Le Technologiste : ou Archives des progrès de l'industrie française et étrangère
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- LE
- TECHNOLOGISTE
- TOME XXVIII. — VINGT-HUITIÈME ANNÉE.
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- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE F.T STÉRÉOTYPIE SAILLARD.
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- OU ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE ET ETRANGERE
- OUVRAGE UTILE
- AUX MANUFACTURIERS, AUX FABRICANTS, AUX CHEFS D’ATELIER, AUX INGÉNIEURS, AUX MÉCANICIENS, AUX ARTISTES, AUX OUVRIERS
- Et à toutes les personnes qui s’occupent d’Arts industriels,
- PAR UNE SOCIÉTÉ DE SAVANTS, DE PRATICIENS, D’INDUSTRIELS
- ET PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE 4
- M. F. MALEPEYRE
- TOME XXVIII. — VINGT-HUITIÈME ANNÉE.
- PARIS
- LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET,
- RUE IIAUTEFEUILLE, 12.
- 1867
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- ou
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
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- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Cubilot à air chaud.
- Par M. T. Summerson.
- Le but que s’est proposé l’auteur est d’économiser le combustible dépensé dans le service des cubilots des fonderies en utilisant la chaleur qui se développe dans la partie supérieure du fourneau pour chauffer le vent et en élever la température avant de le lancer dans le cubilot.
- A cet effet, M. Summerson disose à l’intérieur du corps du cu-ilot et à peu de distance au-dessous de son gueulard, trois ou un plus grand nombre de rangs concentriques de chambres ou de boîtes en fonte, au travers desquelles l’air doit passer avant d’être refoulé dans le fourneau. Chacune de ces chambres présente une section rectangulaire et entoure en entier les parois de ce fourneau en laissant un espace étroit entre la paroi postérieure des chambres et celle du cubilot, afin que les flammes puissent jouer et agir sur cette partie postérieure des chambres.
- Ces chambres sont placées les unes au-dessus des autres, avec un intervalle de quelques centimètres laissé entre elles, afin que la flam-
- me et les produits de la combustion puissent circuler librement en dessous. Le rang inférieur qui soutient les autres repose sur la chemise en briques réfractaires du cubilot au niveau de la porte d’alimentation.
- Le courant d’air froid produit par le ventilateur ou autre moyen, entre dans le rang inférieur des chambres par une ouverture, monte dans une chambre au-dessus par des passages disposés comme il convient pour cet objet. Cet air qui passe ainsi à travers et autour de chacune de ces chambres se trouve donc par ce moyen mis en contact avec toute l’étendue de la surface de chauffe.
- Dans le rang supérieur, sont percés deux ou un plus grand nombre d’orifices pour l’écoulement de l’air chaud qui est transporté aux tuyères par des tuyaux ; ou bien le courant d’air froid peut communiquer avec le rang supérieur des chambres et être refoulé dans le rang inférieur, où deux ou un plus grand nombre d’orifices sont ouverts pour charrier cet air chaud aux tuyères.
- La figure 1, pi. 325, est une section verticale d’un cubilot construit d’après ce principe.
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- Le Technologiste. T. XXVIII. — Octobre 1866.
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- La figure 2, une section prise par la ligne M,M de la ligure 1.
- La figure 3, une autre section prise par la ligne C,Dde la même figure.
- Les chambres à air présentent une section rectangulaire de 0ra.762 de hauteur sur 0m.100 de largeur à l’intérieur. Le rang inférieur est placé au niveau de la porte par laquelle on alimente le fourneau ou plus bas, suivant le vent dont on fait usage. Les chambres sont disposées à un intervalle de 0m.127 entre elles, afin de permettre à la flamme et aux produits de la combustion de circuler entre elles. Le rang inférieur de boîtes ou chambres, repose dans ces figures sur des potences en fonte boulonnées sur le corps en tôle du cubilot. Le courant a air froid entre dans le rang supérieur de ces chambres par une ouverture, et en descendant du rang supérieur dans celui inférieur, il est mis en contact avec toute la surface de chauffe que lui présentent les chambres. Enfin dans le rang inférieur on a percé deux ou un plus grand nombre d’orifices de décharge pour l’air chaud qui s’écoule par des tuyaux dans les tuyères.
- Sur le système de chauffage Daelen et son application aux chaudières à vapeur, aux cubilots, etc.
- Par M. R. Schmidt, ingénieur civil à Berlin.
- Le système de chauffage dit Daelen, pour lequel MM. A. Daelen et Ed. Freudenthal, ingénieurs civils, se sont fait patenter dans plusieurs Etats, a pour caractère général que dans l’emploi exclusif des combustibles bruts, tels que la houille, la tourbe, le bois, etc., on dispose dans chaque appareil deux feux, l’un pour gazéifier (carboniser) ces combustibles, l’autre pour brûler le combustible carbonisé,
- de manière à utiliser ainsi toute la chaleur qui est développée.
- Pour carboniser le combustible, on s’est servi d’un système de chauffage qui a été proposé en 1836 par M. Dumery, ingénieur à Paris, mais qui avait été abandonné dans la pratique à raison de la disposition compliquée des appareils. Tandis que dans les chauffages ordinaires on projette ou amène sur le feu l’air atmosphérique qui afflue ainsi des parties brûlées (inférieures) sur celles qui le sont moins ou ne le sont pas du tout (supérieures), l’air, au contraire, dans le principe de M .Dumery, est amené dans la direction des parties les moins brûlées du combustible, sur celui qui se trouve à l’état de plus vive incandescence.
- Les avantages de ce système de combustion sont importants. Ainsi, tandis que dans la méthode actuelle l’air atmosphérique est mis en contact d’abord avec les portions en pleine incandescence, puis ensuite avec celles à l’état gazeux, dans le nouveau mode, cet air frais est au contraire mis d’abord en contact avec les éléments gazeux du combustible, s’y mélange intimement, et ce n’est que lorsque ces éléments gazeux sont complètement brûlés qu’il vient traverser le combustible en pleine ignition.
- On parvient donc ainsi, avec des quantités d’air modérées, à obtenir une combustion plus parfaite que par le mode ordinaire de chauffage, et, en outre, il est bon de faire remarquer que dans cette méthode les chargements en combustibles frais compromettent moins la marche normale d’un fourneau que dans l’ancienne.
- Pour éviter les redites, nous appellerons dans la suite le mode de chauffage d’après le principe de M. Dumery, mode à tirage renversé, et celui ordinaire, mode de tirage ordinaire.
- Dans le système de chauffage Daelen, on a combiné heureusement, ainsi que nous l’avons déjà annoncé, les deux méthodes. Pour
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- brûler le coke qui s’est formé, on se sert de la méthode ordinaire, et our la carbonisation du combusti-le du tirage renversé. Or, comme on sait que pour la combustion des gaz il faut des quantités d’air plus considérables que pour la carbonisation des maieriaux,il en résulte, outre les avantages déjà signalés et qu’assure le chauffage à tirage renversé, cet autre profit que les quantités d’air à introduire peuvent être réglées conformément à l’état du combustible, et par conséquent qu’on peut entretenir le feu avec moins d’air que dans un chauffage ordinaire. Dans les opérations métallurgiques qui jusqu’à présent ont été presque exclusivement exécutées avec des matériaux carbonisés, on doit en outre prendre en considération cette circonstance, u’en opérant ainsi un partage entre es modes différents de chauffage, les produits de la combustion des gaz sont rendus d’une innocuité complète.
- Le chauffage Dealen pour chaudières à vapeur qui repose sur le principe énoncé précédemment, a été porté déjà à la connaissance des lecteurs par M. le professeur Rühlmann, et on le trouve décrit et figuré dans le Technologiste. tome 27, p. 547, pl. 322, fig. 16-19, avec les expériences qui ont servi à en constater les avantages.
- M. Daelen considère aussi son nouveau mode de chauffage non-seulement comme utile pour les chaudières à vapeur, mais aussi comme pouvant être appliqué d’une manière profitable à d’autres chauffages, par exemple aux cubilots, aux hauts-fourneaux, aux fours à souder, etc. L’économie sur les frais du combustible doit, avec ces fours et fourneaux, être d’autant plus notable que ceux-ci ont été presque exclusivement chauffés jusqu’à présent avec des matériaux carbonisés dont le prix est bien lus élevé que celui des combusti-les bruts et qui n’est pas toujours en rapport avec l’excédant de cha-
- leur qu’ils fournissent. Malgré qu’on ne possède pas encore de résultats sur l’installation de ces sortes d’appareils, nous donnerons néanmoins, à raison de l’intérêt ue la chose doit inspirer au mon-e industriel, la description d’un projet de cubilot établi suivant le système Daelen.
- Ce cubilot est représenté en coupe verticale et transversale dans la figure 4, pl. 325, et en coupe aussi verticale, mais sur sa longueur, dans la figure 5.
- Disons d’abord d’une manière générale que le fourneau est établi de façon que le combustible brut y est carbonisé dans des cuves particulières et que la flamme qui résulte de cette carbonisation agit en premier lieu sur le fer comme celle d’un four à réverbère, en même temps que le laboratoire propre où a lieu la fusion est organisé à la manière ordinaire.
- La chaleur perdue dans ces deux modes de combustion chauffe en outre une chaudière à vapeur qui sert à mettre un ventilateur en activité et se rend enfin dans une cheminée.
- D est un laboratoire du fusion construit comme il vient d’être dit sur le modèle ordinaire. Au-dessus de ce laboratoire sont disposés trois cuves ou puits, à savoir les deux puits F,F’, qui sont inclinés l’un vers l’autre, lig. 4, et le puits C. Le chauffeur peut avoir accès dans chacun de ces trois puits par des portes k,k, ainsi que par des orifices de tisage Le chargement de ces puits s’opère au moyen de trémies /t,ù, et chacun d’eux est pourvu d’un porte-vent c. Vis-à-vis le puits C se trouve la sole E du four à réverbère auquel le fondeur a accès par des portes, tant pour la charger en fer que pour pousser la charge dans la capacité de fusion. Le prolongement du four à réverbère forme des carneaux pour le chauffage de la chaudière à vapeur A, carneaux qui débouchent enfin dans la cheminée B. La grille a sert au chauffage de la chaudière
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- à vapeur avant que le cubilot soit mis en marche.
- Pour mettre ce cubilot en activité, on allume un feu de bois dans le puits C, et lorsque ce bois est en pleine combustion on charge avec de la houille. Après la carbonisation de celle-ci, on la pousse par les portes K,K dans le laboratoire et on poursuit cette opération jusqu’à ce que le laboratoire soit rempli de coke jusqu’à la ligne m,m. Dès lors le puits G n’a plus de fonctions à remplir, et pour opérer la carbonisation de la nouille et le chargement du laboratoire, on a recours aux deux puits F et F’, au moyen desquels ce chargement s’opère de lui-même.
- Quant à des détails spéciaux sur la marche, le travail et l’exploitation de ces cubilots, nous ne pouvons pas pour le moment entrer dans plus d’explications.
- L’inventeur, en partant d’une production annuelle de 15,000 quintaux métriques de fer fondu dans un cubilot ordinaire, brûlant du coke, a cherché à calculer l’économie que procure son nouveau fourneau, en tenant compte dans ses calculs de l’emploi de la houille qui est à plus bas prix et des économies qui résultent d’une combustionplus parfaite, d’une moindre dépense d’air, d’un ventilateur mis en activité sans frais, des risques moindres de brûler le fer par la modération du tirage, de la faible proportion des résidus et d’une distribution moindre de chaux, a trouvé que son fourneau doit, tout calcul fait, procurer en Allemagne une économie nette annuelle de 4,440 thalers (16,472 fr.).
- Sans être en mesure de contrôler ces calculs et même sans admettre d’une manière absolue quelques-unes de ces économies, du moins sans en discuter le chiffre, il nous semble que l’emploi de ce cubilot Daelen devra être avantageux dans la pratique et mérite ainsi de fixer l’attention de l’industrie. Enfin une dernière qualité qu’on ne saurait lui refuser c’est
- qu’il est bien moins dangereux sous la rapport des incendies que tous les fourneaux de ce genre proposés jusqu’à ce jour.
- Epuration du platine.
- Par M. E. Sonstadt.
- On connaît, dès qu’on a fait usage de creusets de platine, la disposition de ce métal à s’allier fort au-dessous de la température à laquelle il entre en fusion avec d’autres métaux. Personne n’ignore non plus que le fer, etc., qui est absorbé par le platine, quand on traite par exemple par l’acide chlorhydrique, et même quand on chauffe dans le bisulfate de potasse, n’est enlevé qu’à la surface. Dans son mémoire sur le poids atomique de l’argent, M. Stass dit qu’il n’est parvenu à débarrasser ses vases de platine du fer qu’ils avaient absorbé, qu’en les exposant à la chaleur rouge en contact avec des vapeurs de sel ammoniac. Ce procédé a besoin d’être répété jusqu’à ce que cesse la formation d’un sublimé jaune. Ce moyen est moins efficace ou plutôt moins commode et ne conduit pas aussi promptement au but que dans la modification que je vais recommander plus bas d y apporter, car lorsque les vapeurs ammoniacales sont développées dans le vase à épurer au moyen d’un sel cristallisé ou pulvérisé, la température du vase, à raison de l’absorption qui a lieu par l’évaporation du sel ammoniac, s’abaisse et reste au-dessous de celle qui serait nécessaire pour la formation facile et rapide du chlorure métallique volatil.
- Au lieu du sel ammoniac, je propose, pour épurer ces vases, de se servir du chlorure ammoniaco-magnésien à l’état sec et de chauffer environ une heure presque jus-u’au point de fusion de la fonte e fer. Le fourneau de M. Gore
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- (V. Le Technologiste, t. 25, p. 118) m’a semblé très-commode pour cet objet. Dans ce procédé il se développe non-seulement plus longtemps de ce sel double delà vapeur de chlorure d’ammonium à une température qui est bien plus élevée que celle à laquelle le sel ammoniac seul se volatilise, mais de plus après l’expulsion complète du chlorure d’ammonium, le chlorure de magnésium qui reste est décomposé par la chaleur, avec dégagement de chlore libre et souvent formation de périclase qui se dépose sur les bords du creuset sous forme d’une croûte cristalline.
- Le platine ainsi épuré est plus mou et plus blanc que le platine ordinaire du commerce, et le procédé n’est pas seulement applicable à l’élimination du fer, mais on eut rétablir aussi parfaitement ien les creusets qui, par l’action delà flamme, se sont noircis etsont devenus cassants, ainsi que les creusets qui ont eu à souffrir lors de la fusion des silicates avec le carbonate de soude.
- Enfin, je ferai encore remarquer avec quelle extrême facilité le platine se salit quand on le chauffe en contact avec des matières qui ne renferment même qu’une très-faible quantité d’une substance propre à attaquer le métal. Ainsi, par exemple, un creuset de platine brasqué avec de la magnésie du commerce et soumis pendant longtemps à une haute température est manifestement impur, tandis qu’un de mes creusets que j’ai employé dans une série entière de calcinations à une chaleur intense et brasqué avec de la magnésie chimiquement pure s’est si complètement conservé que son poids primitif s’est maintenu constant à un dixième de milligramme près.
- Fabrication du carbonate d'ammo-niaque du commerce.
- Par M. J.-C. Bell.
- Le carbonate d’ammoniaque est préparé actuellement, du moins dans les fabriques anglaises, au moyen de la décomposition du sulfate d’ammoniaque ou du sel ammoniac par la craie ordinaire, mélange qu’on chauffe dans des cornues et soumet à la sublimation.
- Pour préparer le sulfate d’ammoniac on utilise l’ammoniaque contenue dans les eaux des usines à gaz. On chauffe ces eaux de gaz et on chasse ainsi presque toute l’ammoniaque qui est volatile, qu’on fait passer dans de l’acide sulfurique. Le résidu est extrait des chaudières et travaillé pour en extraire le carbonate d’ammoniaque. On neutralise ce résidu avec la petite quantité d’acide nécessaire et on évapore dans de grandes bassines hémisphériques en tôle montées dans un fourneau jusqu’à cristallisation. Dès que la liqueur a atteint le degré de concentration suffisant, on la laisse refroidir pour qu’il s’en dépose des cristaux ou bien on la verse encore chaude dans des cris-tallisoirs. Les eaux mères étant évacuées, les parois de ces bassines ou de ces cristallisoirs apparaissent tapissées de cristaux d’un noir intense qui sont des prismes quand on a employé l’acide sulfurique à la neutralisation, et de forme cubique quand on s’est servi de l’acide chlorhydrique.
- Les cristaux sont puisés dans les bassines, lavés avec des eaux-mères, redissous avec emploi de la chaleur etmis à cristalliser dans des rafraîchissoirs. Dans cette dernière dissolution il se dépose un précipité plus riche en matières étrangères interposées mécaniquement dans les cristaux. Ces cristaux qui, après qu’ils ont été désséchés, présentent une couleur blanc sale, sont prêts à subir l’opération suivante qui doit les transformer en carbonate.
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- Pour opérer cette transformation, on se sert de cornues en fonte ayant la forme d’une mouffle oblon-gue d’environ 2 mètres de longueur sur 0m.450 de diamètre, dont le devant qui est rond peut être fermé par une porte en fer assujettie par des boulons. Trois de ces cornues sont, sous une disposition triangulaire, établies dans un fourneau et chauffées par un même feu. Elles communiquent par des tuyaux en fer avec une chambre en plomb qu’on appelle ballon, qui a 2 mètres de hauteur, 2m.40 de longueur et 0m.75 de largeur. Ces ballons sont disposés sur un rang parallèle à celui des cornues et reposent sur des bâtis où ils sont maintenus par des bandes en fer. Sur le fond de chaque ballon est un petit tube qui reste constamment ouvert dont il se dégage de la vapeur d’eau et d’où coule continuellement pendant le travail une solution concentrée de carbonate d’ammoniaque qu’on recueille et sublime. Sans ce tube de sûreté , la pression dans le ballon deviendrait tellement élevée que celui-ci pourrait s’entr’ouvrir. Le chauffage des cornues exige beaucoup de précaution, car il est difficile, en cas de température trop élevée, d’éviter des accidents graves.
- Les cornues sont chargées toutes les 24 heures avec un mélange de carbonate de chaux sous forme de craie et de sel ammoniac. La craie est préalablement desséchée vivement surune plaque en fer chauffée dans la partie supérieure de la chauffe. Toutefois, ces cornues ne sont pas toutes chargées à la fois et en même temps, attendu que dans beaucoup de fabriques, on a jusqu’à cinq ou six batteries composées chacune de trois cornues et d’un ballon, autrement le travail serait trop pénible et exigerait un personnel trop nombreux. En conséquence, une cornue de chaque batterie est chargée au même moment ; la première à 7 heures du matin, la seconde à 41 heures et
- la troisième à 3 heures du soir; de façon que dans cet intervalle de temps toutes les cornues reçoivent un chargement. La charge est introduite dans les cornues avec de longs outils en fer, qu’on y pousse par les ouvertures percées dans les portes; on l’y brasse avec soin pour favoriser la décomposition du mélange.
- Avant de procéder à un nouveau chargement, il faut nettoyer les tuyaux de communication qui conduisent aux ballons, qui s’obstruent aisément. Les résidus qui se composent principalement de chlorure de calcium, sont ramenés avec des crochets dans des vago-nets en fer et jetés sur un terrain inculte. Le nouveau chargement, ordinairement composé de 2 parties de craie et 1 partie de sel ammoniac, est pesé avec soin, mélangé aussi intimement qu’il est possible, et introduit vivement dans la cornue; on ferme alors la porte, on la lute et on donne le feu.
- Après que les cornues sont restées environ 45 jours en activité, on ouvre les ballons. Le carbonate d’ammoniaque, encore plus ou moins impur, tapisse en croûte épaisse dans laquelle on distingue ordinairement plusieurs couches diversement colorées, les parois, le fond et le couvercle du ballon. Les impuretés consistent principalement en carbonate de chaux et chlorure de calcium mélangés mécaniquement. Le sel est gratté sur les parois du ballon, qui est prêt alors pour une nouvelle campagne de quinze jours. Lorsque les ballons n’ont pas les dimensions requises, il y a beaucoup de sel entraîné avec la vapeur d’eau, ce qui cause de grosses pertes. Sur chaque ballon est un regard fermé par une cheville en bois, par lequel on observe la marche de la sublimation.
- Le sel impur est transporté dans les bassines à sublimation, qui sont en fer, ont environ 4ra.80 de longueur sur 0'“.75 de profondeur, avec une largeur au fond de 0ra.78,
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- sur le bord supérieur de 0m.60 seulement, et sont fermées par deux plaques en fer. Chacune de ces plaques est pourvue de quatre ouvertures de 0m.30 de diamètre et espacées entre elles aussi de 0m.30, sur lesquelles on pose des vases en plomb de forme conique, chapiteau ou récipient à couvercle plat. Un récipient de ce modèle se compose d’une feuille de plomb dont les deux extrémités rapprochées, sont maintenues assemblées par des pinces et des clavettes, et sur laquelle on lute un disque rond de feuille de plomb ; ils ont environ 0,n.60 de hauteur. Les bassines à sublimation en fer sont entourées d’une maçonnerie et pourvues d'un foyer à chaque extrémité.
- On les charge tous les quinze jours; d’abord on y verse une certaine quantité d’eau, puis on y introduit le carbonate d’ammoniaque qu’on veut sublimer. On lute les récipients sur leurs ouvertures respectives et on fait un feu doux.
- Le réglement de la température exige la plus grande attention, car, comme le sel se sublime entre 49° et 54° C., il faut que la chaleur ne s’élève pas trop haut. Dans les récipients placés aux extrémités, est pratiqué un petit regard qu’on peut fermer, et à travers lequel on peut observer si la température est trop élevée, cas dans lequel on modère le feu ; pour s’assurer du degré de cette température, on emploie un thermomètre ordinaire.
- Au lieu de bassines rectangulaires en fer, on emploie aussi avec avantage des pots à sublimation distincts avec chapiteaux ou récipients en plomb, pots qui sont insérés dans la maçonnerie et chauffés par un canal de décharge du four aux cornues ou par un bain-marie.
- Au bout de quinze jours les récipients en plomb sont tapissés d’un sublimé épais de carbonate d’ammoniaque purifié plus ou moins complètement; on les enlève et on les ouvre en détachant les pinces et les clavettes. La cou-
- che extérieure de la masse saline obtenue est la plupart du temps assez impure, on la gratte donc avec soin, puis on brise le sublimé et on l’emballe, la plupart du temps dans des vases en grès, pour le livrer au commerce.
- Les récipients en plomb sont lavés avec soin et remis en place.
- On puise une petite portion de la liqueur de résidu que contiennent les bassines à sublimation, mais on en laisse la plus grande partie. Après que ces bassines ont reçu une nouvelle charge de carbonate brut, on lute les récipients et l’opération recommence.
- Fabrication et application des sels de chrome.
- Par M. J.-H. Chauuet, de Rouen.
- L’acide sulfureux est un puissant réducteur des corps oxygénés et possède la propriété de ramener à l'état de base l’acide chromique isolé ou en combinaison. En faisant passer un courant d’acide sulfureux dans une solution d’un chromate quelconque, l’acide chromique est désoxvgéné et ramené à l’état d’oxyde de chrome. Il se forme ainsi de l’acide sulfurique qui se combine à l’oxyde de chrome qui a été produit, ainsi qu’à la base primitivement combinée avec cet acide. Dans cette réaction, indépendamment dessulfatesformés, il se produit aussi une certaine quantité de sulfites.
- C’est cette conversion des chromâtes en sulfites et en sulfates, que M. Chaudet a essayé d’utiliser pour obtenir principalement les sels de chrome. Voici la manière dont il opère :
- Dans une cornue en fonte formant la continuation du porte-vent d’une machine soufflante, il introduit une certaine quantité de soufre qu’il enflamme. Cette cornue communique avec le vase laveur
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- qui conduit au réducteur contenant le chromate en solution. En mettant l’appareil de soufflerie en action, l’acide sulfureux, produit par la combustion du soufre est chassé dans la solution de chromate qui l’absorbe, et l’azote de l’air atmosphérique se dégage de lui-même de l’appareil.
- Si on se sert de bichromate de potasse ou de soude, il se forme des sulfates et des sulfites de chrome et de potasse ou de soude, qui restent en solution; si on se sert de chromate de chaux, il y a formation de sulfate de chaux qui se précipite, et de sulfate de chrome qui reste dissous. Il en est de même avec les chromâtes de plomb et de baryte.
- Si on ajoute aux chromâtes l’équivalent en acide sulfurique de la base combinée avec l’acide chro-mique, il ne se forme pas de sulfites et l’opération est plus rapide.
- C’est au moyen des sels dechaux, de baryte et de plomb, que- M. Chaudet obtient du sulfate de chrome d’une qualité très-pure, en séparant par filtration les sulfates solubles qui se forment en même temps. Mais il préfère faire usage du bichromate de chaux qu’il obtient directement du traitement du minerai de chrome par la chaux.
- Il est facile de produire économiquement l’hydrate d’oxyde de chrome au moyen du sulfate obtenu comme on vient de le dire; pour cela il suffit de le précipiter au moyen de l’ammoniaque ou des carbonates alcalins. Cet oxyde de chrome peut être employé avantageusement à colorer le verre et la porcelaine.
- Le sulfate et l’azotate de chrome peuvent servir de mordants pour la soie et la laine, afin d’obtenir des nuances entièrement nouvelles avec les diverses matières tinctoriales. Quant au coton et autres matières textiles végétales, M. Chaudet se sert des acétate, citrate et tartrate de chrome, qu’il obtient par double décomposition.
- Voici les colorations que donnent les sels de chrome employés comme mordants avec les matières tinctoriales suivantes : campêche, bleu etbleu-noir; bois rouge, rouge-violet; santal, rouge; bois jaune, jaune d’or; quercitron, jaune clair; vouède, jaune émeraude; graine de Perse, couleur paille; roucou, couleur de chair; curcuma, jaune-laiton; fustet, jaune-brun, acajou; garance,rouge fauve; noix de galle, brun fauve; sumac,brun-jaune; cachou, terre de Sienne; cochenille, rouge-pourpre; carmin, rouge-carmin; aniline, violet et fuchsia; prus-siate jaune, vert; orseille, rouge-violet; prussiate rouge, bleu.
- Par l’emploi des sels de chrome (sulfate, azotate, acétate de protoxyde et de sesquioxyde de chrome) comme mordants, on obtient des couleurs solides, qu’il n’est pas possible de se procurer avec les mordants employés jusqu’ici; par exemple, les couleurs ne virent plus au vert quand on les expose à l’air, comme celles que donnent l'emploi du bichromate de potasse.
- Cette différence dans la solidité des couleurs s’explique de la manière que voici :
- Quand on fait usage du bichromate de potasse ordinaire comme mordant, l’acide chromique du sel oxyde la matière textile et le colorant appliqué, de manière que cette même matière colorante se consume et se détruit elle-même par cette énergique oxydation produite par l’oxygène provenant de l’acide chromique. Cet acide, en abandonnant son oxygène à la matière colorante, se transforme lui-même en oxyde de chrome, qui est naturellement vert. Il s’ensuit que la matière colorante étant plus ou moins détruite, l’oxyde vert de chrome apparaît, et la couleur primitive passe au verdâtre. Il n’en est pas de même quand on emploie le chrome à l’état d’oxyde ou de base comme mordant, l’affinité de l’oxyde de chrome pour le textile et les matières colorantes étant
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- très-énergique, il en résulte des composés ternaires inaltérables et où chacun des éléments qui les composent se trouvant fixés, n’ont plus aucune tendance à se changer mutuellement et à se détruire eux-mêmes.
- Afin de simplifier l’application de l’oxyde de chrome, comme mordant, M. Ghaudet s’est attaché à produire la conversion de l’acide chromique en oxyde de chrome sur certaines matières textiles telles que la laine, en employant du bichromate de potasse comme mordant, et est arrivé au résultat désiré, en mettant en contact la matière textile, mordancée par le bichromate de potasse, un corps réducteur tel que l’acide sulfureux, les sulfites alcalins, les acides organiques, l’alcool, le sucre et ses congénères, ainsi que d’autres corps possédant la propriété de ramener l’acide chromique à l’état d’oxyde; après cette opération, la substance est lavée, puis teinte en la couleur désirée. La conversion au moyen des réducteurs, de l’acide chromique en oxyde de chrome, sur les matières textiles, fournit des couleurs semblables à celles obtenues par l’emploi des sels de chrome comme mordants.
- Pour avoir des couleurs mélangées, on se sert d’un mordant avec plusieurs matières colorantes, et parfois, de plusieurs mordants avec un ou plusieurs colorants. Ges nuances peuvent être obtenues en se servant simultanément des mordants de chrome Chaudet, conjointement avec les anciens mordants connus.
- Fabrication du phénol sodique (1).
- Le goudron de houille est,comme on sait, un mélange de produits empyreumatiques divers. Ce mé-
- (t) Extrait d'un rapport fait par M. Kuhl-mann à la Société industrielle de Mulhouse.
- lange n’a rien de constant. La proportion et la nature de ses éléments varie avec l’origine de la houille qui l’a fourni, avec la manière dont la distillation a été conduite. On peut néanmoins les partager en deux groupes au point de vue de l’exploitation industrielle, les huiles lourdes et les huiles légères.
- Ges dernières, plus connues sous le nom générique de benzines, sont lepoinL de départ de cette brillante série de couleurs qui ont fait une révolution dans l’art de l’impression des tissus et qui sont d’autant plus estimées qu’elles ont été mieux dépouillées des éléments du premier groupe.
- Les huiles lourdes dont le point d’ébullition est supérieur à 200°, se distinguent en outre par leur réaction acide et leur aptitude à se combiner avec les alcalis fixes, tandis que les benzines sont neutres.
- Elles ont pour type l’acide phé-nique, corps cristallisable et de f composition définie, et servent de point de départ à l’acide phénique et à une autre série de couleurs.
- Partant de cette donnée, M. Bo-bœuf traite le goudron de houille par une lessive de soude caustique. La réaction a lieu à froid. Les huiles lourdes se dissolvent dans la liqueur alcaline, tandis que la benzine surnage. Il n’y a plus qu’à la décanter et à la rectifier.
- Ainsi, au lieu de soumettre directement à la distillation le produit brut des usines à gaz, opération longue, pleine de dangers, et dont le produit parfois ne paie pas les frais, on sépare à froid et en peu d’heures les produits volatils de ceux qui le sont moins.
- Le départ de la benzine se fait ainsi avec une grande économie de temps et de combustible et avec moins de dangers. Ce produit permet en outre d’apprécier par un essai rapide la valeur industrielle d’un goudronquelconque.il transforme cette matière visqueuse, inflammable et caustique en une li-
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- queur miscible à l’eau et d’un maniement plus facile.
- C’est ce savon de goudron liquide que M. Bobœuf appelle phénol sodique et qu’il recommande à. la fois à la médecine, à l’industrie et à l’agriculture.
- Transformation de l'acide oléique des fabi'iques de bougies stéariques en acide palmitique.
- Par M. F. Jünemann.
- Dans le couvercle d’une cuve en bois, on insère plusieurs vases en grès de manière à ce que tant le couvercle de cette cuve que les vases sur le couvercle soient fermés hermétiquement. Sur le fond de cette cuve, règne un serpentin qui amène la vapeur.
- A l’acide oléique versé dans les vases en grès, on mélange 10 pour 100 d’acide azotique, on fait arriver par le serpentin de la vapeur d’eau et de préférence de la vapeur surchauffée, afin d’élever la température de l’acide oléique jusqu’à 100° C., puis on y ajoute peu à peu 1 pour 100 d’amidon pulvérisé. Il se développe ainsi une mousse considérable, et la masse, après avoir été maintenue pendant une heure à la même température, est puisée, versée dans une autre cuve et bouillie à la vapeur avec un excès d’eau.
- Si ces deux opérations ont réussi, l’acide oléique doit être transformé en une masse concrète, jaune clair, entrant en fusion à 45° C. (acide élaïdique), et, s’il en est ainsi, on procède à la seconde partie du travail.
- Dans une chaudière en fer, on introduit une seconde chaudière en cuivre, en laissant entre elles un intervalle de 5 centimètres qu’on remplit avec de la paraffine fondue. Dans la chaudière intérieure plonge un thermomètre qui, pour le garantir de toute avarie, est jusqu’au
- niveau de son échelle inséré dans un tube en cuivre. Ce tube est également rempli de paraffine.
- Dans cette chaudière intérieure, on verse l’acide élaïdique mélangé à parties égales avec de la chaux hydratée. On prépare cet hydrate en arrosant de la chaux vive avec une dissolution bouillante de potasse caustique, qui délite cette chaux en une poudre fine qu’on doit employer aussitôt.
- La chaudière extérieure est alors chauffée, jusqu’à ce que la matière grasse contenue dans celle intérieure atteigne une température de 220 à 230° G., température à laquelle et en agitant constamment avec une palette en fer, on la maintient pendant 7 à 8 heures.
- Au bout de ce temps, on lève de petits échantillons afin de constater par voie de décomposition par l’acide sulfurique étendu, si toute la matière grasse a été convertie en acide palmitique. Si on a réussi, on procède à la troisième opération; en cas contraire, on prolonge encore le chauffage pendant quelque temps, et jusqu’à ce qu’on ait atteint le résultat cherché.
- Pendant la marche de l’opération qu’on vient de décrire, il faut disposer au-dessus de la chaudière une hotte en tôle qui débouche dans une cheminée qui tire bien, afin que les gaz, l’hydrogène, l’acide sulfurique, le gaz des marais et des traces d’acroléine puissent être entraînés.
- La dernière opération consiste à introduire la masse grasse dans un appareil distillatoire particulier, dont l’auteur présentera plus tard une description, et à la distiller dans le vide sous l’action d’un courant très-abondant de vapeur surchauffée.
- La matière qui distille est de l’acide palmitique pur, formant une masse concrète, blanche, fondant à 62° C. qu’on peut employer à la fabrication des bougies stéariques de première qualité.
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- Distillation des hydrocarbures.
- Par M. W. Cormack.
- Le but de cette invention est d’obtenir des hydrocarbures liquides au moyen d’un appareil qui facilite leur fabrication et permet d’employer une température beaucoup plus basse que celles appliquées jusqu’à présent.
- Dans ce procédé, on place les matières solides ou demi-solides qu’on veut distiller dans des cornues chauffées à l’extérieur comme à l’ordinaire, mais au lieu d’employer un feu pour séparer l’huile et un autre feu supérieur pour la vaporiser et la chasser, on ne se sert que du feu intérieur pour la séparation de l’huile, et alors celle-ci est chassée de la cornue par un jet d’air, de gaz ou de vapeur d’eau, seuls ou combinés, surchauffé, ou autrement, projeté près de la surface des matières qu’on distille. Ce système empêche l’huile d’être brûlée ou détériorée et permet de l’obtenir en quantité plus considérable et d’une qualité supérieure.
- On place un tuyau percé de trous à l’intérieur de la cornue, tuyau qui est ensuite hermétiquement fermé dans le haut, puis les gaz qui se développent pendant la distillation expulsent de haut en bas l’hydrocarbure liquide dans des récipients, de façon que les produits de cette distillation renfermés dans la cornue deviennent les principaux agents de propulsion pour les huiles ou autres produits dans cette distillation descendante.
- La figure 6, pl. 325, est une vue en élévation d’une cornue verticale employée à cette distillation, per descensum.
- La figure 7 en est une section verticale.
- La cornue se compose d’un corps en métal a, a, entouré tant intérieurement qu’extérieurement d’une enveloppe b, b et c,c composée de briques réfractaires, d’argile apyre
- ou autre matière analogue. Entre l’enveloppe c et la maçonnerie extérieure de briques d, d, il existe trois carneaux e,f,g qui diminuent graduellement vers le haut. Sur le fond de la cornue est placée une plaque en métal h percée de trous, dont on voit le plan dans la figure 8. A cette plaque, se rattache une porte extérieure i qui joue à charnière d’un côté sur l’essieu.;, lequel porte des roues k,k roulant sur des rails l. Entre cette plaque et la porte sont des montants ou des tubes m pour maintenir leur distance, et ces deux pièces se trouvent combinées entre elles au moyen de chaînes qui passent sur des poulies o,o et sont équilibrées par des contre-poids p,p. Quand on veut fermer le fond de la cornue, on place un lut de terre grasse sur les parties q,r et les poids p sont descendus jusqu’à ce que ces deux pièces soient mises en contact et puissent être fortement maintenues ensemble par un grand nombre de presses ou de pinces dont l’une d’elles est vue en s. On peut aussi remplacer les poulies et les poids par le treuil qu’on voit en as.
- Au centre de l.a porte de fond i, descend un tuyau t qui conduit au récipient des produits de la distillation, et sur ce tube en est assemblé un autre u dont l’extrémité inférieure plonge à une profondeur convenable dans l’eau ou autre liquide et qui remplit les fonctions d’appareil de sûreté ; en effet, s’il existe quelque engorgement entre la cornue et le récipient, les matières distillées s’échappent à travers l’eau, ce qui prévient toute avarie dans la cornue.
- Dans l’intérieur de cette cornue s’élève un tuyau v percé de trous, maintenu en "place dans le bas sur un appui w disposé sur la plaque perforée et dans le haut par une traverse x. La cornue est close hermétiquement au sommet par un couvercle y avec trou d’homme s, luté comme il convient, et au centre du couvercle de ce trou est une
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- ouverture avec tamponnage pour recevoir un thermomètre a4.
- Lorsque le fond de la cornue est fermé par la plaque et la porte combinées, et que cette cornue est chargée de houille ou autre matière qu’on veut traiter, on fait circuler la chaleur dans les carneaux e,f,g, et le gaz qui se dégage fait passer les hydrocarbures liquides à travers la masse de houille ainsi que par le tube, la plaque perforée et le tuyau t dans le récipient.
- Aussitôt que les produits volatils ou liquides sont extraits, on relâche les pinces, on abaisse la plaque et la porte combinées qu’on repousse sur les rails sur l’un des côtés, afin de pouvoir décharger le coke, ou les résidus de la distillation.
- Lorsqu’on fait usage de l’air atmosphérique, des gaz ou de la vapeur d’eau pour faciliter l’évacuation de l’huile ou de l’hydrocarbure liquide, on dispose un tuyau b1 sur le couvercle du trou d’homme et on refoule cet air, ce gaz ou cette vapeur à travers la masse de matière, puis après que l’huile ou l’hydrocarbure ont été évacués, si on veut produire une qualité supérieure de coke, on enlève le tuyau central et on introduit cet air, ce gaz ou cette vapeur pendant un temps suffisant pour carboniser et purifier le contenu de la cornue. Par ce moyen, on chasse l’acide sulfhydrique gazeux et autres impuretés qui s’échappent par le trou d’homme dont on a enlevé le couvercle ou bien qu’on peut conduire dans une chambre où on les condense.
- La figure 9 est la section du récipient disposé sur le fond de la cornue pour recevoir les produits liquides plus lourds, tandis que ceux plus légers sont entraînés dans un condenseur ou autre vase qu’on voit dans la figure 10. Ce condenseur se compose de deux compartiments séparés entre eux par une cloison qui descend jusqu’à une faible distance au-dessus du fond, et dont le bas plonge dans l’eau qui isole ainsi les deux com-
- partiments entre eux. Les hydrocarbures étant forcés de passer à travers une colonne d’eau pour se rendre dans le second compartiment, presque tous ceux liquides sont arrêtés et retenus, tandis que ceux volatils traversent l’eau par la force élastique qu’ils possèdent ou qu’ils acquièrent. Ces vapeurs sont alors conduites dans des condenseurs verticaux semblables à ceux généralement en usage pour obtenir des hydrocarbures plus fluides; on laisse échapper le surplus de ceux gazeux, ou bien on peut les utiliser pour l’éclairage, le chauffage ou les renvoyer du gazomètre dans la cornue.
- Quand la chose paraît nécessaire, on ajoute un tuyau d’échappement qui est en rapport avec une pompe aspirante pour entraîner l’huile ou les hydrocarbures liquides à travers les condenseurs, les récipients ou les cornues.
- Mémoire sur la fabrication des couleurs dérivées de l’aniline (1).
- Par M. Th. Coupier.
- Les nombreux développements u’a pris en si peu de temps l’in-ustrie dérivée des huiles de goudrons de houille montrent combien les magnifiques découvertes d’Hofmann, Runge et autres ont passionné les chimistes et les industriels. A peine la matière colorante rouge trouvée par Hofmann fut-elle transportée dans l’industrie par Yerguin, que surgirent aussitôt de nombreux perfectionnements dans sa production. Les rendements de la matière première en matière colorante montèrent rapidement de 2 à 20 et même 25 p.100. Jusqu’à ces derniers temps ce chiffre a rarement été atteint, surtout en France, où un monopole mal-
- (1) Extrait du Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, t. 36, p. 259. Juin 1866.
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- heureux pour les concessionnaires, aussi bien que pour l’industrie en général, a arrêté et découragé les chercheurs dans leurs travaux. La plupart de ces perfectionnements successifs sont dus à J emploi de procédés différents dans te traitement des anilines commerciales pour l’obtention de la matière colorante ; très-peu proviennent de l’amélioration des anilines, ûes nilrobenzines et encore moins de la matière première : la benzine commerciale.
- Cependant tout le monde savait depuis longtemps que les benzines commerciales sont des produits très-complexes, qu’elles renferment J?,1! grand nombre de carbures différents et jamais dans les mêmes proportions.
- Les anilines fabriquées avec ces benzines doivent donc avoir des compositions excessivement variables et donner des résultats très-irréguliers dans la fabrication des Matières colorantes.
- Ayant été amené à m’occuper de la fabrication de l’aniline, je fus frappé de ces faits. Je m’occupai alors de purifier ces benzines et fus
- conduit à rechercher les moyens de séparer les différents hydrocarbures qui les composent.
- Les benzines commerciales sont extraites des huiles légères obtenues dans la distillation des goudrons de houille. Ces huiles légères renfermant en outre des alcaloïdes et des phénols, sont d’abord soumises h des lavages successifs à l’acide sulfurique dilué et à la soude caustique pour éliminer ces produits, puis soumises à une redistillation fractionnée. Le produit passant de 80° à 130° est recueilli à part et constitue la matière première servant à la fabrication des anilines. Sa composition est nécessairement irrégulière et varie avec les différentes houilles et les différents procédés de distillation de ces houilles. Quelques fabricants redistillent ces huiles afin d’avoir un produit plus blanc et de meilleure apparence, mais dont la composition est aussi peu fixe.
- Quoi qu’il en soit, les benzines, telles qu’elles sont livrées par le commerce, sont toutes un mélange dans des proportions extrêmement variables des corps suivants :
- Un produit très-léger ayant une odeur alliacée, distil-
- lant au-dessous de................................ 70° C.
- La benzine, distillant.............................. 80 à 81
- Le toluène..........................................110 à 111
- Le xylène........................................... 128 à 130
- Le cumène........................................... loi
- Le cymène........................................... 173
- De plus, elles renferment toutes des proportions plus ou moins considérables de naphtalines et autres carbures solides entraînés dans la distillation par leur grande solubilité dans les huiles légères.
- Les deux corps dominants sont la benzine et le toluène.
- Bien que ces hydrocarbures aient des points d’ébullition assez éloignés les uns des autres, ils appartiennent tous à une même famille chimique, ont des compositions similaires et des densités très-peu différentes; il en résulte que la force qui les maintient en disso-
- lution les uns dans les autres est très-grande ; aussi est-il impossible de les séparer entre eux par des distillations fractionnées dans les appareils ordinaires. Ce n’est qu’a-près de longs et souvent infructueux essais que je suis arrivé à pouvoir extraire des benzines commerciales des produits unitaires, la benzine pure, le toluène pur, le xylène pur, etc.
- Tout d’abord j’avais pensé qu’en employant les appareils usités dans la rectification des alcools, j’arriverais au but. Je fus bientôt détrompé, les conditions étant tout
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- autres. Enfin, après deux années de recherches et de tâtonnements, j’arrivai au but en modifiant ces appareils. Les huiles qui doivent être séparées sont d’abord épurées, quels que soient leur état et leur composition ; ensuite elles sont traitées dans un appareil distilla-toire spécial suivi d’un séparateur alimenté par un liquide maintenu constamment à quelques degrés au-dessous de la température d’é-bullition de l’hydrocarbure qu’on fractionne.
- Les difficultés que j’ai rencontrées dans mes travaux m’expliquent l’espèce d’incrédulité que certains chimistes et industriels ont toujours opposée à la séparation des hydrocarbures de la houille, incrédulité devant nécessairement tomber devant la réalité. Depuis deux ans plus de 200,000 kilo^r. de benzines commerciales ont été séparées dans mon usine de Poissy, et malgré la résistance systématique de l’industrie en général, je n’en ai pas moins persisté. J’ai pu. avec des produits unitaires, rechercher quels étaient les corps véritablement utiles dans la fabrication des matières colorantes et me rendre compte de la véritable valeur des différentes benzines employées dans la fabrication de l’aniline.
- D’après la théorie si attrayante et si vraisemblable de M. Hofmann, la meilleure aniline pour rouge doit être un mélange de 1 d’aniline et 2 de toluidine. Tels sont, d’après lui, les seuls produits utiles.
- Voyons comment ces conditions se rencontrent dans la pratique. Les benzoles se vendent généralement avec un litre de distillation fixé à l’avance, soit à 90 pour J 00, soit 50 pour 100 ou 25 pour 100, c’est-à-dire 90 ou 50 ou 25 p. 100 distillant au-dessous de 100°.
- Le produit le plus employé pour les anilines pour rouge est de 50 pour 100. En traitant un grand nombre de ces huiles dans mon appareil séparateur, j’ai trouvé qu’el-
- les se composaient généralement de :
- 56 à 60 pour 100 de benzine.
- 13 à 15 — de toluène.
- 5 à 6 — de xylène.
- et le reste d’huiles lourdes, cumè-ne, etc.
- On comprend facilement que la transformation de ce mélange ne peut se faire convenablement, l’action des réactifs employés étant très-différente pour chacun d’eux. De plus, le résultat ne peut être un produit contenant l’aniline et la toluidine dans les proportions indiquées par M. Hofmann comme les meilleures, et il renferme des dérivés ducumène, ducymène, etc., qui non-seulement ne donnent pas de rouge, mais produisent des goudrons et rendent l’épuration très-difficile.
- L’obtention des produits unitaires d’une manière suivie et industrielle a donc jeté un nouveau jour sur les questions et se trouve appelée à faire faire un grand pas à la fabrication des matières colorantes. \
- J’ai pu convertir séparément la benzine, le toluène et même le xylène très-régulièrement et dans d’excellentes conditions en nitro-benzine, nitro-toluène, et nitro-xylène, puis en aniline, toluidine et xylidine, et j’ai étudié le rôle que chacun de ces dérivés joue dans la fabrication des matières colorantes.
- Après de nombreuses recherches faites avec le plus grand soin, j’ai reconnu comme tout le monde, que par les procédés actuellement usités, l’aniline chimiquement pure, et la toluidine chimiquement pure employées séparément ne donnaient pas de matière colorante et que le mélange de ces deux bases était nécessaire pour l’obtenir.
- Je préparai alors dans des conditions spéciales de la toluidine avec du toluène pur et complètement privé de benzine; j’obtins ainsi un dérivé de toluène pur, qui, traité par un procédé nouveau, m’a
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- donné une matière colorante rouge dans de très-belles conditions.
- En employant ce produit dérivé du toluène pur, le rendement en rouge cristallisable est constant et atteint 40 k45 pour 100. De plus, il a été constaté par de nombreux, chimistes et industriels que ce rouge avait une puissance colorante de 50 pour 100 plus forte que le rouge de fuchsine.
- Ce rouge est donc parfaitement distinct de celui que l’on ne peut obtenir qu’avec le mélange d’aniline et de toluidine. Sa formation est autre, ses propriétés différentes; le nom qui lui convient est rouge de toluène.
- Maintes fois et par différents expérimentateurs il a été reconnu que le rouge de toluène traité par l’aniline pure, donne un rendement en bleu bien plus fort que le rouge de fuchsine, que le bleu obtenu est beaucoup plus riche et d’une épuration plus facile.
- M. Schlumberger l’ayant essayé dans son usine de Saint-Ouen pour faire du vert, m’a déclaré qu’il donnait des résultats surprenants dans cette fabrication et tout à fait différents de ceux obtenus par la fuchsine de Lyon.
- Si le toluène doit jouer un rôle important dans la fabrication du rouge, la benzine pure doit produire le dérivé le plus avantageux dans la transformation de ce rouge en bleu.
- La toluidine, dans ce cas, donne bien un joli rendement, mais le produit est moins frais et moins agréable qu’avec l’aniline. J’ajouterai que M. Horace Kœchlin, ayant eu l’obligeance de faire des essais comparatifs de noir avec mes produits, a reconnu que l’aniline pure donne un noir magnifique, tandis que la toluidine ne donne qu’une nuance fauve.
- Je crois donc pouvoir établir dès maintenant que :
- Le toluène doit devenir par ses dérivés la véritable source du rouge et du vert, et la benzine fournir les dérivés les plus avantageux pour
- la transformation du rouge en bleu et la fabrication du noir.
- Les dérivés du xylène ont été également l’objet de mes travaux. J’ai pu reconnaître qu’ils donnent également du rouge, mais d’une nuance plus violacée. J’espère, du reste, revenir sur l’étude de ce corps ainsi que sur le cumône et cymène.
- Rouge d’aniline économique et son emploi pour produire des couleurs de mode, des bruns, jaunes et rouges.
- On trouve depuis quelque temps dansle commerce un rouge d’aniline qu’on vend à un prix très-modéré et qu’on débite soitsous forme de poudre, soit sous celle de cristaux. La fabrique de M. J. R. Geigy de Bâle, qui le prépare parfaitement bien, le livre sous forme cristalline, sous le nom de cerise et voici ce que nous avons pu recueillir sur son emploi.
- Mode de dissolution. 1 kilogramme de cerise est broyé avec 6 kilogrammes d’acide acétique et abandonné toute une nuit dans une cruche ou un vase quelconque en grès suspendu dans une cuve à teinture chaude. Le lendemain matin on verse ce mélange dans une chaudière pleine d’eau chaude, contenant environ 15 à 20 seaux d’eau, on le laisse bien démêler, on écume avec soin, on décante ou on filtre. La liqueur rouge-brun ainsi obtenue peut être employée directement à la teinture.
- Teinture avec la solution de cerise. Si on teint la laine avec la solution précédente, on obtient directement une nuance entre le ponceau et le cramoisi, c’est-à-dire cerise. Cette couleur peut à volonté être nuancée au moyen de la fuchsine (bleuâtre), de l’orseille, de la prune de Monsieur et du curcuma.
- Une application plus importante que celle de l’emploi de cette matière colorante à la production di-
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- recte des nuances est celle pour produire des couleurs brunes et les couleurs rabattues ponceau, cramoisi, en un mot de toutesles nuances rouges et les bruns foncés ordinaires.
- Les couleurs ont le feu des bruns d’orseille, et reviennent à un prix moitié moindre que les bruns au bois rouge.
- Pour colorer 60 kilogrammes de fil de laine on emploie :
- 2 1/2 kilog. de solution sulfurique d’indigo.
- 1 kilog. cerise.
- 6 kilog. acide acétique.
- Solution sulfurique d’indigo. On dissout 2 kilogrammes d’indigo pulvérisé dans 8 kilogrammes d’acide sulfurique fumant et on étend de 14 litres d’eau.
- Le travail de la teinture est en lui-même fort simple et marche avec rapidité, parce que les fils s’é-galisenttrès-bien.Une circonstance désagréable est que la couleur déteint un peu, mais on l’évite en employant au dernier bouillon un peu de tartre.
- Pour les couleurs de mode et celles brun-jaune, on remplace avec un très-grand avantage la prune de Monsieur et l’orseille par le cerise, on se sert pour cet objet, comme mordant, de tartre et d’alun.
- Le cerise Geigy est une prépa-lion qui fournit beaucoup et donne les plus belles nuances; à ces divers titres il mérite d’être recommandé.
- Préparation des couleurs d’aniline en poudre.
- Les expériences sur la préparation des couleurs d’aniline en poudre, à l’usage des fabricants de papiers peints et de la lithographie, qu’on a pu recueillir jusqu’à présent, ne s’appliquent qu’à deux couleurs, le rouge et le violet d’aniline. Le principe de la préparation de ces couleurs est casé sur
- la propriété de l’amidon de se colorer en couleurs bon teint par l’aniline.
- Le procédé, indiqué dans la plupart des feuilles périodiques ou des ouvrages de technologie, et ui consiste à dissoudre la couleur ’aniline dans l’alcool et à la faire absorber par de l’amidon dissous ou démêlé dans l’eau qu’on y agite, doit être rejeté parce qu’il ne conduit pas au but, et que la dessiccation de la couleur amidonnée présente de trop grands obstacles dans la pratique. Un autre inconvénient inhérent à cette couleur, est qu’elle n’adhère qu’avec difficulté aux vernis d’impression sous-jacent, et cette circonstance donne lieu à d’autant plus de désordres, que les couleurs d’aniline pulvérulentes ne peuvent, la plupart du temps, être employées qu’à poudrer, à l’exception, toutefois, des couleurs dont des essais à l’impression, montrent qu’on sait préparer aujourd’hui des couleurs d’aniline sèches, pour vernis parfaits d’impressions (impressions en lettres et sur pierre), mais dont la préparation est encore tenue secrète.
- Pour préparer dans tout leur éclat les couleurs d’aniline pulvérulentes rouge et violette, on procède ainsi qu’il suit : Dans un demi-kilog. d’alcool à 95° centésimaux, on dissout 10 grammes de copal et 1 gramme de rouge d’aniline (rouge Magenta, et surtout un rouge d’aniline qui se rapproche plutôt du rouge écarlate que du rouge pourpre), on filtre la dissolution, on y pétrit avec un pilon de bois, de l’amidon pur de froment, autant qu’elle peut en absorber, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’on obtienne une masse friable colorée uniformément. On introduit cette masse, bien ouverte, dans une étuve et, après la dessiccation, on la broie en poudre fine. Le rouge ainsi préparé peut servir de couleur en poudre. L’addition du copal donne à la couleur la propriété d’adhérer mieux au vernis sous-jacent. Si on veut des nuances plus
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- foncées ou plus claires, on augmente ou on diminue la proportion du rouge d’aniline qu’on fait dissoudre dans l’alcool.
- Pour obtenir un beau violet qui couvre admirablement bien, on procède comme il vient d’être dit, seulement on diminue d’un demi-gramme la quantité de rouge d’aniline qu’on fait dissoudre. La niasse amidonnée rouge claire qui en résulte et encore àl’étathumide, est mélangée avec son poids d’un outremer foncé, puis on procède comme il a été dit ci-dessus. Les couleurs ainsi obtenues sont brillantes et peuvent être préparées depuis le rose le plus tendre jusqu’au pourpre le plus foncé, mais malheureusement elles ne résistent pas beaucoup à la lumière, et elles ne peuvent guère servir que pour les placards qui ne doivent avoir qu’une existence éphémère.
- Sur les densités de Cacide azotique.
- Par M. F. Kolb.
- Tous les traités de chimie reproduisent un tableau des densités de l’acide azotique, déterminées par Thénard ; mais les chiffres en sont très-clair-semés, et l’aspect seul de la courbe qu’ils fournissent autorise à mettre en doute leur exactitude.
- J’adresserai le même reproche à divers tableaux aréométriques dont se servent les industriels, et qui diffèrent, du reste, beaucoup les uns des autres.
- Pour mettre fin à l’incertitude que laissent les variations de ces données, j’ai entouré mes expériences des plus minutieuses précautions.
- L’acide azotique employé était chimiquement pur et complètement débarrassé d’acide hypoazo-tique. Je me suis assuré que la présence de ce dernier pouvait entraîner aux plus grandes erreurs.
- Les densités ont été déterminées aux températures zéro et 15 degrés, au moyen de flacons de Régnault, de 50 centimètres cubes environ de capacité. Toutes les pesées ont été ramenées au vide.
- Lacomposition des divers échantillons d’acide a été déterminée en prenant un poids d’acide (rapporté au vide), l’étendant d’une certaine quantité d’eau distillée, et traitant par un poids connu de carbonate de chaux rigoureusement pur et sec. L’excès de carbonate de chaux donnait par calcul le poids d’acide anhydre ou monohydraté contenu dans l’échantillon.
- Dans le tableau suivant, j’ai marqué d’une astérisque les chiffres que j’ai obtenus expérimentalement; les autres ont été déduits par interpolation.
- Le Technologie. T. XXVIII. — Octobre 1866.
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- TABLEAU DES DENSITÉS DE L’ACIDE AZOTIQUE.
- 100 PA contiei AzO3,HO RTIES ment AzO3 DENS à 0°. JTÉ. à 15° CONTRACTION à 0°. 1 100 PA contiei AzO3,HO RTIES ment AzO3 DENS à 0°. ITÉ. à 15°. CONTRACTION à 0°.
- 100.00 85.71 1.559 1.530 0.0000 58.88 50.47 1.387 1.368 0.0861
- 99.84* 85.57 1.559* 1.530* 0.0004 58.00 49.71 1.382 1.363 0.0864
- 99.72* 85.47 1.558* 1.530* 0,0010 57.00 48.86 1.376 1.358 0.0868
- 99.52* 85.30 1.557* 1.529* 0.0014 56.10* 48.08 1.371* 1.353* 0.0870
- 97.89* 83.90 1.551* 1.523* 0.0065 55.00 47.14 1.365 1.346 0.0874
- 97.00 83.14 1.548 1.520 0.0090 54.00 46.29 1.359 1.341 0.0875
- 96.00 82.28 1 544 1.516 0.0120 53.81(- 46.12 1.358 1.339 0.0875
- 95.27* 81.66 1.542* 1.514* 0.0142 53.00 45.40 1.353 1.335 0.0875
- 94.00 80.57 1.537 1.509 0.0182 52.33* 44.85 1.549* 1.331* 0.0875
- 93.01* 79.72 1.533* 1.506* 0.0208 50.99* 43.70 1.341 1.323* 0.0872
- 92.00 78.85 1.529 1.503 0.0242 49.97 42.83 1.334 1.317 0 0867
- 91.00 78.00 1.526 1.499 0.0272 49.00 42.00 1.328 1.312 0.0862
- 90.00 77.15 1.522 1.495 0.0301 48.00 41 14 1.321 1.304 0.0856
- 89.56* 76.77 1.521* 1.494* 0.0315 47.18* 40.44 1.315* 1.298* 0.0850
- 88.00 75.43 1.514 1.488 0 0354 46.64 39.97 1.312 1 295 0.0848
- 87.45* 74.95 1.513* 1.486* 0.0369 45.00 38.57 1.300 1.284 0.0835
- 86.17* 73.86 1.507* 1.482 0.0404 45.53* 37.31 1.291* 1.274* 0.0820
- 85.00 72.86 1.503 1.478 0.0433 42.00 36.00 1.280 1.264 0.0808
- 84.00 72.00 1.499 1 474 0.0459 41.00 35.14 1.274 1.257 0.0796
- 83.00 71.14 1.495 1.470 0.0485 40.00 34.28 1.267 1.251 0.0786
- 82.00 70.28 1.492 1.467 0.0508 39.00 33.43 1.260 1.244 0.0775
- 80.96* 69.39 1.488* 1.463* 0.0531 37.95* 32 53 1.253* 1.237* 0.0762
- 80.00 68.57 1.484 1.460 0.0556 36.00 30.86 1.240 1.225 0.0740
- 79.00 67.71 1.481 1.456 0.0580 35.00 29.29 1.254 1.218 0.0729
- 77.66 66.56 1.476 1.451 0.0610 33.86* 29.02 1.226* 1.211* 0.0718
- 76.00 65.14 1.469 1.445 0.0643 32.00 27.43 1.214 1.198 0.0692
- 75.00 64.28 1.465 1.442 0.0666 31.00 26.57 1.207 1.192 0.0678
- 74.01* 63.44 1.462* 1.438* 0.0688 30.00 25.71 1.200 1.185 0.0664
- 73.00 62.57 1.457 1.435 0.0708 29.00 24.85 1.194 1.179 0.0650
- 72.39* 62.05 1.455* 1.432* 0.0722 28.00* 24.00 1.187* 4.172* 0.0635
- 71.24* 61.06 1.450* 1.429* 0.0740 27.00 23.14 1.180 1.166 0.0616
- 69.96(0 60.00 1.444 1.423 0.0760 25.71 * 22.04 1.171 * 1.157* 0.0593
- 69.20* 59.31 1.441* 1.419* 0.0771 23.00 19.71 1.153 1.138 0 0520
- 68.00 58.29 1.435 1.414 0.0784 20.00 17.14 1 132 1.120 0.0483
- 67.00 57.43 1.430 1.410 0.0796 17.47* 14.97 1.115 1.105* 0.0422
- 66.00 56.57 1.425 1 405 0 0806 15.00 12.85 1.099 1.089 0.0336
- 65.07* 55.77 1.420* 1.400* 0.0818 13.00 11.14 1.085 1.077 0.0316
- 64.00 54.85 1.415 1.395 0.0830 11.41* 9.77 1.075 1.067* 0.0296
- 63.59 54.50 1.413 1.393 0.0833 7.22* 6.62 1.050 1.045* 0.0206
- 62.00 53.14 1.404 1.386 0.0846 4.00 3.42 1.026 1.022 0.0112
- 61.21* 52.46 1.400* 1.381* 0.0850 2.00 1.71 1.013 1.010 0.0055
- 60.00 59.59* 51.43 51.08 1.393 1.391* 1.374 1.372* 0.0854 0.0855 0.00 0.00 1.000 0.999 0.0000
- (1) Formule AzO3, 4HO.— (2) Formule Az03-|-7H0.
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- Siccatif pour les couleurs à V huile et les vernis.
- Par M. F. Junemann.
- On fait chauffer à une douce chaleur, dans un vase en cuivre, 100 Parties d’eau, 12 parties de gomme-laque et 4 parties de borax, toujours en agitant, et jusqu’à ce que le tout forme un fluide bien homogène; on couvre le vase, et quand la matière est refroidie, on en remplit des bouteilles qu’on bouche avec soin et conserve pour l’usage. Suivant qu’on a employé de la gomme-laque blanchie ou brute, la liqueur est blanche ou colorée en brun et constitue déjà par elle-même un très-bon vernis, qui donne aux objets sur lesquels on l’applique un éclat brillant et durable, et les garantit fort bien de l’humidité et de l’action de l’atmosphère.
- Si maintenant on veut rendre une couleur à l’huile bien siccative, on prend du vernis blanc si on travaille en couleurs claires, et du vernis coloré si on travaille en couleurs foncées, et de la couleur à l’huile broyée épais, de chaque parties égales; on y ajoute en même temps un peu d’essence de térébenthine, et on agite jusqu’à ce que le tout forme un liquide homogène. Il faut bien se garder de préparer plus de couleur qu’on ne peut en employer au moment, parce qu’elle ne tarde pas à se prendre en masse.
- Tous les objets enduits avec une couleur à l’huile ainsi préparée sont, suivant la saison et l’état de l’atmosphère, parfaitement secs en 15 à 30 minutes.
- L’odeur de l’huile de lin et de l’essence de térébenthine est assez désagréable et même nuisible à la santé; d’un autre côté, le temps que les peintures, dans les lieux habités, mettent à sécher, est une source d’incommodités.Cette odeur désagréable et le temps prolongé pour la dessiccation disparaissent quand on broie et travaille avec le
- vernis en question, des couleurs qui n’ont pas encore elles-mêmes été broyées avec l’huile de lin.
- Les enduits de cette espèce sont bien secs en quelques minutes ; ils sont brillants, résistent aux influences atmosphériques aussi bien que les couleurs à l’huile et sont sans odeur.
- Le vernis broyé avec des ocres fournit une bonne couleur pour les carreaux et les parquets des appartements.
- Pour en relever l’éclat, il faut, après qu’on a obtenu la nuance désirée sur l’objet, l’enduire encore d’une couche de ce vernis.
- Les vernis eux-mêmes, qui, par la lenteur de leur dessiccation sont exposés à se charger de poussière, peuvent, en les mélangeant avec cette préparation, devenir bien siccatifs. Dans tous les cas, il est préférable de n’en mélanger à la fois qu’une petite quantité et d’appliquer de suite, et surtout de remuer et bien agiter constamment le mélange, parce que beaucoup de vernis ne se mélangent que très-difficilement avec elle et s’en séparent très-promptement.
- Fabrication du savon liquide de glycérine.
- Par M. Heeren, de Hanovre.
- Pour préparer le savon liquide de glycérine, on prend 100 parties en poids d’oléine du commerce qu’on introduit dans un matras en verre pour de petites quantités, et dans une chaudière quand il s’agit d’opérer en grand; et on y ajoute 314 parties en poids de glycérine, du poids spécifique de 1,12, telle qu’on s’en sert pour remplir les compteurs à gaz; on chauffe le tout à 50° C. environ, et on y ajoute 56 parties d’une lessive concentrée et caustique de potasse, du poids spécifique de 1,34, en agitant continuellement. Le savon se forme immédiatement et on obtient ainsi
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- un liquide assez fluide, mais cependant trouble, qu’on doit abandonner pendant 24 heures dans un lieu frais, temps pendant lequel le trouble augmente. Le savon doit alors, pour en obtenir la transparence et la consistance du miel, être filtré au papier, opération longue à raison de sa consistance et de son peu de fluidité. On fait un filtre avec une feuille entière de papier qu’on étale bien sur un grand entonnoir en verre, et on y verse le savon. Lorsqu’au bout de plusieurs jours l’égouttage lent du savon a presque cessé, on jette le reste du filtre sur un autre filtre neuf.
- Pour favoriser cette filtration prolongée, on peut avoir recours au moyen suivant. On étend, après l’addition de la lessive, le savon avec son poids d’eau pour le rendre plus fluide et permettre la filtration en 24 heures, puis on ramène au poids primitif par l’évaporation. Cette dernière opération ne doit pas toutefois se faire à feu nu, parce que le savon est très-sujet à éprouver des soubresauts, qu’il mousse fortement et se déverse aisément; il est préférable d’opérer au bain de vapeur en chauffant par dessous dans un vase plat.
- Après avoir ainsi obtenu le savon à l’état limpide, on y ajoute de la potasse purifiée dans la proportion de 1/10 en poids de l’oléine employée. On dissout cette potasse dans la plus petite quantité d’eau chaude possible, et on l’ajoute au savon en agitant constamment. Au moyen de cette addition, le savon acquiert une consistance de miel fluide, mais dans tous les cas, c’est après la fabrication qu’on y ajoute le néroli petits grains, ou quelque autre essence pour le parfumer.
- Il n’est guère possible d’éviter la filtration qui est nécessitée par la nature de l’oléine du commerce, qui renferme toujours des corps gras non saponifiés et, en outre, par la qualité de la glycérine, qui contient des sels calcaires ou au-
- tres. Il faudrait, pour la rendre superflue, employer de la glycérine purifiée par la distillation, qui reviendrait alors à un prix trop élevé.
- Pour se servir de ce savon li-uide de glycérine, on le conserve ans un vase h grande ouverture, et avec une cuillère en verre qu’on laisse dedans, on en enlève la quantité nécessaire à ses besoins. Pour se laver les mains, il suffit d’une demi-cuillerée à café, et on peut se servir aussi bien des eaux dures froides, que de celles de pluie et de rivière. Il mousse moins que le savon ordinaire, mais est bien plus détersif.
- De l'influence de la chaleur sur les vins rouges liquoreux.
- Par M. H. Marès.
- J’ai eu l’occasion de soumettre par le procédé de M. Pasteur, à l’action de la chaleur, des échantillons de vin rouge de Grenache de l’année.
- Ces vins sont restés plus de quinze jours en cuve avec le marc; décuvés à la fin d’octobre 1865, ils conservent encore une saveur franchement sucrée, quoiqu’ils dosent une forte proportion d’alcool (environ 13 pour 100). Ils sont sujets à devenir louches, et ensuite à se troubler toutes les fois qu’ils sont déplacés ou soutirés, et ils appartiennent plus particulièrement à la catégorie des vins auxquels des vinages répétés sont indispensables pour en assurer la conservation.
- Parmi les bouteilles que j’ai fait chauffer, plusieurs étaient devenues louches, les unes après avoir été secouées par le transport en voiture, d’autres à la suite de variations atmosphériques; d’autres enfin, avaient été prises dans un fût dont le vin avait perdu sa limpidité après un soutirage.
- Plongées dans un bain d’eau chauffé à 60 degrés., dont la tem-
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- pérature était entretenue par un feu très-doux, je les ai vu se clarifier à mesure qu’elles s’équilibraient avec la température du milieu. J’ai laissé durer l’opération une grande demi-heure.
- La clarification qui se produit immédiatement reste définitive, sans donner lieu, d’abord, à aucun dépôt. J’ai répété l’expérience à diverses reprises et j’ai toujours eu le même résultat.
- Il y a plusieurs mois que j’ai des vins ainsi traités; leur limpidité est restée la même, et leur couleur n’a subi aucune altération. Leur goût est excellent. Au bout d’un mois environ, il s’est produit un dépôt très-faible, formant au fond de la bouteille une ligne noire à peine visible.
- Il ne s’est pas formé de dépôt dans les vins qui conservaient leur limpidité au moment où ils ont été chauffés.
- Dans les mêmes vins non chauffés et abandonnés à eux-mêmes, qu’ils fussent déjà louches ou limpides, dans des bouteilles placées debout, il s’est produit un dépôt abondant, d’apparence tout-à-fait différente de celui des bouteilles chauffées; tandis que ce dernier est fermement précipité au fond, l’autre est léger, mobile et volumineux. Examiné sous le microscope, on le voit formé d’un mélange de ferment alcoolique vivant, bien reconnaissable à sa forme globulaire et presque transparent, et de débris de globules morts; il y a, en outre, de la matière colorante grenue, dont la nuance est rouge-brun.
- Le dépôt des bouteilles chauffées, soumis au même examen, ne laisse voir que des débris de ferments ayant la forme de matières rondes ou globulaires et opaques. Ces débris sont colorés par un peu de matière rouge : je n’v ai pas rencontré un seul globule de ferment vivant.
- Ces deux dépôts ont été décantés et mis en flacon, et tandis que celui qui a subi l’action de la cha-
- leur s'est vite précipité, en laissant voir clarifié le liquide dans lequel il nageait, l’autre est resté en suspension dans la liqueur, et celle-ci demeure trouble; il est probable qu’elle ne se dépouillera pas.
- J’ai fait les mêmes expériences sur d’autres vins très-chargés en couleur, d’un goût légèrement sucré ou liquoreux et qui sont sujets à devenir louches par l’agitation. J’ai toujours obtenu le même résultat; à la température de 55 à 60 degrés, le vin est devenu limpide, et sa limpidité est restée définitive.
- Ces vins sont par excellence ceux qu’on est obligé de viner à des doses plus ou moins fortes, soit pour les conserver, soit pour les faire voyager et les soutirer.
- Ainsi que je l’ai dit, les bouteilles de vin qui n’ont pas été chauffées ont été mises debout; celles qui étaient louches ne se sont clarifiées qu’au bout de quinze jours, en donnant lieu à un dépôt volumineux de lies brunes dont j’ai indiqué plus haut la nature. Quand on le fait chauffer dans la bouteille avec le vin, ce dépôt ne disparaît pas et reste au fond.
- Le vin qui s’est clarifié spontanément est moins limpide que celui qui a été soumis à l’action de la chaleur. Quand on la décante et qu’on la secoue vivement, il est encore sujet à se troubler. Dans les mêmes conditions, le vin chauffé ne se trouble plus.
- Le même vin vinô, c’est-à-dire additionné d’alcool à 86 degrés, à raison de 2 pour 100 de son volume, se dépouille aussi dans l’espace de quinze jours, en donnant lieu à un dépôt volumineux à peu près pareil à celui du vin naturel ; le microscope indique que ce dépôt se compose de ferment vivant et de débris de ferment comme celui qui s’est clarifié spontanément. Au bout de plusieurs mois, l’apparence sous le microscope est restée la même, mais le dépôt était plus tassé et moins volumineux que dans le vin non viné.
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- J’ai pareillement soumis à l’action de la chaleur, les mêmes vins troubles tenant en suspension un dépôt nuageux, et des vins blancs de l’année précédente déjà secs et troublés par un peu de fond; je voulais voir s’ils deviendraient limpides dans un temps plus court qu’en les abandonnant à eux-mêmes : il n’en a rien été. Il y a plusieurs mois que l’opération a eu lieu, et le vin n’est pas encore entièrement clarifié.
- Ces faits me paraissent intéressants à constater, car ils sont de nature à établir que sur des vins encore doux et liquoreux, toujours prêtsàfermenter, et quipèchent ordinairement par leur défaut de stabilité, la chaleur portée de 55 à 60 degrés a produit des effets favorables. Elle leur a immédiatement donné une stabilité et une force de résistance qu’on n’obtient pas toujours en les vinant à une dose d’alcool relativement élevée, et l’effet de la chaleur paraît devoir être définitif, tandis que celui de l’alcool ne l’est pas tellement, qu’il ne faille encore y recourir quand on veut de nouveau déplacer ou faire voyager le vin. Les vins sur lesquels j’ai opéré ont, en outre, présenté un phénomène qui me paraît remarquable, c’est celui de leur clarification immédiate, quand ils ne tiennent pas de lies en suspension. En effet, les mêmes vins non chauffés, ne se clarifient qu’en donnant lieu à un dépôt de matière organisée, insoluble dans le vin quand on en élève ensuite la température, et cette matière se présente en grande partie avec l’apparence du ferment alcoolique ordinaire, Il y a donc eu transformation, soit pour devenir feraient, soit pour se décomposer en produits do la fermentation, de la ma-tière organique en suspension dans le liquide pendant le temps que le dépôt met à se former. Tant que le vin n’était que louche et pe donnait lieu à aucun dépôt, la madère en suspension était sus-ceptiblede se redissoudre. Au con-
- traire, à mesure que celle-ci tombait sous forme de dépôt, l’action de la chaleur ne la dissolvait plus, et la transformation était opérée. Il y a là un fait physiologique particulier, touchant l’action de transformation des ferments sur les matières qui entrent dans la composition du vin.
- Sije puis m’exprimer ainsi, c’est l'état naissant de la transformation.
- Les expériences dont il est question dans cette note, sont de nature à me faire croire à une application avantageuse du procédé de M. Pasteur. Elles le prouvent au moins pour les gros vins rouges liquoreux, chargés de couleur ainsi que de matières albuminoïdes, qui comprennent la plupart des vins de coupage du Midi, ainsi que les vins doux colorés. On ne connaissait pour eux d’autre moyen de conservation que le vinage réitéré. On pourra désormais compteraussi sur l’élévation de la température, de 50 à 60 degrés, telle que nous l’avons indiquée. On en obtient à la fois pour le vin, une clarification immédiate et une stabilité définitive.
- La question d’application de la chaleur reste à résoudre pour les vins qui ne peuvent y être soumis en bouteille ; mais l’expérience finira par en avoir raison, si l’utilité et l’opportunité en sont bien démontrées.
- Sur la pression que Vacide carbonique de la bière exerce dans des tonneaux fermés et son action sur la marche de la fermentation.
- Par M. C. Prandtl.
- Depuis quelque temps, on s’est attaché, en Allemagne, à rechercher le rôle que joue l’acide carbonique dans la fabrication de la bière, et on a considéré cet acide tant sous le rapport de la saveur
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- et de l’agrément qu’il donne à cette boisson que sous celui des propriétés hygiéniques qu’il peut lui communiquer, et c’est ce qui explique le soin tout particulier que les brasseurs de ce pays prennent aujourd’hui pour assurer le développement complet de ce facteur qui, jusque là, avait été assez
- négligé.
- On sait que la fermentation principale est surtout consacrée au développement de l’alcool dans la bière, tandis que la fermentation secondaire ou en tonneau est destinée à celui de la mousse ou de l’acide carbonique. Sans traiter la question non encore résolue de savoir si l’acide carbonique incorporé dans la bière par la fermentation, y est fortement combiné ou bien s’il y est contenu de toute autre manière, par exemple l’imprègne comme cela a lieu artificiellement dans la fabrication des boissons gazeuses, M. Prandtl a pensé qu’il y aurait un certain intérêt à rechercher quelle est la pression que cet acide exerce dans une bière normale.
- Pour résoudre cette question d’une manière générale dans des tonneaux fermés, il a eu recours à l’expérience directe. À cet effet, il a mastiqué avec soin un manomètre ordinaire à air et à mercure bien calibré sur une forte monture en laiton pourvue d’un gros pas de vis, pour pouvoir le visser dans la bonde d’un tonneau qu’on avait percée pour cet objet, en prenant toutes les précautions pour qu'il n’y ait pas de fuite ou de déperdition d’acide. Voici les résultats de quatre expériences qui lui paraissent suffisantes pour décider la question de la pression de l’acide carbonique dans la bière :
- Dans une bière normale, du moins avec la bière de Munich qui a servi à ces expériences, la pression de l’acide carbonique dans les tonneaux n’a guère dépassé 0,2 ou deux dixièmes d’atmosphère.
- A ces expériences, M. Prandtl
- en a rattaché d’autres propres à éclaircir la question de savoir quelle est l’influence que peut exercer une plus forte pression, du moins celle qui se développe d’elle-même dans la fermentation en vase clos par l’acide carbonique qui s’accumule, sur la marche de la fermentation, et sur le degré de perfection que celle-ci peut atteindre dans de pareilles conditions.
- En conséquence, il a examiné d’abord la marche de la fermentation principale sous sa propre pression avec exclusion de l’air, et pour cela il a introduit un moût auquel il avait ajouté de la levure dans un tube en verre d’environ 1 mètre de longueur, 15 millimètres de diamètre avec une épaisseur de paroi de 2 millimètres après l’avoir fermé par le bas; puis ce tube, qui n’était pas entièrement plein, a été tiré à la lampe en une pointe capillaire qu’on brisa et ferma définitivement. Ce tube ainsi fermé, il était facile de déduire d’après le dosage de l’alcool qui s’y développerait, le degré de la fermentation dans ces circonstances et l’influence de la pression de l’acide carbonique qui se réunirait dans cette capacité hermétiquement close. Enfin, pour avoir un terme de comparaison avec une fermentation normale opérée dans les mêmes circonstances, il a fait constamment une expérience parallèle de fermentation avec le même mélange de moût et de levure, mais en tube ouvert.
- Plusieurs expériences de cegenre faites avec soin ont démontré que la fermentation était retardée en vase clos comparativement à celle en vase ouvert ; mais restait à rechercher si cette durée plus grande était réellement due à la pression de l’acide carbonique qu’on empêchait de se dégager, ou bien si ce n’était pas le faible mouvement qu’éprouvait la liqueur en fermentation dans cette clôture hermétique qui était la cause de ce ralentissement de cette fermentation.
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- Il a donc pris quatre tubes qu’il a chargés avec un moût du poids spécifique de 1,0592, mélangé intimement avec de la levure ; deux de ces tubes ont été fermés à la lampe, et les deux autres sont restés ouverts; puis il a pris un de ces tubes de chaque espèce et en a maintenu le contenu dans un état énergique de mouvement par une agitation fréquente, de façon que la levure restât constamment suspendue dans la liqueur, et par conséquent fût plus fréquemment en contact avec elle.
- En résumant les observations faites dans cette quadruple expé-
- rience, M. Prandtl a trouvé que la fermentation est singulièrement favorisée par le mouvement et la suspension de la levure dans la liqueur, et d’un autre coté qu’elle n’est pas directement compromise par la pression. Le moût contenu dans le tube clos et maintenu en repos, quoiqu’ayant été exposé plus longtemps, est resté dans son degré de fermentation bien notablement en arrière des autres essais, ainsi que l’indique le tableau suivant qui fait connaître la quantité d’alcool produit et dosé dans les quatre tubes.
- Tube fermé en repos......................2.61 pour 100 d’alcool.
- — ouvert en repos......................3.55 —
- — fermé agité..........................4.53 —
- — ouvert agité.........................4.33 —
- L’agitation restant la même, la ression naturelle par l’acide car-onique présent ou son accumulation dans la liqueur n’a donc pas d’influence retardatrice ou enrayante sur la fermentation. Dans tous les cas, il paraîtrait que la fermeture hermétique d’un moût additionné de levure a pour conséquence d’entraver la fermentation, car l’acide carbonique ne pouvant s’élever dans la liqueur sous forme de bulles gazeuses, et par son mouvement ascensionnel entraîner les cellules de levure, celle-ci reste immobile, c’est-à-dire n’est plus mise aussi complètement en contact avec de nouvelles portions de la liqueur susceptible de fermentation, laquelle ne se trouve plus dès lors dans des conditions favorables pour éprouver ce. mouvement intérieur.
- Gravure sur zinc en haut relief par voie galvanique.
- Par M. R. Bôttger.
- M. Bôttger s’est occupé depuis plusieurs années des moyens de graver en relief sur zinc par voie
- chimique; mais, malgré que les procédés qu’il a indiqués aient été susceptibles de nombreuses applications techniques, les zincs ainsi gravés ne pouvaient pas toujours, dans la plupart des cas, remplacer la gravure sur bois, parce que quelque soin qu’on apportât à l’opération, les reliefs n’avaient pas encore toute la hauteur désirable. En poursuivant ses recherches pour mordre sur zinc et imiter la gravure en relief, il a trouvé enfin qu’un moyen très-convenable pour atteindre ce but consistait dans l’emploi d’un courant galvanique faible.
- Si, procédant comme il l’a indiqué précédemment, on prend une plaque de zinc bien écurée à blanc avec l’acide chlorhydrique et le sable, on écrit ou trace dessus un dessin avec une solution de per-chlorure de platine, puis qu’on lave aussitôt avec de l’eau; et, tandis que cette plaque est encore à l’état humide, qu’on la plonge pendant quelques instants dans une solution de cyanure de potassium et d’or, toute la surface de cette plaque, c’est-à-dire tous les traits écrits ou dessinés, ainsi que les places blanches, se recouvriront
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- d’une couche extrêmement mince d’or métallique.
- ( Si maintenant, après qu’on aura réussi à dorer la plaque, on la plonge dans l’acide azotique très-étendu (1 partie d’acide au poids spécifique 1,2 pourl 2 parties d’eau), on verra en peu de temps, surtout si l’on a soin de promener sur cette plaque un petit pinceau, la couche mince d’or se détacher sur les portions non écrites, tandis que l’or adhérera fortement sur les traits au platine. Si on laisse séjourner assez de temps cette plaque dans cet acide, les caractères qui paraîtront dorés ressortiront en relief comme dans une gravure sur bois assez profonde.
- Néanmoins, on obtiendra un effet plus marqué encore lorsqu’on mettra en communication la plaque de zinc, ainsi mordue par voie chimique, avec l’électrode positif d’un élément de Yolta modérément excité, l’électrode négatif étant engagé dans une plaque de cuivre mince et de même grandeur, et quand on plongera verticalement ces deux plaques dans une solution concentrée de sulfate de zinc à une distance de plusieurs centimètres l’une de l’autre, en laissant l’action du courant se continuer jusqu’à ce qu’on ait atteint la hauteur du relief qu’on désire, ce qui, dans la plupart des cas, n’exige que très-peu de temps.
- Tandis que le zinc, dans les places blanches non écrites ou dessinées de la plaque en communication avec l’électrode positif, est dissous par l’action galvanique, il se dépose une quantité équivalente de zinc métallique sur la plaque de cuivre en rapport avec l’électrode négatif.
- De cette manière, M. Bôttger a réussi à obtenir sur zinc des reliefs d’une hauteur suffisante pour remplacer la gravure sur bois. Toutefois, on ne doit attendre un succès complet dans ce procédé que lorsqu’on emploie du zinc laminé absolument exempt de plomb.
- Procédé pour appliquer sur zinc, par voie chimique, des enduits colorés très-brillants.
- Par M. R. Bôttger.
- Ce procédé que j’ai mis depuis longtemps à l’epreuve, s’applique plus particulièrement sur le zinc exempt le plus possible de plomb. J’ai reconnu que les zincs du commerce provenant de Spenglern, en Allemagne, que j’ai employés fréquemment en feuilles minces, et les divers fils de zinc, étaient très-propres à recevoir ces préparations.
- Une condition importante pour réussir dans ces expériences, et surtout pour obtenir des nuances colorées bien brillantes, est que les feuilles ou les fils de zinc soient nettoyés à blanc. A cet effet, je recommande de les écurer avec soin, peu de temps avant de les colorer, avec du sable quarzeux bien fin mouillé avec de l’acide chlorhydri-ue faible ; puis de les plonger ans l’eau, et enfin de les sécher très-soigneusement en les frottant vivement avec du papier buvard blanc.
- Ainsi préparés, les divers zincs en feuilles ou en fils se revêtent, à une température moyenne ordinaire, et par une simple immersion dans un seul et même liquide, des nuances les plus variées, suivant qu’on les tient immergés plus ou moins de temps. C’est, en effet, de la durée de cette immersion que dépend le développement de l’une ou l’autre des couleurs.
- Le liquide le plus propre à cet objet est une solution alcaline de tartrate de cuivre qu’on prépare ainsi qu’il suit : on verse, sur 3 parties en poids de tartrate de cuivre séché à l’air, une solution de 4 parties en poids de soude caustique, et 48 parties d’eau distillée. Si on opère avec une solution cuivrique de ce genre, couleur indigo foncé à-f-10° C., il suffit de 2 minutes environ pour obtenir une feuille de zinc qu’on y plonge colorée en vio-
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- let ; si on prolonge l’immersion pendant 3 minutes, on a une magnifique couleur bleu d'acier foncé ; en 4 1/2 minutes d’immersion, la feuille est colorée en vert ; en 61/2 minutes en jaune d’or, et en 8 1/2 minutes en rouge pourpre.
- Si la solution cuivrique a une température plus élevée ou moindre que celle indiquée, le développement de l’une ou l’autre de ces colorations varie suivant d’autres petits intervalles.
- Une chose remarquable, c’est que la série des colorations qui se succèdent les unes aux autres est exactement la même que celle des couleurs du spectre solaire.
- Si on laisse la feuille de zinc immergée plus de 8 1/2 minutes dans la solution à 10° G., on voit s’évanouir la coloration rouge pourpre indiquée, et à sa place apparaître, suivant la nouvelle durée de l’immersion, l’une ou l’autre des colorations indiquées, mais avec une intensité moindre, jusqu’à ce qu’en-fin, après une immersion d’un jour, le zinc se recouvre d’un enduit épais et de couleur sale de protoxyde de cuivre.
- Si on lave la feuille de zinc après qu’on a vu apparaître l’une ou l’autre coloration qu’on désire, en enlevant vivement cette feuille du bain, la plongeant aussitôt dans l’eau et la séchant parfaitement, on obtient des enduits d’un très-bel éclat dont il est à désirer que l’industrie tire parti.
- Quant à la question de savoir si ces magnifiques colorations sur zinc auront une longue durée , ou si, par l’application d’un vernis convenable, elles auront une plus grande solidité, il n’y a que le temps et l’expérience qui puissent la résoudre.
- Verre de thallium.
- Par M. Lamy.
- L’alcoolat de thallium préparé
- par l’auteur s’étant distingué par un pouvoir réfringent et dispersif considérable, M. Lamy a cherché à remplacer par ce métal la potasse ou le plomb dans la fabrication du verre ordinaire ou du cristal, afin d’obtenir ainsi un verre d’un très-grand pouvoir réfringent. Cette substitution a parfaitement réussi. Dans une première expérience, on a obtenu avec 300 parties de sable, 400 parties de carbonate pur de thallium et 100 parties de carbonate de potasse un verre aisément fusible, facile à affiner, mais la masse refroidie n’était pas homogène. Les couches supérieures dans le creuset étaient moins jaunes, spécifiquement moins pesantes et moins riches en thallium que celles inférieures. Dans un second essai, le verre a été préparé avec 300 parties de sable, 200 de minium et 335 de carbonate de thallium. Le mélange a fondu plus aisément et s’est affiné plus facilement que le précédent; le verre était parfaitement homogène et possédait une couleur jaune agréable; son poids spécifique était 4,235; son indice de réfraction 1,71 (pour le rayon jaune) était plus fort que chez tous les autres verres connus. En modifiant la proportion du thallium, M. Lamy a obtenu des espèces de verres dont le poids spécifique a varié de 4,235 à 5,625 et l’indice de réfraction de 1,71 à 1,965, Il conclut en conséquence de ces essais : 1° que le thallium peut mieux remplacer le potassium que le plomb dans le verre; 2° que le thallium communique au verre une couleur jaune; 3° que le verre de thallium a un poids spécifique plus élevé et un pouvoir réfringent plus considérable que le verre de potasse; 4° que ces propriétés du verre de thallium pourront sans nul doute être mises à profit dans la fabrication de certains verres pour l’optique et celles des pierres précieuses artificielles.
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- Sur la rhigolène.
- Ce nom a été donné par M. le docteur H.-J. Bigelow, professeur de chirurgie au collège de médecine de Massachusetts, pour désigner une espèce de naphte de pétrole qui bouta 21°11 C., qui est un des liquides les plus volatils qu’on ait obtenus de la distillation du pétrole et qui a été appliqué à la production du froid par voie d’évaporation. C’est un hydrocarbure sans trace d’oxygène et le plus léger de tous les liquides, son poids spécifique n’étant que 0,625. M. Bigelow a fait préparer par M. Merrill une rhigolène bouillant à 21°11 qui, par son évaporation, a fait descendre le mercure à —30° C., et dont il s’est servi comme agent anesthésique pour rendre la peau insensible en 5 à 10 secondes. Dans les appareils pour cet objet où on détermine l’évaporation en les tenant à la main, la température ne descend toutefois pas au-dessous de— 25°; dans tous les cas, la rhigolène est bien préférable sous ce rapport, tant à l’éther, au chloroforme et aux mélanges réfrigérants, tant par la rapidité de son action que par son contrôle facile, son bas prix et son odeur presque nulle. Il est présumable que si ce liquide pouvait être livré au commerce à des prix modérés, les arts ne tarderaient pas à en faire d’utiles applications, seulement il ne faut pas oublier que la rhigolène et ses vapeurs sont éminemment inflammables (1).
- Colle-forte à la glycérine.
- Un chimiste, M. C. Puscher, a fait connaître à la société d’encouragement de Nürnberg qu’on pouvait
- (1) M. Schoclemmer qui s’est beaucoup occupé des composés amyles dérivés du pétrole, n’est jamais parvenu à extraire de ce corps qu’un hydrure d’hepsyle bouillant à 34° C., mais présentant à 17° C. un poids spécifique de 0.6263.
- avec avantage allier la glycérine avec la gélatine ou colle-forte. Si à une bonne colle animale, on ajoute un quart de son poids de gélatine, celle-ci perd dans la plupart de ses applications le défaut incommode de devenir cassante après son refroidissement, et par conséquent de faire éclater ou lâcher les objets qu’on a cherché à réunir. M. Puscher s’est servi de ce mélange pour enduire des cuirs et des peaux, préparer des os artificiels, fabriquer une matière à faire des globes, donner de l’élasticité à des parchemins et à des papiers porcelai-nés, dans la reliure des livres, etc. Dans les frottis, les polis dans lesquels on ajoute de la cire à la colle à la glycérine et où l’on se sert du jaune de zinc comme assiette pour appliquer le rouge d’aniline, la couleur rouge ainsi obtenue dépasse en beauté tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. La colle à la glycérine possède diverses propriétés qui lui sont communes avec le caoutchouc, par exemple d’effacer sur papier les traits des crayons de carbure de fer ou mine de plomb. Une colle préparée avec l’amidon, la glycérine et le gypse, conserve sa plasticité et sa viscosité, et en conséquence se recommande pour luter les appareils de chimie et de physique, et comme excipient dans la préparation des emplâtres dans les officines.
- Nouveau fondant.
- Par M. Margueritte.
- On a cherché longtemps une substance propre à remplacer l’acide borique et le borax dans leurs diverses applications. Le haut prix qu’ont atteint ces deux fondants est devenu pour l’ouvrier qui travaille les métaux une charge très-lourde. Jusqu’ici, une seule substance a été indiquée comme pouvant être substituée au borax, mais
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- je ne sache pas qu’elle ait répondu à l’attente de son inventeur et aux besoins de l’industrie. Je veux parler du phosphate de soude.
- Le produit que je propose possède au plus haut degré les propriétés d’un flux proprement dit, et peut vitrifier le kaolin,le feldspath, la silice, les oxydes terreux et métalliques, et par cela même remplacer dans leurs différents usages l’acide borique et le borax.
- Ce produit est le bi phosphate ou phosphate acide de chaux que l’on connaît dans le commerce sous le nom de miel phosphorique, et qui s’obtient en décomposant par l’acide sulfurique le phosphate de chaux des os, ou celui provenant de toute autre source.
- Les cristaux nacrés de biphos-phate de chaux, étendus sur une surface absorbante, sur des briques par exemple, se dessèchent complètement et deviennent pulvérulents, et pour les obtenir à l’état de poudre, il suffit de les fondre à une chaleur rouge et de pulvériser le verre qui en résulte.
- Extraction du parfum et de l'arôme des plantes.
- M. Hirzel s’est fait breveter en 1864 dans plusieurs pays pour un procédé propre à l’extraction du parfum et de l’arôme des plantes, dans lequel il fait usage de la portion la plus volatile du pétrole américain h laquelle il donne le nom impropre d’éther de pétrole et dont il explique ainsi qu’il suit les applications :
- Les feuilles de fleurs récemment cueillies sont introduites dans un cylindre fermant hermétiquement, où elles sont mises en contact pen-dantlOàlb minutes avecl’essence
- volatile de pétrole qui a été purifiée avec le plus grand soin par une méthode particulière et qui s’empare de leur parfum. Au bout de ce temps on ajoute de nouvelles feuilles ou fleurs, et on continue ainsi jusqu’à ce que l’essence soit chargée de ce parfum. On l’évapore alors et il reste dans la cornue le parfum, un peu de matière grasse et de matière colorante. Dans ce mode d’évaporation, on perd très-peu d’essence; mais il ne faut pas pousser la température au point de nuire au parfum. Des expériences faites à Leipzig sur des fleurs de muguet, de réséda, de lys blanc,etc., ont donné des résultats favorables, et on a aussi extrait avec soin, par cette méthode, l’arôme de différentes substances, telles que celles de la cannelle, de la vanille, du girofle. Bien plus, cette méthode s’applique à beaucoup de plantes médicinales, par exemple aux fleurs de l’arnica. Les extraits aromatiques ainsi obtenus abandonnent aisément leur parfum à l’alcool pur, tandis que la matière grasse, et en grande partie celle colorante, restent insolubles.
- Essai des essences.
- On éprouve d’assez grandes difficultés quand il s’agitde découvrir par un moyen sûr et prompt l’alcool dans les essences éthôrées et qui sert souvent à les allonger. M. Pusher a proposé dernièrement de faire usage pour cet objet de la fuchsine qui se dissout avec beaucoup de facilité dans l'alcool et qui, au contraire, est insoluble dans les essences éthérées. Ce réactif est tellement sensible qu’on parvient de cette manière à decelerune addition de 1 pour 100 d’alcool dans ces essences.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Machine à ébarber et parer les rivets.
- Par MM. C. de Bergue et Cie de Manchester.
- MM. de Bergue avaient envoyé à l’Exposition universelle de 18(52 un excellent assortiment de machines à percer, cisailler et river qui ont été fort appréciées des connaisseurs et se faisaient surtout remarquer par leur puissance, leur simplicité et la facilité de leur manœuvre. Aujourd’hui ces habiles constructeurs ajoutent à cet assortiment une nouvelle machine présentant les mêmes caractères, qui fonctionne actuellement dans leur établissement et qu’ils peuvent déjà livrer à l’industrie.
- Cette machine est destinée à ébarber et parer les têtes des rivets en enlevant par voie de poinçonnage les rebarbes ou bordsbruts et irréguliers à la base de la tête de ces rivets tels qu’ils sont produits ou livrés par les machines employées à leur fabrication. Cet ébarbage s’y effectue en effet à l’aide de poinçons tubulaires et de matrices annulaires par lesquels on fait passer les rivets à mesure qu’on agit successivement sux eux.
- La figure 11, pl. 325, représente cette machine partie en élévation, partie en coupe.
- La figure 12 en est un plan partie en coupe.
- La figure 13, une vue en élévation par l’une de ses extrémités.
- A,À, bâti de la machine; B,B, matrices fixes placées aux extrémités des bras G,C, qui sont relevés d’équerre sur ce bâti ; D,D, poinçons tubulaires ou porte-rivets aux extrémités du charnot E,E,lesquels se meuvent horizontalement ; E,F, coulisseaux ou guides faisant partie du bâti sur lesquels fonction-
- nent lescharriots; G,G, voie verticale de guide surlecharriot pour le coulisseau H dans lequel fonctionne le bouton excentrique de manivelle I; G*,chapeau ou plaque de recouvrement de la voie de guide et du coulisseau ; K, arbre d’une seule pièce avec le bouton I; L, roue motrice à l’extrémité de cet arbre; l’autre bout R* de cet arbre étant dressé pour appuyer sur le charriot; L2, pignon qui commande la roue motrice ; L3, volant sur l’arbre de ce pignon; L^L4, poulies fixe et folle sur ce même arbre.
- Les différentes figures font voir les diverses portions saillantes tant verticales que latérales des bras C,C; celles marquées C* sont des surfaces inclinées pour empêcher ue les rebarbes ou les débris pro-uits parles outils ne puissent s’y loger.
- M, pièces de sûreté contre l’écrasement et le refoulement; une à chacune des extrémités du charriot, mais dont on ne voit ici qu’une seule dans les figures. Ces pièces sont en fonte et tournées dans la forme représentée; c’est leur diamètre le plus étroit qui détermine la limite de l’effort d’accord avec un maximum quelconque de cet effort auquel on juge à propos de soumettre la machine. Dans les autres parties, ces pièces sont adaptées et ajustées au centre à l’intérieur du charriot.
- Pour faire usage de cette machine, les rivets qu’on veut ébarber sont placés par les ouvriers dans les poinçons tubulaires D, où le mouvement alternatif du charriot les amène en avant pour être soumis à l’action des matrices B,B. Après cet ébarbage, ils s’échappent ou tombent d’eux-mêmes des poinçons D, ou bien sont enlevés par les ouvriers et remplacés par d’autres.
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- Nous ajouterons que les différents outils sont calibrés avec tant de soin et ajustés si exactement sur leurs pièces dans le bâti et le charriot, qu’on peut très-aisément les changer et y substituer d’autres outils des mêmes dimensions ou de grandeurs différentes.
- Recuit des fils métalliques.
- Dans l’ancien mode de recuit des fils métalliques, les pots à recuire consistaient en des cylindres creux en fonte, fermés dans le bas et pourvus dans le haut d’un couvercle qu’on fermait presque hermétiquement pendant le travail. Ces pots étaient introduits dans un four et chargés avec les fils qu’il s’agissait de recuire ; une fois chargés, on chauffait le four au degré convenable, puis on le laissait refroidir ainsi que les pots.
- Dans ce procédé on remarquait que la surface des fils se recouvrait plus ou moins d’écailles d’oxyde qu’il fallait ensuite enlever par un décapage avant qu’on pût étirer le fil à sa grosseur définitive.
- M. Hibel de Birmingham propose un mode différent de travail : Dans le mode nouveau, les pots à recuit se composent de deux cylindres creux en fonte de diamètres différents, le plus petit étant placé à l’intérieur du plus grand. Il existe alors entre les cylindres un espace annulaire qui constitue la chambre dans laquelle on place les objets à recuire. Le fond de cette chambre est clos et le haut l’est également et hermétiquement pendant l’opération. Quand ces pots sont placés dans le four, les flammes non-seulement les environnent, mais s’élèvent aussi dans la partie centrale qui est creuse, et qui fait que le fil est chauffé plus complètement et plus uniformément. Les pots, du reste, sont fermés hermétiquement à l’air par un moyen fort simple, et lorsque le fil en est retiré, il est aussi uni et doux que possible,
- sans écailles d’oxyde et n’exigeant pas par conséquent de décapage comme dans l’ancien système.
- De cette manière la" qualité du fil est beaucoup améliorée, il est plus ductile et conserve un poids plus élevé, puisque le décapage ne lui enlève plus de substance. Dans l’ancien système, une verge n° 4 anglais, avant de pouvoir être tirée en n°18, exigeait six décapages et cinq recuits. Par le nouveau système, la même verge n’exige qu’un seul décapage et un seul recuit. Dans l’ancien procédé,il fallait neuf jours pour tirer cette verge à la grosseur de fil voulue; actuellement il n’en faut plus que cinq. Il y a donc à la fois économie de temps, de combustible et des ingrédients de décapage, en même temps que la qualité du fil est beaucoup améliorée.
- Les nouveaux pots reçoivent quatre diamètres de fils ; ils n’ont que 0m.38de profondeur,mais peuvent contenir environ 500 kilogr. de fils, et en outre, comme ils sont plus petits que les anciens, on peut les manier bien plus aisément.
- Embrayage des arbres.
- Par M. S. P. Ruggles de Boston.
- Il existe certaines dispositions mécaniques qui, à raison de ce qu’elles n’ont pas un caractère de généralité ou d’universalité,son t rarement employées ou appliquées et qui n’en sont pas moins utiles et avantageuses dans certains cas. Telle est la vis différentielle dont on se sert rarement et qui cependant,dansquelquesoccasions, constitue l’un des moyens de serrage les plus énergiques qu’on connaisse. Cette vis a été appliquée avec succès par M. Ruggles à l’embrayage des arbres, ainsi que nous allons l’expliquer à l’aide de la figure 14, pl. 325, qui est une section verticale de ce mode d’accouplement.
- A est la vis différentielle, ou un
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- boulon différentiel portant deux filets. Le filet de la portion supérieure B est taillé au taux de 4 pas au centimètre, et celui de la partie inférieure G de 3,6 sur la même longueur. La tête J du boulon est hexagone et arrasée sur la surface du manchon. Cette tête est insérée dans une cavité circulaire K assez étendue pour recevoir l’extrémité d’une clef cylindrique; D est la coquille supérieure du manchon, E sa coquille ou moitié inférieure qui s’adaptent l’une et l’autre sur les arbres F et G. Des taraudages de oiême pas que les filets de la vis sont taillés respectivement sur les deux coquilles du manchon.
- La description précédente suffira à tout praticien pour concevoir la manière dont opère ce mécanisme. On verra aisément que quelques tours du boulon fileté suffiront pour pincer et serrer les extrémités des arbres avec une force qui n’a d’autre limite que la résistance des matériaux. Les chevilles H et I implantées sur les arbres et s’engageant dans des trous percés dans les coquilles du manchon, ont pour objet d’obvier aux effets résultant de la négligence apportée dans le serrage du boulon et de permettre aux arbres d’être entraînés.
- Faisons remarquer que ce mode d’embrayage ne présente aucune partie saillante, tels que, écrous, tête de boulon, etc., qui puisse accrocher les courroies ou les vêtements des ouvriers, qu’il dispense des leviers d’embrayage, qu’il ne peut guère se déranger et que quand il est tourné et poli il a une apparence de propreté qui le fait ressembler au prolongement renflé des arbres qu’il sert à assembler.
- Sur les machines à double ‘percussion.
- De tout temps, lorsqu’on a voulu façonner sous une forme quelconque une pièce en métal chauffée ou non, on l’a posée sur un corps ré-
- sistant, une enclume par exemple, et on l’a frappée avec un autre corps dur et solide. De là sont nés les diverses formes de marteaux, et dans les temps modernes les marteaux-pilons.
- On a aussi introduit dans les temps plus rapprochés de nous, un autre moyen pour le façonnage des pièces en les faisant passer entre des cylindres accouplés, creusés de gorges de formes appropriées, et on a multiplié ces cylindres accouplés pour en faire des trains de laminoirs qui amènent peu à peu les pièces au profil qu’elles doivent avoir définitivement.
- Le premier système est basé, comme on le sait, sur le principe du choc ou de la force vive qu’on fait acquérir à un corps pesant auquel on imprime une vitesse accélérée, le second sur celui de la pression. Chacun de ces modes est plus ou moins bien approprié à certains travaux, et on les emploie même conjointement et avec succès dans certaines circonstances.
- Depuis quelque temps on a cherché, en Amérique et en Angleterre, à obtenir des résultats identiques à ceux que donne le premier système, mais en supprimant l’enclume ou le corps résistant qui permet au marteau d’exercer tout son effet, action entièrement due à la force vive dont il est animé et qui est le résultat de son poids et de la vitesse qu’il a acquise au moment où il vient toucher la pièce ; et poury suppléer,onn’apas trouvé d’autre” moyen que d’opposer à cette force vive du marteau, une autre force vive dirigée exactement en sens contraire, force qu’on engendre dans un autre marteau ou un autre organe, mais de manière qu’elle ait même intensité que la première et que les deux forces, en s’exerçant sur la pièce, se fassent mutuellement équilibre au moment du choc.
- L’avantage qu’on a cru retirer de ce mode de travail a probablement été de forger la pièce simultanément sur deux de ses faces et
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- de la modeler et de l’amener des deux côtés à la fois avec une égale perfection et en déployant deux efforts identiques plus promptement à sa forme définitive que ne peut le faire un seul organe de percussion. En un mot, on a voulu économiser ainsi la main-d’œuvre et le temps, résultat auquel doivent tendre en effet tous les efforts de l’industrie.
- Les modèles de ce système de machines commencent à se multiplier, et nous en citerons ici deux exemples.
- Nous avons décrit et figuré dans le t. 27 du Technologiste, page 53, pl. 322, fig. 10, 11, 12 et 13, une machine à façonner les têtes de boulons établie sur le principe en question, et dont l’invention est dueàM. R.-H. Butcher, de Lowell, Massachusett aux Etats-Unis. Dans cette description, on a pu voir qu’une étampe centrale et verticale sert d’abord à refouler assez de matière sur le blanc maintenu debout pour former une tête, puisque quatre étampes mues horizontalement viennent successivement et par couples opposés modeler cette tête sous forme carrée. Deux de ces étampes agissent d’abord sur les faces opposées, puis se re-tirentpour que l’autre couple agisse à son tour, après quoi elles se retirent aussi pour laisser tomber le boulon armé de sa tête ou permettre de le chasser et de le remplacer par un autre en blanc. Le jeu de cette machine est donc facile à concevoir, et elle a, dit-on, fourni de bons produits à une compagnie américaine qui s’est formée pour la fabrication exclusive des boulons.
- Le second exemple que nous citerons est une machine à forger, inventée en 1865 par M. J. Wright, de Dudley, en Angleterre. L’auteur de cette invention emploie quatre marteaux convergents montés sur coulisseaux disposés aux points de rencontre de quatre tiges ou bielles articulées l’une sur l’autre, et formant entre elles un parallélo-
- gramme rectangle à côtés égaux. L’un de ces marteaux est commandé directement par la tige de piston d’un cylindre à vapeur, et tous les marteaux glissent dans des coulisses fixées sur le bâti et formant une croix symétrique. Il est facile de voir que de même que, pour les branches d’un pantographe, lorsque le marteau commandé par le piston se rapproche du centre, celui qui lui est opposé s’en rapproche également, tandis que les deux autres placés à angle droit par rapport à ceux-ci, s’en éloignent, et réciproquement que lorsque les premiers s’éloignent entre eux, les seconds se rapprochent. La pièce placée au centre est donc frappée dans le premier temps, simultanément sur deux de ses côtés opposés par les deux premiers marteaux solidaires, puis ensuite dans le second temps, par l’autre couple de marteaux sur les deux autres côtés.
- Ces marteaux agissant ainsi ne donnent à la pièce forgée qu’une forme carrée, mais en les remplaçant par des étampes du modèle convenable, on conçoit qu’on peut faire prendre à celle-ci toute autre forme qu’on désire.
- La machine de M. Wright ne peut guère forger que des pièces un peu brutes, et commandée qu’elle est directement par la tige de piston du cylindre à vapeur, elle ne paraît pas susceptible de fournir un travail bien régulier et d’un fini remarquable, néanmoins on peut la considérer comme propre à rendre des services dans les ateliers de construction, et à procurer des économies sur la main-d’œuvre.
- Une remarque d’ailleurs à faire, c’est que cette machine ne présente ni manivelle ni arbre tournant, et l’inventeur dit qu’au moyen de dispositions simples, il peut faire frapper les quatre marteaux simultanément sur la pièce à forger.
- Les deux exemples que nous venons de citer semblent montrer que jusqu’à présent on n’a guère appliqué les machines à double
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- percussion qu’à forger et à produire des pièces brutes; mais un constructeur anglais, M. H.-M. Kennard,de Crumlin, s’est fait patenter en 1866 pour une machine fondée sur le principe de cette double percussion, et destinée à la rivure des chaudières ou autres pièces de grosse chaudronnerie. Au moyen de cette machine, on ne se sert plus pour unir deux pièces ensemble de rivets dont on a déjà façonné l’une des têtes, mais sim-lement d’un bout de tige en lanc qu’on insère dans le trou Percé dans les deux tôles, et dont la machine forme simultanément les deux têtes au moyen de deux bouterolles qui marchent au-devant l’une de l’autre et s’arrêtent au moment où ces têtes sont façonnées et serrées fortement sur la pièce. Les bouterolles se rapprochent et s’éloignent l’une de l’autre, en faisant glisser leurs porte-outils dans des montants du bâti, par l’entremise d’un système de leviers basculant sur des points de centre fixes et articulés par leurs extrémités inférieures sur les bras d’un genou en rapport par des pièces de renvoi avec la bielle articulée sur le bouton de la manivelle d’un arbre principal armé d’un volant.
- Pour donner quelque élasticité à l’action des bouterolles, l’inventeur a multiplié et combiné d’une certaine manière les pièces de transmission de la force, mais quoi qu’il ait pu faire, il est facile de comprendre que sa machine exige une très-grande perfection d’exécution dans les pièces qui la composent, que le moindre retard dans le mouvement de l’une des bouterolles peut amener des désordres graves, que si l’une de ces bouterolles ne serre pas avec la même force et la même impétuosité que l’autre, le rivet présentera d’un côté une tête plus forte que de l’autre, que ce système compliqué de leviers pour la transmission alternative de la force doit être,au contraire,la cause et l’origine d’une inégalité de mouvement, et enfin que dans une ma-
- chine de gros travail de ce genre, il n’est pas prudent de compter sur des résultats assez précis pour donner une aussi belle rivure que celle qu’on obtient aujourd’hui, soit à la main, soit avec les machinçs à simple percussion qui n’ont d’autre fonction que de former une deuxième tête au rivet et de le serrer fermement sur la pièce. En un mot, nous pensons que cette machine à river à double effet telle qu’elle est établie, ne remplira qu’imparfaitement le but auquel l’inventeur la destine, à savoir d’économiser la main-d’œuvre, puisqu’il est probable que ce serait aux dépens de la qualité du travail.
- Peut-être les machines à double percussion occuperont-elles, dans un avenir prochain, un rang distingué parmi les appareils ou les engins des ateliers de construction, mais pour leur assurer ce rang, elles ont besoin encore d’être améliorées et amenées à un plus haut point de simplicité, de perfection et surtout d’extrême précision dans la manœuvre.
- Fabrication des bandages en acier fondu pour les chemins de fer.
- Par M. J. Firth.
- Le mode de fabrication que je propose consiste à corroyer un cylindre creux en acier fondu sur un arbre ou bigorne jusqu’à ce qu’il y ait réduction d’épaisseur, puis à corroyer de nouveau cette pièce entre des outils de forme appropriée, afin d’y relever des nervures qui doivent former les ressorts ou boudins des bandages, après qu’ils auront été terminés et en même temps de donner de la densité au métal.
- A cet effet, un cylindre creux et moulé en acier fondu d’une longueur suffisante pour fabriquer lusieurs bandages est d’abord ien corroyé sur une bigorne, afin
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- Le Technologiste. T. XXVIII. — Octobre 1866.
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- de l’amener à l’épaisseur qu’on ! veut donner à ces bandages et de lui donner de la densité et du corps. Gela fait, on le corroie de nouveau entre la table d’un marteau et celle d’une enclume-bigorne, lesquelles tables portent des cannelures destinées à former à certains intervalles, tout autour du cylindre des parties circulaires saillantes ou relevées qui doivent constituer les boudins, ainsi qu’on l’a représenté dans les figures 15 et 16, pl. 325, en coupe et en élévation par une extrémité.
- La pièce moulée cylindrique et corroyée est alors enlevée de dessus la bigorne et placée sur le tour, afin de la découper et de la diviser dans les points où l’on a formé des renflements ou arêtes saillantes, ainsi qu’on l’a représenté au pointillé dans la figure 15.
- On doit faire en sorte, comme préférable, que chaque arête ou renflement soit d’une dimension suffisante pour qu’étant coupé par le milieu, ils fournissent les deux boudins de deux bandages, mais ce mode n’est pas absolument nécessaire, et on peut très-bien produire des saillies qui ne fournissent qu’un seul boudin, cas dans lequel la coupure s’opère non plus au milieu de cette saillie, mais sur le côté et au pied de celle-ci.
- Les bigornes employées pendant le corroyage des cylindres en acier fondu, doivent avoir une légère forme conique pour faciliter l’enlèvement.
- Le cylindre ayant ainsi été divisé ou découpé en plusieurs parties, chacune d’elles ou plutôt chaque anneau devient propre à fabriquer un bandage à rebord et n’a plus besoin que d’être terminé sur un laminoir à bandages ordinaires, semblable à celui dont on se sert pour rouler des bandages continus. Al’aide de ces diverses opérations, et spécialement du corroyage préalable du cylindre tout entier et en forte masse, qu’on découpe ensuite et termine, ainsi qu’on l’a expliqué ci-dessus, les bandages sont plus
- solides et de meilleure qualité sous tous les rapports que ceux moulés séparément, puis ensuite roulés ainsi qu’on l’a pratiqué jusqu’à présent, ou que les bandages moulés ensemble sous la forme d’un cylindre, mais non corroyés ou roulés.
- Au lieu d’un moulage d’acier, sous une figure cylindrique unie sur la surface convexe extérieure, et sans produire diverses saillies sur la surface de la pièce moulée creuse, à la forge ou au corroyage, ainsi qu’on l’a décrit plus haut, on peut produire un moulage présentant des bourrelets sur la surface convexe, ainsi qu’on l’a représenté en coupe dans la figure 17, qui est une' pièce moulée propre à faire plusieurs bandages à rebord pour roues de chemin de fer. Dans ce cas, ce moulage d’acierest découpé sur le tour, comme il a été dit précédemment, en plusieurs anneaux propres à faire chacun un bandage à boudin , après avoir été soumis au travail d’un laminoir à bandages continus. Ou bien ce moulage peut être corroyé entre un marteau et une enclume, comme l’indiquent les figures 15 et 16, avant de le découper en anneaux. A l’aide de ces divers moyens, on perfectionne la fabrication des bandages en acier pour chemins, de fer, comparativement à la pratique de faire un moulage distinct pour chaque bandage, ou on a celle où on moule plusieurs bandages sous une forme cylindrique et de la figure définitivement requise après avoir découpé et tourné, mais sans corroyage et laminage.
- Fixateur hydraulique pour les tubes des chaudières à vapeur. •
- Dans la pratique générale des ateliers de construction, on est dans l’habitude de dilater et rendre étanches les extrémités des tubes des chaudières à vapeur à l’aide du marteau, moyen qui constitue une
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- sorte de rivure. Mais l’emploi du marteau pour arrêter et serrer le tube à sa place, soulève de nombreuses objections, et on a allégué entre autres que la tôle perd de sa ductilité, qu’elle cristallise aux extrémités du tube sur lequel on opère, et par conséquent qu’on expose celui-ci à une rapide détérioration. En outre, cette opération affaiblit ce tube, comme organe d’étançonnage et de soutènement, tant par cette cristallisation dont il vient d’être question, que par la gerçure de ses extrémités.
- Ajoutons à. cela qu’il n’y a nul moyen de s’assurer que chacun de î ces tubes est également bien appliqué et serré, et que lorsque ceux-ci entrent dans la construction d’une chaudière marine ou de toute autre boîte à feu, il est difficile et, dans beaucoup de cas, impossible qu’un ouvrier puisse y avoir accès pour les resserrer et les marteler comme il convient. D’ailleurs, l’opération est dispendieuse et elle exige un travail très-soigné dont tous les ouvriers ne sont pas capables.
- On a bien eu recours fréquemment ù des anneaux, des viroles, des bagues chassés avec effort pour assurer la fermeture étanche des tubes et les maintenir en position ; mais on est bien forcé de convenir que cela donne lieu à des frais additionnels assez lourds lorsque les tubes sont nombreux ; indépendamment de cette objection qu’on peut opposer à ce mode de serrage, que les pièces additionnelles occupent beaucoup de place, et ont par conséquent une tendance à provoquer l’obstruction des tubes.
- Le mode pratique ordinaire paraît avoir été notablemeut perfectionné par un mécanicien de Sun-derland, M. R. H. Tweddell, qui, dans ses ateliers, fait usage d’un mandrin brisé, hydraulique et à expansion pour fixer et serrer les extrémités des tubes en question, non plus par voie de percussion, mais par voie de pression.
- M. Tweddell se sert à cet effet de mandrins ayant une forme cir-
- culaire dont la surface convexe ou extérieure est adaptée à la forme qu’on veut donner à l’intérieur, aux extrémités des tubes. Ces mandrins se composent de plusieurs pièces, et les différents segments dont ils sont formés peuvent être refoulés de dedans en dehors, dans le sens de leur rayon, au moment où l’on opère à l’aide d’un corps solide à faces inclinées et en forme de coin. Ces faces inclinées ou ces coins sont attachés à la tige de piston d’une presse hydraulique qui les attire ou les entraîne en avant, et le coupage des extrémités ou autres parties des tubes s’effectue par l’intervention des bords tranchants des segments.
- A, dans la figure 18, pl. 325, représente un cylindre hydraulique dont le pied est placé sur la plaque aux tubes, autour du contour extérieur du tube qu’il s’agit de fixer. Ce pied est façonné de manière à ne pas toucher les écrous du tube, etc. B est un coin hexagone qui est introduit dans le mandrin brisé C, et qui, en le dilatant à mesure que le piston l’amène en avant, applique et fixe fermement le tube sur le contour et la surface du trou où il doit être placé. La force est transmise au moyen du tube D en communication avec une pompe foulante. Lorsque le coin a été enfoncé à une profondeur suffisante dans le mandrin, on fait écouler l’eau dans la pompe, le mandrin se resserre et est enlevé et inséré dans le tube suivant qu’on veut fixer.
- Lafigurel9représente uneforme différente de mandrin, celle d’é-tampes M, construite pour couper les vieux tubes, et celle N pour retrancher les extrémités des nouveaux.
- Les avantages pratiques de ce mode de fixation des tubes des chaudières à vapeur, sont, en premier lieu, une pression uniforme exercée sur tout le pourtour de chaque tube , ce qui assure une parfaite uniformité ae contact entre le tube et la plaque aux tubes. Il n’y a aucun danger de faire éclater le
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- tube, ainsi qu’on ne le voit que trop fréquemment quand on emploie le marteau et les mandrins ordinaires. Ensuite, l’extrémité des tubes ne devient jamais cristalline et conserve tout son nerf et sa douceur, quel que soit le nombre de fois qu’on fait l’application du mandrin brisé. Il y a d’ailleurs avantage dans la propreté et l’homogé-néilédes diverses parties du travail. Quant à l’économie du temps, on nous affirme qu’avec le nouveau mandrin brisé, on a fixé des tubes en fer dans des plaques de chaudières de navigation au taux de 40 à 50 extrémités par heure, et qu’on les a rendu étanches, tant aux essais par voie hydraulique que par ceux à la vapeur. La pression employée est de 200 à 236 kilog. par centimètre carré, ce qui donne sur le piston une pression de 15 à 20 tonnes. La machine capable d’exercer cet effort ayant des dimensions telles, qu’un homme seul peut très-bien la soulever et la manœuvrer. La pompe foulante exige le travail d’un autre ouvrier.
- Cet appareil paraît parfaitement propre à être appliqué, dans les ports, h bord des bâtiments à vapeur des services transatlantiques ou autres où l’on ne dispose souvent que de peu de temps pour réparer, par les moyens ordinaires, les tubes qui donnent lieu à des fuites, ou dans les stations étrangères où un travail soigné est dispendieux, difficile à se procurer, tandis qu’avec lui, on peut confier avec quelque sécurité les réparations à un ouvrier peu habile. Il est d’ailleurs applicable pour serrer toute espèce de tubes ou de tuyaux sur leurs collets. En résumé, le mandrin hydraulique est une des additions récentes les plus utiles qu’on ait faites aux appareils employés dans le service des constructions auxquelles il s’applique.
- Soupape de sûreté à compensation.
- Par M. W. Naylor.
- Dans son ouvrage sur les machines â vapeur, Tredgold dit que « ce serait un grand perfectionnement qu’on apporterait dans les soupapes de sûreté, si on parvenait à les établir de manière à ce qu’elles soient débarrassées d’une portion de la charge qui pèse sur elles quand elles se soulèvent sur leur siège. » Les soupapes de sûreté, principalement appliquées sur les locomotives, les locomobiles et autres chaudières exposées â des oscillations, sont généralement chargées au moyen d’une balance à ressort; mais, au lieu d’être établies d’après l’observation judicieuse de Tredgold, elles agissent en sens contraire lorsqu’elles se soulèvent sur leur siège, c’est-à-dire qu’elles tendent à augmenter notablement la charge qui pèse sur elles et la pression ou l’effort sur la chaudière, ainsi qu’il est facile de le constater tous les jours en regardant une soupape qui laisse échapper de la vapeur, et comparant avec la pression indiquée par le manomètre. Il n’est pas rare, en effet, de constater une différence en excès sur la soupape de 1 kil.4 à 1 kil.5 et même plus par centimètre carré, quand on pousse le feu sous la chaudière et que la vapeur générée n’a d’autre issue pour s’échapper que les soupapes de sûreté.
- Cela posé, nous passons à la description de la soupape deM. Naylor.
- Le but principal que s’est proposé M. Naylor, et qu’il a atteint par un mode de construction fort simple, a été de contrebalancer la charge additionnelle sur la soupape lorsqu’elle est soulevée sur son siège, charge qui est le résultat de la résistance croissante du ressort. C’est à quoi il parvient en faisant usage d’un levier du premier genre dont l’une des extrémités, coudée sous un angle de 90°, est attachée au ressort, tandis que
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- celle opposée exerce une pression de haut en bas sur la soupape. Le soulèvement de cette soupape a donc pour effet de raccourcir virtuellement le bras de levier sur lequel opère le ressort en se rapprochant du point de centre, ce qui produit la compensation désirée.
- La figure 20 , pl. 325 , est une coupe en élévation d'une soupape de sûreté double de ce genre construite pour chaudières de locomotives.
- La figure 21, deux demi-sections horizontales prises à des hauteurs différentes.
- A, A, deux ouvertures principales pratiquées sur la chaudière au-dessus desquelles est placé le tuyau central d’échappement B de la vapeur. G, G, deux soupapes maintenues fermées par l’un des bras des leviers E, E qui fonctionnent sur les points de centre F, F, en appuyant d’un bout sur une tige G, tandis que le bras opposé de chacun de ces leviers est rabattu et porte sur un couteau I et une tige qui le mettent en rapport avec l’extrémité d’un ressort en hélice H aucjuel la tieçe est accrochée. L’extremité supérieure de ces ressorts qui sont renfermés dans des boîtes tubulaires est accrochée au bout inférieur des tiges d’ajustement filetées L, L qui passent chacune à travers une ouverture au centre de chaque boîte, et qu’on empêche de tourner en donnant à leur partie inférieure une forme carrée et en les faisant jouer dans une ouverture de même forme.
- M,M, écrous et roues à poignée pour tourner les tiges filetées et par conséquent les faire descendre ou monter pour bander ou relâcher les ressorts, et appliquer sur les leviers des soupapes E des charges correspondantes. N,N, index ronds à bord tranchant, arrêtés sur la tête de chaque tige filetée. O, O, échelles graduées portées par la roue à poignée pour indiquer la charge sur la soupape par centimètre carré.
- Lorsque la soupape est soulevée,
- elle relève le bras correspondant du levier coudé E et déprime le bras opposé, mouvement auquel résiste plus ou moins la force contractile du ressort; mais l’extrémité coudée du levier, au moment où elle s’abaisse, se rapproche en même temps du point de centre et par conséquent raccourcit le bras du levier, et compense ainsi la résistance accrue du ressort.
- Nous ferons remarquer que les leviers et les ressorts dans cette soupape sont renfermés dans une boîte et par conséquent hors de l’atteinte du chauffeur qui ne peut la surcharger en suspendant des poids au levier, comme il n’arrive que trop souvent avec les soupapes ordinaires. Avec la soupape Naylor, on peut régler la pression avec la roue à écrou, en diminuant ou augmentant la tension du ressort jusqu’à ce qu’on ait atteint la pression maxima jusqu’à laquelle on veut travailler; alors l’épaulement sur l’écrou de la tête du ressort appuyant sur la tête de la boîte à ressort, il n’est plus possible d’augmenter la pression par ce moyen, tandis que le chaffeur peut à chaque instant diminuer ou relâcher cette pression jusqu’à zéro.
- On pourrait objecter que dans cette manière d’équilibrer, la tension continue du ressort affaiblit son action avec le temps et que les indications finissent par devenir incorrectes. Mais cette objection s’applique aussi à la balance à ressort de Salter qui fonctionne avec un levier ordinaire, et dans tous les cas les détériorations sont si peu sensibles, qu’on peut sans crainte appliquer le ressort comme organe propre à équilibrer les leviers des soupapes de sûreté, et même en supposant que ces détériorations aient quelque gravité, elles sont à l’avantage de la sûreté en ce qu’elles affaiblissent plutôt qu’elles n’augmentent la pression dans la chaudière. Du reste l’inventeur y a pourvu depuis en interposant au fond de la boîte à ressort le diaphragme de caoutchouc dont il sera
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- question ci-après et qui empêche la vapeur d’attaquer le ressort.
- On voit aussi que le frottement est réduit au minimum, puisque tous les points d’appui reposent sur des couteaux.
- Relativement à la puissance d’échappement de cette soupape, voici ce que dit l'inventeur :
- « D’après des expériences faites sur diverses locomotives générant au repos autant de vapeur qu’il est possible avec un feu de houille et un jet de vapeur dans la cheminée, j’ai trouvé que l’une de ces soupapes n’ayant seulement que 50 millimètres de diamètre, donnait issue à toute la vapeur et ne conservait qu’un excédant de pression de 2 kil. moindre par centimètre carré, que ne pouvaient le faire deux soupapes chacune de 102 millimètres de diamètre, chargées par de longs leviers et des balances à ressort. »
- Une de ces soupapes de sûreté double a été appliquée à une des plus grandes chaudières locomotives qu’on ait encore construites, et on a trouvé qu’elle pouvait évacuer la vapeur aussi vite qu’elle était générée, la pression dans la chaudière au même moment n’excédant pas de plus de 5 pour 100 la pression de travail pour lequel sa soupape avait été chargée.
- Dans le cas de soupape pour les chaudières à bord des bâtiments, on place un diaphragme étanche en caoutchouc sur le fond de la boîte à ressort, afin d’empêcher les avaries du ressort par l’introduction de l’eau salée en cas où la chaudière viendrait à primer, et on ajoute un petit levier de secours pour faciliter au besoin le jeu de la soupape.
- Appareil de sûreté pour les machines à vapeur.
- Le succès remarquable qu’a obtenu l’appareil de Black* paraît dû en premier lieu au besoin éprouvé depuis longtemps de pouvoir con-
- trôler le niveau de l’eau encore par un autre moyen que par les tubes de niveau d’eau, et en second lieu, sans nul doute par cette circonstance qu’on ne connaît pas bien encore l’avertisseur de MM. Schâf-fer et Budenberg, malgré, toutefois, qu’il soit déjà assez répandu pour qu’on puisse en recommander chaudement l’emploi.
- Nous croyons fort bien que les tubes de niveau d’eau, l’appareil de Black et l’avertisseur peuvent être mis en parallèle, surtout parce ces deux derniers appareils ont encore leur utilité sous un autre rapport. Un chauffeur peut sans doute et doit même se contenter des tubes de niveau, car l’observation au moyen des robinets d’essai est souvent trompeuse, quand il n’a pas sous la main un autre organe pour contrôler la hauteur de l’eau dans la chaudière, mais nous avons eu l’occasion de faire cette expérience peut-être encore trop peu connue, que le jugement qu’on porte sur la hauteur de l’eau dans la chaudière au moyen des tubes de niveau, ne mérite pas une confiance absolue, même quand l’appareil paraît être en parfait état dans toutes ses parties. Lorsque le conduit qui amène la vapeur aux tubes n’est pas étanche, soit dans la partie supérieure du robinet, soit sur ses côtés, ou bien dans le tuyau de communication supérieur, il arrive ce qui suit : la vapeur qui s’échappe en ce point abaisse la tension dans la portion du robinet ou du tuyau correspondant en proportion de ce que l’organe est moins hermétique, et l’eau monte proportionnellement dans le tube de niveau au-dessus de celui de l’eau dans la chaudière. Ces états étanches imparfaits peuvent donner lieu à des différences de 0m.20 et davantage. Il est facile de se convaincre pratiquement de ce fait, en provoquant une fuite par le robinet dont on soulève légèrement la clef. Il est donc indispensable d’avoir un double contrôle du niveau de l’eau,et c’est
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- pour cela qu’on a cherché à se rendre compte plus exactement des effets de l’avertisseur de MM. Schàffer et Budenberg, qui, tant par sa nouveauté que pour en propager les applications, mérite qu’on en présente une description avec figure.
- La construction de cet appareil est simple, ainsi que le fera comprendre la figure 22, pl. 325, qui le représente en coupe. Le passage de la vapeur au sifflet avertisseur a est fermé par une boule c attachée à l’extrémité supérieure de la tige du flotteur b,b1. Le mouvement oscillatoire qu’affecte le flotteur d par suite du bouillonnement et de l’agitation de l’eau dans la chaudière s’oppose à l’adhérence de cette boule et opère en outre une fermeture hermétique, lorsque le niveau de l’eau dans la chaudière est à l’état normal. Aussitôt que l’eau descend, le flotteur qui s’abaisse en même temps que l’eau entraîne avec lui la boule, et alors les mouvements tumultueux de l’eau déterminent des appels intermittents du sifflet qui, lorsque l’eau baisse encore, deviennent continus. Les premiers sifflements intermittents de l’appareil qui signalent déjà une différence de niveau de l’eau dans la chaudière, en tant du moins qu’ils sont provoqués par l’agitation et le bouillonnement de l’eau, font comprendre la fonction d’une exlrêmeprécision que remplit l’avertisseur dont les propriétés principales peuvent se résumer comme il suit :
- 1° Il avertit le chauffeur, non pas lorsque l’eau dans la chaudière a atteint un abaissement dangereux, mais exactement au moment où la chaudière a besoin qu’on lui fournisse de l’eau.
- 2° Jamais les frottements ne l’entravent dans son jeu ou ses fonctions.
- 3° Avec une alimentation immédiate, il se ferme de lui-même.
- 4° A raison de la simplicité de sa construction, il n’a besoin ni d’être inspecté ni de réparations»
- 5° Le chauffeur n’y a pas accès.
- 6° Par suite de la sûreté avec laquelle il fonctionne, il exerce un contrôle fidèle sur le niveau de l’eau dans la chaudière et en même temps aussi un contrôle certain sur les indications des tubes de niveau, par conséquent aussi sur les appareils d’alimentation.
- Relativement à l’appareil de Black dont, soit dit en passant, la construction est encore plus simple, il ne faut pas oublier cette circonstance qu’il ne commence à avertir que lorsque le besoin devient pressant, et, chose des plus incommodes, que lorsque le bouchon vient à fondre, il faut s’empresser de le remplacer par un autre si on veut rétablir les fonctions de l’appareil. Indépendamment de cela, la chaudière, au moment où le bouchon s’ouvre, laisse projeter beaucoup d’eau, ce qui augmente le danger. Le service de l’appareil est donc constamment sous la dépendance de ce renouvellement, et quiconque est familier avec la pratique, sait fort bien qu’il peut arriver fréquemment que le bouchon de remplacement ne soit pas sous la main ou qu’on n’en ait pas en provision suffisante à l’instant où l’on en a besoin; par conséquent le robinet de l’appareil de Black doit rester longtemps fermé pendant tout ce temps, c’est comme si l’appareil de sûreté n’existait pas. Enfin, c’est une chose très-possible que le tube de cet appareil qui descend jusque dans l’eau soit obstrué par des incrustations et par ce fait seul devienne parfaitement inefficace. Ajoutez à cela la possibilité que dans certaines circonstances le métal de composition du bouchon peut être défectueux, question que nous ne voulons pas approfondir ici. Nous admettons volontiers que la simplicité de l’appareil de Black est séduisante et qu’il présente même des avantages, mais d’un autre côté,nous maintenons qu’il ne peut* sous le rapport du temps* présenter un contrôle auquel on puisse avoir
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- une entière confiance, puisque lui-même, par les raisons alléguées, a besoin d’un contrôle. En outre, ce contrôle lui-même est environné de nombreuses difficultés et même de dangers. La pratique, du reste, nous apprendra quel est celui des deux appareils en question qui, par la suite, aura mérité la préférence.
- Détermination du degré économique
- et le plus avantageux de détente
- dans les machines à vapeur.
- Par M. T. Macquorn Rankine.
- Déjà en 1851, l’auteur avait indiqué un procédé graphique pour déterminer le degré de détente de la vapeur, au moyen duquel on obtient un certain travail aux moindres frais possibles, lorsqu’on donne le rapport de la pression définitive dans une machine à vapeur, à la pression initiale absolue, et le rapport des frais dépendant de la capacité du cylindre à celle de la quantité de vapeur réellement dépensée.
- Récemment, il a cherché à résoudre ce problème d’après le même principe, mais à l’aide d’un diagramme plus simple; afin que cette solution puisse être pratique, il faut éviter l’accumulation de l’eau de condensation dans le cylindre soit par une enveloppe, soit par le surchauffage, autrement on n’arriverait pas à réaliser l’économie qu’on est e’n droit d’attendre d’un degré élevé de détente. Le diagramme en question se construit de la manière suivante :
- Supposons que la ligne AB, fig. 23, pi. 325, représente la course du piston, que cette ligne a été partagée en parties égales, 100, par exemple, qui correspondent aux divers degrés de la détente ; puis que les lignes A C = BD, élevées perpendiculairement sur AB, représentent la pression absolue de la vapeur affluente. Maintenant, par
- une série des points de AB, élevons des ordonnées qui représenteront la pression absolue de la vapeur correspondant aux divers degrés de détente, la pression initiale absolue étant prise pour unité : ainsi, par exemple, lorsque la vapeur est interrompue suivant le rap-
- port de la course du piston,
- alors ^ - est le rapport de la pression moyenne absolue de cette détente qui correspond à la pression initiale absolue. Par le point extrême des ordonnées, décrivons une circonférence AHD; la valeur de ces ordonnées doit être déterminée par le calcul ou empruntée aux tables dans les ouvrages sur les machines à vapeur, ou enfin déterminée graphiquement.
- Maintenant, tirons la ligne EF parallèle à AB, de manière que
- soit égal au rapport de la pression finale à la pression absolue. Si K est le point où l’on interrompt la vapeur, et RH la pression absolue moyenne de cette vapeur, alors LH représentera la pression moyenne effective.
- Déplus, calculons pour un temps déterminé, soit un an, un mois, un jour, les frais auxquels entraîne une machine exactement de l’espèce en question et qui dépendent de la capacité du cylindre, tels que intérêts des frais d’établissement, usure, réparations, salaire du mécanicien de la machine, etc., et qu’on peut appeler frais de machine. Calculons de même les frais pour le travail de cette machine à une vitesse donnée, à pleine cylindrée, avec lapressioninitiale qu’on a en vue. Ces frais consistent principalement en intérêts du prix de la chaudière, usure et réparation de celle-ci, dépense en combustible, salaire du chauffeur, etc., qu’on peut appeler frais à toute vapeur. Ces derniers frais sont très-ap-proximativement proportionnels au poids de la vapeur qu’on dé-
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- penserait dans un temps donné si on marchait à toute vapeur.
- Cela fait, prolongeons FE jusqu’en G, de manière que EF soit à EG, comme les frais à toute vapeur sont aux frais de machine. Pour un point déterminé K de l’interruption de la vapeur, EL=A K indique les frais de la vapeur, dans la même mesure ou échelle suivant laquelle EF=AB exprime les frais à toute vapeur, et E G les frais de machine, et GL=EG-j-EL suivant la même échelle, les frais totaux de la machine et de la vapeur à la détente donnée.
- Si GH est la tangente menée du point G à la courbe AD, et que du point H on abaisse la perpendiculaire HR sur AB, alors K sera le
- point économique le plus avantageux où il faudra interrompre la
- vapeur, et-^- le degre economique le plus favorable de détente. En effet, par un point d’interruption donné, par exemple K, le travail indiqué est proportionnel à l’ordonnée LH, mesurée par la ligne de pression finale Eh, tandis que les frais sont proportionnels à la distance GL; de cette ordonnée au point G, le travail fourni sera donc un maximum par rapport aux frais, lorsque l’angle GH atteindra aussi un maximum, c’est-à-dire quand G H sera la tangente de AD.
- Voici comme exemple les résultats que fournit le diagramme construit ci-dessus.
