rpues de chemins de fer sur une série d enclumes en se servant de marteaux u un profil correspondant à celui de ^es enclumes , et en rapport avec la l0rme qu’on se propose de donner à ces r,°ues, celles-ci n’ayant pas, comme on a dit, de rais, mais formant une masse °hde dans toute leur étendue.
- ! On peut appliquer le même mode Ue fabrication pour forger avec une J^asse de fer des moyeux et portions de rais des roues de chemins de fer sur Qes enclumes et avec des marteaux u°ntJes tables de travail ont le profil ‘‘equis pour donner à la roue la forme désirée.
- Les explications dans lesquelles on va entrer ainsi que les figures qui les accompagneront, serviront mieux à comprendre les moyens de fabrication.
- Fig. 8, pl. 121, coupe d’une enclume.
- Fig. 9 , plan de la même pièce.
- Fig. 10, élévation delà même.
- On place dans celte enclume une barre de fer forgé qui a été portée à la chaleur rouge, et propre à recevoir approximativement à la forge la forme i de la roue future. On peut aussi à la place d’une barre circulaire prendre un fagot ou une trousse également circulaire , ou une masse de fer forgé qu’on travaille continuellement à l’aide du marteau représenté respectivement en coupe, plan et élévation dans les lig. 11, 12, et 13.
- A l’aide de ces moyens, on amène en forgeant, le fer à prendre la forme indiquée dans les fig. 14et lôqui représentent le plan et la coupe du fer amené ainsi à la forme d’une roue solide pour chemin de fer.
- Le fer est alors chauffé de nouveau et travaillé entre les enclumes et les marteaux - segments représentés dans les fig. 16, 17, 18, 19,20,21,22 et23 qui servent à dégrossir la roue pendant que les ouvriers la tournent peu à peu sur l’enclume sans perdre de temps et de manière à conserver la forme circulaire, à l’aide du marteau qui frappe successivement sur les différentes parties du métal.
- La fig. 16 représente une vue en élévation de ce que j'appelle l’enclume à dégrossir ;
- La fig. 17 est une élévation vue par devant.
- La fig. 18, le plan ;
- La fig. 19, une vue par-dessous ;
- La fig. 20 représente une vue en élévation du marteau à dégrossir;
- La fig. 21 est l’élévation vue par devant ;
- La fig. 22 , le plan;
- La fig. 23 . une vue par-dessous.
- C’est à l’aide de ces outils et en tournant successivement la pièce sur l’enclume , qu’on amène peu à peu, en forgeant, le fer à la dimension et à la forme de la roue désirée, les faces travaillantes de ces outils pouvant varier suivant la forme des roues qu’on veut fabriquer, et en ayant soin de reporter au four à réchauffer chaque fois qu’on le juge utile.
- J’ai observé que deux ou trois chauffes sont nécessaires pour dégrossir, mais il est présumable que ce travail se perfectionnera à mesure que les ouvriers acquerront plus d’expérience.
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- La roue arrivée à ce point est chauf- l fée de nouveau, placée et travaillée sur des appareils que j’appelle outils finisseurs ; le fer n’a plus besoin alors d’être porté à une aussi haute température que pour le dégrossissage ; il suffit dans ce cas d’une chaude à finir ou à planer.
- La (ig. 24 est une section de l’enclume à finir;
- La fig. 23 en est le plan ;
- La fig. 26, une élévation ;
- La fig. 27 est une élévation du marteau finisseur;
- La fig. 28, une vue par-dessous.
- Les outils dègrossisseurs ayant amené la roue à la forme représentée dans les fig. 29 et 30 , on la termine en la planant à l’aide de coups vifs et répétés avec les outils finisseurs dont jl vient d’être question pendant que les ouvriers la tournent sur l’enclume , de manière à amener successivement tous les points de sa surface sous le marteau.
- On voit donc qu’en se servant de marteaux et d’enclumes dont les faces de travail laissent entre elles un espace correspondant à la section de la roue qu’on veut fabriquer, on amène, en forgeant, une masse de fer, après l’avoir chauffée, à la forme d’une roue complète; et c’est dans la construction et l’emploi d’enclumes et de marteaux constituant des espèces de matrices ou portions de matrices que réside la nouveauté de l’invention.
- Les marteaux sont mis en action comme les autres marteaux de forge, ou bien on peut les construire sur le système des marteaux-pilons ou des marteaux à vapeur. Les enclumes sont établies sur des blocs comme à l’ordinaire.
- Quand mon procédé est employé pour forger avec une masse de fer des portions seulement d’une roue de chemin de fer, alors on travaille cette masse sous le marteau , de manière à en faire ressortir des portions pour former le moyeu et les rais ; puis on soumet le fer, après qu’il est chauffé , à l’action d’une enclume et d’un merleau offrant les caractères de matrices.
- La fig. 30* présente une yue en élévation de cette enclume.
- La fig. 31 eh est le plan ;
- La fig. -32 une section ;
- La forme de ces enclumes varie avec le nombre de rais qu’on veut donner à la roue ;
- La fig. 33 est une vue en élévation du marteau qui travaille avec l’enclume précédente ;
- La fig. 34, le plan;
- La fig. 35, une section.
- A l’aide de ces moyens, la masse de fer qui a été préalablement amenée en partie à la forme voulue sous un martinet ordinaire, sera, quand on la soumettra à l’action des matrices ci-dessus profilée suivant une forme plus correcte, relativement à son moyeu et aux portions de rais d une roue , et on n’aura plus qu’à terminer celle-ci en soudant les portions de rais avec celles attachées aux jantes , ainsi qu’on l’a pratiqué jusqu’à présent, lorsqu’on a fabriqué des moyeux et portions de rais par d’autres moyens.
- Les roues ainsi fabriquées sont percées d’un œil à travers leur moyeu , en les plaçant sur le tour ou à l’aide d’autres moyens convenables, et on tourne aussi le bandage, ainsi que le moyeu, ce qui termine les roues dont on a présenté une coupe et un plan, après ce travail, dans les fig. 36 et 37.
- Sur les aubes des bâtiments à vapeur, leur forme, leur immersion , leur épaisseur, leur matière et leur nombre.
- Par M. Th. Ewbank de New-York.
- ( Extrait. )
- Le monde a aujourd’hui les yeux tournés sur les divers modes de propulsion des bâtiments à vapeur, et toutes les nations semblent lutter entre elles à qui accroîtra encore la vitesse de ces appareils de transport. Convaincu de l’importance de ce concours, peut-être saqs exemple dans les annales de la mécanique et qui caractérise si profondément les progrès de la civilisation, M. Ewbank a entrepris les expériences suivantes afin d’éclaircir des faits qui ne semblent être encore qu’imparfaite-ment connus. Op compte un grand nombre de spéculations sur le problème de la propulsion, mais (laps soq opinion il ne pense pas qu‘on ait entrepris qne série d’expérienpes semblables à celles, toutes bornées et imparfaites quellessopt, qu’il a pqursuivies; et sj plies existent, il n’en a pas eu connaissance.
- Les expériences, relatives à la forme des aubes, ont eu lieu sqr la rivièfe Jlarlem, à New-lrork, dans les années l84o et 1848, op y a employé un bateau de 3m,81Q de longueur pt lm,Q68 de largeur. Un arbre enfer forgé ayapt
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- une section de 6,45 centimètres carrés et portant des manivelles s’étendait j un plat-bord à l’autre et roulait dans des coussinets boulonnés dans ceux-ci. ~et arbre se prolongeait en outre de bm,355 de chaque côté en dehors du bateau. Cette disposition avait pour but de s’opposer à ce que les roues qui étaient calées à ses extrémités projetassent autant d’eau dans le bateau qu’elles l’auraient fait si elles eussent eté plus rapprochées. Une personne assise à l’une des extrémités de ce bateau, faisait aisément tourner les roues dans l’une ou dans l’autre direction en poussant et tirant alternativement deux tringles verticales qui étaient articulées sur le fond du bateau et assemblées avec les manivelles par des tiges horizontales.
- Ces roues étaient d’une construction tres-légère et très-simple. Elles se Composaient de huit bras ou rayons en *er de 8 millimètres carrés et dont les extrémités intérieures avaient été encastrées à la fonte dans un moyeu cen-lÇal. Leur rayon était de 0m,408, cest-à-dire quelles formaient des c°ues de 0m,816 de hauteur. Pour les fortifier et en même temps pour qu’un effort exercé sur l’un des rayons fût transmis à tous les autres , ceux - ci étaient fortement reliés entre eux par °n(gros fil de fer qui les entourait et était retenu par de légères échan-ccures pratiquées à égales distances du tbeyeu ou aux angles du polygone aiI‘si décrit.
- Les diverses aubes ou palettes ont été découpées dans de la forte tôle de fer et on a rivé dessus des douilles carrées 9ui glissaient sur les bras de même ‘orme de la roue de manière à ce qu’on Put les ajuster et les fixer à des dis-ances uniformes de l’arbre ou du cen-re. On a donné à toutes la même sur-ace. c’est-à-dire 316 centimètres carrés.
- Pour mettre à l’épreuve les qualités du bateau et s’assurer de sa marche •cgulière et de son bon arrimage, on est servi de palettes carrées de 17,78 eutim. de côté , fig- 38, pl. 121, qu’on
- fixées sur les bras de chacune des °ues, et on a fait avec celles-ci diverses xcursions tant en montant qu'en des-endant la rivière. Ces palettes plongeaient de 18 centimètres au moins ans I eau et leur arête supérieure était n . Pe“ au_ffess°us de la surface du li-sYde,; Alors on a enlevé ces palettes sur ne ^es roues en les laissant autre pour servir d’épreuve ou terme de comparaison des effets
- des aubes de formes différentes. Ces palettes ont été désignées par le nn 1, et presque toutes les autres ont été formées avec elles, c’est-à-dire en y enlevant certaines portions dans des points et qu’on ajoutait dans d'autres ainsi que le font voir les figures. De cette manière, il n’y avait pas à craindre les erreurs et de faire un modèle de palettes d’une aire plus grande ou d’une superficie plus petite, attendu qu’il n’y avait aucun calcul à faire pour les aires.
- Dans toutes les Ggures les aubes sont supposées plonger dans l’eau dans la position où on les a représentées, leurs points ou leurs arêtes les plus inférieures pénétrant, leplus profondément dans le liquide.
- La fig. 39, formée en coupant les angles inférieur s de la fig. 38 et transportant les pièces enlevées sur les côtés supérieurs, a donné un triangle rectangle dont les côtés sont 25cent-,399 et l’hypoténuse 35cent-,65, malheureusement on a abattu les angles extrêmes de ces pièces de manière que l’aire s’est trou-véeréduiteà 310 centimètres carrés. On a fixé huit de ces palettes sur la roue dégarnie pour lutter avec le même nombre de celles de la fig. 38, toutes deux plongeant de 19cent05.
- Il est évident que chaque modèle se trouvant attaché au même arbre si l’un d’eux est plus efficace que l’autre, le bateau doit dévier de la ligne droite dans sa course et cela suivant une courbe plus ou moins allongée du côté du bateau où sera placée la forme la moins efficace. Or il est résulté que la forme de la fig. 38 l’a emporté sur celle de la fig. 39, et quoiqu’à un faiblelde-grè . cependant suffisamment pour établir son effet supérieur dans la marche du bateau.
- Comme dans les expériences on n’a pas toujours été à l’abri de l’influence de la marée et de légères brises, chacune d’elles a embrassé diverses excursions suivant différentes directions dans la rivière. Une ou deux fois le bateau a marché en ligne droite comme une flèche, mais presque toujours les palettes carrées ont eu l'avantage sur celles triangulaires. Celles-ci plongeaient dans l’eau avec peu de bruit et la projetaient derrière elles par leur pointe.
- La plupart des expériences ont eu lieu par un temps calme, et, excepté quelques légers courants d’eau ou d'air, ont été faites dans les circonstances les plus favorables. Deux personnes occupaient le bateau , et l’on a pris le plus
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- grand soin pour conserver une position bien horizontale à l’arbre moteur; quand on a eu quelque doute sur une expérience , elle a été recommencée et généralement plusieurs fois.
- Les mêmes palettes, fig. 39, ont alors été attachées au bras dans la position représentée et indiquée dans la fig. 40, c’est-à-dire que l’arête supérieure était, comme dans tous les autres cas, à 33 centimètres du centre de l’axe. Dans une série d’expériences nombreuses , elles ont surmonté les palettes d’épreuve , fig. 38, et surpassé d’une manière bien plus marquée que cette même forme , fig. 38, la forme fig. 39. Elles entraient dans l’eau en silence ; mais les observateurs placés sur le rivage ont pensé qu’elles soulevaient plus d’eau derrière elles, pas aussi haut toutefois que la fig. 38. Leurs pointes étaient d’environ 7 centimètres plus profondément enfoncées dans l’eau que le bord inférieur de la palette, fig. 38. Le bateau a décrit dans un cas une circonférence de 120 mètres, et dans un autre de 180 mètres de diamètre.
- Les mêmes palettes ont ensuite été essayées avec celles de la forme représentée dans la fig. 41. D’après les expériences avec la figure 40, on devait conclure que si on renversait la palette , son effet sur le bateau serait augmenté , attendu qu’une plus grande portion resterait plus longtemps immergée dans l’eau. Tel a été en effet le résultat, et d’une manière tellement tranchée qu’on a enlevé d’abord deux , plus quatre de ces palettes sur les bras, et que les quatre qui sont restées se sont trouvé égales en force aux huit de la fig. 38. Ces palettes ont alors été soulevées jusqu’à ce que leur bord inférieur fût de niveau avec celui des palettes n° 38. Dans cette position 5 centimètres de leur partie supérieure étaient au-dessus de la surface de l’eau, mais malgré cela elles ont eu un avantage marqué et même sur les palettes carrées.
- Enfin les mêmes palettes ont été mises dans la position indiquée, fig. 42, qui est l’inverse de la fig. 39. Le bateau tourna sur les palettes n° 1, dans toutes les circonstances, en décrivant des circonférences de 24 à 45 mètres de diamètre. Quatre d’entre elles étaient égales aux huit palettes n° 1. On a cru apercevoir qu’elles jetaient derrière elles plus d’eau que celles d’épreuve; ce qui est présumable, à cause de Pé-tenuue plus grande de leur extrémité.
- La forme soumise ensuite à l’épreuve a été celle, fig.38, mise dans la posi-
- tion , fig. 43. Ces palettes ont fait tourner le bateau contre celles d’épreuve dans des circonférences qui ont varié de 15 à 60 mètres de diamètre. On a alors réduit leur nombre à six qu’on a fait lutter contre huit du n° 1 , et on a observé peu de différence dans les résultats. Quatre ont encore été trouvées supérieures; mais trois n’ont pas pu soutenir la lutte. Ces palettes entraient dans l’eau sans bruit et la projetaient à leur pointe. L’auteur croit qu’elles en soulevaient davantage que le n° 1.
- La fig. 44, qu’on obtient en enlevant les deux angles supérieurs et les ajoutant par-dessous , comme on l’a représenté , a semblé avoir quelque avantage sur la fig. 43. Mais comme l’expérience a été troublée par quelques vents légers , l’auteur hésite encore à considérer la première forme comme supérieure. Néanmoins quatre palettes ou aubes de ce modèle ont été supérieures à huit du n° 1. On a supposé qu’une légère augmentation de résistance des pièces inférieures plongeant dans l’eau pouvait provenir de courants opposés qui viendraient se rencontrer dans le vide des cornes ou partie fourchue; mais on n’a pas eu les moyens de vérifier l’existence de ces courants.
- La fig. 45 a été découpée dans des plaques de 20 centimètres de côté , en y pratiquant une échancrure d’une superficie de 14 centimètres carrés pour ramener à l’aire normale de 316 centimètres carrés. Après plusieurs excursions, on a trouvé que celte forme présentait très-peu d'avantage sur la fig 38, et dans des expériences subséquentes, les deux formes ont semblé se balancer.
- En conséquence on a renversé, comme dans la fig. 46, cette forme qui a eu alors une prépondérance décidée sur les modèles compétiteurs. Six de ces palettes ont dominé légèrement huit des dernières, et quatre les ont presque égalées. Cependant il y a eu divergence d’opinion sur ce dernier point, quelques-unes des personnes présentes pensant qu’elles étaient tout aussi efficaces que les huit qui leur étaient opposées.
- La fig. 47 présente un demi-cercle. A l’épreuve , ces palettes ont fait tourner le bateau dans des circonférences qui ont varié à cause des vents et des marées de 9 à 45 mètres de diamètre. Quatre ont été parfois égales, et dans plusieurs cas supérieures à huit du n° 1. On a démontré aussi que ces palettes avaient moins d’effet, quoiqu’à un faible degré, que celles du modèle , fig. 43,
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- Çt que quand on les renversait, elles étaient plus puissantes que la forme de la fig. 39.
- La forme, fig. 48, n’a pas été essayée, parce qu’il est évident que sou mérite doit être à fort peu près égal à celui de la fig. 42 , peut-être avec une légère supériorité , mais trop faible pour être saisie, si ce n’est dans des eaux parfaitement calmes.
- .La fig. 49 est un triangle rectangle °ù le côté supérieur a 17,78 centimètres, et le côté vertical 35,56 centimètres. Les palettes de cette forme ont été, ainsi qu’on aurait pu le prévoir, plus efficaces que celles no 1. Tout dans la Marche a indiqué leur supériorité, et elles entrent dans l’eau sans faire au-cun bruit.
- Ces mêmes palettes ont été attachées au bras de la roue dans la position "S- 50, et n’ont pu lutter avec celles u° 1. Ces dernières ont eu sur elles un léger avantage.
- On les a alors renversées, comme dans la fig. 51, et alors elles se sont umnirèes aussi efficaces que les formes fig. 42 et 47, quatre d’entre elles étant égales à huit palettes d’épreuve qui leur étaient opposées.
- Enfin on leur a donné la position de *a fig. 52, et le bateau a tourné avec Une telle rapidité qu’il était difficile , avec un large aviron , de le maintenir en direction. En cet état on en a enlevé quatre et le bateau a décrit des circonférences de moins de 15 mètres de diamètre. Deux autres ayant encore été °ièes, en n’en laissant qu’une couple epntre huit sur l’autre roue, cette couple s’est montrée égale à ces huit palettes d épreuve.
- . Il paraîtrait donc, d’après ces expériences , qu’avec des aires égales et un Pl°ngement qui est le même , les palettes triangulaires peuvent être rendues deux fois plus efficaces que les Palettes rectangulaires ordinaires ; c’est Ce qui est rendu manifeste par les forces , fig. 42,47 et 51, où quatre d’entre ®Hes ont égalé, sous le rapport de l’ef-p! > huit des dernières, et cela en outre Jorsque la surface de propulsion du P'Us petit nombre netait que la moitié de celle du plus grand , car ces quatre Palettes mettaient autant de temps à .aire une révolution que les huit au-res. Par conséquent la vitesse dans le ateau peut être augmentée en dimi-uant le nombre de ses aubes, fait encore mieux démontré par la forme de la fig. 52.
- Il ne saurait y avoir de doute , sui-anl l’auteur, que plus est grande la
- vitesse des roues d’un steamer, moindre doit être, dans certaines limites toutefois, le nombre de ses aubes, et que, avec la vitesse à laquelle marchent quelques bâtiments à vapeur, le nombre pourrait en être réduit avec avantage. Quelques-uns d’entre eux ont, les uns trois , les autres quatre aubes submergées , et on en voit même qui, sans chargement à bord, en ont jusqu’à six sur chaque roue. Dans ces cas , n’est-il pas évident que chaque aube en entrant ne plonge pas, comme elle devrait le faire dans une eau tranquille, mais dans une eau que les aubes précédentes ontdéjàrompue et mise en mouvement vers l’arrière. 11 semble qu’une aube qui commence à entrer dans l’eau, une autre à l’aplomb de l’arbre et la troisième quittant la surface , sont tout ce qu’il faut pour entretenir le mouvement , et qu’un plus grand nombre, en ce qui concerne la vitesse du bateau, est évidemment nuisible. Cependant, avec l’idee vague d’atteindre une vitesse plus considérable, on a souvent doublé le nombre des aubes.
- La neige , comme on sait, fait glisser les roues des locomotives sur les rails au lieu de les y faire rouler. Ces roues tournent, il est vrai, comme d’habitude , mais les véhicules avancent très-peu; d’où il résulte qu’une grande portion de la force qui les met en mouvement est dépensée en pure perte. Il en est de même avec les roues à aubes. Un bateau n’avance jamais en raison des révolutions de ses roues à cause du milieu mobile au sein duquel et contre lequel elles agissent. Elles glissent toujours , et c’est là un résultat inévitable lorsque des masses solides cheminent dans des liquides. La distance entre les docks des steamers atlantiques de Li-verpool à New-York a été trouvée par le calcul de 3023 milles (486 1/2 myria-mètres) ; mais les aubes des steamers dans chaque voyage parcourent un espace qui varie de 5000 à 8000 milles (804 à 1287 myriamètres) (1). Dans les
- (1) Le steamer anglais Europa est arrivé dernièrement à New-York après une traversée remarquablement rapide de 11 jours. Ses roues ont 9m-753 de diamètre, et en supposant, d’après examen , qu’elles font en moyenne 17 révolutions par minute , ces aubes ont parcouru un espace de 8.240.000 mètres environ. Le bateau à vapeur JY rtliener a des roues de 9™.448, et en faisant la traversée de New-York à Char-leston , qui est de 630 milles (toi 1/3 myriamètres), les roues ont fait une fois 52,000 révolutions, une autre fois 5t,ooo. Les roues du Cherokèe ont la même dimension, et dans son premier voyage a Savannah , sur une distance de 700 milles (u3 myriamètres), elles ont fait 53,ooo révolutions.L’usage aujourd’hui
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- steamers qui ne s’aident pas de la voile, la disproportion est souvent plus grande. Or pourrait-on parvenir à modifier cette disproportion si on donnait aux aubes plus de prise sur le liquide qu’elles repoussent? Les expériences relatives aux formes des figures 40, 41, 42, 43,44, 46, 47, 49, 51 et 52 fournissent une réponse à cette question.
- Voici probablement l’explication de ce fait. Gomme la force impulsive de l’aube est plus considérable à son extrémité inférieure, et devient nulle à la surface du liquide, il en résulte que la largeur de sa surface doit augmenter avec le plongement, et devenir à rien ou à peu près à mesure qu'on s’élève. 11 est bien évident que lorsqu’une aube est dans l’eau à l’aplomb de l’arbre moteur, l’arête supérieure de cette aube ne fait que toucher l’eau , et cela seulement au moment où cette aube se trouve dans cette position ; mais supposons mêine qu’en cet état cette arête plonge.àt dans l’eau jusqu’à une certaine profondeur, un décimètre par exemple, il est clair qu’à peine aurait-elle plongé, qu’elle sortirait presque immédiatement de l’eau, tant serait petit l’arc de cercle qu’elle parcourrait dans le liquide, tant sera de courte durée son immersion, tandis que l’arète inférieure parcourra au sein du liquide une courbe infiniment plus étendue , et plongera pendant un temps bien plus considérable.
- Alors, pourquoi faire la partie supérieure de l’aube de même étendue que celle inférieure? Pourquoi établir une surface en un point où elle n’est d’aucune utilité et s’abstenir d’en disposer une dans le point où elle serait le plus avantageuse? une dépense de matière et de force sans obtenir un effet proportionnel, n’est-ce pas une perte absolue? La quantité d’eau entraînée par une roue est certainement
- est de diminuer le glissement des roues des véhicules marins, et de lâcher de les rapprocher sous le rapport de l'effet de celles des véhicules terrestres, en augmentant leur largeur, c’est-à-dire la longueur des aubes. Ainsi celles de l'Atlantic, qui sera un des steamers les plus puissants de la ligne de Liverpool à New-York, et qui est aujourd’hui en construction, auront 12 1/2 pieds (3-",8io) de longueur, et sans les difficultés pour entrer dans les docks anglais , on leur aurâitdonné 14 pieds '4“ 267). Celles de VTIermann et du Washington, de la ligne de Brême, ont respectivement 8 pieds (2n,.438 3 et 7 i/2 pieds (2m 286), tandis que le Franklin, en construction pour la même ligne, en aura de 12 pieds (3m 657). Le paquebot-poste anglais, de construction récente, VEu-ropa, et les trois autres qui font le service avec lui ont des aubes entre 8 et 9 pieds (2m.438 et 2»>.74I).
- plus considérable avec des aubes ordinaires qu’avec des aubes triangulaires. La forme particulière et la position de ces aubes ordinaires n’est certainement pas rationnelle quand on les considère simplement comme des organes de propulsion. Embrassez une même aire sous toute autre forme géométrique, celle d’un cercle, d’une ellipse, d’un carré, d’un pentagone, d’un hexagone, d’un octogone ou d’un autre polygone quelconque , les propriétés propulsives se trouveront accrues, et le bruit provenant du choc des aubes sur l’eau sera aussi diminué.
- Si on a donné la préférence à un parallélogramme à cause de la facilité qu’on a pour y appliquer des planches en bois, c’est sacrifier le principal à l’accessoire, la chose importante à celle qui l’est moins. Si la forme triangulaire ou autre forme perfectionnée réclame l’emploi de plaques en métal, serait-il raisonnable de les rejeter d’après ce motif? Mais l’auteur conseille de surseoir à tout jugement à ce sujet, attendu qu’il se propose de démontrer que les aubes épaisses en bois doivent être condamnées à cause des défauts qui leur sont inhérents.
- Du reste, ajoute M. Ewbank cette expansion de la portion inférieure de l’aube , qu’est-elle autre chose sinon le plan même de la nature? Dans la queue, les nageoires des poissons, dans les ailes des oiseaux et des insectes et particulièment dans le pied des palmipèdes , nulle part elle n’a sanctionné la forme rectangulaire pour la propulsion. Tous ces organes approchent du triangle équilatéral, du triangle scalène ou de celui isocèle, ou bien sont composés avec ces formes ; jamais la nature n’unit les leviers qui les font mouvoir avec leurs côtés, la réunion s’opère invariablement à l’un des angles , et la raison en est évidente, c’est que la portion la plus élargie de la surface doit avoir le plus long parcours.
- C’est pour démontrer cette assertion que l’auteur a donné la figure de la queue d’un certain nombre de poissons, et entre autres celle de la morue, du saumon, du carrelet, du maquereau , etc., qui toutes s’approchent en effet plus ou moins de la figure d'un triangle équilalérat et de celle, parmi les oiseaux nageurs, du pied d’un pétrel , où les membranes qui réunissent les doigts ont presque exactement cette forme.
- « Si j’étais chargé, ajoute-t-il, de pourvoir d’aubes un nouveau bateau à vapeur, je donnerais à ces pièces les
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- formes des fig. 42, 41 ou 52, ou plutôt ! je les ferais semblables à la moitié du pied d’un oiseau-nageur, fig. 53, le côté perpendiculaire du côté des flancs du navire, afin que le plus grand effort fût le plus voisin de la force. Ces aubes ne sortiraient plus hors de l’eau lors du roulis du bâtiment, ou bien au moment de leur immersion ne seraient Pas aussi exposées aux efforts excessifs Sui compromettent celles ordinaires. Elles ne donneraient lieu à aucun choc, ou du moins à un choc très-faible au moment où elles plongeraient, et auvent deux fois plus d’efficacité à surface égale que la forme à la mode et commune. Si on adaptait ce principe *}ux aubes actuelles, on pourrait le faire avec une dépense fort minime. On enlèverait des portions de la partie supérieure et on les fixerait en dessous amsi que le font voir les fig. 54, 55, oo et 57. On pourrait d’ailleurs enle-*er et raccorder ces portions suivant des courbes au lieu de lignes droites, et si on employait les aubes fig. 42, je ^commanderais que leurs bords inférieurs fussent disposés comme dans la jjîv 54, ou organisés en pointe comme dans la fig. 55, ou en fourche comme dans celle 56. »
- ( La suite au numéro prochain. )
- Chemins de fer , canaux , etc.
- Sous ce titre , nous nous proposons u offrir à nos abonnés une suite d’ar-ucles traitant de questions relatives <lux travaux publics, et qui, en raison uc leur nature, de leur nouveauté ou uc leur peu d’étendue, ne se trouvent Pas encore dans les manuels formant Encyclopédie-Roret.
- Au nombre de ces questions se place aturellement en tète celle du sondage, TH a fréquemment lieu dans les confections de chemins de fer, canaux,
- Sondage et équipage de sonde.
- M.-D. Magnier, ingénieur civil.
- r Sommaire : Objet du sondage. — connaissances nécessaires. — Examen . s outils. — Annotation des plans , échantillons et journal du sondage. — Ç-fluipage de sonde. — Tarière. — Assemblage des manches, tiges et al-loriges d’outils. — Vis.—Ciseau, ou mepan, ou jubiper ; trépan à téton. —
- Trépan à corde. — Ciseau et tarière à valve. — Allonges. — Inconvénient des tiges rigides. — Piqueur. — Grande clef. — Ciseau de nettoyage , clef de relevée ou pied-de-bœuf, clef de retenue. — Engin ou cabre, clamp et rouet.
- — Opération du sondage. — Humectation du trou de sonde. — Emploi de la tarière à valve et du ciseau à valve.
- — Forage à plus de six mètres de profondeur. — Usage du trépan cannelé. — Levier. — Engin à quatre montants pour les grandes profondeurs. — Tubage des trous. — Diamètre des tubes. — Glaisage des trous de sonde. — Outils élargisseurs. — Accidents. — Extraction des outils rompus, outils accrocheurs, caracole. —Extraction au moyen de la cloche à écrou. — Extraction d'outils ensevelis sous les éboulements. — Extraction de cordes, lire-bourre. — Assemblage des tubes de retenue et détail de l’opération du tubage. — Extraction des tubes. — Tète de sonde. — Conclusion.
- Objet du sondage. Dans les travaux publics, les constructions importantes, on fait usage de la sonde pour reconnaître , jusqu’à une certaine profondeur, la nature du sol sur lequel on se propose d’asseoir ces constructions. On nomme sonde l’instrument qui sert à forer, dans des terrains quelconques, des trous de petit diamètre.
- Quand il s’agit des fondations de constructions importantes ou du placement d’objets lourds, sur des dépôts diluviens ou sur des terrains rapportés, on ne saurait trop sonder pour s’assurer de l’espèce des matériaux ; car ils diffèrent souvent dans un espace de quelques mètres. Or, si l’on établit des murs pesants, des piliers, etc., sur des matièressujettes à éprouver les différents effets de la pression, ou sur une couche peu épaisse, ou sur des matières perméables à l’eau, il y aura certainement un manque de solidité qui pourra entraîner l’écroulement immédiat de la construction , ce qui est le cas ordinaire, ou il en résultera au moins de grands désagréments. Dans les chemins de fer, il faut positivement savoir quel est le sol qu’ils doivent traverser, non-seulement à cause des matériaux qu’on peut en tirer, mais aussi par rapport aux talus; car, en même temps qu’il se trouvera des roches qui pourront rester dans une position presque perpendiculaire , il y en aura d’autres qui, en raison de la dépression , de l’humidité , ou de l’absence des matières qui étaient interposées, exige-
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- ront une plus grande inclinaison ; les corps les moins durs, comme la craie, le sable solide, le fort gravier, conserveront, sans aucun danger, une position peu éloignée de la verticale; tandis que certaines espèces de terres ne conserveront aucune espèce de forme de talus. Il faut donc, par un nombre sufïisantde sondages, se rendre compte des quantités de terrains qui seront nécessaires aux pieds des talus, suivant la nature du fond à traverser.
- Connaissances nécessaires. L’ingénieur chargé de sonder devrait être bien au courant des diverses compositions de la croûte terrestre, et s’il ne possédait pas bien la géologie et la minéralogie, il devrait au moins connaître par expérience les différentes matières amenées à la surface ; cette connaissance pratique (la plus utile) ne peut s’acquérir que par le travail et l’observation. S’il ne la possède, il faut qu’il se soumette aux renseignements des ouvriers et des terrassiers, hommes dont l’expérience ne doit jamais être dédaignée.
- Examen des outils. Avant de commencer à sonder, un homme expérimenté doit attentivement examiner tous les outils et instruments; il doit voir s’il ne manque rien et si tout est en bon état de réparation. En ceci , comme dans toutes les spécialités, il ne doit compter que sur lui-même.
- Annotation des plans, échantillons et journal du sondage. Les plans et les sections doivent indiquer les endroits sondés et les profondeurs atteintes par la sonde.Autrement on estexposé à des retards, des pertes de temps et des dépenses inutiles.
- On ne doit en aucun cas s’abstenir de recueillir soigneusement etde placer dans des casiers, disposés à cet effet, des échantillons des matières ramenées au jour, des diversés profondeurs de chaque sondage, et d’accompagner ces échantillons de tous les renseignements possibles. Puis ces mêmes renseignements et les moindres circonstances de l’opération, ainsi que la position exacte du trou de sonde, les profondeurs, la nature du sol, etc., etc., doivent être mentionnés avec le plus grand soin et la plus grande exactitude sur le journal du sondage.
- Ainsi les plans, les échantillons et le journal doivent concourir à donner et à conserver toutes les indications désirables.
- Équipage de sonde. Les formes
- d’outils varient beaucoup, suivant les différentes idées de ceux qui s’en servent. Nous n’essayerons pas de décrire, ni même d’énumérer tous ceux que l’on a inventés ou que l’on a cru inventer; nous bornerons nos observations à ceux qui sont le plus généralement employés. Ils consistent en tarières , vis, ciseaux, un piqueur d’environ cinq mètres, l’allonge; les clefs transversale, de relevée, de retenue; le ciseau de nettoyage, un bidon, un marteau, des tuyaux, une pioche et deux pelles, des planches et des taquets, des pieux d’échafaudage pour l’engin, un palan pour tirer. Ces instruments se charient de station en station.
- Tarière. La tarière, pl. Sondage fig.l, est un cylindre creux en fer durci mais non trempé sec , car s’il est cassant, le tranchant de l'outil s’ébréchera au con-tactd'un rocheroudequelque autre substance dure ; la tarière a 0“,088 de diamètre, et l’épaisseur du métal est, dans les endroits les plus forts, de 0m,003 Le cylindrea à peu près 0m,444 de longueur; la tige, avec la vis qui entre dans la douille de l’allonge, aOm,483dehaut; cette tige est carrée , de 0m,028 de chaque côté; sept ou huit rainures suffisent à l’écrou. Cet instrument traversera rapidement la terre, la terre grasse , la craie, la terre glaise et le gravier, s’il n’est trop gras, et donnera de très-bons échantillons de terrain; en l’introduisant et en le faisant tourner dans le trou, on doit avoir soin de ne pas casser le tranchant. Indépendamment de ce que cette tarière s’applique très-bien à l’usage général, elle offre encore l’avantage d’amener des fragments de pierre, etc. Les fig. 2 et3 s’appliquent particulièrement aux lits de terre glaise , de craie, etc., et la fig. 4 va bien dans les couches de pierres sablonneuses, qui sont profondes, et quand on peut se passer du ciseau. Les tiges de tous ces outils sont pareilles et s’emmanchent de la même manière.
- Assemblage des manches , tiges et allonges d'outils. Quelquefois les bouts s'assemblent à enfourchement ; mais le plus ordinairement l’assemblage se fait à vis et à douille, ce qui n’a d’autre inconvénient que de ne pouvoir détourner dans le trou de sonde; le bout supérieur de chaque pièce porte une vis et le bout inférieur une douille, de manière que dans un assemblage -toutes les ouvertures des douilles sont tournées vers le bas, ce qui permet de maintenir plus propres les assembla"
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- ges. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant des allonges.
- Pis. La vis, fig. 5, a 0m,35 à 0n\45 delong et 0m,063à la partie supérieure;
- 'a plus forte épaisseur du métal est de 0m,0ü6 ; avec la tige et l’écrou d’assemblage elle peut mesurer, comme les outils précédents, près d’un mètre. On fait usage lorsque la tarière éprouve quelque obstacle par la présence d’une roche dure, de pierre à chaux , ou de sable; elle forme un trou suffisant à ^introduction de la tarière qui alors l’agrandit et retire la matière broyée.
- Ciseau ou jumper. Le ciseau, que •os Anglais nomment jumper, sert à briser, par éclats, les pierres ou autres substances dures, que ne peuvent en-jamer ni la tarière, ni la vis; en ce cas,
- 1 °n s’en sert en l’élevant et en le laissant retomber; il produit ainsi des fractures. Après quelques coups , on introduit la tarière et l’on relire des fragments de la matière qui forme obstacle. Il y a deux sortes particulières <te ciseaux; l’une ne fait que briser !essubstances dures; l’autre peut aussi on amener les morceaux. Les fig. 6, 7, ° donnent l’élévation, le plan et le Profil d’un jumper, qui n’est autre ?bose qu'un fort ciseau, dont le poids, joint à celui de l’allonge,en l’élevantet en le laissant tomber, fait des éclats fine l’on retire ensuite avec la tarière.
- instrument a 0“,076 de largeur sur d’épaisseur. Celui des fig. 9,
- *9 et 11 s’emploie de la même manière, ^inis il est plus lourd. On se sert beau-c,0uP de celui des fig. 12, 13, 14, qui Remploie aussi de la même manière, ptei des fig. 15, 16, est une espèce de Jance qui avance très-rapidement dans •a pierre à chaux et dans le grès, lorsqu ces substances sont trop dures Pour faire usage du premier coup de a tarière; on peut très-bien se servir oe cet instrument en l’èlevant et le
- teissant retomber, ou en le tournant.
- arrive que la pointe se casse, un forgeron la répare facilement. Il y a aussi pour les sondages de grands dia-^ctres un trépan à téton, fig. 17; il porte au milieu de son tranchant un second ciseau ou téton, dont l’office est oc commencer le trou sur un plus petit diamètre. Le biseau des trépans, engé-dcral, doitètre d’autant plus obtus que tes roches sont plus dures. Les tiges de ^es outils ont toutes 0m,028 à chaque ,Çe ; elles ont aussi un écrou, comme a ‘a fig-1, et leur longueur est également de O1»,912.
- Trépan â corde. Les fig. 18, 19,20 ** Technologiste. T, XI. — Novembre 1849,
- donnent l’élévation, le plan et la section d un ciseau dont on fait l’emploi au moyen d une corde au lieu de tige, et dont on se sert beaucoup dans les sondages profonds. Quami, dans un trou, on a fracturé, au moyen du ciseau ordinaire ou de la lance une substance dure, il faut, au bout de quelque temps, retirer ces outils et les remplacer par la tarière afin d’extraire les morceaux de cette substance; cette opération prend un temps considérable. L’outil dont il s’agit ici est destiné à éviter cette perte de temps : il rompt et il sort simultanément les matières. Il consiste en un cylindre cannelé en fer de 0m,088 de diamètre. Il a de douze à quatorze cannelures d’environ 0m,102 de profondeur ; à la partie inférieure, se trouvent quatre pointes qui servent à casser et à percer ; au sommet est un godet qui recueille les fractures ; une verge carrée, ayant un œil pour y passer la corde, s’élève à 0m, 102 au-dessus de ce godet. Le cylindre, y compris les pointes , a 0m,608 de long; les pointes ont0m,076de long et 0m,019 de large sur toutes faces. Cet outil s’introduit dans le trou avec la corde à laquelle il est attaché , au lieu d’être relié avec une tige d’allonge, on l’élève de 45 à 60 centimètres et on le laisse retomber, en ayant soin toutefois de le tourner à chaque coup dans le sens de la torsion de la corde, afin d’éviter l’incrustation des cannelures dans le roc, ce qui s’opposerait à l’introduction d’une tarière postérieurement; on peut ainsi donner 30 â 40 coups par minute. Les pointes brisent la pierre, et si le trou est bien humecté, les parcelles et les matières pâteuses longent les cannelures et se déposent dans le godet. Quand l’instrument a perforé un certain nombre de centimètres, on tire la corde, soit à la main, soit au treuil, on enlève les matières du godet, on nettoie les cannelures et les pointes, et on recommence l’opération. S’il y a quelque cassure aux pointes, on y remédie facilement, car elles sont vissées à environ üm,025 dans le cylindre ; le premier forgeron de village peut en faire; mais il vaut mieux en avoir deux ou trois de réserve en cas d’accident. A l’occasion, il faut examiner si le nœud de la corde est en bon état. Ce n’est qu’avec cet instrument que l’on peut perforer à une grande profondeur, et plus rapidement qu’en se servant du ciseau et de la tarière, auxquels il est de beaucoup préférable.
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- Ciseau et tarière à valve. On en emploie pareillement un autre qui est représenté, fig. 21 et 22. Celui-ci consiste en un cylindrecreux en fer, dont l’épaisseur est d’à peu près0,n,003; son diamètre est le même que celui du précédent. ! On s'en sert dans les terrains mous, mélangés d’eau ; quand on fait tomber cet instrument, la matière , en s’y introduisant, soulève le boulet a qui, en retombant, l'empêche de s’échapper -, après deux ou trois coups, on le tire et on le vide. La fig. 23 représente un outil à valve , analogue au précédent, mais avec une vis qui est excessivement bien appropriée pour agir dans le sable fin et dur; la vis y pénètre rapidement et la pression de la substance en entrant soulève le boulet qui, lorsqu’on attire, retombe à l’ouverture qu’il clôt de manière à ce que celte substance ne puisse s’échapper. Le cylindre peut avoir 0m,456 de longueur, et la vis environ 0m,20i; la matière peut être de la tôle rivée. Comme en se servant de cet instrument on le fait tourner, il est tenu, à vis , à une tige. Il porte, avec la tige, 0n\912 de long. Ainsi que celui de la fig. -22, il a un rebord intérieur b qui retient le boulet et qui fortifie le bas du cylindre. Outre les instruments que nous venons de mentionner, il s’en trouve beaucoup d’autres. On ne doit pas penser que tous ceux-ci forment indispensablement un appareil de forage; mais ils ont tous leur utilité dans différentes espèces de terrains et de roches.
- Allonges. Les allonges servent à introduire les outiis à une plus grande profondeur; elles ont 3 mètres de long. C’est une verge, généralement carrée , dont chaque côté a 0m,028; elles sont en fer. Le bout inférieur d’une allonge a une douille taraudée pour recevoir la vis du manche de l’outil et son bout supérieur est en vis, pour s’adapter, quand onarriveau boutdecelle-ci, à la douille d’une autre allonge. La douillecylindrique a0m.051 dediamètre et 0m,063 de hauteur ; toutes les vis et toutes les douilles des outils doivent être de même longueur ets’ajuster parfaitement, afin que toutes les pièces de chacun d’eux puissent s’adapter l’une à l’autre. On doit établir et conserver droits les allonges et les outils, de manière qu’étant assemblés ils ne forment qu’une ligne parfaitement droite. On doit s’assurer de ce point, en les assemblant, et on les redresse sur le terrain, si l’œil y découvre quelque courbure; on s'assure encore mieux qu’il n’y a
- pas de défaut semblable en assemblant une grande suite d’allonges. L’inconvénient des allonges, ou tiges rigides, est le fouet ou vibration que leur occasionne la percussion de la sonde.
- Pique ou piqueur. Le piqueur, fig. 25, n’est qu’un barreau de fer rond, long d’au moins 5 mètres et d’un diamètre de Üm,0t9; il a un bout qui forme une pointe et l’autre un anneau ou poignée qui sert à le tenir. On s’en sert dans les tourbières, les fondrières, le sable mou, afin d’apprécier leur profondeur.
- Grande clef. La clef, fig. 26, est une barre transversale à laquelle s’adaptent les tiges des outils ou les allonges, et qui sert au maniement de ces outils quand on les fait tourner dans le trou. Elle a, d’un bout à l’autre, lm,825 de longueur. La fig. 27 représente, au quart, la partie de cet instrument où se trouvent maintenues les tiges d’outils ou les allonges. Cette partie est en fer, aussi bien que les deux bras a, a, fig. 26. En a, fig. 27, s’introduit l’allonge, qui s’y trouve solidement serrée par une clavette qui se met dans la fente c ; quand cette clavette est lâchée, elle se trouve retenue en b par une chaîne qui l’empèche de se perdre. Aux extrémités a, a, fig. 26, le fer traverse entièrement les deux poignées en bois b, b. On serre et on desserre la clavette avec un marteau.
- Ciseau de nettoyage, clef de relevée ou pied de bœuf, clef de retenue. Le ciseau à nettoyer, ou écope, n’est qu’un morceau de 1er de 38 centimètres de long sur 25 millimètres de diamètre, aplati par un bout qui est replié; on s’en sert pour nettoyer les tarières et les vis. La clef de relevée, fig. 28 et 29, sert à saisir la tige sous le chapeau de la vis pour retirer les instruments; elle est tenue à une corde. Cette clef est entièrement en fer. L’anneau A se fixe sur B, où, tout en pouvant tourner, il est maintenu, par l’écrou C. La tige, en dessous du tourne-à-gauche ou d’un chapeau de vis, s’adapte en D, et le tourne-à-gauche ou le chapeau s’appuie sur A, fig. 29. L’ouverture I)a juste 0m,028, ainsi que la partie B-Ces figures étant au quart, nous n’avons pas besoin de donner ici les mesures de cet ustensile. La fig. 30 représente l’objet qui sert à dévisser; il peut aussi soutenir les tiges suspendues dans le trou : alors on l’appelle clef de retenue.
- Cabre ou engin, La fig. 31 repré-
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- sente ce que les charpentiers appellent une cabre et ce que les Anglais nomment triangle. Cette machine se compose de trois fortes perches d’environ 7 mètres et demi, dont les deux bouts sont garnis de fer, et assemblées comme on le voit. Quelquefois on se sert de corde au lieu de fer. Un morceau de fer, un peu plus long que les diamètres des ttois perches, se passe d’abord dans la perche du milieu; puis on place les deux autres. La fig. 32 représente le clamp et le rouet. A, est la Perche centrale; B , le boulon de 0n‘,0l9 qui la traverse, aussi bien que les deux œils des deux trihgles CC, dont le diamètre est de 0m,0t2. Lés trois pieds doivent être assez élargis pour que l’engin soit solidement posé.
- Il faut passer la corde dans le clamp avant que les perches soient dressées. L’état de cette corde doit être bien surveillé.
- Opération du forage. Avant de commencer à forer la terre, on creuse avec Une pioche et une pelle, un trou qui varie suivant la profondeur du sondage; s’il ne doit être que de 4 mètres et demi à 6 mètres, il suffit de creuser jusqu'à 0m,304 sur 0m,3(H au carré, et de recouvrir avec deux planches de Ces deux planches ont chacune une ouverture en demi-cercle , de manière qu’en les approchant, il se trouve un cercle par lequel passent les °utils et les allonges (fig. 32).
- Au moyen du creux et du cercle de i® plate-forme en planche, il est facile d’assurer une direction perpendiculaire aUx outils qui doivent pénétrer dans le s<d. La cavité étant faite et les planches fixées, si la terre est tendre, on introduit une tarière, adaptée à une “8e et on perce ; à cet effet on fixe la clef que (jeux hommes tiennent par chacun un bout et font tourner exac-tement comme un foret dans un morceau de bois. Préalablement on fait sur (? 1tige une marque, avec de la craie, à UlMô2 au-dessus de la plate-forme, et Quand l’outil a pénétré d’autant on le etire ; ce que contient la tarière est attentivement examiné et noté, et on n prend une partie exempte de toute P°rtion étrangère; cet échantillon se Onserve soigneusement ; son étiquette P°rte la nature du terrain et la profon-cur d’où il a été extrait. Ces mentions mettent aussi sur le livre destiné à nserver toutes les notes du sondage, nmtrodnit de nouveau la tarière, on h11 une autre marque 0m,152 plus ‘‘Ut, et l’on procède encore de la
- même manière. Quand, en raison de la dureté de la substance, la tarière ne veut plus avancer, on la remonte pour la dévisser et la remplacer par l’outil de la fig. 5; on doit prendre garde dans ces changements qu’il ne s’introduise rien dans l’écrou. La vis (fig. 5), étant fixée à la tige, se descend dans le trou, en ayant soin de ne pas agir trop brusquement, car, si on la laissait tomber fout d'un coup, elle se casserait. Au moyen de la clef, cette vis, ou spi— râle, s’insinue, en tournant, dans la roche; mais il faut la faire alterner avec l’un des ciseaux déjà décrits; apt-ès l’emploi du ciseau, on s’en sert de nouveau, et ainsi de suite, c’est ce que l’on peut appeler becqueter ; on doit avoir soin que l’outil ne se dévisse pas dans le trou. En faisant asseoir un homme au milieu du tourne-à-gauche, cet instrument perce des rochers très-durs; mais, pour un litde cailloux, il faut le ciseau, on puise les éclats de cailloux avec la tarière; puis, s’il est nécessaire, on remplace la tarière par leciseau, etc.Il faut de grandes précautions en se servant de la tarière après le ciseau qui a brisé des cailloux : il peutarriver qu’un morceau, en s’échappant, s’interpose entre la paroi du trou de l’outil et l’empêche de descendre ou de monter. En ce cas, une forte tarière à valve est utile pour sortir d’embarras.
- Humectation du trou. Par des percussions et des frottements constants, lesoutils sont susceptibles de s’échauffer et de se détremper, surtout si les matières dures sont à sec. Pour obvier à cet inconvénient, et principalement pour délayer la terre ou la pierre, on jette de temps en temps un pot d’eau; ce procédé amollit la terre, conserve la fraîcheur des outils, et concourt, avec les éclats et la poussière, à former une pâte assez solide qui se retire plus facilement au moyen delà tarière.
- Emploi de la tarière à valve. En forant dans les terrains tertiaires, on rencontre des matières si peu compactes qu’elles ne tiendraient pas dans la tarière ordinaire. En ce cas, on se sert avantageusement soit du ciseau à valve, fig. 21 et 22, soit de la tarière à valve, fig. 23 ; le premier dans les matières molles, comme le sable et l’eau ou les substances végétales ; la seconde pour les sables, secs ou humides, ce qu’il est utile de savoir. Le sable sec s’échapperait de la tarière ordinaire, mais ici il se trouve retenu.
- Forage à plus de fi mètres de pro-
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- fondeur. Quand on veut sonder à plus de 6 mètres , on procède d’une manière différente. On creuse , jusqu'à 0m,912, un trou de 0m,912 de long sur O"1,608 de large; on place la plateforme, le cercle des deux planches autant que possible au centre. Dans cette circonstance, il vaut mieux fixer l’engin, passer la corde sur le rouet de la poulie et mettre l’engin en place de manière que son sommet se trouve exactement au-dessus du cercle de la plate-forme, ce que l’on obtient facilement sans qu’il soit besoin de bouger plus d’un des montants ; en abaissant la corde, à laquelle le pied de bœuf est attaché, elle tombera justedans le trou, si le sommet de la cabre est bien verticalement au-dessus. Il y a un ouvrier sur le trou , son occupation consiste à nettoyer et à vider les outils qu’il remet ensuite dans le trou où ils redescendent. L’ouverture étant sèche, l’ouvrier à sa place, la plate-forme fixée , et l’engin monté, quand l’excavation est déblayée, l’opération commence en fixant, comme il a été dit, une tige à l’outil, à une tarière si c’est pour de la terre glaise, de la craie ou quelque autre matière propice à son emploi, ou à un autre outil suivant les circonstances ; on l’introduit dans l'excavation, le bout portera bien verticalement, si l’on y met un peu d’attention, et l’on doit se souvenir que c’est là un point important. Alors on adapte la clef à une hauteur convenable aux ouvriers et l’on commence le travail. La première longueur de tige peut très-bien se manier sans le secours de l’engin ; mais, à la seconde, on y a recours. Quand la longueur des tiges ou allonges, excède ta hauteur de l’engin, on se sert de la clef (fig. 30) que l’on place en travers de la tige sur la plate-forme, et qui, étant bien serrée, tient l’appareil suspendu : au moyen d’un autre instrument analogue, que l’on applique aussi près que possible du chapeau de vis, et naturellement au-dessus de la clef, on dévisse la partie hors du trou. Les allonges dévissées sont mises de côté, le pied de bœuf se place sous un écrou de la tige qui reste dans le trou, et la même opération recommence tant que tout soit dehors, quand il faut changer ou vider un outil. Comme nous l’avons déjà dit, on recueille des échantillons qui portent particulièrement le numéro de la sonde et la profondeur où ils sont pris. Quand on parvient à une certaine profondeur et qu’on se sert du ciseau, la longueur de la tige la rend trop pesante pour être
- soulevée à la main ; il faut donc faire usage de la corde pour élever à 0“,45, mais pas plus haut, car l’outil se romprait, à moins que ce ne soit celui de la fig. 11, qui est très-fort.
- Usage du trépan cannelé. Maintenant l’on comprendra facilement que la séparation des allonges d’avec le ciseau, l’introduction de la tarière pour extraire les matières , etc., prennent beaucoup de temps, ce qui fait que nous n’hésitons pas à recommander le ciseau caunelé, fig. 18 et 20, attaché à une corde. Il est clair que les pointes brisent la pierre; que, si le trou de sonde est humecté, la matière est forcée de longer les cannelures et de retomber dans le godet; et que cette matière sera bien plus vite rendue dehors par cette méthode que par la précédente. Cet instrument peut s’employer à la main en tirant et en laissant retomber la corde, et en tournant à chaque cinq ou six coups, ou l’on peut faire usage du levier, comme on le voit, fig. 34.
- Levier. On plante, à 0m,456, en terre, un poteau carré dont chaque face a 0m,204, A, fig. 34. Dans ce poteau on place en B le levier C, qui a environ 3m,65 de longueur; à l’extrémité D, comme on le voit dans la figure s’attache le pied de bœuf qui tient l’allonge sous le chapeau; on agit par l’autre bout.
- Engin à quatre montants pour les grandes profondeurs. Quand on atteint à des profondeurs de 21, 24 ou 30 mètres , comme à des entrées de tunnels, et à de plus grandes profondeurs, quand on sonde au-dessus de la longueur d’un tunnel, le poids des allonges devient trop considérable pour que les ouvriers continuent à travailler de la manière précédemment décrite, et l’on est obligé d’avoir recours à un moyen mécanique qui consiste en l’emploi d’un simple treuil et d’une autre espèce de cabre. Cette cabre est formée de deux pairesde montants. Les fig. 35 et36 suppléent à l’explication ; la fig. 35 montre le sommet de l’engin, et la fig. 36 le treuil. AA, fig. 35, sont les deux pieux exempts de défauts, disposés aux bouts pour s’appliquer l’un à l’autre, reliés et boulonnés ensemble. B est la barre qui passe par les chappes des poulies, puis par les deux poteaux extérieurs. Ces quatre poteaux , bien établis, forment un support d’une extrême solidité. Le tout doit avoir deux couches de peinture de plomb à l’huile. La fig. 36
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- montre le bas des deux poteaux avec le treuil Lecablc s’enroule sur le tambour A, d’où il monte pour passer sur le rouet de la poulie , qui se trouve au sommet et dont le bout redescend s’attacher au crochet ou pied de bœuf qui tient la tige de l'outil»
- Tubage des trous. Pendant le sondage on est exposé à rencontrer des glaises qui, comparativement, sont dans un état tluide et qui peuvent couler ou glisser par suite de la pression des couches que l’on a traversées; ou des terres mêlées de matières qui peuvent tomber et entraver l’outil, que l’on a alors beaucoup de mal à débarrasser. On peut aussi rencontrer de l'eau qui inonde la sonde ou qui, si elle provient de terrains plus élevés, jaillit et empêche de travailler; ou du sable mourant qui remplit en partie le trou aussitôt qu’on l’a formé. Alors, pour venir a bout du travail, il faut canaliser. Les tuyaux peuvent être en fonte et se trouver tout prêts dans une grande fonderie voisine; maiss’il s’agitd’enmunir lesou-tilsde sondage,il fautqu’ilssoientenfer, et pour les trous dont nous avons parlé, leur épaisseur va de 2 à 3 millimètres, et on les dispose de manière à ce qu’ils offrent le moins de résistance possible en les introduisant dans le trou ou au passage des outils. On peut les faire de lm,50 à 3 mètres de longueur; on les assemble au moyen de manchons en tôle et de petits boulons à vis, dont les têtes sont très-plates. Cet assemblage doit se faire à vis, afin de pouvoir séparer facilement les tuyaux quand on les relire ®t de manière à ce qu’ils n'accrochent pas les parois du trou. Le bout inférieur du premier tuyau doit avoir des dents comme on le voit, fig. 37, et ces dents doivent pouvoir couper les aspé-rUés qu’elles rencontrent dans le trou quand on y introduit le tuyau. Quoi-
- que ordinairement lcslnbesdetôle s’enfoncent en tournant, il faut que l’épaisseur soit suffisante pour supporter de petits coups de mouton.
- Diamètre des tubes. Le diamètre intérieur des tuyaux doit être suffisant pour quelesoutifs aillent et viennentai-sément, ou l’on serait privé des outilsqui ne pourraient les traverser; d’un autre côté, à moins que le diamètre du trou ne soit élargi, on ne peut pas introduire les tuyaux dont le diamètre extérieur est plus grand que le trou déjà percé. On peut aussi , après avoir canalisé jusqu’à une certaine distance, percer un lit où il n’y ait pas besoin de tuyaux, puis rencontrer d’autres lits, plus bas. où il en faille. Alors on doit se servir soit de tuyaux d’un diamètre tel qu’ils puissent passer dans les premiers, ou prendre des outils qui dégagent, au-dessous de la première canalisation, un trou d’un diamètre suffisant pour que les tuyaux puissent y descendre.
- Glaisage des trous de sonde. Quand le trou de sonde n’est que d’un faible diamètre et qu’il ne doit pas atteindre à une grande profondeur, on s’évite ordinairement d’employer les tuyaux en tôle, dont il vient d’ètre parlé, pour soutenir les parois des terrains qui sont de nature à ébouler, au moyen de la terre glaise. Dans les trous où il ne s’agit que d’explorer les sous-sols , il suffit souvent que ces trous soient glaisés, c’est-à-dire qu’on en consolide les parois au moyen de la glaise. A cet effet on relire la sonde et on remplit le trou, jusqu’au bout du banc èbouleux, avec de la glaise pétrie dure, ou à l’état consistant ; on la tasse à la masse et on fore de nouveau dans la glaise avec une tarière.
- ( La suite au numéro prochain.)
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- BIBLIOGRAPHIE.
- Manuel du constructeur et des agents voyers.
- Par M. Lagarde , ingénieur civil.
- Un vol. in-18 de 8 feuilles, avec 1 pl.
- Prix : 3 fr.
- Les ingénieurs des ponts et chaussées , les ingénieurs civils, les officiers du génie militaire , les architectes , les conducteurs des ponts et chaussées , enfin toutes l’es personnes qui s’occupent de constructions, ont sans cesse recours à des données expérimentales ou à des formules pour établir leurs plans , leurs mémoires ou leurs devis. Ce sont ces données et ces formules souvent ramenées à des formes plus simples, que l’auteur a eu l’idée de
- réunir dans ce Manuel, en les accompagnant d’exemples bien choisis pour en faire comprendre les applications. C’est un aide-mémoire, un vade mecum d’un emploi usuel et journalier qui doit figurer sans cesse sur le bureau ou ne jamais quitter la main du constructeur. En général, les éléments de ce Manuel sont empruntés aux meilleures sources, aux auteurs de la réputation la mieux établie, et la liste en est si longue que nous n’essayerons pas de la rappeler. Afin de rendre ce travail aussi complet et utile que possible, l’auteur a eu l’idée d’y joindre les lois, décrets, ordonnances, arrêtés et instructions diverses qui concernent les constructions, de manière que les ingénieurs et les agents voyers auront ainsi sous la main les documents les plus importants de leur profession.
- AYIS.
- Tous les ans la Société d’Encourage-ment décerne aux ouvriers de l’Agriculture et de l’Industrie, aux contremaîtres, aux chefs d’ateliers, des médailles et des ouvrages relatifs à leur profession.
- La Société prie les autorités locales,
- les agriculteurs et les manufacturiers de lui désigner les citoyens qui leur paraissent les plus dignes de ses distinctions, en lui faisant parvenir, avant le 31 décembre 1849, les renseignements propres à éclairer sa décision , au secrétariat de la Société, rue du Bac, 16 , à Paris.
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Par M. Vàssehot, avocat à la Cour d'appel de Paris.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COURS D’APPEL.
- COUR D’APPEL DE DOUAI.
- Première chambre.
- Compagnie houillère d’Anzin, — Origine ET ÉTENDUE DE SA CONCESSION.
- — Prétention des compagnies de Thivencelles , Fresnes - Midi et Saint-Aybert. — Curiosités histq biques.—Traité de Cambrai.—Rançon de François Ier. — Droit de haute justice.
- La cour de Douai a consacré quatre ^udjences successives à l’examen, d'une affaire considérable par l’importance des intérêts qui y sont engagés, et par !®s questions historiques et de droit *eodal qu’elle soulève. Les sociétés réunies de Thivencelles, Fresnes-Midi et Saint-Aybert disputent à la compagnie d’Anzin la moitié environ de la concession à laquelle celle-ci prétend , vertu de titres remontant à 1749 et 1751, Le tribunal de Valenciennes a r®jetô les prétentions des sociétés réu-dtes. Elles ont interjeté appel.
- M« Allou et MeDelanglé,du barreau j*e Paris, se présentent pour les appe-ants ; Me Duinon, du barreau de Douai, P°ur la compagnie d’Anzin.
- .V oici les faits du procès :
- 1s?ans c9Vir,ant du mois de mars , les sociétés réunies ont procédé a d’importants travaux de recherche uans la partie est du territoire de
- Condé; la présence de la houille a été constatée sur trois points distincts.
- Une demande en concession a été introduite ; la compagnie d’Anzin a formé opposition à cette demande comme concessionnaire , en vertu de titres remontant à 1749 et 1751, de tout le territoire, sans exception , sans limites, de Condé, Vieux-Condé et Hergnies. Le 21 avril 1843 , la compagnie d’Anzin a assigné les compagnies devant le tribunal de Valenciennes en discontinuation des travaux entrepris et en réparation du préjudice qu’ils lui avaient causé. L’administration a élevé le conflit , et la question a passé dans le domaine administratif. Le conseil général des mines s’en est emparé ; il l’a longuement élaborée, et elle est arrivée enfin au conseil d’Etat comme question contentieuse; là elle a été résolue par avis du 22 août 1848 , suivi d’un décret du pouvoir exécutif, du 15 septembre.
- Le conseil d’Etat a reconnu qu’il y avait lieu à interprétation des actes de concession de 1749 et 1751, et il a déclaré qu’ils devaient être compris en ce sens qu’ils embrassaient toutes les terres sur lesquelles le duc de Croï avait à celte époque droit de haute justice. Mais comme cette concession avait un caractère civil et non pas purement administratif, l’appréciation a dû en être réservée aux juges originairement saisis ; les parties ont été renvoyées en effet devant le tribunal de Valenciennes.
- Les premiers juges ont décidé que la concession de 1749 comprenait tout le territoire de Vieux-Condé et de Condé, le duc de Croï, concessionnaire originaire ayant sur toute cette étendue droit de haute justice.
- Les compagnies ont interjeté appel.
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- La cour a statue ainsi. Nous reproduisons les motifs principaux où sont traités les points de fait et de droit importants dans la contestation :
- a Attendu que par décret du président du conseil chargé du pouvoir exécutif rendu le 30 août 1848, sur l’avis du conseil d’État, il a été décidé que la permission qu’Emmanuel de Croï-Solze avait sollicitée à l’effet d'extraire des charbons de ses terres de Condé et Vieux Condé, et qui lui avait été accordée par l’arrêt du conseil, du 14 octobre 1749 , comprenait tout le territoire de Condé et Vieux-Condé, situé sur la rive droite de l’Escaut, et qui était soumis en 1749 au droit de haute justice dudit Emmanuel de Croï, sans distinction entre les terres dont il était propriétaire foncier et les terres qui étaient seulement soumises à son droit de haute justice ;
- » Que la compagnie propriétaire des mines d’Anzin articulant devant le conseil d’Etat que Emmanuel de Croï avait droit de haute justice sur la totalité des territoires de Condé et Vieux-Condé , tandis que l’existence et l’étendue de ce droit de haute justice étaient contestées par les sociétés réunies de Thivencelles et Fresnes-Midi sur diverses portions des terres dépendantes de Condé et Vieux-Condé, la connaissance des questions soulevées par ce litige a été renvoyée devant les tribunaux ordinaires ;
- » Que la question principale est donc de savoir si, en 1749, époque de la concession qu’il a obtenue, Emmanuel de Croï avait droit de haute justice sur la totalité ou seulement sur partie des territoires de Condé et Vieux-Condé ;
- » Attendu qu’il n’est pas nécessaire de rapporter le titre originaire de la concession , que le droit de haute justice peut s’établir par des rapports et dénombrements, par l’exercice qui en a été fait et par d’autres actes équivalents ;
- » Que les documents qui ont été mis sous les yeux de la cour ne permettent pas de douter que la totalité des territoires de Condé et Vieux-Condé ne fût en 1749 soumise à la haute justice d’Emmanuel de Croï, aussi bien pour la partie connue sous le nom de Sei-gneurie-Gagère ou du Château que pour la partie connue sous le nom de Seigneurie-Propriétaire ou de Bail-leul ;
- Que cette haute justice apportée à la maison Croï par suite d’alliance avec la maison de Lalaing a été constamment
- exercée par elle avant comme après la concession de 1749 ;
- » Que c’est ce qui résulte notamment....
- » Qu’en présence de ces documents et de cette possession immémoriale de la haute justice, les compagnies réunies n’en contestent pas d’une manière générale et absolue la légitimité ;
- » Qu’elles se bornent à prétendre devant la cour, comme elles 1 avaient fait devant le tribunal de Valenciennes, qu’elle était abusivement exercée par la maison de Croï sur la Seigneurie-Gagère et sur le quart du Bois du Roi;
- »Que de défenderesses qu’elles étaient d’abord, elles deviennent demanderesses sur cette exception , et que c’est à elles à prouver l’abus qu’elles allèguent ;
- » Que la fin de non-recevoir que la compagnie d’Anzin oppose à ce moyen n’est pas fondée ;
- y> Qu’en effet, propriétaire des terrains sur lesquels elles ont fait des recherches dans le but d’obtenir elles-mêmes une concession, les compagnies réunies ont intérêt et qualité pour soutenir que la concession de la compagnie d’Anzin , limitée par le décret du 30 août 1848, aux terres soumises en 1749, au droit de haute justice de la maison de Croï ne peut être étendue aux parties de ces terres sur lesquelles cette maison aurait exercé de fait la haute justice sans en avoir réellement le droit ;
- » Que ce n’est pas là de leur part se prévaloir de droits qui appartiendraient au domaine , puisque l’Etat n’a aucune prétention à élever à la propriété des mines de charbon qui pourraient exister sur les terrains des compagnies réunies ;
- » Que ce n’est pas non plus porter atteinte aux reconnaissances faites par l’Etat, puisqu’il n’a jamais reconnu que la concession d’Anzin comprît spécialement les parties de territoire désignées sous les noms de Seigneurie-Gagère et de quart de Bois du Roi, et que quand la question a été soulevée devant le conseil d’Etat, il en a subordonné la solution au point de savoir si ces portions de territoire étaient soumises en 1749 au droit de haute justice de la maison de Croï, point dont il a réservé l’examen et l’appréciation à l’autorité judiciaire. »
- Au fond,
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- « En ce qui touche la Seigneurie-Gagère ;
- » Attendu que François 1er, fait prisonnier à la journée de Pavie, s’est engagé à payer à Charles Y deux mil-hons d’écus d’or au soleil ;
- » Que comme il n’avait pas toute cette somme à sa disposition , et que Charles Y ne voulait accepter en payement que des terres soumises à sa souveraineté , il fut, entre autres choses , convenu qu’il ferait avoir, à condition de rachat perpétuel, celles des terres qui appartenaient à ses sujets dans les Pays-Bas;
- » Que parmi les terres désignées par ^empereur furent celles de Leuze et Çondé en Hainaut,qui appartenaient a Louise de Bourbon , dame de la Roche-sur-Yon ;
- . » Que le point capital est de savoir Sl avant d’arriver à Charles V la propriété de Leuze et Condé est entrée dans *e domaine du roi de France, ou si elle est passée directement à Charles V ;
- » Attendu que du traité du 11 avril 1529, examiné dans son ensemble comme dans toutes ses parties, il ré— sulte clairement que la propriété de ces deux terres n’a jamais reposé sur la tête de François Ier.....................
- » Attendu , au surplus , que ce qui prouve que le roi n’est pas devenu propriétaire de Leuze et Condé, c’est que Cc,n’est pas en sa faveur, mais pour la Princesse de la Roche-sur-Yon et pour les siens que la faculté de les racheter a cté stipulée...................
- » Que dans le Hainaut, où Leuze et Condé étaient situés, les actes de dés-hcritance et d’adhéritance étaient nécessaires pour opérer le transport de la Propriété , et qu’en effet Charles V s’est aÙ adhériler desdites terres, comme en trouve la preuve dans ses titres du 26 août 1531 et du 5 août 1558 ;
- Que ces formalités n’ont pas été re®plies vis-à-vis de François 1er, qui ne pouvait être dispensé de leur accom-Phssement pour des terres qui n’étaient Pas de son obéissance ;
- » Que s’il pouvait être suppléé aux ^Uvres de la loi par une possession de lngt et un ans, François Ier n’a pas été ««ol instant en possession de Leuze Condé ; qu’on ne trouve même , soit u bureau des finances, soit dans les ramiers du domaine, aucune trace e 1 acquision qu’il en aurait faite. . .
- » Attendu que l’exécution donnée au traité du 11 avril achève de lever toute incertitude.......................
- » Que le rachat des ville, castel, terre , justice et seigneurie de Condé a été exercé le 5 août 1558 par le duc de Montpensier, fait lui-même prisonnier de guerre en 1557, et ce moyennant les deniers fournis par Charles de Lalaing, qui ont été consignés , parce que celui à qui on les offrait n’avait pas pouvoir suffisant pour les toucher ;
- » Que le duc de Montpensier a cédé le même jour lesdites terre et justice pour prix de sa rançon à Pierre de Mansfeld, qui en a fait immédiatement donation audit Charles de Lalaing ;
- » Attendu que les compagnies réunies révoquent en doute ce rachat par le duc de Montpensier, et veulent faire considérer l’acte qui le constate comme un projet resté sans exécution ;
- » Mais que précédé de lettres patentes portant création d’un bailli dans le but d’effectuer ce rachat, et suivi des actes de vente et de donation passées au profit de Pierre de Mansfeld et de Charles de Lalaing, cet acte ne peut être sérieusement contesté ;
- » Que tous ces actes se réfèrent les uns aux autres, et se prêtent un mutuel appui ;
- » Que d’ailleurs ceux qui avaient cédé Condé à Charles V, ayant seuls le droit de le racheter, et cette terre valant beaucoup plus que le prix moyennant lequel la cession en avait été faite à Charles V, il est évident que les ayants cause de ce dernier n’auraient pas consenti au rachat s’il avait été exercé par autre que par le duc de Montpensier...
- » Que de toutes ces considérations , il suit que, loin que les compagnies rapportent la preuve qui leur incombe, la compagnie d’Anzin établit que François 1er n’a pas été un seul instant saisi de la propriété de la Seigneurie-Ga-gère ;
- » Qu’il est inutile de rechercher si la haute justice est restée au duc de Montpensier, après l’acte de 1529 , ou si elle n’a pas été plutôt transmise à l’empereur, comme l’indiquent tous les actes, puisque même , dans cette dernière hypothèse, elle serait revenue au duc de Montpensier par rachat, et que , cédée par lui au comte de Mansfeld , puis donnée par ce dernier à Charles de Lalaing , elle est arrivée à la maison de Croï, qui l’exerçait sans
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- contestation ni partage sur cette partie comme sur la Seigneurie-Propriétaire à l’époque de la concession de 1749;
- » Attendu que, dans le cas même où François 1er serait devenu propriétaire en 1549 de la seigneurie de Condé , et l’aurait vendue à Charles V avec faculté de rachat, il faudrait reconnaître encore que les principes sur l’imprescriptibilité du domaine du prince n’étaient pas admis en Hainautoù cette seigneurie était située, et que de 1558, époque de la donation faite par Mansfeld à Charles de Lalaing à 1778, époque où le traité de Nimègue a réuni Condé à la France , la maison de Croï qui, par elle et ses auteurs avait constamment possédé la haute justice de Condé, l'aurait acquise par prescription ;
- » Que cette acquisition pourrait d’autant moins être contestée que la faculté de rachat conventionnel se prescrivait en Hainaut par trente ans ;
- » Que le due de Montpensier, qui l’avait exercée en 1558, en avait le droit aux yeux de tous;
- » Que la vente par lui faite à Mansfeld et la donation consentie par ce dernier à Charles de Lalaing étaient pures et simples, et que la possession de la haute justice a eu lieu de bonne foi, publiquement et sans contradiction ;
- » Que par la cession faite à la France par le traité de Nimègue d’une partie du Hainaut, n’a pu porter atteinte au droit acquis par la maison de Croï ;
- En ce qui touche le quart du Bois du Roi :
- « Attendu que ce quart, qui provenait au roi d’Espagne de confiscation sur un particulier, était indivis avec le reste de la forêt, soumis au droit de haute justice de la maison de Croï, comme les trois autres quarts qui appartenaient à cette maison ;
- «Qu’il y est resté soumis, nonobstant le traité de Nimègue qui en a fait passer la propriété dans le domaine du roi de France, et nonobstant le partage de 1704 qui a fait cesser l’indivision jusqu’à ce que l’échange fait avec le roi, le 19 janvier 1758, en ait attribué la pleine propriété à Emmanuel de Croï;
- « Qu’on objecte que le roi ne pouvant passer dessous la justice de ses vassaux, la haute justice a cessé d’appartenir à la maison de Croï sur le quart de la forêt le jour où le roi en est devenu propriétaire ;
- » Mais que les seigneurs ne pouvaient
- 1 être dépossédés sans indemnité de leur justice sur les héritages acquis par le roi ; qu’aussi après avoir réglé celte indemnité pour ceux desdils héritages sur lesquels le roi jugerait à propos de faire construire des maisons royales ou des manufactures , l’édit du mois d’avril 1767 ajoutait : « Et pour les héritages qui ne seraient démolis ni enfermés dans l’enclos des maisons royales, il ne sera payé aucun dédommagement pour raison de la haute justice, et pourront les seigneurs hauts-justiciers jouir de leurs droits de justice ainsi qu’ils auraient pu faire avant les acquisitions faites par le roi ; »
- » Que cet édit a été exécuté à l’égard du Bois du Roi ;
- » Que c’est ce qui résulte de l’arrêt du conseil ;
- » Que quant au droit de chasse, l’un des attributs de la haute justice , il appartenait également à ladite maison , ainsi qu’il résulte des titres précités;
- » Qu’on objecte encore que l’édit de 1667 est contraire à l’ancien droit public de la France , mais qu’il a été confirmé par une déclaration du 22 septembre 17*22 et par un arrêt du conseil du 9 décembre 1727 ;
- » Que dans ces circonstances on ne peut prétendre qu’en 1749, date de la concession obtenue par Emmanuel de Croï, c’était abusivement qu il exerçait la haute justice sur le quart du iîois du Roi , etc. ;
- » La cour,
- » Adoptant au surplus les motifs des premiers juges ,
- » Met les appellations au néant, ordonne que ce dont est appel sortira effet. »
- Audiences des 25,26 , 27 et 28 juin-M. Lecoux de Bretagne, prem.présid-
- COUR D’APPEL DE PARIS.
- Chemins de fer.— Omnibus. — Droit DES COMPAGNIES.
- En Vabsence d'un règlement d'admi-nistration publique, les comp gnies de chemin de fer peuvent prendre, dans l'intérieur des dépen' dames de ces chemins, les mesures
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- de police nécessaires à l'ordre de service , notamment quant au placement dans la gare des voitures omnibus destinées au transport des voyageurs.
- Nous avons déjà eu l’occasion de signaler les difficultés qui se présentent fréquemment entre les compagnies du chemin de fer et les enlrepreneurs de voitures dites omnibus qui effectuent fr transport de voyageurs. Les contestations se présentent toutes sous un Pointde vue analogue : les voituriers ont tous un droit égal pour l’accès des ga-fcs, ou la compagnie a-t-elle un droit absolu qui lui permette d’en interdire ‘entrée, ou tout au moins de réglementer son usage? Il serait heureux Qu’une solution définitive vînt mettre 110 terme à de nombreux procès et fixer un droit important pour les compagnies de chemins de fer et les entrepreneurs de transport. Voici une nouille décision qui, comme on le verra, ^gnale la difficulté sans la résoudre fi’une manière absolue, c’est-à-dire Satisfaisante.
- Voici les faits :
- La compagnie du chemin de fer fi Orléans a concédé l’accès de la por-'°n la plus avantageuse de sa gare à fine compagnie d’omnibus, MM. Du-0°s et Taillade. Le traité conclu en vue fie certains avantages accordés à la so-c'étè du chemin de fer, expirait le 30 avril 1849. Les deux administrations s’entendirent pas pour son renou-^ellement, et un règlement du direc-J®Ur du chemin d’Orléans accorda à de Nouvelles voilures l’emplacement de Ce‘les de MM. Duclos et Taillade relè-guant ces derniers dans une position 0rt désavantageuse. De là un procès Par lequel MM. Duclos et Taillade confiaient au directeur du chemin d’Or-eans le pouvoir de prendre un arrêté .emblable à celui que ses agents met-aier»t à exécution.
- .Ln jugement fut rendu par le tri— fi°al ; en voici la teneur :
- % Attendu qu’il s’agit d’un règle-de service d’une nature tout à ait spéciale;
- ,Que si l’accès d’une entreprise de hemin de fer doit être ouverte à toute Pfsonne et à tout moyen de transport, J Appartient toujours à la compagnie qe réglementer le service intérieur ou
- les annexes affectées à son établissement ;
- » Attendu qu’il est reconnu entre toutes les parties que le traité originairement conclu entre la compagnie du chemin de fer et celle Duclos et Taillade est annulé par l’expiration du délai ;
- » Que l’existence du traité antérieur repousse par elle-même la prétention actuelle;
- » Qu’il est constant que ce traité est la reconnaissance du droit de la compagnie du chemin de fer, puisque la compagnie Duclos et Taillade s’est crue dans l’obligation d'obtenir l’agrément du chemin de fer pour s’assurer les avantages qu elle réclame aujourd'hui, alors même que la convention a pris fin ;
- » Déboute les sieurs Duclos et Taillade de la demande et les condamne aux dépens. »
- Appel a été interjeté par MM. Duclos et Taillade, et la cour a statué en ces termes :
- « Considérant qu’en l’absence d’un règlement d’administration publique, les compagnies des chemins de feront le droit de prendre dans l'intérieur des dépendances desdits chemins les mesures de police nécessaires à l’ordre du service, dans l’intérêt des voyageurs;
- » Adoptant au surplus les motifs des premiers juges, confirme. »
- Audience du 29 août 1847, lr® chambre , M. Ferey, président, MMes Hoe-melle etDuvergier, avocats.
- COUR D’APPEL DE BORDEAUX.
- Concession des eaux d’on ruisseau. — Féodalité. — Droit des concessionnaires. — Usine. — Cours inférieur.
- La concession faite autrefois par un seigneur haut justicier des eaux d'un ruisseau dans tout son parcours jusqu’à son embouchure, si elle n’a pas conféré au concessionnaire un droit de propriété privée, ne constitue en r êalité qu’une émanation de la puissance féodale, qui
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- n'a pu survivre à l'abolition de la féodalité. (L. I\ août 1793.)
- Par suite, le concessionnaire, propriétaire d’un moulin sur ce cours d'eau, n'est pas fondé aujourd’hui à prétendre, même sur les eaux inférieures à son moulin, un droit tel, qu'aucune usine ne puisse être construite sans son consentement.
- «Attendu que les droits des seigneurs hauts justiciers sur les cours d’eau étaient une émanation de la puissance féodale, à l’abolition de laquelle ils n’ont pu survivre;
- y> Attendu qu’en admettant, avec la jurisprudence de la cour de cassation, que les droits de propriété sur les cours d’eau, concédés h titres onéreux par les seigneurs, antérieurement aux lois abolilives de la féodalité, n’aient pu recevoir de ces lois aucune atteinte entre les mains et au préjudice des concessionnaires , cela ne peut être vrai, ainsi qu’il résulte de cette même jurisprudence, qu’autant qu’il s’agit d’un droit véritable de propriété sur une chose susceptible d’une appropriation personnelle au profit du concessionnaire ;
- » Qu’ainsi l’on conçoit fort bien, par exemple , que le concessionnaire d’un moulin ait pu obtenir, par ses titres de concession , des droits plus ou moins étendus sur l’eau courante supérieure à son moulin, et que ces droits, tels qu’ils résultent du titre , doivent encore aujourd'hui lui être maintenus, puisque, d’une part, ils étaient la condition de son acquisition, qu’ils portaient sur un objet nécessaire et indispensable à l’existence même de son usine, et que, d’une autre part, ces eaux pouvaientètre, par l’usage, l’objet d’une appréciation personnelle à son profit ;
- y> Que c’est dans des espèces semblables qu’ont été rendus les arrêts dont se prévalent les demandeurs;
- » Attendu qu’il s’agit ici, non point des eaux supérieures au moulin des époux Jautard et Dubourg, mais des eaux inférieures;
- » Que leur prétention est d’avoir, sur ces eaux inférieures, un droit tel que personne ne puisse y construire un moulin sans leur consentement;
- » Attendu, à cet égard, que les sei-
- gneurs de Salles n’étaient pas propriétaires du lit du ruisseau ;
- » Qu’ils n’en ont pas transmis la propriété;
- » Que les eaux courantes inférieures au moulin de Louis Oupuch, corisidé-rées abstractivement de leur lit, n’étaient susceptibles, au profit du propriétaire dudit moulin, ni de propriété ni d’appropriation;
- » Que ces propriétaires n’ont donc pas, de leur chef, d’autres droits sur ces eaux des anciens seigneurs, droits qui ont péri avec la puissance féodale dont ils étaient une énumération;
- » Qu’ainsi leur demande ne saurailsc justifier;
- » Par ces motifs:
- » Le tribunal , statuant sur les instances jointes par son jugement du 7 juin dernier, sans s’arrêter à choses dites ou alléguées par les parties de Me Teysonnière (les dames Jautard et Dubourg), les déclare mal fondées dans la demande par elles formée par leur exploit introductif d’instance du 26 octobre 1846;
- » Relaxe , en conséquence, tant les héritiers et représentants de Pierre Du-puch, que le comte de Puységur, des fins et conclusions contre eux prises par les demandeurs ;
- » Moyennant ce , déclare n’y avoir lieu de prononcer sur la demande en garantie. »
- Appel par les dames Jautard et Du-bourg.
- La cour a statué en ces termes :
- « Attendu que le droit attribué paf l’ancienne jurisprudence aux seigneurs hauts justiciers sur les cours d’eaj1 existant dans l’enclave de leurs ser gneuries, a été anéanti par les loisabÇ' lilives de la féoadililé;—qu’à la ve' ritè , les concessions par eux faites cn faveur de particuliers ont été mainfe* nues, mais à titre de propriétés privée* et dans la mesure de l’utilité que}e concessionnaires peuvent en retire pour leurs héritages;
- » Attendu que le droit que les apP®' lants prétendent exercer en vertu ? bail à fief de 1764, sur le cours duru* seau leMouchon, n’a pas ce caractère^ qu’il ne s’agit pas des eaux supérieur à leur moulin qui lui servent de for, motrice et en sont une dépendance 11
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- cessaire, mais des eaux inférieures , dont ils ne peuvent user et dont ils feulent cependant interdire l’usage à i intimé , soutenant que, d’après leur t'tre, tout le cours d’eau leur a été concédé jusqu’à son embouchure ;
- » Attendu qu’une concession de cette nature ne confère point un droit de propriété privée, puisque le concession-naire ne saurait s’approprier la chose qui en fait l’objet, ni en tirer personnellement aucune utilité; qu’elle lui donnerait seulement la faculté de prohiber l’établissement de toute autre usine sur le cours inférieur du ruisseau, et ne serait autre chose qu’un démembrement de la puissance féodale, démembrement qui n'a pu survivre à l’abolition delà féodalité;
- . « Que sans doute les appelants ont intérêt à ce qu’il ne soit pas établi, au-dessous de leur moulin des ouvrages jPû, en faisant refluer les eaux, gênent *e mouvement de leur usine; mais qu’il e?t pourvu à cet intérêt par des lois et reglements d’administration publique, ri que si ces lois étaient violées à leur Préjudice, ils auraient action pour faire détruire les ouvrages et obtenir la réparation des dommages qu’ils leur auvent occasionnés ;
- » Par ces motifs,
- « La cour confirme. »
- TRIBUNAUX CIVILS.
- (Seine. )
- ^ente de fonds de commerce. — Cession de bail. — Clause pénale.
- vente d’un fonds de commerce contient nécessairement la cession du droit au bail ; néanmoins, lorsque cette cession a été faite Pur un acte séparé, et quelle contient une déchéance pour le cas °ù le prix du fonds de commerce ne serait pas payé dans un délai déterminé, elle peut être considérée comme une clause pénale.
- &ans ce cas , les juges peuvent, si une partie du fonds a déjà été Payée, accorder terme et délai au
- débiteur, conformément à l'article 1231 du code civil.
- Cette décision vient d’être rendue par le tribunal de la Seine, dans l’espèce suivante :
- En 1844 , les sieurs Crochet frères , marchands de vins à Paris, cèdent leur fonds de commerce de vins, situé a Paris, rue Saint-Honoré, au sieur Dedevant, moyennant un prix principal de 17,000 francs. Le même jour, et par un acte séparé , les vendeurs font à l’acquéreur cession de leurs droits au bail, qui ne devait expirer qu’en 1856: mais au lieu de faire cette cession pour tout le temps que le bail avait à courir, ils la font pour quatre années seulement, avec promesse de prolongation jusqu’à la fin , si avant l’expiration de ces quatre années l’acquéreur avait payé tout son prix.
- Dedevant entre en possession du fonds et paye successivement, sur le prix total de 17,000 fr., une somme de 15,000 fr. Deux mille francs restaient encore à payer lorsque arriva l’expiration des quatre années prévues par la cession du bail. Dedevant, mis en demeure de les payer, ne put satisfaire à ce dernier engagement. Les sieurs Crochet frères demandèrent alors son expulsion des lieux , la cession de bail qui lui avait été faite étant expirée.
- Dedevant résista et prétendit que cette cession de bail était nulle, comme lui ayant été faite sans droit. De là procès entre les parties et demande d’expulsion immédiate.
- Le tribunal, tout en reconnaissant que la vente d’un fonds de commerce contient nécessairement le droit au bail, a décidé que la cession qui avait été faite séparément devait être considérée comme une clause pénale ; en conséquence, il en a ordonné l’exécution , mais en accordant un délai de six mois pour payer, faute de quoi le débiteur pourra être expulsé.
- 5e Chambre, M. Puissan , président. Avocats, MMes Jaillet et Borel.
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- Sommaire de la partie législative et judiciaire de ce numéro.
- Juridiction civile. ±= Cours d’appel. = Cour d'appel de Douai. z= Compagnie houillère d'Ahzin. — Origine et étendue de la concession.— Prétention des compagnies de Thivencelles, Fresnes-Midi et Salnt-Aybert.
- — Curiosités historiques. — Traité de Cambrai. — Rançon de François Ie*. — Droit de haute justice.
- Cour d’appel de Paris. = Chemins de fer. — Omnibus. — Droit des compagnies.
- Cour d’appel de Bordeaux. = Concession des eaux d'un ruisseau. — Féodalité. — Droit des concessionnaires. — Usine. — Cours inférieur/
- Tribunaux civils (Seine). Vente de fonds de commerce. — Cession de bail. — Clause pénale.
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- BREVETS ET PATENTES.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau «Üulanbe , du n août 1848 au 17 septembre 1849.
- 22 août. H.-L. Pat (inson. Fabrication et application de certains composés de plomb.
- 26 août R. Reece. Traitement de la tourbe et de ses produits.
- 48 Septembre T. - J. Knowlys. Application »
- épuisement et compression de l’air atmosphérique»
- 10 septembre C. Vignole . Conversion de la tourbe en combustible (importation).
- 12 septembre. G.-F. Wilson. Elimination et séparation des matières grasses entre elles.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau d’ÉcossE , du 22 août 1849 au 22 septembre 1849.
- 24 août. J. Nasmylh. Mode pour régler les machines employées en teinture, impression et apprêt des tissus.
- 2t août. J. Cutler. Fabrication des tube* et tuyaux en métal
- aoû . //. Gilbert. Appareils de chirurgie dentaire.
- 29 août. J.-R- Robinson. Fabrication de l’or-seille et cudbear.
- 39 août. W.-C. Day. Machine de pesage.
- 21 septembre R.-W. Thomson. Instrument pour écrire et dessiner.
- 11 septembre J. Holland. Mode de fabricat on de l’acier (importation).
- 11 septembre. E. Heywood. Fabrication des tissus unis et façonnés.
- *2 septembre. R. Plummer. Machines, instruments 11 procédés employés dans la
- préparation et la fabrication dil lin èt autres matières textiles.
- 14 septembre. W. Roggelt. Chauffage et évaporation des liquides, génération et application de la force motrice.
- 17 septembre. J. Goodier. Moulin h farine.
- 17 septembre. W.-E. Newton. Perfectionne-
- ments dans les chaudières à vapeur ( importation).
- 18 septembre. A Haig. Appareil à épuiser et
- mettre l’air et les ga* en mouvement et les machines en action.
- 16 septembre. J. Mac-Neil et T. Barry. Perfectionnements dan les locomotives et les chemins de fer»
- 19 septembre. W.-lï. Phillips. Moyens pour
- éteindre les incendies et de sauvetage.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau d’Angleterre, du l" août 1Ü49, au 27 septembre 1849.
- août. B.Aingworth. Ornementation du fer et autres métaux dans la fabrication des canons de fusils, etc. août. D.-C. Knab. Appareil à distiller les matières grasses et huileuses.
- 9 août. A.-V. Newton Perfectionnement dans les martinets d’artimon et autres appareils à soulever les fardeaux (importation).
- 9 août. W. Fumets. Machine à couper, planer, percer mortaiser, languetter, etc., lé bois, et affûter les outils.
- 9 août. W. Thomas et J• March. Fabrication
- des tissus à maille, des corsets, elc. (importation).
- août. A.-H. Holdsworth. Construclion des chaudières à vapeur de navigation, août, T.-J. Knowlys. Application et combinaison des produits minéraux et végé-
- 10 laux'
- août. J. Rulhten. Mode de propulsion pour
- t les bateaux à vapeur (importation).
- j ao(lt- A. Dunn. Fabrication du savon, août. F._ je. Bodmer. Presse typographique.
- 16 août. A. Brooman. Appareil et procédé pour extraire, épurer, former, teindre et évaporer (importation).
- 16 août. J. Blake. Lampe perfectionnée.
- 16 août. /. Young- Traitement de certains minerais et de leurs produits.
- 16 août. L. Lemaître. Fabrication de rondelles poiif fixer les tubes des chaudières de locomotives.
- 23 août. C. Cowper Machine à élever les fardeaux et les ouvriers dans les mines (Importation).
- 23 août. F. Charnier. Poulies de vaisseau (importation).
- 23 août. W-E. Newton. Perfectionnements dans les chaudières des machines à vapeur ^importation),
- 23 août. A.-V. Newton. Fabrication et raffinage du sucre (importation).
- 30 août. M. Mac Farlane. Appareil à teindre et apprêter les tissus.
- 30 août, T.-P. Prideaux. Perfectionnements dans les fours à puddler, fours ordinaires et chaudières à vapeur.
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- 3o août. J. Robinson. Fabrication de Forseille et du cudbear.
- 30 août. L. Bertrand. Moyen préservateur contre les accidents causés par les voitures.
- 3o août. O. Pecqeur. Fabrication mécanique des filets de pêche et autres.
- 30 août. C. Morey. Machine à coudre la broderie, unir ou orner par des points divers tissus.
- 6 septembre. J.-M. Ilealh. Fabrication de l’acier.
- 6 septembre. J. Mac-Neill et T. Barry. Perfectionnements dans les locomotives et les chemins de fer.
- 6 septembre. A.-R. Terry. Préparation du bois à brûler.
- 6 septembre. A. Haig. Appareil à épurer et mettre en mouvement l’air et les gaz , et les machines en action.
- 6 septembre. J. Hosking. Nouveau mode de pavage.
- Liste des brevets délivrés en Saxe
- 31 mars 1848. J. Walter. Ailettes pour les machines à filer.
- 4 avril. jM. Kàndler et T.-W.Beyer. Moulin
- à Farine.
- 25 avril. T. Wiede. Perfectionnements à la carde en fin.
- 23 mai. C.-G. Ilaubald. Machine à préparer
- avec cylindres à pointes pour la filature du coton, de la laine et du lin.
- 25 mars. W.-E- OEhmichen. Masse pour la fabrication des chandelles.
- 25 juillet. J. Kaplan. Montre marquant les quarts.
- 29 juillet. A. Schreuel et C.-J. Judkins. Perfectionnements dans les métiers à tisser et la fabrication des lisses.
- 5 août. K. Beyer. Procédés et machines pour
- le travail du gulta-percha.
- 8 août. A. Schreul et J.-J. Baranowski. Ma-
- chine à calculer.
- 9 août. C -E. Julitz. Machine à lever les
- malades.
- 5 août. R.-A. Beyer. Chauffage des chaudières à vapeur et des fours à pud-dler.
- 17 août. L. Hoffmann. Machine à molette de Bogardus.
- 24 août. Pahl et J. Devalh. Machine Jac-
- quard sans cames et à une seule marche.
- 25 septembre. C.-G.-C. Nilzshe et R- Schlo-
- bach. Perfectionnements dans les moulins à farine.
- i« novembre. J.-H. Rath. Construction des billards.
- 8 novembre. C. E.-T. Thomaschke. Appareil d'expansion pour les machines à vapeur.
- 15 novembre. C.-A. Beyer. Appareil pour fabriquer le gaz d’éclairage avec le goudron de houille.
- 23 novembre. F. Kirst. Appareil de condensation.
- 13 septembre. B. Goodfellow. Perfectionnement dans les machines à vapeur
- 13 septembre. H. Atlwood. Fabrication de l’amidon et autres articles analogues.
- 13 septembre. D.-S. Brown. Appareil pour fumigations.
- 13 septembre. R.-A. Brooman. Harnais de chevaux ( importation).
- 13 septembre. Preterre. Cafetières et théières, et appareil à brûler le café (importation).
- 13 septembre E.-A. Charneroy. Nouveau système dit hélicoïde de chemins de fer, et chariot circulaire.
- 13 septembre. E. Heywvood. Tissag; uni et façonné.
- 13 septembre. R. Griffiths. Machine à vapeur de navigation.
- 13 septembre. T Marsden. Machine à peigner le lin, la laine et autres matières filamenteuses.
- pendant le courant de 1848 et 1849.
- 2t novembre Lobeck. Disposition pour la division des masses de chocolat.
- 2 décembre. F. Busse. Construction des voitures et essieux de chemins de fer.
- 20 décembre. J.-H.-F. Prillwiiz. Appareil
- pour le chauffage des liquides et de l’air.
- 30 décembre. B.-P. Straub. Consrtuction d’un automate.
- 28 décembre. II.-O. Merbach. Boue à réaction d’air ponr les moulins à vent.
- 4 janvier 1849. P. Jones. Emploi de la vapeur perdue des cylindres des ma chines à vapeur.
- 28 janvier. J -H.-F. ' rillwitz. Extraction
- des matières grasses des eaux de savon ; préparation des matières grasses particulières solides et fluides pour l’éclairage , et emploi de l’acide et de l’éther oléique.
- 27 janvier. J.-G. Flügel. Procédé de fabrication de l’acier avec emploi des gaz.
- 12 février. A. Schreuel. Nouvelle disposition des foyers.
- 24 février. E. II. Schtarbaum. Mode pour
- mettre en fusion la cire à cacheter et faire des cachets à plu ieurs couleurs.
- 11 avril. A. Bergmann. Instrument de nivel-
- lement
- 17 avril. K. Schonherr. Cisailles mécaniques.
- 17 avril. G. et G. Harkorl. Appareil de carbO' nisation des lignites.
- 25 avril. G.-H. Hennig et C.-F. Weichelt. Me-
- sureur élastique du corps.
- 12 juin. H.-L. Reisert. Cirage brillant.
- 30 juin. E. Stôhrer et L.-W- Scholle. Horloges galvaniques.
- 21 juin. Serre. Dispositions nouvelles pour Ie
- chauffage.
- 25 mars. Serre. Appareil à vapeur.
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- Le Teelmoloq'iste. PI. 122.
- -PiUos so.
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- LE TECHNOLOGIE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- PE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Analyse du fer forgé produit par la cémentation de la fonte ( fonte malléable ).
- Par M. W.-A. Miller.
- La notice suivante contient les résultats d’un examen de la composition chimique d’un échantillon de fonte Usante qui a été , par un traitement ultérieur, converti en fonte malléable moyen de la cémentation.
- Le minerai dont on a obtenu ce fer est l’hématite brune des environs ^ Uverstoneen Lancashire. On l’a fondu au charbon de bois. et les articles qu’on a voulu rendre malléables ont été cou-*es tout d’abord sous la forme désirée, ^ous cet état, ils paraissent formés d’une Madère presque blanche, très-dure et cassante qui présentait un grain cris-talliu dans leur cassure. Pour convertir J!es articles excessivement cassants en fef malléable propre à la forge, on les a mtroduitsdans de l'hématite en pou-tlre et maintenus à une chaleur rouge fondant quelques heures. Le carbone a été ainsi chassé graduellement en eR'ersant l’opération ordinaire de la conversion du fer en barre en acier, et e résultat est la production d’un fer „°.ux, qui peut être martelé soit à chaud S°H à froid.
- Le Technologitle, T. XI. — Décembre
- Une analyse quantitative soignée a montré qu’indépendamment du fer, du carbone et du silicium, il y avait des traces d’aluminium , de soufre et de phosphore, tandis qu’on ne pouvait y découvrir ni arsenic, ni antimoine , ni manganèse. On n’a pas trouvé non plus de titane.
- Sans entrer ici dans des détails sur l’analyse , je ferai remarquer qu’il y a un changement considérable dans le poids spécifique du fer après la cémentation. On l’a forgé , et on a trouvé qu’il avait augmenté en densité ; le fer cassant avait un poids spécifique de 7,684, et le fer malléable de 7,718.
- Voici quels ont été les résultats de l’analyse. Les quantités, tantdecarbone que de silicium, sont matériellement diminuées par la cémentation , quoique leur proportion soit plus grande que dans le bon fer en barre. Il paraît aussi que la portion de carbone , qui est insoluble dans les acides , est à peu près la même tant avant qu’après que le fer a été rendu malléable , la diminution étant presque entièrement bornée à la portion de carbone qui était combinée chimiquement avec le métal , et qui par conséquent serait dans un état plus propre à se propager dans la masse par la cémentation.
- 1849.
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- Pesanteur spécifique. . . • . . Fonte cassaote. 7.684 Fonte malléable 7.718
- Fer. . . , . *
- Carbone 2.80 0.88
- Silicium 6.931 0.409
- Aluminium traces.
- Manganèse 0 0
- Titane. . ; Ô b
- Arsénié. . . . . . 0 b
- Soufre 0.015 ».
- Phosphore traces.
- Sable . . . 0.502 »
- Carbone combiné 2.217 0.434
- Carbone non combiné 0.583 0.446
- Sur la fabrication des fers et des aciers superfins appliqués à celle des canons de fusil, des armes blanches et des essieux de chemins de fer.
- Par M. W. Greener.
- La première innovation qui a été faite en Angleterre , dans l’ancien mode de fabrication des canons de fusil, en y employant exclusivement les vieux clous de fers à cheval, est due à feu M. Adams , de Wednesbury, qui est le premier, il y a vingt ans , qui ait produit l’étoffe à laquelle il a donné le nom de fer de Damas (Damascus iron), qu’on fabrique en formant une trousse composée de couches alternatives d’acier et de fer, qu’on étire en barres , qu’on tord ou roule en spirale , et qui, quand on a soudé sous forme de canon, constitue les canons dits canons damassés, Le succès de ce procédé fut tel, tant sous le rapport de la beauté que sous celui de la résistance, du produit, qu’on alla jusqu’à porter au delà de 50 pour 100 la force que présentaient les pièces relativement au fer de vieux clous tordus ou rubanés.
- On a tenté ensuite d’allier plus intimement que précédemment l’acier avec le fer de vieux clous de chevaux dans la proportion de un du premier pour deux du second. On y parvenait en coupant des aciers de rebut, assimilant soigneusement avec les vieux clous , décapant, puis fondant en maquette et passant au laminoir. Ce système fibreux paraissait dans ce cas plus parfait, car quoique possédant moins d’acier dans sa composition , cependant sa ténacité était la même. La difficulté de se pro-
- curer de vieux clous de qualité suffisamment bonne, par suite de la détérioration dans les propriétés primitives du fer, a presque fait cesser la fabrication de cette qualité, ou bien dans le cas où on la produit encore, cette qualité est tellement inférieure qu’elle est classée au troisième rang.
- Le perfectionnement suivant et le plus important dans ce genre a été la fabrication des canons de fusil entièrement avec de l’acier en morceaux, et à cet effet on a recherché généralement les vieux ressorts de voitures. En coupant ces ressorts en morceaux, les décapant avec soin , et soudant dans un fourneau à vent, on a produit un métal qui surpasse en ténacité, en finesse, en densité tous les autres métaux fibreu* fabriqués auparavant.
- La ténacité de cette matière, quand on la soumet à la tension dans une machine à essayer les chaînes, estcomme 8 est à 2,5, comparativement à l’ancienne étoffe de vieux clous rubanée* La parfaite sécurité que présentent les canons qu’on en fabrique est véritablement étonnante; il n’y a pas de poudre parmi celles essayées jusqu’à présent susceptibles de les faire crever quand ils sont convenablement fabriqués.
- Ces expériences ont déterminé fl®-Greener à en entreprendre d’autres sur sur une plus grande échelle , et à ce1 effet il a pris dans les caisses des lingot5 d’acier fondu , et parmi les plus dou* ceux parvenus au n° 3 dans l’échelle He la carburation. Ces lingots, après avoif été laminés en barres plates , ont été découpés en petits morceaux , immédiatement mélangés et Soudés comme précédemment dans le fourneau à vent» étirés aux laminoirs et remis en trous-ses. Ces trousses ont été ensuite étiree de nouveau , puis converties en canon
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- de fusil, soit en les tordant, soit sans les tordre en spirale pour former le damassé. On s’est convainu par expérience que cette matière, que l’auteur appelle acier laminé, pour faire des canons damassés, offrait une parfaite sécurité.
- Pour s’en assurer, on a vissé aux deux bouts d’un canon d’un poids moindre que celui ordinaire des bouchons , après y avoir introduit I3gratn-,168 de Poudre ( trois fois la charge usuelle ), Puis on a enflammé cette poudre par
- OTifice de la grandeur de la lumière des fusils ordinaires. Or la densité et Ja ténacité du métal ont été assez grandes pour résister efficacement à la force cuorme de cette charge considérable de poudre dont les fluides explosibles
- sont échappés par la lumière comme ’a vapeur à travers une soupape de
- sûreté.
- Le principe mis en pratique dans ce cas est la perfection du système fibreux, combiné à une densité accrue du mé -*al. Le degré différent de carburation des métaux constitue des fibres dissemblables quand on les soumet à cette énorme étirage, avec absence complète de toute structure cristalline dans le métal, structure dont l’exis-lence dans toute matière , soit pour ca-dons de fusils, soit pour toute autre Pièce exposée à des chocs violents, des glosions ou des coups, peut être conférée comme les mettant hors de service.
- Les lames d’épée ou de sabre sont ncore un autre genre de fabrication Jdquel s’applique ce perfectionne-
- ,, Toutes les recherches de l’auteur °.nt convaincu que les Arabes produiraient d’une manière analogue leurs eHes lames de Damas, c’est-à-dire en ^Ployant deux aciers à différents de-~res de carburation , en les mélan-5®ant intimement et les tordant de perses manières fantastiques, en ob-Ce»VaTU toutefois certaines règles dans les °Péralion capricieuse. Dans tous a c.as> il est disposé à croire que les abes ne trempent pas en chauffant Plongeant les lames dans un li-pr ?de froid , comme on le pratique à Sent en Europe. Si on soumet une Damas à l’action d’un acide , sj *ait apparaître sa structure laminée; l’e»11 ^ chaufle et qu’on la plonge dans qd’ ü y a cristallisation , et la struc-L e laminaire disparait pour toujours, de /este > sans discuter le mode actuel diem ^ acier, ü raPPeHe simple-
- 1 fait, que jusqu’à présent on n’a
- pas produit en Europe de lames égales en ténacité à celles dites de Damas.
- Les inspecteurs des armes blanches en Angleterre ont déclaré, en plein parlement, que les lames fabriquées à Birmingham n’étaient pas propres au service de l’armée; l’auteur s’est assuré, par des recherches spéciales que tremper par cristallisation l’acier, c’est-à-dire à la manière ordinaire , n’est certainement pas un procédé avantageux. Les sabres de Damas, dans leur état fibreux ou trempés au marteau sont du double plus difficiles à rompre que les meilleures lames fabriquées en Angleterre ; mais si on les trempe de la même manière que ces dernières ils ne présentent pas plus de ténacité qu’elles* Le damassé est détruit par le carbone qui se répartit uniformément, l’acide ne peut plus le développer , il a entièrement disparu. Mais si on observe attentivement, à la loupe, on verra que ce qui est actuellement une masse pure de cristaux, était antérieurement un système fibreux d’une disposition des plus délicates et des plus élégantes. La tendance de toute cristallisation à perdre de sa ténacité et à se séparer par les actions répétées des ondes de vibration est un fait connu de tous les savants.
- D’après ces faits et d’autres encore , on pourrait en conclure que les lames fabriquées avec des acier s dissemblables, trempées par la condensation de leurs fibres, soit par des laminages, soit par des martelages répétés, ou une infinité d’autres moyens que nous facilitent l’état de perfection de la mécanique , doivent être les meilleures. On doit donc espérer sous peu de temps voir chaque soldat armé d’un sabre aussi bon, mais bien moins cher que ces damas auxquels on attache encore un si haut prix.
- Enfin une question qui n’a pas aujourd’hui moins d’importance est celle de la construction des essieux pour chemins de fer. Si l’expérience démontre que l’addition d’un tiers d’acier à deux tiers de fer double la force d’une pièce ainsi construite, pourquoi ne pas adopter ce perfectionnement pour les essieux de chemins de fer et les arbres ou autres pièces de machines, d’où dépendent la vie et la sécurité de milliers d’individus? Quelques mois avant la mort de George Stephenson M. Greener le consulta sur la possibilité de perfectionner cette partie des constructions, et à son instigation il a entrepris un nombre considérable d’expériences. Il lui a semble comme un
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- fait démontré que d’après l’affinité que le fer offre pour les divers degrés d’électricité, qu’on peut attribuer à l’électricité galvanique la cristallisation rapide qui a lieu dans les essieux de chemins de fer après qu’ils ont parcouru un certain nombre de milliers de lieux.
- Tous les ingénieurs savent que les essieux construits avec le fer homogène le plus fibreux prennent un état cristallin des mieux prononcés qui s’étend jusqu’à plusieurs centimètres au delà de la fusée. Cet effet, on peut l’attribuer à l’action galvanique engendrée par le frottement entre les coussinets et la fusée pendant le mouvement rapide de la locomotion. C’est à cette action que l’auteur croit aussi devoir rapporter la tendance marquée des essieux à s’échauffer. Afin de s’en assurer, M. Greener a soumis des fils de divers métaux , depuis le fil de fer ordinaire jusqu’au fil de son acier laminé, à un courant énergique et soutenu d’électricité pendant une période de deux heures, courant qui a en effet transformé la fibre des fers inférieurs en un état cristallin, et détruit entièrement leur ténacité, au point de leur donner la fragilité du verre. L’état éminemment fibreux, tant du mélange acier et fer que de l’acier fibreux, n’a pas été altéré au même point, même après le passage du courant pendant une période de temps double. II en a conclu que des mélanges d’acier et de fer, dans la fabrication des essieux, non-seulement ajouteraient à la durée et à la sécurité de ceux-ci, mais diminueraient matériellement la consommation des matières de graissage. Ce résultat sera aussi matériellement provoqué par l’adoption d’un essieu perforé , non pas d’un essieu creux, qui exige un diamètre et une surface de plus grande étendue, mais d’un essieu ayant exactement les dimensions actuelles , et percé au centre d’un trou qui n’excéderait pas 5 à 6 millimètres de diamètre. Du reste cette question est assez importante pour que l’auteur croie devoir la traiter par la suite dans un mémoire particulier.
- C’est à l’adoption d’une étoffe acier et fer que l’auteur attribue le succès de l’emploi du harpon à canon ; pendant de longues années, on n’avait pas pu en effet rencontrer de fer qui résistât efficacement au mouvement rapide que lui imprimait la poudre à canon.
- C’est un fait incontestable que tous les canons de fusil ne résistent qu’à un certain nombre d’explosions, et qu’un
- canon de fusil ordinaire supporte rarement la répétition de quatre charges d’épreuve ; quelque parfaite que soit sa qualité, l’usage pendant un certain nombre d’années change sa nature et en rend l’emploi peu sûr. Il en est de même des essieux de chemins de fer , et en un mot de toutes les pièces de ce métal, qui après un temps donné se dépouillent de toutes les qualités qui les faisaient apprécier. A ce propos s’élève naturellement la question de savoir si la construction des ponts horizontaux en fer est propre à répondre pendant une longue suite d’années aux espérances de ceux qui les ont conçus et établis. Les ondes de vibration dues au passage rapide de la locomotive ont tous les caractères de celles qui naissent par des chocs et des percussions, et sous ce rapport elles sont de nature à être classées parmi celles qui ont un effet des plus nuisibles.
- Après la lecture de ce mémoire, qui a été faite à l’Association britannique, réunie celte année à Birmingham, M. Stephenson, président de la section des arts industriels , a pris la parole. Il a d’abord fait remarquer le danger qu’il y avait à établir des faits et des raisonnements sur l’hypothèse dont il vient d’être question. D’abord par rapport à l’influence des vibrations sur la structure du fer, il croit qu’il y a tout lieu de douter que la force portante ou la pression sur les métaux amène la cristallisation; qu’on n’a nullement démontré que les essieu* de chemins de fer fussent exposés au
- passage de courants électriques, etqu’en
- supposant vérifiée l’hypothèse que Ie passage de courants d’électricité change le caractère du fer, il y avait un anneau manquant dans la chaîne du raisonnement, puisqu’il n’est pas prouvé que les essieux soient soumis à l’influence électrique. Quoi qu’il en soit, il doute que des pièces de fer, d’abord parfaitement fibreuses , aient par les vibrations éprouvé un changement dans la structure du métal. Les balanciers des machines à vapeur du Cornwall sont soumis à une immense pression , _et cependant ils ne deviennent jamais cristallins. Les bielles des locomotive sont assurément exposées à des vibrations considérables , des efforts et deS pressions très-grandes, puisqu’elles oscillent huit fois par seconde lorsque vitesse est de 40 milles à l’heure; elî bien! il a observé pendant trois année de suite la détérioration d’une de ce bielles , et il n’a pu y découvrir le p'^ léger changement dans la structure
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- fer. Il doute en conséquence de l’exactitude de l’hypothèse dont M. Greener est parti.
- Sw le cuivre contenant du phosphore et l'action corrosive de Veau de la mer sur certaines variétés de cuivre.
- Par M. le docteur Percy.
- En analysant un échantillon de cuivre auquel, lorsqu’il était à l’état de fusion, î| avait ajouté un peu de phosphore, * auteur à trouvèque le métal avait con-servé une quantité considérable de ce COrps, ainsi qu’une forte proportion d® fer, empruntée à la tige dont il s était servi pour agiter le mélange à chaque addition de phosphore. Le ®üivre employé était de premier choix paraissait plus dur que le cuivre fraité par l’arsenic.
- L’analyse de 116,76 grains a fourni Pour résultat :
- Phosphore.......... 0.93
- Fer................ 1.99
- Une seconde analyse a donné :
- Cuivre............... 95.72
- Fer.................... 2.41
- Phosphore.............. 2.41
- 100.00
- On a constaté depuis longtemps, qu’une très-faible quantité de phosphore rendait le cuivre extrêmement dur et propre à faire des instruments tranchants; mais l’auteurn’a pas eu l’occasion de former préalablement ce mé-lange.Du reste c’est un fait remarquable que la présence d’une quantité aussi notable de phosphore et de fer ait si peu affecté la ténacité et la malléabilité du cuivre. L’action du phosphore pour purifier le cuivre dans le moulage de ce métal est aussi un fait intéressant qui peut avoir de l’importance pratique.
- M. Percy a aussi fait connaître quelques expériences qui ont été faites à Portsmouth par le capitaine James relativement à la valeur économique du cuivre combiné au phosphore. D’après les expériences de M. James sur l’action corrosive de l’eau delà mer, il paraîtrait que ce composé est beaucoup moins affecté que la plupart des autres échantillons de cuivre soumis au mêmes épreuves. Voici quels ont été les résultats de l’exposition de pièces de cuivre tarées à l’action de l’eau de la mer pendant neuf mois.
- Ou cuivre électrolype a perdu par pouce carré anglais.
- Du cuivre de premier choix................................
- Du cuivre contenant du phosphore.......................
- Du cuivre du bâtiment le Frolic...........................
- Du cuivre de l’arsenal de la marine, N° 1..............
- id......................N° 2
- id......................N° 3
- id......................N° 4
- Du métal de Muntz,
- grains.
- 1.4 1.1 0.0 1.12 1.66 3. » 2.48 2.23 0.95
- Le résultat paraît assez important I°ur attirer l’attention sur ce fait et Invoquer de nouvelles recherches, Urtout quand on fait attention à l’im-^°rtance économique qu’il y aurait {j®Ur navigation maritime, de dimi-j, ®r ou prévenir faction corrosive de au de la mer sur le cuivre.
- Fabrication de certains composés de plomb, et application à divers usages.
- Par M. H. L. Pattinson.
- J’ai remarqué que lorsqu’un équivalent ou à peu près de chaux, de soude , de potasse, d’ammoniaque ou de baryte, était ajouté à un équivalent de chloride de plomb, tous deux en solution , tout le plomb était précipité, sous la forme d’un composé défini d’un atome de chloride, et d’un atome d’hydrate d’oxide de plomb qui, lorsqu’on dessèche à
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- 100° C. ou au-dessous, a exactement la composition indiquée P6.C/-{-PôO. HO, mais qui. lorsqu'on le fait sécher | de 100° à 175°, perd plus ou moins de son atome d’eau et se transforme ou à peu près en Pô.C(-j-PôO.
- Si l’on emploie à la précipitation moins d’un demi-équivalent d’alcali, il se précipite le même oxichloride défini de plomb tandis qu’il reste en solution un peu de chloride de plomb. Cet oxichloride de plomb à une couleur blanc brillant, et possède beaucoup de corps, qualités qui le rendent propre à en faire une excellente couleur qu’on peut employer à la plupart des usages auxquel on applique la cé-ruse.
- Maintenant mon invention consiste à fabriquer et à faire des applications utiles de cet oxichloride de plomb, ou autres composés d’oxide et de chloride de plomb, qui résultent du mode de fabrication que je vais décrire.
- Parmi les substances alcalines dont j’ai fait mention, je donne surtout la préférence à la chaux, parce qu’elle remplit le même but que la soude, la potasse , l’ammoniaque et la baryte , et qu’elle est à beaucoup meilleur marché. Pour se servir de la chaux, on fait un lait saturé avec cette substance en jetant un excès de chaux délitée dans une cuve, remplissant d’eau, brassant convenablement et laissant reposer. Cette eau de chaux faite à la température ordinaire de 10° à 12° C. contient une partie de chaux sur 770 à 780 parties d’eau et par conséquent 1 litre en renferme lsram-,298.
- On fait aussi une solution de chloride de plomb en le dissolvant dans la proportion de 13 à 14 grammes de chloride cristallisé pur par litre d’eau bouillante. A cet effet, on a un fort tonneau en bois d’une capacité de 4 à 5 hectolitres, pourvu d’un agitateur tournant, mû par une machine à vapeur. C’est dans ce tonneau rempli d’eau bouillante qu’on introduit 6 à 7 kilog. de chloride pur de plomb; car, comme l’eau ordinaire renferme toujours quelques sels terreux , tels que des sulfates ou des carbonates ou tous deux à la fois, sels qui précipitent le plomb, on ajoute cet excès de chloride, parce que l’expérience a démontré qu’on obviait ainsi à cette perle, et pour que la solution ne renferme que 13 grammes de chloride de plomb par litre d’eau. Dès que la dissolution estdevenue limpide, on la décante dans une autre cuve disposée à cet effet.
- On mélange alors la solution claire
- de chloride de plomb tandis quelle est encore chaude (parce que si on la laissait refroidir tout à fait elle déposerait du chloride de plomb), avec un volume égal d’eau de chaux, en effectuant le mélange aussi rapidement qu’il est possible; il se forme immédiatement de l’oxichloride de plomb insoluble , qui se dépose promptement au fond de la cuve où le mélange a été opéré, en laissant une liqueur surnageante consistant en une solution faible de chloride de calcium, solution qu’on décante pour pouvoir recueillir le précipité à la manière ordinaire.
- Le mode d’opérer le mélange de la solution de chloride de plomb avec l’eau de chaux qui réussit le mieux consiste à avoir deux auges à bascule d’une capacité chacune d’un demi-hectolitre environ qu’on remplit avec les deux solutions et qu’on fait basculer simultanément pour verser leur contenu dans une cuve placée au-dessous, dans laquelle se forme instantanément l’oxichloride et d’où le mélange coule dans des cuves à dépôt où l’oxichloride se dépose.
- Maintenant, 1 litre d’eau de chaux saturée renfermant l&ram- 298 et 1 litre de la solution de chloride de plomb en renfermant 13 à 14 grammes et en outre un équivalent de chloride de plomb = 140 exigeant environ un demi-équivalent =14 de chaux ou un dixième de son poids pour convertir tout Ie chloride de plomb en un oxichloride neutre Pô. C/-J-PÔO, il est évident quon a employé un peu moins que proportion atomique de chaux ; mais quand on opère sur une grande échelle il vaut mieux avoir un peu de plomb en excès, car quand on emploie le demi' atome de chaux tout entier il en résulte» par suite de la difficulté qu’on éprouve pour mélanger intimement et rapi' dement de grandes masses de différents liquides, que l’oxichloride qui se pr^' duit renferme parfois un léger excès d’oxide qui altère un peu sa couleur » tandis qu’il n’y a jamais d’avarie a craindre par une proportion moindre de chaux , excepté qu’un peu de chloride de plomb s’écoule avec la liqueur claire qu’on décante, chloride qu’°n peut recueillir en faisant couler cett® liqueur dans un bassinet en précipitant l’excès de plomb par l’addition d’un pelj d’eau de chaux ou autre précipita0 analogue.
- Si on désirait, toutefois, éviter cette seconde précipitation on peutemploy^ de prime abord le demi-atome ! chaux tout entier, ou la proportion
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- exacte, pour précipiter la totalité du plomb, et s’il y avait d'abord un excès d’oxide dans le précipité et par conséquent un peu de chloride de plomb dans la liqueur claire en agitant ce précipité dans cette liqueur avant de rien décanter de celle-ci et brassant bien 1° tout ensemble pendant quelque temps, l’excédant de l’oxide se transformerait en oxichloride, et après le dépôt, la liqueur claire serait totalement exempte de plomb.
- On a indiqué l’emploi du chloride cristallisé de plomb; mais il n’est pas nécessaire que ce sel soit sous cette forme, car le chloride brut préparé avec le minerai de plomb et son équivalent d’acide chlorhydrique évaporé a siccité remplit très-bien le but, pourvu qu’il soit abondamment lavé pour le débarrasser des chlorides de fer, de manganèse et d’autres corps qui pourcent nuire à la couleur de l’oxichlo-r*de qu’on en extrairait.
- Quand on fait usage de chloride ?**ut, il est tout simple qu’on cherche a l’avance la proportion de chloride Pur qu’il renferme par des procédés exacts, afin d’en dissoudre la quantité convenable dans la cuve à dissolution.
- toutefois on avait une solution de chloride de plomb de force inconnue °Q incertaine, ou qu’on eût de l’eau de
- chaux non saturée , on pourrait encore les employer sans désavantage, car alors il suffirait tout simplement d’avoir soin de ne pas ajouter un excès de chaux (c’est-à-dire pas au delà d’un demi-équivalent), ce dont on pourrait s’assurer après quelques essais en remplissant les auges à bascule avec plus ou moins de solution respective de chaux ou de plomb, suivant que l’expérience l’aura indiqué.
- Je crois qu’il serait superflu d’entrer dans des détails sur le mode de procéder avec la soude, la potasse, l’ammoniaque ou la baryte, car s’il arrivait jamais qu’on fit usage de ces corps de préférence à la chaux , il suffirait évidemment de prendre une solution de chacun de ces corps de force connue et de traiter cette solution avec celle de chloride de plomb, de la manière décrite pour l’application de la chaux.
- Alliages 'pour coussinets.
- M. Schmidt a analysé plusieurs alliages employés dans les locomotives, et a présenté ainsi qu’il suit les résultats de son travail :
- Cuivre. Zinc. Étain. Plomb.
- Pour tes pistons 89.75 8. » 2.25 »
- Pour coussinets des essieux moteurs 85.25 2. » 12.75 »
- Pour coussinets des voitures de voyageurs. . 86. » V 14. » ft
- Pour essieux moteurs des locomotives anglaises. 74. » 9.50 9.50 7. »
- , Cette dernière composition qui, se-/'h l’auteur, surpasserait en qualité le m’onzeou laiton rouge, est également *?Uiaprix plus modéré; mais il faut Marquer qu’avec cette matière les c°üssinets ont besoin Ü’ètre plus épais ^vec l’alliage rouge ordinaire.
- M. E. Heusinger nous apprend que UT le chemin de fer de Taunus, les voitures de voyageurs qui fatiguent le 1* Us» et par conséquent sont les plus exPosées à éprouver le lacet, ont été I Pourvues de coussinets eu plomb dur, 1
- de l’invention de M. Kirchweger, et qui renferment 85 de plomb et 15 d’antimoine. Cette composition est coulée dans la portion supérieure de la boîte à essieu qu’on a renversée et sur la fusée , et on graisse avec l’enduit ordinaire, d’huile de palme, de suif et de soude. Ces coussinets ne s’échauffent pas, et la composition fait un excellent service.
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- Alliages pour coussinets de cylindres pesants, pour boites de roues des véhicules et pour le tour.
- Par M. G. Tapp.
- Les alliages propres à ces services doivent posséder les propriétés suivantes :
- 1° Résister à des pressions très-considérables.
- 2° Fonctionner à l’état sec et non graissé pendant environ deux minutes, sans développer une chaleur bien sensible et sans que l’alliage se détache sur les tourillons des pièces tournantes.
- Ces propriétés peuvent s’obtenir en particulier par une addition de plomb, et pour les petits objets légers par une addition d’antimoine.
- On prend donc pour les coussinets de fatigue ou les boîtes de roues, un mélange de 1 kilogramme de cuivre, 225 grammes d’étain de bonne qualité et 300 grammes de plomb, et l’on incorpore aussitôt que le cuivre est fondu, d’abord l’étain, puis ensuite le plomb. Si on voulait ajouter d’abord le plomb, le cuivre ne se combinerait pas bien avec ce métal et l’alliage réussirait mal; en conséquence, pour que cette combinaison s’opère , et que le cuivre soit apte à s’allier avec le plomb, il faut qu’il soit préalablement mélangé à l’étain. On brasse la masse à plusieurs reprises dans le travail, pour que l’alliage. lorsqu’on le coule, soit irréprochable.
- Il va sans dire que les coussinets ainsi coulés en sable ont besoin d’être bien débarrassés par la lime de tous les grains qu’ils auraient pu entraîner dans la forme, et que les tourillons, axes, arbres ou fusées qui doivent rouler sur ces coussinets ou dans ces boîtes doivent y être rodés le plus exactement et le plus délicatement possible.
- Pour les petits coussinets où les arbres ne sont pas mis en mouvement par un moteur puissant, mais à bras d’hommes, je recommande un mélange de 73 parties d’étain , 18 parties d’antimoine et 9 parties de cuivre, et on peut même réduire le cuivre à 8 parties en conservant toutefois la proportion d’antimoine indiquée.
- Cette composition résiste bien, elle se polit à sec et n’occasionne que peu de frottement. Une addition de plomb lui est nuisible parce qne l’alliage perd aussitôt de sa ténacité , et je conseille dans tous les cas de n’employer que de l’étain parfaitement pur ; mais dans tous les cas où l’on n’a pas besoin d’une
- résistance considérable, et où l’on tient peu à la durée, une addition de plomb est au contraire avantageuse.
- Enfin je ferai remarquer que le premier alliage indiqué est principalement propre aux boîtes de roues des véhicules circulant sur les chemins de fer, et que sous ce rapport je n’en connais pas qui puisse lui être comparé, et qui même en approche (1).
- Procédé pour préparer de l'acide sul -furique pur.
- Par M. A.-A. Hayes.
- On emploie aujourd’hui dans beaucoup d’opérations industrielles de l’acide sulfurique pur, et c’est ce qui m’a décidé à faire connaître un procédé économique que j’ai appliqué depuis longtemps avec succès à cet objet.
- Dans les fabriques d’acide sulfurique, l’acide des chambres est ordinairement amené dans des bassines en plomb à la densité de 1,76 par évaporation, et pendant qu’il est encore chaud, versé dans les chaudières en platine pour compléter la concentration.
- La différence dans le procédé commence avec l’acide encore chaud et qui peut contenir des acides sulfureux? chlorhydrique, hypoazolique et arse-nique, des oxydes de fer et de plomb, de l’alumine, de la chaux, de la soude et des matières organiques. Si à cet acide chaud on ajoute une quantité suffisante d’azotate de potasse ou de soude pour détruire la matière organique, u° voit disparaître la couleur brune et I® liqueur devient incolore. L’addition de 1/500 de sulfate d’ammoniaque (1) détruit l’acide hypoazolique qui peut rester encore; celle d’un azotate alcalin ® déjà détruit la plus grande partie de
- (1) L’alliage dont il est question dans ce^ article se rapproche beaucoup du bronze a®' tique. En effet, suivant l’auteur, sa premier composition serait formée pour too à peu Pr® de 65 parties en poids, cuivre, 15 étain et^ de plomb, ou de 65 cuivre et 35 métaux Or le bronze des miroirs antiques, analysé P“* l Klaprolh, s’est trouvé composé de 62 cuivr®’ 32 étain et 6 plomb, ou 62 cuivre et 38 de „ taux mous. Ces deux alliages ne diffèrent do» entre eux que par la proportion relative métaux mous, et peuvent passer de l’»n ir l’autre, suivant la dureté dont on peut »vo besoin. F. M.
- (1) C est M. Pelouze qui a proposé, en ,sîl’ l’emploi du sulfate d’ammoniaque pouf e truire tout l’acide azotique ou hypoazotiq renfermé dans l’acide sulfurique.
- F. M.
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- | acide chlorhydrique et oxydé complètement les acides sulfureux et arsé-nieux. Les oxydes qui sont présents favorisent d’ailleurs la purification. On fait évaporer jusqu’à une densité de f-78, chose importante, après avoir ajouté préalablement un peu d’oxide de Plomb.
- ta liqueur est alors refroidie dans des vases en plomb profonds jusqu’à ce 9Ue sa température s’abaisse peu à peu l,lsqu’à o°, à laquelle on la laisse s’éclaircir complètement, puis on verse la hqueur claire dans des vases plats en Plomb et on fait refroidir jusqu’à—17°5. tomme la totalité de cet acide a presque la composition de l’hydrate S03-f-^HO,elle forme parle repos une masse solide cristalline. Dans les cas ordinaires ®.es cristaux consistent en masses soldes , qu’on laisse augmenter de volume jusqu’à ce que la moitié de la ligueur ait pris l’état solide, alors on décante vivement la portion liquide qui reste, on brise les cristaux et on lave avec un peu d’acide obtenu par la fusion des cristaux dans une opération précédente.
- Cristallisé ainsi qu’il vient d’être dit, Cet acide n’est plus encore souillé que Par un précipité en grains fins, qui Consiste en sulfate et arséniate anhydres de fer et de plomb, sels qui se mélangent avec les cristaux lorsque les la-Vages sont opérés avec peu de soin. Ces substances se déposent par lerefroidis-Sement, mais plusabondammentencore Par la cristallisation de cet acide. Si on a,t fondre les cristaux dans une bassine eo plomb qu’on a lavée préalablement avec de l’acide sulfurique ordinaire, on °otientun acide qui est, à bien peu de chose près, pur; si on a besoin d’un acide c°ncentré, on peut transporter directe-dans une chaudière de platine, •aire fondre et concentrer.
- Pour les recherches scientifiques et analytiques, il faut faire fondre les cris-aux dans des vases en verre ou en ^rès et les laisser se cristalliser à l’abri la poussière et du contact des mé-?Ux, jusqu’à ce que la moitié ou le lers de l'acide reste encore à l’état li-tjmde. Dans un grand nombre d’appli-ations on se sert de ces cristaux , qui, * état liquide , forment un hydrate dé-<3rntSanS ^U On so‘l de les déshy-
- On peut de cette manière, dans les 0!s d’hiver, préparer de grandes quan-
- tités d’acide sulfurique pur; on conserve les cristaux sous celte forme ou bien on les fait fondre. Tout l’acide qu’on a décanté dedessus l’acide pur sert à la fabrication de l’acide azotique ou de l’acide hypoazotique dans les chambres de plomb.
- Les cristaux de cet hydrate se dis^ tinguent par leur forme régulière et leur volume ; ce sont des prismes obliques à six pans dont les faces ont souvent O”,30 et 0m,40 de longueur. Leur capacité pour la chaleur est également remarquable; de petits fragments n’entrent en fusion par une température de 7° à 8° G. qu’avec une lenteur extraordinaire.
- Sur les produits de la fabrication de la soude.
- Par M. J. Brown.
- Extrait.
- Tout le monde connaît le procédé inventé en 1784 par Leblanc et Bizé pour la fabrication de la soude artificielle. Ce procédé étant encore celui qui est le plus employé dans la préparation de ce produit chimique, nous allons examiner les réactions auxquelles il donne lieu avec les matériaux dont on fait usage en Angleterre et les produits qu’on en obtient.
- 1° Occupons-nous d’abord de la décomposition du sel marin par l’acide sulfurique et de la production du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique.
- Le sel dont on fait usage à Glascow pour la fabrication de la soude factice, provient des sources salées qui existent en abondance dans le Cheshire dans le nouveau et le vieux grès rouge. La solution salée est évaporée jusqu’à ce quelle atteigne une certaine force, point où tous les sels se précipitent, puis on la filtre alors à travers des claies ou paniers en osier et on l’évapore. Les eaux-mères servent à la fabrication de sels de magnésie. Le sel ainsi obtenu contient de nombreuses impuretés, dont les principales sont : la chaux , l’acide sulfurique et la magnésie. Trois analyses de ce sel ont donné, en moyenne, les résultats contenus dans le tableau suivant :
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- Magnésie. Chaux. Acide sulfurique.
- Chioride de sodium 931.615 » » »
- Chloride de potassium. . . . • • traces. J> »
- Chioride de magnésium. .... 1.066 0.381 » »
- Sulfate de chaux 10.098 » 4.158 5.940
- Sulfate de magnésie 1.348 0.449 » 0.399
- Carbonate de chaux • 1.500 » 9 •
- Eau 54.373 )) » n
- 1000.000 0.830 4.158 6.339
- On introduit à peu près 3 quintaux métriques de ce sel dans un pot en fer, et on fait arriver dessus, au moyen d’un siphon, environ 2,75 quintaux d’acide sulfurique du poids spécifique de 1,750. Une violente réaction à lieu immédia-diatement et une immense quantité d’acide chlorhydrique se dégage et s’échappe par une cheminée, ou bien est reçue dans de grands cylindres verticaux renfermant une colonne de coke en morceaux qui retiennent le gaz jusqu’à ce qu’il y en ait une quantité considérable ainsi recueillie ; alors on fait couler à travers le coke des filets
- d’eau qui absorbent tout lé gaz. Au bout de deux heures toute évolutioil de gaz a cessé, et le sulfate qui est à l’état demi-fluide est transporté dans une chambre ou il est chauffé fortement pour en chasser tout l’acide. L’opération entière dure à peu près quatre heures.
- Les matières étrangères contenues dans le sulfate de soude brut ainsi obtenu sont le sable , le peroxide de fer, la magnésie et le sel non décomposé. En analysant le sulfate brut, on a trouvé qu’il avait la composition suivante :
- Sulfate de soude.................,.......... 962.170
- Sulfate de chaux.................................. 9.731
- Sulfate de magnésie............................... 2.893
- Ghloride de sodium............................ . 10.956
- Peroxide de fer................................... 2.300
- Sable............................................. 3.100
- Acide libre....................................... 8.850
- 1000.000
- 2° La seconde partie du procédé est, comme on sait, la conversion du sulfate en carbonate de soude brut. Voici
- les proportions des ingrédients généralement employés dans cette conversion :
- pour cent. quantité théorique, kil. Ml. kil.
- Sulfate de soude. ..... 126.85 100.» 100.»
- Calcaire en poudre........... 133.20 102.9 105.3
- Menu de houille.............. 88.75 61.7 33.6
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- Ces ingrédients, après avoir été inti- i mement mélangés, sont introduits dans un four à réverbère où on les chauffe ] fortement. La masse se ramollit bientôt, et il faut avoir soin de la brasser fréquemment afin d’exposer de nouvelles surfaces à la chaleur. Lorsqu’elle acquiert la consistance de la pâte à faire tepain,l’actionchimique commence, et des jets d’oxide de carbone enflammés ne fardent pas à s’en échapper. L’évolution du gaz devient bientôt très-rapide au Point que la masse entière paraît être * l’état d’ébullition. Lorsque celle-ci s apaise, l’opération est terminée et la masse fondue est tirée hors du four , et on la laisse se prendre en masse. Ce gâteau ainsi obtenu est le carbonate de soude brut.
- Cette opération consiste en deux sous-opérations qu’on pourrait exécuter dans des fours dictincts.
- 1° Le charbon est consumé aux dépens de l’oxigène, du sulfate de soude , en donnant lieu à la formation d’un sulfure de sodium, et à de l’oxide de carbone
- NaO, S03-f-4C==NaS-j-4C0;
- 2° Le sulfure de sodium ainsi formé est décomposé par 1e carbonate de chaux, avec formation de calcium et de carbonate de soude :
- NAS+CaO, C03= NaO, C02+CaS.
- Si ce composé était digéré dans l’eau, il se manifesterait immédiatement une action inverse , le sulfure de sodium et le carbonate de chaux se reformeraient. Pour obvier à cette difficulté , on emploie un excès de chaux , près de deux fois autant qu’il en faudrait. Cet excès de chaux donne lieu a ta formation d’un composé insoluble dans l’eau dont la composition est 3CaS,CaO. Cette substance est sans action sur une solution de carbonate de soude ou de soude caustique.
- En procédant ensuite à l’analyse de la soude brute obtenue comme on vient j de l’expliquer, analyse dont nous ne reproduirons pas ici les détails, on a trouvé que ce carbonate avait la composition indiquée dans le tableau qui suit ;
- Soude. Chaux. Acide carboniqu . Soufre.
- Carbonate de soude. . . . 35.640 21.120 P 14.520 P
- Soude caustique 0.609 0.609 P » *
- Aluminate de soude. . . • 2.350 1.504 * *
- Sulfate de soude 1.160 » » J» P
- Chloride de sodium. . . . 1.913 .» )> * 0.454
- Sulfure de sodium 1.130 0.905 » »
- Outremer' artificiel. . . . 0.295 1> • • 10.296
- 3 CaS -f- CaO 29.172 » 24.024 1) »
- Chaux caustique. . . . * . 6.301 » 6.301 » »
- Sable 4.285 P » » 1.706
- Sulfure de fer 4.617 * » tf »
- Silicate de magnésie. . . . 3.744 » Ù » »
- Carbone 7.998 » P » »
- Eau (hygroscopique). . . 8.700 » P »
- L 100 214 1 24.138 30.325 14.520 12.536
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- Dans l’analyse précédente on considère presque toute la soude comme unie à l’acide carbonique, attendu qu’il y a très-peu de soude caustique. M. Unger et autres chimistes qui ont examiné la soude brute, font erreur quand ils supposent qu'il existe une grande quantité d’alcali à l’état d’hydrate et qu’on trouve constamment du carbonate de chaux ; une dissolution alcoolique de celte soude brune, soumise à l’analyse, ne renferme qu’une très-faible proportion d’alcali à l’ètat de sulfure, tandis que si le produit des fours renfermait de la soude caustique , elle serait immédiatement dissoute par l’alcool qui donnerait une solution très-alcaline. Mais si on dissout dans l’eau, la liqueur renferme une forte proportion d’acide caustique, parce que la soude brute contient beaucoup de chaux à l’ètat caustique qui décompose le carbonate de soude et produit de la soude caustique et du carbonate de chaux.
- Quelques analystes ont trouvé aussi de l’eau en combinaison dans la soude brute, c’est-à-dire de l’eau unie à la soude ou à la chaux. Mais c’est impossible , car d’où viendrait cette eau? Les matériaux n’en renferment pas. Il est vrai qu’il se forme une petite quan-
- Sulfate de soude. . . Chloride de sodium. Carbonate de soude. Hydrate de soude. . Carbonate de chaux. 3CaS, CoO. • . . Sulfure de fer. . . . Silicate de magnésie Charbon de bois. . .
- Sable...............
- Eau (hygroscopique).
- tilé de ce liquide dans la combustion de la houille, mais cette quantité ne suffît pas pour rendre raison de celle qu’on a trouvée, et le mode d’analyse suivi par ces chimistes pour doser l’eau combinée à la soude ou à la chaux est très-incorrect.
- On devait s’attendre qu’en prenant des échantillons dans les produits de divers fours à soude on trouverait de grandes variations dans les résultats. C’est ainsi que la chaux a varié de 27 à 34 pour 100, la soude de 22 à 26,5 et le soufre de 10 à 16 ; mais ces corps ont toujours conservé un certain rapport fixe entre eux, et lorsque la proportion de chaux a été considérable, celle du soufre a augmenté proportionnellement et par conséquent la quantité de soude a été moindre. Du reste, voici deux analyses de soude brute, l’une provenant de Cassel et faite par M. Unger, et l’autre de Newcastle, faite par M. Richardson. On voit figurer dans toutes deux de l’hydrate de soude et du carbonate de chaux, mais à tort, quoique les autres parties de l’analyse soient probablement correctes. Les fabriques de Cassel et de Newcastle opèrent à peu près de la même manière qu’à
- Glascow.
- Cassel. Newcastle.
- . . 1.99 3.64
- . . 2.54 0.60
- . . 33.57 9.89
- . . 11.12 25.64
- . . 12.90 15.67
- . . 34.76 35.57
- . . 2.45 1.22
- . . 4.74 0.88
- . . 1.59 4.28
- . . 2.02 0.44
- . . 2.10 2.17
- 99.78 100.00
- 3° Passons à la troisième division de l’opération, c’est-à-dire à la fabrication du sel de soude avec la soude brute.
- Le premier point est d’extraire toutes les matières solubles dans la soude brute; on y parvient par une digestion dans l’eau chaude. Les vases dont on fait usage pour cet objet sont de grandes bassines carrées en fer qui, en général, fonctionnent au nombre de cinq ou six à la fois. Ces bassines sont disposées par gradins de manière à former une batterie où l’eau entre dans la première et en sort à l’état bien saturé par la
- sixième. En abandonnant cette dernière, la liqueur coule dans un très-grand vaisseau en fer où on la laisse déposer; les matières insolubles qui se déposent restent dans ce vaisseau et sont, faute d’usage . jetées dans les environs où elles sont une source d’incom; modilé à cause de l’hydrogène sulfure qu’elles dégagent. On a fait de nombreuses tentatives pour extraire Ie soufre quelles renferment, mais sans succès. L’analyse de ces résidus, a*? moment où on les a recueillis, a donne les résultats suivants ;
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- 125
- Chaux. Soufre. Acide carbonique.
- Carbonate de chaux 24.220 13.563 » 10.657
- «5 i 3 CaS,CaO 20.363 16.769 7.187 »
- 3 ' Carbone 12.709 D 9 ))
- S Silicate de magnésie. ...... 5 987 9 9 »
- "5 C/3 Sable 5.746 9 9 »
- Peroxide de fer 5.716 9 9 »
- Sulfate de chanx 4.281 1.645 9 )>
- Hyposulfite de chaux traces. 9 » »
- (Q Qj Bisulfure de calcium 3.583 1.929 2.205 »
- -O
- "5 / ua \ Sulfure de calcium 8.527 6.631 3.790 »
- 3 ! Hydrate de chaux. ....... 5.583 4.225 » )>
- Carbonate de soude 1.309 9 » 0.533
- Eau (hygrométrique) 2.100 » » )>
- 100.124 44.762 13.182 11.190
- —
- Cette composition, du moins celle ue la chaux , du soufre et de l’acide Carbonique, est sujette à de grandes variations suivant les échantillons. Un r^siflu de ce genre, vieux de trois à Quatre semaines, renfermait de l’hypo-Sulfite de chaux en bien plus grande Quantité que quand il était frais. Un ^,ulre, exposé en partie à l’action de ‘atmosphère pendant trois ans, était entièrement converti en sulfate, sul-!’Çei carbonate et hyposulfate de chaux, "autres ne renfermaient presque que sulfate, du carbonate de chaux et ^ la chaux caustique. Ces expériences Çnt de l’intérêt en ce qu’elles montrent j°xidation graduelle du soufre con-term dans ces résidus. Ceux-ci, dans les bateaux de soude brute, consistent Entièrement en oxisulfure de chaux I^ÇaS.CaO) et chaux caustique. L’oxi-u'lure se décompose bientôt en donnant naissance à du sulfure et bisulfure ?e calcium et de la chaux caustique. -e bisulfure élan tir ès-efflorescent for-sur les masses de ces résidus un en-|.u'l jaune de petits cristaux prisma-ll(lues. Le soufre est alors plus énergiquement oxidé, et le premier produit
- est de l’hyposulfite et du sulfite de chaux, et cette marche en continuant donne naissance à de l’hyposulfate et du sulfate de chaux, l’oxidalion continuant jusqu’à ce qu’il ne reste plus que du sulfate de cette base. La chaux caustique est aussi en grande partie convertie en carbonate.
- Voici l’analyse faite par M. Unger des résidus de la fabrique de Cassel :
- Carbonate de chaux............ 19.56
- 3 CaS , CaO. ..................32.80
- Carbone........................ 2.60
- Silicate de magnésie............ 6.91
- Sable.......................... 3.09
- Peroxide de fer................ 3.70
- Sulfate de chaux................ 3.69
- Hyposulfite de chaux .... 4.12
- Hydrate de chaux.............. 11.79
- Bisulfure de calcium. .... 4.67
- Sulfure de calcium.......... 3.25
- Sulfure de sodium........... 1 78
- Eau............................. 3.45
- 100.31
- 4° Donnons maintenant les résultats
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- de l’analyse du sel obtenu par l’évaporation dans des bassines en fer de la liqueur provenant des lavages de la soude brute ou du sel de soude. Cette liqueur, qui parait contenir du carbonate de soude, de la soude caustique, du chloride de sodium avec un peu d’alu-
- minate de soude, est décomposée promptement; par l’action de l’atmosphère il se forme du carbonate de soude tandis qu’il se précipite de l’alumine. Evaporé presque à siccité, le résidu se composait des éléments ci-après :
- 1. 11.
- Carbonate de soude 68.907 65.510
- Hydrate de soude . . 14.433 16.072
- Sulfate de soude 7.018 7.812
- Sulfite de soude 2.231 2.134
- Hyposulfite de soude . . . . . - traces. traces.
- Sulfure de sodium 1.314 1.542
- Chloride de sodium 3.972 3.862
- Aluminate de soude.. . * . . 1.016 1.232
- Silicate de soude . . . 1.030 0.800
- Matière insoluble 0.814 0.974
- 100.735 99.941
- Ce sel est alors introduit dans un four à reverbère ou à carbonater où on le chauffe fortement. Dans cette opération le sulfure de sodium se convertit en sulfate de soude et une portion de l’hydrate de soude en carbonate. Enlevé du four, ce sel estprêtà être expédié. A Newcastle et dans quelques
- Carbonate de soude.............
- Hydrate de soude...............
- Sulfate de soude...............
- Chloride de sodium.............. .
- Sulfite de soude...............
- Aluminate de soude. ......
- Silicate de soude..............
- Sable..........................
- Eau............................
- autres localités, on le dissout et le carbonate de nouveau, et ainsi fabriqué il renferme de la soude caustique.
- Le sel de soude préparé renferme de 48 à 53 pour 100 d’alcali utile, c’est-à-dire d’alcali combiné avec l’acide carbonique et l’eau, et il a fourni à l’analyse :
- I. 11. 111.
- 71.614 70.461 62.13
- 11.231 13.132 17.20
- 10.202 9.149 8.66
- 3.051 4.279 3.41
- 1.117 1.136 0.35
- 0.923 0.734 1.11
- 1.042 0.986 2.56
- 0.316 0.464 0.02
- )) » 3.96
- 99.490 100.341 100.00
- La troisième analyse, due à M. Unger, a été faite sur un sel de soude préparé en Allemagne.
- 5° Reste à connaître l’analyse et la formation du Carbonate de soude cristallisé.
- Les masses de carbonate de soude sont lixiviées avec de l’eau de la même manière que pour la fabrication du sel
- de soude. La liqueur est pompée de la cuve à dépôt dans une bassine où on l’évapore presque jusqu’à siccité; alors on l’extrait de la bassine et on la jette en masse sur des tamis ou un carrelage où le sulfure de sodium et la soude caustique ne tardent pas à tomber en déliquescence et à s’écouler du sel. Ce sel, séché à 100° C., a fourni à l’analyse :
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- I. il.
- Carbonate de soude. ..... . 79.6il 80.918
- Hydrate de soude 2.712 3.924
- Sulfate de soude 8.6*1 7.431
- Sulfite de soude . 1.238 1.110
- Sulfure de sodium....... . . traces. 0.230
- Hyposulfite de soüde . traces. traces.
- Chloride de sodium *.128 3.142
- Aluminate de soude 1.176 1.01*
- Silicate de soude 1.234 1.317
- Matière insoluble 0.972 0.768
- 99.742 99.854
- Ce sel est alors introduit dans un I oxidées et presque tout l’hydrate est
- *our à réverbère et carbonaté. Les 1 converti en carbonate. Il a fourni
- dernières traces de soufre sont ainsi | alors à l’analyse : *
- I. il.
- Carbonate de soude 84.002 83.761
- Hydrate de soude . 1.060 0.734
- Sulfate de soude . . 8.560 9.495
- SulGte de soude. ....... . . traces. 0.386
- Chloride de sodium . . 3.222 3.287
- Aluminate de soude 1.013 0.620
- Silicate de soude 1.984 0.789
- Matière insoluble . . 0,716 9.846
- 99.557 99.909
- . On prépare souvent un sel de soude très-peu de soude caustique et en
- d? qualité supérieure avec ce sel en le moyenne 50 pour 100 d alcali environ,
- dissolvant dans l’eau , évaporant à sic- comme on le voit par son analyse :
- Né et carbonatant. Alors il renferme
- Carbonate de soude. Hydrate de soude. . Sulfate de soude.. . Sulfite de soude. . . Chloride de sodium. Aluminade de soude. Silicate de soude. . . Matière insoluble.. .
- 1. 11.
- 84.314 84.721
- traces. 0.28
- 10.260 9.764
- traces. 5)
- 3.480 3.140
- 0 632 0.716
- 0.414 0.318
- 0.259 0.498
- 99.350 99.437
- ^est avec ce sel qu’on fabrique le ^bonate de soude cristallisé. A cet ,net on le dissout dans l’eau chaude v^qu’à ce que la solution ait un poids Pacifique de 1.250 ; on coule dans une j, e ou on mélange avec une quantité froide suffisante pour réduire ce P0,ds spécifique à 1.21. Ce mélange ccasionne le dépôt d’une grande "NantUé de matière terreuse. On ajoute
- alors un peu de chlorure de chaux en poudre à la liqueur, et il se précipite un autre dépôt. Après avoir laissé reposer, on décante la solution avec soin dans une autre bassine et on évapore jusqu’à ce qu’elle marque un poids spécifique de 1.27. Alors on la fait écouler dans une cuve d’où elle passe dans les cristallisoirs. La cristallisation dure en moyenne huit jours, mais cette
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- durée varie avec la saison et l’èlat de l’atmosphère ; on la favorise sensiblement en plaçant quelques barres de bois de 5 à 7 centimètres de largeur
- sur le sommet de la liqueur.
- Le carbonate de soude cristallisé aussi obtenu a donné à l’analyse :
- I. II.
- Carbonate de soude . . . 36.476 36.931
- Sulfate d5 soude. . . . 0.943 0.542
- Chloride de sodium . . . 0 424 0.314
- Eau 62.157 62.213
- 100.000 100.000
- Comme il renferme 10 atomes d’eau I CO2+10HO, et sa composition cal-de cristallisation, sa formule est N a O, j culée d’après la formule, est : ’
- Carbonate de soude............. 37.500
- Eau.......................... 62.500
- Quand on a chassé l’eau de ces cristaux par la chaleur, on obtient un carbonate de soude très-pur employé dans
- Carbonate de soude...........
- Sulfate de soude.............
- Chloride de sodium...........
- 100.000
- la fabrication des glaces, et qui donne à l’analyse :
- 98.120 97.984
- 1.076 1.124
- 0.742 0.593
- 99.938 99.671
- Email blanc pour raccommoder au
- feu la porcelaine, la faïence et le
- verre laiteux.
- Par M. A. Wàchter.
- Une substance propre à raccommoder les objets en porcelaine qui ont été brisés doit posséder une couleur blanc pur, se dilater au feu comme cette dernière matière, et se contracter comme elle lors du refroidissement. Si elle ne possède pas ces propriétés de la manière la plus parfaite, les vases ou objets ne tardent pas à se briser de nouveau, suivant leur première ligne de rupture. Le mélange suivant a, parmi un grand nombre de compositions essayées, donné les meilleurs résultats :
- 3 parties de minium.
- 2 parties de sable blanc finement broyé.
- 3 parties d’acide boracique cristallisé.
- Les substances indiquées sont intimement mélangées dans un mortier de porcelaine et fondues dans un creuset de Hesse qu’on introduit dans un four-
- neau à vent. La masse vitreuse en fusion estcoulée sur une plaque en métaL et après son refroidissement on la brise dans un mortier, puis on la broie bien fin à l’eau sur un plan de verre poli avec une molette en verre.
- Pour souder deux pièces de porce-celaine on humecte de l’émail avec une eau faiblement chargée de gomme adra-gante , puis avec un pinceau on porte sur les points qu’on veut souder, et on rapproche ceux-ci. Après la dessiccation complète et le durcissement de Ia soudure, les pièces sont introduites avec précaution dans une moufle et chauffées jusqu’au rouge naissant. l>e degré de chaleur qui convient et qu’on ne doit pas dépasser est facile à déterminer au moyen d’une éprouvette, c’esf' à-dire d’une petite quantité de I’émad qu’on porte avec le pinceau sur un tesson de porcelaine, et qu’on introdm* dans la moufle par l’ouvreau en même
- temps que la pièce. Lorsque cette éprouvette commence à prendre de l’éclatel à présenter les signes d’un commence' ment de fusion, il est temps de cesser de chauffer et de laisser refroidir ia moufle avec les objets qu’elle renferme-Il ne convient pas de pousser la châle11 jusqu’à la fusion complète de Léman »
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- parce que par ce moyen sans lui donner plus de dureté on l’exposerait à devenir cassant. La température pour •a cuisson complète est d’ailleurs tellement basse, que les porcelaines peintes ou dorées elles-mêmes ne peuvent y eprouver aucune avarie.
- L’émail dont on vient de faire connaître la composition présente cette anomalie remarquable, que par un Prompt refroidissement il forme un verre incolore et limpide, tandis que 91130(1 le refroidissement a été opéré avec plus de lenteur, il est parfaitement olanc et opaque. Si on chauffe presque jusqu’au point où il entre en fusion le verre qu’on a obtenu par un refroidissement prompt, celui-ci perd sa translucidité et de vient blanc et opaque.
- Ce phénomène présente beaucoup de J'ussemblance avec le passage à la couler rouge des verres incolores de pro-Oxides d’or ou de cuivre quand on les chauffe de nouveau, et d’autres genres d’émaux qu’on prépare avec les acides arsèniqueou tungstique présentent absolument le même phénomène.
- Probablement l’émail doit cette propriété ainsi que son opacité à une élimination ou précipitation de l’acide s*liciquedues à un refroidissement lent, acide qui par un refroidissement subit reste combiné avec le borate de plomb ®nun verre limpide et incolore.
- La matière éliminée ou précipitée ostdu reste d’une finesse incroyable, car So«s le microscope elle n’apparaît que ?°name un léger trouble nuageux et l^onâtre; un grossissement de 200 fois ne Permet pas encore d’apercevoir depar-Jlcules distinctes. L’émail produit avec es acides arsénique et tungstique doit Probablement son opacité à la prècipita-*°n del’arsèniate ou du tungstate de po-jasse. Il y a des substances très-dilïici-e0aent fusibles qui présentent aussi le ^eme phénomène.
- , La porcelaine exposée à la flamme jf® l’éther avec accès du gaz oxigène se ^.nd en un verre limpide et incolore.
- 1 é une perle de verre ainsi produite aPplique une température élevée et j,°utenue comme celle de l’ouvrage d’un °0r à porcelaine, et qu’on l’y laisse Pédant tout le temps de la cuisson es pièces, puis qu’on fasse refroidir y?c lenteur, cette perle devient com-P‘etement opaque et blanc d’émail, ans qUe |a température ait atteint de °Uveau le point de fusion. Ma terre à Porcelaine se comporte de la même ma-lere. La précipitation ou l’élimination
- de même, ainsi que le fait voir le >croscope d’une finesse extrême, et
- t-e Technologiste. T. XI. — Décembre 1849.
- consiste aussi selon toutes les probabilités en silice, qui dans les deux substances se trouve en excès.
- C’est encore à ce genre qu’il convient de rapporter la porcelaine de Rèaumur, qui par une chaleur soutenue et un refroidissement lent devient un verre opaque.
- Argenture des miroirs, glaces et autres surfaces.
- Par M. T. Drayton.
- Le but que je me suis proposé consiste à faire déposer sur le verre une couche d’argent provenant de ce métal en dissolution de façon que ce précipité adhère à la surface de ce verre sans application préalable d’une autre substance quelconque.
- Pour cela, je prends 30 grammes d’ammoniaque , 60 grammes d’azotate d’argent, 10 centilitres d’eau et 10 centilitres d’alcool de vin. Je mélange ces matériaux, je les laisse reposer pendant trois à quatre heures et je filtre. A la liqueur filtrée j’ajoute 7 à 8 grammes d’une matière saccharine dissoute dans partie égale d’eau et d’alcool (un quart de litre par exemple) et de préférence du sucre de raisin si on abandonne la solution au repos pendant quelques heures.
- L’invention est applicable à la fabrication des miroirs, des glaces et de toutes les autres surfaces planes, concaves ou convexes qu’on veut recouvrir d’argent. Il n’y a rien d’insalubre et de nuisible dans le procédé, et il ne s’en dégage aucune odeur soit pendant l’opération soit après l’argenture du verre : on peut argenter la pièce placée verticalement aussi bien qu’horizontalement pourvu que la liqueur soit maintenue en contact avec le verre et que celui-ci soit maintenu à une température de 70° pendant qu’on opère.
- Aussitôt que l’argent est parfaitement sec sur le verre, on l'enduit d’un vernis ordinaire au mastic pour le garantir contre le frottement.
- La supériorité de celte invention sur toutes celles connues jusqu’à présent consiste dans la durée des produits qui résistent éminemment àla chaleur etaux vapeurs, ce qui les rend propres à tous les climats. La solution dépose aussi de l’argent sur les métaux d’une manière très-parfaite.
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- I S?iST»
- Mode d'extraction de la matière colorante de l'orseille.
- Par M. A. Chaudois.
- Dans les procédés ordinaires d’extraction de la matière colorante de l’or-seille on immerge les lichens dans une suffisante quantité d’eau pour les amener à l’état de pâte, puis on introduit dans la masse des liquides renfermant de l’ammoniaque, on brasse et on mélange le tout pour développer la matière colorante.
- Dans quelques cas on introduit de la potasse ou de l’urine et de la chaux dans le même but, mais j’ai remarqué que par ce procédé la matière colorante qu’on obtenait ainsi n'était pas aussi pure que celle qu’on recueillait par le procédé que je vais décrire dans lequel on sépare les matières substan-tives des lichens et où on ne se sert que de la matière colorante ou extrait seulement.
- Pour extraire et préparer la matière colorante des lichens de l’orseille on soumetces plantes à des lavages à l’eau, on fait écouler et on sépare cette eau, puis on opère sur les solutions ainsi obtenues par les moyens auxquels on a eu recours jusqu’à ce jour lorsqu’on «agissait sur les masses, telles que l’addition de l’ammoniaque liquide ou des autres matières alcalines ordinaires.
- Ces lavages peuvent s’effectuer à l’eau chaude seulement, ou avec de l’eau légèrement aiguisée d’alcali, d’urine et de chaux, le but étant d’éviter les matières substantives renfermées dans les lichens et de n’employer que les solutions extraites.
- Nouveaux mordants pour la teinture.
- Par J.-A. Carteron.
- Ces mordants sont destinés à remplacer en teinture la crème de tartre, ainsi que cette crème de tartre mélangée à l’alun dont on se sert communément aujourd'hui, au moyen de quoi on obtient des couleurs d’un éclat supérieur, d’une grande variété et à moins de frais.
- Ces mordants sont au nombre de quatre et se préparent ainsi qu’il suit :
- Premier mordant. On dissout 18
- parties en poids de sel commun et 9 parties d'acide tartrique dans 67 parties d’eau bouillante, et on ajoute à cette solution 18 parties d’acide acétique du commerce. Un kilogramme environ de ce mordant équivaut en teinture à 1 kilogramme de crème de tartre, et s’emploie de la même manière pour le cramoisi eltoutes les teintures en rouge.
- Second mordant. On prend 2 parties en poids du résidu des fabriques d’acide nitrique (qui consiste principalement en sulfate de soude) et une partie d’alun, on triture et on mélange le tout ensemble. Environ 2 kilog. 1 /4 de ce mordant équivalent à moitié de cette quantité de crème de tartre. On emploie de la même manière pour tous les olives et les bruns.
- Troisième mordant. On prend une partie en poids du résidu de la fabrication de l’acide sulfurique fait avec le nitrate de potasse, et5 parties de sel marin , on triture et on mélange comme ci-dessus. On emploie dans les mêmes proportions relativement à la crème de tartre que dans le second mordant pour les couleurs noires ou foncées seulement.
- Quatrième mordant. On délaye 6 parties en poids de sulfate d’alumine, 3 parties d’acide nitrique et une partie de lessive caustique à 24° B dans 40 litres d’eau. On emploie ce mordant pour les bains de teinture en verts de toutes lesnuancesetde fantaisie,et dans la proportion de 4/2 litre pour 40 kilogrammes en poids de tissu.
- Préparation de l'orangé de chrôffle sur impression en bleu.
- Par M. E. Scherff.
- On réussit parfaitement à produire avec le chrome, une couleur orange franche et intense, en se servant d’une bouillie riche en oxide de plomb, très-propre à saturer au plus haut degré les libres des matières textiles végétales* On produit cette bouillie delà manière suivanie.
- On fait chauffer 0ki,-750 de sucre de saturne, 4 kl-50 d’azotate de plomb» 0kil 625 de litharge réduite en poudre fine et 2 litres d’eau dans un chaudron d’une grande capacité, jusqu’à ce que la litharge soit dissoute, alors on ajoute 4kll-50 de sulfate de cuivre , et après sa dissolution 1 litre de gomme arabique concassée. On abandonne la masse pendant 24 heures en agitant fréquefl1'
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- — 131 —
- roent, puis on y ajoute 0kn-750 de sulfate de plomb pulvérisé et enfin on passe à travers un tamis.
- Cette bouillie, en supposant qu’on n’ait employé à la préparer que la quan-titéd’eau indiquée, a beaucoup de consistance, et c’est dans cet état qu’on doit en faire l’application, afin que les dessins même les plus délicats reçoi-vent une quantité suffisante d’oxide de Plomb.
- Si on plonge dans une dissolution d un sel de plomb deux échantillons de tissus, qu’on fasse dégorger l'un d’eux parfaitement, et qu’on laisse 1 autre sans le dégorger, puis qu’on Passe l’un et l’autre dans un bain de Aromate de potasse , celui qui n’aura Pas été dégorgé présentera après la dessication une teinte beaucoup plus *°ncèe que l’échantillon lavé, attendu rçue tout le monde sait que le sel de Plumh n’est pas complètement décomposé par les fibres du coton, et par suite Qu’une portion est entraînée et perdue Par les lavages. Dans l’échantillon qui *\a pas été dégorgé le sel de plomb qui adhère que mécaniquement au fil est aussi décomposé par l’acide chromique, a.1 se fixe alors eu grande partie sur le tissu. Or ce fait expérimental est important dans la teinture en orange avec ‘e chrome.
- , Ordinairement on se sert pour cela ?es vieux bains de cuves à froid ou à a potasse pour vert de chrome et sou-ent on y abandonne pendant plusieurs Jours de grandes masses de tissus. L’a-'de chromique que ces bains renfer-Juent se combine, il est vrai, avec °*ide de plomb, mais il ne suffit pas P°Or fixer tout ce[ oxide, la bouillie se amollit ou se détrempe et on perd une Partie des sels de plomb solubles qui se ,Ss°lvent et sont entraînés. En conséquence il ne faut pas immerger une ^.°P grande quantité de tissus dans ces r e,*x ^ains > mais seulement celle qui Oferme une proportion de sel de plomb f„„raPP°rt avec l’acide chromique renoué dans ceux-ci.
- Juand on traite des masses on com-r»ce par débarrasser les étoffes par lave Opération peu prolongée et un l’inrP èneiWe de la chaux et de ° Peuvent y adhérer et on les fe/**er8e la nuit dans un bain qui ren-Oüftepar pièce depuis 0kil-375 jusqu’à lenH chr?mate de potasse. Le Oie ?naa'n matin la bouillie esttelle-l’eni ram°W*e qo’on peut aisément w.,ever avec le doigt et c’est un indice de ri - ut dégorger les étoffes. Le bain fl(>gorgeage ne doit pas renfermer
- une trop grande quantité d’acide sulfurique. Si on ne remarque plus sur le jaune de l’oxide de cuivre , qui en général le recouvre d’une pellicule verdâtre, l’étoffe est suffisamment dégorgée et plus l’impression a été grasse , plus cette opération a lieu facilement.
- Le lait de chaux donne dans la teinture orangé un ton très-relevé et cependant il convient de donner la préférence comme moyen plus sûr à l’eaü de chaux étendue.On manœuvre la pièce au tour aussitôt que l’ébullition commence, on la tend avec une baguette, et on l’évente de nouveau. Si l’eau de chaux est trop concentrée elle mord trop, et la couleur après la dessiccation paraît matte et sans éclat.
- On prépare aussi un vert avec cet orangé. La pièce est mordancée comme pour le vert de chrome puis imprimée en bouillie orange. Si la pièce est teinte en orangé, on imprime les endroits qui doivent être verts avec le mordant suivant : 0kil-500 d’argile délayée dans l'eau , mélangée à 0kil-300 de gomme de fécule ou 0sr-250 de gomme Sénégal, puis l’on traite par l’acide azotique jusqu’à ce que le mélange ait la propriété de produire un beau vert. L’acide azotique se combine avec une partie de la base du chromate basique de plomb pour former de l’azotate de plomb qui est enlevé par les lavages et laisse fixé du chromate neutre de ce métal.
- Procédés de •purification et de décoloration de la gomme arabique et de la gomme Sénégal.
- Par M. H. Picciotto.
- J’ai inventé deux procédés de purification de décoloration de toutes les variétés de la gomme arabique, y compris celle qui provient du Sénégal : Voici quel est le premier de ces procédés.
- On prépare une solution passablement saturée de gaz acide sulfureux en purifiant préalablement ce gaz qu’on fait passer à travers l’eau et en garantissant autant que possible la solution du contact de l’air. On introduit dans cette solution la gomme arabique dans l’état où elle est importée en Europe ou réduite en poudre dans la proportion de une partie en poids de gomme pour six à douze parties de solution. Lorsque la gomme est dissoute on observe que S la plus grande partie de sa matière co-
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- loranie a été détruite ou s’est combinée chimiquement avec l’acide sulfureux en formant un composé incolore.
- On peut mettre l’acide sulfureux en contact avec la gomme par d’autres moyens que celui qui vient d’être décrit, par exemple, faire passer un courant de ce gaz à travers la solution de gomme qui l’absorbe rapidement, ou bien introduire l’acide sulfureux dans un récipient fermé, entouré de substances réfrigérantes, de façon que l’action du froid et la pression du gaz lui-même le condensent en un liquide, forme sous laquelle il peut-être mélangé à la solution de gomme.
- Pour séparer l’acide ou mieux l’acide combiné à la matière colorante de la solution de gomme, on peut avoir recours à divers moyens, mais celui que je vais décrire me paraît mériter la préférence.
- On applique la chaleur pendant quelque temps au vase clos qui renferme le mélange, et le gaz qui se dégage est reçu dans un autre récipient contenant de l’eau et peut être ainsi recueilli pour une nouvelle opération. Cela fait, on laisse le mélange chaud couler par petites portions dans un grand vase ouvert, renfermant (plutôt en excès) une base salifiable qui par sa combinaison avec l’acide sulfureux formera un sel insoluble. Diverses substances peuvent être employées pour cet objet, mais ce qu’il y a de mieux est le carbonate de baryte, attendu que le sulfite de baryte est un sel absolument insoluble de même que le sulfate. La combinaison est favorisée par l’agitation et quand tout l’acide carbonique a été chassé sous forme gazeuse et que la solution est devenue neutre, on couvre le vase et on laisse en repos pendant quelques heures, pour que les parties les plus grossières des matières solides puissent se déposer.
- La neutralisation de l’acide peut aussi s’effectuer sans chauffer préalablement la liqueur, mais alors il faut chauffer après que la combinaison a eu lieu afin de chasser tout l’acide carbonique qui si on le laissait dans la solution dissoudrait une petite portion du carbonate de baryte non décomposé.
- La solution est alors filtrée pour en séparer le sulfite de baryte insoluble et les autres impuretés aussi insolubles. Celte filtration s’opère bien à travers une couche mince d’hydrate d’alumine pur et en gelée (qu’on obtient par la décomposition du sulfate d’alumine) qu’on dépose sur une toile ou bien en faisant
- passer la liqueur pure à travers un vase en terre poreux et sans couverte.
- La solution ayant été filtrée, on trouve que toute la fibre ligneuse, le sable , les matières terreuses et toutes les particules insolublesde la gommeont été séparées de la liqueur et sont restées dans le vase employé ou sur le filtre avec le sulfite de baryte et qu'ü ne reste plus qu’une bien faible coloration à la solution filtrée, mais quand on veut une gomme très-blanche, il faut répéter le procédé de l’acidulation. En évaporant la solution filtrée, on obtient une gomme incolore, insipide et pure dont les propriétés n’ont été en aucune façon altérées.
- Le gaz acide sulfureux peut être séparé de ia solution de gomme sans le neutraliser par l’entremise d’une base en faisant bouillir le mélange dans un vase clos hermétiquement et conduisant le gaz qui s’échappe dans un récipient qui contient de l’eau. On peut aussi au besoin répéter le procédé de décoloration en introduisant un courant de gaz acide sulfureux pur dans le vase qui renferme la solution, puis l’éliminer par l’ébullition. Lorsque cette solution sera refroidie on trouvera que toutes les impuretés précédemment unies à la gomme se sont déposées au fond du vase et qu’on peut tirer au clair la solution pure; ou bien tout le contenu du vase peut être versé dans des sacs en toile afin de la filtrer à travers ceux-ci*
- Le second procédé pour purifier la gomme arabique est le suivant :
- La gomme étant dissoute dans l’etm froide ou chaude dans la proportion d'une partie en poids de gomme pouf six à quinze parties d’eau la solution est filtrée à travers nue toile. Alors on y mélange intimement une certaine quantité d'hydrate d’alumine pur en gelée, ou de la terre à pipe ou autre ma_ tière terreuse insoluble, avec ou sans le secours de la chaleur, de manière a former un composé homogène ayant la consistance d’une bouillie claire. CeUe bouillie ayant clé filtrée à travers un® toile, la solution pure de gomme coule à l’état avancé de décoloration. ..
- Au lieu de faire le mélange dont d vient d’être question, on peut faire paS' ser la solution simple de gomme à tra' vers une couche d’alumine seule ou d’alumine et d’autres substances, la décoloration s’effectuera également bien, mais alors la filtration doit être beaucoup plus lente.
- On doit traiter la solution par une nouvelle portion d’hydra1 d’alumine, quand on veut avoir un
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- gomme parfaitement blanche et parfois est nécessaire de répéter le procédé une seconde fois, mais comme une secon-deouunetroisièmedosed’alumineaprès avoir servi, ne renferme qu’une très-•aible quantité de matière colorante, elles peuvent servir de nouveau pour décolorer la première fois une autre portion de gomme.
- Lorsque l’hydrate d’alumine soit seul, soit uni à d’autres substances est très-chargé de matière colorante, on le lave avec de l’eau chaude sur un ultre pour en séparer la gomme adhè-rente; après quoi on lave à froid avec Une solution aqueuse de chlore, ou une solution claire de chloride de chaux, Puis on filtre et lave de nouveau à •eau chaude. On parvient ainsi à rendre à cette alumine sa blancheur et sa Pureté première ainsi que son affinité onimique pour la matière colorante.
- Mémoire sur les appareils de vaporisation -,
- Par M. Marozeau.
- ( Extrait. )
- Placé depuis un grand nombre d’anges dans des circonstances favorables a ce genre d’études, chargé de la construction d’appareils variés dont il a Ju suivre la marche sans interruption, p* Marozeau aenregistrè avec soin tous ,es faits qui s’y rattachent, il les a comparés entre eux et avec ceux observés sur d’autres appareils et en a déduit les ^séquences qui lui ont paru assez '^Portantes pour attirer l’attention. .L’est dans les ateliers dépendant de ^osserlinget appartenant à MM. Gros, ^Uier, Roman et compagnie, que sont 'tués les appareils sur lesquels les oservations ont été faites. Sans entrer ans le détail des diverses modifications /U fisontsubi, on se bornera àladescrip-°u sommaire de l’un de ceux qui exis-^nten ce moment et qui au nombre de j,°|s peuvent être considérés àdetrès-tÇes différences près comme iden-
- I ^ aPpareil dont il s’agit est établi à ^ blanchisserie du Breuil, il a sur les . Ux autres l’avantage d’être plus an-a en et de marcher à feu continu, ce qui et^H,rm's uaultiplier les expériences ^obtenir des résultats beaucoup plus
- d’appareil de vaporisation du Breuil
- lui
- a servi à ces expériences se com-
- pose de deux chaudières de dimensions égales ne différant l’une de l’autre que par la nature du métal dont elles sont formées, l’une est en tôle et a ies bouilleurs en cuivre et l’autre ainsi que les bouilleurs sontentièrement en tôle. Ces chaudières sont cylindriques et terminées par deux calottes hémisphériques, leur diamètre intérieur est de lm.215, la longueur de l’axe est de 6 mètres. Les bouilleurs ont 0“.45 de diamètre et 6m.70 de longueur .Trois tubulures de 0m.195 de diamètre établissent la communication entre la chaudière et chaque bouilleur. L’eau s’élève au maximum à la hauteur de l’axe de la chaudière ; son volume est alors environ de 6“.63 ; le volume libre occupé par la vapeur est de 3m.20.
- La grille a lm.50 de longueur sur 1“.30 de largeur ; elle est composée de barreaux de 0m.015 d’épaisseur, laissant entre eux des intervalles de 0m.005 environ. La distance de la grille aux bouilleurs est de 0m.40 à 0m.42.
- La vapeur est à basse pression, c’est-à-dire que sa tension est comprise entre 1/3 et 1/2 atmosphère.
- Ces chaudières sont munies des appareils de sûreté ordinaires, soupapes , manomètres à air libre , tubes indicateurs de niveau et sifflets.
- La fumée après avoir passé sous les bouilleurs et circulé autour de chaque chaudière se rend par un carneau dans une chambre qu’elle traverse de haut en bas pour se rendre par un autre carneau dans une cheminée de 32m,50 de hauteur ayant à la base une section de 4 mètres carrés et au sommet celle de 1 mètre carré. Dans la chambre se trouvent 4 serpentins en fonte réunis à leur extrémité inférieure et à celle supérieure par un tuyau. Le tuyau du haut communique lui-même avec un réservoir en tôle surmonté d’un tuyau qui se prolonge en se bifurquant jusqu’au fond de chaque chaudière. L’eau d’alimentation arrive par le tuyau inférieur, traverse les 4 serpentins, remplit le réservoir et est portée dans les chaudières par le tuyau qui surmonte ce réservoir. Deux portes en tôle ont pour objet de faciliter le nettoyage et la surveillance des serpentins. Ces serpentins ont 0m.10 de diamètre intérieur et offrent un développement de 176 mètres. Leur surface de chauffe, y comprise celle du réservoir, est de 66 mètres carrés. Le volume de l’eau qui est contenu, réservoir compris
- |met. cub.540^
- Voici la manière dont M. Marozeau a procédé aux expériences :
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- Le feu était continu et on n’a pas eu à tenir compte de la mise en train des appareils. La durée de chaque expérience a été de 12 et de 24 heures. Pendant l’heure qui la précédait on appliquait aux appareils la marche qui devait être suivie pendant l’expérience elle-même de manière à éviter toute influence étrangère. La température de l’eau alimentaire était notée. Les résultats modifiés et ramenés à la température normale deO°. Les deux chaudières marchant isolément ont donné des résultats sensiblement les mêmes que lorsqu’elles marchaient simultanément.
- La nature des houilles a varié , celle dite Perrat grand'croix est d’une excellente qualité; ses scories s’élèvent de 7 à 9 pour 100, la houille dite de Ronchamp lui est très-inférieure; les scories se sont élevées de 12 à 22 pour 100.
- Les charges ont été faites dans trois circonstances distinctes, 1° Charges égales à intervalles égaux; 2° Charges égales, intervalles inégaux variant suivant les besoins du service ; 3 Charges inégales, intervalles inégaux.
- Lorsqu’on a opéré de la manière la plus favorable, c’est-à-dire en n’employant que des charges de I0kilenvi-ron à des intervalles de 12 à 15 minutes (ce qui fait 50 à 40kl1- de houille par heure pour chaque grille) les appareils ont rendu 7 ou 8 de vapeur par 1 de combustible avec une houille moyenne analogue à celle de Ronchamp, rapport u’aurait dépassé 9 si on avait employé e la houille de lre qualité et qui témoigne en faveur de la bonne disposition des appareils.
- L’auteur après avoir présenté le tableau des principales expériences qu’il a faites et qui sont en nombre très-considérable et discuté avec soin , les rapports moyens qui existent dans ces appareils entre la quantité de combustible brûlé en une heure et 1° la surface de grille, 2° la surface dite de chauffe, 3° la section de la cheminée, puis démontré les causes principales des avantages que présentent ses appareils, a résumé ainsi qu’il suit les conséquences de son travail.
- 1. Sous le point de vue théorique :
- 1° En déterminant par des considérations nouvelles le volume Y de la fumée et par suite celui de l’air introduit dans le foyer, M. Marozeau a trouvé que ce volume supposé à 0° était en moyenne de 15 mèt. cub. pour chaque kilogr. de houille brûlé et 1 heure et qu’il avait varié entre les limites extrêmes 10mc9 et 19m c- 5.
- 2° Calculant ensuite la quantité de chaleur développée par la combustion , il a démontré que la puissance calorifique du foyer pouvait être représentée parcelle du volume Y de l’air qui le traverse, élevé à une température Xdont il a donné l’expression. Cette température T a varié dans les expériences entre les limites 870° et 1490° et a eu pour moyenne 1080°. Comme on doit tenir compte de l’action très-marquée du rayonnement dans la transmission de la chaleur on voit que la température initiale de la fumée est fort inférieure à la valeur de T déterminée dans l’hypothèse où ce rayonnement serait nul.
- 3° La part du serpentin dans l’effet total s’écartait fort peu de la moyenne 0,10.
- 4° Le rapport qui existe entre la chaleur perdue et entraînée avec la fumée dans la cheminée et la chaleur totale produite par la combustion a eu pour moyenne 0,067 et a oscillé entre les limites 0,051 et 0,096.
- 5° L’expression de surface de chauffe par laquelle on désigne ordinairement la surface des parois des appareils exposées plus ou moins à l’action du feu manque de précision et il est nécessaire de mieux définir un des éléments essentiels de la question.
- Au point de* vue de la pratique et de l’emploi économique du combustible il faut autant que possible satisfaire aux comblions suivantes :
- 1° Fixer les dimensions de la grille de manière à ce que chaque décimètre carréde la surface corresponde à 0kil°s 25 de houille brûlée en 1 heure et à0kil°s-40 au maximum.
- 2° Ne pas dépasser pour ces dimeu* sions celles qui s’accordent avec un service facile, c’est à-dire environ 2 mètres carrés, soit 50 à 80 kilogrammes de houille à brûler par heure.
- 3° En partant de cette limite, proportionner le nombre des foyers etdesap' pareils à la quantité totale de combustible dont on suppose l’emploi néces-saire.
- 4° Se borner pour chaque appared (chaudière ou bouilleur) à des dimeu-sions moyennes peu différentes de celles adoptées dans les expériences.
- 5° Réunir les produits de la combustion de chaque foyer dans une chambre renfermant un serpentin d’alimentation.
- 6° Donnera ce serpentin une surface à peu près égaie à la somme des surfaces totales de chauffe de tous les ap' pareils.
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- 7“ Disposer les carneaux de manière qu ils présentent de larges sections et Un libre passage à la fumée.
- 8° En lin construire des cheminées ^ont la hauteur ne soit pas inférieure à mètres et dont la section au sommet Uiesurée en décimètres carrés soit au juoins égale à la moitié de la houille urùlée en une heure exprimée en kilogrammes.
- Extraction du sucre sans formation démêlasse.
- Par M. Mège.
- La question des sucres est sous le Point de vue industriel d’une haute Importance. On a essayé depuis long-pmps d’éviter la formation de la mélasse et moi-même depuis longues années j'ai été préoccupé de ce problème que je crois avoir résolu à l’aide de8 conseils de l’un des hommes les P|us distingués de la sucrerie indigène, Crespel Dellisse. Je n’entrerai pas uans le détail de tous les essais que j’ai tentès depuis plusieurs années et je ®erai sobre de théories sur la formation ‘m sucre incristallisable et de cette espèce de fermentalation ulmique qui ®°lore immédiatement les jus de bet-efaves surtout; j’arrive aux faits qui °ut la base de mon procédé.
- Mustisme et défécation. 1° Les bet-eraves chargées d’acide sulfureux pren-ent une chair très-blanche et donnent rn jus incolore. Ce jus saturé par le arhonate de chaux donne naissance à Ujbisulfite qui défèque parfaitement.
- Si la quantité d’acide sulfureux s,t insuffisante le jus se colore pendant ^Poration.
- Si l’acide sulfureux est en quan-late peu considérable, 14 2 millièmes, Pulpe et le jus se colorent faiblement ms immédiatement.
- c: 4,0 Quelques millièmes de sulfure cal-^P^ujoutés au jus assurent sa décolo-
- e Çe moyen de mustisme et de défé— 1#°t ,Je Jai remplacé par le suivant : ^ * L’acide sulfurique appliqué com-agent de défécation est abandonné, la i *e même acide est ajouté dans faiikPe Penc*ant le râpage ou si on le la a , orber par le végétal saccharifère, etii Pe ’nc.°'°re* Ce jus acidulé ehaeutra^sù à froid par le carbonate de sam X Produ*,1 du sulfate à l’état nais— l^ui à l’ébullition défèque tout à
- 3° Ce jus reste incolore à l’évaporation si la quantité d’acide a été suffisante, et ses nuances varient d’intensité suivant la proportion d’acide qu’on a employé. 11 résulte de ce fait qu’un acide agit sous le rapport du mustisme comme le bisulfite, que son action se fait à froid et n’altère jamais le sucre et que son sel de chaux déféquant suffisamment on peut obtenir ainsi plus facilement tous les effets produits par le bisulfite de chaux. L’acide sulfurique frappant d’impuissance tous les ferments, quand il est employé à une dose suffisante exclut l’opinion généralement reçue que pour arriver au même but les agents avides d’oxigène ne sont pas nécessaires. L’emploi des acides a été souvent tenté mais toujours abandonné parce qu’on ne connaissait pas leur aclion antiseptique à froid, qu’on ignorait la propriété défécante du sulfate naissant parce qu’enfin on ne se doutait guère qu’il y aune doseaudelà de laquelle il donne des jus qui se co lorent toujours.
- Voilà comment après avoir il y a trois ansemployécomme M. Melsens le bisulfite de chaux, je l’ai abandonné pour des agents plus économiques et plus à la portée des fabricants.
- En conséquence j’arrose d’eau acidulée avec de l’acide sulfurique la pulpe à la râpe ou j’en mouille à l’avance les betteraves. La quantité est de 6 à 10 millièmes et on est obligé d’établir la proportion sur une petite quantité parce qu’elle varie suivant la nature du végétal, le terrain et le pays. La pulpe , ainsi acidulée , ne se colore plus et le jus s’écoule plus facilement et en plus grande abondance de la presse si on la laisse pendant quelque temps au repos; car l’acide alténueles membranes des cellules qui cèdent alors à la pression. Le jus acidulé est additionné de craie et porté à l’ébullition, les écumes séparées et le jus filtré à travers le sable est évaporé.
- Evaporation. 1° Des traces d’acide dans le jus n’ont aucune aclion altérante jusqu’à une densité de 30°, si on évapore en imprimant un mouvement rapide au liquide.
- 2° Le métal qui transmet la chaleur étant fortement chauffé et le sirop se déplaçant difficilement et étant d’ailleurs très-mauvais conducteur du calorique, il se produit des effets de caléfaction qui altèrent le sucre.
- 3° Chaque bulle de vapeur étant obligée de soulever la colonne de sirop et la pression atmosphérique, acquiert sur le métal un degré de température
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- élevé qui, joint aux matières étrangères que contient le jus, provoque la décomposition.
- 4° Un flacon haut et étroit placé sur une plaque chauffée à 11G°C. se colore par zones de bas en haut sans qu’il se produise aucune vapeur sensible.
- 5° Pour empêcher les effets de caléfaction le vide ne suffit pas, la hauteur seule de la couche de sirop cuite produit ces effets.
- 6° Cette altération du sirop sur le métal tient surtout à la difficulté de diffusion que rencontre la chaleur dans l’état physique du sirop, car elle a eu lieu même dans les appareils où l’on évapore à couches minces.
- 7° Un mouvement à grande vitesse empêche le sirop de séjourner sur le métal chauffé, renouvelle sans cesse les surfaces , chasse constamment les vapeurs formées, empêche le métal et le sirop d’atteindreune haute température et, détruisant l’effet de la pression, empêche toute altération.
- 8° Ce même mouvement à grande vitesse imprimé dans le vide produit une évaporation d’une rapidité prodigieuse et dans le liquide un état qui le fait demeurera une température très-basse.
- 9° Pour faire mouvoir un agitateur dans le vide, on introduit au-dessus et au-dessous de la chaudière une tige à laquelle il est adapté. Cette tige passe et se meut à travers une colonne barométrique de mercure et reçoit à l’extérieur l’engrenage qui communique le mouvement.
- 10° Un autre élément d’altération existe encore dans le mode qu’on emploie pour vider la chaudière. Le sirop écoulé, la couche qui reste sur le métal encore chaud se caramélise. Pour éviter cet inconvénient je fais une opération continue et pour ne pas avoir recours à des machines coûteuses et embarrassantes, j’adapte à la chaudière un tube à double cylindre chauffé à la vapeur et d’une hauteur capable de faire équilibre à la pression atmosphérique. Par ce moyen il suffit de régler les robinets d’entrée et de sortie pour avoir une opération continue et spontanée.
- Clarification. Le jus bien déféqué est donc évaporé rapidement à l’air libre et dans le vide d’une manière continue et obtenu à 30° du pèse-sirop environ. En ce moment, s’il est bien préparé, il est louche, d’une légère couleur ambrée , d’une saveur agréable. 11 est nécessaire de l’obtenir bien limpide et privé de tout principe étranger. Pour cela on y ajoute 1/2 à un millième de
- chaux, de sulfure calcique ou de ma* gnèsie calcinée qu’on peut révivifier > on met en même temps une quantité suffisante d’albumine et on porte à l’ébullition; le sirop filtré, bien limpide, est soumis à la dernière évaporation.
- Cristallisation. Au lieu de faire évaporer le sirop au point de cristallisation , de le laisser refroidir dans les formes à l’étuve, égoutter le sirop excédant et procéder à de nouvelles évaporations, je pousse sa cuite au point où par le refroidissement, tout le sirop se prend en masse solide cristalline d’un blanc jaunâtre et contenant, outre le sucre, tous les sels existant naturellement dans le jus. Cette masse desséchée complètement fait du sucre tel que je l’obtiens.
- Raffinage. Cette masse cristalline, évaporée par l’agitation, présente un ensemble de petits cristaux brisés, la cristallisation confuse enfin qu’on recherche à présent dans les sucres raffinés à cause de l’aspect plus blanc, plus opaque, plus agréable, et de la légèreté relative qu’elle leur donne. Aussi suffit-il pour transformer ce sucre brut en pains de sucre raffiné de le mêler à une quantité d’eau ou de sirop de l’opération précédente , à une quantité telle, dis-je, que fondu à la vapeur de 80 a 100° C. il forme un sirop clair, limpide et juste au point de cuite convenable pour l’envoyer dans les rafraîchisseurs et le couler dans les formes. Refroidi et égoutté un éclairage suffit pour l’obtenir pur et à un degré de blancheur convenable.
- Clairçage. Pour opérer un bon clairçage ( le terrage étant une opération trop longue) il ne faut pas que le sirop soit employé pur, il coule trop rapide' ment et déplace imparfaitement les sirops impurs. On arrive à un clair' cage parfait en épaississant en pâte demi-solide le sirop avec de la pâte à pa' pier autrement dit avec du ligneu* de chiffons et autres très-divisés.
- Préparation du papier photographe que pour enregistrer automatiq^e' ment des observations de longue durée.
- Par M. C. Brooke.
- Voici en quelques mots le mode de préparation de ce papier :
- Le papier est enduit à la brosse a^e une solution de 1 gramme de bromu
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- de potassium , 0sr,66 d’iodure de potassium , et 0^,33 de colle de poisson dans ^ . grammes d’eau distillée, puis on le fait sécher vivement. Lorsqu’on veut se servir de ce papier, on y applique au pinceau une solution de 4 grammes de nitrate d’argent dans 40 grammes deau, et on le place sur le cylindre de l’appareil à registre, sur lequel il Jeste en action pendant 24 heures. Quand on l’enlève, on y développe impression en y passant au pinceau une solution chaude d’acide gallique contenant 1 gramme d’acide par 25 grammes d’eau, et à laquelle on ajoute Quelques gouttes d’acide acétique concentré , et enfin on fixe par la solution dhyposulfite de soude à la manière 0rdinaire.
- Le perfectionnement en question consiste à rincer le papier dans l’eau aPcès l’application du nitrate d’argent, a exprimer l’eau surabondante dans des doubles de papier buvard , puis à ajouter de nouveau un peu de la solution de nitrate d’argenl à la surface du pa-jUer. C’est ce qu’on fait de la manière *a plus convenable en en versant une Petite quantité sur le papier, faisant Passer légèrement un tube ou une tige de verre sur ce papier qui distribue egalement la solution à la surface , et Prèyient tout contact des matières organiques.
- L’accroissement de sensibilité et la Propreté du papier par cette addition procédé dépend , à ce qu’on prè-sume, de l’élimination par lavage du |îllrate de potasse qui s’est formé par la décomposition mutuelle des sels à la surface du papier.
- Recherches photographiques.
- ^ar M. Blanquart-Eveabb , de Lille.
- L’idée d’employer l’albumine rendue sensible à l’action de la lumière par s.?n mélange avec de l’acéto-nitrate d argent et étendue en couche légère 5Ur une plaque de verre , appartient à Niepce de Saint-Victor ; elle est la confirmation la plus complète du prin-~*Pe. de l’imprégnation profonde des Papiers par la substance photographique , principe que j’avais posé anlé-leurement dans une communication » 1 Académie. « L’imprégnation pro-nnde des éléments chimiques dans la Pâte du papier, disais-je alors, de ma-lere que cette pâte devienne le milieu
- où doivent s’accomplir les réactions chimiques, qui finalement constituent l’image photographique , est la condition la plus essentielle au succès de l’opération. » ( Le Technologiste, 8e année , pages 247—411.)
- En proposant de substituer à la pâte du papier un corps complètement transparent et solide qui pût contenir les éléments chimiques . M. Niepce de Saint-Victor ouvrait une nouvelle voie à la photographie sur papier. Répondant à l’appel qu’il a fait aux expérimentateurs pour arriver à des résultats pratiques, je viens soumettre à l’Académie une méthode qui réunit toutes les conditions nécessaires à l’application de la photographie à l’industrie ; car les matrices obtenues sur verre par les préparations que je vais décrire sont inaltérables à la lumière, ne perdent aucune de leurs qualités après un nombre indéfini de tirages, sont susceptibles d’être reconstituées , si par accident on venait à les perdre, pourvu que l’on ait une seule épreuve de la matrice perdue, et enfin elles peuvent dans tous les temps, sous toutes les températures et conditions de lumière, donner des résultats satisfaisants.
- Quant aux qualités des épreuves, je me propose d’envoyer successivement à l’Académie des résultats pour asseoir son opinion ; je me borne aujourd’hui à celles qui me paraissent nécessaires pour établir que la photographie est arrivée à la reproduction des modèles dans les caractères mêmes de ces modèles : ainsi je présente aujourd’hui l’épreuve d’un portrait en miniature , rendu même grandeur que le modèle, et dans les conditions légères et transparentes de cette sorte de peinture ; une épreuve d’après un portrait à l’huile dans des caractères opposés, ombres vigoureuses et lumières brillantes ; une vue d’après nature avec figures (des chevaux blancs) en même temps qu’une statue en bronze d’un modèle et d’un fini remarquable ; enfin une reproduction d’après une gravure de même dimension réunissant , malgré celte double difficulté, la finesse, le modelé et la vigueur.
- Voici les préparations : recueillir dans un vase profond un certain nombre de blancs d'œufs ; en extraire toute partie solide ou non transparente, éviter aussi toute poussière qui serait parla suite une cause de taches. Ajouter 15 gouttes d’une dissolution saturée d’iodure de potassium. Battre les œufs en neige et laisser reposer jusqu’à ce que cette neige revienne à l’état li-
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- quide. Nettoyer la glace dont on veut se servir avec de l’alcool, la déposer sur un support qu’elle débordera , et verser dessus une quantité suffisante d’albumine. Étendre cette albumine sur toute la surface de la glace en se servant pour cela d’un fragment de glace, de manière que sa tranche reste en contact avec la surface de la glace. Faire parcourir par ce fragment, poussant devant lui l’albumine , toute l’étendue de la glace et à plusieurs reprises. Cette opération, qui paraît puérile, a pour effet de mettre l'albumine en contact parfait avec la surface de la glace, de manière qu’elle en reste encore bien couverte lorsque , par un de ses angles , on fait écouler tout excès. Après cette dernière opération, on dépose la glace bien à plat et on laisse sécher.
- L’albumine étant bien séchée sur la glace, on devra la soumettre à une température très-élevée (ou un grand refroidissement, ce qui revient au même) jusqu’à ce que la couche d’albumine présente un aspect totalement fendillé (ne pas pousser jusqu’à l’écartement complet). Ainsi prèle, la glace peut être soumise à l’acéto-nitrate ( proportion indiquée dans ma communication du 25 janvier 1847 ). Il faut que le contact de l’acéto-nitrate avec l’albumine se fasse en un seul temps , car l’albumine se contractant lors de sa combinaison à l’acéto-nitrate, il y aurait autant de séparations dans la couche qu’il y aurait eu de reprises dans l’immersion. Voici le moyen le plus facile : On verse dans une cuvette plus grande que la glace albuminée une couche d’un demi-centimètre d’a-céto-nitrate , on donne ensuite à la cuvette une inclinaison de 45 degrés. Tout le liquide ainsi réuni dans la partie inférieure, on place le bord de la glace, le côté albuminé, en regard avec le fond de la cuvette ; puis, par un seul et même mouvement, on laisse tomber la glace dans la cuvette, et la cuvette sur la table dans la position horizontale. Ceci fait, on relire à l’instant la glace de la cuvette et on la plonge dans une autre contenant de l’eau; on agite fortement pendant quelques secondes, puis, la retirant ; on la fera égoutter en la tenant par un de ses angles et en frappant fortement l’autre sur la table.
- Les glaces ainsi préparées sont photogéniques, elles peuvent être employées indifféremment à l’état humide ou à l’état sec , si l’on doit opérer au loin ou en voyage. De même on peut
- faire venir l’épreuve après l’exposition à la chambre noire, soit immédiatement , soit au retour d'un voyage.
- Cette opération se pratique comme je l’ai indiqué pour le papier dans ma communication du mois de novembre 1847 , en plongeant la glace dans un bain d’acide gailique saturé ; toutefois, pour donner à l’épreuve toute sa valeur, il convient d’ajouter au bain d’acide gailique quelque peu d’acéto-ni-trate d’argent. 11 sera prudent de retirer l’épreuve du bain d’acide gailique avant que ses diverses parties aient acquis le ton désirable ; car si l’on poussait l’action trop loin , on ne pourrait pas atténuer les tons trop foncés qu’elle présenterait alors ; tandis que si ses nuances étaient trop faibles , on pourrait, sans inconvénient, la soumettre de nouveau à l’action de l’acide gailique, la matrice eût-elle déjà servi à produire un très-grand nombre d’épreuves.
- Après cette opération on doit laver la glace à grande eau, et la passer enfin dans une dissolution de bromure de potassium (30 grammes par 100 grammes d’eau), puis la laver encore à grande eau, et enfin la faire sécher en la maintenant étendue horizontalement dans la chambre noire , si la couche d’albumine a formé quelques cloches et s’est soulevée par places, par suite des diverses immersions qu’elle aura subies
- Ainsi traitée , l’albumine acquiert sur la glace une dureté et une solidité extrêmes, à tel point que lorsqu’une épreuve incomplète doit être détruite pour faire servir de nouveau la glace , il faut avoir recours à un agent chimique très-énergique , comme le cyanure de potassium , par exemple, pour l’enlever complètement de celles-ci.
- Les épreuves positives s’obtiennent de la même manière qu’avec les clichés sur papier. ( Le Technologiste, 9e année, page 251.)
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- Préparation des cordes métalliques pour instruments.
- Par M. P. Sanguinède.
- L’acier acheté brut est tiré de grosseur à ia filière pour chaque numéro, poli avec la potée d’émeri, puis attaché en torches, de manière que les lames soient séparées. Après cette première préparation, l’acier est trempé dans les substances suivantes :
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- Les deux premières octaves du haut dans un bassin d’huile d’olives pure.
- La troisième et la quatrième octave dans une préparation moitié huile et moitié suif de bouc;
- Depuis la quatrième octave jusqu’aux Lasses, dans du suif de bœuf pur.
- Après la trempe, les cordes doivent être détachées , tendues et revenues au feu. Pour les faire revenir , on les tend sur un archet très-fort, de manière à •es rendre lisses et sans coudes, puis °n les passe sur un fer chaud trés-plat et les repasse tant que l’acier l’exige Pour arriver au point où elles ne sont Plus sujettes à casser.
- Les basses se filent sur l’acier trempé, j Les cordes sont cylindriques pour | f°us les numéros et toutes les octaves. | Au moyen de cette forme cylin- j drique qui remplace la forme conique j par la trempe graduée, ainsi qu’on *a expliqué plus haut, on évite la casse qui était l’inconvénient le plus 8rave des cordes brevetées en 1840, s°us le nom de cordes d’acier trempé.
- Par ce procédé , on peut tremper des cordes jusqu’à 100 mètres de longueur , et on a l’avantage de pouvoir les adapter à tous les pianos sans autre système d’attache que celui existant déjà dans les pianos, et sans avoir be-®0ln de se servir d’agrafes qui coûtent j0rt cher et cassent les cordes. Enfin a perfection apportée aux cordes est Qu’elles tiennent l’accord et qu’elles ?°urient aux sons beaucoup plus de vi-pation et d’harmonie. On peut d’ail-'e,Urs les revêtir de la couleur qu’on desire.
- Mode d'essai pour découvrir la monnaie fausse d’argent.
- Par M. Rünge.
- Si on plonge une pièce d’argent dans ^ne dissolution de chromate de po-asse, décomposée par l’acide sulfu-^|que ( 32 parties en poids d’eau , 3 de Chromate de potasse et 4 d’acide sulfu-Chpie ), cet argent se colore aussitôt en Pourpre dans les parties plongées , et 'elle réaction est tellement caracté-istique qu’elle doit être considérée '°thine un mode d’essai à la fois sûr et acile qUj devrait être adopté par les hangeurs, les caisses et établissements Ihbfics, et tous ceux qui travaillent argent.
- - La coloration est plus vive et plus llehse lorsque l’argent est pur, et elle
- s’affaiblit suivant la proportion de l’alliage au point de ne plus apparaître, par exemple, sur certaines monnaies de billon. Par conséquent, pour les pièces de ce genre où l'argent est en faible proportion relativement au cuivre, on peut se tromper quand elles sont neuves, parce qu’alors elles ont souvent à la surface une couche de métal précieux ; mais alors il faut, pour faire un essai, les entamer, surtout sur la couronne , pour atteindre le noyau.
- Les articles plaqués et argentés peuvent être essayés de la même manière, l’argentan quieri fait le fond reste blanc. Comme le zinc et le cuivre , les autres métaux connus sont, il est vrai, attaqués par la liqueur d’essai, mais non colorés en rouge.
- Fabrication du gaz d’éclairage.
- Par M. Pauwels.
- MM. Pauwels et Dubochet ont introduit dans leur usine de fabrication du gaz d’éclairage établie à la barrière de Fontainebleau des perfectionnements notables. Voici les principaux :
- 1° Le produit de la distillation de la houille n'offrant qu’une médiocre valeur, les auteurs s’en sont servis pour l’alimentation du foyer; ils font arriver le goudron de houille par un filet qui est réglé par un robinet sur du coke incandescent, et, en introduisant l’air par une ouverture convenable, le foyer est alimenté sans qu’il soit nécessaire d’ajouter du coke.
- 2° Les auteurs ont substitué des cornues en terre à celles de fonte que le feu et le gaz mettaient promptement hors de service; ces cornues durent deux ans ; la tète ou l’obturateur est en fonte ; le mode d’assemblagç des parties qui la composent est ingénieux.
- 3° La houille étant sujette à des altérations que l’influence de l’air lui fait subir, les auteurs ont établi un emmagasinage dans des caves construites à cet effet ; les trous pratiqués dans le sol permettent d’y verser immédiatement le charbon de terre, et d’en fractionner la masse; il résulte de cette disposition une notable économie.
- 4° MM. Pauwels et Dubochet ont établi un gazomètre où les deux tuyaux d’entrée et de sortie du gaz arrivent par le haut. Les mouvements de la cloche ne sont pas gênés dans ce système , attendu que les tuyaux ont trois
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- articulations à boites d’étoupes qui rendent flexibles les tubes d’entrce et de sortie ; le poids des tuyaux fait compensation avec le poids variable du gazomètre.
- Alliages de platine pour la bijouterie.
- Par M. H.-L. Bolzani.
- Les deux alliages suivants de platine ressemblent a l’or sous le rapport de la couleur, de l’éclat et de la durée, et sont propres à la fabrication de toute espèce de bijouterie.
- 1° 3 parties platine.
- 13 ------ cuivre.
- 2° 2-------platine.
- 1 -----argent.
- 2 -----laiton.
- 1 ------ nickel.
- 5 —— cuivre.
- Les proportions du premier alliage
- peuvent être modiliées suivant la cou leur qu’on veut obtenir.
- Chaleur dégagée dans Voxidation des métaux.
- Dans leurs recherches sur la chaleur dégagée pendant les combinaisons chimiques , MM. P.-A. Favre et J.-T. Sil* berman, ont trouvé que lorsque les métaux suivants passaient à l’état d’oxides par leur combustion dansl’oxigène, ils dégageaient les quantités de chaleur rapportées dans le tableau ci joint, où les auteurs considèrent l’hydrogène comme un métal.
- gramme Calories.
- Hydrogène. . . . . . 34.462
- Fer . . . 1.332
- Zinc . . . 1.277
- Cuivre 655
- Plomb , . . . 255
- Argent • 49
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- Airrs MÉCANIQUES ET CONSTIUJCTIONS.
- Mode de fabrication des velours de coton, velventines et autres tissus analogues.
- Par MM. C. W. Kesselmeyer et T.
- Mellodew.
- Cette invention s’applique à la fabrication des tissus connus généralement sous les noms de velours de coton fond toile, velours de coton de Gènes, et velventines de coton.
- Dans la fabrication et l’apprêt des ^elours de coton, on a considéré invariablement comme un point de la plus haute importance de produire un article qui ressemblât autant qu’il est possible au velours de soie. Pour atteindre ce but, on a eu recours à divers moyens flui n’ont pas répondu à l’attente des tuventeurs, parce que le poil ou velouté du velours de soie est toujours plus haut que celui qu’on est parvenu à produire sur les velours de colon : ce qui dorme à ces derniers un aspect plat et Peu fourni et non plus cette richesse qu’on recherche dans le velours de soie. Pour remédier à ce défaut on a fabriqué des velours de coton sur des peignes plus gros ; mais par ce t^oyen le tissu est devenu si épais et Sl lourd qu’il s’est éloigné encore davantage de la belle tissure des ve-*°urs de soie.
- Avant de décrire le moyen à l’aide duquel nous avons tenté d’obtenir cette hauteur de poil si recherchée, nous présenterons quelques remarques préliminaires qui serviront à faire voir plus Particulièrement ce qui distingue cette mvention.
- Les velours de coton et les velven-bnos, tels qu'on les a fabriqués jusqn’à Présent, ontconsislè en combinaisons de s,x fils de chaîne avec les fils de trame; c°s tissus ont été ordinairement distingues sous le nom de velours de coton, Pas do toile ou fond uni et velours de Séries ou velours de coton fond salin à lr°is lisses et velventines. Ces tissus, P°ur qu’on puisse les couper, doivent y°nsister en un fond serré et solide à a formation duquel concourent tous °s fils de la chaîne. Dans chaque fil i chaîne alternatif de ce fond on enlace des fils de trame qui en flottant ? *a surface forment une nappe en-r-laquelle et le fond on introduit un Rmdc-rahot et un couteau ou pince
- qui coupe toutes les brides de ces fds lesquels forment ensuite le poil de ces velours de coton.
- La constitution de ces velours de coton tels qu’ils sont fabriqués aujourd’hui sera mieux comprise à l’inspection de la fig. 1, pl. 123. qui est une section d’uri velours de coton non coupé , très-grossi, et où l’on voit la manière dont les fds de trame qui forment le poil dans l’ancienne fabrication des velours de coton sont entrelacés avec les fils de chaîne. On y remarque en effet que chaque bride ou fil de trame s’étend constamment sur cinq fils de chaîne et est lié par le sixième, et que trois différentes brides sont, dans la course, entrelacées avec la chaîne, la première se répétant après la troisième: après quoi revient la seconde, puis la troisième et ainsi de suite en succession régulière . en présentant ainsi une combinaison de six fils de chaîne avec les fils de trame. Du reste, la manière dont cet entrelacement s’opère au moyen du métier est une chose bien connue des personnes qui s’occupent de la fabrication des tissus. La fig. 2 est ce même velours après qu'il a été coupé.
- Maintenant l’invention actuelle consiste à fabriquer les tissus dont il est question au moyen de lacombinaison de nuit, neuf ou un plus grand nombre de fils de chaîne avec les fils de trame, afin de produire un poil plus haut présentant une surface, plus belle i plus soyeuse que celle qu’on obtient par la combinaison de six fils en chaîne avec les fils de trame, et cela avec le même peigne, la même chaîne et la même trame, le fond du tissu étant toujours soit uni ou tabis, soit satiné à trois lisses ou de genre Gênes.
- La chaîne se prépare dans ce système de la même manière que dans l’ancien relativement à l’ourdissage, à l’encollage, au pliage sur l’ensouple; mais au lieu de la passer à travers un rémisse consistant en six lisses, on fait usage d’un plus grand nombre de lisses suivant la hauteur plus ou moins grande qu’on veut donner au poil.
- Pour fabriquer un velours consistant en une combinaison de huit fils de chaîne avec les fils de trame, on se sert d’un harnais consistant en huit lisses, chaque lisse contenant des mailles individuelles qui sont en nombre le huitième du compte total des fils de chaîne
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- sur l’ensouple. Le remettage s’exécute de la gauche à la droite comme pour les métiers mécaniques et avec la même régularité que dans la fabrication des velours ordinaires de coton.
- Au lieu d’employer huit lisses pour produire la combinaison de huit fils de chaîne avec les fils de trame, on peut arriver au même but en se servant seulement de sept, six et même cinq lisses. Le remettage dans ce cas ne peut pas être un remettage suivi ou à la course, mais doit varier de différentes manières suivant le nombre des lisses qu’on se propose d’employer dans la fabrication, ainsi que le savent tous les manufacturiers.
- On a représenté dans la fig. 11 l’ar-tnure pour la fabrication des velours de coton à pas de toile, au moyen d’unecom-binaison de huit fils en chaîne avec les fils de trame. On y voit qu’en employant huit lisses et un remettage suivi, la seconde, la quatrième, la sixième et la huitième sont, par les révolutions de l’excentrique constamment levées ou abaissées exactement au même moment et de la même manière, et par conséquent que les fils de chaîne qui sont passés dans les mailles de ces lisses sont toujours placés rigoureusement dans la même position pendant la marche du tissage, c’est-à-dire sont aussi levés ou abaissés au même moment et de la même manière. Il est donc possible én montant les mailles établies ou nouées sur chacune de ces quatre lisses sur un seul lisseron, de produire exactement le même résultat : auquel cas cette lisse unique doit contenir quatre fois autant de mailles qu'une quelconque des quatre autres lisses restant ou exactement moitié du nombre total des fils delà chaîne.On peut aussi réunir les mailles des deuxième, quatrième, sixième et huitième lisses sur deux lisses contenant le double des mailles des quatre lisses qui restent, ou bien sur deux lisses dont une contient le même nombre de mailles et l’autre trois fois autant que les quatre autres lisses : auquel cas on produit le même tissu en employant six lisses. De même on peut faire usage de sept lisses en réunissant les mailles de deux de celles qui viennent d’être indiquées, cette lisse dans cette circonstance, contenant le double de mailles que les six qui restent.
- Toutes ces combinaisons produiront le même résultat,* seulement le remettage doit varier pour s'adapter au nombre des lisses qu’on emploiera.
- Quoique nous ayons décrit la manière
- la plus convenable pour remettre ou passer dans les mailles et piquer en peigne, nous ne pensons pas néanmoins qu’il soit indispensable d’employer des lisses dans ce procédé, car les fils de chaîne peuvent êtres levés ou abaissés par d’autres moyens variés, comme par exemple, par le mécanisme Jacquard ou tout autre, mais de quelque manière qu’on opère, les fils de la chaîne doivent être disposés l’un par rapport à l’autre ainsi qu’on l’a exposé ci-dessus, et les ouvertures de pas se succéder comme on le dira ci-après quelle que soit la disposition mécanique qu’on emploie pour mouvoir les fils de chaîne et ouvrir le pas.
- Le remettage et le piquage en peigne étant terminés, on introduit le tout dans le métier et on tend, pour le travaille la même manière qu’on l’exécute à présent dans la fabrication des velours de coton. Le nombre de couples de calquerons, celui des marches et des plaques d’excentrique nécessaires doit toujours être le même que celui des lisses employées au remettage, parce qu’il faut toujours deux calquerons, une marche et une plaque pour élever ou abaisser une lisse par le mouvement de révolution de l’excentrique. Chacune des huit plaques ou poulies d’excentrique employée pour tisser le velours de coton dont on a donné l’armure dans les figures, doit être divisée en dix parties, ou consister en dix divisions ayant chacune un mentonet venu de fonte au moyen duquel on abaisse ou on relève les lisses suivant le besoin, de manière qu’après une succession de dix levées et rabat la course ou le nombre des duites passées au moyen de la navette soit complet et que toutes les levées qui suivent ne soient que de simple répétitions des dix premières et produites de la même manière.
- Le velours de coton à fond toile dont on vient d’indiquer la fabrication est représenté dans les fig. 3 et 4 et la manière dont les levées et les rabats ou les ouvertures de pas s’y succèdent se voit dans l’armure fig. 11.
- 1° Le premier pas s’ouvre en levant les lisses 1,3, 5, 7 et abaissant celles 2, 4, 6, 8. On passe alors une duitede trame avec la navette qui entrelace tous les fils de chaîne les uns avec les autres. Cette première duite est un coup de fond ou de liage, et ne sert qu’à faire le fond du tissu sans intervenir en rien dans la production du poil.
- 2° Le second pas s’ouvre en levant seulement la lisse 1 et abaissant toutes lesau-
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- Jres ou celles 2,3,4,5,6,7,8.Dansce pas n passe une duite (représentée par ligne ® dans la fig. 3) et qui entrelace de 8 en 'es fils de la chaîne c’est-à-dire le 1er e 9* et le 7e et ainsi de suite sur toute a largeur du tissu tout en formant de 5r'des sur les fils 2,3 , 4 , 5,6,7, 8 e chaque course. Cette seconde duite st un coup de poil ou de dorure c’est-à-*[e pour faire la bride qui après avoir e coupée constituera le poil du tissu. 3» Le troisième pas est ouvert en le-ant seulement la lisse 5 et abaissant g? a«tres avec celles 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8. ans ce pas, on insère une duite c qui entrelace aussi que les fils de chaîne e,8 en 8 ou les 5e, 43e, 21e et ainsi de uite en passant sur les fils 4, 2, 3, 4, 7 et 8 de chaîne de la course. Cette Ulte constitue aussi un coup de poil. 4° A la quatrième ouverture de pas ri leve seulement la lisse 3 et on abaisse eljes 4,2, 4, 5, 6, 7, 8. On passe une . uite b dans celte ouverture qui n’en-,ceque les fils de chaîne 3,11, 19, etc. :ï tlotte sur ceux 1,2, 4, 5, 6, 7, 8; est toujours une duite de poil.
- .5° Au cinquième pas on lève la sep-,.eine lisse et on rabat celles 1, 2, 3, 4, i ’ 8 ; on passe la duite 5 qui enlace
- .s fils 7, 15, 22, et flotte sur ceux an 7’ ^ * 4, 5, 6, 8 de la chaîne. C’est ussi un coup de poil.
- I ®°. Le sixième pas s’ouvre en levant j fisses 2, 4, 6, 8, et abaissant celles Un ’ on Passe la navette qui forme si*.'COuP d® fond pas de toile. Cette *eme duite ayant été passée dans une p Verture de pas qui est l'inverse de la t^i^'cre , sert, comme on voit, à en-
- chainCr comP‘®lement f°us les c*e
- ouvre le septième pas en le-cp)i eu*ement la lisse l.et rabattant (jUi3, 4,5, 6, 7, 8, on passe une ç> lequi ressemble en tout point à celle le n l?roclqit comme elle une bride pour
- 9 Prise dans les fils de chaîne 1, si 17
- La huitième duite ressembleexacte-g0 ta la troisième et se passe de même, la La neuvième est la répétition de a JJairième.
- Poim° ^nf*n la dixième est de tout j, Seinblable à la cinquième.
- $ont°Ules *es (iu*tes floi se succèdent ne Odèrp116^3 ^Pétition de ces dix pre-l°n mS’ i fa.ǰri floe le velours de co-c°nsic|S ^ l0‘*e flu on vient de décrire 6ls d#» u ?ns eombinaison de huit traii7 C - ne enfreUcès avec dix fils de
- 9,10 etatîS1 qU'°n ,e V0it dans les fig-
- La fig. 9 est l’armure de fond de ce velours.
- La fig. 10, l’armure de poil de ce même tissu.
- La fig. 11, l’armure combinée des deux précédentes.
- A l’examen de ces figures, on voit que pour chaque duite de fond on passe quatre duites différentes et distinctes de poil, et que chacune de ces duites de poil flotte sur sept fils de chaîne dans la combinaison ou course de huit de ces fils de chaîne avec ceux de trame.
- Quoique le mode décrit ci-dessus soit celui auquel nous donnons la préférence dans la fabrication du velours de coton, il est évident qu’on pourrait y adapter diverses modifications, soit dans la manière dont les brides distinctes se succèdent les unes aux autres, soit dans celle par laquelle elles sont prises par les fils de la chaîne.
- Le velours de coton fond toile ayant été tissé doit maintenant être coupé. A cet effet, la lame ou pince du rabot et le guide employés jusqu’à ce jour dans les ateliers de fabrication du velours exigent une légère modification. En thèse générale, on peut dire qu’un guide étroit et un peu élevé, qui a une tendance à soulever les brides et à les tenir fermement tendues avant que la pince les divise, est mieux adapté à cet objet. La coupe qui est parallèle aux fils de chaîne, comme dans les anciens velours de coton à fond de toile, commence du côté du tissage; et en jetant les yeux sur la fig. 3, on voitqu’il y a quatre cours distincts, un au-dessus de chacun des fils de chaîne 4, 3, 5 et 7, cours dans lesquels on introduit le fer et la pince. Quand on coupe le premier cours on ouvre trois brides sur quatre, savoir b, c et f. Le quatrième a passant sous le fil sur lequel glisse le guide, reste intact.
- On voit encore que lorsque le rabot commence à introduire son guide dans le second cours, il n’a qu’à ouvrir une bride sur quatre, savoir celle a, qui est la seule qui n’a pas été coupée lorsque le rabot et son guide ont parcouru le premier cours, puisque la seconde bride b passant sous le fil de chaîne sur laquelle glisse le rabot, ne peut, par conséquent, être tranchée. Les troisième et quatrième brides c et f. ayant déjà été ouvertes lors du premier cours, sont relevées par le guide et la pince quand ils ont opéré le second cours. Tout autre cours qui suivra ressemblera au second , puisque dans chacun d’eux la pince n’ouvrira qu’un quart de bride du cours et en relèvera deux
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- quarts, tandis que le quatrième quart, qui passe sous la chaîne, ne pourra être coupé.
- Comme il est important que le poil ait une même hauteur ou soit de niveau , les brides doivent être coupées exactement au milieu entre les fils de chaîne qui servent à les lier ; pour y parvenir le rabot doit présenter le guide et la pince obliquement sur son plan pendant le coupage, de manière à trancher la bride, non pas sur le fil de chaîne sur laquelle coule le guide , mais au-dessus du second fil de chaîne le plus voisin de lui. Par ce moyen, les brides se trouvent divisées exactement en leur milieu, et on produit une surface de poil solide et de niveau.
- La hauteur du poil dans cette sorte de velours de coton, lorsque ce poil est coupé convenablement, est par conséquent, égale à l’épaisseur et à la distance de trois fils et demi de chaîne ou de deux cinquièmes plus élevé que le poil des velours de coton à fond de toile d’ancienne fabrication, établis sur le même compte en peigne, ainsi qu’on le voit dans la fig. 4 qui représente en coupe le nouveau velours avec le poil coupé.
- En combinant dix fils de chaîne avec les fils de trame pour fabriquer un velours de coton fond de toile, chaque duite de poil se tend ou flotte sur neuf fils de chaîne, en formant ainsi un poil plus élevé encore quand il est coupé, ainsi que l'indiquent les fig. 5 et 6. Pour fabriquer ce velours, nous nous servons de dix lisses contenant chacune des mailles égales en nombre à la dixième partie de celui des fils de chaîne pliés sur l’ensouple , quoiqu’il ne soit pas absolument nécessaire d’employer ces dix lisses. Si on travaille à dix lisses, le remettage est suivi sur les dix lisses, comme dans le mode précèdent; seulement la course est de dix fils au lieu de huit.
- La manière de lisser ce produit sera facilement comprise par les tisseurs de profession à l’inspection de l’armure fig. 12, ainsi que des fig. 5 et 6, où l’on voit qu’il y a pour chaque coup de fond ou de lisse cinq coups différents et distincts depoilsintroduitsdansle tissu, et que chaque bride de poil franchit neuf fils de chaîne.
- On peut aussi, dans le tissage de ce produit, introduire, soit dans la manière dont les duites de poil se succèdent , soit dans celles dont elles s’entrelacent avec la chaîne des modifications analogues à celles déjà décrites à
- l’occasion du velours à course de huit fils de chaîne.
- Le coupage de ce velours s’exécute à fort peu près comme celui déjà décrit ; mais il est évident que les brides augmentant d’étendue, le rabot, le guide et la pince doivent s’adapter à ce genre de fabrication par l’adoption d’un guide encore plus élevé. En introduisant le guide et la pince dans le premier cours du velours, l’ouvrier coupe quatre brides sur cinq, et à chaque cours successif il coupe une nouvelle bride, en ouvre ou relève trois, et en laisse une qui est toujours enlacée avec le fil de chaîne sur lequel court le guide, ainsi qu’il est facile de s’en assurer à l’inspection de la fig. 5 et en se reportant à ce qui a déjà été dit sur ce sujet. Le guide et la pince doivent aussi être tenus obliquement sur le rabot, de manière à partagée chaque bride par le milieu. La hauteur de poil, dans ce velours, est égale à l’épaisseur et à la distance de quatre fils et demi de chaîne ou de quatre cinquièmes plus considérable que le poil de l’ancien velours de coton fond de toile fabriqué sur le même peigne, comme on le voit dans la fig. 6.
- Si on veut un poil encore plus relevé , on peut le produire par une combinaison de douze fils de chaîne avec les fils de trame, ainsi qu’on l’a représenté en proportions relatives dans 'a fig. 7 avant la coupe des brides, et dans la fig. 8 après cette coupe. Cette dernière figure représente ainsi un velours de Gênes fond salin à trois lisses, et or» y voit, indépendamment de ce qui a été dit ci-dessus, que la hauteur de poil est égale à l’épaisseur et à la distance de cinq fils et demi déchaîné, c’est-à-dire est de 1 et 1 /5e, ou 6/5 plus hautque celui de l'ancien velours fond toile fad sur le même peigne.
- Les divers détails dans lesquels nous sommes entrés relativement à la combinaison de huit fils en chaîne avec les fils de trame s’appliquent à cette der-nière combinaison que nous venon? d’indiquer ou à toute autre destinée a produiredes velours, des velventinese autres tissus analogues, et il suffira aU tisseur de profession de jeter un coup d’œil sur l'armure fig. 13 pour voir q°e les brides de poil ou de trame flotte11 ou passent dans toutes les circonstar»ce sur onze fils de chaîne. . j
- Si la surface de poil des velours a,n. fabriqués n’était pas parfaitement un' par suite de quelque erreur ou avaf ^ dans le coupage, on pourrait introduira la pièce dans une machine à raser coupera les fibres les plus longues à *'
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- hauteur des plus courtes et produira ainsi une surface unie.
- Nous avons dit que la différence entre les velours de coton de Gènes et les ve-loursdecoton fond toileconsistait princi-Palemenldans la nature du fond qui est üni ou une toile dans ces derniers et Un salin à trois lisses dans les premiers. Un conçoit dès lors que les combinaisons de huit, neuf ou un plus grand nombre de fils de chaîne avec ceux de frame peuvent être employéesaussi bien avec un fond satin qu’avec un fond toile, e*- n’en diffèrent que par la manière dont 0,1 procédera au remettage. En substituant donc un fond satin à un fond toile, Ie velours de coton de Gènes qu’on fabriquera aura un poil dont la hauteur votera suivant le nombre de fils de chaîne ?nrlesquelspasseront les duitesde poil. Uu reste, nous renvoyons les tisseurs de Profession aux armures fig. 14,15 et 16 Pour le remettage et l’emmarchage de Ces sortes de tissus.
- Les velventines consistent également en fond satin à trois lisses où les brides s°ut entrelacées de la même manière ^üedans le velours coton de Gènes; le Perfectionnement que nous proposons ieur est donc applicable. Les armures llS- I4,15etl6peuvent, en conséquence, Servir pour les velventines qu’on fabrique généralement sur un peigne plus tort et avec du fd en chaîne et en trame Plus gros que les velours de Gênes.
- La hauteur plus grande en poil des volours de coton perfectionnés leur fait jmsorber beaucoup plus de matière courante à la teinture que ceux ordinai-.es> et leur donne une richesse, une îni(?nsité de couleur qui contribue nota-jpinent à atteindre le but que se prônaient les inventeurs, savoir de pro-^Uire des velours de colon et des vel-, butines ressemblant autant que possi-
- *o aux velours et aux peluches de soie. , Qn pourra obtenir des résultats ana-.°gues en faisant usage , dans ce mode ^ 'abrication, de lin, de chanvre ou
- 'M* mélange de ces matières avec le ooton>
- ^e}rfectionnement dans le travail du tulle.
- O" lit dans VIndustriel Calaisien du va°IS d’octobre dernier les détails sui-nts sur la fabrication du tulle :
- V| ” MM. Maillot et Oldknow, de Lille, nt}ent de prendre un brevet pour Pas lnvention ff™ i nous n en doutons S’ va marquer une nouvelle époque
- de progrès dans la fabrique de tulle. On n’accusera pas la fabrique de tulle d’être restée stationnaire depuis son origine ; tout ce que l’art de la mécanique a formé de plus parfait, tout ce que le dessin et le bon goût ont inventé chaque jour, nos métiers l’ont essayé, et pour qui regarde les échantillons produits il y a quelques années, et les place à côté de ceux du moment actuel, il n’y a pas de comparaison possible , tant le progrès a été immense, tant nous avons de la peine, nous-mème, à reconnaître nos premiers enfants. Et pourtant la fabrique est loin encore d’avoir dit son dernier mot; que le commerce reprenne son essor, sous la protection d’un gouvernement sage ; que l homme d’intelligence se remette au travail, certain alors d’être récompensé de sa peine, et nous verrons sortir des ateliers de Saint-Pierre des tulles qu’il sera de plus en plus difficile de distinguer des véritables dentelles : ces admirables réseaux que tant de mains adroites semblent nous jeter en nous défiant de les imiter sur nos machines. L’invention deMM.Maillotet Oldknow va certainement nous tracer le chemin vers cette imitation.
- » On le sait, un métier à tulle sc compose de deux parties principales : les barres qui conduisent les fils de chaîne, et le« bobines qui contiennent la trame ; le reste n’est qu’une mécanique servant à faire mouvoir d’une manière convenable ces barres et ces bobines. Sans doute qu’une grande difficulté se présenta dans l’idée de l’ouvrier qui disposa la première barre au centre d’un métier.—Comment percer avec assez de précision cette barre qui, une fois en place, ne doit plus avoir qu’un mouvement horizontal de droite a gauche et de gauche à droite, pour conduire le fil, de manière qu’aux instants de repos ce fil se présente juste dans l’étroit passage de deux bobines déterminées?—Voilà quel était le problème à résoudre, quelle était la difficulté à vaincre.
- » Le problème est résolu depuis longtemps; mais la difficulté n’était pas vaincue , elle a été simplement tournée. Celte justesse, cette précision qu’on pensait ne pouvoir trouver directement, en plaçant les trous dans la barre même , on l’obtint en rendant les trous mobiles, c'est-à-dire en les plaçant à l’extrémité de guides plus ou moins longs, disposés sur la barre et qu’on pouvait alors appuyer d’un côté ou de l’autre pour faire suivre au fil la route dont il ne peut s’écarter. Nous disons
- Technologiste. T. Xi — Décembre !S19
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- que la difficulté était simplement tournée, et non vaincue, parce que cette difficulté était remplacée par une autre: celle alors de faire croiser convenablement ces barres couvertes de guides, en sorte qu’ils ne se touchent point et que le travail de l’une ne vienne pas gêner le travail del'autre. Cette nouvelle difficulté, faible dans l’origine , quand on plaçait un petit nombre de barres à guides, avait grandi chaque jour en proportion directe de l’augmentation du nombre des barres, et surtout depuis qu’on a commencé à apprendre à nos métiers à broder eux-mêmes les fleurs qu’ils ne faisaient que dessiner autrefois. 11 est vrai, depuis quelques années, on aremplacésur beaucoup de métiers les barres à guides du fond par des fines barres placées au-dessous du centre du métier, et qui ne servent qu’à charrier les fils dans des crochets qui alors font le travail que faisaient jadis les guides.
- Mais cette invention, simple et commode, n’a pas été généralement adoptée, surtout en Angleterre ; car on a compris que beaucoup de tissus ne pouvaient être faits par cette méthode qui, plaçant les barres sous le commandement des crochets, les oblige tous au même travail. Et on a compris cela à tel point, que plusieurs métiers de la fabrique, montés dernièrement, ne contiennent que des barres à guides, pour faire du nouveau, le nouveau seul ayant chance de toujours marcher. Voilà où en était l’invention des barres, quand MM. Maillot et Oldknow, remontant à l’origine, s’attaquèrent à la difficulté même qu’on avait tournée autrefois, et résolurent de la vaincre; ce qu’ils sont parvenus à faire d’une manière aussi simple qu’admirable.
- A notre avis, la simplicité de leur découverte en est le principal mérite, et de cette simplicité seule provient cette grande justesse obtenue dans le percement des barres. Qu’on ne s’imagine pas cependant que le premier ouvrier venu puisse s’acquitter convenablement de ce travail. Un Jacquart est aussi une machine simple quand on la dégage de toutes les pièces qui servent au mouvement ; mais que de soins dans les détails ; que d’intelligence il faut au mécanicien pour que cette simplicité primitive, création de l’inventeur, ne dégénère point entre ses mains en un chaos impossible à débrouiller, en une masse de fer adaptée contre un métier attendant l’âme qui doit le faire mouvoir! Ce que nous disons ici de l’invention de Jacquart nous pouvons le dire aussi de MM. Maillot et Oldknow. Leur
- machine à percer est simple, on ne peut plus simple ; on la comprend en la voyant. Mais la bonté de l’ouvrage dépend aussi de la méthode d’installer ses barres dans le métier, de les fixer d’une manière invariable, chose qul demande une foule de détails dans lesquels il nous est impossible d’entrer ici mais que doit imaginer facilement celui qui connaît ce genre de travail* Ainsi, autrefois, on a placé dans les métiers des barres à guides au lieu de barres à trous, parce qu’on s’imaginait qu’il était impossible de percer les trous avec la précision voulue ; et maintenant MM. Maillot et Oldknow remplacent les barres à guides par des barres a trous, parce qu’ils ont obtenu cette précision jugée impossible. C’est là leur invention, invention qui n’est pas une
- chimère comme (antd’autresannoncées
- avec fracas, et il est facile de s’en convaincre en voyant marcher un métier monté dans ce système par M. Oldknow, dans la fabrique de tulle de MM. Foube et Fourdin, à Saint-Pierre* M. Oldknow, arrivé de Lille samedi soir, s’est mis de suite au travail, et mal' grc les petits changements occasionnes pour la pose des barres, qui ne se trouvent plus à la même hauteur, le métier marchait comme à l’ordinaire le lundi soir. C’est là, on peut le dire, un bea11 succès, une invention qui n’exige paS une grande dépense de temps et de tra* vail, et qui nous ouvre une nouvel‘e carrière que nous ne refuserons pas de parcourir.
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- Appareil pour éplucher la surface tissus et la débarrasser des fibfei ou autres matières flottantes.
- Par M. J. Coates, imprimeur.
- Ces perfectionnements dans les ma chines ou appareils pour éplucher surface des tissus et la débarrasser « fibres ou autres matières qui y *° s simplement déposées, consiste da l’emploi d’un cylindre tournant co vert de rubans de cardes sembla*31 à ceux dont on fait usage pour ca der le coton, soit de concert aV une brosse fixe, soit sans cette br°sS c Cet appareil peut être accouplé av une machine .ordinaire à imprime*-calicots ou Autres tissus ou avec machine à enrouler et préparer 1e $ souple du tissu dont on se sert dans sortes de machines ou bien indepe
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- damment de l’une ou de l’autre ; il s’applique à la surface du calicot ou du tissu pour le débarrasser des fibres flottantes ou autres matières étrangères avant de le livrer à l’impression, afin d’éviter les imperfections ou les points blancs qui proviennent souvent de la Présence de ces matières et d’augmenter ainsi la capacité de travail dans un temps donné. Le cylindre à cardes et la brosse ou tout autre appareil éplucheur analogue peuvent être employés séparément si on le désire, ou bien on peut les accoler et s’en servir conjointement, comme on va l’expliquer, avec la machine ordinaire à imprimer le calicot en plaçant entre l’ensouple et le fouleau d’impression ou suivant toute aMre disposition.
- La fig 17.pl. 123, présente le plan du tfiécanisme disposé pour l’objet indiqué ci -dessus ;
- , La fig. 18 est une vue en élévation sur le côté ;
- La fig. 19 est une section tranversale ; La fig. 20 la position relative de l'appareil quand on s’en sert conjointement avec une machine ordinaire à imprimer les toiles de coton.
- a,a, pièces latérales du bâti, reliées entre elles par des tringles 6,6 et seront d’appui à la barre de tension c.c s°us laquelle le tissu s’engage avant de Se rendre sur la brosse fixe d,d qui est Pourvue d une raclette ou docteur e,e Consistant en une lame d’acier qui s’étend sur toute la longueur d’un côté a.l’autre en avant de cette brosse. Le tlssu s’avance ensuite sur le cylindre à c.ardes f,f, puis sur le rouleau de tendon g,g p0ur pénétrer dans la machine a imprimer. On peut recouvrir si on veut le cylindre g.g de feutre ou de ^P pour que le calicot bien tendu à mesure qu’il passe sur le rouleau en traîne le cylindre g et fasse ainsi, au m°yen du pignon h et de la roue i, tourner le cylindre à cardes f,f dans 'me direction contraire.
- 1-e calicot ou tissu pendant qu’il Passe sur la brosse fixe d,d et la ra-rette e,e, puis plus tard sur le cylindre a cai (]es est brossé et débarrassé des matières flottantes et libres qui peu-ent y adhérer, de façon que ce tissu Prcsente une surface* beaucoup plus '°tle, plus unie et plus propre à l’im-Pccssion.
- La brosse dd et le cylindre à cardes /'/ peuvent être ajustés par les vis /c,/c, dans quelques cas ou trouve qu’il est 'dV/*.n-a°euK (*e Pouv°ir imprimer à ce Renier un léger mouvement transver-a 5 et dans d’autres de le placer dans
- une direction oblique par rapport au tissu.
- Quand on veut que l’appareil cesse de fonctionner, la barre de tension c,c est mise dans la position indiquée au pointillé, dans la fig. 19, au moyen du levier^. Alors le tissu passe sur le rouleau g,g sans toucher la brosse ou le cylindre à cardes.
- Laminoirs à fabriquer des fers de
- forme conique ou pyramidale.
- Par M. W. Clay, ingénieur.
- Je me suis proposé le problème de laminer les fers suivant une forme d’un diamètre décroissant, par exemple des fers en barres pyramidales ou coniques. J’obtiens le diamètre décroissant des barres en permettant à l’un des cylindres de s’éloigner insensiblement de l’autre à mesure que le laminage fait des progrès, au moyen de quoi la distance qui sépare les cylindres se trouvant agrandie, la barre de métal en passant entre eux prend peu à peu une épaisseur plus grande et la forme d’un coin ou d’un cône allongés suivant la section des rainures ou gorges creusées dans ces cylindres.
- Il n’est pas difficile de trouver des moyens mécaniques pour faire éloigner l’un des cylindres de l’autre ; mais cèlui auquel j’accorde la préférence comme donnant des résultats plus satisfaisants, consiste à adapter au laminoir des pistons appuyant sur des colonnes limitées d’eau ou d’autre liquide peu ou point élastique, les extrémités des tiges de ces pistons, s’opposant ou permettant de s’opposer à ce que les coussinets des cylindres cèdent ou abandonnent leurs positions, excepté au moment où les colonnes d’eau se relâchent de la résistance qu’elles opposent à l’échappement lent et gradué du liquide de la chambre où il est renfermé par une soupape ajustable à volonté.
- L’appareil disposé à cet effet a été représenté suivant une section verticale dans la fig. 21, pl.123, qui est une coupe prise d’avant en arrière par le chapeau de l’iin des montants qui portent les coussinets des tourillons des cylindres. Dans cette figure on voit le piston, sa tige, et leurs dépendances , ainsi que la colonne d’eau sur laquelle porte le piston, et enfin la soupape par laquelle ori laisse échapper graduelle-| ment une petite quantité du liquide.
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- La fig. 22 représente une partie des cylindres, les coussinets, et en coupe une portion de l’appareil régulateur sur le chapeau du montant. On comprend qu’il faut deux de ces montants pour appuyer les extrémités des cylindres.
- La fig. 23 est une section horizontale prise par la ligne 1,2 de la fig. 21, où l’on voit les pièces par-dessous.
- La fig. 24 une autre section horizontale prise sur la ligne 3 et 4,fig. 21, et où l’on aperçoit les soupapes d’introduction et d’évacuation de la chambre ou cylindre hydraulique et les moyens de manœuvrer ou régler la soupape d’évacuation.
- Dans les laminoirs communément employés pour tirer le fer en barres, les cylindres sont généralement montés dans des coussinets fixes ou des coussinets qui pendant le travail du laminage sont rendus immobiles en les maintenant en place avec de fortes vis ou des boulons, mais dans cette invention les extrémités des coussinets A du cylindre supérieur sont insérées dans des coulisses pratiquées dans les montants comme dans les laminoirs ordinaires, de manière à leur permettre d’y monter ou descendre, et en glissant ainsi, de changer à volonté la distance entre les cylindres parallèles.
- L’élévation des coussinets et du cylindre supérieur est réglée et gouvernée par des tiges a qui appuient sur la face supérieure de ces coussinets et dont la partie supérieure est engagée à demeure fixe dans le piston solide b inséré dans la chambre ou cylindre hydraulique c ainsi que le représentent les fig. 2Î et 22. Cette chambre c, comme son nom l’indique , est remplie d’eau, ou d’un autre liquide non élastique, et pourvue d’une garniture en cuir ou autre matière propre à s’opposer à toute espèce de fuite. Cette garniture est maintenue en place par une bague en métal d assujettie fermement par de gros boulons à vis sur le corps de la chambre c. Cette chambre est remplie d’eau, provenant d’une source quelconque, par un tube latéral p qu’on voit dans la fig. 24 et en soulevant la soupape d’alimentation e dont il est facile de comprendre la structure et la manœuvre à l’inspection des figures.
- f est une soupape d’évacuation à travers laquelle, quand on l’ouvre en partie, l’eau s’échappe de la chambre c lorsqu’il y a une pression appliquée à l’extrémité inférieure de la tige a , pression par laquelle le piston b se soulève et chasse une quantité proportion-
- nelle d’eau, ainsi que le cas se présente quand on passe une barre de fer entre les cylindres laminoirs B B. Cette soupape f est construite de manière que l’ouverture pour la décharge de l’eau et par conséquent le soulèvement du cylindre ainsi que la forme conique ou pyramidale qu’on donne au métal puissent être réglés avec la plus grande exactitude, simplement en faisant marcher en avant ou en arrière un robinet ou bouchon g qui sert à manœuvrer une vis qu’il porte sur le dos, et qui a pour effet d’ouvrir ou de fermer la soupape à tel degré qu’on désire. Derrière le bouchon g, il existe un petit ressort qui n’a d’autre fonction que de le pousser en avant et de fermer l’ouverture de la soupape lorsque la pression ascensionnelle du piston n’est pas en action, tel par exemple , lorsque le travail du laminage est suspendu.
- Une soupape supplémentaire h communique aussi avec le passage d’évacuation i. Néanmoins cette soupape est constamment fermée par un fort ressort à boudin qu’on voit dans les figures et qui ne permet jamais que l’eau de la chambre s’échappe par cette voie, excepté dans le cas où il y aurait une pression extraordinaire, moment auquel la force du ressort étant vaincue, ilcède et s’oppose ainsi à ce que le mécanisme éprouve des efforts qui pourraient le détériorer. Cette soupape de sûreté peut, de concert avec la chambre ou cylindre hydraulique et le piston, être adaptée à d’autres laminoirs où l’on emploie des cylindres de pression (tels que les moulins à extraire le suc de la canne à sucre, ceux à concasser lesos, etc.), pour permettre à l’un des cylindres de céder sous une pression ou à un effort trop considérable ou subit qui pourrait causer des avaries au mécanisme.
- Pour travailler au laminoir perfectionné une masse de fer entre les cylindres modeleurs, faire par exempt une barre de forme pyramidale ou en coin , ayant des carnes ou arêtes droites, je me sers de cylindres ordinaires portant des gorges et des bourrelets comme le représente la fig. 22. Au moment où la loupe de fcr va être introduite entre les cylindres dans la première gorge, la soupape/ est ouverte, en tournant la vis qui fa'1 marcher le bouchon g d’un nombre de tours suffisant pour que l’eau s’échappe de la chambre c en un léger filet; l’oj1' verturc pour celte décharge étant réglée suivant la marche de la décroissance ou le degré d’inclinaison des
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- faces de la pyramide les unes sur les autres, ouverture que l’ouvrier apprend bientôt à régler par l'expérience.
- Pendant que l’opération du laminage se poursuit, la pression du métal qui passe entre les cylindres soulève les coussinets du cylindre supérieur et repousse la tige a, celle-ci à son tour contraint le piston b de remonter dans la chambre c, ascension à laquelle résiste le liquide non élastique que renferme celte chambre , mais sous l’influence de laquelle il y a évacuation d’un filet d’eau par la soupape f et la décharge i, et par conséquent élévation du piston et accroissement de la distance qui séparait les cylindres du laminoir. Il en résulte que suivant la vitesse d’évacuation de l’eau on pourra rcgler le degré d’inclinaison ou la forme Pyramidale de la barre qu’en veut produire.
- Je ferai remarquer qu’en faisant el-dpliques les gorges des cylindres du Jaminoir, je puis par l’élévation graduée de l’un des cylindres et la répétition des opérations du passage produire des barres de forme conique.
- , On a besoin parfois de laminer une ®arre en forme de coin sur une portion de sa longueur et rectangulaire sur le reste. A cet effet il convient de ne Permettre au cylindre supérieur de s elever que dans une certaine étendue, Puis de l’arrêter. On y parvient au ttmyen des vis d’ajustement k,k placées chacune au-dessus de chacun des cous-fmeis des cylindres , vis qui sont sem • 'ables à celles employées jusqu’à pré-ent, excepté que c’est à travers leurs Xes qui leur servent de guides, que Passent les tiges de piston a. On com-Pfend en conséquence que, lorsque par , evacuation de l’eau dans la chambre, j6s coussinets des cylindres ont relevé te 'e piston à une certaine hau-
- . hr déterminée, que la face supérieure ^ .coussinet A du cylindre supérieur vjrive en contact avec la pointe de la s & qui ne lui permet plus de. s’élever dè , et comme le coussinet se trouve ^ s t°rs fixé la barre de fer sur le reste t Sa longueur sera laminée parallèle. * vis d’ajustement k passe à travers jj taraudage pratiqué dans un écrou c au bâti de la machine ; cette vis peut Un?°nleT et descendre à volonté pour touUer l’élévation du coussinet A, en flxrnant simplement la roue à main l ?e sur sa partie inférieure, q est nécessaire de faire remarquer g. e pour introduire les coussinets mo-Coe.s. du cylindre supérieur dans les usses verticales du bâti, et pour les
- en retirer quand le travail l’exige , on peut enlever une portion du bâti ainsi qu’on le voit en / J, fig.21 et 22, qui n’est tenue en place que par des chevilles , des vis ou autre moyen connu. On peut aussi enlever une portion du chapeau dans lequel joue le piston pour pouvoir parvenir à ce dernier et visiter sa garniture quand il en est besoin, ainsi qu’on le voit en q,q, fig. 23.
- On a représenté dans la fig. 25 un autre moyen pour permettre aux cylindres modeleurs de s’éloigner graduellement l’un de l’autre sans avoir recours à un piston, à une colonne de liquide non élastique. Une tige verticale a presse sur le coussinet supérieur A en glissant comme précédemment à l’intérieur d’une vis k. L’extrémité supérieure de cette tige touche simplement un coulisseau r,r qui monte par le mouvement de rotation d’un excentrique en coeur s. Une paire de cylindres ordinaires est établie entre des montants , lesquels portent à leurs extrémités supérieures deux paliers U, sur lesquels roule un arbre horizontal trans-verse u ; c’est sur cet arbre que sont calés les excentriques s qui agissent sur les coulisseaux r,r dans chaque montant. Les faces inférieures de ces coulisseaux r portent respectivement, comme on l’a dit, sur les tiges verticales a qui appuient sur les coussinets A et, par conséquent, maintiennent les cylindres en contact.
- Pour que le cylindre supérieur puisse s’élever, dans le but indiqué précédemment, on imprime le mouvement à l’arbre excentrique en poussant la roue w sur la nervure de l’arbre u, ce qui embraye l’équipage de roues qui commandent un pignon v fixé sur l’arbre du cylindre inférieur. On voit donc que lorsque les cylindres profileurs sont en mouvement, l’équipage des roues dentées fait tourner les excentriques s et comme alors leur plus petit rayon porte sur le fond des coulisseaux r, il permet à ces couiisseanx de se lever, et aux tiges verticales a d’être refoulées eu haut par la pression de la masse de métal qui passe entre les cylindres du laminoir.
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- Fourneau pour brûler l’anthracite et les houilles de basse qualité.
- On a fait bien des efforts dans tous les pays où l’on rencontre de l’anthracite ou des combustibles minéraux de
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- basse qualité pour les utiliser dans les foyers des machines à vapeur, dans les hauts-fourneaux et dans un grand nombre de foyers allumés pour les besoins des arts. Quelques tentatives heureuses dans ce genre ont déjà eu lieu surtout dans la fabrication du fer, la cuisson de la chaux et quelques autres industries ; mais les combustibles en question n'en présentent pas moins toujours des propriétés réfractaires qui opposent souvent de grands obstacles à des applications nouvelles. Tl y a donc quelque intérêt à faire connaître les procédés ou les formes de foyersqui ont semblé fournir les meilleurs résultats dans la combustion de l’anthracite et des houilles pauvres, et sous ce point de vue nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en leur signalant un fourneau propre à cet usage, de l’invention de M. J. Steele, de Vulcan-Foundry, près Cork, en Irlande, et qui paraît avoir déjà reçu plusieurs applications utiles.
- Ce fourneau, que l’auteur a principalement destiné à brûler l’anthracite et les combustibles fossiles de basse qualité pour chauffer les chaudières qui génèrent de la vapeur a déjà réalisé, suivant lui, dans la pratique une économie de 25 p. 100.
- La fig. 26, pl. 123, une section longitudinale de cet appareil.
- Cette figure permet de saisir si aisément la forme et la structure de ces fourneau, que nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire d’en présenter une description détaillée; seulement nous dirons que lorsqu’il s’agira de modifier les fourneaux actuels pour les disposer suivant ce plan, il sera inutile de changer la chaudière de place, mais seulement d’amener les barreaux de la grille en avant de cette chaudière et de construire une voûte A au-dessus en briques réfractaires. Le pourtour de la porte de foyer et cette porte elle-même sont aussi en briques réfractaires, et à l’extérieur de cette dernière il y a une contre-porte en tôle placée à 0m,125 en avant pour s’opposer à l’introduction de l’air froid dans le fourneau et on dispose dans le cendrier à 0ra,25 au-dessous des barreaux de la grille un bassin renfermant une hauteur de 0m,20 à 0m,25 d’eau.
- A Clonmel, il existe une distillerie où l’on a établi avec succès un foyer de ce genre dans lequel on brûle de la houille écossaise de la plus basse qualité , mais où l'on va essayer l’anthracite d’Irlande comparativement aux bonnes espèces de houille. Dans le nouveau système on produit, avec ce mauvais combus-
- tible fossile qu’on ne savait pas comment utiliser auparavant, de la vapeur en aussi grande abondance qu’avec la houille ordinaire, et cela bien plus économiquement.
- Dans une autre localité, à Tralee, une machine à vapeur moud 8 tonnes (80 quintaux métriques) de maïs par 12 heures de travail avec une consommation de 3/4 tonne ^750 kilog.) de mauvaise houille du pays de Galles.
- Quand on emploie l’anthracite , il faut le répandre en couches très-minces sur les barreaux, et la pratique a indiqué à M. Steele que le fourneau devait avoir alors une plus grande capacité que quand on se sert de houille ordinaire et à peu près dans la proportion d’un peu moins d’un décimètre carré (0dec- C8r-,9676) par force de cheval de la chaudière.
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- Régulateur hydrostatique.
- Par M. J. Simpson et J.-A. Shipton.
- Le pendule conique de Watt a eu à lutter depuis son origine contre un grand nombre de concurrents, mais en dépit de ses imperfections, il a toujours conservé son rang à cause de sa simplicité et de la facilité de sa manœuvre comme régulateur de la force mécanique. Nous avons représenté par-tie en coupe, dans la fig. 21, pl. 122, >a section verticale d’un nouveau régula' teur proposé parmi d’autres inventions relatives à des perfectionnements apportés aux machines à vapeur, par MM. J. Simpson et J.-A. Shipton, in-génieurs à Manchester.
- A l’extérieur, ce régulateur a la forme d’un vase élégant A dans lequel est disposé un cylindre C ; B est une hélice placée à l’intérieur de ce cylindre ; D un arbre qui passe par le fond du vase et sur lequel on introduit l’hélice B, ce arbre portant une nervure sur laqued® peut monter ou descendre libremen le noyau creux de l’hélice tout en en-
- trainantcellc-ci dans son mouvement d
- rotation. E est un tube fixé sur le fond du vase, imperméable aux liquides dan son passage à travers ce fond, ouvertan* deux bouts et par lequel passe l’arbre "• Ce tube, qui s’élève dans le noj'jd jusqu’au-dessus du liquide, a pour <>»' jet d’empêcher que celui-ci ne s’éco» le long de l’arbre et d’éviter l’emp10 d’une boîte à étoupes. .
- F est une bague libre sous le c°
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- lier G et qui porte deux pivots s’assemblant à articulation avec deux tiges J, J Qui communiquent ses mouvements d’ascension ou de descente au levier K etde là aux organes quelconques qee le régulateur est chargé de diriger, li ®st un ressort spiral fixé entre le col-nerfixe, lest le collier mobile, G; L une ^rqûre servant de guide et établi sur je sommet du vase A ; M une vis régulatrice qui forme pointe à son extrémité et sur laquelle roule là partie supérieure de l'arbre D.
- G est un bâti sur lequel appuie le ^ase, p une roue d’angle calée sur l’arbre D et qui sert à le mettre en mouve-0le,d, Q la crapaudine dans laquelle il tourne à la partie inférieure, B une ^oue qui commande celle P, S l’arbre de couche moteur, T la plaque de fondation qui supporte le tout, U l’une des chevilles d une série où celles-ci s°nt placées à certains intervalles dans le vase pour empêcher autant que P°ssihle le liquide qu’il renferme de Prendre un mouvement de rotation pendant que l’hélice tourne.
- . Voici comment cet appareil ronchonne.
- Le vase A étant rempli d’eau, d’huile °u d’un autre liquide quelconque, on ^l en mouvement l’hélice B au moyen l’arbre D , qu’on embraye avec l’ar-.re de couche; cette hélice exerce immédiatement une pression sur le dquide renfermé dans le vase , et par c°nséquent tend à remonter, en comprimant le ressort spiral H, jusqu’à ce *KU arrive un état d’équilibre, c’est-à-dire un état où la force qui sert à monter 1 délice balance celle de ce ressort, ce *|ui dépend en tout temps de la vitesse ,1’hètice ; de manière que lorsque le joindre changement dans la vitesse de ‘hélice a lieu dans un sens ou dans autre , il imprime un mouvement d’é-,Ration ou d’abaissement, selon le cas, a la bag; ne F, et par conséquent aux ai|tres pièces qui en dépendent.
- Les principaux avantages de celte ^position sont la rapidité et la certi-j,l|de de l’action, car du moment que helice marche un peu plus vite , elle Susse et s’élève sur le liquide ambiant °mrue si c’était une vis dans son écrou, ^ transmettant ce mouvement partout u‘ o» veut l’appliquer, tandis que si d’un utrecôtè la vitesse se ralentit, l’hélice r une partie de sa force ascension-!, lo , et le ressort spiral se trouvant ^chargé d’une portion de la pression , a*t descendre l’hélice , qui transmet à °n tour un mouvement correspondant Ux organes régulateurs.
- Machine à courber les rails employée sur les chemins de fer du Wurtemberg.
- Lors de la pose des rails dans les courbes d’un petit rayon et en particulier dans l’établissement des courbes pour les gares d’évitement ou pour se rendre aux ateliers, il est indispensable, surtout aujourd’hui où l’on a donné la préférence aux rails d’une grande longueur, de donner à ceux-ci avant de poser la voie une courbure conforme à celle que celte voie a reçue en cet endroit. Cette opération n’est pas très-facile, surtout pour certaines formes de rails et voici comment on y procédait sur les chemins du Wurtemberg.
- Pour donner à ces rails la courbure nécessaire et les adapter à la courbe que suivait le chemin, on les martelait sur le pied du coté qui devait présenter la convexité. Ce travail était non-seulement pénible, long et dispendieux, mais il portait atteinte à la solidité et à la durée du rail lui-même.
- On a donc remplacé ce moyen imparfait par l’emploi d’une machine à courber que deux ouvriers mettent en action au moyen de manivelles et qui consiste principalement en trois cylindres profilés sur le tour suivant la j forme des rails et dont deux placés horizontalement reposent dans un même plan sur des coussinets fixes et immobiles, tandis que le troisième qui surmonte les deux autres et est posé au-dessus de l’intervalle qui règne entre eux roule dans des coussinets mobiles qu’on peut élever ou abaisser à volonté.
- La fig. 27, pl. 123 représente la machine à courber les rails dont on fait usage sur les chemins de fer du Wurtemberg vue en élévation et de côté.
- La fig. 28 en est une autre élévation vue de face.
- La fig. 29 un plan de la machine.
- La fig. 30 le plan du bâti c’est-à-dire sans les engrenages et les cylindres.
- Le bâti de cette machine, comme on le voit dans ces figures , peut être fixé avec des bouions par ses quatre pieds et au moyen des retours d’équerre XXXX sur une maçonnerie ou sur des sommiers eu bois. Les deux manivelles en A,A qu’on fait tourner mettent en action un pignon B qui engrène dans une roue C dentée de 1 mètre environ de diamètre. Sur l’arbre de cette roue est calé un second pignon D qui communique le mouvement à deux
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- roues dentées E,E' qui ont 0m,60 de diamètre. Ces roues sont montées sur es deux cylindres inférieurs M. Les deux pignons B et D portent le premier 11 ailes et le second 10 et comme la grande roue C a 76 dents et que chacune des roues E,E' est nombrée 42 i! en résulte que le nombre des tours est comme 76x42 : 11x10=29 : 1 ce qui veut dire que 29 tours des manivelles correspondent à un tour des cylindres.
- Pour que le cylindre supérieur N soit toujours exactement parallèle à ceux inférieurs M on a comme on le voit dans les fig. 27 et 28, et pour rajustement de ses coussinets disposé au-dessus du bâti un système de trois pignons horizontaux dentés F,F',F". En tournant le pignon du milieu au moyen d’une roue à main G les deux autres calés sur la tête de deux grosses vis H,H' circulent également et les vis en tournant dans un sens ou dans un autre font monter ou descendre bien parallèlement les coussinets qui embrassent les tourillons du cylindre supérieur.
- On a pourvu aussi dans la construction de la machine à ce que le cylindre supérieur puisse être élevé suffisamment pour y faire passer sur champ un rail courbé de manière à pouvoir le redresser et à cet effet les cylindres n’ont pas été tournés suivant le profil du rail et dans leur milieu,mais un peu plus vers ie tourillon droit de manière qu’il reste à gauche une portion unie et pleine suffisante de surface cylindrique qu’on destine à redresser de champ ces sortes de rails.
- La courbure des rails s’opère à l aide de cette machine avec une faible dépense de force et très-promptèment, et son grand avantage c’est qu’en ajustant convenablement les cylindres on parvient à donner de la manière la plus précise le degré de courbure qu’on désire, et de plus qu’avec son aide on peut adoucir la courbure d’un rail déjà courbé dans les usines ou redresser et rendre droit un rail qui présente une courbure sur champ ou sur le plat.
- Cric à vis perfectionné.
- Par M. Th. Dunn.
- Le cric à vis, ou screw-jack des anglais, tout en présentant d’assez grands avantages sous le rapport de la puissance et tel qu’il se présente ordinaire-
- ment avec ses détails d’une disposition fort simple, n’est malheureusement pas une machine d’un maniement facile dans neuf cas sur dix où on aurait besoin de l'appliquer. Un de ses principaux usages consiste, comme on sait, à soulever et replacer les locomotives et les voitures sur la voie ferrée après qu’elles en sont sorties et c’est surtout dans ce cas qu’on appréciera tout le mérite des perfectionnements importants qui sont dus à M. Dunn auquel on est déjà redevable de bon nombre de choses utiles dans la pratique actuelle des chemins de fer.
- La première des deux dispositions que nous avons fait représenter est une modification simplifiée du jack a faire passer les voitures d’une voie sur l’autre ou à les placer sur la voie.
- La fig. 31, pl. 123, est une vue en élévation de l’appareil complet disposé pour faire traverser, comme on dit, une voiture de chemin de fer ou tout autre fardeau d’un poids considérable , auquel il s’agit de donner un mouvement latéral d’une grande étendue.
- La fig. 32 est une autre vue en élévation du même appareil mais en angle droit avec la première.
- Le jack lui-même est construit comme à l’ordinaire et la modification a uniquement rapport à sa base ou support de son corps. Cette portion est fondue de manière à former une plaque rectangulaire A pourvue de deux essieux portant quatre galets B,B. Quand ils sont en action ces galets reposent sur une planche C inclinée vers la ligne des rails sur lesquels on veut faire passer la voiture, en plaçant une cale ou bloc D sous l’extrémité du côté de cette voiture-Ainsi disposée , et dès que cette voiture ne porte plus sur le terrain par l’action du cric qui l’a soulevée, la gravite tend nécessairement à faire descendre la masse, et le cric avec sa charge roule sur le plan incliné au moyen des galets B,B jusqu’à ce que les roues de la voiture touchent le terrain dans ui*e nouvelle position. La même opération se répète en soulevant de nouveau Ja voiture sur l’extrémité relevée de *a planche, jusqu’à ce qu’on ait franco tout l’espace transversal nécessaire ® que la voiture arrive sur la ligne He rails sur laquelle elle doit être définit*' vement hissée. En enlevant le jack d® ses roues B,B on peut s’en servir a même usage qu’un cric ordinaire. .
- ; Pour lever des machines locomotiv® et des voitures sur des terrassemeO • ou des pentes où l’on a besoin de porte
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- a une hauteur considérable, M. Dunn, se sert de ce qu’il appelle un screw-jack lelescopique c’est-à-dire dont les parties rentrent l’une dans l'autre comme les tubes d’un télescope. La fig. 33 est une ^Ue en élévation de cette machine avec *es visa moitié relevées.
- La fig. 34 en est le plan.
- La fig. 35 une autre vue avec les vis rentrées et l’application d’une roue Pour les transports.
- Le corps ou pied conique A du jack ®s.t moulé avec une forte plaque circulaire pour lui donner une base solide ; |a vis creuse inférieure B fonctionne dans une portion taraudée dans la parue supérieure du pied et porte une tète hexagone pour pouvoir la tourner. L intérieur de la tête de cette vis forme ecrou pour la vis supérieure pleine C 'lui peut y fonctionner. La vis infé-rieure B est à simple filet dont le pas de 0,26 et celle supérieure C à double filet avec pas de 0m,39 de hau-leur. Dans les figures les filets de ces deux vis sont représentés comme cou-rant de droite à gauche, mais leur pas ainsique le sens de leur direction peut varier pour les adapter à l’objet parti-culier auquel on se propose d’appli-*lUej' l'appareil.
- Si le fardeau qu’on veut soulever est comparativement léger, on peut faire tourner simultanément les deux vis B et C de manière à obtenir une plus Garnie vitesse d’élévation , qui à cha-jjüe tour est égale à la somme de la hauteur du pas de chaque filet ou dans . cas actuel à 0m,65. Mais quand le laek est chargé d’un fardeau plus pe-Sa»t, la force ne doit plus être appliquée qu’à l’une des vis à la fois,de macère à donner une élévation de 0m,26 °u 0m,39 à chaque révolution. Enfin P°ur les fardeaux les plus pesants les deux vis doivent être tournées simulta-,lement en directions contraires avec la toètnc vitesse, au moyen de quoi le de-8ro de l’élévation n’est plus que la dif-Çrcnce de la hauteur de pas des vis ou pus le cas actuel de 0m,13 pour un °Ur de chacune d’elles.
- . L est évident que ce système de vis double présente beaucoup de facilité Pour faire varier l’action du jack, car es vitesses relatives de ces deux vis Peuvent être ajustées de manière à onnerla faculté de lever des fardeaux
- une hauteur qui varie depuis une faction de millimètre jusqu’à 0ra,39 par dévolution, et, par conséquent, si le Jack est suffisamment robuste, à n’en avoir besoin que d’un seul pour soulever Une immense variété de fardeaux.
- L’inventeur a ajouté une disposition ingénieuse pour faciliter le transport, objet important lorsqu’il s’agit d’une masse aussi considérable de métal. Lorsque le jack doit être transporté, il prend la disposition de la fig.35 dans laquelle les deux vis sont rentrées pour le rendre plus compacte. En même temps on insère sur la partie supérieure du corps A une roue D de même diamètre que l’embase circulaire, et on la maintient en place par une cheville à vis E qu’on insère sur une portion tournée servant de moyeu et qui pénètre dans un trou F percé dans celle-ci. Ainsi, quand les vis sont rentrées de toute leur étendue, ce jack est renversé sur le côté, et après y avoir adapté la roue on peut aisément le faire rouler au lieu de sa destination, de façon que le jack du plus grand poids devient ainsi très-facile à transporter.
- Ces nouveaux crics viennent d’être introduits en France par MM. Varral, Middleton, Ewell et Buddicom et Ce, ateliers de réparations de Sotteville-lès-Bouen.
- Perfectionnement dans les machines à vapeur.
- Par M. J. -B.-F. Mazeline , du Havre.
- Le perfectionnement, dont il va être question , consiste en un tiroir perfectionné, qu’on peut appeler tiroir équilibré, et qui est applicable à tous les genres de machines à vapeur où l’on fait usage de tiroir; son caraclère principal est de réduire ou diminuer la pression et le frottement qui, dans les tiroirs ordinaires, est très-considérable. On sait, en effet, que les tiroirs ordinaires glissent sur une surface pourvue de deux lumières pour l’introduction de la vapeur, et d’une troisième pour l’évacuation de cette vapeur, après qu’elle a rempli son office; tandis que le tiroir de M. Mazeline présente ce caractère principal , qu’il glisse sur ou entre deux surfaces, toutes deux pourvues de deux lumières d’introduction de vapeur, et une d’évacuation. Ces lumières d’introduction et celle d’échappement se trouvant directement opposées l’une à l’autre , la pression du tiroir qui les recouvre se trouve balancée , ou à peu de chose près, ce qui diminue en conséquence la pression et le frottement des pièces du tiroir quand on les met en mouvement.
- La fig. 22, pl.122, est une section ver-
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- licale suivant la longueur d’un cylindre | à vapeur, par exemple celui d’une locomotive auquel est appliqué un tiroir équilibré.
- La fig. 23 est une section horizontale passant par le tiroir.
- La fig. 24 est une section verticale perpendiculaire à l’axe.
- C est la boîte du tiroir, Y le tiroir dont la section verticale affecte la forme de la lettre Y tronquée ou d’un rhombe, ainsi qu’on le voit dans la fig. 24. Ce tiroir glisse dans la boîte contre deux surfaces planes qui convergent l’une vers l’autre, afin que les faces du tiroir s’appliquent d’une manière bien étanche sur elles. D,D et D',D' sont les lumières d’introduction de vapeur, toutes d’égale dimension et placées en direction opposée l’une à l’autre, de façon que , quand le tiroir est dans la position indiquée dans la figure, la vapeur entre en même temps par les lumières D' et fi', et passe par les canaux , formés dans la boite de tiroir, qui déchargent cette vapeur dans le conduit ordinaire de vapeur E\ ou au moyen de deux conduits plus petits qui la charrient à l’extrémité du cylindre et sont venus de fonte avec la boîte de tiroir sur le cylindre lui-même.
- Lorsque le tiroir fait retour, la même opération a lieu par les lumières D,fi et le conduit de vapeur E.
- F,F sont les conduits d’évacuation, G un coin établi dans la partie inférieure de la boîte, et sur lequel porte et glisse le tiroir; H,une vis adaptée au coin Getqui scrtàajuster le tiroir sur les surfaces decontact et à le maintenir étanche à la vapeur; K et K' des orifices dans la partie inférieure du tiroir pour faciliter l’évacuation de l’eau entraînée par la vapeur dans le cylindre , circonstance dans laquelle, si besoin est, le coin G qui couvre l’orifice K est soulevé par l’eau de la même manière qu’une soupape ordinaire; L est le tuyau qui amène la vapeur dans la boîte.
- On concevra plus aisément les avantages de ce tiroir équilibré par l’évaluation approximative qu’a faite M. C. A. Holm, ingénieur civil, de la force consommée pour manœuvrer le tiroir d’une machine locomotive.
- On prendra pour cela, comme exemple, le tiroir d’un cylindre de 0m,356 (14 pouces anglais) dont les dimensions sont 0m,2286x0“,2794=638, 7 centimètres carrésde surface dont il faudra déduire l’aire de l’une des lumières d’introduction dont la surface est égale à 84 centimètres carrés, ce qui laissera 554ceul- car-,7 de surface sur chaque
- tiroir soumis à la pression de la vapeur. Maintenant 554ceut- car-,7, multipliés par 3kll-,51 , pression de la vapeur, donnent 1,947 kilogrammes de pression sur la totalité du tiroir, chiffre qui, multiplie par 0,2, coefficient de frottement, donne 389kil-,4 pour la force qu’il faut dépenser pour faire mouvoir le tiroir. Or la course du tiroir étant de 10 centimètres , et ce tiroir exécutant 150 courses doubles par minute, il en résulte qu’il marche avec une vitesse de 30 mètres par minute. D’un autre côté, la vitesse de la surface frottante des excentriques, pour un diamètre de 0m,305, par exemple , est de 137 mètres par minute. On a donc, pour établir le calcul de la force consommée, les données suivantes :
- 2 machines à 389kU-,4 de traction pour mouvoir le tiroir, multiplié par 30 mètres de vitesse par minute , donnent pour la force nécessaire pour faire mouvoir SUr les Surfaces frottantes k'iogrammètres. du tiroir................... 23,364
- 2 machines, frottement des excentriques 389kil-,4, pression à la tige d’excentrique , multiplié par 0,1 coefficient de frottement, et 137 mètres de vitesse par minute à la circonférence................... 10,670
- 7,56 chevaux - vapeur = kilogrammètres. . . . 34,014
- Le tiroir équilibré n’exigera qu’un dixième au plus , ou 0,75 cheval de la force consommée par le tiroir ordinaire, en offrant ainsi une économie de 6.8 chevaux. Mais ce n’est pas là le seul avantage de ce tiroir équilibré ; ^ y en aura sans doute un bien pluS grand réalisé sur l’usure des pièces le5 plus délicates de la locomotive, et paf la facilité pour manœuvrer, arrêter ou renverser le mouvement des m»' chines.
- 11 est bon de faire remarquer que I® coefficient de frottement 0,2 adopte est moindre que celui trouvé par M. M<>' rin, lorsque les matières frottant Ie? unes sur les autres sont le bronze a canon et la fonte de fer sans enduit*
- L’économie de 6.8 chevaux-vapeur sur un convoi de marchandises ma1’"' chant à raison de 6 lieues à l’heure es égale à une traction de 82 kilogrammes-ou un accroissement de chargement/1 20 tonnes qui pourront être lraîneC
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- plus par la machine pourvue d'un hroir équilibré.
- Chemins de fer , canaux , etc.
- Par M.-D. Magnier , ingénieur civil.
- (Suite et fin.)
- Outils élargisseurs Les outils employés pour agrandir le diamètre d’un trou de sonde sont très-variés ; mais on trouvera qu’une forte tarière d’un diamètre suffisant traversera fort promptement presque tous les terrains où un trou intérieur aura déjà été percé ; et quand il y a obstruction on se sert d’un ciseau comme celui des fig. 9, 10 et 11, qui a déjà été décrit, ou d’un autre, •^présenté par les fig. 38 et 39, qui uonne aussi de bons résultats, car on Peut s’en servir en l'élevant et en Paraissant, ou le faisant tourner. Le cylindre projetant a sert de guide. Les °utils dont la construction et l’emploi sont plus difficiles, sont ceux qui sont necessaires*pour percer sous la canali-sation un trou d’un diamètre égal à Çelui de la circonférence extérieure du myau. Nous en avons vu plusieurs et tous sont compliqués ; le meilleur que ^us connaissions, se trouve , fig. 40, 41 et 42, en élévation, en plan et en section. Dans la fig. 42. AA' sont deux brasqui pivotent sur les deux axes CG'; ces deux bras sont écartés par le res-Sort E qui y est fixé, et vont du point F qui est ajusté à la tige. Ces deux bras semboîtent l’un dans l’autre, et deux P’aques à la partie inférieure s’oppo-Seni à l'introduction de la terre ou de P!erres. En retirant une des chevil-
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- , on met de l’huile qui conserve °util en bon état, ou on le nettoie, ou renouvelle le ressort s’il est néceg-aire; on le fait entrer et descendre a,ls la canalisation au moyen des .crgesd’alonge. En atteignant le bout mérieur de la conduite , le ressort P°usse les tranchants des bras dans le °c ou la terre qu’il faut extraire , et, 'Près avoir atteint une certaine pro-®udeur, on le retire et I on introduit p Prière pour enlever les matériaux ; a‘orine des braspermetà l’outil, quand ^ ’ «attire, de rentrer dans le tuyau j,0r:l les parois repoussent le ressort, ^t cutil va parfaitement bien et ne se range pas facilement. En arrivant sv ,(1 fin canal, la partie inférieure lraPP[ique à la paroi du trou qu’elle anche en le tournant dans le trou
- Les petites portions de matières qui ne seraient pas détachées se trouvent coupées par les dents du tuyau.
- Accidents. Un accident qui n’est pas rare est la rupture d’une des alonges; cela peut provenir soit d’une rupture parfois en deux ou trois morceaux, en laissant tomber trop brusquement les outils dans le trou, ou en les engageant dans quelque chose qui résiste trop. Cependant, avec un peu de précaution on peut se mettre à l’abri de cet accident, qui est un des plus grands désagréments que l’on puisse éprouver dans un sondage ; car il fait souvent perdre plusieurs heures pour atteindre l’outil ; et quelquefois même ne peut-on en venir à bout qu’en perdant tant de temps que le meilleur parti à prendre est de recommencer un nouveau sondage. Un autre accident sérieux qui peut arriver, quoique moins fréquemment, est quand, faute de tuyaux , les côtés du trou s’écroulent et engravent l’outil à une telle profondeur qu’on ne peut plus le ravoir. A ces accidents nous devons ajouter celui d’un tuyau qui se trouve poussé par la pression latérale ; ce dernier est très-sérieux, mais il n’arrive que rarement si les conduits sont en bon métal et bien assemblés.
- Outils accrocheurs. Quand les tiges se cassent par suite d’une trop forte torsion, c’est généralement un peu au-dessus ou au-dessous de l’un des joints, et quand la rupture a lieu un peu au-dessus, l’extraction est facile au moyen de la caracole , représentée fig. 43 et 44 , et d’autant mieux si le bout de la tige cassée n’adhère pas à la paroi du trou, mais se tient droite ou à peu près. La verge de la caracole étant vissée, comme pour les autres outils, on doit chercher à faire entrer la tige rompue, au dessous du joint, dans le crochet; et comme nous pouvons exactement savoir à quelle profondeur il faut aller, en raison de la longueur du bout supérieur qui est retiré , ce n’est pas très-difficile à accomplir ; une fois qu’on a accroché assez solidement, on tire graduellement et sans crainte.
- Extraction au moyen de la cloche à écrou. Quand une tige se rompt juste au-dessous du joint, il est plus difficile de la saisir avec le croc ci-dessus. Alors on se sert d’un autre instrument, représenté fig. 45 et 46 ; cette dernière est une section d’un cylindre creux, dont le diamètre intérieur est un peu plus grand que celui des tiges et un peu
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- moindre que la diagonale de la partie carrée d’une tige ; l’entrée de ce cylindre est en entonnoir et l’extérieur en est légèrement biseauté , afin qu’il ne s’accroche pas aux cotés du trou; au-dessus de cette entrée en entonnoir se trouve une sorte d’écrou bien creusé, assez fortement trempé et qui doit mordre aisément le bout de la tige rompue. Cet instrument étant fixé de la même manière que les précédentes à une suite d’alonges, s’introduit dans le trou et va s’appliquer au bout de l'objet rompu, que l’on saisit en tournant et en appuyant un peu, mais pas assez cependant pour ébrécher ou casser tout à fait le filet de l’écrou. Quand on descend à une profondeur de 9 à 12 mètres, le poids des tiges suffit à moins que le bout cassé et l’outil ne tournent dans le trou, ce qui exige qu’on appuie davantage.
- Extraction d'outils ensevelis sous des éboulements. Quand des matériaux se sont éboulés en telles quantités des parois de la sonde qu’aucun effort ne peut réussir à retirer la tige , il faut introduire le crochet, fig. 43, et la saisir aussi basque possible, dévisser celles des alonges qui ne sont pas engravées et les retirer, ensuite déblayer avec une tarière une nouvelle partie de la tige, ce qui doit se faire avec précaution si l’on ne veut s’exposer à casser cet instrument sur la tige ensevelie : ayant suffisamment déblayé de matériaux par ce moyen, on reprend le crochet pour retirer un autre bout de tige, et, en alternant ainsi, on retire le tout avant de recommencer à travailler.
- Extraction de cordes, tire-bourre. Quand le câble se rompt et qu’il reste en partie dans le trou avec l’outil, on le retire au moyen d’un objet qui a absolument la même, forme que les tire-bourres employés à décharger les armes à feu.
- Assemblage des tubes de retenue. Nous avons déjà dit que les tuyaux devaient avoir lm,50 à 3 mètres de longueur, les bouts assemblés les uns aux autres, et l’extrémité inférieure du premier à introduire être dentelée et trempée afin de couper les aspérités ou les projections de la paroi de la sonde. Quand on a assez élargi le trou pour la facile introduction de la première longueur, on commence par la forcer en ayant le plus grand soin de lui conserver une position bien verticale ; car , si ce tuyau n’était pas parfaitement aplomb, les outils que l’on emploierait ensuite
- seraient entravés par les côtés de la conduite qui, du reste, courrait risque d’être endommagée. Le trou ayant un calibre suffisant, on y pousse le premier joint du tuyau jusqu’à 45 ou 60 centimètres en laissant sortir le restant de la surface. Alors on met je collet, fig. 47. L’écrou b étant retiré, ce collet s’ouvre au moyen de la charnière e; on le passe autour du tuyau qu’il tient suspendu dans le trou par les deux bras dd‘ reposant sur le plancher de la plate-forme. Un autre collet ou manchon que représente la fig. 48, se fixe à la seconde longueur du tuyau, à angles exactement droits de l’axe du tuyau qui, sans cela , ne pourrait pendre verticalement ; on suspend l’objet au pied de bœuf par des bouts de chaîne qui passent dans les œilsoo. Ce collet est fixé et maintenu de la même manière que dans figure précédente-Alors on fait descendre le tuyau suspendu dont le bout inférieur s’ajuste avec le tuyau qui est dans le trou, du côté resté hors de terre , et on les assemble comme il a été dit précédemment. Ceci exécuté sans risque ni danger, la longueur suivante descend dans le trou par sa propre gravité ou en forçant au moyen du collet, fig. 47, qui a été relevé, et en procédant comme il a été dit à propos de la grande clef, ou bien on peut frapper quelques coups de masse sur le sommet du tuyau qu’on a le soin de garnir de bois pour éviter de détériorer les bords. Cette seconde longueur étant introduite, on répète les opérations précédentes , s’il faut une troisième longueur de tuyau, et ainsi de suite.
- Extraction des tubes. L’extraction des tuyaux est généralement très-diffi' cile et ennuyeuse , et, dans quelques cas , presque impossible. On peut les retirer en fixant solidement le colleta la surface de la conduite, en passant la griffe en dessous, et en tirant avec une corde , ou on peut les faire remonter en introduisant dans le tuyau un outil qui se voit fig. 49, jusqu’à ce qu’n attrape les dents; alors le ressort•> poussant le bras mobile b, les bouts^ s’accrochent sous le tuyau, et cet outil* dans cette position, étant attiré, on réussit souvent à l’extraction des tuyau*-Cet outil est représenté avec ses bras entièrement ouverts.
- Tête de sonde. On peut former une tète de sonde (fig. 50) d’un anneau tournant A, par lequel se suspend la sonde, et d’un œil O, ou de deux œds O.E, destinés à recevoir des bras de
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- levier qui servent à faire tourner la sonde.
- Conclusion. On a pu remarquer que ? s°ndage et la sonde ne présentent len que de très-ordinaire ; tout se ré-Suiïle à un peu d’intelligence et beaucoup d’attention. Cet article aurait pu extrêmement plus étendu si l’on jivait voulu décrire minutieusement beaucoup de choses que tout le monde sait ou devine , et si l’on avait essayé ^ Y prévoir les mille circonstances qui Peuvent se présenter, ou de mentionner es inventions ou les idées de chacun ; ^ais c’eût été surcharger inutilement ne reqjteg et de futilités ces données Principales qui doivent être suffisantes t0ut individu qui n’est pas entière-ent dépourvu d’intelligence et qui a quelque habitude des grands travaux.
- En terminant, l’auteur doit déclarer qu d a suivi en majeure partie l’ouvrage q.Ue Davis Iïaskoll, ingénieur civil, lent de publier à Londres, et qu’il a U'aduit à cet effet.
- . ^aus une prochaine livraison , il sera ,adé de futilité des matériaux, prin-^ Paiement au point de vue des chaux •J .cliques et ciments romains , na-Urels et artificiels.
- Tles aubes des bâtiments à vapeur, Çur forme , leur immersion , leur ePaisseur, leur matière et leur n°mbre.
- Par M. T. Ewbank.
- ( Suite.)
- Coî‘es.expériences que nous avons fait naître précédemment et les remar-priensqui les accompagnent sont relatives iHç^.'PuIcnaent à la figure et à l’im-Poinf'°n u11!368 ; raa3S *1 est d’autres ex qu' demandent aussi qu’on les |;irj.rri,r,eî et qui, quoique moins sail-l*Jfér- et Promcffant une récompense ej!j(ïlcure au travail qu’ils devaient ^^critaient cependant qu’on fûuc'lsse l’°k.iet de recherches, ne itit>n5flUc Par 'a eonsidératicn que les Pelés ’0UuS scronl prochainement ap-Pient 3 c*lerch*;r tous les moyens d’aug-tant !r-’ t*atls proportion même Sle«hne°rst ^6U ^^'re ’ *a v‘tesse des
- ^ubes flottantes ou à déplacement.
- On avait imaginé que la résistance que les liquides opposent à l’immersion des corps pesants qu’on y plonge pourrait être utilisée comme un élément de propulsion , par exemple, que si des tonneaux fermés étaient attachés aux bras d’une roue, leurs fonds agissant comme des aubes, la force requise pour les faire plonger (et qui est égale à un kilogramme environ par décimètre cube d’eau déplacée) réagirait favorablement sur le bâtiment.
- Pour mettre celte idée à l’épreuve , on a pris huit boîtes carrées et étanches de 0ra,178 sur 0m, 178, et 0m,154 de profondeur qu’on a assujetties aux bras de l’une des deux roues et mises en expérience avec les huit aubes n° 1 (de la fig. 38, pl. 121) qu’on avait conservées sur l’autre roue. Ces boîtes, comme on l’imagine , exigeaient notablement plus de travail pour les faire tourner que toutes les autres aubes mises précédemment en expérience, et agissaient d’une manière misérable pour pousser le bâtiment en avant, n’égalant certainement pas sous ce rapport quatre des aubes avec lesquelles on les a mises en lutte. Elles produisaient un choc violent sur l’eau et en entraînaientune immense quantitéavec elles ; si on avait pu leur communiquer une vitesse suffisamment grande , elles auraient probablement formé un anneau continu liquide autour d’elles. Ces boîtes peuvent être considérées et ne sont en effet tout simplement que des aubes d’une épaisseur insolite, et toutes les aubes en bois sont flottantes par elles-mêmes proporlionnellementà leur épaisseur.
- Epaisseur des aubes. Les aubes flottantes, quoique inutiles sous un rapport , ont eu cela d’avantageux sous un autre qu’elles ont conduit à la connaissance de ce fait, savoir que la capacité de propulsion des aubes augmente ou diminue avec leur épaisseur. Augmentez leur épaisseur jusqu’à ce qu’elles se touchent, et elles formeront un tambour continu qui ne développera pas plus de force d’impulsion qu’une meule de moulin ; réduisons-les à l’épaisseur des plaques les plus minces, seulement à celle nécessaire pour résister aux efforts qu’elles doivent supporter. et leur propriété impulsive croîtra dans le même rapport.
- On a donc enlevé les boîtes ci-dessus et on les a remplacées par des planches épaisses de 22 millimètres, et présentant une surface de 31(j centimètres carrés. Ces planches, qui représentaient les aubes en bois ordinaires ,
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- ont été trouvées sensiblement inférieures à leurs rivales en métal qui avaient à peine 1,6 millimètre d’épaisseur. On a alors enlevé deux de ees dernières ; et il ne s’est pas manifesté de changement bien notable dans la direction du bateau ; mais lorsqu’on en a enlevé encore deux autres, les quatre qui restaient n’ont pas pu lutter contre celles en bois. Celles-ci, comme on se le rappellera, n’avaient que le septième de l’épaisseur des boîtes , et par conséquent avaient hérité dans celte proportion de leurs défauts.
- C’était aussi une chose très-remarquable que de voir combien les planches entraînaient plus d’eau que les plaques. Cette eau ne se détachait qu’avec peine sur l’épaisseur brute et grossière de leur plan , mais courait alternativement d’un bout à l'autre , circonstance qu’on avait déjà observée plus distinctement avec les boîtes. Rien ne pouvait démontrer plus nettement que plus sont minces les bords plongeants des aubes, et plus celles-ci abandonnent d’eau d’arrière aux points où son départ est le plus avantageux , c’est-à-dire lorsque la réaction favorise la marche du bâtiment, et par conséquent moins il y a de cette eau élevée au-dessus de l’axe. Un très-léger travail procurerait ce caractère aux aubes, ou, en d’autres termes , transformerait leur section en celle d’un coin. Le bénéfice résultant payerait au centuple la dépense.
- Comparé au métal, le bois se rapproche de l’éponge ; l’eau y adhère, ses pores étant absorbants, pompent ce liquide et contribuent à le retenir à la surface.
- Ici la nature confirme également les propositions auxquelles on est arrivé. Une extrême ténuité dans le plan impulsif est un type de perfection imprimé par elle à ses œuvres. Aussi voyons-nous ce plan fortifié par des nervures réticulées dans les ailes des insectes, par des rayons , des arêtes ou pointes dans les nageoires et la queue des poissons. On ne rencontre nulle part un plan uniformément épais et sans nervures comme les aubes de nos bâtiments, et il est impossible d’imaginer des organes natatoires ou de vol établis d’après ce modèle sans songer à son absurdité.
- Le propulseur caudal des poissons est naturellement plus épais dans les points où il s’unit au corps, mais sa substance diminue rapidement pour se réduire à une simple membrane à l’extrémité. Quelle peut en être la raison ,
- si ce n’est que plus cet organe est mince plus il est efficace comme propulseur, plus son excursion a d’étendue, plu* est énergique la force avec laquelle n agit. La même chose se remarque dans les ailes des oiseaux , leurs limites extérieures se réduisent presqu’à rien.
- Les deux dernières expériences démontrent que moins l’aube déplace d’eau par son volume , plus elle a d’efficacité; que toute accumulation de matière derrière son plan de travail > au delà de ce qui est absolument nécessaire pour le fortifier, est nuisible et devrait être évité ; mais jusqu’à quel point ces principes s’accordent-ils avec la théorie régnante ? On emploie généralement des planches de chêne, et j’a1 entendu plusieurs ingénieurs américains affirmer que plus celles-ci étaient
- épaisses, plusellesétaientavantageuses, parce que,disent-ils, si leurs propriétés propulsives ne sont pas ainsi accrues» elles n’en sont pas non plus diminuées; tandis que le poids additionnel est un avantage positif, puisque plus les roues ont de poids, plus elles fonctionnent avec aisance, et plus leurs mouvement* sont uniformes.
- La Gorgone , steamer anglais, avau de grandes roues et peu de puissance 5 aussi était-elle chargée de madriers en chêne ou en sapin de 0m,127 sur Om,lûf ’ ou 0m,154 sur 0m,201 qui en constituaient les aubes. Si ses constructeur* eussent connu le véritable effet de* aubes épaisses, ils n’auraient jamais eu l’idée de les adapter dans le but singU' lier d’économiser la force.
- Les planches qui servent à faire 1®* aubes varient d’épaisseur depuis O"*»^® jusqu’à 0m,076. Il n’y a pas de steamer de mer où leur épaisseur soit au-de*' sons de 0m,050. Dans les bâtiments anglais, elles sont de 0m,057 : dans d’aU' très , tels que le Franklin , de dans quelques autres du plus fort ton' nage, ellesatteignentO™,076. L'Jtla^1 et le Pacific, chacun de 3,000 tonneaux, qui sont actuellement en construction pour la ligne Collin, auron des aubes de 0ra,076 d’épaisseur.
- Le premier de ces bâtiments
- doi1
- avoir 28 aubes , et, réunies ensemld®’ elles formeront une masse solide, épa1* de 2m,128 sur chaque roue , juste a cinquième du diamètre. On leu*\0 donné 3m,8l de longueur sur O™»® ^ de largeur. Les deux roues contiendra* par conséquent ensemble près de stères de bois, et devront, à chacu , de leur révolution , déplacer seulem® pour la submersion des aubes l’énorm ^ volume de 111 mètres cubes d’eau»
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- cela, comme nous l’avons vu, sans nécessité , et au contraire avec un retard considérable dans la marche du bâtiment et une perte de la force motrice.
- Les roues du Pacific auront lt mètres de diamètre, et chacune d’elles portera 30 aubes de 3m,505 de longueur par 0™.914 de hauteur; la masse solide de ces aubes sera donc de 14,61 stères de bois, et la perte qui proviendra de celte source sera plus grande encore. A chaque révolution de chacune de ses roues , les aubes perdront 2"*,286 d’impulsion effective , et celles de l'Jtlantic, 2m,134.
- Les aubes du steamer, destiné à la navigation de l’Océan, VUnited-Sta-tes, ont 0m,057 ou mieux 0.063 d’épais-seur; leur nombre est de 36, mais comme elles sont fractionnées en deux Parties et attachées des deux côtés des bras; elles sont en réalité au nombre de 72. Elles diminuent certainement la force effective d’impulsion de ces organes dans le rapport de 3 à 4 mètres à chaque tour de roue, quelque Slngulière que paraisse cette assertion.
- . L’attention des ingénieurs s’est-elle Ornais appliquée à ce sujet? Ou bien ?ot-iis oublié qu’un volume d’eau égal a celui des aubes du bateau et du moindre solide qui s’immerge avec elle esl neutralisé comme milieu résistant, ?ussi souvent qu’il est déplacé par leur immersion ; que l’eau est pour elles ce lîuc la vapeur est pour les pistons, que plus ils occupent d’espace dans le ^ybndre plus leur course est bornée dans son étendue, parce que le métal Prcru] alors la place de la vapeur. L’ob-Jet qu’il s’agit de mouvoir exclut et atténue le moteur. Augmentez l’épais— sÇUr d’un piston jusqu’à ce qu’il rem-Phsse le cylindre et l'agent moteur ne P°Uvant plus fonctionner , tout mouvement cessera.
- . L en est absolument de môme avec es aubes d’une roue, faites-leur occu-Pec le l/to , 1/5 , 1/3 ou 1/2 de la circonférence qu’elles décrivent, et elles Perdront dans ces proportions leur efficacité, parce qu’elles déplaceront ou Pousseront latéralement dans le même apport l’agent liquide d’où dépend °ute cette efficacité.
- Il Y a différentes questions intéres-antes relatives aux aubes dont on demande encore la solution; mais en ce q.Ul touche à leur épaisseur, il n’y a plus len à chercher , plus elles sont min-?s > meilleures elles sont dans toutes les ^constances , minces même comme es feuilles de mica si la chose était
- possible dans la pratique. La seule question qui se présente à leur égard est de savoir quelle est la matière qui fournira les feuilles les plus minces pour résister à la pression auxquelles on les expose. Les feuilles d’acier devraient, dans mon opinion, être prochainement adoptées.
- L’examen des roues de quelques steamers ajoute de la force aux remarques qui viennent d’être faites à ce sujet. La multitude des boulons , des écrous, des rondelles , des tirants, des bandes , des brides , etc., et autres objets placés sur le dos ou sur les faces, ou à peu près, des aubes , parfois aussi pour boulonner une nouvelle planche ou une partie seulement sur une ancienne, fait voir que ceux qui accumulent les matériaux de ce genre ne s’imaginent point jusqu’à quel point ils diminuent ainsi l’efficacité de ces organes. Ils oublient qu’ils doivent être minces et unis comme des carreaux de verre, et que tout centimètre cube de matière qu’on introduit diminue l’effet utile. La vitesse des bâtiments dépend cependant de la forme et de la nature de ces aubes ; les machines et tout le mécanisme sont sous leur dépendance , et tandis que toutes les autres parties ont été étudiées avec soin , elles seules ont été négligées.
- Dans quelques bâtiments, le steamer-malle des Etats-Unis le Galveslon entre autres, on a cru devoir boulonner aux extrémités des aubes des traverses en bois pour empêcher celles-ci de se fendre ou de se déjeter. Comme ces traverses ne diminuent en rien les surfaces. mais forment seulement des saillies au-dessus d’elles, on lésa, sans aucun doute , considérées comme n’intervenant en aucune façon dans le travail de la propulsion. Or, nous voyons, d’après ce qui a été dit précédemment, que quand ces pièces sont nécessaires il faut les fabriquer en fer et les encastrer dans les aubes de manière à ce qu’elles soient de niveau avec la surface.
- Nombre des aubes. Les expériences ont convaincu les observateurs, en tant au moins qu’il s'agit de la propulsion , que moindre était le nombre des aubes, et plus le bateau marchait avec vitesse tant qu’une seule aube à chaque roue, ou une aire égale à la surface de l’une d’elles était maintenue en pleine activité. Un plus grand nombre daubes dans l’eau ne fait que découper celle-ci en tranches , qui, ainsi ébranlées , offrent moins de résistance à ce
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- agents de propulsion. Pour démontrer clairement le lait on a mis à l’épreuve quatre aubes de 0m,178 sur 0m,356 contre les huit aubes normales ou d’épreuve de 0m,178 sur 0m178. Le nombre le plus petit a eu un avantage décidé sur le plus grand et la raison en était manifeste. Les aubes plus espacées parcouraient leur course entière d'immersion à travers une masse liquide non rompue que rien n’avait encore troublée , et, par conséquent, produisaient, dans toute leur étendue , leurs effets légitimes, tandis que celles sur l’autre roue, quoîqu’en nombre extrêmement petit ( un tiers ou un quart) comparativement à celles des roues des steamers, en se succédant aussi rapidement dans le sillage 1 une de l’autre , y produisaient un trouble qui occasionnait des remous, des tourbillons et des contre-courants, et en se contrariant ainsi les unes les autres, donnaient lieu nécessairement à des résultats d’une infériorité marquée.
- On imagina alors que huit aubes de la fig. 39, pl 121, auraient peut-être le même effet que vingt-quatre de la fig. 38, mais la construction des roues n’a pas permis d’établir à cet égard une série d’expériences.
- Le nombre des aubes actuellement adopté est généralement supérieur à celui d’autrefois. Pour les grands bâtiments on en emploie ordinairement 28, quelques-uns en ont 24 , et d'autres , 32. La règle établie par les anglais , et qu’on dit être la bonne , a été adoptée par un grand nombre d’ingénieurs américains, excepté dans les circonstances qui ont obligé à s’en départir. Suivant cette règle , il faut une aube pour chaque 0m,30 à 0m,32 du diamètre de la roue , ce qui les éloigne de 0"‘,90 à 1™ de distance l’une de l’autre. Il y a même des bateaux où elles ne sont qu’à 0m6t de distance.
- Une des considérations qui fait qu’on multiplie les aubes, c’est qu’on se propose ainsi d’égaliser le bruit qu’elles font quand elles frappent, en augmentant le nombre des chocs. C’est encore dans le même but qu’on les partage en deux parties sur le milieu de leur longueur et que la portion interne , c’est-à-dire celle qui est la plus voisine de l’arbre, est reléguée sur la partie opposée ou postérieure du bras. Comme dans lafig.25, pl. 122, qui représente en élévation , vue de côté , l’extrémité de l’un des bras, ce qui, en quelque sorte , est doubler leur nombre. Tous les steamers anglais ont leurs aubes disposées de cette manière. Les aubes de V Her-
- mann , au nombre de 28, ont été ainsi portées à 56, et on a trouvé que leur efficacité avait diminué d’environ 9 pour 100. C’est à quoi se borne à peu près tout le travail des moitiés supérieures ou postérieures des aubes , car quand on les enlevait en totalité , les portions inférieures ont été à 10 pour 100 près aussi efficaces qu’aupa-ravani. Les aubes de l'Uhited-S tates sont partagées en deux portions et disposées comme dans la fig. 25 , pl. 122.
- Quant au véritable principe qui doit servir de guide pour rompre le bruit produit parles aubes en frappantl’eau, il me parait avoir été suffisamment indiqué dans les formes 39, 40, 43,46, 47, 49, 50,53, 54, 55, 56 et 57 de la pj* 12t. Si l’attention des ingénieurs s’était tournée vers ce sujet dès les premiers temps de la navigation à la vapeur , le plan, généralement adopté pour éviter le mal aux dépens d’un plus grand, n’aurait pas été sanctionné pendant aussi longtemps.
- En examinant les aubes du steamer qui vient d’être nommé, huit jours après son retour d’Europe, on à remarqué que sept ou quatorze, en comptant celles sur les deux côtés de chaque bras étaient immergées. Depuis, ce bâtiment s’est mis en roule pour la Nouvelle-Orléans avec 8 (ou 16 ) aubes noyées. Le Cherokee marche avec six aubes entières et non divisées sous la surface de l’eau. Le WashinQ’ ton est arrivé de Brême, avec 5 aubes semblables complètement immergées de chaque côté, 4 entièrement et Ja moitié de deux autres. Les plus grands bateaux américains, qui naviguent sur les lleuves et les baies, ont un nombre égal sinon supérieur d'aubes noyées. Le Wanderbill, du port de 1,200 tonneaux, a 5 aubes ou 10 demi-aubes immergées à chaque roue quand il est dans les docks sans passagers ni cargaison. L'Isaac-NeW’ ton, du port aussi de 1,200 tonneau* i a des roues semblables et le même nombre d’aubes sous l’eau en même temps.
- U est aussi impossible à une aube de remplir ses fonctions quand elle est ainsi embarrassée par celles qui l’avoisinent , qu’à un voyageur d’avancer aussi vite au sein d’une foule compacte qu’au milieu d’une plaine ne présentant aucun obstacle.
- Comme les steamers de navigati°n maritime ont peu d’occasion de mar' cher arrière-devant, le dos ou la facC opposée à celle du travail reçoit parfois le profil indiqué dans la fig-
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- En ce qui concerne les parties inférieures ou d’immersion , c’est un avantage . mais d’après les expériences précédentes, on voit combien ces aubes agiraieni plus profitablement encore si on réduisait ces parties à ' épaisseur d’une lame de couteau, de panière que leurs sections se bornent a ta portion ombrée de la figure.
- Bras des roues. L’usage de faire les bras des roues à aubes de dimension uniforme ou à peu près dans toute leur Rendue est aussi blâmable. On peut, Sans diminuer leur force, les réduire vers les extrémités, et on devrait y taire attention, puisque chaque centimètre cube de matière qu’on submerge avec elles diminue leur travail.
- faut les amincir vers la partie exté-r'eure comme la nature amincit les nervures et les rayons dans ses propulseurs.
- Enduit des aubes avec des matières repoussent l'eau. Si on parvient à trouver une substance pour s’opposer Pendant longtemps à ce que les aubes soient mouillées, on conçoit qu’elles ^traîneront alors moins d’eau avec elles. On a enduit un couple d’aubes expérimentales avec du suif, et tandis 5Ue l’eau ruisselait uniformément sur *a face des autres, elle adhérait à peine en légers filets sur celles-ci.
- , Indépendamment des aubes qui ont etè décrites, on en a essayé quelques mitres; mais comme elles étaient établies sur des principes différents et ne Remblaient pas très-propres à recevoir P.es applications pratiques , il est inu-ble d’en parler ici.
- Quoi qu’il en soit, les expériences Prêcèdentes nous apprennent :
- Que pour rendre les aubes des steamers plus efficaces, il faudra les établir , autant du moins que les circonstances le justifieront , sur les modèles fournis par la nature, de ma-mere à se conformer à sa pratique gé-I ra,le:, de diminuer la surface lorsque résistance est peu importante, et de ,augmenter au contraire lorsque cette ornière est la plus considérable , afin e donner aux portions les plus élargies • I1 propulseur les excursions les plus Rendues ;
- 2° Que moindre est le nombre des ^bes plus elles ont d’efficacité, pour-îfu’il y en ait toujours une en pleine bon, et, par conséquent, qu’il serait E os avantageux de les rendre pointues u fourchues, comme on l’a proposé , l°Or éviter le bruit de leur choc sur la le Technolngiste. T. XI.— Novembre 1
- surface que de les partager en deux, et de les multiplier aussi malheureusement qu’on le fait dans la pratique usuelle ;
- 3° Que des feuilles unies et minces de métal devraient être substituées aux planches massives et imbibées d’eau dont on se sert actuellement : la tôle à chaudière galvanisée serait peut-être ce qu’il y aurait de mieux pour le moment ; qu’il faudrait éviter les tètes de boulons et d’écrous, les taquets . les traverses et autres pièces qui peuvent faire saillie sur elles ; que les bras des roues auraient besoin d’être réduits à mesure qu’on avance vers leur extrémité extérieure pour éviter toute immersion de matière superflue, et que lorsque les roues exigent d’être équilibrées ou qu’on augmente leur moment d’inertie , on devrait attacher des poids sur les bras, mais au-dessus de la surface de l’eau ;
- 4° Enfin, qu’on devrait enduire les aubes et les parties qui plongent avec elles, avec un vernis ou une autre substance qui repousse l’eau, afin que le liquide au lieu d’être dragué et remonté par elles, puisse y couler comme sur le plumage des oiseaux plongeurs (1).
- New-York, nov. 1848.
- Sur les sondages de recherche des
- minerais , des sources artésiennes
- ou autres objets.
- Par M. P. Thompson.
- Le travail énorme, la lenteur et autres difficultés qui accompagnent le mode de sondage avec des tiges actuellement en usage sont des choses trop connues de tout le monde pour qu'il soit nécessaire d’entrer ici dans des détails ou de citer des exemples. Cependant on persiste encore dans la plupart des pays à faire usage de ce mode imparfait, et ce n’est qu’avec difficulté qu’on a introduit dans quelques tra-
- (i) On pourra consulter avec fruit sur ce sujet un mémoire de M. Rennie, inséré dans le Technologiste, n* année , p. 270, intitule: Expériences comparatives sur différentes espèces d’organes moteurs pour les bateaux à vapeur, etoücesavant ingénieur était parvenu aussi expérimentalement aux mômes conclusions à peu près que celles formulées par M. Ewbanck, relativement à la forme des aubes des batiments marchant par la vapeur.
- F. M.
- 9. il
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- vaux de ce genre le procédé chinois qui est beaucoup plus rapide et plus efficace.
- Il n’y a donc en réalité pour le moment en Europe que deux méthodes pour faire des sondages à une grande profondeur, et malheureusement ces deux méthodes ne paraissent guère susceptibles de perfectionnements.
- Il doit cependant y en avoir d’autres propres à remplacer celles que je considère comme imparfaites , et sous ce rapport, je crois devoir suggérer ici l’idée de l’emploi de la force électro-magnétique , agent dont la limite d’énergie nous est encore inconnue , et que le petit espace dans lequel il peut exercer sa force immense rend éminemment propre aux travaux de forage , soit perpendiculairement, soit horizontalement ou sous un angle quelconque , avantage évident sur tous les autres moyens et applicable directement aux travaux des mines.
- Supposons, par exemple , un instrument de forage d’une faible longueur dans lequel serait inséré un aimant ordinaire ou permanent avec les pôles dirigés vers le haut; supposons de plus un autre appareil de la nature des électro-aimants ou aimants temporaires accouplé avec cet aimant et solidement inséré dans un poids considérable ; imaginons enfin que ces deux aimants soient disposés l’un sur l’autre face et face, celui inférieur portant l’outil de sondage , et celui supérieur, le poids.
- Maintenant il est évident qu’en mettant en communication une batterie électro-magnétique avec l’aimant supérieur et renversant la polarité comme on le fait à l’ordinaire avec cet appareil, il s’établira une action mutuelle ou il y aura entre ces deux aimants une production de force qui tendra, à chaque renversement alternatif de la polarité, à les séparer et à produire un choc. Tel est le principe sur lequel je propose d’établir un appareil de sondage.
- Si le poids qui repose sur les aimants est de 150 kilogrammes et que ces aimants aient une force portante de 100 kilogrammes , l’action étant égale à la réaction, on conçoit quelle devra être la force vive imprimée à l’outil et l’action de celui-ci sur la roche qu’il vient frapper lorsqu’il fonctionne. Cette force , cette action sont assurément les mêmes que celles qui animent un projectile et doivent se calculer de même.
- Supposons seulement une batterie dont la polarité serait renversée dix
- fois en une seconde et que les aimants ne s’éloignent que de 0m,025 à chaque pulsation , on trouvera que la marche du forage se fera à raison de 0m,90 par heure.
- Quant au mode de curage et d’évacuation des matières détachées , c'est à celui de M. Fauvel ou par circulation d’eau qu’il conviendrait de donner la préférence.
- Je ne cherche pour le moment à tirer aucun avantage quelconque du principe de l’attraction des aimants, mais j’utilise aussi complètement que possible et eu son entier leur énergie répulsive.
- Le poids qui charge les aimants étant supérieur à la force portante , le choc ne peut jamais avoir une tendance ascendante, l’appareil de forage doit descendre tant que la batterie à la surface du terrain opère et le poids qui charge les aimants suit l’outil foreur qui descend par son propre poids.
- Lorsqu’on sonde à partir de la surface du terrain, la batterie est placée au-dessus de l’appareil de sondage , et ce sont des fils métalliques qui établissent la communication avec l’aimant quelque profonds que les travaux puissent être ; seulement les fils sont enveloppés d’une gaine pour les préserver de toute atteinte ou de l'adhérence des matières. L’outil percutant restant constamment au fond du trou » il n’y a pas, comme dans les autres méthodes, de force perdue par le déplacement des matières détachées et flottantes à chaque coup frappé par celui-ci.
- Comme je ne suis ni mineur, ni sondeur de profession, quoique m’étant livré à quelques études sérieuses sur ce sujet, je laisserai à d’autres le soin de déterminer la meilleure forme à donner aux outils, en faisant seulement remarquer que dans le sondage à travers des roches dures, on n’engage qu’un seul ciseau, mais qu’on pourrait aussi employer deux aimants ordi' naires ayant chacun un ciseau ; le pôle positif de l’un de ces aimants et celui négatif de l’autre en se présentant alternativement à chacune des extrémités d’un seul électro-aimant, pourraient fonctionner alternativement et à chaque renversement de la polarité produire un effet double en dégageant chacun des deux outils à chaque coup.
- Le mode de forage par voie électro^ magnétique peut être poussé jusqu 3 une profondeur quelconque, attendu
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- que les aimants en descendant avec les ciseaux conservent par rapport à eux le même degré d’énergie qu’ils Avaient à la surface,et comme la force Portante de l’électro-aimant peut être augmentée bien des fois au delà de celle que nous avons citée comme exemple, je ne doute pas qu’on ne trouve là un puissant agent de travail Pour les contrées qui renferment des richesses minérales.
- . Quant aux sondages en ligne horizontale , il est seulement nécessaire d’employer une pression sur les aidants au lieu du poids qui m’a servi à compléter ma description ; la manière dont cette pression serait appliquée dépendra de la nature du travail qu’il s’agira d’exécuter.
- D’après la nature friable de la nouille , je suis convaincu que cet appareil pourrait être introduit avec un certain succès dans les exploitations houillères , pour venir en aide aux ouvriers dans les travaux de percement Çtde foncement, en cernant à l’avance ‘*8 tailles et ne laissant aux mineurs que le soin de renverser celles-ci après qu’elles auront été percées ainsi et usinées.
- Je n’entrerai pas dans plus de dé-laiJs sur ce sujet; je pense m’être exprimé assez clairement pour donner Une idée de ce principe. Je n’ai pas encore tenté de le mettre en pratique ,
- je laisse ce soin aux personnes inté— essées dans la question. Je crois cette dee à la fois neuve et utile , et c’est ce ^ui m’a déterminé à la faire connaître public , avec l’espoir que d’autres ^ développeront et la rendront fé-
- Presse à faire des fascines.
- . Dans un grand nombre de travaux ^ fmgènieur civil, tels que l’amèlio-c, l'on du cours des rivières, le dessé-e enient et la viabilité des marais, on èt»n-kl^® de faire des fascines pour , olir une berge artificielle , faire des (J*/8, contenir des eaux, construire j,s ® r°ute sur un fond mobile ou pour echer un terrain humide.
- fascines dont Bèlidor conseille i’ar,8e.d.an?^es travaux hydrauliques et de i militaire , sont faites avec des jets a 7 ans, de 2 à 3 mètres de lon-ün, y? ’ formant un faisceau rond , de de tour , assujetti avec trois
- liens, le premier à 0m,30 d'un des bouts, le second à 1 mètre, et le troisième , à lm,70. Cette forme, toutefois, qui peut convenir pour ces travaux hydrauliques ou des fondations ainsi que dans l’art militaire, ne convient plus dès qu’il s’agit de dessécher un marais et d’y établir un écoulement permanent des eaux ; il faut avoir recours à une autre forme, et pour cela le chevalet ordinaire ne saurait suffire.