- Les frais à toute vapeur peuvent être obtenus d’après le travail, et ceux d’une machine à vapeur travaillant avec détente en multipliant les frais effectifs de la vapeur par le rapport de la détente.
- Une grande exactitude n’est pas nécessaire dans cette construction, parce qu’il n'y a que lorsqu’on s’éloigne beaucoup du degré économique le plus avantageux de la détente qu’il y a une perte économique sensible.
- De la locomotion sur routes ordinaires à l'aide de la vapeur.
- Par M. Séguier.
- L’honneur de la priorité de la pensée de faire progresser sur route ordinaire un véhicule au moyen de la puissance de la vapeur, appartient à la France. Cu-gnot est bien le premier qui, en 1770, a effectivement fait marcher à Paris une voiture sur le sol de l’arsenal, dans lequel il construisit son fardier à transporter les canons. Depuis lui, que de tentatives, soit en France, soit en Angleterre! Notre projetn’estpas, aujourd’hui,
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- de nous livrer à une étude rétrospective sur cet emploi de la vapeur : ce sont les principes suivis par les divers constructeurs que nous voulons discuter, afin de reconnaître si la manière d’appliquer sa puissance au véhicule a réellement fait autant de progrès que le mécanisme qui l’engendre.
- Examinons donc comment Gu-gnot avait disposé son fardier au point de vue de la progression, et rapprochons ce qui a été fait au début avec ce qui a été pratiqué depuis, avec ce qui est exécuté aujourd’hui.
- L’appareil à transporter les canons était un tricycle, c’est-à-dire une voiture à trois roues; une roue unique formait l’avant-train, deux fortesrouesindépendantesmontées à l’ordinaire sur un essieu, composaient l’arrière-train. C’est à la roue de devant que Cugnot, judicieusement, appliqua la puissance motrice ; bornons-nous à dire que le moteur auquel il donna la préférence, se composait de deux cylindres à simple effet, dont les pistons étaient poussés par la vapeur à haute pression, communiquant par la combinaison de leur mouvement alternatif, à l’aide de cliquets et de rochets, une rotation continue à l’essieu de la roue unique solidement fixée avec lui. Comme on le comprend déjà, la cause de la locomotion se trouvait en avant du fardier, dans cette roue unique qui, pour trouver plus d’adhérence avec le sol, était cerclée d’un bandage strié, et supportait tout le poids de la chaudière, de son eau, ainsi que celui du fourneau formé d’une enveloppe de tôle garnie de terre réfractaire; les chaudières à foyer intérieur n’étaient point encore imaginées. Le système complet pouvait prendre, comme un avant-train ordinaire, des angles même de 90 degrés par rapport à l’arrière-train. Le fardier à vapeur de Cugnot tournait aussi facilement sur le terrain que s’il eût été attelé à des chevaux vivants. Cugnot, évidemment, s’ôtait ins-
- piré de la construction des véhicules pratiqués avant lui, et il s’était trouvé heureux, en réalisant la substitution de la puissance mécanique de la vapeur à la force musculaire des animaux, de n’avoir pas d’autre problème à résoudre que celui du groupement de son mécanisme dans l’avant-train de son fardier.
- Est-ce dans la voie ouverte par cet ingénieur novateur, que ses successeurs ont marché? Oserons-nous dire, sans être taxé d’avoir injustement cédé au désir de faire, dans cette matière sérieuse, un mauvais jeu de mot, qu’ils ont marché en avant en faisant un pas en arrière? Pourtant nous avons la prétention de démontrer que tous les successeurs de Cugnot, en attelant leurs chevaux-vapeur derrière la voiture pour la pousser devant eux au lieu de la traîner derrière eux, comme le font les chevaux vivants, n’ont pu produire des effets supérieurs aux siens que grâce aux progrès réalisés dans les générateurs de vapeur et dans les mécanismes moteurs.
- Entrons dans le fond de la question ; disons comment, aujourd’hui, la puissance est généralement appliquée aux véhicules à vapeur ; si-gnalons-en les inconvénients, et si nous pouvons être assez heureux pour y parvenir sans placer sous les yeux des modèles et des dessins, faisons comprendre quel est le véritable progrès qui reste à réaliser dans les appareils de locomotion sur les routes ordinaires.
- Tous les ingénieurs qui ont construit des voitures à vapeur en France, tels que Révon, Dietz, Galy-Cazalat, Lotz; en Angleterre, tels que Gurney, Hanncok, Dasda, Burrell, Garret, ont appliqué à l’une ou aux deux roues de derrière, la puissance motrice; l’anglais Gordon est le seul qui ait cherché, à l’aide de leviers mis en jeu par le mécanisme à vapeur, à imiter sur le sol l’effet des pieds des chevaux, et encore est-ce par derrière le véhicule qu’il fait agir
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- les organes de propulsion. Tous donc, répétons-le, ont attelé leurs chevaux par derrière la voiture! Nous croyons pouvoir attester en toute vérité, rappelant les souvenirs des essais que nous avons tentés nous-même par un mécanisme construit, il y a plus de vingt années, dans les ateliers de feu Saunier, mécanicien de la Monnaie, et dont tous les organes démontés subsistent encore dans les ateliers de l’habile constructeur de loco-niobiles, M. Rouffet, que, depuis Cugnot, nous avons seul maintenu sa pensée première de communiquer la puissance motrice aux roues de l’avant-train, pour que cette puissance mécanique s’exerce comme celle des chevaux, en avant de la voiture à traîner.
- L’application delà force motrice aux roues de derrière oblige, dans les tournants, à faire le sacrifice de l’adhérence d’une des deux roues sur le sol; aussi tous les constructeurs ont-ils disposé, entre ces roues et l’essieu à double coude qui doit leur transmettre la puissance de la vapeur, des espèces d’embrayages destinés à rendre tour-à-tour indépendante ou solidaire du mouvement de l’essieu, chacune des roues de derrière du véhicule.
- En effet, dans un tournant à 90 degrés, pendant que la roue de devant, et nous raisonnons, pour plus de simplicité, dans l’hypothèse d’un tricycle, fait cet angle de 90 degrés avec le train de derrière, si la puissance était appliquée au système par les deux roues de derrière d’une façon uniforme, ces deux roues, en développant sur le sol des quantités' semblables de mouvement, ne tendraient qu’à imprimer une ligne droite au véhicule, en faisant labourer le terrain par la roue de devant, puisque son essieu est alors dans une position perpendiculaire à celui des roues de derrière. Pour obvier à cette très-grave difficulté, une des roues de derrière est désem-brayée, la puissance ne s’exerce
- plus que sur l’un des angles de la base de l’espèce de triangle formé par la position relative des trois roues du tricycle; la roue unique placée au sommet éprouve, par suite de la décomposition des forces, un mouvement de rotation, et ajoutons, afin d’être encore plus clair, que pour que cet effet se produise, c’est nécessairement la roue de la base du triangle opposée à la direction que l’on veut imprimer à la roue du sommet, qui doit rester solidaire avec le moteur.
- Dans la voiture à quatre roues, les effets sont encore les mêmes, puisque, pour transformer le parallélogramme rectangle résultant de la position des quatre roues sur le sol, quand les deux essieux sont parallèles, il faut nécessairement que la puissance reste appliquée à la seule roue de derrière qui doit décrire la courbe extérieure pendant que par l’effort du conducteur l’essieu de devant est péniblement sollicité à sortir de sa position parallèle pour former, avec celui de derrière, un angle qui ne peut que très-difficilement approcher de 90 degrés. Aussi les véhicules à quatre roues, ainsi poussés, ne peuvent-ils tourner qu’en décrivant des cercles dont la distance des essieux entre eux règle le diamètre, et pendant cette conversion perdent-ils la moitié de leur adhérence sur le sol! Nous défions les constructions actuelles de pivoter sur elles-mêmes, qu’on nous pardonne la familiarité de l’expression, comme un chien qui cherche à mordre sa queue. Notre vieille construction possédait complètement cette faculté, et nous avons plus d’une fois rendu des spectateurs témoins de cette singulière manœuvre, exécutée en tournant instantanément de gauche à droite et de droite à gauche, dans l’espace rigoureusement circonscrit par la distance de la cheville ouvrière de notre avant train-moteur, à l’essieu de derrière de notre véhicule.
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- Un tel résultat avait été obtenu par un dispositif emprunté aux solutions théoriques rendues possibles par l’emploi de l’organe dit pignon satellite, imaginé par feu Pecqueur, de si regrettable mémoire, et décrit par lui dans une Note explicative déposée dans vos archives. Grâce h la combinaison d’engrenages habilement groupés par ce mécanicien, qu’aucune difficulté n’arrêta jamais, nous trouvions nous-même la possibilité de faire une distribution d’action inégale à chacune des deux roues motrices de notre avant-train, et toujours proportionnée au développement exigé par les angles ou les courbes qu’elles devaient décrire sur le terrain. Nous n’offrirons pas cependant, comme modèle bon à imiter, notre ancienne construction; son succès, pourtant, n’avait été empêché que par une insuffisante production de vapeur. L’admirable chaudière tubulaire inventée par l’honorable correspondant de l’Académie des Sciences, M. Séguin aîné, hélas ! n’existait pas encore. Une disposition sans engrenage et plus simple nous paraît devoir résoudre encore mieux le problème de la voiture à vapeur sur route ordinaire. Essayons de faire comprendre, par une simple description orale, le dispositif que nous proposons.
- Nous avons dit que, revenant à l’idée première de Cugnot, imitant comme lui avec les chevaux-vapeur ce qui se pratique avec les chevaux vivants, nous plaçons le moteur dans l’avant-train. Ce moteur se compose de quatre cylindres groupes deux à deux, dont les liges de piston sont en connexion avec deux systèmes de manivelles à doubles coudes et angle droit pratiqués dans deux essieux distincts, solidaires chacun avec une des deux roues de l’avant-train. En termes abrégés, chaque roue est séparément menée par un système de locomobile distinct, à double cylindre à manivelles croisées, pour éviter les temps morts
- dans chacun des systèmes. La cheville ouvrière de cet avant-train est formée d’un tube creux se laissant traverser par les tuyaux d’entrée et de sortie de vapeur, articulés eux-mêmes de façon à se prêter aux changements d’angle entre l’avant-train et le corps du véhicule. La chaudière est chargée sur le train de derrière, de façon pourtant, que son poids principal pèse sur l’avant-train; au travers du tube formant cheville ouvrière, passent encore deux tiges attachées par un de leurs bouts aux organes de distribution de vapeur, connues en mécanique sous le nom de coulisses Stephenson, par leur autre extrémité à deux leviers articulés sur le support des pieds du cocher, appelé coquille en terme de carrosserie. Ces leviers se terminent par deux poignées facilement saisissables par les mains du mécanicien préposé à la direction. Nous pourrions continuer à nous servir du mot cocher, car la manœuvre de ces deux leviers sera absolument la même que celle des rênes de cuir d’un attelage ordinaire, et la similitude serait complétée en plaçant, au lieu des poignées, deux lanières de cuir au bout de nos deux leviers, alors chargés d’un contre-poids; les courroies infléchies sur deux poulies pourraient arriver aux mains du directeur; en lâchant ou tirant toutes les deux à la fois, celui-ci pourrait faire imprimer aux deux moteurs des mouvements de pro gression, soit en avant, soit en arrière, tout en soutenant les contrepoids dans une position moyenne, il produirait l’arrêt; enfin, en tirant l’une des courroies, lâchant l’autre, il opérerait le mouvement de conversion, puisque l’on sait que le propre de la coulisse Stephenson est de distribuer la vapeur dans un sens quand elle est dans certaine position extrême, dans un sens opposé quand elle occupe une position complètement inverse, et de supprimer l’introduction quand la coulisse est
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- dans une position intermédiaire, c’est-à-dire où la tige du tiroir occupe précisément la moitié de l’arc de la coulisse. Cet organe de distribution, ayant en outre la propriété de modifier la durée du temps d’introduction de la vapeur dans le cylindre, autrement dit, de Ménager une détente variable par ses diverses positions, il permettrait de régler la vitesse de cheminement, en faisant ressembler le Jeu des pistons au pas, au trot, ou au galop des chevaux ; il suffirait P^our cela d’admettre la vapeur au
- "r, au 4- ou durant la totalité de 1 4
- ja course des pistons dans les cylindres.
- Le mode de direction des voitures à vapeur jusqu’ici construites, est aussi très-vicieux. Il ne résulte fiue des angles donnés à l'avant-train par le simple effort de l'hom-Me ; or, comme cet effort est grand, la direction ne peut être opérée que lentement par des organes Multiplicateurs de puissance exigeant un sacrifice de temps, com-Me le fait un petit pignon agissant sur un assez grand secteur de cercle denté; plusieurs tours de pignon deviennent donc nécessaires Pour faire prendre à l’avant-train an angle presque droit par rapport a l’arrière-train. Pour faire tourner la voiture, cette manœuvre devra être faite et défaite avec précipitation, si l’on veut qu’après un quart de conversion la voiture se remette k suivre la ligne droite. Nous le répétons, cette manœuvre est lente, et avec un véhicule animé de 16 kilomètres à l’heure, elle expose à voir la voiture prendre, par suite d’une ouverture d’angle pas assez tôt détruite, des écarts latéraux de direction dangereux dans des routes étroites bordées de maisons, bmestes sur des chaussées flanquées de précipices.
- Dans la construction que nous conseillons, ces écarts sont évités, Puisque notre mécanicien-cocher, tenant dans chaque main un des leviers des coulisses Stephenson,
- n’a plus à vaincre la résistance considérable de l’avant-train, de ses mouvements de conversion, mais simplement celle très-minime des coulisses Stephenson, manœuvrant des tiroirs équilibrés, devenant eux-mêmes, par leur réglage, la vraie cause de la conversion. Dans ce cas, ce n’est plus par l’effort de l’homme, mais bien par la puissance des machines motrices, que les angles de l’avant-train sont rapidement produits et détruits.
- Une voiture à vapeur, construite comme nous le conseillons, recevra son mouvement de progression et de direction de chaque paire de machines, absolument comme si deux chevaux la traînaient, et que pour tourner, le cocher ralentît l’allure de l’un et accélérât l’allure de l’autre.
- Le succès des voitures à vapeur sur routes ordinaires dépendra principalement de leur puissance : l’adhérence continue de deux roues sur le sol est donc bien nécessaire; la direction très-facile et sans effort, par le réglage de la vitesse de fonctionnement de chacune des doubles machines qui communiquent séparément le mouvement de rotation aux roues de l’avant-train, nous paraît une condition absolument indispensable. N’oublions pas que, pour la direction d’une voiture ordinaire, l’intelligence des chevaux est un constant auxiliaire, que la docilité la plus complète d’un mécanisme ne pourra jamais remplacer; quelque ingénieuse que soit la disposition d’un moteur, il ne pourra jamais prendre d’initiative, et, sous peine d’accidents graves, l’attention du mécanicien-cocher devra rester incessante; il importe donc de ne pas ajouter à sa fatigue intellectuelle, de pénibles efforts physiques de direction. C’est cette pensée que nous avons voulu réaliser par le dispositif mécanique que nous venons d’essayer de décrire.
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- Fourneau à brûler le pétrole et les naphtes.
- Par M. G.-P. Richardson.
- Les découvertes de sources importantes de pétrole, qui ont eu lieu dans ces dernières années dans differentes parties du monde, ont conduit naturellement à l’examen des moyens les plus propres à faire servir cet hydrocarbure à l’éclairage et au chauffage. Au nombre des personnes qui se sont occupées le plus activement de cette dernière application du pétrole et des huiles de schistes, on doit compter M. Richardson qui s’est proposé de l’utiliser pour le chauffage de chaudières à vapeur de navigation et fixes, et qui a entrepris à ce sujet un grand nombre d’expériences.
- L’appareil de M. Richardson à brûler le pétrole se compose simplement de quatre foyers en tôle chacun de lm.40 de longueur sur 0m.254 de largeur et 0m.304 de hauteur. Derrière chacun de ces foyers est une boîte à feu de 0m.684 de longueur sur 0m.228 de largeur et lra.342 de hauteur. La chaudière avait été construite d’abord pour brûler le pétrole et les huiles de schiste seules, mais les premiers essais ont échoué, le pétrole, en brûlant dans un espace confiné, produisait de la fumée en abondance et le moindre ralentissement dans le tirage, ou d’irrégularité dans l’alimentation en combustible ou en air donnait lieu à un dépôt considérable de suie.
- Pour remédier à cet état de choses, M. Richardson a disposé une série de tuyaux pour appli-uer la vapeur d’eau et s’est ainsi ébarrasse de la fumée, ainsi qu’on l’avait déjà tenté avant lui dans les chauffages à la houille. Il se proposait ainsi de surchauffer la vapeur d’eau, de la décomposer et la brûler conjointement avec la vapeur de pétrole. Des tentatives du même genre avaient déjà été faites en Amérique par M. G. Hill,
- et le procédé avait été expérimenté par M. Fischer, de Newhaven. Le pétrole, dans ces expériences, était vaporisé dans une boîte close, on mélangeait à sa vapeur de la vapeur d’eau, et le mélange était brûlé à mesure qu’il s’écoulait par des brûleurs appropriés. M. Fischer a brûlé par ce moyen plusieurs fois du pétrole sous une petite chaudière et mesuré l’eau évaporée. La vapeur était générée sous une pression d’environ 3 kilog. par centimètre carré, et après avoir déduit des résultats le combustible pour chauffer l’eau, il a trouvé qu’il fallait 1 kilog. de pétrole pour produire 7 kil.8 de vapeur à 145° G., résultat assurément peu encourageant.
- Ce système, connu actuellement sous le nom de système Stephens, a été plus tard expérimenté à New-York par M. J.-W. Adams pour le compte de la compagnie d’éclairage de cette ville et a donné, comme on le verra dans l’article suivant, d’excellents résultats, du moinspendant une expérience qui n’a dure qu’une heure.
- Dans une autre expérience faite antérieurement à Glasgow par MM. W. Sim et A. Barff, on convertissait le pétrole et autres hydrocarbures en gaz permanent dans le fourneau de la chaudière ou un récipient de chaleur, en brûlant d’abord une petite quantité de houille pour opérer cette conversion. On fournissait ensuite à ce gaz la quantité d’hydrogène pour former avec le pétrole le mélange le plus avantageux possible pour la combustion, et enfin on introduisait ce mélange dans une atmosphère d’oxygène au travers de laquelle il s’élançait pour brûler à l’extérieur en longs jets de flamme sur la surface absorbante et les tubes de la chaudière. On obtenait l’hydrogène ajouté de la décomposition d’un peu d’eau dans le même vase où se vaporisait l’huile de pétrole. L’oxygène mis ainsi en liberté s’unissait au carbone pour former de l’acide carbonique ou de l’oxyde de carbone.
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- M. St. John Y. Day, ingénieur, qui a rendu compte de ces expériences et décrit ce système du mé-lange de la vapeur d’eau à celle du pétrole, pense que c’est le seul uioyen de brûler celui-ci avec économie et sans produire de la fumée.
- Pendant que sous la chaudière de M. Richardson, on brûlait du pétrole américain, il est certain ue lorsqu’on ouvrait le robinet e vapeur d’eau l’effet était éton-uant. Avant que la main eût quitté ce robinet de vapeur, la flamme avait pris un volume 4 fois plus considérable, toute fumée disparaissait et une flamme active et Jaune remplissait le foyer tout entier, la boîte à feu et les tubes. La chaudière ne suffisait plus pour contenir la flamme, et au lieu d’allumer quatre feux, deux seulement suffisaient. Enfin, avec un feu et un jet entier de vapeur d’eau de 9 millimètres de diamètre, on dépassait le travail de la grande chaudière de l’arsenal deYVoolwich qui a une chauffe de près de 2 mètres cubes de capacité. Lorsqu’on allumait deux feux sous la chaudière au pétrole, on ne pouvait ouvrir les jets que de 1/3 et on ne brûlait pas plus de 40 kilog. par uiètre carré de surface de grille et par heure. La vapeur d’eau était très-légèrement surchauffée, et sous une pression de lkil.7 par centimètre carré.
- L’emploi du pétrole et des huiles de schiste procure une grande économie de temps et de main-d’œuvre; il ne faut pas ouvrir les portes du fourneau pour allumer et éteindre les feux et en tournant simplement le robinet au pétrole, la vapeur d’eau éteint aussitôt le feu. Si une chaudière a trois chauffes, on peut en éteindre deux et maintenir la troisième à l’état de combustion lente, puis au premier signal ouvrir les robinets, et aussitôt que le pétrole commence à se vaporiser, tout est en flamme.
- Le pétrole et les huiles ne laissent ni mâchefer, ni cendres, seu-
- lement il se forme sur la surface de la grille un coke indestructible et qui fait une excellente couverture.
- On peut entretenir un feu continu sans la moindre interruption pendant un temps quelconque, et c’est probablement à ce fait qu’est due en partie une évaporation de 18kil.02 d’eau par kilog. de pétrole. Du reste, les expériences ont démontré que les manœuvres pour chauffer au pétrole étaient de la nature la plus simple et établi ce fait que ce feu est plus aisé à conduire qu’un éclairage au gaz. L’application du principe aux chaudières existantes ayant des espaces d’eau sous la grille, s’opère avec une extrême facilité et n’exige d’autres modifications qu’un tuyau de fumée plus petit.
- Voici comment M. Richardson résume les avantages de son système de chauffage :
- Rapidité de production de la vapeur; réduction dans les dimensions de la chaudière et du fourneau; feu continu; absence de fumée, de mâchefer, de cendres ou autres résidus; faculté de produire instantanément un feu forcé sans forcer le tirage; réduction du personnel, porteurs, tiseurs, etc. Ajoutez à cela qu’en alimentant en combustible dans un tube et produisant ainsi un feu continu, on évite les pertes de chaleur occasionnées dans les fourneaux à la houille, lors de chaque chargement; que l’absence de résidus qui, avec la houille, s’élèvent à environ 16 pour 100 du poids total du combustible, supprime tous les inconvénients provenant de l’enlèvement du mâchefer, des escarbilles et des cendres du fourneau, circonstance d’une très-haute importance à bord des navires, et chose non moins importante à la mer de pouvoir en un instant forcer le feu, ce qui est extrêmement facile avec le pétrole, en même temps que l’emmagasinage de ce combustible occupe infiniment moins de place que la houille.
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- Quant à l’économie de ce mode de chauffage, c’est une question de prix : les pétroles et les naphtes rectifiés sont peut-être d’une valeur commerciale un peu trop élevée pour pouvoir soutenir la comparaison avec la houille, mais les matières brutes ou les résidus de leur distillation et rectification paraissent devoir procurer un combustible plus économique que ceux en usage.
- Nous présenterons maintenant le tableau des expériences qui ont été faites avec la chaudière au pé-
- Date des expériences....... 2 mai.
- Durée des expériences. . . . 7h-25™-
- Température de l’eau dans la
- chaudière au début. 21°11C.
- Température de l’eau d’alimentation............ 15°56
- Manomètre......................18mm-64
- Poids du pétrole consommé pour porter à l’ébullition. 13kil-61 Poids du pétrole brûlé pendant les expériences. . . . 92.51
- Poids de l’eau évaporée. . . 1360.50 Eau évaporée par 1 kilogr. d’huile brûlée à la température réelle de l’eau d’a- lit.
- limentation.................. 14.70
- Cube d’eau évaporée par heure à cette même température....................... 183.42
- Cube d’eau évaporée par heure par mètre carré de
- grille...................... 977.73
- Huile brûlée par mètre carré de grille et par heure. . . 67kil-57
- trole, au naphte et aux huiles de schiste de M. Richardson dans l’arsenal de Woolvvich, en rappelant que le 2 mai, on n’a allumé qu’un feu ; jet de vapeur de 9 millimètres de diamètre ouvert plein ; ue du 4 au 7 juin, on a allumé eux feux; jet de vapeur de 8mm.5 pour chaque fourneau.
- Ajoutons qu’au 2 mai, on a brûlé d’abord de l’huile de schiste, puis du pétrole américain; les 4, 5 et
- 6 juin de l’huile de schiste, et le
- 7 juin, du naphte extrait du bog-head de Torbane.
- 4 juin. 7 h. 45m. 5 juin. 10 h- 20m- 6 juin. 9h-20ra- 7 juin. 6h- 10m-
- 21°11 76° 66 60» 00 76° 66
- 20° 00 18mm.64 20° 00 18mm-64 17» 78 18mm-64 21°4 18mm-64
- 12k*i-70 10kil-88 10 ta-43 9kii-07
- 138.20 2040.75 139.66 2494.25 143.31 2494.25 94.33 1700.62
- lit. 14.80 lit. 17.85 lit. 17.40 lit. 18.02
- 263.25 241 45 267.34 282.26
- 720.42 662.90 611.35 735.56
- 48 kil-12 36kil-58 41 kil-50 41 mi. 44
- Nota. La fumée a été en général même modérée au moment de l’alimentation, elle était légère et ressemblait à une vapeur.
- Emploi du pétrole au chauffage des chaudières à vapeur.
- Depuis qu’on a découvert, tant dans le nouveau que dans l’ancien monde, des sources abondantes de pétrole, et que cette matière a pu etre livrée à bas prix, on a cherché
- h lui donner encore d’autres applications que celle de l’éclairage et à la faire servir aussi aux chauffages et en particulier à celui des chaudières à vapeur. Plusieurs tentatives ont même déjà eu lieu dans le genre, mais sans un succès bien certain. La société américaine de l’éclairage au pétrole de New-York a,en conséquence,chargé M. Adams^ d’entreprendre des expériences sur cette dernière application, et voici un extrait du rapport qui a été adressé à cette société par cet ingénieur.
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- Les difficultés qui se sont rencontrées jusqu’à présent pour brûler le pétrole brut, consistent principalement en ce qu’on ne parvient jamais qu’à obtenir une combustion incomplète, et par conséquent u’il y a une quantité très-notable u combustible qui est perdue et dissipée sans profit, ainsi qu’il a été facile de le constater par l’épaisse fumée (jui s’est constamment développée dans toutes les expériences où l’on a cherché à brûler le pétrole dans une capacité close. Ces difficultés, ainsi que les obstacles qu’on a rencontrés à Une alimentation régulière, se sont jusqu’à ce jour opposées à l’emploi utile de cette matière combustible au chauffage des chaudières à vapeur. Sur une petite échelle, on a assez bien réussi, mais dans aucune des tentatives connues jusqu’à présent, on n’a pu parvenir à modérer la vivacité du feu et encore moins à régler l’alimentation en combustible. Ces observations s’appliquent tout aussi bien aux expériences faites par MM. Linton et Shaw qu’à celles qu’on doit à M. Richardson, en Angleterre.
- On pense être parvenu heureusement dans la nouvelle expérience à écarter ces difficultés, et le pétrole brut, sans autre addition ou accessoire que de la sciure de bois pour l’allumage, a brûlé des journées entières sous une chaudière a vapeur de navigation dans une série d’expériences, et pendant toute la durée de ces expériences, ce combustible s’est montré d’une manipulation plus facile, plus aisée à contrôler de la part du chauffeur, en développant une plus grande quantité de chaleur que tout autre combustible connu.
- Dans l’expérience dont il va être question, on s’est servi d’une chaudière marine et on a organisé son appareil de chauffe sans avoir égard aux rapports qui auraient dû être observés entre les parties. Il sera donc nécessaire d’entreprendre de nouvelles expériences, afin de déterminer quelles doivent
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Octobr
- être les dimensions ou les dispositions relatives les plus favorables. L’expérience n’avait d’autre but que d’établir jusqu’à quel point le pétrole peut être utilisé au chaul-fage d’une chaudière à vapeur dirigée par un chauffeur ordinaire. On n’a pas entrepris d’épreuves rigoureuses relativement à l’économie, et par conséquent les résultats n’ont qu’un pur caractère de généralité, mais ils peuvent néanmoins servir à démontrer qu’on a réussi à organiser un mode de chauffage de ce genre.
- La chaudière qui a servi à cette expérience était à foyer intérieur et carneaux à retour de fumée. Cette chaudière avait 4'".20 de longueur et 'lm.85 de diamètre avec une surface de chauffe de 3m-car-22. Elle contenait 6810 litres d’eau avec 15 centimètres de ce liquide au-dessus des carneaux de la flamme. Il y avait trois carneaux tubulaires à l’intérieur, l’un P au centre de 0m.406, et les deux autres R, R de 0m.305 de diamètre.
- La chaudière n’était pas installée comme on l’a représentée dans les figures 24, 25, 26, pl. 325, qui est laméthode qu’on recommande, mais reposait uniquement sur trois murs des mêmes dimensions que ceux du fourneau. Elle contenait cinq rangs de tubes chauffeurs de 0m.0635, ainsi qu’on le voit fig. 26, en tout soixante-quinze tubes; la chambre postérieure dans laquelle ceux-ci s’ouvraient offrait une largeur de 0m.381 sur une longueur de lm.04, et la boîte à fumée avait un diamètre de 0m.764.
- La figure 24 est une section de cette chaudière prise sur la longueur et par le milieu du fourneau.
- La figure 25, une section transversale prise par le milieu de la chaudière et de la surface de chauffe.
- La figure 26, un plan du fourneau où l’on voit la disposition de la cornue ou mélangeur et les tubes à huile et à vapeur d’eau.
- Les barreaux de la grille avaient été enlevés et on les avait rempla-
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- cés par un serpentin ou plutôt un ril A de tubes en fer forgé d’un iamètre de 0m.018 et d’un développement total de 7 mètres environ. Sur le derrière, et directement en travers du fourneau, on avait placé un tuyau en fer forgé B, espèce de cornue de 0m.127 de diamètre et fermé aux deux bouts, et un petit tube G de 0n\050 de diamètre était disposé immédiatement en avant de cette cornue. Dans ce dernier tube, qui était en communication avec la cornue, se trouvait insérée l’une des extrémités du serpentin , tandis que l’autre bout D de celui-ci traversait la porte du fourneau et était en communication avec le réservoir au pétrole qui, dans ce cas, consistait en un simple tonneau semblable à ceux dans lesquels on livre cette denrée sur les marchés. L’écoulement de ce pétrole était réglé par un robinet M placé dans le voisinage de la porte du fourneau.
- A environ 0m.20 au-dessous du gril ou serpentin, on avait disposé dix tubes droits N en fer forgé de 0m.0254 de diamètre, fermés par un bout et insérés par l’autre dans la cornue B. Ges tubes étaient rangés parallèlement les uns aux autres et avaient 0m.685 de longueur ; sur chacun d’eux on avait vissé neuf brûleurs en fonte F, F avec orifice de 0m.00158, et par conséquent formant un assemblage de quatre-vingt-dix brûleurs.
- A 0m.254 au-dessus du plan du serpentin , un tube en fer forgé G se dirigeait directement, à partir du tube court, en avant de la cornue dans laquelle le serpentin était inséré, vers la porte du fourneau et de là dans l’espace de vapeur d’une petite chaudière à vapeur auxiliaire. Un branchement avec soupapes convenables R mettait en rapport ce tube avec l’espace de vapeur de la chaudière principale, l’écoulement de la vapeur étant réglé par le robinet H placé dans le voisinage de la porte du fourneau près le robinet au pétrole M.
- L’eau, dans la chaudière, étant
- froide (à 15° C.), on a placé, à 2h.l5’ du soir, quelques bûchettes de bois de pin et des copeaux, le tout pesant 5kil.442, sur le serpentin près la porte du fourneau; on a allumé et fermé en partie la porte. Au bout de 15 minutes, on a ouvert graduellement le robinet au pétrole M qui a laissé couler cette huile du réservoir dans le serpentin. Au même moment, ou un peu plus tard, on a ouvert le robinet de vapeur d’eau H qui a lancé de la vapeur à la pression de 2 1/2 atmosphères de la chaudière auxiliaire par le tuyau de vapeur chauffé G au-dessus du serpentin, dans la cornue ou mélangeur B où elle s’est combinée avec la vapeur du pétrole provenant du serpentin, pour passer de là dans les tuyaux droits N sous le serpentin, où l’on a enflammé le mélange sortant par les brûleurs F.
- Pendant toute la durée de l’expérience, la flamme a été extrêmement active et intense ; mais il était facile d’en régler l’énergie au moyen de l’écoulement, soit de la vapeur, soit du pétrole, qu’on modérait tout à lait à la volonté du chauffeur qui pouvait réduire les becs à l’état d’une lampe presque éteinte, ou leur donner le plus haut degré d’éclat et de vivacité par une simple manœuvre à la main. On n’a aperçu ni fumée, ni mauvaise odeur, et la combustion a été constamment complète et parfaite. Au bout de 29 minutes, après qu’on a eu ouvert le robinet au pétrole, la vapeur, dans la chaudière, avait acquis la tension d’une atmosphère. On n’a pas cherché à déterminer la quantité d’eau qu’on pouvait évaporer, parce que l’appareil, à raison de sa grandeur et de sa disposition, n’était pas propre à obtenir un résultat concluant sur l’économie du chauffage. L’expérience a duré environ une heure, et, après la fermeture du robinet au pétrole, le feu a été éteint.
- L’expérience n’a fait connaître que le poids du pétrole dépensé sous la chaudière pour porter une
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- quantité donnée d’eau de la température de 15° C. au point d’ébullition, et afin d’établir des calculs, M. Adams compare cette dépense avec celle de l’anthracite dont l’expérience a fait bien connaître, en Amérique, le pouvoir calorique. En un mot, il recherche combien 1 kilog. de ces combustibles peut porter de kilogrammes d’eau à l’ébullition.
- En se livrant à ces calculs, dans lesquels nous ne pouvons le suivre, M. Adams trouve d’abord qu’én tenant compte du combustible qui a servi à l’allumage, 1 kilog. de pétrole a porté à l’ébullition 29kil.33 d’eau prise à la température de 15° G., et comme les expériences de M. Isherwood , faites sur une chaudière kvapeurmarinede même modèle, ont constaté, en corrigeant les résultats pour ramener l’eau à la même température initiale que précédemment, que 1 kilog. de cet anthracite convertissait en va-eur à la pression atmosphérique, kil.16 d’eau, il en conclut que le rapport du pouvoir calorique de
- ces deux combustibles est de
- 8.1b
- = 3,6 environ en faveur du pétrole.
- De nouvelles expériences, ajoute M. Adams, avec des appareils mieux appropriés, seront nécessaires pour établir la valeur économique exacte de ce combustible, comparativement à la houille ; mais dès à présent les avantages du chauffage au pétrole, pour les chaudières marines, peuvent se résumer à peu près ainsi qu’il suit :
- Rapidité dans la production de la vapeur à la pression atmosphérique; dimensions réduites de la chaudière et du fourneau; alimentation constante du feu par l’écoulement du combustible dans la chauffe par un simple tuyau ; ce qui évite la grande perte de chaleur qui se dissipe par l’introduction de l’air, toutes les fois qu’on charge en combustible ordinaire; absence de fumée, de cendres ou autres résidus qui, avec la houille, s’élèvent
- de 7 k 16 pour 100 du poids du combustible; facilité pour produire presque instantanément un feu vif sans nécessiter un tirage plus énergique , avantage considérable k la mer; suppression des porteurs de charbon, tisonneurs, de ceux qui débarrassent des cendres et des escarbilles. Enfin, réduction de la capacité où on embarque le combustible.
- Sur l'emploi de la nitroglycérine dans les carrières de grèsvosgien, près de Saverne.
- Par M. G. Kopp.
- Les propriétés fulminantes de la nitroglycérine G6 H3 (NO-1)3 O6, et la relation d’expériences faites avec cette substance dans diverses localités de la Suède, de l’Allemagne et de la Suisse, ont engagé MM. Schmitt et Dietsch, propriétaires de grandes carrières de grès dans la vallée de la Zorn (Bas-Rhin), k en essayer également l’emploi dans leurs exploitations.
- Le succès a été complet, tant sous le rapport de l’économie que sous celui de la facilité et de la rapidité du travail, pour qu’on y ait abandonné au moins temporairement l’usage de la poudre, et que depuis environ six semaines, on n’exploite plus ces carrières qu’à la nitroglycérine.
- Dès le début, nous avions pensé qu’il fallait préparer cette substance sur place; le transport, soit par navire, soit par chemin de fer, d’un composé aussi fulminant et d’une puissance si effrayante nous paraissait inadmissible ; les grands malheurs arrivés k Aspinwall et k San-Francisco ont démontré que ces craintes étaient fondées, et que le transport de la nitroglycérine devrait être défendu d’une manière absolue.
- Après avoir étudié dans mon laboratoire, avec l’assistance de M. Relier, les divers procédés de
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- préparation de là nitroglycérine (mélange de glycérine avec acide sulfurique concentré et nitrates de potasse et de soude ou avec les acides nitriques de différentes concentrations), nous nous sommes arrêtés au mode de fabrication suivant, qui a été installé dans une cabane en bois, construite dans l’une des carrières.
- 1° Préparation de la nitroglycérine. — On commence par mélanger dans une tourille de grès, placée dans de l’eau froide, de l’acide nitrique fumant à 49 ou 50 degrés Baumé avec le double de son poids d’acide sulfurique le plus concentré possible. (Ces acides sont préparés tout exprès k Dieuze et expédiés k Saverne.) D’un autre côté, on évapore dans une marmite de la glycérine du commerce, mais qui doit être exempte de chaux et de plomb, jusqu’à ce qu’elle marque 30 à 31 degrés Baumé. Cette glycérine concentrée doit être sirupeuse après complet refroidissement.
- L’ouvrier verse ensuite 3,300 gram. du mélange d’acide sulfurique et nitrique bien refroidi dans un ballon (on peut aussi employer un pot de grès ou une capsule de porcelaine ou de grès) placé dans un baquet d’eau froide, et il y fait couler lentement, et en remuant constamment, 500 grammes de glycérine. Le point important est d’éviter un échauffement sensible du mélange qui déterminerait une oxydation tumultueuse de la glycérine avec production d’acide oxalique. C’est pour cette raison que le vase où s’opère la transformation de la glycérine en nitroglycérine doit être constamment refroidi extérieurement par de l’eau froide.
- Le mélange étant opéré bien intimement, on abandonne le tout pendant cinq à dix minutes, puis on verse le mélange dans cinq k six fois son volume d’eau froide, k laquelle on a préalablement imprimé un mouvement de rotation. La nitroglycérine se précipite très-
- rapidement sous forme d’une huile lourde, qu’on recueille par décantation dans un vase plus haut que large ; on l’y lave une fois avec un peu d’eau, qu’on décante à son tour, puis on verse la nitroglycérine dans des bouteilles, où elle est prête k servir.
- Dans cet état, la nitroglycérine est encore un peu acide et aqueuse; mais cela est sans inconvénient, puisquelle est employée peu de temps après sa préparation, et que ces impuretés ne l’empêchent nullement de détonner.
- 2° Propriétés de la nitroglycérine. — La nitroglycérine constitue une huile jaune ou brunâtre, plus lourde que l’eau, dans laquelle elle est insoluble; soluble dans l’alcool, l’éther, etc.
- Exposée à un froid même peu intense, mais prolongé, elle cristallise en aiguilles allongées. Un choc très-violent, constitue le meilleur moyen pour la faire détonner. Son maniement est du reste très-facile et peu dangereux. Répandue k terre, elle n’est que difficilement inflammable par un corps en combustion, et ne brûle que partiellement ; on peut briser sur des pierres un flacon renfermant de la nitroglycérine sans que cette dernière détonne; elle peut être volatilisée sans décomposition par une chaleur ménagée ; mais si l’ébullition devient vive, la détonnation est imminente.
- Une goutte de nitroglycérine tombant sur une plaque en fonte moyennement chaude se volatilise tranquillemment; si la plaque est rouge, la goutte s’enflamme immédiatement et brûle comme un grain de poudre sans bruit; mais si la plaque, sans être rouge, est assez chaude pour que la nitroglvcérine entre immédiatement en ébullition, la goutte se décompose brusquement avec une violente détonnation.
- La nitroglycérine, surtout lorsqu’elle est impure, est acide et peut se décomposer spontanément au bout d’un certain temps, avec dé-
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- gagement de gaz et production d’acide oxalique et glycérique.
- Il est probable que c’est à une pareille cause que sont dues les explosions spontanées dont les journaux nous ont fait connaître les effets désastreux. La nitroglycérine étant renfermée dans des bouteilles bien bouchées, les gaz produits par sa décomposition spontanée ne pouvaient se dégager; ils exerçaient donc une très-forte pression sur la nitroglycérine, et dans ces conditions, le moindre choc et le plus léger ébranlement pouvaient déterminer l’explosion.
- La nitroglycérine possède une saveur à la fois sucrée, piquante et aromatique; c’est une substance toxique; en très-petites doses elle provoque de forts maux de tête. Sa vapeur produit des effets analogues, et cette circonstance pourrait bien être un obstacle à l’emploi de la nitroglycérine dans les galeries profondes des mines, où la vapeur ne peut se dissiper aussi aisément que dans les carrières à ciel ouvert.
- La nitroglycérine n’est point un composé nitré proprement dit,analogue à la nitro ou binitro-benzine ou aux acides mono, bi et trinitro-phénisique. En effet, sous l’influence des corps réducteurs, tels que l’hydrogène naissant, l’hydrogène sulfuré, etc., la glycérine est remise en liberté, et les alcalis caustiques décomposent la nitroglycérine en nitrates et glycérine.
- 3° Mode d’emploi de la nitroglycérine.— Supposons qu’on veuille détacher une assise de roches. A 2m.50 à 3 mètres de distance du rebord extérieur, on fonce un trou de mined’environbàO centimètres de diamètre, et de 2 à 3 mètres de profondeur.
- Après avoir débarrassé ce trou grosso modo, de boue, d’eau et de sable, on y verse, au moyen d’un entonnoir, del500 à2000grammes de nitroglycérine.
- On fait ensuite descendre un petit cylindre en bois, en carton ou en fer-blanc, d’environ 4 centimè-
- tres de diamètre, et 5 à 6 centimètres de hauteur, rempli de poudre ordinaire. Ce cylindre est fixé à une mèche ou fusée de mine ordinaire, qui y pénètre à une certaine profondeur pour assurer l’inflammation de la poudre. C’est au moyen de la mèche ou fusée qu’on fait descendre le cylindre, et le tact permet de saisir facilement le moment où le cylindre arrive à la surface de la nitroglycérine. A ce moment, on maintient la mèche immobile, et l’on fait couler du sable fin dans le trou de mine, jusqu’à ce qu’il soit entièrement rempli. Inutile de comprimer ou de tamponner le sable. On coupe la mèche à quelques centimètres de l’orifice du trou et l'on y met le feu. Au bout de huit à dix minutes, la combustion de la mèche étant arrivée au cylindre, la poudre s’enflamme. Il en résulte un choc violent, qui fait détonner instantanément la nitroglycérine. L’explosion est si subite, que le sable n’a jamais le temps d’être projeté.
- On voit toute la masse du rocher se soulever, se déplacer, puis se rasseoir tranquillement sans aucune projection ; on entend une dé-tonnation sourde.
- Ce n’est qu’en arrivant sur les lieux qu’on peut se rendre compte de la puissance de la force que l’explosion a développée. Des masses formidables de roc se trouvent légèrement déplacées et fissurées dans tous les sens, et prêtes à être débitées mécaniquement.
- Le principal avantage réside dans le fait que la pierre n’est que peu broyée et qu’il n’y a que peu de déchet. Avec les charges de nitroglycérine indiquées, on peut détacher ainsi de 40 à 80 mètres cubes de roc assez résistant.
- Nous espérons avoir démontré par cette notice, la possibilité de concilier l’emploi de la nitroglycérine avec toutes les garanties de sécurité publique désirables.
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- Sur le nitroglycérine inexplosible.
- Par M. J. Stinde.
- Les accidents survenus depuis quelque temps par suitede l’emploi ou de la conservation , sans précaution, de la nitroglycérine, ont attiré l’attention deM. A. Nobel, qui s’est proposé d’amener cette substance dans un état où elle aurait perdu toutes ses propriétés explosives et pourrait, en conséquence, voyager et être maniée sans danger. M. Nobel, dans une communication récente a, en conséquence, annoncé que la nitroglycérine était soluble dans l’alcool méthyli-que anhydre, et que cette solution, dans les circonstances qui amènent l’explosion de cette substance, n’était pas susceptible de détonner. Les expériences que j’ai entreprises sont parfaitement d’accord avec cette assertion.
- La nitroglycérine telle que la livre la fabrique de MM. Nobel et Cie, se dissout avec la plus grande facilité dans l’alcool méthylique. L’alcool de cette espèce, que j’ai eu à ma disposition, n’étant pas d’une pureté chimique absolue, les expériences de solubilité que j’ai faites ainsi, ne présentent que peu d’intérêt, d’autant plus que la solubilité varie avec les diverses sortes d’alcool méthylique du commerce, et qu’il est nécessaire pour obtenir une solution limpide, qu’il y ait absence absolue d’eau dans cet alcool.
- i L’alcool méthylique du commerce ne dissout qu’imparfaite-ment la nitroglycérine, et par conséquent il faut le rectifier sur de la chaux récemment cuite.
- La solution de la nitroglycérine qu’on obtient dans l’alcool méthylique ne fait pas explosion à de hautes températures, et ne détonne même pas lorsqu’on la frappe avec énergie sur une enclume avec un marteau. La répétition fréquente de cette expérience et sous diverses formes, a donné toujours le même
- résultat; le mélange ne détonne dans aucune circonstance.
- Versée sur des poignées de coton et enflammée, la solution de nitroglycérine dans l’alcool méthylique brûle tranquillement sans détonner, et même vers la fin de la combustion il ne se manifeste pas de déflagration qui pourrait indiquer une décomposition subite de la nitroglycérine, qui brûle en même temps que l’alcool.
- On ne peut pas entreprendre d’expériences de sautage avec cette solution, cependant M. Nobel en annonce quelques-unes qu’il a faites en Amérique. Lesgargousses chargées avec ladite solution ne font pas explosion, malgré que les capsules qui y étaient renfermées n’aient point raté.
- Ces expériences préliminaires, qui bientôt seront répétées en grand, ne laissent aucun doute que la nitroglycérine ne puisse être dépouillée complètement de sa propriété explosive par une addition d’alcool méthylique.
- Il en résulte que cette substance ainsi additionnée n’offre plus de danger dans son transport et sa conservation, surtout lorsqu’elle est renfermée dans des boîtes en tôle, de façon à ce qu’il n’y ait ni évaporation de l’alcool, ni rupture des boîtes. Il faut seulement prendre les mêmes précautions que pour l’alcool, l’esprit de bois et autres liquides analogues, pour les soustraire au danger du feu.
- Pour revivifier avec toutes ses propriétés la nitroglycérine dissoute dans l’alcool méthylique, il suffit de la traiter par l’eau. Deux à trois fois son volume d’eau suffisent pour séparer intacte la nitroglycérine de la dissolution.
- Une goutte de nitroglycérine additionnée, qui, par le choc d’un marteau, ne fait pas explosion, détonne immédiatement quand on y ajoute une goutte d’eau et qu’on la frappe. On possède donc ainsi un moyen de suspendre pendant un temps quelconque, les propriétés explosives de la nitroglycérine et
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- de les lui restituer quand on en a besoin.
- On n’a pas à craindre une élévation bien sensible du prix de la nitroglycérine par sa dissolution dansT’alcoolmélhylique, puisqu’on Peut recouvrer celui-ci par la distillation.
- Des moyens d'annuler les perturbations produites dans le mouvement des machines, par les pièces de leur mécanisme.
- Par M. H. Arnoux.
- Le déplacement des pièces du niécanisme des machines produit dans leur mouvementdes perturbations importantes. En même temps il met en jeu les réactions des appuis ou des liaisons diverses de ces machines d’une manière fâcheuse et quelquefois dangereuse. On peut annuler ces perturbations dans la plupart des machines employées dans l’industrie, au moyen de dispositions simples et en général praticables.
- Le principe général de la solution est le suivant :
- Dans une machine en mouvement, les pièces du mécanisme ne donneront lieu à aucune perturbation du mouvement et à aucune modification dans les réactions des appuis ou des liaisons de cette machine, si les forces accélératrices provenant de ces pièces se font constamment équilibre, c’est-à-dire si elles donnent lieu à une résultante nulle et à un couple résultant nul.
- Cette condition, qui est suffisante, est en même temps nécessaire, et elle peut se traduire immédiatement dans les deux énoncés suivants :
- 1° Les quantités de mouvement provenant des pièces du mécanisme doivent donner lieu à une résultante constante ou, ce qui revient au même, le mouvement relatif de leur centre de gravité doit être uniforme.
- 2° Ces mêmes quantités de mouvement doivent donner un couple résultant constant, autour d’un point animé de la vitesse général»;
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- Emploi des cendres de lignites dans la fabrication des biHques. "
- Par M. L. Schmelzer.
- Les cendres des lignites sont la plupart du temps rejetées ou employées à recharger les routes et les chemins. Ces matériaux n’ayant qu’une valeur très-minime dans les environs de Nienburg où de nombreuses fabriques peuvent en fournir des quantités, j’ai pensé qu’on pourrait les mélanger à l’argile dont on fabrique les briques, afin de rendre celles-ci plus poreuses et plus légères, et c’est ce qui m’a déterminé à entreprendre quelques essais de ce genre.
- En demandant aux briquetiers du pays si on avait déjà cherché à remplacer dans leur fabrication le sable par les cendres de lignites, j’ai reçu une réponse identique, à savoir que les briques ainsi fabriquées se salpêtraient; mais en réalité le mélange de l’argile avec ces cendres n’a pas encore été tenté, du moins avec les appareils perfectionnés qu’on possède actuellement.
- La machine à briques de MM. Hertel et Cie, de Nienburg-sur-la-Saale ayant été mise à ma disposition, j’ai fait, il y a deux ans au mois d’avril, mélanger à la pelle 2 tonnes de cendres de lignites avec 2 tonnes de terre à briques que j’ai livrées à cette machine. Plus tard, j’ai pris 3 parties de terre contre 1 de cendres.
- Les briques fabriquées avec ces masses par suite du mélange intime des matériaux, mélange qu’il était facile de reconnaître à la coupure et à la cassure, et qu’on peut encore constater sur les échantillons que j’ai conservés, présentaient
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- en outre l’aspect de briques faites avec une terre maigre. Le travail s’est opéré à un degré d’humidité tel qu’on a pu les mettre sur six rangs les unes sur les autres sur les aires à sécher.
- A la dessiccation, j’ai remarqué u’exposées à un air sec du mois 'avril, elles ont séché plus rapidement que celles en argile pure fabriquées en même temps, même quand ces dernières étaient crevassées par une dessiccation trop prompte. Au bout de cinq jours, ces briques d’essai étaient assez sèches pour qu’on pût les introduire dans le tour.
- Après la cuisson, elles se sont distinguées de celles en argile pure par un aspect plus clair, un poids moindre, une structure plus poreuse provenant des escarbilles contenues dans les cendres qui ont brûlé dans le four. Le son qu’elles rendaient était aussi pur et clair.
- Il s’agissait ensuite de soumettre ces briques à l’influence des agents atmosphériques, ce qui s’est constamment fait en plaçant une brique avec cendres à côté d’une brique en argile pure. Quelques-unes de ces briques ont été disposées sous la gouttière d’un toit, d’autres enfoncées à moitié en terre, et enfin d’autres insérées sur la paroi occidentale d’une cheminée de forge.
- Toutes ces briques se sont bien comportées, et à la fin de l’hiver, au mois d’avril 1863, je les ai trouvées aussi saines qu’elles l’étaient une année avant d’être exposées à cette influence.
- J’ai donc conseillé ce mélange à plusieurs fabricants qui ont confirmé en grand les résultats de ces expériences, et voici les avantages qu’on en a retirés :
- 1. Les briques fabriquées avec les cendres et la terre supportent mieux la dessiccation et sèchent plus promptement que celles en argile pure.
- 2. Elles cuisent en moins de temps, prennent moins de retrait et s’affaissent moins quand on les expose à un feu violent dans les alandiers.
- 3. Au bout de 3 années, les agents atmosphériques, tant ceux d’été que d’hiver, n’ont exercé aucune influence nuisible sur ces briques.
- 4. Les argiles grasses peuvent supporter une addition assez considérable de cendres qui se mélangent fort bien dans les bons appareils, et dont les parties anguleuses et pointues brisent et ouvrent les masses ou patons de terre, en produisant une matière bien préparée qui donne des briques séchant promptement, de bonne qualité et très-durables.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COOR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre des requêtes.
- COURS D’EAU. —ACTION POSSESSOIRE.
- — CANAL DE DÉRIVATION.
- Lorsque des eaux ont été dérivées d’une rivière pour faire tourner un moulin, et qu’elles sont ensuite rendues à leur cours naturel au-dessous du moulin, les propriétaires riverains du canal de fuite n’ont pas de droit sur les eaux qui regagnent la rivière par ce canal.
- En conséquence, ils ne peuvent pas détourner les eaux du canal pour l’irrigation de leurs propriétés, au préjudice des propriétaires riverains inférieurs de la rivière, et ces derniers ont une action directe en complainte et en maintenue possessoire, sans avoir besoin d’invoquer l'existence d'ouvrages apparents, empiétant sur le fonds supérieur.
- Admission en ce sens après délibéré en la Chambre.du conseil, d’un pourvoi formé par MM. Gand de Roussillac et Gilles, contre deux jugements du Tribunal de Mon-télimart (Drôme), rendus l’un le 13 novembre 1864, au profit de M. Gaubert; l’autre, le 29 mars
- 1865, au profit de MM. Tardieu et consorts.
- Conseiller rapporteur, M. Cal-mètes ; avocat général, M. Savary, conclusions conformes. Plaidant, Me Paul Jozon.
- CHEMINS DE FER. — TRANSPORT DE MARCHANDISES. — AVARIES. — RESPONSABILITÉ.
- Le voiturier étant, aux termes de l’art. 103 du Code de commerce, garant de la perte des objets qui lui ont été confiés à moins qu’il ne prouve que la perte est le résultat d'un cas fortuit ou de force majeure, la disposition des tarifs spéciaux de chemin de fer qui exonère les Compagnies de la responsabilité des avaries de route ne les dégage pas de la présomption de faute établie par l'article précité.
- Rejet du pourvoi formé par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, contre un jugement rendu par le Tribunal de commerce deTournus, le 26 septembre 1864.
- M. Ferey, conseiller rapporteur; M. Savary, avocat général, conclusions conformes. Plaidant, Me Beau-vois-Devaux.
- Audience du 30 mai 1866. — M. Bonjean, président.
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- TRIBUNAL CIVIL DE LA SEINE.
- CHEMINS DE FER. — PRIX DE TRANSPORT DE MARCHANDISES. — ASSIMILATIONS.
- Les Compagnies de chemins de fer ne sont pas, comme les voituriers ordinaires, libres de fixer le prix des transports sur la voie ferrée, qui doit être réglé au moyen d’un tarif approuvé par le gouvernement.
- En conséquence, lorsqu'une marchandise ne se trouve pas nommément désignée au tarif, le prix de transport ne peut pas être déterminé par une convention volontaire entre la Compagnie et l'expéditeur, mais doit être réglé au moyen d'une assimilation avec les objets de même nature désignés au tarif.
- Lors donc qu'une Compagnie de chemins de fer réclame au destinataire un supplément de prix sur le transport de marchandises taxées par assimilation, il n'est pas permis d’écarter sa demande par le motif que la taxe payée par Vexpéditeur aurait été librement consentie, et il appartient à la Cour de cassation de reconnaître si la taxe a été exactement perçue conformément au mode indiqué par le cahier des charges pour procéder aux assimilations de tarifs.
- Admission, en ce sens, après délibéré, du pourvoi formé par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, contre un jugement rendu par le Tribunal de commerce de Mulhouse, le 18 octobre 1864, au profit du sieur Cacheux.
- M. Ferey, conseiller rapporteur; M. Savary, avocat général, conclusions contraires. Plaidant, MeBeau-vois-Devaux, avocat de la Compagnie.
- Audience du 19 juin 1866. — M. Taillandier, président.
- MACHINE DE MARLY. — ACCIDENT. — DEMANDE EN RESPONSABILITÉ DES CONSTRUCTEURS. — DÉLAIS DE GARANTIE.
- Les.dispositions de l'article 1792 sur la responsabilité pendant dix ans des entrepreneurs et constructeurs ne sont pas applicables aux constructeurs de machines. En dehors de conventions formelles suivant les usages commerciaux, la responsabilité des constructeurs et fournisseurs de machines est limitée à un délai de quelques mois et en aucun cas les stipulations les plus rigoureuses inscrites dans les marchés ne s'étendent jamais au-delà d'une année de la livraison.
- Le 20 février 1864, un accident est arrivé h la machine de Marly : l’arbre d’une des roues hydrauliques s’est rompu.
- Sur la demande de l’administration, un expert a été nommé par ordonnance de référé pour chercher les causes de cette rupture.
- M. Victor Bois, l’expert nommé, a conclu à la responsabilité en principe de MM. Feray et C>e dans une certaine mesure, en déclarant toutefois que l’arbre cassé ayant été livré par MM. Schneider etCîe» ceux-ci devaient garantir MM. Fe-ray.
- MM. Feray et Cie> en présence des conclusions du rapport de l’expert, ont formé devant le Tribunal civil, contre M. le maréchal Vaillant, administrateur de la dotation de la Couronne et de la Liste civile, une demande tendant à faire déclarer que, d’après les usages du commerce et de l’industrie, ainsi que d’après les termes mêmes de leur traité, ils étaient en droit de décliner la responsabilité d’un accident arrivé en 1864 à une machine fournie par eux en 1857. Subsidiairement, ils ont appelé en cause MM. Schneider et Che, pour les garantir des condamnations qui pourraient les frapper.
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- M. le maréchal Vaillant ès-nom avait en même temps appelé un procès, comme solidairement responsables, MM. Boigues, Ramb.ourg et Cie, ces derniers ayant fourni en tait l’arbre en question, conjointement avec MM. Feray et Cie- Le ministre concluait à ce que le jugement à intervenir fût déclaré commun avec eux.
- Le Tribunal après avoir entendu Octave Falateuf, avocat de MM. Feray et Cie; Me Dumiral, avocat deM.le maréchal Vaillant ;Me Dupont de Bussac, avocat de MM. Schneider et CX a, sur les conclusions conformes de M. l’avocat impérial Chevrier, rendu le jugement suivant :
- « Le Tribunal,
- « Vula connexité, jointles causes;
- « En ce qui concerne la demande en responsabilité formée par Son Exc. le maréchal Vaillant, en qualité d’administrateur des biens de la dotation de la Couronne, contre Feray et Cie> et contre Boigues, Hambourg et Cie;
- « Donne acte à Feray de ce qu’il déclare prendre fait et cause de boigues, Rambourg et Cie;
- « Et statuant au fond :
- « Attendu que le cahier des charges du 21 juin 1857, qui fait la loi des parties, oblige, par l’article 12, l’adjudicataire à se conformer à toutes les clauses et conditions du cahier des charges générales arrêté par Son Exc. le ministre d’Etat et de la Maison de l’Empereur, le 15 novembre 1854, mais seulement il est dit dans tout ce qui n’est pas contraire aux présentes dispositions ;
- « Attendu que le cahier des charges de 1854 est relatif à tous les genres de travaux et de fournitures à. faire dans les domaines faisant partie de la dotation de la Couronne.
- « Attendu qu’en admettant que l’article 54 de ce cahier, qui soumet l’entrepreneur aux dispositions de l’article 1792 du Code Napoléon, même après la restitution de son cautionnement, soit appli-
- cable non-seulement aux édifices, mais encore à toute espèce de fournitures ou de constructions, telles que celles des machines, Feray n’à pu avoir l’intention de s’obliger à la garantie prescrite par l’article 1792, et qu’il a dû croire ne se soumettre au cahier des charges de 1854, qu’en ce qui concerne les clauses générales, telles que celles relatives à la défense de sous-traiter sans autorisation, à la conduite des travaux : aux réglements pour le bon ordre des chantiers et autres semblables ;
- « Attendu, en effet, qu’il résulte de l’article 5 du cahier des charges de 1857, non-seulement que le cautionnement doit être restitué après la réception définitive des travaux, c’est-à-dire à la fin d’une année de marche régulière et consécutive du mécanisme, mais encore que les réparations et travaux s’y rapportant, devront jusqu’à cette époque seulement être exécutés aux frais de l’entrepreneur ;
- « Attendu qu’après ce délai d’une année, les travaux de répa-tion doivent être à la charge de la Liste civile ; qu’il suit de là que la responsabilité de l’entrepreneur cesse également, et que l’article 5 du cahier de 1857 déroge en cette dernière partie aux prescriptions de l’article 54 du cahier des charges de 1854 ;
- « Attendu, d’ailleurs, que la prétention de Feray est conforme aux usages commerciaux ; et que suivant ces usages la responsabilité des constructeurs et fournisseurs de machines est limitée à un délai de quelque mois et qu’en aucun cas les stipulations les plus rigoureuses inscrites dans les marchés ne l’étendent au-delà d’une année de la livraison ;
- « Attendu qu’on ne peut admettre, à moins de conventions précises et formelles, que Feray ait consenti à encourir pendant un grand nombre d’années une responsabilité si pleine de périls pour son industrie ;
- « Attendu que le rapprochemen t
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- des articles 5 et 12 du cahier de 1857 et de l’article 54 du cahier de 1854, fût-il dénaturé à faire naître le doute à cet égard, ce doute devrait, aux termes de l’article 1162 du Code Napoléon, s’interpréter en faveur de Feray, qui a contracté l’obligation ;
- « Attendu que l’arbre de couche de la troisième roue hydraulique de Marly a été mis en place et a commencé à fonctionner au mois de décembre 1857, et que l’accident qui donne lieu au procès s’est produit dans le courant du mois de février 1864; que plus d’une année s’est donc écoulée depuis la marche régulière et consécutive du mécanisme ;
- « Attendu que la convention intervenue entre les parties constitue un louage d’industrie et non une vente ; que les articles 1641 et 1643 du Code Napoléon sont donc inapplicables ;
- « En ce qui concerne la demande en garantie formée par Feray contre Schneider et G>e;
- « Attendu que l’arbre de couche a été fourni par Schneider en vertu de conventions verbales; (ju’iln’était, à défaut de stipulations expresses, tenu de la garantie que pendant les quelquesmoisenusage dans le commerce ; que dans le cas même où Feray eût été déclaré responsable pendant un long espace de temps envers la Liste civile, à raison de stipulations spéciales, ce fait complètement étranger ù Schneider ne pourrait être invoqué contre lui ;
- « Attendu que Feray a donc à tort mis ce dernier en cause ;
- « Par ces motifs,
- « Déclare Son Exc. le maréchal Vaillant, en qualité d’administrateur des biens formant la dotation de la Couronne, mal fondé dans sa demande, l’en déboute et la condamne aux dépens de la demande principale envers Feray et Cie et envers Boigues, Rambourg et Gie, y compris les frais d’expertise ; déclare Feray non recevable et en tout cas mal fondé dans son
- recours en garantie contre Schneider et Cie ; l’en déboute et le condamne aux dépens envers ce dernier. »
- Première chambre. — Audiences des 8 et 15 juin 1866.—M. Be-noit-Champy, président.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre criminelle.
- BREVET D’INVENTION. — CONTREFAÇON.— INTRODUCTION EN FRANCE. — ORDONNANCE AUTORISANT LA SAISIE.— PRODUITS CONTREFAITS. — PAPIERS ET LIVRES DE COMMERCE-— LITISPENDANCE. — MOTIFS. — SOLIDARITÉ.
- Le président du tribunal, qui, aux termes de l’art. 47 de la loi du 5 juillet 1844, peut permettre par une ordonnance lasaisie des objets prétendus contrefaits, n'a besoin de spécifier niles noms des personnes, ni les lieux où les saisies pourront être opérées ; il peut, en ve?'tu de son pouvoir discrétionnaire, autoriser d'une façon générale le breveté à saisir les objets prétendus contrefaits partout où besoin sera.
- Il peut, sans commettre davantage un excès de pouvoir, autoriser le breveté à saisir, indépendamment des produits contrefaits et des instruments proprement dits, ayant servi à la contrefaçon, les factures, lettres de voiture, livres, correspondances et papiers relatifs à la contrefaçon.
- Le tribunal correctionnel n'est pas tenu de faire droit à la demande d'un prévenu de contrefaçon à fins de renvoi devant un tribunal civil précédemment saisi de la question de validité des brevets qui ont servi de base aux poursuites. D'après l'art. 171 du Code de procédure civile, qui n’a pas été modifié sur ce point par la loi du 5
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- juillet 1844, le renvoi est pure-ment facultatif.
- Le moyen tiré de ce que l'expert, qui a accompagné l’huissier qui a procédé aux saisies, et qui a dressé un rapport à la suite de ces saisies, aurait été à tort dispensé du serment par le président, ne peut, à supposer qu'il fût fondé, être proposé pour la première fois devant la cour de cassation ; il est non recevable, aux termes de l'art. 2 de la loi du 29 avril 1806.
- Lorsqu’un arrêt constate qu'il a été saisi chez un prévenu des objets contrefaits, par lui recélés sciemment, celui-ci ne saurait se plaindre de ce qu'il aurait, en outre, été déclaré coupable de complicité de contrefaçon, en dehors des cas spéciaux prévus par l'art. 41 de la lot du 5 juillet 1844; la première déclaration de l'arrêt suffisant pour justifier l'applica-tion de la peine.
- Les coprévenus peuvent être condamnés solidairement aux dépens et aux dommages-intérêts, lorsqu'il existe entre les faits qui leur sont reprochés une évidente con-nexité.
- Ln arrêt, en présence de conclusions vagues tendant à l'examen par des experts de brevets opposés à titre d'antériorité, peut se borner à rejeter ces conclusions, en déclarant que la cour a des éléments suffisants de conviction, alors que le prévenu n'indique pas les points de similitude qui existeraient entre ces brevets et ceux qui ont servi de base aux poursuites.
- Lorsqu'un arrêt a constaté que deux individus dont l'un était étranger et l’autre français, ont de concert introduit en France et vendu à des Français des produits arqués de contrefaçon, il leur fait une juste application des dispositions de l'art. 41 de la loi du 5 juillet, en les condamnant tout à {a fois comme vendeurs et comme introducteurs de produits contrefaits.
- Dès lors que l'acheteur réside en France, il est vrai de dire que c'est en France que la vente est consommée : dès lors l'étranger, comme le Français, est justiciable des tribunaux français.
- Lorsqu'un prévenu a reconnu devant le tribunal correctionnel le délit de contrefaçon qui lui était reproché, que le tribunal s'est fondé sur cet aveu pour le condamner, et lorsque plus tard, devant la cour, il a conclu à la nullité de la saisie, à un sursis et à une expertise, la cour a pu se borner, après avoir visé ces conclusions, à les rejeter par une adoption pure et simple des motifs des premiers juges, sans qu'on puisse reprocher à l'arrêt la violation de l'art. 7 de la loi du 20 avril 1810.
- La saisie n'est pas, en effet, un pré-liminaire nécessaire de la poursuite en contrefaçon ; dès lors, peu importe la régularité, lorsque la contrefaçon est avouée.
- Il est évident d'ailleurs qu'au cas pareil un sursis et une expertise sont mutiles; d'où il suit que l'arrêt, en se référant par l'adoption des motifs du jugement, à l'aveu du prévenu consigné dans ce jugement, motive d'une façon implicite , mais nécessaire et suffisante , le rejet des conclusions prises pour la première fois devant la cour.
- Rejet, au rapport de M. le conseiller de Carnières, et sur les conclusions conformes de M. l’avocat général Bédarrides, du pourvoi formé par MM. Raffard, Nachury, Oekler, Ramser et autres contre uatre arrêts de la cour impériale e Lyon des 30 novembre, 6 et 26 décembre 1865, et 8 janvier 1866, au profit de la société la Fuchsine.
- Plaidans, Me Bellaigues, pour les demandeurs, et Me J. Bozérian pour la Société défenderesse.
- Audiences des 14 et 15 juin 1866. — M. Vaïsse, président.
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- JURIDICTION COMMERCIALE.
- tribunal
- DE NAPOLÉON-VENDÉE.
- CHEMIN DE FER. — CAHIER DES CHARGES ANNEXÉ AU DÉCRET DE CONCESSION. — CLAUSE INTERDISANT TOUT MARCHÉ GÉNÉRAL POUR LES TRAVAUX DE CONSTRUCTION. — DISPOSITION D’ORDRE PUBLIC. — APPLICATION AU PROFIT DE SOUS-TRAITANTS.
- Une, Compagnie concessionnaire d'un chemin de fer qui, au mépris des dispositions formelles du cahier des charges annexé au decret de concession, a traité pour l'exécution du chemin avec un entrepreneur général, ne peut invoquer ce traité pour se refuser à payer aux ouvriers ou tâcherons le prix des travaux qu'ils ont faits personnellement.
- Cette circonstance que ces' ouvriers ou tâcherons n’ont fait les travaux dont ils réclament le prix que, par suite de conventions intervenues entre eux et un sous-traitant, ne doit pas être prise en considération.
- Le traité fait par la Compagnie avec l’entrepreneur général est-d’une nullité absolue, qui s’étend à tous les sous-traités dont cè premier a été la source.
- Ces solutions importantes résultent d’un jugement rendu par le Tribunal civil de Napoléon-Vendée, ainsi conçu :
- « Le Tribunal,
- « Considérant que le chemin de Napoléon aux Sables a été concédé en vertu d’une loi du 2 juillet 1861, et par un décret impérial du 16 septembre 1862, auquel est annexé un cahier des charges déterminant les avantages faits à la Compagnie et les obligations qui lui sont'im-posées; que les dispositions de ce cahier des charges, insérées au Bulletin des Lois, ont donc force de loi et sont obligatoires comme toutes les autres dispositions de la
- loi, avec laquelle elles forment un tout indivisible ;
- « Considérant que l’examen et la solution des difficultés qui s’élèvent au sujet de l’exécution de cette loi sont de la compétence de l’autorité judiciaire ;
- « Considérant que l’art. 27 du cahier des charges dispose que les travaux devront être adjugés par lots et sur série de prix, soit avec publicité et concurrence, soit sur soumissions cachetées entre entrepreneurs agréés à l’avance, à moins que le Conseil d’administration n’ait été spécialement autorisé par l’assemblée générale des actionnaires à les faire exécuter en régie ou à traiter directement de leur exécution, et que tout marché général pour l’ensemble du chemin de fer, soit à forfait, soit sur série dé prix, est formellement interdit ;
- « Considérant que cette prescription de la loi a été édictée dans un but de haute moralité et d’ordre public pour sauvegarder les droits de l’Etat, qui a intérêt à ce que les travaux faits sous la surveillance de ses agents soient bien exécutés par des entrepreneurs sérieux rétribuant convenablement les ouvriers et leur soldant régulièrement leurs salaires ; ceux des •actionnaires qui seraient exposés à être frustrés par un marché secret pouvant enrichir un entrepreneur unique au détriment de la masse des intéressés; et ceux des ouvriers, fournisseurs, tâcherons et entrepreneurs de -lots de travaux qui, s’ils s’étaient trouvés à la merci d’un seul entrepreneur pour des travaux importants, auraient été obligés de contracter avec lui à des prix trop réduits ou de subir des prélèvements de bénéfices faits par des sous-traitants successifs dont le dernier n’aurait pas pu payer leurs salaires ;
- « Considérant que l’adjudication avec publicité et concurrence et la défense de sous-traiter est la règle depuis longtemps adoptée pour les travaux publics, mais que l’arrêté
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- du directeur général des ponts et chaussées du 25 avril 1833, qui ^egit la matière, n’ayant pas force de loi et n’ayant pas été inséré au Bulletin des Lois, ne pouvait pas etre invoqué d’une manière généré devant les Tribunaux; que c est précisément pour remédier à cet inconvénient et pour éviter Tahus des gains illicites prélevés sur le salaire des ouvriers au détriment de la bonne exécution des Savaux, que l’article 27 précité a été édicté et inscrit dans la loi même, afin que la prohibition qu’il ^enferme eût le caractère et la force d’une loi;
- « Considérant cjue la Compagnie jm peut pas se prévaloir des stipulations faites au mépris de cette l°i, pour se dégager de l’obligation de payer à Vial et Crasnier le prix des travaux dont elle profite, et ffu’ils ont exécutés sur la ligne de 1er dont elle est concessionnaire, Puisque ces stipulations, faites contrairement à une loi primitive, sont frappées d’une nullité absolue;
- « Considérant que cette Compagnie ne peut pas se prévaloir non plus de ce qu’une délibération des actionnaires de la Compagnie aurait autorisé le Conseil d'administration à traiter directement de l’exécution des travaux, puisque l’article 27 du cahier des charges Prohibe formellement tout marché général pour l’ensemble des travaux;
- « Considérant que la Compagnie objecte que Yial et Crasnier, ayant traité avec Pierre Amand, qui tenait les droits d’Adams, entrepreneur général, ne sont pas recevables à invoquer l’inefficacité du premier traité ;
- « Considérant que cette objec-
- tion pourrait être prise en considération si Vial et Crasnier, au lieu d’avoir exécuté eux-mêmes les travaux, avaient stipulé sur les conventions avec Amand, s’ils les avaient cédés avec bénéfices et s’ils venaient en dehors de toute immixtion dans les travaux, réclamer un bénéfice qui n’aurait été obtenu que par suite de la violation de l’art. 27 du cahier des charges ; mais que cette objection ne peut être admise, alors qu’il est constant en fait que Vial et Crasnier ont exécuté et fait exécuter eux-mêmes les travaux qui ont pour résultat d’enrichir la Compagnie, et qu’elle ne peut se dispenser d’en payer la valeur, puisqu’elle en profite;
- « Considérant que Pierre Amand, tout en reconnaissant s’être personnellement obligé entre Vial et Crasnier n’accepte pas le chiffre de leur réclamation;
- « Que la Compagnie soutient n’être pas obligée au paiement et que le Tribunal ne possédant pas les éléments nécessaires pour statuer sur le montant de la réclamation, il est nécessaire de recourir à une expertise;
- « Le Tribunal, — jugeant en matière de commerce et en premier ressort; — rejette les exceptions présentées par la Compagnie,
- « Reçoit Vial et Crasnier dans leur action contre Pierre Amand et ladite Compagnie; » ordonne une expertise.
- Plaidant pour Vial et Crasnier, Me Ricard, du barreau de Niort; pour Amand (Pierre), Me Hervé, du barreau de Paris; et pour la Compagnie, Me Lambert, avocat du barreau de Napoléon-Vendée.
- Audience du 2 juin 1866. — M. Rouillé, vice-président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- Cubilot à air chaud. T. Summerson. 1 Sur le système de chauffage Dae-len et son application aux chaudières à vapeur, aux cubilots, etc.
- R. Schmidt......................... 2
- Epuration du platine. E. Sonstadt.. 4
- Fabrication du carbonate d’ammoniaque du commerce J.-C. Bell. . 5
- Fabrication et application des sels
- de chrome. J.-H. Chaudet........... 7
- Fabrication du phénol sodique. . . 9
- Transformation de l’acide oléique de fabriques de bougies stéariques en acide palmitique. F. Jü-nemann................................ 10
- Distillation des hydrocarbures. TF.
- Cormack............................ 11
- Mémoire sur la fabrication des couleurs dérivées de l’aniline. Th.
- Coupier............................ 12
- Rouge d’aniline économique et son emploi pour produire des couleurs de mode, des bruns, jaunes et
- rouges....................... 15
- Préparation des couleurs d’aniline
- en poudre.................... 16
- Sur les densités de l’acide azotique.
- F. Kolb...................... 17
- Siccatif pour les couleurs à l’huile et les vernis. F. Jünemann. ... 19
- Fabrication du savon liquide de glycérine. Heeren..................... 19
- De l’influence de la chaleur sur les vins rouges liquoreux. H. Marès. 20
- Sur la pression que l’acide carbonique de la bière exerce dans des tonneaux fermés et son action sur la marche de la fermentation. C. Prandtl......................... 22
- Gravure sur zinc en haut relief par voie galvanique. R. Bôttger.... 24
- Procédé pour appliquer sur zinc, par voie chimique, des enduits colorés très-brillants. R. Bôttger. 25
- Verre de thallium. Lamy........ 26
- Sur la rhigolène............... 27
- Colle-forte à la glycérine.. ... 27
- Nouveau fondant. Margueritte. . . 27
- Extraction du parfum et de l’arôme
- des plantes................. 28
- Essai des essences............. 28
- ARTS MÉCANIQUES.
- Machineàébarberet parer les rivets.
- C. de Bergue et Cie......... 29
- Recuit des fils métalliques.... 30
- Embrayage des arbres. S.-P. Rug-
- SufTes’ machines à double percussion........................: •
- Fabrication des bandages en acier fondu pour les chemins de fer.
- J. Firth......................
- Fixateur hydraulique pour les tubes des chaudières à vapeur.........
- Pages.
- Soupape de sûreté à compensation.
- W. Naylor...................... 36
- Appareil de sûreté pour les machines à vapeur................... 38
- Détermination du degré économique et le plus avantageux de détente dans les machines à vapeur. T.
- Macquorn-Rankine............. 40
- De la locomotion sur les routes ordinaires à l’aide de la vapeur.
- Séguier...................... 41
- Fourneau à brûler le pétrole et les naphtes. C.-P. Richardson ... 46
- Emploi du pétrole au chauffage des
- chaudières à vapeur.......... 48
- Sur l’emploi de la nitroglycérine dans les carrières de grès vosgien, près de Saverne. C. Kopp. ... 51
- Sur la nitroglycérine inexplosible.
- J. Stinde.................... 54
- Des moyens d’annuler les perturbations produites dans le mouvement des machines, par les pièces de leur mécanisme. H. Arnoux.. 55
- Emploi des cendres de lignites dans la fabrication des briques. J. Schmelzer........................ 55
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de cassation. — Chambre des requêtes.
- Cours d’eau. — Action possessoire.
- — Canal de dérivation............ 57
- Chemins de fer. — Transport de marchandises. — Avaries. — Responsabilité......................... 57
- Chemins de fer.—Prix de transport de marchandises.— Assimilation. 58
- Tribunal civil de la Seine.
- Machine de Marly. — Accident. — Demande en responsabilité des constructeurs. — Délais de garantie.............................. 58
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Cour de cassation. — Chambre criminelle. Brevets d’invention. — Contrefaçon.
- — Introduction en France. — Ordonnance autorisant la saisie. — Produits contrefaits. — Papiers et livres de commerce. — Litispendance. — Motifs. — Solidarité.. . 60
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- Tribunal de première instance de Napoléon- Vendée.
- Chemin de fer. — Cahier des charges annexé au décret de concession. — Clause interdisant tout marché général pour les travaux de construction. — Disposition d’ordre public. — Application au profit des sous-traitants........... 62
- BAR-SUR-SE1NE. — 1MP, SAILLARD.
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- Lr Teciinoloii’istr
- Ofip////iert<’ Poraf. ru<> /fa/tfr/tv/rY/a, rj. Partir.
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- ou
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Mode de construction des hauts- I fourneaux pour recueillir les gaz.
- Par MM. J. et G. Addenbroke et P. A. Millward.
- Lorsqu’on se propose de recueillies gaz des hauts-fourneaux, on doit veiller à ce que la disposition Gu’on adopte intervienne, le moins Gu’il est possible, avec la parfaite distribution du gaz à la gorge du fourneau, et offre en même temps Une aire de section considérable Pour leur échappement, en modère Ja vitesse à travers les orifices d’écoulement et, enfin, maint'enne UJ gueulard et la gorge du fourneau aussi ouverts et libres que possible Pour qu’on puisse opérer le chargement. Ces conditions paraissent avoir été remplies dans le mode de construction dont nous allons donner la description.
- Afin d’obtenir une distribution des gaz au sommet du fourneau Plus complète que par les autres U1,odes imaginés jusqu’à présent où généralement on les concentre, les lenteurs établissent un certain Uombre d’orifices autour de la B°rge à environ lm.20 ou lm.50 au-dessous du sommet. Ils forment egalement un canal fermé ou car-
- neau à gaz, entre lequel et l’intérieur du fourneau lui-même, ces orifices établissent des communications séparées ou collectives. Dans un point convenable, sur le côté de l’ouverture du carneau, qu’ils appellent chambre circulaire dite de confluence, ils percent une ouverture principale par laquelle les gaz recueillis sont d’abord conduits dans un récipient et de là, par des tuyaux, aux points où on se propose de les utiliser.
- Les orifices dont il a été question, sont percés dans la gorge du fourneau, inclinés de l’extérieur à l’intérieur, sous un angle très-prononcé, afin d’empêcher que les matières de chargement ne s’échappent par ces ouvertures en tombant de l’intérieur du fourneau dans la chambre de confluence ou carneau qui entoure celui-ci. Ces orifices sont établis au moyen de segments en fonte placés au même niveau dans la gorge du fourneau à environ lm.40 du sommet. On peut, toutefois, les établir à differents niveaux et les construire en partie ou en totalité en terre réfractaire ou autres matériaux convenables.
- En établissant, ces segments ou cadres en fonte placés les uns à
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Novembre 1866.
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- côté des autres, on obtient l’aire totale requise pour le passage des gaz avec moins de hauteur que par tout autre mode en usage ; les ouvertures étant très-basses et au même niveau, elles occupentmoins de hauteur dans le fourneau, circonstance d’une haute importance dans la pratique. A l’aide de cette disposition ou construction, on obtient non-seulement une bien plus grande section pour l’écoulement libre des gaz, mais en prenant aussi moins de hauteur de fourneau, on parvient à rapprocher les orifices d’écoulement plus près de la surface ou de la charge des matériaux ue par tout autre moyen. Ce peu e hauteur des orifices pour les gaz, permet encore une préparation plus complète des matières chargées, attendu que les gaz continuent à y circuler presque dans toute l’étendue de la hauteur du fourneau.
- Pour introduire ces perfectionnements, il n’est pas nécessaire d’agrandir l’ouverture des fourneaux à gueulard resserré, comme on est obligé de le faire quand on adopte un cylindre, une cloche ou un arc en briques. Au contraire, les fourneaux qui sont aujourd’hui trop étroits, recevront une augmentation de capacité en y ajoutantes ouvertures décrites, attendu que les gaz s’écouleront alors librement au-dessous du rétrécissement de la gorge. Cet accroissement dans l’aire d’écoulement modère la vitesse du gaz et, par conséquent, diminue leur tendance à entraîner la poussière dans les carneaux et les conduits.
- Pour nettoyer la chambre de confluence, on établit des orifices fermés par de petits registres dans l’enveloppe extérieure du carneau et du fourneau, et pour régulariser l’aspiration à travers les conduits ou tuyaux de gaz ou les fermer quand cela est nécessaire, on a disposé une soupape ou un registre équilibré à l’intérieur.
- Fig. 1, pl. 326, section verticale d’un haut-fourneau construit d’après ces principes.
- Fig. 2, section horizontale par la ligne A, B, fig.l.
- Fig. 3, vue par la face interne d’un cadre segmentaire d’orifice en fer.
- Fig. 4, section de ce même cadre par la ligne C,C.
- Fig. 5, section par la ligne E, F. a, gorge du fourneau ; è, b, ses côtés; c,c, portes de charge; d, couronnement du fourneau; on voit que la gorge et le couronnement de ce Fourneau sont entièrement ouverts; e,e, orifices d’écoulement de gaz pratiqués dans la gorge; f,f, chambre ou carneau qui entoure les orifices et dans lequel se rendent les gaz; y, g, bouclier servant à régulariser l’écoulement du gaz par les orifices postérieurs; h, branchement principal mettant le carneau ou chambre en communication avec le récipient i ; j, tuyau d’aspiration ; k, disque équilibré au moyen duquel on ouvre, ferme ou règle, suivant le besoin, la communication entre le récipient, l’aspiration et le carneau ; Z, Z, petites ouvertures percées dans la paroi extérieure du carneau pour nettoyer le fond quand la chose est devenue nécessaire.
- Yoici comment on faitfonctionner ce fourneau :
- Les matériaux sont chargés au sommet comme à l’ordinaire, et on applique de même le vent aux tuyères. Les produits gazeux éminemment chauds de la combustion s’élèvent alors de la zône de fusion, et, dans leur marche ascendante, dégagent divers gaz volatils provenant des matières qui descendent, se mélangent avec eux pour s’échapper librement dans le couronnement, où on les laisse ordinairement se perdre. Mais si on a disposé des orifices pour l’écoulement de ces gaz à environ lm.25 au-dessous du niveau du lit récent de fusion ou du point ordinaire où ils s’échappent, cette épaisseur de lm.25 de charge au-dessus de ces orifices, remplit jusqu’à un certain point les fonctions d’un registre, et comme il y a une légère aspira-
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- Uon par les orifices, déterminée par le tirage de la cheminée, les gaz passent de préférence par ces orifices, au lieu de forcer le passage à travers la charge des macères. Les surfaces inclinées de ces orifices empêchent ces matières de passer du fourneau dans le carneau. Le registre k qu’on ouvre ou qu’on ferme plus ou moins, règle la force de l’aspiration. Les orifices latéraux augmentent donc nécessairement faire pour l'échappement des gaz et soulagent singulièrement un fourneau à. gorge rétrécie, attendu que ces gaz sont extraits et évacués du fourneau avant d’atteindre la portion étranglée.
- Sur l'amalgame de sodium (1). Par M. H. Wurtz, de New-York.
- L’invention consiste à communiquer au mercure un plus haut degré d’adhérence, d’attraction ou d’affinité pour les autres métaux et pour sa substance propre, et cela par une addition d’une faible quantité d’un métal très-fortement électro-positif, tel que le sodium, le potassium, etc. Je donnerai à cet amalgame des métaux alcalins, le nom d’amalgame magnétique. Cette invention s’applique :
- (1) Nous avons déjà fait connaître le procédé décrit ici dans notre t. 27, p. 459, sur la foi d’une patente prise en Angleterre, le 12 août 1865, par M. Crookes, niais il paraît, d’après les dates et les témoignages, que le véritable inventeur est M. H. Wurtz, de New-York, et comme ce mode d’amalgamation jouera probablement un rôle important dans les arts métallurgiques, nous avons cru devoir donner un extrait de la spécification de ta patente prise aux Etats-Unis le 27 décembre 1864, par M. Wurtz lui-même. Seulement ce chimiste annonce qu’il réserve pour une autre patente une nouille méthode pour préparer promp.e-ment et à bas prix de grandes masses d’a-malgame des métaux alcalins, et que pour t usage pratique, il a trouvé qu’on avait besoin de préparer trois sortes d’amalgames de sodium qui diffèrent entre eux Par la proportion de sodium dans les rapports 1, 2 et 3, et qu’il désigne en conséquence par ces chiffres. E.
- 1° A toutes les opérations dans lesquelles on peut utiliser l’amalgamation au moyen du mercure à la séparation ou à l’extraction de l’or, de l’argent ou autres métaux précieux de leurs minerais.
- 2° A toutes les opérations où l’amalgamation combinée avec les métaux réductibles, tels quelle fer ou le zinc, peut être employée à la réduction des métaux de leurs sels solubles ou insolubles, par exemple de l’argent de son sulfate, de son hyposulfite ou de son chlorure; le plomb de son sulfate ou de son chlorure ; l’or de ses combinaisons chlorées et autres solutions.
- 3° A l’hydrargyration des surfaces métalliques en général, par exemple, pour amalgamer les surfaces en zinc des batteries galvaniques, les plaques en cuivre, cuivrer les plats ou les cuves à filtrer dans les lavages de l’or.
- 4° Au transport plus facile du mercure, qui se trouve ainsi amené à l’état solide.
- Si on dissout dans l’amalgame magnétique un centième ou plus de son poids de mercure, celui-ci communique au tout la propriété très-augmentée d’adhérer à d’autres métaux, principalement ceux qui, comme l’or et l’argent, sont placés à l’extrémité négative de la série électro-chimique. Avec ces deux métaux, cette propriété adhé-sive est tellement forte que la résistance que leurs faces extérieures opposent ordinairement à l’amalgamation quand ils sont à l’état natif, est instantanément surmontée, que ces métaux soient en gros grains, en sable fin ou en poudre impalpable. Même des enduits artificiels d’huile ou de corps gras qui agissent d’une manière si défavorable sur l’amalgamation, au point que la fumée et les vapeurs des luminaires sont, par ce motif, très-nuisibles dans beaucoup de mines d’or et d’argent, ne parviennent pas à empêcher cette amalgamation instantanée avec le mercure magnétique. Il paraîtrait donc que les atomes de mercure sont mis dans
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- un état polaire par une très-légère addition d’un métal qui est placé à l’extrémité positive de la série électro-chimique, au moyen de quoi l’affinité de ce mercure pour les métaux plus électro-négatifs se trouve tellement accrue, qu’il agit instantanément sur la surface extérieure de ceux-ci, et est absorbé avec autant de rapidité quel’eau par un morceau de sucre ou une autre substance poreuse qui y est soluble.
- Ce mercure, bien différent en cela du mercure ordinaire, adhère assez fortement sur les surfaces en fer, acier, platine, aluminium et antimoine; mais avec ces cinq métaux, il n’y a pas, à proprement parler, d’amalgamation, attendu que le mercure ne pénètre pas dans la substance du métal et que celui qui adhère superficiellement peut être enlevé aussi aisément et complètement de la surface métallique que l’eau sur le verre.
- Le seul métal que j’aie trouvé jusqu’à présent, sur lequel n’ad-nère pas le mercure magnétique, est le magnésium.
- Je vais faire connaître maintenant les particularités de mes nouvelles et utiles applications diverses des métaux alcalins.
- Emploi de l'amalgame magnétique au traitement des métaux précieux. — Mon procédé d’amalgamation des minerais d’or et d’argent. consiste à ajouter, de temps en temps, au mercure employé à cette opération 1 p. 100 et parfois moins de son poids de l’un des amalgames magnétiques. On ne peut rien spécifier de précis sur le temps au bout duquel il convient de répéter cette addition, parce qu’elle est plus ou moins sous la dépendancedenombreusescircons-tances, telles que la température, la pureté et la quantité de l’eau employée, le rapport des surfaces du mercure à la masse, le mode d’agitation qu’on imprime au mercure, la manière de procéder, le genre d’appareil dont on se sert, le caractère du minerai, la force de l’amalgame, etc., de façon que
- ce point important doit être établi dans chaque cas particulier par voie expérimentale. Néanmoins, les expériences faites jusqu’à présent permettent de poser quelques principes généraux. On a observé qu’il fallait bien moins de sodium dans les cas où on employait beaucoup d’eau et où celle-ci était fréquemment remplacée par de l’eau fraîche, et aussi quand on lavait des sables aurifères, ainsi qu’avec tous les genres d’appareils d’amalgamation dans lesquels coule un filet continu d’eau fraîche, car les solutions mercurielles de sodium, d’après mes observations, ne sont que faiblement attaquées par l’eau qui ne contient pas d’impuretés acides, alcalines ou salines. Au contraire, dans les cas où l’on emploie peu d’eau, entre autres lorsque le mercure et le minerai ayant été broyés ensemble en bouillie et où l’eau devient promptement alcaline, il y a prompte oxydation du sodium qui en rend indispensable le renouvellement fréquent. Dans des cas semblables, je recommande le procédé suivant :
- La quantité totale de mercure nécessaire pour le traitement d’une charge de Schlich de minerai, 25 kilog., je suppose, est magnétisée par une addition de 1 pour 100 d’amalgame n° 2, ou mieux 2 pour 100 de l’amalgame plus mou n°l, qui se dissout plus aisément dans le mercure; puis moitié du tout, et par conséquent 12kil.50, sont introduits avec le minerai dans un moulin, et à mesure que l’incorporation fait des progrès, on ajoute des portions déterminées de l’autre moitié du mercure magnétisé, peu à peu et à des intervalles qui dépendent des circonstances jusqu’à ce que le tout soit additionné. Lorsque le mercure, comme d’ordinaire, provient en partie de celui qui a été employé dans une amalgamation précédente, il renferme encore la plupart du temps du sodium, et par conséquent exige proportionnellement moins d’amalgame frais.
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- Dans le lavage des sables aurifères, etc., l’amalgame n° 1 est le Plus avantageux à raison de sa solubilité dans le mercure, et dans ues cas semblables, on recommande d’essayer de temps à autre le mercure employé avec quelques centigrammes de poudre d’or, afin de s’assurer s’il exige l’addition de nouvel amalgame (magnétique). Au reste, de semblables essais sont faciles à faire dans tous les travaux d’amalgamation au moyen d’une lame de cuivre.
- Je ferai remarquer en passant ue l’amalgame n° 1 se prépare ans tous les cas aisément avec le n° 2, en fondant dans une cuiller en fer ce dernier avec environ son même poids de mercure, ou avec deux fois son poids de l’amalgame n° 3; du reste, en se servant de l’amalgame n° 3, la préparation du n° 1 exige un peu trop de temps. Dans l’amalgamation des plaques en cuivre, c’est-à-dire dans le cas où l’on met des substances aurifères en contact avec des surfaces métalliques amalgamées, il est préférable, tant pour enduire ces surfaces que dans toutes les additions postérieures du mercure, de se servir au lieu de ce métal de l’amalgame pâteux n° 1. Dans ce mode d’amalgamation, on réalise une économie assez notable tant sur l’usure de l’appareil que sur les frais d’établissement en remplaçant les plaques de cuivre par des plaques de fer de concert avec l’amalgame magnétique. Mon amalgame, en raison de sa propriété d’enduire le fer d’ une pellicule de mercure, a une valeur toute particulière pour tous les vaisseaux d’amalgamation dont les surfaces internes sont en fer, parce que ces surfaces conservent un enduit de mercure au moyen duquel elles se trouvent en contact avec les particules d’or qui sont tellement fines qu’elles restent en suspension dans l’eau.
- Cette propriété de l’amalgame magnétique de déposer une couche mince de mercure sur les sûrfaces en fer, permet des applications qui
- ont une certaine importance. C’est ainsi, par exemple, qu’on trouvera très-avantageux d’amalgamer d’une manière continue les sabots en fer ou en acier des pilons des bocards et autres appareils servant à la préparation mécanique des minerais, les cylindres d’écrasage, les boulets à broyer les minerais, etc.
- De même que l’adhérence du mercure est rendue plus résistante par l’addition d’un métal alcalin, de même, ainsi que je l’ai découvert, sa cohésion elle-même est augmentée à un haut degré. Il devient ainsi tenace, plus difficile à diviser, et quand on le divise mécaniquement, il s’unit aussitôt que les portions sont mises en contact. Ce phénomène donne lieu à des résultats d’une valeur incalculable ; ainsi, par exemple, la réduction en poudre ou la propriété de se désunir du mercure qui donne lieu dans l’amalgamation des minerais des métaux précieux à de si grandes pertes, tant en mercure qu’en ces métaux, est réduite à un minimum ou même annulée. En outre, par l’addition du sodium, on facilite et on favorise singulièrement la revivification du mercure pulvérulent et de l’amalgame des résidus et des déchets des opérations. On n’a pour cela qu’à introduire dans le séparateur une petite quantité de mercure fortement magnétisé. On peut même traiter avec avantage ces résidus et ces déchets par un simple lavage à la main, en mettant dans chaque bassine ou cuve de tamisage un peu de mercure magnétique, au moyen duquel toutes les particules isolées de l’amalgame aurifère sont rassemblées et réunies. De cette manière, on économise beaucoup de travail, d’argent et de temps dans tous les travaux de lavage et même dans le lavage des anciens résidus des halles.
- J’appellerai ici l’attention sur une précaution importante qui, dans bien des cas où l’on, fait usage de l’amalgame magnétique, a besoin d’être observée, en particulier lors-
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- que le mercure,quand on le soumet au moulin ou qu’on l’agite, est en contact avec le fer et où les particules de fer qui se détachent et souillent l’amalgame. Dans des cas semblables, je recommande de procéder ainsi qu’il suit : Après que l’amalgame a été débarrassé du mercure en excès, et avant de le soumettre dans la cornue à la chaleur, on le dépose dans un creuset en terre ou une poche en fer et on le met en fusion avec addition d’un peu de mercure, afin de le rendre plus fluide. Par ce traitement, le fer remonte à la surface où il forme une écume ou scorie qu’on enlève. L’excès de mercure qui reste peut, après le refroidissement, être séparé de l’amalgame par le moyen ordinaire. Les particules d’amalgame qui adhèrent encore aux scories de fer sont faciles à séparer en faisant bouillir dans l’eau pour enlever le sodium.
- Ce procédé est fondé sur ce fait simple que par l’élimination des dernières traces de sodium du mercure, on fait cesser complètement l’adhérence de l’amalgame sur le fer. La présence du fer dans un échantillon d’amalgame est facile à découvrir au moyen d’un aimant, qui, dans bien des cas, peut être mis en usage avec profit pour extraire de l’amalgame les particules de fer mélangées, après qu’on a éliminé de celui-ci tout le sodium.
- L’amalgame, quand on a employé le sodium (au lavage des sables aurifères), renferme ordinairement encore d’autres métaux, entre autres du platine, de l’osmiure d’iridium qui, de même que le fer, se séparent d’eux-mêmes, dès qu’on a éliminé le sodium en faisant bouillir l’amalgame étendu d’eau. Un alliage du platine ou de l’os-miure d’iridium ou de tous d’eux avec le fer peut être enlevé au moyen du barreau magnétique. En général, ainsi que dans les cas particuliers où le mercure est employé au traitement des minerais sulfurés et arsénifôres,je recommande
- de chasser autant qu’il est possible le soufre et l’arsenic de l’amalgame par un grillage ou par un autre procédé chimique.
- (La suite au prochain numéro.)
- Coloration du laiton.
- Le laiton est un alliage d’une nature particulière sur lequel on ne peut pas appliquer de peinture durable, parce qu’il présente un caractère gras qui ne.permet pas à la couleur d’adhérer. Réussit-on à le charger d’une peinture, celle-ci ne tarde pas à s’écailler au plus léger frottement. Du reste, la couleur et l’éclat de cet alliage étant déjà assez agréables, on ne recherche pas toujours à les remplacer par des enduits artificiels, mais si on veut donner au laiton des colorations diverses, on s’y prend comme il suit :
- Jaune d’or. On colore le laiton en jaune d’or d’une grande beauté en plongeant la pièce écurée à blanc et parfaitement pure dans une solution étendue d’acétate neutre de cuivre (verdet cristallisé) ne contenant aucune trace d’acide libre, opération qui n’exige que quelques minutes et s’exécute à une température modérée.
- Gris mat ou gris verdâtre. On donne au laiton l’aspect du bronze, en l’écurant à blanc et en l’enduisant à plusieurs reprises avec une solution étendue de chlorure de cuivre.
- Violet. On obtient une belle coloration violette sur le laiton écuré à blanc, en le chauffant bien uniformément, jusqu’au point où on ne peut plus le tenir à la main et en le plongeant encore chaud et aussi uniformément qu’il est possible dans le chlorure d’antimoine ordinaire des officines et l’essuyant doucement avec un tampon de coton.
- Moiré. Un moiré beaucoup plus éclatant que celui qu’on produit ordinairement, s’obtient en faisant
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- bouillir les pièces dans une solution aqueuse de sulfate de cuivre. Les nuances qui se développent varient suivant le rapport entre le cuivre et le zinc qui composent le laiton. Il arrive parfois que la pièce, au sortir du bain, affecte une couleur rouge-brun ou violet-brun sans éclat, et qu’en la lavant il se forme une poudre brune à sa surface; niais si on la frotte doucement avec un vernis à la résine ou à la cire, elle prend l’aspect désiré.
- Quand au bain de sulfate de cuivre (1 kilog. sulfate de cuivre, 2 < litres d’eau) qui doit être concentré et bouillant, on ajoute quelques petits clous de fer, la formation du nioiré est notablement facilitée.
- Noir foncé. Cette couleur, si fréquemment appliquée sur les instruments optiques en laiton, s’obtient en polissant celui-ci au tripoli, le lavant dans une solution etendue d’un mélange d’une partie d’azotate d’étain et 2 parties de chlorure d’or, et au bout d’environ 10 minutes, essuyant avec un drap humide. S’il y a excès d’acide, la surface affecte une coloration noir foncé.
- On obtient un autre noir en jetant quelques rognures de cuivre bien propres et provenant du tour jusqu’à saturation complète dans l’acide azotique. Dans ce bain chauffé à la température de la main, on plonge la pièce après lui avoir donné le poli métallique avec une ierre à repasser fine, grise ou leue et de l’eau, et l’avoir séchée fortement sur un feu de charbon. La pièce ainsi chauffée est alors colorée en verdâtre et en la frottant avec un chiffon et répétant l’immersion et le coup de feu aussi souvent qu’on le juge à propos, on obtient bientôt le noir désiré. Pour relever le ton de la couleur, on frotte enfin cette pièce avec l’huile d’olive.
- On donne au laiton l’aspect des marchandises anglaises de la manière que voici : On fait chauffer la pièce au rouge sombre dans une moufle, et on la plonge dans l’acide
- sulfurique étendu pour la décaper, puis on la traite par l’eau forte etendue pour ne l’attaquer que faiblement, on la lave après qu’elle a acquis une couleur bien uniforme, dans l’eau pure et on la sèche dans la sciure de bois. Alors on prépare un bain avec 2 parties d’eau forte et 1 partie d’eau de pluie, et on y laisse tremper la pièce pendant quelques minutes jusqu’à ce qu’elle soit recouverte d’une légère écume, et qu’en la retirant elle présente une coloration uniforme et sans taches, autrement on la chauffe et on la travaille de nouveau. Dans cet état, on la plonge dans l’eau forte double, puis aussitôt dans une grande quantité d’eau pour la laver complètement. Les pièces creuses sont plongées dans une dissolution de potasse chaude, puis dans l’eau tiède dans laquelle on a fait dissoudre un peu de tartre. Si les pièces doivent être brunies, on ne fait pas mordre et on traite seulement par l’eau forte étendue, puis on plonge dans l’eau forte concentrée où on laisse jusqu’à ce que le bruni apparaisse au plus haut point, enfin on frotte au gratte-boësse. On polit au polissoir d’acier et au fiel de bœuf.
- Sur un mordant de fer nommé vulgairement rouille, employé pour la teinture des soies noires.
- Par M. Ch. Mène.
- Dans la teinture en noir sur soie, on se sert depuis quelques années, à Lyon, Saint-Etienne, Saint-Cha-mond, etc., d’un produit que l’on désigne communément sous le nom de rouille; c’est un sel ferrique que l’on combine ensuite avec les acides gallique, tannique, etc. Comme cet agent, à ma connaissance, n’est indiqué dans aucun ouvrage de chimie ou de teinture, et que j’ai eu récemment à m’en occuper d’une manière toute spéciale,je ferai part
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- au lecteur (lu résultat (le nies observations et de mes analyses à ce sujet, d’autant plus volontiers que 1 article dont il s’agit est aujourd’hui fabriqué en grand par plusieurs industriels, et que sa consommation atteint le chiffre de 12,000 kilogrammes par jour, à Lyon seulement.
- Le produit dont il s’agit est toujours à l’état liquide : il a une couleur rouge marron foncé très-fran-
- Protoxyde de fer.. . Peroxyde de fer. . . Acide sulfurique.. .
- — azotique. . . .
- — chlorhydrique.
- Eau.................
- che ; il marque à l’aréomètre Baumé 40 ou 45 degrés, suivant le désir de l’acheteur, et son prix varie de 12 à 15 francs les 100 kilogrammes par quantités. Sa densité (méthode du flacon) est de 1,300 à 40 degrés et de 1,350 h 45 degrés (Baumé). Ces chiffres sont la moyenne résultant de plus de soixante échantillons divers que j’ai eus à ma disposition. L’analyse de ce produit m’a donné (en moyenne) :
- Pour le rouille Pour le rouille
- à 40 degrés. à 45 degrés.
- . . 0.015 0.015
- . . 0.165 0.200
- . . 0.175 0.205
- , . 0.005 0.005
- . . 0.010 0.005
- . . 0.630 0.570
- 1.000 1.000
- Ce qui indiquerait, abstraction faite de l’eau et des acides azotique et chlorhydrique, qui ne sont qu’accidentels, une formule chimique nette de Fe203,2 S O3. Ce
- produit doit être le même que M. Stolba a décrit dans le Répertoire de Chimie appliquée, 1863, p. 468, comme formé de :
- Sulfate ferrique (Fe* O3, 3 S O3).........................36.88
- Chlorure ferrique (Fe2 CI3)................................ 7.98
- Azotate ferrique basique (Fe203, AzO5)....................... 3.22
- Eau......................-...................................51.92
- et que l’on emploie h Berlin dans la teinture. Et il est le même que celui qui a été indiqué par M. Mans (Pelouze et Fremy, Chimie générale, t. II), en faisant digérer le sulfate Fe2 O3, 3 S O3 avec un excès d’hydrate de peroxyde de fer; seulement il est préparé différemment.
- L’analyse des échantillons de rouille que j’ai examinés a été faite de la manière suivante : un certain poids du liquide a été traité par l’ammoniaque pour en avoir le fer à l’état de peroxyde; puis par du chlorure de baryum acidifie, pour en obtenir l’aciae sulfurique. Un autre poids de rouille a été traité par l’acide azotique, et précipité par l’ammoniaque, pour en avoir tout le poids de fer, dont la différence avec le premier essai a marqué le protoxyde de fer; l’acide
- 100.00
- chlorhydrique a été trouvé par le nitrate d’argent, et l’azotique en calcinant dans un tube à analyse organique une certaine quantité de ce liquide versée sur du bisulfate de soude, et en faisant passer les vapeurs sur du cuivre en tournure rougi de manière à doser l’azote en volume.
- La préparation du rouille pour la teinture peut se faire de plusieurs manières ; mais voici celle qui est suivie le plus habilement en grand. Dans une grande marmite de fonte, on met, pour 100, 83 kilog. de couperose (sulfate de fer ordinaire), 13 kilog. d’acide azotique à 36 degrés et 5 kilog. d’acide sulfurique à 66 degrés ; on chauffé doucement le tout, en recueillant les vapeurs nitreuses qui se dégagent. Le protoxyde de fer
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- se peroxyde et se redissout dans la masse; on ajoute de l’eau pour reprendre le produit et l’amener au de gré aréométrique voulu. Le residu est traité par de l'acide chlorhydrique et forme un per-chlorure de fer que l’on ajoute au fouille (par fraude) ; le liquide est ensuite mis à reposer avec de la hniaille de fer pour saturer les acides en excès.
- J’ai trouvé la méthode suivante pour préparer le rouille dans les laboratoires, ou dans les teintureries qui veulent un produit pur et spécial : on prend 200 grammes de sulfate de fer, par exemple, et “80 grammes d’eau ; on fait bouillir, puis on ajoute peu à peu, et doucement, 40 grammes d’acide azotique à 36 degrés; à chaque versée d’acide, une effervescence se produit, et des vapeurs rutilantes se dégagent, la liqueur devient rouge : on attend la fin de l’effervescence pour remettre une nouvelle quantité d’acide. L’opération est terminée dès que toute effervescence a cessé ; seulement alors on doit craindre d’avoir mis trop d’acide; on ajoute, pour y obvier, de la couperose dissoute dans l’eau et marquant 35 degrés à l’aréomètre (moitié sulfate de fer et moitié eau h chaud), jusqu’à ce que toute effervescence ait cessé, et en versant peu à peu et doucement comme pour l’acide (1).
- Voici, avec le rouille, comment les teinturiers de Lyon opèrent pour teindre la soie : ils mouillent d’abord la soie à l’eau acidulée; puis ils font passer les matteaux pendant toute une nuit dans un bain de rouille à 40 degrés Baumé ; ils la-
- vent et trempent ensuite dans un bain de cyanoferrure de potassium (prussiate jaune) à 15 degrés aréo-métriques, acidulé à l’acide chlorhydrique, et lavent à grande eau. Quand on veut charger la soie, ce qui n’est que malheureusement très-fréquent, on répète plusieurs fois ces opérations.
- La soie est alors teinte en bleu; c’est ce qu’on nomme le bleutage; on donne après cela un bain de bois d’Inde tiède, avec un peu de sel d’étain, et l’on passe au cachou bouillant, en faisant traîner toute la nuit. Le lendemain, suivant la teinte désirée, on donne un pied de bois d’Inde et de pyrolignite de fer ; on lave, et finalement on fait l’avivage à l’acide citrique, puis on assouplit à l’huile saponifiée par la soude. La soie augmente de 25 à 60 pour 100 de poids par ce procédé qui, sauf quelques variantes, est généralement suivi dans tous les ateliers de Lyon et des environs. Pour ne pas sortir des bornes d’un Mémoire, je ne dirai rien de la charge des soies, si ce n’est qu’ainsi teinte elle n’a aucune durée, et que c’est à cette fabrication que nous devons le peu de solidité de nos étoffes noires, quelles qu’elles soient.
- En concentrant le rouille de manière à lui faire acquérir 50 degrés à l’aréomètre, on obtient un liquide rougeâtre noir, qui a une densité de 1,400. Ce produit est curieux, en ce qu’il présente la particularité de changer, au bout de quelques jours, d’état moléculaire et de devenir jaune, sans rien perdre de ses principes (1). Voici son analyse avant et après :
- Rouille à 50 degrés. Rouille solide.
- Peroxyde de fer.......................... 0.275 0.275
- Acide sulfurique......................... 0.275 0.275
- Eau...................................... 0.440 0.440
- Autres acides ou impuretés...............0.010 0.010
- 1 000 1.000
- (1) J’insiste sur le versement d’acide 1 (1) Car le changement se fait dans des
- Pay petites quantités ; autrement on n’au- I flacons bouchés, lorsque la température rait pas de rouille. 1 baisse de -j- 5 degrés.
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- En reprenant par l’eau le produit solide, il se dissout, et par concentration il monte au degré voulu. Ce sel, qui a, comme le précédent, la formule de Fe2 O3,2S03, x Aq, peut servir à la teinture, et donne même, suivant des essais que j’ai fait exécuter par des tein* turiers, de meilleurs résultats que le rouille, en ce qu’il est plus régulier dans sa composition, après avoir été solide.
- Avec le rouille des teinturiers, j’ai obtenu, en acidifiant à l’acide sulfurique et en ajoutant du sulfate de potasse ou d’ammoniaque, des aluns de fer très-purs et très-bien cristallisés. A l’aide de ces sels, j’ai fait des essais de teintures noires ou bleues, qui m’ont parfaitement réussi, de l’aveu même des teinturiers, sauf la charge. Aussi, je profite de cette circonstance pour en indiquer l’emploi, attendu que sa composition est nette, son emballage facile et son usage très-commode. Dans certains cas, on peut, à l’aide de ce sel, obtenir des charges, mais moins fortes que par le rouille. L’effet du trempage des soies, dans le rouille, est, outre l’action tinctoriale avec le gallique, de précipiter sur la fibre textile du peroxyde de fer Fe2 O3; car les
- C2V H11 N3 + 2HO = C1!
- Mais il ne s’est pas manifesté le moindre dégagement de gaz et il n’a non plus été possible de trouver du phénol ou de l’aniline dans la solution chlorhydrique colorée en rouge intense. Mais si on sature cette solution par l’ammoniaque, après l’avoir débarrassée par le filtre d’une trace de résine soluble, on obtient un abondant précipité jaune cristallin, tandis que les eaux-mères accusent la présence en assez grande abondance de l’acide oxalique.
- Lejaune d’aniline, indépendamment d’une trace de substance résineuse, est l’oxalate d’une base organique, de l’amidodiphényli-
- bains qui ont servi longtemps s’éclaircissent et montrent à l’analyse la formule 3 SO3, Fe2 O3.
- Sur le jaune d'aniline.
- Par MM. C. A. Martius et P. Griess.
- Un produit de l’aniline, préparé par l’action de l’acide azotique sur l’aniline, a été pour la première fois, il y a environ deux ans, livré au commerce par MM. Simson, Maule et Nicholson de Londres, sous le nom de jaune d’aniline. Ces fabricants ont considéré ce produit comme identique avec le diazoamidobenzol (G24 H11 N3) décrit antérieurement par M. Griess. Pour s’assurer de l’exactitude de cette assertion, MM. Martius et Griess ont examiné la manière dont ce corps se comporte. Celui qu’on trouve dans le commerce se présente sous la forme d’une poudre jaune-brun, lâche et cristalline, éprouvant par l’action de l’acide chlorhydrique bouillant la décomposition qui caractérise si nettement le diazoamidobenzol.
- fis 02 + Ci2H7N-f 2N.
- nol. Aniline.
- mide (G24 H11 N3) qui n’a rien de commun avec son isomère le diazoamidobenzol. MM. Martius et Griess ont démontré dans le cours de leurs recherches que de même que le diazoamidobenzol, ce corps résulte de l’action de l’acide azotique sur les solutions alcooliques d’aniline ; c’est de la température que dépend la formation de l’un ou l’autre de ces corps, et il faut une température plus élevée pour donner naissance à l’amidodiphé-nylimide.
- En examinant une autre matière colorante jaune qui résulte de l’action du stannate de soude sur le chlorhydrate d’aniline et qui a été
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- Produite pour la première fois dans p. ^brique de MM. J. J Müller et ^le de Bâle et observée plus tard par M. H. Schiff (V. le Technologie, t. 25, p. 27), MM. Martius et j-oaess ont constaté qu'elle était oentique avec l’amidodiphénvli-toide.
- Presque toutes les dissolutions faiblement acides d’amidodiphény-^ide coloi*ent la laine et la soie en jaune citron intense. La laine avec une solution de la combinaison avec l’acide picrique peut être teinte en une couleur qui le cède Peu au rouge de la cochenille, tant Par la beauté que par l’intensité jfa fa couleur. Malgré cela ces cou-jeurs n’ont eu qu’un emploi très-^erné dans la pratique, parce qu’el-*es sont volatiles et que par ce dépit les étoffes qui en sont teintes fas laissent se sublimer, surtout à uue haute température.
- Procédé simple pour préparer le fleurs de soufre avec le soufr brut.
- Par M. A. Hàucii.
- Le soufre brut est une matière dui procure d’assez beaux bénéfices fluand on la fait servir â la préparation des fleurs de soufre, article flui estrecherchédanslecommerce.
- Tout avantageux que puisse être 1 appareil employé à Marseille pour fa préparation des fleurs de soupe, il m’a néanmoins paru, pour fa plupart des cas, être établi sur un trop grand modèle et son installation entraîner à des frais trop ulevés. J’ai donc pensé que pour une production moindre par exemple dans le traitement du soufre ,rut provenant du grillage des py-rites de fer, il m’était permis de ^commander un appareil que j’ai pouvé en activité aux usines à sou-fa6 de Radoboj, en Croatie, et qui
- pll 32^r^Sent^ ^anS ^£ure
- Cet appareil se compose d’une chaudière en fonte K sur laquelle
- est posée une hausse aussi en fonte a avec une porte è,et sur laquelle s’adapte un manchon ou cylindre en tôle r,r. Ce manchon débouche dans la chambre h condensation en bois K, qui, à son extrémité postérieure est, au moyen de cloisons en bois, partagée en deux compartiments 1 et 2.
- On introduit par la porte t des lignites qu’on brûle sur la grille /!, les gaz de la combustion se dégagent par le canal m et par des rampants qui sont adaptés aux dispositions locales, dans une cheminée qui, dans le cas où il y a plusieurs appareils de ce genre en activité, peut leur être commune.
- C’est par une ouverture dans la chambre qui est pourvue d’une porte à coulisse s qu’on retire, après chaque chargement, les fleuisde soufre pures qui se sont formées et de temps à autre qu’on évacue celles souillées par l’acide sulfurique et l’acide sulfureux par une ouverture o également pourvue d’une porte à coulisse.
- Dans cette porte à coulisse o se trouve à 20 centimètres au-dessus du fond de la chambre un orifice de 4 centimètres de diamètre dans lequel est inséré un bouchon en bois dans lequel est percé un trou de 6 millimètres de diamètre qui reste constamment ouvert.
- La chambre à condensation présente, exception faite des compartiments 1 et 2, une capacité de 10 mètres cubes.
- A Radoboj on exploite en grand un minerai de soufre natif qui sert à fabriquer la fleur de soufre. Ce minerai brut renferme du soufre presque pur, une petite quantité d’humidité et est souillé par un peu de bitume et de schiste argileux.
- On introduit par charge 60 kilogrammes de matière brute par la porte b dans la chaudière K qu’on a préalablement débarrassée des résidus de la charge précédente; on ferme cette porte, on la calfeutre avec de l’argile sableuse humide afin que l’air ne puisse pénétrer dans l’appareil.
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- Alors on allume le feu et on élève peu k peu la température pendant seize heures, puis on laisse refroidir pendant huit heures.
- Aussitôt que le feu commence à s’allumer, on enlève pendant deux heures environ le bouchon qui clôt le trou dans la porte o, atin que l’air dilaté renfermé dans la chambre à sublimation K, un peu de vapeur d’eau et enfin l’acide sulfureux qui s’estlormé,puissents’échapper; mais passé ce temps, on replace le bouchon sur celte ouverture.
- Le chargement étant épuisé, on ouvre les portes s et o qui avaient été également enduites d’argile sableuse et au bout d’une demi-heure on retire avec des crochets en bois les fleurs de soufre pures et sèches et on les fait tomber dans des caisses en bois.
- Ces fleurs encore chaudes sont tamisées à travers un tamis de 230 mailles au centimètre carré, en ayant soin de briser à la main les grains et les morceaux.
- Ainsi obtenues, ces fleursdesou-fre pures sont immédiatement emballées dans des caisses de 0m.30 de large sur autant de hauteur et 0m.60 de longueur en planches épaisses de 20 millimètres et garnies de papier bleu.
- Les fleurs impures et humides sont extraites de temps à autre par l’ouverture o, fondues dans une chaudière en fonte et employées de nouveau à produire des fleurs pures.
- De même les grains qui ont été séparés des fleurs par le tamisage sont réintégrés dans la chaudière à sublimation pour rentrer en charge à l’opération suivante.
- Il est nécessaire pour produire des fleurs pures, que l’appareil tout entier soit complètement imperméable à l’air, et que la chaleur s’y élève d’une manière continue, autrement si l’air pénètre dans l’appareil, non-seulement il y a perte de soufre, mais de plus les fleurs qui se forment sont souillées par l’acide sulfurique et l’acide sulfureux, et ne peuvent pas être
- livrées au commerce; elles ont donc besoin d’être fondues et sublimées de nouveau.
- Le lavage des fleurs pour les débarrasser des acides sulfurique et sulfureux est toujours un travail chanceux, de façon qu’on n’y a uère recours. Pour l’opérer on épose les fleurs acides dans un vase convenable en bois et on les humecte peu à peu avec de petites portions d’eau chaude ; et lorsqu’elles sont entièrement pénétrées par ce liquide, on décante cette eau, et on renouvelle k plusieurs reprises. Si on n’observe pas ces précautions, les fleurs nagent à la surface de l’eau et il est impossible de les laver.
- Les fleurs lavées sont introduites dans une étuve dont la température ne dépasse pas 25° G. et qui est pourvue d’un moyen de ventilation, afin d’opérer promptement la dessiccation.
- Quelques détonations qu’on entend surtout peu après qu’on a chargé la chaudière, ne sont nullement dangereuses ou nuisibles.
- Les chambres à sublimation en bois sont rendues imperméables dans les assemblages qui pourraient donner lieu k des fuites ou k l’introduction de l’air avec du papier et de la colle de pâte ordinaire.
- Bientôt après qu’on a chauffé, et lorsque le soufre devenu fluide est chaud à environ 188° G., il commence k prendre feu, moment au-uel se déclarent les détonations ont il a été question, mais le feu s’éteint de lui-même, dès que l’air renfermé dans l’appareil a été converti en acide sulfureux. Enfin, lorsque la température de la chaudière s’est élevée k 393°, alors la masse commence à bouillir avec dégagement de vapeurs qui se rendent dans la chambre à sublimation, où elles se condensent sur les parois froides de celle-ci. Tant que leur température est inférieure à 135°, point de fusion du soufre; les vapeurs de soufre ne peuvent pas être fluides, mais elles se con-crètent par un refroidissement subit
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- en petits cristaux microscopiques Assemblant à une poussière jaune qui sont les fleurs de soufre, lesquelles se déposent sur le fond.
- On peut en hiver travailler une charge par jour, mais en été il faut trois jours pour le môme objet, à Aison du refroidissement nécessaire de l’appareil.
- D’après les résultats de l’année ‘"61, on produit par charge de u? kilos, de minerai de soufre, 38 kdog. de fleurs pures, 9 kilog. de sable ou grain. Le résidu s’élève à a à 12 kilog., de façon que ce qui banque représente les fleurs impures, la perte en soufre et l’humidité du minerai.
- On dépense par chargel21 kilog.
- de lignite d’une qualité telle que 8 à 9 quintaux métriques représentent 0stère853 de bois mou.
- La production d’un quintal métrique de fleurs, y compris l’emballage, mais non pas les droits de l’Etat, coûte 6 fr. 90.
- A Radoboj, deux hommes suffisent pour le service de 8 appareils.
- D’après le rendement ci-dessus, on voit qu’on peut admettre au maximum une perte en soufre de 10 pour 100; il en résulte donc un bénéfice par quintal métrique qu’on peut calculer ainsi.
- Si on suppose que le soufre brut coûte 25 fr. 45 c., et que les fleurs de soufre se vendent 55 fr. le quintal métrique, on aura :
- HO kilog. de soufre brut, à 25 fr. 45 c............. 27fr.84
- Frais de production des fleurs, emballages.......... 6 . 90
- Frais....................34 . 74
- tin quintal métrique de fleurs vendu...................55 . »
- Frais de produits sans la régie........................34 . 74
- Bénéfice.................20 . 26
- La purification du soufre brut pour débit comme soufre en ca-hons, en tablettes, etc., donne une erte de 7 à 10 pour 100 avec une épense en combustible de 0stère126 de bois par quintal de soufre ; ce travail de purification exige moins de temps et de main-d’œuvre que celui des fleurs de soufre, mais le soufre ne peut se vendre au plus que 34 fr. ie quintal métrique.
- La chaudière et son appendice durent, en supposant qu’on travaille d’une manière continue, 4 à 5 ans, Je manchon en tôle 6 à 8 mois, et la chambre h sublimation 2 à 3 ans. Veut-on remplacer le manchon, on o’a qu’à soulever cette chambre au tuoyen d’un treuil.
- Appareil à laver les fils.
- Par M. C. Raiser.
- Ee rôle important que joue un lavage bien uniforme deséeheveaux
- de fil relativement à la qualité de la teinture ou de la couleur, surtout quand il s’agit du rouge turc, a depuis plusieurs années déterminé les établissements de teinture à imaginer et employer des appareils propres à atteindre ce but. Les premières tentatives à l’aide d’hélices ou autres appareils de même nature ont échoué, et soit parce qu’ils dépensaient une trop grande quantité d’eau, soit parce qu’ils ne fournissaient qu’une petite quantité de produit, on a cessé d’en faire usage. Sous le rapport de la dépense en eau, la machine de M. E. Gantert, décrite dans le Technolo-giste, t. 26, p. 340, remplit la condition, mais nous verrons en la comparant à celle de M. Raiser, qu’elle offre aussi plusieurs défauts qu’il est bon de signaler.
- L’appareil ou la machine de M. Raiser est représentée en élévation de côté dans la figure 7, pl. 326, en plan dans la figure 8, et en coupe dans la figure 9.
- Elle se compose d’un charriot
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- A, A en fer forgé qui repose librement sur deux axes B, B et sur quatre paliers G, G, de manière à pouvoir osciller dessus avec ôm.60 de jeu horizontal. Les axes B, B portent en outre deux poulies à courroies D,D, sur lesquelles est tendue une courroie sans fin. Sur ces courroies sont vissés les axes des bobines E,E‘,E2, etc., et tout l’appareil est mis en état de mouvement alternatif au moyen de l’arbre coudé F.
- Si maintenant on place un écheveau de fil sur l’une des bobines E et qu’on remplisse d’eau le bassin G, G, la portion de cet écheveau qui plonge dans l’eau sera débarrassée de ses impuretés et épurée comme elle le serait dans un lavage libre à la main. Mais pour que cet écheveau soit lavé bien également dans toute sa hauteur, il faut que les bobines E tournent sur leur axe, et de plus comme il serait difficile de suspendre ces éche-veaux sur les bobines placées dans la partie inférieure de la machine, les bobines ont besoin aussi de recevoir simultanément un mouvement de progression pour que les écheveaux puissent être jetés sur les bobines au moment où elles prennent les positions E‘,E2, etc., et qu’on puisse enfin les en retirer quand les bobines arrivent à la position E8. On remplit ces deux conditions en faisant que la poulie à courroie D à chaque pulsation de la machine tourne d’une certaine étendue.
- Pour faire fonctionner la machine, deux ouvriers qui se tiennent en H, H enfilent les écheveaux sur les bobines E. L’eau de lavage afflue dans le bassin enK et s’écoule en L ; par conséquent, elle suit une marche en direction contraire de celle des fils à laver, de façon que ces fils en grande partie déjà nettoyés sont plongés dans l’eau fraîche, et que ceux les plus chargés d’impuretés sont environnés par l’eau qui abandonne les premiers. Après quelques oscillations de la machine, les bobines E ont pris la
- position E1 et les bobines E16 la position E, et sur ces dernières on enfile un écheveau,et ainsi de suite. Lorsque la première bobine qui a été chargée arrive dans la position E8, deux autres ouvriers qui se tiennent en M,M enlèvent les éche-veaux placés devant eux.
- Quant aux détails de l’appareil, N est une petite machine à vapeur avec cylindre de 14 centimètres de diamètre et une course de piston de 28 qui sert à mettre l’appareil en activité. Si on dispose d’une force motrice, on l’attelle au moyen d’une courroie à la manivelle.
- O est une bielle qui transmet le mouvement de la manivelle à l’axe B du charriot. Par suite des excursions verticales, celui-ci fait mouvoir, à l’aide d’un système de leviers Q, deux roues dentées qui de leur côté font circuler les poulies à courroies G. A l’aide d’une disposition particulière, le système de leviers Q peut être réglé de façon que les poulies à courroie G tournent de l’étendue déterminée par 2, 3,4 ou b dents de la roue dentée. Plus le fil a besoin d’être fortement lavé, moins l’encliquetage doit embrasser de dents, afin que les bobines à chaque levée de la machine ne reculent que d’une faible étendue, et par conséquent dans leur passage de E2 en E7 soient plus fréquemment plongées dans l’eau et en soient retirées.
- T, T sont deux rails en fer d’angle sur lesquels reviennent les bobines vides de E8 en E16; U,U, deux rails semblables qui portent les bobines chargées dans leur passage de E2 en E8. Ges quatre rails sont reliés avec le bâti du charriot A par des entretoises diagonales, et au moyen de cette sorte de treillis, il devient possible de donner au charriot, quoique d’un poids minime, une grande stabilité et beaucoup de fermeté. Les rails U, U, indépendamment de ce qu’ils sont destinés à soutenir les bobines, ont encore pour objet de les laisser tourner sur leur axe, attendu que l’extrémité roulante des bo-
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- bines, tant par le poids propre de celles-ci que par celui du fil mouillé fiui y est suspendu, acquièrent as-se? d’adhérence pour rouler sur ces rails pendant la marche en avant de la courroie sans fin. R est une Planche de garde qui sert à garantir l’ouvrier place en M du jaillissement de l’eau, quand il enlève les écheveaux humides.
- S est une autre planche de garde sur le charriot A, car comme le fil sec suspendu en E1 pourrait, par suite du mouvement de la machine, etre balancé et se brouiller, l’autre extrémité de l’écheveau suspendu sur la bobine est posée sur le bord de S où elle reste accrochée jusqu'à ce que la bobine soit arrivée dans la position E1, et que le fil tombe dans l’eau.
- L’introduction et l’écoulement de l’eau sont réglés d’après la proportion des impuretés dont il s’agit de débarrasser les fils. Si ce sont des impuretés flottantes, du savon, par exemple, qu’on veut entraîner, l’eau afflue en passant par-dessus une fente ou découpure dans la cloison L; si, d’un autre côté, ce sont des matières colorantes, par exemple de la garance, l’eau est introduite et évacuée par le fond du bassin.
- Comparons maintenant la machine Raiser avec celle Gantert, et voyons quels sont les avantages que présente la première.
- 1° On ne jette sur chaque bobine qu’un seul écheveau, tandis que sur chacune des bobines de la machine Gantert on met à cheval 2 ou 3 écheveaux. Or, comme le fil, par suite de l’agitation des flots, des vibrations de la machine, etc., lors de la rotation des bobines, se déplace dans la direction de l’axe de celle-ci, il arrive fréquemment dans la machine Gantert que les écheveaux suspendus sur un rouleau, chevauchent l’un sur l’autre, que les fils s’embrouillent et donnent lieu plus tard k des ruptures.
- 2° Dans l’appareil Raiser, les bobines sont arrêtées sur la ma-
- chine, et celles vides sont, par la machine elle-même,ramenées pour être de nouveau chargées de fil. Dans celui Gantert, ces bobines, qui reposent uniquement par les deux extrémités sur le charriot, sont, au terme du lavage, enlevées de la machine et remontées sur un plan incliné au-dessus, où elles roulent par l’effet de la pesanteur, au point de chargement. Il faut donc deux ouvriers pour relever les bobines et les tenir à la main jusqu’à ce que deux autres ouvriers en aient enlevé les écheveaux et les aient déchargées. Les deux premiers ouvriers deviennent inutiles dans l’appareil Raiser. Or, comme l’inclinaison de la voie pour le retour des bobines sur une longueur de 6 mètres ne peut être qu’assez faible pour que l’ouvrier, sans grimper sur des marches, puisse poser les bobines à l’origine du plan incliné; il faut que ces bobines soient placées bien perpendiculairement k la direction de la voie, si on veut qu’elles ne dévient pas; bien plus, un ouvrier quelque exercé qu’on le suppose, parvient difficilement k les poser avec une précision suffisante pour qu’il n’y ait pas de déviations fréquentes et pour éviter par conséquent des perturbations dans le service. Il est d’ailleurs plus difficile encore de replacer correctement ces bobines sur la machine, parce qu’a-lors les appuis destinés à celles-ci, animés d’un mouvement continu et que la rotation dans la direction des axes de la roue rendent impossible, après cette pose, que les roues dentées placées aux deux extrémités des bobines puissent engrener dans les deux crémaillères vissées sur le charriot.
- 3° La machine Raiser est plus solide et plus facile à construire que celle Gantert. Les bobines Gantert ont besoin d’être enlevées à la main et, par conséquent, doivent être légères et en bois. Celles Raiser sont en laiton; elles sont faciles à nettoyer et invariables de forme, tandis que le bois exposé à
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- l’humidité se gonfle, devient rugueux, accroche et brise les fils.
- La machine Raiser a été introduite avec succès en Saxe, en Autriche, etc., où, indépendamment de la régularité avec laquelle elle lave à fond les fils, chose difficile à contrôler dans le travail à la main, on a trouvé qu’elle donne lieu à une économie assez considérable pour quelle soit considérée comme avantageuse, même pour les petites fabriques ou teintureries. En effet, les quatre ouvriers nécessaires au service de la machine, même quand on les charge d’apporter et de remporter les fils, euvent laver depuis 700 jusqu’à 500 écheveaux par heure, tandis que quatre ouvriers exercés peuvent au plus, dans l’eau courante, laver de 200 à 400 écheveaux du même fil dans le même espace de temps.
- Un avantage important de cette machine est qu’on peut l’établir dans un point quelconque de l’atelier de teinture, qu’on épargne ainsi le transport des fils et que le lavage devient indépendant de l’état de l’atmosphère, de la gelée, etc. Pour obtenir le même résultat à Glasgow, où l’on lave encore à la main dans des bassines, on a été obligé d’introduire ces bassines dans l’atelier et de les alimenter d’eau par une machine à vapeur. Mais dans ce système, il faut une telle masse d’eau d’alimentation, que la manœuvre des pompes nécessaires à ce service entraîne à des frais considérables^ ou bien quand l’eau est employée à plusieurs reprises, il arrive que le fil le plus impur étant lavé dans l’eau déjà salie, ce fil, en partie lavé, a besoin d’être repassé dans une eau courante pure; on charge donc le produit des frais du transport des mains d’un ouvrier à l’autre, frais qui deviennent aussi élevés que ceux du transport dans l’eau courante dans le procédé ordinaire.
- On fera encore remarquer, en terminant, que l’installation d’une petite machine à vapeur pour ma-
- nœuvrer directement l’appareil de lavage, ne paraît pas indispensable dans la plupart des teintureries, où la force motrice sous la main, machine à vapeur ou hydraulique, dessert très-bien en même temps plusieurs appareils accessoires tels, par exemple dans beaucoup d’établissements, ceux pour les apprêts ou les tissages, parce que la marche de ces moteurs est généralement égale et continue. Mais si la laveuse est à une distance assez notable de l’arbre de couche, ou si la machine à vapeur borne son service au pompage de l’eau de lavage et d’alimentation, et qu’il n’y ait dans le voisinage qu’une machine centrifuge ou, comme d’habitude, la pompe de la presse à essorer les fils, alors la marche de cette machine à vapeur est tellement variable, qu’il est préférable d’installer une petite machine à vapeur dans le voisinage de la machine à laver.
- Appareil de blanchiment pour les tissus.
- ParM. H. Scharf, de Lobau.
- Malgré que l’introduction du chlorure de chaux dans les blanchisseries, introduction qui a rendu la production bien plus rapide qu’elle n’était possible autrefois avec le blanchiment sur le pré, le seul autrefois en usage, se soit largement développée, on n’en a pas moins,depuis peu,proposé dans ces établissements, un moyen qui paraît plus rationnel encore, et où l’on fait usage du chlore libre ou gazeux, qui non seulement procure une économie de temps et d argent, mais permet également de conduire les opérations d’une manière plus sûre et plus nette.
- A raison de la qualité variable du chlorure de chaux, il n’est guère possible de fixer à l’avance, avec certitude et sans des opérations préliminaires, la quantité de
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- ce réactif dont on aura besoin pour opérer un blanchiment; même par un emballage des plus soignés pour les grandes masses de chlorure de chaux, on ne parvient pas u empêcher qu’il ne se décompose en partie et, par conséquent, qu’il ue perde une portion notable de son pouvoir blanchissant. Cette incertitude de l’agent de blanchiment disparaît complètement par l'emploi du chlore libre. Avec une qualité suffisamment bonne et égale de peroxyde de manganèse et de l’acide chlorhydrique, on peut très-bien calculer avec exactitude la quantité de chlore dont a besoin pour opérer correctement un blanchiment.
- Ayant pratiqué depuis longues années le blanchiment des fils au chlore gazeux, j’ai eu naturellement la pensée d’appliquer ce même gaz aux tissus de coton ou de lin, et j’ai réussi, au moyen de l’appareil que j’ai fait construire, à résoudre ce problème de la manière la plus satisfaisante. Voici quels sont les effets ou les résultats de cet appareil de blanchiment.
- 1° Les étoffes tissées en coton brut sont, par un seul passage, déjà amenées à un assez beau blanc.
- 2° Les étoffes tissées en coton brut mélangé à du fil de lin blanchi, arrivent au blanc par un seul passage.
- 3° Les étoffes tissées en fil blanchi acquièrent, par un seul passage, le blanc marchand.
- 4° Les étoffes de fil de lin demi-blanc acquièrent, par deux passages, un degré très-élevé de blanc.
- 5° Les étoffes en fil de lin brut rennent, après trois passages, un lanc suffisant.
- Les frais, pour tous ces degrés de blanc, ne s’élèvent guère qu’à la moitié de ceux actuels; d'ailleurs, le procédé exige bien moins de temps et ne demande, eompa-rativement, que peu de travail manuel. Un jeune garçon de 12 ans est en mesure de mettre l’appareil en mouvement.
- Cet appareil, représenté dans la figure 10, pl. 326, a une longueur de 5 mètres et lm.15 de largeur. Il est spécialement destiné aux étoffes de celte largeur, mais j’en fais construire pour toutes les largeurs jusqu a 3 mètres.
- A, planche antérieure sur laquelle on pose le tissu sans fin, qu’on veut blanchir, afin de pouvoir le remonter sur le rouleau B, et de l’introduire par une fente, dans l’intérieur de l’appareil. Gela fait, ce tissu est conduit dans une capacité qui est destinée à emprisonner le chlore gazeux qui s’échapperait et à rendre impossible sa fuite au-dehors. De là il se rend dans la chambre au gaz proprement dite, où commence le blanchiment, puis se meut à travers une autre capacité qui retient aussi le chlore libre qui s’est dégagé.
- G, chambre de ressuage avec tube de niveau d’eau, qui est continuellement alimentée en eau fraîche par le tuyau élastique D, eau qui est, sans interruption, évacuée par un robinet inferieur E, vissé sur un tuyau semblable au précédent; F,appareil de neutralisation pour le chlore, et dans lequel on verse le réactif chimique pour opérer cette neutralisation, par l’entonnoir G ; H, H, leviers de pression pour les cylindres renfermés dans l’appareil, et qu’on fait mouvoir au moyen des poulies à courroie M ; I, cylindre pour enrouler le tissu qui se dépose sur la planche postérieure L; N,N, couvercle en trois parties munies de poignées pour les soulever; O, tuyau d’introduction du chlore ; P, P, pieds en fer sur lesquels repose l’appareil.
- Cet appareil peut, dans une journée de 12 heures, blanchir 50 tissus d’une longueur de 42 mètres et les livrer d'un beau blanc bien uniforme, et complètement sans odeur.
- Le Technologie. T. XXVltl. - Novembre 1866. 6
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- Sur les résines.