- MM. B. Mullins, ingénieurs, qui ont dirigé avec succès le dessèchement de vastes marais, en construisant, à travers ces terrains conquis, des routes, des chemins de fer et des canaux , ont proposé une forme carrée qui prtfeure une résistance plus grande, plus égale, et un écoulement plus régulier des eaux, et ont eu recours pour cela à une presse représentée en élévation dans la fig. 36 , pl. 123, qui leur a servi à donner aux fascines la forme carrée et l’état compacte qu’ils recherchaient.
- Les jets ou gaulettes de bois de la longueur requise ayant été transportés à pied d’œuvre, sont disposés sur le plateau de la presse, sur lequel on a étendu transversalement des fils de cuivre en proportion de la longueur de la fascine; un lien par 0m,60 suffit dans tous les cas. Ce fagot, ainsi inséré dans la presse , doit avoir 0m,30 de large et en hauteur trois fois celle qu’il devra conserver après la compression. Ainsi pour avoir 0m,30 d’épaisseur, il faut donner au fagot 0ni,90 de hauteur, et si on veut 0œ,40, il faut lui donner lm,20.
- 11 n’est pas nécessaire d’apporter une attention extrême à la disposition bien longitudinale des gaulettes ; cependant la plupart d’entre elles doivent présenter cette direction pour assurer la continuité.
- La presse , qui se compose tout simplement de montants, d’un chapeau , d’un plateau sous lequel est une crémaillère, d’un pignon qui commande celte crémaillère, et sur l’arbre duquel est calée une grande roue dentée que fait marcher un pignon à manivelle , est très-facile à manœuvrer. En tournant cette manivelle, le plateau monte peu à peu, les gaulettes se pressent et se disposent régulièrement les unes par rapport aux autres, et lorsqu’on a serré au degré voulu et que la fascine a une forme carrée ou à peu près, on tire et serre fortement les fils de cuivre , on les tortille et les coupe avec la pince à treillageur, enfin on coupe à
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- la scie les deux extrémités bien carrément pour les assemblages, et la fascine est terminée.
- On peut donner à cette presse une longueur en rapport avec celle des fascines qu’on veut fabriquer , mais dans tous les cas il ne faut pas que celles-ci aient moins de 2 mètres de longueur.
- MM. Mullins assurent qu’avec leur presse ils ont pu faire, avec des broussailles ou des menues branches provenant de la taille des haies de clôture qu’on soutenait et fortifiait par un certain nombre de gaulettes qu’on y insérait , d’excellentes fascines pour les travaux de dessèchement, ce qui est un des grands avantages de cette machine.
- La presse est maintenue solidement en place par de gros boulons en fer qui passent par sa traverse inférieure et qu’on enfonce en terre.
- r-gf—
- Appareil pour couper le papier dans
- les machines typographiques à imprimer.
- Par M. De Coster, ingénieur-mécanicien.
- « Dans ces derniers temps, dit le Moniteur Industriel du 30 septembre dernier , on a cherché à faire des machines pour imprimer le papier continu au rouleau, tout comme l’on imprime l’indienne. La problème n’est pas encore résolu d’une manière satisfaisante-, mais de fortes têtes le travaillent, et nous ne doutons pas qu’elles n’en trouvent la solution complète sans tarder.
- » Un obstacle sérieux était à vaincre , il fallait, au moment où le papier vient d’être imprimé, le couper en feuilles. Que de couteaux, de ciseaux et cisailles n’a-t-on pas proposés ! Mais l’outil industriel restait à trouver , quand enfin la question a été soumise à M. De Coster.
- » On sait que le papier un peu mouillé n’est pas facile à couper, qu’il émousse facilement les meilleurs tranchants , qu’il empâte rapidement les cisailles, etc. Il fallait donc recourir à des moyens nouveaux.
- » C’est ce qu’a fait M. De Coster , avec cette intelligence qui lui a déjà permis de résoudre tant d’autres problèmes plus difficiles.
- » Au sortir de la presse, M. De Coster fait passer le papier entre deux cylindres , l’un portant nne rainure et l’autre portant , non pas une lame, mais une espèce de scie à dents longues et droites. Supposez les deux cylindres en mouvement, la rainure en face de la lame dentelée, et le papier entre les deux ; il est évident que la lame dentelée , le papier étant tendu , n’aura qu’à appuyer ses pointes sur lui, non pas pour le déchirer, non pas pour le scier, mais pour le couper tout d’un coup , rapidement, avec précision , sans avoir à redouter que l’appareil se détraque, s’encrasse, etc., etc.
- » Inutile de dire que M. De Coster fait avancer comme il convient la lame dentelée , qu’il peut même à tous les coups l’essuyer s’il le veut, etc., etc.
- » Mais ce que nous tenions à constater , c’est la combinaison d’un appareil on ne peut plus simple , qu'on ne voit pas et faisant très-bien une opération que l’on n’avait pu encore bien faire même avec des appareils très-compliqués. »
- Procédé de lavage des laines de M. Desplanques.
- Ce procédé consiste principalement à mettre les toisons entières entre deux toiles, à faire ensuite marcher ces deux toiles sur une table en manière de toile sans fin, à jeter de l’eau par des arrosoirs au fur et à mesure que la toile avance, enfin pendant toute cette operation à battre la laine avec de petites planches en bois. Cela fait, la laine est lavée , la mèche est conservée, la toison est comme lorsqu’elle sort des mains des tondeuses.
- Par ce procédé , telle laine , dit-on » qui n’était pas propre au peigne le deviendra, telle laine qui ne pouvait pas servir à la belle draperie aura dorénavant ce débouché.
- M. Desplanques a aussi observé que la tonte ordinaire des moutons et ues agneaux était faite beaucoup trop tard*
- En la faisant plus tôt, non-seulement
- on obtient plus de laine, mais encore la laine obtenue est plus douce , pl°s moelleuse, meilleure.
- D’après des fabricants très-compe' tents , ce genre de lavage paraît d’a*j' tant plus avantageux qu’il laisse à laine le suint nécessaire à sa conser-vation et à sa douceur, sans déchire
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- ni feutrer la toison. Étant bien fait, il peut facilement remplacer le lavage à et par conséquent être considéré comme une utile invention. Les laines lavées par ce moyen ne perdent aucune de leurs qualités pour la draperie , et conservent toutes celles qu’elles doivent avoir pour le peigne.
- Banc à broches de M. Grun , à Guebwiller ( Haut-Rhin ).
- Le banc à broches de M. Grun se distingue par une nouvelle combinaison du mouvement pour faire des bobines coniques aux deux bouts, et comprimées. Les bobines dures sont aujourd’hui généralement adoptées ; e"es contiennent le triple environ de ce rçne contiennent les bobines molles, il y a donc moins de levées, moins d’ar-réts, partant plus de produit; le bobi-nagc devenant moins fréquent aux mé-
- tiers , elles donnent moins de travail au fileur, et il y a moins de danger des passages simples ; les tubes sans plateaux coûtent d’ailleurs bien moins que les bobinets à plateaux qui sont sujets à un entretien coûteux. Le mode de compression pour obtenir les bobines dures est nouveau ; il consiste en un ressort de montre qui, agissant sur un petit arbre vertical, transmet sa tension au doigt presseur ; ce perfectionnement donne une pression bien plus uniforme et plus régulière que l’ancien système à ressort direct. On a remarqué la solidité de construction des bâtis jointe à la légèreté des pièces mobiles. On peut par là marcher très-vite (6 à 700 tours de broches par minute), sans absorber beaucoup de force motrice. Des détails de construction invisibles ont besoin d’ètre cités, ce sont les broches en acier fondu ainsi que les arbres quilescommandent; tous lescollets, cra-paudines et coussinets qui sont en fonte trempée par un procédé particulier.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Parmi les nombreuses publications fait naître l’approche du nouvel an, So«s le titre ou sous la forme d’alma-nachs, nous croyons pouvoir signaler avec distinction le petit livre édité par *e libraire Roret, et intitulé Almanach Encyclopédique , récréatif et populaire pour 1850 (1 ).
- Ce recueil , destiné à remplacer un bvret répandu à profusion dans une ^'asse quelquefois peu éclairée, mais toujours très-intéressante de la so-j'®té , devait être composé avec d’au-lar>t plus de circonspection et de dis-Çernement que , pour beaucoup de •ecteurs, il devient une espèce de ma-nu<d , incessamment consulté avec une entière confiance.
- Le modeste compilateur de Y Almanach Encyclopédique nous semble ?,v°ii’ parfaitement compris le but et utilité de son œuvre populaire : les j,ol'ons relatives à l’agriculture et à !ndustrie y occupent la plus large P>ace; c’est qu’en effet l’agriculteur et artisan forment la plus grande partie I® sa clientèle. Après l’agriculture et JPdustrie , l’économie domestique, la &e°graphie, la statitislique, l’histoire ,
- Cil1 Pn yol. de plus de 200 pages. Prix : 50 c. ooret, éditeur, rue Hautefeuille, n° <2.
- fournissent leur tribut à cette petite encyclopédie ; enfin , la poésie , la biographie et l’anecdote viennent jeter de la variété et de l’enjouement au milieu de cette série de faits sérieux ou d’expériences scientifiques. Dans la partie anecdotique ou littéraire , nous avons remarqué une nouvelle extraite d’un de nos meilleurs recueils périodiques , Y Artiste. Ce petit roman , tout à fait sans prétention, est écrit avec une simplicité qui ne manque pas d’élégance ; son peu d’étendue et le choix du sujet le désignaient na turellement à l’éditeur de Y Almanach Encyclopédique. Il serait à désirer qu’on ne mît jamais de compositions plus dangereuses sous les yeux des populations de la campagne et de nos ateliers; la morale y gagnerait, et l’esprit n’y perdrait rien.
- Tout en conservant les parties fondamentales de tout recueil de ce genre, c’est-dire les aphorismes agronomiques applicables aux jours , aux mois et aux saisons , le calendrier ordinaire , la liste complète des foires de la France , l’éditeur a su donner à son almanach une certaine couleur d’actualité , en y comprenant le calendrier républicain , le tableau général des députations par départements, avec l le relevé de la population et la demeure
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- des représentants. De nombreuses vignettes, dont quelques-unes sont habilement exécutées . ajoutent à l’intérêt piquant que doit inspirer ce rival heureux du trop célèbre Liégeois.
- Comme on le voit, par la rapide et très-succincte énumération des matières contenues dans Y Almanach-Roret, il mérite largement son triple titre : encyclopédique , récréatif et populaire.
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- C0*5’^tE PAR,Sî,i'^tjf\
- BIBT ÎOTHÈÇUE î
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE
- INDUSTRIELLES.
- Par M. Vasserot , avocat à la Cour d'appel de Paris.
- JURISPRUDENCE.
- TITRE PREMIER.
- •Timbre-poste. — Usage d’un timbre
- ayant DÉJÀ SERVI. —PÉNALITÉ.
- L’Assemblée législative a, sur la Proposition de M. de Saint-Priest, voté Jîne loi ayant pour but de prévenir ;. e>Mploi frauduleux des timbres servant a ^affranchissement des lettres. Aux J^pnes de cette loi, quiconque aura a,t usage d’un timbre-poste ayant déjà *erv< à l’affranchissement d'une lettre, era puni d’une amende de cinquante r_ancs à mille francs. En cas de réci-^,Ve , l’amende sera doublée et le coupole sera en outre condamné à un ^prisonnement de cinq jours à un mois.
- .. La vente ou tentative de vente d’un unbre ayant déjà servi à l’affranchissent , sera punie des mêmes peines n suivant les mêmes distinctions.
- ,s,bre des effets de COMMERCE , DES actions dans les sociétés et des
- Polices d’assurance. — Projet de Aoi.
- timt°ICl te*te Pr°îet de sur tion • des effets de commerce, les ai fan S lndustrielles et les polices d’assi 0ntCe* Les dispositions qu’il contiei con PrUr l’industrie une importam de k\!*erable que nous nous empressoi c0m,°na^er » ü sera intéressant aussi ( aVp Parer plus tard les termes de la 1
- ''esprit",? dU r®' ’,fl 1“ de jug, querï1. es ra°difications qui ne mar seront pas d’être introduites.
- Des effets de commerce.
- Art. 1er. Le droit proportionnel du timbre sur les lettres de change , billets à ordre ou au porteur, mandats et tous autres effets négociables ou de commerce , est fixé ainsi qu’il suit :
- A 5 c. pour les effets de 100 fr. et au-dessous ;
- A 10 c. pour ceux de 100 fr. à 200 fr. ;
- A 15 c. pour ceux de 200 fr. à 300 fr. ;
- A 25 c. pour ceux de 300 fr. à 500 fr. ;
- A 50 c. pour ceux de 500 fr. à 1,000 fr, ;
- A 50 c. par 1,000 fr. pour ceux au-dessus de 1,000 fr.
- Art. 2. Les lettres de change ou billets à ordre venant, soit de l’étranger, soit des îles ou des colonies dans lesquelles le timbre n’aurait pas encore été établi, seront, avant qu’ils puissent être négociés, acceptés ou acquittés en France, soumis au timbre ou au visa pour timbre, et le droit sera payé d’après la quotité fixée par l’article précédent.
- Art. 3. Celui qui reçoit du souscripteur un effet sujet au timbre prescrit par l’article 1er et non timbré , est tenu de le faire viser pour timbre dans un délai de quinze jours, à partir de la création de l’effet. Dans ce cas , il sera perçu un droit de timbre de 15 c. par 100 ou fraction de 100 fr. sur le montant de cet effet. Ce droit s’ajoutera à la somme portée dans l’obligation pour ne former qu’une seule et même créance , nonobstant toute stipulation contraire.
- Art. 4. Toute contravention aux ar-
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- ticles précédents sera passible d’une amende de 6 pour cent contre le souscripteur de lettre de change, billet à ordre ou autre effet sujet au timbre, et d’une pareille amende de 6 pour cent contre l’accepteur de la lettre de change, et, à défaut d’accepteur, contre le premier endosseur, ainsi que contre le bénéficiaire ou premier endosseur des autres effets.
- Art. 5. Le porteur d’une lettre de change non timbrée ou non visée pour timbre, dans les délais fixés par les articles 2 et 3 , n’aura d’action que contre l’accepteurde la lettre de change, et, à défaut d’accepteur , contre le tireur, sans aucun recours contre les endosseurs.
- Le porteur de tout autre effet sujet au timbre et non timbré, ou non visé pour timbre dans les mêmes délais, perdra son recours contre les endosseurs. Toutes stipulations contraires aux dispositions de cet article seront considérées comme nulles.
- Art. 6. Le porteur de la lettre de change, billet à ordre ou autre effet sujet au timbre et non timbré, sera tenu de faire l’avance des amendes prononcées par l’article 4, sauf son recours contre chacun de ceux qui en sont passibles.
- Art. 7. Toute mention ou convention de retour sans frais sera nulle et sans effet à l’égard des lettres de change , billets à ordre ou autres effets sujets au timbre et qui ne seraient pas timbrés ou visés pour timbre , conformément aux articles 2 et 3.
- Art. 8. Les dispositions de la présente loi sont applicables aux lettres de change , billets à ordre ou autres effets qui sont souscrits en France et payables hors de France.
- Art. 9. L'exemption du timbre accordée par l’article 6 de la loi du 1er mai 1822 aux duplicata des lettres de change est maintenue. Toutefois, le timbre ou visa pour timbre devra toujours être apposé sur la mise en circulation et destinée à recevoir les endossements , sous les peines prescrites par la présente loi.
- Art. 10. Les dispositions des articles précédents ne seront applicables qu’aux effets souscrits, à partir du. . . 18. . .
- Art. 11. Il est accordé un délai de quinze jours , à partir de la promulgation de la présente loi, pour faire timbrer ou viser pour timbre, sans amende, au droit fixé par les lois anciennes , les effets assujettis au timbre et non timbrés.
- TITRE IL
- Actions dans les sociétés.
- •12. A compter du. . . 18. ... le droit de timbre sur chaque certificat d’action libérée ou non libérée dans une société, compagnie ou autre entreprise quelconque, financière, commerciale ou civile , sera proportionnel. H est fixé à 1 pour cent du capital nominal. L’avance en sera faite par la compagnie , quels que soient les statuts.
- Art. 13. Les certificats d’actions seront tirés d’un registre à souche ; le timbre sera apposé sur la souche et le talon. Le dépositaire du registre sera tenu de le communiquer aux préposés de l’enregistrement, selon le mode prescrit par l’article 54 de la loi du 22 frimaire an VII, et sous les peines y énoncées.
- Art. 14. Est dispensé du timbre, le certificat d’action nominative délivré par suite de transfert, s’il porte le même numéro que le certificat primitif, et s’il montre que celui-ci a été timbré.
- Art. 15. Toute contravention aux dispositions des articles 12,13 et 14 sera passible, contre la société , compagnie ou entreprise, d’une amende de 6 pour cent sur le montant de toutes les actions sociales, sauf réduction proportionnelle pour les actions non émises et pour celles émises conformément à la loi.
- Art. 16. Il est accordé un délai de six mois pour faire timbrer ou viser pour timbre sans amende , et au droit de 35 centimes par action les certificats d’action qui auront été délivrés en contravention aux lois sur le timbre, antérieurement au. . . 18. . .
- Le droit sera perçu sur la représentation du registre à souche , ou tout autre , constatant la délivrance de l’action, et l’avance en sera faite par la compagnie ou la société , sauf recours s’il y a lieu.
- Ce délai de six mois expiré , les compagnies ou sociétés seront passibles de l’amende déterminée par l’article 15.
- Art. 17. Dans le cas de renouvellement d’une société ou compagnie, Ie? actions seront de nouveau soumises a la formalité du timbre , sous les peines portées par les articles précédents.
- Art. 18. Les certificats d’action des sociétés dissoutes ou en liquidation au. . . 18. . . ne seront pas assujetti5 au droit de timbre stipulé par la présente loi.
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- Art. 19. Tout agent de change ou Courtier qui aura concouru à la cession ou au transfert d’une action assujettie au timbre et non timbrée sera passible d® 50 fr. d’amende par chaque contraction.
- TITRE III.
- Des polices d’assurances.
- Art. 20. A compter du. . . 48. . . l°ut contrat d’assurance, ainsi que tout acte postérieur contenant convention “U déclaration , sera rédigé sur papier **Un timbre de dimension , sous peine ^ 50 fr. d’amende contre l’assureur, *a«s aucune retenue contre l'assuré. Si assuré en a fait l’avance , il aura son Cours contre l’assureur.
- , Art. 21. Les compagnies d’assurance a Primes mutuelles ou autres , sous 9Uelque dénomination que ce soit, et lous les assureurs à prime ou autres Seront tenus d’avoir, danschaqueagence Pr,ucipale , un répertoire timbré et pa-Tafé par ie jUge de paix , sur lequel !*8 porteront, par ordre de numéros , °utes les assurances qu’ils auront fai-®s- Cette inscription aura lieu dans les £,nq jours de leur date pour les assurées maritimes, et dans les deux mois furies autres. Ils auront en outre, au “toge de l’établissement, un répertoire général, également timbré et parafé, rllr lequel ils relèveront toutes les assurées faites pour leur compte, soit toectement, soit par leurs agents. Ce e»evë sera fait dans le mois de leur
- j e p0Ur |es assurances maritimes , et r® les six mois pour les autres.
- Ces répertoires seront soumis au visa j®s préposés de l’enregistrement, selon Qtode indiqué par la loi du 22 fri— .ai|,e an VII. Les préposés de l’enre-Sstrement pourront, de plus, après Expiration des délais prescrits par le Jjjtoagraphe précédent, exiger au siège p * établissement la représentation des p- *ces en cours d’exécution ou expi-es depuis moins de six mois, autres ye celles rédigées par les courtiers ou rcs officiers publics.
- P Ces courtiers , notaires ou autres of-r *[» publics sont dispensés de la rft^esentation des polices , mais ils se
- 0t»t tenus de communiquer aux pré j® és tie l’enregistrement, quand ils ® r®querront, le registre timbré con-j.tatant les assurances qu’ils auront
- j. Art. 22. Chaque contravention aux îspositions de l’article 17 sera passible amende de 100 fr.
- Art. 23. Les compagnies d’assurance et tous autres assureurs auront un délai de six mois, à partir de la promulgation de la présente loi, pour faire viser pour timbre , les contrats d’assurance antérieurs à cette promul-tion , en payant un droit fixe de 35 centimes par police , quels que soient la dimension du papier et le nombre des doubles, sauf recours, pour moitié, contre l’assuré.
- Passé ce délai, tous les contrats d’assurance antérieurs à la présente loi seront soumis aux conditions qu’elle exige. Toutefois sont exceptés ceux qui expireront dans le cours de l’année 1849.
- Art. 24. Les compagnies d’assurances ou les assureurs dresseront, dans les six mois et sur papier timbré, l’état de toutes les polices en cours d’exécution qui n’expireront pas en 1849.
- Sur le vu de cet état, dont un double sera remis à l’administration de l’enregistrement , les contrats d’assurance seront visés pour timbre, et le total des droits pour les polices comprises en l’état sera acquitté dans le délai de dix-huit mois et par tiers.
- Art. 25. Toute fraude ou omission dans l’état prescrit par l’article précédent sera passible d’une amende de 50 fr. par chaque contravention.
- TITRE IY.
- Dispositions générales.
- Art. 26. Lorsqu’un acte, registre , billet ou effet sujet au timbre et non enregistré sera mentionné dans un acte public civil, judiciaire ou extra judiciaire , l’officier public ministériel sera tenu de déclarer expressément dans l’acte si le titre est revêtu du timbre prescrit, et le montant du droit de timbre payé.
- En cas d’omission , les notaires, greffiers, huissiers et autres officiers publics seront passibles d’une amende de 50 fr.
- Coalitions d’ouvriers et de patrons. — Législation antérieure au code pénal. — État actuel. — Projet
- DE LOI.
- On sait combien les questions decoa-litiou sont importantes, le préjudice causé à l’industrie par les grèves d’ouvriers ou les associations illictes des fa-
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- bricants est considérable. Si la liberté d’industrie est et doit être illimitée , c’est sous cette condition essentielle que personne ne pourra , par des voies indirectes, imposer à d’autres les conditions personnelles qui lui sont avantageuses, et que dans cette voie illimitée de la concurrence il n’y aura d’autres freins que la loyauté des moyens comme il n’y aura d’autres avantages que les développements de l’esprit.
- L’assemblée constituante a été occupée de ces questions, auxquelles elle n’a pu donner une solution. L’assemblée législative a recueilli ce difficile héritage; elle a nommé une commission dont M. de Vatimesnil est le rapporteur; nous extrayons les détails que nous présentons de son savant travail ; on verra avec intérêt la marche de la législation en cette matière; suivre la trace des idées anciennes en matière d’industrie; c’est faire de l’histoire industrielle ; remontons jusqu’à la constituante.
- La loi du 2 mars 1791 avait aboli les jurandes , les maîtrises et établi la liberté du travail, du commerce et de l’industrie; mais il ne suffisait pas de proclamer le principe , il fallait lui donner des garanties. Le législateur comprit que la liberté commerciale et industrielle pouvait être entravée par les coalitions, et, en conséquence, le 14 juin suivant, il rendit un décret dont l’art. 4 est conçu dans les termes suivants :
- a Si, contre les principes de la liberté et de la constitution, des citoyens attachés aux mêmes professions, arts et métiers prenaient des délibérations ou faisaient entre eux des conventions tendant à refuser de concert, ou à n’accorder qu’à un prix déterminé , le secours de leur industrie ou de leurs travaux, lesdites délibérations ou conventions , accompagnées ou non de serment, sont déclarées inconstitutionnelles, attentatoires à la liberté et à la déclaration des droits de l'homme, et de nul effet. Les corps administratifs et municipaux sont tenus de les déclarer telles. Les auteurs, chefs et instigateurs qui les auront provoquées, rédigées ou présidées, seront cités devant le tribunal de police, à la requête du procureur de la commune, condamnés chacun en 500 fr. d’amende et suspendus pendant un an de l’exercice de tous droits de citoyens actifs et de l’entrée des assemblées primaires. »
- Ce décret ne distinguait pas entre la coalition des patrons et celle des ou-
- vriers : il s’appliquait donc également à l’une et à l’autre.
- La distinction entre ces deux classes de citoyens, en ce qui concerne les travaux de l’agriculture, se trouve dans le décret du 28 septembre 1791, connu sous le nom de Code rural. On y lit ce qui suit :
- Titre II, art. 19. « Les propriétaires ou les fermiers d’un même canton ne pourront se coaliser pour faire baisser ou Axer à vil prix la journée des ouvriers ou les gages des domestiques, sous peine d’une amende du quart de la contribution mobilière des délinquants , et même de la détention de police municipale, s’il y a lieu. »
- Art. 20. « Les moissonneurs, de-mestiques et ouvriers de la campagne ne pourront se liguer entre eux pour faire hausser et déterminer le prix des gages ou les salaires , sous peine d’une amende qui ne pourra excéder la valeur de douze journées de travail, et, en outre, la détention de police municipale. »
- Une loi du 23 nivôse an II, spéciale pour les manufactures de papier, contient les dispositions suivantes, relativement aux coalitions d’ouvriers.
- Art. 5. « Les coalitions entre ouvrier5 des différentes manufactures, par écrit ou par émissaires, pour provoquer la cessation du travail, seront regardées comme des atteintes à la tranquillite publique qui doit régner dans les ateliers. Chaque ouvrier pourra indivi' dueliement dresser ses plaintes et former ses demandes; mais il ne pourra» en aucun cas, cesser le travail, sinon pour cause de maladie ou infirmité dûment constatée. »
- Art. 6. « Les amendes entre ouvriers* celles mises par eux sur les entrepre" neurs, seront considérées et punies comme simples vols. Les proscriptions* défenses et interdictions, connues sou* titre de damnations, seront considérées comme des atteintes portées à la pr0' priété des entrepreneurs. Ceux-ci seront tenus de dénoncer à l’agent national de l’administration du district Ie? auteurs ou instigateurs de ce délit, 9ul seront mis sur-le-champ en état d’af-restation.»
- Ainsi, le législateur de l’an II, moif? équitable et moins libéral que celui o 1791. déployait contre les ouvriers un sévérité dont il n’usait pas à l’égard de patrons.
- La loi du 22 germinal an II, sur 'e manufactures, fabriques et ateliers* i rapprocha un peu plus de l’égah 1 Elle portait ce qui suit :
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- Art. 6. « Toute coalition entre ceux ?ui font travailler des ouvriers, tendant a forcer injustement et abusivement 'abaissement des salaires, et suivie o une tentative ou d’un commencement d’exécution, sera punie d’une amende de 100 fr. au moins, de 3,000 fr. au Plus, et, s’il y a lieu, d’un emprisonnement qui ne pourra excéder un tnois. »
- des
- Art. 7. « Toute coalition de la part
- ouvriers, pour cesser en même
- temps de travailler, interdire le travail dans certains ateliers, empêcher de s’y rendre et d’y rester après certaines taures, et en général pour suspendre, empêcher , enchérir les travaux, sera Punie, s’il y a eu tentative ou commentaient d’exécution, d’un emprisonnement qui ne pourra excéder trois mois. »
- Tel était l’état de la législation à l'élue de la confection du Code pénal.
- , Tes articles 414 et 415 de ce Code U ont rien changé à la définition des deux délits prévus par la loi du 22 ger-^jual an II. Seulement, ils ont ajouté a m pénalité :
- "t0 Contre les patrons, en rendant emprisonnement obligatoire et en doublant le minimum de l’amende ;
- 2° Contre les ouvriers , en fixant à r1 mois le minimum de l'emprisonnement et en établissant une répression eaucoup plus sévère contre les chefs °dmoteurs
- I Tu outre, l’art. 416 a déclaré que .s peines portées par l'article précé-eUt s’appliqueraient aux ouvriers qui Voient prononcé des amendes, des uerenses, des interdictions ou toutes Pr°scriptions, sous le nom de damna-c0ns, et sous quelque qualification que ^Puisse être, soit contre les directeurs soin *ers ou entrepreneurs d’ouvrages, 1ms uns contre les autres.
- Ij Tufin, cet article a donné aux tri— «aux la faculté de mettre sous la |j rveillauce de la haute police, peuplé | deux ans au moins cl cinq ans au DrÀS’ ^es chefs ou moteurs des délits jVus par les art. 415 et 416. nai esart* ^^4, 415 et 416 du Code pé-,je no sont pas les seules dispositions PWn? a‘ent Pour °bjct de ré-
- l’çs .r les coalitions. Pour bien saisir e^.du législateur relativement à c0alV*S articles, qui concernent les entr 10ns cntre Payons et les coalitions Pronu 0Uvriers, il importe de les rap-sades articles 419 et 420, qui dçKphquent aux coalitions entre les °Ur]nt<î,?rs d’une même marchandise ( orèe. Ce législateur prononce des
- peines contre ces détenteurs, toutes les fois que la coalition a pour objet d’opérer la hausse ou la baisse du prix des denrées ou marchandises au-dessus ou au dessous du prix qu’aurait déterminé la concurrence naturelle et libre du commerce.
- La pensée dominante du législateur se révèle dans ces expressions.
- Le prix de toutes choses doit être déterminé par la concurrence; et ce qui rend les coalitions illicites et punissables, c’est qu'en étouffant la concurrence, elles tendent à substituer un prix factice au prix réel et loyal. La concurrence est la puissance vitale de l’industrie et du commerce, comme l’émulation est la puissance vitale des travaux intellectuels et des arts libéraux.
- Le motif principal de la loi se manifeste donc dans l’article Û19, et il s’applique nécessairement aux articles 414, 415 et 416, parce que la matière est analogue. Le travail s’achète comme les marchandises ; il doit s’acheter dans les mêmes conditions, et, par conséquent, le prix du travail doit être soumis à une concurrence aussi libre que celui des marchandises.
- Voici maintenant le texte du projet de loi présenté par la commission, et qui, dans son esprit, répond aux diverses questions qu’elle a soulevées.
- Projet de loi.
- Les articles 414,415 et 416 du code pénal sont modifiés comme il suit :
- Art. 414. Sera punie d’un emprisonnement de six jours à trois mois , et d’une amende de 16 fr. à 3,000. :
- 1° Toute coalition entre ceux qui font travailler des ouvriers, tendant à forcer l’abaissement des salaires, s’il y a eu tentative ou commencement d’exécution ;
- 2° Toute coalition de la part des ouvriers pour faire cesser en même temps de travailler, interdire le travail dans un atelier, empêcher de s’y rendre avant du après certaines heures, et, en général, pour suspendre, empêcher, enchérir les travaux, s’il y a eu tentative ou commencement d’exécution.
- Dans les cas prévus par les deux paragraphes précédents, les chefs ou moteurs seront punis d’un emprisonne -ment de deux ans à cinq ans.
- Art. 415. Seront aussi punis des peines portées dans l’article précédent, et d’après les mêmes distinctions, les directeurs d’atelier ou entrepreneurs d’ouvrage et les ouvriers qui, de concert , auront prononcé des amendes
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- autres que celles qui ont pour objet la discipline intérieure de l’atelier, des défenses, des interdictions, ou toutes présentions sous le nom de damnations ou sous quelque qualification que ce puisse être , soit de la part des directeurs d'atelier ou entrepreneurs contre les ouvriers, soit de la part de ceux-ci contre les directeurs d’atelier ou entrepreneurs, soit les uns contre les autres.
- Art. 416. Dans les cas prévus par les deux articles précédents, les chefs ou moteurs pourront, après l’expiration de leur peine, être mis sous la surveillance de la haute-police pendant deux ans au moins et cinq ans au plus.
- Avenir des employés. — Caisse db
- RETRAITE. — PROJET DE M. LATRY.
- L’industrie ne repose pas seulement sur les découvertes admirables qui feront la gloire de notre époque , sur les ingénieuses machines dont l’adresse ou la puissance étonnent l’esprit, mais encore , mais surtout sur le concours des hommes qu’elle emploie. L’avenir de ces hommes est un point essentiel au point de vue social comme au point de vue industriel. Est-il besoin de répéter cette vérité devenue banale à force d’être évidente : que c’est par suite du défaut d’avenir ouvert aux hommesd’in-telligence que les théories subversives de l’ordre social recrutent des instruments ? Est-il besoin de dire aussi que plus l’ouvrier a un intérêt dans l’industrie qu’il exerce, et plus il lui donne de force et d’intelligence? Offrir à l’homme une sécurité pour l’avenir n’est-ce pas soulager son esprit et assurer son concours à l’ordre ; n'est-ce pas l’engager à donner en échange tout ce qu’il peut ?
- Ces pensées ont été celles des législateurs qui ont fixé la situation des employés du gouvernement ; ils ont pensé que le l’État ne pouvant offrir à ceux qu’il emploie pour la plupart que des situations minimes sous le rapport pécuniaire, il fallait au moins leur assurer l’avenir , et avec la promesse des pensions de retraite, il a plus attiré à lui que s’il avait pu augmenter les traitements dans de considérables proportions; il a fait plus, il a attaché à l’administration ceux qui voient dans sa continuité, dans sa prospérité, leur vie actuelle et leur existence future.
- Il faut faire de même pour l’industrie, il faut qu’elle assure l’avenir de ceux qu’elle emploie pour leur demander tout ce qu’ils sont susceptibles de faire , pour les attacher surtout aux principes d’ordre sans lesquels elle ne peut vivre.
- Le gouvernement a mis à l’étude cette question dans son ensemble et dans ses détails. C’était inutile , pourquoi chercher des choses neuves quand on a sous la main les anciennes qui ont donné de bons résultats ? C’est, je crois, ce qui a frappé M. Lalry, auteur d’un projet de retraite pour tous les employés de l’industrie , qui, avec un incontestable esprit de vulgarisation et en appliquant le système actuel de caisse de retraite , a, dans son ensemble , tranché la question en lui présentant une solution complète.
- L’obstacle que présente la situation actuelle est celui-ci: chacun est libre de s’assurer à une des nombreuses tontines qui fonctionnent d’une manière sérieuse et loyale; de placer ses économies à la caisse d’épargnes, et de s’assurer par lui-même . et pour l’avenir» des ressources; et les partisans du std-tu quo de dire : ceux qui veulent se créer des ressources en ont la facilite-Eh mon Dieu ! qui a jamais nié que l’homme prévoyant n’ait sur celui qul n’embrasse que le présent un immense avantage dont il doit recueillir les fruits? Qui peut nier l’heureuse, l’immense influence des caisses d’épargnes? Mais qui peut nier aussi qu’il reste quelque chose à faire, beaucoup même ? Les caisses d’épargnes sont ouvertes pour tous, mais combien n? mettent pas par leur faute ou par nécessité? Est-ce dans l’entraînement d® la jeunesse qu’on ira régulièrement» chaque mois, déposer une certain® somme prélevée sur des appointemenS modestes? Est-ce lorsque la vie amèn® l’obligation de dépenses multipli®eS qu’on ira marchander à un malade 1®S soins nécessaires, à un enfant les bien" faits d’une éducation libérale, à un® jeune fille le chiffre d’une modeste do1 pour assurer son avenir personnel* Non, il suffit de regarder pour le dit®’ Il faut que la loi maintienne rhomUje dans ses bons sentiments, qu’elle Ie prenne par la main, qu’elle le conduise insensiblement au but, sans lu* permettre de s’en écarter, Qu’on nou» permette cette application de notr pensée : une route est en mauvais êta > il y a deux manières de préserver 1® voyageurs, ou de mettre un écrite^ portant ; Prenez garde aux fondrièr®
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- suivez telle ligne ; ou de prendre une pioche et des matériaux et d’aller boucher les trous. Je n’insiste pas sur ce qui me semble préférable dans ces deux modes: l’écriteau représente,sui-vant moi, les caisses d’épargnes et les tontines ; la pioche et surtout son application, les caisses de retraite. Quand d n’y aura plus de mauvais pas, il n’y aura plus besoin d’écriteau ; mais comme malheureusement il faut du temps pour faire la route , que les générations en la traversant l’ont considérablement endommagée . longtemps encore, toujours peut-être il faudra la Pioche et l’écriteau.
- Voici, en deux mots, ce que c’est rçueçe projet ou plutôt ce qui a d’une Manière considérable frappé notre es-Pfit. Ce ne sont pas les employés qui se ^unissent pour fonder en commun, par Unecotisation périodique et uniforme, j*ne caisse chargée de servir , après un iaPs de temps, une pension uniforme ayants droit. Ceci, c’est le vieux système, la tontine, qui présente ses avantages, mais aussi quels périls : les Souscripteurs versent un certain temps, Pnis ils ne versent plus; les circonstances ont modifié leur positionna nécessité les oblige parfois à renoncer à un prélèvement originairement facile , le nom-?re des soucripteurs diminue, et avant es trente ans qui forment la condition essentielle de travail et de versements P°Ur jouir de la pension , les souscripteurs ont disparu et quelquefois aussi a caisse les a suivis.
- , clans ce projet, tous les chefs d’in-uustrie se réunissent et, d’eux-mêmes, c,°uviennent de fixer les appointements "e leurs employés de la manière suivie: Sur un traitement que nous ^Pposons cent, quatre - vingt - quinze remis à l’employé, cinq, versés ans une caisse spéciale ; les intérêts ®. cumulent, et après trente ans et . 'Xante ans d’âge chaque employé a rqit à une pension qui est fixée à la °itié de la moyenne de son traite-pendant les trente dernières an-j.jy,s de sa cotisation. Voilà, je crois, I Ç mère du projet, et elle nous a f i 'l pour trois motifs : c’est que la d enue est obligatoire , et que cepen-c, nt personne ne peut s’en plaindre, car So ^ la convention que le maître fait à d'g employé : je vous offre telle somme .appointements que vous toucherez, Voreserve pour vous une autre somme , fajUs Pouvez en profiter plus tard, je le s- s dans votre intérêt que j’apprécie ; a cette condition ne vous convient pas, n chercher ailleurs un emploi au-
- quel je mets cette rémunération. Qu’on soit certain que tout employé accueillera ceci avec reconnaissance.
- C’est que la lassitude, les circonstances ne viendront pas empêcher par la suite l’employé de satisfaire à ses obligations,
- C’est enfin, que tous les patrons garantissent la sincérité de l’opération et la réalisation de ses promesses par l’obligation qu’ils contractent personnellement d’opérer les retenues et d’en effectuer le versement. Voilà donc un beau et utile projet. Nous nous y associons au moins dans son principe de toute la force d’une conviction qui nous crie : Il faut sauver la société du socialisme qui est la ruine, par l’associatiou qui est la richesse.
- • — W» BOB —
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.’ TRIBUNAL DE COMMERCE.
- Marques de fabricant. — Propriété
- INDUSTRIELLE. — BOBINES DE FIL.
- Le commerce de la rue Saint-Denis était vivement préoccupé de la question des étiquettes placées par certains fabricants sur les bobines de fil. Quelques négociants , prétendant avoir la propriété exclusive d’étiquettes particulières , menaçaient les dépositaires de saisies, et troublaient ainsi la vente.
- J^e tribunal de commerce a été saisi de la question sur la demande de MM. de Jongh et fils et Toussin qui réclamaient tous deux la jouissance exclusive d’étiquettes sur papier hanneton , avec les armes d’Angleterre , et, après les plaidoiries de Me Eugène Lefebvre, agréé de MM. de Jongh et fils ; de M* Schayé , agréé de M. Toussin, et de Me Dillais, agréé de M. Simon, a statué en ces termes :
- « Le tribunal, après en avoir délibéré conformément à la loi, vu la connexité , joint les causes et statuant sur le tout par un seul et même jugement ;
- » Sur la demande formée par de Jongh et fils contre Toussin et Gonlier :
- » En ce qui touche Toussin :
- » Attendu, d’une part, que les bobines dont se servent de Jongh et fils sont revêtues de deux étiquettes placées sur le bout desdites bobines ; que l’étiquette placée sur le bout des bobi-
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- nés en saillie, dans la boîte qui les renferme, porte ces mots ; London Thread, en lettres d’or, et, en outre, le numéro de la grosseur du fil dans un ovale au centre de ladite étiquette ; que l’équette placée à l’autre bout des bobines porte les initiales D. J. au centre, et autour, ces mots: 100 yards ;
- Attendu, d’autre part, que les bobines de Toussin portent aussi deux équettes, l’une dorée, aux armes d’Angleterre, ayant un numéro pour indiquer la grosseur du fil et les initiales G. T. dans un ovale , et au-dessous le mot Victoria ; l’autre avec les initiales G. T. au centre sur un fond or, et autour, les mots 100 yards ;
- » Qu’enfin la couleur desdites étiquettes n’est pas absolument pareille, et que la cannelure des bobines n’est qu’un accessoire insignifiant ;
- » Qu’ainsi il n’existe aucune similitude entre lesdites étiquettes, tant dans leurs énonciations que dans leur aspect d’ensemble;
- » Attendu que la disposition des bobines de bout ou de champ ne saurait constituer une invention susceptible d’être considérée comme une propriété industrielle;
- » Qu’il en est de même de la forme des boîtes, qui a toujours été dans le domaine public ;
- » Qu’il est indiffèrent que ces boîtes soient recouvertes les unes comme les autres de papier de couleur hanneton , puisque lesdites boîtes ont sur leurs couvercles des ornements particuliers auxquels il est facile de les reconnaître ;
- » Qu’en effet, les couvercles des boîtes adoptées, par de Jongh et fils, portent au centre les armes d’Angleterre, tandis que les couvercles des boîtes de Toussin ont un buste de femme , et au-dessous, ces mots : Victoria Thread;
- » Attendu qu’il résulte de tout ce qui précède , qu’il ne peut exister dans l’esprit de l’acheteur une confusion quelconque entre les produits respectifs des parties ;
- » En ce qui touche Gontier :
- » Attendu que Gontier n’est que Ie dépositaire des produits de Toussin;
- » Que la demande contre celui-ci n’étant pas fondée, l’action contre le' dit Gontier tombe d’elle-même ;
- » Sur la demande de Toussin contre Doublet, et de Jongh et fils :
- » Attendu qu’il ressort de ce qui a été dit à l’occasion de la demande formée par de Jongh et fils, qu’il n’y a lieu d’y fait droit ;
- » Par ces motifs,
- » Le tribunal, d’office à l’égard de Gontier, déclare de Jongh et fils et Toussin respectivement mal fondés en leurs demandes, fins et conclusions, les en déboute, et les condamne au* dépens de leurs demandes, chacun en ce qui les concerne. »
- Tribunal de commerce de la Seine« Audience du 2 octobre. M. Rousselle' Charlard, président.
- Sommaire de la partie législative et judiciaire de ce numéro.
- Législation. = Timbre-poste. — Usage d’un timbre ayant déjà servi. — Pénalité-^ Timbre des effets de commerce des action» dans les sociétés et des polices d assurance.--' Projet de loi. — Coalitions d’ouvriers et de patrons. — Législation antérieure au code pénal. — ~.tat actuel. — Projet de loi. ^ Avenir des employés. — Caisse de retraite* — Projet de M. Latry.
- Jurisprudence. = Juridiction civile. ^ Tribunal de commerce. = Marques de f®' bricant.—Propriété industrielle. — BobincS de lil.
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- BREVETS ET PATENTES.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau d’Irlande , du 17 septembre 1849 au 8 octobre 1849.
- 8 septembre. G. Nasmyth. Construction de planchers et de toitures incombustibles, et application à la construction des viaducs, etc.
- 27 septembre. J. Warren. Construction des ponts, viaducts, aqueducs et perfectionnements dans les ancres.
- l«r octobre. R Plummer. Machines, instruments et procédés employés à la préparation et à la fabrication du lin et autres matières filamenteuses.
- 6 octobre. J. Holland. Nouveau mode de fabrication de l'acier ( importation ).
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau d’ÉcossE, du 24 septembre 1849 au 22 octobre 1849.
- * septembre. TF. Tarkinson. Mesureurs à gaz et à eau et instruments à régler l’écoulement des fluides, septembre. J. Mason. Machine et appareil à préparer et filer le coton et autres matières filamentenses, et perfectionnements dans la préparation des fils et le tissage.
- 1 Septembre. J. Aitken. Machine à préparer le coton au tissage.
- 8 octobre. J. Robinson. Machine à élever et mouvoir les fardeaux.
- 8 octobre. E. Grassel. Mode de moulage au moyen de certaines gommes.
- 8 octobre. R. Clegg. Perfectionnements dans les métiers à tis-er.
- 1 °ctobre. W.-G. Brandt. Perfectionnements dans les coussinets des loco-
- ( motives et autres machines.
- octobre. T.-B. Browne. Perfectionnements dans les métiers à tisser et la fabrication des tissus.
- 15 octobre. G.-H. Dodge. Machines à filer, doubler, dévider et bobiner le coton et autres matières filamenteuses.
- 15 octobre. C. Shepherd. Perfectionnements dans les horloges, les chronomètres, les télégraphes et les machines au moyen de l’électricité.
- 19 octobre. G.-P. Macindoe. Machines pour préparer, filer, doubler et retordre le coton, la soie, le lin et autres matières filamenteuses.
- 19 octobre. J. Stovel. Perfectionnements dans les vêtements.
- 19 octobre. D Chistie. Mode pour souder et unir la fonte à l’acier et à la fonte malléable.
- 19 octobre. F.-TF. Norton. Fabrication des tissus unis et façonnés.
- 22 octobre. J. Coombe. Machine à peigner, carder, préparer et lisser le lin, le coton, la soie et autres matières lila-menteuses.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau d’Angleterre , du 19 septembre 1849 au 18 octobre 1849.
- 8 scptembre. J. Potier. Machine à double 2 et filer. t
- SePtembre. TF.-E. Staite et TF. Pelrie. A[ pareils électrique et galvanique , t application à l’éclairage etcomme fore Dq motrice.
- Septembre D.-O. Edwards. Applicatio des gaz pour produire de la chaleu jq rayonnante.
- 2o timbre. B. Wren. Nettoyage des graini 'Ptembre. J. Lorkin. Appareil à triture et battre les matières \isqueuses t 30 gélatineuses.
- SePtembre. TF. Peace et E. Evans. Perfec fectionnements dan- les machines vapeur et les pompes.
- SePlembre. J.-B. Vuldy. Moyen pour don ner le lustre aux soies teintes e ÎO s bottes,
- ePlembre. TF .-F. Newton, Système d pompes (importation).
- 20 septembre. C. Slarsden Soupape pour égouts, lieux d’aisance, etc.
- 20 septembre. T. Griffith. Cafetières et théières , etc., en métal étampé.
- 20 septembre. TT’. Handley et A. Mc Glasham, frein pour chemins de fer.
- 20 septembre. H. Bessemer. Préparation du combustible etmode d’alimentation des foyers.
- 20 septembre. E. Galloway. Fourneaux perfectionné .
- 20 septembre. J.-R. Coo er. Fabrication d’armes à feu.
- 27 septembre. J. Meadows. Perfectionnement dans l’art du placage des bois.
- 27 septembre J, Marriott. Fabrication d’un engrais.
- 27 septembre. TF. Browne. Préparation à la pulvérisation des cailloux, matières céramiques, minerais, sables, terres, etc.
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- 27 septembre. N.-D. Maillard. Production de force motrice.
- 27 septembre. W. Boggeit. ChauffageSet évaporation des liquides.
- 27 septembre. W.-L. Newton. Fabrication des boutons de portes et autres articles d’ameublement en verre( importation).
- 24 septembre. J. Higgins et T.-S. Whitworth. Machine à préparer, filer et doubler le coton et autres matières filamenteuses.
- 4 octobre. W. Jamieson. Nouveau métier à
- tisser.
- 5 octobre. C. Allwood. Perfectionnements
- dans la fabrication du fer.
- 5 octobre. A.-V. Newton. Fabrication des tuyaux et des tubes importation.)
- 5 octobre. W.-E. Newton. Machine à planer, mortaiser et faire les tenons dans le bois ( importation. )
- 12 octobre. IL Watson. Perfectionnements dans les soupapes et robinets.
- 12 octobre. R. Lakin. Machines à préparer, filer, doubler et tisser le coton et autres matières filamenteuses.
- 12 octobre. P.-Â.-L. Vontainemoreau. Perfectionnements dans la filature des matières filamenteuses ( importation ).
- 12 octobre. J. Lowe. Grilles pour les égouts, etc.
- 12 octobre. M. Fitch. Perfectionnements dans la fabrication du pain, du biscuit, etc.
- 12 octobre. C. Bonell. Machine à vapeur rotative.
- 12 octobre. J. Banister. Tubes pour les chaudières de locomotives et autres.
- 12 octobre. G. -A. Ringeiten. Composition pour détruire les insectes.
- octobre. C. Rowley. Appareil de tissage-octobre. J. Torkington. Construction des coussinets de chemin de fer. octobre. J. Chrislophers. Perfectionnements dans l’architecture navale, octobre. T. Lightfoot. Mode d’impression des tissus de coton.
- octobre. JF.-S Gillett. Perfectionnements dans diverses pièces des machines, octobre. C.-W. Finzel. Machines et procédés pour la fabrication du sucre-octobre. J. Mercer. Préparation de certaines matières propres à la teinture et l’impression.
- octobre. J. Le Bastier. Machine ou appa' reil pour l’impression typographique-octobre. J. Johnson. Perfectionnement dans les fourneaux et les moyens de consumer la fumée, octobre. J.-D. Tuckett. Préparation perphosphate de chaux pour engrai-5, octobre. T. Dawson. Méthode pour 'a coupe des habits.
- octobre. G. Shove. Objets d*ornemenls en verre.
- octobre. J. Stovel. Perfectionnements dan® la coupe des habits.
- octobre D. llulelt. Mesureur et régid**’’ teur à gaz.
- octobre. E. Campbell. Mode de générati®*1 et d’application des forces motrice5' octobre. W- Wyatt. Enduit pour les tuyau* de pompe et conduites en fer. octobre. C.-F Kirkman. Machine à filer retordre le coton, la laine et autre matières filamenteuses.
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- LE TECHNOLOGISTE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- DF,
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- De l’extraction de l’or que renferment les mines de cuivre de Chessy et de Sain-Bel (Rhône).
- Par MM. Allain et Bartenbach.
- Voici les résultats de nos expériences entreprises dans le but de déterminer d’une manière définitive la marche à Suivre pour extraire industriellement * °r contenu dans les minerais de Chessy ?l.de Sain-Bel. Les mines dont il s’agit *Çi sont très-étendues et leur exploitation peut devenir très-importante. Il jésuite de nos dernières recherches que des minerais de cuivre de Chessv et de »ain-Bel , on peut extraire en moyenne deux dix-millièmes d’or. En conséquence, la densité de ces minéraux étant de 4,1 mètre cube , représente ol)0 grammes de ce métal. Les opérations , non - seulement industrielles , ^is faciles et rapides, se divisent en deux séries : grillage, attaque.
- Du grillage. La totalité du soufre !j JR être enlevée par le simple grillage l air-, mais aussi faut-il un laps de s dtps assez long pour que le minerai «U dans un état convenable. On active e beaucoup la combustion du soufre , ^ .minerai, après le second grillage sol a'P’ est réduit en pâte par une dis— ntion saturée de chlorure de sodium; cld 3 formation de sulfate tle soude. Les ^ orures de potassium , de calcium, o'ssent de la même manière que le te Technologiste, T. Jtl. — Janvier l!
- sel marin. On n’arrive pas cependant aussi promptement en se servant de ces chlorures qu’en chauffant le minerai en poudre , déjà grillé deux fois avec les azotates de soude, de potasse, de chaux. Le peroxide de manganèse, mélangé au minerai, donne aussi des résultats satisfaisants. L’oxigène, le chlore, l’acide azotique, l’eau régale, agents directs des composés ci-dessus désignés , enlèvent évidemment le soufre avec plus de rapidité. Mais le moyen le plus industriel et Je plus efficace pour opérer le grillage est l’emploi de l’acide sulfurique; il est le plus efficace , attendu que, d’une part, le soufre , sous la forme d’acide sulfurique , sert à enlever le soufre ; de l’autre , que ce métalloïde en s’oxidant, soit à l’air, soit aux dépens de l’oxigène de son composé, fournit en somme plus d’acide sulfurique qu’il n’en faut. si on a le soin de faire passer dans des chambres de plomb les vapeurs sulfureuses des divers grillages; il est plus industriel, en ce que l’on emploie un agent dont l’élément forme une des plus grandes parties constituantes de la matière primitive. C’est encore l’acide sulfurique qui est préférable pour enlever les oxides de zinc et de cuivre formés, attendu qu’il fait passer très-facilement à l’état de sulfates les dernières traces de sulfures qui auraient échappé au grillage.
- Ainsi, en résumé, avec l’acide sulfurique , et pour mieux dire, avec le
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- soufre même du minerai , on amène parfaitement ce dernier à l’état conve- j nable pour être attaqué dans le but de dissoudre l’or.
- De l'attaque. Le chlore, à l’état sec, attaque l’or ; mais l’opération offre des difficultés dans la manipulation industrielle. Avec le chlore en dissolution dans l’eau, on obtient bien du chlorure d’or; seulement il faut répéter plusieurs fois le traitement pour arriver à enléyer la totalité du métal. L’eau régale à froid dissout également l’or ; la réaction est naturellement plus prompte sous l’influence de l’ébullition ; dans ces deux cas , il y a toujours une assez grande quantité de chlorure de fer dans la dissolution. Le mercure agit aussi sur l’or du minerai, principalement lorsque ce dernier, grillé autant que possible , a été chauffe ensuite à une température élevée. Quant à la séparation de l'or du fer que la liqueur contient, entre les réactifs suivants* fer, zinc, cuivre, plomb , mercure , acide sulfureux , sulfate de protoxide de fer, carbonate de potasse , carbonate de soude, le fer et le mercure sont les plus remarquables.
- Aussi le mode d’extraction le plus convenable se résume-t-il ainsi qu’il suit :
- Extraction deVor. Le minerai étant grillé à l’air en morceaux dans le but de le rendre plus friable, après pulvé--risation , on le passe au tamis de laiton le plus fin , et on le grille de nouveau autant que possible , c’est-à-dire jusqu’à ce que la poudre ail une teinte d’un rouge brun homogène. On l’empâte ensuite avec de l’acide sulfurique à 66°, et l’on grille une dernière fois jusqu’à ce que tout dégagement d’acide sulfureux ou sulfurique ait cessé. La matière est alors pulvérisée aussi finement que possible, et mise en ébullition avec de l’acide sulfurique faible. On lave la partie insoluble, et on la traite enfin à chaud par de l’eau régale étendue d’eau, mais faite préalablement dans le rapportde 6 d’acide chlorhydrique à 21,1 d’acide azotique à 36. C’est un point important ! La liqueur contenant les chlorures de fer, d’or ( et même de cuivre, car il est difficile d’enlever entièrement ce métal par une seule ébullitionavec l’acide sulfurique), on la met en contact avec du fer qui précipite or etcuivrc. Le précipité étant recueilli, lavé et desséché , on le calcine à l’air pour oxider le cuivre. On peut dégager l’or de l’oxide de cuivre , et même de l’oxide de fer (car il se précipite presque toujours un peu de ce
- dernier dans la cémentation) par l’acide sulfurique ou chlorhydrique ; mais la séparation est préférable, soit par fusion , soit par le chlore ou le mercure. Si l’on a du chlore , on le réduit par la chaleur ; si c’est de l’amalgame, on volatilise le mercure. Tels sont les principaux faits scientifiques qui se rattachent à l’extraction industrielle de l’or des pyrites qui renferment ce métal même en moindre quantité que celles de Chessy et de Sain-Bel, le procédé que nous venons de décrire étant applicable à toutes les pyrites qui contiennent de l’or. Les frais d’extraction de 1 kilogramme d’or des minerais de Chessy et de Sain Bel, déduction faite de la valeur du cuivre obtenu , ne dépassent pas 400 francs.
- Fabrication du fer malléable avec les rognures de fer-blanc et traitement des autres produits obtenus par ces procédés.
- Par M. E. Schünck.
- Le premier point sur lequel porte cette invention est relatif à la fabrication du fer malléable avec les rognures de fer-blanc , rognures ou débris qui consistent soit en bandes étroites ou morceaux anguleux de tôle mince recouverts d'èlain et qui sont les résidus de la fabrication des objets en ferblanc. soit en vieux articles de même matière rendus inutiles par l'usage.
- La présence de l’étain a jusqu’à présent rendu les rognures de fer - blart impropres à la fabrication du fer. Ou s’est proposé dans le procédé suivant d’enlever tout l’étain de la surlace de la tôle de manière à pouvoir la transformer en fer malléable. On effectue la séparation de l’étain sur la tôle de fer qu’il recouvre par les procèdes suivants :
- Premier procédé. Les rognures de fer-blanc sont placées dans la solut'°n bouillante ou simplement chaude d un sulfure alcalin contenant un excès de soufre, et parmi les sulfures de ce genre, c'est au persulfure de sodiuu1 qu’on doit donner la préférence, persul' fuie qu’on prépare , soit en dissolva» du soufre dans une solution de soude caustique, ou en faisant fondre d soufre avec du carbonate de soude, 0 par l’une des autres méthodes connues pour la préparation de persulfure. L’excès du soufre dans
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- persulfure transforme l’étain en sulfure de ce métal, sulfure qui se dissout dans celui de sodium qui a été dépouillé de son excès de soufre pour former le composé que les chimistes °nt appelé stannosulfure ou sulfoslan-nate de sodium. Au moyen de ce procédé , le fer est parfaitement débarrassé de son enduit d’étain.
- Deuxième procédé. Les rognures s°nt placées dans une solution d’oxide de plomb faite dans une lessive caustique de potasse ou de soude. Pendant celte opération, l’étain se convertit, Par l’action de l’oxide de plomb que renferme la solution , en oxide d’étain qui se dissout dans la lessive caustique de potasse ou de soude en formant un sfannate de l’une ou l’autre de ces bases , tandis que le plomb métallique se Précipite de la solution sous la forme dune poudre noire. Il est indifférent, en ce qui concerne l'effet ultime , que ‘a lessive caustique de potasse ou de s°ude soit employée à l’état bouillant °u simplement chaude et même froide ; ®ais l’opération marche avec bien plus de célérité lorsque la solution est appliquée à une température voisine de ‘ébullition que lorsqu’elle est froide. Au moyen de ce procédé , on obtient un fer presque exempt d’étain.
- , Troisième procédé. Les . rognures clamées sont placées dans une solution contenant un chromate alcalin et un a‘Cali caustique. L’étain métallique est converti ^ par |e moyen de l’acide chro-*jtique du chromate alcalin , en oxide uetainqui se dissout dans l’excès d’al-^ab pour former un stannate alcalin, T'dis que l’oxide de chrome se précise et que le fer se dépouille de l’étain qui le recouvrait.
- De ces trois procédés, c’est le pre-ler auquel je donne la préférence, à /|Use des inconvénients que suscite le P 0fnb métallique précipité dans le se-j.°°d procédé et la précipitation de °J»de de chrome dans le troisième. Le fer, dépouillé de sa couche ou de (j “ enduit d’èlain , est bien lavé avec ^ ’cau afind’enleverl’excèsdessolu-j^cniployéesetquipeuvent restera la
- du Ce ’ et °*ans ,e cas °“ ^ on usaSe Sect>nd et du troisième procédé pour 0l/a,?her le plomb métallique précipité de chrome qui peuvent y av . rer lors de la précipitation. Apres les°lr ®S0Utter ces rognures , on On *jmPtie ou tasse dans des cylindres ues luyaux en tôle, chaque tuyau déc'01 <Une caPac'1® d’environ 25 à 30 aU !^etres cubes, et pouvant contenir d’une légère pression à peu
- près 35 à 36 kilogr. de matière. Un tuyau ainsi rempli de rognures est placé dans le feu , et quand il est arrivé au blanc soudant, ori l’enlève et on le soumet au martinet en opérant de la même manière que pour fabriquer le fer en barres. Ces chauffes et ces martelages à chaud sont répétés jusqu’à ce que la masse forme un tout solide et homogène.
- Le second point qu’embrasse cette invention est relatif à la révivification de l’étain dans les solutions employées pour le détacher du fer par les procédés ci-dessus indiqués.
- Le stannosulfure alcalin obtenu par le premier de ces procédés est très-soluble. La solution est évaporée dans des vases de fer jusqu’à ce qu’une goutte qu’on enlève cristallise en refroidissant. On laisse alors cristalliser le tout, et les cristaux sont mis à égoutter sur des tamis de toile métallique en fer. Ces cristaux sont ensuite soumis à la pression pour en exprimer la plus grande quantité possible de liquide adhérent, après quoi on les introduit dans un four à réverbère semblable à ceux qu’on emploie généralement pour fondre le minerai d’étain. Par l’application d’une chaleur modérée dans le four, les cristaux sont complètement séchés et soumis lentement au rôtissage, qui chasse en partie le soufre du sulfure d’étain et en brûle une autre portion , au moyen de quoi le sulfure se transforme en oxide d’étain. Alors on jette sur la masse calcinée un mélange de menu de houille , de charbon de bois ou autre matière charbonneuse avec du carbonate sec de soude et de la chaux vive , puis élevant la température du four, l’oxide d’étain se réduit, et on obtient de l’étain métallique qui coule par une ouverture pratiquée dans la sole du four. Les scories qui restent dans le fourneau sont poussées dehors et consistent principalement en sulfure alcalin qu’on fait dissoudre dans l’eau ; après une addition de soufre , on peut s’en servir pour dépouiller de nouvelles quantités de fer-blanc de son enduit stannique.
- Les solutions de stannates alcalins obtenus par le second ou le troisième procédé sont évaporées dans des vases en fer jusqu’à ce qu’il se dépose des cristaux du stannate alcalin ; ces cristaux^ mesure qu’ils se forment,sont enlevés avec une écope en fer percée de trous et placés, comme précédemment , sur des tamis en toile métallique pour égoutter. En cet état, on
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- les soumet à la presse, on les mélange, pendant qu’ils sont encore humides, à du menu de houille , du charbon de bois ou autre matière charbonneuses, et on introduit dans un four à réverbère. En appliquant la chaleur à la manière ordinaire, on obtient de l’étain métallique qu’on fait écouler. Les scories consistent dans ce cas en carbonate de soude qu’on dissout dans l’eau et qu’on rend caustique par une addition de chaux vive; en y ajoutant soit de l’oxide de plomb, soit un chromate alcalin , on obtient une liqueur qui est propre à enlever l’étain à de nouvelles quantités de rognures de fer-blanc.
- Mode de moulage des métaux.
- Par M. Â. Shankes.
- L’invention consiste dans l’emploi de la force centrifuge pour mouler des pièces en métal ou fabriquer des tuyaux, des cylindres et des vases creux de forme circulaire par voie de moulage sans faire usage de noyaux.
- Le moulage des tuyaux et des cylindres s’effectue en versant le métal en fusion dans des moules creux cylindriques dontle diamètre, interne correspond à celui externe du tuyau ou du cylindre qu’on veut couler, moules qu’on place dans une position horizontale et qu’on fait tourner avec rapidité. La force centrifuge produite contraint le métal en fusion de se répandre d’une manière égale et uniforme à la surface interne du moule, et l’épaisseur du tube ou du cylindre dépend de la quantité de métal qu’on a versée dans le moule.
- On a représenté dans les fig. 1 et 2, pl. 124,1a machine employée à mouler les tuyaux et les cylindres.
- La fig. 1 est une vue en élévation de cette machine.
- La fig. 2 en est le plan.
- La fig. 3, une section longitudinale du moule où l’on voit le tuyau z z qu’on y a moulé.
- a, moule en métal où l’on a ménagé deux nervures a1, a2 qui reposent sur les roues b, c, d, e. La nervure a2 porte sur sa surface convexe une languette qui pénètre dans une rainure correspondante creusée dans les roues cet câlin de s’opposera tout mouvementquelconque du moule dans le sens de sa longueur. Sur l’arbre f commun aux deux roues b et c est calée une poulie g, autour de laquelle passe une courroie sans fin em-
- pruntant son mouvement à une machine à vapeur ou à un autre premier moteur qui fait tourner cet arbre f; ce mouvement se communique ensuite au moule par l’entremise des roues b et c. Les cousinets h, h des arbres f et i sont à coulisses et peuvent ètreappro-chés ou reculés en tournant des vis j, J afin de pouvoir assurer l’horizontalité du moule et régler la distance entre les roues 6, c et d, e pour les ajuster aux moules de diamètres différents. Une des extrémités du moule porte un collet intérieur k pour retenir Je métal en fusion pendant la rotation et à l’autre extrémité est boulonnée une rondelle ou anneau l pour le même objet.
- Le métal fondu est introduit dans le moule, pendant que celui-ci tourne au moyen d’une poche m et lorsque ce métal s’est suffisamment figé on suspend la rotation du moule, on l’enlève sur les roues 6, c, d, e, on détache la rondelle l, et on retire le tuyau ou le cy-lindre moulé.
- L’appareil employé pour mouler des vaisseaux creux de forme circulaire, a été représenté en coupe verticale dans la fig. 4.
- Il consiste en un bâti n dans lequel sont montés deux arbres o et p ; on imprime le mouvement à l’arbre 0a l’aide d’une courroie qui passe sur [a poulie q; ce mouvement est transrni? par la roue d’angle r et le pignon s a l’arbre vertical p lequel porte le moule-Sur le bord supérieur de ce moule* on a boulonné une rondelle u pour retenir le métal pendant que celui-01 tourne et permettre d’enlever la pièce moulée v, v aussitôt que le métal es* suffisamment figé. Sur le fond extérieur de ce moule, est une douille qui s’ajuste sur le sommet de l’arbre p de manière que quand on place le moule sur celu*' ci il puisse l’entraîner dans son mouvement de révolution, et pour qu’°^ puisse facilement enlever et replace ce moule sur celui-ci. w, w sont dÇ* poignées qui servent à enlever 1 moule.
- Mode de fabrication de Vacide pyr°' ligneux.
- Par M. A.-P. Hàlliday, fabricant-
- Les perfectionnemenls que je Pf0' pose ont rapport : 1° à la fabricaU0 môme de l’acide pyroligneux ; 2° aJj appareils dont on fait usage dans cet fabrication.
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- Dans le mode ordinaire de fabrication de l’acide pyroligneux, on prend des branchages ou des bûchettes de chêne ou de tout autre bois qu’on introduit dans des cylindres en fonte hermétiquement fermés, et qu’on soumet à jme distillation jusqu’à destruction par * application de la chaleur au cylindre qui renferme la matière. Quelquefois aussi on fait usage de la vapeur à une haute température appliquée à la substance ou introduite au sein des matières dont on veut extraire l’acide py-r°ligneux et autres produits.
- On sait aussi que la sciure de bois, es copeaux de tour et de menuiserie, ms bois de teinture et le tan épuisés, la tourbe, ainsi que d’autres substances ^cgétales, sont susceptibles de donner de l’acide pyroligneux, mais que , par suite de l’état extrême de division sous lequel on rencontre ces substances, le |hode ordinaire pour effectuer la distillation à destruction présente des difficultés , et devient même impossible dans la pratique, parce que la portion tpd est en contact immédiat avec la Çornue est complètement charbonnée, tandis que par suite des propriétés non conductrices du charbon la chaleur de peut plus pénétrer à l’intérieur.
- Da première partie de mon procédé consiste à effectuer la distillation à destruction de la sciure de bois, des fopeaux de tour et de menuiserie, des pis de teinture et du tan épuisés, de *a tourbe et autres substances végétales p même caractère pour en extraire acide pyroligneux, en faisant par un gouvernent continu passer ces matières a travers des tuyaux ou des cornues au *“°yen d’un mécanisme ou d’appareils "daptés à cet objet.
- , Da sciure de bois, les copeaux, les p*s de teinturerie tan ou la tourbe dont on veut extraire l’acide pyroli-§n®Ux, sont en conséquence introduits dans une trémie dans laquelle tournent ps hélices qui charrient ces matériaux, 1 en règlent la distribution dans les ,9rnues disposées dans une position orizontale et chauffées au moyen d’un , drneau. Dans ces cornues, d’autres e,ices maintiennent en tournant ces e grèves dans une agitation continuelle *es faisant marcher en même temps Co avapl jusqu’à ce que la totalité soit y ^.Plétement carbonisée et que tout eide pyroligneux soit dégagé.
- ^ *-,e charbon qui se forme ainsi tombe travers des tuyaux dans une bâche né?1?!,'6 d’eau ou dans un vase impé-trable à l’air, d’où part un tube plon-h dans l’eau qui permet au gaz de
- s’échapper à mesure que le vase se remplit de charbon, et d'où on peut l’extraire par une porte latérale. L’acide pyroligneux est condensé à la manière ordinaire dans des tuyaux de fer ou de cuivre entourés d’eau ou plongés dans ce liquide. Quant aux autres produits de la distillation à destruction des matières, ils sont recueillis et employés à la manière ordinaire.
- La fig. 5, pl. 124, est une élévation, vue par devant de l’appareil destiné à effectuer l’opération qu’on vient d’indiquer.
- La fig. 6, une autre élévation vue par derrière.
- La fig. 7, une section verticale prise suivant la longueur et vers la partie moyenne de l’appareil.
- a, trémie dans laquelle on place la sciure de bois ou autre matière ; b,b, tuyaux verticaux d’alimentation dans lesquels tournent les hélices c,c; cornues disposées horizontalement et contenant les hélices tournantes e,e; f,f, tuyaux de condensation et d’où l’acide pyroligneux passe en vapeur dans le barillet g; h, tuyau par lequel les vapeurs se rendent au condenseur ; i,i, tuyaux par lesquels le charbon tombe dans la bâche k qui renferme de l’eau.
- Voici comment on fait tourner les hélices verticales.
- Sur l’extrémité supérieure des tiges verticales 1,1 sur lesquelles sont établies les hélices c,c, sont calées des roues d’angle m,m qui engrènent dans des pignons de même genre n,n montés sur l’arbre horizontal o. A l’une des extrémités de cet arbre est une roue dentée droite p qui est commandée par une roue semblable q, montée sur l’extrémité d’un arbre transversal r; sur l’autre bout de cet arbre r est calée une roue à denture hélicoïde s recevant le mouvement d’une vis sans fin t, montée sur l’arbre moteur vertical t qu'on met en communication avec une machine à vapeur ou autre premier moteur de la manière qu’on le juge convenable.
- Quant aux hélices horizontales e,e, on les fait tourner par le moyen que voici :
- Sur les extrémités des axes u,u sur lesquels sont établies les hélices e,e, sont calées des roues dentées hélicoïdes qui sont commandées par des vis sans fin x,x, fixées sur l’arbre horizontal y,y, auquel on imprime un mouvement de rotation à l’aide d'un arbre moteur vertical u et d’un système de roues d’angle .s,z.
- Les cornues d,d sont chauffées au moyen d'un fourneau î , et l’appa-
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- reil fonctionne ainsi qu’on va l’expliquer.
- Le fourneau 1, dans lequel sont placées les cornues, étant chauffé au degré convenable, et la trémie a remplie de sciure, de copeaux, de tan ou de tourbe, le mécanisme est mis en mouvement. Alors les matières descendent par les tuyaux d'alimentation 6,6, et l’action des hélices c,c dans les cornues d,d où elles avancent et sont continuellement agitées par les hélices e,e. Pendant leur passage à travers ces cornues, ces matières se carbonisent complètement, et les vapeurs dégagées passent par les tuyaux f.f dans le barillet <7, d’où elles se rendent par le tuyau h au condenseur. Le charbon formé pendant cette opération tombe par le tuyau i,i dans la bâche k.
- Les procédés de mon invention consistent aussi à effectuer la distillation à destruction,des bûchettes, des branchages de bois, de la sciure, des copeaux , du tan, de la tourbe ou autres matières végétales pour en extraire l’acide py-roligneux en y faisant passer un courant u'air chaud. On s’assure de la température de cet air avant son entrée dans l’appareil qui renferme le bois à l’aide d’un thermomètre ou d’un pyro-mètre, et on peut en régler la chaleur à volonté.
- L’appareil qui fournit les meilleurs résultats consiste en un cylindre double, celui extérieur en tonte ou en briques, avec un intervalle d’environ 4 à 5 centimètres entre eux pour la circulation de l’air chaud. Le cylindre intérieur est construit en gros fil de fer si on emploie des bûchettes ou des branchages, et en tôles de fer percées ou en toile métallique si on se sert des autres matériaux indiqués. On place les cylindres verticalement , et l’air chaud entrant par le bas s’échappe par le haut avec les vapeurs d’acide pyroligneux qu’il entraîne par un tube placé sur le côté et près du sommet du cylindre extérieur au condenseur où elles sont condensées à la manière ordinaire. L’air chaud est fourni par des tuyaux et chassé au moyen de ventilateurs ou autres appareils connus à travers les matériaux soumis à la distillation destructive.
- Perfectionnement dans la teinture et l'impression de tissus.
- Par M. C.-A. Broqüette.
- Le perfectionnement a rapport à l’eiû' ploi de composés nitrogénés obtenus par la décomposition du lait et de la chair musculaire des animaux , ou en d’autres termes du caséum des ancien* chimistes, et dont on fait l’application de la manière suivante :
- On mélange 5 kilogr. de ces com~ posés nitrogénés à 25 ou 30 litres d’ean et 250 grammes d’ammoniaque. LeS composés sont toutefois bouillis préalablement pendant vingt minutes dan* une certaine quantité d’eau , et quand ils sont refroidis, on y mélange l’ain' rnoniaque et le reste de l’eau et l’°n agite le tout avec soin ; après quoi on y ajoute 3 pour 100 d’huile d’olive et 2 pour 100 d’une terre alcaline ( lachau* de préférence), et en cet étal ils sont en état d’être employés avec une cou' leur que la chaux et l’ammoniaque n® sont pas capables de détériorer. On applique alors la vapeur pour fixer je composé sur ou dans la texture de 1’®' toffe. On peut si l’on veut saturer le v avec le composé avant de le converb* en tissu qu’on teint ou qu’on imprime ensuite.
- Sur une fibre particulière de cotofl qui nest pas susceptible de prend1"1 la teinture.
- Par M. W. Crum.
- Au mois de mai dernier, M. Thoin' son de Primrose a reçu de M. Dame Kœchlin de Mulhouse quelques écha*1' tillons d’un calicot imprimé fond pourpre , contenant chacun, une portion '
- coton qui était restée blanche quoiq^ soumise au même traitement que . reste du tissu , et il y a plus, c’est q1’ les fils qui croisaient ceux restés bla° étaient uniformément teints. La p°r, lion blanche du fil était communémel plus épaisse que le reste, et 1°°^ d’un peu plus de 6 millimètres. Le t*.s tout entier avait été blanchi avant 1 pression , de façon qu’il ne renfermé pas de matière grasse ou d'impur®1 pouvant résister à la matière c°‘ rante. ^
- Des taches blanches semblable*^ celles en question ne sont pas inp® nues aux imprimeurs anglais qul
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- redoutent. M. Kœchtin dit que !e coton qui leur donne naissance est connu sous le nom de coton mort, nom qu’on lui donne aussi en Angleterre ( dead cotlon ). M. Kœchlin a été le premier, je crois, qui ait eu lidèe que celte madère pouvait bien consister en colon Çui n’était pas parvenu à maturité et qee sa fibre est peut-èlre pleine et manque du vide ou cavité que possède la fibre plus parfaite. Il a ajouté que si tel est le cas, la manière dont il se comporte avec les matières colorantes pourrait affecter matériellement la question de la nature mécanique ou chimi-ff'ie de l’union du coton avec la matière colorante. M. Thomson m’a fait l’hon-ncur de me transmettre ces échantillons afin que je pusse en faire l'examen.
- I^a fibre ordinaire du colon est, comme J.u démontré M. Thomson, un tube cylindrique à l’origine, mais qui se rend et s’aplatit à la teinture. Elle a alors l’ap-parence de deux petits tubes réunis ensemble, de façon que la section trans-vcrsale du filament ressemble en quel-ffoo sorte à la figure d’un 8. Jusqu'à la maturité, le cylindre est distendu par I eau , au milieu de laquelle on distingue souvent des bulles d’air.
- En plaçant quelques-unes des fibres du coton mort sous le microscope, j’ai lr°uvé qu’il consistait en brins ou lames très-déliées d’une transparence rcmarquable, dont quelques-unes sont marquées de points tandis que d'autres sont pures et translucides au point u être presque invisibles excepté sur Çs bords. Ces fibres sont faciles à dis-’lnguer du coton ordinaire par leur aplatissement parfait, saris le moin-dfe vestige de cavité, même sur les c^l.ês, et par leur transparence aussi Uf|iforme qu’elle est remarquable. Elles ®°ut aussi souvent plus élargies que la Jlbre ordinaire et présentent de nom-:,reux pfis tant sur leur longueur que transversalement, mais jamais elles ne sont tordues en tire-bouchon comme la 'bre ordinaire.
- *1 m’a semblé que le coton de ce Score pourrait bien être découvert otuis le coton en laine au moment de
- ' importation. J’ai en conséquence re-cherché les portions qui semblaient présenter un aspect diffèrent du reste,
- ?;*• les ayant recueillies et examinées,
- 1 etl ai trouvé une sorte dont les filaments avaient exactement sous le microscope l’apparence du coton mort des échantillons de M. Kœchlin. Cette *orte s’est présentée sous la forme d une petite touffe brouillée d’un éclat . firtllant et soyeux renfermant généra- j
- lement à sou centre un fragment de semence ou peut-être une semence avortée. Généralement cette touffe consiste en fibres ayant peu de ténacité. On cri trouve en abondance parmi les boutons ou portions dures qui font partie des déchets et sont rejetées par les machines à ouvrir dans la préparation à la filature. Quelques-unes de ces petites touffes échappent parfois à l’action de ces machines; mais alors leurs fibres étant trop courtes pour être saisies par la carde ou étirées en fil dans les opérations ultérieures de la filature, restent en petits boutons sur les fils du bon coton.
- Quoique l’aspect de la fibre en question sous le microscope soit celui d’une lame unique et plate, le caractère celluleux du tissu organique n’admet qu'avec peine un mode semblable de formation. On doit plutôt supposer que de même que la fibre du colon sain et non mûr, ce devait être à l’origine une cellule allongée ou un tube rempli de liquide; que la semence autour de laquelle elle s’est développée est morte peu après sa formation, pen -dant que les fibres qui l’enveloppaient étaient encore douces et flexibles et que l’apiatissement et peut-être le rapproehcmcntdes parois du lubeaété occasionné par la pression due au développement du coton qui enveloppait les autres semences nombreuses comprises dans la même capsule.
- Pour expliquer la part que cette structure particulière prend à la question de savoir si le coton en laine et les matières colorantes forment ensemble un véritable composé chimique, ou n’adhérent l’un à l’autre que par une force purement mécanique, je citerai un passage que j’emprunte à un mémoire sur ce sujet que j’ai lu à la société philosophique de Glasgow il y a six ans, en renvoyant au mémoire lui-même pour plus de détails.
- « Dans un grand nombre d’opérations de teinture et d’impression de calicots, disais-je, la base minérale de la couleur est appliqué au coton à l’état de solution dans un acide volatil. Cette solution, on la laisse sécher sur le tissu, et au bout de peu de temps le sel est exactement comme il le serait dans les mêmes circonstances sans l’intervention du coton. Pendant la décomposition de ce sel son acide s’échappe, et l'oxide métallique adhère assez fermement à la fibre pour résister à l’action de l’eau qu’on y applique avec énergie. C’est de cette façon qu’agit l’acétate d’alumine et à peu près de la même
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- manière l'acétate de fer. L’action ici ne peut être que mécanique de la part du coton, et l’adhérence, ainsi que je chercherai à le démontrer, se borne à l’intérieur des tubes qui constituent le coton ou aux passages invisibles qui y conduisent. L’oxyde métallique pénètre ces tubes à l’état de solution, et ce n’est que lorsque son sel y est décomposé et l’oxide précipité et réduit à l’état de poudre insoluble qu’il ne peut plus revenir par le filtre délié dans lequel il est alors emprisonné.
- » Lorsque la pièce de coton qui, sous ce point de vue, consiste en une série de tubes ou sacs enduits intérieurement d’un acide métallique est ensuite teinte avec la garance ou le campèchc, et devient ainsi rouge ou noire, l’action est une attraction purement chimique entre la matière minérale dans le tissu et la matière colorante qui pénètre dans les vaisseaux où s’opère la teinture, action qui forme le composé rouge ou noir résistant, et il n’existe aucune particularité de nature chimique qui puisse faire croire que le constituant minéral soit préalablement combiné avec le coton. »
- Pour produire la teinture en rouge pourpre des échantillons de M. Koech-lin , le tissu est d’abord imprégné de fer. A cet effet, on l’imbibe avec une solution faible de proto-acétate de fer et on le fait sécher. Par son exposition à l'air pendant quelques jours , le sel se décompose ; son acide acétique s’évapore et l’oxide de fer, passé à l’état de peroxide , reste dans la fibre. L’étoffe est ensuite soumise à plusieurs lavages soignés dans l’eau chaude et froide qui ne lui enlèvent pas le fer, et la question est de savoir comment ce fer est uni au coton, mécaniquement, comme je le prétends, et probablement à l’intérieur de la fibre creuse où il entre à l’état de solution et dans laquelle il est précipité. D’autres auteurs pensent, d’après Bergman , que cette combinaison est toute chimique , et cette opinion est si pleinement adoptée par M. le professeur Runge (d’Oranien-burg), dans son ingénieux et excellent ouvrage sur la chimie de la teinture ( Farbenchemie, 2 vol., Berlin, 1832 et 1845), qu’il admet que les cotons teints sont des combinaisons de ce qu’il appelle l’acide cotonique avec les différentes bases en proportions définies et même multiples. Ainsi, il appelle une nuance très-pâle de jaune buffle avecl’oxide de fer,protocotonate de fer, une autre bicotonate de fer ,
- et des nuances plus foncées cotonate et percotonate de fer.
- Quant à la nouvelle matière , elle est incapable , par le même traitement, de retenir le mordant de fer , et cependant ses fibres ont la même composition chimique et la même structure ultime. La seule différence est que l’une est formé de tubes ou sacs susceptibles de contenir toutes les matières qui sont insolubles dans l’eau , c’est-à-dire tous les corps qui peuvent être retenus par un filtre, tandis que l’autre ne possède pas de semblable cavité.
- Je profiterai de cette occasion pour répondre à un examen de mon premier mémoire sur ce sujet que M. Persoz a fait dans son remarquable ouvrage du Traité de l’impression des tissus, où il a expliqué que j’attribuais à une attraction de surface les cas de teinture dans lesquels du coton pur est capable, par une simple immersion, de décomposer les matières solides en solution et de les enlever au dissolvant. Tel est le cas avec la solution d’indigo dés-oxidé dans la chaux par le plombite de chaux, avec divers sels d’étain et beaucoup d’autres solutions. Le coton, comme je l’ai dit, agit, dans ce cas, comme le charbon et autres corps poreux, et je n’ai pas eu de raison pour borner l’attraction en question à la surface interne de la fibre du coton.
- Mais je n’ai pas rangé le mordant alumineux dans la classe des corps ainsi altérés, parce que le coton, quand on le plongé dans une solution d’acétate d’alumine , n’a pas le pouvoir de séparer la base. Cette solution doit être appliquée au coton et sécher sur lui ; alors l’alumine adhère seulement, ou perd la faculté de pouvoir être enlevée par des lavages en proportion de l’acide acétique qui est enlevé par évaporation. Je ne pouvais voir là une décomposition chimique effectuée par la fibre du coton, car le même sel peut être décomposé par évaporation dans un verre. Dans ce cas, j’ai représente l’alumine comme retenue dans l’intérieur de la fibre exactement comme Ie sable peut être retenu dans un sac dont les interstices sont trop étroits pour laisser passer ses particules.
- 5 M. Persoz a remarqué toutefois qu’en évaporant une solution d’acétate d’alumine dans un verre, on ne von pas quelle se décompose de la même manière que lorsqu’on fait sécher *a même substance sur le calicot. Ce fait’
- je l’ai observé aussi, et quoique je sois
- dans l’habitude d'attribuer la diffe' rence à une division et à une expoS1'
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- fion plus étendue du sel sur le coton, je n’ai pas de preuve, et je ne contesterai point que la présence du coton , à une certaine époque de l’évaporation, ne Puisse accélérer la décomposition du sel, et que ses fibres ne puissent ainsi attirer une portion de l’alumine sur la totalité de leur surface. Si cette modification dans ma manière de voir est correcte , l’action du coton mort démontre au moins que la matière colorante adhérant à l’extérieur n’est pas aussi permanente que celle qui est contenue à ‘intérieur de la fibre de coton parve-nue à maturité.
- Dans tous les cas, ni l’une ni l’au-Jre de ces opinions ne vient à l’appui ÿ la théorie chimique. On sait très-uien que les corps poreux altèrent et Uième décomposent, sans se combiner chimiquement, les substances qu’ils Précipitent. En conséquence, aucun fie ces oxides ne change soit de cou-'eur, soit de caractère chimique, par s°p union avec le coton. L’oxide de cuivre hydraté , par exemple , précisé sur le calicot, devient carbonate °U arsénite, quand on l’expose à l’acide carbonique ou à l’acide arsénieux. Le Protoxide de fer se change prompte-’fient à l’air en sesquioxide rouge, et celui-ci peut de nouveau être converti en bleu de Prusse ou en une laque U°ire ou pourpre , composé tout nou-veauqui5 s'il est seulement insoluble, afihère solidement à la fibre.
- Nouveaux procédés pour la fabrication du verre et des alcalis.
- *ar MM. W. H. Balmaix et E.-A. Par-
- NELL.
- I Nous nous occuperons d’abord de a Préparation des silicates simples de .Pude, de potasse et de baryte, et des sixtes doubles de ces bases que nous PreParons en chauffant leurs sulfates Cspectifs avec du sable et une matière orbonneuse , parce que nous croyons ^ fi est plus avantageux de fabriquer verre avec ces silicates que par les e océdés communément en usage, à 9n r Prcparer *e silicate de soude, 0 Pour 100 de celte base, on mé-?n§e à 150 kilogr. de sable, 100 kilogr. p SuHate de soude sec et en poudre r P ,el 7 à 8 kilogr. de charbon de bois umi en pou(jre fine ^ et on chauffe le
- Pli lî^e (k’ns ^our <lu* sera ^crit H s bas ou par les moyens ordinaires.
- A mesure que le silicate tombe du fourneau , on le reçoit dans un vase rempli d’eau, ce qui le rend plus facile à pulvériser, et en dissolvant le sulfate en excès, le présente sous une forme plus commode pour être recueilli.
- Pour faire le même silicate à 12 pour 100 de soude, on mélange 3 parties de sable, 1 de sulfate de soude et on chauffe en agitant de temps à autre dans un four à réverbère ordinaire. Si le feu est convenablement conduit, le pouvoir désoxidant de la flamme suffit pour effectuer la décomposition du sulfate sans addition de matière charbonneuse et par une exposition à une chaleur rouge sombre pendant six à dix heures pour obtenir un silicate parfait.
- Pour préparer un silicate de potasse à 26 pour 100 de base , on prend 175 kil. de sable, 125 kil. de sulfate de potasse et 8 kil. de charbon, et pour un silicate à 14 pour 100, 425 kil. de sable et 150 kil. de sulfate de potasse.
- Quand on veut préparer des silicates doubles, on procède de la même manière en adaptant la proportion de sable etdc charbon aux équivalents combinés des deux bases, et employant, quand les matières sont en fusion dans le four nouveau, un seul équivalent de charbon pour chaque équivalent de sulfate et trois équivalents de sable pour un de base.
- Dans quelques cas, on trouvera qu’il est plus avantageux d’employer l’une des bases à l’état de sulfate et l’autre à celui de carbonate, ou bien à l’état non combiné. Dans ce cas, on se servira du mélange sulfate, sable et charbon dans les proportions données ci-dessus, et on y ajoutera la base ou son carbonate avec une quantité équivalente de sable , mais sans charbon additionnel, ce dernier n’étant utile que lorsqu’il y a un sulfate à décomposer : par exemple , pour préparer le silicate double de soude et de baryte, on peut faire usage de l’un ou de l’autre des mélanges sui-
- vants :
- N° 1. 273 parties sable.
- 72 sulfate de soude.
- 117 sulfate de baryte.
- 12 charbon.
- N° 2. 273 parties sable.
- 72 sulfate de soude.
- 99 sulfate de baryte.
- G charbon.
- Quand on veut que le produit soit fondu ou vitrifié, on chauffe dans le four qui sera décrit, et si la chose n’est
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- pas nécessaire , on chauffe dans un four à réverbère ordinaire. ’
- Des circonstances en apparence indifférentes, telles que la rapidité du travail, la force du vent, etc., peuvent rendre nécessaire la diminution de la dose du charbon. C'est à l’ouvrier intelligent à régler ce point. Un coulage de sulfate indique un défaut de charbon , une couleur brune un excès de ce dernier, ou, dans les deux cas, une température trop basse. La température la plus favorable est le rouge blanc bien franc. De 5 à 10 pour 100 de sel commun ajoutés au mélange brut facilitent notablement la fusion des matières sans altérer le résultat. Enfin le sulfate alcalin a besoin d’être à l’état de poudre fine et passé au tamis de 20 à 24 trous au centimètre carré.
- 2° La substitution d’un sulfure ou d’un hyposulfite au charbon comme agent de désoxidation pour décomposer le sulfate dans la fabrication du verre est parfois une chose économique et d’ailleurs avantageuse, parce qu’il y a un dégagement moindre de gaz que quand on emploie le charbon , et que la combinaison des matières a lieu plus rapidement. Nous substituons donc le sulfure ou l’hyposulfile au charbon dans les mélanges ci-dessus indiqués, en réduisant la quantité du sulfate, ou augmentant celle du sable proportionnellement à celle du sulfure ou de l’hy-posulfite employé. Un demi-équivalent de sulfure ou un équivalent d’hypo-sulfite peuvent remplacer un équivalent de charbon. Ainsi 20 parties de sulfure de sodium remplaceront 6 parties de charbon , ou bien on peut faire un silicate à 20 parties de soude avec 40 parties de protosulfure de sodium , 144 parties de sulfate de soude , et 418 parties de sable.
- On peut, dans la fabrication du verre ou d’un silicate double, employer l’une ou l'autre des deux bases sous forme de sulfure. De là les applications variées qu’il est possible de faire de ce principe. Par exemple, pour produire un verre de soude et chaux en employant un sulfure d’après ce principe, on pourra se servir d'un des mélanges suivants :
- 1. Sable , sulfate de soude , sulfure de sodium et chaux.
- 2. Sable , sulfure de sodium , sulfate de chaux et sulfate de soude.
- 3. Sable, sulfure de calcium ( ou hyposulQte de chaux ) et sulfate de soude.
- Lorsque le sulfure est facilement soluble dans l’eau, on le mélange aux
- autres matériaux sous forme de solution concentrée, ce qui permet de l’y incorporer plus intimement ; mais s’il n’est pas d’une solution facile, on le réduit en poudre grossière par un moyen quelconque.
- On se procure les sulfures par Lun des procédés connus. Pour préparer le sulfure de soude, nous chauffons le sulfate de soude , et le menu de charbon dans le four de fusion qui sera décrit ci-après. Si les matières employées sont suffisamment exemples de fer , le sulfure obtenu peut être appliqué à la fabrication d’un silicate ou du verre, sans autre préparation que d'être réduit en poudre. Mais par suite de la présence du fer, et aussi pour extraire le car-bonate de soude qui est présent de la manière qui sera indiquée plus loin, il vaut mieux dissoudre le sulfure à la manière ordinaire , et faire bouillir la solution jusqu’à précipitation de tout le carbonate, le sulfate ou l'hydro-chlorate présents pour obtenir une solo* don à peu près pure de sulfure (avec un peu de bisulfure ) de sodium.
- Le sulfure de barium qu’on peut économiquement préparer et facilement obtenir en cristaux , a l’avantage sur Ie carbonate et le sulfate naturels de ne pas contenir de fer.
- Le sulfure de calcium ou hyposulfhe de chaux impur produit dans 1 épuration à sec du gaz d’éclairage, est une source où l’on peut puiser avantagea' sement ce produit. Les résidus des usines à gaz ont déjà été employés à la fabrication des bouteilles ordinaires» mais jusqu’ici comme moyen éconO' mique de se procurer de la chaux sa»? égard à leur propriété désoxidante dul est plus ou moins altérée par leur e*' position à l’air.
- On peut se servir de ces résidus p°u[ fabriquer du verre en une seule opéra' tion comme à l’ordinaire, ainsi qu’°r' en a donné un exemple ci-dessus p°u la fabrication du verre soude et ch<|u5^ mais dans quelques cas , parlicutière" ment dans la fabrication du flirit-glasS’ il vaut mieux diviser le travail avec 1® matériaux ci-dessus en deux opération’ c’est-à-dire faire d’abord un silicate o une fonte dans un four, puis, après, fondre et affiner ce silicate ou ce vert* dans un pot comme d’habitude, langé ou non à d’autres matières , vant le cas. Ce mode admet aussi de modifications très-variées, parmi >e quelles nous citerons comme exe la fabrication d’un flint-glass , cons* tant dans la préparation d’un sihca double de baryte et de soude.
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- Ce- e^et ’ 0n mélange intimement «4 parties du sulfure de barium cristallisé , 114 de sulfate de soude et 410 de sable, et on chauffe au blanc dans le four ci-après. Le produit est un silicate double de baryte et de soude qui renferme , si l’opération a été bien faite. environ 14 pour 100 de soude et 11 pour 100 de baryte dans un état <jui est propre à la fabrication du uint-glassde qualité inférieure,si on le mêle avec les proportions de sable, de minium , etc., adoptées dans les verreries.
- 3° Voici maintenant la description yu four que nous employons à la fabrication du verre et des silicates:
- Fig. 8, pl. 124, section longitudinale du four;
- Fig. 9 , section horizontale par la bgne a. b, fig. 8;
- Fig. 10, section verticale par la ligne c> d, fig. 8.
- Ce four consiste en un foyer n construit comme celui des fours à réverbère ordinaire et deux soles inclinées °» o, en briques réfractaires, soutenues sur des barres de fer p, p encastrées des deux côtés dans la maçonnerie. L’inclinaison et la longueur de ces soles varient, avec la nature des Matériaux qu’on traite , leur fusibilité el le tems requis pour l'action chimique. Avec une matière très-fusible, 'a sole pourrait même être horizontale, «nais il est plus avantageux dans tous le® cas pour la beauté du produit Qu’elle soit inclinée.
- Çes matières sont introduites au P°int le plus élevé par l'ouverture p nu dôme, au moyen d’une trémie mobile, fig. il, d’une manière continue ?n interrompue, à volonté. Quand on 'ait une fritte ou un silicate, on introduit 10 à 12 kilog. à la fois de dix en V1* minutes; puis lorsque la charge a ete introduite, on enlève la trémie et °U répartit les matières dans le four, avec un ringard courbe qu’on fait passer Par le tr0u s , bg. 8 et 9 , et enfin on crrne l’ouverture r avec une brique. ^ mesure que les matières fondent, ®Hes descendent sur les soles et vien-ent se rassembler près du pont t, °ù elles coulent par un trou v dans n vase w rempli d’eau placé au-des-v?Us, où elles se désagrègent et de-'ennent ainsi plus propres à la fonte ans le pot de verrerie. Le vent qu’on Produit au moyen d’un ventilateur ar-SOus 'e foyer, qui est fermé, par
- Un conduit x, fig. 8.
- , Quand les matières sont employées aire du verre, on les coule comme
- il a été dit, ou bien on les transporte dans des pots chauffés par la chaleur perdue du four , et lorsqu’elles sont affinées, l’ouvrier verrier les met en œuvre sans avoir permis qu’elles se refroidissent un seuj instant. Dans ce cas, il y a deux pots disposés dans le four avec ouvreaux correspondants dont l’un travaille pendant que l’autre se remplit. Quand le produit est un sulfure alcalin , on le coule simplement dans des moules en fer.
- L’avantage de ce four dans la fabrication du verre consiste principalement à fournir les moyens de produire , avec des matériaux bruts, un silicate fondu ou du verre à peu de frais et avec peu de travail, sans introduire de carbonate ou de sulfate alcalin; chose importante puisqu’on sait que la détérioration des pots est due* principalement à l’action corrosive des carbonates et des sulfates alcalins, et que les verriers peuvent ainsi remplacer les carbonates par les sulfates qui sont aujourd hui d'un prix moindre.
- 4° Nous préparons aussi du silicate de soude en faisant réagir sur un mélange de sable et de sel marin l’acide sulfureux et l’air avec intervention de la chaleur et du charbon , puis du sulfate de soude propre à fabriquer du verre, ou bien des alcalis par le même moyen, avec ou sans présence du sable. L’avantage principal de ce procédé est la facilité qu’il présente d'employer ainsi avantageusement l’acide sulfureux qui est mélangé à l’air et à l’acide carbonique ou autres gaz au point d’être impropre à sa conversion en acide sulfurique dans les chambres de plomb par les procédés ordinaires.
- Dans cette opération, on mélange trois parties de sable à une partie de sel marin; on humecte avec de l’eau pour faire adhérer , et on étend sur une table chauffée une couche de 3 à 4 centimètres, et quand le mélange est sec , on rompt en morceaux de dimension médiocre qu’on introduit par le haut dans un four vertical et étroit par le bas. Le four est surmonté d’une cheminée, et au bas il reçoit par des tuyaux des courants d’acide sulfureux et d’air chaud.
- La conversion du sel marin en sulfate de soude a lieu à la chaleur rouge sombre, mais il y a avantage à l’èlever au delà de ce point. La marche du four est continue , et lorsqu’on veut obtenir un silicate de soude , le feu et l’introduction de l’air doivent être réglés de telle façon que les produits gazeux soient alternativement oxidants
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- par la présence d’un excès d’air et désoxidants par celle du carbone non brûlé. Dans ce cas, il se produit, pendant la première période, du sulfate qui est décomposé et converti en siii- j cate dans la seconde.
- On peut remplacer le sable par un silicate ou du sulfate de baryte, ou bien convertir le sel marin en vapeur, et dans cet état le mettre en contact avec l’acide sulfureux et l’air ; mais il vaut mieux mêler ce sel avec une substance inerte, parce qu’elle permet d’élever à une température où il fond sans craindre que les morceaux perdent leur porosité.
- 5° Pour recouvrer et économiser l’alcali ou le carbonate de soude produit pendant la décomposition du sulfate de soude par le charbon menu dans la fabrication du sulfure de sodium précédemment décrite, on reçoit le mélange de sulfure et de carbonate de soude à mesure qu’il tombe du four dans une cuve en fer, ou, lorsqu’il est presque froid, on le dissout dans l’eau avec ou sans l’aide de la chaleur. On laisse reposer et on tire au clair. On lave le résidu qui est assez faible et on réserve les eaux pour de nouveaux lessivages de sulfure et pour produire une liqueur concentrée qu’on introduit dans des bassines en fonte où on la fait évaporer jusqu’à précipitation du carbonate alcalin qu’on pêche à l’écumoire et laisse égoutter et sécher. Cette opération est rendue plus facile par la présence du sulfure qui s’oppose à ce que le carbonate adhère à la bassine et permet de la continuer jusqu’à l’épuisement presque complet du carbonate renfermé dans la liqueur. Lorsqu’il est sec ce carbonate est lavé avec une solution claire de sulfure qui n’a pas encore été concentrée, puis séché dans un four à soude ordinaire.
- Quand la quantité du sulfure de sodium dépasse celle demandée par le commerce, on peut oxider partiellement ce sel en l’exposant à l’air et l’employer sans addition de sulfate de soude à la fabrication du verre ou des silicates.
- Influence de Vacide borique dans la vitrification.
- Par M. xMaes, fabricant de cristal à Clichy.
- J’étudie conjointement, depuis longtemps déjà, avec M. Clémanriot, direc-
- teur de ma cristallerie l’influence de l’acide borique sur la vitrification, et les encouragements qui nous ont rendu cette étude attrayante nous ont fait un devoir d’y persévérer.
- Les principaux résultats obtenus jusqu’à ce jour ont figuré à l’exposition des produits de l’industrie de 1849 ; ce sont :
- 1° Le borosilicate de potasse et de chaux;
- 2° Le borosilicate de potasse et de zinc ;
- 3° Le borosilicate de potasse et de baryte;
- 4° Le borosilicate de soude et de zinc.
- Le borosilicate de potasse et de chaux a été composé dans le but de reproduire à vase clos, dans les fours à la houille, les meilleurs types de la Bohême.
- Dans le compte rendu de l’exposition autrichienne de 1845 publié par M. Pè-ligot, on trouye que pour fabriquer le verre le plus pur et le plus durable on emploie en Bohême, pour 100 parties de silice, 12 parties de chaux vive et seulement 28 parties de carbonate de potasse ; d’où il faut conclure que le verre a d’autant plus de qualité qu’il contient moins de potasse et plus de chaux.
- Les proportions ci-dessus donnent un verre infusible à la température de nos fourneaux ; l’addition de quelques centièmes d’acide borique a suffi pour en déterminer la fusion, et le produit qui en est résulté a toute la limpidité» tout l’éclat et toute la dureté désirables-
- Cette première étude nous a tout naturellement conduits à mettre à profit la faculté dissolvante de l’acide borique» pour introduire dans le verre des bases jusqu’alors inusitées; de là le borosiÜ' cate de potasse et de zinc et celui de potasse et de baryte. Le borosilicate de potasse et de zinc nous paraît résumer toutes les qualités d’un verre pur et durable. Quant au borosilicate de p0' tasse et de baryte, il a été fabriqué au moyen d’un carbonate de baryte naturel, souillé de sulfate de baryte et de gangue ferrugineuse. Si donc il eS moins incolore que le verre au zinc, ’a coloration est certainement accide11' telle; en le produisant avec du carbO' nate pur, nul doute pour nous cette imperfection ne disparaisse com' plétement.
- La beauté du borosilicate de P°ta.s,^ et de zinc a dû nous porter à faire I tude comparative du borosilicate soude et de zinc, lequel, quoique in>
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- neur au premier, l'emporte cependant p une manière incontestable sur tous les verres de soude qui lui ont été opposés.
- En résumé, les borosilicates sont Principalement remarquables pour leur transparence et leur dureté. Ils doivent ces qualités précieuses à une réduction notable dans le dosage de la potasse et de la soude qu’on retrouve presque toujours en excès dans les verres ordinaires; et personne n’ignore que les verres trop alcalins sont nébuleux, m°ux et hygrométriques.
- Ces observations nous autorisent à Penser que l’acide borique doit inévitablement et dans un avenir prochain contribuer au perfectionnement des ferres d’optique. Nous nous proposons dans ce but, d’étudier la préparation des borosilicates à grande densité en y laisant intervenir, outre la baryte, le P*omb, le bismuth, etc.
- Rapport fait à l'Académie des sciences sur la fabrication de la céruse en France , au point de vue de la santé des ouvriers.
- Par M. Combes.
- . Ces maladies auxquelles sont exposes les ouvriers cérusiers , peintres el autres qui préparent ou mettent oeuvre les couleurs et enduits à j3se de plomb , ont excité depuis long-lerns la sollicitude des savants et des administrateurs chargés de veiller à la U'obrité publique. On sai t que Guyton-jworveau proposa en 1783 de substituer e blanc de zinc à la céruse dans la prédation des couleurs ; les tenta-1Ve.s faites vers cette époque et renou-ejées plusieurs fois depuis ont échoué, i?11 par suite du prix trop élevé du lar>c de zinc, soit par d’autres causes d nous n’avons point à discuter dans e Apport. M. Leclaire a entrepris ré-ciment de fabriquer en grand l’oxide en et l aPPbqner à la peinture bâtiments et autres usages. A cette oasion , les documents statistiques j^oneilüs depuis longtemps dans les j^.P'laux de Paris par le conseil de sa-département de la Seine, Sa» • ouvrlers affectés de maladies nés, ont reçu une grande pufili-div ’ ^es documents apprennent qu’en U ans, de 1838 à 1847 inclusivement, jvjjf,51. entré dans les hôpitaux 3,142 <uades, dont 1,898 sortaient de deux
- fabriques de céruse ou de minium existant dans le département de la Seine. Des fabricants de céruse des environs de Lille, MM. Théodore Lefebvre et comp., et Poëlmann frères, qui produisent ensemble 2,400,000 kilogrammes de céruse par an , frappés de la défaveur que cette publication devait jeter sur leur industrie, ont adressé à l’Académie des certificats de médecins et un rapport du comité central d’hygiène et de salubrité du département du Nord, attestant que grâce aux améliorations introduites dans les procédés de fabrication et aux soins hygiéniques donnés à leurs ouvriers, au nombre de 150 , aucun d’eux n’a été atteint depuis plus d’un an de coliques saturnines. MM. Lefebvre et Poëlmann ont prié l’Académie de vouloir bien faire constater les faits par une commission prise dans son sein.
- Afin d’accomplir la mission qui nous a été donnée à ce sujet, nous avons visité non-seulement les ateliers de MM. Lefebvre et Poëlmann , mais encore les deux fabriques de céruse du département de la Seine, et toutes celles , au nombre de sept, des environs de Lille, à l’exception d’une seule. En signalant les perfectionnements déjà réalisés dans plusieurs de ces établissemens, nous indiquerons ce qui reste encore à désirer. Nous ne dirons rien que de général, laissant à l’administration chargée de la surveillance des établissements insalubres le soin de prescrire dans chaque usine les améliorations nécessaires relativement à l’hygiène des ouvriers, persuadés d’ailleurs qu’un sentiment d’humanité déterminera les propriétaires à devancer les prescriptions de l’autorité à cet égard.
- La céruse est généralement fabriquée en France par le procédé dit hollandais.
- On applique encore partiellement dans l’usine de Clichy, le procédé français établi par M. Roard , sur les indications de notre illustre confrère M. Thénard. Il comporte une opération qu’il est difficile d’assainir complètement : c’est la préparation de l’oxide de plomb ou massicot dans des fours à réverbère. Un tirage très-actif de la cheminée ne suffit pas pour préserver de l’action des vapeurs plombi-ques les ouvriers incessamment occupés à repousser avec un râble l’oxide de plomb qui se forme , afin de mettre à découvert la surface du bain métallique. Les opérations qui suivent, jusqu’à l’empotage de la céruse , sont
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- inoffensives , parce qu’elles sont prati— I quées par voie humide. La dessiccation et la pulvérisation des pains de céruse sont communes à tous les modes de fabrication.
- Le procédé hollandais comprend les opérations suivantes :
- 1° Fusion et coulage du plomb en lames plus ou moins épaisses, ou en grilles de forme rectangulaire allongée.
- 2°,Mise du plomb en couches alternatives avec du fumier ou de la tannée. Le plomb est placé sur des pots contenant de l’acide acétique faible. Il reste dans les loges ainsi remplies pendant trente-cinq à quarante jours quand on emploie du fumier, pendant soixante dix à quatre-vingt-dix jours lorsqu’on fait usage de tannée.
- 3° On découvre successivement les lits de plomb, qui est passé en grande partie à l’état de carbonate. Séparation de la céruse du plomb non attaqué qu’elle recouvre ; première pulvérisation et criblage de la céruse pour la séparer des lamelles de plomb.
- 4° Broyage à l’eau de la céruse sous des meules.
- 5° Moulage et dessiccation de la céruse broyée à l’eau.
- 6” Pulvérisation et broyage h sec des pains de céruse ; blutage, mise en barils de la céruse destinée à être vendue en poudre.
- 7° Pour la céruse qui est vendue en pâle avec de l’huile, la poudre obtenue du broyage des pains est mêlée, sans tamisage préalable, avec 7 à 10 pour 100 de son poids d’huile. Le mélange est opéré en vase clos, par un agitateur; il est ensuite passé entre plusieurs systèmes de cylindres horizontaux en fonte. La pâte, devenue fine et homogène, est reçue dans une cuve contenantde l’eau, d’où elle est retirée et mise en barils pour la vente.
- 1. La fudon du plomb s’opère dans une chaudière en fonte; elle ne donne de vapeurs capables de nuire sensiblement à la santé des ouvriers que lorsqu’on y passe les vieux plombs, résidus des opérations précédentes, et qui sont encore recouverts d’un enduit de carbonate. Dans les fabriques bien tenues, la chaudière est placée sous une hotte mise en communication avec la cheminée du fourneau lui-même ou une autre cheminée de l’usine ayant un bon tirage. La plate-forme du fourneau est jointe à la hotte par une enveloppe cylindrique ou prismatique en tôle, munie de portes que l’on ouvre pour ajouter le plomb à fondre, ou couler dans des
- moules le métal en fusion. Ces précautions nous paraissent suffisantes pour mettre les ouvriers à l’abri des vapeurs nuisibles. D’ailleurs la fusion du plomb n’est pratiquée qu’à d’assez longs intervalles.
- 2. La mise en couches des lames ou grilles de plomb avec du fumier ou de la tannée n’expose les ouvriers à aucun danger. Dans toutes les fabriques françaises, sauf une seule, le plomb est coulé en lames, et l’on place dans chaque pot, où l’on a versé de l’acide acétique, une lame mince roulée en spirale, qui porte sur deux saillies opposées voisines du fond du vase.
- Dans une des fabriques du département de la Seine, le plomb est coulé en grilles qu’on place en lits, sur des pots moins profonds que ceux dont on fait usage ailleurs, et qui ne contiennent pas de plomb roulé.
- 3. La séparation de la ccruse du plomb qu’elle recouvre, la pulvérisation et le criblage sont les parties les plus insalubres de la fabrication. Dans tous les établissements que nous avons visités, hors un seul, l’ouvrier détacha d'abord les grosses écailles ou croûtes de céruse, qui sont peu adhérentes au plomb non attaqué; il prend dans ses mains les lames recouvertes de céruse, déroule celles qui étaient placées dans les pots, les tortille en divers sens, et met à part les croûtes détachées. Cette opération, appelée dans le département du Nord l’épluchage, est pratiquée sur la couche même, quelquefois aussi dans un atelier séparé, où l’on porte les lames recouvertes de céruse, telles quelles se trouvent dans les couches démontées.
- L’épluchage, où les ouvriers ont les mains constamment chargées de car' bonate de plomb, n’est cependant paS la partie la plus insalubre de l’opération, parce que la céruse se détache en écailles épaisses qui produisent peu de poussière; mais les lames de plomb épluchées retiennent encore par place® de la céruse qui y adhère fortement* Ors plaçait autrefois, pour la détacher» une pile de lames sur une dalle en pierre, et on frappait cette pile avec une batte en bois ; la céruse adhérente au plomb tombait en écailles minces ou se répandait en poussière fine dan® l’air respiré par l’ouvrier. Celle opéra* tion, pratiquée encore aujourd hui da,,s plusieurs ètablissemens, est appelé®’ dans le département du Nord, le déca-page. Elle est éminemment insalubre*
- Le décapage est fait aujourd’hui^
- dans plusieurs fabriques, par des prû"
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- cédés mécaniques qui exposent beaucoup moins la santé des hommes. Les lames couvertes de céruse adhérente sont apportées dans un baquet ou une brouette près de la machine à décaper. Louvrier les prend une à une, et les pose doucement sur une toile sans fin Mobile qui les amène à la tête d’un Plan incliné sur lequel elles glissent, et arrivent à un système formé de oeux paires de cylindres cannelés lon-SUudinalement, suivis d’un crible cy-bndrique incliné. La céruse, détachée Par l’action des deux paires de cylindres, entre lesquels passent les laines , tombé sur un tablier aboutissant à une trémie , qui recueille également ce qui Passe à travers la maille du crible cy-bodrique. La trémie verse son contenu bans un chariot placé dans une chambre fermée par une double porte. Les lames de plomb , arrivées à l'extrémité lnférieure du crible , sont conduites Par un couloir, à un autre chariot en-lermè dans un compartiment contigu Précédent. Toutes les parties du méca-nisme sont contenues dans des coffres bois ou des gaines , qui sont fermés Pondant le travail, et n’offrent alors ^’une seule ouverture, celle par où Passe la toile sans fin sur laquelle on déposé les lames à décaper. Le chariot a été réunie la céruse est retiré de a chambre, après que le travail est orminé et que la poussière est abattue. °n contenu est réuni aux écailles rêvant de l’opération de l’épluchage, P°ür subir une pulvérisation à sec.
- ^ette dernière opération se fait en-,°re , dans la plupart des fabriques , ,°Us des meules verticales en pierre °Urnant dans des auges à fond hori-a ^al. La matière broyée est prise ec une pelle , et versée dans la trè-'e d’un crible cylindrique à treillis c ^alli.qiJe fjn } enfermé dans un u re. La céruse en poudre passe à Jcrs la maille , et tombeau fond du So re. Les lamelles de plomb, aplaties jUs la meule, arrivent à l’extrémité sé Cr‘,ble et sont reçues dans une case pfcèe. La céruse tamisée est reprise Soar ^tre délavée dans l’eau et passer t„„8 ]es meules qui en achèvent la triton.
- ro ans quelques fabriques des envi-êÇas. de Lille , la pulvérisation des Sj ' les est opérée par le moyen de plu-«« Paires de cylindres horizontaux, axene,lésdans le sens transversal à leur Ou . malière divisée tombe sur un t^b'usieurs tamis métalliques-, la cé-estrt^ Poudre qui traverse ces tamis duigée, par des trémies ou cou-
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- loirs , dans un encaissement où arrive un jet d'eau divisé en plusieurs filets. Les lamelles de plomb, isolées par les tamis * tombent dans une case distincte. L’ensemble des cylindres broyeurs et des tamis occupe la hauteur d’un étage .• le tout est enfermé dans un coffre en bois , surmonté d’une trémie que l’on maintient pleine d’écaï!les de céruse afin de prévenir l’issue de la poussière, et que l’on peut au besoin fermer par une trappe. Ces dispositions constituent un des perfectionnements les plus importants , sous le rapport de l’hygiène , qui aient été apportés aux anciennes méthodes de fabrication.
- Dans celle des fabriques du département de la Seine où le plomb est coulé en grilles , et où les pots ne reçoivent pas de lames roulées , l’épluchage , le décapage , la pulvérisation et le criblage des écailles sont exécutés mécaniquement à l’aide d’appareils successifs placés dans un même espace clos et divisé en plusieurs compartiments réunis par des couloirs en planches.
- Une première chambre renferme un système composé de trois paires de cylindres cannelés qui opèrent l’épluchage et le décapage des gril les de plomb encroûtées de céruse , et un second système composé de trois paires de cylindres unis qui opèrent le broyage des écailles. Deux ouvertures existent dans les parois opposées de cette chambre :
- T une par laquelle sort une toile sans fin mobile où l’ouvrier dépose les grilles recouvertes de céruse, l’autre par laquelle ces grilles épluchées et décapées sortent en glissant sur un tablier incliné en tôle , percé de trous et qui reçoit des secousses périodiques d’un mécanisme intérieur. A leur sortie , elles sont reçues par un ou deux ouvriers qui les redressent en les frappant avec une batte en bois , rangent en un tas celles qui ont encore assez d’épaisseur et de consistance pour être remises dans les couches avec des grilles neuves, et mettent à part celles qui sont trop amincies et doivent passer à la refonte.
- Les écailles, détachées par l’action des trois paires de cylindres cannelés entre lesquels les grilles ont successivement passé, tombent sur une toile sans fin mobile qui s’étend au-dessous des cylindres et de la plaque en tôle percée de trous, et ramène ces matières au système composé de trois paires de cylindres unis, entre lesquels elles sont pulvérisées. La poudre tombe sur un plan incliné, et de là dans un encaissement où elle est reprise par des go-
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- dets attachés à une courroie sans fin qui la remontent à la partie supérieure d’une seconde chambre réunie à la première par le couloir en planches où circule la courroie garnie de godets, et contenant le crible cylindrique où se fait le départ de la céruse et des lamelles de plomb qui s’y trouvent mélangées. Celles-ci sont dirigées dans une case particulière. La céruse tombe au fond de la chambre, sur le sol du rez-de-chaussée, où elle est reprise, après la cessation du travail, lorsque la poussière est abattue, pour être délayée dans l’eau. Dans l’opération que nous venons de décrire, les ouvriers qui reçoivent les grilles de plomb, à leur sortie de la chambre, sont encore exposés à l’action malfaisante de la poussière de céruse : aussi a-t-on soin de faire passer à tour de rôle les ouvriers de l’usine par ce poste dangereux, où aucun d’eux ne travaille plusieurs jours de suite.
- En définitive, la séparation des écailles de céruse du plomb non attaqué, la pulvérisation et le criblage à sec de ces écailles ne sauraient être considérées comme une opération parfaitement salubre, dans aucune fabrique, malgré les améliorations considérables qu’on a apportées aux anciens procédés et les précautions hygiéniques prises dans la plupart des ètablissemens que nous avons visités. Ainsi , l'épluchage à la main des plombs écroùtés de céruse présente un certain danger que quelques fabricants ont cherché à prévenir, en donnant des gants aux ouvriers. Mais cette précaution est, en tous cas, insuffisante ; elle nous semble même illusoire, parce que les gants sont une gêne qui rend le travail moins facile, et que les ouvriers seront bien souvent tentés de s’en débarrasser.
- Dans le seul établissement où l’épluchage ne soit pas opéré manuellement, les grilles de plomb, à leur sortie de la chambre où elles ont passé entre les cylindres, retiennent encore des parcelles de carbonate de plomb, qui se réduisent en poussière fine, lors du battage opéré pour redresser les grilles. Enfin, la céruse en poussière très-fine s’échappe des chambres contenant les appareils broyeurs, soit par les ouvertures qui servent à l’entrée et à la sortie des matières, soit par les jours ménagés dans les parois pour le passage des arbres qui transmettent le mouvement aux mécanismes intérieurs.
- Les causes d’insalubrité disparaîtraient à peu près complètement, si la
- séparation des écailles de céruse, la pulvérisation et le criblage étaient exécutés sous l’eau, ou si du moins la céruse et les résidus de plomb étaient reçus, à leur sortie de l’espace contenant les appareils broyeurs, sur des grilles ou tamis où arriverait un courant d’eau divisé en filets minces et nombreux par une plaque percée de trous. C’est ainsi que cela se pratique,
- d’après les renseignements qui nous ont
- été donnés par M. Le Play, professeur de métallurgie à l’école nationale des mines, dans les fabriques de céruse de l’Angleterre, où les résidus de plomb sont en totalité soumis à la refonte, avant d’être replacés dans les couches de tannée. Nous appelons spécialement l’attention des fabricants de céruseetde l’administration publique sur l’importance d’une méthodedont l’introduction ne semble devoir présenter que des avantages, sans grandes difficultés, puisqu’elle est généralement usitée en Angleterre. La céruse subirait ainsi un lavage qui enlèverait au moins en partie les sels solubles qui peuvent en altérer la pureté ; d’ailleurs il est toujours nécessaire de la délayer dans l’eau pour la soumettre à l’opération suivante.
- 4. La céruse est délayée dans des cuviers avec de l’eau, de manière à former une pâte molle, que l’on fait passer successivement entre plusieurs jeux de meules horizontales qui achèvent la trituration. Ce broyage à l’eau est absolument inoffensif. Les ouvriers ne touchent point à la pâte avec lesmainsî ils la puisent avec des vases en forme d’écopes, pour la verser dans les trémie* supérieures.
- 5. Moulage et dessication de W
- pâte de céruse broyée à Veau. — DanS toutes les fabriques, à l’excepti0lj d’une seule , la pâle molle de céruse es versée dans des pots en terre de fori»e conique, que l’on expose à l’action de l’air dans un séchoir. L’eau s’évap°r® en grande partie. Les pains prenne^ de la consistance et subissent un re' trait qui les détache des parois, " sorte qu’on peut les retirer des pot® avec facilité. Leur dessiccation est ter'' minée dans une étuve où circule ufl courant d’air chauffé. ,
- Les parois des pots se recouvren d’une couche adhérente de céruse, «ffr l’on enlève ordinairement par un gra . tage exécuté à sec avec un instrume en fer. Cette opération est faite par " . enfants ou des femmes ; elle n’est P exemple d’inconvénients. On lesévn * dans quelques usines, en nettoy8’
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- s pots avec de l’eau; mais cette pra-dl|e occasionne un surcroît de dé-Fensc et d’embarras qui peuvent mel-e otîstac*e à sa généralisation. Une P ftie de la céruse est livrée au com-. crc®* après la dessiccation à l'étuve , us forme de pains. Ceux-ci sont en-oppes dans du papier et placés dans os barils avec précaution , afin de les tser le moins possible. Le manie-efU de la céruse en pain ne saurait ^ r,î considéré comme tout à fait salu-re* bien qu’il n’offre pas de dangers, quand il est pratiqué avec les précau-ll°ns convenables.
- dpi oS.une fabpiq»e du département e 'a Seine , la céruse n’est point cm-tunee , comme nous venons de le dire, u verse la pâte molle , puisée dans les viers , sur une toile où on l’enve-Ppe , de manière à former un paquet Pati de forme carrée. Plusieurs mas-os semblables séparées par des pla-i> a".x carrés en bois , sont soumises à clion d’une presse hydraulique. L'eau 1 exprimée en grande partie. Les paquets sont ensuite développés, et le tpleau de céruse découpé , avec un puteau en prismes ou briques de con-s stance suffisante pour être portées au . eboir , d’où elles passent à l'étuve. r,'e petite partie des produits de celte S'ne est vendue en prismes secs, mais o apporte pas à la mise en barils le fne soin que pour les pains de forme s/"que, parce que les produits s’adres-"t à des consommateurs assez éclairs Pour savoir que la forme extérieure ^st pas un indice de la bonne ou Uvaise qualité de la céruse. Les bri-Ales jetées dans le baril, y sont sim-^pQieril entassées à l’aide d’un cylin-« P°ussé par une presse hydraulique. ru ' La plus grande partie de la cé-n e en pains doit être soumise à un p0. Veau br9yage, suivi d’un blutage, Sç r ytre livrée au commerce. Cette tèe°n • Pul'écisation est encore exècu-é^LpUiuucd’hui, dans la plupart des les "ssements i au moyeu de ineu-des VerbcaJes en pierre tournant dans n^t/u»es a h>r|d horizontal de même bro r,e que les meules. La céruse la t»ee .ost'ersûe avec une pelle dans SojeCin"' un blutoir cylindrique en | Enfermé dans un coffre, au Püuii( uquel se dépose la matière en ver/e bne- q'û n’a point tra-üù cj, < 0 tamis tombe dans une case , s°us |C Csl rePr'se pnur être repassée tirée ,meule- La céruse en poudre re-s‘ère ï ?üfTre ’ al,rès q,Je la pous-ri|SoÙ A!i abatlue» est m,se dans des ba-
- eile est tassée , soit par une sorte
- Le T^hnologùte, T. XL — Janvier, i
- de pilonnage, soit en agitant le baril.
- La pulvérisation, le blutage à sec et la mise en barils de la céruse en poudre, par ces procédés. sont des opérations évidemment fort insalubres , par suite de la poussière qui se répand dans les ateliers.
- On peut en atténuer beaucoup les inconvénients, en enfermant les meules dans un même espace avec le blutoir qui reçoit immédiatement la céruse broyée. C est ce qui a été fait dans une fabrique des environs de Lille , dont le propriétaire a substitué aux meules verticales des jeux de meules horizontales en marbre blanc. Chaque paire de meules est enfermée dans un tambour, dont le fond supérieur porte une trémie, où les pains de céruse sont placés et concassés d’abord par l’action d’un cône strié placé dans son intérieur , et qui reçoit un mouvement de rotation autour* de son axe. Les fragments tombent de là dans la trémie fixée à la meule tournante supérieure. La poudre broyée est rejetée par la force centrifuge vers le pourtour où elle est reçue dans deux ouvertures situées aux extrémités d’un diamètre, et conduite au blutoir qui se trouve dans une chambre inférieure , fermée par une double porte. Afin d’éviter la poussière lors de l’embarillage, la poudre de céruse, versée avec précaution clans le baril, est lassée au moyen d’une vis de pression , qui pousse un plateau cylindrique , d’un diamètre à peine inférieur à celui du baril, appliqué sur la surface de la céruse.
- 7. Les usines des environs de Lille expédient la presque totalité de leurs produits en poudre ou en pains, savoir : les deux tiers environ en poudre et un tiers en pains. Un fabricant du département de la Seine a monté, dans son établissement, un atelier complet pour le broyage de la céruse à l’huile; il vend à peu près les sept huitièmes de sa fabrication à l’état de pâte, contenant de 7 à 9 pour 100 d'huile. Chez lui, les prismes de céruse sont broyés, après la dessiccation, dans un moulin à noix, de même forme que le moulin à café, établi au-dessus d une chambre fermée où tombe la coruse pulvérisée assez grossièrement. Quand la poussière est abattue, la poudre est versée doucement dans un cylindre en fer placé horizontalement ; on y ajoute une petite quantiié d huile. Le vase cylindrique est ensuite fermé, et le mélangé opéré par des palettes en fer fixées à un arbre tournant placé suivant l’axe du cylindre. De là le mélange passe,
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- avec une nouvelle addition d’huile, si elle est nécessaire, entre deux jeux successifs de cylindres broyeurs en fonte qui le réduisent en une pâte très-fine et homogène; celle pâle est reçue dans une cuve contenant de l’eau ; on la met ensuite en barils pour la vente.
- Ainsi, lorsque la céruse doit être broyée à l’huile, à l’aide d’appareils convenablement disposés comme ceux que nous avons vus fonctionner, on peut se dispenser de la réduire à sec en poudre excessivement fine et passée au blutoir; de sorte que l’une des opérations les plus insalubres de la fabrication se trouve presque supprimée, et remplacée par une autre, qui semble être absolument sans danger II y aurait donc grand intérêt à ce que toute la céruse, qui, pour être mise en œuvre, doit être réduite en pâte avec de l’huile (et nous croyons qu'il en est ainsi pour la plus grande partie de ceile qui est livrée au commerce), reçût cette façon dans la fabrique même, et non dans d’autres ateliers où les ouvriers sont exposés à contracter des maladies saturnines, quand il n’opèrent pas avec les précautions convenables. Il parait certain, par ce que l’un de nous a vu dans une fabrique de céruse de Birmingham, et d’après les renseignements qui nous ont été donnés par M. Le Play, que les fabriques anglaises livrent la plus grande partie de leurs produits en pâte, qui contient de 8 à 9 pour lOüd’huile (1). Il est fort désirable que la même chose ait lieu en France.
- Dans la plupart des fabriques de céruse, des mesures particulières sont prises dans l’intérêt de I hvgiène des ouvriers. Ainsi ils doivent, en quittant le travail, se laver les mains, les bras et la figure. Des robinets, disposés à la porte des ateliers, fournissent l'eau nécessaire, du savon, de la terre à potier, et quelquefois des baquets remplis d’eau, tenant du sulfure de potassium en dissolution , sont placés près des robinets. Dans une des usines de Paris , une baignoire pour des bains sulfurés est disposée dans un cabinet contigu au local des chaudières qui fournissent la vapeur à la machine motrice.
- Les ouvriers ne sont employés aux
- (i) On vend en Angleterre, au moins dans quelques usines, trois qualités de céruse en pale, distinguées par des marques.- la première qualité est la céruse pure, avec 8 ou 9 pour teu d’huile ; dans les deux autres qualités, la pâte contient avec la ceruse du sulfate de baryte dans des proportions de t5 et 25 pour ioo emiron.
- travaux malsains qu’alternativement, à tour de rôle, et rarement plusieurs jours de suite.
- Un vestiaire , où les ouvriers déposent, à leur sortie de l’atelier, leur blouse de travail, existe dans quelques fabriques. Presque partout ils reçoivent gratuitement les premiers soins d’un médecin payé par le proprietaire de l'établissement.
- Les ateliers sont, en général, vastes et bien aérés, principalement ceux où on opère la pulvérisation et le tamisage à sec de la céruse. Cependant les parois de ces ateliers et les arbres de transmission du mouvement sont couverts de poussière de céruse , même dans les usines où les appareils broyeurs sont placés dans des espaces clos, ce qui démontre que la pulvérisation n’est pas rendue tout à fait inoffensive.
- Nos observations et les renseignements que nous avons recueillis, nous mettent à même d’affirmer que l’état général des fabriques de céruse n’est point aujourd’hui aussi insalubre qu’on serait porté à le croire, d’après les relevés statistiques faits depuis dix ans dans les hôpitaux de Paris. Il y a, d’ail' leurs, de très-grandes différences, au point de vue de la salubrité, entre If* diverses fabriques que nous avons visitées. U n’en est pas une seule où leS anciens procédés de fabrication n’aicnl reçu quelque amélioration; dans quelques-unes, et la justice nous fait un devoir de citer en particulier celles de MM. Lefebvre et compagnie, aux Mo*1' lins-les-Lille, et de M. Besançon, ® Ivry, près Paris, les améliorations soin considérables. Nous pensons cepeU' dant que, même dans celles ci, il rcsje quelque chose à désirer. Ainsi les opérations de Vépluchage et du décap(M}e' ainsi que la pulvérisation à sec (ù‘s écailles de céruse, ne sont point assa1' nies complètement; il faudrait y substituer les procédés usités en Angl^' terre, que nous avons indiqués précédemment.
- La manipulation de l’empotage sans être absolument malsaine, r,e^ cependant pas exempte d’inconve' nients, et occasionne d’ailleurs u'» dépense inutile, sera supprimée ue que les acheteurs cesseront d'attache*- ^ la forme conique des pains une itnp°r tance qu elle n’a pas. Si le comni?r<j consent à acheter en pâte la totalité la céruse destinée à des usages polU lesquels elle doit être préalablenie
- broyée à l’huile , les inconvénients
- la pulvérisation des pains et de 1 e°
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- Grillage de la céruse en poudre fine seront diminués de beaucoup, en même temps que les causes de maladies qui sont contractées dans les petits ateliers oe broyage et de manipulation des cou-teurs.
- Çes perfectionnements paraissentêtre dune exécution facile; mais leur in-teoduction dans les usines peutètre retardée contre la volonté des fabricants ^•x-mêmes, par les préjugés des acheteurs attachés à d’anciennes habitudes. Eu résumé, les points suivants nous
- semblent établis :
- . 1° Les maladies des ouvriers céru-Slers peuvent être généralement préve-dues par ia substitution des procédés Mécaniques au travail manuel dans les ^Pérations où les hommes sont obligés *te toucher et de manier la céruse;
- .Par l’intervention de l’eau dans la teparation des écailles des résidus de P‘°mb , la pulvérisation de ces écailles et te criblage qui la suit ;
- Par la substitution du moulage en Prismes ou eu briques, à l’empotage de la céruse broyée à l’eau ;
- , Par le broyage à l’huile , dans la fabrique même , à l’aide d’appareils coupables , de toute la céruse qui subit c^Ue manipulation avant d’être mise en teuvre •
- • Par la clôture dans des chambres s?tees des ateliers , de tous les méca-M?mes servant à la pulvérisation, ta-j111sage ou blutage à sec de la céruse , .0rsque ces opérations sont indispensa-.,s- On préviendrait l’issue de la pous-j,lere par les ouvertures nécessaires à Mtroduction des matières et au pas-des arbres de transmission du pavement, par des courants d’air di-^8és vers l’interieur des chambres qui eraient à cct effet surmontées d'un yau en forme (je cheminée , s’élevant ^'dessus du toit, et en faisant tour-tes arbres de transmission dans des , neaux en matière élastique , ou des Urrelets constamment humectés et aux parois.
- Par ^ln ’ on comptetera ces mesures Une ventilation très-active des ale-(j,rs et des précautions hygiéniques c£e observation facile aux ouvriers. rahi Be.auco”P d’améliorations favo-[r * ? à la salubrité, récemment in-u'tes dans la plupart de nos fabri-<jîQs. de céruse , ont considérablement iesf *e nombre des malades. Toutes abriques, même les plus perfection à (î® ’. teissenteependant quelque chose la se.Slrer, surtout en ce qui concerne p)0 Parati°n des écailles de céruse du ““b non attaqué, la pulvérisation et
- le criblage à sec qui précèdent le broyage à l’eau entre des meules horizontales.
- La mission que nous avons reçue de l'Académie était uniquement d’examiner, an point de vue de l'hygicne publique, les procédés de fabrication de la ccruse. Quant aux accidents que cette substance occasionne dans les industries très-nombrèuses et très-diverses où l’on en fait usage, par ticuïiè-ment dans la peinture en bâtiments ,et aux moyens de les prévenir, c’est une question grave et difficile que nous n’avons point été appelés à résoudre.
- En ce qui concerne la fabrication même, vos commissaires sont d’avis qu’il y a élé introduit des améliorations considérables , sous le rapport de l’hygiène des ouvriers, et qu’elle cessera d’être une industrie insalubre , quand elle sera pratiquée par les méthodes perfectionnées et avec les précautions signalées dans Je rapport.
- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées.
- Couleur rouge pour les papiers peints.
- ParM.L. Elsnek.
- L’auteur propose l’emploi du chlo-ride rouge de chrome comme donnant une couleur rouge violet intense et d’un éclat métallique propre à l’impression des papiers de tenture. Ce produi t se prépare, comme on sait, en faisant passer sur un mélange de charbon en poudre et d’oxide de chrome calciné qu’on a introduit dans un tube en verre, un courant de chlore gazeux et sec. Il faut toutefois faire attention , dans cette préparation, qu’à raison de la faible volatilité du produit, le chio-ride préparé lors d’une première opération reste mélangé avec la poudre de charbon. 11 est donc nécessaire de soumettre ce mélange de charbon et de chloride de chrome à une seconde opération , en ayant soin de n’en couvrir que le fond du tube en verre , cas auquel le produit se sublime dans la partie supérieure de ce tube. La chaleur d’une lampe d’Argand dont on fait arriver peu à peu la llamme sur le tube suffit à la formation du chloride. Celui-ci se présente bientôt sous la forme de paillettes micacées, brillantes , rouge fleur de pêcher qui, broyées dans un mortier , épaissies avec un mucilage de gomme, et portées sur le
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- papier, lui donnent une couleur correspondante très-agréable à l’œil, et qui, en outre, se distingue par une grande solidité , puisqu’elle résiste aussi bien à l’action des acides et des alcalis qu’aux effets directs des rayons solaires.
- Mode de fabrication du savon.
- Par M. E. Riepe
- Ce procédé consiste dans l’application d’un carbonate alcalin à la fabrication du savon.
- Pour cela on prépare un empâtage à la manière ordinaire , avec une lessive caustique aussi pure que possible; on complète la saponification en se servant d’une lessive plus forte , et à ce composé on ajoute du carbonate alcalin dans une proportion telle que la quaniilé réelle d’alcali renfermé dans ce carbonate soit la moitié environ de celle contenue dans le compose , proportion qu’on peut, du reste, faire varier à volonté.
- Il vaut mieux employer le carbonate alcalin à l’état sec ou calciné, et on l’introduit dans le composé savonneux lorsque celui-ci est à un état tel de con-cenlrationqu'un échantillon pris sur une truelle s’en échappe en grumeaux. L’alcali carboriaté se dissout promptement dans la matière pendant qu’elle bout, et quand la dissolution est complète,
- le savon est relargué et complété à la manière ordinaire.
- Composition de l'alliage dit métal anglais.
- Depuis plusieurs années on fabr1' que à Paris un grand nombre d’objets de ménage en un alliage dit métal anglais ( 1 ), et dont voici la composition d’après M. Moussier, qui en est un des principaux fabricants.
- Cet alliage se compose d’étain, de cuivre rouge, de cuivre jaune , d’anh-moine, de nickel, de bismuth et de wolfram Pour faire 500 kilog. de cet alliage , il convient d’opérer dans leS proportions suivantes :
- HO kilog. d’étain de Cornvvall purifié*
- 10 kilog. de cuivre rouge de Russie.
- 1 kilog. de cuivre jaune ou beau laiton* 1 k log. de nickel sulfuré.
- 1/2 kilog. de bismuth sufuré.
- 4 kilog. d’antimoine cristallisé.
- 1 kilog. de wolfram ou tungslate de fer.
- Pour obtenir un tel alliage, il convient de se servir de matières de pre' mière qualité.
- (t) Nous croyons aussi que c’est la coropo, sition de l'alliage appelé en Angleterre met" Britannia et 3tockargent.
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- AKT8 .MÉCANIQUES ET CJONSTIUJIiTlONS.
- Nouvel ourdissoir pour la soie et les autres matières filamenteuses.
- Par M. T. Djceins.
- d’appareil que je propose s’applique Principalement à l’ourdissage et au r'age des chaînes de soie, et a pour but de conserver, autant qu’il est pos-s‘Dle, l’égalité dans la tension ainsi |lUe dans la longueur dans toute l’è-tendue de la chaîne, en même temps ^'l Permet d’établir l’envergure avec P'Us de facilité, de maintenir les fils ®Dtant qu’il est possible dans leurs Ouations propres relatives et de per-jDettre de plier ou monter immèdiate-7ήnt la chaîne sur une ensouple creuse 'te coquille lorsqu’elle abandonne di-ectement l’ourdissoir, sans qu’il soit ,ecessaire de la mettre en chaînette ou ® 1 enrouler sur un tambour. Au te°yen de quoi les fils ne sont plus dé-P|acês par les opérations relatives au r1 °ntage, et au pliage, on évitequ’ilsse ordent ou se brouillent, et on a une
- ,.îne plus parfaite et plus uniforme T1]) n’a été possible jusqu’à présent e I obtenir.
- ha fig. 12, pl. 124, représente le plan .Un ourdissoir perfectionné avec sa cantre.
- h'1 fig. 13, le même appareil en élé— ?aiion.
- j qla cantre qui contient les roquets ® snie ou d’aU(re matière filamenteu-a ’ b, deux tubes en verre entre les— passent les fils c, c le peigne envergure dont on voit la structure jj rl'culière et de face dans la fig. 14; in'a el e * tringles horizontales de tell' 1 guides verticaux en fil mè-des Ue’ 9->9' ourdissoir tournant sur 2o ,aPPuis convenables avec axe hori-Poi19 ’ arl,re passant par son centre et <]a rvu d’un pas de vis i,i fonctionnant I’ ® on écrou fixe k; l, manivelle à Ue r.^n,dé de l’arbre h pour faire lour-aus . ourdissoir à la main On peut cJ* e teire fonctionner par voie mé-an,que.
- Diov Op®ral'on de l’ourdissage, au dècr-71 de l’appareil qui vient d’être • ,U’ s exécute ainsi qu’il suit : ^ouvrier ayant relevé le tube su-
- sèna?r en verre & prcnd chaque fil ^renient et successivement d’une le Jere. régulière en commençant par ser *"}!«; puis, avec un crochet à pas-ordmaire, il les tire à travers le
- peigne d’envergure c, c, en passant le premier fil dans la fente qui se trouve dans la dent (fig 14) et le second dans l’intervalle entre deux dents consécutives, et ainsi de suite alternativement jusqu’à la fin en nouant les fils de chaque rang de roquets ou de tel nombre de ces roquets dont on veut faire des musettes ou demi-portées à mesure qu’il a passé ces fils.
- Ce travail terminé, il rabat le tube b sur les fils, puis prend à la main chaque musette ou division quelconque des fils de la chaîne, et la passe entre les tiges-guides d et e en plaçant chacune d’elle séparément dans l’un des espaces entre les guides verticaux f et tournant chaque nœud ou musette autour de la cheville m ; alors il forme son envergure ainsi qu'il suit :
- Le peigne d’envergure c, c est relevé au moyen de la corde n (vue en coupe fig. 15) et maintenu dans cette position en plaçant l'anneau à l’extrémité de la corde sur une des chevilles o. Cette opération a pour effet de soulever chaque fil alternatif qui a élé passé dans les fentes dont sont percées les dents de ce peigne. Dans le pas ainsi ouvert entre les fils, l’ourdisseur introduit une baguette mince en bois, puis abaisse le peigne c, et de celle manière déprime tous les fils qui auparavant étaient levés en croisant chaque fil alternatif. Dans ce second pas, il introduit une autre baguette en bois, puis fait marcher ses deux baguettes en avant en conservant toujours son encroix jusqu’à ce qu’il soit en mesure de placer une des séries de ses fils sur la chevillep et l’autresèriesurlachevilleq ainsiqu’on l’a représenté dans la fig 13. Alors il fait tourner son our< issoir g, g dans la direction de la flèche avec la manivelle l, et la visi en fonctionnant dans l’écrou immobile k, imprime à l’ourdissoir g, g, pendant qu’il tourne, un mouvement transversal ou latéral dans le sens de son axe et de la flèche fig. 12, en enroulant le fil en spirale d’un des côtés de l’ourdissoir à l’autre jusqu’à ce qu’on ait ourdi la longueur désirée.
- On peut atteindre le même but en imprimant un mouvement latéral à la cantre, au peigne d’envergure et aux guides pendant que l’ourdissoir tourne sur place.
- En cet état, l’ourdisseur croise chaque musette, accroche l’urœ des séries
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- de celles-ci sur la cheville r et l’autre série sur la chevilles, et tourne le tout autour de la cheville t. Alors il prend l’encroix de ses musettes et commence à faire tourner son ourdissoir dans une direction opposée pour enrouler dessus une autre série de fils sur la première jusqu’à ce qu’il ait atteint le point de départ de la première. Cela fait, il forme, comme on l’a dit ci-dessus, une envergure fil à fil, et après avoir passé le tout autour de la cheville m, il reprend son envergure et recommence une autre série et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ait un nombre suffisant de fils sur son ourdissoir pour former une chaîne entière.
- Après avoir envergè le dernier tour de ses fils, il sépare ses musettes, les lie ensemble et les tourne sur la cheville m; puis, à chacune des extrémités de la chaîne, il place des cordons ou des cordes sur toutes les envergures formées sur les chevilles et les lie ensemble afin de conserver en bon ordre les envergures de ses fils alternatifs à l’origine et celles des musettes à l'extrémité de la chaîne, telles qu’elles ont été établies sur les chevilles. Enfin, il attache chaque musette entre le peigne c et l’ourdissoir tout prêt à ourdir une seconde chaîne.
- La chaîne entière ainsi formée peut être alors montée à la manière ordinaire surensouple ou bien pliée sur un cylindre creux dit coquille, de la ma nière suivante :
- Les fils ayant été tous détachés de l’appareil à ourdir, on fait tourner un peu l’ourdissoir et passer ces fils sous les rouleaux de guide u, et chaque charge ou enroulement pris tel qu’il a été ourdi est placé dans l’un des espaces entre les fils métalliques verticaux ou guides v v, c’est-à-dire qu’on passe entre chacun de ces guides autant de fils qu’il y a de roquets à la cantre. Or: les introduit alors sous le rouleau w , puis on les remonte sur le rouleau x ( pour les tendre et les ouvrir avant de les passer à travers un râteau ou peigne de pliage ordinaire), et les enroule sur celte coquille à la manière ordinaire.
- Ainsi pliée, la chaîne peut être transportée au métier à tisser , et là le tisserand passe un arbre à travers sa coquille et l’assujettit avec des coins ou autrement dans la position requise.
- Il est évident que dans le mode d’ourdissage ci-dessus décrit, principalement pour des chaînes légères, par exemple celles pour les soieries , les mousselines, etc., les fils de chaîne marchant en ligue directe à partir des
- bobines vers les guides f, f, il y a beaucoup moins de frottement que dans le procédé ordinaire (surtout lorsqu’on se sert d’un plot et que l’angle sous lequel avancent les fils varie à chaque instant), par conséquent qu’il en résulte moins de rupture de fils , et que ceux-ci sont moins sujets à se tordre ou à se brouiller.
- Un autre avantage important, surtout lorsqu’on prépare une chaîné pour un tissu à bandes, c’est qu’on peut employer commodément un bien plu* grand nombre de roquets et épargner ainsi beaucoup de temps et de travail* La tension et la longueur de la chaîne sont aussi maintenues beaucoup plus régulières que par le système employé jusqu’à présent, et le tisserand trouve que son travail est bien plus facile par le parallélisme parfaitement constant des fils entre eux.
- Machine à canneler et faire des moulures sur les lôles.
- Par M. R. Roberts (de Manchester)*
- La machine dont on va donner la description a pour but de faire sur leS tôles des moulures droites ou courbe* pour accélérer la fabrication des appa" refis, des machines et des objets ('e décoration. Ce qui semble en constitue1-la nouveauté, c’est d'abord son heu; reuse disposition pour le travail et «U11 permet de travailler des pièces ne toutes les dimensions, et ensuite l’avan lage quVlle présente de pouvoir cota' poser des séries variées de profils, Par<( que l'un des cylindres servant à cet sorte d’étampage peut être composé plusieurs pièces ou molettes qu'on af( semble entre elles pour en former figure voulue. .
- La fig. lfi, pl. 124, est une vue élévation par devant de la machine* ^ La fig. 17, une section verticale ^ d’avant en arrière prise derrière cylindres. ,
- La fig. 18, une projection horizonta ‘ Les fig. 19,20, 21 et 22, des cj limbes de divers profils comme exe pies du travail fie la machine. g
- Cette machine sc compose de de arbres B et B' qui se prolongent à certaine distance au delà du uoonia latéral du bâti dans laquelle toUL, l’arbre inférieur B. Quant à Larbi-® périeur B', il est monté sur un ch® e mobile et en communication par.l^. roue dentée droite avec l’arbre >°
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- neur à l’aide des moyens mécaniques bien connus pour ajuster correctement •a distance entre deux arbres tournants et dans une certaine étendue,, saris avoir à modifier le diamètre des roues dentées qui leur servent à se commander réciproquement.
- Sur le-; extrémités en saillie de ces arbres, sont enfilés les cylindres D et E qui présentent un certain profil servant à faire les moulures sur les tôles, je cylindre inférieur E est d’une seule pièce , mais celui supérieur D Pe»t être composé d’une ou de plusieurs pièces ou molettes insérées sur l’arbre de la manière la plus convenable pour composer le profil des moulures dont on a représenté un modèle sur une plus grande échelle dans *:i figure 16. Ces différentes pièces ou molettes, quel que soit leur nombre, s°nt rapprochées les unes des autres, efl les faisant glisser sur l’arbre B' qui est creux, au moyen d’une vis F qui fonctionne à l’intérieur et agit sur la partie postérieure du cylindre I) , par • entrernised’une clavelteG qui passe à tfavers l’arbre et la vis, et sur la partie antérieure par un écrou / qu’on serre (*e temps à autre à la main.
- . j’avantage qu'on relire en divisant mnsi les cylindres en deux ou un plus Srand nombre de pièces ou molettes, c°osiste à permettre au métal de renier graduellement sur les côtés et de Renfoncer verticalement afin d’éviter plis, |eS déchirements ou les affaiblissements dans l’épaisseur.
- Des leviers à poids C, C servent à rc-8'er la pression pendant ie passage des tôles.
- . Les moulures courbes représentées dans les figures ont été faites avec la Première machine de ce genre qui ait eté construite à Manchester. Quant à telles droites, elles ont été tirées avec u.ne machine semblable montée posté-r'eurement.
- A peu près tous les degrés possibles 'le courbure peuvent être donnés aux moulures par l’entremise d'un Uoi-®]ème cylindre H, dont l’arbre J. fig. 18,
- ' t les coussinets mobiles s’abaissent ou s lèvent, à l’aide du mécanisme h h . e,‘ avant de la paire des cylindres pour Produire le degré de courbure requis.
- jes lettres A’ (fig. 16) et A (fig. 19) représentent deux paires de cylindres Pour former simultanément la moulure 0 en haut de chacun des deux dômes etl laiton des machines locomotives. Les Cylindres A , fig. 19, ont pour objet de Puer ou canneler le métal et les cylin-Ures A', fig. 16, de terminer d’un seul
- coup les deux moulures qu’on peut ensuite couper en deux sur le tour ou avec une scie. La forme particulière de ces deux moulures permet de les faire ensemble plus facilement que si elles étaient séparées.
- La fig. 20 présente trois paires de cylindres pour former l’astragale auquel sont rivées les plaques supérieure et inférieure de la cheminée d’nne locomotive ; ces cylindres B, B', Bs sont employés, les unes après les autres , dans l’ordre marqué par les lettres.
- On a représenté dans la fig. 21 un couple de cylindres pour tracer la moulure à la base et dans la fig. 22, ceux pour former le corps du dôme d’une machine locomotive. Dans chacun de ces deux cas, on n’a besoin, pour parvenir au but, que d’employer une seule paire de cylindres.
- Lampe de mineur perfectionnée.
- Far M. B. Buuivu
- Cette lampe de mineur perfectionnée , que nous avons déjà annoncée à la p.53,
- ! a été représentée dans les figures 23 à 1 27 de la planche 124. En voici la description :
- La fig. 23 est une élévation vue de ' face de la lampe.
- ! La fig, 24 en est le plan.
- La fig. 25, une section verticale.
- La fig. 26, une section horizontale prise par la iigne 1 , 2 de la fig. 24.
- La lig. 27, le réservoir à huile vu séparément.
- j a est l’enveloppe ou boîte de forme ; demi-circulaire ordinaire et qui est munie d’un anneau b, au moyen du-; quel on peu! la suspendre à un cro-! chet tournant c , fig. 24, attaché à un ' clou ô‘acier d qu’on chasse dans la boni Ile ou dans l’un des étais on bois ; c est le réservoir à huile qui est assujetti sur le fond de l’enveloppe a par des agrafes a' et e', les premières i fixées sur l,o fond de l’enveloppe et les i secondes sur celui du réservoir ; f est i un anneau qui sert à enlever le réser-j voir quand il faut le remplir d’huile ,
- ; et g le bec.
- h est un réflecteur en métal monté derrière le bec sur deux broches i i, fixées au sommet du réservoir et pénétrant dans deux douilles courtes soudées sur la face postérieure du réflecteur ; J, la cheminée, qui peut être entièrement en métal ou principale-
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- ment en gaze métallique. Quand elle est en métal, cette cheminée est munie d’un chapeau k fermé au sommet, mais percé sur le côté d’une série de trous garantis à l’intérieur par un cylindre de toile métallique l. Ce chapeau est fixé sur la cheminée par une vis m , qui, lorsqu’on la tourne, permet de l’enlever facilement.
- n est la porte «le la lampe consistant en un petit châssis en métal divisé en deux compartiments, celui supérieur vis à vis la lumière , fermé par une lame de talc o, et celui inférieur pourvu d’un rectangle de toile métallique p , à travers lequel seul passe l’air nécessaire à la combustion. Cette porte est un peu plus étroite dans le bas que par le haut, afin de pouvoir plus aisément la faire descendre et l’enlever; mais quand elle est en place , elle doit être ajustée très-exactement, et son retour d’équerre n'doit fermer avec précision la coulisse dans laquelle elle glisse. Du reste,elle est maintenue à sa place par une pointe io en saillie sur l’anneau x , et appuyant sur le retour n' ; cet anneau x tourne et s’ajuste dans une retraite formée à cet effet à l’intérieur et dans la partie inférieure de la cheminée, et à son autre extrémité diamétrale, il existe uu œil q correspondant à un œil semblable r.brasé sur le sommet de l’enveloppe a, et sur lequel vient se placer l’autre œil lorsque la pointe w est au milieu de la largeur de la porte n, de façon qu’en passant l’anneau d’un cadenas s dans ces deux pilons, le mineur n’ait aucun accès à l’intérieur de la lampe.
- t, est un assemblage à boule, établi sur le derrière de la boite a, et u , l’aiguille pour nettoyer et attirer la mèche, celle aiguille passe par l’assemblage et par une ouverture dans le réflecteur et se meut librement, dans certaines limites déterminées par une torsion qu’on lui a fait subir près de l’une de ses extrémités et qui l’empêche de sortir de l’enveloppe.
- Lorsque la lampe est introduite dans une atmosphère explosible, le grisou passe à travers la toile métallique p, s’enflamme et brûle dans la lampe avec une flamme bleue; en absorbant l’oxi-gène qui afflue, il éteint la flamme du bec g (à moins de transporter la lampe dans un air pur), mais sans aucun autre inconvénient pour le mineur que la privation de la lumière.
- Pour permettre au mineur de travailler dans une mine chargée d’hydrogène carburé , ce qui est parfois nécessaire, on peut substituer une ouverture
- circulaire couverte en toile métallique à l’ouverture rectangulaire p, comme on l’a indiqué au pointillé dans la fig.23, et faire rendre un tube de caoutchouc sulfuré ou autre matière flexible , à partir de cette ouverture circulaire jusque dans l’air pur pour fournir à la flamme la provision d’oxigène nécessaire à la combustion.
- Au lieu de faire une porte à deux compartiments , l’un contenant la feuille de tôle et l’autre la toile métallique , on peut n’y pratiquer qu’une seule ouverture en substituant au talc de la toile métallique.
- Nouveau procédé hydrométrique.
- Par M. P. Boileau, capitaine d’artillerie.
- Dans le mémoire relatif à mes expériences de l’année 1845 (le Technolo-giste, 8e année , p. 89 et 525 ), j’ai fait ressortir les inconvénients du tube de Pitot et ceux des moulinets de tout genre; j’ai proposé en outre un hydro-dynamomètre qui a l’avantage de dispenser d’une montre à secondes, ajoute à celui d’une sensibilité à peu près indéfini , et enfin peut accuser les moindres variations dans la vitesse de chaque région d’un cours d’eau. Cet instrument serait donc à peu près sans inconvénient s’il ne soulevait la question de la résistance des milieux qu’on ne saurait regarder comme exactement résolue-Il fournit à la vérité pour les éludes rela* ti ves à cette question un moyen d’observation très-précis dont j’ai déjà déduit quelques documents nouveaux, et qul ont paru dignes de l’approbation de l'N cadémie. J’ajouterai que des observations plus récentes ( le Technologie' 9e année, p. 95,324; 10 année, p. 37»? 494) m’ont conduit à penser que *e coefficient du carré de la vitesse dans l’expression, comme de la loi de la résistance des milieux , varie notablement avec cette vitesse quand elle devient inférieure à 0m,50, de même que leS coefficients de contraction des veincS liquides présentent de grandes varia' tions quand lescharges sont très-faible?’ résultat qui vient à l’appui des consi-' dérations sur lesquelles M. Poncelet (») a basé son remarquable essai sur <-*n théorie du choc et la résistance de fluides indéfinis. t
- En attendant que les résultats de 1 e
- (îj Introduction à la mécanique industrielle p. 671 (1839).
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- périence aient été complétés, il paraît donc utile de fournir aux ingénieurs un procédé hydrométrique général et immédiatement applicable , exempt u inconvénients pratiques.
- Soient AB, fig. 28. pl. 124, la surface du cours d’eau , et P le point de ce cou-rant dont on veut connaître la vitesse; concevons un petit tube en cuivre a,a',b uiaintenu horizontalement par une rè-8'everticaleF,G, d’une faibleépaisseur, el taillée en biseau vers l’amont. Ce tube débouche par un évasement allongé b dans un tuyau C.D.E, en caout-chouc,en gutta-percha ou même en taffetas gommé dont la génératrice supérieure arrive en B tangentiellement ? la surface liquideA,B;en cet endroit, p Sengage dans une buse métallique *gK., terminée par un orifice identi-iîUe à celui d'entrée du petit tube a,a'.b-, celte buse a sa génératrice supérieure horizontale, de sorte que le sommet de
- O, ifice de sortie K est sensiblement SUr le prolongement de la surface A,B, e.t elle s’assemble dans la surface antérieure e,f d’un récepteur métallique R.
- est certain que les pressions statistiques sur l’orifice d’entrée a se neutraliseront, et que le mouvement du ''fluide dans le système aura lieu en vertu de la pression impulsive produite par la vitesse du cours d'eau en P, diminuée toutefois de la résistance des parois. En conséquence , le volume d’eau vcrsè dans le récepteur R par seconde Pourra servir, après une tare préalable , 0 déterminer la vitesse cherchée. Pour «assurer de l’efficacité de ce moyen d observation simple et général, il suffit des considérations suivantes :
- 1° Le tuyau flexible C,E,Daura doc longueur un peu plus grande que a limite des profondeurs auxquelles °n voudra parvenir. A mesure qu’on enfoncera dans le courant liquide le Pefft tube a, a\ b . le récepteur se rap-pcochera et la longueur totale îles pa ,,0ls restant constante, les résultats de expérience seront parfaitement comptables , surtout si l’on a soin de gar-*J,r les coudes d’une petite lame d’acier d de cuivre qui en maintienne la ^rbure;
- . Lorsque le petit tube a, a', b sera res-voisin de la surface ou tournera os coudes dans le sens horizontal, de ,0rle que l’influence de la résistance es parois , qui est indépendante de la
- P. ress'on , ne sera sujplle à aucune va-
- provenant de la position rela-yo de l’instrument;
- Cette résistance sera très-faible et me négligeable, si l’on donne au
- tuyau flexible C, E, D un diamètre très-grand par rapport à celui de l’orifice d’entrée a, de sorte qu'on pourra faire le tuyau très-long sans inconvénient ;
- 4° Il faut remarquer en outre qu'une longueur de I,n,50 sera suffisante, même dans dis cours d’eau de plusieurs mètres de profondeur. En effet, les expériences de M. l'ingénieur Delontaine et celles de M. le colonel d'artillerie Hennocque , exécutées sur un bras du Rhin . près Strasbourg, montrent que les vitesses sur une verticale diminuent à partir du fond comme les ordonnées d'une parabole. Celles que j’ai faites , en 1845 , dans un canal rectangulaire réglé , ont prouvé que cette loi parabolique, trouvée théoriquement par M. Sonnet. peut être regardée comme suffisamment approximative entre !e fond et le point de la verticale où a lieu le maximum de vitesse. Or ce point, lorsque l’air est calme, se trouve à une faible distance de la surface, et quand on l’aura trouvé , il suffira de faire en dessous un très-petit nombre d’observations de vitesses pour déterminer exactement les coefficients A et R de la formule
- v = A -f Bz2,
- z élant la distance du point dont la vitesse estu à la surface du courant liquide ;
- 5° L’instrument étant mis en station on débouchera brusquement l’orifice d’écoulement K, en tenant à la main, sous cet orifice, un petit vase quelconque , dans lequel on fera couler préalablement le liquide afin de laisser le régime s’établir. Au moment où on retirera ce vase , on commencera à compter le temps de l'écoulement;
- 6° Ce tems pourra être très-long, car le récipient R, qui ne sera pas large , peut être allongé autant que l’on voudra sans inconvénient, et l’on peut laisser l’eau y monter jusqu’à une très-faible distance au - dessous de l'orifice K ;
- 7° Lorsque l’expérience sera terminée, on soulèvera le récipient R , on le videra au moyen d’une ouverture de fond dans une éprouvette graduée en cristal conservée à l’abri du soleil;
- 8U Quant, au mode de suspension de ce récipient et de direction de la tige méplate F, G, il sera toujours très-facile c-t l’on adoptera celui nui conviendra le mieux aux localités. Nous recommanderons seulement de tracer sur la tige F, G un ligne droite qui soit bien perpendiculaire à l’axe du petit
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- tube a , b , afin que celui-ci puisse être placé horizontalement à l’aide du fil à piomh.
- ./Vote sur la fabrication des rails. Par M. Ch. Etienne, ingénieur civil.
- Nature des fers à employer. La nature des fers employés dans la fabrication des rails doit être en rapport avec les conditions qu’ils sont appelés à remplir, et varie pour ainsi dire avec elles.
- Les chocs auxquels les rails sont incessamment exposés pourraient être la cause de dangers, si on ne s’appliquait à se servir de fer d’une dureté suffisante , et le frottement de roulement qui est continuel produirait une détérioration trcs-coûteuse, si cet inconvénient n’était évité par l’emploi de fers offrant une grande résistance par la cohésion des molécules.
- Le frottement de roulement suscite dans les molécules des rails, une tendance incessante à s'écarter les unes des autres, et leur désagrégation se présente sous la forme de parcelles qui se détachent successivement de la surface du rail et le mettent bientôt hors de service.
- Pour résister à celte force destructive, il faut donc qu’elles possèdent une grande force d’attraction ; or les mol-lécules d’un corps ont une force attractive d’autant plus grande quelles s’écartent davantage de l'ctat de cristallisation ; les fers à cassure cristalline doivent donc être évités, si on veut obtenir des rails offrant de la résistance
- Les fers dont la cassure offre des grains lins, à structure irrégulière , remplissent parfaitement les conditions voulues ; ces fers sont appelés fers forts, ils sont produits par le; minerais siliceux, exempts de soufre et de phos-. phore.
- Traitement des fontes — Puddlage Le bas prix des raiis ne permet que l'emploi des fontes au coke , et la méthode d’affinage anglaise. Les fours de puddlage ont des dimensions plus grandes que ceux où l’on traite les fontes pour le fer de commerce; les charges sont de 200 kilogrammes ; leur nombre est de 12 à 13 en moyenne; le déchet varie avec la nature des fontes ; il est en général de 12 pour 100 dans les usines du nord et de la Belgique.
- On a essayé à Couillet l’introduction de plusieurs poudres dans le puddlage,
- mais cette innovation n’a produit que peu d’effet; aussi n’a-t-on pas tardé à renoncer à ces expériences.
- La fonte destinée à faire lescouvertes des rails est traitée dans des fours spèciaux , avec additions de calcaire ; le calcaire débarrasse cette fonte du soufre et du phosphore, et ne lui donne pas, comme le pense l’ouvrier, une structure grenue.
- Cinglage. Les balles de fer puddlè sont cinglées au marteau frontal , à la presse ou aux cylindres ébaucheurs.
- Le cinglage au marteau est préférable aux autres, parce qu’il épure mieux le fer et lui donne plus de ténacité, mais il ne convient qu'aux fers forts ; il écrase et fait éclater les balles de fer tendre.
- Le cinglage à la presse convient aux fers qui participent aux propriétés des fers forts et des fers tendres ; ce mode est usité à Decazeville.
- Les cylindres sont employés pour les fers tendres.
- A Maubeuge et dans quelques usines de la Belgique on ne se sert que de ce procédé pour les fers de nature quelconque.
- Aux forges d’Anzin , on cingle les loupes sous le marteau presse , invente par M. Guillemin ; ses effets tiennent le milieu entre'le marteau frontal et la presse ; les résultats obtenus se distinguent par la qualité des fers et l'économie du cinglage.
- Laminage. Les paquets destinés à faire le rail, sont formés ainsi quelefer corroyé , de bandes d’inégales largeurs, afin que les joints s’entre-croi' sent ; pour les rails de 37 kilogrammes» au mètre courant,qui sont le plus en usage en ce moment; les largeurs sont 0,10. 0,055, et l’épaisseur est de 0,025*
- D’après le cahier des charges , leS rails doivent être faits avec une pr°' portion déterminée de fer puddlé et d*5 fer corroyé ; le fer puddlé forme I'1 nervure , et le fer. corroyé , les chai®' pignons qui se trouvent directemen exposés au frottement de roulement» le fer corroyé y entre pour un tiers, e le fer puddlé pour les deux autres tier5*
- Les trousses pour corroyé sont en ^ brut, leur poids varie entre 150 et kilogrammes.
- Dans quelques usines, on utilise Ie* bouts de rails pour la fabrication d corroyé ; ces bouts sont placés dan^ l’intérieur des paquets et sont ma*0' tenus par des barres de fer brut, relief par du fil de fer; les interstices s°n comblés par des rognures; quand reste des vides trop considérables, *e
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- fÇaz s’y accumulent et font explosion au laminoir.
- Il faut éviter ces explosions, parce qu’elles rompent les fibres du fer; on obtient du reste un excellent corroyé , puisqu’il est formé en grande partie de fer déjà corroyé.
- On n’a qu'une espèce de four à réchauffer pour les couvertes et pour les rails ; comme les fours à puddler. ils °ntdes dimensions un peu plus grandes que les fours ordinaires.
- Composition des paquets pour rails. Le fer corroyé, qui doit former les couvertes des paquets, n’est composé que d’une seule barre ; sa largeur est égale à la somme des deux autres, c’est-à-dire , 0"\10 -f- 0m,0o5 = Om, l55.
- On varie la forme des paquets sui-vant les usines, sans toutefois s’éloigner des deux conditions fondamentales qui sont que la quantité du fer corroyé doit être le tiers de la totalité, et qu'il •luit être à l’extérieur de manière à former les bourrelets.
- La nature hétérogène des fers qui entrent dans la composition des paquets Luit naître de fréquents defauts de soudure à la jonction du fer corroyé et du fer puddlè ; il faut donc avoir soin de choisir des barres dont la composition chimique diffère le moins possible, et pour cela , il faut remonter à la nature des fontes, faire un triage dans les barres de fer, de manière à réunir ensemble toutes celles qui ont été fournies Par des fontes homogènes.
- Lour des rails de 37 kil. au mètre c°ürant, le poids des paquets est de 200 kilogrammes; on en charge 4 par fournée, le déchet est de 8 à 9 pour 0/0.
- Le côté du paquet qui repose sur la ®°le , doit être retourné vers le milieu de l’opération, afin d’acquérir le même degré de température ; la négligence de celte précaution a souvent donné lieu a des rails mal soudés d’un côté.
- Les paquets, au sortir du four, sont */eÇussur un petit chariot en fer et conduits aux cylindres dègrossisscurs. Ces cylindres soudent le paquet; ils ont 'r°is cannelures dans certaines usines ci quatre dans d’autres ; ce dernier Nombre est préférable.
- Ces cylindres portent une cinquième CaUnelure qui commence à former la Section du rail ; le paquet passe ensuite dans une deuxième paire de cylindres 9ui portent 5 à 6 cannelures dont les jetions se rapprochent successivement de celle du rail, jusqu’à la dernière qui est un peu plus grande afin de corriger
- effet de la contraction.
- Le nombre des cannelures dépend
- de la loi de décroissement qu’on veut adopter; il n’est pas possible de donner une règle mathématique pour déterminer cette loi, car elle varie avec la nature des fers, qui peuvent être plus ou moins durs et exiger par suite une pression plus ou moins forte.
- La beauté du rail dépend du tracé des cannelures; lorsque la loi de décroissement n’est pas en rapport avec la résistance du fer à l’étirement, on court le risque d’avoir des rails criques; en effet, si le nombre des cannelures est insuffisant, la résistance à l'étirement devient trop forte et le rail se déchire; si le nombre des cannelures est trop considérable, le rail arrivé aux dernières, n'a plus une température assez élevée pour se prêter au laminage; la résistance s’accroît dans une proportion énorme, et il se déchire encore.
- Les rails dont la surface offre le plus beau poli, au sortir du laminoir, sont ceux qui proviennent de fers tendres; dans ceux-là , les molécules glissent facilement les unes sur les autres et offrent une moins grande résistance à la pression ; dans les fers forts, la cohésion étant plus forte, les molécules éprouvent une résistance beaucoup plus grande pour se séparer les unes des autres; les forces motrices et les forces résistantes deviennent trop inégales et les fibres se rompent.
- La nature du fer peut donc seule servir de guide à la détermination des lois de décroissement, en observant que la pression des cylindres doit être la plus petite possible.
- Dressage. Le rail, au sortir du laminoir, est traîné sur une table à dresser ; celte table est en fonte.
- A l’aide de pinces. deux ouvriers saisissent le rail à chaque extrémité, le soulèvent à une certaine hauteur et le laissent retomber sur la table ; ils recommencent cette opération sur les quatre faces . puis, à l’aide de marteaux en bois, frappent sur les parties ondulées , ce dressage n’est que préalable.
- Lorsque les rails sont refroidis, on les soumet à une vis de pression , afin de faire disparaître toutes les inégalités: pour cela, on les fait glisser sur deux rouleaux assez rapprochés, et un dresseur exercé dirige les parties ondulées sous la vis que font mouvoir deux ouvriers.
- Le dressage des rails est un point très-important; lorsqu’ils ne sont pas droits, le parallélisme est détruit sur la ligne, et il en résulte un mouvement
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- de lacet très-désagréable pour les voyageurs.
- Coupage. Lorsque les rails sont dressés, on les coupe pour leur donner la longueur voulue ; le coupage se fait à la scie ou à la tranche.
- Coupage à la scie. Le coupage à la scie se fait de la manière suivante : on a deux scies circulaires mues par un même moteur tournant parallèlement à leurs plans et séparées par une distance égale à la longueur du rail, plus la quantité que le refroidissement et l’ajustage font disparaître; le rail, au sortir du laminoir, est amené devant les deux scies et placé sur deux supports qu’une crémaillère engrenant dans une roue dentée fait avancer de quantités égales aux profondeurs de l’entaille par unité de révolution.
- Dans beaucoup d’usines, on ne coupe qu’un bout à la fois.
- On chauffe alors l’extrémité à couper dans un petit four à réverbère : le pont et l'autel de ce four sont peu élevés; sur la face opposée à la porte de la grille, est une plaque en fonte, percée de trois ou quatre ouvertures qui ont une section semblable à celledu rail.
- Dans les usines où la fabrication est importante, on a deux fours semblables, placés en regard l’un de l’autre et aboutissant à une cheminée commune, divisée en deux compartiments pour le passage de la fumée.
- Coupage à la tranche. L’autre extrémité du rail est coupée à la tranche; dans quelques usines, les deux extrémités du rail sont coupées par cette seconde méthode; on engage l’extrémité rouge du rail entre deux mâchoires qu’une vis de rappel fait glisser dans deux rainures verticales et qui, rapprochées , offrent la section du rail.
- Le coupeur pose une tranche à tête sur la mai que faite d’avance avec un ciseau , et deux ouviiers frappant alternativement sur la tète de la tranche , font tomber l’extrémité du rail ; le coupeur ébarbe immédiatement à la lime la section encore chaude.
- Ajustage. Quelle que soit la manière dont on ait coupé le rail, il faut encore l'ajuster, afin que sa section soit parfaitement plane et perpendiculaire à l’axe, l’ajustage se fait à la lime ou à la cisaille ; l’ajustage à la lime n’offre rien de particulier; l’ajustage à la cisaille se fait en engageant l’extrémité du rail entre les mâchoires d’une cisaille , pendant que l’autre extrémité repose sur un appui; une vis de rappel pressant contre celte extrémité, fait avancer ce rail d’une petite quan-
- tité ; on continue ainsi jusqu’à ce que la section du rail soit plane.
- Il faut que l’axe du rail soit bien perpendiculaire au tranchant de la cisaille; ces cisailles sont plus pesantes et plus dures que les cisailles pour fer marchand.
- Le rail est alors terminé et la réception en peut avoir lieu.
- Avant d’indiquer le mode de réception , il est bon de s’arrêter un instant sur des considérations relatives à la fabrication.
- Considérations générales. Dans la fabrication des rails , il faut s’attacher à la nature de la fonte , moins encore qu’à son traitement.
- Deux ouvriers travaillant à la même fonte obtiendront, l'un du fer nerveux, l’autre du fer à grains; l’un produira du bon fer avec une fonte médiocre . l’autre produira du mauvais fer avec une fonte d’excellente qualité.
- Un coup de feu donné mal à propos suffit quelquefois pour donner ce résultat; si on fait une trousse en mélangeant les barres provenant du travail de ces deux ouvriers , on est certain d’obtenir un fer de mauvaise qualité.
- Les caractères propres à chaque barre de fer se manifesteront au laminage et au réchauffage; la température et la pression qui conviendront aux unes ne conviendront point aux autres. Le fer qui en résultera sera ou mai soudé ou brûlé , ou criqué. Ces défauts seront plus grands encore, si l’on fait les trousses avec des barres provenant de fontes de natures différentes ; la texture ne suffit plus pour faire reconnaître leurs propriétés ; deux barres de fer auront le même grain . cl cependant leur composition chimique sera différente ; il leur faudra donc aussi un traitement différent. Ce mélange des fontes ne doit se faire que pendant le puddlage. Si le champignon du rail est fait avec un fer corroyé provenant de barres hétérogènes , on reconnaîtr® à la cassure les mises successives, séparées par des lignes noires qui seront d’autant plus marquées que le défaut d’homogénéité sera plus grand.
- Ce caractère est l’indice d’une mauvaise soudure ; et comme après le laminage les mises n’ont plus qu’une faible épaisseur, elles se détachent sous forme de pailles qui ne lardent pas a mettre le rail hors de service» Si les mises du fer corroyé, quoique bien soudées entre elles , diffèrent trop parleur natuiedufer puddlé qui foru)e le corps du rail, il y aura encore defaut de soudure , et le bord du cbatn*
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- pignon se fendra suivant la ligne l de jonction du fer puddlé et du fer corroyé.
- Le fer corroyé ne doit donc pas être trpP épuré, tandis que le fer puddlé doit l’être le plus possible, afin que les trousses ne soient pas composées de parties trop hétérogènes, et que les propriétés des unes ne nuisent point à celles des autres.
- Quelques fabricants prétendent que •es défauts du fer corroyé disparaissent au réchauffage ; c’est une erreur, car si • on pousse le réchauffage à une température trop élevée, le fer sera cassant.
- Les défauts de soudure ne disparaissent pas non plus au laminage , car il est bien évident que les libres qui ne pourront passe souder, à cause du banque d’affinité , n’acquerront point cette propriété en s’allongeant; le défaut ne fera que s’étendre.
- Comme la dureté et la ténacité sont deux qualités essentielles dans les rails, d serait bon, lorsque le paquet est au nlanc, de le soumettre au choc d’un •flarteau frontal ou d’un marteau-pilon; ?fl remettrait ensuite le paquet au four a réchauffer pour le passer de là au la-•ninoir.
- Réception. Les compagnies de che-flflus de fer délèguent dans les usines An agent spécial qui est chargé de surfiler la fabrication et de faire la réception des rails ; ce doit être une jussion toute de confiance , car le défaut de probité a quelquefois produit des pertes énormes pour les compagnies.
- Cet agent doit s’occuper attentivement de toutes les branches de la fabrication , s’assurer de la nature des fontes , des mélanges faits au puddlage et du travail d’affinage, observer si l’on Separe les barres provenant de fontes °fl de traitements différents, et si les Paquets à rails sont bien faits.
- L doit s’assurer également que les cannelures des cylindres sont bien tra-j:ees, que les pressions ne sont ni trop 0rtes ni trop faibles, et qu’on a soin de
- es porter fréquemment sur le tour, aim de
- conserver une section toujours
- egale.
- Pour la réception proprement dite ,
- A fait placer les rails sur deux tré-.e,aAx, on vérifie les longueurs à l’aide Afle jauge en fer, puis on examine Accessivement les quatre faces pour assurer qu’elles sont exemptes de Pailles, criqûres et de défauts de s°Adure.
- nPPe Petites pailles régnant sur une m»te étendue, des criqûres sans pro-
- ! fondeur ne sont pas des motifs de rebut; le défaut le plus grave et le plus difficile à observer est le défaut de soudure. Ce défaut n’existe presque jamais qu’à la jonction du fer corroyé et du fer puddlé ; il est indiqué par une ligne longitudinale qui s'étend quelquefois sur toute la longueur du rail ; à l’aide du marteau , on reconnaît au son si la soudure est bonne en frappant sur la section du rail , puis sur la ligne de jonction des deux fers. On reconnaîtra facilement si les extrémités sont bien soudées,, car, dans ce cas, aucune fente ne se manifestera ; dans le cas contraire, le fer corroyé se détachera du fer puddlé, suivant la ligne ondulée des deux mises.
- Ce défaut doit toujours être un motif de rebut ; s’il ne règne que sur une petite longueur , on coupe la partie non soudée, et l’on fait un rail d’une longueur exceptionnelle adoptée par les compagnies. La proportion de ces rails ne doit pas dépasser une certaine limite fixée d’avance.
- On s’assure ensuite de la résistance à la pression en plaçant les rails sur deux appuis distants l’un de l’autre d’une quantité déterminée par le cahier des charges, et en les chargeant de poids on obtient des fièches de courbure dont les grandeurs serviront à déterminer les coefficients d’élasticité des rails et leur résistance.
- On les essaye ensuite au mouton, afin de connaître leur résistance au choc. Quand le fer est bon, le rail se courbe sous le choc et tend à revenir à sa forme première ; on le retourne sur la face opposée et on lui fait subir un nouveau choc; s’il résiste , ce sera un nouveau témoignage de sa bonne qualité. On poursuit l’expérience jusqu’à la rupture ; alors, en examinant la cassure, on remarque qu’elle est formée de parties saillantes et de parties rentrantes, les fibres du fer semblent avoir été arrachées du corps du rail; elles sont recourbées et hérissées de petits crochets très-pointus.
- Il est rare qu’on arrive à obtenir des rails d’aussi bonne qualité.
- L’usine de Couillet, qui se distingue par la supériorité de sa fabrication, en fournit souvent.
- Le poids du mouton et la hauteur de laquelle il tombe, fournissent les éléments nécessaires pour calculer la résistance du rail à la rupture par le choc ; cependant l’élasticité variable des terrains, sur lesquels reposent les appuis, ne permet pas d’arriver à un calcul exact.
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- PBIX DE REVIENT DUNE TONNE DE RAILS FINIS,
- Calculé d'après la moyenne des prix du Nord.
- MATIÈRES PRODUITES. Prix de revient des matières brutes , les 1000 kilog. Quantités de matières emplo ées pour 1000 kilog, de fer produit. Prix de revient des quantités employées. OUVï spéciaux, tlERS manœuvres O si o 2 s o S | Frais j d’entretien. Frais d’administration. Intérêts du capital et fonds de roulement. I Dépense totale ! pour 1000 kilogrammes de fer produit. ORSERVATIONS.
- fr.
- Fonte 160 . . . : . Le prixdesfon-
- tes étant exces-
- ( Fonte 160 1160 185.60 sivement varia-
- Fer puddlé. ] 12.00 1.50 0.45 2.00 1.00 4.10 229 15 biü 9 il lit? faut considérer le
- (Charbon. . . 18 1250 22.50 prix indiqué ici
- que comme se
- | Fer puddlé. , 229.15 1120 256 01 rapporlantà une
- Fer corroyé. < 3.35 1.50 0.45 2.00 1.00 4.10 282.84 usine et à une
- (Charbon. . . 18.00 800 14.10 époque déter-
- minee.
- /Fer puddlé. . 229.15 710 169.57 N
- Rails bruts. J Fer corroyé.. 282.84. 370 101.65 < 3.50 1.50 0.45 2.00 1.00 4.10 309.27
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- — 407 —
- désignation des espèces, j Prix de REVieîi — T DU RAIE FIXE Totarpar 1000 kilogrammes.
- Prii par 1000 kilogrammes.
- Rails bruts 309.27
- Dressage à chaud. 0.30 /
- id. à froid 1.60 \ 314.07
- Coupage., , ...... 1.00 /
- 1.20 l
- Réception et rebuts.. ..... 0.70 ..... 1 . 1
- Comme on le pense bien, les données *j,après lesquelles le prix de revient ,Une tonne de rails a été calculé , va-rient d’une usine à l’autre. Ce tableau tle. pourra donc servir que comme Suide dans le calcul des prix , il est 110 reste assez approximatif. Si l’on j;*prime par x le prix variable de la °ute, par c un coefficient à peu près onstant, renfermant toutes les autres uonnées , telles que consommation , ^ain-d’œuvre, etc., qui ajoutées au P.r,x de la fonte donnent le prix de re-•entdu rail, nous aurons, en désignant pr y le prix de revient du rail, l’équa-ioti C# ;= y ; x et y sont deux varia-es* dont l’une peut toujours être con-j d’avance. Connaissant le prix de Vj foule, on connaîtra le prix de re-ent du rail, qui permettra de fixer le Pr>* de vente.
- Connaissant le prix de vente, on J, u.rrase donner une limite du prix de v.,ent du rail, et savoir à quel prix on jw11 acheter la fonte ; en appliquant Quation au tableau ci-dessus, on au-n u {60 C = 314,07, d’où C =1,90. Ce itn P<?rmctlra de se rendre compte p ^diatement du prix auquel on OA.rra acheter et du prix auquel on P°Urra vendre.
- ^Sectionnement dans la construction des locomotives.
- Par M. Kamsbottom.
- Sans discuter ni le mérite des diver* es ‘nstaUations et dispositions des piè-
- ces de travail dans les machines locomotives, j’ai pensé qu’il y avait lieu de présenter, quelques observations touchant la partie la plus vitale de ces machines, celle d’où dépend nécessairement la marche satisfaisante de tous les détails, je veux dire la chaudière.
- Avant d’entamer le sujet qui fait l’objet immédiat de cette note, il est utile de rappeler une ou deux objections qu’on peut éiever contre les chaudières deslocornolives telles qu’elles sont construites aujourd'hui et telles qu une longue expérience les a présentées à l’examen de l'auteur. On décrira ensuite une forme de chaudière qui paraît jusqu’à un certain point avoir été calculée pour remédier aux défauts en question.
- Il est à peine nécessaire de faire remarquer que la force absolue d’une locomotive, ou de toute autre machine à vapeur est rigoureusement proportionnelle à la quantité de vapeur que la chaudière de cette machine peut produire dans un temps donné, et les physiciens s’accordent en général à reconnaître que la quantité d’air atmosphérique exigée (ou d’oxigène qui est l’agent de la combustion) ainsi que celle du combustible sont en proportion directe avec la quantité d’eau évaporée, ou en d’autres termes que pour produire une plus grande quantité de vapeur, il est nécessaire non-seulement de fournir un plus grand poids de combustible, mais aussi piusd’air atmosphérique en proportion de la quantité de vapeur produite.
- On sait que quelques-unes des locomotives qui ont été construites dans ces derniers temps ont de deux à trois fois
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- plus de surface de chauffe que celles qu’on établissait il y a huit à dix ans , et par conséquent qu’en faisant une augmentation proportionnelle de travail elles exigent qu’on lasse passer en même temps dans le foyer de deux à trois fois la quantité d'air qui suffisait aux anchnnes machines.
- Les pièces de travail de ces machines ont aussi été augmentées dans leurs dimensions. Les cylindres de 12 pouces (0m.3048; ont été portés à 15 ou 16 (0“\38L à 0m,404), la course de 16 pouces (0m.406) à 20 et 24 0m,5l8 à 0m,6IU) et les roues motrices de 4 pieds 6 pouces (t,n,2l9;> à 6 pieds (lm,828)de diamètre.
- Malgré toutes ces augmentations et ces perfectionnements, il y a néanmoins toujours deux éléments qui n’ont subi que de très - légers changements, savoir le diamètre du tuyau de tirage par la vapeur et celui de la partie cylindrique dv la chaudière , et comme la totalité de la vapeur (après avoir rempli ses fonctions dans les cylindres) est chassée en un jet dans la cheminée afin de produire le tirage nécessaire dans le foyer, et que la force
- requise pour produire ce jet est autant d’ernprunlè à la force brute de la machine, il en résulte que plus est petit le
- tuyau de vapeur proportionnellement a
- la surface totale de chauffe de la chaudière, plus grande aussi est la résistance à l'action du piston , et plus, par conséquent est considérable la perte provenant de cette source.
- D’après des observations faites sur des machines sous la surveillance même de l’auteur, il paraîtrait que tandis que la surface de chauffe des chaudières des locomotives a été augmentée de 400 pieds carrés (37,16 mèt car.) (année 1842) à 987 pieds carrés (91,69 mèt. car.) (année 1846), le tuyau de vapeur n’a pas reçu le plus léger accroissement en diamètre, au contraire, dans le dernier cas on a réduit son aire de section dans la proportion de 12,5 pouces carrés (80,64 cent car ) à 8,25 (53,22 cent, car.'. De manière qu’en divisant I* surface totale de chauffe ou aire de production, ainsi qu’on pourrait l’appe* 1er, par la dimension dn tuyau de va' peur ou aire d'évacuation prise pour unité , on obtient les résultats très-in* struclifs que voici :
- Époque
- Numéros dos machiues. de leur coustraction.
- Aire du tuyau de vapeur.
- Surface de chauffe.
- 24 1842
- 20 1842
- 25 1846
- 30 1846
- 1 4008
- 1 5044
- 1 7961
- 1 12960
- Dans le dernier cas, il paraîtrait donc que la surface de chauffe a été presque triplée proportionnellement à la dimension du tuyau de vapeur, comparativement à la machine n° 24, et la chose est évidente quand on saura que la machine n° 30 a le même diamètre quecellen°24, et par conséquent que l’aire des carneaux (qui, d’après la règle générale doit être comme le carré du diamètre de la chaudière) n’a été que très-légèrement augmentée, tout l’excédant de la surface de chauffe ayant été principalement obtenu par l’agrandissement de la boîte à feu, en y introduisant une cloison mitoyenne, et en augmentant la longueur plutôtque le nombre des tubes.
- Il n’est pas nécessaire d’établir jusqu’à quel point le diamètre des cylindres peut affecter la dimension du tuyau de vapeur, ni de rechercher la quantité de force que ce tuyau absorbe, quoiqu’on puisse dire que l’expérience a démontré que cette quantité s’élève de 10 à 20 pour 100 de celle brute de
- la machine, suivant le nombre, le diamètre et la longueur des tubes, et de plus suivant la vitesse de marche de la machine. Toutefois on doit bien remar* quer que, terme moyen il faut dans leS circonstances ordinaires un certain de-gré de vide dans la boîte à feu égal a une colonne d’eau de4pouces (0ni,10t6) et que le degré d’exhaustion dans 1® boîte à fumée doit être naturellement plus considérable que ce chiffre, Pa^ suite de la résistance que présentent les tubes au passage des gaz chauffés de la boîte à feu dans celle à fumée.
- D’après des expériences faites il y a deux ans et demi environ sur une m®"' chine à surface totale de chauffe d® 987 pieds carrés (91,69 mèt. carw portant 147 tubes de 1 3/4 pouce. (0ra,038) de diamètre extérieur e 13pieds lOpouces 4m,2l6) de longue!ir’ l’auteur a trouvé que cette dernicf force était à toutes les vitesses tf°l fois aussi grande que la première, 0 ’ en d’autres termes, qu’il fallait dépens 66 pour 100 de la force totale du jet a
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- vapeur pour surmonter la résistance que présentaient les tubes au passage des gaz brûlants, en laissant 33 pour m seulement pour opérer sur le combustible , et c’est sur le défaut résultant de cette aire de circulation comparativement bornée de chaudières telles qu’on les construit aujourd’hui que l’auteur cherche à attirer particulièrement l'attention et auquel il Propose de remédier de la manière suivante :
- Il propose de construire la boîte à leu en cuivre avec un toit en voûte dont le sommet serait, à peu de chose Près, aussi élevé que celui de la portion cylindrique de la chaudière Cette boîte peut, comme de juste , être de fugueur quelconque sans réduire sensiblement la force du toit, et elle n’exi-8era plus ces barres ou boulons d’écartement qui sont si essentiels à la sécurité des boîtes à toit plat, et qui, P^ur une machine de dimension modérée , ne pèsent pas moins de 400 ii— vres (18lkil-,36).
- Avec une boîte de cette espèce , toute *a partie cylindrique de la chaudière Peut être remplie de tubes, et par con-c°nséquent, on peut supprimer la totalité des barres d’écartement. Dans l’exemple présent, il y a 225 tubes de ~ pouces (0m,0507) de diamètre exté-rteur, l’enveloppe de la chaudière eh)nt 3 pieds 8 pouces (lm, 117) de diamètre et 10 pieds (3m,018) de Ion-Sueur , la surface totale de chauffe de la boîte à feu est de 80 pieds (\m'c-,42), celles des tubes, 1,177 Pieds (109m c-,343), faisant un total de surface de chauffe de 1,257 pieds 916'“f-,76).
- Une semblable disposition suppose •a nécessité de maintenir la chaudière Pleine d’eau , et il est par conséquent ‘pdispensable d’avoir une chambre dis-bncte de vapeur. Cette chambre con-sisie en un cylindre de 13 pieds(3m,962) be longueur et 20 pouces (0m,507) ae diamètre fixé parallèlement sur la Partie cylindrique de la chaudière ou, ü,nrnepn peut l’appeler maintenant, b*1 générateur. Ce tube , qui a une ca-Pi'cilé cubique de 28 1/3 pieds cubes L Cub',80), est en communication à lacune de ses extrémités avec le gé-crateur. On propose de faire occuper ^ eau environ un quart de la capacité ce tube, et de laisser un espace net e, tr°is quarts ou environ 21 pieds oes (0m cub,594 ) pour la vapeur. ç es*: un réservoir de vapeur déjà plus ÇLnsidèrable que dans la plupart des audières actuelles, et, d’après des
- £e Terhnologiste. T. XI. —Janvier 1850.
- motifs rapportés plus bas, fauteur pense qu’il sera suffisant , quoiqu’il soit facile de l’augmenter , en faisant croître légèrement le diamètre de la chambre à vapeur, laquelle, comme ou le voit à présent, est de 12 pouces (0m.3048) moins élevé que le dôme de vapeur actuel.
- Robert Stephenson a démontré expérimentalement que la force génératrice de la boîte à feu en cuivre était trois fois aussi considérable par unité de surface que celle des tubes, et indépendamment de cette autorité, les ingénieurs-constructeurs de locomotives s’accordent généralement à reconnaître que la grande masse de la vapeur générée dans une chaudière de locomotive se forme sur la surface de la boîte à feu en cuivre et sur les 18 ou 20 premiers pouces(0m,457 à 0m,508) de longueur de tubes. Comme la totalité de la vapeur est contrainte de s’elever à travers le corps de l’eau avec laquelle elle est à ce moment mélangée mécaniquement, et comme le pouls spécifique de ces fluides mélangés est beaucoup moindre que l’eau comparativement non mélangée à l’extrémité de la chaudière du côté de la boîte à fumée, il en résulte qu'il y aura une vive circulation dans.le générateur et la chambre à vapeur. Le mélange de vapeur et d’eau sera chassé vers la partie supérieure du vaisseau où il y aura séparation effective; la vapeur passera dans les cylindres par le tuyau longitudinal qui est percé d'un grand nombre de petits trous sur sa face supérieure, et l'eau reviendra au générateur par la voie de communication placée sur l’extrémité antérieure, de manière à maintenir ainsi ia circulation.
- Un fait qui démontre que le poids spécifique du mélange de vapeur et d’eau à l’extrémité de la boîte à feu est souvent réduit à la moitié au moins de celui de l’eau seule, c’est que le niveau d’eau présente souvent un courant qui descend dans le tube même , quoique les fluides qui circulent soient moitié eau et moitié vapeur, ce qui indique évidemment que la colonne des fluides mélangés dans la chaudière est spécifiquement plus légère que la colonne dans le tube du niveau d’eau. 11 ressort également de ce fait que cette énorme expansion se borne à l’eau placée dans le voisinage de la boîte à feu; car s’il s’étendait à la masse entière, la chaudière n’en renfermerait pas la quantité requise pour le service.
- D’après cette circonstance qu’au-
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- cune bulle de vapeur ne peut s'élever dans la chambre à vapeur qu’à une certaine distance de la prise de vapeur, on conclut que la chaudière ne sera pas sujette à primer comme celles ordinaires , et que cette chambre à vapeur sera par conséquent suffisamment grande. Quant à la surface d’eau liquide qui, dans cette chaudière, est plus petite que dans les autres, on conçoit que, par suite de la grande facilité que celle chaudière offrira aux ingénieurs pour produire de la vapeur, ceux-ci seront comparativement libres d’y introduire de l’eau quand et lorsqu’ils voudront, et, par conséquent, qu’il n’y aura que peu de difficulté sur ce point, tl est évident toutefois qu’on peut lever complètement celte objection en construisant la boite à feu extérieure avec un toit pyramidal, suivant la méthode si généralement répandue.
- En terminant, l’auteur exprime sa conviction que celte chaudière, qui combine un grand accroissement de surface de chauffe et une augmentation correspondante d'aire de conduit de fumée ou de carneau, avec une diminution dans le volume et le poids et une grande simplicité de construction, est destinée à faire disparaître quelques-unes des difficultés éprouvées par les ingénieurs et les constructeurs , et à être favorable en général aux intérêts engagés dans les chemins de fer.
- Calcul approché de la vitesse sur les chemins de fer à air comprimé , spécialement sur le chemin du système de M. Andraud.
- Par M. Barré de Saint-Venant.
- Dans ce système, dont l’objet principal est de supprimer les locomotives et de se servir pour la propulsion de convois légers et fréquents, d’approvisionnements de force motrice obtenus des agents naturels, tels que le vent et les chutes d’eau qu’on aura pu utiliser aux environs de la ligne parcourue , le mouvement est communiqué par un tuyau de matière flexible placé au milieu de la voie, et où l’on introduit de l’air comprimé à une ou deux atmosphères de plus que la pression extérieure, de manière qu’en se gonflant progressivement, il pousse un rouleau j qui pose sur la partie encore plate et |
- qui est lié à la première partie du convoi.
- Soient Q le poids total d’un convoi , v sa vitesse en mètres par seconde, A la surface qu’il offre à la résistance de l’air (3 mètres carrés; plus, autant de fois 1 mètre carré qu’il y a de voitures hors la première), i la perde supposée ascendante du chemin. Soient de plus p la pression de l’air intérieur à l'extrémité de la partie gonflée du tuyau? ce la section transversale de cette partie du tuyau, P la pression extérieure de l’atmosphère, enfin R la petite résistance horizontale que la matière du tuyau oppose à son ouverture au gonflement. On a , en égalant la puissance de propulsion parallèle à la voie à la résistance à vaincre , évaluée d’après les bases adoptées par presque tous les ingénieurs (1), cette équation exprimant que la vitesse acquise varie peu ou point:
- p.=P*+R+Q (0,004+0+0,066 Au*.
- La pression p, qui entre dans le premier membre, dépend de la pression dans le réservoir alimentaire du tuyau propulseur , de la longueur déjà gonflée de ce tuyau et de la vitesse. Soient l cette longueur variable et nV cette pression alimentaire, ou soit n le nom' bre d’atmosphères auquel l’air approvisionné a été comprimé. La pression inconnue dans le tuyau dépend aussi du rapport entre sa section » et les sections plus petites »' et *" du tube court qui amène l’air du réservoir et du robinet d’introduction de l’air dans ce tube de communication, ainsi que du coefficient m de la contraction que la veine fluide éprouve en entrant dans Ie robinet, car ces éléments influent sur les pertes inévitables de force vive qui ont lieu entre le réservoir et le tuyau propulseur. Soient encore g la pesan' leur, £ le coefficient, par lequel i* faut multiplier la densité et le carré de la vitesse de l’air pour avoir son frotte; ment par unité superficielle de paroi du tuyau , x Ie périmètre de la section du même tuyau , enfin n la pesanteur spécifique de l’air extérieur ou le pro' doit de sa densité par g.
- On aura cette équation approchée en supposant, conformément à ce que M. Poncelet a conclu des expériences faites pour un objet semblable à celu*
- (i) Deuxième édition du Traité des l°eof?et
- tives de M. Pambour, et Annales des pont* chaussées, premiers semestres de 1847 eti»
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- dont nous nous occupons ici (1), que ! négligeant le frottement de la pa l’écoulement s’opère à peu près comme tube court ne communication celui des fluides incompressibles, et en ,
- v9 r w* f to' v (
- L + w'a Vmw" ) V w'
- Substituant, dans celte équation, la va- 1 *eur de la pression p, tirée de la pré- i
- -‘)‘+26-H
- nP— p n n
- cédente et remplaçant les quantités connues par leurs valeurs numériques
- lkil.,299
- g = 9m.809, 6 = 0,004, P = 10330™ • n - - + - j-,
- °n a, en supposant la température 0= 12,5 degrés,
- «* C1 + ~~7r -1Y+ f -r'—1V+ 1,046 “ + 0,006
- L 0>'* \mw" J \ W J ftW (ûj
- = 163800
- 15,857
- R + Q (0,004 -fi)
- Cette équation fournira pour un onvoi donné et pour des grandeurs ^terminées des sections a> et du joyau et du tube alimentaire, les va-eürs successives que prendra la vitesse sous l’action d’un nombre n d’at-•Jjusphères dans le réservoir débou-bant dans le tube de communication \ai: un robinet dont l’ouverture, rè-Uite par la contraction, a une gran-e°r mai"; elle fournira réciproque-eut l’ouverture à un robinet pour Vplr une vitesse désirée.
- Om or exemple, pour un tuyau de de largeur à vide ou donnant z et offrant, lorsqu’il est gon-j ’J.u section a, d’un cylindre de 0m,15 ediamètre, ce tuyau étant alimenté Par un tube court, ayant une section »' roivre ^°*s moindre, où débouche un ^bmet (jont l’ouverture contractée aiw est mo*lié de un convoi de | Pe voitures, pesant ensemble 10,000 estfranimes’ prendra, si la pression (ou o ^ utmosphères dans le réservoir e.., . de plus que la pression de l’air kiloer*eur) et si l’on suppose de 10 la résistance passive fixe R , par Fa ’ dis-je, une vitesse de 25m,50 Ÿcr,feconde (ou 23 lieues à l’heure le t e commencement de sa course sur à j ) î mais cette vitesse se réduira cour (°u lieues 3/4) après une tes Se de 1,000 mètres, qui est la vi-dotin ^U.e Andraud a l’intention de tj er ù chacun de ses bouts de tuyau. n convoi double ou de 20 tonnes
- Prend
- ®âen'lra Une vffesse d® 19ra,5 en com-vitesse qui se réduit à 14m,5
- rendus de l’Académie degseien * 41 Juillet 1845, t. X», p. m et m.
- par seconde à la fin. Un convoi de 5 tonnes seulement prendrait une vitesse de32m,5, se réduisant ensuite à 19“,5.
- Pour que la vitesse prenne et conserve constamment ces trois dernières grandeurs (17*,50,14»,50,19m,50), il faut que le robinet s’ouvre graduelle-
- w'
- ment, en sorte que le rapport —soit
- 3,45 au commencement et ne descende à 2 qu’à la fin.
- Si l’on veut laisser au robinet une ouverture constante,il faut, pour que la vitesse ne décroisse pas rapidement, que cette ouverture soit faible, afin que les trois termes (17m,50 , 14m,50, 19m,50), représentant les pertes de force vive, et la résistance de l’air l’emportent sensiblement sur le terme représentant le frottement contre la paroi du tuyau. Si l’on prend, par
- t
- exemple, ——-f = 6 , ce qui répond à
- un rapport d’environ 1 à 2,2 entre les diamètres du robinet et du tube court d’introduction , le convoi de 10 tonnes aura une vitesse de 13m,4 dans le commencement, et de 1 lm,65 à la fin du parcours de 1,000 mètres , au bout duquel le rouleau est supposé passer sur un autre bout de tuyau ; les vitesses correspondantes du convoi de 20 tonnes seront llm,70 et 10m,40 ; celles du convoi de 5 tonnes seront 14“,4 et 12m,5.
- La pression au bout du tuyau ou à 1,000 mètres de son origine est de latm.,57 dans le premier cas , latm-,88 dans le second et latm-,39 dans le troisième.
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- Sur l'oxidation des rails en état ou
- non de service et sur la perte qu'ils
- éprouvent par le frottemen t.
- Par M. R. Mallet.
- M. R. Mallet, qui avait été chargé par l’Association britannique , de lui présenter un rapport sur le sujet en question, s'est acquitté de ce devoir lors de la dernière réunion tenue par cette Société. Voici les conclusions auxquelles il est arrivé dans ce travail :
- La face supérieure d’une barre de railway , qui est soumise au service, reste constamment dans un état parfait de propreté de poli et exempte d'oxida-tion, tandis que le reste de cette barre se recouvre d’une couche rude et grossière d’oxide de fer, d’abord noir et ensuite d’une rouille rougeâtre, qui est un mélange de peroxide et de sels basiques. Non-seuîement tout mêlai est électro-positif relativement à ses propres oxides , mais ainsi qu'on l’a établi dans un précèdent rapport sur l’action que l’air et l’eau exercent sur le fer, la portion polie d’une masse de métal en partie polie et en partie rugueuse, est corrodée d’abord sur sa portion rugueuse. En conséquence, une barre de railway, tout le temps qu’elle fait le service , est constamment préservée de la rouille par la présence de la face polie du champignon. Dans un rail qui ne fait aucun service, cette face polie n’existe pas.
- La face supérieure d’un rail qui fait le service est rapidement condensée et durcie par le roulement des convois qui passent dessus, et toutes circonstances égales, la marche de la corrosion dans un fer quelconque dépend de sa densité et est moindre en proportion de ce qu’on a rendu celle-ci plus grande par des moyens mécaniques. Comme tout métal est positif relativement à ses oxides, la couche de rouille qui adhère au fer, tant qu’elle subsiste, provoque puissamment la corrosion du métal au-dessous, et le degré de cette corrosion est d’autant plus grand que la rouille adhérente date de plus longtemps.
- M. Mallet a fait voir que la rouille produite par l’air et l’eau , qui, à l’origine, renferme peu de peroxide, continue à se moditier avec lenteur et en persistant de plus en plus à se peroxi-der, devient de plus en plus électro-négative par rapport à sa base. Or la rouille sur une barre de railway qui
- ne sert pas, continuant toujours à y adhérer, de cette matière, provoque et accélère sa corrosion , tandis que la rouille formée sur une barre du même genre soumise au service est continuellement détachée par les vibrations qui enlèvent la source de cette action chimique croissante.
- En résumé, des barres de railway qui font partie d’une longue ligne, soumises ou non au roulage , se corrodent moins à surface égale qu’une pièce de faible longueur du même fer soumise à la même exposition.
- Les rails qui font le service sont moins corrodés que ceux qui ne le font pas. Celte différence décroît constamment avec le temps.
- La quantité absolue de la corrosion est une source de destruction pour le rail de beaucoup inférieure à celle due au trafic.
- Il est extrêmement probable que les forces électriques et magnétiques développées dans les rails par le magnétisme terrestre et par le roulage des convois, réagissent de quelque façon sur les forces chimiques qui concourent à leur corrosion, et que, paf conséquent, la direction des lignes de railways en azimuth n’est pas entièrement indifférente sous le rapport de la question de la durée des rails.
- M. Mallet déduit des documents qu’il a réunis les deux règles pratiques suivantes :
- 1° De quelque qualité que soient les rails en fer laminé, il faut les soumettre, avant d’en faire usage, à une opération uniforme de durcissement au marteau sur toute leur face supé' rieure et sur les côtés.
- 2° Toute barre pour railway , avant d’être posée et après avoir été passée paf une jauge et redressée, devrait être chauffée à environ 400° F. (200° à PeU près), puis recouverte avec du goudron de houille bouillant. Cet enduit» d'après l’expérience, dure plus y quatre années , et comme préservatif» est complètement imperméable à j'aC* tion corrosive, malgré son expositi°n constante au roulage.
- Sur l'emploi de la vapeur à hûütt pression fonctionnant avec détew dans les machines à vapeur <* navigation.
- L’amirauté anglaise ayant adresse a
- plusieurs habiles ingénieurs-constru
- teurs diverses questions sur ce saj* M. J. Seaward , un des plus distingué d’entre eux, s’esl chargé de résui» ^ dans un mémoire tous les documen
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- qui ont été réunis à cet égard. Ce mémoire nous ne pouvons le donner ici dans son entier; il nous suffira d’en présenter un extrait sommaire.
- M. Seaward a examiné d’abord la manière dont on faisait fonctionner les machines à vapeur de navigation il y a déjà quelques années , et signalé les changements graduels qui ont eu lieu, Principalement la tendance à employer la vapeur à haute pression au lieu de celle à la pression de 0kn-,281 au-dessus de la pression de l’atmosphère Par centimètre carré; puis il a dis— éutè je système de l’introdution de •a vapeur en différents points de la c°urse du piston ; et comme il reconnaît üpe augmentation remarquable dans la jWesse desbâtimentsqu’onpeuf naturellement attribuer à cette circonstance, il 8 est attaché à l’examen détaillé de cette eause et de ses effets, ainsi qu’à la réduction considérable dans la consommation du combustible qui a lieu ainsi,
- qui permet aux bâtiments d’exécuter de plug longs voyages, ou de se charger d un volume et d’un poids moindres de combustible pour franchir des distances données.
- Dans cet examen, il a réfuté tous les ^Suments pour et contre l’emploi de a haute pression et les avantages ou Pertes présumés de force mécanique pu’on fait en se servant du principe de 'a détente. Enfin il a terminé son tra-a»! par les réponses suivantes aux r°is questions qui avaient été posées Pap l’amirauté :
- * La pression la plus élevée que u°us ayons dans aucun cas appliquée à atle chaudière de navigation construite Par nous a été celle de lkn-,124 par putimètre carré au-dessus de la pres-°n de l’atmosphère, mais nous ne cen11168 nuHement disposé à répéter lle expérience, parce que nous ^ mutes convaincu qu’on peut atteindre ües résultats également avantageux de la vapeur à une pression esundre* et ce,,e de 0kn-,702 à 0kiI-,843 Die Press*on ordinaire que nous em-Jj °ïons dans le service marchand pour for d^hines et des chaudières d’une comparative faible.
- aa i Pression de la vapeur employée Qkii? t 'ement dans Ie service public est à "'562, et nous considérons la vapeur tèe^le Press'on comme la mieux adap-a«x exigences de ce service. Nous le ï°ns qu’elle est de nature à assurer l’éc avan.la8es importants de force , iW°?0m\e de poids et d'espace à un „8re très-éminent, avantages qui, s Certains rapports, seront légère-
- ment augmentés en élevant cette pression de la vapeur jusqu’à 0kil ,702 ou 0kil ,843 au centimètre carre.
- » Nous recommandons fortement que la pression de la vapeur employée dans la navigation maritime ne dépasse pas 0kil-,702 , ou dans les cas extrêmes , s’élève au plus à 0kii-,843, car toute augmentation matérielle dans cette dernière pression sera accompagnée de risques considérables sans qu’on en retire des avantages équivalents. »
- Ces propositions s’appliquent uniquement aux machines à condensation marchant à détente , et par conséquent elles laisent intacte la question de l’introduction et de l’emploi des machines à haute pression sans condensation.
- Sur le frottement que Veau exerce sur les corps qui s'y trouvent plongés.
- Par M. R. Rawson.
- On a souvent besoin dans les travaux de construction soit des machines hydrauliques, soit des bâtiments destinés à la navigation maritime ou fluviale, de connaître le frottement que l’eau exerce sur les corps qui y sont submergés en tout ou en partie, et qu’on y met en mouvement. J’ai cherché à m’assurer du coefficient de ce frottement, ou plutôt de la pression constante à l’unité de profondeur par la voie de l’expérience, et je dois dire ici qu’ayant recours à la voie expérimentale, j’ai plus particulièrement en vue les navires et les autres corps flottant et roulant dans l’eau.
- Les expériences ont eu lien sur un modèle cylindrique de 30 pouces, mesure anglaise (0“,76197), ayant un diamètre de 26 pouces (0“,66037) et présentant un poids de 255,43 livres avoir du poids ( 115kiI-,8156) ; elles ont été conduites de la manière suivante :
- Le cylindre a été placé dans un bassin dans lequel il n’y avait pas d'abord d’eau, ou on l’a fait osciller sur des couteaux passant par son axe. Un crayon qui était dans le prolongement de la direction de cet axe et portait sur la surface d’un rouleau mobile, traçait sur du papier couché sur ce rouleau l'amplitude de chacune des oscillations du cylindre. Le cylindre a été incliné sous diverses déviations angulaires, au moyen d’un poids attaché par une corde
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- au bras d’un levier fixé au modèle cylindrique.
- Amplitude
- Ecartement angulaire. de l’oscillation du modèle.
- degrés. minutes. degrés. minutes.
- 22 30 22 24
- 22 10 22 6
- 21 54 21 48
- 21 36 31 30
- Lorsque le cylindre a oscillé dans des circonstances rigoureusement les mêmes, excepté qu’il était entouré
- Ecartement angulaire, degrés. minutes.
- 22 30
- 21 36
- 20 *8
- Ces expériences, que nous rapportons et qui ont été suivies de beaucoup d’autres, ayant donné les mêmes résultats, démontrent clairement que les amplitudes des oscillations, quand celles-ci ont lieu dans l’eau, sont sensiblement moindres que quand elles se font dans l’air. Dans celles rapportées, il y a une différence dans l’angle d’amplitude de plus de 24', ou presque un demi-degré, différence qui s'est trouvée ! confirmée par les diverses autres expé- ' riences qu’on a faites avec beaucoup de soin. 11 a donc paru rationnel d’attribuer j celte diminution dans l’amplitude de ; l’oscillation au frottement de l’eau sur la surface du cylindre. 1
- J’ai en conséquence calculé la force | agissant à la surface du cylindre, et qui j serait nécessaire pour occasionner celte j diminution dans l’amplitude que présente l’expérience; mais auparavant j’ai pensé que cette force n’était pas également distribuée à la surface de ce cylindre, et qu elle devait sur un point
- d’eau dans laquelle on avait fait dissoudre du sel, les amplitudes des oscillations ont été les suivantes :
- Amplitude
- de l'oscillation du modèle, degrés. minutes.
- 22 0
- 21 3
- 20 16
- quelconque augmenter avec la profondeur du liquide. Dans cette hypothèse, j’ai supposé que la pression était con-stante à l’unité de profondeur, et que cette constante, multipliée par la profondeur d’un autre point quelconque du cylindre immergé dans l’eau, devad donner la pression en ce point. Ces forces ou moments ayant été soumis a une sommation par l’intégration et égalés à la somme des moments trouve® dans les expériences, on a eu 0,000016° pour la valeur de la pression constante à l’unité de profondeur.
- Cette constante, dans une autre expérience où le poids du modèle était de 197 livres (89kil ,2227). et où, par conséquent, la portion immergée dans l’eau était très-différente de celle dans l’expérience précédente a été trouve® de 0,0000452, qui diffère à peine de la première et fait présumer que l’bÿP0' thèse qu’on a cru devoir adopter s’éloigne peu de la vérité.
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Par M. Vasserot , avocat à la Cour d'appel de Paris.
- LÉGISLATION.
- Caisse de retraite pour les employés.— Lettre de M. Latry-
- notre dernier numéro, nous av°ris examiné une c(uestion <i’un im-j^ense intérêt pour l’avenir de l’indus-r'e, celle des caisses de retraite à créer P0,ic assurer l’existence des vieux em-|J,oyés. Des projets nombreux avaient aPpel6 notre attention. Parmi eux nous 6,1 avions saisi un dont la simplicité ^êrne nous avait séduits. Mis en rap-P°ft avec l’auteur, nous lui avions de-^a,,dé de nous communiquer les cal-sur lesquels reposent tous les eSüHats qu’il annonce. Il nous a fait £etle communication avec une obli-oçance qui prouve que le but qu’il Poursuit est d’éclairer chacun par ses .ravaux, en se réservant seulement le °^heur de faire le bien. Les résultats d obtient, calculés avec les meil-Seures tables de mortalité et de recensent de la population, sont vraiment °rd*naires. On en jugera par la r r°qu’il nous adresse. L’efficacité des Sources, la réalité des recettes sont rh>ut les points auxquels nous nous , ^cs attachés dans l’examen que S' ^ avous fait de divers projets. 11 ne faut'1 seu*ement de promettre, il rjpl len,r ses engagements, et l’expé-danCC historiclue nous enseigne les dnSers des promesses légères.
- ^°ici cette lettre :
- Monsieur,
- ^ ai lu avec ]e pius vif intérêt l’article We v0us avez eu l’obligeance d’écrire 1 sbjet de mon projet de caisse de re-
- traite , et suis très-sensible à l’approbation que vous voulez bien lui donner.
- Si ce n’est pas abuser de votre obligeance, je viens vous prier d’accueillir favorablement les quelques observations et développements que je suis heureux de pouvoir vous communiquer.
- Depuis plusieurs années, je me suis occupé de la question des caisses de retraite; elle est grave, sérieuse et digne de la plus grande sollicitude. Déjà quelques projets ont été faits, certains même mis à exécution sans aucun résultat satisfaisant. Ce travail aura peut-être le même sort. Néanmoins, ce n’est pas une raison pour désespérer ; car ce n’est qu’à force de travail et de persévérance , c’est en s’entourant de personnes qui comme vous, monsieur, secondent et encouragent les idées philanthropiques; c’est en suivant les conseils des hommes sages et éclairés qu’on pourra résoudre ce grand problème.
- D’après les observations et les recherches que j’ai pu faire, il m’est bien démontré maintenant qu’il est de toute impossibilité de fonder une institution de ce genre, offrant des garanties d’avenir et de moralité, sans l’intervention des chefs d’établissements rendant obligatoire la retenue sur les appointements de leurs employés ; non pas que je prétende qu’il faille rendre cette retenue obligatoire pour tous les chefs de maison par une loi générale ; bien au contraire , je tiens essentiellement à ce qu’ils s’y associent de leur propre gré. Poussés par des sentiments généreux et philanthropiques,car jeprétends que moralement les patrons sont presque les tuteurs naturels de leurs employés,
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- et surtout des plus jeunes qui n’ont ni l’expérience, ni la raison nécessaire pour songer à leur avenir, entraînés comrn^ ils le sont, puisque tous, par les rêves chimériques d’un avenir brillant ou l’attrait du plaisir, et qui ne s'aperçoivent qu’à un certain âge des désillusions de la vie.
- Je dis donc : les chefs de maison , par des institutions sages et paternelles, doivent venir en aide à leur inexpérience ; car ce qu’il y a de plus pénible dans la vie de l’employé ayant atteint nn certain âge, c’est l’impossibilité où il est souvent de ne pouvoir considérer l’avenir avec calme , en songeant qu’un accident, une infirmité, peuvent le jeter lui et sa famille dans la plus épouvantable détresse, ou qu’en mourant il laisse une femme et des enfants dans le besoin.
- En voyant tous les employés rechercher avec empressement les emplois dans l’administration de l’Etat, dont les appointements sont cependant plus faibles que dans les administrations particulières, on ne peut mettre en doute que la pension soit pour eux du plus grand attrait. Cependant, cette pension n’est pas un don gratuit fait par le gouvernement ; elle n’est donnée que par suite d’une retenue obligatoire; donc, en trouvant une combinaison qui puisse réunir les employés de l’industrie privée et offrir les mêmes garanties de moralité, on pourra arriver aux mêmes résultats.
- Voici le but que j’ai tenté d’atteindre en emreprenant ce travail : il a pour base fondamentale la création d’une institution qui servirait d’agence centralisatrice de tous les établissements de l’industrie et du commerce qui ont le désir d’assurer à leurs employés le repos pour leurs vieux jours, et qui n’ont jamais pu mettre individuellement ce projet à exécution par suite des résultats trop minimes que pourrait donner une association faite sur une réunion trop restreinte de sociétaires. Quant aux statuts qui régleraient cette institution, je vais en peu de mots vous en donner un aperçu général.
- Tout établissement soit de banque, commerce ou industrie, ayant son siège à Paris ou dans la baniieue, afin de faire profiter ses employés des avantages accordés par l’institution serait tenu d’opérer sous sa responsabilité une retenue sur leurs appointements. Cette retenue serait applicable:
- Pour le présent à tout employé qui adhérerait volontairement.
- Pour l’avenir à tous les employés qui entreraient dans l’établissement.
- Les employés sociétaires n’ayant pas atteint l’âge de trente-quatre ans auraient à supporter:
- 1° Pendant la première année seulement,
- Une retenue de un douzième par mois, soit un mois de leurs appointements :
- 2° Une retenue mensuelle de 5 pour 100 sur leur traitement fixe;
- 3° En cas d’augmentation de salaires, une retenue de la portion de traitement accordée à titre d’augmentation, pour le premier mois seulement.
- Les employés ayant dépassé l’âge de trente-quatre ans auraient à supporter une retenue mensuelle de 5 pour 100 sur leur traitement fixe; ils pourraient être autorisés à supporter une retenue plus forte dans le cas où il n’y aurait pas probabilité qu'ils puissent altefndre un minimum de pension de 300 fr.
- Les charges exposées, voici maintenant les bénéfices:
- Les employés n’ayant pas atteint l’âge de trente-quatre ans auront droit, savoir :
- 1° Après trente ans de versements effectifs et soixante ans d’âge, à une pension de retraite qui sera de la moi' lié du traitement moyen des trente dernières années.
- 2° Après dix ans de versements accomplis, lorsque dans l’exercice et * l’occasion de leurs fonctions ces sociétaires auront été atteints d’infirmité* graves ou auront éprouvé des accident* qui les mettraient hors d’état de continuer leurs fonctions, à une pension exceptionnelle qui sera liquidée à raison de un soixantième de la moyenne des appointements pour chaque année de service, jusqu’à concurrence de vingt-cinq ans.
- 3" Après trente ans de versement* effectifs et soixante ans d’âge donnant droit à la moitié de la moyenne de* appointements, cette moitié s'accroîtra d'un vingtième pour chaque année en sus.
- En aucun cas elle ne pourra excéder, ni les trois quarts de la moyenne de* appointements ni les maximum fi*eS par les statuts.
- 4° Après trente ans de versements effectifs des appointements d un employé décédé en activité , à la reversi011 de la pension à laquelle il aurait en droit sur la tète de sa veuve;cette Peri~ sion sera liquidée au quart si celte veuv est âgée de moins de cinquante ans e sans enfants, et au tiers si elle e6t âgee
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- de cinquante ans au moment du décès de son mari, ou si elle a un ou plusieurs enfants au-dessous de seize ans.
- 5° Après dix ans de versements effec-ljfs , à la reversion du tiers de la pension sur la veuve de l’employé sociétaire qui aurait perdu la vie par un accident fortuit relatif à ses fonctions, ou qui Pourrait dans les six mois qui suivraient l'accident
- 6° Lorsqu’il n’y aurait pas, ou lorsqu’il n’y aurait plus lieu à la reversibi-hlè de la pension en faveur de la femme, s°it par l’événement de son décès, soit parce qu’elle n’aurait pas fait les justifications exigées, ou encore lorsqu'elle so remariera ; enfin lorsque l’employé décédé ne laisserait pas de veuve, mais seulement des orphelins, elle serait Partagée par portions égales entre tous |es enfants légitimes issus de l’employé
- décédé.
- , Cette pension serait distribuée par égalés portions entre les enfants, et s’éteindrait sans reversion de l’un à "autre, à mesure que chacun d’eux atteindrait sa seizième année.
- . S’il existe une veuve et un ou plusieurs orphelins au-dessous de seize ans, Provenant d’un mariage antérieure, il sera prélevé sur la pension de la veuve et sauf réversibilité en sa faveur, un quart au profit de l’orphelin du premier lit, s’il n’en existe qu’un au-dessus de seize ans, et la moitié s’il en Existe plusieurs.
- Les employés ayant dépassé l’âge de trente-quatre ans auront droit à une Pension viagère non réversible qui sera liquidée de soixante à soixante-cinq ans a la volonté des sociétaires et déterminée suivant un tableau proportionnel ; daos le cas d’infirmités ou accidents graves, cette pension pourra être liquidée avant l’âge ci-dessus fixé, si toutefois le sociétaire a atteint sa quarantaine année.
- . Les sociétaires seront déchus de tous *eurs droits à la pension , par suite :
- 1° De non-versement dans l’espace de d1* ans et un jour;
- 2° De condamnation criminelle;
- 3° De condamnation correctionnelle Pour vol, abus de confiance, escro-querie, filouterie, pour lesquelles la loi j^ooonce la peine de l’emprisonne-
- De banqueroute, faillite, se ler-®Unant par une union de créanciers, et e‘>e non excusée.
- Les fonds seraient déposés à la caisse os dépôts et consignations et convertis o rentes 3 et 5 pour 100 en inscrip-
- tions nominatives au nom de l’institution.
- L’administration serait confiée aux chefs de maison et contrôlée par les employés eux-mêmes réunis en conseil,
- Dans chaque établissement, les sociétaires nommeront des délégués qui devront les représenter aux assemblées générales, afin d’approuver les comptes et désigner les chefs de maisons qui devront former le conseil d’administration et les employés sociétaires qui devront former le conseil de surveillance.
- Quant à l’administration intérieure, elle serait confiée à un directeur nommé par le conseil d’administration chargé de faire exécuter les délibérations prises par le conseil et qui n’aurait d’emploi de fonds que pour ce qui concerne les frais généraux.
- Veuillez agréer, etc. A. Lathy.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre des requêtes.
- Compagnies de chemin de fek. — Station. — Domicile. — Assignation.
- Les compagnies de chemin de fer doivent être assignées au siège social déterminé par leurs statuts. L'assignation n’est pas valablement donnée à l’une des stations de la ligne, alors même qu’elle est donnée à la personne du chef de gare.
- Admission en ce sens d’un pourvoi formé par la compagnie du chemin de fer de Rouen au Havre contre un jugement du tribunal de commerce du Havre, du 26 juin 1848.
- M. Lasagni, président; M. Cauchi, conseiller rapporteur; M. Rouland, avocat général ; Me Moreau, avocat.
- Audience du 26 novembre 1847.
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- COUR D’APPEL DE PARIS.
- Quatrième chambre.
- Entrepreneur de constructions. — Architecte.— Travaux contraires aux règles de l’art. — Responsabilité. — Solidarité.
- L'entrepreneur de constructions qui agit sous les ordres d'un architecte, n’est responsable que de la bonne exécution des travaux ; il ne peut l'être des vices de ces travaux au point de vue de l'art.
- L'architecte au contraire est, en pareil cas, responsable même de la mauvaise exécution de la maçonnerie, puisqu'il est chargé de la bien faire exécuter, sauf toutefois son recours contre l'entrepreneur.
- Le propriétaire ne peut réclamer une condamnation solidaire contre l'entrepreneur et l'architecte, à raison des vices de construction, s’il n'y a pas de leur part une participation commune à ces vices de construction.
- M. Harang, propriétaire, avait chargé M. Cardin , entrepreneur, d'exécuter, d’après les plans et sous la direction de A1. Taxil, son architecte, diverses constructions. Ces travaux à peine terminés, des malfaçons se manifestèrent ; des réparations onéreuses devinrent indispensables, et M. Harang assigna MM. Cardin et Taxil à fin de condamnation solidaire au payement des travaux nécessités par les malfaçons et à des dommages-intérêts
- M. Paul Lelong, expert commis par le Tribunal pour constater la cause des vices de construction , déclara que ces vices ne devaient pas être attribués à la disposition du bâtiment, mais à la mauvaise exécution de la maçonnerie, et notamment à ce que les encoignures n’avaient pas été construites en pierres de taille, et enfin au défaut de chaînage en fer.
- Dans ces circonstances, le Tribunal de la Seine rendit, le 8 août 1848, un jugement dont la teneur suit :
- « Attendu que si les architectes et entrepreneurs sont responsables des constructions exécutées par eux et sous leurs ordres, cette responsabilité doit peser sur eux, chacun en ce qui le concerne ;
- » Attendu que les architectes devant donner les plans et surveiller l’exécution des travaux, sont responsables de ces plans et de leur bonne exécution ;
- » Attendu que les entrepreneurs, lorsqu’un architecte dirige leurs travaux, étant subordonnés à ses ordres, ne sont responsables que de l’exécution des travaux qui leur ont été ordonnés;
- » Qu’ils n’ont pas à examiner si les plans sont conformes aux règles de l’art, puisque les plans sont dressés par un-homme qui est présumé avoir les connaissances nécessaires pour diriger les constructions, et auquel ils doivent obéir ;
- » Qu’ils ne sont responsables des plans que dans le cas où il n’y a point d’architecte, parce qu’alors ils le remplacent, et qu’ils reçoivent les ordres du propriétaire, seul*, qui n’est point présumé connaître les règles de l’art ;
- » Attendu que, dans l’espèce, il y avait un architecte ; que dès lors l’entrepreneur n’était responsable que dé la bonne exécution des travaux qui lui étaient prescrits;
- » Attendu que Cardin ne peut être responsable que de la mauvaise construction de la maçonnerie ; qu’il ne peut être responsable du défaut de chaînage en fer, puisque ce travail ne le concernait pas; qu’il n’est pas même responsable du défaut d’emploi de pierres de taille aux encoignures, puisqu’il était obligé de suivre les ordres de l’architecte à l’égard des matériaux à employer;
- » Attendu que Taxil, comme architecte, est responsable du défaut de chaînage et du défaut d’emploi de la pierre de taille aux encoignures, puisque c’était lui qui devait donner des ordres à l’égard de ces deux objets; qu’il est même responsable de la mauvaise exécution de la maçonnerie, parce qu’il devait surveiller cette exécution, sauf son recours contre Cardin ;
- » Attendu que, d’après les documents
- fournis par les experts, il y a lieu de faire supporter personnellement, dans la somme de 3,369 fr. 35 c., portion du prix de ces travaux à la charge de l'architecte et de l’entrepreneur, un tiers par Cardin et deux tiers parTaxil ;
- » Attendu que le préjudice causé à Harang par ces malfaçons doit être* d’après le rapport des experts, fixé a 600 francs, et que cette somme doit être répartie entre Taxil et Gardin, d’après la proportion qui vient d’être indiquée
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- pour la portion du prix des travaux uaise à leur charge, etc., etc. ;
- » Fixe à 3,369 fr. 35 c. la portion à la charge de Taxil et Cardin, dans le
- {>rix des travaux exécutés pour réparer es malfaçons, et à 600 fr. l’indemnité due à Harang pour ces malfaçous ;
- » Condamne Taxil à payer personnellement à Harang, sur ces deux sommes, celle de 2,247 fr. et celle de 400 fr., et solidairement avec Cardin celle de M23 fr., et celle de 200 fr., etc.
- » Condamne Cardin à payer personnellement à Harang la somme de 1.123 fr. pour la portion à sa charge dans le prix des travaux exécutés pour réparer les malfaçons, et celle de 200 fr* pour la portion dans l’indemnité due pour les malfaçons ;
- » Et dans le cas où ces deux sommes seraient payées par Taxil à Harang, en exécution de la condamnation solidaire, condamne Cardin à les restituer à Taxil. »
- M. Taxil interjeta appel de ce jugement. M. Harang, de son côté, forma un appel incident, prétendant que les eondamnations prononcées contre son architecte et son entrepreneur, auraient dû être solidaires.
- La Cour, après avoir entendu M'Fortune (de Melun), avocat de M. Taxil, etM«Allou, avocat de M. Harang, a confirmé purement et simplement la décision des premiers juges.
- Audience du 17 novembre 4849. m. Rigal, président.
- Recouvrement de billets par une Entreprise de transport. — Responsabilité.
- •Les administrations des messageries, chemins de fer ou entreprises quelconques qui se chargent du recouvrement d'effets de commerce, sont tenues d'en faire dresserprotêt ù défaut depayement, et elles commettent une faute lourde dont elles sont responsables^ si le protêt n’a pas eu lieu, et même si elles n'ont pas remis immédiatement le billet et le protêt entre les mains du propriétaire, pour qu'il ait à agir suivant son droit.
- Il est maintenant reconnu par la ju-risprudence que l’entreprise de trans-
- ports qui se charge du recouvrement de billets contracte vis-à-vis du propriétaire du billet les obligations d’un mandataire vis-à vis de son mandant obliga-teur qui doivent être exécutées dans les limites étroite poséesau mandatsalarié. La cour de Paris, quatrième chambre, avait consacré le principe par son arrêt du 17 janvier dernier; elle l’a de nouveau appliqué dans une espèce particulière qui intéresse le commere en général et plus particulièrement encore ces établissements.
- Dans le courant de l’année dernière, M. Sevestre , négociant à Paris, donna en recouvrement, à une entreprise de messagerie, un billet de 4,000 fr. payable à Lyon. Le billet ne fut pas payé, et la compagnie des messageries, au profit de laquelle, suivant l’u-sage , il avait été endossé, le fit protester.
- Mais, par suite d’une erreur de bureau , la compagnie , au lieu de re-! mettre à M. Sevestre l’effet protesté , lui en remit la valeur, c’est-à-dire 4.000 fr., et perçut en échange ses droits de factage et de courtage.
- Trois mois après , la compagnie reconnut l’erreur, offrit le billet protesté à M. Sevestre et redemanda son argent. M. Sevestre répondit qu’il était trop tard , et que la compagnie ne lui ayant pas signifié le protêt dans la quinzaine avec assignation , était devenue débitrice de la valeur des billets.
- Le tribunal de commerce fut saisi de la contestation.
- Les messageries prétendirent qu’elles n’entendaient point, lorsqu’elles se faisaient endosser les billets , en devenir propriétaires ; que cet endos n’avait pour but que de faciliter les recouvrements ; qu’elles avaient soin d’y insérer, afin qu’on ne pût s’y tromper, ces mots : valeur en recouvrement ; qu’ainsi elles n’agissaient point comme banquiers escompteurs, mais seulement comme mandataires ; que le mandat consistait uniquement à toucher l’argent et à le remettre à leur mandant , ou à faire protester les billets, et à les lui rendre avec le protêt; que dans l’espèce la compagnie avait rempli le mandat, et qu’elle avait le droit de répéter ce qu’elle avait payé indûment et par erreur.
- Le 1er août 1848, Je tribunal de commerce .considérant que les messageries avaient agi comme banquier, et par suite étaient tenues de se conformer aux for-
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- mes et délais prescrits pour la signification des protêts, rendit un jugement qui repoussa ce système.
- Appel par les messageries.
- Dans leur intérêt, on s’efforce de démontrer que la théorie du jugement du tribunal de commerce est entièrement contraire aux faits et opérations de la compagnie, et aurait pour conséquence, de les empêcher de se chargera l’avenir de pareilles opérations, et de ruiner ainsi une partie considérable de leur industrie. On soutient ensuite que, dans l’espèce, l’erreur et le retard des messageries n’ont pu causer aucun préjudice à M.Sevestre, attendu que la compagnie était le seul endosseur du billet. Comment donc M. Se-vestre peut-il se dire lésé par un retard qui ne lui a fait perdre aucun recours ?
- Pour M. Sevestre on répond qu’on veut bien, au besoin, accepter le système de la compagnie. Soit, elle n’a pas agi comme banquier, mais comme mandataire; mais son devoir comme mandataire était de renvoyer, le plus promptement possible, ce billet protesté ; elle a commis une erreur, elle a laissé trois mois s’écouler ; et pendant les trois mois, le souscripteur du billet est tombé en faillite. S’il avait connu le protêt, lorsqu’il a été fait, on aurait exercé des poursuites, tandis que, croyant le billet payé, on est resté dans l’inaction. Il est évident que la compagnie mandataire doit être responsable de son erreur.
- La cour, considérant que si la compagnie n’a point agi comme banquier, elle a du moins agi comme mandataire, et qu’à ce titre elle est responsable du retard préjudiciable à Sevestre, par elle apporté dans l'exécution de son mandat, a confirmé le jugement du tribunal de commerce.
- JUBIDICTION COMMERCIALE.
- TRIBUNAL DE COMMERCE DE PARIS.
- CciRS FORÉS SANS COUTCRE NI COLLAGE, BREVET , PATENTE ANGLAISE.
- Le tribunal de commerce ne peut prononcer la nullité d'une société en commandite, par le motif que le brevet dont Vexploitation sert de base à la société serait annulé par !
- la découverte d'un brevet antérieur, avant que le tribunal civil ait statue sur la nullité du brevet.
- Un associé n'est pas déchu du droit de demander la nullité de la société » parce qu'il aurait comparu devant un tribunal arbitral et accepté sa constitution.
- Me Delangle, avocat de MM. Cabas-son et consorts, expose ainsi les faits:
- Une société en commandite a été formée, le 26 mars 1848, pour l’exploitation de brevets et certificats d’addition obtenus de 1844 à 1847, pour la fabrication de divers objets, en cuirs forés, sans couture ni collage, tels que souliers, fourreaux, bouteilles en cuir, tuyaux à incendie, etc.
- Ces brevets ont été apportés dans la société par MM. Pecqueur, Durand et Ruchet.
- MM. Cabasson et consorts, commanditaires de la société, ont appris qu’il existait en Angleterre une patente, prise en 1824, par l’ingénieur Petit-pierre, pour la fabrication du même procédé, et ils viennent demander au tribunal la nullité d'une société dont la base se trouve ainsi viciée. Us ont été séduits parles avantages que leur promettait une invention brevetée, dont les produits ne devaient pas tomber dans le domaine public avant une époque éloignée.
- La découverte de la patente anglaise enlève aux brevets de la société toute leur valeur, puisque l’exploitation privilégiée est perdue sans espoir.
- On nous oppose l’incompétence du tribunal, fondée sur l’article 34 de la loi du 8 juillet 1844, qui défère aux tribunaux civils les actions en nullité et en déchéance de brevets. Mais le tribunal de commerce n’a pas à s’arrêter à cette exception, il est souverain dans les limites de sa juridiction, et s’il reconnaît que l’apport de l’un des associés est sans aucune valeur, que les autres associés ont été trompés, il peut prononcer la nullité de la société.
- Les actionnaires ne demandent d’ail' leurs pas la nullité du brevet. Ce brevet subsistera pour les tiers tant qu’il n’aura pas été attaqué, mais les actionnaires ne font valoir l’existence de 1* patente que pour établir l’erreur dans laquelle ils ont été induits en contrat tant en vue d’un brevet qu’ils croyaient régulier.
- M* Dillais, agréé de M. Pecqueur» répond : La patente anglaise ne s’app”'
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- que pas à une invention sérieuse, et exploitable par des procédés manufacturiers. La seule description qui s’y trouve annexée est celle d’un procédé pour fabriquer un soulier sans coulure ni collage, et dont on ne peut se servir. En Angleterre, jamais ce procédé n’a été l’objet d’une exploitation régulière.
- Les procédés et machines Pecqueur sont, au contraire, remarquables par leur précision et leurs produits manufacturiers. Ils donnent un haut prix à l’invention brevetée. C’est en vue de ces procédés principalement que la société a.été contractée. Nulle erreur n’a présidé au contrat. M. Pecqueur, l’un des Membres du jury d'exposition, est un mécanicien distingué, et il est incapable d’avoir trompé les actionnaires. La société n'attend, pour prospérer, que les versements des actions.
- D’ailleurs, ajoute le défenseur, le tribunal ne peut prononcer la nullité pour Ie motif allégué ; ce serait prononcer indirectement la nullité d’un brevet, et l’article 34 de la loi du 8 juillet 1844 s|y oppose impérieusement. 11 n’appar-Üent qu’aux tribunaux civils de prononcer la nullité ou la déchéance d’un brevet.
- Vainement on soutient que le brevet subsistera vis-à-vis des tiers. Qu’importe , s’il est annulé vis-à-vis des associés? La déchéance relative et la déchéance absolue sont également de la compétence des tribunaux civils.
- M* Baudoin, agréé, présente ensuite la défense de M. Kucquet, et le tribu-tlal statue en ces termes :
- « Le tribunal,
- » En ce qui touche le déclinatoire
- Proposé :
- *> Attendu que si la contestation existe en|re associés, elle porte sur les faits rçni ont précédé, et qui ont pu déterminer la formation du contrat social. Retient.
- 19 En ce qui touche le renvoi demandé Pour cause de correspondance :
- . * Attendu que si la demande en nul-de société a été soumise à un tribunal arbitral, cette circonstance n’a p changer la nature du litige dont ! aPpréciation est du ressort de cette
- Juridiction ;
- . “Mais attendu que les demandeurs
- 0ndent lonr tlpmaniip pn nnllifp Ha en.
- en1® ’ s.ur ce que les brevets apportés " société seraient nuis, par suite d’une
- patente obtenue précédemment en Angleterre pour le même objet ;
- » Attendu qu’aux termes de l’art. 34 de la loi du8 juillet 1844, les demandes en nullité ou déchéance de brevets doivent être jugées par les tribunaux civils de première instance;
- «Surseoit à statuer jusqu’à ce qu’il ait été prononcé sur la validité du brevet dont s’agit, avec injonction aux demandeurs de faire dans le délai d’un mois de ce ce jour toutes les diligences à cet effet. »
- Audience du 5 novembre 1849. M. Devinck, président.
- JURIDICTION CRIMINELLE. COUR DE CASSATION.
- Chambre criminelle.
- Imprimerie autographique. — Déclaration PRÉALABLE.—NOM ET DEMEURE DE L’IMPRIMEUR. — CONTRAVENTION. — Circonstances atténuantes. — Acquittement.
- L'imprimerie autographique est, comme l'imprimerie ordinaire, soumise aux dispositions des art. 14,15 et 16 de la loi du 21 octobre 1814.
- En conséquence, l'imprimeur autographe est tenu, comme l'imprimeur ordinaire, de faire la déclaration préalable et d'indiquer son nom et son adresse, sous les peines portées par lesdits articles.
- Les circonstances atténuantes, déclarées applicables aux délits de presse, par le décret du 11 août 1848, ne peuvent être étendues aux contraventions prévues et punies par la loi du 21 octobre 1814.
- Il n'y a pas contravention dans le fait seul de l'impression, sans indication du nom et de l'adresse de l'imprimeur, lorsqu’il est constaté qu'aucun exemplaire n'est sorti de l’imprimerie.
- Ces trois questions formaient autant de moyens de cassation proposés par le sieur Jeanne contre un arrêt de la cour de Paris, chambre des appels de police crrectionnelle, du 1 juillet 1849, qui l’a condamné à 4,009 fr. d amende pour l’impression de diverses chansons
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- autographes, sans déclaration préalable ni indication du nom de l’imprimeur autographe.
- Le pourvoi a été soutenu par Me Bos-viel.
- Après le rapport de M. le conseiller Vincens-Saint Laurent, M. Plougoulm, avocat général, a conclu au rejet pur et simple.
- Mais la cour, tout en rejetant les deux premiers moyens,a admis le troisième, et a cassé sur ce chef seulement l’arrêt attaqué.
- Audience du 7 novembre 1849. M. Laplagne-Barris, président.
- Sommaire de la partie législative et judiciaire.
- Législation. = Caisse de retraite pour les employés. — Lettre de M. Lattry.
- Jurisprudence. = Juridiction civile. — Cour de cassation. = Chambre des requêtes.
- — Compagnie de chemins de fer. — Station.
- — Domicile. — Assignation. = Cour d’appel de Paris. = Entrepreneur de constructions. — Architecte. — Travaux contraires aux régies de l’art. — Responsabilité. — Solidarité. = Recouvrements de billets par une entreprise de transports. = Responsabilité.
- Juridiction commerciale. = Tribunal de commerce de Paris. = Cuirs forés sans couture ni collage. = Breveh — Patente anglaise.
- Juridiction criminelle. = Cour de cassation. = Chambre criminelle. = Imprimerie autographique. — Déclaration préalable. — Nom et demeure de l’imprimeur. — Contravention. —Circonstances atténuantes.— Acquittement.
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- BREVETS ET PATENTES.
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- Liste des Patentes revêtues du grand sceau «[Irlande , du 17 octobre 1849 au 22 novembre 1849.
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- octobre. T.-B. Browne. Perfectionnement ; dans les métiers à tisser et la fabrica- I tion des tissus (importation). j
- octobre- J. Goodier. Moulin à farine, novembre. W.-E. Newton. Nouvelle chau- j
- dière à vapeur [importation).
- 22 novembre. P.-A.-L.\Fontaine Moreau. Perfectionnement dans le tissage importation .
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau cTÉcosse , du 22 octobre 1849 au 21 novembre 1849.
- 2* octobre. A. Parkes. Perfectionnement dans I la précipitation et la fabrication de certains métaux et alliages, et applications.
- 2* octobre. W. Finzel. Procédés et machines pour la fabrication du sucre.
- ' octobre. W.-E. Newton. Machine à planer, languetter, et rainer les planches (importation.
- 26 octobre. D.-O. Edwards. Emploi du gaz pour produire de la chaleur rayonnante.
- 1 octobre. J. Mercer. Préparation de certaines matières propres a la teinture et l’impression.
- 1 octobre. W.-Il. Richtie. Perfectionnements
- dans les armes à feu i importation).
- 2 Novembre. C. Cowper. Mode de fabrication
- du sucre (importation).
- 2 Novembre. J. Lowe. Grilles d’égouts, etc.
- ® Novembre. J. Holt. Machine et appareil à préparer le coton et autres matières filamenteuses et machines à peser.
- * Novembre. W. Backwell. Mode de com-ression et de solidification du com-ustible.
- 5 hovembre. T.-J. Knowlys. Application et combinaison des produits minéraux et
- végétaux, et application au chauffage.
- 7 novembre. H.Crosley. Mode et appareil de chauffage et d’eclairage.
- 12 novembre. H. Knight. Machine à imprimer, reireindre, presser et percer.
- 14 novembre. A. Yule. Préparation de matières propres à enduire les vaisseaux, etc.
- 14 novembre. A. M’Dougall. Moyen d’extraire des produits utiles des eaux de lavage des laines.
- 14 novembre. J. Parkinson. Appareil pour enregistrer l’écoulement des liquides.
- 14 novembre. P.-W. Barlow. Perfectionnements dans la portion permanente des chemins de fer.
- 16 novembre. G.-E. Donisthrope. Perfectionnements dans la préparation et le peignage des matières filamenteuses.
- 16 novembre. W. Crum. Mode d’apprêt des tissus.
- 19 novembre. A. Barlow. Perfectionnement dans le tissage.
- 21 novembre. C.-E. Amos. Machine à fabriquer le papier et régler la pression dans les liquides.
- 21 novembre. J.-P. Westhead. Préparation et filage des fourrures (importation).
- Liste des patentes revêtues du grand sceau ^'Angleterre, du 2 novembre 1849 au 28 novembre 1849.
- 2 novembre. J. Cowtey et J. Hickman. Meubles en fer creux.
- 2 novembre. G.-P. Maundoe. Machine et appareil pour la préparation,la filature, le doublage et le retordage du coton, de la laine , de la soie, du lin, et au-2 très matières filamenteuses,
- novembre, a. Cottam. Machine à préparer et filer le coton et autres matières iila-çj menteuses.
- novembre, j. Jordan. Mode de construc-2 tion des vaisseaux, etc.
- novembre. F.-O. Palmer. Mode de fabrication des chandelles et machine pour 2 «. cet objet.
- ovembre. G. Vidie. Mode de transport par terre et par eau.
- 2 novembre. C. Cowper. Mode de traitement de la houille, distillation du goudron, fabrication d’un combustible artificiel, etc. (importation;.
- 2 novembre. M-J. Haines. Fabrication des courroies pour machines, des boyaux et des tampons de chemins de fer.
- 2 novembre. W. Buckwell. Perfectionnement dans les machines à vapeur et la propulsion des bâtiments.
- 2 novembre. H. Tucker. Fabrication des pendules de cheminée.
- 2 novembre. W. Morris. Fabrication des tuiles, briques et autres articles.
- 2 novembre. J. Combe. Machine à peigner le lin et le chanvre et machine à filer le lin.
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- i novembre. A. Barlow. Perfectionnement dans le tissage.
- 6 novembre. W.-E. Newton Machine à dresser, modeler, couper, percer les roches et les pierres et battre les pilots ^importation).
- 8 novembre. J B. Wilson. Perfectionnement dans les cordes en fil de fer.
- 10 novembre. C.-E. Amos. Machine à fabriquer le papier et à régler la pression dans les liquides.
- io novembre. C.-M. Barker. Mode pour scier ou couper le bois et les métaux.
- 10 novembre. R.-F. Sturges. Construction des bois de lit.
- 10 novembre. E. Chambers. Fabrication des roues.
- 10 novembre. T. Keely et W. Wilkinson. Fabrication des tissus à maille et appareil pour cet objet.
- 10 novembre. S.-B. Oliver. Procédés de teinture et de préparation des matières colorantes.
- »0 novembre. H -H. Henson. Perfectionnements apportés aux chemins de fer et aux véhicules.
- 10 novembre. R. Brolherhood. Mode de couverture des trucks, wagons, bateaux, etc.
- 13 novembre. R. Parnall. Instrument pour faciliter le cousage des tissus.
- 13 novembre. J. Chesterman. Outils pour percer et creuser le bois.
- U novembre. C. Cowper. Mode de fabrication du sucre (importation).
- n novembre. L.-A. Duperrey. Machine pour produire des figures en relief.
- 17 novembre. A.-V. Newton. Mode de fabrication du cuir (importation).
- 17 novembre. C.-L.-A Meinig. Application du galvanisme à la médecine (importation).
- 17 novembre. C.-J. Pownal. Mode d’enregistrement des personnes qui passent sur une voie, etc.
- 17 novembre. G.-E. Donisthrope. Appareil
- pour arrêter les machines â vapeur et autres moteurs.
- 17 novembre. W. Brindley. Ornements en p*' pier mâché et conservation des inatié' res végétales.
- 17 novembre. W. Buckwell. Fabrication artificielle des tuyaux et autres objets en pierre dans des moules.
- t7 novembre. S. Stocker. Mesures à bière et blagues à tabac.
- 17 novembre. T. Worsdell. Fabrication des enveloppes et outils pour cet objet.
- 17 novembre. J.-W. Hancock. Fabrication de la bonneterie.
- 20 novembre. C.-E.-F.-C.-P. de Changy• Pf®' paraiion du lin . chanvre et autres matières filamenteuses.
- 20 novembre. C. Cowper. Fabrication du sucre (importation).
- 22 novembre. F.-J. Dubur^uet. Machine bf' dropneumatique.
- 22 novembre. J.-P. Gillard. Mode de produC' tion de la lumière et de la chaleur.
- 24 novembre. W.-G. Taylor. Machine à fa're la charpie.
- 24 novembre. G. Callaway et R.-A. Parti*-Mode de propulsion des bâtiments e appareil à labourer.
- 24 novembre. C. Cowper. Mode pour faire leS trousses et forger le fer pour barres, essieux, bandages, etc. ilta' portation).
- 24 novembre. J. Barrans. Essieux et h0*1®! dèssieux des locomotives et voiture de chemins de fer.
- 22 novembre. A Ador. Mode de production “ la lumière.
- 24 novembre. H. Lamplough. Alimentation deS villes en eau pure.
- 28 novembre. J.-G. Newey et J. Newman. P* brication des boutons et autres a* ticles.
- 28 novembre. F.- T. Rufford, /. Marson ® J. Finch. Fabrication des baignoire*'
- 28 novembre. F.-C. Hills. Mode de compreS2 sion de la tourbe et fabrication du g d’éclairage avec ce combustible.
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- Le leelinoloo'iste. Fl. 124.
- ])ul4?S SC •
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- LE TEEMVOLOGISTE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Perfectionnements dans la précipitation, la fabrication, le traitement et l'application de certains métaux et alliages.
- Par M. A. Parres.
- !• Je me suis d’abord proposé d’ap-P*'quer les procédés de la précipitation métaux pour recouvrir des tubes etl fer et autres métaux avec deux ou 1111 plus grand nombre des métaux suints, savoir : cuivre, argent, étain, .'srciuth et plomb, en couches succès-. Slves, afin d’accroître leurs propriétés Protectrices. C/est ainsi que j’ai trouvé ’îî1 ,un enduit ou dépôt de zinc prèci-P11® sur le fer et un dépôt de cuivre le zinc protégeaient plus parfaite-utent le fer qu’un dépôt de chacun de ces deux métaux pris séparément; en utre, qu’un dépôt de plomb et cuivre ucouches successives, d’argent et cui-re ou de cuivre, étain ou bismuth, Produisaient le même effet.
- "our cela, je prends les solutions de es divers métaux, et je les décompose lar v0ie électrique, de la manière con-et à cet égard je n’ai aucun per-ecuonnement à indiquer relativement procédés ordinaires.
- -L Les perfectionnements que je pro-ï Se dans la fabrication de certains mé-Ux consistent :
- a> à amener un courant d’air forcé Ur la surface du cuivre pendant qu’il
- •Èe Teehnologisle, T. XI. — Février 1850,
- est à l’état de fusion dans le fourneau d’affinage , afin d’accélérer la fonte et aussi de donner lieu à la formation du chlore ou d’un hydrocarbure gazeux ou en vapeur mélangé à l’air atmosphérique pour le même objet. Tout appareil de soufflerie peut être employé dans ce cas , mais celui auquel je donne la préférence sera décrit ci-après en nous occupant de la fusion du fer.
- L’hydrocarbure gazeux ou en vapeur qui m’a le mieux réussi a été le gaz ordinaire d’éclairage de la houille, mais on peut en employer d’autres. J’ai trouvé avantageux d’y ajouter de 1 à 3 pour 100 de phosphore dans l’opération de l’affinage du cuivre; la résistance et la fermeté de ce métal se trouve augmentées par l’addition de ce corps.
- b. j’emploie aussi le même appareil soufflant pour produire un courant d’air seulement, ou un courant d’air et de chlore, d’air et d’hydrocarbure gazeux ou en vapeur, que je fais passer sur les sulfures composés de cuivre dans le haut-fourneau ou dans le four à réverbère, ainsi que nous l’avons décrit, M. ll.Parkes et moi dans ]eTechnolo-gisle. ( Voy. p. 1 de ce volume.)
- c. j’applique encore cet appareil de soufflerie à la fusion des minerais de plomb et de fer. Pour fondre les minerais de plomb, cet appareil suffit pour remplacer les souffleries ordinaires , mais quand il s’agit du fer, je me sers de deux ou d’un plus grand nombre de
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- ces machines appliquées à un même fourneau à courant d’air forcé , en les plaçant les unes derrière les autres, ce qui augmente notablement la près-sion du courant d’air qui traverse ces machines avant de se rendre au fourneau.
- Dans toutes ces applications, l’air peut être lancé à la température de l’atmosphère , ou chauffé par les moyens connus, mais quand on se sert d’air mélangé d’hydrocarbures pour fabriquer Je cuivre il est inutile de le chauffer.
- L’appareil soufflant dont il vient d’être parlé, et qu’on a déjà employé à épuiser les cornues à fabriquer le gaz et à monter l’eau a été représenté dans les figures suivantes:
- Fig. 1, pl. 125, vue en élévation par derrière.
- Fig. 2, section en élévation , montrant les cames tournantes qui chassent l’air.
- Fig. 3, vue en élévation de côté, où l’on aperçoit les roues dentées qui maintiennent ces cames dans leur position relative.
- Fig. 4, section horizontale.
- L’avantage de cet appareil consiste à fournir une pression continue et un courant constant d’air sans l’emploi d’un régulateur. La machine dans ces appli-cationsdoitfaireenviron 300révolutions par minute, mais cette vitesse peut varier suivant la quantité d’air qu’on doit faire passer et la dimension de l’appareil.
- 3. Pour traiter et travailler certains métaux ou alliages et en faire diverses applications utiles, on combine le fer, l’argent et le nickel ainsi que leurs alliages avec le phosphore. Les proportions employées sont de 2 à 10 pour 100 de phosphore pour chacun de ces métaux ou de leurs alliages, mais 3 à 5 pour 100 constituent peut-être les meilleures proportions pour la plupart des applications. On prend le phosphore du commerce et on l’ajoute peu à peu au métal ou à l’alliage en fusion, on agite avec soin pour bien former le composé phosphoré, et quand il est fait on coule dans des moules pour obtenir les fontes requises. Pour les rouleaux d’impression et les tubes, je me sers de coquilles en fer pour donner le profil extérieur et d’un noyau en sable ou en terre grasse pour l’intérieur et réciproquement, mais dans tous les cas on peut employer d’autres moules en sable ou en métal.
- 4. J’enduis aussi le fer ou autres métaux et alliages, d’une couche de métaux et d’alliages combinés au phos-
- phore, et qui, ainsi combinés, fondent à une température plus basse que les métaux qu’il s’agit de recouvrir. Par exemple, pour enduire le fer, j’empjme le cuivre et des alliages de cuivre, d’argent, de zinc, d’étain, de plomb, de bismuth ou leurs alliages avec le phosphore , et pour enduire le cuivre et ses alliages, je me sers d’étain, de zinc, de plomb et de leurs alliages avec Ie phosphore qui fondent à une chaleur au-dessous du point de fusion du cuivre et des alliages qu’on veut recouvrir.
- Il est nécessaire de prendre les précautions ordinaires pour que les métaux soient bien décapés avant de les recouvrir. L’opération s’exécute en les plongeant dans le composé phosphoré , amené à l’état de fusion dans un four ou sur un bain convenable et en ajoutant les flux ordinaires.
- 5. Un autre moyen employé par moi, consiste à couler une enveloppe de l’un des composés phosphorés ci-dessus sur des rouleaux ou cylindres en cuivre, dont le diamètre s’est trouvé réduit par un usage prolongé, puis à les mettre sur le tour. Le même procédé est applicable à quelques autres articles fabriqués en fer ou autre métal et alliage/ Le cylindre ou autre article qu’il s’ag*1 de recharger est placé dans un moule, qui laisse l’espace nécessaire tout autour pour y couler la composition dont on veut le recouvrir. Par suite de la grande fluidité de ces composés de phosphore, on peut ainsi recharge1, toute espèce de pièces par ce moyen-Dans tous les cas, il ne faut pas oublie1" de décaper attentivement ces article8 et de les chauffer à une température élevée, mais au-dessous du point de fusion avant de verser l’alliage de méta* et phosphore.
- 6. J’ai aussi cherché à faire des alliages de molybdène, de chrome, de tungstène et de manganèseaveclecuDre et ses alliages. Pour faire ces alliage8’ j’emploi du cuivre pur ou allié et j y ajoute l’autre métal ou les autres métaux à l’état d’oxide ou d’acide.
- Pour former ces alliages, on a recour à un flux et au charbon qui servent recouvrir dans le creuset les oxides les métaux qu’on veut combiner. fois j’ajoute de petites proportions Ç phosphore aux alliages ci-dessus décri pendant la préparation et pour facilite^ la combinaison. J’ai trouvé que les me” taux indiqués jouent uu rôle avanta^ geux, en rendant le cuivre et ses allm&f plus compactes et plus denses, et da quelques cas en améliorant la coule des alliages.
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- Je me sois encore occupé de la fabrication des rouleaux d’impression, fa moyen que j’ai mis en usage, con-Slste à former un rouleau ou cylindre ®b far, laiton ou métal blanc composé Qétain, plomb, zinc et antimoine en Proportions variables et à lui donner Une couverte en cuivre à la surface °o moyen d’une précipitation éleclri-en employant pour cet objet les soûlions de cuivre ordinaires. Mais si r est un composé de fer ou d’alliage blanc, je préfère une solution de cuivre dans fa cyanure de potassium, et fais bfage de ces solutions à une tempéra-fare d’environ 65° C., en maintenant les r°uleaux ou les cylindres placés dans doe position horizontale, dans un mou-vement constant pendant tout le temps fa dépôt s’opère.
- cherches sur quelques modifications dans la coloration du verre par les °%ides métalliques.
- Par M. G. Bontemps (1).
- La renaissance des vitraux peints et a fabrication du flint glass coloré d’a-I °rd en Bohème et ensuite dans toutes es parties de l’Allemagne, en France et Angleterre, a appelé tout spécia-nient l’attention des verriers, il y a pjà quinze ans environ, sur la colora-'°n des verres par les oxides métalliques. Probablement ils ont essayé les jettes données dans les ouvrages de ..eri, Merret, Kunckel, Ferrand, Hau-jîquer de Blancourt et de beaucoup ^autres , et souvent ils ont dû échouer.
- ans ce cas, ils doivent en avoir ^ddu que les auteurs n’avaient pas .tenus les résultats qu’ils annon-.aient.Mais la vérité est qu’ils n’avaient Pas opéré dans les mêmes circonstan-Bans tous les cas , ces recettes n’a-aient (ju’UMe valeur empyrique ; la chi-c,îe n’était pas encore une science , ,efait simplement une agglomération t-e faits sans la moindre coordina-up quelconque, et la physique n’était oUere p|us capable d’expliquer les phé-uaenes observés. A une époque plus Cente à l’aide des sciences chimiques,
- de n ^°us avons déjà annoncé, à la page •eni v°lu,r|e, les principaux résuliats et t’ain ^ans ce travail; mais le mémoire em leur ayant été depuis publié, nous n( tiau essons» à cause de son importance pi teü ® > de le mettre sous les yeux de nos I s- F. M.
- on a pu analyser les oxides métalliques ainsi que leurs diverses combinaisons avec les acides. Le verre, par analogie ayant été considéré comme un sel, à base simple ou multiple, on a admis des axiomes généraux dans la coloration de ce corps par les oxides métalliques. On a dit, par exemple, que les silicates de potasse et de soude sont incolores; que le silicate dépotasse ou de soude et de manganèse est pourpre; que le silicate de potasse ou de soude et de cobalt est bleu,; que le silicate de potasse et de deutoxide de cuivre est bleu; que le silicate de potasse et de protoxide de cuivre est rouge; que le silicate de potasse et d’or est pourpre, etc. De semblables axiomes sont bien suffisants pour ceux qui n’ont besoin que de connaissances superficielles, mais si on entre plus avant dans l’examen des phénomènes produits par l’emploi des oxides métalliques dans la fabrication du verre , on reconnaîtra bientôt combien le champ est fertile en observations et combien sont incomplètes les explications qu’on en donne.
- Qu’on me permette de citer ici quelques-uns des phénomènes que produisent un petit nombre de métaux ; quelques-uns de ces phénomènes auront peut-être pour beaucoup de personnes tout l’attrait de faits nouveaux, quoique ces métaux soient ceux employés le plus généralement pour colorer le verre.
- 1. Fer. On admet généralement que l’oxide de fer donne une couleur verdâtre au verre , au mélange duquel il a été ajouté, mais la vérité est que cette couleur ne se produit seulement que dans des circonstances particulières.
- Les fabricants de porcelaine dure et tendre et de poteries savent très-bien [ que l’oxide de fer est la matière colorante d’un bel émail rouge pourpre, cuit dans leur moufle (et ii est démontré que les émaux sont de véritables verres), Si la température était élevée trop haut, cet émail perdrait sa teinte pourprée et tendrait à Yorangé, de façon que l’oxide de fer produit trois des couleurs du spectre, même à des degrés d’une température que je pourrais appeler basse, si on la compare à celle des fourneaux à fondre le verre que nous allons maintenant considérer.
- Si dans un pot contenant du verre blanc ou du flint glass en fusion on introduit, pendant qu’on travaille, uu petit fragment do 1er, ce fragment, à cause de son poids, gagnera le fond ,
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- or si après ce travail le pot est enlevé du four, on apercevra dans le voisinage du morceau de fer en partie oxidé, une portion du verre qui s’est colorée depuis l'orangé jusqu’au jaune. On a aussi un exemple de la couleur jaune, produite par l’oxide de fer dans la fabrication de Yaventurine artificielle. On sait que cette aventurine est produite en exposant un verre mou contenant de fortes proportions d’oxides de cuivre et de fer à une température au-dessous de son point de fusion ; pendant celte exposition, le cuivre est réduit à l’état de cristaux métalliques et le verre qui n’est plus coloré que par l’oxide de fer seul prend une couleur jaune brunâtre, et plus est grande la réduction du cuivre, plus le verre est jaune.
- Revenant maintenant aux circonstances ordinaires de la coloration du verre par l’oxide de fer, on voit qu’à une température qui n’est pas trop élevée, par exemple, dans les pots couverts pour le flint-glass, l’oxide de fer donne une couleur verte, se rapprochant davantage du jaune que du bleu. C’est généralement en mélangeant de l’oxide de fer avec de l’oxide de cuivre (qui donne le bleu) qu’on produit toutes les teintes de vert. La couleur verdâtre du verre à bouteilles doit aussi être attribuée à l’oxide de fer, combiné avec les matières charbonneuses contenues dans le mélange. Mais lorsqu’on fond à une haute température, par exemple, dans la fabrication du verre à vitres , on remarque que l’addition d’une faible proportion d’oxide de fer au mélange produit un verre de couleur bleuâtre. Les fabricants de verre à bouteilles savent aussi que lorsque le verre refroidit dans le pot, il devient bleu opaque avant d’être dévilrifié.
- On vient de démontrer par les observations précédentes que le verre reçoit toutes les couleurs du spectre de l’oxide de fer, et en même temps on remarquera que ces couleur s sont produites dans leur ordre naturel et proportionnelle ment à l'élévation de la température.
- 2. Manganèse. On sait généralement que l’oxide de manganèse donne au verre une couleur pourpre, propriété qu’on met non - seulement en usage pour produire du verre pourpre, mais plus spécialement comme savon des verriers pour neutraliser la légère couleur verdâtre produite par de faibles proportions de fer et de matières charbonneuses qui existent dans les matériaux employés pour faire le verre
- blanc ou le flint-glass ; mais chose tres-remarquable, c’est que la légère couleur pourpre donnée par l’oxide de manganèse est très-sujette à s’affaiblir; si Ie verre resle trop longtemps dans le four de fusion et après cela dans l’arche, *a teinte pourpre tourne d’abord aurouÇ6 brunâtre léger, puis au jaune et ensuite au vert.
- Je citerai aussi un fait remarquable relatif à la présence du manganèse dans la composition du verre. Le verre blanc, dans lequel on a employé une faible proportion de manganèse, est sujet a devenir jaune par son exposition à la lumière. Ayant fait fondre pour le célèbre Augustin Fresnel le verre destine à faire les premières lentilles polygonales qu’il ait établies, et pour le®' quelles il était à désirer qu’on eut du verre de la plus grande blancheur, ce» pièces prismatiques de verre devinren jaunes au bout de peu de temps san® perdre leur transparence et leur po1 à la surface. J’ai attribué avec raison cette coloration au manganèse et, e° effet, en supprimant l’oxidc de manganèse dans le mélange, cet effet n® se manifesta plus. De plus, pour démontrer que la lumière avait produ^ la coloration, j’ai pris un anneau prl^' malique récemment fabriqué avec }. verre contenant du manganèse, je Ja rompu en deux morceaux, dont lu exposé à la lumière pendant quelq1*1: semaines , est devenu jaune , tanÇ1 que l’autre, conservé dans un tir°,r’ n’a éprouvé aucune altération dans s blancheur.
- On sait aussi que quelques carrea^ de verre, surtout les carreaux de vert de Bohême, prennent une légère te*n pourpre après avoir été soumis pendan longtemps à l’influence de la lumier ' Le même effet se produit dans le vert à vitres ou le flint-glass, contenant*1^ petite proportion de manganèse }°XK qu’ils restent dans le four à aplatie ® dans celui à recuire, assez longterl,Çe pour produire un commencement dévitrification ; dans ce cas, l’inténe du verre devient blanc opaque, |a dis que l’extérieur prend une tel*1 pourpre.
- J’admets que certains faits de colora lion que je viens de mentionner P®u0t raient être expliqués en les rapp°r je à divers degrés d’oxidation, et (lueoe manganèse, par exemple, perd u portion de son oxigéne quand 1® -e passe du pourpre au jaune ; ma,s doute que cela suffise pour exp into-les phénomènes que j’appellerai pt1
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- Qéniques qui 0nt lieu, lorsque le verre est a l’état solide.
- 3. Cuivre. Le cuivre à son plus haut Qegré d’oxidalion donne au verre.com-P dement exempt de fer, une couleur de ciel, inclinant plus au vert jlu au pourpre, et à son état le plus in-erieur d’oxidation lui communique URe couleur rubis. A toutes les épo-^Ues . aussi bien qu’aujourd’hui , le |Ver.re à vitres rouge a toujours été co-°,re par le protoxide de cuivre, mais il n est pas facile d’obtenir cette couleur, Parce qu’elle n'est nullement fixe; il aut la saisir au moment convenable , ® cette production est la source d’un erand nombre d’observations intéresses et curieuses. Lorsque le verre „°,uge est dans l’état propre à être souf-j, i si on le verse avec un cuiller dans de manière à opérer un refroi-issement subit, il produit du groisil erHaundire; si ce groisil jaunâtre chauffé jusqu’au point de fusion et e»roidi lentement, la couleur rouge e montrera graduellement à mesure Mile Je verre refroidira, en devenant de a. teinte du plus beau rubis, inclinant ^ Us à l’orangé qu’au pourpre. Dans jjüelqnes cas, cette couleur est telle— S délicate que le refroidissement résulte du procédé usuel de fabri-la 0tî> s’oppose à la manifestation de jj, teinte rouge, et il est nécessaire j?xPoser la pièce de verre fabriquée |e a température de l’arche, cas dans . ^Uel on voit la couleur rouge augmen-5 graduellement jusqu’à ce qu’elle at-J’gne sa plus grande intensité. Si la ^tepérature de celte arche est trop éle-/e °u si le verre rubis déjà fait est placé j 1,5 üne moufle trop chauffée, la cou-Ur rouge-orangé clair tourne bientôt gj ?°uQe cramoisi puis au pourpre. tei Valeur augmente, il prend une Co.nle bleuâtre, puis ensuite il se dé-ru.°.re- Il est donc reconnu que le verre te ls, doit être exposé à la plus basse tein erature possible pour obtenir les Cesntestes plus éclatantes. On conclut de le °PS(crvations que le verre dans lequel parUlVre est contenu à l’état de protoxide cjj ^ne addition d’étain ou de matières «u/ -neuses ’ est aPle a acquérir SpeCessivement toutes les couleurs du Para- ’ ^ans ^es circonstances qui ne ca»;JlSSent pas être l’effet d’une modifi-°n par l’oxigène.
- *üznt*ryent’ I-,ox‘de d’argent est rare-dans\aj0uté aux mélanges qu’on fond plovVeS fours de verreries » mais em-verr! généralement pour colorer le faJe/"jaune transparent, sur la sur-auquel il est étendu et cuit. Cette
- couleur est produite sans addition de fondant ou flux ; il est seulement nécessaire d'étendre à la surface du verre ou du flint glass une petite proportion d’oxide, ou d’un sel quelconqued’argentdans un grand état de division, mélangé à un excipient neutre, tel que de l’argile pulvérisée ou de l’oxide rouge de fer, et d’exposer le verre à la chaleur de la moufle. L’excipient est ensuite enlevé en grattant ou brossant la surface du verre qui est alors coloré en jaune qui varie entre 1 e jaune citron ou jaune verdâtre et Xorangé foncé, suivant la quantité d’argent, et spécialement la qualité du verre. On peut même produire une couleur rouge en exposant deux fois le verre à la chaleur de la moufle. M. Dumas a trouvé, par une analyse scrupuleuse, que le verre qui est susceptible de prendre les teintes foncées, est formé d’éléments qui se rapprochent le plus des proportions définies, ce qui s’accorde avec celte observation que le verre doit avoir été dépouillé de tout son excès d’alcali par une fusion prolongée à une haute température pour prendre les teintes foncées d'orangé et de rouge.
- Il est important de ne pas chauffer la moufle à une trop haute température , autrement la surface du verre sur laquelle on a déposé l’argent deviendrait opalescente; quoique, regardée par transmission, elle reste toujours jaune ou orangée. Le verre observé obliquement réfléchit une couleur bleue opaque, et à une température encore plus élevée, il a des dispositions à paraître rouge poupre quand on le regarde par transmission, quoique l’opacité de la surface soit encore augmentée et soit passée au jaune brunâtre.
- Si au lieu de teinter le verre dans une moufle, l’argent ajouté à un mélange de flint-glass est fondu en pots couverts dans le temps le plus court possible , le résultat est une matière agatisée demi-opaque, qui par les effets combinés de la réfraction et de la réflexion présente toutes les couleurs du spectre. Cet effet est plus sensible si la surface du verre, qui est généralement vert jaunâtre opaque , est taillée à différentes profondeurs. Ces effets sont produits par les inégalités dans le refroidissement , comme nous l’avons vu pour le manganèse et le cuivre.
- 5. Or. L’oxide d’or donne au verre une couleur pourpre qui, par une augmentation dans la quantité, peut atteindre le rouge pourpre. A cet effet, on ajoute une petite proportion de précipité pourpre de Cassius à la
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- composition du flint-glass; ,mais par une première fusion, cette composition ne donne qu’un verre incolore transparent qui a besoin d’être chauffé de nouveau pour développer sa couleur pourpre. Si, par exemple, on a formé un petit cylindre solide avec le verre de première fusion, ce cylindre, après le refroidissement, est entièrement blanc ; mais si on l’expose ensuite à la chaleur de l’ouvreau du four, on lui voit acquérir graduellement la couleur rouge à mesure que la chaleur le pénètre , et cette couleur reste tixe lorsque le cylindre est de nouveau refroidi graduellement dans le four à recuire.
- J’ai remarqué aussi qu’en faisant varier les degrés de la température à laquelle on porte un morceau de ce verre d’une certaine longueur, et le refroidissant à plusieurs reprises, on produisait un grand nombre de teintes variant du bleu au pourpre, au rouge, au jaune opaque et au vert. Mais je ne suis pas bien certain que cet effet ne doive pas être attribué à quelques fragments d’argent mélangés à l’or employé , et le seul point qui reste parfaitement positif est le fait de la couleur pourpre qui se développe d'elle-même par un second feu dans le verre, dans la composition duquel il entre de l’or.
- A ces résultats sur la coloration par les oxides métalliques, j’ajouterai un effet produit dans la coloration du verre par le charbon, effet qui est de la même nature que ceux mentionnés dans la coloration parle cuivre et l’or.
- Un excès de charbon dans le mélange d’un verre silico-alcalin donne une couleur jaune qui n’est pas aussi brillante que le jaune de l’argent, mais assez belle pour être employée dans les vitraux d’église; et parfois, suivant la nature du bois qui a servi à faire le charbon et l’époque à laquelle il a été coupé, cette couleur jaune peut être transformée en rouge foncé par un second feu.
- Je doute que tous les faits que je viens de mentionner puissent être expliqués par les divers degrés d’oxidation des métaux. Cette multiplicité des couleurs, en plus grand nombre que celui des oxides décrits pour chaque métal, doit nous conduire à examiner si ces phénomènes ne seraient pas les conséquences de lois physiques. C'est un caractère particulier à notre époque et le résultat des progrès immenses de la chimie et de la physique, que de ramener leur étude à quelques vues liées
- entre elles qui rendent indissolubles les rapports entre ces deux sciences.
- Les faits variés observés dans la coloration du verre, produits spécialement par l'influence de températures différentes , doivent probablement être attribués à quelques modifications dans la disposition des molécules de composition; effets qui donnent lieu à des modifications dans la réflexion et la réfraction desrayonslumineux ; bienplus» il est nécessaire de remarquer que bon nombre des résultatsque j’ai mentionnés sont produits dans quelques circonstances qui paraissent placer le verre dans une condition de cristallisation•
- Dans le dernier siècle, Edward Hussy Délavai partant des expériences dues à Newton sur la coloration des plaques minces , entreprit quelques recherches sur les causes des modifications de cou-leur dans les corps; mais la chimie à cette époque n’était pas suffisamment avancée pour établir ses observations sur des expériences rationnelles. 4 l’époque actuelle , nous n’avons qu’® recueillir un nombre suffisant de faits précis pour être en mesure d’en déduire des explications scientifiques qui conduiront probablement à quelques nouveaux perfectionnements dans les fabriques.
- Quant au verre, les observationsqul ont rapporté la constitution de ses molécules sont extrêmement délicates. Ce qui le prouve , c’est la différence d’ac' tion de la lumière sur lui, suivant Ie degré du recuit. On sait qu’une pression , même très-légère, agissant sur un point de sa surface , suffira pour y produire la force de double réfracti®0 qu’on lui donne aussi par un recuit i°" complet. El cet effet a lieu non-seulement lorsque le verre ayant été refroidi promptement delà chaleur rouge à la température ordinaire, est susceptible de se briser spontanément, malS même dans des morceaux de verr® d’une certaine épaisseur qu’on aura* pu considérer comme bien recuits, e qui en réalité le sont suffisammep pour les usages ordinaires. C’est un >al que la majeure partie de ces verrÇ^ présente des phénomènes de sation. Ce fait a encore accru les di Acuités qui sont déjà très-grandes p.°u_ fabriquer des verres pour des appj,ca tions optiques. Ces difficultés , qui 11 sont pas déjà petites pour des disqBe de trois à quatre pouces de diamètre* le sont bien davantage encore p°u des disques de dix à douze pouces i nous les avons toutefois surmonte dans l’usine de MM. Chanic pour d
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- disques qui ont jusqu’à vingt-deux Pouces de diamètre ; mais avant de travailler ces disques et de plus grands epcore, il serait à désirer que les opticiens praticiens voulussent bien jeter Quelque lumière sur les diverses parles des procédés qu’ils emploient dans a construction des télescopes achromatiques , parce que nous ne pouvons Pas assurer que le verre que nous considérons comme exempt de défauts, ^donnera pas, sous de très-forts pouvoirs grossissants , des indices de nouilles imperfections que nous n’avons Pas encore soupçonnées.
- $ur les propriétés hygrométriques de la laine et sur les moyens d'obtenir la connaissance exacte de l'humidité Qu'elle renferme( 1).
- Par M. E. Madméné.
- Monsieur le maire,
- Vous m’avez fait l’honneur, au mois ?® mars dernier, de m’inviter à me |°|ndre à la commission de séchage des aines. J’ai exécuté,depuis cette époque, Plusieurs expériences dont les résultats *°ntintéressants au double point de vue j® la pratique et de la science pure, et m® paraissent surtout complètement ofïisantspour éclairer l’administration ,vr ce qu’elle se propose de faire dans intérêt du commerce de Reims. Je m empresse de vous rendre compte de c®* * 8 expériences.
- , *• Permettez-moi de rappeler en peu ?e mots le but que l’administration s’ef-°rce d’atteindre depuis plusieurs an-ecs. La laine, débarrassée du suint et PÇès le travail du peigne, reste douée Puissamment du pouvoir d’absorber humidité atmosphérique. Ce pouvoir arie avec la nature de la laine, la plus
- moins grande ténuité de ses brins, a méthode de lavage, la température ç ' clat hygrométrique de l’air, et on °fiçoit aisément combien ces varia-t*°ns irrégulières rendent difficiles les ransaçtions pour une matière dont le P^*x s’élève quelquefois à 15 fr. le kilog. ^"Ca commission a été surtout chargée ® trouver un procédé rapide et exact P°Ur évaluer la quantité réelle d’humi
- u0) Ce mémoire est adressé à M. le maire de
- à de Reims; l’auteur en a donné lecture
- 8 i Académie de cette ville dans sa séance du daaovernbre, et il a été inséré dans le n° 4 , snS-8-8? ’ du compte rendu des séances de cette s°Clete savante.
- ditè contenue dans un échantillon de laine quelconque, afin d’établir une condition publique où la laine, avant d’être l’objet d’un marché, serait d’abord soumise au procédé hygrométrique.
- II. La ville de Lyon possède depuis longtemps un établissement de ce genre. Dès l’année 1805, un décret impérial en ordonnait la création : par une raison que vous apprécierez dans un instant, je citerai textuellement l’article 3 de ce décret.
- « On établira dans les chambres destinées pour cette condition publique , par le moyen de poêles ou fourneaux , une chaleur constante de 16 à 17 degrés du thermomètre Réaumur, lorsque le baromètre sera entre 28 et 27 pouces; à 18 degrés, lorsque le baromètre sera à 27 pouces, et à 19 ou 20, lorsque le baromètre sera entre 27 et 26 pouces, afin que l’excédant de chaleur soit capable d’absorber l’augmentation d’humidité de l’atmosphère désignée par la situation du baromètre : si on peut parvenir à construire un hygromètre d’une graduation sûre et comparative , on en fera usage de préférence au baromètre. »
- La soie devait rester dans les salles vingt-quatre heures ( montée ou pliée en organsin), ou même quarante-huit heures (en trame).
- Sans m’arrêter au peu de précision des données physiques qui servaient de base à l’art. 3 de ce décret, je me bornerai à vous faire remarquer les variations assez grandes que l’on eut à constater aussitôt que le mode de condition fut mis en pratique:
- 1° Par le vent du nord et un temps sec, la soie se dessèche beaucoup : les ballots devaient subir une seconde condition de vingt-quatre ou quarante-huit heures. Le vendeur se plaignait d’une dessiccation trop rigoureuse; — Par le vent du midi et un temps humide, la soie ne sèche pas, et c’est Y acheteur qui se trouvait lésé.
- 2° La quantité de ballots a une grande influence; s’il y en a peu, la soie perd beaucoup ; — s’il y en a beaucoup, c’est le contraire qui a lieu.
- 3° La position relative des ballots elle-même est une cause d’inexactitude: — un ballot, placé près d'une porte, perd beaucoup plus que s’il était dans un angle. Deux ballots préparés dans des circonstances absolument identiques, peuvent donner par ce seul motif une différence de 3 pour 100 dans le conditionnement.
- 4° Le changement de voisinage influe
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- encore : au moment où la dessiccation d'un ballot va se terminer, il arrive qu’on remplace un de ses voisins d’une dessiccation complète par un ballot nouveau et tout humide qui lui fournit une humidité nouvelle; de sorte qu’un ballot, deux ou trois heures avant d’être retiré, peut être sensiblement plus sec que deux ou trois heures plus tard lorsque vient l’instant de le lever.
- 5° La longueur du temps consacré à la condition est une nouvelle cause d’incertitude : — un ballot, après avoir subi la première condition de vingt-quatre heures, ne présente pas de résultat précis ;on le soumet à la deuxième condition de quarante-huit heures. Si, pendant ces deux jours , le temps passe du sec à l’humide , le ballot augmente de poids et, en définitive, il se trouve plus lourd qu’au bout des vingt-quatre premières heures.
- 6° Enfin, et cette dernière circonstance ne manquera pas de vous frapper, si le ballot, après le conditionnement , n'est pas fendu immédiatement à son propriétaire, il peut sécher dans le magasin d’entrepôt, et cette diminution de poids nouvelle crée un juste motif de mécontentement, qui peut aller jusqu’à donner de l’inquiétude sur la conservation du ballot dans toute son intégrité.
- Ces inconvénients du procédé ne sont pas les seuls à remarquer : il y en a beaucoup d’autres , parmi lesquels un surtout me semble devoir fixer votre attention : la température des salles est malsaine, l’air est chargé d’émanations nuisibles, il l’est aussi d’une poussière fine continuellement agitée par le mouvement des ballots : aucune ventilation n’est possible ni même permise : les hommes de garde restent vingt-quatre heures enfermés dans ces salles vraiment dangereuses, où certaines personnes ne peuvent séjourner peu d’instants sans être fatiguées. Les poussières offrent des périls dont on reconnaît tous les jours l’étendue véritable.
- III. Le 23 avril 1841, une ordonnance royale prescrivit, pour la condition publique de Lyon, un nouveau mode imaginé par M. Talabot et qui consiste essentiellement à obtenir la dessiccation absolue des soies.
- Voici, en quelques mots, la marche adoptée :
- La soie n’est soumise à l’opération qu'en partie.— On prélève trente matteaux ou échantillons dans des endroits différents du ballot, ce qui compose un
- poids d’environ 550 grammes pour dix matteaux.
- Les trente échantillons réunis en faisceau A, fig. 1, pi. 126, puis suspendus à l’extrémité B du fléau d’une balance de précision, sont disposés au milieu d’une grande cloche renversée, à doubles parois GG, dans laquelle on amène de la vapeur à la température de 121° (pression de 2 atmosphères); Ë est l’entrée, S la sortie.
- Cette disposition permet d’obtenir aisément dans l’intérieur de la cloche 108 à 110 degrés (8 ou 10 degrés au-dessus de l’eau bouillante), ce qui est convenable pour obtenir la dessiccation absolue avec une promptitudesuffisante. — L’humidité qui s’échappe se répand dans l’atmosphère par le trou T et par les interstices 1,1 du couvercle.
- Au bout de quelques heures, la soie, dont le poids diminue sans cesse, reste immobile, et l’opération est terminée. Les poids P qui restent à ce moment sur la balance expriment la quantité réelle de la matière sèche. Les poids qu’il a fallu enlever du bassin P depuis le commencement de l’expérience, représentent l'humidité renfermée dans l’échantillon.
- De nombreuses expériences ont montré toute l’excellence de ce procédé :
- 1° Pour chaque opération , on prend trois lots de 10 matteaux, comme j’ai eu l’honneur de vous le dire, il y a un instant. Deux de ces lots sont desséchés à l’absolu dans des appareils différents, et donnent le même résultat dans presque tous les cas. Si la différence entre les proportions d’humidité de ces deux lots atteint la valeur d’un demi pour cent, ce qui est très-rare et vraiment exceptionnel, on soumet à la dessiccation le troisième lot mis en réserve pour servir de contrôle.
- 2° La soie au sortir de l’appareil rte contient plus la moindre traced'humi-dité, comme il est facile de s’en convaincre par l’immersion dans un bain de suif fondu et chauffé à 160°.
- 3° La soie n’est pas altérée : la grége la plus fine, la moins nerveuse, même avantd’avoirreprislamoitiéde sonhu-midité naturelle (c’est-à-dire 5 pour 100 de son poids), se divise mieux ; le brin, sensiblement gonflé, a acquis plus de force et n’a pas moins d’élasticité ; i‘ supporte une tension égale, un allon' gement identique à ce qu’il pourrait supporter avant d’avoir été expéri' menté. —Des échantillons soumis à un grand nombre de dessiccations successives, reviennent toujours exactement au même poids, ce qui prouve encore
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- clairement l’inaltération de la soie par ce procédé.
- En résumé, le conditionnement se réduit aux opérations suivantes :
- Prélever dans le ballot trois lots de dix matteaux chacun, et chacun aussi du poids d’environ 550 grammes; dessécher deux de ces lots dans des appareils différents, jusqu'à ce que leur Poids reste constant pendant une heure ; calculer la perte au cent : si le résultat nc diffère pas d’un demi pour cent, on Prend la moyenne, et la soie est condi-donnée; — si la différence est d’un demi en plus, on dessèche le troisième '°i et on prend la moyenne entre son P°ids et celui de l’un des premiers lots rçui s’en rapproche le plus.
- IV. On a jugé convenable, à Lyon, de ne pas exprimer le résultat immédiat du conditionnement, ou, en d’autres fermes, le poids de la matière sèche. Pour se rapprocher de la vérité, c’est-a'.dire pour indiquer ce que serait la ®°*e dans l étal ordinaire, on a trouvé ®°n d'ajouter un poids constant au P°>ds absolu déterminé par l’appareil, "es essais multipliés ont montré que la s<?ie la mieux conditionnée par le pro-cédè du paragraphe II, laissait dégager ei1 moyenne 11 pour 100 d’eau quand
- la soumettait aux températures de 108° à H0°.—Ce poids moyen est celui lü’on ajoute pour fixer Je poids commercial.
- Ainsi, quand l’appareil fait confire le poids absolu d'un ballot, si ce Poids est égal à 85 pour 100 du poids >rOt, on ajoute 11 pour 100 sur 85, c’est-a'dire 9,35, et on cote à 94,35.
- ( La suite au prochain numéro.)
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- Procédés et appareils nouveaux pour le traitement des corps gras.
- ^ar M. P.-A.-L. l'ONTAINEMOREAU (1).
- . ^invention consiste : 1° En per-Çclionnements apportés dans les pro-cdes et les appareils pour traiter les ^.rPs gras en général ; 2° dans l’ap-Pdcation des divers produits obtenus Par ces procédés et ces appareils à la
- An») patente d’importation, prise en
- ïenf erre S0,1S ' no,n Fontainemoreau, d0:.erme la description des procédés dont on Knah ,nventi°i> en France à MM. Poisat et son .el qui sont exploités à Paris par la mai-
- "Poisat oncle etC'.
- fabrication des bougies et autres ob-jets.
- Ces procédés et ces appareils sont en partie fondés sur des principes déjà connus, savoir : ceux de l’oxidation , de la distillation et de la solidification des corps gras seulement ; ils en diffèrent par la manière dont on applique ces principes et dont on conduit les opérations.
- Oxidalion des corps gras. Les corps gras qui ont la glycérine pour base sont introduits dans un vase en fonte placé sur un fourneau, ou mieux on se sert d’un vase en fer dans lequel on place le vase en cuivre émaillé qui renferme ces corps, et qu’on chauffe en faisant circuler de la vapeur entre les deux vases, ou bien au moyeu d’un bain de métal en fusion, ou d’une solution d’alcali caustique, ou d’une sub-slance saline, ou enfin d’un corps gras dont on maintient la température à un degré très-élevé. On peut aussi employer des auges ou cuves en granité ou en bois, doublées en feuilles épaisses de plomb, et chauffées par des serpentins dans lesquels circule la vapeur ou par l’im des moyens indiqués précédemment.
- Le temps au bout duquel l’oxidation a lieu et la quantité d’acide qu’on y emploie dépendent de la nature du corps gras. Lorsque cette oxidation est complète , on sépare le dépôt qui s’est formé au sein des matières qu’on traite, et on lave les acides gras à l’eau bouillante , et après quelque temps de repos, on sépare ces acides de l’eau et on les soumet aux procédés suivants de distillation.
- Premier procédé. Ce procédé qu’on applique principalement aux matières I grasses d’origine végétale est aussi applicable à celles animales. A cet effet, on prend un vase en plomb ou une chaudière en métal émaillé chauffée convenablement, ou enfin une cuve en bois chauffée avec de la vapeur à 160° à 170° C. Avant d’y injecter la vapeur, on chauffe les matières à 100°, et on les verse dans la chaudière avec une quantité d’eau égale au tiers de leur volume, puis on ajoute de la chaux éteinte dans le rapport de 100 grammes pour 100 kilogr. de matière grasse ; enfin l’on agite vigoureusement le mélange en l’entretenant pendant quinze à vingt minutes à la température de l’ébullition. Au bout de ce temps, on sature la chaux avec de l’acide azotique qu’on ajoute en excès , de façon qu’a-près la neutralisation de la chaux , il reste encore de 450 à 500 grammes
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- d’acide par 100 kilogr. de matière grasse dans la cuve. On fait alors bouillir pendant trois quarts d’heure, en ajoutant de temps à autre de l’eau bouillante pour remplacer celle qui s'évapore jusqu’à la fin de l’opération, qui ne doit durer que deux heures.
- Lorsque la matière grasse est suffisamment blanche et dure, on verse subitement dans la cuve douze à quinze litres d’eau froide par 100 kilogr. de matières, en ayant soin en même temps d’arrêter le feu. Après quoi on laisse déposer pendant une ou deux heures , et la matière est prête à faire des bougies.
- On peut modifier ainsi qu’il suit, et appliquer utilement le procédé ci-dçs-susau traitement de la matière connue sous le nom de cire végétale. On fait fondre 100 kilogr. de cette cire avec 1 litre d’eau , puis on ajoute dans la chaudière 1 kilogr. d’un nitrate alcalin, celui de soude . par exemple , et on fait bouillir. Quand la matière bout, on y verse un peu d’acide sulfurique concentré par petites portions à la fois jusqu’à ce que le nitrate soit décomposé, en ayant soin que cet acide sulfurique soit en léger excès. Pendant cette opération , il se dégage une certaine quantité d’acide azotique et hypoazolique , et lorsque les vapeurs rutilantes apparaissent et deviennent plus abondantes pendant que l’ébullition continue , l’opérateur est averti qu’il ne reste plus que peu d’eau dans la chaudière ; il en ajoute alors graduellement un peu jusqu’à ce que les vapeurs reprennent une couleur blanchâtre, puis encore un peu d’acide sulfurique. Enfin toutes les fois qu’on voit apparaître les vapeurs rutilantes on les arrête instantanément en versant de l’eau , et en continuant ce manège jusqu’à ce que la substance paraisse suffisamment blanche et purifiée; on arrête alors l’opération en ajoutant un excès d’eau à 56°, et on éteint le feu. Enfin la matière ainsi préparée est agitée soigneusement avec son volume d’eau bouillante pour la purifier complètement.
- On peut dans cette opération remplacer l’acide sulfurique et le nitrate par l’acide azotique seul.
- Second procédé. Si la matière n’est pas suffisamment blanchie par l’opération précédente , on la soumet à l’action du chlore combiné à l’oxigène à l’état d’hypochlorite alcalin de la manière suivante :
- On fait fondre la matière et on y ajoute graduellement la liqueur de chlore en agitant constamment. Le
- tout forme une pâte qui prend promptement un aspect blanc si l’on a bien opéré et qu’on ait employé une liqueur suffisamment concentrée. Environ 800 grammes d’hypochlorite suffisent pour 1 kilogr. de matière.
- Lorsque la pâte a atteint la blancheur voulue, on y verse de l’acide sulfurique en quantité suffisante pour neutraliser l’alcali, après quoi on lave la matière avec de l’eau, et on la clarifie en la mettant en fusion dans la même chaudière où l’on a opéré le blanchiment et la purification ; mais il est toujours nécessaire d’y ajouter une petite quantité d’acide sulfurique.
- En mélangeant la cire végétale cassante , connue sous le nom de cire de Carnauba , avec un poids égal d’une matière grasse convenable et opérant comme ci-dessus, on obtient un produit tout à fait semblable à la cire d’abeilles et propre à diverses appli' cations.
- Les corps gras ayant été oxigénés , comme on l’a expliqué ci-dessus, sont ensuite distillés par les moyens qui vont être indiqués.
- 1" Distillation des corps gras, Occupons-nous d’abord du corps qu’on obtient sous l’influence d’un courant de vapeur, dont la pression ne doit pas excéder un demi - atmosphère avant de recevoir un degré plus élevé de température. On peut opérer avec ce courant de vapeur seul ou conjointe' ment avec le vide. Le serpentin à travers lequel passe la vapeur qu’on veut chauffer avant de la faire agir sur le corps gras, peut être élevé presque à la chaleur rouge, et être en métal ou en matière plastique. Si on veut, on peut aussi faire passer un courant de vapeur d’eau à travers un tuyau rouge de feu contenant du charbon ou du coke, et dans lequel la vapeur se décompose entièrement ou en partie en formant du gaz hydrogène et du gaz oxide de carbone qu’on emploie comme agents de chauffage dans la distillation. Enfin on produit encore de la vapeur chauffee au degré convenable en l’injectant tel'e qu’elle sort d’un générateur dans un bain de métal fondu, ou en la fa1' sant passer dans des tuyaux qui plo*1' gent dans ce bain.
- La vapeur, soit seule , soit mélange® aux gaz produits, comme on l’a dit ci' dessus , descend dans le fond de Y&P" pareil distillatoire par un tube pourvu d’une pomme d’arrosoir ou à traver un serpentin percé de petits trous , cf 1 indépendammentde ce moyen de cbaU-| fage, on allume encore du feu son
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- 1 appareil distillatoire. Les vapeurs profites par peau et la matière grasse s ecoulent de l’appareil dans un petit Récipient où elles sont en partie condensées pendant leur passage , tandis que les substances non volatilisées , ruais projetées par l’action de la distillation , se déposent aussi dans ce récipient. En définitive, tout se trouve entraîné.
- Du petit récipient les vapeurs passent dans un grand condenseur en métal cnaaillé ou en une matière inattaquable uux acides. Ces condenseurs sont en communication avec les réservoirs d’où *cs matières peuvent couler librement °u en être chassées par une pompe aspirante ou foulante.
- .Lorsque l’appareil est soumis au v,dc, on fait plonger l’extrémité du tube qui descend du condenseur dans liquide renfermé dans le récipient, cl par cette disposition , on n’est pas exposé à ce que les matières soient doublées dans le réservoir. Cette pré-Cüution fait que les corps à l’état de sUspension se séparent dans le réser-voir sans avoir besoin d'ètre filtrés. La Vapeur d’eau, les gaz et la matière grasse qui ne sont pas condensés s’échappent par un tube d’évacuation situé au dessus de celui qui met en communication le condenseur et le récipient.
- 2° Distillation intermittente. On a feprésenté dans la fig. 5, pl. 125, une Section longitudinale, et dans la fig. 6, üHe section transversale de l’appareil employé.
- A est une chaudière en cuivre ou en Un. autre métal inattaquable par les Acides gras . et qui renferme les ma-hères à distiller ; B un vaisseau en fonte °tt en tôle de fer chauffé par un four neau contenant un bain de métal fondu, a{* moyen duquel on communique la chaleur à la chaudière A. A mesure Que la distillation des acides gras a lieu au point de fusion du plomb , on forme jj°n bain , c’est-à-dire qu’il suffit, pour Ssurer une distillation régulière , de maintenir ce bain à l’état de fusion dans a Partie située au-dessus du foyer, et ans un état pâteux à l’autre extrémité, cite chaudière est maintenue à peu PfÇs au tiers, remplie de matière grasse UK°n ^ introduit à l’étal fluide par un j. Ç courbé E , et les produits de la ‘stillation passent du chapiteau F dans jn appareil de condensation ordinaire, jj’? chaudière est pourvue d’un tube de «charge C , fixé à l’extrémité opposée le fG^e clu* rePose immédiatement sur murneau, et il existe un tuyau de
- vapeur D s’étendant sur la longueur du fond de la chaudière, percé de distance en distance de trous ou de fentes par lesquels s’échappe la vapeur d’eau destinée à chasser les produits de la distillation de la chaudière dans le condenseur.
- A mesure que la distillation fait des progrès , la chaudière est alimentée en matières grasses fluides à des intervalles de temps convenables ; mais lorsque les résidus s’y sont accumulés au point de troubler la distillation , on arrête cette alimentation et on poursuit la distillation jusqu’à ce que les portions volatiles du sédiment soient enlevées. Le résidu est alors extrait de la chaudière en ouvrant le robinet du tuyau de décharge C , et on facilite celte évacuation en fermant le robinet du tube E et celui du tube par lequel le produit de la distillation s’échappe du chapiteau F. La vapeur d’eau ainsi concentrée dans la chaudière chasse le sédiment par le tuyau C.
- Tout ce travail s’exécute sans arrêter le feu, puis on procède comme aupa-ravantàuneopération de distillation sur une nouvelle portion de matière grasse.
- 3° Distillation intermittente ou continue. La fig. 7 représente une section en élévation de l’appareil employé.
- A,A, tubes pourvus chacun d’une soupape s’ouvrant de dehors en dedans; B,B’ trous d’homme fermés chacun par une soupape chargée B2,B3 s’ouvrant en dehors et disposées à l’intérieur de tuyaux minces verticaux par lesquels les vapeurs s’échappent dans l’atmosphère ; C,C\ les alambics de forme sphérique; D, tuyau qui sert à introduire la vapeur d’eau dans le premier alambic C; D’, bec de cet alambic qui est en communication avec un tube pour introduire les acides gras et la vapeur d’eau dans l’alambic C’ ; E,E', pommes d’arrosoir servant à diviser les vapeurs et les acides gras ; F,F,F, cloisons perforées, placées dans les deux alambics C et C afin d’obliger les vapeurs et les acides gras à traverser un espace le plus considérable possible ; G,G', disques perforés pour arrêter les écumes.
- H, un petit vase ou récipient en communication avec l’alambic C' par le bec G2 et destiné à recevoir les substances entraînées dans l’alambic par les vapeurs ; ce vase est partagé par une cloison qui sert à séparer les produits, et communique par le bec H' avec le serpentin contenu dans le cuveau I,T. Ce cuveau se compose de deux parties séparées au milieu par une cloison J ;
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- le compartiment supérieur I renferme les corps gras qui s’écoulent par le tube O dans le second alambic C', et celui inférieur 1' contient de l’eau qu’on y introduit par le tube d'aiimentalion Q, et qui en sort par le tube de trop-plein R.
- K, récipient pour les liquides condensés; L, tube qui relie le récipient K avec la colonne tubulaire M à travers laquelle on fait monter les produits non condensés. Cette colonne est pourvue de cloisons partielles alternatives et reçoit un filet d’eau par le tube M' ; N, tube qui établit la communication entre les deux alambics C et C' et sert à alimenter le premier; 1J, tube à entonnoir par le haut, par lequel on introduit les matières grasses dans le compartiment supérieur I du cuveau ;
- S, tuyau de décharge appliqué sur l’alambic C pour l’expulsion des résidus ;
- T, robinet dedécharge pour l’eau dans la colonne tubulaire M,et enfin X,X', tuyaux de décharge coudés pour les produits condensés dans le récipient H.
- La distillation des matières grasses est conduite ainsi qu’il suit :
- Les matières grasses à l’état fluide sont introduites dans le compartiment supérieur 1 du cuveau, au moyen du tube alimentaire P; chauffées comme on l’expliquera plus bas, ces matières s’écoulent de ce compartiment 1 par le tube O dans le second alambic C', et de ce dernier sont conduites dans le premier alambic C par le tube de communication N. Les deux alambics C et C' étant chauffés par un foyer comme on l’a déjà dit en parlant de l’appareil de distillation précédent, et les matières grasses ayant atteint environ la chaleur de 100° C., on introduit la vapeur d'eau au moyen du tube D 5 travers les trous de la pomme d’arrosoir E dans l’alambic C. Les vapeurs qui se produisent dans cet alambic sont conduites par le bec D’ dans le fond du second alambic C' à travers les perforations de la seconde pomme d’arrosoir E'. De l’alambic C' ces vapeurs passent par le tube de communication G2 dans le récipient H, et de là se rendent dans le serpentin par le tube H'. Les vapeurs aqueuses et grasses, en se condensant dans ce serpentin dans le compartiment supérieur 1 du cuveau, chauffent les matières grasses qu’on a introduites dans ce compartiment par le tube d’alimentation P; les produits condensés dans le compartiment inférieur I' du serpentin tombent dans le récipient K; l’eau s’écoule par le robinet d’évacuation T, et le corps gras distillé est
- évacué par le robinet U. Les vapeurs non condensées montent par le tube de communication L dans la colonne tubulaire M où elles sont condensées par le filet d’eau qui coule par le tube M' et évacuées par le robinet V.
- Lorsqu’à la suite de plusieurs opérations de distillation , il reste dans l’alambic C une assez grande quantité de matières qui ne peuvent plus se volatiliser, il faut les évacuer par le tuyau de décharge S à l’aide de la pression de la vapeur d'eau, pression qu’on accroîten fermant les robinets des tubes N et O.
- Les produits obtenus par les modes ci-dessus décrits de distillation, et qui ne sont que peu colorés, sont clarifiés avant et après avoir été soumis à la presse, puis on les verse dans les moules à bougies à la manière ordinaire. On emploie à ces opérations de clarification des cuves semblables à celles précédemment décrites à l’occasion de l’oxigénation des corps gras. Quand c’est l’huile de palme qu’on soumet aux procédés d’oxigénation et de distillation qu’on a fait connaître, les produits qu’on obtient sont suffisamment durs et fermes pour être moulés sans avoir recours à la presse.
- Pour le pressurage à chaud on se sert de plaques creuses chauffées par un courant de vapeur, ün fournit celte vapeur aux plaques en adaptant à chacune d’elles un tube mobile dans un autre tube, et formant une sorte de boîte à éloupes à son sommet, et dans lequel le premier peut monter et descendre. Ce mouvement fait que le tube se gonfle ou s’aplatit à volonté suivant le mouvement que la pression transmet aux plaques; chacun de ces tubes est en communication par le haut avec un réservoir de vapeur qui leur est commun à tous. Quant à la vapeur et à l’eau de condensation, elles s’écoulent librement par le bas de ces plaques.
- On peut très-bien ne pas se borner a l’appareil ci-dessus, et le modifier suivant les circonstances, ou bien se servir d'un autre appareil susceptible de donner les mêmes résultats.
- On voit qu’on fait passer la vapeur d’eau chauffée comme on l’a dit pre" cédemment à travers les matières a distiller, qu’on peut en même temps chauffer à l’aide d’un foyer placé sons l’appareil ou par tout autre moyen. Le courant de vapeur d’eau entraîne m® produits volatils qui entrent dans j condenseur où ils sont en grande Partl liquéfiés. De ce liquide on extrait pa^ de simples distillations nouvelles, c°n'
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- Ouïtes comme on l’a expliqué ou autre* tnent, et par une ou plusieurs cristallisations , les matières suivantes :
- , 1- Des matières pour fabriquer des nougies ;
- 2. Des huiles pyrogénées qui peuvent servir à l’éclairage ;
- 3. Enfin quelques autres produits utiles, tel qu’un gaz de qualité supérieure pour l’éclairage.
- On introduit dans les bougies communes, fabriquées avec les produits fabriqués comme on l’a expliqué ci-dessus, de la stéarine obtenue avec le suif et les graisses, stéarine qui a pour °bjet de s’opposer à la cristallisa lion des acides gras. Le principe de l’opération est basé sur la cristallisation de ces substances qu’on obtient par un re-•roidissementlent, et leur pression qu’on effectue dans des cylindres très-résistants pourvus intérieurement d’autres cylindres perforés. Les gâteaux ainsi formés avec les matières traitées comme °n l’a dit, sont pressés dans ces cylindres où ils sont séparés par des tissus serrés et épais.
- On blanchit et désinfecte la matière grasse et la stéarine en se servant de Potasse ou de soude en solution très-concentrée, qu’on ajoute aux matières en étal de fusion dans la proportion de piques centièmes en poids de la matière grasse et de la stéarine. On sépare *e dépôt qui se forme par l’action de la solution ci-dessus, puis on opère sur ces substances en employant propor-t'orinellement à leur poids de 1/2 à VlOO de chlorate de potasse qu'on dis— s°nt dans 40 parties d’eau et auquel on '.'Joute 1 partie d’acide sulfurique. On jnit ensuite bouillir le tout pendant une neure pour compléter l’opération.
- ï-e même mode d’opérer peut être aPpliqué à la préparation des matières grasses d’origine végétale.
- . On peut fabriquer des bougies ayant '} l’extérieur une très-belle couleur .Kume, et en même temps très-dia-Phanc, en maintenant pendant au ^cins une heure à une température o eimcQfj 215° G. l’acide le plus cris-a*lisable préparé comme on l’a indiqué Précédemment, et jusqu’à ce qu’il ac-j.Ulcrt une couleur jaunâtre ; on verse . °rs dans les moules en ayant soin que a température de la matière en fusion 0,t d’environ 80°; puis on refroidit ‘ bitement les moules en les soumet-
- nt à un courant abondant d’eau ou
- am G n,°y«n l*e *a §*acei ou Par tout J: procédé propre à procurer un
- pissement subit de la température. °ur solidifier l’acide oléique ou l’o-
- léine on les introduit dans un vase en fer garni intérieurement d’émail et établi pour résister à une forte pression, et on y ajoute de l’acide hypoazotique, ou de l’acide hypochlorique , ou un gaz propre à produire l’état concret, puis on soumet les matières contenues dans le vase à une pression très-énergique par les moyens communément employés pour cet objet. Les matières sont ensuite lavées et distillées comme on l’a décrit précédemment.
- Je ferai remarquer que dans tous les appareils ci-dessus décrits on se sert de vases revêtus d’un émail, mais que lorsque ces vases ou les objets qu’on veut èmailler ne peuvent, à cause de leur forme ou de leurs dimensions, être introduits dans les fours généralement employés dans cette opération, on les émaillé par parties qu’on réunit ensuite par de petites vis ou autrement. On se sert d’un gros jet de gaz enflammé sortant d’un chalumeau pour fixer l’émail réduit en poudre fine ou en pâte sur les parties qui sont encore à nu. L’émail ainsi fondu peut aussi servir à èmailler de grandes feuilles ou plaques , et aussi pour réparer les avaries dans les appareils émaillés qu’on emploie.
- Avant de terminer, je dirai que les résidus qui résultent des opérations de distillation ci-dessus ont très-souvent l’élasticité du caoutchouc, et qu’en les combinant avec de l’asphalte on peut les faire servir à remplacer le bitume naturel. On peut s’en servir aussi pour préparer une encre typographique , un enduit pour les vêtements imperméables, un gaz pour l’éclairage, et enfin en les soumettant soit seuls, soit combinés, à des quantités convenables de chaux, sur une distillation lente, à la production d’une huile propre à dissoudre le caoutchouc et à l’éclairage.
- Mode de préparation des dissolvants du caoutchouc, du gutta-percha , des gommes et des résines.
- Par M. G. Simpson et Th. Forster.
- Les procédés que nous allons décrire embrassent deux opérations distinctes et dont voici l’énoncé.
- 1. Fabrication d’un cbloride ou bi-chloride de carbone, et emploi de ce corps pour dissoudre le caoutchouc , le gutta-percha , les gommes ou gommes-résines et autres substances insolubles
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- dans l’eau, et obtenir de nouvelles solutions de ces matières.
- 2. Mode de traitement des essences de goudron de houille, afin d’en rendre l’application plus étendue comme dissolvant.
- Nous allons entrer dans les détails nécessaires à l'intelligence de ces procédés.
- L’appareil employé dans la première opération a été représenté dans la fig. 8, pl. 125.
- A est un alambic en fer chauffé à la vapeur dans une enveloppe ou chemise A'A' ; B, un vaisseau en grès à trois tubulures et chauffé de même à la vapeur dans une enveloppe C,C ; D, un serpentin aussi en grès renfermé dans un réfrigèrent.
- On charge l’alambic A avec du bisulfure de carbone et le vase B avec du pentechloride d’antimoine : en cet état on fait arriver la vapeur d’eau dans les enveloppes A' et C, et les vapeurs de bisulfure passent à travers le pentechloride pour se rendre dans le serpentin où elles sont condensées , et de là dans un récipient.
- Le produit est alors rectifié sur de la chaux dans une cornue ordinaire. Le composé qui en résulte est un chlo-ride de carbone qui est un dissolvant rectifié et inflammable du caoutchouc, du gutla-percha et des autres gommes-résines.
- Les proportions suivant lesquelles on emploie les matériaux indiqués ci-dessus sont une partie en poids de bisulfure de carbone pour 8 parties de pentechloride d’antimoine.
- Dans cette opération , la totalité du chlore disponible est enlevée à l’antimoine , et ce dernier a besoin d’être saturé de nouveau de chlore si on veut le faire resservir.