- Par M. H. Violette.
- Les résines copal, Calcutta et congénères, ainsi que le Karabé, qui font la base des vernis, ne sont pas naturellement solubles dans l’éther, l’essence de térébenthine, la benzine, le pétrole et autres hydrocarbures, ainsi que les huiles végétales.
- Ces résines deviennent solubles à froid et à chaud dans ces liquides lorsque, par une distillation préalable, elles ont perdu 25 p. 100 de leur poids. Ce dernier résultat, annoncé par moi en 1862, a fait l’objet d’un premier Mémoire présenté à l’Académie des sciences.
- Le second Mémoire, que j’ai soumis à l’Académie, comprend des recherches nouvelles dont les résultats peuvent être résumés ainsi qu’il suit :
- 1° Les susdites résines, étant chauffées en vase clos, à la température comprise entre 350 et 400 degrés, sans rien perdre de leur poids, acquièrent, après refroidissement, la propriété de se dissoudre à froid ou à chaud dans les liquides susdénommés, et constituent d’excellents vernis, sans aucune perte de matière.
- 2° Les susdites résines, étant chauffées en vase clos, à la température de 350 à 400 degrés, non plus seules, mais mêlées à un ou plusieurs des liquides susdits, se dissolvent parfaitement dans ces dernierset constituentde nouveaux et très-beaux vernis.
- 3° La résine copal Calcutta, chauffée comme ci-dessus avec 1/3 d’huile de lin siccative et 3/4 d’essence de térébenthine, donne d’emblée, sans aucune perte de matière, un vernis gras, clair, limpide, de belle couleur légèrement citrine, tout-à-fait propre aux équipages et aux peintures les plus délicates, tant intérieures qu’extérieures, des appartements.
- Les résines acquièrent donc des propriétés nouvelles sous la double
- influence de la chaleur et de la pression ; celle-ci, mesurée au manomètre, s’élève jusqu’à 20 atmosphères ; c’est là une difficulté que les industriels auront à résoudre, pour faire passer du laboratoire dans l’atelier, ce nouveau mode de fabrication.
- Mouillage des grains dans le maltage.
- Par M. W. R. Taylor.
- Le mouillage des grains dans la fabrication de la bière, par lequel on doit débuter lors du maltage, est une opération qui paraît fort simple, ce qui sans douté en a fait souvent négliger les détails et cependant qui a une certaine importance quand on tient à obtenir un malt de qualité irréprochable et une bière d’une saveur franche, agréable et exempte de tout arrière-goût.
- M. Taylor s’est proposé pour rendre cette opération plus rationnelle : 1° d’échauder le grain avec de l’eau tiède pendant qu’il est dans la cuve mouilloir ; 2° d’en extraire la matière grasse fétide ou autre impureté que renferme le grain; 3° de prévenir la moisissure, le chanci ou la décomposition des grains qui ne germent pas; 4° d’introduire dans les chambres de maltage une lumière ayant la même action sur le grain qu’une obscurité totale, en admettant en même temps l’air sur le grain en état de germination.
- Pour mettre ces perfectionnements en pratique, la cuve mouilloir, quelle que soit la forme qu’on lui donne, est construite de la manière suivante : On y établit un faux-fond percé du plus grand nombre possible de trous; ce faux-fond est en bois, en terre, en porcelaine ou autre matière convenable. Sous ou au-dessus de ce faux-fond, on dispose un système de I tuyaux percés de trous d’une forme
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- quelconque. L’eau froide ou tiède qui est introduite sur le fond remonte dans le haut de la cuve par un tuyau percé qui entoure le bord supérieur de celle-ci, et où chaque trou livre passage à une même quantité d’eau. Ce tuyau est disposé bien de niveau, et comme un sy-phon, lorsqu’il est mis en action, exige plus a’eau que la totalité des trous dans le tuyau ne peut en dénier, on obtient une succion parfaite de tous les trous. On peut aussi introduire l’eau par le haut à l’état de division ou de filets et la soutirer par le fond.
- La température du grain est réglée en faisant arriver l’eau froide ou l’eau chaude à l’état de division sur la masse du grain et la faisant écouler par le fond ou réciproquement.
- La figure 11, pl. 326, est une vue on élévation en partie brisée d’une cuv.e mouilloir et de ses dépendances construite suivant les principes.
- La figure 12 en est un plan correspondant.
- Â,A,fig.ll, parois de la cuve qui peut être construite k la manière ordinaire; B,B, fig. 12, le faux-fond percé s’étendant sur tout le fond de la cuve et composé de tuiles percées ou d’une autre matière. Autour des parois internes de cette cuve, et près de son bord supérieur règne on tuvau percé de trous G,G, et sous îe faux-fond un autre tuyau ou système de tuyaux aussi percés L,D. On introduit de l’eau froide ou de l’eau tiède dans la cuve soit Par le tuyau de fond D, et on la fait écouler par les trous du tuyau supérieur C, et par le branchement de décharge E qui est pourvu d’un robinet F, après qu’elle a traversé le grain, ou bien on l’admet sur le grain par le tuyau G (après avoir fermé le robinet F), et on la laisse s’infiltrer k travers le grain et s’écouler par le tuyau D et le robinet H qu’on a ouvert k cet effet, et de m dans la gargouille ordinaire. I est le tuyau de trop-plein pour empêcher que le liquide ne déborde dans la cuve.
- Si on veut maintenir le niveau du liquide au-dessous du tuyau C, alors le tuyau coudé K,K, qui est pourvu d’un tube de sortie a’air Z, pour empêcher qu’il ne fasse sy-phon et d’un manchon X,X,.où il peut jouer comme un télescope, entre en jeu en abaissant les manchons au niveau voulu et en ouvrant le robinet L dans le branchement M, qui conduit dans, le fond de la cuve et fermant le robinet H sur le tuyau G. Les tuyaux M et G sont reliés l’un k l’autre en dehors de la cuve par le tuyau coudé K, de manière que lorsque l’eau s’échappe, elle monte ou descende dans le tube de niveau K,K* le niveau de son coude correspondant k celui auquel l’eau restera dans la cuve. Il est donc évident que le niveau de l’eau dans cette cuve ne s’élèvera pas plus haut que le coude de ce tuyau K,K, hauteur k laquelle commencera le déversement k travers ce tuyau.
- Afin que l’eau employée au mouillage du grain soit k la température convenable, M. Taylor propose d’admettre simultanément l’eau chaude et l’eau froide dans le même système de tuyaux et d’en régler l’admission suivant la température requise, ce qui est facile au moyen d’un thermomètre placé au point ou près du point où les courants d’eau chaude et d’eau froide se rencontrent.
- N est le tuyau d’alimentation en eau chaude qui est pourvu d’un robinet n, et Ü celui pour l’eau froide avec un robinet o. Ces deux tuyaux s’unissent en a où des branchements conduisent respectivement aux tuyaux percés supérieur et inférieur C et D ; c,cl et d étant des robinets sur C et D, pour régler directement l’écoulement soit par D du fond de la cuve au sommet, soit par C du sommet au fond de celte même cuve. En réglant I l’ouverture des robinets k eau chaude et k eau froide n et o, la température de l’eau qu’on introduit dans la cuve peut varier de toute l’étendue qu’on désire.
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- Pour extraire la matière grasse fétide qui souille le grain ou telle autre impureté que celui-ci peut renfermer, on a recours à un appareil propre à le remuer et à l’agiter.
- M. Taylor propose d’introduire dans la cuve mouilloir une solution destinée à conserver l’amidon et autres parties constituantes à l’état sain dans les grains avariés et prévenir ainsi la décomposition de ces grains pendant le mouillage ou avant que le grain soit extrait de la cuve.
- Cette solution est celle du bisulfite de chaux, qu’il prépare en faisant passer del’acide sulfureux dans une eau de chaux jusqu’à, ce que cet acide disparaisse, et ajoutant cette solution à l’eau de la cuve, on peut aussi se servir d’eau de chaux ordinaire ou mettre une pierre calcaire dans la cuve ou sous le faux-fond.
- On doit faire passer un courant constant d’eau froide ou tiède à travers le grain pendant le mouillage depuis le moment où on a commencé à mouiller, jusqu’à celui où l’on met le grain à sec.
- Pendant que le grain germe sur l’aire du germoir, on peut aussi l’arroser avec la solution de bisulfite de chaux ou toute autre solution propre à arrêter l’effet de la décomposition des grains morts ou qui n’ont pas germe, les maintenir à l’état sain, et empêcher qu’ils ne chancissent.
- M. Taylor propose enfin de couvrir toutes les fenêtres et les lucarnes pour l’introduction de l’air et de la lumière dans les germoirs avec de la toile, du calicot ou autre matière de couleur jaune ou autre couleur d’une action équivalente sur le grain, à celle de l’obscurité, afin de retarder la germination, tout en conservant les avantages de la lumière et de l’air dans ces germoirs.
- Conservation des substances animales.
- M. Redwood s’est fait patenter en Angleterre pour un moyen de conservation des substances animales qui consiste à les plonger un instant dans de la paraffine parfaitement inodore et sans aucune saveur qu’on a mise en fusion. En retirant ces substances de ce bain de paraffine, celles-ci se trouvent enduites d’une couche mince de cette matière qui se concrète aussitôt, et en répétant les immersions, on peut donner à cette couche l’épaisseur qu’on désire. Les viandes ainsi enduites n’ont besoin, avant d’être préparées, que d’être plongées dans l’eau bouillante qui dissout la couche de paraffine, laquelle remonte à la surface du liquide sur lequel on l’enlève pour la faire resservir de nouveau au même usage.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- M arteau-pilon perfectionné.
- Par M. C. Emmet.
- M. C. Emmet s’est proposé de remplir quatre conditions dans la disposition et la construction de son marteau-p\lon :
- 1° De le rendre automatique en renversant le mouvement du piston immédiatement après que le coup a été frappé, quelles que soient la hauteur de sa chute et l’épaisseur de la pièce en métal sur laquelle on opère. Il y parvient en ayant recours à un poids porté par un ressort attaché à la tige du piston et soutenu par celle-ci et à un levier coudé également attaché à cette tige, et enfin un second levier de même modèle établi à charnière sur le cylindre dont un des bras est relié a la tige de tiroir. La force vive que le poids acquiert par le coup de marteau surmonte l’élasticité du ressort et permet à ce poids de continuer sa chute après que le coup a été frappé et d’agir surle premier des leviers,lequel reagit sur le second qui, renversant les lumières du tiroir, ouvre celle d’échappement et évacue ainsi la vapeur sur la tête du piston, quand la vapeur qui existe toujours sur la face inférieure contraint le piston à exécuter sa course en retour.
- 2° A disposer les marteaux-pilons employés dans la forge de serrurier ou forge ordinaire, de manière à frapper des coups à une vitesse et avec force quelconque à la volonté du forgeron. On réalisé ce perfectionnement à l’aide d’une pédale qui, indépendamment de son mouvement alternatif, peut encore exécuter un mouvement de glissement qui la fait agir sur un levier en communication avec la soupape de gorge qui règle la quantité de vapeur admise sous le pis-
- ton suivant la vitesse exigée, tandis que la force du coup est réglée par le mouvement alternatif de la pédale.
- La figure 13, pl. 326, est une vue en élévation par-devant d’un marteau-pilon qui remplit ces deux premières conditions.
- La figure 14, une autre vue en élévation et de côté du même marteau.
- La figure 13, une section verticale du cylindre à vapeur et des boîtes de tiroir, soupapes sur une plus grande échelle.
- La figure 16, un plan de ce cylindre.
- Les premiers perfectionnements seront mieux compris par l’explication suivante :
- A, poids mobile placé au sommet de la tige de piston où il est soutenu par le ressort à boudin B, qui repose sur une embase C, arrêtée sur cette tige et portant sur un bras un galet de frottement D, ainsi qu’un montant E sur lequel est articulé un levier coudé F, dont l’un des bras terminé en fourchette est attaché par des bielles latérales G au poids A. A l’autre bras de ce levier est articulé un talon mobile appuyant sur le bras d’un second levier coudé H articulé sur un collet établi sur le cylindre et dont l’autre bras pénètre dans une mortaise pratiquée dans la tige de tiroir I.
- Il est facile de voir que la marteau J, le piston K et sa tige L sont d’une seule pièce, comme à l’ordinaire, et que le poids A avec le levier coude F reçoit en conséquence un mouvement vertical de va-et-vient, mais on conçoit en même temps que par la descente du piston et au moment du contact du marteau sur l’enclume où la masse du métal qu’elle porte arrête subitement sa descente, la force
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- vive acquise par le poids dans sa chute surmonte la résistance du ressort B et attaque le levier coudé F, lequel réagit sur le levier H et relève la tige de tiroir I en plaçant ce tiroir dans la position représentée dans la figure 15, avec la lumière de vapeur fermée et celle d’échappement ouverte sur la face supérieure du piston, permettant ainsi à la vapeur de s’échapper au-dessus du piston, tandis que celle au-dessous de ce piston agit immédiatement sur celui-ci, pour renverser sa marche et relever le marteau ; puis lorsque le piston approche de l’extrémité supérieure du cylindre, le galet D agit sur le levier H qui a été placé comme on le voit au pointillé dans la figure 14, et fait ae rechef fonctionner le tiroir qui ouvre la lumière de vapeur sur la face supérieure, du piston et détermine un autre coup.
- Le second perfectionnement est réalisé ainsi qu’il suit :
- M est une pédale articulée sur un bâti mobile N, laquelle se relie par un levier O avec l’une des extrémités d’un arbre h mouvement alternatif P portant h l’autre bout un levier Q sur lequel est une tige R qui le rattache à un levier S attaché à la tige de tiroir I servant à introduire plus ou moins de vapeur sur la face supérieure du piston, ce h quoi parvient l’ouvrier en pressant avec le pied sur la pédale suivant le besoin. Le bâti mobile se rattache par une tige U k un levier Y fixé sur un long manchon enfilé par l’arbre P ; sur l’autre bout de ce manchon, un levier W attaché sur une tige O à un levier Y accroché à la tige de tiroir Z, sert à mettre une plus ou moins grande quantité de vapeur sur la face inférieure du piston, ce qui s’effectue en poussant le bâti en avant ou en arrière avec le pied.
- 3° Le troisième perfectionnement consiste en un moyen pour appliquer les marteaux-pilons à la ri-vure des cylindres et des tubes des Chaudières à vapeur. Pour cet objet, M. Emmet établit un appareil
- en forme de croix, composé d’un moyeu central avec quatre bras à angle droit les uns par rapport aux autres, et pouvant être ajustés à l’aide d’écrous et de filets de vis, afin de fixer l’appareil à l’intérieur de la chaudière. Une barre carrée est adaptée dans une cavité creusée dans le moyeu dans le sens de la longueur de la chaudière, et on peut faire glisser cette barre dans cette cavité au moyen d’une vis et d’un écrou ou d’un pignon et d’une crémaillère, et une autre barre ronde disposée dans une cavité longitudinale de la barre carrée peut tourner dans celle-ci. Un bras en saillie fixé sur le bout de la barre ronde sert à recevoir un marteau à vapeur, avec disposition pour porter une vis sans fin engrenant dans une roue hélicoïde fixée à l’extrémité de l’arbre carré, au moyen de quoi le marteau peut tourner sur la surface interne de la chaudière ou du tube suivant le besoin.
- 4° Quant au quatrième perfectionnement, il a pour but de construire les marteaux de manière que l’enclume, son bloc ou le bâti qui porte le marteau puissent être amenés à présenter la table de l’enclume et la face du marteau quand ils sont en contact sous un certain angle l’une par rapport à l’autre, de manière à produire avec le métal sur lequel on opère une pièce anguleuse ou en forme de com, et en outre d’appliquer un mouvement de glissement ou de traverse à l’enclume ou de construire une enclume susceptible de'glisser sur son bloc et u’on peut faire mouvoir au moyen ’une vis ou d’une crémaillère, afin que l’ouvrier puisse plus aisément amener une partie quelconque de la pièce sous l’action du marteau.
- Tour double pour bandages de roues de chemins de fer.
- Par M. J. Ramsbottom.
- Les grands tours à roues ont jus-
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- qu à présent été mis en action au moyen d’un pignon commandant un bord denté venu de fonte ou boulonné sur la périphérie extérieure du plateau, et parfois on a cherché à rendre le mouvement plus rapide en commandant directement l’arbre du tour, comme, par exemple, dans le tour à arbre coudé et à sept outils inventé récemment Par MM. Sharp, Stewart et Gie.
- M. Ramsbottom a cru devoir abandonner entièrement le sentier battu et a imaginé un tour qui est commandé par une vis sans fin et une roue hélicoïde. L’emploi de ce mécanisme n’est pas nouveau en mécanique industrielle, mais il n’a été appliqué que rarement aux communications principales du mouvement,parce qu’on lui reproched’ab-sorber une partie notable de la force par suite des frottements et d’être exposé ainsi à une usure rapide des filets de la vis et des dents de la roue. On*ne le trouve donc guère employé que comme organeintermédiaire ou secondaire dans les machines-outils, par exemple pour l’avance ou l’alimentation dans les machines à mortaiser, à percer, à shéper ou pour faire marcher les charriots de tour, etc.
- Cependant il y déjà quelques années M. Beyer avait organisé une grande machine dont la commande principale s’opérait au moyen d’une vis sans fin et d’une roue hélicoïde. Cette machine, qui était destinée à aléser les cylindres de locomotives,avaitété établie avec l’intention d’obtenir une grande douceur dans le mouvement de l’arbre de l’alésoir et de diminuer le nombre des pièces de la transmission, fonctionnait parfaitement bien, du moins en ce qui concerne la commande.
- Beaucoup de constructeurs pensent aujourd’hui que dans la construction des machines-outils, on doit moins se préoccuper d’une certaine absorption de la force motrice dans la combinaison des organes que de prendre en considération la simplicité, la durée et
- surtout les moyens d’adapter ces machines au but particulier qu’on s'est proposé.
- Relativement à la durée de la roue hélicoïde dans un travail soutenu et qu’on peut appeler même rude, les observations qui ont été faites sur la machine à aléser dont il vient d’être question ont démontré que lorsque l’engrenage était convenablement graissé et fabriqué avec une matière dure et résistante, il n’y avait pas d’usure insolite dans cet organe de transmission. D’ailleurs M. Ramsbottom, qui paraît avoir déjà employé avec succès dans ses ateliers, la vis sans fin et la roue hélicoïde à la construction de grues roulantes, aurait probablement rejeté ce mécanisme pour son nouveau tour s’il y avait observé les défauts qu’on lui attribue et n’aurait pas entrepris par une expérience coûteuse, la construction d’une roue de tour de ce modèle et de la plus grande dimension.
- L’un des avantages de l’adoption de la vis sans fin a été évidemment d’obtenir un tour double au moyen d’une seule poupée et d’un seul engrenage, combinaison qui, jusqu’à présent, ne semble pas avoir été réalisée.
- Le tour de M. Ramsbottom consiste donc en une poupée fixe formée de deux montants d’égales dimensions pour l’arbre qui porte à chacune de ses extrémités un plateau de 2ra.10 de diamètre. Sur chacun de ces plateaux sont disposés quatre mandrins qu’on peut ajuster, au moyen desquels la roue, qu’on veut monter et tourner, est immédiatement fixée et centrée sur le plateau. Devant chaque plateau sont deux supports à charriots portant chacun un outil, de façon qu’un homme peut surveiller et contrôler quatre outils, travaillant en même temps. Ces charriots marchent sur deux voies transversales de peu de longueur, boulonnées de chaque côte sur la poupée. La roue heli— coïde est calée sur le milieu de l’arbre au centre de la poupée, tandis que l’arbre de la vis sans fin, na-
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- turellement disposé transversalement par rapport à celle-ci, est commandé avec l’entremise d’un engrenage d’angle,par une courroie et un cône de poulies, qui offrent un nombre suffisant de diamètres pour modifier la vitesse angulaire des plateaux afin de pouvoir percer et tourner les moyeux des roues aussi bien que les bords, la surface convexe, et enfin la surface concave des bandages. L’outil est aussi pourvu d’un mouvement d'avance automatique manœuvré par un excentrique calé sur l’arbre de tour.
- Laminoir à mouvement de rotation alternatif ou à renversement.
- Par M. J. Ramsbottom.
- M. Ramsbottom a fait connaître récemment à la Société des ingénieurs-constructeurs de Londres, un laminoir à renversement qui est en activité depuis quelque temps à Grewe, dans les ateliers de fabrication de l’acier du London and North-Western railway. Le caractère spécial dans le mécanisme qui distingue cette machine-outil, est que le mouvement des cylindres, qui jusqu’à présent a toujours été dans le même sens à l’aide d’un immense volant, peut être renversé à volonté, et qu’on a supprimé entièrement le volant. Le mouvement de la machine et celui des cylindres est renversé chaque fois qu’une plaque ou une barre passe par le laminoir dont on renverse alternativement la direction.
- L’idée de renverser le mouvement des trains de laminoir à chaque passage, a été suggérée, pour la première fois, par M. Nasmyth, mais elle n’a jamais, à ce qu’il paraît, été mise à exécution.
- Lesmachinesàvapeur employées sont à action directe, horizontales et accouplées à angle droit. On en renverse le mouvement sans interrompre l’écoulement de la vapeur,
- et par voie hydraulique. L’arbre de renversement se rattache par des bielles à un piston fonctionnant dans un petit cylindre, et l’introduction de l’eau dans ce cylindre est réglée par un tiroir que font fonctionner un arbre et un levier à poignée placé de manière que l’ouvrier puisse saisir le moment opportun pour le renversement. Cet arbre est creux, et à son intérieur court un second arbre qui règle les tiroirs principaux de vapeur des machines, de façon que l’ouvrier qui a les yeux fixés sur les cylindres, est complètement maître de diriger le travail du laminoir.
- Dans la nouvelle disposition, la chaudière, au lieu du volant, est le réservoir ou l’accumulateur de la force, avec ce grand avantage, qu’un volant n’enmagasine qu’une quantité limitée de force, quantité ui s’affaiblit continuellement pen-ant l’application, tandis que la chaudière fournit une quantité de force qui, pratiquement parlant, est illimitée, de façon que le travail du laminage reste constant pendant toute l’opération.
- Le laminoir de ce système est renversé, sans difficulté, soixante-trois fois par minute, et on épargne ainsi le travail et le temps employé pour relever et passer les narres ou les tôles par dessus les cylindres le même nombre de fois. Dès qu’une plaque est engagée et a passé entre les cylindres, les machines à vapeur sont renversées, le piston plein hydraulique remonte en forçant les vis de serrage à descendre simultanément sur les deux extrémités du cylindre supérieur, mouvement qui se répète à chaque passage de la plaque.
- Lorsque le laminage estterminé, on lâche l’eau sous le piston qui descend, et un contre-poids fait remonter les vis de serrage à leur position primitive.
- Afin de faciliter l’introduction des grandes plaques entre les cylindres, un système de leviers coudés établis sur un arbre horizontal,
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- court sur le plancher parallèlement aux cylindres. Un levier à poignée sert h amener simultanément tous ces leviers sous la plaque qui est ainsi montée sur les cylindres.
- Comme ces cylindres ne sont en Mouvement que pendant que le métal les traverse, on n’a pas jugé 5ü’il fût nécessaire d’employer un fdet d’eau pour lubréfier les coussinets des cylindres, à la manière ordinaire, mais les tourillons sont tournés et ajustés très-exactement et graissés avec l’huile ou le suif.
- Représentation graphique de la pression moyenne de la détente de la vapeur.
- ParM. W. F. Macquorn Rankine.
- M. Macquorn Rankine vient de faire connaître la manière suivante de représenter graphiquement la pression moyenne de la vapeur à l’état de détente, méthode qui est exacte à environ 1 p. 100 près de la pression initiale absolue, ài sur la ligne GB,pl.326, fig.17,
- de grandeur arbitraire, on prend AB=4AC, puis que du point C, comme centre avec le rayon G B, on décrive l’arc B D G et élève en A la perpendiculaire AB sur la droite CB, qu’on fasse ensuite cette proportion DE est à DA, comme la portion de la course du piston pendant laquelle la vapeur agit avec toute son énergie, est à la course totale, et FE étant élevé
- verticalement sur AD, alors —-—
- A D
- sera égal au rapport de la pression absolue moyenne (pendant la course totale du*piston) de la vapeur agissant avec détente, à la pression absolue initiale.
- A ces considérations géométriques, ajoutons celles que voici :
- Si on désigne A G par a, et par conséquent AB par 4a, et BG par 5a; la ligne AD qui représente la course totale du piston par s4 et la ligne DE qui représente la portion de cette course pendant laquelle agit la vapeur par s, de manière que E A = ,s,—s soit la portion de la course dans laquelle a lieu la détente, il est facile de voir que
- ÜA=s1=V/4aXt>a-aVU, et que FE = FH=EH = Y/25a* — (st — sj*—a, et que puisqu’on a s1 = aV/2-4, et par conséquent a— -f on doit avoir :
- FE =
- sî —(st—s)* —
- h
- l/24~
- Maintenant, si on suppose que P0 soit la pression initiale de la vapeur et Pmla pression moyenne de
- cette vapeur à l’état de détente pendant toute la course du piston, alors on aura :
- Pm
- Po
- FE
- TF
- 1/
- 25
- TT
- St — ($1 — ï)2-
- \(l
- Si
- VVA
- OU bien en posant ~ = £
- Pm _ V/1 + 24e(2—e) — 1
- Po 4
- Dans la seconde colonne du tableau suivant, on a calculé, d’après cette formule, le rapport de la Pression moyenne de la vapeur qui
- se détend à la pression initiale pour divers degrés de détente, et dans la troisième colonne, d’après cette autre formule :
- Pm
- p
- -Tr(1+Ln'r)-£(1+Ln-T)
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- 1/1 + 24b (2—£) — t
- e (1 +Ln
- 0.5261
- 0.5219
- 0.5978
- 0.5966
- 0.6964
- 0.6995
- 0.8397
- 0.8465
- 0.9619
- 0 9657
- Générateurs à vapeur à chambres sphériques.
- Par MM. Harrison et Luders, de Philadelphie.
- Nous avons donné dans le Tech-nologiste, t. 26, p. 94, la description, et pl. 302, fig. 30 et 31, la représentation graphique de la chaudière chambrée, imaginée par M. J. Harrison, de Philadelphie, et qui se compose de séries de sphères creuses assemblées les unes aux autres par des boulons, et formant ainsi reunies un ensemble dont on peut augmenter à volonté les unités, et présentant en même temps une grande surface de contact à la flamme et aux produits brûlants de la combustion. Depuis, M. Harrison s’est associé avec M. Luders pour apporter des modifications dans la construction de ce modèle de chaudière, et voici l’extrait de la patente qu’ils ont prise pour cet objet.
- D’après ces modifications, les inventeurs proposent de faire ce qu’ils appelent une plaque, section ou compartiment de chaudière ou de condenseur d’une seule pièce, par voie de moulage, présentant un certain nombre de cavités ou chambres sphériques. A.ux deux extrémités de chaque plaque sont des ouvertures fermées par des chapeaux nécessaires au moulage pour soutenir et ventiler les noyaux, et faciliter ensuite le nettoyage des chaudières. On établit aussi des ouvertures transversales à l’un ou à plusieurs des angles de la plaque, afin de pouvoir établir des rapports ou des assemblages
- de plaques entre elles, et, à cet effet, on interpose des anneaux venus de fonte, à surfaces de jonction sphériques, correspondant à des joints sphériques semblables sur les plaques, afin de pouvoir établir la communication désirée, le tout étant serré fortement à l’aide de longs boulons qui passent à travers les séries de plaques près de leurs angles.
- Comme il ne faut aucun boulon spécial d’assemblage pour les plaques en elles-mêmes, il en résulte qu’on obtient une très-grande simplicité de construction.
- On applique des prises de vapeur ou d’eau dans le haut et dans le bas des plaques dans les points où l’on place les tuyaux de branchement qui peuvent être moulés d’une seule pièce avec l’un ou plusieurs des anneaux dont il vient d’être question. En faisant les assemblages de forme sphérique, on évite la rigidité et on pourvoit ainsi à toutes les légères variations qui pourraient survenir dans les plaques résultant d’une dilatation inégale.
- Pour les chaudières fixes, il vaut mieux établir la série des plaques qui constituent le générateur dans une maçonnerie adaptée le mieux possible à la forme de la chaudière, mais lorsqu’on combine ces plaques pour des chaudières mannes ou des locomotives, on propose de fermer les espaces entre les sphères et autour des bords des plaques extérieures, au moyen de feuilles minces venues de fonte sur ces plaques et, par conséquent, de former des murailles étanches en métal à l’extérieur de toutes les coin-
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- bjnaisons de plaques, murailles qui dispensent, en tout ou en partie, de l’emploi d’une enveloppe en briques.
- Ces plaques sont, de préférence, placées de champ dans le fourneau, ®ais sous un angle environ de 45°. be coin inférieur de chacune d’elles repose sur Un coussinet ou Pn appui. Les gaz du fourneau Jouent entre ces diverses plaques, et( avant de passer dans la chemi-oee, ils descendentjusqu’auxpoints les plus bas de ces plaques.
- Quand on n’a besoin que d’une Seule plaque contenant un nombre de sphères supérieur à celui qu’on peut mouler ou manœuvrer avec lacilité d’une seule pièce, on propose de faire ces plaques de plu-sieurs pièces d’une grandeur plus eommode, pièces dont on ne forme ousuite qu’une seule plaque au Jûoyen d’assemblages et de boulons. Par exemple, une grande plaine peut être composée de quatre Plus petites, dont deux sont disposées parallèlement ou bord à bord, et les deux autres formant le sommet et le bas de la plaque complexe, étant mises en travers sur les extrémités des deux sections Parallèles; les boulons quiretien-nent ces sections peuvent à volonté courir sur toute la longueur de la plaque ou être disposés en longueurs plus courtes. Au moyen de ee système, on trouve des facilités Pour pouvoir enlever une des sections de la plaque ainsi montée et la remplacer en cas de défaut, sans avoir besoin de démonter les autres portions de la plaque.
- On propose également d’introduire des tubes ou des carneaux dans ces plaques, tubes qui s’étendraient à l’intérieur de chaque rang de sphères, excepté sur le rang intérieur le plus rapproché du feu, q.u’on peut laisser libre pour y faciliter la circulation de l’eau et l’enlèvement des dépôts et des incrustations. Au moyen de cette disposition, on augmente beaucoup la quantité de vapeur générée, ainsi
- que la surface surchauffée de la chaudière.
- La figure 18, pl. 326, représente une section partielle et une élévation sur une des faces d’une plaque ou d’une des sections d’une chaudière à soixante-quatre sphères creuses, ayant chacune environ 20 centimètres de diamètre extérieur, de l’épaisseur requise quelconque et le tout d’une seule pièce. Aux deux extrémités de cette plaque, on a ménagé une série d’ouvertures fermées par des chapeaux à vis
- a, a, ouvertures qui sont nécessaires au moulage pour soutenir et ventiler les noyaux et en outre pour nettoyer la chaudière.
- La ligure 19 montre une vue par l’une des extrémités et partie en coupe, de trois de ces plaques, ainsi que leur mode d’assemblage pour constituer un générateur. Ces plaques en nombre quelconque peuvent être ainsi dressées verticalement côte à côte ou dans une position quelconque relativement à leur direction longitudinale. Entre ces plaques dans l’un ou plusieurs des coins, ou même dans d’autres points sont interposés des moulages d,d sur les ouvertures
- b, b. Ces moulages s’adaptent sur les plaques, de façon que lorsque l’ensemble est serré par de longs boulons e,e, les assemblages sont étanches et que ces moulages constituent des passages de vapeur dans le haut et des passages d’eau dans le bas de la série des plaques, passages qu’on peut faire servir pour falimentation en eau ou pour établir des prises de vapeur au moyen des branchements f,f qu’on y fixe ou qui sont venus de fonte.
- La pratique indique suffisamment que la rigidité serait un inconvénient dans les assemblages transverses pour l’eau et la vapeur entre les plaques à raison de l’inégale dilatation des differentes parties qui tendent à les ouvrir lorsqu’ils sont rigides. Ces assemblages sur les plaques et les pièces intermédiaires d,d présentent d’ailleurs une courbure d’un rayon dont
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- le centre coïncide avec celui des sphères, au moyen de quoi une légère variation dans les plaques résultant d’une dilatation inégalé se trouve compensée, car malgré qu’il puisse s’opérer des mouvements entre les surfaces, les joints restent étanches.
- Nouvelle chaudière à vapeur. Par M. Vianne, ingénieur à Paris.
- Sous le titre de nouvelle chaudière à vapeur économique, fumi-vore et inexplosible, M. Vianne a pris un brevet d'invention dont nous donnerons ici un extrait.
- « La chaudière, dit M. Vianne, étant un des principaux organes de l’industrie en général, il en est résulté que la recherche d’un appareil pouvant produire économiquement la vapeur est l’objet constant des essais et des études des ingénieurs, des inventeurs et des mécaniciens. On a imaginé et employé jusqu’à ce jour de nombreux systèmes, mais tous laissent encore beaucoup à désirer, car pour qu’une chaudière fasse un bon usage, iUfaut quelle remplisse plusieurs conditions essentielles dont les deux premières sont :
- 1° D’avoir une surface de chauffe concentrée.
- 2° De présenter une grande facilité pour le nettoyage et l'entretien.
- « La nouvelle chaudière qu’on présente à l’industrie remplit ces conditions à un degré qui n’avait pas encore été atteint, et il est facile de se rendre compte des avantages qu’elle offre sur toutes les autres à l’inspection des figures 20 et 21, pi. 326, qui représentent en élévation et en plan deux chaudières accouplées, dont l’une dans la figure 20 est vue en coupe pour qu’on puisse mieux saisir et comprendre sa structure et son fonctionnement.
- « La coupe longitudinale fait voir que l’intérieur de cette chaudière se compose d’une double en-
- veloppe A, A et B,B, dont les deux parties forment calotte. La flamme se développe dans la première enveloppe A, pour passer en se divisant dans douze tuvaux en cuivre C,G, placés dans fa partie supérieure et de là faire retour en léchant la paroi extérieure B de la chaudière. Cette disposition suffit pour faire comprendre l’économie du système. Un trou D, ménagé à la partie supérieure, permet meme à un homme de nettoyer cette chaudière dans toutes ses parties et en rend l’entretien en bon état extrêmement facile. En outre, un tuyau dégorgeur E, situé dans la partie inférieure de la double enveloppe B, permet aisément de dégorger l’eau bourbeuse, sans interrompre le travail.
- « Les deux générateurs accouplés, représentes dans les figures, sont surmontés d’un réservoir de vapeur F, mis en communication au moyen d’une soupape G qui laisse passer la vapeur du générateur au réservoir. Ce mode de construction a pour but de faciliter l’application du système aux grandes industries, l’expérience ayant démontré qu’il y a avantage et économie à multiplier le nombre des foyers que nous fixons pour les chaudières de notre système à la force de quinze chevaux.
- Ce système paraît très-avantageux pour les sucreries, de même que pour toutes les exploitations qui exigent un travail continu et consomment par moments de grandes quantités de vapeur, puisqu’il est possible d’arrêter la marche d’un ou de plusieurs générateurs, suivant la nécessité du service, ainsi que pour le nettoyage ou les •réparations, attendu que la soupape G peut fermer la communication par l’action exercée sur elle par la pression qui règne dans le réservoir. D’ailleurs ce mode de communication atténue le grand inconvénient de l’absorption que présentent les générateurs accouplés et peut s’appliquer à tous les générateurs.
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- « Les principaux avantages que n°us semble offrir ce générateur SUr les chaudières à bouilleurs sont donc : l’économie de premier achat, le peu de place qu’il occupa la facilité du nettoyage, la Prompte production de la vapeur avec une économie constatée de 30 pour 100; enfin sa fumivorité, la flamme brûlant presque complétaient la fumée en se divisant entre les douze tubes G en cuivre qui surmontent son enveloppe inté-rieure. »
- Chaudière à vapeur dite de combinaison.
- On a depuis longtemps considéré comme l’une des conditions les plus nécessaires à remplir pour obtenir un service parfait et économique des chaudières à vapeur, une circulation facile et complète ue l’eau à l’intérieur de ces recep-tours. Il est vrai qu’on ignore à peu près quels sont les phénomènes Physiques qui se passent à l’intérieur de ces chaudières et qu’il est par conséquent difficile d’indi-
- 3uer comment cette circulation oit s’opérer et les moyens auxquels il faudrait avoir recours pour l’établir comme il conviendrait ; mais à défaut d’indications précises et de résultats empruntés à l’expérience, on peut très-bien admettre qu’une bonne circulation est en effet une chose désirable et qu’on doit accueillir avec intérêt les dispositions mécaniques qui ont pour but de l’établir plus ou moins complètement.
- Parmi les inventions les plus récentes à ce sujet, nous mentionnerons celle qu’on doit à M. T.-B. Jordan, et qui consiste principalement dans un arrangement particulier de cylindres en métal ouverts aux deux bouts.
- Ces cylindres sont adaptés dans des anneaux ou colliers d’assemblage aussi ouverts aux deux bouts et portent des passages de vapeur
- et d’eau venus de fonte sur les parois opposées. Chacun de ces cylindres est d’une dimension suffisante pour représenter une chaudière de la force d’un cheval-vapeur. Les extrémités de ces cylindres sont fermées par des couvercles en fonte maintenus en place par des boulons de tirage passant par le centre de chaque cylindre à travers les couvercles du haut et du bas, de manière à relier ceux-ci entre eux et à former des joints bien étanches sur les extrémités des anneaux d’assemblage.
- Ces joints sont rendus étanches par l’un quelconque des moyens dont on se sert ordinairement pour rendre tel le trou d’homme, mais l’inventeur préfère dresser sur le tour les surfaces métalliques, de façon que ces joints deviennent parfaits et avec la plus grande facilité, en ne faisant usage que d’une faible quantité d’un lut ou d’un mastic, afin de pouvoir les défaire et les assembler de nouveau aussi souvent que l’exige le nettoyage de la chaudière.
- La figure 22, pl. 326, est une vue en élévation de la chaudière à vapeur de M. Jordan, dans laquelle la maçonnerie est vue en coupe et au milieu de laquelle s’élève les cylindres verticaux qui génèrent fa vapeur.
- La figure 23 est une section verticale de l’un des cylindres détachés de cette chaudière.
- La figure 24, une section horizontale par la ligne a,b, fig. 22.
- A,A, maçonnerie de brique qui entoure le foyer et l’espace dans lequel les cylindres sont disposés; B,B,B, cylindres en métal ouverts aux deux bouts; C,G,C, anneaux ou colliers en métal appliqués sur les deux bouts des cylindres B; ces colliers sont ouverts en haut et en bas et venus de fonte avec des orifices ou lumières sur les côtés opposés pour le passage de l’eau ou de la vapeur suivant le cas. Ces orifices portent des collets afin u’on puisse assembler une série e cylindres ainsi qu’on l’a repré-
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- senté dans tes figures; D,D, couvercles en fonte adaptés sur les colliers C de manière h fermer les ouvertures du haut et du bas des cylindres B, couvercles qui sont maintenus en place par des boulons de tirage E qui passent k travers et sont arrêtés par des écrousF.
- Ces cylindres sont disposés verticalement par rangs entre les parois du fourneau, et les collets de l’anneau inférieur C reposent sur les arêtes ou nervures saillantes d’une plaque de fondation en fonte G. On a laissé des espaces libres entre les nervures de cette plaque de fondation, afin de permettre d’enlever les couvercles inférieurs des cylindres en ouvrant la porte H et pouvoir ainsi avoir accès dans chaque cylindre pour l’examiner et le nettoyer.
- Les cylindres qui sont contigus l’un k l’autre sont reliés entre eux par les collets des anneaux ou colliers C,C; les cylindres extrêmes dans chaque rang se rattachent les uns aux autres par des pièces d’assemblage 1,1 et des tuyaux coudés J,J, de façon que les passages d’eau ainsi que ceux pour la vapeur de la série entière sont en communication dans toute l’étendue de la chaudière.
- K, tuyau d’alimentation; L, tuyau de vapeur ; M, vidange ; N, soupape de sûreté ; O, tubes de niveau d’eau; P, P, plaques de déviation disposées danslefourneauservantk conduire la flamme et les gaz brûlants de la combustion autour des cylindres eJ; qui, en modérant l’écoulement de ces gaz, les obligent k se mélanger intimement, de manière k en effectuer la combustion complète. Les flèches indiquent la marche tortueuse que ces plaques de déviation P impriment aux produits de la combustion avant qu’ils s’échappent par le conduit, Q. Le nombre de ces plaques de déviation peut varier suivant les dimensions et la force de la chaudière, les grandes chaudières n’en exigent pas un aussi grand nombre à rai-
- son de la largeur des carneaux entre les murs d’enceinte.
- Quand on veut adapter ces cylindres ou générateurs aux machines locomotives, on les renfermé dans une enveloppe d’eau qui fait ainsi partie de la chaudière et on les relie k celle-ci par les collets des anneaux ou colliers G,G.
- Sur la soupape de sûreté des machines à vapeur.
- Par M. Rühlmann.
- Les expériences, et en particulier celles de M. de Burg de Vienne, ont mis complètement hors de doute le fait que la soupape de sûreté ordinaire ne se soulève jamais de plus de quelques millimètres, et la connaissance de ce fait a donné naissance, afin d’apporter un remède k cet état de choses, k de nombreuses dispositions de soupapes qui n’ont pas, toutefois, offert de résultats satisfaisants dans la pratique. En outre, la théorie sur l’écoulement de la vapeur d’eau à travers une soupape k vapeur ouverte ne reposant encore que sur des données incertaines, on a commencé dans ces derniers temps à ne considérer la soupape de sûreté que comme un indicateur de la tension dangereuse et menaçante de la vapeur et à ne tenir aucun compte de la petite quantité de cette vapeur qui s’écoule par cet orifice.
- Aussi la nouvelle loi de l’empire d’Autriche sur les machines k vapeur de toute espèce s’exprime-t-elle ainsi relativement aux soupapes de sûreté : « Chaque soupape de sûreté aura au moins un diamètre de 1 pouce 1/4 (quelque -grande que puisse être la chau--dière), on devra y avoir facilement accès et elle devra se soulever sans obstacle sur son siège ; » et plus loin : « Chaque chaudière k vapeur de plus de 25 pieds carrés de surface de chauffe doit être munie
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- au pioins de deux soupapes de sû-
- reté. »
- . Dans le rapport d’une commission de la société des ingénieurs autrichiens au ministre du com-Jïierce, on conseille, relativement à a grandeur qu’on doit donner à la ®°upape de sûreté dans la construction des chaudières à vapeur, de déterminer le diamètre de tQute soupape de manière que leur surface soit de 1/1000 à 1/15000 de la surface totale de chauffe. » La nouvelle loi française sur les chaudières à vapeur prescrit égalent art. 5, deux soupapes pour chaque chaudière, mais ne détermine pas leur grandeur et exige ei1 conséquence que « chacune de ces soupapes offre une section suffisante pour maintenir à elle seule, Quelle que soit l’activité du feu, la Vapeur dans la chaudière a un degré de pression qui n’excède dans ancun cas la limite maximum indiquée par le timbre. »
- Il m’est impossible de considérer ces propositions et ces prescriptions comme présentant un caractère propre à résoudre le problème. En effet, dans les chaudières a vapeur relativement grandes, une soupape de sûreté de 1 pouce 1/4 avec au plus peut-être une ligne de soulèvement me paraît éminemment dangereuse, et la loi française semble devoir créer bien des embarras aux constructeurs, aux Propriétaires de chaudières à vapeur ainsi qu’aux chauffeurs.
- Afin de trouver une solution appropriée de ce problème, je reviens aux prescriptions de la loi française et par occasion à celle de la loi Prussienne. Dans ces lois seulement je considère, d’accord en cela avec beaucoup d’ingénieurs, qu’il est pas exact de dire que la chaudière à haute pression doit avoir des soupapes de sûreté plus petites fiue celles pour la chaudière à basse Pression, parce qu’en prescrivant dette mesure on semble avoir oublié qu’une chaudière à vapeur à haute pression est en elle-même bien plus dangereuse, et plus le
- danger, considéré sous le point de vue pratique, est grand, et plus il faut satisfaire à l’écoulement rapide de cette vapeur à haute tension.
- C’est d’après cette considération que l’ancienne loi prussienne prescrivait indifféremment pour toutes les chaudières, quelles que fussent leur grandeur et la tension de la vapeur, cette formule simple, que l’orifice libre d’écoulement de la soupape de sûreté serait 1/3000 de la surface de chauffe.
- Là cause qui a fait abandonner ce réglement en Prusse provient tout simplement de ce que les très-randes chaudières, auxquelles on onne actuellement jusqu’à 100 mètres et même 125 mètres carrés de surface de chauffe, exigeraient des soupapes trop grandes ou trop nombreuses.
- Quoique n’étant pas, ainsi que je l’ai dit précédemment, de l’avis ue sous le rapport de la haute ou e la basse pression dans les chaudières on doive établir une différence dans la grandeur des soupapes de sûreté, je considère néanmoins comme justifié par la pratique d’établir une distinction en ce qui concerne la grandeur de la chaudière.
- Sous le rapport du service plus ou moins actif ou fréquent de la soupape de sûreté, il est évident qu’une grande chaudière sera toujours plus avantageuse qu’une petite, parce dans ces grands récepteurs les fluctations ou oscillations dans la pression de la vapeur, par suite d’une dépense irrégulière de celle-ci, des surchauffages, etc., ne se développent aussi promptement que dans les petites chaudières. Il me paraîtrait donc rationnel de donner aux grandes chaudières des soupapes de sûreté relativement un peu plus fortes (non pas autant que le veull’ancienne loi française et la loi encore en vigueur en Prusse) qu’aux petites chaudières, et ôn pourrait en conséquence établir la section libre des orifices des soupapes de sûreté d’après l’échelle suivante :
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- — 96 —
- 1/3000 de la surface de chauffe pour les chaudières de 8mèt.car.50
- 1/5000 — —
- 1/7000 - -
- i/9000 — —
- 1/10000 — —
- Mais en ajoutant cette restriction que les petites soupapes avec moins de 16 k 18 centimètres carrés d’orifice libre d’écoulement sont dans tous les cas insuffisantes.
- Mais pour être débarrassé des imperfections d’une échelle de cette espèce et exprimer de la manière la plus simple possible toutes les conditions exigées, il est nécessaire de tenir compte d’une manière générale des prescriptions de l’ancienne loi prussienne et de celles proposées par la société des ingénieurs autrichiens, c’est-à-dire d’exprimer toutsimplement l’orifice d’écoulement de la soupape de sûreté en fonction de la surface de chauffe de la chaudière, mais en
- — 25.50
- — 50
- — 85
- — 128
- évitant les extrêmes, par exemple ceux de 1/3000 et 1/15000 qui présenteraient des orifices trop grands et trop petits, et enfin pour caractériser en même temps la base dont on part dans le choix d’une pareille fraction.
- Maintenant si on veut admettre les formes de soupapes en usage
- E’à ce jour dans la grande fa-e hanovrienne de machines de M. G. Egestorff, à Linden, et qu’on prenne leur mesure pour base, tout en satisfaisant suffisamment aux prescriptions de la loi, on obtiendra sous forme de tableau les indications suivantes dont je dois l’obligeante communication au chef de cette fabrique.
- SURFACE de chauffe en mètres carrés. DIAMÈTRE de la soupape en centimètres. SECTION totale en centim. carrés. ORIFICE LIBRE d'écoulement en centim. carrés. RAPPORT de la surface libre de la soupape à la surface de chauffe. RAPPORT de la surface totale de la soupape _ à celle d’écoulement.
- 8.50 4.52 18 60 16 46 1/5164 1.13
- 17.00 6.08 29.02 24.66 1/6893 1.18
- 25.50 7.30 40.91 34.37 1/7274 1.19
- 31 00 8.52 60.12 51 84 1/6558 1.17
- 42.50 9.73 72.78 61.16 1/6948 1.19
- 55.25 18.94 93 95 80.90 1/6900 1.16
- 68.00 12.17 116.18 101 02 1/7731 1.15
- 85.00 13 38 140.53 127.75 1/6654 1.10(1)
- La moyenne arithmétique de la troisième colonne est 1/6640.
- J’avais proposé antérieurement, mais sans parvenir k le faire adopter, un règlement sur l’installation des chaudières à vapeur, analogue à la loi prussienne actuelle, dans lequel j’avais prescrit pour chaque
- mètre carré de surface de chauffe, les chiffres suivants de surface libre de soupape, réglement que j’ajoute ici aux précédents.
- (1) Toutes ces mesures données en pied décimal (0m.292) et pouce décimal allemand (0m.0243\ ont été converties en mesures françaises.
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- Force élastique au-dessus de la pression extérieure en atmo-
- sphères.. Orifice libre de la soupape de sûreté pour chaque mètre carré de surface de chauffe eu centimètres car- 0 à»/* ’/î ù 1 làl */a l‘/*à2 2à2*/« 2*/*à3 3 à 3 î/a 31/2à4
- rés. . . 4.920 3.376 2.545 2.074 1.735 1.495 1.302 1.206
- Rapport entre ces deux Valeurs. 1 1 1 1 1 1 1 1
- «s*- 2033 2962 3912 4822 5760 6689 7680 8294
- La moyenne arithmétique de l°utes les valeurs de la dernière
- %ne horizontale étant --2,. -, on 1 5zb9
- uevra donc satisfaire au mieux (autant qu’il est possible) à toutes tos conditions qu’on peut propo-Ser et sous tous les rapports en attribuant en général à l’orifice ubre d’écoulement d’une soupape ue sûreté une grandeur de 1/6000 ^6 la surface de chauffe de la chaudière. En outre, on devra appliquer paiement deux soupapes de ce genre sur chaque chaudière et in-Slster pour qu’on n’emploie dans aucun cas des soupapes d’un diamètre inférieur à 6 centimètres,tandis, d’un autre côté, qu’il ne sera Pas nécessaire en général d’avoir fecours à des soupapes d’un diamètre supérieur à 14 et 15 centimètres.
- Sur la théorie des roues hydrauliques.Théorie de la turbine (1).
- Par M. de Pambour.
- Les turbines sont des roues à axe vertical, qui sont soumises à l’action de trois forces : l’impulsion directe de l’eau, la force centrifuge et la force de réaction.
- Supposons qu’une turbine soit arrivée au mouvement uniforme
- (1) Voyez la théorie de la roue à aubes Pjanes, t. 27, p. 40, celle des roues de c<Hé à la page 210, celle des roues à au-£ets aux pages 386 et 432, et celle des r°ues à aubes courbes, page 495 du même volume.
- et qu’on ait mesuré directement le poids de l’eau qu’elle dépense par seconde ; soit P ce poids, et g la gravité. Soit encore « l’angle sous lequel l’eau affluente arrive à la roue, U, la vitesse de cette eau, p, la vitesse de la roue à sa circonférence extérieure, et v'\ sa vitesse à la circonférence intérieure. L’eau affluente étant animée de la vitesse U produira une force de pression
- p
- — U. En arrivant h la roue, cette
- J
- force se décomposera en deux autres, l’une dans le sens de la circonférence de la roue, et l’autre dans le sens du rayon.
- La première de ces deux forces agira pour produire le mouvement de rotation, mais elle n’exercera de pression qu’en vertu de l’excès de sa vitesse sur celle de l’aube. De plus, comme elle est appliquée à la circonférence intérieure de la turbine, il faudra la rapporter, comme toutes les autres forces, à la circonférence extérieure. Ainsi, en exprimantparRlerayon extérieur, et par R” le rayon intérieur de la roue, l’intensité de cette force sera : p R"
- (A) ---—— (U cos a — v")
- 9 h
- De même la composante dans le sens du rayon, en pénétrant dans le canal formé par l’intervalle des aubes, ne pourra exercer de pression qu’en raison de l’excès de sa vitesse sur celle de l’eau qui y est déjà contenue. En appelant donc u'\ la vitesse de cette eau intérieure, cette force sera représentée
- par :
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Novembre 1866.
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-
- — 98 —
- I»
- — (Usin a— u")
- 9
- De plus, appelant u' la vitesse avec laquelle l’eau sort des canaux, & leur jonction avec la circonférence extérieure, le travail effectué en ce point par cette force en une seconde, sera :
- P
- — (U sin a—u>,)u'
- 9
- Enfin, ce travail pourra être représenté à la vitesse v par la force suivante :
- P u'
- (B) — (U sin a. — w")
- g v
- En ce qui concerne la force centrifuge, elle agit de deux manières dans la turbine. Il y a d’abord la force centrifuge delà roue. On sait que son effet est d’augmenter la dépense d’eau et, par suite, le travail de la turbine. M. Poncelet a donné une formule qui exprime cette action, et donné le moyen de connaître la dépense d’eau d’une turbine, d’après sa vitesse de rotation et la Hauteur de chute sous laquelle elle travaille (Comptes-rendus, t. VII, p. 260); cette formule nous permet donc de supposer qu’on connaîtra dans tous les cas la dépense d’eau d’une turbine dès qu’on en possédera les données. En outre, nous avons prouvé que l’action de la force centrifuge est consommée en totalité par le surplus de provision d’eau qu’elle fournit à la turbine. Ainsi, en établissant le calcul sur la dépense d’eau totale, il n’y a plus à tenir compte autrement de cette force centrifuge.
- Mais il y en a une autre qui agit sur l'aube, en raison de la courbure de celle-ci et de la vitesse de l’eau <jui la parcourt. En appelant « la vitesse angulaire de l’eau sur les aubes, ? leur rayon de courbure extérieure, et ?" leur rayon intérieur, la quantité de travail développé par cette force en une seconde, sera :
- Comme ce travail se produit dans
- la direction de la normale à l’aube, en nommant 6, l’angle de cette direction avec celle du mouvement de rotation, appelant aussi Rt la distance du milieu de l’aube à l’axe de la roue, et ut la vitesse de l’eau le long des aubes (ce qui donne
- w=~), on voit que ce travail rapporté à la direction du mouvement et à la circonférence extérieure, et de plus remplacé par une force agissant à la vitesse v, deviendra '•
- (E)
- p
- T g
- co@ 0 v
- Les trois forces qui précèdent sont les éléments de la puissance. Pour passer à. ceux de la résistance, la vitesse U1, conservée par l’eau de fuite, sera, comme l’a fait remarquer M. Poncelet, la résultante de la vitesse m1 que possède l’eau à la sortie des canaux, et de la vitesses, à laquelle elle participait dans le mouvement général. D’après les principes connus, en appelant 9 l’angle de la direction de la vitesse u1 avec la vitesse v, la valeur de cette résultante sera donnée par la formule :
- U'2 = tt'2 -f-u2 — 2 ur u cos 9 et la quantité de travail perdue par l’eau de fuite aura pour valeur :
- 1 P
- (F) ^--^-U'2
- 2 9
- Enfin, puisque l’eau de fuite sort de la roue avec la vitesse U1, si l’on appelle <p' l’angle que fait la direction de U1 avec la vitesse u, on voit que la quantité d’action dont cette force dispose dans le sens du mouvement, et par conséquent, l’effet de la réaction qui en resuite en sens contraire sera :
- (G) • — U'2cosV
- 2 g Y
- L’angle <p' n’est pas donné directement, mais on peut l’obtenir par le parallélogramme des forces itl et fl, ou par le rapport des sinus des angles aux côtés opposés, dans* le triangle qui forme la moitié de ce parallélogramme, ce qui donne :
- sin f' = sin
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- -, 99 —
- On pourra de même recourir à ce Parallélogramme pour reconnaître
- sens dans lequel agit la réaction; car elle pourra, selon le cas, agir s°it contre le mouvement, soit en sa faveur.
- Toutes les quantités contenues dans les expressions qui précèdent, sont connues à priori, excepté les fesses U, iï, u" et uv Mais elles s obtiennent facilement en considérant que l’on connaît toutes les dimensions des orifices d’entrée ou
- de sortie existant sur la roue. En appelant donc O la somme des aires contractées des orifices de sortie du réservoir; O”, la somme des aires des orifices d’entrée dans la turbine, et O’ celle des orifices de sortie, de plus, exprimant par P, le volume a’eau correspondant au poids P, et supposant qu’il y a dans la turbine des diaphragmes qui permettent d’y considérer les conduits comme étant toujours remplis d’eau, on aura :
- <H) u=-^-, M
- Enfin, en reprenant tous les éléments de la puissance et ceux de la Résistance, ajoutant à ces derniers ^es résistances passives qui se produisent dans toutes les machines, et qui ont été analysées dans nos a°tes précédentes, on formera l’é—
- O"’
- Ml
- u’+u”
- quation d’équilibre de la turbine, puis, faisant pour simplifier :
- i+r
- r, =ïety=M
- on en déduira pour l’effet utile l’expression :
- R//
- E. M = rv = ÇM-—- (U cos a—ü")e + ÇM (Usina—w")w' R
- + _L|M^-(p2-p"2)-^- cosô-4-SMU'* 1
- R
- — $MU'2cos2Ç — fv—Su3
- remarquera que les formules ^Ue nous obtenons ainsi, ne con-bsnnent que cinq termes à caleu-*ef; et quand on en aura une fois *ait l’essai, on trouvera qu’elles a°nt, en réalité, d’un calcul très-*acile. Du reste, comme la turbine j’offre aucune surface directement °Pposée au choc de l’air ou de l’eau, 0l* pourra y faire s = o et c’est ce e.xplique pourquoi la turbine fonc-^onne également bien sous l’eau et dors de l’eau.
- „ Pour comparer le résultat de ces mrmules avec l’expérience, nous avons calculé les expériences faites Pjm M. Morin, sur la turbine de dbihlbach, et dont il a donné les details dans ses Leçons de mécanise pratique, p. 352 et 457,2e partie.
- Les dimensions de cette turbine s?nt les suivantes : somme des a}res contractées des orifices du Réservoir dans les séries IY et V, f>=:On,i .24192, et dans la série VI, O=(H.28577; aires des ori-dces contractés de la turbine à la
- sortie des canaux O’=0œq. 29646; aire pareille à l’entrée des mêmes canaux, O”=0",q.77338; rayon extérieur de la roue R — 0ra.950 ; rayon intérieur R”=0m.686 ; rayon moyen, R1=0m.818; angle d’incidence de la veine liquide sortant du réservoir, sur la circonférence intérieure de la roue a — 34° 30’ : angle de sortie de l’eau de fuite avec la circonférence extérieure de la roue <p=25°30’ ; rayon de courbure exterieurdepaube p=0m.200; rayon intérieur, p"=0m.117; inclinaison de la normale à l’aube sur la direction du mouvement de rotation, e=39 degrés ; frottement présumé de la roue /*= 28 kilogrammes.
- Les résultats obtenus sont réunis dans le tableau suivant. Le total des chiffres du calcul excède de 2 pour 100 celui des expériences. On n’a pas comparé ces résultats à d’autres calculs, puisqu’il n’y a pas de formule pratique en usage pour i ces roues.
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- — 400 —
- NUMÉROS des expériences. CHARGE de la roue. poids d’eau dépensé par seconde. VITESSE de la roue par seconde. EFFET d’après le calcul. UTILE d’après l’expérience.
- Sé rie IV.
- 50 31k5 2178kil- 10m.347 352kg rn. 326k&m-
- 51 63.0 2157 10.247 346 645*
- 52 125 8 2148 10.097 598 1270*
- 53 188.6 2125 9.451 1779 1782
- 54 251.3 2115 8.993 2550 2260
- 55 313.3 2115 8.665 3115 2715
- 56 377.3 2070 8.237 3267 3108
- 57 439.8 2030 7.959 3236 3500
- 58 503.5 2030 7.461 3811 3757
- 59 566.1 2030 6.964 4247 3942
- 60 629.3 2030 6.725 4406 4232
- 61 639 2 2030 6.675 4436 4200
- 62 691.5 1986 6.268 4269 4334
- 63 754.9 1986 5.770 4420 4356
- 64 818.1 1923 5.034 4097 4118
- 65 879.8 1923 4 825 4115 4245
- 66 945.1 1923 4.377 4136 4137
- 53170 51956
- Série V
- 67 282.8 2274 9.948 . 2602 2813
- 68 346.0 2178 9.650 3015 3339
- 69 409.3 2242 9.053 3976 3705
- 70 471.4 2179 8.655 3950 4080
- 71 534.6 2156 7.959 4554 4255
- 72 602.0 2075 7.163 4510 4312
- 73 658.5 2033 6.665 4465 4389
- 74 708.8 2022 6.178 4596 4379
- 75 786.7 1996 5.720 4506 4500
- 76 849.4 1949 5.372 4257 4563
- 77 912.2 1949 4.915 4287 4483
- 44718 44818
- • Série VI.
- 78 509.5 2640 9.013 5378 4592
- 79 597.1 2640 8.655 5843 5168
- 80 661.2 2555 8.416 5259 5565
- 81 787.3 2555 7.685 5874 6050
- 82 912.5 2555 * 6.864 6334 6264
- 83 1039.0 2640 6.576 7211 6831
- 84 1071 0 2558 6.118 6632 6545
- 42531 41015
- Somme des totaux partiels. . 140419 137789
- * La courbe tracée par l’expérimentateur pour représenter cette série, montre
- que les expériences 51 et 52 présentent une anomalie qui a exigé une interpolation.
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- ^Ur la combustion sans fumée des lignites de Traunthal.
- Par M. V. de Posch, inspecteur des salines d’Ebensee.
- . La combustion complète, continue et sans fumée du bois sur !es grilles dites inclinées, justifie Jusqu’à présent, aux salines impériales autrichiennes, l’emploi éxclusifde ce combustible, unique-rûent parce qu’à raison de cette absence absolue de fumée, on peut taire un emploi économique des gaz disponibles qui s’échappent ue dessous les bassines, pour sécher les masses de sel sans altérer ^couleur ou sa saveur par la fu-tnée ou les matières empyreumati-Çues. L’emploi des lignites n’avait Pas permis d’obtenir le même résultat, et encore moins présenté Jes mêmes avantages d’une combustion pure et parfaite. Il résultait de ces motifs, que ce combustible était dédaigné dans l’exploitation des salines, d’autant plus que son effet pyrométrique n’avait Pas encore pu être établi d’une manière tant soit peu certaine.
- Dans l’année 1865, on a entrepris de nouveau des expériences dans lesquelles on s’est posé, comme problème principal, d’appliquer les lignites de Traunthal aux travaux d’évaporation, et de parer à l’infériorité apparente de ce combustible, par la construction d’un appareil propre à brûler sûrement et complètement la fumée. Ce but a été matériellement atteint d’une manière parfaite.
- Le fourneau qui est représenté en coupe horizontale et en coupe verticale dans les figures 25 et 26, PL 326, offre une combinaison de la grille à étage et de la grille plate; en général, avec environ 70à75 p. 100 de combustible en morceaux de m grosseur du poing, et de 25 à 30 de gaillette, et par conséquent beaucoup de poussier, il brûle Pendant 24 heures, de 22 1/2 à 25 quintaux métriques de cet assortiment qui, en moyenne des expé-
- riences de l’année, renferme au-delà de 30 pour 100 d’eau hygros-copique, puisque d’après sa composition, on doit admettre que le lignite contient jusqu’à 40 pour 100 d’eau.
- L’inclinaison de la grille, formée de marches ou étages en fonte, de 0m.16 de largeur, sur 0m.018 d’épaisseur, qui a été jugée la plus favorable pour le combustible employé, a été de 40 degrés, se réduisant dans le bas à 38°, avec des distances variables de haut en bas, de trois en trois intervalles, de 0m.026,0m.039et0ra.052, suivant le besoin du tirage d’air pour les divers services de la dessiccation, de la distillation et de la combustion du lignite.
- Les deux grilles plates b et b', sont encastrées dans la maçonnerie tout près des marches; néanmoins, leur changement partiel est aisément praticable sans frais ni perte de temps, par l’enlèvement de quelques briques superposées. La grille plate b a des barreaux distants entre eux de 0m.013, et celle b\ de 0m.007 qui, dans cette dernière, se prolongent presque jusqu’au-dessous de la plaque cendnère d.
- Sous les grilles plates est le cendrier f, avec la porte à clapet e ou registre, dont le degré de fermeture est réglé par une chaîne, et qui ne sert qu’à précipiter de temps à autre les cendres et le mâchefer dans le cendrier. .
- L’alimentation en combustible s’opère à l’aide d’une trémie c, qui doit être disposée exactement suivant la ligne d’inclinaison des étages. Cette trémie est fermée par deux portes en tôle qui, au moyen d’une chaîne qui les relie l’une à l’autre, résolvent le problème de la fermeture alternative de la trémie, c’est-à-dire que quand la porte supérieure est ouverte pour l’introduction du combustible, celle inférieure est relevée par la chaîne et appliquée contre la paroi de la maçonnerie. C’est dans le vide prismatique ainsi formé entre les deux tôles, qu’on chauffe le combusti-
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-
- — 102 —
- ble, tandis que lorsqu’on ferme la porte supérieure, celle inférieure s’ouvrant, la charge tombe aussitôt doucement, régulièrement sur la grille.
- A l’aide de cette disposition, on s’oppose complètement à tout excès d’introduction d’air pendant l’alimentation et, par conséquent, au refroidissement considérable de la capacité interne du fourneau.
- De petites ouvertures, qu’on peut fermer à volonté, pratiquées dans la porte supérieure, remplissent une condition importante dans le brûlement de la fumée, ainsi qu’on l’expliquera plus loin.
- Au-dessus du système entier des étages et des grilles plates, est établie, en matériaux réfractaires, une voûte doucement inclinée en arrière g; cette voûte termine, par conséquent, la capacité allant en se rétrécissant vers la gorge /i, capacité qui constitue, à proprement parler, la chambre à combustion.
- La plaque cendrière d, sur Te devant des etages, séparée seulement de la marche la plus inférieure par une fente z, d’une largeur de 0m.080, se prolonge assez pour dépasser légèrement, en arrière, la projection horizontale du système d’étages disposé au-dessus. Cette plaque est egalement mobile sur charnières, ae manière à pouvoir être disposée horizontalement ou bien parallèlement à l’inclinaison des étages.
- Si maintenant on prête quelque attention à la marche du travail du fourneau, il est facile d’y distinguer trois actions principales. En effet, sous la grille plate b et sur les étages placés dans son voisinage, où commence pour ainsi dire le travail des couches de combustible qui descendent, on y remarque la combustion intense de ce combustible déjà presque entièrement converti en coke et arrivé à l’état anhydre. La flamme en est blanc pur et présente les signes d’une température des plus élevées. Plus haut, vers le milieu de la grille inclinée, s’opère la distilla-
- tion du combustible et la séparation des gaz volatils combustibles, qui exigent pour être enflammés et brûlés, un mélange intime avec l’air atmosphérique et, en même temps, une haute température qui, toutefois, manque encore dans cette zône. Dans la partie supérieure se trouve le combustible frais dont on vient d’alimenter l’appareil; c’est là que s’évapore son eau hygroscopique, qu’il sèche, et comme pour sécher il absorbe de la chaleur, il refroidit la capacité de la chauffe.
- Si on suppose qu’on ait supprimé la voûte <7, et qu’on se représente en conséquence ce système de grille introduit librement dans un vaste foyer, il est douteux qu’on réalise les actions qui viennent d’être énumérées de la dessiccation, de la distillation et de la combustion du lignite ; dans tous les cas la combustion, ou plutôt l’emploi utile du combustible, serait fort imparfait, et il pourrait y avoir formation de fumée, parce que, parla détente rapide de la vapeur d’eau et de l’augmentation de volume des produits de la combustion dans une capacité étendue et froide, il ne pourrait plus se développer une température assez élevée pour la combustion des produits combustibles distillés et pour chauffer et décomposer la vapeur d'eau et, en outre, parce u’on ne trouverait plus les con-itions ou les circonstances nécessaires pour qu’il y ait mélange intime et efficace de l’air atmosphérique avec les hydrocarbures gazeux au moment du développement de la plus haute température, mélange sans lequel il ne peut pas y avoir une combustion complète, mais une combustion avec dégagement de fumée, et qui se traduit par une perte en combustible.
- Ces considérations seules suffisen t pour rendre évident le rôle de cette voûte inclinée g et de la capacité qu’elle circonscrit, capacité qu’on peut considérer comme le laboratoire où s’opère la combustion, car
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- 6n modérant ou mieux en réglant û une manière convenable l’afflux l’air par la trémie d’alimenta-|1(>n, la flamme vive et pure développée dans la zône de combus-bon fait non-seulement participer avec continuité sa haute température à la gorge ou orifice du rampant /i, mais encore aux parties les plus profondes de la voûte <7, qui, ^olée par la chambre k, se trouve ainsi entourée d’un mauvais conducteur.
- Les vapeurs d’eau et les produits de la distillation qui, à raison de leur légèreté et de leur force expansive* tendent à s’élever et à remplir l’espace, se trouvent mis uniformément, lors de leur dégageaient, en contact immédiatet intime avec la voûte brûlante qui, par son inclinaison, s’oppose à leur expansion et doivent enfin par leur inélange intime et continu avec l’air atmosphérique qui afflue, participer b la plus haute température de l’espace, enfin, par la réunion de toutes ces conditions, éprouver une vive inflammation et une combustion complète avant que les gaz atteignent les portions plus dilatées de l’intérieur du fourneau.
- L’air atmosphérique qui arrive par les intervalles des grilles pour alimenter la combustion suffît rarement, mais jamais dans le cas où l’on utilise du combustible menu chargé de poussier. Cette circonstance a donc déterminé ù faire arriver dans la capacité b combustion de faibles quantités d’air convenables par de petites tirettes établies dans la porte supérieure de la trémie, air qui rencontre les gaz combustibles sous la voûte, s’y mélange, alimente la combustion et enfin complète cette alimentation d’air auquel le combustible s’opposait par sa présence dans l’appareil ae distribution.
- A mesure que le lignite brûle, 11 s’en sépare des cendres et du mâchefer qui doivent, suivant le besoin, mais toujours sur le côté antérieur de la grille, être détachés ou extraits avec des outils fort simples. Il est évident que par
- cette manœuvre on enlève aussi avec les cendres pures des charbons incandescents et des portions du combustible qui ne sont pas encore brûlées, ce qui peut donner lieu à une perte assez sensible sur la matière. C’est pour éviter cette perte qu’on a établi la grille bouillante inférieure b\ qui est plus étroite, et la plaque cendrière d. Cette dernière qui, pendant le ti-sage, est maintenue horizontale, reçoit les charbons incandescents et les cendres provenant de la grille b étages qui s’étend au-dessus. Ce mélange incandescent qui s’étale dessus est abandonné à une extinction ou combustion graduelle pendant que la plaque est relevée parallèlement à l’inclinaison de la grille à étages. Il en résulte que non-seulement on utilise les matières combustibles ainsi échappées, mais de plus qu’on chauffe l’air qui pénètre par les intervalles entre les étages.
- La grille bouillante ù’ reçoit les cendres et les charbons incandescents qui tombent par les intervalles de la grille h, et qui, de même, servent à chauffer l’air qui afflue â travers cette grille b, et enfin, de concert avec quelques portions encore combustibles qui s’échappent par la fente i, se trouvent complètement utilisés et sont débarrassés à l’état de cendres pures et précipitées dans le cendrier.
- Le mâchefer ou les scories, avant de s’accumuler en trop forte proportion et sous la forme de grosses masses incommodes, tant parce qu’elles troublent la marche du fourneau que parce qu’on est obligé de les détacher au ciseau, ont besoin d’être enlevés; ces matières se trouvent, par la structure même du fourneau,divisées enfort petits amas sous forme de boules qui, sans peine et sans complication, peuvent être enlevés par les intervalles entre les barreaux ou les étages.
- Un plus remarquable avantage de ce mode de construction du fourneau, repose sur la simplicité de son service et sur la manière
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- toute particulière dont les parties en fer qui entrent dans sa structure se trouventgaranties et ménagées, circonstance qui rend un grand nombre d’appareils de chauffage si dispendieux et inadmissibles dans la pratique. On fera encore remarquer que les charges de combustible n’ont pas besoin d’être soulevées avec effort, parce que l’inclinaison de la grille qui correspond à la qualité ou à la nature du combustible, permet sans manœuvre et sans effort de faire avancer les couches de ce combustible. En cas de dérangement, on conçoit qu’il y aurait nécessairement changement en un point localisé dans l’effet utile du fourneau, point où le combustible se trouverait soustrait au mode de préparation qu’il doit subir avant d’arriver àlazône de combustible.
- Quant aux résultats pratiques qu’on peut attendre avec les ligni-tes de Traunlhal, en cherchant le plus possible à utiliser librement leur pouvoir calorique, ils dépendent désormais à peu près exclusivement de la proportion d’eau que renferme ce combustible très-hy-groscopique. En effet, avec un charbon de 30 à35pour 100 d’eau, on produit en moyenne, actuellement, et en nombre rond, 130 livres (73 kil.) de sel complètement sec, mais si on admet, à raison d’une combustion sans fumée et de même qu’avec le bois, et sans augmentation du combustible, un effet de 90 à 95 pour 100 sur le produit total desséché, lorsque la capacité nécessaire de séchoir a été disponible, on compterait que le produit pratique, y compris le bois nécessaire pour chasser les 5 à 10 pour 100 d’eau qui restent, doit etre de 129 livres (72 kil. 8) de sel pour 100 livres (56 kilog.) de combustible, tandis que ce même combustible, quand on n’utilise pas la chaleur développée par les gaz de la combustion, pour la dessiccation, ne donne que de 119 à 120 livres (66 kil. 64 à 67 kil. 2) de sel, c’est-à-dire un rendement à peu près inférieur de 10 pour 100.
- Le bois qu’on consomme à la saline renferme au plus 20 pour 100 d’eau au moment où on le brûle, et produit, en ayant égard à la dessiccation du sel, par klafter devienne (3 stères 1327) de bois mou, en moyenne 29 quintaux et 50 livres (1652 kilog.) de sel. L’équivalent peut donc se calculer à l’avenir sur cette base, que 100 livres (56 kil.) de lignite à 30 à 35 pour 100 d’eau, 2950
- peuvent produire - - ou à peu
- près 23 quintaux (1288 kilog.), tandis que jusqu’à présent, en employant partiellement du bois de séchage, ce combustible fossile se chiffre presque par 25 quintaux (1400 kil.).
- Mais si l’on prend en considération que le combustible fossile renferme de 10 à 15 et en moyenne 12 pour 100 de plus d’eau que le bois avec lequel on le compare, et si l’on fait attention que les 120 livres de sel n’ont pas été fabriquées avec 100 livres de lignite mais bien avec 100—12,88livres (49 kil. 30), pour tenir compte de l’influence que l’évaporation considérable de l’eau exerce sur le travail de la combustion par l’absorption de chaleur, on trouve que 100 livres de lignite avec même proportion d’eau que le bois employé dans nos salines doit fournir unproduit pratique de 146 livres (81 kil. 76) de sel et un équivalent de 20,2 quintaux (1132 kil.), ce qui se rapproche beaucoup du pouvoir calorique théorique.
- On voit donc tout l’intérêt qui s’attache à un bon emmagasinage et à la conservation du combustible fossile qui se trouve la plupart du temps exposé aux influences atmosphériques par des transports prolongés ou peut-être longtemps différés, et on est amené à poser ce principe que le progrès qu’on peut espérer dans la pratique ne se réalisera qu’autant qu’on fera usage de combustible sec dont l’effet utile se rapprochera ainsi de plus en plus de celui qu’on lui a reconnu par voie théorique.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre des requêtes.
- C°URS d’eau. — USINIERS. — CONTESTATIONS. — COMPÉTENCE.
- Si l’autorité judiciaire est incompétente pour permettre à un usinier de dériver une partie d’un cours d’eau, elle a le droit de statuer sur les contestations qui s’élèvent entre deux usiniers au sujet d'une dérivation et de fixer la quantité d’eau qui passera dans le canal dérivé et celle qui restera à la rivière, conformément à la possession des parties, alors surtout Qu'elle réserve à l’autorité administrative le droit d'autoriser, s’il y a lieu, et de modifier au besoin les travaux ordonnés par le juge PMr le partage des eaux.
- Rejet en ce sens du pourvoi forme par M. Lefèvre contre un ^rêt rendu par la Cour impériale o Amiens, le 24 janvier 1865.
- Rapporteur, M. Calmètes ; avo-cat général,M. Savary, conclusions conformes. Plaidant, Me Léon Clément.
- Audience du 5 juin 1866. — fn. Bonjean, président.
- EAUX.—USAGE PUBLIC. — COMMUNE. — CONCESSIONS. — CARACTÈRES. — COMPÉTENCE.
- Les eaux qui. servent à un usage public quelconque, au profit d'une commune, appartiennent au domaine public municipal, et sont, comme telles, inaliénables et imprescriptibles.
- Les concessions qui ont pu être consenties de pareilles eaux sont donc essentiellement, et quels qu'en soient les termes, précaires et révocables.
- Dans tous les cas, comme il ne saurait découler de ces concessions que des droits de propriété ou d’u-sagef leur interprétation appartient aux tribunaux civils, à l'exclusion des tribunaux de l'ordre administratif.
- Rejet, en ce sens, du pourvoi forme par M. Flamencq, contre un arrêt de la Cour impériale d’Àix, du 13 juin 1865, rendu au profit de la ville de Toulon.
- M. Calmètes, conseiller rapporteur; M. Savary, avocat général, conclusions conformes. Plaidant, Me Joson.
- Audience du 4 juin 1866. — M. Bonjean, président.
- BREVETS D’INVENTION. — PROCÉDÉS ET PRODUITS.
- Lorsqu'un brevet a été pris pour un certain procédé qu'il décrit
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- et non pour le produit nouveau qui peut être obtenu par ce procédé, on soutiendrait vainement que la nouveauté du produit s’oppose à l'emploi, par un autre breveté, d'un procédé différent par lequel il obtient le même produit.
- Si le titulaire du premier brevet voulait acquérir un droit exclusif au produit, et non pas seulement au procédé qu’il a décrit, il devrait nécessairement l'indiquer dans son brevet, et réserver son droit exclusif sur le produit lui- ' même.
- Rejet, au rapport de M. Ferey, et sur les conclusions conformes deM. Savary, avocat-général, des pourvois formés par M. Lemar-chand contre deux arrêts rendus par la Cour impériale de Bordeaux, le 19 décembre 1864.
- Plaidant, Me Léon Clément.
- MINES. —EMPIÉTEMENTS. — COMPÉTENCE.
- Si l’autorité judiciaire est incompétente pour interpréter des actes administratifs, notamment des actes de concession de mines et des décrets interprétatifs, elle ne viole pas les lois de sa compétence et de la séparation des pouvoirs lorsqu'elle se borne à en faire l'application en constatant qu'ils ne présentent ni obscurité, ni ambiguité.
- Spécialement les tribunaux ordinaires ont pu valablement statuer sur les empiétements commis par un concessionnairede mines vis-à-vis d'un concessionnaire voisin, malgré l’existence d'un nouveau recours en interprétation porté au conseil d’Etat.
- Rejet, après délibéré, du pourvoi de la Compagnie des mines de houille d’Amieux et Fraisne, contre un arrêt de la Cour de Lyon du 5 janvier 1865, rendu au profit de la Compagnie de Roche-la-Molière.
- M. Anspach, conseiller rapporteur; M. Savignv, avocat général, conclusions conformes. Plaidant, Me Hamot.
- Audience du 17 juillet 1866.
- M. Bonjean, président.
- BREVET D’INVENTION. — ARRÊT INTERLOCUTOIRE. — CHOSE JUGÉE.
- Alors que par un premier arrêt interlocutoire une Cour impériale a, sur la demande du défendeur à une poursuite en contrefaçon, ordonné une enquête à l'effet de constatersile brevetproduit n’aurait pas été antérieurement appliqué, la constatation faite dans le premier arrêt de la brévetabi-lité de l'invention et de la similitude de l’objet argué de contrefaçon n’est que conditionnelle et ne met pas obstacle à ce que, par son second arrêt, rendu après l’enquête, la Cour déclare que l'invention n'est pas brevetable par elle-même, et qu’en tous cas U n'y a pas lieu de condamner le défendeur pour le fait de contrefaçon.
- Rejet du pourvoi formé par MM. Cahouet et Morane contre un arrêt de la Cour impériale de Paris, en date du 17 août 1865, rendu au profit de MM. Casinberche et consorts.
- M. Ferey, conseiller rapporteur; M. Savary, avocat-général, conclusions conformes. Plaidant, Me Housset, avocat.
- Audience du 18 juillet 1866. — M. Bonjean président.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- CHEMINS DE FER. — EXPÉDITION DE CHEVAUX DE LUXE. — ACCIDENT. — RESPONSABILITÉ.
- Les compagnies de chemins de fer ne sont point responsables des ac-
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- cidents survenus à des chevaux de : luxe, pendant leur transport, alors que Vexpéditeur a choisi la petite vitesse dont le tarif est moins élevé, au lieu de mettre sef chevaux dans un des trains °ù la Compagnie procure certains moyens de précautions employées pour ces sortes d'expéditions.
- Le 10 avril 1865, M. Weyler fai-?ait transporter huit chevaux de ;Uxe de Nancy à Châlons, pour Revendus à la foire de Reims. Au *leu de placer ces chevaux dans un hâin affecté à ces sortes d’expédi-tlQns et où toutes les précautions sont prises à cet effet, M. Weyler ^Loisit un train de petite vitesse, a°nt le tarif est moindre. Mais, airtre Toul et Nancy, les chevaux prouvèrent par suite du choc des lagons, plusieurs accidents. Le Préjudice éprouvé par M. Weyler tut évalué à la somme de 3,600 fr., rpie ce dernier réclame à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, ^ais le Tribunal de commerce de la Seine repoussa sa prétention Par jugement en date du 6 juin *865, ainsi conçu :
- « Le Tribunal,
- . « Attendu que le 10 avril dernier, Weyler a remis à la gare du chemin de fer de l’Est, à Nancy, aidt chevaux de luxe pour être jransportés à destination de Châ-1(?ns, aux conditions du tarif spé-^al à prix réduit et avec dispense ae garantie en cas d’avarie ;
- « Attendu qu’en cours de route, jasdits chevaux ont été gravement blessés, et qu’il en est résulté dans |®tir valeur une dépréciation notable de laquelle Weyler demande a être indemnisé ;
- « Que, s’il est vrai que la clause non garantie stipulée par la Compagnie ne saurait la décharger sa responsabilité au regard de 1 expéditeur en cas d’avarie impunie à sa faute ou à la négligence ses agents, il est constant qu’elle a pour elfet de mettre à la charge de l’expéditeur l’obligation de prouver la cause qui a déter-
- miné l’avarie, surtout lorsqu’il a librement renoncé, comme dans l’espèce, au mode de transport ordinairement adopté, pour en choisir un moins coûteux, mais moins assuré.
- « Attendu que Weyler ne justifie nullement que l’accident arrivé à ses chevaux ait été causé par l’incurie des agents de la Compagnie, ni même par l’imperfection de son matériel ;
- « Qu’il ressort au contraire des débats et documents soumis au Tribunal que les chevaux dont il s’agit ont été expédiés par le demandeur dans un wagon non approprié à ce genre de transport.
- « Que nulle précaution n’a été prise par lui pour isoler ses chevaux et les garantir de leur atteinte réciproque ;
- « Que les secousses inévitables survenues pendant le trajet les ont pressés les uns contre les autres et qu’il en est résulté une confusion et une lutte qui ont eu pour conséquence le bris du wagon, et par suite les graves blessures constatées sur les chevaux à l’arrivée ;
- « Attendu qu’il est établi, en outre, que le toucheur préposé par Weyler, pour accompagner les chevaux et les surveiller, s’est refusé, malgré les observations réitérées des agents de la Compagnie, h prendre les mesures nécessaires pour prévenir tout accident et en atténuer les suites ;
- « D’où il résulte que Weyler ne saurait imputer qu’ù sa propre faute l’avarie dont il prétend se faire indemniser par la Compagnie défenderesse ;
- « Qu’en conséquence, la demande ne saurait être accueillie;
- « Déclare Weyler mal fondé en sa demande;
- « L’en déboute, etc., etc. »
- M. Weyler interjeta appel de ce jugement.
- Devant la Cour, il soutint que dans le commerce de chevaux, il était d’usage d’expédier par petite vitesse tous les chevaux de luxe ou autres, et qu’il serait impossible
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- de faire des expéditions autrement, à cause du prix très-élevé du tarif de la grande vitesse.
- En fait, il produisait de nombreux certificats et attestations établissant que le toucheur préposé à la surveillance des chevaux était très-soigneux et habitué aux chevaux. Mais qu’il n’avait pu, à raison de la situation où se trouvaient les chevaux, éviter l’accident qui était arrivé.
- Mais la Cour après avoir entendu Me Lehmann, avocat del’appelant, et Me Rivière, avocat de la Compagnie de l’Est, a rendu l’arrêt suivant :
- « La Cour,
- « Considérant que les règlements de la Compagnie de l'Est laissaient à Weyler le choix entre deux modes de transport dont il était à même d'apprécier la convenance relativement aux chevaux par lui expédiés;
- « Qu’en choisissant la petite vitesse dont le tarif est moins élevé, il a su que la Compagnie ne devait point lui procurer certains moyens de précaution ordinairement employés pour les chevaux de luxe;
- « Considérant qu’il est établi par les faits et documents de la cause, que le préjudice qui motive la demande a été causé par un vice propre des chevaux expédiés et par le défaut de surveillance du préposé de Weyler, chargé de les accompagner;
- « Qu’aucune faute n’est imputable à l’administration du chemin de fer ou ù ses agents, et que, par conséquent, la Compagnie intimée n’est pas responsable de l’avarie ;
- « Confirme. »
- Première chambre. — Audience du 17 juillet 1866. —M. Devienne, premier Président.
- MÉDECIN-PHARMACIEN. — CONSULTATIONS DITES GRATUITES. — VENTE DE MÉDICAMENTS. — PACTE ILLICITE.
- Constitue un pacte illicite et radi-
- calement nul la convention par laquelle un médecin et un pharmacien se sont associés en se chargeant réciproquement, l'un de tenir dans une dépendance de l’officine un cabinet de consultations gratuites, l'autre d’exécuter les ordonnances, afin départager entre eux les profits à tirer de la vente des médicaments.
- Il est profondément regrettable que des contrats de cette nature existent, et on s’explique difficilement comment ceux qui ont eu le tort d’y donner leur consentement viennent en débattre les conditions devant la justice.
- Entre un médecin et un pharmacien de Paris il est intervenu un contrat aux termes duquel le médecin s’obligeait à consacrer plusieurs heures de la journée à des consultations gratuites données dans un local de la pharmacie. Le pharmacien devait vendre aux consultants les médicaments ordonnés par le médecin. La rémunération de l’un et de l’autre devait résulter du partage par égale portion du bénéfice net provenant de la vente des médicaments.
- Ce commerce se fit pendant plusieurs années, à la satisfaction de l’un et de l’autre associés. Il paraît que le nombre et le prix des médicaments faisaient un utile contrepoids h la gratuité des consultations.
- En 1864, le pharmacien proposa la rupture de l’association; cette proposition fut mal accueillie par le docteur, qui se trouvait satisfait des résultats de ses consultations gratuites. Pour vaincre cette résistance, le pharmacien parla d’indemnité, et, moyennant 3,000 fr., obtint le désistement du docteur.
- Le docteur ignorait le motif véritable de la résiliation ; il l’apprit lorsqu’il sut, peu après, que son associé avait vendu sa pharmacie 22,000 fr. Dans son irritation, il oublia ses arrêtés de compte, sa signature au bas de l’acte de résiliation, et surtout la nature de la
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- convention résiliée et sa situation oe médecin; il fit un procès dont , résultat inévitable devait être un ecnec, et des débats fâcheux pour dignité personnelle et professionnelle.
- Un jugement du Tribunal de commerce de la Seine repoussa toutes ses prétentions et le condamna aux dépens. Il en a interjeté appel.
- La Cour, sur les conclusions conformes de M. l’avocat général tlomar, a statué en ces termes :
- « La Cour,
- (< Considérant qu’il est constant fiUe l’appelant et l’intimé s’étaient associés ensemble en se chargeant réciproquement, l’un de tenir dans jtne dépendance de l’ofiîcine un carnet de consultations gratuites, autre d’exécuter les ordonnances, afin de partager entre eux les profits à tirer de la vente des médicaments ;
- « Que, par cette convention, ils fie manquaient pas seulement tous |es deux aux règles et aux devoirs oe leur profession : le médecin en misant commerce de son art et en Se créant un intérêt à prescrire des remèdes superflus; le pharmacien, eu se prêtant à cette spéculation abusive, et en privant les malades fiu seul contrôle qui puisse prévenir le danger des préparations médicinales infidèles ou défectueuses; mais encore que l’association était viciée dans son principe même, Puisqu’elle reposait sur une combinaison frauduleuse destinée à iromper le public par l’appât de consultations gratuites en apparence, et rétribuées en réalité;
- « Qu’il y a donc eu là un pacte ulicite radicalement nul, et qui ne saurait servir de fondement à une action en liquidation et partage des bénéfices auxquels il a donne lieu;
- « Considérant d’ailleurs que les °Pérations de la société de fait, qui a existé entre les parties, ont été Lquidées à des époques successifs; que l’appelant a, chaque fois, donné des reçus pour solde, et que ms manœuvres dolosives dont il se
- plaint pour revenir aujourd’hui sur ces reçus ne sont nullement justifiées ;
- « Met l’appellation et le jugement dont est appel au néant, et, statuant par jugement nouveau, déclare l’appelant non recevable autant que mal fondé dans ses appel et demandes, et le condamne à tous les dépens. »
- Seconde chambre. — Audience du 31 mai 1866. — M. Guillemard, Président.
- INDUSTRIES SIMILAIRES. — PROFESSION DE FLEURISTE. — COMMERCE DE MERCERIE. — BAIL. — CLAUSE PROHIBITIVE. — CONCURRENCE D’UN PRÉCÉDENT LOCATAIRE. — RESPONSABILITÉ DU PROPRIÉTAIRE.
- Le propriétaire d'un immeuble qui loue une boutique à un commerçant, en s'engageant par une clause spéciale du bail, à nepoint louer dans la maison à des personnes exerçant la même profession, est responsable, vis-à-vis de ce locataire, de la concurrence préjudiciable que lui cause l’extension du commerce d'un autre locataire, précédemment installé dans les lieux, et auquel aucune restriction n'avait été imposée.
- Cette question a été ainsi résolue par le jugement et l’arrêt suivant;
- Jugement du tribunal de la Seine du 21 juin 1865 :
- « Attendu que Lair, agissant comme mandataire de Aubry, propriétaire d’une maison sise à Paris, a loué à la demoiselle Galbois une boutique et ses dépendances pour y exercer la protession de fleuriste ; que par une clause spéciale du bail sous seing privé en date du 31 mai 1864, Lair s’est engagé à ne point louer boutique ou appartement dudit immeuble à des personnes exerçant la même profession ;
- « Attendu que la veuve Picot,
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- mercière, occupant une boutique dans la même maison, vend des fleurs montées et des plumes, et a dans son magasin un étalage particulier de ces objets ;
- « Que ce fait est constaté par procès-verbal de l’huissier Chauveau, en date du 24 novembre 1864; qu’il est d’ailleurs reconnu par la veuve Picot qui prétend toujours avoir vendu des fleurs depuis quatorze ans qu’elle exerce son commerce dans les lieux ;
- « Attendu que la veuve Picot est demeurée étrangère aux conventions passées entre Lair et la demoiselle Galbois; qu’on ne peut lui opposer par conséquent la clause spéciale dont excipe cette dernière; qu’il est suffisamment établi que son genre de commerce, d’après les usages, comporte la vente des fleurs et autres objets de toilette propres à la toilette des femmes: qu’il est certain qu’aucune restriction de la nature de celle dont il s’agit ne lui a été imposée par son bailleur lors de la location qui lui a été faite en 1850;
- « Attendu qu’il n’est pas douteux que, par cette vente de fleurs ainsi montées, effectuée par la veuve Picot, une concurrence préjudiciable est faite à l’établissement de la demoiselle Galbois ; qu’Aubry seul en est responsable, ayant pris envers cette dernière un engagement qu’il ne pouvait exécuter.
- « Par ces motifs,—Statuant sur la demande principale en garantie : —Met la veuvePicot horsdecause;
- « Condamne Aubry à payer à la demoiselle Galbois la somme de 1,000 francs pour le préjudice par elle éprouvé jusqu’à ce jour par la vente de fleurs montées, effectuée par ladite veuve Picot;
- « Dit que dans la quinzaine du présent jugement Aubry fera cesser la concurrence dont souffre la demoiselle Galbois, sinon, et faute de ce faire, le condamne à payer 10 francs par chaque jour de retard pendant un mois, après lequel il sera fait droit, et le condamne aux dépens envers toutes les parties,
- compris le coût de l’enregistrement du bail du 31 mai 1864, ci-dessus visé.
- Sur l’appel interjeté par Aubry, la Cour, après avoir entendu Me Magnier, avocat, pour l’appelant; Me Lardières, avocat de madame veuve Picot, et Me Trinité, avocat de la demoiselle Galbois, a rendu l’arrêt suivant :
- « En ce qui touche la veuve Picot et le sieur Aubry et la demande principale soumise aux premiers juges;
- « Adoptant les motifs des premiers juges, lesquels repoussent suffisamment les conclusions de l’appelant;...
- « Met l’appellation au néant ;
- « Ordonne que ce dont est appel sortira son plein et entier effet ; — Et, pour le nouveau préjudice causé depuis le jugement, — Condamne Aubry à payer à la demoiselle Galbois la somme de 500 francs à titre de nouveaux dommages-intérêts, et en sus des condamnations contre lui précédemment prononcées ; — Condamne l’appelant à l’amende et aux dépens envers toutes les parties. »
- Troisième chambre. — Audience du 11 avril 1866. — M. Roussel, président.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre criminelle.
- BREVETS D’iNVENTION. -— QUESTION D ANTÉRIORITÉ —COMPÉTENCE DES JUGES DU FAIT. — ARRÊT. — MOTIFS SUFFISANTS.
- Un breveté peut se plaindre de cé que les juges du fait ne se sont pas expliqués sur la nouveauté de telle ou telle partie de son invention, lorsque le défendeur, sans se préoccuper de la validité de ce brevet, s'est borné à soutenir que les procédés, dont l'emploi lui
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- était reproché, étaient conformes a ceux indiqués dans un brevet Ultérieur à celui qui avait servi de base aux poursuites, et que ces affirmations ont été reconnues exactes.
- Ces questions d’antériorité sont d'ailleurs résolues souverainement par ’es juges du fait.
- lorsqu'un breveté s’est borné à revendiquer d’une façon générale, dans le dispositif de ses conclusions, un droit privatif sur cer-lains éléments indiqués comme procédés de fabrication et sur leurs combinaisons, il ne peut reprocher à l'arrêt la violation de l'article 7 de la loi dû 28 avril 1810, parce que cet arrêt ne se serait Pas expliqué sur la proportionnalité de ces combinaisons, alors surtout qu'il résulte des termes du brevet que cette proportionnalité n'est pas un des éléments essentiels de l’invention.
- Rejet au rapport de M. le conseiller Nouguier et sur les concluons conformes de M. l’avocat-gé-lleral Charrins, du pourvoi formé Jjar le sieur Masse contre un arrêt O la Cour impériale de Paris, du "v3 août 1865, rendu au profit des SleUrs Rattier et C>e*
- Plaidants : Me Hérold, pour le
- demandeur, etM'J.Bozérian, pour les défendeurs.
- Audience du 7 juin 1866. — M. Vaïsse, président.
- ARRÊTÉ PRÉFECTORAL. — ÉCLAIRAGE AU GAZ. — APPAREILLEURS.
- L’arrêté de M. le préfet de la Seine en date du 18 février 1862, sur les conduits et appareils d'éclairage et de chauffage par le gaz dans l'intérieur des bâtiments ne contenant aucune disposition spéciale relative à la responsabilité directe des appareilleurs à gaz, ses dispositions ne peuvent leur être applicables au point de vue de la répression par extension de ce qui est prescrit à l'égard du propriétaire ou locataire qui sont seuls expressément déclarés responsables de leur exécution.
- Cassation d’un jugement du Tri bunal de simple police de la Seine, en date du 4 avril 1866, au préjudice de MM. Lecoq et Compagnie, appareilleurs à gaz, au rapport de M. le conseiller de Carnieres et conformément aux conclusions de M. l’avocat général Savary; plaidant, Me Biaoire, avocat.
- Audience du 27 juillet 1866. — M. Legagneur, Président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- Mode de construction des hauts-fourneaux pour recueillir les gaz.
- J. et G. Addenbroke et P.-A. Mill-
- ward............................ 65
- Sur l’amalgame de sodium. H.
- Wurtz............................ 67
- Coloration du laiton................ 70
- Sur un mordant de fer nommé vulgairement rouille, employé pour la teinture des soies noires. Ch.
- Mène............................ 71
- Sur le jaune d’aniline. C.-A. Martius
- et P. Griess..................... 74
- Procédé simple pour préparer les fleurs de soufre avec le soufre
- brut. A. Hauch................... 75
- Appareil à laver les flls. C. Raiser.. 77 Appareil de blanchiment pour les
- tissus. H. Scharf................ 80
- Sur les résines. H. Violette........ 82
- Mouillage des grains dans le maltage.
- W.-R. Taylor..................... 82
- Conservation des substances animales ............................ 84
- ARTS MÉCANIQUES.
- Marteau-pilon perfectionné. C. Em-
- m et........................... 85
- Tour double pour bandages de roues de chemins de fer. J. Ramsbotiom. 87 Laminoir à mouvement de rotation alternatif ou à renversement. J.
- Ramsboitom..................... 88
- Représentation graphique de la pression moyenne de la détente de la vapeur. W.-F. Macquorn Rankine. 89 Générateurs à vapeur à chambres sphériques. Harrison et Luders. . 90
- Nouvelle chaudière à vapeur. Vianne. 92
- Chaudière à vapeur dite de combinaison .......................... 93
- Sur la soupape de sûreté des machines à vapeur. Rühlmann.. . . 94
- Sur la théorie des roues hydrauliques. Théorie de la turbine. De Pambour.......................... 97
- Page».
- Sur la combustion sans fumée des lignites de Traunthal. F. de Posch. 10*
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de cassation. — Chambre des requêtes.
- Cours d’eau. — Usiniers. — Contestations. — Compétence...........105
- Eaux. — Usage public. — Commune.
- — Concessions. — Caractères. —
- Compétence......................105
- Brevets d’invention. — Procédés et
- produits........................10»
- Mines. — Empiétements. — Compétence...........................106
- Brevet d’invention. — Arrêt interlocutoire. — Chose jugée........10»
- Cour impériale de Paris.
- Chemins de fer. — Expédition de chevaux de luxe. — Accident. —
- Responsabilité.................106
- Médecin-pharmacien. — Consultations dites gratuites. — Vente de médicaments. — Pacte illicite.. . 108 Industries similaires. — Profession de fleuriste. — Commerce de mercerie. — Bail. — Clause prohibitive. — Concurrence d’un précédent locataire. — Responsabilité du propriétaire...................10"
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Cour de cassation. — Chambre criminelle•
- Brevet d’invention.— Question d’antériorité.— Compétence des juges du fait. — Arrêt. — Motifs suffisants..............................Il"
- Arrêté préfectoral. — Eclairage au gaz. — Appareilleurs...............H*
- BAR-SUR-SEINE. — 1MP. SAILLARD.
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- Le Teelmolooiste
- Imprimerie Rorei, rue Haute feuille js , Paria. gj. Laurent ae .
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- ou
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- «>
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Fabrication du cuivre par voie, électrique.
- Hans une patente prise récemment en Angleterre, M. J. B. Elking-de Birmingham, a proposé appliquer l’électricité à l’affinage lu cuivre. A cet effet, l’inventeur conseille de traiter les minerais couinant du cuivre h la manière or-offiaire par la chaleur, jusqu’à ce Gu’ils soient amenés à l’état de ré-§ule, cuivre noir ou mattes, avant procéder à l’affinage qui doit en mire un bon cuivre marchand.
- , Au lieu de poursuivre l’affinage ?es mattes par la voie de la cha-jCor, les produits sont affinés par électricité ou des courants magné-llcffies, en se servant de ces profits métalliques comme plaques Positives dans une solution dans laquelle le cuivre de ces plaques est. dissous, puis déposé comme cuivre pur sur les surfaces en rap-P°rt avec les surfaces négatives Cmnt on fait usage, tandis que les Entres métaux précédemment com-mnés au fer dans les mattes sont Précipités au pôle positif. Voici la manière de procéder :
- He minerai de cuivre ayant été railé de manière à obtenir des mat-Cs ou du cuivre noir par les opé-
- rations ordinaires de la fusion, ce cuivre impur est coulé en plaques de 0m.15 de côté sur 18 millimètres d’épaisseur, avec des appendices en saillies sur les coins à l’une de leurs extrémités. Ces plaques sont disposées dans des auges suffisamment longues pour contenir deux plaquesbout about, et trois rangs de ces plaques, en tout sixplaques positives qui sont placées dans chaque auge en laissant un espace de 0m,15 entre les rangs. Les appendices des plaques reposent aux extrémités de l’auge et sur une traverse fixée au milieu de sa longueur, toutes parties qui portent des bandes de cuivre en rapport métallique les unes avec les autres. A égale distance entre les rangs, mais en dehors des plaques positives, sont disposés des rangs de plaques négatives, en tout quatre rangs. Ces plaques sont en cuivre pur, laminées à une épaisseur de 0mm.8 et à peu près de la grandeur des plaques qu’on livre au commerce; 0m.30 sur 0m.15 paraît être une dimension convenable, et il y a six de ces plaques par rang ou seize en tout. Chacune de ces plaques négatives a été découpée avec une languette qui sert à la fixer sur un cadre composé de barres ou liges de cuivre. La lan-
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Décembre 1866.
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- guette de chaque plaque est roulée sur ces tiges et se trouve ainsi maintenue et mise en contact intime. Le cadre porte à ses quatre coins des bras qui reposent sur les parois de l’auge, sur lesquelles sont des bandes de cuivre isolées de celles aux extrémités de l’auge.
- On monte de cette manière une batterie de vingt-cinq auges, et les plaques négatives d’une auge sont mises en contact métallique avec les plaques positives de la suivante , et ainsi de suite dans toute l’étendue de la batterie. Seulement il faut avoir soin que dans tous les points de contact métallique, les surfaces soient extrêmement propres et nettes.
- Les auges sont chargées avec une solution à peu près saturée de cristaux de sulfate de cuivre, les plaques positives à l’une des extrémités de la série, et les plaques négatives à l’autre extrémité. On met alors en communication avec les pôles positif et négatif d’un appareil propre à générer un courant d’électricité. On emploie pour cela une machine magnéto-électrique semblable à celle dont on se sert ordinairement dans l’argenture ou la dorure électriques pour une série d’auges semblables à celles décrites. Cette machine doit avoir des dimensions semblables à celles employées dans la dorure ou l’argenture, avec une plaque d’argent ou un électrode exposant 180 décimètres carrés de surface, ou une machine ayant 50 aimants permanents pesant 10 à 11 kilog. chaque et magnétisés à saturation , les autres parties de la machine étant en proportion. La quantité exacte de force de la machine magnéto-électrique n’a pas toutefois grande importance, dès qu’elle suffit pour précipiter le cuivre aussi rapidement qu’on peut le désirer, sous le point de vue industriel. S’il y a excès de force, on se borne à ajouter des auges à la batterie.
- Les plaques positives continuent à servir jusqu’au moment où elles sont tellement corrodées qu’elles
- se détachent par lambeaux ; alors on les remplace par de nouvelles, et les anciennes sont refondues. Quant aux plaques négatives, on peut les conserver très-bien jusqu’à ce qu’elles n’aient plus qu’une épaisseur de 18 millimètres. Les solutions de sulfate de cuivre sont conservées en état d’activité jusqu’à ce qu’elles soient tellement chargées de sulfate de fer que leur emploi ultérieur présenterait des inconvénients. Alors on les change et on revivifie le cuivre des vieux bains par les procédés bien connus.
- Les résidus qui s’accumulent sur le fond des auges sont enlevés de temps à autre; il arrive souvent qu’ils renferment des proportions centésimales considérables d’argent, d’or et aussi d’étain et d’antimoine. Ils ont en conséquence une valeur élevée et peuvent être vendus aux affineurs.
- Au lieu de travailler avec des mattes ou du cuivre noir, on peut prendre des mattes plus impures provenant de fontes antérieures; mais alors il y a une augmentation énorme de cuivre dans les résidus, tandis que quand on se sert de cuivre noir, ces résidus ne sont chargés que d’une très-petite quantité de cuivre.
- Sur Vamalgame de sodium.
- Par M. H. Wurtz, de New-York-(Suite.)
- Emploi de Vamalgame magnétique pour l'extraction des métaux de leurs sels. Dans le procédé ordinaire pour réduire l’argent dans ses combinaisons naturelles ou artificielles avec le chlore ou de ses sulfates au moyen du fer ou du zinc métalliques unis au mercure, et à le transformer en amalgame, on peut se servir avec des avantages notables de l’amalgame magnétique, du moins en ce que le temps
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- Necessaire pour cette opération n’est ^Nune fraction de celui employé Jusqu’à présent pour cet objet. Cela supplique aussi bien aux minerais rai}s lesquels Tardent est renfermé a l’état de combinaison naturelle avec le chlore, le brome ou l’iode, à ceux où cet argent grillé préalablement avec le sel marin ou par UN autre moyen, a été converti en chlorure ou en sulfate, ou en un hielange de ces deux sels, de même *}Nau chlorure d’argent précipité des solutions.
- Lorsqu’on a obtenu en solution 0l> de ses minerais ou d’autres substances qui renferment ce mé-jal, par un traitement par le chlore, ieau régale, le cyanure de potas-sium ou autre agent dissolvant, ou bien qu’on a extrait l’argent sous la forme d’hyposulfite ou autre, le Procédé le plus rapide pour recueillir complètement ces métaux, consiste à les précipiter par le fer e.h contact avec le mercure magné-bque, et à les transformer en amalgames. Ce procédé s’applique particulièrement aux solutions étendues.
- La précipitation rapide et complète est évidemment, dans ce cas, je résultat du contact absolu produit instantanément par le mercure magnétique avec les surfaces du fer, et de cette manière par le courant galvanique puissant, maintint constant par les deux métaux et la solution.
- Emploi de l’amalgame magnétise pour amalgamer en général les '^rfaces métalliques. A raison de 1 adhérence de l’amalgame magné-hque sur les surfaces en fer et autres métaux non susceptibles de ^amalgamer, je suis en mesure d’appliquer promptement avec la plus grande facilité, et absolument comme un enduit ou une peinture au moyen d’un pinceau en fil fin de tr, d’acier, d’aluminium ou de pla-boe, du mercure ou de l’amalgame "aide ou pâteux sur une surface jhétallique quelconque. La meil-leure matière pour faire un pinceau le fil d’acier le plus fin, trempé
- comme les ressorts ou un peu plus doux encore, et la meilleure forme, celle même qu’on donne au pinceau plat et large pour vernir.
- Parmi les applications importantes d’un pinceau de ce genre, je citerai entre autres l’amalgamation des plaques de cuivre ;(ou de fer) pour l’extraction de l’or de ses minerais. Une autre application qui présente aussi de l’intérêt est celle pour réunir le mercure, pulvérulent ou divisé en petits globules (mercure malade), attendu que les globules, même quand ils se trouvent épars très-irrégulièrement sur des surfaces, se rassemblent immédia,-tement avec un semblable pinceau plat saturé de mercure magnétique , et s’unissent ensemble. On peut de la même manière recueillir d’autres métaux finement divisés dans les schlichs ou les . boues des troubles des bocards, etc.
- Emploi de l’amalgame magnétique au transport du mercure sous forme solide. La manière ordinaire d’expédier le mercure et le faire voyager en grande quantité , est fort dispendieuse et incommode, et dans le transvasement du métal d’un vase dans un autre, on éprouve aisément d’assez fortes pertes. Un procédé aussi simple, aussi économique et d’une application aussi facile que celui qu’on a fait connaître précédemment pour amener le métal fluide à la forme solide, doit donc être accueilli généralement, puisqu’il permettra de transporter le mercure dans des vases d’un poids spécifique moindre, et en matière d’un prix moins élevé que les bouteilles en fer forgé dont on s’est servi généralement jusqu’à présent, par exemple dans des cruches en argile ou en verre, dans des tonneaux ou des tourilles en bois, dans des outres en caoutchouc, en gutta-percha, etc.
- De cette manière, il sera également possible d’expédier le mercure sous des formes convenables, telles que celles de barres, de lingots, de cylindres, de blocs, de cubes ou de boulets d’une grosseur
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- déterminée et d’un poids fixe, de l’emballer, l’emmagasiner, le transporter pour la vente, chose fort importante pour letravail des mines et d’ailleurs très-avantageuse. Lorsque le mercure doit être appliqué à l’un des services indiqués ci-dessus, puisqu’on l’obtient ainsi déjà sous la forme appropriée, il ne reste plus qu’à y ajouter un peu de mercure fluide. Si on veut l’utiliser comme mercure pur, on n’a qu’à éliminer le sodium de l’amalgame solide divisé en petits morceaux au moyen de l’eau chaude aiguisée par une petite quantité d’acide sulfurique ou d’acide acétique.
- M. le professeur Silliman a lu dans l’une des dernières séances de janvier de l’Académie des sciences de Washington, un mémoire sur l’amalgamation du sodium et communiqué les résultats d’une série de recherches qu’il a entreprises sur une échelle suffisamment grande, relativement à la valeur de l’invention de M. Wurtz et à sa portée dans le traitement des quarz aurifères. Dans une expérience qu’il a faite sur 250 kilog. de minerai pauvre d’une valeur environ de 80 fr. la tonne, l’amalgame de sodium n’a pas en réalité extrait tout l’or contenu dans le sulfure. Cette expérience, qui a duré une heure, a été entreprise avec un grand amalgamateur de Freiberg. L’amalgame de sodium a été ajouté peu à peu en quatre portions chacune de 28 grammes dans des parties de 10 kilog. de mercure employé. La perte en mercure s’est élevée dans cette expérience à environ 30 grammes et celle de l’amalgame de sodium à 1,2 pour 100 de la quantité totale du mercure employé.
- Dans une seconde série d’expériences faites sur un autre minerai riche préparé avec soin, d’une valeur de 1710 fr. la tonne et dans laquelle on a fait usage du tonneau tournant, le rendement, en employant le mercure ordinaire, a
- été de 40 à 60 pour 100 de la totalité de l’or contenu dans le mi' nerai, tandis qu’en faisant usage de l’amalgame de sodium, ce rendement s’est élevé à 83,3 pour 100. Il est même présumable que dans la pratique, on obtiendra des résultats encore plus favorables. D’après les informations de M-Silliman, on fait actuellement des expériences en Californie pour essayer ce procédé sur une grande échelle avec les moulins à broyer les quarz. Ce chimiste fera connaître plus tard les résultats qui auront été obtenus.
- Moyens d'utiliser les phénomènes de sursaturation.
- Par M. Jeannel.
- Jusqu’à présent, la sursaturation est restée dans le domaine des faits curieux sans application pratique, mais ce phénomène peut devenir utile pour la purification de certains sels.
- Purification du sulfate de soude et de quelques autres sels. Le codex conseille de faire dissoudre le sulfate de soude du commerce dans son poids d’eau chaude, de filtrer et de laisser cristalliser par le refroidissement. GommelOOgrammes d’eau à la température de 18° retiennent 48 grammes de sulfate de soude, le procédé usuel oblige à laisser dans l’eau-mère presque la moitié de la matière première. Evidemment, c’est là une perte inutile, à moins qu’on ne procède à une évaporation suivie d’une nouvelle cristallisation.
- La saturation permet de purifier du premier coup une grande quantité de sel qui ne laisse qu’une très-petite quantité d’eau-mère. Voici comment on opère. On prend :
- Sulfate de soude du com-
- merce.................... 300 gr.
- Eau distillée............... 100
- On fait fondre à la température de 33° dans un ballon de verre. A cette température, qui est celle du
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- Maximum de solubilité du sulfate d® soude, 100 grammes d’eau pourraient prendre 322 grammes p ce sel. En même temps, on lave te filtre disposé sur l’entonnoir, en y versant environ 500 grammes ? eau chaude à 50° environ, et torsque l’eau chaude est écoulée, place l’entonnoir sur un flacon ".large ouverture, bien lavé à l’eau uistillée; on verse la solution sa-llne chaude sur le filtre et on couvre celui-ci d’une lame de verre. ^ solution passera tout entière sans cristalliser et restera liquide pps le flacon, même après le re-Ir°tdissement. Lorsqu’ensuite on enlèvera l’entonnoir, la solution exPosée à l’air cristallisera très-Rapidement en se réchauffant jus-fln’à près de 33°; enfin lorsqu’elle jîe,ra complètement refroidie, on decantera l’eau-mère.
- , Le sulfate de magnésie, le sulfate zinc et le carbonate de soude JjpUvent être purifiés ainsi par la dissolution dans de petites quan-;ltes d’eau, à moins qu’ils ne soient ,res-impurs et n’exigent beaucoup d eau-mère pour retenir les sels dangers.
- , L’acétate de soude et le tartrate de. soude solubles dans leur eau de fiabilisation à une température Vrieure à 100°, peuvent être aident filtrés par ce procédé, sans aUcune autre addition d’eau que eelle qui humecte le filtre, i ,9e procédé n’est pas applicable J alun dont la solution à 25 pour j.dp d’eau, quoique portée à l’ebul-Ui°n et versée dans un entonnoir C spr un filtre chauffés par l’eau pillante,cristallise dès qu’elle se ctroidit; elle cristallise dans le dure, dans la douille de l’enton-J1 °lr et dans le flacon, malgré la ame de verre dont on recouvre entonnoir.
- » Séparation des sels par le moyen ,e la sursaturation. Le phénomène e la sursaturation, offert par cer-ains sels et point par d’autres, °pne un moyen nouveau de sépa-• abon des sels qui pourra devenir lndustriel.
- Lorsqu’on mélange dans un ballon de verre l’azotate de potasse et l’eau dans les proportions suivantes :
- Azotate de potasse..... 33b gr. Eau.................. 100
- la dissolution complète a lieu à l’ébullition qui se manifeste,comme on sait, à 115°9, et la cristallisation se fait à couvert aussi bien qu’à l’air libre.
- Si on ajoute 300 grammes d’alun, l’ébullition n’est pas retardée ; et si on laisse refroidir le ballon après avoir couvert le goulot d’une capsule de fer-blanc, l’alun reste en solution sursaturée et l’azotate de potasse cristallise comme s’il était dans l’eau pure. On peut ensuite décanter la solution d’alun et opérer ainsi de la manière la plus simple la séparation des deux sels.
- Il n’y a pas de doute que d’autres mélanges doivent donner de semblables résultats avec d’autres sels.
- Dosage de la soude dans les potasses du commerce.
- Par M. Graeger.
- A chaque instant, on rencontre aujourd’hui dans le commerce des potasses allongées par la soude. Par voie alcalimétrique, on ne constate que la quantité d’acide qui est neutralisé par les bases, mais on reste toujours dans l’incertitude sur la nature de celles-ci (potasse et soude) et dans quel rapport elles sont présentes, parce que d'autres sels masquent d’un côté les rapports équivalents simples entre la potasse et la soude, et de l’autre entre ces bases et la liqueur d’épreuve dont on fait usage.
- L’essai de la potasse par voie alcalimétrique est sans doute une chose fort simple, dès qu’on connaît seulement le poids du carbonate alcalin pur renfermé dans la potasse. Pour mesurer ce carbonate, on dissout 6gr.911 de la po-
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- tasse à essayer dans 100 centimètres cubes d’eau, on laisse déposer, on recueille la portion non dissoute sur un filtre et on en recherche le poids après lavages et calcination. 10 centimètres cubes de la liqueur filtrée contenant Ogr.6911 de potasse servent au dosage de l’alcali présent. Après les résultats de cette épreuve, on neutralise 10 ou 20 centimètres cubes de la solution par l’acide azotique, on y ajoute un peu de chromate simple de potasse, puis 1/10 d’azotate d’argent jusqu’à ce que tout le chlore soit précipité, et on calcule d’après le sel d’argent dépensé la proportion du chlore en chlorure de potassium. Alors, on sature de 10 à 20 centimètres cubes par l’acide chlorhydrique et on y ajoute 5 centimètres cubes, ou autant qu’il est nécessaire de la solution normale de chlorure de baryum. La liqueur avec le précipité est chauffée jusqu’à l’ébullition et précipitée encore chaude par un excès de carbonate d’ammoniaque et d’ammoniaque, et l’excès de baryte est précipité à l’état de carbonate de baryte. On filtre ensuite, et le précipité est lavé sur le filtre, et celui-ci avec son contenu réintégré dans le même flacon où avait eu lieu la précipitation, et arrosé avec autant de centimètres cubes d’acide azotique qu’on avait employé de chlorure debaryum,chauffé légèrement, et après le refroidissement, on dose l’excès d’acide par l’ammoniaque normale.
- L’emploi de volumes égaux de chlorure de baryum et d’acide azotique simplifie beaucoup le calcul, on n’a plus en effet qu’à déduire le nombre de centimètres cubes d’ammoniaque dépensés de ceux du chlorure de baryum. Le reste de cette soustraction est la quantité qui a servi à la formation du sulfate de baryte, et on calcule immédiatement le sulfate de potasse d’après lç chlorure de baryum suivant la formulé
- 122,QBaCI = 87/11 £G, SQL
- Dès qu’on connaît la dépense en acide normal, la quantité au résidn insoluble, celle du chlorure de potassium et du sulfate de potasse, on possède tous les éléments du calcul pour reconnaître si une potasse renferme ou non de la soude* En quelques heures on peut faire trois à quatre analyses par cette méthode. Un exemple donnera une idée plus précise de cette sorte de calcul.
- 6gr.911 de potasse dissous dans 100 centimètres cubes d’eau, fib très sur un filtre sec et reçus dans un verre bien sec, ont donné 0gr.0589 de résidu calciné.
- A 10 centimètres cubes de lu dissolution claire, on a ajouté de la cochenille, on a titré par l’acide azotique normal; il a fallu pour cela 7cent.cub.9 de cet acide.
- A 10 centimètres cubes de cette liqueur neutralisée, on a ajouté du chromate de potasse et de l’azotate d’argent ; on a dépensé de ce dernier 2cent-cub45 correspondant à 0gr.01827 de chlorure de potassium.
- 20 centimètres cubes ont été sursaturés par l’acide chlorhydrique, et on y a ajouté 5 centimètres cubes de chlorure de baryum, on a précipité toute la baryte par le carbonate d’ammoniaque, lavé ou dissous le précipité dans 5 centime très cubes d’acide azotique, dont ou a dosé l’excès par l’ammoniaque, Ie chlorure de baryum accusé par l’acide sulfurique = Ogr.43554 Ogr.311 RO, SOL On a donc tout réduit pour 100 centimètres cubes ou 6gr.911 :
- Résidu.............0*r'0589
- Chlorure de potassium. O 1827 Sulfate de potasse.. . . 1 5550
- lgr-7960
- Déduisant ce chiffre du poids de la potasse employée=6gr.911, ou obtient, pour le poids du carbonate alcalin, 5gr.ll34. Si on suppose que ce soit du carbonate de potasse pur, il faudrait, pour sa sa-
- turation,
- 5,1134X100 6.91
- :74centhm
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- cubes d’acide azotique normal ; et comme on en a dépensé 79 centimètres cubes, il en résulte que la Potasse renferme du carbonate de soude, c’est-h-dire de la soude.
- Pour s’assurer dans quelle proportion le carbonate de soude entre dans la composition de cette po-. sse, on n’a qu’a prendre en considération les diverses quantités d acide carbonique qu’exigent ces
- 0,31833.'» -f 0,41310 y = l«r.738 (: et en outre :
- (2)
- deux alcalis pour être transformés en carbonates simples. On trouve, pour le carbonate de potasse, qu’il en renferme 0,31833 partie de son poids en acide carbonique, et le carbonate de soude, la 0,4151 partie. Si donc on désigne par x le carbonate de potasse, et le carbonate de soude par y, les quantités respectives d’acide carbonique seront exprimées par :
- 79,0 centim. cubes N05 normal)
- a?-|-?/=5gr-1134 = le poids des deux sels.
- Pour pouvoir déterminer k l’aide de ces deux équations, par exemple la valeur de y, on élimine x eü multipliant l’équation (2) par le coefficient de x dans l’équation (1), et en cherchant la somme de cette Première opération.
- 0.31833 a;-f 0.41510 y=1.7380 0.31833 a; -f 0.31833 y=1.6277 0.09677 y=0.1103
- Donc y.
- 0,1103
- 0,09677 = 1«r-14 de carbonate de soude et æ= 5,1134 —1,14=3 gr.9734 de carbonate de potasse.
- La composition de la potasse dans 6gr.91 est, en conséquence :
- 3.9734 carbonate de potasse J Dans 100 parties du mélange 1.1400 — de soude I 77,7K0,C02+22,3Na0,C0s.
- 1.5550 sulfate de potasse 0.1827 chlorure de potassium 0.0589 résidu insoluble
- 6 9100
- et sur 100 parties :
- Carbonate de potasse. . . 57.56 — de soude. . . . 16.50
- Sulfate de potasse.......22.45
- Chlorure de potassium. . 2.64
- Résidu insoluble........... 0.85
- 100.00
- . Malgré que ce calcul soit fort simple, il demande cependant plus Je temps que l’analyse elle-même. J’ai donc calculé la table qui suit Süi donne la quantité d’acide azo-hque normal que des mélanges des deux alcalis carbonatés, contenant de 1 k 99 pour 100 de carbonate de Potasse ou de soude exigent pour
- leur saturation. En calculant le poids des alcalis carbonatés purs sur 100 parties, d’après celui de 6gr.911 dépotasse pour en déduire le sulfate de potasse, le chlorure de calcium et le résidu insoluble, et la quantité d’acide azotique qui a été dépensé, et comparant avec le même nombre donné par la table, on trouve immédiatement, et avec une précision bien suffisante dans la pratique, le rapport dans lequel les deux sels sont présents dans la potasse.
- Un gramme du mélange de carbonate de potasse et de carbonate de soude exige, en acide azotique normal et en centimètres cubes :
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- A. 1 aide de cette tablé, on trouve a proportion en carbonate de sou-e contenu dans les 5gr.ll34d’al-ca“s carbonatés purs, qui ont exigé
- pour leur saturation 79 centimètres cubes d’acide azotique normal, par le calcul suivant :
- 5,1134 : 1,0 :: 79cent.cub.O : x— lScent.cub.45 d’acide azotique normal.
- Hans la table, on trouve, en regard de 15,44 acide, le chiffre 22 Pour 100, et en regard de 15,48, Celui de 23 pour 100 en carbonate de soude. Il en résulte que lccent.cub.45 d’acide azotique cor-respondent à 22,25 pour 100 de s°ude. Le calcul plus exact aurait aonné 22,30 pour 100 en NaO, CO2.
- Emploi du fluor dans la fabrication de la soude.
- Par M. W. Weldon.
- Il n’est pas de chimiste qui ne jfacheque lorsque deux équivalents sulfate de soude sont traités par an équivalent d’acide chlorhydri-, un équivalent du sulfate est convention bisulfate, tandis que autre équivalent est transformé en chlorure de sodium. Je ne sache Pas, toutefois, que personne ait fait 1>eniarquer avant moi que quand le Sulfate de soude est traité de la |Uême manière par l’acide fluorhy-urique, il se développe exactement a même réaction, moitié du sulfate est convertie en bisulfate, et l’autre unaitié est transformée en fluorure ue sodium.
- Maintenant, parmi les différents que présentent le chlorure et le miorure de sodium, il en est une 9ub sous le point de vue de la fabrication de la soude, est d’une importance considérable; le chlorure ue sodium demandant, pour sa conversion en soude caustique, une sçrie d’opérations, dont l’une exige 1 intervention d’un acide énergi-ue, tandis que le fluorure de so-lum peut être converti en soude caustique par une seule opération bonsistant simplement à le faire bouillir avec la chaux ou avec l’un
- quelconque des autres oxydes métalliques.
- En présence de ce fait, que la réaction entre le sulfate de soude et l’acide fluorhydrique, sans qu’il y ait aucune destruction d’acide sulfurique, donne un composéaussi facile à caustifier que le carbonate de soude lui-même, j’ai pensé qu’il serait possible de baser un procédé manufacturier au moyen duquel on produirait de la soude non-seulement, sinon exactement, sans emploi et, dans tous les cas, sans dépense d’acide sulfurique; mais, en réalité , sans consommer d’autres matières quelconques que du sel marin et de la houille, tous les autres réactifs employés étant régénérés et rentrant en charge continuellement.
- La première des opérations, dont le nombre est de quatre, au moyen desquelles on atteint ce but avec facilité, consiste dans la production du sulfate de soude par double décomposition entre le chlorure de sodium et le sulfate de magnésie auquel on a associé au moins un atome d’eau, les produits, indépendamment du sulfate de soude, sont de la magnésie et de l’acide chlorhydrique.
- La seconde opération consiste à traiter le sulfate de soude ainsi obtenu par l’acide fluorhydrique, en produisant ainsi du fluorure de sodium et du bisulfate de soude.
- Dans la troisième opération, 011 décompose le fluorure de sodium obtenu dans la seconde par le moyen de la magnésie qui est un des produits de la première opération, et on obtient ainsi de la soude caustique et du fluorure de magnésium.
- La quatrième opération consiste à décomposer le fluorure de magnésium ainsi produit dans la troisième opération, au moyen, soit du
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- bisulfate de soude qu’on a recueilli dans la seconde, ou de son second équivalent d’acide sulfurique d’une manière convenable quelconque, avec reproduction du sulfate de magnésie qui sert à répéter la première opération, et de l’acide fluor-hydrique qui sert à répéter la seconde.
- Tous les réactifs employés à la transformation du sel marin en soude, sont donc, par cette méthode, régénérés continuellement, et les seuls matériaux qu’on consomme sont le sel et une quantité comparativement faible de combustible.
- La seconde de ces quatre opérations est remarquable comme transformant non-seulement le sulfate de soude en un composé qu’on peut caustifier aisément sans détruire son acide sulfurique, mais aussi en ce qu’elle n’exige aucune dépense de combustible, la réaction entre le sulfate de soude et l’acide fluor-hydrique ayant lieu aux températures ordinaires. Le sulfate de soude et l’acide fluorhydrique étant mis en contact dans, un vase convenable qui peut être en plomb, gutta-percha, caoutchouc vulcanisé ou bois imprégné de paraffine, une agitation un peu vive est tout ce qui est nécessaire pour que la réaction s’effectue complètement en quelques minutes. Alors, abandonnant au repos, le fluorure de sodium se dépose très-promptement en formant, un précipité dense, ne retenant que fort peu de liquident permettant d’en séparer la liqueur surnageante très-complètement et sans la moindre difficulté.
- La troisième opération exige du combustible, mais pas beaucoup : la caustification du fluorure de sodium au moyen de la magnésie, quoique demandant quelques dispositions et précautions spéciales, est aussi aisée que la caustification du carbonate de soude par la chaux. Quant à la quatrième opération , elle exige encore moins de combustible que la troisième, la
- décomposition du fluorure de magnésium par l’acide sulfurique n’ayant peut-être pas lieu assez promptement aux températures ordinaires, et au contraire marchant avec une grande rapidité lorsque la température est seulement élevée légèrement.
- Là seule des quatre opérations qui exige à peu près autant de combustible que l’une quelconque des opérations au fourneau , dans la fabrication ordinaire de la soude, est la première. Cette opération peut s’exécuter soit à sec, soit par la voie humide, en chauffant, dans chaque cas, un mélange des deux sels, ou bien en les dissolvant ensemble et refroidissant la solution k environ—4° ou— 5° C., au moyen des appareils de M. Carré, de M. Kirk, ou de tout autre invention propre à produire un froid artificiel. Il est un peu plus facile d'éviter la perte d’acide sulfurique, lorsque la décomposition s’effectue par la dernière méthode, que lorsqu’elle s’opère par la voie sèche; et autant que j’ai pu m’en assurer, les frais pour combustible, main-d’œuvre, usure, pour effectuer cette décomposition au moyen de l’appareil de M. Carré, non-seulement ne sont pas plus élevés, mais sont peut-être un peu moindres que ceux pour combustible, main-d’œuvre et usure dans une opération correspondante au fourneau.
- Néanmoins, quand la décomposition du chlorure de sodium par le sulfate de magnésie s’effectue par la voie sèche, il faut avoir recours à une nouvelle opération consistant dans l’évaporation k siccité des eaux-mères et k la calcination du résidu, afin de décomposer l’hydrate de chlorure de magnésium dont la solution compose principalement ces eaux-mères en acide chlorhydrique et en magnésie. Cette nouvelle opération porte seulement leur nombre à cinq, autant qu’il en faut pour convertir le sel marin en soude caustique par le procédé ordinaire, la fabrication de l’acide sulfurique étant comptée
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- comme l’une de ces opérations; Oïais les cinq opérations exigent tooins de temps que par le procédé ordinaire, puisque celui par l’acide fluorhydrique peut convertir d’é-oormes charges de sel en soude caustique en solution en aussi peu oe temps que deux à trois heures. Comparé au procédé actuellement en usage, celui proposé a donc l’a-^otage d’occuper moins de temps, o exiger moins de travail, moins ue combustible, un établissement bien moins étendu, de ne produire aucun résidu inutile et de ne dépenser ni acide sulfurique ni chaux. Au fait, comme je l’ai dit, ce nouveau procédé produit de la soude caustique en ne consommant rien autre chose que du sel marin et du combustible.
- Après avoir décrit le procédé fluosodique qui est dès maintenant praticable, je ferai mention en quelques mots d’un procédé plus accéléré et plus simple que, malgré qu’il n’ait pas encore atteint tout degré possible de perfection, j’espère être en mesure de rendre Prochainement manufacturier.
- De tous les procédés qu’on peut concevoir pour fabriquer la soude, le plus simple probablement est celui qui consisterait à décomposer le chlorure de sodium par la vapeur d’eau, en produisant en une seule opération de la soude caustique et de l’acide chlorhydrique. Cette réaction est assez aisément praticable sur une petite échelle, mais quand on veut agir en grand, en se heurte contre des difficultés qui jusqu’à présent ont paru insurmontables et qu’on peut à peine espérer vaincre. Quelques-unes, il est vrai, de ces difficultés n’existent pas en ce qui concerne la décomposition du fluorure de sodium par la vapeur, et quant à moi, l’expérience de cette réaction m’a convaincu que son accomplissement sur une grande échelle ne présentera pas d'obstacles que quelques efforts persévérants ne puissent surmonter. Dans ce cas, le nombre des opérations exigées pour trans-
- former le sel en soude par voie de production intermédiaire du fluorure de sodium, se réduira à trois dont la première consistera à produire deux équivalents de sulfate de soude par la réaction entre un équivalent de chlorure de sodium et un équivalent de bisulfate de soude. La seconde opération aura pour objet de produire par le traitement des deux équivalents de sulfate de soude ainsi obtenus dans la première opération, et avec un équivalent d’acide fluorhydrique, un équivalent de fluorure de sodium qu’on convertira en soude caustique et un équivalent de bisulfate de soude avec lequel on répétera la première operation. Enfin, la troisième opération consistera à décomposer par la vapeur le fluorure de sodium obtenu dans la seconde avec production de soude caustique et reproduction de l’acide fluorhydrique qui servira à répéter la seconde opération.
- L’acide fluorhydrique, soit qu’on le produise par la réaction de la vapeur sur le fluorure de sodium, soit par celle de l’acide sulfurique sur le fluorure de magnésium, doit être condensé dans une tour à coke comme celle dont on fait ordinairement usage pour condenser l’acide fluorhydrique, mais doublée en plomb, en gutta-percha ou en bois imprégné de paraffine ou autre substance sur laquelle l’acide fluo-rique exerce peu d’action. Lorsqu’on obtient l’acide fluorhydrique parle moyen de l’acide sulfurique, il s’échappe à une température tellement basse que sa condensation est beaucoup plus facile que celle de l’acide chlorhydrique, tel qu’on l’obtient actuellement, mais quand cet acide fluorhydrique est produit par le moyen de la vapeur, il exige la même énergie dans les moyens de condensation que ceux employés communément pour l’acide chlor-j hydrique.
- Enfin, il peut y avoir de l’intérêt à indiquer qu’on peut produire le fluorure de sodium en faisant agir
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- directement l’acide fluorhydrique sur le chlorure de sodium même. Lorsqu’on ajoute de l’acide fluor-hydrique concentré à une solution saturée de chlorure de sodium, le tout prend à l’instant un aspect laiteux, et il se forme peu h peu un précipité consistant en fluorure de sodium mélangé h des fluorures de calcium et de magnésium, si un chlorure de ces bases est présent dans le sel marin, et il se produit en même temps une quantité d’acide chlorhydrique équivalant aux fluorures formés. Toutefois, par cette méthode, il n’y a qu’une portion du chlorure de sodium qui soit transformée en fluorure, et on obtient un bien meilleur résultat en faisant passer de l’acide fluorhydrique gazeux dans une solution de chlorure de sodium, en ayant soin d’abord de refroidir le gaz. Il y a plusieurs raisons pour croire qu’en procédant de cette manière et en adoptant quelques autres précautions, il sera possible de convertir complètement le chlorure de sodium en fluorure.
- Sur la fabrica tion du jaune d’urane à Joachimsthal en Bohême,
- Par M. E. Vysoky, contrôleur des mines.
- Le minerai d’urane est brisé et bocardé sur la mine, ou bien livré à la fabrique sous la forme de schlich. Pour ouvrir encore davantage ce minerai bocardé et le préparer à être grillé et mis en dissolution, la fabrique le fait moudre finement : quant au schlich, il n’a pas besoin d’être moulu, il est assez fin.
- Le minerai avec le schlich renferme depuis plusieurs années en moyenne environ 40 pour 100 de protoxyde d’urane et en outre de l’arsenic, du soufre, un peu de vanadium, de molybdène, de wolfram, et enfin de la silice, du fer, du manganèse, de l’alumine, du cobalt, du nickel, du cuivre, du
- bismuth, du plomb, de l’argent, de la chaux et de la magnésie.
- Dans le moment actuel, on produit trois sortes de jaune d’urane :
- a Jaune d’uranejCes deux sor-clair. f tes sont des
- b Jaune d’uranet uranates de orange. J soude.
- c, uranate d’ammoniaque, appelé à tort oxyde d’urane ou uranoxyde dans le commerce. Il a une couleur semblable h celle du jaune d’urane clair, mais il est plus ou moins jaune citron vif.
- Grillage. Le minerai moulu ou le schlich est grillé, et on distingue un grillage de préparation et un grillage de raffinage qui tous deux se donnent dans un four à réverbère à une sole. Le grillage s’opère par charges de 75 à 78 kilog. de minerai ou de schlich sans addition de flux. Cette opération a pour but de volatiliser la plus grande quantité possible de soufre et d’arsenic et de faire passer le protoxyde d’urane, état sous lequel il est contenu dans le minerai ou le schlich, à celui de sesquioxyde. Le grillage de préparation est terminé quand il cesse de se volatiliser du soufre et de l’arsenic. La durée de cette opération varie, suivant la pureté du minerai, de 4 à 9 heures, et en général elle est plus courte avec le minerai riche qu’avec le minerai pauvre ou le schlich. Le schlich, en effet, a besoin d’être grillé plus longtemps, parce qu’il renferme beaucoup de pyrites. Le grillage de préparation se donne à une température croissant peu à peu, afin que le minerai et surtout le schlich ne s’agglomèrent pas et qu’il ne se forme pas ainsi des conglomérats.
- Une fois le grillage terminé, opération qu’on pousse, comme on dit, jusqu’au grillage h mort, on arrête le feu afin que la charge se refroidisse un peu dans le four. Alors on saupoudre cette charge avec 1 1/2 pour 100 de soude calcinée et 12 pour 100 d’azotate de soude. On laisse cette charge en grillage | préparatoire refroidir un peu dans
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- le four, afin que la soude introduite ne fonde pas, ce qui aurait pour conséquence la formation de conglomérats qui s’opposeraient à la complète dissolution dans l’acide, opération qui va suivre. Dès que la soude a perdu son humidité, on felève peu à peu la température jusqu’au terme du grillage de raf-lnage. Ce grillage de raffinage qui, c°mme celui de préparation, s’exé-cute en brassant constamment et }a durée qui est en général de 3 jjeures,a pour objet, par l’addition de la soude et du nitrate de soude, de former des sels de soude et sUrtout la combinaison du sesquioxyde d’urane, des acides vanadi-ffite, molybdique, tungstique et génique avec la soude, et l’addition de l’azotate de soude a principalement pour but de faciliter 1 oxydation pendant ce grillage de raffinage. Pendant la dernière heure de ce grillage, on augmente le feu afin de s’opposer à ce que le miserai ne se dissipe en poussière par le tirage du four. Dans le grillage de préparation et dans celui de raffinage, on brûle des lignites.
- Lavages. Le minerai grillé en raffinage et refroidi ou le schlich fiu’on obtient, est tamisé pour en separer les conglomérats (1) qui iraient pu se former et introduit Par charges de 28 kilog. dans une Cljve de lavage pourvue d’un filtre, afip d’enlever complètement par ^°ie de lixiviation à l’eau chaude *es sels sodiques solubles formés Par les acides arsénique, sulfurisé, vanadique, molybdique et Jaogstique (2), tandis que l’uranate de soude reste dans les résidus avee les autres métaux (fer, cobalt,
- 0) Ces conglomérats sont broyés dans Ul! mortier. Si on s’aperçoit qu’ils sont p'tlés complètement jusqu’au centre, on es ajoute au minerai tamisé, dans le cas -°ntraire,on les débarrasse à l’eau chaude aes sels solubles, on les grille de nouveau |vec un peu de soude et on les soumet j* de nouveaux lavages; enfin, on dissout j~.ans l’acide sulfurique. Ces solutions sont JOutées à celles du minerai pulvérulent.
- (2) Ces eaux de lavage sont en grande t’artie traitées pour en extraire le vana-datede soude.
- nickel, cuivre, argent, etc.) et les matières terreuses; on poursuit ces lavages jusqu’à ce que le chlorure de baryum ne donne plus qu’un léger trouble de sulfate de baryte.
- Dissolution. Le résidu des lavages est introduit dans une cuve à dissolution où on l’arrose avec 2 à 3 litres d’eau chaude et l’agite pour en faire une bouillie, à laquelle on ajoute 13kil.50 d’acide sulfurique bien exempt d’arsenic marquant de 55 à 66°, en brassant constamment avec un agitateur en bois. Pour plus de sûreté et dans le cas où le grillage n’aurait pas déterminé une oxydation complète, on ajoute encore à la solution sulfurique de 250 grammes à 1 kilog. d’acide azotique jusqu’à ce qu’il ne se développe plus de vapeurs rutilantes. Après que la bouillie ainsi obtenue a été abandonnée pendant environ deux heures au repos pour donner à l’acide le temps d’exercer son action, on verse dessus soit de l’eau pure, soit de faibles solutions renfermant de l’urane afin de l’étendre. La solution renferme principalement du sulfate d’urane et les sulfates des autres métaux et des terres. Le résidu insoluble dans l’acide sulfurique contient principalement de la silice, de l’oxyde de fer, du sulfate de chaux et parfois de l’argent. On sépare aussi complètement qu’il est possible cette solution de ce résidu par des décantations répétées. Ce résidu est réuni dans la cuve à fil-, tration où on le lave à l’eau chaude jusqu’à ce qu’il n’indique pas la moindre présence de l’urane (1).
- (1) On s’en assure au moyen du cyano-ferrure de potassium qui, comme on sait, est un réactif très-sensible pour l’urane. La solution qu’on veut examiner est aiguisée avec l’acide acétique ou l’acide chlorhydrique étendu, et on y ajoute du cyanoferrure de potassium. Si cette solution renferme seulement une trace d’urane, on voit apparaître une coloration qui, lorsqu’elle n’est pas rouge, tire manifestement au brunâtre du cyanoferrure d’urane. Cette réaction, indépendamment de sa sensibilité, présente cet avantage important qu’elle permet la fabrication 1 du jaune d’urane pendant la nuit, lors-
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- Les lessives faibles recueillies par le lavage du résidu insoluble servent à étendre la bouillie, comme on l’a dit ci-dessus (1).
- Précipitation et solution avec la soude. Les lessives de sulfate d’u-rane obtenues par la décantation sont versées dans la cuve à clarification alin de les obtenir parfaitement claires (2), puis on les traite dans la cuve à précipitation par la soude. Pour cela, on ajoute à ces liqueurs un excès d’une dissolution de soude. Par ce traitement, non-seulement on voit tout d’abord les métaux étrangers et les terres se précipiter, mais il en est de même du sesquioxyde d’urane. La soude ajoutée en excès dissout en outre le sesquioxyde qui s’est précipité, et il en résulte une solution jaune de carbo-uranate de soude dans laquelle tous les corps étrangers se précipitent au fond (3).
- qu’il s’agit de très-fortes livraisons, attendu que cette coloration rouge ou brunâtre est facile à saisir, même à la lumière des lampes.
- (1) Le résidu (minerai de résidu) est jeté comme n’ayant plus de valeur. Il n’y a que dans le cas où il renferme de l’argent, du cobalt ou du nickel qu’on le soumet à l’état brut à une fusion. Le minerai de résidu ne renferme pas en général d’urane ou n’en contient seulement que des traces. Il se passe bien des années avant qu’on soit obligé de retravailler ces charges.
- (2) Le schlamm de la cuve à clarifier, qu’on appelle précipité vert, renferme du sulfate de chaux et des combinaisons de l’acide arsénique avec le cuivre, l’u-rane, etc.; on le fait sécher avec de la braise, puis on grille avec la soude, on lessive pour éliminer le sulfate et l’arsé-niate de soude qui se sont formés, et enfin on dissout dans l’acide sulfurique. Ces solutions sont ajoutées à celles qu’on obtient de la dissolution du minerai.
- (3) Les métaux étrangers et les terres qui se déposent dans la cuve à précipiter à la soude, et auxquels on donne le nom de résidus sodiques, étant imprégnés de solution d’urane, sont jetés sur un filtre en toile, afin de les dépouiller de la plus grande portion de cette solution urani-que qu’on verse aussi dans la chaudière à réchauffer dont il sera question plus bas. Les résidus sodiques qui restent sur le filtre sont versés dans une chaudière en cuivre, dite chaudière à résidus, pour dissoudre tout le sesquioxyde d’urane qui aurait pu se précipiter, puis bouillis à plusieurs reprises avec la soude et 111-
- Chauffage préalable. La solu-tion, après sa clarification, est, au moyen de robinets, extraite des cuves à précipitation, et on la fait çouler dans des récipients disposés au-dessous et de là dans une chaudière en cuivre dite de premier chauffage. Ce premier chauffage est indispensable, parce qu’il arrive souvent qu’il se forme des bicarbonates , entre autres ceux de fer et de chaux, qui restent en dissolution dans la lessive d’urane. Ces sels sont précipités par le chauffage préalable, attendu que les matières étrangères se précipitent au sein de la solution uranique. Ce chauffage préalable, qui dure de 2 à 3 heures, étant terminé, toute la liqueur puisée dans la chaudière de premier chauffage est retransportée dans la chaudière à clarifier, et la solution de carbo-uranate de soude ne tarde pas à s’éclaircir* Les matières étrangères qui s’y déposent sont enlevées de temps à autre pour être traitées comme les résidus sodiques dont il a été question ci-dessus. La solution de carbo-uranate de soude, qui a une couleur jaune vineux, et qu’on peut faire couler par des robinets dans les récipients, est maintenant traitée de manière à pouvoir en préparer immédiatement les trois sortes de jaune d’urane, ainsi qu’on va le décrire.
- Précipitation du jaune d’urane clair. Si on veut fabriquer du jaune d’urane clair, la solution de carbo-uranate de soude empruntée à la cuve à clarifier, est versée dans une chaudière en cuivre dite à précipitation, où on la fait bouillir* Pendant qu’elle bout, on y ajoute peu à peu de l’acide sulfurique
- très chaque fois, jusqu'à ce qu’ils ne renferment plus d’urane. La solution uranique pauvre qu’on obtient ainsi est mis0 en cuve et distribuée suivant le besoin entre les lessives riches des cuves à précipitation par la soude. Le résidu qu’on trouve sur le filtre (qui se compose principalement d’hydrate d’oxyde de fer) n’a aucune valeur que quand il renferme de l’argent, du cobalt et du nickel,, cas , dans lequel on le soumet à une fusion*
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- très-étendu jusqu’à ce que tout l’aide carbonique se soit dégagé, au ^oyen de quoi le jaune d’urane se Précipite avec une teinte claire. Les eaux-mères qui en résultent renferment du sel de Glauber ou suinte de soude. La précipitation est complète lorsque la liqueur ne rou-plus le papier bleu de tourne-SoK et que le cyano-ferrure de po-tassium n’y indique plus de traces d urane. Le tout, tant le jaune d’urne que les eaux-mères, est éva-Cué de la chaudière et versé dans uae cuve pourvue de robinets pour y éclaircir; on évacue les eaux-^ères claires, on puise le jaune d’urane qu’on jette sur un filtre avec un peu d’eaux-mères, on laisse altrer, on lave à l’eau chaude, on soumet à la presse, et on fait sé-cher à l’étuve sur des planches recouvertes de fort papier.
- . Le jaune sec est encore lavé plusieurs fois sur filtre avec de l’eau chaude pour le débarrasser du sel de Glauber adhérent, séché de nouveau, broyé dans des capsules de Porcelaine, empaqueté dans un papier bleu par poids d’une livre de Vienne (0kil.560), avec étiquette Sur les paquets.
- Précipitation du jaune d'urane ?range. Si on veut préparer du luune d’urane orange, on verse la solution de carbo-uranate de soude de la cuve à clarifier dans celle à Précipiter, et on précipite le jaune d’urane avec une nuance orange Par la soude caustique. Plus la Solution est chaude, mieux la précipitation réussit ; celle-ci est complète quand la liqueur filtrée, aiguisée par l’acide acétique, n’indique plus de trace d’urane avec le cyano-ferrure de potassium. Les eaux-mères qui renferment un mélange de sel de Glauber, de carbonate de soude et de soude caustique, sont évacuées, et on traite le jaune comme on l’a décrit pour le Jaune clair. C’est en 1858 que j’ai découvert le mode de fabrication de ce produit.
- Précipitation de l’uranate d’ammoniaque. Pour préparer l’uranate
- d’ammoniaque, on transporte encore la solution de carbo-uranate de soude des cuves à clarifier dans celles à précipiter. Dans ces cuves qui sont disposées dans un local aéré voisin de la fabrique, on verse en quantité suffisante du sulfate d’ammoniaque , et on fait bouillir au moyen de la vapeur d’eau. L’acide carbonique se combine à une partie de l’ammoniaque et se dégage sous forme de carbonate de cette base, et il se précipite de l’uranate d’ammoniaque au sein des eaux-mères qui renferment du sel de Glauber, et qu’on laisse écouler de la cuve. On s’assure que tout l’u-rane a été précipité par le cyano-ferrure de potassium. Le jaune est versé dans la cuve à décanter pour entraîner le sulfate de soude au moyen de lavages à l’eau chaude, à laquelle on ajoute une petite quantité de sel ammoniac bien exempt de fer, parce qu’autrement les lavages répétés dissoudraient un peu d’uranate d’ammoniaque, ce que prévient le sel ammoniac. Les lavages sont terminés lorsque le chlorure de baryum n’indique plus la présence de l’acide sulfurique, ce qui signifie que toute la soude ou mieux le sulfate de soude a été éliminé. Le jaune lavé est recueilli sur un filtre, séché à l’étuve sur des tablettes garnies de papier, broyé dans des capsules de porcelaine, et empaqueté en livres. J’ai, au commencement de 1865, mis en pratique, à Joachimsthal, ce mode de fabrication de l’uranate d’ammoniaque.
- On peut obtenir le même résultat que donne le sulfate d’ammoniaque, au moyen du sel ammoniac exempt de fer, mais avec cette différence que les eaux-mères ne renferment plus du sulfate de soude, mais du sel marin avec un peu de sulfate de soude, parce que la solution de carbo-uranate de soude renferme du sulfate de soude. J’ai, en effet, pendant quelque temps, préparé 75 à 80 kilog. d’uranate d’ammoniaque par ce moyen, mais je n’ai pas tarde à remplacer le sel
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- ammoniac par le sulfate d’ammoniaque , et cela par deux raisons : la première, parce que le sulfate d’ammoniaque est à un prix bien moins élevé que le sel ammoniac, dont cependant on dépense un peu moins; et la seconde, parce qu’avec les trois sortes de jaune d’urane, on obtient les mêmes eaux-mères, k savoir celles chargées de sulfate de soude, chose importante à l’usine de Joachimsthal, parce que, par l’évaporation de ces lessives qu’on jette actuellement, on pourra
- Sarer prochainement, avec le Lte de soude, du sulfure de sodium pour l’extraction de l’argent.
- A l’aide du procédé qu’on vient de décrire, on produit économiquement de l’uranate d’ammoniaque, qui est la matière première la plus commode pour obtenir diverses préparations d’urane, par exemple, l’azotate d’urane (1).
- (1) La fabrique de jaune de Joachiœ-stbal n’a commencé à fabriquer en grand qu’en 1853. Cette année, elle n’a produit que 846 kilog. de jaune clair, mais elle s’est beaucoup développée depuis et a fabriqué en 1865 1177 kilog. de jaune clair, 1980 kilog. de jaune orange et 932 kilog. d’uranate d’ammoniaque, en tout 4089 kilog. De 1853 à 1865 inclus, elle a livré au commerce 28,236 kilog. de ces produits divers. Il y a une trentaine d’années, le quintal (56 kilog.) de minerai d’urane de Joachimsthal était vendu pour quelques écus à des fabriques de jaune étrangères ; à partir de 1842, le minerai à 80 pour 100 d’oxyde d’urane s’est vendu 104 fr. le quintal, celui moins pur 78 fr. et celui impur 32 fr. Mais au commencement de 1845, la direction des mines a fixé le prix du plus pur à 728 fr. les 56 kilog. Enfin, à dater de 1853 où la fabrique de jaune a commencé à être exploitée, on a établi un tarif basé sur la richesse du minerai en protoxyde d’urane à partir de 4 pour 100, richesse au-dessous de laquelle il n’y a pas de profit, jusqu’à celle de 90 pour 100, tarif où les prix augmentent dans une proportion plus rapide que la richesse, et où le minerai de 40 pour 100 est tarifé à 538 fr. et celui de 80 pour 100 à 1,134 fr. les 56 kilog. La fabrique livre actuellement le jaune clair et le jaune orangé au prix de 55 fr., et l’uranate d’ammoniaque à celui de 65 fr. le kilog., tandis que lorsque ce produit était exploité jadis par des fabriques étrangères, les fabricants de porcelaine et de verre payaient le jaune clair 92 et jusqu’à 166 fr. le kilog.
- Nouveau procédé de fabrication de la céruse.
- Par M. P. Spence.
- Ce nouveau procédé se distingue de tous les autres, en ce qu’on peut fabriquer de la céruse avec des matières actuellement sans valeur, tandis que dans les procédés par l’acide acétique, il faut employer le plomb ou l’oxyde de plomb le plus pur, et dans celui de Pattin-son, par l’acide chlorhydrique, une galène extrêmement pure, exempte ae fer ou de cuivre, ou bien débarrasser ultérieurement le chlorure de plomb qui s’est formé de ces métaux ou d’autres, avant de l’employer à la précipitation de l’oxychlorure par les alcalis ou les terres alcalines.
- Dans le nouveau procédé, tout minerai ou déchet qui renferme du plomb, peut servir à fabriquer de la céruse, peu importe les autres métaux que ce minerai renferme, le procédé éliminant directement le plomb sans toucher aux autres parties constituantes des minerais, et donnant du blanc parfaitement pur.
- Le procédé est basé sur ce fait, que l’oxyde et le carbonate de plomb se dissolvent dans les solutions de soude ou de potasse caustiques, et sont insolubles dans les carbonates de ces alcalis.
- Pour opérer, on prend donc un minerai ou des déchets renfermant de l’oxyde ou du carbonate de plomb, ou du plomb qui, par voie de calcination ou autrement, peut être converti en oxyde ou en carbonate , et on le fait macérer ou bouillir dans une solution caustn que qui dissout et extrait tout le plomb, et donne une solution limpide et incolore.
- Si le minerai contient des oxydes de fer, de cuivre ou de zinc, la lessive caustique ne les touche en rien et n’attaque que le plomb.
- On fait alors passer dans la solution plombique un courant d’acide
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- carbonique qui carbonate l’alcali, et le plomb se précipite à l’instant a 1 état d’oxyde et de carbonate. La solution est alors rendue de nou-veau caustique par la chaux vive, et toute prête à agir de nouveau sur une matière contenant de l’oxyde de plomb.
- Le précipité de céruse n’a besoin ne d’être lavé pour le débarrasser e la solution de carbonate alcalin, puis séché. Dans cet état, on peut le livrer au commerce.
- La céruse ainsi produite a été s°umise à l’examen des peintres jjni, dit-on, l’ont trouvée égale aux nonnes sortes du commerce. Elle a aussi été essayée par des verriers Hui ont reconnu sa bonne qualité.
- Lisons, toutefois, que ce n’est encore qu’un procédé de laboratoire rçui a été expérimenté sur un minerai ainsi composé : zinc 30,656, Soufre 26,483, silice 19,154, plomb 13,148, fer 9,121, cuivre 1,027, Rumine 0,216, argent 0,02, humidité 0,122, total 99,949 ; mais qu’il n’a pas encore fait l’objet d’une exploitation en grand.
- Poids spécifiques des dissolutions de sulfate de fer et de sulfate de cuivre.
- Par M. C. Th. Gerlach.
- Avant de terminer une série de déterminations sur le poids spéci-nque des dissolutions des sels métalliques, M. Gerlach a cru devoir taire connaître les résultats qu’il a constatés avec les dissolutions de 9nelques sels des métaux. Nous Présenterons ici ceux qu’il a obtenus en particulier avec le sulfate de fer et le sulfate de cuivre.
- Le Technologiste. T. XXVI11. — Déc<
- Poids spécifique des dissolutions de sulfate de fer cristallisé (Fe O, S03-f- 7aq) à la température de 45° C.
- PROPORTION centésimale. POIDS spécifi- que. PROPORTION centésimale. POIDS spécifi- que. PROPORTION centésimale. POIDS spécifi- que.
- 0 1.000 14 1.077 28 1.161
- 1 1.003 15 1.082 29 1.168
- ç> 1.011 16 1.088 30 1.174
- 3 1.016 17 1.092 31 1.180
- 4 1.021 18 1.100 32 1.187
- 5 1.027 19 1.106 33 1.193
- 6 1.032 20 1.112 34 1.200
- 7 1.037 21 1.118 35 1.206
- 8 1.043 22 1.125 36 1.213
- 9 1.048 23 1.131 37 1 219
- 10 1.034 24 1.137 38 1.226
- 11 1,059 23 1.143 39 1.232
- 12 1.063 26 1.149 40 1.239
- 13 1.071 27 1.155 1
- Poids spécifique des dissolutions de sulfate de cuivre cristallisé ( Cu O, SO3 + 5a(/) à 150 C.
- PROPORTION centésimale. POIDS spécifi- que. PROPORTION centésimale. POIDS spécifi- que. PROPORTION centésimale. POIDS spécifi- que.
- 0 1 000 9 1.062 18 1.129
- 1 1.007 10 1.069 19 1.137
- 2 1.013 11 1-076 20 1.144
- 3 1.020 12 1.084 21 1.152
- 4 1.027 13 1.091 22 1.160
- 5 1.033 14 1.099 23 1.169
- 6 1.040 15 1.106 24 1.177
- 7 1.048 16 1.114 25 1.185
- 8 1.055 17 1.121
- Sur la fabrication du perphosphate de chaux.
- Par M. Stromeyer.
- Les matières brutes qui servent principalement h cette fabrication, sont les os, les noirs d’os, l’apatite, la phosphorite, la sombrerite et les coprolitnes. Voici la manière d’opérer :
- Je ferai d’abord remarquer qu’avec le triphosphate de chaux (3CaO,POs), on emploie deux ato-
- rc 1866. 9
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- mes d’acide sulfurique, ou, quand on veut opérer économiquement, 11/2 atome pour produire un phosphate de chaux Ca0,2H0,P05, ou 3CaO,3HO,2POs. D’après la proportion que renferme la matière en 3Ca0,P05, et son poids atomique (155,4), le fabricant calcule la quantité d’acide sulfurique nécessaire, à laquelle il faut ajouter celle qu’on dépense sans utilité pour décomposer GaO,C02 et CaFl. Ces deux derniers sels calcaires sont donc des parties constituantes fort incommodes des matières brutes. Il faut ajouter à l’acide sulfurique assez d’eau pour qu’elle suffise exactement avec l’eau d’hydratation, à fournir l’eau de cristallisation et chimiquement combinée du sulfate et du phosphate acide de chaux qui résultent. Le mélange se prend promptement en une masse solide et sèche qui n’exige pas de dessiccation artihcielle.
- Les os sont préalablement passés aux cylindres ou mieux traités à la vapeur, séchés et pulvérisés. Les matières minérales sont brisées sous des meules verticales pesantes, et tamisées ou bien passées entre des cylindres, puis moulues entre des meules ordinaires. Les meules verticales pèsent 1,000 à 1,500 kilog., et deux meules de ce genre broient 10 tonnes de copro-lithes en 10 heures de travail. Un moulin à quatre paires de meules
- ordinaires de 0m.90 de diamètre, eut en moudre 28 tonnes en 10 eures.
- Les fabriques anglaises ont toutes un établissement particulier pour la fabrication de l’acide sulfurique dont elles ont besoin, et sans lequel il ne serait pas possible de travailler avec profit. L’acide qu’elles consomment est obtenu par une évaporation modérée de l’acide des chambres, qui marque déjà 48° Baumé (poids spécifique 1,5 = 61 pour 100 SO3, HO), dans des bassines en plomb, ce qui évite une concentration dispendieuse dans des vases en verre ou en platine, les emballages coûteux et le transport.
- Comme dans la réaction de l’acide il se dégage des gaz nuisibles, de l’acide carbonique et de l’acide fluo-silicique gazeux, le cylindre à mélanger est placé sous une cheminée. La bouillie fluide est alors écoulée sur le plancher du local où elle ne tarde pas à se prendre en masse. Avec un cylindre à mélanger de 2 mètres de long sur 1 mètre de diamètre, on peut, en 5 à 6 minutes, produire 300 kilog. de per-phosphate, et, comme en 10 heures de travail, on répète l’opération de 90 à 100 fois, on voit qu’on produit aisément 28 à 30 tonnes par jour. Par exemple, pour produire 1,000 tonnes de perphosphate, on emploie :
- 500 tonnes coprolithes à 31 fr. 25 c. la tonne.. . . 15,625 fr.
- Fermage du fond, intérêts, etc., à 15 fr.......... 7,500
- Transport à la fabrique, à 10 fr.................. 5,000
- Dessiccation et pulvérisation, à 8 fr. 75 c....... 4,375
- 500 tonnes d’acide sulfurique à 52° B., à 75 fr.. . 37,500
- 1,000 journées de salaires, à 5 fr................ 5,000
- Sacs, emballage à 10 fr........................... 1,000
- 85,000
- 1,000 tonnes de perphosphate à 135 fr. la tonne donnent..... 135,000 fr.
- dont il faut déduire :
- Loyer des bâtiments et impôts, à 10 p. 100.... 13,500 i
- Réparations, usure, intérêts à 5 p. 100....... 6,750 [ 33,750
- Agence et annonces............................ 13,500 j
- 101,250
- A déduire les frais ci-dessus. 85,000 Reste......................... 16,000
- ou 16 francs de bénéfice par tonne.
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- Pour fabriquer 1,000 tonnes de perphosphate d’os, on prend :
- 19,500 fr. 30,000 33,750 5,000 10,000
- 1,000 journées d’ouvriers Emballage
- 98,000
- 1,000 tonnes, à 155 fr. la tonne A déduire pour autres frais. 155,000 | 34,000 i 121,000
- ^ par conséquent 23 fr. de béné-llce par tonne.
- „ La fabrique de M. Lawes à Dept-0rd, près Londres, livre 400 ton-aes de perphosphate toutes les serines, ou 20,000 tonnes par an.
- Le prix de vente du perphos-pate de chaux se détermine par a quantité d’acide phosphorique l’eau peut en extraire. On tient a peine compte de celui insoluble, prce que son action en terre est tr°p lente. Cette quantité d’acide Phosphorique soluble varie de 10 a 20 pour 100, et le fabricant la Nantit h 1 pour 100 près.
- Au lieu diacide sulfurique, on Peut aussi employer l’acide chlorhydrique à la fabrication du perphosphate de chaux. Ce dernier est jbême plus avantageux, parce que e chlorure de calcium qui en récite est soluble, qu’il n’enveloppe Pas, comme le sulfate de chaux si Peu soluble, l’acide phosphorique b°n encore combiné, et par conséquent ne s’oppose pas à cette combinaison. Mais, d’un autre côté, un ^Çnie équivalent d’acide chlorhy-^ique est à un prix plus élevé que celui de l’acide sulfurique, et ? uilleurs exige des frais de combustible , parce qu’on obtient une shlution qu’il faut évaporer, puis-l’acide chlorhydrique renferme pus d’eau que ne peuvent en fixer e,s sels résultants Cad et GaPO5
- b
- un autre côté, le perphosphate, Preparè avec le dernier acide, est, aaUs les temps secs, d’un meilleur eiUploi que celui à l’acide sulfuri-^.Ue, parce que le chlorure de cal-uium attire l’humidité de l’air et l°nibe en déliquescence. Les fa-
- Reste......... 23,000 fr.
- bricants de soude pourraient ainsi utiliser leur acide chlorhydrique dont ils ne trouvent que difficilement le débit; mais les fabricants de sucre de betteraves croient avoir remarqué que le chlorure de calcium passe dans ces racines et rend plus difficile la clarification du sucre.
- Préparation de l’éther formique du commerce.
- Par M. P. Stinde.
- L’éther formique a trouvé, dans ces dernières années, un emploi très-étendu dans la fabrication des essences de rhum, d’arack, de vin et autres semblables, et est aujourd’hui un produit fort recherché. Il est bien entendu qu’une pureté chimique de cet éther n’est pas absolument nécessaire pour cet emploi, et aussi la plupart du temps le commerce livre une préparation qui contient, indépendamment de l’éther formique qui y domine, de l’alcool non décomposé et une petite quantité d’acide formique libre.
- Il est facile d’extraire l’acide formique libre mélangé à l’éther, c’est-à-dire au mélange d’éther et d’alcool; mais c’est inutile lorsque l’éther doit servir à la préparation de rhums factices, parce que cet acide contribue au développement de l’arôme qu’on recherche. De même on n’a rien à redouter du mélange de l’alcool non décomposé , qui est sans importance dès qu’une fabrique livre le prétendu
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- éther formique préparé constamment par la meme formule. La composition des diverses essences pour la préparation desquelles l’éther formique est indispensable, n’en éprouve pas non plus d’altération, car dans la composition de ces essences, ce n’est pas la formule, mais seulement la saveur qui règle la proportion.
- La préparation de cette sorte d’éther formique avec l’acide formique seul ou avec des formiates aussi purs qu’il est possible, est une opération trop compliquée et trop dispendieuse pour qu’on puisse s’y livrer avec profit. La méthode qu’on va faire connaître ici permet d’obtenir une préparation qui satisfait au plus haut degré aux besoins des fabricants de rhums, en même temps qu’elle permet d’obtenir un éther formique pur. Afin de travailler avec profit, il est nécessaire d’en préparer, en une seule fois, la plus grande quantité ossible. Toutefois, on rencontre ientôt, dans la préparation de l’acide formique, une limite qu’il n’est pas bon de franchir; le boursouflement de la masse exige un appareil d’énormes dimensions, et par l’emploi d’une trop grande quantité de matières premières, le chauffage devient trop énergique, de manière que le travail présente des dangers.
- L’appareil dans lequel on prépare l’acide formique, consiste en une chaudière cylindrique en fer dont l’intérieur est doublé en plomb, et d’un réfrigérant avec un tuyau refroidisseur en alliage de plomb et d’étain dont on fait les tuyaux d’orgue. La capacité de cette chaudière est de 1m. 15 de hauteur sur un diamètre de 0m.72; l’ouverture supérieure de cette chaudière est fermée par un couvercle en fer bien ajusté dont la face inférieure est également doublée en plomb. Sur ce couvercle est un prolongement dans lequel est ajusté un tuyau en même alliage que ci-dessus. Ce tuyau établit la communication entre le cylindre
- distillatoire et le réfrigérant. Toutes les jonctions, sutures, etc., dans le couvercle et le tuyau qui remplit les fonctions de chapiteau, sont, après le remplissage partiel de l’appareil, mastiquées avec un lut ou mélange h parties égales de tourteau d’huile de lin et d’argile-
- Avant d’assujettir le couvercle de l’appareil, on verse dans celui-ci un mélange de4kil.500 d’affli-don et 14kil.500 de peroxyde de manganèse. Mais comme l’amidon pur est d’un prix trop élevé, on le remplace par les déchets des fabriques de substances amylacées ; en particulier, l’arrow-root en poudre (arrow-root sali et impur), tel que le livrent les grandes fabriques, est d’un emploi très-avantageux. Le manganèse doit renfermer au moins 85 pour 100 de peroxyde pur, et il faudrait avoir le soin de prendre une plus grande quantité proportionnelle d’un manganèse qui serait moins riche.
- Après avoir versé le mélange d’amidon et de manganèse, on applique le couvercle sur l’appareil, et on mastique tous les joints avec le lut indiqué. Alors on verse un mélange bien 'refroidi de 14 kilog-d’acide sulfurique, 2 litres 1/2 d’eau et 7kil.500 d’alcool à 85° centésimaux par l’ouverture dans le couvercle. On applique aussitôt Ie tuyau qui conduit au réfrigérant, et on lute tous les joints. On dispose dès l’origine un vase convenable pour recevoir le produit, afin que la distillation puisse commence!' sans retard. Quand tout est ainsi disposé, on fait arriver dans l’appareil , par un tuyau établi sur le fond de l’appareit distillatoire, et qui se termine par un ajutage en plomb, un fort courant de vapeur; mais on cesse de lancer cette vapeur aussitôt que la paroi extérieure, surtout celle du couvercle de l’appareil, devient chaude. On reçoit à part la première portion du produit distillé, environ 250 grammes, parce qu’elle ne consiste, en grande partie, qu’en alcool non transformé : ce n’est que
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- lorsqu’il se développe une odeur ^omatique, vive, rappelant celle oe l’arack et des stries oléagineu-Ses dans le récipient, que commen-c6 la formation proprement dite de 1 éther.
- Une fois que la distillation est oo marche, il n’est plus nécessaire 06 faire intervenir la vapeur : il y a. plus, cette intervention est nui-Slole. La chaleur qui se développe Par la décomposition qui a lieu oans l’appareil, suffit pour chasser tQut l’éther. Aussitôt que cet éther commence à ne plus couler que goutte à goutte et avec lenteur, on riit arriver un faible courant de vapeur ; mais on retire le récipient pour recueillir à part le produit suivant. Le produit qui a distillé spontanément est l’éther formique ou commerce ; celui qui vient ensuite, et qui a été provoqué par le courant de vapeur, n'est recueilli ^u'autant qu’il marque encore 40° d S0° G., et peut, lorsqu’il possède encore une odeur et une saveur agréables, être mélangé à la masse Principale de l’éther.
- Vers la fin de la distillation, on laisse arriver un courant plus fort ue vapeur; le produit qui a une sapeur acide et une odeur faible d’es-P.rit-de-vin, contient beaucoup d’aride formique libre. On le distille lusqu’à ce qu’il ne contienne plus Çue 2 à 3 pour 100 d’acide. Une expérience de titrage facile à faire Permet de reconnaître ce point.
- ,hès que la distillation a été poussée jusque-là, on l’interrompt, on |ave l’appareil à l’eau froide, et on le remplit de nouveau de la macère indiquée.
- On peut aisément en un jour mener à bonne fin six à sept opéra-bons de ce genre, et comme cha-Cune d’elles donne un rendement de 7 à 8 kilog. d’éther, on voit qu’il est possible d’obtenir de 40 à 50 kilog. d’éther formique en un jour.
- Le dernier produit acide est Neutralisé par un lait de chaux ou Ndeux par la soude évaporée, et °n conserve à part le formiate de soude brut. A l’aide de cristallisa-
- tions successives et du traitement de la lessive par le charbon d’os, etc., on peut obtenir du formiate de soude pur, et avec celui-ci d’autres formiates (1).
- Expérience comparative sur l’emploi de l’eau froide et de l’eau chaude au lavage des filtres dans les fabriques de sucre.
- Par M. C. Stammer.
- Dans des expériences antérieures sur le lavage des filtres à l’eau froide et à l’eau chaude, j’avais négligé de tenir compte a’une circonstance importante, à savoir la quantité relative de l’eau nécessaire pour atteindre le but, quantité de laquelle dépend le rapport de celle à évaporer pour obtenir tout le sucre contenu dans les eaux de lavage. D’ailleurs, l’exactitude extrême qu’on apporte aujourd’hui dans les méthodes expérimentales, surtout en ce qui concerne les pertes de sucre dans les noirs lavés, me faisait une loi de répéter ces expériences, quoique sur un plan moins étendu. Mon but, en les entreprenant, était, indépendamment descirconstancesindiquées,decon-stater encore d’autres faits, et, en particulier, la perte du sucre par l’eau qui reste encore dans le filtre, etc.
- On s’est servi d’un filtre d’une capacité de 2mèt-cub-25 correspondant à 25 quintaux métriques de chargement en noir, qui, dans les deux cas, avait servi à filtrer un jus déféqué d’environ 10 pour 100. Lors des lavages, en partant d’un poids déterminé, l’eau, jusqu’à la fin du travail, a été recueillie en particulier, et pour établir une comparaison, on a mis à part un échantillon du jus filtré qui avait passé immédiatement auparavant.
- (1) Voyez dans le Technologiste, t. 27, p. 67 et 69, de nouveaux moyens proposés par M. Lorin pour préparer l’acide formique et l’éther formique.
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- Les résultats obtenus sont contenus dans le tableau qui suivra, résultats qui sont assez bien d’accord avec ceuxrecueillisprécédemment, quand on prend en considération la différence de l’objet de cette recherche ainsi que la méthode. Relativement à cette dernière, on fera les remarques suivantes :
- La détermination de la proportion du sucre dans les solutions étendues qu’on soumet à l’analyse, s’opère de manière que celles-ci soient dans de grandes bassines lates en cuivre, amenées avec eaucoup de rapidité, mais sans porter à l’ébullition, à un volume moindre, puis polarisées. Le noir lavé est ensuite examiné pour rechercher la perte en sucre. et les résultats de toutes ces déterminations faites avec le plus grand soin, et autant que possible dans les mêmes circonstances, peuvent donc mériter toute confiance dans le cas des comparaisons actuelles, mais toutefois de manière que, dans tout autre cas, on peut compter qu’il n’y aura pas de différence bien notable.
- Je ferai encore remarquer que la détermination du poids du noir n’a évidemment qu’un intérêt secondaire, relativement à la capacité intérieure du filtre. Ce poids varie en effet beaucoup suivant la nature de ce noir, et il serait même à désirer que, dans toutes les données sur la filtration, on prît pour base, non le poids du noir, mais la capacité volumétrique du filtre qu’il est facile de mesurer. Naturellement, il faut, dans les dosages faits en centièmes du poids d’un noir, tenir compte aussi d’un poids déterminé de ce noir, poids qul doit être établi, dans tous les cas, avec tout le soin possible, et être supposé le même pour un même filtre et un même noir.
- Je résume, dans le tableau qui suit, les résultats principaux des expériences : les poids du jus s’ap-
- pliquentnaturellementau jus froid! la nature des choses ne permettait guère de faire, dans les deux cas, une distinction quand le poids était exactement le même; mais la comparaison n’en éprouve que peu d’atteinte.
- LAVAGES
- Les derniers égouttages du filtre, avant de suspendre les lavages, marquaient Un échantillon de ce jus a marqué une richesse en sucre de à l’eau froide. à l’eau chaude.
- 1,3 p. 100 1,12 p. 100 1,7 p. 100 1 53 p 100
- Avec une proportion en substance sèche de 1,45 p. 100 1,835 p. 100
- Le jus contenait donc en matières étrangères, sur 100
- parties de sucre 29 parties. 20,0 parties.
- Les lavages ont été poursuivis jusqu’à 0,3 p. 100 0,3 p. 100
- On a obtenu en eaux de lavage 34hectol-20 22 hectol.
- Contenant en substance sèche 0,534 p. 100 1,043 p. 100
- Id. en sucre 0,42 p. 100 0,62 p. 100
- En matières étrangères, sur 100 parties de sucre. . . . 27 27
- Richesse en éucre de la totalité de l’eau de lavage. . . 14kil-85 18 kil.
- Par conséquent, proportion de l’eau 3405lit-15 2182 lit.
- Eau à évaporer par kilog. de sucre 22kil-92 12kil-12
- Eau restée dans le filtre en coulant librement 117 lit. lOG‘it.50
- Avec une richesse en sucre de 2kil-75 3kil-35
- Le noir lavé retenait en sucre 0,40 p. 100 0,40 p. 100
- Correspondant à une perte en sucre de 5 kil. 5 kil.
- D’où il est facile de formuler les I .quant que les légères différences conséquences suivantes, en remar- {tombent dans les limites des er-
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- reurs de l’observation, et que le lavage à l’eau chaude commence h s établir un peu avant celui à l’eau froide :
- 1° Le lavage à l’eau chaude a notablement détérioré la qualité du Produit obtenu, tandis qu’il n’en a pas été de même avec l’eau froide.
- 2° On n’emploie guère en eau chaude qu’environ 60 pour 100 de Celle nécessaire en eau froide.
- , 3° La quantité d’eau à évaporer s elève en eau froide, pour un mê-poids de sucre, presque au double de celle en eau chaude.
- 4° Le sucre retenu dans l’eau du filtre et le noir, est le même dans les deux cas.
- . 5° Quant à savoir si ces conclusions possèdent la même autorité, relativement au lavage d’autres filtres que ceux pour jus étendus ou Pour jus concentrés obtenus de jus étendus, il n’y a que des expériences spéciales qui puissent résoudre ta question.
- Dans chaque cas spécial, suivant ffu’on veut considérer la qualité ou ta quantité des eaux de lavage, ainsi que leur travail ultérieur ou teur emploi ( par exemple, pour etendre la pulpe de betteraves, macérer les tourteaux, etc.), la prati-ue apprendra aisément la métho-e qu’on doit adopter : il est facile de comprendre qu’on ne peut guère , en cette matière, formuler des règles générales.
- Sur le chlorure de magnésie (hypo-chloritede magnésie) comme agent de blanchiment.
- Par M. P. Bolley.
- Il n’est pas rare de voir recommander les solutions de chlorure de magnésie (hypochlorite de magnésie) dans le blanchiment des ctoffes les plus délicates pour remplacer les sels correspondants de soude, de potasse ou de chaux, ou même l’eau chargée de chlore, sans toutefois faire connaître quels sont
- les avantages qu’on doit attendre de cette substitution. On a indiqué, comme le moyen le plus simple pour préparer ce sel, de précipiter une solution claire de chlorure de chaux par celle de sulfate de magnésie. En faisant passer du chlore à travers de la magnésie calcinée en suspension dans l’eau, on peut aussi obtenir ce sel blanchissant. Le premier moyen est certainement le plus simple et même le plus économique. Afin de pouvoir comparer la manière de se comporter, tant d’une solution de chlorure de magnésie que celle du chlorure de chaux, j’ai prié M. Zokisch de faire les expériences suivantes :
- D’abord, on a préparé une solution limpide de chlorure de chaux. On a mélangé, d’un côté, un certain volume d’eau à cette solution, et, d’un autre côté, le même volume d’eau à une solution de sulfate de magnésie , en agitant avec soin, de façon qu’après le dépôt du sulfate de chaux, des volumes égaux des deux liquides renfermassent des quantités égales de chlore, ce dont on s’est assuré par des essais chlorométriques. Maintenant , on a procédé comme il suit :
- 1° Dans des volumes égaux des deux liqueurs fortement étendues, on a introduit des bandes d’étoffes de laine teintes en bleu d’indigo, et on a observé que la décoloration avait lieu plus rapidement dans le chlorure de magnésie que dans le chlorure de chaux.
- 2° Des volumes égaux de ces deux liqueurs blanchissantes ont été abandonnés au repos dans deux verres ouverts placés l’un à côté de l’autre pendant trois jours, puis on a soumis à des essais chlorométriques. Le chlore actif du chlorure de magnésie s’est comporté, relativement h celui de chaux, dans le rapport de 48 à 65. La première liqueur abandonnée h elle-même était donc celle qui s’était décomposée le plus aisément.
- 3° Comme le chlorure de chaux
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- et l’action secondaire de la chaux produit, dans le blanchiment de la paille, une coloration brune préalable, on a essayé de blanchir de la paille dans les deux ligueurs. Avec le chlorure de magnésie, il n’y a pas eu de coloration brune, et la paille qui s’est blanchie un peu plus rapidement, a semblé conserver un peu plus de solidité que celle blanchie au chlorure de chaux.
- Ces résultats avantageux obtenus dans des circonstances diverses, paraissent devoir être attribués en partie à la décomposition de l’hy-pochlorite de magnésie, plus facile que celle des sels à bases plus faibles ; et en partie à l’insolubilité de la magnésie dans l’eau, et en ce qu’il ne se manifeste pas d’actions secondaires dues à une terre alcaline caustique.
- On a remarqué dans ces expériences qu’il y a des sulfates de magnésie qui renferment une quantité notable de sels de manganèse. Dans ce cas, la solution rougit, et son action blanchissante est affaiblie.
- Fabrication de l'albumine du sang.
- Par M. B. Richter.
- Tout le monde sait quelle est la substance qu’on rencontre en plus ou moins grande abondance dans la plupart des matières animales et végétales, et qu’on a désignée sous le nom d’albumine. C’est à sa propriété de se coaguler entre certaines températures (55° et 75° C.) et de former une masse insoluble dans l’eau, que cette matière doit sa force adhesive et agglutinative qui la fait rechercher.
- L’albumine se présente toujours dans la nature mélangée à d’autres corps ; mais comme c’est de sa pureté plus ou moins grande que dépendent ses applications plus ou moins étendues dans les arts, c’est
- l’un des problèmes de la fabrication de cette substance de la débarrasser autant qu’il est possible de toute matière étrangère.
- L’albumine des œufs du vanneau est la plus pure et la plus incolore qu’on connaisse. La matière qu’on prépare avec ces œufs ressemble à du cristal ; mais comme ces œufs sont rares, on ne peut pas la fabriquer en grande quantité. La meilleure qui vient après cette dernière , et qui peut satisfaire à tous les besoins, est l’albumine qu’on extrait des œufs de poule, d’oies, de canard, etc. Le jaune est séparé du blanc de l’œuf, et les matières que contient encore le blanc, telles que les membranes, la chalaze, se séparent spontanément, après que ce blanc a été battu avec l’eau et abandonné au repos pendant 12 à 24 heures, suivant la température, en formant à la surface une masse dense et serrée, ou des flocons sur le fond du vase. Cela fait, on extrait l’albumine pure par un robinet placé à 5 centimètres au-dessus du fond du vase, et on la fait sécher comme l’albumine du sang, ainsi qu’on l’expliquera plus bas.
- La séparation de l’albumine du sang des autres matières étrangères que celui-ci contient, est une opération plus difficile que pour l’albumine d’œufs. Pour obtenir cette albumine à l’état de plus grande pureté possible, une condition rigoureusement nécessaire est que le travail de la coagulation ou formation du caillot s’opère sans aucun trouble, afin que les parties du sang coagulables contractent entre elles une combinaison ou une union étroite, et que les portions fluides puissent s’en séparer plus aisément à l’état de pureté. Néanmoins, la chose serait à peu près impossible si on voulait réunir le sang des abattoirs dans des puits ou citernes, parce que l’écoulement du liquide extrait de la seconde, de la troisième, et surtout des bêtes abattues encore après, troublerait la coagulation de celui des animaux abattus pré-
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- eedemment. L’albumine qu’on en extrairait serait fortement mélange aux autres parties du sang, surtout avec les globules rouges, et formerait, après la dessiccation, jjue masse noirâtre, opaque et difficilement soluble, à peine appli-cable aux impressions en noir, j^uis jamais à celles en couleurs, fl faut aussi que le caillot ait# peine 5 centimètres d’épaisseur, parce qu’autrement le sérum filtre ulors difficilement, et que la plus £rande partie ne peut s’ouvrir une v°ie au travers de ce caillot.
- On se sert, en conséquence, pour Recevoir le sang, d’une cuvette ou Ecuelle en zinc, fig. 1, jpl. 327, à }°nd plat avec bord éleve de 7 à 8 centimètres. Dès que la bête est Ebattue et lorsqu’on la saigne, on Reçoit le sang dans cette cuvette lUsqu’à ce qu’il s’élève à environ * centimètres de hauteur, et on Porte immédiatement celle-ci dans
- lieu tranquille pour que le sang Puisse s’y coaguler convenablement. Cette coagulation opérée, °u peut transporter ce sang, et une Partie du sérum qu’il contient s’en, répare alors à la surface, mais si °n se contentait de ce sérum, on H’en recueillerait qu’une bien fai-oie quantité.
- v On transporte donc le caillot soude, de la cuvette à recueillir ou à fecevoir le sang, dans une au-fee cuvette à tamis, c’est-à-dire une cuvette dont le fond est criblé de tl>ous comme un tamis fin (fig. 2), et on découpe aussitôt le caillot en l°ut petits cubes. En trois minutes environ, le sérum, mélangé avec ues globules du sang, se sépare du eaillot, en tant du moins que ce se-T'uni est mis en liberté par le découpage.
- Cet égouttage terminé, il ne coule plus que du sérum assez pur. Pour le recueillir, on met la curette k tamis sur une autre cuvette, d^e à tube (fig. 3), sur le fond un Peu bombé de laquelle est inséré On petit tube qui peut glisser dans Ce tond. On laisse couler pendant toute la nuit le sérum contenu dans
- le caillot, et le liquide se rassemble dans la cuvette à tube dans laquelle on a remonté le tube, de manière que son orifice se trouve placé au-dessus du niveau du liquide au sein duquel les matières étrangères peu abondantes, achèvent de se précipiter. Maintenant, pour écouler le sérum devenu clair, on n’a qu’à faire descendre l’orifice e du tube au-dessous de la surface du sérum, qui coule alors par le tube dans un seau destiné à le recevoir. Dans la figure 4, a est la cuvette à tamis contenant le caillot découpé en petits cubes, b la cuvette à tube e, et c le seau qui reçoit le sérum qui s’écoule.
- Le sérum pur qu’on recueille ainsi est enfin exposé dans des capsules carrées (fig. 5) en porcelaine ou en zinc, à l’action de l’air chaud, dont la température, d’abord de 35°, est portée au plus à 42° G., qui suffit pour le dessécher promptement.
- Afin que l’air, chargé de vapeurs humides par suite de l’évaporation des parties liquides, n’oppose pas d’obstacles au travail de la dessiccation, il est nécessaire de veiller à ce qu’il règne dans l’étuve une bonne ventilation, parce qu’autrement l’albumine pourrait entrer en putréfaction. Par le même motif, l’albumine du sang ne doit être versée qu’en couche mince dans les capsules et sur une épaisseur au plus de 8 à 9 millimètres, autrement il se passerait trop de temps avant qu’elle soit sèche, et la putréfaction pourrait intervenir.
- L’albumine du sang n° P est alors préparée et peut être livrée au commerce.
- Le sérum du sang de tous les animaux n’est pas également clair. Ainsi, j’ai observé que le sang des buffles qu’on abat en très-grand nombre en Hongrie, donne un sérum assez incolore, et par suite la meilleure albumine. Généralement, les bêtes à cornes donnent un sérum la plupart du temps jaune d’or clair, mais aussi virant au brun et au rouge. Les deux dernières sor-
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- .tes sont travaillées pour fabriquer la qualité n° IIa, avec tout ce qui n’a pas servi à préparer la qualité n° Ia. La quantité de sang que four-. nissent les animaux n’est pas également la même, et quand le sang est recueilli avec soin, on en obtient 3 cuvettes avec un bœuf, et 2 avec une vache.
- Si on laisse avec précaution le sang, récemment recueilli, se coaguler , les matières fibrineuses, les globules, etc., contractent une union intime, et le seruin se sépare de lui-même à l’état de pureté. On n’a donc pas h en séparer cette fibrine par des manipulations particulières, puisqu’elle se sépare par l’acte même de la coagulation. Il est d’ailleurs indispensable de n’interrompre et de troubler en rien cette dernière opération.
- Il résulte de ce qui précède que l’albumine d’œuf est celle qui a la plus haute valeur, parce qu’elle est absolument incolore et par conséquent qu’on peut l’employer comme agent fixateur dans l’impression des couleurs les plus délicates , sans porter en rien préjudice à leur éclat ou à leur feu.
- Que l’albumine du sang n° la a d’autant plus de prix qu’elle se
- S roche davantage des proprié-e l’albumine d’œuf. Telle qu’on la fabrique actuellement, elle ne peut cependant guère servir qu’aux impressions en couleurs foncées.
- Que l’albumine du sang n° IIa (vert foncé, mais translucide) peut parfaitement bien être utilisée pour les impressions en noir, et comme agent de clarification dans la fabrication du sucre.
- Enfin, que l’albumine du sang n° IIIa peut être fabriquée avec toutes les parties fluides qu’on peut extraire des caillots, parce que, dans ce cas, il ne s’agit pas de la couleur, mais seulement de la propriété de se coaguler à certains degrés de température. Le produit est noir et opaque. Seulement, on doit recommander d’employer aux clarifications, non pas du sang battu, mais bien de l’albumine, car,
- dans ce sang agité, il n’y a d’actif que l’albumine qu’il renferme, toutes les autres parties sont des matières superflues qui sont perdues, dans ce cas, pour la fabrication d6S cyano-ferrures. Pour cette dernier6 et pour celle des engrais, on utilise le caillot qui reste encore et qu’on expédie à l’état sec.
- Le haut prix qu’ont atteint l6® albumines dans 1a. période de 18m à 1860, a déterminé à leur chercher des surrogats, et aujourd'hui1 on prépare des matières album)" neuses avec le gluten, le cailla etc., auxquelles on a donné 16S noms de caséine, lactine, qu’on destine à remplacer plus ou moins bien l’albumine d'œuf (1).
- Fabrication de l'huile de paraffine.
- M. G. Macadam a fait connaître à l’Association britannique, dans sa dernière session, qu’on a déjà introduit en Ecosse, dans un6 usine à gaz d’éclairage, la fabrication simultanée de ce gaz et de l’huile brute de paraffine. La houil" le dont on se sert est le cannel-coal de New-Castle, qui donnait* quand il était distillé dans des cornues au rouge cerise vif, environ 300 mètres cubes de gaz par tonne
- (1) Dans l’une des séances de la sociéte d’encouragement de Berlin en 1865, îy Kunheim a fait connaître en termes généraux le mode de fabrication de l’albumine du sang à l’état incolore.
- Le sang, à l’état aussi frais qu’il est possible, est reçu dans des vases fermes par un couvercle en bois où un agitateur est mis en mouvement jusqu’à séparation complète du sérum et du caillot. La masse est introduite dans une turbine dont l’action centrifuge sépare le sérum qui est évaporé dans le vide à une température de 60° C. jusqu’au moment ou un échantillon qu’on prélève se concrète à la température ordinaire. On fait écouler alors dans des bassines plates en tôle qu’on introduit dans une étuve où un courant d'air chauffé à 35° concrète ln matière. Cette albumine desséchée est translucide, d’aspect corné et, suivant les soins apportés au travail, plus ou moins claire ou colorée.
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- anglaise, ayant un pouvoir éclai-ï'ant ou photogénique de trente-quatre bougies normales de blanc ue baleine par 140 décimètres cu-de gaz brûlant pendant une heure. Aujourd’hui, distillée à pei-*je au rouge sombre dans de grandes cornues, comme dans les usines h l’huile de paraffine, cette ^uème houille ne fournit que 85 à 100 mètres cubes de gaz d’un pou-v°ir éclairant de trente bougies normales par dépense de 140 décimètres cubes de gaz, de manière qu’on sacrifie les deux tiers de la quantité totale de gaz que la houil-Ie est capable de produire, mais qu’à la place on obtient 275 litres d’huile brute de paraffine, du poids spécifique de 0,900 à 0,905. Ces usines sont donc de véritables fabriques d’huile de paraffine où l’on ntilise le gaz, et comme ce mode de transformation dans le traitement de la houille paraît avantageux, il est présumable que cet exemple sera imité et qu’on verra Se multiplier les fabriques d’huile de paraffine qui pourront en même temps affiner leurs produits (1).
- Sur l’introduction de matières
- inorganiques dans le papier.
- Par M. F. Varrentrapp.
- . La difficulté de trouver une madère qu’on puisse substituer au chiffon et faire entrer en totalité ou seulement en partie dans la fabrication du papier, préoccupe depuis longtemps l’industrie, et à diverses époques on a proposé un assez grand nombre de substances qui, jusqu’à présent, n’ont pas complètement rempli le but que l’on se propose par cette substitution. Ces substances ont présenté, les unes,
- (1) M. Macadam a signalé plusieurs eyemples du danger de jeter dans les Civières les produits de la rectification Ues huiles brutes de paraffine,^ produits Uni paraissent avoir un caractère véné-Qeux et qui ont fait périr tous les poissons. H F
- des difficultés pratiques dans la fabrication, et les autres n’ont fourni que des papiers de qualité secondaire peu propres à satisfaire aux divers besoins.
- La fabrication n’ayant pas trouvé ainsi une matière de substitution pour remplacer les chiffons de lin ou de chanvre, on a cherché à augmenter le poids du papier par une addition de matières inorganiques. En raison de la condition rigoureuse à laquelle il s’agit d’abord de satisfaire dans ce cas, à savoir que la matière ajoutée soit d’un prix notablement moins élevé que celui du chiffon, le nombre des substances qui peuvent être ainsi employées s’est trouvé beaucoup limité, parce qu’à une grande blancheur, elles doivent joindre aussi une grande finesse. L’argile blanche et pure ou le kaolin, tel qu’on l’emploie dans la fabrication de la porcelaine, et même la terre à pipes pour les qualités inférieures de papier, sont à peu près les seules matières qui, jusqu’à présent, ont semblé remplir ces conditions. Il est facile, en effet, en les débour-bant, ou par voie de lévigation, de débarrasser ces matières des sables etautres substances grossières, et d’ailleurs celles qui y sont mélangées se rassemblent aisément dans la cuvette au sable des cuves. Le kaolin n’exerce aucune action nuisible sur la fibre, ne fait éprouver aucune altération chimique au savon de résine ou à l’alun, ni à la gélatine qu’on précipite, et enfin il n’a ni action chimique ou mécanique pour attaquer les pièces en métal des machines à fabriquer le papier, puisque c’est un corps doux et onctueux qui ne porte aucun préjudice quelconque, soit aux toiles métalliques, soit aux cylindres, et qui au plus empâte les flotres et oblige à les nettoyer plus fréquemment. Il est en outre sans influence sur les matières qui servent à colorer les papiers en rouge ou en bleu, couleurs qui sont cependant fort ^ impressionnables.
- I II est vrai que par l’emploi du
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- kaolin, le papier ne gagne pas en force et en solidité , mais lorsque, par cette addition, il n’en reste pas plus de 15 pour 100 environ dans le papier, le dommage n’est pas grand, seulement le papier est ainsi moins translucide, ce qui est un avantage, et il absorbe très-bien l’encre d’impression. Lorsque cette addition est trop considérable, le papier laisse à l’impression déposer sur les types une poudre qui, lorsqu’elle n est pas trop abondante, n’a pas grand inconvénient.
- Le papier au kaolin, par sa mo-lesse et la douceur de la poudre, n’use pas beaucoup plus les types et les clichés en matières dures, que celui ordinaire ; mais il ne faut pas songer à imprimer dessus des clichés galvaniques de gravures sur bois finement traitées, parce qu’il arrive qu’on y rencontre des grains de sable isolés plus fréquemment que dans le papier fabriqué avec les qualités fines de chiffons. On est aussi obligé de le rejeter pour les impressions en taille-douce , et même les lithographes doivent surtout, lorsqu’il s'agit de travaux soignés ou de grands tirages, éviter l’emploi des papiers qui, lorsqu’on les brûle, laissent une grande quantité de cendres, parce que toutes ces matières attaquent plus ou moins les planches ou les pierres d’impression.
- Le fabricant, quelles que soient les matières pulvérulentes qu’on veutintroduire, doitdemander, non pas seulement à quel prix elles lui reviennent en nature, mais se souvenir que généralement elles renferment une quantité notable d’humidité , et que, comme elles n’adhèrent que d’une manière fort imparfaite à la fibre, il y en a toujours 1a plus grande partie qui échappe à travers les formes ou les toiles métalliques, et en outre que les parties les plus grossières et les plus lourdes se rassemblent dans la cuvette au sable. D’après de nombreux essais, on trouve, en effet, qu’il y a rarement dans le papier la moitié, parfois le tiers
- seulement de la masse qui a été ajoutée à la pâte. On comprend, du reste, que la proportion de ce résidu dépend des qualités diverses du kaolin, ainsi que de la nature de la pâte qu’on travaille, suivant que celle-ci est plus visqueuse ou plus grossière, etc., et enfin de la quantité d’eau dans laquelle s’exécute le travail.
- Lorsqu’on donne une demi-colle au papier d’impression ou qu’on y ajoute un peu d’alun, et qu’on précipite dans la pile l’alumine par une solution de soude, on peut ainsi, après qu’on a ajouté au kaolin lave la pâte toute préparée et broyée , et qu’on a battu quelque temps, ajouter la solution d’alun, puis enfin donner la quantité correspondante de solution sodique. On perd ainsi moins de kaolin, mais les frais pour l’alun et la soude balancent à peu près l’économie qu’on peut faire par l’introduction de ce kaolin dans le papier.
- L’addition si fréquemment recommandée du sulfate de baryte en poudre fine, n’a jamais été appliquée sérieusement. Dans la pulvérisation des matières minérales, il n’est guère possible de les obtenir à un état de finesse, tel qu’elles constituent en réalité une poudre impalpable qui se distribue uniformément entre les fibres du papier, chose à laquelle est le moins disposé un corps d’un poids spécifique aussi élevé que le spath pesant.
- Le gypse ou sulfate de chaux calciné, pulvérisé et délayé dans 16 fois son poids d’eau, et tonnant ainsi une matière extrêmement ténue qu’on a proposé depuis longtemps, serait, à raison de sa finesse, de sa légèreté et de son bas prix, d’un emploi très-avantageux, si ce sulfate n’était pas soluble dans environ 400 fois son poids d’eau. Or, comme on ne peut manipuler la pâte k papier que dans une très-grande quantité de ce liquide, il arrive ordinairement
- qu’une addition de 15 à 20 pour
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- 100 de gyp se pour 100 de pâte sè-che, se dissolvent complètement, ^on-seulement on perd ainsi les O’ais qu’on a faits pour l’acquisition la calcination de ce gypse, mais P11 se heurte en outre contre deux inconvénients fâcheux. Toutes les ^puretés qui étaient présentes ^ans le gypse, impuretés qui ne manquent presque jamais dans ceWe matière à l'etat brut, tels que ^yde de fer, poussière, cendres, Oebris de combustibles et suie qui se mélangent au gypse pendant sa c'fisson, restent dans la cuve sans dissoudre et entrent en partie dans le papier qu’on fabrique. Le §ypse pour les fabriques de pa-P^r, qu’on débite en Allemagne ®ous le nom d’annaline, abonde en débris du combustible qui produisit, dans le papier, une quantité Innombrable de petits points noirs. 11 faudrait, pour éviter ceux-ci, iire le gypse en vases clos, dans des cornues ou autres vases analogues, ce qui, comme on sait, n’a Pas lieu.
- . Le deuxième inconvénient confie en ce que la solution de gypse fini se forme, mise en contact avec ies flotres, s’y dépose, leur donne ane dureté et une raideur très-dif-lcües à faire disparaître par des lavages et des foulages. Dans tous es cas, ces flotres ont besoin d’être avés et foulés à l’eau pure, sans addition de soude et jamais avec nne solution de savon. En outre, les cylindres sont rouillés plus fadement par l’eau gypseuse que Par l’eau pure, et on remarque par suite plus fréquemment des taches de rouille et des plaques jaunes sur les flotres qu’en travail ordinaire.
- rien ne détruit plus aisément ja fibre organique que la rouille, a*usi que les belles expériences de l*b F. Kuhlmann l’ont démontré et
- expliqué.
- Afin de faire disparaître entièrement les conséquences fâcheuses de l’addition à la pâte à papier du kaolin, du gypse, etc., on a recommandé l’emploi du spath pesant ar-nficiel appelé aussi blanc fixe. On
- a peu d’objection à élever contre l’emploi de cette substance d’un blanc magnifique d’une finesse extrême, quand on l’ajoute à l’état de pâte avant d’avoir été séchée, et qui, par son insolubilité absolue, ne fait redouter aucune réaction chimique ; seulement, à raison de son poids spécifique élevé et de son extrême division, même lorsque son prix n’est pas trop élevé, il faut faire attention qu’il y a une perte d’environ 30 à 40 pour 100 de cette matière, qui s’écoule avec l’eau ou disparaît par d’autres causes.
- Il pourrait bien se faire que dans la précipitation de l’alun par la soude au sein de la pile, ainsi qu’on l’a décrit, on parvienne à diminuer cette perte et même à la rendre nulle. Mais heureusement qu’on possède pour cet objet un moyen plus économique et préférable pour fixer complètement sur la fibre du papier cette magnifique substance blanche qui couvre si bien et est d’une grande douceur, et cela avec un tel succès que l’eau n’en entraîne presque plus et qu’il n’y en a qu’une faible portion qui se dépose dans la cuvette au sable, ou dans les angles où la masse est moins agitée.
- En effet, on peut se procurer actuellement dans les fabriques de produits chimiques de l’Allemagne, à un prix très-modéré (30 fr. le quintal métrique), du chlorure de baryum anhydre fondu. Ce sel se fond dans trois fois environ son poids d’eau bouillante; puis après que, par un brassage soigné, il s’est dissous en totalité, et un repos pour laisser éclaircir, on peut filtrer sa solution à travers une chausse pour le débarrasser de toutes ses impuretés. La liqueur néanmoins, filtre encore un peu trouble, ce qui est dû au sulfate de baryte qui a été produit par le sulfate de chaux que renferme presque toujours l’eau, mais ce trouble n’a aucun inconvénient.
- Après que la pâte à papier a été suffisamment triturée, on ajoute dans la pile la quantité de la solu-
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- tion de chlorure de baryum qu’on juge nécessaire, c’est-à-dire de 10 à 15 kilog. de chlorure de baryum fondu pour 100 kilog. de pâte* sèche de chiffons, et on brasse à peu près pendant cinq minutes. En cet état, on ajoute une solution de sel de Glauber, exempt de fer, en quantité suffisante pour précipiter toute la baryte. 10kil.5 de chlorure de baryum pur et fondu exigent largement 7 kilog. de sel de Glauber sec, et 16kil.5 de sel cristallisé. Dans le cas où le sel de baryum ne serait pas d’une pureté parfaite, on peut, pour 10 kilog. de chlorure de baryum, employer 7 kilog. de sel de Glauber sec et 15kil.5 de sel cristallisé. Le sel sec est dissous dans trois à quatre fois son poids d’eau bouillante ; le sel cristallisé dans le double de son poids, et on passe de même la solution à travers une chausse en feutre, mais non pas celle qui a servi à la filtration de baryum, à moins qu’on ne l’ait lavée préalablement avec soin et à grande eau, parce qu’autre-ment ses pores seraient obstrués et que sa filtration serait trop prolongée.
- La solution filtrée est de même versée dans la pile dans les proportions indiquées, battue pendant cinq minutes avant de faire écouler dans la cuve. 10 kilog. de chlorure de baryum donnent environ 11 kilog. de sulfate de baryte dans le papier.
- Si on veut encoller ce papier avec une matière végétale, on ajoute , après que le chlorure de baryum a été précipité par le sel de Glauber, d’abord de l’alun, puis le savon de résine dans la pile. Du reste, il ne faut pas songer à faire entrer une aussi forte proportion de matières minérales dans le papier à écrire : ces matières absorbent l’encre ordinaire trop énergiquement, et laissent déposer, surtout quand on se sert de plumes métalliques, un précipité pulvérulent sur la plume et l’empâtent. Indépendamment de cela, la masse encollée mousse fortement dans la
- machine à papier, d’où résulte l’inconvénient de taches dues aux bulles de liquide.
- On peut remplacer le sel de Glauber par le gypse : ainsi, pour chaque 4 kilog. de chlorure de baryum fondu, on peut prendre un poids de 3 kilog. de gypse récemment cuit, agiter celui-ci dans 30 litres d’eau jusqu’à ce que le tout commence à épaissir, mélanger encore à 30 litres d’eau, et passer cette bouillie laiteuse à travers un tamis fin. Naturellement le gypse doit être très-pur et garanti à la cuisson de tout mélange avec les cendres et le charbon. En 10 à 15 minutes, après qu’on a versé la bouillie de gypse dans la pile, la transformation du chlorure de baryum est complètement opérée.
- Il résulte de ce qui vient d’être dit, que le sulfate de baryte dans le papier revient, en Allemagne, de 40 à 45 fr. le quintal métrique, et, de plus, qu’on retrouve dans ce papier presque toute la baryte, parce que, dans sa précipitation dans la pile, elle ne nage pas à l’état de corps pulvérulent entre les fibres, mais est éliminée à l’état de précipité dans et sur ces fibres. Cette baryte ne peut donc pas être relavée et entraînée par l’eau, et ce liquide s’écoule parfaitement clair de la machine à travers la toile métallique ; la face supérieure ainsi cpie celle inférieure du papier est egalement imprégnée de baryte, ce qui n’est pas le cas lorsqu’on ajoute un corps d’un aussi grand poids à l’état pulvérulent, qui tend toujours à s’accumuler et à tomber du côté de la toile métallique.
- Les papiers ainsi fabriqués présentent des propriétés très-intéressantes dont la plus importante est qu’ils absorbent le noir d’impression avec bien plus d’énergie que les papiers de même qualité, mais sans addition de baryte. En particulier, on a remarqué un effet tout à fait satisfaisant lors de l’impression des clichés galvaniques de gravures sur bois fines : les cuivres précipités se maintiennent
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- plus longtemps purs, et les demi-tons viennent avec bien plus de dé-bcatesse et de pureté qu’avec les jpomes soins et les mêmes dispositions sur papier ordinaire.
- . Le papier dans lequel se trouve ^corporé du blanc fixe, est bien plus blanc que celui préparé avec a même pâte seule. Il est opaque e.t par conséquent le tirage et la re-uration se nuisent moins réciproquement. L’épaisseur du papier à Poids égal est bien moins affaiblie qu’on serait disposé à le croire, ce qui pourrait peut-être s’expliquer Par cette circonstance, cpie la ba-ryte ne s’est pas déposée à l’état Pulvérulent entre chacune des fi-Jres, mais a été précipitée sur et 3ans ces fibres. Le papier ne se oochire pas non plus aisément ; quand on n’y a pas incorporé au-uelà de 15 pour 100 de baryte, il Présente, au contraire, un toucher er«ie et moelleux quand la pâte est ae bonne qualité et a été parfaitement broyée.
- . Pour les papiers de qualité inférieure , le kaolin est préférable et a°nne de meilleurs résultats ; mais P°ur les papiers fins auxquels il ne Qu'ait pas possible d’ajouter du jmolin, parce qu’on en abaisserait qualité, la baryte, même au prix de 45 fr. le quintal métrique , ne Paraît pas trop dispendieuse, puisque la pâte revient à un prix bien PPus élevé.
- Nous avons déjà averti que les Papiers ne se recommandaient pas Pour l’impression en taille-douce m sur pierre. Quelque douce et lne que puisse être la baryte, elle duit encore aux hachures fines et tailles délicates de ces plantes et pierres d’impression. Mais °P n’a pas remarque des inconvénients de ce genre avec les gravu-res sur bois les plus délicates, et ayec les impressions par voie de Passion verticale et non d’impres-Slon traînante, et aussi, d’après la Nature de la matière du bloc, il n’y a Hen à redouter.
- Quand il s’agit de rechercher la quantité de sulfate de baryte qui
- peut être entrée dans un papier, il ne faut pas se contenter de le brûler et d’en peser les cendres, parce que ce corps éprouve un changement quand on le chauffé jusqu’au rouge en présence de matières organiques, c’est-à-dire qu’une portion du sulfate de baryte se réduit en sulfure de baryum. Il est également très-difficile d’éliminer les dernières portions de charbon par une calcination à l’air libre. Par conséquent, après avoir brûlé le papier, on introduit avec soin les cendres dans un petit creuset, on les humecte légèrement avec quelques gouttes d’acide sulfurique anglais pur dont on chasse l’excès en chauffant peu à peu ; puis on porte enfin à la chaleur rouge qu’on maintient pendant quelques minutes. On trouve alors que les cendres dans le creuset ont augmenté généralement de 4 à 7 pour 100 en poids, et par conséquent qu’il y a, en effet, dans le papier un poids de sulfate de baryte plus fort qu’on ne l’avait détermine par une simple incinération (1).
- Sur l’absorption et la séparation dialytique des gaz au moyen de diaphragmes colloïdes.
- Par M. Th. Graham.
- M. Graham vient de faire remarquer qu’il paraît démontré qu’une mince pellicule de caoutchouc, telle que la fournissent la soie ver-
- (1) Deux fabricants de papiers anglais, MM. J.-J. Lundy et R. Irvine, viennent de proposer d’introduire les silicates de magnésie naturels connus communément sous les noms de talc, stéatite, craie de Briançon, etc., dans la fabrication du papier, dans la proportion de 15 à 20 pour 100, matières dont le . poids spécifique qui ne varie que de 2,6 à 2,8 n’est qu’un peu supérieur à celui du gypse (2,3316). Ces silicates finement pulvérisés et soumis à une lévigation, et mélangés aux matières d’encollage, augmentent non-seulement le poids du papier, mais permettent en outre de lui donner une surface plus lisse, plus douce et un plus i bel aspect. Ed.
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- nie ou les petits ballons transparents, n'a aucune porosité et est absolument imperméable à l’air gazeux; mais que cette même pellicule a la propriété de liquéfier chacun des gaz dont l’air se compose, tandis que l'oxygène et l’azote, sous forme liquide, sont susceptibles de pénétrer dans la substance de la membrane (à la manière de l’éther et du naphte), et peuvent de nouveau s^évaporer dans le vide et reparaître à l’état gazeux. Le pouvoir pénétrant de Pair est rendu plus intéressant, par le fait que les gaz sont inégalement absorbés et condensés par le caoutchouc, l’oxygène deux fois et demi plus abondamment que l’azote, et qu’ils le traversent dans la même proportion. Il s’ensuit que la pellicule de caoutchouc peut être employée comme un tamis dialytique ae l’air atmosphérique , et livre passage d’une maniéré très-constante à 41,6 pour 400 d’oxygène, au lieu de 21 pour 100 qui entrent habituellement dans la composition de l’air atmosphérique. La cloison de caoutchouc retient, par le fait, la moitié de l’azote et laisse passer l’autre moitié avec la totalité de l’oxygène. Cet air dialysé rallume le bois incandescent et se trouve, en somme, exactement entre l’air et l’oxygène pur, en ce qui concerne tous les phénomènes de la combustion.
- Une paroi de la cloison élastique doit être librement exposée à l’air, tandis que l’autre est soumise à l’influence du vide.
- Les arts pourront peut-être tirer quelque profit de la propriété découverte par M. Graham dans les soies vernies au caoutchouc, soit pour se procurer une atmosphère plus riche en oxygène que celle ordinaire, soit pour former, au contraire, une atmosphère d’azote,
- atmosphères qu’on pourra apph' quer avec avantage à diverses operations industrielles.
- Coloration en noir du zinc et du laiton.
- Par M. L. Knaffl.
- Pour donner aux feuilles ou autres objets en zinc un enduit noir bien adhérent, on commence par écurer la pièce, et à cet effet on se sert d’une pâte composée avec du quarz réduit en poudre fine, mouillé avec l’acide sulfurique étendu. Cette pièce bien blanche est alors plongée un instant dans une solution composée avec 4 parties de sulfate de nickel ammoniacal, et 40 parties d’eau qu’on a aiguisée avec 1 partie d’acide sulfurique, puis lavée soigneusement à l’eau pure et séchée.
- Cet enduit noir adhère parfaitement au zinc. Les précipités produits au moyen de l’azotate de cuivre ou du chloride de ce métal, n’ont aucune solidité.
- Si on attaque les objets colorés en noir de la manière indiquée, avec le gratte-boesse, ils prennent une couleur bronze qui donne, à beaucoup d’entre eux, un aspect fort agréable.
- Les objets en laiton sont colorés en très-beau noir quand on les plonge dans une solution de 1/2 partie d’acide arsénique , 1 partie d’acide chlorhydrique , 20 parties d’eau et 1/4 partie d’acide sulfurique qu’on chauffe à 50°, lavant avec l’eau et faisant sécher. Si on touche les objets plongés dans ce bain avec une baguette de zinc, 1? dépôt de l’acide arsénique, à raison de l’action hydro-électrique * marche avec plus de rapidité.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Swr une machine à évider les planches d’impression{ 1).
- Par M. Josue Heilma.nn.
- La machine dont il est question £ été construite dans le but d’abréger le travail nécessaire à la confection des planches d’impres-sion.
- Ce n’est pas cependant une marine à graver; les mille détails 3ue présentent les dessins, variés a l’infini, qu’il s’agit de reproduire en relief sur les planches en bois dont on se sert pour imprimer, nécessitent l’emploi de burins spé» j^aux, qui doivent être maniés par *a main de l’ouvrier.
- Un jour viendra, je n’en doute Pas, où ce travail minutieux, qui demande un œil et un bras exercés, Pourra se faire mécaniquement, ^ais nous n’en sommes pas là encore.
- Lorsque l’ensemble du dessin à Braver est divisé par groupes disants les uns des autres, et ce cas ?e présente très-fréquemment, les Intervalles libres, qui souvent of-uent beaucoup plus d’étendue que le dessin lui-meme, doivent être creusés assez profondément pour lue, dans l’emploi du châssis , la couleur ne se porte que sur les parles en relief.
- La même chose a lieu quand on a recours au clichage; les contours, au lieu d’être découpés dans le bois |Uême, sont rapportés et fixés sur
- planche par portions plus ou Uioins grandes, et laissent entre
- des espaces libres quelquefois très-considérables.
- C’est alors que la machine à évider remplace avec avantage l’emploi de la gouge.
- Je dirai en passant qu’un appa-
- • d) Extrait du bulletin de la Société ‘ûdustrielle de Mulhouse.
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Décei
- reil de ce genre, le premier qui a été construit, fonctionne dans l’atelier de gravure de MM. Dollfus-Mieg depuis plusieurs mois déjà.
- Il est constamment en activité, et l’expérience nous a prouvé que le rendement est environ quatre fois plus fort que celui du travail manuel à la gouge.
- Je dirai aussi en passant que MM. J. Ducommun et Ge ont entrepris de construire des machines destinées au même usage, mais perfectionnées quant à la forme et au maniement.
- Je ne donnerai qu’une description très-succincte de la machine en question.
- h"outil, ou si l’on veut la mèche ou fraise, qui attaque le bois, est la partie essentielle. Je reviendrai plus loin sur la forme et la manière dont il agit.
- Il est fixé à l’extrémité inférieure d’une broche verticale tournant dans deux coussinets adaptés au bâti de la machine.
- Celte broche qui porte une poulie de faible diamètre communiquant par une courroie avec le moteur, tourne avec une grande rapidité. — Il faut qu’elle atteigne une vitesse de 3,500 à 4,000 tours par minute, pour que le travail se fasse convenablement.
- Tout en conservant son mouvement de rotation, la broche peut, en glissant longitudinalement dans ses coussinets, s’abaisser et s’élever, et permettre à la mèche de s’introduire plus ou moins profondément dans la pièce qui lui est présentée.
- Ce mouvement de hausse et de baisse est produit par un système de leviers, que fait manœuvrer une pédale placée à portée du pied de l’opérateur.
- Une vis de rappel permet de régler très-exactement le point où
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- doit s’arrêter l’outil dans son mouvement de descente. Pendant qu’il entame le bois , cet outil est toujours au bas de la course.
- La pièce de bois à creuser est placée sur un plateau horizontal en fonte de forme circulaire, dont le centre est un peu au-dessous de l’extrémité de la mèche.
- Au moyen d’une vis qui lui est adaptée, ce plateau peut être facilement élevé ou abaissé par un simple mouvement de rotation.
- La pièce de bois est placée sur le plateau, l’outil abaissé jusqu’à ce qu’il entame assez profondément , puis l’ouvrier promène la planche sur le plateau , en ayant soin de suivre les contours du dessin.
- J’ai dit au commencement que dans la machine dont il est question, l’outil est la pièce importante essentielle, je ferai observer pourtant qu’une autre partie de l’appareil dont je vais parler, est tout à fait indispensable à un travail régulier et continu.
- La quantité de copeaux produits pendant l’opération est si considérable que la partie de la planche attaquée en est instantanément recouverte, ce qui empêche l’opérateur de voir les contours qu’il doit suivre.
- Pour remédier à cet inconvénient (qui, dans des essais faits il y a longtemps déjà pour arriver à creuser le bois comme nous le faisons aujourd’hui, fut seule une cause de non-réussite], nous avons eu recours à un courant d’air projeté sur l’extrémité de l’outil.
- Cette ventilation est produite par le mouvement d’une hélice pareille comme forme à une petite turbine. Cette hélice est fixée sur la broche même entre les deux coussinets, et le courant d’air concentré et dirigé vers la partie où les copeaux se dégagent au moyen d’une enveloppe en forme d’entonnoir.
- Il me reste à dire quelques mots au sujet de la forme de la mèche et de son action sur le bois.
- L’immense quantité d’instru-
- ments qui ont été imaginés et que l’on invente chaque jour pour arriver à couper, creuser, percer les métaux, le bois et d’autres matières, de différentes façons, peuvent se diviser en deux catégories : les outils qui coupent en enlevant de vrais copeaux, et les outils qui raclent, permettez-moi l’expression.
- Les rabots, les ciseaux, les forets bien conditionnés coupent la matière ; les limes, les scies et la plupart des outils que l’on appelle fraises, raclent. Cela ne veut pas dire que ces derniers produisent un effet nuisible ; il y a des cas où l’on ne peut enlever qu’en grattant-
- C’est surtout dans le travail du bois que cette différence d’action est sensible. La râpe, la lime agissant sur une pièce de bois ne laissent qu’une surface rugueuse, tandis qu’un rabot ou un ciseau dont le biseau est suffisamment incliné sur la surface à entamer, détachent une lame mince de la matière et laissent une surface polie.
- L’outil qui nous occupe a le grand avantage d’agir de cette dernière manière. Les deux branches qui le terminent et vont se relier à la partie inférieure, présentent partout au bois un tranchant extrêmement incliné sur la surface à entamer, je dirai presque tangent à cette surface.
- Cet outil, coupant tout à la fois latéralement et par sa partie inférieure, enlève le bois à l’état de lames minces qui peuvent, sans rencontrer d’obstacle, s’échapper librement par l’ouverture formée par les deux branches de l’instrument. Quant à la forme même de ces branches, elle peut varier à l’infini suivant la nature du travail à produire, comme on a pu le voir par quelques échantillons.
- Le point essentiel, pour que l’o-ération puisse se faire dans de onnes conditions, c’est que partout où l’acier vient entamer le bois, en bas ou de côté, il présente une partie tranchante très-inclinée sur la surface à entamer.
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- Rame à sécher les chaînes.
- Le séchage des chaînes parées pour draps de mode et de fantaisie présente souvent des difficultés dans bon nombre de fabriques qui j1 ont pas de salles d’une grande longueur pour étendre ces chaînes, surtout en hiver, où à raison de ! humidité, du froid et de la gelée, d n’est pas possible d’étendre au dehors, mais même dans les loca-htés où on dispose de grandes capacités intérieures, le chauffage Pour opérer artificiellement le se-ehage est dispendieux et présente toujours ce désavantage pour les bâtiments qu’ils se remplissent d’abondantes vapeurs, sans qu’il soit Possible de les évacuer rapidement et qui d’ailleurs se condensent en §rande partie sur les murs et les objets environnants.
- L’appareil où l’on a cherché à combiner ensemble les machines à ourdir, à encoller et à sécher, et lui est bien connu, ne peut guère Servir que pour les chaînes unico-jores et ne convient qu’à une grande fabrique qui occupe constamment cet appareil et peut ainsi en hfer profit; mais pour les chaînes ehinées, il n’est guère possible d’en mire usage, et chacune des opéra-bons pour l’ourdissage, l’encollage e.f le séchage exige une manipulation à part et distincte.
- , La rame pour chaînes représentée en coupe sur la longueur dans ja figure 6, pl. 327, et en plan dans la figure 7, paraît dans ce dernier cas pouvoir être appliquée avec avantage.
- Sur le bâti À, A de cette machine roule sur coussinets un arbre a sur toquel sont montées librement d eux couronnes B, B à quatre bras d’environ 2m.50 de diamètre. A une distance à peu près de 1 mètre lune de l’autre, ces couronnes sont maintenues fermement entre eHes par quatre traverses i,i qui ^nstituent ainsi la carcasse d’un dévidoir ou tourniquet sur lequel r*1! enroule la chaîne qu’il s’agit de toire sécher.
- Afin de pouvoir opérer cet enroulement, les quatre bras de ces couronnes B,B sont pourvus sur leur face interne et jusque près des traverses i, i de coulisses ou rainures dans lesquelles, à partir de la périphérie, on peut insérer des baguettes. Celles-ci, aux extrémités et dans les points où elles reposent dans les coulisses, présentent de petites embases, mais de façon à laisser dans les intervalles entre les rais en regard de la roue une étendue libre suffisante où se plie la chaîne. Sur l’un des côtés du moulinet et fortement assemblée avec lui, est calée la poulie motrice h qui fait tourner ce moulinet. Sur le côté opposé est calée une roue d’engrenage c que commande un pignon avec manivelle d qui servent à enrouler la chaîne, mais qu’on débraie quand l’appareil est mis en jeu.
- Dans l’intervalle entre les deux couronnes est monté sur l’arbre a un ventilateur à cinq bras e qu’entraîne dans son mouvement la poulie à courroie f.
- Le moulinet doit faire 60 tours et le ventilateur 300 par minute.
- Pour l’installation de la rame, qui est mise en marche par un mécanisme particulier, il suffit d’une capacité de 3m.60 de longueur sur 2m.70 de largeur et autant de hauteur.
- Le chauffage de cette capacité s’opère au moyen de tuyaux de vapeur ou d’air chaud, ou bien, dans les localités où l’on n’a pas d’installation de ce genre, par un poêle en fonte disposé convenablement, en ayant soin en même temps d’organiser toutes les dispositions nécessaires pour le renouvellement de l’air et l’évacuation des vapeurs humides.
- Dans la paroi antérieure du local, vis-à-vis le moulinet, on a percé une ouverture d’une longueur et d’une largeur correspondante , qu’on peut fermer à volonté, dans laquelle on arrête un râteau au travers duquel on fait passer la chaîne l pendant qu’on la plie dans l’appa-
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- reil, afin d’en opérer la bonne distribution, ainsi que la séparation des fils. On ferme cette ouverture pendant le séchage.
- Pour plier cette chaîne, on passe la première baguette à travers l’en-croix de cette chaîne, et on l’insère dans la coulisse la plus inférieure des rais, on tourne le moulinet d’un uart de tour, et on insère la secon-e baguette dans le rais suivant; on tourne encore d’un quart tour, et on pose la troisième baguette, en continuant ainsi jusqu’à ce que toute la chaîne soit roulée en spirale et qu’on ait arrêté son autre extrémité, ainsi, du reste, que le représentent les figures. Cela fait, on met en état de rotation le moulinet et le ventilateur, et tandis que les lais extérieurs de cette chaîne éprouvent déjà sans cela l’action d’un fort courant d’air et que les tuyaux chauffeurs peuvent alternativement en être rapprochés, le ventilateur chasse l’air chaud qu’il puise sur les côtés à travers la chaîne toute entière. Ce cette manière, celle-ci sèche promptement, et une chaîne pour drap de 120 mètres qui renferme de 15 à 20 ki-log. d’eau, sèche avec une température de 50° C. en deux heures environ.
- Le déroulement de cette chaîne sèche est fort simple et les baguettes tombent d’elles-mêmes lorsqu’on détourne l’appareil.
- Ces baguettes sont bien saturées d’huile de lin pour que la chaîne encollée ne puisse pas y adhérer.
- Nouveau battant de tissage^.
- Par M. J. Th. Cook.
- M. Cook s’est proposé d’établir un mécanisme perfectionné pour chasser la navette, qu’on adapte à la voie des métiers employés à la fabrication des tissus unis ou façonnés, ainsi qu’à celle des tissus élastiques.
- La figure 8, pl. 327, représente
- la face antérieure d’un battant et la voie de la navette d’un métier propre au tissage des étoffes d’une faible largeur, par exemple d’un tissu élastique, auquel on a appliquées perfectionnements en question.
- La figure 9 est un plan de la navette et du battant et d’une portion de la voie de cette navette, où l’on voit le moyen de rattacher la navette au mécanisme perfectionne pour faire passer celle-ci d’un côté du métier à l’autre à travers le pas.
- Les figures 10 et 11 des sections transversales et verticales prises respectivement par les lignes A, B et C,D de la figure 8.
- A, A, planches formant, au moyen des espaces en a, a, la voie de la navette au métier; B, B,B,B, poupées pour maintenir les planches A dans la position convenable; C peigne et partie du battant qui serre la duite à chaque ouverture du pas; la partie supérieure de C s’engage dans une coulisse poussée dans le tube D, et celle inférieure repose dans une retraite creusée dans le sommier E, sur lequel sont fermement arrêtées les poupées B ; G, longue tige soutenue sur des appuis dans les poupées B, et pouvant y jouer librement; H et H’, cylindres à coulisse en hélice ou à filet serré ** tracés tout autour. Ces cylindres sont percés au centre, dans toute leur longueur, de façon que quand ils sont enfilés sur la tige G et calés dessus par les vis c, c, la tige et les cylindres tournent ensemble quand on leur imprime un mouvement de rotation, soit par une courroie sans fin passant sur la poulie I, soit par un autre moyen convenable; navette portant la canette ou la fusée chargée de trame.
- Pour faire usage de cette disposition, on dispose des broches ou des goujons d,e sur le dos delà navette, près de chacune de ses extrémités, qui sont engagés dans la coulisse en hélice des cylindres H et H’, en ayant l’attention de les disposer relativement aux coulisses de ces cylindres, de manière que
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- jorsqUe la navette passe d’un côté a l’autre du métier, à travers l’ouverture du pas dans le travail du tissage, l’une des broches ne quitte son travail respectif que lorsque 1 autre est déjà engagée dans la coulisse en hélice de l’autre cylindre. J
- . Si on veut obtenir une grande vitesse, les coulisses en hélice sont tracées d’un pas tel qu’une évolu-tlon du métier produit deux tours des cylindres H et H’, et pendant ce temps la navette est chassée deux '°is à travers le métier.
- Appareil centrifuge pour les draps et les étoffes apprêtés.
- Par M. E. Semper, ingénieur civil.
- Les appareils centrifuges pour essorer les laines humides et chargées d’eau ont généralement été adoptés dans les fabriques de tis— sus et sont considérés aujourd’hui comme des machines accessoires d’un bon service. On trouverait actuellement fort singulier que quelqu’un entreprît de porier à l’état ^ec une laine qui renfermerait 120 à ISO p. 100 d’eau qu’on chercherait à en chasser, au moyen de la chaleur toujours si dispendieuse, tandis qu’à l’aide des centrifuges on peut feduire par voie mécanique cette Proportion d’eau à 30 à 40 pour 100.
- C’est une autre question quand d s’agit de sécher des draps ou d’autres tissus de laine humides. Si ces draps ou ces tissus ont été aPprêtés et lainés à une ou plusieurs eaux, il n’est pas possible de ics introduire dans le panier d’un centrifuge ordinaire sans détruire c« apprêt. Jusqu’à présent on a Plié fermement ces draps lainés et pu les a laissés pendant 24 heures cgoutter autant que possible. Abandonner ces draps plus longtemps dans cet état serait les exposer à s échauffer au détriment de la couleur et avec danger d’y produire des taches et des tares, etc.
- Un drap qui, sec, pèse environ 10 kilog., contient encore, même après son égouttage, 15 à 20 kilog. d’eau, et par conséquent 150 à 200 pour 100 qu’il est nécessaire de faire évaporer, soit sur les rames ordinaires, soit au moyen des appareils, adoptés depuis quelque temps, de ramage et de séchage à l’aide de la chaleur.
- La figure 12, pl. 327,représente en coupe sur la longueur, et la figure 13 en coupe transversale, une machine ayant pour objet de débarrasser les draps lainés, et par voie centrifuge, de l’eau qu’ils renferment, sans nuire à leur apprêt, et par ce moyen de leur enlever de 100 à 150 pour 100 d’eau, de façon qu’il n’en reste plus qu’environ 40 pour 100 à évaporer.
- Entre les deux flasques à panneaux A, A, reliées entre elles par les entretoises a, a, est disposé un tambour B garni de bandes de fer. Dans la partie supérieure de ce bâti repose l’arbre moteur C, sur lequel est calée la poulie à courroie D destinée à mettre la machine en action. Aux extrémités de cet arbre moteur sont également calées deux grosses oulies de frottement E, E en fonte ien dressées et polies sur le tour, ui transmettent le mouvement à eux rouleaux de frottement F en cuir, maintenus par deux disques en fer et des boulons calés aux deux extrémités de l’arbre du tambour B, et qui, par conséquent, mettent celui-ci dans un état rapide de rotation (environ 1,000 tours par minute).
- Un embrayage avec frein G sert à modérer la vitesse du tambour quand on veut arrêter la machine, et la manivelle H à envelopper le drap sur le tambour; on enlève celle-ci pendant que l’appareil fonctionne.
- La traverse b est garnie de brosses devant lesquelles le drap passe avant de s’enrouler, afin d’en coucher le poil à plat; d est un rouleau conducteur; sur une tringle c du tambour sont implantées latéralement des touches pointues sur les-.
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- uelles on coud le premier chef du rap qu’on veut enrouler.
- Le tambour pour empêcher que l’eau ne se repande est entouré d’une enveloppe en bois I dans laquelle se trouve sur le devant de la machine, une porte k qui s’abat et sert ainsi de soutien au drap qu’on enroule ou déroule. Le dallage sous la machine porte des gouttières pour l’écoulement de l’eau.
- L’emploi de cette machine est fort simple et n’exige le soin que d’un homme. Le drap humide est, après qu’on a ouvert la porte, place devant la machine; son chef postérieur est arrêté sur les touches du tambour, et, au moyen de la manivelle, on l’enroule serré et uni dessus. Quand ce tambour est chargé, on le couvre d’une grosse toile qu’on arrête avec des cordes, puis on ferme la porte et la machi-, ne, en rejetant la courroie de la poulie folle sur la poulie fixe, est mise en état de rotation. Au bout de 10 minutes, on arrête le mouvement et on déroule le drap de la même manière qu’on l’a enroulé.
- Cette machine a besoin d’être assise sur de bonnes fondations. Elle procure les avantages que voici :
- 1° Le drap, aussitôt après le lainage, peut être essoré sans perte de temps, puis mis aussitôt en rame, sans avoir besoin, comme auparavant, d’être abandonné longtemps pour égoutter.
- 2° Le drap conserve une humidité uniforme et n’est pas, comme dans l’égouttage, à demi-sec par places et saturé d’eau dans d’autres. On évite ainsi les points durs d’eau et le rembrunissement de l’une des faces dans les étoffes de couleur claire; les couleurs n’éprouvent aucune avarie et restent pures et fraîches.
- 3° Le drap, dans les températures moyennes, peut sécher plus promptement qu’il ne le fait jus-u’ici, ce qui augmente la capacité e rendement de la rame qui est toujours un appareil dispendieux; on n’est pas forcé d’employer une
- élévation coûteuse de température pour opérer la dessiccation, qui s’effectue en grande partie rapidement et économiquement avec cette machine centrifuge.
- 4° On conserve le couchage du poil donné par le lainage, puisque le drap est brossé au moment où on l’enroule.
- Cette machine peut être utilisée pour tous les tissus qui sont apprêtés à l’état humide.
- Appareil à griller les tissus.
- Par MM. F. Liebelt et Cie, de Ghemnitz.
- Il n’est pas de fabricant qui n’ait eu à constater à ses dépens les inconvénients des divers appareils de grillage des tissus qui ont été employés jusqu’à ce jour. Dans beaucoup de fabriques, ce grillage s’opère encore sur des cylindres chauffés. Dans ces derniers temps, on a fait un usage assez étendu de la lampe à alcool, et l’essai qu’on a fait de la flamme de gaz n’a pas été heureux, à raison de la suie et des impuretés que ce gaz dépose sur les tissus pendant sa combustion.
- MM. F. Liebelt et Cie de Ghemnitz se sont fait patenter l’an dernier en Saxe pour un appareil qui, depuis cette epoque, a été journellement en activité et a donné de très-bons résultats. Il grille parfaitement toute espèce de tissure, soit damas, étoffes de laine, étoffes mélangées laine et coton, soie et coton, enfin les tissus de coton, même ceux en dessins les plus fins et en couleurs les plus délicates. Les frais qu’il occasionne sont moins élevés que ceux avec tout autre appareil, et avec 3 litres d’alcool à 80° centésimaux, on peut, suivant les divers tissus, griller deux fois de 30 à 60 pièces en six heures de travail, son service n’exige que l’emploi d’une seule personne. L’ouvrier peut, à volonté, rendre
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- plus basse ou plus haute la flamme fltu est parfaitement blanche, l’éteindre instantanément ou la faire a§jr de nouveau après des intervalles plus ou moins prolongés.
- La figure 14, pl. 327, est une vue élévation par le côté de cet appareil, et la figure 15 une vue aussi en élévation, mais par-devant.
- chaudière en cuivre à doubles Parois qu’on charge d’alcool à 80° L-i et qu’on amène, au moyen de ja vapeur d’eau qui arrive par le juyau f, en quelques minutes à l’é-jat d’ébullition ; les vapeurs alcoo-Lques s’échappent alors par un long tayau qui, dans le haut, est percé trous fins au-dessus desquels Passe le tissu qu’on veut griller. La aamme peut, à l’aide de robinets, etre modérée à volonté. Le tuyau g s.ei‘t h évacuer l’eau de condensa-hon de la chaudière ; est le bâti ea fonte ; c, c, les brosses ; e, le tambour en lattes sur lequel est ^roulée l’étoffe; ù, le tambour ^enroulement ou d’appel qui, pour accélérer le mouvement, est mû Par un engrenage.
- Machine à battre l’or, l’argent et autres métaux.
- Par M. F. Schindler.
- Cette machine est un martinet flpi se distingue des marteaux ordinaires de ce genre par son mode d’action et par l’emploi particulier d un ressort qui donne en même temps au coup la force suffisante et de l’élasticité, afin de pouvoir templacer le bras de l’homme par dn agent mécanique qui peut être jtes en mouvement par la vapeur, 1 eau ou toute autre force motrice.
- La figure 16, pl. 327, présente Une vue en élévation de côté de cette machine.
- La figure 17 en est le plan.
- K enclume ou bloc en granité SUl> lequel on place l’objet que l’on Veut battre. B, marteau en fer avec s°n manche en bois C. D, renfort 611 fer des tourillons dans lequel
- I est assujetti le manche du marteau, ui en constitue l’axe ou le centre e mouvement et repose sur les coussinets E, E1. F, massif en pierre de taille. G, sommier en chêne sur lequel sont boulonnés les deux bâtis en fonte H, H’ qui portent l’arbre coudé J, J sur lequel sont enfilées, d’un côté, les poulies motrices K, et de l’autre le volant L. M, tige de battage qui, au moyen d’une fourchette en fer forgé R, est assemblée avec la partie postérieure de la queue du marteau.
- Cette queue, ainsi que les deux plaques en fer O, O qui y sont arrêtées, sont percées de trous aux travers desquels passe la bielle N qui est saisie par la fourchette R et est fixée par une cheville. Cette ielle porte dans le bas une ouverture rectangulaire au travers de laquelle pénètre le ressort en bois ou mieux en acier P. Ce ressort est, par son autre extrémité, arrêté sur la portion antérieure du manche et dans le modèle décrit au pointQ. La tige de battage opère sur le ressort de manière à ce qu’au moment où le marteau vient poser sur l’objet à battre, ce ressort soit bandé au plus haut point, tandis, au contraire, que l’action du ressort pendant la levée du marteau diminue peu à peu et cesse même entièrement lorsque le marteau est arrivé au plus haut point de sa course, et que cette action ne se renouvelle que iorsque le marteau recommence sa course en retour ou sa chute. C’est de cette manière qu’on communique au coup de marteau une grande énergie, et que la pression du ressort persiste et va sans cesse en croissant jusqu’au moment où il vient frapper l’objet qu’on veut battre.
- Au moyen de l’emploi de ce ressort P combiné, comme on l’a indiqué ci-dessus, avec la tige de battage M qui détermine les mouvements du marteau, on réunit plusieurs avantages parmi lesquels nous indiquerons les suivants :
- 1° On prévient le rebondissement du marteau.
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- 2° On balance les résistances qui tendent à s’opposer à la levée de ce marteau.
- 3° Enfin, et tout particulièrement, on augmente notablement la puissance du coup, et précisément au moment où il a besoin de la plus grande énergie, c’est-à-dire à celui où il vient poser sur l’objet peu épais qu’il s’agit de frapper, et cela sans que le coup perde rien de son élasticité qui est si nécessaire dans ces sortes d’opérations.
- La tension du ressort P peut être réglée de differentes manières qu’il est superflu de décrire ici.
- Sur les mouvements de Veau dans les chaudières à vapeur.
- Toutes les expériences ou les observations qui tendent à jeter quelque lumière sur les mouvements de l’eau à l’intérieur des chaudières à vapeur, présentent assez d’intérêt pour que nous ne négligions pas de les mettre sous les yeux de nos lecteurs.
- Dans une séance récente de l’association polytechnique de l’Institut américain, M. Norman Wiard a présenté un appareil qu’il croit propre à rendre compte de l’élévation et de l’abaissement subits de l’eau dans les chaudières à vapeur. L’appareil consiste en un verre cylindrique d’environ 10 centimètres de aiamètre et 30 de hauteur, partagé en chambres par dix diaphragmes en étain à une distance entre eux de 12 à 13 millimètres. Le diaphragme inférieur porte au centre un trou de 25 millimètres de diamètre, celui au-dessus, quatre trous de 12 millimètres près de sa périphérie, et tous les autres diaphragmes sont percés ainsi alternativement en leur enlevant environ un septième de leur aire. L’objet de cette disposition est d’entraver l’échappement des bulles de vapeur qui se forment sur le fond du verre.
- Le vase étant rempli d’eau jus-
- u’au niveau de l’avant-dernier iaphragme, on fait bouillir ce liquide au moyen d’une lampe à alcool qu’on place dessous. Aussitôt que l’ébullition commence, le niveau de l’eau remonte de 36 à 38 millimètres, action manifestement due à un accroissement du volume produit et occupé par les bulles de vapeur.
- Si dans cette eau en ébullition, on injecte une très-petite quantité d’eau froide qu’on fait, au moyen d’un tube, arriver jusque sur le fond du vase, l’ébullition est arrêtée , les bulles de vapeur cessent de se former et la surface de l’eau retombe à son premier niveau.
- On a fréquemment observé dans les chaudières ces soulèvements et ces abaissements alternatifs de l’eau, surtout dans celles qui ont des espaces d’eau étroits où les bulles qui tendent à s’élever à la surlace éprouvent des obstacles dans leur marche ascendante. Ce soulèvement dans une chaudière trop chargée d’eau peut donc donner lieu à des avaries ou à des accidents , et d’un autre côté l’abaissement subit de ce liquide au moment où l’on injecte de l’eau et où l’on met la pompe alimentaire en train, dans celui où l’on ouvre la porte du foyer et où il y a refroidissement, bu quand la soupape de sûreté se referme, peuvent causer dans la chaudière un vide capable de produire son affaissement, sa déformation ou quelque effet analogue, et on comprend dès lors l’avantage qu’il doit y avoir à ménager une circulation libre à l’eau de la chaudière, à n’alimenter celle-ci en eau qu’avec des appareils continus, et enfin à se servir d’appareils du même genre pour l’alimentation du foyer en combustible.
- D’un autre côté, M. H. Finger, professeur à l’Ecole des arts et métiers de Liegnitz, en faisant l’expérience bien connue de l’ébullition de l’eau dans le vide à basse température, a observé un fait qui mérite de fixer l’attention.
- On remplit en partie d’eau un
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- fatras en verre, on fait bouillir pendant longtemps pour chasser [air, et on ferme vivement avec un bouchon. Si alors on retourne le fatras, la panse en haut, et qu’on tasse couler dessus de l’eau, tout le m°nde sait que l’eau dans ce vase entre de nouveau dans une vive ^ffervescence jusqu’à ce que le rebondissement y mette enfin un ter-1116 » et il n’v a* pas d’expérimenta-bur qui, en répétant cette expérience, n’ait observé les vifs trem-nlements et les trépidations du fatras pendant l’effervescence de eau. En renouvelant cette expé-^leHce, M. Finger fut bien surpris oo voir le matras, au moment où *eau bouillait avec une énergie particulière, éclater avec fracas, et !es débris ainsi que l’eau être projetés au loin. Cette rupture n’a pas eu lieu dès le premier moment où | °n a versé l’eau froide, et lorsque Ja différence des températures était ja plus grande, et où on aurait pu 1 attribuer à la fragilité du verre et a son refroidissement subit ; mais f explosion s’est manifestée au moment où l’aspersion de l’eau avait uéjà été répétée plusieurs fois.
- La cause de cette explosion paraît donc due à une formation vive, alternative et par soubresauts de la vapeur, déterminée par la diminution subite de la force élastique ue la vapeur qui se trouvait au-dessus de l’eau è raison du refroidissement. D’abord on n’avait lais— Se l’eau de refroidissement couler ^ue peu à peu et en petite quantité SPI* le matras ; mais avant l’explo-Sl°n on avait fait une aspersion Plus abondante.
- Cet accident que M. Finger n’a-v.ait jamais eu auparavant l’occa-sion d’observer, lui a permis d’établir un rapprochement avec une expérience faite quelques mois auparavant à Breslau.
- . A l’instigation de la Société des Ingénieurs allemands du cercle de ^reslau, une commission était oc-Cupée à faire une expérience avec tete chaudière à vapeur en verre, aun de pouvoir y observer ce qui se
- passe pendant l’ébullition de l’eau. Cette chaudière avait été mise à l’épreuve sous une pression de 8 atmosphères. Pendant l’expérience où la force élastique de la vapeur ne s’élevait définitivement, après que le chauffage avait cessé, qu’à 2kil.6 par centimètre carré, la chaudière éclata tout à coup avec un grand fracas au moment où l’un des expérimentateurs ouvrait subitement et de toute son étendue la soupape de sûreté, et présentait ainsi un large écoulement à la vapeur.
- Le rapprochement de cet accident de celui rapporté plus haut, suivant M. Finger, se présente de lui-même. Dans les deux cas, dit-il, la capacité au-dessus de l’eau était saturée de vapeur à la température correspondante, et un développement de nouvelles vapeurs ne pouvait plus avoir lieu par l’application de la chaleur. Dans l’expérience de Breslau, la saturation qui régnait dans l’espace de vapeur a été tout à coup abolie par l’ouverture de la soupape, et dans son expérience par un refroidissement subit. Dans les deux cas, il a dû se former de nouvelles vapeurs dans le rapport de la température que possédait alors encore l’eau, et les deux explosions démontrent que cette formation a eu lieu avec la plus grande énergie et par soubresauts. Au reste, la basse température à laquelle l’explosion, dans l’expérience de M. Finger, s’est développée, est un fait des plus intéressants et des plus instructifs, quand on le rattache aux explosions des chaudières à vapeur. Il a remarqué aussi, dans cette expérience que l’eau avait été projetée sur son visage et sur ses mains, mais sans y produire la moindre brûlure.
- On savait depuis bien longtemps que lorsque l’espace d’eau d’une chaudière est saturé de vapeur, par exemple après un temps d’arrêt et de repos, ou toute autre cause, il ne faut offrir un écoulement à cette vapeur que peu à peu et avec
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- précaution avant de lui faire des emprunts réguliers pour le service de la machine, et c’est ce qu’on fait journellement en ouvrant avant de mettre en marche les robinets de décharge ou de purge , d’abord très-légèrement, puis successivement de plus en plus. On cherche ainsi à éviter que la vapeur ne se précipite avec trop d’impétuosité dans la voie qui lui est ouverte et ne soit remplacée par celle qui est encore emprisonnée dans l’eau liquide qui, en se dégageant et s’élançant avec une énergie extrême, peut acquérir ainsi une force vive capable de faire éclater la chaudière.
- Mais ce qu’il y a de remarquable dans l’expérience précédente, c’est que la vapeur, même à une température assez basse, peut ainsi développer par le vide partiel qui s’opère dans l’écoulement brusque de celle qui occupait l’espace de vapeur, une force vive assez considérable pour donner lieu à une explosion. Ainsi, l’expérience enseigne que, même pour les chaudières à basse pression ou celles où la vapeur n’a pas encore atteint toute la force élastique qu’on veut lui communiquer dans le travail, il ne faut ouvrir une issue à cette vapeur qu’avec précaution, jusqu’à ce qu’on puisse se mettre régulièrement en marche.
- Une autre conséquence de cette expérience, c’est que les précautions à prendre pour éviter les explosions et les soubresauts, doivent etre plus attentives et les prises mieux ménagées avec les petites qu’avec les grandes chaudières, parce qu’une cylindrée empruntée aux petites chaudières est, à leur intérieur, une fraction plus forte de la quantité totale de vapeur qu’elles renferment, et par conséquent qu’on y produit un vide plus considérable qui doit donner lieu à un dégagement dans la portion liquide d’une plus forte proportion de vapeur animée d’une force vive, tandis que dans les grandes chaudières, une cylindrée ne constitue
- qu’un emprunt minime bientôt réparé par une égale quantité fournie par l’eau, mais dont la force vive se trouve amortie par la force élastique de celle qui reste encore dans l’espace de vapeur.
- On comprend très-bien les tremblements et les trépidations qui se manifestent dans la chaudière et qui sont dus à la vive ébullition du liquide à l’intérieur, mais il est plus difficile d’expliquer les soubresauts et les accès que des auteurs disent avoir observes, si ce n’est par le choc d’un fluide, eau ou vapeur sur les parois des chaudières.
- Un physicien démérité, M. Joule, pense que la simple pression d’un fluide élastique est due à la force vive d’une quantité infinie d’atomes sur les parois du vaisseau où ils se trouvent confinés. Lorsqu’un courant de vapeur est arrêté subitement, par exemple dans son passage de la chaudière dans le cylindre à travers une soupape, la vitesse que cette vapeur avait acquise et son poids réagissent, selon lui, sur les parois de la chaudière d’une manière analogue aux effets du courant presque sans élasticité de l’eau dans le bélier hydraulique de Montgolfier. Or, cette réaction étant périodique comme les prises de vapeur, peut donner naissance à ces tremblements et à ces soubresauts dont il est question et qui sont assez généralement indiqués par les oscillations subites des manomètres, et parfois par la rupture des couvercles des cylindres, et enfin par des explosions.
- F. M.
- Chaudières à vapeur à tubes verticaux.
- Par M. Hall.
- Tous les efforts des inventeurs et des constructeurs semblent se concentrer dans la construction des chaudières à vapeur sur deux points principaux, à savoir l’écono-
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- jQie dans les moyens de produire < a vapeur et la rapidité avec lamelle on développe cette vapeur.
- . sont sans doute ces mêmes prin-Clpes qui ont inspiré à M. Hall, qui ®si capitaine dans la marine bri-tannique, l’idée de construire les caaudières à vapeur avec des tubes vcrticaux descendant à travers la ^aauffe en traversant la grille du °urneau. Dans ce système, M. Hall donne à la portion de ses tubes en-l[,e grille et la ligne de niveau o eau une forme conique, le plus panel diamètre étant placé en haut, jandis que la portion qui traverse a grille a une forme à diamètres Estants, ronde et elliptique.
- f*es figures 18 et 19, pl. 327, représentent des sections prises à an-pc droit l’une par rapport à l’au-rei d’une chaudière à vapeur conduite d’après ces principes.
- A, A, enveloppe extérieure de la daudière; B, B, enveloppe inté-rieure; C,C, chauffe; D,D, bar-reaux de la grille ; E, carneau as-f'ddant par lequel les produits de Ja combustion s’échappent et sont jransportés dans le carneau de re-j°ur F. Cette chaudière est consulte avec des tubes verticaux G, G pd traversent la chauffe et la por-îl0p de ces tubes entre a et b, c’est-I dire depuis la chauffe C,C jusqu’à }a ligne de niveau de l’eau, a une loArme conique, la grande base du c°ue étant tournée en haut, tandis la portion de ces tubes G, G lui traverse la grille a un diamètre d des diamètres uniformes, c’est-a;dire qu’elle présente une section dculaire, elliptique ou ovale dans l°ute son étendue.
- I Les tubes G, G sont arrêtés dans I® bas sur la partie inférieure de euveloppe intérieure B, B, au p°yen de bagues à collets H, H, et jjaus le haut à la paroi supérieure ûe cette même enveloppe intérieu-re Par des bagues semblables. Ils s°nt protégés contre l’action direc-e. du feu par des briques réfractes I, I. ji j sont des entretoises des boulons en fourchette entre a paroi intérieure de l’enveloppe
- extérieure A et de l’enveloppe intérieure B; K, K, des boulons horizontaux disposés en divers points pour maintenir l’écartement.
- L’eau circule librement entre les deux enveloppes ainsi que dans les tubes G, G ; la flamme et les produits de la combustion entourent la portion conique de ces tubes, puis passent dans le carneau E et de là dans le carneau de retour F, qui les conduit dans la cheminée.
- Les chaudières établies suivant ce système occupent moins de place que les chaudières multitubulaires ordinaires, ce qui procure l’avantage d’installer huit chaudières à bord d’un bâtiment dans l’espace occupé actuellement par quatre chaudières du modèle en usage.
- lnjecteur pour puiser l’eau à de grandes profondeurs.
- Par M. A. Barclay.
- Depuis quelque temps on s’est efforcé d’appliquer l’injeeteur de M. Giffard à un autre service que celui pour lequel il avait été inventé ou à l’alimentation des chaudières à vapeur, et on a voulu le faire servir à l’élévation des eaux de certaine profondeur ; mais plusieurs tentatives faites dans cette direction n’ont pas eu tout le succès qu’on en attendait. M. Barclay a été plus heureux que ses devanciers et paraît avoir surmonté un obstacle qui s’opposait au développement complet de la puissance de cet appareil, et sans entrer dans les details de la théorie et des lois en partie bien constatées aujourd’hui sur lesquelles est basée l’action de l’appareil, on se bornera à reproduire ici la description donnée par l’inventeur lui-même de son injecteur.
- « L’invention a, dit-il, pour objet de simplifier la construction de l’appareil, qui sert à l’injection et l’éjection des liquides, ainsi qu’à
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- le rendre {dus efficace qu’il n’a été jusqu’à présent.
- « La portion de l’appareil qui contient les tuyères de vapeur et d’eau, est pourvue à l’extremité la plus voisine des poignées ou des roues ui servent à régler l’écoulement e l’eau ou de la vapeur, d’un collet dans lequel sont fixés quatre ou un plus grand nombre de boulons ou piliers disposés pour porter à leur extrémité supérieure un autre collet semblable qui y forme saillie et constitue une partie d’un tuyau et dont une portion se prolonge inférieurement dans le corps principal de l’appareil, en laissant tout autour un espace annulaire, tandis que l’autre portion au-dessus du collet est filetée et sert, comme on le dira par la suite, à régler en partie l’alimentation.
- « La portion principale de l’appareil porte une boîte à étoupe et est pourvue d’un chapeau au travers duquel passe une pièce tubulaire portant à son extrémité interne une tuyère de vapeur. Cette pièce tubulaire est pourvue à son extrémité postérieure d’un collet dans lequel sont fixés deux ou un plus grand nombre de boulons munis à leur extrémité supérieure d’un anneau qui s’adapte dans une retraite circulaire creusée dans la roue ou la poignée régulatrice, de façon qu’en tournant cette roue ou cette poignée sur la portion filetée de la première pièce tubulaire indiquée, on fait reculer ou avancer la tuyère de vapeur.
- « On doit dire que le tuyau qui porte la tuyère est ajusté dans l’espace annulaire formé par le premier tuyau et le corps de l’appareil, et peut y monter ou y descendre. Deux des boulons du système inférieur et les deux qui constituent le système supérieur sont filetés de manière qu’on peut y appliquer des écrous pour serrer les chapeaux de boîtes à étoupes qui entourent tant la première que la seconde pièce tubulaire.
- « Une autre partie de l’invention consiste à faire varier l’aire de l’o-
- rifice de la tuyère de manière à ob; tenir un plus grand effet, ce à quoi on parvient ainsi qu’il suit : Dans une boîte imperméable à l’air, v®' nue de fonte sur l’un des côtés du corps de l’appareil, est une tige fi' letée à droite et à gauche sur une même étendue. Cette tige traverse deux pièces en métal de forme carrée dans lesquelles est fixé un assortiment de tuyères de dimensions diverses, l’emploi de la vis à fdet droit et gauche ayant pour but, quand il faut faire avancer la pièce carrée en tournant la tige dans une direction, de détacher ou éloigner les pièces de la tuyère et de la gorge actuelles de l’appareil, de manière à ce qu’il puisse être tourné sur son centre jusqu’à ce qu’on arrive en tournant à la série d’orifices qul donnent l’alimentation requise ; alors le mouvement de la tige est renversé et la pièce carrée estrap' prochée de la tuyère et de la gorge de la manière convenable pour travailler.
- « Indépendamment de la disposition qu’on vient de décrire, on eut faire tourner un robinet, ou ien ajuster une pièce tubulaire dans un plan fixe, où l’on a perce des orifices ou des tuyères de diamètres différents correspondant aux variations de l’alimentation, orifices ou tuyères pouvant tourner pour satisfaire à l’alimentation requise.
- « La figure 20, pl. 327, est une section sur la longueur da l’une des dispositions qu’on peut donner à cet injecteur et éjecteur des liquides.
- « Dans cette figure, la partie inférieure du corps de l’appareil se compose de trois pièces principales À, A4, A2, qui sont vissées l’une sur l'autre de la manière représentée. L’extrémité supérieure de cette partie de l’appareil est pourvue d’un collet B, B qui porte les quatre boulons ou piliers C, dont on n’aperçoit que deux dans la figure. Ces quatre boulons C maintiennent à leur tour un autre collet D,D, dont la base se pro-
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- l°nge des deux côtés en deux pièces tubulaires E et E\ celle supé-ïleui‘e ou El portant un filet carré.
- roue à poignées F qui sert à ré-§»er l’ouverture des orifices d’eau est pourvue d’un filet qui correspond à celui de la pièce tubulaire ^ > et le moyeu de cette roue se prolonge en aessous pour recevoir Un troisième collet G, G qui est ^mntenu sur le moyeu par un an-neau taraudé H. De ce collet G descendent deux autres boulons ou pi-ners I, Ji qUi traversent le collet D et pénètrent dans le collet K, lequel Porte une pièce tubulaire L,L et a tuyère L^L1 au moyen de laquelle on règle l’écoulement de ^ eau.
- ,, « Gomme il est nécessaire que j assemblage entre la pièce tubu-aire L et la partie extérieure du c°rps A soit imperméable à l’air, on ?, disposé une boîte à étoupes sur ^extrémité supérieure de cette pièce ^ et un presse-étoupe ou chapeau jn percé, au travers duquel passent es boulons C, maintient le bour-rage serré, la pression sur ce cha-Peau étant réglée par des écrous fUr les portions filetées des boulons.
- « A l’aide de cette disposition, °n obvie à la difficulté grave qu’on ?Vait toujours rencontrée jusqu’a-!°rs pour maintenir étanche le bourrage de fond du tube qui porte a tuyère d’eau, puisque ce bour-£age peut h chaque instant être reculé sans perte de temps ou qu’on Peut le remplacer rapidement par a.a autre. De cette manière, on présent les inégalités ou les incorrects de travail de l’appareil sous le rapport des fuites en ce point, et ^°n service continu est assuré pendant une certaine durée.
- « On conçoit en effet qu’il est ab-solunient nécessaire, quand on emploie un appareil de ce genre à éle-t des liquides de grandes profondeurs, que l’assemblage autour du tuyau de vapeur E, formé par la .boîte à étoupe et le chapeau M, s°it maintenu parfaitement imperméable à l’air, autrement le travail
- élévatoire de l’appareil serait beaucoup diminué par l’air qui pénétrerait et s’écoulerait autour de ce tuyau de vapeur et détruirait le vicie dans le tuyau d’aspiration en se mélangeant à l’eau lorsqu’il en arriverait à la tuyère L1 par le conduit V, et comme fappareil est plus spécialement destiné à élever l’eau de plus grandes profondeurs qu’on ne l’a fait jusqu’à présent, on considère que le libre accès aux parties intérieures du corps de l’appareil, de façon que le bourrage autour du conduit de vapeur puisse être ajusté instantanément sans qu’il soit nécessaire de démonter aucune pièce, est un caractère spécial et un perfectionnement notable de l’appareil.
- « On se rappellera que les observations qu’on vient de formuler sur la condition précédente s’appliquent également aux modifications de l’appareil qui seront décrites plus bas.
- « Dans tous les cas, l’introduction de la vapeur par la tuyère dans le modèle ci-dessus, est réglée comme à l’ordinaire au moyen d’une aiguille centrale O1 dont la portion filetée passe à travers un trou percé en conséquence dans le renflement intérieur O2 du tuyau E,E*. L’orifice de vapeur est indiqué par la circonférence pointillée W, celui de l’aspiration est en Y et celui de la décharge en X; Y est une soupape au moyen de laquelle on s’oppose à la communication directe avec la chaudière quand l’appareil n’alimente pas celle-ci.
- « La figure 21 est une section sur la longueur d’un autre modèle de cet injecteur.
- « Dans cette disposition, la portion inférieure de l’appareil se compose également de trois pièces A, A1 et A , comme dans la première, et la partie supérieure A2 est pourvue d’un collet pour porter les boulons ou piliers filetés B qui servent à relier entre eux les parties extérieures principales, supérieure et inférieure de l’appareil. Afin d’avoir un libre accès au bourrage
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- du tuyau intérieur C, pour rendre les assemblages entre celui-ci et les pièces extérieures de l’appareil plus fermes et imperméables, on a établi des boîtes à étoupe D et D1 sur les pièces extérieures, supérieure et inférieure qu’on a coiffées respectivement de cnapeauxEetE’, afin de rendre le tout parfaitement étanche, les boulons B étant filetés et pourvus d’écrous qui servent à régler le serrage des assemblages.
- « La figure 22 est une section horizontale des passages dans le tuyau G par lesquels la vapeur est admise dans sa marche vers la tuyère.
- « Afin de pouvoir régler l’alimentation de l’eau, le tuyau G est pourvu d’une roue à poignée F qui sert à le tourner sur son support fileté G, établi dans la partie principale supérieure de l’appareil. L’aiguille centrale H qui règle l’écoulement de la vapeur par la tuyère, est manœuvrée de la même manière que celle représentée et décrite dans les deux premiers modèles, et comme toutes les pièces non décrites dans le troisième modèle sont semblables à celles représentées dans les dispositions précédentes, et communes aux appareils de cette classe, on n’a pas cru nécessaire de les décrire ici.
- « La figure 23 indique une manière de disposer et d’appliquer une série variable de tuyères.
- « Dans cette disposition, on perce une ouverture parallèle et cylindrique dans le corps de l’appareil, au point où la tuyère c et la gorge d sont situées, dans laquelle est insérée une pièce tubulaire A portant un jeu de tuyères a, a de dimensions variées , et autant de pièces de gorge b, b qui leur correspondent et fixées sur les côtés opposés de cette pièce ; et comme les extrémités, je suppose, de la tuyère c et de la gorge d sont établies pour se correspondre et s’adapter sur la surface extérieure de la pièce tubulaire A, l’une quelconque de ces diverses tuyères et gorges situées dans cette pièce A, peut à l’instant
- être appliquée au service en faisant glisser la pièce dans l’ouverture jusqu’à ce que la tuyère et la gorge necessaires pour produire l’alimentation requise, soient miseS dans la position où l’appareil pellt fonctionner.
- « Au lieu de construire les tuyères variables et d’avoir recours au moyen de les appliquer, représente dans la figure 23, en peut les construire en deux pièces segmentaires ou circulaires, comme on l’a indi-ué dans les premiers paragraphes e cette spécification. »
- Théorie des machines à gaz travail-lant par explosion.
- Par M. J. Macquorn Rankine.
- 1° Hypothèses thermodynamiques-Dans les calculs relatifs à l’emploi pratique des machines caloriques, il paraît plus convenable de n’employer que des formules dans les-uelles on introduit seulement, ans le calcul, les tensions et le volume des substances motrices, ce qui dispense de la nécessité de calculer les températures. Ges formules, on les possède déjà dans le calcul des machines à vapeur. L’objet de la présente note est d’établir une série de formules analogues pour les machines à gaz travaillant par explosion. Ces formules reposent principalement sur les hypothèses thermodynamiques suivantes dans lesquelles k indique le rapport de la chaleur spécifique d’une substance à l’état gazeux parfait sous une pression constante à la chaleur spécifique de cette même substance sous un volume constant.
- Première hypothèse. Quand une masse de cette substance de la tension absolue p> et du volume n, passe à la tension absolue pK et au volume i\, l’équivalent calorique de la chaleur sensible ainsi absorbée, c’est-à-dire la quantité de chaleur qui a été dépensée pour pro-
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- dmre l’élévation de température, a i par opposition à la chaleur qui a disparu dans l’appareil de tra-Vail> la valeur suivante :
- Pi vi—pv k—1
- Dans ce cas, on suppose que les tensions et les volumes sont donnes en unités de mesure, telles que je produit de la tension et du vo-tnme soit exprimé en unités de tra-vail. par exemple, si les volumes jî°nt donnés en mètres cubes, il laut que les tensions en kilogrammes soient données au mètre carré, afln que le produit de la tension et du volume soit exprimé en kilo— §rammètres.
- deuxième hypothèse. Lorsqu’une 'Uasse de la même substance exé-cute un travail sans transmettre de Valeur, la tension disparaît, de façon que le produit pvY est une Candeur constante. Pour l’air atmosphérique , la valeur de k = L408. La même valeur à peu près s applique à l’oxygène et à l'azote, enfin le mélange gazeux, qui récite par explosion du gaz hydro-Bpne carboné et de l’air atmosphé-rique, ne s’éloigne pas sensiblement de 1,4, puisque le mélange c°usiste pour les trois quarts en azote. On peut donc considérer c°nime suffisamment exact dans la
- Pratique, pour laquelle une exac-htude rigoureuse n’est ni nécessai-re> ni possible, de poser k = 1,4 ^7/5, de façon que
- 1
- Jc—i
- = 5/2
- et
- Jc—i
- :7/2
- augmente, sous la pression constante p, son volume de v en vv La quantité de chaleur qui doit avoir été dépensée pour élever la température d’une manière correspondante, est 5/2 p (u,}—v), ce à quoi il faut ajouter l’équivalent de la chaleur disparue qui a été employée à l’exécution du travail par voie de détente p (vv—v). D’où résulte, jour la quantité totale de chaleur:
- (II) 7/2 p (Vi—v)
- c. La masse d’un mélange gazeux exécute un travail par detente, puisqu’un volume u, sans abandonner de chaleur, passe au volume ru, r indiquant le degré de la détente. Si la tension absolue est, au commencement de la détente, exprimée par pit elle le sera, au terme de cette détente, par
- (Hi) p2=Ptr~7/5
- La table suivante renferme quelques-unes de ces valeurs calculées par cette formule.
- Degrés delà détente. Chargement dans Rapport de la tension finale à la tension
- le cylindre. initiale.
- 5 . 0.20. . . . . 0.105
- 4 . 0.25. . . . . 0.144
- 3 1/3. . . . 0.30. . . . . 0.185
- 2 6/7. . . . 0.35. . . . . 0.230
- 2 1/2. . . . 0.40. . . . . 0.277
- 2 2/9. . . . 0.45. . . . . 0.327
- 2 . 0.50. . . . . 0.379
- Le calcul exact de la valeur r — 7/5 exige l’emploi des logarithmes ; mais on peut l’opérer sans le secours des logarithmes par la formule suivante :
- 2° Formules pour la chaleur et 1(1 détente. Les formules suivantes s°nt la conséquence immédiate des ooux hypothèses précédentes.
- «. La masse d’un mélange de §az qui prend le volume constant ?> augmente sa tension dep hp^, la quantité de chaleur exprimée en unités de travail qui est nécessaire P°ur cela, est :
- D) S/2c(p!-p)
- ^ La masse d’un mélange de gaz
- h- = 0,54 (— -f—\ — 0,025.
- Les valeurs obtenues par cette formule sont exactes à 1 centième près, quand r n’est pas inférieur à 2, ni supérieur à 7.
- 3° Diagramme. Le diagramme de l’indicateur d’une machine travaillant par explosion a, en général, la forme indiquée dans la figure 24, pi. 327. La ligne de terre O, Y représente l’échelle de l'unité volu-
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- métrique : par exemple, O B indique un décimètre cube d’un mélange explosif approprié qui a été introduit dans un cylindre à la pression en atmosphères représentée par les ordonnées OA —B G. Le crayon de l’indicateur, pendant qu’on introduit un décimètre cube du mélange explosif, parcourt le chemin A C. Maintenant, lorsque cette introduction est interrompue et que la masse introduite a été enflammée par l’étincelle, il en résulte, puisque la durée de l’explosion est très-petite par rapport au temps employé à la course entière du piston, une élévation subite de la tension, qui est exprimée approximativement par C E. La tension , après l’explosion, est donc représentée par l’ordonnée B E. Le mélangé gazeux produit de l’explosion se dilate et pousse le piston devant lui. La courbe de détente correspondante est E G, car O F est le volume, et F G la tension au terme de l’explosion. La tension se réduit à la grandeur GH lors-
- 2u’après l’ouverture de la lumière 'échappement, le mélange de gaz s’est dissipé dans l’air atmosphérique. Le travail que produit chaque décimètre cube du mélange explosif, est donc représenté parla surface CE GH C.
- 4° Chaleur totale et utile d’explosion. La chaleur totale d’explosion peut être déterminée théoriquement par la composition du mélange gazeux explosif, en faisant usage du résultat des expériences de MM. Favre et Silbermann. Par exemple, suivant M. Letheby, le mélange gazeux, qu’il est le plus avantageux d’employer dans la machine Lenoir, est composé de 8 parties en volume d’air atmosphéri-
- âue, et de 1 partie aussi en volume e gaz ordinaire d’éclairage. Or, d’après l’analyse des gaz de M. Letheby et des valeurs connues de la chaleur de combustion complète qui appartiennent à chaque élément en particulier, il résulte que la chaleur totale de dilatation de 1 décimètre cube de mélange ga-
- zeux, équivaut environ à 280 kilo-gramm êtres.
- Pour trouver la chaleur de de-tente utile, on est obligé d’avoir recours aux expériences sur des machines à gaz déjà existantes. Soit pi la tension absolue immédiatement après l’explosion , et po celle de l'atmosphère. Alors, suivant la formule I, la chaleur d’explosion exprimée en unités de travail pour 1 décimètre cube de mélange de gaz explosif, serait 6/2
- {Pi-'P »)• , ^
- Suivant les expériences de M-Letheby, pl est, en moyenne, 6e 5 atmosphères; par conséquent Pi—Po=4 atmosphères ou 413k-2 par décimètre carré, et par conséquent la chaleur d’explosion utile serait, par décimètre cube, 5/2-413.2=1033 kilogrammètres.
- La différence entre la chaleur d’explosion utile et celle totale, représente la perte par conductibilité et par combustion imparfaite. Le rapport de la chaleur d’explosion utile à celle totale peut être désignée par le terme effet relatif d’explosion.
- Dans le diagramme, fig. 24, la chaleur utile d’explosion est représentée par 3/2 fois l’aire du rectangle ADEC. Or, cette même chaleur peut, d’après un mémoire inséré dans les Transactions philosophiques de 1834, p. 119, être représentée ainsi qu’il suit : on décrit par E et C un couple de courbes adiabatiques EL et GN, c’est-à-dire de courbes de détente sans abandon de chaleur. Alors la quantité de chaleur qui est nécessaire pour produire l’élévation de tension GE avec le volume constant O B, est représentée par les limites dont la surface N G EL s’approche entre les deux courbes, lorsque les courbes du côté de N et L sont prolongées à l’infini.
- 5° Tension au terme de la détente. La tension représentée par F G au terme de la détente peut être calculée approximativement par la formule III. Les tables don-i nent, par exemple , pour le degré
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- la détente, 2 : pi = 0,379/?„. | ^ar conséquent, pour 5 atmosphè- j res ou 516kil.5 par décimètre car-re> et un degré de détente de 2, la tension finale = 496 kilogrammes par décimètre carré, ou de ^kü.3 par décimètre carré au-des-Sus de la tension de l’atmosphère.
- Au moyen de la formule suiyan- j je» on peut déterminer le degré de j la détente qui est nécessaire, j P°Ur que la tension finale soit égale °u à peu près à la tension atmosphérique :
- (1V) Htf
- C’est également le degré de détente pour lequel on obtient le maximurn d’effet. Par exemple si
- '^i~= 5, on a rl = 55/7 = 3.16.
- formule I, cette quantité de chaleur est exprimée en unités de travail par 3/2. JDEK==5/2 {pl—j»a).
- D’après la même loi, les limites de la surface MKGL représentent la quantité de chaleur qui est nécessaire pour produire l’augmentation de volume KG avec la tension constante F G. Suivant la formule II, cette quantité de chaleur est exprimée en unités de travail par 7/2. BKGF = 7/2 (r—1) p.2.
- Par conséquent, le travail représenté par le triangle KEG est 5/2 [P — P2)~ 7/2 [r—1) Vv Si on calcule ensuite le travail représenté par le rectangle CK GH, on a le travail total que produit un décimètre cube du mélange gazeux explosif.
- (V) W=5/2 (Pi—VÙ-Vî <r—l)p2
- + (r — i) (Pz — Poh
- Ta V
- uans le diagramme fig. 24, ——
- «w . , QA OP st exprime par -XcT^O B ’
- j*1* ç’est au point Q que la ligne de j^bsion atmosphérique coupe celle ae détente. On suppose que la c°Urbe de détente coïncide avec courbe adiabatique.
- 6° Effet indiqué. Si on tire la li-GKJ parallèle à O Y, l’aire ^EGHC représente le travail que Peut exécuter chaque décimètre cu-
- du mélange explosif. Cette aire Se compose d’un rectangle CK GH etd’un triangle KEG.
- Le travail représenté par le rec-afgle est {r—i) {p.2—p0).
- .Le travail représenté par le triante est déterminé à l’aide des forces I et II de la manière suinte : Imaginons qu’on a décrit Par le point K une courbe adiaba-ÿue KM, alors l’aire KEG est f§ule à la différence entre les limi-es des surfaces MKEL et MKGL jy plongées indéfiniment. Mais, d’a-v^s le paragraphe 4°, les limites ,Ue la surface MKEL représentent a, quantité de chaleur qui est aecessaire pour déterminer l’ac-^‘uissement de tension KE à vo-Uine constant O B, et suivant la
- Pourr=2; t?1=516,5 ; jf?2=196; p(—103,4, on a par conséquent : W=801,25— 686 + 92,6=207,85 kilogrammètres pour chaque décimètre cube de mélange de gaz explosif.
- La pression moyenne effective pe s’obtient en divisant le travail exécuté par le chemin parcouru par le piston, on a ainsi :
- w
- (VI) V = —
- Dans l’exemple présent, on a pe — 2Q^-8° — 53kil.925 par décimètre carré.
- 7° Effet relatif. Le rapport du travail exécuté à la chaleur de détente utile peut être désigné sous le titre d’effet dû à la détente. Il est exprimé par :
- (Vil)
- 2W
- 5 (Pi—Po
- Dans l’exemple actuel, sa valeur 415.70 ‘
- est -mSX=°’2012S-
- Si l’effet relatif de la détente est multiplié par celui de l’explosion indiquée au paragraphe 4°, le produit donne l’effet relatif de la chaleur : dans le cas actuel, c’est
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Décembre 1866.
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- 0,20125. 0.372 = 0,074865, c’est-à-dire que 7 1/2 pour 100 de la chaleur totale employée ont été transformés en travail mécanique.
- 8° Effet relatif maximum. Suivant le paragraphe 5°, la détente donne l’effet maximum lorsque la tension finale est égale à celle de l’atmosphère. Le travail est alors représenté dans le diagramme par GEQ, et par le calcul on trouve le travail que donne un décimètre cube de mélange de gaz explosible, en remplaçant dans la formule (Y) p0 par p2, Si donc W4 représente l’effet maximum, on aura :
- (VIII) 5/2 (pt — p0) — 7/2 (ri — 1) pQ
- Le travail mécanique correspondant de la détente est :
- (IX)
- 2Wj
- 5 (Pi Po)
- OU 1 —
- 7(rt —l)po 5(Pi—Po)
- Dans l’exemple choisi, on a r = 3.16, par conséquent l’effet maximum pour un décimètre cube de mélange de gaz explosible W4 = 1033 — 781.7 = 251,3 kilo-grammètres; la pression effective
- moyenne p0 = - ^ = 79 kil.52
- par décimètre carré; le travail
- , • , ! . 516.50
- mécanique de la detente — M „
- = 0,254, et l’effet relatif produit par la chaleur totale dépensée s’élève ainsi à 0,254 x 0.372 = 0,094488, c’est-à-dire que 9 pour 100 seulement de la chaleur dépensée sont transformés en travail mécanique.
- 9° Remarque dans le calcul précédent de l’effet total et de l’effet relatif, on n’a tenu compte ni du frottement ni de l’augmentation de la contre-pression due à la résistance des gaz qui se dégagent. Les données pour ces pertes ne peuvent être déterminées que par des expériences directes. Les résultats des formules précédentes peuvent donc être considérés comme des limites théoriques dont on doit chercher le plus possible à se rapprocher dans la pratique, mais
- qu’on ne peut jamais complètement atteindre.
- Tampons pour chemins de fer• Par M. L. Sterne.
- Cette invention consiste à dis-poser à l’intérieur de la boîte des disques de caoutchouc durci, vul-canite ou ébonite, et à faire alterner ces disques avec des anneaux de caoutchouc doux ou mous qui font corps avec eux. Les disques de caoutchouc durci sont de même diamètre ou à peu près que l’intérieur de la boîte, tandis que ceux^ en caoutchouc doux ont un diamètre moindre. La surface concave ou intérieure des anneaux de caoutchouc doux est en forme de V, et les disques internes de chaque appareil ont une ouverture au milieu, tandis que ceux extérieurs sont pleins. L’espace entre la surface extérieure des disques et les parois de la boîte sont remplis de déchets de laine ou autre matière semblable.
- La figure 25, pl. 327, qui est une section sur la longueur, donnera une idée d’un tampon construit suivant ce système.
- A, A, boîte cylindrique fermée, excepté dans le point où passe la tige de tampon B ; C, tête du tampon ; D, piston sur l’extrémité opposée de la tige B et fonctionnant dans la boîte A. Dans cette boîte sont insérés trois appareils établis comme on l’a expliqué ci-dessus, et on peut en employer en plus grand nombre si on le juge convenable, ou suivant l’application qu’on veut faire du tampon.
- Chacun de ces appareils consiste, comme on le voit dans la figure, en trois disques a, a, b de caoutchouc durci, vulcanite ou ébonite, et deux anneaux c, e introduits entre ces disques, anneaux qui sont unis aux disques pendant le travail de la vulcanisation. Les disques a, a, à ont même diamêti'e
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- °u à peu près que la boîte A à l’in-lerieur, tandis que les anneaux c,c un plus petit diamètre et af-Iectent sur leur surface intérieure concave la forme de V, en même lemps que leur surface extérieure est légèrement concave.
- Le disque intérieur b de chaque ^Pareil porte une ouverture au mi'1eu, mais les disques extérieurs ai«sont pleins. On peut assembler 1111 nombre quelconque de ces disses intérieurs b avec ouvertures au centre, chaque couple de dis-|lnes adjacents étant séparés par p anneau de caoutchouc doux c. ps espaces d’air d, d contenus à intérieur des anneaux c, c et entre es disques a, a, b agissent comme c°nssins ou modérateurs. Les es-Paces g, e entre l’extérieur des an-aeaux c, c et les parois de la boîte ^ sont remplis, si on le juge à Pr°pos, avec des déchets de laine.
- , Quand on exerce un effort sur *a fête G du tampon, le piston D sf refoulé et comprime les annaux c, c de caoutchouc doux; en ^nie temps l’air contenu dans les esPaces d, d agit comme coussin ou c°nime un tampon pneumatique 0u d’air. Dès que l’effort cesse, les anneaux c, c et le coussin d’air retenant par leur force élastique eur position normale, repoussent e piston D à sa position primitive Su^le devant de la boîte A.
- Les dispositions sont également aPplicables aux ressorts de tirage 1 aux ressorts de pression, en at-Acnant la tige qui porte le piston la barre de tirage ou au corps pnie du véhicule, indépendamment de la bonne lsposiiion et de l’utilité de ce îpdèle de tampon, l’inventeur lui ,s?igne un caractère important, ce-Ç de la durée. Il n’y a aucun ottement sur le caoutchouc, les Propriétés élastiques de cette sub-^ance sont complètement mises : Profit, et il n’y a nul danger d’é-raser le caoutchouc ou d’en dé-Jnire la texture. L’air contenu ans les chambres absorbe une Partie de la pression et contribue
- matériellement à l’élasticité de l’appareil. Enfin, au moyen de cette disposition où il y a une distribution très-convenable des matières, on arrive à un résultat maximum avec un minimum de matières.