- Le produit brut qu’on obtient par le moyen ci-dessus peut être employé comme dissolvant sans être soumis à une rectification sur la chaux , et en y plongeant le caoutchouc ou bien en l’exposant à sa vapeur, cette substance devient moins sujette à être affectée ar le froid ou la chaleur. Du reste, ce ichloride de carbone est employé à dissoudre le caoutchouc , le gutta-percha et les autres gommes ou résines de la même manière que les autres dissolvants.
- L’appareil pour traiter l’huile essentielle qu’on extrait de la houille est semblable au précédent, excepté que les vases B et D sont en plomb. L’alambic A est chargé avec cette essence qu’il est préférable de prendre à l’état
- de première rectification par l’un des procédés ordinaires. Le vase B étant chargé avec une solution de chloride de chaux, on fait arriver la vapeur d'eau entre les enveloppes et un jet de cette vapeur dans l’alambic lui-même. L’essence réduite en vapeur passe à travers B pour se rendre dans D où elle est condensée. Si on désire obtenir un dissolvant très-pur et très-rectifié , on ne reçoit que le premier tiers du produit. La meilleure solution de chloride de chaux est celle qu’on prépare avec une partie environ en poids de chloride de chaux sec dissous dans l’eau, pour 14 à 16 parties aussi en poids d’essence de goudron.
- — jtr-ra
- Sur la nature des différents copals qu'on trouve dans le commerce.
- Par M. R. Schindler.
- On rencontre dans le commerce trois sortes de copal différentes les unes des autres, et dont on ne sait rien autre chose , sinon qu’on leur donne le nom de copal , et qu’ils servent à la préparation des vernis. Le commerce fait déjà une distinction entre deux de ces sortes qu’il appelle, l’une copal des Indes - Orientales , l’autre copal des Indes-Occidentales ; mais sous ce dernier nom on comprend deux sortes très-différentes entre elles.
- Relativement au copal des Indes-Orientales, appelé aussi copal d’Afrique, copal tendre, on ne le connaît guère que sous le rapport des lieux de production. Il est plus incolore , plus transparent, moins dur que les suivants, toujours bien net à la surface, répandant, quand on le chauffe , une odeur
- agréable, et se présente constamment sous la forme globuleuse. Il convient donc assez bien de lui appliquer le nom de copal globuleux. C’est celui qul donne les plus beaux vernis. La vieiHe essence de térébenthine a peu d’actio0 sur ce copal ; celle moins ancienne dissout parfaitement, mais elle ne peut en porter au delà de partie égale en poids, autrement l’excédant de la résiné se sépare. L’essence rectifiée ou digérée sur du soufre peut, sans qu ,l y ait précipitation de résine , en rece-voir le double de son poids, mais paS davantage, sans se troubler. . _
- L’essence de romarin, vieille et®Pa.,.s' sie, ne fait que gonfler le copal ; ce qui est fraîche rectifiée oa brute, ten
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- qu’on la rencontre dans le commerce, pourvu toutefois qu’elle ait été bien conservée, dissout cette résine en toute Proportion, et donne avec elle une solution limpide jaunâtre , encore assez uuide à parties égales. La solution, avec deux parties d’essence de térébenthine , est constamment très-épaisse.
- Cette sorte de copal fond plus aisément que les deux autres ; elle est moins volatile que la dernière, et ne donne presque point d'huile empyreu-matique, mais seulement une eau acide. Si l’opération s'exécute sans accès de l.air, qu’on règle le feu avec modération et qu’on emploie des vases qui permettent le libredégagemenldes liquides rçui se forment, le copal n’est guère Plus coloré après la fusion qu’il ne l'était auparavant. Dès qu’il ne mousse Plus, l’opération de la fusion est terminée , et alors la bonne essence de térébenthine le dissout en toute proportion en donnant un bel et bon ^Çrnis. Il fournit, suivant le mode de dissolution qu’on lui applique, d’excellent vernis pour les métaux , les tableaux , les bois qui sont exposés à l’air, le cuir et les meubles.
- Pour préparer un vernis pour mé-taux, on fait digérer 1 partie de copal c°ncassé dans 2 parties d’alcool absolu ; mais ce vernis sèche trop promptement, et on doit préférer en conséquence Prendre 1 partie de copal, 1 partie d’es-®ouce de romarin et de 2 à 3 parties d alcool absolu. Ce vernis présente une ??lution parfaite et limpide comme de *eau. On doit l’appliquer à chaud , et jPrès sa dessiccation il est très-dur et très-rèsistant.
- . Pour les échelles de thermomètre, es. gravures, je recommande la recette Rivante : 1 partie de copal, i partie d essence de romarin et 3 parties d’es-j?*\ce de térébenthine, récemment recédée ou digérée sur du soufre. Après Une digestion modérée, la dissolution ?.st parfaite. Ce vernis sèche vite, mais o’est pas si dur que le précédent, îluoique résistant bien à l’air et aux nmtences atmosphériques, j Pour le vernissage des cuirs surtout, r°rsqu’il s’agit de couleurs délicates, je ^Commande la composition suivante : .Parties d’essence de térébenthine sa-avec du caoutchouc, qui sont Rangées à une solution de 2 parties j. c°pal dans 2 parties d’essence de marin. Ce vernis doit être appli-j? ® assez fluide et toujours séché à une fo,Je chaleur.
- coniUr ’vern*ssaBe des meubles , le Pal fondu , dissous dans l’essence de
- térébenthine, est ce qu’il y a de plus économique. Si le copal n’a pas été tenu assez suflisamment de temps à l’état de fusion, il reste longtemps mou après la dessiccation , et il se fendille lorsque celle-ci est complète.
- La seconde sorte de copal, appelée copal des Indes-Occidentales ou copal d’Amérique, copal dur, nous arrive en morceaux presque généralement aplatis d’un faible poids qui ne dépasse guère 100 grammes, d’une grande dureté , d'un aspect raboteux, sans odeur comme sans saveur. Sa couleur est jaunâtre , et jamais il n’est incolore comme le précédent. On n’y rencontre qu’ex-cessivement rarement des insectes. Il nous vient des Antilles, de Mexico et de l’Amérique du nord. Suivant Le-mery, il découlerait aux Antilles d’un grand arbre, tomberait dans les ruisseaux qui sillonnent les flancs des montagnes , et de là serait porté dans les rivières et jeté sur leurs bords. D’après ce chimiste , il doit sa grande dureté à un séjour prolongé dans l’eau. Si on l’examine attentivement à l’extérieur, on s’aperçoit que la couche qui l’enveloppe, et qui est brute et non transparente , ne porte aucune impression de terre ou de sable. La plupart du temps les inégalités qu’elle présente sont trop petites pour qu'on y distingue des formes définies ; mais bien souvent ce sont des élévations à six faces presque toutes de même hauteur, et des dépressions ou cavités présentant l’aspect d'un réseau , tout comme si on eût déposé la résine molle dans un tissu , et qu’on l'y ait fait sécher. Rarement on y rencontre des impressions de feuilles et jamais de débris de celles-ci. Partout où cette texture est la mieux indiquée, les dépressions sont réticulées, et non pas inégales et plus ou moins profondes. L’apparence extérieure de ce copa 1 n’indique donc nullement une origine souterraine. C’est à cause de sa dureté qu’en France on lui a donné le nom de copal dur.
- L’alcool absolu le dissout en si faible quantité qu’il n’y aucun avantage à en faire des vernis à l’alcool , quoique ceux qu’on prépare par ce moyen soient très-durs et très-résistants. L’essence rectifiée de térébenthine en dissout, après une longue digestion , une petite quantité , et quand on chauffe d’une manière un peu soutenue , la dissolution se colore. Avec l’essence de romarin récente , on ne parvient qu’à le gonfler, mais on ne le dissout pas.
- Il fond encore plus difficilement que
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- le copal globuleux, et donne alors moins d’eau acide que lui, mais beaucoup d'huile empyreumatique. Fondu avec accès de l’air, il devient entièrement noir, seulement il faut pour cette fusion faire choix d’un vase dans lequel on puisse aisément recueillir l’huile empyreumatique. Des fusions répétées le noircissent aussi. Aussitôt que le copal n’écume plus, la fusion est terminée. Si elle n’a pas été suffisamment prolongée, ou si l’on emploie pour Je dissoudre une essence de térébenthine qui renferme beaucoup de résine, il y a séparation abondante de copal non dissous. Même en prenant les précautions les plus minutieuses, il est difficile de préparer avec ce copal un vernis qui ne soit pas brunâtre.
- La troisième sorte de copal qu’on connaît actuellement sous le même nom de copal des Indes-Occidentales a été certainement vendue jadis pour un produit des Indes-Orientales, surtout lorsque le copal n’avait d’autre usage qu’en pharmacopée. On le trouve en morceaux convexo-concaves, pesant jusqu’à 250 grammes, dont la couche extérieureaété enlevée.On y rencontre très-fréquemment des débris d’écorce et encore plus souvent des insectes1, au point qu’on trouve à peine un morceau de la grosseur d’une noix qui en soit complètement exempt. Son odeur est aromatique , ce qu’il est facile de constater en le frottant. Sa dureté est très-faible , et quand on le chauffe, il reçoit aisément l’empreinte du doigt ; à froid on le brise facilement. Il est coloré comme le copal dur, et pour le distin-
- guer du précédent, je l’appelle copal à insectes.
- Il se comporte de la même manière que le copal dur avec l’essence de romarin,celle de térébenthine et l’alcool. Son point de fusion est placé entre ceux des deux copals précédents. Quand il fond, il donne moins d’acide et d’eau que le premier, mais beaucoup d’huile tant éthérée qu'empyreumatique. Dans sa fusion, il se comporte absolument comme le copal dur. En le traitant avec précaution, on en obtient un vernis transparent, mais d’une dureté s* faible et séchant avec tant de lenteur , qu’il semble qu’on doive en rejeter absolument l’usage dans la fabrication du vernis.
- Composition propre à graisser les machines.
- Par M. A. Münkittrich.
- On prend 2 kilogr. de caoutchouc dissout dans un dissolvant convenabler 0kil-,500 de gélatine, 5 kilogr. de car' bonate de soude , 45 litres d’huile animale ou végétale , et 45 litres d’eam On fait bouillir l’eau, la gélatine et Ie carbonate de soude, puis on ajoute 1e caoutchouc et l’huile , et on brasse fo<-tement jusqu’à ce que le mélange devienne homogène et coulant. Ces proportions peuvent varier, et si le caoutchouc et l’huile avaient été purifié* préalablement, on pourrait se dispenser du carbonate de soude.
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- ARTS MÉCANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- CHEMINS DE FER, CANAUX, ETC. (2® Article.)
- ï*ar M.-D. Magnier, ingénieur civil.
- des matériaux de maçonnerie.
- § 1. NATURE UES MATERIAUX.
- Sommaire : 1. Préliminaire, — 2. Chaux. Pierre h chaux pure. Calcination. Combinaison avec l’eau. Durcissement. — Matières étrangères dans la pierre à chaux. —* 3. Né-Ç^ssîté de calciner. Extinction à l'eau ? extinction h l’air.
- 4. Division des chaux en deux classes : — chaut aérien-®es (chaux grasse, degré de calcination , — chaux maigre); *7 chaux hydrauliques naturelles (divers degrés d’bydrau-Ücité, — ciment romain). — 5. Composition des calcaires et des différentes chaux et ciments qu’ils fournissent. — Terrasse de Uollande, pouzzolane. — 6. Analyse chimique de» calcaires. Chaux. — Argile. Sable vitreux. — 7. Oxyde de fer. — 8. Carbonate de chaux. — 9. Magnésie. — 10. Moyen facile d'essayer un calcaire. — Description d’un petit fourneau d’essai. — U. Plâtre (composition et caractères distinctifs de la pierre à). — 12. Plâtre. — 13. Essai de la pierre à plâtre — 14. Analyse chimique. — 15. Autre procédé. — IG. Variétés principales do la pierre à plâtre. — 17. Argile. Sa composition. Analyse des argiles de Passy et de Vanvres. — 18. Silice. Alumine. Magnésie. Muriate de soude. — 19. Differentes sortes d’argile- — 20. Tuiles. UURreaux. — Briques ordinaires. —Briques réfractaires. — jl» Sables• — 22. Analyse. — 23. Sable métallifère. — Eau. — 25. Pierre. — Supériorité sur les matériaux foctices. Pierre gélisse.
- . *• L’une des plus précieuses qualités d’un lngénieur est de savoir tirer tout le parti Possible des matériaux qui se rencontrent ^ans les grandes excavations. C’est à ce point vue, et principalement à celui de la chaux hydraulique et du ciment romain, que je vais Jtaiter, avec tout le soin qu’elle réclame, importante question des matières à bâtir.
- Je crois inutile de retracer ici l’historique 1,6 ce sujet, ni d’insister sur sa gravité : ft0us savons, d’un côté, que l’art de bâtir esÇaujourd’hui plus avancé qu’il ne l’a ja-'Oais été; et, de l’autre, que la solidité des instructions dépend, en grande partie, de la Qualité des matériaux.
- Mais, avant de m’occuper de l’application, Proprement dite, des matériaux, je dois spé-j er succinctement leur nature, afin que le ecteur apprécie plus clairement les résultats fabrication, dont il sera ensuite parlé, et ux qu’il pourra espérer en employant cer-^ainesmatières, dont il pourrait, ignorant 0es données fondamentales , négliger l’utilité 11 faire un mauvais usage.
- ties d’acide carbonique, forme la pierre â chaux pure, comme le marbre de Carrare. Eu mettant un morceau de pierre à chaux pure (de la craie ou du marbre blanc) dans l’acide chlorhydrique (acide muriatique), ou dans l’acide nitrique (eau-forte ou esprit de nitre), le gaz acide carbonique se dégage brusquement avec effervescence, et la chaux reste entièrement dissoute dans le liquide. En exposant un morceau de pierre à chaux pure à une chaleur rouge pendant assez longtemps, le gaz acide carbonique se trouve chassé, et il reste de la chaux vive, état dans lequel elle a perdu environ les quatre neuvièmes de son poids, perte qui représente les quatre parties de gaz acide carbonique qui étaient combinées avec les cinq parties de chaux; ce reste, ou cette chaux, privée de l’acide carbonique qui en faisait de la craie ou du marbre (carbonate de chaux), étant mise dans de l’acide chlorhydrique ou nitrique, ne produit plus d’effervescence. Cette chaux a la propriété de se combiner avec l’eau, et de former une pâte qui durcit bientôt en absorbant l’acide carbonique de l’air, mais qui conserverait indéfiniment son état mou si on la mettait sous l’eau ou dans un vase privé d’air.
- Mais les pierres à chaux sont plus ou moins mélangées de matièies étrangères, et cette circonstance leur donne différentes propriétés particulières fort utiles, que nous allons avoir à étudier.
- 3. En tous cas, pour rendre la pierre à chaux propre à fabriquer des mortiers, il faut toujours la débarrasser de son acide carbonique par l’action du feu. Elle forme alors de la chaux vive, sur laquelle on jette une certaine quantité d’eau, quand on veut l’éteindre; elle tombe en morceaux et produit une forte chaleur en se réduisant en une poudre qui, mélangée avec du sable et une nouvelle quantité d’eau, fait le mortier mou. La chaux vive, exposée à l’air, s’éteint aussi graduellement par l’humidité de l’atmosphère, mais la chaleur qui se produit probablement dans cette action n’est pas sensible.
- 4. Je vais partager les chaux en deux classes : les chaux aériennes, qui durcissent à l’air, et les chaux hydrauliques, qui durcissent aussi sous l’eau.
- chaux aériennes.
- CHAUX.
- ke carbonate de chaux, c’est-à-dire d’e.j0n>hinaison, un composé de chaux et p c.e carbonique, contenant environ cinq les, en poids, de chaux, et quatre par-Teclinologiste, T. XI. « Février 18E
- Chaux grasse. En calcinant complètement des calcaires (corps qui contiennent de la chaux) à peu près purs, de la craie ou du marbre blanc, on obtient de la chaux qui éprouve un foisonnement considérable, c’est-à-dire que son volume augmente dans une
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- grande proportion. En formant une pâte de cet hydrate de chaux, elle durcit à l’air. Cette chaux se dissout entièrement daps sePt cent quatre-vingts fois son poids d’eau. On lui donne le nom de chaux grasse.
- Les calcaires purs peuvent, sans inconvénient, être fortement calcinés, car on n’a pas à redouter, comme pour les calcaires impurs, la vitrification que produirait, sur ces «derniers, une température trop élevée.
- Chaux maigre. Quand les calcaires sont mélangés en proportions assez grandes de magnésie, d’oxyde de fer ou de sable quart-zeux, la chaux qu’ils donnent développe peu de chaleur en s’éteignant et ne foisonne presque pas. Ces calcaires, quand ils ne contiennent pas d’argile, donnent des chaux maigres, qui durcissent à l’air, comme la chaux grasse, et non dans l’eau.
- CHAUX HYDRAULIQUES NATURELLES.
- Les chaux hydrauliques ont la précieuse qualité de durcir sous l’eau après un temps plus ou moins long. Afin d’exprimer facilement les différences qui existent, M. Vicat a
- désigné comme chaux moyennement hydraulique, celle qui ne fait prise qu’après quinze ou vingt jours d’immersion, et qui ne devient jamais très-dure ; comme chaux hydraulique, celle qui fait prise du sixième au huitième jour, et qui présente une résistance remarquable après six mois d’immersion; enfin, comme chaux éminemment hydraulique, celle qui fait prise du deuxième au quatrième jour et qui acquiert la dureté de la pierre après six mois d’immersion.
- Puis on a improprement donné le nom de ciment romain à une variété de chaux qui jouit de la propriété remarquable de se solidifier en très-peu de temps, soit au contact de l’air, soit sous l’eau.
- COMPOSITION DES CALCAIRES ET DES CHAUX qu’ils FOURNISSENT.
- 5. Avant d’aller plus loin dans l’étude des chaux, nous allons nous servir d’un tableau qui, d’un seul coup-d’œil, nous mettraà même de nous tonner une idée des qualités de chauX que produisent les calcaires.
- TABLEAU de la composition de quelques calcaires et des chaux qu’ils fournissent.
- Composition des calcaires Composition des chaux
- LIEUX sur 100 parties. sur 100 parties.
- dp l’éstraction. O « J § a> o •e^.3 © V a . 'a o © S aaN» E0 © © tl V © ja> ‘Sb © 3 eS M a © a CS bÛ © •O •s è © ‘S> © 3 es
- £ © 3 a I © < CO © B PS & M O 5 C/3
- Marbre de Carrare. . . . 100,00 » » » » 100,00 » n » »
- Vaugirard, près Paris. • 08,50 » » 1,50 » 97,20 )) » 2,80 ' )>
- Lagneux (Ain,). ..... 94,00 1,00 5,90 0,50 » 91,60 1,50 » 6,00 »
- ;Vichy (Âlliqc). . . . • . 87,20 10,00 2,80 » » 86,00 9,00 » 5,00 ))
- Calviac(Dordogne). . . 77,80 V » 2,60 19,G0 70,00 )) » 5,25 24,75
- Villefra»cHe (Aveyron). CO,90 30,30 8,80 » » 60,00 26,20 15,80 )) »
- 'St-Germain (Ain), , . . 87,00 0,50 7,10 5,40 » 85,00 0,40 9,60 7,00 »
- Chanay, près Mâcon. . . 80,20 5,00 » 7,80 » 84,00 2,50 » 15,50 »
- Nismes (Gard) Metz (Moselle). ..... 86,00 78,00 5,00 3,00 )) 4,00 9,00 15,00 » » 82.50 68.50 4,10 2,00 )) 5,70 15,40 24,00 » »
- Sénonche(Euroet Loire). 80,00 1,00 » 19,00 » 70,00 1,00 » 29,00 »
- Nota. On trouve dés traces d’oxyde de manganèse dans le calcaire de nonejies se compose : de silice, 17 ; alun, 1 ; eau, 1.
- OBSERVAT10**'
- Très-grasse-Très-grasee. Grasse. ^
- Médiocrend e .jerif Très-maigre'
- 2 pour cen Très-maigre-, du mangae^aU' Moyennend W
- iï,.»*'
- lique. Ilydraulique. ji-aO' Eminenifli1 bque. .vdrae Eminemm1 lique
- Metz ; et l’argile du calcaire de Sé
- Les calcaires anglais et de Boulogne-sur-Mer qui fournissent le ciment romain, donne»1» à l’analyse, les substances suivantes ;
- Carbonate de chaux. . . Calcaire anglais. Calcaire boulonnais.
- . . . 657 • • . . . 616
- Carbonate de magnésie. . . . . 005 ... )>
- Carbonate de fer. . . . . . . 060 . . . 060
- Carbonate de manganèse. 4 4 . 019 4 4 4 »
- | Silice. « . , . . . . 180 . . . 150
- Argile, j Alumine, . . . . . 066 ... 048
- ( Oxyde de fer. . . • • • » . . . 030
- Eaa . . . 013 . . . 066
- Perte * 1,000 . . . 030 1,000
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- La calcination de ces pierres donne pour résultat :
- Ciment anglais. Ciment boulonnai*.
- Chaux...................à t . . 554.......................54O
- Argile............................... 360 • . . . . 510
- Oxyde de fer........................... 086 . .... 150
- 1,000 4,000
- La calcination d’une pierre russe, qui fournit un ciment supérieur, donne pour résultat :
- Chaux. 620
- • Argile...........................3 80
- 1,000
- 11 n’est peut-être pas dénué d’intérêt de Pmcer ici les analyses du terrasse et de la pouzzolane :
- Trass ou terrasse de Hollande.
- Carbonate de chaux. . 65
- Silice.........................570
- Alumine........................280
- Fer. . . ; . . . 85
- 1,000
- Pouzzolane.
- Chaux....................4°
- Silice..................35o
- Alumine.................4°°
- Fer. ....... 200
- 1,000
- Ln comparant ces diverses analyses, on voit que :
- i° Les calcaires purs fournissent de la chaux grasse;
- , 20 Les calcaires impurs, mais qui ne condiment pas d’argile, 11e fournissent qu’une ci,aux maigre, non hydraulique;
- , 3° Les calcaires qui contiennent peu d’ar-G'Ie fournissent une chaux moyennement hydraulique;
- j 4° Les calcaires qui contiennent de plus °rtes proportions d’argile fournissent des 'aux hydrauliques, des chaux éminemment jdrauliques, et du ciment romain, bnfin le trass et la pouzzolane, qui se gèlent à la chaux pour former des mortiers ydrauliqueç, ne sont que de l’argile (3g).
- La connaissance de ces faits est excessive-*I)eut importante, car, par l’analyse chimi-elle nous permet d’apprécier à l’avance qualités d’une chaux que produira un 3 Çaire quelconque.
- , h. Comme nous savons, que l’acide hy-ly- . )or*que ou l’acide nitrique (étendus de ^ottiè d eau) dissolvent la chaux, il nous est ^ujoim facile de constater la quantité de v?aux contenue dans un calcaire, en le puissant et en versant de l’acide, goutte à prll|te ’ Sur poudre, jusqu’à ce qu’il ne se { °duise plus de bouillonnement; car, en mê-t et en agitant alors le tout dans une cer-avJaj! ^antité d’eau, et en passant la liqueur “llre de papier Bon collé, la chaux, qui
- est dissoute, passe à travers le filtre, mais les substances qui ne le sont pas, comme l’argile, restent sur le papier. Ainsi, par exemple, on peut mettre 10 grammes de calcaire, réduit en poudre très-fine et passée au tamis de soie, dans un verre; quand le bouillonnement, occasioné par l’acide, est terminé, ou peut agiter le tout dans un demi-litra d’eau; et quand on a recueilli et laissé sécher le dépôt qui s’est formé sur le filtre, on lepès» exactement, comme on a dû le faire pour les 10 grammes de poudre de calcaire, et 1* différence qui existe entre le premier poids et celui que l’on retrouve, est la quantité de chaux contenue dans le calcaire.
- Ce que je viens de dire suffit, avec un peu d’habitude, pour l’analyse d’un calcaire qui ne contient que du carbonate de chaux, qui se dissout» par l’acide hydrochlorique, de l’argile et du sable vitreux, que cet acide n’attaque pas; mais le calcaire peut aussi contenir de la magnésie et de l’oxyde de fer, deux corps qui sont aussi bien dissous par l’acide hydrochlorique que la chaux, et si l’on veut constater leur présence, ce qui, relativement à la magnésie, est essentiel quand il s’agit de chaux hydraulique, comme je le ferai voir en parlant de l’argile, il faut pousser l’opération plus loin. On peut s’y prendre comme je vais l’indiquer.
- 7. Dans la liqueur filtrée qui contient la chaux et que l’on suppose contenir aussi de la magnésie et de l’oxyde de fer, on verse quelques gouttes d’ammoniaque; si la liqueur se trouble, on ajoute un peu d’acide hydrochlorique, puis encore de l’ammoniaque, et, s’il n’y a pas d’oxyde de fer dans la liqueur, elle redevient claire ; mais, si la liqueur contient de l’oxyde de fer, il se dépose en flocons rougeâtres. On recueille ces flocons sur un petit filtre; on les lave et cm les pèse après ies avoir séchés.
- 8. Quand l’oxydé de fer se trouve ainsi extrait, on ajoute dans la liqueur filtrée, de l’oxalate d’ammoniaque, qui produit un dépôt blanc d’oxalate de chaux ; on laisse poser quelques heures et on recueille le dépôt sur un filtre; quand il est séché, on le calcine dans une capsule de platine, et en pesant le produit de la calcination on a le poids du carbonate de chaux.
- 9. On reconnaît enfin qu’il reste de la magnésie dans la liqueur filtrée, en la faisant bouillir avec du carbonate de potasse, car si le calcaire en contient, on voit se précipiter une poudre blanche, qui est du carbonate de magnésie. On le recueille sur un filtre, on le calcine, et on pèse la magnésie.
- 10. Pour ceux qui 11e considéreraient les résultats de l’analyse que comme une pré-
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- m
- iomption insuffisante pour savoir si un calcaire produira une chaux hydraulique, je vais indiquer le moyen de s’en assurer positivement. Du reste, ce moyen est très-simple et peut être fort utile.
- On place dans un foyer ordinaire, dont le feu est bien soutenu, plusieurs morceaux de la pierre que l’on suppose pouvoir produire de la chaux hydraulique. On a préalablement pesé ces morceaux de pierre; au bout de quelques heures on en retire un, et si l’on trouve qu’il a perdu 8 pour ioo de son poids, on le met à part; s’il a moins perdu, on le remet dans le foyer. On procède de la sorte en retirant des morceaux de manière à en avoir qui ont perdu 8, io, 12, 15, 20, 3o pour cent et même plus. On éteint séparément tous ces échantillons et on les essaie. Ceux qui 11e s’éteignent pas comme la chaux vive ordinaire, fournissent le ciment romain. On pulvérise l’échantillon resté dur, on le gâche comme du plâtre et on observe attentivement les résultats. Tont le monde sait que pour juger des qualités hydrauliques d'un échantillon, il suffit d’en faire une pâte que Ton met sous l’eau. En se reportant à ce qui «st dit (4) au sujet des chaux hydrauliques et du ciment romain , on pourra spécifier quel produit on doit obtenir du calcaire que Ton essaie.
- Mais il est encore préférable, quand les circonstances le permettent, de faire usage du petit fourneau indiqué par les Jïg. 9, 10 et 11, PI. 125. La pierre à chaux s’introduit par l’ouverture e, sur la grille <7, et l’on fait du feu avec de la houille, du coke, ou du charbon de bois, sur la grille G. Au tuyau t, surmontant le fourneau, se trouve un registre ou une clef, qui permet d’activer ou de ralentir à volonté le foyer, et par conséquent d’élever ou d’abaisser la température. Cinq ou six heures suffisent à la cuisson d’une quantité de chaux qui permet de fabriquer du mortier par le même procédé qui doit être employé. De cette manière, il ne reste aucun doute sur l’expérience.
- La chemise de ce fourneau est en briques réfractaires , enveloppées d’une maçonnerie ordinaire. L’espace vide e, ménagé dans cette enveloppe, peut servir d’étuve fort commode pour sécher des filtres et faire différents essais.
- PLATRE.
- 11. La pierre à plâtre est un sulfate de chaux hydraté qui, sur 100 parties, se com-
- pose d’environ, en poids :
- Chaux..............3a, 7 17
- Acide sulfurique. . .46,296
- Eau................20,987
- 100 . .
- On reconnaît le sulfate de chaux à ce qu’il est insoluble dans les acides étendus, qui sont sans action sur ce sel, et à ce que, étant cuit comme le carbonate de chaux et en jetant de l’eau dessus, il ne s’éteint pas et ne forme même pas une jnatipre plastique.
- Les terrains calcaires Contiennent ordinairement du plâtre. Sous ce rapport, la France est un pays privilégié. Le plâtre provenant de Montmartre est le plus estimé pour la construction; mais il faut remarquer que tous les plâtres fournis par le sulfate de chaux répandu à la surface du globe, ne sont point également propres à cet usage : le plâtre de Montmartre doit sa qualité supérieure à une petite proportion de carbonate de chaux contenue dans le sulfate. Dans la cuisson, ce carbonate, qui entre à peu près pour 0,12 du poids total, passe à l’état de chaux-vive pendant que le plâtre se cuit, et, dit l’illustre Fonrcroy : « Cette chaux-vive (contenue dans le plâtre) ayant d’abord absorbé l’eau qui lui est nécessaire pour son extinction, le sulfate de chaux (ou le plâtre), qui est interposé entre les molécules, en attire une portion, et, se cristallisant subitement, produit l’effet du sable et du ciment dans le mortier, en liant et en accrochant, pour ainsi dire, ensemble les parcelles calcaires. 9
- 12. On appelle plâtre la matière plastique obtenue avec le sulfate de chaux hydraté natif, calciné et réduit en poudre.
- Par la calcination, on prive la pierre à plâtre de son eau de cristallisation, et ce sulfate de chaux, réduit en poudre, reprend presque instantanément, en l’hydratant de nouveau, sa forme solide. La fabrication du plâtre ne présente donc aucune difficulté. L’évaporation de l’eau de cristallisation du sulfate de chaux exige moins de temps et de chaleur qu’il n’en faut pour celle de l’acide carbonique, contenu daus le carbonate de chaux, cet acide s’y trouvant intimement combiné et ayant une très-grande affinité pour la chaux. Ce n’est qu’en raison de la grande division du carbonate de chaux contenu dans le sulfate de chaux de Montmartre , que les deux cuissons s’effectuent dans le même temps et à la même température.
- 13. On constate la qualité de la pierre a plâtre en en pulvérisant un petit morceau, puis en exposant cette poudre à l’action du feu sur une poêle, et en la remuant continuellement; au bout de peu de temps, l’eau qui était solidifiée dans la pierre se dégage en vapeur, avec tant de violence que la poudre s’agite comme si elle bouillait’ quand l’évaporation est terminée , ce qul peut se constater en tenant un verre renversé au-dessus de la poudre exposée à la chaleur, car s’il n’apparaît aucune huinidite à l’intérieur du verre, c’est que la cuisson est terminée, la poudre est en état de s’ein* ployer; alors, pour juger de sa qualité, °a en délaie un peu dans de l’eau et 011 en forn>e une petite boule qui se solidifie plus °tt moins en dégageant un peu de chaleur, qui continue de prendre même sous 1eaU' quoique le plâtre ne puisse servir aux travaux hydrauliques. Il y a une observation importante à faire relativement à la cuisson de cette poudre, c’est de ne pas attendre^ point qui lui ferait éprouver la fusion lSaee‘
- 14. On constate la composition de la jnerr
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- à plâtre par l’analyse chimique. A cet effet, °n pulvérise un peu de la pierre que l’on J'eut analyser, on met la poudre dans un ballon de verre à moitié plein d’eau distillée, et on la fait bouillir pendant environ un quart-d’heure au-dessus d’une lampe à es-Pnt-de-vin; on filtre la liqueur, au papier, Puis on met le liquide clarifié dans deux ver-res! dans l’un de ces deux verres, on verse Quelques gouttes de muriate ou de nitrate de baryte; dans l’autre, on verse quelques gouttes d’oxalate de potasse ; les précipités 3ui se forment dans chaque verre indiquent, *e premier l’acide sulfurique, et le second la chaux.
- 15. Ou bien on a recours au procédé sui-^ant : « On traite la pierre à plâtre par l’acide hydrochlorique étendu; elle s’y dissout avec effervescence, parce que le sous-carbonate qe chaux qu’elle contient est décomposé ; on Iait évaporer la dissolution jusqu’à siccité Complète. On traite le résidu par l’alcool; ce-mi-ci dissout le chlorure de calcium et un peu Je chlorure de fer provenant de l’oxyde ds ce métal, que contient ordinairement la pierre à plâtre. La portion du résidu insoluble dans l’alcool est le sulfate de chaux ,s°lé ; on précipite le fer par l’ammoniaque ; 0,1 filtre la liqueur, puis, ajoutant dans celle-ci de la solution de sous-carbonate de *?ude jusqu’à léger excès, on précipite à 1 efat de sous-carbonate toute la chaux (lu elle contient. Il suffit de recueillir ce Précipité sur un filtre et de le faire dessé-cher à la température de îoo degrés, pour c°Jinaître le poids du sous-carbonate cal» Caire que contenait la pierre à plâtre.
- . *6. La pierre à plâtre se présente sous qeuX variétés principales : i° en cristaux Agglomérés ou masses informes qui con-*le<4nent environ douze pour cent, en poids, qe carbonate de chaux ; on en fait ordinai-rcment le plâtre qui sert aux constructions à la culture ; la pierre qui fournit le plâ-\r,e analogue à celui de Montmartre est or-virement une sorte de brèche formée de rCs-petits cristaux grenus de sulfate de chaux lames très-tenues de carbonate cal-Çaire ; ao en tables biselées à base de paral-.e‘°grammes obliquangles, formées de sul-, de chaux presque pur; cette variété, Produit le plâtre fin destiné au moulage a la fabrication du stuc, se rencontre aussi Us forme de prismes et de lentilles plus ou °*ns volumineuses, isolées ou groupées en faces, en fer de lance; sa couleur est jau-Çe ou limpide comme de l’eau, j Y a encore, entre autres, une variété pierre à plâtre qui sert dans les arts in-^striels- el(e
- se présente en masses homo-J^'cs, demi-transparentes, blanches avec s zônes jaunâtres. Par uii léger recuit on c ^lai donner plus de dureté; elle est sus-sulf Prendre différentes teintes. Ce
- tre 3te chaux> connu sous le nom d’albâ-ob'^>Se*,‘K’ <^on*: on fait des vases et divers Jets d’ornements, ne doit pas être con-
- fondu avec l’albâtre des anciens , qui est un carbonate de chaux, cristallisé, jaunâtre, veiné, susceptible d’un poli très-doux.
- ARGILE.
- 17. L’argile naturelle se compose principalement de silice, d’alumine et d’eau ; elle contient d autres corps, tels que de la magnésie, de la chaux, des oxydes de fer, du muriate de soude, un peu de potasse, du sable.
- On nomme communément argile, la terre à porcelaine ou kaolin, la terre à potier, à brique, etc., toutes les terres glaises, argiles plastiques , et généralement toutes les terres qui contiennent beaucoup d’alumine. Les argiles happent fortement à la langue, et la pâte qu’on en forme prend une grande dureté et éprouve un retrait considérable à la chaleur. Toutes les argiles ont des propriétés distinctes, suivant les proportions de silice, d’alumine, etc., quelles contiennent.
- L’analyse des argiles de Passy et de Van* vres donne les résultats suivants :
- ARGILE DE PASSY* ARGILE DS YAKYR1»
- naturelle. desséchée. naturelle. desséchée.
- jsilice : • . . Alumine • . , jOxyde de fer. Eau 0,535 0,258 0,055 0,140 0,012 0,622 0,300 0,064 0,014 0,545 0,244 0,059 0,135 0,01T 0,6X0 0,282 0,068 0,020
- 18. La silice pure se compose de silicium, et d’oxygène. C’est la base essentielle de tous les verres, elle sert de pierre à fusil; elle forme du sable; elle sert dans toutes les poteries; elle fait partie des chaux hydrauliques et de la plupart des pierres dures. La silice est blanche, rude au toucher, sans odeur, insoluble dans l’eau quand elle a été calcinée, mais peut s’y dissoudre en petite quantité à l’état d’hydrate. En solution, elle constitue le cristal de roche, où elle se trouve à l’état de pureté absolue. Sa densité est a.66, Elle résiste au plus violent feu de forge sans se fondre ni s’altérer; elle agit sur les bases comme un acide; peu de corps peuvent l’ai* térer; l’acide fluorique seul peut l’attaquer, A l’état de sable elle favorise la résistance du mortier à l’humidité.
- L'alumine est blanche, douce au toucher, insoluble dans l’eau; elle pèse deux fois plus que l’eau; sa saveur est nulle; elle happe à la langue ; pure, elle est sans odeur,1 L’alumine se contracte par la chaleur, mais elle ne peut être fondue. Cependant, M. Gaudin, à qui la science est redevable de plusieurs belles découvertes, vient, tout récemment, de fondre l’alumine au moyen du chalumeau d’oxygène; il a ainsi fabriqué du rubis auquel il donnait diverses formes et qu’il pouvait même filer. L’acide muriatique n’agit pas sur l’alumine avec autant d’ener-j gie que sur l’oxyde de fer et le carbonate [ de chaux : il n’en peut guère dissoudre qu’ux»
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- cinquième après deux ou trois jours de digestion, et ne va souvent pas jusqua un dixième de la totalité.
- La magnésie est une terre blanche, douce, très-fine, absorbante, très-répandue dans la nature, mais qui ne s’v rencontre que combinée avec les acides carbonique, nitrique, hydrochlorique, sulfurique, et quelques oxydes métalliques. On la retire ordinairement du sulfate de magnésie. Elle est un peu plus pesante que l’alumine, infusible à la température d’un feu de forge, et insoluble dans l’eau ; elle absorbe assez rapidement l’acide carbonique lorsqu’elle est exposée au contact de l’air. La présence de la magnésie se constate par le moyen déjà indiqué (9). Le rôle de la magnésie dans la chaux hydraulique est douteux; il est même assez probable qu’elle s’oppose à une longue durée des mortiers hydrauliques, pour que, jusqu’à certitude contraire, on proscrive, dans les constructions hydrauliques importantes, les chaux qui en contiennent des proportions notables.
- Le muriate de soude est un composé d’acide muriatique, ou acide hydrochlorique (mélange de volumes égaux d’hydrogène et de chlore) et de soude ( composé d’oxygène et de sodium).
- 19. On fait une distinction entre différentes sortes d’argile, comme on le verra plus loin, quand nous nous occuperons delà fabrication des chaux hydrauliques et ciments artificiels.
- 20. On fabrique les tuiles et les carreaux avec toute espèce de terre argileuse. Quand on veut vernir les tuiles, il faut, avant de les porter au four, les plonger dans un mélange de litharge broyée, de manganèse et d’argile délayée dans l'eau.
- Les briques ordinaires sont faites avec des argiles sableuses ou non : on y ajoute du sable lorsqu’elles sont trop tenaces. On cuit les briques à des températures qui varient suivant l’usage auquel on les destine.
- Les argiles les plus précieuses, parce qu’elles servent à faire des briques réfractaires, sont celles qui sont très-riches en silice et en alumine et qui ne renferment que des traces de magnésie, de chaux et d’oxyde de fer. On les distingue suivant qu’elles sont plus siliceuses ou plus alumineuses. On estime davantage ces dernières. La célèbre argile réfractaire de Stourbridge et la plupart des argiles du Devonshire sont plus alumineuses. — Les argiles plus siliceuses renferment, même encore après la cuisson, des matières charbonneuses qui soutiennent la brique et l’empêchent de s’affaisser aux plus hautes températüres. On a imité cet effet en mélangeant avec de l’argile réfractaire de médiocre qualité une certaine quantité de coke pulvérisé ( 8 à 12 pour ioo), et le résultat a été analogue.
- SABLES.
- 21. Les sables sont, ainsi que les pierres,
- de compositions tellement variées qu’il serait
- impossible d’en parler d’une manière abso* lue. Leur rapport avec les autres substances traitées dans cet article me dispense d’en parler. Mais je crois que c’est à tort que quelques auteurs considèrent les sables comme substance inerte; il me semble qu’ils peuvent subir et faire subir aux matières des modifications , en raison de leur nature et des contacts auxquels ils sont soumis; il peut y avoir décomposition ou solidification, désagrégation ou affinité; et alors le sable contribue considérablement aux résultats de solidité et de durée. En général, cependant, il paraît que l’onpeutemployer, danslescirconstances ordinaires, les sables qui ne sont ni terreux, ni glaiseux, ni de mer.
- M. Poncelet dit aussi que la qualité du sable, comme celle de la chaux, a de l’in-flueuce sur la bonté du mortier. U assure que, dans les sables du même genre, ceux qui sont le plus foncés en couleur ( le jaune excepté) sont les meilleurs; on a cependant fait la remarque que cela n’avait pas toujours lieu. Si cette qualité est due à ce que la couleur dépend de ce que les sables sont métallifères, il n’y a rien d’étonnant, comme ou pourra le remarquer quand je vais parler de ces derniers, qu’il se trouve dessables colotés dont la qualité ne répond paS à l’attente.
- Mais, d’après M. Vicat, le sable quartzeuX (silice) ne contribue pas à augmenter la force de cohésion de toute espèce de chaux ; il est utile à quelques-unes, nuisible à d’autres, et il en existe , parmi les qualités intermédiaires, dont la présence n’ajoute m n ote rien à la solidité des chaux.
- Sous le rapport de la grosseur des sableS éminemment siliceux, M. Vieat a fait des expériences qui lui font présumer qu’o» peut leur assigner l’ordre suivant de supe' riorité pour les mortiers exposés à l’air :
- Pour les chaux éminemment hydrauh" ques : r° les sables fins; 2° les sables a grains inégaux, résultant du mélange soit du gros sable avec le fin, soit de celui-ci avec le gravier ; 3° le gros sable ;
- Pour les chaux communes, grasses et très-grasses : i° les gros sables; 2° les sables m®" lés; 3° les sables fins.
- Il paraîtrait même que ces résultats s ap' pliquent également aux sables calcaires e mêmeauxsables volcaniques. DesexpériepÇeS subséquentes ont généralement confirme résultats de M. Vicat, quel que soit le ni° e d’extinction de la chaux.
- 22. Les acides sulfurique, nitrique ol* muriatique, même très-concentrés,sont sa'1 action, soit à chaud ou à froid, sur les sab e vitreux.—On analyse les sables par les pr^ cédés indiqués pour lescalcaires et lesaig' eS^
- — J’entends par sable vitreux,celui qu*
- composé de silex ou de quartz. Le sable & caire est formé de tritus de coquilles ou fragments de pierres. .
- 23. Il y a des sables qui sont métalmer ’ et cette qualité peut ne pas être indifférer
- — on peut commencer par s’en assurer ï’ -
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- lement en l'exposant au feu ; s'il n’est que coioré sans être réellement métallique, la couleur disparait eu grande partie.
- 24. L’eau qui sert à éteindre la chaux, gâcher le plâtre, ou confectionner le mortier, doit en général être pure. Du moins, faut-il, suivant les vues que l’on a, prendre sa qualité en considération. L’eau de rivière est plus pure que celles qui filtrent dans les ter-res. Celles-ci peuvent être minérales ou contenir en dissolution différents sels dont l’eau de rivière n’est presque pas chargée.
- Ces observations ue sont pas neuves; il y a plus de quarante ans que M. Fleuret les a Imites. Ce professeur d’architecture cite même Wn passage de M. de la Faye qui dit : « Lors-
- * qu’à Paris, dans les quartiers qui sont si-
- * tués au nord, nous éteignons la chaux
- * avec de l’eau de puits, qui contient de la
- * sélénite, parce qu’elle filtre à travers les
- * terres gypseuses, l’acide vitriolique de
- * cette eau séléniteuse se combine avec le
- * principe alkalin de la chaux et empêche la
- * cohérence du mortier. » Je ne fais cette c,tation que pour faire voir que les premiers auteurs qui ont écrit sur cette ma-t'ère avaient remarqué que l’eau jouait un foie dont, il est vrai, ils ne se rendaient,en general, pas bien compte, mais qui leur fttan indiqué par les différences qu’ils ob-®ervaient dans les résultats.
- Enfin, dans la composition des mortiers ®t des ciments, quand l’eau contient des Corps qui ne permettent pas de la considérer comme substance inerte, il ne faut pas négliger de prendre en considération la nature c*essubstances dont elle est chargée.
- E’effet de l’eau de mer sur les bétons était festé fort obscur et donnait lieu aux opinions !e* plus contradictoires; mais M. Vicat pu-J'Ia, dans le Technologiste (4e année, page 7*7 > et 5e année, page 94), deux articles qui Jettent un grand jour sur cette question : oectiveraent 011 y remarque, non-seule-tOent que des bétons qui résisteraient parfai-*ement à l’eau douce, ne se maintiendraient Ijos dans l’eau de mer, mais que de deux Vogues, formées du même béton, jetées simul-onement, l’une sur les côtes de l’Océan, l’au-lre sur les côtes de la Méditerranée, la pre-tjOère pourrait subsister indéfiniment, et la ®rnière disparaître en quelques années. M. ,cat attribue cette différence à ce que les Cauf de l’Océan contiennent moins de sulfate et o hydrochlorate de magnésie. C’est là, en Pratique, un fait qu’il est très important de connaître.
- pierre.
- t023' La Pierre> généralement parlant, a Ojours la préférence, à moins de circon-ances particulières , sur toutes les matières Préparées par les hommes pour la construc-<*a» Au point de vue qui nous occupe, je
- n’ai pas à donner aux pierres à bâtir naturelles un examen qui, du reste, m’entraînerait trop loin sans aucun profit, car cette question ne peut être utilement étudiée que dans les traités spéciaux.
- De tous les matériaux, c’est la pierre qui résiste le plus aux injures du temps et aux fardeaux; toutefois, indépendamment des divers défauts ou qualités de certaines pierres, indiqués par l’expérience, suivant la manière dont elle se sont comportées dans les constructions faites depuis plus ou moins longtemps; outre l’opinion qu’il est assez facile de se former, par une simple inspection, d’une pierre, il est important, quand on, n’est pas certain qu’une pierre résistera à l’action de la gelée, de s’assurer si elfe est gélisse ou non. A cet effet, après avoir pesé un morceau de pierre, on le fait bouillir pendant une demi-heure dans de l’eau saturée de sulfate de soude ; on le suspend en l’air et 011 l’arrose de temps en temps avec l’eau de la dissolution; on repèse la pierre après quelques jours et on juge de son degré de gélivité par la quantité de liquide qui l’aura saturée. — Il suffit même d’imprégner d’une dissolution de sulfate de soude la pierre que l’on veut essayer, et de l’exposer à l’air, pour qu’elle éprouve la même altération qu’à la gelée.
- § 2. des chaux hydrauliques et ciment»
- ARTIFICIELS.
- Sommaire: 26. Produits naturels. Chanx aérienne*, plâtre, briques, etc. — 27. Hydraulicité. Découverte. Sraealon. — 28. Parker èt Wyats, Roman cernent—29. Lesage. Plâtre* ciment. — 30. Propagation de la découverte. — 31. Opinion sur ce que rhydraulicité serait produite par un degré particulier de cuisson, sans égard à la présence de l’argile*
- — 32. .Nécessité de l'argile en même temps que d’une cuisson modérée. — Chaux limites. — 33. Rôle des corps renfermés dans un calcaire. — 34. Chaux hydraulique artificielle, Sa fabrication avec de la craie et de l’argile. —35. Fabrication avec do la marne. — 36. Simple cuisson. Double cuisson.— Observations. — Expériences de AT. le général Ti eus-sart. — Autre procédé de M. Vicat. — 37. Ciment artificiel*
- — 38. Ciment naturel. Sa constitution physique. Ses qualités, —Usages, — Application. — 39. Observations. — Pouzzolanes, terrax, argiles cuites, etc. —40. Presque universalité du carbonate de chaux. — Chaux libre. — 41. Appréciation du ciment naturel relativement aux autres substances. — Méthode d'unir deux calcaires. — 42. Règle pour apprécier la durée d’un ciment. — 43. Fabriques de ciments artificiels. — Etat des substances employée*. — 45, Effets de* différentes argiles. Plasticité.
- 26. Maintenant que nous avons vu, autant qu’il est nécessaire, la nature des matériaux, ce qui va suivre sera clair et facilement compris. Je n’ai pas besoin de m’occuper des chaux aériennes, du plâtre, ni de leur fabrication, pas plus que de celle des briques, etc.; tout ce qui les concerne est vulgaire et se trouve traité dans des ouvrages spéciaux, après lesquels il ne peut rester que très-peu de choses à dire. Il n’en est pas de même des chaux hydrauliques ; la question est neuve et d’une importance extrême, en même temps qu’elle comporte des renseignements qu’aucun constructeur ne devrait ignorer.
- 27. Il est évident que la propriété hydraulique d’une chaux naturelle ne provient principalement que de ïa silice qui fait par»
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- lie de l’argile qu’elle contient., Ou a vu effectivement que le calcaire de Sénonches renferme 17/19 de silice pour 1719 d’alumine. Sans nous attacher, pour le moment, d’une manière absolue à cette idée , car elle exige , peut-être, certaines restrictions, nous allons commencer par admettre que c’est à l’argile qu’est due l’hydraulicité. Cette découverte ne date que de 1756. C’est Smeaton qui observa le premier que la chaux provenant de calcaires qui contenaient de l’argile, avait une propriété qui faisait que les murs construits dans l’eau étaient solides, et que ceux seulement exposés à l’air résistaient mieux qu’en employant une chaux exempte d’argile. 11 renversa ainsi l’opinion erronée, qui subsistait depuis plus de 2000 ans , depuis Vi-truve jusqu’à Bélidor,qui s’accordaient à maintenir que la pierre à chaux la plus dure et la plus blanche était la meilleure.
- 28. En 1796, MM. Parker etWyats prirent à Londres un brevet pour l’exploitation d’un calcaire très-argileux , duquel ils obtenaient une matière analogue à la chaux hydraulique, mais beaucoup plus énergique, et qu’ils nommèrent roman cernent ; nom emphatique et faux, que leur lit peut-être adopter l’ignorance ou le désir d’entourer leur produit de prestige et de mystère, ce qui ne serait pas étonnant, car les anglais sont très-cachottiers.
- 29. Quoique M. Lesage, ingénieur militaire, ait publié un mémoire sur les propriétés du calcaire compacte qui compose les galets de Boulogne-sur-Mer, desquels il avait obtenu une substance qu’il nomma plâtre-ciment, et qui était au moins égale à celle des anglais, ces derniers, après la paix, établirent à Guer-nesey, un dépôt de leur ciment et le vendirent fort cher sur toute la côte, où 011 l’accepta avec empressement comme une substance aussi nouvelle qu’étonnante.
- 30. Subséquemment, on trouva en France, et ailleurs, beaucoup de calcaires propres à la fabrication des chaux hydrauliques et ciments naturels, dont les qualités égalent ou surpassent quelquefois, sous certains rapports, celles des chaux et des ciments connus à l’origine. Ainsi, le calcaire découvert en Russie par MM. Clapeyron et Lamé, a l’avantage, ne contenant pas d’oxyde de fer, de fournir un ciment blanc; celui de Vassy est aussi presque blanc; celui de Pouilly, découvert par M. Lacordaire, est supérieur à celui des anglais, etc. Je n’ai pas l’intention d’entrer, au sujet des chaux hydrauliques et des ciments, dans tous les détails des avantages des uns et des autres. Ce n’est là qu’une question d’appréciation, suivant les circonstances. Mais, cependant, je reviendrai plus loin (38 et 83) sur ce sujet.
- 31. J’ai dit que les chaux et les ciments hydrauliques ne devaient cette propriété qu’à une forte proportion d’argile; mais je ne dois pas omettre de mentionner une opinion contraire et qui, si elle se vérifiait, simplifierait singulièrement la question : — M. Vicat a remarqué que les fragments de chaux morte,
- recalcinés, donnent toujours, ainsi que leâ calcaires ordinaires imparfaitement calcinés, de la chaux en partie carbonatée ( état particulier qui n’est ni celui du carbonate, ni celui de la chaux), et dont les propriétés sont analogues à celles du ciment romain. — D’après M. Minard, toutes les pierres calcaires, celles même qui ne contiennent qu’un centième d’argile, auraient des propriétés hydrauliques, suivant que la calcination serait lente et peu avancée ; de sorte que les pierres à chaux pourraient, à volonté, produire un ciment qui prendrait sous l’eau, en un quart-d’heure, en quatre ou cinq jours; ou enfin de la chaux qui 11e prendrait pas sous l’eau. M. Minard conclut de ses expériences, que l’hydraulicité n’est due qu’au sous-carhonate de chaux, produit par une calcination particulière d’un carbonate naturel. — M. Lacordaire, ingénieur des ponts-et-chaussées, en réduisant à trois jours la cuisson, qui, avant, durait six jours, du calcaire argileux de l’Auxois, a obtenu deux produits : les deux tiers environ du volume total ont été calcinés à l’état de chaux hydraulique; le reste ne s’éteignait pas dans l’eau. Ce restant, en conservant son état de masse solide , s est trouvé ainsi séparé de la partie efflorescente par l’extinction. En profitant de cette circonstance de séparation, et en pulvérisant et gâchant comme du plâtre cette portion dure, elle a fait prise en quelques minutes.
- Les citations que je viens de faire sont peut-être, en partie du moins, un peu hasardées ; mais, en tous cas, elles prouvent l’importance d’un certain degré particulier de calcination dans la fabrication des chaux hydrauliques naturelles et des ciments.
- 32. Malgré les conclusions de M. Minard, j’en reviens à mon opinion, jusqu’à ce que le contraire soit bien prouvé, que le plus ou moins d’hydraulicité résulte de la présence de l’argile. C’est du reste l’opinion générale. Mais je n’abandonne pas, pour cela, l’idée de l’influence d’une cuisson particulière. D’ailleurs, il est certain que si l’on peut, sans crainte, porter la calcination du carbonate de chaux, pur ou à peu près, à un degré excessif, il ne saurait en être ainsi (lors même qu’on ne voudrait pas croire à l’importance du sous-carbonate de chaux, produit par l’effet d’une moindre calcination) pour les carbonates de chaux mélangés de matières fusibles, car, soit à cause de lu formation de ce sous-carbonate, qui pourrait bien, simultanément avec l’argile, contribuer à l’hydraulicité, soit par une autre raison quelconque, toujours est-il que l’on obtient de bons résultats par le procédé généralement adopté, -et qui consiste à cuire la pierre modérément et avec beaucoup de soin, tandis que, par une trop forte calcination, quand il s agit surtout du calcaire à ciment, qul éprouve facilement un commencement de fusion qui le rend impropre à toute espèce d usage , on ne peut obtenir que de mauvais effets. Et je suis persuadé que la question
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- es chaux hydrauliques et des ciments est enfermée dans différents produits, suivant es différentes proportions d’argile siliceuse, les divers degrés de cuisson, fci devrait naturellement se placer une servation très-importante sur des compo-s qui semblent participer des ciments et des laux éminemment hydrauliques, et qui, en ea‘ité, ne sont ni l’un ni l’autre. Effective-*?®nt, traités à la manière des ciments, ils ^wtent absolument comme ceux-ci, mais la °_uesion instantanément acquise se perd en-*u,te par l’effet d’une extinction tardive. °mme M. Vicat a traité cette particularité ans un article remarquable du Technologiste ^ année, page 122), je dois me contenter j renvoyer le lecteur. Il y trouvera sur les Propriétésdiverses que peuvent acquérir,par terentes cuissons, les pierres à chaux hy-raulîqUes et à ciments, des renseignements Precieux.
- Quand Smeaton eut découvert la qua-jî e des calcaires contenant de l’argile, on se ^'yra, et principalement MM. Berthier et I icat, à de nombi’eux essais pour déterminer Voie de chaque corps contenu dans ces ficaires.
- H en résulte que la silice à l’état gélati-Ux)Ou presque pure, mais à l’état hydraté, r,ut> sans aucun autre mélange, rendre la aUx hydraulique ;
- de^f* ^Ue’ Par ^-^S’l alnmine, l’oxyde ter, la magnésie et l’oxyde de manganèse, dépourvus d’action.
- ç^^apendant il paraît que les meilleures j aux hydrauliques sont produites en mé-s?ageant à la chaux, non-seulement de la te*Ce, mais aussi de l’alumine, et en mettant es deux derniers corps en proportions à peu *res égales.
- _ La composition des chaux hydrauJi-
- QUpe ,1 . J 1
- j1 naturelles étant connue, on essaya de *s **niter en mélangeant ensemble les sub-^ar>ces qu’elles contienent. M. Vicat publia s découvertes avec un noble désintéresse-c^enf> et l’industrie réussit à fabriquer de la aox hydraulique artificielle, ci 1 , te fabrication ne présente pas de diffi-dit apparentes, et, d’après ce qui a été j. Jusqu’à présent, chacun se forme bien p e ldée de ce quelle doit être, et pourrait ConVer avec plus ou moins de succès. Elle trè S1Ste a délayer dans l’eau des calcaires et: .'tendres, comme par exemple de la craie, Jana Y mélanger de l’argile; quand ce mé-fpi Cst un Peu séché, on le moule en bri-S(|jv.tes. puis on les fait cuire. C’est le procédé Par M. de St.-Léger, dans la fabrique P.ir *e SUr ^es indications de M. Vicat, près , ^ ,s‘ fja craie de Mention est mélangée avec tj£ a 1V- 100 d’argile de Vanvres. Ces ma-l'actT S°nt délayées dans l’eau et soumises à Une'0'1 meules verticales tournant dans clailVe circulaire. On transporte la bouillie des f résulte de cette opération, dans pose ’a,Ss,ns eu maçonnerie ; on y laisse dé-©V e mélange et écouler l’eau en excès. ™ la matière est convenablement durcie,
- on la moule en briquettes qu’on place sut* des étagères à claire-voie, à l’abri de la pluie par des auvents en planches, ou même simplement par des toiles, jusqa’à ce qu’elles soient sèches, et enfin on les met au four où elles sont cuites avec précaution. Ce four est composé de deux troncs de cône accolés par leur base, et se charge par la partie supérieure, en mettant alternativement une couche de coke menu et une couche de briquettes; on allume le feu par le bas, et an bout de vingt-quatre heures, les couches inférieures du mélange sont transformées en chaux hydraulique, que l’on retire par une ouverture faite à la partie inférieure du fourneau. À mesure qua les matières s’affaissent par en haut, on y ajoute de nouvelles charges en mettant alternativement une couche de coke et une couche de briquettes.
- La chaux ainsi préparée parM. de Saint-Léger renferme :
- Chaux. . . ;
- . ., ( Silice. .
- rSl e' \ Alumine, Oxyde de fer. .
- j 5,86 ) 7-93 *
- 74,61
- î3>79
- 1,60
- 100,00
- Cette chaux, qui est d’une couleur gris-sale, ne foisonne que de o,65 de son volume. Elle se vend à Paris 60 fr. le mètre cube.
- 33. Je viens de parler de la craie comme d’un calcaire facile à réduire en bouillie ; mais , sous ce rapport, les marnes qui sont des calcaires argileux, en proportions, il est vrai, très-variables, nous offrent, quand on se les procure aisément, une ressource plus avantageuse que la craie, car elles se délaient sans peine dans l’eau ; mais il faut, quand les proportions ne sont pas convenables , y ajouter tantôt de l’argile, tantôt de la chaux, mais plus souvent de cette dernière. On a ainsi fabriqué de la chaux hydraulique pour les travaux de navigation de l’Oise, qui ne revenait qu’à 20 francs le mètre cube.
- 36. Il y a deux modes différents de transformer de la chaux grasse en chaux hydraulique : celui à première cuisson et celui à deuxième cuisson. Le premier consiste à mélanger les matières crues, comme je l’ai dit jusqu’à présent; le second, qui fournit la chaux hydraulique à deuxième ou à double cuisson, s’opère en mélangeant l’argile à de la chaux grasse déjà cuite et éteinte.
- La manipulation de ces fabrications de chaux hydrauliques artificielles n’offre aucune particularité bien remarquable, ou. plutôt, si j’évite d’entrer dans des détails oiseux et connus, du reste, par tous les chaufourniers et briquetiers, c’est que je crois qu’il faut laisser un peu à chacun la liberté d’essayer à sa fantaisie, suivant les circonstances et le but qu’on se propose d’atteindre.
- Mais je ne puis m’abstenir de mentionner
- icif sous le rapport de la composition de*
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- matériaux hydrauliques, les observations suivantes :
- M. le général Treussart croit que la soude ou la potasse, ainsi que leurs carbonates et le muriate de soude, ont également la propriété de rendre hydraulique la chaux commune. Voici le résumé de ses expériences à ce sujet :
- i° Si l’on prend de la chaux vive commune, et qu’on l’éteigne avec le quart de son volume d’eau dans laquelle on a fait dissoudre de la soude, de manière quelle marque cinq degrés au pèse-liqueur, on obtient de la chaux en poudre sèche avec cette quantité d’eau seulement; si on laisse reposer cette poudre à l’air pendant un mois, et qu’on la fasse recuire au four au bout de ce temps, alors on obtient une chaux qui, mêlée avec du sable, forme un mortier qui devient très-dur dans l’eau au bout de quarante-huit heures.
- On obtient un effet absolument semblable en se servant du carbonate de soude du commerce.
- Si, au lieu d’éteindre la chaux avec la soude , on l’éteint avec le quart en volume d’eau saturée de muriate de soude (sel marin), et qu’on fasse reposer la chaux en poudre et recuire ensuite comme ci-dessus, on obtient alors une chaux qui, mêlée avec du sable, forme un mortier qui devient très-dur dans l’eau au bout de trente-six heures.
- a° Si, au lieu de traiter la chaux comme ci-dessus', avec de la soude et du carbonate de soude, on la traite de la même manière avec de la potasse ou du carbonate de potasse, on obtient un mortier qui devient très-dur dans l’eau au bout de trente-six heures.
- 3° Si l’on prend du carbonate de chaux pulvérisé qu’on a mélangéavec deux dixièmes d'alumine, et qu’on le laisse pendant trois mois en contact avec de l'eau saturée de sel marin, on obtient, en faisant calciner ce carbonate, une chaux qui, mêlée avec du sable, forme un mortier qui durcit dans l’eau au bout de cinq jours. M. Treussart pense que, dans ce cas, le carbonate de chaux décompose le muriate de soude, et il attribue le retard dans le durcissement, à la présence de l’alumine.
- 4° Si l’on prend de la chaux commune, qu’on l’éteigne avec le quart de son volume d’eau saturée de sel marin, et qu’on laisse la poudre qui en résulte reposer à l’air pendant deux mois et demi, on obtient une chaux qui, sans être recuite, forme avec du sable, un mortier qui durcit sous l’eau au bout de vingt jours.
- Par le procédé mis en pratique par M. de Saint-Léger et que j’ai décrit plus haut, la chaux hydraulique se fabrique à piemière cuisson; M. Vicat a aussi indiqué un autre procédé qui a été suivi par M. Lacordaire, pour la construction d’un pont à Mélisey, ainsi que par M. Raucourt, dans divers grands travaux hydrauliques, et qui consiste, pour rendre hydraulique une chaux commune, à la laisser se réduire spontanément en pou-dr« fine dans un endroit sec et couvert ; à la
- pétrir ensuite, à l’aide d’un peu d’eau, avec une certaine quantité d’argile grise ou brune, ou simplement avec de la terre à brique, et a tirer de cette pâte des boules qu’on laisse sécher pour les faire cuire ensuite au degré convenable.
- Les chaux communes très-grasses peuvent comporter 0,20 d’argile pour 1; les chaux moyennes en ont assez de 0,15; 0,10, et même 0,06 suffisent pour celles qui ont déjà quelques qualités hydrauliques. Lorsqu’on force la dose jusqu’à o,33 ou o,4o, la chauX que l’on obtient 11e fuse point; mais elle se pulvérise facilement, et donne, lorsqu’on la détrempe, une pâte qui prend corps sous 1 eau très-promptement. Du reste les qualités de l’argile influent aussi bien que celles de la chaux sur les proportions, ce qui est, d’ail' leurs, l’idée dominante de tout cet article, car il 11e faut pas oublier que ce sont les différentes compositions des corps que l’on mélangé ensemble qui donnent des résultats différents.
- 37. La fabrication de la chaux liydrauli' que artificielle est aujourd’hui une industrie sur laquelle il ne reste pas de doute. Mais, peut-on de même former des ciments artifi' ciels en mélangeant et en cuisant les subst3n* ces qui composent les ciments naturels? Jusqu’à présent la réponse me paraît douteuse • on a obtenu par des mélanges de chaux avec 3o et 35 pour cent d’argile, une substance très-hydraulique , il est vrai, mais différente dy ciment naturel et impropre à le remplacer complètement. Il paraît que la com* position du calcaire n’influe pas seule sur 1* vivacité de prise ainsi que sur la solidité du ciment, et que l’état d'agrégation de ce calcaire y joue un grand rôle. Quoi qu’il el1 soit, on 11’est pas encore parvenu à donner aux mélanges la dureté et surtout la densite considérable des cimeuts fournis par les calcaires naturels.
- On espère qu’un de ces jours l'industrie résoudra cet intéressant problème, dont 011 croit de temps en temps avoir la solution, et qui, dans certaines circonstances, aurait une très-grande utilité. Je vais revenir bientôt
- sur cette question.
- 38. Le ciment romain naturel est four®1 par un calcaire très-argileux, composé d e-léments que nous connaissons; le calcaire anglais est très-dur, à grain fin, d’une densije de 2,6; sa couleur est gris-bleuâtre. On cuit avec beaucoup de soin dans des fours a bouille à feu continu. Après la cuisson, 011 , réduit en poudre, et on évite de l’exposer a l’air. Nous savons que les qualités du cime11 sont de faire prise en quelques minutes, d ;jc' quérir promptement une grande dureté, pm1^ cipalement sous l’eau , de n’éprouver aucui^ retrait, de ne présenter ni fentes, ni gerÇu
- res, etc.
- L’usage du ciment est devenu une site dans tous les travaux hydrauliques* ciments, dit M. II. Mangon, sont surtout pr®^ cieux dans les travaux à la mer ; s’il s ’agd 2 exemple, d* mettre à l’abri des vagues
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- Partie de maçonnerie construite à la hâte Peudant la basse mer, on applique une couche de ciment qui empêche le délayage des Mortiers frais et leur donne le temps de faire prise. Dans une grande fouille, une source inonde les travaux, les épuisements ne peu-Ve,U la surmonter, avec le ciment on peut Presque toujours la vaincre. On la réunit Çn un point ; on élève rapidement autour de la sortie une petite tour en briques cimeq-tées, dans laquelle l’eau s’élève bientôt assez Pour faire équilibre à la force jaillissante de la source. On jette alors au fond de cette espèce de puits quelques blocs de ciment qui ferment l’ouverture. Après quelques heures, peut démolir l’ouvrage en briques, la source est emprisonnée pour toujours.
- ^application des ciments, dit encore M. ^langon, est assez délicate et exerce la plus 8rande influence sur les résultats qu’ils pré-Sentent. On doit les gâcher en consistance convenable et en petites quantités à la fois, e* les appliquer en les pressant fortement et aPpliquant toujours une couche sur une autre ei>core fraîche, sans jamais interrompre le *ravail. Quand on opère sur des matériaux secs, il faut, avant d’appliquer le ciment, les nettoyer soigneusement et bien les mouiller, c°nune en les arrosant avec le jet d’une P°mpe à incendie ou à arrosage.
- Quelques observations générales.
- 39. Avant de nous occuper des expériences feites par M. Pasley, sur les qualités hydrau-'u|ues et d’adhérences des ciments, il me reste a faire quelques observations générales, qui, 3,1 point de vue où je me suis placé, et avec Ce qui a été dit et ce qui va suivre, compléteront le sujet des matériaux de maçonnerie.
- Quant aux pouzzolanes, basaltes, terrax, Poudres d’argiles cuites, etc., etc., on com-Prend que je n’ai pas besoin de m’occu-Pec ici de ces diverses matières, propres à aire des mortiers hydrauliques , et qui fuient, avant l’usage des chaux et du ci-n<eut hydrauliques, les seules ressources of-ertes aux constructeurs et qui peuvent en-c°re être avantageuses, dans certaines cir-constances, à employer avec de la chaux aerienne. Ce serait, en remontant aux causes, Répéter à peu près ce qui est dit des mé-ouges d’argile et de chaux ; car, en définitif, e mortier hydraulique de chaux et de pouzzolane naturelle ou artificielle, n’est autre, <lUant à la composition, que le mortier des n mux hydrauliques ou des ciments, qui font objet principal de cet article. Toute matière jlUe 1 on rencontre, étant soumise à l’ana-yse» n’a plus aujourd’hui de secrets pour ^.°us,sous le rapport des qualités de mor-lers qu’elle peut former.
- •fe dois seulement faire observer que le ûoîu de ciment, que l’on donne à la poudre 4ui se fait avec des briques, des tuiles, etc.,
- 1 on püe et que l’on passe au tamis,
- ®Pr«s un degré de cuisson convenable, pour-
- rait faire confusion dans l’esprit de certains lecteurs avec ce que j’entends par ciment-romain, et qui est le produit naturel d’un calcaire ou le résultat d’un mélaDge de chaux et d’argile.
- Je crois que l’on peut définir la différence qui existe entre la pouzzolane et la chaux hy-drauliqueartificiellesde la manièresuivaute : iu pour le mortier confectionné à la chaux et à la pouzzolane artificielle, 011 a fait cuire séparément le carbonate de chaux et l’argile ; 20 pour la chaux hydraulique artificielle, on a commencé par mélanger crus, puis on a fait cuire ensemble, le carbonate de chaux et l’argile.
- Ainsi il est bien entendu qu’il se rencontre dans la nature des substances fournies par des éjections volcaniques, comme la pouzzolane, dont j’ai donné, n° 5, une analyse; comme les schistes calcinés, les basaltes, etc., dont je vais donner des analyses, et qui, mélangées à la chaux, font un effet analogue à celui de l’argile dans les chaux et les ciments hydrauliques, naturels ou factices.
- On distingue le schiste ferrugineux et le schiste siliceux ; c’est ce dernier qui est le meilleur avec les chaux ordinaires ; le schiste ferrugineux exige que la chaux soit hydraulique. M. Gratien Lepère a fait la première application, en France, du schiste bleu (ardoise), calciné au rouge-blanc pendant plusieurs heures, de manière à en faire bour-souffler les feuillets, et prendre en masses poreuses, légères, friables et d’un vert pâle. L’emploi du schiste bleu, comme pouzzolane, a été découvert par M. Baggé, ingénieur suédois. Les meilleurs résultats qui aient été obtenus par M. Lepère, avec le schiste ferrugineux, sont ceux donnés par le schiste qui se trouve à Ilainneville, près Cherbourg, et qui, sur 100 parties, se compose de :
- Alumine. ; * . t 26,00
- Silice. . . . ... 46
- Magnésie. . . ... 8
- Chaux. . . . : . 4
- Oxyde de fer. . . . 14
- Perte et eau. . ... 2
- Le basalte a été essayé avec succès, en 1787, par M. de Cessart, à la rade de Cherbourg, et le temps nous a appris qu’il avait un avantage remarquable sur la pouzzolane venue d’Italie. L’analyse du basalte a donné, sur 100 parties :
- Alumine..............16,7 5
- Silice...............44,5o
- Oxyde de fer. . . . 20,00
- Chaux....................9,5o
- Oxyde de manganèse. . 2,-87
- Soude................ 2,Go
- Eau................. , 2,00
- Perte. ...... 2,28
- Ce basalte est une pierre formée par le produit des éjections sous-marines, d’un gris noirâtre ou tirant sur le bleu, d’un tissu compacte et sans aucune souffiur*.
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- Pour en faire une espèce de pouzzolane, il a été chauffé à blanc; on l’a réduit en poudre, en le bocardant, et on l’a passé au crible pour en séparer les parties trop grosses.
- Il me reste maintenant encore quelque chose à dire des ciments hydrauliques, dont le carbonate de chaux est la base.
- 40. Le carbonate de chaux est un sel neutre (i) qui, heureusement, se rencontre en telle quantité à la surface du globe que l’on peut estimer que plus de la moité de la croûte terrestre est formée de calcaires, c’est-à-dire de substances dans lesquelles il se trouve du carbonate de chaux. Quant à la chaux libre, on comprend qu’elle ne se rencontre pas dans la nature, puisque cette base énergique s’y combinerait rapidement avec l’aide carbonique.
- 41. Je n ai pas trop à m’occuper des chaux ordinaires, ni des chaux hydrauliques que l’on pourrait, à la rigueur, considérer comme une espèce de ciment d’une qualité moins puissante, quoiqu’il y ait tout un autre système dans les fabrications de ces deux produits pour les amener à l’état de poudre après la cuisson ; mais je dois principalement éveiller l’attention du lecteur sur les ciments, tant par rapport à leurs qualités hydrauliques, qu’à leurs qualités d’adhérence ; car il est évident que le ciment (ciment romain naturel) est infiniment supérieur à toutes les matières hydrauliques, sans en excepter la pouzzolane qui, combinée avec la chaux, formait le meilleur ciment connu des Romains.
- Il paraît que le ciment anglais qui réunit le plus de qualités, au lieu d’être formé d’un seul calcaire, résulte d'un mélange des pierres calcinées d’Harvvich et de Sheppy.
- 42. Quand ofl se propose d’employer un ciment quelconque, sur lequel l’expérience manque, il serait fort difficile, en l’essayant par la construction de portions de murs, de se rendre compte de ses qualités de durée. Mais il y a une règle qui ne demande pas plus d’une dizaine de jours, qui n’est pas difficile, et qui paraît adoptable pour juger de ce point. Elle consiste à considérer la durée dHun ciment comme en rapport avec sa promptitude de prise sous l’eau, et avec sa force d’adhérence et sa force de résistance. Il serait heureux, du reste, que cette règle fût juste, car elle est fort importante, et je ne vois pas trop, jusqu’à ce que les siècles futurs soient venus la confirmer ou la désavouer, comment on pourrait la remplacer.
- 43. Nonobstant ce que j’ai dit (37) des ciments artificiels, qui, du reste, vont maintenant occuper la majeure partie de cet article, je ne dois pas oublier de mentionner qu’il y eu a plusieurs fabriques en Angle-
- (i) En chimie on appelle sel tout produit provenant de la combinaison de deux composés binaires, Le carbonate de chaux •st composé d’acide carbonique (QXJÇÇBQ %% ç&ïto&o) do
- «hait* (oxigèut «t «Uiuwj,
- terre : on peut citer celles de M. White, qui produit le portland cernent (mélange de craie et d'argile bleue de Medvvay); de MM. Evans and Nicholson, de Manchester, qui produit le patent lithic cernent (mélange semblable à ceux qui vont être décrits, mais où l’on fait usage de résidus de fabriques de produits chimiques au lieu de substances naturelles); de M. Richard Greaves, de Stratford-upon-Avon, qui produit le blue lias cernent, ciment obtenu par un mélange d’argile durcie et d’excellente chaux; cette argile est d’abord rompue et moulue, et la chaux cuite et éteinte, ce qui est absolument nécessaire quand on veut former un ciment artificiel avec des pierres à chaux dures. Ces fabriques rivalisent, dit-on, avec le ciment naturel» dont l’usage prend une telle extension, que le calcaire qui le produit semble ne pouvoir toujours suffire aux demandes. Enfin, M-Pasley assure que la qualité des ciments qu il compose égale celle des meilleurs ciments naturels.
- 44. Dans la fabrication des ciments arlifi* ciels, il est de première nécessité que les mélanges soient intimes. Il ne faut pas perdre de vue que, même avec tous les éléments qui peuvent former un excellent ciment, on ne réussira qu’autant que les ingrédients solides seront réduits à l’état de poudre impalpable, ou que les pâtes seront aussi fines que possible, avant la cuisson.
- 45. Il paraîtrait aussi que certaines argiles produiraient des effets différents, non encore bien définis, sur les ciments artificiels. On ne connaît guère à ce sujet que les observations de M. Pasley, qui se trouvent mentionnées, ci-après, dans les résultats de ses expériences. M. Pasley fait des distinctions entre l’argile d’alluvion et de carrière, et entre celle qui a été ou non exposée à Pair» quoiqu’il reconnaisse partout à peu près les mêmes éléments solides. Mais il croit enfi° que les qualités ou les défauts de l’argile» sous le rapport d’en former des ciments artificiels , sont dus à la présence ou à l’absence de l’hydrogène. Il résulte aussi de ses expériences qu’une matière non plastique, comm® la terre à foulon, ne saurait atteindre le but-
- § 3. FABRICATION DE CHAUX ET CIMENTS ARTIFICIELS.
- Ce qui va suivre est en général extrait de l’ouvrage du major-général Pasley sur leS chaux et ciments artificiels , dont la second® édition vient de paraître à Londres. J’en a1 d’abord fait la traduction complète, avec rétention de la publier en France ; mais u’1 examen sérieux de cet ouvrage m’a fait peoser que, dans l’état présent de nos connaissaU' ces, il valait mieux débarrasser ce travm de tout ce qui était dépourvu d’intérêt général , et ne présenter à mes lecteurs que e résultat pur et simple des nombreuses ®XP riences faites par M. Pasley.
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- système suivi dans les Expériences,
- COMMENCEES EN PETIT, POUR FORMER nES CIMENTS HYDRAULIQUES AVEC DIFFÉRENTES
- Matières.
- Som»Kn>e ; 46. Système. — Etat des matières. — Degré de UlS8°n. — Epreuves.— 47. Espèces d’ingrédients employés. T ^8* Résultats des expériences. Mélange de carlxinate de et d'oxydes métalliques. — 49. Carbonate de chaux * «ilice, — 50. Carbonate de chaux et alumine. — 51. Car-"°nate de chaux et carbonate de magnésie. — 52. Observn-lons sur les composés doubles. — 53. Carbonate de chaux, 81heeet alumine. —54. Carî>onate de chaux, silice et alumine, 0v«cdu protoxyde de fer.— 55. Observations sur les parties essentielles d'un ciment artificiel. — 56. Continuation des ^périences. Carbonate de chaux, silice et alumine, avec ^autres oxydes métalliques. — 57. Carbonate de chaux, fd»ce et alumine, avec du carbonate de magnésie.— 58. Car-^aate de chaux, silice, alumine et autres oxydes métalli-tels qu'on les obtient par la craie et l’argile de la n°ture. — lo Craie et argile bleue d’alluvion. — 2o Craie et ^gile brune d’alluvion. — 59. Perte des qualités do l’ar-ftile en vieillissant à l’air. — Quantité de matière solide contenue dans l'argile. — Moyen de reconnaître jusqu'à finel point l’argile a perdu de ses qualités. — 60. Craie, d’allu vion vieille, et charbon en poudre ou autre ^tière combustible. — 61. Craie, vieille argile d’alluvion protoxyde de fer. — Craie, vieille argile d’alluvion et JJi’bonate de magnésie. — 62. Craie, argile bleue ou fraîche nlluvion, et poussière de charbon. — 63. Craie et argile a*luvion lavée. Dégagement d’hydrogène. — 64. Craie et ar9*te brune de carrière. Analyse des argiles d’alluvion et de carrière. Différence du sable qu’elles contiennent. — codait plug dur à pulvériser. Conclusion sur les argiles. — o» Craie et poussière de tuile. — 66. Craie et poussière Jttrdoise. — 67. Craie et terre à foulon. —68. Nécessité e plasticité.
- .46. Après avoir réussi, par hasard, dit *• Pasley, à faire un bon ciment hydrauli-*jUe avec de la craie et de la glaise, et avoir °nné beaucoup de temps aux analyses chi-^'dues des pierres à ciment naturel, je me déterminé à adopter un système syn-etlque, en combinant ensemble des sub-s^Rces d’abord par deux, puis par trois, et j?ar Quatre, en différentes proportions, qui rent généralement déterminées à la me-*Qre et non au poids. Toutes les pierres na-j relles et autres substances sèches, avec ^quelles il a été expérimenté, furent d’a-°rd réduites dans un mortier à l’état de v°udres impalpables et mesurées dans cet *tat- Les divers ingrédients étant très-exac-ft'ent mesurés, on les mélangeait intime-j^nt> en ajoutant un peu d’eau, et au uyen d’une spatule, sur une ardoise ou sur f0 6 P^que de porcelaine; après quoi on en j r,Uait îles boules d’environ vingt-cinq mil-^etresde diamètre, que l’on faisait sécher Peu devant le feu pour les empêcher de les unes aux autres, et on les cuisait i es tenant pendant trois heures à la cha-
- ot0"6'-
- u a trouvé que les ingrédients ne pou-t nt être ni pulvérisés trop finement, ni p P uleu mélangés, et que la présence de iin etU't absolument nécessaire. S’ils sont j PaHaitemeut pulvérisés ou mal mélangés, l'eu I^ie^leurs ingrédients peuvent ne pas hl.|Slri d en est de même si l’on cuit un pa,Jge formé à sec.
- cu:t°Ur jufier si les mélanges étaient assez p0'S’ Pasley dit qu’il procédait
- ciment naturel (1). il mettait un
- P°ur Ig fi)
- P»Hii9ln . *“l«t du ciment naturel, M. Pasley ne eemble pas *»r il Mêe d’une cuisson imparfaite (Voir Nos 31 et 33), > mus un autre passage, que, pour savoir si le cal»
- fragment d’une des boules dans l’acide mu* riatique étendu et reconnaissait que la cuisson n’était pas suffisante s’il se manifestait une violente effervescence, alors il continuait la cuisson. Mais quand le mélange ne produisait plus d’effervescence dans l’acide et que la cuisson n’avait pas foncé sa couleur naturelle, il le considérait comme juste assez cuit, et pas plus qu’il ne faut.
- Alors il pulvérisait, dans un mortier, les boules calcinées, jusqu’à réduction à l’état de poudre impalpable, exempte d’aucun grain, et la délayait dans l’eau pour en former des boules. Puis enfin, il s’assurait des qualités de ses mélanges en procédant comme s’il s’était agi de ciments naturels (i).
- DES INGRÉDIENTS EMPLOYES DANS LES EXPÉRIENCES DE M. PASLEY.
- 47. Les ingrédients employés dans ces expériences furent les suivants :
- l° Carbonate de chaux. Cette substance, la plus importante de tous les ciments hydrauliques, naturels ou artificiels, consistait en craie pulvérisée.
- 2° Silice. On employait des silex broyés, préalablement chauffés au rouge et éteints dans l’eau, à la manière des fabricants de porcelaine, sans quoi ou ne saurait les pulvériser convenablement.
- 3° Alumine pure. On l’achetait à Londres, ou un chimiste de Rochester la préparait. A cet effet il dissolvait une quantité d’alun, ou sulfate d’alumiue, dans de l’eau distillée et ajoutait du sous-carbonate de potasse jusqu’à neutralisation de l’acide; alors il obtenait l’alumine pure par des lavages réitérés et en séchant le précipité au moyen de la chaleur.
- 4° Silice et alumine. Pour ce composé, oïl se servait quelquefois de la terre à pipe de Dorsetshire, la plus pure combinaison naturelle de ces deux ingrédients, et quelquefois aussi d’un mélange de poudre de silex et d’alumine pure.
- 5° Protoxyde de fer. On se servait de bati-tures de fer provenant des forges de fabricants d’ancres; on les réduisait en poudre fine dans un mortier.
- 6° Autres oxydes métalliques, carbonates, etc. Le peroxyde de fer et les autres oxydes métalliques, ainsique la magnésie calcinée et les carbonates de magnésie, de soude, de potasse, etc., dont on se servait, s’achetaient dans 1 état où les vendent ordinairement les chimistes, et de la meilleure qualité.
- Non-seulement les glaises, mais l’alumine pure et le carbonate de magnésie, étaient mesurés humides. I,a craie pulvérisée, les autres carbonates, et tous les oxydes métalliques étaient mesurés à l’état sec.
- caire est bien cnit, il faut s’assurer que tout le gaz acide carbonique en a été expulsé par la chaleur, en en mettant un morceau dans l'acide muriatique.
- (î) 31. l’asley s’étend minutieusement sur ces essais de ci, reents naturels, mais il ng dit rien qui ne soit il peu prè| connu de tout le monde. '
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- DES MÉtANOES QUI RÉUSSIRENT OU Qui N’Eü-
- RENT PAS DE SUCCÈS DANS LA CONFECTION DES CIMENTS ARTIFICIELS.
- Carbonate de chaux et oxydes métalliques.
- 48. Un mélange calciné de craie pulvérisée et de protoxyde de fer tombe généralement en morceaux, mais en quelques circonstances il prend un peu sous l’eau, jamais assez cependant pour former un ciment, car il se rompt facilement dans les doigts et salit toujours les mains. Un mélange de craie pulvérisée et de peroxyde de fer tombe aussi généralement en morceaux; cependant il forme parfois une pâte, mais qui ne durcit jamais sous l’eau. Un mélange de craie pulvérisée et d’oxydes de manganèse ne durcira jamais ni ne se prendra jamais eu masse, mais toujours il se délaiera par parties sous l’eau.
- Carbonate de chaux et silice.
- 49. Ce mélange ne réussissait pas d’abord à former un ciment hydraulique plus d’une fois sur dix; mais plus tard il a eu de fréquents succès, quoique l’on ne puisse encore que rarement l’obtenir entièrement hydraulique. La seule supposition à faire relativement à la différence de ces résultats, c’est que le silex dont on se servait dans le commencement était mal pulvérisé, ce qui nuit invariablement au succès. Dans ce mélange, la craie et la silice étant sèches et en poudre avant l’addition d’eau, il était plus à propos d’en déterminer les proportions au poids, et l’on a trouvé que poids égaux des deux ingrédients produisaient le résultat le plus satisfaisunt (33).
- 50. Carbonate de chaux et alumine. Ce mélange réussit toujours maintenant à former un ciment hydraulique, blanc ou verdâtre, mais qui n’est pas excessivement solide; de toutes les proportions essayées, le meilleur résultat a été obtenu par moitié craie pulvérisée et moitié pâte d’alumine, à la mesure. Il a presque toujours failli, dans les premières années des expériences, parce qu’on ne mettait environ qu’un quart d’alumine.
- 51. Carbonate de chaux et carbonate de magnésie. Quand la craie pulvérisée et le carbonate de magnésie humecté sont mélangés et cuits, en proportion quelconque du dernier ingrédient, non moindre que la moitié du premier, ils forment un mauvais ciment, qui non-seulement tombe en morceaux au bout d’un jour ou deux dans l’eau, mais qui rarement ou jamais ne prend bien; soit à l’air ou sous l’eau. En mettant une plus grande proportion de magnésie, comme mesures égales de craie en poudre et de pâte de magnésie, le mélange ne tombe pas toujours eu morceaux à l'immersion immédiate, et il prend même quelquefois la forme d’un ciment très-solide, à grain serré (i).
- (i) Le résultat de celte expérience n’esi pas eseciccncltiaut pour éclaircir 1# doult qui règne sur le rule de lu magnésie.
- 52. En général, tons les composés doit" blés, formés en mélangeant ïe carbonate de chaux avec un seul autre ingrédient, sont peu satisfaisants, car les deux meilleurs, ceux de craie et de silice, de craie et d’alu-mine, ne donnent pas un ciment hydraulique très-bon, et le mélange de craie et de magnésie ne réussit pas toujours, en même temps que les autres faillissent invariablement.
- 53. Carbonate de chaux, silice et nln mine. 4 mesures de craie en poudre, i mesure de pâte de silice, et 2 mesures de pête d’alumine, forment un composé qui réussit toujours sous l’eau. Mais on obtient enco,fl des résultats plus satisfaisants parunmC' lange de 5 mesures de craie pulvérisée et 3 mesures de terre de pipe, cette dernière à 1e' tat de pâte dure.
- 54. Carbonate de chaux, silice et alumine> avec du protoxyde de fer. A chacun des dfiu* mélanges ci-dessus, si l’on ajoute diverse5 proportions de fer, environ un dixième a un centième du tout, on a des résultats satisfaisants, mais principalement dans le mélange de 5 mesures de chaux avec 2 inesui-4’5 de terre de pipe, auquel on ajoute une dem*e à un tiers de mesure de protoxyde de fêr* On obtient un excellent ciment liydrauli<lue d’une couleur gris-bleuâtre-clair ; mais, e}4 raison de la dureté particulière de ces me' langes après la calcination leur pulvérisation demande de très-grands soins et pl115 qu’un travail ordinaire, ce qui souvent e5* cause que l’on ne réussit pas dans les exp4;' riences, quoique, par eux-mêmes, les ingre” dients soient susceptibles de donner de b<ms résultats.
- DES PARTIES ESSENTIELLES d’üN CIMENT HYDRAULIQUE ARTIFICIEL.
- 58. Sachant que les ciments hydrau]if|41®8 naturels sont principalement composés 1,6 carbonate de chaux, de silice, d’alumine et d’oxyde de fer, M. Pasley, en procédant s)'n' thétiquement, a obtenu avec tous ces -infï* dients un ciment hydraulique artificiel <l4,t ne paraît par moins parfait ; et il seinme qu’après le carbonate de chaux, qui est i"' dispensable, la silice et l’alumine sont ieS matières les plus importantes; car on Pel!. faire un ciment hydraulique sans fer, tam js que, sans elles, le fer 11e peut réussir, qual qu’il soit très-utile en occasionant une pr,s,e plus prompte et en produisant uu degrésup4-' rieur de liaison et de dureté.
- M. Pasley continue à rendre compte de seS observations et des résultats qu’il a obtenu5» de la manière suivante :
- CONTINUATION DES EXPÉRIENCES.
- 56. Carbonate de Chaux, silice et alumine* avec d’autres oxydes métalliques. Nous ^e^ sayâmes ensuite, dit M. Pasley, le ,nelVc mélange de craie et de terre de pipe aVjg d’autres oxydes métalliques. L’additi°n peroxyde de fer forme parfois un bou cime11 >
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- ta'1S C> SHCCes ce mélange est très-incer-0 n‘ addition des oxydes de manganèse, r°uge de plomb, forme de bons ciments ces mêmes ingrédients. ave ‘ Carbonate de chaux, silice et alumine, en C i Cnr^onate de magnésie. En mélangeant emble 5 mesures de craie en poudre, a S(jesures de terre de pipe, et de i à 5 me-fQre* de carbonate de magnésie, ces matières lertn?n*: un excellent ciment hydraulique, et meme résultat satisfaisant s’obtient en em- )ant une proportion de magnésie un peu es^s Petite. Ce ciment, modérément cuit,
- . «une belle couleur blanche, mais en le (j, ant plus fort ü prend une couleur sombre e i ?'se"> et l’on a reconnu, par quelques 16nCeS r®centes> qu’il était également bon ns les deux états. D’où l’on suppose que le ter-611- Un Peu ^rûlé ne s’en trouve pas dé-vitùfi'5 Pourvu qu’il ne soit nullement
- g ^°ufen revenir au carbonate de magnésie, |j *°^re comme ingrédient dans un ciment ï raulique, et son effet est aussi favorable ? uelui du protoxyde de fer, ou même on a>n • 6 considérer comme lui étant supérieur, le 1 qu à tout autre oxyde métallique, car q ^bonate de magnésie se combine quel-t0lsavec le carbonate de chaux seul pour r,Uer un bon ciment hydraulique (51), ce ne peut avojr jjeu avec aucun des oxydes piques.
- Carbonate de chaux -, silice, alumine et t)tt es métalliques, tels qu’on les obtient par ^ lange de craie et d'argiles de la nature. Ce pra*e et- glaise bleue d’alluvion. Quoique bj.^élange de craie en poudre et de glaise réq 6. de Medway fût le premier de ceux qui cie^Slr®nt dans mes essais de ciments artifi-par .Ie l’ai placé, après plusieurs autres, ple 011 ^es composés quadruples. Je dois sim-dire qUe )a craie représente le car-f0 nate de chaux, pendant que l’argile bleue fer nit la silice, l’alumine et le protoxyde de
- essay* diverses proportions de ces de ea\ents, j’ai finalement adopté 5 mesures c0qjCra*e pour 2 mesures de terre glaise, Plus^6 ^t:an': celle qui produit le ciment le Scfr ailalogue, dans ces qualités, au ciment (Dans des expériences postérieures Va|aj es avec plus de soin, on a reconnu qu’il craje ^leux une plus petite proportion de
- eij,Dl Prenant la glaise tomme unité, la craie CSt a*ns’ ‘l6111 f°is et demie la Crjjg cet ingrédient. Trois mesures de
- ^eot^0ur une glaise feront aussi un ci-que Pr®nant dans l’eau, mais moins bon fort CC U,* ^es ProPortions ci-dessus. Un plus Poqre)tCes de craie, comme 3 1/2, 4> ou 5 ’^aul'1* mélange comme ciment hy-
- liql)e lflae> mais le convertit en chaux hydrau-c°m ‘. ne moindre proportion de craie, au ciqjgn311^» comme 2 pour 1, fait un très-bon de Cr . hydraulique, et même 1 mesure 1 ]i Cime^‘e P°or 1 mesure de glaise fait un bon » niais qui ne prend qu’avec peu de
- chaleur et très-lentement, car la chaleur est moindre en proportion de ce qu’il y a moins de craie, pendant que l’espace de temps nécessaire à la prise est prolongé.
- Les boules déciment artificiel formées de craie et de glaise bleue sont d’une couleur légèrement foncée, mais quand on les met dans un vase d’eau, la surface inférieure, si elle est bien en contact avec le vase, est quelquefois verte, et en brisant une de ces boules, on trouve que 1 intérieur est quelquefois vert aussi ; mais en exposant les fragments à l’air, ils prennent la teinte sombre qu’avait primitivement la surface des boules.
- Ce ciment, fait avec 2 mesures 1/2 de craie et 1 mesure de glaise, se comporte, avec l’oxalate d’aramoniaque et avec l’eau, presque comme le ciment Scheppy ou Harwich.
- 2° Craie et glaise brune d’alluvion ou surface de l’argile de rivières. L’argile d’alluvion, qui abonde dans les bras près des embouchures de rivières, provient de terrain délayé par les pluies dans les endroits plus élevés; elle s’est trouvée en suspension dans le courant, puis s’est déposée sur les lits de ces rivières, près de la mer, où le courant est ordinairement beaucoup moins fort. Dans cet état primitif, elle a la couleur naturelle du sol, soit brune ou rouge-brun, et la surface ou sa partie supérieure, qui est exposée à l’air dans les basses eaux, conserve toujours la même couleur, jusqu’à environ 2 ou 3 centimètres de profondeur; mais le restant, qui est inaccessible à l’air, acquiert une couleur bleu-foncé qui approche du noirâtre. Ainsi, la grande masse de l’argile d’alluvion est bleue, tandis que la surface n’est que brune. (Le même effet peut s’observer dans les fossés après des pluies abondantes. La vase qui provient du lavage des routes est d’une couleur brune, tant qu’elle coule à l’air, mais dès qu’elle se trouve dans des égouts couverts, où elle n’est plus accessible à la libre action de l’atmosphère, elle acquiert la même couleur bleu-foncé, qui tient à la glaise d’alluvion, ainsi qu’on peut quelquefois l’observer quand on nettoie les réservoirs alimentés par ces fossés.)
- Ayant essayé un mélange de craie en poudre et de glaise brune d’alluvion ou de la surface, il a donné, en apparence, un excellent ciment, qui prend immédiatement sous l’eau, mais qui, au bout de quelques jours, commence à craquer à la surface, et en tous cas tombe en morceaux dans l’espace d’environ une semaine.
- L’argile bleue, ou l'argile d’alluvion, fraîchement tirée d’une rivière, est un excellent ingrédient de ciment hydraulique, mais elle perd sa propriété si on la garde jusqu’à ce quelle devienne vieille.
- 59. Craie et vieille argile d’alluvion. L’argile bleue d’alluvion, dont il est question dans l’article précédent, perd sa couleur bleu-foncé quand on la tire de la rivière et qu’on l’expose à l’air; cette exposition à l’air la fait changer et prendre graduellement cette teinte brunâtre qui distingue l’argile de sur-'
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- face « puis elle perd âussi Seà puissantes propriétés de former du ciment, et on peut alors l’appeler vieille, par opposition à son état primitif d’argile fraîche cCalluvion.
- Désirant constater en combien de matière solide consistait cette argile, je l’ai souvent pesée quand elle était fraîchement tirée de la rivière, et après l’avoir séchée attentivement, sans la brûler, sur des plaques de fer, j’ai reconnu qu’elle perdait environ les onze vingtièmes de son poids; ainsi, plus de la moitié de l’argile bleue de Medway consiste en matière fluide ou volatile. La mauvaise odeur produite par sa dessiccation , m’avait fait supposer que l’argile d’alluvion fraîche contenait une grande quantité de gaz hydrogène, ce que l’on a effectivement reconnu dans une expérience où je fus assisté par M. Griffiths, ancien préparateur du docteur Faraday, et je crois que le dégagement de ce gaz, facilité par l’exposition à l’air, est la principale cause du changement de couleur du bleu au brun, durant la transition de l’argile d’alluvion du frais au vieux, qui la prive de ses propriétés de ciment. Mais comme ce changement est graduel, il est à propos d’expliquer sous quelles circonstances il s’opère, et comment on peut juger si ses mauvais effets se sont produits dans l’opération.
- Quand l’argile bleue fraîchement tirée d’une rivière est mélangée avec de la craie , et qu’on façonne soit des boules à cuire au feu, ou de grands pains ou cubes à cuire dans un four, la couleur de l’argile domine tellement celle de la craie, que ces boules ou pains conservent la couleur bleue sombre ou la couleur d’ardoise, mais l’air donne bientôt à la surface du mélange une sale couleur blanchâtre; et, par degrés, ce changement s’étend de la surface à l’intérieur, jusqu’à ce qu’il se soit opéré dans toute la masse, ce qui est plus ou moins long, suivant la dimension plus ou moins grande de la boule ou du pain , et c’est à l’époque de ce changement total que le mélange a entièrement perdu ses vertus de former un bon ciment. Pour les petites boules d’environ 27 millim. ( î pouce ) de diamètre, il suffit de les exposer seulement vingt-quatre heures à l’air dans une place sèche, avant de les cuire, pour leur faire du tort, et si elles y restent quarante-huit heures , elles sont gâtées ; cependant les boules ou les cubes d’environ 68 millimètres (2 pouces 1/2) de diamètre ou de côté, exposés à l’air pendant dix ou douze jours, ne seront pas matériellement détériorés.
- Comme le changement de couleur à la surface, ou seulement près de la surface, n’a que peu d’importance, si vous cassez une des boules ou un des pains du mélange préparé pour la cuisson, vous pouvez toujours, en examinant la couleur de l’intérieur, juger si ce mélange a conservé ou perdu sa propriété de former un bon ciment hydraulique.
- 60. Craie, argile d’alluvion vieille, et char-pon en poudre, ou autre matière combustible,
- Un chimiste, auquel je faisais part du suc-*
- cès de l’argile fraîche et de la non-réussite de la vieille, me dit que probablement c’était parce que le fer de l’argile s’était graduelle" ment changé du protoxyde au peroxyde (ceci était beaucoup avant ma supposition de la présence du gaz hydrogène, eu quantité notable, comme partie composante de lar* gile bleue), et que l’addition de charbon de bois pulvérisé ou de poussière de charbon» dans le mélange crû du ciment gâté par l’air,fpourrait, en provoquant un change* ment opposé dans le fer durant la cuisson» corriger ce défaut; effectivement, suivant cet avis, après avoir mélangé la craie et la vieide argile d’alluvion dans les proportions ordi' naires, j’essayai d’ajouter diverses propor-tions de charbon de bois en poudre et de poussière de charbon, dont un quinzième de la totalité du mélange produisit l’effet favorable prévu par le savant; puis jal trouvé que le même résultat s’obtenait en ajoutant quelqu’autre matière combustible» comme de la résine, de la suie, de la sciure» ou des huiles ou des goudrons de différentes espèces, au mélange crû de craie et de vieiHe argile d’alluvion.
- 61. Craie, vieille argile d’alluvion, et p1'0' toxyde de fer. — Craie, vieille argile dalh1' vion, et carbonate de magnésie.
- En ajoutant du protoxyde de fer, ou d*1 carbonate de magnésie, au mélange de ci* ment crû de craie et de vieille argile d’alln* vion, ces ingrédients améliorent aussi le lange, et semblent restituer à l’argile sa verta primitive.
- 62. Craie, argile bleue ou fraîche d’aile vion, et poussière de charbon. Sous l’impr^-sion que l’argile bleue d’alluvion était \e meilleur ingrédient dont on peut se servir pour former un ciment hydraulique artiû' ciel, en la combinant avec de la craie, et ayant reconnu que quand ce mélange devenait vieux et qu’il avait graduellement perd*1 ses propriétés, on pouvait les lui restituer en y ajoutant quelqu’une des substances mentionnées dans les deux précédents art1 clés , il me sembla utile de m’assurer si la® de ces ingrédients pouvait, par un effet pre' servateur, éviter la nécessité d’un seco*1 mélange, ce qui aurait été bien meifiel1^ que de s’exposer à laisser se gâter le cime11 crû et de le restaurer ensuite. Mais d n’a semblé que le fer ne remplirait pas cet o jet, car la même cause qui détériore 1 arf» dalluvion doit aussi atteindre le fer; quaI1 aux autres substances, surtout le carbouate de magnésie, elles seraient trop chères. crus donc qu’une proportion de fine P°“ST sière de charbon, mélangée en convenable avec la craie et l’argile dal a. vion, comme dans le premier exemple», elle n’einpêchait pas la terre de se détérr0 rer à l’air, remédierait au mal pendant ^ calcination , et produirait un aussi b°n C1 _ ment que si on 11e l’avait pas laissé viel ^ * et il me semblait probable aussi que laT1", portion de poussière de charbon eropM '
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- ^aus premier mélange crû pouvait ne pas ?e tr°uver entièrement perdue, mais aider à a cuisson. Sous ces impressions, je conservai Pendant plus d’un an, durant le cours de lDef expériences en petit, l’opinion que le ^eilleur mélange de ciment artificiel con-S1stait en 5 mesures de craie en poudre, a mesures d’argile bleue, et une demi-me-sure de poussière de charbon; j’ai souvent adopté ces proportions sur une plus grande eche!le ; mais, par la suite, en laissant sécher pendant un an un mélange de cette espèce, J ai reconnu que l’air l’avait aussi gâté, et qn il fallait ajouter une nouvelle quantité de poussière de charbon, plus grande que la première, pour rendre ses qualités au mé-*ange ainsi détérioré; de manière que, dans ce_cas, les charbons mélangés, à deux reposes, à la craie et à l’argile, joints aux charbons qu’il faut pour la cuisson, firent Plus que de doubler la dépense nécessaire pour atteindre le but, si l’on avait mis au un mélange de craie et d’argile seules rtnmédiatement après qu’il aurait été formé, Sans donner le temps à l’air de le gâter.
- 63. Craie et argile d’alluvion lavée. A une epoque, il m’avait semblé qu’un mélange de craie et d’argile bleue, soumis à un lavage repété etbarbotté dans un grand excès d’eau, aPrès lequel on le laisserait déposer au fond vase ou du bassin, d’où l’on retirerait l’eau cjaire, produirait peut-être une améliora-tl0n, et, après la calcination, donnerait un Meilleur ciment. Cependant, le mélange qui a subi ce procédé a éprouvé la même dété-ri°ration par l’exposition à l’air, et je crois *laen tous cas, elle ne résulte pas seulement Jf Un changement dans l’état d’oxydation du ?r de l’argile, comme je l’ai dit dans un ar-hcle précédent, mais aussi du dégagement ,e l’hydrogène contenu dans l’argile, favo-ï>sé par Ja diffusion d’une grande quantité ®eaU, pendant le lavage, qui transforme plus grande quantité d’argile fraîche alluvion en vieille argile, beaucoup plus V,*e que ne le ferait l’exposition à l’air seule.
- 6i. Craie et argile brune de carrière. Par a dénomination d’argile de carrière, qu’il aut distinguer de Vargile d’alluvion, prove-^ant des rivières et des lacs, j’entends l’ar-«'•e tirée de terre, non compris la surface mcme exempte de végétation , ne s’em-P °te jamais en poterie ni en briqueterie.
- .^ans mes premiers essais, quand je voulais ^a,Çe un ciment hydraulique en mélangeant ij , craie avec de la bonne terre à brique, le111 *lnP0SS*hle de réussir, tandis qu’avec
- y ^ejange de craie et d’argile bleue d’allu-v»J avais du succès. En cherchant à ana-d^Ser ces terres, mais sans égard à la quantité a &az qu’elles contenaient, point sur lequel a ?e Porta mon attention que longtemps jjy s> je trouvais que toutes deux conte-de s'^ce> *^e Calamine et de l’oxyde
- : er> avec la seule différence apparente que la fUS ^couvrir à cette époque, après des Pait^eS r®P“tés > <lue terre bleue conte-‘ uae très-petite quantité de fin sable
- £e Technolocjiste. T. XI. — Février j85o,
- blanc, tandis que la brune contenait une proportion considérable de gros sable graveleux. Alors je pulvérisai cette dernière dans un mortier jusqu’à ce qu’elle fût aussi fine que la bleue, et en la mélangeant avec la craie en poudre elle forma un bon ciment. Le même résultat fut obtenu en séparant le gravier de l’argile brune sans la pulvériser. Ainsi apparut une règle importante de la fabrication du ciment artificiel, e’est qu’il n’y a que les plus fines argiles naturelles qui sont propice* à cette fabrication, ce qui est conforme au principe, que diverses substan-ces sont susceptibles de combinaison chimique , réduites en poudre impalpable et non sous une autre forme.
- En expérimentant ensuite avec d’autres argiles brunes ou brun-verdâtre, d’une qualité suffisamment fine, des terrains élevés entre Upnor et Hoo, elles ont toutes donné de bons ciments hydrauliques, eu les mélangeant dans les proportions ordinaires avec de la craie, c’est-à-dire 5 mesures de cette dernière pour 2 des premières ; et ces argiles de carrière ont l’avantage de ne pas perdre leurs propriétés de ciment, par l’exposition à l’air, aussi vite que les argiles d’alluvion, car s’il suffit d’un mois, six semaines, pour détériorer les cubes de ciment crû faits avec ces dernières, il faut deux ou trois fois autant de temps pour que ceux faits avec les premières soient atteints. En réalité, les fines argiles brunes sont tellement moins susceptibles de détérioration par cette cause, que j’ai dû douter que l’air ait aucune action sur elles, jusqu’à ce que je me suis aperçu que ce mélange de craie et de fine argile brune de carrière, dont j’avais fait une quantité considérable d’excellent ciment, manqua entièrement sept mois après, en en cuisant quelques cubes que j’avais conservés danscette intention. Sous un rapport, cependant, les mélanges faits avec l’argile brune sont beaucoup inférieurs à ceux faits avec l’argile bleue, parce que, à la cuisson, les premiers donnent une substance plus dure qui nécessite plus de travail de pulvérisation que les derniers, ce qui est une grande considération, tant dans les ciments artificiels que naturels.
- Enfin, il me semble que n’importe quelle fine argile, soit d’alluvion ou de carrière, combinée avec la craie, fera un excellent ciment hydraulique artificiel, pourvu qu’elle n’ait pas été exposée à l’action de l’atmosphère, soit dans son emplacement naturel, soit après eu avoir été tirée.
- 65. Craie et poussière de tuile. Les tuiles étant ordinairement faites avec de la fine argile brune de carrière, que je considère comme bon ingrédient d’un ciment artificiel, j’ai essayé diverses proportions de craie en poudre et de tuiles pulvérisées, mélangées, avec de l’eau et cuites comme d’habitude, et, aucun de ces mélanges n’a réussi.
- 66. Craie et poussière d’ardoise. Comme l’ardoise de toiture n’est que de l’argile à l’état solide, et que l’une et l’autre sont for»
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- mêes dés mêmes substances (i), j’ai essayé diverses proportions de craie et d’ardoise pulvérisées, traitées à la manière ordinaire, sans pouvoir en former autre chose qu’un ciment imparfait, qui, après avoir séjourné quelques semaines sous l’eau, s’émiétait quand on le retirait.
- 67. Craie et terre à foulon. Les mêmes raisons me conduisirent à essayer la terre à foulon de Reigate, dont la composition est à peu près la même que celle de l’ardoise(2). Mais le mélange de craie et de cette terre manqua entièrement.
- 68. Comme les ardoises, qui sont sans plasticité, et les tuiles qui ont perdu cette qualité au feu , manquèrent toujours, en même temps que les parties composantes des mêmes substances, savoir: la silice, l’alumine «t l’oxyde de fer, contenus dans les argiles naturelles, réussissaient toujours à donner, en combinaison avec la craie, un ciment artificiel, j’en ai déduit que la plasticité était essentielle an ciment artificiel, surtout parce que le manqué de cette qualité semblait aussi la principale cause de non-réussite de la térre à foulon qui, humectée et mise en moule, n’est pas plastique, mais s’écaille en séchdnt à l’air, et qui, étant cuite avec toutes les précautions nécessaires, au lieu de former une masse, s’effondre en morceaux poreux sans soudures ou en scories. Mais en lavant plusieurs fols la terre à foulon, pour en extraire la petite partie du sel que l’on dit être contenue dans cette substance, nous trou-vbnS qu’elle devient plus plastique et quelle réussit souvent à donner un ciment hydraulique inférieur, il est vrai, à celui des argiles plastiques. On peut, peut-être, appliquer les miênieS causes à la supériorité de la terre de pipéj qui possède une grande plasticité que n’bht pas le silex broyé et l’alumine préparée.
- § 4- ADHÉRENCE DES CIMENTS.
- Sommaire : C0. Conditions de solidité dons les constructions. •^70. Sofidité Obtenue pnr la seule force d'adhérence «les ciments. *— 71* Expériences do M. Pasley. —73. Explication des formules qu’il emploie. — 7î. Résultats d’expérien-ëés. Mélanges de craie et d'argile bleue en'diverses proportions.— 74. Epreuve de la force d'adhésion. —> Résultats des expériences : poids <jui firent rompre les assemblages. — 75.J Analogie 'entre tes deux modes d’expérimentation, etc. — J6. Tableau de la ténacité comparative d’un ciment formé par diverses proportions de craie et d’argile bleue, i— 77. Observation* imr ce tableau. — Observation sur ^ le sujet. — 78. Points généraux de la question : décomposition et solubilité des matières hydrauliques dans l'eau. Insignifiance de cfette notion. Epreuve chimique. Observation. — 99. Quantité de sable que peut supporter le ciment. — 80. Application du ciment : épaisseur ; action du sable. — mauvais effet du subie. — 81, Proportions des deux demi-arches de Brunei. — 82. Force d’adhérence limitée. Autres substances. — Destruction des deux demi-arches. Remarque sur l’endroit des fractures. — 83. Ciment et chaux ^hydraulique. — Proportions de sable dans lo béton. — Quelques observations principales sur la fabrication des mortiers.
- 69. Les différentes parties d’une construction se maintiennent en place en raison des lois physiques, mathématiquement déduites,
- (i) Suivant Kirwan,etlescontiennent; silice, 28;alumine,26; •sagnésie, 8; chaux, 4 ; peroxyde de fer, 14 pour 100.
- (a) Suivant Klaproth, la terre à foulon contient : silice, 53 ; alumine, 10$ magnésie, 1,25; chaux, 0,5; nuiriate de soude, 0,1; des traces dç potage; oxyda de for ? 9,75; eau, 21 parties pour JOO*
- ou en vertu des qualités d’adliérence des matières qui servent à cimenter les matériaux.
- Sous le rapport de la solidité, ou détermine les dimensions et les formes d’un édifice, pour qu’il résiste aux efforts auxquels il est soumis, en ne prenant, pour ainsi dire, que le volume et la forme de la matière en considération ; on se sert de formules, dont les valeurs devraient être exactes, et qui sont déduites de lois établies et vérifiées depuis plus ou moins longtemps. Sans les circonstances étrangères à ces lois, et sans la transformation destructive qui s’opère continuellement dans toute la nature, on conçoit qu’une construction pourrait être éternelle.
- 70. Mais, c’est en dehors, si je puis m’exprimer aiusi, des lois dont je viens de parler, que je vais rechercher la solidité que peut avoir une construction, sans autre secours que la force d’adhérence des ciments. C’est donc, si le ciment était inerte, dans des contradictions des lois reçues, que je vais puiser mes exemples de solidité. Je crois ne pas avoir besoin d’insister sur ce que je n’entends rien annoncer d’une manière absolue et ex^ clusive, ni sur ce que, en m’occupant de la question de construction sous ce nouveau jour, ce n’est que pour faire ressortir d’une manière saisissante l’immense importance de la qualité et de la préparation des matériaux.
- C’est Brunei qui a ouvert ce nouveau champ aux études des constructeurs, en élevant, au moyen de la seule force d’adhérence du mortier, dans lequel il a fait entrer des substances fibreuses ou métalliques, deux demi-arches de pont, qui sont venues prouver que les arches de la plus grande dimension (81), comme celles des ponts en pierre et même des ponts eh fonte, peuvent être exécutées en briques ou en fragments de démolition, sans le secours d’échafaudages, et que même on peut les abandonner sans appui, avant que la voûte formée paf l’arche soit complètement fermée au moyeu de la clef. Alors on s’est ressouvenu des expériences faites à Paris par MM. Lacordaire, Mallet et Lefroy, avec le ciment de PouiHy > et dans l’une desquelles ces ingénieurs posèrent dix-huit briques collées ensemble l’une sur l’autre, avec ce ciment, et faisant saill‘e sur un mur, sans l’emploi d’aucun soutien ni matières fibreuses. Depuis, quelques per' sonnes se sont préoccupées de la question, surtout M. Pasley, qui a fait à ce sujet de nombreuses expériences avec ses ciments artificiels.
- 71. Sans répéter ici beaucoup d’observations faites par M. Pasley , relativement aux qualités d’adhérence de ses ciments artin^" ciels, dont les causes semblent analogues a celles des qualités hydrauliques, je vais traduire quelques-uns des résultats contenus dans son traité.
- 72. Je dois d’abord prévenir queM. Pasley se sert des signes C B pour indiquer la craie
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- argile bleue d’alluvion mélangées en J et de 5 parties d’argile bleue, etc., comme °P.ortlons égales, en poidS ; C4 B5 pour I on le voit dans le tableau ci-dessbüs, où primer un mélange de 4 parties de craie | se trouvent les équivalents en mesures.
- TABLEAU des mélanges de ciments essayés en 1836*
- ÉQUIVALENTS A LA MESURE,
- PROPORTIONS EN POIDS.
- Craie
- en poudre sèche mesurée à la légère
- Ou de craie en poudre sèche avec argile bleue fraîche.
- Pâte
- dure de craie
- argile bleue.
- l’argile bleue.
- 5 pour 2 Y,
- 1 pour 1
- 1 pour 1 «/a
- 1 pour 1 15/s
- 1 pour 1 */s
- | ^3. La composition C B, qui était généraient d’une couleur légèrement brune, niais J e*quefois d’un blanc sale, ce qui est égaient une marque défavorable pour la qua-i hydraulique, ne put maintenir que 2r ^.‘ÎRes, collées 1 une sur l’autre et faisant i . Ile horizontale sur un mur perpendicu-j4reî C1 B3 a maintenu 26 briques, et C3 * a8 briques ; le mélange C1* B5 a permis bl ^0ser briques, faisant une saillie de 3 de 2 mètres. Ce n’a été que seize heures
- ci, 6s (Iue dernière brique a été posée, que ÏQte saillie s’est rompue au second joint et *a|ssant la première brique collée au mur.
- j ^ La figure 12 représente la manière dont briques étaient posées.
- sat*s^ait de ce mode d’expérimenta-jjj11 Sur la force de cohérence des ciments, 13 rl 3s*ey a m's en usage celui dont la figure le . °.Une une idée et qui consiste, comme on , v'0lt, à cimenter trois briques ensemble, q "rafer celle du dessus à une tige soutenue t„ Sl,Pport, et celle du dessous à un pla-,|Ue *ur lequel on place des poids jusqu’à ce a$s 1 *'ra8e vertical arrache les briques P°U | aeS- Uans ces expériences, il a obtenu \et) es quatre mélanges du tableau que noils D°ns de voir, les résultats suivants : r0l ai.ls une épreuve de C B, l’assemblage se 8ri,ih|lt ^ar l'ra8e d un poids de 448 kilo-h°id dans une autre épreuve, par un ^sde 701 kilogrammes.
- *e r*llS ,Une épreuve de C2 B3, l’assemblage danstnP*^ s°us l’effort d’un poids de 651 kilo. ; kilo UUe autre épreuve, par un poids de 5oo
- âeïoans.«ne épreuve de C3 B*, l’assemblage sous l’effet d’un poids de 75a kilo.;
- dans une autre épreuve, par un poids de 778 kilo.
- Dans une épreuve de C4 B5, l’appareil se cassa à quatre reprises, deux fois sous uii poids de 955 kilo., puis sous 1,082 kilo, et sous 1,057 kilo. ; mais c’était toujours le fer qui se rompait, et le ciment ainsi que les briques restaient intacts. En essayant de nouveau , avec des appareils plus forts et avec un poids de 1,208 kilo., l’assemblage se rompit , mais ce fut la brique supérieure qui se fendit horizontalement de l’une à l’autre des mortaises qui servaient à l’accrocher, tandis que les joints de ciment maintinrent parfaitement les briques collées ensemble. Dans l’épreuve d’un second échantillon du même mélange, il y eut rupture par un poids de 9.55 kilo.; mais ce fut encore la brique supérieure qui se cassa.
- 75. Ainsi, nous retrouvons dans ces expériences les mêmes résultats, engénéialj que dans les premières , puisque le jtaids qu’il à fallu pour occasioner une rupture; est plus ou moins grand , ainsi que chaque mélange a supporté ùn plus ou moins grànd ilortibre de briques collées sur un mur.
- Il résulte d’épreuves qui ont été faites, que C4 B5, le meilleur des mélanges d’eXpé-rimentation, est beaucoup plus fort après 38 à 4° jours, et que les trois autres mélanges sont plus faibles que les briques choisies pour ces essais.
- Afin d’arriver à une séparation dans le joint de ciment, M. Pasley d formé un massif de quàtre briques, disposé et soumis à l’épreuve, comme on le voit fig. 14. Il a ensuite, au lieu de se contenter de deux échantillons de chaque mélange, répété des expériences dont il a dressé le tableau suivant :
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- 76. TABLEAU de la ténacité comparative d'un ciment formé par diverse* proportions de craie et d'argile bleue.
- N<> de l’expérience avec chaque mélange. Proportions, en poids, du mélange de C ( craie ) et de 11 ( argile blçue) , formant un ciment artificiel; et indications si l’assemblage était un massif de briques , ou une partie d’un massif ou d’un pilier qui avait déjà été soumis à l’expérimentation. i Nombre de jours i de j prise de ciment. Poids qui rompit l’assemblage. —«s? Endroit où la fracture eut lieu.
- kilogr.
- 1 / j\° 4. Massif 35 445 Joint.
- 2 1 N° 2. Massif 55 706 Joint.
- 5 C B Morceau 58 953 Joint.
- 4 ) Reste du n° 1. . . . 68 691 Brique.
- 5 \ Reste du n° 2. . . . 68 854 Joint.
- 1 rN° 1. Massif. .... 58 955 Appareil.
- 2 .'Massif 58 955 Appareil'.
- 5 f Massif 58 4082 Appareil.
- 4 \ Massif. 58 1057 Appareil.
- 5 C4RS < Massif . 40 1208 Brique.
- 6 J N° 2. Massif. . , . . 40 955 Brique.
- 7 F Morceau 65 1475 Brique.
- 8 1 Reste du n° 1. . . . 74 4 235 Brique.
- 9 Reste du n° 2. . . . 74 4412 Brique.
- 1 /N° 1. Massif 59 752 Joint.
- 2 i Reste du n» 1. , . , 59 498 Brique.
- Z rsrn ] N° 2- Massif 59 778 Joint.
- 4 ^ H l Reste du n» 2. . . . 59 600 Joint.
- 5 F Morceau 69 4143 Brique.
- 6 V Morceau 74 2028 Brique.
- 1 /-N0 1. Massif 59 651 Joint.
- 2 / N° 2. Massif 42 600 Joint.
- 5 \ Morceau 65 890 Joint.
- 4 C4B5 < Morceau 74 4816 Brique.
- 5 j Reste du n° 1. . . . 75 4004 Joint.
- 6 f Reste du n° 2. . . . 75 727 Joint.
- 7 \Morceau. ...... 91 1793 Joint.
- TI. En examinant attentivement ce tableau, dit M. Pasley, il est évident que, avec le temps, la solidité du ciment augmente plus qu’on ne le pense généralement, car on voit la différence qui existe en le laissant prendre quelques semaines de plus avant de soumettre le joint à l’épreuve. Ainsi, par «xemple, C2 B3 qui, au bout de 39 jours, n’a supporté que 651 kilo., en a supporté 1816 au bout de 74 jours, et encore ce futla brique qui se rompit, et non le joint. De même, le mélange C3B*, qui n’a supporté que 778 kilo, après 3g jours de prise , en a supporté, au bout de 74 jours, 2028, et encore ici c’est la brique qui s’est cassée, etc. Quant au mélange C* B5, qui est le plus fort de tous , et que les circonstances n’ont pas permis d’essayer, les joints résisteraient probablement à 225o k.
- Si nous nous occupions ici de la question des matières de construction au point de vue
- absolument exclusif de la fabrication de* cl ments artificiels, je continuerais à traduit et à rapporter les expériences nombre05^ qui sont détaillées dans l’ouvrage deM> ley; mais, lors même qu’il n’y aurait3^ cune contradiction dans tous ces résultats) qu’on devrait les considérer comme c°n^ cluants, je n’ai en ce moment, indépenda^ ment de l’étude de la nature et desquabjg des matériaux sur laquelle les travaux M. Pasley peuvent jeter quelqn’éclairci5^ ment, je 11’ai, dis-je, l’intention que de ressortir l’importance de la force d'ad*1^ rence de certaines substances, afin que g{ lecteurappréciel’utilité de pouvoir distinfijî^ et reconnaître ces matières, et qu’il utl* leur précieuse qualité. _
- Avant de terminer, je dois appeler 1 a*^^ tion du lecteur sur quelques points gener qu’il est boa de ne pas perdre de vue.
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- décomposition et solubilité des ciments et chaux hydrauliques, déjà préparés, par l action de [eau. Insignifiance de cette action relativement à la solidité des travaux dans lesquels on les emploie, et discontinuation de ces effets après un certain temps. Epreuve chimique pour s’assurer de ce point.
- 78. Quand on met immédiatement sous 'eau une boule de ciment, nouvellement faite, elle produit une petite écume, qui tombe en partie au fond du vase comme un sediment et qui s’étend aussi en taie mince à |a surface, ce qui prouve que le ciment est, jusqu’à un certain point, décomposé par lu séparation d’un peu de carbonate de chaux dans cette première immersion. Si au bout d un jour ou deux on retire la boule de l’eau sale, et si on la met dans de l’eau claire, le même effet se produira, mais à un degré moins fort; et en continuant àchan-Ger l’eau de temps en temps, la taie qui se forme à la surface deviendra de moindre en Joindre, jusqu’à ce quelle ne soit plus perceptible à l’œil. Quand il n’y a aucune action aPpareute de cette sorte, lavez bien la boule dans l’eau distillée etfrottez-la, afin d’enlever foutes les impuretés de la surface ; lorsqu’elle est parfaitement propre, mettez-Ia dans un vase d’eau distillée, où vous la laissez envi-r°n une semaine. Alors, versez un peu d’eau du vase dans un verre et ajoutez-y quelques G°uttes d’oxalate d’ammoniac. Si l’eau reste claire, c’est une preuve que la boule de ci-foent est à l’abri de l’action de l’eau; mais sdse forme un précipité lacté, c’est un indice-que l’action défavorable de l’eau sur le fuient, d’abord indiquée par l’écume de la *urface, n’a pas entièrement cessé, car la Présence de ce précipité prouve que l’eau dissout une portion de la chaux qui fait par-he du ciment. Des expériences récentes me font supposer que les boules du plus vieux et du meilleur ciment naturel, si on les concevait plus d’une semaine dans l’eau distil-*ee) donneraient un léger précipité. Mais la 'Jnantité de matière qui se trouve certainement ainsi perdue, et qui produit cet effet, est tellement insignifiante, qu’on ne doit pas Y avoir égard.
- . Il faut plusieurs semaines avant que les c°ules de ciment cessent de fournir, avec °*alate d’ammoniac, un copieux précipité , Quoique leur surface prenne assez, dans un efPace de temps beaucoup moindre, pour ré-s,ster à l'ongle-
- 79. On a trouvé que deux tiers de mesure e poudre de ciment calciné de Scheppy, CIU* équivalent à une mesure de ciment sor-font du four, ne peuvent pas supporter plus une mesure et un tiers de sable. C’est dans a Proportion de deux mesures de sable pour Une de ciment. Mais l’expérience a même prou-e fpie cette proportion de sable était trop
- rte et qu’il valait mieux une mesure un *luart de sable pour une mesure de ciment
- en poudre, et que davantage retardait la prisé
- du ciment et le rendait friable.
- 80. Il y a dans le ciment deux choses qu’il faut bien comprendre. — Premièrement,il ne prend rapidement que quand il est façonné en petites boules, ou quand on en fait des joints très-minces. Eu portions plus fortes ou en joints plus épais, la prise immédiate n’a lieu qu’aux environs de la surface, d’où elle ne pénètre que très-lentement jusqu’aux centres, qui peuvent rester fort longtemps dans un état imparfait. Cette propriété est commune aux mortiers, aux bétons, dont les masses prennent plus lentement aux centres qu’aux surfaces. — Secondement, il est hors de doute que le ciment est toujours affaibli parle sable, en quelque petite quantité que se trouve cette matière; ainsi, si toutes les matières étaient à aussi bon marché, le meilleur serait, dans certains cas, de se dispenser de sable.
- M. Pasley s’est convaincu de la vérité de ces assertions par de nombreuses expériences ; et la seconde, en particulier, peut se vérifier en mélangeant un peu de la meilleure poudre de ciment avec trois ou quatre fois autant de sable fin ; l’on verra que la pâte avec laquelle on aura fait une boule, au lieu de prendre, restera friable et s’émiettera aussi bien sous l’eau qu’à l’air. En tous cas le ciment prend beaucoup plus vite et se lie bien plus fortement avec les briques et les pierres quand il est pur, sans aucun mélange de sable, pourvu que les joints soient minces, c’est-à-dire qu’ils n’excèdent pas douze millimètres.
- Construction de Brunei.
- 81. Ce qui vient d’être dit relativement à la supériorité du ciment pur, a été bien prouvé par la construction de Brunei, dont je vais d’abord donner la description.
- Ces deux demi-arches, bâties en briques ordinaires, près de l’entrée du tunnel, partaient d’un seul piliercentral^. 15),comme deux brauches qui s’étendent de deux côtés opposés du tronc d’un arbre; l’une avait i8mj 35 , et l’autre 11 m. 25 de longueur, elles étaient à la hauteur, la première de 3 m. 19, et la seconde de 3 m. o4; le boutde cette dernière étaitchargé d’un poids de plusde 20000 kilo., suspendu comme on le voit dans la figure 15, qui représente en élévation cette construction extraordinaire. Le côté nord était plein ; mais au coté opposé, il y avait sept petites arches projetées.
- Le pilier d’où partaient ces deux demi-arches, avait en tout 3 mètres de hauteur et 1 m. 20 de largeur. U était établi en pavés de Yorkshire, de o m. 076 d’épaisseur, et n’entrait dans le sol, au-dessous de la surface, qu’à o m. 204 de profondeur. Les demi-arches elles-mêmes avaient un peu plus d’un niètre de large.
- 82. Cependant on sait bien que le ciment pur (c'est-à-dire exempt de sable) ne peut 1 supporter qu’un nombre limité de briques^
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- et que, dans une construction du genre de celle dont je viens de parler, quelle que soit Ja force d’adhérence d’un ciment quelconque, et lors même qu’une projecture serait formée d’un seul bloc naturel, on ne pourra toujours pas excéder, au point extrême, le |)oids équivalent de la force d’adhérence que
- ossède un ciment, ou de la puissance de co-
- ésion qui lie les molécules d’une masse naturelle. Il ne faut donc pas supposer qu’il serait possible de rencontrer une matière quelconque qui pût, sans aucun secours et par la seule propriété d’adhérence, aussi énergique qu’on la suppose, servir à lier des matériaux, de manière à construire en saillie, hors des lois de l’équilibre, au-delà de certaines proportions, en rapport avec cette force d’adhérence. Or, il faut, si l’on veut éviter comme Brunei, l’emploi des charpentes d’échafaudage pendant l’exécution des voûtes, ou les abandonner sans appui avant quelles soient terminées, ajouter à la qualité intrinsèque du ciment, le concours simultané d’une autre puissance. Brunei a eu recours à des bandes de fer plat, du fil-de-fer et même du chanvre ou autres substances fibreuses.
- Le 3i janvier i838, ces deux demi-arches tombèrent, et l’on attribua leur chute à la gelée; mais on reconnut ensuite qu’un dérangement dans le pilier en étaiç seul la cause, ïlles avaient été quatre ans en construction , et, en tombant, elles se sont partagées en plusieurs morceaux. On a remarqué que les fractures s’étaient faites aux endroits où les travaux avaient été suspendus pendant un certain temps, ce qui a pu provenir de ce que la surface ancienne sur laquelle on mettait du ciment pour ajouter une nouvelle portion de maçonnerie, était peut-être couverte d’une crasse produite par l’atmosphère et ja fumée.
- 83. Le ciment pur est préférable daus certains travaux, comme l’espèce de replâtrage des cuves de gazomètres ; mais, comme en y mêlant du sable on fait une économie, et comme on obtient encore, en conservant des proportions raisonnables, des joints d’une force égale à celle des briques, rien ne force, dans ies circonstances qui ne sont pas extraordinaires, à se servir de ciment pur.
- Il reste à parler, à propos des matériaux de maçonnerie, de beaucoup de choses, mais qui seraient mieux placées en traitant spécialement d’autres questions, comme, par exemple, la fabrication des mortiers, et je
- vais terminer cet article en mentionnant une différence énorme qui existe entre la chaux hydraulique et le ciment romain, sous le rapport de la quantité de sable que l’on peut y mélanger : de ce que toutes les cbaux prennent du développement après avoir été hydratées, le sable s’y lie, s’y incruste mieux que dans le ciment dont le volume ne change pas et qui est toujours affaibli par le sable ; et il en résulte que, dans la fabrication du béton, par exemple, pendant qu’il suffira d’une mesure de chaux pour sept à huit mesures de gravier et de sable , il faudra deux mesures de ciment pour la même quantité de gravier et de sable, si l’on veut avoir un béton au ciment aussi supérieur à un béton à la chaux que l’est un mortier de ciment à un mortier de chaux hydraulique. De manière que, pour beaucoup de travaux, la chaux hydraulique est un objet bien supérieur au ciment.
- Quoique je ne veuille pas traiter ici la question de la confection des mortiers, je mentionnerai cependant quelques points im* portants de ce sujet :
- i° Les mortiers confectionnés au moyen de roues ou de machines quelconques, qui broient les matières en les mélangeant, sont toujours mieux faits que par un simple mélange à bras d’homme;
- 2° La masse formée par les substances qnt composent les mortiers, est d’un volume moindre que la somme des volumes mélangés. U y a une contraction qui varie de de 5/7 à 4;5 du volume total des composants.
- 3° On peut dire d’une manière générale qu’il faut rapprocher les chaux grasses des pouzzolanes les plus énergiques, et, au contraire , les chaux éminemment hydrauliques des sables quartzeux et des matières inertes, de manière que la puissance pouzzolanique de la substance ajoutée augmente quand la propriété hydraulique de la chaux diminue.
- 4° Il entre dans la composition des bétons différentes proportions de matières qui se mélangent, soit à bras d’hommes, soit au moyen de machines. La disposition la plu* simple pour effectuer facilement ce mélang® consiste en un couloir à béton, représente parles figures 16, 17 et 18, et inventé par M. Krantz. Il est impossible de trouver une solution plus remarquable du problème: Ie mélange se fait pour ainsi dire sans dépe»se*
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- Sur les avantages des chaînes farces dans la fabrication des tissus de colon.
- Par M. IJ. IIombeuger, à Gicssen.
- La société industrielle de la Basse-Autriche a adressé à celle du grand-duché de Hesse, sur la question des chaînes parées avant d’être montées, Une série de questions que nous allons ^produire avec les réponses que M. IL Hoinbergcr a été chargé d’y faire au uoin de cette dernière société.
- 1. Quels sont les avantages que les fabricants de tissus de coton trouvent a tirer des chaînes toutes parées de l’étranger, sous le rapport de la beauté et du prix des tissus, ainsi que sous celui de la quantité de travail?
- Les avantages qu’on retire des chaînes parées dans la fabrication des tissus de coton sont de différentes espèces, et Consistent principalement dans la plus grande beauté du tissu, un produit plus considérable et le peu d’habileté nécessaire au tisserand pour faire des étoffes Unies.
- Pour toute personne compétente en fait de tissage, il n’est pas nécessaire d’entrer dans de longues explications Pour démontrer que la plupart dps tissus sont exposés à éprouver des avaries, Parce que le tisserand n’entend ni la fabrication de sa colle ou parou, ou son aPplieation. Presque tous les tisserands Pèchent en ce qu’ils encollent trop fortement leurs chaînes, d’où il résulte que fils, avant le passage de la navette, s’ouvrent pas, ou mieux, ne se séparent pas nettement les uns des autres, et qu’il devient impossible d’y introduire Correctement la duite. Indépendamment Çe cela, l'étoffe, par un parement trop j0rb acquiert un aspect désagréable, et les tissus de coton surtout, un toucher rUde qui ies faiL repousser par les connaisseurs. Les tissus fabriqués avec °s chaînes parées sont complètement excmpts de ces défauts, attendu que ces ‘haines ne sont pas plus chargées de Parement qu’il n’en faut pour le genre J*1} tissu. L’étoffe, en outre, est d’une einte uniforme, tandis que dans les parais a la main, par suite des différents ^'collages employés parle tisserand, le issu présente des nuances différentes.
- Mais le principal avantage des chaînes Parées, c’est, pour le tisserand, une plus grande quantité de produit. Quiconque ;S°nnait la fabrication des tissus sait que encollage, surtout pour les toiles unies etttmunes, exige autant de temps que
- le tissage lui-même. En outre, dans le parage à la main, il y a un grand nombre de fils rompus, dont le raccommodage emploie beaucoup de temps. Avec les chaînes parées, on économise tout ce temps, et on peut admettre que, par leur moyen, bon nombre de tisserands parviennent fà tisser le double d’étoffe que lorsque la chaîne doit être encollée sur le métier. Un plus grand produit influe naturellement sur le salaire de l’ouvrier; car, si celui-ci peut, avec moins d’effort, faire le double du travail, ii se contentera d’un salaire réduit, d’autant mieux qu’avec les chaînes parées il économise la colle, ce qui n’est pas aujourd’hui tout à fait sans importance.
- Dans mon opinion, le parage exige une attention plus grande et plus d’expérience qu’il n'en faut pour tisser des étoffes unies, et il est très-commun de rencontrer d’habiles tisseurs qui ne savent pas parer, ce qui paraît très-naturel, quand on songe que par l’encollage il arrive souvent que les fils sont mis en désordre, que beaucoup d’entre eux sont rompus, et qu’il est parfois fort difficile au simple tisserand de rétablir le bon ordre. On peut donc, en peu de temps, mettre un individu en état de tisser avec des chaînes parées ; et j’ai observé une jeune fille de seize ans qui ne parvenait d’abord à tisser à chaîne non parée que 10 aunes de Brabant, et qui, plus tard, avec chaîne parée, a pu tisser par jour jusqu’à 20 à 22 aunes (14 à 15 mètres).
- L’emploi des chaînes parées a fait que dans plusieurs localités de l’Allemagne les tisserands, qui refusaient absolument de faire des tissus de coton, se sont déterminés ainsi à entreprendre ce travail, surtout dans le pays de Munster, en Westphalie, qui, depuis l’introduction de ces chaînes parées, y a trouvé une très-importante branche d’industrie.
- 2. En quels numéros et pour quels tissus l’Allemagne est-elle tributaire de l’étranger en chaînes parées?
- L’introduction des chaînes parées a lieu à peu près dans tous les numéros dont on se sert en Allemagne pour la fabrication des tissus communs de coton. Il est tout simple qu’on ne tire ces chaînes parées que pour les tissus qui ne sont pas façonnés. On s’en sert principalement pour les toiles communes qu’on destine à l’impression et au blanchiment.
- 3. Dans quelle partie de l’Allemagne travaille-t-on ces chaînes parées étrangères?
- On peut affirmer que dans toutes les contrées de l’Allemagne où l’on fis»*
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- le coton, on travaille ces chaînes indispensables, aujourd’hui, à la fabrication de certaines étoffes.
- 4. L’emploi de ces chaînes se borne-t-il aux grands établissements, ou bien a-t-il aussi lieu dans les petits, et surtout dans le tissage à bras ?
- L’emploi de ces chaînes a lieu tant dans 3es petits que dans les grands établissements; seulement il a plus d’importance dans le tissage à bras. Les grands établissements possèdent, la plupart du temps, des filatures et des machines à parer; et les tisseurs à la main, s’ils ne pouvaient tirer des chaînes parées d’Angleterre, ne soutiendraient pas la concurrence contre les grands établissements , parce que le prix du travail des tissus unis est considérablement abaissé. 11 n’y a donc que l’emploi des chaînes parées qui puisse donner de l’ouvrage à des milliers de tisseurs à bras pour les toiles, principalement celles destinées à être peintes.
- 5. Cet emploi des chaînes parées a-t-il lieu pour tous les numéros et pour tous les comptes, tant grands que petits?
- L’emploi des chaînes parées a lieu pour tous les numéros, pour tous les comptes et pour toutes les longueurs.
- G. Comment expédie-t-on ces chaînes?
- On expédie les chaînes emballées comme les cotons filés, seulement l’emballage pour des transports lointains se fait avec plus de soin.
- 7. Les chaînes parées sont-elles tirées directement des filatures ou d’établissements particuliers de parage?
- Ces chaînes sont tirées par commission de Manchester, de même que les fils. Il y a un grand nombre de filatures anglaises qui s’occupent exclusivement de la fabrication des chaînes parées, c’est-à-dire qui sont en possession de machines à parer et s’appliquent particulièrement à ce genre de travail.
- Pour parer une chaîne, on prend ordinairement 5?8 de pence la livre (7 centimes environ le 1;2 kilogr.)
- Il n’est pas nécessaire d’entrer ici dans des détails sur l’utilité et surtout sur l’importance des machines à parer. Il est à regretter seulement qu’on n’ait point encore établi dans nos pays de bonnes machines de ce genre pour les étoffes façonnées , c’est-à-dire celles où le dessin est produit par la chaîne ou par la trame. Indépendamment de ce que ces tissus seraient bien mieux fabriqués. on pourrait appliquer un plus grand nombre de tisserands à la fabrication de ces façonnés, dont le prix baisserait
- alors beaucoup, comme on 1 a vu pour les tissages unis communs. De plus, la remise de chaînes parées donnerait au fabricant un contrôle plus certain sur les tisserands, et par conséquent ferait cesser une foule de conflits, car c’est, comme on sait, au moyen du parage que ceux-ci dissimulent la pluparL de leurs infidélités (1).
- Machine à freins pour régler le tirage . dans les opérations pour ourdir, étendre, commettre, retordre et rasseoir les cordages et les cables,
- Par M. R. Pollakd.
- On sait qu’on se sert ordinairement dans les cordcries, pour tendre, commettre, retordre et rasseoir les cordes et les câbles, d’un traîneau qui, par les poids dont on le charge, est un appareil encombrant, très-incommode dans son service, irrégulier dans son action et donnant naissance à de grandes inégalités dans les produits.
- L’objet de la présente invention est de substituer à ce traîneau voyageur à poids, contre lequel s’élèvent ces objections, une machine à pression qui, quoique susceptible d’être transportée facilement d’un lieu dans un autre, peut être aussi établie à demeure fixe pendant quelle fonctionne, quelle que soit la longueur de la corde ou du câble qu’on fabrique et qui, mise au départ à un degré quelconque de pression, la maintient au même point, quelque variées que soient les circonstances qui se présentent.
- La Fig. 19, PI. 123, est une vue perspective qui suffira pour faire comprendre la disposition de cette machine.
- A, A est un fort cadre monté sur roues et sur lequel repose tout le mécanisme j S, S, des montants latéraux; E,un treuil autour duquel est enroulée la corde ou la chaîne de tirage F, F ; M est une manivelle qui sert à tourner le treuil ; L, une roue dentée calée à l’extrémité intérieure de ce treuil ; L, J et K, trois arbres tournants dans les montants S, tous parallèles à Taxe du treuil E, rpais situés dans des plans verticaux dil*e' rents derrière lui. L’arbre I porte d’un
- (l) On peut voir dans le Technologiste, sième année, page 2(i;>, la description avec *'>’ur(|(, de la machine à parer et encoller les chaînes, ^ M. W. Forrester; même année, page ~(ï4, c^ j de la machine pour le même objet, de Mît.
- Ilornby et W. Kenworthy ; et 10a année, page •? * la machine M. W. Todtl, qui paraissent plus récentes employées en Angleterre P°ur opération, F* W»
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- Wtun pignon P qui commande la roue ^ntée L sur le treuil, et à l’autre bout üne autre roue dentée T. L’arbre K porte aussi d’un bout un pignon R qui engrène dans le pignon T de l’arbre I ; oohtj, à l’arbre J est attaché un pignon / qui fait marcher la roue dentée L du treuil.
- B’ est une romaine ou levier à poids à •‘'quelle est attachée à une extrémité une courroie 1) qui embrasse une poulie de *r‘>ttement G, montée sur l’arbre tournant J, et b' , une barre transversale qui Sert d’axe de rotation à la romaine B’. JP’ est une romaine semblable qui de même par l’entremise d’une courroie D, d'une poulie de frottement ^ et d’un axe de rotation b”, identique au précédent sur l’arbre tournant K;
- » une manivelle qui sert à faire tourner •arbre J, et qu’on peut appliquer aussi ;i l’un ou à l’autre des arbres I et K.
- Maintenant on sait que le frottement entre des surfaces en contact varie comme la pression, et reste à peu de chose près uniforme sous une même Pression, et on conçoit très-bien que la K'achine dont on vient de donner la description puisse être ajustée à tous les degrés requis de pression, en changeant S|uiplement la position ou la grandeur -es poids suspendus aux romaines » B”, et qu’elle fournisse ainsi les J^oyens d’obtenir tel degré de résistance ou de retard qu’on désire obtenir dans la marche du carré monté sur un Pdit traîneau léger qui n’est plus chargé tic poids, et cela dans la fabrication des cordes et cordages de toute espèce, depuis les ficelles jusqu’aux câbles du plus °rt diamètre.
- . B est de plus évident que, puisque ? romaine B’ agit sur le treuil E par entremise d’une seule roue dentée Y, die devra nécessairement avoir moins t*e puissance que la romaine B” qui exerce la sienne par l’entremise de l’é-quipage des roues R, T, P, L. Par con-Sequent, lorsque la romaine B’ sera employée seule , on ne pourra faire que de petits travaux, tandis que la ro-U'mne R” servira dans les travaux plus °ris. Enfin, on fera fonctionner les deux I uuiaines simultanément, lorsqu’on aura !?soin d’une pression considérable ou uue grande résistance, j. Quand l’une ou l’autre des romaines uuctionne seule, l’autre est desem-ravée en mettant les pignons P, R » hors de prise avec les roues dans esquelles ils engrènent.
- Les romaines, du reste, sont graduées r e manière à ce qu’on puisse faire va-er la pression tant en transportant les
- poids à des distances plus ou moins grandes des axes de rotation, qu’en changeant au besoin ces poids eux-mêmes.
- Un homme ou deux tournant la manivelle appliquée sur l’extrémité de l’arbre E ou J, ramèneront avec une très-grande facilité en arrière un carré de dimension moyenne, ou, en appliquant la manivelle sur l’arbre K, qui est en prise avec la série totale des engrenages, pourront ramener les carrés les plus lourds et de la plus grande dimension dont on fasse usage. Avec un traîneau ordinaire, il faudrait de dix à vingt fois autant de bras.
- Les romaines B’ et B” une fois ajustées pour un certain degré de pression ou de tirage, sont maintenues parfaitement immobiles au moyen des supports II et h, dont les extrémités, terminées en fourchette, sont disposées pour que ces romaines et ces appuis puissent être serrés l’un sur l’autre à l’aide des boîtes et des vis H’, li.
- Si dans un instant quelconque, on trouve que la pression est trop considérable , on peut la modifier instantanément en faisant mouvoir le poids ou les poids suspendus à une seule ou sur les deux romaines, soit en avant, soit en arrière.
- M. Pollard a fait un grand nombre d’expériences pour rechercher quel était le mérite pratique de sa machine, et dans toutes, sans exception, elle paraît avoir fonctionné avec précision et régularité. Nous citerons entre autres une de ses épreuves.
- Un haubân de 0m,I9 a été ourdi, commis, durci et rassi avec un poids de 10 kilogrammes suspendu à l’une des romaines, produisant, au point où il était placé, un degré de pression équivalent à 3,300 kilogrammes de tirage, qui est à fort peu près celui que les tables à l’usage descordiers donnent pour les câbles de cette dimension.
- L’économie de temps que procure celte machine, paraît être d’environ un cinquième, et pour le démontrer, on cite une autre expérience faite dernièrement dans une grande corderie près d’Excter, où la machine a fonctionné constamment pendant ces trois ou quatre derniers mois, et appliquée à finir des cordages de tout genre et de toutes dimensions. Cinq câbles de 0m,18 et de 110 brasses de longueur ont passé par toutes les opérations du finissage, avec la nouvelle presse, dans le même espace de temps qu’il en fallait autrefois pour en finir quatre par l’ancien procédé.
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- Sur les roues hydrauliques à augets ventilés.
- ParM. W. Faiiibairn.
- Depuis les expériences de Smeaton, en 1759, on n’a introduit quepeu ou point de perfectionnement dans les principes sur lesquels sont construites les roues hydrauliques. Néanmoins la substitution du fer au bois, comme matière de construction, a fourni l'occasion d’apporter des changements étendus dans leur forme, particulièrement dans la figure et la disposition des augets, et a donné en même temps un caractère de durée et de légèreté à la machine qu’elle n’avait pu acquérir quand elle était construite avec d’autres matériaux. On a adopté généralement une forme curviligne, pour les augets, et la tôle de fer dont oh les a construits, a présenté des facilités pour les profiler suivant la figure requise.
- li’après le recueil intitulé: Machines et inventions approuvées par l'Académie vomie des sciences, publié à Paris, èn 173o , il paraîtrait qu’avant le commencement du siècle dernier, on ne connaissait hi lès roues de côté, hi les roues en dessus. Â quelle époque, et (>ar qui. ces roues ont-elles été introduites : çest fin problème historique, difficile à résoudre. L'introduction de la roue en dessus a constitue ün perfectionnement notable, èt son adoption a certainement fait faire un pas important au perfectionnement des roues hydrauliques; mais la roue dite de côté, telle qu’on la construit généralement aujourd’hui, est un perfectionnement encore plus remarquable, et est probablement mieux calculée, pour donner un effet utile plus considérable dans les circonstances où i| y a une alimentation variable en eau, chose à laquelle toutes les roues hydrauliques sont exposées.
- On ne s’est pas proposé, dans le présent mémoire , de remonter aux dates, et de rechercher quelle a été la nature des perfectionnements qu’on a introduits pendant le siècle dernier et dans le siècle actuel. Il suffira de faire remarquer que la roue de côté a acquis la prééminence sur la roue en dessus, non pas tant probablement à cause d’uq avantage provenant d’un accroissement de puissance pour une chute donnée, que par les facilités multipliées qu’une roue de ce genre ayant un diamètre plus grand que la hauteur de la chute présente au versement de l’eau dans la chambre de l’auget,et à sa sortie définitive par 1« bas»
- Un autre avantage de l'accroissement de diamètre, est la facilité avec laquelle la roue surmonte comparativement les obstacles que présentent les eaux d’aval.
- La roue de côté est non-seulement moins affectée par les effets des crues d’eau, mais la force rctardative qu’opposent ces eaux est surmontée avec plus d’aisance, et la roue fonctionne pendant plus longtemps, et à une plus grande profondeur, noyée dans ces eaux.
- Feu le doct. Robinson , professeur de physique à l’Universiléd’Edimbourg, en traitant des roues hydrauliques, a dit: « U se présente fréquemment une difficulté dans la construction des roues à augets, lorsque le constructeur,peu éclairé, tente de retenir longtemps l’eau dans les augets. L’eau y pénètre avec une difficulté dont il ne peut pas se rendre compte, et se projette de tous côtés, même avant que les augets aient quitté la lame ou veine liquide. Cette circonstance est due à l’air, qui a nécessairement besoin d’étre expulsé pour faire place à l’eau, mais qui se trouvant refoulé par l’èau qui afflue, fait naître ajnsi un jaillissement considérable ;l l’ouverture dè l’augct. On peut prévenir complètement cet effet en donnant à la lame d’eau beaucoup moins de largeur qu'à la roue, ce qui laisse aux deu* extrémités un débouché suffisant pour l’expulsion de l’air. Au reste, cet obstacle èst infiniment plus grand qu’on ne l’imagine, car l’eau entraîne avec elle une grande quantité d’air, ainsi que Ie constate l’emploi des trompes et souffle' ries à eau qu’on emploie dans leS mines. »
- Telle était l’opinion de l’un de nos plus habiles écrivains en fait de physi' que mécanique; mais depuis, le mal s’est considérablement augmenté, par suite des efforts qu’on a tentés pour établu un auget qui put transporter l’eau au point le plus bas de la chute. Dans ces tentalives on a tellement resserré l’ou-verture qu’on a souvent mis obstacle a l’admission libre de l’eau du canal dan5 les augets et à sa libre décharge au bas de la roue.
- Dans la construction des roues de grandes chutes, le rapport le P'u avantageux qu’on ait trouvé pour l’o^' verture de l'auget, est celui de 5 à -A* C’est-à-dire, que le contenu de l’auge^ étant 24 litres ou décimètres cubes, 1 air de l’ouverture pour l’entrée de 1 eaU ’ doit être 5 décimètres carrés. Dans te roues de côté qui reçoivent l’eau à u hauteur de 10» à 12° au-dessus de
- ligne horizontale passant par le *
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- je rapport peut être à peu près comme ° est à 21, ou comme 1 est à 3. Avec ees dimensions, la largeur de la couronne est supposée être trois fois celle ^e l’ouverture, ou trois fois la distance ou bord ou lèvre d’un auget, au dos de celui qui le précède, comme de A en " (fig.^20, Pl. 125), où l’ouverture étant ytn,127, la largeur de la couronne doit etre 0m(38i.
- Pour les petites chutes, ou dans des l'eues qui reçoivent l’eau au-dessous de *a ligne horizontale passant par le centre, Une largeur plus grande devient nécessaire pour recevoir une plus grande Uiasse d’eau et pour la décharge finale (|c celle-ci.
- Pour atteindre le maximum d’effet •jOle dans la construction des roues hydrauliques, il est indispensable que l’ouverture de l’auget soit suffisamment Scande, pour permettre une entrée fa-cile à la lame d’eau, et une évacuation ubre de ce liquide, attendu que le séjour de cette eau dans l’auget est évidemment nuisible, dès qu’il est entraîné au-delà de la verticale passant par le
- centre.
- De docteur Robinson fait encore remarquer: « qu’il y a un autre obstacle ‘res-sérieux au mouvement d’une roue en dessus ou à augets. Lorsqu’elle se ^eut dans les eaux d’aval, ou en partie doyée, cette roue éprouve non-seulement une résistance de la part de l’eau, ^and celle -ci marche moins vite que la r°ue, ce qui estfréquemmcntle cas, mais p plus enlève une grande quantité de ce liquide avec les augets qui remontent, ^ans quelques cas particuliers de ces Caux d’aval, l’auget descendant, se rem-!p complètement d’eau, et dans d’autres 1 ,en renferme une quantité très-consi-pÇable avec de l’air à la densité ordi-l:,lre; tandis que dans quelques cir-dnstances rares il contient moins d’eau, mais de l’air à l’état condensé. Dans le Premier cas, l’auget ascendant doit retenter plein d’eau, qu’il ne peut verser MUe lorsque son ouverture a dépassé le lveau des eaux d’aval. Dans le second, ne portion de l’eau s’écoule avant ce • nuu» niais l’air se raréfie, et par con-J quent il y a encore un peu d’eau dra-£p..°e et enlevée dans la roue, par un et de succion, comme on dit ordinai-t ment. Dans ce dernier cas, il n’y a pas ’c sorte de charge sur la portion rendante de la roue , mais, ce qui est la 1 au.Ssi nuisible à son effet, c’est que conf*?rl*0n descendante est employée à aid . Ser de l’air» et quoique cet air Vemoiller la demi-circonférence «niante , il ne favorise pas autant
- par sa détente qu’il a mis d’obstacle par sa condensation sur la demi-circonférence descendante, parce que, parla forme même de l’auget, il se trouve alors plus voisin de la ligne verticale qui passe par l’axe. »
- Telles étaient les difficultés que rencontraient les constructeurs du temps du docteur Robinson, et le remède qu’ils y appliquaient (remède dont on a depuis continué plus ou moins à faire usage), consistait à percer des trous dans ce qu’on nomme la naissance de l’auget.
- Tel a été l’unique moyen qu’on ait adopté pour chasser l’air des augets des roues en dessus et pour faciliter l’introduction et le déversement de l’eau. Dans les chutes d’une faible hauteur, où l’on se sert d’augets ouverts ou planches droites ou aubes, rayonnant du centre, on perçait de grands trous dans le tambour , indépendamment de ceux dont chaque aube était pourvue , afin de sc débarrasser de l’air condensé. La construction perfectionnée, adoptée dans ces derniers temps, est éminemment différente, les augets ayant une forme propre à admettre l'eau au même instant où l’air s’échappe.
- Dans les premiers mois de 1825 et dans les deux années suivantes, on a construit à Manchester, pour MM. J. Finlay et C®, aux usines de Catrine, sous la direction de feu M. Ruchanan et pour la même compagnie, à Reans-ton, en Perthshire, établissement dont M. Smith était alors l’associé résident , deux roues hydrauliques en fer d’une force chacune de 120 chevaux. Ces roues fonctionnent encore, et considérées dans leur ensemble, elles constituent, même encore aujourd’hui, une des machines hydrauliques les plus puissantes et les plus complètes de l’Angleterre. La construction de ces roues et de quelques autres, pour des chutes moindres, a, pour la première fois, attiré mon attention sur l’entrée et la sortie de l’eau, et m’a conduit aux perfectionnements que j’ai depuis introduits.
- L’objet de ces modifications a eu pour but général de prévenir la condensation de l’air et de faciliter son écoulement pendant que l’auget se remplit d’eau, puis son retour pendant la décharge de cette eau dans le coursier.
- Peu de temps après la construction des roues hydrauliques pour les usines de Caterine et de Deanston , on a construit et monté une roue de côté pour M. A. Brown, à Linwood, près Paisley. Dans cette construction, on remarqua que, lorsque la roue était chargée et noyée en partie dans des eaux d’aval,
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- chacun des augets agissait comme un soufflet hydraulique et faisait jaillir l’eau à une hauteur de 2 mètres à 2m,S0 au-dessus des orifices par lesquels elle pénétrait. Ce défaut, dont on se plaignait à juste titre, était intolérable; et, pour y remédier, on perça des ouvertures dans les soles ou parois intérieures des augets ; puis, sur chacune de ces soles, on établitdepetits augets intérieurs, tels qu’on les voit en b, b, b (fig. 21). L’air, dans ce cas, se dégageait par les ouvertures a, a, a, dans le petit auget intérieur et s’y élevait, comme l’indiquent les flèches, à traversé, b, b, pour se rendre dans l’intérieur de la roue.
- Il est facile de voir que par ce moyen les augets sont efficacement débarrassés de l’air qu'ils renferment, pendant qu’ils se remplissent d’eau, et qu’on prévient des obstacles que présentent des eaux d’aval. La même facilité existe pour sa réadmission et te déchargement de l’eau contenue dans les augets ascendants.
- - L’effet produit par cette simple modification est à peine croyable. La roue, non-seulement s’est chargée et déchargée librement de l’eau ; mais, de plus, sa puissance a augmenté environ d’un quart. Cette roue, qui est restée ainsi modifiée jusqu’à ce jour, continue, quel que soit l’état de la rivière, à fonctionner d’une manière satisfaisante.
- La quantité de force ainsi gagnée et les effets avantageux produits par la roue de M. Brown, ont déterminé à introduire un perfectionnement nouveau et plus important encore, dans le principe de la construction. La première roue établie sur ce principe, auquel on a donné le nom de principe de la ventilation,zèle celle destinée à M.Buckworth, à l’établissement d’impression de Hand-forth, près Wilmslow, en Cheshire. Cette roue a été mise en activité en 1828. Le perfectionnement de la roue de côté, à sole close et augets ventilés, a suivi immédiatement après.
- Les roues à augets et fermées sont exposées à éprouver de grandes difficultés quand elles reçoivent l’eau par le même orifice par où l’air s’échappe, et dans quelques roues la forme et la construction des augets sont telles qu’elles s’opposent presque entièrement à l’entrée de l’eau et privent la roue de la moitié de sa force. La cause de défaut est facile à découvrir ; en effet, lorsque l’eau est versée sur la roue par un orifice plus grand que n’est la section entre les augets, l’air, dans de pareilles circonstances, se trouvant subitement .condensé, réagit par sa force élastique et refoule l’eau suc l’orifice du
- canal ou du déversoir, et, par cotise-* quent, permet aux augets de passer devant cet orifice et de ne s’y charger guère qu’à moitié. On a adopté différentes méthodes pour se débarrasser de cet air, et le moyen le plus usuel consiste à percer des trous, ainsi qu’on l a dit précédemment, dans la paroi intérieure ou sole, tout près du fond de l’auget précédent, ou bien à faire les ouvertures qu’ils laissent entre eux beaucoup plus larges, afin que l’eau puisse entrer en même temps que l’air s’échappe. Tous ces moyens ont eu plus ou moins d’efficacité ; mais on a éleve contre eux une grave objection ; c’est qu’ils donnent lieu à une grande perte d’eau et à un inconvénient majeur, qui consiste en ce que l’eau tombe en abondance des trous dans les parties basses de la roue, indépendamment du jaillis-sement et du déversement pendant le remplissage de l’auget.
- On a appliqué d’autres remèdes, tels que des tubes circulaires et des boîtes attachées aux soles, qui, en s’élevant, fournissent des ouvertures dans l’inté' rieur de la roue pour la retraite de l’air; mais ces moyens, aussi bien que beaucoup d’autres , n’ont eu que peu ou point de succès, tantôt par la complication de leur structure, tantôt par la manière dont ils remplissaient leS fonctions qu’on leur attribuait. Au fait» pour les roues de ce genre, on a trouve qu’il valait mieux passer condamnation sur des défauts reconnus que de s’expO' ser aux dépenses et aux inconvénients de remèdes partiels ou imparfaits.
- Dans les perfectionnements que ja> proposés, ces objections sont en grande partie écartées, et j’ai introduit un syS' tème complet de ventilation. Avant d’entrer dans l’exposé de ce principe nouveau de ventilation, je crois qu’ileS nécessaire de faire remarquer que dan» les climats qui, comme celui de l’An' gleterre et de l’Irlande, présentent un ^ atmosphère surchargée d’humidité p®1*' dant six à sept mois de l’année, il}} c pas rare du tout de voir les rivicre gonflées considérablement, et les récep tours hydrauliques établis sur les cou d’eau, ou ralentis dans leur marche» o même entièrement arrêtés par les ca d’aval, tandis qu’à d’autres époques l’année l’absence des pluies réduit . force de l’eau au-dessous de ce fiul r„ absolument nécessaire pour faire ma cher le mécanisme. Dans des occasi ^ de ce genre, on éprouve des Per^e.Sje§ des inconvénients graves, surtout si établissements sont sous la dépend'1 exclusive des eaux pour la force moi
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- et si on y emploie un grand nombre d ouvriers.
- Sur les conûns extérieurs des districts Manufacturiers, ou dans les localités iso’-lées où la marche des travaux dépend plus ou moins de l’abondance ou de la pénurie des eaux, ces inconvénients sont vraiment intolérables, et dans quelques situations défavorables , les interruptions dans le travail sont aussi fréquentes par l’excès des eaux que par leur rareté.C’est pour subvenir àces accidents qu’on a construit des réservoirs et établi des roues pouvant fonctionner noyées et au sein de l’eau. Mais, malgré l’avantage avec lequel on a combattu les effets nuisibles d’une surabondance d’eau,ou pour fournir une alimentation plus régulière dans la saison sèche, tous Çes systèmes sont encore imparfaits, et d reste toujours beaucoup à faire avant de pouvoir considérer l’eau comme égale, en tant que force motrice, à la tapeur, qui est toujours disponible dès qu’on a sous la main le combustible nécessaire. Il est donc évident que tout Perfectionnement dans la construction des roues hydrauliques, par lequel la forme et les dispositions seraient mieux adaptées aux exigences des hautes et basses eaux, devra beaucoup contribuer a la prospérité et à la valeur capitale des établissements situés sur des rivières, et qui se trouvent exposés aux perles dont il vient d’être question.
- floues hydrauliques ventilées four les petites chutes.
- La première roue construite sur le principe de la ventilation a été établie à Handforth, en Cheshire, dans l’été de 1828. Elle a été très-avantageuse aux propriétaires, MM. Buckworlh et C°, et a donné des résultats assez importants pour engager à la reproduire sans variation dans les cas où la chute n’excéderait pas le demi-diamètre de la roue.
- Bans les premiers temps de la conduction des roues en fer sur le système ddasuspension, par feuM. J. C.IÏexves, 'cs bras et les croisillons étaient fixés au centre par un pas de vis et des écrous a leurs extrémités, comme le représente la lig. 22. Les bras c, c passaient à tra-Vcfs le bord d, d, et les croisillons c, e qui traversaient l'angle du bord en f,f paient, autant que possible, dans la position et de la forme adoptées par M. Bewes. Celle disposition, quoique con-\cnable pour tendre les bras et les croi s}Hons, était néanmoins sujette à plu-durs objections, provenant de ce que ,es écrous peuvent lâcher; qu’il est par
- conséquent difficile de maintenir les roues parfaitement rondes, et les bras ainsi que les croisillons, dans un état uniforme de tension. On a donc substitué à ces écrous et à ces vis, des clés et des clavettes, et depuis l’introduction de ces pièces dans les grandes roues des usines de Catrine et en Cheshire, les objections se sont évanouies, les bras et les croisillons sont aujourd’hui non-seulement parfaitement sûrs et bien assujettis, mais, en outre, la périphérie de la roue a bien conservé sa rondeur parfaite et sa forme correcte.
- Après avoir signalé les obstacles qui se présentent à l’entrée de l’eau dans les augets de forme ordinaire, et la perte consécutive qui résulte de ce qu’elle est retenue sur la roue après que la force qu’elle doit à la gravité est épuisée, il serait peut-être nécessaire d’indiquer les moyens à l’aide desquels on a fait disparaître ces défauts et peut-être aussi les rapports qui existent entre les roues de côté ctcelles en dessous ; mais ces dernières expressions sont devenues à peu près hors d’usage, car tous les genres de roues hydrauliques peuvent aujourd’hui être appelés des roues de côté, et pour toutes les chutes, tant faibles soient-elles, on a trouvé qu’il était plus avantageux que [ l’eau agtsse par l’effet seul de la gravi-’ talion que par le choc, comme dans les premières périodes des arts industriels.
- Si l’on étudie la marche de l’opération pour remplir et vider les augets des roues qu’on a représentées dans les Ggures, et respectivement dans chacune d’elles, on trouvera que dans le cas où il y a un grand volume d’eau déchargé dans les augets de la fig. 23, ceux-ci ne pourraient se remplir si les ouvertures e, e étaient fermées et que l'air ne pût s’échapper dans cette direction. Dans ces circonstances, l’air serait comprimé et emprisonné dans l’auget, et l’eau ne pourrait pas entrer, ou rejaillirait au dehors, comme on l’a expliqué précédemment.
- Il n’en est pas de même lorsque ces augets sont convenablement ventilés , puisqu’un passage parfaitement libre est constamment ouvert pour l’ccouleinent de l’air dans la direction de e, et qu’une entrée également libre est offerte à l’eau. Ce passage pour la fuite de l’eau a été représenté par la direction des flèches , à travers les ouvertures e e, ainsi que l’assemblage des augets entre eux, au moyen de rivets ou de blocs tubulaires. Lorsqu’une roue de ce genre est pesamment chargée , une petite quantité d’eau s’échappera parfois avec l’air, au-dessus du bord ou lèvre des passages de décharge d’air e, e, dans l’intérieur de la
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- roue; mais la chose a peu d’importance, attendu que cette eau est de nouveau reçue dans les augets inférieurs à mesure quelle tombe sur la roue ; en outre on peut remédier à ce défaut en portant plus haut le bord de la plaque sur la paroi ou sole de l’auget au-dessus. Pour les petites chutes, la longueur de l’avant-bras de l’auget sera toutefois trouvée suffisante dans la pratique, soit sous le rapport de l'économie, soit sous celui de la distribution de l’eau.
- Puisque j’ai décrit la marche de l’entrée de l’eau dans les augets, il est aussi nécessaire de faire connaître les facilités que ce mode de construction présente pour sa décharge. Un écoulement rapide et facile de l’eau, quand elle ne doit plus séjourner dans la roue est aussi important qu’une introduction prompte, et il est évident que toute goutte d’eau qui est entraînée par la roue au-delà de la ligne verticale passant par le centre, occasionne une dépense inutile de sa force. Ainsi donc * dans le tracé de l’auget pour recevoir l’eau, il faut ne jamais perdre de vue sa décharge libre et constante.
- Un autre point principal qui mérite d’être prison considération, c’est la distance à laquelle l’eau est portée par sa force vive ou son action centrifuge, lorsqu’elle abandonne la roue ; en examinant ce sujet, on trouve qu’il est avantageux d’effectuer la décharge de cette eau au moment où l’auget passe au ressaut ou au bord inférieur du coursier.
- Cette décharge se faisant rarement en temps opportun dans les anciennes roues, constitue un véritable contrepoids à leur action, puisque les augets ascendants emportent avec eux des portions de l’eau à une hauteur considérable du côté opposé de la verticale passant par le centre.
- Dans la construction perfectionnée, on a remédié à ce défaut, attendu que les ouvertures qui permettent à l’air de s’échapper pendant le remplissage de l’auget, l’admettent facilement de nouveau et avec la même facilité pendant la décharge. Il ne saurait donc y avoir formation d’un vide partiel, et la roue, non-seulement fonctionne avec aisance, mais aussi à une bien plus grande profondeur dans les eaux d’aval. On a trouvé qu’il était nécessaire, pour faciliter l’écoulement de l’eau, de terminer le coursier à une distance d’environ 0m,25 de la ligne verticale passant par le centre, et d'avoir constamment une profondeur de 0m,45 à 0m,60 d’eau sous le fond de la roue.
- Ces considérations ont un certain mé-
- rite, parce que la brusque terminaison du coursier permet une décharge plus rapide de l’eau des augets et que la profondeur accrue du radier donne l’espace nécessaire pour que cette eau s’échappe après avoir abandonné la roue. Les avantages qui découlent de cette forme de coursier et de radier sont tellement remarquables, qu’on devra s’y attacher rigoureusement toutes les fois qu’on voudra profiter de toute la force d’une chute. Dans la construction des roues hydrauliques, ces principes ne doivent jamais être perdus de vue ; et, au lieu d’un radier peu profond et d’une eau s’écoulant de la roue avec une vitesse de lm,80 à 2m,40 par seconde, comme on le rencontre fréquemment chez les anciennes roues, le courant doit être à peine sensible et l’eau couler avec fermeté, sans tumulte et comme dans un canal profond.
- Il y aurait peut-être quelques difficultés à décrire avec une grande exactitude les propriétés et les proportions de ces perfectionnements, avant d’avoir entrepris une série longue et dispendieuse d’expériences sur une grande échelle ; et, pour rendre la comparaison parfaite, il faudrait juxta-poser la nouvelle forme de roue hydraulique avec l’ancienne, ayant chacune une charge proportionnelle et fonctionnant, autant que possible, dans les mêmes conditions de chute et d’alimentation d’eau. Dans ces circonstances, la grande différence qui existe entre ces deux genres deviendrait évidente, non pas seulement sous le rapport d’une plus grande économie, mais encore sous celui de l'ai-sancc avec laquelle la roue ventilée surmonterait la résistance due à la charge et les obstacles que lui opposeraient les eaux d’aval, et auxquelles les roues sont sujettes pendant les grosses eaux.
- J’aurai probablement l’occasion de revenir sur ce sujet lorsque la supériorité des roues hydrauliques à augets ventilés sera confirmée pàr des expériences plus détaillées, et lorsque les formes relatives des roues et des augets seront respectivement établies. Uour le moment, il me suffira de faire remarquer que la roue qui vient d’être décrite sera trouvée très-efiicace dans la pratique, et probablement la mieux adaptée, avec certaines modifications, aux chutes qui n’excédcront pas 3 mètres de hauteur.
- (ta suUc â un prochain numéro.)
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- Moycnpour régler T écoulement de l'eau d'injection dans le condenseur applicable principalement aux machines à vapeur de navigation.
- Par M. G. J. Cunxack.
- . injection de l’eau telle qu’on la pra-nque généralement aujourd’hui, et qui Consiste à la faire couler en un jet ou une nappe continue dans le condenseur, e.x'ge une attention constante de la part Un mécanicien pour proportionner la jînaniiié de cette injection au volume de ,a '’apcur provenant de la machine, vo-Junie qui est sujet à de grandes varia-l|°ns, surtout dans le cas des machines navigation, lorsque les aubes sont exigées à l’action d’une mer un peu dure ^Ui parfois s’oppose entièrement à leur gouvernent. Dans ce cas, l’eau d’injec-'°n coulant toujours, les pompes à air ont exposées à des efforts violents rêvant du choc partiel produit par un ®xoès d’eau. D’un autre côté, si la vi-esse de la machine vient à s’accélérer et j|Ue l’injection reste la même, il en ré-ulle une perte de force par suite d’une °odcnsalion imparfaite, i ”0 propose de remédier à ces irrégu-arités en faisant agir la différence de Passion dans le condenseur sur une sou-)aPe à gorge placée dans le tuyau d’in-Jectiyn, et semblable par sa construction . s.on effet à celle qu’on met dans le üyau de vapeur, et qui est en rapport vec le régulateur dans les machines j.Xes terrestres. lTn petit cylindre d’un latôèlre suffisant ouvert au fond sur le .penseur, et au haut dans l’atmos-est muni d'un piston dont la tige (j,1 eo rapport, par l’entremise de leviers,
- eu! avcc un rcssort ÜU un P°'ds, (le î *’autre avcc Ie lev'er régulateur jm- SOuPaPe a gorge du tuyau d’in-.ctl0n. L’extrémité inférieure du cylin-pj® ôtant ouverte sur le condenseur, le v sl°n sera soumis à une pression pro-te na,'t de la vapeur qui s’y trouve con-q, jOÇ pression qui est ordinairement de q ' "'60 par centimètre carré, tandis dPe atmosphère, pesant sur le sommet K-Ce piston avec une force de t kil.088, à lpSf^a une f°rce t*e tendant
- p0: . aire descendre dans le cylindre. Un |evj s> agissant par l’entremise d’un long difl\r’Cs* disposé pour compenser cette ôti. v?llce ct maintenir le piston en conri re t;uit ffue *a Prcssioa dans le sav( • nseur rcsle au P°'nt convenable, : Okil.360 par centimètre carré, d’in? °S°ns que par insuffisance de l’eau Action cette pression vienne à aug-
- menter, alors le piston s’élèvera en entraînant avec lui l’extrémité du levier en rapport avec la soupape à gorge du tuyau d’injection, ce qui augmentera l’àfflux de l’eau, et aura pour effet une condensation plus parfaite de la vapeur évacuée. D’un autre côté, si cet afflux devient trop considérable et au point de porter le degré de vide trop loin, le piston s’abaissera par la prédominence de la pression atmosphérique, et l’action de la soupape à gorge se trouvera renversée, c’est-à-dire qu’elle versera moins d’eau.
- Le piston, qui ne se trouve pas exposé à l’action de la chaleur, peut être aisément maintenu étanche en le garnissant de cuirs gras, et, si on le juge nécessaire, une petite quantité d’huile versée sur son sommet sera une nouvelle garantie contre les fuites. Il y a dans le cylindre un ressort pour s’opposer à une élévation trop brusque du piston, et assurer son action graduée sur la soupape à gorge du tuyau d’injeclion. Cette soupape est, d’ailleurs, supposée placée entre le robinet d’injeclion et le condenseur.
- Grue à vis.
- Une grue de ce modèle a été établie, il y a quelque temps, par M. Nowotny, constructeur dans les ateliers du chemin de fer de Saxe et Bavière à Leipzig, pour soulever des fardeaux de 708 quintaux métriques. Cette grue, comme l’indique son nom, se distingue de celles ordinaires, en ce que la chaîne qui élève le fardeau n’est pas enroulée comme d’habitude sur un treuil, mais est tirée par le mouvement de circulation d’une vis. On s’en sert dans les ateliers ci-dessus pour lever les roues des voitures de chemin de fer déjà callécs sur leurs essieux et les mettre sur le tour, et on conçoit qu’on pourra l’employer avec avantage toutes les fois qu’il s’agira de placer avec précision une pièce d’un grand poids dans une position quelconque, ou bien de n’enlever ou ne déposer une charge que graduellement et sans secousses sensibles.
- Cette grue se compose d’une colonne verticale, en fonte, à section en forme de croix grecque, roulant par le bas sur un pivot et dans une crapaudine, ct par le haut dans un collier placé à l’extrémité d’une potence. A la partie supérieure de cette colonne sont assemblées, dans des entailles par des boulons, deux barres plates en fer forgé de 0m,076 de largeur verticale et 0m,12 d’épaisseur. Ces
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- barres ainsi placées horizontalement à I distance entre elles, et constituant la vo- ( lée de la grue, sont reliées ensemble par des boulons et appuyées sur deux contrelicbes inclinées en fer de O™ ,050 de largeur sur 0n,010 d’épaisseur, qui viennent butter sur la colonne.
- La vis, qui sert à élever la charge , est placée verticalement en avant de la colonne. Son extrémité supérieure en forme de pivot roule dans une crapau-dine renversée, et par le bas elle tourne sur une embase et dans un collier, de manière à ce que, quand on l’a fait circuler, elle n’a aucun mouvement vertical de translation. La tête qui dépasse le collier par dessous est taillée comme une roue d’angle dans laquelle engrène une autre roue d’angle verticale calée sur l’arbre d’une manivelle. En tournant cette manivelle, on fait circuler la vis.
- Un écrou libre sur la vis porte sur une de ses faces un prolongement entaillé par le bout d’une échancrure. Cette échancrure s'adapte sur l’une des nervures de la colonne en croix qui lui sert alors de guide, et l’empêche de tourner lorsque la vis est immobile, et au contraire la fait voyager, soit en montant, soit en descendant, lorsqu’on fait marcher cette vis. L’écrou est pourvu sur les deux faces en retour, avec celle qui porte le prolongement, de deux tourillons sur lesquels entrent et sont retenus les yeux percés à l’extrémité inférieure de deux tiges qui, par le haut, se réunissent pour accrocher la chaîne, laquelle chaîne, après avoir été rejetée sur deux poulies à gorge en fer posées sur la volée, l’une au-dessus de la vis, l’autre au bout de cette volée, pend en avant, armée du crochet à deux branches qui sert à saisir le fardeau, et pour enlever les pièces bien horizontalement et sans qu’elles se déversent d’un côté ou d’un autre.
- La vis a un diamètre de 0m,044 et une hauteur de pas de 0,m018.
- L’arbre de la roue d'angle, qui porte aussi la manivelle, a été pourvu d’une roue à rochet avec encliquetage, afin de s’opposer à ce que l’appareil lâche et cède au repos. Celte roue à rochet n’avait pas d’abord paru nécessaire; mais, lorsqu’après un service prolongé, la résistance due au frottement n’a plus été suffisante pour s’opposer au glissement, on a jugé à propos de l’introduire et de la mettre chaque fois en jeu.
- Il est entré dans la construction de cette grue 208 kilogrammes de fonte et 150 kilogrammes de fer forgé, et le total des frais s’est élevé à 372 fr.
- Moyen four éviter les effets pernicieux de l’empoinlage des aiguilles.
- M. N. Walkcr, fabricant d’aiguilles » propose pour éviter les effets pernicieux pour la santé des ouvriers, qui résultent de l’empointage, d’entourer à quelque distance les meules sur lesquelles s’exécute cette opération, d’une couverture, d’un feutre ou d’une autre matière fibreuse, dont on maintient la portion supérieure constamment humide avec de l’eau, l’écoulement de ce liquide étant réglé de manière que la couverture soit maintenue complètement saturée et que l’eau coule successivement le long de la face inférieure pour se rendre dans un vase propre à la recevoir. Par cette disposition, selon lui, *a poussière de grès et d’acier frappant contre la laine humide, y adhère, et est enlevée ensuite par l’eau qui coule incessamment le long du plan incline quelle forme. Si les pores de la couverture s’obstruent, on l’enlève et on la lave à l’eau courante.
- Moyen pour s'opposer à la corrosion à l’intérieur des chaudières des w*®* chines à vapeur.
- Un ingénieur du Cornwall vient de proposer, pour s’opposer aux dégradations que l’action corrosive de l’eau exerce dans l’intérieur des chaudières à vapeur, d’appliquer sur toute la surface interne de celles-ci, une couche mince de vernis, de nature à résister à la haute température à laquelle il doit être exposé, sans offrir le moindre obstacle a la transmission de la chaleur du fer il l’eau. Pour atteindre ce but, il propose de verser une petite quantité de goudron de houille dans l’eau immédiate' ment avant que la vapeur soit générée-Cette substance, selon lui, possède l<j singulière propriété, quand on la jette dans l’eau bouillante, d’abandonner ses portions volatiles et de répandre 1° resté de scs matériaux sous la forme d’une matière ou poix dure sur toutl 'n' teneur mouillé de la chaudière, en s’opposant assez efficacement au contact immédiat de l’eau et des parois p°ur empêcher une action chimique, jjn même temps que la couche qu forme est tellement mince qu’elle n al^ 1ère en rien les fonctions de la chau-dièro en diminuant le pouvoir conducteur à sa surface.
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- Appareil pour obtenir un mouvement de rotation régulièrement continu.
- Par M. J. Wagner neveu.
- . La principale pièce mise à l’exposition nationale de 1849 par M. J. Wagner présentait des dispositions tout à fait nouvelles qui, appliquées aux hor-°ges publiques , permettent, soit par 'es moyens de transmission ordinaires, s°it par transmission électrique, d’indiquer l’heure, les minutes et mêmes les secondes sur un très-grand nombre de cadrans, restant tous dans le plus parfait accord entre eux , et cela avec un seul rouage, une seule force motrice.
- Indépendamment de son application spéciale aux horloges publiques, ce tuécanicien a pour but de produire la simultanéité de deux mouvements conférés jusqu’à présent comme à peu Près incompatibles: l’un alternatif, comme celui du pendule d’une horloge, l’autre circulaire continu, comme celui du volant; tous deux isochrones et se côglant l’un par l’autre.
- Ce résultat est obtenu par la combinaison de deux principes très-distincts un de l’autre.
- Le premier consiste dans l'application d un remontoir qu’on peut appeler c°ntinu, par opposition aux remontoirs eUiployès jusqu’à présent, et dans lesquels la force motrice vient s’emma-jjasiner périodiquement, tandis que dans celui-ci cette même force motrice a&1 constamment pour lui restituer s?ccessi veinent celle qu’il dépense pè-ri°(liquement à chaque oscillation du
- Pendule.
- .Le second principe consiste dans le ccgjage de la vitesse d’un volant à ailes, Ualogue au ventilateur, pour la quan-le d’air qu’on lui donne à déplacer.
- Ca combinaison des deux principes t îjslste à rendre solidaires les appa-ds.tjui en sont la matérialisation , de anière qu’une perturbation quelcon-com S°*1 corrigée par leur concours „ mmun , l'ensemble restant sous l’in-féeT6 îInrn®diate d’une même force fernî- r*Ce ’ ce**e du Per,dule qui dé-me |U,e vi,esse des deux mouve-var;s.> et cela quelles que soient les _ allons de la force motrice. ner ^rem°ntoir employé par M. J. Wag-Ptes ns ^aPPareII exposé est, dans la féripjî16 l°talitè de ses conditions ma-long,s» celui qu’il applique depuis
- iSienaps à ses horloges publiques, et
- ** Technologitte, T, XI, —Février isso.
- dont les principaux éléments sont empruntés à l’appareil connu sous le nom de dynamomètre de While.
- Mais on y remarque cette différence essentielle que la force motrice agit constamment sur lui , au lieu de ne s’y appliquer que périodiquement à des intervalles plus ou moins longs ; de sorte que, dans les conditions normales de l’appareil, il est remonté entre deux oscillations du pendule de la quantité dont il descend pour chaque impulsion qu’il donne à celui-ci.
- Il résulte de cette condition que la force motrice n’éprouve aucun temps d’arrêt, comme cela a lieu avec les remontoirs ordinaires , et qu’en même temps qu’elle agit sur le remontoir, elle peut mener d’une manière continue une série de rouages qui se termine par le volant à ailes dont nous avons parlé plus haut, et dont la vitesse est réglée par la quantité d’air qu’on lui donne à déplacer.
- C’est cette quantité d’air qu’il s’agit de rendre constante quand l’appareil est dans les conditions normales et variables, quand une perturbation quelconque tend à ralentir ou à accélérer la vitesse du volant.
- Or, le déplacement de l’air sous l’action des ailes du volant a lieu du centre à la circonférence, et son renouvellement ne peut avoir lieu que dans le voisinage de l’axe, où sa vitesse, d’abord nulle, augmente successivement à mesure que les ailes triomphent de son inertie.
- C’est de cette considération que M. J. Wagner est parti, non-seulement pour régler la vitesse normale du volant, et par conséquent de tous les rouages qui le commandent, mais encore pourremé-' dier aux perturbations accidentelles qui peuvent survenir dans leur action.
- Nous avons dit que le remontoir, constamment sous l’action de la force motrice, s’élevait pendant l’intervalle qui sépare deux oscillations du pendule , pour redescendre à chaque impulsion donnée à celui-ci. Profitant du mouvement périodique d’ascension et de descente de ce remontoir, M. J. Wagner y a suspendu un plateau qui recouvre le plan supérieur des ailes du volant au-dessous desquelles est un plateau fixe. Le plateau supérieur se rapproche et s’éloigne donc périodiquement des ailes du volant; quand il en est éloigné, une plus grande quantité d’air glissant sous sa surface inférieure, peut arriver au centre des ailes, y remplacer l’air expulsé et opposer son inertie au mouvement de ces ailes 18
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- et le ralentir; quand il en est plus rapproché, la quantité d’air affluant au centre est proportionnellement diminuée , et la vitesse des ailes augmente, puisqu’elles n’ont à vaincre que l’inertie d’une moindre masse d’air.
- Mais, comme ces variations ont une période très-courte, celle de la durée d’une oscillation du pendule, l’inertie de la masse des pièces en mouvement est assez grande pour rendre tout à fait insensibles ces intermittences et produire un résultat moyen qu’on peutcon-sidérer, même théoriquement, comme un mouvement continu.
- Supposons maintenant qu’une perturbation accidentelle arrive soit dans la force motrice elle-même, soit dans les résistances qu’elle a à vaincre ; que par exemple cette force augmente ou ces résistances diminuent, alors la vitesse du volant tendra à s’accélérer. Mais dans ce cas le remontoir, soumis à une force plus grande, s’élèvera da vantage pendant l’intervalle qui sépare deux oscillations du pendule; en s’élevant, il écartera le plateau du plan supérieur desailes; une plus grande quantité d’air viendra leur opposer son inertie, et le volant ne pourra accélérer sa vitesse.
- Réciproquement, si la force motrice diminue, si les résistances augmentent, le remontoir, s’élevant moins haut, écartera moins le plateau des ailes du volant au centre desquelles il arrivera moins d’air, et qui, par conséquent, conservera sa vitesse, malgré la diminution de la force motrice qui le fait mouvoir.
- Au plateau régulateur que nous venons de décrire, M. J. Wagner substitue avec avantage une espèce de cloche cylindrique ouverteau sommet, et dont le bord enveloppe les ailes du volant. Dans ce cas, le bord de la cloche s’oppose à la sortie de l’air, qui, prenant la vitesse même des ailes tourbillonne avec elles. L’élévation plus ou moins grande de la cloche en laisse échapper une plus grande quantité qui est remplacée au sommet de la cloche par une quantité opposant son inertie aux ailes du volant.
- On comprend maintenant que chacun des axes intermédiaires entre la force motrice et le volant, étant doué d'un mouvement de rotation continu et parfaitement isochrone à celui du pendule, peut le transmettre à d’autres mécanismes, et produire, par exemple, comme dans l’appareil de l’exposition, le mouvement continu des aiguilles d’un cadran placé à distance, et per-
- mettre ce qu’on n’avait pas encore obtenu, l’emploi d’une aiguille de secondes sur des cadrans d’horloges publiques.
- On comprend encore que, lorsque le cadran est placé à une trop grande distance de l’appareil, on puisse, comme l’a fait encore M. J. Wagner, disposer sur l’un des axes un commutateur qui, établissant et interrompant périodiquement un courant électrique, détermine l’action périodique d’un électro-aimant, destiné à mettre en jeo les aiguilles.
- Mais, dans l’application particulière qu’il voulait en faire. M. J. Wagner avait à redouter l'instantanéité de l’action électrique sur des aiguilles aussi grandes et aussi pesantes que celles des horloges publiques.
- Il a remédié au danger qui pouvait en résulier en faisant exercer celte action sur un ressort intermédiaire qui, bandé par chaque reproduction du courant, réagit pluslentementsur l’aiguille pendant les interruptions de ce même courant.
- Les dispositions dont nous venons d’entretenir nos lecteurs ne sont pas seulement applicables à l’horlogerie; elles seront très-utiles dans toutes les circonstances, et elles sont très-nombreuses en mécanique, où se fera ser»" tir le besoin d’un mouvement de rotation régulièrement continu, indépendant des variations de la force motrice et des résistances à vaincre, et déjà M. J. Wagner en a fait la plus heureuse application à un appareil commande par M. le professeur Morin, pour Ie Conservatoire des arts et métiers, et qui a pour but la démonstration directe des lois de la chute des corps.
- Cet appareil se compose d’un cyli°' dre d’un mètre de circonférence, de trois mètres de hauteur, et tournant avec la vitesse rigoureuse d’on tour par seconde, au moyen des dispositif0? précédcmmentdécriles ; un poids,artne d’un pinceau, est abandonné à l01' même du haut du cylindre sur lequel» dans sa chule, le pinceau trace son paS' sage. Le relèvement de la courbe tra" cée par le pinceau donnera, pour cha' que instant de la chute, la vitesse acquise par le poids tombant.
- Système de ponts en fer laminé riv*'
- Par M. J. Motte, ingénieur civil a Marchierme-au-Pont.
- Le choix du système de ponts est une des plus importantes questions dans \
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- travaux d'art de routes, de canaux et surtout de chemins de fer. C’est dans cette partie des constructions que se rencontrent évidemment les plus grandes difficultés de l’emploi de la pierre, p bois et du fer : c’est là enfin que *lngénieur doit disposer avec le plus de circonspection des propriétés de ces ‘rois matériaux ; car il doit lâcher de reunir, à la force et à la durée, la plus grande légèreté.
- , A ces trois conditions générales, nous jouterons la sûreté, avantage que pos-sedent peu les systèmes simples ou à combinaisons de bois, de fonte ou de ter en faveur aujourd’hui.
- .. Les ponts de bois, sujets à une décoration prompte et inégale , exigent lorsqu'ils ont de l'âge, une surveillance 'ntelijgente et des réparations très-coû-euses; après quoi vient néanmoins le besoin d’un renouvellement qui cause dÇs dépenses et des dérangements des Plus regrettables dans le service. Leur confection exige de grands soins et uoaucoup de temps.
- Les inconvéniens de la fonte dans la composition des fermes de pont sc râpaient à son peu de ténacité et d’èlas-lc'té, car bien que l’on parvienne à ^ployer sa résistance à l£ compression pus le sens de l’effort principal , ces ,ermes doivent àtussi résister à la flexion ar,s tous autres sens , chose à laquelle n r)e peut pourvoir sans augmenter oosidératdement leurs membres ni Jouter des accessoires qui emportent j U Poids et de la dépense. En général, * *ragilitè de la fonte rend son emploi PÇu propre à des fermes aussi dévelop-Pees que l’exigent des longerons ou des ,fendes do nnni ? #*l nnoimift certaines
- dis
- es de pont; et quoique certaines Positions permettent de composer J* ‘°nie et en fer malléables les élé-ents de la ferme , de manière à faire Veff0rler a *a Prem'cre de ces matières «°rt de la poussée , et à la seconde ui de la traction , il advient que l’on Ces encore obligé de donner aux piè-Qu i?e ^onle des dimensions telles, «uts es couleraient, avec l’ajustage, fora-11 ^ue s* e^es ctaient en fer |.e-
- férel Ce ra,sonnement conduit à pré-qn * exclusivement le fer forgé , il est g P°>nt important à observer dans les lièrpCS ?e combinaisons de celle ma-f°r : Ç’est le mode d’ajustement et la de Qe des barres par rapport aux frais l’in Con^eclion comme sous celui de possibilité. Ainsi le fer laminé , (lu f l*eu Ü doive passer à la façon Cem^cron et de l’ajusteur, coûte*20 “tes au minimum de façon par ki-
- logramme , et s'il y a des boulons, des clavettes ou des charnières, etc., 30 centimes; de sorte que le prix du fer en est à peu près doublé.
- C’est sur cette question que j’ai principalement errèlé mes recherches, et j’ai trouvé qu’au moyen de fer laminé sous certaines formes et de rivets, on pouvait développer une multitude de charpentes réunissant au plus haut degré toutes les conditions de force , de durée, de légèreté, d’élasticité, de sûreté, d’économie, d’établissement et d’entretien, enfin d’une facilité et d’une célérité de confection sans exemple.
- L’expérience que l’on a acquise aujourd’hui dans la fabrication des chaudières à vapeur, ainsi que dans les garanties de l’usage de ces appareils, nous permet en effet d’admettre avec la plus grande confiance les avantages sns-énonccs,d’autant plus quel’ouvrier chaudronnier n’a point à s’enquérir ici de rendre étanche aucune de ses jointures , et que ses rivets n’ont rien à souffrir des effets du feu et de la corrosion par les eaux comme dans les chaudières. De tous les genres d'ouvrages en fer, la chaudronnerie a la façon la moins coûteuse et la plus courante. Les assemblages ne doi veri t po i y être ajustés au burin ni à la lime. Les rivets sont imprimés dans les trous où i ils font à la fois l’effet de cheville et de boulon-
- On peut développer dans ce genre des fermes de la plus grande hauteur et de la plus grande longueur, sans créer des difficultés à leur transport ni à leur montage. On ébauche ces charpentes à la fabrique, et on les transporte par aussi petites parties que l’exigent les moyens de transport ; puis les chaudronniers, desservis par une forgette , chauffent les rivets, les assemblent sur place, sans cintres, ni engins, ni grandes manœuvres de force.
- Le genre de longeron auquel paraît le mieux se prêter le fer laminé rivé est la forme continue , c’est-à-dire d’égale hauteur, et traversant toutes les piles et les culées. Cette disposition réunit un avantage majeur, dont c’est ici le lieu de parler, et qui en fait un système de pont particulier. Une telle ferme résiste à la fois par les milieux et par les parties qui posent sur les piles , de sorte que sa force , ainsi que je m’en suis assuré par des expériences faites avec attention, est double de celle d’une ferme qui ne couvrirait qu’une travée à la fois. On peut donc tirer parti de cette disposition, soit J pour l’économie de la matière, soit
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- pour doubler l’ouverture des travées. Je l’ai appelée Terme à flèches opposées (1).
- Bouchons de liège à la mécanique.
- L’exposition des produits de l’industrie de 1849 a présenté un produit qui n’avait figuré à aucune autre des expositions précédentes, des bouchons de liégef à la mécanique, envoyés par la fabrique de MM. Dupral et Ce, de Castres (Tarn).
- Comme produit nouveau, ces bouchons seraient dignes d’attention s’ils ne l’étaient plus encore par le mérite de leur fabrication. En effet, ce qui frappe au premier coup d'œil, c’est la régularité de cette fabrication, obtenue constamment pour les diverses longueurs et grosseurs de bouchons;c’est ensuite leur rondeur parfaite qui, en les faisant adhérer de tous côtes aux parois de la bouteille, produit un bouchage hermétique d’une supériorité évidente sur les bouchons faits à la main, dont la forme, tantôt plate, tantôt ovale, ne donne jamais qu’un bouchage moins parfait.
- Les résultats obtenus par MM. Du-prat et Ce sont d'autant plus remarquables que tous les essais tentés avant eux dans cette partie avaient complètement échoué. Leur fabrique est la seule en France qui se soit soutenue, et qui, depuis plusieurs années, livre chaque jour des quantités considérables de bouchons au commerce.
- Nous ne connaissons pas les machines de MM. Duprat ; on nous assure qu’une d’entre elles, celle qui sert à tourner les bouchons, a une très-grande précision et une très-grande rapidité; elle produit 25,000 bouchons par jour avec une seule ouvrière, la première venue ; tandis que pour obtenir cette quantité dans une fabrique à la main, il faut le travail de vingt-cinq
- 1) L’auteur de eet article, que nous empruntons au musée du Bulletin de l industrie, année 1849, 3e livraison , tome XVI, page 4, a donné dans ce recueil un exemple avec ligure de ce genre d’application du fer laminé.
- M.
- ouvriers habiles et payés à raison de 1 fr. 50 c. par mille de façon.
- Bâpe pour féculeries et sucreries indigènes.
- Cette râpe, de l’invention deM. Tré-sel de Saint-Quentin, diffère des anciennes par sa construction qui permet de faire de 30 à 40 pour 100 de plus de travail, tout en donnant un produit mieux divisé et préparé pour l’extraction du jus de la belterave.ee qui en augmente le rendement et la richesse en principes saccharifères.
- Le tambour porte-lamés peut recevoir son mouvement d’un moteur quelconque, pour lui faire faire de 800 à 900 révolutions par minute. Le système de poussenr est très-simple et sa disposition offre des avantages pour la facilité du service de la râpe. La propriété des cames à virgules dormant au* sabots un mouvement de 5 à 6 poussées seulement par minute . permet au tambour la division parfaite des cellules de la betterave; leur vitesse de retraite donne aussi un temps suffisant pour permettre à une seule personne (pour une fabrication de 300 à 400 hectolitres de jus) d’emplir les trémies alternativement; elles contiennent ensemble de 8 à 9 kilogr. de racines, de sorte qu’en 22 heures de travail de jour et de nuit, et lorsque les lames qui garnissent le tambour sont neuves, oP peut râper la quantité de 70,000 à 72,000 kilogramm, de betteraves. Ma'5 comme ces lames s’émoussent et s’û' sent, il est nécessaire de prendre un® moyenne de travail, qui se réduita 55,000 ou 60,000 kilogr., et donnent a" minimum 85 pour 100 de jus; en 1 comprenant les 15 pour 100 d eau q*)e l’on ajoute pour la facilité du travail' on aurait en définitive près de 600 heC' tolitres de jus à déféquer. C’est, e° effet, ce que l’on obtient dans plusieuf5 fabriques oùM.Trésel a livré des r*' pes, et entre autres dans une fabr';j que du département de la Saône, où 1 a fourni deux râpes qui absorbentplu* de vingt millions de betteraves chaque année.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- Notes sur la photographie sur plaques métalliques.
- brochure, par M. le baron Gros, in-8°, ayec 2 pl. A la Librairie Encyclopédique de Roret, rueHautefeuille, 12. Prix : 3 fr.
- Depuis quelques années la photographie semblait ensevelie dans une sorte Qe léthargie, et ii y a bien longtemps |ire Il(.)us n avions eu à constater la pu-. ''cation d’aucun traité relatif à cet art nteressant. Les amateurs , et ils sont •icore nombreux, apprendront avec °fjheur que cette longue lacune vient n”n d'être comblée.
- > *ous le titre modeste de Notes sur ,? Photographie sur plaques rnétal-, M. le baron Gros vient de faire P.araitre une brochure du plus bâtit in-®rét, puisqu’elle renferme l’exposé ilnnPle , méthodique et complet de tous es Procédés qui ont amené i’auteur à produire, à peu près à coup sûr, ces ^'mitables épreuves qui dépassent
- • 'ls contredit tout ce qu’on avait vu
- ÏÏu.ici-
- (l Mais avant d’arriver à ce haut degré te Perfection , qui le place sans con-r au premier rang, M. le baron j. 0s. comine tant d’autres , avait passé toutes les déceptions et les désap-pûntements que rencontre tout pho-„°?raphiste au début de la carrière. anbut5 en écrivant, a été d’épargner .htesces tribulations aux amateurs de (jj.^graphie , et de leur offrir une sthode aussi sûre que possible d’ar-I| aP c?nstamment à de bons résultats.
- devait nécessairement y réussir, car njcUs Ve c°unaissoris personne qui réu-si haut degré une patience à vér C épreuve, un zèle et une persé-Co,^nce infatigables, une dextérité peu de ^nne, et une exquise recherche soins minutieux.
- tro 0ll'es ecs éminentes qualités se re-GroVer>tdans l’ouvrage deJVl. le baron Ç> s • ^nais alliées à une rare modestie. Sard ia'ns‘. qu’il attribue au simple ha-Hjov a découverte d’une infinité de i'Heh nS l’r®c*eu* qui révèlent une haute ftirni encc > j0'n,e ® tout le discerne de- (luu
- • a
- p expérimentateur habile ,
- iç Uverte dont tant d’autres se se-nl etïorcés de se faire un titre de
- gloire , soit en s’entourant d’un voile mystérieux, soit en publiant leurs propres louanges tà grand renfort de réclames et d annonces salariées. Le livre est écrit avec cette simplicité de style qui caractérise un homme de goût, et aussi avec cette complaisance aimable d’un amateur consciencieux et désintéressé , qui place au-dessus du mérite d’avoir vaincu les difficultés pour son propre compte le plaisir de les avoir aplanies pour les autres.
- Il nous serait difficile de présenter ici une analyse de l'ouvrage de M. le baron Gros, plus difficile encore d’en donner des extraits , car tous les chapitres qui le composent présentent à peu près le même intérêt ; ce serait nous exposer d’ailleurs à affaiblir l’intérêt d’un livre que tous les photographistes voudront avoir entre les mains. Nous citerons cependant une méthode complète d’argenture galvanique qui permet d'utiliser les plaques les plus usées, et de déposer sur toutes les autres cette couche d’argent pur si nécessaire h la réussite des images ; un ensemble de moyens de polissage avec lesquels on obtient un bruni parfait, et une surface d’argent entièrement exempte de corps étrangers ; une combinaison toute nouvelle des substances accélératrices , qui produit à la fois une grande richesse de tons et une extrême promptitude ; une construction tout à fait neuve de boîtes à iode et à brome, munies de diaphragmes poreux qui régularisent l’évaporation des substances sensibles et accélératrices ; et enfin un procédé simple et ingénieux pour constater les couleurs de la plaque en pleine lumière, et même au soleil, sans altérer en rien sa sensibilité. A cette énumération succincte, nous pourrions ajouter celle d’une foule de moyens secondaires, mais non moins ingénieux , qui se groupent pour ainsi dire en un faisceau pour contribuer tous ensemble à assurer le succès.
- Nous avons remarqué avec plaisir une phrase qui termine le préambule de M. le baron Gros , et qui semblerait indiquer que son ouvrage est en quelque sorte son testament photographique sur plaqué. Nous verrions alors un engagement pris de diriger désormais tous ses efforts vers le per fcc-
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- tionnement de la photographie sur papier. Il serait beau que celui à qui l’on doit les plus belles épreuves connues sur métal, vînt encore féconder par ses recherches cette autre branche de l’art qui nous parait receler un brillant avenir. E. Y.
- Nouveau Manuel complet de l'Horloger.
- Par MM. Lenormand et Janvier.
- Nouvelle édition , revue et augmentée
- par M. L>. Magnier, ingénieur civil.
- 1 vol. in-18 et 13 pl. Prix : 3 fr. 50 c.
- Nous profiterons de la réimpression de ce Manuel pour le recommander à tous les ouvriers et à toutes les personnes qui s’occupent de la construction des machines propres à mesurer le temps , parce que nous croyons que c’est leur rendre un service réel que de le leur signaler. Les ouvrages publiés jusqu'à présent, sur celte branche si intéressante de la mécanique , tels que ceux si remarquables de Ferdinand Berlhoud et ceux deïhiout, Lépaule, Motel , etc., sont en général volumineux et d’un prix beaucoup trop élevé pour que la plupart de ceux qui pourraient profiter de leur lecture puissent se les procurer. Or l'ouvrage que nous annonçons renferme , malgré son format et son prix modeste , les notions les plus utiles à connaître dans la construction des machines en question, notions qui ont été puisées aux sources indiquées ci-dessus, et dans la pratique du célèbre Breguet, de ses élèves et des plus habiles horlogers de la capitale et des départements. Treize
- planches gravées avec soin et renfermant plus de 300 figures d’appareils ou de pièces, donnent d’ailleurs à celte nouvelle édition un intérêt particulier.
- Nouveau Manuel complet d'aérosta-tion, ou Guide pour servir à l'his-toire et à la pratique des ballons•
- Par M. Düpüis-Delcoort, ingénieur-aéronaute.
- Vol. in-18, orné de 16 pl. Prix : 3 fr*
- L’histoire de l’aérostation et de 1* navigation dans l’air est d’un trop haut intérêt pour nous autres Français, i0-' venleurs et propagateurs de cet ar* curieux pour qu’on n’accueille pas avec empressement le manuel que nous pre* sente sur ce sujet un de nos aéronaute? vivants les plus distingués. S'il est vrai qu’un art ou que son histoire ne pu*5' sent être décrits avec succès que pa® ceux qui l’ont pratiqué , nous devou» être alors certain que ce manuel reiD' plit parfaitement son but. En effet,011 y trouve non-seulement toutes les n0' tions physiques sur lesquelles reposer* l’aéroslalion et l’histoire glorieuse de® voyages aériens les plus célèbres, rnalS une foule de notions sur la pratiq,,e elle-même de l’art, ainsi que sur s°n avenir. Cette histoire des voyages he11' reux , des infortunes , des catastrophe* mêmes, les récits des sensations épr°^ vées par ces hardis navigateurs, brillant avenir qui attend peut-èlr Part aérostatique, et dont l’auteur ira®, hardiment les principaux traits,*;0!? semble faire de ce manuel un livre à * fois instructif et amusant.
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Par M. Vasserot , avocat à la Cour d'appel de Paris.
- «tt'Tî» ixkhr><
- LÉGISLATION.
- Loi sur les coalitions.
- L’assemblée nationale a adopté la loi Rivante sur les coalitions tendant à aire augmenter ou diminuer les sa-laires des ouvriers.
- « Les articles 414,415 et 416 du c°de pénal sont modifiés comme il suit:
- » Art. 414. Sera punie d'un empri-s°nnernent de six jours à trois mois, et d’une amende de seize francs à trois ^ilie francs,
- * 1° Toute coalition entre ceux qui J,0f‘t travailler des ouvriers, tendant à forcer l’abaissement des salaires , s’il y a eu tentative ou commencement d’exécution ;
- » 2° Toute coalition de la part de& ouvriers pour faire cesser en même *euip5 ,|e travailler, interdire le travail dans un atelier, empêcher de s’y rendre avant ou après certaines heures, et en général pour suspendre, empêcher, enchérir les travaux, s’il y a eu tenta-llve ou commencement d’exécution.
- * Dans les cas prévus.par les deux Paragraphes précédents , les chefs ou tuteurs seront punis d-’un emprisonneront de deux à cinq ans.
- » Art. 415. Seront aussi punis des Peines portées dans l’article précédent, Jj: d’après les mômes distinctions , les .jeteurs d’atelier ou entrepreneurs ouvrage et les ouvriers qui, de con-erl> auront prononcé des amendes utres que celles qui ont pour objet la ’scipline intérieure de l’atelier, des Penses, des interdictions, ou toutes Proscriptions sous le nom de damna-°ns ou sous quelque qualification que
- ce puisse être, soit de la part des directeurs d’atelier ou entrepreneurs contre les ouvriers, soit de la part de ceux-ci contre les directeurs d’atelier ou entrepreneurs , soit les uns contre les autres.
- » Art. 416. Dans les cas prévus par les deux articles précédents, les chers ou moteurs pourront, après l’expiration de leur peine , être mis sous la surveillance de la haute police pendant deux ans au moins et cinq ans au plus. »
- » Délibéré en séance publique, à Paris, les li octobre, 19 et 27 novembre 1849. »
- Caisse de retraite pour les employés.
- — Calculs qui servent de base au
- projet de M. Latry.
- Afin de compléter le travail que nous avons exposé sur le projet de création de caisses de retraite pour les employés des administrations particulières, il nous reste à présenter en sommaire des calculs sur lesquels il repose ; on aura ainsi, d’abord l’idée mère , ensuite son application , et enfin la certitude qu’il ne s’agit pas d’une utopie , mais d’une pensée réalisable. L’esprit de ceux auxquels nous nous adressons fera le reste; et on nous rendra au moins cete justice, que nous avons tout dit et que nous avons cherché à porter la lumière sur une des questions scientifiques les plus actuelles. En nous servant de cette expression nous, il est bien entendu que c’est en réservant à fauteur tout le mérite , si mérite il y a, et en ne faisant que répandre une idée qui nous parait excellente. ;
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- On su|>f>!> c qu’un certain nombre de chefs d'industrie associent leur personne! réunissant ensemble quatre mille employés.
- Ces employés étant ainsi répartis suivant leur âge :
- lre Série, 1300 ayant 18 ans.
- 2” Série, 1000 ayant 22 ans.
- 3° Série, 800 ayant 26 ans.
- 4' Série, 500 ayant 30 ans.
- 5e Série, 400 ayant 35 ans.
- Les employés de 18 ans étant sup-supposés rétribués à 1,000 , les autres à 1,500 fr., 2,000 fr., 2,200 fr. et 2,400 fr., il faut calculer la moyenne du traitemant de chaque série pendant les trente dernières années de leurs travaux ; pour cela , on augmente proportionnellement les traitements suivant les âges , et on arrive à ceci : sous la première . la seconde et la troisième série, la moyenne des appointements sera de 2,600 fr. ; 2,700 fr. et 2,800 fr. sur les deux dernières.
- C’est sur ces bases qu’il faut calculer d’abord les recettes et ensuite les dépenses.
- Établissons les recettes d’abord.
- Les recettes calculées sur les bases posées dans Je projet de M. Latry, en tenant compte du chiffre probable des mortalités d’après les tables, et en capitalisant les intérêts de 1850 à 1924, donnent :
- francs.
- Pour la lre série...... 79,626,725
- Pour la 2e série....... 65,539,763
- Pour la .‘P série...... 53,868,442
- Pour la 4e série....... 35,405,469
- Pour la 5e série........ 27,469,364
- Recettes totales. . 261,909,763
- ("est un chiffre colossal ; mais il faut comprendre qu’il y a lieu à déduire les sommes à payer comme pensions , et la capitalisation des sommes ainsi payées. L’année 1924 étant supposée celle où doit s’éteindre la dernière pension.
- Ces dépenses, pour la première série, sont :
- francs.
- Pensions aux titulaires. . . 45,117,824
- Pensions aux veuves. . . . 4,916,226
- Frais généraux par an, capitalisés jusqu’en 1924. . 10,833,190
- Toi al des dépenses de la première série......... 60,869,240
- Les recettes, pour cette série, pré-
- sentent un excédant de 18,757,485 fr.
- Pour les quatre autres séries , nous nous bornons à donner en bloc les résultats qu’elles produisent; la seconde et la troisième donnent comme excédant de recette, l’une 7,255,583 fr., l’autre 2,177,326 fr. ; enfin les quatrième et cinquième offrent un excédant de dépenses sur les recettes, pour la quatrième de 6,660,697 fr., et pour la cinquième de 12,152,326 fr.
- Le revenu total est donc une différence au profit des recettes de la somme de 7,397,371 fr.
- Tel est l’ensemble des calculs, présenté aussi succinctement que possible, mais reposant, par des recherches nombreuses , sur des bases certaines.
- En dehors de ces chiffres à peu près indiscutables, il y a le chapitre toujours si embarrassant des éventualités.
- Ainsi il a été négligé dans ce travail :
- 1° Les pensions à faire par suite d’accidents et infirmités ;
- 2° Les chômages , car on suppose 4,000 employés supportant la retenue sans discontinuer, ce qui est improbable ;
- 3° Les orphelins qui auront droit à une pension jusqu’à l’âge de 16 ans.
- Pour faire face à ces dépenses, il y a :
- 1° L’abandon fait à la caisse des retenues opérées sur le traitement des employés démissionnaires par suite de changement de position ;
- 2° L’excédant de recette de 7,397,371 francs ;
- 3° La retenue du premier mois de traitement sur les quatre dernières séries , laquelle n’a pas été comprise dans le tableau de recettes, et qui donnerait un capital de 429,993 fr., et avec capitalisation 16,267,760 francs ;
- 4° Une diminution sur les frais généraux qui seront les mêmes pour le cas où le nombre des sociétaires dépasserait 4,000 ;
- 5° Une amélioration dans l’âge de soiétaires entrants, car il est très-probable , pour le cas de réussite du projet, que les sociétaires adhérents dans la suite des temps seront plutôt au-dessous de 25 ans qu’au-dessus , on a vu que les premières séries présentent toutes des bénéfices ;
- 6° Le bénéfice que présenteront les pensions qui seront liquidées au delà de soixante ans et trente ans de service ;
- 7° Enfin les dons et legs faits à l’association par tous ceux qui sont dési-
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- feux de voir s'établir en France le principe des grandes associations.
- Quant à l’emploi des fonds, M. Latry ne croit pas être dans l’erreur en fixant •e taux de l’intérêt à cinq pour cent ; car d’après les recherches faites par lui sur l’ensemble des cours de la rente, en prenant chaque année les taux niaximum et minimum depuis 1815 jusqu’à 1844 , il a trouvé en moyenne *01 fr. 69 cent, pour le cours le plus haut, et 90 fr. 84 cent, pour le cours le plus bas ; soit en moyenne 96 fr. 27 cent.
- . C’est donc là un projet sérieux, sérieusement étudié, sortant du cadre °rdinaire des projets dans lesquels les auteurs, mus par une pensée philantropique assurément très - louable, uiais souvent aveugles, donnent comme certains les désirs de leur imagination. Eien n’est précis comme les chiffres , a-t-on dit ; ajoutons rien n’est concluant comme une règle d’arithmétique, et nous avons voulu clore l’exposé des Principes par ces bases certaines.
- En cela voici notre but : c’est de Prouver aux grandes entreprises particulières , chemins de fer , compagnies tndustrielles de toutes sortes, que le système des caisses de retraite en gérerai , qu’en particulier le projet de Latry, ne peuvent pas les engager ?Ur des probabilités , dans une voie ^praticable et effrayante par suite du ueficit que l’on y rencontrerait, qu’il i4ut, au contraire , porter à ce projet *e concours de leur bienveillant appui.
- Qu’on l'étudie comme nous, mieux rçue nous , et nous avons la confiance ^’on découvrira que ce projet est conçu sur des bases sévères, et que avenir permettra probablement d’é-lendre et d’améliorer les avantages qu’il Assure à une classe intéressante de la
- société.
- DE LA CONTREFAÇON (1)
- OEUVRES ARTISTIQUES , DES MODÈLES ET DESSINS DE FABRIQUE.
- Lescréationsde l’espritonttoutes une ,r,§mecommune, la pensée; elles ten-ont toutes au même but, l’améliora-°n de notre existence , l’élévation de °s sentiments, la multiplication de
- de u,s extrayons cet article d’un ouvrage bienv’jii ‘«ois sur la contrefaçon; c’est à la que ni ante communication de son auteur cans „vîs devons le droit de le comprendre ns notre Publication.
- nos jouissances. Cependant le législateur les a diversement appréciées.
- Nos lois, en effet, ont séparé les créations purement spontanées qui ne relèvent que de l’artiste , de l’écrivain, du penseur, de celles qui sont complètement industrielles, ou qui appartiennent à la fois à l’art et à l'industrie.
- Cette législation est toute moderne; elle n’avait rien à emprunter au passé. Les lois romaines sont muettes sur ce sujet. La pensée de matérialiser en vue d’une rémunération d’un lucre , d’un bénéfice, les conceptions de l’esprit, ne pouvait en effet prendre naissance chez une nation aristocratique , guerrière, et avant tout préoccupée de son agrandissement territorial. Pour elle, toute profession manuelle était incompatible avec la dignité de citoyen.
- Le moyen-âge en était encore plus éloigné. Les entraves apportées au commerce , le travail érigé en privilège , le monopole des corporations, l’opposition fiscale de l’Etat à toute extension industrielle , la rareté du numéraire , l’immobilisation des fortunes , la séparation des conditions civiles, le défaut d’instruction, la pénurie des livres, l’absence de moyens rapides de divulgation de la pensée, tout cela borna les inventions industrielles à quelques rares apparitions.
- Quant aux créations artistiques, moins rares, parce que le génie est de tous les temps comme de tous les pays, elles n’étaient l’objet d’aucune spéculation industrielle ; on ne connaissait aucun procédé mécanique de reproduction -, on n’avait pas encore déblayé cette grande route de la fortune, le travail (I).
- Sous Louis XIV, l’art forma avec l’industrie les premiers nœuds de cette alliance qui devait être si féconde. Voltaire disait qn’on nuançait alors les étoffes et même l’or qui* les embellit avec un goût si rare que telle étoffe qui n’a été portée que par luxe méritait d’être conservée comme un monument d’industrie (2).
- Mais ce développement était resserré dans les cercles du monopole. Ainsi sous ce même roi, le parlement, dans l’intérêt des maîtres boulonniers, enregistrait une déclaration du roi portant défense de faire des boutons de drap ou d’étoffe.
- (1) Voyez , pour ce qui concernait les privilèges de librairie, Renooard, Traité des droits <Tauteur ; Wolowski, Revue de législation, ann. 1843 , page 265.
- (2) Siècle de Louis XiV, Analyse qui précède l’introduction.
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- L’édit de Henri IV en 1608, qui supprimait les maîtrises, les édits de 1681, 1697, le vœu des états-généraux sur la liberté du commerce , les efforts de Sully, Turgot, Colbert furent impuissants pour briser les étreintes qui arrêtaient l’essor de l’industrie.
- Dans toute cette longue période, la France parait n’avoir eu de force que pour préparer les éléments de son unité politique et industrielle.
- Cependant, quelques actes du souverain apparurent de loin en loin, comme de généreuses inspirations en faveur des arts et de l’industrie.
- Des lettres patentes, datées de Chi-non , le 3 janvier 1430, exemptèrent les peintres et les vitriers (1) de tailles, aides, subsides, guêts , gardes , etc. Ces privilèges furent confirmés à différentes époques, le 4 mai 1548, le 22 novembre 1582, en avril 1612, et enfin ils furent accordés aux sculpteurs en 1613 (Voy. les statuts du 50 janvier 1738) (2).
- Une sentence de police , du 11 juillet 1702, défendait aux fondeurs de contre-moulcr ni donner à d’autres les ouvrages que les sculpteurs leur auront donnés à fondre, et aux sculpteurs de faire part à qui que ce soit des modèles qu’ils auront faits pour les fondeurs, ou que les fondeurs leur auront communiqués
- En mars 1730, nouveaux règlements accordés à la communauté des peintres et sculpteurs de l’académie de St-Luc (1), de la vdle , faubourg et banlieue de Paris.
- L'art. 69 de ces règlements défendait à tous maîtres de la communauté de copier ou faire copier, mouler ou contre-mou 1er les ouvrages les uns des autres pour les vendre et les employer dans leurs entreprises, sans avoir le consentement par écrit du premier auteur desdits ouvrages.
- Le 21 avril 1766, la communauté des maitres fondeurs rédigea une déclaration qui fut approuvée par sentence de police du 16 juillet 1766 et
- (1) La profession de vitrier comprenait autrefois la peinture sur verre.
- (2) Isatnbert, Ane. lois franç., tome xxiv. Déclarai. 15 mars 1777.
- (t) Charles VL institua l’Académie de Saint-Luc sous le simple titre de communauté des peintres ; il la dota et lui accorda des privilèges. Gringoneur, inventeur des cartes à jouer, fut un des premiers peintres qui formèrent le noyau d’une société qui s’est distinguée même dans les temps modernes. Celte association savante fut dissoute en 1776 , par Pierre, qui n’avait d’autre titre dans les arts que sa qualité de premier peintre du roi.
- (Histoire des Arts en France , par Alex. Lenoir, § IV.)
- par arrêt du parlement du 30 du même mois.
- Cette déclaration, dans son art. l*r, «faisait defense à tous marchands, merciers, bijoutiers, miroitiers, doreurs, ébénistes, et à tous autres, de quelque qualité qu’ils soient, de piller ou faire piller les modèles des maîtres fondeurs , ni faire mouler sur les modèles desdits maitres..»
- En 1776, dans les statuts de la communauté, composée des graveurs, ciseleurs, damasquineurs, peintres en émail sur bijoux d’or et decuivre, etc., on trouve les mêmes prohibitions, et la nécessité du dépôt au bureau de la communauté, des dessins et modèles, pour en découvrir et en empêcher dorénavant le vol et le pillage.
- Enfin la déclarationdu roi du 15mars 1777 concernant les artistes de l’Académie, renfermait les mêmes prohibitions (1).
- L’industrie des tissus n’avait pas été oubliée. Le 1er octobre 1737 un règlement de police était rendu dans l’intérêt des maîtres rnarchauds et ouvriers des fabriques lyonnaises d’étoffe de soie, or et argent, etc. Ce règlement fut remplacé par l’arrêt du conseil du 19 juin 1744 relatif aux fabriques de la ville de Lyon. L’art. 12 du lit. 9 de cet arrêt, fait défense aux maitres ouvriers, de vendre, donner ni prêter pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit les dessins qu'il leur auront été confiés pour fabriquer. I.’art. 13 fait pareiIles défenses à tous dessinateurs et autres personnes quelles qu'elles soient de lever et copier, faire lever et copier directement et en quelque façon que ce puisse être aucun dessin sur des étoffes, tant vieilles queneuves, ni sur les caries des dessins desdiles étoffes.
- Le 14 juillet 1787, un arrêt du conseil généralisant l’arrêt précédent, en étendit les dispositions à toutes les manufactures de la France. Il fixa en outre, dans son article premier, pour les fabricants qui ont composé ou fait composer de nouveaux dessins, un droit de jouissance, dont la durée est de quinze années pour les étoffes déstinées aux ameublements et ornements d’église et de six pour celles brochées et façonnées servant à l'habillement ou aufre usage.
- L’art. 8 fit défense à tout fabricant de faire exécuter en étoffe de soie, de soie et dorures ou en étoffe mélangée
- (i) Voyez Gastambide, Traité des contref > n<> 352.
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- soie, aucun dessin exécuté en pa-pter peint ou autrement, sans s'être assuré si ce dessin, exécuté en papier, ne l a pas déjà été en étoffe.
- La liberté apparaissait dans l’indus-tfie; les droits de l’inventeur et de l'ar-Lste étaient reconnus; la révolution industrielle était accomplie.
- Examinons notre législation.
- Çne année s’était à peine écoulée depuis la formation de l’assemblée nationale, que le 24 août 1790, une députation d’artistes et d’hommes de lettres, admise à la barre de l’assemblée, vint réclamer ses titres de noblesse. Elle demandait la consécration des droits du génie sur ses œuvres.
- Ces droits furent alors solennellement reconnus et plusieurs lois furent successivement rendues.
- Sur le rapport remarquable de M. de Boudlers, 1 assemblée déclara , dans le préambule de la loi du 30 décembre 1790, promulgée le 7janvier 1791, relative aux brevets d’invention , que toute idée nouvelle appartient primitivement àcelui qui l’a conçue et que ce serait attaquer les droits de l’hom medans leur essence que de ne pas regarder une découverte industrielle comme la propriété de son auteur.
- Le 25 mai 1791 fut rendu un decret portant règlement sur la propriété des auteurs d’inventions et découvertes en tout genre. Quelques jours après la loi du 7 janvier, l’assemblée nationale , dans le décret relatif aux spectacles, reconnaissait de nouveau aux auteurs te droit de propriété sur leurs œuvres.
- Dans son rapport sur la pétition des auteurs dramatiques et à l’occasion de cette dernière loi, M. Chapelier rappela ces principes en ces termes : La plus sacrée, disait-il, la plus légitime, la plus inattaquable et, si je puis parler ainsi, la plus personnelle de toutes les propriétés, est l'ouvrage, fruit de la pensée.
- C’est à l’occasion de cette loi et dans Je même rapport que nons trouvons ces paroles qui renferment le principe de la liberté industrielle : « Le perfectionnement de l’art, disait le rapporteur, lient à la concurrence, elle excite l’émulation , elle développe les talents , elle entretient des idees de gloire,elle réunit l’intérêt à l’amour-Propre et tourne au profit du public, ces deux sentiments qui, quand ils sont séparés, ne sont pas toujours assez vifs chez les hommes pour les exciter à de pareils travaux (1). »
- Le 19 et 24 juillet 1793 futrendussur le rapport de M. Lakanal (1) le décret relatif aux droits de propriété des auteurs d’écrits en tous genres, compositeurs de musiques, peintres et dessinateurs.
- Les articles 1 et 2 de ce décret sont ainsi conçus :
- Art. 1. Lesauteursdécritsentousgen-res, les compositeurs de musique, les peintreset dessinateurs qui ferontgraver des tableaux ou dessins jouiront durant leur vie entière du droit exclusif de vendre, faire vendre, distribuer leurs ouvrages dans le territoire de la République et d’en céder la propriété en tout ou en partie.
- Art. 2. Les héritiers ou cessionnaires jouiront du même droit durant l’espace de dix ans après la mort des auteurs.
- Hâtons-nous de dire que ce dernier délai a été étendu à vingt ans pour les enfants des écrivains, par le décret du 5 février 1810, art. 39 et 40 Enfin le droit des auteurs fut solennellement proclamé dans la constitution du 5 fructidor an 111 (22 août 1795) (2). L’art. 357 s’exprime ainsi: La loi doit pourvoir à la récompense des inventeurs ou au maintien de la propriété exclusive de leurs découvertes ou de leurs productions.
- Ce mouvement une fois imprimé , ces droits une fois reconnus, tous les gouvernements qui se succédèrent laissèrent des actes qui témoignaient de leur sollicitude pour les auteurs, et cependant il n’y a pas de législation aussi incomplète, aussi vicieuse peut-être que celle-là.
- Le décret du 18 mars 1806 forme , avec la loi de 1793, le code des artistes et des créateurs de nouvelles formes industrielles. Ce décret relatif à l’organisation d’un conseil de prud’hommes dans la ville de Lyon, consacre la section 3, de l’art. 14 à l’art. 19, aux dispositions relatives à la conservation de la propriété des dessins. L’art. 15 prescrit le dépôt d’un échantillon aux archives du conseil des prud’hommes , et l’art. 18 enjoint au déposant de faire une déclaration sur la durée du droit qu’il entend se réserver. Celte durée peut être perpétuelle ou limitée seulement à trois ou cinq ans, à la volonté du déposant.
- C’est en présentant cette loi que M. Regnaudde Saint-Jean-d’Angely disait : « Cette loi laisse aux conceptions
- (1) Voyez le Moniteur du 21 juillet 1793, page 868.
- (2) Voyez Carette, Lois annotées.
- O) Voyez le Moniteur du 18 janvier.nsi.
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- «les hommes (le l'art, à l’activité de leur imagination qui doit être mobile comme la mode , variée comme ie caprice et pourtant sage comme le calcul, toute la liberté qui leur est nécessaire dans la fabrication de tant d’étoffes dont le bon goût et le perfectionnement rendent les nations voisines tributaires de nos fabriques (lu »
- Le 29 août 1825 fut rendue une ordonnance royale permettant le dépôt des dessins de fabrique au greffe du tribunal de commerce ou au greffe du tribunal de première instance.
- Cette ordonnance fut critiquée ; des prévenus de contrefaçon lui firent, au pied de la justice, le reproche d’inconstitutionnalité ; ils soutenaient que la disposition qu’elle avait prise ne pouvait émaner que du pouvoir législatif ; mais les tribunaux la respectèrent (2).
- La jurisprudence étendit successivement l’application du décret du 18 mars 1806 à toute la France (3) et l’appliqua à toutes les créations industrielles qui ne rentraient pas dans celles pour lesquelles la législation permettait de prendre un brevet d'invention (4).
- Cet état de choses , quelque irrégulier, quelque fâcheux qu'il soit, est cependant préférable à certaines législations étrangères. En Angleterre, par exemple, les propriétaires de dessins pour châles, rubans, soieries, satin, etc., etc., n’ont qu’une jouissance d’une année , et ce délai se trouve encore réduit à trois mois pour les dessins sur fil, coton, calicot, mousseline, crin, etc. (5).
- L’état actuel de la législation est donc celui-ci :
- La loi du 19 juillet 1793 régit toutes les productions artistiques.
- La loi du 18 mars 1806, s’applique aux productions industrielles, désignées sous le nom de dessins de fabri-que.
- Aucune loi ne s’occupe des modèles de fabrique.
- Une jurisprudence bienfaisante leur applique, tantôt la loi de 1793, tantôt celle de 1806, tantôt enfin le principe de l’art. 1382 du code civil, qui oblige
- (O Voyez le moniteur des 9 et 19 mars 1806.
- (2) Dalloz, 34-2—77. Cour d’app. de Paris, arrêt du 26 décembre 1833.
- (3t Devi’.ieneuve et Carettc, 36—2—135. Cour d’app. de Paris, arrêt du 2!) décembre 1S35.
- (4) Devilieneuve et Carotte, 37—2—2S6. Cour d’app^de Paris, arrêt, 24 mai 1857.
- (5 > ÎJ est vrai que sur la présentation du bill de M. Emerson en i842, une enquête fut faite , et les dépositions furent favorables pour l’extension de ces derniers délais.
- de réparer le dommage qu’on a causé à autrui. Ajoutons à cela les dispositions générales du code pénal réprimant la contrefaçon , art. 425 et suivants.
- Des projets de lois sur la propriété artistique et les dessins et modèles de fabrique, ont été, il est vrai, à trois reprises différentes, les uns élaborés, les autres préparés et discutés.
- Le 20 novembre 1825, une décision royale nommait une commission ayant pout but de rechercher et de préciser les améliorations, dont peut être susceptible la législation sur la propriété littéraire. Cette commission , présidée par M. de Larochefoucaud , composée de membres de la chambre des pairs, de la chambre des députés, du conseil d’État, de l’Institut et de la Comédie française , avait consacré la vingtième question de son travail à la propriété des productions des arts.
- Après dix-huit séances, la commission rédigea un projet de loi, auquel le gouvernement ne crut devoir donner alors aucune suite (1).
- Après la révolution de 1830 ces travaux furent repris.
- Le 22 octobre 1836 une commission fut nommée par un arrêté du ministre pour rédiger un projet de loi sur la propriété d'art, de science et de lettres. M. le comte de Sègur, président de la commission , fit son rapport (2). Le litre 3 de ce projet de loi étaitconsacré au droit sur les produits des arts du dessin. Le 18 janvier 1841 ce projet fut présenté à la chambre des députés (3). M. de Lamartine en fit le rapport à la séance du 13 mars (4); le projet de loi fut rejeté après une longue discussion dans la séance du 2 avril, à la majorité de 154 voix contre 108 (5). Qu’a-t-il donc manqué à ce projet de loi? Assurément ce ne sont pas les hommes de génie et les savants. Le rapport de M. de Lamartine est tout à la fois l’œuvre d’un penseur et d’un artiste, et les hommes les plus compétents sur cette matière ont pris part à la discussion. Ce qui s’est opposé à la conversion en loi de ce projet, c’est, il faut bien le dire, l’absence d’un principe fondamental, d’une base solide. Ce projet n’avait de la loi que la forme. Corps
- (i Collection des procès-verbaux de la corn-mission de la propriété littéraire, imprimée en 1826 , chez Pillet aîné. Paris.
- (2) Voyez le Moniteur. 1837, 28 mars-page 675.
- (3) Idem du 19 janvier 1841.
- (4) Idem du 24.
- 15) Idem du 3.
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- sans âme, matière inanimée, le souffle •le l’esprit philosophique ne l’avait pas vivifié. On discutait, en effet, la propriété intellectuelle, et celte propriété n’était pas définie, elle était inconnue, sa nature et ses caractères n'étaient pas déterminés.
- Le vote de la loi de 1844 sur les brevets d’invention fit oublier la stérilité de ces travaux préparatoires. Le gouvernement de Louis-Philippe, vivement préoccupé des intérêts des artistes et des industriels, fit préparer un Projet de loi sur les modèles et dessins de fabrique.
- Après avoir subi l’épreuve d’une longue discussion à la chambre des pairs , dans le mois de février 1845, ce projet amendé fut présenté à la chambre des députés , le 17 février 1847. La discussion ne put s’engager celte année , et l’année suivante il était trop tard. Nous •'examinerons pas ici les dispositions de ce projet (2).
- Notre législation, comme le faisait remarquer avec raison M. Victor Hugo, dans la discussion à la chambre des Pairs , est donc encore vague, obscure, incomplète, plutôt formée de jurisprudence et d’extension que composée de textes directs émanés du législateur (1).
- C’est cependant à ces dessins, à ces Riodèles que se rattache la plus précieuse industrie de la France. C’est le goût, disait Necker, qui fait triompher les Français dans tous les ouvrages d’industrie, et leur permet de vendre bien cher une sorte de convenance spirituelle et fugitive qui ne tient ni au travail ni au nombre des hommes, et gui devient pour la France le plus adroit de tous les commerces (5).
- Quels puissants intérêts sont ainsi chaque jour abandonnés aux incertitudes des décisions judiciaires ! Le temps n’est-il donc pas arrivé d’y mettre un terme ? Notre industrie est une des plus belles gloires de la France. Une législation généreuse sera toujours ta première source de sa prospèrté. Pour s’en convaincre , que l’on jette un c°up d’œil sur l’industrie lyonnaise ; ne demeure-t-on pas émerveillé de ses favissantes productions , surpris de la ^ariété et de la nouveauté de ses produits? En 1818, cette industrie a trouvé Je secret de la fabrication du crêpe de Lhine, et du taffetas diaphane en 1825.
- CO Voir notre chapitre l«.
- ,C2) Voyez Moniteur, 15 janvier 1846,1« sup-
- P'enaent.
- (S) Necker, JÜloge de Colbert.
- Ne voit-on pas aujourd’hui l’art du gra veur transporté sur le métier ? Ces magnifiques tentures en satin , ornées de bordures en arabesques ombrées et en couleur d’or, ne sont-elles pas le sujet constant de notre admiration (1) ?
- La première protection , la plus efficace pour l’industrie . c’est de donner, comme disait M. Vivien, au propriétaire des modèles ou du dessin , à celui qui l’a commandé et payé de ses deniers , une jouissance exclusive , assez longue pour le couvrir de ses dépenses. En lui conférant ce privilège, la loi ne fait qu’acquitter une dette (2).
- Assurément les arts et l’industrie ne peuvent prospérer au milieu des agitations et des boulversements politiques; mais il faut reconnaître que la paix, le calme de la vie ne suffisent pas à leur développement.
- Aussi dans les dernières annéesde paix que nous avons eues, tous les gouvernements voulurent protéger les artistes et les industriels, en s’occupant de fixer leurs droits. Ainsi , par exemple :
- En Russie ( loi du 25 mars 1846).
- En Espagne ( loi du 10 juin 1847).
- Dans la confédération germanique (résolution de la diète du 9 mars 1837), les droits des artistes furent protégés.
- En Angleterre, un comité fut chargé, dans les premiers mois de 1810, d’examiner spécialement les droits des auteurs des dessins de fabrique, et on procéda sur ce sujet à une volomi-neuse enquête.
- Le Wurtemberg même, où la contrefaçon avait toujours trouvé une hospitalité si généreuse et si lucrative, ne put résister à cet élan général : il se soumit de bonne grâce aux principes admis par la confédération. Des traités furent même conclus entre différents états ; la France et la Sardaigne (convention, 22 avril 1846), la Prusse et la Sardaigne, l’Autriche et la Sardaigne, l’Angleterre et la Prusse, formèrent une nouvelle ligue contre leur ennemi commun, la contrefaçon.
- En effet* l’esprit de notre siècle est là.
- On ne se bat plus pour la défense de telles ou telles idées religieuses. On ne s’associe plus seulement pour maintenir tel roi, ou renverser telle ré-
- (1) Rapport, à l’Académie des sciences morales ei politiques, de M. Blanqui sur la situation des classes ouvrières en 1848 à Lyon et & Saint-Etienne.
- (2) Mémoire de M. Vivien , lu à l’Académie des sciences morales et politiques, à la séance du 26 septembre 1846.
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- publique. Les pleuples font cause commune pour garantir les droits de la pensée, protéger les richesses de l’industrie.
- L’industrie a aussi son équilibre européen.
- Cependant il est digne de remarque que le seul document de notre législation industrielle relativement aux droits des créateurs de formes nouvelles, est l’oeuvre d’un gouvernement qui était loin de puiser sa gloire dans les découvertes de l’industrie et ses trésors dans les produits des inventions nouvelles.
- Mais l’empereur, au milieu de ses innombrables travaux, de ses préoccupations sans cesse renaissantes, des soins de l’organisation d’un vaste empire, des inquiétudes des combats, des enivrements de la victoire, enrichissait la France de sages et fortes institutions. Il savait d’une main habile, combiner entre eux tous les fils secrets qui conduisent à la prospérité publique; il savait agir.
- Aujourd'hui la France est devenue industrielle. Ses forces, son génie, ses richesses dirigés vers cette mine inépuisable, l’industrie, ont en quelques années changé nos habitudes, augmenté le bien être généra), imprimé une direction nouvelle aux travaux de l’esprit et fait naître des intérêts divers, opposés et multipliés à l’infini ; le fait est là et la France attend encore sa législation.
- Espérons que le projet de loi sur cette matière sera bientôt repris et que
- le chef du gouvernement lui prêtera son concours (1).
- Les paroles suivantes, prononcées par le président de la République à la distribution des récompenses de l’industrie, le 11 novembre dernier, sont un gage de réforme prochaine, nous l’acceptons avec bonheur. « Le degré de civilisation d’un pays, a dit M. le président de la République, se révèle par le progrès de l’industrie comme par ceux des sciences etdesarts. L’exposition dernière doit nous rendre fiers ; elle conslate à la fois l’état de nos connaissances et l’état de notre société; plus nous avançons, plus ainsi que l’annonçait l’empereur, les métiers deviennent des arts, et plus le luxe lui-même devient un objet d’utilité, une condition nécessaire de notre existence (2). »
- Sommaire de la partie législative et judiciaire de ce numéro.
- LÉGiSLATroN, = Loi sur les coalitions. = Caisse de retraite pour les employés; calculs qui servent de base au projet de M. Latry. = Des œuvres artistiques, des modèles et dessins de fabrique.
- (î) Déjà il a envoyé en Italie M. Ancelot, membre de l’Académie française , avec la mission de rechercher les moyens propres à rendra plus efficaces les conventions destinées à protéger la propriété littéraire-(2) Voy. le Moniteur du 12 novembre 1849.
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- BREVETS ET PATENTES.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau «('Irlande , du 17 novembre 1849 au 27 décembre 1849.
- 21 novembre. H. Knight. Appareil à imprimer,
- emboutir, presser et percer.
- 22 novembre. P-A.-L. Fontainemoreau. Per-
- fectionnements dans le tissage ^importation ;.
- 24 novembre. A. Barlow. Perfectionnement dans le tissage.
- •‘S novembre. J. Mac-Neill. Perfectionnement dans les locomotives et la construction des chemins de fer.
- -6 novembre. J. Combe. Machine à peigner, carder, renvider et lisser le lin, le colon , la soie et autres matières fila-
- menteuses.
- 4 décembre. C. Cowper. Mode de fabrication du sucre ( importation ).
- 4 décembre. C.-W. Finzel. Machines et procédés pour la fabrication du sucre.
- il décembre. G. Simpson. Appareils émouvoir les fardeaux.
- U décembre. W. Buckwell. Appareil à comprimer et solidilier le combustible.
- 15 décembre. R. Oxland. Fabrication du sucre.
- 15 décembre. R. Urwin. Machine à vapeur applicable aux pompes.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau d’ÉcossE, du 20 novembre 1849 au 20 décembre 1849.
- 26 novembre. J. Jordan. Construction des vaisseaux.
- 29 novembre. W.-G. Taylor. Machine à faire la charpie.
- 3° novembre. G. Buchanan. Robinets, soupapes, arrêts flexibles pour régler l’ecoulement des liquides.
- 3° novembre. W.-E. Newton. Polies, fourneaux et mode de chauffage (importation ).
- * décembre. Ch Slorey. Appareil à coudre la broderie, etc.
- 7 décembre. T. Worsdell. Fabrication des enveloppes de lettres.
- 10 décembre. J. Macintosh Fourneaux à ap-
- pareils à générer la force et régler l'écoulement des liquides.
- 11 décembre P.Fai'bairnelJ. Hetherington.
- Machine à préparer et filer le lin et et autres matières filamenteuses.
- 20 décembre. E.-L. Berthon. Appareils pour mesurer la vitesse des navires , des courants, etc.
- 20 décembre. J. Smith. Traitement à dos des toisons.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau d’Angleterre, du 26 novembre 1849 au 19 décembre 1849.
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- 3
- 3
- novembre. C. Barlow. Fabrication d’une matière colorante ( importation ). novembre. L.-JV. Legras. Séparation et désinfection des matières fecales et fabrication des engrais, décembre. W. Crum. Apprêt des tissus, décembre. C. Montgomery. Mode de fabrication de la bière, de distillation et de rectification.
- 3 décembre. W. et H. Ecctes. Machine à préparer, filer et tisser le coton et autres matières filamenteuses.
- 3 décembre. J Paradis. Matelas et coussins élastiques.
- 3 décembre. C. Buchanan. Robinets , soupapes, arôts flexibles pour régler l’écoulement des fluides.
- 3 décembre. J.-V. Yaucher de Slrubing, Bottes d'essieux et alliage pour cet objet.
- 3 décembre. G.-E. Donislrope. Roues de locomotives.
- 3 décembre. P. Fairbairn et J. Hethering-
- ton. Machine à préparer et filer le lin et autres matières filamenteuses.
- 5 décembre. S. Fischer. Perfectionnements dans le matériel des chemins de fer.
- 5 décembre. E. Carter. Mode d’impression des calicots et autres tissus.
- 10 décembre. J. et G. Davies. Perfectionnement dans les machines à vapeur, à air, à eau, etc.
- 10 décembre. J.-B. Ecarnot. Fabrication des acides sulfurique, sulfureux, acétique, oxalique et des nitrates.
- 10 décembre D. Christie. Machine à préparer, doubler, relordre, filer et tisser le coton , la laine et autres matières filamenteuses ( importation).
- 10 décembre. J.-fl Christie. Fabrication de roues en fer forgé (importation).
- 40 décembre. T. Grimsley. Fabrication des briques et tuiles.
- 10 décembre. L. Lo Pesti. Nouvelles presses hydrauliques.
- 10 décembre. W. Holt. Construction des pa-
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- lettes ou soupapes des sommiers, des orgues, accordéons, etc.
- 12 décembre. J.-H. Jenkinson et T. Pristley. Machines à préparer, filer et doubler le coton, la laine, le lin, la soie et et autres matières filamenteuses
- 12 décembre. W. Birkmyre. Fabrication et raffinage de sucre.
- 15 décembre. JR. Harcourt. Boutons de por" tes, etc.
- 15 décembre. J. Oldknow. Fabrication de la dentelle.
- 15 décembre. //. Roberts. Fabrication des briques et tuiles.
- 15 décembre. G. Wylhes. Appareils pour recevoir et retenir les rails de chemins de fer.
- 15 décembre. A Dation. Fourneau à réverbère et autres.
- 15 décembre. C. Cowper. Instrument pour mesurer, indiquer et régler la pression de l’air, de la vapeur, etc. ( importation ).
- 15 décembre. C. Lizars. Mesureurs à gaz (importation).
- 15 décembre. T.-R. Schuie. Filature, doublage et fabrication des organsins.
- 15 décembre. T. et J.-W. Hackworth. Nouvelles locomotives.
- 15 décembre- B. Fawcetl. Matières colorantes, couleurs et véhicules.
- 15 décembre. l.-L. Pulvermacher. Batteries électriques pour télégraphes électriques.
- 15 décembre. R. Hobson. Fabrication des fers à cheval.
- 19 décembre. E.-L. Berthon. Appareils pour indiquer la vitesse des navires et des courants.
- 19 décembre. J. Smith. Traitement à dos des toisons.
- 19 décembre. W. Ackroyd. Apprêt des objets de bonneterie (importation).
- 19 décembre. W. De la Rue. Fabrication des enveloppes de lettres.
- 19 décembre. F.-H. Thompson. Nouveaux encriers et autres vases.
- 19 décembre. H.-F. Talbot et T--A. Malone. Perfectionnements dans la photographie.
- 19 décembre. J. Whilworth. Machine à découper les métaux.
- 19 décembre. F.-G. Spray. Machine à vapeur perfectionnée , et mode de régler l’écoulement des fluides.
- Patentes américaine. récentes.
- J.-J. Baranowski. Perfectionnements I dans les machines à calculer.
- B. -H- Lalrobe. Fabrication de rails composés pour les chemins de fer.
- E.-J. Stearns. Aiguille de chemin de fer fonctionnant seule.
- A.-S. Lyman et M -W. Baldwin. Perfectionnement dans les plumes métalliques et à réservoir d’encre.
- M.-M. Cass. Arme à feu se chargeant et s’amorçant seule.
- J.-R. Brooklyn. Fabrication du plomb en feuilles.
- M. Smith. Perfectionnementdans la coutellerie de table.
- T. Lyle. Machine à doubler et retordre les fils.
- C. -J. Richards. Machines à cylindres pour fabriquer les clous.
- S. Rodman, Nouvelles lampes.
- T.-D. Jackson. Alliages pour métaux en feuilles.
- W. Fink. Machines à scier et débiter les bois.
- L.-J. Cohen. Fabrication des pastels et des crayons.
- B. Bowmon et A.-K. Kauffman. Appareil pour l’emballage des farines.
- J.-H. Hecker. Appareil à soutirer et mesurer les liquides.
- W. Grant. Machine à faire des tête* prismatiques de boulons.
- D.-JU. Smith. Moyens pour conserver à la trempe la forme des ressorts en acier.
- J.-J. Wise. Perfectionnements dans le® pianos.
- N. Watermarx. Mode de construction des appareils de ventilation.
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- Le Teclmoloqiste. PL 125.
- Dulos sc.
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- LE TECHNOLOGISTE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Nouveau procédé d'électrotypie.
- Par M. D. Jones.
- Parmi toutes les applications du "uide électrique aux beaux-arts, il n’y 6,1 a aucune qui ait eu plus de succès ÎUe la copie des légendes, des exergues et des gravures déjà exécutées, et tout p°rte à croire qu’on réussira de même ^Utiliser la même force pour la promotion de gravures originales. Les Moyens mis en usage jusqu’à présent Pour produire des gravures par le se-^otirsde l’électricité voltaïque sont tous, j exception de celui de M. E. Palmer, J^s-imparfaits. Mais voici un procédé Pr°,pre à donner des èleclrotypes que je Cr°is nouveau, très-facile à exécuter, d’ailleurs fort simple, attendu que es, légendes, les lettres, les dessins Mü on veut graver n’ont plus besoin être renversées comme dans les autres Procédés, ce qui n’est pas sans impor-ance, en même temps que l’exécution, °Us le rapport de la beauté et de la fi-r.esse, peut rivaliser avec celle du bu-!" du graveur. De cette manière, on li r*ent, des dessins ou des lettres en re-j eb qu’on soumet à l’impression comme . s vignettes sur bois ou les caractères ^graphiques.
- VrUn prend une planche polie de cui-Co ’ uton couvre uniformément d’une üche de composition faite avec une
- Technologiste. T, XI.—Mars 1850.
- partie en poids de cire blanche, deux d’axonge et une de noir de lampe. Pour appliquer cette composition, il faut la broyer avec un peu d’huile, la faire fondre et la verser sur la planche qu’on tient dans une position parfaitement horizontale. Lorsque le mélange est froid, on grave le dessin à sa surface, en creusant jusqu’au point de découvrir le cuivre, mais sans entamer celui-ci. Tous les outils du graveur peuvent être employés dans ce travail ; mais plus ils sont tranchants et pointus, plus il faut mettre de soin pour ne pas attaquer le métal.
- Lorsque le travail de la gravure est terminé, on recouvre la surface de l’enduit ou vernis d’une matière conductrice pour que le cuivre puisse se déposer, et la meilleure de toutes est le graphite enj poudre. Après l’avoir répandu à la surface, on l’enlève avec un pinceau doux de poil de chameau, et on souffle pour entraîner toutes les particules qui ne sont pas adhérentes.
- Qn a élevé de graves objections contre ce moyen mécanique pour donner aux substances une couche de matière conductrice ; car quand il s’agit de gravures très-délicates, il est impossible de couvrir la surface des tailles bien également, quand l’opération est faite, de nettoyer les lignes les plus fines sans y produire des avaries, sans compter la difficulté de faire adhérer la plombagine à certaines substances. Cette difficulté a
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- été levée par la découverte de M. Spencer, de Liverpool, qui donne aux corps un enduit chimique d'une ténuité telle, quoique fortement conducteur, que les lignes les plus délicates n’en sont en aucune façon altérées, tandis que la surface en est bien uniformément recouverte.
- Ce moyen consiste à plonger la substance qu’on veut enduire dans une solution faible d’azotate d’argent, puis à exposer quelques instants à la vapeur d’une solution alcoolique de phosphore, ce qui désoxide la pellicule mince de solution qui adhère à la gravure et la réduit à l’état métallique par l’action chimique des vapeurs du phosphore.
- Peut-être ferait-on mieux d’argenter par ce moyen la surface de la planche avant de commencer à graver, car on évitera ainsi les chances de voir des matières étrangères remplir les tailles.
- Après avoir été enduite et métallisée comme on vient de le dire, la planche est vernie sur le dos et les côtés pour que le cuivre ne se dépose que sur la face gravée. Elle est alors prête à être électrolypée.
- L’appareil pour cet objet doit être des plus simples. On se procure une boîte carrée en bois, partagée dans le milieu par une cloison en bois poreux, mais ajustée dans cette boîte d’une manière parfaitement étanche, autrement l’opération échouerait. Au-dessus de chacune des cellules formées par celle cloison, on fixe horizontalement un petit barreau de fer, et c’est à l'un de ceux-ci qu’est suspendue perpendiculairement la planche de cuivre dans la cellule au moyen d'un fil métallique verni et soudé au centre de la face opposée à la gravure. A l’autre barreau est suspendue de même une plaque de zinc de même dimension que la planche de cuivre, mais sans vernis sur elle ou sur le fil métallique.
- On a présenté dans la fig. S, pl. 126, un appareil de ce genre légèrement modifié et auquel on a ajouté l’aimant rotatif de Ritchie, qui. en interrompant et rétablissant continuellement le contact entre les deux plaques, provoque un dépôt plus régulier et plus rapide. On se servira avec avantage de cet aimant pour produire de grandes gravures quand on voudra ménager le temps et avoir des tailles qui ne soient pas très-délicates ; mais pour de petits sujets qui exigent un fini précieux, la boîte seule, sans aimant, sera préférable.
- A est un aimant en acier avec armature B en fer doux et enveloppée par les tours d'un fil de cuivre fin et isolé.
- Cette armature est suspendue sur un pivot délié qui s’élève au centre de la coupe sur la tablette de bois qui passe par les pôles de l’aimant et cet aimant lui-même est maintenu dans une position verticale par une vis qui le serre sur une oreille fixe de bois établie sur la cloison E.C,C sont les deux barreaux en fer placés sur les cellules, présentant chacun à son centre une vis de contact d’où partent d’un côté les fijs de communication qui viennent aboutir dans le mercure de la coupe etde l’autre les fils qui servent à la suspension des plaques. La coupe est partagée au milieu par une cloison dont la hauteur est réglée pour que les extrémités du fil qui plongent dans le mercure passent par-dessus les bords sans la toucher tandis que le mercure, par la répulsion qui existe entre lui et le bois, se partage en deux masses dont chacune au milieu est plus élevée que la cloison.
- Aussitôt qu’on établit la communication entre les plaques en plongeant chacun des fils dans chacune des cellules de la coupe, en ayant soin que les deux fils perpendiculairesqui terminent celui enroulé en spiralé plongent aussi chacun dans l’une des cellules, alors l’armature tourne aussitôt en interrompant et rétablissant régulièrement Ie contact entre les plaques, mouvement dont la rapidité dépend de la quantité d’électricité qui s’écoulera par les fils-
- Dans la cellule qui renferme la planche de cuivre, on verse une solution de sulfate de cuivre jusqu’à ce que la planche soit immergée, et on rempli l’autre cellule avec de l’eau légèrement aiguisée d’acide sulfurique.
- Maintenant, si l’on établit un contact métallique entre les deux barreau* transverses C, C, ii se développe une action électrique qui prend naissant sur le zinc, et passe par les conducteurs métalliques sur la planche de cuivre où du cuivre métallique en®' prunlé à la solution se dépose sur 1? surface argentée. L’opération dure a peu près quinze jours, au bout desquels on observe que le cuivre voltaïque a acquis une épaisseur suffisante ppü* être séparé de la gravure. En cet éta on le fixe sur un bloc de bois pour 1^ donner la hauteur nécessaire à l’1**1' pression.
- Les cellules ont besoin d’être alimen.' tées de temps à autre en matériaux, mesure que l’opération fait des pro£r*\ pour remplacer ceux consommés, dans aucune occasion il ne faut la'sS la solution de cuivre s'affaiblir; c l'acide sulfurique qui devient libre s
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- ait, après un certain temps, assez Puissant pour redissoudre le cuivre dé-Puse sur la gravure. II faut aussi exa-Hier quelquefois cette gravure pour air si le cuivre se dépose régulière-ent. Lorsque l’action électrique est *|op intense, le cuivre se dépose trop 'te et trop gros pour remplir les traits lus du dessin, et en outre il est aussi Cassantquedu verre: casauquel on verse uu peud’eau dans lacellule au zinc pour diminuer son énergie. D'un autre côté, orsque l’opération marche avec trop ae lenteur, le métal est aussi cassant jPie lorsqu’il s’est déposé trop vite, j^is les lignes fines peuvent y être par» alternent remplies, ce qui n’a pas lieu. Qajis l’autre cas.
- ‘I paraît donc qu’il y a une marche "toyenne que l’expérience seule peut useigner, où le dépôt s’exerce dans e,s circonstances les plus favorables, et U le cuivre obtenu est bien supérieur , ce métal dans son état ordinaire, c’est-'dire où il semble propre d'une ma-•ere toute spéciale à supporter la pres-•°n de la presse typographique.
- Batterie électrique simple.
- Par M. le docteur H. Reinsch.
- Jusqu’à présent on s’est servi, pour ui°nter les batteries de platine et zinc 0 acide azotique dans le vase au platine d’acide sulfurique dans celle au zinc. V'iclque énergique que soit l’action ®‘ecirique de cette combinaison, elle Piésente un grand désavantage ; c’est ^"’après avoir été de 5 à 8 heures en ^tivité, le zinc se recouvre d’une cou-J”.e de petits cristaux de sulfate de ce Juctal qui interrompent le courant élec-r,lUe et font cesser l’action. Aussi ces jîPpareils ne sont-ils pas commodes ans la dorure, l’argenture, etc., sans ctupter qu’ils sont dispendieux. Sous Sn raPPorl’ 'es cylindres de charbon t n.1 bien plus avantageux, quoique j rs d’un prix assez élevé, très-su-s a se briser, et dépensant une grande a îiruuè d’acide azotique. Au lieu de indres en coke, on peut, avec autant succès, se servir de poudre de coke - °ss'crement concassée. De cette ma-
- i»ièr
- (j, e>il n’est plus nécessaire d’em, loyer Can ou ^es vases d’une grande desaCUè’ ^es vasesoccupent alors moins cj^Pace, ils consomment moins d’a-pe e azotique, et leur action le cède u a celle des vases de plus grandes
- dimensions. Du reste , ces rapports ne paraissent pas avoir encore été suffisamment étudiés, et on calcule toujours d'après la surface du métal excitateur, quoiqu’il semble qu’il doive y avoir bien d’autres conditions à prendre en considération.
- Voici quelle est la disposition de celte batterie : On prend un vase en terre pouvant contenir de 50 à 60 grammes d’eau et on y introduit un petit morceau de coke. Dans ce morceau de coke, on perce un trou au moyen d’une râpe, dite queue de rat, d'un diamètre de 12 à 13 millimètres. Autour de ce morceau de coke on verse du coke concassé et délivré par le tamisage de la poudre fine produite par le concassage, et on humecte ce coke avec de l’eau régale dont il faut environ 30 grammes. Dans la cavité pratiquée dans le morceau de coke, on insère une tige de fer limée à blanc qu’il faut y enfoncer aussi profondément qu’il est possible et qu’on serre fortement par le haut avec un fil de cuivre qui à l’autre bout forme une anse. Sur le cylindre en zinc, qui consiste comme à l’ordinaire en une feuille dezinc amalgamé, on soude une lame de cuivre sur laquelle on applique avec pression le fil de cuivre du vase au coke le plus voisin.
- Trois éléments de cette espèce suffisent pour produire un courant qui décompose l’eau avec une telle énergie qu’il y a, aux deux fils polaires, une sorte d’ébullition due au dégagement rapide du gaz. Deux couples ainsi établis sont necessaires pour la dorure et l’argenture. Dès qu’on n’a plus besoin du courant, on enlève le vase rempli de poudre de coke de la dissolution salée, et on le dépose dans un verre bien sec, dont le bord a été dépoli et qu’on recouvre avec une plaque en verre. Ces éléments peuvent rester en activité permanente pendant huit jours en conservant à fort peu près toute leur énergie. Enfin, lorsque la force de l’acide azotique est épuisée , on lave la poudre de coke et le morceau de cette substance avec de l’eau, on fait sécher, et ces mômes matériaux peuvent resservir pendant des années entières, attendu qu’ils ne sont pas attaqués par l’acide azotique.
- Le cuivre, tant à l’état doré qu’à l’état platiné, n’est pas propre à établir les communications, pareequ’il ne larde pas à être attaqué. Le fer est à peine entamé, seulement il faut avoir la précaution de mettre le vase qui renferme le charbon en communication immé-
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- diate avec le vase au zinc qui suit, et quand on démonte l’appareil, de laver aussitôt la tige de fer avec de l’eau et de la faire sécher. Ces tiges peuvent durer plusieurs mois sans qu’on y remarque une perte sensible de matière. Les éléments ainsi montés peuvent être employés dans les appareils électro-magnétiques simples.
- La commodité, la facilité que présentent ces éléments dans les recherches électriques fournira sans doute les moyens d’étudier avec plus d’étendue cette partie intéressante des sciences physiques, et permettra peut-être par la suite la solution de l’important problème de l’emploi de l’électricité comme force motrice dans les machines.
- Préparation d'un alliage dense d'argent et de cuivre pour l'orfèvrerie.
- M. Biickmann a annoncé à la Société industrielle de Hanovre que quand on faisant fondre ensemble de l’argent fin et du cuivre également fin , il arrivait fort souventque l’argent à 750 millièmes qu'on préparait de cette manière, malgré les soins minutieux qu’on apportait à la fonte et à la coulée, ne venait pas dense et présentait un nombre plus ou moins considérable de soufflures au point que le travail de cet alliage, tout ductile qu’il fût, était impossible. Après des tentatives multipliées, il est parvenu à surmonter cette difficulté en ajoutant une petite quantité de zinc, dans l’espoir que ce métal, qui par suite dessoudures dans le travail de l’argent se rencontre toujours eu faible proportion, donnerait un caractère plus fluide à la masse, et par conséquent ferait dis-paraîlre ses soufflures.Cetespoir s’estré-alisé et l’addition de 2 grammes de zinc par marc (250 grammes) d’argent ou de l/25e a non-seulement fait disparaître ces soufflures, mais la malléabilité de l’alliage n’a rien laissé à désirer. On a fait remarquer à ce sujet que le cuivre pur présentait aussi souvent à la coulée ce caractère poreux qui le rendait impropre à s’étendre sous le marteau et au laminage, et qu’une légère addition de zinc ou de plomb lui enlevait ce défaut et donnait des fontes au titre de 750 plus denses et plus propres au travail.
- Extraction et préparation de la matière colorante de Vorseille.
- Par M. A. Garnier.
- Suivant le mode actuel d’extraction de la matière colorante de l’orseille, on commence par briser les lichens et on les place dans des cuves contenant de l’eau, à laquelle on ajoute des alcalis pour déterminer l’élimination de celte matière colorante. Là ces lichens sont abandonnés pendant plusieurs mois jusqu’à ce qu’ils prennent la consistance d’une pâte qui, indépendamment de l’extrait tinctorial, contient encore des fibres ligneuses, des gommes-re-sines, de la chlorophylle et d’autres substances secondaires.
- Dans le procédé nouveau , on sépare la matière tinctoriale des autres ma" tières étrangères avant d’opérer sur elle par des agents chimiques. A cy effet on broie les lichens à sec, pu,s on les lave, on les fait bouillir et °n les distille pour obtenir une décoctio*1 qu’on filtre pour en séparer les ma" tières étrangères. En cet état on ajoute au liquide du deulochlorure d’étn|° qui donne un précipité, puis apreS avoir décanté la liqueur surnageante* ce précipité est repris pour en extrade la matière colorante par l’applicab011 des agents chimiques connus.
- Couverte aventurine pour la pof' celaine.
- Par M. A. Wachter.
- L’éclat et les reflets dorés qu’on °b' serve dans le verre aventurine pr*j' viennent, d’après les recherches a M. Wohler, d’une élimination crisl*1' line de cuivre métallique au sein d’u** masse vitreuse, colorée en brun par. l’oxide de fer. Dans le vernis aventurai sur porcelaine, une élimination cristaux d’oxide vertde chrome, au$e d’une masse de couverte brunâtre, re, fermant du fer, produit le même r
- sullat* • Ao la
- M. Wachter prépare son verras ae
- manière suivante :
- 31 parties de terre à porcelaine de H®^e’ bien léviguée et sèche.
- 43------de quartz. id.
- 14 ——* de gypse. id.
- 12 —« de débris de porcelaine.
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- On démêle dans 300 parties d’eau et Par des passages réitérés à travers des amis en toile , on obtient un mélange nyjne d’une grande finesse.
- Pans cette bouillie, on verse en g'tant constamment des dissolutions gueuses de
- Sur les propriétés hygrométriques de la laine, et sur les moyens d'obtenir la connaissance exacte de l'humidité qu'elle renferme.
- Par M. E. Macmeké.
- 19 parties de bichromate de potasse. lOO —(je sulfate de fer.
- -----d’acétate de plomb.
- Puis on y ajoute assez d’ammoniaque bquide pour précipiter complètement e. fer. Les sels de potasse et d’ammo-JUaque sont ensuite enlevés par des avagcs à l’eau bien pure et des décantations.
- Pans la bouillie ainsi préparée de Çrnis mélangé à des chromâtes de Plomb et de fer, on plonge les pièces en. biscuit comme à l'ordinaire , et on Cu!1 dans le four à porcelaine. Après la poisson , on trouve les pièces enduites -one couverte brunâtre qui, à la lu-fe'ère réfléchie , paraît remplie d’un Nombre considérable de petites pailles d’or.
- Brisée en morceaux, cette couverle Pésente, sous le microscope et à la Umière incidente, un verre limpide runàtre, dans lequel nagent un grand ombre de paillettes translucides, hexa-?°oales d’oxide de chrome, et d’autres jjolèes brunâtres qui sont peut-être de .Oxide de fer chromé. Quand on rendit avec lenteur cette couverte dans •our à porcelaine, on voit se séparer, J} s_ciri de la masse du vernis saluré j)°xide de fer (vernis qui est un sili— j,afe de potasse de chaux et d’alumine) 0*ide de chrome qui apparaît avec .ne couleur d’or sur le fond brunâtre U? Cetle masse. En mélangeant cever-v s oventurine avec partie égale de aenr"is à porcelaine incolore , on voit jP^s la cuisson que la masse vitreuse est plus brune , mais gris brun clair, ‘ flue les paillettes cristallines qui se réparées apparaissent à la lumière
- tell C^e aVeC *eUr cou*eur verte nalu“
- ( Suite. )
- V. Le procédé de M. Talabot et les appareils employés à Lyon pour le mettre en pratique ne laissent rien à désirer. Dès la première séance de la commission, à laquelle j’assistai, sans même connaître les détails du procédé Talabot, mais uniquement à l’annonce de l’emploi d’une température de 100°, qui en fait la base , je n’hésitai pas à émettre l’opinion qu’on devait s’en tenir à cette méthode et établir à Reims une condition semblable à celle de Lyon.
- Tout physicien tant soit peu exercé n’eût pas hésité davantage; les propriétés hygrométriques de la soie ou de la laine sont bien connues; leur extrême avidité pour l’eau ne permet pas d’espérer un instant d’en trouver la mesure par le procédé du paragraphe II, et déjà même en 1805 la science permettait d’indiquer à priori tous les inconvénients que l’expérience a démontrés, et dont j’ai résumé le tableau dans ce paragraphe.
- VI. Cependant la commission du séchage des laines, mal renseignée sans doute à cet égard .avait cru devoir faire des essais sur la laine par une méthode absolument identique.
- Je crois inutile d’insister sur les résultats obtenus ; ils ont été absolument les mêmes que pour la soie, et je pourrais vous répéter sur ce sujet mot à mot le paragraphe II; les mêmes inconvénients devaient se présenter pour la laine, et ils se sont présentés en effet.
- Les choses en étaient à ce point quand vous me fîtes l’honneur de me consulter. Permettez-moi, M. le maire, de vous répéter que j'exprimai de la manière la plus formelle mon opinion favorable à l'adoption du procédé Talabot, dès le premier jour.
- La commission, dans l’espoir de diminuer les dépenses considérables du premier établissement, m’invita à faire les expériences que je croirais convenables pour atteindre le but avec le plus d’économie possible. Tel fut le point de départ des recherches dont je vais maintenant vous exposer le résumé succinct.
- VII. La dessiccation d’une substance
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- quelconque ne peut être obtenue que de deux manières :
- 1° Par la chaleur. C’est-à dire en élevant la température au point de réduire l’eau en vapeur et de la forcera se dissiper toute entière.
- 2° Par les absorbants. C’est à-dire en exposant la substance à l’action des corps très-avides de l’humidité.
- VIII. 1° Action de la chaleur.
- Les substances humides placées dans l’atmosphère doivent, pour perdre leur eau , vaincre deux genres d'obstacles : la pression que l’air exerce par son poids sur toutes leurs surfaces et qui s'oppose énergiquement au développement de la vapeur, et l'influence de l’humidité déjà répandue dans l’atmosphère. Il est facile de concevoir que l’àir, ne pouvant contenir qu’un maximum d’eau en vapeur, prendra d’autant moins aisément l’humidité de la substance qu'il en contiendra lui même davantage.
- IX. Si la pression de l’air et son degré d’humidité restaient invariables, on p ourrait peut-être espérer d’obtenir à une température constante un degré de dessiccation toujours uniforme pour la laine et la soie ; mais la pression varie sans cesse et plusieurs fois en sens inverse dans un seul jour, et il en est de môme du degré d’humidité. Si au moins il était possible d’obtenir une mesure pratique et exacte de ces variations, le problème ne serait peut-être pas insoluble; mais nous ne pouvons en réalité pas connaître les changements de proportion de l’humidité. Le baromètre indique avec une grande précision les changements de pression, mais malgré tous les efforts des savants, il est aujourd’hui impossible de construire un hygromètre exact. Vous voyez, M. le maire, s’il y a quelque exagération à dire qu’il est impossible d’obtenir une dessiccation comparative et précise de la laine dans un séchoir où la température reste ordinaire (25 degrés au plus). Les expériences de Lyon ( paragr. II) et celles de Reims (VI), devaient, par cette raison, donner de mauvais résultats. Il faut ajouter d’ailleurs que la qualité de la laine , et même la méthode de lavage peuvent influer sur les facultés absorbantes, et il ne reste aucun doute sur l’impossibilité absolue de résoudre la question
- de séchage régulier d une basse température.
- X, Si l’on élève au contraire la chaleur au point de communiquer à la soie ou à la laine une température de plus de 100 degrés, 108 ou 110, par exemple, Veau se transforme en vapeur avec une force suffisante pour triompher des obstacles dont je viens de parler.
- A cet égard, les expériences de M. Talabot et l’usage déjà bien long de sa méthode ne laissent plus l’ombre d’un doute ; et je dois vous faire remarquer que la soie n’est pas seule à se conditionner exactement; la laine elle-même se dessèche promptement et sans difficulté. La commission de séchage , dans l’année 1847, demanda au directeur de la condition de Lyon , M. Gamot, de vouloir bien essayer les effets de l’appareil Talabot sur les échantillons de laine , et les résultats ont été les mômes que pour la soie.
- Je n’aurais donc pas eu à m’occuper de celle méthode si nous n’avions pa* trouvé l’occasion toute naturelle de constater avec un appareil destiné à d’autres essais (XVI ) que ta température ne doit pas être élevée à moins de 110°.
- XL Voici, en quelques mots, le® expériences que nous avons exécutées pour nous édifier sur ce point.
- Dans un appareil tout semblable a celui de M. Talabot, nous avons intro' duit de la vapeur sous la pression uni' que de l’atmosphère , c’est-à-dire à la température de 100 degrés seulement-l^a température dans l’intérieur de la cloche où la laine se tient suspendue n’a jamais pu dépasser ainsi le ternie de 93 degrés; presque toujours même cette température se maintenait très-près de 90 degrés seulement. La laine se dessèche avec lenteur, et le tableau suivant montre avec évidence que dan* la pratique on ne pourrait aucunement
- se contenter d’employer un degré de chaleur qui, maintenu très-longtemp8* ne conduirait pas encore à la sèch& absolue.
- Un échantillon (5 —13) qui s’étan réduit, à Lyon , au poids de 869sr,7® * mais qui avait repris 126gr,02 d’hum1' dité depuis celte époque, et pesait en conséquence 995gr,80, fut introduit dans l’appareil le 8 octobre 1849, et donna les résultats suivants :
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- LE 8 OCTOBRE. LE 9 OCTOBRE.
- Température TRMPERATURE
- heures. PERTE. HEURES. PERTE.
- de l’intérieur. de l'intérieur.
- gram.
- 12 3/4 ... . 8 1/2.... 88° 72
- grara.
- 1 1/4 . . . 89° 31 10 » 90 85
- 2 1/4. . . . 86 46 5 11 1/2 ... . 90 90
- 3 1/2 89 58 » 11/4.... 90 94
- 4 1/4. . . . 90 63 5 2 1/4.... 9l 95
- 5 » , . . * 90 67 » 3 ..... 85 97
- 91 71 » 4 1/2. . . . 90 98
- 7 1/4. . . . 90 75 » 5 » . . . . 86 100
- 8 1/2. . . . 0 77 5 6 3/4.... 91 103
- 9 1/4. . . . 90 80 > 8 ..... 90 104
- 10 1/4. . . . 90 83 » 8 3/4 90 105
- 10 3/4. . . . 90 85 » 9 1/2.... 90 106
- 10 1/12 . . . 90 107
- •!sa=
- >, Ainsi l’échantillon est resté dans ,aPpareil, le premier jour pendant JO heures, et le second pendant 14; en l<>ut 24 heures. Une chaleur de 90 déliés, pendant un temps aussi long, n’a hurlant pas, et à beaucoup près, a,1îené la perte de l’humidité totale ; sUr 126sr.02 l’échantillon n’a dégagé *lUe 107 grammes, et avec tant de Peine dans les dernières heures, qu’il ?Urait exigé sans doute encore deux {0Urs pour abandonner les I9*r‘02 qui >U| restaient ; cela même n’eût pas suffi. r“a consommation de vapeur est très-Pande : 91 litres d’eau le premier j^r, 144 |e deuxième, en tout 235 *J:rf? ; (A) ce qui revient à peu près à u kilog. de houille brûlée (1). üeux autres opérations nous ont
- onné les mêmes résultats, et il de-j. eurÇ évident qu’il est nécessaire de .jpruir à l’appareil une température de uo ou no» intérieurement.
- AU. L’action de la chaleur pourrait
- ^0 Pour exécuter ces expériences, on avait (Vv.1? une enveloppe extérieure à l’appareil leRo 'î.de Manière a former deux parois entre quelles pouvait circuler la vapeur.
- être appliquée d’une autre manière, et le procédé dont je vais vous entretenir est, à la rigueur, susceptible d’être rnis en pratique sans de bien grandes difficultés.
- A (tig. 2, pl. 126) est un grand cylindre de 0m,50 de hauteur et 0m,25 de largeur; à son ouverture supérieure est un rebord r r incliné en dedans et large de 0m,05. L’ouverture se ferme au moyen du couvercle C muni d’une tubulure de 0m,15 de hauteur. Dans le cylindre, on met de l’huile, et dans l’huile un kilogramme de la laine à essayer, puis on porte le tout à la température de 110°; l’eau, chauffée par le contact immédiat de I huile, se réduit en vapeur et se dégage bientôt. L’appareil ne contient plus que l’huile et la laine; toute l’humidité s’est dissipée. Supposons que l’appareil plein d’huile pèse 10 kilog., et qu’on y introduise 1 kilog. de laine ; le poids total avant l’expérience sera de 11 kilog.Si, après l’expérience, nous trouvons ce poids réduit à 10kil-,880, nous pourrons en conclure que là différence ou 0kil,120 donne le poids de l’humidité renfermée
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- dans notre échantillon. L’huile est, en effet, si peu volatile à la température de 110°, que l’eau se dégagerait seule et sans entraîner une portion notable de la matière grasse.
- Ce procédé présente quelques inconvénients : 1° il existe un poids considérable d’huile, et par conséquent une balance précise assez coûteuse ; la laine, après l’essai , ne se trouve pas disponible pour le propriétaire ; il faut la soumettre à un lessivage.
- Mais, d'un autre côté, nous trouve rons le grand avantage de n’avoir à faire aucune dépense première un peu considérable, et les difficultés de la pesée ou du lessivage n’ont rien d’exorbitant. Quant à la balance, il en faut toujours une; et quant au lessivage, c’est une opération, comme chacun sait, très facile une dispendieuse.
- Je ne puis, monsieur le maire, vous présenter dès à présent un tableau d’expériences faites avec cet appareil; je n’ai pas eu l’occasion de le proposer à la commission.
- XIII. 2° Action des absorbants.
- On sait qu’un grand nombre de corps sont tellement avides d’humidité que, placés dans l’air, ils en attirent promptement la vapeur aqueuse et augmentent considérablement de poids. Parmi ces corps, il est nécessaire de choisir ceux dont le prix est faible, et je citerai au premier rang la chaux, l'acide sulfurique et le chlorure de calcium.
- Mis en présence d’une substance humide, il est bien évident que ces trois produits chercheront à lui enlever son eau; et si l’on songe aux moyens de déterminer celte action, on voit qu’elle peut être établie de deux manières distinctes : au contact ou à distance.
- XIV. Je ne crois pas qu’il soit possible d’obtenir un procédé vraiment pratique en faisant agir les absorbants au contact. Il est essentiel que la laine ne soit point altérée, ce qui aurait certainement lieu par le contact des trois corps cités. Pour mon compte, je n’en vois aucun autre qui puisse être employé d’une manière avantageuse ou seulement pratique.
- XV. 11 reste l’action à distance :
- Les absorbants placés dans un vase
- entièrement clos près d'un corps humide, mais sans le toucher, peuvent agir sur ce corps par l’intermédiaire de l’air qui se charge sans cesse des vapeurs d’eau pour les leur transmettre^ Je me suis naturellement fixé sur la chaux ; elle offre une puissance absorbante extrême, un peu moindre que celle de l’acide sulfurique (d’après
- M. Régnault), mais son emploi ne présente aucun des inconvénients graves de l’acide, et lui mérite de beaucoup la préférence.
- Quant à la durée de son action nécessaire pour obtenir une dessiccation complète, la science ne fournit point des renseignements tout à fait positifs. Les expériences de Saussure, relatives à la construction des hygromètres, ont montré qu’il faut un temps assez long pour amener un cheveu à la fixité de longueur correspondante au degré de sécheresse extrême (1); mais on peut distinguer, ce me semble, entre le moment de la dessiccation absolue et le moment où la dimension du cheveu reste constante. 11 n’est pas impossible que le premier précède de beaucoup le second ; en d’autres termes, que le cheveu soit bien sec longtemps avant que ses dimensions cessent de se modifier. Je pouvais donc espérer d'obtenir une dessiccation assez prompte de la laine par l'action de la chaux à la température ordinaire, et j’ai fait construire i’appareil suivant :
- A (fig. 3) est un grand flacon renversé, en cuivre jaune très-mince (hauteur Um.80, largeur 0m,27, dimensions nécessaires pour contenir 1 kilog. de laine); l’échantillon B est soutenu dans le flacon par un grillage en fil de laiton supporté par des tenons dans le col du flacon C; le tout repose sur une boîte conique D en cuivre , où l’on place 20 ou 30 kilog. de chaux vive et de bonne qualité : entre les vases A et D, je place une ou deux rondelles de drap RR pour ne laisser aucune issue à l’air extérieur. (Le flacon A pèse environ 4 kib, ou 5 kilog. avec la laine ; pendant l’expérience, on le charge d’un poids de 10 kilog., et la fermeture se trouve ainsi très-exacte. ) Il est facile d’enlever le flacon sans remettre la laine au contact de l’air, au moyen du couvercle G; la tige F qui le porte glisse à frottement dans un tube H; on pousse la tige par-dessous la table MM jusqu’à ce que le couvercle s’adapte au col 6, puis on la dévisse de l’armature O, et Ie flacon peut être enlevé fermé. Lorsqu’on rapporte l’appareil, une manoeuvre du même genre permet d’ouyrir sans le contact de l’air extérieur, ainsi qu’il est facile de le voir.
- La laine placée dans cet appareil perd son eau , dont la chaux s’empare, et vous pouvez juger, M. le maire, combien la pratique de ce procédé se-
- (O Le cheveu présente avec la soie les pl°s grandes analogies.
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- rait simple, et économique si la dessiccation marchait avec rapidité; mais, contre toute prévision, il faut un temps
- énorme pour dépouiller la laine de son humidité. Voici les résultats fournis par l’expérience ;
- POIDS
- PERTE
- DURÉE
- DATE,
- OBSERVATIONS.
- l'appareil.
- l'action.
- absolue.
- pour o/o.
- 4.905
- 4.880
- 4.860
- 4.826
- 4.824
- Pluie continuelle.
- 4.824
- 4.815
- 4.793
- 4.788
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- Ainsi, la laine retient l’eau hygrométrique avec une puissance extraordinaire; en 168 jours, elle a perdu 15 pour 100 de son poids, ce qui approche beaucoup de la sécheresse extrême ; mais le peu d'humidité dont elle reste imprégnée s’échappe avec tant de peine, qu'il faut 26 jours pour l’exhalation d’un gramme. 11 est donc impossible de songer à cette méthode pour l’objet que nous avions en vue.
- De tout ce qui précède, il résulte que, parmi tous les procédés de dessiccation , un seul peut satisfaire aux exigences du conditionnement public : c’est celui de Al. Talabot, fondé sur l’emploi de la vapeur à 121°, et mis depuis longtemps en pralique dans la condition publique des soies de la ville de Lyon.
- XVI. Cependant j’ai cru devoir essayer de résoudre le problème en suivant une marche inverse de la précédente; au lieu d'opérer la dessiccation absolue de la laine pour connaître la proportion de l’humidité qui s’y trouve, j’ai songé à atteindre le but en déterminant la quantité d’eau nécessaire pour élever l'humidité au maximum à une température constante.
- Supposons, en effet, qu’à la température fixe de 25°, par exemple, une laine quelconque placée dans un air saturé d’humidité puisse absorber un maximum de 50 pour 100 (relativement à l’état de sécheresse absolue), il est bien clair que si une laine à essayer, placée dans les mêmes circonstances, absorbe seulement 25 pour 100, c’est qu’elle renferme déjà 25 centièmes de son poids d’eau, ce qui est précisément à déterminer.
- Pour soumettre cette idée au contrôle de l’expérience, j’ai fait construire un nouvel appareil dont voici la description.
- Le cylindre de zinc A, (fig. 4) de
- lm,20 de hauteur et 0m,55 de largeur, reçoit 10 à 12 litres d’eau qui s’élèvent à 0“,30 au-dessus du cercle OM. Je suspends un kilog. de laine eu cordons à un châssis métallique F, lié par le fil FF’ à l’extrémité F du fléau de la balance. l’autre extrémité F- porte un bassin et des poids. Un couvercle CC’ s’ajuste sur le cylindre et donne une clôture suffisante.
- La laine est ainsi suspendue dans une atmosphère saturée de vapeur d’eau, et son état de division est assez grand pour rendre l’absorption de cette vapeur aussi facile que possible.
- La balance est commune : mais je rends la sensibilité très-grande au moyen de la longue aiguille Bl) qui oscille devant la carte D, traversée par une ligne de repère horizontale.
- Un grillage PR, placé à 0m,10 du liquide, empêche tout contact entre la laine et l’eau.
- Je ne puis m’empêcher de vous faire remarquer, Al. le maire, que ces dispositions réduiraient le conditionnement des laines à une méthode de la plus extrême simplicité, tout en n’exigeant, pour ainsi dire, aucune dépense, excepté celle du premier établissement, encore serait-elle aussi restreinte que possible. Le cylindre et la balance une fois établis serviraient en quelque sorte indéfiniment, et il suffirait de mettre un peu d’eau de temps en temps dans le cylindre pour le conserver prêt aux expériences.
- Alalheureusement, la laine exige encore un temps considérable pour at-teindreau degré d'humidité maximum-sa constitution organique la rend à la fois peu propre à abandonner l’eau qu’elle renferme, et à se charger de foule celle qu’elle peut contenir. Il suf; fit, pour s’en convaincre, de lire ce qui suit :
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- dates. POIDS GAIN DURÉE
- de . - de observations.
- Mois. Jours. la iaine. absolu. pour o/O. l'aclion.
- kit.
- Août 1849. . 22 0 951 grain. jours.
- 23 0.993 39 4 08 1
- 24 1.020 66 6 91 2
- 25 1.042 83 9 22 3
- 26 1.058 104 10 90 4
- 27 1.065 111 11 63 5
- 28 4.077 123 12 89 6
- 29 1.088 134 14 04 7
- 30 1.091 137 14 36 8
- 31 1.099 145 15 19 9
- Septembre. . 1 1.116 162 16 98 10
- 3 1.122 168 17 61 12
- 4 1.432 178 18 65 13
- 5 1.137 183 19 18 14
- 6 1.141 187 19 60 15
- 7 1.144 i90 19 91 16
- 8 1.152 198 20 75 17
- 10 1.160 206 21 59 19
- 11 1.162 208 21 80 20
- 12 1.166 212 22 22 21
- 13 1.170 216 22 64 22
- 14 1.173 219 22 95 23
- 15 1.175 221 23 16 24
- 16 1.177 223 23 37 25
- 17 1.179 225 23 58 26
- 18 1.181 227 23 79 27
- 19 1.184 230 24 10 28
- 21 1.18; 233 24 42 30
- 22 1.188 234 24 52 31
- 25 2.192 238 24 94 34
- 26 1.194 240 25 15 35
- 30 1.198 244 25 57 39
- Octobre. . . . 2 1 201 247 25 89 41
- —
- , d’expérience n’a pas élé poussée plus 01,1 ; ses résultats montrent clairement )a méthode d'humectation ne fournit pas de procédé pratique ; la •aine, en principe, doit atteindre un Maximum, et il n’y a pas de doute, après l’expérience même, qu’elle y Parviendrait ; mais il faudrait un temps
- énorme , et nous ne saurions abréger ce temps jusqu’aux limites nécessaires pour le conditionnement public.
- XVII. Mais si l’expérience qui précède ne convient pas à une méthode conditionnellement utile, elle nous apprend au moins un fait qui me paraît de la plus haute importance, c’est
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- qu’une laine placée dans les circonstances favorables peut absorber une quantité d’eau justement égale à la moitié de son poios (pris dans l’état de sécheresse absolue).
- En effet, la laine employée dans celte expérience (0kil-,954) était une laine marchande en tout semblable à celle du paragraphe XV; elle aurait donc perdu au moins 15.2 p. 100 de son poids d’humidité ou 145 grammes, et se serait réduite à 0kil- 809 ; et, puisque dans l’appareil (XVI) elle absorbe 247 grammes d’eau, il se trouve en définitive que 809 grammes de laine sèche peuvent se charger de 165-f—247 ou 392 grammes d'eau; ce qui lait, exactement 48,4 p. 100 du poids de la laine. D’ailleurs, on n’a ainsi qu’un minimum; car d’un côté la dessiccation, et de l’autre l’hu-mectation, n’ont pas été complètes; donc il est permis, sans exagération, de dire :
- Une laine sèche, placée à la température ordinaire dans un air saturé d'humidité, peut absorber la moitié de son poids d'eau.
- XVIII. Il est presque superflu d’insister sur ce résultat pour en montrer les conséquences ; j’appellerai seulement votre attention sur les suivantes :
- 1° La laine, en absorbant des proportions d’eau de plus en plus grandes, acquiert une moiteur de plus en plus sensible, quoique l’humidité ne soit jamais distincte. Et, puisque les limites ont une si grande étendue, il est de la dernière évidence que la personne la plus habituée au maniement des laines ne peut se flatter d’apprécier, avec une exactitude suffisante, le véritable degré de scche d’un échantillon commercial. En faut-il davantage pour expliquer les difficultés continuelles entre le vendeur et l’acheteur et les plaintes souvent très-justes de ce dernier? Assurément non; elles se comprennent parfaitement.
- 2° On ne saurait trop faire remarquer le parti que la fraude peut tirer des facultés hygrométriques de la laine. Considérons un ballot de laine de 1,000 kilogrammes, par exemple, dans un bon état marchand, c’est-à-dire contenant déjà 16 p. 100 d’eau environ. Son propriétaire, au lieu de le vendre en cet état, le descend à la cave et pour vingt-quatre heures. Le ballot, divisé convenablement, se trouve en réalité dans les circonstances du paragraphe XVI, et, en un seul jour, il absorbera 41 kilogrammes d’humidité. Supposons de
- la laine à 15 fr., et voilà une augmentation de prix de 615 fr. bien aisément trouvée. Les 1 000 kilog. restent-ils à la cave pendant cinq jours, ils pourront prendre 116 kilog. d’eau, ce qui équivaudra actuellement à la somme de 1,740 fr. Je n’hésite pas à croire que parmi les acheteurs un grand nombre ne distingueront jamais, à coup sûr, des modifications si graves, et la portée d’un tel fait n’a pas besoin de longs commentaires.
- XIX. Ici se terminent les recherches que j’ai exécutées pour la commission du séchage des laines. Je crois , monsieur le maire, que vous en jugerez exactement l’ensemble dans le résumé suivant :
- On peut admettre en principe deux méthodes générales pour déterminer le degré d'humidité de la laine : 1° la méthode de dessiccation absolue; 2° et la méthode d’humectation au maximum à une température constante.
- 1° Méthode de dessiccation.
- Elle peut s’exécuter de deux manières : A, en se servant de la chaleur seule ; fi, en faisant usage des absorbants.
- A, action de la chaleur.
- 1. La dessiccation à la température ordinaire ou à une température peu élevée ne peut absolument donner aucun résultat exact. Elle est soumise à l’influence de la pression et de l’ctat hygrométrique de l’air dont on ne peut se rendre maître, et dont on ne possède même pas une mesure exacte (au moins pour l’humidité); elle peut même être modifiée par la nature de la laine ou la méthode de lavage, qui sont encore on ne peut plus variables.
- 2. La dessiccation à une tempéra-ture élevée ne peut pas être obtenue assez promptement au moyen de vapeur produite sous la pression de l'atmosphère. Celte vapeur, dont 1* température est de 100°, ne peut élever la laine qu’à 90° environ, et même, au bout de trois jours, la dessiccation ne serait pas absolue.
- 3. La dessiccation absolue peut êti‘e obtenue en quelques heures par l’emploi de la vapeur à une pression double de celle de l'atmosphère. Cette vapeur, dont la température est de 121°, porter la chaleur de la laine à 108 oui lu'’, ce qui est nécessaire et suffisant, ains1
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- ?U.U,? ,0.nS usaSe des appareils Tala-rjot 1 a bien démontré.
- ^ • La dessiccation absolue pourrait sans doute être obtenue d’une manière pratique par l'emploi d’un bain a huile. Ce qui reste à étudier.
- B- Action des absorbants.
- , 5. La dessiccation peut être avancée a un haut degré par l’influence de la cnaux ; mais il faut un temps énorme, il ne reste aucun espoir de pratiquer ce procédé de manière à atteindre l’absolu.
- 2° Méthode d'humectation.
- 6. La laine, placée dans un air saturé d’humidité à une température constante (par exemple, à la température ordinaire), se charge d’une grande Quantité d’eau: 1 kilogramme de laine sèche absorbe ai?isi la moitié de son Poids de vapeur; mais le temps nécessaire à cette absorblion est si considérable qu’il est encore impossible d'obtenir un procédé de conditionnement °u s’appuyant sur une telle base.
- XX. Il découle de ces résultats une conséquence évidente et nécessaire :
- Le procédé Talabot est le seul qui Puisse convenir à un véritable conditionnement.
- En effet, et si je ne me trompe, j’ai Passé en revue dans ce mémoire, théoriquement et pratiquement, tous les Procédés vraiment possibles dans la Pratique pour obtenir la dessiccation absolue des laines, et le procédé Tala-b°t est le seul qui donne des résultats sa-t'sfaisants. La méthode du bain d’huile Pourrait servir à la rigueur; mais elle 11 aurajt certainement pas la grande Précision du procédé Talabot, qui me semble, par conséquent, le seul à adoptée pour la condition publique des lai-nes de Reims.
- , Avant de terminer, je vous demanderai, monsieur le maire, la permission Pe. vous faire connaître le zèle et les 0|ns tout particuliers que M. E. Dela-,faye a bien voulu mettre à l’exécution ttes expériences contenues dans ce mè-^0lre. Il m’eût été impossible de trouer un collaborateur plus habile et plus onsciencieux; mes occupations ne me Essaient pas assez de temps pour exé-uter moi-même ces essais dans tous eurs détails, et je me fais un devoir en même temps qu’un plaisir d’offrir à
- M. Delafraye mes remercîments les plus sincères.
- E. Maomenê.
- Reims, 10 novembre 1849.
- Sur la galle de Chine.
- Par M. W. Stein, de Dresde.
- Ce nouvel et éminemment intéressant article de commerce est arrivé tout récemment autant qu’il est à ma connaissance et très à propos deCanton en Europe pour remplacer la noix de galle, qui, pour le moment, est à un prix excessif. La présente note est destinée à démontrer que cette substance est non-seulement parfaitement propre à cet objet, mais de plus qu’elle est peut-être appelée à supplanter entièrement le produit du Levant, en supposant toutefois qu’il y ait possibilité de se la procurer en quantité suffisante. A cause de l’importance sous le rapport technique de cette matière, j’ai pensé que je ne pouvais différer de donner de la publicité à celte note provisoire en me réservant lorsque les recherches plus complètes que j’ai entreprises seront terminées, d’en faire l’objet d’une nouvelle communication.
- La galle de Chine consiste en corps creux de grosseur et de forme très-diverses. Celte grosseur varie depuis celle d’une amande do noyau de pêche jusqu’à celle d’un tubercule de dahlia. La galle a même parfois de la ressemblance avec ces substances surtout la dernière, mais néanmoins on la rencontre le plus souvent aussi pourvue de protubérances irrégulières en plus ou moins grand nombre ou bien parfois aplatie et digitée ou ronde , et ressemblant à la châtaigne d’eau ou fruit du Trapa natans. Toutes ces galles sans exception sont recouvertes d’un feutre court et épais d’une couleur gris jaunâtre sale et qui n’a disparu par le frottement que dans certains points , particulièrement l’extrémité des protubérances, où il laisse apercevoir une couche inférieure polie brunâtre ou noire, et parfois même rougeâtre. Toutes ces galles, sans exception, sont à l’une de leurs extrémités, terminées par une pointe recourbée par laquelle elles paraissent encore quelquefois attachées à la tige déliée d’une plante qui, à ce que présume M. Reichenbach , appartiendrait à un Solanum.
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- Rien que cette circonstance serait déjà de nature à donner un intérêt scientifique à la galle de la Chine, car, jusqu'à présent, on ne connaît pas de Solarium, ni même de Solanée, qui possède une quantité de tannin supérieure à la galle du chêne (1). A partir de la pointe, on voit courir en directions contraires des bandes ou plutôt des rides longitudinales fines, qui, toutefois, ne tardent pas à disparaître et ne se prolongent jamais jusqu’à l’extrémité opposée. Dans la cicatrice résultant de la séparation avec la tige on remarque, à l’aide de la loupe, une petite ouverture.
- La substance qui constilue la galle de la Chine est causante et par conséquent facile à rompre; la cassure qui est entièrement unie a un éclat qui varie depuis celui qu’on appelle gras jusqu’à l’éclat du verre; elle est d’une couleur indécise, le plus souvent semblable à celle de la surface, mais en beaucoup de points, en particulier dans les environs de la pointe, rougeâtre pâle. L’épaisseur de la couche de matière n’est pas égale partout, elle n’a environ qu’un millimètre, et dans la cavité on trouve la larve morte de l'insecte à la piqûre duquel la galle de la Chine doit son existence. Quand on l’ouvre , il se développe une odeur piquante qui ressemble assez à celles de feuilles sèches de tabac de première qualité.
- Celte substance peut être broyée dans un mortier sans faire pâte ou adhérer, ce qui a lieu au contraire lorsqu’on la chauffe. Quand on la fait bouillir avec l’eau ou l'alcool, elle
- prend l’aspect d’un cuir flexible et la liqueur chaude auneodeurde jus de tan.
- Quand on la chauffe , elle ne fond pas et laisse un charbon difficile à incinérer, qui abandonne enfin 2 pour 100 de cendres, ayant une réaction alcaline, faisant effervescence avec les acides et renfermant du chlore, de l’acide phosphorique , de la chaux, de la magnésie, de la potasse, ctdes traces de silice et de fer.
- D’après une analyse, dont on coni' plélera plus tard les détails, on a trouvé dans 100 parties de galle de la Chine, les substances suivantes dans les proportions indiquées ci-après :
- 69,139 tannin.
- 4,000 environ , d’un mélange de 2 ou 3 sortes de tannin différentes, par teurs propriétés du tannin ordinaire.
- 0,972 matière grasse verte saponifiable-
- 8,196 amidon.
- 4,998 fibre ligneuse.
- 12,960 eau.
- 100,000
- Jusqu’à présent nous ne connaissons pas d’autres substances qui aient présenté une aussi grande richesse en tannin que la galle delà Chine, ce qu’il est facile de constater en rapprochant entre elles les proportions qu’en renferment les principaux articles du commerce employés au tannage des peaux, fin effet, on a en nombres ronds:
- Tannin sur 100parties.
- Galle de la Chine. 69
- Cachou de Bombay (2). 54
- Galle première qualité, 35—50
- Admettant que dans la meilleure sorte de noix de galle, la proportion du tannin puisse s'élever jusqu’à 50 pour 100 (5). On voit, malgré cela , que cette matière est encore, sous ce rapport bien au-dessous de la galle de Chine; mais la première se trouve pla-
- (1) La Belonia aspera, qu’on trouve aux Indes-Occidentales, a une saveur amère et astringente qui indique qu’elle renferme du tannin ; mais le fait n’a pas encore été démontré par des expériences directes.
- (2) Schubarth, Techn. chemie, vol. III, p. 108 et 109.
- (3) M. Stenhouse dans Analen derchemie und
- cée dans une condition bien plus défavorable encore lorsqu’on compare entre eux les prix actuels des deux matières. Le quintal (48kll-,77) de galle de Chine est livré à Dresde par MM. Vollsack,^ compagnie, a raison 50 thalers (185 fr*
- 50 c.), tandis que le quintal de d’Alep est coté 59 thalers (217 fr.90c.)*
- 51 on détermine la valeur de chacune de ces matières d’après leur richesse en tannin, seul mode équitable d’appre'
- pharmacie de M. Liebig, vol. XLV, page 2, d'1 2 3 que la noix de galle renferme plus de la moi*1 de son poids en eau et en matière soluble/
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- Ration et qu’on adopte pour base du calcul le rapport de 50 à 69. il en résulte que la galle de la Chine devrait cire payée 80 lhalers (297 fr.) le quin-tal, ou, en d'auires termes, que 3 qnin-aux de celte substance renfermeraient autant de matière utile que 4 quintaux Qe la meilleure noix de galle.
- Il était très-présumable que l’extrac-uon du tannin de la galle de la Chine ne présenteraitaucune difficulté, néan-tooins quelques expériences ont été entreprises en ce sens et on a trouvé Jlu’il suffisait pour cela de faire bouillir tr°is fois de suite la substance réduite en. poudre grossière dans huit fois son Poids d’eau, car le résidu après cela ne présentait plus la moindre saveur Astringente.
- Ces observations, en petit nombre et Auxquelles j’ajouterai que le tannin de !a galle de la Chine , est complètement •identique avec celui de la noix de pde, suffiront, je pense, pour démon-•rer l’importance de celte substance dans la teinture et dans l’art du tanneur.
- ^erfectionnement dans l'impression e* la teinture des fils et des tissus.
- Par M. C.-A. Broqdette (1).
- Cette invention a pour objet des Jloyens particuliers de traitement et de Prcparatioii du coton et autres matiè-.es filamenteuses afin d’en imprégner jA surface avec une matière animale et ,es rendre ainsi plus aptes à prendre et . rctenir les couleurs. Par ces moyens ve coton et autres fibres végétales peu-^nf être plus avantageusement com-inÇs à la laine et à la soie ou employés "ji'S. Les procédés consistent à em-P‘°yer une combinaison de composés *otès avec une terre alcaline dans la Preparation des couleurs pour l’im-J^ssion des tissus, et à préparer le co-j. n et autres substances végétales à cevoir les couleurs.
- spJ eralJi°*e de préférence les compost8 Azotés qu’on extrait du lait ou de la je air musculaire des animaux, et voici le ,Pr°cédés que je considère comme tû) US avanfa8eux dflns cette prépara-
- nous avonS donné , à la page 132, d’hui Çu ces perfectionnements. Aujour-li0Q d|)0Us donnons en son entier la spécifiea-«n Angi t Palenta qui a été prise pour cet objet
- On prend du lait qui a été écrémé avec soin et qui est devenu déjà aigre soit spontanément à l’aide du temps, soit par l’introduction dequelqueagent chimique propre à y produire un dépôt de manière caséeuse. On filtre ce lait et on recueille la masse caillée lorsqu’elle a acquis la consistance d’une pâte, et au bout de quelques heures, on la rompt en la faisant passer à travers un tamis en toile métallique de 16 mailles au centimètre carré. Ce produit est alors jeté dans l’eau bouillante et maintenu à l’état d’ébullition pendant environ vingt minutes ; après quoi on l’enlève et on le jette encore chaud sur un filtre en toile et on le lave jusqu’à ce que l’eau qui en découle ne rougisse plus le papier de tournesol. La matière solide est de nouveau rompue et passée à travers un tamis métallique, et enfin le produit est séché. Les tamis sont en général en fil de fer galvanisé.
- Si l’on extrait les matières azotées de la fibrine, on prend la portion musculaire de la chaire des animaux et on la triture soigneusement dans l’eau en lavant à mesure jusqu’à que cette chair prenne une couleur blanc jaunâtre. L’eau ayant été parfaitement égouttée on dissout le produit dans une lessive faible de potasse caustique du poids spécifique de i 010, à une température un peu au-dessous du point d'cbulli-tion, en ayant soin que lorsque la lessive est bien saturée il y ait une portion de la fibrine qui ne se soit pas encore dissoute.
- Cette solution , après avoir été filtrée à travers une toile, peut être employée aux applications; mais il vaut mieux y former un précipité par l’addition d’un acide, par exemple l'acide acétique. Le précipité ainsi obtenu est lavé jusqu’à ce que l’eau de lavage ne rougisse plus le papier de tournesol, et le produit solide est mis à sécher. Pour redissoudre plus facilement la fibrine ainsi formée, on la mélange avec de l’eau froide contenant de l’ammoniaque en quantité un peu plus forte que lorsqu’on agit sur le produit azoté obtenu avec le lait ainsi qu’on l’expliquera plus loin. Lorsque le mélange prend un aspect gélatineux, ce qui a lieu au bout de quelques heures, on le fait bouillir pour le rendre fluide, et aprèsqu’il estrefroidi on y ajoute l’huile et la terre alcaline, ainsi qu’on le dira plus loin, lorsque la température du liquide est à environ 37° à 38° C., le tout étant agité constamment jusqu’à ce que la liqueur soit refroidie.
- Ces produits azotés, quand on veut
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- en faire l’application, sont combinés avec une terre alcaline. J’emploie ordinairement de la chaux éteinte. Le but de cette opération est de coaguler les matières combinées, lors du vaporisage, sur ou dans la texture du coton ou autres fibres ou substances, et de leur donner ainsi des propriétés analogues à celles des matières d’origine animale, et quelles ne possédaient pas auparavant, propriétés qui les rendent plus aptes à prendre et à retenir les couleurs et les matières colorantes, particulièrement celles de l’orseille.
- On fait d’abord dissoudre le composé azoté dans 25 à 30 litres d’eau et 500 grammes d’ammoniaque. Pour cela, on verse le composé dans un vase en terre ouen bois, avec environ moitié de l’eau; on y ajoute l’ammoniaqueet on continue à agiter le tout en versant le reste de l’eau. Lorsque la solution est refroidie, on y ajoute environ 3 p. 100 d’huile d’olive, qui est la plus propre pour cet objet, et on agite avec soin afin que le savon qui se forme soit bien uniformément démêlé. Lorsqu’on a obtenu ce résultat, on ajoute au taux de 2 p. 100 du tout de la chaux éteinte, en agitant bien les matières qui sont alors dans l’état propre à être employées avec les couleuis d’impression des tissus, des fils de colon ou autres fibres végétales, du papier, etc., en leur communiquant un caractère animal qu’ils ne possédaient pas auparavant. La chaux ou la terre alcaline et les couleurs ne doivent être ajoutées qu’au moment où on va procéder aux applications.
- Les couleurs dont on se sert sont celles qui ne sont altérées ni par la chaux ni par l’ammoniaque. Si les couleurs sont insolubles on les réduit en poudre fine pour pouvoir les incorporer à la solution du composé azoté, de la terre alcaline et de l’huile. Les tissus ou les fils ou matières imprimées par ce moyen doivent être soumises aux procédés de vaporisage.
- Lorsque les matières combinées sont appliquées comme mordant, on les combine ainsi qu’on l’a dit précédemment, mais au lieu de 8 p. 100 d’huile on en emploie jusqu’à 15 p. 100, et les matières combinées ayant été appliquées sur les tissus ou les fils qu’on expose «à la vapeur, comme on l’a dit pour les imprimés , donneront à ceux-ci le caractère animal qu’on désire.
- J’ai remarqué que dans ce mode de préparation les matières ne se combinaient pas aussi bien avec les fils et les tissusouautres fibres végétales lorsque
- celles - ci n’avaient point été blanchies.
- Lorsque le coton et les autres fibres végétales ont été traités avant le tissage avec ces matières combinées , on peut les associer au tissage à la laine, à la soie, puis les teindre ou les imprb; mer avec plus d’avantage qu’il n’a été possible de le faire jusqu’à présent. St ce sont des chaînes qu’on prépare avec ces fils et ces matières combinées, on procède comme on le fait communément pour ourdir, mais en évitant de se servir de peignes de cuivre pour qu’il ne survienne pas d’avarie et on vaporise comme on l’a déjà expliqué.
- Comme il y a des matières azotées, telles que l’albumine , le sérum du sang, etc., qui ont la propriété de se coaguler par l’action de la vapeur ou de quelques agents chimiques, on ne s’en sert dans ce cas que comme mordants, sans terre alcaline, mais en lcS mélangeant avec de l’huile et avec de la gomme lorsque ce mordant a besoin d’être épaissi.
- Quand il s’agit de teindre en pièce un tissu en matière végétale, et lorsque les fils n’ont pas été préalablement irai' tés comme on l’a expliqué précédent' ment, on sature les tissus avec les m®' tières combinées et on vaporise, et c’e®* en cet état qu’on passe en teinture dan* un bain et au bouillon.
- atc-wi
- Procédés d'extraction du sucre.
- On s’est livré depuis quelque temp5 avec un zèle bien louable à de grand* efforts pour perfectionner les moyenS d’extraction du sucre; mais quelque soin qu’on ait apporté dans les exp®' riences et dans les procédés, rien n’e?1 encore changé dans le mode de fabrication de celte substance, et jusqu’à cC que la pratique ait enfin prononcé, doit considérer les nouveaux moyen plutôt comme des spéculations de Jab°^ ratoire que comme des procédés manufacturiers. Quoi qu’il en soit, n°u^ croyons devoir enregistrer sommaire' ment ceux qui sont venus récemmc0 à notre connaissance, ne fût-ce <lu® pour ne rien laisser échapper à ratten-lion de nos lecteurs de ce qui PeV*t-L1, intéresser sur une question aussi iU* portante que celle de la fabrication u sucres. .
- j Nous commencerons par le procea
- | de M. Melsens, qui a été l’objet d u
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- vive controverse, anjonrd’hui à peu I Près terminée, et avait fait concevoir des espérances qui ne se sont pas réalisées.
- M. Melsens a obtenu du sirop très-peu coloré sans employer du noir ani-néanmoins, il në parait pas cer-tain qu'il soit avantageux de supprimer agent, qui, dans les procédés usuels, offre un moyen économique d’éliminer ‘es matières colorantes, la chaux, les sels calcaires, et plusieurs autres substances étrangères, en sorte que le su-ere, après une première cristallisation, est très-facile à épurer au moyen de clairçages et d’un raffinage peu dispendieux.
- M. Melsens, d’après la description de son brevet, emploie du bisulfite de chaux en dissolution, marquant 10 degrés à l’aréomètre de Baumé, dont il Arrose la pulpe au moment même où die se produit.
- 2 kilog. et demi de ce bisulfite suffisent pour 100 kilog. de betteraves; le sucre marquant 7 ou 8 degrés à l’aréomètre, au moment de la pression des Pulpes, reste très-peu coloré à l’air et he fermente pas. On chauffe, sans autre addition, jusqu’à 100 degrés, et, dès que l’ébullition arrive, on filtre sur “n tissu de coton pelucheux ; le jus limpide est ensuite évaporé jusqu’à 30 degrés. On filtre une seconde fois, puis achève la concentration jusqu’au degré de cuite, puis on laisse cristalliser.
- En opérant de cette manière dans son laboratoire , M. Payen est arrivé à de très-beaux résultats; le sucre a cristallisé sans coloration apparente, bien ffu’il existât une cause réelle de colo-ration dans ces produits. Mais ce chimiste a reconnu qu’en suivant cette méthode on ne peut séparer par le filtre, pour mille parties de jus, que cinq des substances étrangères au sucre, représentant au plus de 0,33 de l’azote contenu dans ce jus. Sur la totalité des substances étrangères représentant 50 P-1000, il en reste 45 après le traitement par le bisulfite, tandis qu’en employant la chaux et le noir animal on enlève les trois cinquièmes au moins de ces matières, et il n’en reste, après ? filtration sur le noir, que 20, au lieu de 45 p i oüO, du jus employé.
- Il paraît donc qu’on pourrait avoir “.grand intérêt encore à employer le °*r animal, quand même le liquide ne tera,t pas coloré. Peut-être trouverait1} utile de revenir aussi à l’emploi 6 la chaux hydratée (avant le noir), Le Technologiste. T. XI.—Mars 1850.
- i afin d’assurer une première épuration.
- Quant au moyen d’empêcher toute fermentation dans les jus et la pulpe, l’emploi du bisulfite sur la râpe, ou mieux encore sur les betteraves dans un deuxième laveur, pourra être utile, surtout dans les derniers mois de la fabrication.
- Nous avons fait connaître à la page 72 de ce volume le procédé de M. Scof-fern, qui emploie simultanément l’acétate de plomb et l'acide sulfureux, nous ne reviendrons donc pas sur ce moyen qui aurait peut-être besoin d’être soumis à un examen sévère avant d’être mis en pratique.
- Un fabriquant de Lille, M. Barillet-Mila, a adressé au Moniteur industriel, à la date du 9 janvier dernier, une lettre où il fait connaître un procédé d’extraction qui lui est propre, et que nous allons indiquer en reproduisant cette lettre elle-même.
- « Ce qui me frappa d’abord, dit M. Barillet-Mila, en examinant l’état actuel de la fabrication, c’est l’emploi continu de métaux pour l’extraction du suc de betteraves, ce sont ces râpes, ces presses, toutes métalliques, et puis le suc naturellement incolore sortant de ces appareils coloré en rose et passant très-rapidement au noir par son contact avec l’air; pour moi, il ne fut pas douteux que le contact du suc avec ces métaux ne lui fût nuisible et en partie cause de ces phénomènes qui sont déjà une altération.
- » Sous l’influence de celle idée, j’ai fait préparer du suc de betteraves sans le contact d’aucun métal; le suc produit était troublé par la présence d’une partie de parenchyme, mais il était blanchâtre ; il s’est coloré par son contact avec l’air, mais il n était pas devenu noir comme cela se voit dans les sucreries, aussi je suis convaincu qu’il serait bon de supprimer les râpes et presses métalliques et de procéder à la division de la betterave par la meule en pierre ; cela ne serait pas si coûteux et ne présente aucune difficulté.
- » En suivant l’opération actuelle, j’observai que le suc de betteraves obtenu coloré et devant être soumis à l’action de la chaux, terre alcaline qui a la propriété d’augmenter l’intensité de la matière colorante, on négligeait de le décolorer préalablement; je crois qu’il serait préférable de faire passer le suc au sortir des presses sur du charbon animal neuf, pour lui enlever tout ] ce qu’il serait possible de matière colo-
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- rante, avant de le soumettre à Faction de la chaux.
- » Enfin, la défécation opérée, on se borne, dans le procédé actuel, à faire passer le jus sur un filtre de noir animal qui ne lui enlève que le tiers de la chaux qu’il contient. Or, la quantité de chaux qui reste dans le jus est considérable; aussi, pendant l’évaporation, celle chaux altère continuellement la matière sucrée et la convertit en mélasse Ce procédé n’est pas rationnel ; tant qu'on ne fera pas entièrement disparaître des jus défèqués, l’excès de chaux qui ne peut que nuire, on multipliera inutilement l’emploi du chai bon animal, et on diminuera essentiellement la production du sucre crislalli-sahle.
- » Je suis arrivé à prouver ce que j’avance, en extrayant de la betterave du sucre sans le concours du charbon animal. Voici ce que je fis :
- » J’ai introduit dans du suc de betteraves déféqué à la chaux une suffisante quantité de sulfate acide d’alumine pour faire virer au rouge le papier de tournesol; j’ai fait alors passer le suc ainsi acidifié sur un filtre rempli de fragments de sous-carbonate de chaux, le jus débarrassé de son excès d’acide par le carbonate passé tout à fait neutre dans le récipient a donné par son évaporation une belle cassonnade. Il est donc évident que le chai bon animal n’est pas absolument nécessaire à l’extraction du sucre, du moment qu’on a la précaution de débarrasser le suc de betteraves de la chaux qu’il relient après la défécation.
- » Il y a plus : le sucre obtenu par ce moyen et tout à fait vierge de charbon animal, devra être pour la raffinerie bien préférable, car alors dans l’opération des raffineurs, il est rationnel de supposer que le noir animal aura plus d’action sur lui que sur les sucres actuels qui ont déjà tout à fait épuisé la puissance décolorante du charbon. Si nous conservons le procédé actuel d’extraction, je crois qu’il sera bon de tenir compte de ce fait. Observons de plus que du moment qu’on ,neutralise l’excès de chaux dans les jus déféqués, on obtient beaucoup plus de sucre et moins de mélasse. Il nous reste à examiner le procédé par le saccharate de chaux.»
- On trouve aussi dans le Constitutionnel du 24 janvier un article sur la fabrication du sucre indigène où l’on remarque le paragraphe suivant :
- « On ne parle plus du procédé Mel-sens, qui avait mis un moment toute la
- production sucrière en émoi ; mais ,en revanche, on s’occupe beaucoup d un autre procédé, appelé procédé Rousseau du nom de son inventeur. Ce procédé consiste à introduire un courant de gaz acide carbonique dans les défécations. Les sirops , à ce qu’on assure , sortiraient tellement purs, après cette opération, qu'on pourrait obtenir immédiatement des sucres raffinés. Nous laissons à i’expèrience le soin de prononcer. »
- Voilà pour ce qui concerne les procédés indiqués jusqu’à ce jour en France ou en Belgique. Passons maintenant à ceux qui viennent d’éclore en Angleterre.
- MM. R. et J. Oxland proposent d’employer l’acétate d’alumine pour déféquer et décolorer les jus. Voici comment ils opèrent :
- Ils font fondre dans une chaudière chauffée à la vapeur le sucre brut dissous dans un peu d’eau, puis mélangent au sirop du carbonate de chaux en poudre fine, et font bouillir à i04° C., filtrent à travers des sacs de laine , reçoivent dans une autre chaudière, ajoutent à ce sirop de l’acétate d’alumine, en entretenant la température a 104° jusqu’à ce que l’acide acétique soit dégagé , ce dont on peut s’assurer par le papier de tournesol. En cet état ijs ajoutent par petites portions et en ag1' tant, une solution de tannin dans l’taU jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité , et enfin terminent par une addition de carbonate de chaux en poudre pour neutraliser toute acidité. Enfin ils filtrent et reçoivent dans la chaU' dière à cuire dans le vide. Une seule filtration suffît si on a employé l’acètal® d’alumine en quantité suffisante. Ea cuite dans le vide s’exécute comme _a l’ordinaire ainsi que les opérations sui* vantes.
- Dans les clairçages MM. Oxland emploient aussi une petite quantité d’acc-tate d’alumine , qu’ils ajoutent au sirop élevé à la température de lui)" pendan quelques minutes, puis une quantu® suffisante de tannin pour précipiter »e dernières traces d’alumine, et enfin u carbonate de chaux afin de neutralise l’acide et avant la filtration. ?
- On peut, si on veut, recueillir l’acio acétique qu’on chasse en se servan d’un appareil convenable. . .,s
- Pour préparer l’acetate d’alumine i font dissoudre du sulfate de cette ba dans l’eau froide , et y ajoutent une s jution également faite à froid de sou » jusqu’à ce qu’il y ait réaction a*ca 1 Us laissent reposer la liqueur pour q
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- alumine se précipite, décantent le li-QUide, lavent le précipité à l’eau, l’en-<rvj’nt avec aussi peu d’eau que pos-Sl"le , et ajoutent par parties de l’aaide aoetiq!je jusqu’à ce qu’il y ait excès a acide. 1/acétate récent a une action P'us complète que celui anciennement Préparé.
- .La solution de tannin se prépare en •aisant digérer un demi-kilog. d'avela-ne,le dans 8 litres d’eau bouillante, débutant et employant la liqueur claire. .La quantité d'acétate d’alumine va-r,Ç avec la qualité de sucre ; on la déter-®dne par des essais sur une petite échelle. Les sucres de bonne qualité la Jamaïque exigent en général 2 kil. a Rumine dissoute dans l’acideacélique Pacl000 kilog. de sucre.
- MM. H. Reece et A.-P. Price proposent à leur tour l’emploi de l’hypo-solfite de chaux qu’ils préparent en lai-bot bouillir un excès de chaux avec j 'oufre dans de l’eau , jusqu’à ce que a liqueur prenne une couleur brune , a,ssant reposer quelques minutes U-ar,l au clair la liqueur qui est alors un Mélangé d’hyposullite de chaux, de Pente-sulfures et autres sulfures de bjle base, et au travers de laquelle on -a’1 passer un courant de gaz acide sul-,Ureux jusqu’à ce que la couleur rouge r0n disparaisse, et qu’il ne se forme .^un dépôt de soufre par une addition . u.o excès d’acide sulfureux gazeux à roid. On filtre alors la solution, qui sl celle normale, qu’en étend en disses proportions d’eau, (1 de solution Ormale et 8 d’eau pour les sucres des ï’os basses qualités , et 1 de solution et d'eau pour ceux de première qua-1’®) qui sert alors à dissoudre le sucre a le deféquer.
- cio dissout le sucre dans cette solu-°n étendue jusqu’à ce que la liqueur ^ a,que 28° B, on chauffe et on ajoute ,u sulfate ou de l’acétate d’alumine ou se‘acide acétique en proportion sufli-l)our <lu une portion de liqueur So ne dorme qu’un léger dépôt de ex.e quand 0,1 *a L>it bouillir avec un la ces corPs* Alors on agite bien o oqueur, on fait encore bouillir quel-|jees minutes, et nn ajoute un excès K brbonate de chaux pour neutraliser
- ,ac'de:
- on filtre
- pour puis on
- passe au
- el0,1 cu're comme a l’ordi-
- ^eece et Pr'ce préparent aussi üryP°slJlfite d’alumine en ajoutant Sol solution de sulfate d'alumine à une siro -n ^ byposullite de chaux ou de pJJ-ne. jusqu’à ce qu’il ne se forme ne précipité de sulfate de chaux ou
- de strontiane. Pour se servir de ce sel dans la défécation , on dissout le sucre dans l'eau avec addition de carbonate de chaux, ou dans de l'eau de chaux ou une solution faible de sac harale de celte base, en ajoutant de l’eau jusqu’à ce que la liqueur marque 22”B. On verse la solution d’hyposullite d'alumine dans la proportion de 1 partie pour 8 d’eau; on continue à chauffer el agiter pendant quelques minutes et on filtre.
- A près avoir traité le sucre comme on vient de le dire, ou simplement avec de l'eau chargée de carbonate de chaux, on y ajoute, lorsque la température est descendue à 80° C. et que la liqueur marque 28° B., une solution d'acétate basique de plomb jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité, puis du carbonate de chaux si on n’en a pas introduit précédemment pour précipiter une portion du plomb de l’acetate neutre qui reste dans la liqueur. On a-gite, ou laisse bouillir encore quelques minutes, on filtre et ou ajoute une solution d’hydrosulfite de sulfure de magnésium jusqu’à ccqu’il ne se forme plus de précipité par un excès d’hydrosulfure ou d’hydrogène sulfuré. Onehauffe, on agite, on filtre , on ajoute de l’acide acétique ou une solution de sulfite acide d’alumine ou d’acétate de celte base jusqu’à réaction acide. On chauffe , on agite, on neutralise avec du carbonate de chaux en excès et on filtre.
- Pour être certain qu’on est débarrassé de l’hydrogène sulfuré ou des sulfures non décomposés on fait passer de l'acide sulfureux gazeux ou on verse une solution de cet acide ou de sulfite acide d’alumine , de magnésie ou de chaux jusqu’à décomposition de l’acide sulfureux ; on chauffe, on agite, on neutralise par lecarbonatede chauxet on filtre. On peut aussi chasser l’excès d'hydrogène sulfuré en soumettant les liqueurs à l’action du vide et de la chaleur. Ces sirops concentrés sont ensuite étendus jusqu’à 30° B., filtrés et cuits à la ma niére ordinaire.
- Pour éliminer le plomb qui pourrait rester dans les sirops d’égoullage, on les soumet à l’action de l’hydrosulfure de sulfite de magnésium et on répète les opérations indiquées ci-dessus pour séparer l’excès des sulfures sulfurés et l’hydrogène sulfuré. Ce sont I hydrosul-fure de sulfite de magnésium ou le bisulfure de cette base qui ont fourni les meilleurs résultats.
- On prépare l’hydrosulfure du sulfure de magnésium en chauffant les solutions des hydrosulfures sulfurés de calcium, de barium , etc., avec du sulfate
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- de magnésie jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité avec ce sel dans la liqueur filtrée.
- Le saccharate de chaux s’obtient en faisant digérer à froid, ou à une douce chaleur, une solution de sucre et de chaux caustique en pâte. Quand on fait alors passer un courant de gaz acide carbonique dans la dissolution du saccharate de chaux on obtient le magma de carbonate de chaux qu’on emploie pour neutraliser l’acide dans toutes les opérations.
- MM. Reece et Price indiquent encore plusieurs autres procédés de défécation dans les détails desquels nous ne pensons pas devoir entrer : nous nous contentons de donner le résumé qu’ils ont présenté eux-mêmes de leurs divers moyens de fabrication.
- 1° Emploi de l’hyposulfite de chaux, de magnésie, de strontiane, de baryte ou d’alumine, seuls ou combinés avec des solutions de sulfate d’alumine ou d’acétate acide d’alumine, ou d’acide acétique, comme moyens de défécation des solutions sucrées.
- 2° Emploi de l hydrosulfure de sulfure, ou du bisulfure et des sulfures de magnésium, de calcium, de barium
- ou de strontium pour précipiter le plomb ou les sels dans les solutions de sucre. La décomposition de l’acide sulfureux , des sulfites acides , de l’hypo-sulfite d’alumine et des hyposulfites par un acide pour produire ou mettre en liberté de l’acide sulfureux et enlever l’excès d’hydrogène sulfuré ou de sulfures qui peuvent avoir servi à précipiter le plomb ou les sels dans le sucre.
- 3° Emploi des saccharates de chaux, de baryte ou de strontiane comme source de carbonates de ces bases pour neutraliser les acides ou décomposer les sels dans les solutions, ou application de ces saccharates pour précipiter le sulfite d’alumine ou l’acétate acide de cette base quand on s’en sert pour déféquer ou pour donner lieu à des sulfures hydratés de calcium , barium ou strontium qui servent à précipiter le plomb ou les sels des solutions de sucre.
- 4° Emploi du carbonate de chaux ott de magnésie à la défécation.
- 5° Application au même usage des sulfites acides et des hyposulfites solubles.
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- ARTS MÉCANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- Mode perfectionné de fabrication des maillons de tisserand.
- Par M. S. Allport, de Birmingham.
- Les maillons de tisserand sont, comme 0n sait, de petites pièces en métal qui ®nt été substituées aux boucles des lisses anciens métiers de tissage pour les Un>s, et qui ont commencé à être mis en Usage avec les métiers à la tire et les ^utres métiers à tisser les façonnés de date plus récente. Voici quel est le ?®yen qu’on emploie actuellement pour lauriq(lerces maillons, qui exigent trois °Pérations principales :
- ,, 1° On prend une bande de métal ma-,eable, cuivre, laiton ou fer, qu’on perce a,son extrémité du nombre de trous decessaircs pour composer un maillon, Par exemple trois, quatre ou un plus j>rand nombre de trous. Ces trous sont J?ercés à l’aide de poinçons ou pistons et .e lunettes correspondantes qui sont établis et manœuvrent par une machine ? balancier ordinaire. On ne perce ainsi ? *a fois qu’une seule garniture, c’est-"dire tous les yeux d’un seul maillon, Par un coup de presse.
- la bande de métal après avoir été P®rcée est passée dans une série d’ou-, » au moyen desquels les maillons, e?t-à-dire les petites pièces de métal ont une forme ovale allongée ou dr>e forme quelconque, et dont chacune ^prend une garniture de trous, sont ecoupés et détachés de la bande. Là ,Ussi on ne découpe qu’un seul maillon chaque coup de balancier, j Les pièces détachées qui consti-erit chacune un maillon à l’état brut 0 P1 ensuite soumises séparément à une libation qu’on appelle, à Birmingham, ^ lrappe ou ébarbage, et qui consiste Parer le maillon, c’est à-dire à ar-ndir ej. ac|oucjr ses arêtes exlérieu-jr^ainsi que les bords intérieurs des
- di?n a représenté dans la fig.6, pl. 126, tiésers m°déles de maillons ainsi termi-
- que nous pro-on mécanique
- 1o i .
- hiaili Percer une s®ne de garnitures de toàü0ns au l‘eu d’une seule, et par la ^opération;
- 0 A découper ou détacher un cer-
- S Perfectionnements çe^psdans celte opérati
- tain nombre de maillons, aussi par une seule et même opération;
- 3° A effectuer par une même opéra * lion le percement et le découpage des maillons ;
- 4° A ébarber, parer et arrondir les arêtes extérieures et les bords intérieurs d’un certain nombre de maillons à la fois ;
- 5° Enfin, comme conséquence du perfectionnement ci-dessus, à attacher les pistons et les lunettes à leurs boîtes de manière telle que, si l’une de ces pièces vient à rompre ou à s’user, on puisse la remplacer sans avoir à mettre au rebut tout le système.
- Passons à la description des nouveaux outils à l'aide desquels on met en pratique ces perfectionnements.
- Fig. 7 , élévation vue de côté de l’outil employé pour percer un certain nombre de garniture de maillons par une seule et même opération.
- Fig. 8, section transversale.
- Fig. 9, projection horizontale.
- A,A est la boîte, et a,a, huit garnitures de piston, à trois par chaque garniture, insérés dans leur boîte sur une seule ligne. Le nombre de ces garnitures, ainsi que celui des pistons dans chaque garniture, peut varier suivant les besoins. Ces pistons sont légèrement renflés à leur extrémité supérieure pour empêcher qu’ils ne soient mis hors de place pendant le travail; les boîtes sont d’ailleurs évidées pour recevoir les renflements qui viennent affleurer leur surface.
- Lorsque l’un de ces pistons vient à se rompre ou à être endommagé, on détache la boite du nez de la vis de la presse ou autre machine à mettre ces outils en œuvre, on enlève le piston défectueux et on en insère un autre à sa place.
- La fig. 10 est le plan de la lunette adaptée à l’outil qu’on vient de décrire.
- La fig. 11 en est une section transversale.
- D’un autre côté, la fig. 12 est une vue en élévation de l’outil que j’emploie pour découper à la fois un certain nombre de maillons.
- La fig. 13 une section transversale du même outil.
- La fig. 14 une projection horizontale.
- A,A est la boite, a,a les couteaux qui sont également renflés à leur extrè-
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- mité supérieure comme dans l’outil précédent.
- La fig. 15 est une projection horizontale de la lunette adaptée à l’outil précédent.
- La fig. 16 une section transversale de la même boîte.
- B,B sont deux pointes ou repères en saillie sur la surface des deux couteaux extrêmes de la série de la fig. 12 et qui pénètrent dansdes trous correspondants ménagés dans la boîte aux lunettes fig. 15, et servent à maintenir les deux outils dans un état parfait d’ajustement réciproque pendant qu’on fait passer entre eux la bande de métal.
- La fig. 17 est une vue en plan de l’outil à l’aide duquel je perce et découpe à la fois les maillons en une seule opération.
- La fig. 18 est une élévation latérale de ce même outil.
- La fig. 19 une vue en élévation.
- A A est le porte-outil; A2, la boîte aux pistons qui glisse dans une coulisse pratiquée sur la face supérieure de la pièce précédente, et les côtés taillés eu biseau pour s’adapter dans ceux de môme forme de la coulisse; H, un but-loir retenu par des boulons sur une des extrémités du porte-outil A;P1 P2, deux rangs de pistons pour percer les mailles, et C^C2 deux rangs de couteaux pour le découper. Ces pistons et ces couteaux sont déposés en rangs alternatifs; R,R, sièges élevés sur la face du coulisseau A et faisant corps avec lui, et dans lesquels les pistons et les couteaux sont insérés par-dessous. 11 y a un siège par chaque garniture de trous de maillons et un pour chaque couteau à détacher ceux-ci. Les pistons et les couteaux sont renflés ou évasés à leur extrémité supérieure comme les outils simples décrits précédemment et on les enlève et les remplace de la même manière.
- La fig. 20 est une vue en place d’une série de boites à lunettes adaptées à l’outil double dont on vient de donner la description.
- La fig. 21 une élévation vue de face.
- La fig, 22 une vue aussi en élévation par l’une des extrémités.
- A1 est une boîte qui glisse dans une coulisse en queue d’aronde pratiquée dans un coulisseau A2, qui lui-même peut glisser dans une autre coulisse aussi eu queue d’aronde sur la face supérieure de la plaque de fondation A3; P1,P2 sont les boîtes qui correspondent aux pistons de percement P1,P2 de la figure précédente, et C',C2 les boîtes qui correspondent aux couteaux de dé-
- coupage CSC2 des fig. 17 à 19. Les boîtes sont insérées par couples dans les coulisseaux , c’est-à-dire que chaque pièce circulaire contient une des boîtes P1,P2 et une de celles C1^2. Ces pièces sont élevées un peu au-dessus de la surface générale du coulisseau, et chaque boîte est séparée de celle voisine dans toute la hauteur de la portion en saillie par une clef. Toutes sont renflées en forme de coin dans une légère étendue vers la partie inférieure, ce qui les em-pèche de sortir de leur place quand l'appareil fonctionne, mais permet de les enleier et de les remplacer aisément lorsque le coulisseau A1 est retire de la coulisse et est retourné.
- Les boites aux lunettes de pistons et de couteaux sont disposés de façon telle par rapport les unes aux autres, quel® seconde série de chacune d’elles est insérée dans les intervalles opposés à la première, ce qui diminue notablement les déchets, et fournil l'espace nécessaire pour donner la force requise à toutes les parties des outds.
- E, qu’on voit séparément fig. 22 bih est une plaque dite detachoir qui est percée de trous correspondants aux couteaux de la fig. 18, et assujettie paf quatre boulons 1, 2, 3, 4, à la boite inférieure pendant le travail, afin d’etfl' pêcher que la bande de métal ne suive les couteaux lorsqu’on les relève su? les lunettes de découpage.
- Les séries doubles de pistons ou coü' leaux et de lunettes étant fixées dan® une machine à la minière ordinaire* la face F en avant, la bande de mél*» est introduite par un bout entre leS boîtes et le dèlaehoir, et on y perce deux rangs de trous successivement aU moyen de deux coups de la machine-Cette bande est ensuite poussée en avant sur le sommet du premier rang de couteaux C1, et par un troisième coup de la machine, le métal qui contient la pre' mière série de rang est découpé en autant de maillons qu’il y a de garni' tures dans le rang. Le travail se ponr' suit ainsi d’une manière continue su^ un nouveau rang de trous, et on »e-coupe une nouvelle série de maillons ^ chaque coup de la machine. On a représenté dans la fig. 23 une bande ü métal à l’état de déchet, c’est-à-dir après qu’on y a pratiqué la série de ce opérations. t
- La fig. 24 et la fig. 25 représente» en plan deux séries de matiices B > v ' au moyen desquelles on opère la^ frapP ou l’opération qui a pour but d’a*r» dir et d ebarber un certain nombre maillons en une seule opération.
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- La fig. 26 est une section transversale du même appareil sur une plus grande échelle.
- AA sont deux coussinets pour matrices. Chaque série Dl est exactement Ja contre-partie de l'une des faces de 1 un des maillons, et chaque série D3 la contre-partie de la face opposée; et quand on frappe entre elles un maillon, °n abat les arêtes extérieures du maillon et celles intérieures qui bordent les trous.
- Le nombre de matrices ou élampes contenues dans les coussinets est de dix, comme on le voit dans les figures; mais 0fi peut l’augmenter ou le diminuer à vol«nté suivant le besoin.
- La machine qui sert à mettre ces Matrices en action ne présente rien de nouveau ; elle a comme d’habitude une trémie qui contient 1 *s maillons qu’il S agit d'ébarber, et un guide à conducteur pour alimenter les matrices; mais Ces pièces sont plus grandes qu’à l'ordinaire à cause du grand nombre de tûaillons qu’on frappe à la fois.
- La fig. 27 est le plan de la trémie Q.
- La fig. 28. une élévation latérale de cette trémie et du guide à conducteur R qui sert à l’alimentation.
- La fig. 29 en est le plan.
- , La trémie Q est placée dans une portion inclinée, de manière à assurer Par la gravitation une alimentation Jjotistanle en maillons, par le moyen des conducteurs R qui les boutent sur •«s matrices.
- Toutes ces machines fonctionnent par ‘entremise de la vapeur.
- Machine à dégorger et laver les toiles de colon et autres tissus.
- par MM. Th. Cocksey et J. Nightingale.
- La machine qnc nous allons faire Connaître consiste en une série de batteurs tournants au sein d’une cuve de j^ànière que la toile de colon ou autre hssu qu’on véul laver descende dans eau après l’action de chaque batteur Successif, puis remonte vers le suivant ®Près avoir été rejetée sur des tam-^uurs ou conducteurs de forme rectangulaire qui n’ont d'autre mouvement 9ue celui que leur communique le tissu JJ!11 passe dans la machine, et ne sont Plàcés entre les batteurs que pour faire “'uuter et descendre alternativement la 0,le au sein de l’eau, mouvement qui,
- combiné avec celui d’entrée et de sortie du tissu dans cette eau, aide matériellement l’action des batteurs pour laver et dégorger la toile.
- Les batteurs sont rectangulaires de manière à battre le tissu quatre fois pendant une révolution. On peut leur donner toute autre forme polygonale et un plus grand nombre de faces batteuses mais nous croyons que quatre faces sont commodes et suffisamment efficaces, et quoique nos figures représentent les espaces entre les quatre angles fermés par des planches , cette disposition n’est pas de rigueur.
- L’alimentation et l'écoulement de l’eau sont disposés de telle façon que le tissu abandonne le liquide dans le point où celui-ci afflue et parconsèquent sorte de la cuve au moment ou il vient d’être soumis à l’action de l’eau la plus propre.
- Pour pouvoir disposer la machine lorsqu’on veut y passer des tissus de forces difTérentes, les tissus plus faibles et plus légers n’exigeant pas qu’on les batte autant que les tissus forts et épais, les batteurs marchenlavec embrayagesà frottement, de manière que la vites-se de ces batteurs peut être réduite lorsqu’on passe des tissus légers à travers la machine.
- La fig. 30, pt.126, est une élévation de notre machine.
- La fig. 31 en est le plan.
- La fig. 32, une coupe en élévation.
- a,a, cuve oblongue maintenue constamment pleine d’eau par un tuyau d'alimentation 6, laquelle s’écoule aussi constamment par un tuyau de décharge ou de trop-plein c placé à l’autre extrémité. Les quatre batteurs e, g, i et k sont mis en action par les roues d’angle l calées sur leurs arbres respectifs et commandées par d’autres roues d’angle m montées sur l'axe ou arbre n,n, ces roues m se mouvant toutes simultanément sur leur arbre respectif, excepté lorsqu’elles ont été désem-brayècs. Les embrayages sont ceux ordinaires, et chacun d’eux consiste en courroies de frottement qui embrassent une poulie ou moyeu de la roue de façon que lorsque ces courroies sont tendues fortement il ne peut y avoir de glissement tandis que lorsque cette tension est moins ferme elles glissent sur leur arbre.
- La disposition indiquée dans les figures fait voir que lorsque les roues motrices n sont fixes sur leurs axes, les batteurs tournent avec une vitesse qui est trois fois celle du tissu, vitesse qui, à ce que nous croyons, suffit pour les
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- tissus forts, mais qu’on peut réduire en diminuant lefrottement entre les pièces d’embrayage. L’arbre ou axe n reçoit son mouvement de la roue d’angle o montée sur l’arbre de l’un des cylindres de pression p ,p, roue qui engrène et mène le pignon d’angle q calé sur cet arbre n. Ces cylindres de pression reçoivent d’ailleurs leur mouvement de circulation d’une machine à vapeur ou autre moteur à la manière ordinaire et ils appuient l’un sur l’autre au moyen d’un levier à poids r relié par une tige s au levier t.
- Le tissu, en sortant de la cuve à laver, passe sur les tours u,u.
- Lorsqu’on veut dégorger un tissu, on l’introduit dans l’eau par une des extrémités de la cuve a, et là il passe sous un rouleau de renvoi v, plongé dans l’eau, puis remonte sur l’un des conducteurs rectangulaires d, est ramené sous un autre rouleau de renvoi y, remonte sur le batteur e, vient ensuite passer sous un nouveau rouleau v, remonte sur le second conducteur rectangulaire f, passe sous un autre rouleau de renvois et de là au second batteur g, et ainsi de suite sur les batteurs i,k et sur les conducteurs hetj, comme l'indique la fig. 32.
- Le tissu, dans sa marche à travers la machine, outre qu’il entre dans l’eau et en sort alternativement, éprouve un mouvement de va-et-vient dans ce li-quideque luiimprimentles conducteurs rectangulaires d, f, h et j.
- Indépendamment de ces applications au dégorgeage et au lavage des tissus cette machine peut servir au blanchiment, à la teinture, à l’impression et à l’encollage des tissus et des chaînes dans toutes les parties de ces opérations qui exigent qu’on passe les étoffes à travers un liquide. La seul différence consistera en ce qu’au lieu d’eau pure on versera dans la cuve la liqueur dont on voudra faire l’application. Dans la plupart de ces cas, on n’aura pas besoin des tuyaux d’alimentation et de trop-plein.
- Mèche à percer lee métaux,
- Par M. Fr. Wohnlich.
- Cette nouvelle mèche à percer les métaux, inventée en Allemagne, a été représentée de face dans la fig. 34, pl. 126, de côté dans la fig. 35, et en coupe dans la fig. 36 suivant A,B de la fig. 34.
- a,b,c,d indiquent le tranchant ou partie coupante. Le corps de la mèche
- est forgé rond et massif, puis tourné très-exactement, après quoi il est délardé des deux côtés en le limant suivant deux circonférences dont les convexités sont en sens opposé, enfin le bout ou pivot est formé sur le plat d’une meule ordinaire.
- Les trous qu’on perce avec cette mèche sont d’une propreté extrême et comme polis. Elle remplace les mèches à pivot ou à lêlon et les forets, de façon qu’on n’a besoin que d'une seule espèce d’outil à percer. De plus, cette mèche , quand elle est émoussée, peut être affûtée en la passant simplement sur la meule, tandis, par exemple que daus les mèches à pivot, lorsque celui-ci vient à se rompre, il faut remettre l’outil à la forge et lui faire à la lime un nouveau pivot.
- Clef à mâchoire mobile.
- Cette clef, qui est d’invention anglaise, a été représentée en élévation de face dans la fig. 36, pl. 126, en élévation de côté dans la fig. 57. La fig. 58 est sa mâchoire vue séparément.
- a est le corps de la clef, b le manche, c la mâchoire mobile sur le talon de laquelle on a taillé unecrémaillèred-Cette crémaillère peut glisser à mouvement doux dans une rainure et un trou carré qui traversent le corps de la clef. Une vis sans fin e, tournant sur un boulon f, engrène dans les dents de la crémaillère d et la fait marcher à droite ou àgauche suivant le sens où on tourne la vis qu’on fait mouvoir avec les doigts et qui est à cet effet cannelée sur la surface convexe de ses filets.
- Afin que la mâchoire mobile c ne sorte pas de la rainure, on insère une petite goupille g qui pénétre transversalement dans le corps et dans cette mâchoire, et permet à celle-ci de faire de chaque côté des excursions bornées dans leur étendue par une mortaise découpée dans le pied de cette mâchoire-
- Cet outil, comme on le voit, a moins de puissance et moins d’étendue que la clef anglaise ordinaire, mais il peu*-trouver des applications utiles dans les constructions où l’on n’a généralement à tourner que des écrous ou des boulons qui ne sont pas très-serrés et dont le diamètre varie peu. Le pincement est ici moins ferme, et la mâchoire mobile doit tendre à se gauchir ou à se rompre au talon. Il en sera de même lorsque la clef tombera sur cette mâchoire m0"
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- Me; enfin, il faut bien faire attention que toute la force de résistance de cet outil repose sur celle qu’opposent deux Oents consécutives de la crémaillère ou ur celle des trois filets de la vis qui a fait marcher, et qui ne permet certai-nemcnt pas de l’employer à des travaux qui exigent de grands efforts.
- ftous ferons aussi remarquer qu’il indispensable pour la solidité et la Insularité que les dents de la crèmail-e^e aient une taille hélicoïde : sans cela elles ne porteraient que par des arètes sur le plat des filets de la vis sans fin.
- Cette clef a aussi le désavantage que sa course est pius limitée que celle de I clef anglaise, et que sous ce rapport e|le est moins universelle.
- . La clef anglaise peut saisir aussi bien es écrous en avant que de côté, tandis 10e la clef actuelle ne peut les tourner que fie cette dernière manière.
- Enfin, la clef en question présente Hne masse moindre, mais sa construc-'Pn n’est peut-être pas moins dispen-j!euse que celle de la clef anglaise de Qlvers modèles.
- Machine à laminer les chevilles pour coussinets de chemin de fer.
- Par M. J. Harrison.
- . Lig. 39, pl. 126. Élévation vue parlant de la machine.
- Eig. 40. Autre élévation de la même échine vue de côté.
- . a\A2 couple de cylindres à gorges etablis sur des montants B,B et des ?Pussinets convenables portés par le pli ; ces deux cylindres sont en con-act immédiat. Les gorges a,a,a ont . ne forme demi-ronde, de façon qu’elles 0rmenl par leur rapprochement desou-ertiires circulaires par lesquelles on fait Passer les chevilles après qu’elles ont . e dégrossies et soumises à un profits6 préparatoire. Dans le travail donné j x chevilles, avant de les passer entre es cylindres, on les tient toujours un jjeu Plus fortes que les ouvertures a,a,a e sont grandes, de manière qu’après |0lr été passées successivement de la
- Plus
- grande à la plus petite de ces ou-
- y. o*u,,uv a lu UU OVU VU
- si/lUres e'les sont prèles à servir. Les
- rfaces concaves des trois gorges a,a,a ji nt Polies et produisent des chevilles ?es tandis que celle de la quatrième vîùre ^ est raboteuse et produit des che-Ues rugueuses.
- Le mouvement est imprimé aux cylindres par une machine à vapeur ou autre moteur par l'intervention de la poulie motrice C de la vis sans fin D et de la roue dentée E ; F,F sont deux pignons calés aux extrémités des tourillons des cylindres pour assurer un mouvement identique de rotation à ces derniers.
- Sur les roues hydrauliques à augets ventilés.
- Par M. W. Fairbairn.
- (Suite.)
- Roues de côté à sole close et augets ventilés.
- Les détails précédents ont été bornés principalement à la forme de l’au-get et au modèle d’une roue hydraulique adaptée à de faibles chutes. Maintenant il est nécessaire de décrire la meilleure forme à donner aux roues de côté pour les fortes chutes ou celles qui paraissent les plus propres à atteindre le maximum d’effet pour des chutes variant depuis la moitié jusqu'aux trois quarts du diamètre de la roue. C’est là un genre de roue hydraulique d’un usage très-répandu et généralement adopté pour les chutes qui ne dépassent pas 5 à 6 mètres et dans la plupart des cas préférable aux roues en dessus. Ce genre possède de nombreux avantages sur la roue en dessous et son travail qui la rapproche de celui de ces dernières le rend applicable dans un grand nombre de cas surtout, comme on vient de le dire, dans ceux où la chute ne dépasse pas 5 à 6 mètres et où la roue est exposée à être noyée par les eaux d’aval Dans ce dernier cas les roues d'un grand diamètre sont les plus convenables, et pourvu qu’on donne aux augets une capacité suffisante, ces roues peuvent être en partie noyées sans perdre sensiblement de leur vitesse.
- Toute roue de ce genre doit présenter dans ses augets une capacité suffisante pour faire marcher l’appareil avec toute sa vitesse dans une profondeur des eaux d’av;d de lm,50 à 2 mètres, et si on a égard à ces circonstances, on parvient à obtenir une marche parfaitement ferme et une vitesse uniforme quelle que soit la hauteur à laquelle montent ou descendent les eaux d’aval.
- Il y a environ quatre ans j’ai con-
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- struit une roue hydraulique de ce genre d’une force de 100 chevaux chez M. T. Ainsworth à Clealor, près White-haven, pour faire marcher une filature de lin.
- Celte roue a 6m,0958 de diamètre, 6m,7031 de largeur à l’intérieur des augets. etOm,5588delargeur de couronne; le fond ou sole est clos, rivé et composé de planches de tôle n° 10; les augets sont ventilés de l’un à l’autre, ainsi qu’on l’a représenté dans la fig. 21, pl. 125. La chute est de 4m,8766, et l’eau se décharge sur la roue par une vanne de forme circulaire qu’on élève ou qu’on abaisse à l’aide d'un régulateur suivant les circonstances. Au moyen de celle disposition, on profite de toute la hauteur de la chute et l’eau dans les temps secs peut être abaissée de 1 mètre à lm,30 pour donner au canal de dérivation le temps de se remplir pendant les périodes de repos, soit de nuit, soit lors des repas.
- Dans cette roue la force est empruntée à chacun des côtés au moyen de deux [lignons qui fonctionnent dans des segments intérieurs; ceux-ci impriment le mouvement aux arbres et aux roues dentées qui sont en communication avec les machines de deux établissements de filature places à quelque distance l’un de l’autre.
- La position du pignon et le point où il engrène dans les segments a quelque importance dans toutes les roues hydrauliques, mais plus particulièrement dans celles construites sur le principe, dit de suspension, qui, après examen, paraît médiocrement approprié pour résister à un effort de tension, lorsque la force est empruntée au côté opposé à l’arc en charge de la roue. Des roues hydrauliques de ce modèle, avec barres en fer forgé de 0m,0506 de diamètre pour les soutenir ne pourraient pas résister à l’effort,mais se tordraient sur l’axe comme sur un centre fixe de mouvement.
- Il est donc nécessaire dans toute occasion d’emprunter la force sur le côté en charge de la roue et aussi près que possible de la circonférence , afin de rejeter le poids de l’eau sur la résistance du pignon et pour que cette résistance soit dans le point où existe la plus grande vitesse.
- Dans les anciennes roues hydrauliques, où l’on empruntait généralement la force à l’axe, toute la force motrice passait d'abord à travers les bras à cet axe , puis , ensuite , par l’extrémité d’une roue placée dans un puits ou tout autre multiplicateur de la vitesse,
- aux machines de l’établissement. Maintenant, dans la roue perfectionnée, les choses ne se passent plus ainsi ; les bras, les croisillons et l’axe n’ont pins qu’à porter le poids de la roue et à maintenir sa forme invariable, et la force étant empruntée à la circonférence, on évite des embarras considérables dans les transmissions, et enfin on réalise de grandes économies lorsque la vitesse dont on a besoin est supérieure à celle de la roue.
- On a déjà dit que cette espèce de roue avait une sole close, et en se reportant à la fig.2i, indiquée ci-dessus» on remarquera que la paroi postérieure des augets est relevée a
- une distance de 0m,059 du fond que forme la sole , ou, qu’après avoir marché parallèlement avec celte dernière partie, ces augets se terminent à environ 0“,050 au-dessous de la portion courbe de l’auget supérieur. Le but de cell® disposition est évident, attendu quC l’eau, en passant entre les ouverture* que laissent entre eux les augets. chasse l’air dans la direction des flèches, dan* l’auget supérieur, et ainsi de suite successivement , tant que chaque auget se remplit en passant devant l’ouverture du réservoir d’où l’eau coule sur la roue. ...
- Indépendamment de l’avantage qu1 y a de débarrasser les augets de l’ajr» ou en obtient un autre par la facilile avec laquelle l eau se décharge et l’a,r est de nouveau admis au bas de la chute, pendant la période de temps en l’auget se vide dans le canal de fuite*
- C est un point qui est démontré d’un® manière frappante lorsque la roue tra' vaille en partie noyée dans les eau* d’aval, car alors les augets ventile5 s’élèvent librement au-dessus de la sur* face et une communication étant oU' verte de l’un à l’autre , faction est rendue parfaitement libre, quelle que soit la profondeur à laquelle la roue se trouve noyée.
- Dans les roues de côté construit65 sur des chutes de 7m,620, ou plus, ut* coursier n’est pas chose nécessaire* parce que les augets sont disposés ave^ des ouvertures étroites et que la lèyre 6 chacun d’eux s’étendant plus près 0 dos de celui qui le suit, l’eau se troUve retenue plus longtemps sur la roue* Dans ces circonstances, un cours'6, n’aurait que peu ou point d'uiilite on l'établissait pour une roue à aug61 clos sur une chute très-haute. .
- La construction des roues de co> telles qu’elles ont été décrites ci-°® sus, est presque exactement sembla0
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- ? ce^e pour les petites chutes; des oras et des croisillons en fer forgé sont des pièces qui leur sont commu-nes, aussi bien que l’axe, la couronne et les segments. Ces pièces, lorsqu’elles 0rjt les propoi lions convenables et sont adaptées parfaitement les unes aux autres, constituent une des construe-j,0ns les plus robustes et probablement hiSplus permanentes qu’il soit possible u établir dans les travaux de ce genre.
- Roues de côté ordinaires (non ventilées).
- Quatre roues de ce genre ont été construites par moi et M. Lillie, de *8^5 à 1827, pour MM. J. Finlav et compagnie, pour une chute de 9ra,75i a üeaston en Perthshire et deux au-J|es pour la même maison à l’usine de ^atrine en Ayrshire sur une chute de *2"*,801 sur le système des roues en dessus ou des roues de côté en prenant l'eau à une élévation presque e8ale à sa hauteur. Si on prend en con-Sldsralion la hauteur de la chute, les roucs de l’usine Catrinc, sous le rapport de leur force et de la solidité de leur construction, sont peut être, même e,,Core aujourd'hui, les appareils de ce 8enre les meilleurs elles plus efficaces 9UÎ existent. Ces roues fonctionnent depuis plus de vingt ans, et pendant toute celle période elles n’onl néces-Sl,è aucune réparation , et sont, à peu Près, aussi parfaites qu’elles l'étaient l°rs de leur construction.
- On s’était proposé à l’origine d’éri-8cr quatre de ces roues à Catrine, mais 0,1 n'en a construit que deux; néau-j^pins, on a tout préparé pour en éta-dur quatre, dans le cas où on agrandi-r«it les réservoirs dans les districts dionlagneux, et où l’on aurait besoin d Une plus grande force dans les fila lu ïe.s- Cette extension n’a pas encore etc decessaire, et les deux roues, qui ont due force de 210 chevaux, sont sufïi-SaU)meni puissantes, excepté dans les ®echcresses, pour mettre les établisse -d^uls en mouvement.
- , tlans le plan primitif, ces roues paient placées et disposées pour corn-*|!uuiquer leur mouvement à une série
- arbres auxiliaires, et à l’aide de grandes roues dentées et de pignons, à Jansniettrc leur force totale par un grand arbre de couche à une filature fie r°lon placée à une distance considère, et enfin, par l’entremise d’un engrenage d'angle et de divers arbres, à meUre en mouvement une autre fila-
- ture de même importance placée dans une autre direction.
- Ces roues ont 15 mètres de diamètre, 3m,20 de largeur dans œuvre, 0m,38l de largeur de couronne. Les segments dentés intérieurs ont H“,783 de diamètre, des dents distantes entre elles de 0m 0765 et 0m,381 de largeur. Les grandes roues dentées ont 3°\5i0 de diamètre des dents distantes de 0m,0765 avec une largeur de dent de 0“,106; les pignons ont même denture et même largeur, mais n’ont que 1m,676 de diamètre. Les grandes loues coniques ont 2m,133 de diamètre, 0m,0889 de dent en dent et une largeur de 0m,457; leurs dimensions ont été calculées pour transmettre la force totale des quatre roues dans le cas où l’on aurait exécuté le plan primitif.
- L’eau pour faire marcher ces roues est empruntée à la rivière d’Ayr au moyen (l’uri canal et d’un tunnel et de la conduite le long d'un plan incliné dans la cage aux roues, où elle est distribuée à celles-ci par une grande auge en tôle portée sur des colonnes en fonte.
- Vues de l’entrée de rétablissement, les deux roues déjà établies présentent un aspect très-imposant,chacune d’elles étant portée sur des massifs en pierre de taille, et comme les citernes, les vannes, les tournants, les galeries, etc., sont d’une hauteur considérable, on peut les approcher avec facilité dans tous leurs points. Au dessous des roues il y a un tunnel spacieux qui aboutit à une grande distance dans la rivière en aval du courant. La position des pignons est telle qu’ils engrènent dans chaque roue principale motrice près du centre de rotation.
- Les roues hydrauliques établies sur le principe introduit par M. Poncelet ont acquis une grande réputation sur le continent; cl, comme j'ai eu l’occasion d’en construire une pour M. De Bergue, je dirai un mol sur les particularités qu’elles présentent.
- Les aubes, qui ont une forme courbe, sont ouvertes par derrière et sans sole, de, façon que la roue est parfaitement ventilée. L’eau les frappe presque en leur point le plus bas. A mesure que l’eau entre dans la roue, elle suit la cavité intérieure de l’aube, s’y élève dans l’une d'elles pendant qu’elle retombe dans la précédente, et ainsi de suite successivement Au moyen de ce système, la force de l’eau est dépensée dans la roue elle-même, au lieu de perdre une forte portion de sa puissance en courant dans le coursier, comme on le voit en-
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- core aujourd’hui dans des roues en dessous qui passent cependant pour bien construites.
- M. Poncelet, du reste, a traité ce sujet d'une manière si habile dans son mémoire sur cette roue, qu’il serait superflu d’entrer ici dans d'autres détails; mais je ferai remarquer qu on pourrait apporter un perfectionnement pratique à cet appareil en terminant la plateforme postérieure en pierre du coursier (le ressaut) légèrement en avant de la ligne verticale, passant par le centre de la roue, afin de faciliter l’écoulement de l’eau, et pour que les aubes ascendants soient délivrées plus aisément de leur contenu. Ce point a une telle importance pour toutes les roues, qu’on doit aussi l’employer pour ce modèle.
- Dans ce mémoire, il n’a pas été question des turbines et des perfectionnements récents qu’on doit à MM. Four-neyron, Zuppinger, Whitelaw et autres. On a, en effet, déjà publié un grand nombre de documents relatifs à ces perfectionnements ; maislesapplica-tions très-bornées qu’on a faites jusqu’à présent de cet appareil en Angleterre me dispensent d’entrer dans des détails à son égard. On a dit qu’on avait obtenu jusqu’à 90 ou 92 pour 100 avec la turbine de M. Fourneyron ; mais cet ingénieur, dans une visite qu’il a faite récemment en Angleterre, m’a fourni des renseignements sur différentes turbines construites par lui, et qui réduisent ce travail en moyenne à 72 pour 100. M. Zuppinger et M. Whitelaw n’élèvent pas davantage le travail de leurs appareils, et la moyenne est de 70 à 72 pour 400 de la force théorique totale de la chute (1).
- (l) Dans une discussion qui a eu lieu après la lecture de ce mémoire, devant l’inslitut des ingénieurs civils de Londres, plusieurs praticiens ont déclaré que les roues ventilées de M. Fairbairn leur paraissaient constituer d’excellentes machines hydrauliques ; que ces appareils devaient présenter une grande fermeté dans leur allure et leur action, un emploi économique de l’eau et l’avantage de pouvoir fonctionner même lorsqu’ils sont en partie noyés. M Scott Bussell a fait aussi remarquer ce point important qui consisle à emprunter la force à la roue par un engrenage intérieur sur la demi-circonférence en charge, en évitant ainsi tout danger de forcer les bras de tension en fer forgé. On avait bien déjà cherché à perfectionner les moyens de transmission en empruntant cette force aux deux côtés ou demi-circonférence de la roue , mais on n’avait pas réussi, parce que l’engrenage ne fonctionnait pas des deux côtés simultanément, et transmettait ainsi un tremblement nuisible dans les filatures où il est important d’avoir un mouvement de la plus grande régularité. Cet ingénieur a entendu dire que le coton filé par une force hydraulique était toujours sur le marché
- Note sur la fabrication des coussinets.
- Par M. Ch. Étienne, ingénieur civil.
- Exposés à des chocs fréquents, les coussinets doivent présenter unegrandc résistance ; il ne faut donc employer à leur fabrication que des fontes grises et de bonne qualité.
- Ou se sert de fontes au bois ou de fontes au coke. On moule en première ou en deuxième fusion; il vaut mieux mouler les fontes au coke en deuxième fusion, parce que l’on obtient des produits plus homogènes.
- La température de la fonte, an moment de la coulée, n’est pas sans influence ; il peut en résulter des défauts plus ou moins graves dans les coussinets, selon qu’on s'est écarté plus ou moins du degré convenable. Une fonte trop froide produit des gravelures et des gouttes froides, une fonte trop chaude produit des soufflures et des
- d’un prix plus élevé que celui filé par les machines à vapeur. Du reste il considère, contre l’opinion de M. Fairbairn, la vemilation encore plus indispensable pour les fortes chutes que pourcelles de peu de hauteur.Quant à M. Fairbairn , il a répondu qu’il avait essayé les deux moyens indiqués pour emprunter la force à la roue , et avait donné la préférence à celui qui fait cet emprunt d’un seul côté, parce que, indépendamment des autres objections, lorS-ue le système des engrenages était fixé des eux côtés de la roue, l’élasticité des bras de tension en fer forgé tendait à rompre les dent* des pignons. On ne doit donc l’adopter que lorsque la roue est parfaitement rigide. Du reste , le principe dit de la suspension qu’on doit à MM. S'rult et Hewes paraît aujourd’hui constituer d’un commun aveu le mode de construction le plus avantageux.
- Dans lecours de la discussion, M. De Bergue a parlé de deux roues à aubes courbes du système de M. Poncelet qu’il a établies , la première au Loubregat, près Montserra, en Catalogne , et l’autre à Girone, entre Barcelone et Bellegarde. Cette dernière a 5»>,o8o de diamètre et 9m,t44 de longueur, avec une chute de 2m,oso ; elle débite 3,397 mètres cubes d’eau par minute lorsque la périphérie marche a raison de 3 à 4 métrés par seonde. Une roue de côté aurait dû avoir 27 mètres de largeuf pour employer avantageusement cette quanti!® d’eau. On a trouvé que la vitesse de la roue ne doit être que 55 pour too de celle de l’eau passant par la vanne. Avec ces éléments force de la roue est de 180 chevaux. L’arbr principal consiste en un cylindre creux en fonte de t,n.37Q de diamètre', et composé par piècesde faible longueur boulonnées ensemble-Les bras sont en fer forgé , très-légers . reS' semblant à ceux des roues à aubes des bateau^ à vapeur, et disposés très-près les uns des au-1res Les aubes sont très-mullipliées , et appareil a paru peu affecté par le gonllement o eaux d’aval. M. I)e Bergue regarde cette rou comme le meilleur modèle pour les chutes a dessous de 2™,50; il en a obtenu presque pour îoo, et lui donne en conséquence la Pr, férence sur toutes les roues en-dessous et côté.
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- tassements. Un fondeur habile recon-naît à la coulée si la fonte est trop chaude, et il attend qu’elle soit refroidie suffisamment pour mouler.
- Ea température du bain de fonte dans le cubilot croît à mesure que la hauteur augmente jusqu’à une certaine limite, puis elle décroît; il est indispensable de ne pas dépasser cette limite, et l’habitude du travail indique le Point où il faut s’arrêter.
- Ce fait, vérifié par l’expérience, s’explique facilement par une simple considération mathématique.
- Supposons la masse du bain de fonte Partagée en tranches très-minces, chacune représentant la quantité de fonte Hui se liquéfie dans l’unité de temps. La coulée se faisant à des intervalles Icès-rapprochés, il résulte dans le bain de fonte une agitation presque continuelle qui établit un équilibre de température entre toutes les tranches.
- Soit T la température de la fonte au moment où elle se liquéfie, t la température de la première tranche au moment où la deuxième se forme , et 6 la température du mélange, on aura, en appelant m la masse de la première tranche et m' celle de la deuxième :
- m (9 — t) — m' (T — 6) ;
- d’où
- mt -J- m'T m -}- m'
- faisons T := t -f- a , on aura :
- ma
- m -J- m' =*1“
- ,En appelant^, 0", 0"\ etc.,les températures des autres mélanges, on ob-hendrait les équations suivantes :
- o *=<4-
- m a
- v ^ f , (m'+m")q ‘ m -|- m' -J- m’f ’
- (m'-j- m"-f- m"')a m-1- m'-}- m"-J- m'" ’ etc.
- Équations qui montrent que le Peratures 6,0',0'', etc., vont en ®nt à mesure que le nombre de: Clles augmente.
- . ^i les quantités m, m', m", tp ®nt.égales, les équations pré< 8 deviendraient :
- 0'
- , 2 a
- t+~T'
- 0" _ * 4_ 3 a
- ~l-r 4 » etc.
- Ces équations ne sont pas exactes, à cause des pertes de chaleur opérées par le rayonnement; cependant elles suffisent pour faire voir la vérité du fait énoncé.
- Le moulage a lieu en sable vert;la chambre du rail devant présenter une surface lisse, le sable doit être fin et peu humide. Il ne faut pas briser les moules avant que les coussinets n’aient subi un refroidissement suffisant; une contraction trop brusque et inégale les ferait gauchir.
- Les seuls défauts graves et saillants que nous avons pu remarquer dans les coussinets sont les soufflures et les tassements; ces défauts peuvent provenir de la fonte et du moulage.
- Lorsqu’une fonte n’est pas franchement grise, il est rare qu’elle rie donne pas lieu à des lassements et à des soufflures; lorsqu’elle est blanche ou trui-tée, ces défauts sont immanquables.
- Ces faits s’expliquent facilement. La fonte grise provenant d’un minerai mieux réduit et se refroidissant plus lentement n’éprouve pas ces nombreux bouillonnements dans l’intérieur de la masse, occasionnés par le dégagement des gaz qui font naître des soufflures lorsqu’ilsrencontrentuneissuedifficile ; les molécules se déplacent lentement et obéissent sans résistance aux lois de contraction.
- La fonte qui se trouve à la partie supérieure du bain est rasée par le courant d’air; elle se décarbure et devient truilée. De là défaut d’homogénéité à la coulée, et par suite retraits et soufflures.
- Quand la fonte est coulée trop chaude, elle prend un retrait considérable. La table du coussinet qui se trouve à la partie supérieure du moule, en contact avec le sable, a déjà subi un refroidissement lorsque le centre est encore liquide; lorsque ensuite le centre prend son retrait, il se forme un vide, et la couche supérieure, encore molle, s’infléchit; delà dépression ou soufflure. Ce défaut se manifeste toujours au point qui correspond à la plus grande épaisseur.
- La soufflure est indiquée dans la
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- partie qui se trouve en contact avec le bord inférieur du rail par un petit trou dont le diamètre atteint quelquefois à peine la grosseur d’un bec d'épingle ; ce caractère indique infailliblement une soufflure.
- La fonte imitée et à fortiori la fonte blanche, donne lieu aux mêmes résultats. Pour que ces retraits inégaux n’aient pas lieu, il faut avoir soin de bien répartir les dimensions des coussinets et pratiquer les trous de coulée aux endroits où les épaisseurs sont les plus fortes.
- On peut, avec une mauvaise fonte, éviter les défauts apparents des coussinets, en ayant recours à un procédé frauduleux qu’un de nos amis, métallurgiste distingué, a vu mettre en usage dans une usine.
- Comme le maître de forge se servait de fontes truilées, il obtenait des coussinets avec des tassements sous la table et des souillures dans l’intérieur de la chambre.
- Pour obvier à ces défauts, qui provoquaient de nombreux rebuts, il employa l’expédient suivant :
- 11 fit mettre dans l’intérieur des moules des clous rouilles à larges tètes ; ces clous étaient placés de telle façon que la tète occupait la partie la plus épaisse du coussinet. La fonte, en tombant sur la tête du clou rouillé, se décarburait sous l’action de l’oxigène et du fer; il y avait production abondante de gaz acide carbonique et oxide de carbone , qui, par leur force expansive, maintenaient la fonte en suspension et l’em-péchaient de s’affaisser au moment du retrait.
- La table se trouvait effectivement sans tassements ; mais des soufflures de deux centimètres de diamètre se faisaient remarquer à l’intérieur du coussinet. Ces souillures étaient à peu près sphériques et blanches; la tête du clou se trouvait isolée au milieu.
- Cette fraude dura pendant plusieurs années, jusqu'au moment où un jeune ingénieur des mines de Saint-Étienne, chargé de faire des réceptions considérables, vint à la découvrir.
- Déception des coussinets—De même que pour les rails, il faut surveiller attentivement la fabrication des coussinets afin de s’assurer de la qualité des fontes.
- Pour examiner les coussinets, on les fait placer par rangées sur une table, et on vérifie successivement toutes les faces.
- A l’aide d’un gabarit, on vérifie les dimensions de la chambre et son incli-
- naison, ainsi que le diamètre des trous des chevillettes. Avec un peu d’habi-lude, l’œil suffit pour reconnaître les dimensions dont l'exactitude n’a pas besoin d’être mathématique.
- Il faut de temps à autre en faire casser quelques-uns, afin de voir si la fonte est toujours la même.
- Pour connaître la résistance à la rup-ture, on fait des essais sur plusieurs barreaux, en les plaçant sur deux poirfis d’appui et en notant les charges qu’ils ont supportées-
- Un excellent moyen de vérifier la résistance des coussinets consiste à pla* cor le rail dans sa chambre, à le caler avec le coin en bois, puis à enfoncer perpendiculairement à celui-ci des coins en fer jusqu'à ce que le coussinet éclate. Le poids du marteau, le nom* bre des coups donnés pour produire la rupture, serviront à donner une idée de la résistance.
- Si l’on a employé la fraude signalée plus haut, la cassure se fera au mi' lieu de la soufflure.
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- Dispositions nouvelles dans les coussinets pour les chemins de fer.
- Par M. O. Reynolds.
- M. Reynolds s’est proposé deux choses ; 1° de diminuer les risques de 1* rupture des coussinets sur lesquels les rails sont installés; 2° un mode particulier de construction des clefs ou coins employés pour assujettir les rails sur les coussinets.
- Pour atteindre le premier but, c’est' à-dire prévenir autant que possible la rupture des coussinets, l'auteur les fa* brique avec une combinaison de métaux présentant une force et une duree plus considérables, qui leur donne efl même temps moins de poids que ceu* qu’on a employés jusqu'à présent. CeS coussinets perfectionnés sont en fonte avec des nervures et des angles ou autres pièces de consolidation en fef forgé , incorporées ou noyées plus o moins dans la fonte au moment « moulage. Le coussinet peut avoir un^ des formes le plus généralement ap' prouvées aujourd'hui , et on peut donner aux pièces eu fer qu’on y introdu» la figure qu’on juge la plus propre assurer la résistance et le but qu on propose. ,e
- L’auteur a présenté comme exemp de son système de construction de
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- modèles différents. Dans l'un les pièces en fer sont entièrement noyées dans la masse de la fonte , et dans l’autre , ces ptèces sont bien aussi complètement n°yées dans celle masse ; mais ensuite 0n a inséré transversalement une pla-que mince de fer, qui n’est qu’en partie recouverte par la fonte , et dont une Portion par conséquent fait saillie et se trouve exposée aux yeux. Un coussinet ~e ce dernier modèle est, dit-il, par-t'culièrement propre pour les joints aux Points de jonction des rails où l’on a besoin d’une grande résistance, et où * interposition de ces plaques minces enjre les extrémités buttantes de deux ?ails constitutifs ne peut avoir aucun inconvénient. Ces pièces de fer doivent ®tre décapées soigneusement, étamées 0,1 préparées au borax ou au sel ammoniac avant d’ètre immergées dans ta fonte.
- Voici actuellement comment M Rey-nolds construit les clefs ou coins employés pour assujettir les rails sur les ®°ossineis, afin de s’opposer à la tendance qu’ils ont ordinairement à se re-acher après quelque temps de service, 0,1 du moins d’empêcher leur chute ®ans toutes les circonstances.
- Pour cela, l’auleurétablitune retraite la face extérieure de la clef, et in-r’oduit sur le fond de celte retraite une ®?nde ou couche de caoutchouc volca-5,sé ou autre corps élastique analogue.
- lI*s il insère un bloc qui entre libre-j e,>t dans cette retraite en portant sur caoutchouc volcanisé, auquel il peut collé pour plus de sûreté , mais de ^nière toutefois à ne pas s’opposer Matériellement à l’action élastique du ja°iilchouc. 11 existe une détente ou Mquet à ressort sur l’extrémité anlè-leUre de ce bloc: et lorsqu’on insère P°ur la première fois dans le coussinet, a Pression de la face latérale de ce °Ussinet sur ce loquet pousse ce bloc Plèrieurement sur le caoutchouc sul-ür® jusqu’à ce que la clef soit chassée j,Sscz avant pour que le loquet passe de autre côté du coussinet et redevienne *“re; alors le ressort du caoutchouc P?u,sse immédiatement le bloc de l’autre g e du coussinet, et non-seulement 5?Sujettit ainsi la clef fermement, mais °l»pose en outre elficacement à ce |*lehe puisse reculer ou se relâcher fjPs les ébranlements ou les chocs les PUjs violents.
- t lieu de sc servir d une seule dé-ç ,lte > on peut en combiner plusieurs ^ semble avec les blocs correspondu!* do‘vent faire saillle de part d autre lorsque la clef est pressée
- et quand elle est en place , c’est-à-dire des blocs qui s’adaptent dans les espaces creux entre les détentes. Des clefs de cette espèce peuvent être employées aussi à d’autres objets.
- M. Reynolds a aussi décrit le mode de construction de pièces qu’il nomme éclisses , et qu’il emploie pour fortifier les points de jonction des rails. Ces éclisses sont en fer forgé noyées de même dans la fonte, comme on l a dit ci-dessus, et recouvertes sur l’une de leurs faces de caoutchouc sulfuré. Elles sont assujetties avec les rails dans un même coussinet.
- Elévateur ou monte-charge pneumatique.
- Par M. Gibbons.
- L’élévateur pneumatique, dont on va donner ici la description, est employé à élever le minerai, la houille et la casline qui servent à alunenler quatre hauts-fourneaux à Corbyn’s Hall New-Furnaces, près Dndb y.
- Dans quelques districts, les niveaux du terrain permettent de charger les hauts-fourneaux en brouettant les matériaux sur une plate-forme horizontale partant du point le (dus élevé du relief du terrain et aboutissant aux gueulards des fourneaux, mais en général ces matériaux ont besoin d’ètre élevés par des machines au niveau de ce gueulard, hauteur qui peut êtreenviron de 12 à 15 mètres.
- Le moyen ordinaire de monter les matériaux consiste en un plan incliné qui s’élève à partir du sol jusqu’au sommet du fourneau sous un angle d’environ 30°. Sur ce plan existent deux lignes de railways, et une plate-forme mobile sur chacune de ces lignes est élevée par une machine à vapeur à l’aide d’une chaîne passant sur une poulie jusqu’au haut du plan incliné. Les deux plates-formes s’équilibrent l'une l’autre, l’une descend lorsque l’autre monte, le fond de chacune d’elles est rendu horizontal et se trouve au niveau avec le terrain par le bas et avec le plancher de roulage au sommet du fourneau,de façon que les brouettes de matériaux sont facilement amenées par le roulage sur ou hors ces plates-iormes. Chaque plate-forme porte plusieurs brouettes. Une crémaillère est établie au centre de chaque ligne de i railway et un encliquetage qui fait par-
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- tie de chaque plate-forme et tombe dans les dents de la crémaillère lors de l’ascension , a pour but d’arrêter la plate-forme et de prévenir les accidents dans le cas où la chaîne viendrait à se rompre. On a trouvé, il est vrai, des inconvénients à cet encliquetage dans la pratique et généralement on l’a supprimé. Dans tous les cas on voit qu’il y a des difficultés pour arrêter la plateforme aux niveaux convenables, et que le plan incliné est un appareil contre lequel on peut élever des objections à cause de l’espace qu’il occupe et de la dépense pour sa construction.
- Dans les localités où l’on ne peut faire usage d’un plan incliné, on n’applique pas la force de la machine à vapeur à lever directement ou verticalement les matériaux au moyen d’une chaîne par la difficulté qu’on éprouverait dans celte opération pour arrêter convenablement et en toute sécurité la plate forme à un niveau exact pour sortiretramenerlesbrouetles sur celle-ci et éviter les accidents graves résultant de la rupture delà chaîne, surtout dans un travail de nuit. Dans quelques usines on se sert pour cet objet d’une chaîne sans fin sur laquelle sont fixés une série de wagons remplis de matériaux au bas et qui se vident d’eux- i mêmes dans les fourneaux au moment où ils tournent au sommet pour redescendre. Cet élévateur ne peut guère servir qu’à alimenter un seul fourneau, et quand il y en a plusieurs, il est plus avantageux d’employer un appareil qui monte les matériaux dans les brouettes, toutes prêles à les rouler en haut dans les différents fourneaux.
- Un autre plan pour monter les matériaux verticalement est celui de la balance hydraulique. La plate-forme sur laquelle les brouettes chargées de matériaux sont enlevées est suspendue par une chaîne passant sur une poulie au sommet et un seau est attaché à l’autre extrémité de la chaîne. La plate-forme en descendant fait monter le seau vide, et lorsqu’on a chargé la plate-forme, le seau est rempli d’eau jusqu’à ce qu’il l’emporte sur la plateforme chargée et l’enlève pendant que lui-même descend. Il y a une objection grave à opposer à ce moyen , c’est que le seau en descendant acquiert une vitesse accélérée et qu’il faut avoir recours à un frein pour modérer cette vitesse et éviter un choc violent due à la force vive acquise au terme de la descente. Cette circonstance fait courir les risques d’une rupture des chaînes et en outre le frein lui-même est sujet
- à des dérangements et à des répara-lions considérables.
- Aux usines à fer de Level, près Dudley, il s’est présenté un cas où j’ai été obligé d’introduire un monte-charge vertical, parce que les fourneaux ont été surélevés de 4ra,80; il y avau deux fourneaux hauts d’abord , de 10“,20 et qui ont été portés à 15 met* A la hauteur première , les matériau* étaient charriés au niveau des gueulards des fourneaux. Lorsqu’on suréleva ceux-ci, il fallut monter encore ces matériaux de 4m,80, et j’ai reconnu <a nécessité d’un élévateur vertical, l'®1®' placement borné par un canal étan trop resserré pour permettre d’adopter un plan incliné. A cet effet, j’ai construit un élévateur pneumatique , manœuvré par la pression de l’air fourn1 par la machine soufflante qui alime.nr tait les fourneaux. Cet élévateur a e*e construit pour aller au-devant des objections qu’on a élevées contre les appa' reils destinés à monter verticalement précédemment en usage et obtenir un® application moins dangereuse et pluS économique de la force.
- Cet élévateur pneumatique consiste en un fort cylindre en fonte de de diamètre dans œuvre, fermé à une de ses extrémités et renversé dans un puits rempli d’eau, dans lequel il PeU^ monter et descendre comme un gaZ°" mètre. Ce cylindre est suspendu à sÇ sommet à une chaîne embrassant lac,r' conférence d’une poulie calée sur un arbre horizontal au-dessus du n*v^j0
- du couronnement des fourneaux.
- al
- tuyau partant du porte-vent princip descend dans ce puits, là il se l’intérieur du cylindre jusqu’au-d® sus de la surface de l’eau, Lorsqu® vent arrive par ce tuyau dans le cy*’ dre, celui-ci s’élève dans l’eau par pression de l’air comprimé contre sommet. Celte pression est deOkU-* par centimètre carré. Une plate'foI’,*îe pour monter les brouettes remplit matériaux estsuspendue par une ch3'‘ à une autre poulie calée sur le arbre que la première, et cette p’a. forme est guidée dans son ascensl par un bâti vertical. Le cylindre { assez pesant pour enlever la _Pla , j forme avec sa charge pendant qu’il u cend dans l’eau lorsqu’on en ®va . l’air, et la plate-forme vide ^eSC,e:0. quand on introduit l’air dans le cy11 dre pour le soulever. Ce cylindre ^
- descend ensuite en ouvrant une s»» pape qui livre issue à l’air compri®3 ' . et la vitesse de cette descente est reg1®
- 1 en ouvrant plus ou moins cette so
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- pape. La vitesse de la plate-forme, | tant en montant qu'en descendant, est donc complètement sous le contrôle de l’ouvrier en réglant l’ouverture des soupapes pour l’introduction et la sorbe de l’air comprimé, et cette vitesse peut être modérée avec gradation vers le terme de chaque pulsation avec assez d’aisance et de fermeté pour que la plate-forme s’arrête toujours sans choc. La hauteur à laquelle le cylindre est levé est seulement de lm,50, et les deux Poulies sont de diamètres différents pour élever la plate-forme de 4m,80. La charge levée par la plate-forme est d’environ une demi tonne ou 500 kilogrammes.
- Cet élévateur pneumatique est en activité constante depuis trente-neuf ans et a fonctionné d’une manière satisfaisante pendant tout ce temps ; il n’a exigé aucune réparation excepté un renouvellement des chaînes et des surfaces de frottement. Il est arrivé une fois un accident par la rupture d’une chaîne pendant une élévation, et la plate forme est tombée d’une hauteur de lm,50 en occasionnant une secousse à l’homme qui montait dessus, mais le mécanisme n’a éprouvé aucune avarie.
- J’ai apporté un perfectionnement à Cet appareil pneumatique lors de la construction d’un élévateur sur une échelle infiniment plus grande aux nouveaux fourneaux de Corbin’s Hall lors de l'établissement même de ceux-ci. La hauteur à laquelle les matériaux ont dû être élevés a été de 12m,344, et l'appareil actuel a été combiné de manière à Prévenir les accidents qui pourraient résulter de la rupture de la chaîne. Il Y a quatre fourneaux approvisionnés Par l’élévateur qui est établi entre deux d’entre eux ; ces quatre fourneaux sont reliés dans leur ensemble et à un même °iveau par les ponts et planchers de roulage établis au sommet sur lesquels tas brouettes de matériaux sont poussées en quittant la plate-forme de l’é-tavateur.
- Dans cet élévateur , la plate-forme Pour élever les brouettes est fixée au sommet du cylindre à air et elle est tavée par la pression du vent, c’est-à-dire que l’action y est inverse de celle de l’appareil précèdent. On a représenta» dans la fig.40,pl. 126, cet élévateur dans sa plus grande élévation , et dans ta fig, dans sa position la plus basse.
- A.» le cylindre à air qui a lm,673 de mamètre, 15®,698 de longueur et est instruit en planches de tôle rivées, ^ant en moyenne une épaisseur de b®,006345 (celles du haut 0m,007934 et
- celles du bas 0m,004760). Ce cylindre est ouvert par le bas et fermé au sommet où il est muni au centre d’une soupape B de 0m,20 de diamèîre qu’on fait ouvrir en abaissant le levier à pied C fixé sur la plate-forme.
- D, la plate forme sur laquelle on élève les matériaux, et qui consiste en un planchéiage en bois porté sur des poutrelles reposant sur les bords du sommet du cylindre et sur quatre étan-çons en fer forgé E,E parlant dtagona-lement du cylindre où ils sont retenus par des cercles ou des colliers serrés et destinés à rendre cette plate-forme fixe et immobile sur le dernier.
- F,F, quatre guides en bois placés aux quatre coins de la plate-forme reliés entre eux par des traverses au niveau du plancher de roulage G,G sur lequel les gaillots de chargement rou • lent jusqu’au gueulard du fourneau H. Ces guides sont garnis de fer d’angle sur la face interne et un fer d’angle correspondant est établi dans une encoche à chacun des coins de la plate-forme, afin qu’elle puisse glisser aisément entre les guides. La hauteur à laquelle est levée cette plate-forme au-dessus du sol est comme on l’a dit de 12m,344.
- Quatre contre-poids en fonte 1,1 suspendus à l’extérieur des guides F, F par des chaînes qui passent sur les poulies K,K dans la partie supérieure du bâti sont attachés aux quatre coins de la plate-forme D. Ces quatre contre-poids pèsent environ 6 tonnes 1/2, et le cylindre à air avec la plate-forme à peu près 7 tonnes, en laissant ainsi sans être équilibré un poids de 1/2 tonne pour faire descendre le cylindre à air et débarrasser la plate-forme.
- Le cylindre à air A descend dans un puits L,L rempli d’eau jusqu’au niveau M, et il est guidé dans sa descente par les quatre galets N,N de 0m,152 de longueur et 0m,177 de diamètre, dont chacun fonctionne sur une plate-bande de fer rivée sur le cylindre, de 0m,10 de largeur et s’étendant sur toute la hauteur de celui-ci. Au fond du puits il existe un radier O en bois de charpente formant un point d’appui au cylindre dans sa descente et sur lequel il repose quand il est au bas de sa course par un anneau de fer d’angle rivé sur son bord externe. Quant à son ascension, elle est limitée au sommet par un bloc de bois fixé sur chacun des poteaux guides F,F qui arrêtent la plateforme au niveau du plancher de roulage G,C.
- P, tuyau en fonte de 0m,175 de diamètre inférieur, qui amène l’air com-
- te Technologitle. T. XI. — Mar»- >850,
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- primé du réservoir et que le tuyau Q, qui a la même dimension , transporte dans le cylindre en passant entre le cylindre et la paroi du puits pour se relever au centre du cylindre jusqu’à son extrémité R qui est ouverte et au-dessus du niveau de Peau.
- L’appareil en S règle l’admission de l’air comprimé dans le cylindre lorsqu’on soulève la plalc-forme et sert aussi à évacuer Cet air lorsqu’on le l'ait descendre. 11 consiste en un piston oblong, glissant dans un cylindre alésé de même diamètre que le tuyau à air et qui est fermé au sommet et ouvert au fond. Lorsque le robinet piston est à sa position la plus basse, comme dans la fig. 40, il ferme le fond du cylindre et la communication est ouverte entre les tuyaux P et Q ; l’air comprimé entre donc dans le cylindre A, le soulève avec la plate-forme D, par la pression qu’il exerce d’un côté sur le sommet du cylindre et de l'autre sur la surface de l’eau. Celte pression étant de 0kü-,l638 par centimètre carré, l’eau est déprimée dans l’intérieur du cylindre jusqu’en T, et soulevée à l’extérieur jusqu’en U avec une différence de niveau de lm,625.
- Quand il s’agit de faire descendre la plate-forme, on relève jusqu’au haut le robinet piston S,comme on le voit fig.41, ce qui ferme le tuyau P qui amenait l’air comprimé et laisse le tuyau Q ouvert pour la décharge de cet air du cylindre A. Cette décharge est encore accélérée en ouvrant la soupape B au sommet au moyen du levier à pied C.
- La pression totale de l’air comprimé contre la calotte du cylindre à air est de 3 tonnes 1/*2, et déduction faite du poids du cylindre et de la plate-forme ou 1/2 tonne qui n’est pas contrebalancé, il reste une force ascensionnelle de 3 tonnes. La charge de matériaux varie avec le travail des fourneaux ; celle moyenne levée chaqne fois est de
- 1 1/2 Tonne, indépendamment des brouettes et des hommes ou environ
- 2 tonnes poids brut. L’élévateur fonctionne seize fois par heure pendant vingt heures par chaque journée de vingt-quatre heures ou une fois tous les
- 3 1/3 minutes et le poids total de matériaux ainsi élevés est d'à peu près 500 tonnes. Le temps pour faire monter la plate-forme depuis l’ouverture du robinet piston jusqu’à ce qu’elle arrive au sommet est de 60 à 70 secondes suivant la charge et pendant un travail régulier, et celui pour la faire descendre de 30 à 50 secondes, suivant le degré d’ouverture qu’on donne à la soupape !
- de décharge au sommet du cylindre à air. La plate-forme vide peut être levée en 45 secondes et abaissée en 25 avec la dimension actuelle des ouvertures.
- Lorsqu’on lève la plate-forme, le robinet piston est maintenu entièrement ouvert jusqu’à ce que la plate-forme arrive à 0m,350 de distance du sommet; là elle accroche un encliquetage qui ferme peu à peu ce robinet jusqu’à clore à fort peu près le tuyau qui conduit au cylindre à air. Celle fermeture modère la force motrice, et retarde à tel point la vitesse de cette plate-forme que, lorsqu’elle arrive au sommet, elle vient toucher en mourant sur les but-toirs en bois sans qu’on ressente aucun choc. La plate forme est maintenue fermement en contact contre les bultoirs par la pression de Pair aussi longtemps que la chose est nécessaire, sans recul, sans le secours de crochets pour la retenir, puisqu’elle ne peut descendre. à moins qu'on n'évacue Pair du cylindre et que la communication libre avec le tuyau d’alimentation P, maintient le cylindre plein et à la même pression, même en cas où il ÿ aurait des fuites. Lorsque la plateforme monte à vide un bloc de bois tournant sur pivot est glissé avec le pied sous le levier qui sert à fermer le robinet d’introduction,de manière à le clore plus tôt; le tout ajusté suivant la vitesse de l’ascension de la plate-forme règle la force de cette ascension, afin d’éviter les chocs au terme de la course.
- Lorsque la plate-forme arrive au sommet, les hommes qui montent avec les brouettes, les font rouler pour décharger les matériaux dans les différents fourneaux, et aussitôt que ce9 brouettes sont vides et ramenées, la plate-forme est abaissée en relevant le robinet piston d’introduction qui fermant entièrement le tuyau d'ali* mentation P. démasque l’ouverture au-dessous par laquelle Pair s’échappe du cylindre. Cette manœuvre est exécutée par les hommes sur la plate-forme à l’aide d’une tige qui part du robinet et monte le long du bâti, en même temps qu ils ouvrent la soupape de décharge B au sommet du cylindre et la maintiennent jusqu'à ce que la plate-forme soit arrivée à peu de distance du nivcaU du terrain où ils la ferment, de ma* nière à modérer tellement la vitesse avant de s’arrêter qu'on n’éprouve aucun choc ou un choc à peins sensible lors de l’arrêt.
- La vitesse de la plate-formeest encore
- modérée graduellement à sa descente, par l’immersion successive du cylindre
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- jlans l’eau qui réduit le poids non contrebalancé du cylindre. La perte totale de poirlsducylindre quand il plonge le plus Profondément'lans l'eau est de 1/2 tonne, ce qui réduit le poids effectif non équi-Jibre du cylindre etde la plate-forme de J/2 tonne à rien ; mais le poids des Quatre chaînes s’élevant à 1/8 de tonne s ajoute au contre-poids au commencement de la descente, et transporté à •a plaie-forme au terme de sa chute, il e'> résulte que la force motrice qui occasionne la descente de la plate-forme est réduite de 1/4 de tonne pendant la descente, et qu elle est de 3/8 de tonne au départ et 1/8 à l’arrivée. Celte force Motrice peut être modifiée au besoin en changeant les conire-poids.
- La quantité d’air injecté dans Je cylindre à chaque levée est de 3l<n. cub.^9330 |a quantité totale par î°ur de 24 heures de 10218mcub-,7776 ayant à la température ordinaire un Poids d’environ 12 tonnes; or, comme *a quantité totale d’air lancé par le> machines soufflantes est de 458m cub-,1973 Par minute et de 659.804 mètres cubes eu environ 780 tonnes par jour de *4 heures, il s’en suit que la propor-hon de vent consommée par l’élévation est à la quantité totale produite comme '2 tonnes est à 780 tonnes ou 1 /65 du Jeut, et par conséquent aussi que 1/65 de la force totale des machines souffrîtes est employée à faire fonclion-ner cet appareil. II y a deux machines .rites où la pression du vent est ,e 0® ,187 par centimètre carré; or. |a force, totale de la machine à vapeur etant de 165 chevaux, et l’air consommé P,ar l elèvateur 1/65 du vent total, il s ensuit que — = 2,5 chevaux est la Quantité de force employée à la manœuvre de celui-ci, force qui agit couramment pendant toute la journée au jeud’ètre intermédiaire etde ne fonc-honner que lors de l’élévation de l’ap-Pareil.
- La force réelle requise pour faire Monter l’élévateur avec une charge ncnie de 2 tonnes sur la plate-forme ?u2 1/4 tonnes de poids total, y compris I? Poids moyen non équilibré du cy-œdfg ej cene plate-forme élevée à en 7Q secondes est de 6 che-.,1Ux ; la force maxima employée faut 3 \j-2 tonnes élevées à celte hau-e0r en 70 secondes, ce qui correspond . y chevaux , et celle minima de 1/4 °Orie élevés en 45 secondes, ce qui nrrespond à 1 cheval, on voit que le . avail de 6 chevaux appliqué à certains “Hervalles de temps est exécuté par
- une force de 2 1/2 chevaux agissant d’urie manière continue.
- La consommation totale de houille tendre par les machines soufflantes est d’environ 13 tonnes par joui de 24 heures, et par conséquent, la dépense pour la manœuvre de l’élévateur en est la 65e partie ou 200 kilog., coulant sur lieu environ 10 c., et comme l’clé-vateur monte 500 tonnes de matériaux par jour, il en résulte que 100 tonnes sont élevées à 12m',514 de hauteur ou 1234 tonnes 4 à 1 mètre de hauteur pour 2 centimes.
- La quantité d’air nécessaire pour remplir le cylindre de l’élévateur est avons-nous dit, de 31m-cub-,9330, et la capacité totale des cylindres souUlcts pour un coup double de 29ra cub ,895, par conséquent, une augmentation dans la vitesse des machines d’un coup par minute suffit pour monter la plateforme chargée en 70 secondes sans diminuer l’alimentation en air des hauts-fourneaux.
- Deux circonstances concourent à l’importante économie que procure dans le travail cet élévateur pneumatique; une petite force agissant d’une manière continue suffit pour le manœuvrer et l’application soudaine de cette force concentrée pendant un temps très-court n’occasionne qu’un faible accroissement dans la marche de la machine. La dépense totale pour cet élévateur a clé d’environ 12 500 fr. Celle d’un plan incliné, y compris la machine pour le faire fonctionner, aurait au moins été double.
- Cel élévateur pneumatique a été constamment en activité depuis neuf années, et il n’est survenu aucun accident ni aucun chômage, si ce n’est que l'une des chaînes des contre-poids s’est rompue une fois. La plate-forme, après une chute de peu d étendue, s’est arrêtée et est restée immobile par la pression de l’air; il n’y a eu aucune avarie, et l’appareil a fonctionné de nouveau une heure après. Les seules réparations exigées depuis qu’il a commencé à travailler ont été le renouvellement des chaînes des contre-poids et des coussinets des poulies. La totalité des chaînes a pu être enlevée et replacée pendant que l’élévateur était au repos et lors du dîner sans causer le moindre arrêt dans le travail. C’est là un avantage important, car il est essentiel d’assurer une alimentation continue de matériaux aux hauts-fourneaux et d’éviter les risques d’avrèter pour réparer l’appareil à élever les matériaux.
- La plate-forme de cet élévateur ne
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- peut pas tomber plus vite qu’il ne faut de temps pour l’évacuation totale des 32 met. cubes environ d’air, et les plus grandes fuites qui peuvent survenir par une avarie au cylindre ne peuvent la faire descendre assez rapidement pour causer des dommages. La charge est portée par un coussin d’air pendant tout le temps qu’elle monte au lieu de dépendre de chaînes, de crémaillères, etc., ce qui écarte tout le danger des chutes.
- Le contrôle completqu’on exerce sur le mouvement de la plate-forme par le moyen du robinet-piston qui règle l’entrée et la sortie de l’air, donne le pouvoir de modérer, arrêter ou renverser le mouvement en un point quelconque de la course. Il prévient en outre les chocs aux termes du mouvement, quoique l'élévateur fonctionne avec vivacité et s’aprêle nettement en mourant à chaque extrémité au niveau exact requis. Le frottement de l’élévateur est très-léger, puisque le cylindre fonctionne comme une soupape hydraulique ; enfin, par suite de la faible pression à laquelle il travaille, la perte par les fuites est très-minime et l’effort sur les assemblages très-réduit.
- Cet élévateur pneumatique trouve une application plus économique et plus commode dans le cas des hauts-fourneaux, où l’on obtient économiquement de l’air comprimé sans nouvelle dépense ; mais il est présumable que son application peut s’étendre avantageusement à plusieurs autres cas, par exemple pour élever les voilures de chemins de fer ou même des convois, pour décharger des bâtiments dans les ports, etc., et qu’il possède des avantages qui méritent qu’on le prenne en considération. La basse pression à laquelle il travaille procure une grande simplicité et beaucoup d’économie dans sa construction et sa manœuvre, une perte très-réduite par les fuites, des assemblages plus facilement étanches, et enfin un frottement très-minime.
- S’il n’était pas nécessaire que l’élévateur fût constamment en activité et qu’il ne fonctionnât qu’à certains intervalles, on réaliserait probablement une nouvelle économie en employant un réservoir pour l’air comprimé et accumuler la force pendant que l’appareil serait au repos. On pourrait à cet effet construire un réservoir d’une grande capacité à peu de frais, à cause de la basse pression qu’il aurait à supporter. Ainsi, aux nouveaux fourneaux de Cor-byn’s Hall, le réservoir d’air comprimé renferme lilmi!t rub ô50 à la pression
- de 0m,1638 par centimètre carré, et consiste en quatre cylindres de 1m,50 à 2m,40 de diamètre construits en planches de tôle rivées de 0"‘,003175 à 0m,004761 d’épaisseur. Cependant ce réservoir n’a coûté qu’environ 3 liv. sterl. par capacité de 100 pieds cubes ou 26 fr. 50 c. par mètre cube.
- Machine à décharger les navires.
- Depuis quelque temps on a essayé à Philadelphie une machine à vapeur propre à décharger les navires de l’invention de M. L. A. Archambault, et dont le succès paraît devoir généraliser l’emploi.
- L’appareil consiste en une machine à vapeur montée sur un train à quatre roues et qu’un seul cheval peut transporter aisément. Le mouvement gé; néré par cette machineest communiqué à l’arbre d’un volant portant un pignon qui engrène dans une grande roue dentée calée sur l’arbre du cylindre du treuil sur lequel s’enroule la corde. Ce cylindre est libre, mais il peut être rendu fixe sur cet arbre au moyen d’un manchon d’embra yage qu’on fait fonctionner à l’aide d’un levier ; et dès que le cylindre est libre, il est contrôlé par une poulie à gorge et une courroie qu’on tend ou relâche à volonté par le secours d’un frein.
- La machine n’exige qu’une seule personne pour la chauffer et faire fonctionner l’embrayage et le frein et décharge douze barriques de tabac depuis le fond du navire sur le quai en 10 mi' nutes, ou 300 balles de coton par heure. Dans le cas où la barrique ou autre article vient à toucher, quand on l’enlève, aux ponts ou aux agrès du bâtiment, il suffit de désembrayer et de faire jouer le frein pour la voir redescendre un peu sans ralentir le mouvement de 1* machine jusqu’à ce qu’elle ait été remise dans la bonne voie, puis à rétabbr les choses pour l’enlever de nouveau.
- Résistance des tubes en gutta-pcrchd•
- On vient de terminer une série d’ex-périences intéressantes à l’établissemen de la distribution des eaux dans la vit ^ de Birmingham, relativement à la re~ sistance que pourraient présenter tubes en gutta-percha si on les app' quait à la conduite des eaux. Les exp
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- ences entreprises sous la direction de hL-.'u Insênieuri ont porté sur Qram 4^ej,^e 19mm,044 de diamètre et ” .174 d épaisseur. Ces tubes ont été
- P ques sur une conduite principale en nie et soumis pendant deux mois à '"Pression d’une colonne d’eau de 61 nwres de hauteur sans éprouver la moindre détérioration.
- Afin de déterminer, s’il était possi-•e, le maximum de résistance de ces ,u*'es. on les a montés sur la pompe hydraulique qui sert à mettre les tuyaux e conduite en fer à l’épreuve, et oont la charge normale est de 15kil 50 Par centimètre carré, on a pompé jus-S?ka ce qu® ,a Pression fût portée à , ‘ 70. Mais au grand étonnement de out )e monde, les tubes sont restés Parfaitement intacts. C’est alors qu’on PrPPosé de porter cette pression à , *ilog.; mais le levier de la soupape a pas pu admettre de nouveaux poids, e façon que la plus grande pression que pouvait exercer la pompe hydrau-uque qu’on a employée n’a pu faire crever les tubes.
- Le gutta-percha étant une matière legerement élastique, les tubes se sont un peu dilatés sous la pression extraor-mnaire à laquelle ils ont été soumis; *uais en supprimant celle-ci, ils ont re-Pris leurs dimensions primitives
- Rouleaux en cuivre rouge pour l'impression des étoffes.
- Par M. Cave, à Paris.
- M. Cavé vient de faire des rouleaux en cuivre rouge, par un procédé nou-v.eau, qui présente sur les anciens plu-Sl®urs avantages nouveaux.
- On sait qu’aujourd’hui, pour faire des Rouleaux en cuivre rouge, on les fond u abord, puis on les perce. Quelques Iabricants, après les avoir fondus sur ûoe petite dimension, les terminent en les étirant à la filière.
- M. Cavé a suivi une autre voie : il a Cru devoir forger le cuivre rouge à peu Pres comme l’on forge le fer, et il est Parvenu à le faire avec un succès com-P'Çt. D’abord, il pensait qu’il ne pour-Fa*t obtenir par ce moyen que des rou-d’KÜ^ P,eins’ ma's il obtient aujour-a nui des rouleaux creux avec la plus Scande facilité.
- Ce procédé présente plusieurs avances. Le cuivre est rendu plus homo-?ene, les rouleaux sont meilleurs, il y a
- un déchet moindre, et le prix des produits est sensiblement moins élevé.
- M. Cavé pense qu’il y aurait un avantage réel à mettre un arbre en fer à chaque rouleau, tant sous le rapport du pnx de revient que sous celui de la facilité de la manœuvre dans les ateliers d impression.
- Cette innovation est importante pour 1 industrie ; elle est aussi trcs-curieuse 1 observation. Ce n’est pas sans un vifinterêt que 1 on voit forger le cuivre tout comme on a fergé le fer jusqu’à ce jour.
- Note sur un microscope usuel.
- Par M. Gaudin.
- J’ai présenté il y a deux ans à l’Académie des sciences des lentilles fondues en crown-glass et cristal de roche qui permettaient d’en faire des microscopes à bas prix. Depuis celte époque, j’ai fait de nombreux essais pour simplifier ces microscopes et perfectionner la fabrication des lentilles. Aujourd’hui, j’en ai monté une fabrique qui permettra à chacun de se procurer ce petit instrument pour servir à des recherches scientifiques ou industrielles.
- L’origine de la fabrication des lentilles fondues est très-ancienne. Lo-venhoek, Lebaillif et M. Amicci en ont fait les derniers. Quoiqu’il en soit, il est très-difiieile d’obtenir une sphéricité satisfaisante avec Je verre, sans compter qu’il faut en même temps un poli parfait de la surface, une grande homogénéité de substance et pas de bulles d’air. Le cristal de roche réunit seul l’homogénéité et le poli de la surface en toute circonstance, mais il n’est jamais exempt de petites bulles d’air ; néanmoins, les lentilles obtenues sont constamment supérieures, et donnent des images si pures qu’on croirait les voir à l’œil nu, sans interposition d’un corps réfringent.
- Je suis parvenu aussi à obtenir des globules de verre sphériques, sans appendice, qui forment mes lentilles biconvexes.
- Les grossissements que j’obtiens varient depuis 50 jusqu’à 400 diamètres. Les faibles grossissements sont produits par des lentilles plan-convexes, c est-à-dire avec des globules dont on a enlevé la substance du côté du fil ou support. Je dis support, parce que le procédé qui m a permis d obtenir une
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- sphéricité satisfaisante consiste à suspendre le globule à un fil, soit métallique, soit minéral, beaucoup plus réfracteur que Je globule lui-mème, qu’il soit de verre ou de cristal de rocbe.
- Pour l’usage de ce microscope, j’ai adopté la position horizontale comme moins fatigante et plus simple à réali -ser. Ainsi, pour voir avec ce microscope, on le tourne vers le ciel ou vers la flamme d’une lampe ou d’une bougie. Pour amener la lentille au point de vue, j’ai préféré le mouvement à froltement au pas de vis, comme plus rapide et ne risquant pas de briser les lentilles biconvexes en saillie, si l’opérateur est inexpérimenté.
- Mon but, en fabriquant ces microscopes, est d’en faire un auxiliaire des grands microscopes et de vulgariser les observations microscopiques qui me paraissent devoir rendre de grands services aux sciences et à l'industrie; et, pour mieux rendre ma pensée, je vais exposer quelques-unes de ses applications.
- L’industrie n’emploie guère, en fait de microscope, que des loupes ou des compte-fils, c’est-à-dire des grossissements de 10 à 20 diamètres au plus, tandis que les microscopes que je construis ont un minimum de grossissement de 50 diamètres et peuvent aller jusqu’à 400 diamètres. Ce dernier grossissement exprimé en surface dorme le nombre de 160,000, et en volume ou totalité 6,400 000. Quand j'annonce un grossissement de 1 a 10,000,000, je suis donc loin d'exagérer, et je n’ai choisi celte expression que pour n’avoir pas affaire à des amateurs de loupe ou de compte-fils. Ainsi donc l’instrument queje fabrique est un microscope dans toute l’acception du mot, il produit autant d’effet que la plupart des grands microscopes à verres combinés ; et si d’un côté il ne peut montrer comme ceux-ci l’ensemble d’un objet, il en montre toul aussi bien les détails; et, au lieu d’être composé de longs tubes en cuivre de gros calibre, il peut être contenu dans le creux de la main, et par conséquent se porter très-facilement dans la poche.
- En dehors des loupes et compte-fils, l’industrie n’emploie presque jamais les grands microscopes, moins peut-être à cause de leur prix élevé qu’à cause de leur attirail. En faisant disparaître pour ainsi dire ces deux empêchements, je crois donc avoir rendu service à l’industrie en mettant chacun à portée d’y appliquer un instrument presque inu-
- sité; et pour donner à vos nombreux abonnés une idée de l’emploi de ce microscope, je vais, pour aujourd’hui, traiter de son application à l'analyse des farines et des matières textiles.
- On a indiqué, pour reconnaître la falsification des farines, plusieurs moyens qui se sont tons réduits à combiner une réaction chimique avec un examen à la loupe. Le changement que je fais à cette méthode est de la réduire à un triple examen microscopique, avec un grossissement de 50 à 200 diamètres, examen qui peut se faire immédiatement et en tous lieux.
- Qu’il s’agisse, par exemple, d’examiner une farine, il suffit d’en délayer une pincée dans de l'eau ordinaire et d’en placer entre les deux verres du microscope, gros comme une petite tête d'épingle ; et dès que la lentille du microscope est mise au point, on distingue parfaitement la forme, la grosseur et l’aspect des grains de fécule, et ces trois aspects des grains de fécule permettent de distinguer aussitôt la fécule de pomme de terre de celle du blé, n’v eût il qu’un millième de la première. Depuis quelques années, la fécule de pomme de terre est trop chère, aussi il n’y a pas de danger qu’on en trouve mélangée à la farine; mais cet empêchement peut cesser d’un jour à l'autre. A defaut de fécule, on doit porter son attention sur la partie non globulaire ou gluten, qui, dans la farine de froment, est excessivement divisée, et si l’on découvre des morceaux anguleux et épais relativement à leur diamètre, on peut être certain qu’il y a mélange de farine de riz , de fèvrolles, de maïs, etc.; il faut beaucoup d’attention et d’habitude pour ne pas confondre les pellicules de sou avec ces détritus.
- A croire les boulangers, ils n’ont pas besoin, disent-ils, de tous ces examens, ils savent très-bien, quand le pain est fait avec une farine, si la farine est pure; mais en admettant cela, ce serait s'apercevoir un peu lard de la fraude, car la farine se trouverait h" vrée et payée; d’ailleurs, il est probable que l’on ne pourrait reconnaître ainsi que des additions très-nolables, tandis que 2 ou 3 pour 100 passeraient inaperçus.
- Pour les tissus, c’est le coton qui est substitué, autant que possible, au l'n: au chanvre et à la soie. Pour savoir si un tissu dit pur fil on pure soie, contient du coton, il suffit d'en détordre un fil, soit de la chaîne, soit de ja trame, et de le placer ainsi divisé entre
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- |es lames de verre du microscope : si es filaments sont tous droits et cylindriques, il n’y a pas de coton; mais si ' 0,1 aperçoit des filaments en forme de rultan plus ou moins tortillés, il y aura melange de coton.
- Pour mesurer la finesse des laines 4Vec ce microscope, il y a un moyen très-simple et très-expéditif; c’est de Mettre avec la laine du lycopode dont les grains, tous de même grosseur, comprise entre 4 et 5 centièmes de millimètre, permettront de mesurer le calibre des fils, à un centième de millimètre près, ce qui est plus que sufïi-sant; car les })rins d’une même laine prient quelquefois du simple au double par accotement; mais la grande irrégularité de calibre sans accolement pourra souvent déceler un mélange.
- En examinant de la laine rouge, j’ai souvent observé des nuances variées, suivant les brins ; il est très-probable, si ce n’est sur, qu'on observera des nuances et des intensités de coloration très tranchées, quand on examinera des tissus teints mélangés, le lin, le chanvre, la soie , la laine et le colon prenant diversement une même teinture, et ce sera, je crois, un moyen de plus d’en distinguer les filaments (l).
- (4) Microscope usuel et Irés-portalir pour le commerce, l’industrie, la pharmacie , la médecine et l’plude des sciences, grossissant de 3,ooo à 4,ooo fois en surface; lentilles en crown-glass et cristal de roche fondu. Prix: 2 fr., 2 fr. 50 c., 4 fr. et 5 fr. Boite en acajou, 1 fr. de plus par microscope ; i fr. de plus franco par la poste pour un ou deux microscopes.
- A Paris, chez M. Gaudin, rue de Bagneux, n, près celle de Vaugirard.
- ( Voir à la page suivante le tableau des marques des fers-blancs anglais.)
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- UNE CAISSE DE
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- TABLEAU DES MARQUES,
- Du nombre des feuilles , des dimensions et du poids des fers-blancs anglais.
- MARQUES. NOMBRE de feuilles à la caisse.
- i C ou 1 Com. . . 225
- 2 C . * • 225
- 3 C • 11 «**»•• • 225
- HC 225
- HX 225
- IX 225
- 2 X 225
- 3 X 225
- IXX 225
- IXXX 225
- IXXXX 225
- DC 100
- DX 100
- DXX 100
- DXXX 100
- DXXXX 100
- SDC 200
- SDX 200
- SDXX 200
- SDXXX 200
- SDXXXX 200
- Wc wasler rognures
- et X mélangés.. . 225
- TT 450
- TTT . 450
- LONGUEUR ET LARGEUR en métrés. POIDS en kilogram
- mèt. 0.34823 aét. sur 0.25399 50.782
- 0.33722 0.24664 47.606
- 0.32283 0.24129 44.432
- 0.34823 9.25399 53.956
- 0.34823 0.25399 68.650
- 0.34823 0.25399 63.467
- 0.33722 0.24664 60.303
- 0.32283 0.24129 57.139
- 0.34823 0.25399 72.998
- 0.34823 0.25399 82.520
- 0.34823 0.25399 92.041
- 0.42443 0.31749 47.606
- 0.42443 0.31749 57.029
- 0.42445 0.31749 66.651
- 0.42443 0.31749 76.172
- 0.42443 0.31749 85.693
- 0.38098 0.27938 76.172
- 0.38098 0.27938 85.694
- 0.38098 0.27938 95.214
- 0.38098 0.27938 104.738
- 0.38098 0.27938 114.259
- 0.34823 0.25399 57.029
- 0.34823 0.25399 50.782
- 0.34823 0.25399 57.029
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Par M. Vasserot , avocat à la Cour d'appel de Parie.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre civile.
- Eadx thermales.—Sources.—Veines. -- Droits du propriétaire voisin. Droit féodal.
- ^propriétaire d'un fonds a droit, en V pratiquant des fouilles, de couper veines servant à l'alimentation »une source qui jaillit sur le fonds Voisin.
- ^ o ce droit quand bien même cette source est une fontaine d’eau thermale.
- ^ ?rt. 643 du code civil, d'après lequel ll est interdit de détourner la source sert aux besoins des habitants ® «ne commune, s'applique seulement à une source jaillissante à fteur de terre et non aux veines sou-lerr aines.
- Un
- ” supposant que sous l'empire des c°nstitutions de Catalogne, le sei-gneur fût propriétaire des sources, Cette propriété n'aurait pu s'appliquer qu'aux sources jaillissantes, . non à celles découvertes posté-
- meurement. cour :
- Civ*i,Vu les articles 544 et 552 du Code Cjpes’ confirmatifs des anciens prin-
- rèj!. ^ttendu qu’aucune loi ni aucun ™ enaent légalement obligatoire n’in-
- terdit les fouilles et recherches dans les terrains voisins des eaux thermales par ou pour les propriétaires desdits terrains ;
- » Attendu qu’en supposant que les constitutions de Catalogne qui régissaient la province du Roussillon, dont Vernet faisait partie, attribuassent aux seigneurs, dans l’étendue de leurs seigneuries, la propriété des sources d’eaux thermales, ou que leur droit de police sur les eaux leur conférât le pouvoir d’en régler l’usage, les lois abolitives de la féodalité ont affranchi les propriétés particulières des droits seigneuriaux qui n’avaient pas encore été exercés ;
- » Que si depuis la promulgation de ces lois, le seigneur fût resté propriétaire de l'établissement des bains de Vernet, il n’aurait pu empêcher Merca-der ou ceux qu’il représente de disposer du dessous comme du dessus de leur propriété, et de faire, par conséquent, toutes les fouilles qu’ils auraient jugé à propos, puisque le titre en vertu duquel on a prétendu qu’il aurait pu s’opposer à ces fouilles, et qui n’était autre que sa qualité de seigneur, aurait été anéanti par le législateur;
- » Attendu qu’en transmettant à Barrera les bains de Vernet et les eaux d’iceux, le seigneur n’a pu lui transmettre sur des veines non encore découvertes et alors ignorées un droit qu’il ne tenait pas d’un litre émané des auteurs de Mercader, et qui, s’il eût reposé sur une loi, se serait évanoui avec cette loi ;
- » Attendu que l’article 643 du Code civil ne s’applique pas à des veines souterraines et ignorées sur lesquelles nul ne peut avoir acquis de droit sans un titre positif avant que le propriétaire
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- du sol, en le creusant, les ait découvertes et fait surgir;
- » Attendu que, de tout ce qui a été dit ci-dessus, il suit qu’en confirmant le jugement qui a déclaré les défendeurs en cassation propriétaires des sources et des veines alimentant les anciens thermes, et a interdi à Merca-der de profiter, à leur préjudice, des veines qui, pouvant se trouver dans sa propriété ou dans celle de Pideill, alimenteraient lesdits anciens thermes, l’arrêt attaqué a faussement appliqué l’article 643 du Code civil et expressément violé les articles 544 et 552 du même Code, conformes aux mêmes principes ;
- » La cour cass. »
- Cassation d’un arrêt de Montpellier du 13 février 1847, sur le pourvoi du sieur Mercader contre les sieurs Couderc et Lavivier, propriétaires des bains de Vernet (Pyrénées-Orientales).
- Audience du 4 décembre 1819. — MM. Portalis, premier président ; Miller, conseil, rapp.; Nouguier, avocat-général; Saint-Malo et Martin de Strasbourg, avocats.
- JURIDICTION CIVILE.
- Chambre des requêtes.
- Fabricants de soüde. —Sels.—Remise
- POUR DÉCHETS.
- La loi du 17 juin 1848 et le règlement d'administration publique de 1843, rendu en exécution de cette loi, contiennent en faveur des fabricants de soude une remise pour déchets, laquelle riexistait pas en vertu de la législation antérieure.
- Rejet du pourvoi de l’administration des contributions indirectes contre un jugement du tribunal de Lure.
- Audience du 31 décembre.—M. La-sagni, président. M. Rernard ( de Rennes), conseiller-rapporteur. M. Fres-lon, avocat général. Me Delachere, avocat.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- COUR D’APPEL DE PARIS.
- Produits chimiques. — Matières vénéneuses. — Commerce.
- Le commerce de substances vénéneuses à quelque poids ou dans quelque proportion que oc soit, ne peut être fait que par des pharmaciens.
- Le commerce des matières vénéneuses a été de tout temps soumis à de rigoureuses prescriptions qui avaient pour but de protéger la santé publique contre l’abus de ces matières.
- Une loi du 21 germinal an XI, portant le titre de loi sur rprganisalion des écoles de pharmacie, .dispose comme il suit dans son article 33 :
- « Les épiciers droguistes ne pourront vendre aucune composition ou préparation pharmaceutique sous peine de 500 fr. d’amende. Ils pourront continuer de faire le commerce en gros des drogues simples, sans pouvoir en débiter néanmoins aucune au poids médicinal. »
- Une loi du 10 juillet 1849 a donné au pouvoir exécutif le droit de réglementer le commerce des matières vénéneuses, en punissant toutes contraventions à un règlement d’une amende de 100 fr. à 3,000 fr. et d’un emprisonnement de six jours à deux mois.
- Une ordonnance royale du 29 octobre 1846 a été rendue conformément à cette loi et elle procède de la ma' nière suivante :
- « Elle se divise en deux titres ; dans le premier, elle impose des conditions à quiconque veut faire le commerce d’une ou de plusieurs substances comprises dans un tableau annexé ; dans Ie second titre elle s’occupe du rnême commerce, mais fait par les phartnd" ciens.
- Les conditions imposées à toutes pcÇ' sonnes qui s’occupent de l’achat et de la vente des matières vénéneuses son1 surtout de constater toutes leurs oPe' rations sur un registre à ce destinés e de ne vendre qu’à des pharmaciens.
- De telle sorte qu’il résulte !ogi<luC' ment de cette ordonnance ceci.
- Tout le monde a le droit d’achete et vendre des matières vénéneuses^ mais de ne vendre qu’à des pharma-ciens, à des poids supérieurs aux po> médicinaux, et en tant que les PreP.pS rations seront de la nature ^ de cel énumérées au tableau, c’est-à-dire d
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- résultats de combinaisons chimiques et non des préparations pharmaceutiques, telles que sirops, potions, emplâtres, etc.
- Les pharmaciens vendent non-seulement comme toute personne le peut frire, mais encore à divers particuliers sur prescriptions magistrales, et conséquemment au pouls médicinal, et sous formes de préparations pharmaceutiques, sirops, emplâtres...
- . Cette ordonnance fut vivement critiquée par l’école de pharmacie. Cette critique est-elle parfaitement raison-née? U est permis, sinon d’en douter, du moins de chercher à s'en rendre compte ; l’obligation imposée aux fabricants de produits chimiques de ne Vendre qu à des pharmaciens des produits propres à entrer dans la composition des médicaments garantit suffisamment la sécurité publique, comme e|le garantit aussi l’exercice privilège de la profession de pharmacien.
- Quoi qu'il en soit, elle supporta son exécution jusqu’en 1849, époque à laquelle elle fit pratiquer une saisie chez
- Lamoureux, fabricant de produits chimiques, d’une grande quantité de Produits, tous compris dans l'ordonnance de 1846, et qu’il vendait conformément à c tte ordonnance, à des Pharmaciens et à des poids supérieurs aux poids médicinaux.
- Un jugement du tribunal de police correctionnelle du 20 décembre a statué en ces termes, en laissant de côté la question véritable du procès.
- « Attendu que de l’instruction et des débats, notamment du procès-verbal du 31 août dernier, il résulte que les sieurs Lamoureux, fabricants de produits chimiques, ont été trouvés débiteurs d’une grande quantité de produits pharmaceutiques; qu’ils ont, dès frrs, encouru l’application de l’art. 33 de la loi du 21 germinal an XI; que, Vainement, ils prétendent échappera fr peine que prononce cet article, en Soutenant que c’est en cas de vente Seulement que la contravention existe; ^Ue l’exposition en vente équivaut nécessairement à la vente; qu’autrement a disposition prohibitive serait couronnent violée;
- Et modérant néanmoins la peine, ? Condamne les frères Lamoureux Solidairement à 200 fr. d’amende et aux dépens, ordonne la confiscation des substances qui rentrent dans la catégorie des préparations pharmaceutiques * ordonne la restitution du surplus Qes produits saisis, »
- M. Lamoureux a interjeté appel de ce jugement, et la question se présentait devant la cour dans ses véritables termes. C’est-à-dire : La loi de germinal an xi, a-t-elle été détruite parla loi précitée de 1845, et l’ordonnance de 1846, rendue conformément à cette dernière loi, peut-elle autoriser toutes personnes à faire le commerce de matières vénéneuses destinées à la pharmacie? Bien entendu , en se conformant aux dispositions de l’ordonnance.
- C’était là la véritable question intéressant au plus haut point les fabricants de produits chimiques et les pharmaciens. Touchant d’un côté à la liberté en matière d’industrie ; de l’autre, aux précautions à prendre dans l’intérêt de la securité publique.
- El enfin, il y avait lieu pour la cour de chercher si l’ordonnance de 1846 n’a pas excédé les pouvoirs réglementaires, en se mettant en contradiction flagrante avec les termes de l’art. 33 de la loi de germinal.
- La cour a implicitement résolu les questions en jugeant en fait que Lamoureux n’avait pas le droit de vendre des préparations pharmaceutiques, et en faisant application de l’article 59 de la loi de germinal sans s’occuper de l’ordonnance de 1846.
- La cour a toutefois réduit l’application delà peine prononcée par les premiers juges en condamnant M. Lamoureux à 50 francs d’amende.
- Audience du 14 février 1850. — M. Ferey, président ; M. Lascoux, rapporteur ; M. Meynard de Franc, avocat général; Me Yasserot, avocat.
- TRIBUNAL CORRECTIONNEL.
- Sulfate et citrate de magnésie.—
- Eau de sedlitz. — Tromperie sur
- LA NATURE DE LA MARCHANDISE VENDUE. — Pharmacie,
- — Deux prévenus, Charles Candre, fabricant d’eaux minérales, rue Saint-Victor , 51, et Guillaume Requirant, pharmacien à Montreuil-sous-Rois , sont cités devant la 7e chambre correctionnelle.
- Candre était autorisé à vendre de l’eau de Sedlitz; mais là s’arrêtait sa permission , et cependant il débitait de la prétendue limonade purgative au citrate de magnésie. Cette prétendue li-
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- monade était simplement de l’eau de Sedlitz édulcorée.
- La limonade purgative , dit un témoin , se fabrique avec du citrate de magnésie , substance fort chère, et en la fabriquant avec du sulfate de magnésie. on trompe le public.
- Dans la boutique de Candre, était un grand nombre d’étiquettes au nom de Requirand.
- Le tribunal a rendu ainsi son jugement :
- « Attendu, en ce qui touche l’eau de Sedlitz artificielle , que la permission accordée à Candre le met, sous ce rapport, à l’abri des poursuites; qu’il n’en saurait être de même de la limonade au citrate de magnésie, dans le cas où il en aurait réellement vendu;
- » Mais attendu qu’il résulte de l’analyse de celle par lui livrée comme limonade purgative, que ce n’était autre chose que de l’eau de Sedlitz sucrée et aromatisée; d’où il suit qu’il y a eu de sa part tromperie sur la nature et la qualité de la chose vendue, délit prévu par l’art. 423 du Code pénal ;
- » Attendu que Requirand s’est rendu complice de ce délit, soit en aidant, soit en assistant avec connaissance de cause l’auteur principal dans les faits qui l’ont préparé et facilité, soit en lui procurant les moyens de le commettre;
- » Condamne Candre et Requirand chacun en 200 francs d’amende. »
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- TRIBUNAL DE COMMERCE DE PARIS.
- Chemins de fer. — Concurrence. — Tarifs.—Réductions des prix.— La compagnie du chemin de fer d’Amiens a Boulogne contre la compagnie du chemin de fer du Nord.
- La compagnie de Boulogne embranche sur la ligne du Nord, à la station d’Amiens. En vertu de sa loi de concession, elle pourrait arriver à Paris avec sa vapeur et son matériel, mais elle a aliéné ce droit pour un temps, et elle transborde ses voyageurs à Amiens dans les trains de la compagnie du Nord.
- De même , au départ de Paris, elle les place dans les voitures du Nord , et elle les entraîne dans ses convois per-
- sonnels, à partir d’Amiens. Elle paye pour ce service les redevances fixées par le tarif de la compagnie du Nord.
- Aujourd'hui, la compagnie du Nord fait aux voyageurs par Calais des réductions de tarif qu’elle a fait homologuer par l'autorité, le 13 juin 1849.
- La compagnie de Boulogne, blessée dans ses intérêts, a demandé pour les voyageurs de sa ligne des réductions semblables sur le tronc commun de Paris à Amiens, et elle a éprouvé un relus. C’est pour contraindre la compagnie du Nord à lui accorder ces mêmes réductions qu’elle l’a fait assigner devant le tribunal de commerce de la Seine.
- Lorsque les deux lignes ont été votées, il entrait dans les vues de la chambre des députés, exprimées à la tribune par M. Vivien, que la ligne de Boulogne étant la plus courte entre Paris et Londres , aurait le privilège du passage entre ces deux villes.
- La ligne de Calais , au contraire , était destinée au service de l’Angleterre avec la Belgique, la Hollande et l’Allemagne.
- De cette façon, la rivalité entre les deux lignes semblait peu redoutable. Mais lorsqu’on a voté la ligne d’Haze-brouck à Fampoux, la route de Paris à Londres par Calais se trouvait singulièrement abrégée et elle avait seulement 68 kilomètres de plus que celle de Boulogne.
- La ligne supplémentaire d’Haze-brouck avait pour premier résultat de rappeler entre les deux lignes de Calais et de Boulogne la rivalité qu’on croyait avoir prévenue. C’est ainsi que la mobilité des législateurs, le défaut d’idées générales et le besoin de donner satisfaction aux intérêts privés, ont amené les lût es dont nous voyons aujourd’hui les résultats.
- La chambre a cru remédier à tout en introduisant dans la loi de concession du chemin du Nord un article 41 bis, qui est ainsi conçu :
- « Toute réduction de tarif consentie sur une des sections de la ligne du Nord, en faveur des voyageurs ou des marchandises allant de Paris à Calai8» et réciproquement, devra être consentie jusqu’à concurrence de la même somme sur la ligne d’Amiens à Paris, en faveur des voyageurs et des mar" chandises allant de Boulogne à Paris, et réciproquement.
- » La même règle s’appliquera sur l’embranchement d’Hazebrouck à Fana* poux, si la compagnie du Nord en devient adjudicataire. Toutefois, dans Ie
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- cas où la compagnie du chemin de Boulogne abaisserait ses tarifs pour •es voyageurs et les marchandises al-lar,t de Boulogne à Paris et réciproquement, la compagnie du Nord pourra consentir une réduction de la même somme sur les voyageurs et marchandes, sans être soumise à la règle ci-dessus. »
- Cet article n’a remédié à rien , par raison que ce n’est pas avec un arti-cle de loi qu’on empêche une concurrence inévitable entre deux lignes Parallèles créées pour le même service.
- Les deux compagnies ont eu recours aux tribunaux ; il s’agit aujour-u hui de faire fixer le sens de l’article '♦t bis de la loi de concession , et de sa-v°ir si, comme le prétend la compare du Nord, cet article , inséré en vUedel'embranchementd’Hazebrouck, n’est plus applicable depuis qu’il est certain que cet embranchement ne sera Pas exécuté, par suite de la chute de •a société qui l’avait soumissionné.
- Voici le jugement :
- _ « Le tribunal, après en avoir délibéré , conformément à la loi,
- » Reçoit la compagnie du chemin du Nord opposante en la forme au jugement par défaut du 2 juilletdernier, et, sfatuant sur le mérite de ladite opposition :
- » Attendu que la compagnie du chemin d’Amiens à Boulogne réclame à la Çompagnie du Nord, sur le prix qu’elle mi paye pour le parcours sur la voie de faris à Amiens, une réduction de tarif cgaleà celle que ladite compagnie du Nord a faite dans ses prix sur le parcours de Paris à Calais;
- » Attendu que, dans le cahier des charges pour la concession du chemin d® fer de Paris à la frontière de Belgique , avec embranchement de Lille sur Calais et Dunkerque , est compris un Article 41 bis ainsi conçu :
- « Toute réduction de tarif sur une des sections de la ligne du Nord en faveur des voyageurs , ou des marchandises allant de Calais à Paris, et réciproquement, devra être consentie jusqu’à concurrence de la même somme sUr la ligne d’Amiens à Paris , en fa-VeUr des marchandises allant de Boulogne à Paris, et réciproquement;
- » La même règle s’appliquera sur 1 cmbranchemenld’HazebrouckàFam-Poux ;
- » Toutefois, dans le cas où la com-Pagniedu chemin de Boulogne abaisse-rait ses tarifs pour les voyageurs ou les marchandises allant de Boulogne à Pa-
- ris , et réciproquement, la compagnie du Nord pourra consentir une réduction de la même somme sur les voyageurs et marchandises, sans être soumise à la règle ci-dessus ;
- » Attendu que les dispositions de l’article précité sont claires et précises; que si elles ont été insérées au cahier des charges dans la prévision de l’embranchement de Fampoux à Hazebrouk, cette circonstance n’affaiblit point la volonté nettement exprimée de protéger le chemin de Boulogne contre la concurrence qui pourrait lui être faite au moyen d’une baisse de prix sur le chemin de Paris à Calais ;
- » Que celte protection n’a pas été limitée au cas seulement dudit embranchement; qu’elle s’étend à tous les cas où une réduction de tarif est consentie sur une des seclionsde la ligne du Nord en faveur des voyageurs ou des marchandises allant de Calais à Paris, et réciproquement ;
- » Attendu que l’intention du législateur de protéger les deux chemins, de Boulogne et de Calais, contre la concurrence funeste qu’ils pourraient se faire , se révèle encore dans le dernier paragraphe de l’article 41 bis;
- » Mais attendu que celle protection ne donne pas à la compagnie d’Amiens à Boulogne le droit d'obtenir, pour le parcours de Paris à Amiens, une diminution de prix égale à la réduction totale consentie sur le prix du parcours de Paris à Calais; que ladite réduction doit être proportionnée au nombre de kilomètres parcourus;
- » Attendu qu’avant de déterminer l’importance de la réparation du préjudice causé jusqu’à ce jonr , il y aurai lieu d’entendre de nouveau les parliest sur ce point seulement, faute par elles de s’entendre à l'amiable ;
- » Par ces motifs,
- » Le tribunal déboute la compagnie du Nord de son opposition au jugement du 2 juillet, dont la teneur néanmoins est modifiée comme suit :
- » Condamne ladite compagnie du Nord à faire à la compagnie d’Amiens à Boulogne une réduction de tarif qui sera calculée par kilomètres en prenant, pour le prix du parcours de Paris à Amiens la proportion relative du prix de parcours de Paris à Calais, et fait défense à ladite compagnie du Nord de faire aucune réduction de tarif en faveur des voyageurs ou des marchandises allant de Paris à Calais, sans en faire profiler proportionnellement ladite compagnie d’Amiens à Boulogne ;
- » Dit que faute par les parties de se
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- conformer aux présentes prescriptions et de s’entendre sur la réparation du préjudice causé jusqu’à ce jour par la compagnie du Nord à la compagnie d’Amiens à Boulogne , il sera ultérieurement fait droit;
- » Vu les circonstances , condamne la compagnie du Nord aux dépens.
- Audience du 28 décembre 1819. — M. Devinck, président ; Me Paillet, avocat de la compagnie de Boulogne. — M* Duvergier, avocat de la compagnie du Nord.
- JURIDICTION ADMINISTRATIVE.
- Mines.—Recherches non autorisées.
- — Produits. — Demande en dommages-intérêts. — Incompétence du
- CONSEIL DE PRÉFECTURE.
- Il n’appartient qu’au gouvernement de concéder l’exploitation des mines et par conséquent de régler les droits sur les produits de l exploitation , même quand ces produits sont le résultat de recherches non autorisées et antérieures à toutes concessions.
- Dès lors le conseil de la Préfecture est incompétent pour statuer sur une demande en dommages-intérêts formée par un propriétaire contre celui qui a extrait des charbons de son terrain sans y être autorisé.
- Ainsi jugé sur un pourvoi des héritiers Coulomb contre un arrêté du conseil de préfecture des Bouches-du-Rhône, qui s’est déclaré incompétent pour statuer sur une demande en dom-
- mages-intérêts formée par eux contre M. de Castellane, à raison des charbons par lui indûment extraits de leur propriété.
- Pourvoi rejeté.
- Judicnce du 17 et 23 novembre 1849. = AI. Maillard, président. M. Daves-ne, rapporteur, M. Dumartroy, commissaire du gouvernement ; JVies Royer et Mathieu Bodet, avocats.
- Sommaire de la partie législative et judiciaire de ce numéro.
- Jurisprudence. — Juridiction civile.
- — Cour de cassation. = Chambre civile. = Eaux thermales. — Sources. — Veines. — Droits du propriétaire voisin.—Droit féodal. = Chambre des requêtes. = Fabricants de soude. — Sels. — Remise pour déchets.
- Juridiction criminelle.=Cour d’appel de Paris. — Produits chimiques.— Matières vénéneuses. — Commerce. = Tribunal correctionnel. = Sulfate et citrate de magnésie.
- — Eau de Sedlilz. — Tromperie sur la nature de la marchandise vendue. — Pharmacie.
- Juridiction commerciale. = Tribunal de commerce de Paris. — Chemins de fer.
- — Concurrence.— Tarifs. — Réductions des prix. — La compagnie du chemin de fer d’Amiens «à Boulogne contre la compagnie du chemin de fer du Nord.
- Juridiction administrative. = Conseil d’Etat. — Mines. — Recherches non autorisées. — Produits. — Demande en dommages-intérêts.— Incompétence du conseil àe préfecture.
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- BREVETS ET PATENTES.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau «^Irlande , du 17 décembre 1849 au 17 janvier 1850.
- * jahvier. O Fietd. Construction des ancres ( importation ).
- janvier. P. Fairbairn et J. Helheringfon. Machine à préparer et filer le coton , le lin et autres matières filamenteuses ( importation ).
- ^ janvier. R. Hobson. Fabrication des fers à cheval et appareil à prendre la me-
- sure du sabot des chevaux.
- 17 janvier. T. Âuchterlonie. Fabrication des toiles peintes.
- 17 janvier. IF", de Traux de Wardin. Métiers de tissage pour la laine et le coton „ et machine à préparer les fils et les toiles. 17 janvier. J. Jordan. Construction des vaisseaux.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau cTÉcosse, du 22 décembre 1849 au 21 janvier 1850.
- ^ décembre. J.-S. Christie. Construclion de roues en fer forgé ( importation ). décembre. J. Usher. Machine à labourer la terre.
- 98 décembre. R. Hobson Fabrication des fers à cheval et appareil à prendre la mesure du sabot des chevaux, décembre. W. Ackroyd. Appareil pour apprêter et nettoyer la bonneterie de coton.
- décembre. J. Christopher s. Perfectionnement dans l’architecture navale.
- 1 décembre. A.-B. Cochrane et A. State. Fabrication des tubes et tuyaux en fer. décembre. J. Burch. Mode d’impression du colon , de la laine , de la soie , du papier, etc
- décembre. J. Barsham. Mode de séparation de la fibre des noix de coco, janvier. W. de Traux de Wardin. Métiers de tissage pour la laine et le coton, et machine à préparer les fils et les toiles.
- * janvier. W.-II. Wilding. Mécanisme pour appliquer la force motrice.
- Janvier. C. Cowper. Machine à monter les . . mineurs et les charges dans les mines. Janvier R. Plant. Fabrication du fer forgé et du fer en barres.
- 7 janvier. S. Colt. Perfectionnements dans lés armes à feu.
- 7 janvier. T. Lighlfood. Teinture en impression des toiles ( importation ).
- il janvier. T. Richardson. Fabrication du sel d’Epsoin et autres sels de magnésie, de l’alun et du sulfate de magnésie.
- 14 janvier. J.-A. Drieu. Fabrication des vêtements et appareil pour cet objet.
- 14 janvier. T. Auchterlonie. Impression des toiles peintes.
- 14 janvier. A. Barclay. Perfectionnements dans le ira ail du fer et autres métaux, et des appareils pour cet objet.
- 16 janvier. P.-A.-L. Fonlainemoreau. Perfectionnements dans la filature ( importation ).
- 16 janvier. J. Sidebotlom. Perfectionnements dans les machines à vapeur.
- 18 janvier. W -E. Neivlon. Pompes et appareils du même genre ( importation ).
- 21 janvier. R Wilson. Machines à vapeur et chaudières, et moyens de prévenir les explosions.
- 21 janvier. J -G. Barlow. Perfectionnements dans la teinture et les matières colorantes.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau d’Angleterre, du 29 décembre 1849 au 26 janvier 1849.
- 9 décembre. L.-C. Charpillon. Appareil de 29 h Percussion pour les armes à feu. ecembre. J- Read. Machine à extraire les liquides des matières animales , végé-5 taies et minérales.
- décembre. W. Palmer. Fabrication des chandelles, des lampes et des mè-3 • ,ches-
- janvier, yy, Barlow. Perfectionnements dans la voie permanente des chemins . de fer.
- janvier, a. C. Waterlow. Appareil pour co-
- pier les dessins, les écritures, etc. (importation ).
- 3 janvier. A. B. Cochrane. Fabrication des tuyaux et des tubes.
- 3 janvier. T. Lightfont. Perfectionnements dans la teinture et l’impression du coton et autres matières filamenteuses.
- 3 janvier. W. Buckwell. Appareil à comprimer et solidifier le combustible.
- 3 janvier. J. Sidebotlom. ‘Perfectionnement dans les machines à vapeur.
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- 3 janvier. H. Dorning. Machine et appareil à fabriquer les briques, tuiles, etc.
- 8 janvier. D.-B. White. Mode d’arrimage des vaisseaux.
- il janvier. M.-V. Pears. Fabrication des armes à feu et des cartouches (importation).
- il janvier. P. Newington. Mode d’ensemencement, de fumure et de culture des terres.
- ît janvier. B.-Â. Burton. Construction des égouts, etc.
- il janvier. J. Fayrer. Appareil pour gouverner les vaisseaux.
- il janvier. A. Cooper. Machine à vapeur nouvelle et appareil à enrayer les locomotives et les voitures.
- 11 janvier. J. Mc' Donald. Mode d’application
- de l’huile et des graisses aux machines, aux essieux, etc.
- 12 janvier. J. Glasgow. Appareil à profiler,
- percer, emboutir les métaux.
- 12 janvier. L. Milwain. Mode de fermeture des portes, croisées, etc.
- 15 janvier. A. Barclay. Mode de fabrication du fer et autres métaux et appareils pour cet objet.
- 17 janvier. R. Smith. Perfectionnements aux métiers de tissage.
- 17 janvier. H. Cowing. Perfectionnements aux charrues à vapeur et appareil à évaporer les solutions sucrées.
- n janvier. J. Nye. Machine hydraulique et applications.
- 17 janvier. R. Barbor. Combustible artificiel et machine pour le fabriquer.
- 17 janvier. W.-G.-H. Taunton. Mode d’appli-
- cation de la force motrice et d'essayer les chaînes-câbles.
- 19 janvier. M. Laird. Construction et doublage des vaisseaux en métal.
- 19 janvier. W. Beadon. Transport et combustion de la lu niée et des gaz.
- 19 janvier. G. Simpson. Appareils propres au transport des lardeaux.
- 23 janvier. W. Wood. Fabrication des tapis.
- 23 janvier. C. Nickels. Fabrication des tissus
- de laine.
- 24 janvier. W. Weslrup. Perfectionnements
- dans le nettoyage et la mouture de» grains.
- 24 janvier. A. Reinhard. Mode de préparation et de filtration des huiles de graissag0 et autres.
- 24 janvier. Jo. et Ja. Long. Appareil à gouverner les vaisseaux.
- 26 janvier. J. Dation. Appareils pour b'®0’ chir, teindre, imprimer et apprêter le» matières filamenteuses et les tissus et à graver les cylindres.
- 26 janvier. E. Heycock. Mode d’apprêt des tissus en laine.
- 26 janvier. T. Richardson. Fabrication fde* sels d’Epsom et des autres sels d» magnésie, de l’alun et du sulfate d'afl*' moniaque.
- 26 janvier. W. de Traux de Wardin. Métiers de tissage pour la laine et le coton ® machines à préparer les fils et Ie toiles.
- 26 janvier. T. Schofield. Machine à couper le* bois de teinture.
- 26 janvier. T. Berger. Fabrication de l'a®1' don.
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- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Analyse de ta fonte de fer.
- Par M. F.-C. Wrightson.
- L’effet du phosphore, dans la promotion du fer cassant à froid, est un ait admis depuis longtemps-, mais un autre fait qu’on n’avait pas encore ®°upçonnè , ou du moins qui ne se l’ouve annoncé nulle part, et que "L Wrightson fait connaître dans le *Uemoire dont nous donnons les prin-îj'Paux résultats, c’est que l’emploi de
- * uir chaud produit une augmentation Uans le phosphore contenu dans le fer. ^ est dans le but d’éclaircir ce point, et
- naème temps de présenter une aria-JSe plus exacte de la fonte qu’il a ntrepris l’analyse de différents mine-a’s de fer, ainsi que des fontes qui en Proviennent par différents modes de .^jtement, analyses qui lui ont servi
- * démontrer d'une manière complète MUe |’air chaud accroît la propriété du Ar de casser à froid , en donnant lieu
- réduction d’une plus grande quan-le d’acide phosphorique. Il a aussi r°rtè son attention sur les différents c 3 s, .Sous lesquels le charbon paraît jpmbinô , ainsi que l’avaient déjà tenté r^mcis et Karsten.
- j .arsten annonce que quand le mine-j| j, ret,fermait de l’acide phosphorique, ^ a co,'siamment retrouvé sous la for-la j Phosphore dans le laitier. Or dans P,uPart des minerais dont l’auteur a Teehnologitte. T. XI. —Avril 1850.
- fait l’analyse, l’acide phosphorique existait en assez grande abondance.
- Karsten dit encore que le graphite artificiel qu’on obtient en dissolvant la fonte grise dans un acide peut être considéré comme un composé de carbone et de fer, mais sans donner l’analyse de cette substance; quant à l’auteur qui a analysé quelques-uns des graphites recueillis dans le cours de son travail il a trouvé que dans les fontes les plus pures , on y trouvait le carbone et le fer, indépendamment de petites quantités de silice , etc., presque dans le rapport d’équivalent à équivalent, tandis que les sortes les moins pures étaient des mélanges de silicate de fer, etc., avec des proportions variables de carbone. Il semblerait donc que le carbone , dans ces dernières, se serait séparé du fer en fusion à l’état non combiné, tandis que dans les premières ce serait sous celui de carbure. L’auteur dit séparé du fer pour le distinguer de celui qui reste évidemment combiné dans ce métal, avec lui ou avec les autres éléments , ou sous toute autre combinaison , autrement il ne pourrait pas être éliminé sous la forme de d’hydrocarbure quand on traite le fer par les acides. Du reste la nature de ces combinaisons pourrait faire un sujet étendu de recherches distinctes qui mériteraient d’ètre étudiées. Dans ces analyses , le carbone b est séparé par les I acides et peut être recueilli sur un
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- filtre , tandis que le carbone à, qui iië 'peut être recueilli ainsi, et échappe sous la forme d’hydrocarbure , ayant une forte odeur d’ail, peut en partie être récolté sous forme liquide.
- M. Wrightson signale aussi la présence invariable du sodium et du potassium, ou de tous deux dans les fers qu’il a analysés, tandis que Karslen dit que jusqu’à lui on ne les avait pas encore indiqués comme entrant dans la constitution des fers. Au reste, comme ces métaux n’ont été trouvés que dans
- queiques-urts des minerais, ils ont bien pü être empruntés aux fondants dont on s’est servi.
- Les résultats pratiques du travail de fauteur ayant seuls de l’intérêt à nos yeux , nous passerons sous silence les détails étendus dans lesquels il est entre pour faire connaître la méthode employée dans l’analyse des minerais et des différentes fontes, et nous contenterons de reproduire les tableaux dans lesquels il a résumé son travail.
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- ^Slnalt/se e/e e/tes échantillons e/e fontes obtenues avec les minerais du Soulh-Sla/fordshire, recueillis principalement à l’ouest de Dudley.
- Fer. ......................
- Carbone combiné (a). . . , Carbone non combiné (A),
- Silice..................
- Manganèse...............
- Cobalt.. ...............
- Chrome.. ...............
- Calcium.................
- Sodium.....................
- Potassium................ ,
- Soufre..................
- Phosphore...............
- Fer. ..................................
- Carbone combiné (a).................... C
- Carbone non combiné (6)................1 3.27
- Silice, etc.......................... . . .
- Manganèse. ............................
- Calcium.................................
- Sodium.................................
- Potassium..............................
- Soufre.................................
- Phosphore..............................
- I. I III. ,v. ( * VII. J VIII.
- Fers à l’air froid.
- 94.10 96.57 94.53 94.42
- 1.87 0.95 C ; c
- 1.92 1.67 1 98 3.71 2.73 4.05
- 1.30 0.51
- 1.12 1.16 0.33 0;94
- traces. » » traces.
- traces. n » »
- 0.05 traces. 0.25 0.16
- 0.16 traces. 0.30 0.34
- traces. 0.42 » 9
- traces. 0.11 0.05 traces.
- 0.21 0.36 0.03 0.36
- 100.73 101.75 99.20 Î00.27
- Fers à l’air chaud.
- 89.53 92.98 93.84 92.90 95.23 95.80
- C C C 1.77 2.72
- 7.93 3.11 6.51 2.98 5.54 0.87 6.83 0.49 0.26
- 0.31 0.11
- 1.71 1.30 0-72 0.62 0.34 0.54
- 0.11 traces. 0.34 0.06 0.10 0.06
- 0.41 0.37 0.39 0.30 0.19 0-14
- » n traces. traces. 9 J»
- 0.07 traces. traces faibles. traces. traces. traces.
- 0.54 perdu. 0.07 0.40 0.12 0.37
- 100.30 101.16 100.99 101.11 99.55 100.00 '
- Kola. Le nombre 3.71, n<> IV(air froid), etceut correspondants n» V (air froid), et nos I, III, IV et V (airchaud j, indiquent en centièmes la matière séparée et pesée sur le filtre, et consistant, à l'exception du no V (air chaud), principalement en caibone, petite quantité de silice, oxide de fer, chaux, etc., que l’auteur n’a pas eu le temps de soumettre à une analyse quantitative exacte. Les chiflres à gauche marqués C indiquent la quantité entière du carbone dans le fer.
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- La fonte n* V des tableaux est géné- [ râlement considérée comme la meilleure qualité pour le fer forgé, les n05 VII et VIII sont trop cassants, probablement, par suite du mode suivant lequel le carbone s’y trouve combiné. La différence d’aspect entre ces deux fontes et les autres est remarquable: elles sont beaucoup plus blanches et plus fines dans leur cassure, avec quelques macules grisâtres au centre du creuset. Dans le n° Vces macules augmentent beaucoup, et la couleur est le gris truité. Dans les n” IV et 111, la couleur est encore plus foncée. Ces différences ont peut-être eu lieu pour un même fer simplement par une modification dans le temps du refroidisse-
- ment. Si, par exemple, lorsque la fonte grise ou truitéc est coulée, on jette dans l’eau une portion qui vient de se figer, elle devient précisément semblable aux n°s VU et VIII.
- La fonte blanche, d'un autre côté, peut être amenée à prendre l’aspect et la cassure de la fonte grise en la chauffant fréquemment au blanc et la laissant refroidir bien graduellement, comme si le carbone, ou une portion du moins était tenue en solution dans la fonie en fusion de meme qu’un sel dans l’eau, et que dans la fonte grise, pendant le refroidissement une portion considérable se déposât à l’état non combine, soit à cause de son excès, soit parce qu’elle refroidit avec plus de lenteur.
- Différence en centièmes entre le phosphore des fers à l’air chaud et à l’air froid.
- ]. II. III. IV. V. VI. Vit. VIII. (i)
- Air froid. . . 0.47 0.41 0.31 0.20 0.21 0.36 0.03 0.36
- Air chaud. . 0.51 0.55 0.50 0.71 0.54 » 0.D7 0.40
- Analyse du composé séparé des fers à l'air froid 1 et III, et à l’air chaud în° VlH* Par l’acide chlorhydrique<
- Ver à l’air froid, I. Ver à l’air froid , 1U. Fer à l’air chaud. n0 Vlil.
- 32.36 34.51 Carbone 11.76
- Silice 40.00 22.19 Fer 79.52
- Peroxide de fer. . . 19.00 37.50 Silice avec petite quantité
- d’oxide de fer, chaux,
- alumine 9.48
- Traces d’alumine ,
- de chaux, etc. . . » » »
- Eau et perte. . . . 8.64 4.70 »
- 100.00 98.90 100.76
- Il est aisé de voir par ces analyses que la totalité du fer ou à peu près des composés à l’air froid nos 1 et III, doit avoir été à l’état de peroxide, tandis que celui n° VIII doit nécessairement avoir existé à l’état métallique ou plutôt de carbure. A l’exception de la petite portion contenue à l’état- de silicate, la formule Fe8C3 exigerait 73,00 fer et 11,76 carbone.
- (O Les quaire premiers nombres ont été empruntés à des analyses faites antérieurement; ceux V à VU] à celles des tableaux précédents, seulement ils ne portent pas le même numéro que dans ces tableaux; mais il est facile de voir à quelles qualités ils se rapportent.
- Sur le laiton malléable à chaud-
- Par M. le docteur L Elsner-
- On sait que le laiton ordinaire «P1* renferme de 27,4 à 31,8 de zinc ej 71,9 à 65,8 de cuivre, n’est pas ma ^ ble à chaud, et qu’on ne peut ^a*r.e,^eS, vir cet alliage qu’à couler des Pie ,,0. Cependant, comme dans beaucoup ^ e pérations industrielles, il serait p tres-grande importance de pouvoff^je vailler à chaud comme le fer ma Ile* ^ des objets fabriqués avec un albaS|ca-ce genre, je crois que la commu
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- lion dans les feuilles consacrées aux découvertes techniques d’un composé de cette espèce devra être accueillie avec faveur par les industriels.
- Autant qu'il est à ma connaissance, les premiers échantillons de laiton malléable à chaud sont venus d’Angle-lerre, et la première analyse qui en a clé faite est due à la Société industrielle de la basse Autriche. Les résultats de cette analyseont donné pour sa composition 34,76 zinc et 65,03 cuivre avec traces de plomb. C’esteri se basant sur cette analyse qu’un fabricant, M. Machts, a Préparé de grandes quantités de cet alliage et trouvé que quand on faisait rendre ensemble 33 parties de cuivre °t 25 de zinc, il y avait une perte de 3 Parties, d’où il résultait que l’alliage consistait sur 100 parties en 60 de cui-vrc et 40 de zinc. Ce laiton se distinguait des échantillons anglais par une Plus grande proportion de zinc, et pos-sêdait, suivant M. Machts, la propriété ®i précieuse d’être malléable à chaud à Un degré plus éminent que le laiton ai)glais qui avait servi de modèle.
- Un autre morceau de tôle d’un alliage que M. Heckmann, fabricant, a reçu sous le nom de yellow métal (métal jaune), et qui ressemble au lai-lon, sous le rapport de la couleur, analysé dans le laboratoire de l’Institut c°yal des arts et métiers de Berlin par «U Perl, a présenté 60,16 parties de cuivre et 39,71 parties de zinc, ce qui est précisément la composition du lai— l°n malléable à chaud. Et en effet, cette lùle de laiton se fait remarquer par sa consistance cl sa densité.
- J'ai en conséquence engagé M. Feye-rabend, fondeur à Berlin, à préparer une fonte avec 60 parties de cuivre et *0de zinc, et l’alliage ainsi obtenu a Présenté les propriétés suivantes.
- La couleur est moyenne entre celle uu laiton et celle du tombac. Il a un ®clat métallique très-prononcé ; sa castre présente une structure fine et ser-çee» et il possède une grande densité. “°n poids spécifique a été trouvé de 0)44 à 10* C; tandis que, d'après le calcul, ce poids n’aurait dû être que de de façon que dans la formation de ^lalliage fl doit y avoir eu contraction. ~‘e. calcul indique aussi que l’alliage doit être considéré comme un composé chimique à proportions définies, car îe* résultats de l’analyse s’accordent «à ires-peu de chose près avec l’hypothèse 9UÎ le regarde comme un composé de trois parties en poids de cuivre et deux de zinc (3Ctt-j-2Zn). La dureté Je cet alliage est la même que celle du
- spath-tluor; il est rayé par l'apalite (le verre) et a par conséquent une du-reté = 4. L’alliage est plus dure que le cuivre, très-difficile à rompre, et d'après les expériences qui ont été faites à la forge de l’Institut, il est, quand le feu est convenablement dirigé, malléable à tel point qu'on a réussi avec une barre coulée à en forger une clef.
- On conçoit que la propriété si précieuse dont jouit cet. alliage, qui ressemble du reste au laiton, permet d’espérer qu’on en fera l’application dans un grand nombre d’arts industriels, et il paraît en outre évident que celle propriété dépend de sa composition en proportions définies.
- Quoi qu’il en soit, il faut, d’après les informations fournies par M. Feyera-bend, donner beaucoup d’attention lors de la fonte des métaux, pour que dans cette operation il n’y ail pas une perte trop considérable du zinc par la combustion, perte qui changerait les proportions ou le rapport entre les métaux, et aurait certainement de l’influence sur les importantes propriétés techniques de l'alliage. Ce fabricant est donc d’avis qu’il serait plus avantageux dans la pratique de faire fondre ensemble au lieu de zinc une quantité proportionnelle de laiton avec la quantité convenable de régule de cuivre. Un alliage de ce genre, préparé d’après les proportions pondérales indiquées précédemment, a donné à l’analyse 61,44 cuivre et 38,15 zinc.
- Il est très-probable que le laiton malléable à chaud trouvera beaucoup d’applications pour des objets auxquels on n’a pu jusqu’à présent employer que le cuivre, qui est d’un prix bien plus élevé.
- Sur la pureté de l'étain Banca des Indes orientales.
- Par M. le professeur Mulder.
- La société néerlandaise du commerce a mis à la disposition de M. Mulder vingt sortes d ctain Banca , afin qu’il pût s’assurer par l’analyse chimique des matières étrangères métalliques que cet article pouvait renfermer. Lcsvingt sortes provenaient toutes de diverses mines et avaient été importées par différents bâtiments. Au centre de chacune d’elles, on a eidevé un échantillon qu’on a oxidé au moyen de l’acide azotique étendu de très peu d’eau
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- avant la filtration. La perte résultant de la faible solubilité de l’étain dans la liqueur acide, n’a pas été négligée malgré sa petitesse, et cette liqueur n’a présenté en outre que des traces de fer, de plomb et de cuivre, mais pas d’argent d’antimoine ou d’arsenic. L'oxide d’étain insoluble a été porté au rouge et pesé. La proportion d’étain calculée d’après cet oxide, déduction faite des traces d’oxide d’étain qui s’étaient dissoutes dans l’acide azotique, a donné, comme moyenne de tous les échantillons, le chiffre 99,96, de façon que cet étain peut être considéré comme presque chimiquement pur. La quantité de métaux étrangers que renferme cet étain ne s’élève donc qu’à 4dix millièmes, ainsi qu’il suit:
- Fer Plomb . . . 0.019 . . . 9.014
- Cuivre . . . 0.006
- Étain.. . . . . . . . . 99.961
- 100.000
- Comme ces résultats ne s’accordaient pas exactement avec le poids atomique, 735 donné par Berzélius, M. Mulder et M. Vlaanderen ont entrepris quelques nouvelles expériences avec de l’étain absolument pur dans le but de faire disparaître touleincerlitude à cet égard. La conclusion à laquelle ils ont été conduits, est que lepoids atomique doit être abaissé à 725. D’où il résulterait que la composition de l’oxide d’étain en centièmes serait :
- Etain. . .............. 78.38
- Oxigéne. ........ 81.62
- 100.00
- Fabrication del'oxide de zinc, des couleurs et des ciments avec cet oxide.
- Par M. C.-A.-F. Rochaz.
- Le caractère distinctif de cette invention consiste en premier lieu dans le perfectionnement des fourneaux et appareils employés dans la fabrication de l’oxide de zinc, au moyen desquels on obtient de l’oxide blanc d’une qualité parfaitement uniforme de la totalité du zinc qu’on introduit dans l’appareil soit à l’état de minerai, soit à l’état métallique. En second lieu, dans un mode pour obtenir par le mélange de cet oxide blanc de zinc avec certaines substances, une couleur ayant
- beaucoup de corps, et en troisième lieu enfin à fabriquer des ciments, ainsi qu’on l’expliquera plus loin.
- La fig. 1, pl. 127, présente une sec* tion verticale et transversale du fourneau perfectionné pour convertir le zinc en oxide blanc.
- La fig. 2 est une section également verticale et d’avant an arrière de ce même fourneau.
- A,A,A creusets en terre réfractaire avec couvercles plats mobiles percés au èentre d’une ouverture ronde. B,B piliers aussi en briques réfractaires portant les creusets; C,C tablettes mobiles également en terre réfractaire servant de toit au fourneau (toit qu’on peut enlever lorsqu’on veut nettoyer ou remplacer les creusets) ; D ouverture du foyer; E cendrier; F portion du fourneau ou est placée la cheminée ; g,g carneaux pour conduire au dehors les gaz développés dans le foyer ; d grille; f,f barres de fer qui portent la grille; G carneau ou canal longitudinal qui reçoit les produits de tous les carneaux*^, g; H,H espaces dans lesquels a lieu la combustion des vapeurs de zinc et qui communiquent par des ouvertures u,u avec la chambre K,L où l’oxide se dépose. R porte de cette chambre, m,m feuilles ou écrans de tôle ou de zinc fixées obliquement dans 1® chambre; n,n bandes de toile ou d’un autre tissu pendant du toit de la chaffl' bre en séries transversales et placées à une petite distance l’une de l’autre, se croisant entre elles, de façon que Ie courant, après avoir passé à travers les espaces d’une série, rencontre perpen* diculairement les bandes de la série suivante. Les extrémités inférieures de ces bandes sont fixées à une pièce de bois s, et celles supérieures traversent le toit ou plafond où elles sont fixées par leurs bouts qui pénètrent dans une auge en zinc t, qui contient de l’eau. Afin de pouvoir secouer ou agiter ces bandes de temps à autre; il y a aoc corde fixée à chacune des extrémité de la pièce de bois : ces cordes mon* tent jusqu’au plafond où l’ouvrier peu** parleur entremise, soulever et abaisser cette pièce de bois de manière à secouer les bandes et à les débarrasser de
- l’oxide qui est venu s’y déposer.
- Trois ou quatre de ces systèmes oü séries de rideaux de bandes suffisent généralement, mais leur nombre et
- celui des chambresoucompartiments L.
- avec ou sans écrans métalliques, Pe^ être plus considérable, seulement l* dernière chambre ou le dernier com-partiment est pourvu d’une ouvertur
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- ou d’une cheminée avec registre pour I regler le tirage.
- Le premier compartiment ou chambre est construit en maçonnerie ou en tôle à cause de la haute température produite par l’air et l’oxide à leur sortie du fourneau, mais il y a un grand avantage à construire les autres chambres ou compartiments en toile à voiles ou autres tissus, parce que alors on peut leur donner les formes et les dimensions les plus convenables suivant les localités et surtout parce qu’il est facile de maintenir le toit et les pa-rois de celte pqrlion de l’appareil constamment et abondamment humectés, chose indispensable parce que l’oxide adhère alors plus aisément aux parois etaux bandes, qu'il tombe plus promptement et occupe moins d’espaçe, et enfin qu’on peut le détacher du toit et de ces parois simplement ep battant ceux ci a l’extérieur.
- Voici quelle est la manière de conduire l’opération,
- kes creusets sont d’abord remplis avcc du zinc métallique et on les coiffe de leurs couvercles ; les ouvertures u sont fermées avec des briques, et on Pousse le feu jusqu’à ce que le métal commence à se sublimer. On enlève alors les briques qui bouchaient les ouvertures u. Les vapeurs qui s’élèvent de l’orifice du couvercle s’enflamment el s’oxidentjpar le contact de l’air dans *çs espaces H ; les courants qui affluent Portent les produits à travers çes ouvertures u dans la chambre 14 , où ils rencpntrent les écrans métalliques m, 'lui les forcent à descendre puis à se relever avant de passer dans ce compartiment L à travers l’espace libre laissé entre le toit et le mur de séparation, et après avoir rencontré un autre cerqn métallique m à traverser succès-, ^vement une série de rideaux eu bandes de toile humide. L’oxide se dépose sur le toit, le plancher, les parois
- les autres portions de tout l’ensemble des compartiments, tandis que le c0Urant qui n’entraîne plus que des Parcelles insignifiantes d’oxide, s’è-cbappe par la cheminée. Il faut alimenter de temps en temps les creusets en zinc fondu.
- Au commencement de l’opération °n fera bien de tenir les creusets courts, afin d’élever la température, mais aussitôt que la totalité du four-Jjeeu aura été bien chauffée par la oamme du foyer au-dessous, que le *.mc commencera à entrer en combus-hon, on pourra enlever les couvercles; ms vapeurs se dégagent alors en plus
- I grande abondance et l’opération marche plus rapidement, mais pendant toute sa durée et à partir du moment où la combustion du zinc commence, il se forme des concrétions autour des bords des creusets ou les orifices des couvercles, concrétions qui consistent en oxide qui n’a pas été entraîné par le courant. Il n’y a que l’oxide porté par ce courant dans la chambre qui soit de bonne qualité, celui qui reste est grossier. L ouvrier doit aussi avoir soin de débarrasser les orifices de ces. concrétions avec un ringard et de les enlever de temps à autre du fourneau. Ce résidu est ensuite traité de la manière suivante :
- D'abord on le mélange avec du charbon de bois ou du coke en poudre, et le mélange est humecté, puis moulé en briques ou en tourteaux ayant la forme de la capacité de l’intérieur des creusets, Ces tourteaux sont introduits dans ceux pi et traités comme on l’a fait pour le métal, avec cette différence que les couvercles doivent rester constamment sur les creusets. La forme de ces creusets peut varier, mais je préfère ceux qui sont peu profonds quand je traite le zinc métallique, tandis que quand il s’agit d’opérer sur les résidus dans les mêmes creusets, j’aime mieux la forme indiquée daqs les figures.
- L’opération qu’on vient de décrire est accè!érée et perfectionnée en chassant une couche mince d’air chaud ou froid à la surface du métal fondu et en combustion dans les creusets; c’est à quoi l’un parvient en ajustant sur l’ouverture du fqqrneau une porte qui a dans sa partie inférieure une ouverture pour livrer passage à une tuyère plate. Le courant, en frappant et balayant la surface du métal, diminue matériellement la formation des concrétions et augmente celle des vapeurs; tandisd’un autre cqté qu’en n’admettant qu’un mi-, niimim d’air la force du courant dans la chambre se trouve réduite, et que la perteen oxide par la cheminée diminue.
- Le caractère particulier de cette partie de l’invention consiste à établir des espaces H au-dessus des creusets A, ainsi qu’on l’a expliqué, à faire arriver des courants d’air sur le zinc en fusion, à employer des rideaux de bandes de toile, et enfin à se servir de tissus pour construire les chambres ou compartiments.
- Le fourneau dont il vient d’être question pourrait servir à la fabrication de l’oxide par voie directe, c’est-à-dire par le traitement des minerais de zinc ; mais le nombre des fourneaux néces-
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- saires serait grand, parce que les creusets n’admettent qu’une quantité bornée de matière, et ne peuvent être placés 1rs uns au-dessus des autres. J’aime mieux, en conséquence, pour le traitement des minerais de zinc, employer deux sortes de fourneaux, dont la première est basée sur la disposition des creusets dans le mode belge de distillation du zinc, mais modifiée comme on va le dire.
- La fig. 3 est une vue en élévation par devant d’un fourneau à produire le blanc de zinc avec les minerais de ce métal, tout garni de ses creusets avec chambre adjacente pour recueillir l’oxide.
- La fig. 4 est une section verticale d’avant en arrière par le milieu du fourneau; A, A, A, creusets ou cornues; B, B, tablettes en terre réfractaire placées sous des plaques plus minces de fonte; G, G piliers aussi en argile réfractaire séparant les creusets et portant les tablettes; I, I obturateurs destinés pendant le chargement et le nettoyage des creusets à fermer les ouvertures des passages dans la chambre K, qui est semblable à celle décrite plus haut, et où m, m sont également des écrans métalliques. C, C autre» obturateurs formant avec la face antérieure du fourneau et les tablettes supérieures et inférieures une des parois des espaces carrés pour l’oxidation, et ouvrant dans la chambre K par des orifices ménagés dans la paroi, et de même aire de section que les passages D pour l’oxidation ; R cheminée ; E cendrier; d grille, et f barreaux en fer pour soutenir cette grille. Les compartiments pour recevoir l’oxide sont semblables à ceux décrits précédemment.
- On opère avec ce fourneau comme je vais l'expliquer.
- Lorsque les creusets ou les cornues sont remplis de minerai grillé et mélangé à du charbon de bois ou à du coke, comme d’habitude, les tampons A’A' qui s’adaptent exactement sur l’orifice des creusets sont placés sur ceux-ci et lutés tout autour, excepté dans la partie supérieure où il existe une gouttière pour le passage des vapeurs. Aussitôt que les flammes qui s’échappent de cette gouttière prennent l’aspect des flammes blanches de zinc, on enlève les obturateurs 1 (fig. 3) et on établit les passages l) pour l’oxida-tion en mettant en place les obturateurs longitudinaux C (fig. 4) et les lu-tant à l’extérieur. Les courants d’air, entrant par les extrémités les plus éloignées des passages D, enflamment les
- vapeurs et transportent l’oxide dans la chambre K. Pendant toute l’opération, un ouvrier a soin de nettoyer les gouttières des tampons A,A’ avec une tige de for recourbée par un bout; les concrétions tombent sur la sole des passages D, et en sont extraites de temps à autre par l’ouvrier qui pousse également dans la chambre K l’oxide qui s’est déposé dans la partie des passages formée par les orifices dans cette cham-bre.
- Le nettoyage et le chargement des creusets s’effectuent d’une manière bien connue des fabricants de zinc par la méthode de distillation belge , et l’opération , quand elle est bien conduite et faite sur des minerais de bonne qualité, peut se répéter trois fois en 24 heures. L’oxide ainsi produit n’est nullement inférieur à celui qu’on obtient avec le métal dans le mode décrit en premier lieu; mais comme dans la première heure après le chargement, les vapeurs sont lentes à se dégager et mêlées à des matières étrangères, il vaut mieux pendant cette période de la distillation, recueillir les produitsà part, afin de conserver de l’uniformité au résultat général. A cet effet, au lieu des tampons A',A' à gouttières qu’on a décrits, les cornues sont pourvues chacune d’un bouchon à rebords sur lesquels on adapte un tube semblable à ceux employés dans la distillation du zinc. Dans ce cas, les oblu-râleurs C ( fig. 4) ne sont placés qu’une heure après le chargement; et c’est seulement alors qu’on ôte les tubes et qu’on enlève les obturateurs I. Dans ces tubes, le zinc se recueille à l’état métallique ou d’oxide gris.
- Ce mode de traitement est simple et économique, cl possède non-seulement l’avantage d’économiser presque tous les frais de réduction du zinc à l’état métallique, mais aussi de recueilli1, celte quantité d’oxide, qui dans la dis* filiation des minerais pour la production du métal bleu, s’échappe et est
- perdue dans les différentes parties de
- l’appareil. Le caractère qui distingue particulièrement cet appareil consiste dans la disposition des passages D pouf oxider les vapeurs de zinc et les conduire dans la chambre K.
- Une autre méthode qui offre une grande économie de combustible et aU" 1res frais est celle que nous allons décrire.
- La fig. 5 est une section verticale d’un fourneau à courant d’air pour ob' tenir du blanc de zinc avec les minerai de ce métal.
- A,A sont deux conduits pour rece-
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- TOir les mélanges de minerai et de combustible; B,B, deux passages que 1 or' charge de charbon de bois ou de coke;C,C, des couvercles sur ces conduits et passages; D un carneau d’oxi-dation conduisant dans la chambre K. ^a portion E doit être en tout temps Remplie de charbon ou de coke et celle v est le lieu où la réduction et la sublimation ont lieu; G est une cavité où "js scories et les résidus descendent, -•Ml les tuyères et a un bouchon mo-"de placé dans le conduit d’oxidalion.
- .Voici la marche de l’opération : Les binerais convenablement grillés et pul-'crisés sont mélangés à la proportion ^dinaire de coke ou de charbon de h°is, et quand on le juge nécessaire on ^ ajoute un flux. Le tout est ensuite humecté et moulé en forme de briques de tourteaux qu’on fait bien sécher. Mrsque le feu a été entretenu pendant Quelque temps avec du coke pur, et rçue le fourneau est bien chaud, on in-tr°duit le mélange de minerai et de charbon dans les passages A, et on r,emPlit ceux B de charbon de bois ou de coke. En même temps on fait arriver «n courant d'air chaud ou froid par les tuyères H,H ; les produits volatils Réchappent aussitôt qu’on a ouvert le bouchon a. Les vapeurs de zinc brûlent a l’ouverture, et l’oxide est porté à traders le carneau D dans la chambre K, comme on l'a expliqué précédemment. *;es rèsidusde la production elle plomb, Sl les minerais en renferment, sont ex-IÇaiis par une ouverture à la partie inférieure de la cavité G. La particularité Que présente cet appareil consiste dans fés fonctions des passages B qui fournissent constamment un lit de coke incandescent dans la portion E, à travers 'equel le gaz et les vapeurs doivent Passer. Par conséquent les vapeurs qui Peuvent n’avoir été que partiellement °xidées par l’excès d’air fourni par le Courant sont de nouveau réduites et atteignent l'ouverture a à l’état de pureté. Lorsque cela est nécessaire, je dépose sur cette ouverture a des cloi-R°ns ou divisions en argile réfractaire d® manière à arrêter ou intercepter les Cendres ou autres particules de matiè-res étrangères qui peuvent se' trouver Mélangées avec les gaz et les vapeurs.
- . Pour fabriquer les couleurs au blanc de zinc, je combine cet oxide avec le marbre blanc réduit en poudre impalpable ; et lorsque je ne puis pas me Procurer celte substance, j’y supplée en ^posant de la chaux vive sous un abri u contact de l’air pendant un temps umsant pour qu’elle se délite en ab-
- sorbant peu à peu l’humidité et l’acide carbonique de l’atmosphère. Si on employait l’hydrate de chaux peu de temps après que la chaux aurait été simplement délitée, il aurait un certain degré de causticité nuisible, tandis que lorsque celte causticité a disparu par une saturation graduelle par l’acide carbonique, l’hydrate devient la substance la plus propre qu’on puisse unir à l’oxide de zinc. La chaux peut être combinée à cet oxide dans la proportion de 25
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- Un autre perfectionnement dans la préparation des couleurs à base d’oxide de zinc consiste à ajouter à cet oxide ou à ses mélanges avec d’autres bases, de la résine ou des matières résineuses, et de préférence de la térébenthine et une huile siccative. En délayant le tout dans une quantité suffisante d’essence de térébenthine pour lui donner le degré de fluidité qu’on désire, on produit une peinture solide, fraîche et inaltérable, qui sèche très-promptement et supporte très-bien les plus fréquents lavages. Voici quelles sont les meilleures proportions : Pour peinture brillante, vingt parties de base, six parties de résine, deux parties de térébenthine et une partie d’huile; pour peinture mate, vingt parties de base, trois parties de poix de Bourgogne et une partie d’huile.
- Pour fabriquer les ciments à base de zinc, on prend le résidu des creusets ou des cornues employés dans la fabrication du zinc ou de l’oxide de ce métal, et on le mélange avec du mortier ordinaire qu’on emploie à la construction des murs et des maisons. Cette addition communique à ce mortier un haut degré de dureté.
- Sur la dorure galvanique industrielle exécutée en grand, et observations technico - scien tifiques auxquelles elle a donné lieu.
- Par M. le prince Maximilien, duc de Lcuchtenberg.
- J’ai promisde communiquer de temps à autre les résultats obtenus dans l’institut galvanoplaslique établi à Saint-Pétersbourg. Depuis trois années on y a pratiqué la dorure galvanique sur une échelle plus grande qu’on ne l’avait fait précédemment. En 18i5, j’ai donné connaissance de la méthode que j’avais mise en usage pour apprendreàconnaî-
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- tre d’une manière sûre, facile et pratique, la quantité d’or ou d’argent qu’on a employée (1). Ces expériences ont suffi pour permettre d’entreprendre en toute sécurité la dorure de 4,000 aigles et se mettre aussitôt à l’œuvre. Ces aigles, qui étaient destinées à orner des casques de cuirassiers, avaient été fabriquées en cuivre galvanique, et formaient une surface d’environ 20 000 verschock carrés (39mèt- carrés427)> surface qui alors paraissait considérable, sans compter qu’on s’était aussi chargé de la dorure d’une grande quantité d’objets de luxe en bronze. Néanmoins, vers la fin de 1846, l’institut a entrepris un travail bien plus vaste encore, savoir la dorure des chapiteaux et des bases de l’église d’Isaac. Pour l’exécution d’un pareil labeur, les notions simples pour précipiter de l’or ne suffisent plus. Il faut que la dorure ait la même couleur, que la quantité d’or soit uniformément distribuée, le travail restant toujours également simple et facile. A cet effet, j'ai entrepris une série d’expériences que j’ai fait connaître dans mes documents sur la dorure galvanique; mais avant de commencer ce.travail considérable il restait encore à pourvoir à certaines préparations mécaniques, mais non moins importantes. Et si je présente ici quelques explicar tions qui ne sont pas scientifiques, c’est dans le but de faire voir en général l'importance des travaux qu’on peut attendre d’un laboratoire de dorure.
- Il s’agissait de dorer 204 couples, ou 408 pièces de chapitaux en bronze et autant de l}ases du poids chacune d’environ 65 puds (1,040 kilog.) et 7 puds 10 livres (1 ), et au total un poids
- de 7,200 puds ou 115,200 kilog. La hauteur des plus gros chapiteauxetle (lia mètre des plus grandes bases était 1 ar-chine 141 / 2 wers. (1m,3550) et 1 archine 9 5/8 wers. ( l,n,050). Pour cela, on a eu besoin de plusieurs cuves, dont chacune contenait 5,000 litres de liqueur à dorer. La valeur considérable qui se trouvait ainsi dans chaque cuve a fait un devoir de construire chacune d’elles avec soin. On a employé, en conséquence, une cuve en bois doublée en caoutchouc épais, qu’on a introduite dans une autre cuve un peu plus grande doublée en plomb. On a versé sur le fond de celte dernière et dans l’intervalle entre les parois de la cire jaune
- (l) Voir le Technologiste, 7e année, p. 340, Voir aussi 8« année, p. 195, 388 ; 9e année, p. 119,230 ; ioe année, p. 454.
- fondue et entouré la double caisse avec des planches épaisses de 1 1/2 pouce pour la garantir contre toute avarie. Les cuves ainsi construites ont été pourvues pour le service de deux en deux d’une grande grue mobile, avec laquelle les pièces en bronze attachées à des chaînes en cuivre pouvaient être levées et amenées à volonté par deux hommes dans l’une ou l’autre de ces cuves déposées sur une table cirée adjacente.
- Comme batteries on s’est servi de celle coke et fer que j’ai fait connaître. Auprès de chacune des grandes cuves il y avait huit couples de ces batteries qu’on chargeait tous les lundis et qui pendant la semaine n’avaient besoin que d’ètre rafraîchies, c’est-à-dire d’humecter le coke avec de l’acide azotique. Pour se
- débarrasserde l’odeur de l’acideazoteuX
- inévitable dans l’emploi d’un aussi grand nombre de batteries, on a renfermé chaque série de 4 couples dans des boîtes en bois pourvues de couvercles doubles. Sur le couvercle intérieur qui était percé d’un trou, était placée une capsule remplie d’une solution de potasse caustiqne.
- Les bains d’or ont été, d’après les renseignements que j’ai donnés précédemment, réglés à 8 à 10 grammes par
- litre. Lecyanure de potassium nécessaire
- était préparé journellement par puds, dans l’établissement. Il est arrivé souvent qu’on a dissous par jour, et transformé en solution cyanique concentrée, jusqu’à 20 à 30 livres d’or, lorsqu’on a été pressé. De cette manière on a consommé dans le courant de trois années 13 puds ou 208 kilogr. d’or.
- Les procédés de dorure ont été tout simplement ceux ordinaires, seulement les manipulations et les quantités ont été plus considérables. La pièce de bronze à dorer attachée a sa chaîne de cuivre était, après un décapage suffi' sant, introduite au moyen de la grue dans la cuve , où on la soumettait à la dorure jusqu’à ce que toute sa surfac® fut devenue mate. Alors on l’enlevait et on la plongeait dans une cuve rem' plie d’eau pure , puis on la déposait sur la table cirée où on la frottait avec des gratte-bosses. La même opération était répétée trois fois pour chaque pièce, de façon que ce n’était qu’a° troisième mat qu’on considérait la dorure comme terminée. Deux fois Pa£ jour on enlevait dans les cuves de échantillons pour s’assurer exactemeu de la consommation de l’or, et dap^ quelques cas pour savoir si on P0VSTf}e encore dorer quelques pièces. Ceu
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- operation, toutefois, ne s’est exécutée Çuau commencement lorsqu'il y avait encore incertitude, et par conséquent ou on procédait avec plus de précaution. Aussitôt que les cuves ne travaillaient plus , par exemple la nuit, elles étaient Couvertes attentivement avec des toiles Cirées tendues sur des châssis pour garantir de la poussière les liqueurs Qu’elles renfermaient. C’est ainsi que les 408 pièces ont été dorées et qu’on a réussi à dorer bien également et de Oaême couleur 1,300 mètres carrés ou 2,560 archines carrées de surface : résultat véritablement très-heureux.
- Je ne dois pas oublier ici deux points que jeconsidère comme importants pour *a pratique de la dorure galvanique. Le Premier est relatif aux travailleurs, dont aucun, quoique presque constamment °ccupé à ce travail, n’a été atteint de Maladie dans le cours des opérations, toème pendant que sévissait l’épidémie qui a régné dans les années précédentes. Le second, c’est que la perte en °.ri pour une consommation aussi considérable, s’est à peine élevée à 4 livres. Pour dorer d’aussi grosses pièces au 'Çu et pour manœuvrer des masses aus-** pesantes et aussi incommodes, tous les ouvriers auraient été probablement Malades et même eussent succombé ; et eo outre la perte en or eût certainement été beaucoup plus forte.
- ,Les observations et les remarques n’ont pas manqué pendant le cours de Ce travail. Par exemple, j’ai vu se re-Uouveler dans ces grands travaux de do-rUre le phénomène que j’avais déjà ob-®ervé dans la précipitation galvanique du cuivre. Ainsi, vers le milieu à peu Près des travaux, une des chaînes en cuivre s’est rompue sous un poids peu Considérable, et dans des épreuves que 1 ai fait subir aux autres il s’est trouvé Que toutes n’étaient plus en état de Apporter ce poids.
- Ce cuivre était cassant, cristallisé et l°ut à fait modifié dans sa texture. Ce Phénomène s’explique en faisant remarquer que les chaînes étaient soumises au passage constant du courant galvanique.. Dans la formation du cui-VrÇ galvanique, il arrive souvent que le JUètal qu’on obtient est aussi cassant, et ‘expérience a appris que les anodes,. aPfès un long service sont également devenus tels et ont communiqué cette Propriété au cuivre qui s’est formé. L action continue du courant galvanise a encore été la cause de cette fraudé. Il paraîtrait en effet qu’il existe m°rs, suivant la remarque de quelques Savants, une sorte d’ébranlement per-
- manent qui, comme par exemple dans le fer employé comme essieux dans les voitures, ou à la construction des ponts suspendus, a modifié à tel point le métal qu’au bout de quelque temps il rompt sous un poids infiniment moindre que celui qu’il avait pu porter à l’origine. Il en est de même avec le cuivre. Les décharges galvaniques continues amènent ce métal à un état fort inférieur, sous le rapport de la résistance, à celui qu’il présentait précédemment. Les chaînes qui ont remplacé les premières ont fonctionné jusqu’à la fin de celle grande opération de dorure; mais d’après l’examen qui en a été fait, elles étaient toutes aussi, à la fin, devenues cassantes.
- Les bains ont présenté des faits non moins dignes d’intérêt. Quelque temps après que les bains d’or eurent été maintenus dans une activité constante et à plusieurs reprises rafraîchis , soit en agitant simplement les solutions très-concentrécs, soit en y démêlant quelques cristaux de cyanure d’or, ils se trouvèrent épuisés au point de devenir impropres à fournir une dorure de belle couleur. On ne put donc plus s’en servir que pour une première opération dans laquelle ils doraient assez régulièrement, mais où la couleur de la dorure était rougeâtre et piquée. Les deux autres dorures qu’on opérait avec un bain neuf donnaient la couleur convenable. Il est à remarquer que sur une aussi grande échelle que celle ou on manipulait ou avec 5,000 litres, les résultats ont été absolument les mêmes que ceux que j’avais obtenus précédemment en petit et comme essais, résultats que j’ai déjà fait connaître.
- On ne tardait pas à s’apercevoir, à l’aide des échantillons, de l’instant où la proportion d’or n’était plus suffisante et où la dorure ne réussissait plus. Il fallait alors songer à extraire l’or des bains. Évaporer des masses aussi considérables et faire fondre ne semblait pas un moyen avantageux, du moius pour tous les bains. En conséquence, j’ai tenté pendant la nuit d’unir toutes les batteries entre elles; et, à cet effet, j’ai plongé dans le bain toutes les lames en platine employées comme anodes ou catodes, et j’ai laissé agir jusqu’à ce que tout l’or fût précipité ou tombé au fond de la cuve. Cette expérience a parfaitement réussi , et le dernier échantillon, qui ne comprenait pas moins d’un litre, n’a présenté aucune trace d’or.
- Jeter les solutions de cyanure après en avoir extrait par voie galvanique au-
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- tant d’or que possible, eût été une perte réelle, tant à cause de la qualité que de la quantité des sels qu’elles renferment. Il est vrai que le cyanure de potassium , ainsi que la potasse caustique de ces bains, après que ceux-ci sont restés plusieurs mois en activité, se sont transformés en partie en carbonates; mais il n'en est pas moins certain qu’au total ils renferment encore une assez grande proportion du premier sel (cyanure de potassium) pour qu’il soit possible de les utiliser d’une manière ou d’une autre. La première tentative que j’ai faite pour résoudre ce problème technique a eu lieu de la manière suivante : Dans 10 litres de la dissolution de cuivre que j’ai puisée dans les cuves de l’atelier de précipitation galvanique de ce métal en activité à l’institut, on a versé une solution épuisée de cyanure d’or, jusqu’à ce qu’il ne se formât plus de précipité (consistant en carbonate et cyanure de cuivre et partie en oxide de cuivre hydraté). Ce précipité, après avoir été lavé à plusieurs reprises par décantation avec de l’eau, a été introduit dans une chaudière en cuivre d’une contenance de 1,000 litres ; on a versé dessus de la solution de cyanure et fait bouillir jusqu’à dissolution complète du précipité de cuivre. On a par ce moyen obtenu un bain, avec lequel, en agissant par la voie du courant galvanique, on a pu recouvrir de cuivre des objets en fer et en fonte. Indépendamment de cela, le bain de cyanure de cuivre, après y avoir ajouté du sulfate de zinc jusqu’à ce qu’il s’y formât un précipité blanc assez abondant, et après l’avoir agité de temps à autre pendant l’espace de quatre à cinq jours, puis lillré, a donné une liqueur qui, traitée par le courant galvanique, a servi à recouvrir le fer et la fonte d’une couche de beau bronze.
- Avec quelque soin qu’on ait procédé à la préparation du cyanure de potassium dans l’établissement, ce sel renfermait toujours un peu de fer. Dans la dorure sur une grande échelle, il se détache toujours du bronze qu’on dore, de petites quantités de cuivre, d’étain ou de zinc qui restent dans la solution. La présence de ces métaux apparaît de plus en plus avec le temps dans le bain d’or, dont la qualité, du reste, sous le rapport de ses applications, n’en devient pas plus mauvaise. Mais à une époque connue de la dorure (à peu près lorsque la moitié de l’or a été précipité), il commence à se former un précipité rougeâtre sur les anodes en platine.
- Ce précipité a été pendant longtemps, et toujours avec beaucoup de vraisemblance, considéré comme une combinaison particulière d’or, consistant en oxide d’or et en cyanure, etc.; et en conséquence on l’a recueilli avec soin, afin de pouvoir en extraire l’or dans une opération générale ultérieure faite sur le résidu aurique.
- Mon étonnement a donc été grand lorsque j’ai remarqué la formation d’un précipité absolument semblable , du moins par l’aspect extérieur, sur l’anode dans une liqueur où la présence de l’or était nulle, ou bien où il ne s’était manifesté que des traces à peine sensibles de ce métal, c’est-à-dire dans le bain de cyanure de cuivre, solution épuisée d’or qu’on avait appliquée a d’autres travaux utiles.
- Cette circonstance fit naître en mo* le désir de prendre une connaissance plus exacte de la composition de ccs précipités rouges anodiques.
- Les deux précipités renfermaient dans leur composition du potassium, du cuivre, du fer et du cyanogène. Ils ne se dissolvaient dans l’eau qu’en partie, et seulement en portant à l’ébullition. L’acide chlorhydrique, qui dans ce cas les dissolvait, donnait pour résidu un peu de poudre noire. Lorsqu’on ajoutait de l’acide azotique à cette solution chlorhydrique, il se formait un précipité brun jaune que les acides ne pouvaient plus redissoudre.
- L’eau régale et l’acide azotique alla-quaient les précipités et les transformaient en une masse brun jaune en leS dissolvant en partie.
- Quand on y versait de l'acide sulfu' rique, ils s’y dissolvaient aussitôt ; et81 on ajoutait de l’eau à la dissolution, 0I? voyait apparaître un précipité colore en brun jaune, tandis que si la solution était préalablement bouillie,, il ne se formait plus de précipité par l'addition de l’eau.
- Marche de l'analyse. Un certain poids de poudre a d’abord été chauffe puis humecté avec de l’acide azotiq0®’ et on a évaporé le tout à siccité. Le résidu, légèrement chauffé de nouvel^ pour en chasser l’acide uni aux me' taux, a été ensuite pesé. Ce résidu co sistait en oxide de fer, cuivre et azota de potasse. On l’a dissous une secon fois dans l’acide azotique ; on a prcC pi té l’oxide de fer de la solution P l’ammoniaque, et séparé le cuivre de liqueur sous forme de sulfure à l’a* de l’acide sulfhydrique , puis on a dissous dans l’acide azotique et bouillir la solution avec de la pota-~
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- caustique pour précipiter le cuivre sous a forme d’oxide. Maintenant, dédui-sant le poids des oxides de fer et de cuivre du poids total du résidu, on a eu a quantité de l’azotate de potasse dont 0n a conclu par le calcul la quantité du Potassium. Le dosage quantitatif du cyanogène s’est opéré par un moyen de-Puis longtemps et généralement connu, c.esl-à.(|jre eu faisant calciner une por-,n de la matière à analyser avec un Jficlange d’une partie de soude et deux ae potasse caustique. Il est résulté,
- comme on sait, que l’azote du cyanogène s’est dégagé sous forme d’ammoniaque qu’on a recueillie dans de l’acide chlorhydrique, et précipitée comme sel ammoniaque par le chlorure de platine. Enfin, après avoir calciné l’ammo-niure de platine ainsi obtenu, on a recueilli la platine métallique (en éponge} dont la quantité a servi à calculer celle de l'azote, et d’après celui-ci celle du cyanogène.
- Les analyses ont présenté la composition quantitative suivante :
- Sur 100 parties. Poids atomiques. rapports atomiques.
- K.................. 18.08 489 0 037 2
- C u................ 17.30 390 0.043 2
- Fe................. 15.21 350 0.043 2
- C y............. 49.87 ' 425 0.153 7
- 100.46
- _ La formule était donc (KGy
- M/)-f(KC y-j-Fe’Cy 3).
- Le sel qu’on a recueilli du bain de
- cyanure de cuivre a présenté à l’analyse quantitative les substances suivantes :
- Sor 100 parties. Poids atomiques. Rapports atomiques.
- K. . .............. 10.41
- Cu................. 24.94
- Fe............ 15.17
- Cy................. 49.28
- La formule était donc
- (KCy+CuCy) + (2CttCy+Fe4Cy3).
- Les deux sels analysés avaient l’as-Pect d’une poudre cristalline, etàl’a-nalyse ont offert des composés qu’on a Pu représenter par des formules probes; il était donc permis de croire à L^xistence de deuxnouveaux cyanures. ^°ur ]e moment je m’abstiendrai d’é-n°ncer le fait comme positif, parce J}Ve la chose peut encore être duc à ‘influence du hasard; mais il confondrait dans mon opinion de procéder aUne nouvelle préparation artificielle ?e ces deux précipités anodiques et de ?s soumettre à une analyse quantita-,ve rigoureuse.
- Jusqu’à présent il n’y a de digne de eiUarque que cette circonstance que ®esdeux précipités rouges sont constipés avec les mêmes éléments et qu’ils } forment très-aisément par l’action ,u courant galvanique dans les bains P.e cyanures qui renferment du potas-‘uin, du fer, du cuivre et du cyano-®.®Pe ; mais du moment que la compo-Ul°n de ce précipité rouge a été connue
- 489 0.024 1
- 390 0.003 3
- 350 0.042 2
- 324 0.151 7
- par l’analyse , on a cessé de le recueillir dans la dorure galvanique. Jusqu’à ce jour il n’a pas été possible d’utiliser d’aussi énormes masses de bains de cuivre et cyanogène ou de bronze et cyanogène , et on n’a pas eu l’occasion de préparer pour en faire emploi des bains d’or épuisés : en conséquence on a évaporé la majeure parlie jusqu’à siccité. De cette manière on a obtenu, comme on l’avait prévu, plusieurs dizaines de puds d’une masse saline, dans laquelle un examen sérieux a accusé la présence de l'or. Maintenant il était nécessaire de savoir : 1° par quel moyen on parviendrait à recueillir le plus avantageusement cet or; 2° si la valeur des métaux extraits compenserait sous le rapport de la quantité les frais d’extraction.
- Pour répondre à ces deux questions, j’ai entrepris l’analyse de la masse saline sèche dont on a parlé ci-dessus. En la faisant fondre dans une chaudière en fonte, tous les cyanures métalliques (excepté seulement celui de potassium) se sont réduits et précipités par leur poids au fond du vase. Après le refroidissement la masse saline a été séparée des métaux ci-dessus indiqué:
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- qui ont été fondus en régule dans un creuset, On a de cette manière obtenu un alliage de couleur blanche, aussi cassant que le verre. Un pud de cette masse saline a fourni par le traitement ci dessus environ 5 livres de cet alliage. L’analyse a démontré qu’elle consistait en or, argent, cuivre, étain, plomb, fer et zinc. Après l’avoir réduite en poudre, elle s’est dissoute facilement dans l’acide azotique en laissant une poudre insoluble gris brunâtre consistant en oxides d’or et d’étain , qui, après avoir été suffisamment lavés, séchés et fondus avec du cyanure de potassium, et après avoir enlevé la portion dissoute avec de l’eau, et enfin traité celle non dissoute par l’acide Chlorhydrique ont donné de l’or pur. La liqueur chlorhydrique qui renfermait de l’étain en dissolution a été évaporée avec précaution à siccitè, et la masse sèche traitée par de l’acide azotique concentré a laissé de l’oxide d’étain non dissous qu’on a recueilli sur un filtre.
- Dans la liqueur azotique on a séparé le plomb par l’acide sulfurique, puis , l’argent par l’acide chlorhydrique. On a alors fait passer à travers la liqueué un courant d’acide sulfhydrique gazeux, recueilli le sulfure de cuivre sur un filtre, lavé avec de l’eau contenant un peu d’acide sulfhydrique en solution etjîrécipité le fer dans la liqueur par les moyens connus. De cette manière on a obtenu sur 100 parties d’alliage:
- Cuivre , , , , 53.25
- Plemb...... 15.69
- Étain 22.79
- Fer 1.54
- Argent 0.90
- Zinc L4Q
- Or . 4.00
- 99.57
- La présence du plomb dans cet alliage provient probablement des soudures de la chaudière en cuivre, dans laquelle on a évaporé la solution au-rique épuisée.
- Une chose digne de remarque, c’est que les anodes en platine, quelque longue qu’ait été la durée de leur service journalier et l’étendue de leur surface, n’ont éprouvé absolument aucun changement, ce qui semble démontré par l’absence totale de platine, tant dans les bains d’or épuisés que dans la masse desséchée qu’on a obtenue par l’évaporation de ces bains et par conséquent dans l’alliage indiqué ci-dessus.
- Quant à ce qui concerne la seconde question, il est facile de voir que l’extraction de l’or par le moyen qui vient d’être décrit, c’est-à-dire en calcinant la masse saline desséchée, constitue, tant à cause de la quantité considérable de combustible nécessaire pour cela* que par les avaries qui surviennent à la chaudière en fonte dont on se sert, une opération extrêmement pénible, et par conséquent peu avantageuse. Mais cette extraction sera facile et assez profitable, lorsque après avoir recueilli une quantité assez considérable de ce résidu aurifère, on le fera fondre avec une faible addition de litharge, et au charbon de bois, dans un fourneau à vent qui ne soit f)as trop élevé par exemple de 1 1/2 à2 archines (lm,066à lm,422). Il est clair du reste que le départ ultérieur de l’or de l’alliage qu’on obtiendra par ce moyen devra s’exécuter par le procédé qu’on a décrit plus haut.
- Alliages et compositions empl y s en Angleterre.
- Cuivre blanc chinois. 10,4 parties cul vre ,31,6 nickel et 2.6 fer.
- Argent allemand. 1 nickel, 1 zinc et cuivre, et pour réduire en feuilles 25 nu kel, 20 zinc et 60 cuivre, auquel on peut ajouter
- 3 plomb.
- Or de Manheim. 3 cuivre, 1 zinc e un* petite quantité d’étain.
- Alliage des mesures anglaises du g « * vernement. 576 cuivre, 59 étain et 43 ai* ton.
- Mêlai de Bath. 32 laiton, 9 zin .
- Métal de miroirs. 6 cuivre, 2 étain 1 arsenic , ou 7 cuivre, 3 zinc et 4 étain
- Soudure forte. 2 cuivre, 1 zinc.
- Cuivre blanc. 8 cuivre, l/2arseni .
- Mêlai britannia. 4 laiton et 4 étain* Quand il est fondu, on ajoute 4 bismuth et
- 4 antimoine. On ajoute cette composition * de l’étain métallique à discrétion.
- Soudure des plombiers. Poids égaux de plomb et d’étain.
- Soudure des potiers d'étain. 2 plomb et 1 étain.
- Soudure des fabricants de Peiofer. 2 étain et 1 plomb.
- Pewter ordinaire. 4 étain et 1 plomb.
- Pewter, première qualité. 100 étain et 17 antimoine.
- Métal qui se dilate en se refroidissant. 6 plomb , 2 antimoine et 1 bismuth. Ce métal est très-utile pour corriger de petits défauts dans les moulages en fonte, etc.
- Queen’s métal 9 étain, 1 antimoine, 1 bismuth et 1 plomb.
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- 5 2iSc°C* P^ine ( faux P'atine ). 8 laiton et
- Monnaies d'argent d*Angleterre. 11,1 argent pur et o,9 cuivre.
- Monnaies d'or d’Angleterre. 11 or pur 1 l cuivre. Avant 1820* l'argent entrait nans les monnaies d’or, de là la différence “e couleur des monnaies d’or à diverses Roques.
- Or de joaillerie. 10ïram-,19H cuivre pur, 5granS69976 argent dur et 38gra»“-,86200 °r pur.
- Mock gold{ûr faux). 16 cuivre, 7 j»ia-l,ne et 1 zinc;
- . Quand on ajoute 1/500 platine à l’a-c,er ou 1/500 d’argent, on le rend beaucoup plus dur, plus malléable et plus Propre à tous les objets de coutellerie. ., Composition employée pour souder 1 acier fondu. Prenez borax, 10 parties; ?e‘ ammoniaque, 1 partie; pulvérisez-Jes ensemble grossièrement ; faites fon-^rç dans un pot en métal sur un feu Jdair, en ayant soin de continuer le feu Jusqu’à ce que toutes les écumes ou Crasses aient disparu de la surface.Lorsque le bain paraît limpide , on coule Pour refroidir, on pulvérise Finement et ,a composition est prête Pour s’en ser-?,r> on porte l’acier qu’on veut souder a *a chaleur jaune paille ; on le roule a‘°rs dans la poudre à souder, puis on î^niet au feu, jusqu’à ce qu’il atteigne *e même degré de température qu’aü-Puravant, et en cet état on le soumet au Marteau.
- Ciment de fonte. Tournure ou li-^aille fraîche de fer, 16 parties; sel aUiuioniac, 2; fleur de soufre, 1. Mélangez dans un mortier et tenez au sec. VUand on veut s’en servir, on prend
- * Partie du mélange et 20 parties de tournure bien nette; on mélange inti-u^nient, et on fait une pâte avec la Hhantité d’eau nécessaire.
- Ciment pour les joints de tuyauxde jüpeur et les collets des conduites d'eau. ^parties de blanc de plomb on ajoute
- * Partie de minium sec; on broie ou n mélange à l’état de pâte ferme, et ? applique en couches interposées . ec une ou deux épaisseurs de toile ou e §az métallique, suivant le cas.
- ^Ur la composition de l'alliage appelé britannia métal.
- Par M. C. Rdmleb.
- Rhin et en Belgique, j’ai vu partout dans les hôtels les cafetières, les théières, les pots à lait en alliage qu’on appelle Sür le continent britannia métal et en Angleterre pewter, et j’ai appris en Angleterre même que cette composition n’était pas seulement employée pour des objets d’économie domestique, mais qu’on la réduisait en feuilles pour l’appliquer avantageusement à des objets industriels, dans les cas où le fer blanc s’oxiderait avec trop de rapidité, comme par exemple à faire des baignoires, des tambours ou cylindres de mesureurs à gaz, qui sont constamment plongés dans l’eau, etc. L’utilité de cet alliage m’a déterminé à prier M. le docteur Koeller à faire l’analyse deséchantillons que j’ai rapportés d’Angleterre, et à communiquer ici les résultats qu’il a obtenus, qui paraissent s’accorder avec ceux publiés dans plusieurs journaux industriels sur la composition du britannia métal. M. Koeller l’a trouvé composé de
- 85.72 Étain.
- 10.39 Antimoine.
- 2.91 Zinc.
- 0.98 Cuivre.
- 100.00
- Il est facile de voir qu’on peut préparer cet alliage en fondant ensemble 2 parties en poids de cuivre, 6 de zinc , 21 d’antimoine et 175 d’étain. On doit mettre d’abord les trois premiers métaux en fusion et les verser ainsi dans l’étain aussi fondu préalablement. Au lieu de cuivre et d’étain, on peut employer du laiton, par exemple sous forme de tournure (1).
- (t) L’auteur paraît confondre ici le métal britannia qu’il a fait analyser, et qui est, selon cette analyse , un alliage quaternaire d’étain , antimoine, zinc et cuivre avec le pewter qni, d’après l’article précédent, serait dans les basses qualités un alliage de plomb et d’étain, et dans celui de première qualité un alliage d’étain et d’antimoine. Quoi qu’il en soit, la composition qu’il assigne à ce métal britannia est également fort différente de celle que lui attribue l’article précèdent qui y fait entrer le bismuth , et qui sur 100 parties ( en supposant le laiton formé de 32 zinc et 68 cuivre J nous apprend qu’il est composé de
- 17 Cuivre.
- 8 Zinc.
- 25 Étain.
- 25 Bismuth.
- 25 Antimoine.
- l’a?»ans Un V0Yage que j’ai fait dans utomne de 1847 sur les bords du
- 100
- Composition qui diffère Aussi beaucoup de celle
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- Analyse de quelques verres à vitres.
- Par MM. J. E. Mater et J.-S.
- Brazier.
- En parcourant les analyses des différentes espèces de verre qui ont été publiées, nous avons remarqué qu’on avait accordé peu d’attention à la composition du verre à vitres, substance devenue presque indispensable à la vie. De plus, un fait remarquable c’est qu’on n’a jamais publié d’analyse sur le verre à vitres qu’on fabrique en Angleterre.
- La notice suivante renferme les résultats que nous avons obtenus en analysant trois échantillons de verre à vitres qu’on s’est procurés dans les trois plus grandes verreries de l’Angleterre, savoir : 1° Brilish plate-glass company, Saint-Helens, Livcrpool;2° London and Thames plate-glass company, Bow-Creek, Blackvvall ; 3° London and Manchester plate-glass company, Saint-Helens, Liverpool.
- Pour analyser ces échantillons de verre, on les a réduits à un étal extrême de division et mis en digestion dans l’eau ; aucun d’eux n’a présenté de réaction aux papiers réactifs les plus délicats.
- Pour déterminer le degré de leur solubilité dans l’eau, on en a mis digérer 4 à 5 grammes dans ce liquide pendant quarante-huit heures, et la solution claire n’a laissé dans chaque cas, après évaporation, qu’un léger résidu,
- que Mackensie attribuait au plus beau pewte anglais qu’il dit formé de
- 100 Elain ou 88.50
- 8 Antimoine ou 7.08
- l Bismuth ou 0.88
- 4 Cuivre ou 3.54
- 100.00
- Il y a aussi une différence sensible avec la composition du métal anglais que nous avons donnée à la page 196, d’après le brevet expiré de M Moussier.
- Il est, du reste, présumable que les divers alliages connus en Angleterre sous les noms do brilannia métal, pewler, queen’s métal, etc , ne sont pas des alliages à proportions définies, et qu’on y fait varier suivant les besoins, tantôt les proportions des métaux, tantôt le nombre même des métaux qu’on y fait entrer. F. M.
- trop faible pour qu’on pût le déterminer.
- Les poids spécifiques de ces échantil' Ions étaient les suivants :
- Brilish glass-plate....................2.319
- London Thames glass-plate.............. 2.242
- London and Manchester glass-plate. 2.408
- Un examen qualitatif a démontré la présence de l’acide silicique, de la potasse, de la soude, da sesquioxide de fer de l’alumine , de la chaux, el dans l’un des cas des traces de manga' nese.
- L’acide silicique a été dosé à la manière ordinaire par la fusion avec du carbonate de potasse pur. Le ses-quioxide de fer, l’alumine et la chaux ont été précipités ensuite de la liqueur hydrocblorique filtrée.
- Pour doser les alcalis, on a décomposé les verres par le moyen de l’acide fluorhydrique dans un appareil recom-mandé par M. Brunner ( Annalen def chemie von Poggendorff. t. XLlV, p. 134) et qui consiste en une capsule en plomb à fond plat d’environ 15 centi" mètres de diamètre et 10 de hauteur, ou centre de laquelle est placé un petit anneau de plomb de 3 centimètres em-viron de hauteur qui sert de supporte un plat en platine. La capsule en plomb porte un couvercle fermant hermétiquement.
- Pour se servir de l’appareil, on couvre le fond de la capsule d’une coucb® de spath-fluor pulvérisé de 12 à 13 m'*' limèlres d’épaisseur, et on verse dessuS de l’acide sulfurique pour en forme? une pâte épaisse. Un poids déteruun.e de verre finement pulvérisé, après avoir été déposé dans le plat de platine, eS recouvert d’eau et placé dans l'anneau de plomb. Le tout est maintenu à ufle douce chaleur dans un bain de sable ou sur une lampe à alcool.
- Comme au moyen de quelques ex-périences préliminaires, nous avion trouvé que l’action sur le verre étai^ excessivement lente quand il était simplement recouvert d’eau, nous avons, à l’instigation du docteur Hofmann» essayé au lieu d’eau une solution con' centrée d’ammoniaque; nous ayo trouvé ainsi que l’acide fluorhydriqy étant bien plus rapidement absorbé pa cedernier agent, la décomposition marchait d’une manière remarquable. .
- Le premier des deux tableaux s vants présente la quantité de substan qu on a employée, et le secoud les r sultats qu’on a obtenus.
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- TABLEAU N° I.
- 2 3
- British plate-glass. London-Thames plate-glass. London and Manchester plate-glass.
- 1. II. 1. II. I. ».
- Quantité de verre pour l’analyse générale. gram. 1.3429 gram. 1.1750 gram. 1.1579 gram. 1.1906 gram. 1 0508 gram. 1.1095
- Quantité de verre pour le dosage des alcalis. . . 1.9100 2.1500 1.4200 1.6300 1.0200 2.0700
- TABLEAU N° IL
- British pl I. îte-glass. II. London- plate I. Thames glass. II. London and plate-g I. Manchester lass. II.
- Acide silicique gram. gram. gram. gram. gram. gram.
- 1.0402 0.9180 0.9090 0.9300 0.8200 8.8030
- ^lorides de potassium et de sodium 0.5700 0.6460 1» )) 0.2675 0.5360
- ^'chloride de platine et de potassium. . . . .. . 0.3100 0.3610 » » 0.0925 0.1835
- floride de sodium 0.4735 0.5360 » » 0.2390 0.4790
- ^esquioxide de fer et d’alumine 0.0127 0.0105 0.0320 0.0495 0.0373 0.0405
- ^urbonate de chaux. . . . 0.1266 0.1135 0.1245 0.1305 0.0887 0.0987
- Vitale de potasse et desoude. » » 0.4105 0.4940 » »
- ^Ifate de baryte » 0.66451 0.7960 • •
- 1 Ces nombres ont été obtenus par un dosage indirect des alcalis.
- Tethnologitle. t. XI. — Avril I8SO1
- 33
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- Les nombres suivants correspondent aux résultats précédents :
- I. British plate-glass.
- II.
- Moyenne.
- Acide silicique. • . • . . 77.4592 77.2700 77.3646
- Potasse . . 2.8110 3.2192 3.0151
- Soude . . 12.9232 13.2028 13.0630
- Chaux . . 5.2192 5.4096 5.3144
- Manganèse. . . » »
- Sesquioxide de fer.. . . . 0.9457 0.8936 0.9197
- Alumine . . traces. traces. traces.
- 99.3583 99.9952 99.6768
- II. London Thames plate-glass.
- I. 11. Moyenne.
- Acide silicique . . . 78.5050 78.8669 78.6859
- Potasse 1.2744 1.4176 1.3460
- Soude . . 11.5919 11.6724 11.6322
- Chaux . . 6.0605 6.1380 6.0992
- Manganèse. . . » »
- Sesquioxide de fer.. . . . traces. traces. traces.
- Alumine. . . , 2.7636 2.5970 2.6803
- 100.1954 100.6919 100.4436
- III. London and Manchester plate-glass.
- I. II. Moyenne.
- Acide silicique . . . . . . 78.0357 77.7827 77.9092
- Potasse. . . . 1.7453 1.7062 1.7257
- Soude . . 12.4373 12.2822 12.3598
- Chaux 4.7270 4.9816 4.8543
- Manganèse. . . . traces. traces. traces.
- Sesquioxide de fer. . . • » » »
- Alumine. . . 3.5495 3.6502 3.5998
- 100.4948 100.4029 100.4488
- Nous joignons à ces résultats un autre tableau contenant l’analyse de diverses variétés de verres à vitres, afin qu’on puisse comparer le verre anglais avec celui fabriqué sur le continent. Le verre
- de Venise a été analysé par M. Berlbi^ ’ le verre à glace de Bohème par M« ** ligot et les verres français par M- v mas.
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- Verre à vitres de Venise. Verre à vitres de Bohême. Verres fran( N» i. vitres ;ais. N° 2. British plate-glass. London Thames plate-glass. ! London and Manchester plate-glass.
- Acide silicique. . 68.6 67.7 75.9 73.85 77.35 78.68 77.90
- Potasse 6.9 21.0 » 5.50 3.01 1.34 1.72
- Soude 8.1 B 17.5 12.05 13.06 11.63 12.35
- Chaux 11.0 9.9 3.8 5.60 6.31 6.09 4.85
- Magnésie 2.1 » » » » » ))
- Manganèse. . . . 0.1 » » » » )) traces.
- Oxide de fer. . . 0.2 » » » 0.91 traces. »
- Alumine. . . . . 1.2 1.* 2.8 3.50 traces. 2.68 3.59
- 92.2 100 0 100.0 100.00 99.65 100.42 100.41
- Le verre à vitres est généralement considèré comme un silicate double de c*1aux et de soude ou de chaux et de P°tasse. Les expressions atomiques suintes représentent les différentes ana-
- lyses contenues dans le tableau précédent. La quantité de potasse renfermée dans les verres anglais étant peu considérable , cet oxide a été négligé dans la construction des formules
- Verre à vitres de Venise 2 KO, 3NoO, 5 CaO, 22 Si03
- Verre à glace de Bohême KO, CaO, 4 Sî03
- Verre à vitres français, N° 1 4 NaO, CaO, 11 Sï03
- id. N° 2 KO, 3NaO, 2 CaO, 14 SÏ03
- British plate-glass 2 NaO, CaO, 9Si03
- London Thames plate-glass 2 NaO, CaO, 8 Sï03
- London and Manchester plate-glass. . . 2 NaO, CaO, 9St03
- ^cherches sur le Wongshy nouvelle matière colorante,
- Par M. W. Stein , de Dresde.
- ®°us le nom de wongshy on a importé Cohhne essai vers la lin de l’an der-de Batavia à Hambourg une nou-(j *®.Salière pour la teinture en jaune Sa j;Je dois un échantillon à M. Woll-Ilnv ^Bociant en matières colorantes, fait h-.1® impossiblede savoir si on avait Utr nsaSe de cette matière en tein-e et avec quelle chance de succès, et
- par conséquent j’ai pensé qu’on accueillerait avec intérêt les détails que je vais communiquer à son égard.
- La nouvelle matière colorante consiste dans les capsules séminales d’une plante qui, dans l’opinion de M. Rei-chenbach , appartient à la famille des gentianées. Les capsules qui sont uniloculaires ont une forme oblongue, ovoïde , se terminant en pointe du côté du pétiole, obtuses à l’extrémité opposée et couronnées par le calice à cinq divisions qui est desséché. Leur grandeur varie et est en moyenne de 4 à 5 centimètres de longueur sur un diamètre dans la partie la plus renflée d‘en_ viron 11/2 centimètre. La couleur est
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- d’un jaune rougeâtre qui n’est pas uniforme et est en certains points tantôt plus foncé tantôt plus clair. La surface est d’une nature plus ou moins irrégulière ondulée , avec six à huit nervures longitudinales. L’odeur a quelque chose de safrané, avec un arrière-parfum de miel. La gousse est passablement dure et cassante et lorsqu’on la mâche elle devient promptement mucilagineuse en colorant la salive en jaune avec une saveur légèrement amère. Dans l'eau elle se gonfle considérablement. A l’intérieur des capsules on observe de petites semences d’un jaune rouge foncé , à surface rude et chagrinée , sans adhérence avec les parois et au milieu d’une pulpe endurcie qui les réunit fortement entre elles. J’ai compté jusqu’à 108 de ces semences dans une seule et même capsule. Ces semences sont assez dures; elles ne se ramollissent qu’avec lenteur quand on les mâche, sans avoir une saveur bien tranchée, mais en produisant au bout de quelque temps sur l’extrémité de la langue une légère sensation particulière brûlante , acide et sucrée qui rappelle l’action du Para-guai roux. D'un autre côté la pulpe dans laquelle elles sont noyées, possède une forte saveur amère , qui s’exerce surtout sur la partie postérieure des gencives.
- L’embryon qui consiste en cellules renfermant de i’amylurn est environné d’albumine , chose facile à constater à l’aide de l’iode qui colore de part en part cet embryon en bleu mais n’amène aucun changement dans la masse qui l’enveloppe. Préparé convenablement et observé sous le microscope, cet embryon présente deux cotylédons , et celle structure dicotylée se montre d’une manière évidente toute particulière quand on pratique une section transversale de la semence qui passe par cet embryon : ori remarque aussi que la matière colorante parfaitement amorphe qui est jaune dans les cellules placées à l'intérieur de la capsule avec une légère nuance verdâtre paraît rouge pourpre dans celles placées à la surface extérieure. L’iode indique enfin la présence de l’amylum dans les capsules et à l’aide du microscopeon observe à côté des cellules colorées en orange et en rouge, d autres cellules placées près des bords dont le contenu possède une légère couleur verdâtre.
- Les fruits xvongshy abandonnent à l’eau, surtout quand ils ont été broyés tant à la température ordinaire qu’à la chaleur de l’ébullition,leur matière colorante qui possède une telle divisibilité
- que deux parties de capsules broyee® fournissent 428 parties d’une liqueur qui, introduite dans un vase cylindrique en verre blanc de 7,5 centimètres de diamètre. paraît encore quand on l’oppose à la lumière , vivement colorée en jaune vineux. L’exirait concentré est très-mucilagineux et po®; sède une couleur rouge de feu » <lul quand on l’étend beaucoup passe au jaune d’or par la disparition du ronge-
- L’alcool à 80° C., de même que l’a{-cool absolu , quand on y fait digérer le fruit broyé, prend aussi une couleur rouge de feu qui passe au jaune d or quand on étend la liqueur.
- L’éther dans lequel on le fait digérer se colore à la température ordinaire depuis le jaune vineux jusqu’au jaune brun , et laisse après l’évaporation une huile épaisse brun jaunâtre qui p°s" sède l’odeur du fruit, une saveur douce. faiblement amère , ne déposant à 0J qu’une faible quantité de matière grasse concrète, et qui, agitée avec de l’azotate de protoxide de mercure, ne s’épaissD pas même après un temps prolongé, e* par conséquent appartient aux huile® siccatives. Au moyen de la saponifie3' tion il est facile d’en extraire des acide gras parfaitement incolores. La couleuf de cette huile est due par conséquent a une petite quantité de la matière col°' rante qu’elle a entraînée avec elle. ,
- Les huiles grasses tant à la tempe' rature ordinaire qu’à l’aide de la chaleur n’extraient aucune portion de matière colorante de ces fruits.
- Un extrait aqueux se prend en Se'.e. par une addition d’alcool et cette ge‘e de couleur jaunâtre peut être obtenu^ parfaitement incolore par des lavage* l’alcool. Quand on la fait sécher c* forme une masse translucide (dans un expérience où je l’ai extraite d’une s0^ lution fermentée de la matière colorante, je ne l’ai pas obtenue sous forme gélatineuse, mais en fl°c° . mous, qui après la dessiccation so restés blancs et opaques, mais, ® reste, se sont comportés de 1* •**) manière que la substance translucid ^ masse qui s’est dissoute avec lente0. dans l’eau en mucilage épais. Celte ^ lution n’est pas précipitée par le® cides ; la soude caustique y produ^j mais seulement quand on l’ajoute excès, un dépôt gélatineux, ,at,(*lS[j0n lorsqu’elle n’est qu’en faible propor la liqueur reste limpide; mai3 une t dition d’acide produit immédiate^• des flocons gélatineux. Le carbon3 ^ potasse se comporte de la même « nière à l’exception qu’il faut beauc
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- de temps pour qu’un excès de ce sel Produise un épaississement gélatineux dans la liqueur et que les acides n’y Produisent que de légers flocons. L’eau de baryte précipite si complètement la solution, que la liqueur dont on a séparé le précipité par filtration, soumise j* * évaporation sur une feuille de pla-f'ne et dont on calcine le résidu, n’y ,ndique plus de traces de matière organique. L’eau de chaux produit aussi Une précipitation analogue et l'acétate do plomb un précipité gélatineux.
- ta manière dont cette matière se comporte et qu’on vient d’indiquer s'accorde avec les propriétés de la pectine teUes qu’elles ont été décrites dans un travail récent de M. Frémy et par con-sequent on voit que le wongshy renfer-1116 une quantité notable de pectine.
- Si après avoir debarrassé la liqueur dp la pectine au moyen de l’alcool, on aJoute un peu d'acétate de cuivre et un excès de soude caustique il se sépare du Protoxyde de cuivre. La matière renferme donc du sucre dont la présence Se manifeste en outre par celte circonstance que le fruit broyé et délayé dans ‘«au abandonné dans un lieu chauffé à y116 température modérée éprouve la fermentation alcoolique. Dans celte fermentation qui dans une expérience a duré plus de trois semaines , il s’est dégage de l'acide carbonique en abondance et au commencement une odeur jîe bière qui plus tard a passé à celle de * acide bulyriqueet de l’acide valérique. Un soumettant ensuite la liqueur fermentée à la distillation , j’ai obtenu un produit qui ne renfermait pas d’alcool mais seulement des traces d’acide accrue et d’acide butyrique. Dans la liseur qui restait je n’ai rencontré ni a«ide lactique, ni mannite. Ces phénomènes de fermentation different noblement ,]e ceux que présente ce ^u’0n appelle la fermentation visqueuse dans laquelle, comme on sait, le sucre sp trouve décomposé en acide carbonique, gomme , acide Indiquent man-n‘te de même sans formation d’alcool.
- Une dissolution de gélatine produit dans PeXtrait aqueux une trace de pré-m.Pltè provenant de la présence du tarife chlorure d’étain à la température Ordinaire, ne donne lieu, même après temps prolongé, à aucun changement, mais par une élévation de tem-P«ratureon voit apparaître un précipité «olorè en orangé foncé.
- . v acétate de plomb basique ne pro-d^Jt aucun changement.
- ^'acétate de plomb simple donne
- lieu à un léger trouble à la température ordinaire, et à celle de l'ébullition à un précipité orangé.
- Le sulfate de fer transforme la couleur en jaune brun foncé, sans qu’il en résulte de précipité ni à chaud ni à froid.
- L’alun (î), l’acétate d’alumine et l'acétate de zinc donnent, à chaud seulement, des précipités jaunes.
- L’eau de baryte, même à la température ordinaire, fournit un précipité jaune qui, lorsqu’on fait bouillir, vire au rougeâtre.
- L’eau de chaux donne un précipité jaune qui, par la chaleur, ne change pas de couleur. Les dissolutions de sulfate de chaux et de chlorure de calcium ne précipitent rien ni à froid ni à chaud, et l’eau de puits renfermant une proportion assez notable de carbonate de chaux ne précipite pas non pins, même à l’aide de la chaleur, la matière colorante; celle ci n’est donc pas capable de décomposer les combinaisons de la chaux avec les acides.
- Quant à la solution de la matière colorante complètement débarrassée de la pectine, les eaux de baryte et de chaux se comportent un peu différemment, puisqu’il se forme, aussitôt qu’on fait bouillir, des précipités qui, dans les deux cas, sont colorés en orangé.
- La soude caustique, l’ammoniaque caustique et le carbonate de potasse rendent la couleur plus sombre et la nuancent en brun. Cette transformation n’appartient pas à la matière colorante elle même, mais résulte de l’action des alcalis sur le sucre de gélatine qui est présent et sur une matière très-amère facilement altérable que je n’ai pas pu parvenir à isoler. En même temps, lorsqu’on fait bouillir la liqueur et qu’on emploie le carbonate de potasse ou la soude caustique, il est facile, à l’aide d’un papier de tournesol qu’on tient au-dessus de l’ouverture du vase, de constater un dégagement d’ammoniaque.
- L’acide azotique en petite quantité et à la température ordinaire ne produit aucun changement dans la liqueur. Ajouté en plus forte proportion, il fait disparaître la couleur rouge de celle-ci, qui parait alors pure, quoique toujours
- i) Une expérience que j’ai faite pour rechercher si avec l’alun , et en précipitant par la potasse, on parviendrait à préparer une belle laque , n’a pas donné de resuiiats satisfaisants, attendu que par ce moyen on ne parvient à précipiter qu’une faible portion de ia matière colorante unie à l’alumine, et que des lavages à l'eau l’enlèvent presque tout entière.
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- colorée en un jaune faible. Chaque goutte d’acide en tombant dans cette liqueur lui fait prendre un aspect verdâtre, ce qui donne à la matière une ressemblance éloignée avec le jaune de safran qui se colore en vert par l’acide azotique.
- L’acide sulfurique du commerce colore à froid en jaune brun ; à chaud la liqueur est vert jaune par transmission et vert foncé par réflexion. Au bout de quelque temps, il s’en sépare des flocons vert olive, tandis que la liqueur paraît colorée en rougeâtre brun.
- L'acide chlorhydrique ne produit pas non plus de changement dans la liqueur à la température ordinaire; mais quand on chauffe et avant qu’elle atteigne l’ébullition, elle paraît colorée en vert jaune par transmission et en vert foncé par réflexion. Bientôt aussi il se sépare des flocons vert foncé, et la liqueur se colore en rougeâtre brun. Cette réaction, qui distingue l’extrait de wongshy des solutions de toutes les autres matières colorantes jaunes connues, n’est pas non plus produite par la matière colorante pure, mais par la substance amère mentionnée plus haut, et par ce motif on ne doit pas en faire usage pour reconnaître les étoffes teintes en wongshy, parce que la matière amère ne se combine pas à celle des fils.
- L’acide tartrique et l’acide citrique transforment la couleur en rouge brun. Le zinc métallique, avec addition de quelquesgouttesd’acide chlorhydrique, décolore la liqueur et la fait passer au jaune pâle; toutefois, la couleur ne se rétablit pas à l’air et les étoffes de laine ne sont que faiblement teintes.
- Les acides sulfureux et sulfhydrique ne produisent qu’une décoloration imparfaite ; une décoloration complète est même difficile à obtenir par l’action de l’eau chlorée.
- Pour m’assurer si le wongshy pouvait servir à la teinture, j’ai pris une partie de capsules broyées que j’ai fait infuser pendant douze heures dans de l’eau tiède, en agitant fréquemment pendant cet intervalle, puis j’ai passé la liqueur. De cette manière, j’ai extrait la matière colorante de la manière la plus rapide, sans que la liqueur soit devenue par trop visqueuse ou épaisse par une formation d’empois, ainsi que la chose serait arrivée à la chaleur de l’èbullition.
- J’ai teint avec cet extrait des échantillons d’étoffe de laine suffisamment préparés, les uns sans mordant, les autres mordancès avec l’alun, le chlorure d’étain, l’acétate d’alumine et l’acétate
- de plomb dans un bain chauffé à envi" ron 50 G, attendu qu’à une température plus élevée la couleur ne vient pas pure (1). Il en est résulté que l’étoffe non niordancée s’est teinte en un seul bain en un bel orangé homogène, et que parmi les échantillons mordancès ceux à l’alun et à l’acètate d’alumine ont été supérieurs à ceux au chlorure d’étain, et que ceux mordancès à l’acétate de plomb ont offert les résultats les moins satisfaisants. Le ton de la couleur n’a pas changé avec les trois premiers mordants ci-dessus; toutefois, les échantillons étaient pénétrés de matière colorante d’une manière moins intense et moins uniforme. Au moyen d’un second bain, les échantillons alu-nés ont donné des résultats tout à fait satisfaisants.
- La matière colorante s’unit aussi facilement et uniformément avec la soie et lui communique une couleur jauned’or très-éclatante, à tel pointque dans ce cas je n’hésite pas à donner la préférence à la teintureimmèdiatesur celle au moyen des mordants. Le coton, ainsi qu’il était facile de le prévoir, ne prend la teinture qu’à l’aide d’un mordant, et il m'a paru que c’était le mordant d’étain qui fournissait les meilleurs résultats. La couleur paraît orangé et d’un ton très-agréable à l’œil.
- La couleur, tant sur laine que sur soie et coton, résiste parfaitement à l’action du savon, mais les alcalis la nuancent en jaune, les acides et le sel d’étain en rouge. D’après la manière dont elle se comporte dans ces cas, elle diffère de celle rocou, avec laquelle, ainsi qu’on l’établira plus loin, elle offre, du reste, beaucoup de ressemblance, ressemblance qui s’étend jusqu’à l’action de la lumière sur elle. En effet, cette couleur exposée à la lumière blanchit assez promptement sur coton, un peij moins vile sur laine, et sur ce point elle s’est montrée également plus durable sur les échantillons non mordan-cés, et enfin c’est sur la soie qu’elle résisté le plus longtemps, de façon que» comparée aux autres matières colorantes jaunes, on doit la considérer comme une des meilleures.
- En mordançant un tissu de la,n® avec de l’eau de chaux et passant da(| un bain bouillant de cette matière, J a* obtenu un beau jaune virant légèremen
- O) Je dois déclarer ici que malgré des périences multipliées , je irai jamais pu ^fl
- sir à produire un bon vert avec le jaune Wongshy.
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- au rougeâtre qui a résisté parfaitement a • action du savon et mieux que l’o-fangé à celle de la lumière. Les alcalis, es acides et le sel d’étain le font virer rooins que l’orangé, mais d’une ma-n,ere analogue. On obtient diverses Rances très belles de jaune, en ajou-tant au bain du carbonate de potasse
- de la potasse caustique , et passant l ans ce bain à la température ordinaire es pièces non mordancées. La combinai-Sot* de la couleur avec la fibre s’opère Peuplement , très-uniformément et î*yec intensité. Au moyen de l’addition d une partie de potasse à 30 parties de li-cpieur colorante, on obtient un jaune par un peu de rouge qui s’y trouve J^elangè, présente un feu tout particu-ler- En doublant la dose de la potasse, °n a un jaune vif virant légèrement au Veft. Une addition plus considérable de P°lasse n’est pas favorable, la couleur devient terne et n’est pas pure. La po-*asse caustique remplaçant le carbonate donne dans le premier cas un jaune Pur et vif, dans lequel il y a un peu dïoins de rouge que celui qu’on obtient Par le carbonate, et dans le second un deau jaune serin avec un léger reflet Vert. L’ammoniaque agit de la même jUanière que le carbonate de potasse et la potasse caustique; néanmoins la couleur dans les mêmes circonstances ?st plus riche en rouge. La matière •°Urnit aussi des nuances un peu différâtes lorsque le tissu, introduit d’a-dord dans le bain non modifié, est passé aPrès un lavage à l’eau dans un bain alcalin.
- Pour la soie et le coton, l’action des alcalis est la même ; toutefois, elle est pd peu moins tranchée, parce que la Jibrede la soie et celle du coton absor-"en.t la matière colorante en quantité ^oindre que la laine.
- Cette manière intéressante dont la diatière colorante du wongshy se cpm-P°rte, et qui lui est commune avec le °Çou, s’explique par le caractère chique de la première qui se présente d°fnnie un acide faible. C’est par suite Qe cette circonstance qu’elle est sus-ccptible de se combiner avec les alcalis
- même avec les terres alcalines, ainsi 3Ue le démontrent la précipitation par es eaux de baryte et de chaux. Les °mbinaisons qu’elle contracte avec les Premiers possèdent une couleur jaune Pdr et sont décomposées par les acides ^rgiques, d’où il résulte que cette Ratière colorante mise en liberté se ®®Pare avec une couleur rouge cinnabre
- ^a matière ainsi éliminée n’est tou-
- tefois plus celle qui se trouvait à l’ori -gine dans la solution aqueuse , car elle estdevenuecomplètement insoluble dans l’eau et n’est dissoute qu’en petite quantité par l’alcool absolu, l’éther et l’alcool à 80 C. qu’elle colore en jaune. Sa couleur à l’état humide est le rouge cinnabre, à l’état sec et le plus pur, le rouge brun, et comme celle de l’extrait de ratanhia facile à réduire en poudre; mais quand elle renferme encore du sucre et de la matière grasse, elle a quand on l’observe en couches épaisses une belle nuance rouge jaunâtre, tandis qu’en couches minces, elle est jaune, translucide et attire l’humidité de l’air. Quand on chauffe la matière pure sur une feuille de platine, il se dégage d’abord une vapeur jaune et la couleur est dans quelques points isolés jaune pur; plus tard elle passe au noir, fond et se charbone. Le charbon qui reste esttrès-combustible; les vapeurs jaunes se condensent lorsque l’expérience est faite dans un petit tube de verre en gouttes jaunes et huileuses. L’acide sulfurique concentré y développe à peine une nuance bleue et l’acide se colore en cette même teinte qui passe promptement au violet et au rouge brun pendant que la matière colorante se dissout avec lenteur. Avec l’eau on ne précipite de cette solution qu’une substance floconneuse , gris jaunâtre sale.
- Le passage du rocou au bleu par l’action de l’acide sulfurique n’a du reste aucune analogie avec les phénomènes que nous a présentés la matière colorante du wongshy, car la liqueur n’est jamais comme c’est le cas avec le rocou coloréeen bleu pur, mais en présente seulement des traces et n’est violette qu’un seul instant.
- Elle est aisément soluble dans l’ammoniaque et dans la soude caustique qu’elle colore en jaune d’or.
- Pour l’obtenir pure, il faut préparer avec de l’alcool absolu un extrait de capsules broyées de wongshy, séparer l’alcool par la distillation et traiter le résidu par l’éther pour le débarrasser de la matière grasse, le dissoudre alors dans l’eau et précipiter la dissolution par l’acétate basique de plomb avec addition d’ammoniaque. Le précipité plombique bien lavé et délayé dans l’eau est ensuite décomposé par l’acide sulfhydrique.
- Si ensuite on chauffe avec de l’acide chlorhydrique la liqueur séparée du sulfure de plomb, elle se colore en vert et si on la fait évaporer on obtient une matière brune qui ne peut plus se dis-
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- soudrc dans l’eau et qui est probablement un produit de la décomposition de la matière amère dont il a déjà été question, laquelle toutefois a été en grande partie et avec la matière grasse entraînée par l’éther (1). Maintenant si on traite le sulfure de plomb après l’avoir fait sécher par l’alcool absolu, il se colore en jaune et abandonne par une évaporation (2) la matière colorante rouge cinnabre qui passe enfin au rouge brun. Le produit est toutefois si faible, que la quantité que j’ai obtenue ne m’a pas malheureusement permis d’en faire l’analyse élémentaire. Néanmoins, à l’aide du mode d’épreuve de M. Levol , j’ai pu constater qu’elle ne renfermait pas d’azote et par une ébullition avec une lessive caustique je n’ai pu y découvrir de traces de soufre.
- L’insolubilité de la matière colorante dans l’eau après qu’on l’a séparée de sa combinaison avec les oxides basiques opposée à sa dissolution facile avant d’ôtre combinée à ces bases m’a donné l’occasion de faire quelques expériences propres à expliquer ce phénomène. Une preuve que ni le sucre ni la pectine ne contribuent en aucune façon à la solubilité de la matière colorante , c’est d’un côté cette circonstance qu’une solution qui renferme encore du sucre, laisse , après avoir été bouillie avec de la soude caustique, précipiter la matière colorante par le vinaigre et que cette matière préparée et pure n’est soluble ni dans une solution pure de pectine ni dans la même solution additionnée de sucre.
- Une chose toutefois qui m’étonnait, c'est que la précipitation par les acides avait lieu immédiatement après avoir fait bouillir la dissolution aqueuse de la matière , avec la soude caustique, tandis qu’à la température ordinaire, il fallait un temps bien plus prolongé. J'ai dû en conclure que la matière colorante devait à l’origine se trouver dans une combinaison que l’ébullition
- (1) Pour ta préparer pure avec la dissolution éthérée.j’ai fait évaporer l’élher et traité le résidu par l’eau dans laquelle j’ai, pour en séparer les matières grasses, fait dissoudre du sel marin ; j’ai enlevé cette matière grasse à l’aide du filtre , évaporé la liqueur à 5o° G., et épuisé le résidu par l’alcool. Èn évaporant ensuite l’alcool, je n’ai obtenu qu’un résidu brun qui n’avait plus d’amertume et qui n’était plus soluble dans l’eau.
- (2) Une seule fois j’ai remarqué dans ia dis-
- solution concentrée par évaporation, à l’aide de la loupe, des cristaux isolés blancs, et en aiguilles au sein de la masse amorphe de la matière colorante.
- avec de la soude caustique détruisait complètement. J’ai supposé que c'était une combinaison ammoniacale, puisque, comme je fai déjà dit, on remarque un dégagement de gaz ammoniaque quand on fait bouillir avec la soude caustique. Ce dégagement est, il est vrai, à peine sensible à la température ordinaire et par une addition de chlorure de platine, même lorsqu’on évapore la liqueur, il ne se forme pas de
- platine ammoniacal. Ce fait sembl® donc justifier l’opinion que la matière colorante du wongshy est un compose amide, et cette opinion se trouve en outre appuyée par cette circonstance que la matière, après ébullition de la solution avec l’ammoniaque caustique ne peut plus être précipitée par les acides, mais au contraire peut l’être dans la solution aqueuse, qui renferme encore du sucre, en la laissant bouillir avec de l’acide chlorhydrique, cas dans lequel elle ne présente pas sa couleur rouge cinabre mais par suite des produits de la décomposition du sucre pa' rait colorée en jaune brun.
- La solution définitive de la question par l’analyse élémentaire, tant de la matière colorante soluble que celle in* soluble ne m’a pas été possible à cause de la petite quantité dont j’ai disposé » mais j’espère y revenir prochainement* En terminant, je dirai encore que Ie wongshy renferme 5 pour 100 de cendres; on obtient celles-ci à une faibl® chaleur et en leur entier en mêla»' géant le fruit broyé avec de la poudr® de platine. J’ai remarqué dans quel' ques expériences (sans emploi du p*3.' line) qu’à une cerlaine température»1 2 y avait chaque fois une combustion complète vive et soudaine, à tel poin que j’ai cru que ce fruit renferm?1, peut être du salpêtre. J’ai donc tralt® par l’eau le fruit débarrassé autan que possible de la matière colorant par l’alcool absolu, et j’ai cherché dan cet extrait à découvrir à l’aide du su.' fate de fer la présence de l’acide aï®*1' que ; j’en ai aussi chauffé une aU portion avec de l'acide sulfurique, ma' il ne m’a pas été possible d’en décon vrir de traces. . t
- Les cendres du wongshy altir® promptement l’humidilé de l’air eu® une vive effervescence avec les aCI i*^, En les saturant avec de l’acide aZ® que, j’ai déterminé la proportion d eide phosphorique qu’elles renferm par le procédé de M. H. Rose, c ,*eS dire à l’aide du mercure, et Ie® aU-reg, ingrédients par les méthodes ordinal • 100 parties de cendres renferm®0
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- Acide phosphorique. . 10/27
- SHicc.................. £.00
- Acide sulfurique. . . . 0.93
- Chiore................. 0.55
- Chaux................. 11.96
- Magnésie............... 3.17
- Oxide de fer........ 5.51
- Soude..................11.35
- Potasse............... 29.19
- 77.23
- , La solution de ces cendres, neutralise par l’acide azotique, est précipitée en beau jaune par l’azotate d’argent et
- a proportion d’oxigène renfermée dans ,a chaux, et à celle que contient l’acide Pnosphorique dans le même rapport Que dans un phosphate basique de chaux, Rivant la formule CaOj.PjO,,. J’ai laissè indécise la question de savoir si Ces deux matières se trouvent réellement combinées de cette manière, M. H. Rose ayant parfaitement démonté dans un travail récent combien on est peu justifié à se prononcer sur i’é-tat de combinaison des éléments inorganiques des plantes, d’après les résultats de l’analyse des cendres. La Majeure partie de l’oxide basique indiqué ci-dessus doit être dans le wongshy c°mbinée à un acide organique, puisqu’on la retrouve dans les cendres alliée a l’acide carbonique. La quantité s’élève à 21,67 pour 100, en supposant que lès alcalis soient à l'état des carbonates et que la perte de 1,10 pour 100 qu’on observe encore soit réellement due à 1 acide carbonique combiné à la magnésie, acide qui, lors de l’incinération ®u présence des carbonates alcalins, uoit être chassé de la magnésie d’une Manière incomplète.
- = 5.75 0.
- = 3.36 0.
- appareil à embariller les farines.
- Pour l’empaquetage dans des barils Uès farines qui sont destinées à être transportées au loin, et lorsque l’emballage peut en être effectué dans des sacs, on se sert dans tous les établissements uè meunerie ou de commerce des fari-qui sont bien dirigés, tant en An-8*eterre qu’en Amérique, d’un procédé qo* n’est peut-être pas encore suffisam-^ènt connu, mais paraît aussi bien "paginé qu’il est efficace dans sa maniéré d’opérer. Il présente en outre cet avantage qu’on peut avec son secours charger constamment chaque baril, à "ne petite fraction près, avec un même
- poids de farine, et que celle-ci est empaquetée avec toute la fermeté et l’état compacte nécessaire tant pour ménager l’espace dans l’installation à bord des bâtiments que pour garantir cette denrée de l’action de l’air, ainsi que de l’eau et de l'humidiié dans de longues traversées.
- La fig. 6, pi. 127, suffira pour donner une idée du principe de ce procédé d’embarillage.
- a, a est un entonnoir ou une trémie en tôle qui par le bas se termine en forme de cylindre. Dans cet entonnoir tourne au moyen de l’arbre c, que fait mouvoir un système d’engrenage conique, une vis sans fin aussi en tôle d, qui remplit à très-peu près la capacité de la partie cylindrique de l’entonnoir ; b est le baril posé sur une plate-forme qui peut s’éleverou s’abaisserau moyen d’une tige e et d’un poids ou d’un appareil à levier qui tend sans cesse à relever cette plate-forme.
- Ainsi qu’on peut le concevoir à l’inspection de la figure, l’empli des barils s’exécute en versant les farines dans l’entonnoir a; alors la spirale étant mise en mouvement, fait passer la farine dans la partie inférieure du baril et la comprime à mesure qu’elle s'y élève jusqu’à ce qu’elle remplisse celui-ci, la plate-forme s’abaissant continuellement pendant que le baril se remplit. On voit que le tassement sous lequel la farine est empaquetée, et par conséquent le poids de farine que renferme le baril, dépend de la résistance que la plateforme oppose à celui-ci à mesure qu’il se charge.
- Fabrication des perles à broder de Venise.
- On trouve dans le journal de la Société industrielle de Hanovre pour l’année 1848 les détails suivants sur ce sujet. fournis par un membre de cette Société qui a eu l’occasion d’observer ce genre de fabrication.
- Un ouvrier prend dans le four, avec la canne ordinaire des verriers, une certaine quantité de verre fondu et le souffle en un cylindre creux, puis un autre ouvrier puise de même au bout de sa canne une petite quantité de verre et l’applique à l’extrémité opposée du cylindre qui vient d’être soufflé. Aussitôt ces deux ouvriers s’éloignent vivement en sens contraire l’un de l’autre, et forment ainsi un tube d’une grande longueur. Les tubes ainsi formés sont
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- ensuite rompus en morceaux de 1 mètre environ de longueur et assortis suivant leur diamètre.
- Vient ensuite le découpage des tubes en tronçons plus petits qui s’opère au moyen de deux ciseaux battant l’un sur l’autre. A cet effet, l’ouvrier prend un certain nombre de ces tubes d’égal diamètre, autant qu’il peut en tenir entre le pouce et l’index, les amène entre les ciseaux et frappe sur l’un de ceux-ci avec l’autre main, afin d’en obtenir constamment de courts tronçons. Ces tronçons sont alors roulés dans de l’argile sableuse de manière à remplir avec cette matière les petites cavités intérieures qu’ils présentent; puis on les mélange avec du sable fin dans une grande bassine en fer, et on les introduit dans un four où on les chauffe jusqu’au point où ils commencent à entrer en fusion, ce qui arrondit les bords des petits tubes et leur fait prendre une forme qui les rapproche plus ou moins de celle sphérique.
- Après cette opération et lorsque les perles sont suffisamment refroidies, on enlève le sable et on verse les perles sur une planche inclinée à l’horizon, qui sert à les trier, et où celles qui ne sont pas rondes, celles qui se sont agglutinées ensemble ou qui présentent de ces défauts se trouvent séparées de celles qui sont parfaitement rondes. Enfin le travail se termine par le polissage, qui s’exécute en les agitant dans des sacs oblongs remplis de son.
- Peinture murale ( stéréochromie ) de M. Fuchs.
- Un artiste allemand très-distingué de Munich, M Kaulbach, vient de faire avec succès l’application d’un nouveau mode de peinture murale, dont la première idée paraît apparlenir à M Fuchs. Ce nouveau mode repose particulièrement sur la belle découverte du verre fusible faite par ce chimiste il y a vingt-cinq ans; et c’est en effet ce verre fusible qui sert d’excipient aux couleurs. On avait bien à cette époque fait quelques tentatives dans ce genre, mais la nouveauté du procédé, l’inexpérience des artistes, avaient donné des résultats peu satisfaisants, jusqu’au moment où M. Kaulbach s’en est emparé, et a produit ainsi des peintures à fresque, entre autres le tableau de la Tour de Babel. sur les murs du nouveau muséum de Berlin, tableau qui a été terminé l’an dernier, et qui a réuni les
- suffrages de tous les connaisseurs. Nous ne pouvons, faute de renseignements suffisants, entrer ici dans des détails techniques sur ce genre de peinture, qui a présenté, dit-on, à son origine de grandes difficultés pour nuancer la palette du peintre, et qui n’admet que des couleurs minérales. Seulementnous dirons que cette palette se compose aujourd’hui principalement d’un blanc de la plus belle qualité, d’un noir très-chaud et très-intense, d’un vert qui constitue un composé particulier de chrome et surpasse tous les verts de chrome connus jusqu’à présent d’un rouge violet et sans fer, et qui, avec une solidité parfaite, égale presque en beauté les laques garance, etc. Quoi qu’il en soit, la nouvelle peinture murale se distingue non-seulement par des tons beaucoup plus vigoureux que l’ancienne peinture à fresque, mais en outre l’artiste peut travailler à loisir et avec telle lenteur que ce soit sur un mur enduit récemment tout comme sur un enduit ancien, et juger ainsi de l’effet général de son œuvre, qu’il peut retoucher à son aise; enfin les couleurs paraissent devoir être à tout jamais inal' térables, même dans les climats les plus humides et sous les ciels les plus brumeux. Au moyen d’un apprêt convenable, on peut appliquer aussi ce genre de peinture sur la toile, le bois et les métaux.
- Considérations sur la conservation des carènes en fer.
- Depuis longlemps on a fait divers essais pour la conservation des bâti' ments en fer ; nous allons présenter sur cette question quelques considérations générales. Il existe sous l’influence de l’eau salée et des métaux en présence, des réactions électro-chimiques qul peuvent réduire les matières colorantes
- et cela plus ou moins, selon l’affinite des matières employées. Toutes jeS fois que les peintures seront formées d’une base électro-négative par rapport au fer, telle que plomb, cuivre, ceS métaux réduits détermineront une oxidation plus forte de la carène. ,
- D’autre part, il a été remarqué ge' néralement que les coquillages (carbo-nàtes et phosphates de chaux) se dépo* saient sur l’élément électro-négatif Ainsi on a dû renoncer pour les carènes en cuivre aux protecteurs de si H. Davy, parce que les bâtiments dev ' nus trop électro-négatifs se couvraient a
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- coquillages. Pour les bâtiments en fer, orsque l’oxidation est avancée, les carénés se couvrent de coquillages au Point de faire perdre au navire plusieurs nœuds de vitesse et l’on sait que quand il y a rouille, le fer et la rouille forment un élément de pile dans la-la rouille est électro-négative.
- D’après ces considérations générales, °n évitera la détérioration des carènes en fer ;
- . 1° En évitant d’employer des cou-leUrs dont les bases soient électro-négatives par rapport au fer, en proscri-vant donc les peintures à base de Plomb et de cuivre.
- 2° En évitant surtout d’employer des Peintures facilement réductibles par es actions galvaniques.
- 3° Il ne faudra donc employer que peintures à hase électro-positive Par rapport au fer, telles que le blanc rï® zinc, dont l’usage commence à se r®pandre généralement, les sulfates de chaux , baryte , etc.
- L’expérience déciderait laquelle de Ces substances serait préférable.
- C. A.
- CORRESPONDANCE.
- Mon cher rédacteur,
- Depuis trente-quatre ans, voici déjà *®pt fois qu’on exhume comme une découverte nouvelle la reproduction vieilles gravures.
- .Les inventeurs de ces sortes de procédés se classent en deux catégories. Les uns sont de bonne foi, mais ignorant ce qu’on a fait avant eux, ils se ‘Rompent eux-mêmes; les autres ne cherchent qu’à faire des dupes. Il n’est donc pas inutile de consacrer quelques hgnes à ce sujet dans votre Technolo-Mste, afin d’éclairer le public sur ce
- Procédé.
- , Les vieux livres, imprimés sur du h°n papier avec une excellente encre , Se prêtent facilement à la reproduction 5n faisant revivre le corps gras sur les î?®illes ; mais l’homèographie, la faci-hté de prendre des calques sur du pa-rler autographe transparent, sera tou-i ,rs préférable à l’encrage direct qui ®,lere et détruit quelquefois un original Précieux. Je considère comme un tour e force la réussite isolée, c’est-à-dire a régénération des feuilles imprimées d conservant l'original intact.
- D n’en est pas de même des vieilles Sravures. De tout temps la composition
- de l’encre servant au tirage des planches gravées consistait et consiste encore dans des huiles ou vernis très-faibles, épaissis par le noir de Francfort ou noir résineux. Cette huile. dont une partie pénètre et traverse souvent la feuille de papier, s’oxide, se dessèche. Par la grande quantité de noir qu’on y a ajouté et qui décharge et salit longtemps après le tirage, on conçoit que le corps gras se trouve peu à pe*u complètement absorbé et que sur la taille fine et délicate il ne reste plus de prise pour la faire revivre avec pureté. Je ne pense pas qu’on parvienne jamais à reproduire par une épreuve les anciennes gravures de manière à pouvoir les vendre comme fraîchement tirées sur la planche. Ceux qui disent posséder ce secret, et qui offrent de le céder moyennant une faible prime, feraient beaucoup mieux de multiplier les gravures recherchées; ils y gagneraient davantage.
- Depuis l’invention du papier sans fin et du tirage mécanique, depuis qu’on emploie de la mauvaise encre d’impression faite à la grosse, on ne reproduira plus les épreuves de la typographie avec le même succès que les feuilles imprimées il y a quelques siècles.
- Il y aurait cependant un moyen infaillible de conserver des feuilles qui serviraient à la reproduction de la gravure et de la typographie.
- Je vais l’indiquer.
- Prenez du papier pelure très-pur, d’une bonne pâte, sans ordures pierreuses ni autres. Enduisez-le d’une couche très-mince d’amidon colorée, afin de pouvoir mieux constater si cette couche a été appliquée partout également.
- Aussitôt que cette première couche sera complètement séchée , on enduira la feuille d’une seconde couche composée d’un mélange de colle de Flandre et de gomme adragante. (Voyez la manière de composer cette deuxième couche à la fin de cette lettre.)
- Lorsquecette couche est entièrement sèche, on fait satiner les feuilles de papier, puis on tire avec soin quelques épreuves de la gravure ou du livre qu’on voudra reproduire plus tard, sans avoir besoin de refaire la planche ou la composition.
- Ces épreuves se tirent avec l’encre dont la recette se trouve également à la fin.
- Il faut s’arranger de façon à encrer la composition typographique très-légèrement, très-également, sans appuyer le rouleau. Celui-ci devra être en peau comme pour la chromo-lithographie.
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- Les rouleaux en gélatine sont trop tendres. 11 faut aussi éviter le foulage de la pression.
- Lorsqu’on veut reproduire au bout de vingt ou trente ans cette composition, cette gravure, on prépare la pierre lithographique comme pour l’autographie, mais ayant soin de la mettre cinq minutes au soleil ou à une douce chaleur. On chauffe également la feuille avant de l’intercaler entre du papier brouillard humide. Le report se fait comme pour une épreuve fraîchement tirée. (Nous avons essayé des feuilles conservées depuis douze ans, qui ont parfaitement réussi.)
- Ce procédé peut servir pour compléter les feuilles d’un ouvrage ou pour faire une petite édition, à moins de faire usage des presses mécaniques lithographiques lorsqu’on les aura assez perfectionnées pour tirer les objets d’art. Toujours est-il positif que ce genre de clichés peut offrir des avantages réels. Le tirage sera toujours préférable à celui de la presse mécanique typographique.
- Recette de la deuxième couche.
- Mettez dans un verre d’eau 50 grammes de gomme adragante, dans quarante-huit heures elle sera en gelée. Mettez dans un autre verre d’eau 50 grammes de colle de Flandre, dans quarante-huit heures elle sera également
- gonflée. Réunissez alors ces deux substances et faites-les bouillir dans uu litre d’eau pendant cinq minutes. Filtrez à travers un linge assez serré.
- Yersez cette encolle dans un baquet plat et assez évasé pour pouvoir faire glisser dessus les feuilles enduites de la première couche. L'encolle doit être tenue tiède.
- On peut également appliquer cette encolle avec un blaireau fin, mais il faut prendre garde de ne pas délayer la couche n° 1 en mettant le n° 2.
- Recette de l'encre conservatrice.
- Faites fondre dans un poêlon de fer ou de cuivre :
- 300 grammes de cire jaune et 300 grammes de suif épuré.
- Chauffez jusqu’à ce que ce mélange s’enflamme. Jetez-y alors peu à peu 250 grammes de gomme-laque blonde réduite en poudre. Remuez constamment jusqu’à ce que la gomme-laque soit entièrement fondue. Retirez le poêlon du feu et jelez-y encore 50 grammes de cire jaune et 50 grammes de suif.
- Passez ce mélange de suite à travers un torchon propre, neuf et un peu serre, et renfermez cette encre dans une boîte de fer-blanc.
- Si elle était trop dure pour l’employer pure , on l’affaiblirait par l’es-I sence de lavande. Ed. Knecht.
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- ARTS MÉCANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- Perfectionnement dans les métiers à fabriquer le tulle et autres produits analogues.
- Par M. W. E. Newton.
- Jusqu'à présent, les fils des matières textiles ou filamenteuses, tels que ceux de soie, de lin ou de colon, ont été employés à faire la chaîne dans la fabrication du tulle ou autres produits appelés er» termes techniques tissus à la chaîne, Cesl-à-dirc où les fils disposés à côté *es uns des autres sont enroulés sur un cylindre qui, monté sur un axe ou arbre, livre une certaine longueur de fils de chaîne à mesure que chaque rang de biaillt-s du tissu ou du tulle a été for-tbé. Dans cette disposition , quelle que s°it la différence dans la consommation des fils de chaîne ou la quantité d’une Portion ou de plusieurs portions de cette chaîne requise pour produire le genre de tissu ou le dessin, comparativement aux autres portions, le cylindre hvre toujours la même longueur de chacun des fils. Cette circonstance donne heu à un grave inconvénient ; car dans |,a fabrication du tulle ou de la dentelle façonnée, il arrive fréquemment que Pour produire le dessin il faut une bien Plus grande portion de certains fils de chaîne que d’autres destinés à produire hn travail différent, par exemple l’uni du tissu, et il en résulte que les diffé-rents fils ne sont plus tirés régulièrement et uniformément dans toute l’é-fandue du tissu.
- Dans les procédés dont il va être Question, les fils de chaîne sont disposes pour être indépendants les uns des ^V^es. U y a pour chaque fil une bo-bine pour régler sa tension ou son ti-rage, et ainsi chacun de ces fils séparément ou un nombre quelconque d’entre peut sans inconvénient fournir une ligueur plus ou moins grande de chaîne, suivant les besoins.
- tin autre inconvénient qu’on remarie encore dans les métiers à tulle ac~ tellement en usage, c’est la force croisante qu’il faut employer à mesure que a fabrication avance, pour dévider les ds de trame sur leurs bobines. Ces bo->hes, formées, comme on sait, de deux Petits disques de laiton en feuille, rivés hsemble avec espace entre eux pour
- recevoir le fil, sont placées sur des chariots munis de ressorts qui servent à régler la tension de chacun dé ces fils de trame. C’est au moyen de ces ressorts qu’on donne à ceux-ci le degré de tension requis. Mais à mesure que l’ouvrage avance et que le diamètre de la fusée du fil enroulé sur la bobine décroît, il faut imprimer une tension plus considérable à ce fil pour que la bobine en délivre la même quantité qu'un effort moindre en aurait déroulé au commencement de l'opération. Or, si on adopte un moyen terme, il est évident que la tension ne sera pas assez énergique lorsque les bobines seront entièrement chargées, ou qu’elle le sera trop vers la fin, lorsque ces bobines seront presque vides, et on conçoit qu’un pareil état de choses doit amener de grandes irrégularités dans l’opération du tissage.
- C’est afin de remédier à ces incon-vénientsque l’auteur propose les moyens suivants pour donner une tension uniforme aux fils.
- Fig. 7, pl.127. Élévation vue par devant d’une portion d’un métier à tulle avec les perfectionnements apportés par l’auteur.
- Fig. 8. Section verticale et transversale du même métier, où l’on aperçoit plus distinctement la structure intérieure et la disposition des diverses parties.
- Une des principales dispositions de ce nouveau métier consiste, comme on l’a dit précédemment, à supprimer l’en-souple ordinaire pour la chaîne, et à le remplacer par un certain nombre de pièces plates ou platines a,a sur ou autour desquelles les fils de chaîne sont envidés séparément; de façon que tous ces fils sont distincts et indépendants les uns des autres. Ces platines ont une forme légèrement conique, et elles sont arrondies à la partie supérieure pour ne pas mettre obstacle à la marche ou livraison des fils de chaîne à mesure que l’opération du tissage fait des progrès. Les extrémités inférieures de ces platines sont insérées dans les interstices d’une pièce à laquelle on peut donner le nom de boite de peigne, parce qu’elle se compose d’un certain nombre de lames en métal b,b disposées les unes à côté des autres dans une boîte c,c en métal aussi ou en une autre matière
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- attachée aux montants latéraux du métier. On voit la disposition de ces lames d’une manière distincte dans la fig. 8, et il est facile de concevoir que lorsque les lames b sont rangées les unes à côté des autres dans la boîte c, on a pu réserver entre elles un léger intervalle ou une petite coulisse dans leur partie supérieure, qui à cet effet est un peu amaigrie et rendue plus mince, afin de pouvoir recevoir et loger les extrémités inférieures des platines a, a Les fils de chaîne en question des platines a passent à travers des trous percés dans une planche en métal d, et après avoir fait trois ou quatre tours sur les bobines régulatrices e, e, traversent une planche en métal g pour se rendre ensuite dans la partie supérieure du métier.
- Les bobines régulatrices sont toutes montées sur un chariot f,f, ainsi qu’on le voit sur une plus grande échelle fig. 9, et munies d’un ressort pour donner aux fils de chaîne le degré requis de tirage pendant qu’ils se dévident ou qu’on les tire sur les bobines. Il existe un petit trou percé sur le côté inférieur du chariot pour que le fil puisse passer des platines a,a aux bobines régulatrices e,e. Les chariots f,f de ces bobines régulatrices sont suspendus aux fils de chaîne entre les platines a et la planche g, cette dernière ayant pour but de s’opposer à ce que les bobines s’élèvent trop haut ou ne tombent trop bas. Ces chariots sont aussi séparés latéralement les uns des autres par des fils métalliques disposés verticalement ou des lametles de partage h qui s’étendent depuis la lame a jusqu’à la planche supérieure g. Une barre en métal i s’étendant d’une extrémité à l’autre du métier, sert à porter les planches d et g qui s’y trouvent fixées et de plus une autre barre ; assujettie sur la face inférieure de la planche d à ses bords recouverts de drap , de feutre ou autre matière analogue , de façon que lorsque les fils de chaîne pressent contre ces bords, ils ne puissent être livrés trop aisément et soient maintenus dans un état de tension convenable ; ces fils sont d’ailleurs pressés et maintenus en contact avec les bords garnis de la barrej par les barrettes oblongues de pression, j*j*.
- On a représenté dans la figure 8 en k,k un chariot de bobine perfectionné portant une bobine ordinaire chargée de fil et une bobine régulatrice pour donner un tirage uniforme aux fils de trame. Ce chariot de bobine perfectionné , avec le régulateur qui en fait
- partie, est vu sur une plus grande échelle dans la figure 10. Tant qu’il y a du fil sur
- la bobine perfectionnée (c’est-à-dire a
- dater du moment ou la bobine est entièrement chargée jusqu’à celui ou elle est vide ou à peu près), le tirage y sera constamment uniforme. Les fils de trame ont besoin de faire quatre, cinq ou six tours (plus ou moins suivant qu’on le désire) sur la bobine régulatrice, laquelle, par le moyen d’un ressort placé dans la partie supérieure du chariot, permet de donner un plus ou moins fort degré de tension, la régularité du tirage étant due seulement au* quelques tours que ce fil de trame fait autour de la circonférence intérieure de cette bobine régulatrice.
- D’après ce qui vient d’être dit, on comprend aisément que la bobine n'est pas plus chargée de fil dans un instant que dans un autre; car à mesure qu’elle fournit du fil au métier pendant le travail, elle en reçoit la même quantité de la bobine ordinaire placée au-dessous d’elle sur le même chariot.
- Le tissu, à mesure qu’il est fabriqué, passe sur une poitrinière puis sous l’ensouple de l’ouvrage l derrière lequel est monté sur des coussinets pendants o un rouleau de pression m» Pour s’opposer à ce que le tissu glisse entre ces deux rouleaux, on les recouvre de caoutchouc, de gulta-percha, ou de quelque matière élastique comme du feutre, du drap, du tricot, et le rouleau m est maintenu en contact avec l’ensouple l au moyen d’une vis régulatrice ou de pression q qui sert à rapprocher ou presser les deux rouleau* plus ou moins l’un sur l’autre.
- L’ouvrage qui sort entre ces rouleaux passe sur un autre Touleau # monté sur coussinets à l’extrémité des potences p, et sert enfin à la dècharge du tissu. L’ensouple l est mis en action par un engrenage en communication avec les pièces de transmission du métier à la manière ordinaire, et le rouleau m tourne par frottement au contact de l’ensouple l. Le rouleau » fonç* tionne par l’entremise d’une courroie qui vient du rouleau m, ou bien emprunte son mouvement de l’ensouple c par voie d’engrenage.
- Au moyen de cette disposition , Ie® mailles du tulle et celles du dessin auront toujours les mêmes dimensions tant à la fin qu’au commencement du
- travail de la pièce, puisque les rouleaux l et m, qui conservent toujour le même diamètre, n’agissent qu^ comme cylindres de tirage pour recueillir l’ouvrage à mesure qu’il eS
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- terminé et le livrer au rouleau de décharge n dont les "fonctions n’ont aucune influence sur la marche des deux autres.
- Machine à fabriquer les cordes en fils métalliques.
- Par M. A. Smith, ingénieur.
- ta machine que nous allons décrire Pour fabriquer ces cordes et cordages Par voie mécanique se distingue surtout par les moyens employés pour 'tnprimer le mouvement aux bobines, pour commettre les fils dans la formation des torons ou commettre ceux-ci dans la fabrication des cordes.
- La fig. 11, pl. 127, est une élévation vUe de côté de cette machine.
- La fig. 12, une projection horizontale de la même machine à la hauteur de 'a ligne x,y de la fig. 11.
- Les dévidoirs ou bobines g,g qui Portent le fil, et dont le nombre peut-être quelconque , sont montés sur un hâti circulaire A, suspendu dans une Position verticale par des tiges à vis v,v à l’intérieur d’un autre bâti A2 insistant en un soubassement K, fluatre colonnes p,p, un entablement VS des arceaux xl,xl et un sommet ou couronnement conique w.
- Les principales pièces du bâti A sont trois anneaux à six bras R1,R2,R3, assemblés entre eux de la manière qui va être décrite, et deux plateaux de commettage t,t au sommet. L’anneau lfifèrieur R1 se rattache par une série de manivelles C,e,e,e avec R2 ou second anneau, et celui-ci à son tour est assemblé avec l’anneau supérieur R3 troisième anneau au moyen de Cingles verticales s,s,s. La manivelle Centrale C est fixe et roule sur un bloc ^ établi sur le soubassement du bâti extérieur A2 ; l’anneau inférieur R1 tourne sur un moyeu r inséré librement sur l’axe de la manivelle C, et eu imprimant un mouvement de rota-jj°u à l’anneau R1 il entraîne avec lui ; anneau B2 au moyen des manivelles à Ja périphérie e,e.e qui tournent autour de celle centrale C, tandis que l'an-Oeau R* donne de son côté, par l’entre-m*se des tringles s,s,s, un mouvement S|uiultanée de rotation à l’anneau su-Perieur R3.
- L’est sur les bras des manivelles e,e,e fluon a disposé les bobines g,g,g sur csquelles sont enroulés les fils en mé-,ah et comme ces manivelles tournent * des distances fixes et invariables au-
- tour de la manivelle de centre C, on conçoit qu’on s’oppose ainsi efficacement à ce que les fils qu’on va commettre prennent la moindre torsion.
- Le mouvement de rotation nécessaire est imprimé à la machine au moyen de deux roues d’angle B1 et B2 dont la première B1 est calée sur le moyeu libre r enfilé sur l’axe de la manivelle C, et la seconde B2 sur un arbre S que fait tourner une machine à vapeur ou tout autre premier moteur par l’entremise des poulies a,a.
- Le long bras de la manivelle C porte au sommet une bobine u qui fournit l’âme qu’on introduit au centre de la corde ou du cordage.
- Les fils de fer ou d’autre métal en quittant les bobines g,g,g passent à travers des trous ou guides percés dans l’anneau supérieur R3, puis se rencontrent et s’unissent avec l’âme entre les plateaux de commettage t,t. Sur l’arbre de couche S et à quelque distance des poulies a,a il existe une vis sans fin h dont les filets conduisent une roue à denture hélicoïde i qui communique le mouvement à une roue à chevilles j calée sur l’axe Jt1 de i. Cette roue à chevilles j sert à renvider le toron ou la corde à mesure que les livre l’appareil de torsion ou de commettage A, après toutefois qu’ils ont passé sur la poulie Q. Les chevilles 1,1,l de la roue j sont mobiles dans des coulisses de manière à pouvoir augmenter ou diminuer la circonférence d’envidage proportionnellement à la torsion qu’on donne à la corde ou au toron.
- Sur l’arbre k des roues i et j et extérieurement à toutes deux, est établie une poulie à gorge m qui communique par l’entremise d’une courroie n son mouvement à une autre poulie du même genre o montée sur un arbre distinct p portant un rouet q sur lequel s’enroule la corde à mesure qu’elle est terminée.
- Mode de fabrication des chapeaux, casquettes et calottes en feutre, cuir ou autres matières analogues.
- Par M. F. Vooillon , fabricant.
- Dans le mode ordinaire de fabrication de ces sortes d’articles , le feutre ou la pièce de cuir qu’on a préalablement découpé suivant les formes et les dimensions voulues et fait tremper dans l’eau, est dTessè à la main sur un bloc ayant une forme appropriée au
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- genre de produit ou d’article qu’on veut fabriquer. Lorsque ce feutre a été convenablement forcé sur ce bloc ou forme, on l’y attache ou l’y fixe d’une manière quelconque et on l’y laisse le temps suffisant pour qu’il en prenne les formes. Généralement celte opération de dressage à la main exige beaucoup de temps, et c’est pour faciliter cette main-d’œuvre dans la fabrication que j’ai inventé l’appareil qui fait le sujet de celle note.
- La fig. 13, pl. 127, représente une élévation vue de côté de la machine ou appareil.
- La fig. 2 en est une section verticale et transverse où l’on voit le mode pour dresser sur la forme, le feutre ou le cuir dont on veut fabriquer le chapeau ou la calotte.
- Cet appareil consiste en un cylindre ou boîte a,a en laiton , en cuivre ou autre matière convenable, pourvu sur son fond d’on tuyau de vapeur 6, qui sert à introduire celle-ci après qu’elle a été générée dans une chaudière, et pour que cette vapeur arrive à l’état de dilution ou plutôt se répartisse bien uniformément dans la boîte, il existe une plaque ou un disque c assujetti à vis sur un petit bloc au fond de la boîte, et qui ne laisse entre lui, ce fond et les parois que des intervalles étroits.
- La forme sur laquelle on veut produire ou dresser l’article est représentée en e,e. Elle est en bois, recouverte de feuilles de cuivre, de laiton ou de toute autre matière convenable, et munie d’une coulisse circulaire en queue d’aronde au moyen de laquelle on la suspend à la douille tournante f, ainsi qu’on le voit dans la fig. 14. Cette douille f est suspendue à l’extrémité d’une vis g,g passant à travers une pièce taraudée h fixée à la partie supérieure de la potence ou montant A. Une roue à main calée sur la tête de la vis g sert à la faire tourner et par conséquent à lever ou abaisser la forme e. Pour faciliter cette opération, une chaîne ou une corde à contre-poids attachée dans un œil à l’extrémité de la vis passe sur une poulie qu’on a supprimée dans les figures.
- Le feutre , ou autre matière dont on veut faire un chapeau, une casquette ou une calotte, est mis tremper dans l’eau à la manière ordinaire, puis il est tendu sur la forme circulaire de bord Je s’il y en a un, et y est assujetti an moyen d’un anneau en métal l qui entoure cette forme k et maintient Je feutre en contact avec celle-ci au moyen d’une vis tangente de serrage
- m (fig. 13) qui lorsqu’on l’a fait tourner retient fermement ce feutre pendant l’opération du dressage.
- Le feutre étant ainsi tendu sur la forme de bord Je, celle-ci est renversée le feutre en dessous et posée sur les bords de la boîte à vapeur a. Il existe tout autour et à la face inférieure de cette forme de bord une rainure pour loger le bord de la boîte a et pouvoir tourner cette forme sur celle-ci suivant que l’exige le travail. On comprend du reste qu’avant d'ajuster la forme de bord en place sur la boite à vapeur on a dû relever le bloc e comme on l’a présenté fig. 13.
- Les différentes pièces de l’appareil élant dans la position indiquée dans cette figure , on introduit de la vapeur dans la boite a en tournant le robinet qui ferme le tuyau ô, et on la fait agir sur la face inférieure du feutre jusqu’3 ce qu’elle l’ait complètement chauffée. Alors on abaisse graduellement la forme e sur le feutre tendu en tournant la roue à main i et par cet abaissement le feutre qui cède est dressé ou mieux embouti au milieu de la forme de bord k et contraint de prendre la forme indiquée dans les fig. 14 et 15. La vapeur condensée ou l’eau qui a pu se rassembler sur le fond de la boîte a est évacuée par un tuyau de décharge b*.
- Lorsque l’opération du dressage est terminée, on enlève la forme de bord k avec le feutre et le bloc e qui est dedans, et on les remplace par d’autres pièces ou articles semblables; mais avant de retirer les formes de l’appareil il faut les tenir assemblées afin de pouvoir Ie* lever ensemble avec le feutre qui est tendu entre elles. Pour lier ces deux pièces l’une à l’autre , on se sert d’une barre à crochet n, qu’on a représenta séparément fig. 16, et qu’on fait en fer galvanisé, en laiton ou en toute autre matière qui ne soit pas susceptible <je détériorer le feutre humide par la rouille. En passant les extrémités recourbées de cette barre n sous les bords de la forme de bord, les autres portion* s’étendant sur la face supérieure du bloc eainsi, qu’on le voit fig. 14, ce blo, ne peut plus tomber ni être repousse par l’élasticité du feutre, mais est en,' levé facilement de l'appareil. Lesdine" renies parties liées ainsi entre elles.e représentées dans la fig. 15 sont ensun abandonnées jusqu’à ce que le feutr
- soit sec et ait pris convenablement
- forme voulue.
- Pour que le feutre ou toute aut matière ne soit pas détérioré par rouille de fer, les différentes parties
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- 1 appareil avec lesquelles il doit êlre en contact sont établies en matériaux sur lesquels l'eau liquide ou en vapeur est sans aciion.
- Nouveau moyen d'obtenir le vide dans les machines à fabriquer le papier.
- On sait que pour essorer la pulpe flui a été déposée sur la toile métallique Sans fin des machines à fabriquer le Papier, on est oblige de faire un vide Partiel sous une portion de celle toile ou forme sans fin. On a cherché dans les fabriques de papier à obtenir ce vide de la manière la plus économique et par divers moyens ; généralement °n se sert de pompes à faire le vide, ou bien de ventilateurs, ou bien enfin on a fait usage pour le même objet de la vapeur qui, par sa condensation, produit la raréfaction de l’air qu’on recherche. L’emploi des pompes à faire le vide a donné lieu à plusieurs objectons sérieuses: d'abord ces appareils Sont d’une construction dispendieuse; ensuite à cause de leur détérioration rapidc, elles exigent des réparations fréquentes cl coûteuses, et enfin, ce qui est le plus important, il y a presque impossibilité, avec elles, d’obtenir Un degré de vide régulier et constant, «à cause de l’étendue sans cesse variable de la course du piston. D'un autre côté, quoique les ventilateurs à ailettes et les jets de vapeur soient susceptibles de donner un vide plus ferme et plus constant, cependant ces deux modes d’opérer exigent, pour cire adoptés, des dépenses considérables, et causent de Slaves embarras.
- M. C.-R Collins propose de couper court à toutes ces difficultés par l’em-Ploide moyens simples qui n'absorbent Point ou presque point de force, et qui donnent une pression atmosphérique Uniforme sur la pulpe, de façon que les variations dans celle pression qui tendent à produire des irrégularités dans le papier disparaissent, selon lui, entièrement.
- Pour y parvenir, M. Collins adapte à a chambre au vide un tube de largeur toile que la pression de la colonne d eau qUj se tr0nve «à son intérieur produise le degré de pression atmosphé-Dqtie requis. Ce tube longe la partie Centrale du fond de la chambre au vide, e.t porte un robinet à sa partie postérieure pour régler l’écoulement ou la déchargé de l'eau qui s’exprime de la Pnlpe. Quand on met la machine en Le Technologitle, T. XI.— Avril 1850.
- train, il faut que la chambre au vide soit entièrement remplie d'eau, afin que son évacuation par le tube de pression puisse produire le degré de vide nécessaire. Pendant que la machine fonctionne, le robinet reste constamment ouvert au degré voulu, et à mesure que l’eau se rassemble sur le fond de la chambre elle remplit le tube, et la colonne d’eau ainsi produite, en s’efforçant de descendre dans ce tube, produit un vide partiel régulier dans celte chambre, qui suffit pour provoquer une pression atmosphérique extérieure sur la pulpe et entraîner toute l’eau superflue.
- Le degré d’ouverture du robinet à la partie postérieure du tube est déterminé par la quantité d’eau exprimée du papier; de façon que tarit que l’écoulement continue, la colonne de pression conserve une hauteur constante.
- Il parait aussi que M. Collins est inventeur d’un mode ingénieux pour rendre imperméables à l’air les lignes de contact entre la toile métallique sans fin qui est mobile et les bords fixes de la chambre à vapeur, ainsi que sur ses fonds. Il y parvient en maintenant l’espace entre l’extrémité ajustable à volonté de celte chambre et celle fixe extérieure remplie d’eau, de manière à faire un assemblage hydraulique qui s’oppose à l’entrée de l’air dans la chambre par les côtés de ces fonds ou les bords sous la toile métallique.
- Sur la construction et l'application des turbines verticales ne recevant Veau que sur une partie de leur circonférence (1).
- Par M. Schwamkuug, inspecteur des machines hydrauliques à Freiberg.
- (Suite. )
- Pour être en mesure de se prononcer sur les cas où la turbine en question peut êlre appliquée avec avantage, il est encore nécessaire de prendre en considération l’influence du frottement à ses tourillons sur son effet utile, ainsi qu’on le fait pour les roues ordinaires avec lesquelles on l’a comparée, et de déterminer pour chaque cas particulier si on a besoin ou non d'organes de transmission de mouvement.
- A cet effet, si pour la turbine du genre en question on désigne par h la hau-
- (0 Voir le commencement de cet article à la page 33 de ce volume.
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- teur totale disponible de la chute d’une force hydraulique, par Q le poids de la roue, par M la dépense par minute, par D le diamètre intérieur de la roue, par d celui de son tourillon, et par ? le coefficient de frottement sur celui-ci, on aura, pour la turbine verticale ne recevant l’eau que sur une partie de sa circonférence et pour la vitesse v la plus avantageuse à donner à cette circonférence intérieure, en supposant que l’angle sous lequel l’eau arrive dans la roue soit de 56° à 60°, et que le coefficient de la vitesse de l’eau lorsqu’elle arrive sur celle-ci soit 0,92, on aura, dis-je, d’après les expériences faites à Freiberg :
- Il est évident que le poids de la roue Q dépend de son diamètre D et sa dépense M de la chute, ainsi que de la longueur de l’arbre, de la largeur de la couronne, de l’épaisseur et du nombre des aubes, et enfin aussi de cette circonstance, à savoir si une ou plusieurs veines fluides viennent frapper la roue. Cette dépendance est toutefois facile à simplifier, car d’après des calculs opérés à ce sujet et où l’on a pris pour base le poids de la roue en question et la longueur de son arbre , et dont les résultats expérimentais ont été communiqués, le poids en kilogrammes d’une semblable turbine peut en général être exprimé par la formule
- v
- D
- D + 0.1428
- .0,577.093 \/2gh,
- et en opérant les calculs numériques et se rappelant que la gravité, ou g = 9“,82, on aura plus simplement :
- v™ 2.3756
- D
- D-f 0.1428
- Vh.
- On aura ensuite pour le moment du frottement du tourillon rapporté à la circonférence delà roue, en négligeant toutefois l’accroissement de pression qui a lieu sur le tourillon même par la pression de l’eau, et qui, dans la plupart des cas, ne diminue l’effet utile de la roue que de 0,5 à 1 pour 100 :
- ç.dit.Q
- 60 v
- U7
- 142.536 «p
- d
- D+0.1428
- Ql/h
- par minute, et si on admet que l’effet utile de l’eau à la circonférence de la roue ne soit que 0,75 MA? = 750 MA, puisqu’on sait que 1 mètre cube d’eau pèse 1,000 kilog., on aura pour l’effet utile disponible p de la turbine :
- ï6*M»-l«,53«.5î|jj55Ql^r 1000 M. A
- Q = 850+(227.54 + 68.48 — ) D,
- f\ J
- dans laquelle b est la largeur de la couronne, D le diamètre intérieur en mètres , et 7) le rapport de la largeur de la veine fluide qui pénètre dans la roue à son épaisseur, rapport qui, pour la roue prise pour exemple, = 0,25. Tel est le poids de la roue pour une seule et même valeur de 7), et quand A et D restent constants; car pour une veine fluide d’une plus grande épaisseur, la largeur des aubes doit augmenter dans le même rapport que le nombre de ces aubes décroît.
- D’un autre côté, le diamètre du ton-rillon de l’arbre ou d dépend du poids Q de la roue armée et de la longueur I de ce tourillon. Si Q est donné en kilog-d et I en mètres, on peut faire usage» sans crainte de faire erreur dans la pr*' tique, de la formule
- d =
- Q.I 214755 ’
- ou bien, comme on fait ordinairement I = d,
- 0.750MIA—0.142536?—Q
- D-f-0* 14ao
- mI/F
- 0.750(D+0.1428)Ml/FFl42536?.d.Q ( D +0.1428)
- ^V'dk-0’002*581^
- On a donc l’effet utile disponible de
- la turbine par l’expression générale :
- ,
- 0.750(D+0.1428).M l/'F-0.00030757 ?'|^850+(227.54+68,48-^- ) D
- (D+0.1428) U.Vk
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- €S r?ues en dessus on perd d’ara la portion de la chute qui est né-essaire pour produire la vitesse à la rconférence de la roue, en second eu une autre portion de chute propor-onnelleà la vitesse avec laquelle l’eau n.re dans la roue, et enfin celle nèces-aire pour que l’eau puisse s’échapper Jf ro.Ue* Pour obtenir le plus grand J*et utile disponible sans que la roue Marche avec une trop grande lenteur, * taut qu’une roue en dessus ait en moyenne une vitesse de 2m,285. Or Cette vitesse suppose une chute de
- t.l
- (2.285)*
- 19.60
- 0-.2929,
- cîiute qu’on peut même porter â 0”,429, " cause des pertes provenant du choc vent6311 SUr *CS Pa^ettes G11* rcçoi-
- Relativement à l’écoulement ou fuite ' eau, il faut dans une roue convena-lenient construite, et en supposant un coefficient de charge de 2/7 ou 0,285, compter au moins sur 0”,57142. On j*Ora donc, en supposant la perte to-la|e égale à 0”, 429+0”,571 = 1 mètre P°üruneroue marchant avec une vitesse . 2”»285 à la circonférence, et pour ^oiplifier les calculs qui suivront et ~ ailleurs parce que la formule ne s’éloi-j>ne pas beaucoup de la pratique, on PeUt considérer comme constant le rapport de l’effet utile de l'eau dans la r°üe à la force brute de ce liquide,
- (h — 1)M.1000 h — 1
- 1000M h
- h
- Pour déterminer le frottement qui a lieu aux tourillons de la roue, il faut connaître le poids Q' de la roue , son diamètre D', son coefficient de remplissage V, ou le rapport de la largeur de la veine Guide qui entre dans la roue à son épaisseur et de plus le poids q de l’eau qui se trouve dans l’arc en charge, et enfin le diamètre du tourillon.
- Pour les roues en bois telles qu’on les construit dans les environs de Frei-berg, lorsque la hauteur de leur couronne est de 0”,286 et lorsqu’elles se meuvent avec une vitesse de 2”,285 à la circonférence , on peut quand on suppose que leur arbre n’a de longueur que celle nécessaire pour que le collet du tourillon soit tout près des bras encastrés dans cetarbre considérer d’après des calculs que j’ai établis autre part, que le poids de ces roues est exprimé par la formule
- Q' — 1750 +(393.80 + 1.548 — ) D',
- vi' y
- et comme par hypothèse la roue fait tours par minute et qu’elle est
- tc D'
- chargée aux 7/16 = 0.4575, on en conclut qu’elle renferme à très-peu près en eau un poids en kilogrammes de
- M
- irD'.0,4575.4000= 2.876MD'.
- 480
- Il en résulte immédiatement que la charge totale qai porte sur les tourillons est en kilogrammes de
- Q' + ï
- 1750 + £393.80 +1.548 + ^1.858
- D'.
- Enfin le diamètre du tourillon étant exprimé1 par la même formule que p°dr la turbine c’est-à-dire
- •0.002158}/Q'+<7=0.002158y/1750+^393.80+1.548^1.858+A-J mJd',
- on
- n. a en conséquence pour le travail absorbé parle frottement des tourillons minute.
- 9 ( Q'+g )
- 480 d D'
- 1.0358 11750 + £393.80 +1.548 (l,858 + -i-) M^j D' j\
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- - :m —
- et pour l’effet utile disponible de la roue en dessus l’expression générale :
- 1000(/i-l)M-l.0358^ J 1750+|^o93.80-fl .548^ 1.838+1
- D'
- 1000 m
- (A—i)M—0.00103581 |i750+[393.80+1.548^1.858+1^m]d'
- 5 M./t. '
- Or, comme pour une vitesse de la roue à la circonférence de la roue de 2m,285 il faut une chute au-dessus du sommet de 0ra,57142, il s’ensuit qu’on
- peut exprimer D' en fonction de h ou poser D' = h — 0,57142, de façon qu’on aura :
- ( A—0.57142) (h— 1 )M—0.0010358ç
- \/ 1 1750+^393.
- 80+1.548( 1.858+
- h (h — 0.571*2 M;
- et enfin comme V n’a pas besoin de dépasser 0,2857 on a en réduisant :
- (h—0.57112) (h—1) M —0.0010358 ’f\/ j 1525+393.80 h+ 8.29ÔÎV]f h .57142
- V-’-
- k (4— 0.57142) M
- Les cas dans lesquels la turbine verticale donne un effet utile aussi considérable qu’une roue en dessus, et pour lesquels on doit donner à la première la préférence sur la seconde, lorsque tant pour la turbine que pour la roue on a besoin ou bien ou peut se dispenser pour transmettre la force à l’opérateur de transmissions de mouvement parce que la turbine est d’un diamètre beaucoup plus petit, et que presque toujours elle est moins dis-
- pendieuse et cependant pins durable * peuvent aisément se prévoir d’après e tableau suivant dans lequel pour turbine verticale les chutes sont reu; fermées dans les limites de 4™,2& a 14m,285 entre lesquels on a l’habi|uCl. de construire les roues en dessus et ° l’on admetD = l“,7)4; ô—0ni.28571 ^ 71 = 0,25 comme présentant des raPf ports avantageux et où pour des touf' Ions maintenus en bon état de gra> sage ? = 0,1.
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- ic. o ©> co
- Dépense par minute en mètres cubes.
- de la turbine.
- CO—*©©CO«Oxoî
- oocoooooo®
- de la roue en dessus.
- A. ffÆ P •. Si. *•». _ . -
- ® © o su -i » ©
- de la turbine.
- de la roue, en dessus.
- Chute en mètres
- Dépense par minute en mètres cubes.
- © —< © +-- co C*' —t i* —i te C2
- ; de la turbine.
- -r-' -T- »v iw --------- ----- W Si^ K> *«.
- fr» i* ce ® n o C;> © ® © oc © c.
- ! de la roue, eu dessus.
- de la turbine.
- de la roue en dessus.
- Chote en mètres.
- cj'oonw'fc©©©—t©
- Dépense par minute en mètres cubes.
- de la turbine.
- de la roue en dessus,
- de la turbine.
- de la roue en dessus.
- Chute en mètres
- ts C O-J 9 *• W
- Dépense par minute en mètres cubes.
- r> —i u. -a to ©
- © © O © © © © © © ©
- de la turbine.
- de la roue en dessus.
- «Ô6X»*»»®»» SC»
- co © oo «b « -«
- de la turbine-
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- Les nombres de tours de la turbine i 0m,28571 de couronne ont été déter-de lm,714 de diamètre intérieur et | minés par la formule
- » ------60:2..3Z^ p/fe — 0.28571 — 24.44 \/ h — 0.28571,
- it(D + 0.1428)
- qui se rapporte à la vitesse la plus avantageuse, tandis que pour la détermination de la vitesse de circulation de la roue en dessus on a pris pour base une vitesse à la circonférence de 2”,285 en supposant qu’il y ait 0m,57142 de chute au-dessus de l’entrée de l’eau sur la roue.
- Les effets utiles disponibles insérés dans le tableau ne peuvent pas être considérés comme présentant une exactitude mathématique, parce que dans le développement général des formules on a cherché à leur donner la simplicité nécessaire pour les applications pratiques, mais les résultats
- _ 1525 -j- 393.804 h ,=3 0.645 (h—0.57142)
- qu’on obtiendra expérimentalement ne peuvent en différer que de quantité* négligeables dans la pratique, en en supposant toutefois que la roue qui a servie de type aux calculs pre' cédents ait été construite dans les conditions les plus favorables.
- 11 résulte du tableau précédent que pour une chute donnée l’effet utile de la turbine verticale croît avec la dépense tandis que dans les rouesen dessus il n’augmente que jusqu’à une certaine dépense et diminue pour des dépenses plus considérables. La valeur rnaxima de la dépense en mètres cubes et par minute
- _ 2440 + 455 215 h = (h — 0.57142) '
- Si on introduit cette valeur rnaxima de M dans l’expression de pr on aura :
- p' «. — -P-:005444.!/1525 + 393.804 h ;
- h h ~ ’
- D’où résulte, en développant, cette équation :
- „ î(pf —1)— 34.845 ( h_ 181.865
- j Ch-'—1 )* i ~
- Cette équation , sert à la détermination des limites entre lesquelles la turbine donne le même effet que la roue en dessus. Supposons par exemple que la turbine établie dans les rapports
- ci-dessus puisse atteindre le mên®6 effet utile que cette roue en dessus» c’est à dire que p=p'=0,73, alors ou aura :
- M j (0.73 — 1 ) — 34.845 ) 181.865
- 1 (0.73 —l)2 (0.73-1)*’
- Ou, en opérant les réductions,
- h* — 470.576&=» — 2494.650 ;
- D’où l’on tire :
- h = 235.288 + J/55360 — 2494.650,
- c’est-à-dire :
- h =» 235.288 — 2291925 5 ”.363.
- C’est avec cette chute de 5* ,363, que j roue en dessus, et alors la dépense Paf la turbine verticale atteindra le même I minute sera effet utile, supposé égal à 0,73 que la |
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- M
- 4525-f 393.804 X 5.363 0.645 ( 5.363 — 0.57142)
- -j jmet. cub.JY^
- four des dépensas d’eau plus petites que Umet. cnb 77 avec chute de 5“,363, effet utile de la turbine verticale ainsi que celui de roue en dessus sera plus Petit que 0,73 et on doit en conséquence admettre que lorsque dans un spécial où l’on se sert de la tur-bine verticale ou de la roue en dessus on a besoin d’un mécanisme de transmission ou lorsqu’on peut s’en dispenser pour la transmission de la Jorce à l’opérateur pour des chutes u environ 5 mètres et jusqu’à environ ”'n.50au-dessous, les turbines verticales donneront le même effet mécanique que les roues, et même dans quelques un effet supérieur, ainsi que le tableau précédent l’indique pour les fuote de 4m,285 et que surtout quand s’agira de dépenses considérables, ®lles mériteront la préférence sur les foues du dessus , parce quelles sont beaucoup moins dispendieuses de premier établissement et exigent bien moins de réparations. Si avec la turbine on a besoin d’un mécanisme de transmission tandis qu’on pourrait s’en Passer pour la même chute et la même dépense d’eau en employant une roue en dessus, il faudrait accorder la préférée, comme on le conçoit, aux roues ®n dessus, surtout quand il s’agira de transmettre la plus grande somme disponible de la force de l’eau au mérisme en fonction.
- Pour des chutes supérieures à 5 mètres et jusqu’à 14 mètres, car il est des ^constances où l’on construit encore des roues en dessus avec ces dernières cbutes, les turbines ou modèle indiqué ci-dessus ne paraissent, d’après ’e tableau ci-dessus, présenter aucun Sautage en ce qui concerne leur effet dlilerelatif, pareeque, comme on a déjà eul’occasion de le dire précédemment, f. Perte hydraulique inévitable qu’on rmt avec ces turbines est une partie ?bquote de la chute, tandis que dans *e* roues en dessus cette perte est à Peu près constante. Quoi qu’il en soit,
- . peut y avoir dans certains cas des ^constances où il paraîtra plus ra-honnel d’établir une turbine qu’une °üe en dessus. C’est précisément ce cas s’est présenté et qui a nécessité la
- construction d’une turbine lors de l’établissement de l’appareil d’épuisement des eaux du puits n°5 de la galerie Roth Sebonberg â Freibcrg, où l’élévation et un emplacement sûr et commode pour la chambre ou cage d’une roue en dessus de 10 mètres de diamètre aurait occasionné une dépense considérable qu’on a pu éviter en grande partie en établissant une turbine verticale qui n'a que 2m,30 de diamètre, d’autant mieux que cet appareil pour l’épuisement des eaux n’aura pas besoin de durer plus de vingt ans, et que, dans tous les cas, on disposera d’une masse d’eau suffisante pour qu’on n’ait pas à s’occuper d’en faire l’usage le plus économique possible.
- Comme dans l’installation de cette turbine il a fallu avoir recours à des transmissions de mouvement, on a pu ainsi établir les tiges ou tirants et les pistons des corps de pompes qui font partie des tuyaux d’élévation des eaux de manière à frapper dix coups par minute, ce qui, avec une roue en dessus de 10 mètres de diamètre , n’eût pas été possible non plus sans un appareil de transmission tant qu’on n’aurait pas voulu s’éloigner de la vitesse de 2m,285 à la circonférence, vitesse qui donne alors un effet utile élevé. Le corps de pompe pour ces tuyaux avec la roue en dessus n’aurait pu donner que 4 1/3 élévations par minute, et par conséquent on aurait été obligé de lui donner un diamètre de 9 mètres, tandis que manœuvré par la turbine à raison de dix coups par minute et à la même élévation, on a pu le réduire à
- d y/^î.=0-,658d.
- Il en est résulté d’un côté une économie dans les frais, et de l’autre que le poids qui charge les tiges s’étant trouvé moindre, on a obtenu un effet utile plus considérable de la machine hydraulique en elle-même (c’est-à-dire indépendamment de la machine motrice), et cela, pour vingt-quatre pièces ou tuyaux de bois suspendus, ainsi que l’expérience l’a démontré à Freiberg dans le rapport de
- ( i — 0,0348.24 d ) : ( 1 — 0,0348.24 : 0,658 dl ), bien comme
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- v - 1 —0,5495 d
- * 1 — 0,8352 d ’
- et comme on a fait d~0m,3257 pour deux relais de 12 pièces pour la profondeur totale à laquelle il faut puiser l’eau , comme
- . 1 -0.5495 X 0 3257 . 82m _ .
- * 1 —0.8352 X 0.3257 * 72800 * ’ *
- Le bénéfice de 12,8 pour 100 en effet utile qui provient des tiges, balance au moins la perte en ce genre que la turbine présente par rapport à la roue en-dessus, et on ne sacrifie , à proprement parler, dans la machine qu'on emploie à évacuer les eaux, que la portion de la force qui est consommée par l'arbre de transmission pour surmonter le frottement des tourillons et des dents, portion qui, proportionnellement, n’est pas très-considérable dès que la machine atteint le rendement pour lequel elle a été établie.
- Une circonstance différente de celle précédente et qui a rapport encore plus directement à l’économie des frais d’établissement et fait ressortir avec plus d’avantage l’emploi des turbines verticales ou bien des turbines horizontales construites sur les mômes principes, malgré le moindre effet utile quelles fournissent pour des chutes comprises entre 5 et 14 mètres comparativement aux roues en dessus ou aux roues de côté ordinaires, c’est lorsqu’il s’agit en particulier des filatures, des établissements de tissage mécanique et en général des machines de fabrication où le travail exige surtout une vitesse aussi constante qu’il est possible et pour le maintien de laquelle on a recours à des appareils régulateurs, par exemple à un pendule. Il n’est pas de constructeur qui ne sache que quand il se manifeste des changements dans les rapports entre la force ou la charge des machines dont le moteur est une roue en dessus ou de côté , la vitesse normale qui a été ainsi altérée rie peut pas immédiatement être rétablie par le régulateur, attendu que la veine fluide modifiée n’exerce complètement son action, surtout sur les roues d’un grand poids, qu après que l’arc de la roue qu’elle charge a tourné et s’est déchargé. Dans les turbines, soit celle de M. Fourneyron , soit de tout autre modèle, les choses se passent tout autrement. Dans ce cas la veine fluide modifiée par le régulateur, opère
- immédiatement sur une roue de masse médiocre et peut par conséquent régler presque instantanément la vitesse; mais la turbine verticale ou celle horizontale construite d’après les mêmes principes doit, dans des cas semblables avoir l’avantage sur une turbine ordinaire de Fourneyron, et cela d’après les motifs allégués dans le commencement de ce mémoire et plus particulièrement parce que l’engorgement des cloisons directrices , dans ceS dernières, par des corps étrangers amenés par l’eau motrice, agirait d’autant plus défavorablement sur les opérateurs qui exigent des régulateurs.
- Pour les chutes considérables, celles par exemple qui dépassent 14 mètres, il est rare qu’on établisse des roues en dessus parce qu’elles auraient un trop grand poids, qu’elles reviendraient à un prix très clevé, qu’elles ne fourniraient qu’un petit nombre de tours paf minute, et enfin que leur établissement offrirait dans la pratique des difficultés insurmontables. On a donc jusqu’à présent, lorsqu'il s’agit de ces chutes, construit des machines à colonne d’eau , qui ont presque exclusivement trouve (les applications dans l’exploitation des mines en pays de montagnes, où ces sortes de chutes ne sont pas rares, et où elles ne servent guère qu’à épuiser les eaux; elles sont ordinairement
- établies à simple effet, c’est-à-dire 3 mouvement rectiligne en avant ou en arrière. Ces machines motrices doivent dans leur construction posséder un haut degré de perfection mécanique, et *e mouvoir au moins avec une vitesse de 0m,285 par seconde, si on veut qu’effe8 atteignent un effet utile de 0,80 à 0,8o> en supposant que les pistons de refoulement, moteur et distributeur ne fasse éprouver aucune perte dans la forCC de l’eau, et que si on fait usage de ces appareils pour maintenir les eaux, , mode de réglage de leur force nécessite
- par les variations qui surviennent dan
- la quantité des eaux à évacuer n’ait pa“ lieu au moyen du robinet ou de la sou^ pape à gorge du tuyau de chute, atteft-
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- (lu qu’une partie de la chute se trouve annulée aux dépens de la quantité d’eau dépensée, niais toujours avec action pleine et entière de la chute, chose toujours possible par l'augmentation 0,1 la diminution du temps pendant lequel s’opère la distribution, et à la c°ndition que tous les cuirs sont constamment maintenus en bon état. Dans cps circonstances, et parce que le mariage d’une semblable machine avec les Dges d’un appareil pour l’cpuisement des eaux peut, dans la plupart des cas, ? opérer sans mécanisme intermédiaire, d en résulte qu’au total elle réalise un eflet utile qu’il est difficile d'atteindre avec tout autre appareil moteur doué à I origine d’un mouvement de rotation continu qu’il faut, pour le service, transformer en un mouvementde va-et-
- vJent rectiligne.
- , Dans des cas semblables et lorsqu’il s agit de faire la plus grande économie possible sur l’eau motrice, il faut se décider à donner la préférence aux machines à colonne d’eau. Mais dans les totalités où l’on ne lient pas à ces congédiions, et où l’on peut constamment disposer d’une plus grande quantité d’eau, et où il sc présente des circonstances telles qu’on est obligé de faire des économies importantes sur le capital engagé, ou bien enfin où l’on Suppose que les appareils de travail doivent recevoir un mouvement circulaire continu, alors il convient de discuter la question de savoir si au lieu d’une machine à colonne d’eau , il ne serait pas plus avantageux d’établir un autre récepteur, et parmi les differentes espèces que présentent ceux-ci, nous croyons que ce doit être, du •noins dans un grand nombres de cas , ‘a turbine verticale qui doit mériter la Préférence. Je vais citer un exemple d’un cas de ce genre.
- Dans la galerie d’écoulement dite de 'électeur Frédéric Auguste, du district de Frciberg, il sera nécessaire dans un avenir très-prochain , et aussitôt après qu’on y aura amené la galerie dite Tireue Saclisen qui sera de 44 mètres au-dessous du canal des eaux motrices et de celui des eaux d’écoulement, d’établir une construction qui consistera c°iQmc à l’ordinaire soit en roues en dessus, soit en roues de côté, afin de Pouvoir élever les eaux et exploiter à tjue pluS grande profondeur. La chute disponible au-dessous du canal supé-fteur des eaux motrices s’élève en tout de 47m,5i3, et on peut disposer de a»et. cub. 315 d’eau motrice par minute, d’utiliser cette force brute de
- l’eau = 47-n,513 X 9,316 = 98,36, chevaux vapeur dans la plus profonde des trois fosses d'épuisement pour épuiser les eaux, on sera obligé, tout en conservant les autres équipages, de réformer la roue en dessus, et de la remplacer, o’après un plan qui a été arrêté à l’avance, par une machine à colonne d’eau. Or comme avec une dépense d’eau de 9met-cub-,316. cette machine doit être disposée au moins avec deux cylindres et autant de tiges ou tirants, il en résulte que pour des cylindres de 2ro,286 de levée, les pistons moteurs qui auront une vitesse de 17m,143 par minute devront avoir un diamètre de 0m,828, si on veut atteindre un effet utile qui, pour la machine motrice, ne soit pas au-dessous de 80 pour 100. La levée indiquée s’accorde bien avec le rapport de l'effet, mais il faut de plus pour éviter les mécanismes intermédiaires, établir les tuyaux d’élévation dans le puits, et à cet effet il est indis.-pensable de réformer complètement les tuyaux d’aspiration ordinaires qui courent à une profondeur perpendiculaire de 200 mètres environ , entre les galeries de travail n° 5 et n° 11, et qui n’ont que lm,15 de levée, et les remplacer par 25 pièces ou tuyaux de bois établis à neuf, à moins qu’on ne veuille y substituer des tuyaux de refoulement au nombre de six. Des machines à colonne d’eau établies d’après l’un ou l’autre de ces systèmes de tuyaux, y compris la cage ou chambre de la machine et les autres constructions, coûteraient , d’après l'expérience acquise à Frciberg, en capital d'établissement, au moins 114,000 fr., même quand on ne voudrait lui donner que la capacité nécessaire pour qu’après les pertes définitives qu’on présume devoir avoir lieu, elle ne consomme au maximum que 7 mètres cubes d’eau par minute.
- Si d’un autre côté ou construit sur ladite chute une turbine verticale avec transmission de mouvement telle qu’on puisse conserver au moins la majeure partie des tuyaux, actuels on aura un appareil qui, avec la même somme de force brute, donnera uneffet utile moindre, il est vrai, mais qui ne sera pas au-dessous des 3/4 que la machine à colonne d’eau à deux cylindres, et n’exigera au plus qu’une avance de 38,000 fr., c’est-à-dire procurera sur les Irais d’é-lablissement une économiede76,000fr. Supposons en outre le cas où la mine, pendant les trente années suivantes, n’aurait pas besoin d’une nouvelle augmentation de force dans la machine d’épuisement, ce que du reste on est en
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- droit d’attendre, on aurait encore avec I une économie sur les intérêts de l’intérêt de 4 pour 100 de ces76,000 fr. |
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- Si le cas survient d’une augmentation dans la puissance de la machine, on n’en serait pas quitte avec la machine à colonne d’eau à moins d’une nouvelle dépense de 114,000 fr. Mais comme on ne manquerait pas d’eau, on pourrait accroître la force de la turbine ou bien en établir une seconde, sans compter que dans le cas le plus défavorable, celui où, au bout de trente années, il faudrait remplacer la turbine par une machine à colonne d’eau, on aurait déjà épargné 170,500 fr. en intérêts, puis-
- qu’on n’aurait sacrifié ainsi qu’un capital de premier établissement de 38,000 fr.
- Afin de pouvoir juger promptement, dans des cas semblables, si l’effet d’une turbine verticale n’est pas trop au-dessous d’une machine à colonne d’eau, nous présenterons ici un tableau où l’on trouvera l’effet utile disponible du premier de ces appareils pour des chutes supérieures à 15 mètres, et des dépenses d’eau variables.
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- Efïei utile de la turbine verticale de lm,7l7 de diamètre intérieur avec une dépense d'eau par minute en mètres cubes de
- 0,582 1,164 1,746 2,329 3,493 4,658 5,822 6,987 8,151 9,316 10,480 11,645 • 2 XS Ot •A a O Z
- 0.385 0.568 0.628 0.659 0.689 0.705 0.713 0.719 0.722 0.727 0.730 0,752 96.00
- 0.400 0.575 0.633 0.665 0.692 0.707 0.716 0.721 0.725 0.728 0.732 0.733 100 34
- 0.4t4 0.582 0.638 0.666 0.695 0.708 0.717 0.722 0.726 0.729 0.732 0.734 104.51
- 0.425 0.588 0.642 0.669 0.697 0.710 0 718 0.723 0.727 0.730 0.752 0.734 108.51
- 0.437 0.594 0.646 0.672 0.698 0.711 0.719 0.724 0.728 0.731 0.735 0.735 112.38
- 0.449 0.599 0.649 0.675 0.699 0.713 0.720 0.725 0.728 0.731 0.733 0.735 116.11
- 0.456 0.603 0.652 0.677 0.701 0.714 0.720 0.726 0.729 0.752 0.754 0.735 120.44
- 0.465 0.607 0.655 0.679 0.703 0.715 0.721 0.726 0.750 0.732 0.734 0.736 123.24
- 0.473 8.611 0.658 0.681 .0.704 0.716 0.722 0.727 0.730 0.733 0.735 0.736 126.66
- 0.479 0.615 0.660 0.682 0.705 0.716 0.723 0.727 0.731 0.733 0.735 0.737 129.98
- 0.485 0.618 0.662 0685 0.706 0.717 0.723 0.728 0.731 0.734 0.736 0.757 133.22
- 0.492 0.623 0.664 0.685 0.707 0.717 0.724 0.728 0.732 0.754 0.756 0.737 136.39
- 0-498 0.624 0.666 0.687 0.708 0.718 0.724 0.729 0.732 0.734 0.736 0.737 139.48
- 0.503 0.627 0.668 0.688 0.709 0.719 0.725 0.729 0.735 0.735 0.736 0.738 142.51
- 0.510 0.630 0.670 0.690 0.710 0.720 0.725 0.750 0.733 0.735 0.737 0.738 145.47
- 0.515 0.632 0.671 0.691 0.711 0.720 0.726 0.730 0.733 0.735 0.737 0.738 148.37
- 0.518 0.634 0.672 0.692 0.711 0.721 0.726 0.731 0.734 0.736 0.737 0.739 151.22
- 0.522 0.636 0.674 0.695 0.712 0.721 0.727 0.731 0.734 0.736 0.757 0.739 154.02
- 0*526 0.638 0.676 0.694 0.712 0.722 0 927 0.752 0.734 0.736 0.738 0.739 156.76
- 0-529 0.640 0.677 0.695 0.713 0.725 0.728 0.752 0.754 0.736 0.758 0.739 159.46
- 0*553 0.643 0.678 0.696 0.715 0.724 0.728 0.732 0.735 0.736 0.738 0.740 162.12
- 0*536 0.644 0.679 0.697 0.714 0.724 0.729 0.732 0.735 0.737 0.738 0.740 164.73
- 0.540 0.645 0.680 0.697 0.715 0.724 0.729 0.733 0.735 0.737 0.739 0.740 167.30
- 0-543 0.646 0.681 0.698 0.716 0.725 0.750 0.755 0.735 0.737 0.739 0.740 169.83
- 0*546 0.648 0.682 0.699 0.716 0.725 0.730 0.733 0.736 0.737 0.739 0.740 172.32
- 0*549 0.649 0.683 0.700 0.717 0.725 0.730 0.734 0.736 0.738 0.739 0.740 174.68
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- On a pris pour base des calculs dans ce cas, de même que dans celui des petites chutes, l,n.7l4 de diamètre intérieur pour la roue, et 2“,286 pour le diamètre extérieur ; 56° à 60° pour l’angle sous lequel l'eau arrive à la roue; y) = 1/4 et tp = 0.1.
- L’effet utile a donc été calculé d’après la formule
- M Vh
- et le nombre des tours de la turbine a été déterminé par l'expression
- n » 24.44 Vh — 1,
- formules dans lesquelles h est la chute totale, et M la dépense d'eau.
- Enfin il faut encore remarquer que. dans le cas où l'on a besoin d’un mouvement de rotation continu et où l’on emploie les machines à colonne d’eau, on ne peut pas attendre en général de celle-ci un effet utile supérieur à 0,7. Par conséquent ce cas, lorsque des circonstances particulières ne militent pas en faveur de ces dernières machines, et lorsque la chute n’est pas trop considérable et supérieure à 50 mètres environ, se prête très-bien à l’établissement des turbines verticales.
- Une de ces turbines à au Page double, c’est-à-dire dirigé à droite et à gauche pour l’extraction, sera établie dans le courant de cette année sur le puits au jour n° 5 de la galerie Rolhscbœnberg, et sur une chute de 10mèt ,714.
- Mèche à percer et tailler les rondelles.
- Par M. Càjar.
- Les petits ateliers de construction ne possèdent pas toujours des machines à balancier pour découper par le choc, dans les feuilles de tôle, les petites rondelles qu'on interpose sous les tètes des boulons et sous les écrous. Une semblable machine leur serait onéreuse, et ne fonctionnerait pas la majeure partie du temps. C’est donc une chose avantageuse que d’indiquer ici un outil au moyen duquel on peut tailler ces rondelles sur la machine à percer ordinaire.
- Nous avons fait représenter dans la fig. 20, pl. 127, une mèche à percer et découper en même temps les rondelles
- dont on s’est servi depuis plus de six ans avec succès en Allemagne, dans les ateliers du chemin de fer de Taunus à Castel, pour y faire des pièces de ce genre de diverses épaisseurs.
- La portion moyenne du tranchant en a ressemble à une mèche à pivot ordinaire, et est affûtée de même; elle sert à percer l’œil au centre de la rondelle, et dépasse en conséquence de 3 millimètres environ en hauteur les deux traçoirs b, b, qui ont pour objet de couper et détacher la rondelle, afin que ceux-ci, dans leur marche, aient un point de centre fixe et certain.
- Le perçage et le découpage d’une rondelle exige à peine deux minutes avec cet outil ; et les rondelles ainsi fabriquées n’ont plus besoin que d’être limées sur le plat, ou qu'on en abatte les rebarhes avec la pierre à repasser, pour ressembler à celles faites sur I9 tour. Rien, du reste, n’est plus aisé que d’utiliser ainsi les moindres rognures de tôle.
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- Cric hydrostatique.
- Par M. Simmons.
- Ce cric construit dans les ateliers de MM. Thornton et lils de Birmingham, a été représenté dans la fig. 17, pl. 1-^ au douzième de sa grandeur naturelle;
- A est la bâche ou réservoir à eau qui constitue la base de l’appareil. Sur cette bâche est implanté le corps ou cylindre B dans lequel se meut 1° piston plein C ; D est le petit corps de pompe, E le piston , F le parallélogramme pour faire mouvoir sa tige verticalement, G un bras sur lequel on introduit un levier de 1 mètre environ de longueur pour agir avec plus
- de force ; H est une vis filetée coniqu? ou mieux un bouchon à vis qui sert 3 fermer le tube de communication entre le grand corps B et la bâche A. Enfin 1 une soupape à air.
- Avant de mettre le cric en action . il faut fermer le bouchon à vis fl.e ouvrir la soupape 1 et si l’on veut fa,rC descendre le fardeau qu’on a élevé en doit ouvrir le bouchon H. Si l’on ne f*1 pas travailler l'appareil on ferme J soupape I. Lorsque le piston C mont avec trop de lenteur, il faut aPr? l'avoir abaissé ouvrir I et y verser d° nouvelle eau. ^ j
- Avec ce cric , il est facile à un ^ homme de lever un fardeau de »•* 20 tonnes. Le piston peut du res >
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- aussitôt que le bouchon H est ouvert être abaissé et ramené à sa position par un ouvrier.
- Note sur les épaisseurs et les courbures des appareils à vapeur.
- tes géomètres qui se sont occupés de • équilibre d’élasticité des corps solides ne sont parvenus à traiter complètement qu’un petit nombre de cas très-simples. Des difficultés d’analyse arrêtent les progrès de cette branche •mporlante de la physique mathèma-hque. Mais s’il n’est pas encore possible de traiter directement des cas plus complexes, on peut néanmoins, en les assimilant par partie aux cas simples dont les formules sont connues, obtenir des résultats approximatifs, d'où l’on déduit des conséquences exactes entre certaines limites , et qui peuvent être utilisées dans la pratique. C’est ce que je me propose de faire voir en prenant pour exemple la recherche des relations qui doivent exister, entre les épaisseurs et les courbures des appareils à vapeur.
- Une chaudière destinée à produire de la vapeur à haute pression est ordinairement en tôle. Sa forme est celle d’un cylindre droit, terminé par des zones sphériques à une seul hase , dont la flèche varie depuis le rayon du cylindre jusqu'au tiers environ de ce rayon. Dans tout projet de construction d’un appareil semblable . on doit se demander quelles sont les épaisseurs qu'il convient de donner au corps cylindrique et aux bases sphériques, pour que la limite d'élasticité de la lôle ne soit atteinte en aucun point de l’enveloppe, lorsque cette enveloppe sera soumise à la pression commune de la vapeur, et aussi quelles courbures doivent avoir les fonds pour éviter les déformations.
- Ces questions peuvent être résolues Par la théorie mathématique de l'élasticité qui conduit à des règles extrêmement simples. Ces règles n’ont rien d’empirique; elles supposent, il est J'rai, rhomogènéitè parfaite de l’enveloppe solide ; mais on corrige aisément cet excès de perfection en réduisant dans les applications le nombre qui exprime la force ou la résistance du métal employé. Pour énoncer les r.egles dont il s’agit, quelques défini-bons sont nécessaires.
- . Uorsqu’une chaudière à haute pres-Sl°n est en activité, l’excès de la ten-
- sion de la vapeur sur la pression atmo* sphérique est ce qu’on appelle la pression effective. On l’évalue ordinairement en atmosphères; et, si l’on prend le millimètre carré pour unité de surface , le kilogramme pour unité de force , on aura la valeur numérique de cette pression effective, en multipliant par un centième le nombre d’atmosphères qui représente la tension de la vapeur diminuée d’une unité.
- La force du métal qui constitue la chaudière est exprimée par un certain nombre de kilogrammes pour chaque millimètre carré. Le nombre est une assez petite fraction de la résistance absolue à la rupture, et même de l’unité d'élasticité : pour la tôle de moyenne qualité , la résistance absolue est environ 22 kilogrammes, la limite d’élasticité le tiers à peu près, ou 7 kilogrammes et demi ;et dans la pratique on réduit ordinairement ce nombre à 2 kilogrammes 1/tOau plus, pour exprimer ce que j’appellerai (a résistance du métal; c’est-à-dire celle sur laquelle il est permis de compter ; un danger pouvant s’ensuivre , si cette limite est dépassée dans quelques parties d’enveloppe. Il serait trop long d’exposer ici les divers motifs de celte énorme réduction : elle est fondée sur réchauffement du métal, sur l’influence de la durée des pressions, sur les solutions de continuité nécessitées par le mode d’attache des différentes parties de la chaudière , sur la constitution physique de la tôle laminée , etc.
- La pression effective et la résistance du métal étant ainsi définies , et numériquement connues, voici les règles données par la théorie mathématique de l’élasticité pour assigner l'épaisseur du cylindre et celle des fonds bombés.
- Lorsque la chaudière est en activité, la partie cylindrique de l’enveloppe est soumise à des pressions et à des tractions qui varient de direction et d’intensité autour de chaque point, et d’un point à un autre. La théorie donne ces grandeurs et leurs variations. Elle indique que le plus grand effort subi par le métal est une traction qui s’exerce vers la paroi intérieure, et dans la section moyenne tangenliellement à la circonférence du cylindre. Il faut que cette traction maxima soit au plus égale à la résistance du métal. Pour cela, si l’on observe que l’épaisseur de la tôle sera toujours très-petite , comparée au rayon du cylindre, ont trouve cette règle : que le produit de l'épaisseur cherchée par la résistance du métal
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- doit surpasser le produit du rayon du cylindre par la pression effective.
- Dans les mêmes circonstances, le fond sphérique est aussi soumis à des efforts intérieurs de direction et d’intensité diverses. Le plus grand de ces efforts est encore une traction qui s’exerce, vers la paroi intérieure et près de Taxe du système, tangenlielle-ment à la surface sphérique. Il faut que cette traction maxiraa ne dépasse pas la résistance du métal ; et il suffit, pour cela, que le produit du double de l’épaisseur du fond par la résistance du métal surpasse le produit de la pression effective par le rayon de courbure de la zone sphérique.
- Mais pour que l’application de ces deux règles ne laisse exister aucun doute sur leur efficacité , il faut que le raccordement du cylindre et des fonds sphériques satisfasse à une condition essentielle, qui constitue une troisième règle, plus importante encore.
- Les deux premières formules supposent implicitement que l’on puisse considérer le corps principal comme une partie détachée d’un cylindre creux indéfini, et chaque fond comme appartenant à une sphère creuse complète, ou, plutôt, que le cylindre soit assimilable, au moins dans sa partie moyenne , au système cylindrique indéfini, et que chaque fond, au moins vers son centre de figure, se trouve à très-peu près dans le même état que sur la sphère entière. Cette double supposition ne sera admissible que si le raccordement des parties empruntées aux deux systèmes osculateurs reproduit sur chacune d’elles des efforts égaux à ceux qu’exerçaient les parties enlevées, ou au moins peu différents.
- Or, d’une part, dans le cylindre indéfini, chaque couche concentrique de l’enveloppe se dilate et tend à s’éloigner de l’axe, quand la vapeur agit, d’une quantité que la théorie assigne; et, d’autre part, dans la sphère creuse complète, la base de la zone, qui doit servir de fond, se dilate et tend à s’éloigner de l’axe, d’une autre quantité, en générale, différente de la première. Ces déplacements , bien qu’extrêmement petits et s’élevant à peine à quelques centièmes de millimètre, ont néanmoins des valeurs essentielles : si ces valeurs sont altérées, les pressions sur les parois et les tensions générales qui en résultent ne reproduiront pas, dans les parties déta-chéesdesdeuxsystèmes osculateurs, les
- mêmes efforts qu’avant la séparation.
- D’après cela, quand les parties détachées de deux systèmes différents sont ensuite réunies par un mode de liaison qui assure l’invariabilité de leur contact, il importe que les déplacements que les deux surfaces en contact subissaient dans leurs systèmes respectifs, soient à peu près conservés; car s’ils se gênaient mutuellement, si l’un d’eux était diminué et l’autre augmenté par leur concours forcé, il en résulterait dans l’enveloppe solide, des efforts étrangers et nuisibles, qui tendraient à courber les arêtes du cylindre, à diminuer la résistance du fond sphérique.
- On peut comparer ce genre de contact à celui de deux courbes : il ne suffit pas qu’elles passent par un même point, il faut en outre qu’elles aient une même tangente, pour qu’on puisse les considérer comme confondues, dans le voisinage du point commun. Pareillement , il ne suffit pas que le fond sphérique et le cylindrique d’une chaudière soient solidement réunis; il faut en outre que les points voisins de ce contact forcé se déplacent, en vertu de l’élasticité, comme si chacune des deux parties était libre, ou appartenait encore à son système primitif» afin qu’il y ait osculation, ou plutôt compensation mutuelle; c’est-à-dire, pour que chacune des deux parties réunies compense à peu près par les efforts qu’elle exerce sur la seconde, ceux que celte dernière ont subis dans son système complet.
- En établissant la condition analytique de cette compensation, on trouve approximativement que le triple du, rayon de courbure du fond, divisé par l'épaisseur de ce fond, doit égd-1er sept fois le rayon du cylindre, divisé par l'épaisseur de ce cylindre. Par exemple, si l’épaisseur de la tôle est la même pour le cylindre et ses bases, il faut que le rayon de courbure du fond sphérique soit égal à deux et un
- tiers de fois le rayon du cylindre, ou
- que la flèche soit environ le tiers de ce même rayon , le sixième du diamètre. Au contraire, si le fond était hémisphérique, il faudrait, pour que la compensation pût s’établir, <ïu® l’épaisseur du cylindre fût égale à deux et un tiers de fois celle du fond. # ..
- On remarquera que celte troisiem règle est indépendante de la pressio effective et de la force du métal; e sorte que, si les courbures et épaisseurs d’une chaudière ont e assignées de manière à satisfaire
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- cettt règle pour ainsi dire géométrique, on pourra employer tel métal qû’on voudra élever et abaisser la tension de la vapeur entre des limites assez étendues sans que la réunion hermétique du cylindre et des fonds bombés puisse, en ce qui la concerne, occasionner aucun danger. Ce caractère d’indépendance élève, en quelque sorte, le système d’une chaudière cylindrique à fonds sphériques compensateurs au rang des formes naturelles ou de solides d’égale résistance.
- .Toutefois, les trois règles que je viens d’énoncer ne doivent être considérées que comme une première approximation : quand les géomètres auront surmonté les difficultés analytiques que rencontre la théorie de ‘élasticité des solides, on pourra traiter rigoureusement le cas d’une enveloppe cylindrique, terminée par des hases sphériques, et trouver des formules plus complètes. Les règles que J® donne aujourd’hui représentent en quelque sorte leurs premiers termes; *Bes sont, d’ailleurs, très-suffisantes Pour la pratique (1).