- Coupe-tuyau.
- Par M. ZiPSHAUSEfi.
- Ce coupe-tuyau représenté dans les figures 26, 27, 28, pl. 327, se compose des pièces principales suivantes :
- 1. Un cadre ou fût A, A en fer forgé dont la partie supérieure anguleuse sert à maintenir le tuyau R qu’on veut couper et à l’ajuster, tandis que le long côté vertical porte la coulisse qui guide le support de la lame tranchante, et que la partie inférieure en retour d’équerre sert d’écrou pour la vis qui fait monter et descendre le support.
- 2. Un support B qui porte l’outil et glisse dans la coulisse du fût. Get outil consiste en une petite roue en acier trempé à parois polies d’un diamètre de 26 millimètres, et qui est libre de tourner sur un axe, mais sans pouvoir balotter et se déverser.
- 3° Une vis en fer forgé S qui sert à remonter le support et à rapprocher la roue du tuyau, puis à les redescendre. Cette vis est terminée, à sa partie postérieure, par des poignées a, a pour la manœuvrer, et un bras de levier; elle pénètre dans une cavité du support et fonctionne dans une partie taraudée du fût.
- Pour couper un tuyau, on serre celui-ci dans un étau, on l’enduit d’un peu d’huile à l’endroit où doit s’opérer cette coupure, puis on l’engage dans la partie anguleuse du fût. Alors, au moyen des poignées a, a et de la vis S, on fait remonter le support et la petite roue jusqu’à ce que celle-ci presse fermement sur la surface convexe du
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- tuyau. Cela fait, on saisit le bras de levier et on tourne l’appareil dans une direction quelconque autour de ce tuyau, qui reste immobile entre les mâchoires de l’étau et à angle droit avec son axe. Par la pression exercée par la roue, celle-ci cerne une circonférence, puis en serrant peu à peu la vis, pressant de plus en plus la roue et tournant toujours, on finit par tracer un sillon assez creux pour permettre de séparer ce tuyau en deux parties.
- L’inventeur assure, par exemple, qu’il peut couper un tuyau en fer forgé d’un diamètre de 22 millimètres en quatre tours de son appareil. La coupure est nette, légèrement en biseau, correspondant à la forme de la roue, et les bords, tant interne qu’externe, sont un peu rabattus par suite de la pression.
- On peut avoir plusieurs modèles de ces appareils; par exemple, l’inventeur en fabrique un petit modèle pour couper les tuyaux de 25 millimètres, et un plus grand pour ceux de 50 millimètres.
- Sur les pertes qu’éprouvent les combustibles fossiles exposés à l'air.
- Dans un mémoire publié en 1863 dans le journal des mines de Prusse , M. Grundmann, professeur à l’école des mines de Tarnowitz, a appelé l’attention de l’industrie sur une question qui l’intéresse à un très-haut degré, à savoir sur la décomposition lente et la dépréciation des houilles exposées en tas à l’action de l’atmosphère. Faisons connaître d’abord les conclusions du mémoire de M. Grundmann.
- Les expériences ont eu lieu dans les années 1861 et 1862, et ont eu pour matière la houille du Sattel-flôtzes, du puits royal de Kônigs-hütte. Elles ont démontré qu’une délitescence, survenue à la suite d’une longue exposition à l’air libre, n’avait aucune influence sur
- le poids spécifique de la houille et la proportion d’eau hygroscopique qu’elle renferme; mais, d’un autre côté, que la proportion des cendres, qui, au moment où les expériences ont commencé, était de 4,5 pour 100, s’est élevée,
- Après 2 mois d’exposition, à 6.2 p. 100
- — 5 id. 10.4
- — 9 id. 10.8
- Or, comme les parties constituantes des cendres restent invariablement les mêmes, M. Grundmann en a conclu que l’augmentation centésimale de leur proportion devait être due aux autres parties (en combinaisons gazeuses et volatiles) soumises k cette influence.
- Cette conclusion aurait donc pour conséquence que, par cette augmentation dans la proportion des cendres de 4,5 k 10.8, il s’est volatilisé des autres parties des tas, pendant un séjour de 9 mois à l’air, 58,213 parties des parties constituantes de la houille, ou, en d’autres termes, que de la houille primitive, il n’est resté que 41,6 pour 100, au terme des expériences-
- Si cette conclusion était démontrée, il faudrait bien se garder d’accumuler la houille en grosses meules ou tas, et par suite les rapports admis jusqu’à présenti relativement k ce combustible, et surtout le mode d’approvisionnement et de vente de cette matière, devraient éprouver de notables modifications.
- L’administration du chemin de fer de Hanovre, frappée de l’importance de la solution de cette question, avait déjà, en septembre 1863, fait entreprendre des expériences sur la perte de poids et de pouvoir calorifique des houilles par une longue exposition k l’air, expériences qui ont été faites sur de grosses meules de houille et de coke, tant k Harburg qu’à Hanovre et Osnabrück.
- Des houilles anglaises exposées, à Harburg, k l’air depuis le 2 décembre 1863 jusqu’au 2 novembre 1864, n’ont éprouvé pendant cet
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- espace de temps qu’une perte de Poids de 0,08 pour 100, c’est-à-lre tout à fait insignifiante ; mais a n a pas constaté l'état hygromé-Plque de ces houilles au commen-eçnent et à la fin de l’expérience, fies expériences, à Hanovre, ont P°rté sur une houille maréchale de pdiaumburg, depuis le 5 janvier Jusqu’au 1er décembre 1864, et leur Poids a augmenté dans le rapport Oe 161 à 164 dans cet intervalle ; joais on n’y a pas constaté non plus es états hygrométriques, belles conduites par M. Kirchwe-pi\ à Hanovre, depuis le 7 janvier ]Usqu’au 2 novembre 1864, ont Porté sur la quantité de houille nécessaire pour la bonne et régulière puientation d’une machine à va-Potii*. Dans ce mode peu sûr d’ex-Penmentation, la dépense par jour a varié entre 681 kil.5 et 731kil.5, Probablement en raison de l’humi-pté du combustible et du travail 1Qiposé à la machine.
- M. Reder, d’Osnabruck, a ap-Pprté plus d’attention dans les ex-Penences dont il s’est chargé. Ces oxpéri ences ont été entreprises avec ?e la houille du puits Heydt, à Ib-oonbüren, et une houille de Courl, en Westphalie, dont on a pris fréquemment le poids et constaté la quantité d’eau, en soumettant à Urie température de 100° C. jusqu’à Ce Qu’il n’y ait plus diminution de Poids, et dont des échantillons ont eusuite été convertis en coke. Voici quelles sont les conclusions del’ex-Perimentateur :
- a• Ha houille de Ibbenbüren, Pendant une expérience qui a duré uue année, n’a éprouvé qu’une per-e de poids de 1,4 pour 100. Celle Courl n’a rien perdu de son Poids.
- , Le pouvoir calorique de la uouille de Ibbenbüren a diminué ue 6 pour 100, et celui de la houille Qe Courl de 2,6 pour 100, pendant Poe exposition d’une année à l’air hbre.
- . c- Le rendement en coke (d’après pos expériences au creuset) de la uouille de Ibbenbüren a diminué
- de 4,6 pour 100, celui de la houille de Courl de 2,1 pour 100.
- Un examen attentif des tableaux où sont consignés les résultats des expériences, montre que la perte de poids et du pouvoir calorique n’a pas été régulière, et que même dans divers mois de l’année, il y a eu augmentation, ce qu’on attribue surtout à des erreurs d’observation dans la proportion de l’eau.
- Les résultats assez peu précis et même contradictoires ne pouvant servir à résoudre la question, la direction générale des chemins de fer et des télégraphes de Hanovre, a chargé M. Reder de rechercher, par de nouvelles expériences, la quantité de cendres fournies à diverses époques de la mise en tas des houilles, afin de découvrir les causes des différences qu’indiquaient les travaux des expériences précédentes de M. Grund-mann et autres.
- Ces expériences faites avec plus de soin qu’on n’en avait mis précédemment, ont eu pour matière la houille de la haute Silésie, la même que celle qui avait servi aux expériences de M. Grundmann, la houille de Borglohe près Osnabrück, et un charbon anglais de Brancepeth. Toutes ces matières ont été réduites en morceaux de la grosseur d’un œuf qu’on a mélangés au menu, pesées avant et après la dessiccation, et en partie réduites en coke en vase clos; et après 12 mois d’exposition, voici les résultats obtenus :
- 1. Ces trois espèces de combustibles, non-seulement n’ont pas présenté de perte de poids, mais plutôt une légère augmentation.
- 2. La proportion des cendres n’y a pas augmenté.
- 3. La houille de Silésie a perdu de son rendement en coke, tandis que les deux autres ont parfaitement conservé leur capacité sous ce rapport.
- Comme on le voit, la question ne paraît pas encore résolue par ces expériences qui ont été faites sur une échelle trop restreinte,
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- dans un temps trop limité, ou par des essais de laboratoire. Aussi, M. Redèr adjure-t-il les propriétaires de mines et les industriels qui accumulent, consomment ou carbonisent de grandes quantités de houille, de recueillir soigneusement des notes sur un objet qui les intéresse à un si haut point, et de publier les résultats de leurs observations.
- Du reste, on a vu dans le tome précédent de ce recueil, page 276, que les conclusions de M. Grund-mann avaient déjà donné lieu à quelques expériences de M. Yar-rentrapp, qui a démontré que, lorsque les combustibles fossiles mis en tas viennent, par une cause quelconque, à s’échauffer, même bien au-dessous du point où ils pourraient s’enflammer, il y a une combustion lente du carbone qui modifie profondément la valeur de ces matières comme agents de chauffage, et par conséquent que dans les expériences à venir, il faudra veiller à ce que les tas ne s’échauffent pas, ou, en cas d’échauffe-ment, déterminer la température acquise, la durée de son action, son influence sur la quantité de l’eau hygrométrique, sur le poids de la matière sècne, etc.
- Nouvel outil de mineur.
- M. J. Bernard propose un outil ou instrument nouveau et tout particulier pour faire pétarder les mines. Cet outil se compose d’une barre en fer ronde qui, dans plusieurs points de sa longueur, présente un diamètre moindre, de manière à former dans sa masse des retraites ou des chambres dans lesquelles on place la cartouche ou la matière explosive, et que pour arantir on recouvre d’un tissu ou 'une matière impénétrable à l’humidité. Cette barre est introduite dans le trou de mine, et la charge ou les charges sont enflammées au moyen de l’électricité par un trou
- percé au centre de la. barre pouF le passage du fil métallique conducteur et communiquant par des branchements avec les cartouches renfermées dans chacune des chant' bres de la barre.
- Parfois, M. Bernard applique un anneau ou un manchon brise ou à expansion de forme conique sur la barre qui est elle-même conique, brisée et creuse en ce point, et en refoulant un coin dans cette barre il serre le manchon sur les parois du trou de mine, ce qui remplace le tamponnage.
- A l’aide de l’outil décrit ci-dessus, on peut mettre simultanément le feu à toutes les gargousses, ou bien, si on le préfère, ne les faire éclater que l’une après l’autre de haut en bas, ce qui est souvent avantageux quand les trous sont profonds.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Technologie du bâtiment, ou étude comparée des matériaux de toute espèce employés dans l’art de bâtir, par M. Théodore Château. Tome second, \ volume in-8° de 851 pages. A. Morel.
- Dans le tome 24, page 438 du Technologiste, nous avons annoncé la publication du premier volume de cet intéressant ouvrage, et nous avons cru devoir y ajouter le tribut d’éloges qu’il nous a paru mériter sous tous les rapports. On attendait donc avec impatience le publication du deuxième volume, dans lequel on savait que l’habile et savant auteur devait traiter des sujets non moins importants. D’ailleurs ce second volume devait compléter cette publication, en faire jouir entièrement le public et enfin contenir la table propre à faciliter les recherches dans un répertoire aussi vaste et aussi varié.
- L’attente du public est aujourd’hui satisfaite, et on jugera par la simple énumération des matières que renferme ce volume, qu’il est
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- au moins aussi riche en documents toute espèce que celui qui l’a précédé. Sans doute sa publication ® 6st fait attendre, mais un ouvrage ^ cette nature ne s’improvise pas, et son impression est toujours longue et minutieuse si on veut atteinte tout le degré possible de cor-rection et d’exactitude.
- . Ce second volume s’ouvre au Cinquième livre de l’ouvrage, qui traite des bois, de la structure organique des arbres, des maladies gui les attaquent, de leur abattage et de leur exploitation, des divers Uiodes de conservation des bois qui °nt été proposés ou employés jus-gu’à ce jour et est terminé par une Uotice étendue sur les bois français °u étrangers mis en œuvre dans les constructions.
- Le livre sixième est consacré aUx métaux qui jouent actuellement Un rôle si important dans les cons-tructions. Après avoir exposé quelques généralités relatives aux mé-taux, ]y[< Chateau s’occupe naturellement et en premier lieu du ;?rt’ de sa métallurgie, de ses qua-rrés, des différentes sortes qu’on l'encontre dans le commerce sous ja forme de fonte, de fers, de [°les, de fils, d’aciers, etc., et parant explique avec détails le mode d emploi le plus rationel et le plus avantageux qu’on doit en faire. Il entre ensuite dans les mêmes dé-taHs sur le plomb, le cuivre, le Xlnc, l’or, l’argent, le platine, traite etl passant de la dorure et de l’argenture, et termine ce livre par un resumé très-bien fait des notions gn’on possède sur la résistance, l’é-laslicité des métaux, et par des règles pratiques relatives à leur conduction et k leur dilatation.
- I Les matériaux qu’on emploie à ja couverture des édifices, à carre-jei\ daller, paver les intérieurs, à Ja vitrerie qui sert à la clôture, font l°bjet des livres septième, huitiè-1116 et neuvième, toujours avec mê-JUe abondance de details. Les ma-jei*iaux de marbrerie sont ensuite Jfaités dans le livre dixième, ceux de peinture dans le livre onzième,
- enfin le douzième livre est consacré aux papiers de tenture, à la miroiterie et aux objets servant à l’ornementation ou à la décoration intérieure.
- Ce dernier livre épuise l’immense série des matériaux qui ont été employés dans tous les temps et dans tous les lieux par l’homme pour se mettre à l’abri des injures du temps et s’assurer une habitation salubre, commode, simple ou riche à tous les degrés de fortune, et en parcourant la table étendue qui termine l’ouvrage, on est véritablement étonné de la variété des ressources que la nature lui a offert pour remplir ce but, ou de l’intelligence que l’homme a développé pour mettre ces matériaux en œuvre et les appliquer k ses besoins.
- Nous aurions bien voulu emprunter quelques citations au volume qui est sous nos yeux, afin de donner une idée de la méthode rationnelle adoptée par M. Chateau dans la description d’un aussi grand nombre de matériaux et dans le classement des détails infinis qu’il a réunis, mais notre embarras eût été de choisir entre ces livres qui offrent tous un même intérêt, et d’ailleurs sont tellement riches en notions de toute espèce, qu’une citation même fort simple sur un sujet nous aurait entraîné beaucoup au-delà des bornes qui nous sont assignées, sans cependant suffire à la curiosité du lecteur, qui ne saurait être satisfaite qu’en consultant lui-même cette utile publication.
- Dans la note que nous avons rédigée lors de la publication du premier volume de la Technologie du Bâtiment, nous avons félicité M. Chateau de l’heureuse idée de cette publication, et nous ne pouvons que renouveler ici ces félicitations k l’occasion du second volume, mais nous devons ajouter que nous lui adresserons aussi des eloges bien mérités sur la manière dont il a compris et rédigé cet ouvrage. Il n’est guère possible, en effet, de trouver un livre qui inté-
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- resse à un aussi haut point le praticien, livre où il trouve réuni dans un ensemble méthodique toutes les notions acquises, les expériences et les observations pratiques qui ont été faites jusqu’à ce jour et qui ont eu pour objet les matériaux de construction, leur nature, leurs propriétés chimiques et physiques, leurs qualités et défauts, leurs altérations spontanées ou frauduleuses, leur analyse, leur extraction, préparation ou fabrication, enfin leur application aux diverses branches de l’art de bâtir.
- Nous devons même aller plus loin et dire qu’un pareil ouvrage manquait dans cet art, que dans les établissements où l’on s’occupe d’instruction professionnelle, on s’attache peut-être un peu trop à l’esthétique des arts du dessin et qu’on néglige une des parties les plus essentielles, celle qui a pour objet le choix des matériaux dans les constructions et les moyens d’assurer à celles-ci la force, la solidité et la durée, sans exclure la grâce, l’élégance ou l’harmonie de l’ensemble. C’est donc l’ignorance des ressources qui sont à la disposition des constructeurs, de la nature et des qualités des matériaux qu’on peut trouver dans le commerce ou des formes ou états sous lesquels celui-ci peut les livrer, qu’il faut accuser des mauvaises constructions qu’on élève chaque jour sous nos yeux.
- Cette lacune si préjudiciable dans l’enseignement professionnel sur une branche importante de l’art des constructions est donc comblée par la publication de la Technologiedu Bâtiment deM. Château, ouvrage qui suffira, nous l’espérons, pour compléter l’éducation des uns, éclairer l’esprit des autres
- et répandre des notions précises et d’une haute utilité sur un sujet qui intéresse en définitive tout Ie monde.
- Ajoutons encore, qu’indépen-damment de toutes les notions scientifiques et techniques répandues à profusion dans l'ouvrage* on y remarque aussi des considérations relatives à l’hygiène, la salubrité et la distribution ou disposition des constructions civiles et publiques, sujet beaucoup trop négligé par la plupart de ceux qui construisent et qui pourront y puiser des éclaircissements sur des questions qui commencent à intéresser vivement l’opinion publique.
- Du reste, la Technologie du bâtiment ne pouvait paraître dans un moment plus opportun que celui actuel, où l’on renverse partout les anciennes habitations et les vieux édifices où ont vécu nos pères, pour les remplacer par des constructions nouvelles que nos mœurs et nos besoins mieux sentis nous commandent de rendre plus commodes, mieux aérées, plus somptueuses et en harmonie avec les progrès de la civilisation.
- La Technologie du bâtiment de M. Chateau, aujourd’hui complète par la publication du second volume , est un ouvrage indispensable pour les ingénieurs, les conducteurs de travaux, les agents voyers, les architectes, les constructeurs en tout genre, et pour les propriétaires d’immeubles eux-mêmes, puisqu'il constitue une encyclopédie véritable relativement aux matériaux de construction ou Ie répertoire le plus vaste sur ce sujet, que tous doivent avoir sans cesse sous la main et consulter à chaque instant avec profit et intérêt. F. M.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre civile.
- Tunnel de chemin de fer. — expropriation RESTREINTE AU SOUS-SOL. — DEMANDE D’ACQUISITION DES MAISONS SITUÉES A LA SURFACE. — FIN DE NON RECEVOIR.
- ^'expropriation ayant pour objet l'établissement d’un tunnel de chemin de fer peut être restreinte, par le jugement qui l'a prononcée, au sous-sol seulement des propriétés que le tunnel doit traverser, sans que les propriétaires aient le droit de requérir l'acquisition des maisons situées à la surface.
- Ces propriétaires sont, d'ailleurs, non recevables à réclamer, pour la première fois devant le jury, lorsque le jugement qui restreint Vexpropriation au sous-sol
- n’ayant pas été attaqué en temps utile, a acquis l’autorité de la chose jugée.
- L’Etat s’est pourvu en cassation cpntre un arrêt de la Cour impé-Piale de Paris, en date du 26 juillet *864, qui avait admis, pour les ePoux Delamarre le droit de réclamer l’acquisition de la maison a eux appartenant au-dessus du s°us-sol traversé par un tunnel du
- chemin de fer de Ceinture de Paris. Voici le texte de l’arrêt rendu par la Cour suprême, au rapport de M. le conseiller Aylies, après les plaidoiries de Me Fosse, pour l’Etat demandeur; de Me Magimel, pour les défendeurs, et sur les conclusions conformes de M. Blanche, avocat général :
- « La Cour,
- « Sur les trois moyens,
- « Vu : 1° les articles 11 et 20 de la loi du 3 mai 1841, et l’article 1351 du Code Napoléon; 2° les articles 3, 4,11, 40 et 50 de la même loi, et les articles 552 et 553 dudit Code;
- « Attendu que, par son jugement du 5 juin 1862, le Tribunal civil de la Seine, se fondant sur les termes mêmes de l’arrêté de cessibilité, a prononcé l’expropriation pour utilité publique, de deux ares neuf centiares pris à vingt-cinq mètres de profondeur dans le sous-sol d’un terrain où existait une maison appartenant aux époux Delamarre et qu’aucun pourvoi n’a été formé contre ce jugement;
- « Attendu qu’en limitant l’expropriation à la partie du sous-sol nécessaire pour l’établissement, au point de vue indiqué, du tunnel du chemin de fer de Ceinture (rive gauche), le Tribunal s’est conformé à la loi ;
- « Que si, en effet, d’après l’article 552 du Code Napoléon, la propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous, cette disposition ne fait pas obstacle à ce que, suivant l’article
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- 553 du même Code, un tiers puisse acquérir, même par prescription, la propriété d’un souterrain sous le bâtiment d’autrui ;
- « D’où il résulte, en principe, ue le dessous peut être détaché u sol par fractions qui forment à leur tour, et par elles-mêmes, une chose essentiellement distincte et susceptible d’expropriation particulière ;
- « Attendu que si cela est absolument vrai lorsque l’acquisition par un tiers d’une partie du sous-sol procède du consentement du propriétaire du sol, on ne saurait admettre qu’il puisse en être autrement lorsque cette acquisition s’effectue par la voie de l’expropriation pour utilité publique ;
- « Il est hors de doute, en effet, à part même toute autre considération, qu’entre l’autorité expropriante, qui tient son droit de la loi, et le tiers qui fonde le sien sur le contrat ou la prescription, l’identité de situation est tellement étroite que dans un cas comme dans l’autre, sans qu’aucune distinction soit possible, la prise de possession de la chose régulièrement et légitimement acquise doit, de toute nécessité, tendre aux mêmes résultats et produire les mêmes effets vis-à-vis de l’ancien propriétaire; ce qui tranche la question; — Que si l’art. 50 de la loi du 3 mai 1841 déroge, mais seulement pour le cas y spécifié, à cet état de choses, en conférant à l’exproprié le droit de réclamer l’extension de l’expropriation au-delà des limites déterminées par le jùgemenl qui l’ordonne, du moins y a-t-il lieu de reconnaître que cette exception, renfermée dans ses termes véritables, est, en l’état des faits, inapplicable, de tout point, à l’espèce actuelle ;
- « Attendu, enfin, que c’est à tort ue l’on voudrait, à un autre point e vue, revendiquer pour l’exproprié' le bénéfice de cette même exception, en prétendant qu’à raison des circonstances particulières qui lui sont propres, l’expropria-
- tion du sous-sol, quand des bâtiments y sont superposés, entraîne virtuellement au préjudice du propriétaire du sol des dommages tels qu’ils ne pourraient être justement réparés que par l’expropriation consécutive et de plein droit de la superficie et des bâtiments;
- « Qu’en effet, loin qu’il en soit ainsi, il est vrai de dire, au contraire, que cette réparation serait très-efficacement garantie par l’intervention du jury, puisque, dans ce cas comme toujours, il reste le maître absolu de fixer une indemnité dont l’importance serait en rapport exact avec les dommages de toute sorte procédant directement de l’expropriation ;
- « Attendu qu’il suit de tout ce ui précède que la Cour impériale e Paris, saisie du litige par l’ordonnance du renvoi du magistrat directeur, en déclarant que l’expropriation de 2 ares 25 centiares rononcée par jugement du 5 juin 862, entraînait de plein droit et par voie de conséquence légale l’expropriation de la superficie et du bâtiment correspondant, et en attribuant, par suite, aux époux Delamarre les 40,000 fr. formant l’indemnité fixée hypothétiquement par le jury, a, d’une part, formel; lement violé l’article 20 de la loi du 3 mai 1841 et l’article 1351 du Code Napoléon, et, d’autre part, faussement appliqué et par suite violé les articles 552 et 553 du même Code ;
- « Casse. »
- Audience du 1er août 1866. — M. Pascalis, président.
- CHAMBRE DES REQUÊTES.
- OUVRIERS A LA TACHE. — MARCHÉ A PRIX FAIT. — RESPONSABILITÉ DÉCENNALE.
- Des ouvriers qui travaillent à la tâche, d’après un marché à prix fait, et à un travail déterminé, doivent être considérés comme des
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- entrepreneurs, et, comme tels, soumis à la responsabilité décennale édictée par Varticle 1792 du Code Napoléon.
- Admission, en ce sens, du pourri formé par le sieur Colin, contre Jjn arrêt de la Cour d’Aix, en date du 6 juin 1865, rendu au profit des Sleurs Jalla et autres.
- d’Ubexi, conseiller rapportai1; M. Savary, avocat-général, inclusions conformes. Plaidant, Paul Guyot.
- Audience du 8 août 1866. — M* Taillandier, président.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- °ÜVRIER. — ACCIDENT. — MANQUE °E PRÉCAUTIONS DE L’OUVRIER. — JRRESPONSARILITÉ DU PATRON.
- patron n'est pas responsable de l'accident arrivé à son ouvrier par suite de négligence de la part de celui-ci à prendre les précautions extérieures nécessitées par son genre de travail, alors surtout qu'il est reconnu qu’il était habile et qu’il avait un salaire élevé, et quand d'ailleurs aucun ^ice de l’appareil employé ni aucune autre faute ne peuvent être Imputés au patron.
- ,Un arrêt en date du 23 juin 1866, décide que le contre-maître ou l’ou-Vrier chargé d'expérimenter un ap-Pureil dangereux, doit veiller à sa Securité personnelle en prenant ou refiuérant les précautions nécessaires, et qu’à défaut de l’avoir *ait, il n’a, en cas d’accident, au-cune action en dommages-intérêts c°ntre son patron, alors d’ailleurs Tte le travail était conforme à la Nature de ses occupations habituelles et qu’à raison des connaissances spéciales qu’il devait avoir j ne pouvait ignorer le caractère dangereux de l’appareil.
- Pans l’espèce que nous rapportas, la Cour applique le même Principe; seulement, il ne s’agit
- plus d’une expérience, mais d’un travail régulier et présentant habituellement, par lui-même, des dangers pour l’ouvrier. La Cour juge que c’est à l’ouvrier à pourvoir à sa sécurité contre les dangers inhérents à son genre de travail, alors surtout qu’il est reconnu qu’il y était habile et qu’il avait un salaire élevé. Elle rejette en conséquence, comme non pertinente, une articulation des faits tendant à établir que le patron avait refusé ou négligé de prendre une précaution nécessaire au genre de travail, et malgré l’absence de laquelle l’ouvrier Rivait passé outre.
- Nous devons faire remarquer une circonstance de fait dont l’influence paraît s’être joint, dans l’espèce, à celle de ces principes d’ailleurs nettement posés par l’arrêt : c’est que l’accident était arrivé non pas pendant la partie importante du travail, mais après.
- Voici les faits sur lesquels la Cour a statué :
- M. Hubert, ouvrier de M. Mou-chot, fabricant d’eau de seltz, fut blessé au mois de juillet 1864 par l’éclat d’un syphon, et l’amputation de son pouce droit dut être pratiquée.
- Attribuant cet accident à la négligence du sieur Mouchot qui, malgré ses demandes réitérées, ne lui aurait pas fourni les gants et le masque dont il est d’usage de' se servir dans les fabriques d’eau de seltz, M. Hubert a introduit contre son patron une demande en indemnité de 2,000 francs.
- Gette demande avait été repoussée par jugement ainsi conçu :
- « Le Tribunal, etc.
- « Attendu que la blessure a été causée à Hubert par l’éclat d’un syphon d’eau de seltz ; que cet événement n’est pas dû à un vice quelconque de l’appareil au moyen duquel se chargent les syphons, mais à un cas fortuit dont Mouchot ne saurait être responsable ;
- « Que cette opération présente en elle-même quelques dangers, et que c’est en raison de ces dangers
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- que l’ouvrier reçoit un salaire élevé ; que c’est donc k l’ouvrier qui accepte ce travail à prendre toutes les précautions qui lui paraîtront de nature à parer les accidents qui menacent ordinairement cette profession ;
- « Déboute Hubert de sa demande et le condamne aux dépens. »
- Hubert a interjeté appel de ce jugement. Il offre, subsidiairement, de prouver les faits suivants :
- 1° Il est d’usage et de nécessité que les ouvriers soient munis dans les fabriques d’eaux de seltz, de gants et de masques pour prévenir les accidents pouvant résulter des explosions;
- 2° Il n’y a jamais eu de gants à la disposition du sieur Hubert;
- 3° Le sieur Hubert ayant demandé des gants à plusieurs reprises, le gérant a répondu la première fois : Vous êtes un peureux, tirez toujours, et M. Mouchot a promis d’en faire venir de Paris; mais il reculait toujours la réalisation de sa promesse, malgré les instances réitérées du sieur Hubert ;
- 4° Les gants qui se trouvent en ce moment dans la fabrique du sieur Mouchot ont été achetés au mois d’août 1865, c’est-k-dire après l’accident, qui est arrivé en juillet.
- Mais la Cour, après avoir entendu Me Liouville, avocat de l’appelant, et Me Bezout, avocat du sieur Mouchot, intimé, a, contrairement aux conclusions de M. l’avocat général Try, rendu l’arrêt confirmatif suivant :
- « La Cour, etc.,
- « Considérant que l’accident dont Hubert a été victime n’est point arrivé pendant l’opération du remplissage du syphon, mais après;
- « Que Hubert, ouvrier très-habile en ce genre de travail, n’établit pas que ce soit par un fait imputable k la négligence ou k la faute de Mouchot qu’il a été blessé ;
- « Considérant que les faits dont l’appelant demande k faire la preuve, quand ils seraient établis n’engageraient pas la responsabilité de Mouchot ;
- « Sans s’arrêter k la demande d’enquête dont Hubert est déboute;
- « Confirme. »
- Audience du 21 juillet. — M. Salvain de Boissieu, président.
- CANAL DE DÉRIVATION. — MOULIN. ' USINES. — PRÉSOMPTION DE PR°" PR1ÉTÉ.
- Le canal de dérivation qui conduÜ les eaux à un moulin est présume être la propriété du maître du moulin.
- Mais cette présomption ne saurait être admise lorsqu'il s’agit, non d’une dérivation partielle, mais d'un véritable cours d’eau.
- La commune de Traînel (Aube) est traversée par un cours d’eau, l’Orvin, sur lequel M. François possède un moulin k farine.
- Sur le même cours d’eau, un riverain, M. Martinet, a fait établir» il y a vingt ans environ, une roue volante qui met en mouvement un tour existant sur sa propriété. Un autre riverain, M. Blanchet, a, de son côté, monté une scierie et placé également une roue volante sur ce cours d’eau depuis quelques années.
- M. François a vu dans ces faits une usurpation qu’il s’est cru autorisé k réprimer.
- Il prétendait que le cours d’eau était le canal alimentaire de son moulin; qu’il avait été fait de main d’homme, et ne constituait qu’une dérivation de l’Orvin, dont le lit suivait une autre direction et contournait les anciennes fortifications de la commune de Traînel-Dès lors, propriétaire du moulin; il avait nécessairement la propriété du canal alimentaire. En conséquence, il avait fait sommation^
- MM. Martinet et Blanchet de détruire les travaux établis par eux sur ce canal.
- MM. Martinet et Blanchet avaient refusé d’obtempérer k cette injonc-
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- tlQn, et la contestation avait été Portée devant le Tribunal civil de Aogent-sur-Seine. Là était inter-venue la commune de Traînel, laquelle prétendait que le canal réclamé par M. François était à elle ^ propriété depuis un temps im-uiémorial.
- Le Tribunal rendit, à la date du août 1863, un jugement par lequel, écartant la demande de la commune de Traînel comme n’é-la«t justifiée par aucun titre, il repoussa en meme temps la préten-Lori de M. François, par le motif Sue le canal dont il s’agit, bien que teit de main d’homme, était, non up canal de dérivation proprement dit, mais la rivière d’Orvin elle-^cme. Ce jugement était ainsi conçu :
- « En la forme, — En ce qui touche l’intervention de la commune de Traînel : — Considérant que cette intervention se justifie par I l’intérêt qu’elle peut avoir à revendiquer la propriété du canal ;
- . « Au fond, — Considérant que si un canal conduisant les eaux à üu moulin est présumé être la propreté de celui auquel appartient i usine, cette présomption ne sau-1>ait être admise lorsqu’il s’agit, n°u pas d’une dérivation partielle, ^ais d’un cours d’eau tout entier ;
- « Considérant que le cours d’eau hhgieux n’est point un canal proprement dit, mais la rivière d’Orvin elle-même dont le cours a été tota-iement changé à partir de l’endroit °ù se trouvait autrefois l’ancien boulin de Fiacreté ;
- « Considérant que François n’é-tablit pas que ce changement ait eu lieu dans son intérêt exclusif;
- « Qu’il résulte, au contraire, de 1 aspect des lieux et des nombreuses constatations consignées par le tribunal dans son procès-verbal, *°rs de son transport sur les lieux, que ce changement qui remonte à que époque fort ancienne, a dû etre fait tout à la fois dans l’intérêt ue l’usine et dans celui des habitants de Traînel;
- (( Qu’en effet cette rivière, qui
- passait autrefois au bas de Traînel, fut dirigée sur un emplacement plus élevé, et conduite au centre même de la ville, dans la partie la plus populeuse, afin que les habitants pussent profiter du bienfait de ses eaux; que cela est attesté par les prises aeau existantes, par les nomoreux routoirs, abreuvoirs, lavoirs publics et particuliers établis sur tout le cours du nouveau lit de l’Orvin;
- « Que l’état des lieux démontre que tout ou partie de ces entreprises remontent aux temps les plus anciens, ainsi, d’ailleurs, qu’il est établi pour l’une d’elles (leroutoir de la demoiselle Séguin), par une sentence du juge de paix du canton de Nogenl-sur-Seine, en date du 3 novembre 1858, dont François n’a point interjeté appel, et qui constate que, depuis un temps immémorial, le routoir est alimenté par la rivière d’Orvin;
- « Considérant que François, dont les prétentions ne sauraient d’ailleurs s’appuyer sur les dispositions de l’article 546 du Code Napoléon, non-seulement ne produit en sa faveur aucun titre établissant son droit de propriété, mais que son titre d’acquisition du 9 décembre 1851, ainsi que celui du 44 brumaire an III, ne comprennent que la vente d’un corps de bâtiments où se trouve le moulin, des terrains en dépendant, ainsi que les vannes et vannages situés à l’endroit où se trouvait autrefois le moulin de Fiacreté; que ce n’est point par omission que le cours d’eau ne s’y trouve pas compris, puisqu’il est dit que deux des parcelles de pré faisant partie de la vente ont pour tenant la rivière d’Orvin ;
- « Considérant que semblable circonstance se trouve également consignée dans un grand nombre d’autres titres anciens;
- « Considérant que François n’invoque non plus aucune présomption de nature à justifier sa demande; qu’en effet, il ne prétend point être propriétaire des francs-
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- bords du canal, qu’il se borne à dire qu’il a toujours entretenu les berges ;
- « Considérant que c’est là une obligation qui lui incombe, par suite de la jouissance du cours d’eau et de son intérêt à en maintenir le niveau à une certaine élévation; que ces travaux ne prouvent donc rien en sa faveur, pas plus que le curape^ du canal, qu’il a également intérêt à faire effectuer ;
- « Considérant en outre que le plan cadastral est absolument contraire à ses prétentions, et que jamais il n’a acquitté l’impôt roncier établi sur ce canal;
- « Considérant dès lors que sa demande n’est en aucune manière fondée ;
- « En ce qui concerne la demande formée par la commune de Traî-nel ;
- « Considérant qu’elle ne rapporte non plus aucun titre établissant son droit de propriété ;
- « Que vainement elle allègue, pour justifier sa demande, que le nouveau lit de la rivière d’Orvin occupe actuellement l’ancien emplacement d’une rue ; que cette allégation n’est nullement établie; qu’en la supposant exacte, il n’en résulterait pas précisément en sa faveur un droit de propriété résultant du bénéfice du décret du 15 août 1790; qu’en effet ce décret n’a eu pour but que d’attribuer aux communes la propriété des chemins publics, rues et places, mais u’elle n’a pas statué sur les cours ’eau, soumis à une législation spéciale ; qu’ainsi donc, la prétention de la commune ne saurait être accueillie ;
- « En ce qui touche la demande en suppression des usines Blan-chet et Martinet, et celle relative aux dommages-intérêts ;
- « Considérant que François, pour justifier sa demande, invoque son droit de propriété, et que^ sa demande en dommages-intérêts n’est formée qu’en raison du trouble apporté à ce prétendu droit;
- « Considérant que ces prétentions ne sont point fondées, ainsi u’il vient d’être établi ; qu’il n’y a onc pas lieu de faire droit à ce chef des conclusions ;
- « Par ces motifs,—Reçoit Gesbé, ès-noms et qualités qu’il agit, partie intervenante dans la cause, dit qu’à tort François se prétend propriétaire du canal conduisant les eaux à son moulin ; le déclare eu conséquence mal fondé dans sa demande contre Blanchet, Boudin et Martinet, l’en déboute ; déclare également la commune de Traînel mal fondée dans sa demande, l’en déboute. »
- Seul, M. François est appelant de ce jugement devant la Cour.
- Me Leblond, son avocat, soutient, en droit, que la présomption légale qui attribue la propriété du bief ou canal de dérivation au maître de l’usine, est aujourd’hui consacrée de la façon la plus ferme par la Cour de cassation. C’est là une présomption juris et de jure qui dispense le maître du moulin de toute autre preuve, et met au contraire ses adversaires dans la nécessité d'établir leurs droits par des titres formels. Or, MM. Martinet et Blanchet sont dans l’impossibilité de produire au débat un titre quelconque constitutif d’un droit en leur faveur sur ce canal d’alimentation.
- « En fait, il n’est pas douteux ue le canal a été creusé de main 'homme, et qu’il n’est qu’une dérivation de l’ancienne rivière d’Or-vin, dont le lit subsiste, et reçoit même une partie des eaux de l’Or-vin à l’endroit où a été pratiquée la dérivation dans le but certain d’alimenter le moulin de M. François, qui était, avant la Révolution, un moulin banal. Il résulte même d’un ancien titre, que la dérivation a été opérée par le seigneur du lieu, et à ses frais, « sur la réquisition des habitants et à cause des guerres, » ce qui ne permet pas de douter du fait qui, selon la jurisprudence, suffit pour engendrer le droit exclusif du maître du moulin sur le
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- cours d’eau ainsi dérivé parla main l'homme.
- Jules Le Berquier, avocat de MM. Martinet et Blanchet, répond jjue la jurisprudence en cette ina-uere n’est pas aussi avancée qu’on la soutenu; la Cour de cassation ne dit pas que le maître du moulin jle peut invoquer ici une présomp-h°n juris et de jure; elle dit seulement qu’il existe en sa faveur une Présomption simple qui doit céder devant la preuve contraire. Et, en cela elle va déjà très-loin, car cette Présomption n’est par elle-même j°nnellement spécifiée par aucune
- Mais là n’est pas la question : il est hors de doute qu’il n’y a lieu à Aucune présomption dès qu’il est établi que le moulin est mis en mouvement par un véritable canal, etc’eslbienla rivière l’Orvin qui alimente le moulin de François et les usines de Martinet et de Blanchet. Mais, dit-on, ce canal a été dérivé Par le seigneur de Traînel dans 1 intérêt du moulin banal ! C’est ^ai, et le document qu’on a produit est précieux à retenir.
- . La commune de Traînel, comme ms communes du moyen âge, fut s°uvent assiégée. Ce qui reste de Se.s fortifications atteste qu’elle avait essayé de se mettre en garde £°ntre ces attaques. Or, le moulin banal, c’est-à-dire le moulin de la commune, était situé en dehors des mftications, et l’Orvin qui le met-tait en mouvement contournait lui-même les murs à l’extérieur.
- . Le moulin et la rivière, c’étaient m pain et l’eau pour les habitants, et en cas d’invasion, l’ennemi pou-Huit les priver de l’un et de l’autre.
- Voilà ce qui explique comment les habitants de Traînel sollicitèrent le seigneur haut justicier, propriétaire du moulin banal. et maître des eaux, de transporter le moulin dans l’enceinte de la ville et en même temps d’y introduire la rivière.
- Mais qu’on ne s’y tromperas : c’était là une mesure d’intérêt général réclamée par les habitants, ainsi que le démontre le titre produit, et exécutée par l’autorité qui avait seule compétence à cette époque pour faire droit à leur requête. Et les dérivations qui ont été opérées par la puissance féodale conservent le caractère de travaux publics , d’entreprises équivalant à celles que poursuivrait aujourd’hui le gouvernement sur les cours d’eau. 11 n’y a donc aucune analogie entre ce cas spécial et celui où, pour alimenter son usine, un particulier a opéré sur un cours d’eau une dérivation qui la met en mouvement depuis des temps anciens.
- D’ailleurs, il existe sur cette partie de l’Orvin des lavoirs, des abreuvoirs publics, des prises d’eau pour la promenade, et si la commune de Traînel n’est point intervenue devant la Cour, c’est qu’en repoussant la prétention de M. François, le Tribunal a par là même consacré leur établissement légitime et assuré leur conservation au profit des habitants.
- La Cour, conformément aux conclusions de M. l’avocat général Legendre, a confirmé la décision des premiers juges.
- Troisième chambre. — Audience du 13 juin 1866. — M. Roussel, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- Pages.
- Fabrication du cuivre par voie électrique...............................113
- Sur l’amalgame de sodium. H.
- Wurtz. . .........................114
- Moyens d’utiliser les phénomènes
- de sursaturation. Jeannel.........116
- Dosage de la soude dans les potasses
- du commerce. Grenger..............117
- Emploi du fluor dans la fabrication
- de la soude. W. Weldon............121
- Sur la fabrication du jaune d’urane à Joachimsthal en Bohême. . . . 124 Nouveau procédé de fabrication de
- la céruse. Spence.................128
- Poids spécifiques des dissolutions de sulfate de fer et de sulfate de
- cuivre. C.-Th. Gerlach............129
- Sur la fabrication du perphosphate de chaux. Stromeyer.. ..... 129 Préparation de l’éther formique du
- commerce. P. Stinde...............131
- Expérience comparative sur l’emploi de l’eau froide et de l’eau chaude au lavage des filtres dans les fabriques de sucre. C. Stam-
- mer............................133
- Sur le chlorure de magnésie (hypo-chlorite de magnésie) comme agent de blanchiment P. Bolley. . . . 133
- Fabrication de l’albumine du sang.
- B. Ritcher.....................136
- Fabrication de l’huile de paraffine. 138
- Sur l’introduction des matières inorganiques dans le papier. F. War-
- rentrapp.......................139
- Sur l’absorption et la séparation dialytique des gaz au moyen de diaphragmes colloïdes. Th. Gra-
- ham............................143
- Coloration en noir du zinc et du laiton. L. Knaffl. . . ..............144
- Pages-
- Appareil centrifuge pour les draps et les étoffes apprêtés. E. Semper. 119 Appareil à griller les tissus. F. Lie-
- belt et Cie........................130
- Machine à battre l’or, l’argent et autres métaux. F. Schindler.. . . 131 Sur les mouvements de l’eau dans
- les chaudières à vapeur............132
- Chaudières à vapeur à tubes verticaux. Hall...................... 13-*
- Injecteur pour puiser l’eau à de grandes profondeurs. A. Barclay. 133 Théorie des machines à gaz travaillant par explosion. J. Macquorn Rankine...............................138
- Tampons pour chemins de fer. L.
- Sterne..........................162
- Coupe-tuyau. Zipshauser..........163
- Sur les pertes qu’éprouvent les combustibles fossiles exposés à l’air. 161 Nouvel outil de mineur.......... 166
- BIBLIOGRAPHIE
- Technologie du bâtiment, ou étude comparée des matériaux de toute espèce employés dans l’art de bâtir. Th. Château................166
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de cassation. — Chambre civile.
- Tunnel de chemin de fer. — Expropriation restreinte au sous-sol. — Demande d’acquisition des maisons situées à la surface. — Fin de non recevoir.................169
- Chambre des requêtes.
- Ouvrier à la tâche. — Marché à prix fait. — Responsabilité décennale. 170
- ARTS MÉCANIQUES.
- Cour impériale de Paris.
- Sur une machine à évider les planches d’impression. Josue Heil-
- mann...............................143
- Rame à sécher les chaînes...........147
- Nouveau battant de tissage. J.-Th.
- Cook. ........................... 148
- Ouvrier. — Accident. — Manque de précautions de l'ouvrier. —Irresponsabilité du patron...............171
- Canal de dérivation. — Moulin. — Usines. — Présomption de propriété..............................172
- BAR-SUR-SEINE. — IMP. SAILLARD.
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- LE TECHNOLOGISTE
- ou
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- UE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Préparation des métaux et des alliages en poudre.
- Par M. J. Fuchs.
- La préparation des métaux et ues alliages sous forme pulvérulente s’opère la plupart du temps Par voie mécanique, en travaillant les corps métalliques durs, soit ^eclalime, soit, comme dans le cas des bronzes-couleurs, en broyant an moulin les feuilles qui résultent de leur battage.
- Un autre mode de préparation des létaux en poudre est celui de la v°ie chimique suivant laquelle les létaux sont précipités de leurs sortions salines par procédé galva-Mque ou par réduction au moyen de substances réductrices appro-PHées. C’est par cette réduction Çn’il est possible de préparer les ïftéta.ux dans un très-grand état de division et chimiquement purs.
- Cette réduction présente néanmoins, quand on veut l’appliquer industriellement, de nombreuses difficultés provenant la plupart du temps de la complication des appareils, et en particulier des soins ffo’il faut y apporter. Les poudres Métalliques ainsi obtenues par la
- Le Tethnologiste. T. XXVIII. — Janvi
- voie humide se trouvent la plupart du temps sous un état tellement propre à absorber l’oxygène, que même lorsqu’on emploie de l’eau bien exempte d’air et qu’on cherche à exclure tout accès à celui-ci dans les lavages et la dessiccation, on réussit rarement à empêcher la formation d’une quantité plus ou moins forte d’oxyde. La préparation de bon nombre de poudres métalliques (de zinc, nickel) par ce" procédé présente en outre des obstacles particuliers, en ce que celle des alliages est la plupart du temps impossible.
- Ces difficultés m’ont déterminé à préparer les métaux en poudre à l’état le plus pur et le plus divisé possible, en me servant de la combinaison de ces métaux avec le mercure, et j’ai obtenu par ce moyen des résultats assez avantageux. L’amalgamation avec la plupart des métaux est, comme on sait, une opération qui s’exécute aisément, et presque tous les amalgames se préparent d’une manière assez simple. Dans les expériences que j’ai entreprises, voici les méthodes qui m’ont paru les plus avantageuses :
- Amalgame de zinc, en mettant en contact du zinc et du mercure
- r 1867.
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- avec addition de quelques gouttes d’acide chlorhydrique.
- Amalgame d’étain, en versant du mercure dans l’étain en fusion.
- Amalgame de plomb, en agitant du mercure avec du plomb granulé fin et addition de quelques gouttes d’acide azotique.
- Amalgame d’argent, en traitant le mercure par une solution d’azotate d’argent.
- Amalgame d’or, en chauffant des feuilles minces d’or avec le mercure.
- Amalgame d’antimoine, en broyant ensemble de l’antimoine pulvérisé avec du mercure et addition d’un peu d’acide chlorhydrique.
- Amalgames de cuivre, de nickel, de cobalt, par la réduction des sels des métaux correspondants en présence du mercure et par voie galvanique.
- Quant h la préparation des poudres métalliques avec ces amalgames, on se sert de l’appareil qu’on va décrire.
- On assujettit un tube en porcelaine d’environ 38 à 40 millimètres de diamètre et 60 centimètres de longueur dans une caisse en tôle épaisse et soudée de 15 centimètres de largeur, 50 centimètres de longueur et 15 centimètres de hauteur, et sous une faible inclinaison à l’horizon, de manière à ce que les deux extrémités du tube fassent saillie de 25 millim. à travers les parois latérales opposées. Dans l’extrémité la plus élevée débouche un tube en verre arrêté par un bouchon, et qu’on met en communication avec un appareil à dégager de l’hydrogène, tandis que l’extrémité la plus basse débouche sous l’eau au moyen d’un tube coudé en verre. Après que le tube en porcelaine a été chargé aux deux tiers de son diamètre avec l’amalgame qu’on veut traiter, on met l’appareil sur un feu de charbon, on y fait passer lentement un courant d’hydrogène bien sec en portant la température à 300° G. On observe la marche de la tempéra-
- ture à l’aide d’un thermomètre placé sur le fond supérieur de l’appareil..Le mercure qui se sépare de l’amalgame se réunit dans le vase rempli d’eau qui entoure l’extrémité du tube en verre, et au bout de 1 1/2 à 2 heures, il n’y a plus de distillation sensible de mercure. On retire le feu sous l’appareil, mais on continue le dégagement du gaz hydrogène jusqu’à refroidissement. Le métal qui reste dansle tube en porcelaine après qu’on en a détaché les tubes en verre et qu’on extrait avec un gros fil métallique, se présente sous la forme d’une masse légère, spongieuse, facile à écraser entre les doigts et qui, quand on la broie dans un mortier, se transforme en une poudre extrêmement fine, d’un éclat métallique pur.
- 'Pour produire des alliages métalliques sous forme pulvérulente, on mélange avec soin, dans une capsule, les amalgames respectifs, dans la préparation desquels on a observé les rapports convenables, ce qui est facile, à raison de leur consistance pâteuse, et on traite ces mélanges ainsi qu’on l’a décrit ci-dessus. On réussit de cette manière à préparer les alliages les plus divers sous forme pulvérulente.
- Il est bien entendu qu’avec les métaux ou les alliages dont le point de fusion est inférieur à 300° G., la température du bain d’air doit être abaissée en conséquence, afin d’empêcher l’union, par voie de fusion, de ces métaux. Dans tous les cas, la température de ce bain doit toujours être maintenue de 20° environ au-dessous du point de fusion des métaux ou des alliages. L’opé-ration est bien ainsi un peu retardée, mais la vaporisation du mercure s’opère également d’une manière complète à de plus basses températures, quoiqu’avec plus de lenteur, et peut d’ailleurs être notablement accélérée par un dégagement plus rapide et plus abondant d’hydrogène.
- Il faut prendre quelques précautions dans la préparation des amal-
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- games qui s’oxydent aisément à * aip> et il est nécessaire de les recouvrir, quand on les travaille, d une couche dreau distillée dépouillée d’air.
- Quant à la question de savoir si *es poudres métalliques préparées de la manière qu’on vient d’indi-uei‘ sont propres à la fabrication es bronzes-couleurs, c’est ce que des expériences faites à ce propos Par les fabricants permettront de décider, puisqu’avec leurs appa-reils appropriés de broyage, ils pourront essayer les propriétés de ces poudres après leur passade au moulin.
- Moulage des cylindres en coquilles.
- La manière la plus ordinaire de mouler en coquilles les cylindres flp’on veut durcir à la surface confie à faire couler le métal par un Jet ou canal fait en sable. Cette méthode présente le défaut que l’air c°utenu dans le sable qui se dilate Par la chaleur est entraîné dans le moule par le courant de métal fondu, et que cet air encore plus fortement dilaté par la chaleur du fer Pendant son écoulement dans le moule détermine à l’intérieur de celui -ci une violente effervescence Çui a pour effet de projeter des globules de fer dont les dimensions yarient depuis celle de la cendrée J.Usqu’à celle d’une noisette, globules qui, parla suite, forment des grains durs sur la surface des cy-hndres.
- , Le canal ou jet pénètre généralement dans le moule sur un des cotés de la gorge, et cette position a pour effet d’imprimer au fer fluide un mouvement de rotation Par lequel les portions les plus denses et les plus pures du fer sont transportées vers la surface extérieure, tandis que les scories s’accumulent au centre et définitivement trouvent une issue par la cou-jee. ]\iais moment que le fer en msion vient en contact avec le fer troid, il se refroidit ou se durcit et
- est dépouillé immédiatement d’une grande partie de sa fluidité. Maintenant ce mouvement centrifuge a aussi pour effet d’entraîner avec le fer des particules d’air, ainsi que les globules ronds de fer provenant de l’effervescence dont il a été question ci-dessus, et du moment que ces particules et ces globules atteignent la surface du fer de la pièce, ils sont retenus dans le fer par l’impossibilité d'échapper du fluide saisi et à demi-liquide, et par conséquent y forment des soufflures ou des grains durs à la surface du cylindre.
- Maintenant les cylindres ayant besoin d’être terminés sur le tour
- Su’à ce qu’on ait obtenu une ice parfaitement pure et argentine, il arrive souvent que pour faire disparaître les défauts dont il vient d’être question, on est obligé d’enlever sur le tour une épaisseur telle que la surface présente un aspect tigré et devient ce qu’on appelle traitée, de façon qu’on comprend aisément que le mode actuel de moulage ne peut être que la source de pertes considérables, puisqu’on se voit dans la nécessité de rejeter ces cylindres truités.
- Indépendamment de l’air entraîné dans le jet par la colonne de fer liquide, une portion considérable d’air est aussi entraînée dans le moule par le filet de fer quand on verse avec une poche dans la coulée, et cet air, n’ayant pas le temps de s’échapper, descend dans le moule, où il tend encore à augmenter le mal.
- C’est pour remédier à ces inconvénients que M. F. R. Wheeldon propose un mode de moulage à la remonte qui consiste en premier lieu à renfermer ou isoler la colonne de fer du jet au moyen d’un tuyau en fer, en terre réfractaire ou autre matière imperméable à l’air. En second lieu, de construire la coulée avec un bouchon dans le fond, afin qu’après qu’on a fait couler la quantité nécessaire de fer dans cette coulée, ce fer puisse s’échapper dans le moule du fond de
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- cette boîte lorsqu’on soulève le bouchon. Celui-ci, du reste, est manoeuvré par une tige et un levier en fer, et une portion des surfaces est recouverte d’un enduit d’argile pour empêcher l’adhérence du fer fondu.
- On est dans l’habitude d’enduire l’intérieur des moules avec un mélange composé de charbon de bois, ! de terre grasse et d’eau; mais comme la poudre de charbon renferme souvent des particules de houille, les fondeurs broyant le charbon dans les mêmes moulins que la houille, on a observé que lorsque ces particules sont mises en contact avec le fer liquide, elles s’enflamment, et que les gaz qu’elles produisent ne pouvant s’échapper du fer donnent lieu également à des soufflures à la surface des cylindres, et c’est pour éviter celles-ci que l’inventeur propose d’employer la craie ou autre matière minérale et incombustible pour enduire la surface intérieure des moules.
- La figure 1, pl. 328, est une section verticale du nouveau moule pour cylindres durcis en coquilles.
- La figure 2, une section horizontale par la ligne AB de la fig. 1 ; C,C, portions supérieure et inférieure des coquilles ou moule en fonte ; D et E, châssis supérieur et inférieur où l’on a battu le sable et dans lesquels sont moulés les gorges et les tourillons F et G du cylindre ; H, masselotte et en même temps évent par lequel l’air s’échappe du moule lorsqu’on introduit le fer liquide et servant aussi à charger le corps du cylindre avec du fer fluide, jusqu’à ce que le tout devienne parfaitement cristallin et solide.
- Les tuyaux a, a sont en fer, en terre réfractaire ou autre substance convenable et forment la gouttière ou le jet qui conduisent le fer en fusion de la coulée b dans la partie inférieure du moule G. Ces tuyaux a, dont les joints soigneusement empâtés avec de la terre grasse pour empêcher que l’air ne soit as-
- piré par le courant de fer liquide, sont entourés de sable et renfermés dans une boîte o,o en sailfie sur le moule principal.
- b est la coulée dont il a déjà été question; elle est garnie de sable à l’intérieur, comme d’habitude, et pourvue d’un bouchon e applique juste sur une rondelle qui forme l’orifice des tuyaux a. Après avoir laissé échapper l’air du fer fondu qu’on a versé dans cette coulée é, on soulève le bouchon e au moyen de la tige g et des leviers h et ii afin que la matière fluide puisse s’écouler dans le tuyau a. Une portion du levier h glisse dans une coulisse ou rainure pratiquée dans le montant vertical qui constitue le point de centre du levier i.
- Les surfaces en contact du bouchon e et de la rondelle f sont moulées en coquilles sur des modèles dressés au tour. De cette manière, elles s’ajustent après le moulage avec une telle exactitude, qu’elles n’ont plus besoin d’être mises sur le tour.
- k est un enduit de terre grasse dont on recouvre le bouchon e et la tige g pour s’opposer à ce que le fer ne s’y attache et y adhère.
- Expériences de réduction par le zinc.
- Par M. G. Stahlschmidt.
- Le premier, M. Schônbein a démontré que les azotates des alcalis étaient réduits par le zinc et le cadmium à l’état d’azotites. Lorsque, suivant ce chimiste, on met en contact une solution d’azotate d’ammoniaque avec une baguette de zinc ou de cadmium, on peut, au bout de peu de temps, surtout si on chauffe la solution, démontrer, en se servant d’acide sulfurique étendu et d’une solution d’io-dure de potassium amidonné, lu formation de l’acide azoteux. La quantité qui se forme ainsi est très-faible, de façon que ce mode de
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- Préparation de l’acide azoteux est iort peu convenable et même impossible. Mais k letat de très-grande division, le zinc opère plus 'nvement et transforme ae même ei1 présence d’un alcali soluble, Presque instantanément un azotate er* azotite.
- La poussière de zinc, qu’on peut se procurer aisément dans toutes les usines où l’on traite ce métal, et qu’on emploie même en beaucoup de localités comme une cou-*eor usuelle d’enduit, se prête très-bien aux expériences de réduction, et est en particulier une excellente matière pour préparer Promptement une solution pure d’azotites. D’après une analyse jaite par M. Aldendorf dans le laboratoire de chimie inorganique de t académie industrielle de Berlin, ^üe poussière de l’usine de Radt-
- lrg renfermait, sur 100 parties :
- Zinc . 39.99
- Plomb . 2.47
- Cadmium . 4.09
- Oxyde de zinc. . . . . 49.76
- Carbonate de zinc.. . . 3.29
- Késidu . 0.39
- 99.99
- Si on verse sur cette poussière
- dc zinc, et toujours en agitant, des ^cides chlorhydrique ou sulfurique étendus, jusqu’à ce qu’il se développe de l’hydrogène, la majeure Partie de l’oxyde du carbonate de ?ànc est dissoute, tandis que le zinc et les autres métaux restent k l’état s°bde. En lavant ensuite avec l’eau, 0n débarrasse ce zinc des matières solubles, et on parvient à préparer ainsi une poudre fine, pesante et grise qu’on peut employer directement aux expériences.
- Action de la poudre de zinc sur tes azotates. Si dans une solution s&turée d’azotate de potasse on introduit de la poudre de zinc et on abandonne le tout au repos pendant plusieurs jours, il se forme de l’azotite de potasse et de la potasse libre. La quantité de ces deux substances est très-faible et n’est guère supérieure k celle qu’on ob-
- tient avec une baguette de zinc. Si on chauffe au bain-marie jusqu’à 60° C., la poudre avec de l’acide azotique, il se développe, avec formation d’ammoniaque et de potasse, du gaz azote, et il se produit de l’azotite de potasse dont la quantité n’est guère supérieure à celle du premier cas. Elève-t-on la température jusqu’à l’ébullition, il y a dégagement d’azote et il se forme de grandes quantités d’ammoniaque et d’alcali et presque point d’a-zotite. Il en résulte que la réduction des azotates parcourt trois stades, toujours avec transformation du zinc en oxyde. Dans le premier stade, l’azotate est transformé en azotite, puis avec celui-ci et une complète réduction de l’acide azoteux, ainsi qu’une mise en liberté de l’azote, il se forme de la potasse caustique, et enfin dans le troisième stade, la combinaison de l’hydrogène avec l’azote donne naissance à de l’ammoniaque.
- Le dégagement de l’ammoniaque indique la présence des plus petites quantités de salpêtre et peut en présence ou par l’addition de potasse caustique, servir à reconnaître les azotates dans des mélanges de sels.
- Maintenant, malgré qu’il se forme k 60° de l’azotite de potasse dans la solution de salpêtre et que par une action prolongée pendant plusieurs heures, la quantité de cet azotite augmente, on ne tarde pas à reconnaître que la réduction se prolonge et surtout qu’elle ne commence à marcher avec énergie que lorsqu’il s’est formé de l’ammoniaque dans la liqueur. On peut donc supposer que la formation de l’acide azoteux dans les solutions d’azotates dans l’eau, dépend delà température, et que ce n’est qu’à une haute température qu’a lieu une réduction plus énergique, par suite de la présence de l'ammoniaque qui s’est formée, puis ensuite une réduction qui se poursuit dans les mêmes conditions. Il est évident qu’on peut ainsi étudier la formation des azotites à la
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- température ordinaire, en ajoutant de l’ammoniaque à la solution du salpêtre, puis de la poudre de zinc. Or, l’expérience a démontré que dans ces conditions, la réduction marche avec rapidité à la température ordinaire, et par une élévation de la température, s’opère régulièrement, toujours avec formation de potasse et d’azote, dont les quantités dépendent de la température de la solution.
- Maintenant, pour accuser la présence de l’acide azoteux par cette méthode simple, il faut rechercher la manière dont se forme l’azotite de potasse ; il sera, du reste, facile de modifier cette méthode pour les autres sels.
- Une solution de salpêtre saturée à 30° à 40° C., à laquelle on a ajouté 1/10 en volume d’ammoniaque, a été introduite dans un matras, et à cette liqueur on a ajouté de la poudre de zinc en quantité modérée. Pendant le repos, la poudre, qui s’est réunie sur le fond, s’est échauffée, et il est devenu nécessaire, par l’agitation et le refroidissement du matras, de ne pas laisser la température de cette liqueur s’élever au-delà de 50° C. Au bout de peu de temps, on a ajouté de nouveau du zinc et opéré de la même manière, en répétant ces manœuvres jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que de faibles quantités de salpêtre qui ne soient point décomposées. Pour s’en assurer, on a pris un échantillon de cette liqueur qu’on a fait bouillir, jusqu’à ce que toute l’ammoniaque se soit volatilisée et que l'oxyde de zinc qu’elle renferme se soit précipité ; alors, à la solution décantée et claire, on a ajouté de trois à quatre fois son volume d’alcool. S’il y a présence d’une grande quantité de salpêtre, il se forme un précipité volumineux en flocons et cristallin, et dans le cas contraire, un trouble seulement. Par une addition d’acide azotique et avec dégagement d’acide azoteux, il se forme aussitôt dans la liqueur un précipité de salpêtre. Si à cette
- liqueur chaude on ajoute immédiatement de l’acide azotique, alors une vive effervescence, due à de l’oxyde d’azote, indique la réduction du salpêtre.
- Lorsqu’il n’y a plus qu’une petite quantité de salpêtre qui n’ait pas éprouvé la décomposition, on laisse refroidir complètement la liqueur , et au bout de quelque temps, pendant lequel le zinc s’est déposé, on la décante et la fait bouillir dans un matras jusqu’à ce que toute l’ammoniaque en ait été chassée, et enfin on la filtre pour en séparer l’oxyde de zinc qui s’est précipité. Ce précipité se compose en grande partie d’azotite de potasse, de salpêtre plus ou moins décomposé, de zincate de potasse et d’azotates de zinc et de cadmium, ces trois dernières combinaisons en très-faibles proportions. Si dans la solution chaude on fait passer pendant longtemps un courant d’acide carbonique et qu’on y ajoute en même temps de faibles quantités de carbonate de potasse, il se précipite avec formation d’azotite et de carbonate de potasse, des oxydes de zinc et de cadmium, et la solution ne contient plus, indépendamment de l’azotite de potasse, que de l’azotate et du carbonate de potasse. En y ajoutant de l’acide azotique étendu, le carbonate de potasse est converti en salpêtre et celui-ci est, par voie de cristallisation, séparé de l’azotite de potasse.
- Lorsqu’à une solution concentrée de salpêtre on ajoute un excès de salpêtre, d’ammoniaque et beau; coup de zinc, il se manifeste une si vive réaction, que la masse est chassée hors du matras; la température s’élève jusqu’à l’ébullition de la liqueur, avec réduction complète du salpêtre en potasse. En présence de la potasse au lieu d’ammoniaque, le même effet se produit avec dégagement énergique d’azote et. d’ammoniaque.
- Le zinc métallique se comporte donc, en présence de l’ammoniaque vis-à-vis des azotates et des
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- azotites, de la même manière que ^amalgame de sodium qui, d’après de Wilde, réduit les combinaisons azotiques de la potasse et de la soude avec formation d’azotites, “O protoxyde d’azote, d’azote et o aminonjaque_ je n’aj pas recherché si la réduction par le zinc don-nait aussi lieu à une formation du Protoxyde d’azote, mais la chose est possible, parce que la réduc-Ijon par ce procédé s’est étendue do même à une addition d’hydrogène à l’ammoniaque. La similitude des actions de ces deux corps j’end présumable que le zinc, dans les conditions indiquées, pourrait l'omplacer dans beaucoup de cas 1 amalgame de sodium, peut-être Ujerne, dans un grand nombre de déductions, qui doivent s’accomplir avec moins d’énergie, pourrait-on le remplacer avec avantage eu chimie organique. Suivant M. Maly, quand on introduit un mélange de zinc et de carbonate de zmc dans une lessive de potasse chaude, il se forme, par l’addition ue l’hydrogène qui est mis en liberté, du formiate de potasse. Dans Une expérience que j’ai faite avec de la poudre de zinc et du carbonate de zinc, il m’a été impossible d’obtenir qu’il se formât de l’acide mimique.
- . Vis-à-vis d'autres combinaisons ^organiques, le zinc agit de la rnême manière ; on observe les mêmes phénomènes avec les autres azotates, par exemple l’azotate d’é-jhyle et probablement avec toutes ms combinaisons de l’azote.
- Indépendamment des combinaisons de l’acide azotique, d’autres corps inorganiques et organiques sont aussi réduits au sein d’une liqueur alcaline. Aux premières appartiennent par exemple les iodates, et tandis que ceux-ci sont transformés immédiatement en iodures métalliques, les chlorates, même en les chauffant, n’éprouvent aucune décomposition. Parmi les composés organiques, °n peut citer, entre autres, le cya-nofèrrure rouge, qui est transfor-
- mé en cyanoferrure jaune, puis l’indigo bleu, qui est réduit en indigo blanc. Dans le montage de la cuve d’indigo, la poudre de zinc pourrait être un excellent moyen, attendu que l’indigo se réduit rapidement dans une liqueur ammoniacale, et que la cuve au zinc présenterait sur la cuve au sulfate de fer cet avantage que les tissus teints seraient plus faciles à purger et nettoyer, et ne présenteraient pas de taches rouges. En passant ensemble au moulin l’indigo et la oussière de zinc, on facilitera le royage du premier, et pour cela il ne faut pas pousser l’opération aussi loin qu’à l’ordinaire, car déjà l’indigo qu’on broie avec de l’eau dans une capsule, est mis très-promptement en solution par le zinc.
- Manière dont la poudre de zinc se comporte avec Veau. La poudre de zinc se comporte, vis-à-vis de l’eau, de la même manière que le zinc ordinaire vis-à-vis un acide étendu, c’est-à-dire que sous cette forme le zinc est capable de décomposer l’eau à la température ordinaire. Bien entendu qu’il ne faut pas s’imaginer que le zinc décompose ce liquide avec un énergique dégagement de gaz : l’action ici est lente, ne s’effectue que peu à peu et par conséquent a une lon-ue durée. En moyenne, un volume e poudre de zinc humide développe en 24 heures un volume d’hydrogène, ce qui doit faire supposer que par une élévation de la température, il y aurait décomposition plus rapide de l’eau.
- Dans ces derniers temps, M. Dufour a cherché à expliquer les explosions des chaudières à vapeur par un surchauffage de l’eau, dans lequel, de temps en temps, il se dégage tout à coup, comme dans les liquides qui éprouvent des soubresauts en bouillant, de grandes quantités de vapeur. L’eau, suivant lui, passe aisément à cet état lorsque, par l’ébullition, tout l’air en a été expulsé, parce que par cette circonstance on lui a enlevé
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- la faculté d’émettre de la vapeur d’une manière continue. Si dans ces liquides on introduit un corps pulvérulent ou un corps qui, comme une feuille de platiné, retienne l’air condensé à sa surface, on voit se manifester des développements de vapeur subits et énergiques qui cessent peu à peu pour faire place à une ébullition calme tant qu’il y a encore de l’air présent. En conséquence, M. Dufour a proposé de s’opposer, dans les chaudières à vapeur, au retard de l’ébullition, et d’y déterminer au contraire une ébullition continue en développant dans leur sein un faible courant galvanique qui produirait un dégagement continu de gaz.
- Il me paraîtrait plus simple de provoquer ce dégagement ae gaz par une poignée de poudre de zinc qu’il conviendrait de renouveler de temps à autre.
- En terminant, qu’il me soit permis d’indiquer encore ici l’action de la poudre de zinc sur les sulfures métalliques solubles. La grande quantité d’oxyde de zinc contenue dans cette poudre rend celle-ci capable de décomposer les sulfures métalliques solubles de la même manière que le fait l’oxyde de cuivre. Si par exemple on met en contact du sulfure de baryum avec de la poudre de zinc, il se forme du sulfure de zinc et de l’hydrate de baryte. Cette méthode est plus économique que celle par l’oxyde de cuivre et fournit de bons résultats.
- Recherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de Cas-sius.
- Par M. J. C. Fischer.
- A. Recettes pour la préparation du pourpre de Cassius.
- On nomme ordinairement Cassius comme ayant été le chimiste qui a découvert le pourpre qui
- porte son nom, mais bien avant lui Basile Valentin, puis Glauber et Kunkel avaient observé que par la réaction de l’étain sur un sel d’or, il se développait un produit de couleur pourpre auquel ils avaient donné les noms de principe purpurin d’or, manteau royal, lion rouge, etc, mais dont ils tenaient secrète la préparation. Cassius a été le premier qui a décrit, mais d’une manière bien imparfaite, le procédé de sa préparation. Orschell a préparé ce pourpre et s’en est servi avec succès dans la coloration des pierres artificielles et du verre. D’Arclais de Montamy a donné plusieurs méthodes pour sa préparation et insisté particulièrement sur la nécessité de n’employer les métaux qu’à l’état de pureté, et que le vase dans lequel on dissout l’étain soit en poterie bien cuite, pour qu’il ne se dégage pas de phlogistique.
- On a prétendu, comme condition indispensable à la formation du pourpre, que la solution d’étain qu’on mélangé à celle d’or renfermât du protoxyde, ou, pour mieux dire, du protochlorure, car celle qui ne contient que du bioxyde, c’est-à-dire du bichlorure, se montre tout-à-fait indifférente vis-à-vis la solution aurique. Mais les opinions à ce sujet, c’est-à-dire à savoir si le protoxyde (protochlorure) suffit seul à la formation du pourpre, ou s’il y a nécessité de la présence d’une certaine quantité de bioxyde de chlorure, diffèrent beaucoup les unes des autres. Ecoutons d’abord à cet égard Buisson, qui dit :
- « C’est de la présence simultanée de ces deux sels (protochlorure et bichlorure) entre certaines limites que dépend la quantité du produit, et c’est à la variation dans les rapports qu’on doit attribuer en gran-partie les anomalies qu’on a observées.
- « 1° Le protochlorure d’étain aussi neutre qu’il est possible, suivant la quantité et la concentration, donne, quand on le verse
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- dans une solution d’or également feutre, un précipité brun marron ou bleu, ou vert, ou métallique, et par conséquent jamais de pour-
- « 2° Le bichlorure pur d’étain ne produit de changement dans aucune circonstance dans une solution d’or.
- « 3° Un mélange suffisamment Pur de 1 partie de protochlorure et de 2 parties de bichlorure donne, avec une partie de perchlorure d’or, un beau précipité pourpre dont la couleur et l’intensité ne changent pas.
- « 4° Le protochlorure d’étain en excès fait virer le précipité au jau-üe, en grand excès au bleu, au vert et au jaune d’or.
- « 5° Le bichlorure d’étain en excès fait virer au rouge le précipité d’abord brun, et quand il est en grand excès, au violet. v« 6° Un excès de sel d’or a peu d’influence, surtout h froid ; mais à chaud il fait virer peu à peu au congé le précipité violet ou brun marron.
- « 7° Le protochlorure acide d’étain donne, dans une solution acide d’or, un précipité rouge, mais qui, d’après Oberkampf, n’est pas Produit par le chlorure, mais le bichlorure produit par l’action de l’acide sur le protochlorure.
- Golfier-Besseyre a obtenu un beau pourpre en mélangeant une solution très-étendue de protochlorure d’étain avec un excès de solution d’or, et en renouvelant l’expérience avec cette modification qu’il ne reste pas d’or en dissolution, il a vu se séparer un pourpre encore plus beau qui s’est déposé immédiatement en gros flocons. Lorsque la solution a’étain a dominé un peu, le précipité a viré à l’orangé ; quand elle a été plus considérable encore, il a pris la couleur corinthe ; il a aussi exigé plusieurs jours pour se déposer, et aussitôt après les lavages, a affecté nne couleur rouge cramoisi ou rouge pourpre. Si au moment de la précipitation on ajoutait de l’a-
- cide azotique, on obtenait un précipité violet.
- D’après Gay-Lussac, un mélange, dans certains rapports, de protochlorure et de bichlorure d’étain, donne, avec une solution d’or, et quand on opère à froid, un précipité bleu, mais de composition très-variable. Il résulte de plus, des expériences de ce chimiste :
- 1° Que si on veut obtenir des produits identiques, il faut vivement mélanger les solutions;
- 2° Que le degré de dilution des liqueurs n’a d’influence que jusqu’à une certaine limite;
- 3° Qu’il n’y a que le protochlorure d’étain qui possède la propriété de réduire l’or et de produire du pourpre, mais non pas le bichlorure. Une certaine quantité de protochlorure réduit toujours une quantité correspondante de chlorure d’or. Si le premier est en excès, la formation complète du pourpre en est retardée au point d’être obligé d’attendre la décomposition spontanée de cet excès pour pouvoir recueillir tout le pourpre. On pourrait accélérer la décomposition de cet excès de protochlorure, mais alors l’or qui n’a pas été précipité prend un état particulier d'aggrégation et devient bleu, et cet or bleu, en se mélangeant au pourpre formé, donne du violet;
- 4° Les acides, le sel marin, le sulfate de potasse entravent également la formation du pourpre, Lentin prescrit, pour préparer le pourpre de Cassius, de dissoudre l’étain dans l’acide chlorhydrique et de verser par gouttes dans cette solution de l’acide azotique, jusqu’à ce qu’un échantillon qu’on lève donne un beau pourpre avec la solution d’or. Si on a employé une trop forte dose d’acide azotique le pourpre ne se précipite que lorsqu’on a introduit pendant peu de temps un petit morceau d’étain.
- Lampadius prépare le pourpre en étendant le chlorure d’or de 500 i à 600 parties d’eau, et suivant qu’il
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- veut l’obtenir plus clair ou plus fonce, il y ajoute de 1 à 5 pour 100 d’acide azotique fumant, et y introduit une baguette plate d’étain.
- Pelletier prépare à son tour le pourpre en introduisant des copeaux d’étain dans la solution d’or. M. Elsner rejette ce moyen, en ajoutant que le pourpre se précipite au mieux et est plus beau uand, dans une solution très-éten-ue d’or, on verse goutte à goutte la solution d’étain très-diluée dans celle de proto-bichlorure d’étain fortement étendue.
- Lüdersdorff affirme que dans la préparation du pourpre de Cassius il faut éviter tout excès, tant d’acide que de solution d’or. Suivant lui, la gomme arabique s’oppose à la précipitation du pourpre, mais si on ajoute un peu d’alcool, le pourpre se précipite avec la gomme.
- Suivant Fuchs, on n’obtient jamais, avec une solution d’or et un protochlorure d’or pur, un pourpre pur, mais un mélange de pourpre et d’or métallique ; mais, d’un autre côté, on prépare le plus beau pourpre en mélangeant du sesqui-chlorure de fer en solution à celle de protochlorure d’étain, jusqu’à ce que la couleur jaune passe au vert sale et en précipitant la solution d’or avec ce mélange. Le ses-quichlorurede fer présent n’exerce aucune influence nuisible sur le résultat.
- Capaun pense que ce mode de préparation de Fuchs est bien supérieur à celui de Buisson, mais il ajoute cependant que le bel aspect extérieur de cette préparation n’est pas une garantie de son bon usage dans la coloration du verre fondu.
- Bolley chauffe 10 parties de pink-salt (combinaison de perchlorure d’ammonium et de bicnlorure d’étain) avec 1,07 partie d’étain en feuille et 40 parties d’eau, jusqu’à solution du métal, et ajoute alors encore 140 parties d’eau. On a alors en solution du sesquichlorure d’étain suivant l’équation
- 3 (N H4 Cl, Sn Cl*) +Sn=3 N H4 Cl +2 Sn* Cl»
- D’un autre côté, on dissout 1,34 partie d’or dans l’eau régale non en excès, on étend la solution de 500 parties d’eau, on verse dans cette dernière la solution d’étain et on chauffe doucement. Le pourpre qui ne tarde pas à se déposer pèse, après la dessiccation à 100°, 4,92 parties; la liqueur filtrée est rouge pâle. Les avantages de l’emploi du pinksalt dans la préparation du pourpre, sont que c’est un composé invariable, qui se prête par consé-uent à l’obtention du dpgré d’oxy-ation Sn203 placé entre le protoxyde et le bioxyde, qu’il est anhydre, permanent à l’air, et par conséquent peut être très-bien mis dans les mains des empyriques.
- Toutes ou presque toutes les recettes s’accordent entre elles en ce point, ainsi qu’on vient de le voir, que le protochlorure d’étain seul donne bien du pourpre de Cassius avec le chlorure d’or, mais qu’on obtient le pourpre plus beau et plus pur lorsque le protochlorure d’étain qu’on emploie renferme en outre une certaine quantité de bichlo-rure de ce métal, c’est-à-dire est à l’état de sesquichlorure = Sn2 Cl3.
- [La suite au prochain cahier.)
- Extraction des huiles de graines pour la table, l’éclairage et le graissage.
- Par M. H. Vohl, de Cologne.
- La méthode à peu près générale de fabrication des huiles grasses et leur extraction des graines qui les renferment consiste, après avoir broyé celles-ci, à les soumettre tant à froid qu’à chaud à une pression énergique. Cette méthode présente cet inconvénient qu’elle extrait de ces graines, en même temps que l’huile, une certaine quantité d’autres substances qui déterminent le développement de la rancidité des produits, ou communiquent aux huiles une saveur peu agréable, ce qui borne l’emploi de ces huiles
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- dans l’alimentation et même en rend quelques-unes impropres à cet usage. Ces impuretés ne sont pas, du reste, moins désavantageuses dans l’emploi des huiles Pour l’éclairage ou le graissage.
- On a depuis longtemps proposé oien des moyens pour l’extraction des huiles grasses des graines et faire disparaître ces inconvénients avant d’introduire dans la pratique pn dissolvant ou agent de dissolution propre h opérer cette extraction.
- On a fait successivement usage de l’alcool, de l’éther, mais soit par te haut prix de ces liquides, soit à Raison de leur pouvoir dissolvant horné, et aussi par la construction défectueuse des appareils employés pour cet objet, ces moyens ont été abandonnés.
- Dès le premier moment où Lam-padius a fait la découverte du bisulfure de carbone, -et où on est parvenu h le préparer en grand et à bas prix au service de l’industrie du caoutchouc, on commença à se servir de ce dissolvant pour extraire l’huile des graines.
- A cet effet, on a proposé des appareils d’une construction ingénieuse pour opérer cette extraction en grand. Le bisulfure de carbone qu’on obtient ainsi chargé d’huile est ensuite séparé de celles-ci par voie de distillation et employé de nouveau, de manière à rendre possible l’extraction de l’huile de grandes quantités de graines par une quantité relativement faible de bisulfure de carbone.
- Les défauts inhérents à l’extraction des huiles par le bisulfure de carbone, sont les suivants :
- 1° Pendant le travail de l’extraction, il est indispensable de garantir le bisulfure de carbone d’une décomposition dont les causes sont encore à peu près inconnues, et qui ont pour conséquence un dégagement d'hydrogène sulfuré ainsi qu’un dépôt de soufre.
- Ce soufre reste dissous dans les huiles extraites et qu’on a séparées par distillation du dissolvant.
- Cette portion de soufre communique à l’huile une odeur désagréable qui rappelle ce qu’on nomme le baume ou solution huileuse de soufre ; la saveur de cette huile en devient repoussante et hépatique, au point qu’il n’est plus possible d’en faire usage comme aliment.
- 2° Le bisulfure de carbone a en outre la faculté de dissoudre non pas seulement l’huile grasse dans les graines, mais aussi un corps résineux et glutineux qu’elles renferment, corps qui, exposé à l’air, se résinifie promptement par absorption de l’oxygène, et par suite détermine la rancidité de l’huile en la rendant ainsi impropre à servir de matière de graissage pour les pièces délicates et à mouvement rapide des machines.
- Quand on saponifie ces sortes d’huiles, le soufre et la résine qu'elles renferment communiquent une odeur désagréable au savon et d’autres propriétés nuisibles dans beaucoup d’applications. Le soufre en particulier donne lieu, pendant la saponification, à la formation d’un foie de soufre qui se distingue tant par son odeur nauséabonde que par son action sur les métaux.
- Le savon vert ou noir, ou savon de potasse qu’on prépare avec un mélange d’huile de navette et d’huile de lin, indépendamment de ce qu’on l’emploie en Allemagne au blanchissage du linge, y sert aussi à nettoyer l’argenterie et les objets argentés, et enfin au lessivage des boiseries peintes en blanc à l’huile; or, du moment que ce savon renferme du foie de soufre, il exerce une action surprenante et extrêmement désagréable sur les métaux, ou mieux sur leurs oxydes.
- On sait que dans bon nombre d’établissements publics on nettoie les pièces d’orfèvrerie avec une solution étendue et chaude de savon, et il s’est trouvé que dans une hôtellerie de Cologne, ces pièces sont sorties noires au bain de nettoyage, h la grande stupeur des servi-| teurs chargés de cette opération.
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- Je n’ai pas tardé à m’assurer que le savon employé renfermait du foie de soufre qui avait transformé la surface du métal en sulfure d’argent. Des recherches ultérieures m’ont démontré que l’alcali qui avait servi à la fabrication de ce savon ne renfermait pas de sulfure alcalin, mais qu’on y avait employé un mélange d’huile de navette et d’huile de lin, où la première avait été obtenue par voie d’extraction par le bisulfure de carbone.
- 3° Les tourteaux ou résidus de l’extraction qui, dans le mode ordinaire de fabrication des huiles de graines , peuvent être employés avantageusement à la nourriture des bestiaux, sont, par la méthode d’extraction par le bisulfure de carbone, entachés d’une odeur éminemment déplaisante qui doit faire hésiter h l’appliquer à la nourriture du bétail dont il diminue l’appétit.
- Les résidus par la méthode ordinaire sont sous la forme de tourteaux ou gâteaux, tandis que la méthode d’extraction par le bisulfure les livre sous forme pulvérulente, qui fait par conséquent qu’ils se prêtent mieux à leur falsification par le mélange avec d’autres substances. Il paraît donc plus avantageux, par ce motif, de donner à ces résidus de l’extraction par le bisulfure cette forme de tourteaux par une pression ultérieure dans des presses hydrauliques. D’ailleurs l’emballage et le transport des tourteaux sous cette forme deviennent plus commodes et plus avantageux.
- Maintenant, si on compare les résidus qu’on obtient par le froissage des graines oléagineuses avec ceux qui résultent de l’extraction, on trouve que les premiers renferment de 5 à 6 pour 100 d’huile grasse, tandis que dans les seconds il ne s’en rencontre pas plus de 1/2 à 1/4 pour 100. Cette proportion moindre d’huile dans les tourteaux provenant de la méthode d’extraction ne peut certainement pas ve-
- nir à l’appui de leur capacité alimentaire.
- Il est évident, d’après les considérations qui viennent d’être exposées, que l’extraction de l’huile des graines oléagineuses par le bisulfure de carbone, ne peut pas, industriellement parlant, être appliquée dans tous les cas, et c’est ce qui m’a décidé à entreprendre une série d’expériences avec divers agents de dissolution, expériences qui m’ont conduit enfin à un résultat avantageux.
- Les propriétés que doit posséder un dissolvant qu’on désire appliquer à l’extraction des huiles sont les suivantes :
- a. La substance dont on fait usage comme dissolvant, doit être complètement volatile et se séparer aisément de l’huile grasse par voie de distillation.
- b. Elle ne doit pas se décomposer aisément, et surtout, par sa décomposition, mettre en liberté un ou plusieurs corps qui restent en dissolution dans l’huile et lui communiquent des propriétés nuisibles.
- c. Elle ne doit posséder aucune propriété dissolvante vis-à-vis d’autres substancescontenues dans les graines propres à altérer la qualité de l’huile.
- d. Elle doit être facile à se procurer et d’un prix peu élevé.
- Mes expériences m’ont appris que le liquide auquel on a donné le nom d’huile de Canada, qui est un hydrogène carburé très-léger et très-volatil, qu’on extrait du pétrole de Canada et de Pennsylvanie, possède la réunion des propriétés énumérées ci-dessus et se prête admirablement bien à l’extraction de l’huile des grainesoléagineuses.
- La condition principale est que l’huile de Canada ne renferme pas de traces de soufre, et, sous ce rapport, il faut apporter le plus grand soin dans la purification de cet hydrocarbure. Il ne faut pas négliger de le traiter par un mélange de chromate acide de potasse et â’acide sulfurique ou de per-
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- oxyde de manganèse et d’acide sulfurique.
- Avant d’appliquer l’huile de Ca-nada, il faut donc rechercher s’il ne contient pas de soufre, et c’est ce qu’on peut faire, comme on sait, Par l’emploi du potassium (1).
- L’huile de Canada, exempte de soufre, a un poids spécifique de WO à 0,700 à 4-12° C.; elle bout « +60°, se volatilise sans laisser *e moindre résidu, est parfaitement ueutre et d’une odeur éthérée a§réable. Ce corps offre, comme dissolvant des huiles grasses, des Propriétés toutes particulières et differentes des autres hydrocarbures analogues.
- On sait que l’huile de goudron de houille, le benzole, etc., dissolvent tant les huiles grasses que les corps résineux qui résultent de
- (1) Voici la méthode proposée par M. “• Vohl pour rechercher le soufre dans Jes huiles ou hydrocarbures du commerce. On prend un tube à expérience qu’on a fait sécher avec soin, on y verse l’huile "len pure d eau qu’on veut essayer, environ 2 à 3 grammes, on y ajoute un petit Morceau de potassium à coupure fraîche et récente, moitié de la grosseur d’un Pois, puis on soumet pendant 10 à 15 minutes à une température qui ne dépasse Pas le point d’ébullition de l’huile. Si cette huile contient du soufre, les surfaces du potassium se recouvrent d’une substance rouge ou rouge-brun qui consiste en grande partie en sulfure simple de potassium, et en même temps il y a un léger dégagement de gaz. On verse alors dans le tube un volume d’eau distillée égal à celui de l’huile, ce qui peut s’exécuter sans danger d’inflammation. Le potassium s’oxyde immédiatement aux dépens de l’oxygène de l'eau et il se dégage de l’hydrogène. Le sulfure de potassium est en même temps dissous par l’eau. Si, alors on plonge une baguette de verre dans une solution étendue de uitroprusside de sodium et qu’on agite le mélange avec cette baguette, on voit aussitôt, si l’huile contenait du soufre, se développer une riche couleur bleu pourpre. La plupart des benzoles purs qu’on trouve dans le commerce renferment du soufre qu'on peut reconnaître par cette méthode. On peut remplacer le potassium par le sodium. M. Vohl a pu, au moyen de cette méthode, constater la présence du soufre dans la plupart des hydrocarbures qui servent à l’éclairage et doser ce soufre dans les huiles de schistes et les divers photogènes du commerce.
- leur oxygénation, et que c’est ce qui les lait généralement employer pour enlever les taches sür les tissus.
- L’huile de Canada se comporte sous ce rapport tout différemment. Elle dissout les graisses et les huiles grasses qui n’ont pas encore éprouvé de modification ou altération, avec facilité et en grande uantité; mais, par contre, elle ne issout pas, ou du moins dissout très-peu, les huiles séchées à l’air ou resinifiées; il y a plus, c’est que les résines et les gommes-résines sonlabsolument insolubles dans cet hydrocarbure. Déplus, elle ne dissout pas l’amygdaline, non plus que le corps qu’on a appelé sinapine (sul-focinapisine, sulfocyanhydrate de sinapine) et qui est contenu dans toutes les graines des espèces de brassica. En me basant sur ces propriétés, j’ai fait usage de cet hydrocarbure pour l’extraction des huiles oléagineuses et obtenu des résultats très-favorables (1).
- Au moyen de l’extraction par l’huile de Canada j’ai obtenu, en huile limpide et claire, de 100 parties en poids de graines :
- Colza d’été........36 à 40 p. 100
- Colza d’hiver..... 39 à 42
- Navette............45 à 50
- Tandis que par la méthode ordinaire de froissage on n’obtient que :
- Colza d’été................30 p. 100
- Colza d'hiver..............33
- Navette....................39
- Il est donc facile de voir que par ce mode d’extraction, on obtient un rendement bien plus considérable.
- Une très-mauvaise graine de colza d’été traitée par l’huile de Canada m’a donné sur 100 parties :
- (1) L’huile de Canada peut très-bien servir sous le rapport analytique à doser la proportion d’huile renfermée dans les graines, et dans mon laboratoire, on entreprend chaque jour de ces sortes d’analyses quantitatives sur diverses espèces I de graines oléagineuses.
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- Huile.............38.5 à 39.1 p. 100
- Farine........... 35.6 à 37.4
- Son...............21.8 à 19.3
- Eau........... . . • 4.1 à 4.2
- 100.0 100.0
- Les tourteaux d’huile qu’on trouve dans le commerce et qu’on emploie à l’alimentation des bestiaux, ont été soumis par moi, sous le rapport de l’huile qu’ils renferment encore, à un examen au moyen de ce mode d’extraction, et j’en ai extrait de 6 à 7 pour 100 d'huile grasse.
- Les huiles obtenues par extraction au moyen de l’huile de Canada des graines ci-dessus, ont une belle couleur jaune d’or; elles sont presque sans odeur et sans saveur étrangères, se concrètent à—8° C., et sont peu disposées à rancir. Elles peuvent, sans autre épuration, être employées comme aliments.
- L’huile de Canada chargée d’huiles grasses, traitée par du charbon de sang ou d’os bien sec, puis filtrée, peut, par distillation, être séparée du mélange. On obtient aussi ces huiles grasses presque incolores, qu’on peut très-bien mettre en parallèle avec les meilleures huiles d’olives.
- Quant à l’opération industrielle, il est nécessaire d’avoir égard aux conditions suivantes :
- 1° Broyage parfait des graines.
- 2° T rai temen t des graines broyées dans l’appareil d’extractionaupoint d’ébullition du dissolvant.
- 3° Séparation complète du dissolvant de l’huile grasse.
- 4° Elimination du dissolvant du résidu des graines.
- Le broyage des graines s’opère dans des moulins construits à cet effet, qui, en 12 heures, fournissent de 30 à 35 quintaux métriques de graine broyée.
- Les appareils d’extraction ont une capacité de 75 à 100 kilogrammes, et l’opération est terminée en 1 1 /2 à 2 heures.
- Les appareils pour la séparation de l’huile de Canada de l’huile grasse sont chauffés à la vapeur, et l’huile est définitivement débarras-
- sée des dernières traces du dissolvant par une ventilation.
- Les résidus sont séparés du dissolvant dans l’appareil d’extraction.
- L’examen des résidus des graines obtenus par l’huile de Canada montre que ces matières ont, à l’état frais, une couleur jaune verdâtre et peuvent, dans un blutoir bien simple, être séparées en farine et en son.
- Si on les traite par l’alcool bouillant, on en extrait une résine, de la cire et de la chlorophylle, avec une petite quantité d’huile. On peut aussi en extraire ce qu’on appelle la sinapine.
- Si on les mélange avec l’eau pour en faire une bouillie, et qu’on chauffe de 25 à 35° C., il s’en dégage de l’essence de moutarde ; mais le tourteau traité par l’alcool ne donne plus d’essence de moutarde, parce qu’il est dépouillé de la sinapine nécessaire pour cet objet.
- Ces résidus, aussi bien que la farine qu’on en extrait, peuvent être employés à la nourriture des bestiaux, et, à cet effet, on les délaie dans l’eau chaude, c’est-dire qu’on les fait cuire; l’essence de moutarde s’en dégage aussitôt par ce traitement, et l’appétit des animaux ne peut plus être compromis par cette alimentation.
- Sur les matières colorantes de la garance.
- M. Bolley a publié en 1864, quelques expériences qui avaient pour objet de déterminer l’équivalent de la purpurine et de l’alizarine, en se servant, non de la garance elle-même, mais de la purpurine et de l’alizarine verte, préparée par la méthode de M. C. Kopp (le Technologiste, t. 26, p. 82). Dans son Mémoire, il s’efforçait de montrer que les chiffres de l’atome de carbone de la purpurine et de l’a-lizarine que, d’après Streeker, on
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- supposait être 18 et 20, étaient | en réalité égaux, parce que les quantités d’acide oxalique obtenues par voie d’oxydation étaient identiques. Dans un Mémoires ur matières colorantes contenues dans la garance d’Alsace, inséré dans le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, février 1864, P- 70, MM. P. Schützenberger et
- Schiffert, ont été conduits, mais Par des considérations différentes,
- * la même conclusion, et malgré que ces chimistes, dans ce travail mtéressant, aient manifesté des ^ues différentes sur la composition de la purpurine et de l’alizarine, M. Bolley a considéré comme un fait important acquis, que ces deux matières renferment le même nombre d’atomes de carbone, que ce soit 40 ou 20, la chose est indifférente, puisque ce fait établit des rapports indubitables d’affinité entre elles.
- M. Schützenberger ayant adressé à M. Bolley une série des matières colorantes pures qu’il avait préparées, avec prière de répéter les analyses afin de se convaincre que dans la purpurine du commerce préparée par la méthode de M. Kopp avec la garance d’Alsace, il y avait divers corps qu’on pouvait en extraire par le benzole rectifié, à une température de 50° à 60° G., puis par un traitement par l’alcool à 86° centésimaux et une température de 50° G., et, enfin, par le benzole bouillant, et séparer à chaud par l’alcool, M. Bolley s’adjoignit MM. Rosa et Brigel pour entreprendre ce travail, qui ne tarda pas à acquérir une certaine étendue.
- MM. Schützenberger et Schiffert avaient séparé par le moyen indiqué, les corps suivants :
- 1. Purpurine(oxyalizarine) C40H12 O14
- 2. Pseudo-purpurine G40H12O18
- 3. Matière jaune orange C40Hl2018
- t. Matière jaune C40H12012
- M. Schützenberger regardait la dernière analyse comme douteuse à. cause de la petite quantité de matière dont on a disposé.
- Dans leur travail, MM. Bolley, Rosa et Brigel ont préparé les matières de la même manière que M. Schützenberger, et adopté comme lui le chiffre 40 pour l’atome de carbone de l’alizarine.
- Les matières analysées par ces chimistes ont été: 1° la purpurine ; 2° une matière colorante jaune obtenue par la réduction de la purpurine parl’iodure de phosphore; 3° la pseudo-purpurine ; 4° la matière jaune orange de Schützenberger; 5° l’alizarine ; 6° l’alizarine réduite par une lessive de potasse dans laquelle on introduit des morceaux de zinc et de fer et qui fait virer la couleur, d’abord au violet, puis au jaune-brun.
- Nous ne rapporterons pas dans ce recueil les détails des analyses, mais nous dirons que celles de MM. Bolley, Rosa et Brigel, diffèrent quelquefois même totalement de celles de MM. Schützenberger et Schiffert, sans qu’on puisse encore s’expliquer la raison de ces différences.
- Dans tous les cas, un résultat important qui ressort, tant des recherches de M. Schützenberger que de celles de MM. Bolley, Rosa et Brigel, est que la purpurine est un oxyde de l’alizarine. Quelles que soient, du reste, les différences signalées, le choix d’une formule pour l’alizarine parmi toutes celles auxquelles conduisent les analyses de Schunck, Debus, Schiel, Robi-quet, Schützenberger, Rosa et Bolley, n’a pas grande influence sur des considérations d’un autre genre relatives aux matières colorantes en question. D’ailleurs, la composition de ce qu’on appelle la pseudo-purpurine et de la matière colorante orange, ne paraît pas encore bien fixée et suffisamment nette.
- A la fin de son mémoire, M. Bolley a discuté la question de savoir s’il ne serait pas possible de transformer la purpurine en alizarine, et à ce sujet il rappelle d’abord une observation de Schiel. « Après avoir chargé, dit ce dernier chi-
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- miste, un creuset de platine de 3 centim. de hauteur, au quart de sa capacité avec du pourpre de garance, posé sur ce creuset un petit entonnoir dont le bec était fermé par un peu de papier et chauffé avec précaution au bain de sable sur une lampe, j’ai obtenu une grande quantité de très-beaux cristaux de couleur rouge cerise, ayant jusqu’à 21/2 centim. de longueur. Ges cristaux, toutefois, n’ont pas, avec la potasse, donné une solution rouge, mais une solution violette. La portion restée dans le creuset, quand elle n’a pas été chauffée trop fortement, a donné avec la potasse la même couleur violette. »
- Wolff et Strecker disent, dans une note ajoutée à leur mémoire sur les matières colorantes rouges de la garance : « L’assertion de Schiel, que le pourpre de garance (purpurine) sublimé se dissout avec une coloration bleuâtre dans une dissolution de potasse n’est pas confirmée par mes expériences. De la purpurine sublimée à plusieurs reprises a coloré en rouge intense la dissolution de potasse.» M. Bol-ley confirme à son tour la remarque de Wolff et Strecker.
- 11 paraît constant, actuellement, que la purpurine sublimée présente la même réaction que celle non sublimée. M. Rosa a pu se convaincre, dans les nombreuses expériences de sublimation qu’il a entreprises avec les divers produits obtenus, que dans le résidu charbonneux, il y a constamment présence d’une matière colorante, et trouvé qu’en humectant un pareil résidu purpurin avec la dissolution de potasse, celui-ci se colorait en violet-bleu; c’est même ce qui a rappelé la note de Schiel et donné lieu à de nouvelles expériences. On peut conclure des observations faites jusqu’à présent que pour produire la réaction propre à l’a-lizarine, il faut l’aide de la chaleur, qui doit être un peu plus élevée que celle nécessaire à la sublimation, parce que le sublimé, du
- moins généralement, ne donne pas la réaction avec la partie de la purpurine renfermée dans le résidu charbonneux, mais dans celle dégagée qui a été soumise à une haute température.
- On a introduit plusieurs portions de purpurine renfermées dans des tubes fermés dans un bain d’huile chauffé à 210°à220°G., et observé que la portion sublimée de la matière colorante se déposait à l’extrémité supérieure des tubes; extraite de ceux-ci et mouillée de dissolutions de potasse, elle donnait très-bien la reaction bleu, et même la solution était d’un bleu bien plus intense que celle de l’aliza-rine ordinaire sublimée. Le résidu charbonneux lui-même donnait une solution alcaline bleue, quoi-
- 3ue trouble, qui, légèrement eten-ue, filtrée et traitée par l’acide chlorhydrique, laissait précipiter un corps jaune-rouge pouvant se sublimer et soluble dans les alcalis qu’il colorait en violet-bleu.
- Cinq tubes ont été chargés de purpurine, fermés à la lampe, introduits dans une marmite de Pa-pin et chauffés à 150° G.; à cette température, on a enlevé l’un de ces tubes et on a continué à chauffer et à extraire les tubes les uns après les autres jusqu’à 220°, température à laquelle on a retiré le dernier. On a pu constater que le premier ne donnait qu’une coloration violette faible avec la potasse caustique, tandis que le dernier en donnait une très-foncée.
- Une expérience pour sublimer de la purpurine dans la vapeur d’eau surchauffée dont la température s’est élevée à la fin à 185° C., a montré que les premières portions qui ont passé avaient à peine éprouvé de changement, tandis que les dernières, sublimées à une température plus élevée, ont montré très-distinctement une disposition à virer au violet.
- La coloration rouge-bleu avec les alcalis étant la réaction qui caractérise nettement l’alizarine par
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- Apport à la purpurine, il est bien Permis de conjecturer que les faits décrits doivent certainement être aMribués à une transformation de purpurine en alizarine.
- Cette transformation sur une grande échelle et sans une trop grande perte, aurait une valeur considérable dans l’industrie généré de la garance. Ell e ferait même prévoir la possibilité de renfermer es fils et les tissus teints en rouge turc dans des autoclaves et de les y soumettre cjuelcjues heures à une température elevee, afin de les aviser et d’en relever l’éclat, opération qui aurait pour résultat de transformer la purpurine en alizarine, ou mieux la laque de purpurine en laque d’alizarine. Tout ce qui a été dit précédemment indique qu’une pareille supposition est tout à fait admissible.
- Enfin, M. Bolley a entrepris plusieurs expériences de teinture avec jes matières colorantes extraites de ia garance.
- On a pris des bandes d’étoffes qui ont été mordancées pour rouge, violet, puce et noir, introduites dans les mêmes poids d’eau distillée, mises en contact avec les matières colorantes suivantes et soumises toutes ensemble à un vaporisage où la température a été peu à peu croissante : lu alizarine; 2° alizarine réduite ; 3° purpurine ; 4° purpurine réduite; 5° couleur orange ; 6° pseudo-purpurine. Aussitôt que la couleur a paru suffisamment intense, les étoffés ont été retirées, on a ajouté dans les verres 1 centigramme de craie en poudre par centigramme de matière colorante et on a teint de nouvelles bandes d’étoffes. La seule différence sensible a été que les nos 1, 2, 3 et 6, après l’addition de la craie, ont paru avoir fixé plus de couleur dans les points non mordancés. Voici les nuances présentées par les matières indiquées.
- ROUGE. VIOLET. PUCE. NOIR.
- 1° Alizarine saturé,tonjau-nâtre. un peu grisâtre. moins saturé que la purpurine. intense.
- 2° Alizarine réduite.. généralement tout à fait semblable à l’alizarine.
- 3" Purpurine assez de feu, jaunâtre. plutôt rougeâtre. très-intense. bien saturé.
- 4° Purpurine réduite. jaune sale sans ton rouge. jaunâtre mat. brun fauve pâle. à peine brun.
- 3° Orange semblable à l’alizarine, mais moins intense.
- 6° Pseudo-purpurine. tous les tons plus foncés qu’avec la purpurine.
- Après Vébullition avec le savon
- 1° Alizarine rouge plein de 1 virant au bleu-feu. | âtre. brun - rouge (parfait, foncé. 1
- 2° Alizarine réduite.. presque pas de différence avec l’alizarine.
- 3° Purpurine un peu plus violet plus rou- comme l’aliza- comme l’aliza-
- jaunâtre que l’alizarine. geâtrequel’a- lizarine. rine. rine.
- 4° Purpurine réduite. rose. mat. couleur cuir sale. seulem. brun.
- 3° Orange un peu plus virant au gri- moins rouge-brun que l’a-lizarine. non tout à fait
- jaunâtre. sâtre. saturé.
- 6° Pseudo-purpurine. ne se distingue pas de la purpurine.
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Janvier 1867.
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- De ce tableau, qui est riche en enseignements, il résulte :
- a. Que l’alizarine réduite se comporte à fort peu près comme l’alizarine, ce qui vient à l’appui des observations sur la facilité de la ramener à l’état d’alizarine ;
- b. Que, d’un autre côté, la purpurine réduite fournit des résultats remarquablement différents de ceux de la purpurine, attendu qu’elle colore moins et en virant au jaunâtre sale avec tous les mordants;
- c. Que ce corps se modifie énergiquement en présence du savon, puisque le jaune sale est transformé avec le mordant pour rouge en un beau rose ;
- d. Que la pseudo-purpurine se conduit en tout point comme la purpurine, et même d’une manière plus avantageuse que cette dernière ; la composition de ces deux matières ayant d’ailleurs fait prévoir qu’elles se comporteraient de même à la teinture.
- bouillante, sans que cette eau présente de réaction acide ou alcaline. La solution dans l’alcool qui en renferme une très-petite quantité, est colorée en jaune verdâtre et décolorée par la lessive de soude, mais non pas par l’ammoniaque. Il se dissout dans une lessive de soude et dans l’acide sulfurique concentré; l’eau ne précipite pas la solution sulfurique etle bichromate de potasse et l’acide sulfurique ne la modifient pas. L’acide azotique dissout cette substance en se colorant en jaune clair. Elle ne renferme pas d’azote, ou du moins la chaux sodée n’a pu en démontrer la présence dans la solution de quelques aiguilles jaunes. La petite quantité obtenue n’a pas permis de soumettre à une analyse. Ce corps jaune n’est pas le même que celui que Berzélius a obtenu de la distillation du rouge d’indigo. Ce dernier ne se dissout pas dans une lessive caustique concentrée, et passe immédiatement au rouge par l’action de l’acide azotique.
- Matière colorante cristalline jaune dans l’indigo.
- On a observé récemment cette matière dans le laboratoire techni-ue du Polytechnicum suisse. M. rinsoz, pour faire un essai d'indigo suivant la méthode de M. Ullgren, avait préparé du bleu d’indigo en traitant de l’indigo Bengale par l’alcool, la potasse et la sublimation. Il s’est développé aussitôt qu’on a chauffé entre deux verres de montre, un sublimé jaune d’or en aiguilles déliées, qui, plus tard, comme l’expérience l’a démontré, peut aussi s’obtenir avec l’indigo Bengale brut, mais pas aussi pur et mélangé à un liquide plus brunâtre et oléagineux.
- La température de la volatilisation est à peu près de 130° C. Ce corps est à peine soluble dans l’eau froide, un peu plus dans l’eau
- Recettes pour le mordançage et la coloration de la corne dans la fabrication des boutons.
- Par M. G. Mann, de Stuttgard.
- 1. Noir mat. On fait bouillir les boutons dans une solution concentrée de sous-acétate de plomb, jusqu’à ce que la coloration ait pris l’intensite désirée, ce qui, suivant la qualité de la corne, a lieu en un quart-d’heure ou une demi-heure. Dans tous les cas il est nécessaire de les débarrasser du sel de plomb adhérent avec de l’eau à laquelle on a mélangé un peu de vinaigre.
- 2. Noir de fer. On plonge les boutons traités comme aun° 1, immédiatement après leur nettoyage dans une solution froide de foie de soufre (sulfure de potasse), et au sortir de ce bain ils possèdent un bel aspect métallique.
- 3. Nacre de perle. On plonge les
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- boutons traités comme au n° 1, dans l’acide chlorhydrique étendu (500 grammes d’eau et 15 grammes d’acide). Avec ce bain, on peut à volonté amener les boutons depuis les nuances noir bleuâtre le plus foncées jusqu’aux plus claires dégradées et miroitant comme il convient.
- 4. Gris d’argent. On introduit les boutons traités comme au n°l, dans une solution de proto-azotate de mercure saturée à 70° à 75° C., et on obtient une coloration qui est l’une des plus belles qu’on puisse produire en ce genre. Celte coloration s’applique sur toute espèce de dessin et sur produits polis et en haut ou bas relief. Sous tous les éclairages elle possède une douceur et une élégance à nulle autre pareille. Comme cette coloration a Une certaine importance dans la production de celles qui suivent, elle mérite plus que toute autre l’attention des fabricants. Je ferai seulement remarquer que ce n’est
- u’avec la propreté la plus absolue ans l’opération qu’on parvient à réussir, et par conséquent, que les boutons traités comme au n° 1, et sortant encore chauds du bain d’acétate de plomb, lavés dans l’eau chaude et pure, doivent être jetés aussitôt dans la solution du sel mercuriel, parce que le succès est ainsi mieux assuré. La durée de l’immersion est de 10 à 20 minutes.
- 5. Brun chocolat a. On prépare une solution de cachou dans l’eau à la consistance d’une bouillie très-concentrée, mais encorebien fluide. On y introduit les boutons traités comme dans le n° 4, et on fait bouillir jusqu’à ce qu’on ait obtenu l’intensité désirée, environ un quart-d’heure.
- 6. Brun chocolat b. On obtient une coloration brune plus foncée et plus riche, quand on plonge les boutons traités comme au n° 5, dans un bain chaud de bicarbonate de potasse. La solution de ce sel doit être très-étendue: 30 gramm.
- par litre d’eau ; plus les boutons restent de temps dans le bain,plus la coloration est foncée.
- 7. Brun chocolat c. On introduit les boutons traités comme au n° 5, dans une solution chaude, mais saturée à froid, de sous-acétate de plomb ; on obtient ainsi un brun
- ui imite très-bien celui de la corne e cerf pour manches de couteaux, etc.
- 8. Brun bronzé a. Les boutons traités comme au n° 4 sont jetés dans une solution d’esculine (matière colorante préparée en grand avec le marron d’Inde) et bouillis comme au n° 5. On produit ainsi un brun bronzé fort distingué, applicable surtout aux boutons où un dessin mat est combiné à un fond poli.
- 9 .Brun bronzé b. On fait bouillir les boutons traités comme au n° 4, dans une solution saturée de sulfate de fer pendant un quart-d’heure, puis dans l’esculine; on produit ainsi un brun bronzé très-différent du précédent et d’une nuance élégante et douce.
- 10. Si onfaitbouillirles boutons traités comme au n°4, dans une solution de noix de galle ou de tannin pur, on obtient un brun pâle qui fournit pour les dessins délicats réticules, un beau brun clair soyeux.
- Il est facile de comprendre qu’une fois en possession de ces recettes, qui sont le résultat immédiat de mes recherches, la voie est ouverte pour trouver de nouvelles colorations, parce qu’on a résolu ainsi la question la plus difficile, à savoir celle de développer sur le bouton qu’on veut colorer, une surface impressionnable possédant une affinité suffisante pour la matière colorante d’imprégnation. C’est cette propriété que possède le procédé mentionné au nu 4.
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- Appareil générateur de gaz et d’éclairage.
- Par MM. Pond, Richardson et Morse.
- L’invention a principalement pour objet la construction et la disposition d’un appareil à fabriquer du gaz d’éclairage, en refoulant de l’air atmosphérique, de l’hjrdro-gène, de l’hydrogène carburé, ou de l’air mélangé à l’un ou l’autre de ces derniers gaz à travers des hydrocarbures légers, volatils et liquides, qui constituent les produits secondaires de la distillation de la houille ou des huiles extraites de la houille ou du pétrole.
- Les appareils de ce genre se composent communément d’une disposition propre à refouler de l’air, et d’un vaporisateur qui lui est combiné, afin de produire un écoulement régulier d’air convenablement chargé de vapeur d’hydrocarbure. Mais cette opération ne peut guère s’effectuer qu’à l’aide d’un appareil trop volumineux pour être portatif ou pour qu’on puisse l’appliquer aux voitures dechemins de fer ou autres véhicules. Les inventeurs se sont donc proposé de combiner et de disposer un appareil à gaz compact et portatif, qui pût en même temps être appliqué à l’éclairage des voitures de chemins de fer ou autres véhicules, ou bien comme lampe ou appareil mobile et portatif dans les habitations, à bord des vaisseaux ou autres situations. Pour réussir dans ce projet, il était nécessaire de satisfaire à deux conditions :
- 1° Que l’air ou autre gaz fût refoulé ou aspiré à travers l’hydrocarbure volatil et liquide par un mécanisme dont les fonctions ne fussent pas sensiblement affectées par le mouvement auquel l’appareil peut être soumis.
- 2° Que l’air ou autre gaz soit refoulé ou aspiré à travers une colonne de cet hydrocarbure volatil et liquide d’une longueur et d’une étendue propres à assurer une sa-
- turation parfaite, c’est-à-dire de charger l’air en quantité suffisante de vapeurs d’hydrocarbure. Les inventeurs proposent pour cet oby jet de combiner avec une pompe à air un vaporisateur consistant en un réservoir à hydrocarbure pourvu d’un fond infundibuliforme, qui se termine par un tube. Ce tube peut être ou non roulé sur lui-même, mais son extrémité est relevée et en communication avec une chambre à air pourvue d’une pompe à diaphragme à double effet, que fait fonctionner un mécanisme d’horlogerie. Des soupapes pour l’introduction et l’évacuation del’airdans et hors de la chambre, sont disposées pour qu’à chaque course de la pompe, il y ait de l’air introduit dans la chambre et de l’air refoulé par le tube ou serpentin dans le réservoir à hydrocarbure liquide, d’où il s’échappe par un ou plusieurs tuyaux, conduisant au brûleur ou aux brûleurs.
- Dans le cas ou le réservoir à l’hydrocarbure serait soumis à un mouvement violent ou à des secousses, l’écoulement du gaz pourrait être exposé à être entièrement ou en partie interrompu. Pour obvier à cet effet, on couvre le réservoir en un point au-dessous de la décharge du gaz, d’un bouclier ou couvercle sphérique, présentant au centre une ouverture par laquelle le gaz s’échappe.
- On propose également de régler et diviser le courant d’air en filets aussi déliés qu’il est possible, au moment où il passe à travers le tube ou serpentin en communication avec le réservoir à hydrocarbure, au moyen de diaphragmes percés de trous fins ou de mèches tirées à travers ce tuyau ou autres moyens équivalents. Les diaphragmes employés pour cet objet sont placés en travers soit du tuyau, soit du réservoir ou de tous deux. On complète l’appareil par un réservoir d’approvisionnement qu’on combine avec le vaporisateur tubulaire, afin que celui-ci soit constamment alimenté de liquide.
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- La figure 3, pl. 328, représente une section verticale d’un appareil construit d’après ces principes.
- A est un réservoir consistant en un vase cylindrique fermé hermétiquement, à fond infundibulifor-uie, terminé au centre par un tube B roulé en spirale ou en hélice. Au-dessus de ce réservoir est une chambre à air et une pompe G composée de deux parties, unies entre elles par des vis ou des boulons qui traversent les collets D entre lesquels est saisi et pincé fermement le diaphragme élastique et flexible E, en caoutchouc, en cuir, ou autre matière convenable. On imprime un mouvement alternatif à ce diaphragme au moyen d’un mécanisme d’horlogerie ou d’un mécanisme à ressort opérant sur la tige F, qui passe à travers la boîte à étoupe G, placée au sommet de la chambre.
- Il n’est pas nécessaire d’entrer dans des détails particuliers sur la construction et le jeu de ce mécanisme, et il suffira de dir-e qu’il ressemble à celui d’un mécanisme d’horlogerie, qu’il est pourvu d’un ressort de la force exigée, de roues d’engrenage qui régularisent ce mécanisme, et de moyens ou d’organes appropriés pour transmettre un mouvement continu de rotation et le convertir en mouvement alternatif.
- Une ou plusieurs soupapes d’admission d’air V, Y’ sont disposées dans la chambre h air, de chaque côté du diaphragme, et des soupapes semblables W, W’, mais ouvrant de dedans en dehors, sont également disposées dans cette chambre pour l’évacuation de l’air de celle-ci, dans des boîtes H, H’ situées de chaque côté du diaphragme et communiquant avec le tube B. I est un tuyau terminé par un entonnoir J à travers lequel l’hydrocarbure liquide est versé dans le réservoir ; K un autre tuyau qui conduit l’air chargé de vapeur au brûleur L ; M, un robinet pour arrêter l’écoulement de cet air au
- brûleur. Expliquons, du reste, comment l’appareil opère.
- Le réservoir A est d’abord chargé d’hydrocarbure liquide jusqu’à un niveau un peu au-dessous du point où le gaz doit s’écouler: le serpentin B se trouve ainsi rempli et continue ensuite à l’être par le réservoir. En cet état, on met en marche le mécanisme d’horlogerie qui imprime un mouvement de va-et-vient à la tige de la pompe F. La figure fait voir cette tige au terme de sa course ascensionnelle après avoir relevé le diaphragme, au moyen de quoi l’air dans la portion supérieure de la chambre s’est trouvé comprimé.
- Cette pression de l’air fait fermer la soupape intérieure V et ouvrir celle extérieure W ; l’air renfermé dans la chambre à air au-dessus du diaphragme, en partie refoulé par le tube B,remonte alors à travers le serpentin, et pendant qu’il circule dans les tours de ce tube, il se charge plus ou moins de vapeurs de l’hydrocarbure volatil et liquide, suivant la longueur de son parcours qu’on peut étendre à volonté.
- A la course en retour de la tige F, la même opération se répète et le même effet a lieu par les soupapes V’etW’. La première, à raison de la pression de l’air dans le compartiment inférieur de la chambre se ferme, tandis que la seconde s’ouvre en lançant, comme il a été dit, dans le tube B, de l’air qui se charge au degré convenable de vapeurs d’hydrocarbure.
- Le gaz ainsi formé en chargeant l’air de vapeurs inflammables, est recueilli dans la partie supérieure du réservoir à l’hydrocarbure, d’où on le laisse s’écouler par le tuyau K au brûleur L; là on l’allume et on le laisse brûler pour éclairer ou pour chauffer.
- L’expérience a démontré que si au lieu d’air, on faisait passer à travers le serpentin de l’hydro -gène, un gaz hydrogène carburé, ou le gaz d’éclairage ordinaire, soit seuls, soit mélangés à l’air, on
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- obtenait une chaleur des plus intenses et une flamme d’un pouvoir éclairant du plus grand éclat.
- Encre indélébile.
- L’article de M. Junemann du mois d’octobre 1866, page 19, du Technologiste, a donne la description d’un siccatif pour les couleurs à l’huile et le vernis : cet article provoque de ma part la petite notice historique suivante :
- « Aloys Senefeldera donné dans « son ouvrage l’Art de la Lithogra-« phie, » publié en 1817 chez Thie-nemann, à Munich, le méthode exacte de rendre la gomme laque liquide dans l’eau par le borax, et d’en faire un vernis.
- En 1838, lorsque le ministre des finances, M.Lacave-Laplagne, forma la grande commission instituée pour rechercher les moyens d’éviter le blanchissage du papier timbré, soit par l’emploi d’une encre indélébile, soit par des dessins microscopiques dont on couvrirait le papier; j’étais du concours, et dans mes propositions à cette commission, je donnais un spécimen de la recette d’une encre indélébile reposant sur les mêmes bases, et dont voici la formule.
- Prenez :
- Gomme arabique en pou-
- dre......................1 partie.
- Bleu d’indigo.............. 1
- Noir de fumée, lre qualité. 2
- Broyez à l’aide de l’eau ces ingrédients ensemble, et formez-en une boule dans laquelle on passe une
- petite baguette, puis on laisse sécher.
- Faites chauffer dans un poêlon ou marmite de terre cuite, oOO gr. d’eau potable, de rivière ou distillée ; mêlez-y peu à peu 30 grammes de gomme laque blonde, réduite en poudre, et remuez continuellement avec une spatule en bois pour empêcher la gomme laque de se former en boule.
- Aussitôt que vous verrez que la gomme laque se gonfle, jetez de la poudre de borax, 10 à 12 grammes dans l’eau, le borax fera fondre et dissoudre la gomme laque.
- Si l’on obtient ce résultat en n’employant que 8 à 9 grammes, cela n’en vaudra que mieux, car l’excès du borax cristallisé tombe au fond, ou s’attache aux parois du vase dans lequel on conservera le liquide.
- Prenez la boule de noir et tournez lentement dans la marmite pour détacher peu à peu le noir. Aussitôt que vous verrez, en essayant d’y tremper une plume, que vous aurez atteint la nuance d’une belle encre noire bleuâtre, retirez la boule et mettez le liquide dans une bouteille.
- En séchant, cette encre brillera et sera beaucoup plus solide que l’encre usuelle qui jaunit et disparaît par le temps, l’humidité et d’autres incidents, odeurs et vapeurs.
- Ed. Knecht Senefelder.
- N. B. Il est inutile de dire qu’en diminuant la dose d’eau, ou en augmentant celle des ingrédients, on obtiendra des vernis et même une substance qui pourra remplacer la peinture ordinaire. E. K.
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- arts mécaniques.
- Appareil à cingler les grosses pièces de forge.
- Parmi les nombreux appareils à cingler, ébaucher et dégrossir les métaux, et principalement le fer, qui ont été inventes dans ces derniers temps et dont quelques-uns travaillent d’une manière à la fois satisfaisante et économique, nous ne pouvons nous dispenser de faire connaître celui qui a été imaginé depuis peu par M. Ramsbotton, célèbre ingénieur anglais, et qu’il fait fonctionner avec succès aux forges de Grewe, où il sert en particulier à cingler, ébaucher ou dégrossir les gros lingots d’acier et les grosses loupes en fer.
- Cet appareil, qu’on voit en élévation de côté dans la figure 4, pl. 328, en plan dans la figure 5, et en élévation par devant dans la figure 6, consiste principalement en deux gros cylindres segmentaires A et B dont on voit deux modèles en coupe verticale d’avant en arrière dans les figures 7 et 8, et roulant dans une cage composée de deux flasques latérales et verticales G, G solidement boulonnées sur deux patins ou solives horizontales D,l) arrêtées avec fermeté sur une maçonnerie de fondation d’un grand poids. Une portion assez considérable de la machine est logée au-dessous du niveau du plancher de la forge, de façon que le sommet du cylindre supérieur se trouve à 32 centimètres au-dessus de ce niveau.
- Les cylindres A et B ont environ lm.50 de diamètre et se composent d’un axe ou arbre a et de deux blocs b, b en forme de segments boulonnés dessus. Ces blocs sont pourvus de gorges ayant la section voulue; ceux qu’on voit dans les figures sont disposés pour rouler sur le plat des lingots rectangu-
- laires, et comme ils sont simplement boulonnés sur leur axe, on peut les remplacer aisément quand ils sont hors de service ou lorsqu’on a besoin de gorges présentant une section differente. Les coussinets des cylindres ont 60 centimètres de diamètre, 45 cen-tim. de longueur et sont entre eux à une distance de lm.62 de centre en centre.
- Les axes des cylindres sont pourvus d’un côté de pignons F, F ayant même diamètre, engrenant l’un dans l’autre, celui du cylindre inférieur portant à son autre extrémité une roue dentée G d’un diamètre de 4m.50 qui reçoit le mouvement (par une série d’engrenages dont on voit le dernier mobile en H) d’une machine à vapeur horizontale à deux cylindres de 0m.4318 de diamètre et 50 centim. de course, fonctionnant à une pression moyenne de 4 kil.20 par centimètre carré au-dessus de la pression atmosphérique.
- Le mouvement des cylindres est renversé en renversant celui des machines à vapeur, et comme la vitesse de celles-ci est très-considérable relativement à la vitesse des cylindres, ces manœuvres sont facilement exécutées par un jeune
- arçon qui, au moyen d’un couple
- e poignées, maintient la machine toute entière sous son contrôle, et établi à une certaine distance, où on ne l’aperçoit pas, fait fonctionner la machine comme un automate.
- Les tourillons du cylindre supérieur sont munis de garnitures en laiton en dessus et en dessous et portés entre des chapeaux ou coussinets en fonte ; ceux du cylindre inférieur reposent sur les pistons de deux petites presses hydrauliques placées chacune sur un des côtés du bâti et au moyen desquel-
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- les on règle à volonté la distance des cylindres de la manière suivante :
- Des coins I sont insérés entre les chapeaux des garnitures supérieures des appuis du cylindre supérieur et les flasques latérales, et lorsque ces coins sont poussés en avant, les pistons des presses hydrauliques logées au-dessous sont refoulés vers le bas et les cylindres sont rapprochés l’un de l’autre. Ces coins qui, par une de leurs extrémités, se terminent en forme de crémaillère, sont manœuvrés à l’aide d’une presse hydraulique E, dont le piston porte également à son extrémité une crémaillère qui, dans son ascension, communique un mouvement de rotation à un arbre sur lequel se trouvent calés des pignons engrenant dans les crémaillères des coins qui sont ainsi poussés en avant, tandis que, par le mouvement de descente du piston, ils sont ramenés en arrière. Dans ce dernier cas, la distance entre les cylindres devient plus grande, la pression dans la presse hydraulique sous les coussinets du cylindre supérieur étant un peu plus que suffisante pour balancer le poids de ce cylindre, et comme celle de la presse hydraulique qui fait fonctionner les coins est capable de surmonter la pression de la première, la position relative du cylindre est par conséquent contrôlée complètement par l’action combinée des presses.
- Le cylindre inférieur est également pourvu de garnitures, mais sur la face inférieure des coussi -nets seulement.
- Les segments des cylindres peuvent être tournés sur place en la manière ordinaire, en fixant un charriot sur les flasques latérales qui portent des dispositions pour cet objet.
- Au lieu d’être pourvus de gorges comme dans le modèle représenté, on peut construire les cylindres avec des cavités correspondant, sous le rapport de la forme, aux pièces de forge qu’on veut fabriquer
- en nombre, et ces pièces peuvent être produites en faisant tourner les cylindres en avant, puis en arrière", autant de fois qu’il est nécessaire pour cingler ces pièces et les amener à leur forme définitive.
- Roue à potier perfectionnée.
- Par M. J. Gliff.
- Le but de l’inventeur a été de supprimer les courroies, les tambours, les freins, les poulies, etc., qu’on remarque dans le petit nombre de roues marchant à la vapeur et qui sont actuellement en activité et de les remplacer par un système d’engrenage par contact. La machine n'occupe alors qu’un quart de l’espace qu’exigent les roues actuelles, et on n’a pas besoin d’un enfant pour changer la direction de la roue. Au lieu de ralentir la vitesse au moyen de freins, ce qui occasionne toujours une perte de force, ce ralentissement s’opère par une diminution de pression d’un galet sur un disque, et le mouvement de translation de ce galet, qui s’exécute à l’aide d’une pédale, et qui peut être moindre de 3 millimètres, à la volonté de l’ouvrier, permet à celui-ci de donner tous les degrés de vitesse, depuis la plus considérable dont la machine est capable, jusqu’à une immobilité absolue. La machine est d’ailleurs fixée sur le plancher par des boulons qu’on peut dévisser pour la transporter en entier d’un lieu à un autre. Les pieds, la table, le disque sont en fonte; l’arbre avec son pignon et son mouvement de pédale sont les seules pièces qui exigent un mécanisme un peu soigné.
- La figure 9, pl. 328, est une vue perspective de cette nouvelle roue.
- A, boîte de roue avec son siège en fonte galvanisée ou émaillée; B,B, trépied en fer; C, boîte en fonte; D, disque aussi en fonte; E, levier fileté à grands pas pour
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- établir les contacts ; G, pignon en cuir serré entre les disques en bois, en fer, ou un autre métal; H, arbre en acier avec rainure sur sa longueur, pour y loger la vis de calage du pignon G, qui, pour diverses espèces de travaux, peut être élevé ou abaissé, les vitesses diverses étant enregistrées sur la face du disque, et le pignon pouvant être établi en regard de celles-ci en moins de cinq minutes.
- La figure 10 fait voir une application du même mode de construction à un tour à potier ordinaire.
- A, A, tête ordinaire avec boîte inférieure pour loger un long épau-lement sur l’arbre F ; B, arbre de tour portant deux disques; G, ressort pour changement de direction;
- B, mandrin ordinaire; E, pignon moteur sur la tête ; F, arbre en acier avec rainures longitudinales pour recevoir une vis de calage; G, G, disque en fonte d’une seule pièce, calé sur H, qui est l’arbre moteur; I, crapaudine dans laquelle tourne l’arbre F ; J, pignon en bois,cuir ou métal, ou une combinaison de ces matières; R, support de l’arbre F ; L et M, deux disques calés sur B ou venus de fonte sur cet arbre.
- De même qu’avec la roue ci-des-sus, on a supprimé ici toutes les cordes, courroies, etc., ainsi que la pédale et la roue, ce qui donne une disposition élégante et compacte, et procure une grande économie, puisqu’il ne faut pas un manœuvre pour faire fonctionner la pédale de chaque tour, comme dans le système ordinaire.
- Au lieu d’arrêter la roue afin de renverser le mouvement de la courroie ou de la corde pour polir les pièces en terre, l’ouvrier, le bras placé sur un petit levier, pousse l’arbre B vers la gauche, en mettant ainsi M en contact avec le pignon E qui tourne constamment, et pourarrêter ou changer la pièce, il laisse le ressort C repousser cet arbre à demi-distance, tandis que si le ressort est libre, il met L en contact avec le pignon E, ce qui
- donne le mouvement de découpage.
- En travail ordinaire, tout mouvement dont on a besoin s’obtient à l’aide d’une pression plus ou moins forte de L ou de M surE, mais dans le cas où une grande variété de pièces doivent être tournées sur une même machine, la vitesse de E peut être modifiée de suite en faisant descendre ou monter le pignon J sur son arbre, et l’arrêtant à hauteur h l’aide de sa vis de calage. Le support K peut être placé sous un angle quelconque ou supprimé entièrement, si les paliers qui portent l’arbre moteur sont disposés sur la même ligne verticale que l’arbre, la crapaudine I étant vissée dessus.
- La certitude du mouvement qui, dans cet appareil, est réglé à volonté par l’ouvrier lui-même, semble promettre un travail plus considérable dans un temps donné, et assurer à cet ouvrier, les prix de façonnage restant les mêmes, un salaire plus élevé. Si ces tours sont disposés sur un double rang, la •même longueur d’arbre suffira pour leur service, en plaçant les disques à demi-distance de ceux pour un seul rang.
- Construction de chaudières de locomotives à joints soudés.
- Parmi les causes nombreuses qui déterminent l’explosion des chaudières de locomotives construites à la manière ordinaire, avec joints à recouvrements, aucune ne contribue plus largement à augmenter le nombre des accidents que la corrosion des tôles. Cette corrosion se manifeste le plus communément dans certains points particuliers, et se rencontre principalement autour de l’extrémité du corps de la chaudière voisine de la boîte à fumée, à l’opposé du bord du fer d’angle extérieur où l’on observe un sillon annulaire
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- creusé dans les plaques par l’effet de cette corrosion.
- On remarque des sillons semblables le long du bord du recouvrement intérieur, sur les joints longitudinaux, et aussi sur les joints circulaires transverses. Toutes ces corrosions, toutefois, ne se manifestent qu’au-dessous de la ligne de niveau d’eau, ce qui semble indiquer qu’elles sont dues à une action chimique. Mais la direction particulière dans laquelle le métal est rongé, et qui suit invariablement la ligne d’assemblage des rivets, ne saurait être expliquée par les principes de la chimie, et, par conséquent, on est contraint d’avoir recours à une cause mécanique.
- La seule à laquelle il semble permis d’attribuer ces effets, est l’action de ressort des tôles à chaudières, quand elles sont soumises à une pression interne, action au moyen de laquelle le métal, dans les joints, se courbe, parce que les tôles n’ont pas d’abord été placées dans la ligne où s’exerce l’effort. Il y a dans la chaudière des dilatations et des contractions qui se suecèdentcontinuellement lesunes aux autres, le dépôt incrustant est sans cesse brisé et rompu sur les bords des joints, et il résulte de cette rupture que les tôles sont constamment exposées à nu par cette action mécanique sur les lignes de jonction, et que le métal se trouve ainsi soumis à l’effet rongeant de l’eau au lieu d’être protégé par l’incrustation.
- Il y a bien aussi corrosion dans d’autres parties de la chaudière, mais cette corrosion est d’une étendue très-restreinte, comparativement à celle qui a lieu sur les sutures. Dans le premier cas. la surface des tôles est seulement piquée irrégulièrement, tandis que dans la seconde de profonds sillons ou canaux sont creusés dans le métal en ne lui laissant quelquefois que 1 à 2 millimètres d’épaisseur.
- Cette corrosion marche parfois avec une telle rapidité, que les tô-
- les ont besoin d’être renouvelées au bout d’un petit nombre d’années de service, tandis que le piquage peut se continuer pendant bien des années avant de devenir dangereux.
- Les détails de construction d’une locomotive exercent aussi une influence sur elle, en ce qui concerne la corrosion. Les attachements rigides offrent des points spéciaux de résistance à la dilatation de la chaudière, lorsqu’elle est sous près-.sion, et tendent ainsi à accroître l’action locale à un degré très-sérieux.
- Les défauts provenant des joints rivés à recouvrement sont néanmoins susceptibles d’être perfectionnés, en construisant les chaudières sur d’autres principes. Sur un chemin de fer anglais, le London and North-Western railway, chaque longueur du corps de chaudières de locomotives est formée d’une seule feuille de tôle courbée, et formant une circonférence complète, de manière à n’avoir besoin que d’une seule suture longitudinale au lieu de deux. Cette suture est tournée du côté supérieur du corps, de façon à se trouver dans l’espace de vapeur au-dessus de la ligne de niveau d’eau, afin d’éviter ainsi, en grande partie, les effets de la corrosion sur une suture longitudinale.
- On a adopté, toutefois, sur le Midland railway, un mode de construction encore préférable, qui consiste en ce que les feuilles de tôle sont laminées avec des bords plus épais. Dans cette disposition, qui paraît avoir obvié aux avaries qu’on éprouvait auparavant, on conserve l’épaisseur ordinaire de 11 millimètres pour le corps de la feuille, mais on réserve sur les bords une épaisseur de 16 millimètres, avec une décroissance graduée de cette épaisseur, sur environ une étendue de 10 centimètres. Quand la feuille porte des collets afin de pouvoir supprimer les fers d’angle, cette décroissance d’épais-| seur permet une action graduelle
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- de ressort de la feuille qui se dis- 1 tnbue sur toute la longueur, au beu d’une courbure subite concentrée en un seul point.
- Les sutures circulaires transversales sont également formées avec des feuilles présentant la même section à bord renforcé, et, par ce mode de construction, on donne à la chaudière une nouvelle force de résistance, car l’accroissement d’é-paisseur des feuilles entre les trous de rivets compense la perte de section pour le percement de ces trous.
- Une machine de la Cie du Midland, qui avait d’abord une chaudière ordinaire, fournit un exemple du travail pratique de ce système. Après avoir fonctionné il 1/2 ans, cette chaudière a été enlevée, parce que les tôles étaient fortement sillonnées et piquées, et on lui a substitué une nouvelle chaudière construite en tôles à bords renforcés. La machine a continué à travailler pendant 6 1/2 ans avec cette nouvelle chaudière jusqu’au commencement de 1866, et un examen auquel on l’a soumise a démontré que les tôles ne portaient aucune trace de sillon, quoiqu’elles fussent fortement piquées.
- Malgré que ce fût évidemment un pas fait dans la bonne direction et un moyen de prévenir le mal du sillonnage, le moyen n’écartait pas toutefois les efforts dangereux qui résultent de l’emploi des joints à recouvrement. On ne put y parvenir qu’en rendant le corps parfaitement cylindrique et circulaire dans toute son étendue ; alors on a fait disparaître les tiraillements, et on a réalisé une importante amélioration. C’est ce qu’on a exécuté sur le Midland raiiway, où l’on soude maintenant toutes les sutures longitudinales des trois anneaux qui constituent le corps d’une chaudière, en les faisant tous troisd’un même diamètre, et les unissant l’un à l’autre par affleurement ou assemblage à francs bords. Les extrémités buttantes de chaque anneau sont dressées sur le tour et
- unies au moyen de bandes de recouvrement formées d’anneaux soudés en bouts, insérés de force sur la suture et à deux rangs de rivets. Sur chacune des tôles centrales, on insère aussi juste, des bagues de renfort qui croisent les sutures longitudinales soudées, et sont arrêtées par quelques rivets. De cette manière les chaudières sont rigoureusement cylindriques dans tous leurs points, et leur forme circulaire n’est altérée en aucune façon par un effort quelconque auquel elles peuvent être exposées.
- La certitude de ce principe a été corroborée d’une manière remarquable par une machine Midland, dont la chaudière avait été construite avec sutures à francs bords dans toute son étendue, celles transversales étant recouvertes extérieurement par des anneaux, et celles longitudinales par des nervures internes. Une chaudière de ce modèle a été mise en activité en 1847, et, par conséquent, avaitfonc-tionné, en 1866, pendant 19 ans. Les tôles primitives subsistaient encore et n’avaient jamais été réparées.; on n’y remarquait aucun sillon dans les joints bout à bout. Defaiblespiqûres irrégulières sur le côté interne des tôles étaientle seul signe de détérioration qu’on y ait observé. Cette absence remarquable de sillons si communs dans les chaudières à joints à recouvrement, ne peut donc être attribuée qu’au mode différent de construction.
- Dans une autre chaudière, les tôles ont été trouvées gravement attaquées sur un joint à fer d’angle construit à la manière ordinaire à l’extrémité du côté de la boîte à fumée, tandis que le reste des joints qui étaient à affleurement étaient exempts de tout dommage. Les tôles à bords renforcés sont colletées, courbées et soudées au moyen de machines spéciales dont nous donnerons dans un instant la description.