- Lamé ,
- tûembre de l’Académie des sciences.
- Mode de garniture de piston et de stuffing-box.
- Par M. W.-C. Moat.
- Ce mode de garniture de piston et Ve stuffing-box est fondé sur la force ^astique de l’air qui donne aux surlaces frottantes un contact élastique, flu’on doit rechercher dans ces sortes Qe pièces.
- U Bg. 18, pi. 127, qui est une section verticale d’un piston de cylindre de ma-
- Des trois règles que j’ai énoncées dans p * hôte pour désigner les courbures des ap-thlei*.* 4 vapeur, et qui se déduisent de la Prp rje mathématique de l’élasticité, les deux fait ®res liaient connues, ainsi que me l’a t J; observer M. Piobert; elles se dèduiseut en oaturellement d’un principe connu d’hy-|0 Clique. M. Piobert les a utilisées depuis >^‘orops dans diverses recherches, et les a par de nombreuses expériences. La la ni lne 068 rés>les, que je regarde comme l’obi Us '.^portante, et qui faisait d’ailleurs pliant* Pioeipal de ma note, est seule nouvelle 1 * son énoncé comme dans son principe. Pr «ru toutefois ulile de dire que les deux la ik s ré8ies se déduisent ués-simplement «erv* iuéorie mathématique de l’élasticité, et on quelque sorte de vérification  cette
- chine à vapeur, donne une idée de ce mode d’application.
- A, A, paroi intérieure ou surface con-caveducylindredans lequel est ajusté le piston. B, B, face travaillante de ce piston, formée par un anneau de fonte tourné pour s’ajuster dans le cylindre , et maintenu en place par des retraites mé-nagéesà la péri phérie des deux plateaux du corps du piston. Immédiatement derrière cet anneau de fonte, il existe un boudin C, C, fait avec une matière douce et élastique, telle que du plomb ou du caoutchouc vulcanisé. Dans son état primitif, le boudin présente une section cylindrique; mais quand il a été pressé et mis en place, il prend une forme triangulaire, parce qu’il se moule sur celle de la cavité que présente en cet endroit le corps du piston. Lors donc que ce boudin se trouve dilaté par une pression intérieure de l’air qu’on y refoule, il exerce une force élastique de pression sur la partie interne de l’anneau B, et le maintient en contact intime avec la paroi du cylindre.
- L’air est fourni au boudin de garniture par un trou percé au centre de la tige du piston, trou qui en rencontre un autre â angle droit, percé aussi près de l’extrémité inférieure de la tige, et qui va rejoindre un tuyau à assemblage mobile conduisant dans l’intérieur du boudin.
- M. Moat a indiqué divers moyens pour charger d’air le piston. Par exemple, le trou au sommet de sa tige est terminé par une petite soupape, à laquelle est adaptée l’extrémité d’un petit tube flexible, contourné en spirale , tandis que l’autre bout est en rapport avec une petite pompe foulante. Le degré de pression est réglé par une jauge, et quand il est arrivé au point voulu, le tube spiral est enlevé, et on visse un bouchon pour maintenir la pression.
- Au lieu de refouler l’air dans la tige du piston, on peut l’introduire par un tube qui descend dans le cylindre le long de la lige, jusqu’au corps du piston, ou bien enfin on peut l’injecter avec une pompe à main, dont on introduit le bec à travers une ouverture pratiquée dans le couvercle du cylindre.
- La fig. 19 indique une application du même principe à un stuffing box.
- A, A est l'anneau creux qu’on gonfle d’air par le conduit B, la pression élastique s’exerçant ici intérieurement sur la tige de piston.
- Si on pouvait imaginer un mode plus convenable pour refouler l’air dans le boudin, l’invention de M. Moat serait
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- très-recommandable , et un véritable perfectionnement sur le système actuel de garniture avec ressorts, mais le canal percé au centre (le la lige du piston, et les«lifT'érentes soupapes, ainsi que les assemblages, sont des inconvénients et des additions onéreuses dans la construction des machines. Il est vrai qu’une fois enflé. il y a peu de chances de voir l’élasticité se perdre pendant le travail, mais il faut faire la part de l’usure, ce qui donne lieu nécessairement à de fréquents renouvellements pour maintenir la force élastique.
- Nouvelle locomotive.
- Par M. G. Armstrong.
- Cette nouvelle locomotive est munie d’une chaudière rectangulaire placée derrière les roues motrices, avec carneaux ou tubes verticaux qui passent par son sommet d’où les produits de la combustion s’échappent par deux cheminées. Les deux parois verticales opposées de cette chaudière , sont maintenues par des barres transversales de fer qui s’y trouvent attachées, et passent entre les rangs de tubes. Le tirage dans le foyer est provoqué par deux jets de vapeur, un pour chaque cheminée, qui s’échappent directement du sommet de la chaudière ; il est en outre excité au moyen de plaques annulaires à charnière placées dans ces cheminées au-dessus des jets de vapeur qui servent (quand on les fixe horizontalement) à resserrer l’espace et à s’opposer à l'introduction d’un courant descendant d'air. Les registres ordinaires sont établis entre les plaques annulaires et les jets de vapeur qui sont réglés par les appareils employés ordinairement à cet effet.
- La vapeur est recueillie à travers des ouvertures étroites dans deux collecteurs placés tout près du sommet de la chaudière, et dans deux de ses angles opposés pour que celte vapeur puisse être empruntée dans les points les plus éloignés de l’ébullition et de la surface générale de l’eau. Ces collecteurs communiquent l’un avec l’autre par un conduit débouchant dans un tuyau qui conduit cette vapeur dans un récipient égaliseur placé au-dessous du niveau du fond de la chaudière et entre celle-ci et les cylindres lesquels sont disposés à la partie antérieure du châssis. Ce récipient égaliseur qui a
- un effet analogue à celui d’un régulateur pour régler l’afflux de Peau dans les tuyaux de conduite sert à régulariser la distribution de la vapeur aux cylindres au moyen d’un autre luyau soit en s'opposant à ce qu’il y en ait un excès, soit en suppléant à ce qui pourrait manquer et par conséquent à empêcher de primer.
- Les cylindres à vapeur sont disposés horizontalement et fondus d'une seule pièce, afin qu’eux mèmes et le centre des manivelles soient rapprochés autant que pos-ible du centre de la machine.
- Les pompes alimentaires sont ma-nœuvrées par des excentriques places sur les roues motrices et disposées avec l’appareil du renversement du mouve-ment à l’extérieur du châssis; cet appa* rei 1 du renversement du mouvement fonctionne au moyen d’une vis que mettent en action des leviers et (les tiges.
- L’espace entre la chaudière et le* cylindres est couvert d’un planche1" pour le mécanicien et s’étend des (leux côtés autour de cette chaudière pour pouvoir communiquer avec le tender-Ce plancher porte des trappes pour avoir accès dans les parties du mécanisme placées au-dessous ; au-dessus des cylindres à vapeur se trouven1 deux autres cylindres qui renfermen les soupapes d’introduction et d’évacuation de vapeur enfilées sur uf>e même lige. La vapeur est introduit entre ces soupapes et selon qu’eHe? marchent en avant ou en arrière par l’entremise des excentriques , elle cS introduite ou évacuée dans chacu d’eux alternativement.
- La garniture du piston se comp°* d’un anneau d’acier, avec languette o cuir placée sur la fente pour s’oppoS® à l’introduction de la vapeur ; cel __ garniture est maintenue serrée et baff dée par des ressorts en acier pla^ derrière. Le piston présente au cen un trou garni d’une soupape à bou pour pouvoir introduire de la vape“ derrière l’anneau de garniture sa qu’elle puisses’échapp r afin de fl131 e tenir une équalilé de pression en celle vapeur et celle dans le cybflû' aJ et s’opposer ainsi à ce que cet am> ^ soit poussé sans nécessité ‘*anSfris sens ou dans l’autre soit par les ress f qui sont derrière, soit par la vap dans le cylindre. cy-
- A l’intérieur des conduits des lindres à soupapes on a P’?c.enUcS soupapes de décharge mainte fermées par la pression de la vaP,u, mais qui s’ouvrent quand 1 caU
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- Daulée dans les espaces nuisibles vient à être trop abondante et qui lui permettent de s’échapper. Les cylindres à vapeur et ceux des soupapes sont renfermés dans une enveloppe. L’eau d’alimentation est pompée dans le tender sur de petits tubes à travers lesquels la vapeur qui a servi s’échappe dans l’atmosphère en élevant la température de celle eau.
- Des tubes fermés sont vissés à la chaudière pour recevoir les eaux troubles et les sédiments qui s’y déposent. Ces tubes sont dévissés de temps à autre. et vidés des matières Qu'ils renferment.
- Mode d'assemblage, en gutta-percha, des boyaux des pompes à incendie et d'arrosage.
- Par M. W. Borgess.
- Parmi les applications utiles qu’on a fait récemment du gulla-percha nous signalerons le mode suivant d'assemblage pour les boyaux flexibles qui servent dans les pompes à incendie et dans celles destinées aux arrosages.
- . La fig. 21, pi. 127 est une vue extérieure de cet assemblage.
- La fig. 22 une section par l’axe du boyau.
- A est le bout mâle et B le bout femelle. Le premier porte dans la portion c,d une gorge ou rainure angulaire, et le second une languetle de même forme qui s’y aiusteexactement. D’extrémité du bout B présente comme en e, quatre fentes équidistantes qui loi permettent de se dilater et de s’insérer sur l’extrémité cylindrique du bout A jusqu’à ce que la languette tombe dans la rainure de celui-ci. Alors en faisant glisser, jusqu’à l’extrémité de ce bout B, un anneau en o^étal F,F fig. 22, l’assemblage se trouve serré et complet. Quand on eo!ève cet anneau F,F le gutta-percha Par son élasticité naturelle, fait ressort et s’ouvre de façon qu’il est facile de désunir l’assemblage.
- Cet assemblage sera surtout utile en Agriculture pour répandre les engrais hquides dont on commence à faire des Applications étendues et pour assembler des boyaux en tissus qui sont men moins dispendieux que ceux en Cu,r, et qui le deviendront moins en-??re par ce mode d’union d’un prix len plus modique et bien plus léger Le Technologùte. T. XI.—Avri 1850.
- que celui à vis en laiton, ou en cuivre. Le gutta-percha n’étant pas sensiblement attaqué par les engrais liquides, ces assemblages auront une longue durée. Leur peu de valeur les mettra à l’abri des vols et des soustractions, enfin en cas de détérioration, les réparations pourront y être promptes et économiques.
- Mode de fabrication du plomb de chasse.
- Par M. D. Smith.
- On sait qu’on fabrique ordinairement le plomb de chasse en faisant tomber du plomb fondu d’une certaine hauteur, afin que le métal se divise dans sa chute et prenne en tombant au sein de l’air une forme globuleuse. Pour atteindre ce but il faut que le plomb acquière dans celle chute une vitesse qui nécessite une grande hauteur et oblige à construire des tours très-élevées, ou à profiler de celles déjà construites; ce qui dans tous les cas est une condition très-onéreuse pour le fabricant.
- Pour éviter ces hautes tours M. D. Smith propose de n’élever les bâtiments que de 15 mètres tout en obtenant le même effet qu’avec des constructions de 45 mètres et plus. Il y parvient en chassant un courant d’air dans la direction contraire à celle de la chute du métal fondu et l'effet de ce courant combiné avec la vitesse du plomb suffit pour remplacer celui dû aux plus grandes hauteurs employées jusqu’à présent.
- Il établit donc un tuyau en métal de 0m,50 de diamètre et dont l’extrémité inférieure est élargie en forme de cône tronqué et repose sur une chambre en forme de piédestal qui renferme de l’eau. Dans la partie supérieure de celte chambre il existe un canal carré de forme circulaire, placé à la base du cône et d’un diamètre intérieur égal à celui du tuyau. La face supérieure de ce canal est percée de trous par lesquels l’air entre dans ce canal à l’aide d’un appareil de soufflerie suffisant pour imprimer à l’air la vitesse requise. Au sein de l’eau de la chambre, il existe une sorte de manche qui conduit le plornb dans une boite d’où on l’enlève par une porte. L’eau reçoit les grains de plomb et s’oppose à
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- ce que l’air qui arrive s’échappe par le bas.
- Le courant d’air en quittant le canal annulaire se trouve ainsi réparti par les trous percés dans celui-ci, en une multitude de filets qui forment autant de courants ascendants juxtaposés et marchant avec la même vitesse.
- La partie supérieure du tuyau est surmontée par un pavillon qui donne issue à l’air qu’on chasse par le bas, tandis que le centre est occupé par la bassine qui repose sur un anneau concentrique assujetti dans le tuyau par six bras divergents. La bassine est percée dans son fond pour verser en même temps le métal en fusion sur toute la section du tuyau et elle est entourée d’un godet pour recevoir le plomb qui pourrait se déverser et obstruer le tuyau dans sa chute.
- Le métal en tombant d’une hauteur de 15 mètres doit rencontrer un courant d’air ascendant qui aura la meme vitesse pour lui, que celle qu’il aurait acquise s’il était tombé de 45 mètres. En augmentant la force de ce courant d’air, on peut remplacer telle hauteur de chute qu’on désire.
- Au lieu de refouler l’air par le bas l’inventeur croit qu’on obtiendrait le même résultat en faisant le vide au sommet du tuyau qu’on fermerait et mettrait en communication avec un appareil à produire le vide. Dans ce cas on supprimerait le canal annulaire inférieur et on ouvrirait pour donner un libre accès à l’air.
- Rapport de la commission chargée de faire une enquête sur Vapplica-tion du fer à la construction des ouvrages d'art sur les chemins de fer (1).
- S’il est permis d’ajouter foi aux informations qui ont été fournies à la commission, il paraîtrait que les dimensions et les formes qu’on donne aujourd’hui aux ponts en fer, ont été généralement empruntées à des expériences nombreuses et soignées faites en soumettant des barres de fer forgé ou de fonte de formes diverses à faction de poids, puis déterminant
- (1) La commission se composait de MM. Wrot-tesley, Robert Willis, Henry James, George Rennie, W.Cubitt, Eaton Hodgkington et Douglas Gallon, secrétaire. Son rapport porte la date du 26 juillet i$49.
- par la théorie et le calcul les principes et les règles qui permettaient d étendre et d’appliquer ces résultats à des constructions et à des charges plus grandes que celles dont on a besoin dans la pratique. Mais les expériences ont toutes été faites à l’aide d’une pression morte et ne s’appliquent en conséquence qu’à l’action de poids en repos, tandis que par la nature même du système des chemins de fer, les constructions qu’on y emploie sont nécessairement exposées à des chocs, à des vibrations , à des torsions, des pressions momentanées d’une grandeur énorme, produits par le passage rapide et répété de convois d’un grand poids.
- Ces causes perturbatrices, quoiqu’a un plus faible degré, s’étaient déjà présentées dans les constructions relatives aux moulins, aux filatures et dans beaucoup d’autres mécanismes; mais leurs effets sur la stabilité n’avaient pas dépassé ceux auxquels on pouvait remédier par une augmentation dans les dimensions des pièces, sans qu’il fût nécessaire de rechercher spécialement les principes exacts d’après lesquels on procédait à cette augmentation. C’est ainsi que l’on sait que les dimensions des fermes en fonte destinées à porter des charges fixes, tels que réservoir* d’eau, planchers, etc., sont proportionnées de manière à ce que leur charge de rupture soit trois foiscelle qu’on compte leur faire porter ou dans quelques cas quatre à cinq fois plus considérable-Mais lorsque ces fermes sont destinées à la construction des ponts pour chemins de fer, et par conséquent exp?' sées à des chocs et à des vibrations très* étendues, il est indispensable de lcUr donner une force plus considérable en modifiant les dimensions ci-dessus, e; en faisant la charge de rupture de six a dix fois plus grande que celle de charge instantanée, du moins si adopte la pratique de différents ingy nieurs. Nous devons ajouter, toutefms» que quelques autres ingénieurs pensen qu’un tiers de la charge de ruptuf présente autant de sécurité dans c dernier cas que dans le premier. , .
- Comme nous n’avons pas tarde nous appercevoir dans le cours de nO' tre enquête que les effets des corps P®' sants se mouvant avec une grande v*' tesse sur les constructions n’avaie jamais fait le sujet de recherches scie tifîques directes, et qu’il nous sembi que dans l’opinion des ingénieurs plus habiles dans la pratique et dans théorie des recherches de cette nat devaient présenter un grand inter
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- notre attention s’est promptement dirigée vers les moyens de faire des expériences propres à éclairer ce sujet.
- Les questions qu’il s’agissait d’examiner pouvaient être classées sous deux chefs principaux, à savoir ;
- Si la matière du métal qui a été exposé pendant une longue période de temps à des chocs et à des vibrations éprouvé dans la disposition de ses molécules un changement quelconque tenant à l’affaiblir?
- 2° Quels sont les effets mécaniques oes chocs et du passage de corps peints pour faire fléchir et rompre les narres et les fermes sur lesquels on les fait agir?
- , Ij existe une grande divergence d’o-Pmion parmi les praticiens par rapport a la première de ces questions. Nous ayons réuni un grand nombre de faits curieux qui démontrent que des pièces ne fer forgé exposées à des vibrations, tels que des essieux de voitures de chemins de fer, des chaînes de grues, etc., employées à lever de pesants fardeaux, r°mpent fréquemment après un long Usage en présentant une cassure cristalline particulière, et une diminution dans la ténacité que plusieurs ingé-meurs considèrent comme le résultat d’un changement graduel qui se produit dans la structure interne du métal ®?us l’influence des vibrations. On allègue pour confirmer ce point différents mils, par exemple que si on taraude j?ue des extrémités d’une barre de bon *er fibreux par le procédé ordinaire, Procède toujours accompagné de nombreuses vibrations, et qu’on rompe enfile cette barre en travers, on trouvera Ijte la partie taraudée est beaucoup Plus cristalline que les autres portions, j autres ingénieurs prétendent au contraire que cette structure particulière le résultat d’un défaut originaire ^ns le travail des usines, et contestent les vibrations aient la moindre part a Cet effet, tandis que d’autres allè-oUent que la structure cristalline peut tjfe donnée au fer de différentes ma-,eres, comme par exemple en chauf-raut à plusieurs reprises une barre au mtge et la plongeant dans l’eau froide b en la martinant constamment à froid ^ÎJdant une demi-heure au plus. diffL Brunei pense toutefois que les . nerences apparentes qu’on remarque b* la rupture dépendent beaucoup ro’a manière suivant laquelle le fer est
- pie U' Peul (Iue m^me L Ce de fer présente une cassure fi-
- WUSe ffuand on la rompt par un coup 1 e* lourd, et une cassure cristalline
- quand on la rompt par un coup vif et net. La température a aussi à elle seule un effet marqué sur la cassure ; du fer rompu à l’état froid présente une structure plus cristalline que le même fer chauffé légèrement.
- Les mêmes effets, suivant quelques autres ingénieurs, s’étendent aussi à la fonte de fer.
- Nous nous sommes efforcés d’examiner expérimentalement cette question de différentes manières.
- Une barre carrée de fonte de 3 pouces de côté (0m,076‘2) a été placée sur des appuis distants entre eux d’environ 14 pieds (4mèt-267). On a suspendu une sphère pesante à un fil métallique de 18 pieds (5mèt486) de longueur à la charpente du toit d’un bâtiment, de manière à ce que cette sphère touchât le centre d’une des faces latérales de la barre. En écartant cette sphère de la position verticale à angle droit avec la direction de la barre à la manière d’un pendule et à des distances données quelconques, puis la lâchant tout à coup, on parvenait à frapper la barre d’un coup horizontal dont la force pouvait être réglée à volonté en faisant varier la dimension de la sphère et la distance à laquelle on la rendait libre. Diverses barres (quelques-unes de dimensions plus petites que la précédente) ont été soumises avec cet appareil à une succession de coups qui se sont élevés dans le plus grand nombre des cas à 4,000; la force du coup dans chaque série d’expériences étant rendue plus ou moins grande suivant l’occasion. Le résultat général qu’on a obtenu, c’est que lorsque le coup était assez énergique pour faire fléchir les barres de la moitié de leur inflexion ultime (c’est-à-dire celle qui correspond à leur rupture sous une pression morte), aucune d’entre elles n’a pu supporter 4,000 de ces coups successifs, et au contraire que toutesces barres (quand elles étaient saines) ont résisté aux effets des 4,000 coups, lorsque ceux-ci ne les ont fait fléchir que du tiers de leur inflexion ultime.
- D’autres barres de fonte, ayant les mêmes dimensions, ont été soumises à l’action d’une came tournante mise en action par une machine à vapeur. Cette came les faisait doucement fléchir au centre et leur permettait ensuite de revenir à leur première position. L’opération a été poursuivie dans quelques cas jusqu’au nombre de 100,000 flexions périodiques successives pour chacune de ces barres et au taux d’environ quatre par minute. On a aussi essayé une
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- autre disposition au moyen de laquelle ta barre tout entière était pendant la flexion soumise à un violent tremblement. Ces expériences ont eu pour résultat que lorsque la flèche de courbure était égale au tiers de celle ultime, les barres n’étaient nullement affaiblies. C’est ce dont on s’est assuré en les rompant à la manière ordinaire, au moyen de charges fixes placées au centre. Mais lorsque les flèches produites par la machine s’élevaient à la moitié de celle ullime, les barres rompaient décidément après moins de 900 dépressions , résultat qui est d’accord avec le piécé-dent et le confirme.
- A l’aide d'un autre mécanisme, un poids égal à la moitié de la charge de rupture a été charrié lentement et continuellement en avant et en arrière d’une extrémité à l’autre d’une barre portant les mômes dimensions que la précédente.
- Cette barre, quand elle était saine, n’a pas présenté de signes apparents d’affaiblissements après 96,000 voyages de ce poids.
- On peut donc dire en résumé, en ce qui concerne les effets d’une flexion réitérée, que les barres ou longrinesen fer doivent recevoir des dimensions telles qu'elles n’éprouvent qu’une inflexion qui soit à peine le tiers de celle ullime ou de rupture. Or, comme on va faire voir que l’inflexion produite par une charge donnée, posée au repos sur la barre, augmente considérablement par l’effet du choc aussi bien que par le mouvement imprimé à la charge, il en résulte que fixer la charge maxima au sixième de celle qui produirait la rupture, est une limite qui parait à peine suffisante pour assurer la sécurité , en supposant même que cette barre fût parfaitement saine.
- Dans les barres de fer forgé, il n’y a pas eu d’effet sensible produit par 10,000 dépressions successives, au moyen de la came tournante, lorsque chaque inflexion a été due à la moitié du poids, qui appliqué sialiquement, produisait une grande inflexion permanente.
- Relativement au second chef, c’est-à-dire la recherche des effets mécaniques des chocs et des poids en mouvement,. on a fait un grand nombre d’expériences pour jeter quelque lumière sur l’action de la force vive des corps pesants sur des barres ou des lon-grines. D’après ces expériences, il paraîtrait que des barres de fonte de même longueur et de même poids frappées horizontalement par la même sphère (au moyen de l'appareil ci-dessus dé-
- crit pour mesurer l'effet d’une force vive longtemps répétée;, présentent la même résistance au choc, quelle que soit la forme de leur section iransverse, pourvu que l’aire soit la même. Ainsi une barre de 6-j-l,5 pouces (0"\152-{-0m,038) de section placée sur des appuis distants entre eux de 14 pieds (4m,267) a exigé un coup de même force pour se rompre au milieu, qu’on la frappât, soit sur la plus grande face, soit sur la plus petite, et il a fallu autant de coups pour rompre une barre carrée de même longueur, dont la section était 3 —j— 3 pouces (0m,0762-j-01*, 0762), et par conséquent de môme aire et rie même po:ds que la première.
- Une autre série d’expériences entreprises avec le même appareil a montré, entre autres résultats, que les inflexions des barres en fer forgé produites par la sphère qui les choquait, étaient proportionnelles à fort peu près à la vitesse du corps choquant. Les flèches dans la fonte sont plus grandes que proportionnellement à celte vitesse.
- On a entrepris un autre cours d’expériences pour rechercher les effets de charges additionnelles réparties uniformément sur la pièce pour augmenter sa masse ou sa faculté de résister au choc de la même sphère tombant perpendiculairement sur elle. On a trouvé que leS pièces ou barres de fonte chargées jus* qu’à un certain degré avec des poids répartis sur toute leur longueur, et qu.' s’y trouvaient attachées de manière a ne pas s’opposer à sa courbure, résistaient à un choc plus énergique de la part du même corps tombant sur elles que lorsqu’elles n'étaicril pas chargées, dans le rapport de deux à un. Les bar-res dans ce cas étaient frappées au mi" lieu par la même sphère tombant verticalement de hauteurs différentes, eI les flèches étaient à peu près propor" tionnelles à la vitesse du corps choquant.
- Nous avons aussi entrepris une séri® d'expériences pour comparer l^e mécanique produit par des poids paS* saut avec plus ou moins de vitesse s}j des ponts avec leur effet lorsqu* étaient placés en repos sur ceux-c -Pour cet objet, et entre antres on a construit un appareil à l’aide «“J quel un chariot chargé à volonté o différents poids pouvait descendre long d’un plan incliné. Les barres q étaient l’objet de l’expérience claie fixées horizontalement au bas du P,a de manière que le chariot chargé Pa* sur elles avec la vitesse acquise P
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- sa. descente. C’est ainsi qu’on pou-
- observer et comparer les effets des Gifierentes vitesses imprimées au cha-r)°t pour fléchir ou rompre les barres ayec les effets des mêmes charges pla-cees au repos sur les barres.
- . £ot appareil a été établi sur une echelle suffisamment grande pour don-?,er une valeur pratique aux résultats;
- * extrémité supérieure du plan incliné était à peu près à 40 pieds ( 12mèt-192) au-dessus de la portion horizontale, et
- couple de rails à la distance de 3 P'eds (0m,9H) était établi sur toute sa longucur pour guider le chariot qui Pouvait recevoir une charge d’environ deux tonnes. Les barres soumises à cette épreuve avaient 9 pieds (2",743} de longueur, et formaient dans la parue horizontale la suite de ce rail-way. pnfln le plan incliné et celui horizon-*a' se raccordaient l’un à l’autre par J|ne courbe légère. On avait adapte aux narres d’essai des dispositions propres à enregistrer les inflexions produites par le passage du chariot chargé. On a me-suré également la vitesse imprimée à cp chariot, vitesse naturellement bor-nee par la hauteur du plan , la plus 8r«mde qu’on ait pu obtenir ayant été de43 pieds (13mè£-106) par seconde, ou environ 30 milles à l’heure (48 kilom., °u plus exactement 47kil 182).
- On a fait un très-grand nombre _ expériences avec cet appareil, afin de comparer les effets de différentes charges et de vitesses variées sur des barres de diverses dimensions, et le résultat général auquel on est parvenu est que la flèche due à une charge qui parcourt üne barre est plus grande que celle Produite par la même charge placée au rePos au milieu de cette barre, et que cette flèche augmente avec la vitesse, ^'nsi, lorsque le chariot portant une c«arge de 1,120 livres (507ki>808) était Placé en repos sur un couple de barres en fonte de 9 pieds (2m,743) de lon-gueur, 4 pouces (0m,1015) de largeur et Vf pouce (0m,038 ) de hauteur, il donnait lieu à une flèche de 6/10 de pouce
- 01524), tandis que lorsqu’on le fai— ®a,t passer sur les barres avec une vinsse de 10 milles (16 kilom.) à l’heure,
- * flèche s’élevait jusqu’à 8/10 de pouce
- 02038) en augmentant ensuite sous ne vitesse croissante, au point que ous |a vitesse de 30 milles à l’heure, ?Je est devenue égale à 1 1/2 pouce j0381 ), c’est-à-dire plus du double e la flèche statique.
- Puisque la vitesse augmente d’une manière aussi considérable l’effet dû à ne charge donnée pour faire fléchir
- une barre, il en résulte que cette barre sera rompue par une charge en mouvement beaucoup moindre que celle qu’elle peut porter on repos. Ainsi, dans l’exemple choisi ci—dessus, il faut un poids de 4,150 livres (t88lki,6IO) appliqué à l’état de repos au centre des barres pour les faire rompre, tandis qy un poids de 1778 livres (806kil145) suffit pour opérer la rupture quand il passe sur elles avec une vitesse de 30 milles à l’heure.
- Il paraîtrait aussi que lorsque la charge est en mouvement, les points de plus grande inflexion, et qui plus est, ceux du maximum de tension, ne restent pas au centre des barres, mais se rapprochent des extrémités. Les barres qui ont été rompues par des charges en mouvement ont toujours cédé dans des points en dehors de leurs centres, et souvent en se brisant en quatre ou cinq morceaux, indiquant ainsi les efforts énormes et insolites auxquels elles ont été exposées.
- Nous nous sommes efforcés de découvrir les lois qui servent à lier les résultats entre eux et avec la pratique, et à cet effet, nous avons fait établir un appareil plus petit et plus délicat pour étudiet les phénomènes dans leur forme la plus simple, c’est-à-dire dans le cas d’un seul poids passant sur une barre légère élastique. En effet, le poids en voyageant sur la barre la fait fléchir, et par conséquent, la roule ou trajectoire que parcourt le centre de ce poids, au lieu d’ètre une ligne droite horizontale comme il arriverait si la barre était parfaitement rigide, devient une courbe dont la forme dépend du rapport entre la longueur, l’élasticité et l’inertie de la barre, la grandeur du poids et la vitesse qu’on lui communique. Si on pouvait parvenir à déterminer parfaitement, et dans tous les cas, la forme de cette courbe, les effets des charges voyageant sur des barres seraient connus ; mais malheureusement le problème en question est tellement compliqué que sa solution analytique complète paraît dans Je moment actuel surpasser les ressources de l’analyse, excepté dans le cas le plus simple et le plus élémentaire, c’est-à-dire celui où la charge est disposée de manière à ne presser sur la barre que par un seul point de contact, ou en d’autres termes où la charge est considérée comme un point pesant en mouvement. Dans la pratique , au contraire , une seule voiture à quatre roues touche chaque rail ou longrine en deux points et une machine locomotive à six roues avec son
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- tender à cinq ou six points de contact de chaque côté , ce qui complique considérablement le problème.
- Le petit appareil dont on vient de parler était disposé de manière à remplir la condition simple que la charge ne pe^àt que sur un point seulement de la barre et était aussi muni d’une disposition au moyen de laquelle on pût examiner les effets des différentes proportions données à la masse de la barre, relativement à celle de la charge. D’après la nature du problème, il convient de considérer en premier lieu les formes qu’affectent les trajectoires qui sont décrites et les flèches correspondantes de la barre, lorsque la masse de celte barre est excessivement petite, comparativement à celle de la charge.
- Après avoir déterminé ces formes dans différents rapports de longueur de pont, la flèche statique de celui-ci et la vitesse de la charge voyageuse, nous avons recherché aussi l’effet qu’une masse proportionnellement plus grande donnée à la barre ou au pont pouvait avoir sur le fléchissement. Nous avons été notablement secondés dans ce travail par les recherches analytiques complètes et étendues que M. G. Strokes a entreprises à la prière des membres de la commission ; malheureusement la difficulté extrême du problème a rendu sa solution impossible, excepté dans le cas où la masse du pont est supposée être excessivement petite, comparativement à celle de la charge, ainsi que dans le cas contraire où la charge est
- supposée petite par rapport à celle du pont. Les exemples qu’on rencontre dans la pratique sont placés entre ces deux extrêmes, cardans les expériences de la commission exécutées a Ports-moulh sur le plan incliné déjà décrit, le poids de la charge était de trois à dix fois celui de la barre, et c’est là un rapport bien plus considérable que celui qui se présente dans les ponts, d’une parla cause de la nécessité d’employer dans les expériences des barres très-flexibles, pour rendre les changements d’inflexion suffisamment apparents, et de l’autre à raison de la grande différence dans la longueur ; car si on employait dans les expériences des barres présentant le même rapport de poids que la charge, la flèche deviendrait tellement faible qu’elle serait à peine appréciable. C’est ce dont il est facile de se convaincre quand on saura que sur un pont de 33 pieds (10m,582) de longueur on n’admetordinairement qu’une flèche de 1/4 de pouce (Om,006345). flèche qui n’est pas la 1/1440® partie de la longueur, tandis que dans les expériences on a été forcé d’admettre des flèches de deux pouces (0m 0508) et plus. Dans les ponts actuels d’environ 40 pieds ( 12m,l91) d’ouverture, le poids de la locomotive et du tender est fort à peu près le même que celui de la moitié du pont sur lequel la machine passe et dans les grands ponts le poids de la charge est de beaucoup inférieur à celui de ce pout.
- ( La suite au prochain numéro.)
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- LEGISLATION ET JHKISPRBDENCE INDUSTRIELLES.
- Put M. Vassbrot , avocat à la Coût d'appel de Paris.
- LEGISLATION.
- Conseil général de l’agriculture ,
- OES MANUFACTURES ET DD COMMERCE.
- ~~ Décret.
- Un décret ordonne la réunion d’un ^oseii général de l’agriculture, des ^«ufactures et du commerce.
- Ce décret se fonde sur deux ordonnances royales , l’une de 1831, l’autre de 1841.
- La première organisait trois conseils :
- Celui du commerce était composé de graille membres nommés par les ^ambres du commerce ;
- Celui des manufactures, decinquante ^fbres, dont vingt nommés par vingt coanabres consultatives des arts et manufactures désignées, et trente par le istre du commerce et des travaux
- Publics ;
- Celui de l’agriculture comprenait :rente membres, nommés par le minis-re du commerce etdes travaux publics. ..Ces trois conseils avait une existence .e6nie, une organisation distincte, et eUrs travaux spéciaux seulement des finissions mixtes; des membres des fs conseils ou de deux d’entre eux, fant les matières, pouvaient être epnies, quand le ministre le croyait f *'e ou quand la demande lui en était
- ^oici la nouvelle organisation pré-ftant une heureuse combinaison par ^ rôunion de toutes les personnes com-E°sant les trois conseils :
- Ce président de la République, f r le rapport du ministre de l’agri-dure et du commerce ; e. ^& les ordonnance des 29 avril 1831 29 octobre 1841, relatives aux con-
- . seils généraux de l’agriculture, des ma _ nufactures et du commerce,
- Décrète :
- Art. 1er. Un conseil général de l’agriculture, des manufactures et du commerce, se réunira le 6 avril prochain, au palais du Luxembourg sous la présidence du ministre de l'agriculture et du commerce.
- Art. 2. Ce conseil sera composé de 236 membres nommés, savoir :
- 86 agriculteurs, par le ministre de l’agriculture et du commerce ;
- 51 industriels, par les chambres consultatives des arts et manufactures désignées au tableau ci-annexé ;
- 65 commerçants, par les chambres de commerce, conformément au tableau ci-annexé ;
- 34 membres appartenant aces mêmes catégories, nommés par le ministre de l’agriculture et du commerce, conformément à l’art. 6.
- Art. 3. Le ministre de l’agriculture et du commerce nommera, pour chacun des départements du territoire de la République, un membre choisi parmi les propriétaires ou les agriculteurs résidant habituellement dans le département.
- Art. 4. Les chambres consultatives désignées au tableau ci-annexé éliront chacune un industriel domicilié dans leur circonscription, exerçant ou ayant exercé l’industrie pendant cinq ans au moins.
- Art. 5. Les chambres de commerce désignées au tableau ci-annexé éliront un ou plusieurs commerçants domiciliés dans leur circonscription, exerçant ou ayant exercé le commerce pendant cinq ans au moins.
- Art. 6. Le ministre désignera, en
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- dehors des membres nommés en vertu des articles précédents,
- Savoir :
- Dix membres pour l’agriculture;
- Huit membres pour les manufactures;
- Huit membres pour le commerce;
- Huit membres pour l’Algérie et les colonies.
- Art. 7. Les fonctions des membres seront entièrement gratuites.
- Art. 8. Le conseil nommera trois vice-présidents.
- En l'absence du ministre, le conseil sera présidé par le vice-prèsidpnt présent, qui aura, lors de son élection, obtenu le plus de suffrages.
- Art. 9. Le conseil sera appelé à délibérer sur les questions soumises à son examen par le ministre de l’agriculture et du commerce.
- Les trois dernières séances du conseil pourront être consacrées à délibérer sur les vœux, propositions ou réclamations émanés des chambres consultatives, des chambres de commerce, des sociétés ou comices agricoles, ou de l’initiative des membres.
- Art. 10. Des commissaires désignés par le ministre et pris dans le sein de l’administration seront chargés d’exposer les questions sur lesquelles les membres du conseil seraient appelés à délibérer en réunion générale, en comités ou en commissions, et de donner les explications de détails et la communication des documents administratifs jugés nécessaires.
- Art. 11. Des employés du ministère de l’agriculture et du commerce seront délégués pour remplir les fonctions de secrétaires auprès du conseil.
- Art. 12. La durée de la présente session est fixée à un mois.
- Art. 13. Toutes les dispositions des ordonnances des 29 avril 1831 et 20 octobre 1841, relatives aux conseils généraux de l’agriculture et du commerce, sont et demeurent abrogées.
- Fait à l’Élysée, le 1er février 1850. Louis-Napoléon Bonaparte.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce,
- Dumas.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre civile.
- Prise d’eau.—Servitude.—Travaux-
- Les propriétaires riverains d'un cours d'eau ayant droit d'en user pouf leur utilité commune, ont entre eux des rapports tels que leurs héritages sont grevés les uns envers les autres de véritables servitudes résultant de la situation des lieux.
- Bien que le riverain inférieur soit tenu de souffrir la prise d’eau existant au profit du riverain supérieur* il peut, sans porter atteinte au droit de ce dernier, après avoir fait sur son propre fonds des travaux qul élèvent le niveau de l'eau, se fairs autoriser par justice à établir à ses frais, sur le fonds supérieur, des travaux qui élèvent proportion-nellement ta prise d'eau, pourvu que l'innovation opérée ne rends pas la prise d'eau moins commods ni l'eau moins abondante.
- Du moins l'arrêt qui le décidepar appréciation des faits de la cause et des titres respectifs des partie * échappe à la censure de la Couf suprême.
- Audience du 15janvier 1850. M. P°r' talis, premier président. M. Laviejlç » conseiller rapporteur. M. Nicias Gai*' lard, avocat général. MM. Verdier® et Pascalis, avocats.
- CHAMBRE DES REQUETES-Action en contrefaçon. — DemaU®®
- EN NULLITÉ ET DÉCHÉANCE DE 11RBVET'
- — Litispendance. — Connexité-
- Les art. 34 et 35 de la loi du 1844, qui veulent que les actions nullité et déchéance de brevet s0!e-is portées devant les tribunaux . du domicile du breveté, ne f° point obstacle à ce que, dans ^ .
- où un tribunal civil est déjà sa, d'une action en contrefaçon, le du domicile du breveté renvoi tribunal pour cause de conne
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- la demande en déchéance dont il n'a
- été saisi que postérieurement.
- « La Cour,
- » Attendu en droit qu’aux termes de
- • art. 171 du code de procédure civile , si la contestation est connexe à une cause déjà pendante à un autre tribunal , le renvoi peut être demandé et ordonné ;
- » Attendu que la loi du 5 juillet 1844, sur les brevets d’invention, ne contient aucune dérogation à ce principe ; que
- * art. 34 de celte loi, qui attribue aux tribunaux civils la connaissance des demandes principales en nullité ou en déchéance de brevet d’invention, ne met point obstaclè à ce que ces demandes soient renvoyées a un autre tribunal saisi d’une demande connexe;
- » Que ce tribunal, égal en pouvoir à celui postérieurement saisi de la demande en nullité, a la plénitude de juridiction pour la juger;
- » Attendu que l’art. 35, portant que cette demande doit être portée devant le tribunal du domicile du breveté, ne fait que rappeler la règle actor sequi-ftir forum rei, sans préjudice des exceptions dont ce principe peut être susceptible, et notamment dans le cas de connexité prévu par l’art. 171 du code de procédure civile ;
- » Que l’art. 46 de la loi du 5 juillet 1844, pour le cas où l’action en contrefaçon est portée devant la juridiction correctionnelle, rappelle et consacre de nouveau le principe que le juge de l’action est le juge de l’exception ;
- » Attendu eu fait que la demande en nullité du brevet d’invention de Lefebvre Chabert, portée par Geoffroy-Muller devant le tribunal civil de la Seine , n’était que la défense à l’action en contrefaçon dont le tribunal de Houen avait été précédemment saisi par Lefebvre-Chabert ;
- » Que ces deux actions étaient connexes, et qu’en renvoyant la seconde demande aux juges saisis de la première, l’arrêt attaqué, loin de violer Jes art. 34, 35 et 37 de la loi du 5 juillet 1844, n’a fait au contraire qu’une înste application des principesauxquels c.etle loi n’a apporté aucune dérogation... »
- •Audience du 3 décembre 1849. M.Langui, président. M. Glandaz, conseiller rapporteur. M. Freslon, avocat général. M* Martin (de Strasbourg), avocat.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre des requêtes.
- Mines. — Amodiations partielles. — Validité. — Travaux. — Autorisation.
- Les amodiations partielles de mines sont-elles nulles?
- N'est-il pas plus vrai de dire que, d'après l'art. 7 de la loi du 27 avril 1838, ces conventions sont permises, sauf aux parties à justifier devant l'autorité administrative des conventions spéciales assurant l'unité de la direction des travaux et leur coordination dans un intérêt commun ? (Non résolu.)
- En admettant la validité d'un pareil contrat, le concessionnaire amodia-teur qui a refusé à l'amodiataire son intervention auprès de l’autorité administrative, pour obtenir l'autorisation des travaux , peut-il demander la résolution du contrat, sous prétexte que l'amodiataire aurait commencé les travaux sans l’autorisation administrative ?
- L'amodiataire ne peut-il pas répondre, d’une part que dans un contrat synallagmatique celle des parties qui manque la première à ses obligations ne peut demander la résolution en se fondant sur ce que l’autre partie aurait violé le contrat, et d’autre part, que dans tous les cas l'amodialeur n'a pas qualité pour se plaindre d’un fait qui ne constituerait qu'une simple contravention à la police des mines, et qui à ce titre ne pourrait donner lieu à l’application des peines administratives? [rés. aff.)
- Audience du S janvier 1850. M. Las-sagni, président. M. Glandaz, conseiller rapporteur. M. Rouland , avocat général. Me Rousseau, avocat.
- Bac particulier. — Concession de péage. — Concurrence.
- Le concessionnaire d’un droit de péage sur un pont appartenant à l’État
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- est fondé à se plaindre de l’usage d’un bac particulier fait par un riverain , alors même que c’est pour son utilité privée et l’exploitation de la propriété au milieu de laquelle passe la rivière.
- Le propriétaire riverain ne peut se soustraire à cette action qu’en se munissant au préalable de l’autorisation administrative, conformément aux lois des 6 brumaire an vu et 14 floréal an x.
- Audience du 9 janvier 1850. M. Las-sagni, président. M. Rouland, avocat général. Me Pascalis, avocat.
- COUR D’APPEL DE PARIS.
- Toiles vésicantes. — Dessins de FABBIQUE.
- La toile vésicante est tombée dans le domaine public ; tous les pharmaciens peuvent donc en vendre. M. Le-perdriel, pharmacien, a usé de ce privilège en introduisant dans la fabrication de ces toiles deux modifications : la première est de leur donner une couleur rouge, la seconde est d’y imprimer une division métrique. M. Del-vallée, pharmacien, a cru pouvoir adopter pour les mêmes produits une semblable couleur et une égale division , à la différence seulement que les toiles de M. Delvallée portent les initiales D. V, et celles de M. Leperdriel son nom entier.
- M. Leperdriel a cru voir dans cette imitation une usurpation de titre et de marque.
- Et à la date du 15 mai 1849, le tribunal de commerce a rendu le jugement suivant, dont la cour a adopté les motifs :
- Attendu qu’il résulte des pièces produites, que Leperdriel livre au commerce une toile sur laquelle il a adapté une couleur rouge, et qu’il y a imprimé une division métrique ; que , dès lors, cette disposition admise par lui constitue une propriété;
- Attendu que toute combinaison ayant pour effet d’imiter celte disposition est de nature à produire une confusion qui pourrait causer un préjudice appréciable, et que les dommages-intérêts seront suffisamment compensés par les dépens mis à la charge du défendeur ;
- Le tribunal fait defense à Delvallée de se servir de la couleur rouge et de la division avec indication de chiffres semblable à celle dont se sert Leperdriel, sinon dit qu’il sera fait droit, et
- condamne Delvallée aux dépens pour tous dommages-intérêts.
- Deuxième chambre. Audience du 21 janvier. M. Delahaye, président. MM. Dejouy et Et. Blanc, avocats.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- TRIBUNAL CORRECTIONNEL
- (jSeine. )
- Contrefaçon artistique.— La Femme
- PIQUÉE d’un SERPENT. — DROITS
- d’auteur. — Cession. — Double
- ACTION EN CONTREFAÇON.
- L'artiste qui a vendu une statue avec tous ses droits d'auteur, n'en conserve pas moins une action en contrefaçon contre les tiers, alors surtout que la reproduction qui en a été faite peut, par des additions ou suppressions , changer le caractère de son œuvre et porter atteinte à sa réputation.
- De son côté, le sous-cessionnaire a également une action à raison de la même contrefaçon, et peut dès lors intervenir dans l’instance cor-rectionelle pour se faire allouer une quote-part des dommages-intérêts, et cela encore bien qu'en achetant du cessionnaire primitif il ait personnellement renoncé au droit de reproduction, et se soit interdit de le céder d personne.
- Le 26 septembre dernier, M. Cle-singer, assisté d’un commissaire de police, se présente chez divers éditeurs et marchands de statuettes, et fait saisir toutes les épreuves d’une statuette représentant une femme couchée, comme constituant une contrefaçon de la statue en marbre par lu* exposée au salon de 1847.
- A la suite de cette saisie, M. Clesin-ger a assigné en police correctionnelle les sieurs Gauvain et Pierry, comme auteurs de la contrefaçon, et les sieurs Bouvet, Mathey, Hy-Lorin, Laudner, Picchi, Benoît et Mazarin , comme complices ou débitants ; concluant contre eux tous à 50,000 fr. de dommages-intérêts.
- Après différentes remises , l’affaire était indiquée pour l’audience du 22 décembre, lorsqu’à la’ date du 1°>
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- M. Laneuville, artiste peintre, assena, de son côté, tous les prévenus P°ur, attendu que M. Clesinger avait, en vendant cette statue à M. Mossel-mann,cèdé tous ses droits d’auteur, et Que ce dernier lui avait à son tour cédé tous ses droits, et qu’à lui seul dès lors appartenait de poursuivre les contrefaçons, lui voir donner acte de ce qu'il reprenait en son nom personnel, la demande et les conclusions de M. Cle-smger.
- C’est en cet état que s’est présentée 1 affaire à l’audience de la 7e chambre. « Le tribunal,
- » Attendu que Clesinger est l’auteur ue la statue dite la Femme piquée par un serpent, laquelle a figuré à l’exposition du Louvre de 1847 ;
- » Que le tribunal est saisi d’une plainte en contrefaçon de ladite statue, dirigée contre Gau vain et consorts, tout a la fois par le ministère public, auquel s’est joint Clesinger, comme par-he civile, et par la citation directe donnée à la requête dudit Clesinger, concluant, et par sa plainte, et par sa citation, à des dommages-intérêts ;
- » Que d’un autre côté, Laneuville, Propriétaire actuel delà statue, comme dantaux droits de Mosselmann, pour lequel Clesinger l’avait composée, a demandé acte de ce qu’il reprenait, en s°n nom personnel, les demandes et conclusions de Clesinger, et requérait leur adjudication à son profit;
- » Que ce conflit de prétentions donne oeu de rechercher à qui peut appartenir l’action, et d’abord si elle est Don recevable, comme le soutiennent jdusieurs des prévenus, et notamment fiy-Lorin ;
- » Attendu, en fait, que par la convention, intervenue le 12 juillet 1846, cotre Clesinger et Mosselmann, par laquelle le premier a vendu au second fadite statue, moyennant la somme de ®>000 fr., il a été dit que Clesinger comprenait dans ce prix ses droits d auteur, et s’interdisait toute reproduction; que Mosselmann aurait seul 6 droit d’autoriser ou de vendre ;
- * Que, par la convention entre Mos-Seluiann et Laneuville , par laquelle d-lui-ci est devenu acquéreur de la Scuae statue, il a été stipulé que ledit £®osselmann, ayant acheté de Clesin-°cr son droit de reproduction, s’engageait envers Laneuville à n’en faire au-dn usage, soit en grand, soit en petit, jd déclarant qu’aucune reproduction * avait été faite jusqu’à ce jour, et que aneuville, de son côté, s’engageait overs son vendeur à ne la reproduire
- d’aucune manière, et à ne la vendre qu’avec cette condition expresse ;
- »Que, de ces faits, les prévenus concluent à tort que Clesinger n’a pas d’action en contrefaçon; que, conséquemment, la saisie* qu’il a fait faire est nulle; que Laneuville, qui ne fait que reprendre les conclusions de Clesinger, n’a pas plus de droits que lui, et que l’un et l’autre doivent être ècar-tés ;
- » Qu’il suit de ces dernières conventions qu’en l’état, si nul n’a le droit de reproduire ladite stalue, soit par le moulage, soit de toute autre manière, il n’en résulte pas qu’elle soit tombée dans le domaine public et que les prévenus aient pu en faire des copies, qu’il faut en conclure, au contraire, que les droits de propriété sont demeurés entiers, et que l’artiste auteur delà statue a action contre les contrefacteurs, s’il justifie d’un intérêt légitime à poursuivre le délit ;
- » Attendu, qu’indépendamment de l’intérêt pécuniaire, il existe pour l’artiste un intérêt plus précieux, celui de sa réputation ;
- » Attendu que d’une part l’addition faite à l’épreuve trouvée et saisie cheï Gauvain d’un enfant placé dans une position non équivoque, donne à l’œuvre un aspect immoral ;
- » Que d’autre part la suppression du serpent présente la statue avec un caractère tout autre que celui qu’a entendu lui donner l’auteur;
- » Que sous ce point de vue les autres statuettes saisies, en conservant une ressemblance frappante avec la statue de Clesinger n’en doivent pas moins être rangées parmi les productions que recherche la licence et que repoussent la décence et la morale ;
- » Que de son côté, Laneuville a un intérêt à conserver unique l’œuvre dont il est devenu possesseur, et que, sous ce rapport, la contrefaçon lui est d’autant plus préjudiciable, que l’on doit considérer comme certain que les épreuves saisies ne sont pas les seules existantes;
- » Qu’il suit de là que l’action de Clesinger est recevable, et que par suite l’intervention de Laneuville ne saurait être écartée;
- » Qu’en principe, toute personne peut intervenir lorsqu’elle aurait le droit d’attaquer, par tierce opposition , le jugement qui serait rendu en son absence ;
- » Attendu que la fin de non-recevoir écartée en ce qui concerne faction directe de ClesiDger, et l’inter-
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- vention de Laneuville, le bien fondé de la poursuite résulte des motifs mêmes sur lesquels est basée la décision de cette question préjudicielle , puisque pour lapprécicr, le tribunal a considéré comme constant qu’il y avait contrefaçon et préjudice matériel et moral;
- » Attendu que vainement Gauvain allègue pour excuse qu’il aurait acheté une épreuve sur laquelle il en a fait mouler d'autres; que, d’une part, cette allégation n’est pas justifiée; qu’en supposant ce fait vrai, son vendeur n'aurait pu lui céder un droit qu'il n’avait pas lui-même ; que ni lui ni les autres prévenus ne peuvent arguer de leur prétendue bonne foi ; qu’une œuvre capitale, comme celle deClesinger, est connue de tout le monde artistique. Que conséquemment tout détenteur d’épreuves contrefaites ne peut ignorer le nom de l’auteur ; que quant à Gauvain , le fait est d'autant plus certain, que c’est comme reproduction de la statue de Clesinger que l’épreuve brisée a été présentée, ainsi que le constate le procès-verbal du commissaire de police ;
- » Attendu que si, à raison des conventions ci-dessus visées, le préjudice matériel se trouve considérablement atténué, il ne subsiste pas moins un dommage, pour lequel il est dû réparation; que le tribunal a les éléments suffisants pour fixer l’indemnité ; qu’il reste à déterminer la part de chacun des prévenus dans la perpétration du délit;
- » Attendu que Gauvain est incontestablement le plus coupable, puisque non-seulement il a contrefait l’œuvre de Clesinger, mais par l’addition qu’il y a faite, il a porté une atteinte grave à l’honneur et à la considération de cet artiste;
- » Quant à Mathey et à Bouvet, attendu qu’ils n’ont coopéré à la contrefaçon que comme simples ouvriers de Ga'uvain; qu’ils ont pu ignorer qu’ils contrefaisaient une œuvre dont leur maître n’avait pas la disposition ;
- » Attendu qu’après Gauvain arrive Pierry, qui est convenu avoir moulé et vendu un assez grand nombre de statuettes; que faisant lui-même le commerce des plâtres, il est réputé avoir connu l’origine de la statue , et avoir agi sciemment; que les autres prévenus peuvent non plus arguer de leur prétendue ignorance , et par suite de leur bonne foi; que faisant le commerce des plâtres, ils ne doivent exposer en vente que ceux qui sont dans le commerce ; que vainement, disent-ils,
- qu’ils n’ont vendu aucune épreuve; que l'exposition en vente équivaut à cette vente ;
- » Vu les art. 425 et 427 du Code pénal :
- » Et atlendu que d’après les conventions intervenues avec Mosselmann, la statue ne peut être reproduite sous aucune forme, que c’est dès lors le cas d’ordonner la destruction des moules et épreuves saisis;
- » Par ces motifs,
- » Reçoit Laneuville, partie intervenante etjoinle, lui donne acte de ce qu’il requiert l’administration à son profit, des conclusions prises par Clesinger. et statuant sur les diverses plaintes et demandes jointes,
- » Déclare Gauvain et Pierry coupables du délit de contrefaçon de la statue dont il s’agit, et les condamne comme tels : Gauvain à une amende de 201) fr., Pierry aune amende de 100 fr. ;
- » Condamne Laudner , Hy-Lorin . Benoît, Mazarin et Picchy, comme débitants, chacun à une amende de 25 fr.;
- » Condamne Gauvain à payer, à titre de dommages-intérêts, à Clesinger, *3 somme de 300 fr. et à Laneuville celle de 300 fr.; Pierry à payer à Clesinger la somme de 200 fr. et à Laneuville celle de 200 fr. ;
- » Déclare n’y avoir lieu à condamner les débitants à des dommages-intérêts;
- » Ordonne que les condamnation ci-dessus prononcées seront exécutées par corps; fixe à six mois la durée de ladite contrainte;
- » Ordonne la confiscation et la destruction des moules et épreuves saisis» » Renvoie Mathey et Bouvet des fi°s de la plainte ;
- » Condamne Clesinger et Laneu-ville, parties civiles, aux dépens envers le trésor public , et tous les défeu' deurs, sauf Mathey et Bouvet, aux dépens envers lesdits Clesinger et Da' neuville;
- » Ordonne que les dépens faits coU' tre Mathey et Bouvet seront suppôt par Gauvain; • rdu
- » Ordonne l’insertion du dispositif0 présent jugement dans deux journau^* au choix de Clesinger et Laneuville* aux frais des prévenus. »
- Audience des 22 décembre 1847 5 janvier 1850. Septième M. Fleury, président. MM. .. d’Est-Ange, Cresson, Bataille et V ragon, avocats. M. Oscar Devais l substitut.
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- juridiction commerciale, tribunal de commerce de paris.
- Ventb de procédés de fabrication d’engrais. — Partage de bénéfices. — Société. — Responsabilité.
- La concession du droit d'exploiter sur un point déterminé des procédés industriels, moyennant un partage de bénéfices et l'intervention du vendeur dans Vadministration de l'exploitation cédée, constituent une société qui rend le vendeur solidairement responsable des dettes contractées par l'acheteur dans l'industrie commune.
- Compagnie générale des engrais. — Vente des procédés.—Partage des bénéfices. — Société. —Responsabilité.
- Lu concession du droit d'exploiter sur un point déterminé des procédés industriels moyennant un partage de bénéfices, et l'intervention du vendeur dans l'administration de l'exploitation cédée, constituent une société qui rend le vendeur solidairement responsable des dettes contractées par l'acheteur dans l'industrie commune.
- La compagnie générale des engrais a concédé à M. Noury le droit d’exploiter ses procédés brevetés pour le curage des fosses d’aisances et la manipulation des engrais dans les villes de Reims , Epernay et Aï.
- M. Noury a formé à Reims une société en commandite pour l’exploitation de sa concession. Il a fait de mauvaises affaires et il est tombé en faillite en 18 W.
- . Cette faillite a amené une question Unportante et qui se représente souvent dans les concessions de ce genre.
- M. Louis Cherrier, au nom de la compagnie générale des engrais, avait ®l,Pulè que les bènélices nets résultant de l'exploitation de Noury, à Reims, fraient partagés par moitié entre Louis Uherrier et Cie et Noury ;
- . Que les moyens de transport des vidanges , au lieu de dépôt, seront loués dun commun accord entre les parties;
- Que Louis Cherrier et C1® se réservent la faculté, quand bon leur semblera , de vérifier et examiner la situation de la caisse et l’état des écritures de Noury; qu’à cet effet, ils se réservent la faculté de choisir, nommer et révoquer l’employé chargé de la tenue des livres, fixer ses appointements , les réduire ou augmenter ; lesquels, néanmoins, seront à la charge de l’exploitation et passés en frais généraux.
- Toutes ces stipulations donnaient au contrat un caractère de société : aussi MM. Louis Cherrier et Cie ont-ils eu soin de dire que le partage des bénéfices devait être considéré comme le prix de la concession de leurs procédés, sans qu’il pût en résulter l’idée d’une association contraire à l’intention des parties.
- Malgré celle précaution , les syndics Noury et Cie ont pensé que la convention du 14 septembre 1845 constituait une véritable société, et en conséquence ils ont fait assigner la Compagnie générale des engrais , connue aujourd’hui sous la raison Duguen et Cie, comme solidairement responsable des dettes de Noury.
- Le tribunal a statué en ces termes .
- » Attendu que les stipulations de partage des bénéfices résultant de l'exploitation de Noury, et la part dans la gestion de cette exploitation, que Louis Cherrier et CIe se sont réservés, donnent à la convention du 14 septembre 1845 tous les caractères d’une société en nom collectif.
- » Que s’il est dit dans l’article 8 que le partage des bénéfices entre Cherrier et Noury, doit être considéré comme prix de la concession, sans qu'il puisse en résulter l'idée d’aucune association contraire à l’intention des parties, il est certain que la nature d’un acte ne dépend pas de la qualification que les parties contractantes lui donnent, mais du but qu’elles se proposent, et de la nature même des conventions;
- » Qu’il s’ensuit que les syndics de la faillite E. Noury et Cie sont fondés, dans leurs prétentions, à faire considérer Louis Cherrier et Cie comme associés solidaires de l’établissement formé à Reims par ledit Noury.
- Par ccs motifs, le tribunal condamne la compagnie des engrais à verser dans les mains des demandeurs ès-noms qu’ils procèdent, ce qui reste du aux créanciers de E. Noury et Cie, avec dépens. »
- Audience du 21 janvier. M. De-
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- vinck, président. MM. Mathieu et Henry Cellier, avocats.
- JURIDICTION ADMINISTRATIVE.
- CONSEIL D’ÉTAT.
- Eaux de Paris. — Concessions et révocation. — Domaine public.
- Les eaux affectées au service de la villede Paris appartiennent au domaine public.
- En conséquence, les concessions qui ont pu être faites sont essentiellement révocables, surtout lorsqu’elles ont été faites à titre précaire et purement gratuit.
- Fabricants de vitraux peints.—Artiste. — Patente. — Exemption.
- Un fabricant de vitraux peints, qui ne vend que les produits de son art, doit être considéré comme artiste. et jouir à ce litre deV exemption portée en l'art. 13, § 3 , de la loi du 25 avril 1844, en faveur des peintres, graveurs, sculpteurs et dessinateurs.
- Audiences du mois de janvier 1850, M. Maillard, président.
- Sommaire de la part\e législative et juditiaire de ce numéro.
- Législation. = Conseil général de l’agriculture, des manufactures et du commerce. — Décret.
- Jurisprudence. = Juridiction civile. = Cour de cassation.=Chambre civile.^Prise d’eau. — Servitude. —Travaux. = Chambre des requêtes.=Âction en contrefaçon.—Demande en nullité et déchéance de brevet.— Litispendance. — Connexité. = Mines. — Amodiations partielles. — Validité. —Travaux. — Autorisation. = Bac particulier. — Concession de péage.—Concurrence.=Cour d’appel.=Paris. = Toiles vésicantes.—Dessins de fabrique.
- Juridiction criminelle. = Tribunal correctionnel de la Seine.=Contrefaçon artistique.— La femme piquée d’un serpent.— Droits d’auteur.—Cession.—Double action en contrefaçon.
- Juridiction coMMERciALE.^Tribunal de la Seine.=Vente des procédés de fabrication d’engrais.— Partage de bénéfices. — Société. —Responsabilité.
- Juridiction administrât! vE.=ConseiI d’É-tat. = Eaux de Paris. — Concession et révocation.— Domaine public. = Fabricants de vitraux peints. — Artiste. — Patente. Exemption.
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- BREVETS ET PATENTES.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau D’Irlande , du 17 janvier 1850 au 17 février 1850.
- 2® janvier. A. Swan. Appareils de chauffage, février. J. Hulot. Fabricalion de devant de chemises.
- 4 février. T.-S. Knowlys. Application et combinaison des produits minéraux et
- végétaux pour produire de la chaleur.
- 12 février. T.-H. Russell et J.-S. Woolrich. Procédés pour enduire le fer et certains autres métaux et alliages.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau D’Écosse, du 22 janvier 1850 au 21 février 1850.
- 23 janvier. J.-C. Robertson. Machines, appareils et procédés pour extraire, épurer, sécher et évaporer les substances (importation).
- 23 janvier. W.-T. Henley. Mode de communi cations télégraphiques et application aux machines.
- 2* janvier. C. Nickels. Fabrication des tissus de laine et autres.
- 2* janvier. E. Riepe. Fabrication de l’acier (importation ).
- 3| janvier. B. Thompson. Fabricalion du fer.
- 31 janvier. Th. Marsden. Machines pour peigner et préparer le lin, la laine et autres matières filamenteuses.
- 1,1 février. E. Galloway. Perfectionnements dans les fourneaux.
- **' R. Frayer, Gouvernail pour les vaisseaux.
- 6 février. M. Laird. Construction et doublage des vaisseaux en métal et appareil pour les diriger.
- 12 février. J. Templeton. Fabrication des tissus façonnés pour tapis.
- 12 février. W.-H. Green. Préparation de la tourbe et conservation des matières
- parles produits qu’on en extrait (importation ).
- 12 février. J. et J. Long. Appareil de gouver-
- nement des vaisseaux.
- 13 février. J. McDonald. Mode de graissage
- des arbres et des essieux.
- 13 février. W. Mayo Fabrication des eaux mi-
- nérales aérées et mode d’assemblage des objets en verre et en terre.
- 14 février. H. AIwood. Fabrication de l’ami-
- don.
- 15 février. W. Furness. Machine à couper, te-
- nouer, planer, mortaiser le bois, à affûter les outils, etc. (importation). 15 février. J. Mac-NeUl. Construction des locomotives et des chemins de fer.
- 21 février. L.-N. Le Gras. Séparation et désinfection des matières fécales et fabrication des engrais.
- 21 février. M. Cochran Fabrication et ornementation des tissus en général.
- 21 février. B. Goodfellow. Perfectionnement»
- dans les machines à vapeur.
- 22 février. Â.-V. Newton. Fabrication et raf-
- finage du sucre (importation).
- 22 février. E. Gaston. Combustible artificiel et machine pour sa fabrication.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau D’Angleterre, du 29 janvier 1850 au 28 février 1850.
- 29 janvier. R. Roberts. Fabrication de certains tissus unis, façonnés et à poil.
- 29 janvier. E. Riepe. Fabrication de l’acier ( importation).
- 29 janvier. J. Spiller. Nétoyage et mouture du grain.
- 29 Janvier. J. Mason. Machines à préparer, filer et lisser le coton et autres matières filamenteuses.
- 29 janvier. F. E. Colegrave. Chaîne de ridage et d’accouplement des wagons.
- 29 janvier JJ. Templeton. Fabrication des tissus façonnés et des tapis.
- 29 janvier. W.-E. Newton. Machine à fabriquer les chapeaux (importation).
- 31 janvier. T. Bury et N Ramsden. Machine à glacer, gauffrer et apprêter les tissus et le papier (importation).
- 31 janvier. A. Dummler. Mode pour obtenir des fibres de plantes textiles (importation ).
- 31 janvier. E.-J—II. Ylack. Perfectionnements dans la moulure.
- 7 février. E. Highton. Télégraphes électriques et communications télégraphiques.
- 7 février. C. Alherlon. Appareil pour régler l’admission de la vapeur dans les cylindres des machines à vapeur, etc.
- 7 février. T. Auchterlonie. Perfectionnement* dans la fabrication des toiles peintes.
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- 7 février. E. Ormerode. Appareil pour changer la position des voitures de chemins de fer.
- » février. L.-J.-J. de Serionne. Fabrication des boutons, et appareils pour cet objet.
- 9 février. B. Donkin Perfectionnements dans les machines à vapeur.
- ii février. R. Hnlliday. Lampes nouvelles.
- 11 février. W. Blinkhorn. Machine pour la fa-
- brication du verre.
- 12 février J. Webster. Fabrication du gaz d’é-
- clairage.
- 12 février. J. Macintosh. Mouvement et transport des liquides.
- 21 février. Th. Whiffen Machine pour enregistrer le débit des marchandises.
- 21 février. J.-P. Woolrich et J.-J. et T.-H. Russell. Extraction, du cadmium et auires métaux des minerais qui les renferment.
- 21 février. A.-V. Newton. Mode de séparation et d'assortiment des matières solides de différents poids spécifiques (importation).
- 21 février. J. Slack. Fabrication des tissus, et appareils pour cet objet.
- 21 février. A. Hédiard. Mode de propulsion.
- 2i février. G.-H. Palmer et J. Horion. Perfec-fectionnements dans la construction des gazomètres.
- 21 février. W. Cormack. Mode de purification du gaz d’éclairage.
- 21 février. W. Mayo. Fabrication des eaux mi' nérales et aérées et mode d’union des objets en verre et en terre.
- 21 février J. Scoffern. Fabrication et raffinage du sucre, etc.
- 21 février. C. Andrew et R. Markland. Ourdissoir et mode d’ourdissage des us-sus.
- 25 février. J. Hall. Nouveaux métiers de tissage.
- 27 février. B. Todd. Fabrication des acides arsénieux et sulfurique, des oxides d’antimoine et de zinc.
- 27 février. G. Gwynne. Fabrication du sucre.
- 2.7 février. M. Cochrane. Perfectionnements
- dans la fabrication des tissus.
- 28 février. J. Jeffreys. Mode pour prévenir et
- guérir les atfeciions de poitrine-
- 28 février. G.-T. Peppe. Perfectionnements dans les garde-temps.
- 28 février. G.-W. Lenox et W. Roberts. Per! feclionnements dans les guindeaux el les treuils.
- Patentes américaine récentes.
- E. Warner. Moules et noyaux perfectionnés < pour le moulage des tubes et tuyaux J en métal. !
- J- Ruggles. Mode de fabrication du vinaigre.
- A.-S. Grenville. Composition pour le graissage.
- D. Minesxnger. Cartouche métallique pour les armes à feu. ;
- L.-G. Curtis. Nouveau télégraphe indicateur. !
- S.-R. Hunier Mode de construction des roues de voitures.
- G.-H. Culting. Machine à tailler les engrenages d’angle.
- G.-H. Corliss. Perfectionnement dans le jeu
- des soupapes des machines à vape»r'
- H. Quinn. Mode de séchage des grains.
- J. Spangenberg. Mode pour égoutter et blan* chir les sucres.
- E. Salterlee. Méthode pour brunir les métaux.
- J. Spangenberg. Clarification des jus de can nés à sucre.
- B.-W. Bean. Machine à coudre les habits.
- G.-L. Masson. Mode de préparation de la la'ne et du coton pour la carde.
- J. Ericson. Emploi d’une machine auxilisjf® en combinaison avec la pompe condenseur.
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- Le Teohnolcxjiste. PI. 127.
- DuIûs sc.
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- LE TECHNOLOGISTE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Nouveau mode de fabrication du fer et de l'acier.
- Par sir F.-C. Knowles.
- . Celte invention embrasse quatre objets différents :
- 1° La fabrication du fer malléable avec les minerais de ce métal par voie directe et sans aucune fusion préalable de ceux-ci.
- 2® La fabrication de l’acier directement avec ce minerai.
- 3° La préparation des minerais par ^ne cémentation préalable dans des Cornues ou des fours dislinctsdes hauts fourneaux, afin d’en fabriquer de la fonte en les faisant fondre ensuite dans ces fourneaux à la manière ordinaire.
- A* La substitution de certains mine-rais de fur à la castine ordinaire pour servir de fondant dans la fabrication de *a fonte.
- Pour résoudre les deux premiers Pcoblèmes, je fais choix des minerais es plus exempts de matières terreuses ef qui se rapprochent le plus possible Par lPur composition des oxides purs de .,er- Quant à la troisième question , J emploie tous les minerais de fer in-'sfiuclemenl, à l’exception seulement ceux qui renferment en abondance ?u soufre et de l’arsenic, c’est-à dire a Peu près tous les minerais dont on
- Le Teehnologitte. T. XL —Mai 1850.
- fait usage aujourd'hui dans la fabrication de la fonte.
- On brise d’abord ces minerais en morceaux de grosseur modérée , de manière que, réunis en tas. ils présentent des intervalles susceptibles de livrer assez facilement passage aux gaz et aux vapeurs. De plus, si ces minerais renferment des matières volatiles ou gazeuses, autres que l’oxigène, dans leur composition, et s’ils contiennent de l’eau de combinaison comme hydrates, ils doivent être grillés par l’une ou plusieurs des méthodes actuellement en usage, de manière à en chasser cette eau, ces gaz ou ces vapeurs. Ces minerais ayant été ainsi préparés , sont ensuite traités de la manière suivante.
- On les introduit dans des cornues aussi imperméables qu’il est possible à l’air et aux gaz , et on chauffe ces cornues à la chaleur rouge ou plus, au moyen de combustible brûlant dans un four ou un fourneau, dans lequel les cornues ont été convenablement disposées. Chacune de ces cornues(dont on emploie une série suivant la quantité de minerais à cémenter, ainsi qu’on l’expliquera plus loin ) est en communication avec des tubes à gaz pourvus de robinets d’entrée et de sortie, de manière à pouvoir faire passer un courant des gaz ou des vapeurs dont il sera question ci-apres à travers leur contenu , ou à l’interrompre à volonté, suivant les exigences du travail. Toutes
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- ces cornues sont pourvues à l’intérieur d’un petit jet de gaz pour prévenir toute explosion avant qu’elles ne soient débarrassées de l’air atmosphérique qui s’y trouve contenu après qu’elles ont été chargées de minerai et fermées. On prévient ces sortes d’explosions en allumant ce jet de gaz et le laissant brûler quelque temps encore après que la cornue a été chargée et close , ce qui consume tout l’oxigène nécessaire à ces détonations. Cela fait, on éteint le jet en fermant les robinets d’entrée et de sortie placés à l’extérieur de la cornue, et pendant tout ce temps , on maintient une combustion lente dans le foyer en fermant le registre. Les tubes à gaz sont tous piqués sur deux grosses conduites dont l’une amène le gaz d’un gazomètre d’un établissement d’éclairage aux cornues, et l’autre le reçoit après qu’il a passé à travers les cornues et le minerai.
- Les cornues sont en fonte ou simplement en argile réfractaire lorsqu’on peut en fabriquer qui ne se crevassent point, et où l’on peut, par des assemblages soignés, introduire le gaz sans qu’il y ait de perte ou de fuite. On doit avoir soin aussi d’appliquer la chaleur à ces cornues aussi uniformément que possible sur toute leur surface , de manière à ne pas donner lieu à des expansions inégales qui produisent des ruptures. On accélère le procédé de cémentation en faisant passer le gaz à sa sortie du gazomètre (ou bien la vapeur) à travers un appareil ordinaire à chauffer l’air, et en l’introduisant à l’état chaud dans les cornues.
- Pour cémenter les minerais dans l’appareil précédent ou autres analogues , on fait usage de deux sortes de gaz, savoir le gaz de houille qui sert aujourd’hui à l’éclairage des rues et des habitations, après qu’on l’a préalablement purifié par les moyens connus du soufre et des autres impuretés qu’il peut renfermer, et de l’oxide de carbone , gaz qu’on prépare par la combustion lente du charbon de bois , du coke , de l’anthracite , de la houille, de la tourbe, du bois et de toute autre matière charbonneuse, ou bien par une autre voie quelconque. Les vapeurs d’huile ou naphthe de houille, de pétrole , de camphine et autres hydrocarbures quand ils sont suffisamment abondants et à bon marché , peuvent être appliqués à cette cémentation, et en général toutes les substances qui consistent en un hydrocarbure ou du gaz olèfiant, ou tous deux combinés en
- proportions variées avec l’oxide de carbone , l’hydrogène, etc.
- Je me sers de ces gaz ou de ces vapeurs lorsque je me propose de produire, soit du fer malléable, soit de l’acier, soit de la fonte avec les minerais cémentés ; mais je n’emploie l’oxide de carbone que pour fabriquer du fer malléable , ou quand je veux que les minerais n’absorbent pas de carbone pendant leur cémentation dans les cornues.
- Quand je fais usage de vapeur de naphthe, de houille, de pétrole, de camphine ou autres hydrocarbures , je soumets le liquide à la chaleur dans des vases comme pour la distillation de ces corps, et je fais passer les vapeurs ainsi obtenues à travers le minerai chauffé dans les cornues, ainsi que je le pratique avec le gaz, avec cette différence que je conduis les vapeurs qui sortent de ces cornues dans un serpentin à réfrigérant où je les condense pour m’en resservir. De plus, pour évacuer les gaz qui peuvent se développer desdites vapeurs par l’action du minerai chauffé, je dispose un tuyau en rapport avec le condenseur et conduisant à un gazomètre ordinaire.
- Après que le gaz a passé des cornues dans la conduite qui sert à l’évacuer, on le purifie par les moyens connus pour le débarrasser des éléments nuisibles ou inutiles et le rendre propre à un nouvel usage. Il convient d’avoir plusieurs séries de cornues et de conduites qu’on emploie à tour de rôle, et où l’on fait de nouveau repasser successivement le gaz. Toutefois » comme le gaz récemment préparé renferme une plus grande proportion de carbone, la première série doit être celle où l’on se proposera de produire de l’acier, de la fonte ou du fer, et la seconde celle où l’on produira du fer seulement et où il faut moins de carbone. Dans tous les cas, on fera bien, à la sortie de la conduite , d’avoir un jet d’épreuve, au moyen duquel °° examine à loisir la composition de ce gaz. Il doit y avoir un petit réduit e0 communication avec la cornue elle' même , où l’on puisse intercepter [e courant général quicircule danscelle-c1» afin de pouvoir extraire une portion du minerai et en faire l’examen , ou bieu une cornue d’épreuve qu’on charge en même temps que les autres , et où un ouvrier observe attentivement la ma1’' che de la cémentation du minerai peu l’arrêter à propos. .
- L’opération marche ensuite com® voici : les cornues ayant été charge
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- avec le minerai préparé sont fermées avec soin et lutées au besoin avec de "argile réfractaire. Alors on les débarrasse de l’air qu’elles peuvent contenir au moyen du jet de gaz qu’on y allume, puis on fait passera travers ces cornues chauffées un courant doux de gaz , au ïnoyen d’une pression convenable opérée sur le gazomètre. Ce gaz exerce sur le minerai l’action suivante. Ce minerai Consistant principalement en un oxide de fer, l’hydrogène du gaz ou de l’hydrocarbure si on en fait usage, s’unit avec l’oxigène du minerai pour former de l’eau, tandis que le carbone se combine à l’oxigène pour donner naissance à de l’oxide de carbone ou à de l’acide carbonique, en abandonnant le fer à l’état métallique. Il convient de pousser cette cémentation un peu plus loin (ex-cepté quand on fait usage d’oxide de carbone), de manière à ce qu’il y ait Une petite absorption de carbone par le juétal réduit ; ce carbone est facilement brûlé dans l’opération du puddiage qui vient ensuite.
- Le minerai étant ainsi réduit avec ou sans absorption de carbone, il faut, si °n veut produire du fer malléable, fer Hier les robinets d’entrée et de sortie du gaz, ouvrir les cornues et en transporter le contenu dans les fours à pud-djer où on le traite par les moyens ordinaires.
- Si c’est de l’acier qu’on veut fabriquer, on pousse la cémentation plus l?>n, et jusqu’à ce que le métal réduit absorbé 1 pour 100 de carbone, après quoi on intercepte le courant de gaz , on ouvre les cornues et on enlève leur contenu. La marche de l’absorption du carbone a besoin d'être examinée de temps à autre, comme on le lait ordinairement dans la fabrication de l’acier de cémentation jusqu’à ce qu’on atteigne le degré requis. Le miserai réduit et cémenté est alors introduit dans des pois et coulé en lingots, ^.°mme on le pratique dans la fabrica-hon de l’acier fondu. Si les matières terreuses que le minerai renferme l’exi-8ent, on ajoute un fondant suivant les descriptions de la pratique.
- , Enfin, quand c’est de la fonte qu’il ? ag>t de produire, on pousse la cémen-al'°n jusqu'à ce que le métal ait ab-urbè environ 3 à 4 pour 100 de car-°Ue, après quoi on le transporte au übilot avec un fondant convenable, si je*a est nécessaire pour le mettre en usion et le couler comme à l'ordinaire.
- j. ^oici encore un mode de traitement e Certains minerais de fer pour pro-
- duire de l’acier. Ces minerais sont le fer spéculaire pur, l’hématite rouge ou oxide de fer, l’hématite brune ou hydrate d’oxide de fer, l’oxide noir de fer, les ocres rouges et brunes quand elles ne sont pas combinées à une trop forte proportion de matières terreuses, les minerais magnétiques et ceux appelés sphatiques, qui sont des carbonates de proloxide différents des minerais argileux des terrains houillers et an-Ihraxifères, auxquels s'applique cette expression générale de spathiques, même lorsque, par une décomposition partielle, ils ont passé à l’état de pe-roxides ou sont combinés avec ce pro-toxide en plus ou moins grande proportion.
- Je commence par préparer ces derniers minerais en les grillant pour en chasser les matières volatiles et à l’aide d’une cémentation à raison de 1 pour 100 du poids du fer métallique contenu dans le minerai par une des méthodes précédemment décrites, puis je les fais fondre dans un cubilot avec du bois ou du coke de tourbe exempt de soufre, et un tlux, si cela est nécessaire, adapté à la nature des matières terreuses qu’ils renferment. Le cubilot ou bas fourneau ne doit pas avoir plus de 6m à 7“,50 de hauteur avec des étalages très-in-clinés, afin que les charges puissent le traverser rapidement, et que le métal en descendant puisse absorber un excès aussi faible que possible de carbone en n’employant que la température suffisante pour faire descendre le métal que j’appelle mélal-acier {steel-me-tal)• On peut pour des usages grossiers se servir <Je ce métal sans autre préparation comme d’un acier inférieur et le forger, le martiner ou le laminer comme d’habitude, mais pour des applications où l'on a besoin d’une qualité supèi ieure on refond ce steel-metal une ou plusieurs fois dans des pots ou creusets, et on le coule comme de l’acier fondu.
- Si on désiré obtenir cet acier à divers degrés de carburation, suivant la destination qu’on veut lui donner, on y parvient en y faisant varier le degré de la cémentation préalable du minerai. Si on est obligé de corriger un excès ou un défaut de carbone, on ajoute en cas d’excès une petite quantité très-pure d’oxide de fer ou ballitures de barres d’acier, et on corrige un défaut par l’atldition d’une petite quantité de charbon de bois dans les creusets avant d’introduire dans les fours de fusion. Pour des aciers de première qualité et éminemment homogènes, on fond à
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- plusieurs reprises. La quantité moyenne de carbone à laquelle on doit chercher à atteindre est d’environ 1 pour 100 du poids total.
- Enfin, j’emploie aussi les minerais spathiques et ceux qui en dérivent par décomposition partielle comme fondant pour remplacer la castine ou le calcaire dont on fait usace dans les hauts fourneaux pour produire la fonte. D’ahord je grille ces minerais pour en chasser IVau et l’acide carbonique, et je les mélange après qu’ils oui été cémentés ou mm avec quelque autre minerai en proportion et en poids tels que la chaux contenue dans la somme de ces minerais et au combustible soit dans la même proportion par rapport à la sil ce cl à l’alumine que celle dans le calcaire qu’on emploie communément dans les minerais cl les combustibles ordinaires par rapport aux mêmes terres. Celte proportion étant, suivant les règles connues : alumine, 1 ; chaux, 2, silice. 3 et fer spathique contenant souvent une proportion considérable de chaux, et parfois de l’oxide de manganèse, est substituée comme fondant au calcaire dont on se sert aujourd’hui.
- Quand on veut des fontes riches en carbone, le fourneau doit avoir des étalages plus plats, afin que la charge descende avec plus de lenteur, et que les minerais, surtout lorsqu’ils n’ont pas clé préalablement cémentés, aient Je temps d’absorber la quantité requise de ce carbone.
- Procédés pour enduire de métal le fer et certains autres métaux et alliages de métaux.
- Par MM. T.-H. Ritssell et J.-S.
- WoOLRICH.
- Nous entendrons toujours, dans les détails où nous allons entrer sur nos procédés, par le mot électricité un courant électrique employé à opérer le dépôt d’un métal, que ce courant soit emprunté à une batterie galvanique, à une machine magnéto-èlecirique ou à une autre source quelconque d’électricité, et par les mots certains métaux ou alliages, nous comprendrons les métaux ou les alliages dont on peut faire usage dans un but manufacturier, et dont les principaux sont le plomb, l’étain, le bismuth, le cuivre, l’antimoine, le nickel et le zinc.
- I. Cela posé, la première partie de
- nos procédés est relative à l’applicatioQ du cadmium et de ses alliages pour recouvrir la surface du fer et de certains autres métaux ou alliages, soit pour les préserver de toute altération, soit pour en améliorer l’apparence extérieure. On peut appliquer cel enduit de diverses manières, et l’une d’elles consiste dans la précipitation opérée par voie électrique et par les procédés bien c»>n-nus et pratiqués pour les autres métaux. Le mode auquel nous donnons la préférence consiste à dissoudre le cadmium dans l’acide azotique du commerce étendu de six fois son volume d’eau chauffée à 30®a36°C, en ajoutant l’acide par degrés jusqu’il ce que le cadmium soit dissous. A cette solution fie cadmium, on ajoute une solution fie carbonate fie soude (qu'on prépare en dissolvant 500 grammes fie soude ordinaire en cristaux dans 5 litres d’eau), jusqu’à ce qu’il y ait précipitation du cadmium. Le précipité ainsi obienu est lavé ensuite quatre à cinq fois à l'eau tiède.
- Ce précipité est propre aux applications, et on peut se servir pour dissoudre cette préparation du cadmium que nous considérons comme la plus avantageuse de divers dissolvants, mais de préférence du cyanide de potassium-Nous ajoutons donc une solution dan? l’eau de cyanide de potassium jusqu'à dissolution complète du précipité de cadmium, puis un dixième environ en plus de cette solution pour qu’il y a*1 un excès de cyanide.
- On peut faire varier la force de cetle solution de cadmium, mais une soin* tion qui renferme 42 à 43 grammes de métal par litre d’eau, parait être la pin* avantageuse.
- Le bain étant ainsi préparé, on «e maintient pendant tout le cours du tr3' vail à nne température de 40° à 50°L-
- Les bains dont nous nous servons sont établis en recouvrant l’exlérieu^ d’une cuve très-solide en bois avec o“ plomb en feuille exactement de même manière que les cuves qui rc°' ferment les bains d’argent des p,3~ queurs par voie électrique. Pendant travail, on introduit dans ce vase u plaque de cadmium qui entoure à u distance de quelques centimètres, articles sur lesquels on veut dépOs du cadmium. . .
- Si on fait usage d’une batterie g® vanique comme source d’un cour ,
- électrique, le fil qui parlde l'extrén1
- zinc doit être en contact avec *e^P,CvCc qu’on veut enduire et l’autre fil 3 la plaque de cadmium.
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- Le métal sur lequel on veut précipiter du cadmium a besoin préalablement d’ètre parfaitement décapé, ainsi qu’on le pratique habituellement quand on veut enduire des métaux avec un autre métal.
- La plaque de cadmium aura besoin ou général d’être débarrassée de temps à autre de la crasse et des impuretés qui s’y seront déposées, ce qui, autrement, entraverait la marche de l'opération.
- Le cadmium peut être employé en solution avec un autre métal et précipité en combinaison, cas dans lequel nous nous servons de plaques de l’alliage que nous voulons précipiter, ou bien de plaques des deux métaux distincts, mais alors il faut de temps à autre agiter le bain.
- Quand on veut déposer des alliages de cadmium, nous recommandons que lecyanide de potassium ne soit pas en grand excès; car généralement nous avons remarqué que dans ces divers cas, il fallait nne force électro-motrice Un peu plus considérable que lorsqu’il s’agit du cadmium seul. Quoiqu’il en soit, quand nous nous apercevons dans te travail que l’un ou l’autre des métaux se précipite en excès, nous substituons une plaque du métal qui fait défaut dans la solution à une plaque de métal qui est en excès.
- II. Un autre moyen que nous employons pour recouvrir les métaux avec du cadmium et ses alliages consiste à plonger ces métaux dans un bain de ce métal ou de ses alliages. A cet effet nous préférons l’emploi d’un alliage de cadmium et d’étain ou de zinc, et voici la manière dont nous opérons.
- L’alliage de cadmium est fondu dans nn vase en fer placé sur un fourneau chauffé par un foyer, et on recouvre l’alliage fondu d’une couche de matière grasse en fusion pour s’opposer au contact de l’air. Le métal décapé qu’on 'eut enduire, est d’abord plongé dans t>ne solution saturée de chloride de 2>nc, puis introduit dans le bain métallique où nn l’agite jusqu’à cequ'il soit •‘‘couvert. Alors on le retire, et pendant qu’il est encore chaud, ou le débarrasse avec de la sciure de bois ou Par tout autre moyen convenable, de I enduit de matière grasse qui adhère a sa surface.
- .Pour les alliages avec l’étain, nous joutons à quatre cents parties de cadmium, deux cents parliesd’étain,etpour ^eux avec le zinc à quatre cents parties ,e cadmium, cent cinquante parties de *mc. C’est le meilleur procédé que
- nous ayons trouvé pour appliquer le cadmium et ses alliages, qui fondent à peu près à la même température que lui.
- Nous avons remarqué qu’on pouvait appliquer le cadmium seul de colle manière, avec le cuivre et ses alliages, mais en général, nous croyons que quand on l’applique à l’état de fusion, il vaut mieux qu’il y ait alliage.
- III. Nous nous servons aussi du cadmium et de ses alliages comme d’un agent de conservation du fer et des autres métaux. A cet effet, nous l’appliquons en contact mécanique ou autrement, comme le zinc dont on a fait jusqu’à présent usage pour cet objet. C’est ainsi qu’une hélice de propulsion pour un navire ou les pièces en métal des roues à aubes, peuvent être recouvertes ou armées de cadmium pour les préserver de l’oxidation. Le cadmium s’oxidant avec lenteur dure davantage que le zinc.
- IV. Voici aussi un moyen particulier pour déposer du cuivre allié à d’autres métaux. On prend 5 kilog. d’acétate de cuivre, 1/2 kilog d’acétate de zinc,
- 5 kilog. d’acétate de potasse, 2 1/2 kilog. de benzoatr de potasse; on disssout le tout dans 22 à 23 litres d’eau chaude et on ajoute une solution de cyanide de potassium jusqu’à ce que le précipité soit dissous, cl qu’il y ait environ un dixième eu excès de ce cyanide.
- Les manipulations sont les mêmes que dans le premier procédé décrit ci-dessus. La plaque «le métal qu’on plonge dans le bain a même eompositi«>n que l'alliage qu'on veut déposer, ou bien on immerge deux p!aques, une en cuivre et l'autre en zinc unies ensemble, et dans ce cas, lorsqu’on trouve lors du travail qu’il y a prédominance du cuivre ou du zinc, on substitue une plaque du métal qui fait defaut à une autre du métal qui est en excès dans le bain, eri rétablissant la plaque enlevée aussitôt qu’on a de nouveau obtenu l’équilibre ou réiabd la composition rouge de l'alliage et en même temps enlevant du bain la plaque qu’on avait temporairement immergée.
- On a proposé henucoup d’autres bains pour la prècipital'on des alliages de cuivre, mais la nouveauté de ce procédé consiste dans l’emploi de bains contenant des acétates cl des benzoales solubles dans le cyanide de potassium.
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- Perfectionnements dans Vélectrométallurgie.
- Par M. S-B. Smith, électro-plaqueur et doreur à Birmingham.
- 1. Nouveau bain d’argent pour argenter avec ou sans l’emploi du courant électrique.
- Le nouveau bain que je propose pour argenter avec ou sans l’emploi du courant électrique consiste en une solution de sulfo-cyanide de potassium , de sodium, d'ammoniaque, de barium, de calcium, d’aluminium, de strontium ou de magnésium, presque saturé de sulfo-cyanide d’argent ou d’un autre sel de ce métal.
- 2° Moyen nouveau pour argenter au bruni, c’est-à-dire d’effectuer un dépôt d’argent d’un aspect poli et d'un grand éclat.
- Ce nouveau moyen consiste dans l’addition des substances suivantes ou des composés ci-après au bain d'argent dont il vient d’être question ou aux solutions de cyanide ou d’autres sels d’argent employés à la réduction électrique de ce métal.
- a. Carbure de sélénium que je prépare en faisant passer du sélénium en vapeur sur des charbons incandescents, et en condensant les gaz ou les vapeurs qui s’élèvent dans une solution de cyanide de potassium ou de quelque autre dissolution d’argent employée dans l’argenterie en conservant la solution ainsi obtenue en vases clos jusqu’à ce que j’en fasse usage.
- b. L’iode dissout dans l’alcool, l’acide cyanhydrique, le cyanide de potassium ou autres dissolvants; l’azoture d’iode dissout dans le cyanide de potassium ou autres menstrues; le coton-poudre ou xiloïdine, dissout à l’aide de la chaleur dans une solution de cyanide de potassium, de soude ou de potasse caustiques.
- c. Les sulfures simples ou doubles qu’on fait dissoudre dans une solution de cyanide de potassium avec ou sans l’aide de la chaleur, en ajoutant cette solution au bain d’argent de la manière suivante : On prend quatre ou cinq litres du bain qu’on veut aviver, et on y ajoute un peu de la solution du sulfure; on filtre ou on décante pour avoir une solution limpide et enlever le précipité qui se forme quelquefois, puis on mélange une portion de cette solution au reste du bain. On se sert de cette manière des sels suivants : Sulfnydrures, carbo-sulîures, arsenio-sulftircs, mo-
- lybdo-sulfures, antimonio-sulfures » tungsto-sulfures, stanno-sulfures, tellu-rio-sulfures, auro-sulfures, sélénio-sulfures et sulfo-cyanides.
- d. Les huiles sulfurées (dont l’une est bien connue sous le nom de baume de soufre) dissoutes dans un mélange d'alcool et de potasse caustique employées seules ou combinées avec un des sulfures ci-dessus, la créosote combinée à l’alcool et à la potasse caustique, les xanthales (de préférence celui de potasse), le bisulfo-carbure d’oxide de méthyle.
- e. Les acides chlorhydrique, chlora-cétique, cyanhydrique, hydrosulfocya-nique, sulfhydrique, sulfovinique sele-nié, tartrique, xanlhique, dissous dans l’eau ou l’alcool avant de les ajouter à la solution; le cyanogène (condensé ou dissous dans l’eau, l’alcool, une solution de cyanide de potassium ou le bain d’argent); l’acide sulfureux seul ou combiné avec les sulfures ci-dessus.
- Pour se servir des composés ou des corps simples indiqués ci-dessus dans l’argenture, on ajoute leurs solutions par petites quantités à celle du sel d’argent, et on poursuit celle addition jusqu’à ce qu'on atteigne par expérience l’effet désiré.
- Quoique les substances énumérées ci-dessus réagissent sur les solutions d’argent faibles ou concentrées, néanmoins on remarque que leur effet est plus satisfaisant quand ces solutions sont étendues, et par conséquent j’emploie des bains beaucoup plus étendus qu’on ne l’a fait jusqu’à présent dans l’électro-mètallurgie.
- 3. Perfectionnements dans la fabrication des objets par dépôt électrique-
- Ces perfectionnements consistent -
- . A déposer l’argent ou autre métal tant à l’extérieur qu’à l’intérieur d’UIJ moule en alliage fusible ou matière convenable, de manière à produit deux articles de dimensions différentes à l’aide d’un seul moule, puis à fa,r.e fondre ou à enlever d’une manière que1' conque le moule interposé entre *eS deux articles.
- . A se servir du gutta-percha p00^ faire les moules sur ou dans lesqne ^ s’opère la réduction électrique des nJC' taux, en donnant à la surface de gutta-percha un pouvoir conducte par l’un quelconque des procédés con nus pour cet objet.
- c. A employer le gutta-percha dissous dans l’essence de térébenthine ou a tre dissolvant analogue, comme ver pour former des réserves, c’est-»*0
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- pour enduire les portions où l’on veut qu’il n’y ait pas de dépôt <te métal.
- . On peut aussi se servir de cette solution de gutta-percha comme du vernis de gravures sur lequel on esquisse ? la pointe sèche, et on grave ensuite a l’eau forte ou par voie électrique.
- Sur un nouveau procédé de dorure de la porcelaine.
- Par M. Ghenon.
- M. Grenon, décorateur de porcelaine, à Paris, a imaginé un procédé Pour dorer la porcelaine d’une manière solide et durable. Le procédé de do-fnre qui est généralement employé à Paris consiste, comme on sait, à mêler a l’or préparé parle proto-nitrate de niercure une certaine quantité de sous-nitrate de bismuth qui sert de fondant et permet au métal de se fixer, au fnoyen du feu, sur la surface de la porcelaine. L’or préparé par le nitrate de mercure peut s’appliquer en couches extrêmement minces, en sorte que cette, dorure est peu coûteuse ; mais en revanche, elle a très-peu de solidité et ne résiste pas à l’usage. L’or obtenu par le sulfate de protoxyde de fer donne bne dorure plus solide, mais aussi moins économique.
- Différents procédés ont été employés pour rendre la dorure plus durable sans en augmenter beaucoup le prix. M. Rousseau pose une première couche de platine mêlé de fondant, puis Une couche mince d’or sur le platine. Ce procédé donne une dorure solide, mais qui, à l’usage, ne conserve pas One belle teinte, la couleur de l’or étant modifiée parcelle du platine qui appa-raît par suite de l’nsnre.
- Le procédé de M. Grenon consiste dans l’application successive de deux couches d’or, chacune avec un fondant Particulier et dans des proportions différentes. La première couche est cuite a une température élevée; on la polit avec du grès, puis on applique pardessus une couche mince d’or au mer-cUre préparée et cuite comme à l’ordi-Oaire.
- Cette dorure se brunit avec facilité prend un bel éclat; on a constaté u’elle résistait à des frottements par es corps durs qui allèrent profondément la dorure ordinaire.
- La dorure de M. Grenon emploie 'fgr. 425 (8 grains) par douzaine d’as-Slettes à. filet d’une ligne de largeur ;
- le prix des assiettes en est augmenté de 6 fr. par douzaine.
- La dorure ordinaire de Paris emploie seulement la moitié de l’or indiqué ci-dessus ; elle se paye 4 fr. par douzaine d’assiettes.
- La dorure de M. Grenon mérite d être recommandée au public pour sa solidité et son éclat. L’élévation de son prix se justifie par la grande quantité d’or employée, par les doubles frais de posage et de cuisson.
- Sur la matière colorante du Morinde
- à feuilles d'oranger (Morinda citri-
- foli§).
- Par M. Th. Anderson.
- La matière qui fait le sujet des présentes recherches a été introduite il y a quelque temps à Glascow sous le nom de Sooranjee pour remplacer la garance dans les opérations de la teinture. Aussitôt après son importation, cette matière a été mise à l’essai par quelques-uns des plus habiles imprimeurs sur coton de Glascow, et le résultat unanime de ces épreuves a été que ce corps n’était pas une matière colorante et ne pouvait être d'aucune utilité. M. le professeur Balfour ayant eu la complaisance de me remettre des échantillons de cette racine, j’ai pu en conséquence me livrer à son examen chimique. Une quantité assez considérable de semences qui m’avaient été adressées de Bombay, sous la désignation de graines de la plante Sooranjee ou Soo-rinjee ou du Morinda citrifolia, comparées sous le rapport de leurs propriétés avec celles de la plante en question se sont montrées parfaitement les mêmes. Le Morinda citrifolia est une plante depuis longtemps et généralement connue comme fournissant une matière colorante fréquemment employée par les naturels. .Malheureusement je n’ai pas réussi à faire germer ces semences, afin de pouvoir étudier la plante même et comparer ses caractères avec ceux de la prétendue mère-plante elle-même.
- Le Morinda citrifolia a été décrit par Rheede (lïortus malabaricus, I, 97), sous le nom de Cada pilava, et est connu des botanistes sous celui de Banculus lahfolia Rumphii (Herbar. amboinense, Y, cap. 13). Dans les ouvrages cités, il est dit expressément que les racines de l’espèce indiquée ne possèdent pas tde propriétés tinctoriales,
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- tandis que ia racine du Bancutus an-guslifolia ou Morinda citrifolia des botanistes modernes qui doit être le Wongkudu des teinturiers javanais, est employé à la préparation d’un magnifique rouge écarlate. Une description exacte de la culture du Morinda citri-folia et de son emploi en teinture a été donné par Hunier (Asiatic Resear-ches, IV, 35) qui fait de plus remarquer que cette plante est connue à Ma-Jacca sous le nom d’Aal, et dans l’Oude sous celui iVAtchy, Autant qu’il est à ma connaissance, on n’a point encore entrepris de recherches chimiques sur cette racine; seulement on doit au docteur Bancroftquelquesobservations sur une racine venue de l’Inde sous le nom de Aurtch qui, par son aspect extérieur, ressemble à celle de la garance et paraît provenir du Morinda citrifolia, Quant à la signification et à l’origine du mot Sooranjee, il m’a été impossible de me procurer des éclaircissements.
- LeSooranjeeestlaracinede la plante, et est importé coupé en morceaux de 4 à 6 centimètres de longueur, dont le diamètre varie de 3 à i'2 millimètres. Dans les morceaux les plus gros, l’écorce est épaisse et constitue la plus grande partie de la racine; mais dans les morceaux d’un plus petit diamètre, cette écorce est beaucoup plus mince, sa couleur extérieure est le brun-jaunâtre pâle; lorsqu’on la rompt elle présente à l’intérieur une coloration qui varie du beau jaune au brun rouge, principalement sous l’écorce. Le bois lui-même est d'un jaune clair qui est plus foncé vers le centre et à peine sensible sous l’écorce. Les alcalis le colorent en rouge foncé, ce qui indique la présence d’une certaine quantité de matière colorante. L’ceorce est facile à enlever et sur sa face interne elle possède, aussi bien que le bois, un rellet argenté qui lui est propre, plus sensible sur les gros morceaux, et qui disparaît presque complètement chez les petits. En le faisant bouillir avec l’eau, le bois donne une décoction d’un jaune vineux, et avec l’alcool une teinture rouge foncé.
- Morindin, Pour préparer la matière colorante du Sooranjee que je désignerai sous le nom de Morindin, j’ai d’abord essayé l’emploi de l’eau bouillante , des expériences préliminaires ayant montré que celte matière était aisément soluble dans ce liquide, mais je n'ai pas lardé à m'apercevoir que cette méthode n’èlait pas applicable, parce que la décoction renfermait une matière
- visqueuse qui s’opposait aux filtrations. L’emploi des alcalis dans lesquels celte matière se dissout avec rapidité, m’a paru aussi impraticable, de façon que j’ai été contraint d’avoir recours à l’alcool qui, en définitive, a complètement répondu à mon attente.
- L’écorce de la racine a été dépouillée de toutes ses parties ligneuseset moulue en une poudre fine qu’on a fait bouillir avec six fois son poids d’alcool rectifié. La solution , filtrée chaude, possédait une couleur rouge brun foncé, et laissait déposer par le refroidissement, un précipité brun, floconneux, qui renfermait le morindin et autres matières colorantes existant dans la racine, mais en faible proportion. Une seconde décoction avec la même quantité d’alcool a donné une solution plus pâle, où le morindin s’est déposé avec une bien moindre quantité de matière colorante rouge. Ce même traitement a été répété jusqu’à ce que, lors du refroidissement de ia teinture, il ne se déposât plus rien. Chacune de ces décoctions ultérieures a donné la matière de plus en plus pure, de façon qu’à la dernière elle s’est déposée sous la forme de petites aiguillesjaunes.Au moyen de cristallisations répétées dans de l’alcool à 50° alcoométriques, on a enlevé complètement à la matière le corps rouge qui s’y trouvait mélangé, et obtenu le morindin d’une belle couleur jaune. Cependant il n’était pas encore entièrement pur et laissait dans une expérience
- 0 47, et dans une autre, 0,32 pour I00 »le cendres. L’élimination de ces ma" lières minérales n’a pas pu s’opérer paf des cristallisations dans l’alcool, mai* dans des dissolutionsalcooliqucs légèrement aiguisées avec de l’acide chlorhy' drique. Dans celle liqueur, le morindiu a cristallisé parfaitement pur.
- Le morindin se sépare de sa solution alcoolique en petites aiguilles groupées comme celles de la wawellilc. Ces ai" gui!les sont excessivement délicates, e* présentent, lorsqu’on les réunit sur üIÏ filtre et qu’on les fait sécher, une bcll® masse jaune soufre d’un éclat soyeu** Ces cri > taux sont peu solubles dans l’alcool froid, mais se dissolvent en P^s grande proportion dans l’alcool boni*' lanl, surtout quand il est étendu. La solution se prend par le refroidissement en une masse de cristaux qui s’affa'S"
- sent beaucoup par la dessiccation, son
- peu solubles dans l’alcool et presqu® pas dans l’éther. L’eau à froid ne diS" sout le morindin qu’en très-faible p1,0' portion , mais cependant suffisainmen pour faire prendre une coloration jan”
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- a ce liquide. A la chaleur de l’cbulli-9on, !e morindin se dissout en bien plus grande abondance, et par le refroidissement il se sépare de sa solution sous la forme d'une masse gélatineuse au sein de laquelle on n'aperçoit aucune trace de cristalisalion. Il obstrue les pores des filtres et ne peut pas, par conséquent, être séparé de scs eaux-tuères. Le morindin se dissout dans les alcalis en les colorant en un beau rouge Orangé. L’acide sulfurique concentré le Colore en rouge pourpre foncé, couleur qui en couche mince paraît violette. Après un repos de vingt-quatre heures la solution, quand on l’étend, dépose des flocons jaunes de matière colorante altérée qui est complètement insoluble dans l’eau froide et donne avec l'ammoniaque une solution violette, mais non pas de solution colorée en orangé. L’acide azotique du poids spécifique de 1,28 dissout peu à peu le morindin à froid en se colorant en rouge brun foncé. A chaud, l'action est vive, la colocation brune disparaît, et il se dégage des vapeurs nitreuses en abondance. La liqueur, soumise à une ébullition soutenue et après avoir été neutralisée par l’ammoniaque, n’a fourni aucun précipité avec les sels de chaux.
- Le morindin en solution donne, avec l’acétate basique de plomb, un Précipité rouge cramoisi, floconneux, excessivement fugace et qu’on ne parvient pas à laver sans perte de matière colorante. Les solutions de baryte, de strontiane et de chaux fournissent un précipité abondant rouge, peu soluble dans l’eau. Le chloride de fer produit une coloration en brun foncé, mais ne donne pas de précipité. Lorsqu’à une solution ammoniacale de morindin on ajoute de l’alun, l’alumine se précipiteavec lui sous la forme de laque rougeâtre; par l'addition de chloride de fer, le précipité est brun el ne se distingue pas de celui de l'oxide Pur de fer, mais il renferme la totalité du morindin, puisque la liqueur surnageante est incolore.
- Lorsqu’on chauffe du morindin dans |m vase clos, il se fond en un liquide hçun foncé qui bout à une haute température et dégage ensuite des vapeurs d un jaune orangé magnifique, analogues aux vapeurs nitreuses et qui se déposent sur les corps froids à l’état d aiguilles rouges oblongues, il reste dans le vase un charbon volumineux.
- Le morindin a donné à l’analyse élémentaire des résultats qui s’accordent av®c la formule Ca8H,50,#. Il suit de c®tte formule qu’il existe un rapport
- très-remarquable entre le morindin et la matière coloranle de la garance, principalement à l’élal où ori l'obtient par la sublimation du pourpre de garance. Cette circonstance est d’autant plus digne d’intérêt qu’elle indique une identité dans la nature chimique de plantes qui, dans la classification naturelle, sont très voisines l’une de l’autre. LeAJorinda appartient en effet à la famille naturelle des Cbieoraeées, qui est considérée par beaucoup de botanistes comme une subdivision des Rubiacèes, dont la garance ( Jîuùia tinclornm) est 1e type.
- Cette analogie ne s’étend pas au delà des propriétés colorantes et les deux matières dilièrent essentiellement l’une de l’autre J'ai annoncé précédemment que les tentatives des imprimeurs sur toiles de coton pour produire une matière colorante avec le Sooranjec avaient complètement échoué. J’ai trouvé ce fait parfaitement confirmé par rapport aux moyens ordinaires de mordançage. J’ai fait digérer du morindin pendant un temps assez prolongé et par une température croissant peu à peu , avec des morceaux de tissu qui avaient été mordancés avec l’alumine et le fer; mais ce corps n’a pas adhéré et les mordants, après une ou deux minutes débullion avec le sa von n’avaient éprouvé aucune altération. Avec la racine elle-même, le tissu mordancéà l'alun, a pris une couleur rouge grisâtre et celui tnordancé au fer une nuance à peine plus foncée ; mais la chose a été toute différente lorsqu'on s’est servi de tissu mordaucé pour rouge turc. Je me suis procuré à Glasgow des échantillons de toile de coton préparée pour rouge turc d’après l'ancienne et la nouvelle méthode, et j’ai trouvé que les uns et les autres au bout de quelques heures avaient pris une couleur brun rouge foncé, qui manquait de beauté, mais était parfaitement fixée. Ces observations sont d'accord avec celles qu'on trouve dans la notice de Hunier relative au mode de teinture employé par les Indous avec le mo-rinda. D’après celle notice le tissu est d’abord immergé dans un savon imparfait qu’on obtient en mélangeant de l’huile de sésame avec une lessive de soude, puis, après avoir été lavé et dégorgé traité par une décoction de myrubolans (fruits astringents du Ter-minalia chebu/a), et enfin exposé pendant quatre à cinq jours au soleil. En cet état on le plonge dans un bain d’alun; ou l’exprime, le tord et l’expose de nouveau pendant quatre à cinq
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- jours. D’un autre côté les racines de morinde pulvérisées sont mouillées avec de l’huile de sésame et mélangées à des fleurs de Lythrum fruti-cosum ou une quantité correspondante de Purwas (galles d’une espèce de mimose). Ce mélange est, avec le coton, introduit dans une grande quantité d’eau chauffée sur un feu modéré pendant trois heures jusqu’à la température de l’ébullition. La couleur rouge qu’on obtient ainsi se recommande d’après Ilunter par sa'durée et par sa beauté. Ce procédé est la marche grossière de la teinture en rouge turc , mais Hunter annonce plus loin qu’avec des tissus mordancés au fer on obtient un rouge poupre solide ou un brun chocolat, et que dans ce cas la coloration est produite probablement par l’acide tannique de la substance astringente qu’on emploie dans ce procédé.
- Morindon. J’ai annoncé précédemment que le morindon se décomposait parla chaleur et qu’il restait une substance charbonneuse, tandis qu’il se sublimait une matière cristallisaide différente par ses propriétés de celle primitive. Je donne à cette matière le nom de morindon.
- Le morindon obtenu par la sublimation se présente sous la forme de longues aiguilles qui, observées au microscope, sont des prismes à six pans à base oblique, doués d’une couleur rouge d’un éclat extraordinaire. Ces aiguilles sont absolument insolubles dans l'eau froide ou chaude, mais facilement solubles dans l’alcool et l’éther. On peut obtenir de ces dissolutions et par une évaporation attentive le morindon en cristaux. Les alcalis dissolvent ce corps en se colorant en un riche violet. Dans l’acide sulfurique concentrée il est soluble avec la même coloration violette intense. En évaporant la solution, il se précipite. La solution ammoniacale donne par l’addition de l’alun une laque rouge et avec l'eau de baryte un précipité bleu cobalt. La faible quantité de morindon dont j’ai pu disposer ne m’a pas permis de l’obtenir parfaitement pur. Je me suis, en conséquence, contenté de laver les cristaux sublimés avec de l’éther pour les débarrasser de toutes les matières empy-reumatiques et de faire sécher à 100°C. L’analyse a fourni un résultat qui s’accorde assez bien avec la formule
- Le morindon provient donc du mo-rindin par une élimination d’eau, et c’est ce que confirme la transformation qu’éprouve ce dernier lorsqu’on le met
- en contact avec l’acide sulfurique. Ainsi qu’on l’a annoncé ci-dessus, le morindin est insoluble dans l’eau et donne avec les alcalis une couleur violette; c'est aussi ce que fait le morindon. Or, comme ordinairement l’acide sulfurique agit en soustrayant l’eau, il devient très-présumable que le morindin perd cinq équivalents d’eau pour passer à l’état de morindon. Dans le cas où de nouvelles expériences confirmeraient la formule précédente du morindon, nous trouverions encore là un nouveau rapport avec la matière colorante de la garance, qui ne se distingue du rouge de garance que par un équivalentd’eau.
- Le morindon est bien effectivement une matière colorante, et peut se coni' biner avec les mordants ordinaires. H donne avec l’alumine un rouge rosé foncé, et avec le fer une laque violette ou noire. Ces couleurs, toutefois, ne sont pas solides, et ont même l’inconvénient de s’unir avec les portions non mordancées des tissus et d’adhérer au* parties blanches. Le morindin, après avoir été traité par l’acide sulfurique, peut se combiner aux mordants ordinaires.
- La découverte d’une matière colorante particulière qui se combine exclusivement avec le tis^u passé en huile pour rouge turc, est d’autant plus intéressante qu’elle révèle l’existence d’une classe propre de matières qu’on avait jusqu’à présent négligées. La théorie de la teinture en rouge turc, qui pendant de longues années a été un secret pour la chimie, pourra peut-être ainsi puiser sous certains rapports quelques lumières. Quoique ce mode de teinture ait été importé depuis des siècles en Europe, et y ait été perfectionné a maintes reprises, cependant on n’a paS présenté dans ce long espace de temp9 d’explication satisfaisante de ses procédés. On peut présumer que par l'action de la bouse, qu’on empjoie dans cette circonstance en grande abondance, >e tissu contracte une sorte d’animalis3' tion, au moyen de laquelle il acquier la propriété de se charger de couleur^ plus belles et plus éclatantes que l°rS' qu’il a été simplement mordancé ave des substances minérales. De nouvelle recherches ont, de plus, démontré qj1 l’huile qu’on emploie en quantité noj ble dans la teinture en rouge turc, un en contact avec l’air et avec la substan animale en décomposition, se **cc0 pose à son tour aussi et se transfor en une sorte de matière résineuse q constituele mordantappropriéau roug turc, H, Weissgerber, auquel on a
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- quelques expériences sur ce sujet, rapportées dans le tome III, page 174, uu traité théorique et pratique de l’impression des tissus, par M. J. Persoz, e trouvé que l’étoffe traitée par l’huile prenait à la teinture une belle couleur rouge rose, mais qu’on pouvait auparavant en extraire au moyen de l’acétone l’huile qui n’avait éprouvé aucun changement; qu’après chacune de ces extractions l'étoffe perdait peu à peu la propriété d’attirer la matière colorante de la garance, jusqu’au moment enfin où l’huile ayant été entièrement éliminée, cette étoffe, introduite dans le bain de teinture, en ressortait sans lui avoir emprunté de la couleur. D’un autre côté, le même chimiste a trouvé qu’en se servant de la masse extraite par l’acétone pour mordancer le tissu, on parvenait à produire avec la garance une couleur saturée très belle, sans qu’il fût nécessaire d’ajouter aucune autre substance. Les observations de M. Weiss-gerber sont confirmées par les expériences rapportées dans ce mémoire; sans nul doute, la couleur rouge foncé qu’on a obtenue avec le morindin l’a été d’une manière tout à fait indépendante de l’alun, puisque ce sel ne jouit pas de la propriété de fixer cette matière colorante.
- Je me range donc à l’opinion avancée par M. Persoz, savoir que l’alun dont on se sert aujourd’hui dans la teinture en rouge turc sera complètement abandonné lorsque les teinturiers en rouge d’Andrinople auront appris à connaître la modification que l’huile éprouve dans cette opération.
- i rayr-w——
- Préparation de divers sels d'étain pour la teinture et l'impression (1).
- Par M. J. Young , chimiste manufacturier.
- Les sels dont il s’agit ici de décrire le mode de fabrication sur une grande échelle sont le stannatc et le stannile de soude , le stannate et le stannite de Potasse, le bichloride d’étain et autres sÇls analogues. Voici la manière de manipuler.
- 1° Pour fabriquer le stannate de s°ude, on prend une certaine quantité de minerai d’étain , connu communément dans le Cornwall sous le nom d’é-
- (O On peut voir quelques détails sur la préparation de ces sels et leur emploi dans le /echnologûte, 9e année, p. 464.
- tain noir ( hlack tin ) ; on le réduit en poudre, on l’introduit dans un pot avec une solution de soude caustique, et on place le pot sur le feu pour faire bouillir. Les proportions suivant lesquelles on mélange ces ingrédients varient d’après leurs qualités respectives. Si le minerai renferme, je suppose 70 pour 100 d’étain , on emploie environ deux fois et demie son poids de liqueur caustique, contenant à peu près 22 pour 100 de soude , et on augmente ou diminue la proportion de la liqueur, suivant qu’on désire produire un stannate avec excès plus ou moins grand d’alcali.
- Le mélange étant opéré, on agite avec soin les matières, et on élève graduellement la température entre 260 et 315° C., température à laquelle le minerai d’étain est attaqué par la soude, c’est-à-dire que Pétain ou mieux l’oxide de ce métal qu’il renferme, du moins la majeure partie, se combine avec la soude. On peut observer la marche de l’opération en enlevant de temps à autre dans le pot un petit échantillon au sein de la masse, et en s’assurant de la proportion de cet échantillon qui se dissout dans l’eau, etcelle du minerai qui n’a pas encore été attaquée.
- Quand on croit l’opération suffisamment avancée, on transvase la masse du pot dans un autre vase pour la laisser refroidir, et quand elle est froide , on la démêle dans l’eau pour en séparer par la fibration ou le repos toutes les matières qui ont pu échapper à l’action de l’alcali caustique. La liqueur claire qui reste est le stannate cherché qui peut être employé sous cette forme ou évaporé à siccité ou cristallisé, en dissolvant le sel cristallisédans l’eauquand on veut s’en servir.
- 2° On prépare aussi le stannate de soude en mélangeant une certaine quantité de minerai d’étain réduit en poudre à une fois et demie son poids d’azotate de soude , soumettant le mélange à la chaleur rouge dans un vase en fer, faisant passerdessus un courant de vapeur d’eau et agitant constamment pendant l’opération , afin d’exposer de nouvelles portions de ce mélange à l’action de la vapeur. En cet état, il se dégage des vapeurs d’acides azotique et azoteux sous la forme de fumées qu’on condense dans l’eau et qu’on recueille comme produit secondaire, afin de réduire les irais de fabrication.il reste du stannate de soude qu’on peut débarrasser de ses impuretés en le mélangeant à de l’eau, filtrant ou décantant la liqueur claire, comme on l’a expliqué précédemment. De même on peut le garder à l’état de
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- solution, ou sous celui de cristaux après l'avoir rapproché comme le précédent.
- 3° On peut substituer à l'azotate de soude employé dans le procédé précèdent le chloride de sodium ( sel commun), qu’on mélange poids pour poids au minerai d’étain, en procédant de même que précédemment sous tous les rapports. On obtient ainsi du slannale d’étain avec de l’acide chlorhydrique, comme produit secondaire.
- 4° Au moyen du procédé suivant, on obtient à la fois du slannale et du stan-nite de soude.
- On soumet à une chaleur rouge une cerlainequanlitè d'étain métalliqueavec un poids égal d'hydrate solide de soude caustique (cet hydrate solide de soude caustique s’obtient en faisant bouillir une lessive de soude caustique , soit 175 kilog. de liqueur contenant 22 pour 100 de soude, et réduisant à 50 kilog. environ d’hydrate). Le mélange étant opéré, on agite vivement les matières; l’eau que renferme la soude se décompose , une partie de son oxigène se porte sur l'étain , et l’oxide de ce métal qui se forme s’unit avec la soude pour donner un slannile de soude propre à certaines opérations de teinture et d’impression.
- Pour convertir ce stannite en stan-nale de soude, on le fait bouillir dans l’eau , ce qui précipite une portion de l’elain métallique sous forme de poudre noire, tandis qu'il reste dans la liqueur du slannale de soude en solution.
- Ou bien on prend vingt parties en poids d étain métallique, seize parties d’hydrate solide de soude caustique et trois parties d’oxide de manganèse, et l’on soumet à une chaleur rouge dans un pot omert, en agitant constamment le mélange et permettant un libre accès à l’air.
- Une quantité aussi faible d’oxide de manganèse serait tout à fait insuffisante pour peroxider tout l’étain; mais cet oxide est converti par la chaleur et l’absorption de l’oxigène de l’atmosphère en manganate de soude, et ce manganate est décomposé par l’étain , dont une portion se transforme en per-oxide, en laissant un résidu d’oxide de manganèse qui repasse par une nouvelle absorption d’air atmosphérique à l'état de manganate, lequel est décomposé par l’étain comme auparavant, en donnant lieu â une nouvelle formation de peroxide d’étain. Le procédé marche donc ainsi jusqu’à ce que tout ou presque tout l’étain ait été peroxidé et se soit combiné avec la soude. La masse dans le pot est alors dissoute dans l’eau,
- et la solution clarifiée par la filtration
- ou le repos. La liqueur surnageante est une solution de slannale de soude qui peut être laissé tel qu’il est, ou bien cristallisé ou évaporé à siecité. L’oxide de manganèse est ensuite recueilli pour s’en servir de nouveau.
- Le stannite formé au commencement de l’opération décrite dans ce paragraphe peut être transformé en stan-nate en le tenant simplement exposé librement et à la chaleur rouge au contact de l’air atmosphérique pendant un temps suffisant : mais il vaut mieux avoir recours au procédé d’oxidation , au moyen du manganèse , comme plus expeuilif, et au total plus économique.
- 5° On emploie aussi à la préparation du slannale de soude l’oxide d’étain , qu’on obtient en chauffant de l’étain métalliquejusqu’à lachaleur rougedans un vase en fer, agitant avec soin et fai' sant passer dessus un courant de vapeur d’eau. Cet oxide d’étain est ensuite traité par la soude caustique , exactement de la même manière qu’on a enseigné ci-dessus pour le minerai.
- 6° On fabrique du slannale de potasse par tous les moyens décrits ci-dessus pour préparer du slannale de soude, en substituant seulement à la soude caustique, à l’azotate de soude et aU chloride de sodium des équivalents de potasse caustique , d’azotate de potasse eide chloride de potassium, suivant le cas.
- 7* On fabrique*aussi du stannite de potasse par le même procédé que le stannite de soude, en substituant a l’hydrate de soude l’équivalent en hy* drate de potasse.
- 8° On prépare du stannate de chaux ou des staimates des autres terres alcalines, en substituant un hydiate ou url azotate , ou un hydrochlorate de chaux ou terreux à la soude, à la potasse ou à leurs sels, et procédant comme on I a expliqué ci-dessus. Avec tous ces stagnâtes , on se procure du peroxide d c-tain , soluble dans les acides, en «‘'J011* tant un acide, l’acide chlorhydriqu® par exemple, qui se combine avec * chaux ou les autres terres, et met e liberté le peroxide d’étain, en forma ^ avec la terre un sel soluble qu’on sépare du peroxide d’étain par des lavag à l’eau. .
- 9° On fabrique du peroxide d’eb" (autrement dit hinoxidc d’étain ouaCItf)j stannique) en faisant passer un couranC de gaz acide carbonique à travers u solution de stannate de soude ' slannate de potasse, ou en faisant
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- river le courant sur l’un ou l’autre de ces sels à l’état sec ou humide, jusqu’à ce que tout l’alcali ou «à peu près soit converti en carbonate . séparant le per-oxide d’étain qui a été mis en liberté, lavant avec de l’eau, filtrant ou décantant la solution de carbonate de soude ou de potasse.
- Ou bien on ajoute de l’acide sulfurique ou tout autre acide convenable à la solution de stannate qui précipite l’oxide d'étain ; après quoi la solution saline de l’alcali est aisément séparée par filtration ou décantation.
- Ou bien enfin on mélange du bicarbonate de soude ou de potasse , ou encore du bisulfate de ces deux bases à la solution de stannate , ce qui convertit l’alcali de ce stannate en carbonate et précipite de l’oxide d’étain, qu’on peut séparer, comme dans le cas précédent, par la filtration ou la décantation.
- 10° On fabrique encore un des sels quelconques de peroxide d’étain en traitant le peroxide (qu’on obtient avec les stannates de soude ou de potasse , Ou ceux de chaux ou autres bases terreuses par l’un des procédés ci dessus décrits) par l’acide nécessaire pour produire le sel particulier qu’on veut préparer. Si, par exemple, on désire de l’oximuriate d’étain (autrement hichlo-ride d’étain), on ajoute du peroxide d’étain à de l’acide chlorhydrique jusqu’à ce que la dernière portion ajoutée ne se dissolve pas. La liqueur claire est du bichloride tout prêt à être employé.
- On peut parfois substituer avec avantage au minerai d’étain ou à l’étain métallique dans les opérations précédentes, ce qu’on appelledans les usines des scories d’étain. qu’on réduit comme le minerai à l elat de poudre , et qu’on traite par la soude ou la potasse, le chlorhydrate de ces alcalis ou leur azotate et l’oxide de manganèse, excepté toutefois en ce qui concerne ce dernier lorsque l’étain contenu dans les scories ®st à l’état de peroxide, cas dans lequel •oxide de manganèse n’est pas nécessaire.
- ^erfectionnements dans l'extraction des huiles et la fabrication des vernis et des couleurs.
- Par MM. H. Bf.ssemer et J.-S.-G. Heywood.
- . Les perfectionnements que nous al 0,|s faire connaître consistent princi Paiement dans jes points suivants :
- 1° Un appareil mécanique propre à l’extraction des huiles et des corps oléagineux des matières qui les renferment.
- 2* Un traitement particulier des huiles et des corps oléagineux encore en combinaison avec les matières qui jes produisent à l’aide de l’eau pure ou imprégnée de corps alcalins et d’une pression hydraulique en vases clos.
- 3° Un mode pour régler la chaleur appliquée aux vases employés dans la fabrication des vernis, et consistant dans l’application d’un bain mélallique ou d’un bain d’air, et d’un moyen pour aspirer et condenser les vapeurs qui s’élèvent des résines et des huiles employées dans la fabrication des vernis , et enfin un mode de cuisson des huiles pour la fabrication des couleurs.
- 4° Un procédé pour donner plus de corps et d’opacité aux couleurs produites par la combinaison de la silice avec un alcali, les terres alcalines ou les oxides métalliques, et en faire des couleurs vitrifiées.
- 5° Un appareil au moulin propre à broyer ces couleurs.
- 1. Relativement au premier point, c’est-à-dire à l’appareil mécanique propre à l’extraction des huiles et des corps oléagineux des matières qui les renferment, nous faisons usage de la presse à huile que nous avons fait représenter sur la planche 428.
- Fig. 1, élévation de la presse vue de côté.
- Fig. 2, plan de celte même presse.
- Fig. 3. coupe longitudinale suivant la ligne A,B fjg. 2.
- Fig. 4, coupe d’une portion du cylindre de la presse sur une plus grande échelle.
- Le fond ou bâti a,a d’une seule pièce de fonte forme en a’ a' un réservoir ou bassin pour recevoir les corps huileux qui y coulent lorsqu’on les extrait par expression. Vers l’une des extrémités de ce fond , s’élèvent des paliers a2,^* avec coussinets 6,6etchapeaux c,c dans lesquels tourne l’arbre coudé d. A l’extrémité opposée, il existe deux autres paliers a3,a3 venus aussi de fonte avec le bâti, pourvus aussi de chapeaux e,e. Ces chapeaux ont pour fonction de retenir fermement en sa place le cylindre de pression f au’on fait en bronze à canon et d’une épaisseur suffisante pour pouvoir résister à une pression intérieure considérable. Ce cylindre/’ est pourvu à l'intérieur de ce que nous nommons une doublure qu’on aperçoit plus distinctement dans la tig. 4. Celte doublure consiste en un tuyau de
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- bronze à canon n portant à l’extérieur une gouttière ou rainure spirale r, et par conséquent présentant l’aspect d’une vis ordinaire à filet carré, et d’un pas très-petit. Dans tout le cours de cette gouttière spirale on a percé des trous coniques f qui -traversent départ en part le tuyau n, et communiquent avec son intérieur. En ri, le diamètre intérieur de cette doublure augmente, et est pourvu en ce point d’un collier en acier t. L’extrémité du tuyau opposée à ri présente au contraire un diamètre réduit , et est pourvue extérieurement d’un autre collier en acier u. Un sac cylindrique simple v ouvert aux deux bouts, en futaine, étoffe de crin ou autre matière perméable analogue et d’un diamètre convenable , s’adapte très-exactement dans l’intérieur du tuyau n, et dans ce sac est placé un cylindre iv en toile métallique ou en tôle finement percée. Le collier d’acier t entre juste dans l’extrémité ouverte du cylindre de toile métallique qu’il presse dans la retraite formée en ri, et maintient fermement en place. Le sac v et la toile métallique w étant alors fortement tirés par l’autre extrémité n2 du tuyau, on chasse dessus le collier u qui les serre avec force et les retient tendus et immobiles. Alors on introduit le cylindre de doublure n dans le cylindre d’expression n jusqu’à l'épaule-ment g.g. On insère ensuite une pièce tubulaire h,h qu’on amène jusqu’au contact avec le collier u, et on met en place le bouchon à vis i qui maintient la doublure n avec fermeté dans l’intérieur du cylindre d’expression.
- L’extrémité de ce cylindre d’expression est étranglée en f’,f', et forme en ce point un épaulement contre lequel vient buter le collier j dont le diamètre d’ouverture règle la pression à laquelle sont soumises les matières sur lesquelles on opère. A l’intérieur du tuyau n , est adapté un piston plein k qui reçoit un mouvement de va-et-vient de l’arbre coudé d au moyen de la bielle l, le mouvement parallèle élant réglé à l’aide des roulettes m,m et de la traverse o qui cheminent sur le bâti dans les points a4,a4. K est une trémie boulonnée sur un collet f2 que porte le cylindre d’expression et communiquant avec ce dernier par une ouverture percée dans le tuyau n et placée sous le bec de cette trémie de manière que les matières que renferme celle-ci puisse tomber dans ce tube lorsque le piston plein k démasque celte ouverture. Dans la portion du cylindre d’expression occupée par la doublure,
- on a percé un grand nombre de petits trous p.p qui communiquent en différents points avec la gouttière spirale dans le tuyau n, et à l’extérieur de ce cylindre il existe deux bagues f,f* buttant contre les paliers a3 et leurs chapeaux e et servant à maintenir fermement le cylindre d’expression à sa place.
- Quand on emploie la force de la vapeur pour communiquer le mouvement à la presse à huile, on place la manivelle du piston de vapeur établi à l’extrémité d’ de l’arbre coudé de la presse à l’huile sous un angle tel par
- rapport à la manivelle d, que quand
- celle-ci chasse en avant le piston plein A: jusqu’à l’extrémité de sa course , le piston de vapeur soit arrivé à moitié de la sienne pour que la force motrice appliquée atteigne son maximum au moment où la presse présente la plus grande résistance et que le piston de vapeur lorsqu’il passera par ses points morts n’ait à surmonter que le frottement de la machine seulement lorsque le piston plein k est au milieu de sa pulsation en retour.Quand on applique une autre force motrice pour tourner la manivelle d, il est nécessaire d’employer un volant qu’on placera sur l’arbre d' avec les engrenages utiles pour mettre en communication avec le premier moteur.
- Quand on applique cet appareil à l’extraction de l’huile de lin, on broie et on chauffe ces graines de la manière actuellement en usage, puis on les introduit dans la trémie , et aussitôt imprimant le mouvement à l’arbre coudé d, le piston plein k exécute un mouvement de va-et-vient à l’intérieur du tube n du cylindre d’expression. Cha; que fois qu’il recule vers l’arbre coude il démasque l’ouverture sous la témie et permet à une portion de graines broyées de tomber dans ce tube, tandis que lorsqu’il revient par un mouvement contraire , il chasse ces graine* vers la partie rétrécie du cylindre ou leur passage se trouve beaucoup re-tardé par le frottement contre les pa' rois de la doublure , mais principal' ment par l’étranglement de l’ouverture de décharge a travers le collierj. occasionne un degré considérable u résistance, et où, par conséquent J piston plein aura à exercer sur la Pat^ une pression proportionnelle à l’ouver*-tore plus ou moins grande que le co lier j j laisse pour la décharge. . .
- On remarquera que ce collier J e mobile et qu’en enlevant entièreme le piston plein du tuyau on peut
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- changer pour un autre présentant une ouverture de plus grand ou de plus petit diamètre. La doublure peut aussi dans tous les temps être enlevée du cylindre pour en ôter les portions usées ou hors de service toutes les fois qu'on *e juge à propos.
- L’action du piston plein ressemble à celle du piston d’une presse hydraulique ; les graines sont pompées ou aspirées à l’une des extrémités du cylindre d'expression et s’échappent par 1 autre. D'un autre côté tout l’intérieur de ce cylindre renfermant les semences est garni d’étoffe de crin ou autre oialière résistante et perméable propre à cet usage, et pour protéger cette étoffe contre toute avarie, on la recouvre de toile métallique ou de tôle percée de trous fins; ce sac se trouve donc aibsi complètement défendu à l’intérieur, tandis que soutenu de toutes Parts à l’extérieur par le tuyau n, il est ainsi peu exposé aux avaries ou au risque de crever.
- L’huile exprimée passe à travers la toile métallique et l’étoffe en crin et s écoule par les trous s dans la gouttière spirale r, et de là sort par les trous p dont est percé le cylindre d’expression. 4. mesure qu’elle coule , elle est reçue dans le réservoir a\ d’où on peut l'extraire par l’ajutage y.
- Quoiqu’on n’ait décrit qu’un seul cylindre d’expression, il est évident qu’on peut en disposer les uns à côté des autres deux ou un plus grand nombre, qu’on mettrait en action par une Uvanivelle unique ou plusieurs manivelles sur un même arbre, et disposées {’une par rapporta l’autre, de manière a égaliser autant que possible la résistance pendant tout le temps de la révolution de cet arbre. On a proposé une forme cylindrique pour le piston plein; toais il est clair qu’on peut donner à ce Piston ainsi qu’au cylindre une forme Polygonale quelconque.
- , pans la description de la presse à "Oile que nous venons de donner, nous Savons pas indiqué de moyen pour chauffer la matière qu’on soumet à la Passion. Or, comme on sait qu’il est neCessaire d’élever la température de perlai nés matières dont on extrait huile, nous indiquerons ici un pro-edè pour y parvenir.
- Lorsqu’on veut appliquer la chaleur PCudant l’opération du pressurage, on °nne un diamètre un peu plus grand J* cylindre d’expression et aussi plus o longueur, et on divise le réservoir a' jn deux compartiments distincts sur esquels doit s’étendre ce cylindre. Un
- fort tuyau en fer forgé pénètre par l’extrémité ouverte du cylindre et s’étend jusqu’à mi-chemin de la trémie, et là se termine en une pointe pleine. Ce tuyau occupe Je centre du cylindre de pression, et par conséquent laisse tout autour de lui un espace annulaire qui est occupé p .r la farine ou les matières broyées. On introduit dans ce tuyau de la vapeur qui en élève la température au degré voulu. L’extrémité de ce tuyau qui dépasse le cylindre a besoin de buter solidement contre une potence qui s’élève au bout du bâti et qui le maintient avec force enplace, malgré l’effort exercé sur son extrémité pointue.
- Le jeu de cette disposition consiste en ce que le- graines broyées ou les autres matières tombant dans le cylindre d’expression et poussées en avant par le piston plein, abandonnent une portion de leur huile à l’étald’huileà froid qui tombe dans le premier compartiment du réservoir à. La marche de celte farine dans le cylindre l’amène bientôt en contact avec la pointe du tuyau chauffeur; là cette pâte se divise et passe dans l’espace annulaire entre ce tuyau et la doublure, et ainsi étendue en couche mince autour du tuyau, elle en absorbe promptement la chaleur en laissant écouler une nouvelle portion d’huile qui est reçue dans le second compartiment du réservoir, de façon que les opérations du pressurage à froid et du pressurage à chaud marchent simultanément.
- II. Notre mode de traitement des huiles et des matières oléagineuses encore renfermées dans les substances végétales ou animales dont on les extrait en les combinant avec de l’eau pure ou de l’eau rendue alcaline par le moyen de la presse hydraulique en vases clos a été mis en pratique à l’aide de l’appareil dont nous allons donner la description.
- Fig. 5. Vue en élévation de cet appareil.
- Fig. 6. Section verticale prise par le milieu.
- A est un réservoir en fonte de forme circulaire aux extrémités et ouvert à la partie supérieure. Sur l’une de ces extrémités est fixé un vase cylindrique B déformé hémisphérique aux deux bouts, présentant une force considérable et susceptible de résister à une pression de 56 atmosphères. Ce cylindre est maintenu dans une position verticale par un collet C qui porte et qui s’étend sur la moitié seulement de sa circonférence. Ce collet repose sur une pièce semblable ménagée sur l’extrémité cir-
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- culaire du réservoir A et y est boulonné. La partie supérieure du vase B forme une sorte de coupe ou petit bassin B',dont les rebordsservenl d’appui à un étrier en fer D. Au centre de la coupe il existe un orilice débouchant dans le vase et garni d’un cuir embouti E retenu et pincé par le collier G. Le fond du vase est percé également d’un autre orifice où l’on a disposé un second cuir embouti H. assujetti par l’anneau J, lequel est solidement boulonné sur le vase. Une grosse tige en fer K s’étend du fond du cylindre Bjusqu’au sommet de l’étrier D, en traversant ce vase dans toute sa hauteur et en présentant deux renflements en forme de bouchons K1,K2 ajustés dans les cuirs emboutis. La portion supérieure de la tige K. est filetée en K3 et traverse l’œil D’ de l’étrier pour entrer dans la boîte N, qui est taraudée à l’intérieur et pourvue de deux poignées P,P, qui, quand on les fait tourner, élèvent ou abaissent la tige R du degré voulu.
- K est un tube par lequel on peut injecter de l’eau dans le vase B à l’aide d’une pompe foulante du genre de celles dont on fait usage dans les presses hydrauliques; S, un robinet qui sert à évacuer une portion des matières contenues dans ce vase et à faire cesser la pression quand la chose est nécessaire. Les deux bouchons K1 et K2 ayant même aire, quelle ipie soit la pression exercée à l'intérieur du vase B, celle-ci n’a aucune tendance à pousser la lige K en haut ou en bas, tandis qu’en s’exerçant sur les cuirs emboutis elle maintient les assemblages étanches et s’oppose à ce que les matières qu’on comprime s’échappent au dehors.
- Une certaine quantité d’huile ou de matières oléagineuses ayant été ex irai tes des substances végétales ou animales et les portions qui restent étant plus difficiles a obtenir, on traite, ces matières de la manière suivante. Au sortir de la presse, elles sont mélangées à une grande quantité d’eau chaude ou d’eau légèrement imprégnée de matières alcalines afin de les réduire à un étal demi-fluide, et en cet étal de les travailler dans l'appareil ci -dessus décrit. A cet effet, on tourne les poignées P, P; le bouchon K1 se lève au-dessus de l’orifice qu’il fermait, tandis que le bouchon K2, qui est beaucoup plus long, ferme toujours l’orifice inferieur. Les matières semi-fluides sont alors introduites dans le bassin B1 d’où elles tombent dans le vase B. jusqu’à ce qu'il soit entièrement chargé. On abaisse alors la tige K dans la position repré-
- sentée dans la fig. 6, et la communication étant établie avec la pompe foulante de la presse hydraulique par l’ouverture d’un robinet sur le tuyau de cette pompe, l’eau afflue par le tuyau R dans le vase, et après quelques coups de piston les matières qui y sont contenues sont soumises à la pression requise.
- En cet état, on abandonne au repos pendant quelques minutes pour que la combinaison de l’huile et de l’eau puisse s’opérer, puis on. ouvre le robinet S, et on laisse échapper une portion des matières fluides contenues dans le vase dans le réservoir au-dessous. La pression étant ainsi supprimée, on fait de nouveau tourner les poignées P» afin de relever la tige K suffisamment haut pour dégager le bouchon K2 de l’orifice inferieur. Les matières contenues dans le vase s’écoulent alors dans le réservoir A, puis le bouchon R2étant abaissé de manière à clore l’orifice inférieur, on peut charger de nouveau le vase pour une autre opération.
- La pression exercée ainsi sur le mélange de matières oléagineuses et d’eau détermine l’huile qui s’y trouve renfermée à se mélanger avec ce dernier liquide et à former une liqueur d’appa* rence laiteuse dont on peut ensuite extraire l’huile, soit par le repos dans de vastes réservoirs, soit en évaporant l’eau par la chaleur.
- , Quand les huiles sont destinées à la fabrication du savon ou ci quelques autres usages, on peut se servir de ce mélange d’eau et d’huile sans en effectuer la séparation, et lorsque c’est de l’huile de graine qu’on obtient ainsi» les matières mucilagineuses favorisent la combinaison des deux liquides.
- Dès que les matières ont etc enlevée* du réservoir A , elles sont jetées sur un tamis et les portions solides qui restent sont soumises à un nouveau pressurage afin d’en extraire les partie* Hoiries qui peuvent encore y rÇsterl Dans quelques cas, on trouve qu'il eS avantageux de faire bouillir la liqupu. laiteuse résultant de l’opération qu* vient d’être décrite, afin de coagule^ les matières albumineuses et de favoriser ainsi la purification de l'huile-
- 111. Voici maintenant le moyen <1** nous employons pour régler la Cf1, er„. appliquée aux vases qui servent à la brieaiion des vernis à l'aide d’un na métallique ou d’un bain d’air, et le P cédé par lequel nous aspirons et en gg densons les vapeurs qui s’elèven résines et des huiles dans la fa,^rlf,a;i:o0 des vernis ou des huiles en ébuli
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- ^uon emploie à la fabrication des couleurs.
- Dans le mode actuel de fabrication 0es vernis, les résines ou les gommes sont généralement liquidées dans un P('t destiné à cet objet, par l’application directe du feu à l’exterieur de ce vase 9'n est en cuivre mince. La température " ce pot peut s'élever ainsi subitement
- de
- ^ un degré tel, que les gommes en eprouvent undommage sérieux etmèrne prennent feu, tandis que parfois rabais* sèment de la température au-dessous d un certain degré produit des incon-yenients d’un autre genre. En outre, a ta hau'e température nécessaire pour Retire en fusion le copal, le succin, la J'esine animé et autres malières analogues, ces substances dégagent d’a-~j>ndantes fumées consistant dans les éléments les plus volatils de ces corps.
- dégagement de matières volatiles auectesingulièrement les ouvriers employés dans ce genre de fabrication et Parfois donne lieu à des explosions de ‘a nature la plus grave, tandis d'un au-*re côté que les vapeurs qui s'échappant ainsi ont souvent une valeur considérable, soit qu’on fes ajoute au vor-*ds, soit qu’on en fasse des applications distinctes. Le pot à fondre les résines el les gommes a besoin aussi d’être ou-Vept pendant le travail, afin que les ouvriers puissent surveiller les opéra-ll°ns et agiter les matières de temps à ai,tre. C’est ce qui a jusqu’à présent rendu si difficile les moyens de préve-la dissipa ion et la perle di s maires volatiles en question et nous a déterminé enfin à chercher le moyen iJUe nous allons faire connaître.
- Fig. 7, section verticale par le milieu du bain métallique et du pot à fondre les résines,
- Fig. 8, section horizontale de ce pot, Pap la ligne AB, fig. 7.
- ® est le foyer situé au-dessous du Plancher de l’atelier comme à l’ordi-J!ajre, b la porte de ce foyer etc le cen-J‘r|er. Sur ce foyer est placé un vase en /.‘••te d qui est rempli presque en en-.l(‘r par un hain d'un alliage à parties gales de plomb et d’étain , le point de Osion du plomb seul étant trop élevé P°Ureet objet. Le carneau du fourneau i’1!monte en e, débouche dans celui f, après avoir fait le tour du bain se er)d dans la cheminée qu’on n’a pas re-|.resentée dans les fi.Mires, g est le pot à I ,lf|rela résine qui est en cuivre mince ^miné et pourvu d'un collet rivé hh. érh,1S CC co“e‘ on a découpé trois j. . a,,Crures à égales distances, et trois * “*es *\t,i établies sur la partie supé-
- TechnologUte. T. XI. — Mai. 1850.
- rieure du bain correspondent, quant à la distance entre elles, avec les échancrures du collet h, de façon que lorsque le pot est introduit dans le métal fondu, ces griffes passent à travers les échancrures, ei qu'en tournant le pot, le collet h se trouve retenu par ces griffes qui résistent à sa tendance à sortir du bain.
- Dans le voisinage du sommet du pot on a pratiqué une découpure qui embrasse la moitié de sa circonférence, et on a abaissé la lèvre inférieure en dehors d’environ 12 millimètres en laissant un intervalle l entre les deux lèvres. A l’extérieur du pot est une pièce circulaire m rivée sur ce vase et embrassant les lèvres de l’ouverture l ; cette pièce m sert à fortifier le pot et à établir une communication avec son intérieur; elle porte au centre un petit ajutage n qui débouche directement au-dessus d’un tube fixe p qui s’élève verticalement sur le couvercle du bain, et est par conséquent, par le moyen de l’ajutage n. en communication avec l’inlérieur du pot. Ce tube qu’on voit brisé en p' dans la figure, se prolonge vers une partie des bâtiments où il pénètre dans un serpentin établi dans un baquet d’eau froide comme à l’ordinaire. Ce serpentin après avoir quitté le baquet se divise en deux branches, l’une descendant perpendiculairement de 0m,30 et terminée par un robinet qui sert à évacuer les malières condensées dans des récipients, l’autre qui s’élève d'environ i mètre, pour communiquer avec l’arbre percé d’un ventilateur excentrique ordinaire ou autre appareil aspirateur, dont les fonctions consistent à faire appel de l'air du tube, et par conséquent à provoquer un courant vif dans le serpentin afin d’entraîner l’air et tous les produits non condensables qu’il peut renfermer. Voici du reste la manière de se servir de l’appareil.
- Le feu ayant été allumé et le métal du bain étant entré en fusion, on y introduit un thermomètre par l’ouverture p, et on observe le degré de température qu'il marque. Dès qu’on a atteint la température exigée le pot aux résines g est placé dans le bain où il est assujetti par les griffes i, en ayant soin de le tourner de manière que les tuyaux n et p se trouvent correspondre exactement l’un à l’autre II n’est pas nécessaire que leur point de jonction en s soit parfaitement imperméable. Une charge de Hkil. de succin, supposons, est alors introduite dans le pot, surveillée et agitée à la manière ordinaire par la gueule du pot. Le ventila-
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- tenr ou autre appareil d’épuisement étant alors mis en action, Y huile d'ambre ou les portions volatiles du succin s’élèvent du sein des matières sur lesquelles on opère et coulent par l’échancrure en l, ainsi que l’indique la direction des flèches. Le courant énergique oui s’établit par cette ouverture et qui s '-tend sur tout le demi-diamètre du pot, fait arriver une portion d’air atmosphérique par la gueule ouverte de ce pot, air qui, en se mélangeant avec les vapeurs, les entraîne dans le serpentin où leurs portions condensables passent à l’état liquide, tandis que l’air s’échappe à travers le ventilateur.
- On éprouve peu de difficulté à maintenir une température convenable et égale dans le bain métallique, parce que dans un intervalle aussi court que le temps pour fondre une charge, la température d’une masse tellement considérable de métal fondu éprouve peu de changement même quand on aurait cessé entièrement le feu ou qu’on l’aurait poussé vivement. Indépendamment de cela on peut à tout moment modérer la chaleur en insérant j)ar l’ouverture r, pendant une ou deux minutes, une grosse pièce de fer froide qui abaisse la température du bain, mais en général on peut se contenter de compter sur la chaleur contenue dans la masse fondue, dont la température ne peut pas beaucoup varier pendant le cours d’une opération à moins qu’on ne néglige complètement de veiller à l'état du feu.
- Lorsque la résine est en fusion et mélangée à i’huile, il faut l’enlever du bain métallique et transporter le contenu du pot dans celui à cuire en ayant soin d’employer pour ce transvasement le côté g' pour que les matières n’entrent pas dans l’échancrure l et n’occasionnent pas d’inconvénient.
- Ainsi dans cette opération de liquéfaction des résines on a réglé la chaleur sans inconvénient et sans avoir à craindre qu’il s’échappe de la fumée, et en condensant les matières volatiles dont le fabricant de vernis pourra faire ensuite l’usage qu’il jugera le plus avantageux.
- {La suite au 'prochain numéro.)
- Appareil pour purger et mouler le sucre.
- Par MM. J.-C. Rohlfset J.-F. Cail.
- L’appareil pour purger et mouler les sucres est construit sur le modèle de celui connu depuis longtemps sous le nom d’hydro-extracteur, et qui sert dans les teintureries et les imprimeries à exprimer l’eau que renferment les tissus par le moyen de la force centrifuge.
- La fig. 14, pl. 128, est une section verticale de cet appareil.
- La fig. 15 en est le plan.
- B' est un récipient cylindrique ouvert au sommet, fermé au fond et dans lequel on introduit la cuite, b'%bk des ajutages disposés sur des ouvertures percées dans les parois du récipient et destinés à soutenir par le petit bout une série de formes coniques à sucre I),D disposées autour de ce récipient, leurs bases en dehors. Le récipient tourne par le bas dans une crapaudine B2 et par le haut dans un collier Bs.
- C.C est un tambour fixé dans le haut et dans le bas au corps du récipient B1 et portant des fenêtres CSC1, dans lesquelles reposent les gros bouts des formes. Ces fenêtres CSC1 sont percées un ptu plus grandes à la partie supérieure pour permettre l’entrée des formes et aux queux D3 de pénétrer dans un des anneaux E.
- E,E série d’anneaux de fer d’angle ou en T maintenus en place par des potences E',E' assujetties sur le tambour C; chacun de ces anneaux maintient fermement un rang de formes D, et s’oppose à ce que celles-ci soient chassées en dehors. Ces formes D ont à leur gros bout deux fonds, l’un extérieur et l'autre intérieur. Le fond extérieur D est solide et clôt entièrement l’ouverture à l’extrémité de la forme lorsqu’il est vissé contre le fond D2 et retenu par les écrous D4D4. Le fond intérieur B* est formé d’un petit châssis en métal convenablement disposé, tendu d un® toile métallique, et ajusté dans une retraite que portent les formes D. En dehors il en sort la pièce ou queue ronde en métal IJ3, qui passe à travers le fond extérieur D, et atteint Panneau E qu‘ le maintient fermement sur la forme.
- Le bâti général de cet appareil con-siste en un fond F,F ayant la forme représentée dans les figures, sur lequel est boulonné un fort châssis F1 porta01 le collier B3 et en deux feuilles mobile# de tôle F3, F3 enchâssées dans des rai°u7 res sur le fond F, et constituant ainsi
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- *Vec le châssis F' l’enveloppe qui entoure l’appareil.
- C'est une poulie en communication *vec un cône différentiel, qui pendant *® travail augmente graduellement la vitesse de la machine. G' un tuyau Pour conduire le sucre cristallisé dans machine, et F8 un autre tuyau par lequel le liquide purificateur rejeté Par les formes, ainsi qu’on va l’expli— loer, se trouve évacué.
- . La manière dont la machine fonctionne est facile à imaginer.
- . Les formes D,D et l’enveloppe F1, F1 ®tant mises en place et les fonds D',D' Seirés fortement, le sucre amené au de-8rê convenable arrive par le tuyau G' dans le récipient B. Le mouvement etant alors imprimé à la machine, le sucre est chassé dans les formes par la jOrce centrifuge. La machine est entrevue dans un mouvement lent de ro-t^tion jusqu’à ce que la masse soit ^assise. Les fonds D',D' sont alors logèrent desserrés en tournant les écrous " pour livrer passage au liquide chassé ®cs formes. Alors ori donne à l’appareil due allure en rapport avec la nature du sUcre qu’il s’agit de purger, et aussitôt le sirop contenu dans les formes en a été rejeté, on verse une quantité suf-dsanie de la liqueur employée à la pu-r’%ation dans le récipient B, liqueur JJ?1 par l’effet de la force centrifuge se distribue également dans les formes, et Passe à travers le sucre. Cette dernière opération est répétée jusqu’à ce que le sPcre soit suffisamment purifié ; alors °H enlève les formes et on ôte le sucre.
- Les sucres, au lieu d’être moulés et Pdi'gés par la force centrifuge de la marine, peuvent être d’abord moulés , ans les formes, puis introduits dans
- appareil pour y être purgés.
- IV,
- °uveau mode de fabrication des °bjets aérofuges et hydrofuges en C(*ouichoucou en gutta-percha seuls combinés.
- ï*ar M. W. H. Bürkb, fabricant. Jus
- on a fabriqué le caoutchouc vul-en mélangeant à cette sub-
- JUsqu’à présent or ^°?tçhouc sulfuré dit &t n,sé , en mélangea lihCe Une §rande quantité de soufre tip e °"» comme on dit en terme de mé-t r> en pétrissant du soufre avec le jj pdtchooc soumettant ensuite la masse q^.lnfluence d une température élevée fin1 a P°ur e^et de combiner une por-du soufre avec le caoutchouc.
- Quoique les matières préparées avec le caoutchouc sulfuré jouissent de propriétés utiles , je dirai que la substance dont je vais faire connaître la préparation, est susceptible d’applications plus variées encore, et que cette préparation est plus facile et plus sûre dans ses résultats.
- Par l’effet même du procédé qu’on emploie pour préparer le caoutchouc vulcanisé, cette matière présente deux défauts graves :
- 1° Le soufre étant employé à l’état libre, une portion de ce corps est continuellement à l’état d’efflorescence et en recouvrant la surface du caoutchouc d’une poudre blanche communiqueune odeur de soufre à tous les objets avec lequel on le met en contact.
- 2° Le soufre à l’aide de cette efflorescence , se sépare du caoutchouc, se dissipe ét se perd, et il paraîtrait même que la quantité qu’on suppose combinée se dégage graduellement, et se volatilise en laissant le caoutchouc en partie détérioré ou plutôt désagrégé.
- La matière fabriquée par le moyen qui va être décrit n’est pas sujette à ces defauts, car elle n’est pas préparée avec le soufre libre, ce qui permet d’éviter les désagréments de l’efflorescence de ce corps, et de plus, comme elle ne renferme aucune substance de nature efflorescente , elle persiste dans son état normal pendant un temps quelconque.
- J emploie dans la préparation de ce nouveau produit hydrofuge et élastique un composé d’antimoine que j’obtiens par le procédé que je vais décrire.
- On réduit la substance connue dans le commerce, sous le nom d'antimoine cru à l’état de poudre fine par la pulvérisation dans un mortier ou un moulin , et on ajoute une partie de cette poudre à environ 25 parties de carbonate de soude cristallisé, ou 20 parties de carbonate de potasse dissous dans 250 à 300 parties d’eau. Le tout est bouilli dans une chaudière en fer pendant une demi-heure ou trois quarts d’heure, au bout desquels on arrête l’ébullition, et on laisse pendant quelques minutes précipiter les matières non dissoutes. La liqueur qui surnage est filtrée encore chaude et l’alcali es saturé par de l’acide chlorhydrique ajouté en léger excès, ce qui donne lu-u aussitôt à un précipité abondant rouge orangé. Ce précipité constitue le soufre doré d’antimoine ou, comme on dit aussi, le kermès minéral, et c’est ce
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- composé d'antimoine qu’on combine au mélange avec le caoutchouc.
- Ce précipité rouge ou composé d’antimoine ayant donc été bien lavé avec de 1 eau chaude pour enlever l’excès d’acide, est séché à une basse température, puis broyé, et en cet état propre à être employé. Ün le pétrit ou le mélange avec le caoutchouc seul, ou combiné avec le gulta-percha suivant le degré de l’élasticité qu’on désire donner; puis le tout est soumis à une température élevée qui varie de 125° à 135° C, soit dans une étuve, soit dans une chaudière avec pression de vapeur ou bien exposé aux rayons du soleil.
- Le caoutchouc, ainsi préparé, est beaucoup amélioré non-seulement sous le rapport de sa force et de son élasticité, mais encore de la faculté de résister à l’influence des rayons solaires , et de conserver sa douceur et sa flexibilité à une basse température.
- Pour mouler un bloc de caoutchouc qu’on se propose de diviser ensuite en feuilles, fils, courroies ou bandes, on prend une quantité donnée de celte substance, telle qu’on la trouve dans le commerce et suivant les dimensions du du bloc , soit par exemple 50 kilogr. qui après avoir été bien lavée et débarrassée de toutes les matières étrangères, est passée à travers une machine à briser, puis dans une machine à pétrir, entourée d’une double enveloppe pour l'introduction de la vapeur, et qui consiste en cylindres cannelés tournant dans des coussinets. Un introduit donc la vapeur, on fait tourner, puis on ajoute le composé d’antimoine en quantités qui varient de 2kil-,o00 à 7kil-,500 suivant la force ou l’élasticité qu’on veut donner au bloc de caoutchouc, et l’usage qu’on veut en faire. Lorsque les ingrédients ont été bien intimement mélangés dans la machine à pétrir (ce qui exige d’une heure à une heure et demie.suivant la vitessedecirculalion), on enlève le composé de la machine, et pendant qu’il est encore chaud on le comprime au moyen d’une presse à vis ou d’une presse hydraulique dans un moule en fer de O®,60 à 2 mètres de longueur, 0m,30 de largeur et 0m,25 de profondeur. Le bloc ainsi formé, après être resté un ou deux jours en presse, est soumis à la vapeur d’eau à la température indiquée plus haut [rendant 2 à 3 heures, et c’est lorsqu’il a enfin acquis ainsi les propriétés d’une élasticité permanente et d’une force accrue de résistance, qu’on le découpe en feuilles, qu’on divise ensuite en fils, ou qu’on le moule suivant les formes
- ou les articles qu’on veut fabriquer. On peut aussi diviser le bloc au sortir du moule et fabriquer les articles par la chaleur ou l’action des rayons solaires.
- Quand on veut des feuilles d’une longueur considérable, par exemple d.e de 18 à 20 mètres ou plus, et pour éviter la dépense des machines à découper de pareilles feuilles, on y parvient en dissolvant le caoutchouc à la nia' nière ordinaire avec les dissolvants connus, au moment où il sort de la machine à pétrir et on étend la pulpe oU solution au moyen de rouleaux à cala*)' drer ou de la machine à étendre ordi; naire sur le calicot ou autre tissu qu,‘ doit être préalablement saturé ou frotte parfaitement avec de la craie broyee» de la terre à foulon ou à pipe qui Per' mettent d’enlever aisément le caoutchouc sur le tissu après qu’on a sounu» à la chaleur. Mais quand on veut flue la composition adhère fermement tissu, au cuir ou autre produit qu’011 veut rendre aèrofuges ou hydrofugeS» on se dispense de la saturation par craie. On peut ensuite ajouter une H*a‘ lière colorante si on le désire.
- D après la description ci-dessus» 0 voit que mon nouveau composé d caoutchouc, avec ou sans addition ^ gulta-percha, est susceptible de rece' voir les diverses applications qu°. donne au caoutchouc ordinaire ou à se composés. Mais une application imp0^ tante est celle que j’ai déjà indiquée e janvier 18i6, et qui consiste à uni* c colon en laine à d’autres corps, ou b1 ^ à cimenter une, d’eux ou un plus granr nombre de ces sortes de toisons Pa3 fabriquer un produit économique» û rable et hydrofuge admirablement P£g pre à fairé des blanchets ou étol pour les imprimeurs, ou des bauu pour les cardes, etc., tous articles fl ' fabriqués en caoutchouc seul ou e biné au gulta-percha. sont sujets ae^ affectés par l’action de l’air, ce qul limite beaucoup l'emploi. .(e,
- 2. Pour fabriquer des tissus ou ve g menls hydrofuges à simple étoffe, s : leur donner cet aspect luisant ou ve j à la surface qui déplaît générale*** ^ par la ressemblance avec les toiles o lèes ou vernies, je mélange chouc préparé ou non avec 10 à lo P (jc 100 de tontisse desoie, de coton 0 e laine, et je dissous dans une nienS,;sse convenable, ou bien j’ajoute la t0*1..
- ette
- au caoutchouc dissous. C’esta'® tjsSa
- solution que j’enduis la surface o ^ je5
- prèablement rendu hydrofuge P^ef moyens ordinaires, afin de lu^
- l’aspect d’une étoffe de soie
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- on de coton. On peut soumettre ensuite cette étoffe à la chaleur, et au besoin la doubler et la coller avec une au-tfe. On a déjà préparé ces sortes de tissus en tamisant dessus de la tontisse serbe; mais celle tontisse, ainsi appliquée, s’en détache aisément par le frottement et n’adhère que faiblement au tissu, tandis que, dans mon procédé, elle en fait partie intégrante et ne peut on être enlevée.
- 3. On se plaint généralement que les courroies en gntla-percha se rendent et s’allongent au bout de quelque temps de service, qu’elles s’écorchent et s’écaillent quand on les fait marcher avec tine grande vitesse, parce que le gutta Percha n’est pas suffisamment dur pour résister au frottement sur les tambours ou les poulies sur lesquels il passe. î*our obvier à ce défaut, je propose d’appliquer à ces courroies, soit au centre, soit sur I une des faces ou sur toutes deux, du cuir ou du canevas ou quelque tissu solide propre à cet objet et de couvrir l’une ou les deux surfaces du gutla-percha avec ma préparation Perfectionnée de caoutchouc et de gutta Percha combinés, au moyen de quoi on obtiendra une courroie d’une élasticité bornée, mais possédant la fermeté de texture nécessaire, avec l’avantage d’avoir un recouvrement au point de jonction qui aura la même épaisseur et la fiième flexibilité que dans le reste, chose très-désirable pour les courroies des machines.
- Nouveaux instruments optiques.
- Par M. A. Bryson.
- i. Lunettes polarisantes. Avec le Secours de cet instrument, le naturaliste, l’ingénieur, le pêcheur peuvent distinguer les objets au-dessous de la surface de l’eau. L’instrument consiste en deux prismes de Nicol adaptés de manière à prévenir la transmission à l’œil du rayon polarisé horizontalement réfléchi par la surface de l’eau, et Par conséquent a détruire l’éclat qui s’oppose à ce que l'œil pénètre au-dessous de cette surface. Lorsque la surface de l’eau est tranquille, et l’instrument disposé pour former un angle de 52» avec l’eau, l’effet est complet. Sous d’autres angles, moitié du rayon mcident passe à travers les prismes. Ces prismes sont disposés dans une monture ordinaire de besicles ou em-
- ployés à la main comme les lunettes de spectacle. Quand on s’en sert pour examiner le fond des rivières ou descanaux où l’eau est assez claire pour permettre aux rayons réfléchis du fond de pénétrer, et lorsque la profondeur est connue , les plans terminaux des prismes peuvent être modifiés de manière à réduire l’effet de la réfraction de l’eau et à représenter ainsi les objets au fond à leur place véritable.
- Les prismes de Nicol qu’on emploie sont ceux récemment adoptés où les angles sont 71° et 93°.
- 2. Polariscope des peintres {1). Cet instrument présente la même construction que le précédent, excepté que les prismes sont disposés pour empêcher l’admission du rayon polarisé perpendiculaire au lieu de celui horizontal. A l’aide d’une vis sans fin qui fait tourner également les prismes sur leurs axes dans un angle de 90°, les lunettes polarisantes peuvent être employées comme polariscope des peintres. Avec cet instrument, un tableau suspendu sous un faux jour ou trop fortement verni parait mat et peut être parfaitement observé.
- 3. Diaphragme polarisant pour microscope. Cet instrument consiste en deux prismes de Nicol dont l’un est fixe, et l’autre peut tourner de 90° sur le même axe que celui qui est fixe. Par cette disposition, la lumière peut-être modifiée depuis son plus grand éclat jusqu’à une obscurité totale.
- 4. Polariscope chirurgical. Cet instrument à pour but de venir en aide à l’oculiste qui examine l’état de la cornée de l’œil. C'est un pri«me de Nicol placé dans un tube derrière une lentille d’un long foyer, et tournant librement sur son axe pour s’adapter au plan variable du rayon polariséémanant de la cornée. Decelle manière, il permet à l’oculiste d'observer avec facilité tout corps étranger, tant petit soit-il, qui sc trouve sur la cornée, puisqu’il fait disparaître tout l’éclat de la lumière réfléchie à la surface de ce corps
- Sur l’encre de chrome de M. Jiunge, Par M. W. Stein.
- L’encre proposée par M. Runge (voir le Technologisle, lüe année,
- 10 Depuis que cet instrument a été construit j’ai trouvé que j’avais été prévenu dans cette application du prisme de Nicol par M le professeur Dove de Berlin,
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- p. 135), et qui se compose en faisant bouillir une décoction de bois de cam-pèche à laquelle on ajoute, pendant qu elle est encore chaude, du chro-mate jaune de polasse, a l’avantage sur les encres ordinaires de fer de ne pas exiger de gomme, et de ne pas laisser déposer en aussi grande abondance la matière colorante. Cependant elle est entachée d’un défaut grave qui pourrait s’opposer à son emploi général: c’est que souvent, et peut-être même dans la plupart des cas, elle s’épaissit, quelque temps après sa préparation, comme du lait caillé. Pour écarter ce défaut dont la cause ne m’est pas encore bien connue. j’ai tenté diverses expériences, mais sans succès, jusqu’au moment où j’ai eu l’idée d’y ajouter quelques gouttes d’une solution de sublimé (0^,25 de chloride de mercure pour une bouteille d’encre). Non-seulement cette encre devient ainsi plus fluide et se conserve intacte, mais sa couleur a passé au noir pur, de bleu indigo foncé qu’elle était auparavant.
- Préparation d’un charbon animal très-propre à la décoloration des liquides.
- ParM. B. Graeger. L'efficacité du charbon animal pré-
- paré avec la gélatine, l’albumine de blanc d’œuf, le sang, etc., comme agent de décoloration, m’a toujours paru laisser beaucoup à désirer, sans compter que la conversion de ces matières en charbon présente toujours beaucoup de difficultés et d’embarras. J’ai donc cherché à les remplacer par des rognures de corne, mais carbonisées seules ; ces rognures n’ont fourni qu’un charbon médiocre qui n° s’est pas amélioré lorsqu’on les a mélangées à du carbonate de potasse. Mais j’ai obtenu un excellent charbon quand j’ai fait digérer préalablement à chaud, pendant quelques jours, 'a corne dans une solution de carbonate de potasse (4 parties dans le rappOIj de 1 partie de carbonate de potasse et 3 parties d’eau), faisant ensuite sécher le tout. et enfin réduisant en charbon à la manière ordinaire. Pendant cette digestion il se dégage déjà en abondance de l’ammoniaque et du carbo* nate de cette base.
- Il est facile de débarrasser le charbon
- de quelques traces d’alumine et de chaux (cette dernière y étant proba-blement contenue sous la forme de sulfure de calcium ) en traitant par un peu d’acide chlorhydrique étendu et lavant ensuite abondamment avec de l’eau.
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- ARTS MECANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- Disposition nouvelle dans quelques
- parties des métiers mécaniques.
- Par MM. J. Steel et B. Emmerson.
- Nous allons faire connaître divers fiioyens que nous avons inventés pour libérer les détentes des boîtes à navettes des métiers mécaniques, de manière que la navette exige pour être chassée de la boîte moins d’effort, et par conséquent aussi y rentre avec plus d’ai-sance que lorsqu’elle est obligée de surmonter la résistance qu’elle éprouve contre les détentes, tout en faisant que ja barre d’arrêt soit libre d’agir comme ^ l’ordinaire, dans le cas où la navette fie serait pas entrée dans la boîte.
- Fig. 16, pl. 128. Vue en élévation sur fin des côtés des portions d’un métier mécanique nécessaires pour l'intelligence des dispositions dont on va don-fier la description.
- Fig. 17. Plan des mêmes parties du fiiétier.
- a volant ordinaire portant en saillie sfir une de ses faces un segment b dont l’extrémité antérieure b' forme un plan Incliné, et où la portion postérieure est Recourbée en crochet, de façon que si Çe volant vient à tourner en direction diverse, il ne cause aucune avarie à 'appareil dont il va être question, mais se borne à soulever l’extrémité du levier c qui bascule à cet effet sur un Centre c\ ainsi qu’on peut le voir dans les figures. Le levier cà son extrémité c2 repose sur un des leviers de la barre d’arrêt, laquelle presse sur les détentes dans les deux boîtes à navettes. Par conséquent, lorsque l’extrémité antérieure
- du segment b vient toucher le levier c, elle le fait basculer, et tandis lue l’autre extrémité c2 ramène en artère le levier de la barre d’arrêt pour 1üe la navette soit reçue dans sa boite *ans éprouver la résistance qu’elle rencontre ordinairement de la part de cette narre; ou bien encore la résistance de cette barre peut être simplement modifiée et seulement en partie détruite, à la volonté de l’ouvrier qui dirige le métier ou suivant la nature du tissu, Ce levier c étant disposé pour que le Segment b agisse pour faire disparaître j entièrement ou partiellement la résis ! lance. j
- h est un appui sur lequel repose le fifiigt de la barre d’arrêt après que le l
- segment a franchi le levier c, et jusqu’à ce que la navette soit entrée dans la boîte.
- Dans le cas où la navette, par une cause ou par une autre, n’aurait pas pénétré dans la boîte, alors la barre d’arrêt entrerait en action à la manière ordinaire, car le segment b, ayant franchi le levier c avant que le battage de la duite soit accompli et le doigt de la barre d’arrêt ne se trouvant plus soutenu par l’appui h, les détentes pourront être pressées dans les boîtes par les leviers de la barre d’arrêt, de façon que s’il n’y a pas de navette dans l’une ou dans l’autre des boîtes, les détentes seront poussées à l’intérieur, ou elles ne seront point arrêtées par la navette, d’où résultera l’action ordinaire de la barre d’arrêt.
- Cet appareil peut très-bien être modifié, et il n’est pas absolument nécessaire que ce soit le volant qui le mette en action.
- La fig. 18 est une vue en élévation de côté d’une partie d’un métier mécanique où l’appareil est mis en jeu par l’effet d’une barre et d’un plan incliné fixés à l’extrémité du métier.
- Fig. 19. Plan des mêmes pièces.
- d est une barre fixe portant à son extrémité un plan incliné e: l’extrémité du levier c, recourbée en avant, comme on le voit dans les figures, porte un galet c3 et la plaque c4, où est établi l’axe de ce galet. Ce galet c3 peut céder en arrière dans le cas où il y aurait rebondissement subit au moment où le métier serait arrêté tout à coup; mais la plaque ne peut prendre aucun mouvement à cause d’un buttoir c5, placé à l’extrémité du levier c. Il en résulte que lorsque le battage de la duite est terminé et lorsque le battant rec Je, que le galet monte sur le plan incliné, soulève cette extrémité du levier c, en faisant, comme dans la première disposition, reculerle levier delà barre d’arrêt, afin que les détentes dans les boîtes à navettes soient délivrées entièrement ou partiellement de la pression des leviers de la barre d’arrêt.
- Quoiqu’il vaille mieux que le levier c soit distinct de la bar re d’arrêt, cependant on peut le fixer sur celle-ci comme on la représente dans la fig. 20. Ce levier porte aussi dans ce cas un galet qui, au retour du battant, soulève un plan e, lequel relève le levier c et libère
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- entièrement ou en partie seulement les leviers de la barre d'arrêt de l'action qu'exercent sur eux les détentes des boites à navettes. L’appui h, dans ce cas comme dans le précèdent, soutient le doigt de la barre d’arrêt jusqu’à ce que la navette soit d’entrée dans sa boite.
- Jlapport sur une machine à étirer les tissus sur leur largeur après l'apprêt, inventée par Al. Gust. Pfann-huche, constructeur.
- Par M. G. Winiwarter, ingénieur.
- II existe dans l'apprêt des étoffes de laine, de colon ou de lin une circonstance fâcheuse à laquelle on ne paraît pas avoir songé à remédier par des moyens mécaniques (1). En effet, on sait généralement que les tissus, surtout ceux de colon et de laine, éprouvent pendant les diverses manipulations qu’on leur fait subir pour les apprêts un rétrécissement, tant sur leur longueur que sur leur largeur ; en un mol comme on dit qu’elles rentrent ou se retirent.
- On obvie au rétrécissement sur la longueur en enroulant les étoffes pendant les opérations de l’apprêt, tels que lavages, blanchiments, pressions, calandrages, etc., sur des rouleaux, et en les tendant avec plus ou moins de force ou au point que les fils de la chaîne reprennent en partie leur longueur première.
- Mais plus on fait d’efforts pour remédier à ce rétrécissement ou à ce retrait du lis*u sur sa longueur, plus aussi on concourt à augmenter le resserre-
- nt) L’auteur de ce rapport paraît ignorer l’existence des nombreuses machines pour cet objet qu’on doit à la sagacité de plusieurs inventeurs. Nous nous contenterons . parmi les plus récentes, de citer le mécanisme à corroyer et déplisser les étoffes de M. C Martini (le Ter.hnologiste, 2' année, p. 264 ). La machine à élargir et défaire les plis dans les calicots et autres tissus, de M. Huguenin-Cornetz (id. 4'année, p. 169 . La machine à fouler, corroyer, étendre et égaliser de largeur les toiles, de. M. P. Carmichael {id. 7' ann., p. 3161; et enlin les machines destinées à l’apprét des étoffes, de MM. Th. Mac-Culloch et Urunel ( id. 2' année, p. 151 >; H. Lnsworth t id. 3' année , p- 179 t ; J. f'amphell (id. 7e année , p. 54> ; F.-T. Philippi i id. 91, année, p. 6J7), où l’on remarque généralement des dispositions pour cet objet La machine de M. G.-P. IMannkuche est seulement une autre solution de ce problème , solution que sa simplicité peut en effet recommander pour les établissements où l’on fabrique ou apprête des toiles ou des étoffes d© différentes espèces ou qualités.
- F. M.
- I ment et la rentrée de celni-ci sur sa largeur ; de la les plaintes incessantes et fondées des marchands sur la largeur inégale des étoffes et sur la diurnulion qu'on remarque dans les lez dans le sens de la trame. Pour faire aulaut que possible cesser ces plaintes, les fabricants, surtout ceux d'eloffes légères de coton, font tirer à la main par des ouvrières leurs toiles sur la largeur après qu’elles ont été soumises aux apprêts. Mais cet étirage à la main est naturellement inégal, car les ouvrières ne sont guidées dans ce travail que par 1’liabi-tude et le sentiment du loucher et bornées d’ailleurs par la limite même de leur force.
- Dans l’hiver de 1846 à 1847, M. G. Pfannkuche, constructeur mécanicien, avait été sollicité par plusieurs fabricants de Vienne d’établir une machine pour tendre les étoffes dans le sens de leur largeur. Ce constructeur a donc entrepris la solution de ce problème mécanique, et croit par la machine qu’on va décrire avoir satisfait à toutes les conditions qu’on doit exiger de ces sortes d'appareils.
- Cette machine est fort simple, facile à faire manœuvrer et propre à étendre et élargir toutes les étoffes, quelle que soit leur largeur. Nous allons, pour en faire mieux comprendre le mécanisme, en donner en quelques mots la description avec figures.
- Fig. 21. pl. 128. Vue en élévation sur l’un des côtés de la machine à ctendre.
- Fig. 22. Vue en pian de celte même machine.
- Sur un bâti en bois G.G sont disposés sur des paliers en fer des cylindres A et B Sur le premier de ces cylindres on a enroulé la toile, je suppose à étirer de largeur, et sur le second on en; roule la portion de toile qui a déjà été épurée et étirée. Sur les plaques d’appui en fonte G,C' reposent les axes «e deux couples de poulies à courroies-L’une de ces plaques est pourvue de d’ajustement H,H, afin de pouvoir par leur entremise distendre à volonté le.s poulies à courroies. Ainsi qu’on le voit dans la figure en plan, les axes dans chaque couple de poulies à courroie* sont non-seulement inclinés l’un sur l’autre, mais encore sur le sens de I® largeur de la toile, et l’angle a peut,etl ajustant les appuis qui glissent dans des coulisses circulaires, être augmenté ou diminué. L’un de ces couples de poulies I) est mis en mouvement au moyen d’une manivelle E, et ce rnouvenaen est transmis à l’autre couple D' par un joint universel ou genou de Cardan-
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- Voici maintenant comment on travaille avec celte machine :
- L'extrémité de la toile qu’il s’agit d’étendre sur la largeur étant déroulée de dessous le cylindre A, qui en est chargé, est introduite sur les poulies D,D' en avant de la machine et sous les courroies. Lorsque ces deux courroies se sont ainsi emparées de la toile, en tournant ensuite la manivelle, elles la font circuler sur les poulies en la tendant fortement des deux côtés sur sa longueur et dans la direction XX.
- Pendant que la première ouvrière fait ainsi avancer la toile, une seconde Appliquée à une autre manivelle F l’enfouie à mesure et toute étirée sur le second cylindre B.
- D’après cette description , on peut voir que cette machine réunit les avantages suivants :
- 1. Elle est simple et d’une construction solide; sa manœuvre ne présente aucune difficulté, et on peut la confier au premier ouvrier venu ou à la plus simple ouvrière.
- 2. Son prix, à cause de sa simplicité, est modique.
- 3. Elle fonctionne avec célérité, et non-seulement on économise un temps notable sur le dètirage à la main, mais en outre le tissu qui y passe se trouve tendu et déplissé, chose indispensable Pour les travaux ultérieurs de l’ap-prêt.
- 4. La force avec laquelle le tissu doit Être étiré est très-facile à régler, et si Cette force pour les grosses étoffes, par exemple les toiles, ne suffit pas, on Pourrait, au lieu de courroies, employer des cordes qui circuleraient sur des poulies à gorge. Les lisières de ces tissus en seraient, il est vrai, marquées, niais il n’y aurait là aucun inconvénient, parce que les toiles sont cylindrées pour recevoir leur apprêt définitif.
- 5. Les fils de trame se trouvent ainsi tous tendus uniformément, ce qui s’oppose à leur rupture partielle ou à ce Çüe la toile forme des poches ou des °ndulations.
- 6. On peut, à l’aide de cette machine, obtenir tous les degrés d’étirage et déterminer très-exactement chacun d’eux.
- Mode de construction des tambours ou cylindres en étain employés dans les machines à filer les matières filamenteuses.
- Par M.E. G. Wilson.
- Les tambours en étain, tels qu'ils ont été fabriqués jusqu’à présent, sont composés d’uu certain nombre de plaques ou lames d’étain soudées ensemble, et par conséquent sujets à se gauchir ou à se briser. Indépendamment de cela, les courroies motrices impriment un mouvement irrégulier à la broche, en passant sur les parties saillantes ou en creux du tambour, occasionnées par les sutures des plaques. C est ainsi qu’un tambour d’étain de 3'",60 de longueur et 0m,225 de diamètre est composé de 36 [«laques. On peut remédier à ces inconvénients :
- 1° En fabriquant ces tambours avec un moindre nombre de plaques ( pas au delà de 4) et de toute la longueur du tambour, plaques qui sont soudées et tournées sur un tour convenable, ce qui donne plus de fermeté et de durée au tambour, ainsi qu’un mouvement plus uniforme.
- 2° En faisant les poulies motrices des broches du Ihrostle, des mullejennies mécaniques ou autres d’une seule pièce avec le bord du tambour, au lieu de les construire de plusieurs pièces soudées ensemble.
- Mode de fabrication des tubes et tuyaux en métal.
- Par MM. J. Roose et W.-H. Richardson, fabricants.
- Celle invention consiste dans la fabrication de tubes en cuivre, laiton ou autres alliages métalliques sans sutures ou joints, en coulant le métal sous forme de manchons ou tubes courts et épais, qu’on passe ensuite sur un mandrin à travers une ou plusieurs paires de cylindres cannelés, de manière à les laminer à la longueur et suivant le diamètre requis. Au moyen de ce procédé on augmente la densité du métal, et les tubes sont rendus plus résistants et plus durables que ceux fabriqués par les moyens mis jusqu’ici en usage.
- On commence donc par obtenir à la fonte des manchons épais et courts renfermant suffisamment de matière pour faire un tube de la longueur déterminée, et ayant à peu près le même dia-
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- mètre intérieur que le tube qu’on veut produire. Ce manchon estécuré et nettoyé tant à sa surface interne qu’à celle externe, puis on en frotte l’intérieur avec quelque substance grasse, et on le transporte à la machine d’étirage où il doit être allongé.
- Cette machine d’étirage a été représentée suivant une section verticale dans la fig. 24, pl. 128.
- Elle consiste en une paire ou plus de cylindres cannelés semblables à ceux qui servent à fabriquer le fer en barres, mais où l’on a ajouté un couple de rouleaux à gorges a,a en avant des cylindres et un rouleau à gorge isolé 6 sur le derrière qui servent à guider le tube lors de son passage entre les cylindres.
- Le tube est inséré sur un mandrin en acier et passe à travers les différentes gorges des cylindres jusqu’à ce qu’il soit amené à la dimension voulue, en ayant soin de le recuire entre chacune des opérations successives du laminage, afin d’éviter de le fendre et les crevasses.
- Par suite de la pression considérable à laquelle ce tube est soumis avec le mandrin à l’intérieur pendant son passage à travers les cylindres, on conçoit qu’il doit adhérer très-fortement à ce mandrin. Pour l’en détacher, le tube, avec le mandrin dedans, est placé sur un banc à tirer ; on assujettit l’extrémité du mandrin dans la douille du crochet d,fig.24, en passantuneclef ou un boulon à travers un œil percé à l'extrémité du mandrin et par les trous correspondants que porte la douille du crochet. Ce crochet est attaché à la chaîne sans fin dont on n’a représenté qu’une portion dans la figure, et comme l’extrémité du tube vient buter contre l’arrêt ou plaque c, il en résulte, lorsqu’on fait marcher la chaîne, que le mandrin est retiré du tube.
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- Roue hydraulique de Parker.
- Le recueil industriel, publié aux États - Unis sous ce titre American Franklin journal, fait mention , dans un de ses derniers numéros, d’un Appareil connu sous le nom de roue hydraulique de Parker, qui paraît avoir déjà reçu plusieurs applications dans divers États de l’Union. Malheureusement la description qu’il donne d’une de ces roues, est tellement incomplète et les figures si grossières et si incorrectes, qu’il est difficile de se former
- une idée bien précise de ce moteur. Néanmoins pour ne pas laisser entièrement nos lecteurs dans l’ignorance sur les tentatives faites en matière de mécanique industrielle au delà de l’Océan, nous reproduirons ici l’article du journal américain ainsi que les figures dont il l’a accompagné.
- » La roue hydraulique de Parker est un perfectionnement important appliqué aujourd’hui sur une grande échelle dans la plupart des États de l'Union. Les épreuves scientifiques les plus attentives, et l’observation des cas nombreux où elle a été substituée aux roues en-dessus ou de côté, ont pleinement démontré qu’elle est plus efficace avec la même dépense d’eau que les roues où l’on utilise seulement la gravité , tandis que par sa simplicité, par l’impossibilité où elle est d’être arrêtée par les eaux d’aval, ou obstruée par les glaces, la facilité qu’on a pour l’inspecter et la diriger, le petit espace qu’elle occupe, sa grande durée, le peu de chances d’avaries , son bas prix et spécialement sa force considérable, sont autant d’avantages importants que ne possèdent pas au même degré les autres moteurs.
- » Les figures que nous donnons ici. représentent une de ces roues récemment établie pour la filature de coton de la compagnie du canal Agrawam, à West Springfield , Massach. La fig. 25, pl. 128 est une section verticale et transversale passant par le milieu de l’arbre de la roue, et la fig. 26, une autre section faite suivant la longueur de cette arbre. Dans ces figures, on a aussi représenté en coupe la chambre à eau et les tuyaux d’aspiration ainsi que 1® profil du canal spiral d’introduction oü directeur.
- » La chute d’eau qui fait marcher cette roue est de 31 pieds (9m,448). Sa force est évaluée à 250 chevaux avec une dépense de 6396 pieds cubes (181m,10) d’eau par minute. La machine consiste en un couple de roues a réaction W,\Y d’une forme modifiée et perfectionnée , disposées sur un arbre horizontal et un canal spiral directeur double O qui amène dans les roues l’eau qui a ainsi un mouvement vif circulaire dans la direction suivant laquelle l’appareil tourne. Cette roue avec ses directrices spirales est placée à l’intérieur d’un réservoir qui l’alimente d’eau^ elle est entièrement noyée , et les extrémités seules de son arbre font sau*1 en dehors. Cet arbre est place 20 pieds (6m,096) au-dessus du nivea des eaux d’aval. L’eau, au sortir o
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- roues à réaction, passe dans deux chambres C,C appelées chambres de succion (draft boxes) dans lesquelles l’air ne peut pénétrer, et dans les deux tuyaux en 1er D,D aussi clos hermétiquement dits tuyaux de succion (draft tubes) qui débouchent à la surface d’aval où ils déchargent les eaux. L’air étant entièrement exclu de ces chambres et de ces tuyaux , et leurs sections étant bien des fois plus grandes que la somme de toutes les ouvertures des roues, l’eau y descend avec lenteur et y est suspendue par la pression de l’atmosphère sur le niveau inférieur. Cette pression agit donc pour imprimer à l’eau de la force et de la vitesse dans son passage à travers les directrices spirales et les roues, avec autant d’efficacité que si elle était au-dessus de la roue et agissait par pression comme eau de tête. La roue a 40 pouces (lm,0!6) de diamètre , et quand elle Marche avec la vitesse convenable, elle fait 220 révolutions par minute. La force est transmise directement aux arbres de couche de la filature par des poulies ou des tambours P calées aux extrémités de la roue. Les tambours ont 6 pieds (lm,828) de diamètre , et les poulies sur les arbres de couche 10 pieds (3m,048). Les courroies par conséquent circulent avec une vitesse de 4148 pieds (1264m,284) par minute, en faisant faire aux arbres de couche 132 révolutions aussi par minute. Lorsque la vanne T (qui sert à introduire l’eau dans la roue) est ouverte un peu plus de moité, cette roue fait marcher à pleine vitesse 7000 broches de throstles et environ moitié de la ligne additionnelle d’arbres nécessaires pour en faire marcher en tout 16,000 (qui sera le nombre employé dans cette filature) et un certain nombre de tours pour le fer et le bois, de scies circulaires, etc.
- » L’eau dépensée pour effectuer ce travail est de 4500 pieds cubes(127m- C-412) Par minute. En comparant ce résultat ®vec celui fourni par des roues précédemment construites pour faire marier des filatures de coton, et marchant avec des vannes ouvertes seulement en partie , on a l’espoir fondé que la roue avec toute sa force fera marcher *3,000 broches. La compagnie espère compléter dans quelques mois ses machines de manière à utiliser toute cette J°rce. Le prix total de la roue avec toutes les pièces qui en dépendent a été de 500 dollars (27,120 fr.)
- . Let appareil a remplacé une roue en dessus de 32 pieds (9m,760) de dia-
- mètre et 17 pieds (5m, 180) que faisait agir la même chute d’eau. Cette roue était entièrement construite en fer à l’exception des augets et des fonds qui étaient en bois. La quantité d’eau dépensée pour la mettre en activité était évaluéeà4,800piedscubes(135m cub ,90) par minute. La plus grande force qu’on ait pu obtenir n’a fait marcher que 5,000 broches. Un millier d’autres en dépendaient aussi, mais elle n’a pas pu les faire tourner avec une vitesse suffisante. Celte roue avait été construite au commencement de 1849, et après avoir roulé pendant trois mois environ, et exigé constamment des réparations, elle a été condamnée parla compagnie et remplacée par une roue de Parker qui, jusqu’à présent, a paru aux administrateurs et aux directeurs de celte compagnie posséder plusieursavantages importants, coinparativementà l'ancienne roue, et particulièrement en ce qu’elle expose à bien moins de chômages. Une autre considération d’un grand intérêt aussi, c’est qu’on a obtenu ainsi la vitesse nécessaire aux machines sans l’intervention de transmissions ou dèngre-nages, ce qui a économisé des frais bien lourds pour réparations et une quantité très-considérable d’huile.
- « Les roues de Parker dans la forme représentée ici sont maintenant en activité dans dix grands établissements industriels de filature de coton, de laine, de fabrication de papier, de tôle, elq,, qui consomment des forces de 15 à 250 chevaux, et utilisent des chutes d’eau qui varient de 9 à 31 pieds (2m,743 à 9m,448.)
- A l’exception delà roue de la compagnie du canal Agawam, toutes les autres marchent depuis une jusqu’à cinq années, et autantqu’il est à la connaissance de l’auteur de cet article, aucune d’elles n’a nécessité la moindre réparation ou cessé de fonctionner pendant même une seule heure, pour cause d’avaries, depuis qu’elles ont été mises en activité pour la première fois. »
- L’idée d’établir des turbines ou des roues à réaction sur un axe horizontal n’est pas nouvelle, et déjà on a essayé de disposer ainsi la turbine de Jon-val et la roue à réaction de Whitelaw. Il y a plus, c’est que, suivant Jonval et M. Redtenbacher, il y a un avantage notable à accoupler deux roues semblables sur un même arbre, et ce dernier auteur, dans l’ouvrage remarquable qu’il a publié sur la construction des turbines, a même présenté, de ce mode d’installation des
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- turbines, un exemple avec figure qui a élé reproduit dans \e Manuel de mécanique à l'usage des ingénieurs et des constructeurs de M. J. Weisbach, (t. Il, p. 331). La même disposition pourrait être appliquée aussi aux autres turbines. Relativement à la position des roues à réaction, à une grande élévation au-dessus du niveau des eaux d'aval , ce qui dispense d’engrenages et de communications dispendieuses de mouvement, la turbine Jonval présente le même avantage, enfin celte même turbine, placée aussi à une certaine hauteur dans un canal où l’air ne peut s’introduire, agit également par la pression de l’eau au-dessus, et par la succion de l’eau qui descend au-dessous dans le canal.de façon que celte disposition et la précédente sont déjà connues et appréciées, et n’appartiennent nullement aux ingénieursamérieains. Seulement il serait à désirer que ces ingénieurs, qui ont établi, disent-ils, leurs roues à réaction à axe horizontal et accouplées avec tant de succès et sur une si grande échelle, voulussent bien nous faire connaître autrement que par des données vagues, l'effet utile, réel de leurs machines, d'après les expériences faites avec soin au frein dynamométrique, comme on en a fait aujourd'hui en Europe sur les divers systèmes de turbines adoptées par l’industrie.
- Sur l'action expansive de la vapeur et un nouveau modèle de soupapes de détente pour les machines à vapeur à condensation.
- Par M. W. Fairbàirn.
- Les innombrables tentatives qui ont été faites pour perfectionner le principe de la machine à vapeur à condensation depuis l’époque de Walt, son célèbre inventeur, ont à peu près toutes échoué et ont ajouté peu de chose, peut être même rien au mérite d’être presque parfaites qu’on remarque dans les idées de ce grand homme. Il n’y aurait aucune utilité à rechercher quelles ont élé les formes et les dispositions qui ont été proposées jusqu’à nos jours pour venir en aide au mode original de condensation dans une capacité distincte ; tout ce qui a été fait n’est ni plus ni moins que la confirmation des vues saines et des conceptions larges de l’habile auteur de la machine qui a effectué à elle seule des révolutions et des changements plus importants dans notre système social probablement que toutes
- les victoires et toutes les conquêtes qui ont été faites depuis le moment où l’aurore de la science s’est levée sur la vie de l’homme civilisé.
- Ainsi donc nul perfectionnement n’a encore été apporté au principe simple de la machine à vapeur tel que Walt nous l’a laissée , et bien peu ont eu lieu dans son mécanisme. Parmi les derniers, on peut citer des améliorations dans la construction et le mode de faire jouer les soupapes, entre autres la soupape en D de Murdoch , et l’emploi des robinets appliqués aux soupapes coniques qui paraissent les plus remarquables et les plus dignes d’attention.
- Quant à la construction du mouvement parallèle à l’application de la manivelle , à celle du régulateur et des mouvements dits soleil et planète, toutes inventions sorties du cerveau de Watt, il n’y a eu aucun perfectionnement. Les principes sur lesquels ces pièces ont toutes été établies ont été vérifiés à maintes reprises et mis hors de toute espèce de doute, et leur mécanisme esta la fois excessivement simple et si ingénieusement disposé qu’il semble cou per court à tout perfectionnement ultérieur dans ces parties de la machine à vapeur. Ce qui du reste semble être un des caractères les plus extraordinaires de la machine de Watt, c’est sa parfaite simplicité et le peu qu’il a laissé à faire à ses successeurs.
- Toutes les personnes familières avec la machine à vapeur savent que le mécanisme à chevilles pour faire fonctionner les soupapes par la tige de la pompe à air ou des robinets, impriment un mouvement spontané et continu à la machine, et que la facilité que ces moyens présentaient pour faire mouvoir la machine suivant une direction quelconque lui avait donné un degré de docilité et de puissance qui surpassait les espérances de ses plus chauds admirateurs.
- Pendant un temps considérable Ie méeanismeà chevilles a élé le mode je meilleur et le plus efficace pour appl*' quer le mouvement de la vapeur au* soupapes ; plus tard les robinets à mouvement alternatif et tournants fixés sur un arbre et mus par des roues et uu excentrique ont été mis en usage , et au moyen de tiges verticales ont communiqué le mouvement aux soupapeS » ce qui a produit le même effet q«e le mécanisme à chevilles. Plus tard encore est venue la soupape en D de Murdocn et le mouvement excentrique qui , Par sa simplicité, n’a pas encore eu d’éga1’ La soupape en D et la soupape p,3t
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- sont des objets à peu près identiques, à celte différence près que la soupape en D presse avec moins de force sur la face, et par conséquent fonctionne avec plus d’aisance que la soupape plate, qui dans tous les cas est exposée à toute la pression <le la vapeur. Il est vrai qu'on a adapté des moyens pour obvier à cet inconvénient dans les grandes machines , par une disposition sur le dos de la soupape qui est rendue imperméable à la vapeur, et qu’à l’aide d’une communication avec le condenseur, on a formé un vide sur une aire proportionnelle et suffisante pour égaliser la pression et permettre le mouvement facile de la soupape.
- Le principe de la détente d’après lequel fonctionnent aujourd’hui les machines à vapeur, et l’économie que ce système a introduite dans la dépense du combustible a amené des changements considérables dans le jeu des soupapes, et rendu la soupape en D, ainsi que celle plate, presque inadmissibles pour cet objet. C’est à l’habileté , au génie et aux soins attentifs des ingénieurs du Cornwall qu’on doit les nombreux perfectionnements relatifs à l’emploi et à l’application de la vapeur avec détente. C’est au prix élevé de la houille, à la nécessité urgente d’économiser le combustible dans ces districts. à un bon système d’enregistrement du travail et à des primes habilement distribuées que le monde industriel est redevable du bon exemple donné par les mineurs du Cornwall.
- Pendant un grand nombre d’années, et jusqu’à une époque récente , l’économie de la vapeur et le travail de la machine à vapeur par voie de détente ont été compris d’une manière très-imparfaite dans les districts manufacturiers, et quoique les mineurs du Cornwallaient étèd’excellentsguides, et qu’ils aient démontré qu’on pouvait faire une économie de plus de moitié sur le combustible, on a fait peu et même aucune tentative pour réduire ce qu’on appelle aujourd'hui un gaspillage extravagant dans la plupart des manufactures. En réalité , cette question n’a été introduite franchement dans les établissements industriels et par les compagnies de navigation que lorsqu'une égalité ou une diminution dans les prohiba attiré l’attention sur les économies qu’il était possible de réaliser dans les différents systèmes d'opérations.
- Il y a dix ans, la consommation Moyenne du combustible par force de cheval calculée était de 3kil-627 à 4k»-534 par cheval et par heure. Aujourd’hui
- cette consommation est au-dessous de 2ki, 250 par les machines marchant avec détente, dépense qui les place encore bien loin d’une machine bien réglée du Cornwall, qui en moyenne ne consomme que de lkil- à 2kil-250 par cheval et par heure.
- Cette différence dans la consommation du combustible peut êlre attribuée à deux causes. Premièrement, les conditions dans lesquelles s’exécutent respectivement le travail des deux machines (savoir celle du mineur du Cornwall et celle du manufacturier). La première de ces machines principalement employée à pomper de l’eau a tous les avantages d’une action alternative pour vaincre l’inertie d'une masse énorme de matière, qui une fois en mouvement marche avec plus d’aisance pendant un temps défini qu’une force continue de résistance semblable à celle qu’on rencontre dans les moulins à farine ou dans les filatures. Une autre cause majeure est l’attention et le soin soutenus qu’apporte le mécanicien du Cornwall à ses chaudières, ses tuyaux de vapeur, etc., qu’il ne laisse jamais exposés aux in-lluences extérieures, mais enveloppe avec soin dans des couvertures ou des feutres qui s’opposent à leur abaissement de température. N’est-il pas déplorable, même encore aujourd’hui, de voir dans nos districts houillcrs et nos usines à fer les pertes énormes, insensées même qu’on éprouve continuellement, uniquement par le peu d’attention qu’on apporte à cette simple considération ! Le seul motif qu’on allègue est le bon marché du combustible, mais ce n'est pas là une excuse, car si on parvenait à une économie de moitié, c’est-à-dire que si le combustible coûtant 1 fr. 20 c.. on éeonomisail6ü c., on aurait réalisé un avantage très-notable, surtout si celle économie pouvait êlre obtenue avec une dépense insignifiante de premier établissement et de force.
- Mais comme nous l’avons dit, la principale, si ce n’est la plus importante raison pour amener l’économie du combustible, a été la réduction des profits sur les articles fabriqués par la voie de la vapeur ; dans cette circonstance, une économie sur le combustible devient une considération de quelque importance, et c’est à celle réduction seule qu’il convient d’attribuer la louable émulation qui , durant ces dernières années, a paru se manifester dans celle direction. L’exiguilé des profits dans les opérations manufacturières et le désir d’économiser et de réduire les frais de
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- production à leur minimum ont été d'un grand poids dans cette tendance à réaliser une économie sur le combustible , ou à accroître l’effet de celui-ci ainsi qu’à l’adoption des machines à haute pression et à détente. Il y a longtemps qu’en France et dans la plupart des autres pays du continent ce système est en usage ; et quoique ses effets aussi bien que l’économie qu’il procure soient connusdepuis longtemps en Angleterre, ce n'est que dans ces derniers temps qu’on a compris et apprécié ses avantages. Depuis longtemps il existait dans ce dernier pays un préjugé contre l’emploi de la vapeur à haute pression, et je crois être un des premiers qui ai signalé les avantages du système de la détente.
- Mes premières tentatives ont eu pour but des perfectionnements dans la construction des chaudières, et plus tard dans les appareils de distribution des machines a vapeur à basse et haute pression travaillant avec détente, et c’est ce dernier objet qui donne lieu à la publication du présent mémoire.
- La force expansive de la vapeur a été évaluée d’une manière différente par les divers auteurs ; mais tous semblent être d’accord qu’on réalise une économie considérable quand on sait la mettre à profit. C’est donc une question d’une haute importance dans une société dont l’existence dépend en quelque sorte de la machine à vapeur de faire fonctionner celle-ci avantageusement et aux moindres frais possibles. La prodigieuse variété de formes, de dispositions qui ont été adoptées pour atteindre ce but, dont quelques unes fort ingénieuses et l rès-dignes d’intérêt, et les spéculations des différentes théories, ainsi que les applications qui en ont été proposées, formeraient une histoire attrayante et même très-utile des découvertes variées auxquel les nous devons en grande partie la construction perfectionnée des machines à vapeur actuelles.
- L’action de la force élastique de la vapeur était parfaitement connue de Watt, et quelques-uns de ses contemporains ou successeurs immédiats, tels que Smeaton, Carlwright, Woolf, Trewithick et autres ; mais des craintes d’explosion à celte époque et la difficulté de construire des récepteurs assez résistants pour de la vapeur à haute pression ont été peut-être les plus grands obstacles à son emploi. Woolf et Trewithick ont peut-être été les premiers à manier ce dangereux instrument , et, pour économiser le combustible , le premier de ces constructeurs
- a introduit sa machine à deux cylindres, qui a déjà permis d’effectuer une économie en augmentant la pression de la vapeur dans la chaudière, et en la faisant passer d’un premier cylindre dans un autre ayant trois fois sa capacité , ce qui produisait la détente avec une économie , ou mieux avec un excédant de travail.
- En comparant le système de Woolf avec un appareil à un seul cylindre égal en capacité aux deux autres , et muni d’un bon appareil de distribution réglé de manière qu’un cinquième seul, par exemple, de la capacité du cylindre (égal au petit cylindre de Woolf) soit rempli de vapeur de la même densité et que les quatre cinquièmes restant (égaux au grand cylindre de Woolf) soientdeslinés à la détente, il est évident qu’en interrompant subitement l’afflux de la vapeur lorsque le piston aura parcouru un cinquième seulement de l’étendue de sa course, et que la vapeur par sa détente aura complété les quatre cinquièmes, on obtiendra à fort peu près le même résultat qu’avec les deux cylindres de la machine de Woolf. Les partisans de son système insistent toutefois sur sa supériorité, non pas par la force qu’il développe et qui est plutôt en faveur de la machine à un seul cylindre à cause de la condensation plus considérablequi a lieu dans les conduits de vapeur entre les deux cylindres , mais par la marche supérieure et la plus grande régularité dans le mouvement qu’on produit dans le premier cas. Jusqu’à un certain point cette observation est exacte , mais non pas à un degré bien appréciable quand le volant est bien proportionné à la pression et à la force avec laquelle fonctionne la machine. Dans les machines doubles qui sont aujourd’hui assez communes, et où les deux machines simples sont accouplées avec manivelles à angle droit l’une à l’autre , la nécessité d’un lourd volant est moins sensible et on ressent moins, peut-être même on neutralise entièrement les effets irréguliers d’une détente considérable. Les résultats d une machine à deux cylindres et d’utie machine à un seul cylindre marchant au même degré de détente , sont donc virtuellement le* mêmes en ce qui concerne la force et l’économie du combustible, si même la comparaison n’est pas en faveur de la machine à un cylindre.
- Arrivé à celte conclusion, que le même travail peut être effectué par une machine à un cylindre aussi bien que par une machine à deux cylindres,
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- et considérant l’avantage important de la simplicité dans la construction mécanique, comparativement à la complication, tout ingénieuse qu’elle soit, de la machine de Woolf, il reste à résoudre la question de savoir comment on pourra parvenir à trouver un moyen efficace aussi bien que simple pour obtenir cette détente.
- La première tentative que j’ai faite , * été l’emploi des robinets qui ont été longtemps en usage, en les construisant et les réglant de manière à interrompre |a vapeur au point de la course propre a donner la quantité exacte de détente exigée. Ces robinets , pour ne rien dire de plus, sont sujets à différentes objections , attendu que le poids des tiges Verticales et la lenteur du mouvement s opposent à ce qu’ils produisent l’effet désiré.
- . Les tiroirs sont faciles à établir pour 'nterrompre la vapeur au point requis du passage du piston dans le cylindre , Diais leur mouvement ne s’effectue pas avec la vivacité essentielle à un moyen efficace d’action de la détente.
- D’autres moyens, indépendamment de ceux indiqués, ont été essayés pour faire fonctionner les machines avec détente de vapeur, et parmi eux il convient de citer le tiroir équilibré, mû par des excentriques doubles calés sur l’ar-ore à manivelle. Ce moyen est généralement en usage et adopté dans les machines de navigation et dans les anciennes machines; mais son application Çst rarement avantageuse, à moins que les machines et les chaudières ne soient en état de résister à une pression de 1 kilog. à lkil-,S0 par centimètre carré au-dessus de la pression atmosphérique.
- Un autre défaut auquel est sujet ce niode de distribution , c’est la distance des tiroirs aux lumières du cylindre, et *a grande quantité de vapeur qui occupe l’espace entre la tuile qui sert à ^lerrompre la vapeur et le cylindre travailleur de la machine. Pour remédier à ce défaut, et faire l’application d un meilleur système de détente à la ïûaeh ine ordinaire à condensation , j’ai introduit l’appareil dont il va être donné 'a description , ainsi que la manière de le faire fonctionner.
- En décrivant cet appareil simple, ^ qui marche très-bien , il est juste de d,re que la première idée de l’invention Appartient à R. Brownhill ; que cet Appareil a été d’abord établi d’une ma-Jpere imparfaite , mais que depuis je J a* considérablement modifié et perfectionné.
- La fig. 27, pl, 128, représente en coupe un des appareils de ce système qui est double comme dans ceux actuels de distribution. On fera d’abord remarquer que le cylindre A, les boîtes à vapeur dont on n’a représenté qu’une seule en G, et les tuyaux latéraux de vapeur et de condensation F et G sont communs à toutes les machines de ce système; c’est la construction intérieure des soupapes et des boîtes à vapeur, ainsi que la manière de les manœuvrer qui offrent quelque chose de particulier et constituent le principal mérite de l’invention.
- 11 se présente dans la construction d’une machineàvapeurdeuxproblèmes importants à résoudre , c’est-à-dire qu’il s’agit d’atteindre un maximum de force et un minimum de consommation du combustible. Pour réaliser la première de ces conditions, il faut aviser à une disposition des pièces de manœuvre telle qu’on approche le plus possible d’un vide parfait au-dessous et au-dessus du piston, et on parvient à remplir la seconde en faisant une dépense de vapeur aussi petite qu’il est possible. Ces conditions sont en grande partie satisfaites par le principe sur lequel notre appareil de distribution est construit, et par la manière dont on le fait marcher.
- En jetant les yeux sur la figure qui est une section d’un des deux systèmes de soupapes, on verra que chacun d'eux se compose de deux soupapes S et T du modèle de celles dites à double battement, plus d’une soupape d’introduction R et de la soupape de gorge Q. Ces soupapes closent toutes les ouvertures par lesquelles la vapeur est introduite et évacuée dans le cylindre. Les soupapes S, voisines du tuyau d’arrivée de vapeur E, sont celles par lesquelles la vapeur est introduite dans le cylindre, et les soupapes T celles qui servent à son évacuation, ou par lesquelles la vapeur s’échappe pour se rendre au condenseur. Ces quatre soupapes, prises deux ,à deux, ont une même aire et les mêmes dimensions; seulement celles d’introduction ne sont pas levées aussi haut que celles d’évacuation, par les raisons qu’on donnera ci-après. La direction des flèches indique le trajet que suit la vapeur pour entrer dans le cylindre et lorsqu’elle s’échappe définitivement dans le condenseur.
- On donneaux soupapesà double battement, dans ce mode de construction, des aires qui ont entre elles un certain rapport ; ie disque supérieur est plus grand que celui inférieur dans le rap-
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- port de 1,158 à 1,000. Le but de cette augmentation de surface dans la portion supérieure de la soupape est de donner une prépondérance à la pression de la vapeur sur la face supérieure, afin de surmonter le frottement dans la garniture de la boîte à étoupes qui embrasse la tige, et favoriser la force de la gravité qui sollicite la soupape à la descente lorsqu’elle est abandonnée par les plans inclinés ou cames des disques P.
- La manœuvre de ces soupapes se fait par des tiges I et des roues d'engrenage qui empruntent leur mouvement à l’arbre à manivelle, et tournent avec la même vitesse. Cette tige verticale I, sur laquelle sont fixés les deux disques circulaires P. passe à travers la boîte à vapeur C. et par son mouvement de rotation soulève les soupapes à mesure que les cames établies sur les disques P viennent à passer sous les galets N,N qui se relient aux liges des soupapes par les traverses M, M. C’est par ce moyen qu’on élève les soupapes et qu’on les maintient ouvertes ou fermées pendant un temps déterminé quelconque. Les galets N,N sont établis sur les traverses M,M, glissant sur les guides verticaux 0,0 à leurs extrémités extérieures, et par leurs bouts intérieurs dans des coulisses verticales poussées dans un bloc U, portant par le haut sur les guides 0,0.
- La condition de faire manœuvrer économiquement la machine à vapeur de ce système dépend beaucoup de la pression de la vapeur et du degré de détente auquel on arrête les soupapes; l’usage pratique est de fonctionner avec delà vapeur de 1 kil. par centimètre carré au-dessus de la pression atmosphérique, d’interrompre la vapeur à la moitié de la course du piston et de profiter de sa détente pendant l’autre moitié; mais dans d’autres cas, lorsque les machines et les chaudières ont été établies pour résister à une haute pression, par exemple à celle de 2 kd. à 3 kil. par centimètre carré, indépendamment de la pression atmosphérique, les cames sont disposées pour interrompre la vapeur au tiers et au quart de la course. Ainsi qu’on le voit en P il y a généralement trois et parfois quatre cames sur chacun des disques, de manière à interrompre la vapeur à moitié, au tiers, au quart ou en tout autre point correspondant respectivement à la force de la vapeur ou à la charge.
- Pour obtenir cette étendue dans la détente, les galets N,N, qui manœuvrent les soupapes de vapeur, sont mo-
- biles sur des nervures en laiton qui glissent dans des coulisses pratiquées dans Ie3 traverses M,M de manière à pouvoir les amener au-dessus de la came qui doit fonctionner, et des tiges fixes V indiquent sur des échelles tracées sur chacune des nervures le point exact dans le cylindre où l’on interrompt la vapeur. Par ce moyen, non-seulement on règleavec précision l’étendue de la détente, mais en outre le degré de cette détente est constamment exposé sous les yeux du mécanicien.
- J’ai déjà dit que les soupapes d’introduction de vapeur n’étaient pas soulevées aussi haut que celles d’évacuation, et la raison en est que, comme les soupapes d’évacuation ne varient pas dans leur action, et exigent constamment qu’on leur donne une ouverture complète sur le condenseur, il convient de les maintenir ouvertes pendant toute la durée de la pulsation. Cette manœuvre s’exécute avec un plus haut degré de certitude dans ce mode de soupapes que par tout autre moyen ; les soupapes d'évacuation sont levées subitement par les plans inclinés courts des cames, et après avoir donné le temps pour l’évacuation de la vapeur dans le cylindre à travers un vaste passage, au condenseur, elles retombent, subitement aussi, par l’effet de la gravité. ce qui forme ainsi sous le piston un vide plus complet qu’on ne pourrait probablement l’obtenir par tout autre mécanisme.
- La manœuvre de ces soupapes s’opère avec une netteté et une simplicité qui en rendent le service satisfaisant, tant sous le rapport de leur eflicacilé, pour procurer une économie de vapeur, ql,e sous celui de l'aisance parfaite avec la" quelle on les fait fonctionner.
- Description d'un nouveau manomètre pour les machines à vapeur.
- Par M. Hoffmann, inspecteur des fabriques, à Breslau.
- Les manomètres à mercure, ement en usage, présentent de no® ireux inconvénients : souvent on mit manquer aux indications d1*' eur dt mande et par suite leur enle ouïe leur utilité. Ceux ouverts P e haut, ou les manomètres à air 1® ’ ont extrêmement incommodes P es hautes pressions et exigent ^ [uantité considérable de mercure.
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- mercure se salit très-promptement, il s oxide, et les flotteurs en fer adhérant aux parois du tube restent immobiles lorsque le mercure monte ou descend. Les tubes en verre se recouvrent bientôt d’un enduit, au point qu’on ne peut plus voir la hauteur du mercure, et lorsqu’ils sont fermés par le haut il faut qu’il soient calibrés avec la plus Parfaite exactitude si on veut compter sur leurs indications. Tous ces inconvénients disparaissent avec le manomètre dont on va faire connaître la construction.
- Fig. 28, pl .128, section verticale prise Par l’axe de l’instrument.
- a est un tube en cuivre, d’un faible diamètre, qui est en communication avec la chambre ou le réservoir à va-Peur où l'on veut mesurer la pression.
- Il faut que l’extrémité de ce tube, dans le point ou il est ussè sur le robinet b. soit relevé verticalement afin que l’eau qui résulte de la condensation de la vapeur y séjourne constamment. Ce robinet b est assemblé avec un tube en cuivre qui se replie deux fois sur lui-même, et forme par conséquent trois colonnes c, d et e. La portion supérieure de la colonne e porte une pièce de garniture en laiton sur laquelle est boulonnée une autre pièce f qui porte le tube de verre g près duquel est établie l’échelle h renfermée dans une boîte. Pour mesurer, dans tous les cas. *a quantité d’air qu’on veut comprimer, °n a pratiqué une ouverture dans la Pièce f qu’on peut fermer avec une Simple vis k.
- Pour faire usage de cet instrument, °n ouvre le bouchon à vis m, et au moyen d’un entonnoir on verse de 1 alcool dans la branche d, jusqu’à ce que ce liquide se déverse par l’ouver-lOre k en laissant couler jusqu’à ce qu’il be dégoutte plus rien. Alors on remet eb place la vis k et on revisse le bouchon m. Cela fait, on remplit d’eau le lôbe a, ou bien, à l’aide d’un linge mouillé, on le refroidit jusqu’à ce qu’il y ait assez d’eau condensée pour le remplir, ce qui est facile à constater quand on s’aperçoit que la vapeur ne ^chauffe plus, De celte manière on a de bonne eau, bien pure, dans ce tube.
- . Maintenant on ouvre le robinet b, et .? Pression de la vapeur réagissant sur eau que renferme le tube a, et à laquelle le robinet b livre passage, vient comprimer l’air qui se trouve renfermé Uans celle branche e , lequel air à son our reagit sur l’alcool contenu dans les ranches d et e , et le fait monter dans e lube g jusqu’à ce que l’air qui se
- Le Terhnologitle. T« XI. — Mai 1850.
- trouve emprisonné dan9 le tube fasse par la tension qu’il acquiert équilibre à la pression de la vapeur. La hauteur à laquelle le niveau de l’alcool atteint dans ce tube, indique exactement, sur l’échelle qui s’v trouve jointe, le degré de pression de celte vapeur.
- Pour se procurer une échelle à divisions égales et suffisamment grandes et pouvoir y lire d’une manière sûre le chiffre qui indique la pression, il faut faire le tube un peu plus large par le bas que par le haut, jusqu’au point où on veut pousser la division de l’échelle, puis l’élargir en forme de poire pour qu’il renferme plus d’air et que les divisions soient plus étendues. L’échelle donnée dans la figure a été prise sur un manomètre allemand qui donne la pression de la vapeur en livres de Prusse sur une surface d’un pouce carré du Rhin, et sur laquelle on peut par conséquent lire des pressions jusqu’à 8 atmosphères.
- On avait d’abord eu l’idée de charger ces manomètres avec de l’eau ; mais avec le temps ce liquide laissait déposer des impuretés qui obscurcissaient la transparence du tube, tandis que l’alcool laisse le verre parfaitement net et possède cet avantage que son niveau semble tracer une ligne assez noire qui permet une lecture bien plus correcte qu’avec l'eau. Pour que l’alcool ne se mélange pas avec l’eau et reste froid, il est indispensable d’interposer entre ces liquides une certaine épaisseur d’air qui est un mauvais conducteur de la chaleur dans la branche c.
- Si le mécanicien oubliait de fermer le robinet b, à partir du moment où on cesse de chauffer la chaudière, il en résulterait qu’il se formerait peu à peu un vide dans celle-ci par suite de la condensation; or ce vide peut être poussé au point que l’air renfermé dans le tube g se dilate suffisamment pour chasser l’alcool dans la branche c. Pour prévenir cet effet, on a établi au-dessous du robinet b une petite soupape p par laquelle l’air peut rentrer pour rétablir l’équilibre.
- Sur les chaudières des locomotives ainsi que sur celles ordinaires, on peut visser directement le robinet b sur leurs parois; mais alors il faut le mettre suffisamment bas pour qu’il n’y pénètre que de l’eau et jamais de la vapeur. Dans ce cas on n’a pas besoin d’une boîte ou enveloppe en bois avec fenêtre qui n’est nécessaire que lorsqu’on place le manomètre dans la chambre de la chaudière et qu’on veut
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- le garantir contre les malpropretés et la poussière.
- Pour établir l’échelle, on procédé ainsi qu’il suit : on met l’instrument en communication avec un bon manomètre simple, ou à air libre et à mercure, dans lequel on refoule de l’eau froide avec une pompe foulante jusqu’à ce que le mercure monte dans le tube a. À mesure que ce mercure monte dans ce tube, l'alcool monte aussi dans le tube de verre g, et on n’a plus besoin que de tracer sur l’écheile le môme chiffre que celui qui est indiqué par le manomètre à mercure.
- La pièce f, dans laquelle le tube de Terre g doit être préalablement mastiqué avec force, est toujours faite de dimensions parfaitement les mêmes , afin de pouvoir s'adapter à tous les manomètres et qu’on puisse en visser un autre dans le cas où l’on viendrait à briser ce tube. Du reste, la pression ne le rompt jamais, puisqu’on l’a déjà soumis à une rude épreuve lors du tracé de l’échelle et que jamais il ne s’échauffe. L’alcool a aussi cet avantage qu’il ne se congèle pas pour les abaissements les plus forts de la température dans nos climats.
- Ce manomètre, dont l’auteur a fait l’application depuis plusieurs années, n’a jamais failli dans ses indications et mérite la préférence sur le manomètre à mercure. On y lit aisément jusqu aux moindres oscillations dans la pression de la vapeur. L’établissement de constructions, à B eslau, livre un manomètre de ce genre , sans boite ou enveloppe, pour 25 thalers (93 fr. environ ), et un tube de verré g monté sur sa pièce f avec une échelle pour 5 thalers (18 fr. 60 cent.).
- Rapport de la commission chargée de faire une enquête sur Vapplication du fer à la construction des ouvrages d'art sur les chemins de fer.
- (Suite et fin. )
- M. Strokes a montré que lorsque l’inertie du pont est supposée petite, les trajectoires de la charge et la flèche correspondante de ce pont dépendent d’un certain coefficient qu il appelle p coefficient qui varie en raison directe du carré de la longueur de la barre et en raison inverse du produit de la flèche Statique centrale (c’est-à-dire celle qui
- est produite par la charge posée en repos au centre du pont) par le carre de la vitesse avec laquelle la charge passe sur le pont. Lorsque p est petit, l’accroissement de la flèche due à la vitesse de la charge devient très-grand au point que si p est égal à 1,3 les flèches sialiques son doublées , quelles deviennent triples lorsque p =0,8 et plus grande encore à mesure qu’on prend pour P des valeurs plus petites. Au contraire , des valeurs croissantes de p correspondent à des flèches plus petites et nos recherches ont démontré que dans le cas de ponts réels p est rarement au-dessous de H et communément beaucoup plus grand , et par conséquent que le plus grand accroissement de (lèche dû à la vitesse ne pouvait être jamais dans cette théorie supérieur à un dixième en variant en deçà ou au delà de ce chiffre de un centième au moins. Comme p varie en raison directe du carré de la longueur du pont il est clair que les barres de 9 pieds des expériences de Portsmouth correspondent à des valeurs beaucoup moindres de} que les barres de 20 a 30 pieds (6m,095* 9m,144) des ponts actuels tandis que les valeurs de p dans les cas précédents ont été encore atténuées par suite des flèches plus grandes nécessairement employées dans les expériences ainsi qu’on l’a expliqué ci-dessus. C’est ainsi qu’on voit que l’accroissement énorme (l'inflexion produit par la vitesse dans les expériences de Portsmouth ne saurait se présenter dans les ponts réels puisqu’il parait que les phénomènes en question ne se développent avec intensité que lorsque la grandeur de l’objet d’art ou de la construction diminue» Mais ces calculs sont établis dans I bT pothèse que l’inertie du pont est très* petite , et les expériences faites avec I® petit appareil ci-dessus mentionné on* démontré que lorsque p est un peu in* férieur à l’unité, l’inertie du pbnt tenu à diminuer l’inflexion, tandis, dof* antre côté, que lorsque P surpasse I h* nité ( ce qui comprend tous les cas u la pratique), l'inertie du pont tend accroître les flèches obtenues dans 1 hypothèse précédente. . _
- Enfin on trouve que l’augmentati totale de la flèche statique, lorsqu prend en considération l’inertie du Porv! est beaucoup plus grande pour les P°h courts que pour ceux qui sont lo,l»sg Supposons, par exemple, que la m3* ^
- de la charge voyageuse et celle du p
- soient à peu près égales, l'augineh lion de la flèche statique aux vlt® les plus grandes, et pour des po°
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- .pieds (6®,095) de longueur, ayant là rigidité ordinaire, peut-être plus de Jpoitié , tandis que, pour des ponts de 50 pieds (15m,240) de long, celte augmentation ne dépasse pas un septième, et diminue avec rapidité à mesure que les longueurs croissent. Or comme on 8 montré que l'augmentation, toutes choses étant d’ailleurs égales, diminue quand on augmente la roideur ou la rigidité du pont, on est toujours maître de ramener son chiffre clans les limites de la sécurité. Ainsi donc, dans la détermination de la résistance ou de la force d’un pont de chemin de fer, celle augmentalion dans la flèche statique doit être prise en considération, en la calculant d’après la charge ma*ima qui doitcirculer sur ce pontet la pluSgrande Jiiesse qu’elle puisse acquérir, et il faut se rappeler aussi que cette flèche est exposée à prendre de l’accroissement par les secousses ou soubre-sauts Produits par le passage des convois sur Jcs points de jonction ou affleurements des rails.
- , Nous avons aussi fait quelques expériences , au moyen du grand appareil dont il a été question précédemment, sUr des barres courbes, qui ont porté des poids beaucoup plus considérables a de grandes vitesses que les barres droites ; mais les flèches de ces barres fiaient très-grandes comparativement a leur longueur. En appelant l'attention Sür ces expériences, nous ferons remarquer que dans les constructions actuelles où les flèches sont très-petites , l’effet de la courbure des longrines en fér ou d’une voie courbe pour la charge a,irait une importance comparativement faible . et tendrait à inlro luire des inconvénients dans la pratique.
- Les ingénieurs interrogés dans cette en<fuèfe paraissent en général he pas Omettre les résultats précédents. Ils *°nt la plupart convaincus que l'in— £e*ion due au passage d’un pouls animé d une grande vitesse sur une longrine, moindre que celle qui serait produite par le môme poids au repos; il y a Plus: c’est que toutes les fois qu’ils j!nt remarqué une augmentation, ils °ht attribuée uniquement aux soubre-auts dé ja locomotive ou du convoi Réduits par le passage sor les inégalé® au* affleurements des fails ou à émiques autres causes semblables. *L»h$ le but d’examiner cette ques-0r,i nous avons soumis deux ponts t®n®lruits à des épreuves expérimen-
- Les ponts dont l’un, d’Ewell-J’jdge, est situé sur la ligne de Croy-0,1 Epsom, et l’autre, le Godstone-
- Bridge, sur la ligne South-Easterh, ont été construits pour conduire un chemin de fer par-dessus une route. On a établi sur la route un échafaud qui n’était pas par conséquent affecté par le mouvement du pont, et fixé un crayon sur la face inférieure de l’une des fermes, de manière que lorsque celle-ci fléchissait sous le poids de la locomotive ou du convoi placé au repos ou passant sur cette ferme, le crayon traçât l’étendue de l’inflexion sur un carlon attaché à l’échafaud. Une locomotive et un tender mis à notre disposition par les directeurs des compagnies ont été lancés sur ces ponts à differentes vitesses ou bien placés au repos à volonté. L’ouverture de l’E-well-Bridge est de 48 pieds (t4m,630), et la flèche statique due à ta charge précédente dépassait un peu 1/5 de pouce (U"‘,005080). Cette flèche n'a que légèrement mais décidément augmenté lorsque la machine a passé sur le pont avec une vitesse d’environ 50 milles (80kil ,465)à l’heure ; on a observé aussi une augmentation d’un septième. Or comme on sait que l’effort sur une ferme est à fort peu près proportionnel à la flèche de courbure, il faut en conclure que dans ce cas la vitesse de la charge lui a permis d’exercer la même pression, que si elle eût clé augmentée d'un septième et placée en repos au centre du pont. Le poids de la locomotive et de son tender était de 39 tonnes, et sa vitesse lui a fait exercer sur la ferme une pression égale à un poids d’environ 45 tonnes. On a obtenu des résultats analogues sur le Godstonc-Bridge.
- Indépendamment des expériences précédantes, nous en avons fait beaucoup d’autres dans le but de recueillie des données propres à compléter la théorie mécanique des fermes ou pièces élastiques ; si une pièce se trouve infléchie par une cause quelconque, sa face concave sera comprimée tandis que celle convexe sera distendue. Or une connaissance exacte des lois qui gouvernent celte compression et cette extension doit précéder toute théorie générale rigoureuse de ses inflexions, de ses vibrations et de sa rupture.
- La loi généralement admise dans les recherches mathématiques, et par laquelle on suppose que les pressions et dilatations longitudinales sont entrecertaines limites en proportion directe des forces qui les produisent, quoique assez approximativement exacte pour quelques corps, n’est peut-être pas rigoureusement vraie pour tous les matériaux.
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- On a donc fait des expériences pour déterminer avec précision l’extension et la compression directes longitudinales dans de longues barres de fonte eide fer forgé. Les extensions ont été déterminées en attachant une barre de 50 pieds (15m,240) de longueur et 1 pouce (0m,025i-) d’équarrissage à la toiture d’un bâtiment trcs-élevé et en suspendant des poids à son extrémité inférieure.
- Les compressions ont été étudiées en introduisant une barre de 40 pieds (3m,(H6) de longueur sur 1 pouce d’équarrissage dans une coulisse pratiquée
- dans un bâti ou une pièce en fonte qui laissait cette barre libre de glissersans frottement, sans lui permettre de fléchir latéralement. La barre était alors comprimée au moyen d’un levier chargé de différents poids. Toutes les précautions possibles, ont été prises pour assurer l’exactitude des résultats. Les formules suivantes en ont été ensuite déduites pour exprimer le rapport entre l’extension ou la compression d’une barre de fonte de 10 pieds de longueur, un pouce d’équarrissage, et les poids qui les produisaient respectivement.
- Extension................w = 116117 6 — 201905 c4,
- Compression.............. w = 107763d — 36318d4,
- dans lesquelles w est le poids en livres agissant sur la barre, e l'extension et d la compression en pouces.
- Les formules qu’on en déduit pouf une barre de 1 pouce d’équarrissage et d’une longueur quelconque, sont :
- Pour l’extension...........w = 13931040 —y------------ 2907432000 —yj-,
- d da
- Pour la compression. ... uo = 12931560 —y------------- 522979200 ——,
- dans lesquelles l est la longueur des barres en pouces.
- Ces formules ont été oblenues au moyen des résultats moyens de quatre qualités de fontes.
- La force moyenne de résistance à l’extension pour la fonte de fer déduite de ces expériences est 15,711 livres (7123ki,-,3674) par pouce carré (645mm-car- ,1346) (ce qui revient à llkil ,040 par millimètre carre), et l’extension ultime 1/600 de la longueur. Le même poids comprimerait une barre de for de même section de 1/775 de sa longueur. 11 est bon d’observer que la loi ordinaire est presque rigoureuse relativement au fer forgé.
- On a appliqué un grand nombre de dénominations aux fontes employées aux usages ordinaires, mais ou n'a pas déterminé leurs propriétés avec une précision suffisante. Nous avons fait choix de 17 sortesde ces fonteset soumis à des épreuves leurs forces de résistance à l’extension et à l’écrasement. Nous avons aussi fait des expériences sur la force et la résistance transverse des barres de fer et de fonte sur lesquelles agissent des forces tant horizontales que latérales, et ces expériences indiquent très-exactement les inflexions temporaires et permanentes j de la fonte et son défaut d’élasticité. |
- Les barres qui ont été mises à l’e* preuve sous des pressions transverscS avaient des sections qui ont varié de 1 pouce (0"\0253) à3 pouces i0,n,076'i) d’équarrissage et des sections de formes variables. D’après les poids qui ont produit la rupture, on voit que la fore® d'une barrede 1 pouce d’équarrissage ne saurait être prise pour unilé dans calcul de la résistance que présenteront de plus forts échantillons ou moulage* du même métal, quoique l’usage d® calculer ainsi ait été assez généraleincn adopté. Il paraîtrait, en effet, que Ie? cristaux dans la portion de la barre quJ se refroidit la première sont petits Ç serrés, tandis que la portion centra des barres de 2 et 3 pouces (0m,0508 ® 0m,762) d’équarrissage se compose d cristaux comparativement plus groS que des barres de 3 pouces amenées a martinet, qu'on fait agir égalemen
- sur toutes les faces, à un équarrissage
- 3/4 pouce (0m,0190), sont lrès-fa«b dans la résistance qu’elles présente^ tant à une pression transversale celle qui produit l'écrasement. D fe, ^ ble donc qu’il y aurait de l'olil,te ^ chercher une unité pour calculer force du fer dont on veut fabriquer 1 grande pièce moulée, et que celle P1 . devrait être une barre expérimen ^ ayant pour épaisseur celle la p'uS
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- que doivent présenter ces moulages.
- Ces diverses expériences ont été faites dans les chantiers de constructions ue Portsmouth et complétées à Londres par Al. E.Hodgkinson , eide plus la commission a obtenu de divers maîtres de forges des détails sur les différents procédés employés par eux pour fabriquer leurs fers, ainsi que sur l’effet de leurs procédés sur la force et les Propriétés des matériaux ainsi produits. Enfin la commission a pris des informations exactes auprès des ingénieurs civils sur les qualités et les mélanges de fers auxquels ils donnent la Préférence pour les grandes pièces de Roulage employées dans la construction des ponts de chemins de fer, ainsi que sur les propriétés relatives des fers a l’air chaud et à l'air froid.
- Il existe de grandes divergences d’o-Pinion par rapport aux bonnes qualités et au mélange le plus convenable qu’on peut faire des fontes; et après tout il paraît que les mélanges employés Pour les grandes pièces moulées dépendent tellement, dans la pratique, de la question commerciale et des prix relatifs, que les ingénieurs parviennent rarement à pouvoir faire choix des meilleurs matériaux possibles. On admet généralement que les ingénieurs n ont aucune garantie que le mélange qu’ils ont stipulé dans les marchés ait eféemployé par le fondeur, et on ne possède aucun signe certain à l'aide duquel on puisse déterminer qu’une pièce donnée de fer a été fabriquée à l’air chaud ou à l'air foid. Une bonne recommandation pour ces sortes de marchés, c’est de stipuler que les pièces lotigrines ou fermes ne rompront que sous un poids ou une certaine charge déterminée, en laissant le choix du mé-*a»ge au fondeur et en faisant mouler •me pièce de plus que le nombre requis. On en choisit alors une qu’on soumet à l’épreuve et qui, si elle rompt sous un poids moindre que celui fixé, •ait rejeter toutes les autres.
- Quand on a commencé à établir des c"ciuins de fer, les ponts ont été nalu-refiement construits sur les mêmes Principes que ceux qu’on avait déjà emplojês sur les routes et pour les aqueducs. Quelques-unes de ces conductions n’ont fias pu supporter les c!1;>rges énormes et les vibrations occa stoimées par les convois ; d’autres ont *j.e considérées comme trop dispen-
- •cuses ; enfin d’autres, tels que les Pools suspendus , ont été trouvées tout >,mit inapplicables aux nouvelles voies.
- eanmoins la nécessité de conserver
- le niveau de ces voies autant qu’il était possible, combinée avec celle de passer sur ou sous des canaux, des routes, des rivières qui existaient déjà, ont fait réclamer des formes de ponts qu’on pût tenir aussi basses que possible avec ouverture suffisante pour le passage par-dessous , ou en d’autres termes, d’établir la moindre diffeience de niveau possible entre la route ou le cours d’eau , que le pont devrait franchir et la voie qu'il devait constituer.
- Ces motifs, combinés avec les nombreuses occasions de construire de nouveaux ponts qu'offrait l’établissement des voies ferrées, ainsi que des efforts constarils pour réduire leurs frais de construction, ont fait proposer et essayer un grand nombre de systèmes nouveaux , la plupart d’un grand mérite et d’une valeur réelle, tandis que quelques-uns ne présentent que des chances douteuses de stabilité.
- En définitive , l’art de construire les ponts de chemins de fer ne saurait être considéré comme étant arrivé à ce point fixe où l’ingénieur peut en appliquer les principes avec confiance. Nous avons donc pensé qu’il était de noire devoir de faire une enquête sur les modes actuels de construction de ces chemins , et de recueillir comme documents justificatifs les opinions et les méthodes pratiques des personnages les plus éminents, exerçant la profession d’ingénieurs civils, sur cette partie de l’art des constructions et surtout relativement à la forme et aux dimensions à donner aux fermes d’une seule pièce en fonte, sur les diverses manières de les combiner avec le reste de la construction , sur les différentes formes de fermes composées, l’avantage de diverses combinaisons entre le fer forgé et la fonte , et finalement le mérite comparatif des fermes droites d’une seule pièce et des fermes où l’on a introduit d'autres principes ou d’autres moyens pour donner de la rigidité.
- Le pont le plus simple et celui qui admet la plus grande ouverture de passage au-dessous à une élévation donnée, est assurément le pont droit ou à Termes droites d’une seule pièce, ou longrine
- La longueur d’une ferme simple en fonte paraît n’ôtre limitée que par la possibilité de faire des moulages bien sains et la difficulté de mouvoir d’aussi fortes masses. C'est ainsi que la portée ou longueur praticable a été l’objet de déterminations variables renfermées, suivant l’assertion des ingénieurs, entre 40, 50 et même 60 pieds (2m,192, 15m,240, 18ro,288). La forme résul-
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- tant des expériences antérieures de M. Hodgkinson sur ce sujet, a été gé-ralement admise comme étant celle qui présente la plus grande résistance (I), mais les exigences des constructions obligent souvent à s’en écarter, surtout en ce qui concerne le rapport entre les nervures verticales et horizontales. Néanmoins la commodité qu’il y a et la nécessité où l’on est de maintenir la voie pour les rails aussi peu épaisse qu’il est possible, a introduit dans la pratique l'usage de faire porter les Iongrines en bois, sur lesquelles sont fixés les rails, sur l’une des nervures horizontales. La pression qu’exerce la voie et celle des charges qui passent se trouvant ainsi rejetées entièrement sur un des côtés du corps central de la ferme, donne lieu à une torsion à laquelle on n’a pas toujours eu égard dans la détermination des dimensions à donner à celle pièce. Tout Je monde ad/net l’existence de celle torsion, et on a imaginé diverses dispositions, soit pour la prévenir, soit pour la diminuer; mais la forme de la ferme propre à résister à cette force perturbatrice, sans donner lieu à d'autres inconvénients, est encore à trouver.
- La longueur qu’on est obligé de donner aux fermes se trouve accrue considérablement par l’adoption jusqu’à Vexcès des ponts biais, et il est à regretter qu’on élève tant de difficultés quand on propose de modifier le tracé des roules existantes et des canaux, lorsque la ligne proposée de chemin de fer vient à les couper sur un angle aigu. C’est en partie à ces causes et en partie parce qu’on cède à un petit mouvement de vanité, qu’on rencontre des ponts biais où, par suite de l’obliquité, les fermes ont une longueur plus que double que celle qui serait nécessaire pour franchir dircçtemept l’ouverture ou le débouché,
- Lorque l’ouverture ou d’autres circonstances rendent impossible l’emploi des fermes droites d’une seule pièce, on emploie fréquemment des fermes droites construites do plusieurs pièces, moulées séparément, assemblées par des boulons et parfois armées de tringles de tension en fer forgé et qu’on a nécessairement établies sur différents modèles. On parvient, par ce moyen, à faire franchir à ces fermes jusqu’à 120 pieds (36"‘,575) d’ouverture.
- (() Cette forme est celle de deux barres se coupant à angle droit en forme de croix grecque f.
- Lorsque le fer forgé est combiné avec la fonte par la voie des armatures, il se présente plusieurs difficultés provenant des expansions différentes de ces deux métaux et de la différence de leurs masses, qui fait que les tringles en fer sont plus rapidement affectées par un changement de température que les parties en fonte, un effort qui agit constamment sur le fer forgé tend aussi à y produire un allongement permanent, et par conséquent les tringles de tension ont besoin d'élre resserrées de temps à autre-
- Nous avons sollicité des opinions et des informations sur toutes ces questions* et toutes s’accordent à montrer qu’ij faut apporter la plus grande habileté et beaucoup de prudence, si on veut que ces combinaisons présentent toute la sécurité désirable. On n’admet pas» généralement, que les vibrations de® convois de railways relâchent ou dété' Tinrent les boulons, les écrous, ou leS rivets des fermes composées. Néanmoins on a parfois introduit du bois* du feutre ou autres substances entre les surfaces pour atténuer la propag*' tion des vibrations.
- L’opinion générale des ingénieurs paraît être que le cintre en fonte est la meilleure forme que l’on puisse don' ner à un pont en fer, quand il est pu*' sible de l’adopter, ou quand on n'a PaS égard à la dépense ou à la hauteur au-dessus de la rivière ou de la rou*e qu’il s’agit de franchir. Pour les P00,1* bas, on recommande la ferme ci»tr^ avec la corde qui en relie les extre” mités. Quant aux fronts en grillage’ leur mérite parait douteux. , -
- Le dernier mode de structure qu® ail introduit consiste dans l’cmplu* ^ feuilles de tôle rivées ensemble com03 dans la construction des bâtiments f fer et combinées de diverses manièrj^ avec la fonte. On forme ainsi des »e mes creuses qu’on peut faire a*s ^ grandes pour pouvoir faire Passer:s, leur intérieur la voie et les co»v0 Tel est le pont sur le Conway et le P® Britannia ; ou bien ces fermes tuD laires sont établies sur une plus Pv’a-échelle et appliquées de la même u1. nicre que les fermes en fonte lu naires pour porter les traverses lesquelles repose la voie. Les *cf du premier genre sont applicables a portées énormes, et celles des _ ponts cités ci-dessus sont resl)<!Q.-r et ment 400 et 402 pieds 122m,527). Ceux du second genre s dit-on, plus économiques et VQt élastiques que les autres fermes P
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- des ouvertures qui dépassent 40 pieds (l2m,192). Ces modes, du reste, paraissent posséder et promettre de nombreux avantages; mais leur introduction paraît si récente qu’on n’a acquis encore aucune expérience relativement 8 leur faculté, pour résister aux diverses actions des changements soudains de température, aux vibrations et autres causes de détérioration. Nous avons pensé qu’il était de notre devoir de chercher quelques réformations à leur sujet, et nous avons trouvé que la plupart des ingénieurs leur étaient excessivement favorables; mais par le naotif allégué ci-dessus, nous sommes hors d’état de formuler à leur égard Une opinion ; seulement nous ne pouvons nous empêcher de témoigner du soin et de la science qu’oti a déployés pour déterminer la forme et les proportions des immenses tubes du Conway et Bri-tunnia.
- L’enquête que nous avons établie a fait ressortir avec évidence ce fait que l'introduction récente du système des ehemins de fer a fait naître un grand nombre de causes mécaniques dont les effets n’ont pas encore eu le temps de se développer complètement, tant à cause de l’étendue et du nombre de ces voies nouvelles que par la rapidité avec laquelle elles ont été construites, et qui dans beaucoup de cas n’ont pas permis aux ingénieurs d’observer et mettre expérimentalement à profit chaque nouvelle construction successive. C’est ainsi qu’il est arrivé que quelques portions du mécanisme ou des constructions ont été établies trop faibles ou placées dans des conditions défavorables, et quelles ont occasionné quelques accidents inévitables, très-déplorables et parfois fatals. Il paraîtrait aussi qu’il existe un grand défaut d’uniformité dans la pratique, relativement aux problèmes les plus importants de la construction des chemins de fer, ce qui montre combien sont encore imparfaits et défectueux les principes qui servent de guide.
- Nous avons observé toutefois , pendant tout le cours de celte enquête, que les ingénieurs étaient déjà avertis Par l’expcrience de la nécessité qu’il y avait d’augmenter la force de résistance des ponts employés sur les chemins de fer, et de veiller plus attentivement à leur construction afin de leur donner la plus grande force possible. C’est ainsi que nous avons trouvé que le mode de construction primitif de tous les ponts qui avaient montré les plus légers signes de faiblesse avait été soi-
- . gneusement modifié et rendu plus ré-I sistant, de manière à faire évanouir tout motif de crainte, tandis que dans les nouveaux ponts on a adopté des combinaisons meilleures et plus résistantes. Néanmoins, nous appellerons l’attention sur les concisions générales auxquelles nos expériences nous ont conduit, et que nous formulons ainsi qu’il suit.
- Il est convenable, dans les marchés pour fournitures des fontes, de stipuler que les pièces résisteront à une certaine charge plutôt que de chercher à se procurer des mélanges spécifiés.
- Il faut, dans le calcul de la résistance d’une pièce de fer moulée de grand modèle, que la barre qu’on prendra pour unité soit égale en épaisseur à la portion la plus forte de la pièce proposée.
- Pour résister aux effets des inflexions réitérées, il faut que la fonte soit soumise à une inflextion qui soit à peine égale au tiers de celle ultime ou qui précède la rupture et comme la flèche produite par une charge augmente par l’effet du choc, il convient que la charge maxima sur les ponts de chemins de fer ne défiasse dans aucun cas un sixième du poids qui produirait la rupture de la ferme, s’il était placé en repos à son centre.
- L’efft t de la vitesse communiquée à la charge paraît augmenter la flèche que celle-ci produirait si elle était placée en repos sur le pont. L’accroissement de la flèche dynamique, dans les ponts de moins de 40 pieds (I2m,192) de longueur a une importance assez grande pour mériter qu’on y apporte quelque attention , et peut même pour des longueur, de20 pieds (6m,096j devenir, à de grandes vitesses, le double de la flèche statique, mais on peut la diminuer en augmentant la rigidité du pont. Il est à désirer, spécialement pour les pools d une faible portée, que la flèche ainsi accrue soit calculée d’après la charge maxima et la plus grande vitesse auxquelles le pont devra être exposé et qu'un poids qui produirait statiquement la même flèche soit, dans la détermination de la force de la construction . considéré comme la charge maxima à laquelle le pont puisse être soumis.
- Enfin la résistance d’une barre ou ferme à une force vive ou un choc varié avec sa masse, le corps choquant restant le même , et lorsqu’on augmente l’inertie de la pièce sans ajouter à sa force, sa résistance au choc augmente aussi entre certaines limites. Il en ré-
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- suite donc que je poids, ou mieux la masse, est une considération importante dans les constructions exposées à des chocs.
- Quoique les moyens limités dont nous avons pu disposer et le temps considérable qu’on est obligé de consacrer à ces sortes de recherches nous aient obligé de laisser imparfaites et même de négliger entièrement bon nombre de questions imposantes et remplies d’intérêt dans celte enquête expérimentale, nous croyons cependant que les faits et les opinions que nous avons pu recueillir serviront à jeter quelque lumière sur les actions qui se manifestent en certaines circonstances variables dans les ponts de chemins de fer et permettront aux ingénieurs et aux constructeurs d’appliquer
- le métal avec plus de confiance qu’il ne l'ont fait jusqu'à ce jour (lj.
- (l) Les résultats de cette vaste enquête, entreprise à la sollicitation du gouvernement anglais, et qui ont été mis sous les yeux et imprimés par ordre du parlement, embrassent l vol. petit in-fot. de 4s5 pages, et un atlas composé de 63 planches , la plupart de grande dimension. On y remarque surtout les belles expériences de MM. Hodgkinson, R. Willis, James , etc., sur la résistance des fontes et dt’S fers aux forces mortes ou vives qui les solicitent et les interrogatoires sur ce même sujet, et sur les divers modèles et modes de construction de ponts de chemins de fer des plus habiles ingénieurs anglais , parmi lesquels nous citerons les noms de MM. Barlow , R. Stephenson, Fairbairn , etc. Tous documents d’une haute importance et riches en instructions pratiques, mais que leur immense étendue ne nous permet pas de reproduire dans un recueil périodique. F. M.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Nouveau manuel complet du chaufournier ;
- Par M. Bertin (Valentin), architecte. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée parM. D. Magnier, ingénieur civil, in-18, prix : 3 fr.
- Ce manuel, qui doit intéresser non-seulement les ingénieurs et les constructeurs , tuais aussi les agriculteurs, s’est enrichi dans cette nouvelieédition d’une foulededocumentsnouveaux que la chimie, lesexpériencesdes ingénieurssont venus apporter dans l'art du chaufournier ; c’est ainsi qu’on y retrouve avec plaisir le résumé des beaux travaux de M. Vicat, ceux de M. Violette, etc., et surtout un extrait bien
- fait des expériences et des travaux qui ont été entrepris en Angleterre par M. Paisley sur la fabrication des chaux hydrauliques, des mortiers, des ciments, des béions et sur la résistance de ces matériaux, travaux très-étendus, remplis d’intérêt et à peu près inconnus en France jusqu’à ce jour, où M. Magnier a eu l’heureuse idée de les résumer et de les insérer dans la nouvelle édition du manuel du chaufournier dont on lui a confié la révision-Ainsi mis au courant des nouvelle8 découvertes et enrichi des faits d’eX" périences consignés dans une foule de recueils ou d’ouvragés français ou étrangers, ce manuel est certainement l’ouvrage le plus complet que noü* possédions sur cette matière.
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Par M. Vasserot, avocat à la Cour d'appel de Paris.
- LEGISLATION.
- Manufactures de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais. — Concession des produits.
- La commission, chargée de l'examen du projet de loi relatif à la concession des produits des manufactures de Sè vres, des Gobelins et de Beauvais, A termine son travail.
- Voici le projet qu’elle présente:
- Art. 1er. Il pourra être disposé des Produits des manufactures de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais pour des Pfèsents diplomatiques, des œuvres de bienfaisance, des encouragements aux lettres, aux arts, à l'industrie, au commerce, à l’agriculture et comme témoignage de reconnaissance pour des Services rendus à 1 État.
- Des produits de ces établissements Peuvent aussi être donnes aux départements et aux communes pour être placés dans leurs édifices, bibliothèques, musées et collections, et dans tous les edifices publics et religieux.
- Art. 2 Ces dispositions prévues par ^article précédent seront autorisées par décret du président de la République; Ces décrets seront rendus sur les pro-P°positions du ministre de l’agricul-bire et du commerce, préalablement Approuvées par une commission de 1 Assemblée nationale.
- Chaque bureau nommera un membre ^ la commission dont les pouvoirs se-r°nt renouvelés tous les ans.
- Art. 3. Tous les mois le ministre de Agriculture et du commerce commu-Jbqueraà la commission l’état des ven-ÿ» qui auront été faites des produits ***8 manufactures nationales.
- Chaque année le ministre présentera à l'assemblée un étal détaillé et nominatif indiquant la valeur dos dispositions consenties en faveur des articles précédents.
- Art. 4. Un règlement rendu en exécution de la loi du 6 juin 1843 déterminera le mode suivant lequel les dispositions qui régissent la comptabilité du matériel appartenant à l'État seront appliquées aux manufactures nationales dcSèvres, des Gobelins et de Beauvais.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR D’APPEL DE PARIS.
- Vente d’un fonds de commerce avec
- LES MARCHANDISES. — ACTE DE COMMERCE.— Nullité de la vente faute d’un état estimatif.
- L'acquisition d'un fonds de commerce, y compris les marchandises, est un acte de commerce, même lorsque l'acquisition est faite par une personne qui jusque-là n'avait jamais eu la qualité de commerçant.
- En conséquence, le tribunal de commerce est compétent pour statuer sur toutes les difficultés relatives à cette vente.
- Est nulle la vente d'un fonds de commerce, lorsqu'à l'acte n'est pas joint
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- un état estimatif des marchandises comprises dans la vente du fonds.
- Il y a alors incertitude sur la chose vendue.
- 3' chambre. Audience du 2 mars 1850. M. Poultier, président. M. Bervilie, avocat général. M' Dutard et M' Gressier, avocats.
- Revendication. — Bail principal a
- UN COMMERÇANT. — DÉFENSE DE sous-
- louer. — Faculté de vendre le
- FONDS DE COMMERCE. — PRIVILÈGE DU PROPRIÉTAIRE.
- i* L’autorisation donnée au principal locatait e commerçant de vendreson fonds de commerce ne l'autorise pas à transmettre à son successeur le matériel de son établissement, formant 1e gage du propriétaire. au préjudice du privilège de ce dernier.
- 2* La cession même par acte enregistré du mobilier garnissant les lieux lottes, et ce avant le bail consenti par le propriétaire, ne donne point accès à la revendication de l'acquéreur s'il n’a pas préalablement notifié au propriétaire sa cession.
- M. Baron, propriétaire, a fait bail, en 1831. à M. Vérité père, de divers lieux, pour y fonder son établissement de décatissage et d’apprêts d’étoffes. Ce bail, fait d’abord au prix annuel de 5,300 fr. s’est élevé à celui de 12,000 fr. par année, par suite de diverses additions de locaux. Le dernier bail, devenu bail principal, fut signé entre M. Baron et M. Vérité père, dans l’année 1841.
- En 1817, M. Vérité père ayant cessé de payer régulièrement ses loyers, M« Baron a fait pratiquer une saisie-gagerie sur le matériel de l’établissement, puis il a obtenu des jugements et des arrêts qui ont validé cette saisie, et ont ordonné la vente.
- En 1819, au moment de procéder à cette vente, une action en revendication a élé introduite contre M, Baron à la requête d’une société Vérité filselThéo-dure Jouet, laquelle société s’est opposée à la vente annoncée, et a revendiqué comme étant sa propriété le matériel industriel mis en vente. Celte société fit en effet connaître que, depuis 1813, elle avait succédé à Vérité père par
- un acte enregistré, publié au tribunal de commerce; qu'elle était devenue sous-locataire de ce dernier ; qu’enfin elle avait acquis de lui le mobilier industriel dont il s’agit par l'acte social lui-même, c’est-à-dire un an avant le bail principal consenti à M. Vérité père avec affectation de ce même mobilier au privilège résultant de ce bail au profit du propriétaire.
- Une ordonnance de référé obtenue par M. Baron l’autorisa à passer outre nonobstant la revendication ; mais* bientôt l’affaire venant au principal, il inlervii t en la chambre des vacations, à la date du 19 octobre 1849, un jugement qui admit la revendication en ces termes :
- « Attendu que le bail verbal fait en 1834 par Biron à Vérité père contient, d’une part, faculté au preneur de se donner un successeur, et d’autre part, défense de sous-louer sans le consent®' ment du bailleur ;
- » Mais attendu que la faculté d’avoir un successeur implique nécessairement celle de sous-louer;
- » Attendu que cette cession autorisée a ou lieu, en effet, en 1813 par Vérité père au profit de la société Vérité fils et compagnie, laquelle est en cotv' séquence entrée eu possession de l’établissement et du mobilier industriel 1 attaché ;
- » Attendu que vainement Baron prétendrait que son consentement n’a p3* été obtenu pour la sous-location et op* poserait le privilège attaché à ses droit* de propriétaire ;
- » Qu® la faculté absolue par lui donnée au preneur de prendre un succcS' seur, rattachée à la défense de sou*' louer, établit une préférence en faveur du successeur, lequel de tous les sous-locataires de Vérité père n’avait P®5 besoin de l’autorisation du propr»e' taire;
- » Déclare nulle la saisie-gagerie sur le mobilier industriel de l’établi*' sement dont il s’agit ; ordonne lu d1*' continuation des poursuites de vente <* ce mobilier, etc. »
- M. Baron a interjeté appel de ce ja' gement.
- La cour, adoptant le système Pr®*enîg par l’appelant, a décidé que I» '’en consentie dès 1813 par Vérité pere^ Vérité fils et compagnie , mais non no tifiée au propriétaire, n’avait pu p°r à l’avance une atteinte quelconque droit de gage que conférait à ce dern le bail principal de 1844.
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- En eonjequence, elle a infirmé le jugement de première inlance, rejeté revendication, ordonné la discontinua tion des poursuites et condamné • çrité fils et compagnie aux dépens.
- 2* Chambre Audience du 7 mars 1850. M Delà bave, président* MM. Ni* eolel et Queland, avocat.
- TRIBUNAUX CIVILS.
- Chemin de fer d’Orléans,’—Obuga-
- TiONS DES COMPAGNIES ENYERS LE PUBLIC.
- tes administrations de chemins de fer sont tenues de tenir à la disp<i$i-tion des voyageurs autant de places qu'il a élé distribué de billets dans les stations, à moins quelles ne prouvent qu'elles en ont été empêchées par un motif de force majeure,
- MM. Dervaux et Suby étaient allés un jour de l'été dernier à Choisy-le-Roi, Ils avaient en arrivant pris leurs précautions pour le retour, et on leur avait donné à la station des billets pour le convoi qui. venant de Corbeil, passe à Choisy a 9 heures 26 minutes. Le soir, ces messieurs étaient k l’heure indiquée dans la salie d'attente, mais les wagons n’arrivaient pas- Us attendirent jusqu’à lt heures, et quand le convoi passa, toutes les places étaient occupées; si bien que M. Dervaux et M, Suby, qui avaient retenu des places de seconde classe, sq virent forcés de faire la poule sur une sorte de haquel couvert, en compagnie de ballots de marchandises et d un amas d’huiles et de houille servant à l’entretien et à l’alimentation de la locomotive, Ces messieurs, fort peu satisfaits de leur voyage, et mécontents de la façon dont leurs réclamations furent accueillies à l’arrivée, intentèrent à la compagnie du chemin de fer pu procès devant la justice de paix du douzième arrondissement. Ce magistrat condamna la compagnie à
- Ser à chacun des demandeurs une emnitô de t5 francs,
- La compagnie voyant dans cette affaire une question de principe, qu’il était utile de faire juger définitivement, interjeta appel; mais le tribunal, après avoir entendu M. Duvergier, pour la compagnie appelante, et M, Orsat,
- pour les intimés, a statué, en ces termes :
- « Attendu que la compagnie ayant le monopole de transport, doit être en mesure de transporter etconduiie tous les voyageurs auxquels des billets ont été délivrés dans les bureaux;
- » Que la compagnie ne justifie d’aucuns laits de force majeure qui ail pu l’empêcher de remplir les engagements auxquels elle est soumise euvers le public ;
- » Confirme. »
- 5*. Chambre Audience du 14 mars M. Vanin de Courville, président.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- COUR D'APPEL DE PARIS.
- APPELS CORRECTIONNELS.
- Contrefaçon.—M. Boquillon, bibliothécaire du conservatoire des arts
- ET MÉTIERS CONTRE M. ChrISTOFLB.
- M. Christofle, cessionnaire du brevet de MM. Huolz et Elkington, qui a poursuivi tant de contrefacteurs, se trouve poursuivi à son tour parM. Bouillon, bibliothécaire du conservatoire es arts et métiers, qui se prétend l’inventeur de la majeure partie des procédés employés par M. Christofle pour arriver à la dorure et à l’argenture des métaux. A la vérité, il est intervenu, dans le courant de février 1849, un jugement de la seconde chambre du tribunal de police correctionnelle de la Seine, qui a déclaré M. Boquillon non recevahle et mal fondé dans sa demande. M. Boquillon a interjeté appel de ce jugement.
- Voici l’arrêt de la cour ;
- « La cour, considérant que par ju-gemenls et arrêts passés en force de chose jugée , Elkington , de Ruolz ; Christotle et çomp. étant aux droits des premiers, ont été maintenus, sur diverses demandes en déchéance^ intentées contre eux, dans la jouissance exclusive des brevets d’importation , d’addition et de perfectionnement relatifs à des procédés perfectionnés de dorure et d’argenture sur certains métaux et autres objets;
- » Que, dans sa plainte en contrefaçon, en date du 20 octobre 1848, Boquillon
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- revendique plusieurs des procédés appliqués par Christofle et comp à la dorure et à l'argenture, comme ayant fait l’objet de brevets et de certificats d'addition. remontant aux 2(4 février et 30 juin 1840. antérieurement au premier brevet Elkinglon, du 29 septembre de la même année ;
- » Que les procédés qu’il réclame comme des inventions dont il se serait assuré la jouissance exclusive par ses trois brevets sont : 1° la substitution d’un vase poreux à parois verticales, au vase horizontal à fond de plâtre ; 2° la réduction électrochimique de la dissolution métallique dans un vase entièrement séparé de l’appareil électromoteur; 3° l’emploi dans un vase séparé de l’anorle soluble, destiné à maintenir la dissolution métallique à l’état de saturation constante;
- » Considérant que Christofle et comp. soutiennent que ces procédés avaient déjà été consignés et décrits antérieurement à la délivrance des brevets de Boquillon dans des ouvrages imprimes et publiés, et qu’ils étaient même déjà employés en Russie, soit dans les arts, soit dans l’industrie, et que, par conséquent, ils étaient tombés dans le domaine public, aux termes de l’art. 6, § 3 de la loi des 31 décembre 1790 et 7 janvier 1791 ;
- » Qu’en effet, il résulte d’une note imprimée en 1840, l. LXXV des Annales de Chimie et de Physique, et qui avait été adressée à l’Académie des sciences par Anatole Demidoff, que Jacobi, dès 1838, avait soumis à l’A-démie des sciences de Saint-Pétersbourg un mémoire publié dans les journaux de celle Académie, à la même époque, où il indiquait les procédés à l’aide desquels il obtenait des réductions métalliques de galvanoplastie ; que Christofle et comp. invoquent en outre : une lettre de Jacobi à Faradey, imprimée et publiée en septembre 1839 dans le Philosophicul Magazine de Londres et d'Édimbourg; une lettre de Smée, imprimée et publiée le 1er juin 1840, et la description des procédés de Spencer, imprimée et publiée en octobre 1839, dans le Philosuphical Magazine et dans VAthenæum;
- » Que l’on trouve dans ces diverses publications antérieures aux brevets de Boquillon, le principe, la description de l’application des trois procédés revendiqués par ce dernier;
- » Considérant à l’égard du vase poreux à parois verticales, qu’un vase ou cloison de cette nature est depuis
- longtemps en usage dans les piles à courant constant;
- » Qu’une paroi verticale est dessinée et figurée par les lettres E F dans la ligure 2 de l’appareil de Jacobi ; que, d’ailleurs l’emploi n’en étant appli" cable qu’à l’appareil simple, ne peut être opposé à Christofle et comp., à qui Boquillon reproche d’opérer les réductions mélalliqucsdans un appareil composé ou vaisseau séparé;
- » Considérant, quant à la réduction électrochimique dans un vase séparé, que ce procédé se trouve décrit dans la lettre de Jacobi à Faraday, du lür septembre 1839;
- » Que l’appareil simple y est distingué de l’appareil composé, puisqu’après avoir décrit l'appareil simple, qui est la véritable innovation dans la disposition expérimentale, l’auteur indique l’emploi d'un vase séparé de l’élément èlcctromoteur, qu’il dit être une pile voltaïque;
- » Que l’appareil composé de Jacobi est encore décrit dans le Bulletin de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg ;
- » Qu’enfin il est même dessiné, figure lre,à la suite delà notedeM.De-midoff, présentée à l’Académie des sciences, sous la date du 2 mars 1840;
- » Considérant, à l’égard de l’anode soluble, que les réactifs de la dissolution métallique sur l’anode de même nature qui entretiennent une saturation constante, sont décrits dans la lettre déjà citée de Jacobi à Faraday;
- » Qu'elles sont également exposées et appliquées dans le Bulletin de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, de mai 1840; qu’on en trouve la disposition et le dessin dans la note
- d’Anatole DemidofT, également énoncée
- ci-dessus ;
- » Que la lettre de M.Smée, sur sapro" duction d’éleclrolypes,imprimée et Pu* bliéedans IePhilosophical Magazinei du 21 avril 1840, explique clairement le moyen de conserver la dissolution métallique toujours également saturee de métal à l aide de l’anode soluble ;
- » Que Boquillon, qui n'a fait que reproduire, dans ses premiers brevets, les procédés de Jacobi, applicables seulement à la galvanoplastie, rje peut contester à Christofle l’emploi de moyens tombés dans le domaine P11" blic. et que ces derniers n’appjifl,0?? qu'à la dorure et à l’argenture, à de cyanures combinées avec la dissol ^ tion d’or et d'argent, qui ont été re connues judiciairement constituer u véritable invention et leur propriété»
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- » Adoptant, au surplus, les motifs des premiers juges, met l’appellation aU néant ; ordonne que ce dont est appel sortira son plein et entier effet ;
- _ * Condamne l’appelant aux dépens. »
- Audience du 18 mars. M. Ferey, président. MM. Blanc et Cbampelier de Rebbes, avocats.
- TRIBUNAL correctionnel
- (Seine.)
- Gluten granulé. — Gluten ordinaire.
- — Contrefaçon.—Domaine public.
- Le gluten est une substance qui se trouve en plus ou moins grande quantité dans telles ou telles céréales; elle est fort abondante dans la farine de blé. Quant au mot gluten en lui-même, il appartient à la science et au comble rce ; il suffit d’ouvrir un dictionnaire pour l’y trouver.
- Le 28 septembre, MM. Veron frères °nt pris un brevet d’invention pour la fabrication au moyen de machines de leur invention d’une semoule de farine artificielle avec le gluten frais ou hydraté et une farine ou fécule quelconque.
- Ils ont livré leur produit à la consommation sous le nom de gluten granulé.
- L’économie de celte invention consistait dans l’emploi jusque la négligé des résidus des fabriques d’amidonne-tie, résidus entièrement composés de gluten de blé.
- Au moyen de machines spéciales, ces Messieurs chargent une quantité de fa-rine ordinaire du gluten provenant de leurs résidus et arrivent à composer hoe pâle dans laquelle le glulen entre dans une proportion considérable. , MM. Manchion et Chalillon ont de leurcôté fabriqué des pâtes ayant même hases, et auxquelles ils ont donné le n«m de gluten, en ajoutant à ce mot *eUr nom personnel.
- mm. V eron frères ont cru voir dans Ce fait une usurpation à leurs droits, en même temps que dans la fabrication de la pâte une contrefaçon de leurs
- Procédés.
- „ La 6e chambre du tribunal de la heirie a été appelée à prononcer sur Cette prétention.
- A l’audience il a été démontré :
- D’abord, ce qui était hors de doute, {IUe le gluten seul, comme produit,
- était depuis longtemps dans le domaine public ;maisen outre que, dès le 20 septembre 1837, un sieur Martin obtenait un brevet de dix années pour l’extrac-lion du glulen employé au commerce, brevet auquel il faisait une addition le 12 mai 1838. Ces procédés méritèrent à leur auteur un prix de 3,000 fr. de la Société d’encouragement.
- D oucette conclusion que MM. Veron frères ne sont point inventeurs de la pâte qu’ils livrent au commerce; qu’elle se trouve, au contraire, dans le domaine public et vendue depuis longtemps sous le nom de gluten-Martin.
- Restait le moyen de fabrication. MM. Chalillon et Manchion ont justifié se servir pour pétrir leur pâle d'un loup-hérisson dont l’emploi a lieu dans une foule d’industries, et notamment dans la boulangerie mécanique, et n’avoir aucunement contrefait les machines de MM.Veron, qui, du reste, ont le même but.
- En conséquence, le tribunal a déclaré MM. Veron frères mal fondés dans leur demande, et a renvoyé MM. Manchion et Chalillon de la poursuite qui leur était intentée.
- 6e chambre.—Audience du 21 mars. M. Puissan , président. M“ Régnault, avocat de M. Veron. Me Blanc de M. Manchion. M® Pinchon de M. Chalillon.
- JURIDICTION COMMERCIALE. TRIBUNAL DE COMMERCE DE PARIS.
- Concurrence. — Détournement
- DE CLIENTÈLE.
- On sait quelle importance le commerce attache aux noms et enseignes destinés à appeler ou à retenir la clientèle. Le tribunal de commerce vient de rendre un nouveau jngement qui tend à réprimer une tentative d’usurpation, et qu’à ce litre nous croyons utile de reproduire.
- Le jugement indique suffisamment les faits qui ont motivé le procès. Il a été rendu sur les plaidoiries de Me Lan, agréé de la dame Gotteii, et de Me Schayé, agréé de M. Fontaine.
- « Attendu qu’il résulte des explications des parties au délibéré et des documents de la cause, que Fontaine, ancien ouvrier de la maison Gotten, a fait imprimer des adresses et factures
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- portant cette inscription t Fontaine, premier ouvrier de la maison Gotten pendant dix-huit ans,-» Que, de plus, les mêmes mots sont peints sur l'enseigne de sa boutique, rue de Choiseul, 8;
- » Que la dame Gotten soutient d’abord que Fontaine est ancien ouvrier de sa maison et non premier ouvrier ;
- » Que, de plus, en prenant une qualification qui n’est pas sienne, il a eu
- ftour but de détourner la clientèle de a demanderesse ;
- » Attendu qu’a l’appui de son dire, la dame Gotten présente un procès-verbal du ministère de Drion, huissser, à la date du 11 décembre 1849, enregistré le 12 du même mois, que ce dernier a constaté chez la dame Gotten que, sur six lampes fabriquées par ladite dame, et d’après son système, les marques portant son nom et son adresse avaient été enlevées et remplacées par d’autres portant celte mention : Fontaine, rue de Choiseul. 4;
- r> Que Fontaine est convenu au délibéré que ces lampes vendues par la maison Gotten au sieur Bernard lui avaient été remises pour être nettoyées ;
- » Que dès lors le tribunal est fondé à croire que Fontaine est l’auteur de la substitution de ces plaques;
- » Attendu que ces faits constituent de la part de Fontaine une concurrence déloyale que la dame Gotten a intérêt de faire cesser, et qu’elle a droit à une indemnité pour le préjudice que cette concurrence a pu lui causer;
- » Qu’el e est donc fondée à demander : i° la suppression sur les factures, adresses et enseignes de ces mots : premier ouvrier de la maison Gotten; 2° qu’il soit fait à Fontaine défense de s’immiscer à l’avenir dans la clientèle de ladite maison; 3° la réparation du préjudice causé que le tribunal fixe à
- 250 fr., d'après les éléments dépréciation qu’il possède.
- » Par. ces motifs,
- » Le tribunal ordonne la suppression des mots premier ouvrier de la maison Gotten sur les factures, adresses et enseignes de Fontaine:
- » Fait défense à celui-ci de s’immiscer à l'avenir dans la clientèle de ladite maison ;
- » Condamne Fontaine à 250 fr.. à titre de dommages intérêts et aux dé-pents. »
- Audience du 21 mars. M. Plaine, président.
- —--- "M-ai >I«t* il I 1 -
- Sommaire de la partie législative et judiciaire de Ce numéro.
- Législation. *= Manufactures de Sèvres»
- des Gobenns et de Beauvais.—Concession des produits.
- Jurisprudence. = Juridiction civile. = Cours d’appel de Pat is.=Vente d’un fonds de commerce avec les marchandises. — Acte de commerce. — Null té de la vente faute d’un étal estimatif.r=Uevendication. — Bail principal à un commerçant. — Défense de sou9-louer.— Faculté de vendre le fonds dé commerce. — Privilège du propriétaire. ^ Tribunal civil de la Seine, = Chemin de fet d’Orléans.—Obligation des compagnies envers le public.
- Juridiction criminelle. t= Cour d’apt>el de Pans.=Appels cot re. tiiinnels.t=Contre* façon.— M. Boquiilon, bibliothécaire des Aits et Métiers contre M. Cfiétnfle.=TiibB* nal correctionnel de la Seine.=rGlulen g f** nulé. — Gluten ordinaire — Contrefaçon*"-Domaine public.
- Juridiction C0MMERciALE.=Tribunal dé la Seine.=Coneuirence.—Détournement d* clientèle.
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- BREVETS ET PATENTES.
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- Liste des Patentes revêtues du grand sceau ^'Irlande , du a février 1850 au 17 mars J850.
- 22 février. J. Stovel. Perfeclionnement dans
- la confection des vêlements.
- 23 février. L. Vidie Mode de transport par
- terre et par eau.
- 26 février. W.-Il. Phillips Extinction des incendies , et préparation d'une matière pour cet objet.
- 26 février. J. Higgins et Th.-S. Wilhworlh. Machines a préparer, filer et doubler le coton , la laine, le lin, la soie et autres matières filamenteuses.
- 26 février. A. R inhard. Huile de graissage et filtration des huiles et autres li-liquides.
- 2î février. O. Pecqueur. Fabrication mécanique des lilets de pèche, mars. JE. Gaston. Combustible artificiel et
- machine pour le préparer.
- 5 mars. A. Hêdiard. Mode de propulsion.
- 6 mars. A.-V. Newlon. Fabrication des cuirs
- ( importation).
- 8 mars T. Marsden. Machine à serancer, peigner et apprêter le lin , la laine et autres matières filamenteuses.
- 12 mars. II. Attwood et J. Renton. Fabrication de l’amidon et autres produits amylacés.
- 15 mars. J-M Donald. Graissage des roues et
- des essieux , et mode de jonction des ressorts avec les essieux et leurs boites.
- 16 mars J Hiïl. Machine à préparer, filer et
- doubler le colon , la lame et autres matières filamenteuses.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau d’ÉcossE, du 25 février 1850 au 22 mars 1850.
- 25 février. A. Reinhard. Huile de graissage et filtration des huiles et autres liquides.
- 25 février. O. Pecqueur. Fabrication méca-
- nique des filets de pêche.
- 26 février. J. Yong. Traitement de certains
- minerais et autres matières contenant des métaux.
- 2î mars. A.-V. Newton. Fabrication des cuirs. ( importation ).
- i mars. E. Ablon. Procédé pour augmenter le tirage dans les cheminées des locomotives et autres machines (importation ),
- * mars. W. Brown et W. Williams. Appareil électrique et magnétiques pour les communications.
- ® mars. A. Ilediard. Mode de propulsion.
- ® mars. T. Richards, W. Taylor et J. Wytdè. Ensouples pour la fabrication des tissus de soie, de coton, de laine, etc.
- ® mars. J. Ilill. Machines à préparer, filer et doubler le colon , la soie et autres matières filamenteuses.
- 8 mars. J. Fowler. Mode d’assèchement des terres.
- 8 mars. G.-J. De Wille. Machine et appareils pour impressions en lettres et autres impressions ( importation ).
- 18 mars. D. Christie. Machine à préparer, assortir, redresser, travailler, doubler, tordre, tresser et lisser le colon, la laine et autres matières filamenteuses (importation).
- 13 mars. E. Ormetodel J. Shepherd. Appareil à changer la posilion des voitures sur les chemins de 1er.
- 15 mars. F.-C. Hills Procédé pour comprimer la tourbe, en faire un combustible ou du gaz et fabriquer certains sels
- 20 mars. W. Ilandley. G. Duncan et A.-M’. Glashnn. Construction des freins de chemins de fer.
- 20 mars. W. De la Rue. Fabrication des enveloppes.
- 22 mars. J. Higgins et T.-S. Withworth. Machines à préparer, filer et doubler le colon , la laine, le lin , la soie et autres matières filamenteuses.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau «('Angleterre , du 2 mars 1850 au 26 mars 1850.
- 3 filars. T. Richards, W. Taylor et J. Wylde. Ensouples pour la fabrication des tissus de soie, de coton , de laine, etc.
- * hiars. W.-F. Staite. Pipe perfectionnée.
- 2 mars. w. Mc Naught. Perfectionnements dans les machines k vapeur et le
- mode d’enregistrement de leur force.
- 7 mars. J. Fowler. Perfeclionnement dans l’assèchement des terres.
- 7 mars. G.-J. De Wille. Machine et appareil pour impression en lettres et autres impressions (importation).
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- 7 mars. J. Tebay. Appareil à enregistrer l’écoulement des liquides.
- 7 mars. F. Rosenborg et C. Montgomery. Machine à scier, couper, percer et proliler le bois.
- 7 mars. W. Benson. Traitement de la tourbe et autres matières charbonneuses et ligneuses.
- 7 mars. W. Brown et W. Williams. Appareils électriques et magnétiques pour les communications.
- 7 mars, fl -J. Tarling. Fabrication d’un combustible et d'un engrais et désinfection des matières.
- 7 mars. E.-G. Pomeroy. Mode pour enduire le fer et autres métaux avec le cuivre , et autres subsiauces métalliques.
- 7 mars. W. Church. Fabrication des caries, du carton et mode d’impression.
- 7 mars. R.-A. Brooman. Perfectionnement dans les types, les clichés et autres reliefs pour impression (importation).
- 7 mars. R. Carie. Perfectionnements dans les flûtes, clarinettes, hautbois et bassons.
- 7 mars. J. Taylor et R. Hurst. Métier de tissage et appareil à préparer , plier et emballer, les fils et les chaînes.
- 9 mars. T. I. Uill Traitement du cuivre et autres minerais.
- U mars. R. Holdsworlh et W. Ilolgale. Appareil d’ourdissage pour le coton et autres matières tilamenteuses.
- 12 mars. W.-C. Wilkins. Ventilation, chauffage et éclairage.
- 12 mars. J Nasmylh. Mode de production et d’application de la chaleur.
- 18 mars. R. Milligan. Moyen pour produire , à l’aide de boucles Huilantes , des tissus ornés.
- 18 mars. G. Jtnkins. Mode de production de
- la force motrice.
- 19 mars. 7’. Edmonslon. Fabrication et marque
- des billets de chemins de fer et autres.
- 19 mars. W.-J. Horsfall et T. James. Appa-
- reil à rouler le fer et autres métaux.
- 20 mars. S.-C. Lister et G. Donisthrope. Ma-
- chines à préparer et peigner la laine et autres matières filamenteuses.
- 23 mars. W.-J. Curtis. Machine et appareil à fabriquer le sucre.
- 23 mars. II. Carier. Appareils d’éclairage au gaz.
- 23 mars. J. Siddeley. Mode d’armement des vaisseaux.
- 23 mars. A. Wilson. Ventilateur nouveau.
- 23 mars. J. Slephenson. Machines à filer I® lin et autres matières filamenteuses.
- 23 mars. W. Sykes. Fabrication des chah' déliés et des mèches.
- 23 mars. J. Varley et J. Hacking. Perfection' nernent dans les machines à vapeur-
- 23 mars. A.-R. Ramsbolton et W. Bron. Mod® de préparation et de peignage de laine.
- 23 novembre. J. Gedge. Lampes et chande' Iiers.
- 23 mars. N. Mathew. Appareil à couper et dresser l’ardoise.
- 23 mars. A.-G. lioseleur Mode nouveau
- enduire les métaux avec de leia r importation )
- 23 mars. 4.-V. Newton. Composition pour fabrication des boutons, manch;s rasoirs et de couteaux, écril<>ire, ’ boutons de porte, etc. (importation,-
- 23 mars E. Welch. Perfectionnements daD les appareils de chauffage. ^
- 26 mars. E. Leigh. Machines et appareil-* préparer et lïler le coton et autres lières lilaine.nleuses.
- 26 mars. J.-T. Clenchard. Mode d’applicaJ.|0s, de l’orseille à la teinture et à l’iropr* sion. .ans
- 26 mars. J. Preece. Perfectionnements “ $
- les moulins à farine et les tou cidre. j
- 26 mars A.-V. Newton. Mode d’accoupleb* des tuyaux ( importation ).
- 26 mars. T.-E. Rolch. Mode de séparaljarJceS certaines matières dans les substa sucrées , salines, ligueuses, etc- f porlation ).
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- LE TECHNOLOGIE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Sur l'affinage de l'or.
- Par le docteur Philipp.
- Le procédé d’affinage de l’or par la v.°ie sèche , dit procédé de cémenta-to°n, est connu depuis longtemps, ^Uoiqueparfois on l’ai tconsidéré comme etant encore un secret, et qu’il ne soit empIoyé que par quelques personnes Pour affiner l’or allié, et principalement Pour éliminer de ce métal les corps qui s’opposent à sa malléabilité.
- On a fait aussi des expériences pour affiner complètement l’or par la voie de la cémentation ; mais en opérant a'osi, on a observé d’un côté des pertes en métal précieux , et de l’autre on n’a Pas obtenu une pureté suffisante; il en est résulté qu’on en est revenu aux an-c,ens procédés.
- A l’aide de nombreux essais, j’ai pu ^e convaincre qu’on pouvait réellement obtenir, par la voie de la cémen-,°n, de l’or aussi pur qu’il est possible, Cest-à-dire ce métal tel qu’on le rencontre dans le commerce sous le nom I ?.0r fin. Le succès de celte opération C'en simple dépend : 1° du choix des Matériaux de cémentation ; 2° de la Réparation de la masse ; 3° du titre ou pgrè de fin de l’alliage qu’on veut railer ; 4° enfin de la température e,»Ployée.
- *° Matériaux de la masse de cémenta Technologifte. T. XI,—Juin 1850.
- tation. On a proposé bien des recettes pour cette préparation ; c’est ainsi que pour affiner 1 gramme d’or on a employé 6 grammes poudre de briques , 2 grammes sulfate de fer, 0,5 gramme alun, 2 gram. sel marin, I gram. salpêtre, 0,Sgram. sel ammoniac, ou bien 12 gram. poudre de briques , 6 gram. sel marin, 3 grammes sulfate de zinc , 0,75 gramme salpêtre , ou bien encore 6 grammes poudre de briques, 1,5 gramme sel ammoniac , 0,75 gramme sel marin et 0.25 gramme sel gemme.
- Ces diverses recettes ne fournissent pas de résultats satisfaisants ; en effet, les deux premières donnent lieu à une perte d’or ( parce que le salpêtre et le sel marin ne doivent pas être employés ensemble), et la dernière fournit de l’or qui renferme encore de l’argent.
- La formule suivante est à la fois plus simple et plus avantageuse : 3 grammes poudre de briques, 1 gramme sel marin , 1 gramme alun et 1 gramme sulfate de fer.
- 2. Préparation de la masse. Le sel marin, l’alun et le sulfate de fer, aussi desséchés qu’il est possible, sont réduits en poudre fine , ajoutés à la poudre de briques et mélangés intimement jusqu’il ce que le tout ne présente plus qu’une masse homogène. Cette poudre est alors mouillée avec un peu de vinaigre de vin pour en former une pâte qu’on introduit et comprime avec l’or
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- qu’on veut traiter au milieu, dans un vase en terre ou dans un creuset de fusion. Quand l’or est en morceaux , on peut aussi l’introduire dans le creuset en le stratifiant dans la masse.
- 3. Titre de l'or. C’est l’or de 8 à 12 carats qui se prête le mieux à cet affi • nage. Avec des ors plus riches, les matières qui dissolvent les portions alliées ne peuvent pas pénétrer la masse aussi facilement, parce qu’elle n'est pas assez poreuse, il faut donc à l'or plus fin ajouter du cuivre jusqu’à ce qu'il ait le titre voulu. Avec l’or au-dessous de 8 carats , il y a, d'un autre côté, cet inconvénient que la masse d’or qui reste après l’opération n’a pas assez de consistance pour l’extraire sans perte de la poudre de cémentation.
- 4. Température employée dans l'opération. Ce creuset ou le vase est introduit dans un feu de charbon de bois, couvert et chauffé lentement de manière à ce qu'il n’arrive qu’au bout de trois à quatre heures à la chaleur rouge. La durée se règle d’après l’épaisseur de l’or ; elle est moindre pour î’or laminé et en feuilles minces. C’est le rouge naissant qui paraît être la température la plus avantageuse, car si dès l’origine ou pendant le cours de l’opération on appliquait une chaleur trop vive, la décomposition des matériaux serait trop rapide et les produits n'agiraient pas suffisamment sur l’or. Lorsque le creuset est refroidi, on détache soigneusement de l’or la poudre qui s’y trouve adhérente, et on l’en débarrasse complètement au moyen de l’eau bouillante.
- L’or en cet état est poreux et friable, d'une belle couleur jaune pur.On le fait fondre avec du borax.
- Voici quelle est la marche de l’opé-ralion précédente. En présence de l’acide sulfurique , du sulfate de fer, le sel marin dégage du chlore qui transforme d’abord en chlorure le métal qu’on traite ; mais à la température indiquée, l’or se réduit à l'état métallique , tandis que les autres métaux qui s’y trouvaient mélangés sont dissous dans la poudre de cémentation. L’alun retarde la fusion . et la poudre de briques favorise , par son interposition , un dégagement lent et gradué du chlore.
- Sur la touiure galvanique. Par M. le docteur L. Elsner.
- On désigne, comme on sait, sous le nom de soudure galvanique, un procédé à l’aille duquel on peut unir entre elles deux pièces distinctes en métal au moyen d’un autre métal qu’on y précipite par la voie d’un courant galvanique. Depuis quelque temps ce mode de soudure par la voie humilie a été à plusieurs reprises recommandé dans les publications périodiques relatives au* arts in luslriels. D'un autre côté, on a objecté qu’un pareil mode d’union entre deux pièces métalliques au moyen d’un métal précipité galvariiquement ne pouvait avoir lieu pratiquement ni théoriquement parlant. C’est M. P* Philipp, horloger à Berlin, qui a principalement cherché à faire prévaloirceltc dernière opinion. Cependant, pour arriver à une conclusion définitive sur une question d’une aussi grande impur' tance pour l’industrie, j’ai entrepris les expériences dont je vais rendre compte, et dont les résultats militent en faveur de l’opinion qui croit à l’execution pratique de la soudure par voie galvanique.
- Pour mener à bonne fin ces expe.' riences, on s’est servi d’un appareil du à vessie. Comme liquides excilateurs, on a employé d’un côté une soluti°0
- concentrée de sulfate de cuivre aign*' sée avec de l’acide sulfurique qu’on a versée dans le vase extérieur, et ^ l’autre l’acide sulfurique étendu qu’oo a mis dans le vase intérieur euvelopPe par la vessie. Dans l’acide sulfurique plongeait le bloc de zinc et dans la solution de sulfate de cuivre un disque cuivre disposé parallèlement au fond de la vessie. Les deux métaux, comme®0 le comprend, ont été mis en commun*' cation entre eux par un fil conducteur* Sur la plaque de cuivre qui a servi d’éleC' trode négatif, on a pose un fort annea1 de tôle de cuivre qu’on avait scié dan un de ses points, et où la distance enlf^ les deux parties ainsi co;ipècs p®°' vait s’élever à 1/2 ou 1/3 de nid*1' mètre. , »
- Au bout de quelques jours, Pen lesquels les liquides excitateurs ont e renouvelés plusieurs fois, la P01*1.^, sciée de l’anneau s’est trouvée en*1 rement remplie de cuivre en re£u qui s’ètait précipité, et en coupant „ partie à la lime dans le point où av, eu lieu la solution de continuité Pr® c dente, on a remarqué avec la loupeq
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- Çette solation s’était remplie très-éga-,ement avec du cuivre solide et cohérent.
- Un autre anneau de cuivre a été «dors coupé en deux parties, et les deux dcmi-aniieaux ainsi obtenus rapprochés l'un de l’autre avec les faces des jetions en regard pour soumettre le à l’action du même courant galva-*Jlc|ue. Au bout de quelques jours, les deux demi-anneaux étaient unis en-
- Sernble dans leurs points de contact par |e cuivre qui s’y était précipité, et ne *0rmaient plus qu’un seul anneau. On ? trouvé aussi dans ce cas. en enlevant a lime une portion de l'épaisseur «le panneau dans ses points précédents Ve, rapprochement, que le vide avait elé rempli complètement par du cui-Vre précipite galvaniquement qui avait dni le tout. En examinant ces points attentivement à la loupe, on a pu facilement constater la végétation régulière du cuivre entre les portions précédemment séparées de l’anneau.
- On a entrepris de la manière que *°ici une troisième expérience :
- On a placé directement l’un sur l’aube deux anneaux de forte tôle de eui-Vr® les faces fraîchement coupées l’une s,ir l’autre, de manière que les deux anneaux ainsi placés constituassent un cy!indre. A l’extérieur, on a entouré Ces anneaux avec une bande de feuille d étain et enduit celle-ci avec une dissolution de cire dans l’essence de tèrè— ^nthine, de façon que les deux annaux se trouvaient entourés également J??r une enveloppe conductrice. Ainsi déposés, ces anneaux ont été dépo-cs St|r |a plaque de cuivre de l’appareil à Ve$sie et immergés dans le bain de ?dlfate de cuivre. Au bout de quelques J0urs, la face intérieure des anneaux ^tait recouverte d un précipité de cui-,re et les points de Contact entre ces debx anneaux remplis par du cuivre ®a'vanique précipité. Ces anneaux n’a-a'ent été soumis à l’excitaiion galva-I ^ue que jusqu’au point d’en recouvrir .a face interne avec une couche peu Paisse de cuivre précipité, et néan-ils étaient déjà entièrement rèu-
- <1’
- ’s et ne formaient qu’on cylindre lue seule pièce. On comprend aisé— &:e,|t que l’enveloppe extérieure contint en une feuille d’étain conduc-j’ce, a été retirée avant de faire l’essai J;,'a cohésion ou de la résistance du P t'Cipiiê galvanique. Je ferai rcmar-:'r aussi que ces anneaux , au bout l’^u.Certaiu temps de contact (pendant ^citation galvanique) avec la plaque cuivre sur laquelle ils reposaient, se
- sont tellement chargés de cuivre métallique précipité, qu’il a fallu employer une certaine force pour les détacher de leur support.
- Il paraîtrait donc hors de doute, d’après les résultats qui ont été obtenus dans les expériences précédentes, qu’on peut arriver pratiquement à un mode d’union solide entre deux pièces distinctes de métal, par le moyen de cuivre précipité galvaniquement; en un mot, que la soudure par voie galvanique est une chose praticable. Il en résulte qu'il sera possible dunir solidement entre elles les parties distinctes d’une grande pièce en métal, et d’en fai e une figure complète par la précipitation galvanique d’un mctal ( le cuivre dans les cas ordinaires). Si on voulait travailler avec des solutions aussi concentrées de sels d’or ou d’argent qu’on l’a fait avec les sels de cuivre , il y a des motifs pour croire qu’une soudure galvanique à l’aide de ces deux métaux aurait lieu également. Al. de Hackewitz m’a même communiqué verbalement que dans les travaux en grand qu’il a entrepris pour obtenir, par voie galvanoplaslique , des figures dans des formes creuses, il avait fait l’observation que , dans les bains d’argent, on remarquait aussi qu’il se produisait souvent une union galvanique entre les pièces séparées qu’on y travaillait.
- En me livrant aux expériences qui viennent d’ctre communiquées, j'ai remarqué que par une excitation galvanique proportionnellement trop énergique, c’est à dire avec un courant trop puissant, les électrodes négatifs en cuivre , et même la planche de cuivre et l’anneau de même métal qui repose sur elle,serecouvrentd’un enduit brun foncé, ainsi du reste que cela a lieu, comme on sait, dans des circonstances analogues pour la dorure galvanique. A près plusieurs tentatives infructueuses [tour faire disparaître cet enduit brun , j’ai trouvé enfin qu’il était possible de l’enlever complètement lorsqu'on plongeait les objets n couvei ts de cet enduit brun pendant quelques secondes dans un mélange d’acides sulfurique et azotique. On voit reparaître aussitôt la belle couleur rouge du cuivre précipité galvaniquement sur cette pièce, soigneusement lavée dans l’eau et replongée dans le bain ; le cuivre se précipite île nouveau lorsqu’on le soumet derechef à l’action du courant galvanique.
- La possibilité de l’exécution pratique de la soudure galvanique peut s’expliquer en peu de mots sous le point de
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- vue théorique. La pièce , en effet, se trouve dans un étatélectro-négatif d’excitation , tandis que le zinc opère positivement; il en résulte que les faces opposées ou mises en présence de la solution de continuité sont négatives , c’est-à-dire dans un état électrique de même nom. Pendant la marche de la décomposition électrolytique du sel métallique en dissolution (le sulfate de cuivre dans le cas ci-dessus), les molécules électro-positives de cuivre qui se séparent se disposent donc simultanément sur les deux faces opposées et en regard de celte solution de continuité. Or, du moment que ces molécules sont déposées, elles constituent avec cette pièce un tout homogène et agissent dès lors négativement sur le cuivre qui se trouve encore dans la dissolution, et en précipitent de nouveau du cuivre en régule. Cette manière d’opérer se poursuit jusqu’à ce que le vide qui existait entre les deux pièces séparées de métal soit rempli par du cuivre métallique, phénomène d’ailleurs que l’expérience confirme. En effet, les végétations de cuivre qui viennent se déposer d’une manière égale sur les deux faces contiguës en métal, diminuent de plus en plus la distance qui séparait celles-ci, et lorsque les végétations métalliques qui croissent en sens opposés viennent enfin à se toucher; il en résulte que toute la solution de continuité qui existait à l’origine entre les pièces a disparu et s’est remplie de cuivre.
- Quant à ce qui concerne la solidité (le degré de cohésion) de la soudure galvanique, elle est la même que celle du cuivre précipité par voie galvanique, ou plus généralement elle sera celle du métal qu’on précipite. On comprend, du reste, très-bien, par exemple, qu’une excitation galvanique trop énergique doit avoir et a en effet une influence décisive sur cette cohésion du métal précipité, et l’on observera dans ce cas absolument les mêmes phénomènes que ceux qui se sont manifestés depuis longtemps dans l’exécution des travaux galvanoplastiques.
- Dans les expériences que l’on vient de faire connaître on s’est servi, pour exécuter la soudure galvanique, de l’appareil simple à vessie (à diaphragme), quoique jusqu’à présent, du moins à ina connaissance , on n’ait employé dans les essais pour tenter ce genre de soudure que l’appareil d’un modèle quelconque, mais à marche constante; or, comme en se servant de cet appareil simple à vessie on a obtenu absolument les mêmes résultats qu’en fai-
- sant usage d’éléments hydroélectriques constants, il y a là, ce me semble, une confirmation defjplus de la possibilité de l’exécution pratique de celte soudure galvanique.
- Rapport fait à la Société d’encourû' gement sur le fer contre-oxidé de M. Paris, à Bercy (1).
- Par M. Ebelmen, directeur de la ma* nufacture de Sèvres.
- Différents moyens ont été employé déjà pour préserver le fer contre l’actiou si destructive de l’air et de l’eau; l’ap" plication d’un autre métal en couch® mince à la surface du fer a été, juqua présent, la base de tous ces procédés de préservation. C’est en vue de ce but qu’ont été fabriqués le fer étamé, lefef plombé, et, plus récemment, le f®r zinguè.
- On peut garantir également le *®r contre l'oxidation en le recouvrant d’une couche vitreuse fondue à sa sur' face par l’action du feu, et c’est ce pr°' cédé que M. Paris , de Bercy, a suiy* pour préparer les objets qu’il a soum1» à votre examen, et dont les formes e les destinations sont très-variées. Appa' reils divers d’économie domestiq0®' tuyaux en tôle , capsules pour les labo' ratoires de chimie, feuilles à rebord» pour la couverture des édifices: tell® est l’indication des principaux usag®* auxquels M. Paris se propose d’app'1' quer le fer recouvert d’un fonda0 vitreux. Votre comité a dû exami°® si le fer préparé par le procédé M. Paris présentait les conditions solidité, de résistance et de durée an' noncées par l’auteur. , .
- Le fondant que M. Paris appltl^ sur le fer est un véritable verre tran parent qui laisse bien voir la c.oU, ene du métal. Le nom de fer émaillé ° convient donc pas à ce nouveau VT° duit que M. Paris appelle fer contreC oxidé. La glaçure est étendue aV régularité et ne laisse à découvert a cnn point du métal, circonstance > . importante. S’il s’agit d’empêcher 1 0 ^ dation, elle résiste au choc et ne fendille ni n’éclate quand on l’e*P à l’action directe du feu. Trois fois n
- (O Nous avons donné dans le recftnot ?e la page 6 de ce volume , la compostnon couche ivitreuse de M. Paris et la vaaui l’appliquer.
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- avons fait rougir le fond d’une capsule an fer contre-oxidé jusqu’à ramollisse-nient de la glaçure, puis nous l'avons plongée dans l'eau froide. Ce n’est qu’à la troisième expérience que quelques points de verre se sont détachés du *nétal par écaillage. t Aucune fissure ou tressaillure ne s’ast produite pendant cette épreuve.
- Nous attribuons principalement cette propriété à ces circonstances, que les Ustensiles sont recouverts d’une couche vitreuse sur les deux faces; l’absence d’un contre-émail est une des causes qui contribuent, aussi bien que la composition de la matière elle-même, à faciliter le tressaillage des divers émaux jjue l’on a appliqués jusqu’ici à la surface des ustensiles en fonte.
- Les acides même concentrés et chauds n’attaquent que d’une manière Presque insensible le fer contre-oxidé.
- Il n’en est pas de même des liqueurs alcalines. Nous avons fait bouillir, Pendant deux heures environ, une faible dissolution de potasse dans une Capsule en fer contre-oxidé; la liqueur l’enfermait en solution de la silice, de l’acide borique en quantités appréciables.
- Nous pouvons conclure de ce qui Précède que le fer contre-oxidé de *L Paris présente les conditions de résistance et d’inaltérabilité annoncées Par l’inventeur. L’emploi de ce nouveau produit nous paraît, en conséquence,susceptible d’applications avantageuses. Il peut se substituer au fer clamé pour un grand nombre d’usages domestiques. La glaçure dont il est recouvert ne se fendille ni n’éclale sous l’action du feu; elle se nettoie avec grande facilité, et présente cet avantage de ne donner aucun goût métallique aux aliments. Plusieurs ustensiles de cuisine dont on se sert journellement depuis plusieurs mois ont parfaitement résisté à l’usage; nous pouvons donc en recommander l’emploi tout à la f°ls comme commode et salubre.
- Il est à désirer que M. Paris puisse Prochainement faire connaître au public le prix des objets confectionnés ^ar lui. La matière vitreuse qu’il emploie paraît pouvoir se fabriquer à bas Çfix; elle se pose au tamis sur le fer. Les objets se cuisent à deux feux dans Jm four approprié à cet usage, et dont
- température ne dépasse pas le rouge cerise. Tout semble annoncer que le Prix de revient du fer contre-oxidé Omettra son application économique a de nombreux usages.
- On conçoit, en effet, que des vases
- qui joignent à la ténacité du fer la pro-priété d’être inattaquables par les acides et celle non moins remarquable de résister à des changements brusques de température, pourront trouver, dans les arts industriels, des applications aussi importantes que variées. Les arts chimiques auront vraisemblablement grand avantage à substituer des vases en fer émaillé aux vases de verre, de plomb, à ceux si coûteux en platine, dans les cas nombreux où les liquides contenus dans ces vases seraient sans action sur le fondant vitreux.
- Nous devons citer aussi, parmi les usages les plus importants qu’aura probablement le fer contre-oxidé, la fabrication des tuyaux pour la fumée, qui remplaceront les tuyaux en tôle ordinaire, si altérable à l’air, surtout dans l’atmosphère des laboratoires et des fabriques.
- M. Paris avait exposé déjà du fer émaillé à l’exposition de 1844; mais il ne paraît pas qu’il ait réalisé industriellement, dans les cinq années qui ont suivi, l’application de cette invention nouvelle, qui fit alors peu de sensation. C’est M. Jacquemin, de Morez (Jura), qui en a fait le premier emploi en grand pour la fabrication des cadrans d’horloges, confectionnés auparavant en cuivre émaillé. Les cadrans de M. Jacquemin présentent deux couches de matières vitreuses : l’une, qui recouvre immédiatement le fer, est analogue au fondant vitreux de M Paris; la seconde est un véritable émail stannifère. Le même procédé a été appliqué avec succès par M. Jacquemin à la fabrication d’indicateurs pour les rues, les routes, à des échelles pour mesurer la hauteur des eaux, et les pièces qu’il a envoyées à l’exposition de 1849 sont remarquables par leurs dimensions et par leur belle exécution.
- La mention que nous avons cru devoir faire ici de la fabrication de M. Jacquemin n’ôte rien au mérite remarquable des travaux de M. Paris, dont les produits nous paraissent dignes de tout l’intérêt qu’ils ont excité lors de la dernière exposition.
- Note sur un nouveau procédé d'extraction du sucre de betterave.
- Par M. Payex.
- L’origine de ce procédé rem» Jde à plusdedix ans ; on savaitdéjn alorsque*
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- dans sa combinaison avec la chaux, le sucre’n’est pas altéré; qu’on peut l'cn extraire avec ses propriétés primitives. Le 19 janvier 1838, M. Kuhlmann pro posait l’emploi d’un excès de chaux p,»ur éviter les altérations des jus et mieux épurer le sucre. Il avait obtenu de bons résultats dans des essais de laboratoire en transformant le sucre en sucrate de chaux, et soumettant le jus ainsi déféqué aux procédés usuels d’évaporation. L’auteur, comptant sur la stabilité plus grande du sucre uni à la chaux que du sucre libre, n’éliminait que plus tard la chaux par l’acide carbonique ; il pensait pouvoir éviter l’emploi du charbon d os ; toutefois l'application en grand lui paraissait offrir quelques difficultés. Jusqu’à l’année dernière, on n’avait obtenu aucun résultat utile en grand dans cette dissection. M. Kuhlmann avait aussi proposé d'éliminer par l'acide carbonique la chaux combinée au sucre, après la défécation habituelle, alin «l’opérer celte séparation plus complètement que l’on ne peut l'effectuer avec lesdoses usuelles de char bon d’os.
- M. Rousseau reprit, en 1818, des expériences en petit, et détermina les conditions favorables ; il unit ses efforts à ceux de l’un de nos plus habiles constructeurs d'appareils, M. Cail, et d'un fabricant expérimenté, M. Lcquime. Bientôt cette association d'hommes spéciaux parvint à régulariser l’appli cation en grand au point d'en assurer le succès.
- Les résultats remarquables obtenus durant la dernière campagne 1819-1850. à la sucrerie de Ilouc.heneuille (Nord), que nous venons de visiter, semblent fixer l’utilité manufacturière de cette application nouvelle. Voici comment l’operation y est conduite par M. Lcquime:
- On extrait le jus des betteraves par les moyens usuels (laveurs, râpes, presses); la défécation du jus s’opère dans les chaudières ordinaires à double fond A (fig. 1, pi. 129), chauffées par la vapeur, mais on emploie une quantité de chaux à peu près sextuple, c'est-à-dire assez considérable pour agir non-seulement sur les substances étrangères au sucre, mais encore pour former une combinaison ( sucrate de chaux = 21 équivalents de sucre, plus 3 équivalants de chaux ), avec la totalité du sucre contenu dans le jus.
- 11 faut environ 25 kilogrammes de chaux pour 1,000 litres de jus (1); la
- (i) La proportion doit être un peu moindre
- chaux, hydratée et délayée par cinq ou six fois son poids d'eau chaude, es* mélangée au jus chauffé de 60° à 65°, et l’on élève ensuite la température jusqu'à environ 95° sans faire bouillir*
- Le liquide est alors décanté par Ie robinet a et filtré sur une caisse à dou* hle fond, percée de trous B , garnis d'une toile pelucheuse , recouverte de 20 centimètres de noir en grain ; le ju* filtré est limpide , mais légèrement' jaune ; on le fait arriver dans une deuxième chaudière G à déféquer * chauffée par un tube c et inunie d'un tube retour d’eau c', qui entretientsa température, et dans laquelle doit s’ef* fecluer l’élimination de la chaux Par l’acide carbonique.
- Une pompe D, mue par un ren??1 2 de la machine à vapeur, lance contl' nuellementde l'air atmosphérique au' dessus de la grille d’un four clos e® tôle, de forme ellipsoïdale E, double jusqu’à la moitié de sa hauteur d’une couche interne de terre à creuset oit d’une épaisseur de briques.
- Le four a été préalablament charge de charbon de bois et de coke en quaO' tité égale au cinquième environ d® poids de la chaux employée à la déle' cation d’une ou de plusieurs chat*' dières.
- Une partie du charbon de bois an'j'j mè tout en chargeant le four, se bru* et communique le feu au coke, s^’1 l’influence du courant d’air qu’insum la pompe. La combustion produit " l'acide carbonique mêlé d’azote et d 11 excès d’oxigène, entraînant, d'aille,lf' ' des particules de cendres et quelqu® produits condensables. Ce mêla"» gazéiforme passe par le tube F qu*ir verse un réfrigérant G ; il se rend e .j suite dans un vase laveur H, uU. s dépose les corpuscules solides et . vapeurs condensables en travers3 l'eau (2). be
- Les gaz laves se dirigent par «e I vers un tube commun J, qui leS. n5 tribue, à l’aide de robinets K. ü ^e chacune des chaudières C pleine® jus déféqué. Le gaz acide carbon,(Lc sort par la partie du tube L,L de traits de scie latéraux qui lerU -j, le tube, et, traversant en bulles n
- et p'uS
- au commencement de la campagne, j,ei-forte au contraire vers la lin , lorsque teraves ont subi quelques altérations.
- (2) Il importé beaucoup d’éviter cjn
- forte charge de charbon devienne rnet. conte au-dessus de la tuyère du so j>0$ide elle donnerait lieu à la production de carbone au lieu d’acide carboniq
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- fcfenses Je liquide chargé de sucrate de chaux, décompose ce sucrate et donne heu à un abondant précipité de carbonate calcaire ; bientôt la saturation est complète, et l’excès d’acide carbonique se dégage en partie dans l’air. La viscosité du liquide étant, dès lors, détruite en même temps que les dernières portions du sucrate sont décomposées, la mousse cesse de se produire; on P^rte le liquide à l'ébullition pour faire dégager l’excès d’acide carbonique en totalité, puis on fait couler par le robinet d le liquide trouble sur un filtre a n<oir en grain M ; le carbonate de chaux forme un précipité grenu qui n’empêche pas la filtration.
- Le jus sucré, presque incolore, est directement conclu i taux chaudières éva-Poratoires; on pousse rapidement la concentration jusqu’à 30° ou 31° (1), P«is on verse une deuxième fois sur des filtres à noir.
- Le sirop filtré est blanc et limpide; 011 le soumet à la cuite dans les appareils et vases ordinaires, et l’on obtient au cristallisoir un sucre plus blanc, plus abondant et de saveur plus agréable qu'en suivant les méthodes usuelles.
- Les sirops d’egout sont plus fluides et peuvent subir successivement quatre et même cinq cuites en donnant chaque fois des cristaux faciles à égoutter.
- Le clairçage de ces produits s'opère également avec une grande facilité; de sorte que l’on peut obtenir chaque jour le sucre directement en pains semblables aux raffinés, et faire rentrer en chargement ou faire servir à la préparation des premières clairces, les cristallisations de deuxième, troisième, quatrième et cinquième jet après l’é-goûlage forcé et unelairçage.
- Cette nouvelle méthode est remarquable par sa facile exécution ; elle évite les incrustations calcaires sur les appareils évapora toi res ; les clairces plus pures ne se soulèvent plus en mousse et n’exigent plus l’emploi du beurre à la cuite, la quantité de noir décolorant est réduite d’environ 0,4; la saveur des produits bruts est sensiblement améliorée ; la totalité du sucre <st obtenue à l’étal de pains comparables aux raffinés usuels (1).
- /*'' Dans les opérations suivantes, il est préférable fie terminer l’évaporation à 2S°, puis de compléter la densité rie '.2° par une addition de sucre de deuxième, troisième ou quatrième tr.istalhsalion préalablement égoutté à la tou-P}e, et une fois claircée dans le même ustensile.
- ft) Le rendement comparatif n’est pas encore déterminé: mais il y a tout lieu de croire qu’il
- De la fabrication du sucre de bette-rave sans charbon animal.
- Par M. le docteur Lüdersdorff, de Berlin.
- Il est facile de se dispenser, dans la fabrication du sucre de betterave, de l’emploi du charbon animal, et il ne faut pour cela qu’appliquer, ainsi que M. Melsens l’a démontré, l’acide sulfureux ou ses sels acides , mais tout autre acide peut remplir le même but; seulement, comme il est facile de le comprendre, tout autre acide de nalure à pouvoir être aisément éliminé plus tard mérite la préférence sur l’acide sulfureux, attendu que celui ci est très-difficile à chasser assez complètement pour que son odeur ne soit plus perceptible dans les sucres.
- Je m’étais déjà occupé de ce sujet en 1837, et j’avais réussi à trouver un procédé pour préparer sans charbon animal, non-seulement des jus de betterave d’une excellente qualité, mais aussi des mélasses. En 1838, j’ai pris une patente pour ce procédé, et je n’y ai pas donné suite, parce qu'à celte époque la culture de la betterave ne présentait pas, dans les environs de Berlin , assez d avantage pour remplacer d’autres récoltes.
- Dans l’état d’impulsion imprimé depuis peu à la fabrication du sucre de betterave, j’ai pensé qu'il y aurait peut-être quelque utilité à faire connaître plus généralement ce procédé, et cela, d’autant pius que l’agent employé par M. Melsens, quoique entraînant à des inconvénients graves, avait fait naître les plus brillantes espérances. Je n’hésile donc plus à faire connaître la marche que j’avais suivie pour arriver au résultat obtenu en partie par M. Melsens par l’emploi de l’acide sulfureux.
- Ün sait que le jus de betterave s’oxide av«c une incroyable rapidité. A
- sera accru par cette méthode, car la proportion de mélasse est évidemment moindre, et il doit rester moins de sucre dans le noir animal. Quant aux premières ecumes, plus volu-mineusesquedans l’ancien procède, il importe de les sou mettre à une pression graduée assez longtemps soutenue pour en extraire la plus grande partie de la solution contenant te sucrate de chaux. Il serait peut-être avantageux d’épuiser les écumes par un lavage méthodique; ta solution obtenue servirait à laver le premier filtre où passe le jus après la défécation.
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- l’état incolore dans la racine, il prend, peu d’inslants après qu'il a été exprimé de la pulpe, une couleur noire intense, puis il survient bientôt après, par suite de la présence des produits secondaires azotés, une fermentation visqueuse, qui non-seulement ne se termine que par la destruction de la totalité du sucre contenu, mais qui, si on l’interrompt dans sa marche, rend extrêmement difficile, parfois même impossible, la séparation du sucre encore présent. Ce phénomène ne pouvait m’être indifferent; en conséquence, j’ai résolu d’en faire l’objet d’un examen particulier, ne fût-ce seulement que sous ce point de vue remarquable, que la défécation ultérieure, au moyen de la chaux, transforme cette couleur noire du jus en un jaune intense qui, par une concentration postérieure, passe au brun foncé; coloration qui rend nécessaire l'emploi du charbon animal. S’opposer à l’oxidalion du jus était donc le premier problème qu’il s’agissait de résoudre.
- Indépendamment de cela, un examen plus approfondi du jus a montré que les matières étrangères au sucre qu’il renferme pouvaient se partager en deux classes, qui se présentent en quelque sorte comme positives et négatives les unes par rapport aux autres. Par l’emploi ou le contact d’un acide, on ne coagule qu’une portion de ces matières concomitantes, tandis que les autres ne peuvent être éliminées sous forme concrète que par un alcali, et principalement la chaux. Dans le mode de défécation actuellement en usage, on ne se sert que de chaux; il est donc évident que les matières étrangères positives qui se trouvent dans le jus, non-seulement y persistent, mais sont encore, par l’action ullérieuredelachaux, transformées en des corps qui ne sont plus susceptibles de se coaguler. L’élimination de chacune de ces classes de matières, prises séparément, constituait donc le second problème à résoudre.
- Voyons maintenaritcomment on peut parvenir à résoudre ces deux problèmes. Pour s’opposer à l’oxidalion des jus, tous les acides minéraux paraissent convenir. Parmi ces corps, f&siY acide sulfurique qui se présente le plus naturellement. Il est à regretter que Y acide phosphorique ne puisse, à cause de son prix élevé, recevoir cette destination, parce que la possibilité de son élimination complète et ultérieure faciliterait singulièrement les opérations suivantes. Ainsi donc, reste l’acide
- sulfurique. Si lorsque la pulpe, telle qu’elle sort de la râpe, est mélangée à 2 millièmes du poids des betteraves d’acide sulfurique concentré, étendu de 12 parties d’eau, on arrête toute oxidalion ; la pulpe reste blanche comme la betterave elle-même, et le jus qu’on en exprime a une couleur blanc laiteux. L’acide n’est même pas sans influence sur le rendement en jus, et la râpe en fournit davantage que sans emploi d’acide.
- Le jus qu’on obtient ainsi possède, comme on vient de le dire, un aspect laiteux. Un léger coagulum qui nage dans ce liquide occasionne ce louche. Ce coagulum, toutefois, se précipite de lui-même au fond, mais avec une très-grande lenteur, et en conséquence il exige un milieu qui l’entraîne, et ce milieu je l’ai trouvé dans l’argile plastique. Environ 3 pour 100 de cette argile démêlée dans le jus suffisent pour faire précipiter ce coagulum , et au bout de 12 heures les deux tiers du jus ont la limpidité de l’eau; le reste s’obtient sous le même état par le moyen de la filtration. Quoiqu’un intervalle de 12 heures ne rendit pas sensible l’action beaucoup trop redoutée de l’acide sulfurique sur le sucre cris-tallisable, cependant il était dans tous les cas convenable d’aviser au moyen d’abréger ce temps autant que possible; mais je n’ai pas pu parvenir à rencontrer un autre agent de précipitation propre à éclaircir le jus acide par une filtration soignée.
- Dans le moyen qui s’oppose à l’oxi' dation du jus, on a rencontré aussi non-seulement celui qui, comme lu»* acide minéral, met obstacle à la fermentation visqueuse, mais déplus celui auquel on peut confier l’élimination des matières étrangères positives, Le même acide, et bien plus la même quantité, suffit d’un côté pour s’opp0' ser à cette fermentation, et de l’autre pour l’élimination. Maintenant, p°ur séparer les matières négatives du jus. il suffit d’avoir recours à l’opération ordinaire de la défécation par la chau** A cet effet on neutralise le jus acide avec un lait de chaux, et on en ajoute encore, après avoir fait chauffer lejus> la quantité nécessaire à la défécation* Je ferai remarquer à ce sujet qu’on n ® besoin, au total, que d’une flua*î g de chaux beaucoup moindre que dan la défécation ordinaire des jus noircis, et que la filtration marche alors d un manière infiniment plus rapide.
- Le jus obtenu après cette dernier défécation n’est pas absolument inc *
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- tore, mais il n’a plus qu’un œil jaune clair très faible. En outre à la cuite qui suit cette opération avant la cristallisation, cette coloration ne se fonce que d’une manière insensible, au point qu’on obtient un sucre très-blanc sans avoir fait usage de la moindre parcelle ue charbon animal. Quant aux premiers sirops ils fournissent, sans serrer trop la cuite, une belle quatrième.
- On voit donc qu’on peut très-bien se Passer de l’acide sulfureux dont l’ap-Pücation est si incommode, et est accompagnée d’inconvénients si nombreux , pour obtenir sans charbon de lrÇs bon sucre. L’acide sulfurique, appliqué avec intelligence, remplit absolument le même but; toutefois il ne tout pas se dissimuler que l’emploi de ce dernier acide entraîne également avec lui beaucoup d’inconvénients, entre autres la difficulté de l’élimina-Imn du sulfate de chaux dans la cuite ue la clairce, et surtout la clarification uu jus acide qui s’opère avec une Scande lenteur. Cette dernière circonstance, je ne le dissimule pas, occasionne un grave embarras ; mais en Apposant que par des efforts persévé-rants on soit parvenu à surmonter cette difficulté, il resterait toujours à résoudre la question de savoir si une élévation de température, jusqu’à 75° C a laquelle la tiltration du jus marche avec rapidité , n’exerce pas une action Pernicieuse et digne dès lors d’atten-non sur le sucre. Enfin, il conviendrait d’examiner aussi la question de Savoir si l’acide phosphorique ne pourrit pas être fabriqué assez économiquement pour qu’on puisse lui faire juuer le rôle de l’acide sulfurique, cas dans lequel il serait très-facile de surmonter toutes les difficultés qui ont été ffidiquées.
- les couleurs verte et grise à l'oxide de chrome dans l'impression des étoffes de coton.
- ^ar ie docteur W. H. de Kdrrer , de Prague.
- Les couleurs vertes à l’oxide de jmrome, pour surimpression au rou-|®au, ont été introduites pour la préfère fois, en 1810, en Bohème, dans ®s fabriques de toiles peintes de Reich-todt et de Cosmanos, d’où elles se ont répandues promptement pour la abrication des divers articles de mode
- dans les divers établissements d’impression (1). A cette introduction, n’ont pas tardé à se rattacher les gris-perle nuancés à l’oxide de chrome, qui ont fait leur apparition dans l’année 1841.
- Les couleurs substantives à l’oxide de chrome possèdent toutes la précieuse propriété de résister énergiquement à l’action de la lumière, de l’air, des alcalis et des acides , et de n’en être altérées en aucune façon , et par conséquent d’appartenir à la classe des couleurs solides.
- Pour les produire dans l’impression des toiles en coton, on se sert principalement du chlorhydrateel de Pazolate de protoxide de chrome, puis du sulfate chromo-potassique, ou alun de chrome.
- Le chlorhydrate de chrome, dit aussi vert de mer, dans les fabriques de la Bohême, est employé de la manière suivante dans les établissements d’impression sur coton, pour produire les verts d’oxide de chrome. On commence par préparer un hydrate vert d’oxide de chromeendissolvant 4kilog. de bichromate de potasse dans 22 litres d’eau bouillante. D’un autre côté, on jette dans une chaudière contenant 108 litres d’eau bouillante 4kil 5 d’arsenic blanc pulvérisé, et on fait bouillir pendant 10 minutes; on sépare la liqueur claire du précipité qui s’est formé , et on y verse aussitôt en agitant la solution de bichromate de potasse. Au bout de quelque temps le mélange prend une teinte verte, et l’hydrate de chrome oxidé qui s’est formé se précipite dans la liqueur. Après avoir remué à plusieurs reprises, et lorsque le tout est refroidi on jette sur un filtre de laine blanche, et l’hydrate de chrome qui reste sur ce filtre est lavé soigneusement avec de l’eau bouillante, exprimé et employé à la préparation du chlorhydrate de cette base.
- Pour obtenir ce dernier sel on étend
- (i L'emploi de l’oxide de chrome, dans l’impression des tissus en coton, est dû à M. Camille Kochlin, qui le premier s’est servi, en 1832, au lieu d’oxide de 1er, d’oxide de chrome, tant comme couleur d’impression verte ou gris verdâtre que pour donner à des pièces dont le dessin avait été imprimé en garance un fond uni ou figuré vert de mer. Du reste, on peut à ce sujet consulter le tome 111 du Traité théorique et pratique de l’imprestiondes tissut de M Persoz, et comparer les formules qu’a données ce savant chimiste pour la teinture et l’impression à l’oxide de chrome des tissus de coton avec celles de M. de Kurrer, qui semblent en différer sensiblement.
- F. M.
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- de l’acide chlorhydrique à 22 degrés Baume avec la quantité d’eau suffisante pour que cet acide ne dégage plus de vapeurs, on le fait chauffer et y dissout peu à peu, à chaud, «autant d'hydrate vert de chrome que cet acide peut en prendre en combinaison, et de manière qu’il reste un peu d’oxide non dissous : on laisse alors reposer, et on décante la liqueur claire sur le précipite qui s’est formé. Dans cet état, la dissolution dechlorhydrate de chrome présente encore quelquesindicesd'un acide libre qui agirait d’une manière destructive sur la fibre du colon. Pour éviter cette circonstance désavantageuse , et obtenir le produit à l’état le plus neutre possible, on y verse par très-petites portions et peu à peu une lessive potassique marquant 20 degrés Beaumé, jusqu'au point où J’oxide de chrome commence à se précipiter, ha solution de chlorhydrate de chrome ainsi préparée, et qui a une couleur verte foncée intense, est évaporée jusqu’au point de marquer 46 degrés Beaumé, et présente après le refroidissement une ma-
- tière colorante d’oxide de chrome du plus beau vert.
- Sous ce nom de vert de mer, les établissements d’impression de la Bohème se procurent ce chlorhydrate de chrome tout préparé, à la fabrique de produits chimiques de M. F. X. Brosche, à Prague.
- Avant qu’on connût le vert de mer qui, pour produire toutes les nuances vertes dans les impressions sur coton « a remplacé avec un avantage marque toutes les autres préparations, on se servait pour la production des couleurs vertes à l’oxide de chrome de quelques autres procédés, entre autres les suivants.
- a. A une solution de 0kil656 de bichromate de potasse, dans 3 JUreS d’eau, on ajoute lkil4Ô6 d’acide chjo-rhydrique, puis ensuite 0kil-250 d’acid® tartrique pulvérisé. Par l’addition de l'acide tartrique. la dissolution se c°' lore en beau vert, et prend une saveur douçûtre. On a établi les rapports suivants pour nuancer ou dégrader la coû' leur suivant les besoins.
- kll
- Chromate de potasse. . . . 1.750
- Acide, chlorhydrique....... 3.125
- Acide tartrique............ 2.500
- kii. bit. kil. kil. kil.
- 2 875 1.000 o.soo 0.437 0.375
- 1.G25 1.750 i.OOO 0.937 0.750
- 1.G25 0.500 0 250 0.172 o.t8ï
- Toutes ces compositions, qui ont une réaction légèrement acide, sont pour l'impression épaissies avec l’amidon ou la farine de froment, la gomme adraganle on les autres gommes: et pour fixer sur la fibre du colon les toiles imprimées . suivant la nuance qu’on veut obtenir, sont tantôt étendues pendant plusieurs jours, puis ensuite lavées, tantôt passées dans un bain de craie ou à travers un bain d'ammoniaque. Ce bain d’ammoniaque se prépare avec 24 litres d eau bouillante, 4 kilog. de chaux caustique éteinte , et 2 kilog. de chlorhydrate ou de sulfate d'ammoniaque, puis on imprime à plusieurs reprises à la machine à faire les fonds unis et à l'air libre1, afin de ne pas être incommodé par l’odeur pénétrante de l'ammoniaque.
- b. On fait bouillir 0kil- 500 de bichromate de potasse dans 3 kilog. d’acide chlorhydrique jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de chlore; alors on y ajoute 0kil ,500 de soude calcinée et 0kil\500 d'une lessive de soude caustique marquant 14 degrés Baumé , puis on imprime avec la liqueur épaissie à
- la gomme adraganle; enfin la p‘®fe imprimée et séchée est passée dans ulf bain bouillant ammoniacal comp°se avec Ok‘‘-,500 de chaux caustiqOe> 0kil ,500 d'ammoniaque et 24 litrfij d’eau , bien lavée aussitôt, étendue e séchée. .g
- c. A une solution chaude de 0kl1' ^
- de bichromate de potasse dans 3 ldret d’eau, on ajoute 0kil-,500 de sirop*® peu à peu 2 kilog. d’acide chiorbj drique marquant 34 degrés Baume, c qui fait bientôt virer la liqueur au v€f ’ On neutralise avec de la soude eau tique; on épaissit la couleur com au paragraphe et traite de la manière l’ctoffe imprimée. e
- d. On prépare un azotate de ebr01^
- en dissolvant dans l’acide azot^1 le précipité d’oxide vert obtenu P l’arsenic, de la meme manière î j dans l'acide chlorhydrique. be vtf|0 qu’on obtient ainsi sur les tissus ^ colon possède neanmoins toujours reflet jaunâtre. ,
- Impression au rouleau du ver ^ mer. Pour l'impression au roules .j chlorhydrate de chrome, on epa*
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- tantôt arec la gomme adragante, tantôt avec l’amidon, et on procède ainsi qu’il suit :
- a. Epaississement à la gomme adragante. On prend Okil- 220 de gomme adragante réduite en poudre, extrêmement One, qu’on transforme en une sorte de bouillie à l’aide de l’alcool ; on couvre le vase où se fait l'opération, et onabandonneau repos pendaiitquelques heures; on verse alors dans I4'u,250 chlorhydrate de chrome marquant 46° Banmé; on abandonne pendant 24 à 36 heures en agitant fréquemment, et enfin on passe à travers une toile. Si la couleur pour l’impression au rouleau de dessins délicats était encore trop épaisse, on y ajouterait assez de solution de chlorhydrate de chrome pour qu’elle, ait la consistance convenable.
- b. Épaississement à l’amidon. On délaye 2 kilog. d’amidon dans 5 litres d’eau froide ; on fait cuire à consistance de colle; on laisse complètement refroidir, et on ajoute de la solution de chlorhydrate de chrome de 46° B. jusqu'à ce que la couleur ait la consistance nécessaire pour être imprimée.
- L’épaississement à la gomme adragante n’occupant pas un volume aussi considérable dans la couleur que celui à l’amidon, donne par conséquent des couleurs plus franches et plus intenses qu’avec ce dernier. Après l’impression les tissus sont étendus pendant la nuit dans un lieu frais et non chauffé, et le lendemain imprimés à la machine à faire les fonds unis avec une lessive de potasse caustique marquant 2 degrés Baumè, éventés, égouttés, puis étendus une heure en viron dans l’eau courante, lavés dans les roues à laver, exprimés et séchés, et enfin passés aux couleurs d’enluminure.
- Lorsqu’après la fixation des couleurs nuancées et solides jaune , verte et bleue, au moyen d’un passage à la chaux ou d’une immersion dans le bain de chromate acide de potasse, le travail est entièrement terminé, et qu'on * réuni un certain nombre de pièces , on arrive au plus haut degré d’avivage de la couleur verte de chrome imprimée en passant dans un bain d’acétate de cuivre, au moyen dequoiune partie du chromate vert de cuivre se combine à cette couleur verte et en relève le ton. Or, opère ainsi qu’il suit :
- On chauffe dans une chaudière en cuivre de l’eau jusqu'à la température de 55 à 56° C., on y ajoute 2r litres d’une dissolution d’acétate de cuivre , el on fait passer deux fois aller et re-
- tour, pièce par pièce, sur le tour, puis on laisse flotter dans l’eau courante, on exprime, on étend et on sèche. Après avoir passé de celle manière six pièces dans le bain de cuivre, on ajoute par chaque pièce suivante 2kil375 de solution cuivrique, en continuant ainsi tant qu’on a des pièces à passer. Le sel de cuivre donne à la couleur verte un éclat tout à fait particulier, sans exercer un effet nuisible sur les autres couleurs présentes, et le jaune de chrome lui-même ne perd rien de sa beauté. On prépare l’acèlale de cuivre en dissolvant 20 kilogrammes de vitriol de cuivre dans 72 litres d’eau , décomposant par 10 kilogrammes de sucre de Saturne et faisant usage de la liqueur après qu’elle s’est éclaircie.
- Impressions à deux couleurs vertes avec entuminures. Lorsqu’on garantit avec la réserve à l’arséniate de potasse des figures teintes en rouge et violet de garance, puis qu’on imprime à la main les parties blanches , au moyen d’un dessin en relief, avec une dissolution de chlorhydrate de chrome épaissi à l’amidon ou à la gomme adragante , puis qu’on surimprime en vert de mer au rouleau, on obtient des impressions à dessins vert foncé , sur fond gris clair qui, lorsqu’on y a appliqué toutes les autres couleurs d’application, sont pour l’avivage des tons verts, passés de même dans un bain d’acétate de cuivre.
- Impressions vertes au rouleau avec dessins jaunes sur fond vert. Au lieu de vert forcé sur impressions vert clair, j’ai aussi produit des figures jaune-soufre en imprimant, après application de la réserve à l arsèriiale de polasse, pour garantir les couleurs rouge et violette de garance, la base de plomb, puis imprimant au rouleau la couleur verte d’oxidc de chrome. Les toiles ainsi traitées sont passées dans des cuves avec tour, à travers un lait de chaux porté à la température de 38° C., bien lavées, séchées, puis on imprime en bleu, vert et jaune, solides, donne un nouveau lait de chaux, et après des lavages à fond on développe et fixe les couleurs jaune et verte dans un bain de chromate acide de potasse.
- La base de plomb pour ces impressions consiste dans la composition suivante : on humecte 3 kilogrammes de terre à pipe pulvérisée avec I1'1,780 d’eau, et on délaye dans 3k,11560 d’eau de gomme, à laquelle on ajoute lkU-,440 d’une solution de chlorhydrate de zinc. C’est par litre de cette dissolution qu’on ajoute avant l’impression 0kil 150 d’a-
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- cètate de plomb dissous dans un peu d’eau.
- Impression au rouleau olive de chrome. On obtient des tons olive très-beaux et très-solides par impression an rouleau, sur lesquels on peut de même produire des figures jaunes par l’acétate de plomb , en préparant les compositions que voici :
- a. Olive clair. A 12 litres de dissolution de chlorhydrate de chrome épaissi avec l’amidon on ajoute 2 litres de couleur brun-cachou.
- b. Olive moyen. A 12 litres de dissolution de chlorhydrate de chrome épaissi avec l’amidon on ajoute 2ut 350 de couleur brun-cachou.
- c. Olive foncé. A 12 litres de dissolution de chlorhydrate de chrome épaissi avec l’amidon on ajoute 3lil 560 de couleur brun-cachou.
- La couleur brun cachou qu’on ajoute au vert de mer pour former les tons olive, se prépare en dissolvant 2kil-5 de cachou Gambie dans une chaudière, dans 10 litres d'eau , sur un feu doux et passant la décoction à travers un tamis fin ; puis on prend 2Ht-375 de cette dissolution , qu’on fait bouillir avec 0kil150 d’amidon, 0kil090 de vert de gris et 0kil l20 de sel ammoniaque.
- Le jour qui suit l’impression , les couleurs olive sont dégradées à volonté , suivant les diverses nuances que voici :
- a. Pour leur donner un ton brunâtre, les toiles sont introduites dans une cuve à tour, dans un lait de chaux porté à une température de 40° C., puis ensuite lavées avec soin.
- b. Pour les rapprocher davantage du vert olive, au lieu de lait de chaux, on les passe jusqu’à cinq fois sur le tour, dans un seul sens et pièce par pièce, dans un bain de chromate acide de potasse.
- c. Lorsqu’on veut amener les tons a et b à une nuance plus verdâtre, les toiles, après avoir été décorées de toutes les couleurs d’ornement, savoir : les jaunes, les verts et les bleus solides, ainsi que le vert de mer, sont passées dans un bain d’acétate de cuivre élevé à 60° C.
- Impressions vertes au rouleau avec chlorhydrate de chrome arsénié. On obtient des impressions vertes au rouleau , dans des nuances qui s’éloignent un peu de celles des verts de mer ordinaires, au moyen du chlorhydrate de chrome arsénié, qu on prépare de la manière ci-après. Dans un pot en terre d’une grande capacité, on porte à l’ébullition, sur un bain de sable, un mé-
- lange de 4 kilogrammes d’acide chlorhydrique et 9 de litres d’eau, puis on y délaye aussitôt 3 kilogrammes de bichromate de potasse. Lorsque la dissolution est opérée on introduit peu a peu 3kil-650 d’arsenic blanc finement pulvérisé, afin que la liqueur ne se soulève pas et ne déborde pas. Lorsque la dissolution est complète , on laisse refroidir. ondécantela liqueurclaireeton s’en sert pour l’usage ci-dessus désigné.
- Pour l’application on fait bouillir 1 kilog. d’amidon, etOkil ,060de gomme adragante en poudre fine dans 8 litres d’eau et on laisse refroidir. Dans 8 litres de cet épaississant on verse avec lenteur 32 kilog. de chlorhydrate de chromearsénié, et le mélange opéré on y ajoute aveebeaucoupdelenteur eten brassant vivement 6 kilog. 5 d’une les-sine de potasse marquant 16 degrés Baumé. Cette couleur parait avant l’addition de la potasse très-fluide, mais celle-ci l’épaissit et la rend propre à être imprimée au rouleau. Les toiles imprimées avec cette préparation sont passées le lendemain dans une lessive faible et chauffée à 60° C. de potasse à laquelle on a ajouté un peu de lait de chaux, puis bien lavés, étendues et séchées.
- Pour produire un vert solide d'irn-pression virant fortement au gris on prend 12 111 de couleur verte d’appÜ' cation et 2 m 375 de bleu solide qu’on prépare avec l’indigo réduit; on mélange ensemble, puis les toiles impri' mées avec ce mélange sont le lendemain passées au tour dans un lait de chaux, dégorgées à l’eau pure, étendues et séchées.
- Pour imprégner à la machine à roU' leaux, afin d’obtenir un fond vert un*» on mélange peu à peu 71 litres de la dissolution de chlorhydrate de chrome arsénié, marquant 55 degrés Beauméa 6 kil. 500 de dissolution de potasse marquantl6° B qu’on a étendue probablement avec 15 litres d’eau, puis on ajoute 3 kil. de mucilage de gomme adragante et enfin 0 kil. 040 de chlorhydrate de fer et 0 kil. 067 de décoction de campèche de 2° B.
- Couleur d'impression gris Perle' Les jolies impressions au rouleau e gris perle que j’ai le premier introduit® dans la fabrication des toiles peintes e^ avec lesquelles j’ai depuis quelques années livré des milliers d’articles » mode, s’obtient au moyen du sulfate chrome et de potasse ou alun de chrom • Cette couleur se prépare par le moy suivant : %
- On dispose quatre grands pots en gr
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- dans chacun desquels on verse 2 kilog. de sirop de sucre et 2 kilog. d’eau de gomme épaisse et qu’on prépare en dissolvant 1 kil- 50 de gomme dans 1 m* 25 d’eau. Dans chaque pot on verse alors une dissolution chaude de 2 kilog. de bichromate de potasse dans 6 litres d’eau et on agite vivement. A cette dissolution refroidie jusqu’à 30° C. on ajoute 2 kil- 50 d’acide sulfurique blanc affaibli avec de l’eau (2 kil. d’acide sulfurique et 3 litres d’eau) après que le mélange est entièrement refroidi et °n agite sans interruption.
- Au bout de peu de temps, on observe que la masse qui s’échauffe considérablement monte vivement, et pour ne rien perdre on tient prêt un autre yase dans lequel se déverse la liqueur que la chaleur fait monter par dessus les bords. La couleur se modifie peu a peu et passe du jaune orange au vert olive et enfin au gris noir. On remue de temps à autre jusqu’à ce que la liqueur cesse entièrement de monter; alors la masse a pris une consistance fluide et une couleur gris noirâtre. Dès que la montée a cessé dans les pots on ÿ reverse ce qui s’en était écoulé, et enfin lorsque le calme est parfait, on réunit le contenu des quatre pots, ou bien après un refroidissement complet, °n peut employer aux impressions au rouleau cette couleur qui consiste alors en un composé de sulfate de chrome de sulfate et de potasse ou alun de chrome.
- Pour les impressions au rouleau Cette couleur présente la consistance Convenable et s’imprime bien et facile-nient. Pour imprimer on procède comme avec les couleurs ordinaires à l’amidon, c’est-à-dire en introduisant nn rouleau garni d’une toile de laine dans l’auge à la couleur, et c’est Ce rouleau qui la distribue au cylindre gravé. On peut aisément imprimer ainsi l’une après I aulredixpièces de calicot sans changer de raclettes ou docteurs parce que cette couleur ne les attaque pas.
- Le lendemain de l’impression, les toiles sont tendues sur des cadres et plongées pendant 6 minutes dans une cuve remplie d’un lait de chaux, ou Passées au tour, plongées aussi dans un ‘ait de chaux, puis étendues pendant Jjne heure dans l’eau courante, passées dans un bain d’eau chaude, pour dis-Soudre toutes les réserves qui n’ont pas encore entièrement découvert et pou-v°ir les enlever complètement dans les ^oues à laver, puis exprimées et sé-
- Figures vertes sur impressions gris perle. On obtient cette belle impression solide en garantissant les rouges et violets garance avec la réserve d’arsé-niure de potasse; puis imprimant sur le fond blanc les figures en vert de mer, et enfin par rentrure au rouleau produisant le fond gris perle.
- Figures jaunes sur fond gris perle. On produit ces figures avec la base de plomb comme pour les impressions en vert de mer.
- Pour les enluminures de ces trois articles d’impression , les jaunes , les verts, les bleus et les bruns-cachou conviennent bien; un passage ultérieur dans un lait de chaux et dans un bain de chromale jaune et neutre de potasse , développe le jaune et le vert et fixe aussi la couleur brun cachou.
- Le bain de chromate neutre de potasse, pour développer et fixer les couleurs en teintures solides, se prépare de la manière suivante :
- Dans une cuve pourvue d’un tour, et qui est remplie aux trois quarts d’eau, on verse une dissolution de 3 kilog. de chromale jaune et neutre de potasse, auquel on n'ajoute pas plus de 4,u-750 à 5 litres de vinaigre de vin ou de bière, pour qu'elle ne soit pas acide, attendu que le bichromate ou chromate acide de potasse transforme le gris perle en chromate de chrome qui est jaune-brunâtre. Le jaune, pour passer, paraît dans le bain de chromate neutre de potasse d’un jaune soufre, tandis que le vert, au contraire, a toujours un reflet dominant vert poireau. En conséquence , si on veut dans les impressions en gris-perle avoir une belle couleur vert-gazon , il faut avoir recours à un bon vert à la vapeur.
- Impressions gris-perle, virant au bleu. Pour produire une couleur d’impression gris-perle virant au bleu, on prépare le sulfate de chrome et de potasse de la manière suivante :
- Dans 6 litres d’eau, on dissout 4 kilog. de bichromate de potasse concassé; 2kil5 d’acide sulfurique blanc sont étendus de 2 litres d’eau, et cet acide, lorsqu’il est refroidi, est versé peu à peu dans la solution de chromate, et celle-ci est agitée. On ajoute alors 2 kilog. de si cre en poudre, mais toujours par petites portions à la fois, attendu que cette addition donne toujours lieu à une élévation de température et à une vive effervescence. Lorsque le tout est refroidi, le sulfate de chrome et de potasse possède une certaine consistance à laquelle on ajoute encore, pour l’impression, en épais-
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- sissant au sirop et à la leiocome dans les proportions suivantes :
- a. 2lu-,375 de sirop sont étendus de 2m,375 d’eau, et ajoutés à 4Ut ,750 de dissolution d’alun de chrome.
- b. 3 kilog. de leiocome sont bouillis dans 3 litres d’eau, et après l’entier refroidissement versés dans 4lil-.750 de la dissolution d’alun de chrome.
- Ni les gommes sèches, ni les eaux de gomme ne sont propres à l’épaississement de celte couleur, attendu que les gommes se contractent et forment avec le sulfate double de chrome et de potasse une masse roide et ressemblant à du cuir.
- Les toiles imprimées sont passées le lendemain dans un lait de chaux, et dans tout leur traitement ultérieur on voit se représenter absolument les mêmes circonstances que celles qui ont été mentionnées précédemment.
- Lorsque dans les couleurs gris perle, et sur 12 litres on ajoute t litre environ de la couleur cachou préparée comme pour les couleurs olive de chrome, on obtient une nuance gris rougeâtre particulière.
- Couleur d'application vert de chrome. Pour obtenir une belle couleur verte d’application dans l’impression sur coton , couleur qui est très-propre à faire des bandes ou raies, on prépare le chlorhydrate de chrome de la manière suivante : 4 kilog. d’arsenic blanc pulvérisé sont dissous dans 106 litres d'eau au moyen de la chaleur; d’un autre côté on fait dissoudre à chaud 3kil ,5 de bichromate de potasse dans 14 litres d'eau, et on verse cette dissolution avec lenteur et en agitant continuellement dans la dissolution arsénieuse. Après le refroidissement, on jette le précipité vert sur une toile, et lorsqu’il est bien égoutté on y ajoute 5 kilog. d’acide chlorhydrique marquant 22 degrés Baume . et on fait dissou re au bain de sable et évaporer jusqu’à 4° B , puis on neutralise avec l,iL.750 de lessive de soude marquant 20° B. en agitant continuellement, et enfin on épaissit la liqueur avec 100 grammes de gomme adragante en poudre fine pour l’impression, Les pièces ainsi imprimées sont étendues pen dard 24- heures dans un lieu non chauffé puis dégorgées. Du reste, on peut aussi employer le vert de mer épaissi et la gomme adragante comme couleur à passer et laver les toiles imprimées après 2i heures.
- Fert gris d'acier à la vapeur. Pour préparer cette couleur, qui n’est guère aussi employée que pour raies sur les
- toiles peintes en coton, on prépara l’alun de chrome de la manière suivante : Dans une dissolution de 7klI\5 de bichromate de potasse dans 15 litres d’eau, ou verse avec lenteur 4kil ,625 d'acide sulfurique blanc , et on démêle peu à peu dans la liqueur lkil-.875 de sucre brut. Le pot en grès où s’est opéré celte dissolution est mis dans un bain-marie et maintenu chaud .jusqu’à ce que le mélange ait pris une couleur vert émeraude, après quoi on le laisse refroidir.
- Couleur pour l'impression. Dans 2Mt 375 de bouillie d’amidon qu’on prépare avec 0kil-.360 de cette substance» on ajoute successivement 7kil\l25 d’alun de chrome, 9kM .5 de couhur gris cachou, 0kil-,9Ù0 d’acide acétique de 3° B.
- Pour préparer le gris cachou, on prend 4 kilog. de cachou Gambir qu’on fait fondre dans 24 litres d’esprit de bois, et auquel on ajoute 11U- 780 d’eau de gomme, par chaque lm-,780 de celte bouillie de cachou; enfin on fait virer au gris avec 0kil-,060 de vitriol vert concassé.
- La couleur vert gris d’acier a besoin, en particulier, d’être vaporisée, parce que le vert et les autres couleurs à la vapeur, faciles à altérer, seraient modifiées par l’acide acétique qui se dégage en vapeur.
- Perfectionnement dans l'extraction des huiles et la fabrication det vernis et des couleurs.
- Par MM. H. Bessemer et J.-S.-C.
- Heywood.
- (Suite.)
- Lafig. 9, pl. 128, est une section du pot dans lequel on cuit les huiles, le* gommes et les résines dans la fabrica-lion des vernis, pot qu’on peut aussi employer pour cuire les huiles dont on se sert dans la préparation des couleurs.
- A, pot en cuivre ayant la forme ordinaire; B, bassine plate en fonte de fer et qu’on fait très-épaisse, tant p°ur empêcher que le feu ne la détériore que pour qu’elle conserve la chaleur et ne permette pas aux fluctuations rapides qui ont lieu dans la température du foyer, d’agir sur l'air qu elle renferme. La bassine B est soutenue su le foyer C par un collet B1,B1 repos<int sur la maçonnerie D du fourneau, don le modèle peut varier suivant la com-
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- roodité do fabricant. Le pot est sns-pendu dans le bain d’air de la bassine au moyen d’un collier A1 rivé sur sa circonférence, et sur son ouverture est Placé un couvercle E qui se rabat sur son bord extérieure en E1. en présentant une grande ouverture centrale Qu’on forme en courbant et estampant •e métal suivant le profit représenté.
- fiord intérieur du couvercle en E2 touche presque les parois du pot et 'risse en G un canal annulaire à l'in -terjeur de celui ci. Un tuyau H conduit de ce canal dans un serpentin condenseur, à un volant ou autre aspirateur Quelconque ainsi qu’on l’a déjà dit. L’o-Pératiou marche comme on va l'expliquer.
- Ce feu étant allumé dans le fourneau ^ la chaleur se transmet à la bassine B ct l’air que celle-ci renferme, ainsi chauffé , communique sa température «U pot à cuire, température qui ne se trouve plus aussi matériellement influencée par les irrégularités du feu Qu’elle l’eût été si le fond du pot était ç*posé comme d’habitude à l'influence directe du feu. L'aspiration produisant *e vide dans le tuyau H et dans le canal riinulaire G, tes vapeurs qui s’élèvent des huiles bouillantes ou des vernis pc-^•rent dans ce canal par tes ouvertures étroites en E2 qui s’étendent sur tout *e pourtour intérieur du pot et de là Passent dans le serpentin où elles sont ri>ndensées, tandis que la grande ouverture que présente le couvercle, permet de surveiller attentivement la mar-che de l’opération et de faire librement riage de la spatule I, qui sert à incorporer les matériaux contenus dans le Pot.
- Comme la forme du bain d’air indicée dans la fig. 9 exige qu’on soulève :e pot avant de le retirer du feu, on P’ouvera peut-être plus commode de donner à ce bain, ou à la bassine, la °irne représentée en coupe dans la 10, dans laquelle J indique une P’aque on bassine épaisse en fonte de er présentant un bord relevé tout au-onr sur sa surface supérieure et ses ras ou côtés K ayant même hauteur Q11® le bord. Celle plaque ou bassine ^.placée sur le foyer L sa face su-Priieure de niveau avec la maçonnerie 5* flo fourneau. N est une portion du P°l à cuire qui est placé dessus.
- a représenté dans la fig. 11 cette P'aque en plan; K sont les bras qui ri pour objet de porter le pot et 0 les /Paces intermédiaires entre ces bras
- cc(1pés par |.gjr cijau(i Dans cette
- rnie d’appareil le pot peut être glissé
- horizontalement et hors de la plaqu« chaude et même entièrement éloigné sans qu’il soit nécessaire de le soulever.
- il est évident qu’on pourrait appliquer aussi un bain métallique pour chauffer le pot et faire usage du bain d’air pour dissoudre les résines, mais nous nous bornons aux dispositions ci-dessus décrites.
- IV. Nos procédés pour donner plus de corps ou d’opacité aux couleurs produites par la combinaison «le la silice avec les alcalis, les terres alcalines et les oxydes métalliques et former ainsi des couleurs vitrifiées, seront faciles à comprendre par la description ci-après.
- Dans plusieurs arts et entre autres dans la peinture sur porcelaine et sur verre, on se sert de couleurs composées avec les matériaux qui viennent d’être indiqués. Dans ces applications il n’est pas essentiel que les couleurs soient opaques, au contraire dans la peinture sur verre on cherche généralement à conserver autant de transparence qu’on le peut, mais comme les couleurs formées par la combinaison des oxydes métalliques avec la silice, des alcalis et des terres alcalines résistent éminemment à l’action de l’air ou à l’humidité, il était à désirer qu’on pût employer les couleurs vitrifiées aux travaux généraux de peinture, mais pour cette application il était indispensablequ’elles eussent suffisamment de corps ou d’opacité pour bien couvrir les matériaux sur lesquelles on les applique.
- O.i sait que les verres de différentes espèces, mais plus particulièrement ceux qui renferment une grande proportion de chaux, éprouvent par une longue exposition à une chaleur rouge peu intense, un changement complet dans la disposition des molécules qui forment leur substance et passent de l’étal de verre ordinaire translucide à celui de corps à demi opaque, état sous lequel on les connaît sous le nom de verre dévitrifié ou (1e porcelaine de Réaumur. C’est en cherchant à tirer avantage de ce fait que nous proposons d’opérer comme il suit :
- Dans un pot ordinaire à fondre le verre on introduit le mélange que voici : 250 kil. de sable blanc. loOk.l. de sulfate de soude sec, 85 kil. de phosphate de chaux et 4 kil de charbon de bois, charbon qu’on ajoute pour décomposer et chasser l’acide du sulfate de soude. Ce mélange fondu dans un four à verrerie est versé, sortant du pot, dans de l’eau froide avec un cuiller; saisi ainsi
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- par cet abaissement subit de température la masse de verre opaque se divise en petits fragments qu’on recueille ensuite et introduit dans des cornues en terre semblables à celles dont on se sert généralement dans la fabrication du gaz d’éclairage avec la houille, cornues qu’on expose à une température entre 370° et 480° C. pendant une période de trois à quatre jours, au bout desquels on ouvre une des extrémités des cornues pour en extraire avec un ringard les matières brûlantes qu’on fait de nouveau tomber dans l’eau froide. Ces matières ainsi traitées sedé-sagrègent encore et sont rendues tellement friables qu’elles se réduisent aisément en poudre sous la meule verticale ordinaire.
- La dèvitrification opérée dans les cornues par une chaleur basse soutenue accroît encore l’opacité produite par le phosphate de chaux, et dans quelques cas où l’on désire obtenir une opacité extrême, on ajoute de l’oxide d’étain dans les proportions qu’on juge convenables.
- Le mélange des matières qu’on a donné sert a produire un corps blanc opaque, ou une base pour toutes les couleurs dont on a besoin.
- On sait qu’on employé généralement les oxides métalliques pour colorer le verre; ce sont donc ces oxides qu’on fait entrer en combinaison avec les matériaux indiqués ci-dessus en les ajoutant à ceux-ci, avant de soumettre à la fusion dans le pot de verrerie et cela dans des proportions propres à produire les nuances de couleur qu’on désire, proportions sur lesquelles il est inutile de nous apesantir ici, notre but ayant été uniquementde donner suffisamment de corps ou d’opacité aux composés vitreux pour les rendre aptes à servir soit à l'huile, soit à l’eau, comme les couleurs ordinaires.
- Dans les proportions indiquées pour la formation de la base vitreuse, on peut, si on le désire, apporter des modifications étendues, par exemple substituer la potasse à la soude, comme le font les verriers; nous n’avons donné en conséquence que la recette qui nous a paru la plus économique, en substituant le sulfate de soude , qui est à très-bon marché, aux carbonates de soude ou de potasse.
- Pour amener les couleurs vitrifiées au degré convenable de finesse, on les réduit d’abord en poudre sous la meule verticale, puis on les soumet au broyage avec de l’huile ou de l’eau dans un moulin à couleur. Ce broyage doit être
- effectué avec le plus grand soin, et c’est pour parvenir plus efficacement à ce but que nous proposons l’appareil ou moulin dont nous allons donner la description.
- V. On sait que le moulin ordinaire à broyer les couleurs se compose d’une paire de meules, dont celle inférieure ou meule gisante est fixe, tandis que celle supérieure ou tournante n’a qu’un simple mouvement de rotation sur son axe. La couleur est fournie par une trémie qui la verse dans l’œil de la meule tournante, et après avoir passe entre les deux meules, cette couleur est reçue dans une gouttière formée sur le* pourtour de la meule gisante. Chacune des portions de cette meule supérieure, qui ne tourne que sur son axe, parcourt donc sur celle inférieure un espace proportionnel à sa distance au centre, et par conséquent à chaque révolution les points les plus voisins d® ce centre parcourant un espace moindre que ceux près de la circonférence, les meules doivent s’user inégalement et leur action l’une sur l’autre devenir très-imparfaite, puisque les portions centrales, qui n’éprouvent que pe0 d’usure , s’opposent à ce que les meules soient dans un contact suffisamment intime à leurs bords extérieurs dV* s’atténuent d’autant plus qu’il y a exce® de frottement dans ces points. Il y 3 plus, c’est que le mouvement de rota' tion simple d’une meule sur l’autre us® la meule gisante suivant une série d® sillons ou décrétés par le passage con* tinuel des parties les unes sur les autre8) suivant les mêmes lignes. Or les sillo0’ ainsi produits s’opposent au conta® intime et à l’action des meules sur lf5 particules de matière qu’on leur pre' sente, de façon qu'il y a rapide usur des meules en même temps que broyaêe extrêmement imparfait. C’est pour r®' médier à ces défauts que nous ar°n construit le moulin que voici. , .
- Fig. 12. Vue en élévation de face d® principales pièces dont se compose 1 aP pareil. Une des deux paires de ineuj® est vue en coupe sur la ligne A " ' fïg. t3- .
- Fig. 13. Plan de ce moulin à leur. c
- a,a, bâti solide en bois qui. son chapeau a1,a1 d’une seule forme une sorte de table sur laqp^ deux anneaux en fer b,b sontassujc1 par des boulons traversant des re^or.0i extérieurs c,c Ces anneaux constitn une sorte d’auge circulaire d pour re voir la couleur broyée, et sont mu ,, en avant de goulottes e,e pour l’eC
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- lement de celle-ci. f,f sont des talons a l’intérieur des anneaux pour porter les meules gisantes g,g qui sont adaptées dessus et assujetties avec du plâtre. A chacune des extrémités du bâti a,fl, d existe un arbre à manivelle h,h roulant dans une crapaudine i à la partie inférieure, et dans des colliers j.j dans leur portion supérieure. Chacun de ces arbres h est coudé en forme de manivelle k , et ces manivelles sont reliées entre elles par une bielle l pourvue de tètes et de clavettes comme à l’ordinaire. Les extrémités supérieures des arbres verticaux h,h portent aussi des manivelles simples în,m dont les manettes sont verticales et viennent se loger dans des cavités coniques ou des douilles n*,n2 pratiquées dans les extrémités du châssis mobile n,n formé de barres de fer , portant deux ouvertures circulaires n',n', et servant en même temps de bielle de transmission pour rendre identique le mouvement des deux bielles, c’est-à-dire que lorsqu’on communique le mouvement d’un moteur quelconque au tambour o, l’arbre de ce tambour transmet le mouvement à l’autre arbre h par l’entremise des manivelles k,k de la bielle l et du châssis n,n, manivelles qui sont placées sur leurs arbres respectifs à angle droit avec celles m,m, et facilitent ainsi les passages par les points morts; circonstance à laquelle concourt encore le volant q qui régularise le tout.
- Les meules supérieures r,r sont pourvues de trémies S,S, et leur face inférieure est légèrement chanfreinée au centre pour faciliter l’introduction de la couleur entre elles pendant leur mouvement sur les meules gisantes. Ces meules r sont introduites dans les ouvertures n',n' du châssis n où elles sont libres, et pèsent de tout leur poids sur celles g. Lorsqu’on verse les madères dans un état à demi fluide dans ms trémies, et que le moulin est mis ®n action, ces meules r sont entraînées Par le châssis n qui les embrasse sur la surface de celles g, où elles n’ont pas seulement un mouvement sur leur axe Propre, mais tournent encore dans un cercle d’un diamètre égal au bras des manivelles m. Il en résulte que tous *es points de leur surface entière parcourent des espaces égaux, et que par H11, changement continuel dans les portions relatives, et un mouvement excentrique, l’usure est la même dans mutes leurs parties. D’ailleurs, pour tlu’il y ait constamment changement entre les faces en contact, on donne aùx meules un jeu de un centimètre au
- l* Technologiile. T, XI,-—Juin 1850.
- plus dans les ouvertures n',n'. Ce mouvement est le même que celui des meules dans certaines machines à polir les glaces. Les meules à broyer les couleurs acquièrent ainsi par l’usage un dressage parfait, et ce dressage, en même temps qu’il leur permet d’agir sur une plus grande proportion de couleur, s’oppose à ce que cette couleur puisse s'échapper par les bords sans avoir été convenablement broyée; car il est évident que la finesse à laquelle on peut amener les particules qu’on travaille dépend ducontact plus ou moins étendu et intime des surfaces frottantes et de leur dressage, qui s’oppose à ce que les particules les moins fines puissent passer sans avoir été convenablement broyées.
- appareil à distiller les corps gras,
- Par M. D.-C. Knab.
- Cet appareil consiste en une auge ou cuve en fer ou en cuivre contenant un bain de plomb fondu et chauffé par un fourneau placé au-dessous. Sur ce bain est suspendu une cloche aussi en fer ou en cuivre, de façon à ce que le plomb fondu puisse s’élever à son intérieur de quelques centimètres au-dessus de ses bords. A une de ses extrémités, et dans la partie supérieure de la cloche, il existe un entonnoir qui reçoit les matières grasses ou huileuses d’un réservoir et les fournit à la surface du bain de plomb à l’intérieur de la cloche. Cet entonnoir est pourvu d’une soupape fixée sur une broche verticale qui porte au sommet un levier à contre-poids, et par le bas un flotteur à boule qui repose sur la surface des matières grasses en fusion. Cette disposition a pour but, lorsque les matières grasses ont distillé et que leur hauteur ou la couche diminue à l’intérieur de la cloche, de permettre au flotteur de descendre, et, par conséquent, d’ouvrir l’entonnoir pour en laisser écouler une nouvelle portion.
- Un tube de vapeur partant d’une chaudière plonge dans le plomb en fusion, afin de dépouiller autant que possible cette vapeur de toute l’eau qu’elle aurait pu entraîner. Ce tube s’élève alors à l’intérieur de la cloche et vient : s’épanouir à la surface du bain métalli-I que. où il est percé d’un grand nombre J de trous pour que la vapeur se répande I dans les matières grasses fondues. La vapeur qu’on lance ainsi est à une pression à peu près d’une atmosphère et demie , et la cuve est munie d’un
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- tnyau de décharge s’élevant à Tinté- I rieur de la cloche exactement au niveau I du bain de plomb pour évacuer le résidu de la distillation. L’extrémité de la cloche opposée à l’entonnoir est pourvue d’un tuyau qui charrie les vapeurs s’élevant des matières grasses dans un récipient intermédiaire . d’où elles passent dans un réfrigérant, en abandonnant derrière elles les impuretés qu’elles ont pu entraîner dans la cloche, et qu'on extrait du récipient intermédiaire, toutes les fois que le besoin s’en fait sentir, au moyeu de deux robinets.
- On peut faire usage d’un réfrigérant quelconque, mais celui auquel je donne la préférence se compose d'une cuve en cuivre immergée dans un vase extérieur rempli d’eau froide, et pourvue à l’intérieur de cloisons attachées alternativement sur le fond d’en haut et sur celui d’en bas , et d’une hauteur moindre que celle de la cuve, afin que les matières grasses en vapeur viennent frapper alternativement sur les surfaces lroides. La cuve extérieure est divisée en deux parties, pourvues chacune d’un courant distinct d’eau froide.
- Lorsque les vapeurs des matières grasses et la vapeur d’eau ont été condensées, leurs différents poids spécifiques permettent aisément à l’ouvrier de séparer les matières liquides grasses de l’eau ; quant au suif ou autres corps gras susceptibles de devenir concrets par un abaissement de température, on les entretient à l'état fluide par l'introduction d’un jet de vapeur.
- Sur les batteries galvaniques constantes.
- Par M. W. Eisenlohr.
- J’ai entrepris une série d’expériences pour construire des batteries constantes , propres surtout au service des télégraphes électriques. Dans la plupart des télégraphes anglais on se sert d’une pile consistant en cuivre, zinc et sable. Ce sable est humecté avec de l’acide sulfurique étendu et comprimé fortement dans les cellules entre les deux plaques métalliques. Une batterie de ce genre est à force décroissante et a besoin d être réveillée de temps à autre avec de I acide, et remontée au bout de quatre à six semaines.
- La consommation du zinc n’y est pas considérable ; néanmoins les plaques deviennent promptement très-raboteu-
- ses et poreuses, et, par conséquent, ont besoin d’être renouvelées. Ces batteries ont aussi un autre désavantage, c’est que dans les alimentations successives en eau et en acide, on risque aisément de dépasser les proportions requises.
- Mes expériences ont été faites avec une pile de Daniell , pour le chargement de laquelle on s’est servi une lois d’une dissolution de tartrate de potasse et d'une solution, de sulfate de cuivre, et l’autre d’une dissolution de tartrate de potasse et d’acide sulfurique étendu. Les piles consistaient en un verre à boire de 11,5 centimètres de hauteur et 7.1 de diamètre, un cylindre en terre de 13 centimètres de hauteur et 4,2 de diamètre, un cylindre en feuille mince de cuivre de 12 centimètres de haut sur 6,5 de diamètre , et une plaque de zinc amalgamé de 3,5 centimètres de largeur, 15 de hauteur, et 0,3 d’épaisseur.
- Pile A. La cellule cuivre renfermait un mélange composé à parties égales d’une dissolution saturée de sulfate de cuivre et d’eau pure, la cellule zinc une solution de tartrate de potasse pur dans l’eau, et en outre une cuillerée à bouche de tartrate de potasse bien purifié. Le circuit était formé par un galvanomètre et un fil d’argentan de 5 mètres de longueur et 0,2 millimètres de diamètre. La résistance que présentait le galvanomètre était équivalente à peu de chose près à celle de 28 millimètres du fil d’argentan. Cette pile , fermée sans interruption pendant 14 jours» s’est montrée très-constante, mais moins lorsqu’on a ouvert et fermé alternativement le circuit. Dans ce dernier cas le courant galvanique, après avoir atteint son maximum par la fermeture, a fléchi pendant le repos. La cause en doit être attribuée au dépôt de cuivre qui se formait sur le zinc , mais peut-être aussi faut-il la chercher dans cette circonstance que l’endosmose est moins marqué à l’état de repos , et qu’ainsi d arrive moins d’acide sulfurique dans D cellule zinc. La dissolution de sulfate de cuivre s’est complètement décolorée dans les expériences avec cette pde » d’où l’on peut conclure que l’action aurait été constante même sans la pfe" sence de l’oxide de cuivre , conclusion qui parait justifiée par l’examen des piles suivantes.
- Pile B. Celte pile était en tout semblable à la précédente; seulement, lieu d’une dissolution de sulfate de cuivre, on a employé de l’acide sulfurifl^ ' étendu. Dans l’une des séries d’expe'
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- Hences, on a pris une proportion d’a-® correspondante à celle renfermée dans une dissolution saturée de sulfate de cuivre, savoir cinq volumes d’acide dn poids spécifique de 1,82 pour 100 yolumes d'eau. Dans la cellule zinc !* y avait une dissolution de tar-trate de potasse comine dans la pile j • Cette pile, restant constamment fermée au moyen d’un fil d’argentan J*e, 5 mètres, ne s’est pas mon-tree aussi constante que la précédente, pus elle a été plus constante qu’elle *0rsqu’on a ouvert et fermé alternati-yenient le circuit. Quand l’acide a été ®,endu au point de ne pas renfermer P’ds d’acide sulfurique que la pile A, ®est-à-dire environ 2,5 volume d’acide de 1,82 poids spécifique pour 100 volu-d’eau, l'énergie du courant a diminué avec moins de rapidité , mais il 5 e,é naturellement moins fort.
- Pile C. Dans cette pile on a employé lieu d'une feuille de cuivre des moraux grossiers de coke qui ont été mis n Communication plus intime entre |,üx par un fil de plomb qui allait de Uri à l’autre. L’air que les vides du °ke pouvaient renfermer a été enlevé J’ec une pompe à air, et on a versé I r,s les deux cellules le même mé-ia,nge que dans la pile B. Cette pile a eclii avec fermeture constante jusqu’à certain degré, puis est devenue con-
- Dans les trois piles dont il vient d’être question, il y a un effet très-énergique d’endosmose de la cellule zinc dans celle cuivre, et qui, comme toujours, est plus fort lorsque les interruptions du courant sont multipliées que lorsqu’elles sont moins fréquentes. Pour remplacer la liqueur dans la cellule zinc, on remplit une bouteille avec de. l’eau et on la renverse dans cette cellule; et pour que celte liqueur soit constamment saturée de tartrate de potasse, on prend un petit sac de toile en forme de bourse fendu au milieu qu’on remplit avec un peu de ce sel, et suspend sur la lame zinc, de manière à ce que sa partie inférieure plonge dans le liquide.
- On a monté trois piles des formes A,B et C, qui ont été chargées comme on l’a indiqué, et dans l’espace de trente-huit jours on y a fermé le circuit pendant quinze à vingt minutes chaque jour, au moyen d un fil d’argentan long de 5 mètres. En recherchant quelle pourrait être celle qui serait la plus propre au service des télégraphes qui sont mis en action en fermant le circuit; les cellules avaient un peu plus de capacité que les précédentes, mais étaient toutes égales entre elles. Les plaques zinc ont été pesées de temps en temps pour s’assurer de leur poids. Voici quelques-uns des résultats qui ont été obtenus :
- nombre PILE A. PILE B. PILE C.
- tours. Déviations. Poids du zinc. Déviations. Poids du zina. Déviations. Poids du zinc.
- degrés. grain.
- 1 45.0 149.5 44.0 141.8 47.5 148.7
- 10 47.5 140.4 47.5 127.2 49.3 141.6
- âo 32.0 132.2 47.0 111.9 47.0 131.5
- 30 38.5 118.9 47.5 103.7 46.0 126.0
- 38 20.0 » 47.0 • 46.0 »
- ?n en conclut :
- Cit la pile A, qui, lorsque le cir-Unl ®st fermé, a, comme on l’a dit, ®Uni 1 lrès-constant, est moins con-me.le lors de l’ouverture et de la fer-^Urte ®dternat*ves du circuit que les * autres, et par conséquent qu’elle
- est plus propre à des travaux industriels ou scientifiques que pour la télégraphie. De plus , la précipitation du cuivre sur le zinc et dans la cellule de celui-ci en atténue beaucoup, avec le temps, les effets ;
- 2° Que la pile B avec des ouvertures
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- alternatives du circuit est la plus constante, et dans un service de trente-huit jours n’a rien perdu de son énergie. La consommation du zinc s’est élevée à 1 gramme par jour, et par conséquent on peut y employer des pièces de zinc qui dureraient toute une année. Une expérience plus prolongée fera connaître après quel terme il conviendra de renouveler l’acide. Probablement ce renouvellement ne devra pas avoir lieu avant trois à quatre mois, et pourra s’opérer très-aisément sans démonter la pile. La cellule en terre de cette pile ne se recouvre pas de cristaux de cuivre comme dans celle précédente ; mais le cuivre se dissout pendant le repos et se précipite de nouveau pendant l’état d’activité. Le zinc ne s’y recouvre pas de cuivre.
- 3° La pile G est, d’après les observations précédentes, moins constante quand on l’ouvre et la ferme alternativement que la pile B; mais sa consommation en zinc est moindre.
- Les piles B et C sont donc très-propres à l’usage des télégraphes, qui n’ont besoin d’être fermés que pendant la correspondance.
- J’ai, du reste, établi des piles à trois éléments, du genre de celle B sur le chemin de fer de Manheim. Ces piles, qui fonctionnent depuis deux mois sans éprouver de changement ou d’accidents quelconques, remplissent encore aujourd’hui leur service avec autant d’énergie et de sûreté que le premier jour.
- faicrrw.—
- Moyen sûr pour reproduire et multiplier les images photographiques
- par voie galvanoplastique.
- Pour reproduire les images photographiques par voie galvanoplastique, on doit d’abord ne faire usage que de celles qui sont fortement accusées, et à cet égard il faut avoir soin qu’elles aient été bien fixées par l’emploi de la solution d'or de M. Fizeau : c’est une condition de rigueur; car il n’est pas possible de fixer des images qui n’ont pas été dorées et qui disparaissent complètement quand on vient déposer dessus une couche de cuivre. Avant de faire connaître la manière dont on introduit l’image dans l’appareil destiné à en faire une copie galvanoplastique, on décrira celui-ci en peu de mots.
- Cet appareil consiste en l’élément ordinaire, appelé constant, dont on se sert pour faire naître le courant galva-
- nique, on d’un vase cylindrique renfermant une solution de sulfate de cuivre. L’élément se compose d’un cylindre en zinc, amalgamé de mercure, d’un cylindre poreux en terre, et d’une feuille de laiton qui n’a pas besoin d’être plus épaisse qu’une feuille de papier à écrire. Cette feuille de laiton, qu’on dépose debout dans le cylindre en terre, est plisséc pour présenter une plus grande surface. On peut très-bien confectionner soi-même le cylin-dre plissé et couper le laiton à la grandeur voulue avec une paire ordinaire de ciseaux. Le diamètre du cylindre poreux en terre est de 6 centimètres» sa hauteur de 15. Le cylindre en zinc qui l’enveloppe correspond à cette grandeur. Le cylindre en laiton doit avoir même développement superficiel que celui en zinc. L’appareil entier qu’on vient de décrire est introduit dans un vase en verre rempli d’eau,il laquelle on ajoute 3 pour 100 d’acide sulfurique liquide qui se trouve ainsi en contact avec le cylindre en zinc-Dans le cylindre en terre, on verse u° l’eau à laquelle on a mélangé un quart d’une solution de sulfate de cuivre, et on ajoute 15 grammes d’acide sulfurique et autant d’acide azotique. Lorsque l’appareil a fonctionné pendant quatre heures, on y verse encore 15 grammes de ce dernier acide, et on continue ainsi de quatre heures c° quatre heures à ajouter même quantité de cet acide azotique. Au bout de deu> jours, il est plus prudent de remonte l’appareil à neuf. ,
- Au moyen de la dissolution de sulfate de cuivre, le cylindre de lait® plissé se recouvre bientôt d’une coucn de cuivre qui augmente son action-Dans un second vase en verre 0 verse une solution filtrée de sulfate0 cuivre pur dans l’eau distillée. P°.e une partie en poids de sulfate ( cuivre, on prend 5 parties d’eau, par conséquent cette solution n’est P saturée. L’appareil étant ainsi 01 s posé, on introduit verticalement 03. le vase une lame épaisse de cuivre " chement décapée qu’on met conven blement en communication aveCrejl cylindre de laiton plissé de l’aPP, galvanique, au moyen d’un J11. ^ cuivre. L’image est posée du .c0,?une revers sur une planchette de sapin u ^ grandeur correspondante, épaisS® . quelques millimètres, et sur la ^ gueur de laquelle on a fixé a.e<je pointes en métal une lame de cuiv ^ 15 millimètres de largeur fiu 0° J0tes sujettit au moyen de quelques p
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- ou de petites pinces en feuille de cuivre. Alors on l’humecte complètement avec de l’eau distillée, et on la plonge virement dans la solution cuivreuse en .Y faisant monter et descendre à plu-s,eurs reprises, la plaçant dans une Position telle qu’elle soit parallèle à Ja lame de cuivre, et distante d’elle d environ 3 à 4 centimètres. Dans cette Position on met en communication, à laide des vis dites de contact l’ex-Irémité de la lame de cuivre avec le cy-undre en zinc de l’appareil galvanique; et comme l’image repose sur la lame de cuivre, elle se trouve ainsi en communication conductrice avec le zinc de ^élément galvanique. Cette image doit donc, lorsque tout est en bon ordre, se recouvrir promptement d’une couche de cuivre pur de couleur rouge. Ce dépôt opéré, on peut, pour favoriser la Précipitation, rapprocher l’image de *a plaque de cuivre jusqu’à 6 millimètres l’une de l’autre. Au bout de 6 et a,r plus 8 heures, le dépôt ayant suffisamment d’épaisseur, on enlève la planchette avec le photographe du vase où ds étaient placés, on détache les clous les pincesqui l’assujettissaient, on le lave soigneusement avec de l’eau , et en coupe les bords avec des ciseaux lorsqu’il est parfaitement sec.
- La planche de cuivre déposée se détaxe aisément de l’image et en présente Jroe copie parfaitement fidèle. Les avantages et la beauté de ces précipités sont connus, et il est inutile d’entrer dans Plus de détails à leur égard.
- Dans les dispositions pour faire ces portes de copies, qu’on a employées lusqu’à présent, l’image photographiée a été constamment placée dans u,0e position horizontale, et par conseillent il n’y a aucune garantie qu’on obtiendra une bonne copie; mais avec 1 appareil qui vient d’être décrit, on Peut toujours compter sur un bon résultat.
- , Cette image elle-même ne paraît pas prouver de détérioration sensible, et Ou a pu en tirer jusqu’à vingt copies l°Utes parfaitement réussies. On peut lUème avec tout autant de succès obtenir de nouveaux dépôts sur ces dernières, mais il faut pour cela les Argenter préalablement, et on va faire .Ounaître dans l’article suivant le meil-eUr moyen pour opérer au mieux ette argenture ainsi que la dorure. Lorsque le cylindre de laiton qui °mmunique avec la lame de cuivre ,S1 dissout, ainsi que cela arrive au °ut de quelque temps, on le remplace Par un autre ; de même on aura soin de
- filtrer de temps à autre la solution de sulfate de cuivre ; mais ce sont là des détails qui sont bien connus de tous ceux qui s’occupent de gaivanoplas-lique, et sur lesquels il est superflu d’insister.
- Sur la dorure et l'argenture des copies galvanoplastiques des images
- photographiques.
- Il arrive souvent que les copies galvanoplastiques des images photographiques obtenues par le moyen indiqué dans l’article précédent présentent un enduit jaunâtre ou bien des taches jaunes, et quelquefois même brunâtres. Ces taches doivent toujours être enlevées préalablement avant qu’on procède à la dorure ou à l’argenture. On y parvient d’une manière fort simple en introduisant la copie dans un vase plat où se trouve un mélange de parties égales d’ammoniaque liquide et d’eau distillée. On opère avec ce mélange sur la plaque exactement de la même manière que lorsqu’on veut débarrasser d’une couche d’iode en excès une plaque photographique, au moyen de l’hy-posulfite de soude. La plaque est ensuite lavée dans de l’eau distillée et introduite dans la solution d’or ou d’argent. Ces taches jaunes ou brunâtres se présentent aussi fréquemment sur les images photographiques qu’on destine à faire des copies galvanoplastiques, et on doit avoir soin de ne pas tirer une nouvelle copie de ces plaques avant de les avoir traitées par la liqueur ammoniacale comme on vient de le décrire. Ainsi traitées, on les introduit encore humides dans la solution de sulfate de cuivre.
- La dorure ou l’argenture des images photographiques peut s’opérer de deux manières. Dans l’une on se contente de plonger ces images dans la solution d’or ou d’argent, et dans l’autre on fait agir après celte immersion le courant galvanique provenant d’un élément simple sur les solutions. Par le premier moyen, l’enduit métallique est nécessairement très-léger, tandis que par le second il acquiert plus d’épaisseur. Quand on emploie un courant électrique, il faut néanmoins avoir soin que cet enduit ne soit pas trop épais, parce qu’alors l’image paraîtrait comme recouverte d’un nuage.
- Le bain d’argent avec lequel on argente la plaque par simple immersion se compose de la manière suivante : On
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- dissout une partie de nitrate d’argent ou pierre infernale dans trois parties d’eau distillée; d’un autre côté, on fait dissoudre cinq parties de cyanure de potassium ( préparé d’après la méthode de ML Liebig) dans 50 parties d’eau distillée, et on ajoute cette solution à la première. On fait alors chauffer doucement le tout, on étend de 140 parties d’eau , on porte à l’ébullition pendant quelques minutes et on filtre. Pour en faire usage, on la verse dans un vase plat et on y plonge vivement l’image lavée préalablement à l’eau pure, de manière à ce qu’elle en soit entièrement recouverte. En cet état, on entretient la liqueur dans le vase dans un mouvement constant de va-et-vient, et on en retire la plaque aussitôt qu’on a atteint la couleur argentée qu’on désire; onia lave à l’eau distillée et on la fait sécher à la manière ordinaire sur la lampe à alcool.
- Pour argenter avec l’appareil galvanique, on dissout une partie de pierre infernale dans dix parties d’eau distillée et trois parties de cyanure de potassium dans cinquante parties d’eau; on fait bouillir pendant quelques minutes et on filtre. Pour se servir de ce bain on y plonge l’image qu’on veut argenter et on la met en communication par un fil métallique avec l'élément zinc d’un appareil galvanique simple, tout comme on la décrit dans la note précédente ; en même temps on fait plonger une petite lame de platine en communication au moyen d’un autre fil avec le cylindre en cuivre de l’appareil dans la solution d’argent,sans toutefois lui faire toucher l’image.
- Pour la dorure, on prend une partie de chloride d’or, trois parties de cyanure de potassium et trente-six parties d’eau. On opère avec ce bain absolument de la même manière qu’avec la solution d’argent.
- Quand on veut dorer par simple immersion dans la liqueur, on prépare celle-ci en dissolvant une partie de chloride d’or et trois parties de cyanure de potassium dans cent seize parties d’eau. On peut aussi dorer avec ce bain au moyen de l’appareil galvani que ; alors on atteint plus promptement le but.
- Si on mélange dix parties de la dernière solution d’or avec une partie de la première solution d’argent et qu’on emploie l’appareil galvanique, les images acquerreront ainsi un enduit verdâtre, ou comme on dit une dorure en or vert.
- Moyen d'empêcher la formation et l'adhérence des bulles d’air sur les moules galvanoplastiques pendant leur immersion dans le bain métallique ;
- Par M. Demirmont , de Charleville-
- Les personnes qui s’occupent de reproductions galvanoplastiques ont pu remarquer un phénomène qui se pro-doit fort souvent, et qui consiste dans la formation de bulles d’air à la super' ficie des moules, lorsqu’on les plonge dans la solution métallique. Il est que*' quefois fort difficile de faire disparaître ces bulles qui adhèrent fortement à la surface du moule, et si on tente de les expulser à l’aide de moyens mécaniques, on risque d’altérer les finesses de dessin du modèle , surtout lorsque ce dernier est en plâtre, en stéarine, ou autre matière peu capable de résister à un frottement. Cependant la disparition de ces bulles est une condition rigoureuse, car elles occasionneraient de petites cavités sur l’objet reproduit si on les laissait s'enfermer sous un® couche de dépôt métallique. M. Pe' mirmont, amateur distingué de galva^ noplastie à Charleville , a bien voulu nous communiquer un moyen aussi simple que facile de remédier à ce inconvénient, et nous nous empressons de le communiquer à nos lecteurs.
- Quelle que soit la matière qui compose le moule , avant de le plongc* dans le bain métallique, on humecte s surface avec de l’alcool ordinaire étend de son volume d’eau, ayant bien s°* que toutes les parties du modèle soied imbibées par le mélange d’alcool ® d’eau. Si cette opération a été /al avec soin , il ne se formera jamais « bulles à la surface du moule, quel que soient ses dimensions , et enco bien qu’il présente des creux tre profonds. t
- L’alcool qui a servi a cet usage y* être recueilli pour être employ6 nouveau jusqu’à épuisement.
- Sur la fabrication de la colt6 marine;
- Par M. Winterfeld.
- Il m’a semblé que les procédés
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- ont été indiqués pour la fabrication de la glue ou colle marine de Jeffry ne remplissaient pas entièrement le but qu’on s’ètait proposé, et les différents échantillons de colle marine que j’ai reçus de Paris et de Londres m’ont confirmé dans cette opinion ; j’ai donc d|î songer à préparer celte matière d’une manière un peu différente, en employant pour cet objet l’huile essentielle de goudron de houille, le caoutchouc et la gomme laque. Voici comment j’ai opéré :
- On fait d’abord une dissolution de caoutchouc dans l’huile essentielle, et à cet etfet on coupe le caoutchouc en Petits morceaux , qu’on humecte dans un vase en métal ou en grès d’huile essentielle rectifiée, du poids spécifique de 0,80. On peut favoriser cette dissolution en agitant avec une baguette et par l'application d'une légère chaleur. La première essence dont on a arrosé légèrement les morceaux est Promptement absorbée , et ceux-ci ne tardent pas à se gonfler; alors on verse de nouvelle essence, et suivant la qualité du caoutchouc qu'on employé, il faut, pour 1 partie de ce corps, 20 à 25 parties d’essence pour obtenir une solution complète, dont on peut se servir comme de colle liquide. On passe par pression cette dissolution à travers un linge, pour la débarrasser de quelques impuretés; puis, on la fait chauffer dans une chaudière , en y ajoutant Peu à peu toute la gomme laque nécessaire pour donner au produit la consistance qu’on désire. Cette gomme laque n’a pas besoin d’ètre réduite en poudre fine, elle se ramollit très-aisément et se dissout promptement dans la liqueur.
- Une goutte du mélange versée sur un carreau de verre ou un morceau de fùle, fait connaître à l’ouvrier s’il a atteint le degré convenable à une bonne fabrication. On peut, pour la colle marine , employer les sortes les plus brunes et à meilleur marché de gomme laque. Les autres résines à bon compte u.c peuvent pas servir à cette fabrication. Avec la colophane, on obtient une masse poisseuse. Plus l’essence est r°ciifiée, et plus la colle est de bonne Qualité, mais même une essence chargée Uoiablemcnt d’eau peut dissoudre le 'aoutchouc ; seulement, si on fait fon— <!rc de la gomme laque dans un pareil mclange , il y a une élimination de
- eau lorsqu’on coupe ou qu’on rompt la colle refroidie, Cette colle n’a donc in’une force d’adhérence peu considérable.
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- Mode de tannage des cuirs et des peaux;
- Par M. A. Crosse.
- Je commence par me procurer une solution concentrée de tannin d’écorce ou autre substance , en réduisant convenablement en poudre la matière, l’hu-mectant de la quantité d’eau suffisante pour dissoudre le tannin et soumettant à la presse hydraulique, qui en exprime une liqueur éminemment chargée de principe tannant, et infiniment plus active que les solutions étendues employées communément par les tanneurs.
- Pour procéder au tannage, je dispose sur une des faces des fosses une plaque de plomb , et sur la face opposée une plaque de zinc , qui, toutes deux , recouvrent une grande partie de ces surfaces, et je mets en communication ces deux plaques à la partie supérieure de la fosse , au-dessus du liquide , au moyen d’une lame de l’un ou de l’autre de ces métaux , afin de produire un cornant galvanique sur les peaux, qui doivent être suspendues dans les fosses.
- Ces peaux ayant été débourrées par les moyens ordinaires ou à l’hydrosul-fure de chaux et introduites dans la fosse, la batterie galvanique étant montée, on remplit celte fosse d'eau pure, qu’on y laisse séjourner trois à quatre jours et qu’on remplace par une dissolution de tannin marquant 15° au sac-charomètre, et maintient à ce degré pendant huit jours, au bout desquels on augmente de semaine en semaine la force de la liqueur de 6°, jusqu’à ce qu’elle marque 46° plus ou moins, suivant les circonstances. A celte époque, le tannage est terminé et on peut retirer des fosses les peaux parfaitement tannées.
- Moyen pour braser les faux gercées;
- Par M. G. Mayr.
- Les faux, même celles de la meilleure qualité et qui conservent le plus longtemps l’affûtage, sont souvent sujettes à éprouver des gerçures qui , la plupart du temps , les font considérer désormais comme hors de service. Or, voici poufj rétablir et réparer les in-
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- strumenls un procédé sanctionné par l’expérience :
- On enduit la gerçure après l’avoir bien nettoyée avec dû borax en poudre fine, humecté d’eau, puis on pose dessus un petit morceau de cuivre pur ou de laiton bien décapé. Cela fait, on prend une pince de forgeron dont les mâchoires sont disposées pour qu’on puisse exercer une pression bien égale sur toute l’étendue de la partie à bra-ser ; on porte celle pince au rouge blanc, puis on saisit la faux préparée dans le point où existe la fente, laquelle se trouve en quelques secondes brasée par la fusion du laiton ou du cuivre.
- Le temps au bout duquel la soudure est opérée et où il faut enlever la pince, dépend de la température à laquelle on a porté celle-ci, et aussi en partie du métal, cuivre ou laiton , dont on a fait usage. Il n’y a pas de serrurier ou de charron qui, après quelques essais, ne soit en état de trouver le degré convenable, mieux qu’on ne saurait l’exprimer par de longs détails.
- Sur la matière colorante contenue dans
- la paille de sarrazin.
- Par M. C. Nachtigal.
- La paille de sarrazin contient, d’après les épreuves auxquelles elle a été soumise, à poids égal, environ le cinquième de la matière colorante que renferme le quercitron, la même quantité de tannin et une autre matière extractive brunâtre, qui lorsqu’on ne l’élimine pas nuit à sa pureté. D’après les expériences qui ont été faites, cette couleur n’a guère réussi qu’avec le eoton , surtout ceux mordancés à l’acétate d’alumine et bien blancs, et quoique le volume considérable de la paille oblige à faire bouillir une grande quantité d’eau,et par conséquent de dépenser plus de combustible, cependant il paraît y avoir encore de l’avantage dans son emploi, surtout en temps de guerre ou dans les petites localités où on cultive la plante. M. Stéphan de Berlin a teint 60 pièces de coton avec cette matière , qu’il a aussi à cet effet mêlée à d’autres pour produire des couleurs mélangées vert, olive , mordoré, etc.
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- ARTS MÉCANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- Perfectionnements apportés dans les
- machines à filer le coton, la soie et
- autres matières filamenteuses.
- Par M. R. Sutcliffe , filateur.
- Les perfectionnements que je propose s’appliquent à la machine à laquelle on a donné le nom de throstle. Je vais faire connaître en quoi ils consistent, en accompagnant mes descriptions de figures propres à en faciliter l’intelligence.
- Fig. 2, pl. 129. Vue en élévation d’une broche de mon invention et des pièces diverses qui en dépendent.
- Fig. 3. Section verticale de cette ttième broche.
- Fig. 4, 5, 6 et 7. Vues détachées des diverses pièces dont elle se compose.
- A, ailette vissée sur le sommet d’une Petite broche en acier B, munie d’un épaulement S , ainsi qu’on le voit dans la fig. 4. C, corps ou axe aussi en acier, et fixé sur le chariot des bobines R au moyen d’un écrou U. Dans la partie supérieure de ce corps il existe une cavité cylindrique T, qu’on aperçoit dans la fig. 5, destinée à recevoir la Petite broche B, et dans laquelle elle Peut tourner librement. Z, petit chapeau en laiton ou en acier, vissé sur le sommet du corps C, et qui s’oppose à ce que la broche sorte de sa place. B, petit tube ou canon en métal tournant librement sur le corps C et portant une poulie ou esquive E que fait niarcher une courroie. F, bobine insère sur le tube D, tournant avec lui, entraînée qu’elle est par une dent ou goupille I, ou par son adhérence avec le tube et la poulie. H, barre fixe portant le tube 1) et la bobine F. Le chabot des bobines R, qui se meut entre des guides, monte et descend par l'entremise d’un mécanisme quelconque, tel par exemple que celui employé P°nr imprimer le mouvement d’égal renyidage des bobines dans les throstles 0tdinaires.
- Fig. 4. A, l’ailette ; B, la petite broche avÇc son épaulement S; G,G, yeux ou gnides de l’ailette.
- .Fig. 5. C, le corps dont la partie supérieure est vue en coupe; T, la cavité ^i reçoit la broche B.
- Fig. 6. Section du chapeau Z.
- Fig. 7. D, le tube ; E, l’esquive ; L, la
- goupille ou dent d’arrêt pour entraîner Ja bobine.
- La manière dont cet appareil fonctionne est la suivante :
- Le fil de coton qu’on voit en Y dans les fig. 2 et 3 , qui est fourni à la manière ordinaire par les laminoirs-éti-reurs ou autrement et passé dans l’un des yeux G de l’ailette, est attaché à la bobine F. Cette bobine, mise en état de rotation par l’esquive E, envide le coton en entraînant l’ailette avec elle et tordant le fil en même temps. Le frottement de la broche B, combiné avec la résistance que l’air oppose à l’ailette, produit sur le fil un tirage qui le fait envider sur la bobine aussi vite qu’il est fourni. Le chariot R, qui monte et descend en entraînant dans son mouvement le corps de l’ailette, distribue le fil sur cette bobine. Le tirage sur ce fil pendant la marche de l’opération et les secousses accidentelles imprimées à celui-ci dans les rattachages pourraient faire sauter l’ailette hors de sa place sans le chapeau Z, qui, rencontrant l’épaulement S de la broche B, s’oppose efficacement à tout accident de cette espèce. Lorsqu’il devient nécessaire d’enlever les bobines F, on dévisse le chapeau Z et on retire en même temps l’ailette A et la broche B. On fait glisser la bobine sur le tube D, et on la remplace par une autre. On replace alors la broche dans la cavité du corps et on revisse le chapeau.
- La planche N, qui est placée au-dessus des ailettes et qui porte les guides O à la manière ordinaire, peut être fixée au bâti du métier; mais je préfère la rendre mobile et la faire monter et descendre avec le chariot des bobines R, ainsi qu’on la représente dans la fig. 22, où N indique cette planche portant ses guides O, à travers lesquels passe le fil de coton Y, venant des laminoirs d’étirage P. Cette planche est attachée au chariot par un châssis Q, et à mesure que ce chariot monte et descend, la planche des guides exécute le même mouvement en conservant toujours sa position relative par rapport à l’ailette.
- Au lieu de faire monter et descendre la barre R, on peut exécuter le mouvement pour la distribution égale du fil sur toute la hauteur de la bobine en rendant cette barre fixe, et au contraire
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- en faisant monter et descendre celle H. Dans ce cas, la planche des guides doit rester immobile.
- La fig. 8 présente le même modèle de broche B, mais la forme en est légèrement modifiée; son diamètre est réduit à la partie inférieure pour diminuer le frottement. Le corps C est fixé sur le chariot H par deux écrous U, U, au lieu de l'être par un seul et par une embase comme dans la fig. 2. Cette disposition permet d’ajuster ce corps de hauteur. Les autres lettres indiquent les mêmes objets que dans les ligures précédentes.
- Dans la fig. 9, le chapeau Z a une forme un peu différente de celle déjà décrite; il est beaucoup plus long et la broche est guidée dans sa portion supérieure par ce chapeau, et dans celle inférieure par une petite crapaudme ménagée dans le corps. On peut le retirer au besoin comme le précédent.
- La fig. 1ü présente un chapeau Z de même diamètre que le corps C, et l'ailette A n’est pas vissée sur la broche B, mais simplement insérée à frottement dur sur elle. Quand on enlève la bobine, il n’est plus nécessaire de dévisser le chapeau Z ; l’ailette est alors retirée de dessus la broche, qui reste en place dans le corps. On peut, en cet état, lever la bobine.
- La fig. 1| offre une disposition qui a beaucoup d’analogie avec celle de la fig-10. Danscetle disposition un écrou X sert à assujettir l’ailette sur la broche. En arrêtant cette ailette, et tournant l'écrou, l’ailette devient libre et peut être enlevée sur cette broche. La douille de l’ailette et la portion de la broche qui s’y insère est carrée ou conique. Le chapeau Z n’a pas un diamètre assez considérable pour s’opposer à l’enlèvement de la bobine, mais est assez grand pour qu’on ne puisse pas ôter le canon D représenté dans les fig. 2, 3 et 7.
- La fig. 12 est une autre forme de mon invention.
- La fig. 13, une vue détachée de la broche et de l’ailette.
- La fig. 14, une vue de la broche avec section de l’ailette.
- La broche B porte une gorge K, et une petite cheville à vis en acier Z est insérée dans le corps C, et traverse cette gorge. Cette cheville remplit les mêmes fonctions que le chapeau Z des modèles précédents, c’est-à-dire suppose à ce que la broche B puisse être déplacée par accident. L’ailette A est ajustée trcs-exactement sur la broche, et y est assujettie par deux petits ressorts, X,X ’
- qui entrent dans deux encoches ou de-pressions pratiquées dans la partie supérieure de la broche pour s’opposer a ce que celle-ci éprouve des soubresauts et se déplace. L’ailette peut être ainsi aisément enlevée à la main en la ghs" saut sur la broche qui reste en place. D est facile alors de retirer la bobine.
- Dans la fig. 15, la disposition a quelque ressemblance avec celle de la fig. 12. Néanmoins ici l’ailette A est fermement attachée à la broche B. La cheville en acier Z n’est plus vissée dans le corps , mais maintenue en place par un ressort en acier X auquel elle est attachée , et qui embrasse en paf' lie la position supérieure de ce corps-, La (ig. 16 est une vue du corps C o° l’on aperçoit le ressort X.
- La fig. 17 est une section horizontale de ce même corps où l’on voit la forme du ressort X et de la cheville Z. Pour enlever la bobine, on retire d’abord la cheville et le ressort de dessus le corps au moyen du boulon dont ils sont pourvus. On enlève l’ailette A et la broche B, et on relire la bobine; on insère une autre bobine; on replace l’ailett® et la broche, puis la cheville Z est remise en place, le ressort X s’ouvrant et se refermant de nouveau autour du pied qu’il embrasse en partie.
- Au lieu d’assujettir l’ailette à la broche par un écrou ou un ressort. com|,,e on l’a décrit à l’occasion des fig. H’ 12, 13 et 14, on peut les fixer en p;lS" sant une goupille à travers la broche ou par tout autre procédé équivalent.
- La lig. 18 représente une disposition toute différente des précédentes. A uncailctledonl la parliesupérieurepofl® un tube ou une longue douille tournât'1 sur un corps fixe C au lieu de tournée dans son intérieur. Elle est soûle»0® par un épaulement ménagé en S, etor‘ chapeau ou un écrou s’oppose à son soulèvement. ,
- La fig. 19 représente séparémd1 l’ailette A. .
- La fig. 20 est le corps C fileté à • partie supérieure [tour recevoir le nha' peau ou écrou Z qu’on voit séparém®0 lig-21. -
- Au lieu de ce chapeau ou écrou on peut insérer une goupille à lrave la partie supérieure du corps, oU ? servir de quelque autre disposition canique analogue. ., g
- Dans toutes les dispositions varie que nous avons fait connaître ci dessn ? ia bobine F, l’esquive E et le canon tube D sont disposés de la même nière que dans les fig. 2 et 3 ; ma.,s s ’ peut très'bien ne pas se borner a
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- modèles : par exemple, on peut supprimer le canon D et faire tourner la bobine sur le corps fixe où elle est entraînée par une rondelle en cuir fixée sur l’esquive E ou par une dent que porte celle-ci.
- J’ai décrit cette invention comme s’appliquant à retordre le coton, mais il est évident qu’elle est également applicable au doublage, et qu’elle peut servir non-seulement pour le coton , mais encore à la filature de la soie et des autres matières filamenteuses.
- Perfectionnement apporté dans Vap-prêl des tissus.
- Par M. P.-A. Godefroy.
- Dansle modeordinaire de donnerl’np-prèt, le cali ou le glacé aux tissus, on fait usage de la pression qu’on imprime à l’aide d’une presse à vis ou autre , et de l'application simultanée de la chaleur. Ce mode de traitement rend non-seulement le tissu dur et sans souplesse , mais de la nécessité où l’on est d’introduire des papiers, des cartons ou autres matières analogues pour produire le satiné, résultent des avaries dans les couleurs et d’autres tares qui sont dues aux matières étrangères contenus dans le tissu lui-même, indépendamment de ce que l’apprét, ainsi produit, n’a pas un caractère permanent, et est aisément enlevé par I humidité.
- La manière dont on fixe généralement les matières colorantes sur les tissus , pendant les opérations de l’apprêt, consiste, comme on sait, à les immerger dans un mordant à l’état liquide, ou à les en saturer après les °péralions de la teinture, puis à éliminer la portion superflue du mordant, élimination qui tend considérablement a détériorer la faculté de fixage de ce mordant. Or, suivant mon mode d’ap-Prêt, j’introduis le mordant sur le tissu a l’état de vapeur pendant l’opération, ^oyen que je n’entends pas employer Seul pour fixer les matières colorantes, bmis que je considère comme supplémentaire dans la pratique usuelle. J’o-pere d’ailleurs dans un moment où le licitement ultérieur à faire subir aux bssus n’affectera plus le mordant qu’on Emploie, dont toutes les propriétés fixages seront conservées par le tissu Sür lequel on opère.
- En me servant dans la description
- wva suivre du mot mordant, il est
- bien entendu que j’entends par ce mot les matières propres à fixer les couleurs , matières qui varient, comme on sait, d’une couleur ou même d’une nuance à l’autre.
- J’ai fait représenter dans la planche 129 l’appareil ou la machine que j’ai inventée pour l’apprêt des tissus.
- Fig. 23. Vue en élévation et de côté de cet appareil.
- Fig. 24. Projection horizontale de ce môme appareil.
- A,A , bâti général qui porte les pièces diverses dont se compose l’appareil et les maintient dans leurs positions respectives. Ce bâti est disposé pour que le tissu sur lequel on opère soit délivré par un rouleau à l’une des extrémités de la machine , et reçu sur un aut e à l’autre extrémité. B.B est le rouleau d’alimentation, et C C le rouleau de décharge Dans la partie supérieure du bâti A, A, sont montes une série de tubes en métal D,D,D,D,l) fermement maintenus en place dans des cousinets a,a,a, et par des boulons b,b. Ces tubes D sont polis à la surface, et lorsque le mordant dont on fait usage dans mes procédés contient un acide ou consiste en un acide, ils doivent être en un métal que ces acides ne peuvent attaquer, ou au moins enduits avec l’un de ces métaux. Les retours E,E servent à mettre en communication entre eux tous ces tubes, de façon que l’agent chauffeur étant introduit par le tuyau F circule dans toute ja conduite et élève tous ces tubes à la température voulue. Je fais ordinairement usage de la vapeur d’eau ou de i’eau chaude, qu’on peut facilement se procurer l’une et l’autre en mettant le tuyau F en communication avec un générateur de vapeur ou une chaudière à circulation d’eau , sous une pression propre à donner la température qu’on veut obtenir. L’admission de la vapeur ou de l’eau chaude est réglée par on robinet placé sur le tuyau F, afin de maintenir la température au degré voulu. Le dernier des tubes D de la série porte à son extrémité un petit ajutage c qui sert à l’évacuation de l’eau de condensation quand on emploie la vapeur, et on tourne le robinet sur ce tuyau de manière à ne laisser écouler que l’eau seulement sans qu’il y ait perte de vapeur.
- Les rouleaux d’alimentation, donton doit posséder un certain nombre, sont disposés sur les appuis d. d. de manière à pouvoir être enlevés facilement. Le tissu G,G sur lequel on veut agir est préalablement enroulé sur l’un d’eux
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- pour faciliter l’opération, mais après y avoir d’abord roulé une longue toile H, II, à l’extrémité de laquelle le tissu est attaché.
- Le rouleau de décharge ou tambour creux C,C est en métal d’une épaisseur suffisante, et ses extrémités sont façonnées de manière qu’il puisse être promptement monté et centré entre deux disques ou plaques I et K portées à l’extrémité de deux bouts d’arbres L,L dont les extrémités extérieures roulent dans des montants particuliers M,fti disposés pour maintenir ces arbres dans une même direction. Les plaques de support I et K sont pourvues d’un grand nombre de trous e,e pour recevoir un nombre correspondant de chevilles f,f implantées sur les bases du tambour. Ces chevilles et ces trous sont disposés pour maintenir le tambour bien centré par rapport aux arbres L,L, ceux-ci étant établis dans leurs paliers pour pouvoir glisser dans la direction de leur longueur, mouvement qui permet d’éloigner ou de rapprocher les plaques I,K pour enlever ou introduire le tambour. On a un grand nombre de ces tambours en réserve tous ajustés de même par rapport à ces plaques.
- Quand on introduit un tambour C,C dans la machine, les plaques de support ayant été mises convenablement en place, y sont arrêtées par des colliers A,h ajustables à volonté et qu’on fixe par des vis de pression sur leurs arbres respectifs. Le mouvement est alors imprimé au tambour par la plaque-support K qui est pourvue d’une roue dentée que commande le pignon N calé sur l’arbre moteur O, lequel transmet la force de la vapeur ou d’un autre moteur, et est pourvu des organes ordinaires d’embrayage et de communication.
- P,P est un tuyau en cuivre ou autre métal pour la distribution de la vapeur et dont la surface convexe est parsemée de trous multipliés et très-fins. Ce tuyau est maintenu dans une position horizontale sous la pièce de tissu G,G par des supports i,i qui se meuvent dans des coulisses verticales à l’intérieur du bâti A,A. et qu’on ajuste et fixe à hauteur par des vis de pression k,k. On introduit de la vapeur à haute pression dans ce tuyau P parle tuyau Q qui est pourvu d’un tirage Z pour pouvoir être ajusté, et où les joints sont rendus imperméables par une boîte à étoupes m. L’orifice du tuyau Q dans le conduit P doit être disposé pour y distribuer la vapeur aussi également
- qu’il est possible, afin d’obtenir un écoulement uniforme sur toute la surface de ce tuyau distributeur. Pour y parvenir, les perforations peuvent augmenter en nombre ou en dimension dans les points où la vapeur a le moins de tendance à s’écouler. L’extrémité inférieure du tuyau de vapeur Q est pourvu d’une petite gouttière par laquelle l’eau de condensation ou celle qui pourrait être entraînée de la chaudière par la vapeur peut s’échapper, son écoulement étant réglé suivant les circonstances par un robinet.
- R,R est un autre distributeur de vapeur qu’on ajuste à hauteur sur des appuis n,n et à l’aide de vis de pression o,o. Les perforations que porte ce distributeur sontmoins nombreuses, mais plus petites que dans le précédent. Deux ou trois troussur son pourtour suffisent, mais ils doivent être rapprochés et disposés pour rendre le contact de la vapeur continu sur toute la largeur du tissu. Ses fonctions consistent à faire pénétrer le mordant dans celui-ci. Le tuyau S met le distributeur R en rapport avec un vase T dans lequel le mordant est réduit ou généré à l’état de vapeur.
- La fig. 25 présente une section verticale de ce réservoir au mordant.
- La fig. 26 en est le plan vu en dessus, le couvercle étant enlevé.
- La fig. 27, un autre plan vu par des sous, le fond étant ôté.
- La fig. 28, le plan d’un bec de gaz.
- Ce vase T consiste en une enveloppe en métal susceptible de résister à la force de la vapeur à haute pression qu’on y introduit par le tuyau U. H est doublé ou enduit avec une substance inattaquable aux acides dont se compose fréquemment le mordant. On emploie la même précaution par rapport aux tubes et au tuyau perforés à travers lesquels le mordant est lance à l’état de vapeur, et en général sur toutes les surfaces susceptibles d’éprouver ces effets et avec lesquelles le tissu ainsi chargé peut être mis en contact.
- Je prends pour exemple un tissU écarlate qu’on veut, je suppose, traiter par ce procédé, le mordant consistant comme on sait, en 36 grammes d’éta'U dissous dans un mélange de grammes d’acide chlorhydrique et 1* grammes d’acide sulfurique, le f°u étendu de 20 litres d’eau. On chargera le vase T avec ce mélange, de manier à le remplir au plus au quart ou a cinquième de sa capacité, et ayant soi^ dans tous les cas qu’il y ait une quan tité de liquide suffisante pour couvr
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- les ouvertures par lesquelles la vapeur d’eau arrive dans ce vase. Ces ouvertures, il est bon de faire le remarquer, sont percées sur la face inférieure des tubes ÿ. y et disposées pour disséminer la vapeur d’une manière égale sur toute l'aire de section du vase T. L’afflux de la vapeur dans les tubes ç,q et sa direction vers le bas établit un état d ébullition et d’effervescence dans ce liquide qui maintient ses portions les plus pesantes en suspension pendant tout le temps que dure celte émission de vapeur, et par conséquent la combinaison des parties qui composent le mordant. Par suite de cette introduction de la vapeur d’eau dans le vase T, il se dégage du mordant liquide une vapeur qui possède la propriété de fixer la couleur indiquée. Cette vapeur est reçue dans ce qu’on appelle communément, quand il s’agit de générateurs de vapeurs, un séparateur qui, dans le cas actuel, consiste simplement en un tube percé de trous nombreux à sa surface supérieure par lesquels la vapeur se distribue sur divers points de la surface en s’opposant à tout entraînement de liquide par le tuyau S dans le distributeur R.
- La température de la vapeur d’eau pour l’ensemble des opérations peut être uniforme, mais pour les usages généraux, je préfère une température de 165° à 175° cent, et afin de maintenir cette température dans le générateur T, je soumets ce vase extérieurement à l’action de la chaleur, soit au moyen de jets de gaz t,t, comme on le voit dans les figures, soit par un autre moyen, en réglant et déterminant la température par le thermomètre.
- V,V est un rouleau destiné à régler le rapprochement du tissu G,G des distributeurs de vapeur P et R et ajusté par des vis de pression agissant sur des supports s,s. W,W est un plan porté de la même manière, disposé pour tendre et lustrer la face du tissu, et recouvert de peluche ou autre substance Propre à cet objet. Dans quelques circonstances, celte surface de lustrage consiste en une brosse qui a cela d’avantageux qu’elle enlève toutes les Particules étrangères qui adhèrent sur le tissu. On peut môme employer diverses surfaces de lustrage, la brosse °u la surface la plus rude étant la première sur laquelle passe le tissu.
- Nous allons faire connaître maintenant la manière dont la machine fonctionne.
- Le drap ou autre tissu ayant été cWgè sur le rouleau alimentaire ainsi
- qu’on l’a expliqué, est placé sur les appuis d,d. Un doublier,X,X attaché par un bout au cylindre C,C est passé dans la machine dans une direction inverse de celle suivant laquelle doit circuler le tissu. Celui-ci ayant été attaché à ce doublier et la machine étant mise en mouvement, est entraîné et marche commeon l’a dit précédemment, mais en présentant son endroit en dessous. Afin d’assurer un degré convenable de tension à ce tissu G,G, le rouleau alimentaire R éprouve un frottement dû au contact et à la pression des leviers Y,Y qu’on charge pour cet objet de poids convenables. Ce rouleau alimentaire est en bois avec colliers en fer pour résister au frottement.
- Si le tissu sur lequel on opère ne doit recevoir que l’apprêt sans fixage supplémentaire des matières colorantes, on fait arriver seulement de la vapeur d’eau par le distributeur P,P, sur lequel ce tissu en passant se trouve dans toute son étendue uniformément hu-mfeclé de vapeur. Il passe alors sous le rouleau V et de là sur le plan W, l’endroit du tissu en dessous, pour que le contact catisse et lustre sa surface et entraîne toutes les particules étrangères qui peuvent y adhérer. Il est alors conduit alternativement sur et sous les tubes chauds D,D , qui en couchent et en lissent de plus en plus le poil, et de là au tambour C,C. Pendant celle opération, le drap ayant une disposition à s’allonger davantage sur les lisières qu’au milieu, on le soumet à l’action du rouleau Z,Z qui, présentant un diamètre variable, contraint le drap dans son passage des tubes D au tambour C,C, de suivre une marche plane, et où l’accroissement de tirage produit par le plus grand diamètre dorme au tissu un degré uniforme de tension.
- Pendant qu’on enroule le drap sur le cylindre C,C, indépendamment de la pression produite par la tension , avec laquelle il passe dans la machine, on le soumet à celle d’un rouleau C', C', qui est porté sur un châssis à charnières D',D, mobile sur un axe E',E' comme centre, en se servant pour donner cette pression du levier F' dont on charge le long bras de poids. De cette manière, chaque lé du drap se trouve séparément soumis à la pression pendant qu’il est à l’état humide , et conserve encore le cati ou lustre que lui a donné l’opération.
- Pour que l’extrémité de la pièce de tissu G,G qui est passée la dernière puisse être entièrement enroulée sur le ; tambour C,C, on fait passer une partie
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- du doublier H,H du rouleau d’alimentation B sur ce tambour, ce qui permet de serrer et d’enrouler fermement le tissu.
- On peut traiter de cette manière diverses espèces de tissus , tels que les draps, les soieries et les mélanges de ces matières qui exigent un apprêt brillant et permanent.
- Le rouleau C’C’ est en bois et recouvert avec une étoffe de laine , ce qui permet d’obtenir la pression nécessaire sans celte dureté ou celte rudesse que produit une pression du tissu entre des corps durs et sans souplesse.
- Le tambour G,G étant chargé de drap , on l’enlève de la machine et on le transporte dans une chambre où la température est élevée à 120J C. On a représenté deux tambours ainsi chargés dans la fig. 29, et, indépendamment de la chaleur extérieure qu’on applique à ce tissu, on met encore ces tambours en communication avec les tubes chauffeurs de la chambre pour introduire de la vapeur à leur intérieur. Ces tambours sont placés dans une position verticale sur des pieds a',a', et communiquent par des tubes de branchement b\b' avec les tuyaux chauffeurs d ,d' de la chambre , chacun d’eux portant les ajutages nécessaires pour établir cette communication.
- Il existe aussi une ouverture sur la base supérieure de chaque tambour , sur laquelle est adapté un petit robinet c', par lequel on fait échapper l’air froid lorsqu’on introduit par le bas l’agent de chauffage dont on laisse écouler aussi par le robinet c une quantité suffisante pour maintenir la température à l’intérieur. Les tambours chargés restent dans cette chambre jusqu’à ce qu’ils soient complètement séchés, dessiccation qui serre encore plus fortement le tissu à raison de la contraction qui a lieu pendant l’opération.
- Les tissus apprêtés par ce procédé sont plus doux , plus moelleux , et ont plus de corps que ceux du même genre apprêtés à la manière ordinaire , et quoique relativement le cali ne soit peut-être pas aussi brillant, il est plus solide et plus permanent, et se laisse moins affecter par la saturation d’un liquide.
- Les tissus ayant été déroulés sur les tambours C,C sont ensuite empaquetés à la manière ordinaire.
- Dans la seconde opération qui constitue celle invention , et qui a pour but l’apprêt des tissus au moyen de l’introduction d’un mordant à l’état de vapeur, l’action de la machine est abso-
- lument la même que celle décrite ci-dessus. Pendant qu’on opère, on fait aussi arriver de la vapeur d’eau dans le réservoir Tr ainsi qu’on l’a expliqué, et les vapeurs qui s’y génèrent sont réparties à l’aide du distributeur R. Ces vapeurs passent à travers les tissus qui ont été complètement vaporisés en cheminant sur le distributeur P, état dans lequel l'affinité de la matière colorante pour le mordant contenu dans ces vapeurs la combine instantanément au tissu et la fixe sur celui-ci , en avivant en même temps la couleur à la surface, et lui donnant plus d’éclat et de pureté.
- Le distributeur R doit être sullisam-ment élevé pour que le tissu passe en plein contact sur les ouvertures qu’on y a percées , afin de prévenir autant qu’il est possible l’action de l’air sur le mordant avant qu’il ait touché le tissu sur lequel on veut fixer la couleur.
- Le réservoir T a besoin d’être aussi voisin que possible du distributeur R afin de ne pas allonger les conduits de communication entre eux, conduits qui doivent être établis de manière à ce qu’il ne puisse s’y loger de l’eau de condensation, et que même, pour prévenir cette condensation, on enveloppe d’un corps mauvais conducteur de chaleur et maintient chauds à l’extérieur. Les orifices par lesquels on injecte le mordant en vapeurs dans le distributeur R sont disposés comme dans celui de vapeur d’eau P; et pour ne pas faire une consommation inutile de ces vapeurs , les perforations ou orifices dans les distributeurs qui ne sont pas recouverts par le tissu sur lequel on opère (la machine ayant la largeur suffisante pour admettre les étoffes de tous les comptes), sont tenues fermées par des pièces de caoutchouc volcanisè dont on entoure ces distributeurs , ou par tout autre mode temporaire de couverture.
- Monte-charges ou élévateurs hydro-pneumatiques pour les hauts fourneaux, les chemins de fer et l^s canaux.
- Par M Simpson.
- Nous avons décrit dans le Fechnolo-gùle, à la page 315 de ce volume, 1® monte-charges on élévateur pneumatique deM. Gibbons; nous allons faire connaître aujourd’hui un autre appa.' reil ayant le même bnt, dont on doit l’invention à M. Simpson, mais fonde sur un autre principe.
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- M. Smpsou a cherché à mettre à profit d’une manière plus avantageuse qu’on ne l’a fait jusqu’à présent la capacité de flottaison dans un liquide que Possède un corps présentant une cavité intérieure et de faire servir la force ascensionnelle dece corps à l’exécution de divers travaux mécaniques, par exemple , ® élever des matériaux jusqu’à la hau-teur du plancher de roulage des hauts-fourneaux, à lever et charger des far-Ùeaux aux stations des chemins de 1er °u dans les manufactures, à faire mon-ter ou descendre les bateaux d’un bief dans un autre sans le secours des écluses, enfin, à exécuter un travail sans dépense sensible de force mécanique.
- Le fig. 30, pl. 129, représente une section verticale du puits ou réservoir d’eau, flotteur ou vase d’air, du piston et de la plate-forme sur laquelle on Jève les matériaux ou les fardeaux ,
- ' appareil étant au plus haut point de sa course.
- La fig. 31 estune vue en élévation et correspondante des mêmes parties, et où l'on voit de plus les colonnes-guides et le plancher de roulage du fourneau spr lequel il s’agit d’élever les matériaux, la plate-forme étant ici à moitié de son élévation.
- La fig 32. une section verticale d’un Jotremodèle de monte-charges de haut-'oprneau, différant dans quelques détails de celui représenté dans les fig. 3l> et 31.
- ï>ans le premier de ces élévateurs, A ®st un réservoir d’eau ou un puits en fonte de fer rempli d’eau jusqu’au niveau a,b et d’un diamètre suffisant Pour recevoir la chambre à air ou flot-four B,B. qu'on mainlientconstamment ^inpli d’air et qui présente une capa-^té te||e qu’il puisse faire à fort peu |?rés, équilibre au poids de la portion Mobile de l’appareil élévateur supposé Saus charge. Ce flotteur présente au Ceutre C un canal vertical fermé par Vne soupape à boule D dans sa portion 'oférieure ; ce canal établit une voie de ^otumunication entre le puits A et la .uambre E, placée immédiatement au-ossus du flotteur, chambre qui est jUrmontée d’un tuyau vertical F s’é-evant sur sa portion hémisphérique et •V centre du long piston ou cylindre o'êvation G. jusqu’à la plate-forme J^use H, où il se replie d’équerre, et i terminé par une soupape I placée r ' un des côtés de la plate-forme.
- La capacité de la chambre E est ^ soz considérable pour lui permettre déplacer un volume d’eau égal en
- poids à la plus grande charge qu’il s’agit de monter. Le piston ou cylindre G, qui porte a son sommet la plateforme H et est boulonné par le bas sur la portion hémisphérique de celte chambre, est entièrement clos, excepté sur le côté K, où il existe par le bas un orifice latéral pour l'introduction et l’évacuation de l’eau du puits et nu sommet où l’on voit une antreouverture L communiquant avec le conduit M placé dans le corps de la plate-forme et terminé par une soupape N servant à régler l’entrée et la sortie de l’air dans le piston G. Ce piston, la chambre E et le réservoir d'air B.B , étant des pièces liées les unes aux autres, constituent dans leur ensemble l’appareil d’élévation de la plate-forme H, laquelle est guidée dans son mouvement d’ascension par quatre galets 0,0 fonctionnant le long des colonnes creuses P,P, et en outre par d’autre galets Q,Q attachés à la chambre E.E et qui roulent sur les parois intérieures du puits. Les colonnes P,P portent le plancher fixe de roulage H, jusqu’à la hauteur duquel il s’agit d’élever le combustible, le minerai et le fondant pour les verser dans le haut-fourneau.
- Telle est la disposition générale de l’appareil quand il est établi pour fonctionner dans une localité et une usine où il n’y a pas d’autre charge à descendre que les pièces qui servent à l’élévation ; dans ce cas, il est nécessaire d’aviser aux moyens propres à faire redescendre la chambre à air, et vaincre la capacité de flottaison qu’on a employée pour élever la charge. A cet effet, la soupape à boule D placée au bas du canal C, qui pénètre dans la chambre E, peut être manœuvree par une tige qui s’élève jusqu’à la plateforme dans toute la hauteur du tube F. La machine représentée dans la fig. 30 a, supposons, atteintsa plus grande élévation, et est dans la position où elle se trouverait après avoir monté une charge jusque sur le plancher de roulage; alors pour la faire redescendre on ouvre la soupape D en tournant sa tige à levier pour la forcer de descendre dans son écrou fixeC, et on baisse aussi la soupape à air I placée au sommet du tuyau F dans la plate-forme. L’eau du puits entre donc dans la chambre E et l’air que contenait cette chambre, et que le liquide déplace s’échappe par le sommet par celte soupape I. Au même instant la soupape N commuuiquant avec la partie supérieure du pistou creux G, étant ouverte, permet à l’air que renferme celle-ci de s’échapper, et
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- de laisser ainsi entrer l’eau dans le bas par l’orifice K.
- Le piston descend donc et s’enfonce dans le puits avec une vitesse qu’on peut régler à volonté à l’aide des soii-papes N etl. Au terme de sa descente, la plate-forme tombe dans la cavité ou auge S au niveau du plancher de chargement pour qu’on puisse y déposer les matériaux , qui doivent composer la nouvelle charge qu’il s’agit de monter.
- Aussitôt que le flotteur approche du fond, la face inférieure de la soupape à boule D vient presser sur celle supérieure de la cupule T qu’on voit à l’extrémité du petit levier U qui bascule sur un centre en Y, placé dans le tuyau W débouchant dans la portion hémisphérique du fond du puits. Celte pression, sur cette extrémité du levier, en abaisse le petit bras et relève celui opposé qui soulève la grosse sphère métallique X qui ouvre l’extrémité de décharge du tuyau W. La sphère X fonctionne comme une soupape équilibrée pour s’opposer à l’évacuation de l’eau du puits, jusqu’à ce qu’elle soit mise en jeu par une pression additionnelle, et par conséquent elle doit être suffisamment pesante pour résister à la pression d’une colonne d’eau dont la hauteur serait celle de l’eau contenue dans le puits. Au moment où la sphère s’élève, le fond du réservoir d’air B, B repose sur celui du puits, et ces surfaces présentant toutes deux une forme hémisphérique de même diamètre, s’adaptent parfaitement l’une sur l’autre, au point d’empêcher toute introduction d’eau entre elles, l’état étanche des surfaces étant d’ailleurs garanti au besoin par un anneau de garniture qu’on place au fond du puits.
- Si, dans cette position du monte-charges, on tient fermée la soupape I de plate-forme, l’élévateur ne prendra aucun mouvement d’ascension ; mais aussitôt qu’on ouvrira cette soupape, l’eau contenue dans la chambre E s’écoulera par le canal C , jusqu’à ce que cette chambre devienne suffisamment flottante pour soulever la charge qui a été déposée sur la plate-forme.
- L’eau de décharge est évacuée en la laissant couler à un niveau inférieur, ou bien en l’élevant au moyen d’une pompe jusqu’au sommet du puits par le canal Y.
- Lorsqu’une quantité d’eau suffisante s’est écoulée, la soupape D est remontée sur son siège au moyen de sa tige à vis; le piston G est de nouveau relevé en entraînant la plate-forme H au niveau du plancher fixe de roulage
- R. La vitesse du mouvement se règle à volonté au moyen de la soupape N, qui permet à l’air extérieur de rentrer par la partie supérieure du piston G , tandis que l’eau qu’il renferme s’écoule dansle bas parl’orificeK. Lasoupapel, qui communique avec la chambre E, peut aussi être employée comme régulateur en l’ouvrant et la fermant lorsqu’on le juge nécessaire. A l’arrivée de la charge au sommet, on l’évacue sur le fourneau , et l’opération que 1 ’?n vient de décrire est répétée pour faire redescendre la plate-forme.
- La destination particulière de l’orifice K, dans le bas du piston ou cylindre G, consiste à introduire l’eau du puits dans celui-ci à mesure que la descente a lieu , afin que la capacité de flottaison ne soit pas affectée par la profondeur plus ou moins considérable à laquelle ce cylindre et le réservoir à air sont immergés dans le puits, le niveau de l’eau dans ce puits se trouvant ainsi peu affecté par l’immersion plus ou rnoin3 profonde du cylindre , et pas au delà de la faible quantité due à la présence ou à l’absence seulement du métal dont ce cylindre est formé; en effet, lorsque celui-ci descend , l’eau qui entre cofj" serve toujours dans son intérieur 13 même hauteur que celle dans le puits-
- 11 est clair que lorsque ce cylindre « descend , il perd une portion de so poids égale au volume d’eau que dè' place le volume de métal qui forme se parois, et dans cet état que si onn3 pas recours à quelque agent compÇ0' sateur. sa capacité de flottaison varie' rait dans une certaine étendue , sui?an la profondeur de l’immersion. P°u cet effet, à chaque instant M. Sinaps<),^ a imaginé un mode ingénieux pour re tablir l’équilibre et égaliser cette c pacité de flottaison pendant toute durée de l’ascension ou de la desccnt • A cet effet la plate-forme élèvatoire est creuse et reçoit une certaine qua titè d’eau ; sur le fond de cette P, ls forme sont ouverts les orifices bea de deux tubes flexibles d,d, en gut e
- percha ou en caoutchouc, établissant
- communication directe entre la Pla eJ
- forme et les bases des colonnes creu^ P,P. La capacité de ces colonnes tuyaux est suffisamment grande P recevoir toute l’eau qui est dép13^ par le métal immergé du pist°n ’ue lorsque celle-ci s'élève, l’eau conte dans la chambre de la plate-f°rin®je3Cj. coule graduellement par les tubes ^ blés d dans l’une ou Plusieurs des lonnes P, pour revenir de n°u aüe dans la caisse de la plate-forme lor 4
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- celle-ci vient à redescendre. Dans cette j descente , le piston devient de plus en plus léger à cause de son immersion croissante, par conséquent l’eau dans les colonnes P,P remonte de leurs bases Par les tubes flexibles p dans la plaie-forme, où son poids agit comme force régulière compensatrice pour cct accroissement de capacité de flottaison flue l’appareil mobile acquiert ainsi.
- On pourrait adopler diverses autres dispositions pour rétablir cet équilibre, comme, par exemple , un poids agissant sur un système de poulies différentielles. Mais celle qui vient d’être décrite paraît être la plus avantageuse Pour atteindre le but proposé.
- Il est facile de concevoir que dans cette machine autant on veut élever de tonnes de matériaux , autant il faut faire sortir de la chambre E de volumes d’eau présentant le même poids, avec Une petite quantité supplémentaire Pour vaincre les frottements. C’est par cette particularité que l’invention présente une économie considérable sur tous les élévateurs, monte-charges, etc., flu’on emploie ordinairement où l’on se sert de l’action que la gravité exerce sur l’eau comme force ascensionnelle , Parce que dans ces machines il y a communément une dépense d’eau très-notable et bien supérieure au poids théoriquement nécessaire pour élever la charge indépendamment de celui Pour surmonter le frottement.
- On a représenté, dans la fig. 32, une section verticale prise par le milieu d un puits et d’un cylindre élévateur disposés d’une manière un peu différente.
- Dans cette autre disposition le puits ^ est construit et établi comme dans Jes fig. 30 et 31 ; mais le récipient ou flotteur B n’a qu’un seul compartiment, d est d’une capacité suffisante pour donner une force ascensionnelle égale a l’élévation de la plus forte charge 3Q’on impose à la machine, y compris e. Poids des pièces mobiles du méca-mstne. La plate-forme creuse C, au oinmet de la colonne D, est disposée Pour recevoir la quantité d’eau suffire Pour ^a‘re plonger cette colonne j Ie réservoir d’air, et c’est au moyen
- Ce poids d'eau qu’on parvient à des-a n.dre à vide. Lorsque la plate-forme ^ r,ve au bas de sa course et pénétre j*r|s le bassin ou la caisse E , l’eau em-fl'oyée pour la faire descendre s’écoule la soupape F, puis par la colonne le et l’orifice G, placé au bas et dans U- Poils où elle peut être évacuée à
- Süre par ie mbe de décharge H. Dès
- Le Terknologiste, T. XI.— Juin 1«50.
- que l’eau s’est ainsi écoulée de la caisse de la plate-forme , la machine est prête à recevoir pour l’élever une charge égale au poids de l’eau ainsi écoulée, la vitesse de l’ascension étant réglée , comme précédemment, par la soupape à air K qui s’ouvre dans la portion supérieure du cylindre D. Les tubes flexibles 1,1 , qu’on a représentés brisés dans la figure, sont disposés comme dans la figure 31 pour servir à conduire l’eau employée comme poids compensateur.
- Dans les cas où un appareil construit sur ce principe ne serait employé qu’à descendre seulement des fardeaux, il est évident que la charge, si elle était supérieure à la capacité de flottaison du réservoir d’air, ferait descendre la plate-forme et le cylindre sans l’assistance de l’eau dans la caisse de plateforme, et qu’au contraire dans les situations où l’on peut facilement se procurer une force hydrostatique considérable, comme par exemple des eaux provenant d’un niveau supérieur, cette force pourrait être utilement employée pour faire redescendre le mécanisme à vide ou sans charge.
- Il est bon d’ailleurs de faire remarquer, d’après la description précédente, que c’est seulement dans les localités où les marchandises et les matériaux ne font seulement que monter qu’il y a une perte d’eau. Mais dans les applications de l’appareil dans les entrepôts ou les stations de chemins de fer où les marchandises circulent dans les deux sens, on peut se dispenser du contrepoids d’eau, attendu que le poids de ces denrées en descendant fait descendre aussi les chambres flottantes.
- D’autres modifications apportées par M. Simpson à ses plans s’appliquent à l’élévation, à la descente ou à la décharge des marchandises dans les navires et sur les ports, au mouvement dos fardeaux et des matériaux et au passage des bateaux d’un bief dans un autre qui ne serait pas au même niveau sans avoir recours à des écluses, et en dépensant infiniment moins d’eau qu’avec celles-ci ; bien plus dans le cas où le trafic serait plus considérable à la descente, en remontant de l’eau du niveau inférieur à celui supérieur. Dans le cas d’un trafic égal dans chaque direction, il n'y aurait pas de perte d’eau, et ce ne serait que dans le cas où toutes les charges remonteraient qu’on perdrait un peu de ce liquide.
- Dans l’un de nos prochains numéros, nous donnerons une description avec figures d’un élévateur de canal pour
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- remplacer les écloses, et on y verra l’application de cette machine aux plus grandes élévations qu’on ait encore fait franchir aux fardeaux par le moyen de ces dernières.
- Sur les essieux de chemins de fer.
- La question de la construction des essieux pour les voilures des chemins de fer intéresse à un si haut point la sécurité publique, la rapidité des transports, l’avenir de ces nouvelles voies de communication et enfin la construction en général des machines qu’il conviendrait peut-être de livrer à la connaissance du public toutes les tentatives qui sont faites presque journellement pour modifier, améliorer ou étudier cette partie du système des constructions, mais beaucoup de ces tentatives restant à l’état de spéculations. et un grand nombre étant abandonnées dès leur apparition, il ne reste à enregistrer que quelques travaux sérieux ou pratiques, les seuls propres à faire avancer la question. Nous rangeons parmi ces derniers un mémoire sur la construction des essieux de chemins de fer, lu par M. J.-E. McConnell à l’institut des ingénieurs-constructeurs de Londres dans la séance du 24 novembre 1849 de cette société, sous la présidence de M. R. Slephenson , et dont nous allons présenlcr un extrait, en le faisant suivre d’un résumé de la discussion qui s’est élevée à ce sujet.
- « Je me suis efforcé, a ditM. McConnell . de rechercher s’il n’y aurait pas quelques données propres à me servir de guide dans le résumé que je me proposais de faire des expériences combinées sur ce sujet ; mais, je regrette de le dire, malgré des recherches faites avec ardeur et avec soin, je n’ai pu arriver à mon but. Comme un exemple de la diversité des opinions, ou plutôt peut-être de l’absence de règles certaines pour guider les ingénieurs dans le rapport de la force des essieux à leur poids et aux efforts qu’ils doivent supporter, je citerai 1rs formes differentes actuellement en usage quelquefois sur des portions d'un même chemin, et ferai remarquer qu’il n’y a peut être pas de preuve plus flagrante de la nécessité d’avoir quelques principes definis dans cette question. Des raisons évidentes par elles-mêmes s’opposent à ce que je me prononce direc-
- tement ou indirectement sur tel ou tel mode de fabrication des essieux ou sur la qualité des fers dont on les compose, je me bornerai donc simplement à la question de leur forme et de leurs dimensions, ainsi qu’aux changements et aux détériorations auxquelles ils peuvent être exposés dans leur travail, en supposant dans tous les cas que les matériaux qui entrent dans la construction de l’essieu et son mode de fabrication sont çeux qui ont reçu la sanction de l’expérience.
- » Pour arriver à la connaissance de la meilleure formeet desdimensions les plus avantageuses à donner aux essieu* de chemins de fer, on doit d’abord s’assurer de la charge et du frottement auxquels ils seront exposés, et en second lieu estimer aussi exactement qu’il est possible les efforts qu'ils auront à supporter pendant le mouvement. Supposant un wagon ou une voiture constamment à l'état de repos, il suffirait de considérer l’essieu comme une barre de fer portant une charge de. cinq tonnes sur ses deux tourillons ou fusées, les points d’appui étant les roues qui reposent sur les rails et la portion moyenne de l’essieu, ayant une force suffisante pour soutenir la roue ou appui dans une position verticale. Ou n’aura donc qu’à rechercher quelle doit être la force proportionnelle pour que chaque section de celle barre offre la résistance suffi-ante à l’effort ou à I* charge qui doit peser sur elle.
- On affirme comme calcul approsi-matif, qu’un tourillon de 0“,028ti5 de diamètre ne peut pas porter, à l’état de repos, une charge qui dépasse 2540 kilog., et admettant dans la pfd' tique que l'essieu de wagon ou de voiture doive avoir dix fois la fo\‘ce qui le ferait rompre, qu'alors le djd" mètre du tourillon doit par le calcul, être de 0m,061719. Dans ce calcul on ne considère que la résistance, mais il faut aussi mettre en li£nC de compte le frottement et la tendance à l’usure. Dans l’état actuel de n°e connaissances on ne possède aucun donnée utile pour la détermination (i la meilleure longueur à donner au 1°^ ri lion ou à la portée suivant la chaCo ou la vitesse du mouvement ; on a ci ployé à cet égard les dimensions les P variées; mais il est essentiel de n° que dans les essieux des locomoH'e ’ en particulier, la longueur dépend jU qu’à un certain point de la constriicli ^ et de la disposition de la machine^ comme règle générale la *on^nye-n’est pas dans une proportion co
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- nable, d'après notre expérience générale , avec le diamètre.
- « On a toujours considéré qu’après s’êlre d'abord assuré par l’exemple et l’expérience de l’aire de section nécessaire pour porter dans toutes les circonstances, la charge sur le tourillon, que la longueur de celui-ci devait être déterminé par la vitesse ou la quantité de frottement auquel il était exposé. A en juger par les essieux actuellement en usage pour les voitures et les wagons. la longueur de l'appui serait le double du diamètre du tourillon, mais sur ce point ainsi que sur beaucoup d'autres relatifs à la résistance des matériaux, il existe une grande divergence d’opinions. Un trouve même que la forme du tou fillon est extrêmement variable. Je ne me prononeerai pas sur le mérite de chacune de ces formes, mais je dirai que toutes mes expériences ont démontré la nécessité de maintenir les surfaces frottantes ou portantes, autant quil est possible, exemples de ressauts musqués, d’arêtes vives et d’alterations subites dans le diamètre ou l’aire de section.
- » Voyons maintenant quels sont les efforts variés auxquels l'essieu est exposé pendant son mouvement.
- » Le premier effort auquel l’essieu est soumis est celui qui provient du Poids du wagon et de la charge qui, reçue ou portant sur le tourillon, produit son plus grand effet sur l’essieu à 1 extérieur du moyeu de la roue, effort aUque| il faut ajouter la force vive de la charge tombant dans les inégalités °'i les points <lc jonction des rails. Les Conséquences désastreuses des inégales de la voie ou des portions aplats de la surface du bandage de la foue sur l’essieu par le mouvement Saccadè vertical qu elles produisent, ne Peuvent être calculées avec exactitude, feulement elles sont beaucoup accrues ^0rsque les res-orts n’étant pas sulfi-®atïimenl élastiques ne cèdent pas sous e choc. A ce sujet je citerai les res-s°rts employés sur plusieurs wagons que leur forme ou leur construction godent tellement rigides que la chute véhicule produit un choc ressi-rn-®lani à celui d’un marteau sur une jnclume. Pour obvier à celte action il <î,,t donc proportionner le ressort à la jharge qU’ii doit porter en lui laissant JL'asticite nécessaire pour absorber les
- 'cts ne I oscillation de la charge.
- ^ b effurt provenant de l’oscillation du ^agon dans les courbes ou bien d’un ct>uplement, imparfait effort dont
- l’effet augmente par le jeu dans les boites ou celui entre les rails et les boudins des roues quand il y a irrégularité sur le côté du rail, ou qu’une cause fortuite trouble le mouvement direct intérieur du wagon est, sous le rapport de ses conséquences , le meme qu’un choc exercé sur le boudin de la roue, le rayon de celle-ci tendant à agir comme un levier pour rompre l'essieu au droit du plat interne du moyeu. Cet effort est en raison composée de la force vive acquise par la charge de l’angle sous lequel la roue frappe le rail et de la distance du centre de l’essieu au point d’application de la force, et produit un effet sur cet essieu au point de son insertion dans le moyeu qui se propage proportionnellement à la longueur entière entre les roues. Pour diminuer autant que possible dans la pratique, les effets désastreux de ces efforts sur l’essieu il convient d’avoir égard aux conditions suivantes.
- » Les tourillons doivent être ajustés aussi exactement dans les coussinets que le permet la liberté du mouvement, la différence entre les faces extérieures des boudins et la jauge ou largeur intérieure de la voie étant parfaitement sudisanlc pour permettre au véhicule de se mouvoir librement dans les courbes et de franchir les inégalités dans cette jauge. Les voitures et wagons doivent être charges aussi également que possible et les chaînes de tirage placées exactement sur leur ligne centrale; les chaines latérales étant dangereuses et devant être abandonnées on adoptera une chaîne centrale double en cas d’accident. Les avaries au chargement des wagons étant proportionnelles aux oscillations, ceux ci doivent être réunis les uns aux autres par des accouplements à vis avec tampons à ressorts aux deux extrémités de chacun d’eux. On sait que les avaries au wagon, au chargement qu'il transporte, a l'essieu sur lequel il repose et à la voie quil parcourt, s'aggravent beaucoup si ce wagon éprouve un mouvement de lacet qui transforme chacun de ci s véhiculés en autant de moulons ou béliers qui se détruisent eux-mêmes ainsi que tout ce qu’ils louchent. Un convoi de wagons ou de voitures devrait être articulé comme les vertèbres d’un animal pour neutraliser toute action latérale de l’un d’eux par 1 appui que lui prêterait celui qui le suit. Du reste la voie doit être maintenue exactement dans sa jauge et sa direction.
- » Le troisième effort aut^H d les es-
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- sieux sont sujets consiste dans les chocs produits au moment où l’on met le convoi en marche et où on l'arrête. Cet effort est proportionnel à la force vive acquise par la roue et l’essieu au moment de la collusion lors d’un arrêt et et à la vitesse de la force impulsive ainsi qu’à l’inertie des roues et de l’essieu au départ. Ces efforts se font ressentir principalement au collet du tourillon.
- » Le quatrième effort consiste en un effort de torsion lorsque les roues parcourent les portions courbes de la voie ; la différence de longueur de voie qu’ont à parcourir les deux roues contraint l’une d’elles à glisser tandis que l’autre roule librement. Cet effort est proportionnel à la charge sur la roue qui détermine la quantité de frottement sur les rails et à la longueur de l’essieu entre les roues. Une légère torsion se produit aussi lorsqu’il y a une petite différence dans le diamètre des roues callées sur un même essieu ou inégalité dans la charge qui pèse sur chaque tourillon ou dans la nature des coussinets, le degré de graissage, ou l’effort du frein sur un des côtés, parce que lorsque ces causes se présentent seules ou réunies, la moitié de cet effort extra sur l’un des tourillons se transmet à l’autre par l’essieu et produit une torsion qui affaiblit nécessairement celui-ci. Pour atténuer ces effets, il faut maintenir les roues dans le meilleur état possible de réparation, c’est-à-dire avec diamètres égaux et bien rondes , que la charge soit également répartie sur chacune d’elles, que les tourillons soient bien graissés et que les freins exercent la même pression sur les deux roues d’un même essieu.
- » Le cinquième effort est la vibration constante de l’essieu tout entier. C'est celui qui joue le principal rôle et dont l’effet s’accélère lorsque l'essieu est fixé dans une roue rigide et sans élasticité. L’expérience m’a démontré que les essieux fixés dans des roues en fonte sont beaucoup plus sujets à être détériorés que ceux calés dans des roues en fer forgé, et les vibrations tendant à détériorer la qualité du fer en altérant sa texture et la faisant passer de l’état fibreux à l’état cristallin sont manifestes dans leurs effets dans les essieux cassés que j’ai eu l’occasion d’observer. 11 semble que la roue en fonte agisse comme un marteau sur l’essieu et comme dans le martelage à froid qu’il y ait rupture de la fibre sur les points où porte la
- roue, fait indiqué par un anneau extérieur variant en largeur de 0m,0l0à 0m,018, dans lequel la cohésion semble être complètement détruite et où un choc fortuit de la roue sur quelque point de la voie détermine une rupture.
- » Parmi d’autres causes qui contribuent à la détérioration des essieux, on peut citer l’habitude de verser de l’eau froide sur l’essieu pour le refroidir, lorsqu’il est devenu presque rouge par défaut de graissage suffisant au tourillon. Quant à l’effort auquel est soumise la portion de l’essieu entre les roues, il n’y a pas de doute que si la forme de cet essieu recevait des proportions telles que tout choc transmis par la roue se partagea également à tout le corps de l’essieu et que la résistance dans toutes les sections balança l’effet du choc que l’essieu se trouverait alors dans l’état le plus propre à résister à toute détérioration dans un point particulier quelconque. C’est donc dans le but de déterminer le point le plus faible dans un essieu ordinaire de wagon dans différentes circonstances que j’ai entrepris quelques expériences que je vais faire connaître.
- » Dans la première expérience on a appliqué la force au boudin de la roue et la résistance (comme dans le cas d’un essieu de chemin de fer en marche) au centre de la roue opposée. Le résultat a été que l’essieu a commence à prendre une courbure à 0m,31748 du moyeu de la roue à laquelle la force était appliquée, et nul doute que si l’on eut continué à faire agir la force la rupture n’eùt eu lieu vers 0m,3t
- » Comme preuve de ce fait dans la seconde expérience, un essieu ayam précisément la même forme et les mêmes dimensions , courbé alternatif' ment dans un sens, puis dans celui op' posé, la force étant toujours appliff.°e® sur la même roue , mais en des poiu^ opposés, a rompu à la douzième tour* née à 0m,1524 de la face postérieure « la roue.
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- » Dans la troisième expérience force et la résistance ont été exac ment dans une ligne parallèle au ce tre de l’essieu, et le résultat a été, ain qu’on devait s’y attendre, une co bure de rayon presque uniforme, ceq^ prouve que bien que la forme de essieu fût adaptée pour recevoir chocs des deux roues précisémeri même moment et dans le même port (circonstance impossible a rea dans la pratique), elle n’était cep
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- dant pas apte à recevoir ces efforts ou j chocs alternatifs auxquels sont exposés tous les essieux dans le service ordinaire. Les dimensions des essieux ont été les mêmes dans les trois expériences précédentes.
- » On a pris dans la quatrième expérience un essieu des mêmes dimensions qu’on a réduit au centre sur le tour aux dimensions suivantes.
- » L’essieu a été partagé en huit parties égales à partir du plat intérieur de la roue jusqu’au milieu de l’essieu. Immédiatement derrière le plat de cette roue, l’essieu avait 0m,1016 de diamètre et l’inflexion a été en ce point de 0m,2413 ; à la première division le diamètre était 0m,0857 et l’inflexion a été 0m,2141 ; à la seconde division le diamètre était 0in ,0809, et l’inflexion a été 0m1778;à la troisièmedivision, le diamètre était 0m,0777, et l’inflexion 0m,1428 ; à la quatrième division 0m,0746, et l’inflexion 0m,1080. Jusqu’à ce point l’essieu s’est maintenu droit jusqu’au plat de la roue, tandis qu’à partir de Ce même point jusqu’au milieu, ainsi qu’on le voit par les inflexions, il a pris une courbure régulière, démon-trantqu’il était plus faible vers le milieu qu’il n’aurait dû l’être et que les premiers 0m,3048 à 0m,3555, à partir de la roue qui ont conservé leur forme droite, étaient proportionnellementplus résistants.
- » Dans la cinquième expérience, l’essieu a été réduit à 0m,0635 au centre en appliquant une force semblable à celle du dernier cas , la faiblesse au centre est devenue plus manifeste.
- » L’essieu dans la sixièmeexpérience avait une forme différente et plus faible immédiatement au plat de la roue et au milieu- On a eu dans ce cas deux courbures avec portion droite entre elles.
- » Lors de la septième expérience on a voulu perfectionner la sixième, mais on n’a pu parvenir à réaliser un balancement parfait de la force aux différents points.
- » Dans la huitième expérience, on y est parvenu parfaitement avec les dimensions suivantes: Du plat intérieur de la roue au milieu de l’essieu les dimensions ont été en diamètre 0m,1032; 0m,0825; 0“,0762; 0m0730; 0"\0714; 0“,0698 ; 0m,06824 ; O1»,0666. La moitié de l’essieu étant partagée comme fluparavant en huit parties égales.
- » Il est évident que ce ne sont laque des résultats approximatifs, mais ces proportions nous permettent toutefois
- d’approcher d’assez près d’une courbure régulière dans la flexion de l’essieu, et chose digne de remarque, c’est que lorsque les dimensions de l’essieu au tourillon et dans le moyeu de la roue sont déterminés, un calcul pour établir les proportions exactes de la portion entre les roues semble confirmer les rapports en dimensions de la huitième expérience. Le plus grand effort auquel cette portion de l’essieu est soumise étant appliqué à la partie inférieure du boudin de la roue et transmise par son rayon, la quantité de cet effort, auquel une portion quelconque de cet essieu doit résister, est en raison inverse de la distance angulaire du point d’application au rayon de la roue.
- « Admettons que le choc sur le boudin de la roue exerce une force de rupture égale à 46,351 kilogr. et que le diamètre de l'essieu, soit 0m,1196 pour pouvoir résister à ce choc, alors en partageant l’essieu en quatre parties égales jusqu’au milieu, la force qui opérait la rupture serait en chaque point comme il suit. Première division, 42,792 kilog., diamètre relatif 0m,H65; seconde division , 36,588 kilog., diamètre relatif 0m,1105; troisième division, 30,739 kilog., diamètre relatif 0m,1044 ; et quatrième division, 26,674 kilog. et 0m,0996.
- » Quant aux essieux de locomotives, ces proportions seront applicables toutes les fois qu’il n’y aura pas de circonstances qui obligent de se servir du milieu de l’essieu pour la transmission du mouvement. Les essieux coudés des locomotives ne peuvent être régis par les mêmes règles que les essieux droits et nos expériences tendraient à démontrer que même avec les plus grands soins apportés à leur fabrication, ces essieux sont sujets à une détério ration rapide provenant des vibrations agissant avec une énergie croissante à causedeleur forme particulière.La rupture à l’angle de la manivelle est tellement certaine et commune par cette cause qu’on peut à peu près prédire à coup sûr pour certaines classes de machines le nombre de milles que leurs essieux pourront franchir avant qu’il se manifeste des signes de rupture. On peut prévenir à un certain degré les avaries en disposant des contre-poids à l’opposé de chaque manivelle ce qui diminue considérablement les vibrations, mais il est juste de faire remarquer ici que jusqu’à un certain point, on peut aussi augmenter les avaries dans tous les essieux si les roues dans lesquels ils sont calés ne sont pas con-
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- venableraent équilibrées, et je ne doute nullement qu’une grande partie de la vibration constante à laquelle ils sont exposés ne doive être attribuée au martelage de la roue sur le rail par suite d'un défaut dans l’équilibre statique. La question tic la détérioration des essieux par les diverses causes dont je viens de faire l'énumération est très-importante : c’est un fait qui me parait aujourd'hui établi qu’il se produit des changements dans la nature du fer, changements qu’il fautélu-dicr attentivement.
- » Les causes qui j’ai assignées à ces changements de l'étal de fer fibreux à celui de 1er cristallin semblent être confirmées à l’inspection d’un certain nombre d'essieux rompues que j’ai réunis; mais il n’est pas possible dans un premier mémoire d’exposer tous les faits qui se rattachent à ce sujet, seulement pour pouvoir acquérir des notions plus Complètes, j'ai l’habitude aujourd’hui d'enregistrer tout essii u qui sort de la forge et de le suivre dans toutes les phases de son service, ce qui me permettra plus tard de portor un jugement sur le mode de fabrication de ces pièces et sur la durée du travail qu’on peut en attendre. »
- Dans la discussion qui a suivi cette communication à l’institut des ingénieurs constructeurs, M. Ll.Stephenson a contesté le fait de lai transformation du fer fibreux en fer lamelieux par l’influence de vibrations prolongées et a cité plusieurs pièces de grandes machines exposées depuis plus de vingt années à des chocs violents et répétés, et qui cependant n’ont pas cessé de pré-sen er une structure fibreuse. Il ne croit pas non plus que les expériences de M. McConnell représentent parfaitement les faits comme ils se passent dans le service des chemins de fer où les essieux rompent rarement au mi-lieu, mai' tout près du moyeu de la roue; seulement il reconnaît que la diminution du diamètre des essieux vers leur partie moyenne est avantageuse en leur donnant plus d’élasticité et pour ceux des lococomolives en diminuant l'effort dans la poriion coudée.
- M. H. Smith a dit que dans les fers forgésla parlieextérieurepréscnlait une plus grande ténacité que celle intérieure, cl que par conséquent on diminuait la résislaneedans un rapport plus grand que ta diminution du carré du diamètre en allaiblissant l’cssicu. Il a déclaré qu’ayant fait de nombreuses expériences de martelage à froid de fer
- fibreux, il les a toujours vues passer à l’état de fers lamelieux.
- M Cowper a déclaré que dans son opinion tout essieu qui, lors de la rupture, a présenté une structure cristalline n’a jamais dû avoir une structure fibreuse.
- M. Ramsbollon a dit que toutes ses observations tendaient à confirmer l’opinion d’un changement dans les essieux par suite d’un action mécanique, lia cité, entre autres exemples, un essieu où la forme du tourillon n'était pas Irè'-satisfaisante et dont l'extrémité a rompu, apres deux coups d’un marteau du poids de 5kil,441. Cet essieu avait fait un service très-rude pendant trois années et en essayant la portion encastrée dans le moyeu de la roue qui n’avait été soumise qu’à de légers efforts, il a fallu 79 coups du même marteau pour la rompre tant elle était restée fibreuse.
- M. U. Stephenson a insisté de nouveau sur rinsulïisancc des preuves qu’on allègue pour démontrer qu’un essieu a passe de l’état fibreux à celui lamelieux. Ce sujet, suivant lui, méritant la plus sérieuse attention , ü engage tous les ingénieurs à suspendre leur jugement à cet égard jusqu'à ce qu'on ail ait acquis des preuves irrécusables de ce changement moléculaire dans le fer.
- M. McConnell croit pouvoir présenter une preuve incontestable du changement de texture du fer dans un essieu, dont une poriion était évidemment fibreuse et où l’autre se rompait comme du verre. Cet essieu a été mis sous le marteau pilon, puis chauffe et refroi' di.et lorsqu'on a voulu le couper en deux, il a fallu un nombre considérable de coups de marteau pour le rompre* mais comme l a fait remarquer le president, une pièce de fer qu’on forge et qu’on laisse refroidir graduellement, acquiert un grain fin et serré sansdevenif lamelleuse ou fibreuse, tandis que si on la refroidit subitement, elle prend une structure cristalline, et que, si on la *a' mine pendant quelle refroidit, elle devient fibreuse, mais sans éprouver aucun changement moléculaire par une autre action mécanique après son refroidissement.
- M. Slate ne croit pas non plus qu y ait cbangementde la structure libreus à celle lamelleuse dans un fer, à moif* qu’on ne le soumette à des efforts qo dopassent les limites de son élastn’,le ’ et il a cité à son tour des pièces de .m* chines soumises pendant plus de 1° a
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- nées à des efforts de 3 1/2 tonnes, et qui au bout de ce temps n’ont présenté aucune structure lamelleuse . et entin une expérience qu'il considère comme concluante, qu’il a faite en construisant Une machine dans laquelle une barre Carrée de 0m,025 de côté a été soumise à un effort équivalent à 5 tonnes avec un poids additionnel de 2 1/2 tonnes qu’on levait et abaissait alternativement au moyen d’un excentrique 80 à 90 fois par minute, mouvement qu’on a continué pendant un temps qu’il considère comme égal à 90 années de service sur un chemin de fer sans qu’aucun changement dans la structure infime du fer ait été aperçu.
- Depuis quelque temps on a fait usage sur la ligne de chemin de fer de Shrewsbury à Birmingham d’un nouveau genre d’essieu dit composé de l'invention de AJ. Briggs et fabriqué par il. G.-B. Thorneycrofl, maître de forge et fabricant d’essieux, à Wolverhamp-fon. Cette introduction ayant provoqué Une controverse sur le mérite des essieux de l'ancien système et surtout du modèle dit de Hardy et ceux du nouveau ou de Briggs, AI. Thorney-croft, l’un des administrateurs de la ligne ci-dessus, a engagé le conseil à soumettre le nouveau principe à des expériences , en faisant fabriquer d’un côté un essieu plein ou solide, et de l’autre un essieu composé avec la même qualité de fer, par le même ouvrier, cri chauffant dans le même four avec la même qualité de houille, passant aux mêmes laminoirs, et amenant au blême échantillon, le tout en même temps. Ces opérations ayant été exécutées, les essieux ont été mis en expérience, et voici les résultats qu’on a obtenus.
- L’essieu plein ou solide modèle Hardy a rompu en deux sous une pression de 78 1 fï tonnes; l'essieu composé ne s est rompu que sur la moitié seulement de la portion creuse sous une charge de 89 1/A tonnes, en laissant parfaitement sain l’essieu intérieur qu’on a ensuite rompu par voie de tension.
- Cette épreuvé n’ayant pas paru entiè-rctuc*nt concluante, à cause deladiflé-r< uce des diamètres, Al.Thorneycrofl a *oit prendre au hasard parmi les essieux (}u nouveau modèle l’un d eux loi a été ramené par la lime et le tour '‘bx dimensions exactes de l’ancien rat»-dèle, et quoique cet essieu ait été ainsi beaucoup affaibli, il s’est cependant montré encore supérieur à celui de Hardy,
- On a fait représenter dans la fig. 33,
- pl. 129, la forme qu’a pris dans l’appareil d épreuve un essieu plein patenté de Hardy ayant les dimensions marquées dans la figure, et qui sont celles ordinaires. Cet essieu, sous une charge de 56 tonnes, a rompu net au milieu. Son poids était de 130kil-,45.
- La fig. 34 représente un essieu composé, patente de Briggs, fabriqué par AI. Thorneycrofl. Le principe de sa construction consiste dans l'introduction d une barre de fer malléable au centre, qu'on y insère pendant le passages aux laminoirs et dont les extrémités sont ensuite soudées aux centres des tourillons, ainsi que l’indique la figure. Cet essieu est donc formé (l’un tube creux et d’une barrede tension introduite à son centre. Le tube est d’abord soudé elen partie laminé, alors on y introduit la liarre centrale qui est froide et aOm,()381 île diamètre, puis on termine au laminoir. La charge qui a occasionné la ruolure a été dans ce cas de 67 tonnes et la section supérieure seule du tube a été rompue. Le poids était 127kil ,72.
- On a représenté dans la fig. 35 un essieu composé patenté où la charge de rupture a été 110 tonnes; la portion supérieure du tube s’clail seule aussi rompue , et le poids était 145kil-,6.
- En poursuivant les expériences sur l'essieu composé, on a essayé de lui donner la forme particulière représentée dans la fig. 36, afin de s’assurer de l’effet que produirait une réduction de diamètre dans la partie centrale sur la résistance comparée à celle d’un essieu non réduit , en appliquant à ces deux essieux les forces auxquelles ces pièces sont ordinairement soumises. On a employé deux moyens d’épreuve avec cet essieu , savoir : la force vive ou le choc d’un mouton du poids de 208kil-,56 tombant d’une hauteur de 3,n,595, force vive qui était ainsi à chaque coup de près de 2 1 /2 tonnes. Dans la fig. A est le point relatif d'application du mouton, A' celui de l’appui dans la première série des expériences qui ont été, faites sur les deux extrémités ( ces deux extrémités ont rompu comme le montre la fig. 37), B la position du mouton , et B' celles de l’appui dans la seconde série d’expériences sur les deux extrémités (qui se sont courbées comme dans la figure). Pendant ces deux séries l’essieu a été chargé au centre et à l’extrémité,
- 1,e série. Expériences sur les extrémités G et H L’extrémité G a rompu à la 14e chute du mouton , et l’inflexion avant le dernier coup a été de 154°.
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- Celte extrémité avait un diamètre de 1/16 moindre que celle H. Cette extrémité H a cédé au 15e coup de mouton, et l’inflexion avant le dernier coup a été 148°. Il paraîtrait donc que dans la force de résistance au choc il n’y avait pas de différence bien sensible, quoique H fût de 1/16 plus fort que G.
- 2e série. Expériences sur les extrémités E et F. L’extrémité E a reçu 46 coups de mouton et s’est courbée sous un angle de 162°. Celle F a reçu 46 coups et s’est courbée sous un angle de 157°. Il est donc évident qu’en réduisant l’essieu au centre, on réduit la force de résistance au choc dans la portion où l’on cale les roues dans le rapport de 46 à 16 ; ce qui représente 187 pour 100 en faveur de l’essieu non réduit.
- Un autre essieu fabriqué en même temps, réduit au diamètre de 0m.1016 au centre, soumis à un effort transversal , s’est rompu jusqu’à la barre de fer intérieure sous une charge de 68 tonnes, tandis que l’essieu non réduit de 0m,1142 de diamètre a porté 116 tonnes, sans la moindre apparence de rupture; ce qui indique un avantage de 70 1 2 pour 100 en faveur de l’essieu non réduit.
- Enfin, comme la résistance des essieux à la torsion est proportionnelle aux cubes de leur diamètre et des vitesses, l’essieu non réduit est donc de 42 pour 100 plus résistant à la torsion qu'un autre réduit au centre.
- kil.
- Le poids d’un essieu non réduit est 145.50
- Le poids d’un essieu réduit.........127.72
- Différence................. 17.78
- Mais l’essieu réduit étant 2 fr. 50 plus cher par quintal métrique que celui non réduit, on voit que l’économie des frais en employant un essieu réduit est à peine sensible, tandis qu’on perd
- pour cent.
- En résistance au choc................187.5
- En résistance à un effort transversal 70.5 En résistance à la torsion...........42.»
- Lavage du charbon de terre.
- Par M. Jobard.
- Tout le monde sait ce que c’est que le menu des houilles, ce déchet encombrant du carreau des mines qui cause
- le désespoir des exploitants, et dont ils ne peuvent se défaire qu’à vil prix, ce qui ne laisse pas de nuire à la vente du gros charbon. C’est au point que de très-grands établissements ont sérieusement mis en délibération la question de savoir s’il ne leur serait pas plus profitable de mettre le feu au menu ou de le jeter à l’eau que de le vendre. Grâce à un procédé de l’ingénieur Ber-hard , le menu des houillères se trouve élevé aujourd’hui à la dignité de gros charbon ou de coke de première qualité.
- On sait qu’en arrivant au jour, la houille est mêlée de débris pierreux et de substances étrangères dont il est aisé de débarrasser à la main les gaillettes et la gailletterie; mais le menu reste chargé de toutes les terres, pyrites ou schistes en si petits et si nombreux éclats, qu’on a toujours renoncé à en essayer l’épuration ; comme rien n’est impossible à la science , M. Berhard a profité de la différence de densité de la houille et du schiste pour en opérer le décantage au moyen d’un procédé des plus ingénieux.
- Une machine à vapeur met en mou-ment un élévateur à godets assez semblable à ceux des dragueurs ; ces godets s’emplissent de menus qu’ils ramassent à la sortie d’une vanne alimentaire ; ce menu , parvenu au haut de sa course, tombe dans une trémie qui le répand sur un crible allongé et incliné , où ü reçoit un premier tamisage ; les gros morceaux sont jetés dans un compartiment, les autres passent sur un second crible, puis sur un troisième , à trous successivement plus petits : de sorte que le charbon se trouve séparé en cinq ou six sortes, qui tombent chacune dans un bac plein d’eau dont le fond est un crible sur lequel les schistes, les py* rytes et autres corps étrangers plus pÇ' santsque la houille finissent par se déposer par suite d’une agitation de l’eau poussée de bas en haut par un piston qui fait pour ainsi dire danser continuellement toute la masse.
- Mais comme la houille s’accumu|e sans cesse à la partie supérieure, efie finit par atteindre le niveau d’un trop plein ou déversoir à plan incliné sur lequel elle est poussée par un couran d’eau continu. Cette eau, après avoi rempli sa mission de chasser le charbo devant elle, rentre dans le réservoi^ général d’où elle est puisée par un pompe pour resservir sans fin. Le cha ' bon épuré et assorti tombe directeme dans les wagons qui l’attendent pour porter au four à coke ou ailleurs.
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- Pendant que la houille s’en va d’un c°lé, le schiste s’en va d’un autre et Saccumuie dans un réservoir spécial d où on le retire le soir. Cet appareil continu peut marcher jour et nuit.
- La machine à fabriquer le coke de Berhard est au moins aussi ingénieuse que la précédente. C’est à notre jjens le plus beau et le plus excellent *°ur à coke qu’il soit possible d’imaginer.
- Il est long , étroit et profond ; il a ceux portes en fonte garnies de brigues réfractaires et qui s’ouvrentà deux nattants, de toute la largeur du four; une voûte mobile portée sur des rails *e recouvre. La sole du four est percée de trois rangées de trous au centre et ®ur les flancs; on place dans ces ouvertures des cylindres en tôle destinés à naénager des évents pour les courants ?e flamme ; on charge le four de menu a l’aide d’une vaste trémie courante •lui contient d’avance tout le combustible nécessaire à remplir le four tout n’un coup pour ne lui pas laisser le temps de se refroidir. Une machine à tasser le menu succède à la trémie. On arrache alors les cylindres à évent, et <>n pousse la voûte à sa place ; bientôt *e gaz commence à se former par la chaleur restante , la flamme s’élève par Jos évents latéraux et va plonger dans J* évents du centre pour se rendre par •tes carneaux à la cheminée d’appel. Quand ce jeu a duré quelque temps , On tour de registre suffit pour établir *e courant de la flamme en sens inverse. Ce changement de direction a Pour but de perfectionner la combustion et de détruire les cadmies et fuliginosités qui auraient pu noircir le c°ke. Tout ceci est déjà ingénieux, mais !;e qui ne l’est pas moins, c’est le détournement qui se fait d’un seul coup et en seul bloc.
- Voici comment : on ouvre les deux Portes opposées du four dont nous avons déjà parlé , on approche une voi-tore ou wagon en tôle d’une de ces Portes , on pousse sur l’autre porte un P*ston en fonte, de la dimension du °ur, à l’aide d’une vis mue par une °be à chevilles, manœuvrèe par deux Ouvriers et montée sur un chariot mo-î’e qui peut passer d’un four à l’autre, j nsi que le wagon-étouffoir; quand le .?0r est vide et que la masse toute en->ere est passée dans l’étouffoir, on en erme la porte hermétiquement. Voici .e qui se passe alors dans ce wagon cha MCS parois ne tardent pas à s’é-
- Comme ces parois sont doubles et
- remplies d’eau, cette eau se met en ébullition et produit une vapeur épaisse qui enveloppe la masse de coke, s’insinue dans toutes ses crevasses et ne tarde pas à l’asphyxier complètement, tout en détruisant le gaz sulfureux qu’il contient et qui s’échappe à flots par une soupape placée au sommet du wagon.
- On obtient de la sorte le coke le plus brillant et le plus dur, parce qu’il a été comprimé et n’a pu se gonfler; le charbon maigre lui-même , traité par le procédé de M. Berhard donnerait, nous n’en doutons pas, un coke de bonne qualité et propre à une foule d’applications industrielles, sans compter le chauffage des foyers domestiques.
- Il est à remarquer que le coke du gaz est épuisé tandis que le coke dont nous parlons donnerait beaucoup plus de chaleur sans donner ni cendres , ni suie, ni mauvaises odeurs.
- Sur le pont tubulaire Britannia du détroit de Minai.
- On lit dans plusieurs journaux anglais quelques détails intéressants sur cette construction gigantesque dont on ne trouve pas d’autre exemple dans les travaux d’art exécutés jusqu’à présent; en voici la substance :
- « La construction et le lancement de ces grands tubes est un des exploits les plus extraordinaires dont l’histoire des arts mécaniques et de ceux relatifs à la construction puisse s’enorgueillir.
- » Le projet de ces ponts tubulaires est une conséquence des difficultés toutes particulières qu’on a rencontrées pour faire franchir au chemin de fer de Chesler etHolyhead le grand bras de mer connu sous le nom de détroit de Minai. U a été adopté, après avoir mûrement réfléchi, que la construction de ponts ordinaires tels qu’un pont suspendu ou un pont avec arches présenterait des obstacles insurmontables par suite des difficultés inhérentes à la localité, à la grande largeur du cours d’eau , à la hauteur qu’il aurait fallu donner aux cintres dans les travées pour ne pas embarrasser la navigation considérable des bâtiments de fort tonnage marchant toutes voiles au vent, qui
- montent et descendent continuellement,
- et en même temps pour établir une sûre et prompte voie de communication pour le commerce entre Londres et Dublin, voie où l’on éprouve actuel-
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- lementdes retards de plus d’une heure à cause de la lacune qui existe au passage de ce détroit.
- » D’abord , on avait songé h approprier un des côtés du c.délire pont suspendu de Telford qui dans son tracé élégant et hardi, franchit le détroit un mille environ au-dessous du point ou sera établi son massif successeur; mais il devint bientôt évident qu'une construction aussi frêle ne conviendrait nullement au passage de pesants convois ; de pins que la ligne ne pourrait jamaisêlreconsidérée comme complète, qu’elle ne pourrait satisfaire aux exigences publiques à moins qu'elle ne se composât d'une construction rigide au lieu d’on ouvrage flexible jeté sur le cours d’eau. On abandonna donc de même l’idée d’établir un pont suspendu d’après les avis de l'administration qui déclarait qu’elle s’opposerait à une construction de ce genre.
- » Ce fut alors que Stephenson proposa d'établir un pont avec arches à un mille environ au sud de Carnarvon , du côté du pont suspendu de Telford dans une situation admirablement adaptée à ce service , puisqu’on y rencontre au centre du détroit un énorme rocher s’élevant au dessus des hautes eaux , et qui présentait une base suffisante pour asseoir la pile la plus massive. On résolut en conséquence à l’aide de cette fondation naturelle, de jeter sur le cours d’eau un vaste pont en fer de deux travées en fonte , chacune de -450 pieds d’ouverture, c’est-à-dire exactement de 210 pieds plus grande que la grande arche du pont de South-wark qui, bien qu’elle n’ait que 240 pieds n'en est pas moins la plus grande travée rigide qu’on ait construite jusqu’à présent. La hauteur de chacune de ces arches devait êlre de 100 pieds à la clef, et la dépense totale aurait été de 250,000 liv. stcrl. Pins tard, ce projet fut aussi abandonné, parce que l’amirauté exigeait une hauteur de 100 pieds non-seulement à la clef, mais encore à la naissance des arches , et qu elle prétendait que la structure projetée nuirait notablement à la navigation.
- » C'est ainsi qu’on a été conduit au projet grandiose et nouveau du pont tubulaire et rigide en fer forgé actuel, projet qui a été conçu et mûri par IM Sle-phenson avec l’assistance de MM. Fair-bairn, Ilodgkinson et E. Clark. La longueur totale de cette étonnante construction est de 1841 pieds, de bout en bout, et consiste en quatre grandes sections, les deux tubes extrêmes ayant
- chacun 230 pieds de longueur, et les deux tubes du milieu 450 pieds chacun.
- » Nous devons faire remarquer ici que le mut tube ne paraît pas l’expression propre pour indiquer cette construction ; qu'il implique l’idée d’une forme circulaire, tandis qu’elle e?1 parfaitement carrée. Ce nom provient de ce que les expériences qui ont été faites pour déterminer la forme du pont ont eu lieu avec des tubes cylindriques, elliptiques et rectangulaires, mais en réalité, la construction qui a été jetée sur le Minai est un immense corridor ou une vaste galerie avec rails pour la circulation des convois de deux fois450 pieds de développement.
- » Des expériences laborieuses d étendues . avaient précédé les travaux (1) ; mais une expérience plus récente et qui confirme l'exactitude des calculs des ingénieurs est celle qu’on a faite sur un tube de ce genre, mais sur une plus petite échelle, qui a été jeté sur le Cornway et à l’aide d'un télescope fixe. Sur l’une des parois les inflexions ont été avec un poids
- pouce.
- De 52 tonneaux.. . 0.48
- 112.........0.98
- 173......... 1.30
- 325 ........... 1.47
- et lorsqu’on a enlevé ces charges , Ie
- tube a repris sa foi me horizontale en moins de dix minutes. Ce tube a etc construit pour porter 2000 tonneaux indépendamment de son propre poids» charge dix fois plus grande que celle qu’il sera jamais appelé à porter. L’fr*' flexion occasionnée par les convois y les locomotives marchant à pleine vl' tesse est très-légère ; un poids de 300 tonneaux en a produit une de U'ü,s pouces.
- » Un phénomène trcs-rcmarquab c se manifeste dans celte vaste masse de fer du poids de 1000 tonneaux P;,r suite des changements de température qui l'affectent de la même manière ql,c le thermomètre. L'apparition momentanée du soleil à travers les nuages e<> élève le centre d’un pouce et pendu1 une inflexion horizontale de uri pouÇ^ et demi. La grande longueur et y nature de la matière qu’alfecte si lacl' lement une variation dans la tempe*^ ture , rendent facilement compte de ^ sensibilité de celle espece de lheriBO. mètre; on a calculé que le vent
- (I) Elles ont été rapportées dans le Techi*0 logisie, année, p. 43 i, 497.
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- une vitesse de 80 milles par heure, Cpsl-à.(lire qu'une tempête ne causerait Ou une pression de 128 tonneaux distribuée sur la face totale de l’une des Parois.
- » Les culées de chaque côté du détroit , consistent en des masses considérables de maçonnerie. Celle du côté d\Anglcscy a 143 pieds de hauteur et 173 de longueur. Les murs en retour terminent par d élégants piédestaux et sur chacun de ceux-ci il y a deux colosses en pierre calcaire représentant des lions couchés de style égyptien qui jettent les regards sur les Convois qui Passent. Ces lions ont 25 pieds de longueur, 12 de hauteur quoique couchés, el 2 pieds 9 d’épaisseur du corps ; chaque patte a 4 polices de large. Chacun d’eux pèse 30 tonneaux. On a aussi * intention de surmonter la tour centrale d’une figure colossale de la Grande "retagne, de 60 pieds de hauteur.
- » Les tours qui supportent le tuhe ?ut une grandeur qui répond à la majesté de cette construction. Celle dite Grpat-Iïrilannia au centre du détroit a 62 pieds sur 52 à sa base. Sa hauteur t()talc à partir de la hase est de 2 0 pieds; elle renferme 148 625 pieds cubes de Pierre calcaire el 144.625 de grès. Son Poids e>t 20,000 tonneaux, et il y entre ^87 tonneaux de fonte sous forme de uarres , fermes , piliers , etc. Ses foncions consistent à porter les quatie extournés des quatre longues galeries pui franchissent le détroit d’un bord a I autre. La quantité totale de pierre Contenue dans le pont est 1,500,000 P'eds cubes.
- » Les tours latérales sont «à une dis-tauce nette de 460 pieds de la grande t°ur centrale, elen outre les butées sont a une distance des tours latérales de ^0 pieds. Ces dernières tours ont cha-cpnc 62 pieds sur 52 à la base et 190 {ieds de hauteur, et renferment 210 l°nneaux de fonte.
- » La longueur du grand tube est exactement de 472, ou 12 pieds plus 0,,g que la distance nette entre les ;?Urs ; cet excès de longueur a été des-'Ué à fournir un appui temporaire au Obe lorsqu’il a été levé à sa place , et , 9U à ce qu'on ait le temps de l’as-<?oir Sllr |a |3rgeur et le bord des tours. .a plus grande hauteur est au centre pieds qui se réduisent à 23 pieds ' oxtrèmilc. Chaque tube consiste en jCUx parois, un plancher et un plafond, e<out en planches de fer qui ont jus-a 12 pieds de longueur. La direction u,vatu laquelle ces planches ont été Semblées et rivées a été déterminée
- par celle des efforts auquels doivent résister ses diverses parties. Toutes sortent des ateliers qui fabriquent les tôles à chaudière, et elles ont depuis 3/8 jusqu’à 3/4 de pouce d’épaisseur. Leur poids varie, et quelques-unes pèsent 7 quintaux anglais ; ce sont les plus grandes qu’il ait été actuellement possible de fabriquer. Sur les côtés, les planches ont 6 et 8 pieds de longueur et 1/2 pouce d épaisseur ; mais les planches b s plus longues sont au plancher et ont 12 pieds de longueur sur 2 pieds 4 pouces de largeur ; il y en a deux couches Au p'afond elles ont 6 pieds de longueur et 1 pied 9 pouces de largeur. La liaison entre le plafond, le plancher et les côtés est rendue plus intime au moyen de pièces d’angle en tôle épaisse rivées dans les angles pour que le tube puisse résister à un effort transversal ou à un effort de tension auxquels il sera exposé par les raffales énergiques et soutenues de vent qui enfilent le canal el viendront l’assaillir dans la position élevée et découverte où il est placé.
- » Les rivets dont ou compte 2,000.000, chaque tube en ayant 237,000, ont plus d’un pouce de diamètre; ils sont placés en séries, elont été introduits rouges de feu dans les trous, puis frappés avec de lourds marteaux. En se refi oidissant, ils se sont contractés, et ont serré les planches l’une sur l’autre avec une telle force qu’il a fallu une force de 4 à 6 tonneaux pour faire glisser une planche sur l’autre. Le poids total du grand tube est de 1,600 tonneaux ; il a été construit par MM. Garforlh de Duukinfied près Manchester, et les autres par M. C. Mare de Blackwall.
- v Les convois qui traverseront le pont sont à une hauteur de 100 pieds au-dessus du niveau de l'eau du détroit.»
- Appareils de sûreté américains pour les chaudières à vapeur.
- Dans un rapport fort étendu adressé en novembre 1848, par les commissaires des patentes aux États-Unis au congrès américain , sur les explosions des machines à vapeur et sur les moyens de les prévenir, on trouve la description de quelques appareils de sûreté nouveaux ou peu connus en Europe , et dont nous allons présenter une description sommaire.
- Le vaporimètre de M. Quint y est un instrument destiné à indiquer la
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- température de la vapeur à l’intérieur de la chaudière par la dilatation ou la contraction du mercure contenu dans un gros tube métallique inséré dans la chaudière au-dessus du niveau de l’eau. C’est en réalité un gros thermomètre dont la boule est le gros tube à l’intérieur de la chaudière et la tige un petit tube vertical à l’extérieur. Sur le mercure , dans ce tube extérieur, est placé un flotteur à tige dont les hauteurs variables indiquent la température de la vapeur et le degré d’élasticité qui en est la conséquence. Lesavantagesdecetap-pareil consistent en ce qu’il est peu sujet à se déranger, et dans la facilité avec laquelle on peut lire ses indications par suite de l’étendue des degrés marqués sur son échelle. Mais ce n’est qu’un indicateur de la température et de la pression, et son bon service dépend de la vigilance du mécanicien , et par conséquent il est d’une utilité moindre là où le danger par la négligence de celui-ci est le plus grand. Son prix est aussi un sujet d’objection.
- Ualtomètre d'alarme deM. Quinby consiste en un flotteur à soupape, renfermé dans un cylindre en rapport avec la chaudière, par des tubes latéraux pénétrant au-dessus et au-dessous du niveau de l’eau, de manière que l’eau, dans le cylindre et dans la chaudière , soit constamment à la même hauteur. La descente du flotteur ouvre une petite soupape à laquelle est attaché un sifflet. Malheureusement, d’après les expériences, l’alarme ou signal est faible , à cause de la petitesse de la soupape , et si on augmentait le diamètre de celle-ci, la pression de la vapeur balancerait le poids du flotteur. D’ailleurs , l’appareil est sujet à s’obstruer par les dépôts, compliqué dans sa construction, et n’a guère d’autres résultats que celui du flotteur ordinaire.
- La jauge à percussion de MM. Worth-ington et Baxter est une invention ingénieuse pour s’assurer de la hauteur de l’eau dans la chaudière, par la percussion d’une surface plate horizontale, mise subitement en contact avec celle de l’eau dont on veut reconnaître la hauteur. L’appareil consiste en un tube en communication avec la chaudière, pour que l’eau qu’il renferme s’y tienne à la même hauteur que dans celle-ci. Dans ce tube est logé un piston qui peut être mis subitement en contact avec la surface de l’eau, au moyen d’un levier placé sous le contrôle du mécanicien. Quand il veut s’assurer de la hauteur de l’eau , le mécanicien , par
- l’entremise de ce levier, abaisse le pis' ton jusqu’à ce qu’il vienne frapper l’eau ; le léger choc produit par le contact est aisément ressenti par la main de l’opérateur, et la position du levier en ce point donne sur une échelle l’information désirée. Cet appareil opère d’une manière satisfaisante, mais dépend encore de l’attention du mécanicien. Il n’indique pas l’approche du danger et ne le fait pas disparaître : en cas d’oubli ou de négligence, il n’est d’aucune utilité.
- Garde de sûreté de M. Evans. Dans les expériences qui ont été faites , en 1844 , par l’Institut de Franklin , on a trouvé que si les plaques fusibles étaient soumises à la chaleur et à la pression , les portions les plus fusibles se fondaient les premières et coulaient sous l’influence de la pression à D' quelle elles étaient soumises. La masse qui reste ainsi a un point de fusion très-supérieur à celui de l’alliage pour lequel il avait été calculé. Toute répe' tition de cette fusion élève encore >a température nécessaire pour produUe ce résultat. Or il est évident que la sécurité qu’on cherche dans les plaqneS employées de celte manière , diminue en proportion du besoin croissant qu’on en a par la détérioration de la cbaü' dière, due à l’ancienneté et à l’usag?* La commission de l’Institut consido' rait donc l’application de ces alliageS comme ne devant recevoir aucun® application pratique , toutes les /°|S qu’elles seraient soumises à la pressi°n* Pour obvier à cette difficulté, M*\ professeur Bâche a imaginé de renfÇr' mer le métal fusible dans un tube >n' séré dans la chaudière, et de l’exp°s® uniquement ainsi à l’action de la telD. pérature. La fusion de l’alliage au de ce tube met en liberté une tige c rapport avec un appareil avertisseur et au besoin avec une soupape sûreté. fl5
- La même idée a été réalisée da l’appareil de M. Evans, qui cous* j en un tube inséré à travers le pl?‘° . de la chaudière, et dont l’extrém inférieure repose sur l’un des carnea ^ Une petite quantité d’alliage fusib*e,r£ placée au fond du tube, et on y a i‘is une broche qui ne peut tourner Q lorsque le métal est à l’état de fuS1 .jt Sur le haut de celte broche est un P® e tambour autour duquel s’enroule corde. Cette corde passe sur une P lie , attachée à l’extrémité du ^eV1^0jds la soupape de sûreté et porte un P qui tient la soupape fermée. , nC.
- La manière dont cet appareil i
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- tionne est bien simple. L'alliage étant en fusion, la broche se trouve dessoudée et tourne, la corde est dévidée sur le tambour, le poids tombe sur un aPpui destiné à le recevoir, et la sou-Pape de sûreté est entièrement déchargée.
- L’avantage de cet appareil, c’est qu’il avertit du danger et en même temps *e fait disparaître, et de plus que la “roche fonctionne seule. L’unique soin du mécanicien est de renvider la corde, opération qui ne pourrait être négligée sans arrêter la machine; mais l’appa-reil est exposé à être surchagé comme la s°upape de sûreté, la température seule le fait agir, et il n’indique pas * abaissement du niveau de l’eau à moins rçue cet abaissement ne soit occasionné ou accompagné par une élévation de jempérature suffisante pour mettre l’alpage en fusion.
- La différence de température des jujiages fusibles depuis la fluidité parfaite jusqu’à la dureté complète est une Considération importante par rapport a la vivacité comparative avec laquelle fonctionne l’appareil dans lequel ils s°nt employés. La propriété la plus désirable dans les alliages qu’on introduit dans les appareils de sûreté des O/achines est naturellement la faculté de passer de l'état solide à l’état fluide Pour des changements peu étendus de température ; c’est de la promptitude de leur action que dépend leur qualité. Quanta cette étendue, l'Institut a trouvé <lu’on devait préférer les alliages qui Renferment les quantités les plus petites de plomb, et pour la même raison, ceux qui contiennent les plus faibles Proportions de bismuth.
- La lenteur ou la paresse comparative dépend à tel point de la composition Particulière de chaque alliage, qu’il n. est guère possible de tirer une conclu-s,on générale satisfaisante de résultats Moyens. Des alliages composés pour entrer en fusion à de hautes températures (et où la nécessité de la promptitude dans l’action est la plus grande) ont Peureusement une latitude moindre er>tre les états fluides et solides que ^eux disposés pour céder à de basses températures. Le résultat moyen obtenu par le professeur Johnson d’après des expériences sur 140 échantillons, elablissent que cette latitude ne dé-Passe pas 31°, 1F. (17°,3C.) de façon *jUe quand une masse de cet alliage est devenue parfaitement fluide, il a besoin fju’on lui enlève ce nombre de degrés de température pour repasser complètement à l’état solide.
- Néanmoins toute celte différence n’est pas utilisée en pratique dans le cas de l’appareil Evans, car la commission de Franklin a trouvé en 1843 et 1844 que la différence de température entre la fusion et la solidification n’est que de 7° à 8°F. (3°, 88 à 4°, 44C.), ce qui fait voir que l’action du poids sur la broche la fait tourner avant que l’alliage soit devenu parfaitement fluide, et que l’alliage est suffisamment fixé pour porter le poids avant d’être complètement dur.
- Néanmoins celte différence de 7° à 8° F. dans la chaudière sous une pression de 5 ou 6 atmosphères, exigerait une diminution de 2 à 2 1/2 atmosphères après l’action de l’appareil avant qu’il soit de nouveau prêt à fonctionner. Cette diminution serait accompagnée d’une perte d’eau et de chaleur La différence de température entre l’ouverture et la fermeture d’une soupape a été trouvée par les mêmes recherches être d’environ 5° F. (2°, 77 C. ), ce qui laisse en faveur de la soupape une différence d’environ 3° F. (1°66C. ). La comparaison toutefois ne doit pas être poussée au delà de ce point unique.
- Le point de fusion de l’alliage ne change pas ainsi matériellement par la répétition des fusions, et au total l’appareil de M. Evans, lorsque l’alliage est convenablement préparé, lorsque l’appareil est employé avec intelligence et sans le surcharger, est un de ceux dans lesquels on peut placer le plus de confiance pour atteindre le but auquel on le destine, savoir l’indication et le remède d’une élévation dangereuse de température dans le métal de la chaudière.
- La garde d'expansion de M. Wright met à profit la dilatation différente des métaux pour indiquer la température dans la chaudière, et soulager la soupape de sûreté lorsque l’élévation de cette température est telle qu’il y a indication d’un accroissement dangereux dans la pression. Un tube en laiton, fermé par son extrémité interne, est inséré sur le sommet de la chaudière immédiatement au-dessus de lun des carneaux. Dans ce tube glisse librement et est attachée seulement à son fond une tige de fer qui fait légèrement saillie au delà du sommet de la chaudière. Lorsque le tube en laiton est chauffé, il se dilate, et par conséquent pénètre plus avant dans la chaudière, entraînant avec lui la tige moins expansive en fer. L’extrémité extérieure de cette tige fait mouvoir un index indiquant la température des métaux et attaché à un loquet qui Tient en
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- *ide aux fonctions de la soupape de sûreté, aussitôt qu’une pression dangereuse dans la chaudière est indiquée par la température qu’on a atteinte.
- Tous les appareils marchant seuls, et qu’on destine à soulager la soupape de sûreté, présentent un inconvénient très sérieux : c’est que, quand on les applique à la navigation, le bateau peut être privé de ses moyens d’action au moment où il en a souvent le (dus grand besoin. C est ce qui justifie la préférence qu’on accorde aux appareils qui donnent l'alarme sur ceux qui agissent spontanément sur la soupape de sûreté.
- Une troisième classe d’appareils est celle qui fonctionne par suite de l’abaissement du niveau de Veau, qu’on combine avec la pression pour faire cesser la tension dangereuse de la vapeur.
- La soupape de sûreté à double effet de M. ttauh diffère de la soupape de sûreté ordinaire, en ce qu’elle a un flotteur et un levier supplémentaire disposés de façon que l’abaissement du flotteur au-dessous du niveau convenable de Veau ouvre d’abord une petite soupape qui donne l’alarme et si l’abaissement continue, soulève la soupape de sûreté principale. La petite Soupape s’ouvre de dehors en dedans, mais on a trouvé que dans les chaudières qui emploient la vapeur à haute pression, celle-ci suffirait pour la tenir close, ce qui réduisait l’appareil à la soupape de sûr»-lé à la quelle l’invention de M.Raubne parait pas,dit-on, supérieure.
- L’appareil de sûreté hydrostatique de &1. Duff consiste eu une soupape; à large tète creuse, de laquelle un tube descend au-dessous du niveau ordinaire de l’eau dans la chaudière jusqu’au niveau le plus bas auquel on veut que l’eau s’abaisse. Tant que l’ouverture inférieure du tube reste au-dessous de Veau, la lèle de la soupape reste pleine d’eau qui forme la majeure partie de sa charge; mais aussitôt que l’eau dans la chaudière descend au-dessous de l’embouchure du tube, le liquide sur la tête de la soupape s’écoule dans la chaudière et décharge ainsi celte soupape Le temps pour l’écoulement de l’eau «le la tète de la soupape rend la marche de cet appareil un peu lenle et paresseuse; d’ailleurs l’appareil lui-même étant expose à être mis en aclion par un changement subit quelconque dans le niveau de Veau, quoique ce changement puisse n’ètre accompagné
- d’aucun danger, on ne le considère pas comme applicable aux bâtiments à vapeur.
- La soupape de sûreté intérieure de M. Easton est placée, comme son nom l’indique, entièrement à l’intérieur de la chaudière; le mécanicien ou le chaffueur ne peuvent la surcharger pendant que le bâtiment est en mouvement. La soupape s’ouvre de dehors en dedans, et est tenue fermée par un levier du premier genre. On y a joint un flotteur dont la descente relève le long bras du levier et ouvre la soupape. Une tige appelée toucheur [feeler), qui passe à travers le sommet de la chaudière immédiatement au-dessus de ia soupape, permet au chauffeur d’ouvrir, mais non pas de fermer celle-ci. L’expérience a démontré que celte soupape s’ouvrait vivement, elq"e la moyenne de la différence entre la pression pour l’ouvrir et la clore était seulement de 0kU- 380 par centimètre carré. Néanmoins l’appareil ne fait pas connaître si l’échappement de la vapeur est dû à l’abaissement du niveau dc Veau dans la chaudière ou à la pressioo au delà de sa charge. On peut cependant s’en assurer en soulevant une autre soupape qui, si l’ouverture de la soupape intérieure est causée par une pression excessive, se refermer* aussitôt, tandis que si c’est à un abats* sement «lu niveau de Veau, elle conti' nuera à vomir de la vapeur. L'appareil de M. Easton a été essayé, maisdans de® circonstances favorables, c’est-à-dire avec des eaux pures, et a donné des résultats satisfaisants; mais on nes’est: point encore assuré s’il remplirait convenablement son office avec des eau* troubles et chargées de matières ier" reuses.
- Nous terminerons cette revue en disant un mot de la pompe alimentait et automatique de M. Barnum. ff11* est mise en aclion par un flotteur dont l’abaissement au-dessous du niveau convenable de Veau ouvre une soupape qui fournit de la vapeur à pne petite machine à vapeur subsidia>rc pour pomper Veau. Un abaissement d ce niveau met la pompe en action safl l’intervention do chauffeur, et un alimentation suffisante l’arrête. Ln soupape double d’une disposition in. gènieuse qu’on y a appliquée, cl flu* s'oppose à ce aue la pression de la peur contrecarre le poids du flotteîJ’ en rend l’application facile aussi b<c à la haute qu'à la basse pression. L expériences faites avec cet appareil o en général été très-satisfaisantes.
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- Résumé succinct des expériences de M. Anatole de Caligny, sur une branche nouvelle de l'hydraulique.
- (Une partie de ces recherches a été couronnée par l’Académie des sciences de l’Jnstilut en 1839) (i).
- Considérations générales sur ces recherches.
- Étant sur le point de publier un ou-yrage sur le mouvement varié des liquides, je me bornerai dans ce résumé succinct à rendre compte de mes expé-riences, en renvoyant à ce qui a élé Publié sur rnes recherches dans divers écueils, particulièrement dans le Jour-jud de maihématiquesde M. Liouville. Ces mémoires forment déjà un assez grand ensemble dont ce résumé peut \tre considéré comme la table des matières.
- Ces expériences ont élé faites principalement dans le but de constater i effet des machines et des moteurs hy-draul iques de mon invention, dont on trouve rien qui ait pu me donner ‘ idée, ainsi que l'attesteront tons ceux qui ont éludiè sérieusement l'histoire des sciences.
- . Abstraction faite dos services essen-l|els que peuvent rendre ces appareils, dont le conseil général des ponts et j'hausseesarcueille en ce moment même |a communication avec beaucoup de bienveillance, je les présente principalement ici comme développant des phé-Uomènes nouveaux. Je suis d’ailleurs le Premier à convenir qu’une partie de ^es inventions n’a pour but que l’é-jbde de divers phénomènes naturels. Tels sont desappareils à élever de l’eau Sa»s piston ni soupape, ni aucune autre lJ,ece quelconque mobile spécialement Applicables à l’explication des fontaines Naturelles et des cours d’eau sous-jNarins. Il est essentiel d’observer que ’es appareils décrits dans ce résumé ne s°ot pas de simples outils n’ayant d’autre ^èrite que leur utilité immédiate. Il Sagit ici de principes et de phénomènes entièrement nouveaux dont l’élude ^.rattache à celle des causes premières. Si la fontaine de Héron d’A-Cjtandrie est restée dans la science,
- n’est-ce pas surtout à cause des phénomènes qu’elle fait connaître?
- Il est à remarquer que mes résultats ont ele utiles à d autres hydrauliciens. Les principes essentiellement nouveaux ont été regardés de tout temps comme ayant une utilité dont les auteurs comprennent moins quelquefois l’importance que ceux qui s’en inspireront même sans le savoir. Je ne dois aucune idée à Manoury d’Ectol, mais j’ai la conscience de l’effet moral produit par ce qu’il y a de remarquable dans la partie nouvelle de ses expériences. Que reste-t-il de lui dans l’industrie, et cependant y a-t-il parmi les inventeurs beaucoup de réputations plus belles et mieux méritées ? L’histoire des inventions offre peu de grands ensembles dus à un même expérimentateur.
- Les appareils ayant quelque originalité sont les seuls peut-être qui conservent le nom de leurs auteurs. Celui de Barker serait inconnu sans le moteur hydraulique, dit moulin centrifuge de Barker. Personne ne sait aujourd’hui que cet ingénieur est le premier qui ait construit avec intelligence les roues hydrauliques dites de côté, et qui en ait mesuré les effets. Cela était cependant bien plus immédiatement utile à I industrie (‘l à la fortune de l’auteur que le moulin centrifuge, abandonne d’ailleurs aujourd hui pour les turbines nouvelles (Physique de Desaguillers, t. H )(!)-.
- Abstraction faite de toute invention nouvelle, j’ai fait beaucoup d’expériences
- Sur le mouvement des ondes dans des canaux rectangulaires;
- Sur le frottement de l’eau dans les mouvements variables;
- Sur les effets des rétrécissements dans l’intérieur des conduites;
- Sur les ajutages;
- Sur les coudes;
- Sur la contraction de la veine liquide;
- Sur les vibrations et les oscillations des jets d’eau ;
- Sur les tourbillons ;
- Sur divers autres phénomènes du mouvement permanent qui modifient quelques bases du jaugeage des cours d’eau ;
- Sur les phénomènes du frottement de
- jO) La médaille d'or du royaume de Sai di>®ne a aussi été décernée à l’auteur pe n,p lemps après sa nomination à la place d ®mbre correspondant de l’Académie deTuri ^ *844. R M
- (i) Les roues hydrauliques horizon'ales à aubes courbes ressemblent plutôt à celles qui ont élé dessinées au xvi' siècle dans l'ouvrage en cinq langues du savant évéque Faust Veranzio. (Machinæ novae, etc., Venise, in-fol. très-rare.)
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- i’eau contre des surfaces mouillées de diverses manières ;
- Sur la transmission des pressions par les filets d’eau extrêmement minces ;
- Sur des phénomènes singuliers de succion, etc.
- Les savants professeurs qui depuis longtemps me font l'honneur d’enseigner les principes confirmés par l’expérience, exclusivement dus à mes recherches, en présentent l’ensemble comme formant déjà une branche entièrement nouvelle de l’hydraulique.
- Mes principes sur le frottement de l’eau qui changent les bases d’une partie essentielle de la science, ont été longtemps accueillis avec une extrême réserve. Je prends acte de celte réserve même pour en établir d’une manière plus tranchée la nouveauté,maintenant que ces recherches sont confirmées par celles de plusieurs savants.
- CHAPITRE PREMIER.
- Double siphon oscillant.
- (Journal de mathématiques de M. Liouville, tome III,pages 460 et 621, 1838).
- Cet appareil a été l’objet d’un rapport favorable à l’Institut, le 20 août 4838, par MM. Savart, Poncelet, Sé-guier, Savary et Coriolis, rapporteur (Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. VII, p. 419), et d’un rap port de la commission du prix Mon-tyon, composée de MM. Poncelet, Coriolis, Gambey et Séguier, rapporteur, le 30 décembre 1839 (Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. IX, p. 833). M. Coriolis a publié dans le tome III du Journal de mathématiques de M. Liouville, p. 437, sur celte machine et sur mes principes généraux, un mémoire où il retrouve, par l’analyse, les résultats que j’avais obtenus par la seule géométrie. M. Liouville,dans une noteinséréeà la page437, a remarqué la similitude des résultats obtenus par les deux méthodes, comme M. Coriolis l’avait dit dans son rapport à l’Institut. (Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. VII, p. 424.)
- « Sous le n° 4. dit le second rapport, » est inscrit un concurrent dont les in-» téressants et persévérants travaux » sont depuis longtemps connus de l’A-» cadémie. Le concurrent avait déposé » un long mémoire, contenant l’exposé » d’un système de machines hydrau-» ligues à colonnes oscillantes. Il a ré-» pété sous les membres de la commis-
- » sion des expériences variées où ses » méthodes sont mises en pratique. » Les commissaires ont particulière-» ment distingué un appareil à élever » l’eau à colonne oscillante. Celle ma-» chine, dont la théorie avait été sou-» mise à l’examen des commissaires de » l’Académie, a déjà été l’objet d’un » rapport de M. Coriolis. La commis-» sion ne saurait mieux justifier la pro-» position qu’elle fait de décerner le » prix à M. de Caligny, qu’en mettant a de nouveau sous les yeux de l’Aca-» démie les conclusions très-favorables » du précédent rapport..............
- »... Aujourd’hui la commission du » prix Montyon a décidé de décerner » le prix de mécanique à M. de Ca-» ligny; cette récompense deviendra » pour lui un encouragement à pour-» suivre les applications des lois du » mouvement des liquides. »
- Je vais exposer le principe, avant de faire connaître une application des pistons cannelés de M. le général Poncelet» qui change complètement l’état de I? question sous le rapport de l’utilite pratique de cette machine.
- J’ai inventé en mars 1834, cette machine dont j’exécutai cette même année des modèles en petit fonctionnant d’abord à la main, chez M. de Wé-leat, à Valognes, qui voulut bien m’aider dans quelques-unes de mes expériences* Elle a pour but d’élever de l'eau par le moyen d'une chute motrice, mais seulement dans les circonstances particulières où cette eau doit être conduite à de grandes distances. Je com-muniquai dès lors mes recherches a diverses personnes, notamment à pi0" sieurs ingénieurs et anciens élèves de l’école polytechnique, ainsi qu'à pl°* sieurs officiers de marine qui s’en souviennent. Personne d’ailleurs ne m’efl conteste la priorité.
- L’eau d’une source ou réservoir en A» fig. 1, communique avec un tuyau de conduite CE, et se trouve d’abord maiu' tenue en repos par une soupape E fermée. On ouvre cette soupape, et comm® à cet instant il n’y a point d’eau dans 1 tuyau d’ascension EF, l’eau monte eu vertu des lois de l’oscillation de E en l'Arrivée en ce dernier point au-dessu du niveau A,A’, à une hauteur A* moindre que A'E, l’eau se verse pe?^ dant un certain temps dans un bassi G, tant qu’elle continue à avoir un vitesse ascensionnelle. Quand cette v tesse est éteinte, l’orifice F cesse verser de l’eau , la soupape en E r fermant l’issue de communication W le tuyau EC qui vient de la sourc *
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- établit la communication de la colonne E,F avec le tuyau E,B. Alors la colonne E,F descend et fait Une oscillation, pendant laquelle le tuyau E,B verse dans un bassin ou biez B, dont le niveau est inférieur au niveau A,A' du biez inférieur, toute l’eau contenue de F en E.
- La hauteur du point F est prise de telle sorte que B'F soit un peu plus grand que B'E; l’excès est seulement destiné à compenser le frottement et la perte de force vive de sortie en B, etc., qui empêcheraient l’oscillation descendante de la colonne EF d’abaisser l’eau du tuyau vertical jusqu’en E. Les choses étant ainsi disposées, après le versement en F, le versement en Br rétablit l’appareil dans le même état qu’avant la première ascension, de sorte que le jeu recommence indéfiniment. M. Savary fit construire un modèle de cette machine, pour le cabinet de l'École polytechnique, mais avec un seul tuyau d’ascension ; on va voir qu’en général il en faut deux.
- Si les extrémités des tuyaux sont convenablement évasées, les pertes de travail se réduiront principalement à celles du frottement de l’eau, des coudes et du jeu de la soupape. Or cet appareil ne doit être en général établi que sur des tuyaux de conduite très-longs par rapport au tuyau d’ascension , et l’eau ne revient sensiblement sur ses pas que dans celui-ci. Si l’on a besoin non-seulement d’èlever de l’eau, mais d’en conduire à de grandes distances, il faut donc tenir compte d’une perte exigée en frottement par le Système donné de tuyaux, abstraction faite de toute machine. Ainsi il ne faut pas mettre toute cette perte sur le compte de l’appareil.
- Dans le cas où le tuyau d’ascension peut être disposé un peu en deçà de la moitié de la distance qui séparé les biez supérieur et inférieur, il est facile de voir que si l’on en dispose deux l’un à côté de l’autre, bien entendu avec üne soupape pour chacun, l’une de ces soupapes sera fermée dans un sens, tandis que l’autre le sera dans le sens opposé. L’eau descendra dans un des tubes d’ascension pendant qu’elle montera dans l’autre, où le versement au-dessous de la limite supérieure qu’elle Pourrait atteindre dans un tuyau pro-l?ngé augmente la durée de l’ascension. Il n’y aura que de très-courts instants de repos dans tout le développement horizontal. Il résulte de là que Presque tout le frottement de l’eau au-fmt été également à surmonter dans le
- Le Technologie te. T. XI. — Juin 1850.
- cas où l'on aurait amené cette eau, par un mouvement permanent, aux deux points fixés dans le système donné de conduites, et que ce frottement ne doit point être mis en entier sur le compte de l’appareil.
- Pour se rendre compte de ce qui se passe , il faut avoir une idée exacte de la manière dont le mouvement oscillatoire modifie l’action des frottements. L’etude de cette question fut l'objet principal de mes expériences en grand au Jardin-des-Plantes en 1838, la somme dont je pouvais disposer n’étant pas suffisante pour bien étudier cet appareil. On put au moins établir qu’il était facile de le mettre en train. Parmi les moyens employés, je signalerai seulement le suivant dans ce résumé succinct, parce qu’il est très-propre à bien arrêter les idées sur le principe du système.
- On mettait le tube vertical en communication avec le bassin inférieur, et l’on obtenait ainsi une première oscillation descendante. A l’instant où elle était achevée, c’est-à-dire où l’eau était descendue à son maximum dans le tube vertical, on agissait sur la soupape pour rétablir la communication avec le bassin supérieur, et l’on obtenait une première oscillation ascendante. On continuait ainsi, en manœuvrant sur la soupape, de produire des oscillations croissantes, jusqu’à ce que l’eau, ayant été amenée à sortir par l’orifice supérieur, le jeu de cette soupape se fît de lui-même, et la machine était en train.
- Il est clair que la hauteur à laquelle on amènerait l’eau par ce moyen, s’il n’y avait pas de résistances passives, serait indefinie dans le cas où la profondeur de la soupape serait elle-même indéfinie, bien qu’il n’y eût aucun rétrécissement de tuyau. On voit qu’à chaque période le tuyau vertical se vide après l’oscillation ascei.üante en ne faisant descendre que très-peu le centre de gravité de la colonne qui doit sortir. Ce principe nouveau est fondamental dans tous mes systèmes de machines hydrauliques à oscillations.
- Dans le cas où il y a deux tuyaux d’ascension et deux soupapes, on n’a pas à craindre de coup de bélier, puis-qu’à l’époque où l’une des soupapes se ferme, l’autre s’ouvre vers un tuyau qui ne contient presque plus de liquide. Les deux soupapes sont d’ailleurs entrouvertes en même temps.
- Cette machine peut servir à faire des épuisements, si l’on profite de la baisse de l’eau au-dessous du bief d’aval, au
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- moyen d’un clapet, laissant entrer l’eau d’un puits à chaque période.
- Quelques phénomènes particuliers étu- ;•
- diés à l'occasion de cette machine.
- En étudiant les moyens de faire fonc- ; tionner cette machine d’elle-même, j’ai ‘ eu occasion de constater des phénomè- ' nés intéressants.
- 1° La soupape essayée au Jardin-des- ! Plantes est une sorte de porte de flot, ; tournant autour de son centre de figure. I La ligne ponctuée indique sa position horizontale. Elle gardait bien l’eau, et il résultait de la manière dont elle était disposée sur ses sièges, lîg. 2 , qu’elle devait se tenir fermée en vertu de la seule pression de la colonne liquide. Or il n’en a pas été ainsi, d’oü il résulte que les lames d’eau trop minces pour couler transmettent encore les pressions en tout ou en partie.
- 2a Comme il y a des moyens de remédier à cet inconvénient quant au jeu de la soupape, il fallait constater si le mouvement de l’eau était du moins une cause qui retenait la soupape fermée, à l’époque où elle était horizontale et formait un coude à angle droit vif. Pour cela j’ai disposé sur un tuyau de conduite partant d’un réservoir et se relevant verticalement à son autre i extrémité, un tuyau coudé à angle droit i vif. Sur l’arête supérieure du tuyau i horizontal de ce coude, on a pratiqué ; trois orifices également espacés, l’un à l’angle, l’autre sur la seconde arête du > tuyau vertical, le troisième en aval. Le ! premier orifice fournissait un jet d’eau ' vertical, le second un ^et d’eau in- ; cliné; par le troisième lime sortait pas d’eau, fig. 3.
- 5° J’ai fait l’expérience suivante avec le petit modèle qui est au cabinet de l’Ecole polytechnique. On avait disposé : sur la partie supérieure de la soupape supposée dans sa position verticale une surface à charnière, fig. 2, qui se fermait quand l’eau marchait de bas en haut, et , qui s ouvrait vers l’intérieur du tuyau E,F quand l’eau redescendait, afin de faire tourner la soupape. L’eau était mise préalablement de niveau dans les deux réservoirs A et B. En soufflant par le sommet du tuyau vertical d’une certaine manière, lorsque la soupape était entr’ouverte avant que l’on commençât à souffler, non-seulement on n’achevait pas de l’ouvrir, mais on l’appliquait vivement, par ce seul fait, contre ses sièges verticaux. Le phénomène de succion, mis enjeu pour les liquidés dans cette expérience, a de
- l’analogie avec le phénomène curieux de succion que Clément Desormw a signalé pour les gaz.
- 4° Ayant pensé d’après ces phénomènes qu'il était prudent d’avoir re< cours à une cataracte pour assurer le jeu de la soupape, et voulant éviter de tirer l’eau de cette cataracte d’une hauteur trop grande, j’ai exécuté le moyen suivant de tirer latéralement de l’eau à une hauteur quelconque d’une colonne liquide oscillante, fig. 4.
- Un tuyau très-court portait à son extrémité recourbée verticalement E une petite soupape de bélier hydraulique, dont la percussion était insignifiante. Son poids et son diamètre moindre que celui de ce tuyau, étaient calculés de manièrequ’elle ne pût pas redescendre quand elle était fermée en vertu de la percussion de l’eau sortie par son orifice, jusqu’à ce que la colonne d’eau contenue dans le tuyau vertical fût redescendue elle-même assez bas pour l’abandonnera son propre poids. Parce moyen, l’eau ne sortait pour alimenter le bassin de la cataracte que sous des pressions très-faibles, puisque la soupape d'arrêt se fermait quand la pression latérale de la colonne ascendante devenait assez grande pour faire sortir l’eau avec une vitesse donnée. Abstraction faite du régulateur, ce moyen peut être employé à distribuer avantageusement l’eau à plusieurs étages au moyen d’une même colonne liquide oscillante dans cette machine ou dans d'autres. (Journal l'Institut, t. VIII, p. 292) (!)•
- (i) Ce régulateur, tel qu’il a été exécuté, e*1 au cabinet de I Ecole polytechnique. Mais pour faire partir le système de déclic aux instants convenables.il vaut bien mieux employer deux flotteurs abandonnes alternativement par •* colonne descendante de chacun des deux tuyaux d’ascension. Il n’y avait qu’un seul tuyau d’ascension quand j’ai fait l’expérienee qui, par celle raison , est restée incomplète** cause de la stricte économie qu’il avait fallu } mettre. Je me suis donc borné spécialement “ étudier les moyens de bien mettre la machine en train et les coefficients des résistances pas' sives.
- Ces coefficients étant moindres que pour if» mouvements permanents , il ne paraît pas i®' possible de résoudre un problème assez singtj-lier. Au lieu d’employer cette machine àélev® de l’eau ,on pourrailprolongerlestuyaux vertr eaux de manière à 1 employer seulement Conduire de l’eau au bief d’aval par un mouvy ment variable. Ce serait en un mot une ro® chine à dénaturer les frottements, de manie . à conduire plus d’eau que dans un mouvefjj® permanent par des tuyaux de dimensions d<> nées. arait
- Dans le cas, au contraire, où l’on vo-id™ se servir de cet appareil pour élever de *.,re sans s’occuper de la distance où elle don ® jj conduite , on épargnerait une partie dJ e en frottement en laissant rentrer la co1 ;iia-liquide dans le bief supérieur par une ose
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- JMgulattur à pistons cannelés.
- Le premier régulateur que j’exécutai en 1834 était principalement formé d’une espèce de tiroir de Watt. Un bout de tuyau percé par le haut F, figure 5, bouché par le bas E, et percé latéralement d'un orifice O, qui jouent dansun corps (le pompe alésé, venait alternativement se présenter devanldeux tuyaux horizontaux, dont l’un G était le tuyau d’arrivée, l’autre B étant un prolongement du tuyau de décharge. La figure Représente la position du tiroir, quand d met en communication le tuyau .d'as-Cension avec le tuyau d’arrivée. La li-8ne ponctuée représente l’autre position de l’orifice O qui a toujours au-dessous de lui un cylindre plein P. M. l’abbé Robert, alors ingénieur des constructions navales, eut la complaisance d’en faire exécuter un en cuivre, s°us sa direction, par un ouvrier des ateliers de la marine de Cherbourg.
- Ce système offrait un grand avantage rçuant à la précision de son jeu, parce rço’il suffisait de lâcher un déclic pour Sue le tiroir descendit rapidement sous la pression de l’eau du tuyau vertical Plein, et de lâcher un autre déclic pour Je faire remonter aussi très-vite au moyen d im contre-poids solide ou liquide. Or s d ne s’agit que de lâcher des déclics, il est facile de le faire aux instants où l’on er> a besoin, au moyen de deux flotteurs alternativeraent abandonnés dans cha-chn des deux tuyaux d’ascension au Moment où ils achèvent de se vider fig.6.
- Mais ce système de tiroir ou de tuyau avait extérieurement des renflements 0,1 garnitures soit fixes, soit mobiles avec lui, pour permettre à l’eau de cir-
- dr S rétrograde après le versement en F. 11 fau-ait que l'appareil à déclic fût combiné de ^ Here à n’agir que dans un sens du mouve-é’ae* 1 * * * * * * eau ’et i* n’y aurait qu’un seul tuyau
- t0l®c®nsion. En 1837, j’ai fait fonctionner à l'E-Joj, ,es ruines, sous les yeux de MM. lescom-sait res de l’Institut, un appareil qui réunis-l«tn *\es conditions (journal l’Institut, 1839 , d>aje »H, page 271). il est à peine nécessaire é’àioUter Sue ce (lui reste d’eau dans le tuyau ®’éçJvePs'on aPrés l’oscillation rétrograde doit le i; 1er au moyen d'une autre oscillation vers f'et d’aval.
- .iP' 7 donne une idée générale de ce Cp /p,. e déclics. Le petit balancier à clanche est a,, i1!1 une dent li tixée à une poulie M qui bn end’un côté au tiroir et de l’autre à Sefy^'repoids. Quand l’eau monte dans le ré-
- 1uelcF ^ en communication avec la capacité ^potiue qui doit être alternativement rem-
- •tiejn^au, le levier GK, en vertu du soulève-
- 1*8® T « ^olteur E» agissant sur lui par une
- 1 fait une corde E tourne autour du point N.
- eutour ri,°nler l’articulation O qui, tournant
- lu’à I'a poinl H » ne Peut a8ir sur la clanche
- " est aK po^ue °d *1 redescend lorsqu’ensuite abandonné à son poids par le floteur L.
- culer tout autour afin de contre-ba-lancer ses pressions. Je craignis qu’il ne s’usât assez vile par le frottement, à cause de la difficulté de faire passer les garnitures de pistons devant les retraites annulaires où réciproquement. Or celte difficulté disparaît si l'on emploie le système de garnitures métalliques cannelées de M. le général Poncelet. Il est d’ailleurs facile de disposer le tuyau de décharge immédiatement en aval en ménageant dans le tuyau mobile un orifice annulaire latéral, au lieu d’un simple orifice comme dans mes premiers modèles.
- Le système de garnitures métalliques que l’auteur a bien voulu me communiquer dernièrement, consiste à diminuer beaucoup la perte d’eau par le pourtour des pistons, en y creusant des cannelures circulaires horizontales et alternatives, selon une certaine loi. Elles ont pour but de présenter à l’anneau liquide qui tend à s’échapper, une série d’étranglements et de renflements successifs, d’où il résulte que l’eau ne peut s’échapper sans rencontrer des causes de perte de force vive , équivalentes pour ainsi dire à l’effet d’une véritable garniture.
- Appareil à un seul tuyau d'ascension,
- sans piston ni soupape à l'intérieur
- du tuyau d'arrivée.
- Il arrivera assez rarement que l’on soit dans les conditions dont il s’agit pour cette première disposition. On aura plutôt à amener de l’eau d’une grande distance dans un réservoir, d’où il faudra l’élever sans que l’on ait à s’occuper ainsi du frottement de l’eau dans un tuyau de décharge d’une longueur comparable à celle du tuyau d’arrivée. Tel est le cas des tuyaux de conduite qui amènent dans les bassins Racine de l’eau dont M. Mary, alors ingénieur en chef des eaux de Paris, venait de proposer au conseil municipal de cette ville d’élever une partie au bassin de la place de l’Eslrapade, par le moyen de mon système, au moment de la réussite du puits de Grenelle. Il aurait fallu rétrécir graduellement le luyau d’ascension à cause de sa grande hauteur.
- Dans ce cas, il ne faudra pas compter sur un effet utile aussi grand , mais la construction sera encore plus simple et reposera sur l’idée suivanfe, que j’avais spécialement étudiée en 1834 dans les expériences que je fis à Valognes.
- Le système d’oscillations est le même, mais il n’y a qu’un tuyau d’ascension.
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- J’emploie l’inertie de la longue colonne qui amène l’eau du bief supérieur à faire alternativement fonction de soupape, et je permets, au besoin, à l’eau d’acquérir de la vitesse au moyen d’un écoulement à Vextérieur. L’eau d’un réservoir en A, fig. 8, s’écoule par le long tuyau de conduite C,E au réservoir inférieur B par un tuyau recourbé, mais beaucoup moins long, et qui est le prolongement inférieur du tuyau d’ascension E,F. On interrompt une première fois par un moyen quelconque la communication entre le tuyau C,E et le tuyau E,B', alors la machine est en train. L’eau monte de E en F, où elle verse dans un bassin. Quand la vitesse est éteinte, on débouche le tuyau E,B. Alors la colonne contenue dans le tuyau d’ascension E,F descend dans le bassin B en vertu des lois de l’oscillation, et il n’en retourne que très-peu en arrière, parce que le tuyau d’arrivée étant beaucoup plus long que le tuyau de décharge, l’eau contenue dans le premier résiste par son inertie.
- J’ai rendu ce (ait sensible par le moyen suivant, fig. 9. On supprime le bassin B; après avoir ouvert le tuyau de décharge en B' pour que le tuyau vertical plein pût se vider, on voyait la colonne liquide du tuyau EB revenir sur ses pas de B' vers E, quand le versement avait cessé de F en B'. De sorte qu’il a fallu quelques instants pour que l'eau du réservoir en A recommençât à couler en B', quoique l’appareil débouché avec la main fût abandonné à lui-même sans aucune espèce de soupape. II n’y a qu’un seul tuyau d’ascension.
- Dans cette disposition, s’il ne faut pas mettre sur le compte de la machine le frottement de l’eau dans le tuyau d’arrivée , il faut tenir compte du frottement et des autres résistances passives dans l’oscillation de décharge (1).
- (1) On va voir un nouvel exemple de la manière dont ces questions pourraient être modifiées par l’emploi des pistons comme soupapes. Un piston P de celte espèce pourrait, étant disposédansuncylindre vertical toujours ouvert à ses deux extrémités, fig. to, mettre alternativement le tuyau d’arrivée en communication avec le tuyau de décharge. Les lignes ponctuées représentent le piston au bas de sa courbe. Or il en résulterait une propriété nouvelle du système, c’est qu’aucun des tuyaux n’aurait jamais sa section transversale bouchée si la partie intérieure 1 du tuyau vertical était en communication avec le bief d’aval B, dans lequel on peut coucher le tuyau E, B. De sorte qu'il n’y aurait aucun coup de bélier possible sur un obturateur solide.
- On peut dans tous les cas, pour faire débiter plus d’eau, permettre alternativement un écoulement libre du tuyau de conduite par le tuyau de décharge. Or il n’y aura de percussion possible, quand on interrompra la communication
- CHAPITRE IL
- Mémoires sur un bélier univalve et une machine soufflante.
- ( Annales des mines , tom. XIV ; 'et Compte# rendus de l’Académie des sciences, t. XIX, p. 1267 ).
- Cet appareil, dont j’ai exécuté en 1839 un modèle fonctionnant qui est au cabinet de l’Ecole polytechnique , jouit de la propriété de marcher indéfini-ment abandonné à lui-même, en vidant un réservoir tel qu’un sas d’écluse, et relevant une partie de l’eau à un bief supérieur. Je l’ai inventé précisément dans le but de montrer que le système précèdent n’avait aucun rapport avec le bélier hydraulique de Montgolfier.dont celui-ci n’est qu’une transformation en machine oscillante univalve.
- Cet appareil secondaire est indiqué dans mon mémoire de 1837, couronné par l’Institut, de sorte que je n’ai pas cru devoir faire de réclamation quant à la date lorsque le modèle fonctionnant fut, par une simple erreur matérielle, renvoyé au concours de 1840. Il fut d’ailleurs rappelé en termes favorables dans le rapport sur ce concours (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1840 , t. XI, p. 52)-Le mémoire, publié dans les Annales des mines, est antérieur à la construction du modèle fonctionnant.
- L’eau d’un réservoir en A, fig. 11, est en communication avec le tuyau horizontal recourbé verticalement CEF, dont la partie verticale est un peu plus étroite que la partie horizontale. Une soupape D, disposée près du tuyau vertical, empêche l’eau de sortir quand Ja machine n’est pas en train. Pour l’y mettre, il suffit de baisser cette soupape. La partie horizontale du tuyau étant notablement plus longue que la partie verticale, l’eau contenue dans la première résiste assez par son inertie pour que le tuyau vertical ait le terops de se vider par la soupape. La colonne liquide horizontale se verse ensuite, comme dans le bélier de MontgolfieÇ» par l’orifice de la soupape D qui fin,t par être soulevée précisément comme la soupape d'arrêt du bélier hydraulique.
- Pendant l’écoulement par cette s°u'
- avec ce dernier tuyau, que sur la petite col°Pen liquide contenue au pied du tuyau vertical dessus du piston, et qui doit prendre la vite de la longue colonne contenue dans le je de conduite, quand la communication ave tuyau de décharge est interrompue.
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- pape, une colonne d’eau d’une petite hauteur se tient dans le coude, en vertu de la percussion de l’eau qui sort en D. Quand la soupape se ferme, l’eau monte, en vertu de la vitesse acquise dans tout
- système liquide en amont, au-dessus du double de la hauteur de la chute motrice. Elle verse à celte hauteur, puis la colonne revient sur ses pas et redescend en vertu du principe de l’oscillation, assez bas pour que la soupape D soit abandonnée à son propre poids, de manière à s’ouvrir d’elle-même. Les choses se retrouvent dans le même état Qu’au commencement de la période, et le jeu recommence ainsi de suite indéfiniment. Il est essentiel de remarquer que le bas du tuyau d’ascension ne contient que très-peu d’eau à l’époque où la soupape se ferme, cela est indispensable pour éviter qu’il y ait un coup de bélier bien sensible à cette époque.
- Cet appareil met enjeu une nouvelle espèce de pression hydraulique. A l’époque où la soupape se ferme, la colonne liquide passe à la filière en vertu de son mouvement acquis dans le coude graduellement rétréci. De sorte que la fermeture de la soupape est assurée par la réaction provenant de cette cause , sans que cependant il en résulte aucune percussion brusque.
- Cet appareil permet encore d’étudier Un point intéressant de la théorie de la percussion. Il résulte en effet des principes exposés par M. le général Poncelet, que l’on peut se former une idé« des pressions qui engendrent de la vitesse dans la petite colonne liquide en aval de la soupape d’arrêt d’un bélier hydraulique, puisque cette soupape se ferme dans un temps appréciable (Introduction à la mécanique industrielle, 2me édition, n° 168). Pour étudier cette question, j’ai disposé sur la Paroi supérieure du tuyau de conduite, hn peu en amont de la soupape, un orifice toujours ouvert, d’un diamètre Petit, mais suffisant pour qu’au moment de la levée de la soupape il puisse en sortir une sorte de bombe liquide qui ne soit Pas seulement formée de très-petites Souttes. Or, au moment où l’orifice de *a soupape se fermait, la bombe liquide ^élevait seulement au double environ de la hauteur de chute. Après ce premier instant, le jet suivait graduellement dans l’air libre les mouvements de la colonne liquide contenue dans le joyau, ainsi que je l’expliquerai plus loin en revenant sur ce genre de phénomènes.
- J’ai décrit dans mon mémoire de
- 1857 un moyen d’interrompre alternativement, par un simple bout de tuyau ou tuyau-soupape, sans boucher les sections transversales, la communication entre le tuyau de conduite et le tuyau d ascension. Je le regarde aujourd’hui comme bien plus rationnel que cette soupape, tout en conservant le système dont je viens de parler comme appareil de physique. En général, la soupape d'arrêt de Mont-golfier est une cause notable de perte de force vive par l’étranglement et les mouvements qui en résultent, quand on veut débiter d’assez grandes masses d’eau, quoiqu’elle ne bouche pas toujours une section transversale.
- On reviendra sur ce sujet dans le chapitre suivant, en rappelant seulement ici que ce genre d’appareils peut, au moyen de ce tuyau-soupape, être transformé en machine soufflante à piston liquide (Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XIX, p. 1267).
- Je n’entrerai pas ici dans les détails du réservoir d'air soufflant, etc. Je dirai seulement quant à la machine elevatoire que le tuyau-soupape D, fig. 12, peut être alors disposé au-dessus du coude ; il n’y a plus à s’occuper de mettre en mouvement une quantité d’eau quelconque contenue dans le coude. Le tuyau-soupape en se soulevant a seulement à couper les rebords du champignon liquide formé par l’eau qui s’échappe, pour réunir le tuyau de conduite à celui d’ascension comme en un seul et même tuyau. Il n’est pas necessaire de le faire soulever par la percussion de l’eau sur son rebord intérieur, fig. 13, on peut employer pour cela des moyens mécaniques.
- CHAPITRE III.
- Mémoire sur un appareil pour épargner Veau dans le service des écluses de navigation ordinaires,
- ( Comptes1 rendus de l’Académie des sciences, t. XXVI, p. 409 ; et Rapports manuscrits du conseil général des ponts et chaussées à M. le ministre des travaux publics).
- Cet appareil a pour but de remplir un sas d’écluse en tirant une partie de l’eau du bief inférieur et de le vider en relevant une partie de l’eau au bief supérieur. Il vient d’être l’objet d’un rapport favorable de M. Belanger, ingénieur en chef, professeur de mécanique à l’Ecole des ponts et chaussées,
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- et ce rapport a été approuvé le 31 décembre 184-9 parle conseil général des ponts et chaussées, qui a reconnu que cet appareil est d'une conception ingénieuse et basée sur une théorie saine. Je vais seulement décrire l'appareil tel que je l’ai exécuté en petit. Le modèle à l'échelle du dixième, qui a même ensuite été porté à l’échelle du quart quanlàla hauteur de l’écluse, est à la Faculté des sciences de Besançon. C’est sur ce modèle que M. Belanger et plusieurs de ses collègues ont vérifié mes expériences, ainsi que plusieurs autres savants. On avait proposé de faire cette double opération au moyen des principes du bélier hydraulique; mais les percussions brusques qui en seraient résultées rendaient celte application du bélier impraticable.
- Les fig. 14 et 15 présentent une vue de cet appareil suivant l’axe du tuyau de conduite C,D. La fig. 16 est un plan. Ces figures, mal gravées, suffisent pour celte description. Le tuyau CD débouche par une extrémité dans l’enclave des portes d’aval D de l’écluse, et par l’autre dans une capacité en communication avec le bief supérieur A. Cette dernière extrémité porte un clapet c qui s’ouvre du côté du bief d’amont, dont il retient l’eau quand il est baissé. Le tuyau CD est disposé dans un canal B,B toujours en communication avec le bief inférieur.
- SS est un tuyau vertical toujours ouvert à ses deux extrémités et convenablement équilibré au moyen d’un contre-poids F. Il s’élève toujours à une certaine hauteur au-dessus du niveau du bief supérieur. Quand il est baissé, il interrompt la communication entre le tuyau de conduite CD et l’eau du
- bief inférieur. Il repose alors sur un siège annulaire horizontal fixe, disposé autour de l’orifice circulaire O du tuyau de conduite. Quand il est levé il laisse cet orifice O libre, et le tuyau CD est en communication avec l’eau du bief inférieur. Le diamètre intérieur de ce tuyau-soupape est plus grand que celui de l’anneau inférieur qui repose alternativement sur l’anneau ou siège fixe.
- Pour remplir l’écluse., on lève le cla-petc, le tuyau-soupapeSS étant baissé. L’eau du bief supérieur s’écoule vers l’écluse par le tuyau de conduite CD, jusqu’à ce que la vitesse acquise dans ce tuyau ait atteint une limite déterminée, selon le temps que l’on veut mettre à l’opération totale du remplissage. Quand cette vitesse est atteinte, le clapet se referme et le niveau baisse à l’intérieur du tuyau-soupape, dont l’eau suit la colonne liquide en mouvement vers l’écluse Lorsque le niveau est suffisamment descendu à l’intérieur du tuyau-soupape, celui-ci est relevé par le contre-poids F, parce que l’eau ne pressant plus avec la même force l’anneau inférieur disposé au bas du tuyau-soupape, permet au contre-poids d’agir à une époque convenable pour que l’air extérieur ne pénètre pas dans le tuyau horizontal. Alors l’orifice O est libre et permet à l’eau du bief inférieur dont le niveau est en B d’entrer dans le tuyau de conduite CD, parce quelle est aspirée en vertu de la vitesse acquise de, l’eau qui y est contenue et qui se dirige vers D. Quand celte vitesse est éteinte, on baisse le tuyau soupape SS, on ouvre le clapet c, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’écluse soit remplie.
- {La mile au prochain numéro.)
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Par M. Vasserot, avocat à la Cour d’appel de Paris.
- JURISPRUDENCE.
- TRIBUNAL DES CONFLITS.
- ÎRAVAÜX PUBLICS. — DOMMAGE PER-ÏTANEN'T. — INDEMNITÉ. — COMPÉTENCE.
- Les lois des 28 pluviôse an VIII et l'G septembre 1807 ont chargé l'autorité administrative de prononcer sur les réclamations des particuliers pour tous les torts et dommages résultant de l'exécution des travaux publics,* jusques et y compris l'expropriation des immeubles.
- Les lois des 8 mars 1810, 7 juillet 1833 et 3 mai 1841 n'ont enlevé à ladite autorité que la connaissance des actions pour expropriation totale ou partielle.
- Lin conséquence, c'est à l'autorité administrative qu'il appartient de statuer sur une réclamation d'indemnité formée par un particulier,* è raison d'un dommage, même permanent, qu'aurait causé à sa propriété l'exécution de travaux publics, s'il n'y a eu expropriation d'aucune partie de celte propriété.
- Voici dbns quelles circonstances la Question se présentait pour la première ^is devant le tribunal des conflits :
- lies travaux exécutés par la ville de Marseille pour le nivellement de l'une ses rues, ont entraîné l'abaissement trottoirs et-du sol de celle rue devant deux maisons appartenant an-sieur Séjourné, et,par suite, le sieur Séjourné ^ ôté foreé, pour rétablir l'accès de ses
- | maisons, de foire des travaux de rac-i cordemertt dbnt la dépense s’élève à 11,957 fr.; il s’est vu , en outre, appelé devant le tribunal civil pour répondre a- une demande en diminution de loyers 1 formée par ses locataires.
- Dans ces circonslances , le sieur Séjourné a cru devoir assigner à son tour la ville de Marseille pour s'entendre condamner : i" à lui rembourser lu somme de 1,957 fr. que lui ont coûté les travaux de raccordement nécessités . par l'abaissement des trottoirs et du i sol de la rue ; 2° à le garantir de la de-j mande formée contre lui par ses loca-i taires.
- | Le 23 juin, le préfet des Bouches-du-Rliône proposa un déclinatoire, qui ! fut rejeté par le tribunal, attendu qu’il ; s’agissait d'une demande d’indemnité ; fondée sur l’existence d’un dommage \ permanent , et que les demandes de ; cette nature sont de la compétence de j l’autorité judiciaire.
- Le préfet éleva le conflit par un ar-: rèté du 2 août.
- Le tribunal des conflits, après avoir entendu le rapport présenté par M. Boudât,, et les conclusions de M. Rouland, commissaire du gouvernement, a statué en ces termes :
- a Le tribunal,
- » Vu les lois des 28 pluviôse an vin et 16 seplembre 1807,
- » Considérant que l’action intentée par le sieur Séjourné centre la commune de Marseille, a pour objet : 1° de faire condamner ladite commune à lui payer la somme de 1,957 fr., à raison des travaux qu’ont entraînés l'abaissement et le nivellement des rues sur lesquelles sont situées des maisons à lui appartenant ; 2° de se faire garanti r
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- de la demande formée contre lui en diminution de loyers par les locataires desdites maisons ;
- » Considérant que les lois des 28 pluviôse an vm et 16 septembre 1807 ont chargé l’autorité administrative de prononcer sur les réclamations des particuliers pour tous les torts et dommages résultant de l’exécution de travaux publics, jusques et y compris l’expropriation des immeubles ;
- » Que les lois des 8 mars 1810, 7 juillet 1833 et 3 mai 1841 n’ont enlevé à ladite autorité que la connaissance des actions pour expropriation totale ou partielle ;
- » Considérant que les travaux exécutés par la commune de Marseille n’ont occasionné l’expropriation d’aucune partie de la propriété du demandeur ;
- » Considérant que le recours en garantie du sieur Séjourné, en raison des réclamations de ses locataires, fait partie de sa demande en indemnité , et doit être appréciée comme elle par l’autorité administrative;
- » A décidé ce qui suit :
- » Art. 1er. L’arrêté de conflit ci-dessus visé du préfet des Bouches-du-Rhône est confirmé. »
- Audience du 29 mars.—M. Rouher, ministre de la justice, président.
- Ceux de nos lecteurs qui veulent bien lire nos articles et en garder le souvenir, se rappelleront que nous avons examiné avec grand soin la question importante que le tribunal des conflits vient de décider souverainement. La Cour de cassation avait une jurisprudence diamétralement opposée à celle du conseil d’État. La Cour voulait réserver à la juridiction civile la connaissance de ces questions, que le conseil soumettait à la juridiction administrative. Yoilà donc un regrettable dissentiment qui s’est évanoui, et la juridiction administrative sera seule compétente désormais.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre civile.
- Cours d’eau. — Droit des propriétaires riverains. — Irrigations. — Prescription. — Complainte posses-SOIRE.
- La faculté concédée au propriétaire riverain supérieur, par l'art. 644 du code civil, devient prescriptible quand il y a eu contradiction de la part du propriétaire riverain inférieur, et cette contradiction ré-suite suffisamment du fait de l'établissement d’un moulin.
- En conséquence, le propriétaire d'un moulin, riverain d'un cours d’eau, peut intenter l'action en complainte possessoire à raison d'un trouble apporté à sa jouissance par le propriétaire riverain supérieur, qui détourne une partie des eaux pour l'arrosage de ses propriétés.
- Pour saisir la portée de cette décision, il est utile de mettre sous les yeux la première partie de l’art. 644 auquel elle se référé.
- « Celui dont la propriété borde une » eau courante autre que celle qui est » déclarée dépendance du domaine pu-» blic, peut s’en servir à son passage » pour l’irrigation de ses propriétés».
- Cassation d’un jugement rendu par le tribunal civil de Dijon, le 2 août 1847, comme tribunal d’appel sur le pourvoi de M. Ménard contre M. Chaus-sard.
- Audience du 24 avril. — M, Be-renger, président ; M. Gillon, conseil. rapp.; M. Nouguier, avocat général; conclusions conformes, Me Bechard et Me Verdière, avocats.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre des requêtes.
- Rivière.—Règlement privé.—Règlement administratif. — Interpb®-tation. — Compétence. — DoM-mages-intérêts.
- Lorsque des propriétaires riverains ont, par une transaction privée, re-
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- glé entre eux l’usage des eaux d’une rivière, et que plus tard il intervient une décision administrative réglant ces mêmes eaux, il n’en appartient pas moins à l’autorité judiciaire déjuger les contestations survenues entre les parties sur l’interprétation et les effets de leur transaction.
- En conséquence, échappe à toute censure de la Cour de cassation l’arrêt qui, dans de pareilles circonstances, refuse de surseoir jusqu'à ce que l'autorité administrative ait interprété son règlement, alors surtout que cet arrêt a soin de circonscrire le débat dans l'interprétation de la transaction privée,et de réserver une action en dommages-intérêts à l’une des parties, dans le cas où le règlement administratif serait contraire aux droits qui lui ont été librement reconnus par la partie adverse.
- Audience du 16 avril. — M. Lasa-gni, président; M. Nachet, conseil. rapp.; M. Rouland, avocat général; concl. conf., Me Delvincourt, avocat.
- Vente de part de brevet. — Mise a exécution.— Délai.—Condition potestative.
- On ne doit pas considérer comme faite sous condition potestative la vente d'une part dans les produits d'un brevet, sous réserve, au profit du vendeur, de choisir le moment de la mise à exécution de son invention brevetée.
- Cette clause laisse toujours à l'acheteur la liberté de s'adresser au juge pour fixer un délai.
- . Admission d’un pourvoi du sieur De-i®8arde, contre un arrêt de la Cour de Paris.
- Audience du 2 avril.—M. Lasagni, Président;M. Hardoin, conseil, rapp. ; 5** Freslon, avocat général ; Me Paul *abre, avocat.
- COUR D’APPEL DE PARIS.
- Chemin de fer de Dieppe et de Fé-camp. — Actionnaires. — Restitution DU MONTANT DES ACTIONS. — MODIFICATION DE L’OBJET SOCIAL.
- La déclaration des actionnaires, prise de bonne foi à la majorité et tendant à restreindre les limites des opérations de la société, lie la minorité.
- Un associé ne peut rien faire contre l'intérêt social; il doit même subordonner à cet intérêt supérieur son intérêt particulier.
- Voici le texte de l’arrêt rendu par la Cour :
- « La Cour,
- » En ce qui touche la fin de non recevoir tirée de ce que Vittecoq, Fréret, Couillard, Arthur Fréret et Regimbart auraient perdu la qualité d’associés,
- » Adoptant les motifs de la sentence arbitrale ;
- » Au fond,
- » Considérant que, bien qu’en thèse générale, aucune innovation par addition, retranchement ou changement, ne puisse être apportée à la chose sociale sans le consentement de tous lesassociès ( argument de l’art. 1859, g 4, C. c. ), ce principe reçoit cependant une exception dans la cause par l’art. 44 des statuts qui donne à l’assemblée générale des actionnaires le droit de prononcer souverainement sur tous les intérêts de la société dans ta limite de ses statuts ;
- Considérant qu’il est constant, en fait, que la société, par ses représentants légaux, a décidé, autant qu’il était en elle, qu’elle ne ferait pas le chemin de fer de Fécamp ; que cette décision a été prise de bonne foi, par défaut de ressources et par mesure de bonne administration ; qu’elle lie la minorité des actionnaires d’après la règle de droit romain refertur ad universos quod publicè fit per majorem partem (L.10 g 1. ff. De regulis juris ) ;
- » Que si quelques actionnaires peu nombreux de Fécamp, en leur qualité d’habitants de cette localité, éprouvent un dommage par suite de celte résolution, leur qualité de membres de la société ne leur permet pas de répudier une décision prise par la très-grande majorité, en connaissance de cause,
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- après de sérieuses études, et uniquement pour le bien de la société, qui est le mobile essentiel de toute administration sociale, et dont ils profitent eux-mêmes en tant que sociétaires ;
- » Qu’à la vérité, si l’assemblée générale se permettait de substituer à l’objet social un objet différent, et de transformer ainsi les statuts, ce changement dans l’essence de la société ne pourrait être imposé à la minorité contre son gré, mais qu’ici il ne s’agit pas d’altérer les bases constitutives de la société, et de substituer un conlratà un autre contrat ; que la société n’a fait que restreindre l’étendue de ses opérations dans une vue de bonne administration et pour le meilleur intérêt de tous ;
- » Que le changement de diminution partielle n’a jamais élé considéré, en droit, comme un changement radical et extinctif, surtout lorsque la partie restante a, comme dans l’espece, une valeur considérable, et qu’elle laisse une base importante à l’exploitation sociale ;
- » Considérant q,u'ü n’a pas été formé deux sociétés distinctes pour rétablissement et I exploitation de deux chemins différents, mais bien une seule et même société pour l’exploitation d’une seule et même concession; qu'en réduisant l’ctendue de ses opérations, la société ne sort ni de son objet, qui est ('exploitation dé la concession, ni de son- but, qui1 est de faire des bénéfices ; qu’au contraire, elle poursuit ce but, inséparable de toute société, d’après l’avt. 183*2 du code civil, en se dégageant de la partie onéreuse de' la1 concession, pour se renfermer dans la partie qui présente le plus d’avantage ;
- » Considérant, enfin , qn’il est dé principe: qu’un associé ne peut rien faire-contre-l’intérêt social , et qu’il doit même subordonner à cet intérêt supérieur son intérêt particulier; que, cependant- les parties de Sénard, préférant leur intérêt privé d’habitants de Fécamp à leur intérêt évident comme associés* intentent une action qui- no tend à rien moins qu’à imposer à la société une entreprise au dessus de ses facultés actuelles, à précipiter par là sa dissolution et sa ruine, et à lui faire perdre le bénéfice de la meilleure partie de la concession, bénéfice acquis par des travaux-considérables ;
- » Sans s’arrêter à la fin de non-recevoir proposée contre aucun des appelants principaux :
- » Infirme, en ce que la demande prin-
- cipale des parties de Sénard n’a été déclarée non recevable que quant à présent, au principal, déboute lesdites parties de leur demande, etc. »
- Audience du 26 avril 1830. M. Trop-long, premier président.—M. Barbier, avocat-général. — Me Sénard , avocat des actionnaires. — Me Delan-glc, avocat de la compagnie.
- TRIBUNAL DE LA SEINE.
- REPRODUCTION ARTISTIQUE. — DIFFÉRENCE DE MODE DE REPRODUCTION. — PRÉJUDICE.
- La reproduction sur un objet d'art unique d'une œuvre artistique ne porte pas atteinte au propriétaire de l’œuvre originale, en rte l'empêchant pas d'en disposer par voie de rente de l'original, ou de reprO-d action indus tri elle.
- M. Ary Scheffer es! auteur de deu* tableaux connus sous le nom de M1' gnon: il a vendu à M. Gâche, marchand d’estampes, lé droit de reproduire ces deux tableaux par la gravure-Il était stipulé que M. Schcffer ne pourrait permettre à aucune personne de reproduire son œuvre par la gravure» la lithographie, ou de toute autre ma‘ nière.
- M. Tahan, fabricant d’ébenisterie, 3 exposé dans- scs magasins un meuble sculpté, présentant, sur deux p;,b' neaux, les deux tableaux de M. Schet-fer, peints sur porcelaine.
- M. Gâche a vu là une atteinte portes à ses- droits de reproduction, et il 3 cité devant le tribunal de la Seine M. Scheffer et M. Tahan, pour leur demander une somme de 2,0U0 fr., 3 titre de dommages-intérêts.
- Le tribunal a rendu le jugei»ent suivant :
- « Le tribunal,
- » Attendu que les peintures sur p<ff celaine saisies sur Tahan , au pal31* l’exposition des produits de rindustr* * et représentant les deux Mignons, a près les tableaux de Ary Scheffer, s® purement des œuvres d’art, et a l’exécution n’a pu constituer une
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- teinte à la propriété artistique du peintre, qui le reconnaît lui-même ;
- » Attendu, d’ailleurs, que si Scheffer a vendu à Gâche le droit exclusif de faire graver au burin les deux tableaux dont s’agit, et s’est engagé à n’en permettre aucune reproduction , soit en gravure rlithographie , ou autre genre quelconque , cette interdiction ne sau-rait comprendre que des procédés industriels devant procurer des reproductions à plusieurs exemplaires , et non des copies artistiques ayant le mérite et le caractère d’œuvres origi-nales;
- » Que, sous ce rapport, Gâche n’a-vmt pas qualité pour agir ;
- » Attendu , au surplus, en ce qui Concerne Scheffer, qu’il n’est pas même a]légué qu’il ait autorisé la copie dont Sagit, et qu’ainsi il n’y a lieu à ga-rantie de sa part ;
- » En ce qui concerne la demande •^conventionnelle de Tahan ,
- » Attendu que la saisie du meuble dans lequel sont incrustées les peintres dont s’agit a causé à Tahan un grave préjudice, en en paralysant la vcute entre ses mains; que celte saisie a ôté faite sans droit ;
- » Par ces motifs ,
- » Déboute Gâche , tant de sa demande principale contre Tahan , que de sa demande en garantie contre Scheffer;
- » Fait main levée de la saisie pratiquée sur le meuble ;
- . » Statuant sur la demande reconven-donnelle de Tahan, r » Condamne Gâche à payer audit than la somme de 500 fr., à titre de dommages-intérêts, sans contrainte par corps ;
- * Et condamne en outre Gâche en l°Us les dépens. »
- . 5' Chambre. — Audience du 16 avril l850. — M. Lepeletier-d’Aulnay, pré-jldent. — Me Leblond , avocat de Gâche; Me Marsaux jJJ- Tahan; Me Rousse,
- Scheffer.
- avocat de avocat de
- Exploitation d’une carrière. — Validité de congé.
- Celui qui exploite une carrière comme concessionnaire n'est point assimilé à un locataire ordinaire , quant aux formes et aux délais de congé (résolu implicitement).
- M. Pertefm est propriétaire d’une carrière de pierres à plâtre, qui n’était pas encore ouverte au 1er janvier 1847, époque à laquelle il concéda à M. Pa-quin, fabricant de plâtre, l’exploitation de la carrière dans une certaine étendue. Le prix de cette concession était de 1 fr. 50 c. par dix hectolitres de plâtre extrait et manufacturé par M. Paquin.
- M. Pertefin a donné congé à M. Paquin. Il soutient que le propriétaire d'une carrière peut donner congé à son concessionnaire, comme tout propriétaire à son locataire; il appuie sa prétention, en droit, sur l’assimilation qui existe entre son concessionnaire et son fermier; en fait, sur ce que son locataire exploite d’une manière fâcheuse et est en retard de payer ses loyers.
- M. Paquin conteste le droit du propriétaire à lui donner congé; il nie toute assimilation entre la convention qui le lie et un contrat de louage. Le locataire est chargé de jouir en bon père de famille, c’est-à-dire de conserver la chose pendant la jouissance et de la rendre en même état, et le fonds lui a été concédé justement pour l’absorber et l’anéantir par son industrie; il n’y a donc aucune assimilation possible.
- En fait, il justifie du payement de ses redevances, et voit dans l’action du propriétaire le désir de l’évincer pour jouir seul du surplus de l’exploitation, et notamment de travaux considérables, tels que route, fours, hangar et moulin, par lui construits pour les besoins de son industrie.
- Le tribunal a adopté en droit le système du concessionnaire; nonobstant ce congé, il maintient provisoirement le sieur Paquin en jouissance de la carrière, et nomme un expert pour apprécier en fait les prétentions des parties.
- Cinquième chambre.—Audience du 15 mars 1850. M. Delahaye, président. MM. Perrin et Desfossés, avocats.
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- JURIDICTION CRIMINELLE. COUR D'APPEL DE PARIS.
- Chambre correctionnelle. Contrefaçon artistique.—Auteur et
- PROPRIÉTAIRE. — LA FEMME PIQUÉE d’un SERPENT.
- L’artiste 'qui, en vendant une de ses œuvres, a déclaré aliéner tous ses droits d'auteur et s'interdire le droit de reproduction, est non recevable à porter plainte en contrefaçon.
- Vainement soutiendrait - il que les prévenus lui ont causé un préjudice personnel en vendant sous son nom une œuvre immorale. C'est là un fait indépendant de la contrefaçon, qui peut donner ouverture à une action en dommages-intérêts, mais non à une action en contrefaçon.
- Cette dernière action n'appartient, dans ce cas, qu'au propriétaire de l'œuvre.
- Nous avons rendu compte d’un jugement rendu par le tribunal dans cette affaire.
- La cour n’a pas adopté le système du tribunal ; la critique de la première décision étant contenue dans celle-ci, nous nous bornons à la produire ; mais nous engageons à relire dans notre précédent article l’exposé des faits.
- « La cour,
- » Faisant droit sur les appels interjetés par Clesinger et Laneuville, et par Gauvain , Pierry et consorts, du jugement du tribunal correctionnel de la Seine, du 5 janvier 1850, ensemble sur les demandes, fins et conclusions des parties ;
- » En ce qui touche l’appel de Clesinger contre Gauvain et consorts, et les appels de ces derniers contre Clesinger ;
- » Considérant qu’à l’époque de la saisie pratiquée à sa requête, Clesinger avait aliéné la totalité de ses droits de propriété sur la statue de la Femme piquée par un serpent, au profit de Mosselmann ;
- » Qu’il était dès lors sans qualité pourexciperde la loi du 19 juillet 1792, et introduire une action en contrefaçon,
- qui, d’après la lettre et l’esprit de celte loi, ne peut appartenir à l’auteur qu’autant qu’il ne s’est pas dessaisi , sans aucune réserve, de la tota- < litè de son droit de propriété sur son œuvre ;
- » Considérant que les articles 425 et 429 du Code pénal n’ont rien innové à cet égard, et que c’est à tort que les premiers juges ont admis les conclusions dudit Clesinger, qui devait être déclaré non recevable en son action;
- » Que si ledit Clesinger prétend que par le fait de la reproduction de sa statue par Gauvain , qu’i! qualifie de diffamation, il a été porté un préjudice a sa réputation d’auteur et d’artiste, ce préjudice ne dérivant pas de la contrefaçon, qu’il ne pouvait plus poursuivre depuis l’aliénation par lui faite , sans aucune restriction, de la statue , à la propriété de laquelle se rattache l’exercice de ce droit, la Cour n’a pas à statuer sur la réparation réclamée par Clesinger ;
- » Met l’appel et ce dont est appel an néant, en ce que Gauvain et consorts ont été condamnés comme contrefacteurs vis-à-vis Clesinger, et par suite a lui payer des dommages-intérêts ;
- » Emendant, quant à ce, décharge Gauvain et consorts des condamnations contre eux prononcées à cet égard;
- » Au principal, les renvoie des fi?* de la plainte et des conclusions ue Clesinger, condamne Clesinger au* frais de première instance et d’appel sur son assignation contre Gauvain et consorts;
- » En ce qui touche l’appel de la“ neuville contre Gauvain et consorts les appels de ces derniers contre ha" neuvilie;
- » Considérant que Laneuville a i®' térèt et droit, comme propriétaire e* clusif de la statue, objet de la plainte* d’en poursuivre les contrefacteurs, c que le tribunal a été régulièrenaen saisi par l’assignation du procureur « la République et celle de Laneuville ;
- » Adoptant, au surplus, les ron des premiers juges sur tous les autr chefs ;
- 9 Met l’appellation au néant, ordonn® que le jugement dont est appel, sort» son plein et entier effet, et condam chacun des appelants aux frais de s appel. »
- Audiences du 23 mars et 6 avril M. Ferey, président; M. Mon?
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- avocat général; MMei Chaix-d’Est-Ange, Nicolet, Cresson, Darragon et bataille , avocats.
- JURIDICTION COMMERCIALE,
- MM. LEBEAU ET CONSORTS, NÉGOCIANTS DE
- BOÜLOGNE-SUR-MER , CONTRE LE CHEMIN DE FER DD NORD. — DEMANDE DE
- DOMMAGES-INTÉRÊTS. —TARIFS.
- Nous avons déjà eu occasion de parler des contestations survenues entre la compagnie du chemin de fer d’Amiens à Boulogne, et la compagnie du chemin de fer du Nord, au sujet de la rivalité des deux lignes de Calais et de Boulogne pour le service de l’Angleterre.
- Le tribunal de commerce de Paris Çtait saisi d’un nouveau procès intenté à la compagnie du Nord par des négociants de Boulogne, qui se plaignent du préjudice causé à leur industrie par les privilèges accordés par la compagnie aux lignes de Calais et de Dunkerque.
- . La ligne de Paris à Boulogne a 272 kilomètre; la ligne de Paris à Dunkerque a 356 kilomètres; la ligne de Baris à Calais a 378 kilomètres; il était donc naturel de penser que la ligne de Boulogne, qui est de beaucoup la plus courte, obtiendrait la préférence pour les voyages et les expéditions en Angleterre.
- La compag nie du Nord a essayé qu’il en fut autrement, et elle a organisé Jjne concurrence redoutable au profit de Calais et Dunkerque.
- Nous avons déjà eu deux exemples des merveilles qu’il serait possible de réaliser. La compagnie de Boulogne, à * occasion de son procès avec le Nord , ivait organis é un voyage de Londres à Bflris, exécuté en neuf heures.
- I Ba compag nie du Nord n’a pas voulu hisser cet argument sans réponse, et j'ie a organis é à son tour un voyage de Londres, Cal ais et Paris, exécuté à peu *,res dans le même temps, quoique la Çute à franchir ait 106 kilomètres de Pms.
- Quoi qu’il en soit, voici la demande ^dmise au tribunal de commerce par >ciants de Boulogne. Us sou-; que la compagnie du Nord a é seis tarifs suivant son caprice et
- neg<
- .ennent
- sans tenir aucun compte des distances pour les voyageurs et les marchandises dirigés vers l’Angleterre ; que l’ensemble deâ mesures adoptées par elle a pour but et aurait pour résultat, si la justice n’intervenait pour s’y opposer, d’attirer, par l’appât du bon marché, aux ports de Calais et de Dunkerque, qui en était jusqu’ici complètement privé, toutes les relations commerciales entre la France et l’Angleterre, en un mot, d’anéantir le commerce de Boulogne et de le transférer à Calais et à Dunkerque.
- Les demandeurs soutiennent que ces mesures, contraires aux stipulations des articles 41, 41 bis et 47 du cahier des charges de la compagnie du Nord, leur causent un grave préjudice.
- En conséquence, ils concluent à ce que la compagnie du chemin de fer du Nord soit tenue, conformément à l’article 41 bis de son cahier des charges, de consentir sur la ligne de Paris à Amiens, en faveur des marchandises et des voyageurs allant de Boulogne à Paris, et réciproquement, toute réduction de tarif qu’elle aurait consentie sur une des sections de la ligne du Nord, en faveur des voyageurs ou marchandises allant de Calais à Paris et réciproquement, et de faire la perception des taxes, indistinctement, et sans aucune faveur directe ou indirecte, à raison des distances, pour les voyageurs et marchandises passant par Boulogne, Calais ou Dunkerque ; et pour le préjudice causé, ils demandent des dommages-intérêts à donner par état, et l’insertion du jugement dans les journaux de Paris, Boulogne, Calais et Dunkerque.
- La compagnie du Nord a opposé à celte demande une exception d’incompétence, et soutenu que cette difficulté, sur l’acte administratif qui règle ses tarifs, devait être soumise à la juridiction administrative.
- Me Düvergiek, avocat de la compagnie du Nord, a développé ce moyen, qui a été combattu par M* Delangle, avocat des demandeurs.
- Le Tribunal a statué en ces termes :
- « Attendu qu’il ne s'agit pas d’une modification à faire aux tarifs, mais de savoir si l’application que la compagnie du chemin de fer du Nord fait des articles 41,41 bis et 47 du cahier des charges est conforme à l’esprit de la loi, et si elle ne porte pas préjudice aux demandeurs ;
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- y> Attendu qu’il ne s’agit donc pas dans l’espèce de l’interprétation d’un acte administratif, mais bien d’un acte législatif;
- » Par ces motifs,
- » Le Tribunal retient la cause, ordonne de plaider au fond, et sur la déclaration négative de la compagnie du Nord, adjuge aux demandeurs les conclusions de leur assignation, et condamne la compagnie du chemin de fer du Nord aux dépens. »
- Audience du 15 avril. M. Berthelot, "président.
- Sommaire de la partie législative et judiciaire de ce numéro.
- Jurisprudence. = Tribunal des conflit*. = Travaux publics. — Dommage permanent. — Indemnité. •— Compétence.
- Juridiction civile. = Cours de cassation, chambre civile. = Cours d’eau. — Droit de propriétaires riverains. — Irrigations. — Prescription. — Complainte possessoire. — == Cour de cassation, chambre des requêtes. = Rivière. — Règlement privé. — Réglement administratif. — Interprétation.
- — Compétence. — Dommages-intérêts. = Vente de part de brevet. — Mise à exécution.
- — Délai. — Condition potestalive. = Cour d'appel de Paris. = Chemins de fer de Dieppe et de Fécirmp. — Actionnaires.—Restitution du montant des actions. — Modification de l’objet social. = Tribunal de la Seine. ^ Reproduction artistique. — Différence du mode de reproduction. —Préjudice. = Exploitation d’une carrière. — Validité de congé.
- Juridiction criminelle.—Cour d'appel de Paris. = Chambre correctionnelle. = Contrefaçon artistique —Auteur et propriétaire.
- — La femme piquée d’un serpent. Juridiction commerciale. = MM. Lebeau
- et consorts, négociants de Boulogne-sur-Mer, contre le chemin de fer du JNord.—Demande de dommages et intérêts. — Tarifs.
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- BREVETS ET PATENTES
- >9Q(Kra<i
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau (J’Irlande , du 17 mars 1850 ou n avril 1850.
- 17 avril. J. Foncier. Drainage des terres.
- l.iste des Patentes revêtues du grand sceau d’Êcosse, du 22 mars 1850 au 22 avril 1850.
- mars. F. Vouillon. Fabrication des chapeaux. casquettes et autres articles semblables.
- mars. W.-E. ifewton. Boutons de portes et autres articles d’ameublement ( importation ).
- î7 mars. J.-C. Goedall. Machine à couper le papier.
- mars. C.-F. Kirkman. Machine à filer et retordre le colon, la laine et autres matières filamenteuses.
- *0 ^
- mar. R, Milligan. Manière de produire des
- boucles de chaîne flottante pour l'ornement des tissus.
- il avril. R. White et J.-11. Grant. Machine employée dans les mines.
- 15 avril. W. Alac-Lardy. Machines à préparer et filer le coton et autres matières lilamanteuses.
- 17 avril. J. Seoffern. Mode de raffinage du sucre.
- 22 avril. J.-B. Wilson. Fabrication des cordes métalliques.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau ^'Angleterre, du 28 mars 1850 au 23 avril 1850.
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- mars. T. Walker. Fabrication de la tôle de fer pour certaines applications.
- J. Samuel. Construction des chemins de fer et des machines à vapeur.
- ®vrH. J. Findlay. Machine à tourner, couper, profiler et débiter le bois et autres matières.
- avril, g.-H. Phipps. Mode de propulsion.
- avril. J.-C. Goodall. Machine à couper le papier.
- avr,l. C. Seely. Moulure du grain.
- *vril. /. Plaît. Machine à filer, doubler et tisser le coton, le lin et autres matières filamenteuses.
- avril. R. Prosser. Machine à fabriquer les tubes en métal.
- avril. A .-F. Rémond. Fabrication des en-enveloppes.
- avril. E.-A. Chameroy. Fabrication des chaudières et des tubes en substances malléables et élastiques.
- avril. R. Reid. Perfectionnements dans le tissage,
- aVr*l. E. Heindryckx. Mode de propulsion.
- avr'*< C- Dinsdale. Articles de prothèse dentaire.
- avfil. J. Turner et J. Ilardwick. Construction et établissement des chaudières à vapeur
- 47ril. G. Altwood. Mode de fabrication des tubes en cuivre et en alliages. rln C. de Bergue. Perfectionnements
- dans les machines à vapeur, les locomotives et les tampons.
- 18 avril. J.-D. Harris. Fabrication des tissus à mailles.
- 18 avril. W. Buckwell et G. Fisher, Fabrication des ressorts pour voilures et autres.
- 18 avril. W.-1I. Ashurst. Fabrication des ver -nis ( importation ).
- 18 avril. T. Ross. Machines à lainer les draps et les feutres.
- 18 avril. A.-M. Marbe. Fluide végétal pour l’éclairage et lampe pour le consumer.
- 18 avril. W. flargreaves. Mode de consommation de la fumée.
- 20 avril. P. Arkell. Fabrication des mèches à chandelles
- 20 avril- A.-G. Anderson. Emploi d’une matière produite dans la fabrication du savon.
- 30 avril J.-T. Chapman. Appareil de ridage des vaisseaux et de mouvement des fardeaux.
- 20 avril. R.-A. Brooman. Fabrication du zinc,
- 23 avril. W.- H. Ritchié. Fabrication des tubes en cuivre, laiton, etc.
- 23 avril. W. et Th. Mc.-Alpin. Machine à laver le colon, les toiles et les tissus.
- 23 avril.. C. Humfrey. Mode de traitement des matières grasses et fabrication des chandelles.
- 23 avril. A. Pawels et V. Dubochet. Production du coke, du gaz d’éclairage, et
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- mode pour régler la circulation de celui-ci.
- 23 avril. R. Laming, et F.-J. Evans. Mode de fabrication du gaz d’éclairage.
- 23 avril. W.-E. Newton. Mode de moulage des types d’impression(importation).
- 23 avril. P.-A.-L. Fonlainemoreau. Fabrication des pains à cacheter ^importation).
- 23 avril. P.^A.-L, Font ainemor eau. Mode pour consumer la fumée ( importa* tation).
- 23 avril. - W. Siemens. Télégraphe électrique.
- 23 avril. J.-J. Baranowsky. Machine à cal* culer.
- Patentes américaines récentes.
- W.-H. Jennison. Diaphragme de filtration se réglant seul.
- P.-F.-B. Morue. Perfectionnement dans les télégraphes électriques.
- A.-S. Goodman. Fabrication des balais et des brosses avec les branches du chou palmiste.
- P. Hopkins. Mode de fabrication de la bière et conservation des boissons.
- W. Watson. Destruction du charançon des blés.
- T.-G. Bucktin. Préparation de modèle en métal pour les moulages.
- A.W. Cary. Mode de garnitures des pompes rotatives.
- P. W. Davis. Imitation des marbres.
- C.S. Beardsley. et S. Wood. Outils de tour.
- W. -Y. Laylon. Perfectionnements dans les machines à nettoyer le coton.
- Brevets délivrés dans le royaume de Saxe à la fin de 1849 et au
- commencement de
- 13 août. J.-C. Lehman. Composition pour le noir de l’encre d’impression.
- 20 août. J.-C.-F. Sell. Châssis de fenêtre à fermeture imperméable.
- l« septembre. E.-W. Plaettner et J.-F. Hoffmann. Moulins à cylindres.
- 4 septembre. G.-A. Jauck. Pompes à incendie.
- 15 septembre. W. Elliot. Appareil à carboniser la tourbe et autres combustibles.
- 22 septembre. M. Hoffmann. Matière élastique pour la chaussure.
- !*«. octobre. J. de Maffei et J. Hall. Construction perfectionnée des machines à haute pression.
- 22 octobre. F.-G Wieck au nom de J. Norsain, de Bruxelles. Construction des chaudières à vapeur.
- 27 octobre. F -A. Gœbel. Masse pour la fabrication des briques.
- 2 novembre. L. André. Manomètre nouveau.
- 7 novembre. A. Schreul. Machine centrifuge
- Îiour purger les sucres, filtrer l'eau, es huiles, sécher les étoffes, etc. (importation).
- ’ novembre. A. Sthreul. Procédé de fah^. lion et de raffinage du sucre ( i®P tation ).
- novembre. F.-G. Wieck. Procédé de wB nage des cuirs.
- : Décembre. W-L. Eltler. Fabrication ^ cigarres avec les côtes de feuille8 tabac.
- décembre. A. Schreul. Mode de lion du sucre, procédé R°uS (importation). ^
- Décembre. F. W. Lieberknecht. ApPare'^ chauffer l’air des étuves.
- < Décembre. O. Paschke. Appareil
- briquer des tuhes en fer forgé de i cylindrique et prismatique, i janvier 1850. M. de Weber. Appareil i< & surer la pression des fluides tiques ou non élastiques. ^
- janvier. Docteur Flügel. Fabrication l’acier avec les gaz. i février. F. Rassmus. Manomètre dm tiel.
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- U TECHNOLOGIE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- l'Emploi de la flamme perdue des feux d'affinage.
- ®éjà dans l’année 1814, M. Berthier dans les Annales des Mines, ap-Pe‘é l’attention sur ce point et fait voir la flamme qui se dégage dans l’affi-a?#edu fer pouvait recevoir diverses ap-P^cations utiles quand on l’employait 11 chauffage de capacités établies le modèle des fours à réverbère p°n plaçait dans le voisinage de la '0r8Ç. Il *a fallu cependant bien des nnées avant que cette proposition du Professeur fût mise généralement à lon^1 ^ans *a P1"31'*!116- Le nlot*f de ce q 3 fêtard provenait peut-être de ce iu,l était nécessaire de modifier la qaaJche entière des opérations d’affi-j3e P°ur pouvoir tirer quelque profit avPortantd’un four à réverbère chauffé (jüec ce qu’on appelle la flamme per-erhe‘ Ces fours peuvent cependant être quP, °yés pour porter au rouge la fonte Ri 11 s’agit d’affiner, à chauffer préala-qu le fer qu’on veut souder ainsi cjn„, s loupes ou les lopins qu’on veut ïair >r ou lamioor, etc. ; mais pour en Une application économique de éés 3üe valeur, il fallait que les procédés U a^‘oage eux-mêmes fussent chan-diffj’ ,ffui présentait de nombreuses lou«llès à cause des circonstances tq0(1 s particulières que présente ce çe de travail.
- ^difficultés, et avec elles les obsfa-Technologisle. T. XI.—Juillet 1850.
- clés qui se sont présentés dans l'emploi général du four à réverbère, sont au-jourd’huilevées, et l’on n’y est parvenu, en améliorant en ce point l’affinage à la forge, qu’au moyen d’un fond artificiel formé avec les scories de la loupe précédente. La fonte, pour la loupe suivante , entre en fusion bien plus promptement qu’auparavant, sans pour cela retarder d’un côté la marche du travail, et de l’autre sans nuire à la qualité ou au produit relatif, produit qui se trouve garanti par cette circonstance , que la première fois qu’on avale la loupe, on enlève le fond de scories, et qu’on se procure ainsi pour la fusion les avantages d’un feu bas, et pour l’affinage qui suit ceux d’un feu haut.
- Maintenant, ce qui est particulièrement utile, c’est que la fonte soit amenée dans le feu à la température la plus voisine qu’il est possible du point de fusion, et d’abréger autant qu’on le peut le chauffage des saumons dans le feu d’affinage, de le réduire seulement au ressuage de façon que les scories blanches qu’on obtient servent à l’amélioration du procédé d’affinage et à augmenter le rendement relatif et que les fours à réverbère de feux de forge deviennent ainsi d’une application plus générale. Cette méthode a été adoptée d’autant plus volontiers, que le prix du combustible a augmenté dans ces dix dernières années, et que les progrès de la science nous ont démon-
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- tré que la plus grande partie de la houille employée dans les feux d’affinage se convertissait en oxyde de carbone, et par conséquent se dégageait sous forme de combusiible dont le maître de forge intelligent et le spéculateur ne devaient pas permettre la perte.
- Nous allons présenter ici une série de règles expérimentales sur la construction des fours à réverbère, sujet sur lesquels la littérature industrielle fournit encore bien peu de renseignements et de détails.
- 1. On peut introduire le four à réverbère dans toute vieille cheminée, pourvu que sa capacité ne soit pas trop restreinte, et pour cela faire parcourir à volonté, à la flamme, une ligne droite ou des sinuosités quelconques. Il est par conséquent indifférent que le premier four, c’est-à-dire celui dans lequel arrive directement la flamme du feu de forge soit placé à droite, à gauche ou au-dessous decefeu.ouquecette flamme se rende du premier dans le second et dans les suivants de ces fours en ligne droite ou en ligne sinueuse.
- 2. D’un autre côté, il est important que la capacité au-dessus du feu soit bien close, excepté du côté du travail, pour que l’air atmosphérique n’agisse que par ce côté sur la flamme du feu de. forge, qu’elle n’arrive pas froide dans le four, ou qu’elle éprouve des obstacles à son entrée dans ce four et revienne sur l’ouvrier. II faut d’ailleurs faire l’ouverture pour le travail aussi basse et aussi étroite qu’il est possible.
- 3. Une chose fort importante, quoique négligée dans beaucoup de fours à chauffer, c’est que le feu de la forge soit placé aussi avant qu’on le peut dans la portion antérieure de la cheminée, et par conséquent de reculer, tant qu’il est possible, la tuyère près du pilier ou montant antérieur qui soutient cette cheminée. De cette manière, l’ouvrier est moins près de la cheminée quand il travaille dans le feu, et par conséquent est moins exposé à souffrir de la chaleur, ce qui lui permet de donner plus de perfection à son travail.
- 4. Par la même raison, une petite avant-cheminée placée sur le devant de la cheminée de la forge est très-commode. En effet, si on veut que le four à réverbère soit très-chaud, il faut que le tirage n’ait que la force suffisante pour donner une flamme à l’état ordinaire. Mais dès que l'ouvrier travaille à la forge, cette flamme augmente beaucoup, et tout ce qui ne peut pas être reçu dans le four revient vers cet ouvrier et le fatigue beaucoup lorsqu’il
- n’a pas un fort tirage. Or une bonne avant-cheminée produit un tirage constant qui marche dans la direction de l’ouvrier vers le feu en lui apportant de l’air frais, seul moyen de faire supporter à cet homme un travail d'ailleurs très-pénible.
- 5. Une règle importante, c’est de placer le four aussi près qu’il est possible du feu de la forge ; il est en conséquence indispensable de ne donner a la paroi sur laquelle la flamme doit monter pour entrer dans ce four que quelques pouces de pente.
- 6. D’un autre côté, tant pour la faej* litè de l’application que pour que ja flamme et l’air atmosphérique qui Pe' nètrent du côté de l’ouvrier puissent bien se mélanger, et pour préparer (chauffer) ce dernier à une bonne co®" bustion, il faut que la sole du four à réverbère placé tout près de la forge son à 2 1/2 à 3 pieds plus haut que *a tuyère.
- 7. La largeur et la longueur du fo“r à reverbère peuvent varier dans des limites étendues. Plus la forge est de grande dimension, plus on pourra ope* rer de divisions dans les objets qu’011 veut chauffer et utiliser la chaleur rayonnante absorbée et rendue par le® parois. On peut aller, quand on a deja place, jusqu’à 5 pieds de largeur et 6 de longueur; ordinairement une largeur de 3 à 4 pieds et une longueur à peU près égales sont bien suffisantes.
- 8. D’un autre côté, il est fort ij11' portant de faire le four à réverbère aussi bas qu’il est possible. Quand°JJ ne veut que chauffer des barres 0 gueusets, il suffira de donner 4 pouc® aux retours et 6 pouces sous clef à voûte. Le four dans lequel on vou® faire chauffer de gros fragments,0 des fontes cassées devra riécessaff ' ment avoir plus de hauteur. On pe® même porter celle-ci jusqu’à un pie J mais alors il faudrait donner une l^n
- gueur et une largeur correspondante •
- Dans tous les cas, il faut que l’ouve ture par laquelle la flamme s échappe soit immédiatement sur 1» s f et au plus à la moitié de la haute qu’on donne au four. .-r
- 9. C’est du but qu’on veut °r end de ces fours à reverbère que dép®,^ Je nombre de ceux qu’il convient tablir. Quand on a trois fours *eS-e(j$ derrière les autres, chacun de o PJ. j. de largeur, avec rampants interme * t res de 1/2 pied de longueur, on P f encore très-bien porter le dernier ^ au rouge clair , ce qui suffit oTt chauffage des fers cassés. On peut
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- employer le premier four de cette forge au chauffage pour affinage des gueu-Sets, utiliser le deuxième au lieu d’un Petit feu et chauffer des fontes cassées uans le troisième- Il n’est pas avantageux de chauffer dans le premier four ^es fers cassés qu’on veut forger; les ragtnonts refroidissent trop le four ^ par suite la flamme, pour que le fer ? forger acquière le jaune paille, cha-eUr à laquelle le porterait ce four sans cette circonstance. Si on n’a pas à sa disposition un petit martinet pour le service de ce four, on peut employer ,e second four à chauffer les cassés , et Çe second four, quand il n’est pas trop C'cvé, peut, dans l’opération de l’ai— hnage à la forge, être amené souvent a One chaleur capable de mettre la fonte en fusion. Dans tous les cas on J?0 peut pas compter atteindre dans les °ors au delà de cette chaleur jaune Paille.
- 10. Quand on veut se servir des ours à reverbère pour le laminage des •Maquettes, il est avantageux de les construire dans le sens transversal avec •me largeur proportionnelle à la longueur des maquettes qu’il s’agit de chauffer, c’est-à-dire de 12 à 18 pieds de longueur, suivant l’espace dont on dispose, avec voûte plate tombant un Peu par derrière, mais à sole horizon-sur laquelle on établit deux voies dorizontales et parallèles en fonte ou en argile réfractaire cuite au feu d environ 3 pouces de hauteur qui s’é-endent sur toute la longueur. C’est sur ces voies qu’on pose pièce par pièce et transversalement les maquettes en pla-?apt le plus près du feu de forge les Pjcces les plus chaudes pour pouvoir les l|rer à mesure et disposant de même celles froides près du rampant et au Jffdven d’un appareiI de levier disposé Pres de la couche de barres faisant ’archer celles-ci en avant au fur et à dfesure qu’on en retire une pour replier la place perdue. L’appareil des eviers est naturellement placé hors u four, et il n’y a que deux bras pas-?nt a travers la maçonnerie qui fonc-jJ.dnnent sur les maquettes rangées à mtérieur. La flamme est introduite |,n Plongeant dans ce four du côté de extrémité de la sole la plus éloignée Ue Acheminée.
- ^ C’est du nombre et de la gran-^Ur des fours qu’on veut utiliser que (jgPcd'i la hauteur de la cheminée et du Ce*u’~c‘ à son tour les dimensions Qu’ ranaPant. Si on préfère ne travailler i avee un four? qU’on S y borne, et
- ^ en commençant on l’applique pen-
- dant quelques heures à chauffer, on peut se dispenser d’une cheminée haute, et il faut seulement établir une avant-cheminée d’un bon tirage pour que l’ouvrier n’ait pas trop à souffrir. Les fours de cette espèce ne donnant que la chaleur rouge ne peuvent être utilisés que pour les tôles ; en outre leur tirage varie beaucoup avec le temps et l’état de l’atmosphère ; mais ils procurent cet avantage qu’ils aspirent beaucoup moins d’air atmosphérique que le four à cheminée élevée et qu’ils sont moins oxidants au travail, ce qui est particulièrement avantageux pour les tôles au marteau.Pour un seul four on a besoin d’une cheminée de 25 à 30 pieds ; pour deux fours de cheminées de 40 à 50 pieds ; et, quand on emploie trois fours, ces cheminées peuvent être portées de 50 à 60 pieds; si l’on veut pouvoir régler le travail et ne pas être sous la dépendance de la hauteur du baromètre ou des courants d’air. En général on peut être assuré que l’effet de la flamme est d’autant plus énergique que la cheminée est plus haute, parce qu’avec l’accroissement en hauteur du conduit ascensionnel de la fumée, on voit croître la pression et par conséquent la densité des gaz qu'on brûle dans la capacité du four, de manière que dans une période de temps et dans une même capacité on consomme une plus grande quantité de -combustible qui autrement ne se brûlerait en grande partie que dans la cheminée.
- 12. C’est comme on l’a déjà dit de la hauteur de la cheminée que dépendent les dimensions du rampant. JVous lui donnons ordinairement pour une cheminée de 50 pieds une section de 30 à 40 pouces carrés et nous fermons ensuite cette ouverture pendant le travail avec des briques qu’on y insère suivant le besoin. Comme dans les cheminées de ventilation, il ne tarde pas à s’y déposer une certaine quantité de cendres ou de produits sublimés provenant du feu de forge, qui en réduisent peu à peu la section à mesure qu’elles s’élèvent, et il est en conséquence avantageux lorsqu’on peut y parvenir facilement de le nettoyer souvent.
- 13. On a trouvé qu’il était bon d’évacuer la flamme du four à réverbère au moyen de petites cheminées qui n’ont que 5 à 8 pieds de hauteur et conduisent cette flamme dans la grande cheminée proprement dite. Ces petites cheminées sont, à cause de leur fréquent nettoyage et de la chaleur intense quelles ont à supporter, très-
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- exposées à être détériorées, et il est par conséquent très-commode de pouvoir les réparer sans avoir affaire à la grande cheminée principale. On leur donne pour le bas et jusqu'à une hauteur de quelques pieds la même section que le rampant, et plus haut on les élargit en forme de pyramide.
- 14. Il vaut mieux faire la surface de la sole horizontale, et si le four suivant doit être plus élevé que le précédent, on place la sole d’autant plus bas en disposant sous une pente suffisante le rampant intermédiaire. On peut aussi racheter la différence de niveau par un gradin ; mais si cette différence de niveau est très-considérable, il faut relever un peu la voûte. Du reste , il y a avantage de construire l’arête du dôme, indépendamment du léger ventre que le bandage de la voûte exige, horizontalement suivant la longueur. Si on a l’occasion de mettre chaque four suivant à un ou plusieurs pouces plus bas que le précédent, il y a cela de bon que les rampants intermédiaires cintrés en forme d’échappées de cave, renvoient mieux la flamme sur la sole du four suivant.
- 15. L’ouverture d’introduction (pont) et le rampant intermédiaire doivent avoir la hauteur du four et environ 2/3, ou pour les petits fours 4/5 de leur largeur.
- 16. Si on se sert du vent chauffé d’un soufflet, il convient de placer l’appareil de chauffage tout à fait derrière le four à réverbère dans une capacité particulière de chauffage. Mais comme en cet endroit cet appareil ne peut être aussi bien chauffé, il faut le faire d’une plus grande dimension pourque la surface horizontale des tuyaux s’élève de 50 à 60 pieds carrés. Il est très-incommode de l’établir dans une cheminée à cause des réparations, et que d’ailleurs il compromet par ses dilatations et contractions continuelles la solidité de la cheminée. Il n’est guère plus avantageux de le placer immédiatement sur le feu ; on peut bien le construire en ce point sous forme d’une voûte pour remplacer le dôme en briques et s’épargner les réparations fréquentes de ce dôme; mais dans cette position il a beaucoup à souffrir de la chaleur qui le brûle et le crevasse souvent par suite des aspersions d’eau que les affineurs versent sur le feu, de façon qu’on est souvent obligé de travailler à feu peu intense lorsque l’appareil est un peu endommagé.
- Mais si on s’organise pour qu’au sor-
- tir du dernier four la flamme puisse être conduite à volonté dans l’appareil de chauffage ou dans la cheminée au moyen d’une cheminée basse additionnelle pourvue d’un registre, alors l’appareil est beaucoup moins détériore pendant le travail. Dans tous les cas on ne doit recommander que des appareils de chauffage construits avec des tuyaux cylindriques.
- 17. La cheminée doit être pourvue d’un registre fermant exactement pour pouvoir clore ce conduit, pendant qu’oU avale la loupe, et pour que la température du four ne s’abaisse pas trop.
- 18. Le point principal pour amener correctement une forge d’affinage à la température convenable, consiste à y entretenir un feu vif et à persister ainsi, afin que l’opération marche vivement, avec le moins d’interruption possible , et par conséquent à flamme courte avec tuyère plongeante. Si on peut conduire la flamme de deux forges dans un seul et même four à réverbère , on y trouvera de grands avantages.
- Mode de fabrication du fer.
- Par M. R. Plant.
- Ce mode consiste à régler la chaleur dans les fours à puddler employés dans la fabrication du fer forgé.
- Supposons un four à puddler composé d’un foyer, d’une chambre à puddler et d’une chambre de chauffage ou pour préparer au travail la fonte sur laquelle on veut opérer. Ce four est d’ailleurs pourvu d’un registre à eau ou en briques réfractaires qu’on pcut interposer entre le foyer et la chambrç à puddler. Le dôme du four est perce pour recevoir trois séries de tuyères, les unes pour l’introduction de l’atf chaud ou froid dans cette dernière chambre, les autres pour lancer de >a vapeur d’eau dans l’une ou l’autre chambre. Chaque série se compose de tr°}s tuyères, dont chacune a 2,5 centimètres de diamètre. La série la éloignée de la cheminée est celle des tuyères pour le vent dans la chambr à puddler. Ce vent est lancé sous un^ pression de 7 centimètres d’eau, e. entre dans la chambre derrière l’autc dans une direction oblique pourchasse la flamme sur toute la surface du Ie * La série des tuyères de la vapeur d ea qui est lancée sous une pression dix «° plus considérable, est derrière la Pre' cédente, tout près d’elle, et projet
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- cette vapeur de même sous une direction inclinée sur la charge. Quant à la série des tuyères pour la chambre à préparation, elle est fort en arrière des précédentes , et placée pour distribuer la vapeur d’eau de même sous une direction oblique sur les saumons ou gueusets que renferme celte cavité.
- Cet te disposition .suivant l’inventeur, Permet de régler, avec une extrême facilité , la chaleur dans le four et dans la chambre préparatoire sans emploi de registre dans la cheminée.
- Pour travailler avec ce four, on charge le foyer et la première chambre en combustible et en métal comme à l’ordinaire , et on fait jouer la série des ^yères à vent. Lorsque le métal est en fusion sur la sole du four, on arrête le vent et on introduit la vapeur d’eau par j® seconde série jusqu’à ce que le fer bouillonne. En cet état, on fait cesser *1afflux de la vapeur et on rétablit le vent jusqu’au moment où le fer commence à apparaître au-dessus des laitiers où scories. On suspend alors le vent et on termine le fer avec le tirage °rdinaire et par les moyens en usage , ou bien on abaisse ou on élève la chaleur suivant le besoin par le moyen qui vient d’être indiqué. De temps à autre ®u relève ou on rabat le registre sur 1 autel pour accroître ou abaisser la température du four, et lorsque le fer e*t prêt à s’agglutiner, on introduit une charge du fer à puddler dans la chambre préparatoire , et on l’y porte presse au point de fusion avec admission de la vapeur d’eau qu’on y lance de temps en temps par la troisième série des tuyaux , et dès que la sole du four est débarrassée du fer puddlé, on y Pousse celui qu’on a chauffé dans la chambre préparatoire.
- D’après l’expérience acquise , il vaut jh'eux employer l’air chaud pour les î,0tltes blanches, et l’air froid pour les °ûtes grises ; mais ces deux espèces de erU peuvent néanmoins être appliquées j^ntageusement à ces deux espèces de
- dispositions peuvent être intro-dans les fours à puddler ordi-e.a,ces sans beaucoup de changements l(t® dépenses.
- ratr-r»"
- Sur le Décapage des métaux,
- par M. L. Elsner.
- ^a»s les anciens procédés de dèca-on sait qu’on plongeait les objets
- revêtus encore de la croûte qu’ils avaient reçu à la fonte dans une eau aiguisée avec de l’acide sulfurique ou de l’acide chlorhydrique qui attaquaient plus ou moins la surface du métal, lequel après le décapage avait une surface raboteuse et inégale sans compter qu’on était obligé, la plupart du temps, d’avoir recours à des moyens mécaniques pour enlever complètement la couche d’oxyde , ce qui altérait encore davantage les surfaces. Depuis longtemps M. Sorel avait remarqué ( V. le Technologiste, 10e année, p. 363), que le décapage, au moyen de l’eau acidulée que laisse après lui le travail de l’épuration des huiles, était beaucoup plus avantageux et donnait des surfaces plus pures et plus nettes que les simples mélanges d’eau et d'acide. D’après les expériences de MM. Thomas et Delisse (v. le Technologiste, 9e année, p. 342), on décape très-nettement les objets, quand aux mélanges d'eau et d’acide on ajoute des matières organiques telles que la glycérine, le tannin artificiel, la naphthaline, la créosote, l’acide stéarique, etc. Des liqueurs de ce genre ne dissolvent pas îa couche d'oxide, mais la détachent du métal sans attaquer d’une manière sensible sa surface. Il ne se dégage pas d’hydrogène même quand les articles restent longtemps plongés dans le bain de décapage, et leur surface, après l’opération , est unie, douce et pure. Comme résultat pratique on a trouvé que ce procédé procurait une économie de 60 p. 0/0 en acide, tandis que la perte en métal n’était que 50 p. 0/0 de ce qu’elle était par l’ancien procédé. Ce même procédé est du reste applicable au décapage des objets en zinc et en laiton.
- Je ferai remarquer en passant que le mélange ci-dessus indiqué , employé comme liquide excitateur dans une batterie de Bunsen , rend huit fois moindre la consommation du zinc, sans affaiblir en rien l’énergie du courant.
- L’importance pratique de ce qui précède , m’a déterminé à tenter quelques expériences sur le mode de décapage de MM. Thomas et Delisse, et voici quels en ont été les résultats.
- Les substances organiques indiquées par MM. Thomas et Delisse, et qu’on ajoute au bain d’acide et d’eau, ne sont pas faciles à se procurer et immédiatement sous la main des industriels, j’ai donc cherché à les remplacer par des matières organiques plus communes , et à cet effet, je me suis servi de goudron de bois et de goudron de houille que j’ajoute au bain a id<\ <*t
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- c’est clans ce mélange que je plonge les objets en fonte ou en tôle, qui sont encore couverts d’une couche épaisse d’oxide qu'il s’agit d’enlever. Comme ces matières renferment de la créosote et les autres produits de la distillation sèche des corps organiques, produits dont on a déjà éprouvé les effets avantageux, je devais espérer que ces goudrons rempliraient le même but. Cette prévision s’est trouvée entièrement con-tirmée, car les objets recouverts d’une couche épaisse d’oxide s’en sont dépouillés complètement sans dégagement d'hydrogène, et le métal a présenté une surface gris-noirâtre, nette , douce, et qui n’avait nullement été attaquée, tandis que des objets semblables plongés pendant le même temps, pour établir la comparaison, dans de simples mélanges d’acide et d’eau s’y sont presque entièrement dissous.
- Ce procédé me paraît donc, d’après mes expériences, avoir une grande valeur pratique et digne par conséquent d’être généralement connu et mis en pratique.
- Régénération du plomb, du sulfate de ce métal,
- par m. le professeur Schnedermann.
- On sait que, pour les besoins de la teinture et de l’impression, on fait usage de divers acétates, et entre autres de l’acétate d’alumine qu’on prépare en précipitant les sulfates des bases par l’acétate de plomb. On obtient ainsi, comme produit secondaire , une quantité assez considérable de sulfate de plomb et quoique ce sel reçoive quelques applications dans la 'fabrication de la céruse, des poteries, etc., cependant les fabricants ne parviennent souvent à écouler ainsi que de faibles portions des quantités qu’ils sont forcés d’accumuler et cela encore à des prix proportionnellement très-modiques. Indépendamment de cela, on ne peut nliliserà ces applications que le sulfate de plomb pur et non pas celui impur qu’on prépare avec les acétates de plomb mélangé à des matières pyrogé-néesetqui retiennent constamment une portion de ces matières et par consé-quentsont toujours colorés en brun.
- Dans cet état de choses, il m’a semblé qu’il y avait quelque intérêt à rechercher un procédé pour régénérer d’une manière pratique et économique, à l’état métallique, le plomb de ce pro-
- duit, et après diverses tentatives faites dans ce sens je me suis arrêté au procédé que voici.
- Le sulfate de plomb est intimement mélangé à du carbonate de chaux , du charbon et du spath-fluor, et ce mélange est chauffé jusqu’au rouge blanc. Il se forme ainsi du sulfate de chaux et du carbonate de plomb qu'on peut réduire par le charbon en plomb métallique. Comme le sulfate de chaux à la température employée n’entre pas en fusion , le plomb ne se réunirait point ainsi en un culot, mais resterait disséminé dans la masse du gypse si l’on n’ajoutait pas en même temps du spath-fluor. Ce corps jouit comme on sait de la propriété d’entrer en fusion à une haute température avec le sulfate de chaux, probablement par la formation d’un sel double plus fusible; or celte action il l’exerce également ici, pour former avec le sulfate de chaux une scorie qui fond avec facilité.
- Les rapports les plus avantageux entre les éléments du mélange sont 8 par' ties de sulfate de plomb (séché à l’air)* 5 1/3 parties de carbonate calcaire (craie), 1 à 1 1/4 partie de charbon, e* 3 parties de spath fluor. En chauffant à la température indiquée un semblable mélange pendant une heure dans un creuset de Hesse placé dans un four-neau à vent, d’un bon tirage, j’ai obtenu au fond de ce creuset un culot de plomb métallique parfaitement doux el exempt de soufre. Dans la scorie au-dessus, qui était un peu poreuse, remarquait encore çà et là quelque grains isolés de piomb. Cps grain ayant été recueillis en broyant la scO' rie et soumettant à des lavages, pul ajoutés au culot, on a obtenu presque la totalité du plomb contenu dans f sulfate de plomb qu’on avait employe’ c’est-à-dire un produit très-salisfais31'.’
- Ce procédé, quand on en fera l’aPP cation en grand, sera peut être a'?0’-geusement pratiqué dans un four à r» verbère.
- Procédé et appareil pour carbonUer la tourbe.
- Par M. Vignolbs, ingénieur.
- Cette invention a pour objet de sou mettre la tourbe à une certaine rature élevée pour en chasser en e ou en partie l’humidité qu’elle ren e ne naturellement, et en poursuivant c opération de la convertir en char
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- ou coke. Un caractère particulier des Procédés, c’est que dans le mode d’ap-Plication de la chaleur il n’y a pas , ou du moins très-peu, de tourbe réduite en cendres ou brûlée , et qu’on peut régler avec certitude la chaleur la plus Propre à obtenir les meilleurs résultats quant à la quantité du coke ou charbon de tourbe.
- Le charbon de tourbe, appelé parfois Coke de tourbe, a jusqu’à présent été obtenu par des applications directes de la chaleur ou par une carbonisation en yases clos, dans des fours ou fourneaux de formes variées ; mais nul de ces différents procédés ne présente les avantages indiqués ci-dessus.
- Voici d’abord la description des •Manipulations générales du nouveau Procédé de carbonisation, procédé pour l’exécution duquel on peut faire varier la forme des appareils.
- La tourbe qu’on extrait de la tourbière par l’une quelconque des opérations généralement employées pour cet °bjet, puis séchée en morceaux ou briques de dimensions convenables, soit au soleil ou à l’air, soit à l’aide d’une chaleur artificielle ou par cesdeux •Moyens simultanément, est placée dans Mn vaisseau d’une grande capacité , appelé cylindre à carbonisation. De la vapeur générée dans une chaudière à la pression de 3 à 4 kilogrammes , ou Plus par centimètre carré au-dessus de la pression de l’atmosphère, est ame-Mée dans la cornue après avoir passé à travers un certain nombre de tuyaux en fer chauffés au rouge blanc dans un fourneau ou par tout autre procédé , et au moyen desquels la vapeur sortant de la chaudière , et sans perdre sa pression , reçoit un excès de température qui, lorsqu’elle sort des tuyaux du serpentin de chauffage , peut s’élever au Point de fusion de l’étain et même du Plomb , c’est-à-dire de 240° à 32ü° C. Environ.
- La surface du serpentin qui reçoit la c_haleur du fourneau doit être proportionnée au pouvoir générateur de la chaudière, ce à quoi on parvient en •Modifiant graduellement la surface de ce serpentin dans le cas où il n’aurait Pas les proportions suffisantes pour élever au degré voulu la température de toute la vapeur que la chaudière peut •ournir continuellement à pleine pression. F
- La vapeur ainsi chauffée à une haute température, et qu’on désigne souvent Par l’expression de vapeur surchauffée, f.« alors introduite dans le grand cy-'•udre qui renferme la tourbe séchée
- complètement ou seulement en partie. L’effet de ce contact est de chasser rapidement , sous forme de vapeur l’humidité que peut encore contenir la tourbe, au dehors du cylindre à carbonisation , et comme il est désirable que la pression au-dessus de celle de l’atmosphère soit maintenue dans ce vase , la vapeur qui s’en échappe ainsi, au lieu d’être lâchée dans l’air, peut être employée avantageusement comme source de force, et appliquée soit à la dessiccation préalable de la tourbe, soit à tout autre objet.
- Lorsque cette dessiccation est opérée au point où la tourbe a perdu presque toute son humidité, celte matière commence à être carbonisée par la vapeur surchauffée qui entre dans le cylindre à carbonisation, et à mesure que cette déshydratation de la tourbe fait des progrès, la température à l’intérieur du cylindre augmente et se rapproche de celle de la vapeur dans le serpentin. On continue à faire arriver la vapeur dans le vase jusqu'à ce que la tourbe qu’il renferme soit réduite en une substance noire qui conserve la forme des masses originales, mais est réduite alors à l’état de charbon végétal ou de coke parfait.
- Dans cet état le produit de la carbonisation est susceptible d’éprouver une combustion spontanée si on l’extrait encore chaud et qu’on l’expose à l’air atmosphérique. Pour éviter cet effet, il faudrait le laisser refroidir dans le cylindre à carbonisation ; mais pour économiser le temps et les frais, il vaut mieux l’extraire promptement et la faire tomber dans une boîte en fer d’une capacité suffisante et fermant hermétiquement avec un couvercle, puis remplir cette boîte avec de la vapeur à haute pression une ou plusieurs fois de suite, et laisser la tourbe carbonisée y séjourner jusqu’à ce qu’elle soit complètement froide.
- La tourbe ainsi carbonisée , ou coke de tourbe, peut être appliquée à tous les usages auxquels on a jusqu’à présent employé ce combustible , et même à plusieurs autres encore à cause de sa supériorité, par exemple, aux opérations métallurgiques et à la locomotion par la vapeur sur terre et sur les eaux.
- Nous allons donner maintenant la description de l’appareil qu’on a trouvé le plus convenable pour l’opération dont il vient d’être question.
- La fig. 1 , pl. 130, présente le plan du système entier de l’appareil.
- La fig. 2, une section verticale du
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- meme appareil parla ligne AB et une élévation partielle de la portion CD de la fig. 4.
- La section verticale de la chaudière passe par la ligne AB de la fig. 1, celle des cylindres à carbonisation par la même ligne ; la section horizontale de ces cylindres marqués par les chiffres I, 2”, 3, 4, 5, 6, fig. 1, par le plan indiqué dans la section verticale p3r la ligne ST. fig. 2, et enfin la section horizontale des cylindres à carbonisation indiquées par les chiffres 7, 8, 9, 10, Tl, 12. fig. 1, par le plan marqué par la ligne UV, fig. 2.
- a est une chaudière à vapeur cylindrique avec carneau à l’intérieur, disposée dans une maçonnerie comme à l’ordinaire et pourvue des carneaux convenables. A droite et à gauche de cette chaudière sont placés deux séries complètes de cylindres à carbonisation, et comme ces deux séries sont parfaitement semblables et disposées pour fonctionner alternativement, il nous suffira de décrire l’une d’elles, savoir: celle indiquée par les nombres 1, 2, 3, 4, 5, 6.
- Chacun de ces vases à carbonisation consiste en un cylindre de tôle à chaudière dont l’axe est vertical. La portion inférieure de ce cylindre est conique et pourvue au fond d’un trou d’homme fermé par une trappe étanche pour l’évacuation de la tourbe carbonisée. Celle supérieure est hémisphérique et pourvue d’un autre trou d’homme pour l’introduction de la tourbe- Ces vases sont tous enveloppés dans la maçonnerie et pourvus de carneaux qui les environnent à l’extérieur et par lesquels la chaleur qui s’échappe des carneaux de la chaudière peut circuler autour de l’un d’eux ou de plusieurs d’entre eux successivement pour maintenir autant que possible leur température intérieure. On peut, si on le juge nécessaire, entretenir de petits foyers distincts pour cet objet.
- Ces six cylindres sont disposés pour qu’il y ail au milieu d’eux un espace pour y loger les tuyaux des serpentins chauffeurs H et L. Ces serpentins consistent en deux séries distinctes de tuyaux en fer malléable ou autre matière disposés parallèlement et horizontalement dans le fourneau destiné à les chauffer, tuyaux qui communiquent entre eux dans toute l’étendue de leur parcours, leurs extrémités étant raccordées par des coudes. H est la série supérieure, et I la série inférieure de ces tubes dans les fig. 1 et 2.
- A l'extrémité du serpentin, la plus éloignée de la grille de foyer E, on a placé des soupapes ou des robinets ( qu’on établit de manière à pouvoir résister à la haute température et à la pression de la vapeur surchauffée), disposés pourque lavapeurde lachaudière a puisse être introduite ou évacuée des serpentins, et que celte vapeur, après avoir été chauffée dans la première série des tuyaux de serpentin, puisse entrer dans l’un ou plusieurs des cylindres à carbonisation, et sitôt qu’elle s’est dépouillée d’une partie de sa chaleur enlevée par l’absorption de l’eau de la tourbe placée dans les cylindres, puisse revenir de ceux-ci dans la seconde série des tuyaux (c’est-à-dire celle inférieure dans le fourneau) pour être chauffée de nouveau ou révivifiée et passer une seconde, une troisième fois ou plus dans les cylindres à carbonisation.
- Généralement on fait fonctionner ensemble trois de ces cylindres, et pendant que ceux-ci sont en activité , on s’occupe à remplir ou à vider les trois autres.
- Supposons que tous les cylindres i, 2, 3, 4, 5, 6 soient déjà chargés de tourbe, que la vapeur soit à la pression voulue dans la chaudière a et les tours du serpentin arrivés à la chaleur rouge blanc. On ouvre la communication entre la chaudière et la série supérieure des tuyaux du serpentin, et de là on l’introduit dans les cylindres à carboniser nos 1 et 2, d’où elle est ramenée dans la seconde série des tuyaux du serpentin qui l’envoie dans le cylindre n° 3. Lorsque le travail de la carbonisation est terminé dans ces trois vases, ce qu’on reconnaît à la disparition de la vapeur qui sortait des tubes d’évacuation marqués v,v dans la fig. 2, et par le dégagement par ces tubes d’une odeur particulière de tourbe qui brûle, alors on arrête l’opé* ration dans ces trois cylindres et on s’assure que la totalité de la tourbe y est complètement carbonisée. Dans ce cas on commence l’opération de ja même manière dans les cylindres nos 4» 5 et 6, et on évacue la tourbe carbonisée dans chacun de ceux 4, 2, 3 par le moyen des trappes placées sur leurs fonds pour la faire tomber dans des boîtes à refroidir p placées au-dessous, dans lesquelles on introduit alors une portion de la vapeur de la chaudière Æ* a l’aide d’un tube qui part pour ce objet de celle-ci, mais que pour éviter la confusion on a omis dans les n" gures.
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- Lorsque le travail de la carbonisation est complet dans les cylindres *J0s 4, 5 et 6, on opère comme il a été oit pour les matières qu’ils renferment ; niais en même temps ori s’occupe du chargement des cylindres nos 7 à 42.
- Telle est la suite des opérations et ja description du meilleur appareil que Je connaisse pour la carbonisation de *a tourbe.
- La vapeur d’eau qui s’échappe des Vases à carbonisation peut être utilisée comme agent de dessiccation préalable pour de nouvelles charges de tourbe.
- On peut aussi, pour débarrasser en Partie la tourbe de son excès d’humilité, utiliser la force centrifuge, en se Servant d’un appareil construit sur le Principe de l’hydro-extracteur.
- Sur la fabrication de l'acétate neutre de plomb avec l'acide pyroligi-neux.
- Par M. le professeur Schnedermann.
- .Pour fabriquer avec l’acide pyroli-8'neux de l’acétate neutre de plomb Phr cristallisé, il faut, comme on sait, ^e cet acide soit débarrassé autant possible des matières pyrogénées °n empyreumatiques qu’il renferme, Puisque de faibles quantités de celles-c* suffisent, non-seulement pour communiquer à l’acétate une coloration en hrun, mais aussi pour s'opposer plus m* moins à sa cristallisation. Dans les ^briques d’acide pyroligineux on se intente souvent de préparer un acé-tate de plomb impur, mélangé à une grande quantité de substances pyro-jténées, en dissolvant de la litharge ^ans cet acide distillé une seconde fois S’évaporer la solution jusqu’à ce Si cile se prenne en masse par le re-*r°idissement. Ce produit, qu’on em-pl°ie à la préparation de l’acétate d’a-m^jne dans les teintureries et les teliers d’impression sur étoffe , n’est suffisamment pur pour un grand ombre de couleurs, et tout à fait •^propre quand il s’agit de nuances e‘icates et pures, parce que les sub-ances pyrogénées que l’acétate d’alu-, 'ne ainsi préparé renferme toujours altèrent et les ternissent. Pour j/eParer de l’acétate d’alumine propreà j\°duirc ces nuances, on se sert, aussi ]> ®n que pour le jaune de chrome, plongé de chrome, etc., d’acétate de H 0r"b pur qu’on prépare ordinaire-
- ment dans nos pays avec l’acide acétique fabriqué par l’acétification de l’alcool. A l aide du procédé suivant, comparativement simple et économique, on parvient à fabriquer avec l’acide pyroligneux un acétate de plomb presque complètement pur.
- L’acide pyroligneux brut est distillé à la manière ordinaire pour le débarrasser de la majeure partie des matières pyrogénées qu’il renferme. En cet état on le sature avec de la chaux éteinte qu’on ajoute en excès, en laissant la liqueur, qu’on agite fréquemment, exposée à l’air pendant vingt-quatre heures. La chaux précipite ainsi une grande portion des matières pyrogénées en formant avec elles une masse insoluble brune ou brun jaune. L’exposition à l’air favorise cette précipitation, parce que les matières pyrogénées ne se combinent guère avec la chaux que lorsque, par l’action de l’air, elles ont éprouvé un changement qui leur fait prendre une couleur plus foncée.
- La solution d’acétate de chaux est séparée du dépôt par décantation ou tirée au clair, et le dépôt lavé avec de l’eau qu’on réunit à la liqueur. Celle-ci est encore très-fortement souillée par les matières pyrogénées et est en conséquence colorée encore en brun. On la chauffe jusqu’à la température de l’ébullition, et on y ajoute pendant qu’elle est chaude, par petites portions, une solution aqueuse et limpide de chlorure de chaux, tant que sa couleur pâlit par l’ébullition. Une très-grande portion des matières pyrogénées encore présentes sont ainsi détruites, et la liqueur prend enfin une couleur brun jaunâtre; après quoi une nouvelle addition de chlorure de chaux n’y produit plus de décoloration.
- Cette liqueur est alors évaporée à siccité, et le résidu gris jaunâtre et qui consiste en acétate de chaux et une faible proportion de chlorure de calcium, est décomposé par l’acide sulfurique. On prend à cet effet, pour trois parties de résidu, environ deux parties d’acide ordinaire du commerce (qu’il conviendrait de doser plus exactement encore dans les travaux en grand), et on opère la décomposition, soit en étendant l’acide avec son égal volume d’eau, plus ou moins, suivant le besoin, mélangeant au résidu et distillant dessus l’acide acétique dans une cornue en fonte qui est ce qu’il y a de mieux en grand pour cette opération ; soit en mélangeant l’acide avec le résidu, laissant quelque temps en repos sans
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- chauffer, étendant alors avec de l’eau, laissant déposer le sulfate de chaux afin d’obtenir une liqueur parfaitement claire sans employer la distillation. Un avantage de ce dernier procédé, c’est que l’acide n’est que peu -ou point étendu d’eau, que cette eau n’y est versée que par petites parties pour qu’il n’y ait pas une élévation de température trop considérable, et mélangée intimement par le broyage avec le résidu finement divisé.
- On abandonne donc le mélange pendant un peu de temps dans un vase couvert, puis on l’étend avec de l’eau, et après la précipitation du sulfate de chaux on tire au clair la liqueur. Si l’acide sulfurique était, avant le mélange avec le résidu, étendu d’une grande proportion d’eau , le sulfate de chaux qui se formerait affecterait une structure cristalline, poreuse et boursouflée ; il ne se déposerait pas aussi bien et renfermerait dans ses mailles ou cavités une grande quantité du liquide.
- La liqueur obtenue par l’un ou l’autre de ces moyens, et qui n’est plus que faiblement colorée, renferme indépendamment de l’acide acétique une petite proportion d’acide chlorhydrique provenant de la décomposition du chlorure de calcium, et, en outre, la plupart du temps un peu d’acide sulfureux et même celle préparée par le dernier procédé du sulfate de chaux en dissolution. On la sature à chaud avec de l'oxide de plomb jusqu’à ce qu’elle ne manifeste plus qu’une légère réaction acide. De cette manière il se forme avec l’acétate de plomb un peu de chlorure de ce métal, et dans le dernier mode aussi du sulfate de plomb, sels qui se déposent sous forme de précipité blanc. Une petite portion de l'oxide de plomb se trouve ainsi perdue ; on peut toutefois recueillir ce précipité pour en extraire le plomb ou pour tout autre usage. La liqueur claire décantée sur ce précipité est évaporée et mise à cristalliser. On obtient ainsi des cristaux d’acétate de plomb coloré encore en jaune, mais suffisamment purs pour la plupart des applications. Par des dissolutions et des cristallisations répétées, on peut, sauf une faible proportion de chlorure de plomb, i’obtenir parfaitement pur.
- Préparation des chlorides d'or. On a éprouvé jusqu’à présent d’assez
- grandes difficultés pour préparer les chlorides d’or de couleur jaune et de couleur rouge parfaitement solubles dans l’eau , sans y éprouver de réduction. On recommande les moyens suivants pour atteindre ce but.
- Pour préparer le sel d’or jaune, on prend de l’eau régale préparée avec trois parties d’acide chlorhydrique, une partie d’acide azotique et une partie d’eau, et on la verse ensuite sur de l’or pur dans une capsule en porcelaine qu’on couvre d’une plaque de verre et chauffe dans un bain d’eau salée, en soutenant la chaleur jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs rutilantes. On enlève alors le plan de verre, et si l’or n’est pas entièrement dissous, on ajoute un peu d’eau régale dans la capsule qu’on recouvre et chauffe de nouveau jusqu’à la cessation des vapeurs. Ce résultat atteint, on relève le plan de verre et on le remplace par des doubles de papier à filtre en continuant à chauffer dans le bain jusqu’à ce qu’une baguette de verre, plongée dans la capsule, se recouvre de chloride jaune solide d’or. On enlève alors la capsule de l’eau salée, et Ie chloride d’or ne tarde pas à cristalliser en petites aiguilles prismatiques d’une belle couleur jaune virant légèrement à l’orangé. Le chloride ainsi obtenu est parfaitement soluble dans l’eau sans réduction, et peut être employé dans les travaux photographiques et autres.
- Le chloride rouge d’or se prépare de la même manière, excepté que l'eau régale employée se prépare avec deu< parties d’acide chlorhydrique et une partie d’acide azotique. L’opérati011 commence en agissant sur l’or avec un excès d’eau régale sur un bain de sable, le bain d’eau salée n’étant.employé que lorsque le métal est entière* ment dissous. Le reste de l’opérati011 s’exécute de la même manière que p°ur le chloride jaune.
- Mode de fabrication de la céruse‘ Par M. J.-E -D. Rodgeks.
- On fabrique cette céruse en dis posant du plomb en feuilles pliées: ^ forme de f\ sur des châssis établis a térieur d’une chambre où l'on PeU besoin interdire tout accès à la *uUlljeS et à l’air. Sous les châssis on place
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- anges dont quelques-unes sont remplies d’un liquide susceptible de passer spontanément à l’état de fermentation alcoolique ou de fermenter par une addition de levure, et parconséquent de dégager de l’acide carbonique. Le surplus des auges contient de la bière aigre, du vinaigre, del’acide-pyroligneux étendus ou autres liquides semblables, et dans chacune d’elles débouchent des tuyaux conducteurs de vapeur venant d’une chaudière de manière à produire un dégagement de vapeurs d’eau et d’acide acétique ou d’acide pyroligneux. On opère du reste comme il suit.
- Les feuilles de plomb étaient placées sur les châssis aussi près qu’il est possible les unes des autres, mais sans contact, et l’air ayant été épuisée ou à peu près dans la chambre et celle-ci uiainlenue. à une température de 20 à 25° C., aussitôt que le gaz acide carbonique commence à se dégager on interdit dans la chambre tout accès de lumière et on introduit la vapeur d’eau à peu près trois fois en vingt-quatre heures pour produire un dégagement de vapeurs d’acide acétique , d’acide pyroligneux et d’eau. La chambre est pour vue d’un trou d’homme pour pouvoir remplir les auges quand les liqueurs qu’elles renferment sont épuisées, ce qui a lieu au bout de quarante-huit heures.
- L’opération pour convertir le plomb métallique en carbonate exige généralement vingt jours par ce moyen.
- Essai des potasses du commerce.
- Par M. Mohr.
- Les potasses brutes du commerce présentent une richesse en alcali qui est extrêmement variable. La plupart d’entre elles renferment des matières solubles et des matières insolubles. Les matières solubles sont le carbonate de potasse, le sulfate de potasse , le silicate de potasse et le chlorure de potassium ; celles insolubles, le carbonate de chaux, les cendres, les débris des fours, etc. Quelques potasses sont complètement exemptes de matières insolubles, par exemple la potasse d’Illyrie, qui est déjà une potasse à demie purifiée et préférable pour les Usages pharmaceutiques et les opéra-bons délicates. La potasse d’Amérique contient beaucoup d’alcali caustique "dnsi qu’un peu de sulfure de potas-
- sium. Les potasses allemandes abondent en sulfate de potasse, tandis que celle d’Illyrie renferme jusqu’à 85 pour 100 de carbonate de potasse. Celle dernière potasse est d’un blanc éclatant et celle d Amérique verdâtre, couleur qu’elle doit au manganate de potasse. Comme le carbonate de potasse pur et un sel très-déliquescent, il communique cette propriété à la potasse. La bonne potasse entre aisément en déliquescence à l’air. D’abord elle devient humide et pâteuse , puis elle se transforme bientôt en une masse liquide. La mauvaise potasse est simplement humide. Quoique la déliquescence soit un indice d’une bonne potasse, il faut bien se garder néanmoins d’acheter des potasses humides si on ne veut pas payer pour avoir de l’eau et non de l’alcali.
- On a mis en usage plusieurs méthodes pour déterminer la richesse des potasses en carbonate alcalin. La plus directe et celle qui paraît donner le moins de prise à la critique, consiste dans la détermination de la perte en acide carbonique qu'éprouve la potasse lorsqu’on la décompose par un acide puissant. Mais, dans ce mode d’essai, il faut, pour réussir, que la potasse ne renferme pas d’autre carbonate que celui de cette base et que ce sel y soit contenu à l’état de carbonate simple et non pas à celui d’alcali caustique, de bicarbonate ou de sesquicarbonate.
- Indépendamment de la pureté absolue de la potasse, il faut encore avoir égard à son dngrè d'hydratation. Celte eau d’hydratation diminue la richesse réelle en carbonate, mais sans qu’on puisse la considérer comme une sophistication proprement dite. On s’assure du reste de la quantité d’eau contenue en portant à là chaleur rouge. On pèse avec exactitude un peu de potasse dans un creuset de platine et on détermine la perte de poids après la calcination. En même temps qu’on fait cette épreuve on peut remplir une autre conditionnelle de transformer en carbonate de potasse tout l’alcali caustique et le sulfure de potassium que renferme la potasse.
- Pour atteindre ce but on humecte la potasse pesée, et dans le creuset de platine même, avec une solution concentrée de carbonate d'ammoniaque , on évapore avec précaution jusqu’à siccité et on calcine ensuite le sel à une faible chaleur rouge. Le poids du résidu donne la quantité des matières non volatiles dans lesquelles est actuellement contenue la potasse sous la
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- forme normale de carbonate simple de cette base. Quand la potasse est entièrement soluble dans l’eau, on peut, sans autre opération, procéder au dosage pondéral de son acide carbonique, mais si elle n’est pas complètement soluble, il faut la dissoudre dans l’eau, la filtrer à travers un petit filtre qu’on lave complètement avec de l’eau distillée.
- On peut maintenant procéder avec plus ou moins d’exactitude au dosage, par élimination de l’acide carbonique. Si on ne possède pas d’appareils appropriés à cet objet, on se servira d’un verre à boire à bordsassez élevés qu’on recouvrira d’un carreau de verre. Dans ce verre on introduira la potasse calcinée sur laquelle on versera son poids, ou le double de son poids, d’eau distillée, puis on placera le verre dans le plateau d’une bonne balance. En même temps on prendra une fiole pourvue d’un bec et d’un bouchon de verre renfermant une quantité d’acide sulfurique ou d’acide azotique concentrés, plus que suffisante pour décomposer complètement la potasse et on amènera, au moyen de tares, la balance à l’état d’équilibre. Alors on versera l’acide que renferme la fiole, goutte à goutte dans le verre à boire qui renferme la potasse en déplaçant légèrement le carreau de verre qui le recouvre. Il faut veiller à ce que la masse ne s’échauffe pas afin qu’il n’y ait pas dégagement de vapeur d’eau. Lorsque par une agitation prolongé et une nouvelle addition d’acide il n’y aura plus d’effervescence, la décomposition sera terminée. Après avoir levé quelque temps le carreau et agité le verre à l’air pour chasser l’acide carbonique gazeux qu’il renferme, on remettra sur la balance et on déterminera avec précision la perte de poids qui consiste en acide carbonique. Le carbonate pur de potasse se compose exactement sur 100 parties du poids de 31,8 acide carbonique et 68,2 potasse. Le carbonate de potasse chimiquement pur ne peut donc perdre par cette opération au delà de 31,8 pour 100 de son poids en acide carbonique. Un sel impur en perdra d’autant moins qu’il renfermera moins de carbonate de potasse. Connaissant maintenant la perte en acide carbonique éprouvé par un poids déterminé de potasse, il sera facile de calculer la richesse en carbonate pur de cette base.
- Si 31.8 d’acide carbonique répondent à 100 de carbonate de potasse, la proportion trouvée en cet acide corres-
- pondra à un certain nombre proportionnel simple de ce carbonate. On n a donc qu’à multplier la perte en acide carbonique par 100 et à diviser le produit par 31,8; le quotient sera la proportion en centièmes du carbonate de potasse pur.
- Pour s’épargner ce dernier calcul , on peut même prendre une quantité de potasse telle que lorsqu’elle sera transformée en carbonate pur, il s’en dégagera exactement par les acides 100 parties d’acide carbonique. La question est alors tout simplement de savoir quelle est la quantité de carbonate de potasse pur qui renferme 100 d’acide carbonique.
- Puisque 100 de carbonate de potasse renferment 31,8 d’acide carbonique, il en résulte que 314 de carbonate renfermeront 100 de ce dernier acide. Si donc on prend pour eet essai 314 unités de poids en carbonate alcalin, alors chacune de ces unités de poids d’acide carbonique qui se dégagera correspondra à 1 pour 100 en caibonate de potasse pur. Le centigramme est une unité de poids très-commode pour cet objet, et dans cecasori pèsera 314centigrammes ou 3?ram-,14. Si la balance n’est pas très-sensible on doublera le poids de la potasse et on prendra 6=ram-,28. Dans ce cas on obtiendra aussi le double en centièmes, et le résultat devra être divisé par deux.
- Les perfectionnements qu’on peut apporter à cette méthode consistent surtout à éliminer deux causes d’erreur, qui heureusement se compensent en partie entre elles. Le gaz acide carbonique se dégageant avec un certain degré d’humidité, la perte de poids est un peu plus forte qu’elle ne devrait l'être. D’un autre côté, ilrestedans la liqueur un peu d’acide carbonique en dissolution etla pertedepoidsdevientainsi moindre. C’est précisément parce que ces deux causes d’erreurs se compensent en partie que cette méthode simple suffit très-bien à ces sortes de déterminations.
- On évite la première cause d’erreur en opérant la décomposition de la potasse dans un petit matras, à travers le bouchon duquel passe un tube rempli de chlorure de calcium déshydraté. Le gaz humide, en traversant le chlorure de calcium, se dépouille de son eau. Quant à la seconde cause, on la prévient en chauffant extérieurement pour chasser de la liqueur l’acide carbonique qu’on évacue par succion avec la bouche à travers le tube au chlorure de calcium. Pour un essai alcalimétrique or-
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- binaire, Ja méthode simple est suffisamment exacte.
- Une méthode différente et plus ancienne pour doser la richesse en carbonate de potasse du commerce consiste à préparer un acide d’un titre déterminé, et à s’en servir pour saturer poids déterminé de potasse. Cette méthode comporte plusieurs causes importantes d’erreurs. D’abord elle est subjective. La saturation ne se recon-naît qu’au changement de couleur Qu’éprouve la teinture de tournesol. Or !a teinture de tournesol ne passe pas mstantanément du bleu au rouge, mais Parcourt un grand nombre de nuances intermédiaires de façon que la détermination du point exact descend d’une circonstance vague et très-incertaine. Un second lieu, l’application de cette méthode exige beaucoup de pratique, Parce que le moindre excès d’acide fait manquer l’opération. Enfin, il faut avoir de la teinture de tournesol en Provision et à l’avance, teinture qui se détériore facilement et une liqueur acide titrée toujours prête. La préparation exacte de cet acide normal exige a elle seule plus de peines et de soins Qu’une série tout entière d’épreuves Par la méthode objective décrite ci-dessus.
- Nouveau mode de fabrication de l'amidon.
- Par MM. H. Attwood et J. Renton.
- , Nous avons cherché un mode de fabrication de l’amidon plus expéditif et Plus économique que ceux actuellement eri usage, et voici celui auquel nous ,iûus sommes arrêtés.
- On prend du riz en grain ou brisé , ayec ou sans son enveloppe ou de la facile de riz, et on dépose ce grain ou Jeile farine dans un vaisseau peu pro-’ond. On verse dessus une solution de cuaux et de chloride de sodium ( sel j;°mmun ) en quantité suffisante pour Couvrir tout le riz ; par exemple 100 •1res de solution pour 50 kilogrammes je riz. On opère cette solution en mé-'djgeant de la chaux vive délitée au bioride de sodium et de l’eau dans la Proportion de 50 kilog. de chaux, 15 >e sel et 2000 litres d’eau à peu près.
- solution ainsi faite est abandonnée b repos et tirée au clair après qu’elle 5 eté déposée.
- . On laisse le riz ainsi immergé pen-ant environ six heures, en agitant les demi-heures. Alors on sou-
- tire la portion liquide et on recouvre le riz avec une nouvelle quantité de la même solution , et on les laisse encore macérer pendant six heures en agitant de demi-heure en demi-heure , après quoi la liqueur est soutirée et le riz prêt à être moulu.
- La mouture s’opère comme à l’ordinaire , et le riz moulu est transporté dans un autre vaisseau appelé cuve guilloire, et recouvert avec une certaine quantité de la même solution. Dans cette cuve il est brassé et agité pendant environ deux autres heures , puis transporté dans un vase dit séparateur, où on l’abandonne au repos pendant environ six heures, afin que l’amidon puisse se séparer du gluten qui s’y trouve combiné.
- Quand on examine le séparateur, on trouve qu’il s’est déposé au fond une matière épaisse et crémeuse qui est de l’amidon mélangé à une portion de fibrine , et que le gluten flotte près de la surface de la liqueur. On décante cette liqueur aussi près qu’il est possible du dépôt crémeux , et on remplit avec de l’eau froide qu’on décante aussi peu de temps après.
- Il s’agit maintenant de séparer l’amidon ou la matière amidonneuse de la fibrine avec laquelle elle est mélangée par les moyens ordinairement employés par les fabricants d’amidon de riz. Pour faciliter cette séparation, nous nous servons parfois d’un tube à tirage ou télescopique placé verticalement sur une ouverture d’évacuation ou près du fond du vase , de façon que l’extrémité supérieure du tube puisse être graduellement et de temps à autre abaissée jusqu’à ce que la totalité de l’amidon qui flotte dans l’eau ait été séparée de la fibrine qui tombe au fond.
- L’amidon tout humide est coulé dans un réservoir ou vase à filtration , consistant en une , deux ou un plus grand nombre de plaques percées en zinc ou en toile métallique, ou autre matière semblable , avec couche intermédiaire de tissu de coton , de lin ou autre, le tout bien assemblé pour que la matière amidonnée ne puisse s’échapper. Entre le fond ou les parois du vase et les plaques de zinc perforées, débouche un tube qui aboutit à une pompe aspirante. Aussitôt que l’amidon est déposée dans ce vase, la pompe mise en jeu enlève toute ou la majeure partie de l’eau qui chargeait l’amidon , en entraînant toutefois avec elle une portion de cet amidon que les mailles du faux fond n’ont pu arrêter.
- Pour recouvrer cet amidon, la pompe
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- décharge ses eaux: dans un canal long et plat, où une série de canaux semblables communiquant entre eux, et où l’eau chargée d’amidon coule avec lenteur pendant longtemps avant d’être évacuée définitivement en déposant tout l’amidon qu’elle peut tenir en suspension. Il est nécessaire, pour le succès de l’opération . que la série des canaux soit disposée de manière à procurer un courant continu mais lent d’eau ; par exemple, sousuneinclinaisonde 1/1000 ou 1/1200. La largeur de ces canaux est proportionnée à la quantité d’eau qui lient l’amidon en suspension , et il faut que leur profondeur n'excède pas 1 décimètre. L’expérience a démontré qu’un parcours de 90 mètres suffit pour dépouiller toute l’eau de l’amidon, et pourqu’elle sorte parfaitement claire.
- La totalité de l’amidon qui a ainsi été séparée et recueillie est maintenant en état de recevoir les préparations ordinaires qu’on fait subir à ce produit.
- L’avantage de la méthode que nous proposons ici, c’est-à-dire l'emploi de la chaux et du sel marin en solution , consiste à avancer la fabrication en quarante-huit heures , au même point où l’on n’amène l'amidon aujourd’hui qu’en cent trente heures , et en outre à obtenir un excédant de produit de 6 à 7 pour 100 dans la quantité d’amidon fabriqué. L’amidon est aussi, à ce que nuits pensons, plus pur que celui obtenu par les solutions caustiques ou acides, et propre à tous les usages auxquels on emploie l’amidon de froment par voie de fermentation.
- Nous croyons qu’il vaut mieux se servir de la solution de chaux et de sel marin à froid , parce qu’on dissout plus de chaux dans l’eau froide que dans l’eau chaude , cl parce qu’on évite ainsi les chances de fermentation ; mais on peut très-bien ne pas se borner à cette température uniforme et déterminée.
- On prépare aussi un amidon de bonne qualité quoique n’étant pas propre à tous les usages, en employant des solutions de chaux seules, de la manière indiquée ci-dessus. Dans ce cas, nous faisons nos solutions de chaux à froid, et nous les employons uniquement sous cet état.
- La même solution de chaux et de sel marin peutètre employée avec le même succès à la fabrication de l’amidon de seigle, de pois, de fèves et d’autres légumineuses, ainsi qu’aux premières préparations d’autres articles de commerce analogues, tels que la dextrine, la gomme artificielle , la lèiocome, etc.
- Purification du ÿaz de houille-Par M. R. Laming.
- Le caractère principal de cette invention consiste à convertir spontanément le soufre contenu dans le gaz en acide sulfurique et à le combiner sous cette forme avec une autre matière qui contribue le plus après le soufre à l’impureté du gaz , c’est-à-dire l’ammoniaque, pour en former du sulfate d’ammoniaque qui est un sel solide, inodore, d’une assez grande valeur commerciale. L’acide carbonique du gaz , qui ne sert simplement que d’agent pour opérer ces transformations chimiques, s’échappe après avoir rempli son office et est évacué sans aucune dépense.
- Le procédé de M. Laming a été essayé avec succès en France et en Angleterre, et surtout dans ce dernier pays à l’usine de Chartered company à Westminster sur un produit d'environ 7,000 pieds cubes de gaz par heure, et postérieurement dans des purificateurs de 10 pieds carrés. La matière de purification consiste en un mélange des deux oxides de fer et de calcium que l’inventeur obtient parfois en décomposant une solution saturée de chlorhydrate de fer par la chaux ou la craie et en y mélangeant de la braise ou de la sciure de bois pour donner à la masse la perméabilité nécessaire. Celte matière extrait du gaz 22 pour 100 d’acide carbonique par chaque dix-sept parties d’ammoniaque qu’elle enlève , indépendant-ment de l’hydrogène sulfuré. La perfection de son action est telle que Ie gaz qui l’a traversée ne présente plus la moindre trace, soit d’ammoniaque» soit d’hydrogène sulfuré aux réactifs les plus délicats.
- Pendant qu’on opère le mélange, je fer est peroxidé par l’air atmosphe* rique , résultat qui est beaucoup fa et' lite par son élévation spontanée d? température, ainsi que par la porosd® de la masse. Les affinités mises en jeU quand on fait passer du gaz de houiue impur à travers cette matière très-perméable placée au lieu de chau* dans les purificateurs ordinaires avec celte substance, sont les suivantes :
- Les impuretés sont dissoutes Pa‘ l’humidité de la matière absorbante^ humidité fortement retenue par la nature hygrométrique du muriate n chaux qui s’y trouve aussi dissous*
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- ^'hydrogène sulfuré se combine alors avec le peroxide pour former de l’eau ot un sesquisulfure de fer. En même temps l’ammoniaque est attaquée par « acide carbonique en abandonnant en échangé l’hydrogène sulfuré avec lequel il était en partie combiné; tandis que dans la mesure suivant laquelle l’ammoniaque etl’acidecarbonique s’unissent pour former du carbonate d'ammoniaque, ce dernier sel réagit sur le Uiuriate de chaux avec production de muriate d’ammoniaque et de carbonate de chaux. Lorsque tout l’oxide de fer et le muriate de chaux ont subi ces transformations, le vaisseau qui renferme ces matières cesse d’être mis en rapport avec le gaz, et on expose les matières qu’il renferme à l’air atmosphérique qui en régénère les propriétés purifiantes.