- On a entrepris diverses expériences pour déterminer la résis-
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- tance à l’extension des joints soudés, expériences dont les résultats peuvent très-bien être rapprochés de ceux des tôles à joints rivés. On a découpé des bandes en travers des soudures dans les tôles enlevées à diverses chaudières pour former le dôme de vapeur. Ces essais ont porté respectivement sur trois échantillons de 25mm.4, 35 millim. et 38 millim. de largeur sur une longueur de 19 centim., et où la soudure se trouvait au milieu des bandes. On a soumis à ces essais 23 de ces bandes, dont 11 ont rompu dans la soudure et 12 dans la portion solide. La moyenne de la résistance à la rupture a été de 32kil.32 par millim. carré de section, résistance qui est déjà assez remarquable. On a également soumis à des épreuves 13 bandes non soudées de ces mêmes tôles, et la résistance moyenne a été 37 kil.4 par millim. carré.
- On voit donc que plus de la moitié des bandes à soudure s’est rompue dans la partie solide, et non dans la soudure, et que la résistance moyenne à la rupture par extension des 23 tôles soudees n’a été que de 1/8 inférieure à la résistance des 11 tôles non soudées. On a également remarqué que les plus mauvais échantillons, y compris quelques cas de soudure défectueuse, présentaient plus des deux tiers de la force totale des tôles non soudées.
- Les chaudières soudées sont un peu plus pesantes et d’un prix un peu plus élevé que les chaudières ordinaires à joints à recouvrement, à un seul rang de rivets et avec fers d’angle aux extrémités. Dans la nouvelle chaudière, l’augmentation du poids est d’environ 1 1/4 tonne, augmentation due aux tôles à bords renforcés aux anneaux ou bandages et aux nervures de joints. En ce qui concerne le prix du travail et des matières, la nouvelle chaudière exige un excédant de frais de 1,200 francs environ sur les anciennes. Mais cet excédant de poids et de frais n’est pas un
- obstacle à l’emploi de ce système, qui, lorsqu’on a pris ses avantages en considération, est en définitive bien plus économique que l’ancien système. La compagnie Midland a fort bien reconnu ce fait sur 19 chaudières soudées constamment en activité depuis 6 à 7 ans ; enfin le résultat a été tellement satisfaisant, que ce système de construction a été définitivement adopté pour les machines de cette ligne.
- Nous passons maintenant à la description des machines propres à ce système de construction des chaudières de locomotives.
- La figure 11, pl. 328, est une section transversale de l’appareil à former le collet des tôles.
- Cet appareil consiste en une table horizontale A sur laquelle la feuille de tôle à bords renforcés est déposée apres avoir été chauffée et où elle est arrêtée par des mâchoires ou par des pinces, et en la poussant au besoin en avant sur le butoir B, qu’on peut ajuster à volonté, de manière à ce que le bord renforcé dépasse celui de la table de toute l’étendue nécessaire pour former le collet. On fait alors descendre le cylindre G avec lenteur au moyen de l’excentrique D pendant qu’il est maintenu avec fermeté par des guides E à chacune des extrémités du bâti de la machine, et c’est ainsi que le bord de la tôle est rabattu peu à peu pour former le collet.
- La table A glisse sur le banc F de la machine, et on l’ajuste par le moyen des vis de calage G à la distance convenable du cylindre col-leieur C, suivant l’épaisseur des tôles auxquelles on peut former un collet. Le bord antérieur de la table est garni d’une pièce distincte de garniture I en fer ou en fonte qu’on peut enlever ou échanger pour une autre ayant une courbure différente sur le bord, suivant la courbure qu’on veut donner à la gorge du collet. La barre de pression H est vissée serré sur la tôle immédiatement derrière le bord de la table, afin de maintenir cette
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- tôle bien à plat sur celle-ci pendant que le cylindre en rabat le collet. La vitesse de travail de cette machine est de sept coups doubles par minute.
- La machine à courber les tôles h bords renforcés suivant une demi-circonférence pour former le corps de la chaudière, a été représentée en coupe transversale dans la figure 12.
- Cette machine se compose de trois cylindres horizontaux, dont les deux inférieurs A, A sont portés sur des appuis fixes à chaque extrémité du bâti, tandis que le troisième B peut glisser verticalement dans ce bâti par l’intermédiaire des vis C, C à chaque passage de la tôle à travers ces cylindres, afin de lui donner le degré de courbure exigée. Ces vis sont ma-nœuvrées directement à la main ou à l’aide d’engrenages commandés par l’arbre principal.
- Comme l’épaisseur du corps des tôles est de 11 millimètres, tandis que celle des bords est de 16 millimètres, on dispose une feuille de fourure de 5 millimètres d’épaisseur sur le corps de la tôle, pendant qu’on la courbe, afin de donner partout la même épaisseur de 16 millimètres pendant le passage entre les cylindres. Cette feuille de fourure est ensuite rendue plane, afin de la faire resservir.
- A l’une des extrémités de chacun des cylindres inférieurs A, A existe une rainure pour recevoir le collet des feuilles de tôle. Cette rainure est formée par une pièce supplémentaire ou une lunette vissee sur l’arbre des cylindres ou elle est maintenue ferme par une vis de calage qui permet de donner la largeur nécessaire pour recevoir le collet de la tôle. Une rainure correspondante est établie sur l'extrémité en regard du cylindre supérieur B, afin de pouvoir rouler les tôles avec collet à l’intérieur ou à l’extérieur.
- Enfin, pour avoir un pincement suffisamment énergique, propre â entraîner ces tôles entre les cylin-
- dres, les surfaces tant de ceux inférieurs que de celui supérieur sont garnies, dans le sens de leur longueur, de cannelures peu profondes, d’un pas de 32 millimètres.
- Les cylindres inférieurs seuls sont commandés par un engrenage; celui supérieur n’est qu’un cylindre de pression destiné h donner la courbure requise aux tôles et pesant environ 300 kilog. La vitesse de travail de ces cylindres est de trois tours par minute ou une vitesse à la surface 3m.60.
- Les deux feuilles de tôle sont alors soudées ensemble en un seul cylindre pour former la longueur du corps de la chaudière. Les bords qu’il s’agit de souder sont d’abord chauffés dans le feu en A, fig. 14, puis dressés suffisamment pour donner l’épaisseur requise de métal propre à former l’empa-ture de la soudure. On porte alors à la chaleur soudante sur une faible longueur du joint des tôles B, et celles-ci sont soudées l’une à l’autre le long du joint sur l’enclume de soudage qu’on voit dans les figures 13 et 14. La table C de cette enclume a une forme qui correspond au diamètre interne du corps de la chaudière et est distincte du pied D de l’enclume, de manière à ce qu’on puisse y substituer une table de forme ou courbure différente suivant le diamètre de la chaudière.
- Pendant qu’on chauffe et qu’on soude, les tôles B sont maintenues sur un bâti circulaire E sur lequel elles sont fermement arrêtées, et ce bâti étant suspendu à une grue ou un levier, on parvient aisément ainsi à manœuvrer les tôles. Les deux extrémités de la suture sont réunies en les soudant, afin de conserver un diamètre correct et uniforme au corps, puis le reste de cette suture est soudé par petites longueurs à partir du centre vers chaque extrémité.
- Les anneaux du corps de la chaudière, après avoir été soudés en bout, sont chauffés pour les mettre à l’épreuve en les dilatant
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- et les amener au diamètre de la chaudière. A cet effet, ces anneaux sont d’abord chauffés dans un fourneau à loupe ayant une grille sous le centre avec six carneaux autour de la circonférence. L’anneau qu’on veut chauffer est introduit par le haut et posé de champ. La chaleur du feu passe à son intérieur, puis redescend tout autour à l’extérieur pour s’échapper par les carneaux, afin de donner à cet anneau une température bien uniforme. L’anneau est alors placé dans une presse qui n’est autre chose qu’une presse hydraulique à bandages ordinaires actionnée par un cône central qui fait avancer les segments de blocage du centre vers la circonférence. Une des moitiés de la hauteur de l’anneau B est mise au diamètre et au rond d’un seul coup, puis l’anneau est retourné et bloqué sur l’autre moitié.
- Machine à vapeur rotative.
- Par M. W. Hall.
- Cette machineron t la figure 15, pl. 328, présente une section suivant la ligne A, B de la figure 16, et la figure 16 une section par la ligne C, D de la figure 15, mais où on ne voit que la moitié de la longueur du cylindre, se compose d’un cylindre de 0ra.60 de diamètre et 0m.30 de longueur où le piston a un diamètre de 0ra.45, et même longueur que le cylindre. Elle est depuis quelque temps en activité dans les ateliers de M. Hall, où elle sert à scier du bois, et fonctionne très-bien, en faisant 150 révolutions par minute, avec une pression dans la chaudière de 6 kilogrammes par centimètre carré; mais avec une pression moyenne de 3kil.50 par centimètre carré, elle accuse, à l’indicateur, un travail d’environ 32 1/2 et 43 chevaux à différents degrés de détente, et de 65 chevaux à plein cylindre.
- Le cylindre D est alésé très-exac-
- tement, bien dressé aux deux extrémités ou bases qui s’appliquent et s’ajustent exactement sur deux couvercles dressés aussi avec beaucoup de soin, au travers desquels fonctionne l’arbre principal, arbre reçu des deux bouts, à travers ces couvercles, dans des boîtes connues en laiton, remplissant le rôle e tourillons, et susceptibles d’être ajustées, afin de tenir compte de l’usure.
- Le piston P est de l’espèce excentrique et parfaitement étanche dans son point de contact avec la surface concave du. cylindre au terme de sa course, au moyen d’une garniture métallique maintenue serrée sur sa surface convexe par des ressorts d’acier, semblables à ceux employés sur les pistons des machines alternatives. Les extrémités de ce piston sont également rendues étanches sur les couvercles au moyen d’un anneau maintenu de chaque bout sur les surfaces par les mêmes moyens que la garniture de la circonférence extérieure.
- G est le tuyau d’introduction de la vapeur, IN celui de l’échappement; I, une soupape équilibrée de détente, disposée de manière à être manœuvrée par un excentrique gradué ou à échelle en rapport avec le régulateur, qui contrôle ainsi l’introduction de la vapeur à chaque révolution, proportionnellement à la charge qui pèse sur la machine. Cette disposition règle la vitesse de marche de la machine avec la plus parfaite exactitude, sous les charges les plus variables et avec la plus petite quantité possible de vapeur nécessaire pour exécuter le travail.
- Le régulateur est disposé horizontalement sur l’arbre principal, et au moyen d’un ressort à boudin et d’un collier d’arrêt, il peut être ajusté de manière à faire varier la vitesse de la machine dans une étendue quelconque. O est un coulisseau de butée qui suit le piston pendant sa révolution dans le cylindre, et c’est par le vide inté-
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- rieur ou la lumière T dans ce coulisseau, que la vapeur est introduite dans le cylindre. Une autre particularité de ce coulisseau de butée, consiste en une disposition au moyen de laquelle la vapeur agissant sur le sommet, force le coulisseau à descendre et le maintient en contact avec le piston pen-dantla première moitié de la révolution, mais l’oblige à se relever dans sa chambre aussitôt que le piston approche du terme de sa révolution et tout préparé ainsi à une nouvelle admission de vapeur qui doit déterminer la révolution suivante.
- L’arbre principal est en acier Bessemer et la tige de la soupape d’équilibre en même métal, tandis que l’excentrique est en fer moulé en coquille, afin d’assurer la durée des parties qui fatiguent. On peut donner une longueur quelconque à l’arbre qui transmet la force de la vapeur par l’une ou l’autre de ses extrémités suivant le besoin. La machine peut être employée comme appareil avec ou sans condensation, et le même principe s’applique également bien aux pompes à air des machines à condensation ou aux pompes en général, et qui fonctionnent dans un sens ou dans l’autre avec la même facilité et tout autant d’effet.
- Voici, du reste, si cette machine reçoit de plus nombreuses applications, les avantages que l’inventeur croit pouvoir lui assurer.
- 1° Economie d’acquisition, relativement aux machines alternatives dans les mêmes circonstances et même force, au moins de 30 pour 100.
- 2° Economie de la force nécessaire pour fonctionner et pour le changement de mouvement des pièces de la machine alternative.
- 3° Construction compacte et portative; économie d’emplacement, de fondations dispendieuses et de mesures spéciales pour adapter à la propulsion des navires à vapeur.
- 4° Pièces de travail moins nombreuses, et par conséquent moins
- de frottement et d’usure, avec moins de disposition à se déranger et plus de facilités pour réparer et remplacer une pièce avariée ou hors de service.
- 5° Mouvement de rotation ferme et régulier à de grandes vitesses, par conséquent nul besoin d’engrenages ou autres pièces pour transmettre de hautes vitesses et économie de travail égale à celle des meilleures machines établies d’après tous les autres principes.
- 6° Economie de la vapeur contenue dans les lumières et les conduits, qui ordinairement s’écoule avec la vapeur d’échappement, dans la plupart des machines, au terme de chaque course.
- Ces machines peuvent être disposées pour marcher en avant et en arrière avec la même facilité, et fixées sur la longueur pour manœuvrer un propulseur à nélice, ou en travers pour faire fonctionner les roues à aubes des bâtiments à vapeur ou pour tout autre service quelconque.
- Générateur de vapeur chauffé au gaz.
- L’idée de chauffer les chaudières avec le gaz d’éclairage et de générer ainsi de la vapeur pour le service des machines, s’est déjà présentée à l’esprit de beaucoup d’inventeurs, mais nous ne pensons pas qu’elle ait encore été réalisée d’une manière pratique. Un nouveau concurrent, M. Jackson, vient d’entrer en lice, et s’est fait patenter pour un nouveau moyen de ce genre, de générer la vapeur qui, selon lui, réunit la propreté à la sécurité et à la facilité des manœuvres.
- Le fourneau de M. Jackson est alimenté avec le gaz d’éclairage combiné avec l’air atmosphérique, et la rapidité avec laquelle on peut allumer et éteindre le feu en tournant les robinets à gaz, permet de
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- régler la pression de la vapeur avec une facilité parfaite.
- Ce mode de génération paraît particulièrement applicable aux magasins, entrepôts et autres localités semblables où il y a danger d’incendie par l’introduction des chaudières à vapeur ordinaires, et où l’espace a une grande valeur, les chaudières du nouveau modèle n’occupant qu’une très-faible capacité.
- Le générateur représenté en élévation dans la figure 17, pl. 328, et en coupe dans la figure 18, est supposé d’une force de 4 chevaux.
- A, A, fourneau à gaz; B, chambre à gaz; G, G, brûleurs avec disques en argile, au-dessus de leur surface ; D,D, robinets ; E,E, soupapes d’introduction de l’air; F, piédestal contenant le fourneau et servant de support à la chaudière tubulaire; G, tube pour la circulation de la vapeur; H, ligne de niveau de l’eau; J, porte du fourneau en verre ou en mica, qui permet de l’inspecter à l’intérieur sans l’ouvrir et à régler l’écoulement du gaz, soit au moyen des robinets distincts D, D, qui sont tous disposés en dehors, soit par le trou d’homme, en évitant ainsi l’admission de l’air froid.
- Voici quelques détails relatifs au pouvoir évaporatoire d’une chaudière chauffée ainsi, de la force de 2 1/2 chevaux.
- Diamètre 0m.610; eau évaporée en 1 heure 26 minutes, 721it.694; dépense de gaz 5m3.600; pressions moyennes de 3kil.87 à 4kil.57 par centimètre carré au-dessus de la pression atmosphérique ; température de l’air s’écoulant par la cheminée, 148° G. Produit en vapeur, environ 2 kilogrammes par minute.
- Ces résultats paraissent assez satisfaisants, mais l’inventeur déclare
- u’il n’a nullement la prétention
- 'établir une comparaison avec la houille sur une grande échelle.
- Lorsque la machine à vapeur cesse de fonctionner, on peut maintenir l’eau à la température de l’é-
- bullition, pour 1 ou 2 centimes par heure et par force de cheval.
- Une chaudière et une machine à vapeur de la force d’un demi-cheval établies sur ce principe, et n’occupant en tout que quelques décimètres carrés, fonctionne journellement ù Londres sous les yeux du public. Son travail, quoique intermittent, est assez constant pendant quatorze heures; la dépense en gaz est, d’après les informations, de 2 fr. 50 c. par jour. A Paris, où le gaz d’éclairage est l’objet d’un monopole, ce prix serait beaucoup plus élevé.
- Régulateur chronométrique.
- Par M. C. W. Siemens.
- Le régulateur chronométrique a déjà fait l’objet de plusieurs communications de l’auteur (V. le Tech-nologiste, t. VII, p. 219, et t. XV, p. 162 et 269). Cet appareil consistait, dans sa forme primitive, en un pendule conique librement suspendu à un joint universel (à boule), qui était maintenu en mouvement par une force indépendante de la machine à vapeur, quoique constamment complétée par elle ; par conséquent, le pendule avait toute liberté pour tourner avec une vitesse uniforme. Un mouvement différentiel entre le pendule coni-ue et la machine qu’il s’agissait e régler, s’obtenait au moyen d’une disposition mécanique, de façon que tant que la machine continuait à tourner exactement avec la même vitesse que le pendule, la soupape de gorge ne changeait pas de position, tandis que la plus légère accélération ou le moindre retard dans la machine, ouvrait ou fermait immédiatement la soupape de l’étendue requise pour rétablir l’équilibre entre la force et la résistance à la vitesse qui était prescrite absolument par la vitesse fixe du pendule.
- Afin d’obtenir une rotation uni-
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- forme dans le pendule, il était nécessaire de maintenir constant son apgle de rotation malgré les variations dans la quantité de la force qui le mettait en action, variations qui résultaient de la résistance de fa soupape de gorge, qu’il fallait surmonter par l’inertie du pendule chaque fois qu’un rajustement était nécessaire entre la force e t la charge pesant sur la machine. C’est à quoi on parvenait en augmentant d’un côté le pouvoir modérateur du pendule au-delà de ce qui était nécessaire dans des circonstances ordinaires, afin de se mettre en garde contre quelque défaillance fortuite de la force, et, d’un autre côté, en faisant naître une résistance extérieure par le frottement d’un frein, toutes les fois que le pendule atteignait son angle entier de rotation, afin de prévenir une nouvelle accélération de sa part.
- Un nombre considérable de ces régulateurs pour machines à vapeur, a été construit sur ce modèle dans les années 1844 à 1847, et tous ont continué à marcher d’une manière éminemment satisfaisante jusqu’au moment actuel, et dans tous les cas où on leur a donné les soins convenables. Ils ont été employés à l’Observatoire royal pour régler le mouvement des télescopes et des appareils chronographiques avec une précision pour ainsi dire mathématique; mais malgré ces résultats, le régulateur chronométrique n’a pas reçu d’applications étendues, sans doute à raison de son prix élevé et de la délicatesse des pièces qui fonctionnent, et qui ont besoin d’une attention particulière pour les maintenir dans un ordre parfait.
- Les premiers efforts de M. Siemens pour ramener ce régulateur à une forme mieux adaptée à des emplois usuels n’eurent pas de succès, parce qu’on paraissait avoir sacrifié en grande partie la précision de l’instrument, et les tentatives des autres dans la même direction n’avaient pas été plus satisfaisantes. Mais l’an dernier, il
- lui est venu à l’esprit une idée qui lui a paru propre à fournir une rotation uniforme sous l’influence de circonstances variables dans la force motrice, sans avoir recours à un instrument aussi délicat que le pendule conique libre, et c’est cette idée qui adonné naissance au régulateur qui forme le sujet du présent Mémoire.
- Si un vase cylindrique ouvert, tel qu’un verre à boire, une coupe contenant une certaine quantité d’eau est mis en état de rotation sur son axe vertical, ainsi qu’on le voit dans la figure 20, pl. 328, on observe que l’eau remonte le long des parois à mesure que la vitesse de rotation augmente graduellement et finit par déborder. Si, à daler de ce moment on maintient une vitesse uniforme, il est évident que l’eau continuera à s’élever jusqu’au niveau du bord même de la coupe, et que si on réduit alors la vitesse, puis ensuite qu’on l’augmente jusqu’à la même limite, le bord d’eau qui sera d’abord descendu , remontera au même point. La surface du liquide en état de rotation affecte la lorme d’un parabo-loïde renversé, et la hauteur à laquelle ce liquide s’élève, avant d’arriver au déversement, augmente comme le carré de la vitesse, l’élévation étant mesurée depuis le sommet du paraboloïde jusqu’au bord supérieur. Ainsi, une vitesse double fait remonter le liquide à quatre fois la hauteur, et il en résulte que, lorsque la vitesse suffit déjà pour remonter le liquide jusqu’au bord de la coupe, un léger accroissement dans cette vitesse produit décidément un débordement du liquide. La quantité du liquide dans la coupe étant bornée, une élévation à la circonférence est accompagnée d’une dépression dans le centre, et ce phénomène a déjà été mis à profit par M. Rams-botton pour trouver une mesure à la vitesse de rotation. Mais actuellement il ne s’agit plus de mesurer une vitesse, mais de maintenir une vitesse constante déterminée à l’a-
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- Le Technologiste. T. XXVIII. — Janvier 1867.
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- vance dans les machines à vapeur et d’autres mécanismes plus délicats; et, à cet effet, les principes du mouvement gyratoire d’un liquide, qui viennent d’être exposés, ont été mis à profit par l’auteur de la manière suivante :
- Le régulateur chronométrique ougvrométriqueperfectionné, pour les machines à vapeur, a été représenté dans les figures 21, 22 et 23.
- Ce régulateur consiste en une coupe ouverte A de forme parabolique, fixée sur un axe vertical B, et qu’onfait tournerà l’intérieur d’une chambre close G,C contenant le liquide. Le fond de cette coupe est ouvert et constamment immergé au-dessous de la surface du liquide. Quand on fait tourner cette coupe avec rapidité, le liquide qu’elle contient s’élève le long de ses parois et s’enfonce au centre, et la surface de ce liquide prend la forme parabolique renversée qu’on voit au pointillé fig. 21. Lorsque le liquideaatteintlebordde la coupe,
- 11 se déverse dans la chambre environnante, en même temps qu’une nouvelle quantité de liquide est appelée dans la coupe par l’ouverture de son fond. La force absorbée pour mettre le liquide qui déborde en mouvement oppose une résistance continue à la rotation de la coupe.
- Au niveau du bord de la coupe et au pourtour de la chambre extérieure G, est disposée une série de
- 12 à 46 aubes fixes D et des ailettes E,Een nombre égal sont fixées sur le pourtour extérieur de la coupe, juste au-dessous du bord, de façon que la nappe fluide qui s’échappe par dessus le bord de la coupe qui tourne, est projetée sur les aubes D, puis rejetée par celles-ci sur les ailettesEde cette coupe, au moyen de quoi le liquide qui déborde offre une nouvelle résistance à la rotation de la coupe.
- On peut, si on le juge à propos, ajouter en dessous une seconde série d’aubes et d’ailettes pour accroître encore davantage la résistance et augmenter ainsi la capa-
- cité de la coupe tournante comme régulateur de la vitesse. Les bras rayonnants internes X,Xqui unissent le corps de la coupe À avec la douille au centre et qui sont représentés dans la figure 23, servent à communiquer le mouvement de rotation au liquide à l’intérieur de la coupe, tandis que le fond de la chambre extérieure C est pourvu d’un certain nombre de cloisons ou nervures radiales Y, Y, comme on le voit fig. 24 et 23, pour modérer et entraver le mouvement de rotation du liquide à l’extérieur de la coupe.
- Tant que la coupe circule avec une vitesse constante, le déversement est constant et produit une résistance absolument constante, et par conséquent si la coupe est mise en état de rotation par une force motrice constante indépendante de la machine à vapeur, sa vitesse est aussi uniforme que celle d’un chronomètre, à une très-légère variation près dont l’étendue est fixée une fois pour toutes. Elle continue donc à tourner avec une vitesse qui reste la même, et complètement indépendante de la machine à vapeur, et par conséquent elle fournit un moyen pour établir un régulateur propre à constater la vitesse de cette machine et lui donner une allure constante et uniforme.
- La force constante pour faire tourner la coupe s’obtient à l’aide d’un poids F sur le levier de la tige de la soupape de gorge G, levier qui est en rapport par la bielle N avec l’axe de la coupe A et en même temps avec l’arbre moteur principal H de la machine, à l’aide d’un système de roues différentielles et d’un châssis à mouvement alternatif libre sur l’axe de la coupe. L’arbre moteur principal de la machine commande l’arbre vertical K qui porte la roue renversée L, et au bas de l’axe B de la coupe régulatrice qui est sur la même ligne que l’arbre R est fixé un pignon J dont le diamètre est ie quart de celui de la roue L.
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- Celte roue et ce pignon commandent deux roues intermédiaires 1,1 qu’on voit en plan fig. 22, qui sont hbres sur des tiges et suspendues à .un bâti alternatif M qui peut glisser de part et d’autre de son centre, mais est en rapport avec
- soupape de gorge G par la bielle N et un levier coudé.
- Suivantcetle disposition, le poids P sur le bras horizontal du levier exerce une pression constante sur les dents de la roue L et du pignon J, et ce pignon cédant h cette pression, fait tourner la coupe, tandis que la roue L commandée par la niachine à vapeur dans une direction contraire tend à soulever le poids. Ainsi, ce poids tend constamment à tomber, et de cette manière commande le régulateur par l’entremise des roues différentielles, tandis que l’action de la machine qui est en direction opposée tend constamment à remonter ou relever le poids.
- Il en résulte que lorsque la machine fonctionne exactement â la même vitesse que le régulateur, de façon que la roue L exécute exactement un tour pendant le temps que le régulateur fait faire quatre tours au pignon J, le châssis alternatif M reste stationnaire en maintenant la soupape de gorge constamment dans la même position, et que le poids F ne monte ni ne descend. Mais toutes les fois que la vitesse de la machine dépasse ou reste au-dessous de la marche normale, même par la plus légère variation, alors l’action différentielle des roues est immédiatement mise en jeu et fait que le châssis alternatif est poussé de sa position dans la direction de la roue qui tourne relativement le plus vite et par conséquent ouvre ou ferme la soupape de gorge d’une étendue suffisante pour ramener à l’instant la machine à la marche convenable établie par le régulateur. La machine est donc forcée de marcher avec la même régularité dans sa vitesse que le régulateur, tandis que l’uniformité de marche du régu-
- lateur lui-même est assurée par la force motrice empruntée au poids constant, parce qu’avant qu’il puisse atteindre sa position la plus basse dans sa chute, la vapeur serait ramenée et accélérerait la marche de la machine pour le relever, et qu’avant d’arriver à sa position la plus haute en remontant, l’écoulement de la vapeur serait assez réduit pour retarder la marche de la machine, même quand on lui imposerait toute sa charge et donnerait une prépondérance de force au poids.
- La différence importante dans le principe d’action entre le nouveau régulateur chronométrique et les régulateurs ordinaires des machines à vapeur en usage généralement aujourd’hui, repose sur ce fait que les régulateurs ordinaires ne règlent la vitesse suivant une marche uniforme que dans les conditions spéciales de travail pour lesquelles ils ont été ajustés, et que toutes les fois que ces conditions sont changées, le taux de la vitesse se trouve egalement modifié. Ainsi, une machine à vapeur, travaillant avec toute sa charge et réglée par un régulateur à boules ordinaires, sera maintenue à une vitesse uniforme par le régulateur, tant que la résistance moyenne à surmonter par la machine restera la même; mais toutes les fois qu’on déchargera cette machine d’une portion quelconque du travail, sa vitesse augmentera dans une proportion plus forte que la diminution de la résistance et à cette allure plus accélérée, la vitesse sera maintenue uniforme par le régulateur tant que la résistance devenue moindre continuera à rester la même. Cet effet est le résultat de cette circonstance que le degré d’ouverture de la soupape de gorge est contrôlé directement par l’angle sous lequel les boules du régulateur sont relevées par leur vitesse de circulation, la soupape de gorge n’entrant en mouvement que par un changement dans l’angle de suspension des boules; il en résulte qu’une
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- plus grande alimentation en vapeur pour surmonter un accroissement de travail ne peut être obtenue que conjointement avec un plus petit angle des boules du régulateur, et par conséquent avec une vitesse inférieure, et qu’un plus grand angle et par conséquent une plus grande vitesse doit être atteinte afin de réduire l'alimentation en vapeur pour subvenir à la diminution au travail exécuté par la machine.
- Dans le régulateur chronométrique, au contraire, on voit que le régulateur n’est pas commandé par la machine elle-même, comme dans le cas du régulateur à boules ordinaires, mais par un poids constant sur le levier de la soupape de gorge, ce qui assure une vitesse constante à ce régulateur, en même temps que la plus légère déviation de la machine à cette vitesse fait ouvrir ou fermer la soupape de gorge de l’étendue requise pour ramener la machine à cette même allure. Ainsi, le degré d’ouverture de la soupape de gorge et l’alimentation en vapeur qui en est la conséquence sont indépendants de la vitesse soit de la machine, soit du régulateur, et la quantité de vapeur fournie à la machine est toujours exactement l’équivalent de la quantité de travail exécuté, tandis que la vitesse de la machine est maintenue constamment la même, à quelque degré qu’on diminue ou qu’on augmente le travail qu’on lui impose, dans la limite du travail que la machine est susceptible d’exécuter avec cylindrée complète de vapeur.
- On verra dans un instant que quand l’eau est le liquide employé pour charger le régulateur, une coupe de 0m.127 de diamètre et autant de hauteur de bord au-dessus du niveau de l’eau, sans aubes extérieures, est susceptible d’absorber une force de 0,004 cheval-vapeur sans nécessiter un accroissement de vitesse dépassant 2 pour 100; mais l’expérience montre que l’addition des ailettes exté-
- rieures E autour de la coupe et du système des aubes D dans la chambre extérieure tig. 21 et 23, porte le pouvoir de la coupe à 0,007 de force de cheval, sans augmentation bien notable de la vitesse. Admettant que le travail qu’il s’agit d’exécuter par un réy gulateur de ce genre consiste à mouvoir une soupape de gorge d’une étendue de 0"V152 en 5 secondes, alors la puissance ou la force du régulateur suffit pour surmonter une résistance de la soupape de gorge de
- et. il est évident qu’une résistance de 17 kil.27 dépasse de beaucoup ce qu’on peut raisonnablement attendre d’une soupape régulatrice.
- On doit faire remarquer que l’accroissement de vitesse dû au développement de cette quantité de puissance cesse aussitôt que le travail est accompli ou dans quelques secondes de temps, après quoi la coupe et avec elle la machine à vapeur reprennent l’allure normale.
- Le régulateur, représenté dans les figures21 et 22, qui aune coupe de 0m.2032 de diamètre, serait capable de surmonter une plus grande résistance encore.
- Si on désirait, au lieu de mouvoir une simple soupape de gorge, que le régulateur agît sur un tiroir de détente variable ou même sur la vanne d’une roue hydraulique exigeant un développement considérable de force pour les faire mouvoir, alors le châssis alternatif pourrait être disposé sous la forme d’une poulie ou d’une roue et mis en rapport avec le travail, de manière que plusieurs de ses propres révolutions fussent exigées pour accomplir l’action nécessaire, en gagnant ainsi de la force aux dépens du temps.
- Le liquide qui est employé dans ce régulateur est l’eau ou l’huile de paraffine, et la chambre C, fig. 21, qui contient ce liquide ainsi
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- que la coupe tournante, est assez hermétiquement close pour qu’il n’y ait aucune perte par voie d’évaporation. La vitesse absolue du j régulateur est déterminée en chan- I géant simplement la quantité totale j du liquide dans la chambre C ; on i en constate le niveau au moyen ; d’un tube en verre appliqué sur : la paroi de la chambre et gradué I pour différentes vitesses. Le liquide est chargé, quand la chose est né-cesaire, par le trou P, fermé par un bouchon qu’on voit dans le couvercle de la boîte et qui sert en même temps à verser de temps en temps un peu d’huile de graissage sur le sommet du godet de l’axe B.
- Un de ces régulateurs fonctionnant avec l’eau et ayant une coupe de 0"Vlo2 de diamètre et autant de hauteur avait, au moment où l’auteur faisait connaître son appareil, fonctionné d’une manière continue dans ses ateliers télégraphiques à Woolwich, où il est employé à régler une machine à haute pression à charge très-variable, marchant à grande vitesse et sur laquelle le régulateur à boules ordinaire exerçait si peu de contrôle que le mécanicien était obligé de régler continuellement la vitesse à la main avec la soupape d’arrêt. Le nouveau régulateur maintient la machine à une vitesse complètement uniforme sous les variations les plus extrêmes de la charge, et aucun trouble n’a encore été ob-servé dans son service. !
- On fera remarquer que dans ce nouveau régulateur, on a aisément accès dans toutes les parties. L’arbre et les axes verticaux B et K tournent complètement en équilibre, et par conséquent ne sont pas ; exposés à une usure latérale. j
- Ce régulateur est aussi applica- j ble à bord des bâtiments, parce ! que la position verticale de la j coupe tournante au liquide n’est j nullement nécessaire. i
- Tels sont les avantages marqués que possède le nouveau régulateur sur le modèle précédent du régu-
- lateur chronométrique, le principe de cet appareil ayant déjà été approuvé par un assez grand nombre d’ingénieurs-constructeurs.
- Le principe de la coupe tournante de liquide a été aussi appliqué sous une forme plus délicate et absolument chronométrique, ainsi qu’on le voit dans la figure 19, pour régler un mouvement d’horlogerie et un appareil télégraphique où les variations dans la vitesse auxquelles le mécanisme est exposé ne sont dans aucun cas aussi soudaines, ni aussi étendues que dans le cas d’une machine à vapeur. La coupe A est montée sur un axe B commandé directement par le mouvement d’horlogerie ou l’appareil qu’il s’agit de régler chro-nométriquement et roulant sur une crapaudine à vis T ; mais au lieu d’être fixée sur cet axe, la douille de la coupe roule librement sur une vis à double filet taillée sur l’axe, et la force motrice pour faire tourner la coupe avec son axe est transmise par un ressort à boudin S, attaché à cet axe et à la coupe, ressort qui supporte aussi le poids de celle-ci et du liquide quand elle tourne à la vitesse normale et avec la quantité convenable de déversement du liquide. Il résulte de cette disposition que la profondeur de l’immersion de la coupe dans le liquide s’ajuste d’elle-même, au moyen de quoi toute tendance à changer de vitesse provenant de la plus légère modification dans la force motrice, est à l’instant compensée par un changement correspondant dans la résistance à la rotation, tandis que la vitesse absolue de la coupe reste constante et sans aucune altération.
- [La suite au prochain numéro.)
- Force explosive du sodium.
- Les nombres suivants permettront d’apprécier la force explosive du sodium. 30 grammes de sodium
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- mis en contact avec l’eau font explosion avec une force égale à celle de 9 kilogrammes de poudre à canon ou de 9 hectogrammes de nitroglycérine. 600 grammes de cette même substance mis en contact avec une cuillerée d’eau dégagent une force explosive égale à celle de 1800 kilogrammes de poudre à canon. t
- BIBLIOGRAPHIE.
- Des couleurs au point de vue physique et physiologique, artistique, industriel, par le docteur Brucke, professeur de physiologie à l'Université de Vienne; traduit de l’allemand sous les yeux de l'auteur par J. Schutzenberger, Paris 1866, m-12 de 344 pages avec 46 figures intercalées dans le texte, prix 4 fr. — Paris, J.-B. Baillière et fils, libraire de l’Académie impériale de médecine, rue Hautefeuille, 19.
- L’auteur de cet ouvrage, professeur de physiologie à l’Université devienne, a cherché àrésumer dans une première partie, en ce qui concerne les couleurs, les faits relatifs à l’étude physico-physiologique qui sont acquis depuis longtemps a la science ou suffisamment appuyés de preuves, et en a déduit des conséquences et des applications qui intéressent au plus haut point les artistes ainsi que les industriels qui s’occupent spécialement des arts décoratifs. C’est ainsi qu’il passe successivement en revue les notions qu’on possède déjà sur la saturation, la clarté et l’intensité des couleurs, sur les couleurs complémentaires, le système des couleurs etlaproductiôn des sensations colorées,les couleursparréfraction, chatoyantes, fluorescentes, saillantes , rentrantes, chaudes, froides, etc.
- La seconde partie, qui traite de la combinaison et de la juxtaposi-
- tion des couleurs, renferme des questions plus sujettes à controverse, puisqu’elles sont du ressort du goût et sur lesquelles les savants, les artistes et les industriels ne sont pas toujours d’accord, en ce qu’ils partent souvent de principes différents. C’est surtout au praticien qui n’a pas toujours fait une étude approfondie des couleurs, et qui peut ainsi s’égarer, que cette partie s’adresse, en lui révélant les moyens d’éviter ces mélanges bizarres de couleurs, ces disparates déplorables qui compromettent souvent le succès des œuvres les plus recommandables à d’autres titres.
- Dans cette partie, M. Brücke traite, dans une série de paragraphes, des grands et petits intervalles, de l’association des couleurs, des combinaisons défectueuses, des équivalents chromatiques, de l’isochromie, de l’homœ-chromie, de la merochromie, de la poikilochromie, des modifications que les couleurs éprouvent à la lumière artificielle, des contours, etc.
- On voit combien cet ouvrage, rédigé par un habile professeur qui a depuis longtemps approfondi l’étude des questions qui y sont traitées est, malgré son petit format, riche en enseignements utiles pour l’industrie, et qu’il devra, d’ailleurs, être lu et médité par les physiologistes, les physiciens ui désireront se tenir au courant es progrès de la science des couleurs, et surtout par les praticiens qui y puiseront d’excellentes notions qui leur permettront de produire des œuvres approuvées à la fois par la science et par le goût.
- Ajoutons enfin, que pour faire passer cet ouvrage dans notre langue avec toute la précision désirable, il fallait un traducteur en possession lui-même de connaissances étendues sur le sujet, et que sous ce rapport M. J. Schutzenberger a rempli sa tâche d’une manière très-satisfaisante sous les yeux de l’auteur, et rendu sa pensée avec la
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- plus grande fidélité, en ajoutant, en outre, quelques notes instructives, qui s’harmonisent très-bien avec le sujet.
- Nous essaierons de donner une idée de l’intérêt que présente cet ouvrage ainsi que sa traduction, en reproduisant ici une partie du paragraphe relatif aux couleurs complementaires.
- « Nous avons vu, ditM. Brücke, ue les lumières réfléchies par les ivers pigments colorés, se com-osent des mêmes éléments que le lanc, mais mélangés dans d’autres proportions. D’après cela, une couleur peut être dérivée du blanc par l’élimination d’une autre couleur. La couleur ainsi soustraite, qu’elle soit ou non élémentaire, reproduira le blanc si on l’ajoute au reste.
- « Deux couleurs offrant un semblable rapport, et qui projetées en même temps sur un même point de la rétine, donnent la sensation du blanc, sont appelées complémentaires, elles se complètent l’une l’autre dans la synthèse du blanc...
- « L’étude des compléments est d’une haute importance dans la pratique et nous insistons sur ce point. On sait déjà que du spectre solaire, ou encore des lumières réfléchies par divers corps colorés, on peut isoler des couples formés de deux lumières monochromes qui, réunies, donnentl’impres-sion du blanc. Ce sont :
- « Le rouge et le vert-bleu ; l’orangé et le bleu-vert; le jaune et le bleu d’outremer ; le jaune-vert et le violet. D’après notre définition, ces couleurs simples sont complémentaires. Les couleurs composées se comportent, au point de vue de la teinte de leurs complémentaires, comme les couleurs simples. Nous aurions donc à dresser pour elles un tableau tout-à-fait pareil.
- « Le vert seul n’a pas de complément simple ; pour la neutralisation il réclame le pourpre qui est composé. Les indications précédentes ne sont pas assez rigoureuses en pratique.
- « Etant donnée une couleur, on
- doit pouvoir déterminer avec certitude sa complémentaire, tant sous le rapport de la teinte que sous celui de la clarté et de la saturation. Nous devons être sûrs d’avance que la couleur choisie, projetée avec la primitive sur la même sur face de la rétine donnera la sensation du blanc.
- « La méthode la plus sûre pour pébétrer plus avant dans la connaissance des compléments, consiste à se former une série de couples de couleurs complémentaires avec le secours de la polarisation.
- « On peut employer, à cet effet, plusieurs espèces d’instruments, et je donnerai ici la description de l’un d’eux, construit spécialement en vue du but que nous poursuivons ; aidée du secours d’un dessin, notre description sera assez claire pour permettre à chaque fabricant d’appareils d’optique de le reproduire.
- « Je donne à cet appareil le nom de Schistoscope, parce qu’il est destiné à partager en deux soit la lumière blanche, soit la lumière colorée non homogène. Le schistoscope, fig. 24, pl. 328, se compose d’un support vertical a, é, c auquel sont fixés, en allant de bas en haut : 1° la tablette d, e destinée à supporter l’objet qui réfléchit la lumière à partager. Veut-on opérer sur la lumière blanche, on se servira avec avantage d’une feuille de papier blanc opaque, ou mieux, d’une carte de visite lustrée. La tablette est mobile au moyen du bouton c, autour de l'axe d, e.
- « L’appareil étant placé près d’une fenêtre et parallèlement avec elle, on augmente ou on diminue l’éclairage en inclinant la planchette dans l’un ou l’autre sens.
- « 2° La tablette noircie f, g offrant pour le passage de la lumière un orifice carré de 0m.002 de côté, au-dessous duquel est fixé un prisme de Nicol h.
- « 3° Enfin, le brasf, k muni d’un anneau à ressort /, m. Dans cet anneau est maintenu un oculaire ou plutôt un analyseur dont les
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- dispositions se rapprochent beaucoup de celles de la loupe dichros-copique de Haidinger. Il se compose d’un rhomboïde de spath d’Islande p, dont les faces sont parallèles au plan de clivage du cristal, et sur lesquelles sont calées en haut et en bas, des prismes en verre d’un angle de 18°. Get ensemble constitue un bloc à faces d’entrée et de sortie parallèles et horizontales. Immédiatement sur la face de sortie est fixée une lentille convexe. Le foyerde cette lentille oculaire est calculé de telle façon qu’à la distance visuelle normale, les deux images de l’orifice carré de f, g se juxta-posent exactement. Il faut, de plus, que l’espace libre entre f, geii,k soit assez large pour permettre la facile introduction de plaques en verre d’une épaisseur de 0m.002à0m.004.
- « L’usage de cet instrument réclame encore un choix de plaques transparentes de sulfate de chaux naturel cristallisé (gypse) de diverses épaisseurs. On clive à cet effet un cristal aussi incolore que possible. Les feuilles sont placées entre deux lames de verre incolore, assujetties avec du vernis de dammar...
- « Il est bon de préparer d’avance une suffisante quantité de feuilles de sulfate de chaux, afin de pouvoir produire successivement et rapidement un grand nombre de couples complémentaires. Le mica, s’il n’est pas trop coloré, est susceptible de remplacer le gypse; dans le cas contraire, l’altération des nuances serait trop manifeste. Le mica offre l’inconvénient de contenir souvent de l’air entre ses feuillets, air qui produit des bulles gênantes. On diminue cette cause
- d’insuccès par une ébullition dans l’essence de térébenthine et un refroidissement opéré au sein du liquide.
- « Pour se servir du schistoscope et produire des couples complémentaires, il suffit de faire glisser l’oculaire m, n dans l’anneau /, m, jusqu’à ce que les deux images de l’orifice carré#,/‘apparaissent nettement; on tourne ensuite l’appareil n, o, p autour de son axe vertical, dans une position telle, que l’une des images ait le maximum d’éclat et que l’autre soit éteinte. L’instrument est alors prêt pour toutes les expériences faites par une même personne ou par des observateurs de même longueur de vue. On place les feuilles de gypse l’une après l’autre par l’orifice de la tablette f, g, en les tournant autour de la verticale pour chercher les couleurs les plus saturées. Dans ce cas, les images de l’orifice apparaissent colorées chacune de la couleur complémentaire de l’autre, et l’on obtient facilement des couples de couleurs exactement complémentaires et d’une beauté remarquable.
- « Cette manière de procéder constitue la meilleure et le moyen le plus convenable pour acquérir un jugement prompt et exercé sur l’association des couleurs complémentaires. Elle peut encore servir à la recherche du complément de la nuance d’un corps ou d’une matière colorante. On essaie au schis-loscope une série de plaques de gypse, jusqu’à ce qu’on ait mis la main sur celle qui fournit, pour l’une desimages, lacouleurdonnée; celle de l’image voisine représentera mathématiquement la complémentaire. »
- OOOggpÇfcQ.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COIIR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- CHEMIN DE FER.—LOCOMOTIVES AVEC TAMPONS DE CHOC EN CAOUTCHOUC. — RONDELLES. — VENTE.— GARANTIE VALABLE.
- Est légale et obligatoire la convention par laquelle un fabricant, en s'obligeant à livrer à l'acheteur des objets de son industrie, assume sur lui la garantie de toutes actions ou troubles auxquels cet acheteur pourrait être exposé par suite de réclamations appuyées sur des brevets antérieurs, et la responsabilité de tous procès en contrefaçon à l'occasion des objets vendus; une pareille convention ne serait illicite et illégale que si elle avait pour effet d’affranchir le garanti de la responsabilité qu’il aurait encourue, s'il avait été personnellement déclaré coupable de délit de contrefaçon pour fabrication de produits ou emploi de moyens faisant l'objet de brevets reconnus valables.
- Spécialement, est valable le traité par lequel un fabricant de locomotives s’est engagé à en fournir à une Compagnie de chemins de fer, pourvues de tampons de choc garnis en caoutchouc, avec convention que cette Compagnie resterait complètement étrangère à
- toutes réclamations des porteurs de brevets d'invention relatifs à desmodifications dans la construction des locomotives; lorsqu'il est constaté, en fait, que la Compagnie n'a été personnellement ni condamnée, ni même poursuivie comme coupable de contrefaçon. Est également valable le traité fait, dans les mêmes conditions et avec les mêmes garanties, entre le constructeur de locomotives et le fabricant de rondelles en caoutchouc, à employer dans les tampons de ces locomotives.
- Ces questions, fort intéressantes pour l’industrie des chemins de fer, étaient soumises h la Cour, sur les ourvois formés par les sieurs Au-ert et Gérard, contre deux arrêts de la Cour impériale de Paris, du 11 décembre 1863, rendus, le premier au profil de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et MM. Gouin et comp. ; le second, au profit de la Compagnie des chemins de fer et du sieur Buddicom.
- La Cour, au rapport de M. le conseiller Renouard, après les plaidoiries de Me Salveton, pour les demandeurs, de Me Beauvois-Devaux, pour la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et M. Buddicom, et de Me Jager-Schmidt pour MM. Gouin et Cie, conformément aux conclusions de M. de Raynal, premier avocat général, a prononcé les deux arrêts suivants :
- « La Cour,
- « Sur le pourvoi d’Aubert et Gérard contre la Compagnie des che-
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- mins de fer de l’Ouest et contre Ernest Gouin et Compagnie ;
- « Sur le premier moyen :
- « Attendu qu’il est constaté par l’arrêt attaqué que, dans le traité par lequel Gouin et Compagnie se sont engagés à fournir à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest des locomotives pourvues de tampons de choc garnis en caoutchouc, il a été convenu que la Compagnie de l’Ouest resterait complètement étrangère à toutes réclamations des porteurs de brevets d’invention relatifs à des modifications dans la construction des locomotives ;
- « Qu’il est également constaté qu’en s’engageant à fournir à Gouin et Compagnie les rondelles en caoutchouc à employer dans les tampons, Aubert et Gérard ont promis de prendre à leur charge tous les faits en général et toutes les conséquences qui pourraient résulter de procès en contrefaçon;
- « Attendu que ces promesses de garantie auraient été illicites et illégales si elles avaient eu pour but ou pour effet d’affranchir les garantis de la responsabilité qu’ils auraient encourue s’ils avaient été personnellement déclarés coupables de délits de contrefaçon pour fabrication de produits ou emploi de moyens faisant l’objet de brevets reconnus valables; mais que ces promesses sont licites et légales si elles ne portent que sur la réparation des torts et dommages qui viendraient à être causés aux garantis à raison de faits pour lesquels ceux-ci n’auront pas été personnellement déclarés en état de délit ;
- « Attendu qu’en matière sujette, comme l’est particulièrement celle des brevets d’invention, à de nombreuses chances de contestations et de litiges, dont les éléments peuvent être inconnus ou indécis au moment où l’on traite, ni la loi, ni l’équité n’interdisent aux contractants de prendre leurs sûretés contre les conséquences des attaques que les brevets pourront su-
- bir, pourvu toutefois qu’il ne résulte de là ni impunité, ni affranchissement de responsabilité en faveur de celle des parties qui viendrait à être judiciairement déclarée coupable d’un délit à elle personnellement imputable ;
- « Attendu, en fait, que ni la Compagnie de l’Ouest, ni Gouin et Compagnie, n’ont, été personnellement, ou condamnés ou même poursuivis comme coupables de contrefaçon;
- « Que la confiscation des tampons saisis prononcée à leur préjudice n’a été qu’une application du principe en vertu duquel les objets contrefaits sont saisis en quelque lieu qu’ils se trouvent ;
- « Que la présence desdits objets aux mains de la Compagnie de l’Ouest n’est ainsi qu’un fait civil et commercial dont les risques et les conséquences ont pu être garantis par Gouin à la Compagnie, et à Gouin par Aubert et Gérard ;
- « D’où il suit qu’en condamnant Aubert et Gérard aux fins de la garantie par eux promise, l’arrêt attaqué n’a violé, ni l’article 40 de la loi du 5 juillet 1844, ni les articles, 6, 1131, 1133, 1134, 1625 du Code Napoléon invoqués par le pourvoi, ni aucune autre loi ;
- « Sur le deuxième moyen :
- « Attendu que l’arrêt attaqué n’a pas considéré la transaction passée entre le breveté de Bergue et la Compagnie de l’Ouest comme faisant la loi des parties étrangères à la transaction; qu’appréciant en fait l’indemnité dont la fixation lui appartenait, il a jugé que la somme de cinquante francs par tampon n’avait rien d’exagéré, et l’a acceptée comme base de sa propre évaluation, de même qu’elle l’avait déjà été comme base de la transaction susdite;
- « Attendu cpi’en déclarant que les tampons à évaluer se trouvaient dans les mêmes conditions que les tampons objets de la transaction, et que l’on ne contestait pas la contrefaçon qui consistait spécialement dans l’emploi des rondelles en caoutchouc fournies à
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- ^ouin, l’arrêt a suffisamment mo-tive le rejet des conclusions d’Au-et Gérard relatives à des prétendues différences entre les tampons;
- . « -D’où il suit que l’arrêt n’a ni violé l’article 7 de la loi du 20 avril 1810 par défaut de motifs, et l’article 1165 du Code Napoléon, ni tassement appliqué les articles 2 et 40 de la loi du 5 juillet 1844 ;
- « Sur le troisième moyen :
- « Tiré de ce que l’arrêt attaqué Manquerait de motifs au chef où il Rejette les conclusions subsidiaires d’Aubert et Gérard, tendant à déduire de l’indemnité accordée à Gouin et Gomp., les bénéfices par eux obtenus sur les fournitures d’Aubert et Gérard ;
- 4 « Attendu que les motifs de l’ar-ret contiennent le passage suivant : (( qu’il n’y a pas lieu, non plus, de déduire dessommes remboursables par Aubert et Gérard à Gouin et Comp. le bénéfice que ces derniers auraient réalisé sur la fabrication des tampons, au moyen de l’emploi du caoutchouc dont s’agit; ce bénéfice, que la réclamation du breveté devait avoirpour conséquence de leur faire perdre, étant évidemment compris dans la garantie qui couvrait toutes les conséquences de la contrefaçon; »
- « Qu’il suit de là que le moyen manque en fait ; — Rejette. »
- « La Cour :
- « Sur le pourvoi d’Aubert et Gérard contre la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, et contre Buddicom ;
- « Sur le premier moyen;
- « Attendu qu’il est constaté par d’arrêt attaqué qu’Aubert et Gérard ont assumé sur eux la garantie de toutes actions ou troubles auxquels la Compagnie de l’Ouest pourrait être exposée pour réclamations appuyées sur des brevets antérieurs, et la responsabilité de tous procès en contrefaçon à l’occasion de la vente de tampons à l’usage des chemins de fer ;
- « Qu’il est également constaté qu’Aubert et Gérard ont livré à
- Buddicomdes tampons aux mêmes conditions de garantie;
- « (Le reste comme au précédent arrêt).
- « Sur le 2e moyen :
- « Attendu que l’arrêt attaqué n’a pas considéré les deux transactions passées, l’une entre le breveté de Bergue et la Compagnie de l’Ouest, l’autre entre de Bergue et Buddi-com, comme faisant la loi d’Aubert et Gérard, étrangers à ces transactions; qu’appréciant en fait l’indemnité dont la fixation lui appartenait, il a jugé que la somme de 20,000 fr. payée par la Compagnie de l’Ouest et celle de 10,000 fr. payée par Buddicom n’avait rien d’exageré ; et qu’il les a acceptées comme base de sa propre évaluation, de même qu’elles l’avaient déjà été comme base desdeuxtran-sactions susdites;
- « Attendu qu’en décidant qu’il n’y avait pas lieu à admettre Aubert et Gérard à la preuve des faits tendant à amener une autre évaluation, et en déclarant que les faits allégués étaient, les uns démentis dès à présent par les circonstances de la cause, les autres sans influence sur la solution du procès, l’arrêt attaqué n’a fait qu’user du pouvoir d’évaluation qui lui appartenait ;
- « Sur le 3e moyen :
- « Attendu que l’arrêt attaqué a exposé avec details les faits et circonstances desquels il a conclu u’il n’y avait aucun compte à faire es bénéfices que la Compagnie de l’Ouest aurait retirés, selon Aubert et Gérard, de l’acquisition de leur tampon; et, à l’égard de Buddicom, qu’il n’y avait pas lieu de s’arrêter à la demande d’Aubert et Gérard, à fin de compte en vérification de bénéfices;
- « Qu’il suit de là que le moyen tiré du prétendu défaut de motifs sur ce chef manque en fait; — Rejette. »
- Audience du 25 juillet 1860. — M. Pascalis, président.
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- CHAMBRE DES REQUÊTES.
- BREVET D’INVENTION. — RÉUNION D’ÉLÉMENTS. — DESCRIPTION. — ARRÊT. — DÉFAUT DE MOTIFS.
- Lorsqu'un brevet a été pris pour un ensemble d’éléments, dont la réunion constitue un procédé industriel, un arrêt peut-il, pour décider que ce procédé n'a pas été contrefait, se borner à déclarer que chacun de ces éléments était dans le domaine public ?
- Ne doit-il pas examiner aussi si la réunion de ces éléments était connue avant la prise du brevet ? Lorsqu’un de ces éléments n’est pas nominativement indiqué dans le titre du brevet, n’est-il pas cependant protégé, lorsqu’il est nettement indiqué dans la description ?
- Lorsqu’un appareil se distingue, dans certaines de ses parties, de ceux antérieurement connus, un arrêt peut-il relaxer les contrefacteurs des fins de la poursuite, par le motif que ces différences seraient peu importantes, alors d’ailleurs qu’il ne s’explique pas sur la question de savoir si ces différences produisent ou ne produisent pas un résultat industriel nouveau ?
- L ’arrêt qui, en présence de conclusions tendant à faire déclarer un appel non recevable, accueille cet appel, et y fait droit, sans donner aucun motif à l’appui du rejet de ces conclusions, ne viole-t-il pas l’art. 1 de la loi du 20 avriliSlQ ? L’examen de ces diverses questions a été renvoyé à la Chambre civile, par suite de l’admission du pourvoi formé par M. Jacques Lefebvre, contre un arrêt de la Cour de Paris, du 29 juillet 1865, rendu au profit de MM. Huet et consorts.
- M. Férey, conseiller rapporteur; M. Savary, avocat-général, conclusions conformes ; Me J. Bozérian, avocat.
- Audience du 8 août 1866. — M. Taillandier, président.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS
- CONTREFAÇON. — AIGLES ET LANCES POUR DRAPEAUX. — CONCURRENCE DÉLOYALE. — COMPÉTENCE.
- Le Tribunal de commerce est incompétent pour statuer sur une action en contrefaçon, quelle que soit la qualification que lui donne le demandeur et quoiqu’il l’ait désignée comme constituant une concurrence déloyale.
- Les produits industriels conformes à ceux qui sont depuis longtemps tombés da?is le domaine public, qui n’offrent aucune nouveauté ni dans leurs ornements, ni dans leurs a jus temen ts p a r ticuliers p eurent être surmoulés et copiés sans que cette copie ou ce surmoulage puisse constituer une contrefaçon, ni une concurrence déloyale.
- Le sieur Petitpas, fabricant d’aigles et de lances pour drapeaux, se prétendant propriétaire d’un dessin représentant une aigle et une lance dans des dispositions nouvelles, a requis l’assistance de M. le commissaire de police pour aller saisir chez le sieur Rognon, fabricant, des modèles qu’il prétendait être la reproduction exacte, la contrefaçon du sien.
- Une saisie fut en effet pratiquée chez le sieur Rognon et chez cinq marchands se fournissant chez ce dernier fabricant. Le sieur Petitpas a assigné le sieur Rognon devant le Tribunal de commerce pour s’entendre condamner en trois mille francs de dommages-intérêts, attendu la concurrence déloyale qui lui était faite par cette prétendue contrefaçon.
- Le Tribunal de commerce a accueilli cette demande et dans deux jugements par défaut, successivement rendus, il a condamné le sieur Rognon au paiement de la somme demandée.
- Le sieur Rognon a interjeté appel de ces deux jugements.
- Me Calmels, son avocat, a soutenu que le Tribunal de commerce était incompétent, qu’il ne s’agis-
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- sait en effet que d’une question de I contrefaçon et non d’une question ! oe concurrence déloyale; il a demandé à la Cour d’evoquer et de décider que les dessins revendiqués par le sieur Petitpas n’étaient pas nouveaux, qu’ils ne constituaient Pas des œuvres artistiques protégées par la loi du 19 juillet 1793, qu’ils pourraient tout au plus être ! des modèles de fabrique, s’il y i avait nouveauté, et que, dans ce ^as, pour que l’action du sieur Petitpas fût recevable, ces modèles auraient dû être déposés, que c’était ainsi que le décidait une jmis-prudence constante.
- Me Cresson, dans l'intérêt du sieur Petitpas, a demandé la confirmation du jugement. Il a soutenu que ces dessins constituaient des œuvres artistiques, et en conséquence que son client n’était astreint à aucune formalité pour exercer son action.
- La Cour, accueillant le système plaidé au nom du sieur Rognon, a | rendu l’arrêt suivant :
- « LaCour,—Sur la compétence :
- « Considérant que la demande en dommages-intérêts formée par Petitpas contre Rognon, devant le Tribunal de commerce de la Seine, est fondée sur ce que Rognon se serait livré à la fabrication et à la vente d’aigles et de lances pour drapeaux, fabriqués sur des modèles ou matrices appartenant à Petitpas; que cette demande, qui a été précédée d’une saisie requise par Petitpas pour faire constater la contrefaçon qu’il imputait à Rognon, constitue une action en contrefaçon sur laquelle le Tribunal de commerce ne pouvait compé-temment statuer; qu’il importe peu que Petitpas ait en même temps qualifié de concurrence déloyale le fait par lui imputé à Rognon, la compétence du juge dépendant de la nature de l’action et non de la qualification qui lui est donnée par la partie qui l’exerce, et les éléments de la concurrence déloyale se confondant d’ailleurs dans l’espèce avec ceux de la contrefaçon,
- qu’il suit de là que ces jugements dont est appel doivent être annulés pour cause d’incompétence;
- « Considérant que la cause étant en état, il y a lieu d’évoquer le fond et d’y statuer ;
- « Au fond :
- « Considérant que les modèles d’aigles et de lances pour drapeaux dont Petitpas se prétend propriétaire, sont conformes dans leur ensemble et dans leurs détails à ceux qui depuis longtemps sont tombés dans le domaine public; qu’ils n’offrent ni dans leurs dispositions générales, ni dans leurs ornements particuliers, aucun caractère de nouveauté ou d’originalité de nature à créer un droit privatif à son profit;
- « Qu’il suit de là, qu’en admettant que les aigles et lances fabriquées ou vendues par Rognon aient été surmoulées sur celles dont Petitpas se prétend propriétaire,Rognon n’aurait fait que ce qu’il avait le droit de faire, et qu’il ne s’est dès-lors rendu coupable ni de contrefaçon, ni de concurrence déloyale, la concurrence déloyale ne pouvant pas plus que la contrefaçon exister sans un fait illicite ;
- « Considérant que par l’effet de la demande formée contre lui, Rognon a souffert un préjudice dont il lui est dû réparation, et dont l’appréciation peut être faite à l’aide des documents du procès ;
- « Annule, comme incompétement rendus, les deux jugements du Tribunal de commerce de la Seine, en dates des 22 décembre 1865 et 26 janvier 1866;
- « Evoquant le fond et y statuant, déclare Petitpas mal fondé dans ses demande-, fins et conclusions; l’en déboute, condamne Petitpas en 500 fr. de dommages-intérêts envers Rognon ;
- « Ordonne la restitution de l’amende;
- « Condamne Petitpas aux dépens. »
- Cinquième chambre.—Audience du 17 août 1866. — M. Massé, président.
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- JURIDICTION CRIMINELLE.
- TRIBUNAL CORRECTIONNEL
- DE REIMS.
- DESTINATAIRE. — MACHINE. — DÉCHARGEMENT. — RESPONSARILITÉ.
- Le destinataire d'une machine pesante, qui donne pour son déchargement des ordres rendant l'opération plus dangereuse, assume-t-il sur lui-même, à raison de l’accident qui a eu lieu, une responsabilité pénale qui aurait pu incomber au voiturier ?
- Cette question a été jugée affirmativement par le tribunal de Reims, conformément aux conclusions de M. Onfroy de Bréville, et après le plaidoyer de Me Piéton, avocat du prévenu.
- Le jugement fait suffisamment connaître les faits de la cause :
- « Attendu que Thomas Nicolas, ouvrier apprêteur chez Palloteau, appelé parce dernier avec plusieurs autres le 6 août courant, vers sept heures du soir, pour aider au de-chargement de machines dites fou-leuses , pesant environ chacune 900 kilog., a été tué par la chute de l’une d’elles;
- « Attendu que Palloteau, prévenu d’avoir été la cause involontaire de cet homicide, prétend, pour se disculper, que ses machines devaient être rendues par le voiturier à son domicile et déchargées à sa porte : que, conséquemment, l’accident arrivé ne saurait lui être imputable à lui-même, ni engager sa responsabilité personnelle au point de vue pénal ;
- « Attendu que telle n’est pas la question soumise à. l’appréciation du Tribunal;
- « Attendu que le Tribunal est appelé à statuer sur la question de savoir si Palloteau, destinataire, a usé de son ascendant et de son influence sur les ouvriers, et s’il n’a pas ainsi assumé sur lui-même une responsabilité qui aurait pu incomber h un autre ;
- Attendu qu’il résulte de l’instruction et des débats que Palloteau, après avoir paru désirer un moment que les camionneurs se retirassent, vu l’heure avancée de la journée, et ne revinssent que le lendemain, a exigé le déchargement immédiat, prétendant qu’il pouvait disposer d’assez de bras à cet effet; qu’il s’est opposé au déchargement des machines couchées à plat et a ordonné qu’elles fussent descendues debout ;
- « Attendu qu’après avoir essaye des observations sur ce mode d’opération qui la rendait plus dangereuse à raison du poids, de la forme élevée des machines et de leur base étroite, les ouvriers se sont conformés aux ordres qu’ils recevaient ;
- « Attendu que la première machine fut descendue sans accident, mais que lors du déchargement de la deuxième il se produisit un mouvement de bascule, et que la machine tomba sur Thomas Nicolas, qui fut écrasé et mourut quelques instants après ;
- « Attendu qu’en enjoignant un mode déterminé de déchargement, susceptible d’augmenter le danger, en prenant, en un mot, la direction de l’opération, et en confiant ce soin à des ouvriers de sa fabrique qui ne pouvaient pas facilement se soustraire aux ordres qu’ils recevaient de leur patron, et qui, par leur profession, n’avaient pas l’expérience nécessaire pour ce travail dangereux, Palloteau a commis une imprudence et une maladresse qui ont eu pour résultat la mort de Thomas Nicolas, dont il a été involontairement la cause ;
- « Attendu que ces faits tombent sous l’application de l’article 319 du Code pénal ;
- « Appliquant les dispositions de la loi relatives à l’admission des circonstances atténuantes,
- « Condamne Palloteau à 600 fr. d’amende et aux dépens. »
- Audience du 22 août 1866. — M. Luzier Lamothe, président.
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- JURIDICTION COMMERCIALE.
- TRIBUNAL de commerce
- DE LA SEINE.
- CHEMIN DE FER. — REMISE TARDIVE DES COLIS APRÈS L’HEURE RÉGLEMENTAIRE.— LIVRAISON EN RETARD.
- '— DOMMAGES-INTÉRÊTS.
- Lorsqu'une Compagnie de chemin de fer a consenti à charger un colis présenté dans ses bureaux après l'heureréglementaire,elle renonce virtuellement à se prévaloir de cette remise tardive contre Vexpéditeur^ et elle est obligée de le livrer comme les colis régulièrement présentés à l’heure réglementaire.
- Ainsi jugé sur les plaidoiries de M® Prunier Quatremère, agréé de M. Gallant-Martin, et de Me Maraud, agréé de la Compagnie de Lyon.
- « Le Tribunal,
- « En ce qui touche la demande en paiement de 1,734 fr. 50 centimes :
- « Attendu qu’en octobre dernier, les demandeurs ont remis à la gare de Montereau 3,469 pièces de volailles, lesquelles, chargées sur le train n° 52, devaient régulièrement arriver à Paris le lendemain, à quatre heures du matin, et être mises à la disposition du public ou camionnées par la Compagnie dans les deux heures qui ont suivi leur arrivée ;
- « Attendu que la Compagnie défenderesse invoque le bénéfice de l’ordonnance du 15 avril 1859 qui ne l’oblige à transporter que les marchandises reçues trois heures avant le départ du train ;
- « Qu’elle prétend que, si elle n’use pas de ce droit et effectue le transport malgré la remise tardive qui lui a été faite, elle ne peut encourir à son tour aucune responsabilité pour retards ; en délivrant les marchandises en gare à l’heure °ù serait arrivé le train suivant;
- qu’elle ne doit donc rien aux demandeurs qui s’étaient présentés à la gare de Montereau moins de 3 heures avant le départ du train;
- « Mais attendu que les Compagnies de chemin de fer jouissent de privilèges qui les obligent plus étroitement;
- « Que ladite ordonnance n’a eu en vue que les soustraire à des res ponsabilités dans le cas d’un encombrement de colis causé par la négligence des expéditeurs.
- « Que du moment au contraire où les marchandises ont été chargées, les compagnies ne peuvent plus invoquer le bénéfice d’une stipulation qui ne leur était pas nécessaire et à laquelle elles ont renoncé par le fait.
- « Attendu que les marchandises dont s’agit ont été camionnées aux divers facteurs chargés de les recevoir, avec un retard qui a fait éprouver aux demandeurs un préjudice dont réparation leur est due, et que le Tribunal, avec les éléments d’appréciation qu’il possède, fixe à vingt centimes par pièce, soit au total 693 francs 80 centimes, au paiement de laquelle somme il y a lieu d’obliger la Compagnie défenderesse.
- « En ce qui touche la demande en 50 francs à titre de dommages-intérêts.
- « Attendu que les vingt centimes alloués par pièce de volaille arrivée en retard sera une réparation suffisante du préjudice éprouvé,
- « Par ces motifs,
- « Jugeant en premier ressort, condamne la Compagnie défenderesse à payer aux demandeurs 693 francs 80 centimes avec les intérêts suivant la loi ;
- « Dit qu’il n’y a lieu de faire droit à la demande en paiement de 50 francs de dommages-intérêts et condamne la Compagnie défenderesse aux dépens. »
- Audience du 2 août 1866. — M. Basset, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- Préparation des métaux et des alliages en poudre. J. Fuchs. ... 177 Moulage des cylindres en coquilles. 179 Expériences de réduction par le
- zinc. C. Stalhsmidt.............180
- Recherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de Cas-
- sius. ./. Fischer...............184
- Extraction des huiles de graines pour la table, l’éclairage et le
- grainage. H. Vohl.................186
- Sur les matières colorantes de la
- garance...........................190
- Matière colorante cristalline jaune
- dans l’indigo.....................194
- Recettes pour le mordançage et la coloration de la corne dans la fabrication des boutons. C. Mann.. 194 Appareil générateur de gaz et d’éclairage. Pond, Richardson et
- Morse. . .........................196
- Encre indélébile.....................198
- ARTS MÉCANIQUES.
- Appareil à cingler les grosses pièces
- de forge..........................199
- Roue à potier perfectionnée. J. Cliff. 200 Construction de chaudières de locomotives à joints soudés............201
- Machine à vapeur rotative W. Hall. 206 Générateur de vapeur surchauffé au
- gaz...................... 207
- Régulateur chronométrique. C.-W.
- Siemens..........................208
- Force explosive du sodium.........213
- BIBLIOGRAPHIE
- Pages.
- Des couleurs au point de vue physique et physiologique, artistique, industriel. Bruche...............214
- JURISPRUDENCE
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de cassation. — Chambre civile
- Chemin de fer. — Locomotives avec tampons de choc en caoutchouc.— Rondelles. — Vente. — Garantie valable..........................217
- Chambre des requêtes.
- Brevet d’invention. — Réunion d’éléments. — Description. — Arrêt.
- — Défaut de motifs............220
- Cour impériale de Paris.
- Contrefaçon.—Aigles et lances pour drapeaux. — Concurrence déloyale. — Compétence.............220
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Tribunal correctionnel de Reims.
- Destinataire. — Machine. — Déchargement. — Responsabilité. . . . 222
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- Tribunal de commerce de la Seine.
- Chemin de fer. — Remise tardive des colis après l’heure réglementaire. — Livraison en retard. — Dommages-intérêts................223
- BAR-SUR-SEINE.
- IMP. SAILLARD.
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- LE TECHNOLOGISTE
- OU
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- • DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- O
- ARTS MÉTALLURGIQUES. CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Moyen de se servir de fourneaux à la Wilkinson pour allier, à l'aide du wolfram réduit, le tungstène et la fonte.
- Par M. P. Le Guex.
- J’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie des Sciences un procédé qui m’a réussi pour allier, dans un fourneau à la Wilkinson, le tungstène du wolfram réduit avec la fonte de fer. Le wolfram étant en poudre après sa réduction, il est difficile de le mettre en fusion avec un autre métal, si ce n’est dans un four h réverbère, où il se perd une grande quantité de tungstène, ou bien dans des creusets dont l'usage deviendrait fort dispendieux pour l’industrie. Sous çes divers rapports, le procédé que je propose me semble plus avantageux; il consiste à former des agglomérés qui résistent suffisamment au feu sans empêcher la combinaison des métaux de s’effectuer. A cet effet, je fais broyer et réduire en poudre de la chaux vive qu’on a soin de garantir de l’humidité; je mêle avec le wolfram réduit une certaine quantité de cette poudre, ^0 pour 100 environ; je fais fondre du brai ou du goudron, soit mi-
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Févrie
- néral, soit végétal, et j’y verse le précédent mélange, en ayant soin de remuer la pâte qui en résulte de manière à répartir uniformément les matières. Au besoin, cette pâte est remise sur le feu, et du brai ou du goudron ajouté pour l’amener à une consistance telle qu’on puisse la diviser par fragments. Puis on soumet ces fragments à une compression pour les agglomérer en briquettes de la grosseur qu’on veut : je donnais aux miennes la grosseur du poing. Selon l’outillage et les moyens de compression dont on dispose, la quantité nécessaire de brai ou de goudron est plus ou moins grande.
- Le chargement du fourneau se fait par des couches alternatives des matières à fondre ensemble. Après avoir, comme à l’ordinaire, mis du coke au fond du fourneau, on dispose par-dessus une couche de briquettes sur lesquelles on jette encore un peu de coke, afin de mieux préserver le tungstène contre l’oxydation, puis on place une couche de fonte et de la cas-tine en quantité moitié moindre que d’habitude, à cause de la chaux existant déjà dans les briquettes, enfin une couche de coke. On continue ainsi à faire alterner les cou-
- 1867.
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- ches jusqu’à épuisement des matières ou chargement complet du four.
- Ce chargement peut aussi s’exécuter lorsque le four est chaud; dans ce cas, il suffit de jeter les matières par le gueulard en suivant l’ordre que je viens d’indiquer, et en ayant soin d’arrêter le vent pendant que l’on charge. Quand on veut couler le métal, on le reçoit dans des poches où on le brasse, pour qu’il soit plus homogène, avant de le verser dans les moules. C’est ainsi que j’ai opéré cette année à la fonderie du port militaire à Brest, où je me suis principalement servi de goudron minéral pour la préparation des briquettes. Le four a été chargé •successivement à chaud et à froid, comme je l’ai indiqué. Le fourneau à la Wilkinson dont j’ai fait usage avait 0ra.76 de largeur intérieure et 2m.80 de hauteur depuis la sole
- nu’au gueulard. Chaque couche mte était de 100 kilogrammes. Les analyses faites à l’Ecole des Mines, à Paris, ont prouvé que, par ces deux méthodes, j’étais parvenu à combiner la plus grande partie du tungstène. Les fontes provenant du chargement à chaud, pour lequel j’avais mis la plus forte proportion de wolfram réduit, savoir : 13kil.375 pour 100, contenaient, en moyenne 8kil.84 de tungstène pour 100. Ce moyen pourra donc être employé utilement lorsqu’on voudra introduire dans une fonte une forte proportion de tungstène.
- Nouveau four à puddler.
- Par M. H. Bessemer.
- M. Bessemer a pris il y a peu de temps une patente pour divers perfectionnements qu’il a apportes à sa méthode de puddlage, patente qui présente plusieurs choses nouvelles. Ces perfectionnements s’appliquent en particulier au traitement du fer affiné et à l’état liquide
- immédiatement après la percée et l’écoulement du haut-fourneau, ainsi qu’au traitement et à l’affinage des fontes en gueuses et des riblons.
- Ces espèces de fer sont introduites dans un feu d’affinage ou une fmerie et affinées à la manière ordinaire par le vent d’un appareil de soufflerie, avec emploi simultané de scories ou de battitures bu celui de coke de bonne qualité préalablement purifié. Ainsi traité, le métal est versé dans des poches montées sur roues et transporté au four où il doit subir un nouveau traitement, ou bien encore à l’état fluide il est versé dans des canaux ouverts, des rigoles ou coulé dans des formes plates et moulé ainsi en billettes, massiaux, etc.
- Du reste, le fer peut être employé sous les trois formes précédentes, c’est-à-dire celle fluide sous laquelle on l’obtient des hauts-fourneaux et avant de se prendre en masse, ou bien comme fonte déjà refroidie, ou comme riblons dans le second traitement pour le puddlage, sans qu’on ait besoin de la soumettre au finage ou à l’affinage ordinaires. Si la fonte fluide qu’on extrait directement du haut-fourneau est puddlée avant de la soumettre aux perfectionnements dont il est ici question, ou traitée par un autre mode analogue de puddlage, M. Bessemer conseille de la transporter au four à puddler dans des poches montées sur roues, de manière qu’elle puisse arriver dans ce four encore à l’état fluide. Tandis que si, au contraire, on traite dans le four à puddler le fer sous la forme de billettes, lopins, massiaux, etc., on le fait refondre dans un cubilot en se servant de préférence pour cet objet du cubilot de M. Irland.
- Le four à puddler qui sert à réaliser les perfectionnements imaginés par M. Bessemer possède des dimensions bien plus considérables que les fours ordinaires employés pour cet objet, et est de préférence chauffé par un générateur
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- à gaz, mais on peut néanmoins se servir dans le même but des divers modèles de bons fours à réverbère. Le four Bessemer repose sur un axe qui est placé au-dessus ou au-dessous de son laboratoire, de manière à pouvoir, au moyen d’une manivelle ou d’un excentrique, le maintenir dans un mouvement d’oscillation. Le four, d’ailleurs, présente certaines dispositions au moyen desquelles on peut lui communiquer encore d’autres mouvements sur son axe, afin de faciliter quand cela est nécessaire, l’évacuation des matières qu’il renferme. Les ringards, les crochets et autres outils qui servent à brasser, bal-ler, etc., sont introduits par des ouvertures convenables pratiquées dans les parois du four, et leurs extrémités h l’extérieur reposent sur des pièces articulées, afin que pendant le mouvement d’oscillation du four, le fer soit agité et brassé de la même manière que dans un four de puddlage ordinaire et fixe par le mouvement alternatif des crochets. Ces outils, du reste, peuvent en cas de besoin être manœuvrés plus ou moins complètement à bras d’homme, ou du moins leur mouvement peut être réglé par le contre-maître, ou enfin on peut les mettre en mouvement par une force mécanique, afin d’alléger et de faciliter le travail du brassage et du hallage de la charge introduite. Dans tous les cas, le travail du fer au moyen de ces outils pendant qu’il est dans le four, n’est nullement indispensable, attendu que les secousses vives produites par les oscillations du laboratoire du four peuvent être considérées comme suffisantes pour le but proposé.
- Le laboratoire de puddlage est • établi sur le modèle adopté pour les fours à puddler ordinaires, et la sole est améliorée de temps en temps avec du fer oligiste, du fer titané ou autre matière propre h cet objet. Cette sole est convexe, concave ou plane avec coins arrondis, afin que pendant le pudd-
- lage, il ne se forme pas de nids de matières fondues. On peut se servir de tous les fondants qu’on juge à propos ou de ceux ordinaires comme, par exemple, les battitures, le minerai de fer argileux, le sel marin, le chlorure de calcium, le peroxyde de manganèse ou le manganèse métallique allié au carbure de fer, ou enfin d’autres substances en usage dans les travaux ordinaires de puddlage.
- Les tuyaux qui charrient l’air froid ou chaud à l’une ou aux deux extrémités du four, ainsi que la cheminée sont disposés de façon à osciller avec l’ensemble du four; ou bien l’appareil est construit pour que la grille et la chauffe, ainsi que la cheminée restent fixes, tandis que le laboratoire proprement dit est mobile entre eux.
- La figure 1, pi. 329, est une vue en élévation de côté du nouveau four à puddler.
- La figure 2 est une vue aussi en élévation par l’une des extrémités.
- La figure 3, une section verticale sur la longueur.
- La figure 4, une section transversale.
- La figure 5, une section horizontale par la ligne A, B de la figure 3.
- La chambre de puddlage, ou, à proprement parler, le laboratoire où s'opère le puddlage a, est établie en forte tôle à chaudière et brasquée sous une certaine épaisseur avec de l’argile réfractaire, de la pierre apyre, ou du ganister, etc. Sous le carreau è, b de l’usine se dressent deux pieds ou paliers c, c solidement assujettis dans la maçonnerie de la fondation et qui portent un axe d,d, sur lequel peut osciller l’appareil entier. Au milieu de cet axe est établi un châssis robuste en fer e,eh l’extrémité inférieure duquel est attaché un contre-poids f, tandis que son extrémité supérieure supporte la partie moyenne de la capacité du four. Aux deux bouts de l’axe d sont disposées deux grandes embases d\dl sur lesquelles sont arrêtés
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- les tuyaux ou canaux plats en fer g, g qui sont enduits intérieurement d’argile réfractaire et communiquent dans le bas avec les canaux fixes h, h, de façon qu’au moyen d’une pièce d’assemblage circulaire, sur le côté extérieur de laquelle sont montées des boîtes, on obtient une fermeture hermétique, ou à peu de chose près, entre les canaux fixes ou porte-vents h, h et les tuyaux g, g qui participent au mouvement d’oscillation de la capacité du four. Ces derniers tuyaux se prolongent en montant en g’, g’ jusqu’aux deux bouts de cette capacité, et là ils s’infléchissent vers le bas sous un certain angle pour déboucher dans le laboratoire, ainsi qu’on le voit en g12, g2.
- Les canaux g ‘et h servent à amener les gaz ou du moins les produits gazeux de la combustion dans le laboratoire et à les en évacuer. Indépendamment de ces canaux, il en existe encore d’autres semblables ou des tuyaux i, i et k,k par lesquels on introduit l’air atmosphérique dans le four. Ces derniers n’ont pas besoin d’être brasqués avec des matières réfractaires, à moins que l’air qu’ils charrient ne soit fortement chauffé.
- Dans l’emploi d’un mélange de gaz oxyde de carbone avec une quantité plus ou moins grande de gaz hydrogène carburé, tel que le produit la combustion lente dans une capacité fermée, de la houille, du coke, etc., et qu’on en fait généralement usage dans les fours alimentés par des générateurs à gaz, on utilise les gaz à la température qu’ils possèdent lors de leur formation, ou bien on peut les employer à une température plus éle-vée*en les conduisant à travers des tuyaux convenablement chauffés. De même l’air atmosphérique nécessaire à la combustion au mélange gazeux peut être employé à la température ordinaire ou bien, avant son introduction dans le four, être chauffé à la température voulue.
- Les gaz destinés à être brûlés
- avec l’air sont amenés à l’une des extrémités de la capacité du four, et on laisse les produits de la combustion avec les vapeurs qui se dégagent des matières qu’on traite pendant toute la durée du pudd-lage d’une charge de fer, s’échapper librement par l’autre extrémité. Ou bien on peut imaginer une disposition dans laquelle les gaz et les vapeurs pénètrent et s’échappent par intervalles rapprochés par l’une et l’autre extrémité du four, suivant qu’on croit cette disposition avantageuse à l’entretien d’une température bien régulière et d’une chaleur suffisamment énergique,dans le laboratoire.
- Quand on veut restaurer ou refaire en entier et renouveler la chemise de la capacité a du four, on démonte d’abord l’assemblage de celui-ci avec les rebords du châssis <?, e, puis on desserre en même temps les boulons des colliers m,m qui assemblent les parties inférieures, celles qui reposent sur l’axe d de la portion fixe des canaux avec celles supérieures qui débouchent des deux côtés dans le laboratoire du four, puis on soulève au moyen d’une grue le four au-dessus des autres pièces de l’appareil, et on le place sur un charriot qui le transporte dans un lieu approprié pour les réparations. En attendant, on a un autre laboratoire de réserve qu’on établit sur la partie fixe de l’appareil et on poursuit le travail du puddlage.
- L,e mouvement oscillatoire de l’appareil lui est communiqué à l’aide d’une manivelle qu’on ne voit pas dans les figures et qui est établie à l’extrémité d’une bielle w, de façon à ce que la rotation de l’arbre de la manivelle détermine un mouvement de va-et-vient de l’appareil autour de son axe d, mouvement auquel le contre-poids/'contribue en imprimant à la sole des oscillations uniformes, et pour régler plus aisément encore et plus complètement les oscillations, il convient d’établir un volant sur cet axe.
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- Lorsqu’on veut mettre cet appareil de puddlage en activité, on commence par chauffer sa capacité ® en faisant arriver les gaz combustibles par les canaux destinés à cet usage à l’une des extrémités de la sole, et l’air chauffé avec soin par l’un des canaux i ou k ; cet air chaud s’élève dans les parties supérieures de l’appareil et pénètre dans la capacité du four en i*, i* par une longue fente ou une série de tuyères. Le vent doit arriver sous une faible pression, à peu près celle produite par un ventilateur de soufflerie, de façon que celui qui se trouve dans les canaux P2 p2 et les gaz qu’on fait passer à travers descendent sur la sole, la rasent et soient transportés dans le canal de fuite disposé à son autre extrémité. Alors on fait couler le métal, en supposant qu’on l’introduise dans le four h l’état fluide, par une petite ouverture p pratiquée dans la partie supérieure de celui-ci, tandis que si la matière à travailler est sous forme de mas-siaux, de feuilles ou consiste en ri-blons, on l’introduit par une porte r pratiquée sur l’un des longs côtés de la sole, par laquelle on ajoute aussi le flux ou autre matière qui doit agir chimiquement sur lé fer impur. Après le chargement, l’ouverture r est fermée avec une brique réfractaire enduite soigneusement d’argile de même nature, et enfin cette fermeture est maintenue avec fermeté par une barre en fer ou autre disposition.
- l)ès que la charge est entrée en fusion, l’appareil est mis en mouvement et le fer y est agité avec énergie ; la matière liquide frappe sur les parois du laboratoire et sur le dôme, et retombe à chaque mouvement de va-et-vient de l’appareil dans un état plus ou moins complet de division dans le flux et les matières d’affinage. Pendant ce temps, la combustion du gaz marche sans interruption en maintenant le métal dans le four pendant le temps suffisant et à la température nécessaire.
- Par le mode d’emploi du combustible gazeux, il est très-facile, suivant le besoin, de produire une flamme de réduction, et pour cela on établit des soupapes ou des registres appropriés dans les canaux ou les tuyaux qui amènent les gaz ou l’air ; par conséquent on parvient ainsi à régler l’écoulement de l’air ou des gaz suivant le but qu’on se propose. Yeut-on, par exemple, exercer sur le carbure de fer li~ uide au moyen du flux ou des fon-ants une action chimique plus prolongée, il faut amener une moindre quantité d’air qu’il n’est nécessaire pour la combustion du mélange combustible de gaz dont on fait usage, on obtient de cette manière une flamme non oxydante et le métal que produit ce mode de travail retient plus longtemps la plus grande partie du carbone combiné avec lui à l’origine. Réciproquement, quand on veut obtenir une décarburation plus rapide du fer placé sur la sole, on fait arriver une quantité d’air supérieure à celle pour brûler les gaz qui affluent dans le four. Indépendamment de cela, l’emploi des gaz comme combustible procure cet autre avantage très-important que par leur secours on peut modifier très-promptement et à la volonté de l’ouvrier la tem-érature dans le laboratoire, ou ien l’élever ou l’abaisser très-graduellement , par conséquent le chauffage au gaz paraît parfaitement approprié au travail du puddlage, dans lequel, comme on sait, on est obligé d’avoir recours à des changements de température de ce genre.
- Le métal impur peut, par son traitement dans un four de ce modèle, être travaillé, sous le rapport de sa conversion en acier fondu, sous deux états différents, à savoir à l’état pâteux plus ou moins concret et grenu, et à l’état de balles de puddlage. Dans les deux stades du bouillonnement, on peut, au métal sous les deux états, ajouter de la fonte grise en fusion et achever de travailler suivant le procédé
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- Bessemer ordinaire, ou bien le fer préparé de la manière indiquée ou en partie puddlé peut, au sortir du four à puadler, être reçu dans l’eau ou bien on le laisse refroidir lentement et on y ajoute dans une poche ou une capacité à conversion dite poire, du fer fondu ; ou bien enfin, avant sa conversion, il est carburé de nouveau par le moyen qu’on va décrire.
- Si le métal puddlé doit être carburé de rechef avant de le convertir en acier par le procédé Bessemer ou en fer forgé, il faut le transporter du four à puddler dans celui h recarburer sous forme grenue ou sous celle de balles de puddlage plus ou moins cohérentes, et on recommande pour cet objet de diviser et briser plus ou moins énergiquement le fer dans le stade du puddlage où il commence à baller, afin de l’obtenir ainsi en petits fragments qu’on extrait de la capacité du four par l’ouverture r. Du reste, on peut très-bien, pour cet objet, disposer des ouvertures aux deux extrémités ou sur les parois latérales de ce four, et au moyen des crochets du puddleur, au moment où il commence à se réunir en balles, l’extraire du four, ouvertures qui, pendant les premiers stades de l’opération, sont fermées par des tampons d’argile. Enfin, on peut encore, pour débarrasser autant qu’il est possible le fer pâteux ou encore imparfaitement ballé ou en grenaille, des scories avant de le recarburer, le passer,à travers un couple de cylindres maintenus froids par l’eau. A cet effet, on a représenté un laminoir très-propre à ce genre de travail, en coupe verticale dans la figure 9, et en plan dans la figure 10.
- Les tourillons et le corps de ces cylindres sont moulés creux, afin que l’eau qu’on y fait arriver et sortir d’une manière régulière à travers des boîtes à étoupes puisse circuler à leur intérieur. Au lieu de maintenir ces cylindres horizontaux et pressés l’un sur l’autre par des vis de pression ordinaires, il
- est préférable d’exercer sur eux une pression au moyen d’un levier à poids ou d’une autre disposition du même genre, semblable à celle dont on fait usage pour briser les os ou autres substances d’un volume irrégulier et d’une dureté variable. 'En passant par les cylindres, le fer puddlé est plus ou moins complètement déoarrassé des scories adhérentes et aplati sous forme de gâteaux, qui offrent dans le four à carburer une grande surface à l’action des gaz.
- On a vu comment la fonte impure pouvait, au moyen d’un puddlage opéré plus ou moins complètement, être en partie purifiée et affinée. Il est à présumer que par ce traitement elle perd presque la totalité du carbone qu’elle renfermait, et prend plus ou moins complètement cet état rigide sous lequel elle ne paraît pas propre à une dernière purification par le procédé Bessemer, par conséquent, avant de la soumettre à ce procédé, il faut y ajouter du fer carburé fluide. Pour cet objet, M. Bessemer préfère, dans la plupart des cas, le fer de bouillonnement ou seulement en partie puddlé, soit granulé, soit sous la forme de balles plus ou moins puddlées ou sous celle de gâteaux aplatis entre les cylindres, qu’il expose à une très-haute température à l’action du gaz oxyde de carbone. De cette manière, le métal absorbe assez de carbone pour se transformer en fonte blanche, et après qu’il a été ainsi carburé, on peut aisément le refondre et l’assortir sous cette forme ou l’associer à la fonte grise n° 1, et le transformer, par le pro-. cédé Bessemer, en acier ou en fer malléable. On a trouvé avantageux d’ajouter au fer puddlé dans le four à carburer une petite quantité de bonne fonte grise. On peut encore y mélanger des riblons d’acier, des tessons de poches.de moulage cassées et autres débris de l’acier ou du fer Bessemer, soit seuls, soit avec d’autres fers, et traiter dans le four à carburation.
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- Dans cette carburation dans l’appareil décrit et de la manière indiquée, du fer puddlé ou des riblons, rognures ou débris dont il vient d’être question, on conseille de faire usage d’un petit haut-fourneau ou d’un grand cubilot dans lequel on brûle du bon coke pur et autant que possible un combustible qui ne renferme pas de soufre. Enfin, M. Bessemer recommande, dans l’emploi de l’un des fourneaux indiqués ci-dessus d’employer, indépendamment du combustible solide pour carburer et mettre en fusion le métal, de se servir • de gaz oxyde de carbone qu’on porte à une très-haute température. Si ce gaz oxyde de carbone doit servir principalement dans le haut-fourneau ou le cubilot à carburer le fer puddlé, etc., il doit, dans le premier de ces fourneaux, être lancé à un niveau plus élevé que le vent amené par les tuyères pour la combustion du coke, tandis que si ce gaz n'est utilisé que pour entretenir ou élever la température du métal dans le fourneau, il doit être refoulé sous un angle plus ou moins grand à la surface du métal, afin qu’en se mélangeant avec le vent qui s’écoule par les tuyères, il donne lieu à la formation d’une flamme extrêmement chauffante, en ayant toutefois l’attention que le gaz soit constamment en un excès tel qu’on n’ait pas à craindre de brûler ou d’oxyder le métal, ou enfin d’éprouver une perte.
- On représente dans les figures 6, 7 et 8 d’autres formes de laboratoire du four à puddler qu’on peut également employer dans ce mode de travail perfectionné.
- Mode de traitement des minerais de cuivre.
- On trouve dans le Mining press de San Francisco, une note d’un correspondant sur un procédé de
- traitement du minerai de cuivre que nous reproduisons ici.
- « Une des plus fortes objections qu’on puisse opposer aux diverses méthodes pour l’extraction du cuivre de ses minerais par la voie humide ou par voie de solution, sont les frais considérables auxquels on est entraîné pour l’acquisition du fer qui sert à la précipitation, et dont on consomme une quantité presque égale h celle du cuivre précipité. J’ai trouvé un procédé applicable aux minerais pyriteux pauvres, qui abondent en Californie, qui obvie à cette difficulté et possède, je pense, quelques autres avantages surceux en usage.Voici, en substance, en quoi il consiste :
- « On broie le minerai bien épluché, et on le passe à travers un crible d’environ 5 mailles au centimètre carré; on calcine dans un four h réverbère à une basse température, afin de produire la plus grande quantité possible de sulfate. On arrose le minerai grillé avec une solution de chlorure de chaux, d’où résulte une solution de chlorures de cuivre et de fer, tandis qu’il reste du sulfate de chaux avec le minerai ; l’oxyde de cuivre est dissous par l’action du chlorure de fer. Le minerai retenant probablement encore un peu de cuivre est calciné de nouveau, et cette fois à mort, de manière à convertir tout le cuivre présent en oxyde, qu’on blanchit avec la solution obtenue précédemment, qui doit contenir une quantité suffisante de chlorure de fer pour cet objet. En cas d’insuffisance de ce dernier, on y supplée au moyen dü sulfate de fer ou couperose ordinaire traité par le chlorure de chaux.
- « Si on a opéré convenablement, on a obtenu une solution à peu près pure de chlorure de cuivre qu’on traite par un lait de chaux ui précipite le cuivre k l’état ’oxyde, tandis que la solution de chlorure de chaux qui en résulte est toute prête pour une nouvelle opération.
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- « Les modifications qu’il conviendra d’apporter à ce procédé se présenteront d’elles-mômes. Ainsi, dans quelques cas, on trouvera plus avantageux de calciner d’abord à mort le minerai, et de le traiter par le chlorure de fer produit avec le sulfate parle chlorure de chaux; ou bien après avoir calciné à mort, d’ajouter une certaine quantité de pyrites crues au minerai encore chaud, cas auquel il se formera des sulfates en abondance. Si le sulfate de chaux trouvait un prix raisonnable sur le marché, il serait facile de l’obtenir séparément du minerai. Les minerais pauvres d’oxydes de cuivre doivent être mélangés avec des pyrites et grillés, ce qui convertira la matière calcaire qu’ils peuvent renfermer en sulfate. Partout où le combustible sera abondant, je crois qu’on pourrait traiter ainsi économiquement les minerais de cette classe. »
- Fourneau à fabriquer le zinc et l'acier.
- Par M. C. W. Siemens.
- La fabrication du zinc par les méthodes généralement adoptées aujourd’hui, donne lieu à une perte considérable de temps et à une dépense énorme de combustible, en ce que le procédé de la distillation est intermittent et nécessite le chargement et le déchargement des pots, des cornues ou des cylindres à zinc au commencement et au terme de chaque opération.
- M. C. W. Siemens, l’inventeur bien connu du four régénérateur à gaz, à pris récemment une patente pour une invention qui consiste à disposer les pots, les cornues ou les cylindres à zinc, afin de pouvoir charger d’une manière continue avec les matériaux qui doivent produire du zinc; et après que ce métal volatil en a été distillé, à pouvoir enlever les résidus sans arrêter le travail ordinaire du four-
- neau, en réalisant ainsi une économie considérable de temps et de combustible.
- Les pots, cornues ou cylindres à zinc sont placés verticalement bu obliquement à l’intérieur du fourneau, de façon à pouvoir être chauffés uniformément, et pour cet objet, M. Siemens emploie son four régénérateur à gaz, en disposant les appareils distillatoires verticalement ou autrement, et en reliant la partie supérieure de ceux-ci avec un réservoir ou chambre dans laquelle sont enmagasinés les matériaux sur lesquels on est sur le point d’opérer et, enfin, en mettant la partie inférieure de cet appareil en communication avec un tuyau de décharge par lequel on peut évacuer les résidus de l’opération.
- La portion de l’appareil distilla-toire dans laquelle s’effectue la production ou la volatilisation du zinc est pourvue de tuyaux ou tubes d’échappement, à travers lesquels on peut conduire et recueillir le métal. Ces tubes sont placés soit à l’extérieur de l’appareil distilla-toire, ou bien on les fait passer à son intérieur, leur position dépendant entièrement du mode de distillation adopté. Le passage des matériaux h travers cet appareil peut du reste être réglé au moyen de registres ou autres dispositions en rapport avec les tubes ou les tuyaux de décharge.
- L’invention de M. Siemens consiste également en une disposition particulière du fourneau à gaz dont il est question, et dans laquelle on peut disposer un nombre considérable de tubes ou cornues verticales sur deux rangs ou deux séries, à l’intérieur d’une chambre basse dans laquelle les gaz préalablement chauffés par les régénérateurs, y sont introduits alternativement d’un côté puis de l’autre, de façon à permettre h l’air de pénétrer au-dessus des gaz combustibles chauds ; ceux-ci, en vertu de leur poids spécifique moindre, remontant et se mélangeant h l’air pour effectuer la combustion, qui
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- d ailleurs est favorisée par un mélange plus complet résultant de leur passage à travers et entre les tubes ou cornues contenus dans la chambre chaude.
- Le môme perfectionnement dans la disposition du fourneau à gaz est applicable à d’autres objets : par exemple, toutes les fois qu’on désire chauffer uniformément un certain nombre de tuyaux, de creusets ou de lingots de mutai, on place ceux-ci verticalement ou obliquement dans des chambres basses ou oblongues, construites de la même manière que celle décrite précédemment.
- Pour faire l’application de celte invention à la fusion de l’acier ou des autres métaux, on introduit par le haut un double rang de pots ou de creusets contenant le métal dans la chambre oblongue, et en regard de chaque pot ou creuset, on ménage une ouverture latérale pour l’injection et l’éjection alternatives des gaz et de l’air chauffés, et dont la direction est renversée de temps en temps, en ayant toujours soin que l’air soit admis au-dessus des gaz chauds. La flamme qui traverse la chambre d’un côté à l’autre chauffe tous les pots ou creusets d’une manière uniforme, chaque pot ou creuset se trouvant exactement dans la môme condition sans égard à la longueur de la chambre. Les produits de la combustion passent par les ouvertures correspondantes dans le côté opposé de la chambre, et de là sont conduits à travers les régénérateurs, et finalement passent dans la cheminée.
- La figure 11, pl.329, représente un?, section verticale et transversale prise par la ligne 1 et 2 de la figure 12 de la disposition du fourneau proposée par M. Siemens, pour opérer la distillation du zinc par voie continue, à l’aide du four régénérateur à gaz.
- La figure 12 est une section verticale sur la longueur de ce même fourneau.
- Les figures 13 et 14, des détails vus en coupe.
- a, a, série de cornues ou cylindres verticaux disposés par groupes, et ouverts dans le haut et dans le bas. Ces cornues ou cylindres sont disposés dans la chambre de chauffage b du four régénérateur à gaz, et la flamme joue librement tout autour. Les orifices^ ouverts de ces cornues passent à travers des plaques c, c de plombagine ou de terre réfractaire, qui forment le plancher d’une chambre d, qu’on alimente en minerai de zinc par une trémie à double fermeture d, d’, d’où ce minerai descend dans les diverses cornues a, a; f,f, régénérateurs à air, et g, g', régénérateurs à gaz qui communiquent respectivement par les orifices d’air et de gaz h, h’ et i, ï1 avec les chambres c, e\ s’ouvrant sur les côtés de la chambre de chauffage ou four b.
- Les résidus solides passent des cornues dans les conduits inclinés /i, /;, puis descendent par le passage vertical /, qui est pourvu d’une trappe ou registre en /’, dans le récipient voûté m où on les recueille et les enlève de temps à autre.
- Les fumées ou vapeurs sont évacuées des cornues par le tuyau central de sortie n qui est en argile réfractaire, etdontlaconstruction particulière, qui a pour but de prévenir l’entrée des matières solides à son intérieur, sera aisément comprise à l’inspection des détails en coupe sur une plus grande échelle des figures 13 et 14.
- Ces tuyaux de sortie (un au centre de chaque cornue) communiquent avec le condenseur o„ d'où les gaz non condensables s’élèvent par le passage dans un tuyau ou des tuyaux p' qui les déchargent dans l’atmosphère. Ce tuyau vertical p' sert non-seulement à l’évacuation des gaz non condensables, mais il constitue une colonne chauffée; il produit ainsi une diminution dans la pression atmosphérique suffisante pourempêcherque les vapeurs de zinc s’échappent en dehors du condenseur et des cornues.
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- I" est une ouverture fermée par un bouchon pour l’introduction d’une tige ou d’une barre dans le passage L par lequel le résidu s’écoule des cornues, afin de le nettoyer dans le cas où il serait obstrué. D’autres ouvertures a' a' sont ménagées au sommet des chambres au minerai d,d, afin de faciliter la vidange des cornues ou pour en détacher le minerai qu’elles renferment en introduisant la tige ou barre par le haut, les ouvertures a’ étant pour cet objet situées au-dessus de chaque cornue.
- #, q1 sont les passages de gaz qui communiquent respectivementavec les régénérateurs à gaz g,g\ etr,r’ les passages d’air correspondants conduisant aux régénérateurs h air Ces passages q et r communiquent respectivement avec la conduite principale de gaz s et avec celle aussi principale de l’air v; une soupape de renversement ou régulateur t,t' opérant sur le principe d’un robinet à quatre voies et manoeuvré à la main par un levier à poids, sert à renverser k volonté les courants d’air et de gaz.
- u est un carneau qui conduit k la cheminée, et w,wA des soupapes pour régler ou contrôler l’alimentation respective en gaz et en air. Le gaz pour alimenter les fourneaux peut être généré dans les régénérateurs k gaz employés conjointement avec le four régénérateur k gaz de M. Siemens.
- La figure 15 est une section verticale sur la longueur du fourneau perfectionné de M. Siemens appliqué k la fusion de l’acier.
- La figure 16, une section verticale et transversale du même fourneau.
- a, a, pots de fusion placés sur deux lignes composées de quatre pots dans chaque subdivision ou chambre b du fourneau qui est partagée en deux par l’arcade c et coiffée par des couvercles amovibles d, d. Le plancher de cette chambre de fusion est recouvert d’une couche de coke en poudre, de manière que tout métal qui tombe dessus
- par la rupture fortuite d’un pot reste k l’état fluide en s’emparant d’une quantité additionnelle de carbone et peut être évacué en ouvrant la bouche y. Ce coke empêche d’ailleurs les pots d’adhérer sur le fond de la chambre. Ces pots ne sont pas percés k leur fond k la manière ordinaire, mais complètement fermés en ce point, et aussi un peu plus larges k la base que de coutume.
- Afin de mettre ces fourneaux en état de résister k la chaleur intense générée k leur intérieur, les parois de la chambre de chauffage sont construites en briques siliceuses de première qualité, et pour que la reconstruction de cette chambre puisse s’opérer aisément et économiquement quand la chose devient nécessaire, on les établit d’une manière entièrement distincte de la maçonnerie de brique des régénérateurs, de façon qu’on peut les enlever et les replacer sans toucher au reste du fourneau.
- On a disposé une série de retraites e, e et e'e' sur chacun des côtés de cette chambre, retraites qui communiquent avec les régénérateurs k air et k gaz f, g et /”, g’ situés sur les côtés opposés de la chambre et manœuvrés alternativement de la manière bien connue. L’air chaud des régénérateurs k air f ou f dans sa marche vers le fourneau ou chambre de chauffage passe au-dessus des gaz chauds arrivant des régénérateurs k gaz g ou g, afin que les gaz qui sont plus légers que l’air puissent, par leur tendance k s’élever, se mélanger plus intimement avec la couche d’air au-dessus d’eux juste au moment où ils vont entrer ensemble dans la chambre b. Ce mélange est en outre accéléré en contractant les orifices k gaz i,i' et en dirigeant les courants de ceux-ci de bas en haut k travers les courants d’air. Le succès du travail du fourneau dépend beaucoup de l’ajustement de ces orifices.
- La plaque supérieure l ou plaque d’homme sur laquelle monte
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- 1 ouvrier, et les parties qui environnent le fourneau, sont ventilées pour en abaisser la température en construisant un conduit voûté m en communication libre d’un bout avec l’atmosphère, sous le plancher du fourneau, et permettant one libre circulation à l’air froid dans toutes ses parties ; cet air Passe à travers un ou plusieurs conduits n dans un espace d’air ménagé immédiatement sous la plaque Z, afin de la maintenir à une température relativement basse.
- ? On a disposé aussi des passages d’air verticaux o, o sur les côtés du fourneau à travers la plaque en fer P qui supporte le plancher, toujours dans le même but, ces passages communiquant dans le bas avec la chambre à air froid w, et à leur extrémité supérieure avec les espaces à air immédiatement au-dessous de la plaque /, espaces qui sont en rapport avec une cheminée ou des cheminées d’air.
- q,q sont les passages par lesquels les gaz entrent alternativement dans les régénérateurs à gaz 9'g', et r,r' les passages correspondants pour l’introduction de l’air dans les passages régénérateurs d’air respectifs f,f\ Les passages à gaz communiquent avec la conduite principale de gaz s ; une soupape à renversement t, construite sur le principe d’un robinet à quatre voies servant à ouvrir l’un des deux passages à gaz sur la conduite principale, tandis que l’autre est en même temps ouvert sur le carneau qui conduit à la cheminée.
- Une disposition absolument semblable de soupape à renversement t' est appliquée sur les passages d’air r,r' à leur jonction avec l’orifice d’air v, et ces soupapes à renversement peuvent être manœu-vrées avec des tiges et des leviers à poids, à travers une ouverture réservée pour cet objet sur la plaque l.
- u>,w' sont des soupapes à chapeau qu’on manœuvre aussi de dessus cette plaque /, et au moyen desquelles on réglé avec la précision
- la plus parfaite la quantité ou les proportions relatives des gaz et de l’air qui entrent dans le régénérateur, en faisant ainsi varier à volonté la température et la nature de la flamme, x est un registre dans le carneau u pour contrôler le tirage.
- Alliages japonais.
- Les indications qui suivent, relativement à la composition de quelques alliages métalliques en usage au Japon, sont basées sur des informations obtenues des métallurgistes du pays, par M. R. Pum-pelly, et communiquées à Y American journal of science and aids, auquel nous les empruntons. Dans quelques cas, comme pour le shak-do et le gin shi bu ichi, les procédés de fabrication sont généralement tenus secrets, mais l’auteur en a eu communication.
- 1° Shakdo. Alliage intéressant de cuivre et d’or, où ce dernier métal entre dans des proportions qui varient de 1 à 10 pour 100. Les objets fabriqués avec cette composition, après avoir été polis et bouillis dans une solution de sulfate de cuivre, d’alun et de vert de gris, prennent une belle couleur noir bleuâtre. L’auteur croit que cette coloration est due à l’enlèvement du cuivre à la surface, qui découvre une mince couche d’or, et que'la couleur bleue est produite par une action de la lumière sur cette couche. L’intensité de la couleur et, jusqu’à un certain point, la couleur elle-même, sont dans le rapport de la quantité de l’or, et 1 à 2 pour 100 de ce métal ne produisent qu’une riche couleur bronze. Le cuivre pur traité par la solution ci-dessus, acquiert l’apparence d’une surface émaillée avec une riche teinte rougeâtre, et le laiton la même surface avec un ton plus foncé. Le shakdo est employé à la fabrication d’une grande variété d’ornements, de gardes de sabres, de pipes, d’agrafes, etc.
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- 2° Cnn shi bu ichi (quart d’argent) est un alliage de cuivre et d’argent dans lequel la proportion de ce dernier métal varie entre 30 et 50 pour 100. Les objets d’ornement fabriqués avec cette composition prennent, quand on les'soumet à l’action de la solution ci-dessus, une riche couleur grise fort appréciée des Japonais. On s’en sert pour le décor des sabres, des pipes et d’une foule d’objets.
- 3° Mokume. On nomme ainsi une association de divers alliages et métaux de différentes couleurs, de manière à obtenir un effet décoratif. On produit un bel ouvrage damassé en soudant ensemble l’une sur l’autre, et dans un ordre alternatif, 30 à 40 feuilles d’or, de shakdo, d’argent, de cuivre rosette et de gin shi bu ichi, puis coupant profondément dans la plaque épaisse ainsi formée avec des emporte-pièces coniques pour obtenir des cercles concentriques ou pratiquant des cavités à sections triangulaires, pour produire des lignes parallèles droites ou contournées. La plaque est alors forgée jusqu’à ce que les cavités disparaissent, et fabriquée sous la forme voulue, puis eeurée avec des cendres, polie et bouillie dans la solution indiquée. Cette ébullition développe les couleurs du shakdo, du gin shi bu ichi et du cuivre rouge.
- 4° Sin chu (laitons). La plus belle qualité de ces laitons est formée de 10 parties de cuivre et 5 de zinc ; une qualité inférieure, de 10 parties de cuivre et 2,7 de zinc.
- Kara kane (métal de cloche). — Première qualité, cuivre 10, étain 4, fer 1/2 et zinc 1 1/4;—deuxième qualité, cuivrelO, étain21/2,plomb 1 1/3, zinc 1/2; — troisième qualité, cuivre 40, étain 3, plomb 2, fer 1/2, zinc 1 ; — quatrième qualité, cuivre 10, étain 2, plomb 2. Pour préparer ces métaux de cloche, on met d’abord le cuivre en fusion et les autres métaux y sont ajoutés dans l’ordre indiqué ci-dessus. Les meilleures sonnettes ou clochettes sont faites avec la pre-
- mière qualité. Les grandes cloches, en général, avec la troisième. Le kara kane reçoit un grand nombre d’applications au Japon.
- Soudures. — Pour le métal de cloche, elles se composent de : laiton 20, cuivre 10, étain 5. — Pour laiton, laiton de première qualité 10, cuivre 1 1/2, zinc 6. —Pour argent, argent 10, laiton première qualité 2 ou 3. — Pour gin shi bu ichi, argent 10, laiton première qualité S, zinc 3. — Pour înokwne, argent 10, laiton première qualité 1 1/2.—Pour shakdo, shakdo fin 3, zinc 10. — Pour étain, étain 10, plomb 5.
- Parmi les articles japonais fabriqués en cuivre qui arrivent en Europe , il en existe quelques-uns présentant une surface rouge brillante qu’on considère souvent comme ayant été vernie ou laquée, ou encore émaillée. Ces objets sont fabriqués avec du cuivre dans la masse entière duquel on a incorporé de l’oxyde rouge de fer, et qui après avoir reçu la forme requise et un beau poli, sont bouillis dans le mélange ou sauce indiquée plus haut.
- Dépôt électro-chimique de magnésium.
- On vient de faire en Angleterre, mais comme expérience de laboratoire et non pas sur une échelle commerciale, l’essai d’un procédé pour déposer, par voie électro-chimique, du magnésium sur d’autres métaux, en particulier sur le cuivre. Ce procédé dû à M. J. Baynes Thompson, est basé sur le principe de l’éiectrolyse, non pas directement, car le seul résultat qu’on obtient avec une simple solution de sulfate de magnésie est de l’oxyde de magnésium sur la plaque négative; mais afin d’obtenir une action secondaire, M. Thompson a eu recours au moyen suivant :
- Il a préparé une solution composée avec du sulfate de magnésie et du chlorure de sodium, dans le
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- rapport de leurs équivalents et à Peu près au point de saturation à froid. Cette solution a été versée dans une cellule poreuse qu’on a mtroduite dans une autre cellule contenant une solution de chlorure de sodium. On a déposé dans cette cellule extérieure une plaque positive de graphite, et dans la cellule poreuse une plaque de cuivre. Il faut pour réussir un très-faible courant d’électricité quant à la quantité, mais aussi intense que celui que donnent trois couples de Daniell. La quantité exigée est exactement celle pour que le gaz ne se développe que sur la plaque négative dans la cellule intérieure où se forme le dépôt. On y arrive en augmentant l’intensité clu courant jusqu’à ce que les bulles disparaissent de la plaque extérieure ou positive.
- Pour mieux atteindre ce but, on lait usage d’une cellule régulatrice contenant de l’eau légèrement acidulée. La plaque positive de cette cellule est en platine, et celle négative en argent. Ces plaques sont hxées dans le haut aux extrémités de deux tiges carrées en laiton et horizontales, ajustées dans des trous carrés, au sommet de deux piliers en laiton, un de chaque côté de la cellule en verre contenant l’eau acidulée. Dans le haut de chacun de ces piliers est une mortaise pour permettre à un écrou cordonné de tourner sur les tiges carrées quand elles sont en place, et ainsi de rapprocher ou d’éloigner les plaques l’une de l’autre dans la direction suivant laquelle on tourne les écrous, ceux-ci ne pouvant se mouvoir latéralement, retenus qu’ils sont dans les mortaises des piliers, de façon que ces tiges doivent glisser à mesure gu’on tourne le taraudage des écrous sur leurs filets. Les plaques dans la cellule régulatrice sont petites en comparaison de celles dans fa cellule à dépôt, au point qu’on pourrait générer du gaz en abondance dans la cellule régulatrice, tandis qu’il ne s’en produirait pas
- du tout dans celle extérieure à dépôt, et qu’on peut juger d’un coup-d’œil de la régularité du courant.
- On attache à cette disposition une grande importance, car si le courant faiblit par une cause quelconque et descend le moins du monde au-dessous du point où il y a génération de gaz, il n’y a pas dù métal déposé, et s’il augmente dans la même proportion, le métal ne se dépose pas sous la forme de régule, mais à l’état amorphe et en une sorte de poudre noire ou brune; mais avec un peu de pratique on maintient aisément le point où il y a dépôt. C’est là apparemment la cause de cette double ou peut-être triple décomposition. Il semble qu’il y ait double décomposition dans l’électrolyse de la solution simple. Le magnésium mis en liberté s’empare de l’oxygène de l’eau et passe à l’état d’oxyde, puis il y a dégagement d’hydrogène, ou mieux, il n’y a pas clépôt même de cet oxyde. Il paraîtrait que dans la solution composée les acides passent à travers la cellule poreuse sur la plaque positive, et que les deux métaux étant devenus libres, le sodium ayant une plus grande affinité pour l’oxygène que le magnésium, s’empare de tout l’oxygène, et que le magnésium poussé au-delà du point naissant, n’attaque plus l’eau ou n’est pas attaqué par elle; mais il n’en est pas de même avec le sodium. Cette réaction paraît d’autant, plus probable qu’il ne se dégage que de l’hydrogène, c’est-à-dire seulement le gaz de la plaque négative, exactement comme avec la solution simple.
- Si ce procédé pouvait être établi sur une échelle économique, il y aurait une réduction considérable de prix. Trois équivalents de zinc seraient dépensés pour obtenir un demi-équivalents de magnésium, l’autre demi-équivalent étant le sodium, et par conséquent, au taux de 1 kilogramme de magnésium déposé, on consommerait 16 à 18 I kilogrammes de zinc dans la bat-
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- terie. Les poids équivalents du zinc et du magnésium étant à fort peu près dans ce rapport de trois à un, ce zinc, avec l’acide et autres matières, ne coûterait guère moins de 12 fr.; mais si on réalisait' seulement ce résultat, le magnésium ne tarderait pas à devenir un article recherché du commerce.
- «
- Sur le dépôt galvanique d’argent brillant.
- Le dépôt qu’on obtient dans des bains d’argent dans les procédés d’argenture épaisse et de galvanoplastie est généralement mat, mais on sait qu’en ajoutant à ces bains une très-petite quantité de bisulfure de carbone, ces bains acquièrent la propriété de donner un dépôt brillant. La proportion du bisulfure de carbone qu’on ajoute ainsi est tellement minime, comparée à la masse du bain, qu’environ 2 centigrammes par litre suffisent pour obtenir un dépôt brillant.
- La quantité de bisulfure de carbone nécessaire pour produire cet effet dépend, du reste, de la composition du bain. Le bain qui exige la quantité indiquée ci-dessus est composé en dissolvant dans ces proportions, je suppose, 454 grammes de cyanure de potassium dans 4 1/2 litres d’eau, ajoutant 56 gr. de cyanure d’argent qui renferme environ 42 grammes de ce métal, et enfin, ajoutant tous les jours 0gr.0214 de bisulfure de carbone.
- La meilleure méthode pour préparer une solution qui donne l’argent brillant, est de prendre un litre du bain précédent et d’y ajouter 8 1/2 grammes de bisulfure de carbone, de mettre le tout dans une bouteille en grès, d’agiter puis d’abandonner au repos pendant 24 heures, au bout desquelles elle est prête à servir. On prend alors 21/2 grammes de solution par litre de bain, on agite, on abandonne au repos pendant la nuit, et le len-
- demain matin le bain est prêt à travailler.
- L’argenture des cuillères et fourchettes s’opère en général dans le bain ordinaire, puis on les transporte dans celui au bisulfure de carbone pendant 15 minutes seulement pour leur donner le brillant.
- Le dépôt dans ce dernier bain ne s’opérant qu’avec beaucoup de lenteur, il serait trop long et trop dispendieux d’argenter en totalité dans ce bain, mais le dépôt est très-dur et ressemble plus à l’argent fondu que celui ordinaire. H ne faut pas toucher les articles ou troubler le bain pendant qu’ils y sont plongés, autrement le dépôt ne serait pas brillant. La batterie est aussi différente. Trois cellules d’une batterie de Wollaston donnent l’intensité requise pour l’argenture ordinaire, ou si on se sert d’une batterie au fer de Robert, quatre cellules disposées comme dans la batterie de Smee, tandis que pour dépôt brillant, une seule cellule suffit pour l’intensité, seulement les plaques doivent avoir une bien plus grand étendue que pour le dépôt ordinaire.
- Indépendamment du bisulfure de carbone, on peut faire usage de plusieurs autres substances pour obtenir un dépôt brillant, p^r exemple le soufre et le collodion, une solution d’iode et de gutta-percha dans le chloroforme, les sulfures alcalins; mais le bisulfure de carbone est la substance la plus généralement en usage.
- Action des acides sur les métaux et les alliages.
- Par MM. Crace Calvert et R. Johnson.
- Il nous est arrivé fréquemment pendant le cours de nos recherches sur les propriétés physiques des métaux et des alliages, de penser qu’il y aurait de l’intérêt,
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- tant au point de vue scientifique que sous celui pratique, à entreprendre un examen soigné de l’action des acides sur ces mêmes corps. Nous avons en conséquence entrepris de soumettre le cuivre, le zinc et l’étain, et deux classes d’alliages qu’on obtient avec ces métaux, c’est-à-dire les laitons et les bronzes, à l’action des acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique.
- Dans cette série de recherches, nous avons suivi le même plan que lorsque nous -avons fait nos expériences sur la çonductibilité,sur le poids spécifique, etc., des métaux et des alliages, c’est-à-dire que nous avons examiné d’abord l’action de ces acides sur les métaux purs, et ensuite celle sur les alliages composés avec les métaux purs fondus ensemble en proportions équivalentes ou multiples.^
- Nos expériences ayant été très-nombreuses, et par conséquent ayant embrassé une longue période de temps, nous avons jugé à propos de diviser ce mémoire en deux parties : 1° action de l’acide sulfurique sur le zinc, le cuivre et l’étain, et des acides nitrique et chlorhydrique sur ces mêmes métaux; 2° action des mêmes acides sur leurs alliages, à savoir les laitons et les bronzes.
- Sut* l'influence marquée qu'une surface oxydée exerce sur l’action ultérieure de l’acide sulfurique à divers degrés de force sur le zinc.
- — Avant d’entrer dans le détail de nos expériences, il est nécessaire d’établir que ce n’est qu’après un temps considérable et l’expérience acquise, que nous avons pu être
- F<
- en mesure de déterminer exactement les conditions dans lesquelles nous devions opérer, si nous désirions obtenir aes résultats constants et corrélatifs, non-seulement à raison de l’extrême difficulté qu’on éprouve pour préparer de l’acide sulfurique parfaitement pur et quelques hectogrammes de zinc pur, mais spécialement de l’irrégularité de l’action de l’acide sulfurique sur le zinc, irrégularité qui dépend, ainsi que nous l’avons observé, de l’état particulier de la surface de ce métal. Ainsi nous avons trouvé que des cubes qui avaient été faits avec le même zinc, mais à des époques différentes, étaient attaqués plus ou moins par le même acide, quand on les plaçait dans les mêmes circonstances, et ces observations nous ont peu à peu conduits à découvrir un fait curieux, à savoir : qu’une surface de zinc parfaitement propre et nette devient au bout de quelques jours suffisamment oxydée par le contact avec l’air, pour modifier à un degré très-marqué l’action que l’acide * sulfurique exerce sur lui. Ainsi, si un cube de zinc récemment limé est placé dans l’acide , sulfurique dilué à 9 équivalents d’eau, l’action peut être considérée comme nulle, tandis que si le même cube est chauffé doucement au contact de l’air, puis qu’on le laisse refroidir et qu’on le place alors dans l’acide de même force, l’attaque est dix fois plus considérable, ainsi que le prouvent les résultats'suivants :
- Quantité d’acide................. SO c. c.
- Surface d’attaque................. 1
- Durée de l’action................. 2 hre»
- orce de l’acide Quantité de zinc
- employé.
- SO3,9HO SO3, 9HO SO3, 9H0
- dissous.
- 0.31
- 0,03
- 3.08
- Employé une lime propre et bien exempte de graisse pour nettoyer les faces du cube.
- Lavé avec l’alcool après avoir limé pour enlever la graisse.
- Après avoir limé, chauffé à la flamme de gaz ; laissé refroidir avant de s’en servir; surface oxydée.
- Sur l’action de l’acide sulfurique | —Enjetant uncoup-d’œil sur le ta-à divers degrés de force sur le zinc. | bleau qui suit les présentes remar-
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- ques et qui contient nos résultats sur l’action de l’acide sulfurique à divers degrés de force sur le zinc pur et à surface non oxydée, on observe d’abord qu’elles sont en contradiction avec l’opinion généralement adoptée par les chimistes sur l’action de l’acide sulfurique sur ce métal, car cet acide est sans action aux températures ordinaires sur le zinc. En outre, il exige une température de 130° C. avant que l’acide concentré commence à montrer une action marquée quelconque, et ce n’est seulement qu’à 150° C. que l’action de l’acide sulfurique à 1 et 2 équivalents d’eau est complètement développée. En second lieu, en parcourant nos résultats, on remarque les faits curieux qui suivent, savoir : que les acides mono et bihydratés exercent comparativement une action bornée sur le zinc à la température de 130° C., quand on la rapproche de celle de l’acide trihydraté ; ainsi, tandis que S O3, HO et S O3, 2HO dissolvent respectivement seulement 125 et 236,6 grammes de zinc sur une surface d’un mètre carré, SO3,3HO en dissout dans le même espace de temps 9860 grammes ou 7 à 8 fois autant. Enlin, la même différence extraordinaire d’action de ces diverses forces d’acide se maintient quand la température est élevée à 150° C.
- Une différence semblable d’action s’observe lorsqu’on étudie celle des acides sulfuriques dilués sur la surface non oxydée du zinc pur; ainsi, lorsque S O3, 6HO agit sur le même métal, il n’y en a de dissous que 561,8 grammes par mètre carré de surface en deux heures, tandis que S O3, 7 HO dissout dans le même espace de temps jusqu’à 5260,8 grammes, mais dans ce cas, la température employée
- n’a été que 100° C. ou celle du point d’ebullition de ce dernier acide.
- Les réactions de 4’acide sulfurique à différents degrés de force sur la surface non oxydée du zinc pur, sont beaucoup plus compliquées et plus intéressantes que ne l’admettent les chimistes. Pour les comprendre, il est nécessaire de les classer sous deux chefs distincts, à savoir : l’action de S O3, HO, cas dans lequel le métal est oxydé uniquement aux dépens de l’acide, avec production d’acide sulfureux, tandis qu’avec S O3, 2HO et spécialement avec S O3, 3 H O, non-seulement il y a dégagement d’acide sulfureux, mais simultanément avec ce dernier dégagement d’hydrogène sulfuré.
- Il y a un certain intérêt à observer deux réactions chimiques distinctes qui ont lieu simultanément ; ainsi on a une action semblable à celle que l’acide sulfurique exerce sur les métaux des alcalis ou des terres alcalines qui donnent naissance à de l’hydrogène et à un sulfate du métal et celle qu’exerce l’acide sulfurique sur le cinquième groupe des métaux, par exemple, le mercure où il y a génération d’acide sulfureux et d’un sulfate du métal.
- Enfin, on remarquera en étudiant le tableau que l’acide sulfureux disparaît graduellement, tandis que la quantité d’hydrogène sulfuré augmente jusqu’au moment où celui-ci disparaît aussi et est remplacé par l’hydrogène pur.
- Tableau n° I. Action de l’acide sulfurique
- à différents degrés de force sur le zinc.
- Quantité d’acide.. . 50 c. c.
- Surface attaquée................... 1
- Durée de l’action.................. 2 hre‘
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- FORCE TEMPÉRA- ACTION ACTION
- TUUE sur sur
- èn flegrés I centim. I mètre
- centigrades. cube. carré.
- S O3, H O ordinaire. 0 0
- Id. 130 0sr-075 125 gr.
- Id. . 150 0.232 386.6
- S O3,2 H O ordinaire 0.002 3.3
- Id. 130 0.142 236.6
- Id. 150 0.345 575.0
- S03,3HO ordinaire 0.002 3.3
- Id. 130 5 916 9860.0
- Id. 130 4.916 8193.3
- Id. 150 5.450 9083.3
- S O3,4 H O ordinaire 0.005 8.3
- Id. 130 3.080 5133 3
- Id. 130 2.389 4731.6
- S03,5H0 ordinaire 0.049 81 66
- Id. 130 0.456 760.0
- S03,6H0 ordinaire 0.027 45.0
- Id. 130 0.337 561.6
- S03,7HO ordinaire 0 018 33.0
- ld. 100 3.161 5268.3
- Id. 100 3.800 6333.3
- Id. 100 3.060 5100.0
- SO3,8H0 ordinaire 0.035 58.3
- S03,9H O ordinaire 0 005 8 3
- SO3,10HO ordinaire 0 033 55.3
- OBSERVATIONS.
- Dégagement de S O2.
- — pas de HS. ''
- Dégagement de S O2. Un peu de HS.
- HS dégage et S O2.
- Grande quantité de HS. Trace de S O2. Action violente. Grande quantité de Zn O S O3 non dissous.
- Même action que ci-dessus.
- Grand dégagement de HS avec un peu de S O2. Action violente. Quantité de Zn O SO3 non dissous. . ?i j-, .
- Acide presque bouillant. Dégagement dè HS, traces de S O2.
- Point d’ébullition de cet acide. Dégagement de HS.
- Action violente d’abord, qui s’est arrêtée après 20 minutes environ. ZnOSO3 non dissous. Surface en apparence enduite, sans HS. Traces de S O2. Attaque irrégulière. ' T
- Action de l'acide sulfurique sur le cuivre.—Voici quelle a été l’action de 50 centimètres cubes d’acide sulfurique de forces diverses sur 1 centimètre cube de cuivre pur pendant une période de deux heures aux températures de 130 et 150° G.
- Tableau n° 2. Action de l’acide sulfurique de différentes forces sur le Cuivre pur.
- Surface d’attaque.......;[lc. c.
- Quantité d’acide..............50
- Durée de l’action............. 2 hres
- Température............130° et 150° C.
- ACIDE sulfurique employé. TEMPÉRATURE en degrés centigrades. PERTE sur I centim. cube. PERTE calculée sur im. carré. OBSERVATIONS.
- S O3, HO 130 Osr-854 1423er 3 Surface des cubes couverte de CuS; il y a eu aussi dégagement de S O2.
- Id. 130 0.704 1173.3
- Id. 150 1.678 2796.7 Il y a eu aussi un résidu insoluble dans l’acide et composé principalement de CuS et Cu0,S03.
- S03,2H0 130 0.008 13.3 Action très-légère.
- Id. 150 0.063 105.0
- S 03,3H0 130 0.004 6.6
- Id. 150 0 006 9 9
- S03,4H0 150 0.000 »
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Février 1867.
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- Ces résultats nous suggèrent les remarques suivantes : La température à laquelle le cuivre est d’abord attaqué par l’acide sulfurique S O3 HO est 130° G., et 'a quelques degrés au-dessous de cette température, le cuivre n’éprouve pas d’action. De plus, à la température de 150° C., la quantité de cuivre dissous par cet acide dans les mêmes circonstances est presque double de celle que S O3, 2HO et S O3, 3 H O peuvent dissoudre, tandis que SO3, 4HO a peu ou point d’action sur ce métal.
- Nous avons remarqué en outre que la décomposition S O3, HO par le cuivre est beaucoup plus compliquée qu’on ne l’admet généralement; en effet, l’action ne consiste pas simplement dans la décomposition de l'acide en oxygène qui oxyde le cuivre et en acide sulfureux qui s’échappe, mais l’affinité du cuivre pour Voxygène jest telle que la totalité de ce gaz.est enlevée à une certaine portion de l’acide sulfurique, en laissant du soufre libre qui se combine avec le cuivre pour former du sulfide de cuivre. La raison qui nous conduit à croire que la formation de ce composé est due ci la combinaison directe du soufre avec le cuivre, et non, comme dans le cas du zinc, à deux actions chimiques qui ont lieu si-
- multanément, est que si l’eau était décomposée en ses éléments constitutifs, son oxygène s’unirait avec le cuivre, tandis que son hydrogène se combinerait avec le soufre de l’acide sulfurique réduit pour former de l’hydrogène sulfuré qui, à son tour, agirait sur l’oxyde de cuivre pour produire du sulfure de ce métal; qu’il y aurait eu, sans aucun doute, dégagement d’un peu d’hydrogène sulfuré qui, sous rinfluence de la chaleur, se serait échappé et aurait été aisément découvert. Une autre preuve que l’acide sulfurique est décomposé en oxygène et en soufre, et que -l’eau ne participe pas à l’action chimique résultante, est que le soufre libre se volatilise et se. condense dans le col des petits ballons employés qui, dans nos expériences, étaient placés sur un bain d’huile maintenu soigneusement à la température requise. Cette, réduction remarquable de l’acide sulfurique par un métal est encore corroborée par l’action de cet acide sur l’étain, action dans laquelle le soufre est également mis en liberté en quantité considérable, mais sans production de sulfide d’étain, ce qui probablement est dû à ce fait que le, soufre a moins d’affinité pour l’étain que pour le cuivre.
- Tableau nq 3. Action de l’acide sulfurique de différentes forces sur l’étain.
- ACIDE snlftirique employé. TEMPÉRATURE en degrés centigrades. PERTE sur 1 centim. cube. PERTE calculée sur lm. carré. OBSERVATIONS.
- S O3, HO 150 3^010 5016s'-6 Dégagement d’une grande quantité de S02. Pas de HS. Pas de SnS, mais un peu de soufre libre.
- SOa, 2HO 150 0.640 1066.6 Dégagement de S O2. Pas de HS.
- S03,3H0> 150 i 0.4 Y 0 783.3 Dégagement de S33. Un peu de HS.
- SO3,4H0 130 0.215 358.3 Dégagement d’une grande quantité de HS, avec un peu de S O2. Acide presque décomposé entièrement. Dégagement de HS et seulement un peu de S O2.
- S03,5HO 130 0.140 233 3
- Si on examine les résultats con-1 que l’action de l’acide sulfurique tenus dans ce tableau, on observe | à divers degrés de force sur l’étain,
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- diffère entièrement de celle que ces acides exercent sur le cuivre et sous quelques rapports sur le zinc; M)\ HQ présente le maximum d’action sur l’étain, mais cette action décroît graduellement à mesure que l’acide devient plus dilué, tandis qu’avec le zinc, ainsi qu’il a été établi précédemment, l’action est complètement différente suivant la force de l’acide, mais il y a toutefois encore cette similitude entre l’action de l’acide sulfurique sur l’étain et le zinc, qu’avec un' acide d’une certaine force, il se dégage simultanément de l’acide sulfureux et de l’hydrogène sulfuré, action qui n’a pas lieu avec SO3, HO ou SO3, 2HO, puisque les premiers indices d’hydrogène sulfuré ne se montrent qu’avec S O3, 3 H O, et que ce n’est qu’avec S O3, 5HO qu’il y a dégagement de grandes quantités d’hydrogène sul-iuré et seulement des traces d’acide sulfureux. Nous concluons de ces résultats que lorsque l’acide sulfurique concentré agit sur l’étain, le métal est oxydé comme le cuivre par l’action de l’acide, tandis qu’avec des acides plus faillies, l’eau est décomposée, l’oxygène se fixe sur l’étain ou le zinc, tandis que l’hydrogène s’unit avec le soufre pour produire de l’hydrogène sulfuré; par conséquent, l’action de l’acide sulfurique sur l’étain peut être considérée comme deux actions chimiques ayant lieu simultanément; de plus, il y a production de sulfate de deutoxyde d’étain et non le sel correspondant de protoxyde.
- L’action de l’acide sulfurique sur l’étain jette beaucoup de lumière sur la formation du sulfide de cuivre, car dans le cas de l’étain, comme il n’y a pas affinité intense entre ce soufre et ce métal, °n observe la production1 d’une grande quantité d’acide sulfureux fit pas d’hydrogène sulfuré, mais une grande abondance de soufre libre flottant feur le liquide qui indique une désoxydation complète de l’acide sulfurique par les deux métaux, toutefois, avec cette diffé-
- rence que dans le cas de l’étain, le soufre reste libre, tandis que dans celui du cuivre; i! se combine avec ce métal pour produire un sulfure.
- (La suite au prochain numéro.)
- Sur la préparation de Vacide azotique.
- Par M. le professeur Wagner.
- Depuis quelquésannées,l’emploi de l’acide azotique a pris un tel développement que les fabriques de produits chimiques peuvent à peine suffire à la consommation. La préparation du nitrobenzole et de l’acide arsénique pouf la fabrication des couleurs extraites du goudron, celles du coton-poudre, de la nitroglycérine et autres préparations explosives analogues, celle de l’azotate d’argent pour les besoins de la photographie,etc., consomment aujourdvhui des quantités considérables de cet acide.
- Les progrès dans le mode de préparation de l’acide azotique, n’ont pas marché de pair avec le développement de son emploi et de ses applications, et encore aujourd’hui on prépare l’acide azotique dans les fabriques de produits chimiques par la décomposition du nitrate ou salpêtre de soude par l’acide sulfurique. Il est à peu près superflu de démontrer que cette méthode n’est pas rationnelle; la soude du nitrate de soude qui, par elle-même a de la valeur, se trouve ainsi transformée en bisulfate qui, abstraction faite de la proposition qu’on a pu lire depuis peu dans les recueils périodiques d’utiliser ce produit dans la fabrication de l’acide sulfurique fumant ou pour ouvrir la cryolite, n’est certainement pas un produit avantageux et rémunérateur.
- Je sais bien que M. F. Kuhlmann a proposé de préparer l’acide azotique par la calcination de l’azotate de soude avec le chlorure de manganèse ou certains sulfates (sulfate
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- de baryte, kierserite, sulfate de zinc).Mais quelqu’intéressante que soit cette proposition, elle présente l’inconvénient qu’elle ne peut avoir que des applications locales et qu’en l’employant, la soude du salpêtre est transformée en chlorure de sodium ou en sulfate.
- Depuis que les industries de la cryplite et de la bauxite sont en mesure de livrer par grandes masses et à bas prix de l’hydrate d’alumine, on a cherché à attirer l’attention sur la décomposition complète et facile de l’azotate de soude par cette alumine hydratée par voie de calcination. Dans cette opération, il se dégage un mélange de vapeurs d’acide azotique et d’acide hypoazotique qu’on peut, par le moyen indiqué par M. Kuhlmann, transformer en acide azotique marchand, tandis qu’il reste de l’aluminate de soude qui, par lui-même, peut trouver déjà des applications, ou bien au moyen de l’acide carbonique gazeux être décomposé en soude et en hydrate d’alumine, lequel sert de nouveau à décomposer de l’azotate de soude.
- Au lieu de l’hydrate d’alumine, on peut, et l’experience directe l’a d’ailleurs démontré, employer à cette opération la silice qu’on obtient du verre soluble ou de la décomposition du fluorure de silicium par l’eau. Cette silice offre sur l’alumine cet avantage considérable qu’elle décompose l’azotate de soude à une température infiniment moins élevée.
- Un mélange d’alumine hydratée et de silice, ainsi que l’hydrosili-cate d’alumine décomposent de même l'azotate de soude, et on sait que la préparation de l’acide azotique avec le salpêtre qu’on chauffe avec de l’argile humide est une des plus anciennes méthodes pour la préparation de l’eau-forte.
- Préparation de l’acide acétique et des acétates purs avec l’acide pyroligneux au moyen de .la baryte.
- Par M. C.-F. Richter, de Berlin.
- On a proposé et essayé diverses méthodes pour préparer l’acide acétique pur et exempt d’einpy-reume, ainsi que les acétates purs au moyen de l’acide pyroligneux, mais sans arriver au but proposé. Le moyen le plus économique et le plus simple est toujours la carbonisation de l’empyreume, mais il reste seulement à résoudre le problème de savoir comment on doit conduire cette carbonisation pour ne pas détruire l’acide acétique. La préparation de l’acétate de chaux et celle de l’acétate de soude ne fournissent pas à cet égard de résultat satisfaisant, parce que la chaux est une base trop faible, de façon que l’acide acétique dans cette combinaison ne résiste pas sans se décomposer en partie à la chaleur nécessaire pour brûler les huiles empyreumatiques et est détruit partiellement, ce qui diminue beaucoup le rendement en sel pur. L’acétate de soude se comporte de même, malgré qu’il supporte sans se décomposer une température plus élevée, parce que la décomposition de l’empyreume en devient ' d’une difficulté d’autant plus grande, que l’acétate de soude se fond et que le carbonate de soude qui provient des acides empyreumatiques détruits, reste dissous dans la liqueur, de façon qu’il est toujours disposé à se décomposer de nouveau et à se combiner avec de nouvelles quantités d’acides empyreumatiques qui deviennent libres, au point qu’il faut élever la température et soutenir longtemps la calcination, circonstances dans lesquelles il n’est pas possible d’éviter une décomposition partielle de l’acétate de soude. Enfin, la matière fondue épaisse laisse difficilement échapper les vapeurs empyreumatiques, et en agitant continuellement il se forme,
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- par le refroidissement, des croûtes épaisses qui retiennent encore des matières empyreumatiques et rendent le travail difficile et laborieux.