- Les affinités dans cette régénération sont tout aussi intéressantes que celles qui se développent dans la purification du gàz. L’oxigène de l'air transforme le sesquisulfure de chaux en sulfate de fer, et ce sel, ainsi que le carbonate de chaux, se décomposent réciproquement pour former du sulfate de chaux et du carbonate d’oxide de fer ; mais comme le carbonate de fer artificiel n’est pas permanent en présence de l’oxigène de l’air, il se transforme promptement en hydrate de peroxide de fer, l’acide carbonique se dégageant dans l’air.
- . Les changements provoqués par l’ac-hon de l’atmosphère reproduisent la matière purifiante avec son énergie Première, à cette différence près que le procédé a commencé avec du muriate de chaux combiné avec l’oxide de fer, et qu’il se poursuit avec cet oxide mélangé au sulfate de chaux précipité qui agit sur le carbonate exactement de la même manière que le muriate de la même base.
- La régénération des matériaux employés est complète en une heure ou deux, et M. Laming l’a déjà reproduite jusqu’à quinze fois; il ne paraît Pas en effet qu’elle ait des limites, ^pendant il doit y avoir une époque l’accumulation du sel ammoniac doit nécessiter un lavage; mais après Ceffe opération la matière aura recoupé sa force primitive.
- Les avantages de ce procédé sont le gaz est complètement purifié ^ême de son carbure de soufre, la Plus intraitable de toutes ses imputés, et cela avec une augmentation de pouvoir éclairant qu’on a évaluée moins à 3 pour 100 ; que les ma-
- tières sont peu dispendieuses, susceptibles d’un emploi répété un nombre infini de fois avec très-peu de travail; qu’elles ne donnent aucune mauvaise odeur quand on les extrait; qu’elles convertissent les impuretés en produits d’une certaine valeur vénale, et que l’usure et les frais de? appareils, qui cors iluorit généralement une dépense importante, sont réduits au minimum.
- M. Liebig a prétendu que le peroxide de fer était l’agent purificateur du sang humain , lequel absorbe l’oxigène dans les pourrions et passe comme sang artériel dans les différentes parties du système, où il se combine avec la matière organique et dégage de la chaleur avec production de carbonate d’oxide de fer, état sous lequel il retourne comme sang veineux aux poumons où il est décomposé avec dégagement d’acide carbonique et nouvelle formation de peroxide de fer, et ainsi de suite. Si cette théorie est exacte, la ressemblance dans ces deux opérations est curieuse et intéressante.
- Nouveaux sels pour la teinture et l'impression.
- Par MM. J. Mercer et W. Blyth.
- Nous proposons de faire des sels doubles, solides ou à l’état concret, composés d’oxide d’étain ou d’acide stannique et d’acide phosphorique, d’acide arsénique ou d’acide arsénieux et de soude, auxquels on pourra appliquer les noms de phospho-stannale de soude, arsénio-stannate de soude, etc. Sels doubles, solides et concrets qu’on dissout dans l’eau et qu’on applique à tous les usages auxquels on emploie le stannate de soude dans la teinture et l’impression des tissus de coton, de laine ou autres.
- Tous les sels doubles composés avec les acides phosphorique, arsénique ou arsénieux, et l’acide stannique et la potasse, la soude ou l’ammoniaque, peuvent recevoir ces applications, mais nous préférons pour cet objet l’arsénio-stannate de soude.
- Pour le préparer, nous ajoutons simplement à du stannate de soude de l’arséniate de la même base ( qu’on obtient en fondant ou chauffant ensemble des poids égaux d’arsenic blanc et de nitrate de soude) dans des proportions propres à former le sel le plus solide ou le plus concret, résultat
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- qu’on obtient en combinant les acides arsénique et stannique équivalent à équivalent.
- On prend quatre à cinq litres de stannate de soude en liqueur, marquant environ 50° deTwaddel, et on y dissout (dans un vase en fer placé sur le feu) 750 à 800 grammes d’arséniate de soude préparé comme il a été dit ci-dessus. Un peu de ce mélange fluide, et pendant qu’il est encore sur le feu, est enlevé et déposé sur une plaque froide ou un marbre, et s’il se convertit immédiatement en un sel solide, on coule la liqueur sur une table ou une dalle, où elle ne tarde pas à se prendre en masse en refroidissant. C’est le produit ainsi obtenu qui constitue notre arsénio-stannate de soude concret.
- On peut très-bien faire varier ce' mode de préparation et d’addition de l’arséniate ou du phosphate de soude (si on veut un phospho-stannate), et mélanger ces sels à la soude avant l’étain ou avant que la soude soit convertie en stannate de cette base. L’arséniate de soude, le phosphate de la même base ou l’acide arsénieux peuvent être ajoutés avant l’oxide d'étain, en même temps que lui ou après lui, ou bien on peut unir l’acide stannique à la soude : tous cas dans lesquels on forme de même de l’arsénio-stannate de soude.
- Tous les moyens qui ont déjà été indiqués pour préparer les stannates sont applicables à nos procédés pour fabriquer les sels doubles qui viennent d’être indiqués.
- Sur le travail du sucre.
- On lit dans/e Moniteur industriel, du 19 mai dernier, la note suivante à l’occasion des appareils centrifuges :
- « Dans ces derniers temps, il a été beaucoup parlé d’un appareil centrifuge qui rend de très-grands services dans le travail du sucre indigène.
- » Comme beaucoup d’indications erronées ont été émises sur cette innovation, nous croyons devoir faire connaître quelques faits propres à les rectitier.
- » Ce n’est pas tout d’un coup que l’on estarrivè à l'appareil centrifuge.Lamé-thode de M. Schutzenbach l’emportait de beaucoup sur l’emploi des formes ordinaires. Le travail d’un mois se trouvait réduit à un travail de quatre 0u cinq jours.—On sait que les formes
- ordinaires n’ont pour égouttage qu’une petite ouverture; lescaisses de M. Schutzenbach, au contraire, présentent une grande surface pour cette opération.
- » L’emploi des caisses de M. Schutzenbach était adopté, quand M. Seyrig se présenta avec quelques idées vagues et peu arrêtées d’un appareil centrifuge à MM. Harpignies et Blanquet,à Famars (Nord). Ces fabricants, chez lesquels ont été d’abord appliqués pour le travail du sucre la machine à vapeur, le noir en grain de Dumont, et le clairçage dans les formes, c’est-à-dire les*plus importantes découvertes qui ont été faites depuis fort longtemps dans le travail du sucre indigène, s’empressèrent de se joindre à M. Seyrig» et de rechercher le parti qu’on pour-raitretirer de cette idée nouvelle.—Ces essais datent d’octobre 1848.—Après de nombreux tâtonnements et de nombreuses expériences, il fut reconnu que le système centrifuge, qui pouvait en quelque sorte être considéré comme les caisses de Schutzenbach mises en rotation, pourrait rendre de grands services et être appliqué avec avantage. Des appareils centrifuges furent aussitôt installés à Famars.
- » Cette innovation était à peine appliquée, qu’on vint voir de tous les côtés en quoi elle consistait et les résultats qu’elle donnait.
- » C’est là que M. Claes de Lambecq, dans une de ses visites, eut occasion de voir l’appareil centrifuge et que dut lui venir l’idée de l’introduire en Belgique.
- » Il était à peine constaté que cet ap-1 pareil pouvait permettre de réduire les j dépenses et la durée du travail du su-! cre , que surgirent des questions de priorité. Nous ne discuterons ni ne re-1 chercherons ici à qui est due la première idée de l’emploi d’un apparei centrifuge au travail du sucre, mais i‘ paraît que cette idée s’était présentée à peu près simultanément à plusieurs inventeurs. Quoi qu’il en soit, MM. Cad et Derosnes, dont les appareils pour !a fabrication du sucre sont si justement connus etestimés, sont aujourd’hui pr?' priétaires des brevets de l'appared centrifuge, et c’est de leurs ateliers qne sont sortis les exemplaires que l’on* remarqués dans ces derniers temps avec tant d’intérêt dans nos sucreries.
- » Il ne faut pas seulement félicite nos inventeurs d’avoir trouvé ce nouvel appareil, il faut aussi félicite MM, Harpignieset Blanquet de l’avoj fait passer de l’état d’idée à l’état o machine travaillant et fonctionnant
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- C est un éloge de nature à peu les étonner, car 011 dirait que les inventions relatives au sucre, avant d’entrer dans I® pratique , ont déjà l’habitude de sortir de Famars.
- Sur les appareils à force centrifuge
- pour la fabrication et le raffinage
- des sucres.
- On sait qu’on emploie depuis quelque temps à la fabrication des sucres *es appareils à force centrifuge connus sous le nom d’hydro-extracleurs. Ces applications qui paraissentavoir eu du sucrés, sont de deux sortes ; les unes onteu pour but de séparer des si rops ou des mélasses du sucre crislallisable et lesautres ue purger, raffiner et mouler les sucres ®.n pain. La première de ces applica-t'ons est déjà ancienne à Paris et elle commence à se répandre en Belgique, en Angleterre et en Allemagne; la seconde est plus récente, et nous avons fait connaître à la page 418 de ce volume, l’appareil imaginépar MM. Rohlfs
- Cail pour cet objet.
- La première application, avons nous dit, est déjà ancienne, et c’est aussi celle sur laquelle on a déjà recueilli le Plus de données pratiques. A cetégard, uous demandons la permission de rappeler ici quelques détails qu’on trouve consignés dans une note qui a paru dans le n° de mars pag. 113duBulletin “U musée de l'industriel l’occasion de 1 importation en Belgique parM. Sey-r|g de cet appareil à force centrifuge qui fonctionne aujourd’hui avec le plus 8arnd succès dans plusieurs établissements sucriers de ce pays.
- » L’appareil se compose de deux cuves cylindriques, surmontées d’une lransmission de mouvement, laquelle ^communique, par l’intermédiaire de deUx cônes propulseurs et de poulies de friction en cuir embouti, à un arbre vertical maintenu au centre de chaque Cuve. Sur chacun de ces arbres est fixé du tambour à fond conique, garni à °u pourtour d’une toile métallique, à ravers laquelle le sirop est projeté p;r a force contrifuge et s'écoule par le fond elacuvc, en laissantsur les parois de la °tle du tambour le sucre cristallisé, p.dÇgé, séché et blanchi, suivant la mirce employée.
- b J-’expèrience a constaté que l’ap-Pfffeil peut produire en cinq minutes p v*r°n 50 kil. de sucre brut, premier puit, purgé et claircé, et en dix mi-utes environ 30 kil. de suer e brut, te Technologitle. T. XI. — Juillet J850
- bas produit, par chaque tambour, selon la cristallisation plus ou moins parfaite de 50 litres masse grainée , soumise à l’action de l’appareil. Par conséquent, en supposant, terme moyen, que l’uù et l’autre produit réclament sept minutes de rotation pour arriver au degré de purgation voulu, l’emploi de l’appareil à force centrifuge donnera pour résultat environ 5,000 kil. par jour de sucre brut, premier produit, et 3,000 kil. en sucre bas produit , nuance selon qualité de matière et selon la clairce employée pour blanchir, aussi sec ou aussi humide qu’on le juge convenable en conservant le grain tel que la fabrication l’a produit.
- » Pour faire ressortir tous les avantages que cet appareil apporte dans la fabrication et le raffinage du sucre , il sera utile de comparer la dépense de main-d’œuvre et la perte de temps qu’occasionnait l’ancien système, avec les résultats obtenus par l’emploi de l’appareil à force centrifuge.
- » 1° La préparation et l’entretien des formes, ainsi que l’opération de l’empli exigeaient chaque fois en main-d’œuvre un nombreux service. L’égouttage durait au moins 15 à 18 jours, pour premiers produits, et plusieurs semaines ou môme des mois pour bas produits. Aujourd'hui, quatre hommes surveillant la marche de l’appareil mû par la force d’un et demi cheval-vapeur obtiennent en quelques minutes les mêmes résultats. Ainsi, les grandes places qu’on réservait exprès pour l’égouttage et qui absorbaient une énormequanlité de calorique,elle temps nécessaire pour séparer les sirops du sucre cristallisé, peuvent être complètement supprimés, de même que les formes et les caisses deSchut-zenbach.
- » 2° Les sirops séparés instantanément du sucre cristallisé d’après le nouveau procédé ne sont plus sujets à l’altération qu’ils éprouvent pendant l’égouttage des formes et des caisses, sous l’intluence de la chaleur, et peuvent être recuits immédiatement.
- a 3° Pour blanchir 50 kil. de sucre en formes, il faut environ 13 litres de clairce, tandis qu’on obtient les mêmes résultats, à l’aide de l’appareil, avec 5 litres. »
- Quelle que soit l’utilité qu’on ait reconnue à ces machines, on peut cependant leur reprocher un défaut assez remarquable , c’est qu’il arrive souvent que les mailles qui composent le cylindre en toile métallique sont obstruées après quelque temps de ré-
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- volution par le grain du sucre, et que l’appareil agit alors avec moins de célérité et d’etïicacité. Ce défaut, qui n’avait point encore été signalé, méritait cependant qu’on le prît en considération ; et c’est ce qui a déterminé M. C.-W. Finzel, rafiîneur à Bristol, à y apporter tout récemment des modifications que nous allons chercher à faire comprendre sans le secours de figures.
- Chacune des deux cuves, dont se compose ordinairement un appareil présente, dans la modification de M. Finzel, sur l’un des côtésde sa paroi et dans toute sa hauteur, une petite retraite dans laquelle se trouve logée une boîte qui est en communication par des tuyaux avec une chaudière ou tout autre générateur de vapeur. Cette boîte est percée de trous nombreux et petits sur sa face intérieure, de façon que quand on y laisse arriver la vapeur, celle-ci se projette en jets fins et multipliés sur la périphérie extérieure du tambour en toile métallique pendant qu’il tourne. Des couvercles ; lacés sur la cuve s’opposent à ce que la vapeur s’échappe de la machine, et voici comment celle-ci fonctionne.
- Les sucres sur lesquels on veut opérer ayant été préalablement mélangés avec, les clairces ou les sirops pour donner la fluidité nécessaire sont introduits dans l’appareil. On imprime alors le mouvement à la machine, et après qu’elle a fait quelques révolutions on y fait arriver la vapeur qu’on lance sur la surface convexe du tambour en toile métallique pendant environ, une minute. Cette introduction a pour effet de désobstruer et de dégager les mailles du tissu métallique du sucre qui les touchait. Alors, sans arrêter le mouvement de la machine, on constate de temps en temps l’état du sucre pendant la marche en levant les couvercles ou lestrapes qui recouvrent la cuve. Si l’on s’aperçoit que l’extraction de la portion humide du sucre se ralentit, on referme les couvercles et on fait de nouveau arriver de la vapeur pour nettoyer les mailles comme auparavant.
- Le mouvement de rotation de la machine doit être entretenu, et l’afflux de la vapeur répété de temps à autre, et aussi souvent qu’on le juge nécessaire, jusqu’à ce qu’on ait extrait tout ou à peu près la totalité du sirop ou du liquide qui était mélangé au sucre ; opération qui, quand on travaille sur des sucres ordinaires, est terminée généralement en quelques minutes.
- Les cuites qu’on extrait des chaudières à cuire peuvent après un refroidissement partiel, être placées dans l’appareil, et traitées comme on vient de le dire. Dans ce cas il n’est pas besoin d’ajouter des sirops ou des liquides.
- M. Finzel a aussi inventé un appareil propre à préparer les sucres qui ont besoin d’être mélangés à un liquide avant qu’on les travaille dans la machine à force centrifuge. Cet appareil consiste en un gros cylindre vertical sur le fond duquel est placé au centre une crapaudine. Dans cette crapaudine tourne un arbre vertical qui est creux dans toute sa portion supérieure. Un peu au-dessus de cette crapaudine, cet arbre reçoit un petit tambour horizontal percé de trous sur sa .urf'ace convexe, et dans l’intérieur duquel il existe plusieurs cloisons. Le sirop qu’on veut mélanger au sucre, introduit par le haut de l’arbre creux descend dans le petit tambour d’où il est projeté en direction ho.izontaloà l’aide des cloisons et de la force centrifuge à travers les trous, dont le tambour est percé en petits filets minces sur le sucre désagrégé et délité qui tombe sur le fond du cylindre ainsi que nous allons l’expliquer.
- Un peu au-dessus du petit tambour, l’arbre dont il a été question passe à frotlementà traversun disque sur lequel sont assemblés en rayonnant huit bras creux ou tuyaux ayant la forme d’un quart de circonférence. Ces tuyaux sont percés sur leur face supérieure de trous qui servent à mettre la vapeur que leur amène un tube en communication avec une chaudière, en contact avec les particules de sucre qui s’échappent à travers les mailles d’un tamis placé au-dessus.
- Ce tamis , qui a une forme hémi' sphérique ou de fond de chaudière» consiste en une toile métallique soutenue par un bâti en fer de même forme» calé sur l’arbre vertical de l’appareil-Les mailles de ce tamis sont plus o.u moins grandes, suivant qu’on veut d*' viser le sucre plus ou moins finement-Enfin , pour favoriser cette division u.u sucre, il existe à l’intérieur du tamis des pointes qui viennent frapper le sucre pendant le mouvement de rotation-
- La vitesse avec laquelle la machin^ tourne sans projeter du sucre en dehors du tamis, dépend du degré y courbure donné à la paroi de ce tami » courbure qu’on peut faire varier su vant la nature du sucre sur leauel opère ; mais pour éviter les effets
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- cette projection , le tamis est entouré par une gouttière circulaire dans laquelle tourne son bord , et qui reçoit tout le sucre que la force centrifuge Pourrait chasser hors du tamis, gouttière où on le reprend pour le replacer dans celui-ci. Cette gouttière est rivce Par son bord extérieur, qui est relevé sur le pourtour du cylindre, lequelcon-stitue le bâti et l’enveloppe de l’ap-pareil.
- Pour faire fonctionner cet appareil, °u procède ainsi qu’il suit :
- On commence par mettre la machine eu état de rotation, puis on fait arriver la vapeur dans les huit bras rayonnant s°us le tamis, et descendre dans le Petit tambour par l’arbre creux le liquide qu’on veut mêler au sucre. Le sucre ayant été préalablement préparé, c’est-i-djre en brisant ou écrasant les Pains, est introduit au centre du tamis; *a force centrifuge le projette sur les Parois où il se divise, et est forcé par •a pression de passer à travers les ^ailles. En sortant ainsi à travers le tamis, il rencontre l’atmosphère de va-Peur qui s’échappe des tuyaux courbes Placés au-dessous, vapeur qui l'humecte çt le prépare à recevoir le sirop qui est lancé horizontalement en filets déliés Parles trous dont est percée la surface C(>nvexe du petit tambour, et avec lequel il s’unit eu un mélangeintimepen dam leur chute commune sur le fond de 1 appareil.
- La quantité de sirop ou autre liquide qu’on veut mélanger au sucre peut être règlèe dans son admission dans le petit fauibour, indépendamment de ce que a projection de ce sirop sera d’autant Plus vive que l’appareil tournera plus ‘°rt, c’est-à-dire qu’il passera plus de sucre par le tamis en un temps donné.
- Al. Finzel est aussi inventeur d un appareil pour recueillir la portion de Ratière sucrée qui est enlevée dans les cuaudières à cuire dans le vide par la vapeur et par l’air. Cet appareil, pris gros , se compose d’un cylindre verbal dans lequel il existe un certain ^mbre de tuyaux entourés d’eau fraise qui se renouvelle sans cesse. Les vapeurs de la chaudière se condensent ,etl passant à travers ce réfrigérant, et ? liqueur sucrée qui en résulte s’écoule ans un récipient où elle est concentrée Par un chauffage à la vapeur ; puis yacuée ; concentration d’ailleurs favo-isée par la condensation des vapeurs J?111 s’élèvent dans un second réfrigé-®nt où des pompes amènent de l’eau "a on y projette en pluie fine.
- Mode de séparation des matières grasses solides cl fluides entre elles.
- Par M. G.-F. "Wilson.
- Cette invention consiste à effectuer, à l’aide de la force centrifuge, la séparation des parties les plus liquides de celles qui sont solides dans les matières grasses et huileuses, et de même la séparation des graisses et des huiles des matières étrangères qui peuvent s’y trouver mélangées.
- On sait qu’on emploie assez généralement aujourd'hui pour exprimer l’eau des toiles et autres tissus, une machine à laquelle on imprime un mouvement rapide de rotaiion , et où les tissus sont pressés par la force centrifuge contre des grilles ou des plaques perforées qui forment la périphérie de la machine. On a construit diverses machines sur ce principe dont on peut faire usage pour l’opération en question ; mais celle qui paraît mériter la préférence est l’appareil bien connu aujourd’hui sous le nom d’hydro-extracteur.
- Pour procéder à cette opération, on emploie un tissu d’une texture serrée, tels que des coutils de colon , indépendamment d’une grille en fil métallique, et pour éviter la nécessité de recueillir çà et là les portions concrètes ou solides des matières grasses après qu’il en a extrait les parties les plus fluides, ou pour empêcher que ces portions solides ne viennent couvrir ou obstruer les interstices par lesquelles les parties fluides doivent s’échapper, on place les matières grasses qu’on veut exprimer dans un sac fait avec le tissu dont il vient d’être question, et présentant un diamètre de 0m,20, et une longueur telle que lorsqu’il est introduit dans la machine et appliqué sur la grille , les deux extrémités viennent se toucher.
- La machine étant alors mise en mouvement , les portions liquides des matières grasses se séparent de celles solides , seulement la vitesse de l’appareil est maintenue au-dessous de celle à laquelle la stéarine ou l’acide stéarique se trouveraient exprimés , circonstance qu’on reconnaît à l’aspect clair ou trouble du liquide exprimé.
- Cette invention peut être employée avantageusement pour séparer les portions liquides de matières grasses ou huileuses de celles qui sont devenues solides par l’action du froid , et dans ce cas on maintient les ateliers où la machine est placée à une température de
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- 1° C. au-dessus de celle de la matière qu’on traite.
- On peut aussi se servir de cet appareil pour séparer les matières étrangères, tels que le sable des graisses et des huiles; et dans ce cas la température de l’atelier doit être telle que les matières s’y maintiennent à l’état fondu.
- Enfin on peut encore en faire usage pour séparer les matières grasses et huileuses des substances naturelles qui en renferment, par exemple du cop-perah ou amende sèche, de la noix de coco ou autres ; dans ce cas, la température de l’atelier doit être maintenue à 5° C. au-dessus du point de fusion de ces matières.
- T-raȍr*...
- Graisse pour les machines.
- Par M. W. Little.
- Cette graisse se prépare avec l'huile de pétrole. A cet effet on soumet cette huile à la distillation, et le premier produit qui passe est employé, par voie d’économie , à l’éclairage. Le produit suivant, qui a un caractère gras, est reçu dans un vase séparé pour l’employer au graissage des machines , et on continue la distillation tant qu’il y a une quantité de pétrole ou de résidu dans la cornue suffisante pour s’opposer à ce que ce dernier brûle.
- Pour fabriquer la graisse , on prend 32 parties de suif ou autre matière grasse, 75 parties en poids d’une lessive
- de soude marquant de 10 à 11® Baumé, on introduit dans un grand chaudron en cuivre et on chauffe jusqu’à bouillir; on ajoute alors 29 parties d’eau, on chauffe de nouveau jusqu’à l’ébullition, après quoi on verse dans une cuve contenant 55 parties des produits gras du pétrole, et on brasse vigoureusement. Lorsque la masse est froide , elle est propre au graissage des machines.
- Quand on veut une graisse plus liquide, on prend les portions plus fluides qui passent les premières lors de la distillation du pétrole, et on fait bouillir avec 10 pour 100 de lessive de soude, et lorsqu’on voit apparaître une vapeur blanche épaisse, on laisse refroidir. Cette composition est alors employée aux graissages.
- Substance propre à remplacer l'é' ponge de pialine dans les briquets et les lampes de Doebereiner.
- A une solution saturée de sulfate de cuivre , on mélange à une- solution de chromate de potasse , puis on ajoute une dissolution de carbonate d’ammoniaque, et on lave le précipité de chro-male basique de cuivre qui en résulte avec de l’eau. A l’état sec, ce sel reiD' place très-bien la spirale de platine oü l’éponge de ce métal dans le briquet et la lampe sans flamme de Doebereiner-Si on voulait porter au rouge de pluS grandes masses de ce sel dans la vapeUr d’alcool , il faudrait le mélanger avec du charbon de bois pulvérisé très-fin*
- OOM«'
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- ARTS MÉCANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- Expériences sur la résistance que
- Veau éprouve dans son passage à
- travers les conduits des turbines.
- Par M. le professeur J. Weisbach , de Freiberg.
- 1. Le rapport de l’effet utile au travail absolu du moteur dans une turbine est, comme on sait, diminué par la résistance que l’eau éprouve lors de son entrée dans les conduits d’aubage de la roue , et celle à laquelle elle est exposée en parcourant ces mêmes conduits, et enfin parce qu’il lui reste encore en sortant de ceux ci une certaine portion de sa force vive. Lorsque l’eau est animée de la vitesse la plus avantageuse, c’est-à-dire celle où elle entre sans choc dans la roue , la résistance à son introduction ne consiste que dans les obstacles que les directrices présentent, et qu’on peut très-bien déterminer comme la résistance dans les conduits d’aubage. Mais tandis que la quantité de travail qu’emporte l’eau qui s’écoule peut se calculer parfaitement par la théorie, la résistance dans les conduits d’aubage de la roue et dans ceux des directrices ne peut se déterminer que Par expérience. J’ai, dans l’année qui vient de s’écouler, entrepris des expériences sur ce sujet, et je vais rendre compte, dans la présente notice, des résultats que j’ai obtenus.
- 2. Ces expériences ont eu lieu sur deux sortes de conduits en zinc représentés dans les figures 38,39, pl. 129, ayant à peu près la forme des conduits de turbine , mais qu’on a munis , pour éviter les effets de contraction, d’oriüces d’introduction arrondis. Après avoir applique l’un ou l'autre de ces conduits Sur la paroi d'un réservoir à eau , on a observé le temps qu’a mis sous une Pression déterminée un certain volume
- de liquide à s’écouler par le conduit, et avec les éléments ainsi obtenus, on a pu calculer le coefficient de dépense ou de vitesse , et au moyen de celui-ci le coefficient de résistance, à l’aide duquel on mesure la résistance qui s’oppose à l’écoulement de l’eau. On s’est servi dans ces expériences de deux réservoirs d’ccoulement, l’un profond et l’autre bas; avec le premier, on a obtenu l’écoulement sous une pression constante , et avec le second l’écoulement sous une pression peu à peu décroissante.
- 3. Soit V la quantité d’eau qui s’écoule pendant le temps t et F l’aire de l’orifice du conduit, on a , quand la contraction est nulle, pour la vitesse effective v d’écoulement,
- D’un autre côté, soit h la hauteur de pression ou la charge pendant l’écoulement , et g la pesanteur, on aura pour la vitesse théorique d’écoulement
- = l^'2gh.
- Or il résulte de la comparaison de ces valeurs qu’on a pour le coefficient cpt d’écoulement ou de vitesse
- v _______V •
- ?1 F t Vïgh
- Dans l’écoulement à pression décroissante , on a , lorsque hx désigne la hauteur de la charge au commencement, et /»2 celle de celle même charge à la fin ou temps t, durée de l’ccoulement, G désignant la section du canal de-I coulement
- V — G ( ht — h,), et A— (V'-h'+K/h^ ,
- par conséquent
- <P»
- G (*»-».)
- 2 G (Vht— VK)
- F t V^g
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- Enfin, au moyen de cpt, on obtient le coefficient de résistance ainsique je l’ai démontré dans mon ouvrage intitulé : Lehrbuch der ingénieur und maschinenmecanick, vol. I, p. 424 , par la formule
- 4. Comme l’ajutage en entonnoir sur l’orifice du conduit en expérience n’est pas un de ceux qu’on rencontre dans les turbines, et que cette forme oppose encore une certaine résistance , faible il est vrai, au mouvement de l’eau , il était nécessaire de faire quelques expériences sur l’écoulement avec cet ajutage seul. A cet effet, après aioir terminé les expériences avbc le conduit en zinc représenté, on a coupé l’ajutage infundibiiliforme , et On a répété les expériences avec ce dernier. Le calcul de ces expériences a fourni pour cet ajutage un coefficient dg résistance Ç2, et on est parvenu à obtenir de la manière suivante le coefficient de résistance pour un conduit simple de turbine.
- Soit v la vitesse de l’écoulement pour le conduit de la turbine , on a pour la perte de charge corrèspondânt au passage à travers ce conduit
- K
- mais si est la vitesse de l’èau quand elle passe dé l’ajutage dans le conduit propre de la turbine, on a pour la perte de charge qui correspond au passage de l’eau par l’ajutage
- 2 g ’
- tance pour le conduit simple de turbine sera
- 5. Dés deux conduits qui ont servi dans les expériences, le premier correspond à celui de la turbine Fourney-ron, le second à celdi de la turbine Jonval. Ces conduits sont construits d’après les règles que j’ai développées dans le deuxième volume de l’ouvrage cité ci-dessus. Dans le conduit de la turbine Fourneyron, les aubes sont composées de deux arcs de cercle, tandis que dans celui de la turbine Jonval il se compose d’un arc de cercle et d’une partie droite. Les fig. 40 et 4* présentent en coupe ces deux sortes de conduits. Dans le conduit Fourneyron, fig. 40, l’angle d’introduction, c'est-à-dire l’angle sous lequel l’aube rencontre la circonférence , p = 70°, et celui de sortie, ou l'angle sous lequel l’aube coupe la circonférence extérieure, 3= 12°. Dans la turbine Jonval, l’angle d’introduction p = 75°, et celui de sortie8 =15°. Déplus l’angle au centre ABC = EMF de l’arc d’aube, AB est dans le premier de 70° et de 60° dans le second. Enfin tandis que la portion extérieure BD, dans le premier conduit, est formée par un arc correspondant à un angle au centre BKD = 12°, celte même portion dans le second est entièrement droite.
- I. Expériences Avec lé coNbbiT
- DE LA TURBINE froURNEYRON.
- • i t
- A. Expériences avec le conduit
- CÔMPOSÉ.
- et il en résulte que la perte de charge qu’occasionne un conduit simple de turbine est
- h = ht — h%
- 2 g'
- Maintenant soit Ft l’aire de l’orifice du conduit de turbine, et Celle de l’orifice de l’ajutage représenté , on aura
- (IrH
- F,!?, = Faus ou v et par suite
- par conséquent le coefficient de résis-
- L’orificé fie charge rectangulaire DGEH, fig. 38, de ce conduit avait poür largeur 6, = DE = GH == 1,146 ten»' mètres, et pour hauteur EG —4,531 céritimètrfes. Son àirfeétau donc Ft = ajôj = 4,531 X 1.146 =* 5,1925 centimètres carrés
- a. Expériences avec réservoirs profonds.
- L’eau d’écoulement a été reçue dans une caisse en forme de parallélipiped® dont la section G = 0,43927 mètre carrés ; et pour trouver la quantité d’ea écoulée, Y = G# , on a mesuré ave soin la hauteur x de la couche d ea reçue dans cette caisse.
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-
-
-
- V
- Première expérience. Sous une pression h = 3m,343 il s’est écoulé dans le temps 1 = 64,17 secondes , une couche d’eau d’une hauteur x = 0m.6083. Or de la formule
- G x
- Fjt Vïgh Fj\/¥gh
- i 1 résul te, puisque 2</=2 X 9,81=19m ,62, que le coefficient d’écoulement est
- _________0,43927 X 0,6083_________
- 0,00051925 X 64.17 \/19.62 X 3.343
- = 0,990,
- et que le coefficient de résistance correspondant est
- Çi = — 1 = 0,020.
- La veine liquide qui remplissait complètement la section était pure comme du cristal, ce qui supposait un fort coefficient d’écoulement et un faible coefficient de résistance. Or comme cet écoulement semblait avqir eu lieu dans des circonstances éminemment favorables , on a dû répéter plus tard l’expérience.
- Deuxième expérience. On a eu h — 3“363; #=63,67 . secondes, et x = O™ ,6052, et par conséquent exactement de nouveau
- cpt == 0,990 et = 0,020.
- Troisième expérience. Avec une pression plus faible dans le même ré-
- servoir , et en dirigeant l’orifice vers le bas, on a observé
- h = 2”,501, t = 75,625 secondes, x — 0m,6129 ;
- on a donc trouvé
- Ÿ1 = 0,979 et Çj = 0,044.
- b. Expériences avec réservoirs
- PEU PROFONDS.
- La veine liquide était également cristalline et remplissait complètement l’orifice.
- Quatrième expérience. Dansle temps # = 77,17 secondes la hauteur de la charge, — 0m,7684 est descendue à
- h^ = 0,4634, la surface du niveau de l’eau qui s’abaissait était G=Omèt-car-43874. Il en résulte que le coefficient d’écoulement ou de vitesse était
- <Pt
- 2 X 0,43874 ( |/Q,7684 — \/o,4634 ) 0,00051925 X 77,17 X 1/Ï9763
- 0,968,
- et le coefficient de résistance ;,-=-V — 1=0,067.
- ri
- Cinquième expérience. Dans le temps # = 109 secondes le niveau de l’eau, G = 0mèt-car-,43980 s’est abaissé de hl = 0m,4634 à h% = 0“,1644. 11 résulte de cette observation pour le coefficient d’écoulement
- <Pj = 0,966,
- et pour le coefficient de résistance ^ = 0,072.
- Avec l’orifice dirigé en bas, on a fait Pour les réservoirs peu profonds les deux expériences suivantes.
- Sixième expérience. On avait #=72,0 secondes, fot = 0ra,8530, = 0m5480
- et G = 0mèt-car-, 43874, d’où résulte
- V?1 = 0,971 et = 0,060.
- Septième expérience. Dans le temps # = 95,67 secondes, le niveau &t = 0m,5480, est descendu à /#2=Ora,249Q.On avait toujours G=0mèt-car- 43980, d’où résulte
- ?1 = 0,965 et ^ = 0,075.
- Si on prend la moyenne arithmétique de ces expériences en écartant seulement la deuxième, on a pour le coefficient de la vitesse
- 9l = 0,973,
- et pour celui de la résistance
- ^ = 0,056.
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- B. Expériences avec l’ajutage JNFUNDIBULÎFORME SEUL.
- Ces expériences n’ont eu lieu qu’avec de petits réservoirs. La largeur ô2 — AF de l’orifice était 2.75 cent., la hauteur a2 — AL 4,50 centim., et par conséquent Faire de l’orifice
- Fa = cf.j&j = 12,375 cenlimèt. carrés.
- Première expérience. Dans le temps 1=72 secondes, la hauteur de charge a descendu de /?!=0m7035 à //2=0'^1700, et Faire du niveau de l’eau qui s’abais-
- sait G=0nict-car 43874, on a donc pour cet ajutage
- ?2 = 0,975 et Ç2 = 0,051
- Deuxième expérience. On avait t== 72 secondes, ù,=0m.4695. A2=0'I,ü675. et G=0mèt- car-439S0, et pour les coefficients de dépense et de résistance
- ?2 = 0,975 et Ç2 = 0,051,
- avec un orifice F,—5 cent- car. \ 925 le dernier coefficient sc réduit à
- fh.
- V F a
- -, 2 r
- ) x-“l
- 5,1925 . 12,375 J
- 0,051 = 0,009,
- et il en résulte pour le coefficient de résistance d’un conduit simple de turbine / F \2
- ? = ^ — \^r) Ç» = 0,056 — 0,009 = 0,047,
- 11. Expériences avec le conduit de LA TURBINE JON VAL.
- A. Expériences avec le conduit composé.
- L’orifice rectangulaire DEGH, fig. 39 de ce conduit, avait une hauteur DE— GH= r/,—0.989 centim. et une largeur DH=EG=&,—4,938 centim., en conséquence son aire était
- F, « aibl = 0,989 X 4,938 = 4,8837 cenlimèt. carrés.
- Dans ce cas aussi la veine liquide parfaitement limpide remplissait toute la section.
- a. Expériences avec réservoirs profonds.
- Première expérience. Dans le temps 1=70 secondes et sous une hauteur de charge de /i=3m.345, il s’est écoulé un volume d’eau V=G.r=0,43927-f-0,6143 __Qmèt cub. par |e carinl. l| en ré-
- sulte pour le coefficient de dépense
- ?i =0,974, et pour celui de résistance = 0,053.
- Deuxième expérience. Le temps
- t 79.25 secondes, /t=2'n,512 et G=* 0m,6071, on a donc
- = 0,981 et Çj = 0,038.
- b. Expériences avec réservoirs pbü profonds.
- Troisième expérience. Dans le temps 1=82,67secondes la hauteur de charge ^,=0ra,7688 est descendu à /i2=O®. 4638, et Faire du niveau de l’eau qui s’abaissait G = 0 mèt car: ,43874, ce qui donne pour le coefficient de dépense
- ?! = 0,961,
- et pour celui de résistance
- Ç! = 0,083.
- Quatrième expérience. On a f **
- 117.33 secondes , h — 0m,1638, h* 0m,1648 et G = 0 mèt-car- ,43980, d’où u suit
- ?i = 0,953 et Ç, = 0,100.
- Les expériences suivantes ont été faites avec l’orifice dirigé en bas.
- Cinquième expérience. Ici on a L®3
- 78.33 secondes, Àj=0m,82ù0, A8=f O"1’ 5205 et G comme dans l’expérience troisième. D’où on déduit
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- ?!«= 0,965 cl Ç, = 0,075.
- Sixième expérience. On a /=106,5 secondes, h ^O”, 5205, el Aa=0m,2210 et G comme dans la quatrième expérience. Il en résulte
- cpj = 0,9G0 et Ç, = 0,086.
- Avec les données précédentes on calcule que les valeurs moyennes des coefficients de dépense et de résistance sont
- = 0,964 et = 0,075.
- B. Expériences avec l’ajutage
- INFUNDIBüLIFORME SEUL.
- On n’a fait aussi ces expériences qu’avec de petits réservoirs parce qu’on obtient dans ce cas des vitesses qui correspondent à celles d'un grand réservoir pour des orifices trois à quatre fois moindre. Les dimensions de l’orifice rectangulaire étaient
- AF = a% — 3,70 centimèt.
- FL = ô2 = 4,90
- Son aire était donc Fa = f/2&a= 18,13 centimèt. carrés.
- Première expérience. On avait/== 49 secondes, /t1=0m,7005, /?2=0'M680 et G comme dans l’expérience première du paragraphe 1= 0mèt- car-,438749, d’où il résulte
- <Pj — 0,952 et Ç2 = 0,102.
- Deuxième expérience. On avait t = 48secondes, /t1=0m.4665, />s=0,n,0645 et G comme dans la deuxième expérience, paragraphe B=0,439809,cequi a donné
- = 0,976 et ?2 = 0,051.
- Les valeurs moyennes de ces deux expériences sont donc
- Ç, == 0,964 et ;2 = 0,076.
- Maintenant on a pour le coefficient de résistance pour le canal simple
- = Si
- / 4.8837 V 18,13
- 0,076
- 0,075 - 0,005 = 0,070,
- tandis que pour le canal Fourneyron. on n’a trouvé que 0,047.
- Travail effectif d'une turbine.
- A l’aide des coefficients de résistance qu’on a trouvés, on parvient à calculer comme il suit le travail effectif d’une turbine.
- Soit cia vitesse avec laquelle l'eau sort de l’appareil directeur, on a pour la perte de pression ou de charge lors du passage à travers cet appareil et approximativement
- Soit de plus v la vitesse relative avec laquelle l’eau abandonne le conduit d’aubage de la roue, on a pour la perte de charge que celte eau éprouve par son passage par ce conduit
- K
- v2
- W
- Soit enfin w la vitesse absolue de l’eau à la sortie, cette eau entraîne te2
- pour une chute hA=— une quantité
- de travail correspondant, et il résulte que la perte totale de chute est
- hx -f- h3 -f- h3
- Si maintenant on désigne par h la chute totale dans l’appareil, par Q la Quantité d’eau motrice de la turbine par seconde, et par y la densité ou le poids fi’un mètre cube d’eau, on a pour le travail absolu par seconde
- L = y Q h. et pour le travail effectif
- Lt — 6 4" 7}î4~ )J Q>
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- [ï(c’+°')+w,i]o-
- et par conséquent pour le rapport de l’effet utile au travail absolu et sans égard au frottement qui a lieu aux tourillons
- l’angle de sortie pour l’appareil directeur et S celui pour la roue, et si de plus rl est le rayon extérieur et r4 le rayon intérieur de la roue, on aura pour une turbine Fourneyron
- cr% sin a=«r3 sin 8,
- V t Ç(c* + «') + to8 L =1— 2 gh
- Pour obtenir le plus grand effet utile, on doit, non-seulement, avoir soin que l’eau pénètre sans choc dans la roue , mais il faut de plus que la vitesse relative â la sortie ou v soit égale à la circonférence de la roue. Or si a est
- et par conséquent
- ur, sin 8 C r3 sin a ’
- de plus on a
- 8
- w—2v sin -g- , et par conséquent
- ;(<:’+’,,)+w’= j ç[*+GtIt!) ]+4(sinT) )®*!
- il en résulte que le rapport de l’effet utile au travail absolu est
- —-!<[>+GÆM+*(*4)')î7r-
- En outre on a par construction la re-lation à laquelle il faut satisfaire
- cotg. a — cotg. p -{-
- r *
- 9 a
- r^sinS*
- ou bien
- ( ra \* sin a sm 8
- sin 8 = ( — —— ---------,
- \ ri J sin(p— a)
- dans laquelle p désigne l’angle d’in-
- troduction ou l’angle sous lequel le conduit de la roue estincliné sur la circonférence intérieure de la roue.
- Pour les turbines Jonval, il faut, au lieu de rt — r3, introduire le demi* diamètre moyen de la roue, c’est-à-dire V
- substituer celui-ci à — = 1.
- ri
- Si on fait marcher la roue comme à l’ordinaire, avec une vitesse de
- v = 0,7 J/2 gh, alors on a
- , = 1-0,49 {c[i+(£aH)‘]+*(.i»T)*}.
- y
- Si de plus on suppose Ç~0,055, a = 30°, 8 = 12° et — = 7/5, on aura pour une turbine Fourneyron
- ( T (7 sin 12°\2 'I i
- * “ i - °’491°>055 L1 + J J +4 <sin 60)aj
- = 4 - 0,49 (0,055 X 1,339 + 0,044)
- = 1 — 0,49 X 0,418 = 1 — 0,058 = 0,942,
- tandis que si on pose — 4 , a = 25° et 8=15°, en conservant la valeur
- / à
- moyenne ç 0,055, on aura pour une turbine Jonval
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- Y! = 1 - 0,49 { 0,055 [l + )* ]+ 4 ( sin 7° 1/2)•}
- = 1 — 0,49 ( 0,055 X 1,407 + 0,068 )
- = i — 0,49 X 0,145 = 1 — 0,071 = 0,929.
- Si on déduit 5 pour 100 pour perte d’eau et 5 autres pour 100 pour perte de force résultant du frottement sur les pivots et les colliers, il restera environ 83 pour 100 pour le rapport de l’effet utile au travail absolu du moteur. En effet les expériences qu’on a faites dans ces derniers temps sur les turbines à réaction construites avec soin , Ont fourni 80 pour 100 et plus d’eff. t utile.
- Nous donnerons prochainement dans le Technologiste le résultat de ces expériences.
- Remarques additionnelles.
- J’ai dit dans mon ouvrage intitulé ; Lehrbuch der ingenieur-und maschi-nen mnhanick, pag. 332, à l’occasion des turbines verticales construites par M. Schwamkrug, « qu’une roue de ce genre, indépendamment des avantagés d’une installation facile, sûre et à l’abri des eaux, jouissait aussi de cette autre propriété que l’eau n’entrant dans la roue que sur un petit arc, cette roue pouvait avoir un plus grand diamètre qu’une turbine à réaction, et par consc quent aussi une vitesse de circulation plus petite et peut être plus constante. Mais d’un autre côté une roue de ce modèle est plus chère qu’une turbine à réaction et donne un effet utile moids considérable, non-seulement par les causes indiquées au § 162 de mon ouvrage , mais aussi parce qu’elle n’est en réalité qu'une turbine par pression et parce que les cloisons épaises des conduits directeurs diminuent tro'p la section de l’eau motrice. Tant qu’on se contente d’un faible rapport entre l’effet utile et la force absolue du moteur, le mode d’introduction de l’eau présente ce grand avantage que la posi-tiondes clapets ne modifie pas sensiblement ce rapport. En outre on pourrait lieu de ces cloisons épaisses employer des directrices minces et régler *a marche de la roue à l’aide d’un seul clapet à l’intérieur du tuyau de chute.» . M. Schwambrug, dans son mémoire msérédans le Technologiste, XIe année, Pag. 33 et 369, a cherché à repousser ce logement porté sur sa turbine. 11 souvent que la grande simplicité de cette htrbine garantit qu’elle ne peut pas être
- plus dispendieuse qu’une roue à réaction. A cela je répondrai qu’il est certain qu’une petite roue sans appareil de directrices et seulement avec deux'à trois cône:uits doit coûter moins cher qu’une roue de grand diamètre avec appareil de directrices et 45 conduits ou aubes. Il prétend ensuite que sa turbine donne un rapport en effet utile que ne peuvent atteindre les turbines Fourneyron. Je me permettrai néanmoins .à cet égard de lui opposer ce qui suit. Je crois sincèrement qu,e les tubrines verticales de M. Schwamkrug ne donnent pas un effet moindre et même fournissent un effet supérieur aux autres turbines établies jusqu’a-présent en Allemagne, mais j’ai la conviction qu’une turbine à réaction avec roue d’aubage , construite d’après les principes, qu’elle soit du systèmeFour-, nevron ou du système Jonval, doit donner un effet utile plus considérable. Cette conviction, je la fonde sur la théorie et sur les expériences nombreuses, et les observations que j’ai faites en matière d hydraulique, et enfin sur l’opinion et la pratique d’bydraulicieris recommandables.
- Une circonstance fâcheuse dans les turbines de M. Schwamkrug est dans tous les cas celle qui les fait réagir comme des ventilateurs et le bruit considérable qui en résulte. 11 est certain qu’il se perd ainsi une portion notable de leur effet et sans aucun doute une marche tranquille et sans bruit est une condition avantageuse dans une machine. D’après ces considérations, je ne crois pas avoir à revenir sur le jugement rapporté ci-dessus tout au long sur les turbines de M. Schwambrug, et qui certainement est loin de leur être défavorable.
- Appareil alimentaire pour les machines à vapeur à haute pression.
- Un des plus puissants arguments qu’on aitélevés contre l’emploi des machines à vapeur à haute pression est la * difficulté où l’on est de maintenir con-1 venablement la chaudière en bon état
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- d’alimentation, et comme la plupart des accidents qui ont eu lieu sont survenus par défaut d’eau dans la chaudière, on a imaginé qu’un appareil automoteur qui serait aussi efficace pour les chaudières à vapeur à haute pression que l’appareil dit à colonne d’eau l’est pour la basse pression, ajouterait beaucoup à la sécurité et tendrait à faire disparaître les préjugés qui existent encore dans beaucoup de cas relativement à l’introduction de ces machines.
- C’est dans ce but que M. Spray vient de proposer la disposition suivante dans laquelle un flotteur augmente ou diminue la quantité de l’eau d’alimentation suivant que le niveau de l’eau dans la chaudière vient à s’abaisser ou à s’élever.
- b. fig. 3 pl. 130 est un cylindre fermé à chacune de ses extrémités et glissant dans une enveloppe extérieure également cylindrique boulonnée sur la chaudière c,c. Ce cylindre porte sur la base inférieure une tige h qui est en rapport par deux bras recourbés g g avec un flotteur circulaire f,f qui nage à la surface de l’eau et élève ou fait descendre le cylindre suivant les fluctuations dans le niveau du liquide. L’eau de la pompe alimentaire est introduite par le tuyau a et lorsque le cylindre mobile b est clans la position représentée dans la figure toute cette eau entrant par une ouverture percée sur le côté de cylindre pénètre ensuite par les trous d d percés à son fond dans la chaudière ; un autre cylindre e conduit cette eau au-dessous du niveau général dans cette chaudière et sert de guide au flotteur dans ses excursions. Lorsque l’eau monte le flotteur relève le cylindre b et interrompt l’alimentation en fermant l’ouverture du haut et les trous du bas jusqu’à ce qu’on arrive au niveau convenable, i est un petit passage ménagé à la fonte dans l’enveloppe extérieure pour que la vapeur prisse sur la base supérieure du cylindre, que la pression soit la même sur les deux bases, et par conséquent qu’il ne faillequ’une force très-minime pour faire jouer le cylindre. On voit aussi une petite tige implantée sur la base supérieure et glissant à travers une boîte à étoupes. Cette tige sert à indiquer le niveau de l’eau dans la chaudière et une petite rondelle k retenue par un écrou empêche le flotteur et le cylindre de tomber dans la chaudière lorsqu’on évacue l’eau que celle-ci contient.
- Le pouvoir évaporatoire de la pre-
- mière de ces chaudières a été établi d’une manière satisfaisante par M. R. Armstrong, ingénieur civil, dont l’expérience en matière de chaudières à vapeur est très-connue en Angleterre. Voici les résultats qu’il a recueillis :
- La chaudière qui forme un cylindre de 2m, 13356 de diamètre et9ra;14382 de longueur sert à faire fonctionner une machine sans condensation d’une force nominale de 30 chevaux, mais au moment où les expériences ont eu lieu, elle marchait avec une force moyenne de 50 chevaux,indépendamment d’une dépense de vapeur de 10 chevaux employée à d'autres travaux. Cette chaudière a été remplie presque jusqu’au sommet de la jauge de niveau d’eau, où l’on a fait une marque, puis on a arrêté la pompe alimentaire. En même temps on a mesuré très-exactement la quantité de combustible sur la grille et l’état du feu, de manière à laisser aussi approximativement possible dans le même état à la fin de l’expérience. A mesure que le niveau de l’eau s’est abaissé on a mesuré l’aire de la surface de 25 en 25 millimètres de la hauteur. Les résultats ont constaté l’évaporation de 28.317 décimètres cubes d’eau par minute ou 1699,10 par heure. La consommation du combustible qu’on a pesé très-attentivement pendant toute la durée de l’expérience a été exactement de 152kil°s-,342 par heure, ce qui cornpa-; ralivemerit à l’eau évaporée a donné llkil-,15 d’eau vaporisée par 1 kilog-de combustible. C’est, je crois, dit M. Armstrong, le chiffre le plus élevé qu’on ait encore obtenu pour les différents systèmes de chaudières à vapeur connus dans de semblables circonstam ces. Le combustible employé claitcelui qu’on désigne à Londres sous le nujn de Easl-dairs- main qui est loin d’être de la première qualité.
- On a entrepris aussi quelques expe' riences spéciales sur la seconde chaudière et l’on assure que le travail Y a encore excédé celui de la première» qu’il s’y est élevé à 12kil-,5 d’eau évaporée par kilog. de combustible.
- Chaudière de Gallotoay.
- Ces chaudières, qui ont été introduites en grand nombre dans le Lan* cashire par MM.W. et J. Galloway a® Manchester, viennent aussi d’être éta' blies à Londres dans divers établis8® ments, et entre autres dans les alefi®r
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- de la compagnie du Gutta-Percha. On a présenté le modèle de chaudières suivant diverses sections dans la pi. 130.
- Fig. 4. Section longitudinale et verticale par le milieu de la chaudière.
- Fig. 5 Section longitudinale et horizontale passant de même par le milieu.
- Fig. 6 et 7. Sections transversales prises en deux points différents.
- Ces chaudières consistent en une enveloppe cylindrique a contenant à l’extérieur deux tubes-foyers b.b qui se réunissent à l’extrémité c,c des ponts pour ne former qu’un seul carneau d de forme circulaire dans une portion assez courte e de sa longueur, puis se prolongeant sous une forme elliptique f jusqu’à l’extrémité du corps de la chaudière. Pour maintenir cette forme elliptique et en même temps pour augmenter la surface de chauffe, on a introduit deux séries de tubes verticaux g g,g qui établissent la communication entre les espaces d’eau supérieur et inférieur de la chaudière. Ces luhes ont la forme de cônes tronqués renversés, ce qui fournit une plus grande surface efficace de chauffe et facilite les courants de vapeur et d'eau qui s’y établissent. La flamme , après avoir parcouru le carneau intérieur, est ramenée comme à l’ordinaire sur les côtés du corps de la chaudière.
- La réunion des deux conduits de la flamme derrière le pont a, dit-on, spécialement pour but de brûler la fumée, chaque four étant chargé alternativement, et lorsque la chaudière n’a pas besoin d’èlre trop strictement réglée, ce but, si désirable, paraît être atteint, sans conduits amenant de l’air, sans soupapes pour régler l’afflux de celui-ci, et enfin saus aucune desdispositions ou des appareils que le chauffeur est chargé de manœuvrer ou mieux qu’il néglige la plupart du temps de faire fonctionner.
- La chaudière qu’on a représentée dans les figures est la seconde de celles qui ont été établies à l’usine du Gutta-Per-cha et elle diffère de la première par les dimensions des tubes d’eau. Ces tubes dans la première ont 0™, 30479 de diamètre au sommet et 0m,‘25399 dans le bas, tandis que dans la seconde ils ont 0m,27939 dans le hautet 0m,22859 dans le bas. Il y a aussi un tube de plus dans la seconde chaudière que dans la première, mais autrement toutes deux sont exactement semblables dans leurs dimensions.
- Presse à caler et décaler les roues des locomotives et des voitures de chemins de fer.
- Par M. J.-F Essich de Munster.
- Fig. 8, pl. 130. Vue en élévation de la machine.
- Fig. 9. Section verticale passant par l’axe de figure de la presse.
- a. est la roue dentée de la vis os calée avec force sur un manchon taraudé en bronze b qui est solidement assemblé avec un coulisseau robuste en fonte c. L’arbre d du pignon e est assujetti sur ce coulisseau c qui peut monter ou descendre au moyen de la vis o dans une fenêtre pratiquée entre les montants du bâti afin de s’adapter au dia-mèire de la roue qu’il s’agit de caler. Le levier f qui sert à faire mouvoir le pignon e a lm,2554 de longueur; ce pignon a 12 ailes, la roue 49 dents et la vis 0m,016 de pas. Lorsque la force à l’extrémité du levier / aura parcouru l’espace
- 2* r=2X3,14159X1“,255=7“,88538. la vis aura marché de
- 0m,0l6 X 12
- 49~
- 0“,003918.
- La force appliquée au levier se trouve donc, abstraction faite des frottements, augmentée dans le rapport de ces deux chiffres, c’est-à-dire
- 7,88538
- 0,003918
- 2012 fois.
- La clef g à l’extrémité de la vis x sert, après avoir relevé l’encliquetage h du levier f, à ramener promptement en avant ou en arrière cette vis sans grande dépense de force.
- On a fait usage avec succès de cette presse sur le chemin de fer allemand de Munster à Hammer, et elle a été établie dans les ateliers de construction de Wetter sur la Roer.
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- Sur les ressorts des voitures et des wagons de chemins de fer.
- Par M. J.-W. Adams.
- L’objet de ce mémoire est de discuter et d’analyser les diverses formes et les differents modèles de ressorts actuellement en usage pour les voitures et les wagons de chemins de fer, de signaler, du moins autant que l’étude et l’expérience ont pu me l’apprendre, leurs avantages et leurs défauts, et d’indiquer des perfectionnements dans leurs détails propres à conduire à des effets meilleurs et à des économies dans leur emploi et dans leur fabrication.
- Les ressorts de tampons et de suspension sont appliqués aux voitures et aux wagons, pour absorber et neutraliser autant que possible la force vive due aux chocs amqu.'ls ces véhicules sont exposés dans l<- travail ordinaire. Un ressort parfait de suspension ou de tampon serait celui qui absorberait la force entière et toute la chute due au choc sans apporter de perturbation dans l’inertie du véhicule. Relativement au ressort de suspension, c’est celui actuel des voitures de première classe qui approche le plus de la perfection, parce que la différence du poids total et sans charge y est moindre que dans tout autre véhicule.
- P .ur le moment, il n’existé pas, du moins à ma connaissance, de règle ou de formule à l’aide desquelles les ingénieurs ou les constructeurs puissent déterminer la véritable forme, le poids ou la qualité des matériaux qu’il convient d’employer pour munir de res-
- sorts efficaces un véhicule de chemin de fer, et, par conséquent, le trafic en marchandises, matériaux et combustibles, qui a lieu actuellement en Angleterre, à raison terme moyen de 35 à 40 quint, avoir du poids (1777 à 2030 kilog.) par ressort, s’exécute sur des ressorts dont le poids varie de 16 à 50 kil. chacun.
- Le premierpointqu’il s’agissait d’examiner dans tous les cas, consistait à établir la différence entre de bons et de mauvais matériaux, et dans ce but je me suis appliqué à faire ressortir les qualités relatives des ressorts fabriqués avec des aciers obtenus avec du fer de Suède et avec du fer anglais. A cet effet je me suis procuré des aciers ordinaires pour ressorts chez les différents fabricants, les uns provenant de fers de Suède et les autres de fer anglais. Ces barres qui avaient toutes 0“,0762 de largeur et 0™,00793 d’épaisseur, ont toutes été coupées de même longueur [mis marquées, et j’en ai fait fabriquer des ressorts qu’on a trempés à la manière ordinaire. Dans chacun de ces ressorts consistant en une simple feuille, on a percéunœil à chaque bout de manière à ce qu’il y eût une distance de 0m,4572 , entre le centre des deux yeux. Ces ressorts ont alors été mis en expérience en présence de M. W.-P. Marchall, au moyen d’une pression appliquée au centre de chacun d’eux, le ressort étant soutenu par une cheville passée par l’œil à chacun des deux bouts et implantée sur un rouleau, de manière à permettre à ces extrémités de se rapprocher librement l’une de l’autre lorsque le ressort était déprimé. Voici quels ont été les résultats de ces expériences.
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- -o les ressorts. flexion. rs les ressorts. flexion.
- O T
- •9
- Aciers de fers anglais. Aciers de fers de Suède.
- kil. met.
- 1 761.70 0.0254 nulle. kli. mèt.
- 5 761.70 0,0349 0,0095
- mèt.
- 1015.60 )> 0,0127 1015.60 0.0888 0,0635
- 1269.50 rupture. » 1269 50 flex. perm. considérable. *
- 2 761.70 0.0286 nulle. 6 761.70 0,0698 0,0286
- 1015.60 0,0571 0,0254 1015 60 rupture. »
- 1269.50 rupture. )) 7 761.70 0,0603 0,0349
- 3 761.70 0,0380 0.0127 1015.60 0,1143 0,0857
- 1015.60 0.0952 0,0635 1269.50 flex. perm. considérable. »
- 1269.50 flex. perm. considérable. » 8 761.70 0,0603 0,0254
- 4 761.70 0,0319 0,0063 1015.60 0.1397 0,1079
- 1015.60 0,0635 0,0412 1269.50 flex. perm. considérable. »
- 1269.70 flex. perm. considérable. )> 9 761.70 0,0508 0,0190
- 1015.60 0,0952 0,0635
- 1269.50 rupture. II
- 10 761.70 0,0952 0,0508
- 1015.60 rupture. »
- Il paraîtrait donc , d’après les expériences précédentes, que l’élasticité, la force portante et la résistance de l’acier anglais sont fort supérieures à celles des aciers fabriqués avec les fers de Suède.
- Le ressort en feuilles, forme la plus ordinaire pour les ressorts des véhicules de chemin de fer, consiste , comme on sait, en un certain nombre de feuilles superposés qu’on échelonne en les réduisant successivement de longueur.
- Le principe qui sert à régler la dimension d’épaisseur ou mieux à élager Je ressort, a pour but d’obtenir le même degré de résistance ou de flexion de la part de chacune des molécules dont se compose la matière du ressort. Si quelques parties de ce ressort sont moins fléchies que d’autres,
- on pourrait réduire la masse de la matière dans ces parties sans diminuer la force de suspension du ressort.
- Un ressort à lames peut présenter une décroissance dans son aire de section soit sur sa largeur, soit sur son épaisseur. Mais si les épaisseurs sont partout les mêmes, et que toutes les lames aient même longueur, alors chacune d’elles doit décroître uniformément sur sa largeur ou ses dimensions superficiellesde façon que chaque demi-lame soit un triangle. Dans la pratique, les lames des ressorts de cette nature sont disposées parallèlement les unes aux autres tant dans leurs dimensions superficielles que sur leur épaisseur, parce que cette forme paraît être la plus économique. Quant à la décroissance dans la section, on l’ob-
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- tient, ainsi qu’on l’a dit précédemment, au moyen des longueurs différentes qu’on donne à ces lames.
- Si un ressort ne consistait qu’en une seule lame rectangulaire , mais diminuant successivement en épaisseur, le ressort dans une section verticale devrait présenter la forme d’une parabole, attendu que la force y serait proportionnelle au carré de l’épaisseur. On a représenté celte forme dans la fig. 11, pl. 130, par les parties A, A.
- La fig. 10 représente la moitié d’un ressort ordinaire de suspension pour wagon. La fig. 11 est le même ressort comprimé et aplati, mais en supposant que les lames ne glissent pas les unes sur les autres.
- Si le ressort consistait en un grand nombre de lames minces parallèles, la forme correcte serait une diminution uniforme dans l’épaisseur à partir du centre jusque vers les extrémités, ainsi qu’on le voit dans les parties marquées B,B de la fig. Il, parce que la force de chacune des parties du ressort dépendrait du nombre des lames en ce point. Dans la pratique, la forme la plus correcte du ressort est celle qui est intermédiaire entre la forme triangulaire et celle parabolique, mais plus voisine de celle triangulaire, attendu que l’épaisseur des feuilles n’est que dans un faible rapport avec la longueur moyenne de celles-ci.
- Le ressort représenté dans la fig. 10 a 1 mètre de longueur et 0n,,0762 de largeur; son épaisseur est de 0m,122 au centre, etil consisteen 15feuilles de chacune 0m,0d793 d’épaisseur, excepté les lames extérieur es qui ont üm,0095l, d’après la pratique ordinaire parce que ces feuilles ne sont pas soutenues des deux côtés par d’autres feuilles.
- Si ce ressort consistait en une lame unique de la même force totale, elle n’aurait que 0m,0317 d’épaisseur au centre et aurait la forme parabolique
- A, A de la fig. 11 ; mais comme il consiste en un certain nombre de feuilles, le profil ne coïncide pas rigoureusement avec cette courbe.
- La ligne droite B,B, fig.1l, en dehors de la courbe, donne une décroissance uniforme depuis le centre du ressort jusqu’à l’extrémité de la seconde feuille, en laissant à la feuille supérieure toute son épaisseur à l’extrémité. Celte ligne
- B, B parait convenablement adaptée au profil pratique du ressort, attendu que la déviation de la forme correcte et rigoureuse y est très-faible et n’occasionne qu’une légère diminution dans la force au quart D de la longueur, ce
- qui est désirable dans la pratique , parce que le centre C est ordinairement affaibli par un trou de boulon ou de rivet de 0m,0095 qui réduit la résistance en ce point d’un huitième.
- La iigné B,B est transportée de la fig. 11 au ressort courbé delà fig. 10 en divisant la longueur de la lame supérieure en 16 parties égales par les lignes numérotées de 1 à 16 qu’on a tracées verticalement dans la fig. 11 et qui rayonnent vers le centre de la courbure qu’affecte le ressort dans la figure 10. Ces lignes étanlfaitesd’égale longueur dans les deux cas, donnent la ligne courbe B, B de la fig. 10. L’ex-trèmilé de la feuille supérieure est prolongée et repliée en E pour donner de l’assiette au ressort.
- J’ai, dans la pratique, tracé et établi tous les ressorts dont j’ai eu besoin, en menant par les points extrêmes C et E un arc de cercle de même rayon que la feuille supèrieurede ressort. La ligne obtenue par cette méthode démontre d’une manière toute particulière combien la pratique s’est approchée de la théorie par ce moyen simple, la différence la plus considérable n’étant seulement que de 0m,00317.
- La ligne II,H s’obtient par le moyen qu’on vient de décrire, excepté que le ressort ne diminue pas d’épaisseur au centre, la décroissance ne commençant qu’à 0m,0508 de ce centre, c’csl-à-dire qu’en H. C’est la forme généralement adoptée, mais qui est évidemment vicieuse , attendu que le centre se trouve ainsi proportionellement plus faible que le reste du ressort et qu’il est affaibli en outre par le boulon qui passe par son centre.
- La forme correcte et rigoureuse du ressort serait celle où le centre du ressort serait en II et où les feuilles ne seraient pas assemblées par un boulon ou un rivet, mais par un lien très-étroit. Dans la pratique le ressort est coupé ou rogné en H pour s'adapta sur la boîte d’essieu et porter sur elle et par conséquent toute la masse d’acier de H eu C se trouve entièrement sacrifiée.
- Dans deux lames d’acier de même longueur et de même largeur, mais d’épaisseur différente, l’étendue de ‘‘J flexion causée par les mêmes poids es proportionnelle au cube de l’épaisseur, quoique la charge de rupture soit proportionnelle au carré de cette épa*s" seur; par conséquent si on faisait un ressort avec des lames d’une épaisseu
- double de celle d’un autre ressort,
- premier n’exigerait qu’un huitiom
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- seulement du nombre des feuilles, c’est-à-dire un huitième du poids de la matière pour porter une charge sous un même degré de flexion, mais dans ce cas rétendue du déplacement des molécules de l’acier dans les feuilles épaisses serait double de celle dans les feuilles minces et dans l’application pratique des feuilles éparses aux ressorts, il estnéeessairc de renfermer la flexion dans les limites assignées plus haut, parce qu’une flexion qui serait double
- firoduirait la rupture ou entraînerait es molécules au delà de leur limite d’élasticité en supposant que dans les lames minces ces molécules soient soumises à cet égard à des efforts ou des tensions modérées.
- Le rassort de suspension de wagon ordinairement en usage sur les chemins de fer anglais de Midland, London et. North-Weslern, et autres chemins aètérpprésenlédanslafig. 10, pl.130 II a 0m,99056 de longueur, 0“, 1651 de sinus-verse ou flèche de courbure, O", 1232 d’épaisseur et O”,0762 de largeur; il consiste en 15 feuilles, dont 2 ont 0“,00952 et les autres 0m.00793 d’épaisseur; le poids moyen de ces ressorts est d’environ 42kîl-, 166.
- Ce ressort est employé pour porter des charg s qui ne dépassent pas 6 tonnes sur tes quatre ressorts indépendamment du p ids du corps du wagon.
- Ce corps de wagon pèse brut 2 tonnes ce qui fait une charge de 8 tonnes environ ou 2 tonnes par ressort.
- D'après des expériences entreprises à cet effet ce ressort présente sous différentes charges les flexions suivantes:
- 1 tonne. ® tonne*. S tonnes.
- 0m.0222 0m.05079 0m.0825
- et devient plat ou horizontal sans se rendre t u se rompre. Il est bon de noter ici qu’en soumettant primitivement ce ressort à plat à des épreuves, il s’é-lait rendu et avait pris une flexion permanente d’environ 0“,'00951 . mais que soumis à l’état courbe à la même épreuve, il ne se rend plus d’une manière permanente, propriété qu’il possède en commun avec les autres maté-riaux. Ce ressort porterait aisément Une charge de 3 tonnes pendant qu’il fonctionne, parce que les chocs reçus S'Jr les rails n’augmenteraient probablement pas dans aucun cas, la flexion de 0™,0127, par conséquent la charge de 2 tonnes est portée par un ressort beaucoup trop rigide au détriment de voie du wagon et enfin les frais d'établissement sont beaucoup plus consi-
- Lt Technology tle, T. XL — Juillet 1850,
- dérables qu’il ne devraient Pêtre. On a adopté jadis divers moyens pour diminuer le frottement aux extrémités des ressorts en employant des rouleaux , mais ces moyens sont aujourd’hui abandonnés, el la quantité de ce frottement qui a lieu ne paraît pas dans la pratique exercer un effet bien préjudiciable. Les extrémités des lames des ressorts de ce genre étaient autrefois chanfrenées ou diminuées d'épaisseur, mais actuellement le mode ordinaire consiste à former la décroissance sur la largeur en coupant les lames aux extrémités sous une forme triangulaire. Ce mode paraît présenter plus de certitude dans ses effets un coup d’œil plus propre et une fabrication pins économique. Ce coupage est ordinairement exécuté à la cisaille ou entre des élampes dans une machine à découper; les rognures sont jetées au creuset pour faire de l'acier fondu.
- La fig. 12 représente le ressort de suspension de wagon qu’on appelle prop et qui est très-employé sur la branche nord des London and North-Western , South Stafford^hire, Cale-donian et autres railways anglais, ressort auquel on peut appliquer l’expression d’économique.
- Ce ressort a 0m,7366 de longueur, 0°,10I6 de largeur et 0m,0508 d’épaisseur , avec flèche de courbure de 0“,1016 II consiste en 4 feuilles épaisses de Om,OI27 et son poids est d’environ 18kil-,136. Des expériences directes ont fourni les flexions suivantes:
- 1 tonne. 1 tonnes. S tonnes.
- 0m.00952 0m.0l90 0.0286
- La cause de l’immense force portante de ce ressort a été expliquée précédemment dans les observations sur les feuilles épaisses et sur celles minces.
- J ai déjà essayé de faire comprendre que le ressort ordinaire, fig. 10, était trop rigide : quelles doivent donc être alors l’usure des rails, celle des bandages de roues , les vibrations éprouvées par les essieux, la détérioration générale du wagon et les avaries éprouvées par la charge occasionnées par le ressort rigide de la fig. 12. Comparé avec celui de la fig. 10, ce ressort présente moins de soulagement dans le rapport de 6 à 16, et s’éloigne par conséquent le plus de l’ob;et qu’on se propose d’atteindre.
- Le ressort de suspension de wagon employé très-communément sur le Midland, Great-Weslern et autres railways irlandais, ainsi que sur le London
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- et North-Western, est le ressort ordinaire de la fig. 10, mais avec menottes recourbées aux extrémités, accrochées sur des crosses.
- Les avantages de cette forme sont le jeu considérable que peut prendre le ressort, la célérité avec laquelle il s'adapte aux inégalités de la roule par suite de la flexion des menottes toi mina es occasionnée par celle du ressort et l'allongement consécutif entre les centres de celles-là, de plus un frottement qui est presque nul aux extrémités.
- Ses désavantagés sont:
- 1° D’exiger peur porter une charge ou un poids donné une plus grande quantité de matière que celle requise, à cause <le celte circonstance qu'une grande portion de l'espace entre la plaque de châssis et la boite à essieu étant occupée par les crosses et les menottes; le rajon de la courbure du ressort se trouve beaucoup réduit et qu’il faut par conséquent un ressort plus épais ;
- 2° Que la tension sur les plaques de châssis du wagon tendant à relever le chàssisdu wagon, c’est l’action contraire du ressort ordinaire ;
- 3° Qu’en conséquence de l’étendue que parcourt la flexion de ce ressort, des variations dans la charge font varier considérablement la hauteur des tampons au-dessus des rails.
- Le ressort de suspension pour voi-ft/re généralement employé aujourd'hui est représenté dans la fig. 13. Il a élc introduit par M. Whnrton sur le Loti don et le North-Western railway comme le résultat de longues expériences pratiques et de perfectionnements auxquels la théorie ne serait probablement jamais arrivée. Ce res sort a t",til)0 de largeur, 0m,0762 de largeur, 0"‘,0714 d’épaisseur et consiste en 9 feuilles de Üm,00793 d’épaisseur ; les extrémités des plaques sont ce qu’on appelle en termes techniques en fer de lance allongé.
- Cette figure 13 représente le ressort en charge et la cambrure particulière avant de fixer se donne eu courbant seulement les feuilles au centre au lieu de lés cambrer dans toute la longueur comme dans les autres ressorts. Quand on fixe ce ressort, la lige de tension est ajustée entre les crosses avec menottes de compensation. La tige de tension a 0m.07GI sur 0n,,ü09.) avec renflement aux extrémités de 0",ol58. Le ressort est alors comprime entre la boite d’essieu et celte tige.
- L’action du ressort et de la tige est celle d’un ressort à levier combiné avec une tige de tension, mais le ressort
- est tellement surmonté par le bras de la tige et le poids de la charge qu’il n’a que peu ou point de force de réaction pour changer l'état d’inertie ou déplacer le centre de gravité de la charge au delà de la distance nécessaire pour qu’il reprenne sa position première, ce qui assure cette douceur et colle fermeté d'action qu'on connaît à ce mode de structure des ressorts de voiture. La tige est sollicitée principalement au point A , néanmoins lorsque le choc ou ressaut sur la voie vient frapper le point B, et que le ressort et la tige sont redres-és en ce point, la courbure et le redressement de cette lige en A sont compenses par le redressement et l'allongement en C. le degréde tension en Dse trouvantainsile même à peu près en tout temps. La tige de tensi m donne de la fermeté et 000' treca«re la force du ressort, lequel décharge en partie la tige en la soutenant en A.
- Cette combinaison fournit aussi le moyen d’attacher solidement la boîte d’essieu au ressort el à la tige, et par conséquent de maintenir celle boîte indépendamment des garde - essieux» qui, dans ce cas. sont uniquement de* gardes el non des guides: ces gardes ne louchant la boîte d’essieu ni -ur le bord ni sur le côté. C’esl ainsi que le* inégalités de la voie latéralement ou horizontalement «e transmettent seule* ment au corps par le milieu élastique du ressort.
- Des ressorts de la même cortstruc-tion, mais plus courts et plus légers, sont maintenant employés généralement pour les wagons écuries, leS trucks pour voilures et diligence et les break vans, etç.
- Le ressort de suspension de Bd' chanant, fig. 14, consiste en quatre 1®“ mes plates horizontales de l“,2î9d? longueur, 0“\1()16 de largeur et répai-seur va en diminuant dep*'1* 0a,,(M27 au centre jusqu’à aux extrémités. Il est attaché au ce?' tre et libre entre tasseaux aux extre' mités.
- Ce ressort ne paraît pas posséder d’avantage sur les ressorts à feuih.®* ordinaires, excepté qu’on y évite enHC renient le frottement entre les feuÜJe? aux extrémités, mais d’un autre cote il faut se rappeler que dans les ressort ordinaires à feuilles , l’acier esi laio'f* concave el par conséquent que les leu> les portent seulement sur leurs bords * ce qui parait notablement réduire frottement.
- Les désavantages de ces ressorts P*'
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- naissent être 1° que les points extrêmes de résistance ont lieu lorsque le ro— SOrt est chargé considérablement au-dessous du centre d'a pui, ce qui né-ccssi'.e l’emploi de crosses très-longues dans les voilures et d'échanliguolles très hautes dans h s wagons;
- ,2° Que la fabrication en est dispendieuse à cause de la diminution successive d'épaisseur qu’on donne aux teuil -les , de la difficulté de la trempe cl du recuit de lames à épaisseur décroissante ;
- 3° Que quand ils sont fixés par des crosses, la force de suspension est en partit» empruntée à l'effet de ces pièces comme tige de tension.
- Le ressort en are d'Adams sous les dimensions employées pour voitures de voyageurs a 1“,828 de longueur de Centie en centre des yeux; le sinus-verse y est d’environ 0m,3558, quand il est chargé. Les feuilles ont 0m,2<>32 de largeur au centre et diminuent jusqu'à celle de 0“\I270 vers les yeux avec Une épaisseur de 0m,0l '<28.
- Les avantages que présente ce ressort, sont :
- 1° Qu’il maintient la bobe d’essieu sans l’intervention de gardes de la même 'Manière que celui précédemment décrit quand il est agit du ressort de suspension de voiture ;
- 2° Que les liens supérieurs permet -|cnt aux roues, aux essieux et aux Mtes d’essieux de marcher latéralement quand on passe dans les courbes °u qu'on franchit d'autres obstacles;
- 3° Que la faculté que possède ce ressort <Je s’adapter promptement aux cbocs latéraux et perpendiculaires conserve I état d’inertie du corps presque mtaci contre tout déplacement à des Cesses modérées.
- .Les désavantages sont que sous des Cesses Irès-grandes et une mauvaise !°le, la réaction de ce ressort est assez *°rte pour causer un bondissement elque la force vhc qui s’accroît à cha-choc successif occasionne une os-Clll;»iion très considérable.
- Cette propriété en a presque com-P'ét- ment interdit l'usage pour les voiles à quatre roue: mais il est acluel-e,|K'nt e„ usage avec succès pour les ^titres à huit roues de lYmbranche-metit North-Woidwieh cl fonctionne là un y v intage considérable en permettant au< roues de s’adapter li-' re»ienl li’ei es mêmes aux courbes de a route. La l’oscillatijo devient pres-’Ue nulle, parce que les choc sont 3us sur huit points et que la force de due à un choc sur l'un de ces
- huit points ne suffit pus pour troubler rinei t.ede la ch rge. Ce ressort a été et est em ore beaucoup employé sur les voilures à six roues de l'Allemagne, mais il est bon de rappeler que la vitesse sur le continent est généralement moindre qu’en Angleterre.
- On a représenté dans la fig. 15 un res~ sort spiral de suspension Les dimensions de ces ressorts qui sont employés sous les tenders du Midland railway sont 0m,2;8ô de hauteur et 0“,152i de diamètre: ils sont fabriqués avec de l’acier rond de 0my0222 de diamètre Entre les tours est établie une autre spirale de plus petit diamètre, mais tournant en sens inverse pour cnapêeher les tours de s enchevêtrer ou de s'engager les uns dans les autres.
- L’action d’un ressort spiral consiste principalement dans la torsion de la barre d’acier suivant un angle A,C,B et en partie dans une flexion latérale résultant de l'accroissement en diamètre , lorsque le ressort est comprimé.
- Sous le rapport pratique je possède peu de documents sur remploi de ces ressorts, mais je crois que l'expérience y a fait découvrir les defauts que voici: Le ressort porte sur la plaque de châssis, en un seul point savoir, le centre de sa boite d essieu au lieu de deux points parfois distants entre eux d’un mètre. Il y a une bien plus grande incertitude sur le degré d'élasticité et de force portante que dans les ressorts pialscümposèsdeplusieursfeuides,d un côté à cause de l'épaisseur de l’acier qui rend toujours lerecuil difficile eide l’autre par la grande tension opérée an-gulairemeot sur les molécules de l'acier; les chocs subits éprouvés par les ressorts de chemins de fer exigeant que l'épaisseur de lacier ne descende pas au-dessous d'une cerlaioe limite et entre 0m,0095l et 0m,0l269.
- Ressorts de tampons et de tirage. Les ressoi ts ordinaires de tampons et le ressort de tirage à feuilles on lm,8582 de longueur. 0m,1380 d’épaisseur et 0m,Ü762 de largeur. Ils consistent ou 17 feuilles, celles extérieures de Ü"\0095 d’cpajsseur et les autres de Ü“.ÜÜ79. La tlcche de courbure à l’état de repos y est île 0"*,03d2. Les mêmes principes de construction que pour le ressort de suspention à lam. s de la fig. 10 s’appliquent à celui-ci. Ces ressorts sont généralement fixés au centre du véhicule et glissent entre quatre barres de for qu on nomme en terme d’atelier . berceau du ressort de tampon. Les extrémités sont mises en jeu par les qua-
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- trc rîges de tampon et la barre de tirage est reçue à clavetle au centre du ressort. On a eu recours à une époque pour éviter les froltements aux extrémités aux mêmes moyens dont il a déjà été question à l’occasion des ressorts de suspension, mais ces movens sont aujourd'hui hors d’usage. Quand on fixe les ressorts sur les voitures on les comprime généralement de 0"\025 et dans les wagons d'environ un tiers de la course. Cette course de la tige de tampon est limitée ainsi pour ne pas faire fléchir le ressort au delà de la ligne droite. La force de résistance de ce ressort est égale à environ 2,7 tonnes ou égale en tout y compris l<-s deux extrémités de la voiture à 2 3/4 tonnes, développée sur une course de 0m,60%. Jusqu'à présentée mode de tamponnage n'a pas encore été surpassé ou même égalé, et chacune des inventions modernes qu’on a voulu y substituer n’a pas donné ce degré modéré de résistance développé sur une chute ou course aussi étendue que 0m,6096. En outre le poids des ressorts de tampon se trouvant placé au ceidre de la Voiture , et ces ressorts étant mis en action par de longues tiges, il en résulte que le jeu s’en opère avec beaucoup de fermeté.
- Les ressort.« doubles de tirage avec barre de contrôle pour limiter l'action dans le point de l’elTort constituent probablement le seul moyen efficace qu’on ait encore adopté. Nous ferons remarquer que les ressorts quand ils sont ramenés, sont limités dans leur action parla barre d’arrêt A, A (ig. IG qui forme ainsi une barre rigide continue de tirage. Les ressorts ont chacun 0m,6l)9f> de longueur, 0n,,0905 d e ais-seur et 0m,0762 de largeur; ils consistent en onze feuilles dont deux ont 0n,.009 > d’épaisseur et le reste 0m.0079 La flèche de courbure y est de 0m.0889 avant qu’on les fixe, et chacun d'eux e-l comprimé de Om.OI2G9 au moment où on le fixe. Le moyeu de fixation est le même que celui que nous avons décrit précédemment pour le ressort de tampon à feuilles.
- Tampons extérieurs. Dans ces derniers temps on a introduit en quantité considérable des tampons extérieurs qui consistent en un cylindre et un piston garnis avec toutes sortes de corps élastiques et ne variant dans la pratique que sous le rapport de la matière de garniture.
- Le ressort de tampon de De Bergue est garni avec des rondelles de caoutchouc sulfuré, il y a quatre de ces ron-
- delles de0®,1396de diamètre et épaisses chacune de 0m,03l7.
- Dans mon opinion c’est là le ressort le moins efficace de tous ceux qu’on a déjà produits, attendu que la course y est très-courte, et par conséquent médiocrement développée sous ufie pression énorme. Il est probable quef1 cas de collision le convoi se briserait et sortirait de la voie avant que linî-mense force de résistance de ces ressorts soit complètement développée. Le tunpon a un jeu ou course apparente de ü"\0762, mais il parait que pour faire marcher on couple de tampons de 0,l,,038l. il faudrait une force de 3 tonnes. En se reportant à la description du ressort à feuilles ordinaires on remarquera que la course y est *1° 0m,3018 pour une force île 2 3/V tonnes, ce qui est huit fois la longueur *le course avec une force un peu moindre. Il est également douteux que le caoutchouc vulcanisé présente cette nature impérissable qu’on lui supposait à l'origine. J’ai eu en ma possession un nombre considérable de bandes vulcanisées élastiques pour presses mécaniques qui étaient entièrement pourries.
- Le tampon en liège de Todd eS: presque entièrement le même quecehj1 de De Bergue, excepté que la gari*1' ture y est en liège; il a cinq rondelle* <le tige de 0,n,184l de diamètre ej Um,0i90 l’épaisseur chacune. Ce ressort parait supérieur à celui de De Bergue> attendu que le liège y e-l plus coiO' pressible que ie caoutchouc sullufe’ mais on peut demander aussi si ce n'est pas sujet à se tendre d’une D®3' nière permanente.
- Le tampon à disque d'4dams a un^ garniture qui consiste en 16 ressort* disques, fabriqués avec des plaques ci culaires plates d'acier de 0m.203l ü diamètre et 0m,00317 d’épaisseur avet une échancrure parlant du cer‘,r.e7Ct allant jusqu à lacirconfercnre (lig- V f 18). Ce ressort de lampon est sup*’r,‘ ^ au précèdent en ce que l’étendue 'h* ^ course y est tout à lait développé® . que la force peut y être conveiia ment ajustée au moyen de l’èpaiss* des plaques La longueur totale** course est de O"1,1395. rfebS'
- Le tampon atmosphérique de 1er est fort ingénieux, mais P,uS(->10u pliqoè que les autres modè'es. Le P' tijf à air aOm.t52’* de diamè re < l tîr'(,JiU de garniture est tendu t»ar u" :,n .. ,|e de caoutchouc sulfuré. La long*11 (je la course est de 0m,l01G En '* fe* fuite pendant le jeu, le piston n
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- Rendrait pas à sa position primitive ; i pour obtenir cet effet, on se sert d'un ! petit ressort spiral qui ramène alors ce I ptstoji. Uoe petite s upap permet l'introduction de l'air au moment pù le piston retient à sa place, a lin de cornpen Spr les fuites qui ont pu survenir pendant la course.
- Les lampovs et ressorts de tirage en spirale soûl assez fréquemment employés, mais on peut élever contre eux 1rs memes objections que celles que j’ai indiquées par rapport aux ressorts de suspension <)e même forme.
- Le tnrrpon à ressort spiral conique de Brown parait être de tous les ressorts de celte forme celui qui dorme lieu à moins d’objections (lig. 19). La force de résistance est celle d’un ressort spiral en forme de cône de 0ra,190i de diamètre à la base ; en outre le ressort a l’avantage de pouvoir tourner à la pointe du cône, ce qui a tenue sioguliè nient la lemlance à se rompre ou «à forcer les molécules de l’acier. Cet acier a 0’",023M) de largeur cl Om,Olô86 d’épaisseur à la base de la spirale conique, et il diminue jusquà üm,01269 de diamètre à la pointe du cône. Quand il est tout à fait comprimé, ce ressort forme une volute complète. La force de résistance de ce ressort est à peu égale, relativement à la course parcourue, à Celle du resmrt ordinaire et à feuilles de tampon, mais avec un jeu plus court et qui n’est que de 0m,0888 au lieu de 0m,:UH79. Eo raison de leur état compacte cl de leur prixcornparativernenl modéré, ces ressorts, quand ils résistent au travail, constituent dans mon opinion les meilleurs tampon- extérieurs, mais ils S'int encore loin d'égaler les résultats qu’on obtient par l'emploi des ressorts a feuilles et des tiges de tampons.
- Tous les tampons à cylindre et à piston sont exposés à ce défaut, savoir: que le piston n’étant guidé que dans ü«ie faible etendue, ils ne peuvent pas fouet i onneravec la douceur delà longue lige de tampon qui est guidée en Plusieurs points. Celte observation S’applique plus particulièrement au cas d'un choc oblique sur le tampon.
- En terminant, je dirai qu'il serait à désirer qu’on dressât un tableau exact des dimensions, du poids, de la force Portante, de la flexion des ressorts de Suspension et de tampon, pour servir de guide uniforme dans les applications Pratiques.
- des ingénieurs-constructeurs de Londres, M Middlctnn a fait remarquer que l’auleur avait parlé du ressort de tampon spiral connue étant le plus avantageux des tampons extérieurs par rapport à la longueur de la course, mais qu’il était à désirer qu’on obtint une course plus étendue. Il a donc, saisi celle occasion pour rappeler qu'il a introduit un ressort spiral à double cône qui a l’avantage de donner une course plus étendue et qui lui parait devoir constituer un bon tampon. On a appliqué et Ue sorte de ressort pour faire un long tampon de 2n,,1335 de jeu en employant six de ses ressorts, quatre au milieu et un à chaque extrémité de la tige de tampon.
- M. Adams a fait remarquer qu’une objection qu’on pouvait élever contre le ressort à double cône, c'est qu’il n’é-1 n1L pas libre de tourner sur son axe c<>mme celui à cône simple au moment où il était comprimé, pirce qu’il reposait.sur la grande base du cône à chaque extrémité et que le frottement serait trop grand pour permettre qu’il tournât, tandis qu’un ressort à un seul cône présente si peu de frottement à la petite base qu’il peut tourner en même temps qu’on le comprime. L’effort sur l’aire augmente beaucoup dans le ressort spiral si on l’empêche «le tourner au moment de la compression, et alors il est très-sujet à rompre.
- M. Fuller, en l’absence de M. de Bergue, dit que relativement à l’emploi du caoutchouc sulfure pour ressort de tampon, qu’on avait déjà livre au commerce plus de 100,01)0 rondelles dont plusieurs fonctionnent depuis deux à trois ans. et autant qu’il est à sa connaissance , les eas où il n'a pas réussi sont très-peu nombreux. Dausquelqiies ciiconstances où « elle matière a été employée pour ressoits de su-pension, il n'y a pas eu d<' succès parce qu’alors il n y avait pas as-ezde -urfacede contact ou d’appui ; mais comme application Je ressort de tampon, il ne connaît aucune circonstance où l’on ail échoué, excepté quelques cas peu nombreux ou les rondelles avaient été trop fortement sulfn ées.
- M. Adam* a répondu qu’il avait annoncé qu'il n'avait dans les mains aucune expérience si r la durée du caoutchouc sulfuré appliqué aux tampons, ft qu’d s’était boiné en conséquence à citer la circonstance qu'il connaissait de son application pour bandes dans les machines d’impression.
- A la suite de la lecture de ce mémoire qui a été présenté à l’institution
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- Salinomètre nouveau.
- Par M. Cave, ingénieur-mécanicien.
- M. Cavé vient d'imaginer et d’appli qner un appareil qui rendra des services dans la navigation maritime à vapeur.
- On sait qu’on ne peut pas faire d’une manière continue de la vapofor avec l’eau delà mer sans obtenir dans les chaudières «les depots de sel Pour éviter que ces dépôts ne se forment et ne provoquent des incrustations. on est obligé, quand la saturation de l’eau dépa»se certaines limites, de vider en partie les chaudières et d'alimenter à nouveau. Celte opération se fait à peu près tontes les trois heures. Quelques constructeurs emploient un système différent: pour quatre litres d’eau de mer qu’on introduit, on en retire un, et cela d’une manière continue.
- Mais quelque rnodeque l’on emploie, il importerait «le comiaiire toujours le degré de saturation de l’eau des chaudières, car. sans cela, on s’expose à des dépôts, à des incrustations, et par Conséquent à des explosions.
- Pour connaître le degré de saturation de l’eau des chaudières, on n’a pas aujourd'hui d’autre moyen que d’i n retirer une petite quantité par le moyen d’un robinet et de faire une opération pour constater la quantité de sel qu’elle Contient.
- Il n’est pas nécessaire de dire que ce système n’oITre ni tous les avantages ni toute h sécurité désirable. Au lieu de faire ces opérations, le ehaulTi tir aime tout autant rejeter plus souvent de l’eau chaolTce même quand la saturation n’est pas trop grande De la une peite considérable en combustible. Mais quelquefois le chaufT ur croit que la limite n’est pas atteinte , même quand elle est dépassée definis longtemps. Alors le danger est grand et grandit très rapidement.
- Évidemment ees inconvénients seraient évités si le chauffeur pouvait voir à i-haquc instant, sans faire aucune [ Opération, seulement en portant les yeux sur son niveau d’eau, le degré de saturation de l’eau de la chaudière.
- C’est ee problème qu’a résolu avec le plus grand succès M. Cavé.
- M. Cn«c place dans le niveau d’eau, convenablement disposé, un aréomètre en verre ou eu métal, auquel il a donné le nom de salinomètre, qui est gradué 1
- de manière à indiquer principalement quan t l'eau est telle q ie ta mer la fournit, quand elle es! un ivéc au degré de saturation auquel if convient d’en rejder une partie, enfin quand il y aurait le plus grand danger à ne pas taire cette opération.
- Plusieurs difficultés étaient à surmonter: il fallait que l'aréomètre fût solide, qu’il eût une marche régulière, qu'il ne fut pas facilement dérangé, enfin que les indications, quoique l’eau de la mer ne soit pas toujours transparente , fussent toujours visibles En faisant son salinomètre partie en verre et partie en métal, ou tout en métal* cri plaçant au-dessus et au-dessous du safinomètre des obstacles élastiques, (tour que les plus fortes secousses ne pussent ni le détruire ni même le fausser. enfin. < n disposant les signes indicateurs de manière à être toujours vus, il a donné à son appareil toutes les qualités d'une invention simple et pratique.
- Il n'est pas nécessaire de faire ressortir les avantages du salinomètre de M. Cavé II est évident qu’en parlant sms cesse aux yeux, qu'en rendant inutile I essai de l’eau, qu’en faisant constamment cette opération, il rendra li navigation à vapeur en mer tout* la fois et plus économique, car on pourra on ne peut plus facilement n® dépenser que la quantité de combustible qui sera nécessaire, et plus sûre, car on pourra prévenir les dépôts et le* incrustations qu'ils amènent.
- Aussi il serait désirable que cet ap' pareil fût dorénavant placé au nombre de ceux qui sont exigés par la loi. Tu11,* en donnant des moyens d’economie. Ü comble nue lacune regrettable au point de vue de la sécurité (1).
- Salinomètre et appareil aufomàti<]ui
- de mise hors pour les bâtiments ®
- vapeur.
- Par M. D. Matiipr.
- L’accumulation rapide des matière* solides dans les chaudières à vapeur de navigation maritime est la source de l’un des plus grands inconvénient» contre lesquels ait à lutter le rnecani* cien de bateaux à vapeur. Le principe
- (il On pourra consulter le Technology* *
- 10' année , p. 549 , où l’on trouvera une j* tioii du même problème due à M. A.-e- n F. M.
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- de l’évaporation transforme chaque chaudière en une sorte de crilde où l«ute l’eau pure s’échappe sous la forme de vapeur, tandis que les matières so-Hdes qu'on rencontre dans l’eau de mer •ônt retenues et par leur accumulation Constante présentent à l’évaporation un liquide fort différent de celui que fournit l’eau de mer récente. C est ainsi que les carneaux et les autres parties fortement chauffées et voisines du fond reçoivent ces dépôts salins plus rapidement que les autres, que le pouvoir évaporatoire de la chaudière se trouve diminué par l'intervention de cette matière non conductrice de chaleur et ce qui est pis encore que le métal de la chaudière se trouve brûlé et attaqué.
- Le seul remède dont on ait fait usajçe jusqu’à présent pour cet effet a Consisté dans des évacuations périodiques de l’eau saturee du fond de la chaudière ou à mettre hors, comine on dit techniquement et dans la pompe à eau suturée introduite par MM. Mauds-ley et Field pour l'extraction constante de petites portions de cette eau s’éle Vaut au total au quart de 1 eau d’a-limenlation originairement fournie. Avant de procéder à cette mise hors Par la voie ordinaire, il est toujours nécessaire de remplir la chaudière à Un niveau plus élevé que celui réglé Pour leliavait et delà résultentunedépensé inutile deeotuhustihle et des vacations dans la pression et l'alimentation. ainsi que les irrégularités dans le travail des machines et en lin la tuméfaction et le passage de l’eau en nature *vec la vapeur.
- Il est évident que quels que soient le mérite ou les inconvénients de ces •doyens sous d’autres rapports, ils exigent tous deux la plus vigilante alten-hon de la part du mécanicien, et comme celui-ci manque des moyens pour s assurer exactement de l’état des matières ?ans la chaudière, ses opérations pour ®vacuer l’eau saturée doivent être faites souvent au hasard. Cet inconvénient que présentent les machines à vapeur de navigation est sur le point ne disparaître pent-elre complètement P®r l’introduction d’un petit appareil Jmnt on doit l'invention à M. 1). Ma-*ner, ingénieur, appareil qui indique non-seulement avec exactitude la den-8lté de l’eau dans la chaudière, mais institue en outre le moyen même né-jjessairc pour évacuer la couche satu-ee sans intervention du chauffeur.
- ^ct appareil a été présenté en coupe
- l dnnslalig. 20, pl. 100 an huitième de sa grandeur ordinaire.
- L’appareil entier est placé à l’extérieur de la chaudière de laquelle part un tube qui communique par un ajutage A avec le réservoir d’eau saturée B qu’on a coulé en laiton avec un fond solide bien clos, mais ouvert au sommet pour recevoir un couvercle légèrement convexe boulonné sur lui. Dans ce réservoir est contenu le flotteur salinomètre creux C qui est aussi en laiton coulé, à base supérieure d'une seule pièce avec le corps, mais où le fond est fermé par un disque étanche boulonné dessus. Au centre de la base supérieure et inférieure de ce cylindre flotteur s’élèvent des tiges verticales dont les extrémités portent les soupapes discoïdes D,D disposées pour fonctionner très - exactement comme des pistons dans les cylindres inférieur et supérieur E.E. Le cylindre supérieur est d’une seule pièce avt-c le couvercle du réservoir dans lequel il s’ouvre pour recevoir la soupape-piston supérieure du flotteur. Le cylindre inférieur est vissé au centre du fond du réservoir sur lequel existe un collier pour le recevoir, il s’élève à une certaine hauteur dans ce réservoir et constitue un appui pour le flotteur lorsque celui-ci est arrivé à sa position la plus basse comme dans le dessin. Ces deux cylindres présentent une série d’ouvertures F,F disposées cireulairement autour de leur partie supérieure, et cVst pa-- ces ouvertures que l’eau saturée s'échappe lorsque les soupapes sont ouvertes en s’écoulant dans la direction des flèches par les tuyaux en cuivre supérieur et infér ieur G,G dans le tuyau principal de décharge, Il.
- Une petite tige I s’élève sur la soupape supérieure pour porter les poids régulateurs R et servir d’index au sa-linomèlre en montant dans un tube gradué L porté sur la partie supérieure d’un petit tambour M vissé sur le cylindre du haut et servant à le recevoir.
- Dans la figure on a supposé que l’eau de la chaudière était au dessous de la densite d’évacuation ; le réservoir est en communication avec la chaudière et est rempli de son eau la plus dense ; le poids spécifique étant encore trop faible pour soulever le flotteur, celui-ci repose toujours sur le sommet du cylindre inférieur E et les soupapes-pistons étant au-dessous des ouvertures de décharge. il n’y a pas d’évacuation ou du moins il n’y a que celle nécessaire pour que l’eau saturée ar-
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- rive dans le réservoir. A mesure que l’évaporation fait des progrès, et par conséquent que la densité augmente le flotteur s’élève en proportion , mais il n’y a évacuation que du moment où par rapport à l’index on voit la tigel dépasser le degré de l’échelle 30° marqué fermé. A ce point le bord inférieur de chaque soupape-piston coïncide avec le fond de la série des ouvertures F, et le plus léger mouvement ascendant ouvre une voie à l’évacuation de l’eau saturée dans la direction indiquée par les flèches jusqu’à ce que l’index arrive à 40° marqué demi-ouvert et qu’une augmentation croissante de densité se porte jusqu’à 50° marqué ouvert. Des tiges pendantes sous le couvercle du réservoir empêchent alors le flotteur de dépasser ce 50°.
- Lorsque la densité dans la chaudière diminue, le flotteur arrête graduellement l’écoulement du liquide et l’appareil évacue donc constamment l'eau saturée exactement en proportion de son accumulalion.
- L’équilibre parlait de pression sur les deux soupapes de décharge . ne permet pas de douter de la sensibilité du flotteur, et la disposition pour l’évacuation du liquide par diverses ouvertures préviennes chances de voir l’une ou plusieurs d’entre elles s’engorger.
- Nouvelles clefs pour montres et pendules.
- Une des causes les plus fréquentes de la marche irrégulière des montres et des pendules est l’introduction des matières étrangères par la voie du canon des clefs qui servent à les remonter.M. W. Peddy remédie efficacement à cet inconvénient eu construisant ces clefs de manière que ni les matières étrangères ni l’humidité ne puissent s'introduire par cette voie. A cet effet il inséré à l’intérieur du corps de la clef un léger ressort à boudin qui fait marcher en avant un petit piston carré qui remplit la cavité du canon et cède facilement lorsqu’on le presse sur le carré du remontage, puis revient à sa place par l’effet du ressort aussitôt que la pression cesse. On peut aussi opérer à la rnain au moyen de l’aurieau de la clef le mouvement en arrière et en avant de ce piston, ou bien encore engager le canon dans une petite gaine qui sert à le garantir et le fermer pendant qu’on ne s’en sert pas, et qu'on ôte quand on veut remonter la montre ou la pendule ; mais le premier de ces divers moyens nous paraît le plus simple et le plus commode.
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Par M. Vassbrot , avocat à la Cour d'appel de Paris.
- LÉGISLATION.
- Pharmacie. — Remèdes secrets.
- Le président de la République .
- Sur le rapport du ministre de l’agriculture et du commerce.
- Vu les articles 32 et 56 de la loi du 21 germinal an xi ;
- Vu le décret du 18 août 1810 ;
- Vu l’agis de l’Académie nationale de de médecine :
- Considérant que, dans l’état actuel de la législation eide la jurisprudence, tout remède non formulé au Codex Pharmaceutique ou dont la recette n’a Pas été publiée par le gouvernement est considéré comme remède secret ;
- Considérant qu'aux termes de la loi du 21 germinal an xi toute vente de remèdes secrets est prohibée ;
- Considérant qu'il importe à la thérapeutique de faciliter l’usage des recèdes nouveaux dont l’utilité aurait été régulièrement reconnue,
- Décrète ,
- Art. 1er. Les remèdes qui auront été reconnus nouveaux et utiles par l’Académie nationale de médecine, et dont *®s formules, approuvées par le ministre de l’agriculture et du commerce, conformément à l’avis de cette^ compagnie savante, auront été publiées dans ?0r> bulletin, avec l’assentiment des inventeurs ou possesseurs, cesseront n être considérés comme remèdes secrets.
- Ds pourront être, en conséquence , Ve,,dus librement par les pharmaciens, en attendant que la recette en soit insé-ree dans une nouvelle édition du Codex.
- Art. 2. Le ministre de l’agriculture
- et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le 3 mai 1850.
- Loüis-Napoléon Bonaparte.
- Le ministre de l'agriculture et du commerce,
- Dumas.
- JURISPRUDENCE.
- TRIBUNAL DES CONFLITS.
- Travaux communaux. — Réparation d’une église. — Contestation entrb la commune et l’entrepreneub. — Compétence.
- Les travaux exécutés pour le compte d'une commune, spécialement les travaux de réparation d’une église, ont le caractère de travaux publics.
- Dès lors c’est à l'autorité administrative qu'il appartient, aux termes de la loi du 28 pluviôse an VIII, de prononcer sur les contestations qui peuvent s'élever entre l’administration communale et l'entrepreneur relativement à l'exécution et au payement desdits travaux.
- Le sieur Roger, entrepreneur, avait assigné la commune d’Orgeval devant le tribunal civil de Versailles, pour s’entendre condamner à lui payer la somme de 18 459 fr. 43 c., pour des travaux de réparation exécutés par lui à l’église de cette commune.
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- Le préfet de Seine-ef-Oise proposa le déclinatoire; mais le tribunal se déclara compétent, par jugement du 28 décembre 1819.
- Le conflit a été élevé.
- M. Marchand a présenté le rapport de crtte affaire . et le tribunal, sur les conclusions de M. Rouland , commissaire du gouvernement, a rendu la décision suivante :
- a Le tribunal,
- » Vu la loi du 22 décembre 1789; vu la loi du 28 pluviôse an vm , art. 4 ; vu, etc.,
- » Considérant que l’action intentée par le sieur Roger contre la commune d’Orgeval a (tour but d’obtenir le payement de travaux exécutés pour la réparation de l’église de la commune d’Or-geval;
- » t^ue cps travaux ont le caractère de travaux publics ;
- » Que dès lors c’est à l’autorité administrative qu’il appartient. aux termes de la loi susvisée du 28 pluviôse an vin de prononcer sur les contestations qui peuvent s’élever entre l’administration communale et l’entrepreneur relativement à l’exécution et au payement dçsdits travaux,
- » Décide ,
- Art. t«. L’arrêté de conflit pris par le préfet de Seine et-Oise, le 27 décembre 1849 , est confirmé. »
- Avantl’institntion du tribunal des conflits,nous avions eu l’occasion de faire re-marquer les regrettables dissentiments quis’élaieulélevéseutie la ju'ttce civile et celle aduiinistrati ve , di •sentiments qui mettaient la classe nombreu-e des ont repreneurs de grand s travaux publies dans une fâcheuse inceilitude lorsqu ils avaient à exercer une action contre l’ad-ministraction d une commune. L'incertitude est aujourd'hui résolue. Nous regrettons que le texte de la loi de pluviôse ao vm ait semblé au tribunal des confl ts devoir attribuer la juridiction au pouvoir administratif, telle n’était pas notre sentiment : les cotisé quenei s de cette attribution, nous en sommes convaincu, ne larderont pas à se faire sentir de manière à provoquer de la part du pouvoir législatif une modification à la loi de pluviôse an vm. Nous le souhaitons fort dans un intérêt, bien entendu ce nous semble, d’unité de jurid ction à laquelle il u’y a aucune raison de soustraire les communes.
- Séance du 24 avril. — M. Rouher, ministre de la justice président.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre civile.
- USINE.— DÉTOURNEMENT D’EAU.—RÈGLEMENT—COMPÉTENCE.
- Le juge de paix est compétent pour statuer sur l'action possessoire formée par le propriétaire d'une usine, riverain d'un cours d'eaut contre le riverain supérieur qui a détourné sur son propre fonds une partie des eaux faisant mouvoir celle usine.
- Il n’y a pas lien de distinguer, par rapport à la compétence du juge de paix, si Ventreprise du riverain supérii ur, gui a causé le préjudice dont se plaint le riverain inférieur, a été, de la part du premier, l'usage ou l’abus du droit à lui accordé par l’art. 644 du Code civil •
- En conséquence, le juge de paix ne peut, par le motif qu’il y aurait eu abus de ce droit, se déclarer incompétent et renvoyer le riverain inférieur à se pourvoir, pour obtenir un règlement qui assure une équitable distribution des eaux.
- Ces questions étaient soumises à la cour à l’occasion du pourvoi formé par le sieur Ménard, contre un jugement rendu sur appel par le tribunal civil de Dijon, le 2 août 1817. au profit du sieur Chaussard.
- La cour, apres les plaidoires de Me Bècbard, pour le demandeur, et de M* Verdière, pour le défendeur, sur le rapport de M. le conseiller Gil on et les conclusions conformes de M. Nou-guier, avocat général, a rendu l’arrêt suivant:
- « Vu l’art. 23 du Code procéd. civ-et l’art. 6. n° 1 de la loi du 25 mai 1838;
- » Attendu que le jugement attaque constate, en fait, que le d'mandeur en cassation ou ses auteurs ont pratiqué sur la rive gauche du ruisseau notitn'® La Venelle un hiefqui conduit les eaux au moulin qu’elles mettent en mouvement et qui appartient au demandeur; que sur le même ruisseau, en amont du bief de l’usine, le défendeur possed®
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- tine propriété qui se compose rte bâtiments. jardin et verger; que vers le mois de juillet 1846, il a fait creuser un canal qui, du lit naturel du courant, porte l’eau sur sa propriété dans un réservoir auquel adhéré une petite rigole, à l’extrémité de laquelle est placé un tonneau où l’on puise l’eau pour arroser le jardin;
- » Attendu que dans le mois de septembre suivant, le demandeur en cassation a exercé l'action en complainte au sujet de la diminution du volume d’eau que cette entreprise faisait éprouver à son moulin , qui, depuis an et jour (ce qui n’était pas contesté), avait pour force motrice ie cours du ruisseau eu son entier; que le jugement attaqué,confirmant la sentence du juge rte paix, a rejeté cette action, sur le seul mol if qu’il y a. il est vrai, compétence pour le juge de paix, alors que le préjudice a été causé à un riverain parun autre riverain qui a opéré uri détournement des eaux sans utilité directe''pour lui-même; mais que la compétence cesse lorsque , comme dans l’espèce, le préjudice résulte de l’exercice trop étendu qu’un riverain a fait de la faculté qu’il tenait de l'art. 644 Code civil, auquel cas, ajoute le jugement. le droit unique de l’autre riverain, qui se prétend troublé dans sa possession plus qu’annale, est de se pourvoir pour obtenir un règlement qui assure une équitable distribution des eaux :
- » Attendu que la distinction posée par le jugement attaque ne résulté au cunerricnt de fart. 6. n° 1. loi du 25 niai 18:38. que son texte y répugne évidemment par la généralité de ses termes, et que son esprit n’y est pas moins contraire ; que, eu effet, dans l’un comme dans l autre cas.il s'agii (les droits résultant des art. 644 et 645 du Code civil, et autres droit- au fond étant essentiellement lèserves) rie lixer une pusses-ion débattue dont l'incertitude peut être préjudiciable à l im ltieuble qu’elle concerne, et qu’il. y a parité de motifs pour que la décision Soit rendue promptement, avec le moins de frais possible, par le magistral, qui, le plus rapproché des localités, est ceiivé les mieux connaître ou a le plus de facilite de s’en bien instruire;
- » Qu’il suit de la que le jugement attaqué, en confirmant la déclaration d’iru ompélenee prononcée par le juge de paix, sous le prétexté que le demandeur n’avait d’autre droit que de
- pourvoir au pèlitoire pour faiie établir un règlement d’eau, a expressé-
- ment violé l’art. 23 du Code de procédure civile et l’art. 6, n° 1, loi du 25 mai !8o8 ;
- « La cour casse. »
- 4udien.ee du 24 avril 1850. M. Bérenger , président.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre de requêtes.
- ÉTABLISSEMENTS INSALUBRES. — PROPRIÉTÉS VOISINES. — CHANGEMENT DE DESTINATION. — DOMMAGE.
- Les propriétaires d'établissementsin-su tubres autorisés peuvent être condamnés d des dommages-intérêts envers les propriétaires voisins , encore bien que le dommage, dont ils se plaignent n'ait pris naissance que par suite du changement de destination que ces derniers ont donnéà leur propriété. si d'ailleurs il n'est pas établi qu ils aient agi de mauvaise foi.
- « La cour,
- » Attendu que,s’il est vrai que l’autorisation donnée par l’administration à mi établissement classé parmi les élablis-ements insalubres ou incommodes. ne-t accordée que sauf le droit îles tiers, et à la t barge par le concessionnaire rte réparer le dommage que pourra causer l'exploitation de son usine, il si rail aussi contraire à la raison qu’à la loi de ne pas considérer comme une cause de dommage et de réparation la dépréciation et la moins-value résultante pour les propriétés voisines de l'exploitation de l'établissement en que tien, qu’en plaçant sur la même ligne cette cause de perte et le préjudice matériel, l’arrêt attaqué a sainement interprété la loi;
- Attendu que la disposition de l’arrêt al laqué, qui prend pour base de l'indemnité à allouer au défendeur la valeur de sa propriété à l’époque où son teirain a reçu une nouvelle destination, ne pourrait être l'objet d’une critique foiub-e que s’il était établi qu’il a agi de mauvaise foi et dans l'intention de spéculer sur le voisinage même de l’u-siue; mais attendu que rien de semblable n’a élé allégué dans la cuum>, et que l'arrêt, en appréciant les faits, a justement cousacré le droit qu’a tout
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- propriétaire de tirer de sa chose le meilleur parti possible, et ne saurait sous cet autre rapport donner lieu à la cassation ;
- » Rejette. »
- Ainsi jugé au rapport de M. le conseiller Haidoiu, sur les conclusions de m.i; 'avocat général Freslon, et la plaidoirie de A1. Moreau.
- Pourvoi du sieur Cartin, contre un arrêt de la cour de Nîmes, du 10 juin 1849.
- Audience du 8 mai. M. Lasagni, président.
- COUR D’APPEL D’AMIENS.
- VENTE A LA CRIÉE. — MARCHANDISES NEUVES. — DÉFINITION. — LOI DU
- 20 JUIN 1841.
- La prohibition portée par l’article 1er de ta loi de 18Ztl de vendre à cri public des marchandises neuves , ne doit pas être appliquée aux marchandises connues sous le nom de marchandises défraîchies et supportées , cesl-à-dire celles a itérées par l'usage. En conséquence ces marchandises peuvent être vendues à la criée par des colporteurs.
- Considérant que l’exception apportée à la liberté du commerce parla loi du 2.» juin I8U . ne peut êire étendue au delà de ses termes ;
- Que dès lues la prohibition portée par l'article Ier de vendre à cri public des marchandises neuves ne doit point être appliquée aux marchandises qui ont clé l’objet d un usage quelconque de la part du consommateur;
- Qu'il ne résulte pas du procès-verbal de vente, en date du 14-nnvembre, que les appelants aient v< ndudes marchandises neuves autres que des objets de menue-merecrie, dont le débit est autorisé par l'article2 de la loi;
- Que le fait d'avoir exposé dans le lieu où se faisait la vente à l’encan des marchandises neuves ne saurait faire l’objet d’un grief, tant qu’il n’est pas établi que ces marchandises ont été l'objet du mode de vente prohibé;
- Par ces motifs,
- La cour met l’appellation et le jugement dont est appel au néant, décharge l’appelant des condamnations contre lui prononcées , condamne les intimés en tous les dépens.
- Audience du 23 avril. M. Boulet, premier président.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- C’était une importante question que celle là.On sait combien est grand le commerce du colportage, qui puise ses marchandises soit au Mont-de-Piété de Paris, soit au Temple . et qui après leur avoir, par des procédés plus ou moins heureux, donné une apparence de fraîcheur, les livre sur les marches, et fait ainsi une redoutable concurrence au commerce sédentaire.
- La loi du 20 juin 1841 a été destinée à prévenir les conséquences de celte fàcheu-e concurrence.
- M. Bellemèrc est un colporteur qui est venu faire à Soissons une vente importante d'objets d'habillements, vente qui a fait craindre au commerce sédentaire une perle importante; trois négociants se sont réunis cl ont formé opposition à la vente. Celte opposition a été accueillie par un jugement du tribunal de Soissons, lequel a défendu la vente et condamné Bellcmcre à 500 fr. de dommages intérêts.
- Il a interjeté appel de cette décision cl la cour a rendu l’arrêt suivant:
- La cour,
- COUR D’APPEL DE PARIS.
- Chambre correctionnelle.
- FCSION ENTRE DEUX ENTREPRISES DÏ MESSAGERIES. — COALITION.
- L'art. 419 du code pénal, qui punit les coalitions ayant pour but d'o-pérer frauduleusement la hausse ou la baisse des marchandises . est applicable à la coalition formée entre deux entreprises de message' ries pour faire porter le prix des. transports au-dessus ou au dessous du cours qui serait résulté d'une concurrence loyale.
- En 1827, M. Sciard fonda un service de voitures de Paris à Boulogne, et exploita seul celle ligne jusqu’en 1838. A celle époque. M. Toulouse fonda I® service des voitures dites Jumelles, qui lit concurrence à l'entreprise M. Sciard. Mais les deux entreprise» finirent par s’entendre et desserviren seules cette ligne jusqu’en 1846.
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- Une nouvelle entreprise, celle des Boulonnaises, ne tarda pas à se formpr, et dans le courant de l’année 1847, MM. Du val et Rontouce, gérants des Jumelles, et Laspiguou dit OUive, Pu -cey et Dupont, gérants d> s Boulon-naisrs , tirent un traité sous forme d'aS'oeialion pour l'exploitation des deux entreprises.
- Ce traité , qui multipliait les voyages outre mesure, ce qui baissait li s prix des places d’une manière exorbitante, parut à Mad. veuve Sriard contenir le délit de coaldion, et en conseqwnee elle assigna les gérants des Jumelles et des Boulonnaises devant le tribunal de police correctionnelle, et le 13 lévrier dernier la huitième chambre condamna les gérants de ces deux entreprises à 500 fr. d'amende et envers Mad. veuve Seiard à des dommages-inlerèts à donner par état.
- Les gérants ayant interjeté appel de ce jugement, la Cour a rendu l’arrêt suivant:
- La cour,
- En ce qui touche la prévention du délit de coalition ;
- Considérant en droit, que la disposition de l’article 419 du code pénal comprend dans la généralité de ses termes toutes les spéculations commerciales ou industrielles; qu’elle a pour objet d’en protéger la liberté contre les coalitions, réunions et manœuvres, qui auraient pour but d'opérer par des Voies frauduleuses la hausse ou la baisse du prix d’une même marchandise ou denrée au-dessus ou au-dessous du prix qui aurait déterminé 'a concurrence naturelle et libre du commerce; qu’elle s'applique dès lors à l’industrie des transports par terre et par eau , et aux entrepreneurs de cotte industrie qui se coalisent, se réunissent, et se livrent à des pratiques frauduleuses pour altérer les conditions naturelles et légales de ce genre de trafic, et opérer la hausse ou la baisse du prix des places des voyageurs ou du transport des marchandises au-dessus ou au-dessous du prix qui serait résulté d’une concuireuce loyale;
- Considérant en fait, qu’il résulte des débats et des pièces produites, qu’en avril et mai 18i9, Du va I et Rontouce, gérants des entreprises des voitures dites Jumelles faisant le transport des personnes et des marchandises, de Paris à Sl-Cloud, d’une part. Laspignon dit OUive, Dupont et Pucoy, gerants des voitures dites Boulonnaises, faisant le même service sur la même route ,
- se sont réunis, non pour confondre les deux entreprises dans une association régulière selon les formes et les conditions légales des s ciélés de commerce, mais uniquement pour s’imposer réciproquement des obligations de service et s'en garantir l’accomplissement mutuel, qu’en effet les conventions intervenues cmre eux, à la date do 9 mai 1849, en stipulant la séparation du matériel et des capitaux d- s deux entreprises, en stipulant notamment que l'organisation et le mouvement des services seront réglés d’accord entre les gérants des deux compagnies, et en réservant «à chaque compagnie une faculté de résiliation, qui n est subordonnée qu à la simple condition de se prévenir un an d’avance, sont exclusives de l’une ou de l’autre des sociétés reconnues par la loi (titre 3 du 1er livre du code de < otnmerce) ;
- Qu’il y a donc lieu de rechercher si les deux entreprises par l'organisation frauduleuse de leurs services ont eu pour but d’opérer la hausse on la baisse (lu prix des transports sur la route de Paris à St-Cloud, au dessus et au-dessous des prix que la concurrence naturelle et libre aurait déterminés, et decanser le préjudice ou la ruine d’une entreprise rivale par une concurrence illégitime et désastreuse ;
- Considérant qu’il est constant en fait, qu’en décembre 18 *9 les deux compagnies des Jumelles et des Boulonnaises, en exécution des conventions du 9 mai, ont multiplié les voyages au delà des nécessités du se vice, et abaissé le prix (les places à 30 centimes au dessous du prix qu'une concurrence naturelle et libre aurait détermine ;
- Que chacune des parties en cause avait déjà éprouvé en 1817 et 1848 les ('fiels ruineux de l’augmentation exorbitante du nombre des voyages et de la diminution plus exorbitante du prix des places, lorsque la compagnie des Boulonnaises avait élevé ce mode de concurrence contre l’entreprise de la veuve Seiard et contre la compagnie des Jumelles ;
- Que la nouvelle épreuve de décembre 1849. concertée entre les compagnie des Jumelles et des Boulonnaises, et accomplie par leurs communs efforts contre l'entreprise de la veuve Seiard, ne peut «loue être considérée comme une spéculation loyale;
- Qu elle présente, au contraire, manifestement les caractères de la coalition prevue par led t art. 419; et qu’en y prenant part, chacun des appelants s’est rendu coupable de ce délit ;
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- Adoptant au surplus les motifs dî* premiers jugi s,
- M*‘t l'appellation au néant;
- Oi donne (pie ee dont est appel sortira son plein et entier effet, ele.
- Audience du 17 mai. M. Ferey, président.
- JURIDICTION COMMERCIALE. TRIBUNAL DE COMMERCE
- (Seine.)
- Messageries — Transport d’espèces.
- Responsabilité.
- Les messageries ne sont responsables des groupes d'argent transportés par elles que ju qu'à concurrence de la somme qui leur a été déclarée.
- En décembre dernier, MM. Fould et Fould-Oppenh im banquiers a Paris, ont remis aux message lies nationales un groupe d'espèces destiné a des banquiers de Milan , MM. Ugoldi et Bru-nati. Ce groupe tut déclaré par les expéditeur'' contenir 3,000 lr. espèces, et en réalité le sac contenait 2i,966fr. tant en argent qu’en or.
- Le sac a etc égaré sur la route de Lyon, et aucune recherche n’a pu le faire retrouver.
- Les banquiers de Milan intentèrent, contre les messageries, une action en payement de la somme réellement contenue au sac : 21,960 fr.. se fondant sur ce que l’entreprise de transport était tenue de remettre identiquement la meme chose que celle qui lui a été cou-tiéc . peu important une déclaration erronée , qui au surplus n’emai.ait pas de leur maison de banque.
- Les messageiics ont offert le payement de 3.000 fr. . et lait repousser le surplus de la demande ; elles faisaient observer que le contrai avait eu lieu entre l’expéditeur et leur administration ; qu’il y avait faute de l'expediteur en faisant une fausse déclaration ; que cette faute préjudiciait à l'administration , qui aurait naturellement appoilé plus de soin à la conservation d'une somme fort considérable qu’a colle d'une somme beaucoup moins importante ; qu enfin elle ne de.ait être tenue de la responsabilité qu’en raison de son émolument, invoquant sur ce point le principe des assurances ; que le groupe étant
- assuré pour 3,000 fr., elles ne devaient que celle somme.
- Le tribunal a rendu le jugement suivant :
- Attendu que les sieurs Fould et Foujd-Oppenhriin ont remis aux messageries nalmnales, le 17 décembre 1849, pour compte à l’adresse et sur l’ordre d’U-goldiet Brunali un groupe cacheté qu’ils ont déclaré 3,000 lr. en espèces;
- Que ledit groupe n’ayant pas été représenté . soit qu'il ait été perdu , soit qu’il ait été dérobé, les messageries ont «fr rf de payer la valeur qA leur a été déc arée :
- Attendu q ie si Ugoldi et Brunali prétendent que ledit groupe contenait en diverses monnaies d’or et d'argent une somme de 21,966 fr. 80 cent., et en demandent la restitution, ils ne peuvent être admis à changer la valeur de leur première déclaration . laquelle établit essentiellement l'obligation des messageries nationales à leur égard , en cas de perte de l’objet confié,
- Par ces motifs,
- Déclare Ugoldi et Brunati non recevables en leur demande, les en déboute et les condamne aux dépens, à la charge pa-r les messageries nationales de réaliser leur offre de payer 3,000 fr.
- Audience du 10 mai. M. Vernay, président; MAI®* Petit-Jean et Lan . agréés.
- Sommaire de la partie législative et judiciaire de ce numéro.
- Législation. = Pharmacie. — Remède* secreis,
- JdrimPrüdknce. = Tribunal dos confias. = 'travaux communaux. — Réparation d’une éelise. — Contestation entre la commune et l’entrepreneur. — Compétence.
- Jurid . lion civde. = Cour de cassation. = Ch mbre civile. = Usine. — Détournement
- d'eau. — Réglement. — Compétence. = Cour de cassation —Chambre des requêtes.^ Établissements insalubtes. — Propriétés voisines. — Changement de destination. — Dommages. = t our d’app. I d Amiens. = Vente a la criée. — Marchandises neuves. — Définition. — Loi du 20 juin 1H41.
- Ji.nd etion criminelle. = Cour d appel «e Paris. = vppels correctionnels.— Fusion entre o< ux entreprises de mess igerieS coalitien
- Jur diction commerciale. — Trbunal de commerce de la .•seine. = M s apories. Transport d’espèces. — Responsabilité.
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- BREVETS ET PATENTES.
- Lxtte det Patentée revêtues du grand sceau ({'Irlande , du 30 avril i85o au 17 mai i 850.
- 80 avril. W.-G. Taylor. Machine à effilocher.
- 2 mai. W. Brown et W. Williams. Appareils électrique et magnétique pour les communications télégraphiques.
- 10 mai. G.-E. Donislrope et J. Whitehead. Perfectionnemems dans le serartçage et le peiguage des matières lilamen-teuses.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau ({'Écosse , du 22 avril 1850 au 28 mai 1850.
- 28 avril. C. Cowper. Lavage des charbons, combustible artificiel, et distillation des goudrons ( importation )
- 2# avril. L. Vidiê. Transports sur la terre et sur les eaux.
- 27 avril. R. Dalglish. Impression sur soie, colon, lin , laine et autres matières fila menteuses
- *0 avril. E. Campbell. Force motrice et propulsion.
- 2 mai. R. Reid. Perfectionnements dans le tissage.
- 3 mai. 3t. Miller. Mode de distillation et de rectification
- 8 mai. T. Keeley Peifeciionnemen's dans
- les articles à mailles et le metier à les fab iquer.
- 9 mai. P.-A L. Fontainemoreau. Mode de
- chauffage, d’eclairage et de ventilation.
- 9 mai. E. Baldwin. Mode de génération et d'application de la valeur.
- 20 mai. J L'onnop. Mode de fonderie, moulage, etc , pour constructions.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau ({'Angleterre, du 28 avril 1850 au 23 mai 1850.
- 21 avril. W.-G. Elliott. Fabrication des briques , tuiles, etc. (importation).
- ïO avril- C. May et R. Lcggell Machines à battre et à moudre le grain, à hacher la paille, etc.
- 3o avril. G. Michiels. Mode de traitement de la houille pour la fabrication du gaz (importation).
- 3û avril. E. Prolheroe. Fabrication de l’oxide, de zinc et application à la peinture (importation).
- 7 mai. R. Daiglish. Impression sur soie, colon . lin , laine et autres matières filamenteuses.
- 7 mai. G -E. M. Gérard. Mode de dissolution du caoutchouc et du gutta-per-cha.
- 7 mai. G. Hurwood. Appareils à moudre le grain et autres substances.
- 7 mai. J. Gibbs. Fabrication de pierres, marbres et ciments artificiels.
- 7 mai. J. Tatham. Pcfectionnement dans les machines et les opéiations qui s exécutent sur les matières filamenteuses
- 7 mai. G. Rolbins. Nouvelles voitures de chemins de fer.
- 8 mai. J. Youil. Machine à laver, nettoyer, et boucher les bouteilles.
- 22 mai. W.-E. Newton. Chauffage et ventilation des bâtiments.
- 22 mai. R. Colgreave. Machines et appareils pour assécher les terres.
- 22 mai. H -C. IJurry. Mode de graissage des machines.
- 22 mai. W Palmer. Fabrication des mèches et des chandelles.
- 22 mai- J.-F. Alailtard-Dumeste. Réflecteurs
- pour les appaieils d’éclairage.
- 23 mai. S. Pincoffs. Teinture et impression
- des calicots.
- 25 mai. W. Radley et F. Meyer. Traitement des matières grasses êt oléagineuses, résineuses bitumineuses, cëreuses et applications.
- 25 mai. E. PeUilt. Fabrication'du verre et nouveaux fours à recuire.
- 25 mai. ./. Hickman. Fabrication de tubes cylindriques et autres.
- 28 mai. A.-V. Newton. Mode d’accoupl«ment des voiiures et décalage des roues sur les essieux.
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- Brevets accordés en Belgique en i&50-
- S janvier. A-C. Fontaine. Mode d'application des réflecteurs aux lampes.
- 5 janvier. G Charte!. Système de rails.
- 5 janvier R-W. Urlinij. Perfectionnements aux machines à nettoyer et à préparer le lin, la lame et le colon ( importation ).
- 7 janvier. P.-J. Keymolen. Poêle à double enveloppe.
- 7 janvier. C. Lewnndowsky Mode de laçage des chaussures et des corsets.
- 7 janvier. B.-S. Fowler. Fabrication des boutons et poignées de porte ^importation).
- 7 janvier. C. Sortent. Composé pour dallage des trottoirs et des cours.
- 7 janvier. P. Mnnroth. Poêle de salon ( importation).
- 7 janvier. J.-R. Fnuritle. Nouveau système d'échappement de pianos.
- 7 janvier F. Trotsaerl. Perlectionnements aux becs de gaz (importation).
- 7 janvier. J. Godefroy. Système de four à cuire le pain.
- il janvier. G.-F. Picnult. Instrument à ouvrir les huitres. (importation).
- il janvier. Rider. Nouvelle carde.
- Il janvier. W.-E. Newton. Nouvelle construction de fours é poteries ( importation )•
- il janvier. L.-J. Mathieu. Armes è feu.
- il janvier. A.-J. Pecklers. Système d’escalier en fer.
- il janvier. Ch. Derotne, Cail et C'. Appareil i force centrifuge pour le séchage du sucre importation).
- Il janvier. W. Nicholson. Télégraphes électriques (importation).
- il janvier. T. Gaussent Cirage pour bottes et harnais.
- il janvier. J.-J. Hermann Système de sûreté pour armes à feu.
- il janvier. L. Spinhayer. Perfectionnements à la machine dite continue finisseuse.
- 14 janvier- U. Debeaune. Application des ventilateurs aux locaux d’où émanent des gaz insolubles.
- 14 janvier C.-F.-J. Loin. Système complet de fab. ication de boulons eu porcelaine (importation).
- 14 janvier. Gardissal. Nouveau genre de pain* à cacheter importation).
- 14 janvier Bktnul dit Mangin. Ventouse avec scarilicateur (importation).
- 14 janvier. D-J. Gilson. Amélioration aux armes à feu.
- 14 janvier. J E. Neufcour. Système de culasses pour armes à feu.
- 16 janvier Chartes lies. Fabrication décadré*) encriers, etc., '.importation).
- 16 janvier. D. Deldine-llaut. Métier à faire des vis à bois.
- 19 janvier. J.-B Yelli. Extraction dès m*" lières textiles,importation).
- 19 janvier. C Caniineau Application de verni* au gulla-p relia sur les nié aux.
- 19 janvier. J.-B. Mefchior. Poêle fumivore.
- 19 janvier. G. Wiliquet. Becs à gaz imputation).
- 28 janvier. J Pelin. Procédés de forgeage du fer.
- 28 janvier. N. fin ber, H. Hnber, J. Bronntf et H. Gerharl. Nouveaux procède* applicables aux armes à feu.
- 28 janvier. J llremme. Fabrication de l’acier (importation).
- 28 janvier. P. Durieux-Fournier et Kruck’ Nouveau système de filature.
- 28 janvier. E.Douay. Perfectionnements dan*
- la fabrication du sucre (importation)-
- 28 janvier. L.-E. Vandercruyssen. Piano ® deux claviers.
- 28 janvier. B.-A. Devillez. Forage des puif* (importation;.
- 28 janvier. L. Renrk. Amélioration aux locomotives.
- 30 janvier. Grandjean Fabrication, de fleur* en verre filé ; importation).
- 7 février. Silas-Galsworthy. Appareils à fabriquer le sucre (importation).
- 7 février. W.-E Newton, Appareils de baf-rage à l’embouchure des égouts (i‘n" porialion.
- 7 février. J. Noirsain. Poêle à feu ouvert.
- 7 février. R.-W Urling. Métiers coiitin0* pour filature importation).
- 7 février. J -H. Renkin. Nouveau sy*^®1® d’aunes à feu.
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- J)uJûS se
- Le TecLnolo<i’iste. PI. l3o.
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- LE TECHNOLOGISTE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- De l'extraction de l'argent des minerais et des mottes de cuivre par des lavages au sel marin.
- Le prix élevé des combustibles et du mercure donnent une très-grand,; importance à un nouveau procédé d’extraction de l’argent, dont on va donner connaissance. On n’a point encore une description précise de ce procédé , qui est en partie tenu secret. Mais cependant un mineur vient de communiquer aux lecteursdu Polytechnis-ches Journal, de MM. Dingler, vol. CXVI, 2e livraison, p. 147, ce qu’il a pu en apprendre d’après sa propre expérience ou par des communications verbales d’aulres mineurs, avec l’espoir que celte indication sera dans tous les cas suffisante pour qu’on puisse s’en former une idée exacte.
- L’inventeur de ce procédé est le juré-mineur Augustin de Eisleben, qui a cédé son secret à la compagnie Mannsfeld pour une somme de 50,000 thalers. Le procédé a été appliqué en grand dans les ateliers d’amalgamation de Goltesbelohnung, près Hetlstedt, et a reçu quelques perfectionnements de la part du maître des fonderies Ziervo-gel qui dirige très-habileraentces usines. Le mode employé dans cette localité est au total le suivant:
- La matte, dont on veut extraire l’argent, est préparée en la réduisant en Poudre aussi fine que possible à l’aide de bocards, de meules eide tamis, puis ht Technoloqisle, T. XI. — Août 1850.
- grillée sans aucune addition, d’abord faiblement pour qu’il ne s’y forme pas de grumeaux, puis ensuite de plus en plus fortement. A la chaleur la plus élevée, le sulfate de cuivre qui s’est formé d'abord est en grande partie détruit de nouveau. Enfin, la matte étant arrivée au rouge, on projette dessus environ 2 pour 100 de sel marin , on brasse et on ne cesse de faire mouvoir le râble qu’au moment où une odeur prononcée et pure de chlore se dégage.
- La matte est alors préparée pour l'extraction et est transportée encore suffisamment chaude, dans une cuve à lixiviation en bois. Là, on verse dessus une solution de sel marin, qu’on a portée préalablement à l’ébullition dans une bassine en plomb. Il est indispensable, pour la solution complète du chlorure d’argent, d’employer la solution bouillante; elle doit aussi être assez concentrée ; mais celte concentration a une limite, car trop forte elle ne conviendrait plus.
- Les cuves à lixiviation dans lesquelles s’opère l’extraction , ont la forme d’un cône renversé et tronqué, mais leur diamètre inférieur n’est que de peu de chose inférieur à celui de leur ouverture supérieure. Sur leur fond est placé un croisillon en bois, et sur celui-ci, un faux fond en bois percé de trous et bien ajusté. Sur ce faux fond est posée, une toile fortement tendue par un anneau de bois, et enfin, sur la toile un sas en osier tressé. Toutes ces
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- pièces constituent le filtte. Âii-déssûs du fond qui porte le croisillon, on a placé une canelle en bois par laquelle s’écoule la liqueur.
- La matte grillée est introduite par portions d’environ un quintal sur le sas en osier, sur lequel on l’étend, puis chargée d’un couvercle en bois percé comme un crible. C’est sur ce couvercle qu’on fait arriver la solution bouillante de sel marin, qui, ainsi divisée, s’écoule uniformémentpar les trous sur la matte, la pénètre, puis s’écoule enfin de la cuve par la canelle. On continue à faire arriver delà solutionjusqü’â ce que la liqueur, qui coule sans interruption par celle-ci, ne dépose plus d’argent sur une feuille de cuivre bien décapée. On peut placer en amphithéâtre une batterie de cuves à lixiviation et faire passer la solution encore chaude qui s’échappe du premier rang dans le rang placée au-dessous,et même après dans les suivants, de manière à rendre les liqueurs de plus en plus riches avant de procéder à leur décomposition.
- La matte qui reste sur le filtre est maintenant dépouillée en grande partie de l’argent qu’elle renfermait et propre au travail pour cuivre noir ; quant à la liqueur qui s’est écoulée et qui contient en solution l’argent extrait sous la forme de chlorure de ce métal, on la met en contact avec des grenailles de cuivre ou du cuivre de cémentation ; elle se décompose par ce contact et donne de l’argent en régule qu’on fait fondre ensuite et affine dans des creusets. On peut, en aiguisant la liqueur avec un acide, favoriser cette précipitation de l’argent.
- La liqueur salée où l’on a séparé l’argent au moyen d’une filtration , contient maintenant, au lieu de chlorure de ce métal, du chlorure de cuivre ; on la transporte dans des vaisseaux remplis de vieux fer forgé qui précipite à l’état métallique le cuivre en solution. Après cette précipitation du cuivre, cette solution de sel marin qui pendant l’opération a été souillée par du sulfate de soude et du fer, est exposée à l’air pendant quelque temps, au moyen de quoi il s’en sépare une certaine quantité de sulfate basique de fer, puis on la rapproche jusqu’à ce que le sulfate de soude cristallise. Les eaux mères ne renferment plus guère que du sel marin et sont employées de nouveau à l'extraction de l’argent.
- Le mode d’extraction par le sel marin, qui paraît principalement s’adapter aux mattes qui ne renferment pas
- de jdortib ,. ‘devient très-difficile lorsqu’il y a présence de ce métal. D’abord une première difficulté , c’est que les mattes plombifères ont besoin d’être grillées avec infiniment plus de soin, parce qu’elles coulent aisément et que cette liquéfaction a toujours pour résultat une formation imparfaite du chlorure et un résidu riche en argent. Elles présentent encore cet inconvénient particulier que le chlorure de plomb que forme en même temps la solution chaude de sel marin se dissout aussi, et qu’il faut une nouvelle opération pour séparer le plomb de l’argent. Toutefois on réussit encore assez bien quand on laisse refroidir la liqueur dans laquelle le chlorure de plomb cristallise en aiguilles.
- Le bismuth aussi, lorsqu’il est renfermé dans la matte ou dans les mélanges, se comporte de même, et peut rendre extrêmement difficile la prépa-tion de l’argent pur.
- Aux ateliers d’amalgamation déliais-brück près Freiberg, dans l’Erzgebirge saxon, on a tenté, depuis 1847 , des essais d’efctrâction sur les minerais d’argent d’Obèrgebirge et de Freibetg, ainsi que sur des résidus riches d’amalgamation, et on a travaillé :
- a. Avec les minerais d’argent riches
- hikeliféres et coballifères de la mine de Gottesgeschick et les masses de fusion de Wolfgang dans la district minéral de Schnee-berg.
- b. Avec les préparations ou mélanges
- courants d'amalgation.
- c. Avec les résidus riches des minerais
- extraits on a.
- Le minerai de l’Obergebirge qii’on a soumis à l’extraction, contenait au quintal 119,1)5 parties de livre, et l’extraction de l’argent a eu lieu sous les modifications suivantes :
- 1. Avec du sel marin pour toute ad-
- dition.
- 2. Avec addition de sel marin et de
- pyrite de cuivre.
- 3. Avec addition de sel marin et de
- peroxide de manganèse.
- 4. Avec addition de sel marin, de
- sulfate de fer et de pyrite de fer.
- Les expériences entreprises sous la rubrique n° 1, ont présenté cela de for remarquable, savoir : que la formation du chlorure d’argent, pour une addition de sel marin, pas trop faible, et porte
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- jusqu’à 19 pour 100, marchait régdllè-ment lorsque ce sel avait été mélangé âü minerai avant le grillagé, puisqu’il hé peut y avoir ainsi aucune Oxydation, €t qu’en l’absence d’une matte crue,lè$ acides arsénique et arsénieux qui $é forment par le chauffage sitriu'Mané dû Sel et du minerai, réagissent de la iria-ftière la plus favorable pctut défcoin'po-ser le sel marin.
- LeS résidus Sont amenés ainsi â né Plus contenir que 10 pàrtiëà dé livre au qriiniàl éri argent.
- Avec dés additions de pyrite cje cuivre, de pyrite de fer, de sulfate de ce dernier métal, etc., on a constamment obtenu des résultats plus avanta-géùx que les précédents, à nqesure u’on augmentait les dosages. Mais, ’un autre côté , ce mode de travail non-seulement n’était plus avantageux sous le rapport économique , mais il
- § résentait encore ce défaut, par suite e l’accroissement considérable des matières minérales à traiter, que le nie-kel qu’on voulait préparer par fusion avec ces résidus était trop disséminé et (|u’on ne produisait qu’un speise ou mélange peu riche en ce métal.
- Les lessivages exécutés dans les diverses opérations n°‘ 2, 3 et 4, fournissent encore, par des additions plus ou moins fortes de sel marin, tje pyrites et de sulfate de fer , après des grillages réalables de 6 à 10 heures et de 40 eures de lessivage, quelques résidus renfermant au plus de 6 à 10 parties à la livre.
- Les expériences d’extraction avec les mélanges courants d’amalgamation ont été les plus satisfaisantes. Elles ont montré une fois de plus que l’oxydation de ces mélanges sans addition de sel marin nuisait au succès des opérations.
- On a obtenu l’extraction complète de l'argent quand on a travaillé un mélange ordinaire d’amalgamation de 16,1 partie d’argent à la livre, et 29 livres de matte crue qu’on a mélangés à 10 pour 100 de sel marin et grillé Pendant 3 heures et demie. A près 60 heures de lessivage , les résidus ne •'enfermaient plus que 0,75 à 1 partie d’argent à la livre par quintal.
- Le travail des résidus obtenus des minerais d’extraction de l’Obergebirge Pour en retirer le reste de l’argent par le ^ème procédé, a, par des additions de 5 pour 100 de sel marin et de 2,5 pour 100 de sulfate de fer, 3 à 4 heures de Sçillage et 25 heures de lessivage, afour-*•' d'excellents résultats Les résidus ont
- ainsi été amenés à ne plus conserver que 1,12 parties d’argent à la livre.
- Du reste, comparativement à l’amalgamation, les résultats de l’extraction, sous le poirit de vue de la richesse du résidu, sont presque les mêmes, et il faudrait plus de temps èt des expériences en grand plus étendues pour décider lequel des deux procédés l’emporte sur l’autre par le bon marché et la rapidité avec lesquelles on obtient le produit.
- Enfin, nous ferons encore mention d’un procès-verbal d’expériences faites sur un ctiivre gris argentifère de La-motte près Chambéry, en Savoie , au moyen des lixiviations au sel marin.
- 600 kilog. de minerai réduit à l’état dé schlich fin ont été mouillés avec ilnè eau salée renfermant 10 pour 100 ou 60 kilog. de sel marin , puis grillés dafls un four à réverbère. Ce schliech grillé a éfistiite été lixivié de la manière stiifantë:
- On en a introduit 500 kilog. dans une tonne dé 8 mètres cubes de capacité qui tournait sur un axe horizontal, on à Versé de l’eau et on a fait tourner pendant urie demi-heure. On a ensuite abattdôririé au repos et on a décanté la liqueur claire renfermant le sulfate de cuivré dans des cuves remplies de fers cassés. On à obtenu de cette manière du cuivre de Cémentation qu’on a fondu avec du coke dans un fourneau courbe, et une liqueur dé sulfate de fer de 36 à 38° B qu’on a fait cristalliser pour en extraire là couperose verte.
- Lé résidu a été séché sur la sole du fourneau à réverbère et chauffé jusqu’au rouge sombre, puis on l’a jeté dailS urie grande cuve qui renfermait unè solution saturée de sel marin éle-véë â la température de 60° à 80° C., et aiguisée avec un peu d’acide sulfurique. OU a brassé là liqueur, on l’a laissée en repos et décantée aussitôt. On a fait ensuite trois autres lavages à l’eau salée à 80° C et un cinquième à l’eau pure. L’eàu des deux premiers lavages a été introduite dans un tonneau et on eri à précipité l’argent métallique par le trioyeri du cuivre. L’eàu des autres îavàgës étant trop pauvre a été employée à d’autres lixiviations. Le résidu ne t'enfermait plus que 0,00007 d’argent.
- évite»
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- Sur les alliages de cuivre et d'étain et
- la manière dont ils se comportent
- quand on les chauffe.
- Par M. C.-J.-B. Kàrsten.
- On a fait fondre ensemble pour en faire un alliage 100 parties d'eta in avec 50, avec 100 et avec *200 parties de cuivre, alliages qui sont restés parfaitement homogènes non-seulementà l’état fluide, mais encore après un refroidissement opéré soit avec lenteur, soit avec une grande rapidilé. Ces trois compositions sont cassantes et blanches. Leur homogénéité parfaite ne permet pas de douter qu’elles ne constituent bien réellement des composés chimiques de cuivre et d étain , et par conséquent des combinaisons dans des proportions exactement définies meme après avoir été refroidies. Tous ces composés d’ailleurs n’éprouvent aucun changement quand on les soumet à la chaleur.
- Si on augmente la proportion du cuivre par rapport à l’étain de manière à combiner 100 parties du dernier à 400 parties du premier, l’alliage qu’on obtient lorsqu’on le laisse refroidir avec une extrême lenteur dans le creuset, présente un aspect maillé ou réticulé et une cassure à texture serree, unis à une couleur blanc sale et à une fragilité assez marquée. Lorsqu’on coule vivement cet alliage dans une lingolière froide en fer, il conserve ses propriétés de façon qu’il ne paraît y avoir aucun changement de proportions soit par un refroidissement lent, soit par un refroidissement accéléré. Mais si on le porte à une température qui atteigne la cha leur rouge, c’est alors du mode de refroidissement qu’on applique au mélange coulé à l’état rouge de feu que dépend entièrement la conservation des propriétés qu’il possédait avant l’application de la chaleur, ou bien la formation d'un alliage jaunâtre, blanc, duclilèe et à texture grenue.C’est ce dernier cas qui se présente lorsque le mélange tout chaud est refroidi subitement en le plongeant dans l’eau , tandis que le composé primitifse reproduit par un refroidissement lent à l’air libre. Si la température, lorsqu’on chauffe, est portée un peu trop haut, on voit ressuer à la surface du mélange encore solide de très-petites perles, blanc d’argent, qui disparaissent bientôt lorsqu’on continue à chauffer jusqu’au point où le mélange tout entier passant à l’état liquide on ne peut plus observer les changements produits par la chaleur.
- Ces phénomènes provoqués par l'application de la chaleur, aussi bien que la qualité non homogène de la surface de la cassure lors du refroidissement subit de l’alliage qu’on a porté au rouge, annoncent évjdemmenl qu’à une température qui ne suffit pas encore pour mettre en fusion, le mélange passe par un autre rapport dans ses proportions puisqu’il forme une combinaison plus fluide qu’un composé où il y aurait plus d’étain et moins de cuivre, composé qui est détruit par un refroidissement lent, mais qui persiste par un refroidissement prompt dans l’eau, parce que l’alliage se prend en masse trop promptement pour que la combinaison générale première des deux métaux puisse se reformer.
- Ces modifications ne peuvent pas se présenter dans tous les adiagesqui renferment une plus forte proportion d’étain, parce que leur grande fluidité rend impossible un changement dans leurs rapports proportionnels. C’est d’après le même principe que dans l’alliage consistant en 100 parties d’étain et 400 de cuivre, on voit se reformer complètement la combinaison générale primitive des deux métaux parun refroidissement lent après qu’on a porté au rouge.
- Ces changements dans les proportions dus à une différence dans le degré de la température et au mode de refroidissement de la masse chauffée, expliquent immédiatement pourquoi cet alliage se comporte sous le rapport de la ductilité et de la douceur sous le marteau , et à la chaleur rouge, exactement de la même manière qu’après un refroidissement instantané, et pourquoi ce même alliage, refroidi avec lenteur, ainsi que celui qu’on ne chauffe pas jusqu’à la chaleur rouge sont cassants et ne peuvent se travailler sous le marteau.
- Quand augmente encore la proportion du cuivre par rapport à l’étain, si on combine, par exemple 100 par-lies d’étain avec 1,100 parties de cuivre, proportions qu’on emploie ordinairement pour le bronze à canons, on voit se présenter des propriétés tout a fait différentes- Par un refroidissement extrêmement lent de l’alliage en fu* sion, celui-ci, à l’œil non armé, para** parfaitement homogène; mais à Ja loupe, il est facile de trouver un defaut d’homogénéité sur les faces d’une cassure récente, de remarquer qul* s’est séparé un alliage métallique blanc au milieu des facettes réticulées d un autre alliage jaune rougeâtre. La surface percée, tournée, emboutie, émou-
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- lue et polie, parait toutefois homogène, parce que l'alliage tenace, jaune rou geàtre, dans ces travaux qui comportent une extension mécanique du métal s’oppose à ce que le composé blanc, cassant et déposé en petits grains dans la masse soit apparent.
- Si on provoque un refroidissement subit, ou la prise en masse immédiate de l’alliage fluide, en le coulant en petits lingots dans une lingotière en fer aussi épaisse que possible et froide, on obtient ainsi une combinaison homogène dont la cassure sous les plus plus forts grossissements ne présente aucune hétérogénéité. L’alliage reste donc homogène tel qu'il était à l’état fluide. Si le lingot est chauffé à une chaleur rouge intense et soutenue, et qu'à cet état de chaleur rouge on le plonge dans l’eau, il conserve sa qualité d’être homogène, tandis que si on le laisse refroidir à l’air avec une très-grande lenteur, il acquiert la propriété de l'alliage liquide solidifié lentement à l’air, c’est-à-dire qu’il se forme un composé blanc, grenu, qui se dépose au milieu de la masse dominante d'un alliage réticulé jaune rougeâtre. Ce mélange refroidi avec lenteur se comporte de la même manière par une chaleur rouge soutenue. Si on le plonge à l'état rouge dans l’eau, il est homogène ; s’il se solidifie avec lenteur, il conserve son hétérogénéité.
- Un alliage composé de 100 parties d’étain et MOU parties de cuivre ne peut donc être homogène qu’à une température élevée, c’est-à-dire à la chaleur de la fusion ou à une chaleur rouge intense. Si la température s’abaisse, il se forme au moins deux combinaisons, le composé qui se prend ainsi en masse est un mélange de deux composés au moins, en proportions chimiques déGuies, dont ou peut empêcher la formation par un refroidissement subit. Ce mélange métallique se comporte quand ou le chauffe tout autrement que l’alliage de d’Arcet, et cette différence est une conséquence du changement dans la proportion de Pétain au cuivre, proportion qui, dans la composition ded’Arcet est assez considérable pour que ce premier métal reste à toutes les températures uni au cuivre, mais donne lieu à la chaleur rouge à deux combinaisons, qui se déliuisent, tant à la chaleur de la fusion rço’à la température ordinaire. L’alliage
- ![ui constitue le bronze à canons ren-crme si peu d’étain, que les deux métaux ont besoin de la chaleur de fusion une température très-élevée pour
- rester combinés l’un à l’autre, et que par un abaissement de température il y a une désunion à laquelle on ne peut s’opposer plus ou moins complètement que par un refroidissement subit.
- Nos bouches à feu en alliage, de même que la fonte de fer moulée ne consistent donc point en une combinaison chimique entre deux métaux, mais en un mélange de deux composés au moins de cuivre et d’étain, pour ainsi dire enchâssés mécaniquement l’un dans l’autre.Un alliage consistant en 100 parties d’étain et 1100 parties de cuivre ne pourrait donc être un composé homogène , que s’il était possible de refroidir et solidifier tout à coup le mélange fluide, ou d’exposer les pièces refroidies avec lenteur à une chaleur rouge, et de les refroidir subitement dans l’eau. Mais ces deux moyens sont impralicables à cause de la masse considérable des pièces de canon. En laissant , puisqu'il ne saurait en être autrement, l'alliage liquide refroidiravec lenteur dans le moule, les conséquences de laconsolidalioneldurefroidissemenlde-vraient être d’autant plus favorables à la qualité des pièces,c’est-à-dire devraient être que tecomposé des deux métaux est d’autant plus homogène, qu’on aurait accéléré» davantage le refroidissement. L’expérience, cependant démontre le contraire. Mais cette contradiction présentée par l’expérience n’est néanmoins qu'apparente, car puisqu’on parvient à obtenir une qualité homogène dans l’alliage par un refroidissementsubit, qu’on ne saurait provoquer sans danger dans une masseaussiconsidérabIc,on peutdu nions par un refroidissement lent produire un dépôt l’un sur l’autre et réparti aussi régulièrement et également que possible des composés qui se forment. Si la matière dont le moule se compose est un excellent conducteur de chaleur, alors le composé peu fluide est amené promptement à l’état solide, et on voit apparaître un phénomène instructif qui jette beaucoup de lumière sur le succès de la solidification, savoir qu’âpres que lemétal est déjà figé dans le moule, le composé le plus tluide qui s’est formé monte, s’élève et vient bouillonner dans ce qu’on appelle la masselotte de la pièce. Au lieu de s'affaisser ou de se contracter par la solidification ce composé, paraît plutôt se dilater puisqu’on le voit remonter dans le moule.
- Si on examine l’état d’une pièce de canon, ainsi refroidie on trouve que la surface des cassures est remplie de bulles et de cavités, et que la pièce est hors d u-
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- sage. J’ai trouvé un alliage dilaté de cette espèce, qui possédait une copieur blanche et était très-cassant, composé de 21 parties d’étain et de 79 de cuivre-
- Le sable de moulage est-il entouré, ainsi qu’on le fait aujourd’hui dans les nouveaux procédés de fonderie de châssis en fonte de fer, ceux-pi prennent chaque fois une température très-élevée après le coulage, dès que surgissent lesphénomènes qui viennentdetre signalés de l’ascension ou montée (Je l’alliage le plus fluide. Mais si oq jajt choix de l’ancien mode de fn,oulage ep terre grasse, ou bien si l’on se s.ertd^ns le moulage en châssis d’une massp pp matière, aussi peu conductrice et dense que possible et présentant peu de porosité, les châssis en fer ne s’échauffent plus et le métal prend du retrait, se tige sans qu’il y ait remontage de ja portion la plus fluide de l’alliage. Cet pl-liage reste fluide pendant plus de terpps au poi.it qu’il faut un intervalle de temps trois à quatre fois plus considérable pour qu’il se fige, de manière que le mélange le moins fusible ne se fige pas aussi promptement au moment du moulage, mais retient la portion plus fluide et encore chaude, d’où résulte un dépôt plus régulier l’un sur l’autre des deux alliages.
- Ces deux alliages se présentent d’pne manière très-distincte même à l’oejij non armé dans les cassures opérées récemment.
- La composition chimique de la combinaison la moins fluide n*êst pas facile à déterminer parce qu’il n’est pas possible de séparer le composé rouge et tenace de celui blanc et cassant qui s’y trouve enchatonnè. On parvient toute-fois à obtenir ce dernier à l'étàt de pureté parce qu’à cause de sa plus grande fluidité il se sépare dans le mouf£ lorsque celui moins fluide est déjà figé, et de manière à rester libre de tout mélange mécanique. Cet alliage blanc, cassant et dur? auquel les fondeurs allemands donnent le nom de krâiz métal (métal de déchet), je l’ai trouvé composé de 17,7 parties d’étain et 82,3 parties de cuivre.
- Il se forme donc des composés aisément fusibles d’étain et de cuivre dans des proportions, il est vrai, définies, mais très-variables, où la quantité de cuivre augmente proportionnellement au degré suivant lequel on a favorisé ou hâté le refroidissement. Dans une semblable circonstance, il conviendrait de rechercher pourquoi, d’après les expériences des officiers d’artillerie, lès pièces de fort calibre ne présentent pas
- aptanf dp djjpée que celles dpcaljbre plus faible, lorsque les premières sont formées pon-seulement d’un alliage composé de la même nanière, mais de plus lorsqu’elles ont été coulées simultanément dans une mèpie opération-L’âme des pièces de gros calibre est ey rpéta) plus mou , et par conséquent augmente plus promptement (le diamètre par l’usage que celle des petit? calibres, parce que les grosses pièces présentent à la fonte une masse bien plu? forte et se refroidissent beaypoyp p|ps lenterpçnt; mas?e dans laquelle l'alliage plus fJmde qui se forme par pe refroidissement lent renferme moins d’étajn , et est per conséquent pjys mpy
- que l’alliage aussi fluide qui se constitue par un refroidissement plus rapide.
- Ces phénomènes conduisent encore à ce résultat, savoir que non seuleyifiyt les rapports de combinaison daps ljçs alliages qu’on forme sont détermine? dans beaucoup de circonstances par de? différences de température, mai? ençoré que les composés qui opt déjà pris naissance peuvent éprouver paf une simple élévation de la température un changement dans les rapports? sans qu’jj soit nécessaire d’amener les cpipr posés à l’ét?); fluide? ou sans qu’il y ait dégagement d’une matière galeuse.
- Sur la transformation du salpêtre dit du Chili ou nitrate naturel de soude en salpêtre de potasse.
- Par M. Land^ann.
- C’est jEtye,c le sel qu’on extrait tfe? gi' sements puissay|s dp nitrate de SQudP que la pâture â formés sur unç large échelle dans le district d’Atapajna. 4 peu de distance du pont de Yq,pique ap Pérou, qu’on prépare, depuis quinze années, en Angleterre, en Allemagne et en France , rapide azotiq’qe, ?U moyen de l’acide sqljurique, pt c.eja avec un produit en acide plu? considérable qu’avec le salpêtre de po,tasse * parce que la proportion d’acide azotique dans le nitrate de soude est â cpjlé dans le nitrate de potasse dans le rapport de 63 à 53, et enfin parce que Ie salpêtre de soude, depuis son introduction en Europe en 1838 et 1839, a eu, par rapport à celui dç potasse , un prix dans le rapport de 3 à 4. Néanmoins'il y a eu d’importantes variations depuis quelques années dans te chiffre des prix du commerce entre ces
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- deux salpêtres, et aujourd’hui le prix de celui de soude est au prix de celui de potasse comme i est à 3.
- Les causes de ces différences dans la valeur commerciale entre deux composés analogues reposé en partie sur les propriétés hygroscopiques du nitrate de soude, qui font qu’on ne peut s’ep sèVvif dans la fabrication de la PQtifJre, et jep outre sur ce que l’in-flanuwftioq avec une P.QWdre fabriquée af.çp cç pitrate se propage avec tant de lépieur qpe ce sel est impropre à ce genre de fabrication.
- Le nitrate de soude ne peut pas da-vaptagé remplacer celui de potasse dans |a fabrication du verre, pgxce que, compaé ÇU sait, les silicates de soudé Paraissent tous plus ou moins colorés.
- Dans les autres industries où l’on fait usage du nitrate de potasse, c’est en partie par des motifs semblables çf en partie par les préjugés où l’ignorance des fabricants qu’on n’y a poipt substitué le nitrate de soude. Quant aûjt causes des différences signalées ci-dessus, on peut les chercher principalement dans la faible augmentation dp nombre des établissements où l’on fabrique le nitrate de potasse dont leç produits ne se trouvent plus en rapport 'avec les applications toujours croissantes de l’acide sulfurique et de l’acide azotique , ce qui a dû nécessairement élever le prix de ce dernier nitrate. " '
- Quelque considérable qu’ait été l’importation du nitrate de soude, le prix du nitrate de potasse n’ayant baissé que dans une très-faible proportion, il en résulte que la transformation du premier dans le second doit constituer une opération avantageuse pour un fabricant et qu’il en sera encore longtemps ainsi, attendu que l’hydrate de soude (soude caustique) qu’on en fabrique est préférable par des raisons connues à la potasse caustique dans le blanchiment du coton et du lin ainsi que dans la fabrication du savon.
- En ce qui concerne la décomposition complète du nitrate de soude, on l'opère aisément au moyen de la potasse caustique, et quand on veut en faire One application pratique, on ajoute à une solution de 1 partie d.e potasse dans 10 parties d’eau, une 1/2 partie en poids de chaux caustique (ou la quantité nécessaire pour s’emparer de l’acide carbonique de la potasse) et on fait chauffer le tout dans un vase profond en fer jusqu’à l’ébullition qu'on entretient pendant quelques minutes, lorsque la lessive est débarrassée de
- l’acide carbonique, on enlève le feu et on l’abandonne au repos pendant plusieurs jours pour l’éclaircir, ce qui a lieu quand on opère sur de grandes quantités avant qu’elle soit entièrement refroidie ; alors, au moyen d’un siphon en verre, muni d’une branche de succion très-allongée, on décante cette lessive caustique de potasse dans un vase plat en fer et on y ajoute pour l partie en poids de potasse employée, 1 partie également en poids de nitrate de soude. Qn porte le mélange à l’ébullition, en agitant vivement au commencement avec une rabie en fer pour favoriser la dissolution du nitrate de soude, puis on évapore la solution jusqu’à formation d’une pellicule saline et à l’aide d’une grue on verse le contenu de la bassine à évaporer dans un vase profond en fonte où la majeure partie du nitrate de potasse se sépare en petits cristaux. Par de nouvelles évaporations des eaux mères on obtient ensuite la totalité du nitrate de potasse.
- Quanta la lessive caustique de soude, telle qu’on l’obtient après la séparation des cristaux de salpêtre de potasse, on la décante, et pour s’en débarrasser entièrement on transporte ceux-ci dans un vase cylindrique en fer dont le fond et les parois sont percés de trous. Ce cylindre, pour les égouttages, repose sur des barres de fer posées sur un autre vase aussi en fer où se rassemble la lessive caustique de soude.
- Préparation du chlorate de potasse en grand.
- Par M. F.-C. Calvert, de Manchester.
- Mon attention ayant été appelée sur les chlorates, les fréquentes et utiles applications que l’on pourrait en faire, si leur prix élevé ne s’opposait à leur emploi commercial, j’ai cherché à découvrir un mode de préparation moins coûteux. J’ai, je pense, atteint ce but pour le chlorate de potasse.
- Les premiers chlorates que j'ai obtenus ont ét§ ceux de chaux et de baryte. Je les ai produits facilement en faisapt passer un courant de chlore dans des laits de chaux et de carbonate de baryte portés à ébullition , et non à la température naturelle ; car, dans ce cas, on n’obtient, comme il est bien connu, que des hypochlorites. La difficulté de séparer les chlorates de baryte 1 etde chaux des chlorures de ces métaux ;
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- m’a fait renoncer à leur préparation en grand.
- J’ai ensuite lâché de découvrir lin moyen plus simple de préparer le chlorate de potasse ; je suis ar.ivé à ce résultat par une action chimique toute nouvelle, c’est-à-dire rn faisant un mélange de 5 1/2 équivalents de chaux vive pourl équivalent de potasse caustique, et y faisant passer à chaud un courant de chlore. Dans cette circonstance, il se produit un chlorure de calcium et du chlorate de potasse qui, dans le procédé ordinaire, est transformé en chlorure, puisque, au lieu de produire 43 grains de chlorate de potasse sur ICO grains de potasse réelle, j'ai obtenu la proportion de 220 grains, trés-rapprochée du nombre théorique 260.
- Un fait qui démontre, d’une manière remarquable, combien l’affinité chimique du chlore pour l’oxygène est augmentée par la chaleur, c'est qu’on ne produit que des quantités minimes de chlorate quand on fait passer le chlore dans un mélange de chaux et de potasse caustique entretenu à la température ordinaire.
- Un autre point qui ressort de mes expériences, est l’influence du degré de concentration des liqueurs. Si, par exemple, on emploie une liqueur de potasse caustique marquant à 28 degrés , 1.040. et contenant 34 grains de potasse réelle dans 100 grains de liqueur que l’on mêle avec 431 grains de chaux ou 6 équivalents, on ne produit que 130 grains de chlorate.
- Un autre mélange, fait avec 100 grains de liquide contenant 58,75 de potasse réelle dans 1,000 grains de liqueur avec 6 équivalents de chaux , a donné 158 grains de chlorate.
- Enfin, en prenant une dissolution de potasse caustique indiquant 1,110 de densité et contenant 102,33 de potasse réelle par 1,000 grains de fluide et y ajoutant 6 équivalents de chaux vive et chauffant le tout gradutdlcment à 40 degrés, puis faisant passer un courant rapide de chlore (qui porte le tout par suite de l’action chimique à environ 90 degrés) jusqu’à saturation, filtrant, évaporant à sec, puis reprenant par l’eau bouillante et laissant le tout refroidir, j’ai obtenu ainsi 220 grains de chlorate de potasse pure, ce que je donne comme conclusion et pouvant s’appliquer à l’industrie, carce procédé est appliqué sur une grande échelle et réussit parfaitement.
- Étenderie à pont mouvant. Usine de
- MM. Mac Dougall et Segard, à
- Anzin, prés Valenciennes (Nord).
- Malgré les malheurs du temps, les progrès de l’industrie ne s’arrêtent pas. Chaque jour amène une nouvelle découverte, une amélioration dans les systèmes en usage, une transformation dans la pratique, une rapidité plus grande dans l’exécution. Malheur à ceux qui restent stationnaires un instant ; ils sont bientôt distancés et iis périssent pour n’élre plus à la hauteur de la production : la concurrence les abat. C’est ce qu’a parfaitement compris M. Segard, maître de verrerie à Anzin. Il vient d’inventer un nouveau système d’élenderie, ou platissage des verres à vitre, dit étenderie à pont mouvant, pour lequel il a obtenu un brevet d’invention de quinze ans, par arrêté de M. le ministre de l’agriculture et du commerce.
- Cette nouvelle découverte est trop intéressante pour l’industrie verrière de notre pays pour que nous ne nous empressions pas de reproduire les détails suivants, que nous extrayons de la description faite par l’inventeur :
- » Il existe aujourd’hui trois systèmes d’étendage : 1° l’étendage à pierres fixes; 2* l’étendage à pierres tournantes; 3° l’étendage à pierres roulantes. Ce dernier système est le plus généralement adopté.
- » L’étendage à pierres fixes, tout en accélérant le travail, a cet inconvénient que le verre en sort griffé et mal étendu.
- » L’étendage à pierres tournantes accélère aussi le travail; mais outre qu’il est susceptible de réparations fréquentes, il a l’inconvénient de rendre du verre piqué et il fait une consommation de combustible de 60 pour 100 en plus que par mon système à pont mouvant.
- » Le système à pierres roulantes, celui généralement adopté dans 1® Nord , rend du verre parfaitement étendu , mais ne donne pas la même célérité, et c’est sur celui-ci que je vais faire ressortir les avantages qui résultent de mon étenderie à pont mouvant.
- » Par le système à pierres roulantes, on étend par douze heures IfO canons* soit 300 pour vingt-quatre heures. Dn consume en moyenne dix hectolitres de charbon par vingt-quatre heures, ej pour faire fonctionuer ce système, > i faut l’emploi de deux étendeurs, deu
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- tireurs de chariots et deux femmes ou gamins.
- » Par mon système à pont mouvant, on élend 601) canons par vingt quatre heures, avec le même nombre de travailleurs et la même quantité de combustible. J’établis donc comme suit les
- avantages qu’il offre sur l’étenderie à pierres roulantes.
- » Deux étenderies à pierres roulantes peuvent étendre par mois, en moyenne, 18.000 canons, qui coûtent en main-d'œuvre et en combustible fr. 1490, soit 0,0828 par canon.
- Voici le détail des frais.
- fr. fr.
- Quatre étendeurs à 110 par mois 440
- Quatre tireurs de chariots 50 id 200
- Quatre femmes ou gamins 100
- Six cents hectolitres charbon. . . . 1 25 id 375
- Ensemble 1,490
- » Avec mon étenderie à pont mou- avec moitié moins de combustible et
- vant, j'étends la meme quantité de de main-d’œuvre, ainsi que j’en donne
- canons que deux étenderies à pierres ci-dessous le détail.
- roulantes, soit 18,000 canons par mois,
- Deux étendeurs à 110 par mois . 220
- Deux tireurs de chariots 50 id 100
- Deux femmes ou gamins 25 id. 50
- Trois cents hectolitres chai bon. . 1 25 id 375
- Ensemble..................... 745
- » J’ai donc, avec mon système, un bénéfice de 50 pour 100. J’obtiens des verres parfaitement étendus, et j’ai trouvé le moyen d’économiser le temps, chose inappréciable en matière de verreries, comme en toute industrie quelconque.
- » Segard.»
- Sur la dévitrification.
- Par M. D. E. Sputgerbbr.
- J’ai eu l’occasion de faire plusieurs expériences et quelques essais sur ce sujet qui semblent confirmer une opinion de M. Fournet, qui a distingué Une dèvitrification non cristalline et Une autre cristalline, qui toutes deux sont le résultat de l’élimination de nouveaux composés différents dont la formation dépend du degré variable de la température et de sa durée.
- Le verre qui renferme beaucoup d'alumine et de chaux, tel par exemple ue le verre vert ordinaire est le plus isposé à la dèvitrification et à prendre
- facilement une structure cristalline ou rayonnée. Je me suis toutefois servi ordinairement de verre plus pur, que j’ai introduit dans du sable dans un creuset et soumis à un feu soutenu. Néanmoins je n’ai pas pu obtenir ainsi de résultats bien nets, et j’ai remarqué seulement qu'aulour du verre de soude adhérait une croule de sable bien plus épaisse que sur le verre de potasse qu’on traitait avec lui, à cause de la plus grande fluidité du premier au même degré de température. J’ai mieux réussi eu exposant un morceau de verçedans un vase en terre, souvent plusieurs fois de suite, pendant huit heures consécutives à une température qui s'élevait à peine au rouge blanc, et en le laissant chaque fois refroidir dans le four. Le verre dont je me suis servi était du verre à miroir, dont la composition, d’après l’analyse, était :
- 61.30 silice.
- 24.52 potasse.
- 11.63 chaux.
- 1.20 oxide de plomb.
- 1.35 alumine.
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- Lors du premier feu, on ne remarqua aucun changement, le verre prit seulement la forme du vase qui le contenait et qu’on avait frotté de craie, laquelle, en dégageant son acide carbonique, y avait produit quelques bulles, ce qui démontre que celles-ci ne sont chassées que lorsque le verre est déjà dans un grand état de fluidité. Au second feu, on remarqua déjà une légère dévitrificalion sur tout le pourtour du morceau de verre, dévitrification qui a augmentée à chaque renouvellement de l’application de la chaleur, et a donné enfin une masse complètement opaque. Toutefois pu n’y remarque pas encore de structure cristalline (l’apparefl même de polarisation n’en présente pas d’indice), mais une opacité qui augmente de l’extérieur à l’intérieur, jusqu’à ce qu’enfîn le verre soit transformé en une masse semblable à de la porcelaine, dans laquelle on observe distinctement, à partir du dehors, un accroissement de dévitrilication par couches, qui va en diminuant quand on avance à l’intérieur, de même que la cassure upiç à la surface est finement esquilleuse à l’intérieur , c’est-à-dire que la cassure conchoïde du verre a disparu avec sa transparence, de même que son état vitreux s’est transformé en un éclat terne et semblable à celui de la cire.
- Daps ces exppriepcps, ainsi que dans foutes celles relatives à 14 dévitrifipa-tion, jl n’est guère possible d’éviter, quelque faible qu’il soitj. un changement dans la co/nposition chiinique dû à )a volatilisation <j*,un.e pet;té quantité (|e l’ajcali contépu dans le verre.
- C’est ainsi'qu’un morceau de verre déposé dans un creuset taré de platine du poids dç 1,236 grain., après trois feux à une forte chaleur rouge de huit heures chacune, a perdu 0er005, et par conséquent seulement 0,410î- pour 100 pour éprouver le changement indiqué ci-dessus. La croûte, dévitrifiée complètement, était mince, mais Ici masse était opaque dans toute son étendue et la cassure conchoïde avait disparu. Dans cette dévitrificalion non cristalline, il s'est trouvé que le poids spécifique dq verre de potasse translucide qui était 2,571, a diminué, et, d’après une moyenne de douze pesées, est descendu à 2,562. La transformation de la composition première du verre en une autre combinaison non translucide est, sans aucun doute , la cause de ce remarquable changement physique, et quoiqu’il soit possible que cette réduction soit accompagnée de la légère perte
- d’alcali, cj-dessus indiquée, puisqu’elle marche du dehors en dedans (i), la cause directe fie cette opacité ne réside certainement pas dans une trop faible proportion d’alcali, puisqu’on peut fabriquer du verre translucide renfermant pne quantité très-mipime d’alcali, et, en outre, que la masse dévitrifiée peut, sans nouvelle addition, être re-fqjKjpe popr faire de bon verre. Cette cause il faut la chercher bien plutôt, comme on l’a dit. dans la disposition des atomes à former, au sein de la masse ramollie, une autre combinaison non translucide, mais qui n’est pas toujours cristallisée parce que le prompt refroidissement du verre s’y oppose.
- D’un autre côté, on a obtenu un verre de soude dévitrifié d’une manière remarquable en mettant un mélange de
- |00 parties de siljee.
- 50 id. de soude ppre eflleurie.
- 25 t'4- de chaux broyée.
- dans un petit creuset dans un four de verre à vitres, mélange qui, après avoir été fondu en un verre de bonne qualité, a été mis, lorsque la période de la fusion éut été terminée, à refroidir très-lentement dans le four même, de façon que ce four ouvert après deux mois était encore assez chaud à l’intérieur pour ne pouvoir pas le toucher avec la main. Dans pe creuset dont le contenu, par l’inégal retrait de l’argile et dû Verre , s’était rompu en un grand nombre de morceaux, il s’etait formé sur le bon verre une cVoûté opaque inégale épaisse de 6 à 7 millimètres qui présentait une cassure en partie unie, en partie esquilleuse, ayant l’éclat terne de la cire, qui, au premier aspect, n’offrait aucune cristallisation , non translucide , et à partir de la face supé" rieure jusqu’à la moitiéde son épaisseur entièrement porcelainée : un peu plus translucide en dessous, blanche, et où il était difficile d’établir la limite entre les deux couches qui se pénétraient réciproquement cpmmg des nuages, et oijf la couche inférieure, qui avait la foroff? d'un rognon, se trouvait suspendue a l’intérieur du verre parfaitement translucide , mais s’çn distinguant nettement
- (i) La même chose arrive promptement avg, le sucre fondu, et très-lentement a«ec l'arse’’,j[ blanc nitreux à la même température sans <T . y ait de changement chimique, mais seule»1 . un changement dans l’état d’agrégation »}“ , ciliaire, ou, comme le prétend M. Gram1» par une perte dé ta chaleur combinée chim quement.
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- et ponyant £n èjtjre aisépaent séparé mécaniquement. La (jifjfér.ence entre ces deux couches saps transparence ne consistait qu'en ce que dans la première °n y remarquait à la loupe, mais avec difficulté, un amas de très-petitscristaux, qui disparaissaient presque complètement dans la masse faiblement translucide. Il y a donc ici en même temps une déyitrifkatkm non cristalline et une autre qui est cristalline, et dans lesquelles les petits cristaux n’ont dû se former que plus tard dans la masse non transparente pour ne la remplir qu’en partie. Le poids spécifique du verre a été trouvé à 13° R de 2,485, et celui de la croûte 2 503, c’est-à-dire que cette dernière est un peu plus pesante, fait qui s’est montré parfaitement constant dans toutes les pesées et semble indiquer la cristallisation qui a eu lieu à l’intérieur, puisque l’expérience fait voir que la même masse à l’état amorphe est pjus légère qu’à Lé-fat cristallisé. quoique cette cristallisation ne se soit pas ici développée complètement, tandis, d’un autre côté, qu’on a remarqué.ci-dessus que le verre de potasse dévitrifié et ne présentant encore aucune trace de cristallisation était devenu spécifiquement un peu Plus léger.
- Malgré la différence physique remarquable de ce verre et de la croûte qui le recouvrait sous le rapport de la translucidité, d.e la couleur et de la cassure, les analyses répétées à plusieurs reprises qui en ont été faites ne présentent point entre elles de différences bien Sensibles , et celles d’une seule et même masse présentent souvent d’aussi grandes divergences. La seule différence chimique qu’on puisse saisir ne réside souvent que dans la proportion de la soude, du moins à la surface où uue plus grande quantité paraît s être volatiséc. Ce verre qui, d’après la composition donnée ci-dessus, aurait dû contenir
- 100.CO silice.
- 20.29 soude.
- 14.07 chaux.
- * donné par l’analyse de la portion translucide
- 100.00 silice.
- 17.40 soude.
- 12.05 chaux.
- 1.99 alumine.
- cest-à-dire que sur 100 parties de foode employée, 40 parties se sont vo-latilisées. Il en a été de même avec la
- croûte dévitrifiée qui a donné à l’analyse
- 100.00 silice.
- 17.12 soude.
- 12.21 chaux.
- 1.77 alumine.
- oq sur 100 de silice, 0,28 de soude en moins que celle qui se trouvait dans le verye.
- Pour établir cette comparaison, j’avais en même temps, et à côté de ce jereuset dp verre de soude, placé un autre creuset de verre qe potasse composé avec
- 10,0 parti,es de silice.
- 60 id. de potasse.
- 35 id. de chaux délitée.
- J’avajs soumis au même refroidissement lent, et cependant ce verre est resté parfaitement sain et translucide sans la moindre trace de dévitrification.
- Une autre fois un verre consistant en
- 100 de silice.
- 50 de soude pure effleurie.
- 12.5 de chaux délitée.
- a été fondu et refroidi dans un petit fonr. Ce refroidissement a été opéré au bout de dix jours, et on a trouvé sur le bon verre des granulations arrondies, opaques, blanches, apparaissant en partie à la surface comme des gouttelettes, en partie dans la masse du verre, quelques-unes en petit nombre se trouvant sur le fond du creuset, de manière qu’on peut supposer qu’elles se sont formées à la surface, puis qu’elles auront coulé à fond. La plupart de ces granulations, grosses d’environ 2 millimètres, s’étaient disposées d’une manière différente de celle de la masse vitreuse et rangées par une sorte de déplacement suivant un cercle,ou, quand la chose n’avait pas eu lieu, elles présentaient dans l’appareil et dans le voisinage de ces corps opaques les phénomènes d’une polarisation régulière , consistant en une croix noire ou un anneau blanc et noir indiquant une tension dans le verre. Néanmoins on ne remarquait aucune structure cristalline dans ces granulations, qui paraissaient porce-îainées à l’intérieur, et à peine apercevait-on à la surface de quelques-unes de ces gouttes une structure rayonnée. On peut supposer que la croûte décrite ci-dessus consistait en un amas considérable de ces granulations qui avaient eu le temps de se former par un refroi-
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- dissement lent aussi bien que les petits crisiaux qu’elles renfermaient.
- Pour obtenir une nouvelle dévilrifi* cation où l’on remarqua nettement une cristallisation , ou a commencé par faire fondre le verre, et lorsque la fusion a été complète, on a cessé pendant cinq à six heures d’attiser le feu . ce qui a lait descendre sensiblement la température du four et déterminé dans plusieurs compositions de verre la formation de beaux cristaux en aiguilles
- qui ressemblaient à des flocons de neige, et disparaissaient et se dissolvaient aussitôt qu’on rétablissait le feu. Parfois la masse entière est devenue blanche , opaque et pâteuse , et a repris, par une élévation de température, sa transparence et sa fluidité.
- Je n’ai obtenu ces phénomènes qu’avec des verres renfermant de la chaux, comme , par exemple, avec les compositions suivantes :
- tOO parties de silice, 4o de soude et 10 de carbonate de chaux, 100 id. 45 id. 15 id.
- tandis qu’un verre composé avec 100 de silice, 45 de soude et 10 de chaux ne s'est pas tiouhlé par un abaissement de la température.
- Le verre fabriqué avec la potasse supporte sous ce rapport une bien plus grande proportion de chaux, car du verre composé avec 100 parties de silice , 50 de potasse et 50 de carbonate de chaux ne se trouble pas, il faut pour cela 60 parties de chaux ; de même un verre avec 100 parties de silice, 60 de potasse et 50 de chaux s’est troublé par le refroidissement, mais non pas une composition de 100 parties de silice, 60 de potasse et 40 de carbonate calcaire. Dans toutes ces expériences, on conçoit que tout dépend du degré auquel on a poussé le refroidissement, et qu’il serait utile de donner suite à ces essais.
- C’est ici le lieu de faire connaître encore quelques observations faites sur la fusion , afin de montrer que la perte en alcali par vaporisation dépend de plusieurs circonstances concomittantes, savoir la composition de la masse, le degré de chaleur et la durée de l'ap-PÜ cation de celle-ci.
- Une fonte de 100 parties de silice et 50 de soude pure effleurie (29.29 soude) a donné un verre assez translucide, mais qui à l’air s’est légèrement terni, et dont le poids spécifique a été à 14° R. de 2 386. L’analyse a indiqué sur 100 parties de silice 25.5 de soude, et par conséquent il s’était vaporisé environ 13 pour 100 de soude.
- Comme objet de comparaison, j’ai examiné un verre composé avec 100 de silice et 50 de potasse pure (34,04 potasse), mais qui s’est trouvé infiniment plus mauvais que le verre de soude précédent, qui attirait fortement l’humidité de l’air, est devenu avec le temps complètement privé de transparence et s’est eflleuri ; il avait un poids spécifique de
- 2,372, se dissolvait aisément dans l’acide lluorique étendu, et consistait en 100 silice et 30,22 potasse, et par conséquent avait perdu 11.2 pour 100 de potasse par volatilisation.
- Le degré de chaleur dans ces deux fontes ayant été le même, on voit que la soude est plus volatile que la potasse.
- Un verre de 100 parties de silice, 45,5 de soude effleurie (26,6 de soude) et 12,72 de carbonate de chaux délite (7,06 chaux), après avoir été fondu, a donné à l’analyse.
- 100 silice.
- 20.2 soude.
- 6.6 chaux.
- c’est-à-dire qu’il y a eu 24 pour 100 de soude volatilisée, perle évidemment occasionnée par l’addition de la chaux qui, à cause de sa plus grande fixité au feu , a déplacé l’alcali.
- Les analyses précédentes du verre peuvent être rapprochées de celles des verres dévitrifiés à la surface par un refroidissement lent et par une chaleur soutenue , verres où il entrait le double de chaux et où la perte de soude 3 clé au deià de 40 pour 100.
- Ces expériences permettent de tirer quelques conséquences utiles sous »? rapport technique sur la marche a suivre dans la fusion du verre et mon* trenl comment on peut établir des rap* ports variables dans la composition des fontes.
- Quelques perfectionnements dans fabrication du sucre de betteraves>
- Par M. F. Michaelis, de Magdebourg*
- J’ai, pendant l’année 1838, érig®» avec MM. Baumann et F. Maq®et*
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- Bakau près Magdebourg, one fabrique de sucre de betteraves. Depuis plusieurs années, j’ai fait des expériences en petit sur l’extraction de la portion Sucrée de cette racine , et j’ai pu me convaincre qu’il était possible d’amener celte industrie à descondilions plus favorables de fabrication.
- Toutefois, avant de chercher des perfectionnements dans le mode de fabrication actuel .j’avais pensé qu’il convenait d’abord de mettre la fabrique de Bakau eri état de livrer des produits | aussi beaux que ceux qu’on obtenait à cette époque dans tout autre établissement quelconque. C’est, en effet, ce à quoi on est parvenu dès la seconde année. C’est alors que je me suis déterminé, avec mes deux associés, à apporter des améliorations aux procédés actuels de fabrication. Cette détermination, dans laquelle j’avais sous les yeux tes résultats des procédés ordinaires dans toute leur perfection, m’a permis, toutes lesfoisqu’il s’estagi d’un nouveau procédé, d’en comparer aveeexaelitude tesconséquencesavec celles desanciens, et, par conséquent, de m’assurer si le résultat était réellement avantageux, ou bien, ce qui est le plus généralement le cas en fait d’inventions nouvelles, si ce n’était qu'une illusion.
- Le premier perfectionnement de quelque importance a été introduit par moi dans la fabrique pendant la campagne de 1841 à 1842.
- l>ès l’année 1841, les fabricants de sucre de nos pays avaient adopté un Procédé différent de celui qu’on suivait alors dans les fabriques françaises, Celles-ci n'ayant d’autre but que dé produire des sucres bruts, tandis que chez nous on avait cherché à obtenir directement du jus de la betterave et de premier jet un produit marchand, bien exempt de goût de terroir et qu’on connaît sous le nom de saflmelis.
- Le moyen , pour atteindre ce but, consistait, lors de la campagne de 1841 *.1842, dans l’emploi de l’acide sulfurique. En se servant de cet acide, un fabricant qui s'applique à son travail Peut déjà , en n’employant que 4 pour 100 de charbon d’os, livrer au com teerce des saflmelis marchands et de •tonne qualité.
- ., En France , les fabricants redoutent •emploi de l’acide sulfurique , parce qu’ils pensent que son application al-tere la propriété de cristallisation du sucre. Mais ces fabricants sont dans •erreur, et ce qui le démontre, c’est ‘expérience d'un fabricant de candi de boire pays, qui m’a affirmé, à plusieurs
- reprises, qu’avec des sucres de betterave préparés avec emploi de l’acide sulfurique, il n’avait jamais pu obtenir des candis bien purs, tandis qu’avec les mêmes sucres, mais fabriqués sans emploi de cet acide, il produisait des candis d’une grande pureté comparables à ceux de l’Inde.
- Quandon veut, sans acide sulfurique, préparer un sucre d’un goût bien franc, il faut employer plus de 10 pour 100 de noir d’os (substance d’un prix très-élevé), au moins c’est ce qu’ont démontré clairement les expériences entreprises dans notre fabrique, et, par conséquent, les efforts des fabricants ont dû s’appliquer à chercher un moyen plus économique que l’emploi du noir animal.
- Le but de l’addition de l’acide sulfurique est de neutraliser la chaux , et, par conséquent, de l’éliminer, but toutefois qui n’est pas complètement atteint puisqu’il reste toujours une partie de celle chaux dans la solution sucrée sous forme de gypse ou sulfate de chaux. Que celte élimination de la chaux s'obtienne bien plus parfaitement par l’acide carbonique que par l’acide sulfurique, c’est un fait connu de tous les chimistes, mais que par l’emploi de l’acide carbonique on puisse alleindre ce but sans détériorer particulièrement la qualitédu sucre, c'estun fait dont j’avais pu me con aincre depuis longtemps par mes expériences en petit. J’avais remarqué aussi qu’il était plus avantageux de ne pas entreprendre cette opération immédiatement après la dèfè * cation du jus de betteraves, mais qu’elle devait suivre aussitôt après l’évaporation du jus. J’ai manqué, à cette époque, des moyens nécessaires et de l’occasion pour appliquer ce résultat en grand et dans les conditions exigées pour une fabrication, c’est-à-dire avec la moindre dépense possible de temps et d'argent.
- Dans la campagne de 1841 à 1842, les fabricants du pays ont été informés qu’un chimiste de Halberstadt, M. Schalte. avait trouvé un moyen nouveau pour éliminer la chaux du jus déféqué des betteraves, et que le sucre brut qu’on avait préparé dans la fabrique de M. Wrede, à Halberstadt, par l’emploi de ce procédé, se distinguait par sa belle qualité.
- Plusieurs fabricants du pays prièrent donc M. Schatte de leur communiquer ce procédé, lequel n’a pas répondu à leur attente, mais qui dès lors s’est trouvé connu, et consistait à faire passer à l’aide de pompes à travers le jus
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- déféqué de l’air qui avait traversé des charbons incandescents ; c’est-à-dire que dans ce procédé on faisait agir l’acide carbonique sur le jus de betteraves de la même manière que dans une dissolution plombiquë, dans un procédé connu pour la fabrication de la céruse. Ces moyens imparfaits dans mon opinion ne me paraissent pas, dans la fabrication du sucre de betteraves pouvoir donner de bons résultats.
- t>éjà en 1833, M. le professeur Kuhl-mann avait proposé l’emploi de l’acide carbonique pour diminuer la consommation du poir animal, et disait à cette époque: «Je suis Convaincu que des expériences en grand, d'après cette méthode fourniraient des résultats avantageux. On peut mettre l’acide carbonique en contact avec le jus de différentes manières. Dans le cas où on préparerait l’acide carbonique par la décomposition de la craie, voici comment on procéderait :
- « On ferait arriver le gaz après l’avoit purifié de tout autre acide qu’il aurait entraîné, en le faisant passer à travers un carbonate alcalin dans un gazomètre de même forme que celui dont on fait usage dans l’éclairage au gaz. De là on l’amènerait, par un robinet et un tube percé de trous à l’extrémité, dans la liqueur. De cette manière le gaz ne montrait dans le jus encore chaud que par la pression du gazomètre. On pourrait aussi pour diviser davantage le gaz, donner à l’extrémité du tube la forme des tubes perforés de la grille de Taylor.
- » Si on voulait préparer le gaz par la combustion du charbon de bois, il me semble qu'il y aurait économie à le faire absorber par un courant de liquide tombant sous forme de pluie. Si la localité ne se prêtait pas à cette disposition, ou s’il se présentait sous ce rapport des difficultés , on pourrait faire usage de l’appareil dont on se sert dans quelques fabriques pour insuffler de i’âir dans le sirop de sucre. Le gaz préparé avec le charbon de bois serait en sortant du fourneau amené dans un réservoir, puis chassé de là dans la chaudière au moyen d’un soufflet, en le faisant passer à travers un tissu serré en laine, de manière qu’il ne soitplussouillé par des cendres ou autres corps étrangers. Non-seulement par ce moyen on parviendrait à opérer l’élimination de la chaux, mais en outre l’évaporation marcherait plus promptement, surtout quand avant de faire arriver le jus dans la chaudière, on le ferait passer à travers des tuyaux chauffés et en ayant
- soin dé conduire tout le procédé d’insufflation, Comble le décrit un mémoire de Pcuvion, dfe l’année 1832.
- » Ce mode de procéder ne me paraît présenter autüne difficulté, mais je n’ai pas eiicore pu en faire l’expérience en grand ni étudier la forme précise qu’il conviendrait de donner à l’ap" pareil.»
- Pelletan é’est prononcé sur ce sujet en 1835 dans un mémoire sur la défécation du jus de betteraves, et sur urt procédé d’après lèquel on pourrait toujours amener celui-ci à l’état le plu$ avantageux à l’évaporation en s'exprimant ainsi :
- « Un chimiste habile à proposé dans un mémoire présenté à l’Académie de Lille, de précipiter l’excès de chau* par l’acide Carbonique, et n’a point été arrêté par les difficultés que semble offrir ce procédé trës-rationel dans son exécution. J’avais songé moi-même aussi à l’emploi de ce moyen, et ajoute à mes appareils de cuisson dans le vide les dispositions nécessaires, mais paf un examen plus attentif, j’ai trouve cette méthode non-seulement incom* mode, mais aussi sans utilité. J’ai observé que le sucre de betteraves, pour cuire convenablement et ne pas se colorer doit renfermer un excès d’alcali» que quand cet excès n’est pas suffisant le sucre rougit, et que lorsque les alcalis sont en trop grand excès, les sirops cuisent gras et donnent un sucre jaune à petits grains. Les résultats ont été confirmés par plusieurs expériences et un phénomène , étranger du reste * mes expériences ést venu encore leur prêter un àppüi.
- » L’appareil travaillant à l’air chaud de M- Brâme-Chevalier, produit par-fois accidentellement line saturation complète de l’àlcali eontenu dans le jus déféqué, parce que l’acide carbonique contenu dans la grande quantité d'air qui traverse le jus dans cet apparen suffit pour précipiter toute la cbauX* D’après ce motif, et ainsi que j’ai Pu m’en convaincre l’an dërnier, on obtient souvent avec cet appareil du sucre coloré et ayant une saveur de caramel* L’inconvénient ne consiste pas uniqne-ment en ce que les sucres de ce genre ont une valeur moindre, mais encore en ce que les sirops qui en résulten sont maigres et très-difficiles à traiter» de façon que le premier produit es abondant et à gros grains, maisquè Ie suivants sont très-mauvais. »
- En 1837, Pelletan déclarait en ou» * « que le seul moyen qui semblait pr ticable et approprié dans le traite*11
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- des sirops pour éliminer la chaux qu’on ajoute en excès au jus de betteraves pour le clarifier, était l’acide sulfurique. »
- Quoi qu’il en soit, des expériences en petit m’avaient, comme je l’ai déjà dit, conduit à la conviction qu’il était possible sans nuire à la qualité du sucre dé débarrasser lejhsde betterave de la chaux qu’on y avait ajouté, par lé tiioyen de l’acide carbonique, que cette opération ne devait s’exécuter qu’après l’évaporation du jus, qu’après que par une ébullition la chaux en excès erl avait éliminé une partie de la pectine contenue dans ce jus, et qu’on avait transformé en mètapectatede chaux.Du reste, considérant la proposition d’einployer l’acide carbonique due à M. Ruhlmann, l’idée mise en avant par ce professeur et appliquée par M. Schatte, d’obtenir cet acide par 13 voie de la cothbustion du charbon , et enfin tout le procédé recommandé par M. Kuhlmann comme trop dispendieux et exigeant trop de temps, j’avais été conduit à chercher Une autre méthode pour l’application de l’acide carbonique à la précipitation et à l’élimination de la chaux des jus de betteraves déféqués et à trouver un appareil propre à cette application.
- Mon procédé et mon appareil, qui a été représenté dans les fig. 1 et 2, pl. 131 consistent en ceci :
- l°Jemesers d'unechaudière ronde E en cuivre d’une capacité d’environ 950 litres. J’y introduis du jus de betteraves qui a été amené par évaporation à 15°, à 20° Baumé et filtré à travers une petite quantité de noir animal , par un tuyau F qui s’ouvre au milieu de son fond et qui provient d’un réservoir supérieur G. Je descends dans cette chaudière, comme une espèce de couvercle, une autre chaudière H, plus petite, renversée et écjui-ubrée par un contre-poids de manière Jpi’elle recouvre le jus et qu’elle n’en laisse exposée à l’air que la portion qui se trouve entre les parois des deux chaudières. Un robinet I piqué sur le *°nd de la chaudière renversée permet ? l’air atmosphérique de s’échapper Jusqu’il est déplacé par le jus qui af-du réservoir placé à un niveau *üPérieur.
- . 3° Sur le fond de la grande chaudière ** existe une crapaudine dans laquelle roule un volant à quatre ailes K, sou-**nU dans le haut par un arceau K' K.' ^ui sertà agiter le jus pendant l’opé-r®fion, à le maintenir dans l’état nécessaire de mouvement et à briser la *roûte de carbonate de chaux qui se
- forme a la surface. A cet effet, ce volant se tattache à un levier coudé L, L, fourchu par le bas M, M, et dans sa portion coudée , qui s’élève entre leé parois des deux chaudières et s’appuie sur le bord supérieur de la chaudière extérieure au moyen d’ün galet N. Ce levier, pendant qu’on opère, ést mis en circulation par un ouvrier, ce qui suffit pour amener la masse du jus, ati moyen des quatre ailes du volant, dans l’état convenable du mouvement.
- 3° Dès que la chaudière È a été suffisamment remplie de jus, on arrêté l’écoulement de celui-ci en fermant lé robinet O, puis en ouvrant un autre robinet P, on fait arriver le gaz acide carbonique pat le même tuyau gui avait servi à introduire le jus. L’acide carbonique ne pouvant se dégager, retenu qu’il est par la chaudière renversée et mis d’ailleurs en contact avec toutes les parties de ce jus par l’agitation, se combine avec la chaüx qui est renfermée dans le jus dont il opère ainsi la purification.
- 4° Quand l’opération est terminée, ce dont on peut se convaincre en versant une solution de carbonate de potasse dans un échantillon de jüs filtré, on évacue ce jus débarrassé de la chauk par le même tuyau par lequel il est arrivé à l’aide d’un troisième robinet Q, on le fait évaporer puis on le filtre sur le noir animal, pendant qu’on procède à une autre opération d’élimination de la chaux sur une nouvelle partie de jus.
- 5° L’acide carbôniqüe est produit en versant de l’acide sulfurique sur de la craie renfermée dans un tonneau; cet acide passe de là par un tube dans un second tonneau plus petit et fermé d’où il est conduit par un autre tube R dans l’appareil E.
- Un seul appareil de la grandeur indiquée suffit pour éliminer par jour la chaux du jus rapproché de 1000 quintaux métriques de betteraves, et il y a si peu d’acide carbonique perdu, qu’On n’emploie pas plus d’acide sulfurique pour son dégagement qu’on n’en userait pour saturer les propriétés alcalines de la chaux indépendamment du jus.
- Ce procédé a été, depuis la campagne de 1841 à 1842, continuellement en activité dans la fabrique deBukauj et a fourni de bons résultats. En effet ;
- 1° Le sucre obtenu par l’acide carbonique est aussi beau que celui qu’on recueille après la filtration à travers une grande quantité de noir animal et infiniment plus que celui qu'on ob-
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- tient par l’emploi de l’acide sulfurique, peut être parce qu’avec le sucre à l'acide carbonique on voit disparaître les inconvénients que les fabricants redoutent dans l’application de l’acide sulfurique.
- 2° La saveur du sucre à l’acide carbonique est tout à fait franche et pure. 11 est surtout complètement exempt de cette saveur de betterave que possèdent souvent les sucres fabriqués sans acide sulfurique et avec le noir animal seulement, et tout à fait libre de cet arrière-goût des sucres préparés à l’acide sulfurique, arrière-goût qui provient du sulfate de chaux qu’ils renferment toujours.
- J’ai introduit un second perfectionnement important dans les procédés de fabrication lors de la campagne suivante de 1812 à 1843.
- Sans aucun doute, la formalion des acides qui se développent dans le jus pendant les divers traitements qu’on lui fait subir pour le transformer en sucre de betteraves, est la cause principale qu’on ne recueille qu’un peu plus de la moitié du sucre contenu dans la racine; et même que jusqu'à présent on en a recueilli moins que la moitié. Déjà, dans mes recherches sur une petite échelle, j’avais pu me convaincre que le jus d’une betterave saine et mûre n’était pas acide, et M. le docteur Mit-scherlich m’avait communiqué le même fait comme un résultat de sa propre expérience. Or, si le jus n’est pas acide dans la betterave, l’acidité se développe donc pendant le râpage de la racine pour obtenir un jus propre à être déféqué dans le travail des presses sur la pulpe, et enfin dans la conservation de ce jus jusqu’à ce qu’on puisse en emplir la chaudière à évaporation.
- Il m’a semblé qu’il fallait faire précéder tout perfectionnement important dians la fabrication du sucre de betteraves par un moyen aussi efficace que possible pour écarter cet inconvénient.
- Jusqu’à présent on s’est contenté, pour atteindre ce but, de saupoudrer la pulpe acide des betteraves avec de la chaux en poudre pour saturer les ac ides et pour prévenir leur formalion ul térieure et leur influence nuisible su ir le sucre ; mais ce procédé n’a ja-m ais été appliqué dans nos pays. Néan-m oins je me suis déterminé à l’essayer, et à cet effet j’ai ajouté de la chaux dé-liti ?e à la pulpe de betterave, mais je n’ai pas tardé à remarquer que par ce tte addition on ne diminuait pas l’a-ci dite du jus et que ce moyen présenta it cet inconvénient que la pulpe ad-
- ditionnée de chaux ne pouvait plus être pressée convenablement.
- En cherchant donc à éclairci ries causes auxquelles il convenait d’attribuer cet insuccèsde l’expérience, j’ai été conduit aux considérations suivantes :
- 1. 11 est évident que la saturation des acides dans la pulpe des betteraves n’empèche pas qu’elle ne devienne ultérieurement acide.
- 2. Je crois pouvoir admettre qu’il en est de même dans la fermentation acide du jus des betteraves que dans celle alcoolique, c’est-à-dire que la fermentation est due à la formalion d’un ferment.
- Cette dernière conclusion m’a sug-géré l’idée que l’acidité du jus de betteraves pourrait bien êtreprévenue par des substances de nature à s’opposer à l’élimination du ferment, et qu’on y parviendrait par l’addition de substances alcalines, quoiqu’on ne réussit pas par celle de la chaux.
- Il me semblait surtout que le précipité que la chaux produit dans le jus pouvait bien plutôt favoriser la fermentation de ce jus que s’y opposer par les propriétés alcalines de cette terre.
- D’après celle considération, il s’agi®' sait de faire choix d’une substance alcaline propre à s’opposer à la décom* position acide des jus, non pas d’une terre alcaline, mais bien d’un alcali caustique.
- Dans mes expériences avec la chaut» que j’ai rapportées plus haut, j’avai* remarqué aussi que les pulpes se comportaient mal à la presse. Ce phénO' mène , je l’atiribuais à ce que U chaü* transformait en pectate la pectine contenue dans les cellules de la betterave» à cequ’il se formaitainsi une peclale de chaux qui, au moyen de ses propriété* visqueuses ou gélatineuses, rendait du' ficile le travail de la presse. J’ai dofl*j dû dans le choix d’un alcali avoir éga£J à ce phénomène et m’arrêter à la substance alcaline qui ne transformer?1 pas la pectine en pcctate , c’est-à'd,r d’après les propriétés de la pectiucj non pas un alcali fixe, mais l’amm0' niaque.
- Mais pour que l’ammoniaque Pu.‘ja exercer la propriété de s’opposer a. décomposition du sucre, il a beso d’être ajouté à la betterave au m<>mc où on la divise par la râpe, et par "n séquent il doit couler sur cet i ment et non pas être ajouté à la
- râpée. aae
- Enfin, il n’y avait pas à craindre q l’ammoniaque, par son empl°b ‘ijjs mental la quantité de selscontenus
- nsir«:
- pulpe
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- les sirops et ne dépréciât la valeur des pulpes pressées comme matière alimentaire pour le bétail.
- Ordinairement, dans nos fabriques, on déféqué 950 litres de jus du poids environ de 1,000 kilog. en une soûle opération. Dans la campagne de 1812 à 1843 on a, dans les diverses fabriques de JVJagdbourg. employé pour cette (juantité de jus 4,45 à 5kilog.de chaux à la défécation. La proportion de la chaux se règle naturellement sur la quantité des acides qui peuvent s’être formés dans le jus, et moins il y a d’acide dans le liquide et moins il faut employer de chaux.
- Dans la fabrique de Bukau, on déféquait en octobre 1842,950 litres de jus avec 3,85 à 4 kilog. de chaux ; preuve que les jus dans celle fabrique n'étaient pas plus acides au moment de la défécation que dans tout autre établissement.
- Au 9 octobre 1842, on a commencé à travailler les betteraves d’une grande sole de terrain. La défécation de 950 litres de jus provenant de ces betteraves fut opérée avec 4 kilog. de chaux.Le jus ainsi déféqué, après avoir été filtré, pour le soumettre à des expériences à l’aide de la lumière polarisée, sur 10 p. 100 de noir animal, avait, à 14° R., un poids spécifique de 1,045.
- Dans un appareil ordinaire vertical de polarisation dont un prisme achromatique double de spath formait 1 appareil oculaire (je ne possédais pas à celle époque de prisme de Nicol), une colonne de jus de 10 pouces de longueur a monté jusqu’au rouge en tournant à droite de 18° 1/2.
- De plus tous les produits de ce jus, tels que:
- a Le jus évaporé,
- b Le jus débarrassé de la chaux par l’acide carbonique, évaporé de nouveau et filtré sur du charbon,
- c La masse sucrée cuite dans le vide, ont élèsoumis à l’action de la lumière polarisée au moyen de dissolutions filtrées sur du charbon et ramenées à la ttiême densité et à la même hauteur de colonne. 11 en est résulté que :
- a La dissolution du jus évaporé a tourné à droite le plan de polarisation de 17»;
- à Celle traitée par l’acide carbonique, ttne seconde évaporation et une filtration, à droite de 16°;
- c Celle de la cuite à droite de 16°.
- Le Technologiste. T. XI. — Août 1850.
- Pour pouvoir tirer des conséquences de ces observations, on a soumis à l’action de la lumière polarisée une dissolution de sucre raffiné de la même densité et de la même épaisseur. Celle dissolution a polarisé à droite de 16°.
- Or si, d’après Niemann, une solution de sucre raffiné du poids spécifique de 1,045 renferme à 14° R. 11,77 pour 100 de sucre, il en résulte qu’il y avait:
- p. 100 de sucre.
- a. Dans le jus déféqué............8.35
- b. Dans la dissolution de jus éva-
- porée........................7.69
- c. Dans celle neutralisée et filtrée
- sur le charbon.............7.-21
- d. Dans la solution de la masse
- sucrée.......................7.24
- Le 10 octobre, j’ai résolu d’essayer mon nouveau procédé avec des betteraves de la même sole. Dans ce but j’ai fait d’abord couler de l’ammoniaque liquide étendu de quatre parties d’eau en abondance sur la râpe. Le résultat a été merveilleux. La défécation de 950 litres de jus obtenu de cette maniéré s’est opérée avec un demi-kilo-gramme en moins de chaux que le jour précédent. J'ai diminué alors la quantité d’ammoniaque, et j’ai remarqué que lorsque la proportion ne s’élevait pour 950 litres de jus qu’à 250 grammes, la défécation pouvait encore s’opérer avec la quantité restreinte de chaux, mais que lorsque l’ammoniaque n’était plus donné qu’à raison de 125 grammes à 190 grammes, il fallait augmenter la quantité de chaux nécessaire pour la défécation.
- En conséquence j’ai fait couler l’ammoniaque liquide étendu d’eau sur la râpe dans une proportion telle qu’il y eût dans chaque chaudière à défécation 250 grammes d’ammoniaque liquide, et j’ai suivi ce procédé pendant trois jours avec le même succès ; de façon que les défécations ont pu être constamment opérées dans les trois journées avec 3,50 et 3,75 kilog. de chaux.
- Après avoir fixé la proportion de l’ammoniaque à 250 grammes pour chaque chaudière à défécation d’une capacité de 250 litres, j’ai soumis les produits du 10 octobre aux mêmes épreuves que ceux du jour précédent, et le jus marquant à 14° R. le même poids spécifique que la veille, j’ai employé de même des dissolutions du poids de 1,045 et des colonnes de 10 pouces et obtenu le résultat qui suit :
- 3T
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- degrés à droite
- a. Le jus déféqué et filtré sur 10 pour 100 de charbon a dévié le plan
- de polarisation de................................................. 20
- b. La solution du jus évaporé............................................. 18
- c. Celle traitée par l’acide carbonique, évaporée une seconde fois et
- filtrée............................................................. 17 1/2
- d. Celle de la cuite................................................... 17 1/2
- Ces résultats, comparés avec ceux | raffiné, prouvent que les dissolutions donnés par une dissolution de sucre l renfermaient en sucre :
- pour 100.
- a. Le jus déféqué.................................................. 9.05
- b. La solution du jus évaporée..................................... 8.15
- c. Celle traitée par l’acide carbonique, évaporée et filtrée sur le
- charbon...................................................... 7.91
- d. Celle de la cuite................................................ 7.91
- On voit donc que le rapport dans la richesse en sucre pour le jus déféqué et ses produits, sans employer l’ammoniaque, est à celle du même jus déféqué et ses produits, en se servant d’ammoniaque, comme 100:108.
- Pour apprendre à connaître l’influence de l’ammoniaque, on a répété plusieurs fois l’expérience indiquée, dans le but d’établir par la lumière polarisée une comparaison entre les deux modes de défécation sur des jus provenant de betteraves venues dans un même champ. Dans ces nouvelles expériences, le poids spécifique du jus récolté, déféqué et filtré sur du charbon comme à l’ordinaire, a été de 1,050, et ce jus a tourné le plan de polarisation de 20° vers la droite, tandis que le jus obtenu par l’ammoniaque, traité de même et sous le même poids spécifique, a donné une déviation de la lumière polarisée de 23° 1/2 à droite, et qu’une solution de sucre raffiné du même poids spécifique a présenté une déviation de 21° dans le même sens.
- En ce qui concerne la diminution dans l’addition de la chaux à fa défécation du jus de betteraves par l’ammoniaque , il résulte que cette défécation sans ammoniaque a exigé 3.87 à4kil. de chaux ; elle a été de 375 à 500 gr., et lorsque l’état avancé de la saison a obligé d’employer pour la défécation sans emploi de l’ammoniaque 4 à 4,25 kilog. de chaux, cette diminution dans l’ad-diliori de la chaux en se servant d’ammoniaque a été plus considérable encore.
- Le 14 décembre 1842, on a travaillé les betteraves d’une sole très-étendue et dont le jus a exigé, pour une défécation sans ammoniaque, 4,25 kilogr. de
- chaux, et lorsqu’aux 15, 16 et 17 décembre de la même année , j’ai fait usage de l’ammoniaque, cette quantité de chaux s’est trouvée réduite , pour chaque défécation, de 3,25 à 3,50 kilog.
- Ces expériences, à une époque avancée de l’année , démontrent donc que l’ammoniaque a été encore plus elïi-cace que dans les épreuves précédentes pour s’opposer à la formation des acides dans le jus des betteraves.
- Depuis cette époque l’ammoniaque a été constamment employée dans la fabrique de Bukau, et tous ceux qui savent l’influence pernicieuse que la présence d’un acide, excepté l’acide carbonique, exerce, même à la température ordinaire de l’air, sur le sucre, et combien cette influence pernicieuse s’accroît avec l’élévation de la température , apprendront, même quand ils auraient des dispositions à ne pas avoir une confiance implicite dans les expériences de polarisation , à apprécier les avantages de mon procédé, surtout quand ils songeront qu’un jus acide, avant qu’on y ajoute la chaux, a besoin, pour se couvrir d’une masse d’écume protectrice, d'être chauffe jusqu’à 60° R.
- Les deux perfectionnements dans 1* fabrication du sucre indiqués dans ce mémoire ont été l’objet de deux pa' tentes prises en 1843 et aujourd’hui expirées. Trois fabricants seulement ont, dans cette période, acquis le droit d appliquer l’ammoniaque, mais personne n’a tenté l’emploi de l’acide carboniqo®* Aujourd’hui je n’ai plus aucun intérê* à faire valoir ces découvertes ; cepeO' dant je n’hésite pas à appeler de veau, à leur sujet, l’attention des*3”* ' cants, parce qu’elles sont cou&cfoe
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- Sur le bronzage des figures en plâtre. Par M. L. Elsner.
- par une expérience qui date déjà de plusieurs années, et surtout parce que je ne vois pas qu’on y ait substitué quelque autre procédé plus avantageux.
- Vémis hydrofuge au gutta-percha et vernis incolore.
- Par M. J. CasïLEÿ.
- On peut fabriquer un vernis très-adhérent et parfaitement hydrofuge avec l’huile essentielle de résine et le gutta-percha.
- On dépose dans un pot trois parties en poids de gutta-percha du commerce, et on verse dessus neuf parties d’essence brute de résine qu'on obtient par la distillation à destruction de la résine ordinaire, puis on soumet à Une température de 50° à 60° G., en agitant de temps en temps jusqu’à ce que tout le gutta-percha soit dissous.
- Le vernis qu’on prépare ainsi est très-propre à enduire les articles communs, tels que bâches, prélats, toiles à couvrir les meules de blé, etc. Mais pour obtenir un vernis propre aux articles plus soignés, on rectifie l’essence de résine en faisant passer un courant de vapeur d’eau à travers l’huile brute jusqu’à ce que le produit condensé qui a distillé acquière un poids spécifique d’environ 0,870, point auquel on arrête la distillation, attendu que tous les produits qui auraient un poids spécifique supérieur seraient nuisibles à la qualité de l’essence.
- On fabrique aussi un vernis incolore avec l’huile essentielle de résine et de résine damara ou du mastic. — On mélange de l’huile essentielle de résine rectifiée, comme on l’a décrit ci-dessus, avec 1/10 à 1/6 de son poids d’acide sulfurique ayant un poids spécifique qui ne soit pas moindre que 1,700, et °n agite le mélange, puis on rectifie de nouveau l’essence à l’aide d’un courant fie vapeur d’eau qui donne une huile incolore. En cet état, on dissout de la résine damara ou du mastic dans qua-Ife fois son poids de celte essence rectifiée à l’aide d’une douce chaleur.
- On peut obtenir un vernis de basse Qualité en se servant d’essence qui n’a subi qu’une rectification et n’a pas été traitée par l’acide sulfurique.
- On peut Varier les proportions de têus ces ingrédients suivant la qualité et la nature dés vernis qu’on veut obtenir.
- On a fait connaître, il y a peu de temps, dans un journal d’industrie, la recette suivante pour bronzer les figures en plâtre. On dissout 500 parties de savon blanc dans de l’eau, et on y ajoute 150 parties de sulfate de cuivre ; le précipité vert qui se forme après avoir été lavé et séché est redissous dans de l’essence de térébenthine ou autre essence siccative, et c’est avec cette solution qu’on enduit les figures, en exposant ensuite celles-ci, ainsi enduites, dans un lieu sec et chauffé convenablement; elles prennent une belle couleur bronze.
- Je ferai d’abord remarquer qu’on ne réussit pas, par le procédé qui vient d’étre indiqué, à obtenir un enduit qui imite le bronze, que cet enduit conserve toujours sa couleur vert gazon primitive sans prendre en aucune façon le ton du bronze. D’un autre côté, on obtient, avec une très-grande facilité, un enduit bronzé vert brunâtre en ajoutant à une solution de savon à l’huile de palme dans l’eau un mélange de sulfate de fer et de sulfate de cuivre dissous, qui fournit un précipité plus ou moins vert brun , dont la couleur peut être modifiée à volonté par une addition plus ou moins forte de l’un ou de l’autre des deux sels. Le précipité, après avoir été lavé et séché, est alors redissous dans une essence siccative ou un mélange de bon vernis d’huile de lin et de cire, et c’est avec cette dissolution qu’on peint les plâtres qu’on a chauffés préalablement; après la dessiccation, les figures ont une couleur bronzée vert brunâtre.
- Le principe jaune qu’on obtient dans une dissolution de savon d’huile de palme au moyen d’une solution de sulfate de fer, est du palmitate de fer, puisque le savon d’huile de palme peut être considéré comme consistant eu grande partie en palmitate de soude. Lé palmitate de cuivre a une couleur vert gazon. Ces deux savons métalliques sont tous deux solubles à l’aide de la chaleur et en conservant leur couleur propre dans l’essence de térébenthine et les huiles grasses.
- On peut aussi, pour obtenir cette couleur de bronze, préparer un savon avec de l’huile de lin et une lessive de I soude caustique, précipiter la liqueur
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- avec une dissolution d’un mélange de sulfate de fer et d» sulfate de cuivre, et procéder avec le précipité lavé et séché comme on l’a indiqué ci-dessus. Mais il m’a semblé que l’emploi du savon d’huile de palme, qu’on trouve généralement dans le commerce, était plus propre à remplir le but proposé.
- On parvient encore à recouvrir les figures en plâtre avec un enduit bronzé jaune brunâtre en les recouvrant d’un mélange d’or rnussif (sulfure d’etain) et de vernis à l’huile de lin.
- Enfin, j’ai remarqué qu’on réussiten-core mieux quand,au lieu d’unedissolu-tion de sulfate de fer et de sulfate de cuivre on se sert pour précipiter la solution savonneuse de la dissolution du sel de fer seul, parce qu’au moyen de ce dernier on obtient un savon de composition définie, et par conséquent d’une couleur jaune brun déterminée. Quand ensuite les savons métalliques indiqués sont dissous séparément au moyeu de la chaleur dans l’excipient gras, et qu’on verse les solutions l’une clans l’autre, il est très-facile de trouver la nuance ou le ton qui a le plus de ressemblance avec le vert brun du bronze.
- -- n-a*—»
- Photographie sur papier. Moyen d'obtenir l'image à la chambre noire sur papier sec.
- Par M. Blanquart-Évrard.
- Lorsqu’en 1846 j’exhumais la photographie sur papier, alors généralement dédaignée par suite de l’infériorité de ses produits et des difficultés de ses préparations , je promettais aux efforts qui seraient tentés dans l’application d’un principe que je posais les admirables résultats auxquels elle est arrivée aujourd’hui.
- L'ingénieuse application de M .Nïcpce de Saint-Victor dans la substitution du verre au papier pour l’épreuve négative permet d’atteindre la perfection : encore quelques efforts, et les épreuves obtenues instantanément sur glace ne laisseront plus rien à désirer sous le rapport de la finesse.
- Mais si les efforts que nous avons provoqués tendaient jusqu’à la perfection du résultat, aujourd hui qu’il est atteint, nous venons en réclamer d’un ordre moins brillant peut-être, mais non moins précieux.
- La photographie sur papier est appelée, selon nous, à recevoir les applica-
- tions les plus variées dans les rapports des peuples entre eux et des négociations commerciales ; elle deviendra un jour un des éléments de la correspondance, en suppléant par l’image exacte à l’insufiisance de la description écrite pour tous les objets dont la valeur résulte en partie de la forme et de l’aspect. C’est ainsi, par exemple, que recevant courrier par courrier une image photographique de grande construction en voie d’exécution, un ministre verra, sans sortir de son cabinet, s’élever sous ses yeux les grands travaux qui s’exécuteront sur les points les plus opposés du pays.
- C’est à rendre l’exécution de la photographie sur papier, simple, sûre et facile pour les personnes les moins expérimentées dans les manipulations chimiques, que doivent tendre les efforts des hommes qui veulent faire arriver cet art à sa plus utile application dans l’économie industrielle. La première condition pour entrer dans ce nouvel ordre de choses, c’est de dégager l’opération des soins quelle exige lors de l’exposition; nous ouvrons la voie en donnant ici :
- 1° Le moyen d’opérer sur papier sec, au lieu de papier mouillé, débarrassant 1 opérateur des préparations difficiles qu’il avait à faire sur les lieux de l’exposition ;
- 2° Une préparation tellement simple de ce papier photogénique, que le commerce puisse le fabriquer et le li' vrer tout prêt à l’amateur qui ne veut pas prendre le soin de le préparer lui' même.
- Les papiers préparés parles moyens décrits jusqu’ici ne pouvaient pas être amenés à l’état sec sans prendre ensuite , sous l’action de l'acide gallique » une coloration uniforme qui ensevelis' sait l’image photogénique en la faisant disparaître complètement. Le sérum a la propriété de parer à cet inconve' nient ; on procédera donc de la manière suivante à la préparation.
- On recueillera, en la faisant filtrer, la partie claire du lait qu’on aura fa1 tourner, on battra dans ce sérum un blanc d’œuf par demi-litre, puis on fera bouillir afin d’eulraîner toutes le^ matières solides, et on filtrera de nouveau, après quoi on fera dissoudre froid 5 pour 100 en poids d’iodure u potassium. Le papier qu’on vouu préparer se a choisi très-épais et Plo,,°_ entièrement dans cette substance P1 ^ danl deux minutes, ensuite sèche e| pendant, au moyen de deux èpi°& *
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- ar les deux coins à un cordon tendu orizontalement.
- Celte préparation se fait à la lumière du jour sans aucune précaution particulière; le papier est bon à l’instant même comme six mois après, et très-certainement beaucoup plus lard encore. Lorsque l’on est pour s’en servir, on le soumet à une seconde préparation qui se fait alors à la lumière d’une bougie, et dans le temps le plus proche possible de l’exposition; il est encore cependant propre à donner de bons résultats plusieurs jours après, en évitant alors, autant que possible , de le laisser à une haute température.
- On procède donc pour cette préparation comme nous l’avons décrit dans notre communication du mois de janvier 1847, en couvrant une glace d’aeélonilrale d’argent composé de 1 partie de nitrate d’argent, 2 parties d’acide acétique crislallisable et 10 parties d’eau distillée. On déposé sur celte substance une des faces du papier qu’on laisse s’imbiber jusqu’à ce qu’il devienne parfaitement transparent, ce dont on s’assure en le soulevant et le regardant à travers la bougie, après quoi on sèche entre plusieurs feuilles de papier buvard bien blanc (le papier des imprimeurs est très-convenable), et on le laisse dans ce cahier jusqu'au moment où on le place dans le châssis, derrière Une feuille de papier bien propre et sèche et entre deux glaces, comme dans l’opération mouillée précédemment décrite.
- L’exposition à laquelle on procède plus tard, ou le lendemain, varie, en raison de la lumière et de la puissance des objectifs, d’une à cinq minutes.
- De retour chez soi, on dépose la partie du papier, qui a été présentée à la lumière , sur une couche d'acide gal-lique saturée, en ayant soin de garantir l’envers de toute trace d’acide gal-lique qui viendrait le tacher. L’image Se forme peu à peu et finit par acquérir des tons aussi puissants qu'on puisse les désirer: elle est alors lavée à grande eau, puis passée dans une solution composée de 1 partie de bromure de Potassium et 20 parties d’eau, afin de dissoudre les sels d’argent non réduits, Puis lavée de nouveau pour enlever toute trace de ce bromure, dont l’action se continuant détruirait l’image, et eufin séchée entre plusieurs feuilles de Papier buvard.
- Préparation du papier sec à l'albumine. — Le papier préparé par l’albumine a des propriétés analogues à celles du sérum, mais à un degré infé-
- rieur ; comme lui il se conserve bon in-indéfiniment après la préparation à l’iodure , mais, après avoir été soumis à l’acétonitrate d'argent, il ne va guère au delà du lendemain. Les épreuves que donne la préparation que nous allons décrire sont admirables; moins fines que celles sur verre, elles ont plus de charmes, parce que les oppositions sont moins tranchées et qu’en y trouve plus d’harmonie et de suavité. Nous pensons que c'est une véritable conquête pour ceux qui cherchent les effets de l’art dans les résultats de la photographie.
- On bat en neige des blancs d’œufs dans lesquels on a versé trente gouttes d’une dissolution saturée d’iodure de potassium et deux gouttes d’une dissolution saturée de bromure de potassium par chaque blanc d’œuf. On laisse reposer jusqu'à ce que la neige rende l'albumine à l’état liquide, on filtre alors à travers un papier de soie ou de la mousseline claire, en recueillant l’albumine dans un grand vase bien plat, ün dépose sur la couche le papier qu’on veut préparer, et on l’y laisse quelques minutes. Lorsqu’il est empreint d’albumine, on le soulève par un des coins, et on laisse égoutter et sécher en le pendant par un ou deux angles à un cordon tendu.
- La préparation sur l’acétonitrate est, en tout point, conforme à celle décrite plus haut pour le papier préparé au sérum; on aura soin de ne sécher entre deux papiers buvards que lorsque le papier aura acquis une transparence complète. La mise dans le châssis pour l’exposition se fait de la môme manière, de même que la venue de l’image à l acide gallique et le reste de l’opération; mais l’exposition exige plus de temps, quatre à cinq minutes généralement.
- Préparation du papier positif à l'albumine.—Le papier positif préparé à l’albumine donne des épreuves quelque peu luisantes, mais d'un ton plus riche et d’une finesse et d’une transparence beaucoup plus agréables; on le prépare de la manière suivante :
- On verse dans des glaires d’œufs 25 pour 100 (en poids) d’eau saturée de chlorure de sodium (sel de cuisine bien blanc). On traite les œufs en neige et on filtre comme dans la préparation précédente, seulement ici on ne laisse le papier sur l'albumine qu'une demi-minute. On le pend alors pour le sécher, ce qui a lieu en six ou huit minutes ; on le dépose ensuite sur un vase contenant 25 parties de nitrate d’argent
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- et 100 parties d’eau distillée. Le papier est laissé sur le bain au moins six minutes^ ensuite séché à plat, comme nous l’avons décrit dans notre communication précitée du mois de janvier 1847.
- Photographie sur gélatine. Moyen d'obtenir des épreuves négatives très-nettes et très-transparentes, pouvant être reportées un grap$ nombre de fois sur le papier pho-t tograpliique ordinaire,
- Par M. A. Poitevin.
- Pour préparer la couche de gélatine sur laquelle je fais mes épreuves négatives, je dissous dans 100 grammes d’eau 6 grammes de gélatine de bonne qualité (celle que l’on rencontre dans le commrrce et qui sert à préparer les gelées alimentaires m’a mieux réussi). Cette colle ne doit pas contenir de sels solubles dans l’eau ; elle doit aussi être le plus possible privée de matières grasses. Pour faire la dissolution, je mets tremper la gélatine dans de l’eau distillée pendant dix à quinze minutes; je chauffe lentement à la lampe à alcool , et j’agite continuellement jusqu’à ce que la dissolution soit complète. S’il s’est formé de l’écume , je l’enlève avec soin au moyen de morceaux de papier joseph que je promène à la surface, je passe à travers un linge bien serré, mouillé à l’avance, et j’écume de nouveau la surface où il s’est formé quelques stries provenant sans doute de matières grasses qui ont échappé au premier écumage.
- La gélatine ainsi préparée, j’en prends, avec une pipette graduée, une quantité déterminée , et je la coule sur une plaque de verre bien plane çt placée horizontalement ; une couche de l^âO est suffisante; cette quantité équivaut à peu près à 30 centimètres de dissolution pour une surface de demi-plaque ayant 13Ç,5 sur 17e,5. Une épaisseur plus grande ne serait pas nuisible , mais une plus faible pourrait avoir quelques inconvénients.
- Avant de couler la gélatine sur la plaque de verre, on applique à la surface de celle-ci une première couche au moyen d’un linge imprégné d’une dissolution de gélatine, un peu plus étendue que la précédente; ensuite on chauffe légèrement la plaque de verre au moyen d’une lampe à alcool, puis on coule la dissolution de gélatine, qui
- s’étend alors uniformément sur la pla-* que. On chauffe de nouveau , mais avec modération , le dessous de la plaque de verre pour rendre la fluidité a la gélatine , et on l’abandonne au refroidissement.
- La plaque ainsi préparée, je la plonge dans une dissolution d’acétate d’argent , en tenant la surface recouverte de gélatine en dessous et l'inclinant dans la dissolution jusqu’à ce que celle-ci l’ait mouillée complètement ; je retourne alors la plaque de verre et je l’immerge complètement dans la dissolution ; alors je passe à plusieurs reprises et en différents sens un pinceau très-doux sur toute la surface gèla-tinée pour chasser les bulles d’air qui pourraient y rester adhérentes, et, avant de la retirer. je souffle sur la surface pour reconnaître si la dissolution l’a mouillée partout Je retire alors la plaque , et en la tenant un peu inclinée, je passe le pinceau qui m’a servi précédemment sur toute la surface , en ayant soin de recouvrir le bord du passage précédent par le bord du passage suivant. J’essuie ensuite le dessous de la plaque et je la place horizontalement jusqu’à ce que la syrfaee se soit ressuyée, ce qui exige cinq à six heures.
- Je prépare ordinairement les plaques lè soir lorsque je veux m’en servir le lendemain matin , et le matin lorsque je veux m’en servir le soir. Il est important qu’il n’y ait plus de liquide libre à la surface de la plaque lorsqu’on veut l’employer, car la préparation s’enlèverait aux endroits où il en existerait encore. On doit faire cette prè^ paration à l’abri de la lumière solaire. La plaque recouverte de dissolution d acètatè d’argent ne doit pas non p|uS voir le jour.
- La dissolution d’acétate d’argent se prépare en faisant une dissolution saturée d’aeétate d’argent, à laquelle on ajoute la moitié de son volume d’eau. En admettant que 40D parties d’eau dissolvent, à la température ordinaire* 0»r,5 d’acétate d’argent, pour préparer 01U ,750 de la dissolution dont je me sers, je dissous 2er,05 d’acétate de soude dans I5grammes d’eau, je dissous également 3»F,03 d’azotate d’argent dans 10 grammes d’eau, j’ajoute la dissolution d’azotate d’argent à la dissolution d’acétate de soude , et je reçois Pace-tate d’argent qui s’est précipité sur un filtre. Je lave ce précipité à cours d’eau, puis je fais passer à plusieurs reprises sur le filtre 0m-,50 d’eau; la presque totalité de l’acétate devra être dissoute.
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- j’ajoute ensuite 0m,25au demi-litre de dissolution saturée.
- Dans celte opération , il s’est formé 3grammes d’acétate d’argent ; les 0lil ,75 ne devraient en contenir que 2gr-,50 , mais j’en mets un peu plus pour tenir compte de ce qui s’en va dans l’eau des dissolutions et celle de lavage. L’acétate d’argept étant facilement altéré par la lumière solaire, je fais , autant que possible * cette dissolution dans un endroit peu éclairé. Je la conserve dans une flacon recouvert de papier noir, et je la filtre chaque fois que je m’en suis servi.
- J’expose à la vapeur d’iode la plaque préparée comme ci-dessus, de la même manière qu’une plaque de plaqué ; seulement, pour cette exposition, on doit tenir compte du temps, car on ne peut juger la teinte de la surface ; seulement le temps d’exposition est plus court que pour les plaques d’argent. La plaque iodée est placée dans le ehâssis de la chambre noire , et alors je recouvre le côté non gélatiné d’up carton recouvert de drap noir. Il est bon de mettre quelque temps d’intervalle entre le passage à l’iode et l’exposition au foyer de la chambre noire; la plaque gagne par là de la sensibilité. J’ai plusieurs fois employé des plaques cinq ou six heures après le passage à l’iode ; elles n’avaient rien perdu de leur propriété impressionnable.
- La sensibilité de ces plaques est environ quatre fois moindre que celles de plaques préparées à l’iode et au brome. Pour un paysage bien éclairé et avec objectif à petit diaphragme , l’exposition à la chambre noire peut exiger quatre-vingts à cent secondes. Les portraits à l’ombre bien éclairée peuvent se faire en deux minutes avec l’objectif à portraits J’ai essayé l’effet de la vapeur de brome sur ces plaques , et j’ai reconnu qu’elle les rendait plus impressionnables. Je n’ai pas assez fait d’expériences pour avoir à ce sujet des données certaines.
- Pour faire apparaître l’image, je plonge la plaque dans une dissolution d’acide gallique contenant 0gr,1 d’acide gallique pour 100 grammes d’eau ; je laisse venir l’épreuve jusqu’à ce que les noirs me semblent assez intenses. Cette immersion peut durer une heure ou une heure et demie. Avec une dissolution plus concentrée d’acide gallique elle durerait moins , mais il serait plus difficile de régler son action. Dans les premiers moments d’immersion , il se forme une image positive à la surface de la gélatine. Cette image devient de
- plus en plus sombre ; mais, vue par transparence, les parties correspondantes aux noirs de la nature restent très-claires.
- Pour fixer l'épreuve, on la lave à l’eau ordinaire , on la laisse ensuite immergée pendant quinze minutes environ dans une dissolution de 1 gramme d’hyposulfite de soude dissous dans 100 grammes d’eau ; on la lave de nouveau à l’eau ordinaire, et on la plonge pendant le même temps dans une dissolution de bromure de potassium, 1 gram. de bromure de potassium pour 100 grammes d’eau.
- Je lave l’épreuve à l’eau ordinaire , et je l’y laisse séjourner quinze ou vingt minutes ; puis je lave à l’eau distillée , et je laisse sécher la couche de gélatine à l’air libre. On a alors une épreuve négative très-nette , qui peut donner des épreuves positives, avec le papier photographique ordinaire , au soleil en deux ou dix minutes, suivant la vigueur de l’épreuve négative; à l’ombre, elle vient aussi très-bien.
- 11 est bon de renouveler, à chaque opération , les dissolutions d’acide gallique. d’hyposulfite de soude et de bromure de potassium.
- Dans cette opération, si l’on remplace la dissolution d’acide gallique par une dissolution de sulfate de prot-oxide de fer, on obtient de très-belles épreuves positives.
- Emploi du noir de fumée de camphre pour préparer l'encre de Chine.
- Par M. H. Lucas.
- J’ai communiqué il y a déjà quelque temps à la Société industrielled’Erfurt ce fait intéressant, savoir : que le noir de fumée qui se forme par la combustion du camphre était très-propre à faire une encre qui, dans mon opinion fon-• dée d’abord sur la similitude de la teinte et ensuite par' d’autres bonnes qualités, ne le cédait en rien à la véritable encre de Chine. J’ai adressé des échantillons de cette encre à la Société, dont les membres ont tous reconnu la réalité de cette assertion; seulement on a objecté qu’une encre de ce genre au prix où le camphre était alors coté , devait revenir trop cher pour qu’on puisse songer à faire une application industrielle de cette découverte. Je ne discuterai pas ici s’ilcon-‘ vient de fabriquer une encre en tout
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- semblable à la bonne encre de Chine; mais si cette question était résolue affirmativement, je crois qu’au prix réduit où est le camphreaujourd’hui(3 fr. 50c. à 4 fr. le kilogr.) on pourrait très bien songer à préparer avec le noir de fumée de camphre une encre presque en tout semblable à celle de la Chine.
- Pour préparer le noir de fumée de camphre, il importe de brûler cette matière avec le plus faible excès possible d’air atmosphérique, puis de dissoudre le noir dans l'alcool, et après la dessiccation de former des tablettes avec une dissolution gélatineuse. On prépare aussi une belle couleur noire à l’eau avec une solution de gomme arabique.
- Amalgame de cadmium et d'étain pour la chirurgie dentaire.
- M. Pettenkofer a indiqué la préparation d’un amalgame de cuivre propre a recevoir des applications dans la chirurgie dentaire (voir le Technolo-gisic. 10e année, p. 294); malheureusement cet amalgame de cuivre a l’inconvénient de noircir dans la bouche, ce qui en limite beaucoup l'emploi dans les applications. On prépare aujourd’hui un amalgame qui reste blanc et
- jouit des mêmes propriétés : cet amalgame consiste en 2 parties d étain et 1 partie de cadmium qu’on fait fondre ensemble,puis réduit en poudre à la râpe et qu’on dissout dans une grande quantité de mercure dont on exprime l’excès en comprimant dans une peau chamoi-sée, afin d’obtenir une masse friable qui en la pétrissant pendant quelque temps entre les doigts devient douce et molle comme du beurre, et peut se rouler et se mouler sans s émietter, mais qui au bout de 10 minutes perd cette propriété. Dans l’espace de 24 heures d n’est plus possible d'y produire d’impression avec une allumette en bois, à moins qu’on ail laissé trop de mercure. Cette masse est aussi très-propre à fermer hermétiquement des vases en verre, et elle aura probablement des applications plus étendues que l'amalgame de cuivre (1).
- fl) Le rapage de l’alliage de cadmium et d’étain, indiqué par M. Evans, deniiste à Paris, est une opération imparfaite et fastidieuse. M R. Boetger recommande le procédé suivant comme plus expéditif et plus propre à atteindre le but. Aussitôt que les proportions dosées de cadmium et d’étain ont été mises en fusion dans un cuiller en fer, ou y verse une quantité correspondante de mercure chauffe préalablement, et on y agite la masse fluide dans un mortier de fer, en la travaillant avec le pilon jusqu’à ce qu’elle ait acquis une consistance molle et bulireuse.
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- ARTS MÉCANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- VOTIMÈTRES.
- Les bouleversements politiques auxquels nous assistons ont mis en relief les défauts du mode de votation adopté jusqu’à ce jour, et l’Assemblée législative a décidé de le changer pour obvier à de nombreux inconvénients qui ont été signalés dans des voles d’une grande importance.
- Malheureusement l’Assemblée n’a nommé une commission que pour juger les appareils qui lui seraient présentés; niais elle n'a pas fait rédiger de programme pourdiriger les inventeurs dans leurs recherches. Nous devons ajouter que le mot machines qu’on a employé pour parler de votimètres a dû induire en erreur plusieurs personnes, en leur persuadant qu’il s’agissait d’inventer une véritable machine avec des complications de ressorts, rouages, engrenages , etc.
- Dans ces conditions, M. Raymondi a cru, avec raison, que pour arriver à un résultat satisfaisant il fallait étudier le problème sous toutes ses faces et y comprendre même le vote dans les élections. En généralisant et simplifiant à la fois ces idées , il est parvenu à créer 12 votimètres mobiles ou fixes, plus complets les uns que les autres, qui résolvent toutes les difficultés signalées, et qui présentent en outre plusieurs avantages auxquels on n’avait même pas songé.
- Nous pensons nous rendre agréables aux lecteurs du Technologiste en leur donnantdès à présent les cinq premières inventions de M. Raymondi. Quant à leur description, nous laisserons parler l’auteur, en extrayant ce qui suit d’un travail complet et consciencieux qu’il a fait sur le vote.
- M. Raymondi aborde les inventions niécaniques avec ce coup d’œil juste et cette rectitude de jugement qui l’a déjà fait distinguer comme moraliste et littérateur dans Londres, Paris et iïome , et comme technologue dans la Critique générale des notations musicales , ouvrage qui a été couronné Par l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique.
- P.
- Traité de Votation.
- Par M. J. Raymondi.
- ( i*r extrait.)
- I.
- HISTORIQUE DES MACHINES A VOTER.
- La célérité et la sécurité du dépouillement du scrutin ont acquis de nos jours une importance incontestable , et la nécessité d'améliorer l’ancien mode de votation a fait produire un grand nombre de machines à voter. L’Assemblée législative nomma , le 12 novembre 18i9, une commission de 15 membres pour examiner d’urgence toutes les machines qu'on lui proposait. Le 12 avril 1850 (cinq mois après) le rapport de la commission est lu et distribué. Le 27 du même mois l’Assemblée décide que la discussion du recensement du vote n’aura lieu qu’a-près la discussion du budjet, ainsi que cela résulte du Moniteur. Mais le 6 du mois de mai , malgré la décision prise par l’Assemblée huit jours avant, malgré l'absence de M. Maissiat, rapporteur, parti pour Toulon comme membre de la commission d’enquête sur la marine , et enfin malgré les objections et les dissidences graves signalées dans le rapport, le 6 mai, par un vote inattendu , trente mille francs ont été votés pour l’établissement de là machine de M. de Limancey, ancien sous-préfet. Aussitôt après cette adoption volée d’urgence, on parlait dans les bureaux de la chambre des inconvénients de cette machine et du peu de probabilité de son application pratique.
- Nous ne chercherons pas la cause de ces anomalies ; mais il est évident que le vent soufflait contre les concurrents de M. de Limancey. Dans le rapport de M. Maissiat, nous remarquons des jugements non motivés et des passages qui ne sont pas toujours le miroir de la vérité. Cela n’est pas surprenant pour ceux qui savent que les inventions même les plus utiles ont beaucoup de peine à se faire adopter.
- Noms des inventeurs de machines à voter.
- MM. Névo-Degoue, professeur de mathématiques à Nantes.
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- MM. Liricle, employé aux douanes à Obermuspach.
- Smetz , chimiste à Paris.
- Baranouski, inspecteur de la comptabilité des chemins de fer de Paris à Rouen.
- Hébert, à Paris.
- Victor Leport, horloger, à Fé-camp.
- Fichet, serrurier-mécanicien , à Paris.
- Martin, capitaine au 3e régiment d’artillerie, à Valence.
- Tranchart, mécanicien à Sevssel (Ain).
- Somaret, ancien capitaine de long cours de Bordeaux.
- Deratte, ouvrier-ingénieur-mécanicien , à Lille.
- Kohler, ingénieur à Eloyes, près Remiremont ( Vosges).
- Reville, à Lille.
- Tapet, conducteur des ponts et chaussées , à Saint-Maurice près Charenton.
- Alboize de Pujol, inspecteur de l’Académie de Reims.
- Astier, à Nancy.
- Marais , à Alençon.
- Lanet de Limancey, ancien sous-préfet , à Paris.
- Raymondi, à Paris.
- Monestrol, marquis de Peralades, ingénieur-mécanicien à Paris.
- Georges, ingénieur-mécanicien, à Paris.
- Machine de M. de Limancey.
- Plusieurs membres de la commission pour l’examen des machines à voter ont fait des objections sérieuses à la machine de M.de Limancey; le rapport de la commission l a constaté. .Nous ajouterons que cette machine ne donne ni les résultats des machines fixes, ni tous les avantages qu'il est possible d’obtenir dans les machines mobiles. On peut facilement s’en convaincre en examinant les 'olimèlres mobiles nÜS 4 et 5’, dans lesquels on trouve trois avantages de plus que dans la machine adoptée par la chambre, savoir : 1° le total des votants sans avoir besoin d’additions écrites , ce qui prévient toute erreur de compte; 2° le total des absents sans besoin de soustraction; 3° simplicité du mécanisme. Indépendamment des résultats qu’elle ne donne pas, la ma-
- chine de M. de Limancey ne simplifie aucunement la question mentale qui est d’une importance radicale.
- M. de Limancey augmente les écueils pour diminuer les chances d’erreurs; nous avons préféré une grande simplicité à des complications qui nous paraissent inutiles. M. de Limancey oblige le volant à se rappeler ces deux formules composées de trois idées ;
- Vote pour, bulletin blanc, côté droit. Vot^contre, bulletin bleu, côté gauche.
- Nous n’avons besoin que de deux idées dans le votimètre n* 4 :
- Vote pour, anneau petit,
- Vote contre , anneau grand.
- La simplicité de cette formule est évidente; moindre nombre d’idées, par conséquent moins de causes de confusion mentale dans le choix du bulletin. Nous en avons fait autant pour les combinaisons mécaniques; tout est réduit à sa plus simple expression. Ce que M. de Limancey obtient par deux orifices différemment construits , nous l’avons obtenu par un seul orifice beaucoup plus simple. Dans l’ordre physique comme dans l’ordre moral la simplicité est ce qu’il y a de plus rare et de plus utile. Par cette alliance de simplicité mental© et matérielle , nous avons éliminé dans le n»4, et plus encore dans le n° 5 , les chances d’erreur par distraction.
- Nous croyons donc pouvoir dire dans
- l’intérêt de la vérité, de la science et
- de l’art, que la machine de M- de Limancey n'est pas assez simple pour résoudre le problème en question.
- II.
- CLASSIFICATION DES MACHINES.
- Les machines à voler peuvent être appliquées aux assemblés législatives, aux réunions scientifiques, commer" ciales , judiciaires , agricoles , et end'1 aux élections , soit partielles, soit gê' nèrales. Nous les comprendrons toutes sous les dénominations de machines a voler législatives , électorales , mobi‘eS^ ou fixes. Les machines mobiles néceS' sitent le déplacement des représenta01* ou des urnes. Nous entendons par io!*' chines fixes celles qui font éviter l»u ^ sorte de déplacement par la simulta' néité dans l’action do vote. _ ,
- Avant de donner la description a
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- Voltmètre n° 2.
- machines mobiles, nous réduisons en tableau synoptique les conditions nécessaires à la solution de ces problèmes.
- Problème général.
- Simplicité et sécurité du vote.
- Conditions du problème.
- 1° Obstacle aux erreurs.
- 2° Obstacle à la fraude.
- 3° Dépouillement du vote.
- 4° Dépouillement des noms.
- 5° Rapidité d’exécution.
- 6° Simplicité du mécanisme.
- Moyens de solution.
- 1° Avec plusieurs bulletins.
- 2* Avec 2 bulletins et 2 orifices
- 3° Avec un bulletin et 2 orifices.
- 4° Avec 2 bulletins et un seul orifice.
- 5° Avec un seul bulletin et un seul orifice.
- 6* Sans bulletins.
- III.
- DESCRIPTIONS DES MACHINES.
- Votimètre na 1 (pi. 131).
- Cet appareil est fait en spirale , et on y vote avec des boules ; il se compose de deux tuyaux en toile métallique placés autour d'un gros cylindre doute représente le plan. Les boules mises à droite ou à gauche dans les orifices supérieurs P, G glissent naturellement jusqu’au fond de la machine; leur nombre pour et contre est indiqué par une échelle métrique parallèle aux deux tuyaux, a et b représentent les détails de la clef qui sert à faire passer la boule à droite ou à gauche dans la Partie d.
- Cette clef n’est utile que dans le vote secret, lorsque la machine se trouve couverte d’une toile à partir de P, G. bes avantages de cet appareil consistent dans le dépouillement instantané du vÇte sans possibité d’erreurs de compte. l’était l’enfance de l’invention. Chaque votimètre suivant nous donnera un Sautage de plus.
- Mes premiers essais datent de 1843.' ^ ççtte époque , cette machine était •aite en plomb. Les insurgés de juin ayant trouvé ce tas de plomb chez le fabricant, faubourg Saint-Denis, s en emparèrent pour faire des balles.
- Les tuyaux de cet appareil sont en métal quelconque , de forme quadran-gulaire et ouverts à demi sur le devant. Le nombre des boules se trouve indiqué par des chiffres. Les tuyaux sont placés en zig-zag, descendants de deux côtés adossés les uns aux autres, comme l'indique la coupe f. Une petite boîte quadrangulaire en toile métallique forme le haut de la machine; elle a un entonnoir g pour recevoir les boules, et un balancier en dessous a,b,c pour les diriger à droite ou à gauche. Ici, comme dans le n° 1 , il n’est besoin que d’une seule boule pour les deux votes pour et contre. La boule aussitôt mise dans l’entonnoir passe dans le premier cercle a ; elle va s’arrêter et reste visible dans le cercle b; le votant distrait a le temps de réfléchir à ce qu’il doit faire avant de mettre en mouvement le balancier par la lentille c. Au moyen de ces petits cercles a,b, reliés par deux fils de fer, la fraude est impossible, parce que si l’on jette deux boules dans l’entonnoir, la seconde est rejetée en dehors de la machine. Comme dans le n° 1, les boules portent le nom du votant. Pour le vote secret, on couvre la machine et l’on passe la main par dessous la toile pour donner l’impulsion au balancier.
- Ce votimètre présente les avantages du n° 1, plus l’impossibilité de glisser deux votes à la fois.
- Votimètre n° 3.
- Dans cet appareil, on vote avec des jetons, soit des bulletins plats, ronds, en bois ou en cuivre. Au sommet de la machine est placé un balancier a,b,c semblable à celui du votimètre n° 2 ; Seulement il est aplati suivant la largeur et l’épaisseur que l’on donne aux bulletins. Deux tuyaux en toile métallique obliquement placés formant, avec leur base, des angles de 43 degrés , sont destinés à recevoir les jetons mis dans l'entonnoir. Après avoir passé dans le balancier a, b . les bulletins, à la suite de l’impulsion donnée à la lentille c, vont glisser dans les deux tuyaux comme sur un plan incliné, et se rangent tout naturellement les uns sur les autres à droite et à gauche, pour et contre.
- Les tuyaux sont numérotés de deux en deux degrés. Ce troisième appareil a les avantages du votimètre n° 2, plus une grande facilité dans la construction des tuyaux.
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- Votimèlre n° 4.
- Le votimèlre n° 4 est le premier de ce genre ; il donne tous les résultats qu’i! est possible d’obtenir dans les machines mobiles. Cela a lieu par la solution du problème d’un seul orifice pour les deux voles. La droite et la gauche sont abolies; le votant choisit de sa place à son aise le bulletin voulu ; au moment décisif de le jeter dans l’urne toute distraction lui est permise, l'erreur est impossible. Cet appareil en cuivre a la forme d’une boîte cylindrique , à jour si l’on veut. A l’intérieur se trouvent un tuyau coulant c et une tige centrale b. Le tuyau , dans presque toute sa longueur, a une fente assez large pour laisser voir la double échelle marquée sur la tige. Un petit rebord plat, un peu moins large que les anneaux pour, termine le bas du tuyau. Ce rebord a ne doit exister que dans les deux tiers de la circonférence. Sur ce tuyau est marquée une échelle dont les divisions sont égales à l’épaisseur des anneaux ; les chiffres sont marqués de deux en deux degrés ; sur la tige , également divisée , les numéros sont ascendants et descendants. Par ce moyen très-simple, appliqué pour la première fois aux machines à voter, on a le total des absents et des volants.
- Un petit cylindre , appuyé sur deux tiges e,e tant soit peu élastiques, forme le haut de la boîte. Ce cylindre est horizontal , et il tourne sur son axe d : une charnière d’un côté et un pivot de l’autre permettent de l’ouvrir à volonté. Entre le cylindre et le haut de la tige centrale , il n’y a que l’espace pour y passer un anneau ; par ce moyen la fraude devient impossible : le votant ne peut ni faire passer deux anneaux à la fois ni en glisser un d’une épaisseur plus forte. Le vote se fait avec des anneaux tn, n, dont le petit, qui sert à voter pour, entre dans le grand , qui sert à voler contre ; ils sont aplatis de manière à pouvoir y inscrire le nom et le département du votant ; on pourrait également les inscrire sur la circonférence comme sur une pièce de cent sous. Dans ce cas, on ferait mieux de donner aux anneaux la forme ovale à l’intérieur, ainsi qu’à la tige et au tuyau. L’épaisseur des anneaux est d’un millimètre et demi, et peut varier selon la destination de la machine. Quant au diamètre , il serait commode que l’on pût faire entrer un doigt dans l’anneau pour (qui peut être blanc) et deux dans l’anneau contre ( qui peut être bleu). Un grand votimèlre doit être
- placé à la tribune pour y verser les anneaux recueillis dans les petits par les huissiers. De celte manière, l’addition se trouve toute faite.
- Le vote fini, on lit sur le tuyau c le nombre des pour et sur la tige b le nombre des contre. En élevant le tuyau et l’abaissant sur les anneaux contre (par le côté où le rebord manque), on verra par la fente longitudinale le total des votants sur la première colonne, et le total des absents sur la colonne à chiffres descendants. Avec un cadenas au bout de la tige, on peut fermer sous clef les anneaux du vote. Les pour formant colonne sur les contre resteront ainsi pour tout le monde visibles, lisibles et inaltérables.
- Les hommes de l’art savent comment il faut s’y prendre pour obtenir la justesse des divisions et la régularité des anneaux, nous en épargnons les détails ; mais du reste, lorsqu’il n’y a qu’une faible majorité de voix, il n’est ni long, ni difficile de contrôler le vole en comptant les anneaux enfilés dans la lige.
- Le rapport de la commission des machines à voter dit que ['abstention est contraire an mandai et au devoir des représentants ; nous ne parlerons donc pas des abslemis. Pour le vote secret, on couvre une partie de la boite.
- Avantages de ce votimèlre :
- 1° Obstacle à la confusion d’idées dans le choix des bulletins.
- . Vote pour, anneau petit;
- Vote contre, anneau grand;
- au lieu de
- Vote pour, bulletin blanc, côté droit ; Vote contre, bulletin bleu, côté gauche-
- 2° Impossibilité de se tromper d’ort' fice : plus de droite ni de gauche, pl°* d’erreurs par distraction au moment de jeter le bulletin dans l’urne.
- 3° Impossibilité d'introduire deü* bulletins à la fois.
- 4° Résultat immédiat du nombre des pour et des contre. f ,
- 5° Total des volants sans besoin d’additions écrites. # ,
- 6” Total des absents sans besoin de soustraction.
- 7° Noms des volants pour et contf séparés. .
- 8° Absence de ressorts, rouages e engrenages. . i
- 9° Sécurité, célérité et sirop»101 rationnelle et matérielle.
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- Votimétre n° 5.
- Cet appareil est le complément des problèmes solubles dans les machines Mobiles. Vote par un seul bulletin et un seul orifice. Le votimètrc n° 5 se compose de deux tiges plates s’adaptant l’une contre l’autre comme les branches de la fausse équerre des char- I penliers ; elles son! divisées comme le votimétre n° 4 , leur épaisseur est un peu moindre que l’ouverture de l’anneau-bulletin h. Les anneaux sont oblongs, tous de la même forme, convenablement ouverts d’un côté. Le sommet de la tige est formé par une languette à bascule ouverte ou fermée a et d qui, vue de côté, représente e,f.g. Pour voter, on fait entrer Panneau-bulletin dans la languette d jusqu’à la rainure bb. Les bulletins portent écrit pour et contre en grosses lettres, et en sens inverse. En votant pour, le contre disparaît; en votant contre, le pour disparait „ et l’œil du votant se trouve frappé par l’un ou par l’autre, ce qui l’oblige à voir ce qu’il fait et l’empèche d’être distrait Après avoir posé le bulletin , on fait jouer la bascule en appuyant le doigt sur le bout c : alors le bulletin glisse et va s’empiler dans la double tige.
- Le vote fini, lisez d’abord sur la double division ascendante et descendante, le total des votants et des absents, sé parez ensuite les deux tiges comme si vous ouvriez un compas , et vous aurez le nombre des pour et des contre isolément. Si après avoir connu tous les résultats l’on tient à garder les bulletins sous clé, on fait entrer une lame dans chacune des deux colonnes d'anneaux, et on les ferme à cadenas par le petit orifice i. Ot appareil a tous les avantages du volimètre n°4,plusla singularité de n’avoir qu’un seul bulletin pour tous les votes : c’est dans le but d’em-Pècher les erreurs par distraction provenant non-seulement du choix de l’ori-bçe, mais encore du choix du bulletin.
- le principe fondamental des inventions nos 4 et 5 est apprécié, on n’aura rço’à choisir entre les deux.
- lorsque nous examinerons les marines électorales et les machines lé-Sts’aiives fixes, nous trouverons dans le n°t> la solution de certains problèmes ne sont solubles que dans les marines à vote simultané. Voici quels s°nt les avantages qu’on peut obtenir avec les machines législatives fixes :
- 1° Tous les avantages des machines Mobiles.
- 2° Impossibilité de voler deux fois,
- soit pour soi, soit pour des collègues absents.
- 5® Résultat du vote imprimé à la minute sans imprimeur ni matériel d’imprimerie.
- Le votimètre, n° 4, a été l’objet d’un rapport fai tau Lycée des artsdoni nous donnons ici les conclusions : quant au n° 5, le modèle n’était pas prêt à l’époque où ce rapport a été fait.
- LYCÉE DES ARTS.
- Section des industries diverses.
- «D’après les détails exposés dans le » mémoire de M. Raymondi, la sec-» tion, sur le rapport de M Dalmont,
- » décide :
- » Que l’appareil à voter, ou le voti-» mètre que M. Raymondi a déposé à la » Société, et qui porte le n°4dans le mé-» moire qu’il nous a soumis, pour lequel » on fait usage de «leux anneaux-bulle-» lins, et d’un seul orifice remplit les » conditions ci-dessous, savoir :
- » Obstacle aux erreurs, puisqu’il » suffit de prendre une fois pour toutes » le disque qui indique le vole que l’on » veut déposer, et qu’un seul orifice » doit le recevoir, n’importe dans quel » sens il est déposé :
- » Qu’il est un obstacle à la fraude, puisqu il ne peut être déposé qu’un » seul disque à la fois par chaque vo-» tant :
- » Que le dépouillement du vote s’ef-» fectue sans aucun calcul et instan-» lanément d la seule inspection :
- » Que son exécution est d’une rapi-» ditè remarquable et qu’en outre le » mécanisme offre une grande simpli-» cité, tout en produisant un grand » nombre de résultats;
- » Que cet appareil peut être employé » dans toutes les assemblées qui ne dè-» passent pas plus de cinquante per-» sonnes, et qu’avec une légère aug-» mentation comme hauteur, on peut » aller jusqu’à deux cents, et qu’à l’aide » d’une faible addition il peut être em-» ployé dans des assemblées illimitées.
- » En conséquence, la section décide » que la lecture du mémoire deM. Ray-» mondi et du rapport de M. Dalmont » sera faite à la classe de l’industrie, et » que cette dernière prononcera sur les » moyens qu’a produits cet inventeur. »
- Paris, le 3 juillet 1850.
- Signé, le président du Lycée, Dosé ;
- Signé, le secrétaire perpétuel,
- P.-M. Dalmont.
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- Classe de l'industrie.
- «La classe de l’industrie dans la v séance du lundi 24 juin 1850, pro-» rogèe dans sa séance de ce jour, apres » avoir entendu le mémoire de M. Ray-» mondi, et le rapport que M. Dalmont » a fait sur le votimètre de cet in-» venteur au nom du comité des indus-» tries diverses, adopte les conclusions » tant du comité que de la section, » et décide que lecture de ce travail » sera faite en assemblée générale de la » Société.
- » Elle décide, en outre, que le nom » de M. Raymondi sera renvoyé devant » la commission des récompenses. »
- Paris, le 8 juillet 1850.
- Signétle président du Lycée, Doré ;
- Signé le président de la classe, Màlepeyre.
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE.
- » L’assemblée générale de la Société, » prorogée par décision du lundi 1er juil-» let 1850, dans sa séance de ce jour, » après avoir entendu le mémoire de » M. Raymondi, l’avis du comité des » industries diverses ci-dessus relaté ; » le rapport de M. Dalmont, fait au » nom dudit comité à la section des » industries diverses aussi ci-dessus » relaté; les conclusions de cette sec-» tion et celles de la classe de l’indus-» trie en adopte l’ensemble , et décide » que le nom de M. Raymondi sera » renvoyé devant la commission des » récompenses.»
- Paris, le 8 juillet 1850.
- Signé, Le président du Lycée, Doré;
- Signé, le secrétaire perpétuel,
- P.-M. Dalmont.
- Rapport fait à la Société industrielle de Mulhouse sur une machine à confectionner les tubes en papier à l'usage des filatures de MM. Motsch et Perrin à Cernay (1).
- Par M. H. Schwarz.
- Jusqu’à présent la plupart des établissements ont employé des tubes cylindriques dont la fabrication est simple et économique , mais qui ne s’adaptant
- (i) Extrait du Bulletin de ta Société industrielle de Mulhouse, no i07, p. i!26.
- pas exactement sur les broches dont la forme est toujours conique, ont l’inconvénient d’occasionner au tissage un déchet assez important.
- Ces tubes ne serrant la broche que par le bout inférieur, le fileur, pour empêcher le tube de monter, est obligé de rerivider au-dessus un petit bourrelet de deux aiguillées; de sorte que non - seulement ces deux aiguillées, mais même tout le fil renvidé plus bas, ne se dévident pas d’ordinaire dans la navette et entrent dans le déchet.
- Pour parer à cet inconvénient, on a essayé de faire à la main , et un à un , des tubes coniques s’adaptant parfaitement sur la broche ; et les propriétaires de tissage ont si bien apprécié cette innovation, qu’aujourd’hui iis exigent des fdaleurs que les cannettes soient renvidées sur tubes coniques.
- L’avantage de ces tubes étant bien reconnu et constaté par l’expérience , la machine de MM. Motsch et Perrin vient tout à propos pour en propager promptement l’emploi.
- Je me dispenserai de faire une description détaillée de cette machine , et il serait du reste difficile de donner une idée claire de toutes ces combinaisons ingénieuses qui exécutent successivement tous les mouvements d’une ouvrière qui fait des tubes à la main au moyen d’un simple mandrin.
- Le papier, disposé en bande continue sur un dévidoir, passe d’abord par un petit appareil qui y imprime une raie pour indiquer le gros bout du tube ; un mécanisme de va-et vient applique la colle ; des cisailles coupent la longueur voulue , le mandrin reçoit le papier qui est successivement replié, roulé et chassé hors du mandrin à l’état de tube, et tout cela se fait en moins d’une seconde.
- En examinant le jeu de cette machine, on est frappé de la précision avec laquelle les mouvements s’exécutent ; et en analysant Loules les combinaisons en détail, on voit avec satisfaction , je dirai même avec admiration, le résultat qu’a obtenu l’inventeur, surtout quand on prend en considération que M. Perrin a été, il y a encore peu de temps, simple ouvrier mécanicien employé dans une filature de notre ville.
- Des combinaisons ingénieuses et compliquées ne sont cependant pas un avantage quand on considère une machine sous le point de vue du rendement.
- Aussi votre comité a-t-il cru devoir s’assurer si les six machines qui f°ttC"
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- Uonnent à Cernay, chez MM. Motsch et Perrin, travaillent effeclivement d’nne manière régulière et manufacturière.
- Le rapporteur a examiné ces machines pendant près d’une heure sans Qu’aucune des six ait jamais été arrêtée Un seul instant.
- Pu reste , ces messieurs livrent déjà aux filateurs des tubes par centaines de Bulle, et on en est génénéralement très-satisfait.
- Les six machines de MM. Motsch et Eerrin sont mues par deux hommes qui tournent un volant, et soignées par trois enfants de douze à quinze ans. En mettant ces machines à un moteur Mécanique, elles produiraient facilement , par machine et par jour, 50,000 tubes qui, fabriqués à la main,d’après 4es prix de façon qu’on paye habituellement ici, coûteraient 4 fr. 50 c. de main-d’œuvre. Avec le travail méca-uique, on aura par machine et par jour
- fr.
- Main-d'œuvre.............0.50
- Intérêts, amortissement.. . 1.25 Moteur et huile.......0.50
- Total............. 2 25
- Différence, 2 fr. 25 c. par jour et par machine , et avec cela un produit supérieur en qualité.
- Avec la fabrication des tubes coniques à la main , on a toujours quelques pour cent de déchet provenant de l’irrégularité inévitable du travail manuel ; Outre cela , les rattacheurs perdent du temps à écarter les tubes trop grands ou trop petits.
- Quand tous les tubes sont parfaitement réguliers, comme cela a lieu avec la machine, les inconvénients mentionnés plus haut n’existent plus.
- En somme, votre comité pense que la machine que MM. Motsch et Perrin ont soumise à votre application est une bonne et belle invention, et que les filateurs qui voudront se l’approprier ne pourront que bien s’en trouver, s’ils la soignent et l’entretiennent convenablement.
- Rapport sur le métier de tissage de Claussen (1). '
- Le métier mécanique à bras, inventé
- . 0 H y a longtemps que nou9 aurions dé-®tré présenter à nos lecteurs une description •vec figures du métier de tissage dit de Clau-
- en Belgique par le docteur Porter et qui par cession de brevet est passé dans les mains de MM. Claussen et compagnie, vient d’ètre l’objet d'un examen de nature à en faire apprécier le mérite de la part de la section des tissus et des impressions sur étoffe de la Société industrielle de la basse Autriche , grâce à M. E. Reithoffer, fondé de pouvoir de MM. Claussen et compagnie , qui possède un de ces métiers.
- Le métier du docteur Porter, ou comme on l’appelle ordinairement le métier Claussen, n’est rien autre chose, considéré dans son ensemble, que le métier à fabriquer les rubans appliqué à la fabrication des tissus d’une plus grande largeur. En conséquence, suivant la largeur qu’on lui donne et au lieu de tisser de 10 à 40 rubans à la fois, il fabrique 1, 2, 3 ou 4 tissus; de façon qu’on peut, par exemple, y travailler sur une chaîne présentant une largeur de 3m,20 ou simultanément deux chaînes de lm,82 ou trois chaînes de 0m,91, ou enfin quatre chaînes de 0m,50. L’ouvrier, tout comme dans le métier à rubans, fait fonctionner à l’aide du mouvement d’élévation et d’abaissement qu’il imprime à une barre, un rouleau principal s’étendant sur toute la largeur du métier qui opère, par l’entremise d’engrenages simples et de poulies excentriques, le mouvement des lisses, le passage des navettes et l’enroulement simultané du tissu fabriqué.
- Depuis plusieurs années M. Bischof, fabricant de rubans à Vienne, en Autriche, avait appliqué à la fabrication des étoffés de soie de 0m,572 et lm,144 de largeur, des métiers à deux et à quatre chaînes dont le métier Claussen ne diffère que par une construction mieux entendue des diverses pièces, et en particulier les dispositions pour l’enroulement du tissu fabriqué sur l’ensouple de l’étoffe (régulateur) et la passée des duites, et de plus par l’emprunt fait aux métiers mécaniques dits power-loom du mécanisme très-efficace qui amène à l’instant tout le métier à l’état de repos aussitôt qu’il se
- sen , qui depuis quelques années a attiré l’attention des fabricants dans plusieurs pays manufacturiers ; mais les détails et les dessins que nous avions entre les mains étaient tellement imparfaits que nous avons toujours différé cette communication. Peut-être préférera-t-on à ces renseignements incomplets lire ici le jugement impartial que des praticiens, qui ont fait fonctionner ce métier, ont porté sur cette utile invention mécanique.
- F. M.
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- présente une perturbation ou un obstacle dans le passage de la navette.
- Le métier Claussen doit donc être considéré moins comme une invention originale que comme un perfectionnement apporté à des choses antérieurement connues et dont on ne saurait attendre les merveilleux produits que suivant les feuilles périodiques on aurait déjà réalisés par son emploi. Les résultats pratiques que nous allons faire connaître sont dus à M. J. Mayer, chef de la maison J.-H Stametz et compagnie, qui a entrepris dans sa fabrique de Thannevald de nombreuses expériences sur un métier de ce genre à deux chaînes que possède M. Reilhof-fer. Le directeur des fabriques de la ville qu'on vient de citer a rédigé à l’occasion de ces expériences le rapport suivant :
- « Le métier Claussen, sous la forme où on le voit aujourd’hui, ne parait pas propre à la fabrication de la percaline n° 80 (anglais) en chaîne et n° 90 en trame ; il est trop massif et par suite trop lourd : il a un pas trop haut, et par conséquent il donne inutilement aux fils une tension qui nuit à leur consistance et à leur ténacité. Ce métier, tout en conservant le principe de sa construction , pourrait être établi sur des proportions plus légères, plus commodes, et partant plus solides qu’il n’en a aujourd’hui. Le résultat de son travail sur la percaline a été, par les causes qui viennent d'être indiquées, et parce que la chaîne a besoin d’èlre parée sur le métier, on ne peut pas plus défavorable; et son rendement est resté fort au-dessous de celui du métier ordinaire à la main. II a fallu 11 jours pour fabriquer 50 aunes de Vienne (39 mètres), tandis qu’un tisserand sur métier ordinaire a fait en 18 à 19 jours 150 aunes (117 mètres) ; toutefois le premier tissu était remarquablement beau et uniforme. Le parage, surtout à cause ües ruptures fréquentes provenant de la hauteur du pas, a donné lieu à une si grande perte de temps, qu'on n’a pu travailler que sur une seule chaîne. La seconde était, il est vrai, tendue aussi, maison ne l’a pas tissée.
- « Le calicot n°40 en chaîne, et n° 50 en trame de 0m,80 de largeur a mieux réussi ; mais comme on n’a pas pu se procurer non plus de chaînes toutes parées, le résultat de l’expérience a été également inférieur à celui du tissage à la main En 23 jours on a tissé deux chaînes sur une longueur de 130 aunes de Vienne (101m,30), tandis que
- le tisserand à la main ne fournit en 11 à 12 jours que 130 aunes, même largeur, et sur une seule pièce.
- » Pour les toiles communes n° 30 en chaîne, et n° 20 en trame de 0m,9l4 de large, on a employé des chaînes parées, et le résultat a été notablement meilleur, quoique le fil surlesensou-pies fût devenu déjà un peu cassant. A 16 fils eu trame par quart de pouce (24 fils au centimètre), on a fabriqué deux pièces de 42 aunes (32m,72) en quatre jours, ce qui dépasse environ des trois quarts le travail du tisserand à la main. Le résultat le plus favorable de toutes les expériences a été celui qu’on a obtenu avec un tissu mélange dit Orléans de 0ra,948 de largeur, en coton retors n° 60, en chaîne et fil en laine de peigne n° 40, en trame avec 20 fils au quart de pouce (30 filsaucen-timètre), on a fabriqué deux pièces chacune de 36 aunes de Vienne (28m.f 5) en quatre jours un quart, c’est-à-dire plus du double de ce que peut faire un ouvrier à la main, qui pour une pièce de 36 aunes a besoin de quatre jours et demi, tandis que dans quatre jours un quart le métier Claussen a fourni 72 aunes. Il est toutefois bon de faire remarquer que cette expérience a eu lieu dans les circonstances les plus favorables. puisque la chaîne aussi bien que la trame étaient d’excellentes qualités, que l’atmosphère était légèrement humide et que l’ouvrier était d’une activité peu commune. Avant et depuis cette expérience sur la fabrication de ce tissu laine et colon, le résultat a été moins avantageux. Mais d n’est guère permis de douter quand on prendra les précautions convenables, lorsque les ouvriers auront acquis plus de pratique et qu’on n’emploiera que des fils de bonne qualité, que le métier fournira peu à peu des résultats encore plus avantageux que ceux qu’il a été possible d’atteindre dans des expériences isolées. Seulement il faut bien remarquer qu’il est d'une nécessité absolue d’avoir à sa disposition des machines à parer, sans lesquelles il n’est pas possible d’espérer un rendement aussi avantageux.
- » D’après le témoignage unanime ue trois tisserands qui ont opéré sur ee métier, il paraît que le travail y est P*uS rude que sur le métier ordinaire à bras où il faut cependant agir avec les bras et avec les pieds. Mais c’est une afla|r,e d’habitude, car la dépense de force ne cessaire pour le mouvement du met1® est très-faible, et n’est fatiganteque pa son uniformité. Des individus dul 0
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- sont pas tisserands de profession pensent très-bien lui faire frapper 70 à 80 coups par minute sans qu’il eri résulte d avaries.Mais unecirconstancequiproportionnellement occasionne une plus grande perte de temps, c’est que le travail se trouve interrompu sur les deux chaînes montées l’une à côté de 1 autre, lorsqu’il survient une avarie seulement à l'une d’elles.
- » Les expériences qui viennent d’être rapportées semblent démontrer que ce métier pourrait, dans ses applications, réaliser bon nombre d’avantages pratiques, mais que néanmoins il ne faut pas attendre que, pour les tissus communs, il puisse faire aux métiers à la main jusqu’à présent en usage une concurrence profitable, et cela par les motifs que voici :
- » 1° Il exige un fil en chaîne de bien meilleure qualité que celui qu’on donne ordinairement au tisserand à la main, et sous ce rapport on peut l’assimiler aux métiers mécaniques.
- » 2° Les chaînes parées sont pour lui une condition de rigueur.
- » 3° Le mécanisme du métier, malgré sa simplicité, exige cependant plus de soins, d’attentions et d*' précautions qu’on ne saurait en attendre d’un simple tisserand. D’ailleurs les métiers, par suite de l’espace considérable qu’ils occupent, ne peuvent pas facilement être introduits dans la demeure du pauvre ouvrier, et cette circonstance lui fait perdre beaucoup de son importance économique.
- » 4° Les frais d’acquisition s’élèvent de 210 fr. à 260 fr., ce qui est un prix tellement supérieur à celui du métier à la main, qu’on ne doit pas songer que le tisserand à la tâche puisse acheter un métier de ce modèle, ou le payer successivement sur son travail.
- » Pour les établissements importants où l’on pourrait se procurer un grand nombre de métiers de ce genre, et préparer aisément des chaînes parées, où les mécanismes seraient soumis à une surveillance continuelle, ces métiers seraient plus propres à la fabrication des tissus communs et procureraient plus d’avantage que les métiers connus jus-qu’à présent sous le nom de métiers mécaniques, parce que le mécanisme en est plus simple, plus facile à manier, el enfin moins sujet à l’usure et aux réparations. Ils fournissent un tissu très— oeau et très-uniforme, surtout pour les ®lofles qui ont du corps , et ont l’avantage sur les métiers à bras ordinaires , qu'on peut y appliquer à peu près des ouvriers tisserands quelconques, même I* Technologitte. T, XI. —Août 18S0.
- ceux inhabiles, pour peu qu’ils sachent seulement renouer un fil rompu et mouvoir convenablement et régulièrement la barre, avec l’espoir qu’avec un peu d’exercice ils produiront, non pas peut-être le double, mais au moins moitié en sus du travail que donne nujour-d hui un ouvrier actif et expérimenté sur les métiers ordinaires. »
- Nouveaux procédés pour le placage des bois.
- Par M. J. Meadows.
- # Je me suis proposé, dans cette invention , de plaquer les surfaces en bois de manière qu’au lieu d’employer plusieurs feuilles concourant ensemble à former des angles ou des arêtes comme on l’a fait jusqu’à présent, la même feuille de placage vienne se plier sur ces angles, s’appliquer dessus ainsi que dans les différentes parties des surfaces qu’il s'agit de plaquer, ce qui diminue non seulement la main d’œuvre, mais présente en outre un travail plus propre et mieux exécuté.
- La fig. 2, pl. 131, représente, partie en coupe, l’appareil dont je me sers pour atteindre le but indiqué; sa description et le secours des autres figures suffiront pour faire connaître cette invention.
- a, sommier creux et fixe en métal dont la face supérieure présente la contre-partie du profil de la moulure qu’on veut faire. L’intérieur de ce sommier est en communication avec un générateur, afin de le chauffer à la vapeur. On peut aussi avoir recours à un autre moyen quelconque pour opérer le chauffage. Ce sommier a une longueur quelconque et en rapport avec les pièces les plus longues qu’on veut produire, b est une barre creuse de la même longueur que le sommier a, et comme lui chauffée à la vapeur ou autrement. La barre b tourne à charnière sur le sommier a, de manière qu’on peut la rabattre sur lui ou la relever ainsi qu'on l’a représenté dans la fig. 3. Elle est retenue en place par un cliquet c qu’un ressort d maintient sur une portion de roue à ro-chete, fixée sur la barre. Il y a plusieurs de ces rochctsdistribués sur la longueur de la barre, et armés d'un encliquetage semblable à celui c, de façon que la barre puisse être maintenue fermement dans tous ses points sur le placage quand cela est nécessaire.
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- Il existe aussi dans l’appareil une barre de pliage f qui est mobile, et qu’on relève pour venir presser sur la feuille de placage au moyen d’un levier à poignée g, dont l’extrémité inférieure se meut sur un point de centre dans la pièce à fourchette g1, portée par la barre b. On voit que ce levier g,g' pénètre dans une cavité pratiquée sur le dos de la barre f et y est assemblé à charnière , de façon que quand le levier <7, quittant la position g2 indiquée au pointillé, prend celle marquée dans Ja figure, cette barre presse sur la portion de la feuille de placage qui est étendue sur elle ets’applique sur la pièce qui doit être plaquée. Ce levier à poignée g est ensuite retenu dans sa position au moyen d’un rocheti qui reçoit une dent saillante <73 qui le porte. Il existe plusieurs de ces appareils le long de la barre b ; enfin le serrage définitif s’obtient par le moyen de la presse à vis j qu’on a représentée au pointillé dans la figure.
- A est une section de la pièce de moulure qu’il s’agit de plaquer. La feuille de placage est posée sur le sommier a ; on place dessus la moulure A qu’on presse successivement et par intervalles au moyen de la vis Ji qui fait prendre ainsi à la feuille de placage la forme de cette moulure. Jusque-là ce mode de placage ne diffère pas matériellement de celui qui se pratique ordinairement, mais dans ce cas, la feuille de bois précieux s’étend bien au delà de la surface et est assez étendue pour couvrir non-seulement la surface A1 de la moulure, mais aussi l’angle A2, puis la surface concave A3, l’angle A4 et enfin le retour A5, toutes surfaces qui, dans mes procédés, doivent être plaquées avec la même feuille et en un seul temps, au lieu d’avoir, comme dans les procédés ordinaires, une feuilfe pour couvrir la surface A1, une autre pour plaquer celle A3 et une troisième pour couvrir celle A5; toutes faces qu’on plaquait en trois différentes opérations, en laissant sécher l’une d’elles avant d’en appliquer une autre, et dans tous les cas, en laissant apercevoir plus ou moins les lignes de jonction aux angles ou près des angles.
- La face A1 étant pressée sur la feuille de placage placée sur le sommier a, par les vis K on relève la barre b à l’aide de la poignée bx afin de plier celte feuille sur l’angle A2, ainsi que sur la surface courbe ou concave A3. Ensuite on plie cette même feuille suivant l’angle A4, puis sur la face A8, et pour donner le serrage définitif, on applique les pres-
- ses j,?' dans le cas où la barre /'ne presserait pas suffisamment en dehors. On peut de môme appliquer des presses semblables à celles j sjur la barre ù, si on ne croyait pas qu’elle fût assez serrée ; enfin on peut avoir recours à tout autre moyen mécanique pour tenir la feuille appliquée dans tous ses points sur la moulure.
- C’est de la manière qui vient d’être expliquée qu’on parvient à plaquer des surfaces ou des moulures présentant un autre profil, tout en employant le même appareil, mais avec des pièces additionnelles ou de remplissage qui amèneront les parties à b' f a présenter la contre-partie des moulures particulières ou du profil des surfaces. C’est ce qu’il est facile de comprendre à l’inspection des figures 4, 5 et 6 où l’on voit différentes moulures à l’état de travail et pour être plaquées, en se servant de pièces de remplissage a' b', suivant les conditions que présente chaque cas particulier. On peut de même plaquer d’autres moulures ou d’autres surfaces en changeant ou faisant varier le sommier et et les pièces qui en dépendent. C’est ainsi que les fig. 7,8, 9 et 10 présentent les sections des moulures avant le placage , et les fig. 11,12 13 et 14 les mêmes moulures après le placage.
- Au lieu d’employer la colle ordinaire quand on plaque des bois de couleur tendre et délicate, surtout lorsque les feuilles en sont très-minces, je me sers de préférence d’une préparation qui consiste en rognures de parchemin bouillies jusqu’à la consistance dé colle forte, colle que je mélange à une certaine quantité de craie pour lui donner la consistance d’une pâte ferme que j'étends sur l’une des faces de la feuille de placage, tandis que j’humecte l’autre face avec un pinceau trempé dans l’eau. J’applique alors celte feuille comme il a été expliqué ci -dessus, et j’ai remarqué qu’il y avait avantage à introduire des feuilles très-minces de laiton sur la face extérieure de la feuille entre elle et les contre-moulures a,b, f et a, b', et enfin à placer entre le nae-tal et le bois de placage une feuille de papier qui s’oppose à ce que la colle puisse arriver jusque sur le métal.
- On applique la chaleur aux pièces a et b, jusqu’à ce que la feuille de pja' cage soit moulée et appliquée sur les surfaces A1, A3, A5, puis on laisse refroidir le tout, et ce n’est que lorsque la colle ou la composition indiquée _a acquis toute sa consistance qu’on p011
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- et vernit le placage de la manière ordinaire.
- Modifications à apporter aux soupapes de sûreté des machines à
- vapeur.
- Tous ceux qui s’occupent de machi-pes connaissent l’usage et la forme des soupapes de sûreté.
- Les règles qui doivent guider le constructeur dans l’exécution de ces appareils sont :
- 1° Choix sévère des métaux employés pour faire le disque de la soupape et son siège (le laiton est généralement adopté pour le disque, parce qu’il est poreux, bien homogène et facile à travailler; le siège se fait souvent en fonte):
- 2° Réduction de l’anneau de contact entre ces deux pièces à un minimum de largeur ;
- 3° Disposition du levier d’application de la charge, telle que le disque puisse se soulever également sur tout son pourtour ;
- 4 Précision dans l’exécution et dans l’assemblage de chaque pièce, pourqu'il n’y ait nulle part frottement ou résistance.
- L’observation de ces règles est essentielle pour assurer le jeu de l’appareil ; mais croire qu’une soupape qui y satisfait fonctioûrie toujours parfaitement, c’est une erreur. Pour le prouver, il nous suffira de dire ici comment les choses se passent : les soupapes étant bien nettoyées, elles peuvent marcher pendant quelque temps en concordance avec le manomètre, c’est-à-dire que , sous la charge normale qu’elles supportent, elles ne laissent pas fuir la vapeur tant que sa tension ne surpasse pas celle qui correspond à cette charge. La pratique apprend toutefois que pour qu’une soupape ordinaire puisse fonctionner en concordance avec le manomètre, il faut que sa charge ait été réglée d’après le diamètre moyen et non pas d’après le diamètre intérieur de l’anneau de contact. Mais après un temps plus ou moins long, suivant le degré d’échauf-fément des soupapes, la qualité du métal dont elles sont formées, la qualité de l’eau employée, etc., etc., une couche de rouille s’interpose entre les disques et leurs sièges. Dès lors les sou-Papes laissent fuir la vapeur longtemps ayant qu’elle soit à la pression normale, et à moins de faire cesser le jeu de la
- machine pour nettoyer, le mécanicien doit surcharger chaque soupape. Bientôt les premières surcharges sont même insuffisantes, parce que la couche de rouille gagne en épaisseur et s’adjoint les parties terreuses et salines que renferment les gouttelettes d’eau que la vapeur entraîne en s’échappant. On remarque même que si l’on n’a à sa disposition que des eaux renfermant un pour cent seulement de certaines substances salines, telles que les chlorures alcalins, par exemple, les soupapes laissent fuir la vapeur longtemps avant quelle ait atteint la pression normale et presque immédiatement après leur nettoyage. Nous avons dit que les premières surcharges étaient bientôt inutiles, et qu’il fallait les augmenter ; il arrive parfois que, par suite deces augmentations successives, la surcharge est venue doubler, et au delà, la charge normale avant l’arrivée du jour de nettoyage. Fort heureux le mécanicien qui, auparavant, n’a pas fait sauter sa machine et n’est pas devenu victime d’une telle imprudence.
- Voici, à notre avis, ce qu’il y aurait à faire pour éviter cet état de choses :
- 1° Faire la partie du disque qui s’appuie sur le siège, avec un métal moins oxidable que ceux employés jusqu’à ce jour. L’argent doit parfaitement convenir dans ce cas.'Un anneau de ce métal ayant trois millimètres de large et trois millimètres d’épaisseur coûterait moins de trois francs pour une soupape de cinq centimètres de diamètre.
- 2° Disposer chaque soupape pour qu’elle puisse être rodée pendant la marche de la machine et charger celle-ci de ce soin. A cet effet, une roue dentée de dix à quinze centimètres de diamètre serait fixée horizontalement sur.le disque de la soupape à quatre ou cinq centimètres au - dessus du siège. Cette roue, dont l’axe se confondrait avec celui de la soupape, recevrait uu mouvement rotatif continu de la part de la machine, soit au moyen d’une vis sans fin ou de toute autre façon qui ne puisse jamais gêner le soulèvement de la soupape.
- Quant à la vitesse à imprimer au disque, etpar conséquent à la roue dentée avec laquelle il est solidaire, elle ne peut être déterminée que par l’expérience; mais, à notre avis, elle ne doit pas être bien grande; peut-être trois ou quatre tours par heure suffiraient-ils.
- Dans le cas où la charge serait appliquée par uri levier, ce levier devra s’ap-
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- payer sur le disque par un pivot disposé pour que l'effort à exercer pour déterminer le mouvement de rotation de la soupape soit réduit autant que possible. Cet effort sera du reste toujours très-faible et n’exigera pas un travail supérieur à celui représenté par la vapeur qui se perd aujourd'hui par les soupapes , malgré les surcharges dangereuses que l'on y applique trop souvent (i).
- Mons, 28 janvier 1850. G. F.
- Sur la détérioration des essieux de chemins de fer.
- Nous avons fait connaître dans le Technologiste , 11e année, p. 482, un mémoire de M. McConnell sur la construction des essieux de chemins de fer et résumé sommairement la discussion qui s’est élevée à ce sujet au sein de l’Institut des ingénieurs constructeurs de Londres. On y a vu que plusieurs ingénieurs avaient mis en doute le changement moléculaire du fer, quoique la commission chargée de fa i re une enquête sur l’application du fer à la construction des ponts sur les chemins de fer, et dont nous avons donné le rapport dans notre recueil, même année, pages 386 et 431-, se soit déclarée pour l'affirmative dans cette question si importante pour l’industrie. Quoi qu’il en soit, M.McConnell ayant été mis en demeure de fournir des preuves de la transformation de la structure fibreuse du fer en celle cristalline dans les essieux de chemins de fer, a dû se livrer, pour atteindre ce but, à des expériences et à la recherche des témoignages, et c’est le résurné ries unes et l’exposition des autres qui ont donné lieu a un nouveau mémoire qu il a lu audit Institut le 23 janvier 1850, et dont nous donnerons ici un extrait étendu.
- « Avant de faire connaître, dit M. McConnell, le résultat des diverses expériences qui ont été entreprises pour déterminer la cause et l’étendue des changements de l’état fibreux à l’état cristallin dans les essieux en fer de railway , il est bon de remarquer que de même que dans d’autres sujets de controverse, il est difficile de produire une preuve complète et concluante
- (i) Extrait du Bulletin de l’Industrie, février
- 4850, p. 84.
- que le fer où l’on fait voir une structure cristalline était fibreux auparavant; car il n’est pas possible, expérimentalement parlant, de montrer cette transformation pendant qu’elle s’opère. Dans tous les cas, ne serait-il pas raisonnable et d’ailleurs plus sûr d’admettre le fait d’un changement quand on observe que les essieux à l’état neuf, et par un procédé particulier de fabrication, présentent dans toutes leur substance le caractère doux, résistant et fibreux, et cependant qu’après plusieurs années de travail ces mêmes essieux, par suite des causes variées de détérioration qui ont été en action, rompent net au droit de la roue, et présentent alors un aspect tout différent de la structure primitive du fer?
- » Du reste, j’ai clé assez heureux, quelque temps après la discussion qui s’est élevée dans une séance précédente, pour trouver dans un essieu un exemple très-remarquable de ce changement, et ce cas fournit une preuve si importante et si concluante, que j’ai résolu de le livrer à l’inspection des membres de rinstitut.
- » Cet essieu était calé dans des roues en fonte, du modèle de celles dont on se sert sur plusieurs lignes de chemins de fer, avec rais en H. Ces roues étant parfaitement rigides, l’expérience a prouvé que les essieux étaient aussi beaucoup plus exposés à des détériorations en fonctionnant que lorsqu’ils roulent avec des roues en bois ou d’un autre mode de construction et en fer forgé, etc., qui ont un certain degré d’élasticité.
- » Cet essieu a brisé pendant le service ordinaire, tout près du moyeu de la roue comme d'habitude, et les faces de rupture présentent la preuve la plus nette de l’existence d’un espace annulaire qui a déjà été signalé au pourtour du plan de cassures. Cet anneau n’est pas seulement à grain fin et cristallin mais on y aperçoit aussi une séparation très-nette dans les limites de l’espace annulaire , qui à ce qu’il paraît se produit quelque temps avant la cassure définitive, comme si chaque coup successif, lourd ou léger, latéral ou vertical, reçu ou transmis par les roues, tendait à détruire une portion de cohésion de la substance de l’essieu q111 a commencé à cristalliser au point particulier où la rupture a eu lieu.
- » En recevant cet essieu dans ,e ateliers, avec une des roues qui y ela\ encore calée, il est tombé par hasar. à terre, à quelque distance du xvag° » et telle était sa nature fragile dans
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- voisinage de cette roue, qu’il a rompu à l’autre bout seulement par l’effet de celte chute.
- » J’ai voulu m’assurer jusqu’à quel point la théorie était autorisée à prétendre que la détérioration de l’essieu était principalement localisée en ce point, et en conséquence j’ai fait poser ce qui restait de l’essieu entre les deux points de rupture, sur des appuis, pour essayer de le rompre. On a fait tomber dessus, d’une hauteur de 4m,25, un poids en fonte de 212 kilog.; mais après quelques épreuves, on a trouvé que ce poids ne produisait sur le centre de cet essieu aucun effet propre à amener une rupture , quoique ce fût un jour de gelée, ce qui rend ordinairement le fer plus cassant. Tous les efforts pour le rompre ayant été impuissants, on l’a transporté, pour en constater le caractère fibreux, à la presse hydraulique où il a été courbé en forme de V, jusqu’à ce que les extrémités se touchassent, mais sans autre indice que de légères fissures à la surface: toutes ces circonstances démontrent que cet essieu était encore très-fibreux au centre.
- » J’ai donc tout lieu d’insister sur l'opinion que j’ai avancée sur l’effet des chocs ou des vibrations communiquées à l’essieu par les roues, et d’attribuer la cristallisation de cette pièce tout près de la roue à l'arrêt subit, ou à la réaction de l’onde de vibration en ce point, arrêt dû à la masse de matière que lui présente la roue, et qui interrompant cette vibration ou faisant les fonctions d’une enclume, force celte vibration à réagir comme un coup porté sur le collet de l’essieu (point voisin le plus faible), et à détruire ainsi son caractère fibreux.
- » On peut donc objecter aux roues en fonte leur rigidité qui s’oppose à ce qu’elles absorbent le Choc latéral et vertical, ainsi que les autres efforts indiqués précédemment, développés pendant le travail et transmis à l’essieu. CVst ce défaut que je me suis efforcé de mettre en relief au moyen d’une expérience comparative faite sur deux essieux de même modèle et de même âge, l’un fixé dans des roues en fonte et l’autre dans des roues en bois.
- » La première expérience a eu lieu sur l’essieu calé dans des roues en bois, posant horizontalement sur les rails. On a fait tomber sur lui un poids de 2t2kilogr., d’une hauteur de 4 mètres immédiatement derrière la roue ; l’essieu s’est légèrement courbé dans le
- point où il a reçu le choc, et une portion du bandage reposant sur le rail a cassé net. Cette expérience a été répétée quatre fois sur l’autre extrémité de l’essieu, qui n’a etc que légèrement courbé, tandis que la roue a été mise complètement hors de service.
- » La seconde expérience a été faite sur l’essieu à roues en fonte, placé comme précédemment et en faisant lomber sur lui le même poids, de la même hauteur, derrière la roue. Au premier coup l’essieu a rompu à l’autre extrémité, au droit de la roue. Ce qui prouve que, dans le premier cas. l’essieu a été garanti contre la rupture par la roue en bois qui a absorbé une part notable de l'effet du choc, et de plus la rupture du bandage démontre que pendant le travail la roue a absorbé une portion de l’action des forces qui tendent à opérer la cristallisation ; cette roue agissant alors comme un coussin pour atténuer les chocs avant qu’ils parviennent à l’essieu. Dans la seconde expérience, le rail qui portait la roue en fonte a été brisé.
- » On a tenté une troisième expérience avec un autre essieu, calé dans des roues en fonte comme précédemment, et qui a reçu quatre coups sur chaque extrémité à l’intérieur des roues. L’essieu a fléchi, mais sans se rompre ; il avait fait très peu de service et présentai! un caractère fibreux très-prononcé.
- » Pour reconnaître et étudier l’apparence relative des essieux qui ont fait du service et déterminer la position du changement cristallin tant au centre qu’à la surface extérieure de ces pièces, j’ai pris quatre essieux réformés pour usure des tourillons, et j’y ai fait pratiquer une rainure qui pénétrait dans deux des cas des deux côtés jusqu’à 0m,025 du centre, et dans les deux autres d’un seul côté au delà de ce centre et jusqu’à 0m,025 de la surface extérieure. Ces essieux ayant ensuite été éclatés avec des coins, on a reconnu qu’il s’y était manifesté nn changement moléculaire plus sensible par un des bouts que par l’autre, circonstance qu’il faut peut-être attribuer au frein qui était appliqué sur la roue de ce dernier côté.
- » J’ai aussi fait de nombreuses expériences en présence de plusieurs membres de l’Institut, dans le but de déterminer l’effet produit sur la fibre de fer par le martelage à froid. En voici le résumé :
- »N° 1. Une barre de fer de 0™,0635 de largeur et 0m,02857 d’épaisseur a
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- reçu 20 coups pour la cerner en travers, et a rompu par 21 coups d’un marteau de 6kil-,548 en présentant une cassure partie fibreuse, partie cristalline.
- » N° 2. La même barre ayant reçu 52 coups d’un côté et 55 de l’autre du marteau de 6kU-,348 avec 20 coups pour la cerner comme précédemment, a rompu au quatorzième coup, en montrant des couches différentes de fibres et de cristaux.
- » N° 3. La même barre ayant reçu 50 coups de chaque côté comme le n° 2, mais chaque coup alternativement d’un côté et de l’autre et 20 coups pour la cerner, a rompu par 9 coups.
- »N° 4. La même barre n’ayant pas été martelée à froid, mais ayant reçu 20 coups pour la cerner, a exigé 28 coups pour la rompre et a présenté une bonne cassure.
- »N° 5. Une barre carré de 0m,0222 a reçu 5u coups sur deux faces opposées et 25 sur les deux autres faces, avec 4 coups pour cerner, et a rompu par 5 coups.
- » N» 6. Sans aucun martelage à froid, la même barre avec 4 coups pour cerner a rompu par 6 coups.
- » N° 7. Sans martelage à froid et 4 coups pour cerner, la même barre a exigé 30 coups pour rompre ; dans ce cas on l'a rompue sur le plat, tandis que dans le n° 6 on avait rompu de champ ou sur la tranche.
- » N° 8. On a pris un essieu de 0ra,092 de diamètre qu’on a forgé à froid par un bout en lui appliquant sur tous les côtés 204 coups d’un martinet de 3 t/4 tonnes; 110 coups ont ensuite été frappés avec un marteau à main pour cerner cette extrémité tout autour, et il a fallu seulement 5 coups du martinet pour le rompre. L’autre bout, qui n’avait pas été forgé à froid, après avoir reçu le même nombre de coups pour cerner, a exigé 78 coups du martinet de 31/4 tonnes pour rompre. Preuve de l’énorme détérioration qu’éprouve la force de résistance du fer par un martelage à froid.
- »Tt4 9.On a fait tourner une pièce de fer rond, neuve et propre à faire partie d’un essieu de 0m,0603 de diamètre ayant à chacun de ses bouts un tourillon tourné de 0m,0476 de diamètre et 0m,0635 de longueur, avec une vitesse considérable pendant environ une heu-ré, avec une des extrémités graissée et l’autre à sec, en rafraîchissant celle à sec avec de l’eau froide chaque fois qu’elle s’échauffait. On a mis ensuite ce fer en expérience pour déterminer
- par la force différente requise pour rompre l’extrémité détériorée par un défaut de graissage la résistance relative de chaque tourillon; mais telles étaient les qualités malléables de ce fer que . bien qu’il ait reçu 520 coups d’un marteau à main pesant, frappant de toutes les manières possibles pour le rompre (sans avoir été cerné ) suivant une direction, on n’a pu y parvenir; le fer a paru seulement s’étirer derrière le tourillon à l’un des bouts.
- »Ce cas mérite d’être remarqué, attendu que l’expérience suivante de même genre, mais avec un vieux essieu de dimension plus forte, présente, par un contraste bien tranché, la détérioration qu’apporte dans un même fer l’emploi sur les chemins de fer et les vibrations auxquelles il a été exposé.
- » N° 10. Un vieux essieu qui avait roulé longtemps, provenant de la même usine et du même fer que le n° 9,calé sur ses roues, a été monté sur un tour dans ses mêmes tourillons et mis en circulation à raison de 16 kilomètres à l’heure pendant cinq heures; un des tourillons a été tenu sec et arrosé avec de l’eau froide quand il s’échauffait, et l’autre bien graissé avec de l’huile. Enlevé du tour, le tourillon qui avait roulé à sec a été rompu par 12 coups d’un marteau du poids de 10 kilogr., tandis que le tourillon graissé a exigé 91 coups ffu même marteau pour se rompre, sans qu’on ait cerné dans les deux cas. Çe qui démontre |e tort qu’on fait aux essieux par l’habitude où l’on est de les arroser d’eau froide pour rafraîchir le tourillon qui s’est échauffé par défaut d’un graissage convenable.
- » Indépendamment des résultats d’autres expériences qui toutes ont eu pour but de déterminer le changement qui s’opère graduellement dans les' essieux de railways ou autres pièces de fer exposées à un mouvement de secousse ou de vibration, je mettrai sous les yeux de l’Institut des essieux rompus qui m'ont été adressés de divers points e| qui, à défau td’épreu ves, suffiraient seuls pour démontrer complètement l’existence d’un changement cristallin.
- » Toutefois, avant de donner communication des documents que j’ai reçus de la part de quelques autres personnes , et empruntés de leur propre expérience sur ce sujet, j’appellerai l’attention sur deux épreuves qu’on a faites dans le but de déterminer les d*rI1,e,?’ sions et la forme des essieux, afin d aller au-devant d’une objection qu°n m’adresse, savoir qu’une pression lente,
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- exercée sur le boudin d'une roue pour découvrir le point où un essieu est le plus exposé à céder à une force tendant à le courber, n’est pas la représentation fidèle de ce qui se passe dans la pratique ; cet essieu avait été fixé verticalement, de façon que ses roues étant placées horizontalement, le coup violent qu’elles éprouvent avec la voiture par le mouvement de lacet qui leur fait heurter le rail, fut parfaitement représenté par la chute sur le bord de la roue d’un poids de 212 kilogr., tombant d’une hauteur de 2“,'75. Or il a été facile de constater que la courbe suivant laquelle l’essieu s’est infléchi a été exactement la même que celle indiquée dans la première note et qu’on avait obtenue par une pression lente appliquée aux mêmes points ; ce qui vérifie la règle relative aux proportions à donner à l’essieu.
- » Voici maintenant quelques cas de fer forgé doux et fibreux, rendu cassant et ayant rompu net avec cassure à grain fin par l’effet de petits coups rapidement répétés pendant une longue période de temps , les chocs étant trè-;-petits par rapport à la force et à la résistance du fer. Ces exemples ont été empruntés aux machines à faire les queues de boutons dans l’usine de M. Heaton, à Birmingham. Le marteau , dans ces machines, est du poids de lkn-, 134 environ, et il estsoulevé par une lige carrée de 0m,0095 qui lui donne un effet mécanique de 5 kilogr. environ par suite de la différence de longueur des leviers. Ce marteau frappe 120coups par minute, mais l’excentrique qui le fait fonctionner n’agit que pendant un quart de sa révolution , de façon que la vitesse du marteau est égale a quatre fois le nombre des coups ou équivaut à peu près à 1,000 changements de mouvement par minute. Les tiges de soulèvement rompent toujours net avec cassure à grain fin, quoique faites avec le fer le plus doux et le plus fibreux qu’on puisse se procurer; parfois même elles ue durent que quelques mois; elles rompent près de l’extrémité fixée par un assemblage, et la détérioration paraît se borner à une petite étendue, le fer restant doux et fibreux à 2 à 3 centimètres de la cassure. Le marteau est uttaqué vivement par la tige et pressé sur un fort ressort pour obtenir une élévation rapide et un coup bien plus vü que s’il tombait par l’effet de la gravité.
- >• Un autre exemple emprunté aux unêmes machines est le levier qui sert à pousser les objets après qu’ils ont été
- estampés. Ce levier est une barre carrée de 0m,012 environ de côté et en fer forgé le plus doux; il a 0m,228 de longueur et retombe sur un battoir placé au tiers de sa longueur à partir de son centre de rotation qui est à l’extrémité. Il est ramené vivement par un ressort, et l’effort total qu’il supporte s'élève de 0kil-,4534 jusqu’à environ 5kil-,44I , suivant les circonstances du travail dans les machines. Tous ces leviers cassent net avec grain fin à 0m,025 de la partie qui frappe contre le but-loir, tandis que le fer reste fibreux et le même à 0m,025 du point de rupture. Ils fonctionnent aussi avec une vitesse de 1,000 changements par minute, et leur rupture a été tellement fréquente dans ces derniers temps (à peine duraient-ils quelques semaines), qu’on s’est déterminé à réduire les coups des machines de 120 à 100 coups par minute , ce qui les a fait durer à peu près quatre fois davantage.
- » M. J. Kekwick, des forges de Holmes, près Rotherham, m’a communiqué un fait qui vient à l’appui de mon opinion. « Dans l’une de nos forges, dit-il, nous employons journellement un marteau du poids d’environ 4 tonnes pour forger de grosses pièces d’acier. Le manche en métal de ce marteau a 0m,4318 sur 0[n,2032. Ayant trouvé beaucoup d’inconvénients et de danger dans la rupture des manches en fonte, nous en avons essaye un en fer forgé de 0m,4064 sur 0m.2032; mais après un service de quelques mois il s’est rompu par le milieu, et la cassure a présenté un grain fin et l’apparence d’une fonte cristalline. Nous avons réparé cet arbre, mais il a rompu de nouveau au bout de quelques mois, au même point; la cassure présentait le même aspect dans toute la surface. Nous n’avons pas hésité à attribuer ce changement à la vibration ou à la secousse occasionnée par le forgeage de l’acier, surtout de l’acier fondu. »
- » Un autre maître de forges, M. B. Gibbons, de Shut-End-House, près Dudley, m’a aussi adressé la note suivante : « Quand nous nous servions de manches en fonte pour les marteaux à forger le fer et qu’on pratiquait mal le moulage en coquilles, le nez ou la portion du manche qui était frappée par la came de soulèvement était protégé par une plaque de fer fergé, bien ajustée et assujettie par un gros boulon noyé dans la plaque et qui traversait le nez du manche de l’autre côté duquel il était vissé le plus fermement possible. On choisissait aussi pour faire ce bou-
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- ion le fer le meilleur et le plus fibreux, et cependant il rompait sous les chocs répétés qu’il éprouvait (90 par minute) avec un gros grain brillant sans la moindre trace de fibres. Celle rupture survenait si régulièrement, que je n’ai jamais vu un boulon durer plusieurs mois. Un autre exemple est celui d’un volant où l’on avait employé des bras en fer forgé, au lieu de fonte, pour rejeter autant que possible le poids à la circonférence, et qui était appliqué à un gros marteau de forge. Pendant quelque temps ce volant a bien fonctionné, mais après quelque temps de service, les bras ont pris du jeu dans l’anneau en fonte, puis on a éprouvé un choc violent toutes les fois que la came a frappé le manche, et enfin au bout de quelque temps les bras ont commencé à se rompre les uns après les autres, et quoique le fer fût extrêmement doux «à l’origine, toules les faces de rupture ont présenté un grain brillant et cristallin. Les axes ou boulons des cisailles qui servent à couper à froid les grosses barres éprouvent des chocs violents et rompent journellement avec ce même aspect grenu, quoique faits avec le fer le plus doux. La cassure de la fusée des essieux des voilures ordinaires est un fait vulgaire dû à la même cause. En forgeant ce fer cristallin à une chaleur convenable, on lui rend toujours sa texture fibreuse.»
- » On voit, d’après ces détails, qu’il y a un avantage matériel pour tous ceux qui sont chargés de construire ou de diriger des machines, soit pour les chemins de fer, soit pour les manufactures, les mines, etc., d’avoir constamment les yeux fixés sur les phénomènes qui ont rapport à la nature, à l’emploi, à la résistance et à la durée du fer ou des autres matériaux entrant dans la construction de ces machines. Il est évident qu’il convient avant tout de réunir tous les documents propres à nous fournir des notions précises sur les qualités les plus avantageuses, les meilleures formes et le traitement le plus propre à donner aux matériaux, afin qu'on puisse choisir, travailler, employer et garantir autant que possible ces matériaux contre toute cause d’altération, et obtenir ainsi la plus grande somme de sécurité, d’efficacité et d’économie possible dans le travail des machines.»
- D’autres membres de l’Institut, à la suite de cette lecture, ont cité encore plusieurs autres exemples également remarquables du changement molécu-
- laire qui s’opère en certaines circonstances dans la texture fibreuse du fer employé dans les machines ; et la séance ne s’est pas terminée sans faire un appel à tous les membres, pour apporter le tribut de leur expérience et de leur pratique dans une question si importante et si vitale pour l'industrie et l’économie publique.
- Des applications de F électro-magnétisme comme force motrice.
- Par M. R. Hdnt.
- M. R. Hunt a appelé, le 22 mai der-ner, l’attention de la Société des arts de Londres sur les tentatives nombreuses qui ont été faites pour appliquer l’éleclro-magnétisme comme force propre à mettre les machines en mouvement, et a indiqué les appareils proposés pour cet objet par MM. Jacobi, Dal Negro.M. Gauley, Wheatstone, Hjorth et autres Cependant,malgré les talents qui ont été appliqués à cet intéressant sujet et les sommes énormes dépensées dans la construction des machines. le public n’est pas encore en possession d’une machine électro-magnétique capable d’exercer une force quelconque économiquement. Faisant en outre remarquer que malgré l’assistance accordée à M. Jacobi par le gouvernement russe, cet habile expérimentateur a abandonné ses recherches expérimentales, l’auteur, dans cette circonstance, a cru devoir consacrer toute son attention à l’examen du premier principe qui sert à régler cette force dans l’espoir de parvenir à établir la question tout entière sur une base satisfaisante.
- D’abord, il a rappelé le phénomène de l’induction électro-magnétique et présenté des exemples de magnétisme développé dans du fer doux au moyen d’un courant voltaïque qui circule autour de ce métal. 11 a déterminé la force des électro-aimants et ajouté que dans son opinion celle force pouvait être accrue presque sans limite. Un courant voltaïque produit par une perturbation chimiquedansles éléments d’une batte* rie, quelle que soit la forme de celle-ci* est capable de produire par induction une force magnétique, et cette force magnétique est toujours dans un rapport exact avec la quantité de matière
- (.zinc, fer ou autre substance) consommée par la batterie.
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- M. Hunt a ensuite expliqué les formes diverses des batteries électriques et en particulier celles des batteries de MM. Daniell, Grove, Bunsen et Reinsch , cette dernière étant construite sans métal et dépendant entièrement de l’action qu’exercent l’un sur l’autre deux liquides dissemblables qui se combinent avec lenteur.
- L’auteur a démontré par une série étendue d'expériences que le maximum de force magnétique est produit lorsque l’action chimique se développe avec Je plus de rapidité. Il en résulte que dans toutes les machines magnétiques il est plus économique d’employer une batterie fonctionnant avec une action intense qu'une batterie où l’action chimique ne s'exerce qu’avec lenteur. M. Joule a prouvé, et le fait a été confirmé de la manière la plus satisfaisante par l’auteur, qu’on obtient une force de cheval dans une machine électro-magnétique, construite de la manière la plus avantageuse pour prévenir tonte perte de force, par la consommation de 45 livres (20kil-,403) de zinc, avec batterie de M. Grove en vingt-quatre heures, tandis qu’il en a fallu 75 livres (34 kilogr.) consommées dans le même temps pour produire la même force avec une batterie du modèle de Daniell. La cause de cette différence est due à la nécessité de produire un haut degré d’excitation pour surmonter la résistance que les forces moléculaires présentent aux perturbations électriques d’où dépend la force magnétique.
- M. Hunt a ensuite affirmé que quoique nous ne soyons peut-être pas encore ariivés à la meilleure forme possible de batterie galvanique, cependant nous sommes suffisamment éclairés sur la loi qui régit les forces électro-magnétiques pour déclarer que dans quelques conditions que ce soit, la quantité de la force magnétique dépendra toujours d’un chagement d’état, de la consommation d’un élément dans une batterie, et que la question se ré-
- duit à ces termes : quelle quantité de force magnétique peut-on obtenir d’un équivalent d’une matière quelconque qu’on aura consommée? Voici les résultats obtenus jusqu’à présent et qu’on a à considérer comme les plus satisfaisants.
- 1. La force d’un courant voltaïque étant égale à 678, le nombre de grains de zinc détruit par heure a été de 151 (9sratn-,8l5) pour élever 9,000 livres à 1 pied de hauteur pendant une heure ( 1246kil-,726 à 1 mètre).
- 2. La force relative du courant étant 1,300, le zinc détruit en une heure a été 291 grains ( 18&ram-.925) qui ont élevé 10.030 livres à un pied de hauteur ( I386kil ,063 à 1 mètre).
- 3. La force étant 1,000, le zinc consommé a été 233 grains (158kil-,145), et le poids levé à un pied 12.672 livres (1751kil-,166 élevé à 1 mètre).
- Les évalua lions données par MM. Sco-resby et Joule et les résultats obtenus par M. OErsted, et plus récemment par par M. Hunt, s’accordent à fort peu près, et ce dernier auteur établit que 1 grain de houille consumé dans le foyerd’une machine deCornwall,élève 143 livres à 1 pied de hauteur (1 gram. élève 30kilogr. à 1 mètre), tandis qu’un grain de zinc consommé dans une batterie n’élève seulement que 90 livres (20 kilogr. à 1 mètre). Le prix d’un quintal anglais de houille est au-dessous de 9 pence (94,5 cent. ), tandis que le prix d’un quintal de zinc dépasse 2,16 pence (22 fr. 68 c.). En conséquence, dans les conditions les plus favorables, la force magnétique est au moins 25 fois plus chère que la force qu’on obtient par la vapeur. L’auteur va plus loin, et fait voir qu’il est à peu près démontré qu’il y a presque impossibilité d’atteindre à ce taux, principalement à cause de la rapidité avec laquelle la force diminue avec la distance ; et à ce sujet il a présenté comme moyennes d’un grand nombre d’expériences sur des aimants très-variés de forme et de construction, les résultats suivants :
- L’aimant et l’armature étant en contact, la force d’élévation a été 220 livres.
- id.........à la distance de 1/250* de pouce . . 90.6
- id......... id................ 1/125* id. . . . 50.7
- id......... id................1/63* id. . . . 50.1
- id......... id................ 1/50* id. . . . k0.5
- Ainsi, à 1/5 de pouce (0m,0051) de distance, il y a perte des 4/5 de la force.
- Cette réduction énorme dans la force a lieu lorsque les aimants sont fixes.
- Mais dès qu’il sont mis en mouvement l’auteur fait voir qu’il y a immédiatement une réduction également très-considérable sur la force primitive, et que toute perturbation produite près
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- des pôles d’un aimant diminue pendant la durée du mouvement sa force attractive. Ainsi la force attractive d’un aimant étant 150 livres quand il est libre de toute perturbation, cette force s'abaisse de moitié, quand on vient à faire tourner une armature près de ses pôles. Lors donc qu’un système d'aimants construits pour produire une force donnée est mis en état de révolution , chacun des aimants dont il se compose éprouve aussitôt une perte immense de force, et par conséquent leur action combinée est bien au-dessous dans la pratique de leur force estimative. Ce fait n’a pas encore été distinctement établi, quoique l’auteur ait été informé que M. Jacobi l’avait déjà observé : et non-seulement chaque aimant éprouve ainsi une perte actuelle de force, mais la force ainsi perdue affecte une autre forme nouvelle, ou plutôt devient un courant d’électricité agissant en opposition au courant primitif au moyen duquel le magnétisme est induit.
- D'après l’examen de tous ces résultats, Ai. Hunt est disposé à regarder la force électro-magnétique comme u’é-tanl pas susceptible d’applications pratiques, à raison de son prix qui, suivant lui. doit nécessairement et dans les meilleures conditions être cinquante fois plus élevé que celui de la force produite par la vapeur.
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- Soupape de pompe à air en toile.
- Une circonstance de quelque importance dans les machines à vapeur, c’est que le corps de la pompe à air soit aussi complètement vidé qu’il est possible à chaque oscillation de l’appareil, parce qu’alors une pompe d’un plus pelit diamètre suffît pour le service et qu’une charge moins-grande pèse sur la machine. Depuis l'introduction de l’usage peu avantageux dans des machines à vapeur, de faire marcher la pompe à air avec la même vitesse que le piston de vapeur, même quand celte vitesse a été portée jusqu’à 120 mètres par minute, on a rencontré une grande difficulté pour trouver une soupape propre à être adaptée avantageusement à la pompe à air. Aujourd’hui on parait avoir adopté en Angleterre, dans ces sortes de constructions, un composé de toile et de caoutchouc, mais en modifiant légèrement les détails des pistons comme nous allons l’expliquer.
- Le diamètre delà tige, l’épaisseur du renflement inférieur de cette lige, celle de la garniture de piston et i’an-neau de garniture, restent les mêmes que dans les anciens appareils ; seulement la garniture, comme on peut le voir dans les fig. 21 et 22, pl. 130. qui représente en plan et en coupe un piston ainsi établi de pompe à air, est abaissé au point que la face inférieure de la soupape est placée au-dessus de celle supérieure de l’anneau de garniture. Au moyen de cette disposition on peut donner un plus grand diamètre à la soupape pour compenser l’espace occupé par la grille sur laquelle bat cette soupape. Cette grille est indispensable pour soutenir les matériaux flexibles dont se compose la soupape , qui,si les pertuis de la grille- étaient trop considérables ou trop grands , se déformeraient sous la pression de la course ascensionnelle.
- Le piston en entier est en bronze ou en laiton, ce qui permet de lui donner une épaisseur moindre que dans les anciens systèmes, qui sont en fonte. Il a six bras de 0m,009516 de largeur, 0m,08253 d’épaisseur et l’espace entre les bras est rempli par la grille dont les barreàùx ont 0m;01586 d’épaisseur et 0m.009516 de largeur. Les pertuis ou vides de la grille n’ofîrent pas une division égale à partir du centre, mais dèviehhént d’autant plus larges que leur longueur devient moindre, le but de cette disposition étant de soutenir la soupape d’une manière efficace, mais sans diminuer outre mesure le passage d’èau à travers le piston. Dans les grands pistons la grilleestune pièce distincte qu'on ajuste à sa place et assujettit avec de petits boulons.
- La soupape a 0m,01289 d’épaisseur et elle se compose de couches alternatives de toile imperméable et de caoutchouc volcanisé.
- Dans les grands pistons on peut employer deux ou un plus grand nombre de soupapes annulaires, les rondelles de toile étant tenues serrées sur les bords internes par une garde annulaire au moyen d’un certain nombre de boulons insérés dans le piston comme dans les figures qu’on a présentées comme exemple.
- Il est évident qu’on peut adapter une disposition analogue aux soupapes d’aspiration et à celles d’évacuation de la pompe à air, mais ici leur ajustement dépendant en quelque sorte de celui de la plaque de fondation, il faut avoir i égard pour leur installation à cette cir-
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- constance qui ne paraît pas du reste présenter de difficulté.
- Résumé succinct des expériences de
- M. Anatole de Caligny, sur une
- branche nouvelle de'l'hydraulique.
- ( Suite. )
- Pour ouvrir le clapet c, il suffit dans un petit modèle de s’en tenir à ce que j’ai déjà expliqué ; mais en grand cela ne suffirait pas. J’ai constaté qu'une assez petite ouverture , en un mot une seconde petite soupape, suffisait pour introduire dans le tuyau-soupape une quantité d'eau qui avait le temps de le remplir, de manière non-seulement à équilibrer la pression sur les deux faces du clapet c, mais à l’entr’ouvrir à cause de l’oscillation quelconque de cette eau au-dessus du niveau du bief supérieur. Cet effet provient de ce que la colonne liquide comprise de O en D résiste par son inertie pendant un temps bien suffisant. Il résulte aussi de cette inertie qu’il n’est pas indispensable, même dans ce modèle, de disposer un clapet de retenue en D pour empêcher l’eau de l’écluse de revenir sur ses pas avant ou pendant la manœuvre du tuyau-soupape.
- Pour vider l’écluse, on lève le tuyau-soupape SS-, l'eau de l’écluse se dirige de vers l’orifice O, par où elle descend au bief inférieur jusqu’à ce qu'elle ait atteint une vitesse convenable. Alors on baisse le tuyau-soupape, dans i’in-térieur duquel l’eau monte et s’élève même en vertu de la vitesse acquise un peu au-dessus du niveau du bief supérieur A. Il résulte de ce surcroît de hauteur une pression latérale sur la colonne liquide comprise de O en C, ainsi que sur l’eau morte comprise derrière le clapet C dans le bief supérieur. De sorte que cette eau prend graduellement et sans percussion brusque la vitesse qu’elle doit avoir d’après celle de la colonne DO. le clapet s’ouvrant d'ailjeurs de lui-même en vertu de cette pression latérale. ,^lors il remonte une certaine quantité d’eau dans le bief supérieur, jusqu’à ce que la vitesse acquise de la colonne CD soit éteinte. De clapet c se referme de lui-même, l’eau contenue dans le tuyau-sou-Pape SS redescend vers la source, on relève ce tuyau-soupape et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’écluse soit suffisamment vide. Il se relève d’ailleurs
- de lui-même au bout de quelques périodes, quand le niveau est assez descendu dans l’écluse, pour que le contre-poids F puisse alternativement fonctionner comme dans l’opération du remplissage , à cause de la baisse du niveau de la colonne qui oscille à l’intérieur de SS.
- 11 n’est pas nécessaire que l’appareil fonctionne pendant toute la durée du remplissage ou de la vidange. Le travail disponible diminuant beaucoup plus que la hauteur du prisme qui reste à introduire ou à vider à la fin de l’opération, le tuyau coule librement dans le sens voulu et rien n’empêche même d’ouvrir alors, si l’on veut, les ventelles des portes d’écluses, comme si la machine n’existait pas.
- Il résulte des expériences faites sur cet appareil, qu’on économise les trois cinquièmes et quelquefois même les deux tiers de l’èclusèe, c’est-à-dire que le service pourra se faire avec le tiers de l’eau que l’on emploie ordinairement. Il en résulte aussi, ce qui confirme ma théorie, que la durée de l’opération avec le même appareil est assez sensiblementcomme la racine carrée de la hauteur de l'écluse. Pour une hauteur d’un demi-mètre, l’écluse se vidait ou se remplissait en trois minutes au plus; ainsi pour une hauteur de deux mètres, il faudrait environ six minutes. Un temps beaucoup moindre suffirait si l’on voulait épargner moins d’eau, et d’ailleurs la construction du modèle était imparfaite. On sait, par le mémoire de M. l’ingénieur en chef des ponts et chaussées Çomoy, qu’il faut moyennement 21 minutes pour le reste de la manœuvre.
- J’ai remarqué qu’il y avait un avantage sensible à disposer à l’intérieur du tuyau-soupape SS, un demi-cylindre veitical fixe É coupé inférieurement en biseau, etdontlaconvexitéétait tournée du côté du bief d’aval. 11 résulte de cette disposition qu’il descend moins d’eaudu tuyau-soupape au bief inférieur quand on le lève, et qu’il y a moins de travail perdu par suite de son remplissage alternatif. Il n’en résulte d’ailleurs aucune cause de percussion brusque, parce que dans les coudes et angle droit vif, l’écoulement se fait principalement par la seconde moitié de la branche d’aval du coude, ainsi que je l’ai remarqué dans des canaux découverts. Quant aux ondes de décharge, leur effet sur la dénivellation du bief d’aval était insignifiant.
- Il n’y a aucun changement brusque de vitesse, en un mot aucun coup de
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- bélier possible quand même l’éclusier le voudrait. II n’y a donc rien de nécessairement précis dans les époques où les soupapes s’ouvrent et se ferment, ce qui facilite les moyens de faire fonctionner cet appareil à la main, et cela serait encore plus facile en grand. On peut, au reste, en épargnant un peu moins d’eau, le faire fonctionner de lui-même.
- Je me suis occupé de la théorie analytique de ce genre d’appareils, dans lesquels l’eau prend graduellement de la vitesse sous une pression motrice qui, pour chaque période de l’appareil, n’est pas très-variable dans certaines limites Mais j'ai été conduit à des expressions contenant des exponentielles d’où résultent des calculs assez compliqués. Il n’estpas,au reste, nécessaire d’y avoir recours pour obtenir les intégrales du travail en résistances passives d’une manière plus approchée que rela n’est nécessaire, à cause de l’incertitude qui règne encore sur les coefficients mêmes de ces résistances. J’y parviens par des moyens géométriques, analoguesà ceux dont je m’étais servi au début de mes recherches, même sans avoir recours aux moyens analytiques analogues à ceux qui ont été employés par M. Co-riolis. J’ai présenté à l’Académie des sciences, le 3 avril 1848, un mémoire sur cette écluse, dont un extrait est inséré dans les comptes rendus.
- Il est essentiel de remarquer que l’appareil dont je viens de donner la description, renferme : 1° un nouveau moyen de mettre en mouvement une colonne liquide, par l'ascension alternative d’une colonne liquide intermédiaire au-dessus du niveau du bief supérieur sans aucune percussion brusque ; 2° un moyen d’interrompre la communication d’une colonne liquide en mouvement, avec le bief inférieur, sans boucher aucune section transversale , en appliquant d’ailleurs les principes de la contraction de la veine liquide dans les coudes à angle droit brusque.
- L’avantage que je lui attribue sur les écluses à flotteur, consiste à coûter beaucoup moins cher, car je ne prétends pas qu’il épargne autant d’eau. Au reste, afin d’étudier la question sous toutes ses faces, j’ai moi-même proposé un moyen de supprimer les soupapes dans les écluses à flotteur et à double compartiment, pour le cas des éclusessimples, de manière à empêcher toute chance d’accident provenant de l’é-clusier. Le système peut être alternativement réduit au repos en vertu de pres-
- sions hydrostatiques ell’on est débarrassé des principales difficullés relatives au règlement des niveaux (Journal Vln-stitut\8\6, t XIV, p.127). M.Combes a fait reproduire la description de ce moyen dans le Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, septembre, 1846, p. 567.
- M. le général Poncelet, dans son travail sur les écluses multiples, m’a fait l’honneur de m’emprunter l’idée de substituer une soupape du genre de celles de Cornwall aux soupapes qui bouchent les sections transversales des tuyaux de conduite contenant de l’eau enmouvemenl. Cette dispositionestim-portante, dans les circonstances où l'on a à craindre des coups de bélier, et où il faut d’ailleurs que l’on puisse faire fonctionner un grand appareil sans effort. Les tuyaux-soupapes, ou soupapes de Cornwall. sont connus depuis longtemps; mais cette application, qui m’est exclusivement due, constitue une idée au moins aussi nouvelle que l’application aux turbines de la vanne cylindrique, connue aussi depuis longtemps sous le nom de bonde de fond et de superficie. M. le général Poncelet m’a cité de manière à ne laisser aucun doute sur ma priorité.
- Depuis que je me suis occupé de ces questions, on a essayé en Angleterre de résoudre leproblèmede l’emploi du mou-vementacquis de l’eau pour videraltcr-nalivement un vase dans un autre. Tout eequiaété écritsur cesujetpar des hommes très-distingués montre qu’on n’en avait aucune idée, et fournit par conséquent une nouvelle preuve de la nouveauté de mes principes. On ne savait pas seulement en quoi consiste l’utilité de la longueur d’un tuyau de conduite intermédiaire (voir ci-après le ch. XV)*
- IV.
- Mémoire sur un moteur hydrauliqM à flotteur oscillant.
- (Journal de mathématiques de M. Liouville* t. XII, p. 347, 1847.)
- J’ai présenté à la Société philomatique, le 26 janvier 1839 , un mémoire sur la théorie de cet appareil, qui fut* le 30 mars, l’objet d’un rapport favorable de M. Combes (Journal de mathématiques de M. Liouville, t°* me IV, page 340), sur lequel je reçu membre de cette Société. Un pre* mier modèle fonctionnant de cet appareil fut l’objet d’un rapport fav " rable à l’Académie des sciences,
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- 13 janvier 1840, rédigé par M. Coriolis, en son nom et en celui de MM. Cordicr et Poncelet. Un troisième rapport favorable sur des expériences très en grand que je fis aux bassins de Chaillot en 1842 et 1843 sous les auspices de M. Mary, a été lu à l’Académie des sciences par M. Lamé, en son nom et en celui de MM. Cordicr et Poncelet, le 7 octobre 1844. (Comptes rendus de l'académie des sciences, t. X, p. 62, et t. XIX, i». 704.) M. Corot, inspecteur des machines du service municipal, des eaux de Paris, voulut bien m’aider dans la plupart de ces expériences (1).
- Cette machine, telle qu’elle a été l’objet de ce dernier rapport, se compose d’un large tuyau C D E, fig. 17, en forme de L qui descend du fond d’un réservoir supérieur A et se recourbe ensuite horizonlalementaufond d’un bief inférieur. L’eau du premier réservoir alimenté par la source motrice entre alternativement dans le tuyau C D E par un passage annulaire, abandonné alternativement en vertu de l’élévation d'un tuyau-soupape SS toujours ouvert à ses deux extrémités et dont le sommet s’élève toujours au-dessus du niveau du bief supérieur. Ce tuyau-soupape est formé de deux tuyaux concentriques réunis par le bas et par le haut au moyen de couronnes horizontales, de sorte que l’espace compris entre ces deux tuyaux est rempli
- (i) Je crois devoir reproduire ici une des lettres officielles de M. Coriolis, mentionnées dans le rapport de M. Lamé. Dans cette lettre, écrite à M. Poirée , inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, membre de la commission des eaux de Versail'es, on verra dans quels termes ce savant académicien s’exprimait quand il parlait de mes travaux en son propre nom.
- Monsieur,
- M. de Caligny m’apprend que vous désirez avoir mon opinion sur une machine de son invention ayant pour objet d’utiliser une chute d’eau par les oscillations dans un siphon. Il m’a dit que vous pourriez faire l’essai de cette machine à Marly. si vous pensiez qu’une telle expérience offrît quelques chances de succès. Je répondrai au désir de M. de Caligny en vous disant que j’ai examiné son projet, et que j’ai reconnu qu’il était bien conçu, suivant les règles de la dynamique et avec une adresse d’intention dont son auteur a déjà fait preuve dans une autre machine analogue Je crois que l’essai de la nouvelle machine de M. Caligny sera une chose utile a la science et à 1 industrie, et que l’administration ferait bien , n’itn-Porte sur quels fonds, de se charger des frais de celle expérience. Celte machine, si elle est men construite , peut donner un très-bon produit, et son auteur ne pouvant faire lui-même •expérience, il est plus que convenable que l’administration l’aideautantqu’elle le pourra.
- G. Coriolis.
- d’air. Un flotteur cylindrique F, terminé à ses deux extrémités par des cônes, est disposé dans le milieu du tuyau vertical et passe alternativement dans Pespace cylindrique resté libre à l’intérieur du plus étroit des deux tuyaux concentriques, formant le tuyau-soupape. Ce flotteur F est immédiatement attelé à la résistance à vaincre qui, dans mes expériences à Chaillot, était le poids d’un mouton M de cinquante-cinq kilogrammes, alternativement soulevé,à 1“,62 de haut,par une tenaille T attachée à une corde passant sur des poulies de renvoi RR.
- Pour mettre la machine en train, il suffit de lever le tuyau-soupape à plusieurs reprises, afin d'obtenir des oscillations de plus en plus grandes dans le tuyau C D, qui finit par être rempli jusqu'à l’intérieur du tuyau-soupape en vertu d’une oscillation ascendante. Alors ce tuyau soupape, d’ailleurs convenablement équilibré au moyen d’un levier à fourche H, d’un poids qui est cependant moindre que le sien (fig. 18 représentant le plan), est soulevé comme un véritable llotteur parce qu’il dépasse un peu vers l’intérieur les bords du tuyau C D, et que l’eau agit par conséquent au-dessous de lui par une pression qui le soulève. Pendant que ce tuyau-soupape, se soulevait, un disque suspendu à l'autre extrémité du balancier plongeait dans un vase rempli d’eau VV. Le but de cette disposition était d’empêcher les oscillations du tuyau-soupape. L’orifice abandonné par ce dernier étant ainsi sensiblement constant, l’eau du réservoir supérieur entre dans le tuyau C D E, dont l’eau est pressée en vertu de la hauteur du niveau dans le bief supérieur et de la colonne contenue au-dessous du point C. A cause de celle dernière partie de la pression totale, le tuyau finit par tendre à débiter plus d’eau qu il ne peut en venir du réservoir supérieur, en vertu de la hauteur du niveau de ce réservoir au dessus du sommet du tuyau fixeet de l’ouverture du tuyau-soupape. Il n’est pas nécessaire que celle ouverture laisse un passage annulaire d’une section moindre que celle de ce tuyau fixe. Ce passage annulaire peut même être beaucoup plus grand que la section de ce tuyau. Il est bien entendu qu'il suffit que l’orifice ne puisse pas débiter autant d’eau que ce tuyau, à partir d’une certaine époque, afin qu'il en résulte une dénivellation à l’intérieur du tuyau-soupape. Cet orifice peut être d’autant plus grand que l’eau est, dans certaines limites, à une
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- hauteur moindre au-dessus du sommet du tuyau fixe.
- A celte époque il se présente dans ta veine liquide annulaire un phénomène de succion, et c’est par suite de cette espèce particulière de succion que le tuyau-soupape retombe sur son siège, l’eau baissant à l’intérieurde ce tuyau-soupape, autour du flolteur F qui est alors soulevé. Quand le flotteur F est suffisamment découvert, il descend par son propre poids et agit sur la résistance à vaincre.
- Pendant que le flotteur F descend, la colonne liquide continue aussi à descendre et l’abandonne à lui-mème, puis elle remonte après être descendue au-dessous du niveau du bief inférieur. En vertu de son oscillation remontante, elle relève le flotteur, remplit le tuyau D.C, ouvre le tuyau-soupape SS, et ainsi de suite indéfiniment. Dans mes expériences, le travail de l’eau n’était employé qu’à relever le flotteur , mais ainsi que cela est admis dans le rapport lu à l’Académie des sciences par M. Corioîis le i3 janvier 1840, en son nom et en celui de MM. Cordier et Poncelet, le poids spécifique du flotteur peut être diminué de manière à agir dans les deux sens et à faire plus facilement fonctionner une bielle.
- J’ai publié un mémoire assez étendu sur ces expériences dans le tome XII du Journaide mathématiques deM. de Liouville. L’effet utile, directement mesuré au moyen de l’ascension alternative d’un mouton à déclic dans un très-grand nombre d’expériences, n’a été que d'environ 60 p. 100 du travail dépensé par la chute motrice. Mais il ne faut pas mettre sur le compte de la machine les inconvénients particuliers au moyen employé pour en mesurer l'effet utile. Or cet effet utile aurait été beaucoup plus grand en vertu de circonstances particulières étudiées dans le mémoire, s’il n’avait pas fallu accrocher et décrocher successivement le mouton ; en un mot si parmi les divers genres de travail effectués par les moteurs hydrauliques à mouvement alternatif, on avait pu en choisir un plus convenable quant au jeu de la machine, mais dont l'effet aurait été moins directement mesuré. J’ai estimé par diverses considérations et mesures immédiates auxquelles je renvoie, que l’effet utile réel était d’après cela de 70 environ p. 100 du travail dépensé par la chute.
- Enfin, j’ai pris des mesures très-nombreuses qui m’ont permis d’étudier les diverses parties du système
- d’une manière même bien plus complète que s’il avait été mieux exécuté. Il en résulte qu’avec une exécution moins imparfaite on devrait obtenir un effet utile notablement plus élevé, et qu’il est possible d’ailleurs d’adopter des règles de construction plus rationnelles. J’en conclus que l’effet utile, dans une bonne construction, ne doit pas différer beaucoup de 80 pour 100 du travail dépensé par la chute motrice.
- Je renvoie à ce mémoire pour des détails d’une espèce toute particulière, pour les modifications ou applications nouvelles du principe, ainsi que pour le calcul des dimensions qui fournissent le maximum d’effet, et auxquelles je suis parvenu d’une manière très-simple par le calcul différentiel.
- Malgré la satisfaction exprimée publiquement sur les lieux par M. le général Poncelet, j’ai voulu que mon appareil fonctionnât devant une seconde réunion de savants avec la régularité plus complète que je lui connaissais depuis longtemps, et ce fut à la seconde séance qu’assista M. Lamé, qui a lu le rapporta l’Académie. Malheureusement, le mémoire présenté à l’Académie, dans lequel je discutais mes résultats, a été égaré, et le rapport n’a été fait que d’après les notes prises sur les Jieux par MM. les commissaires. « D’après l’épreuve qu’elle a subie, ont-ils dit, la machine à flotteur oscillant ne paraît pas inférieure à beaucoup de moteurs en usage, et l’on conçoit certaines circonstances où elle devrait leur être préférée. » L’Académie a décidé que Y appareil est ingénieux , et peut être employé avec avantage. J’ai refait presque en entier ce mémoire , qui est inséré dans le Journal de mathématiques, sauf quelques résultats inédits consignés dans le manuscrit égaré.
- Le phénomène de succion sur lequel reposait, dans mes expériences, le jeu du tuyau-soupape, n’est pas tout à fait le même que celui qui a été l’objet des recherches de Venturi. Il est plus facile d’expliquer les effets qu’il ne l’était de prévoir que ces effets devaient avoir la puissance et la durée nécessaires pour faire fonctionner le tuyau-soupape, quand l’orifice d’introduction avait une section bien plus grande que la section annulaire comprise entre le tuyau fixe et le flotteur. Si je fais cette remarque, c’est pour bien faire saisir la portée scieniifique de ces questions, car il y a des moyens purement mécaniques de faire fonctionner l'appareil.
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- CHAPITRE V.
- Le flotteur, qui dans ce système transmet le travail d’une chute d’eau, a aussi servi à élever de l'eau quand je voulais amorcer la machine sans ouvrir la soupape. Ce moyen d’élever dé l’eau constitue une véritable pompe sans soupape et sans piston Cette pompe présentait en outre un phénomène intéressant Ses périodes étaient plus rapides que celles des oscillations de la colonne liquide abandonnée à elle-même quand on retirait le flotteur. On peut, au reste , s’en rendre compte par la théorie (l).
- (1) On sait combien sont variées les circonstances dans lesquelles se présentent les chutes çaotrices, et qu’il est intéressant, quand une branche de la science est entièrement nouvelle, de l’étudier sous toutes ses faces; fan-dis que les personnes qui ne s’en sont pas occupées pourraient n’attribuer cette variété même qu’à des hésitations. A la tin du mémoire sur cette machine, j’ai décrit plusieurs applications nouvelles du principe; ne les ayant pas exécutées, je n’en parle pas ici. Mais je crois devoir dire quelques mots d’un appareil dont j’ai publié le prjncipe dans le journal llnstitut, 1844, t. Xll, p. 244 , parce qu’il paraît qu’un ingénieur, qui a exécuté depuis celte publication un appareil analogue à flotteur sans corps de pompe d’une construction moins rationnelle, a cependant obtenu d’assez bons résultats.
- Si un cylindre F (lig. 19) à section circulaire ou annulaire, en, partie seulement rempli d’eau ou attelé à une résistance à vaincre, entre verticalement dans un réservoir inférieur 15, il est évident que dans certaines conditions le cylindre, en vertu de sa vitesse acquise, descendra assez pour que le niveau de l’eau qu’ii contient atteigne à peu prés celui de ce réservoir. Si à cette époque une ou plusieurs soupapes en C,C' mettent le fond du cylindre en communication avec l’eau du réservoir 15, un effort assez faible suffira pour le faire remonter, si ses parois sont convenablement équilibrées. Il esta remarquer que l’eau qu’il contient ne sera pas , à proprement parler, chassée de dedans en dehors, mais abandonnée par le tuyau qui se relève. On conçoit que ce tuyau étant suffisainmentrelevé au moyen d’un contre-poids P ou d’un flotteur, peut recevoir ensuite de l’eau motrice sur son fond au moyen d’un siphon ordinaire ou renversé 11 descendra en se chargeant d’eau, saisira une résistance, surtout une résistance sans inertie bien sensible, si sa charge d’eau est suffisante, et continuera à descendre comme je l’ai expliqué. Alors un moyen quelconque doit interrompre la communication entre le bief supérieur et le niveau de l’eau du cylindre, afin que celui-ci ne reçoive plus d’eau motrice uand il se trouve trop au-dessous du niveau u bief supérieur. .
- Si l’eau entre par un siphon ordinaire SS. il b’est pas nécessaire qu’il y ail ce qu’on appelle des constructions hydrauliques, puisque le luyau ou flotteur n’est pas disposé dans un qérps de pompe.
- Mémoire sur ries moteurs hydrauliques h niveaux constants, utilisant par aspiration la vitesse acquise d’une colonne liquide avec ou sans soupape.
- (Journal de mathématiques de M. Liouville, t. Xll, p. 73 , et Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. XXVI, p. 409.)
- Le moteur hydraulique dont je viens de donner la description offre l’avantage de n’avoir pas de piston et de pouvoir transformer facilementle mouvemental-ternatif en circulaire; mais il faut donner aux fondations une certaine profondeur, ce qui augmente les frais de premier établissement dans certaines localités. L’oscillation remontante fait d’ailleurs perdre du temps.
- Il*y a des circonstances dans lesquelles ce système pourra être facilement établi. Mais je me suis proposé d’obtenir un mouvement alternatif, surtout dans les circonstances où les périodes doivent être rapides, sans être obligé d’établir des fondations à une profondeur notable au-dessous du niveau du bief inférieur, et en faisant à volonté varier la durée des périodes. Or cela n'était pas possible quand il fallait se soumettre, jusqu’à un certain point, à un grand mouvement oscillatoire qu'on ne pouvait que régulariser.
- Dans cet appareil (fig. 20,21 et 22 cette dernière est un plan pour la soupape SSJ le piston estdisposé, en général, dans un corps de pompe qui est. si l’on veut, au-dessus du niveau du bief supérieur. Ce corps de pompe est alternativement réuni au tuyau inférieur CDE par une soupape à double siège dite de Corn-wall SS, de manière à ne former alternativement avec lui qu’un seul et même tuyau. Je suppose d’abord qu’on fasse fonctionner à la main cet appareil dont l’extrémité inférieure E n’est plongée, si l’on veut, qu’à une très-petite profondeur au-dessous du niveau du bief inférieur B. Quand la soupape SS est ouverte, l’eau du réservoir du bief supérieur entre dans le tuyau CDE. Quand cette soupape est fermée, la colonne liquide en mouvement dans le tuyau CDE tend à faire le vide sous le piston P, qui agit alors sur la résistance à vaincre. Lorsque la soupape SS s’ouvre de nouveau, l’eau du réservoir A presse l’eau du tuyau CDE qui résiste par son inertie, et, en vertu de cette résistance, l’eau du corps de pompe qui
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- contient le piston ; de sorte que ce dernier est facilement relevé au moyen d’un contre-poids ou d’un ressort.
- Pour comprendre comment la soupape SS s’ouvre, il faut comprendre comment elle reste alternativement fermée, quoique sollicitée à s'ouvrir par un contre-poids , plus pesant qu’elle, suspendu à l’extrémité d’un balancier à fourche. Tant que la vitesse acquise de l’eau dans le tuyau CÜE n’est pas éteinte et exerce une succion au-dessous du piston P, la pression atmosphérique agissant sur le rebord supérieur de la soupape de Cornwal SS la tient fermée. Mais quand la portion de l’aspiration provenant de la vitesse acquise est finie, le contre-poids dont il s’agit suflit pour ouvrir la soupape qui n’est plus retenue que par son poids et celui d’une colonne liquide annulaire de la hauteur de la chute. Elle se referme ensuilc à l’époque voulue, en vertu d’un principe de succion parfaitement analogue à celui qui fait fermer le tuyau soupape du moteur hydraulique à flotteur oscillant. Il esta remarquer que le tuyau de déchargé CL)E peut être posé tout simplement sur le lit incliné des cours d’eau d’un volume médiocre.
- Il y a un modèle fonctionnant de cet appareil à la Faculté des sciences de Besançon. M Eugène Bourdon, ingénieur," très connu par ses propres recherches sur la mécanique, dans les ateliers duquel ce modèle a été construit et marchait très-régulièrement toute la journée abandonné à lui-même, a fait en mon absence quelques expériences dans le but d’apprécier son effet utile. Malgré la petitesse du modèle, l’économie avec laquelle il avait été construit et le petit diamètre du tuyau de conduite, d’ailleurs trop long, l’effet utile a été trouvé de cinquante-quatre environ pour cent du travail brut de la chute motrice. Cela donne beaucoup d’espérances pour une machine d’un plus grand diamètre ayant une soupape qui garderait mieux l’eau. Un flotteur en s’émergeant prévenait le choc de la soupape. Il y avait vingt-deux périodes par minute. Quand on permettait à la soupape de s’ouvrir davantage, l’appareil débitait plus d’eau et le nombre des périodes par minute était réduit à douze.
- U est bien à remarquer que dans ce système l’eau ne revient point sur ses
- fias dans le tuyau de conduite. L’écou-ement, qui se fait avec une vitesse variable, peut même n’ètre jamais interrompu complètement.
- Le tuyau de conduite était d’un très-petit diamètre malgré sa longueur, à cause de la petite quantité d’eau dont je pouvais disposer. On ne pouvait ouvrir que très peu la soupape, par cette raison même qui empêchait tout à fait de juger cet appareil d’une construction si provisoire.
- Je ne propose pas les systèmes de ce genre pour les grandes chutes, puisque le travail moteur est employé à créer, pour ainsi dire, une sorte de chute motrice alternative plus grande que la chute réelle, bien que d’une hauteur toujours moindre que celle d’une colonne d’eau faisant équilibre dans un vide barométrique à la pression de l’atmosphère. Je n’atteindrai même jamais la limite d’aspiration possible, afin d’avoir un moyen de surmonter les résistances accidentelles. Il n’est pas néces-saireque le tuyau de décharge soit long. J’en ai déterminé les dimensions, soit au moyen du calcul différentiel, soit au moyen d’une méthode d’approximation insérée dans le journal de mathématique de M. Liouville, t. XII, p. 89, avec la description de plusieurs appareils à aspiration avant qu’ils fussent exécutés. On trouve dans le même mémoire, p. 86, les considérations qui permettent d’employer une partie quelconque de la pression atmosphérique, au moyen d’uneaspiration qui ne donne pas lieu cependant à des solutions de continuité.
- Cet appareil fonctionne abandonné â lui-même quand la chute varie dans des limites très-étendues, en surmontant toujours une même résistance, parce que la quantité d’eau qu’il débite varie ensensinversede la chute dis-ponilde. C’est un de ceux qui par celte raison peuvent être proposes avec quelques modifications pour l’élévation de l’eau au Pont-Neuf. La soupape se fermera de bas en haut pour les grands diamètres. Elle fonctionnera au besoin par des moyens mécaniques pour les chutes extrêmement variables. La percussion de l’eau affluente suffirait pour dècro-cher un déclic et laisser fermer la soupape, dont le poids redeviendrait ensuite prépondérant par exemple au moyen d’un balancier de Denisart et de la Deuille.
- Moteur hydraulique à niveaux constants sans soupape, utilisant aussi
- par succion le mouvement acquis
- d'une colonne liquide.
- Le réservoir supérieur A et le tuyau CDE sont disposés comme dans Uap-
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- pareil précédent. Dans l’un et l’autre cas, ce tuyau pourrait être horizontal et sans coude au moyen de quelques dispositions particulières.
- Je suppose d'abord qu'on fasse marcher cet appareil à la main, fîg. 23. Si le piston P est hors du tuyau CDE, l’eau du réservoir supérieur A coule dans le tuyau CDE, elle y engendre graduellement de la vitesse. Quand on introduit le piston dans ce tuyau, la colonne liquide en mouvement agit sur le piston par aspiration comme dans l’appareil précèdent. Les lignes ponctuées représentent le piston au bas de sa course.
- Le piston est attelé à une des extrémités d’un balancier, à l’autre exlré-mité duquel est suspendu un contrepoids F d’une densité un peu plus grande que celle de l’eau, où il plonge alternativement dans un vase disposé au-dessus du niveau des grandes eaux de la rivière. Le piston étant sorti du tuyau CDE laisse entre lui et le pourtour de l’orifice disposé au fond du réservoir A, une section annulaire comme celle qui était laissée par la levée de la soupape des appareils précédents. A cette époque, le contre-poids F est plongé dans l’eau, il n’exerce qu’une traction assez faible sur le piston P. Par conséquent ce piston entre dans le tuyau CDE lorsqu’il s’exerce une succion provenant de ce que ce tuyau tend à débiter plus d’eau qu'il n’en peut passer en vertu de la hauteur do niveau du réservoir A et de la grandeur du passage annulaire dont il s’agit, à cause du phénomène déjà exposé ci-dessus. Le piston P étant entré dans le tuyan CDE, l’eau contenue dans ce tuyau agit par succion sur ce piston en vertu de sa vitesse acquise, et la succion devient assez puissante pour soulever le contre-poids sorti de l'eau. Quand la vitesse acquise est éteinte, la pression qui agit sur le piston n’est plus que le poids d'une colonne d’eau ayant la section du piston et la hauteur de la chute motrice. Cette pression est en général composée de deux parties, d’une pression directe par-dessus et d’une succion hydrosialique. Il en résulte que le contre-poids sorti de l’eau à cette époque suffit pour retirer le piston du tuyau CDE, le remettre dans sa première position, et ainsi de suite indéfiniment. La durée des périodes était la même que pour le système précédent.
- J’ai construit un modèle fonctionnant de cet appareil, qui est aussi à la Faculté des sciences de Besançon, où
- Le Technologûte. T. Xf. — Août 1850.
- Ion a établi plusieurs de mes appa-m! Régnault!160'^6*1*31116 *
- CHAPITRE VI.
- Mémoire sur des appareils à élever ae i eau au moyen d'une chute motrice sans piston ni soupape ni aucune autre pièce quelconque mobile, ayant pour but d’expliquer quelques phénomènes des fontaines naturelles.
- (Journal de mathématiques de M. Liouville t. VI, p. 331.) ’
- J’ai présenté à l’Académie des sciences, le 1er octobre et le 5 novembre 1838, et fait fonctionner de lui-même chez M. l’ingénieur Bourdon, en décembre 1839, l’appareil suivant en forme de S qui marchait sans piston ni soupape, fig. £>i.
- Un réservoir en A communique alternativement avec un réservoir inférieur en B au moyen d’un tuyau CHE sur lequel s’embranche un tuyau d’ascension FH, don11 extrémité inférieure est au dessous du niveau du réservoir supérieur A à une profondeur qui peut même être assez petite. Toutes lesextré-mités sont toujours ouvertes. Le tuyau n est d abord rempli de liquide que jusqu’au niveau du réservoir inférieur B. Pour meltre l’appareil en jeu, il suffit de le remplir d.eau une première fois, par exeinple de verser une quantité d’eau suffisante par l’extrémité supérieure F du tuyau d'ascension. Le système achève de se remplir par ce moyen , c est-à- dire d une manière qui n’a d'abord aucune régularité à cause de l’air enveloppé par l’eau af-fluenle dont il s'agit, et le siphon CH est amorcé; alors l’eau du réservoir A coule par le tuyau en forme de S dans le réservoir B. Si le tuyau débite à cause de ses dimensions plus d’eau que la source n’en fournil dans le petit réservoir A, le siphon dont l'extrémité C plonge un peu au-dessous du niveau dans le bief supérieur cesse bientôt de couler plein. Or, dans l'intérieur de l'appareil, la colonne liquide sur laquelle l’air extérieur s’introduit librement par le tuyau d’ascension HF continue à descendre. En vertu du mouvement acquis, elle descendau-dessousdu niveau du bief inférieur, à une profondeur qui dépend de la quantité d’eau motrice qu’elle a reçue avant l’interruption de sa communication avec le réservoir
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- alimenté par la source. Il en résulte une oscillation remontante. La cqlonne liquide arrivée en H se divise en deux. L’une amorce de nouveau le siphon, dont l’extrémité C a été recouverte par l’eau motrice versée en A pendant le jeu du système. L’autre se jette dans le tuyau d’ascension HF à une petite hauteur qui dépend du rétrécissement graduel de la partie supérieure de ce tuyau, et le jeu de l’appareil recommence ainsi de suite indéfiniment.
- Il se présente un phénomène intéressant dans toutes les oscillations des longues colonnes liquides dont j’ai déjà parlé. Si l’on dispose un orifice assez petit dans le plan horizontal sur le tuyau de conduite près du tuyau d’ascension, Je jet d’eau fourni par cet orifice oscille avec elle. 11 s’élève alternativement dans l’air libre au-dessus du niveau du réservoir, redescend ensuite, et en un mot parvient alternativement à des hauteurs très-différentes de celles du niveau de la source motrice. CeL effet s'est présenté aussi dans cette fontaine intermittente; elle pourrait même, à la rigueur, débiter par ce seul et même orifice l’eau dépensée et celle qui produit le jet oscillant ; mais je n’entre pas ici dans ces détails théoriques. Ce qui précède suffît pour montrer quels effets variés peuvent se présenter dans les grottes naturelles : cet appareil étant assez simple pour qu’on puisse penser qu’il y en a dans la nature , puisqu’une masse d’eau affluente suffit pour Yamorcer une première fois en arrivant accidentellement avec une force suffisante.
- On savait bien qu’en vertu de la compression de l’air, il pouvait se trouver accidentellement de l’eau au-dessus du niveau de la source dont elle sortait. Mais on ne savait pas qu’il pouvait s’en trouver au moyen d’un appareil de ce genre, fournissant un nombre indéfini de périodes sans compression d’air, et pouvant s’amorcer par une simple affluence d’eau de manière à fournir indéfiniment une sorte de source nouvelle intermittente à une hauteur plus grande que la première.
- Il s’est présenté dans mes expériences sur cet appareil un phénomène intéressant. Il st* formait unesorte de tube fluide à la bouche du siphon qui plongeait dans le bief d’amont. De sorte que l’écoulement durait encore quelque temps à plein tuyau, quoique le niveau dans ce bief fût descendu au-dessous de cette bouche à l'instant où ce petit tube liquide se crevait. Il en retombait de l'eau qui, produisant une
- onde négative dans le bief supérieur, aidait le siphon à recevoir l’air extérieur afin d interrompre plus tôt son écoulement. Plus le tuyau sera gros, moins il sera nécessaire d’avoir égard aux petites difficultés de ce genre.
- J’ai publié dans le tome VI du Journal de mathématiques de M. Liou-ville, un mémoire sur cet appareil et sur ses diverses variétés. Il était intéressant, dans mes expériences, de voir plusieurs jets d’eau oscillants dans l’air libre et pouvant même distribuer de l’eau dans des réservoirs étagés comme les marches d'un escalier.
- Pour que cet appareil réussisse, il ne faut pas que le diamètre du siphon supérieur soit trop petit, parce qu'alors il reste plein à l’époque où il devrait se vider. Celui du modèle que je viens de décrire avait un diamètre d’environ 0m,05, encore un peu moindre que celui des deux appareils précédents.
- Abstraction faite de ce qui constitue le jeu régulier de cet appareil, on conçoit que tout siphon intermittent, amorcé d’une manière quelconque, à des intervalles irréguliers, est dans certains cas une cause d'oscillation susceptible de jeter de l’eau au-dessus du niveau d'une source motrice par un tuyau intermédiaire IK, fig. 25.
- J’ai vérifié par expérience qu’il était facile d’amorcer un siphon d’un diamètre plus que double de celui de ce modèle, aumoyend'unecolonne d’eau oscillante fig. 26 ; de sorte qu’on pourra sans doute construire des appareils de ce genre de grandes dimensions ayant un jeu régulier. Je renvoie pour les détails de cette expérience au journal l’Institut 1839, t. VII, p. 200. Il ne paraît pas indispensable que l’extrémité d'amont du siphon soit alternativement découverte pour que l’écoulement soit interrompu. Il suffit sans doute que le tuyau tende à débiter plus d’eau que l’extrémité d’amont ne peut en fournir. Mais pour de petits diamètres, le phénomène est moins simple (lj.
- (1) J’ai retrouvé dans un ouvrage anglais intitulé : le JSewton de la jeunesse, un moyen d’amorcer un petit siphon ordinaire par l’ascension d’une colonne liquide. On bouche avec le doigt la branche du siphon extérieur à un tonneau que l’on veut vider, et dans le liquide duquel plonge l’autre branche. Au moment où l’on débouche la première branche, l’air permet à l’eau de s’élever dans le siphon ui est amorcé par une colonne ascendante, 'auteur anglais attribue cet effet à une cause qui n’est point la véritable. 11 appelle ce siphon pompe du tonnelier.
- Selon lui, l’ascension au-dessus du niveau
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- du vase provient d’une succion exercée en vertu de la dilatation de l’air comprimé qui se détend, mais il est facile de calculer le travail disponible. Or, ayant enfoncé jusqu’au sommet dans un grand réservoir un tuyau vertical de 4™,165 de long, et de 0m,05 de dia-piétre, j’ai étudié le mouvement des poussières chassées de ses parois par la colonne d’eati ascendante quand il est débouché. On a le temps de voir très-bien qu’elles sont toujours chassées dans le même sens qu’elle et avec elle. Mais la durée de I'explosion, dont on entend d’abord le bruit, et pendant laquelle ij pourrait se présenter des phénomènes de succion, un ou plusieurs mouvements de retour, est trop courte pour que l’on puisse les remarquer. De sorte que le mouvement de l’air n’est sans doute qu’une raqse de résistance. Si le tuyau avait une longueur beaucoup plus grande, la durée de la détente, ou explosion , pourrait être théoriquement assez sensible pour que la petitesse de cette durpe, si elle était extrêmement courte, fut un indice d’une perte de travail dans la détente rapide du gaz, où, selon Poissou, il ne faut plus compter sur le principe de l’égalité de pression dans les fluides.
- ( La suite au prochain numéro-)
- Phare des Bermudes.
- Les Anglais viennent de construire dans la partie méridionale des Bermudes, par 32° 14' de lat. N. et 64° 50 long. O. de Greennwich, un phare en fonte de fer sur le modèle de celui qui avait été établi à Morant-Point à la Jamaïque. Cette tour qui a une forme conique très-prononcee a 32m,2319 de hauteur et est terminé par le haut par une figure conoïde renversée au lieu d’un chapiteau. Son diamètre extérieur externe est de 7m, 315, de 4m,267 dans sa portion la plus rétrécie et de 6“,096 au sommet. L’enveloppe extérieure se
- compose de 135 plaques de fonte concentriques , pourvues d’oreilles à l’intérieur et dont l’épaisseur varie de 0m,0254 à la base à 0m,0l 91 au sommet. Au centre de cette tour il existe une colonne creuse aussi en fonte de 0“1,4o7 de diamètre intérieur et de 0m,Ôl9l d’épaisseur de métal qui supporte l’appareil dioplique de Fresnel et dans laquelle descend le poids régulateur. On se sert aussi de cette colonne pendant le jour pour monter les provisions, et elle renferme en outre le tuyau d’évacuation des eaux. La portion inférieure de la tour est remplie de béton dans lequel on a réservé un puits parmenté en briques d’environ 2m,438 de diamètre et de 6 mètres à peu près de profondeur au centre. Au-dessus du béton s’élèvent sept planchers ou étages dont les inférieurs sont garnis de briques et employés comme magasins, et lès supérieurs doublés en tôle de fer servent de logement au gardien. Nous n’entrerons pas dans d’autres détails sur la construction des planchers, des croisées, des escaliers, de l’appareil d’éclairage, et nous dirons seulement que ce bâtiment a été nn an à s’élever, que les matériaux en sont venus d’Angleterre et que son prix, y compris la lanterne et l’appareil d’éclairage, a été d’environ 192,250 fr„ et les frais annuels d’entretien de 1,100 fr. à peu près. La lumière s’aperçoit jusqu’à une distance de quarante trois kilomètres au moins, et est visible de tous les points de l'horizon excepté dans la direction où elle est éclipsée par les terres hautes entre Gibb’s Hill et Castle-Harbour.
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- BIBLIOGRAPHIE.
- Cours élémentaire de perspective linéaire à l'usage des écoles desBea ux-arts, de dessin, des artistes , des architectes, etc.
- Par D. Girxrdon, professeur à l’école des Beaux arts de Lyon et à l'école de la Marlinicrc. 1 vol. de texte et I vol. de 28 planches in-folio. Prix : 6 fr. à Lyon, chez C. Savy.
- Nous annonçons avec plaisir le Cours élémentaire de perspective que M. D. Girardon vient de publier, parce qu’au point de vue où notre recueil nous oblige à nous placer, nous sommes convaincus que dans les arts industriels on néglige trop souvent les lois de la perspective faute souvent de les connaître , et qu’on enlève ainsi dans beaucoup de cas aux objets qu'on fabrique, qu’on représente ou qu’on construit, un agrément, une grâce qu’il ne coûte souvent rien de leur procurer quand on est initié aux principes decette science.
- Les ouvrages sur cette partie de l’enseignement des beaux-arts est des arts industriels ne manquent pas, plusieurs d’entre eux ont un mérite incontestable et jouissent d’une réputation méritée ; seulement ces ouvrages sont presque tous d'un prix élevé ou entrent dansdesdéveloppemenisqui paraissent superflus quand il s’agit de l'instruction élémentaire. L’auteur du traité que nous annonçons et qui est l’un des
- professeurs de l’école de la Martinière à Lyon, école où ces professeurs ont fait preuve de tant d’intelligence dans l’enseignement des principes des arts professionnelsetobienudessuccès mérités, s’est promptement trouvé en position de reconnaître l’indispensable nécessité d’un ouvrage parfaitement élémentaire de perspective, tant dans le but de propager les principes decette science que pour suppléer aux notes toujours incomplètes qu’on peut recueillir dans des leçons orales. C’est ce qui l’a déterminé à publier son Cours élémentaire dans lequel il a cherché à présenter une instruction sommaire, ne contenant que ce qu’il y a de plus essentiel et de plus fécond dans les méthodes de perspective et à exposer les principes d'une manière à la fois très-simple et très-élémentaire, tout en présentant, comme il dit, des méthodes toujours applicables et en même temps justifiées par le raisonnement. Ce but, nous pensons qu’il l'a atteint et qu’on lui devra un bon traité élémentaire de perspective qui suflira amplement à tous ceux qui n’ont que peu de loisir à consacrer à l’elude , ou qui n’ont besoin que de la connaissance des principes les plus généraux et non d’une étude approfondie.
- L’atlas de ce cours qui se compose de vingt-huit planches doubles, format in-8°, est dessiné et gravé avec beaucoup de soin ; et on y reconnaît un professeur versé dans la connaissance de la géométrie descriptive et du dessin.
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- LEGISLATION ET JURISPRUDENCE
- INDUSTRIELLES.
- Par M. Vasserot, avocat à la Cour d'appel de Paris.
- LÉGISLATION.
- Timbre des effets de commerce. —
- Actions. —Obligations , etc.. .—
- Loi.
- Voici, d’après le Moniteur, le texte de cette importante disposition législative, destinée à entrer profondément dans les usages journaliers de l’industrie et du commerce ; il est indispensable d'en bien méditer les termes. Nous avons donné précédemment le projet qui a servi à la rédaction de la loi actuelle ; un examen comparatif fera ressortir l’esprit des dispositions qu’elle renferme.
- TITRE Ier.— chapitre premier.
- Des effets de commerce.
- Art. 1er. Le droit de timbre proportionnel sur les lettres de change, billets à ordre ou au porteur, mandats, traites et tous autres effets négociables ou de commerce est fixé ainsi qu’il suit :
- A cinq centimes pour les effets de cent francs et au-dessous ;
- A dix centimes pour ceux au-dessus decentfrancs jusqu’à deux cents francs.
- A quinze centimes pour ceux au-dessus de deux cents francs jusqu’à trois cents francs ;
- A vingt centimes pour ceux au-dessus de trois cents francs jusqu’à quatre cents francs ;
- A vingt-cinq centimes pour ceux au-dessus de quatre cents francs jusqu’à cinq cents francs ;
- A cinquante centimes pour ceux au-dessus de cinq cents francs jusqu’à rcfille francs;
- A un franc pour ceux au-dessus de mille francs jusqu’à deux mille francs;
- A un franc cinquante centimes pour ceux au-dessus de deux mille francs jusqu’à trois mille francs;
- A deux francs pour ceux au-dessus de trois mille francs jusqu’à quatre mille francs ;
- Et ainsi de suite en suivant la même progression et sans fraction.
- Art. 2. Celui qui reçoit du souscripteur un effet non timbré conformément à l’article 1fr, est tenu de le faire viser pour timbre dans les quinze jours de sa date, ou avant l’échéance si cet effet a moins de quinze jours de date, et dans tous les cas avant toute négociation.
- Ce visa pour timbre sera soumis à un droit de quinze centimes par cent francs ou fraction de cent francs, qui s’ajoutera au montant de l’effet, nonobstant toute stipulation contraire.
- Art. 3. Les effets venant, soit de l’étranger, soit des îles ou des colonies dans lesquelles le timbre n’aurait pas encore été établi, et payable en France, seront, avant qu’ils puissent y être négociés, acceptés ou acquittés, soumis au timbre ou au visa pour timbre, et le droit sera payé d’après la quotité fixée par l’article 1er.
- Art. h. En cas de contravention aux articles précédents , le souscripteur , l’accepteur, le bénéficiaire ou premier endosseur de l’effet non timbré ou non visé pour le timbre , seront passibles chacun d’une amende de six pourcent.
- A l’égard des effets compris en l’article 3, outre l’application, s’il y a lieu, du paragraphe précédent, le premier des endosseurs résidant en France , et, à défaut d’endossement en France, le porteur sera passible de l’amende de six pour cent.
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- Si la contravention ne consiste que dans l'emploi d’un timbre inférieur à celui qui devait être employé, l’amende ne portera que sur la somme pour laquelle le droit de timbre n’aura pas été payé.
- Art.5. Le porteurd’uneleltredechan-ge non timbrée ou non visée pour timbre, conformément aux articles 1,2 et 3, n’aura d’action , en cas de non acceptation , que contre le tireur ; en cas d’acceptation , il aura seulement action contre l’accepteur et contre le tireur, si ce dernier ne justifie pas qu’il y avait provision à l'échéance.
- Le porteur de tout autre effet sujet au timbre et non timbré, ou non visé pour timbre, conformément aux mêmes articles, n’aura d’effet que contre le souscripteur.
- Toutes stipulations contraires seront nulles.
- Art. ^ Les contrevenants seront soumis solidairement au payement du droit de timbre et des amendes prononcées par l’article h. Le porteur fera l’avance de ce droit et des amendes , sauf son recours contre ceux qui en seront passibles Ce recours s’exercera devant la juridiction compétente pour connaître de l’action en remboursement de l’effet.
- Art. 7. Il est interdit à toutes personnes , à toutes sociétés, à tous établissements publics d’encaisser ou de faire encaisser, pour leur compte ou pour le compte d’autrui, même sans leur acquit, des effets de commerce non timbrés ou non visés pour timbre, sous peine d’une amende de six pour cent du montant des effets encaissés.
- Art. 8. Toute mention ou convention de retour sans frais , soit sur le titre, soit en dehors du titre, sera nulle , si elle est relative à des effets non timbrés ou non visés pour timbre.
- Art. 9. Les dispositions de la présente loi sont applicables aux lettres de change, billets à ordre ou autres effets souscrits en France ou payables hors de France.
- Art. 10. L’exemption du timbre accordée par l’article 6 de la loi du 1er mai 1822 , aux duplicata de lettres de change , est maintenue. Toutefois , si la première, timbrée ou visée pour timbre, n’est pas jointe à celle mise en circulation et destinée à recevoir les endossements, le timbre ou visa pour timbre devra toujours être apposé sur cette dernière, sous les peines prescrites par la présente loi.
- Art. 11. Les dispositions des articles précédents ne seront applicables qu’aux
- effets souscrits à partir du l*1' octobre 1850.
- Dispositions transitoireS.
- Art. 12. Jusqu’au 1er octobre 1850, et vingt-quatre heures au moins avant l’échéance , le porteur de tout effet de commerce assujetti au timbre aura la faculté de le faire timbrer à l’extraordinaire ou viser pour timbre, sans amende.
- Il ne sera dû que le droit fixé par la loi ancienne. L’avance de ce droit sera faite par le porteur, sauf son recours contre les divers obligés.
- Toute contravention sera passible d’une amende de six pour cent contre le porteur, outre les amendes prononcées par les lois anciennes contre le souscripteur* l’accepteur et le premier endosseur.
- Les effets assujettis au timbre et échus antérieurement à la promulgation de la présente loi seront admis, jusqu’au 1er août inclusivement, au visa pour timbre sans amende et au droit fixé par la loi ancienne.
- CHAPITRE II.
- Des bordereaux de commerce.
- Art. 13. A compter du 1èr juillet 1850, les bordereaux et arrêtés dès agents de change ou courtiers ne pourront être rédigés, sous peine d’une amende de cinq cents francs contre l’agent de change ou le courtier contrevenant, que sur du papier au timbre de dimension ou timbré à l’extraordinaire , conformément à l’Article 6 de la loi du 11 juin 1842.
- TITRE II. — CHAPITRE 1er.
- Actions dans lès sociétés.
- Art. 14. Chaque titre ou certificat d’action, dans une société , compagnie ou entreprise quèlconqne, financière, commerciale , industrielle ou civile , que faction soit d’une somme fixe ou d’une quotité , qu’elle soit libérée otl non libérée, émis à partir du 1er janvier 1851, sera assujetti au timbré proportionnel de cinquante Centimes pour cent francs du capital nominal pour les sociétés, compagnies ou entreprises dont la durée n’excédera pas dix ans, et à un pour cent pour celles dont la durée dépassera dix années.
- A défaut de capital nominal, le dro't sc calculera sur le capital réel, dont la
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- valeur sera déterminée d’après les règles établies par les lois sur l’enregistrement.
- L'avance en sera faite par la compagnie , quels que soient les statuts.
- La perception de ce droit proportionnel suivra les sommes et valeurs de vingt francs en vingt francs inclusivement et sans fractions.
- Art. 15. Au moyen du droit établi par l’article précédent, les cessions de titres ou de certificats d’actions seront exemptes de tout droit et de toute formalité d’enregistrement.
- Art. 16. Les litres ou certificats d’actions seront tirés d’un registre à souche; le timbre sera apposé sur la souche et sur le talon.
- Le dépositaire du registre sera tenu de le communiquer aux préposés de l’enregistrement, selon le mode prescrit par l’article 51 de la loi du 22 frimaire an vu, et sous les peines y énoncées.
- Art. 17. Le titre ou certificat d’action , délivré par suite de transfert ou de renouvellement, sera timbré à l’extraordinaire ou visé pour timbre gratis , si le titre on certificat primitif a été timbré.
- Art. 18. Toute société, compagnie ou entreprise qui sera convaincue d’avoir émis une action en contravention à l’article 14 et au premier paragraphe de l’article 16, sera passible d’une amende de douze pour cent du montant de cette action.
- Art. 19. L’agent de change ou le courtier qui aura concouru à la cession ou au transfert d’un titre ou certificat d’action non timbré sera passible d’une amende de dix pour cent du montant de l’action.
- Art. 20. Il est accordé un délai de six mois pour faire timbrer à l’extraordinaire ou viser pour timbre sans amende et au droit proportionnel de cinq centimes par cent francs, conformément à l’article 1er, les titres ou certificats d’actions qui auront été en contravention aux lois existantes, délivrés antérieurement au 1er janvier 1851.
- Le droit sera perçu sur la représen-lation'du registre à souche ou tout autre constatant la délivrance du certificat, et l’avance en sera faite par la compagnie, ’a société ou l’entreprise.
- Le délai de six mois expiré, la société, la compagnie ou l’entreprise sera , en cas de contravention, passible de l’amende déterminée par l’article 18.
- L’avis officiel de l’acquittement du
- droit, inséré dans le Moniteur, équi-
- vaudra à l’appbsition du timbre pour les titres ou certificats énoncés au premier paragraphe de cet article.
- Art. 21. L’article 17 ne sera pas applicable aux renouvellements des titres énoncés en l’article 20. Ces renouvellements resteront assujettis au timbre déterminé par cet article , et les cessions de titres ainsi renouvelés au droit d’enregistrement fixé par les lois anciennes, s’il résulte du titre nouveau que le titre primitif avait été émis antérieurement au 1er janvier 1851.
- Art. 22. Les sociétés, compagnies pu entreprises pourront s’affranchir des obligations imposées par les articles 14 et 20, en contractant avec l’État un abonnement pour toute la durée de la société.
- Le droit sera annuel, et de cinq centimes par cent francs du capital nominal de chaque action émise; à défaut de capital nominal, il sera de cinq centimes par cent francs du capital réel , dont la valeur devra être déterminée conformémentau deuxième paragraphe de l’article 14.
- Le payement du droit sera fait, à la fin de chaque trimestre , au bureau de l’enregistrement du lieu où se trouvera le siège de la société, de la compagnie ou de l’entreprise.
- Même en cas d’abonnement, les articles 16 et 18 resteront applicables. Un règlement d’administration publique déterminera les formalités à suivre pour l’application du timbre sur les actions.
- Art- 23. Chaque contravention aux dispositions de ce règlement sera passible d’une amende de 50 fr.
- Art. 24. Seront dispensées du droit les sociétés, compagnies ou entreprises abonnées qui, depuis leur abonnement, se seront mises ou auront été mises en liquidation.
- Celles qui, postérieurement à leur abonnement, n’auront, dans les deux dernières années , payé ni dividendes ni intérêts , seront aussi dispensées du droit, tant qu’il n’y aura pas de répartition de dividendes ou de payement d’intérêts.
- Jouiront de la même dispense les sociétés et compagnies qui, dans les deux dernières années antérieures à la promulgation de la présente loi, n’auront payé ni dividende ni intérêts,à lacharge toutefois par elles de s’abonner dans les six mois qui suivront cette prnmul-t galion , et de payer le droit annuel à partir de la première répartition de dividende ou du premier payement d’in-1 térêts.
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- Ai !. 25. Les dispositions des articles précédents ne s’appliquent pas aux actions dont la cession n’est parfaite, à l’égard des tiers , qu’au moyen des conditions déterminées par l'article 1690 du Code civil, ni à celles qui en ont été formellement dispensées par une disposition de loi.
- Art, 26. Dans le cas de renouvellement d’une société ou compagnie constituée pour une durée n’excédant pas dix années , les certificats d’actions seront de nouveau soumis à la formalité du timbre, à moins que la société ou compagnie n’ait contracté un abonnement qui dans ce cas se trouvera prorogé pour la nouvelle durée de la société.
- CHAPITRE II.
- Obligations négociables des départements, communes, établissements et compagnies.
- Art. 27. Les titres d’obligations souscrits à compter du 1er janvier 1850 par Jes départements , communes, établissements publics et compagnies, sous quelque dénomination que ce soit, dont la cession , pour être parfaite à l’égard des tiers , n’est pas soumise aux dispositions de l’article 1690 du Code civil, seront assujettis au timbre proportionnel de un pour cent du montant du titre.
- L’avance en sera faite par les départements, communes, établissements publics et compagnies.
- La perception du droit suivra les sommes et valeurs de vingt francs en vingt francs inclusivement, et sans fraction.
- Art. 28. Les titres seront tirés d’un registre à souche.
- Le dépositaire du registre sera tenu de le communiquer aux préposés de l’enregistrement, selon le mode prescrit par l’article 54 de la loi du 22 frimaire an vu , et sous les peines y énoncées.
- Art. 29. Toute contravention à l’article 27 et au premier paragraphe de l’article 28, sera passible , contre les départements, communes, établissements publics et sociétés, d’une amende de dix pour cent du montant du titre.
- Art. 30. Les départements, communes , établissements publics et compagnies auront un délai de six mois , à partir de la promulgation de la présente loi, pour faire timbrer à l’extraordinaire sans amende, ou viser pour
- timbre , au droit fixé par les lois existantes , les titres compris dans l’article 27 et souscrits antérieurement au 1er janvier 1851.
- Ce délai expiré , les départements , communes, établissements publics et compagnies seront passibles de l’amende déterminée par l’article 29.
- Art. 31. Les départements, communes , établissements publics et compagnies pourront s'affranchir des obligations imposées par les articles 27 et 30, en contractant avec l’État un abonnement pour toute la durée des titres. Le droit sera annuel, et de cinq centimes par cent francs du montant de chaque litre.
- Le payement du droit sera fait à la fin de chaque trimestre au bureau d’enregistrement du lieu où les départements, communes, établissements publics et compagnies auront le siège de leur administration.
- En cas d’abonnement, le dernier paragraphe de l’article 22 et l’articles 28 seront applicables.
- Art. 32. Les articles 15,19, 23 et 25 sont applicables aux titres compris en l’article 27.
- TITRE III.
- Des polices d’assurances.
- SECTION PREMIÈRE.
- Des polices d’assurances autres que les assurances maritimes.
- Art. 33. A compter du 1er octobre 1850, tout contrat d’assurance, ainsi que toute convention postérieure contenant prolongation de l’assurance, augmentation dans la prime ou le capital assuré, sera rédigé sur papier d’un timbre de dimension , sous peine de cinquante francs d'amende contre l’assureur, sans aucun recours contre l’assuré. Si l’assuré en fait l’avance , il aura un recours contre l’assureur.
- Lorsque la police contiendra une clause de tacite reconduction, elle sera en outre soumise au visa pour timbre dans le délai de cinq jours de sa date , sous la même peine de cinquante francs d’amende contre l’assureur. Le droit de visa sera le même que celui du lin™" bre employé pour l’acte.
- Art. 34. Les sociétés d’assurances
- mutuelles, les compagnies d’assurances
- à primes ou autres, sous quelque dénomination que ce soit, et tous assureurs à primes ou autres, seront tenus
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- de faire, au bureau d’enregistrement du lieu où ils auront le siège de leur principal établissement, une déclaration constatant la nature des opérations et les noms du directeur de la société ou du chef de l'établissement.
- Cette déclaration sera faite avant le 1er octobre 1850 par les sociétés, compagnies et assureurs actuellement établis, et par les autres avant de commencer leurs opérations.
- Toute infraction aux dispositions de cet article sera passible d'une amende de mille francs.
- Art. 35. Les sociétés, compagnies et assureurs seront tenus d’avoir, au siège de l’établissement, un répertoire sommaire en un ou plusieurs volumes, non sujet au timbre, mais coté, paraphé et visé, soit par des juges du tribunal de commerce , soit par le juge de paix , sur lequel ils porteront, par ordre de numéros , et dans les six mois de leur date, toutes les assurances faites, soit directement, soit par leurs agents, ainsi que les conventions qui prolongeront l’assurance, augmenteront la prime ou le capital assuré.
- A l’égard des sociétés, compagnies et assureurs actuellement établis, le répertoire ne sera obligatoire que pour les opérations qui seront faites à compter du 1er octobre 1850. Ce répertoire sera soumis au visa des préposés de l’enregistrement, selon le mode indiqué par la loi du 22 frimaire an vu.
- Les préposés de l’enregistrement pourront exiger, au siège de l’établissement, la représentation, l°des polices en cours d’exécution ou renouvelées par tacite reconstruction depuis au moins six mois ; 2° de celles expirées depuis moins de deux mois.
- Art 36. Chaque contravention aux dispositions de l’article précèdent sera Passible d’une amende de dix francs.
- Art. 37. Les sociétés, compagnies d’assurances et tous autres assureurs contre l’incendie et contre la grêle pour-r?nt s'affranchir des obligations imposées par l’article 33 en contractant avec 1 État un abonnement annuel, à raison de deux centimes par mille francs du l°lal des sommes assurées , d’après les Polices ou contrats en cours d’exécu-lion.
- .Les caisses départementales administrées gratuitement, ayant pour but d’indemniser ou de secourir les incen-d'es au moyen de collectes , pourront
- aussi s’affranchir des mêmesobligations
- en contractant avec l’État un abonne-®*ent annuel de un pour cent du total des collectes de l’année.
- Les compagnies et tous assureurs sur la vie pourront également s’affranchir de l’obligation imposée par l’article 33 en contractant avec l'État un abonnement annuel de deux francs par mille du total des versements faits chaque année aux compagnies ou aux assureurs.
- L’abonnement de l’année courante se calculera sur le chiffre total des opérations de l’année précédente.
- Le payement du droit sera fait par moitié et par semestre, au bureau de l’enregistrement du lieu où se trouvera le siège de rétablissement.
- Art. 38. Les sociétés, compagnies ou assureurs qui, après avoir contracté un abonnement, voudront y renoncer, seront tenus de payer un droit de trente-cinq centimes par chaque police en cours d’exécution , quels que soient la dimension de papier et le nombre des doubles.
- Art. 39. Le pouvoir exécutif déterminera la forme du timbre qui, en cas d’abonnement, sera apposé,sans frais, sur le papier destiné aux polices d’assurances et feuilles de collectes.
- Dispositions transitoires.
- Art. 40. Les sociétés, compagnies d’assurances et tous autres assureurs , seront tenus, dans le délai de six mois, à partir de la promulgation de la présente loi, de faire timbrer à l’extraordinaire , ou viser pour timbrer les actes d’assurances en cours d’exécution , et antérieurs au 1er octobre 1850. Il sera perçu par police, quels que soient le nombre des doubles et la dimension du papier, un droit fixe de trente-cinq centimes sans aucune amende.
- L’avance de ce droit sera faite par la société, la compagnie ou l’assureur, sauf recours , par moitié , contre l’assuré.
- Passé le délai de six mois, la société, la compagnie ou l’assureur sera passible d’une amende de dix francs par chaque police d’assurance non timbrée.
- Art. 41. Les sociétés, compagnies ou assureurs qui, pour l’année 1850, et dans les trois mois de la promulgation de la présente loi, contracteront avec l'État l’abonnement annuel autorisé par l’article 37, seront affranchis du droit fixé par l’article précédent, et leurs polices seront timbrées sans frais, quel qu’en soit le format.
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- SECTION II.
- Des 'polices d'assurances maritimes.
- Art. 42. A compter du 1er octobre 1850, tout contrat d’assurance mari-ritime , ainsi que toute convention postérieure contenant prolongation de l’assurance, augmentation dans la prime ou dans le capital assuré, ou bien (en cas de police flottante ) portant désignation d’une somme en risque ou d’une prime à payer, sera rédigé sur papier d’un timbre de dimension . sous peine de cinquante francs d’amende contre chacun des assureurs et assurés.
- Les conventions postérieures énoncées dans le paragraphe précédent pourront être inscrites à la suite de la police , à la Charge pour chacune d’un visa pour timbre au même droit qüe celui de la police.
- Le visa devra être apposé dans les deux jours de la date des nouvelles conventions.
- Art. Î3. Lescompâgnies d’assurances maritimes seront tenues de faire, au bureau d’enregistrement du siège de leur établissement et à celui du siège de chaque agence, une déclaration constatant la nature des opérations et les noms du directeur et de l’agent de la compagnie.
- Cette déclaration sera faite, pour les compagnies actuellement existantes * avant le 1er octobre 1850 , et pour les autres avant de commencer leurs opérations.
- Toute contravention aux dispositions decet article seta passible d’une amende de mille francs.
- Art. 44. Les compagnies d’assurances maritimes seront tenues d’avoir , dans chaque agence, un répertoire non sujet au timbre, mais coté , paraphé et visé, soit par un des juges du tribunal de commerce, soit par le juge de paix, sur lequel seront, dans les trois jours de leur date , portées , par ordre de numéros , les assurances qui auront été faites dans ladite agence sans intermédiaire cle courtier ou de notaire, ainsi que les conventions qui prolongeront l’assurance , augmenteront la prime ou le capital assuré, ou bien (en cas de police flottante) qui porteront la désignation d’une somme en risque ou d’une somme à payer.
- A l'égard des compagnies actuellement existantes , le répertoire ne sera obligatoire que pour les opérations qui seront faites à compter du 1er octobre 1850. Ce répertoire sera soumis au visa des préposés de l’enregistrement, selon
- le mode indiqué par la loi du 22 frimaire an vu, et toutes les fois qu’ils le requerront, la représentation des polices pourra être exigée au moment du visa.
- Art. 45. Quiconque voudra faire des assurances maritimes autrement que par l’entremise des notaires ou courtiers , sera tenu de se conformer à l’ar-tifclé 43 et au premier paragraphe de l’article 44.
- Le répertoire des assureurs particuliers ne donnera lieu qu’au visa prescrit par l’article 51 de la loi du 22 frimaire an vu. La représentation des polices pourra être exigée lors du visa.
- Art. 46. Chaque contravention à l’article 44 et au deuxième paragraphe de l’article 45 sera passible d’une amende de dix francs.
- Art. 47. Le livre que les courtiers doivent tenir, conformément à l’article 84 du code de commerce, sera assujetti au timljfe de dimension.
- Les notaires seront tenus, comme les courtiers, d’avoir un registre spécial et timbré sur lequel ils transcriront les polices des assurances faites par leilr ministère.
- Le livre des courtiers et le registre dés notaires seront soumis au visa des prépdsés de 1’ertregistremènt toutes les fois que ceux-ci le requerront.
- Toute contravention aux dispositions de cet article emportera une amende de cinquante francs.
- Art. 48. Tout courtier ou notaire qui sera convaincu d’avoir rédigé une po; lice d’assurance ou d’en avoir délivré une expédition ou un extrait sur papier non timbré , conformément à l’article 42, encourra une amende decinfl cents francs , et, en cas de récidive ? une amende de mille francs, outre les peines disciplinaires prononcées par les lois spèciales.
- TITRE IV.
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
- Art. 49. Lorsqu’un effet, certifié11 d’action , titre, livre, bordereau, P°( lice d’assurance , ou tout autre acte sujet au timbre et non enregistré, sera mentionné dans un acte public , judiciaire ou extrajudiciaire . et ne devra pas être représenté au receveur lors dc l’enregistrement de cet acte, l’ofliei'’1 public ou officier ministériel sera ten de déclarer expressément dans l’acte si le titre est revêtu du timbre prescrit» d’énoncer le montant du droit de timbre payé.
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- En cas d’omissiort, les notaires, a^u.®s» greffiers, huissiérs et autres officiers publics seront passibles d’une amende de dix francs par chaquë contravention.
- Délibéré en séance publique, à Paris* les 7, 22 mars et 5 juin 1850.
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- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION»
- Chambre des requêtes.
- Brevet d’invention. — Connaissance
- ET EXÉCUTION ANTÉRIEURE. — DÉCHÉANCE.
- Dans une poursuite en contrefaçon, Soit au civil soit au correctionnel, l'individu poursuivi comme contrefacteur peut opposer au breveté qui le poursuit : la publicité, la connaissance, l'usage, ou l'exécution de son procédé antérieurement au brevet; et ce, soit à l'aide d'indications et descriptions contenues dans des ouvrages publiés en France ou à l'étranger, soit par témoins, ce mode de preuve pouvant être admis dans les poursuites en contrefaçon.
- Audience du 5 juin. M. Lasagni, président;M. Glandaz,conseil, rapp. ; M. Bouland, avocat général ; Me Huet, avocat.
- Chemin de fer. — Transport en dehors de la voie. — Liberté d’industrie.
- Des tribunaux ûe peuvent interdire à une compagnie de chemin de fer d'opérer à l'avenir, les transports de marchandises en dehors de là ligne et des stations et sur les routes collatérales ou incidentes, à peine de dommages-intérêts. Dne telle décision est illégale comme contraire à l'art. 7 de la loi du 2 mars 1791, relative à la liberté du commerce et de l'industrie, en ce quelle imposerait à l'entreprise du chemin de fer des restrictions contraires à cette liberté, et qui ne résultent pas du cahier des charges.
- Üe\te décision aurait d'ailleurs le caractère de disposition règlementaire interdite aux tribunaux par l'article 5 du code civil.
- Audience du 24 juin. M. Lasagni, président; M. Taillandier, conseil, rapp.; M. Freslon, avocat général; Me Moreau, avocat.
- Usine. — Cours d’eau. — Travaux.
- Lorsqu'un propriétaire riverain a été autorisé à établir une usine sur un cours d'eau non navigUable, en formant ûn barrage jusqu'au milieu du lit, et que plus tard il prolonge son barrage, le propriétaire de la rive opposée ne peut se plaindre de cette entreprise qu'en démontrant qu'il éprouve un préjudice actuel. Il est non recevable s'il est constant, qu'il peut encore user de l'eau dans les termes de l'art. 644 du code civil.
- Audience du 17 juin. M» Lasagni, président;M. Mesnard,conseil, rapp.; Me Bouland, avocat général; M. Ri-gaud, avocat.
- COUR DÈ CASSATION.
- Chambre civile.
- Chemin de fer.—Tarif.—Réduction, dommages-intérêts.
- Une compagnie de chemin de fer qui abaisse ses tarifs sans remplir les conditions d'approbation par l’autorité administrative, et d'affiches imposées par son cahier des charges, est responsable du préjudice causé par celle réduction aux entreprises de transport dont les prix courants ont été subordonnés à ceux de la compagnie.
- Le cahier des charges annexé à la loi de concession d'un chemin de fer constitue une loi dont la violation peut être invoquée par toutes entreprises de transport, comme donnant ouverture à un droit contre la compagnie qui a négligé d'en suivre les prescriptions.
- L'abaissement du tarif non autorisé ne peut être excusé par le motif
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- que la compagnie n’a pas eu l'intention de nuire.
- Audience du 19 juin 1850. M. Portalis, premier président; M. Feui-lhade Chauvin, conseil, rapp.;M. Nou-guier, av. gén. ; M® Moreau, avocat.
- TRIBUNAL CIVIL DE ST-ÉTIENNE.
- Mines. — Division de concession.
- — Loi de 1810.
- La convention par laquelle un concessionnaire de mine afin d’empêcher tout obstacle à sa demande en concession, a pris l'obligation de laisser les propriétaires de terrains houilliers profiter des houilles situées sous l’étendue de leurs propriétés, est nulle comme violant l’article 7 de la loi de 1810.
- Lorsque cette convention a reçu l’autorité de la chose jugée, elle confère à celui qui l'a obtenu un droit à une indemnité contre le concessionnaire; droit dont il appartient aux tribunaux de déterminer l'étendue.
- M. le baron de Rochetaillée était concessionnaire de la houillère du Cros, qui comprend dans son périmètre les fonds de la Bâtie appartenant à madame Fromage.
- Le 16 juin 1826, M. Rochetaillée remit à madame Fromage une déclaration, par laquelle il renonce à opérer des fouilles et à se prévaloir de sa concession pour tout ce qui concerne les terres de la Bâtie, et autorise la dame Fromage et après elle ses ayants cause, à exploiter, comme bon leur semblera, les houilles comprises dans les terres ainsi distraites de la concession légale.
- Le sieur Barge et Veley, étant aux droits de madame Fromage, ont formé une demande en autorisation de creuser un puits dans leur propriété, demande que conformément à la loi, ils ont adressée à l’administration ; à cet effet, ils ont obtenu contre M. de Rochetaillée un jugement qui, se fondant sur la déclaration du 16 juin 1826, a condamné celui-ci, comme héritier de son père, à signer celte demande en autorisation.
- Mais l’administration a refusé d’autoriser IUM. Barge et Veley à opérer les fouilles qu’il se proposait d'effec-
- tuer, et ce par le motif que la loi de 1810, art. 7, défend tout partage de concession.
- MM. Barge et Veley ont introduit contre les héritiers de madame Fromage une demande en résiliation de la vente que ceux-ci lenravaientconsenlie de la terre de la Bâtie ; et cette demande a été accueillie par le tribunal, et par suite madame Crozier, héritière de madame Fromage, est redevenue propriétaire. Elle a formé contre M. de Rochetaillée une demande tendante à ce qu’il lui fûlaccordé, dans les produits de la succession du Cros , une part proportionnelle à la superficie des terrains de la Bâtie, relativement au périmètre de la concession tout entière, et, subdiairement, une indemnité de 300,000 francs, valeur approximative des tréfonds de la Bâtie.
- Sur les piaidoieries de M* Pierre Desgranges, pour madame Crozier; de Me Meunier. pour M. de Rochetaillée, et les conclusions de M. Floltard, organe du ministère public.
- Le tribunal a rendu le jugement suivant.
- «Attendu que, soit la propriété de la Bâtie, appartenant à Antoinette Régnault, veuve Fromage, soit celle de l’Élivalière, appartenant à Bernou, baron de Rochetaillée, se trouvaient comprises dans la subdivision dite : le Cros, du périmètre n° 7 du bassin houiller de Saint-Étienne.
- » Attendu qu’une ordonnance royale, du 27 octobre 1824, a concédé cette subdivision, sous la dénomination de concession des mines du Cros, à M. de Rochetaillée seul, mais ce dernier a, par déclaration du 16 juin 1826, formellement consenti à ce que la dame veuve Fromage fût subrogée aux droits du concessionnaire pour tous les gisements houillcrs qui pouvaient exister dans le domaine de la Bâtie.
- » Attendu que l’exécution littérale de cet acte est impossible, puisqu’elle aurait pour résultat de morceler la concession contre la prohibition absolue de l’art. 7 de la loi du 21 avril 1810.
- » Attendu qu'à raison de cet obstacle légal, la dame Crozier demande, en sa qualité d’ajant cause de la dame veuve Fromage, sa tante, ou qu’il lm soit attribué une part indivise dans la concession du Cros, proportionnée a l’importance des tréfonds de la Bâtie, ou que Camille de Rochetaillée, *,erLll5r du signataire de la déclaration de l8-t>« soit tenu de lui payer en argent la va-
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- •eur de cette partie de la mine... prétention qu’il s’agit d’apprécier.
- » Attendu que si la déclaration du 16 juin 1826 avait été spontanée de la Part du baron de Rochetaillée, toute gratuite , purement unilatérale , l’ira-Possibililè de la mettre a exécution tenant à un motif d’ordre public, à une cause préexistante, écrite d’ailleurs dans une loi positive, et partant réputée connue des deux parties intéressées, celte déclaration serait sans doute restée une stipulation inutile mais que tel n’est pas le caractère de cet acte.
- » Attendu, en effet, que de Boche-taillée a pris soin d'y consigner que sa déclaration était de sa part l’exécution d’un contrat antérieur, par lequel il avait été arrêté que si la dame veuve fromage laissait, sans aucune opposition , le baron de Rochetaillée se porter seul demandeur en concession des naines du Cros, celui-ci promettait de la faire participer à la concession pour tous les tréfonds des héritages dont elle était propriétaire dans son enclave.
- » Que c’était là un contrat sans nom, il est vrai, mais parfaitement commutatif, puisque la dame Fromage y abandonne les chances du succès et de la concurrence qu elle se trouvait à portée de faire à son voisin contre la promesse formelle de ce dernier, dans le cas où il obtiendrait la concession , de la subroger à ses droits pour une partie déterminée.
- » Que ces contrats qui, du consentement de Bernou de Rochelaillée fils lui-mème a reçu une consécration nouvelle par le jugementrendu en ce tribunal le 7 août 1838, n’a d’ailleurs en soi rien d’illicite, si ce n’est dans son mode d’exécution ; qu’ainsi c’est à apprécier les conséquences juridiques de ce vice que se réduit la difficulté.
- » Attendu qu’en se reportant à l’époque où le contrat est intervenu, on trouve dans presque toutes les concessions de cet arrondissement des conventions semblables, la plupart conclues sous les auspices de l’autorité administrative, longtemps sanctionnées Par l’autorité judiciaire elle-même , et qui, durant une assez longue période, °nt reçu la plus paisible exécution ;
- » Attendu que c’est la confiance qu’inspirait cet état de choses qui a déterminé le consentement, soit de ®ernou de Rochetaillée, soit de la darne Fromage;
- » Que s’ils se sont trompés, l’erreur aété commune et doit conséquemment Rejaillir sur l’un et l’autre;
- * Que les choses ne pouvant être re-
- mises en entier, les principes du droit, l’équité surtout, résistent à ce qoe la dame Fromage qui a tenu avec fidélité sa promesse, soit privée des avantages du contrat, tandis que de Rochetaillée en devrait seul retirer tout le profit et cela à coup sûr contre son gré ; ’
- » Qu’ayant obtenu ce qu’il a stipulé , c’est-à-dire l’abstention de la dame Fromage, il est juste que, si, même par une cause indépendante de sa volonté, de Rochetaillée ne peut livrer ce qu’il a promis en retour, il fournisse l’équivalent, sans quoi il pourrait être qu’il se fût enrichi aux dépens d’autrui ;
- » Qu’au lieu donc du fragment déterminé de la concession qui avait été promis à la dame Fromage, c’est une part indivise et équivalente qui doit lui être attribué ;
- » Attendu que ce mode d’exécution conduit sans doute à un résultat, non-seulement imprévu par lescontractanls, mais peut-être même tout à fait contraire à leur volonté , en ce qu’il établirait entre eux une espece de société ; mais que , rigoureusement, ni l'un ni l’autre ne peut s’en plaindre , parce que c’est là la conséquence d’une erreur qui leur a été commune ;
- » Attendu néanmoins qu’à raison de la gravité de celte position inattendue, on doit laisser à de Rochetaillée la faculté de s’en affranchir par une indemnité pécuniaire : ce qui est d’ailleurs conforme aux règles du droit, qui permettent de résoudre en dommages-intérêts l’obligation de subroger que M. de Rochetaillée ne peut remplir;
- » Attendu que, soit qu’il faille attribuer à la demauderesse une part indivise dans la concession du Cros, soit qu’il s’agisse de l'indemniser en argent, il est nécessaire de poser les bases auxquelles on doit s’attacher ;
- » Attendu que deux systèmes se présentent :
- » Ou de rechercher quel est le rapport entre la partie de la mine qui existe sous les fonds du domaine de la Bâtie, et tout le surplus de la concession ;
- » Ou de s’en tenir au rapport des surfaces ;
- » Attendu que le premier présente une telle incertitude, qu’il pourrait aboutir à un résultat tout à fait injuste ;
- » Que le second a le double avantage d’être tout à la fois d’une exécution facile, et de se rapprocher de la véritable intention qui, au moment du pacte, étaient uniquement préoccupées de l’importance de leurs propriétés res-
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- pective^ considérées au point de vue de leur surface;
- » Par ces motifs,
- » Le Tribunal, sans s’arrêter ni avoir égard aux fins et exceptions de Camille de Rochetaillée, dit et pronnonce qu’aux lieu et place de la subrogation aux droits de concessionnaire sur les tréfonds du domaine de la Bâtie , promise à la dame veuve Fromage par feu Jferpou de Rochetaillée, suivant sa déclaration du 16.juin 1826, attribution est faite à Camille Pierrette Regnaut, épouse de Léon Fleuri Crozier, ayant cause de la dite dame Fromage, sa tantp, d’une part, indivise dans l’entière concession des mines de houille du Cros, et équivalente à la partie de cette concession que de Rochetaillée ne peut lui livrer, si mieux n’aime ce dernier indemniser en argent ladite dame Crosier, ce qu’il sera tenu , à peine de déchéance d’opter dans le mois qui suivra la signification du jugement ;
- » Ordonne en conséquence que dans les trois jours, après le délai de l’option, les parties sont tenues de convenir d’experts, à défaut, le Tribunal nomme dès à présent d’office , les sieurs Luit, ingénieur au corps national des mines, Elie Reymond , et liilaire Puymartin, ingénieurs civils, tous les trois domiciliés en cette ville , à l’effet, dans le cas ou de Rochetaillée n’userait pas de l’option qui lui a été ci-dessus accordée , de déterminer le rapport entre
- l’étendue superficielle des fonds dont était composé le domaine de la Bâtie en 1826, et le surplus du terrain renfermé dans le périmètre de la concession de Cros, afin que la fraction exprimant ce rapport fixe la quote part indivise de la dame Crpzier dans la concession;
- » Et à l’effet, en cas d’option, de donner, en outre , leur avis sur la valeur vénale de la concession du Cros, pour être, audit cas, attribué à titre d’indemnité à la dame Crozier, une quote part de ce prix déterminée par la fraction, dont il vient d’être ci-dessus parlé.»
- Audience du 8 avril. M. Jarre, président.
- Sommaire de la portie législative et judiciaire de ce numéro.
- Jurisprudence. = Timbre des effets de commerce.— Action. —Obligation , etc.. •
- — Loi.
- Législation .=J ur idiction ci vile. = Cour de cassation. = Chambre des requêtes. = Brevet d'invention, — Connaissance et exécution antérieure.— Déchéance. = Chemin de fer. — Transport en dehors de la voie.
- — Liberté d'industrie. — Usine cours d'eau. —Travaux.=Cour de cassation.^Chambre civile. = Chemin de fer. — Tarif. — Réduction. — Dommages-intérêts. = Tribunal civil de Saint-Étienne. = Mines. — Division de concession.-— Loi de 1810.
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- BREVETS ET PATENTES.
- Liste des Patentes revêtues du grand sceau ^Irlande , du 17 mai 1850 au 25 juin 1850.
- 25 mai. J Stevenson. Machine à filer le }in et autres manières filamenteuses.
- Liste, des Patentes revêtues du grand sceau d’ÉcossE, du 24 mai 1850 au 21 juin 1850.
- 24 mai. G. Jackson. Peigneuse.
- 24 mai. F. Rosenborg. Perfectionnements dans les moyens de scier, couper percer et façoqper le bois.
- 27 mai. G.-B. Ford. Moyen pour obtenir de la force (importation).
- 27 mai. J. Barrans. Essieux et boîtes d’es-
- sieux des machines locomotives et voitures de chemins de fer.
- 28 mai. S. Fis citer. Roues , essieux, tampons,
- ressorts de chemins de fer, efc.
- 28 mai. T. Chdhcller Machines à appliquer les engrais liquides.
- 28 mai. T. Rotch. Moyen pour séparer di-
- verses matières dans les substances saccharines, salines et ligneuses ( im-partalion).
- 29 mai. li.-C. Hurry. Mode de graissage des
- machines.
- •*0 mai. S. Pincoffs. Mode d’avivage dans la teinlure et l’impression des calicots et autres tissus (en partie importation). 3t mai. J.-P. Budd Fabrication du coke.
- s* mai. C. Andrew et R. Markland. Mode et machine pour préparer les chaînes de lissage.
- 31 mai. W. et T. Macalpine. Machine à laver
- les tissus de coton, le lin et autres matières.
- 5 mai. J. Dation. Appareil à blanchir, teindre, imprimer et apprêter les tissus et gravure des rouleaux.
- 5 juin. F.-A. Gatty. Fabrication des carbo-
- nates de soude et de potasse.
- 6 juin- J. Le Baslier. Machine pour impres-
- sion.
- 7 juin. W. Robertson. Machine à filer et dou-
- bler le coton et autres matières filamenteuses.
- 10 juin. F.-T. Rujford, 1. Mason et J. Finch. Baignoires.
- 10 juin, B.-L. Lo Presli. Presses hydrauliques nouvelles.
- i4 juin. C. Cowper. Instrument pour mesurer et régler la pression et la température de la vapeur et de l’air.
- 14 juin. A. EUiot et H. Heys. Machine à fabriquer les tissus.
- 18 juin. W Watson. Préparation des matières propres à la teinture, l’impres-sion'et le coloriage.
- 21 juin. W.-E. Newton. Machine à vapeur rotative (importation).
- 21 juin. J.-W. Hoby. Mode de construction de la voie des chemins de fer.
- Liste des patentes revêtues du grand sceau d’Angleterre, du 29 mai 1850 au 27 juin 1850.
- 29 mai. J. Ashworth et T. Mittchell. Machine
- à préparer, filer et tisser le coton , la laine et autres matières filamenteuses.
- 30 mai. J. Harlow. Divans et autres meubles
- analogues.
- 30 mai. E.-J.-J. Dixon. Eviers en schiste ar-doisier.
- juin. T. Page. Construction et nettoyage des égouts.
- ,w juin. E.-J. Coates. Fabrication des boulons , des pointes et des clous.
- ,tr juin. M. Poole. Machine à percer les métaux et fabrication des ressorts.
- ,er juin. A. EUiot et U. Heys.. Machine pour la fabrication des tissus.
- '*r juin. G.-F. de Douhet. Mode de désoxigé-nation des corps et applications diverses.
- icr juin. F.-C. et G. Hills. Fabrication et raffinage du sucre.
- 1er juin. S. Brown Machine à mesurer l’é-coulemènt des fluides et des liquides. 1 juin. J. Tucker. Perfectionnements dans les chaudières à vapeur et dans la propulsion des vaisseaux (importation).
- 3 juin. G.-H. Ford. Force motrice ( impor
- tation).
- t4 juin. P. de Angely. Lieux d’aisance, urinoirs , désinfection et application des matières à l’agriculture.
- 4 juin. D. et J.-M. Napier. Appareil à sé-
- parer les fluides des autres matières.
- 4 juin. T. Çartali. Traitement ou préparation de fil au tissage (importation).
- 4 juin. W. Watson. Préparation de matière»
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- propres à la teinture, l’impression et le coloriage.
- 4 Juin. J. Sykes et A. Ogden. Machine à
- nettoyer la laine, le coton et autres matières filamenteuses.
- 5 juin. E. Sharpe. Voitures de chemins de
- fer.
- 8 juin. W.-E. Newton. Perfectionnements dans la confection des bottes, souliers , etc. (importation).
- 6 juin. G. Jackson. Peigneuse.
- 6 juin. J. McNicol. Machine à élever et transporter les fardeaux.
- 6 juin. W. Robertson. Machine à filer et doubler le colon et autres matières filamenteuses. '
- 6 juin. J.-A H. Bell. Préparation des sons ,
- recoupes et remoulages ^importation).
- 7 juin. W.-G. Bicknell elJ-R.-T. Grahatn
- Moulin à nettoyer, épurer et sécher le grain.
- 8 juin. W. Newton. Fabricaton de cordes,
- courroies , habillements et autres articles avec le caoutchouc.
- 8 juin. J. Colman. Fabrication de l’amidon.
- 8 juin. P.-A.-L. Fonlainemoreau. Machine oscillante à vapeur et à gaz (importation).
- 8 juin. C. Warwick. Mode de cueillage sur les métiers à bas (importation).
- Il juin. P -A.-L. Fonlainemoreau. Fabrication du sulfate de soude et des acides hydrochlorique et azotique (importa lion).
- il juin. W.-E. Newton. Carde pour la laine, le coton et autres matières filamenteuses (importation).
- il juin. W. Jackson. Fabrication des savons, il juin. W.-E. Newton. Machine à vapeur rotative (importation), il juin. R. Waddetl. Machine à vapeur.
- U juin. A. Parkes. Fabrication des mélaux et construction des fourneaux pour cct objet.
- il juin. W. Pôle. Machine à vapeur, il juin. J.-IJ. Vries. Machine atmosphérique, il juin. J.-P. Budd. Fabrication du coke, fl juin. J.- D. Dunnicliff et J. W. Bagley. Fabrication des dentelles et autres tissages.
- il juin. L. Ellis. Appareil applicable à toutes les voilures de chemins de fer.
- Il juin. F-A. Gally. Fabrication des carbo-nales de soude et de potasse, it juin. W.Cox. Appareil à fabriquer les eaux gazeuses.
- 11 juin. J. Sidebottom. Métier de lissage.
- 12 juin W. Mac Lardy. Machine à préparer,
- filer et doubler le coton et autres matières filamenteuses.
- 12 juin. A.-V. Newton. Production du g»* pour éclairage, chauflage et force motrice (importation ).
- 12 juin. G.-P. Harding. Fabrication des boutons
- 12 juin. T. Deakin. Machine à rouler les métaux et fabrication des tubes.
- 12 juin. J Stopporton. Propulsion des vaisseaux.
- 12 juin. W. - E. Newton. Construction des chemins de fer (importation).
- 12 juin. G.-A, Everilt et G. Glydon. Fabrication de tubes en métal pour chaudières de locomotives et machines marines
- 12 juin. J. Manly. Fabrication des clous.
- 19 juin. C. Lamport. Machine à mouvoir les fardeaux, pomper, etc.
- 19 juin. C. Greenway. Ancres, pompes d0 bâtiments et propulsion.
- 19 juin. B. Cheverlon. Imitation de l’ivoire et des os.
- 19 juin. C Hanson. Machine à vapeur, soupape de sûreté et appareil de propulsion.
- 19 juin. I. llartns. Machine pour obtenir de la force motrice (importation).
- 19 juin. R. Healh et R.-H. Thomas. Fabrication du fer.
- 19 juin. E. Baldwin. Mode de génération de la vapeur et application aux locomotives, bâtiments , machines fixes.
- 19 juin. R. Weare. Mode et appareil pour éteindre les incendies, et nouvelles batteries galvaniques.
- 19 juin. G. Robarls. Socs et patins.
- 20 juin. G. Malo. Propulsion des vaisseaux.
- 20 juin. W. Saunders. Scies et machines *
- scier.
- 20 juin. J. Hunt. Moulage des matières pla®' tiques et appareil pour cet objet.
- 24 juin. R.-A. èlacfie. Fabrication et raffinag6 du sucre et traitement du charbo0 animal.
- 24 juin. //. Stephens Crayons à pointe per' peluelle, plumes, porte-plumes.
- 24 juin. W. Laird. Bateaux de sauvetag0» filtration et purification des eaux.
- 24 juin. J.- W. Binns. Soudage des loqudteS cardées, et machine a souder.
- 24 juin. E. Mitchell. Appareil à fixer le pap'ef à dessin et à écrire.
- 24 juin. J- Percy et H Wiggin. Nouveau* alliages métalliques.
- 26 juin. T. Fulljames. Appareil à mouv0*r
- les fardeaux.
- 27 juin. J. Forster. Filtration des eaux etdeS
- liquides.
- 27 juin. J- Pool. Perfectionnements dans Ie* bluteaux.
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- Le Technologiste. P], loi.
- /V’/i/' t/s'’ ^y/?/<v/,//
- Votiniètre N°1
- Votiniètre N°4
- Votiniètre N°5
- Four
- Contr
- Votiniètre N°2.
- POUR
- 9
- fiufos sc.
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- LE TECHNOLOGISTE,
- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ET ÉTRANGÈRE.
- ARTS METALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Note sur la formation d'un banc de goémon fossile dans le département du Finistère.
- Par M. Adolphe Bobierre ,
- chimiste-vérificateur en chef desengrais dans la Loire-Inférieure.
- La substance dont il va être question ici appartient à un genre de formation qui n’a pas , que je sache , été étudié jusqu'à ce jour. Les applications auxquelles elle peut cependant donner lieu sont assez intéressantes pour que l’agriculture et l’industrie aient lieu de s’en préoccuper.
- U existe dans le département du Finistère, dans la commune de Kérouan, nne anse d’une vaste dimension où le flux amène de temps immémorial des fucus sans cesse accumulés et comprimés par les sables qui s’y trouvent mélangés. La disposition de la baie de Teven où s’opère cette accumulation de végétaux est telle, que les rochers s’opposent à l’enlèvement des W3recks constamment comprimés, et que le reirait de l’eau pourrait, sans ces obstacles naturels, disperser au fur et à mesure de l’accroissement de la masse.
- On conçoit ce qu’a dû produire sous ne telles influences et sur de grandes niasses de warecks l’action simultanée et longtemps prolongée de la pression des sables, de l’eau salée et de l’atmo-
- sphère , un véritable banc de combustible s'est formé. Les molécules végétales se soudant de la manière la plus intime, il en résulte une masse homogène , à texture feuilletée, mais cependant très - cohérente, susceptible de prendre le poli, et dont l’ensemble occupe une longueur de 1500 mètres environ. On peut, sans exagération, évaluer à 100,000 hectolitres la quantité de cette singulière substance qui s’avance dans la mer jusqu’à 800 mètres environ, et dont les grandes marées permettent d’apprécier l’énorme développement.
- Je ferai remarquer en passant qu’il est impossible de douter de l’origine de la substance, car ainsi que dans les houilles certaines empreintes y accusent de la manière la plus tranchée la forme du végétal qui a donné naissance à la masse, et à ce sujet mes observations concordent en tout point avec celles de M. Vincent, chimiste distingué , pharmacien de la marine à Brest, et qui a été à même d’étudier cette intéressante formation.
- Découvert par mademoiselle Merven. au pied même de sa propriété, ce banc de goémon fossile , dont la matière, d’un beau noir, ne revient qu’à 15 centimes l’hectolitre sur les lieux d’extraction , fut d’abord utilisé comme engrais. Les résultats qu’il produisit,
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- Le Technologiste. T. XI. — Septembre 1850
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- et qui furent surtou remarquables dans les cultures fourragères et maraichères,
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- donnèrent bientôt l’idée de tenter une application plus large. Lès propriétés chimiques du goémon fossile vont permettre d’apprécier sur quelle échelle et dans quel but l’agriculture et l’in-
- dustrie pourraient y puiser des éléments d’activité productive.
- La composition du goémon fossile est la suivante :
- Matière organique.
- 83.3
- Sels solubles dans l’eau
- Chlorures
- Sulfates
- {de sodium............
- de magnésium. . . .
- de calcium. . . . . .
- I
- f de potasse.........
- /de soude. ......
- | de magnésie........
- Carbonate de chaux et de magnésie.
- Alumine et oxide de fer..........
- Silice...........................
- 8.0
- 1.7
- 3.0
- 4.0
- Azote, 18 pour 1000.
- 100.0
- La proportion d’azote que l'analyse décèle dans cette substance est de beaucoup supérieure à celle de toutes les tourbes connues , et explique concurremment avec la présence des sels solubles les propriétés fertilisantes du goémon fossile, Cette quantité d’azote est plus considérable là que dans la plupart de ces produits où elle n’est que de 16 pour 1000.
- Chaque année on extrait dans les marais de Montoir ( Loire - Inférieure) 300,000 hectolitres de tourbe destinée à falsifier dans l’Ouest les résidus de raffinerie employés comme engrais. Cette tourbe renferme de 5 à 6 p. 1000 d’azote ; c’est à peu près le tiers de ce que j’ai toujours trouvé dans le goémon fossile dont la texture représente en somme l’engrais si fertilisant employé à l’état de goémon vert, mais qui a ici subi une condensation des plus commodes pour les besoins de l’agriculture.
- Examinée au point de vue industriel , celte substance intéressante m’a donné les résultats suivants.
- La calcination avec la litharge accuse un poids de carbone pur qui s’élève à 28 pour 100 de la matière ; ce qui correspond à une puissance calorifique de 2022. D’après les calculs antérieurement faits, la tourbe ordinaire donne 1500, et le bois séché à l’air 2915: 100 parties de matière sèche m’ont donné les chiffres ci-dessous :
- Eau ammoniacale contenant 1/10
- de goudron.................38
- Charbon d’un beau noir bleuâtre. 52 Gaz trés-éclairant.............. 10
- 100
- L’eau ammoniacale donne une quantité de sulfate d’ammoniaque qui correspond à 4 pour 100 du goémon employé. On en obtiendrait une plus forte proportion en ajoutant un peu de chaux à la substance soumise à la calcination.
- Décanté et distillé, le liquide goudronneux qui représente 5 pour 100 du goémon donne un hydrate de rné'-thylène analogue à l’esprit de bois , et une quantité de paraffine beaucoup plus forte que celle qu’on obtient par la distillation des tourbes ordinaires.
- Le résidu charbonneux retenant environ 6 p. 1000 d’azote contient pour
- 100 parties :
- Carbone..................... üü.2
- (de soude........\
- de potasse. • . . > lâ>1 de magnésie. . . y
- Carbonate de chaux et de magnésie......................
- Alumine et oxide de fer. . . . 5.2
- Silice........................ l0-°
- 1 oo.o
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- Comme le prouvent ces chiffres, le goémon fossile pourrait être exploité avec un avantage réel. Il renferme en effet tous les éléments au moyen desquels sa carbonisation pourrait être opérée économiquement par l’emploi des gaz carbonés. Son ammoniaque serait condensée avec profit au moyen d'acide sulfurique , et la paraffine, séparée du goudron et de l'hydrate de méthylène , a aujourd’hui, comme on le sait, un débouché des plus avantageux comme matière éclairante.
- Quant au résidu charbonneux , il en est peu qui soit plus convenable comme matière absorbante pour être additionnée de corps fertilisants propres à activer la végétation. A l’action propre de ces corps viendrait s’ajouter en pareil cas l’influence des sels solubles que contient le résidu lui-même.
- J’ai cru que les détails dans lesquels je viens d’entrer pourraient offrir quelque intérêt au double point de vue de l’histoire naturelle et de l’industrie. La formation du goémon fossile en effet n’avait pas été signalée jusqu’ici d’une manière précise, et d’autre part les essais exécutés en Irlande et en France depuis quelques années paraissent ou-yrir un champ très-vaste à l’exploitation industrielle des substances tourbeuses quelles qu’elles soient.
- nasem.—
- Mode de fabrication de Vorseille et du cudbear.
- Far M. J. Robinson, manufacturier.
- Jusqu’à présent on a été dans l’usage pour fabriquer l’orseille et le cudoear de prendre les lichens moulus et d’en faire une pâte en les mélangeant avec l’ammoniaque liquide, puis de soumettre celle pâte à l’action de l’atmo-sphère, mais à cause de l’épaisseur de c®tte masse, il faut un temps considé-rable pour la retourner afin que toutes lys surfaces reçoivent le contact de l’air, ce qui entraîne le fabricant dans des difficultés et des dépenses.
- Mon invention consiste à faire passer Par pression la masse des lichens préparée comme à l’ordinaire avec l’am-jmmiaque à travers de petits orifices de •orme quelconque, dans des vases ou r9cipients, dans lesquels l’air peut réa-8|r par des surfaces étendues sur la Pâte ainsi préparée, non-seulement lorsqu'elle traverse ces orifices, mais aUssi pendant qu’elle séjourne dans ces
- récipients, ce qui abrège considérablement la dorée de la fabrication.
- Je ne donne ici la description d’aucune machine, car il est évident que cette opération mécanique peut s’exécuter par des moyens très-variés, mais j’emploie de préférence un cylindre à fond perforé de trous multipliés, de 2 à 3 millimètres de diamètre, et dans lequel joue un piston plein qui chasse par pression les matières à travers les perforations du fond. Ces matières sont ainsi tamisées deux fois par jour pour obtenir I orseilie en pâle, et l’opération est complète en trois jours environ , mais cette durée varie.
- Une autre partie de cette invention consiste en un mode pour sécher la pâte d’orseille et la convertir en cudbear. On prend celte pâte après qu’elle a passé à travers la machine, ou qu’elle a été divisée comme on l’a dit ci-dessus, ou même préparée à la manière ordinaire, et on lui fait traverser une machine semblable à celle ci-dessus, qui la dépose doucement et à l’état de division sur les surfaces où elle doit sécher. Quand elle est sèche on la broyé par les moyens employés communément pour cela.
- Appareil pour le traitement du caoutchouc.
- Par M. J.-P. Westheàd.
- On s’est proposé de construire un appareil pour soumettre le caoutchouc en vase clos à l’action du gaz acide sulfureux, ou des produits de la combustion du soufre ainsi qu’à la chaleur sèche et humide.
- On rappellera d’abord que le caoutchouc , dans son état naturel, est sujet à devenir dur et résistant quand on le soumet à une basse température, et à se détériorer quand on l’expose à une température élevée. Mais depuis quelques années on l’a soumis à une opération qui l’a rendu élastique d’une manière plus ou moins permanente, et en cet état on l’a désigné sous Je nom decaoutchouc vulcanisé ou sulfuré, etc., opération qui consiste à le mélanger avec du soufre, ou à l’imprégner avec cette substance, puis à l’exposer à une chaleur élevée, ou bien à le plonger dans un liquide préparé à cet effet. L’appareil qu’on propose a pour but de traiter le caoutchouc combiné avec les tissus, ou bien en feuilles ou fils, ou
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- moulé suivant une autre forme par les procédés de ce genre actuellement en usage.
- La fig. 1, pl. 132 , représente la section verticale d’une chambre a,a avec dispositions pour appliquer l’air chauffé, la vapeur d’eau, l’acide sulfureux gazeux ou les produits de la combustion du soufre. Celte chambre est en fer étamè ou doublé avec une matière sur laquelle le gaz acide sulfureux ne peut exercer d’action nuisible. Une des extrémités de la chambre porte un couvercle mobile b, qu’on fixe à sa place lorsque l’appareil est en activité , et elle est entourée d’une chemise pour pouvoir la chauffer à la vapeur et obtenir ainsi une chaleur sèche.
- c est un tube de communication avec les parties supérieure et inférieure de la chambre, et qui passe à travers une chaudière à vapeur pour chauffer l’air de cette chambre. Quant à la vapeur, elle est fournie à l’intérieur par celle-ci et par la chaudière par l’entremise du tuyau d, et à l'extérieur par le tuyau /. Des tubes e et g servent à l’évacuation des eaux de condensation ou de l’excédent de vapeur. L’air et les gaz, ou autres produits de la combustion, sont entretenus dans un état de circulation à l’intérieur de la chambre , et dans le tube c par un volant k. Sur le tube c il y a deux soupapes à tiroir i et j, et il existe aussi un cône renversé k ouvrant dans ce tube, portant une soupape de gorge pour fermerau besoin le passage.
- Les objets en caoutchouc ou préparés avec cette substance pour les rendre imperméables ou élastiques, sont suspendus à un châssis dans l’intérieur de la chambre a, par exemple les feuilles, les fils et autres formes données en caoutchouc. Mais il y a cette différence, quand on traite des articles préparés au caoutchouc qu’après avoir été renfermés dans la chambre, et que celle-ci est fermée, on y applique la chaleur, afin d’élever leur température, et que lorsque l’on admettra la vapeur, celle-ci ne se condensera pas sur eux, et par conséquent ne les exposera pas à être tachés , souillés ou décolorés par places. Sous le cône renversé est placée une coupe ou bassine renfermant du soufre qu’on enflamme, et lorsque le gaz acide sulfureux ou les produits de cette combustion se dégagent, on les introduit comme on va le dire tout à l’heure.
- 1,1 est un châssis pour suspendre les objets. Ce châssis consiste en une barre centrale l avec bras diamétraux ll et des tringles C’est aux bras diamé-
- traux qu’on suspend les objets, les feuilles ou fils de caoutchouc. Ce bâti peut être en métal, mais protégé par un étamage contre l’acide sulfureux; on l’introduit dans la chambre et on l’enlève au moyen d’un moufle et de cordes.
- La forme, la capacité et la disposition qu’on donne à la chambre peuvent varier suivant les produits sur lesquels on opère communément. Voici la marche du travail.
- Je suppose qu’on ait introduit dans là chambre a le châssis J, chargé des articles et des objets qu’on veut soumettre à une opération et qu’on ait fermé cette chambre. On ouvre les 'tiroirs i et j, et on fait à l’aide du volant circuler de l’air chaud jusqu’à ce que la température à l’intérieur de la chambre soit élevée à 80° C. En cet état on ouvre la soupape de gorge placée au-dessus de la coupe au soufre en combustion, de manière que l’acide sulfureux gazeux ou les produits de cette combustion soient introduits dans la chambre, et y circulent par l’effet du volant; on continue ainsi pendant une heure et demie environ, puis on élève graduellement la température de la chambre en injectant de la vapeur d’eau dans la chemise jusqu'à ce qu’elle marque 150° C., ce qui a lieu au bout de deux heures environ, après quoi on fait évacuer la vapeur, et on complète l’opération en faisant de nouveau arriver de l’air chaud dans la chambre, pour dessécher et durcir le caoutchouc.
- Note sur Vhuile de liard employée au graissage des machines.
- par M. F. Boudet.
- Il y a quelque temps , un négociant de Paris, M. Hautoy, vint me prier de lui faire connaître la proportion de caoutchouc tenue en dissolution dans une huile dont il me présentait un échantillon et de lui indiquer un pro' cédé facile et usuel pour exécuter ce dosage en fabrique.
- Pour résoudre ce double problem6 j’eus recours à la saponification :
- 50 gram. d’huile saponifiés par ^ potasse furent traités par l’eau boui*' lante, j’espérais ainsi pouvoir isoler caoutchouc, mais il resta gonflé et pa|”' faitement divisé dans la liqueur savoii neuse. Ce procédé n’ayant paru donn
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- aucun résultat précis, j’employai l’alcool à 36° qui fut mis en contact à chaud avec une certaine quantité de savon desséché. La matière savonneuse fut bientôt entièrement dissoute tandis que le caoutchouc se déposa au fond du ballon avec des sels de potasse insolubles dans l’alcool. Au lieu de traiter ce résidu par l’eau pure, qui aurait encore gonflé le caoutchouc et en aurait rendu la séparation difficile, je fis usage d’eau mêlée de un sixième d’alcool. Grâce à cette addition le caoutchouc se maintint dans un état de concrétion tel qu’il fut très-facile de le recueillir et de le laver parfaitement sur un filtre. Séché ensuite à 100° dans une capsule ,
- 11 a pu être dosé avec exactitude. J’obtins ainsi pour 50 gram. d’huile 0sr-,55 de caoutchouc qui représentait exactement la proportion contenue dans l’huile.
- En effet M. Hautoy avait employé
- 12 gram. de cette substance par kilogr. d’huile de colza, et avait remarqué au fond de la chaudière un léger dépôt qui expliquait très-bien une différence de un douzième ou de un gram. par kilogr. d’huile entre la quantité de, caoutchouc employée et celle que mon analyse m’avait fournie. Le procédé que j’avais adopté m’avait donc parfaitement réussi, et avec une facilité qui le rendait très-propre à des essais rapides et vraiment pratiques ; c’est cette considération qui m’a engagé à le publier.
- Je dois ajouter que j’ai obtenu sans difficulté une huile entièrement semblable à l’échantillon que m’avait remis M. Hautoy en chauffant 50 gram. d’huile de colza avec un gram. de caoutchouc divisé en petits fragments.
- D’ailleurs M. Hautoy attribue à cette huile pour laquelle il a pris un brevet, la propriété d’avoir beaucoup plus de corps que les huiles de pied de bœuf et de pied de mouton qu’elle remplace avec avantage, d’être plus onctueuse que les huiles employées habituellement dans les arts mécaniques, de n’être pas altérée par les frottements à grande vitesse, de conserver sa limpidité à une température inférieure à 0 degré, de n’être susceptible d’aucune altération dans les conditions ordinaires de son emploi, enfin de permettre aux machines de reprendre leurs fonctions après un long repos (1).
- (i) Extrait du Journal de pharmacie.
- Photographie sur papier, formalior
- instantanée de l'image à la chambre noire.
- Par M. Blanquart-Évrard.
- Le fluorure de potassium en addition à l’iodure dans la préparation de l’épreuve négative, donne des images i nstantanées à l’exposition de la chambre noire.
- Pour m’assurer de l'extrême sensibilité du fluorure, je l’ai expérimenté sur la préparation la plus lente de la photographie, celles des plaques de verre albuminées et simplement iodurées, exigeant une exposition au moins soixante fois plus longue que celle sur papier.
- En ajoutant du fluorure dans l’albumine iodurée et en remplaçant le lavage à l’eau distillée de la feuille de verre au sortir de l’acétonitrate par un lavage dans une dissolution de fluorure de potassium, j’ai obtenu instantanément l’image à l’exposition à la chambre noire.
- J’ai même obtenu ce résultat mais dans des conditions d’action moins puissantes sans l’addition du fluorure dans l’albumine et par la seule immersion de la feuille de verre dans le bain de fluorure après son passage à l’acétonitrate d’argent.
- Celte propriété du fluorure, si remarquable déjà dans une préparation si résistante aux effets photogéniques est appelée à donner des résultats inappréciables dans la préparation des papiers et apportera dans celte nouvelle branche de la photographie une transformation aussi radicale que celle que le brome a produite sur les plaques d’argent iodurées de M. Daguerre.
- Perfectionnement dans la photographie.
- Par M. W. H. Talbot etT. A. Malone.
- Les perfectionnements introduits par les inventeurs portent sur cinq points principaux.
- 1. L’emploi de plaques de porcelaine en biscuit pour recevoir les images photographiques. Ces plaques doivent être fabriquées avec les meilleurs matériaux, minces et demi-transparentes, et, lorsqu’on le juge nécessaire, on les
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- unit, au moyen d’un ciment, à un carreau de verre. Ces plaques sont ensuite recouvertes d’une couche mince de blanc d'œuf qu’on fait sécher et plonger dans une solution de nitrate d’argent (un gramme de nitrate pour 20 grammes d’eau), poison les fait sécher de nouveau et on les plonge dans une solution d'indure de potassium (un gramme d’iodure dans 20 grammes d’eau). Lorsquelles sont prèles on les traite par la solution gallo - nitrique et on les introduit dans la chambre. Après quoi on fixe l’image en lavant, avec de l’eau, du bromure de potassium ou de l’hyposulfite de soude et enfin avec de l’eau.
- 2. Conversion des images photographiques négatives en images positives. Une plaque de verre recouverte d’une couche mince de blanc d’œuf ou d’albumine est plongée dans une solution de nitrate d’argent (un gramme de nitrate pour 30 grammes d’eau). On l’ex-ciie ensuite en y passant un pinceau imbibe avec une solution saturée d’acide gallique,on place dans la chambre et l’image est traitée par une solution de nitrate d’argent (2 grammes de nitrate dans 30 grammes d’eau), lavée à l’eau, au bromure de potassium et enfin à l’eau.
- 3. Emploi de papier vernis au lieu de verre pour recevoir les images pho tographiques. Ce papier est recouvert d’une couche mince d’albumine et traité ensuite, comme on a dit, pour le papier ordinaire ou la porcelaine.
- 4. Fixation plus parfaite des images. Cette fixation s’obtient en plongeant le papier dans une solution bouillante de potasse caustique. La couleur de l’image prend une couleur de sépia en l’exposant à la vapeur de l’hydrogène sulfuré.
- 5. Emploi de plaques d’acier. On recouvre ces plaques d’acier delà couche d’albumine et on les traite comme précédemment pour former et fixer l’image.
- Photographie sur ver e.
- Par M. T.-A. Malonb.
- En répétant les expériences de M. Niepcc de Saint-Victor sur la photographie sur albumine rapportées dans le Technologistc de 1848, j’ai été conduit à adopter, pour faire des épreuves négatives sur verre, un mode de mon
- invention dans les détails duquel je vais entrer.
- On ajoute à un blanc d’œuf son volume d’eau, on bat le mélange en neige, et on introduit dans un cornet de papier à lettre qui ne présente qu'une très-petite ouverture à son extrémité inférieure. L’albumine dissoute et limpide passe promptement dans la bouteille sur laquelle on a placé le cornet. On prend alors une plaque de verre qu'on frotte avec une solution d’alcali caustique, on lave avec de l’eau et on sèche avec un linge. Avant d’appliquer l’albumine, on souffle sur la plaque et on la frotte avec un papier à filtre bien net, et enfin avec du coton en laine pour la débarrasser entièrement de la poussière et des fibres. Sans ces précautions et des soins attentifs. pour éviter la poussière, l’image serait remplie de taches produites par une plus grande absorption d’iode dans ces parties que dans celles environnantes.
- Dans cet état, on verse l’albumine sur le verre, en inclinant la plaque d’arrière en avant ou d’un côié sur l’autre. jusqu’à ce qu’elle en soit entièrement recouverte, et on fait écouler l’excédant par un des angles, en tenant la plaque presque verticalement.
- Aussitôt que l’albumine ‘ cesse de couler, on souffle sur la plaque, ou on en chauffe la moitié inférieure. La chaleur et I humidité de l’haleine lui font encore abandonner de l’albumine, et on hâte constamment l'opération en essuyant les bords. Avant l’adoption de ces manipulations, les couches étaient rarement uniformes, la partie supérieure de la plaque retenait moins d’albumine que celle inférieure, et, comme on conçoit, il ne faut en chauffer que la moitié inférieure.
- Quand il ne coule plus d’albumine, on sèche la plaque; j’emploie pour cet objet un bec de ga* à double anneau d’environ 80jets, Un feuordinaire pourrait servir, mais il faut faire attendre à ce que de temps à autre ce feu projettera un peu de poussière. La couche mince, quand elle est sèche, est complètement exempte de fissures, et tellement mince et transparente, que réel»1 du verre n’en parait pas altéré, et qu’il faut marquer la face albuminée pour ne pas se tromper.
- L'opération suivante consiste à ioder la plaque. Pour cela on introduit par* lies égales d’iode pur et de sable fin tressée dans un mortier; on triture, PulS on verse ce mélange dans une auge carrée en verre, sur laquelle on P*ace,,e plaque albuminée, et aussitôt que cet
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- plaque a pris une jolie couleur jaune et ressemble à un beau verre peint, on la transporte dans une chambre éclairée seulement par une bougie, ou bien on la place dans une substance jaune transparente, du calicot jaune par exemple, puis on la plonge verticalement et rapide-mentdans un vase profond etétroit conte nant une solution d’acéto-nitrate d'argent, qu’on a préparée en ajoutant 100 gram. de nitrate d’argent à 66 gram. d’acide acétique glacial et étendu de 2 litres d’eau. On l’y laisse immergée jusqu’à ce que sa teinte jaune transparente disparaisse, et qu’il lui succède une couche laiteuse d’iodure d’argent. Un lavage à l’eau distillée complète cette opération.
- La plaque est alors prête a être introduite dans la chambre obscure, et après l’avoir ainsi soumise à l’action de la lumière, on verse à sa surface une solution saturée d’acide gallique. Il en résulte une image négative sur albumine. On lave à l’eau comme auparavant et après celte immersion, dans une solution d’une partie d’hyposulfite de soude dans 16 parties d’eau, jusqu’à ce que la teinte jaune soit enlevée sur les ombres, ce qui termine l’opération entière.
- Jusqu’ici, les manipulations qui ont été décrites ne présentent rien de bien nouveau, mais voici un procédé qui n’était pas connu.
- Tandis que l’acide gallique développe une image brun-rougeâtre, on verse sur la surface de celle-ci une solution concentrée de nitrate d’argent ; l’image brune devient de plus en plus foncée et passe enfin au noir. Bientôt intervient un autre changement. L’image commence à s’éclaircir et par un effet tout à fait magique, elle finit par passer du noir au blanc en présentant en apparence le curieux phénomène de la conversion d’un talbotype négatif en un daguerréotype positif, mais par une réaction tout à fait opposée , car il y a absence de mercure, et l’argent métallique produit probablement ici les clairs, tandis que dans le daguerréotype il donne les ombres de l’image. J’ai dit Probablement parce qu’il y aurait peut-être de la témérité à attribuer à des réactions chimiques des apparences qui peuvent dépendre uniquement de dispositions moléculaires, question compliquée à laquelle cette note apportera peut-être, je l’espère, quelque lumière.
- M. le professeur Wheatstone m’a suggéré l’idée de substituer le bois ou • ivoire noircis à la plaque de verre ; on aurait probablement ainsi des images
- daguerriennes sur bois d’un effet nouveau et ne présentant pas les inconvénients de celles sur plaques métalliques.
- Je dois aussi à M. Cundall l’idée de l’application de ces moyens sur des blocs de bois pour les graveurs sur cette matière, c’est-à-dire de faire exécuter par la lumière le dessein des gravures en bois, au lieu de le faire comme aujourd’hui à la main.
- Procédé pour amalgamer le zinc.
- Par M. le prof. O. N. Stoddakt.
- Je me sers pour cet objet d’un sel double, le chlorhydrate de zinc et d’ammoniaque dont on a fait, comme on sait, une application si avantageuse pour souder le fer et l’acier.
- Le zinc qu’il s’agit d’amalgamer étant chauffé de 486° jusqu’à 208° R., on y porte la liqueur avec un chiffon ou une éponge et on fait couler immédiatement du mercure à sa surface encore humide.
- La combinaison s’opère instantanément et complètement, et suivant la quantité du mercure qu’on a mise en contact avec le zinc, on peut produire une amalgamation aussi profonde qu’on le désire.
- Cette méthode est également applicable lorsque le zinc est oxidé à sa surface ; mais lorsque préalablement on emploie une batterie galvanique, il vaut mieux décaper cette surface en plongeant d’abord dans de l’acide chlorhydrique assez concentré.
- Cuivrage solide et à froid du fer, Par M. Reinsch.
- On produit un enduit très-solide et brillant qu’on peut brunir au polis-soir en étendant de l’acide chlorhydrique de trois fois son volume d’eau, versant dans cet acide quelques gouttes d’une solution'de sulfate de cuivre, introduisant ensuite dans la liqueur le fer auparavant frotté avec de la crème de tartre et blanchi avec du charbon en poudre,abandonnant pendant quelques heures puis frottant avec un chiffon. En cet état, on ajoute un peu de dissolu-
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- tion de sulfate de cuivre à l’acide chlorhydrique et on replonge le fer dans la liqueur. Par des immersionssuccessives, précédées chaque fois d’une nouvelle addition de la solution cuivreuse, on parvient à donner telle épaisseur qu’on veut à la couche de cuivre. Enfin, on introduit le fer cuivré dans une forte solution de soude, on le fait sécher et on le nettoie avec de la craie. Ce cuivrage ne le cède en rien en durée à celui par voie galvanique, qui est plus dispendieux.
- Dissolution du copal dans Vhuile de ricin.
- Suivant M. Stickel, l’huile de ricin dissout le copal, et la dissolution préparée à chaud est limpide, jaune pur et visqueuse. On peut l’étendre avec de l’alcool bouillant, mais alors, en refroidissant, elle laisse déposer en partie du copal. L’éther dissout la solution refroidie en toute proportion, mais après un temps prolongé de repos, il laisse précipiter en partie du copal. La résine dammara se dissout également dans l’huile de ricin ; le mastic et la sanda-raque s’y dissolvent encore en faible proportion ; enfin le succin, la gomme-laque, le sangdragon n’en sont pas attaqués d’une manière sensible.
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- ARTS MÉCANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- Machine à peigner et apprêter le lin, la laine et autres matières fibreuses.
- Par M. T. Marsden, constructeur.
- L’invention que je vais décrire porte sur les trois points suivants :
- 1° Le premier perfectionnement apporté à la construction des machines à peigner le lit: et autres substances filamenteuses qui exigent un semblable mode de préparation, consiste en ce que le lin, à l’état brut, est d’abord soumis à des peignes qui fonctionnent suivant un certain principe, et après avoir été en partie peigné ainsi et toujours tenu par les mêmes pinces, est transporté dans un autre point de la même machine, pour être soumis à l’action de peignes agissant suivant un autre principe.
- 2n Le second point consiste dans un perfectionnement apporté aux machines à peigner le lin, la laine ou autres matières, et au moyen duquel les surfaces mobiles et peignantes se l'approchent ou s’éloignent de la pince, de façon que les peignes commencent à agir à l’extrémité des matières filamenteuses en se rapprochant graduellement de la pince, puis pénètrent de plus en plus dans la masse des fibres, «ans ce cas les pinces se retournent au moment où les peignes et leurs dents peigneuses sont à leur plus grande distance d’elles.
- 3° Enfin l’invention consiste dans des perfectionnements apportés aux machines à peigner par l’introduction d’un cylindre à cardes, qui reçoit les ètoupes des peignes sans l’intervention de brosses.
- Je ferai d’abord remarquer, relativement au premier point, que j’ai trouvé que le mode d’action des dents un pointes peigneuses ne doit pas, lorsqu’elles agissent pour la première fois sur le lin brut. travailler de la même manière que celle à laquelle il est nécessaire d’avoir recours pour terminer et compléter l’opération. Il y a aujourd’hui deux classes demachinesen usage pour peigner le lin et les autres macères. Dans l’une de ces classes les aiguilles ou dents entrent dans la poignée de lin sous une position inclinée, et la meilleure de ces dispositions est celle connue sous le nom de machine de Wordworth (voir le Technologiste,
- 2* année, p. 401, fig. 9 à 13, pl. 21), où l’on fait usage de deux bandes ou rubans sans fin de peignes. C’est cette classedemachinesquej’ai trouvée la plus avantageuse de toutes pour exécuter la première opération du peignage ; mais j’ai remarqué aussi qu’elle n’était pas la plus propre pour terminer ce travail , et une longue expérience m’a démontré que les machines connues sous le nom de peigneuses à intersection de Marsden et Robinson, et celle dite à intersection excentrique de Marsden (voir le Technologiste, vol. IX, p. 533, fig. 1-3, Pl. 106) et autres machines où les dents des peigne entrent à angle droit, ou à peu près, et pénètrent ainsi complètement la masse de la poignée, étaient les plus avantageuses pour finir ou terminer le travail du peignage, ces dernières machines étant d’ailleurs trop vives dans leur action pour la première période du travail.
- Mon invention consiste donc à combiner dans la même machine les deux principes d’action des peignes, l’un de ces principes étant mieux approprié à la première période du peignage et l’autre à la seconde ou celle du finissage, de façon que le lin, ou toute autre matière filamenteuse qui exige cette préparation, étant une fois saisi par les mâchoires des pinces convenablement établies, et placé dans la machine, ses fibres sont d’abord attaquées par les dents de peignes fonctionnant suivant un certain mode d’action, puis ensuite par celles d’une autre série de peignes agissant suivant un mode différent, et cela dans la même machine , sans qu’il soit nécessaire de toucher aux presses ou poignées, comme dans le cas où l’on transporterait celles-ci dans deux machines distinctes fonctionnant chacune suivant l’un ou l’autre des deux principes d’action.
- Ces deux principes peuvent recevoir diverses modifications quand on construit les machines, mais je crois que celle que je vais décrire est une des meilleures. On peut toutefois ne pas s’y borner, pourvu que les deux caractères propres d’action soient conservés par rapport aux dents peigneuses.
- La fig. 2, pl. 132, est une vue en élévation et sur la longueur d’une machine construite suivant mes principes, et où l’on aperçoit les poulies motrices, et les engrenages qui servent à trans-
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- mettre le mouvement à quelques-unes des parties de l’appareil.
- La fig. 3, une vue en élévation du côté droit.
- La fig. Zi, une autre vue en élévation, mais du côté gauche, et où l’on voit les engrenages qui servent à faire marcher les bandes ou courroies doubles sans fin de peignes.
- La fig. 5, une vue de la flasque ou extrémité gauche du bâti avec les consoles qui portent les bandes sans fin et autres pièces.
- La fig. 6, une vue d’une flasque intermédiaire qui dans la machine sépare les deux systèmes de peignes.
- Fig. 7, organes peigneurs de la machine vus par une section prise par la ligne 1,1 de la fig. 2.
- Fig 8, autres organes peigneurs vus en coupe par la ligne 2,2 de la même
- fig- 2-
- A poulie motrice recevant a la manière ordinaire le mouvement qui lui est transmis par une machine à vapeur ou autre moteur. Cette poulie A est fixée sur un arbre A' qui s’étend sur toute la longueur de la machine et porte sur des appuis convenablement disposés sur le bâti. Sur cet arbre est calée une roue dentée qui par l’entremise de plusieurs autres roues intermédiaires, fait marcher deux autres arbres parallèles B,B auxquels sont attachés les bras B1,B1 qui portent les barres de peigne B2,B2 pour le glissement d’intersection ou le mouvement excentrique qu’on a représenté séparément dans la fig. 8 et dont la construction ordinaire est une chose bien connue.
- L’arbre A1 porte aussi un des cylindres-brosses C, brossesqui s’étendent sur la longueur de la machine et aussi loin que se prolongent les barres du glissement d’intersection des peignes. A son autre extrémité est fixé un pignon A3 qui commande les engrenages servant à faire fonctionner les arbres E,E qui portent les tambours ELE1, sur lesquels circulent les bandes ou courroies sans fin des peignes E2 qu’on voit séparément dans la fig. 7 et dont la forme et la destination sont connues. Ces engrenages impriment aussi le mouvement aux arbres F,F sur lesquels sont fixés les rouleaux-brosses F1,F1.
- Je ferai remarquer ici que ce sont les mêmes cylindres dèchargeurs G,G portés par les arbres G1,G1 et recevant le mouvement, comme le fait voir la fig. 3, qui en s’étendant sur toute la largeur de la machine enlèvent les étoupes aux deux systèmes de peignes.
- Les brosses nettoyeuses agissentséparè-ment, comme on le voit, afin qu’on puisse les ajuster plus exactement pour débarrasser leurs peignes respectifs.
- Les bandes ou courroies sans fin de peignes E2,E2 circulent dans le haut sur des tambours E3,E3 montés sur des arbres E4 qui roulent dans des appuis E3,E5 avec faculté de pouvoir être rapprochés ou éloignés l’un de l’autre pour les ajustements.
- L’auge ou la voie dans laquelle cheminent les pinces, est abaissée ou élevée à la manière ordinaire dans ces sortes de machines, et ces pinces marchent de la gauche à la droite dans l’appareil.
- La description que je viens de donner de ma peigneuse combinée suffira, je crois, avec le secours des figures, pour permettre à tout mécanicien de construire cette machine. '
- La fig. 9 présente une disposition . des barres de peigne, déjà décrite dans ma patente du 6 septembre 1847 (voy. vol. IX, p. 533), et qu’on peut employer au lieu de celle représentée sur l’arbre B. On peut aussi apporter encore d’autres modifications dans la construction de la machine que je viens de décrire.
- Je passe donc à la description d’une autre disposition pour le peignage d’après le second point indiqué précédemment, disposition que j’ai fait représenter en élévation de côté et dans diverses de ses parties dans les fig. 10, 11 et 12.
- Cette partie de mes inventions s’applique particulièrement aux peigneuses dans lesquelles la presse est susceptible d’être retournée, afin de mettre la poignée de fibres en position convenable pour être attaquée successivement des deux côtés, en passant sur les mêmes peignes ou la même surface peigneuse. Elle consiste à faire mouvoir progressivement cette surface vers les pinces au lieu de voir celles-ci s’avancer vers les peignes pendant le travail.
- A est une presse portant fa poignée qui chemine dans la machine et y est retournée de temps à autre comme a l’ordinaire; B,B une bande ou courroie sans fin de peignes (disposition à laquelle je donne la préférence), <lu‘ passe sur une portion de la périphérie des tambours C,C, calés sur les arbres C'C » lesquels reposent aux deux bouts sur un châssis 1). Ce châssis D est élevé et abaissé dans l’une de ses extrémileS par un excentrique E, agissant sur un galet D' que porte le châssis. Du reste, on peut avoir recours, si on veut, *
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- tout autre moyen mécanique, pourvu qu’on fasse fonctionner le peigne comme on vient de l’expliquer.
- Le châssis D est à son autre extrémité porté sur un arbre C' qui se prolonge jusque dans des appuis, établis sur les pièces externes et immobiles du bâti. L’excentrique E est calé sur l’arbre E', qui porte sur des appuis dans •e bâti principal et reçoit son mouvement par voie d’engrenage de l’arbre moteur C', comme le montre la figure. On comprend du reste que dans la révolution de l’arbre E', l’excentrique E qui est calé dessus, agissant sur le galet D, élève ou abaisse le châssis D, et par suite la surface peigneuse qu’il porte.
- La fig. H représente cette surface Peigneuse élevée à sa plus haute position.
- Je dirai en passant que, malgré que eette disposition soit plus particulièrement adaptée au peignage du lin et des autres matières filamenteuses qui exigent ce mode de préparation , on peut néanmoins l’appliquer avec avantage aux laines longues. Dans ce cas la laine sera saisie par une de ses extrémités dans des presses ou pinces, tout comme les poignées ou pions de lin.
- F, fig. 10 et 12, est un cylindre nettoyeur , couvert sur toute la circonférence de rubans, de cardes. Ce cylindre estdisposé pour recevoir direc-toment les étoupes des dents des peignes, et c’est cette disposition pour e»Iever directement ces étoupes, lorsqu’on se sert d’un appareil nettoyeur, °u quand on emploie des peignes comparativement grossiers sans l'intervention d’une brosse, qui constitue le troisième point de mon invention.
- Le cylindre F est porté par l’arbre
- sur lequel est insérée la roue dentée c*, qui avec les engrenages qui lui communiquent le mouvement, a été Représentée au pointillé dans la fig. 10. Le cylindre nettoyeur reçoit le mouvement d’un excentrique G, monté sur * arbre C'.
- Quoique cette partie de l’invention *|e soit appliquée seulement icit qu’à oes peignes disposés pour se rappro-cher ou s'éloigner des presses par un mouvement de va-et-vient, on conçoit qu’elle est également applicable aux machines où les peignes ne marchent Ppint dans l'une ou l’autre de ces deux
- mictions.
- Sur la résistance due au frottement des tourillons.
- Par M. F. A. de Pauli.
- Dans toute opération industrielle, conduite d’après une méthode rationnelle, il est indispensable de distinguer nettement les dépenses qu’on peut considérer comme moyen de fabrication de celles qui ont pour objet l’acquisition de la matière première. En effet, les dernières peuvent, d’après leur nature, être considérés comme plus ou moins constantes, tandis que les frais de fabrication dépendent du mode de travail dont on aura fait choix et de l’expérience acquise. Les économies que, sans porter atteinte au résultat, on peut réaliser annuellement dans cette portion des frais, représentent pour le fabricant, si on les capitalise, la valeur plus considérable qu’il a su donner à son industrie, puisqu’il est parvenu à annuler par l’économie les intérêts de ce capital.
- Dans les arts mécaniques, où l’on met journellement en mouvement, sous mille formes diverses, des outils et des pièces de machines, le frottement joue un rôle très-digne d’être étudié. Non-seulement le travail ou le succès d’une machine dépend souvent du bon état des tourillons et des coussinets, état qui dans les pièces est mis constamment en péril par un frottement continuel, mais encore il arrive fréquemment qu’une portion très-notable de la force motrice est consommée pour surmonter la résistance que fait naître Je frottement. Sous ce double point de vue, le frottement est donc un mal qui réduit le travail, mal qu’on peut bien atténuer, mais jamais faire disparaître entièrement, et c’est pour cela qu’on est dans l’usage d'appeler travail perdu la force employée dans les machines pour vaincre le frottement des tourillons.
- Dans les transports par chemins de fer, on sait que la résistance totale se subdivise d’après les causes qui lui donnent naissance en trois chefs principaux : celle relative au poids, celle qui dépend de la résistance de l’air, et celle qu’oppose le frottement. Quand les masses sur lesquelles s’exerce le trafic sont égales suivant les deux directions, et lorsque les pentes qu’on rencontre sur le chemin ne dépassent pas certaines limites, on peut, quand on embrasse le travail total dans son ensemble, faire abstraction de la résistance due à la charge ou au poids. Dans ce cas, d’après les expériences faites jusqu’à pré*
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- sent, la résistance due au frottement de tous les tourillons s’élève des 2/3 aux 3/4 de la force nette de traction.
- Ce rapport a donné lieu à une série d’expériences sur le frottement des tourillons dont il va être donné ici communication. Ces expériences ont été entreprises, dans les années 1847 et 1848 , dans les ateliers de construction des voitures du chemin de fer royal, à Nuremberg , sous la direction des deux contre-maîtres mécaniciens, Verder et Havel, qui y ont apporté tout le soin et toute la persévérance possibles.
- On sait qu’on a proposé de nombreuses recettes pour la composition de l’alliage à faire les coussinets, et que tantôt on les a recommandées comme donnant lieu à une résistance moindre dans le frottement, tantôt à cause de la durée. Or le but des expériences dont il va être rendu compte a consisté à rechercher :
- a) Quel est l’alliage à coussinets qui, avec tourillons en fer forgé,[donne lieu à la moindre résistance ?
- b) Dans quel alliage survient le plus promptement une élévation nuisible de la température ou réchauffement?
- Dans toutes les épreuves expérimentales qu’on a tentées jusqu’à ce jour, on a soupçonné de plus en plus qu’il pourrait bien arriver que la faible étendue de la surface du coussinet qui est en charge influât sur l’élévation de température qui se développe parfois sur les tourillons. On a donc cherché à tenir compte de cette circonstance dans la série des expériences, en ce sens que toutes les expériences ont eu lieu sur deux essieux dont l'un avait un plus gros tourillon que l’autre, tous les autres rapports restant les mêmes. Enfin un autre problème qu’on se proposait de résoudre à l’aide de ces expériences consistait :
- c) A rechercher si par une faible augmentation dans les surfaces soumises à la pression et au frottement, on ne produirait pas une diminution dans la résistance due à ce frottement.
- La première condition à remplir dans ces expériences était de se procurer un dynamomètre convenable. Celui dont on s’était servi le plus communément pour cet objet est le frein de Prony. Avec cet instrument on mesure la capacitédetravail d’une force motrice en l’absorbant entièrement par l’effort mesurable d’une résistance. Mais dans le cas dont il s’agit, il aurait fallu, pendant des heures et des journées entières , mesurer le travail d’une résistance qui pouvait être extrêmement
- variable ; il n’était donc pas possible d’employer le frein de Prony, et on a pensé qu’un appareil mieux approprié à cet objet serait le dynamomètre à ressort spiral de White.
- Le principe surlequel ce dynamomètre peu connu est fondé est le suivant (t).
- Qu’on se figure un ressort spiral semblable à celui d’une pendule, et attaché par une de ses extrémités sur un arbre , et à l’autre à l’intérieur d’une poulie concentrique à l’arbre sur lequel cette poulie peut tourner librement. Si l’on met d’un côté une force motrice quelconque en rapport avec l’arbre , et de l’autre la résistance avec la poulie au moyen d’une courroie (résistance qui est ici l’arbre expérimental avec les tourillons chargés), il est évident que pour que l’arbre commence son mouvement, il faut dès lors que le ressort spiral s’enroule et se bande jusqu’au degré où sa tension et son enroulement seront en équilibre avec la tension de la courroie de la force de résistance. Il est clair en outre que pendant toute la durée du mouvement la tension de la courroie et l’état du ressort donnent la mesure de la grandeur instantanée de la résistance , et que lorsqu'on connaît la vitesse de la courroie d’après le nombre de tours de la poulie dans l’unité de temps , on obtient aussitôt, comme produit de la multiplication de la force par la vitesse, l’expression du travail actuellement en action. Or d’après le principe que le travail de la force motrice doit toujours être égal au travail de la résistance , o» parvient par ce mode d’établissement du travail de la force motrice à déduire la valeur de la résistance. Dans le cas qui nous occupe , on connaît par le diamètre et par l’étendue superficielle de la surface convexe du tourillon le nombre de ses tours dans l’unité de temps, le chemin que chaque point de sa surface a parcouru dans un même temps, et si on divise l’expréssion du travail par le chiffre qui indique le chemin parcouru, on obtiendra la grandeur de la résistance à la surface du tourillon.
- (i) M. Ëd. Schinz a décrit (le Technology ’ 10e annéé, p. 312) un dynamomètre de son vention dans la conviction qu’il n’existe encuJa aucune disposition simple pour mesurer force absorbée par chacune des machines jg se compose un établissement industriel; «
- M Schinz n’a qu’à consulter le New ten o f inventions Manchester, 1822, et ilï vera la description d’un dynamomeir 0 \Vhite, qui est très-propre à cet objet, e » ^e equel son dynamomètre a plus d’un P01 ressemblance.
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- On a déjà fait remarquer qu’on avait soumis aux épreuves deux essieux à tourillons de grosseurs différentes. Ces épreuves ont eu lieu simultanément, et c’est pour remplir cette condition qu’on a introduit sur l’arbre du dynamomètre deux poulies à spirale, avec arcs gradués aux deux extrémités, dont l’une fait mouvoir l’arbre expérimental placé sur le devant, et l’autre celui placé sur le derrière de la machine. Au moyen des poulies, l’une fixe et l’autre folle, on a reporté le mouvement d’un arbre de transmission à l’arbre du dynamomètre. Deux leviers à poids qui chargent d’une manière uniforme les deux arbres, ainsi qu’on l’expliquera plus bas. Chacun des arbres en expérience reposait en réalité sur trois coussinets, mais le coussinet du levier à poids et celui qui était opposé , sont les seuls qui aient été soumis au calcul, attendu que le troisième coussinet ne supportait qu’une pression relativement insensible.
- Nous allons faire connaître maintenant les données spéciales relatives aux dimensions et aux circonstances expérimentales.
- Tout se réduit donc, avec cet appareil, à connaître constamment la tension du ressort spiral pendant la marche du mécanisme. Tout changement dans la tension de ce ressort suppose un déplacement de ses points d’insertion dans cette position relative, ou bien comme ces points sont fixés sur l’arbre et la poulie, un changement de position de cette poulie par rapport à l’arbre. Afin de pouvoir observer commodément ces changements, il est nécessaire de les propager jusqu’à l’extérieur des parties tournantes. On y parvient de la manière la plus simple par le moyen de «arbre tournant. A cet effet, on pratique dans l’arbre principal et coïncidant avec son axe de rotation, une petite cavité dans laquelle on introduit One tige qu’on peut y faire glisser avec facilité, sans toutefois qu’elle puisse y tourner, soit en donnant à la cavité et a.la tige une section carrée, soit plus simplement encore en brasant sur la t'ge un tenon qui se meut dans une rainure oblongue, ménagée dans le prolongement de l’arbre au delà du coussinet. Si on insère sur ce prolongement de l’arbre un manchon fixé à son extrémité à la poulie à spirale ou omtrice, et qui renferme une coulisse en hélice dans laquelle le tenon conducteur pénètre aussi, il faut alors que Ce tenon, et avec lui la tige, se meuve
- Le Technologiste. T. XI. — Septembre
- en avant ou en arrière, aussitôt qu’un changement dans la position de la poulie à spirale a lieu par rapport à l’arbre. Si maintenant on fait agir le bout ou l’extrémité pourvue d’une petite sphère de la tige qu’on a insérée dans l’arbre sur le petit bras d’un levier indicateur, qui, au moyen de son propre poids, s’appuie constamment sur l’extrémité de la tige, ou bien se trouve lié avec elle par un joint universel, on peut ainsi observer tous les changements dans la position où la tension du ressort, agrandi dans un rapport quelconque sur un arc gradué porté par le levier indicateur.
- La coulisse en hélice sur le manchon ne doit pas avoir un pas uniforme, et pour observer plus sûrement de grandes tensions, il vaut mieux que ce pas soit faible au commencement de la tension du ressort et plus élevé à mesure que cette tension augmente.
- Pour établir la graduation du levier indicateur, on fixe l’arbre principal, puis on suspend peu à peu une série de poids à la courroie de la poulie à ressort, et on trace des traits correspondants sur l’arc gradué.
- Après cette explication du principe, la description de l’appareil qui a servi aux expériences n’exigera pas de longs détails.
- Les deux tourillons chargés d’un des arbres d’épreuve, que nous désignerons par K, avaient un diamètre de 0,207 pied bavarois ( le pied bavarois =0™, 294859), et du bord du bou-relet à l’arête de l’épaulement une longueur de 0Pied,412. Les tourillons de l’autre arbre, qu’on indiquera par G, avaient un diamètre de 0Pied,232 et une longueur de 0pied,500. Les coussinets étaient tous établis de manière à ne pas embrasser tout à fait la moitié ou 180° du tourillon, mais seulement 120°. On pouvait donc admettre que la surface frottante, en contact pour un coussinet, projetée sur un plan normal à la direction de la pression, était pour l’arbre K 7,3860, et pour l’arbre G 10,0460 pouces décimaux carrés de Bavière.
- On a déjà fait remarquer précédemment que dans la fabrication des coussinets en métal on n’avait pas suivi un mode systématique de composition pour les alliages; on a pris plutôt comme point de départ des recettes variables. Les données suivantes montreront néanmoins que l’étain, dans ces questions préliminaires, joue un rôle important.
- Nous classerons et numéroterons donc lesalliages suivant leur richesse en étain.
- 50. a
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- COMPOSITION DES COUSSINETS
- en centièmes du poids total.
- en poids.
- 90.1! 1.9
- 89.3! 1.8
- 88.9], 3.7
- 87.0 i 4.3
- 77.8 18.5
- 61.G 7.7
- 16.7 83.3
- L’arbre mû par une machine à vapeur sur lequel était établi le dynamomètre à spirale faisait 153 1/3 révolutions par minute. Les poulies du dynamomètre avaient 7 pied 500 de diamètre et et celle sur l'arbre en expérience 1 pied de manière que celui-ci faisait environ 230 tours par minute. Celte vitesse de circulation correspond avec le diamètre qu’on donne ordinairement aux roues des voitures de chemins de fer à une marche à raison de 11 lieues de poste à l’heure, et par conséquent embrasse les circonstances ordinaires qui se présentent sur ces voies de communication.
- Le poids le plus considérable auquel le tourillon d’une roue de chemin de fer puisse être soumis est celui des wagons de marchandises à quatre roues. Ce poids, quand on admet 1 /10 pour la distribution inégale de la charge est dans les cas extrêmes de 33 quintaux. Les leviers de la machine aux expériences ont été en conséquence chargés de manière qu’il y eût sur chaque tourillon une charge de 33 quintaux.
- Comme matière à graisser les tourillons, on a fait usage de l’huile ordinaire pour machines afin d’avoir autant que possible des résultats comparables.
- Nous allons voir de suite qu'il survient assez promptement un échauffe -ment nuisible dans un grand nombre de coussinets. Afin d’être certain que cette circonstance ne pouvait être attribuée à un défaut de construction, ces coussinets ont été rodés de nouveau pour répéter l’expérience, et en général la série entière des expériences a été renouvelée à plusieurs reprises. Dans ces circonstances il en est résulté que l’étain doit être le plus pur possib,e et qu'en conséquence on doit recom-mander de n’employer pour les coussinets que le meilleur étain en bloc deS Anglais. L’étain ordinaire du commerce donne constamment des résultats défavorables. .
- Après avoir eu égard autant qu’il eS possible, dans la pratique, à toutes ce précautions, voici les résultats qui °n été obtenus:
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- 1 Force de tirage Temps en heures
- CA au dynamomètre jusqu’à éehauflemenl
- O stir nuisible
- CA 0> les tourillons de des tourillons de OBSERVATIONS.
- U g G K G K
- K
- t 22 48 2 1 Dans les expériences G, nos 2, 3, 4 et 6,
- 45 1/6 les tourillons et les coussinets n’ont
- 5 presque jamais été chauds, quoique
- 3 7 35 » 2 maintenus en état de travail pendant il heures.
- 4 7 38 » t
- 5 40 75 1 1/2 2/5
- 6 12 12 » 1 1/2
- 7 22 57 1 1/2 1
- 8 38 62 1 1/2
- 9 150 175 1/6 1/6 Très-chauds et attaqués à la surface.
- 10 120 125 1/6 1/6 Ses tourillons très-chauds et raboteux.
- 11 I) » # » Peu de minutes après que les tourillons
- furent devenus chauds, les coussinets
- ont fondu
- 12 00 75 1/6 1/6 Les coussinets * à cause de la fragilité, se
- rompent aisément et sont peu sûrs.
- 13 115 125 1/6 1/6 Tourillons et coussinets fortement atla-
- ques et chauds.
- On sait que dans les expériences sur une aussi grande échelle, il est difficile d’atlpindre une constance une invariabilité dans les résultats des observations, même quand des principes mathématiques ont servi de base à celles-ci. Ici on aperçoit à chaque instant au levier indicateur du dynamomètre les cas où l’huile ne s’est Pas répandue quantité suffisante entre les surfaces en glissant l’une sur l’autre ; l’index du dynamomètre a oscillé en particulier pour l'essieu K de façon que les nombres portés ne répondent qu’aux évaluations moyennes des mouvements de l’index. On a pu du reste, Pendant que l’appareil était en action, convaincre parfaitement que le frottement plus considérable sur les tourillons K provenait uniquement de Ce que l’huile était délogée par la grande pression sur des surfaces de contact proportionnellement petites.
- Pour épuiser scientifiquement ce ?ojet et résoudre toutes les questions, , resle encore un vaste champ d’expè-riePCe à explorer. En effet :
- 1° On n’a pas analysé chimiquement *a pureté de chacun des métaux ou
- examiné la composition réelle des alliages, quoiqu’il y eût eu beaucoup à gagner sous ce rapport.
- 2“ Les expériences n’ont été faites que sous une seule pression et avec une même vitesse.
- 3° Pour déterminer les limites et les rapports de la pression par pouce carré de surface de coussinet, à laquelle la matière de graissage ne pouvait plus se maintenir suffisamment sur les surfaces frottantes, il serait nécessaire de faire participer aux expériences un grand nombre d’essieux à tourillons de grosseurs variées.
- 4° On n’a employé qu’une seule matière de graissage, savoir l’huile, et il serait possible que d’autres matières qu’on a déjà appliquées ou proposées donnassent des résultats entièrement différents.
- 5° Enfin, pour déduire dans le cas de pressions variables la véritable force moyenne ou le travail total de la résistance, il aurait fallu que l’appareil fût construit autrement.
- Mais tout incomplètes que sont ces expériences, elles fournissent cependant des données précieuses pour la
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- pratique ; on s’est contenté dans la plupart des cas d’acquérir la certitude que, dans les circonstances les plus défavorables, on était encore très-bien parvenu à atteindre une moyenne sûre, et on ne doute pas qu’il n’en ait été de même dans des circonstances plus favorables , mais avec des avantages différents.
- Pour être en mesure de dresser un tableau comparatif des résultats des expériences, il convient d’en établir la représentation graphique, ainsi qu’on l’a fait dans la fig. 13, pl. 132.
- La ligne droite a,b a été divisée en cent parties égales, et à chacun des points de division on a élevé des perpendiculaires qui correspondent à la richesse de l’alliage en étain et en centièmes de son poids total. Sur ces perpendiculaires , on a porté dans leur ordre, et d’après une mesure conventionnelle quelconque, les données expérimentales , savoir au-dessus du niveau la pression indiquée par le dynamomètre , telle que la donne le tableau précédent, et au-dessous les éléments en centièmes qui composent l’alliage, d’abord l’étain, puis le cuivre, et enfin l'antimoine ou le zinc.
- Si on lie par une ligne continue les points qui appartiennent à chacune des perpendiculaires, alors le champ au-dessous de la ligne droite de niveau /"(et par conséquent les éléments des alliages), se trouvera divisé en trois bandes. La première, celle de l’étain, diminue avec régularité, parce que les distances des perpendiculaires sont proportionnelles à la teneur en étain ; la deuxième et la troisième bande ont une épaisseur variable, parce que, comme on l’a dit en commençant, on a eu recours, non pas à des rapports variant suivant une loi constante, mais bien plutôt à des mélanges opérés fortuitement.
- Le champ supérieur, lorsqu’on relie ensemble, d’un côté les points qui appartiennent aux gros tourillons, et de l’autre ceux qu’ont fourni les petits, parle suffisamment de lui-même et rappelle ce qu’on a pu lire en chiffres dans le tableau précédent; mais les valeurs numériques présentent une loi qui est indiquée d’une manière plus frappante et plus nette dans la représentation graphique. 11 ne faut pas oublier dans le cas actuel, de même que dans toute représentation de résultats expérimentais, d’observation, que les erreurs probables défigurent un peu la courbe. Quand on ne peut parvenir à embrasser l’expression mathématique
- qui sert à coordonner entre elles toutes les données, on doit se contenter de faire passer une ligne aussi continue et suivie que possible par les points qui appartiennent aux observations analogues, ainsi qu’on l’a fait pour la courbe g,g,g pour les gros tourillons, et pour la ligne hjiji pour les petits.
- Indépendamment des erreurs des observations, il y a encore d’autres circonstances qui peuvent influer sur la déformation de la courbe. Nous avons fait remarquer précédemment que l’étain paraissait avoir joué le principal rôle sur la grandeur de la résistance ; mais il est impossible de considérer les autres éléments comme indifférents. Or, comme il est facile de le voir d’après le tableau des compositions, la quantité du cuivre et de l’antimoine ou du zinc varie beaucoup, non-seulement par rapport au poids total, mais encore dans les rapports réciproques entre les deux métaux indiqués ; il en résulte que cette circonstance a dû contribuer aussi à la déformation de la courbe. Quant à la question de savoir si les métaux qui ont servi à composer les alliages ont été toujours également purs , nous devons déclarer derechef que nous n’en avons pas fait l’analyse chimique, et en définitive , nous croyons qu’il est très-présumable qu’il y a eu quelques erreurs dans la composition de la part du fondeur.
- Si #on écarte les causes des variations individuelles dans la marche et qu’on n’adopte que les courbes moyennes g,g, g et on voit ressortir
- aussitôt les conséquences non douteuses que voici :
- 1° Les petits tourillons donnent lieu en général à une plus grande résistance due au frottement que les gros.
- 2° La résistance minima est par 90 pour 100 d’étain, et c’est ce que démontrent les alliages nos 2, 3 et 4. Lorsque la quantité d’étain s’élève au delà de 90 pour 100, commedans l’alliage n° 1, >a composition est trop douce ou trop molle, et en général lorsque la proportion de l’étain est moindre que 90 pour 100, la résistance augmente. H_ne reste donc pour le cuivre et l’antimoine que 10 pour 100 de disponible.
- 3° Le cuivre et l’antimoine, dans 1®S alliages nos 3 et 4, peuvent être considérés comme y entrant dans le rapport de 2 et 8 pour 100.
- 4° Une proposition plus grande de l’antimoine dans la composition total®* comme dans l’alliage n 9 à 30 P-augmente sensiblemen la résistanc
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- de frottement, tandis qu’un excès de cuivre comme dans l’alliage n° 7 à 18,5 pour 100, et dans l’alliage n° 8 à 24,4 pour 100 n’occasionne pas de déviation bien sensible.
- 5° L’antimoine et le zinc paraissent se remplacer mutuellement, de manière qu’on peut substituer un de ces niétaux à l’autre sans désavantage marqué, comme on le voit pour les alliages n°* 2 et 8.
- 6° Indépendamment de l’anomalie signalée déjà (à 4°) dans le n° 9, il se présente encore deux cas où les résultats des mesures directes ne sont point en harmonie avec la courbe donnée dans la représentation graphique. L’alliage n° 5 s’est montré, tant sous le rapport de la brièveté du temps au bout duquel il s’est échauffé d’une «lanière nuisible, que des résistances qu’ont présentées les deux tourillons, extrêmement défavorable. Peut-être y a-t-il eu erreur sur sa composition? Une résistance non moins remarquable est celle des petits tourillons avec l’alliage n° 6. Sur les vingt observations, on en trouve quinze qui s’accordent aussi bien avec la courbe indiquée qu’on était en droit de l’attendre dans les circonstances données.
- Par suite de ces résultats, l’alliage pour coussinet, adopté dans les ateliers royaux de construction en Bavière, consiste en 90 pour 100 d’étain, 2 de cuivre et 8 d’antimoine, et jusqu’ici il a, tant Par sa durée que par sa marche facile et son peu de susceptibilité à s’échauffer, répondu aux espérances qu’on en avait conçues.
- La troisième question, dont la solution était aussi le but des expériences, était de savoir si, en augmentant le diamètre du tourillon et les rapports entre les surfaces frottantes, on diminuerait l’élévation nuisible de la température. Cette question se trouve résolue affirmativement et d’une manière complète par les expériences qu’on a fait connaître. Celles-ci ont démontré en outre de la manière la plus évidente 9ue la résistance due au frottement o était pas uniquement proportionnelle o la pression, du moins quand on ne dépassait pas certaines limites, car o\ec les gros tourillons, la charge a ®te la même qu’avec les petits. Si la lorce de résistance produite par le frottement de glissement dépendait uniquement de la pression, elle aurait dû efre la même sur les deux tourillons et avec le gros levier, au moyen duquel eue agit sur le gros tourillon, indiquer ur le dynamomètre de celui-ci l’exis-
- tence d’une plus grande force motrice. Mais il en a été tout le contraire, et les colonnes 2 et 3 du deuxième tableau font voir que Je gros tourillon exige en moyenne 27 pour 100 de force en moins pour son mouvement que le petit et cela pour les compositions que nous considérons d’après ce qui a été dit ci-dessus comme les plus favorables.
- Les dimensions du dynamomètre et les vitesses relatives que nous avons fait connaître précédemment, nous permettent de déduire pour chaque expérience le coefficient du frottement. Comme le travail (c’est-à-dire le produit de la force par le chemin parcouru) de la force motrice doit être égal au travail de la résistance, et que les courroies entre le dynamomètre et l’essieu en expérience parcourent en une seconde 12Pieds,6l3, la surface du gros tourillon, un chemin de 2Pleds,780, et celle du petit tourillon un chemin de 2Pieds,488, et comme enfin la résistance sur chaque espèce de tourillon provient d’une pression répétée deux fois de 33 quintaux, et qu’on peut négliger le faible frottement qui a lieu sur le troisième axe, on obtient les coefficients de frottement en centièmes de la charge pour le gros tourillon, en multipliant les données respectives du dynamomètre par la formule
- 12,163 2,78 X 66
- = 0,06629,
- et pour le petit tourillon par
- 12,163
- 2,48 X 66 ~
- 0,07429.
- De cette manière on obtiendra le tableau suivant :
- Numéros des coussinets. Coefficient de frottement en centièmes de la charge.
- Tourillon G Tourillon K
- 1 1.458 3.566
- 2 0.331 3.343
- 3 0.464 2.600
- 4 0.464 2.823
- 5 2.652 5.572
- 0 0.795 0.891
- 7 1.458 4.234
- 8 2.519 4.606
- 9 9.943 13.000
- 10 'Sksstssc. ~ct .thp Jtma irrr 7.955 9.286
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- Ce tableau nous indique en outre ce qui suit :
- 1° Si l’on entend par surface de pression la projection de la surface courbe réelle et portante sur un plan . la normale se trouvant dans la direction de la pression, il en résultera que chaque pouce décimal carré du gros tourillon portera 32KliTres 6, et chaque centimètre carré du petit tourillon 446liTres, 80 ; et que par suite d’une augmenlion de 36 pour 100 dans la pression, le coefficient de frottement s’élèvera en moyenne dans les différents alliages pour coussinets de 78 pour 100.
- 2° Au moyen dè rapports convenablement choisis entre la pression et la grosseur du tourillon, le frottement peut être ramené à un chiffre très-notablement inférieur à celui qu’on a admis jusqu’à présent. Nous rappellerons sous ce rappport que dans l’ouvrage récemment publié par M- J. Weisbach(t) pages 407 et 408, le coefficient de frottement pour des coussinets de bronze, des tourillons en fer forgé et un graissage continu est indiqué comme s’élevant à 5, 4 pour 100,
- --»--
- Force motrice de la chaleur.
- La recherche du rapport qui existe entre la chaleur et le rapport mécanique qu’elle peut produire a déjà fait l’objet des travaux d'un assez grand nombre de géomètres et de physiciens. En effet, cette recherche a d’abord occupé
- (i) J-Weisbach, Der Ingénieur, eine Snmm-lung von l'a/eln, Forrueln, etc., fur Mecha-nikèr, etc., lîraunschweiy, 1848. (L'ingénieur, recueil de tables, de formules, etc,, à l’usage des constructeurs, etc.)
- S. Carnot en 1824, puis Dulong, et successivement MM. Clapeyron, Thomson , Holtzmam , Meyer, Joule et Seguin. Ce Sujet vient d’être repris, par voie analytiquea par M.CIausius , dans un mémoire présenté à l’Academie des sciences de Berlin , en parlant simplement du principe que dans tous les cas où il y a un travail produit par la chaleur, il y a aussi dépense d’une quantité de cette chaleur proportionnelle au travail produit, et qu’à l’aide de ce même travail on pourrait reproduire la même quantité de chaleur. L’équation à laquelle l’auteur a été conduit, en développant analytiquement ce principe , et après la détermination des constantes, a démontré comme résultat théorique final que la quantité de chaleur qui est nécessaire pour élever de 1° C la température (le 1 kilogramme d’eau , pouvait élever plus de 400 kilogrammes à la hauteur de i mètre.
- On peut comparer avec ce résultat théorique celui que M. Joule a obtenu par observations directes et des moyens très-différents. Ce physicien a trouvé en effet, pour la chaleur produite par l’électricité magnétique, le nombre 460, pour celle que l’air atmosphérique absorbe en se dilatant Ig nombre 438, et comme moyenne de nombreuses expériences dans lesquelles il a observé la chaleur développée par le frottement de l’eau , du mercure et de la fonte de fer le nombre 425.
- Ces derniers nombres s'accordent aussi exactement avec le premier qu’on pouvait l’espérer dans des recherches aussi difficiles , et l'ensemble de Ces résultats fournit ainsi une conformation importante du principe de l'équivalence de la chaleur et du travail > et de la considération théorique qui a conduit à sa détermination.
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- TABLE ANALYTIQUE
- PAR ORDRE DE MATIÈRES.
- I ARTS MÉTALLURGIQUES , CHIMIQUES, BIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- 1. Extraction, traitement, alliage, analyse, dosage des métaux, carbonisation, arts métallurgiques, appareils.
- Pages.
- Perfectionnements dans la fabrication des métaux et des alliages, et dans le traitement des matières métalliques.
- A. et H. Parkes...................... 1
- Procédé nouveau dans la fabrication
- du fer. PP. pPickers................. 4
- Mode de fabrication de l’acier. A.-PP.
- JYewton..................,........ *
- Fer controxidé ou inaltérable. M.-E.
- Paris................................ 6
- Analyse du fer forgé produit par la cémentation de la fonte ( fonte malléable). PP.-A. Miller...............113
- Sur la fabrication des fers et des aciers supertins appliqués à celle des canons de fusil, armes blanches et essieux de chemins de fer. W. Greener. . 114
- Sur le cuivre contenant du phosphore et l'action corrosive de l’eau de la mer sur certaines variétés de cuivre.
- Percy............................... t!7
- Fabrication de certains composés de plomb et application à divers usages.
- H -L. Pattinson......................117
- Alliages pour coussinets............... 119
- Alliages pour coussinets de cylindres pesants, pour boites de roues et pour
- le tour. G. Tapp.................... 120
- Mémoire sur les appareils de vaporisation. Marozeau.......................133
- Préparation des cordes métalliques pour in>truments. P. Sanguinede. . . . 138
- Mode d’essai pour découvrir la monnaie fausse d’argent. Range. . . . 139
- Alliages de platine pour la b jouterie.
- M.-L. Bolzani.......................140
- Chaleur dégagée dans l’oxidation des métaux................................ 140
- De I extraction de l’or que renferment les mines de cuivre de Chessy et de Sain Bel ( Rhône). Allain et Bar-
- Pages.
- Fabrication du fer malléable avec les rognures de fer-blanc, et traitement des autres produits obtenus par ces
- procédés. E. Schunck.................178
- Mode de moulage des métaux. A.
- Shankes............................. 180
- Composition de l’alliage dit métal anglais.............................. 196
- Perfectionnements dans la piéparation, la fabrication , le traitement et l ap-plication de certains métaux et alliages. A. Parkes...................... 225
- Préparation d’un alliage dense d’argent et de cuivre pour l’orfèvrerie. . . . 292 Analyse de la fonte de fer. F. - C.
- PPrightson...........................338
- Sur le laiton malléable à chaud. L.
- Elsner.............................. 340
- Sur la pureté de l’étain de Banca des
- Indes orientales. Mulder.............341
- Alliages et compositions employées en
- Angleterre.......................... 350
- Sur la composition de l’alliage appelé britannia métal. C. Ramier. . . 351 Nouveau mode de fabrication du fer et de l’acier. F-C. Knowles. . . . 401 Sur l’aflinage de l’or. Philippi. . . . 449 Rapport sur le fer controxidé de M. Paris. Ebelmem............................452
- Sur l’emploi de la flamme perdue des
- feux d’affinage..................... 513
- Mode de fabrication du fer. R. Plant. 516 Sur le décapage des métaux. L. Elsner.................................... 517
- Régénération du plomb du sulf ite de
- ce métal. Schuedermann.............. 518
- Procédé et «appareil pour carboniser la
- tourbe. Fignoles.....................5ig /
- De l’extraction de l’argent des minera S et des malles de cuivre par des la*
- vages au sel marin. ..............
- Sur les alliages de cuivre et d’étam , et sur la manière dont ils se comportent quand on les chauffe. C. J.-B.
- Karsten...................... ’
- Amalgame de eadm um et d’étain pour pour la chirurgie dentaire . . , , . 554 Procédé pour amalgamer le zinc.'O. *
- JY. Stàddart.................. 631
- Cuivrage Solide du fer à froid. Reinsch. 631
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-
- l'aies.
- Pages.
- 2. Précipitation des métaux sur les métaux ou autres substances, par voie galvanique, dorure, argenture , etc.
- Emploi du carbure de soufre en galva-noplastique, et frais respectifs des
- diverses batteries.................. 65
- Argenture des miroirs, des glaces et autres surfaces. T. Drayton. . . . 129 Batterie électrique simple. A. Reinsch. 291 Sur la dorure galvanique industrielle exécutée en grand, et observations technico-scientifiques auxquelles elle a don né lieu. Maximilien de Leuch-
- tenberg...........................345
- Procédés pour enduire de métal le fer et certains autres métaux et alliages de métaux. T.-H. Russell et J.-S.
- Woolrich............................404
- Perfectionnements dans l’électro-métal-
- lurgie. St-B. Smith................ 400
- Sur un nouveau procédé de dorure de
- la porcelaine. Grenon.............. 407
- Sur la soudure galvanique. L. Els-
- ner................................ 450
- Sur les batteries galvaniques constantes.
- W. Eisenlohr........................466
- Sur la dorure et l’argenture des copies galvanoplastiques des images photographiques......................... &6S
- Moyen d’empêcher la formation et l’adhérence des bulles d’air sur les moules galvanoplastiques pendant leur immersion. Demirmont.................. 470
- 3. Verreries, poteries, porcelaines, émaillages, peinture sur verre et sur porcelaine.
- Platinure du verre, de la porcelaine, des faïences fines dites anglaises, etc.
- Liidersdorff.......................... 7
- Recherches sur quelques modifications dans la coloration du verre par les oxides métalliques. G. Bonlemps. . 65
- Nouveau four à briques.................. 71
- Émail blanc pour raccommoder au feu la porcelaine, la faïence et le verre
- laiteux. A. Wachter................. 128
- Nouveaux procédés pour la fabrication du verre et des alcalis. TV.-A. Bal-
- main et L.-A. Parnell............... 185
- Influence de l’acide borique dans la vitrification. Maës.................... 188
- Recherches sur quelques modifications dans la coloration du verre par les acides métalliques. G. Bontemps.. 227 Couverte aventurine pour la porcelaine.
- A. Wachter......................... 292
- Analyse de quelques verres à vitres.
- J.-E. Mayer et J.-S. Brasier. . 352 Fabrication des perles à broder de Venise...................................361
- Étenderie à pont mouvant. Segard. . 568 Sur la dévitrification. D.-E. Splitger-
- ber................................ 569
- Sur le bronzage des figures en plâtra.
- L. Elsner.................. . . . 579
- 4. Matières tinctoriales , teinture , impression , peinture, vernis, blanchiment, apprêts, conservation.
- Couleur bleue à l’arséniate de cuivre.
- Reboulleau......................... 9
- Nouveaux mordants pour la teinture.
- J -A. Carter on.................... 130
- Mode d’extraction de la* matière colorante de l’orseille. A. Chaudois. . 130
- Procédés de purification et de décolo-loration de la gomme arabique et de la gomme Sénégal. A. Piccioto. 131 Préparation de l’orangé de chrome pour impression en bleu. E. Scherff. . . 13t Perfectionnements dans l’impression et la teinture. C.-A. Broquette.. . . 132 Sur une fibre particulière de coton qui résiste à la teinture. W. Crum. . . 132 Sur les propriétés hygrométriques de la laine, et sur les moyens d’obtenir la connaissance exacte de l’humidité qu elle renferme. E. Mauménê. . 231
- —293
- Sur la nature des différents copals qu’on trouve dans le commerce. R. Schin-
- dler.............................238
- Extraction et préparation de la matière colorante de l’orseille. A. Garnier. 292 Sur la galle de la Chine. W. Stein. . 301 Perfectionnements dans l’impression et la teinture des fils et des tissus.
- C.-A. Broquette.................. 303
- Recherches sur le wongshy, nouvelle matière colorante. W. Stein. . . . 355 Considérations sur la conservation des
- carènes en fer......................302
- Peinture murale (stéréochromie) de
- M. Fuchs........................... 362
- Sur la matière colorante du morinde à feuilles d’oranger ( morinda citri-
- folia). Th. Anderson................407
- Préparation de divers sels d’étain pour la teinture et l’impression. J.
- Young...............................411
- Perfectionnements dans l’extraction des huiles et la fabrication des vernis et des couleurs. H. Ressemer et J.-C.
- Heywood.........................413—462
- Sur les couleurs verte et grise à l’oxide de chrome dans l’impression des
- étoffes. W.-H. de Kurrer........... 457
- Sur la matière colorante contenue dans la paille de sarrasin. C. JYachtigal. 472 Nouveaux sels pour la teinture et l im-pression. J. Mercer et W. Blyth. 527
- Vernis hydrofuge au gutta-percha et
- vernis incolore. J. Costley............579
- Mode de fabrication de l’orseille et du
- cudbear. J. Robinson...................627
- Dissolution du copal dans l’huile de ricin................................. 632
- 5. Produits chimiques, alcalimétrie , chloromêtrie , alcoométrie, ciments, allumettes, distillation.
- Modes de fabrication des acides azotique et oxalique, et de certains sels
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-
- Pages.
- et appareils pour cet objet. C. Crâne
- et J.-T. Jullion..................
- Ciment de Lowitz.....................
- Procédé pour préparer l’acide sulfurique pur. A.-A* Rayes. . ... Sur les produits de la fabrication de la soude. J. Brown.
- Mode de fabrication de l'acide pyroligneux. A.-P. Halliday...............
- Rapport sur la fabrication de la céruse en France au point de vue de la santé
- des ouvriers. Combes..............
- Fabrication de l’oxide de zinc, des couleurs et des ciments avec cet oxide.
- C.-A.-F. Rochaz...................
- Sur la fabrication de l’acétate neutre de plomb avec l’acide pyroligneux.
- Schnedermann......................
- Mode de fabrication de la céruse. J.~
- E.-D. Rodgers.....................
- Essai des potasses du commerce. Mohr. Sur la transformation du salpêtre dit du Chili, ou nitrate naturel de soude en salpêtre de potasse. Landmann. Préparation du chlorate de potasse en
- grand. F.-C. Calvert..............
- Emploi du noir de fumée de camphre pour préparer l’encre de Chine. H. Lucas...............................
- G6
- 83
- 120
- 121
- 180
- 189
- 342
- 521
- 522
- 523
- 50G
- 567
- 583
- 6. Tannage, préparation des peaux
- et cuirs.
- Mode de tannage des cuirs et des peaux. A. Crosse................... £71
- 7. Matières grasses et amylacées, éclairage à l'huile et aux essences, au gaz , savon, etc.
- Purification du naphthe, de l’esprit de
- bois, de l’oxide hydraté, de méthyle, de l’acide pyroligneux, de l’eupione, des alcools, etc. J.-H.-S. VFild-
- smith............................. 10
- Mode de traitement de la tourbe pour en extraire divers produits. R. Reece. 74 Fabrication du gaz d’éclairage, Pau-
- wels.............................. 139
- Mode de fabrication du savon. E.
- Riepe.......................... 196
- Procédés et appareils nouveaux pour le traitement des corps gras. P. A -L.
- Fontainemoreau................. 233
- Appareil à distiller les corps gras. D.-
- C. Knab........................ 465
- De la fabrication de la colle marine.
- TVinterfeld.................... 470
- Nouveau mode de fabrication de l’ami-don. H. Alwood et J. Renton. . . 525
- Purification du gaz de houille. R. La-
- ming........................... 526
- Mode de séparation des matières grasses et fluides entre elles. G.-F.
- Wilson......................... 531
- Note sur l’huile de liard employée au graissage des machines. F. Baudet. 628
- 8. Sucre, colles, enduits, caoutchouc , gutta-percha, papier.
- Sur la manière dont le gutta-percha se comporte avec ses dissolvants. E.-R.
- Pages.
- Kant................................. 26
- Sur les papiers piqués et moisis. ... 28
- Notice sur l’emploi de l’alun et du sulfate d’alumine pour la fabrication
- du papier. Schattenmann............. 69
- Procédé de fabrication et de raffinage
- de sucre. J. Scoffern............... 72
- Extraction du sucre sans formation de
- mélasse. Mège...................... 135
- Couleur rouge pour les papiers peints.
- L Elsner........................... lus
- Mode de préparation des dissolvants du caoutchouc, du gutta percha et des gommes-résines. G. Simpson et
- Th. Forster..........................237
- Procédés d’extraction du sucre.......30î
- Appareil pour purger et mouler le sucre. Rohlfs et Cail.................418
- Nouveau mode de fabrication des objets aérofuges et hydrofuges en caoutchouc et en gutta-percha seuls ou
- combinés. W.-H. Burke............. il9
- Préparation d’un charbon animal très-propre à la décoloration des liquides.
- R. Graeger.............•..........422
- Note sur un nouveau procédé d’extraction du sucre de betterave. Payen. 453 De la fabrication du sucre de betterave sans charbon animal. Lüdersdorff.. 455
- Sur le travail du sucre............... 528
- Sur les appareils à force centrifuge pour la fabrication et le raffinage du
- sucre.............................. 529
- Quelques perfectionnements dans la fabrication du sucre de betteraves.
- F. Michaelis....................... 572
- Appareil pour le traitement du caoutchouc. J.-F. Westhead...............027
- 9. Photographie, galvanographie, lithographie , typographie, gravure, coloriage.
- Plaques daguerriennes argentées par
- voie galvanique................. 27
- Préparation du papier photographique pour enregistrer automatiquemen t les observations de longue durée. C.
- Brooke..........................13
- Recherches photographiques. Blan-
- quart-Evrard.................... 137
- Nouveau procédé d’électrotypie. D.
- Jones..............................289
- Reproduction des vieilles gravures. E.
- Knecht............................ 3G3
- Moyen sûr pour reproduire et multiplier les images photographiques par
- voie galvanoplastique...........468
- Préparation des chlorides d’or.....522
- Photographie sur papier. Blanquart-
- Evrard..................... 580—629
- Photographie sur gélatine. A. Poitevin............................... 582
- Perfectionnements dans la photographie. VF.-H. Talbot et T.-A.
- Malone............................ 029
- Photographie sur verre. T.-A. Malone..............................63 0
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- 646
- Pages.
- 10. Economie domestique et agricole, arts économiques.
- Traité de la distillation des pommes de
- terre. Ev. Hourier............ 13—75
- Résumé critique des moyens proposés ^ pour reconnaître le mélange du coton dans les tissus de lin. L. Etsner. . 31
- Classement économique des pommes
- de terre. J. Anderson.............. 27
- Moyen pour éviter les excès de fermen-talion dans les moûts pour la fabrication des eaux-de-vie de pommes de
- terre. Balling..................... 85
- Appareil à embariller les farines. . . . 361 Moyen pour braser les faux gercées. G:
- Pages.
- Mayr.............................
- e la formation d’un banc de goémon fossile dans le département du Finistère. A. Bobierre.........625
- 11. Objets divers.
- Importation de divers végétaux exotiques en Angleterre................. . 27
- Composition propre à graisser les machines. A. Munkittrick...............240
- Nouveaux instruments d’optique. A.
- Bryson..........................421
- Sur l’encre de chrome de M Runge.
- JV. Stein........................421
- Graisse pour les machines. W. Little. 532
- II. ARTS MÉCANIQUES ET CONSTRUCTIONS.
- 1. Moteurs, turbines, machines hydrauliques , électro - magnétiques , etc.
- Turbine nouvelle. Laurent et Beck-
- herr.............................. 31
- Sur la construction , l’emploi et l’application des turbines verticales ne recevant l’eau que sur une partie de leur circonférence. Schwamkrug. . 33—369
- Régulateur hydrostatique..............150
- Sur les roues hydrauliques à augets ventilés. M. Eairbairn............ 265—313
- Mode d’assemblage en gutta-percha des boyaux des pompes à incendie et
- d arrosage, fV. Burgess............385
- Roue hydraulique de Parker............426
- Expériences sur la résistance que l’eau éprouve dans son passage à travers les conduits des turbines. J. JVeis-
- bach...............................533
- Résumé succinct des expériences de M. Anatole de Caligny sur une nouvelle branche de l’hydraulique.......................... 495—603
- Des applications de l’électro-magné-tisrne comme force motrice. B. Hunt. 600 Force motrice de la chaleur. .... 642
- 2. Machines à vapeur fixes, marines , locomotives, chemins de fer, navigation à vapeur.
- La locomotive le Rhône, E. Gouin. . 41
- Machine à vapeurs combinées. Du
- Trembley........................ 44
- Manomètre à vapeur pour locomotives. Schinz......................... 50
- Nouveau fourneau pour machines à
- vapeur.......................... 51
- Bâtiment à vapeur à haute pression................................ 52
- Mode de fabrication des roues de chemins de fer. H. Smith............... 89
- Sur les aubes des bâtiments à vapeur, leur forme, leur immersion, leur épaisseur, leur matière et leur nombre. Th. Ewbanck...............90—157
- Machine à courber les rails de chemins de fer............................. 151
- Perfectionnement dans les machines à vapeur. J.-B.-F. Mazeline. . . . 153
- Note sur la fabrication des rails. Ch.
- Etienne........................... 202
- Perfectionnements dans la construction des locomotives. Ramsboltom. . . 207
- Calcul approché de la vitesse sur les chemins de fer à air comprimé, spécialement sur le chemin du système Andraud. Barré de Saint-
- Venant............................210
- Sur l’oxidation des rails et sur la perte qu’ils éprouvent par le frottement.
- R. Mallet......................... 212
- Moyen pour régler l’écoulement de l'eau d injection dans le condenseur des machines à vapeur G.-J. Cun-
- nack................................ 271
- Moyen pour s’opposer à la corrosion de l’intérieur des chaudières des machines à vapeur........................ 272
- Machines à laminer les chevilles pour coussinets de chemins de fer. J.
- Harrison.............................313
- Notice sur la fabrication des coussinets.
- Ch. Etienne......................... 316
- Dispositions noqvçlles dans les coussinets pour chemins de fer. O. Reynolds.................................. 318
- Note sur les épaisseurs et les courbures des appareils à vapeur. Lamé................................. , . 381
- Mode de garniture de piston et de gtuf-
- fing-box. VF.-C. Moat................383
- Nouvelle locomotive G. Armstrong. 384 Sur l’action expansive de la vapeur et nouveau modèle de soupape de
- détente. fF. Eairbairn............. 4-28
- Description d’un nouveau manomètre pour les machines à vapeur. Hoffmann....................................432
- Sur les essieux de chemins de fer. . . 482 Appareils de sûreté américains pour les
- chaudières à vapeur. . . ............491
- Appareil alimentaire pour les machines
- à vapeur à haute pression.......... 539
- Chaudière de Galloway....................540
- Presse à caler et décaler les roues des locomotives et des voilures de chemins de fer. J.-F. Essich...............541
- Sur les ressorts des voitures et des wa-
- p.646 - vue 678/701
-
-
-
- — 647
- Pages.
- gons de chemins de fer. J.-VT.
- Adams............................
- Salinomètre nouveau. Cavé...........
- Salinoméire et appareil automatique pour bâtiments à vapeur. A. Ma-
- ther...................-.........
- Sur la détérioration des essieux de chemins de fer.........................
- Modification à apporter aux soupapes de sûreté des machines à vapeur.. . Soupape de pompe à air en toile. . .
- 3. Machines -outils et outils divers. Organes de machines. Machines à fabriquer le fer,lrêfilerie, étampage , etc.
- Perfectionnements aux marteaux-pilons
- à vapeur. E. Gouin...............
- Machines à mortaiser. Huguenin, Du-
- commun et Dubied.................
- Machine de Napier à courber les tôles.
- F. Boekmuhle. . .................
- Laminoirs à fabriquer des fers de forme conique ou pyramidale. W.
- Clay...............................
- Cric à vis perfectionné. Th. Dunn. . Machine à canneler et faire les moulures sur les tôles. R. Roberts. . . Appareil pour obtenir un mouvement de rotation régulièrement continu.
- J. Wagner........................
- Mèche à percer les métaux. Fr. Wohn-
- lich.............................
- Clef à mâchoire mobile..............
- Tableau des marques , nombre de feuilles, dimensions et poids des fers-
- blancs anglais...................
- Machine à fabriquer les cordes en fils
- métalliques. A. Smith............
- Mèche à percer et tailler les rondelles. 3so
- Cajar.............................. 380
- Cric hydrostatique. Simmons............380
- Mode de fabrication des tubes et tuyaux en métal. J. Rosse et W.-H. Richardson...........................4-25
- 4. Machines à préparer, carder, filer, apprêter les matières filamenteuses et à fabriquer et imprimer les tissus, les papiers, etc.
- L’épurateur, nouveau procédé économique pour la préparation du coton pour la filature et pour les ouates.
- Math. Risler....................... 29
- Machine circulaire pour f’apprét des
- étoffes. Giroud-d’Argoud........... 3q
- Perfectionnement dans les machines pour peigner, carder, étirer et filer le lin, le chanvre, les étoupes, la soie et autres matières filamenteuses.
- P. Fairbairn., .................... 85
- Mode de fabrication des velours de coton, velventines et autres tissus analogues. C.-W. Kesselmeyer et
- T. Mellodew...................... 141
- Perfectionnement dans le travail du
- tulle............................. 145
- Appareil pour éplucher la surface des
- 543
- 550
- 550
- 590
- 595
- 602
- 40
- 52
- 88
- 147
- 152
- 198
- 273
- 312
- 312
- 328
- Pages.
- tissus et la débarrasser des fibres et *' autres matières flottantes. J. Coûtes. 146 Procédé de lavage des laines. Desplanques..............................164
- Appareil pour couper le papier dans les machines typographiques à imprimer. De Coster....................... 164
- Banc à broches. Grun................... 165
- Nouvel ourdissoir pour la soie et les autres matières filamenteuses. T.
- Dickins. ............................ 197
- Sur les avantages des chaînes parées dans la fabrication des tissus de coton. H. Homberger..................... 263
- Machine à freins pour régler le tirage dans les opérations pour ourdir, étendre, commettre, retordre et resserrer les cordages et les câbles. R.
- Pollard. .............................864
- Râpe pour féçuleries et sucreries indigènes..................................276
- Mode de fabrication des maillons de tisserands. S. Allport. ...... 309
- Machine à dégorger et laver les toiles de coton etaulres tissus. Th. Cock-
- sey et J. Nightingale..............311
- Rouleaux en cuivre rouge pour l’impression des étoffes. Cavé.........325
- Perfectionnements dans les métiers à fabriquer (e tulle et autres produits
- analogues. E.-W- Newton.......... 365
- Nouveau moyen d’obtenir le vide dans les machines à fabriquer le papier. 369 Dispositions nouvelles dans quelques parties des mét ers mécaniques. J.
- Steel et B. Emmerson..............423
- Mode de construction des tambours ou cylindres en étain des machines à
- filer. E.-G. Wilson................425
- Rapport sur la machine à étirer les tissus sur leur longueur après l’apprêt de M. G. Pfannkuche, G. Wini-
- warter............................ 425
- Perfectionnements apportés dans les machines à filer le coton , la soie et les autres matières filamenteuses. R. Sutcliffe............................473
- Perfectionnement apporté dans l’apprêt des tissus. P.-A. Godefroy. . . . 475 Rapport sur une machine à confectionner les tubes en papier à l’usage des filatures de MM. Motsch et Perrin.
- H. Schwarz...................... 590
- Rapport sur le métier de tissage de
- Clausen......................... 591
- Machine à peigner et apprêter le lin , ia laine et autres matières filamenteuses. T. Marsden...............633
- 5. Constructions, sondages, mines, cours d'eau, moulins, etc.
- Sur la résistance des fermes horizontales composées de rails de chemins
- de fer accouplés.................... 46
- Lampe de mineur de Biram.............. 53
- Procédé pour enflammer la poudre
- sous l’eau......................... 53
- Chemins de fer, canaux, sondage et équipage de sonde. D. Magnier. 95
- —155
- p.647 - vue 679/701
-
-
-
- — 648 —
- Pages.
- Sur le sondage de recherche des minerais, des sources artésiennes et
- autres objets. P. Thompson. . . . 161
- Presse à faire les fascines.........163
- Lampe de mineur perfectionnée. B.
- Biram............................ 199
- Nouveau procédé hydrométrique. P.
- Boileau.......................... 200
- Canaux , chemins de fer, etc., matériaux de maçonnerie. D. Magnier. 241
- Grue à vis..........................271
- Système de pont en fer laminé rivé.
- , J. Motte..........................274
- Elévateur ou monte-charge pneumatique. Gibbons....................319
- Machine à décharger les navires. . . . 324
- Rapport de la commission chargée de faire une enquête sur l’application du fer à la construction des ponts sur
- les chemins de fer............ 386—434
- Monte-charges ou élévateurs hydropneumatiques pour les hauts-fourneaux , les chemins de fer et les canaux. Simpson....................478
- Lavage des charbons de terre. Jobard. 488
- Sur le pont tubulaire Britannia du détroit de Menai.................... 489
- Nouveaux procédés pour le placage du
- bois. J. Meadows..............593
- Phare des Bermudes...............611
- Sur la résistance due au frottement des tourillons. F.-A. de Pauli.........635
- Pages.
- 6. Chauffage.
- Fourneau pour brûler l’anthracite et les houilles de basse qualité............149
- 7. Objets divers.
- Chambre obscure binoculaire............. 52
- Sur le frottement que l’eau exerce sur les corps qui se trouvent plongés. B. Rawson...................................213
- Moyen pour éviter les effets pernicieux de l’empointage des aiguilles. . . . 272 Bouchons de liège à la mécanique. . . 276 Résistance des tubes en gutta-percha. 3-24 Note sur un microscope usuel. Gaudin. 325 Mode de fabrication des chapeaux, casquettes et calottes en feutre, cuir et autres matières. F. Vouïllon. . . . 367 Mode de fabrication du plomb de
- chasse. D. Smith . ..................385
- Nouvelles clefs pour montres et pendules................................ 552
- Votimèlres. J. Raymondi................ 585
- 8. Bibliographie.
- Manuel de galvanoplastie. Smee, de
- Valicourt.......................... 54
- Manuel du constructeur et des agents
- voyers. Lagarde..................... 102
- Almanach encyclopédique.................165
- Nouveau manuel complet du chaufournier. Berlin el Magnier...............440
- Cours élémentaire de perspective linéaire. D. Girardon...................612
- FIN DF. LA TABLE ANALYTIQUE.
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-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES MATIÈRES.
- ww <KM> <aaw*——
- A
- Pages.
- Acélate de plomb, fabrication.. ...... 521
- Acide borique, influence sur la vitrification....................................... 188
- ----pyroligneux, purification............. 10
- ----mode de fabrication.................. ISO
- ----pour préparer l’acétate de plomb. . . 521
- ----sulfurique pur, préparation.......... 120
- Acides azotique et oxalique, fabrication.. 66
- Acier, mode de fabrication. . ............. 4
- ----nouveau mode de fabrication...........401
- Aciers superfins, fabrication............ 114
- Adams (J.-W.), ressorts de voilures de
- chemins de fer........................ 542
- Agent voyer, manuel..........• • • • • • t02
- Aiguilles, moyen pour éviter les eflets de
- leur empointage...................... 1272
- Alcalis, procédés de fabrication......... 185
- Alcools, purification.................... 10
- Allain, extraction de l’or des mines de
- cuivre............,.............-.•••• 177
- Alliage dit métal anglais, composition.. . 196
- ----dense d’argent et de cuivre pour l’or-
- févrerie.............................. 292
- Alliages, perfectionnements dans leur fabrication ..................................... t
- ----pour coussinets............... 119 — 120
- ----de platine, pour la bijouterie....... 140
- ----précipitation, fabrication et applications........................................ 225
- ----employés en Angleterre........... 350—351
- ----procédés pour les enduire de métaux. 404
- ——de cuivre et d’étain................... 564
- Allport (B.), fabrication des maillons de
- tisserands............................ 309
- Alun, emploi dans la fabrication du papier.......................................... 69
- Amalgame de cadmium et d’étain........... 584
- Amidon, mode de fabrication.............. 525
- Anderson (J.), classement économique
- des pommes de terre.................... 27
- Anderson (Th.), matière colorante du rao-
- rinde..................................407
- Ândraud, chemin à air comprimé...........210
- Angleterre, importation de végétaux exotiques........................................ 27
- Anthracite, fourneau pour le brûler.. . . 149
- Appareil à couper le papier.............. 164
- ---à éplucher les tissus................ 146
- — pour obtenir un mouvement de rotation continu......................... • • • . 273
- ----alimentaire pour les chaudières à
- vapeur................................ 539
- Appareils propres à la vaporisation. ... 133
- •---à vapeur, leurs épaisseurs et leurs
- courbures............................. 381
- ----de sûreté américains pour chaudières à vapeur.............................. 491
- —— à force centrifuge pour les sucres.. . 529
- — pour les graisses..................... 531
- Apprêt des étoffes, machine circulaire. . 30
- ----des tissus............................475
- Argent, mode d’extraction................ 561
- Argenture des miroirs, glaces, etc....... 129
- Armengaud, turbine nouvelle............... 31
- Pages.
- Armes blanches, fabrication............. 114
- Armstrong, locomotive nouvelle.......... 384
- Arséniate de cuivre, couleur bleue...... 9
- Atlwood()A.). fabrication de l’amidon.. . 525 Aubes des bâtiments à vapeur .... 90—157
- B
- Balling, moyen d’éviter un excès de fermentation des moûts.................... 84
- Balmain CW. H.), fabrication du verre et
- des alcalis........................ i85
- Banc à broches........................... 155
- Barré de Saint-Venant, vitesse sur les
- chemins de fer à air comprimé...... 210
- Bartenbach, extraction de l’or des mines
- de cuivre.......................... 177
- Bâtiments à vapeur â haute pression. . . 52
- — forme des aubes......................90—157
- ----salinomètre....................... 550
- Batterie électrique simple............ 291
- Batteries électriques, frais qu’elles occasionnent............................... 65
- ----galvaniques constantes............ 466
- Bessemer(R ), extraction des huiles. 413—463
- Bijouterie de platine, alliages....... 140
- Blanquarl-Evrard, recherches photographiques.. . .......................... 137
- ----photographie sur papier............. 580
- Blyth (W.), sels pour teinture et impression.................................. 527
- Bobierre, banc de goémon fossile. ... 625 Boekmuhle, machine à courber les tôles. 88 Boileau (P.), nouveau procédé hydro-
- métrique............................. 200
- Bois, procédés de placage............. 593
- Boites de roues, alliages............... 120
- Bolzani (H.-L.), alliages pour bijouterie
- de platine......................... 140
- Bontemps (G ),sur la coloration du verre par les oxides métalliques........ 65
- ----modification dans la coloration du
- verre par les oxides métalliques... 227
- Bouchons de liège à la mécanique...... 276
- Boudet (F. j, huile de liard...........628
- Brasage des faux gercées..............471
- Brazier (J.-S ), analyse des verres à vitres.................................. 352
- Briquet de Doebereiner, moyen pour remplacer l’éponge de platine.............532
- Britannia métal, sa composition........351
- Bronzage des figures en plâtre........ 579
- Brooke (C.). préparation du papier photographique.. . . 136
- Broquelte (C.-A.), perfectionnements dans la teinture et l’impression des tissus.. . 182
- ----perfectionnements dans l’impression
- et ia teinture..................... 303
- Brown (J.), produits de la fabrication de
- la soude........................... 121
- Bryson (A.), instruments d’optique nouveaux. ................................421
- Burgess (W.), assemblage des boyaux de
- pompes.........................385
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-
-
-
- — 650
- Pages.
- Burke (W.-H.), fabrication des objets aérofuges et hydrofuges.............: . . 419
- c
- Câbles, machine à freins pour leur fabrication.................................. 264
- Cail, appareil à mouler et purger les
- sucres.................................. 418
- Cajar, mèche à tailler et percer les rondelles.................................. 380
- Caligny (A. de), nouvelle branche d’hy-
- ui dunqne....................... 4 y —(j03
- Calvert tF.-C.), fabrication du chlorure
- de potasse.............................567
- Camphre pour fabriquer l’encre de Chine. 583
- Canaux................................ 95—155
- ----et chemins de fer.................... 241
- Canons de fusil, fabrication............. 114
- Caoutchouc, préparation de ses dissol-
- vanis..................................237
- ----fabrication des objets aérofuges et
- hydrofuges.............................419
- ----appareil pour son traitement. . . . 627
- Carbure de soufre, emploi en galvanoplas-
- tique.................................. 65
- Carteron (J.-A.), mordants pour la teinture..................................... 130
- Caslley (J.), vernis hydrofuge........... 579
- Cavé, rouleaux en cuivre rouge pour impression................................. 325
- ----salinomètre nouveau.................. 550
- Céruse, sur sa fabrication en France. . . 189
- ----fabrication. . . 522
- Chaînes parées, avantages................ 263
- Chaleur dégagée des métaux dans leur
- oxidation............................. 140
- ----force motrice........................ 642
- Chambre obscure binoculaire............... 52
- Chanvre, machines à peigner, filer, etc. . 85
- Chapeaux en feutre, fabrication...........367
- Charbon animal pour la décoloration. . . 422
- ----de terre, lavage..................... 488
- Chaudière Galloway....................... 540
- Chaudières des machines à vapeur , moyens pour s’opposer à leur corrosion......................................272
- ----appareils de sûreté américains. ... 491
- Chaudois (A.), extraction de la matière
- colorante de l’orseille............... 130
- Chemin à air comprimé, calcul de la vitesse. ........................... ... 210
- Chemins de fer, fabrication des roues, 89—
- 95—155
- ----fabrication des essieux.............. 114
- ----alliages pour coussinets.......119—120
- ----machine à courber les rails. ..... 151
- ----et canaux.............................241
- ----machine à laminer les chevilles.. . . 313
- ----fabrication et disposition des cous-
- ----construction des ponts en fonte. 386—434
- ----essieux............................... 482
- ----presse à caler les roues.............. 541
- ----ressorts de voitures.................. 542
- ----détérioration des essieux............. 596
- Chevilles, machines à les laminer........313
- Chirurgie dentaire, amalgame................584
- Chlorate de potasse, sa fabrication en
- fïrand...................................567
- Chlorides d’or, préparation................ 522
- Ciment de Lowilz........................... 83
- ----d’oxide de zinc........................342
- Clay (W.), laminoirs pour fabriquer les
- ................................... 147
- Clef a mâchoire mobile.................... 3i2
- Clefs de montres et pendules.............. 552
- Contes (J \ appareil à éplucher les tissus. 146 Cocksey (Th ), machine à dégorger et laver les tissus.. . •...................... 311
- Colle marine, fabrication.................. 470
- Combes, rapport sur la fabrication de la céruse................ , 4 ,...............i89
- Pages.
- Composition à graisser les machines. . . 240
- ----employées en Angleterre...............350
- Condenseur, moyen pour y régler l’eau
- d’injection..........................271
- Conditionnement de la laine......... 231—293
- Constructeur, manuel..................... 102
- Copals, sortes diverses du commerce.. . . 238
- ----dissolution dans l’huile de ricin. . 632
- Cordages, machines à freins pour leur fabrication.................................264
- Cordes métalliques pour instruments, préparation................................. 138
- ----machine à les fabriquer............. 3 67
- Corps gras, procédés et appareils pour
- leur traitement....................... 233
- ----appareil de distillation..............465
- Coton, moyens de distinguer ses tissus de
- ceux du lin............................ 21
- ----épurateur........................ 29
- ----fibre résistant à la teinture.......... 182
- ----machine à filer................. 478
- Couleur bleue à l’arséniate de cuivre.. . 9
- ----rouge , pour les papiers peints. ... 195
- Couleurs d’oxide de zinc................. 342
- ----à l’oxide de chrome pour impression. 457
- ----fabrication....... 4)3—463
- Coussinetsde cheminsde fer,alliages. 119—120
- ----leur fabrication.................316
- ----dispositions nouvelles. . ............318
- Couverte aventurine pour la porcelaine. . 292 /Crâne (C.), fabrication des acides et des
- sels................................... 66
- Cric à vis perfectionné............. 152
- ----hydrostatique................... 380
- Crosse ( A.), mode de tannage.............471
- Crum (W.), fibre de coton résistant à la
- teinture............................. 182
- Cudbear, mode de fabrication,.............627
- Cuirs, mode de tannage................... . 471
- Cuivrage du fer à froid.................. 631
- Cuivre, action corrosive de l’eau de la
- mer................................... 117
- ----extraction de l’or de ses mines. ... 177
- ----extraction de l’argent qui y est contenu 56i
- ----ses alliages avec l’étain........564
- Cunnack (G.-J.), moyen pour régler l’eau
- d’injection dans lé condenseur.......271
- Cylindres, pesants, alliages pour coussinets..................................... 120
- D
- Décapage des métaux...................... 517
- De Cosler, appareil à couper le papier.. . 164
- Deckherr, turbine nouvelle................ 31
- Demirmont. moyen d’empêcher les bulles d’air sur les moules galvanoplastiques. 470
- Desplanques, lavages des laines.......... 164
- Déviirifiration.......................... 569
- Dirkins (T.), nouvel ourdissoir.......... 197
- Dissolvants du gutta-percha............... 26
- ——du caoutchouc, elc., préparation. . . 237 Distillation des pommes de terre. . . 12— 75
- Dorure galvanique industrielle........... 345
- ----sur porcelaine, procédé nouveau.. . 407
- ---des copies galvanoplastiques des
- images photographiques................ 469
- Draylon (T.), argenture des glaces. ... 129
- Dur'ommun, machines à mortaiser......... 52
- Dubied. machines à mortaiser.............. 52
- Dunn Th.1, cric à vis perfectionné. ... 152 Dupuis Detrourl, manuel d’aérostation. . 278 Du Trembley (V ), machine à vapeurs
- combinées.............................. 54
- E
- Eau de la mer, action corrosive sur le
- cuivre................................ 117
- ----frottement sur les corps qui v sont
- plongés............... «S
- p.650 - vue 682/701
-
-
-
- — 654
- Pages.
- Eaux-de-vie, moyen d'éviter un excès de
- fermentation des moûts................ 84
- Ebelmen, fer contre-oxidé........... • • • 452
- Eisenlohr (W. ) , batteries galvaniques
- constantes.................•.••• ^66
- Electro-magnétisme, son application. . . 600 Electro-metallurgie, perfectionnements.. 406
- Eleetrolypie. nouveau procédé............289
- Elévateur pneumatique................... 319
- ----hydro-pneumatique.................. 478
- Elsner (L ), moyen pour reconnaître Je mélange du coton dans les tissus de lin. 21
- ----couleur rouge pour les papiers peints. 195
- ----laiton malléable à chaud............ 340
- ----soudure galvanique...................450
- ----décapage des métaux..................517
- ----bronzage des ligures en plâtre. . . 579
- Email blanc pour raccommoder la porcelaine, la faïence et le verre laiteux. . . 128
- Emmerson (B.), dispositions nouvelles
- dans les métiers mécaniques.......... 423
- Encre de chrome..........................421
- ----de Chine............................ 583
- Eponge de platine, moyen de la remplacer....................................... 532
- Epurateur pour le coton.................. 29
- Esprit de bois, purification............. 10
- Essich (J -F.), presse à caler les roues. . 541 Essieux de chemins de fer, fabrication.
- 114—482
- ----leur détérioration.................... 596
- Etain de Banca, analyse................. 34i
- ----ses alliances avec le cuivre........ 564
- Etenderie à pont mouvant................ 568
- Etienne (Ch.), note sur la fabrication des
- rails................................ 202
- ----fabrication des coussinets........3te
- Etoffes, machine circulaire pour apprêts. 30
- ----de coton, couleurs d’impression. . . 457
- Etoupes, machines à peigner, carder, filer, etc................................ $5
- Eupione, purification.................... 10
- Eubank (Th.), sur les aubes des bâtiments à vapeur..........................90—157
- F
- Faïence, émail blanc pour la raccommoder...................................... 128
- Faïences anglaises, platinure.............. 7
- Fairbairn (P,), machine à peigner, carder les matières filamenteuses............ 85
- Fairbairn <V? ;, roues hydrauliques à au-
- gets ventilés..................... 266—313
- ----Soupape de détente pour machines à
- vapeur........•....................... 428
- Farines, appareil à les embariller..... 36t
- Fascines* presse pour les faire...........163
- Faux gercees, brasage.....................471
- Fer, procédé de fabrication................ 4
- ----contre-oxidé........................... 6
- ----forgé, cémenté, analyse.............. 113
- ----fabrication avec les rognures de fer-
- blanc................................. 178
- ---nouveau mode de fabrication...........401
- ----procède pour l’enduire de métaux. . 404
- ----application à la construction des
- ponts............................. 386—434
- ----contre-oxidé......................... 452
- ----mode de fabrication.................. 516
- -— cuivrage à froid. .....................631
- Fermes horizontales en rails accouplés,
- résistance............................. 46
- Fers superfins, fabrication............... H4
- ----coniques, laminoirs pour leur fabrication................................... 147
- ----blancs anglais, marques, dimensions,
- poids...............• . . ..........328
- Feux d’affinage, emploi de la flamme perdue...................................... 513
- Fibre particulière de coton résistant à la
- teinture............................... . 182
- Figure» en plâtre, bronzage............ . . 579
- Pages*
- Filature, épurateur pour le coton..... 29
- Fils, perfectionnement dans la teinture. 303 Flamme perdue des feux d’affinage, emploi.....................................513
- Fontaine Moreau (P.-A.-L.), procédés et appareils pour le traitement des corps
- gras....................................233
- Fonte de fer, analyse........................
- Fonte de 1er malléable, analyse............ us
- Force motrice de l’electro-magnélisme. . eoo
- ----de la chaleur....................... 642
- Forsler ( Th. ), dissolvants du caoutchouc, etc...............................237
- Four à briques............................. 71
- Fourneau pour machines à vapeur......... 51
- ----à brûler l’anthracite................. 149
- Frottement de l’eau sur les corps qui y
- sont plongés......................... 213
- Fuchs, peinture murale.................. 362
- G
- Galle de Chine............................ 301
- Galvanisme pour argenteries plaques da-
- guerriennes........................... 27
- Galvanoplastique, manuel................... 54
- ----emploi du carbure de ••oufre.. . . . 65
- Garnier (A.', préparation de la matière
- colorante de l’orseille...............292
- Gaudin, microscope usuel................ 325
- Gaz d’éclairage, fabrication...............139
- ----de houille, purification............ 526
- Gibbons, élévateur ou monte-charge pneumatique ................................ 319
- Girardon ( D. ), cours de perspective linéaire.................................. 612
- Giroud d’Argoud, machine pour l’apprêt
- des étoffes........................... 30
- Glaces, argenture......................... 129
- Godefroy (P.-A.), apprêt des tissus.... 475
- Goémon fossile, banc.................... 625
- Gommes arabique et de Sénégal, purification et décoloration................... 131
- ----dissolvants..........................237
- Gouin l Er.), marteaux-pilons à vapeur. . 4o
- ----locomotive le Rhône............... 4i
- Graeger (R.), charbon animal pour décolorer les liquides.................... 422
- Graisse pour machines................... 532
- Gravures, reproduction.................... 363
- Greener (W.), fabrication des aciers superfins................................. 114
- Grenon, dorure sur porcelaine............407
- Gros (le baron), notes sur la photographie.................................... 277
- Grue à vis. .............................271
- Grun, banc à broches...................... 165
- Gutta-percha. manière dont il se comporte avec les dissolvants............... 26
- ----préparation de ses dissolvants. . . 237
- ----résistance des tubes................ 324
- ----pour assemblage de tuyaux de
- pompe. . . ............................ 385
- ----pour la fabrication des objets aéro-
- fuges et hydroluges.................. 419
- ----vernis.............................. 579
- II
- Halliday (A.-P.), fabrication de l’acide pyroligneux............................... I80
- Ilarrison (J.), machine à laminer les che-
- IIayes {A.-A-), préparation de l’acide sulfurique pur............•.............. 120
- Baywood (J.-F.-C ),extraction des huiles.
- 413—463
- Hoffmann, manomètre nouveau........... 432
- liomberger (H.), avantages des chaînes
- parées..............................263
- Houilles de basse qualité, fourneau pour les brûler............................ 149
- Hourier (Er.), distillation des pommes
- p.651 - vue 683/701
-
-
-
- Pages.
- Pages.
- de terre............................12—75
- Huguenin, machine à mortaiser............ 52
- Huile de liard , préparation.............628
- — de ricin pour dissoudre le copal. . 632 Huiles, perfectionnements dans leur extraction.............................413—463
- Hunt (R.), application de l’électro-magnétisme.................................600
- Hydraulique, nouvelle branche. . • . 495—603 Hydromètre nouveau.......................200
- I
- Images photographiques reproduites par
- voie galvanoplastique...............468
- ----doruredescopiesgalvanoplastiques. 469
- Impression en bleu, orangé de chrome 130
- ----des tissus, perfectionnements.... 182
- ----des tissus, perfectionnements.. . . 303
- ----des étoffes, rouleaux en cuivre rouge. 325
- ----préparation de sels d’étain........4n
- ----des étoffes , couleur verte et grise. 457
- ----sels nouveaux...................... 527
- instruments, préparation des cordes métalliques.............................. 138
- ----d’optique nouveaux................ 421
- J
- Jobard, lavage des charbons de terre- . 488 Jones(D.),nouveau procédé d’électrotypie. 289 Jullion (J.-E.), fabrication des acides et des sels................................ 66
- K
- Karslen (G.-J.-R.), alliages de cuivre et
- d’étain........................... 564
- Kent (E.-R.), gutta-percha et ses dissolvants................................... 26
- Kesselmeyer (C.-W.), fabrication des velours de colon......................... 141
- Knab (D. -C.), appareil à distiller les corps
- gras.................................. 465
- Knecht (E.), reproduction des vieilles gravures................................. 363
- hnowles (F.-C.), mode de fabrication du
- fer et de l’acier................... 401
- Kurrer (W.-H. de), couleurs d’impression pour les étoffes de coton......... 457
- L
- Lagarde, manuel du constructeur........ 102
- Laine, moyen pour reconnaître l’humidité
- qu’elle renferme................ 231—293
- Laines, lavage......................... 164
- Laiton malléable à chaud............... 340
- Lamé, épaisseurs et courbures des appareils à vapeur..........................381
- Lamîng (R.), purification du gaz de houille. 526 Laminoirs pour les fers coniques. .... 147 Lampe de mineur perfectionnée. . . 53—199 Lanamann, transformation du salpêtre
- du Chili............................ 566
- Laurent, turbine nouvelle............... 3i
- Lavage du charbon de terre..............488
- Lavages des laines..................... 164
- Leuchlenberg (duc de), dorure galvanique
- industrielle........................ 345
- Lin, moyens de distinguer ses tissus de
- ceux de coton........................ 21
- -—machines à peigner, filer, carder, etc. 85
- —473—633
- Liquides, leur décoloration............ 422
- Locomotive le Rhône..................... 4i
- ----nouvelle........................... 384
- Locomotives, manomètre à vapeur. ... 50
- ----perfectionnement dans leur construction...............................207
- Lowitz, ciment.......................... 83
- Lucas (H.), encre de Chine.............. 583
- Lüdersdorff, platinure du verre, de la
- porcelaine, etc......................... 7
- ----fabrication du sucre de betteraves
- sans charbon animal....................453
- M
- Machine circulaire pour l’apprêt des
- étoffes................................ 30
- ----à courber les tôles.................. 88
- ----à courber les rails................. 151
- ----à canneler et faire les moulures sur
- les tôles............................. 198
- ----à freinte pour la fabrication des cordages................'...................264
- ----à dégorger et laver les toiles et
- tissus................................ 3ii
- ----à décharger les navires..............324
- ----à fabriquer les cordes métalliques. 367
- ----à filer..............................473
- ----à étirer les tissus en largeur. ... 424
- ----à faire les tubes en papier..........590
- Machines à mortaiser....... 52
- ---à peigner, carder et filer le lin, etc. 85
- 473—633
- —— typographiques, appareil à couper
- le papier............................. 164
- ----composition pour les graisser. . . . 240
- ----à fabriquer le papier, moyen d’y
- faire le vide......................... 369
- ----graisse..............................532
- ----a vapeurs combinées.................. 44
- ----nouveau fourneau..................... 5t
- ----perfectionnements.................. 153
- ----moyen de régler l’eau d’injection
- dans le condenseur....................271
- ----moyen pour s’opposer à la corrosion des chaudières......................272
- ----soupape de détente...................428
- ----manomètre nouveau....................432
- ----appareil alimentaire................ 539
- ----soupapes de sûreté................. 595
- Maçonnerie, matériaux................... 241
- Màes, influence de l’acide borique dans
- la vitrification...................... 188
- Magnier D.), sondage et équipage de
- sonde...............................95—155
- ----des matériaux de maçonnerie. . . 241
- ----manuel de l’horloger.................278
- Maillons de tisserands, fabrication. . . . 309
- Malone ( T .-A. ), perfectionnements dans
- la photographie....................... 629
- ---- photographie sur verre. ...... 630
- Mallet (R.), sur l’oxidation des rails. . . 212
- Manomètre à vapeur....................... 50
- ----pour machines à vapeur...............432
- Manuel de galvanoplastie................. 54
- ----du constructeur etdesagentsvoyers. 102
- ----de l’horloger....................... 278
- ----d’aérostation....................... 278
- Marsden ( T. ), machine à peigner le lin. 633
- Marteaux-pilons à vapeur................. 40
- Matériaux de maçonnerie................. 24i
- Malher (D.), salinomètre nouveau. ... 550
- Matière colorante du morinde............ 407
- ----de la paille de sarrasin.............472
- Matières filamenteuses, machines à filer, etc................................ 85
- ----nouvel ourdissoir....................197
- Matières grasses, mode de séparation. . 531 Mauméne (E.), moyen d’obtenir la connaissance de l’humidité que renferme la laine....................... 231—293
- Maximilien. Voyez duc de Leuchlenberg. Mayer (J.-E.), analyse de verres à vitres. 352 Mayr (G.), brasage des faux gercées. . . 471 Mazeline (J.-B.-F.), machines à vapeur
- perfectionnées........................ 153
- Mazozeau, appareils propres à la vaporisation............................... 133
- Meadows (J.), procédés de placage des bois.....................................593
- p.652 - vue 684/701
-
-
-
- Page*.
- Mèche à percer les métaux..............312
- ----à tailler et percer les rondelles. . 380
- Mège, extraction du sucre sans formation
- de mélasse......................... 135
- MeUodew (T.), fabrication des velours de
- coton................................ 141
- Mercer (J.), sels pour teinture et impression. . !............................. 527
- Métal anglais, composition. . ...... 196
- Métaux, perfectionnements dans leur fa- .
- brication.................••••*•• 1
- ----chaleur dégagée dans leur oxida-
- tion............................... 140
- ----mode de moulage. . .................. . 180
- ----précipitation, fabrication, traitement et applications......................225
- ----mèche à percer....................... 312
- ____procédés pour les enduire d’autres
- métaux................................ 404
- ----décapage........................... 517
- Méthyle, purification.................... i®
- Métier de lissage de Claussen........... 591
- Métiers à tulle, perfectionnements. ... 365
- ----à filer, mode de construction des
- tambours en étain. . . ................425
- ----mécaniques, dispositions nouvelles. 423
- Michaelis (F.), perfectionnements dans la fabrication du sucre de betterave. 572
- Microscope usuel.........................325
- Miller (W.-A.), analyse de la fonte mal-
- léable............................... l*3
- Minerais, recherches.................... 161
- Miroirs. argenture...................... 129
- Moat ^W.-C.', garniture de pistons. ... 383
- Mohr, essai des potasses................ 523
- Monnaie d’argent, mode d’épreuve. ... 139
- Monte-charges pneumatique............... 319
- ----hydropneumalique.................... 478
- Montres, clefs nouvelles. . ............ 552
- Mordants nouveaux pour la teinture.. . . 130
- Morinde, sur sa matière colorante. ... 407
- Mosera , traité de ceux burinés et inanimés.................................... 642
- Motsch, machine à faire les tubes en papier................................... 590
- Molle (J.), ponts en fer laminé..........274
- Moulage des métaux...................... 180
- Moules galvanoplastiques, moyen d’empêcher les bulles d’air................ 470
- Moûts, moyen d’éviter un excès de fermentation............................... 84
- Mouvement de rotation régulièrement
- continu...............................273
- Mulder, pureté de l’étain de Bama. ... 341 Munkillrich (A.), composition à graisser les machines.............................240
- N
- Nachtigal (C.), matière colorante de la
- paille de sarrasin................... 472
- Naphthe, purification.................... 10
- Papier, machine à courber les tôles.... 88
- Navires, machines à les décharger.. . . . 324 Newton (A.-V.1, fabrication de l acier.. . 4
- Newton (E.-W.ï, métier à fabriquer le
- tulle.......'........................ 365
- Nightingale (J.), machine à dégorger et laver les tissus........................ 3U
- O
- Objets hydrofuges et aérofuges, leur fabrication...............................419
- Observations, enregistrement automatique................................ 136
- ®r> extraction des mines de cuivre. . . • 177
- ——affinage.............................. 449
- ----préparation des chlorides........... 522
- Orangé de chrome pour impression en bleu................................... 130
- Le Teehnologitle. T, XT,— septembre l ?
- Page 1
- Orfèvrerie, alliage dense d’argent et de
- cuivre.....................................
- Orseille, extraction de sa matière colorante................................ 130
- •---préparation de sa matière colorante. 292
- —627
- Ouates, épurateur du colon................ 29
- Ourdissoir pour la soie................... 197
- Ouvriers, sur leur santé dans les fabriques de céruse........................... 189
- Oxide de zinc, fabrication................342
- Oxides métalliques, effets dans la coloration du verre............................. 63
- ----métalliques, modifications qu’ils apportent dans la coloration du verre. . . 227 Papier, emploi de l’alun et du sulfate d’alumine dans sa fabrication................ 69
- ----photographique, préparation.......... 136
- ----appareil pour le couper.............. i6i
- ----moyen de faire le vide dans les machines à le fabriquer.................... 369
- P
- Papiers piqués, mode de rétablissement. 28
- Papiers peints, couleur rouge............ 195
- Part* (M. - E.l. fer contre-oxidé. . . . 6—452 Parkes (A. et H.), fabrication des métaux
- et des alliages......................... 1
- Parkes (A.), précipitation, fabrication et applications des métaux et des alliages. 225
- Parker, roue hydraulique................. 420
- Parnell fîi.-A), fabrication du verre et
- des alcalis........................... i8î
- Pattinson (H.-L.). fabrication des composés de plomb............................. m
- Pauli (F.-A. de), résistance due au frottement des tourillons.....................615
- Pauwels, fabrication du gaz d’éclairage. 139 Payen, procédé d’extraction du sucre de
- betterave..............................453
- Peaux, mode de tannage..................471
- Peinture murale de Fuolis...............362
- Pendules, clefs nouvelles................ 552
- Percy, action du phosphore sur le cuivre. 117 Perles à broder de Venise, fabrication. . 3fii Perrin, machine à faire les tubes en papier..................................... 590
- ----perspective linéaire, cours...........612
- Pfannkucke (G ), machine à étirer les
- tissus en largeur..................... 424
- Phare des Bermudes...................... 011
- Philipp, affinage de l’or.................449
- Phosphore dans le cuivre................. 117
- Photographie , recherches. . . . 136—137—629
- ----sur plaques métalliques...............277
- ----sur papier........................... 53»
- ----sur gélatine......................... 552
- ----sur verre............•..............650
- Pieciotlo (H.), purification et décoloration des gommes.......................... 131
- Piston, mode de garniture............... 3g3
- Placage des bois, nouveaux procédés. . . 593
- Plant (B.\ fabrication du fer........... sni
- Plaques daguerriennes argentées par voie
- galvanique............................. 27
- Platinure du verre, de la porcelaine, des
- faïences................................ 7
- Plomb, fabrication de ses composés. ... 117
- —— de chasse, fabrication.............;ig5
- ----régénération de son sulfate......... 51K
- ----préparation de l’acétate............. 52:
- Poitevin {A..), photographie sur gélatine. 582 Pollard (R.), machine à frein pour la fabrication des cordages....................2G4
- Pommes de terre, distillation....... 12— 75
- ----classement économique................. 27
- Pompe à air en toile.........................
- Pompes à incendie, assemblage des
- boyaux............................... 385
- Pont tubulaire Brilannia................489
- Ponts en fer laminé..................... 27 4
- ----de chemin* de for................ agg—is,
- «
- p.653 - vue 685/701
-
-
-
- Pages.
- Pages
- Porcelaine, plalinure..................... 7
- ----émail blanc pour la raccommoder. . 128
- ----couverte aveniurine...................292
- ----procédé de dorure..................• 407
- Potasses, essai de celles du commerce. . 523
- Poudre, inflammation sous l’eau........... 53
- Presse à faire les fascines.............. 163
- ----à caler et décaler les roues......... 54i
- R
- Rails accouplés, résistance............... 46
- ----machine à les courber................ 151
- ----note sur leur fabrication.............202
- ----sur leur oxidation................... 212
- Ramsbottom. perfectionnements dans les
- locomotives........................... 207
- Râpe pour féculeries et sucreries indigènes.....................................276
- Rawson (R.), frottement de l’eau sur les
- corps................................. 213
- Raymondi (J.), volimètres.................585
- Reboulleau, couleur bleue à l’arséniate
- de cuivre............................... 9
- R( ece 1!.'), traitement et extraction des
- produits de la tourbe.................. 74
- Régulateur hydrostatique................. 150
- Reinsch (IIbatterie électrique simple. 291
- ----cuivrage du fer à froid.............. 631
- Renlon J.i, fabrication de l’amidon. . . . 525
- Résinés, dissolvants......................237
- Résistance due au frottement des tourillons..................................... 635
- Ressorts de voitures de chemins de fer. . 542
- Reynolds (0.\ nouvelle disposition des
- coussinets............................ 318
- Richardson (W.-IE), fabrication des tubes
- et tuyaux en métal.................... 425
- Riepe (E.), fabrication du savon......... 196
- Risler (M.épurateur pour le coton. . . 29
- Roberts (R.), machine à canneler les tôles. 198 Robinson (J. 1, fabrication de l’orseille. . 627 Rochaz (C.-A.-E.), fabrication de l’oxide
- de zinc............................... 342
- Rodgers J.-E.-l).), fabrication de la cé-
- ruse................................. 522
- Rohlfs (J.-C.), appareil à mouler et purger les sucres............................418
- Rondelles, mèches à les tailler et les percer...................................... 380
- Roose (J.), fabrication des tubes et tuyaux
- en métal............................. 425
- Roues de chemins de fer................... 89
- ----presse à caler..................... 541
- Roues hydrauliques à augets ventilés. 266—313
- ----de Parker.............................426
- Rouleaux en cuivre rouge pour impression..................................... 325
- Ramier (C.), composition du britannia-
- metal................................. 351
- Range, mode d’essai des monnaies d'argent. ................................... 139
- Russell (T.-H.), procédés pour enduire le fer avec d'autres métaux................. 404
- S
- Salinomètrc nouveau...................... 550
- Salpêtre du Chili, sa transformation en
- salpêtre ordinaire.................... 566
- S/tntfuinede (P.), préparation des cordes
- méiuüiquPS............................ 138
- Sarrasin matière colorante de sa paille. . 472
- Savon, fabrication....................... 196
- Schattenn ann, emploi de l’alun et du sulfate d’aluinine dans la fabrication du
- papier. ............................. 69
- SchcrfflE.'', orangé de chrome pour impression en bleu......................... 130
- Schindler (lî.), nature des copals du commerce.................................... 238
- Sr/r'KS, manomètre à vapeur pour loco-
- motives................................. 50
- Scherdermann, régénération du plomb. . 518
- ----fabrication de lactate de plomb. . . 521
- Schunck (E.), fabrication du fer avec les
- rognures de fer-blanc.................. 178
- Schwamkrug, turbines verticales. . . 33—369 Schwarz (H.), machine à faire les tubes
- en papier.............................. 590
- Scofrrn <,}.), fabrication et raffinage du
- sucre................................... 72
- Segard, étenderie à pont mouvant........ 568
- Sel marin pour l’extraction de l’argent. . 561
- Sels, mode de fabrication................. 66
- ----d'étain pour la teinture et l’impression....................................4,1
- ----pour la teinture et l’impression.. . . 527
- Simmons, cric hydrostatique...............380
- Simpson ;J ), régulateur hydrostatique. . 150
- ----monte-charges hydropneumaliques.. 478
- Simpson (G.), dissolvants du caout-
- chouc, etc............................237
- Shankesmode de moulage des métaux.................................... 180
- Shiplon (J.-A. ), régulateur hydrostatique................................... 150
- Smee. manuel de galvanoplastie........... 54
- Smiihi AA, machineà fabriquer les cordes
- métalliques.......................... 367
- Smüh i, U. ), fabrication du plomb de
- chasse............................... 385
- Smith (H ), fabrication des roues de chemins de fer.............................. 89
- Smith (S.-B), perfectionnements dans
- l’électrométallurgie..................406
- Soie, machines à filer, etc..........• • 85
- ----nouvel ourdissoir................... 197
- ----machines à filer.....................473
- Sondages et équipages de sonde. . . . 95—155
- ----de recherches....................... 161
- Soude, produits de sa fabrication....... 121
- Soudure galvanique.......................*50
- Soupape de déteule pour machine à vapeur. ................................. 428
- Soupapes de sûreté des machines à vapeur.................................... 595
- Sources artésiennes, recherches......... 161
- Splitberger tD.-E.l, sur la dévitrification. 569 Steel (J j, dispositions nouvelles dans les
- métiers mécaniques....................423
- Stein W.), galle de Chine............... • 301
- ----recherches sur le wongshy, matière
- colorante nouvelle....................355
- ----encre de chrome......................421
- Stéréochromie , ou peinture murale de
- Fuchs.................................362
- Stoddart (O.-N.), procédé pour amalgamer le zinc. . 631
- Stuffing-box, mode de garniture......... 383
- Sucre, fabrication et raffinage.......... 72
- ----extraction sans formation de mélasse. 135
- ----procédés d’extraction............... 305
- ----appareil pour mouler et purger.. . . 4i8
- ----nouveau procédé d’extraction. . . . 453
- ----fabrication sans charbon animal. . . 455
- ----sur son travail..................... 528
- ----fabrication et raffinage.. ....... 529
- ----perfectionnementdans sa fabrication. 572
- Sulfate d’aluniitie, emploi dans la fabrication du papier......................... 69
- ----de plomb, régénération du métal.. . 518
- Sutcliffe (B.), machines à filer le coton, la soie, etc............................ 473
- T ,
- Talbot (W.-H.), Perfectionnements dans
- la photographie........................629
- Tambours en elain de métiers à filer,
- mode de construction............... 425
- Tannage des peaux et des cuirs.........471
- Tapp (G.),alliages pourcoussiuels, bottes de roues, etc......................... 120
- Teinture des tissus et des fils mordants
- p.654 - vue 686/701
-
-
-
- 655 —
- Paje».
- nouveaux..................,..........130
- ----en orangé de chrome.................. 130
- ----perfectionnements................ 182—303
- ----préparation de sels d’étain........... tu
- ----sels nouveaux........................ 527
- Thompson (P.), sondages de recherches. 161 Tissus, moyens pour reconnaître ceux de
- coton et de lin........................ 21
- ——appareil pour les éplucher.. ..... 146
- ----perfectionnements dans la teinture
- et l’impression....................... 182
- ----de coton, avantage des chaînes parées................................... 263
- ----machine à les dégorger et les laver. 3n
- ----perfectionnements dans la teinture
- et l’impression....................... 303
- ----machine à les étirer en largeur. . . . 424
- ----perfectionnements dans leur apprêt. 475
- Toile de coton, machine à les dégorger et
- les laver......................... 3tl
- Tôles, machines à les courber......... 88
- ----machine à les canneler............... 198
- Tour, alliages.......................i 120
- Tourbe, traitement et extraction des produits.................................... 74
- ----carbonisation........................ 5i8
- Tourillons, résistance due au frottement.............................. • • • 635
- Tubes en gutta-percha, leur résistance . 324
- ----et tuyaux en métal . leur fabrication.....................................425
- Tulle, perfectionnements dans son travail.................................... 145
- ----perfectionnements dans les métiers
- à le fabriquer.................... 365
- Turbines nouvelles.................... 31
- ——verticales..................... • - 33—369
- ----expériences sur la résistance de
- l'eau............................. 533
- V
- Valicourt Cde\ manuel de galvanoplastie. 54
- Vapeur, sur sa force expansive....... 428
- Vaporisation, sur les appareils propres à
- la faire.......................... 133
- Végétaux exotiques, importation en Angleterre................................. 27
- Véhicules, alliages pour boîtes de roues. 120
- Velours de coton, fabrication........ t4i
- Velventines, fabrication............. i4i
- Vernis, fabrication.................. 423—462
- ----hydrofuge au gutta-percha.........579
- Verre, platinure...................... 7
- ----recherches sur sa coloration par les
- oxides métalliques................. 65
- Page*.
- ----laiteux, émail blanc pour le raccommoder...................................... 128
- ----procédés de fabrication................ i85
- ----modification dans sa coloration par
- les oxides métalliques. .......... 227
- ----à vitres, analyse.................’ 352
- Vignoles, carbonisation de la tourbe.. . . 518 Vitrification, influence de l’acide borique, iss Voitures de chemins de fer, ressorts. , . 542
- Volimètres divers......................... 585
- Vouillon (F.), fabrication de chapeaux en feutre.................................. 367
- w
- Wachter (A.), émail pour raccommoder
- la porcelaine, le verre, etc......... 128
- ----couverte aventurine pour la porcelaine...................................292
- Wagner (J.), mouvement de rotation régulièrement continu.................... 273
- Wagons, ressorts....................... 542
- Weisbach J.), expériences sur la résistance de l’eau dans les turbines........533
- Westhead ( J.-F. ), appareil pour le traitement du caoutchouc................... 627
- Wickers (W.), procédé de fabrication du
- fer................................... 4
- Wildsmith ( J -H.-S. ), purification du
- naplhe, de l’esprit de bois, etc..... 10
- Wilson ( E.-G ), construction des tambours
- en étain des métiers à filer.........425
- Wilson (G.-F.\ mode de séparation des
- matières grasses..................... 531
- Winiwarter (G.), machine à étirer les
- tissus en largeur................... 424
- Winlerfeld, fabrication de la colle marine................................... 470
- Wohnlich (Fr.), mèche à percer les métaux................................... 312
- Wongshy, nouvelle matière colorante. . 355 Woolric'h (J.-S.), procédés pour enduire
- le fer avec d’autres métaux......... 404
- Wrighston (J.-C.), analyse de la fonte de fer.................................... 337
- Y
- Young{y), sels d’étain pour la teinture et l’impression...................... 4i 1
- Z
- Zinc, procédé d’amalgamation............63t
- UN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES,
- p.655 - vue 687/701
-
-
-
- CSG —
- TABLE DES FIGURES.
- Planch. fig. Pages.
- CXXI. I— 2. Mode de fabrication de l’acier. A. V. Newton............................ 4
- 3— 5. Sur la construction et l’application des turbines verticales ne rece-
- vant l'eau que sur une partie de leur circonférence. Schwamkrug. 33
- 6— 7. Manomètre a vapeur pour les locomotives. Schinz................... 50
- 8 - 37. Mode de fabrication des roues pour chemin de fer. fl. Smith. . . 89
- 38— 57. Sur les aubes des bâtiments à vapeur, leur forme, leur immersion ,
- leur épaisseur, leur matière et leur nombre. T. Ewbanck. ... 90
- 58—59. Sur la résistance des fermes horizontales composées de rails de chemins de fer accouplés. . . .................................. 46
- CXXII. 1— 3. Mode de fabrication des acides azotique et oxalique et de certains
- sels. C. Crâne et J.-T. Jullion............................... 66
- 4— 5. Nouveau four à briques......................................... 71
- 6— 7. Mode dé traitement de la tourbe pour en extraire divers produits.
- R. Reece............................................................ 74
- 8—19. Perfectionnement dans les machines pour peigner, carder, étirer,etc.,
- le lin, le chanvre, etc. P. Fairbairn......................... 85
- 20— . Machine de Napier à courber les tôles. Boekmühle...................... 88
- 21— . Régulateur hydrostatique. J. Simpson et J.-A. Shipton .... 150
- 22— 24. Perfectionnement dans les machines à vapeur. J.-B.-F. Mazeline. 153
- 25— 26. Sur les aubes des bâtiments â vapeur. T. Ewbanck................... 157
- CXX1IJ. 1—16. Mode de fabrication des velours de coton, velventines et autres
- tissus analogues. C.-W. Kesselmeyer et T. Mellodow............141
- 17—20. Appareil pour éplucher la surface des tissus. J. Coates................ 146
- 21—25. Laminoirs à fabriquer les fers coniques. IV. Clay.......................147
- 26— . Fourneau à biûler l’anthracite et les houilles de basse qualité. . . . 149
- 27— 30. Machine à courber les rails de chemins de fer...................... 151
- 31—35. Cric à vis perfectionnée. Th. Dunn..................................... 152
- 30— . Presse à faire des fascines............................................. 163
- exxiv. 1— 4. Mode de moulage des métaux. A. Shankes..................................... 180
- 5— 7. Mode de fabrication de l’acide pyroligneux. A.-P. Halliday. . . 180 8—11. Nouveaux procédés de fabrication du verre et des alcalis. A. Bal-
- main et E.-A. Parnell...............................................185
- 12— 15. Nouvel ourdissoir pour la soie et autres métiers. T. Dickins. . . . 197
- 16—22. Machine h canneler les tôles. B. Roberts............................... 198
- 23— 27. Lampe de mineur perfectionnée. B. Biram........................... 199
- 28— . Nouveau procédé hydromélrique. P. Boilçau............................ 200
- exx . — 4. Perfectionnements dans la précipitation , la fabrication et l’application des métaux et des alliages. A. Parkes.........................................225
- 5 — 7. Procédés et appareils nouveaux pour le traitement des corps gras.
- P.-A.-E. Fontainemoreau.............................................233
- 8— . Mode de préparation des dissolvants du caoutchouc, du gutta-
- percha. G. Simpson et Th. Forster..............................237
- 9— 18. Des matériaux de maçonnerie. M.-D. Magnier.................... 242
- 19— . Machine à frein pour régler le tirage dans les machines à ourdir,
- commettre les cordages, etc. R. Pollard.............................264
- 20— 24. Roues hydrauliques à augets ventilés. P. Fairbairn................. 266
- CXXVl. 1— 4. Sur les propriétés hygrométriques de la laine et les moyens de reconnaître son humidité. E. Maumené...................................................231
- 5— . Nouveau procédé d’éleclrolypie. D. Jones.............................289
- 6— 29. Mode perfectionné de fabrication des maillons de tisserands.iÿ.^f/porf. 309
- 30—32. Machine à laver et dégorger les toiles. Th. Coksey et F. Nightingale. 311
- 33—35. Mèche à percer les métaux. F. fVohnlich..............................312
- 36—38. Clef à mâchoire mobile............................................. 312
- 39— 4o. Machine à laminer les chevilles pour coussinets de chemins de fer.
- J. Ilarrison....................................................... 313
- 41—42. Elévateur ou monte-charge pneumatique B. Gibbons.....................319
- CXXYlt. 1— 5. Fabrication de l’oxide de zinc. C.-A.-F. Rochaz....................... 3û2
- 6— . Appareil à ernbariller les farines........................... 301
- 7— 10. Perfectionnements dans les métiers à tulle. W.-E. Newton. . . . 365
- 11 — 12. Machine à fabriquer les cordes métalliques. A. Smith.........367
- 13- lfi. Mode de fabrication des chapeaux en feutre, F. Vouillon. ... 367
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- Planch. fig. pa«es-
- 17— . Crie hydrostatique. Simons.....................................380
- 18— 19. Mode de garniture de pi-dons. IV-C Moat......................383
- 20 . Mèche à percer et taill -r les rondelles. Cujar...................380
- 21—22. Mode d'as>embiage en gulta percha des boyaux des pompes à incendie. IV. Buryess........................................................385
- CXXVIU. 1______13. Perfectionnements dans l’extraction des huiles et la fabrication des
- huiles et des couleurs. H. Bessemer et J S.-C. Heywood. . . 413
- 14____15. Appareil pour purger et mouler les sucres. J.-C. Rohlfs et J.-F.
- Cail................................................................418
- 16—20. Dispositions nouvelles pour métiers mécaniques. J. Steel elB.Em-
- merson...................... . <.............................423
- 21—22. Machine à étirer les tissus sur la largeur. G. do fViniwarter. . . 424 23—24. Fabrication des tuyaux en métal. J. Roosc et IV.-H. Richarson. 425 25—26. Roue hydraulique de Paikes............................................. 425
- 27— . Sur l'action expansive de ia vapeur et nouveau modèle de soupape
- de détente P. Fairbairn ............................................438
- 28— . Nouveau manomètre pour machine à vapeur. Hoffmann..........432
- CXXtX. 1 . Nouveau procédé d'extraction du sucre de betteraves. Payen. • . 458
- 2—22. Perfectionnements dans les machines à filer le coton et autres matières. R. Sutcliffe......................................................473
- 23-29. Perfectionnements dans l’apprèt d®s tissus. P.-H. Godefroy.. . . 475
- 30—32. Monte-charge ou élévateur hydro-pneumatique. Simpson....................478
- 33—37. Sur les essieux de chemins de fer.......................................482
- 38—41. Expérience sur la résistance que l’eau éprouve dans son passage
- par les conduits des turbines. J. Weisbach..........................533
- cxxx. y 2. Procédé et appareil pour carboniser la tourbe. Fignoles.....518
- 3____ . Appareil alimentaire pour les machines à vapeur à haute pression. 539
- 4— 7. Chaudière de Galloway...................................... 540
- 8____ 9. Presse à caler et décaler les roues dps locomotives. J.-F. Essich. . 541
- 10____19. Sur les ressorts des voitures et des wagons de chemins de fer. J.-
- JV. Adams.......................................................... 542
- 20— . Salinomètre pour bâtiments à vapeur. D. Mather..............550
- 21— 22. Soupape de pompe à air en toile............................602
- CXXXi. 1— 2. Quelques perfectionnements dans 1a fabrication des sucres de betteraves. F. Michaelis...............................................................572
- 3____14. Nouveaux procédés de placage des bois. J. Meadows.............
- Votimétre de J. Raymondi............................................. 585
- CXXXll. 1— . Appareil pour le traitement du caoutchouc J.-P. Westhead. . . 627 2—12. Machine à peigner et apprêter le lin, la laine et les autres matières
- filamenteuses. T. Mursden.......................................... 633
- 13— . Sur la résistance due au frottement des tourillons. F.-A. Pauli. . 635
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- TABLE DES MATIÈRES
- DE LA LÉGISLATION ET DE LA JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- A
- Actions. Projet de loi sur le timbre des aciions des sociétés industrielles, 167. — Loi sur le même objet, 613.— Voy. Chemin de f**r.
- Administration. Elle réglemente l'usage des cours d’eau , 104,
- Agriculture. Formation du conseil général , 391.
- Alluvion. Propriétés riveraines, —digue , 56.
- Anzin. Mine d’Anzin , — son étendue, — son origine , curiosités historiques, 103. Architecte. Responsabilité a l’égard des travaux qu'il dirige , solidarité avec l’entrepreneur, 218.
- Artiste. Le peintre qui exécute des vitraux est un artiste et non un industriel ; en cette qualité, il est exempté de la patente , 378.
- Assurance. Voy. Police d’assurance. Auteur, ses droits en cas de contrefaçon de son œuvre; la Femme piquée d’un serpent, 374.
- B
- Bac. Etabli par un particulier en concurrence avec un bac public, préjudice, péage, 393.
- Bail. Des lieux où s’exploite un fonds de commerce, cession, 109.—Consenti à un négociant avec défense de sous-louer, 442. Sauvais. Concession des produits de cette manufacture, 441.
- Brevet d’invention. Enregistrement de cession , 56. — Défaut de cet enregistrement, 57. — Antériorité à un brevet pris en France d’une patente pour le môme procédé donnée par le gouvernement anglais, 220. — Connaissance et exécution d’un procédé aniérieurernent à la délivrance du brevet, 619.— Vente de part de brevet sans stipulation précise d un délai pour sa mise à exécution, droit de l’inventeur, 505. — Action en contrefaçon, demande reconventionnelle en nullité et déchéance du brevet, litispendance , 392. — Désistement du breveté de son droit devant des experts nommés dans une instance en ; contrefaçon, 57. — Brevet mis en société, 56.
- Bobines de fil, 173.
- C
- Caisse de retraite. Projet d’une caisse de retraite pour les employés, calculs qui
- seryent de base à ce projet, M. Latry, 172, 215,279.
- Carrière. Locataire, exploitant, congé, 107.
- Cession de brevet. Enregistrement, 57.
- Chemin de fer. Domicile des compagnies, assignation, 217. — Ec'airage des vies, 56. — Obligation vis-à-vis des voyageurs, 443.—Tarifs, les compagnies du Nord et d’Amiens à Boulogne , tarifs des prix de transport, concurrence , 332. — Demande en dommages-intérêts par des négociants de Boulogne à la compagnie du Nord pour changements de tanfs, 507. — Réduction de tarifs contrairement aux règlements, 617.— Droits des compagnies relativement aux omnibus qui desservent les stations, 106.— Transport en dehors de la voie, liberté d'industrie, 619. — Chemin de Dieppe à Fécamp, modification de l’objet social, restitution du montant des actions, 505.
- Clientelle. Détournement de clientelle, 445.
- Coalition. Législation ancienne, état actuel , projet de loi, 169. — Entre des entreprises de transport, messageries , 556.
- Compétence. Dommages résultant de travaux publics, 503 —Pour le règlement de l’usage d’un cours d’eau , 505, 554. — Travaux communaux , 553.
- Concours pour la gravure des monnaies, jury, décision, recours, 61.
- Concurrence. Détournement de clientelle, 445.
- Conseil général de l’agriculture, du commerce et des manufactures, son organisation , décret, 391.
- Contravention aux lois sur l’imprimerie. Voy. Imprimerie.
- Contrefaçon des œuvres artististiques, des modèles et dessins de fabrique, 281.— Contrefaçon artistique, la Femme piquée par un serpent, droit de l’auteur d un objet d’art, 374, 508. —Reproductions , 506. — Action en déihéance et nullité de brevet, litispendance, 392. — Procède d’argenture et dorure de M. Bo'quillon , procédés de M. Christofle, 443.—Gluten, procédés de fabrication de cet aliment, domaine public, 445.
- Cours d’eau. Usage, droit du propriétaire dont 1 héritage est traversé par un cours d’eau, 55. — Prise d’eau , servitude, travaux , 392.— Concession féodale, droit des concessionnaires, usine, 107. — Usine , travaux , 619. — Droit des propriétaires riverains, irrigation , prescription »
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- 504. — Détournement des eaux d’une usine, compétence , 554.
- Cours d’eau arlifi iel. Prise d’eau, prescription de Ce droit, 55.
- Cuirs forés. Brevet d’invention apporté en société, antériorité d'une patente anglaise sur le même objet, droit des associés, 220.
- D
- Déchéance de brevets. 619.
- Décrets. Organisation du conseil général de 1 agriculture , des manufactures et du commerce . 391. — Décret sur la vente des remèdes secrets, 553.
- Dessins de fabrique. Voy. Marques de fabrique.
- Digue. Alluvion, 56.
- Dommage permanent résultant de travaux pub ics, tribun âl compétent pour son appréciation , 503.
- E
- Eaux de Paris. Concession et révocation de l’usage des eaux par l'administration de cette ville, 398.
- Eaux thermales. Sources, concurrence de droits, 329.
- Effets de commerce. Timbre des effets de commerce , projet de loi, 167. — Loi , 613. — Responsabilité des entreprises se chargeant du recouvrement des effets de commerce, 219.
- Employés. Caisse de retraite, projet de M. Lalry sur celte institution, calculs qui servent de base a ce projet, 172, 215, 279.
- Entrepreneurs de travaux, leur responsabilité, sol darité à cet égard avec l’architecte, 218. — Contestation pour le prix de travaux communaux , compote nce, ,553.
- Élablissemenfsinsalubres.'Dommagesqu’ils , cau ent aux voisins, i'nd< milité, 555.
- État estimatif. Cet état est néees-aire à la validité de la vente d’un fonds de commerce , et il doit comprendre le mobilier et les marchandises qui composent ce fonds, 441.
- Experts. En matière de constatation de procédés brevetés, désistement du brevet, 57.
- F
- Fonds de commerce. Vente d’un fonds de commerce , cession du droit au bail, privilège du propriétaire des lieux ou s’exploite le fonds, 109. — Vente, nécessité pour sa validité d’un état estimatif du mobilier et des marchandises qui y sont comprises, 441.
- G
- Gouvernement. Son droit absolu en matière d’exploitation des mines, 334.
- Gobelins. Concession des produits de cette manufacture, 441.
- Gluten. Contrefaçon, est dans le domaine public, 443.
- Houille. Voy. Mines.
- I
- Imprimerie autographique obligation d’une déclaration préalable, nom et demeure de l’imprimeur, obligatoiie sur tous les écrits, contravention , 221.
- Indemnité pour réparation de dommage causé par des travaux publics, 103.
- Irrigation. Droit des propriétaires riverains d’un cours d’eau, 505.
- L
- Liberté d'industrie. Voy. Chemin de fer.
- Lois. Sur l’usage des timbres-postes.—Pénalité, 167. — Sur le timbre des effets de commerce des actions dans les compagnies industrielles et des polices d’assurance, 613. —Sur les coalitions des ou\riers et des patrons, législation ancienne, état actuel, 167, 219.
- Lois (projet de) sur les coalitions, 167. — Sur le timbre des effets de commerce, actions des compagnies industrielles et police d'assurance, 167.
- M
- Magnésie. Sulfate et citrate de magnésie , tromperie sur la nature de la marchandise vendue, 321.
- Marchandises. Vente à la criée, 556.
- Marques de fabrique. Usurpation, 173. — Traité de la contrefaçon de ces marques, 28 t. —Toiles vésicantes, 394.
- Matières vénéneuses. Commerce de ces matières, 530.
- Messageries. Fusion et coalition d’entreprises , 556. — Responsabilité pour le transport des espèces , 558.
- Mines. Houillère d Anzin , son origine , étendue de sa concession , rivalité avec les compagnies de Tliivencelles, Fresnes-Midi et Aybert, 103. —. Dommages-intérêts résultant de recherches de mines non autorisées , 334. — Amodiations partielles, validité, autorisation pour travaux , 373. — Impossibilité de diviser une concession , application de la loi de 1810 , 620.
- Modèles de fabrique. Traité de la contrefaçon , 281.
- Monnaies. Gravure, concours, décision du jury, recours contre celte décision, 61.
- N
- Nom de fabricant. Voy. Marques de fa* brique.
- O
- Objet d'art. Reproduction, droit de l’auteur , 506.
- Omnibus. Droit des compagnies de chemin de fer à l’égard des omnibus, 106.
- Ouvriers. Coalition , projet de loi, 169. — Loi, 279.
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- — G60 —
- P
- Patente. Exemption au profit des,artistes, peinture sur vitraux, 398.
- Patrons. Coalition , projet de loi, 169. — Loi, 279.
- Péage. Bac particulier, rivalité avec un bac public, 393.
- Pharmacien. Produits chimiques, 330. — Commerce de matières vénéneuses, 330. Tromperie sur la nature de la marchandise vendue, citrate et sulfate de magnésie, 331. — Loi sur les remèdes secrets, 558.
- Police d'assurance. Timbre, projet de loi, 167. — Loi, 613.
- Poste. Timbre-poste, usage, pénalité, 167.
- Prescription. En matière d’usage d’un cours d’eau , 55.
- Privilège de propriétaire sur les objets faisant partie de la vente d'un fonds de commerce, 442.
- Produits chimiques. Commerce de ces produits , 330.
- Projets de lois. Voy. Lois.
- Propriété industrielle. Marques de fabrique, 173.
- R
- Règles de l’art. Contravention à ces règles. Voy. Responsabilité.
- Remèdes secrets. Loi sur les , 553.
- Reproduction d’un objet d’art, différence dans le mode de reproduction, contrefaçon , 506.
- Responsabilité des architectes et des entrepreneurs , leur solidarité, 218.— Des entreprises de transpoit pour le recouvre ment des effets de commerce, 219. — Des mêmes entreprises pour le port d’espèces , 508.
- Riverains. Droit d’irrigation des propriétaires riverains, 595.
- Rivières. Règlements d’usage administratif et privé, interprétation et compétence , 504.
- S
- Sedlits. Eau de, tromperie sur la nature de la chose vendue, 331.
- Sels. Remise pour déchets, 330.
- Sèvres. Concession des produits de celte manufacture, 441.
- Société. Mise en société d’un brevet d’invention , 56. —Voy. Actions, Cuirs forés sans conture ni collage, 220. — La vente d’un procédé breveté avec réserve d’une part de bénéfice pour le vendeur engage sa responsabilité vis-à-vis des créanciers de l’acquéreur, 397.
- Soude. Remise pour déchets , 330.
- Sources d’eaux thermales, 327.
- T
- Timbre des lettres de change , loi de 1834,, 60. — Des effets de commerce, des actions dans les compagnies industrielles et des polices d’assurance, projet de loi, 167. — Loi, 613.
- Timbre-poste. Usage d’un timbre ayant déjà servi , 167.
- Toiles vésicantes. Marques de fabrique, 394.
- Transport d'espèces. Responsabilité des messageries , 558.
- U
- Usage des eaux. Voy. Cours d’eau.
- Usine. Cours d’eau servant à usine, 107, 6t9 —Détournent nt d’eau et règlement, 554. — Travaux , 617. — Voy. Etablissements insalubres.
- V
- Veine d'eau. Voy. Source.
- Vente de fonds de commerce, 109, 442. De brevet d’invention, 505. — A la criée de marchandises neuves, 556. — De marchandises, 441.
- Vitraux peints. L’artiste peintre sur verre est exempt de la patente, 398.
- Voisins d’un établissement insalubre «ni droit à une indemnité, 555.
- FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES DE LA JÜRISPRÜDENCE ET DE LA LÉGISLATION INDUSTRIELLES.
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- TABLE DES OBJETS
- QUI ONT FAIT LE SUJET DES BREVETS OU DES PATENTES
- MENTIONNÉS BANS CE VOLUME.
- 3®®©==“'--
- Accidents. Bertrand, | 112.
- Accordéons, liait, 2S7 Acier. Knowles, 63. Brown, 64- Holland, 64, ni, 175. Flügel, H2, 5i2. Heath, 112. Christie, 175. Biepe, 399. Bremme, 560. Acidesulfurique. Wil-son, 63.
- — oléique. Prill-witz, 112.
- Acides. Ecarnot, 287. Todd, 400- Fonlai-nemoreau, 624. Ailettes. Walter. 112. Air. Barker, 04 Uaig, ili, H2. Knowtys, 111. Prillwilz , îi 2. Aires. Roehn. 64. Alliages. Parkes, 223. Jackson, 283. Russell , 399. Percy, 624.
- Alun. Wilson, 63. Richardson, 335, 336. Amidon. Alvoood, 112, 399, 447. Berger, 336. Colman, 624. Ancres. Warren, 175. Field, 335. Green-way, 624.
- Appareil à faire des moulures. Find-lay, 63.
- — à laver. Thom,
- 63.
- — à mesurer les liquides, Parkinson.
- 64.
- — à vapeur. Broo-man, ut.
- — à coudre. Morey, 287.
- — à emboutir. Knight, 287.
- — à copier. Water-tow, 335.
- Apprêt. Godefroy, 63. Macfarlane , ni. Nasmyth, 111. Crum, 223 , 287. Ballon, Heycock, 336. Aqueducs. Warren, 175.
- Arbres de machines.
- Mc Donald, 399. Architecture navale. Christopher s, 176,
- 335.
- Armes à feu. Gai-loway. 175. Rilchie,
- 223, Cass, 288. Char-
- pillon, 335. Colt, 335. Pears, 336. Mi-nesinger, 400. Mathieu , 560. Her-
- mann, 560. Gilson, Neuf cour, Hdber, Renkin , 560.
- Arrimage While, 336. Assèchement. Fowler,
- 447. Cotgreave, 559. Assortiment. Newton,
- 400.
- Automate. Straub , 112.
- Baignoires. Rufford,
- 224, 623.
- Balais. Goddman, 512. Balles de fusil. Drum-mond, 64.
- Bandages de roues. Thorneycrofl , 63. Cowper, 224. Baratte. Chapen, 64. Basson. Carte, 448. Bâtiments de mer. Grantham, 63.
- — à vapeur. Rulh-ven, ni. Buckwell, 223.
- Batteries électriques. Weare, 64. Pulver-macher, 2S8.
- — galvaniques. Weare, 624.
- Becs de gaz. Tros-saert, 560.
- Bière. Montgomery , 287. Hopkins, 512. Billards. Rath, 112, Billets. Edmonslon,
- 448.
- Biscuit. Fiich, 176. Blanchiment. Woods, 64. Dalton, 336, 623. Blés. Walson, 512. Bluteaux. Foot, 624. Bois Hamillon, Find-lay, 63. Cotlam, 64. Furness, 111. Terry, U2. Meadows, 175. Barker, 224. Chesterman, 224.
- Furness, 399. Ro-senborg, 448, 623. Findlay. Si 1.
- — de lit. Slurges.vu.
- — de teinture. Scho-
- field, 336.
- Boissons. Hopkins, 512.
- Boîtes d’essieux. Vau-cher, 287.
- Bonneterie. Hancock, 224. Ackroyd, 335. Bottes. Walker, While, 64. Newton, 624. Boulons. Grant, 288.
- Coûtes, 623. Bouteilles. Youil, 559. Boutons. Newey, 224. Serionne, 400. Newton, 448. Harding, 624.
- — en porcelaine. Loin, 560.
- — de porte. Newton, 176. Harcourt, 288. Newton, 5n. Fowler, 560.
- Briques. Morris, 223. Grimsley, 287. Roberts, 288. Dorming, 336. Gobel, 512.
- Elliott, 559. Broderie. Morey, 112, 287.
- Brosses. Goodman, 512.
- Bro y âge. Brower, 175. Brunissage. Sallertée, 400.
- Cachet. Schlarbaum, 112.
- Cadmium. Woolrich, 400.
- Cafetières. Preterre, 112. Griffiths, 175. Cailloux. Brower, 175. Calicots. Carier, 287.
- Pincofs, 623. Cambrage. White, 64. Canons de fusil. Aing-worlh, ni. Caoutchouc. Gérard,
- 559.
- Carbonates. Galty, 623. Carbonisation. Har-korl, 112.
- Cardes. Boucher, 64. Wiede, 112. Risler,
- 560. Newton, 624.
- Caries. Potts, 64.
- Church, 448. Cartouches. Pears, 336. Minesinger, 400.
- Casquettes, Vouillon,
- 511.
- Céruse. Rodgers, 64. Chaîne de ridage, Co-legrave, 399.
- Chaînes de tissage. Andrew, 623.
- — câbles. Taunton, 336.
- Chaleur. Edwards, 175. Gillard, 224. Knowtys, 399. Nas-mylh, 448.
- Chandelier. Gedge, 448.
- Chandelles. OEhmi-chen, 112. Palmer,
- 223, 385, 559. Sykes, 448. Arkell, tium-frey, 5u.
- Chanvre. Schenck , Robinson, 63. Combe , 223. Changy,
- 224.
- Chapeaux. Newton, 599. Vouillon, 511. Charbon animal, Mac-fie. 624.
- Charbons. Cowper, 559.
- Charençon. Walson, 512.
- Chariot, Chameroy, 112.
- Charnières. Harcourt, 64.
- Charpie. Taylor, 287. Charrue à vapeur.
- Cowing, 336. Chaudières. How. 63. Wilson, 335. Chameroy, Turner,hit.
- — à vapeur. Hains-worth, Lemaitre , Newton, Prideaux, 111. Banister, 176. Newton, 223. Wieck, 512. Truker, 623.
- Chaussure. Hoffmann, 512.
- Chaussures. Lewan-dowsky, 560. Chauffage. Hitchings, Barker, 64. Bogqet
- 111, 196. Beyer
- 112. Prillwitz, 112!
- Serre, 112. Edwards, 223. Back-well , Knowtys , Crosley, 223. Swan, 399. Welch, 448.
- Wilkins, 448. Lié-berknechl, 512. F on-
- p.661 - vue 693/701
-
-
-
- /
- — 662
- tainemoreau, 559. Newton, 287, 559, 624.
- Chemins. Roelm, 64. Chemins de 1er. Thor-neycrofl, 68. Muc-Ntil, m, 112, Cha-meroy, Busse, 112. Handley, 175. 7’or-kinyton, 176. /lar-iow , Haines, 223. Henson, Brolher-hood, Barrons, 224, JUac-Neill, Fischer, 287. fFÿ/Aes, La-fro&e, 288. 3/ac-
- Neill, 399. Orme-rode, 400,447. Handley ,447 .Edmonslon, 448. Samuel, 5ii. Robbins, 5;>9 Char-lel, 5ti0. Barrons, Fischer, Hoby, 623. Sharpe , Ellis, Newton, 624. Chemises. Hulot, 399. Chirurgie dentaire.
- Gilbert, 111. Chocolat. Lobeck, 112. Chou palmiste. Goodman, 512.
- Chronomètres- Shepherd, 175.
- Cidre. Precle, 448. Cigares. Ettler, 512. Ciments. Gibbs, 579. Cirage. Reissert, 112.
- Goossens, 560. Cisailles. Schonherr, 112.
- Clarinette. Carte, AM. Clichés. Brooman, 448.
- Clous. Coates, 623.
- Manly, 624.
- Coke. Pauwels, 511.
- Budd, 623. Coloriage. Watson, 623.
- Combustibles. Fignole, 111. Besse-mer, 175 Backwell, 223. Cowper, 223. Backwell, 287, 335. Barbor, 336. Gaston , 399, 44 7. Hills, 447. Tarling, 448. Cowper, 55y. Combustion. Browne,
- 63. Wilson, 63. Communications télégraphiques, broiera, 559
- Condensation. Kirst, 112.
- Conduites d’eau.
- Wyatt, 176. Continue finisseuse.
- Spinhnyer, 56*. Cordes. Newton , 624. — métalliques. Wilson, 224 , 511, Corsets. Thomas, 111.
- Lewandowsky, 560. Coton. Gibson, Thom, Lord, 63. Combe,
- 64, 287. Holl , 64 , 223. Haubald. 112. Mason, Ailken, Dodge, Macindoe,
- 175. 223. Higgtn, Lighlfoot Kirkman,
- 176. Coltam, 223.
- Jenkinson , 288.
- Fairbairn, 335. Co-
- des , Christie, 287, 447- Jenkinson, 288. Buch, 335. Masson, 39J, 400. Higgins,
- 447. Uill, AAt.Ùolds-worth, 448. Leigh,
- 448. Kiikman, Mac Làrdy, Plau, 511. Lnyion, 512. Dal-ghsh, 559. Urling, 560. Robertson, Ashworth, Sykes, Newton, Mac Lar-dy, 624.
- Courants. Berthon, 287.
- Courroies. Haines , 223. Newton, 624. Cousage. Parnal, 224. Coussins. Paradis,
- 287.
- Coussinets. Brandi, 175. Torkinglon, 176-
- Coutellerie. Smith,
- 288.
- Crayons. Cohen, 288.
- Stephens , 624. Cudbear. Robinson , ni, 112.
- Cuillers en étain. Wallace, 64.
- Cuirs. Newton, 224,
- 447. Wicck, 512. Cuivre. Uill, 44S. Culture des terres.
- Newington, 336. Dallage. Soetens, 560. Dentelles. Oldknow, 288. Uunnictijff,62i. Dents artificielles.
- Harrington, 64. Désinfection. Legras, 287, 399. Tarling,
- 448. T>e Angely, 623. Robertson, 399.
- Dessin. Thomson, 63, 111.
- Disiillation. Knab,tu. Montgomery, 287. Cowper , Miller, 559.
- Divans. Harlow, 623. Doublage de navires. Granlham, 63.
- Laird, 336.
- Drain âge. Powler, 511. Draps. Ross, 511.
- Eau île mer. Murdoch, 64.
- Eaux Schreul, 512. Laird, Forster, 024.
- — galeuses. Cox, 624.
- — de lavage des laines. M’ Donnait, 223-
- — minérales. Mayo, 399.
- — publiques. Lamp-lough, 224.
- — de savon. Prill-wits, 112.
- Éclairage. Bush, 63. Prillwitz, • 12. Gros-ley, 223. Wilkins , 448. Mnrbe, 511. Maillard-Dumeste, 559. Fonlainemo-reau, 559.
- — électrique. Weare, 64. Slaite, 175.
- — au gaz. Carier, , 448.
- Écriture. Thomson,
- , 63, 111.
- Égout. Marsden, 175. Lowe, 176. Burton, 336. Newton, 560. Page,tiïi.
- Emballage. Taylor, 448-
- Emboutissage. Glasgow, 336.
- Encre d’impression.
- Lehman, 512. Encriers. Thompson, 288.
- Enduits. Wyatt, 176.
- Yule, 64, 223. Engrenages. Cutting, 400.
- Engrais. Marriott, 175. Tuckelt. 176. Legras, 287, 399.
- Tarling, 448. Enrayage. Cooper, 336.
- Enregistrement. Pow-nal, 224.
- Enveloppes de lettres. Rémond, 63, 511. Worsdell, 287, 224.
- , De la Rue, 288, 447. Épuisement. llaig,
- , 111,112.
- Épuration. Robertson, 399.
- Escalier, Pecklers, 560. Essieux. Torneycrofl, 63. Busse, 112, Cowper, Barrons, 224. Mac Donald 399, 447. Barrons, Fis-% her, 623.
- Étamage. Roseleur,
- , 448
- Étaux. Harcourt, 64. Étoffes. Schreul, 512. Éloupes. Robinson, 63.
- Evaporation. Boggett, 111, 176. Cowing, 336. Robertson, 399. Éviers. Uixon. 623. Explosions. Wilson , 335.
- Extraction. Read, 335.
- Robertson, 399. Fardeaux. Robinson, 63, 175. Neilson,0i. Cowper, Newton, 111. Simpson, 287, 33 >. Chapman, 511. Fulliames, 624. Mc Nicol, La report,WA. Farines. Bowman, 288. Reece, 448. Fenêtre Sell, 512.
- Fer. Knowles, 63.
- Brown, Plant, 64,
- 335. Thompson, 64, 399. Aingworlh, 111. Atwood, 176. Cowper , 224. Barclay, 335', 336. Russell, 399, Horsfail, 448 Pomeroy, 448. Pe-tin, 560. Heath, 624.
- Fermetures. Milvain,
- 336,
- Fers à cheval. Hobson, 2 88, 335.
- Feutres. Ross, 511.
- Fil de tissage. Car-tali, 623.
- Filature. Lister, 64. Baubalt, 112. Mason, 175. Fontaine-moreau, 176 , 335.
- Durieux-Fournier Urling, 560.
- Filets de pèche. Pec-queur, 112, 447.
- Fils Thom, 63. Filtration. Greenwood, 63. Reinhard, 336 , 447. Rotch,
- 448- Jennison, 512. Laird, Forster. 624. Fleurs en verre.
- Grandjean, 560. Fluide végétal. Mar-be, 5u.
- Fluides. Parkinson,
- 175. Weber, 512. Brown, Napier, 623.
- Flûtes. Carte, 448. Fonderie. Connop , 559-
- Fonte malléable.
- Christie, 175. Forage Devillez, 560. Force motrice. Boggett, 111. Maillard,
- 176. Campbell, 176,
- 559. Wilding, 335. Jenkins, 448. Ford, 623. Newton, Marias, 624.
- Fourneau à réverbère.
- . Dation, 28S-Fourneaux. Johnson, 176. Newton, Macintosh, 287. Gai-loway, 175 , 399.
- Parties, 624.
- Fours. Pcllitt, 559.
- — à puddler. Pri-deaux, 111. Boyer, 112.
- — à pain. Godefroy,
- 560.
- — à poteries. Newton, 560.
- Fourrures. Weslhead,
- 223.
- Foyers. Wilson, 63. Schreul, 112. Bes-semer. 175.
- Frein. Handley, 175, 447.
- Fumée. Johnson, 176. Beadon , 336. Har-greaves, 511. Fon-tainemoreau, 512.
- Fumigations. Brown, 112.
- Fusées de mines. Loam, 63.
- Fusils à vent. Shaw, 64
- Galon. Payne, 63. Galvanisme. Meinig,
- 224.
- Gade-lemps. Peppe, 400.
- Gaufrage. Bury, 399. Gaz d'éclairage. Beyer, 112. Edwards , 175 , 223. Parkinson , 175.
- Hulelt, 176. Hills, 224, 447. Pauwels, 511. Laming, 5i2. Webster, Cormack, 400. Miçhiels, 559. Newton, 624.
- Gaz hydrogène carburé. Cavaillon, 64.
- Gazomètres. Palmer, 400.
- Générateurs de va-
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-
-
-
- B
- peur. Brooman, 63. Glaçage. Bury, 399. Gommes. ùrassel,
- 175.
- Goudrons Beyer, n2.
- Cowper, 559. Gouvernail. Frayer, Long, 3.99.
- Grains. IFren, 175. Westrup, 336. SpiY-fer, 399. Quinn, 4oo. Suly, 5n. Bicknetl, 624.
- Graissage. Reinhard, 336,447. Sic’Donald, 336, 399, 447. Gren-vt'J/e , 400, Ilurry,
- 559, 623.
- Gravure de cylindres.
- Dation, 336.
- Grilles d’égout. Lowe,
- 176, 223.
- Guindeau. Lenox, 4oo. Gutta-percha Beyer, 112. Gérard, 559. Canlineau, 560. Habillements. Newton 624.
- Habits. Drieu, 64.
- Dawson , Slovel, 176. Zfea», 400. Hache-paille. Cottam, 64. -Way, 559. Harnais. Booman , 112.
- Hautbois. Carte, 448. Horloges électriques. Brown, 64. Sehp-herd, 175.
- — galvaniques. Sloh-rer, 112.
- Houes. Garrel, 64. Houille. Cowper, 223.
- Michiels, 559. Huiles Reinhard,336, 447. Schreul, 512. Impression sur étoffes Nasmylh, ni. Lightfoot, 176, 335. Mércer, 176 , 223. Carier, 287. Clen-chard , 448. Dal-glish, Pincoffs, 559. Pincoff.<, Dation , Le Baslier, Watson,
- 623.
- Impression typographique. Rose, 64. Le Baslier , 176.
- Burch, 335. De
- Wilte, 447. Church, Brooman, 448 Incendies. Phillips , lit , 447. Weare,
- 624.
- Insectes. Ringeisen. 176.
- Instrument à ouvrir les huîtres. Picault,
- 560.
- Ivoire. Chevreton , 624.
- Jauges de vapeur.
- Stillman, 04. Labourage. Galloway, 224.
- Laine. Robinson , Grundy, Thom, 63. Lister. 64.Marsden, Haubald , 112.
- Maundoe, 223. Jen-kinson. 288. Burch,
- 335. Ileycock , Traux de Wardin,
- 336. Nicktls, 336,
- 399. Marsden, 399. Masson, 400. 11 ig-gins, Christie, Huit, Marsden,4M .Rams-botlom. Lister, 448. Kirkman, 511. üal-glish, 559. Urling, 560. Ashworth, 623. Sykes, Newton, 624.
- Lampes. Bush , 63. Blake, lit Rod-inan, 288. Palmer, 335. Holliday, 400. Gedge, 448. Éarbe , 5it. Fontaine, 560. Lieux d’aisances.
- Marsden , 175. De Angely, 623. Lignite. Harkorl, 112. Limes. Brown, 64. Lin. Schenck, Robinson, 63. Combe, 64. Plummer, l il, 112. Marsden, 447. Haubald. 112. Macindoe,
- 175. Slacindoe ,
- Combe , 223 , 287. Changy, 224. Fair-bairn , 287 , 335.
- Jenkinson , 288.
- Higgens, 447. Sle-phenson. 448. Platt, 511. Dalglish 559. Urling , 560. Stevenson, 623.
- Li q u eu rs. Greenwood,
- 63.
- Liquides. Parkinson,
- 64. Boggett , îli ,
- 176. Prillwitz, 112.
- Parkinson. Amos, 223. Buchanan, 287. Macintosch , 287 ,
- 400. Spray, Hecker, 288. Tebay , 448. Brown, 623. Fors-ier, 624.
- Lisses. Schreul, 112. Locomotives. Mac-Neill, Lemaître, ni, 112. Brandi, 175. Banister, 176. Barrans, 224. Alac-Neitl, Donistrope,
- 287. Hackworth ,
- 288. Mac-Neill, 399. Ablon, 447. De Ber-gue, 5it. Renck,560. Barrans, 623. Ece-rilt, Baldwin, 624.
- Loquettes. Binns , 624.
- Lumière. GiUard , Ador, 224.
- Lustrage. Vuldy, 175. Machine à balles. Drummond, 64.
- — à battre Garrel, 64. May, 559.
- — atmosphérique. Vries 624.
- — à broyer et tailler. Schenck, Robinson, 63.
- — à couper et travailler le bois. Ha-millon, 63. Fur-ness, ni. Newton, 223. Finch , 288 , 399. Rosenborg, 448. Findlay, 5ii.
- — à couper le papier. Goodall, 5ii.
- — à bâcher les bois
- de teinture. Scho-field. 336.
- — à boucher. Youil, 559.
- — à faire les télés de boulons. Grant,
- 2b8.
- — à calculer. Bara-nowski , 112, 288, 512
- — à clous. Richards, 288.
- — à coudre. Beau , 400.
- — à cultiver. Usher, 64.
- — à découper les métaux. Whitworth , 288.
- — à doubler et retordre. Lyle, 288.
- — à effilocher. Taylor, 559
- — électrique. Blake, 61.
- — à élever les mineurs. Cowper, 335.
- — à entailler les engrenages. Cutling , 400.
- — à enregistrer. Whif-fen. 4oo.
- — à enveloppes. Rémond, 63
- — à mouvoir les fardeaux. Robinson, 63. Newton, Cowper, ni.
- — à filer. Robinson,
- Grundy, Gibson, 63, Walter, tvz. Dodge, Masson , Potter , 175. Kirkman, 176. Maundoe,.Z28. Fair-bairn, Christie Sectes , Combe , 287. Jenkinson , 288
- Fairbairn , 335.
- Masson, 399. Hitl, Higgins, 447. Sle-phenson,Leigh. 448. Kirkman , Mac-Lardy, Platt, 5u. Tath'am, 559. Stevenson. Robertson, Asworth Mac-Lar-dy, 624.
- — à tailler les habits. Drieu, 64
- — à gaz. Moat, 63. Fontainemoreau , 624.
- — hydropneumati-que. Duburguet , 224.
- — à imprimer les étoffes. Le Baslier, 623.
- — hydraulique. Nye, 336.
- — à labourer. Usher, 335.
- — à lainer. Ross, 5tt.
- — à laver. Me Alpin. 511.
- — à lever les malades. Julitz, n2.
- — à travailler les métaux. Knight, 223.
- — à molette. Hoffmann, it2.
- — motrice. Wilding, 63.
- — à nettoyer lecoton. Layton, 512.
- — à nettoyer la laine. Sykes, 624.
- — a peigner, carder. Combe , 64 , 223. Marsden, ti2, 399. Lister, 448.
- — à percer. Poole ,
- 623.
- — à percer le rocher. Newton, 224.
- — de pesage. Day,
- in.
- — à préparer. Grundy, Gibson, Lord, 63. Holt , 64 , 223. Plummer, U i. Haubald , 112. Mason, Maundoe , Ailken, 175. Higgins, 176. Christie , 447. Urling, 560.
- — à sculpter. Duper-rey, 224.
- — à serancer, Marsden, 447.
- — à souder. Binns
- 624.
- — à fabriquer les tubes. Presser, 511.
- — à tubes de papier. Deakin, 624.
- — a fabriquer les tuyaux en plomb. Adams, 64.
- — typographique. Rose, 64. Le Bàs-tier, 176.
- Machines. Haig, in, 112. Ilurry, 623.
- — pour la teinture et l’impression. Nasmylh, tu.
- — à vapeur. Urvin, Moat, Mulbery, 63. Garret, Leigh, 64. Newton, tu Good-fellow , Griffiths, Thomaschke, Jones, 112. Peacè, 175 Bo-netl, 176 Buckwell,
- 223. Donislhrope.
- 224. Urwin, Ünvies, 287. Sidebottom , Wilson, 335. Coo-per, 336. Goodfel-low, Atherton, 399. Donkin , Cortiss , Ericson , 400. Mc Naught, 447. Var-ley, 448. Samuel, de Ber gue , su. Maffeî, 512 Newton , 623. Fontaine moreau, Waddell, Pôle, Everitt, Hanson, Baldwin, 624.
- Manches d’outils.
- Neioton, 448. Manomètre. Cowper, 288 Rasmus, André. 512.
- Marbres. Davis, 502. Martinets d’artimon.
- Newton, lit. Matelas. Paradis,287. Matières bitumineuses. Radley, 559.
- — céramiques. Bro-wer, 175.
- — colorantes. Oliver, 224. Barlow, 287. Fawcelt, 288. Barlow, 335.
- — fécales. Legras . 287, 399.
- p.663 - vue 695/701
-
-
-
- 664
- — filamenteuses. Sehenck, Robinson, Grundy , Gibson , Lord, 63. Combe, Holt, 64 Plummer, m, lia. Marsden, 112. Mason, Dodge, Maundoe, 175. Uig-gins, Fomainemo-reau, liirkman, 176. Holt, Donisthrope, Maundoe, Cvllain, 223. Changy, 224. Combe. Fàirbairn, 335. Ecoles , 287-Jenkinson, 288.Dation , 3 >6. Nickels , Marsden, Mason ,
- 399. Higgins. Marsden, Ht II, Christie, •447. Holdsworth , Slephenson, Leigh, Lister, 448. Kirk-man, Mac - Lardy, Plaît, 5U. üonis-lrope,Dalglish. Ta-iham, 559. Yelli, 560. Stevenson, Robertson. Ashworth, 623. Sykes. Newton, Mac-Lardy, 624.
- —• grasses. Knab ,
- Wilson, m. Prill-witz, 112. llumfrey, 5ii. Radley, 559.
- — végétales. Brind-ley, 224.
- — visqueuses. Lor-kin, 175.
- Mécanique Jacquard. W. Newton , 63. Pahl, 112.
- Mèches. Sykes, 448-Arkell,5i 1, Palmer,
- 559.
- Mesures. Stocker, 224. Mesureurs à gaz. Uen-nig, n2. Parkinson, 175. Uulett, 176. Li-zars, 288.
- Métaux. Parkes, 223. Barker, 224. Glas-gow,336.Russell,399. Woolrich. Satler-lee, 4oo. Yong, 447. Horsfall, Pomeroy, Roseteur,448. Pooie,
- 623. Parkes, Dea-kin, 624.
- Météorologie. Cow-per, 623.
- Métiers à bas. War-wick, 624.
- — à filer. Vrling ,
- 560.
- — de tissage. Ken-worthv,63.Schreul, 112. Clegg, Browne, 175. Jamieson, 176. Browne, 223 Hall,
- 400. De Traux de Warden, 335, 336. Smith, 3 46. Taylor, 448. Sideboliom ,
- 624.
- Meubles. Cowley, 223. Minerais. Young, ni. Mines. Loam, 63. Cowper, m.Wh ite, 54t.
- Modèles. Bucklin, 512. Montre. Kaplan, m. Moteurs. Donisthrope, 224.
- Moulages. Gratsel,
- 175. Warner, 400. Bucklin, 512. Con-nop. 559. llunt, 624.
- Moulin à farine. Goo-dier, 64, ni, 223. Nitzshe , Kandler, 112. Preece. 448.
- — à vent. Merbach, 112.
- — à cylindres. Plott-ner, 512.
- Moulure. Weslrup , 336. Spiller, Ylack,
- 399. Seely , 511.
- Ilurwood, 559.
- Navires. Granlham,
- 63. Berthon, 287. Nitrates. Ecarnot ,
- 287.
- Nivellement- Berg-mann, 112.
- Noix de coco. Bar-cham, 335.
- Ombrelles. Hammond, 64.
- Or. Rabbill, 64. Organsins. Schute ,
- 288.
- Orgues. Holt, 287. Ornementation. Aing-worlh, 111. Shove,
- 176.
- Orseille. Robinson , 111,112. Clenchard, 448.
- Ourdissage. Andrew,
- 400. lloldsworlh , 448.
- Outils. Fumets, 111. Chesterman, 224.
- — de tour. Beards-ley. 5i2.
- Oxide de zinc. Pro-theroe, 559.
- Oxides. Todd, 400. Pain. Robinson , 64. Fitch, 176.
- Pains à cacheter. Fonlainemoreau , 5i2. Gardissal, 560.
- Papier. Amos , 223. Burch, 335. Bury, 399. Goodall, 5U.
- — d’émeri. Day, 63,
- 64.
- — mâché. Brindley, 224.
- Pastels. Cohen, 288. Patins. Robarls, 624. Pavage. Hosking, 112. Peignage. Lister, 64. Donisthrope , 223. Ramsbolton. 448. Peigncuse. Jackson, 623.
- Peinture. Hall, 64. Pendules. Tucker , 223.
- Pesage. Day, 111. Phosphate de chaux.
- Tuckett, 176. Photographie. Talbot, 288.
- Pianos. Wise , 288. Vandercruyssen Faucille, 560. Pièces de machines.
- Gillett, 176 Pierre artificielle.
- Gibbs, 559.
- Pilots. Newton, 224. Pipe. Staite, 447. Placage. Meadows , 175.
- Planchers. Nasmyth,
- 175.
- Planches. Newton ,
- 223.
- Plans. Potts, 64 Plantes textiles.
- Dummler, 399. Pliage. laylor, 448. Plomb. Smith, Pal-tinson, 63, 111.
- — en feuilles. Brooklyn, 288.
- Plumes. Stephens,624.
- — métalliques. Ly-man, 288.
- Poêles. Newton, 287. Keymolen , Man-roih , Melchior , Noirsain, 560. Pointes. Coales, 623. Pompes. Dillon, Wed-der , 64. Peace ,
- Newton, 175, 335. Wyall. 176. Ürvin, 287. Ericson , 4oo. Lamport , Green-way, 624.
- —rotatives. Cary, 512.
- — à incendie. Jauck, 512.
- Ponts. Warren, 175. Poteries. Newton, 560. Poulies. Charnier, 111, Presses hydrauliques. Dillon, 64. Lo-Pesli,
- 287, 623
- — typographiques. Bodmer, 111.
- Produits minéraux et végétaux. Knowlys, tll.
- Propulsion. Smith,64. Rulhven, 1 ti. Bwk-wetl, 223. Galloway,
- 224. Hediard, 400, 447. Phipps, Hein-dryckx, 511. Campbell, 559. Hanson, 624. Malo, 624. Tucker, 623. Sloppor-ton, Greenway, 624.
- Prothèse dentaire.
- Binsdale, 511. Puits. Devillez, 560. Purification. Laird , 624.
- Raffinage. Newton, 399. Scoffern, 4oo. Rails. Chartel, 560. Réflecteurs. Maillard-Dumesle, 559. Régulateur à gaz. Hu-lelt, 176.
- Ressorts. Fuller, 63. Fisher, Pooie, 623.
- — en acier. Smith,
- 288.
- — de voitures. Buck-well, 511.
- Ridage. Colegrave , 399. Chapman, 511. Rideaux. Potts, 64 Robinets. Watson, 176.
- Buchanan. 287. Rondelles. Lemaître, 111.
- Roue à réaction. Merbach, 112.
- Roues. Chambers, 224 Donisthrope, Christie, 287, 335. Hunier, 400. McDonald, 447. Newton, 559. Rouleaux gravés. Dal-ton, 623.
- Roulettes, t'hauffou-rier, 64.
- Routes. Roenh, 64. Sacs Summers, 64. Salinoinètre. How. 64. Sauvetage. Laurie,63. Phillips, 1 il. Laird, 6i4.
- Savons. Bowden, 63. Dunn, 111. Anderson, su. Jackson, 624.
- Sciage. Barker, 224. Scies. Saunders, 624. Séchage. Quinn., 400. Sel marin. How, 63. Sels. Hills, 447.
- — de magnésie. Richardson, 335, 336.
- Semoirs. While, 63.
- Garrel. 64.
- Sirops. Greenwood , 63.
- Socs. Robarls, 624.
- Soi 0.Robinson, Thom,
- 63. Combe, 64, 287.
- Jenkinson , 288.
- Mucindoe , 175 ,
- 223. Yuldy , 175.
- Burch , 335. Higgins, 447. Dalglish, 559.
- Sons. Bell, 624. Soufflets de forge.
- Loomis, 64. Souliers. Walker, 64.
- Newton, 624. Soupapes. Marsden, 175. Watson, 176. Corliss, 400.
- — de sûreté. Hanson, 624
- Stores. Poils, Welsh,
- 64.
- Substances organiques. Woods, 64. Sucre. Finzel, 176, 223, 287. Newton, ili, 399. Cowper, 223, 224, 287. Ox-land , 287. Birk-myre, 288. Gwinne, 4oo. Spangenberg, 4oo. Scoffern, 4oo, 511. Curlis, 448-Schreul, 512. De-rosne, 560. Douay, 560 Silas-Galswor-thy, 560, Dickson,
- 623. Hills, 623. Mac-fie, 624.
- Sulfate de soude. Fonlainemoreau ,
- 624.
- Tampons. Hainesf223. De Bergue , 511. Fisher, 623. Tannage. Wicck, 512. Tapis. Wood , 336.
- Templeton, 399. Tarière. George, 64. Teintures- Nasmyth, Maciarlane , ill. Mercer, 176, 223. Mercer, 223 , 335. Lightfood, 335 Dation, 336. Clenchard, 448. Dation, Watson, 623. Pincoffs, 559, 623.
- Télégraphes électriques. Brown, 64.
- — électro-magnétiques. Roe, 64. Shepherd, M.Pulvei-
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-
-
-
- mâcher, 288. Siemens, Morte, 512. Nicholton, 56o.
- Télégraphie. Henley, Highton, 399. Cur-tis , 4oo. Brown , 447, 448.
- Théières. Prelerre, 112. Griffiths, 175.
- Tiges de botles. Whi-te, 64.
- Tiroirs. Mulbery. 63.
- Tissage. Kenwbrihy, Fonlainemoreau , 63. [Jeywood, 112. Maton, 175. Rowley, 176 Browne, Fon-tainemoreau, 223, 287. Barlow, 223 , 287. De Traux. de Warden, 3;>5. Hall, 400- Reid, 5H. Andrew, 623.
- Tissus. Godefroy, Ecoles , Thom, 63.
- Brand , 64 Nas-myth , Ileywood , Macfarlane , in. Browne, 175 Norton, 175. Browne, 223. Crum, 223, 287. Parnal, 224. Carter , 287. Dation , Heycock, 336. Nic-kels, 336, 399. Co-
- chrane , 399 , 400. Bury , Roberts , Templeton . 399.
- Andrew, Slack, 400. Milligan, 448, 5n. Richards, 448. Pin-coffs, 623. Dation, 623. Elliot, 623.
- — à maille. Thomas, Hi. Keely, 224, 559. Harris, 511.
- Toile d’émeri. Day , 63, 64.
- Toiles. Lightfood, 335. Mc Alpin, 5ii.
- — peintes. Auchter-lonie, 335, 399.
- Toitures. Nasmylh, 175.
- Tôles. Cowper, 224.
- Walker, 5ii. Toisons. Smith, 287. Tour. Beardsley, 512. Tourbe. Reece , Vi-gnotes , 111. Hills , 224,4 47. Green. 399. Benson,448 Elliott, 512.
- Transports. Vidie, 223, 447, 559.
- Trituration. Lorkin , 175.
- Trucks. Brolherhood, 224.
- Treuil. Lenox, 400.
- Tubes. Cochrane, 335. Cutter, ni. Banis ter, 176. Warner, 400. Prosser, Cha-meroy ,Attwood,Rit-chie, 511, Paschke, 512. Hickman, 559. Deakin , Everitt , 624.
- Tuiles. Wilson , 63. il/orrts,223. Grims-ley , 287. Roberts , 288. Dorning, 336.
- Tuyaux. Adams, 64. Wilson, 63. Cutler, in. Wyall , 176. Bac.kwetl, 224. Cochrane, 335 Warner, 400. Newton, 448.
- Types. Brooman, 448. Newton, 512.
- Vaisseaux. Murdoch, Smith, ai. Yule,64, 223. Jordan , 223 , 287, 335. Laird, 336. While, Fayrer, 336. Long , Laird , 399. Long, 336. Sid-deley , 448. Chapman, 511.
- Vapeur. Neilson, 63. Serre, 112. Baldwin. 559, 624.
- Viaducs. Nasmyth Warren, 175. Ventilation. Murdoch, 64. Watermarx , 288. Wilkins, 448. Wilson, 448. Fon-lainemoreau, 559. Newton , 559. De-beaune, 560 Ventouse. Bidaut , 560.
- Vernis. Ashurst, 511.
- Cantineau, 56o. Verre Shove, 176. Blinkhorn , 400.
- Petlilt, 559. Vêtements. Bailey, 64. Drieu, 335. Stovel, 447.
- Vinaigre. Warner, 400.
- Vis à bois. Deldine-Hunt, 560.
- Voilures. Fuller 63. Busse, 112. Hunt, 400. Ormerode, 400, 447. Buckwell, 511. Robbins, Newton, 559. Barrant, 623. Sharpe, 624. Wagons. Brolherhood , 224. Cole-grave, 399.
- Zinc. Brooman, 5ii.
- FIN DE LA TABLE DES OBJETS QUI ONT FAIT LE SUJET DES BREVETS ET PATENTES,
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-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES NOMS DES BREVETÉS ET PATENTÉS
- MENTIONNÉS DANS CE VOLUME.
- '090'
- Ablon. 447.
- Ackroyd. 288, 335. Adams 64.
- Ador. 224. Âinqworlh. lu. Ailken. 175.
- Amos. 223, 224. Anderson. 5U. Andrée. 512.
- Andrew. 400, 623. Arketl. 511.
- Ashurst. 511. Ashworlh et Mitchell.
- 623.
- Atherlon. 339. Allwood (C ). 176. Attwood (G.). 511. Atlwood{ü.). 112, 399, 447.
- Auchlerlonie. 335,399. Babbitt. 64.
- Buckwell. 223. Bagley. 624.
- Bailey. 64.
- Baldwin ( E. ). 559,
- 624.
- Baldwin ( M.-W. ). 288.
- Banister. 176. Baranowski. 112, 288, 512.
- Barbor. 336.
- Barclay. 335, 336. Barker (C.-M.). 224. Barker (J.). 64. Barlow (A-). 223, 224, 287.
- Barlow (C.). 287. Barlow (J.-G ). 335. Barlow (P.-YV.). 223. Barlow (W.). 335. Barrans. 224, 623. Barry. ni.
- Barsham. 335. Beadon. 336.
- Bean. 400.
- Beardsley. 512.
- Bell. 624.
- Benson. 448. Bergmann. 112. Berger. 336.
- Ber thon. 287, 288. Bertrand, il2. Bessemer. 175.
- Beyer (K.). 112. Beyer (R.-A.). 112. Beyer (T.-V.). 112. Bicknell et Graham. 624
- Bidaut 560.
- Binn. 624.
- Birkmyre. 288.
- Blake (E.-S). 64,
- Blake N.), m. Blinkhorn 400. Bodmer. ni. Boggell. lu, 176. Bonell. 176.
- Bonner. 530. Boucher. 64.
- Bowden. 63. Bowman. 288.
- Brand. 64.
- Brandi- 175,
- Bremme 560. Briniley. 224. Brooklyn. 288. Broornan.63,111, 112. 448, 511.
- Brotherhood. 224. Brown D.-P.). H2. Brown (YV ), 64, 447, 448, 559.
- Brown i, W.-H.). 64. Brown VS.). 623. Browne (J.). 63. Browne (T-B.). 175, 223.
- Buchanan. 287. Bucklin. 512. Buckwell. 223, 224, 287, 335, 511.
- Budd. 623, 624. Burch. 335.
- Burlon. 336.
- Bury. 399.
- Bush. 63.
- Busse. 112.
- Cail. 560.
- Callaway et Purkis. 224
- Campbell. 176, 559. Canlineau. 560. Cartali. 623.
- Carte. 448.
- Carier (K.). 287. Carier iH.). 448. Cary. 512.
- Cass. 288.
- Cavaillon. 64. Chambers. 224. Charneroy. 112, 511. Charnier, ni. Chandler. 623. Chapen. 64.
- Chapman. 511. Charlet. 56o. Charles-Iles. 560. Charpillon. 335. Chauffourier. 64. Chesterman. 224. ChererIon. 624. Christie (D.). 175, 287, 447.
- Christie (J,-H), 287, 335.
- Christophers.ne, 335. Church. 448.
- Clegg. 175. Clenchard. 448. Coûtes. 623.
- Cochrane (A.-B.). 335. Cochrane (M.). 399 , 400.
- Cohen. 288. Colegrave. 359. Colman. 624.
- Coll. 335.
- Connop. 559.
- Coombe. 64, 175, 223, 287.
- Cooper (A.’). 336. Cooper (J.R.). 175. Corliss. 400.
- Cormack. 400. Cotgreave. 529. Cotlam (A). 223. Coltam (G.). 64. Cowing. 336.
- Cowley et Hickman. 223.
- Cowper. ni, 223, 224, 287, 288, 335, 559, 623.
- Cox. 624.
- Crosley. 223.
- Crum. 223, 287. Currie 63.
- Curtis (L.-G.). 400. Curlis (YY\-J.). 448. Culler in.
- Culling. 400. Dalghtish. 559.
- Ballon (A.). 288. Ballon (J.). 336, 623. Bavies. 287.
- Bavis. 512.
- Bawson. 176.
- Bay(R.-K.). 63, 64. Buy (YV.-C.). ni. Beukin. 624.
- Be Angely. 623. Bebeaune. 560.
- Be Bergue. 511.
- Be Changy. 224.
- Be la Rue. 288, 447. Beldine- Haut. 560. Berosne. 560.
- Bevath. H2.
- Bevilles. 560.
- Be Weber. 512.
- Be Wille. 447. Bickson. 623.
- Bitlon. 64.
- Binsdale. 511.
- Bixon. 623.
- Bodge. 175. Bonislhrope. 223, 224, 287, 448, 559,
- Bonkin. 400. Borning. 336.
- Bouay. 560.
- Bouhet. 623.
- Brieu 64, 335. Brummond. 64. Bubochet. 511. Buburguet. 224. Bummler. 399. Buncan. 447.
- Bunn. ni. Bunnicliff et Bagley. 624.
- Buperrey. 224. Burieux - Fournier. 560.
- Ecarnol. 287.
- Eccles (J.) 63.
- Eccles (YV.et H.). 287. Edmonslun. 448. Edwards 175, 223. Elliott (W.-G.) 559. Elliot v W.). 512. Elliot (A.). 623.
- Ellis. 624.
- Ericsson. 400.
- Eltler. 512.
- Evans (E.). 175. Evans {F.-.T.). 511. Eeerill et Glydon. 624.
- Fairbairn. 287, 335. Faucille. 560. Fawcelt. 288.
- Fayrer. 336.
- Field. 335.
- Findlay. 63, 511. Finch (YV.), 288. Fink J.). 623.
- Finzel. 176, 223, 287. Fisher (S.). 287, 623. Fisher (G.). 5il. Filch. 176.
- Flügel. 112, 512. Fontaine. 560. Fontainemoreau. 63, 176, 223, 287, 335, 512, 559, 624.
- Foot. 624.
- Ford. 623.
- Forsler. 624.
- Fowler (J.). 447, 511. Fowler (B.-S.). 560. Frayer. 399.
- Fulter. 63, 64. Fulljames. 624. Furness. ni, 399. Galloway. 175, 399, Gardissàl. 560. Garrelt. 64.
- Gaston. 399, 447. Gatty. 623, 624,
- Gedge. 448,
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-
-
-
- Geeves. 64.
- George. 64,
- Gérard. 559. Gerhardt. 530.
- Gibbs. 559.
- Gibson. 63.
- Gilbert, jil.
- Gillard. 224.
- Gilletl. 176.
- Gilton. 560.
- Glasgow. 336.
- Mc Glasham. 175. Glydon. 624.
- Gobel. 512.
- Godefroy (P.-A.). 63. Godefrou (J.) 560. Goodall. 5ii. Goodfellow. 112, 399. Goodier. 64, lli, 223. Goodman. 512. Goossens. 560. Graham. 624. Grandjean. 560. Grant W.). 288. Grant (J.-H.). 511. Granlham. 63. Grassel 175.
- Green. 399. Greenway. 624. Greenwood. 63. Grenrille. 400. Griffiths (R.). 112. Griffiths t^T.). 175. Grimsley. 287. Grundy 63.
- Gwynne. 400.
- Haber. 56o.
- Ilacliing. 418. Jlackworlh. 288.
- Haig. m, 112. Haines. 223.
- Hall (B.). 64.
- Hall J.). 400, 512. Hamilton. 63. Hammond. 64. Hancock. 224. Handley. 175, 447. Hanson. 624. Harcourt (D ). 64. Harcourt (R.). 288. Harding. 624. Hardwick. 511. Hargreaves. 511. Harkort ( C. et G.). 112.
- Hartow. 623. Harrington. 64. Harris. 511.
- Hartas. 624.
- Haubold. 112.
- Heath. (J.-M.). 112. Heath (R ). 624. Hecker. 288.
- Hediard. 4oo, 447. Heindryckx. 511. Henley. 399.
- Hennig. 112.
- Henson. 224. Hermann. 560. Hetheringlon. 287. Heycock. 336.
- Heys. 623.
- Heywood. 111, 112. Hickman. 559. Higgins. 176, 447. Highlon. 399.
- HUI (.1 ). 44 7, 448.
- Ht II (F.-C.). 224, 447,
- 623.
- Hifchings. 64. Hobson. 288, 335.
- Hoby 623.
- Hoffmann (M.). 512. Hoffmann (L.). 112. Hoffmann (F.), 512.
- Holdsworth (A.-H.).
- 111.
- Holdsworth (R.). 448. Holgute. 448.
- Holland. 64, 111, 175. Holliday. 400.
- Uott (J.). 64, 223. Huit (Vf.). 287. Hopkins. 512.
- Horsfall. 44S.
- Horion. 400.
- Ilosking. 112.
- How. 63, 64.
- Hulett. 176.
- Hulot. 399.
- Humfrey. 511.
- Hunt. 624.
- Hunier. 400.
- Hurry. 559, 623. Hurst. 448.
- Hurwood. 559. Jackson (D.). 288. Jackson ^G ). 623, 624. Jackson (W.). 624. James. 448.
- Jnmieson. 176.
- Jaucle. 512.
- Jeffreys 400.
- Jenkins. 448. Jenkinson. 288. Jennison. 512. Johnson. 176.
- Jones. 112.
- Jordan. 223, 287, 335. Judkins. 112.
- Julitz. U2.
- Kandler et Beyer.
- 112.
- Kaplan. 112. Kauffman. 288. Keeliy. 559.
- Keely et Wilkinson.
- 224.
- Kenworthy. 63. Keymolen' 560. Kirkman. 175, 511. liirst. U2. linab. m.
- Knighi. 223, 287. Knowles. 63. Knowlys. 111 , 223 , 399.
- Kruck. 5,30.
- Laird kM.\ 336, 399. Laird (W.). 624. Lakin. 176.
- Laming 512. Lamplough. 224. Lamport. 624. Lalrobe. 288. tourne. 63, 64. Layton. 512.
- Le Bustier. 176, 623. Leggetl. 529.
- Le Gras. 287, 399. Lehman. 512.
- Leigh. 64,448. Lemaître. 111.
- Lenox. 400. Lewandowski. 560. Lieberkneckt. 512. Lighlloot. 176, 335. Lister. 64, 448. Lizars. 288.
- Loam. 63.
- Lobeck. 112.
- Loin. 560.
- Long. 336, 399.
- Lo Presli. 287, 623, Loomis. 64.
- Lorkins. 175.
- Lord. 63.
- Lowe. 176, 223.
- Lyle. 288.
- Lyman. 288,
- Macalpine. 623. Macfarlane. 111. Macfie. 624. Macindoe. 175, 223. Macintosh 287. 400. Mac Lardy. 511, 624. Mac Neiil. 111, 112,
- OQ7 SQQ
- Muffèi (Del. 512. Maillard (N.-D.). 176’. Maillard (J.-F.j. 559. Malo. 624.
- Malone. 2S8.
- Manly. 624 Manroth. 560.
- Marbe. 511.
- Mardi 111. Markland. 400, 623. Marriott. 175. Marsden(ï.). 112,399, 447.
- Marsden (C.). 175. Mason (J,). 175, 399. Mason (G.-L). 400. Mason (I.). 623. Malhew. 448. Mathieu. 560.
- May. 559.
- Mayo. 399, 400.
- Mc Alpin. 511.
- M c’ Donald. 336, 399. Mc Dougall. 223.
- Mc Naught. 447. McNicol. 624. Meadows. 175. Meginnis. 64.
- Memig. 224.
- Melchior. 560. Merbach. 112.
- Mercer. 176, 223. Meyer. 559.
- M’Donald (J.). 447. M’Glashan. 447. Michiels. 559.
- Miller. 559.
- Milligan. 448, 511. Mitwain. 336. Minesinger. 409. Mitchell ,T.). 623. Mitchell (E.). 624. Moal. 63.
- Montgomery. 447,287. Morey 112, 287. Morris. 223.
- Morse. 512.
- Mulbery. 63. Murdoch. 64.
- Napier (D. et J.-M.).
- 623.
- Nasmyth (G.). 175. Nasmyth J.). 111,448. Neilson 63. Neufcour. 560.
- Newey (J.-G.) etiVew-man (J.). 224. Newinghm. 336. Newlon( W.-E.63,ill, 175,176, 223, 224, 287, 335, 399, 511, 512, 559, 560 , 623,
- 624.
- Newton (A.-V.). 111, 176, 224, 399, 400, 447, 448, 559, 624. Nickels 336, 399. Nicholson. 560. NUzsche. 112. Noirsain 560, Norton. 175.
- Nye. 336.
- Oehmichen. 112, üqden. 624.
- Oldknow. 288.
- Oliver. 224. Ormerode. 400, 447.
- Oxland. 287.
- Page. 623.
- Pahl et Üevalh. 112. Palmer (F.-O.). 223. Palmer (W. ). 335 , 559.
- Palmer (G.-H.). 400. Paradis 287.
- Parkes. 223, 624. Parkinson. 64, 175 223. j *
- Parnall. 224. Paschke. 5i2. Patlinson. 63, 111. Pauwels. 511.
- Payne. 63.
- Peace. 175.
- Perklers. 560. Pecqueur. 112,, 447. Peppe. 400.
- Perry. 624.
- Petih 560.
- Pelrie. 175.
- Pet tilt. 559.
- Phillips. 111,447. Phipps. 5il.
- Picaull. 560.
- Pincoffs. 559, 623. Plant. 64, 335.
- Plaît. 514.
- Plotlner. 512. Plummer. 111, 175. Pôle. 624.
- Pomeroy. 448.
- Poole. 623.
- Potier 175.
- Poils. 64.
- Pownal. 224.
- Preece. 448.
- Preterre. 112. Prideaux. 111. Prillwilz. 112. Prislley. 288.
- Prosser. 511, Prulheroe. 559. Pulrermacher. 288. uinn. 400. adley. 559. Rarnsboltom. 448. llamsden. 399. Rassmus. 512.
- Read. 335 Recce. m.
- Reid. 511, 559. Rei/ert. 112. Reinhard. 336,447. Rémond. 63. 511. Renck. 560.
- Renkin. 560.
- Renlon. 447.
- Richards (G.-J.). 288-Richards (T.). 447. Richardson. 335, 336. Riepe. 399.
- Ringeisen. 176. Rister. 560.
- Rilchie. 223, 511. Robarls. 624. Robbins. 559.
- Roberts (H ). 288. Roberts (R.). 399. Roberts ( W ). 400. Robertson(l.-G.). 399. Robertson {Vf.}. 623, 624.
- Robinson (J.). 63, m, 175.
- Robinson (T.). 63. Robinson vG.-A.). 64, Rodgers. 64.
- Rodman. 288,
- Roe. 64.
- Roehn. 64.
- Rose. 64.
- Iloseleur. 448.
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- Rotenborg. 448, 623. Ross. 5li.
- Rotch. 448.
- Roth. 112.
- Rowley. 176.
- Rufford. 224, 623. Ruggles. 400.
- Russell. 399. Rulhven. 111. Samuel. 5n, Saiterlee. 400. Saunders. 624. Schenck 63. Schtarbaum. 112. Schlobach. 112. Schofield. 336. Scholle. 112. Schonherr. il2. Schreul. 112, 5i2. Scoffern. 400, 511. Sears. 336.
- Sell. 512.
- Seely. 511.
- Serionne (De). 400. Serre. 112.
- Sharpe. 624.
- Shaw 64.
- Shepherd (C.). » 75. Shepherd (J.). 447. Shove. 176.
- Shute. 288.
- Siddeley. 448. Sidebolloin (J,). 335, 624.
- Siemens. 512.
- Silas - Galsworlhy. 560.
- Simpson. 287, 336. Slack. 400.
- Siale. 335.
- Smilh (D.). 63.
- Smith 64, 387,
- 288.
- Smith {M.). 283. Smith (D.-M.). 288. Smilh (R.). 336. Soetens. 560. Spangenberg. 400. Spiller. 399. Spinhayer. 560. Spray. 288.
- Slaite. 175, 447. Stearns. 288. Stephens. 624. Slephenson. 448. Stevenson 623. Stillm n. 64.
- Stocker. 224.
- Stohrer. i 12. Stopporton. 624. Stovel 175, 176,447. Slraub. 112.
- Sturges. 224. Summers. 64.
- Swan. 399.
- Sykes (W.). 448.
- Sykes (J.). 624.
- T'albot 288.
- Tarling. 448.
- Talham. 559. Taunton 336 Taylor (W.-G.). 224, 287, 559.
- Taylor (YV.). 447. Taylor (J.). 448. Tehay 448. Templelon. 399. Terry. 112.
- Thom. 63.
- Thomas (W.). 1 il. Thomas{\\.). 624. Thomaschke. 112. Thompson B.).64,399. Thomson (R.-W.). 63, ni.
- Thomson (F.-H.).288.
- Thorneycrofl. 63. Todd. 4oo. Torkinglon. 176. Traux de IV a (De). 335, 336. Trossaert. 560. Tucker (H.). 223. Tucker (J.). 623. Tuckett. 176.
- Turner. 511.
- Urling. 560.
- Usher. 64, 335. Urwin. 63, 287. Vandercruyssen. 560. Varley. 448.
- Vaucher de Strubing. 287.
- Vidie. 223, 447, 559. Vignoles. m. fine 64.
- Vlack. 399.
- VouMon. 511.
- Vries. 624.
- Vuldy. (75.
- Waddell. 624.
- Walker. 64, 511. Wallace. 64.
- Waller. 112.
- Warner. 400. Warren. 175. Warwick. 624. Walerlow. 335. Walermarx. 288. Walson (H.). 176. Watson (.W. ). 512, 623.
- Weare 64, 624. Webster. 400.
- Wedder. 64.
- Weichelt. 112.
- Welch. 448.
- Welsh. 64.
- Westhead. 223.
- INOMS DES BREVETÉS
- HN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE DES
- 'Clo«P*s,n*
- BIBLIOTHÈQUE I
- Westrup. 336. Whiffen. 400.
- While (J.). 63.
- White (C.). 64.
- While (D.-B.). 336. White R.). 511.
- W hilehead. 559. Whilworth (T.-S. ).
- 176.
- Whilworth (J.). 288. Wieck. 512.
- Wiede. 112.
- Wiggin. 624.
- Wilding, 83, 335. Wiliauei. 560.
- W'H-x. 63.
- »' itkins. 448. Williams. 64. 447. Wilson (W.) 63. Wilson iJ -G.). 63. Wilson (J.-T.). 63. Wilson (G.-F.). m. Wilson (J.-B.). 224 , 5ii.
- Wilson (R.). 335. Wilson (A.). 448. Withworlh. 447.
- Wood (S.). 512.
- Wood (W.). 336. Woods. 64.
- Woolrich. 399. Worsdell. 224, 2S7. Wren. 175.
- Wyalt. 176.
- Wylde. 447.
- Wyse. 288.
- W'ythes. 288. •
- Yélti. 560.
- Young. 111, 447. Youil. 559.
- I w/e. 64, 223.
- ET PATENTÉS.
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