- ( Tous ces inconvénients sont évités, en combinant l’acide acétique à la baryte. La baryte est une base assez puissante pour que, dans cette combinaison, l’acide acétique résiste très-bien à la calcination ; de plus, l’acétate de baryte ne fond pas et le peu de carbonate de cette base qui se forme est tout-à-fait indifférent vis-à-vis des acides ré-siniques.
- Pour préparer l’acétate de baryte, on introduit de la whiterite (carbonate de baryte naturel) broyée en poudre fine dans l’acide pyroligneux tant qu’il y a effervescence, et la solution encore un peu acide est neutralisée par le sulfure de baryum ou la baryte caustique. Après que la liqueur s’est complètement éclaircie par le repos, on l’évapore dans une bassine plate, et les cristaux qui se forment sont enlevés à l’écumoire et déposés sur une surface inclinée et placée près de la bassine où on les laisse égoutter.
- Pour calciner ces cristaux égouttés, on se sert d’une grande bassine profonde de 10 centimètres et offrant une surface de 30 à 36 décimètres carrés, engagée dans la maçonnerie de telle façon que son fond soit chauffé bien uniformément, mais sans devenir rouge. C’est dans cette bassine qu’on étale les cristaux sur une épaisseur de 5 centimètres environ, en agitant continuellement et ayant surtout bien soin qu’il ne s’attache rien au fond, enfin chauffant jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs empyreumatiques,et qu’un échantillon donne avec l’eau une solution incolore.
- Les cristaux dans cette calcination s’effleurissent en une poudre assez homogène qui, du moment qu’on a atteint le but indiqué par l’essai, doit être enlevée du feu et refroidie dans une autre bassine
- en remuant constamment, autrement les particules excessivement fines de charbon provenant de l’empyreume détruit, opèrent aisément comme un pyropnore et peuvent déterminer une combustion secondaire.
- Afin de s’opposer à une trop grande pulvérisation pendant la calcination, on peut avec avantage mélanger à fa fonte 2 pour 100 d’acétate de soude qui, en fondant, rend l’acétate de baryte humide et permet en outre de neutraliser non plus avec le sulfure de baryum ou la baryte caustique, mais immédiatement avec le carbonate de soude. La masse'calcinée est enfin lessivée avec l’eau et l’acétate blanc de baryte qu’on obtient par l’évaporation sert à préparer aisément tant l’acide acétique que les autres acétates.
- Fabrication du sulfide d’ammonium.
- Par M. P. Spence.
- L’hvdrosulfure d’ammoniaque ou sulfide d’ammonium, est principalement employé aujourd’hui dans les laboratoires, où il constitue un réactif très-utile dans l’analyse des métaux et autres travaux. On a souvent eu l’idée que son emploi pourrait devenir plus étendu si on parvenait à le produire économiquement et de bonne qualité. Pour le moment, on le prépare directement en chargeant une liqueur ammoniacale de gaz hydrogène sulfuré, mais c’èstlà un mode fort dispendieux, et cette circonstance, que la plus grande partie ainsi obtenue n’est pas complètement saturée de gaz, fait comprendre que ce n’est pas un mode commode et avantageux de préparation.
- Ayant eu besoin, il y a quelque temps, d’une grande quantité de ce sel dans la fabrication du sulfo-cyanure d’ammonium, j’ai imaginé
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- un mode de préparation qui est très-économique et dans lequel on l’obtient parfaitement chargé de soufre. .
- Ce mode de préparation consiste simplement à mélanger un sel d’ammoniaque, par exemple le sulfate. ou le chlorure avec le double de son poids de résidus de soude ou de chaux de gaz (tous deux don* nant de bons résultats), à faire passer dans le mélange un jet de vapeur d’eau et à conduire les vapeurs dans un appareil condenseur. On fera bien de mélanger les deux corps dans une partie d’eau, et môme dans ce cas, il est utile de surveiller attentivement les tuyaux de condensation, parce que le sulfide d’ammonium étant beaucoup plus volatil que l’eau, il se dégage d’abord avec une telle énergie, qu’il se condense sous forme solide. Je ferai même mention ici d’un accident, afin d’engager à prendre des précautions.
- Je passais près du. vaisseau dis-tillatoireau moment où il fonctionnait, et apercevant quelque chose qui ne marchait pas convenablement, j’appelai le préparateur qui, avec l’homme de service, examina les tuyaux et les trouva bien étanches. Èn les ouvrant avec une tige de fer, il y eut un écoulement de liqueur et une forte explosion de gaz, ce que voyant, j’ordonnai à l’homme de s’éloigner instantanément, et comme il hésitait, le préparateur le saisit par le bras et l’entraîna, mais à l’instant cet homme tomba et devint aussi roide qu’une pièce de bois. On lui fit aussitôt des frictions sur l’estomac pour rétablir la respiration qui était complètement suspendue, et des aspersions d’eau froide sur la tête. Alors se manifestèrent de violentes convulsions qui durèrent une heure et demie, après quoi il se rétablit graduellement, et le lendemain il put reprendre son service.
- L’hydrogène sulfuré exerce sur la vie animale un effet très-puissant, et combiné à l’ammonia-
- ue il semble avoir encore plus 'activité ; mais une particularité sous ces deux formes, c’est que si vpus ne périssez pas, il ne laisse aucun effet consécutif dangereux. J’ai eu fréquemment -à souffrir de son action, mais toujours temporairement. On voit donc qu’en prenant les précautions convenables, la préparation du sulfide d’ammonium ne présente, par le procédé décrit, aucune difficulté.
- Préparation du cyanure de potassium pur.
- Par M. L. Knaffl.
- Le cyanure de potassium préparé par la méthode de M. Liebig, c’est-à-dire en faisant fondre ensemble du cyanoferrure de potassium avec du carbonate'de potasse, ne fournit pas du cyanure pur, mais un sel qui renferme des quantités variables de cyanate et de carbonate de potasse. Il y a moins d’importance en photographie que dans les travaux de galvanoplastie de faire usage de cyanure de potassium pur, parce que le précipité galvanique des bains qu’on obtient avec le cyanure pur est moins fragile et adhère mieux.
- Pour préparer du cyanure de potassium pur, on dissout 2 parties de potasse caustique sèche, contenant 4 équivalents d’eau, dans 10 parties d’alcool à 90° G., et on fait passer à travers cette solution de l’acide cyanhydrique, qu’on obtient par la distillation de 4 parties de cyanoferrure de potassium avec l’acide sulfurique étendu, préparé avec 3 parties d’acide concentré et 7 parties d’eau.
- Il se précipite du cyanure de potassium sous la forme d’une poudre blanche. On jette immédiatement cette bouillie blanche sur un filtre, on la lave, après que la portion fluide s’en est écoulée complètement, deux à trois fois avec l’alcool à 90°; on presse avec pré-
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- caution et on fait sécher lentement dans une étuve, mais cependant assez fortement.
- La poudre fine parfaitement sèche est, par petites portions, introduite dans un creuset en fer tourné bien écuré, porté au rouge, et on |a laisse sur le feu jusqu’à ce que le tout soit à l’état parfaitement fluide, et qu’une spatule en fer qu’on y plonge se recouvre d’un liquide limpide qui, en refroidissant, se prend en une masse blanche translucide.
- On enlève alors. le creuset du feu, et la masse fondue est versée dans une capsule en fer écurée à blanc.
- Ainsi obtenu, le cyanure de potassium est blanc et d’une structure cristalline translucide qui ressemble à celle du camphre. Il renferme 99 pour 100 de cyanure pur.
- Préparation du vert de chrome.
- Par M. G. Dieterich.
- Le vert de chrome véritable et pur se prépare, comme on sait, en faisant calciner du chromate rouge de potasse et du soulre, mais on a indiqué pour cela bien des rapports divers entre ces deux corps.
- D’après mes expériences, la première condition pour obtenir un bel oxyde de chrome est de faire usage d’un chromate de potasse aussi exempt de fer que possible ; la seconde, de ne pas prendre une trop forte proportion de soufre ou pulvériser trop grossièrement le sel de chrome. J’ai obtenu un fort beau vert en pulvérisant cinq parties de bichromate de potasse, faisant passer à travers un tamis en crin, mélangeant à une partie de fleurs de soufre, remplissant à moitié un grand creuset de Hesse avec ce mélange, couvrant ce creuset avec une tuile, chauffant au rouge sombre jusqu’à ce qu’on n’aperçoive plus de flamme de soufre, retirant du feu et laissant refroidir lentement, le creuset cou-
- vert. Dans la masse obtenue, qui varie du vert grisâtre au noirâtre pâle, qu’on lave après l’avoir brisée en morceaux, avec de l’eau chaude, on ne peut pas enlever complètement le sulfure de potasse calciné qui est difficilement shluble; en conséquence on pulvérise cette masse pâle dans un mortier en fer, on la tamise et on la fait bouillir à plusieurs reprises avec l'eau. L’oxyde de chrome pur est .alors jeté sur un filtre à châssis, puis soumis à la presse et séché. Les gâteaux secs sont faciles à pulvériser, et la poudre est d’un vert foncé fort beau, mais qui manque de feu.
- L’oxyde de chrome obtenu avec un bichromate de potasse renfermant du fer est vert noirâtre sale ; par une digestion dans l’acide chlorhydrique étendu, on peut aisément en éliminer le fer. La décomposition du fer combiné sous la forme de sulfure, donne lieu à an dégagement d’hydrogène sulfuré, la nuance devient plus claire et plus fraîche, mais on perd >un peu d’oxyde de chrome qui est dissous par l’acide chlorhydrique.
- Avec 5 parties de bichromate de potasse, j’ai obtenu de 2,5 à 2,75 parties d’oxyde de chrome pur, tel qu’on peut remployer! dans ; la peinture sur porcelaine. ’
- Récherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de Ças-sius.
- ' 1 ’ ‘ / O 1.
- Par M. J. C. Fischer.
- (Suite). • ;
- B. Opinions des divers chimistes sur la nature du pourpre de Casj sius. ’ ‘ ‘
- Buisson considère le pourpre de Cassius comme un simple mélange d’or métallique et de bichlorure basique d’étain.
- Sarzeau se range à l’opinion de Buisson.
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- Yauquelin dit que le pourpre est un mélange d’oxyde d’or, d’oxyde d’étain et d’or métallique.
- Marcadieu fond l’or, l’argent et l’étain ensemble, et traite cet alliage par l’acide azotique ; au moment où des bulles commencent à s’élever dans la liqueur, le pourpre se développe; avec l’acide chlorhydrique il ne se présente rien de semblable, et Marcadieu en conclut que le pourpre contient de l’or métallique. ,
- Lentin explique la formation du pourpre de Cassius, d’après le mode de préparation qu’il a fait connaître, et ainsi qu’il suit : L’étain imparfaitement oxydé s’empare d’une partie de l’oxygène de l’or qui se dépose alors avec une couleur pourpre au sein des parti— cules d’oxyde d’étain, qui ne sert alors que de base à la couleur, comme la cochenille dans la teinture écarlate. Qu’une portion de l’oxygène doive être enlevée à l’or qui l’a emprunté lors de sa dissolution dans l’eau régale pour qu’il puisse développer la coloration poupre, c’est un fait qui, paraît confirmé par cette circonstance, que diverses autres substances peuvent précipiter de même des couleurs pourpres. Par exemple, lorsqu’on applique une petite quantité de solution d’or à la surface de la peau, il se développe au bout de quelque temps, en ce point, une coloration absolument semblable à celle du pourpre de Cassius. Ici, le carbone (pii constitue une partie de la peau, soustrait à l’or une partie de son oxygène et le précipite alors coloré en.pourpre.
- M. Strecxer a reproduit cette opinion sur la nature des taches rouge pourpre que produit la solution d’or sur la peau animale, en tant, dumoîns,qu’illes considère comme étant probablementde l’oxyde d’or, puisqu’elles n’acquièrent pas par le frottement l’éclat métallique, éclat qui ne se développe que lorsqu’on les expose à la lumière solaire dans uh, flacon rempli d’hydrogène (Yoy. plus bas, l’opinion de M. Knaffl).
- Proust a examiné un précipite préparé avec l’oxyde d’or et le proto-chlorure d’étafn, qu’il a fait bien sécher et trouvé composé de 24 pour 100 d’ormétallique, et 76 pour 100 d’oxyde d’étain, qu’il considère comme combinés chimiquement.
- Gay-Lussac admet également une combinaison de ces deux corps par voie d’affinité ou, du moins, par adhérence intime.
- Clarke, d’après ses propres expériences, conclut que le pourpre consiste en une combinaison chimique d’étain oxydé et d’or oxydé, dans le rapport pondéral de 3 parties d’étain et de 1 partie d’or, mais qu’il se précipite toujours dans sa préparation plus d’étain que d’or. Les différentes nuances de coloration que présentent les pourpres sont basées sur les rapports variés suivant lesquels les oxydes des deux métaux se combinent l’un à l’autre, et peut-être aussi sur les différents degrés de leur oxydation.
- M. Buchner conclut, en outre de ses expériences sur quelques combinaisons de l’or, que l’or malgré sa fixité en lui-même et vis-à-vis les acides, par suite de son affinité pour les éléments électro-positifs peut, au moyen de ceux-ci, s’emparer de l’oxygène ou des éléments déjà combinés à celui-ci, de façon qu’en contact avec les métaux électro-positifs ou les oxydes basiques, à une chaleur rouge faible et où il ne fond pas encore, il perd sa nature métallique et forme des combinaisons métalliques qui lui sont propres. Les combinaisons de l’or avec les oxydes basiques n’apparaissent, qu’au moyen des affinités entre l’or électro-négatif et les métaux électro-positifs, de manière à arriver à cette condition que la quantité d’oxygène que les derniers absorbent ou possèdent déjà, devient commune aux deux métaux pour constituer ainsi un oxyde simple d’un métal double. Mais, dès que le métal électropositif, soit par une élévation de
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- la température, soit par l’action d’un acide, abandonne l’or, il entraîne à lui toute la quantité d’oxygène, pour revenir à l’état d’oxyde basique. .C’est un oxyde double de ce genre' que l’or forme avec l’étain, et cela dans des rapports divers; le pourpre de Cassius est une combinaison de cette espèce, c’est-à-dire où l’oxygène est combiné à un métal double.
- Suivant M. N.-W. Fischer, il M’est pas douteux que le pourpre d’or consiste en un sous-oxyde d’or . et oxyde d’étain.
- Desmarest admet que l’insolubilité du pourpre de Cassius dans l’acide chlorhydrique est en faveur de l’opinion que l’or y est à l’état métallique, mais malgré cela, il pense que l’or, lorsqu’il développe une couleur pourpre, y est dans un état d’oxydation. Ainsi des morceaux de marbre qu’on a plongés dans une solution d’or, n’éprouvent aucun changement à l’ombre, mais deviennent pourpres à la lumière, etc.
- Oberkampf a examiné deux combinaisons; l’une, qui avait été préparée avec un excès de solution d’étain, présentait une coloration violette et renfermant 39,8 pour 100 d’or; l’autre, qu’on avait préparée avec un excès de solution d’or, était purpurine et renfermant 79,4 pour 100, c’est-à-dire le double en or. Il pense que dans ces deux combinaisons l’or n’est pas à l’état métallique, mais dans un état d’oxydation.
- Schweigger Seidel considère le pourpre comme un stannate de protoxyde d’or et d’étain
- = SnO+ 3Sn02, AuO + 2Sn 0^, 6H0
- Berzelius pense que l’or dans le pourpre de Cassius est dans un état intermédiaire entre le protoxyde et le bioxyde = Au CP qui est combiné dans cette préparation avec le sesquioxyde d’étain Sn203. Quand on chauffe le pourpre, il ne se dégage pas d’oxygène, parce que celui de l’oxyde d’or qui devient libre se porte sur le
- sesquioxyde d’étain et le transforme en entier en bioxyde parfait. Une preuve que le pourpre de Cassius ne renferme pas d’or métallique est, suivant Berzelius, qu’il est soluble dans l’ammoniaque, et que sa couleur, dès qu’on le chauffe, passe à celle de l’or finement divisé. La formule établie par Berzelius est
- Au02-f 2Sn2Ô3-f 4HO.
- Fuchs partage en grande partie la manière de voir de Berzelius sur la nature du pourpre de Cassius, mais il arrive à la formule
- 2 (Sn 0 + Sn O*), Au O* -f 2 Sn O*, 6 H O
- Figuier a mis en avant cette opinion, que le pourpre de Cassius est une combinaison chimique de protoxyde d’or et de bioxyde d’étain qui s’opère ainsi qu’il suit : Lorsqu’on met en contact le protoxyde d’or avec le bioxyde d’étain, le pourpre se forme immédiatement. Pour répéter cette expérience, il suffit de faire bouillir le protoxyde d’or dans une dissolution de bioxyde d’étain, dans une lessive de potasse (stannate de potasse), il se précipite alors du pourpre qui a pour composition
- AuO-f 3SnOi-f-4HO.
- Le pourpre qui se forme quand on plonge de l’étain en feuille dans une solution d’or, a la même composition. L’acide chlorhydrique ainsi que la lessive de potasse enlèvent au pourpre le bioxyde d’étain sans une trace de protoxyde. Le protoxyde d’or et le pourpre de Cassius ont une seule et même coloration!?). Le pourpre de Cassius préparé parles méthodes usuelles, renferme une quantité variable de bioxyde d’étain libre qui peut leur être soustraite par la dissolution de potasse. Les préparations ainsi purifiées possèdent la composition exprimée par la formule précédente.
- Enfin, il nous reste encore à 1 faire connaître l’opinion de Knaffl,
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- relativement h la préparation en question, ce que nous ferons ici avec quelques détails et dans les termes mêmes de ce chimiste :
- « On peut considérer comme venant k l’appui de l’opinion qui prétend que le pourpre de Gassius renferme de l’or métallique et de l’oxyde d’étain, cette circonstance que quand on l’a fait sécher, il se présente pomme si c’était un mélange d’or et d’oxyde d’étain dans un grand état de division; que chauffé au rouge, il s’en échappe un peu d’eau, mais pas d’oxygène; que l’eau régale y dissout de l’or ; que la quantité d’oxygène y correspond à celle de l’oxyde dvétain. L’acide chlorhydrique enlève au pourpre, après une longue digestion, l’oxyde' d’çtain, et il reste de l’or métallique. La solution elle-même du pourpre dans l’ammoniaque liquide, sur laquelle Berzelius s’appuie principalement pour affirmer que l’or n’y est pas à l’état métallique, ne confirme même pas cette opinion, puisque Mitscherlich s’est assuré au moyen du microscope qu’elle renferme des flocons qui, après avoir flotté pendant des mois entiers, finissent par se déposer, flocons qu’on a constaté n’ê-tre autre chose que de l’or. Quelque curieux que soit cet exemple en faveur de l’extrême divisibilité de l’or, il n’en est pas moins d’autres chimistes, et en particulier Berzelius et Fuchs, qui admettent que l’or dans le pourpre est à l’état oxydé, c’est-à-dire à l’état Au O2. Les considérations qui conduisent k cette hypothèse se fondent principalement sur les propriétés du verre rubis; de plus sur la coloration purpurine que la soie, le papier, la peau, etc., affectent lors-u’on les imprègne de solution ’or, et en outre sur ce que le mercure n’en extrait pas d’or k la température ordinaire, ainsi que l’a annoncé Robiquet, fait qu’on donne comme preuve de l’oxydation de l’or dans le pourpre, opinion d’ailleurs réfutée par Buisson, puisque par une digestion dans le mercure
- k 120 k 130° C., ce chimiste a pu enlever tout l’or au pourpre. Berzelius rejette, il est vrai, cette dernière démonstration comme insuffisante, attendu que le mercure s’empare également de l’oxyde d’or. La coloration purpurine que prennent la soie, le papier, la peau, etc., peut bien ne reposer uniquement que sur l’extrême division de l’or métallique, car jamais je ne suis parvenu k obtenir avec un lustre métallique la soie colorée en pourpre, et dont on a enlevé par des lavages l’excès de solution d’or, quand je l’ai soumise k une atmosphère d’hydrogène.
- « L’or peut être précipité k l’état métallique par l’or métallique au sein même de ses solutions. En effet, lorsqu’on précipite l’or par l’acide oxalique dans une capsule de porcelaine qu’on recouvre d’eau et qu’on ajoute avec précaution de l’eau régale, jusqu’à ce que le tout (k la température ordinaire) se soit dissous, puis qu’on étend de 5 k 6 fois le volume en eau et y introduit l’or précipité par l’acide oxalique, il s’y forme de magnifiques dendrites.
- « Pour former le pourpre de Gassius, on n’a pas besoin de bi-chlorure d’étain qui entrave plutôt l’opération, de même que le chlorure de sodium; mais il se développe fort bien lorsqu’on introduit dans l’acide azotique un alliage d’or, d’étain et d’argent.
- « Quelque vraisemblable que soit, d’après les circonstances rapportées ci-dessus, l’opinion qui veut que le pourpre n’est que de l’or et de l’oxyde d’étain à l’état de division extrême, on manquera néanmoins toujours d’une preuve directe tant qu’on ne connaîtra pas la modification pourpre de l’or. Buisson a parlé d’une modification de ce genre qu’il a obtenue en humectant de l’acide oxalique avec une solution de sesquichlorure d’or. Mais Berzelius, malgré les plus grandes précautions, n’a pas obtenu à cet égard de résultat satisfaisant.
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- « J’ai réussi par le moyen que voici à obtenir une modification rouge pourpre de l’or. Dans une solution de sesquichlorure d’or dans l’acide chlorhydrique exempt d'acide azotique et étendude 10,000 a 12,000 fois son volume d’eau distillée , j’ai introduit une assez grande quantité d’acide oxalique et chauffé de 30 à 40° C. Il s’est séparé ainsi de l’or. J’ai ajouté encore quelques gouttes d’acide chlorhydrique concentré, pour hâter la précipitation de cet or, et j’ai constamment, de cette manière, obtenu la modification purpurine du métal sous la forme d’une poudre extrêmement ténue qui adhérait aux parois de la capsule de porcelaine. Si on mélange à cette poudre de l’oxyde d’étain récemment précipité, on obtient un produit tout-à-fait identique au pourpre de Cassius.
- « L’existence de la modification purpurine procure bien un précieux éclaircissement sur la constitution du pourpre de Cassius, mais non pas naturellement sur la constitution du verre coloré en rouge pourpre par ce produit. »
- Si on en excepte Vauquelin, qui considérait l’or dans le pourpre de Cassius comme y étant à l’état d’oxvde et de métal, on voit qu’il reste encore dix-huit chimistes, dont six seulement (1) pensent que l’or y est à l’état métallique, tandis que "les douze autres (2) croient au contraire qu’il y est à l’état oxydé.
- Appareil pour le traitement des lessives ou liqueurs caustiques de résidu dans la fabrication du papier de paille.
- Par MM. E. Amos et W. Anderson.
- On sait que dans la fabrication
- (1) Buisson, Gay-'Lüssac, Knaffl, Mar-cadieu, Proust, Sarzeau.
- (2) Berzelius, Buchner, Clarke, Des-marest, Figuier, Fischer, Fuchs, Lentin, Oberkainpf, Robiquet, Schweigger-Seidel, btrecker.
- de la pâte à papier avec la paille, le genêt,le maïs, etc., on fait usage d’une assez forte proportion d’un alcali carbonaté ou caustique qu’on fait bouillir avec ces matières jusqu’au complet ramollissement de celles-ci. Comme résidu de l’opération, on obtient une liqueur ou lessive brune ou noirâtre, u’on a quelquefois fait écouler ans les cours d’eau voisins, mais cet écoulement ayant donné lieu à quelques inconvénients, et d’ailleurs ces liqueurs renfermant une grande quantité d’alcali, on a dû chercher à les utiliser; pour cela on a eu recours à une évaporation et à une calcination qui permettent de revivifier en partie l’alcali. Cette opération, jusqu’à présent, n’a pas été pratiquée économiquement, et c’est pour l’accélérer et la rendre à plus bas prix que MM. E. Amos et W. Anderson, tous deux grands fabricants de papiers, ont imaginé une disposition de fourneau présentant de la ressemblance avec un haut-fourneau ou fourneau à vent forcé, ouvert ou fermé au sommet.
- Ce fourneau est chargé avec du coke ou autre combustible, et après avoir été mis en feu, on verse la lessive sur le sommet du coke, en maintenant une alimentation constante en air par le moyen de tuyères tant qu’on fait arriver de la liqueur sur le combustible incandescent. Le résultat de cette opération est une évaporation rapide de la partie aqueuse et une accumulation graduelle de l’alcali sur le fond du fourneau, d’où on l’extrait de temps à autre, tandis que toutes les substances végétales ou nuisibles contenues dans cette liqueur sont brûlées et incinérées.
- Si le fourneau est ouvert au sommet, les vapeurs chaudes et les gaz de la combustion se dégagent et s’échappent dans l’atmosphère, mais si on le ferme avec un chapeau en partie mobile pour pouvoir charger en combustible, et en disposantun tuyau sur le chapeau, les vapeurs et les gaz peuvent être recueillis et utilisés pour produire
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- une force motrice, sécher des objets ou à des chauffages.
- La figure 17, pi. 329, est le plan d’un fourneau à vent propre à l’objet en question.
- La ligure 18 une section verticale.
- a, a, chambre à feu entourée d’une chambre annulaire b, b constituant un récipient pour la liqueur, à évaporer. Cette chambre se dilate considérablement dans sa partie supérieure, ainsi qu’on le voit en b1. Quant à la chambre à feu a, a, elle est pourvue d'une porte a1 pour l’introduction du coke, et on a accès sur son fond en a2, l’orifice étant fermé par une porte lutée quand le fourneau est en travail.
- c, c, tuyères pour l'introduction du vent dans le fourneau ; d, d, orifices pratiqués dans la chambre à feu a, au niveau de la ligne d’eau de la chambre annulaire ou à celui où l’on veut maintenir la liqueur; c, tuyau de déchargement conduisant d’un réservoir adjacent dans le fourneau, la liqueur
- ui chauffe promptement à raison
- e son contact avec les parois de la chambre à feu. Par le chauffage cette liqueur s’élève en écume dans la partie supérieure se dilate et déverse d’elle-même par les orifices latéraux d, d dans la chambre à feu sur le sommet du coke incandescent. La vitesse avec laquelle ce déversement a lieu est réglée par l’alimentation et d’après la capacité du fourneau pour évaporer la liqueur. Les vapeurs ainsi que les gaz de la combustion s’échappent par l’extrémitéouvertedu fourneau.
- Quand l’opération a été ainsi poursuivie pendant un certain temps, douze heures par exemple, en ayant soin d’alimenter en coke de temps à autre, suivant le besoin, on arrête le vent, on enlève fa porte a2 et la masse, en partie fondue, est extraite pour être traitée par lixiviation ou de toute autre manière, afin de recouvrer les réactifs chimiques contenus dans la liqueur et les séparer des résidus de la combustion.
- Dans quelques cas, les inventeurs au lieu d’extraire tout le contenu de la chambre à feu, insèrent k travers les parois du fourneau des barreaux t rayonnants à quelques centimètres au-dessus des tuyères, barreaux qui forment grille et soutiennent le coke au-dessus, pendant qu’au-dessous on extrait celui charge d’alcali.
- Dans le cas où l’on désire employer la vapeur générée pour servir de force motrice ou au chauffage, l’opération s’exécute sous pression dans un fourneau fermé, l’air étant lancé par lés tuyères avec une force proportionnelle à cet accroissement de pression, en même temps que le combustible est chargé au moyen de trémies à double fond ou de trappes.
- La forme de ce fourneau a été représentée en coupe dans la figure 19, dans laquelle/, /sontles trappes pour fermer le sommet du fourneau et introduire le combustible. On voit en g le tuyau d’évacuation de la vapeur et dès gaz de la combustion dans la chambre ou le tuyau qu’il s’agit de chauffer. Dans celte disposition, au lieu de laisser la liqueur chauffée s’écouler spontanément dans la chambre à feu, on est obligé de la chasser par force sur le combustible. A. cet effet, un tuyau h, en communication avec une pompe foulante, inséré dans la paroi du fourneau, est mis en rapport avec la chambre annulaire, et à un niveau plus élevé un tuyau î reçoit la liqueur de la pompe foulante et la déverse sur le combustible. i
- Dans l’une ou l’autre de ces dispositions on peut, si on le juge convenable, décharger directement la liqueur contenue dans un réservoir, dans le feu, et alors on n’a plus besoin de la chambre annulaire b.
- La figure 20 représente le fourneau en coupe horizontale, un peu au-dessus du niveau des tuyères.
- Lorsqu’on fait usage de coke, comme combustible, pour évaporer les liqueurs brunes de la macé-
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- ration de la paille, on trouve que le résidu se compose principalement de sulfate de soude. Pour obtenir le carbonate, qui est la substance employée pour le débouilli oe la paille, on ajoute a la liqueur oe résidu, avant c(e l’introduire oans le fourneau, de la craie dont ou proportionne la dose à la force oe la liqueur alcaline, et on obtient aiusi un résidu de carbonate de soude.
- De la même manière, lorsqu’on veut traiter d’autres liqueurs que celles de résidu ou débouilli de la paille pour recouvrer les agents ehimiques qu’elles renferment, on se sert des substances bien connues des chimistes, qui sont susceptibles de se combiner sous les conditions présentes, dans le fourneau décrit, avec les réactifs revivifiés Pour former le produit désiré.
- Sur la composition et les moyens d’utiliser les eaux des féculeries et des amidonneries.
- Par M. H. Vohl, de Cologne.
- Les eaux qui s’écoulent des fabriques de fécule et d’amidon sont uon-seulement fort incommodes pour le voisinage, à raison de leur odeur extrêmement désagréable, niais de plus, leur évaporation est tellement nuisible à la santé des habitants, que l’autorité et les réglements sur la police sanitaire ont dû en défendre l’écoulement à découvert sur la voie publique et encore moins permettre cet écoulement dans des canaux ou égouts, tant parce qu’elles les engorgent, que parce qu’elles répandent alors une puanteur insupportable par suite de la putréfaction dans laquelle ne tarde pas à entrer le gluten qu’elles renieraient.
- Cependant ces eaux infectes peuvent, en les soumettant à un traitement intelligent, être rendues, inof-mnsives et même utilisées par divers moyens.
- Déjà, dans l’année 1840, la Société d’encouragement de Paris avait proposé un prix de 3,000 fr. pour un procédé propre à faire cesser ces inconvénients. Cette proposition donna naissance à un travail de M. Leduc, qui fut honoré d’une récompense de 500 fr., mais le reste de la somme, ou 2,500 fr., resta disponible jusqu’en 1843, parce que le procède de M. Leduc n’avait pas complètement résolu le problème. Depuis, il n’y a pas eu, à ma connaissance, de nouvelles tentatives pour sa solution, et jusqu’à présent les choses en sont restées là.
- Afin de combiner ensemble les moyens de rendre ces eaux inoffensives et d’en tirer un parti avantageux, il faut, avant tout, connaître exactement les éléments qui composent ces eaux de résidu.
- J’ai entrepris un examen rigoureux de ces eaux à l’occasion et dans l’intérêt d’un fabricant de Cologne, qui dans l’établissement d’une nouvelle amidonnerie, désirait évacuer ses eaux dans les égouts de la ville.
- La fabrication de l’amidon de froment, indépendamment du moulage et du mode de dessiccation, se compose de trois opérations principales :
- 1° Gonflement du froment sous l’eau.
- 2° Broyage du froment gonflé.
- 3° Extraction par des lavages de l’amidon delà bouillie de froment.
- Le gonflement du grain s’opère dans de grandes cuves, ou dans des bernes ou des barriques et dure, suivant que la température extérieure est chaude ou froide, depuis 14 jours jusqu’à 3 ou 4 semaines ; pendant ce temps, l’eau agit sur le grain de manière à provoquer une fermentation acide, ou plutôt une sorte d’état putride dans lequel il se développe de l’acide carbonique, du gaz des marais et une petite quantité d’hydrogène sulfuré.
- Ces gaz, en se dégageant, sont chargés des produits volatils de la décomposition du gluten ; ils ren-
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- Ferment donc de l’acide acétique, de l’acide butyrique, de l’acide va--lérianique, etc., et c’est à ces principes, ainsi qu’à l’hydrogène sulfuré, qu’ils doivent leur odeur désagréable. Ces gaz, qui peuvent être extrêmementincommodes pour le voisinage et réagir, en outre, d’une manière dangereuse sur la santé d’un grand nombre d’individus , ont besoin d’être chassés des ateliers de travail et rendus inoffensifs. On remplit très-bien cette condition en brûlant ces gaz et les conduisant sous la grille d’un foyer, par exemple sous celle de la chauffe de la machine à vapeur ou de l’étuve.
- Les eaux de trempe du grain, qu’on appelle aussi eaux sures, ainsi que les premières eaux de lavage du grain écrasé, ont une couleur jaune pâle et sont légèrement troubles. Elles possèdent une odeur des plus repoussantes qui rappelle celle du vieux fromage et manifestent uneforteréaction acide.
- On s’est servi pour l’examen de ces eaux, d’un mélange d’eau sure et d’eau de lavage dans le rapport où la fabrication les livre. La quantité soumise à cet examen s’élevait à 100 litres.
- Le résidu de l’évaporation de ce mélange, qui possédait d’une manière remarquable l’odeur de la gélatine animale, formait une masse glutineuse qui, après en avoir évaporé l’eau et quand on la chauffait,
- L’éthylamine.........C4I
- La triéthylamine.... C6]
- La propylamine...... C61
- Il est très-présumable que l’amy-lème et le butylamine, sont de même contenus dans le produit distillé, mais la petite quantité de substance dont on a disposé n’a pas permis de constater leur présence.
- Pour séparer ces bases, on a eu recours tant à l’ébullition qu’à la manière dont elles se comportent vis-à-vis du perehlorure de platine. Dans le résidu de la distillation auquel on ajoute de l’eau de chaux,
- dégageait une odeur excessivement désagréable et pénétrante de matière animale brûlée (corne, cheveux, poils, etc).
- L’eau à laquelle on avait ajouté un excès d’alcali, développait des vapeurs ammoniacales, ainsi qu’une odeur insupportable de poisson.
- Les cendres du résidu de l’évaporation consistaient en grande partie en lactates, acétates solubles et phosphates dès terres alcalines et des alcalis, avec quelques faibles quantités de chlorures alcalins, d’oxyde de fer, de traces de manganèse et de sulfate (de chauxj.
- Afin de rëchercher les composes organiques renfermés dans ces eaux, c’est-à-dire les acides et les bases, on a neutralisé 100 litres du liquide mélangé (eau sure et eau de lavagé)parun lait de chaux étendu et soumis à la distillation avec un bon appareil réfrigérant. Cet appareil, ou plutôt le réfrigérant, était disposé de façon à ce qu’il fût possible de recueillir les gaz qui se dégageaient pendant la distillation.
- Le produit distille a été employé pour doser l’ammoniaque et les bases organiques, et le résidu de la distillation à la recherche des acides organiques.
- Indépendamment de l’ammoniaque, on a constaté d’une manière précise dans le produit distillé la présence de :
- rN ou (C*H*)-HNH8)
- 9N ou 3(C*H*):+(NH«)
- 9 N ou C6H6 -j-(NH3)
- on a reconnu avec certitude les acides organiques suivants :
- 1° Acides volatils. Acides acétique, propionique, butyrique, va-lérianique, caproïque, benzoïque, et une petite quantité d’acide formique.
- 2° Acides non volatils. Acides lactique, succinique et oxalique.
- L’acide carbonique et l’acide sulfhydrique se sont dégagés pendant. la distillation.
- Quant aux acides inorganiques,
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- les liqueurs de résidu renferment des acides sulfurique, phosphori-que, chlorhydrique et une petite quantité d’acide silicique.
- Indépendamment de ces bases et de ces acides, les eaux renferment encore une proportion assez notable de leucine et du gluten modifié et rendu soluble dans l’eau' Par la fermentation et la putréfaction. Il n’a pas été possible de démontrer d’une manière certaine la présence de la tyrosine.
- L’odeur insupportable de ces eaux de résidu, provient évidemment de la présence des acides organiques volatils et de celle de l’acide sulfhydrique gazeux; les bases organiques volatiles qui, relativement, ne s’y rencontrent que dans de très-faibles proportions, sont combinées aux acides et ne prennent pas part ou du moins très-peu à ces émanations fétides.
- Ces eaux sures et de lavage qui renferment les corps indiqués ci-dessus comme produits de la décomposition du gluten, ainsi que du gluten dissous, doivent, avant gu’on en permette l’écoulement, être, soumises à une opération préalable qui en fait disparaître l’odeur intolérable, mais qui, de plus, garantit le gluten dissous contre toute décomposition ultérieure; il faut neutraliser les acides et combiner le gluten.
- On ne peut guère conseiller d’écouler ces eaux sans autre préparation dans des puisards, parce que les acides qu’elles renferment, et leurs propriétés dissolvantes donneraient facilement lieu à des infiltrations dans les puits voisins, d’ailleurs, le gluten dissous éprouverait dans ces puisards une nouvelle décomposition par suite de la putréfaction qui continuerait à se développer et qui donnerait lieu à un déeaeement d’odeurs intolé-râbles.
- Les motifs qui viennent d’être exposés, 'qui s’opposent à l’écoulement des eaux sures et de lavage non préparées dans des conduites ouvertes et les égouts publics de-
- viennent plus pressants encore dans ce dernier cas par ùn prompt engorgement.
- Pour combiner les acides de ces eaux sures et de lavage, rendre insoluble le gluten dissous et garantir les corps non précipitables d’une décomposition ultérieure par la putréfaction, on y ajoute quelques centièmes d’un lait de chaux récemment préparé jusqu’à réaction alcaline. Il se forme immédiatement un précipité coagulé qui se dépose promptement au fond. L’eau claire qui surnage a perdu son odeur fétide et peut être immédiatement écoulée sur la voie publi-ue. Cette opération s’exécute dans e grandes cuves ou des réservoirs cimentés. Le précipité bourbeux est jeté dans des corbeilles ou des caisses percées de trous pour égoutter et qui sont garnies à l’intérieur d’une grosse toile qui ne laisse passer que la partie liquide.
- J’ai abandonné à elles-mêmes les eaux sures et de lavage ainsi préparées et présentant une légère réaction alcaline à une température constante de 38° G., et au bout de 14 jours je n’y ai pas remarqué le moindre mouvement de putréfaction. Le précipité calcaire, abandonné aussi à lui-même à une température d’environ 30° pendant 14 jours, n’a pas manifesté de signes de putréfaction, malgré qu’il renfermât une quantité notable de substances organiques azotées. Sa richesse en phosphate de chaux et en substances organiques azotées lui donne une assez Haute valeur comme engrais, ce qui pourrait bien rendre avantageuse la préparation des eaux de résidu sous le rapport pécuniaire.
- 100 litres d’un mélange d’eaux sures et de lavage fournissent environ 11 kilog. de précipité calcaire (séché à l’air). Ce précipité renferme sur 100 parties enpoudre : acide phosphorique 11,6938; azote 0,4651, ce qui correspond à phosphate de chaux des os (3CaOPOs) 25,5686 pour 100 et ammoniaque 0,5634.
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- La richesse en acide phospho-rique ou plutôt en phosphate de chaux servira à déterminer la valeur vénale de ce précipité comme engrais.
- En terminant, je ferai remarquer encore que l’influence des eaux sures et de lavage non préparées dans les égouts ou les canaux souterrains publics dans lesquelles on verse simultanément des liquides calcaires, par exemple, les eaux des mégisseries, des fabriques- de colle-forte, etc., donnent promptement lieu à des engorgements par la formation du précipité ci-dessus, et par conséquent cjue ces conduits ont besoin d’ôtre fréquemment nettoyés.
- Mémoire sur les graines de nerprun au point de vue chimique industriel.
- Par M. Lefort.
- Les graines de nerpruns tinctoriaux et du nerprun cathartique ont souvent fourni l’occasion de recherches chimiques, généralement très-contradictoires; mais ce résultat n’a plus lieu de surprendre dès qu’on sait qu’il existe dans ces fruits des principes colorants qui se modifient sous les influences les plus diverses, ou qui accompagnent les matières qu’on cherche à isoler, dans toutes les opérations qu’on, leur fait subir pour les purifier.
- M. Fleury est le premier chimiste ui, en 1840, ait séparé des baies u nerprun cathartique une substance colorante particulière, définie, à laquelle il donna le nom de rhamnine. Plus tard, MM. R. Kane, Gellaty, Bolley, O'rttlieb, Schutzen-herger et Bertèche annoncèrent dans les graines de Perse et d’Avignon l’existence de principes colorants qui reçurent, suivant les auteurs, les noms de chrysorham-nine, de xanthorhamnine, d'oxy-rhamnine et d'hydrate de rhamnine. En présence de résultats si di-
- vers et cependant si importants au point de vue de la teinture, nous avons pensé qu’il y aurait de l’intérêt à reprendre la question où ces savants l’ont placée, et surtout à rechercher si toutes ces matières étudiées sous différents noms, ne doivent pas être rattachées à un seul et même principe colorant, d’une pureté plus ou moins grande.
- Nous n’avons pas tardé à reconnaître, en effet, que toutes les variétés de graines de nerprun, dites graines de nerpruns tinctoriaux, contiennent, en quantité très-notable, deux substances colorantes isomériques, l’une soluble dans l’eau, à laquelle nous donnons le nom de rhamnégine, l’autre insoluble dans l’eau, que nous désignons sous le nom de rhamnine.
- Les baies de nerprun cathartique, si différentes, par leurs propriétés physiques, des graines de nerpruns tinctoriaux, renferment également de la rhamnine, ainsi qu’on le savait depuis longtemps ; mais la nature spéciale de ces fruits ne nous a pas permis d’y reconnaître avec certitude l’existence de la rhamnégine.
- Rhamnégine. La rhamnégine possède pour caractère distinctif d’être d’un blanc jaunâtre, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool à chaud, soluble à froid dans l’acide sulfurique concentré ou étendu, qui la transforme en rhamnine sans production de glucose. Les acides nitrique et chlorhydrique, ainsi qu’un certain nombre de sels neutres, la convertissent en rhamnine.
- On l’obtient toutes les fois qu’on abandonne à elle-même, à une basse température, une teinture alcoolique très-concentrée de graine de Perse ou de graine d’Avignon. Purifiée par l’alcool concentré et par l’éther, elle se présente sous la forme de choux-fleurs qui ne sont qu’un assemblage de petits cristaux prismatiques, jaunes et translucides.
- La rhamnégine se dissout dans les solutions d’alcalis caustiques et d’oxydes terreux ; avec les oxydes
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- jnétalliques, elle fournit des combinaisons insolubles, définies, qui flous ont servi pour établir un équivalent.
- La formule de la rhamnégine se représente par
- C12H603-f 2HO
- et ces combinaisons avec les oxydes de plomb et de cuivre par
- C12 H6 O5 -f- Pb O
- C‘* H«Os + CuO
- Rhamnine. La rhamnine est insoluble dans l’eau et soluble dans l’alcool concentré et bouillant, qui l’abandonne après son refroidissement sous la même forme cristalline que la rhamnégine, sauf sa teinte, qui est d’un jaune plus foncé, et sa solubilité dans l’eau, elle possède les mêmes caractères et la niême composition que la rhamnégine ; ainsi elle se représente par :
- C12H6034-2H0
- et ses combinaisons avec les oxydes de plomb et de cuivre par :
- C12 H6 05-)-PbO
- C12H605-)-Cu0.
- L’acide sulfurique concentré dissout la rhamnine à la manière de l’indigotine, de la lutéoline et de l’alizarine, et l’eau la précipite de la solution sulfurique sans qu’elle se soit décomposée.
- On l’obtient toutes les fois qu’on fait bouillir des graines de nerprun avec de l’eau : le mélange jeté sur un tamis de crin et lavé avec un filet d’eau froide, abandonne la rhamnine sous la lorme d’un précipité jaune citron vif, u'il suffit de laver avec de l’eau, e l’alcool et de l’éther pour le purifier.
- Non-seulement ces deux principes colorants sont deux corps isomères, mais il est encore très-facile de convertir la rhamnégine en riiamnine, à l’aide d’agents chimiques qui ne paraissent pas opérer de dédoublement de la substance initiale.
- Les divers moyens que nous em-
- Lt Technologiste, T. XXYIII. — Févrie
- ployons pour transformer la rhamnégine en rhamnine, les conséquences que nous en tirons pour l’industrie et, enfin, l’explication ue nous fournissons de la théorie e la teinture à la graine de nerprun, feront le sujet d’un deuxième Mémoire que nous soumettrons très-prochainement au jugement des lecteurs.
- Recherches sur les qualités vitales de la levure de bière.
- Par M. Hermann Hoffmann.
- Dans une communication antérieure (le Technologiste, t. 26, p. 630), j’ai essayé de démontrer que la levure n’est qu’une forme particulière du mycélium d’\m pénicillium et de plusieurs autres champignons très-répandus. Maintenant j’ai l’honneur de signaler ici les résultats de mes recherches sur les propriétés vitales delà levure.
- Si l’on introduit une petite quantité de levure dans de l’eau miellée faible et bouillie auparavant, le premier phénomène qu’on observe, consiste dans le dégagement de nombreuses bulles d’acide carbonique, qui bientôt forment une écume épaisse. En observant sous le microscope, je n’ai jamais vu les bulles se dégager des cellules mêmes; elles naissent au sein de la liqueur lorsque celle-ci se trouve sursaturée du gaz. Cette première phase se termine au bout de quelques jours et avant que tout le sucre ait disparu, parce que la réaction fortement acide qui se déclare dans la liqueur met un ternie à la fermentation. La surface de la liqueur est alors (après disparition complète del’écume)couverted’une délicate pellicule proligère, blanche, formée par de très-petites cellules de levure et des cellules ba-cilliformes, qui très-souvent représentent de petites chaînes composées de plusieurs membres. La majeure partie de la levure s’est
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- déposée au fond du vase; on ne remarque point en elle de nouvelles productions; ces cellules, dont le volume dépasse toujours de beaucoup celui des cellules globuleuses de la pellicule, renferment plusieurs petites vacuoles ou quelquefois une seule plus grande, qui toutes, du reste, sont remplies d’un liquide aqueux et transparent. Quant à la pellicule proligère, elle fructifie enlin sous la forme de pénicillium, lorsqu’elle reste à la surface de la liqueur. Si, au contraire, on la tient submergée dans un appareil approprié avec de l’eau miellée, de manière à la garantir du contact de l’air, elle ne fructifie pas, mais elle produit un mouvement de fermentation avec dégagement d’acide carbonique.
- Pour le dépôt de levure, qui est resté inerte au fond du vase, ses qualités vitales ne sont pas encore eteintes ; on peut, par exemple, en déposant cette levure sur un fragment de pomme de terre (bouillie auparavant) et en la laissant exposée à l’air, parvenir à la faire fructifier sous forme de pénicillium, de mucor ou autrement, toutefois en ayant la précaution d’exclure la poussière suspendue dans l’air. Ce n’est qu’au bout de neuf mois environ qu’ayant perdu la faculté de déterminer la fermentation, d’engendrer une pellicule ou de fructifier, elle doit être considérée comme morte.
- La manière d’être de la levure à des températures élevées est d’un intérêt tout spécial. Vient-on à chauffer pendant quelque temps la liqueur entrée en fermentation, de 60 à 74 degrés, la fermentation s’arrête pour recommencer quelques jours après le chauffage, et cela dans un degré affaibli. On remarque alors que les cellules de la levure ont été affectées par la chaleur; leur plasma présente l’aspect d’une matière coagulée, qui cependant repasse insensiblement à l’état normal; dès que les vacuoles ont reparu, le dégagement du gaz commence de nouveau. Mais le
- mode de végétation d’un grand nombre de cellules de la levure est alors changé : au lieu des bourgeons globuleux normaux, elle produit des appendices bacillaires, semblables à ceux qui se trouvent dans la pellicule mentionnée plus haut, mais de dimensions beaucoup plus fortes. Si l’on chauffe à une température encore un peu plus élevée, la levure perd la faculté de déterminer la fermentation, tout en conservant celle de produire une pellicule. A 84 degrés centigrades enfin, ses facultés vitales sont détruites complètement et sans retour.
- Chauffée à l’état sec, par exemple, en couche mince sur du papier qu’on place dans un bain d’air, la levure résiste à une température bien plus élevée ; si celle-ci n’a pas été supérieure à 180 degrés, la levure peut encore produire la fermentation, quoique lentement et avec peu d’intensité; à218 degrés, elle perd plus ou moins cette propriété ; mais, ce qui est digne de remarque, après avoir subi l’action d’une si haute température, elle reste encore apte à engendrer la pellicule.
- On remarque la même succession de phénomènes lorsqu’on fait agir sur la levure la créosote, les vapeurs de chloroforme ou l’acide sulfureux. Suivant l’intensité de l’action, il y a asphyxie passagère, fermentation retardée, fermentation supprimée ; enfin la pellicule proligère cesse de se former et la mort succède.
- J’ai encore constaté le fait déjà connu, que l’accès de l’air n’est point nécessaire à la fermentation, et que celle-ci est, au contraire, plus complète et se prolonge davantage lorsque la liqueur est recouverte d’une couche d’huile. En ce cas, la quantité d’acide produit, aussi bien que celle du sucre, non décomposé, est beaucoup moindre.
- Les bactéries et les filaments de leptothrix qu’on trouve souvent dans la levure de bière, ne jouent point de rôle essentiel dans la fer-
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- jïientation vineuse. De même, la levure ne peut nullement être remplacée par les spores de tous les champignons indistinctement, lieux du champignon ordinaire, par exemple, ne produisent aucune action.
- Machines à hacher les viandes.
- Par M. W. Venuleth, de Darmstadt.
- Il s’est écoulé environ une trentaine d’années depuis qu’on a com-niencé à établir des machines au moyen desquelles on peut hacher les viandes, ou du moins rendre ce travail plus facile. Les diverses constructions, dont on a fait l’essai, peuvent se ranger en deux classes.
- Dans la première de ces classes, on rencontre les machines qui imitent assez exactement le travail ordinaire à la main. C’est un billot tournant sur lequel tombe et se relève alternativement, un couteau ou hachoir mû par un arbre. Au moyen d’un appareil d’alimentation, la masse de viande est amenée peu à peu de la circonférence du billot vers son centre et sous le hachoir où elle est divisée. La machine est manœuvrée à la main par une manivelle ou un moteur mécanique.
- A la seconde classe des machines à hacher les viandes, appartiennent les constructions dans lesquelles un arbre tourne dans une auge cylindrique ou conique. Les couteaux ou hachoirs sont en partie portés par cet arbre, et en partie établis à la surface concave de l’auge. Autant qu’il est à notre connaissance, MM. Burn et Walter, de Pennsylvanie, sont les premiers qui aient construit et se soient fait patenter pour une machine de ce-genre. Beaucoup d’autres depuis, ont introduit de nombreuses modiücations dans l’appareil hacheur, et les machines destinées à ce service n’ont pas tardé h se répandre.
- Parmi les diverses dispositions que l’on a données aux machines à hacher la chair de porc ou autres viandes, on peut citer celle de M. W. Venuleth, à raison de sa simplicité, du bon travail qu’elle exécute, de son prix peu élevé, de la propreté et de la facilité de sa manœuvre.
- Ce hachoir, représenté en perspective dans la figure 21, pi. 329, se compose d’une boîte ou enveloppe double en fer, s’ouvrant sur charnière, dans l’intérieur de laquelle sont des nervures courant transversalement. Dans l’intérieur de cette boîte tournent deux cylindres à cannelures en hélice engrenant l’un dans l’autre, dont l’un d’eux a été représenté séparément dans la figure 22, et que pendant le travail on fait tourner au moyen d’une manivelle. Suivant la longueur de ces cylindres, et en dessous d’eux, est disposée dans une rainure, une lame de couteau qu’on peut ajuster du dehors au moyen de vis de calage. Ce couteau peut être démonté à volonté pour l’affiler, ce qui devient toujours nécessaire tous les deux mois après un travail assez rude de tous les jours.
- La viande qu’on veut hacher est découpée en longues lanières d’environ 3 à 4 centimètres d’épaisseur et introduite par un entonnoir placé dans le haut de la machine pendant qu’on manœuvre la manivelle. Les cylindres engrenés s’emparent de ces lanières, et pendant qu’ils tournent, les amènent continuellement en présence du couteau qui les découpe, les froisse et broie sur les cannelures de l’enveloppe, en les entraînant du côté opposé à l’entonnoir, où la masse de viande hachée s’échappe de la machine par une rigole courte.
- Indépendamment des avantages énumérés ci-dessus, on doit faire remarquer que l’emploi de cette machine abrège beaucoup la durée du travail, qu’elle peut être manœuvrée par les mains les moins exercées, que dans le travail il n’y a pas de viande perdue, qu’on n’a
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- pas besoin de billot, enfin, que la machine occupe fort peu de place et peut, partout, être placée sur une table.
- Le petit modèle de ces machines pour les ménages, peut fournir, par heure, 16 à 17 kilogrammes de viande hachée finement; le moyen modèle, pour les charcutiers, 30 à 35 kilogrammes ; et le grand modèle , pour les abattoirs, suivant qu’il est mû à bras d’homme ou par une force plus puissante, de 50 à 125 kilogrammes.
- Eclairage au magnésium.
- Par M. H. Larkin.
- M. Larkin s’est proposé de faire une lampe propre à brûler le magnésium, qui soit d’un service aussi facile que tout autre système de lampe. A cet effet, il fait brûler le métal, non plus à l’état de fil ou de ruban, mais à celui de poudre, et l’écoulement de cette poudre s’opère sans mouvement d’horlogerie ou autre moteur extérieur. Le métal en poudre est contenu dans un grand réservoir présentant, dans le bas, un orifice très-petit, par lequel cette poudre s’écoule comme dans un sablier. Toutefois, pour que cet orifice soit d’un diamètre suffisant et détermine un écoulement constant et régulier, la poudre est mélangée à une certaine quantité de sable menu, de verre pilé très-fin ou de charbon pulvérisé, en faisant varier la proportion de la poudre et du sable suivant l’éclat de la lumière qu’on veut produire. En quittant l’orifice du réservoir, le filet du mélange de métal et de sa-
- ble tombe librement à travers un tube en métal à l’extrémité supérieure duquel on introduit aussi un léger courant de gaz d’éclairage ordinaire. Les courants mélanges de poudres et de gaz descendent ainsi dans ce tube et s’échappent à son orifice où on les enflamme, et où ils continuent à brûler avec une flamme brillante tant qu’on alimente en gaz et en métal. Le métal se brûle et le sable qui l’accompagne tombe sans encombre dans un récipient disposé pour le recevoir, tandis que la fumee et les vapeurs sont entraînées par un petit tube-cheminée dans l’air extérieur. Immédiatement au-dessous du réservoir au mélange est une soupape qui sert à régler ou à suspendre entièrement l’écoulement de la poudre métallique, soupape qu’on ouvre et ferme à volonté. Quand on veut allumer une lampe de ce genre, on fait d’abord arriver le gaz en quantité suffisante pour en former un très-léger jet à l’orifice du tube, jet qu’on allume et laisse brûler aussi longtemps qu’on le juge convenable,jusqu’au moment où l’on a besoin de la lumière au magnésium. Il suffit alors d’ouvrir l’orifice d’écoulement de la poudre métallique qui descend à travers le gaz en état de combustion. Cette alimentation en poudre peut se répéter aussi souvent que la chose est nécessaire sans éteindre le gaz et avec toute la rapidité désirable,de façon qu’indépendamment de l’usage ordinaire auquel on applique les lampes, on peut produire bien simplement une lumière instantanée, permanente ou intermittente d’un grand éclat, qui convient très-bien pour les signaux et les phares, et cela avec un effet certain et sans la moindre dépense inutile de métal.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Régulateur chronométrique.
- Par M. C. W. Siemens.
- (Suite.)
- > On comprendra mieux la précision chronométrique du régulateur sous cette dernière forme plus délicate et plus parfaite, après avoir pris connaissance des considérations suivantes sur le principe de son action.
- La vitesse due à la hauteur du bord de la coupe tournante au-dessus du niveau du liquide dans la chambre extérieure est V7 ‘Zgli, expression dans laquelle h est la hauteur en mètres, et g l’accélération (9m.78) produite par la gravité au bout d’une seconde. Pour que le liquide puisse être remonté de manière à se déverser par-dessus le bord de la coupe, il faut donc lui communiquer cette vitesse. La vitesse virtuelle du liquide qui déborde est la même que la vitesse tangentielle du bord de la coupe, ou wXc, n étant le nombre de révolutions de la coupe par seconde, et c la circonférence de ce bord ex-
- primée en mètres. Il en résulte que la relation qu’on obtient pour déterminer la vitesse à laquelle une coupe de dimensions déterminées doit tourner au moment du déversement est de
- ___ j
- nc — V^gh ou n ——V%gh
- On fera remarquer que le poids spécifique du liquide n’intervient pas dans cette formule, car la seule force qui agisse sur le liquide dans la coupe, est la gravité qui est constante, et la force centrifuge qui est due uniquement à la vitesse de rotation de la coupe, et par conséquent qui est la même pour tous les liquides et indépendante de leur densité. Il en résulte que cette densité ne joue aucun rôle en ce qui concerne la vitesse de la coupe et n’affecte que la force motrice requise pour maintenir la coupe à cette vitesse.
- Appliquant cette formule à une coupe de 0m.152 de diamètre ou d’une circonférence de 0lü.47728, la hauteur du bord au-dessus du niveau du liquide étant également 0m.152, l’expression devient
- n
- 4
- 0.47728
- y/ 2X9J8X0452=3,61 révolutions par seconde,
- c’est-à-dire que 216 à 217 révolutions par minute doit être la vitesse de rotation de la coupe pour maintenir le liquide soulevé jusqu’au point de déversement.
- La même formule servirait également à déterminer le diamètre ou bien la hauteur de la coupe qui sont nécessaires pour produire une vitesse de révolution donnée.
- Le calcul précédent ne s’étend actuellement qu’au moment où le déversement commence, en indiquant la vitesse avec laquelle une coupe donnée doit tourner pour maintenir le liquide soulevé jus-
- qu’au point de déversement. L’accroissement de vitesse nécessaire pour produire un déversement effectif, la quantité de force motrice absorbée par le liquide qui déborde, et la relation mutuelle dont dépend l’efficacité pratique du régulateur comme appareil chronométrique sont faciles à établir de la manière que voici, pour une quantité déterminée de liquide déversé.
- Prenons la même coupe de 0m.152 de diamètre, supposons que la quantité de liquide déversé soit de 983 centimètres cubes par se-.
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- conde, et que le liquide employé est l’eau; enfin que l’aire de l’orifice sur le fond de la coupe est de 32 centimètres carrés, l’eau devra alors affluer sur le fond de la coupe avec une vitesse de 0m.304 par seconde. Pour obtenir cette rapidité d’écoulement dans la coupe, le sommet du liquide paraboloïde ou le niveau le plus bas à l’intérieur de la coupe doit être abaissé au-dessous du niveau de l’eau dans la chambre extérieure, de toute l’étendue de la hauteur due à la vitesse
- de 0m.304 par seconde (ji=-1^
- 0.092416
- 19.56
- =0«\004725
- Mais la circonférence de la coupe étant 0m.47728, tandis que la vitesse est 3,61 révolutions par seconde, la vitesse de la nappe d’eau qui se déverse sera 0m.47728 X 3,61=lm.722 par seconde, et par conséquent une hauteur de 0m.001276 au-dessus du bord de la coupe sera nécessaire pour fournir l’aire suffisante au déversement de 983 centimètres cubes d’eau par
- seconde. Le résultat de ce déversement sera donc que la hauteur réelle de la coupe est augmentée de 0m.152 à 0m.1585, et par conséquent que la vitesse primitive de la coupe doit être augmentée dans le rapport de ^0,1585 à V 0,1527 de façon que la nouvelle vitesse sera de 220 révolutions par minute, ce qui est une augmentation de 2 pour 100 dans la vitesse pour le déversement donné.
- La force absorbée par le déversement est celle requise pour élever 983 centimètres cubes d’eau par seconde à la hauteur du bord de la coupe, et en même temps pour lui imprimer la vitesse de déversement de lm.722 par seconde. Cette vitesse correspond à une hauteur de 0m.15189 qui, ajoutée aux 0m.152, hauteur du soulèvement dans la coupe, donne une hauteur totale de 0m.30389. Le poids sur lequel il faut agir est de 983 grammes d’eau par seconde, d’où on calcule que la force de cheval-vapeur absorbée par le déversement est de
- 0.983 X 0.30389 75
- =0,003983 force de cheval,
- à fort peu près 0,004 ou 1/250® d’une force de cheval-vapeur.
- Malgré qu’un accroissement dans la vitesse seulement de 2 pour 100 pour produire le déversement propre à absorber une quantité si considérable d’excès de force motrice, comme 1/250® de cheval, ne paraisse pas avoir une grande importance dans les circonstances ordinaires, ou l’on applique le régulateur, considérant que cette irrégularité ne s’applique qu’à un intervalle bien court de quelques secondes, et de plus se trouve réduit par l’addition des ailettes au pourtour de la coupe, ainsi qu’on l’a décrit plus haut, cependant il est évident que pour obtenir une rotation éminemment uniforme, avec une force motrice variable, on a besoin encore de quelque chose de plus qu’une simple coupe. Il a donc
- semblé à M. Siemens que si, par quelque disposition automatique, la coupe pouvait être abaissée dans la mesure précise de l’accroissement de la résistance déterminé par le déversement, alors la hauteur à laquelle il faudrait élever le liquide resterait virtuellement la même qu’auparavant, et par con-’ séquent que le temps de la rotation de la coupe demeurerait également le même.
- Cette disposition a, en conséquence, été réalisée dans le régulateur chronométrique délicat représenté dans la figure 19, pl. 328, par l’extrémité du ressort à boudin S qui relie la coupe à l’arbre moteur B, l'extrémité supérieure de ce ressort étant attachée à l’arbre, et celle inférieure à la douille au centre de la coupe, en même temps que cette douille s’adapte sur une
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- vis à double filet d’un grand pas découpée sur l’arbre moteur. La tension verticale du ressort soutient le poids de la coupe elle-même et du liquide qu’elle contient quand il est sur le point de déborder, mais sans aucune tension de torsion jusqu’au moment où ce liquide commence à déborder. L’augmentation de force motrice qui produit le déversement produit egalement une torsion correspondante dans le ressort, et par conséquent, une dépression correspondante de la coupe sur les filets de la vis, la direction de la rotation étant organisée pour s’accorder avec le sens du filetage de la vis. La torsion du ressort est ajustée de telle façon que la quantité nécessaire de la dépression de la coupe s’effectue pour une limite donnée dans l’accroissement de la force motrice, alors la dépression pour toute autre augmentation intermédiaire est justement celle suffisante pour corriger l’erreur dans la vitesse, et une rotation absolument uniforme, entre les limites de la force motrice en est la conséquence.
- Pour déterminer jusqu’à quel point ces idées étaient exactes, M. Siemens a construit une horloge électrique dans laquelle la coupe de rotation uniforme prend la place du pendule ordinaire. La force motrice est empruntée à une petite batterie de M. Marié-Davy ou de Daniell contenue dans le socle et ui n’exige d’autre attention que e recharger avec du protosulfate de mercure à de longs intervalles. L’axe moteur principal qui porte la coupe du régulateur reçoit le mouvement d’un électro-aimant contenu à l’intérieur de l’horloge, où se trouvent aussi placées les roues de réduction pour communiquer le mouvement de l’axe aux aiguilles du cadran et une disposition de contact au moyen de laquelle le courant électrique est alternativement rompu et rétabli dans la bobine, afin d’obtenir le mouvement de rotation. L’extré-
- mité inférieure de l’axe de commande repose sur une vis ajustable, comme on le voit en T, fig. 19, au moyen de quoi la coupe régulatrice peut être relevée ou abaissée pendant l’action, afin d’effectuer le réglement de l’horloge, chose qui ne pourrait s’accomplir avec une aussi grande'délicatesse, ni avec autant de facilité par aucun ajustement dans la force du ressort à boudin S qui soutient la coupe. Le liquide employé dans cette circonstance, est l’huile de paraffine qui est tout particulièrement applicable pour cet objet à raison de sa grande fluidité et de sa neutralité sous le point de vue chimique.
- Un caractère particulier à cette horloge, ainsi qu’au régulateur de machine à vapeur déjà décrit, est qu’on peut l’incliner considérablement sur l’un des côtés sans produire de changement visible dans la nappe uniforme de liquide qui se déverse de la coupe ou dans la vitesse de la rotation ; cette horloge pourri donc être employée à bord des bâtiments, où il est impossible d’admettre le pendule.
- M. Siemens a également appliqué la coupe à rotation uniforme pour régler un mouvement d’horlogerie employé dans les appareils télégraphiques-enregistreurs, et il est sur le point d’en faire usage pour obtenir un mouvement synchrone à différentes stations télégraphiques dans la construction des télégraphes chimiques, il espère même que cette coupe aura une valeur toute spéciale pour cet objet, parce qu’elle fera disparaître une difficulté éprouvée précédemment pour obtenir une rotation rapide uniforme.
- La coupe à rotation uniforme absolue avec plongement s’ajustant de lui-même, telle qu’on vient de la décrire, et qu’elle a été appliquée à une horloge électrique, est la première forme dans laquelle M. Siemens a réalisé l’idée d’une coupe tournante de liquide comme régulateur de la vitesse. En appliquant ce régulateur à une machine à va-
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- peur, il est évident que si la force et la charge sur la machine ne varient que dans d’étroites limites, il sera possible de construire une coupe à rotation uniforme assez grande pour absorber tout excès de force, toutes les fois qu’il s’en développera exactementde lamême manière que dans l’horloge et autres mécanismes délicats. Mais considérant que l’étendue actuelle des variations dans le cas de la machine à vapeur et l’importance qu’il y a de ne pas sacrifier de la force de la machine, ce qui serait le cas si tout l’excès de force était absorbé par le régulateur, il a été nécessaire de chercher à donner au régulateur une commande indirecte sur la machine, et c’est ce qui a été réalisé par l’emploi du mouvement différentiel et du châssis alternatif rattaché à la soupape de gorge ou au tiroir de détente.
- En même temps, le plongement automatique de la coupe est supprimé, et cette coupe n’étant plus portée sur l’arbre moteur, mhis sur un axe distinct commandé d’une manière indépendante par un poids constant, la coupe elle-même est faite d’un grand poids pour augmenter la fermeté de sa rotation et obtenir une provision de force accumulée toute prêtera un moment quelconque, à agir sur la soupape de gorge de la machine. On a vu aussi que les ailettes extérieures disposées autour du bord de la coupe doublent presque son pouvoir comme régulateur. En résumé, M. Siemens croit, après 32 années de travaux, être enfin parvenu à faire l’application d’un nouveau principe d’action propre à conduire à une réalisation plus complète de l’objet en vue, c’est-à-dire arriver à une rotation réellement uniforme dans les machines.
- Machine à 'pulvériser les minerais.
- Par M. J. Jones, ingénieur des mines.
- Cette machine, qui peut servir à casser, broyer et pulvériser les minerais, les quarz, les houilles, les os et autres matières dures, présente des perfectionnements qui consistent principalement dans un mode d’ajustement des mâchoires et des plaques latérales entre lesquelles les minerais ou autres matières sont broyées, dans la manière dont ces mâchoires opèrent, et dans le mode de construction des batteurs (pour la pulvérisation), dans le cas où l’on introduit ces organes.
- La figure 23, pl. 329, est une vue en plan d’une mâchoire casseuse et des pièces qui en dépendent.
- La figure 24, une section par la ligne x,x de la figure 23.
- Le bâti A, A établi pour porter et maintenir avec fermeté et comme il convient les organes de travail de la machine, est arrêté solidement sur la plaque de fondation B, B par des boulons a, a ; les deux flasques du bâti étant fortement reliées entre elles par des entretoises A’. Les mâchoires broyeuses entre et par l’action desquelles les minerais ou autres matières dures sont broyées, se composent de plaques robustes en fonte C et G’ doublées sur leurs faces contiguës de plaques de fonte durcie en coquilles D, plaques qu’on fait de plusieurs pièces arrêtées sur celles C. et C’ par des boulons b, b, dont les têtes sont contrefraisées comme on le voit dans la figure 23. Ces plaques D sont armées de dents c, c qui peuvent aussi présenter avec avantage des nervures ou des cannelures, ou même être entièrement lisses sur leur surface.
- La machine C est pourvue de tourillons C2, qui oscillent librement sur des appuis d arrêtés sur les flasques du bâti A. L’autre mâchoire C’ est armée d’un bras C3 qui sert à l’atteler à un arbre à
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- mouvement alternatif E fonctionnant dans des paliers F et G qu'on ajuste à volonté. Au moyen de cet ajustement, on peut rapprocher plus ou moins la mâchoire G1 de celle C, et broyer à volonté plus fin ou plus gros le minerai qu’on place entre elles.
- Le palier au centre G au travers duquel passe l’arbre E, porte une embase ou talon E1 reposant sur la plaque de fondation B. Ce talon est pourvu d’une mortaise e au travers de laquelle passe le boulon e1. Cette mortaise permet de mouvoir et d’arrêter aisément ce palier G dans la position requise sur la plaque de fondation B, ce qui facilite matériellement l’ajustement de la mâchoire C1 et. sert également â empêcher cette mâchoire de se rapprocher trop près de celle C. Les appuis extrêmes F de l’arbre E sont disposés pour glisser dans un guide horizontal H découpé sur les lianes du bâti A.
- Lorsque la mâchoire broyeuse C1 a été ajustée correctement, on visse un écrou e'2 bien serré pour empêcher tout mouvement du palier G, en même temps qu’on insère dans les guides H, derrière les appuis F, des blocs f auxquels on peut donner telle épaisseur qu’on désire et qui s’opposent à ce que la mâchoire C1 soit refoulée en arrière de la position où elle a été arrêtée quand elle opère sur des minerais durs ou des matières réfractaires. Au lieu des blocs f, on peut se servir de vis qui passent à travers la paroi qui ferme ces guides H pour ajuster et arrêter les appuis F.
- Les plaques latérales I, I s’opposent à ce que les minerais s’échappent par les côtés des mâchoires broyeuses G et C1. Ces plaques sont adaptées exactement pour fermer les bords de ces mâchoires, ajustées et arrêtées en contact avec celles-ci par des vis g ou par d’autres moyens.
- Les côtés des plaques en fonte dure D sont pourvus de retours L’, afin de présenter une plus
- grande surface de portée sur les plaques latérales I.
- Les mâchoires c et c’ reçoivent un énergique mouvement alternatif de la part des manivelles L1 et L2 sur l’arbre coudé L qui roule sur les paliers h,h\ ces mâchoires et les manivelles étant reliées entre elles par de robustes bielles J et K. Ces manivelles sont enlevées à la forge en coudant des portions de l’arbre solide L, jusqu’à ce qu’on ait obtenu le diamètre propre et la levée convenable à chacune d’elles. Les deux manivelles latérales L’, L’ sont formées sur l’arbre L exactement à l’opposé de la manivelle centrale L2. Ces manivelles L’ servent à faire fonctionner la mâchoire C, et celle L2 la mâchoire C1, ainsi qu’on le voit dans la figure 23. Au moyen de cette disposition, les trois manivelles L’,L‘,L2 et les deux mâchoires C et C1 opèrent simultanément et avec une force extrême de pression sur le minerai ou autre matière qu’on place entre celles-ci.
- La plaque de fondation B est pourvue d’ouvertures i au travers desquelles passe le minerai après qu’il a été broyé. On communique le mouvement à l’arbre L par une courroie motrice jetée sur la poulie M, et ce mouvement est égalisé par un volant N calé fortement à l’extrémité de cet arbre; ou bien on dispose deux poulies motrices ca lées sur chacune des extrémités de cet arbre L, pour remplacer la poulie et le volant.
- Mandrins se centrant et se serrant seuls.
- Par M. J. E. Earle, de New-Haven.
- On éprouve souvent de sérieuses difficultés dans l’emploi des mandrins universels ordinaires, à raison de certains efforts de torsion incommodes ou irréguliers, qu’éprouvent les pièces maintenues et qui tendent à les faire balloter ou
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- lâcher, et les mâchoires à les abandonner quand elles ne sont pas maintenues par une force suffisante. Pour remédier à ce défaut, M. Earle a cherché à relier les mâchoires mobiles avec la partie du mandrin qui, en tournant, produit ces mouvements de tendance à tordre la pièce et à la faire servir à tourner les parties du mandrin employées à fermer les mâchoires, et par conséquent à obliger celles-ci à pincer la pièce plus fortement ou à prévenir son déplacement.
- L’invention consiste également en une construction ou combinaison particulière de certaines parties d’un mandrin se centrant lui-même, afin de donner aux mâchoires des mouvements de position plus exacts, tant à l’ouverture qu’à la fermeture, que dans les mandrins de structure ordinaire.
- Dans la description qui va suivre, on supposera que ces dispositions sont appliquées à un mandrin , particulièrement adapté à maintenir des drills, des forets, des tarauds ou de petits objets qu’on veut tourner, tarauder ou percer sur le tour.
- Fig.26, pl. 329, section partielle par l’axe d’un mandrin construit d’après les nouvelles dispositions.
- Fig. 26. Vue en élévation de côté de ce mandrin, avec le chapeau D et les mâchoires C enlevées.
- Fig. 27. Vue en bout de ce mandrin.
- Fig. 28. Section verticale par la ligne X,X, fig. 25.
- Fig. 29. Vue en bout des pièces représentées dans la figure 26.
- A, boîte cylindrique, dont l'extrémité postérieure est percée pour pouvoir l’adapter sur une broche conique insérée sur l’arbre d’un tour ou d’une machine à percer, ou bien cette boîte est arrêtée sur une tige ou toute autre manière convenable propre à assurer la coïncidence de son axe avec celui de la tige. Une boîte de ce genre porte, dans la partie antérieure, un pas de vis, tandis que la partie postérieure est droite et exactement
- cylindrique pour servir, avec la portion filetée, de guide correct au manchon B qui s’adapte exactement sur cette boîte, et porte dans sa partie postérieure un taraudage de même pas que le filetage de A.
- La partie antérieure du manchon B a une forme conique et est coupée en trois points pour constituer autant de voies de guide à parois parallèles aux trois mâchoires C, C, C. Ces guides pointent au centre ou de l’axe du mandrin et s’élargissent vers la périphérie du cône, ces parties élargies formant retraites dans la portion conique. Les fonds de ces retraites sont parallèles à la surface conique adjacente.
- Les mâchoires C, à côtés parallèles, sont pourvues surleurs bords extérieurs, d’ailes ou d’épaulements qui s’adaptent dans les portions élargies ou retraites des guides Ces mâchoires ont une forme telle, que lorsqu’on les insère de l’extérieur dans les guides, leurs bords extérieurs pénètrent obliquement, de façon à correspondre à la surface conique de B, tandis que leurs bords internes sont parallèles à l’axe du mandrin.
- D, chapeau conique dont la surface concave interne correspond à la portion conique de B, s’y adapte exactement, et sur laquelle il est monté au moyen d’un filetage, ainsi qu’on le voit dans la figure 25. Ce chapeau retient les mâchoires dans leurs guides, de façon que quand le manchon B, sur lequel on a arrêté le chapeau, est mâ en avant ou en arrière dans lç sens de la longueur des mâchoires C, celles-ci sont ouvertes ou fermées sur l’axe du mandrin par des mouvements nets et positifs, leurs bords internes maintenant constamment le parallélisme avec l’axe.
- Les mâchoires C sont pourvues d’entailles profondes d qui s’engagent sur un disque ou collier 0 arrêté et se projetant sur la partie antérieure de la boîte A, afin de prévenir tout mouvement longitudinal des mâchoires.
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- Lorsque le mandrin doit être appliqué sur un tour de structure ordinaire ou dans le fût d’un drill, le filetage de A doit être à droite, mais si on veut se servir de ce mandrin avec une tige à mouvement de rotation à gauche ou en arrière comme, par exemple, dans les drills à gauche, alors le filet de la boîte court à gauche.
- Le mandrin représenté dans les figures est du premier de ces deux modèles, et voici comment il opère :
- On ouvre les mâchoires en tournant le manchon B en arrière, et par conséquent en le dévissant sur la boîte A; le drill ou autre pièce qu’on veut maintenir avec ce mandrin, est inséré entre les mâchoires, puis saisissant le manchon B avec la main ou une clef, on le fait tourner à droite ou marcher en avant, ce qui le visse plus avant sur la boîte A et le serre sur les mâchoires C, comme on le voit au pointillé sur la figure 25. Ces mâchoires sont donc contraintes de se fermer et de saisir ou pincer la pièce entre elles, en la maintenant rigoureusement en coïncidence avec l’axe du mandrin.
- Le même effet a lieu lorsque le mandrin est employé à maintenir un article qu’on veut tourner ou percer sur le tour, la résistance de l’outil coupant, déterminant alors le serrage ou le pincement des mâchoires sur la pièce.
- Les avantages de la construction i des guides à retraites dans le manchon B, et de l’emploi simultané d’un chapeau conique D, sont que les mâchoires peuvent être serrées fortement et simultanément, tout en obviant à l’emploi incommode des ressorts pour ouvrir ces mâchoires. Celles-ci sont d’ailleurs guidées correctement et leur centrage exact assuré dans toutes les positions, en même temps que la construction de cet outil paraît assez simple,
- Sur les assemblages à rivets.
- Par M. B. Latham.
- Si on demande à un constructeur de chaudières anglais, pourquoi il place les rivets de ses chaudières à une distance entre eux de 2 pouces (0m.054), il vous répondra : c’est l’usage, c’est-à-dire qu’on est dans l’habitude d’opérer ainsi dans la pratique. Si on fait la même question à un délégué des associations pour l’inspection des chaudières, qui doit avoir une grande expérience pratique et a pu observer de près bien des centaines de chaudières, il vous répondra que 2pouces est la distance qui paraît la plus convenable, puisque tous les fabricants de chaudières l’ont adoptée, et ajoutera que si les rivets étaient placés à une plus grande distance entre eux, les joints ne seraient plus étanches, et que si on les rapprochait le métal laissé entre les trous des rivets serait trop faible pour résister aux efforts auxquels il est exposé.
- Si vous insistez et dites que l’expérience a démontré qu’une barre de fer d’une section de 6c2.451 (1), employée comme rivet, est coupée et cisaillée par une force de 22,675 kilogramm. (35kil.l5 par millimètre carré), et qu’une bande de tôle à chaudière ayant une section de 6o2.451, c’est-à-dire égale à peu près à celle de la barre, est déchirée par 23,128 k.5 (35kil.85 par millimètre carré) et, enfin, si vous concluez de ces faits, dus à l’expérience, que l’aire du rivet et celle de la section transversale de métal qu’on laisse entre les trous des rivets doivent être, à peu de chose près, égales entre elles pour faire la chaudière la plus résistante possible, on vous répond sans hésiter que la chose peut bien être exacte
- (1) Toutes les mesures numériques dans le mémoire sont données en pouce anglais (0m.02339954), mais on a jugé plus commode de les convertir en mesures françaises pour la commodité des lecteurs. E.
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- en théorie, mais qu’on a observé que les tôles sont tellement affaiblies par l’usage du poinçon, qu’il n’y a qu’une distance de 0m.051 qui puisse convenir pour l’écartement des rivets.
- Enfin, si vous demandez qu’on vous fasse connaître les données expérimentales qui prouvent que cet écartement est le meilleur dans toutes circonstances, on se contente de vous dire que l’expérience l’a enseigné, réponse que vous font même les hommes en position d’instruire ceux qui font usage de chaudières à vapeurs, sur la meilleure méthode pour leur construction.
- J’ai donc pensé qu’il y aurait de l’utilité à discuter franchement la question devant ceux qui dépensent des sommes considérables en chaudières à vapeur et qui n’obtiennent que 75 pour 100 de la force que des principes corrects de construction pourraient leur procurer, et par conséquent paient 25 pour 100 en plus qu’il n’est nécessaire si on avait égard à ces principes, ou font- l’acquisition d’une chaudière qui est de 25 pour 100 plus faible qu’elle ne devrait l’être. Quelque étrange que cela paraisse, une chaudière faite en tôles de 9mm.53 d’épaisseur, assemblées avec des rivets de!9mm.05 de diamètre et un écartement de 0"1.051, est aussi résistante qu’une chaudière fabriquée avec des tôles del2mm.70, et des rivets et un écartement qui soient les mêmes que pour les tôles de 9mir,.525, puisque toutes deux céderaient dans les ri vêts qui seraient coupés, ce qui fait que le consommateur d’une chaudière paie 25 pour 100 pour sa chaudière, en plus qu’il ne devrait dépenser.
- Nous allons maintenant essayer de déterminer et de confirmer par une démonstration mathématique quel devrait être l’écartement, le plus convenable pour obtenir les joints rivés les plus résistants dans les chaudières à vapeur avec le minimum de matière, lorsque l’é-
- paisseur des tôles et le diamètre des rivets sont donnés; une démonstration mathématique étant de beaucoup la voie la plus expéditive et la plus simple pour arriver au résultat demandé. Soit
- E, l’écartement des rivets en millimètres; d, leur diamètre aussi en millimètres: a, l’aire de section d’un de ces rivets en millimètres carrés ; e, l’épaisseur des tôles en millimètres; r, le poids en kilogrammes nécessaire pour couper en travers 1 millimètre carré de fer forgé sous la forme de rivet; et L le poids en kilogrammes requis pour déchirer i millimètre carré de la tôle à chaudière laissée entre les trous de rivets après le poinçonnage. Dans ces circonstances, l’aire ae section de la tôle entre deux trous de rivets =(E—d)e et la force nécessaire pour déchirer cette section est
- (1) (E -d)et
- La force exigée pour couper un rivet est d’un autre côté
- (2.) ar
- Maintenant pour économiser la matière et fabriquer le joint à un seul rang de rivets le plus résistant, il faut faire que les rivets soient juste sur le point d’être coupés en travers, lorsque les tôles sont exactement au moment d’être déchirées. Dans ce cas, les équations (1) et (2) doivent être égales entre elles, c’est-à-dire qu’on doit avoir
- (3) (E—d)et — ar
- d’où on déduit
- (4, E = ~- + d
- et
- et aussi
- M. Fairbairn a donné pour l’usage pratique un tableau dans lequel il a déterminé l’épaisseur des tôles, le diamètre des rivets et l’écartement de ceux-ci. En faisant r = 35kil.l5, charge à laquelle on est arrivé expérimentalement, et
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- que nous donnons sur l’autorité de M. le professeur Rankine et adoptent pour E, d et e les chiffres du tableau de M. Fairbairn, on trouve Par l’équation (5) les valeurs de t dans la 5e colonne du tableau suivant.
- données du tableau de M. Fairbairn. AIRE VALEUR
- de section d? t
- ÉPAIS- SEUR DIA- MÈTRE ÉCARTE- MENT des par l’égua*
- des tôles e. des rivets d. des rivets E. rivets a. tion (5).
- millim. millim. millim. mill.car. kil.
- 4.76 9.52 31.75 71.17 23.61
- 6.35 12.70 38.10 124.70 27.17
- 7.94 15.88 41.27 198.30 34.53
- 9.53 19.05 44 45 284.96 41.40
- 12 70 20.64 50.80 334.50 30.70
- 15.87 23 81 63.50 448.60 25.02
- 19.05 28.57 76.20 641.00 24.95
- Les valeurs de t qu’on lit dans la dernière colonne sont, à la vérité,
- très-variables et elles atteignent un maximum, dans le cas de tôles de 9mm.53 d’épaisseur, qui s’élève à 41kil.40, et tandis que les expériences faites en 1864 par M. Fairbairn sur la résistance à l’extension des tôles à chaudière donnent pour valeur moyenne t=36kil.89, cependant on trouve que les valeurs de t déduites pour les tôles de 12mm.7 dans le tableau de cet ingénieur, ne s’élèvent qu’à 30 kil.70, et pour les tôles de 7mm.94 qu’à un chiffre aussi bas que 27 kil. 60, différences dont il est impossible de se rendre compte. La pratique ordinaire de faire l’écartement entre les rivets de 51 millim. pour les tôles de 9m'".525 d’épaisseur et des rivets de 19mm.05 de diamètre, donne avec l’équation (5) t = 35kil.88 qui se rapproche beaucoup de la forme la plus résistante de joint pour les tôles à simple rivure.
- Si on donne à t la meme valeur que celle que recommande M. Fairbairn pour les tôles de 9mm.525, on trouve par l’équation (4)
- (A)
- 284.96X35.150 12.700X41.40 '
- -f-19.05 = 38u™,09
- Mais si l’écartement des rivets dans les tôles de 9mm.52o est de olmin.5, alors t = 35kil.88 et avec
- rivets de 19mm.05 et des tôles de 12mra.7, on a
- (B)
- 284.96X35.15 ~ 12.7X35.88
- + 19.05 = 41mm.03
- M. Fairbairn a fait connaître dans les Transactions philosophiques de 1850 et dans son ouvrage intitulé Informations utilespour les Ingénieurs, un grand nombre d’expériences sur des joints à un seul rang de rivets, où l’épaisseur des tôles employées était 5m“‘.588 et la largeur 76m“.2 et qui étaient réunies ensemble par des- rivets de 12mm.7.La charge moyenne de rupture donnée par toutes les expériences a été 8430kil.365. Les aires
- des deux rivets étant 2 X 126,542 — 253mm-c 084 et l’aire de section des tôles, après le poinçonnage, n’étant plus que
- (76.2—25.4)5.588 = 280.87 On en déduit :
- 8430.365
- 280.87
- -t- 30^1.01
- qui, employé pour tôles de 12mm.7 et rivets de 18im".75, donne par l’équation (4)
- (4)
- 284.96X35.15 12.7X30.01 +
- 19.05 = 45™
- .35
- Les expériences de M. Fairbairn avec tôles de 5ram.588 d’épaiseur et larges de 88mm.80, assemblées par
- trois rivets de 12mm.7 de diamètre, donnent pour l’aire des trois rivets 379mui-c-84
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- et pour celle des tôles, déduction faite des trous de rivets 283mm c-31 qui orit rompu par la ligne des rivets sous une charge de 8922 kil.61, on en déduit
- 8922 61
- t — -
- 283.31
- :3iwi.49
- Si ces tôles eussent eu une largeur de 106mm.12 au lieu de 88mffi.80, leur section, après le percement, eût été de 68 x 3,688 = 379,98, c’est-à-dire égale à l’aire des rivets et le joint rivé eût été plus fort dans le rapport de 100 à 84 environ. Mais des expériences faites seulement sur deux ou trois rivets ne sont pas, comme le fait remarquer M. Fairbairn lui-même, assez concluantes pour déclarer que la force de résistance d’une rivure à un seul rang, en comprenant les trous de rivets dans la mesure de la section de la plaque, est convenablement représentée par une charge de rupture de 23kil.90 au millimètre carré de section. Maintenant, la section entière de la tôle employée dans la recherche expérimentale avec deux rivets a été 76mm.2 X 5n,m.588 = 425n’mx-80, et la section, déduction faite des trous des rivets, a été 283mtn c-31, alors on a
- 23.90X425 80 283.31
- 35M1.92
- comme force des tôles rivées pour résister à un effort tendant à les allonger.
- Appliquant cette valeur de t comme auparavant, nous trouvons
- Es=
- 284.96 X 35.15 12.7X35.92
- + 19.05 = 41m™.
- La moyenne de ces résultats pour les tôles de 12,nm.7 d’épaisseur donne en définitive E ==41mm.40; on voit donc que la force pour couper un rivet et celle qui tend à déchirer sont à peu de chose près égales entre elles; que dans la pratique on peut très-bien les considérer comme telles et par conséquent que dans l’équation (4) on peut supprimer r et J, équation qui devient alors
- (6) E= —+ d
- e
- ce qui donne pour les tôles de 12mm.7 et des rivets de 19mm.05
- 284 96 *
- E = ——1— + 19.05 = 41 "'".49 12.7
- à peu près la même valeur que la moyenne déduite de toutes les expériences.
- Après avoir analysé ses expériences, M. Fairbairn ajoute : « Si on prend la moyenne des expériences relativement au rapport de l’aire des rivets à celle des tôles, on trouve que les rivets entrent pour moitié, ou en d’autres termes que l’aire des rivets dans les dernières expériences aurait dû être 258 million carrés qui est à peu de chose près égale à l’aire des tôles par les trous de rivets. » Voici encore la note ajoutée à ce passage : « Des expériences ultérieures entreprises pour s’assurer de la résistance des rivets lors de la construction des ponts tubulaires Britannia et Con-way, corroborent pleinement ces vues à savoir, que les joints rivés exposés à l’action d’une force d’extension sont directement ou à fort peu près comme leurs aires respectives, ou en d’autres termes que les aires collectives des rivets sont égales à l’aire de section de la tôle prise par la ligne des rivets. »
- Le même ingénieur, dans un mémoire lu en novembre '1844, à la société des arts, s’exprime ainsi : « Dans ces évaluations on doit toutefois prendre en considération les circonstances sous l’empire desquelles les résultats ont été obtenus, attendu que deux ou trois rivets seulement ont été mis en expérience, et si on tient compte de l’accroissement dans la force qu’on aurait pu retirer en faisant figurer un plus grand nombre de rivets dans la combinaison, ainsi que l’adhérence des deux surfaces en contact qui dans les joints rivés comprimés par machiné est considérable, on peut aisément admettre les résistances relatives sui-
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- I
- vantes, comme valeur des^tôles avec leurs joints rivés :
- Supposant la résistance
- de la tôle égale à........100
- La résistance d’un joint un seul rang de rivets sera...................... 56.
- Maintenant, nous avons trouvé relativement à l’équation (4) que pour les besoins de la pratique les quantités r et t étaient tellement voisines l’une de l’autre qu’on pouvait les effacer de cette équation, et poser :
- (7) E-d = -L
- On a donc ainsi 100 : 56 :: E : E — d; mais, on a démontré que l’aire a du rivet devait entrer dans le calcul, et si on substitue l’équivalent de E — d pris dans l’équation (7), on a :
- 100 : 56 :: E : — e
- D’où l’on déduit :
- (8) E = 1,7857 —
- e
- qui pour les tôles de 12ram.7 et des rivets de 19mm.05 donne
- (F) E = 1,7857 =40mm.08
- 12.7
- Ou substituant à a l’expression
- d? dans l’équation (8), on
- 4
- trouve enfin
- d*
- (9) E = M —
- e
- Cette expression de l’écartement des rivets est par conséquent déduite des valeurs de toutes les expériences de M. Fairbairn, mais elle diffère de celles du tableau donné par cet ingénieur et rapportées ci-dessus. Maintenant, M. Fairbairn donne les écartements entre rivets qu’il considère comme les plus avantageux dans la pratique, mais qui ne s’accordent pas avec les déductions de l’expérience. Or, personne ne conteste l’importance d’avoir des corps de chaudières de la construction la plus solide possible. Lorsqu’on fait usage d’un joint à un seul rang de rivets et qu’on donne l’épaisseur des tôles et le diamètre des rivets, on a vu que le véritable écartement entre ces rivets était donné avec un exactitude suffisante pour la pratique par l’équation (6) et aussi par l’équation (9) déduites par M. Fairbairn de ses expériences propres. Nous pensons donc qu’il est utile de résumer dans le tableau suivant les résultats de ces sortes de recherches, tableau qui donne l’écartement et le diamètre des rivets ainsi que l’épaisseur des tôles.
- ÉPAISSEUR des tôles en millimètres. e DIAMÈTRE des rivets en millimètres d AIRE des rivets en millimètres carrés a ÉCARTEMENT des rivets en millimètres par l’équation (6) E=-i- + d ÉCARTEMENT des rivets en millimètres par l’équation (9). E — 1,4 —— e
- 6.35 12.70 124 70 32.34 35.56
- 7.94 15.88 198 30 40.85 44.41
- 9'. 53 19.05 284.96 48.88 53.31
- H.tl 19.05 284.96 44 63 45 73
- H.11 20.64 334.60 50.76 53 68
- 12.70 19.05 284.96 41.44 40.00
- 12.70 20.64 334.50 43.02 46.96
- 12.70 22.22 387.70 53 46 54.42
- 14.29 20.64 334.50 47.77 41.74
- 14.29 22.22 387.70 49.35 48 37
- 14.29 23.81 448.60 55 20 55 54
- 15 87 23.81 448.60 52 08 50.01
- 15.87 25.40 506.60 57.32 56.91
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- La quatrième colonne de ce tableau paraît mériter une parfaite confiance relativement à l’écartement des rivets, parce que les rapports entre les forces semblent plus uniformes que ce n’est le cas en employant la formule de la dernière colonne.
- Quand les trous sontpoinçonnés, on doit prendre leur diamètre moyen pour fixer l’écartement, attendit que la conicité du trou réduit l’aire du métal entre ces trous, et qu’il suffit d’augmenter l’écartement de la quantité dont le diamètre moyen excède le diamètre du poinçon.
- (La suite au prochain numéro).
- Nouveau mode de fabrication des
- rails de chemins de fer.
- Par M. W. H. Barlow.
- M. Barlow, auquel l’industrie des chemins de fer doit d’importants perfectionnements, principalement dans la voie permanente, s’est fait patenter depuis peu pour quelques améliorations dans la fabrication des rails dont nous allons indiquer la nature.
- M. Barlow propose, ainsi qu’on l’a déjà fait avant lui, de construire les rails, partie en acier et partie en fer, mais son mode d’opérer diffère de ceux de ses prédécesseurs. Suivant lui, on lamine d’abord l’acier avec un ou deux champignons et une nervure correspondant à la section du rail qu’on veut fabriquer, soit un rail à double T, soit un rail ordinaire simple. Alors dans la cuvette ou espace creux des deux côtés de la nervure qui sépare les deux champignons dans le rail à double T ou qui existe entre le champignon et le pied, dans le rail simple, il introduit des barres de fer, puis le rail est terminé en le laminant pour l’étirer de longueur et lui donner la section voulue. Par ces moyens, les deux champignons
- dans le rail à double T, ou le champignon et le pied dans celui simple, se trouvent composés d’acier et reliés entre eux par une nervure delà même matière, tandis que les deux flancs sont en fer.
- La fig. 30, pi. 329, est une vue par l’une de ses extrémités d’un moule à lingot c, c, dans lequel on coule l’acier a, a amené à l’état de fusion, après avoir placé dans ce moule deux barres b, b de fer forgé. Ou bien, on peut faire séparément le moulage de l’acier a, a, et introduire les barres de fer b, b avant de laminer le tout pour en faire un rail.
- La figure-31 est une vue en bout ou une section transversale d’une barre d’acier a,a laminée ou forgée, dans les cavités ou sur les flancs de laquelle on a introduit les barres en fer è, b avant de compléter le laminage pour en faire un rail, dont on voit la section dans la figure 32.
- Si, au lieu du modèle de rail complet représenté dans cette figure, on veut un rail ordinaire, alors, au lieu d’un pied essentiellement en acier, ainsi que l’indique cette figure, on conserve toute la quantité d’acier sur le champignon, mais l’acier est en proportion beaucoup moindre dans ce pied que dans la tête.
- Les proportions entre le fer et l’acier peuvent varier à volonté.
- Les parties combinées a, a et b,b des figures 30 et 31 sont chauffées et passées au laminoir de manière à produire la section transversale de rail qu’on désire, et on voit en définitive que ce qui distingue en particulier cette invention, c’est la formation d’abord par voie de moulage ou de laminage du rail qu’on veut produire avec une nervure et un double champignon , ou un champignon et un pied correspondant par sa section au modèle de rail adopté, puis le laminage de ce rail avec les deux fourrures en fer forgé dont on garnit ses côtés.
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- Soupape de sûreté nouvelle.
- Par M. J. R. Swan.
- Les explosions des chaudières à Vapeur n’attestent que trop souvent l’imperfection de certains organes de ces appareils, et en particulier des soupapes de sûreté. Mais il ne suffit pas d’indiquer aux constructeurs les formes de soupapes qu'ils doivent éviter, il faut aussi leur apprendre à faire un choix Parmi les soupapes connues et les guider dans la préférence qu’ils accordent à tel ou tel système. Il V a des soupapes de sûreté d’un niodèle décidément défectueux, d’autres, au contraire, d’une forme excellente et dans le service desquelles on peut avoir pleine confiance. Enfin, il en est qui sont d’un incontestable mérite, mais peu répandues dans l’industrie et exigeraient seulement qu’on les fil connaître plus généralement pour en déterminer l’adoption.
- Parmi ces dernières, nous rangerons la soupape de sûreté imaginée par M. J. R. Swan, d’Edimbourg, qui est représentée en coupe dans la fig. 33, pl. 329, et dont voici la description :
- A, A, tubulure; B, soupape ; C, fige portant le point de centre du mouvement de levier F et mobile dans sa chambre; D, ressort arrêté par un écrou sur l’extrémité de cette tige G; E,bouchon pour s’opposer h l’introduction de la vapeur dans la chambre où joue le ressort ; G, pivot mobile sur le levier P ; H, poids régulateur ; I, fil de fer du flotteur dans la chaudière ; R, ioint d’appui ou support pour le evier et en fourchette pour em-êcher celui-ci de se déverser ; 0,0, oîte et chapeau de la soupape.
- On voit par cette disposition que, lorsque la soupape est réglée pour satisfaire à une pression donnée quelconque, si on applique un Poids additionnel à l’extrémité du levier, celui-ci se trouve ainsi abaissé en contact avec le support K sur lequel il bascule, ce qui
- oblige son autre extrémité à réagir sur le ressort D ; la soupape se soulève alors à mesure que la pression s’élève, la vapeur s’échappe et l’explosion devient impossible par surpression, le chauffeur ne peut plus intervenir dans le jeu de la soupape. Si le fil du flotteur est attaché à l’extrémité du levier et que l’eau s’abaisse trop dans la chaudière, le poids du flotteur, agissant comme surpoids, rabat le levier sur le support K, permet à la vapeur de s’échapper en appelant aussi l’attention du chauffeur.
- Outil pour couper les entretoises en cuivre dans les boites à feu des locomotives.
- Par M. A. Gross.
- Tout le monde sait que les entretoises en cuivre qui assemblent les doubles parois des boîtes à feu des locomotives sont vissées dans ces parois, et par conséquent qu’elles sont pour cet objet filetées sur toute leur longueur, tandis qu’à leur extrémité supérieure elles sont pourvues d’une tête carrée au moyen de laquelle on peut les saisir avec une clef qui sert à les visser au degré convenable.
- Après que toutes ces entretoises ont ainsi été vissées et arrêtées en place avec leurs têtes carrées, saillantes sur la paroi de la tôle qui forme la boîte à feu, il s’agit de les couper afin de pouvoir former, avec la portion excédant la paroi, une tête de rivet. L’emploi du ciseau et du marteau pour couper ces entretoises, ne paraît pas possible, parce que, d’un côté, on détériorerait le filet, et de l’autre, parce que l’cn tretoise pourraitpren-dre du jeu dans la paroi et donner lieu à une fuite. On a donc jusqu’à présent, dans laplupartdesateliers de construction, coupé ces entretoises au moyen de petites scies
- 18
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Février 1867.
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- circulaires, travail long et assez difficile à exécuter.
- L’outil représenté sous divers aspects et dans ses détails, dans les figures 34 à 39 de la pl. 329, opère ce genre de travail d’une manière bien plus expéditive.
- Cet outil se compose principalement d’un fût ressemblant à celui d’une filière, où les coussinets sont remplacés par deux couteaux d’acier, ainsi qu’on l’a représenté surune plus grande échelle dans la figure 39. On applique sur l’entre-toise un anneau s, dont l’épaisseur correspond à la hauteur qu’onveut donner à la tête du rivet. Alors on insère l’outil sur l’entretoise,. et par l’entremise d’une vis manœu-vrée par un levier (fig. 34), on fait descendre l’un des couteaux à la rencontre de l’autre, jusqu’à ce que l’entretoise soit coupée, de la même manière qu’on coupe un fil métallique avec les bequettes ou pinces à treillageurs.
- L’expérience a démontré qu’au moyen de l’emploi de cet outil, un ouvrier peut couper dans le même temps, autant d’entretoises que trois ouvriers actifs pourraient l’exécuter par l’ancien procédé.
- Le fût et le guide doivent être trempés, et les couteaux recevoir le degré de dureté du bleu.
- Mélange de l'air et de la vapèuf.
- Le journal de l’Institut Franklin rapporte quelques expériences faites par M. T. M’Donough sur les effets mécaniques du mélange de l’air avec la vapeur d’eau à basse pression. L’appareil employé était de la forme la plus simple.
- La vapeur était générée dans une petite chaudière et on la laissait échapper par une buse de manière û frapper sur les ailettes d’un petit ventilateur. La quantité de vapeur échappée en un temps donné et le nombre des tours produits dans le ventilateur par ce moyen étaient déterminés en premier lieu par l’expérience directe. Alors on laissait écouler l’air d’un gazomètre sous une pression modérée derrière le même jet et sortir avec la vapeur. La quantité d’air ainsi ajoutée, et le nombre de révolutions dans le moulin pendant un temps donné, ayant été déterminés, on a trouvé ainsi que l’addition d’une petite quantité d’air, par exemple d’un dixième de celui de la vapeur, augmentait le nombre des révolutions' du moulin d’une quantité plus que proportionnelle et qui, dans ce cas, s’est élevée jusqu’à un quart. Voici, du reste, le tableau qui montrera les résultats d’un grand nombre de ces expériences.
- Tableau des expériences d’un mélange d'air et de vapeur.
- /
- Révolution de la roue par minute 60 60 60 60 60 60 60 60 60 70 60 84 60 83
- Centimètres cubes de vapeur par minute 2786 2786 2786 2786 2786 2786 2786 2786 2786 3251 2786 3896 2786 3992
- Centimètres cubes d’air par minute 278 397 535 794 967 1290 258 425 322 548 322 645 548 774
- Mouvement de la roue avec la vapeur et l’air 73 90 91 120 165 164 74 107 98 m 80 180 99 150
- Gain par l’addition de l’air au-dessus de ce qui est dû à l’accroissement du volume 0.29 0.23 0.17 0.37 0.61 0.56 0.39 0.44 0.30 » 0.25 » 0.14 0.32
- Exemple. Dans la première colonne on a ajouté 278 centimètres cubes d’air à 2786 mètres cu-
- bes de vapeur, et la vitesse de la roue a augmenté de 60 tours à 73 tours par minute, ou d’environ un
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- uart par l’addition d’un dixième
- air.
- M. M’Donough propose d’appliquer cette action aux machines à vapeur en disposant les soupapes, etc., de manière à ce que l’air soit d’abord introduit dans la première Portion de la course, puis ensuite ta vapeur qui se mélange à cet air.
- Ces expériences ne sont pas les seules qui aient été faites dans cette direction : elles sont pour ainsi dire le contrôle de recherches déjà entreprises sur une petite turbine à vapeur par M. le professeur R. E. Rogers, de l’Université de Pennsylvanie, et viennent à t’appui d’une patente prise en 1864, dans laquelle M. W. H. James propose de faire conjointement l’emploi de l’air et de la vapeur dans tes machines motrices.
- M. James, dans cette patente, tndique un mode de construction et de manœuvre de ces machines au moyen de la détente d’air fortement comprimé, combinée avec celle de la vapeur portée à une pression encore plus élevée. On comprime d’abord l’air en le chauffant, puis on y introduit la vapeur à- haute pression à chacune des évolutions de la machine.
- L’inventeur construisait ces machines sous le rapport des dispositions mécaniques et du mode d’action à peu près sur le même modèle que les machines à vapeur à simple effet et à cylindre ouvert par le haut ; il combinait un certain nombre de ces cylindres entre eux et les faisait agir sur un arbre principal pour en constituer des machines d’une force requise quelconque.
- La spécification de sa patente présentait même la description d’une machine de ce genre, mais l’auteur ne disait pas par quelles considérations, par quels calculs il uvait été conduit à proposer ces machines mixtes, et il ne s’appuyait sur aucune expérience pour en démontrer la supériorité ou les avantages.
- Quoi qu’il en soit, ces sortes
- d’expériences auraient besoin d’être reprises avec soin, tant pour en contrôler les résultats que pour donner une explication plausible des résultats qui ont été obtenus ; mais dans ces expériences, il conviendrait de tenir compte de toutes les conditions du problème et de les faire entrer dans les calculs, afin d’avoir la certitude que le mélange indiqué peut, dans certaines circonstances, présenter des avantages ou montrer des inconvénients propres qu’on n’y soupçonne pas dans l’état actuel de la question.
- Filature du lin désagrégé.
- Une commission instituée aux Etats-Unis pour rechercher la possibilité de substituer la fibre du lin et du chanvre à celle du coton, a fait connaître, dans un rapport, u’un certain nombre des filatures e coton se sont transformées, pendant la crise cotonnière, pour filer du lin désagrégé. Deux méthodes ont été employées; pour de gros numéros, on se contente d’une désagrégation mécanique ; pour des numéros plus fins, il faut une désagrégation chimique et mécanique.
- Dans le premier cas, la matière brute doit être rouie après avoir été débarrassée des ordures par un passage à un broyeur mécanique; après ce rouissage, on donne un passage ou deux à un batteur mécanique, et généralement on emploie celui construit par MM. Mal-lory et Sandford, composé d’une série de tambours à pointes, qui divisent et séparent suffisamment les filaments de la matière pour pouvoir la livrer aux filateurs.
- Les batteurs ont subi différentes modifications dont la plus importante est la substitution de lames garnies de pointes aux règles plates employées pour le coton. On donne deux ou trois passages. La carde à hérisson est de beaucoup préférée à la carde à chapeau, la
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- matière restant moins facilement à la surface des garnitures que le coton. Les premiers hérissons doivent être garnis de pointes effilées. Les laminoirs sont à trois paires de cylindres de 1 à 4 1^4 (0m.0254 à 0m.03165) pouce de diamètre; le cylindre du milieu est garni de pointes fines, comme cela se pratique pour la laine peignée. Tout l’étirage se donne entre le premier cylindre et le cylindre à pointes. On passe deux ou trois fois aux étirages. Les bancs à broches ont des cylindres étireurs disposés de la même manière, ainsi que les métiers à filer. On n’a filé avec cette matière que des numéros 6 à 10.
- Dans le second cas, on emploie différents procédés de désagrégation ; celui de M. Burghess consiste à exposer pendant une heure la matière brute à l’action d’un dissolvant de soude caustique dans une chaudière en fer à 280° Faren-heit (il faut que le textile soit constamment maintenu sous l’eau pendant l’ébullition). On emploie environ une demi-livre de soude pour une livre de lin. Après l’ébullition on retire la matière et on évapore l’eau pour en retirer environ 80 p. 100 de l’alcali. Après avoir égoutté on lave à l’eau chaude jusqu’à ce que toute trace d’alcali ait disparu; on blanchit au chlore, puis on lave et on sèche; on démêle ensuite les filaments par un passage à une machine spécialement disposée, au sortir de laquelle la matière est propre à être livrée à la filature.
- La matière ainsi désagrégée a été mêlée au coton et filée pure sur des machines coton modifiées comme il a été dit ci-dessus. Mais les essais n’ont pas encore été assez nombreux pour qu’on puisse se prononcer sur leur avenir industriel.
- Le rapport indique qu’il faut se garder de couper la matière à des longueurs pareilles à celles du coton, car par le travail ultérieur on obtiendrait des fibres beaucoup plus courtes; c’est pour éviter ce grave inconvénient que les trans-
- formations indiquées ci - dessus pour les machines coton sont devenues indispensables.
- On établit le prix du lin désagrégé mécaniquement àiO 1/2 cents par livre (1 fr. 23 c. 1/2 le kilog.), et pour celui désagrégé chimiquement, à 19 cents (2fr.23c.7 le kil.) environ en temps ordinaire; les prix sont supérieurs à ceux du coton en temps normal.
- Mode de fabrication des bandages de roues en acier.
- M. J. Ramsbottom a lu à l’Institut des ingénieurs mécaniciens de Londres une note sur ce sujet, dans laquelle il annonce que son but dans le mode proposé a été de réduire presque à rien la perte de matière, du moins comparative-mentau poids du lingot d’acier employé, en même temps d’assurer la production de bandages tout terminés et présentant les dimensions requises. Un troisième avantage qu’il a aussi recherché a été de réduire le temps nécessaire jusqu'à présent pour cette opération. Les lingots sont fabriqués avec l’acier Bessemer coulé dans des moules coniques de 0m.5568 de diamètre à la base, autant de hauteur et où le cône tronqué n’a plus que 0m.15 de diamètre au sommet qui forme l’ouverture où l’on coule l’acier. Ce lingot suffit pour faire un bandage de lm.52. Les moules sont en fonte et garantis de diverses manières, la base étant couverte d’argile réfractaire qu’on renouvelle aisément. Le lingot est d’abord corroyé latéralement tout autour du bord inférieur du cône pour consolider la couche extérieure du métal, après quoi il est vigoureusement corroyé dans la direction de son axe et réduit à une hauteur de 0m.227 avec un marteau double de dix tonnes ou deux marteaux chacun de ce poids se rencontrant horizontalement pendant ce traitement énergique, le lingot est porté sur un
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- charriot et peut aisément tourner comme il convient. Arrivé à ce point, on perce un trou au centre pour en former un anneau et l’ouverture centrale est graduellement agrandie avec un poinçon conique et l’assistance d’un enclumot. Aussitôt que la pièce a été amenée à un diamètre de 0ni.8636 et le trou au centre à celui de 0m.4820, on le porte à un laminoir à rouler rond qui a été inventé par M. Bothwell-Jackson où il est roulé en un bandage complet tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. La dernière opération s’accomplit en une chaude d’environ 5 1/4 minutes et le travail continu tout entier, depuis le moulage du lingot, est terminé en quatre chaudes. Dans une circonstance, on a même fabriqué jusqu’à six bandages en 5 heures 12 minutes. On croit que la qualité de l’acier est améliorée par cette opération.
- Ventilateur de Rider.
- L’American artizan donne la description de ce ventilateur dans l’enveloppe.duquel un tuyau lance dans le haut un jet de vapeur d’eau qui, en frappant sur ses ailettes, les forceàtourner. L’air extérieurentre comme à l’ordinaire par un œil au centre et en sort comme dans les autres ventilateurs. Seulement, cet air est mélangé à la vapeur qui a servi à mettre l’apparpil en action, et ce mélange est lancé dans le feu qu’il s’agit d’alimenter. M. Rider affirme que la quantité de vapeur nécessaire pour faire fonctionner le ventilateur exerce un effet avantageux en ce qu’elle augmente la chaleur effective qui se dégage du combustible et prévient la formation des escarbilles, et que ce mode présente le double avantage de mélanger complètement la vapeur à l’air et de charrier plus d’air que cette même vapeur ne pourrait on chasser par ses jets sans le ventilateur. On peut disposer plusieurs jets dans les grands ventilateurs et
- emprunter la vapeur soit à une chaudière, soit utiliser la vapeur perdue par la machine à vapeur elle-même.
- Emploi de la tourbe pour le chauffage des locomotives.
- Une double expérience vient d’être faite sur deux rail-ways américains pour l’emploi d’un nouveau combustible en remplacement du charbon de terre. Cet agent n’est autre que la tourbe, qui a donné les résultats les plus satisfaisants.
- Le premier essai a eu lieu sur le chemin de fer d’Hartfort à Spring-field, dans l’Etat de Connecticut. Le train servant à l’expérience se composait d’une locomotive et d’un char à voyageurs, dans lequel se trouvaient le surintendant et les directeurs du chemin de fer et un certain nombre d’invités formant un total de quarante personnes.
- Le train, parti d’Hartfort à une heure, a accompli son trajet, qui était de 26 milles, en 40 minutes, y compris un temps d'arrêt à Thompsonville. Dans le voyage d’aller et retour, il n’a été consommé que 1,200 livres de tourbe, et la chaleur produite, qui paraît avoir dépassé celle que donnerait le bois ou le charbon, a été si forte que lorsque la locomotive est arrivée à son maximum de vitesse, on a été obligé de tenir la porte du fourneau ouverte. Les 6 derniers milles ont été parcourus sans que l’on ait été obligé d’employer d’autre combustible que celui qui brûlait dans le fourneau.
- Dans ce voyage, on a pu constater l’absence totale de fumée et de fraisil sortant d’ordinaire par la cheminée de la machine.
- La tourbe employée provenait d’une tourbière appartenant à la Compagnie, et située sur le parcours de la ligne, entre Berlin et Meriden.
- La seconde expérience a eu lieu à New-York, sur le chemin de fer
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- latéral à l’Hudson. La locomotive est partie de Poughkeepsie pour New-York, avec un train de voyageurs, et n’ayant pour tout combustible dans son tender que 4,300 livres de tourbe qui ont suffi au voyage, dont le parcours est de 43 milles. L’ingénieur et le chauffeur ont constaté que le combustible a parfaitement fonctionné, et que pendant la durée du voyage, il y a eu abondance de vapeur.
- A la suite de ces expériences, la valeur des terres à tourbières a considérablement augmenté sur les marchés de New-York, et plus d’un propriétaire s’est trouvé en mesure de réaliser des bénéfices énormes par des ventes faites dans le moment de l'engouement.
- Moteur hydraulique De M. Cavanna.
- M. Muller a transmis à l’Académie des sciences une description d’un nouveau moteur hydraulique imaginé par M. Cavanna, de Gênes, pour utiliser comme force motrice l’eau de la mer, des rivières et en général toute nappe d’eau. L’appareil est composé, en principe d’un soufflet très-résistant surmonté d’un cylindre appelé cloche et plein d’eau. On le place en contre-bas de la nappe d’eau quelconque. Un tuyau de communication fait arriver le liquide dans le soufflet, celui-ci se gonfle, s’emplit d’eau et soulève le cylindre supérieur. Automatiquement on suspend l’introduction de l’eau. La pression faisant défaut, le cylindre supérieur appuie de tout son poids sur le soufflet et refoule l’eau qu’il contient dans un tuyau d’ascension. Celle-ci s’élève ainsi dans un réservoir où elle est emmagasinée. On peut d’ailleurs la faire agir ensuite sur une turbine ou tout autre moteur. La machine Cavanna est à double effet et, d’après son
- inventeur, peut fonctionner partout avec une grande économie. La conception date de 1859, et le dernier spécimen construit serait de 450 chevaux.
- Sur la corrosion des chaudières de
- locomotives et les moyens de les
- en préserver.
- Dans le mode actuel de construction des chaudières de locomotives à joints assemblés, c’est-à-dire où une des tôles recouvre l’autre, l’usure par corrosion de ces tôles se remarque principalement autour de l’extrémité de la boîte à fumée, à l’intérieur, à l’opposé du bord du fer d’angle extérieur et aussi le long du bord du recouvrement intérieur des sutures longitudinales et transversales, où il se manifeste souvent un sillon par la corrosion du métal des tôles, à une -profondeur telle qu’il ne reste souvent qu’une bien faible épaisseur de métal au fond de ces sillons. Cette corrosion a lieu avec tant de rapidité, que dans bien des cas il faut renouveler les tôles après un petit nombre d’années de service.
- Cette localisation remarquable de la corrosion dans ces parties, a. été attribuée à la circonstance que* ni les tôles en elles-mêmes. ni leurs attaches ou lignes de jonction dans la boîte à fumée et dans la boîte à feu ne se trouvent en ligne directe avec l’effort exercé sur elles quand elles sont soumises à l’action de la pression delà vapeur, mais à ce que la ligne de l’effort longitudinal sur le corps de la chaudière s’exerce sur le côté externe d’une feuille de tôle, et sur la face interne de la feuille suivante, par suite des assemblages à recouvrement, et que cet effort agit comme un bras de leviersurles fers d’angle de la boîte à fumée et de la boîte à feu, tandis que les sutures longitudinales à recouvre-
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- occasionnent de la même panière une déviation dans la section transverse de la chaudière qui, dès lors, n’est plus ronde, en altèrent la forme et contribuent encore à la déformer.
- Le résultat de tout cela est, que 1 effort considérable produit par la haute pression qu’on emploie sur les locomotives détermine une légère courbure, ou plutôt un soulèvement des feuilles sur les bords des sutures toutes les fois qu’on applique cette pression. La croûte incrustante qui se dépose sur les feuilles par l’évaporation de l’eau, et qui, jusqu’à un certain point, Prévient, la corrosion sur le reste des feuilles, est alors incessamment détachée dans ces points par la courbure que prennent les tôles, lesquelles présentent sans cesse de nouvelles surfaces nues à l’action corrosive de l’eau, ce qui, enfin, détermine le creusement ou sillon-nage de ces tôles le long du bord des assemblages.
- Cet inconvénient de la courbure des tôles et le sillonnage ou corrosion (jui en sont la conséquence, ont été, suivant M.W. Kirtley, complètement écartés par le mode actuel de construction adopté pour les chaudières des locomotives qui ' circulent sur le chemin de fer anglais dit Midland-railway, par la substitution des assemblages bout à bout aux assemblages à recouvrement employés antérieurement pour les sutures transversales circulaires, c’est-à-dire en soudant les sutures longitudinales des trois anneaux qui forment le corps de la chaudière, en même temps que les feuilles de tôle dont on se sert dans cette construction, sont laminées avec des bords plus épais et relevées en forme de collet, extérieurement aux extrémités de la boîte à fumée et de la boîte à feu, de manière à supprimer les fers d’angle extérieurs dans ces assemblages.
- Ces feuilles de tôle à bord épais, vont graduellement en augmentant d’épaisseur depuis leur corps jusqu’à leur bord renforcé, et cette
- disposition a pour effet, quand ces feuilles sont relevées en collet extérieurement, de tenir lieu des anciens joints avec fer d’angle, de façon que la courbure déterminée par l’effort dû à la pression, se trouve distribuée sur toute la longueur de la portion à épaisseur raduellement croissante, au lieu e voir cet effet tout entier se concentrer dans un point particulier.
- Les joints circulaires bout à bout sont dressés sur le tour et recouverts extérieurement par des anneaux soudés, serrés dessus et retenus par deux rangs de rivets, les trous de ces rivets n’étant percés qu’après que les anneaux ont été mis en place.
- Ces chaudières sont donc rigoureusement cylindriques dans toutes leurs parties, et quel que soit l’effort auquel elles sont soumises, celui-ci n’a aucune tendance à changer leur forme. Le colletage et la courbure des feuilles à bord épais qui forment le corps de ces chaudières sont exécutés par des machines spécialement établies pour ce service. Dans la machine à colleter, la feuille est posée sur un lit plat avec son bord épais dépassant de l’étendue nécessaire pour former le collet, puis ce bord est rabattu parla descente d’un cylindre. Dans la machine à courber, les cylindres portent à l’extrémité une rainure pour recevoir le collet relevé des feuilles, et la largeur de cette rainure peut être ajustée au moyen d’une grosse vis et d’un fort écrou.
- Dans cet état, les deux feuilles qui doivent former la circonférence de la chaudière sont soudées sur leurs sutures longitudinales j afin de former un seul anneau, et lorsque ces anneaux ont été blo-ués au diamètre exact de la chau-ière au moyen d’une presse hydraulique ordinaire à bloquer les bandages des roues, on est assuré que les soudures ont été bien faites et sont bien saines.
- On a fait l’essai de la résistance
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- à l’extension de ces sutures soudées par une série d’expériences sur des bandes de tôle découpées en travers des soudures ou perpendiculairement h celles-ci. Le résultat a été que plus de la moitié de ces bandes ainsi essayées a rompu dans les portions solides et continues et non pas dans la soudure , tandis que la résistance moyenne à une force tendant à les allonger était, k un huitième près,
- la même que celle des feuilles non soudées.
- Un grand nombre de ces chaudières soudées, depuis plusieurs années en service sur le Midland-railway, sont encore en bon état; elles ne présentent aucun indice de sillons aux extrémités relevées en collet, ou dans les points où avait lieu la plus forte corrosion dans le mode ancien de construction avec joints sur fer d’angle.
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- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre des requêtes.
- USINES.— CHOMAGE.— DOMMAGES INTÉRÊTS.
- Lorsque, 'pour justifier une condamnation à des dommages-intérêts prononcée contre des usiniers supérieurs au profit des usiniers inférieurs, à raison du chômage dont souffrent ces derniers, par suite d'obstacles apportés au libre écoulement des eaux, un arrêt se base sur un fait d’imprévoyance résultant de l'insuffisance des travaux hydrauliques et de l’inexistence de vannes de décharge pour procurer le libre écoulement des eaux, on ne saurait reprocher à cet arrêt ni un excès de pouvoir, ni une violation de la loi des 16-24 août 1790.
- Rejet, en ce sens,, du pourvoi formé par M. Siadous, agissant en qualilé-de syndic des actionnaires du moulin du Château narbonnais, contre un arrêt de la Cour impériale de Toulouse, rendu, le 27 janvier 1865, au profit des sieurs Martin et Giscard.
- M. le conseiller Hély d’Oissel, rapporteur; M. Savary, avocat général, conclusions conformes. Plaidant, Me Paul Diard, avocat.
- CHEMIN DE FER. — HAIE SÉPARATIVE. —DÉFAUT D’ÉLAGAGE.—DOMMAGE. — COMPÉTENCE.
- L’action intentée par un riverain contre une Compagnie de chemins de fer pour obtenir réparation du domînage qui lui aurait été causé par le défaut d'élagage de la haie du chemin de fer en temps utile, et par le passage sur le terrain du réclamant des ouvriers employés à la tonte de cette haie, doit être portée devant la juridiction administrative et non pas devant la juridiction civile.
- Admission en ce sens au rapport de M. le conseiller Nachet et sur les conclusions conformes de M. l’avocat général Savary, du pourvoi formé par la Compagnie du chemin de fer d’Orléans contre un jugement du Tribunal civil de Tours, en date du 27 décembre 1864, rendu au profit du sieur Le-jeant. — Plaidant, Me Léon Clément.
- Audience du 6 novembre 1866. — M. Bonjean, président.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- MACHINE A VAPEUR.— DÉCRET DU 25 JANVIER 1865. — DROIT PU LOCATAIRE.
- Depuis le décret du 25 janvier 1865, le locataire a le droit, lorsqu'il n'en résulte pas d'inconvénients
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- graves, d'installer dans les ateliers à lui loués une machine à vapeur de la troisième catégorie sans le consentement du propriétaire.
- Le 1er février 1865, le Tribunal civil de la Seine avait rendu le jugement suivant :
- « Attendu que Lefèvre se plaint de ce que Mousset, qui est orfèvre, a introduit dans le sous-sol des lieux que Lefèvre lui a loués dans sa maison, rue de Rivoli, et pour le besoin de son état, une machine à vapeur de la troisième catégorie, qui est au nombre de celles qui peuvent être établies dans les maisons habitées, après une simple déclaration faite h l’autorité administrative, laquelle machine serait préjudiciable aux autres locataires de la maison, à sa solidité, et que Lefèvre demande la suppression de cette machine.
- « Mais attendu que l’introduction d’une machine à vapeur, classée dans la troisième catégorie par le décret du 25 janvier 1865, dans le sous-sol des lieux à lui loués ne suffit pas à elle seule, dans le silence du bail, pour autoriser le propriétaire à demander la suppression de cette machine, alors surtout que l’industrie du locataire pouvait faire supposer qu’il recourrait à l’emploi de la vapeur;
- « Attendu que, par suite des progrès de l’industrie, la machine à vapeur a été substituée dans beaucoup d’ateliers d’orfèvrerie à la roue mue par les bras de l’homme, et que défendre d’une manière absolue l’emploi de ce nouveau moteur, en dehors de tout inconvénient ou de tout danger constaté, soit pour les autres locataires, soit pour la solidité de la maison elle-même, serait porter h l’industrie des entraves préjudiciables, sans motif justifié et sans intérêt appréciable.
- « Attendu, il est vrai, que Lefèvre allègue que l’établissement de la machine à vapeur de Mous-set dans le sous-sol présente, soit
- pour les locataires de la maison, soit pour la maison elle-même, des inconvénients et des dangers; mais que les uns et les autres ne sont pas quant h présent suffisamment justifiés; qu’il est nécessaire de recourir à une expertise.
- « Le Tribunal dit que par Victor Bois, Mavre et André, commis à cet effet, les lieux et la machine à vapeur seront vus et visités pour constater : 1° Si la machine répand dans toute la maison des odeurs malsaines et nauséabondes, de nature à porter atteinte à la santé des autres locataires et à rendre inhabitables les appartements de la maison, notamment pour le locataire de l’entresol. 2° L’intensité et la durée moyenne du bruit produit par le fonctionnement de la machine ; si le bruit arrive aux étages supérieurs et dans quelles conditions; si le fonctionnement de la machine donne des secousses dans la maison, ébranle les vitres et les meubles, et imprime à la maison des secousses qui la détériorent et menacent sa solidité. 3° Enfin, si la présence seule de cette machine dans le sous-sol et dans les conditions où elle fonctionne et où elle est établie, présente pour la sûreté des locataires et pour l’immeuble des dangers qui devraient en faire ordonner la suppression. »
- M. Lefèvre interjeta appel de ce jugement; devant la Cour, il soutenait que, sans qu’il fût besoin de constater par une expertise les inconvénients qu’il reprochait à la machine de M. Mousset, la suppression de cette machine devait être ordonnée de piano comme constituant un abus de jouissance.
- La Cour, après avoir entendu vMe Massu, pour M. Lefèvre, et Me Dupont (de Bussac), pour M. Mousset, adoptant les motifs des premiers juges, a confirmé purement et simplement le jugement.
- Seconde chambre. — Audience du 8 novembre 1866. — M. Guil-lemard, président.
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- JURIDICTION CRIMINELLE.
- COUR IMPÉRIALE D’ORLÉANS.
- PHARMACIE. — VENTE DE PRÉPARATIONS MÉDICINALES COMPOSÉES SANS ORDONNANCE DE MÉDECIN. — CONTRAVENTION A L’ARTICLE 32 DE LA LOI DE GERMINAL AN XI. —
- défaut de sanction pénale.
- Si Varticle 32 de la loi de germinal an XI interdit aux pharmaciens de vendre des préparations médicinales ou drogues composées sans ordonnance dé médecin, il n’édicte cependant aucune pénalité spéciale pour ce cas.
- Il n’appartient pas au magistrat de suppléer au silence et à l’insuffisance de la loi pénale en appliquant au cas prévu par cet article 32 les dispositions pénales du réglement antérieur sur la pharmacie du 23 juillet 1748 ;
- C’est là l’application de ce principe général que les lois anciennes ne continuent de subsister que dans les matières qui n’ont point été régies par les lois nouvelles.
- Voici le texte de l’arrêt d’Orléans :
- « Attendu qu’il résulte de l’instruction et des débats, qu’au jour indiqué, Mulot, pharmacien, a vendu à la femme Vilain sans ordonnance préalable de médecin Une certaine quantité de manne, de séné et de sulfate de potasse ; que si ces diverses substances ont été pesées séparément, elles ont été réunies dans un même paquet, et que le pharmacien n’ignorait pas qu’elles étaient demandées' pour etre employées comme médecine ; qu’il y a donc eu dans ces circonstances livraison d’un médicament composé ; que ce fait constitue une contravention à l’article ^2 de la loi du 21 germinal anXI;
- « Attendu que cet article n’édictant aucune peine, la prévention demande l’application de l’ar-cêt du réglement du 23 juillet 1748 ; &
- « Attendu qu’il est de principe que les lois anciennes ne continuent à subsister que dans les matières qui n’ont pas été réglées par les lois nouvelles ;
- « Attendu que si la loi du 14 avril 1791 a formellement maintenu les lois et réglements antérieurs, elle ne l’a fait que d’une manière transitoire, jusqu’à ce qu’il ait été statué définitivement sur les obligations et les devoirs du pharmacien ; que la loi de germinal an XI ayant statué définitivement à ce sujet, a par suite abrogé d’une manière implicite les lois ou réglements antérieurs ;
- « Que cette loi a eu soin d’indiquer d’une manière spéciale dans quels cas ces lois ou réglements seraient encore appliqués; que c’est ce qu’elle a fait notamment dans les articles 29 et 30 ;
- « Que si 1’ordonnance royale de 1816, qui rend obligatoire le nouveau Codex, a rappelé cet arrêt de réglement de 1748, elle n’a pu faire revivre une loi qui aurait été abrogée par l’autorité législative ; que d’ailleurs cette ordonnance royale se réfère aux articles 29 et 30 de la loi de germinal, qui punissent des peines appliquées par cet arrêt la saisie des médicaments ou mal préparés ou détériorés ;
- « Attendu que l’article 32 de la même loi contient diverses prohibitions dont les unes étaient réprimées par l’arrêt de réglement de 1748 et la dernière par la déclaration de 1777 ; que si pour les contraventions aux articles 29 et 30 la pénalité prononcée par l’arrêt de 1748 doit être appliquée, c’est que l’article 29 a formellement rappelé cet arrêt pour les drogues mal préparées ;
- « Qu’il en est autrement, de la défense de débiter des médicaments sans prescription préalable des hommes de l’art ; que pour ce fait, les anciens réglements n’ayant été nullement maintenus, il ne peut appartenir aux Tribunaux d’édicter une peine qui a cessé d’exister ;
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- « Que l’infraction à cette défense peut dans certains cas constituer les pharmaciens coupables d’imprudence et les exposer soit à une action en dommages-intérêts, soit à une condamnation pour blessures ou homicide par imprudence ou inobservation des réglements ;
- « Par ces motifs,
- « La Cour,
- « Renvoie Mulot des.fins de la plainte sans dépens. »
- Plaidant, Me A. Johanet.
- Un pourvoi a été formé contre cet arrêt par M. le procureur général près la Cour d’Orléans. La Chambre criminelle sera donc appelée bientôt h statuer sur une question qui intéresse à un haut degré la pharmacie.
- Chambre correctionnelle.—Audience du 27 août 1866. — M. Porcher, président.
- CONTREFAÇON. — FABRICATION DE CONSERVES ALIMENTAIRES. — EM-•PLOI DU MANOMÈTRE.
- Le délit de contrefaçon ne peut exister que si le prétendu contrefacteur a employé les mêmes moyens pour arriver aux mêmes résultats.
- Si les moyens employés sont différents, ou si les résultats ne sont pas identiques ou similaires à ceux des appareils brevetés, le délit n'existe point.
- Spécialement, l’etnploi d’un manomètre dans une chaudière étant prescrit par l’ordonnance du 22 mai 1843 comme mesure de sécurité publique, cet instrument ne peut être considéré ici comme un organe nouveau, ni comme l'application d'un organe connu à un nouvel usage.
- Ces questions se présentaient devant la Cour impériale d’Orléans, à l’occasion d’un procès en contrefaçon suivi par M. Chevallier-Appert contre M. Gravier, fabricant de conserves de petits pois, à Or-
- léans, M. Chevallier se plaignait que M. Gravier, pour la fabrication des machines destinées à son industrie, avait imité des procédés pour lesquels il s’était fait breveter.
- Le Tribunal d’Orléans ne l’avait pas pensé. M. Chevallier demandait la réformation de la sentence des premiers juges. Mais la Cour, à la suite de très-longues audiences consacrées aux débats de cette affaire et après avoir entendu Me Hébert (du barreau de Paris) et Me Robert de Massy dans l’intérêt de l’appelant, Me Lecoy dans l’intérêt de l’intimé, a rendu l’arrêt confirmatif suivant :
- « Au fond :
- « Attendu que les premiers juges ont dit, avec raison, que le brevet ne saurait porter spécialement sur le principe même de la concentration du calorique, ni sur celui de l’herméticité des appareils, puisque, d’après les enseignements de la science, ces principes étaient connus et appliqués d’une manière plus ou moins complète à la conservation des substances alimentaires; que ce n’est donc que les moyens propres à effectuer la concentration du calorique et une complète herméticité qui ont été brevetés au profit de Chevallier ; d’où il suit que Gravier ne saurait être déclaré contrefacteur qu’au-tant qu’il se serait servi de ces mêmes moyens pour arriver aux mêmes résultats;
- « Que d’abord il convient d’examiner si dans leur ensemble, les organes essentiels de la chaudière prétendue contrefaite ou si chacun d’eux pris isolément sont de nature à caractériser une contrefaçon, puis de rechercher si les résultats obtenus à l’aide de ces appareils sont identiques ou similaires à ceux des appareils brevetés;
- « Attendu, en ce qui touche le premier point, que le jugement expose avec précision les différences notables qui existent entre la chaudière Chevallier et celle de Gravier, et conclut justement que l’ap-
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- pareil de Gravier n’est autre que le bain-marie couvert d’Appert, avec cette différence sans importance que les poids, au lieu de reposer directement sur le couvercle, sont placés à l’extrémité d’une tige en fer, de manière à exercer une pression en proportion de leur pesanteur pour maintenir ce couvercle ;
- « Que par suite de cette disposition le couvercle se soulève de lui-même dès que la tension intérieure dépasse la puissance du poids et constitue une véritable soupape automatique, tandis que l’appareil de Chevallier est une sorte d’autoclave modifiée dont le couvercle, d’une grande solidité, est fixé à la chaudière par des serre-joints et par des boulons à écrous qui en font un tout indissoluble, d’une parfaite herméticité et résistant à une pression de 140degrés de calorique;
- « Que si dans l’appareil saisi on rencontre un instrument décrit au brevet de Chevallier, la coexistence d’un manomètre dans les deux appareils, ne saurait être cônsidérée comme un élémentde contrefaçon;
- « Qu’il est constant au procès qu’une seule des trois chaudières saisies était munie d’un manomètre et que le jour de la saisie, les deux chaudières qui étaient en activité n’en étaient pas pourvues;
- « Que ce fait démontre que Gravier ne se servait pas du manomètre, de même que Chevallier, pour guider l’ouvrier et permettre à celui-ci de régler le degré de concentration du calorique d’une manière régulière, mais bien pour avoir une idée générale et approximative de la chaleur qu’il pouvait obtenir et de pouvoir, à l’aide de poids plus ou moins considérables, augmenter ou diminuer la résistance opposée à la vapeur par le couvercle;
- « Que d’ailleurs le manomètre est un instrument qui est dans le domaine public, dont l’emploi est prescrit par l’ordonnance du 22 mai 1843, comme mesure de sécurité publique pour toutes les chau-
- dières produisant de la vapeur; qu’en supposant qu’il ne soit pas d’un usage obligatoire dans le cas actuel, on ne saurait reprocher à Gravier de l’avoir appliqué à l’une de ses chaudières, soit par excès de précaution, soit pour se mettre à l’abri de toutes poursuites ;
- « Que cet instrument n’est ni un organe nouveau inventé par Chevallier, ni l’application d’un organe connu à un nouvel usage ; que sans doute le manomètre joint aux autres organes de la chaudière brevetée pourrait être considéré comme faisant partie d’un ensemble breveté, mais qu’isolé et par lui-même, seul, son emploi est licite et ne saurait constituer une contrefaçon ;
- « Attendu que si l’on compare les résultats obtenus au moyen de l’appareil breveté et de celui de Gravier, on reconnaît qu’il existe entre eux des différences aussi sensibles que dans l’agencement matériel de ces appareils ;
- « Qu’en effet il est constant que l’appareil saisi, à raison de la résistance insuffisante de son couvercle, ne peut donner au maximum qu’une chaleur de 103 degrés; que cette chaleur ne se produit pas d’une manière constante et régulière, qu’elle ne s’obtient qu’en donnant au feu une très-grande activité, et qu’à ce moment le couvercle est soulevé, la vapeur trouve une issue par les bords, et un abaissement dans la température se produit;
- « Que des documents de la cause, il résulte que pour assurer aux petits-pois une bonne et durable conservation, il est nécessaire de soumettre les boîtes qui les contiennent à une chaleur supérieure à celle que Gravier peut obtenir à l’aide de ses appareils, et qui serait, d’après quelquesfabricants,de 108 à 110 degrés, et qui même, suivant d’autres, pour accélérer l’opération et sans le moindre in-| convénient, peutêtre portée de 115 i à 120 degrés;
- ! « Attendu que les résultats don-
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- nés par les appareils de Gravier ont été incomplets et peu satisfaisants, que sur près de 23,000 boîtes saisies, un tiers environ se sont gâtées, ce qui provient de ce qu’elles n’ont pas été soumises à un calorique suffisant;
- « Que dans ces conditions Gravier ne saurait avec ses produits établir une concurrence utile avec ceux de Chevallier, soit pour le prix, soit pour la qualité ; qu’il en est lui-meme demeuré tellement convaincu, que depuis, au moyen d’un sacrifice pécuniaire important, il emploie exclusivement les appareils Chevallier, dont il a obtenu une licence;
- « Attendu que de cet ensemble de faits, il résulte que sous aucun rapport la plainte en contrefaçon n’est fondée, et que c’est avec raison que le premier jugement a renvoyé Gravier des fins de la plainte portée contre lui par Chevallier;
- « En ce qui touche l'appel de Gravier;
- « Attendu que les causes de dommages-intérêts qui lui sont dus par son adversaire se sont continuées et aggravées par la persistance que Chevallier a mise dans ses poursuites;
- « Qu’en laissant un commerçant pendant un si long temps sous le coup d’une prévention de contrefaçon, qui entachait sa probité, il a occasionné à Gravier une perte dans son commerce, en même temps qu’il lui causait un préjudice moral dont la réparation est due ;
- « Qu’il y a lieu d’augmenter la somme allouée à ce titre par les premiers juges, et que la Cour a les éléments suffisants pour en déterminer le chiffre ;
- « Par ces motifs et adoptant ceux des premiers juges :
- « La Cour, met l’appel de la partie civile au néant;
- « Confirme le jugement rendu le 1er juin dernier par le Tribunal correctionnel d’Orléans ;
- « Et disant droit sur l’appel de Gravier ;
- « Elève le chiffre des dommages-
- intérêts auxquels Chevallier a été condamné à la somme de 3,000 fr.;
- « Condamne Chevallier aux dépens d’appel tant envers le prévenu, qu’envers l’Etat, lesdits frais taxés et liquidés en ce qui concerne ceux dus à Gravier à 57 fr. 10 c., et en ce qui concerne ceux avancés par le Trésor, y compris 4 fr. 40 pour droits de poste, à la somme de 4 fr. 65 ;
- « Ordonne que le présent arrêt en ce qui touche la condamnation aux frais avancés par le Trésor, sera exécuté à la diligence de M. le procureur général. »
- Audience du 25 juillet 1866. — M. Porcher, président.
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- TRIBUNAL DE COMMERCE
- DE LA SEINE.
- LES CRISTALLERIES DE BACCARAT. — ACIDE FLUORIQUE. — TRAITÉ. — AGENT CHIMIQUE NOUVEAU.
- Une cristallerie, après s’être obligée à prendre à un inventeur l’acide fluorique nécessaire à la décoration de ses produits, n'apas moins le droit de profiter des découvertes de la science, et d’employer les agents chimiques nouveaux, destinés à faciliter et économiser le travail de fabrication.
- M. Kessler a inventé un acide fluorique propre à la décoration des porcelaines et cristaux. En 1856, il a traité avec la Compagnie des cristalleries de Baccarat, qui s’est obligée à lui prendre l’acide nécessaire à ses travaux.
- Dans ces dernières années, M. Kessler a vu diminuer sensiblement les fournitures d’acide fluorique qu’il faisait â la Compagnie, il en a recherché la cause, et il a appris que la Compagnie avait acheté un brevet pour un agent chimique nouveau, et qu’elle a employé ce nouvel agent, en laissant de côté l’acide fluorique.
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- M. Kessler a soutenu que son traité avec la Compagnie de Baccarat constituait un contrat synallagmatique dont la Compagnie ne pouvait pas se dégager à sa volonté, et fi l’a fait assigner en paiement de diverses sommes montant à 25,224 fr-, pour bénéfices perdus et dommages-intérêts.
- Il avait mis en cause MM. Maréchal et Comp., vehdeurs du brevet nouveau, pour leur faire déclarer commun le jugement à intervenir.
- Le Tribunal, après avoir enten-du les plaidoiries de Me Augustin Fréville, agréé de M. Kessler, de Me Marraud, agréé des cristalleries de Baccarat, et de Me Fro* ment, agréé de MM. Maréchal et Comp., a statué en c'es termes :
- « Attendu que par conventions intervenues le 5 novembre 1856, la Compagnie de cristallerie de Baccarat s’est engagée vis-à-vis de Kessler à lui acheter l’acide fluo-rique liquide qu’elle emploierait à la décoration ae ses produits aux conditions et prix énoncés dans des conventions intervenues entre le demandeur et Maréchal et Compagnie;
- « Attendu que dans les années écoulées depuis 1856 jusqu’à 1863, la Compagnie des Cristalleries de Baccarat a rigoureusement rempli ses obligations et que la diminution de la consommation ne s’est fait sentir que dans le cours des années 1864 et 1865, en raison de circonstances qui ne permettent pas de laisser à la charge de la Compagnie défenderesse les reproches d’inexécution des conventions consenties ;
- « Attendu, en effet, que dans la commune intention des parties, il a été entendu que l’emploi de l’acide fluorique, fabriqué par le demandeur, et destiné à la décoration des produits de la Compagnie, ne pouvait lui être imposé en présence de la découverte d’un agent chimique nouveau destiné à simplifier et diminuer de prix le tra-
- vail auquel l’acide fluorique était jusqu’alors employé ;
- « Attendu qu'il résulte des conventions intervenues au mois de mai 1864 entre Maréchal fils et Teissier Dumotay et la Compagnie des cristalleries de Baccarat, que la Compagnie a acheté desdits Maréchal fils et Teissier Dumotay la cession d’un brevet que ces derniers avaient obtenu et dont l’application permettait à cette Compagnie de substituer l’agent chimique nouveau à celui qui avait fait l’objet des conventions entre elle et Kessler;
- « Attendu que l’interprétation contraire des conventions aurait pour effet d’empêcher la Compagnie des cristalleries de Baccarat de profiter de toutes les découvertes de la science et de la contraindre à un système de production qui la laisserait bientôt devancer par les Compagnies rivales, tant à l’égard de la perfection du travail qu’à l’égard du prix de revient de la fabrication ;
- « Attendu qu’il résulte de toutes ces circonstances que la Compagnie défenderesse a rigoureusement exécuté les conventions du 5 novembre 1856 et que le demandeur est mal fondé dans ses divers chefs de demande;
- « En ce qui louche Maréchal et Compagnie,
- « Attendu que le demandeur déclare à la barre se désister de la demande contre eux formée, qu’il y a lieu de lui en donner acte;
- « Par ces motifs,
- « Jugeant en premier ressort, donne acte à Kessler de ce qu’il déclare se désister de sa demande contre Maréchal et Compagnie ;
- « Déclare le demandeur mal fondé dans sa demande contre la Compagnie des cristalleries de Baccarat, l’en déboute et le condamne aux dépens. »
- Audience du 23 juillet 1866. — M. Berthier, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- Moyen de se servir de fourneaux à 1 la Wilkinson pour allier, à l’aide du wolfram réduit, le tungstène
- et la fonte. Le Guen...............225
- Nouveau four à puddler. H. Besse-
- nier...............................226
- Mode de traitement des minerais de
- fer................................231
- Fourneau à fabriquer le zinc et l’acier. C.-W. Siemens................232
- Alliages japonais.....................235
- Dépôt électro-chimique de magnésium...............................236
- Sur le dépôt galvanique d’argent
- brillant...........................238
- Action des acides sur les métaux et les alliages. Crace Calveri et B.
- Johnson............................238
- Sur la préparation de l’acide azotique. Wagner........................243
- Préparation de l’acide acétique et des acétates purs avec l’acide pyroligneux au moyen de la baryte.
- Richter............................244
- Fabrication du sullide d’ammonium.
- P. S pence........................ 245
- Préparation du cyanure de potassium pur. L. Knaffl................246
- Préparation du vert de chrome. C.
- Dieterich..........................247
- Recherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de Cas-
- sius. J.-C. Fischer................247
- Appareil pour le traitement des lessives ou liqueurs caustiques de résidu dans la fabrication du papier de paille E. Amos et IF.
- Anderson...........................251
- Sur la composition et les moyens d’utiliser les eaux des féculeries et des amidonneries. H. Vohl. . . 253 Mémoire sur les graines de nerprun au point de vue chimique industriel. Le fort........................256
- Recherches sur les qualités vitales de la levure de bière. Hermann
- Hoffmann...........................257
- Machines à hacher les viandes. W.
- Venuleth...........................259
- Eclairage au magnésium. H. Larkin. 260
- A11T§ MÉCANIQUES.
- Régulateur chronométrique. C.-W.
- Siemens........................ 261
- Machine à pulvériser les minerais.
- J. Jones.........................264
- Mandrins se centrant et se serrant seuls. J.-E. Earle...............265
- Pages.
- Sur les assemblages à rivets. B. La-
- thurn...........................267
- Nouveau mode de fabrication des rails de chemins de fer. W.-JJ.
- Barlow..........................272
- Soupape de sûreté nouvelle. J.-R.
- Swan..............................273
- Outil pour couper les entretoises en cuivre dans les boites à feu des
- locomotives. A. Gross..............273
- Mélange de l’air et de la vapeur. . . 274
- Filature du lin désagrégé............275
- Mode Ide fabrication des bandages
- de roues en acier..................276
- Ventilateur de Rider..................277
- Emploi de la tourbe pour le chauffage des locomotives...............277
- Moteur hydraulique. Cavanna.. . . 278 Sur la corrosion des chaudières de locomotives et sur les moyens de les en préserver......................278
- JURISPRUDENCE
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de cassation. — Chambre des requêtes.
- Usines. — Chômage. — Dommages-intérêts..........................281
- Chemin de fer. — Haie séparative.
- — Défaut d’élagage. — Dommage.
- — Compétence...................281
- Cour impériale de Paris.
- Machine à vapeur. — Décret du 25 janvier 1865. — Droit du locataire. 281
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Cour impériale d’Orléans.
- Pharmacie. — Vente de préparations médicinales composées sans ordonnance de médecin. — Contravention à l’article 32 de la loi de germinal an XI. — Défaut de sanction pénale....................283
- Contrefaçon. — Fabrication de conserves alimentaires. — Emploi du manomètre..........................284
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- Tribunal de commerce de la Seine.
- Les cristalleries de Baccarat.—Acide lluorique. — Traité. — Agent chimique nouveau......................286
- BAR-SUR-SEINE. —. IMP. SAILLARD.
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- Le Technologiste
- Imprimerie Roret rue Hautçfeuille iq Paris.
- Ed. Laurent sc-
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- LE TECHINOLOGISTE
- OU
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- ù
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- De Vabsorption de l'hydrogène et de l’oxyde de carbone par le cuivre en fusion.
- Par M. Caron.
- Différents phénomènes que l’on observe pendant le raffinage du cuivre m’ont donné à penser que ce métal devait, pendant la fusion, jouir de la faculté d’absorber certains gaz, et que ses propriétés pouvaient être modifiées par cette absorption.
- Les expériences à exécuter pour nfassurer de ce fait étaient bien Amples ; elles consistaient à fondre successivement le cuivre dans plusieurs gaz; à surveiller les différentes phases de l’opération et à examiner les propriétés ainsi que les caractères du métal après son refroidissement. C’est le résultat de ces expériences que j’ai l’hon-oeur de faire'connaître ici.
- Mes premiers essais ont porté sur les gaz réducteurs. Un lingot de cuivre de bonne qualité, pesant 150 à 200 grammes, et placé dans one nacelle de porcelaine vernie, contenue dans un tube de même nature, est soumis à une température un peu supérieure à celle de la fusion du cuivre, au milieu d’un
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Mars \
- courant d’hydrogène bien purifié. A l’extrémité du tube par laquelle s’échappe le gaz, est placée une boule en verre à deux larges tubulures, permettant d’observer très-facilement ce qui se passe dans l’intérieur de l’appareil. Tant que le métal reste solide, on ne voit rien se produire; mais au moment où il commence à fondre, il gonfle, et à sa surface viennent crever des bulles nombreuses, comme on en observe pendant la fusion d’un sel contenant de l’eau. On remarque à ce moment précis, une formation notable de vapeur d’eau qui vient se condenser danslaboule de verre. Tous les échantillons de cuivre sur lesquels j’ai opéré m’ont donné invariablement le même résultat; aussi suis-je porté à croire que les cuivres du commerce contiennent généralement un pou d’oxyde.
- Lorsque le cuivre est tondu et l’oxyde complètement réduit, la surface du métal en fusion est brillante et mobile comme celle du mercure ; le moindre choc contre l’appareil fait rider cette surface, mais elle rentre bientôt dans une immobilité complète qui fait supposer que l’action du gaz est déjà entièrementterminée, ou du moins qu’elle n’est plus apparente. Onar-
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- rête alors le feu eton laisse refroidir lentement. Un peu avant la solidification du métal, on voitla surface miroitante s’agiter, bouillonner, et le gaz qui s’échappe projeter une multitude de finesgouttelettes de cuivre qui retombent solidifiées en boules brillantes et viennent tapisser les parois de la nacelle et du tube de porcelaine. A laiin de cette espèce d’ébullition le métal semble se gonfler, et la solidification se termine par une dernière éruption inachevée qui produit un ou plusieurs soulè-^ vements à la surface du métal.
- Lorsque tout est froid et qu’on examine le lingot, on aperçoit à sa partie intérieure des cavités larges et profondes qui le traversent quelquefois en entier. La partie supérieure est mate, sans apparence de cristallisation nette, et l’on y voit les excroissances dont j’ai "parlé plus haut. La cassure du métal 'offre une foule de cavités intérieures dans lesquelles l’hydrogène a été emprisonné; enfin, si l’on prend la densité de ce cuivre, on obtient quelquefois 7,2 au lieu de 8,8 qu’il avait avant l’opération.
- D’après cette expérience, il est bien clair que le cuivre en fusion absorbe du gaz hydrogène, et que le gaz est expdlsé au moment de la solidification du métal, mais pas assez rapidement pour qu’il n’en reste emprisonnée dans l’intérieur une notable partie donnant lieu à ces nombreuses soufflures dont la présence altère les propriétés du cuivre.
- Si l’on remplace l’hydrogène par l’oxyde de carbone, on observe exactement les mêmes effets; seulement le bouillonnement qu’on voit également au moment de la fusion est dû à la formation d’acide carbonique. Le cuivre, après son refroidissement, a le même aspect spongieux, et la diminution de sa densité est aussi sensible. Dans le gaz ammoniac et l’hydrogène carboné, il en est de même, mais le phénomène est plus complexe : j’y reviendrai plus tard.
- Il est encore un fait qui mérite
- d’être signalé. J’ai dit plus haut qu’en fondant du cuivre dans l’hydrogène ou l’oxyde de carbone, et en opérant dans une nacelle de porcelaine vernie, on obtenait un lingot très-bulleux, et par suite d’une densité très-faible. Il n’en est plus ainsi lorsqu’on emploie une nacelle en chaux; le gaz, qui cependant a dû être absorbé, ne se dégage plus au moment du refroidissement, on ne voit aucune ébullition, et finalement on obtient un cuivre sans soufflures dont la densité est légèrement plus forte que celle du cuivre fondu ordinaire. Une nacelle en graphite de gaz donne un résultat semblable
- Il est aussi à remarquer que si l’on substitue à la nacelle en porcelaine vernie ou non et très-cuite, une nacelle également en porcelaine, mais très-poreuse et peu cuite .(1), on obtient encore des lingots compacts comme avec la chaux et le graphite de gaz; cependant la densité du cuivre ainsi fondu n’atteint jamais le maximum que donne la lusion dans le graphite de gaz ou la chaux.
- La différence des résultats obtenus avec une. nacelle en porcelaine très-cuite et imperméable, et une nacelle de même matière, mais poreuse et peu cuite, pourrait faire supposer que la porosité de la substance, qu’elle soit chaux, graphite ou kaolin, joue ici le principal rôle ; mais ces matières poreuses ne se comportentpas toujours de même à l’égard d’autres gaz. Ainsi, l’oxygène est absorbé par l’argent comme l’hydrogène par le cuivre; l’argent, comme le cuivre, expulse son gaz au moment delà solidification, et cependant l’argent roche tout aussi bien dans la chaux que dans la porcelaine vernie. Je me conten-: terai donc de garantir les faits que ! je viens de rapporter, sans cher-
- (1) Pour obtenir ces nacelles poreuses, je prépare la pâte avec un mélange en volumes égaux de kaolin et de charbon de terre; j'enlève ensuite le charbon en grillant la nacelle dans une moufle.
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- cher à en donner aujourd’hui l’explication.
- Cette propriété que possède le cuivre d’absorber l’hydrogène ou l’oxyde de carbone pendant sa fusion, n’est pas commune à tous les métaux. L’hydrogène fait rocher l’antimoine comme le cuivre, mais ce gaz ne produit pas d’effet semblable avec l’argent et l’étain. Sa seule action sur ces derniers métaux consiste à augmenter légèrement leur densité (sans doute en leur enlevant la petite quantité d’oxygène qu’ils contiennent ordinairement), et à leur permettre de cristalliser d’une manière inaccoutumée sous le rapport de la grandeur des cristaux.
- Dans une prochaine communication, je ferai connaître le résultat de mes expériences relatives à l’action des hydrogènes carbonés et du charbon sur le cuivre en fusion.
- Action des acides sur les métaux et les alliages.
- Par MM. Crace Galvert et R. Johnson.
- (Suite).
- A ction des acides nitrique et chlorhydrique sur l'étain, le zinc et le cuivre. — Nous réserverons les détails de nos expériences après avoir décrit ceux que nous avons obtenus par l’action de ces mêmes acides sur deux classes d’alliages formés par ces métaux, à savoir les laitons et les bronzes. Nous avons en eft'et trouvé par l’expérience directe, que pour arriver h des données tant soit peu correctes, il était nécessaire d’employer des acides d’une force particulière, autrement les réactions sont tellement compliquées qu’on ne parvient pas à obtenir de résultats comparatifs dans l’action de ces acides sur les divers groupes d’alliages. Les faits qui vont suivre justifieront, du moins nous le pensons, cette manière de procéder.
- Tableau n° 4. Action de l’acide nitrique sur un alliage de cuivre et de zinc (laiton).
- Surface d’attaque. Quantité d’acide. Durée de l’action.
- 10 cent. cub. 100
- 24 heures.
- Composition du laiton
- 1 équivalent cuivre. 49.059 1 1 équivalent étain. . 50.941 \
- QUANTITÉ COMPOSITION COMPOSITION COMPOSITION
- FORCE DE L’ACIDE dissoute par 1 centim. cube. du en moyenne
- nitrique employé. métal dissous. « centièmes. en centièmes.
- Poids spécifique. gram.
- ( 1.14 6.421 3.093 Culfi «h 3.328 Znjb 4^1 1.898 Cul « nof> 2.038 Znp^0 48.232 Cuji00 51.768 Znj1uu 48.283 Cul,™ 51.717 Zn(luu
- Acide 1 concentré, j ( 1.14 3 936 48.258 Cu|,nn 51.742 Zn(luu
- ( 1.Q8 1.504 0.252 Cub 1.243 Zn\"4Jo 0.340 Cu)a qik 1.705 Znf5 U4J 16.856 Cul.™ 83.144 Zn(luu 16.626 Cul 10Q 83.374 Zn|luu
- Acide 1 étendu. î ( 1.08 2.031 16.741 CuI.qq 83 259 Znjluu
- En parcourant ce tableau, on 1 du poids spécifique 1,14, dissout voit que tandis que l’acide nitrique [ les métaux qui composent le laiton
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- dans les proportions exactes suivant lesquelles ils existent dans l’alliage employé, un acide d’une force environ moitié moindre ou du poids spécifique 1,08, dissout presque tout le zinc contenu dans l’alliage, et seulement une petite quantité de cuivre. Ce résultat, entre autres, nous a démontré la nécessité d’employer un acide de force déterminée pour entreprendre une série d’expériences comparatives sur divers alliages, et nous considérons l’action de l’acide nitrique du poids spécifique 1,14, comme l’action normale, puisque cet acide attaque tant le zinc que le cuivre dans les proportions où ces métaux existent dans l’alliage,
- tandis que celle d’un acide plus fort ou plus faible est anormale, puisque cet acide agit, suivant sa force, plus ou moins sur chacun des métaux qui composent le laiton. Ces résultats ont, en outre, été confirmés sur un cube d’un alliage composé à parties égales de zinc et de cuivre, qu'on a laissé pendant plusieurs jours dans l’acide chlorhydrique concentré, la totalité du zinc, ou à peu de chose près, de cet alliage a été dissoute, en laissant un cube qui avait même diamètre que si on avait seulement expérimenté dessus et qui se composait de cuivre presque pur.
- Le tableau suivant met ce fait en relief :
- Tableau n° 8. Action de l'acide chlorhydrique concentré sur l'alliage de zinc et cuivre ZnCu.
- 1 équivalent cuivre..............................49.059 [
- 1 équivalent zinc................................ 50.941 \
- FORCE QUANTITÉ QUANTITÉ
- POIDS DU CUBE de de
- de l’acide zinc dissons zinc laissé REMARQUES.
- employé. en grammes. sur dans
- 1 cent. cube. le cube.
- gram. gram.
- 1.20 l.t??znl8-986 4.443 0.130 Les cubes, après l’expérience, ont une couleur cuivreuse et le même diamètre que précédemment, mais sont tout à fait mous. TJne trace seu-
- 1.20 4.330 0.308 lernent de cuivre a été dissoute.
- Action de l’acide nitrique faible sur les laitons. — Nous allons actuellement décrire l’action de l’acide nitrique faible du poids spécifique de 1,100 sur divers alliages de zinc et de cuivre combinés en proportions équivalentes et multiples. Nous nous sommes décidés à faire usage d’acide de cette force, parce que nous avons trouvé, après de nombreuses expériences, que c’était la meilleure force d’acide qu’on pût employer pour obtenir des résultats constants.
- Le tableau qui suit ces remarques renferme le résumé,de nos résultats et donne une idée de la variété d’action que présente la
- même force d’acide nitrique sur la même classe d’alliages et de l’influence extraordinaire que quelques centièmes de cuivre ou de zinc en plus ou en moins exercent pour entraver ou provoquer l’action de cet acide. En outre, en parcourant ce tableau, on remarquera que l’action de l’acide est comparativement violente sur tous les alliages contenant un excès de zinc et qu’elle est presque 1000 fois moins active sur ceux où il y a un excès de cuivre. Sous ce rapport, nous ne pouvons nous dispenser de consacrer une attention toute spéciale à l’action de l’acide sur l’alliage Zn Cu, comparée à celle
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- qu’il exerce sur Zn2Cu, malgré qu’il n’y ait qu’une différence de H pour 100 de zinc.
- Il est nécessaire d’expliquer ici comment nous sommes arrivés aux données qu’on trouve dans la quatrième colonne. Les chiffres représentent les résultats calculés des quantités de métaux qui auraient été dissoutes si ces métaux eussent été libres, et si la présence de 1’ un de ces métaux n’était intervenue dans l’action chimique. On remarquera, en comparant ces chiffres avec ceux qui représentent la quantité d’alliage réellement dissous que dans les 4 premiers alliages du tableau, à savoir* ceux
- qui contiennent un excès de zinc, cette quantité d’alliage dissous est en excès sur celle qu’indique la théorie, tandis que dans l’alliage composé d’équivalents de chacun des métaux et ceux qui renferment un excès de cuivre, l’action est 40 à 50 fois moindre. Ces faits nous paraissent intéressants, non-seulement sous le rapport scientifique, mais être aussi importants dans leurs applications aux manufactures, surtout en ce qui concerne les robinets, les tuyaux, etc., en laiton.
- Voici le résumé de nos expériences :
- Tableau n° 6. Action de l'acide nitrique du poids spécifique 1,100 sur les alliages de cuivre et de zinc (laitons).
- Surface d’attaque.......................................... 1 cent. cube.
- Quantité d’acide........................................... 25
- Durée de l’action..........................................15 minutes.
- Température................................................ 20° C.
- MÉTAUX et composition des alliages. PERTE sur 1 centimètre cube. PERTE CALCULÉE sur 1 mètre carré. PERTE CALCULÉE d’après • la composition des alliages.
- Cuivre. gram. 0.009 gram. 15.000 gram. 15.000
- Zinc. 1.760 2933 300 2933.300
- Zn*Cu — Zn 83.70 Cu 16.70 100 2.025 3375.000 2457.645
- Zn4Cu — Zn 80.43 Cu 19.57 100 1.740 . 2900.000 2362.200
- Zn3Cu — Zn 75.36 Cu 24 64 100 1.695 2825.000 2214.250
- Zn*Cu — Zn 67.26 Cu 32.72 100 1.530 2550.000 1977.800
- Zn Cu — Zn 50.95 Cu 49 05 100 0 027 45.000 1494.000
- ZnCu* — Zn 33.94 Cu 66.06 100 0.015 25.000 1005.480
- ZnCu* — Zn 25.52 Cu 74.48 100 0.013 21.660 759 750
- ZnCu4 — Zn 20.44 Cu 79.56 100 0 015 25.000 611 500
- ZnCu» — Zn 17.05 Çu 82.95 100 0.010 16.660 512.570
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- Action de l'acide chlorhydrique, poids spécifique 1,05, sur les alliages de zinc et de cuivre {laitons). — On remarquera, en parcourant les résultats consignés dans le tableau suivant, que l’action de l’acide est presque identique à celle que la théorie indique sur l’alliage Zn5Cu et Zn^u, tandis que sur l’alliage suivant Zn3Cu qui ne renferme seulement que 5 poor 100 de cuivre en plus que le précédent, l’attaque n’est que moitié de celle indiquée par la théorie. Mais assurément le résultat le plus inattendu auquel on est arrivé est la complète inactivité
- de l’acide chlorhydrique sur tous les alliages contenant un excès de cuivre, et spécialement sur l’alliage composé en proportions équivalentes de chaque métal, et chose très-remarquable, c’est que tandis que moitié du cube de l’alliage ZnsCu est dissous dans l’espace d’une heure, l’alliage à équivalents égaux des métaux reste parfaitement intact.
- La quatrième colonne de ce tableau donne également la quantité théorique qui aurait dû être dissoute si les métaux eussent été libres et non alliés.
- Tableau n° 7.
- Surface d’attaque............................................... 1 cent. cube.
- Quantité d’acide............................................... 50
- Durée de l’action............................................... 1 heure.
- MÉTAUX et composition des alliages. PERTE sur 1 centimètre oube. PERTE CALCULÉE sur 1 mètre carré. PERTE CALCULÉE d’après la composition des alliages.
- Cuivre. grain. 0.000 gram. 0.000 gram. 0.000
- Zinc. 0 200 333 333 333.333
- ZnüCu — Zn 83.70 / Cu 16.30 | 100 0.155 258.334 279.000
- Zn4Cu — Zn 80.43 ( Cu 19.57 | 100 0.155 258.334 268.000
- Zn3Cu — Zn 75.36 ) Cu 24.64 ( 100 0 065 108.334 251.200
- Zn2Cu — Zn 67.26 1 Cu 32.74 j 100 0.050 83.334 224.200
- Zn Cu — Zn 50.68 ( Cu 49.32 ( 100 0.000 0.000 168.933
- ZnCu2 — Zn 33.94 ) Cu 66.06 j 100 0.000 0 000 113 133
- ZnCu3 — Zn 25.52 ) Cu 74.48 j 100 0 000 0.000 85.066
- ZnCu4 — Zn 20 44 I Cu 79.56 j 100 0.000 0.000 68.133
- ZnCu5 - Zn 17.05 1 Cu 82.95 j 100 0.000 0.000 56.830
- (La suite au prochain numéro.)
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- Sur le verre.
- Par M. J. Pelouze.
- Le verre dont il est question dans la première partie de cette note est formé de silice, de soude e.t de chaux ; mais, comme on l’ob-Vent dans des creusets en argile, ^ contient un peu d’alumine et d'oxyde de fer. Cette dernière base provient aussi du sable, du calcaire et du fondant (carbonate ou sulfate de soude). Enfin, on y rencontre encore et toujours, comme je l’ai dit ailleurs, une petite quantité de sulfate de soude.
- La soude qui sert de fondant au sable et à la chaux est fournie tantôt par le carbonate, tantôt par le sulfate de soude. Dans le premier cas, la composition est ordinairement la suivante :
- Sable blanc...............290
- Carbonate de soude...... 100
- Carbonate de chaux...... 50
- ce qui donne un verre formé de :
- Silice................. 77.04
- Soude...................15.51
- Chaux.................. 7 41
- Dans le second cas, la composition est faite avec :
- Sable blanc...............270
- Sulfate de soude..........100
- Carbonate àe chaux...... 100
- Charbon de bois...........6à8
- ce qui fournit un verre formé de :
- Silice..................73.05
- Soude.................. 11.79
- Chaux.................. 15.16
- Ces deux verres sont ceux qu’on fabrique dans les glaceries de Saint-Gobain.
- Il était intéressant, aussi bien sous le rapport industriel qu’au point de vue théorique, de rechercher combien on pourrait introduire de sable dans ce verre.
- ( Les qualités extraordinairement réfractaires des creusets, et la température excessivement élevée des tours mis à ma disposition, me permettaient de tenter ces expé-
- riences, dont le résultat, quel qu’il fût, devait être intéressant.
- Je n’entrerai pas ici dans les détails des essais que j’ai tentés; je me bornerai à dire que j’ai pu élever successivement la proportion de sable jusqu’à 400 parties, au lieu de 270 et 290.
- Le verre fait avec 400 parties de sable, 100 de carbonate de soude et 50 de carbonate de chaux, est formé de :
- Silice.................82.24
- Soude................. 12.01
- Chaux. . . ............ 5.75
- 100.00
- Celui qui a été fabriqué avec 400 de sable, 100 de sulfate de soude et 100 de carbonate de chaux
- est formé de, :
- Silice . . . . 80.07
- Soude .... 8.73
- Chaux . . . . 11.20
- 100.00
- Si, au lieu de 400, on emploie seulement 350 parties de sable pour 100 de sulfate de soude et 100 de carbonate de chaux ; le verre présente la composition suivante :
- Silice.................77.80
- Soude............... 9 70
- Chaux................. 12.50
- ' 100.00
- On a fait une glace de 12 mètres de superficie et de 11 à 12 millimètres d’épaisseur, dans les conditions du travail journalier d’un four à gaz, avec la composition suivante, qui est la même que la précédente : .
- Sable de Chamery. . . . 350 ki
- Sulfate de soude......100
- Carbonate de chaux. . . 100
- Arsenic............... 1
- Calcin................ 0
- Charbon............... dbS
- Ce mélange a été introduit dans un pot bien placé dans le four. La première fonte a duré environ une heure et demie de plus cjue dans les pofs voisins; à la fin,de la deuxième fonte, le* retard était à peu près d’une heûre. Il n’a pas été
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- 296 —
- fait de troisième enfournement. Au moment de la coulée, le verre n’était pas fin et contenait beaucoup de pierres de sable. Le pot a été laissé dans le four et a supporté la chaleur du travail suivant. Au moment du troisième enfournement des autres creusets, le verre était fin et le pot a reçu un peu de composition.
- Ce verre a fait la première glace ; il était notablement plus dur que celui des pots voisins, bien transparent, mais renfermant quelques pierres de sable. Le pot a ôté remis au four, puis jeté après la coulée. Le verre adhérent aux parois était, après le refroidissement, entièrement laiteux; un morceau trouvé sur le charriot à rouleau était légèrement opalin. La glace faite avec ce verre a été retirée de la carcaise au bout de quatre jours. Le reçuit s’est opéré dans les mêmes conditions que celui des autres glaces.
- Les parties reposant sur les points les plus chauffés de la carcaise avaient subi un commencement de dévitrification annoncée par une teinte opaline; les* autres avaient conservé leur transparence.
- Un morceau de cette glace porté à la température à laquelle le verre commence à se ramollir, se dévitrifie rapidement et d’une manière complète.
- Quant au verre au carbonate, dans la composition duquel on avait introduit 400 parties de sable, il avait été recuit dans une arche, à une température un peu plus élevée que celle de la carcaise, et on l’avait trouvé entièrement opa-
- ue et dévitrifié ; il ressemblait à
- u biscuit de porcelaine. J’ai constaté qu’il ne contenait plus que 3 à 4 millièmes de sulfate de soude, au lieu de 2 pour 100 que renferme, en général, le verre de composition ordinaire. On devait s’attendre à ce résultat.
- M. Baille a bien voulu, à ma prière, examiner sous, le rapport de la réfraction, le verre dans la composition duquel entrent 350
- parties de silice pure. Ce verre est très-beau, quoique possédant une légère opalescence. Il donne un spectre très-net et les raies sont bien visibles; à défaut du soleil, on n’a pu déterminer que les indices de réfraction de trois raies : l’une rouge, fournie par une étincelle électrique traversant un tube d’hydrogène et coïncidant presque avec la raie C de Frauenhofer; la seconde jaune, donnée par la flamme de l’alcool salé et correspondant à la raie D; la troisième verte, fournie par l’étincelle électrique à travers le tube d’hydrogène et coïncidant avec F. M. Baille a obtenu ainsi les nombres suivants :
- Raie rouge...........1 51500
- Raie jaune............. 1.517543
- Raie verte............. 1.523599
- Indice moyen .... 1 520571 Coefficient de dispersion................. 0.00166
- Ce verre est donc un crown d’un faible pouvoir réfringent, et par suite très-convenable pour les lentilles de microscope.
- Le verre ordinaire de Saint-Gobain donne les nombres :
- Raie rouge........... 1.524815
- Raie jaune............ 1.527430
- Raie verte........... 1.533746
- Indice moyen......... 1.530588
- Coefficient de dispersion. ........ 0.00169
- Les deux verres ont donc è peu près la même dispersion ; mais le verre chargé de silice est moins réfringent que le crown ordinaire de Saint-Gobain.
- Les expériences sur le recuit du verre très-siliceux ont été faites un grand nombre de fois, et toujours on a obtenu des matières remarquables par la facilité avec laquelle elles se dévitrifient, d’où resuite pour le fabricant l’impossibilité d’augmenter la proportion de sable consacrée par une longue expérience dans la composition du verre à base de soude ou de chaux. S’il la dépassait, ne fût-ce que de quelques centièmes seulement, il courrait le risque de voir son verre
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- devenir galeux ou tout au moins opalin pendant le travail qu’il lui fait subir.
- Si, au contraire, il mettait moins de sable dans sa composition, il obtiendrait, comme on le sait, un verre ayant moins de tendance à se dévitrifier, et plus fusible, moins dur et plus altérable.
- Il y a une double conséquence ^ tirer de ces observations, c’est que d’une part les verriers ont depuis longtemps fixé avec une grande habileté les proportions de sable donnant les meilleurs verres, et que de l’autre les matières vitrifiables perdent d’autant plus facilement leur transparence quelles sont plus chargées de silice.
- [La suite au prochain numéro.)
- Influence de la lumière sur Vargenture du verre.
- Par M. C. Lea.
- On ne réussit pas toujours dans la préparation des miroirs argentés par la précipitation de l'argent finement divisé d’une solution d’azotate argentique à obtenir une couche miroitante. Ceux qui se sont occupés de cette opération sous le rapport industriel connaissent bipn les conditions et le tour de mains par lesquels elle réussit, mais non pas toutes les conditions dans lesquelles elle se présente pour pouvoir ou vouloir préparer eux-mêmes un pareil miroir, et ne rencontrent nulle part sous ce rapport des notions précises et exactes.
- Malgré les nombreuses communications qui ont été faites sur ce sujet, je crois qu’il ne sera pas sans intérêt de faire connaître les expériences propres que j’ai pu faire en cette matière.
- ^ Lorsque je dissolvais de l’azotate d'argent dans l’eau que je saturais par l’ammoniaque, et après avoir ajouté une solution faible de tar-
- trate de potasse et de soude, j’étendais sur une surface de verre, j’obtenais un précipité assez irrégulier, qui ne présentait que çà et là, mais non pas partout, une bonne surface réfléchissante et qui paraissait au contraire en beaucoup de points brune et poudreuse, semblable au précipité qui se forme dans le développement du négatif photographique. Après plusieurs tentatives vaines, je me rappelai cette ancienne observation que dans la dorure galvanique la précipitation de l’or n’apparaît aussi qu’irrégulière et par places quand elle s’opère à la lumière diffuse du jour, et au contraire régulière et d’un bel aspect quand elle se fait sous l’action directe des rayons solaires.
- J’ai donc eu l’idée de rechercher si, dans le procédé d’argenture en question, la lumière n’exerçait pas une influence analogue, et j’ai observé qu’à la lumière solaire toutes les inégalités, toutes les taches disparaissaient et étaient remplacées par une belle surface miroitante argentée.
- On prépare en conséquence une solution d’azotate d’argent dans l’eau; quant à la force de cette solution, la chose paraît indifférente, néanmoins, elle ne doit pas être concentrée. Deux à trois grammes d’argent pour 100 grammes d’eau paraissent être la meilleure proportion. On ajoute à cette solution de l’ammoniaque, jusqu’à ce que le précipité brun qui se forme soit complètement redissous; en même temps on prépare dans un autre vase une-solution de sel de Rochelle (tartrale de potasse et de soude), à peu près de la même force.
- En cet état, on place la plaque de verre qu’on veut argenter horizontalement sur une planche près de la fenêtre, derrière un écran qui garantit cette plaque de la lumière directe du soleil, on mélange des quantités égales des deux solutions ci-dessus et on en verse sur le verre une quantité suffisante pour qu’elle y demeure et ne s’en écoule pas ; enfin, on enlève l’écran et on laisse
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- tomber sur la plaque la lumière directe du soleil.
- Suivant qu’on veut avoir un précipité épais ou mince sur la plaque, on laisse la liqueur sécher sur celle-ci ou bien on la fait écouler après 10 à 15 minutes.
- La couche d’argent adhère très-fortement, surtout lorsqu’on a laissé sécher la solution au soleil, et peut être lavée sous un filet d’eau sans se détacher.
- Il est à peine nécessaire de faire remarquer que le verre doit être préalablement nettoyé avec le lus grand soin. Un mélange de ichromate de potasse, d’acide sulfurique et d’eau que j’ai recommandé pour le nettoyage des plaques négatives peut être aussi employé avantageusement dans ce cas. Mais voici encore une autre précaution qu’il est bon de connaître.
- Lorsqu’on étend la liqueur sur la plaque de verre, il ne faut pas mettre la surfacevdu verre en contact avec la baguette en verre ou autre objet qui sert à l’étendre, parce que les traces de ce contact s’aperçoivent et sont visibles dans le précipité.
- Recherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de Cassius.
- Par M. J.-C. Fisher.
- (Suite.)
- G. Expériences propres. — Si on étudie les travaux qui ont été publiés jusqu’à ce jour sur le pourpre de Cassius, on acquiert aisément la conviction qu’ils ne laissent pas encore entrevoir une solution définitive satisfaisante sur la constitution de ce corps ; cette circonstance m’a donc déterminé à entreprendre le travail dont je vais faire connaître les résultats.
- Avant tout, j’ai procédé à la préparation très-soignée des solutions
- métalliques d’une composition bien déterminée dont j’avais besoin, à savoir de solutions de chlorure d’or, de protochlorure d’étain et debichlorure d’étain. J’ai cru avoir aussi besoin de cette dernière, mais plus tard j’ai constaté que c’était une erreur.
- Solution de chlorure d’or. — 3gr.410 d’or de ducat ont été dissous dans un mélange de 25 grain, d’acide chlorhydrique du poids spécifique 1,13 et 8 gram. d’acide sulfurique de 1,33, la solution a été chauffée jusqu’à ce qu’il cessât tout-à-fait de se dégager des vapeurs rutilantes, puis on a étendu de cinq fois le volume d’eau, on a séparé par le filtre une trè.~-faible portion de chlorure d'argent (contenant Ogr.OlO d’argent) et la liqueur filtrée a été étendue d'eau jusqu’à ce qu’elle forme un volume de 340 centimètres cubes. Chaque centimètre cube de cette solution renfermait donc Ogr.OlO ou 10 mil-ligram. de métal.
- Solution de protochlorure d'étain.
- — On a fait digérer à chaud 10 gram. d’étain pur dans 50 gram. d’acide chlorhydrique du poids spécifique de 1,13, jusqu’à ce que toute action ait cessé, puis on a mélangé avec le double en volume d’eau, lavé le métal non dissous, séché et pesé. Ce métal s’élevait à lgr.850, par conséquent il y avait 8gr.l50 dissous. La solution a été
- ortée avec l’eau au volume de
- 07,3 centim. cubes, de façon que chaque centimètre cube renfermait 0gr.020 ou 20 milligrammes de métal.
- Solution de bichlorure d'étain.
- — On a traité 5 gram. d’étain par une quantité suffisante d’acide chlorhydrique de 1,13, jusqu’à ce que tout le métal ait disparu ; il en a fallu pour cela 30 gram. On a ajouté de nouveau 30 gram. de cet acide et 10 gram. d’acide azotique de 1,33, et on a continué la digestion, jusqu’à ce qu’un échantillon qu’on a levé se montrât indifférent vis-à-vis le chlorure d’or, et enfin on a amené le tout avec l’eau à un
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- volume de 500 centim. cubes, de façon que 1 centim. cube de cette solution renfermait Ogr.OlO ou 10 milligrammes de métal.
- I- Dans l’hypothèse de M. Figuier, il y aurait dans le pourpre ue Gassius pur, pour 1 équivalent u’oiy présence de 3 équivalents u’étain, c’est-à-dire sur 100 parties
- poids d’or presque 90 parties u’étain, puisque l’équivalent de
- I or est 197, celui de l’étain 58, et que 197 est par rapport à 3x58 ===/n4àpeuprèscommel00està90.
- On a en conséquence étendu ^0 centim. cubes de solution d’or (contenant 100 milligr. de ce métal), avec 10 centim. cubes d’eau, °n y a ajouté un mélange de 4 1/2 centim. cubes de protochlorure d’étain (renfermant 90 milligr. de métal), et41/2 centim. cubes d’eau.
- II s’est développé aussitôt une couleur rouge pourpre, intense et pure, mais il a été impossible de saisir la moindre précipitation.
- Un échantillon du mélange a été étendu d’abord avec cinq fois, puis avec dix fois son volume d’eau, mais le tout est resté limpide.
- Un second échantillon chauffé jusqu’à l’ébullition, a laissé précipiter quelques flocons pourpre intense, mais la liqueur est restée couge clair.
- Un troisième échantillon étendu d’abord de dix fois son volume d-’eau et porté à l’ébullition, s’est décoloré presque complètement en abandonnant un précipité coloré en pourpre.
- a. Alors le mélange entier a été étendu de dix fois son volume d’eau et bouilli pendant un quart-d’heure. Il y a eu précipitation assez abondante, et après avoir abandonné le tout au repos pendant un jour, la liqueur surnageante a paru tout-à-lait incolore. Un a recueilli le précipité sur un filtre taré, lavé avec l’eau jusqu’à ee que celle qui s’écoulait ne présentât plus de réaction acide, puis °n a laissé sécher à la température ordinaire (de l’été) dans un lieu obscur.
- Un petit échantillon du précipité a été, immédiatement après les lavages et encore humide, introduit dans l’ammoniaque liquide à 10 pour 100 et on l’y a agité. Il y a eu en apparence dissolution, car la liqueur n’a pas tardé à paraître rouge pourpre et claire, mais ce ne devait être qu’une suspension de matière ténue, car au bout d’un repos prolongé (au-delà de 8 jours), il s’est déposé une masse roue;e pourpre et la coloration de la liqueur a diminué dans le même rapport jusqu’à ce qu’enfin elle ait entièrement disparu.
- Le pourpre qui s’était rassemblé sur le filtre et qui n’avait éprouvé aucune perte au contact de l’air à la température ordinaire, s’élevait à 226 milligrammes. Les deux métaux employés y étaient contenus complètement (100 -f- 90 milligrammes), de façon que l’augmentation de poids en oxygène et en eau était de 36 milligrammes. Il présentait alors une masse purpurine noirâtre, formait des conglomérats assez durs, devenait plus clair quand on le broyait dans un mortier d’agate et prenait,lorsqu’on en soumettait de très-petites particules à une pression soutenue et énergique, l’éclat très-manifeste de l’or. C’est avec la matière pulvérulente qu’on a fait les expériences qualitatives suivantes.
- Agité avec l’ammoniaque liquide, le pourpre n’éprouve aucune action saisissable. L’acide azotique de 1,17 change à la température ordinaire, la couleur du pourpre en une autre inférieure plus claire. L’acide chlorhydrique de 1,13 transforme, lentement à la température ordinaire, plus promptement à une douce chaleur, la couleur du pourpre en un brun cannelle qui dès lors prend l’aspect de l’or précipité par le sulfate de fer. La liqueur chlorhydrique filtrée donne avec l’ammoniaque un précipité blanc abondant ; avec l’hydrogène sulfuré un fort précipité jaune pur. Le dépôt brun cannelle, lavé et séché, prend immédiatement, quand on
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- le comprime, le plus bel éclat de l’or. L’acide chlorhydrique a donc enlevé l’oxyde d’étain au pourpre, et la portion non dissoute du pourpre qui est restée se composait d’or métallique. Le pourpre se dissout assez promptement et complètement dans l’eau régale qu’il colore eu jaune d’or.
- b. La liqueur acide qui reste d’abord après qu’on a recueilli le pourpre a été partagée en trois parties : à l’une, on a ajouté de l’acide sulfhydrique; à l’autre une solution de sulfate de fer, et à la troisième une solution de bichlo-rure de mercure, mais dans aucun de ces cas, il n’y a eu de changement apparent. Elle ne renferme donc plus rien de métallique, tout l’or et l’étain employés se trouvaient dans le pourpre.
- IL On a étendu 10 centimètres cubes de la solution d’or d’un côté avec de l’eau pour former 100 centimètres cubes, et de l’autre avec-4,5 centimètres cubes d’une solution d’étain dans l’eau pour former 45 centimètres cubes, et ces deux liqueurs ont été mélangées vivement ensemble. Il n’a pas tardé h se produire un précipité floconneux purpurin noirâtre qui, au bout d’une demi-heure, s’était déjà complètement déposé, mais la iiqueur surnageante possédait encore une couleur rouge foncé : au bout de douze nouvelles heures, la couleur de cette liqueur était devenue beaucoup plus pâle, et alors on procéda à la filtration.
- a. Le précipité, après des lavages soignés, a été examiné sous un microscope grossissant 300 fois et s’est présenté sous la forme de granules amorphes différemment conformés, la plupart pyriformes, uniformément purpurins pâles, translucides, de 0mw.0045 de diamètre.
- Séché à l’air, ce précipité pesait cette fois 260 milligrammes. On pouvait à peine le distinguer extérieurement de la préparation n° I; il devenait plus clair aussi par le broyage, prenait par la compres-
- sion l’éclat métallique et ne s’accordait pas moins que ce numéro dans la manière dont il se comportait avec l’ammoniaque liquide, l’acide azotique, l’acide chlorhydrique et l’eau régale.
- b. La liqueur séparée du précipité et encore faiblement rougeâtre, a pu, par une courte ébullition, être obtenue complètement incolore, mais il s’y est déposé les dernières traces de pourpre qu’on a séparées par le filtre. La liqueur qui a coulé du filtre s’est comportée avec la même indifférence que celle du n° I, vis-à-vis l’acide sulfhydrique, le sulfate de fer et le bichforure de mercure.
- III. 100 centimètres cubes de solution d’or ont été étendus d’eau pour former 500 centimètres cubes, puis on a pris 45 centimètres cubes de solution de protochlorure d’étain dont on a fait 225 centimètres cubes avec de l’eau, et on a mélangé promptement les deux liqueurs. Il s’est formé immédiatement un trouble; toutefois, après cinq heures on ne remarquait encore qu’un léger dépôt, et comme même au bout de 12 heures la liqueur ne s’était pas éclaircie, on a porté le tout à l’ébullition, ce qui conduit promptement au but proposé. Le précipité était rouge pourpre intense et fort beau et la liqueur surnageante incolore; séché à l’air, il pesait 2064 milligrammes et affectait par la compression l’éclat métallique.
- a. 500 milligrammes de pourpre séché à l’air ont perdu, par une exposition à une température de 100° G., 41 milligrammes; jusqu’à 120° la perte n’a été encore.que de 1 milligramme, puis lorsqu’on a fait agir la chaleur rouge, il s’est manifesté une nouvelle perte de 26 milligrammes. En tout, le poids avait donc diminué de 68 milligrammes ou de 13,6 pour 100.
- La couleur et l’aspect de ce produit n’avaient pas changé par cette élévation de la température. Sous le microscope, on remarqua toutefois une différence notable avec le
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- même produit séché à l’air, il n’a plus paru homogène, mais comme un mélange de globules tantôt isolés, tantôt agglomérés au nombre de deux, trois ou un plus grand nombre, assez ronds, translucides, de couleur blanc-gris verdâtre et de particules amorphes violet-noir.
- b. 500 milligrammes ont été arrosés avec l’acide chlorhydrique de 1,13. Au bout de quelques minutes, la couleur du produit n’a Plus été pourpre, mais cannelle. Àprès un repos d’un jour à la température ordinaire, on a étendu d’eau et filtré. La liqueur filtrée n’a éprouvé aucun changement de la part du sulfate de fer, du bichlo-rure de mercure et du chlorure d’or, mais l’acide sulfhydrique y a produit un trouble jaune abondant.
- La portion du produit non dissoute dans l’acide chlorhydrique paraissait, après les lavages et la dessiccation, sensiblement jaune d’or et en a pris complètement l’éclat par la compression. Calcinée, elle pesait 196,4milligrammes. L’eau régale étendue la dissolvait immédiatement, à une petite quantité près d’une poudre blanc jaunâtre d’oxyde d’étain. La solution a fourni par précipitation avec le sulfate de fer 188,5 milligrammes d’or métallique. Par conséquent, il y avait encore mélange, dans la portion du produit non dissoute Par l’acide chlorhydrique, de 7,9 milligrammes d’oxyde d’étain.
- c. On a fait digérer à. froid 200 milligrammes dans l’acide azotique de 1,17 pendant tout un jour, puis on a filtré.
- La liqueur filtrée n’a éprouvé aucun changement de la part du bichlorure de mercure ou de l’acide sulfhydrique, mais quand on l’a évaporée, elle a laissé un résidu très-faible blanc jaunâtre au milieu duquel miroitait un enduit légèrement violet sur la capsule. Cette liqueur, quoique claire et d’un aspect (à peu près) incolore, devait donc contenir un peu de pourpre j
- qui avait passé à travers le papier et qui, lorsqu’on avait chassé l’acide, s’était résolu en ses éléments l’oxyde d’étain et l’or.
- L’acide azotique chaud n’a rien enlevé au potfrpre traité préalablement par l’acide froid.
- Le résidu obtenu alors pesait, après la dessiccation, 171 milligrammes. On l’a épuisé par l’acide chlorhydrique bouillant, et on en a obtenu en précipitant cette solution par l’ammoniaque, lavant et faisant sécher le précipité blanc ui en est résulté, 7 2 milligrammes ’oxyde d’étain. L’ammoniaque avait toutefois laissé en dissolution une trace d’oxyde d’étain, car lorsqu’on a aiguisé de nouveau la liqueur ammoniacale avec l’acide chlorhydrique et ajouté de l’acide sulfhydrique, il s’est formé peu à peu quelques flocons jaunes de sulfide d’étain, qui ont fourni encore 0,75 milligrammes d’étain. L’oxyde d’étain s’élevait donc en tout à 72,75 milligrammes.
- La portion extraite par l’acide chlorhydrique des 171 milligrammes ci-dessus, pesait 80,5 milligrammes, et a été portée en compte comme or métallique. Le reste, 17,75 milligrammes, devait être par conséquent de l’eau.
- Les chiffres obtenus pour l’or, l’oxyde d’étain et l’eau sont à peu près dans le rapport stochiométri-que dé 2 équivalents, 5 équivalents etlO équivalents ; mais le traitement préalable du produit par l’acide azotique par lequel le rapport, primitif a été détruit, ne permet pas d admettre cettô composition, et ajoutez à cela, ainsi que les expériences ultérieures l’ont démontré, que le produit par un traitement par l’acide chlorhydrique ne peut pas encore être dépouillé de tout l’oxyde d’étain.
- • d. On a fait digérer directement à chaud 400 milligrammes de pourpre pendant plusieurs heures dans l’acide chlorhydrique de 1,13, on a ajouté un peu d’eau, puis filtré, et le résidu a été lavé, séché et ! calciné. On a saturé toute la li-
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- queur filtrée par l’ammoniaque, qui a donné un précipité volumineux blanc et floconneux, lequel a fourni 180,5 milligrammes d’oxyde d’étain. En acidifiant la liqueur ammoniacale par l’acide chlorhydri-ue, faisant passer un courant 'hydrogène sulfuré et calcinant le sulfide d’élain obtenu, on a encore recueilli 3,5 milligrammes d’oxyde d’étain.
- La portion du pourpre qui n’a pas été attaquée par l’acide chlorhydrique, constituant actuellement une poudre couleur cannelle, déjà en partie par elle-même ayant un éclat métallique et affectant, dès qu’on la comprimait, l’éclat le plus
- Or...........*...........
- Oxyde d’étain., i........
- ' Eau........................
- pur de l’or, pesait, après la calcination, 160,2 milligrammes. En la traitant par l’eau régale étendue, elle a laissé à l’état insoluble 8,2 milligrammes d’oxyde d’étain blanc jaunâtre, et la solution a fourni, en précipitant par le sulfate de fer, 152 milligrammes d’or.
- Déduction faite des trois pesées d’oxyde d’étain et de l’or du chiffre 400, il reste 55,8 milligrammes pour l’eau, ce qui se rapproche du dosage de l’eau en a.
- Les nombres trouvés ne s’éloignent pas beaucoup de la formule Au-j-3Sn02-f-8H0, ainsi que le montre le calcul suivant.
- Analyse. Equivalents. Calcul.
- 152.0 1 160.5
- 192.2 3 181.3
- 55.8 8 58.2
- 400.0 400.0
- Afin qu’il n’y ait pas d’équivoque, je ferai expressément remarquer qu’on n’entende pas dans la formule précédente, qu’il y a combinaison chimique de l’or métallique avec l’oxyde d’étain.
- (La suite au prochain numéro).
- Sur les graines des nerpruns tinctoriaux au point de vue chimique et industriel.
- Par M. J. Lefort.
- Dans la première partie de ce travail (voyez p. 256) nous avons signalé les deux matières colorantes jaunes isomériques qui existent dans les graines de nerpruns employées dans la teinture, l’une à laquelle nous avons donné le nom de rhamnégine, l’autre sous le nom de rhamnine, et ayant toutes deux la composition suivante :
- C12 H° 03 + 2H0.
- J’ai pour but dans cette seconde partie, de faire connaître : 1° les diverses circonstances qui font pas-
- ser la rhamnégine à l’état de rhamnine ; 2° de montrer le mode d’action de chacune d’elles pendant l’impression sur les tissus ; 3° d’indiquer le parti que l’industrie peut tirer de ces deux matières colorantes.
- § I. La rhamnégine se convertit en rhamnine par le fait d'un simple changement moléculaire :
- 1° Pendant la décoction avec de l’eau ordinaire, de toutes les graines des nerpruns tinctoriaux.
- 2° Par l’action des acides nitrique, chlorhydrique et sulfurique très-étendus sur la rhamnégine pure ou cristallisée, ou sur la rhamnégine contenue normalement dans les graines de Perse et d’Avignon.
- 3° Lorsqu’on abandonne pendant quelque temps à l’abri du contact de l’air une décoction de graines de Perse ou de graine d’Avignon, il se développe des acides organiques qui ont pour effet, comme les acides minéraux, d’opérer cette transformation moléculaire.
- Gomme la rhamnine ne se convertit pas en rhamnégine, nous croyons pouvoir en tirer cette con-
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- sequence, que pendant la maturité de la graine, c’est toujours la rhamnégine qui précède la formation de la rhamnine.
- § II. La rhamnégine donne avec les oxydes alcalins, terreux et métalliques, tantôt des solutions, tantôt des précipités qui sont toujours d’une teinte jaune très-vive ; l’alun ot les carbonates alcalins ont aussi le privilège d’exalter la teinte de cette matière colorante. Cette dernière réaction indique suffisamment que, dans la teinture dite à la gniine de Perse, c’est la rhamné-gine qui se fixe sur les tissus et non la rhamnine, comme on pourrait le supposer à priori ; et, d’autre Part elle confirme une observation faite depuis longtemps par M. Per-soz, à savoir, qu’au lieu de mor-dancer les étoffes à l’àlun, si on introduisait dans la décoction de la graine de Perse de l’alun ou de l’acétate d’alumine, on obtient toujours une teinte jaune beaucoup plus franche.
- wLa rhamnégine brute, obtenue à l’état d’extrait hydro-alcoolique de la graine de Perse ou de la graine d’Avignon, donne une matière très-soluble dans l’eau, très-facile à doser, et qui renferme tout le principe colorant de la graine.
- L’emploi de l’extrait préparé avec la graine d’Avignon offrirait an nouveau débouché à un produit que notre sol fournit sans aucun frais de culture. En effet, l’examen comparatif que nous avons fait de la graine de Perse et de la graine d’Avignon, et le procédé ffue nous, indiquons pour isoler leurs p incipes colorants, nous ont montré que si le lihanmus infec-torius qui fournit la graine dite d’Avignon était cultivé d’une manière spéciale, sa semence remplacerait la graine dite de Perse, que l’Europe fai: venir de l’Asie et pour laquelle la F rance paie un tribut relativement élevé.
- La rhamnine, si facile à séparer de tous les nerpruns tinctoriaux et ffui n’a pas encore trouvé d’em-Ploi, peut servir pour obtenir des
- tons jaunes plus clairs que ceux que donne la rhamnégine; pour cela il suffît de la dissoudre dans de l’eau ammoniacale et d’en former un bain dans lequel on fait séjourner les tissus ; en passant ensuite ces derniers dans de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, on y précipite la rhamnine qui jouit d’une grande fixité.
- Moyen pour teindre sur laine en
- bleu d’aniline soluble dans l'eau.
- Par MM. Lachmann et Breuninger.
- Une des conditions principales pour teindre les tissus de laine, de soie, coton ou lin est non-seulement que la couleur soit pure et brillante, mais aussi qu’elle soit arfaitement distribuée sur les tires, en un mot, que la teinture' soit bien égale.
- Pour teindre en couleurs d’aniline solubles dans l’eau, et en particulier sur laine en bleu d’aniline soluble dans ce liquide, on éprouve pour remplir la condition énoncée ci-dessus une difficulté qui a jusqu’à présent été la cause qu’on n’a pas encore renoncé au bleu d’aniline soluble dans l’alcool, parce que dans bon nombre d’établissements de teinture, l’excédant de frais pour l’alcool balance les insuccès en teinture en bleu soluble dans l’eau.
- Si on recherche la cause de la difficulté ci-dessus, on s’aperçoit aisément qu’elle repose sur la trop grande affinité du brin de la laine pour le bleu soluble dans l’eau.
- Une addition d’un bleu soluble dans l’alcool à un bain de teinture montre ce phénomène, que la matière colorante qui est insoluble dans l’eau, ou du moins fort peu soluble, se divise en atomes des plus minimes et flotte en suspension dans le bain, de façon que ces atomes ne se dissolvent qu’avec une extrême lenteur et par une
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- ébullition prolongée, et ne se combinent que peu à peu à la laine, de manière à obtenir l’égalité. Au contraire, le bleu soluble dans l’eau qui est complètement dissous dans le bain acide, se précipite immédiatement sur la laine ; une pénétration uniformedes particules de la laine par la matière colorante n’est pas possible, parce que la couleur se dépose dans sa précipitation sur les parties de la fibre qui sont le plus rapprochées d’elle, avant d’avoir pu pénétrer dans les parties moins accessibles ; d’où résulte l’inégalité.
- Si on pouvait trouver un moyen our que la couleur du bleu solu-le dans l’eau se distribue avec la même lenteur que celle soluble dans l’alcool, il est présumable qu’on obtiendrait de même l’égalité, et cette conclusion a été confirmée par le mode de traitement qu’on va décrire.
- « • Le bleu soluble dans l’eau présente dans sa constitution chimique le même rapport, relativement à celui soluble dans l'alcool, que le carmin d’indigo à l’indigo. C’est un sel d’acide sulfo-bleu-anilique, de même que le carmin d’indigo est un sel d’acide sulfo-indigotique. Le sel neutre d’acide sulfo-bleu-aniliqu e n’est pas néanmoins coloré en bleu pur, mais n’acquiert ce ton que lorsque par l’addition d’un acide puissant, on a chassé la base de ce sel et qu’il s’est séparé de l’acide sulfo-bleu-anilique pur, ainsi que cela arrive quand on l’ajoute aux cuves acides.
- La solution neutre à laquelle on n'a pas ajouté d’acide du bleu d’a-line à l’eau, a maintenant la propriété de se précipiter lentement, et par conséquent d’une manière égale sur la laine. Plongée dans cette solution, la laine exige beaucoup de temps pour se combiner avec elle.
- Comme le sel neutre n’est pas bleu, mais possède un ton gris clair, il est naturel qu’il ne teigne la laine qu’en bleu-gris clair. Mais si on plonge la laine ainsi teinte
- dans un bain acide, elle se colore tout-à-coup et comme par un coup de baguette, en bleu, et cela parce que le dépouillement du sel neutre s’est opéré lentement, bien également. Quant à ce qui concerne l’intensité du ton, elle correspond à la durée du temps pendant lequel on a laissé réagir dans le bain neutre.
- Yeut-on maintenant mettre cette méthode en pratique, il faut pour cela deux vases dans l’un desquels est une solution neutre, assez concentrée de bleu d’aniline soluble dans l’eau.
- Il est convenable de maintenir toujours cette solution concentrée, parce qu’on abrège ainsi la durée de la réaction pour obtenir le ton désiré.
- On dissout, à cet effet, au moins 1 kilogr. de bleu dans ëOO litres environ d'eau chaude pure, on démêle dans cette eau, sans le moindre acide et non bouillante, mais seulement chaude, et on y plonge la laine. Avec un peu de pratique, on saisit bientôt le point jusqu auquel on doit prolonger la réaction. Un petit échantillon, plongé dans l’eau acide, apprend d’ailleurs si l’on est arrivé au ton ; ce but atteint, on fait égoutter un moment la laine au-dessus du bain, pour ne rien perdre de la liqueur, et on la transporte dans la cuve qui contient le bain d’acide bouillant ; après une légère ébullition, le travail de la teinture est complet et irréprochable.
- Si la nuance obtenue avec le bleu à l’eau ne correspond pas à celle du modèle, ou si, par exemple, on veut faire virer au rougeâtre, on ne pousse pas la réaction dans le premier bain jusqu’au degré foncé du ton, mais on tient un peu plus clair et on nuance dans le second bain acide avec le bleu tirant au rouge à l’alcool qui correspond.
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- Recherches sur la solidité comparée des épaississants à la lucine et à l'albumine (1).
- Par MM. Thom Roberts et A.
- Rosenstiehl.
- Dans le moment actuel, où le prix de l’albumine d’œufs est très-elevé, on accorde de nouveau quelque faveur à ses substituts, si souvent proposés, et abandonnés tout aussi souvent, dès que les prix de l’albumine étaient redescendus à leur niveau ordinaire. Parmi ces substituts il en est un qui présente, à côté d’une grande solidité, les avantages d’une économie notable: c’est la lucine, ou gluten desséché.
- Les résultats obtenus avec ce corps ont été fort différents, souvent contradictoires; ce qui semble prouver que les conditions de réussite sont comprises entre des limites assez étroites.
- Le but du présent travail est de déterminer les conditions dans lesquelles la lucine donne les meilleurs résultats, et de comparer la solidité des couleurs fixées avec cette substance, h celle des couleurs fixées par l’albumine. Ces expériences ont été faites avec toute l’exactitude que comporte ce genre de recherches : ona.employé toujours le même poids de matière colorante (outremer ou vert Gui-met), qu’on a délayée dans le même volume d’épaississant, auquel on a cherché à donner, autant que possible, le même degré de viscosité. Pour établir en chiffres l’équivalence de solidité entre l’albumine et j la lucine, on a construit une gamme de couleurs, où la variable était j l’albumine. La proportion variait | entre 213 gram. et 59 gram. par litre de couleur; la viscosité, ainsi que le volume, étaient maintenus constants par l’addition d’eau d’adragante.
- La lucine est, comme le gluten, insoluble dans l’eau; elle ne s’y
- (1) Extrait du Bulletin de la société industrielle de Mulhouse, t. 36, page 433. Octobre 1866.
- délaie même pas, mais elle se délaie dans des solutions alcalines ou acides, et produit de bons épaississants. Les solutions alcalines ou acides employées ont été l’acide acétique, la chaux dissoute dans l’eau sucrée, l’ammoniaque, l’eau de baryte ; cette dernière substance, toutefois, donnant des couleurs qui se conservent peu, a été abandonnée dans le courant de nos recherches.
- Les divers essais ont été imprimés à la main et au rouleau, vaporisés en même temps, et soumis aux épreuves de solidité en usage dans les fabriques : eau bouillante, eau de savon bouillante, frottement avec la brosse.
- Si la lucine a paru donner jusqu’ici des résultats peu favorables dans les fabriques, c’est qu’on n’a pas tenu compte d’une circonstance importante : un litre de couleur à la lucine, délayée dans l’acide acétique ou le sucrate de chaux, ne contient jamais plus de 180 à 200 gram. de lucine sèche, qui est en définitive la matière fixante; tandis que les couleurs à l’albumine en renferment 220 à 250 gram. On peut s’expliquer ainsi l’infériorité de la lucine.
- Il est un moyen pourtant, à l’aide duquel on peut liquéfier le gluten sous un petit volume, et obtenir ainsi une couleur plus riche en matière fixante: ce moyen consiste à incorporer dans la lucine trempée un peu d’ammoniaque, ou à l’exposer à des vapeurs ammoniacales; au bout de deux jours, elle se liquéfie et prend la consistance d’un bon épaississant. On a ainsi des couleurs contenant 230 gram. de lucine sèche par litre. Une couleur ainsi épaissie tient aussi solidement au tissu qu’une couleur à l’albumine ; elle résiste à l’eau bouillante et au frottement, mais elle est totalement enlevée par l’eau de savon bouillante. Ce fait s’explique aisément, si on se rappelle que le gluten ne se coagule que partiellement au vaporisage, et qu’il reste toujours soluble dans une eau alcaline ; les
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- Le Teclmologiste, T. XXVIII. - Mars 1867.
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- couleurs fixées à l'acide acétique se trouvent dans le même cas, et se détachent dans les mêmes circonstances.
- Mais une couleur contenant la lucine alliée à la chaux est solidement fixée; une lucine modifiée par la vapeur, en présence de la chaux, devient très-peu soluble dans les liqueurs alcalines, et on obtient une solidité relativement beaucoup plus grande. Il résulte de nos essais que 200 gram. lucine par litre, en présence de chaux, équivalent à 142 gram. albumine, contenus dans le même volume.
- Nous avons essayé de combiner le procédé à l’ammoniaque et celui au sucrate de chaux : le premier augmente la proportion de lucine, c’est-à-dire la résistance au frottement; le second fournit la chaux, c’est-à-dire la résistance à l’eau de savon.
- Un mélange fait dans ces conditions a donné de bons résultats : 215 gram. lucine par litre fixent dans ces conditions autant que 213 gram. albumine ; c’est-à-dire u’on peut obtenir avec la lucine es couleurs aussi solides qu’avec l’albumine, dans les conditions où ces solutions sont faites dans les fabriques.
- Nous devons pourtant ajouter que l’outremer fixé à la lucine donne des couleurs un peu plus ternes que celles fixées à l’albumine, mais il n’en est pas moins vrai que cette substance reste applicable à un grand nombre de matières colorantes.
- Rapport présenté sur le Mémoire de
- MM. Thom Roberts et Rosens-
- tiehl.
- Par M. Gustave Scheffer.
- Votre comité de chimie, auquel vous avez renvoyé le mémoire de MM. Thom et Rosenstiehl, m’a chargé de vérifier les faits que les auteurs indiquent, et je viens vous rendre compte des résultats que j’ai obtenus.
- Jusqu’à présent, l’albumine est considérée, à juste titre, comme le meilleur fixant pour les couleurs plastiques et celles dérivées de l’aniline. La cherté de ce produit a souvent engagé les fabricants d’indiennes à lui substituer, soit la caséine, soit le gluten, et c’est surtout avec cette dernière substance que, par mesure d’économie, on a tenté le plus d’essais; mais on s’est toujours empressé de revenir à l’albumine, parce que les couleurs fixées au moyen du gluten étaient loin d’avoir la même solidité et la même vivacité.
- MM. Thom et Rosenstiehl ont pensé que si la lucine (gluten desséché) n’a pu être jusqu’à présent qu’un substitut très-imparfait de l’albumine, c’est qu’on n’a jamais cherché à déterminer les conditions dans lesquelles ce produit pourrait donner des résultats satisfaisants.
- Il est bien constaté que la solidité des couleurs fixées à l’albumine est proportionnelle à la quantité de cette substance, incorporée dans la couleur. MM. Thom et Rosenstiehl, en admettant ce fait, et en démontrant que les couleurs épaissies au gluten ne contiennent jamais plus de 180 à 200 gram. de matières fixantes par litre, tandis que les couleurs à l’albumine, généralement employées dans les fabriques, en contiennent de 230 à 2o0 gram. et même plus, attribuent à cette circonstance l’infériorité de la lucine et la défaveur dans laquelle elle est tombée ; ils proposent donc de liquéfier le gluten 1 sous un petit volume, afin d’obtenir un épaississant plus riche en matière fixante. A cet effet, ils incorporent dans la lucine trempée un peu d’ammoniaque ; après 24 heures, le gluten, d’abord très-épais, est devenu filant, et en y ajoutant une proportion convenable de sucrate de chaux, on achève la dissolution et on obtient un épaississant qui permet de faire des couleurs, pour l’impression au rouleau, qui con tiennent 220 et même 230 gram. de gluten sec par litre.
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- J’ai fait, d’après les indications de ces Messieurs, une série d’essais qui m’ont convaincu, qu’eftéctive-flûent, la solidité des couleurs, épaissies au gluten, augmente avec *a quantité de matière fixante, et qu’elle est comparable à celle de l’albumine, dans les limites indiquées. La solidité maximum qu’on peut atteindre avec le gluten, est celle d’une couleur contenant J30 gram. albumine par litre ; mais Malheureusement elle ne peut être dépassée; il n’est pas possible d’atteindre la solidité qu’on obtient facilement avec 250 et 300 gram. albumine.
- Mais si la lucine ne peut, suivant nous, jamais remplacer complètement l’albumine, ni sous le rapport de la solidité, ni sous celui de la vivacité, nous croyons que ce substitut, employé comme l’indiquent MM. Thom et Rosenstiehl, pourra trouver un plus grand nombre d’emplois que jusqu’à présent, et nous devons savoir gré à ces Messieurs d’avoir porté leur attention sur une question qui intéresse vivement les fabricants d’indiennes.
- Compteur à alcool.
- Par MM. Cox et Murphy, de Montréal.
- Cet appareil, qui sert à mesurer *a quantité d’alcool qui a distillé, est représenté sous divers aspects dans les figures suivantes :
- Fig. l, pl. 330, élévation de côté, après qu’on a enlevé la paroi de la noîte. extérieure.
- Fig. 2. Elévation du côté du Versement.
- Fig. 3. Section par la ligne A, B, de la fig. 1.
- H se compose d’un certain nombre d’augets a, a, au nombre de Quatre dans le modèle représenté, établis en cuivre, disposés autour d un axe et arrêtés de chaque côté sur un disque circulaire en métal, avec lequel ils tournent sur cet
- axe. Le tout est entouré d’une enveloppe à, 6, dont les deux moitiés, avec leurs collets, se rencontrent au niveau de l’axe et là, sont boulonnées l’une sur l’autre et rendues parfaitement étanches.
- La moitié inférieure de l’enveloppe é, b présente dans sa portion basse deux pentes en sens inverse, de manière que l’alcool, après avoir été mesure, puisse s’écouler par le tube c. La moitié supérieure de cette même enveloppe a pour objet de s’opposer à une perte d’alcool, soit par l’évaporation, soit par un jaillissement, et porte en outre le récipient e d’où l’alcool qui arrive de l’appareil distillatoire s’écoule peu à peu et sous une pression uniforme, par un orifice percé à la partie inférieure dans les augets tournants.
- Sur l’ouverture du récipient e, qui sert à l’écoulement de l’alcool dans les augets, il existe une soupape à clapet f battant sur un siège en caoutchouc g, hg. 4. Un ressort h tend à ouvrir ce clapet du côté des augets, et à le fermer lorsque ces augets circulent. Aussitôt qu’un auget s’arrête, afin d’être alimenté, le ressort ouvre le clapet, et l’auget se remplit avec l’alcool du réservoir; mais, dès qu’il est ainsi chargé, l’auget tourne, le ressort est mis en contact avec la face extérieure de l’auget suivant, qui ferme le clapet jusqu’au moment où il est démasqué par ce dernier.
- Une petite capsule i, sur le côté interne de la demi-enveloppe inférieure, fig. 1 et 3, qui est partagée en deux- compartiments inégaux, et dont l’un offre une capacité trois fois plus considérable que l’autre, emprunte à chaque auget a, au moment du versement, un échantillon d’alcool, et ces échantillons s’écoulent par les tubes l, l vers les deux réservoirs A:, 4, dont chacun est placé sur l’un des côtés de l’appareil compteur. L’un de ces réservoirs, qui est en communication avec le grand compartiment de la capsule Z, est sous le contrôle du préposé du fisc, l’autre, sous celui
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- d’un employé supérieur ; tous deux, lors de la visite de ces agents, sont vidés par des robinets
- m est un levier jouant entre des guides et ayant son point de centre en n. Le bras le plus court de ce levier, presque relevé à angle droit sur lui, passe à travers une fente pratiquée dans l’enveloppe extérieure et se termine par une pointe sur laquelle viennent, lorsque l’appareil tourne, butter des boulons o, o, o, qu’on ajoute à volonté, et dontil existe un pour chaque auget. Sur le long bras de ce levier est disposé un poids p, qui correspond à la quantité d’alcool qui est mesuré dans chaque auget.
- Sur l’axe de l’appareil est câlée une roue à rochet double q ; la roue intérieure est en acier, et a pour chaque auget une dent qui s’engage dans un cliquet r au moment où l’auget s’arrête à une position déterminée. La roue ù rochet extérieure qui est taillée avec un nombre indéterminé de dents, mais dans une direction inverse de celle des dents de la roue précédente, est également pourvue d’un encliquetage s qui a son point de centre en f. Par l'effet de la descente ou du recul des augets tournants, le cliquet r est relevé sur la roue à rochet intérieure, de façon que, lorsqu’un auget est suffisamment rempli, l’appareil peut tourner tandis qu’une descente trop vive est modérée par le cliquet s.
- Sur le côté antérieur du mesureur est disposé un appareil compteur qui fait connaître le nombre des augets qui ont été remplis. Enfin, l’appareil tout entier est entouré d une boîte qui, vis-à-vis l’appareil compteur, est pourvue d’une fenêtre fermée par un verre, et vis-à-vis des tubes /,/ présente des portes dont les préposés du fisc ont seuls la clef.
- Pour faire usage de cet appareil, on ajuste le poidsp sur le levier m, ainsi que les boulons 0, de manière à ce qu’ils correspondent avec le poids de chaque auget supposé rempli d’alcool, puis l’appa-
- reil compteur est ramené sur le zéro, et enfin, on laisse l’alcool provenant de l’appareil distillatoire arriver dans le récipient e, puis s'écouler successivement dans les augets qui se déchargent dans le tube c. Au bout d’un certain temps, un mois si on veut, le préposé du fisc ouvre le réservoir qui lui est réservé, détermine le degré de spi-rituosité du liquide qui s’y trouve rassemblé au moyen d’un aréomètre, et lit sur le compteur le nombre des augets qui ont été remplis; enfin, un contrôleur peut, par exemple tous les trois mois, vérifier les chiffres qui lui ont été fournis par le préposé, au moyen du second réservoir.
- Fabrication du vinaigre de betteraves.
- La fabrication du vinaigre de betteraves est pratiquée depuis longtemps, et a été même récemment recommandée en France. En 1841, MM. Deale et Duyk, de Londres, ont pris une patente pour cet objet. Leur méthode, suivant M. Muspratt, se distingue du mode de préparation du moût alcoolique et de celle ordinaire, en ce que dans le mélange déjà fermenté et de vinaigre qu’ils peuvent chauffer à une température quelconque, ils font passer, à l’aide d’un soufflet, un courant continu d’air atmosphérique qui accélère singulièrement la formation de l’acide acétique. Voici quelques détails sur ce procédé.
- Les betteraves, après qu’on en a rogné les extrémités, sont nettoyées et lavées avec soin, puis râpées pour en faire une bouillie dont on charge des sacs en forte toile. Ces sacs sont soumis à l’action d’une presse hydraulique jusqu’à ce que tout le jus sucré soit exprimé de la pulpe. Le poids spécifique de ce jus varie entre 1,035 et 1,045; on y ajoute suffisamment d’eau pour le ramener à 1,025, et on le fait bouillir peu de temps. Le jus cuit
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- est refroidi rapidement jusqu’à 16° C. et versé dans les cuves à fermentation. Pour déterminer cette fermentation alcoolique, on ajoute par 100 litres de liqueur un demi-litre de levure. Dès que la fermentation est terminée, on pompe la ligueur dans la cuve à acétification °ù elle se transforme en vinaigre.
- Cette cuve, dans ce cas, est un vase en bois d’une contenance de 1,000 à 1,200 hectolitres, dans la partie inférieure de laquelle est un Petit cône renversé percé de trous, qui est rnis en rapport avec un appareil de soufflerie. Afin de pouvoir chauffer la liqueur, un tuyau de vapeur ouvert à l’une de ses extrémités, pénètre dans le fond de cette cuve. L’intérieur de ce vase est partagé en plusieurs parties par des diaphragmes percés de trous; dans le couvercle est une soupape qui, par la plus légère pression, ouvre de dedans en dehors: enfin, un thermomètre qui plonge dans la liqueur et qu’on peut observer du dehors, sert à régler la température.
- Pour transformer le moût en vinaigre avec cet appareil, on y introduit d’abord 80 à 90 hectolitres de vinaigre tout préparé qui opère comme ferment, on y ajoute autant de jus fermenté et un peu de levure, puis on met l’appareil de soufflerie en mouvement. L’air se trouvant ainsi mis, par les trous percés dans le faux-fond, en contact avec la liqueur, abandonne une partie de son oxygène à l’alcool pour le transformer en vinaigre, le surplus s’échappe par la soupape du couvercle de la cuve. Lorsque la température de la liqueur s’abaisse au-dessous de 21°, on fait arriver un courant de vapeur qui entretient la chaleur entre 21° et 27°C. Par ce moyen l’alcool est oxydé en peu de jours; alors, à ce vinaigre ainsi préparé, on ajoute 160 hectolitres de jus fermenté,et on répète cette opération jusqu’à ce que le tout soit complètement converti en liqueur acide. Arrivé à ce point, on ajoute de
- nouveau jus fermenté qu’on transforme de même en vinaigre, jusqu’à ce que la cuve renferme 1000 hectolitres de liquide; alors on extrait 300 hectolitres de vinaigre et on recharge de nouveau. La fabrication du vinaigre marche ainsi d’une manière continue, mais on accélère beaucoup l’opération lorsqu’on a constamment 600 hectolitres de vinaigre fait dans la cuve. On clarifie le produit soit par le repos, soit par la filtration.
- Purification de la paraffine.
- Par MM. Soames.
- L’importance qu’on attache à obtenir la paraffine à l’état pur, a fait adopter une foule de procédés pour atteindre ce but. Parmi ceux récemment proposés, nous citerons le suivant, dû à MM. Soames, fabricants de savon.
- On mélange la paraffine brute avec une huile saponifiable, et on la soumet ainsi préparée à l’action d’une forte presse qui en exprime en grande partie l’huile et avec elle les impuretés de la paraffine. On répète ce procédé jusqu’à ce qu’on ait enlevé une quantité suffisante de ces impuretés, puis on traite la paraffine par un alcali pour opérer une saponification etla débarrasser de la petite quantité d’huile que la presse n’a pu lui enlever. Voici, du reste, quelques détails sur ce procédé.
- La paraffine brute est fondue, puis on la laisse reposer pour que les matières terreuses se précipitent. En cet état, on la mélange avec un tiers à un quart de son poids d’une huile saponifiable, par exemple, l’huile de graine de cotonnier. La paraffine la plus dure absorbe environ la moitié de son poids d’huile, tandis que celle plus molle et plus douce ne peut être pressée d’une manièresatisfaisante, si elle est mélangée à beaucoup plus d’un tiers de son poids d’huile.
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- La paraffine et,l’huile sont chauffées ensemble au moyen de la vapeur et leur mélange est moulé en pains d’environ 23 millimètres d’épaisseur, ainsi qu’on le pratique dans la fabrication de la stéarine; la pression est opérée de la même manière que dans cette fabrication, et les pains sont empilés dans une presse hydraulique avec étreindel-les en crin entre chacun d’eux.
- Les pains,au sortir delà presse, sont ordinairement traités de la même manière, c’est-à-dire qu’on les refond avec une nouvelle quantité d’huile, moulant en pains et pressant de nouveau. Ordinairement on presse deux à trois fois, suivant que la paraffine est plus ou moins chargée d’impuretés.
- Les pressions terminées, les pains sont fondus et chauffés avec une solution faible d’alcali. On em-loie 2 kilogrammes de soude rute, dissoute dans30 litres d’eau, et rendue caustique par 2 kilogr. de chaux vive, par 100 kilogr. de paraffine en pains. On continue à faire bouillir pendant un quart-d’heure ou plus, et on laisse ecou-ler la paraffine, qu’on fait bouillir encore pendant quelques minutes avec un acide faible, par exemple, 1 kilogramme d’acide sulfurique et 20 litres d’eau par quintal métrique de paraffine, alors on décante cette paraffine, et si on veut quelle soit complètement décolorée, on la filtre sur le noir animal, ainsi qu’on le pratique communément aujourd’hui.
- Emploi de la rosaniline comme inactif pour les acides gras libres.
- Par M. E. Jacobsen.
- Si, dans une huile neutre, on introduit un peu de rosaniline sèche et en poudre, celle-ci ne s’y dissout pas par l’agitation et en chauffant au bain de sable, et l’huile reste incolore ; mais si l’huile est rance, elle se colore bientôt en rouge pâle,
- et quand l’huile est extrêmement rance, le ton de la coloration atteint celui des framboises. Les fuchsines du commerce (chlorhydrate, arsé-niate,etc.,de rosaniline) ne se dissolvent ni dans les huiles neutres, ni dans les huiles rances. L’acide oléique (ou un autre acide gras) dissout immédiatement la rosaniline en grande quantité et se colore ainsi jusqu’à devenir opaque. L’o-léate de rosaniline est dissous par les huiles et les matières grasses concrètes en toute proportion.
- On peut donc, dans beaucoup de cas, faire usage de la rosaniline pour reconnaître les acides gras libres dans les mélanges d’huile, etc. Par exemple, on rencontre dans le commerce depuis quelques années, et sous des noms divers, des huiles de foie de morue (huile de Baschin, huile de Labrador, etc.) qui ne sont pas des huiles de foie, mais des huiles fluides du corps de divers mammifères marins ou qui doivent avoir été préparées en agitant des huiles de foie limpides avec une lessive de potasse, abandonnant au repos pendant longtemps et filtrant.
- Mais, comme l’action médicale des huiles de foie de morue doit être attribuée en grande partie à la proportion d’acide gras libre qu’elles renferment, une pareille huile blanche ne peut avoir d’autre effet thérapeutique que celle qui existe dans une huile grasse neutre quelconque, car la graisse des mammifères marins ne contient pas d’acides gras libres, et la potasse les enlève aux huiles de foie. Il peut arriver néanmoins qu’une huile de couleur claire et véritable, c’est-à-dire de l’huile de foie qui n’ait pas été traitée par une lessive et qu’on essaie, soit prise pour une des huiles indiquées ci-dessus.
- Une huile de foie de morue vraie agitée dans un verre à expérience avec un peu de rosaniline, se colore très-promptement, même à froid, en rouge, et en chauffant au bain de sable, elle absorbe de la rosaniline jusqu’à se colorer en rouge
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- foncé intense, tandis que l’huile de foie fausse et apocryphe ne se colore pas, ou bien s’il se développe une légère coloration, c’est qu’elle est devenue rance. L’huile de foie dite de Labrador, presque limpide comme l’eau, d’une saveur extrêmement douce et d’une odeur très-faible , qu’on chauffe même pendant longtemps au bain de sable, ne développe pas avec la rosaniline la moindre coloration.
- Comme huile de graissage, on a mtroduit récemment dans le commerce un mélange d’huiles lourdes de pétrole contenant de la paraffine (résidus de la distillation du pétrole) avec les huiles grasses, entre autres avec l’huile de navette. Il s’est trouvé que des fabricants ont remplacé l’huile de navette par l’acide oléique qui est à plus bas prix, mais qui attaque très-rapidement les pièces des machines. Or, dans ce cas, on peut très-bien au moyen de la rosaniline, constater promptement la présence de l’acide oléique. Quelque minime que soit la proportion qu’une huile contient en acide gras libre, la rosaniline sous forme pulvérulente introduite dans cette huile, ne tarde pas à s’y dissoudre; si la proportion de l’acide gras libre est faible, si l’huile est tant soit peu rance, le développement de la couleur se fait attendre plus longtemps. Dans ce dernier cas, on opère convenablement de la manière suivante :
- On prépare une solution saturée à froid de rosaniline dans l’alcool absolu, on agite quelques gouttes de cette solution avec l’huile qu’on veut essayer, puis on chauffe le mélange (ians un verre à boire et au bain-marie jusqu’à volatilisation de l’alcool. S’il n’y a pas présence d’acide gras libre, la rosaniline se sépare et se précipite par le repos dans l’huile restée incolore, ou bien quand l’huile est très-peu fluide, y reste suspendue à l’état de poudre brunâtre.
- Quelques échantillons d’huile de Provence et d’huile d’amandes empruntés au commerce n’ont pas été
- colorés par la rosaniline; l’huile d’œillette s’est colorée légèrement en rouge ; l’huile de lin en rouge plus foncé (nuancé de brunâtre par la couleur jaune de l’huile) et l’huile de ricin en rouge encore plus intense. De l’huile de Provence à laquelle on a ajouté 5 pour 100 d’acide oléique, a présenté la couleur rougefoncé des framboises.
- On comprend que la rosaniline peut également servir à l’essai des acides gras concrets qu’on liquéfie naturellement au bain-marie pour cet objet. Nous ne conseillons pas d’élever la température au-delà de 100° C., parce que cette élévation peut donner lieu à des erreurs.
- Du reste, on peut, au lieu de la rosaniline,' faire également usage des autres bases colorées de l’aniline, la coloration rouge est toujours parfaitement saisissable à l’œil et compense de la manière la plus facile, la couleur naturelle un peu jaune que possèdent les huiles et les corps gras concrets.
- Déchaulage des charbons d'os dans les Indes occidentales.
- Par M. R. Frühling.
- Je dois à une communication verbale de la part du directeur d’une sucrerie dans les îles des Indes occidentales, qui est resté quelque temps en Allemagne pour y étudier les diverses branches de la fabrication du sucre indigène, le procédé intéressant qui suit, qu’on emploie généralement dans ces pays pour déchauler les charbons d’os, et surtout dans les établissements où l’on s’occupe de la fabrication du rhum et des alcools conjointement avec celle du sucre.
- Après que les mélasses résultant de la fabrication du sucre et auxquelles on a ajouté encore divers résidus contenant aussi du sucre et provenant de cette fabrication, ont été mises en état de fermentation au moyen de la levure pour
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- transformer le sucre en alcool et qu’on a distillé le moût fermenté, on extrait la plus grande partie des vinasses des alambics et on laisse déposer autant qu’il est possible les impuretés qu’elles tiennent en suspension. Dès que la liqueur est suffisamment éclaircie, elle est pompée encore chaude dans des bassines plates contenant le noir qui a servi et qu’on veut déchauler, toutefois après que le noir a été suffisamment lave et vaporisé pour le débarrasser autant qu’il est possible des matières muqueuses et colorantes, et n’y laisser que la chaux à découvert.
- Tout en agitant avec soin et brassant énergiquement, le noir reste pendant 24 heures en contact avec ces vinasses chaudes. On fait alors écouler la partie liquide et le charbon qui reste est lavé à plusieurs reprises avec soin dans l’eau chaude. Sous l’influence de la chaleur du climat, il se forme même déjà pendant la fermentation du moût sucré une quantité assez notable d’acide acétique aux dépens de l’alcool, qui rend les vinasses assez fortement acides, et cet acide, par la manipulation directe, entraîne en solution à l’état d’acétate de chaux, la chaux que le charbon d’os avait empruntée au jus sucré lors de la filtration, acétate qu’il est facile ensuite d’éliminer par des lavages.
- A raison de la grande dilution relative de l’acide acétique, on peut très-bien admettre que le phosphate de chaux du noir n’est pas sensiblement attaqué. On utilise donc ainsi un produit de la décomposition qui autrement n’a pas d’emploi et est inévitable à des températures aussi élevées, et on compense à peu près le moindre
- 1» Un degré de mitscherlich correspond à Id. de soleil —
- Id. de ventzke-soleil —
- 2° Un degré de mitscherlich correspond à Id. id. id.
- 3° Un degré soleil correspond à Id. id.
- 4° Un degré ventzke-soleil correspond à Id. id.
- rendement en alcool. D’ailleurs, ce mode d’emploi est d’autant plus avantageux qu’il est impossible dans ces localités de se procurer l’acide chlorhydrique qui sert ordinairement à cet usage.
- Concordances des polarimètres entre eux.
- Les méthodes optiques pour doser le sucre, sont basées sur ce phénomène, que la lumière polarisée rectiligne éprouve de la part des solutions de sucre des modifications dont l’étendue dépend de la proportion du sucre dans ces solutions. On sait que pour la polarisation du rayon lumineux, on se sert dans les appareils, pour doser le sucre des solutions, du prisme de Nicol, qui consiste en un rhombe biréfringent de spath d’Islande coupé dans une certaine direction, en deux prismes qu’on réunit ensemble avec du baume de Canada.
- Les instruments le plus généralement employés en France et en Allemagne, pour doser les sqlu-tions sucrées par voie polarimétri-que sont : 1° L’appareil de Mitscherlich; 2° l’appareil Soleil-Duboscq ; 3° l’appareil Soleil-Ventzkè qui est une modification du second.
- Chacun, suivant ses préférences et seshabitudes^ fait usage de l’un ou de l’autre de ces appareils, mais tout le monde ne saisit pas au premier abord, les rapports qui existent entre les indications de ces divers polarimètres, et pour établir une comparaison entre eux, il est nécessaire de fixer la proportion du sucre qui correspond à un degré de déviation, c’est ce qu’on a fait dans la table suivante :
- Ogram.75 de sucre dans 100 centim. cub. 0.1635 —
- 0.26048 —
- 4°645 soleil —
- 2°879 ventzke-soleil —
- 0°215 mitscherlich —
- 0°62 ventzke-soleil — »
- 0°347 mitscherlich —
- 1°613 soleil —
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- Blanchiment de l’huile de palme.
- Par M. A. Engelhardt.
- On introduit l’huile de palme qu’on veut blanchir dans une chaudière qu’on chauffe jusqu’à 60° à 62“ C., et on laisse reposer toute la nuit. Le lendemain matin, on décante l’huile encore chaude et claire dans un tonneau propre où on la laisse refroidir jusqu’à 34° ou 36°. En même temps on fait chauffer dans une petite chaudière en fer de l’eau jusqu’au point d’ébullition , et si on a pris en charge 1,000 kilog. d’huile, on prend 45 litres de cette eau bouillante dans laquelle on dissout 15 kilog. de bichromate de potasse; puis, quand la dissolution est un peu refroidie, on y verse encore 60 kilog. d’acide chlorhydrique. On fait couler le mélange de bichromate et d’acide sur l’huile de palme qu’on agite vivement pendant tout le temps. Au bout de 5 minutes, l’huile a déjà pris une couleur vert foncé qui est due à l’action réductrice de l’acide chlorhydrique sur le bichromate, et qui résulte de l’oxyde vert de chrome qui s’est forme. En continuant à agiter, cet oxyde de chrome se sépare complètement, l’huile devient de plus en plus claire, de façon qu’il ne reste qu’à la laver à l’eau chaude pour l’obtenir parfaitement blanche.
- Si cette huile n’était pas encore d’un beau blanc, on répéterait l’opération avec 250 grammes de bichromate de potasse et 1 kilog. d’acide chlorhydrique.
- Cette méthode a l’avantage d’être très-prompte, sans aucun danger, et de donner un bon résultat.
- Absorption des gaz par les métaux.
- M. Graham, en poursuivant ses recherches sur sa belle découverte de la dyalise, a été amené à des résultats qui méritent toute l’atten-
- tion des chimistes et des métallurgistes.
- On sait depuis longtemps que le palladium et quelques autres métaux absorbent les gaz lorsqu’on les chauffe, et M. Graham a constaté que ce palladium absorbe plusieurs centaines de fois son volume d’hydrogène, tandis que le fer au rouge sombre absorbe une quantité considérable d’oxyde de carbone. Contrairement à une opinion depuis longtemps admise, le gaz n’agit pas seulement à la surface du métal, mais pénètre dans toute sa substance. Le fait est d’une haute importance en métallurgie. Après avoir absorbé ce gaz, le métal le retient pendant un temps indéfini, et dans cet état, est dans la condition la plus propre à être converti en acier, parce que par la pénétration de l’oxyde de carbone, le travail ultérieur de la carburation est notablement facilité. De là l’idée que l’aciération pourrait s'opérer au mieux par un changement de température. On chargerait le fer au rouge sombre avec de l’oxyde de carbone qu’on chasserait ensuite au besoin, pour atteindre le résultat final à une haute température de la conversion en acier.
- En ce qui concerne une autre forme de fer, M. Graham fait remarquer que le fer forgé en cours de préparation, peut être supposé contenir six ou huit fois son volume de gaz oxyde de carbone qui ensuite" s’y distribue. « Jusqu’à quel point, dit M. Graham, les qualités du fer sont-elles affectées par la présence de cette substance, qui n’a aucun caractère métallique, est emprisonnée d’une si singulière manière, mais est susceptible de reparaître à tout moment avec la tension élastique du gaz. » C’est là un sujet tout à fait digne des recherches des métallurgistes.
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- Smechochromasie. I
- Si on précipite des solutions métalliques aussi neutres qu’il est possible des métaux à oxydes colorés par une solution dans l’eau de savon pur de suif et soude, on obtient des précipités de couleur matte de savons métalliques ou de stéarates d’oxydes des métaux, qui réunis, lavés et séchés donnent, après avoir été refondus, de très-belles couleurs au savon inattaquables par l’eau. Le savon de fer est brun orangé, celui de chrome vert avec dichroïsme violet, celui de cuivre vert malachite, celui de nickel vert émeraude, celui de cobalt lilas, celui d’urane jaune clair, celui de manganèse rose. Tous ces savons sont suffisamment - solubles dans les matières grasses fondues, dans la paraffine en fusion et autres hydrocarbures semblables, pour colorer ces substances en couleurs claires, ressemblant à celles des pierres précieuses et résistant à l’action de l’air et de la lumière, et où la faible quantité de l’oxyde nrétallique ne cause aucun inconvénient. Ce nouveau mode de teinture au savon (smechochromasie) est, dans certains cas, applicable même aux papiers et aux tissus, et suivant M. Rletzinsky, d’autant plus avantageux que les papiers et les tissus ainsi colorés sont imperméables. La couleur à l’état fondu est étalée à la brosse sur ces tissus dans lesquels, elle pénètre rapidement.
- Ivoire artificiel.
- Par M. F. Marquard, de New-Jersey.
- Pour fabriquer cet ivoire artificiel, on fait dissoudre du caoutchouc dans du chloroforme, on blanchit la gomme dissoute en faisant passer au travers un courant de gaz ammoniac caustique, puis on distille le chloroforme (qu’on recueille pour le faire resservir), on lave le résidu à l’eau chaude pour en séparer jusqu’aux moindres traces de l’agent de blanchiment, puis on dissout de nouveau dans ce chloroforme, en n’employant de ce dissolvant que la quantité nécessaire pour faire une pâte épaisse, qu’on incorpore soigneusement,soit avec du phosphate de chaux, soit avec du carbonate de zinc en poudre excessivement fine, en se servant de proportions telles que le résultat de l’opération ressemble à une farine légèrement étuvée et humide, et finalement en soumettant ce mélange de caoutchouc, de chloroforme et de phosphate de chaux ou de carbonate de zinc à une pression suffisante dans des moules, pour chasser le chloroforme et donner à la masse le degré requis de consistance ; on peut alors la mettre sur le tour ou la travailler de toute autre manière.
- On peut employer â cette fabrication les autres gommes analogues au caoutchouc, et en mélangeant des couleurs sèches au phosphate de chaux ou au carbonate de zinc, imiter très-exactement le corail, les perles, l’émail et diverses autres substances servant à l’ornement ou la décoration.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Laminoir à cintrer à cylindres verticaux.
- Par M. J. Todd.
- Les machines qui servent dans la plupart des grandes usines qui s’occupent spécialement de la construction des navires et des ponts en fer, des chaudières k vapeur, pour plier, et courber les membrures, les fers d’angles, les fers en T, etc., sont encore assez imparfaites dans leur construction, lentes dans leur allure, et ne fournissent que des produits peu satisfaisants. C’est ce qui a déterminé M. J. Todd, qui a été attaché pendant quelque temps aux ateliers de construction de l’arsenal de Greenwich, à proposer récemment un système de laminoir à cylindres verticaux, qu’il destine principalement aux travaux pour redresser, plier, courber et cintrer les fermes, les barres et les plaques en métal, laminoir dont nous allons donner une description.
- La figure 5, pl. 330, est une vue en élévation de côté de cette machine.
- La figure 6, une section verticale, mais où quelques parties sont vues en élévation.
- La figure 7, une vue en élévation en bout.
- La figure 8, un plan.
- A,A, bancs supérieur etinférieur qui sont solidement assemblés l’un à l’autre parles piliers B, B, bancs sur lesquels sont disposés les appuis des trois arbres verticaux C, B, E, et dont les extrémités se prolongent, en dessus, au-delà du banc supérieur pour recevoir les cylindres F, G, H. Les deux arbres C et D avec leurs cylindres respectifs tournent dans des colliers fixes; l’arbre E, au contraire, est engagé et ajusté dans les deux
- blocs-coulisseaux I, I, qui avancent ou reculent simultanément au moyen de la roue à poignée J qui commandeun mécanisme à vis sans fin et roue hélicoïde K, L, M. Au moyen de cette disposition, l’espace entre les cylindres F et G et celui H, peut être augmenté ou diminué à volonté, afin de pouvoir admettre des pièces en fer ou autres métaux de dimensions diverses ou leur donner un degré plus ou moins prononcé de courbure.
- Ces cylindres portent des gorges afin d’être capables d’opérer sur des pièces de formes variées, et quand la chose est nécessaire on les remplace par des cylindres à gorges parallèles, coniques ou toute autre forme, pour les adapter à la nature des travaux qu’on veut exécuter.
- Afin de faciliter le travail, on dispose des cylindres horizontaux de guide ou porteurs N, N sur le banc supérieur A, sur des appuis O, O qu’on peut relever ou abaisser, afin de soutenir le fer pendant qu’il passe entre les cylindres verticaux à la hauteur en avant de chacune des gorges de ceux-ci.
- Le mouvement de rotation des deux arbres G et 1) est emprunté à l’arbre principal Q, auquel est attelée une machine à vapeur à deux cylindres avec excentrique, bielles et articulations pour le renversement, le tout sous la dépendance du levier à poignée S, avec encliquetage k ressort T. A l’aide de ce levier, l’ouvrier qui fait manoeuvrer la machine peut donner aux cylindres un mouvement soit en avant, soit en arrière, ou les arrêter au moment requis.
- La machine à<vapeur commande les cylindres de la manière que voici : Sur l’arbre principal Q est calé le pignon R qui engrène dans la roue U et imprime le mouvement
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- à l’arbre V, sur lequel sont établis les vis sans fin W, W. Cet arbre est pourvu de coussinets de butée W’, afin d’égaliser l’effort sur les garnitures. Les deux vis W, W, surl’arbreV, commandent les deux roues hélicoïdes X, X calées sur les arbres des deux cylindres verticaux F, G, et les font tourner dans la même direction, ainsi que l’indiquent les flèches dans la figure 8. Le cylindre d’ajustement H est mis en jeu par son contact avec le fer ou autre métal sur lequel on opère, et lorsque ce métal ne reçoit pas la courbure voulue à la première opération, on renverse le mouvement de la machine à vapeur et le bloc-coulisseau I est vissé plus près des cylindres F et G, enfin, le métal soit roulé en avant et en arrière jusqu’à ce qu’il ait pris la forme désirée, depuis celle d’une circonférence parfaite jusqu’à celle plane et réciproquement.
- On considère que cette machine est de beaucoup supérieure à celles actuelles mues par des excentriques, des vis, etc., qui ont toutes des mouvements alternatifs et né-cessairementtombent surles barres ou autres pièces qui sont à l’état de repos, par conséquent plient ces fers en une suite ou série de V ou des formes à angles obtus, plutôt que sous celle d’une circonférence uniforme. En résumé, le travail produit par cette machine est parfait et s’accomplit dans la moitié du temps que mettent à l’exécuter toutes les machines jusqu’à présent en usage.
- Les figures, du reste, font connaître assez complètement la nature et la construction de cette machine perfectionnée, pour qu’il suffise de dire que nous pensons, malgré que ces cylindres verticaux n’aient pas encore été soumis à des épreuves sur une échelle réellement pratique, que la nature de leur construction fait prévoir à toute personne exercée dans les arts mécaniques, qu’on peut les considérer comme une disposition très-convenable et très-efficace. Déjà quel-
- ques constructeurs de vaisseaux de la Clyde, sur la seule inspection des dessins, ont auguré si avantageusement de ce mécanisme, qu’ils ont transmis leurs ordres à l’inventeur.
- Machine à percer, à poinçons multiples, de R. Roberts.
- Parmi les nombreuses machines que l’industrie doit au talent créateur de feu Richard Roberts, on doit certainement mettre au nombre des plus ingénieuses, sa machine à percer à poinçons multiples dont on va donner ici la description.
- Au moment de la construction du pont tubulaire sur le Conway, l’entrepreneur, M. Evans, se préoccupa de l’idée qu’il lui serait impossible d’achever le travail pour l’époque qui avait été fixée, s’il ne parvenait pas à avoir à sa disposition une machine propre à percer dans les tôles les trous de rivets tant-d’une manière plus accélérée qu’avec plus de perfection que ne pouvaient le faire les machines à percer qui étaient alors connues. Il s’adressa en conséquence à Roberts, qu’il chargea d’inventer et de construire une machine qui pût satisfaire à ses désirs et à ses besoins. Roberts conçut aussitôt l’idée que le principe du mécanisme Jacquard pourrait être appliqué au percement des tôles, et partant de ce principe, il se mit à construire, en société avec MM. Fothergill et Robinson, de Manchester, la machine en question, qui dans les travaux de construction du pont du Conway s’est comportée parfaitement bien, puisqu’elle a pu non-seulement percer des trous de rivets avec une rapidité que ne peuvent atteindre les machines ordinaires, mais ce qui est plus important encore, avec une netteté, une
- récision et une pureté remarquâtes. Cette machine est encore en activité dans les ateliers Canada à
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- îhrkenhead, et c’est elle qui a percé tous les trous de rivets pour je pont Victoria à Montréal, et pour beaucoup d’autres ponts. Depuis Peu, on a construit sur ce modèle une seconde machine qui est en ac-tivité dans les ateliers du London engineering and iron shipbilding Compagmj, àMillwall, et c’est cette niachine, à laquelle quelques perfectionnements ont encore été ajoutés, qui fait le sujet de la présente communication.
- , La figure 9, pl. 330, est une section verticale de cette machine.
- La ligure 10, une vue en élévation par devant.
- Les figures 11, 12,13 et 14, divers détails.
- A,A, montants de la machine; B, sommiers avec entaille, par laquelle les culots détachés s’échappent de la machine; G, entretoises d’écartement qui relient les montants entre eux ; D, axe de rotation du levier# qui relève les poinçons et du levier w qui fait avancer la feuille de tôle: É, axe de rotation sur lequel sont calés les leviers;, j et kjc; F, arbre principal ou à excentriques; G, roue dentée calée sur cet arbre; H, pignon qui engrène dans la roue G.
- ( Sur l’arbre de volant I sont placées les poulies fixe et folle K et L, ainsi que le pignon H et le volant J ; M, bielles d’excentrique qui pendent de l’arbre F ; N, bague d’excentrique ; O, plaques de guide pour les coulisseaux des poinçons F; Q, arbre aux cames sur lequel est libre une roue dentée R, qui, sur l’un de ses côtés, porte deux broches saillantes, avec découpure pratiquée entre celles-ci. La plaque de fermeture R* est calée sur cet arbre Q, et pourvue d’un encliquetage à ressort 38, qui s’engage dans la coupure entre'les broches de la roue R. Celte plaque de fermeture R* est représentée séparément dans la fig. 14; elle est armée d’un poids qui sert à équilibrer celui des leviers k.
- S, roue dentée calée sur l’arbre principal F ; T, poussoir du coulis-
- seau de poinçon ; ce poussoir est articulé sur les extrémités inférieures des bielles d’excentrique M; U, rail de glissement sur lequel se meut le chariot qui porte la feuille qu]on veut percer; V, deux tiges courtes de guide, qui portent l'un des côtés du chariot; W, bloc en fonte arrêté sur le sommier B, et dans lequel l’appui X se trouve serré au moyen du coin d, de manière à ne pouvoir remonter pendant le travail ; Y, arbre carré portant les leviers o, o, qui pressent sur la tôle et la maintiennent; Z, bras aux deux extrémités de l’arbre Y; a, a, poinçons insérés dans les porte-outils é, fermement vissés sur les coulisseaux P ; c, supports des tiges de guide ajustables V, solidement boulonnés sur le sommier B ; e, étuis aux aiguilles ui, quand elles se trouvent placées ans la position propre à passer à travers la chaîne Jacquard, pénètrent dans le cylindre F sans en être repoussées.
- Le cylindre Jacquard /'est h six faces ou pans, et la chaîne qui marche comme à l’ordinaire embrasse une partie de la surface de ce cylindre, puis va passer sur un rouleau cylindrique placé plus haut et dispose à une telle hauteur et à une telle distance dans un châssis mobile, que cette chaîne en éprouve une tension modérée, pendant le temps que le cylindre se rapproche ou s’éloigne de l’étui aux aiguilles e; h, coussinets mobiles sur lesquels reposent les tourillons du cylindre.
- Sur le poussoir T sont disposés des bras saillants i, i, qui montent et descendent avec lui. Sur chacun des coussinets h s’élève une tige en fer rond, à pied aplati et assez long pour dépasser deux des six raies ou boulons, à chacune des extrémités du cylindre Jacquard ; les pieds aplatis sont pressés sur les rais par des ressorts à boudin, enroulés sur les tiges.
- Les étuis aux aiguilles e s’engagent dans des billots de guide disposés sur chacun des côtés du
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- poussoir, et assujettis par des vis de calage sur des barres plates s’étendant sur toute la longueur de la machine, arrondies du côté du cylindre et de forme carrée de l’autre côté. La portion moyenne de chacun de ces étuis se compose d’une pièce massive en fer, qui descend assez bas sous la portion cylindrique de ces étuis, pour que le poussoir T, lorsque les etuis sont repoussés par le cylindre et la chaîne, puisse compléter la descente sans que ces étuis viennent poser sur le coulisseau P de poinçon.
- Les leviers J, J, arrêtés sur l’arbre E, s’appliquent par voie d’articulation sur les coussinets mobiles h et les leviers k, k, qui sont également calés sur cet arbre E, se terminent dans le bas par des galets sur lesquels agissent deux cames, diamétralement opposées l’une à l’autre sur l’arbre Q. L’une de ces cames opère au moyen des leviers J et de l’articulation dont il a été question ci-dessus, le rapprochement du cylindre f des etuis aux aiguilles, et l’autre a pour objet, pendant le temps que, sous l’action d’un encliquetage disposé comme celui des métiers Jacquard, ce cylindre fait 1 /6 de tour, et après qu’il a accompli cette rotation, de le maintenir fermement par la pression des ressorts et des pieds aplatis dont il a été question ci-dessus, dans sa nouvelle position.
- Au poussoir T se rattachent, du côté postérieur de la machine, des bras de support par lesquels une barre m, assemblée de telle manière, à l’aide de tiges, avec les coussinets mobiles /j, que lorsque ces coussinets font retour, tous les étais aux aiguilles e sont mis en position de presser sur le coulisseau de poinçon, ainsi que le fait voir laiig. 9. Les leviers n disposés sur les montants de la machine sont reliés par les longs bras et par les bielles p aux leviers Z, tandis que leurs bras courts portent des galets au moyen desquels ils sont mis en action par les cames de l’arbre Q.
- Les leviers o qui servent à maintenir par leur pression la tôle en place, peuvent glisser latéralement sur l’arbre Y, de manière à être amenés entre chacun des poinçons. La longueur des bielles p est également variable, afin que l’action des leviers o puisse être adaptée à l’épaisseur des tôles. Les leviers q, </, qui peuvent tourner sur l’axe D, et empruntent leur mouvement aux cames r, ont pour fonction de relever les poinçons, et sont, à cet effet, assemblés par les bielles t, t avec les barres minces, mais hautes s, qui s’étendent sur la série entière des coulisseaux P ; ces coulisseaux sont pourvus de fentes, au travers desquelles passent les barres s, fentes qui sont de 5 centimètres environ plus hautes que les barres, de façon que les coulisseaux puissent sans obstacle être encore abaissés, lorsque les barres se trouvent déjà dans leur position la plus basse.
- Pendant que les poinçons sont remontés, les leviers o, o pressent sur la tôle, et ce sont les cames u, u, les leviers w, w, les bielles p, p et les leviers Z, Z qui contribuent à ce mouvement, x sont les cames du mouvement horizontal de la barre du retour 5. Le mouvement de retour est opéré par le levier y, les bielles z et le levier 8. Sur l’arbre transversal 2 reposent deux leviers 1 et 3, fig. 11, dont le second se relie par une tige articulée 4 avec la barre du retour 5, tandis que le levier 1 est assemblé parla bielle 6 avec le levier w.
- Sur l’axe 7 sont calés les leviers 8, 9 et 10. Le levier 10 est relié par la tige articulée 11 avec le levier 12, et ce dernier appuie sur un axe 13 qui lui est commun avec le levier 14; par l’entremise des bielles 15 et 16, les leviers 9 et 14 sont mis en rapport avec la barre du retour 5, 27 étant la barre supérieure de fermeture ou d’enrayage.
- Le levier coudé 19, qui tourne sur l’axe 18 et est pourvu d’une poignée sur son bras vertical, est relie par une bielle 22 avec un se-
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- cond levier coudé 21, et sur les bras horizontaux de ces leviers coudés 19 et 21, sont des boulons 9ui soutiennent la barre 27.
- La feuille de tôle qu’il s’agit de percer est posée sur un chariot qui se compose de deux rails 24 et 25, reliés entre eux par des traverses ^écartement. Dans les points où la bde est p0Sée, on a rabotté sur les rails latéraux des feuillures, et au pesoin, on peut aussi avoir recours a des pinces pour arrêter cette Quille. Sur les faces extérieures ^e ces rails latéraux 24, sont vissés une série de boulons 23 qui, dans |a machine représentée dans les ugures, sont à une distance entre eux de 0m.30 de centre en centre; les barres 5 et 27 sont à leur tour, et sur une distance de 0m.30, ar-uiées de trois dents, éloignées par conséquent entre elles de 10 centimètres. Pour d’autres écartements de rivets, il faudrait naturellement ue ces dents fussent réparties 'une manière différente, et lorsque la division par 0m.30 ne convient plus, il faut aussi que les boulons 23 soient répartis les uns par rapport aux autres, d’une manière différente de celle indiquée. La fig. Il fait voir l’appareil de retour dans la position qu’il a pris lorsque les barres d’embrayage sont à leur point le plus bas, que le poinçon est sur le point de percer la tôle ; les barres du retour ayant alors opéré leur recul.
- Lorsque le poinçon est relevé, il en est de même de la barre du retour, et cette dernière remonte en même temps par l’entremise de la pièce latérale 26 qui y est assujettie ; les tiges d’enrayage 27, pendant qu’un galet sur cette pièce latérale agit sur ces tiges, laissent ainsi le charriot mobile libre de faire retour. Dans la fig. 9, l’appa-t'eil est représenté dans la position Qu’il affecte lorsque la tôle est sur m point de marcher en avant.
- Le ressort à boudin 28, en opé-rant sur les assemblages à leviers coudés, fait entrer de nouveau les dents de la barre 27 sur les bou-
- lons 23. Pour chaque trou de rivet, percé dans la tôle d'une série de rivets, il faut qu’une articulation de la chaîne Jacquard soit percée d’un trou, et en outre, il existe aussi un trou 30, fig. 13, dans lequel les tiges de contre-coup 31 pénètrent à chaque élévation, jusqu’à ce que la tôle soit percée ; alors l’articulation 32 de la chaîne Jacquard, fig. 13, ramène tous les étuis à aiguilles e derrière le coulisseau de poinçon P, soulève l’encliquetage de la tige 31, et laisse, par un mécanisme qu’on va décrire dans un instant, l’arbre aux cames Q au point où le poinçon et le levier de pression o se trouvent dans la position la plus élevée, de façon que la feuille de tôle, qui est percée, puisse être retirée de la machine et remplacée par une autre.
- La contre-tige 31 porte à sa partie inférieure aplatie un appendice qui déprime le levier d’encliquetage 39, lorsque cette tige est relevée. Sur l’arbre 34 qui est disposé derrière le poussoir sont les leviers 33 et 35, dont le dernier est en rapport par la barre articulée 36 avec un levier coudé. Le bras de ce levier opposé à cette barre articulée court sur un plan incliné qui sert à mettre en liberté la plaque R*. Celle-ci porte au moyen d’un bouton un encliquetage 38 (fig. 14) avec une queue qui, dans une certaine position, est mise en contact avec le plan incliné du levier coudé et, par les progrès de la rotation de la roue R, fait que l’encliquetage se dégage de l’entaille entre les deux boutons de la roue, au moyen de quoi l’arbre aux cames Q cesse aussitôt de tourner. Lorsque la contre-tige 31 est ramenée en arrière, elle rend libre le levier 33, et le levier coudé cédant à l’action du ressort à boudin 40, pousse en avant le plan incliné.
- Au-dessus des coussinets h existe un petit arbre auquel est suspendu par un levier et une tige articulée une plaque métallique qui a absolument la même disposition qu’une articulation de la chaîne Jacquard,
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- mais sans trous de dessin, à l’ex- I ceplion toutefois que les trous pour les boulons de guide sont percés en dessous. A chacune des extrémités de cet arbre se trouve un levier à poignée qui, au moyen d’un ressort, peut être maintenu relevé ou abaissé. Cette disposition additionnelle est destinée à l’objet, que voici : Si on veut arrêter la machine avant qu’on ait achevé de percer la tôle, on relève le levier en question et on amène ainsi la plaque métallique devant le cylindre Jacquard ; cette plaque opère alors comme cette articulation percée de la chaîne Jacquard et amène la machine à l’état de repos.
- Nous expliquerons maintenant la manière dont fonctionne cette machine.
- La feuille de tôle qu’il s’agit de percer étant posée sur le charriot mobile et les rails de guide U et Y est poussée en avant sur celui-ci. Par ce mouvement, le premier bouton de la série 33 s’engage sous l’extrémité coupée en biseau de la barre d’enrayage 27 jusqu’à ce qu’enfin le fond de la première dent de cette barre tombe sur ce bouton. La courroie motrice est alors rejetée sur la poulie fixe K et la machine est ainsi mise dans toute son activité, lorsque le levier à poignée 42 calé sur l’arbre 34 est abaissé suffisamment pour que le bras horizontal du levier d’encliquetage 39 soit attaqué. Ce bras horizontal du levier coudé est donc ainsi abaissé par le ressort à boudin, et le cliquet d’encliquetage 38, abandonné à lui-même, est, par l’action du ressort 41, rabattu dans l’entaille de la roue R, dès que cette entaille, par la rotation de la roue, lui est présentée.
- Dans cet état, l’arbre aux cames Q tourne avec la même vitesse que l’arbre F. Le cylindre Jacquard f repoussé en arrière accomplit 1/6 de tour, puis revient en avant. La première articulation de la chaîne Jacquard repousse celle aux aiguilles pour lesquelles elle ne pos-
- sède pas de trous et les autres étuis restent posés sur leurs coulisseaux de poinçon P, qui actuellement dépriment les poinçons lorsqu’eux-mêmes sont abaissés par le poussoir. Un peu plus tôt et avant que le poinçon pénètre dans la tôle qu’on travaille, les leviers o pressés dessus reposent sur elle jusqu’à ce que la barre s remonte le poinçon. La remonte de la barre s s’opère en commun avec le relèvement du poussoir, mais elle ne parcourt que la moitié du chemin de ce dernier, et pendant que le poussoir complète son ascension et a déjà accompli la moitié de sa course en retour, le cylindre f a reculé entraînant avec lui les barres m qui amènent de nouveau tous les étuis aux aiguilles sur le poulisseau de poinçon P. Le cylindre f opère pendant son recul 1/6 de révolution et amène par conséquent, lorsqu’il revient en avant, une nouvelle articulation de la chaîne Jacquard sur les étuis aux aiguilles, au moyen de quoi de nouveaux trous sont percés dans la tôle, dans la mesure du modèle ou dessin représenté par l’articulation.
- La machine qui a été mise en activité dans les ateliers du London engineering and iron Shipbilding Compagny, est pourvue d’un perfectionnement qui a pour objet de relever la feuille de tôle à percer de dessus ses appuis, avant de la faire marcher en avant. Cette nouvelle machine a été .construite par M. Reetley qui a travaillé sous la direction de Roberts, lorsque celui-ci a établi sa première machine. Elle frappe 10 coups par minute et donne un excellent produit, puisque toutes les tôles sont percées par une seule et même chaîne Jac-uard, et que les trous de rivets ans chacune des feuilles se correspondent d’une manière parfaite.
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- Sur les assemblages à rivets.
- Par M. Th. Baldwin.
- (Suite.)
- Les joints à double rivure étant faits avec deux rangs parallèles de rivets, il faut d’abord déterminer la distance de centre en centre des rivets mesurés sur la longueur des rangs, et en second lieu celle entre les centres des deux rangs parallèles de ces rivets. M. Fairbairn a dit que l’écartement entre les centres des rivets pour joints à deux rangs devait être le même que pour les joints à un seul rang, cette distance étant mesurée, à ce que je pense, diagonalement d’un rang de rivets à l’autre, de manière à former avec deux rivets de l’un des rangs et un rivet de l’autre rang un triangle isocèle, mais la distance qui sépare les deux rangs ne peut être déterminée qu’en sachant que le recouvrement pour les assemblages à deux rangs doit être un et trois quarts celui à un seul rang, et plaçant les deux rangs à la même distance du bord des tôles que pour les joints à une seule rivure. Or, si on place les rangs de façon à ce qu’ils forment une série de triangles isocèles, ils auront, quand on les mesurera diagonalement et qu’ils seront à des distances égales, les valeurs suivantes :
- Soit E égal à l’écartement des rivets dans chaque rang comme ci-dessus, et D la distance qui les sé-
- Èare mesurée diagonalement, puis 11 la distance entre les deux rangs de ces rivets, toutes les autres valeurs restant les mêmes que précédemment, alors
- (E—d) e
- représentera l’aire de section de la tôle entre les trous de rivets dans chacun des rangs, et
- (10). (E - d) et
- la force requise pour déchirer cette section.
- Le Technologiste. T. XXV11I. — Mars 1!
- Les rivets qui doivent être coupés en travers par la force qui déchirerait cette dernière section des tôles sont au nombre de deux, et cette force est représentée par l’expression
- (11) 2 ar
- et de même que précédemment dans le cas de joints à un seul rang, les valeurs indiquées par ces équations (10) et (11) doivent être égales, c’est-à-dire qu’on doit avoir
- (12) (E — d)et = Zar
- Mais on a déjà démontré plus haut que les valeurs de r et de t sont égales, et par conséquent on a
- (13) E = —+d
- e
- pour l’écartement auquel doivent être placés des rivets pour donner la construction la plus solide et la plus économique.
- L’aire de la section des tôles entre les trous de rivets, prise diagonalement, suivant le principe des forces, n’a pas besoin d’être supérieure à la moitié de celle des tôles entre les rivets de chaque rang, c’est-à-dire
- Par conséquent
- et en substituant la valeur de E empruntée à l’équation (13) dans celle (14), on aura
- (15) D = ~ + d
- Si on fait la distance entre les deux rangs de rivets égale à la moitié de la distance de l’écartement entre rivets mesurée sur la longueur, on aura pour D une valeur un peu en excès sur celle donnée par l’équation (15) et qui se rapprochera beaucoup de la forme expérimentale à double rang de rivets donnée par M. Fairbairn.
- Le tableau de la page 269 s’ap-
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- alors on aurait
- plique également aux joints à double et à simple rang de rivets, puisque M. Fairbairn donne le même écartement pour l’un comme pour l’autre rang, malgré qu’il soit difficile de comprendre la raison, puisque la force de la rivure à deux rangs dépend entièrement du rapport convenable de l’écartement des rivets dans chaque rang au diamètre des rivets et à l’épaisseur des tôles, et non pas de la distance entre les deux rangs ou de la distance diagonale de ces rivets, tant que ces deux distances ne sont pas tellement petites qu’elles permettent aux tôles d’être déchirées ou coupées diagonalement. Tout excédant au-delà de ces distances ne fait qu’ajouter aux frais et au poids de la construction sans accroître la force.
- Dans le second tableau de la page 271, la quatrième colonne donne l’écarlement des rivets pour des joints à un seul rang, et en comparant l’équation (6) qui a servi à calculer cette colonne avec l’équation (13) pour les joints à deux rangs, on trouve qu’il est seule-, . ,, . a
- ment necessaire d ajouter — aux
- valeurs E dans ce tableau pour obtenir l’écartement correct des rivets des assemblages à deux rangs.
- Admettons les expériences nos38 et 39 du tableau X, des expériences de M. Fairbairn sur les rivures à deux rangs comme étant les plus concluantes ; on trouve alors que l’épaisseur des tôles est 5inm.588, le diamètre des rivets 9mm.54, l’aire des tôles 2005 millimètres carrés et la charge moyenne de rupture 16kil.66 par millimètre carré, la rupture ayant lieu en travers des trous de rivets A, B.
- Dans ces expériences, il y a cinq rivets à couper et si f aire de section de la tôle, déduction faite des trous de rivets en travers de A, B, devait être égale à celle des cinq rivets, c’est-à-dire à
- -ËL (PX5 = 71,47X5 = 357.35 4
- 357,35X5,588 + —— d*
- 4
- pour faire de la plaque de tôle qui aurait offert la plus grande résistance, d étant le diamètre des rivets : d’où on déduit 2219mm-c-20 pour faire de la plaque, tandis que celle soumise aux expériences ne présentait qu’une aire de 2005 millimètres carrés de section.
- Maintenant pour s’accorder avec les joints à deux rangs employés dans la pratique, l’expérience aurait dû porter sur six ou un nombre plus considérable de rivets, si le but eût été de déterminer la distance dans l’écartement des rivets. Prenons pour exemple le corps d’une chaudière à vapeur : Il y a des rangs de rivets qui passent autour du corps et d’autres qui sont parallèles à l’axe.
- La distance des rivets dans chaque rang du joint à double rivure sera donnée par l’équation (13), ainsi qu’on fa dit ci-dessus. Dans ces chaudières à vapeur circulaires à deux carneaux, l’effort sur les joints rivés est très-variable, car tandis que les joints qui courent parallèlement à l’axe du corps éprouvent un effort exprimé par trois unités, ceux autour de la circonférence de ce corps ne sont exposés qu’à faction d’une force représentée par l’unité, ce modèle de chaudière doit donc avoir des assemblages à double rivure dans le sens de la longueur et à un seul rang de rivets dans l’autre sens, car par suite des anneaux de rivets qui passent autour de la chaudière sur1 chacun des bords de chaque série de feuilles de tôle et de la double rivure des joints longitudinaux, la chaudière sera aùssi résistante avec cette combinaison que si son ensemble était construit en anneaux de tôles d’une seule pièce, pourvu toutefois que ces tôles n’aient pas une trop grande largeur.
- L’usage dans la pratique des constructeurs de chaudières du
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- Lancashire et du Yorkshire, est de faire l’écartement de 0m.051 avec des rivets de 19mm.05, que les tôles aient une épaisseur de 9mm.53, ou 12mm.7, pratique qu’on ne saurait trop condamner, malgré que les ingénieurs en chef des associations pour l’inspection des chaudières, prétendent que ce soit là un mode correct de construction pour les joints rivés des chaudières il vapeur, et que l’expérience ait décidé le contraire.
- Sur l'appareil de sûreté de Black.
- Par M. F. Promnitz.
- Je lais usage dans ma distillerie de grains d’une chaudière à vapeur du système de celle des locomotives. Après un service de huit années, une chaudière de ce modèle a éprouvé une avarie et immédiatement derrière l’autel il s’est manifesté une boursoufflure qui, au bout de quelque temps, a crevé de manière qu’on a été obligé d'y river une pièce. Au terme d’une nouvelle année de service, cette chaudière s’est trouvée toute entière hors de service, et on a été forcé de là remplacer par une nouvelle. Mais déjà, au bout de quelques mois, cette nouvelle chaudière présentait une bosse exactement dans le même endroit où on avait observé la boursoufflure dans l’ancienne, c’est-à-dire immédiatement derrière l’autel. Il n’était pas vraisemblable qu’il se soit rencontré One tôle défectueuse exactement au même point dans les deux chaudières, et il était présumable que cette avarie devait être due à une outre cause.
- Dans ces deux chaudières, on avait introduit un appareil de sûreté de Black. Cet appareil de sûreté a, comme on sait, pour objet d’avertir le chauffeur que l’eau dans la chaudière est descendue à son plus bas nivGB.u. 11 consiste en un tube en cuivre qui plonge assez
- profondément dans la chaudière pour que son extrémité inférieure soit démasquée, lorsque l’eau arrive à son plus bas niveau, et on entend par ce plus bas niveau, celui auquel il n’y a pas encore danger, mais auquel il est urgent de pomper de l’eau et d’en alimenter la chaudière. Ce tuyau traverse la paroi supérieure de la chaudière et est fermé dans le haut par un bouchon fait avec un alliage qui fond à la température de la vapeur dans la chaudière. Au-dessus de ce bouchon, le tube est surmonté d’un sifflet, et aussitôt que l’eau dans la chaudière est descendue assez bas pour que l’appareil ne plonge plus par sa partie inférieure dans le liquide, mais se trouve placé au milieu d’une atmosphère de vapeur, celle-ci remonte dans le tube jusqu’au bouchon, le met en fusion et s’échappe définitivement par le sifflet qu’elle fait ainsi résonner avec force : le métal fondu coule naturellement dans la chaudière et se réunit dans les points les plus profonds de celle-ci.
- Celte chute du bouchon dans nos chaudières était survenue plusieurs fois au moment où l’appareil de Black était entré en fonction, et soit dit en passant, non pas par manque d’eau, mais par suite d un petit défaut de l’appareil lui-même, qui avait permis à la vapeur d’arriver sur le bouchon en alliage, et ui l’avait fondu. Il était donc évi— ent que cet alliage fondu, qui naturellement était tombé sur le même point de la chaudière où il était resté, devait êtrela vraie cause pour laquelle il s’était formé des bour-soufflures sur les deux chaudières.
- L’alliage, en se mélangeant et s’incrustant avec les sels calcaires et les impuretés de l’eau, s’attache fortement sur la tôle de la chaudière, où il forme une croûte peu conductrice de la chaleur, de façon qu’il se développe en ce point une bosse qui, avec le temps, est la cause inévitable que la chaudière brûle. Lorsqu’on a nettoyé la chaudière neuve, on a trouvé, en effet, toute
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- la poche formée par la boursouf-llure, incrustée avec l’alliage.
- Il est certain que beaucoup de chaudières ont déjà dû être détériorées par cette même cause, qui probablement aura échappé à l’observation. Je pense donc que cette petite communication aura de l’intérêt pour l’industrie, car c’est avec un véritable étonnement que j’ai constaté qu’elle était entièrement nouvelle pour un grand nombre d’établissements de machines auxquels j’ai cru devoir la transmettre.
- Sur la composition d'une incrustation de chaudière, et sur l’influence d’une eau d'alimentation grasse (1).
- Par M. R. Weber.
- L’emploi d’une eau grasse à l’alimentation peut, ainsi que l’ont démontré récemment plusieurs faits, être une cause importante d’avaries et de désordres dans le service des chaudières à vapeur.-La rnatièrè grasse mélangée à l’eau, sous l’in— lluence du liquide de la chaudière porté à une haute température, se transforme, au bout de quelque temps, en un acide gras qui, lorsqu’il ne se combine pas à la chaux, attaque la matière de la chaudière et, indépendamment de cela, donne lieu à des phénomènes particuliers qui portent la perturbation dans le service.
- Déjà, en 1865, M. R. Peters a fait connaître, dans le journal de la société des ingénieurs allemands, qu’il avait observé que les tôles inférieures d’une chaudière alimentée avec une eau grasse de condensation avaient été fortement atta-
- (t) Nous avons déjà fait connaître la substance de ce Mémoire à la page 611 du volume précédent; mais l’importance du sujet nous détermine à publier en entier le Mémoire de M. Weber, qui a été inséré dans le Bulletin de là société d’En-couraçfement de Berlin. 1865. Liv. 5 et 6, p. 148.
- quées. M. Renner, de son côté, en analysant, en 1858, une incrustation qui s’était déposée au sein d’une chaudière alimentée aussi en eau grasse de condensation, avait trouvé qu’elle se composait d’un savon de chaux et de protoxyde de fer, et conclu que ce fer provenait de la matière même de la chaudière.
- Malgré que les observations de ce genre aient mis hors de doute ue la paroi intérieure des chau-ières éprouvait des avaries, sous l’influence des acides produits par les corps gras, puisqu’il y avait dissolution du métal, cependant, on hésitait encore à admettre cette circonstance : que les parois intérieures de la chaudière, tapisséqs de matière grasse ou plutôt de produits gras, fussent attaquées plus vivement par l’action de la chaleur que les parties propres de la tôle.
- Dans une lettre de M. C.-F.-C. Schmidt, rendue publique, on trouve l’observation ; que la tôle d’une chaudière en contact avec le feu, et qui était alimentée avec une eau de condensation grasse, n’avait pas tardé à brûler, et que lorsque plus tard, elle avait été alimentée avec de l’eau exempte de matière grasse, cet inconvénient ne s’était plus présenté.
- Si l’eau d’alimentation renferme en particulier du carbonate de chaux, il se forme, en présence d’une matière grasse, un composé calcaire insoluble qui, comme M. Bolley l’a fait remarquer, se sépare sous la forme d’une poudre que l’eau ne mouille pas, recouvre les tubes chauffeurs à l’intérieur de la chaudière, empêche ceux-ci d’être en contact avec l’eau, et en se déposant dans les points fortement chauffés de la chaudière, peut en faire brûler les parois* d’où naissent,'ainsi que l’expérience l’a démontré, des déformations et, par suite, des explosions.
- On a observé des phénomènes particuliers dont la cause, comme on l’a constaté plus tard, reposait sur l’emploi d’une eau d’alimentation chargée de matière grasse, sur
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- <3es chaudières à vapeur qui ont été récemment installées dans les forges appartenant à M. Borsig, dans la Haute-Silésie.
- Pour le service alternatif de deux machines à vapeur à haute pression pour souffleries, chacune de la force de 150 chevaux, on a établi, en ^864, six chaudières à vapeur dans deux chambres, séparées entre eÜes par la cage aux machines, de façon à ce qu’il y ait trois chaudières dans chaque chambre. Chacune de ces chaudières, qui devait développer de la vapeur à une pression de 51/2 kilogrammes par centimètre carré, se composait d’un corps cylindrique supérieur de 10 mètres de longueur et lm.28 de diamètre, avec deux carneaux intérieurs de 0m.483 de diamètre, et d’un bouilleur eu dessous de 0m.92 de diamètre et 9m.70 de longueur, uni au corps supérieur par un tuyau de support et de communication de 0m.457 de diamètre. Ce mode de construction avait exigé que les chaudières fussent même, sur le devant, noyées dans la maçonnerie, à la hauteur exigée par les réglements, et par conséquent pendant le travail, le corps de cette chaudière se trouvait soustrait aux observations.
- Dans la chambre aux machines soufflantes étaient placées quatre pompes marchant à la vapeur, pour alimenter les chaudières, et par chaque couple de ces pompes et dans la même chambre, un bassin en tôle ; enfin, sur le tuyau d’échappement de vapeur de chaque machine soufflante, était intercalé un ré-chaulfeur établi sur le système d’un appareil tubulaire.
- Afin que l’eau chaude de condensation, provenant des cylindres à vapeur, des pompes et des ré-chauffeurs, à raison des vapeurs qu’elle répandait, fût le moins incommode possible ou préj udiciable aux machines dans leur cage, on faisait arriver cette eau par des tuyaux en cuivre dans les bassins au-dessous du niveau de l’eam, dans ceux-ci.
- L’eau, pour l’alimentation des chaudières, était empruntée à une houillère placée dans le voisinage. Cette eau, employée depuis plusieurs années au service des machines, et en particulier à la production de la vapeur, laisse, comme résidu dans ces chaudières, un mélange pulvérulent, argileux, mélangé de particules fines de charbon. Cette poudre, lors du nettoyage des chaudières, pouvant être enlevée sans difficulté par des lavages, cette eau constitue, par conséquent, un liquide propre à cette alimentation.
- Après que les machines, avec les dispositions décrites et autres, encore, eurent été mises comme essai pendant'14 jours en marche, on a commencé à faire fonctionner avec elles le haut-fourneau. Peu de temps après la mise en activité de celui-ci, on observait déjà sur chacune des chaudières et dans les assemblages ou les joints, des fuites qui ne causèrent d’abord aucune inquiétude, parce qu’on savait que ce phénomène se présentait souvent avec les chaudières neuves, et que, dans la marche ultérieure, ces fuites se trouvaient tamponnées généralement d’elles-mêmes, par les résidus solides de l’évaporation.
- Mais, dans le cas présent, tout le contraire arriva. Les fuites des chaudières, et sans qu’aucun phénomène extérieur indiquât des avaries profondes, allèrent en augmentant de jour en jour, et malgré le serrage des joints au fermoir, elles devinrent telles que-les chaudières ne purent plus retenir l’eau, et qu’après une nouvelle semaine, on fut obligé de suspendre le travail des machines et du haut-fourneau.
- En examinant l’intérieur des chaudières, on trouva comme résidu de l’évaporation de l’eau, en partie sous forme sèche sur leurs parois, et en partie sur leur fond, sous celle de boue, une poudre gris clair, douce, argileuse, qui, à l’état humide, était onctueuse au
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- toucher, et à l’état sec ne se laissait mouiller ni par l’eau froide, ni par l’eau chaude, et ne se mélangeait pas avec le liquide, mais nageait à la surface.
- A l’intérieur du corps des chaudières, on remarquait d’importantes avaries.
- Sur la chaudière n° 1, dans le corps, à l’extrémité du quatrième cours des feuilles, la tôle était déchirée sur une étendue de 27 rivets. Sur le premier et le second joint, les rivets avaient déterminé une séparation considérable entre la tôle et les rivets.
- Sur le corps de la chaudière n° 2, la première des feuilles inférieures avait éprouvé un fort coup de feu. Sur le second cours, la feuille inférieure s’était beaucoup déjetée en dehors; la quatrième feuille en dessous était dans' le même cas, et en outre, la troisième en dessous étaitgercée ou déchirée sur une étendue de 17 rivets.
- C’était la chaudière n° 3 qui présentait les avaries les plus graves. Le premier joint, sur le premier rang de rivets, avait lâché à l’intérieur; au second rang, la feuille inférieure était gercée sur une étendue de 14 rivets; au troisième rang, sur 6 rivets ; au cinquième rang, sur 16 rivets, et au septième rang, sur 3 rivets.
- La chaudière n° 4 avait brûlé sur la feuille antérieure et inférieure, et la troisième feuille en dessous était gercée sur 25 rivets.
- Sur la chaudière n° 5, qui a été celle qui s’est maintenue le plus longtemps, la première feuille s’était séparée dans le joint de la deuxième.
- La chaudière n° 6 présentait les mêmes phénomènes que celle n° 5, mais en outre, sur le cinquième cours de feuilles, elle était gercée sur 24 rivets.
- Toutes les déformations, ou plutôt toutes les avaries décrites jusqu’à présent, étaient survenues sans qu’aucun indice extérieur saisissable pûtles faire soupçonner.
- Quant à la* marche des phéno-
- mènes, il était évident qu’il y avait eu surchauffage des parties inférieures des chaudières, d’autant mieux qu’on observait sur les tôles quelques points où elles avaient brûlé récemment, que la dilatation ainsi produite dans les feuilles, par des coups de feu, s’était étendue jusqu’à produire des déchirures, circonstancesdanslesquelles les carneaux, qui passaient à travers le corps supérieur, et considérés comme tirants ou entretoises sur la longueur, ne paraissaient avoir joué aucun rôle de quelque importance ou avoir concouru à ces effets.
- Il était plus difficile de découvrir la cause de ces surchauffages. On entreprit donc une série de recherches dans toutes les directions, soit parvoie expérimentale, soit en consultant la simple pratique, recherches qui toutes ont contredit les hypothèses, en quelque sorte admises jusqu’alors sur les causes de ces avaries colossales. Ainsi, on a analysé l’eau d’alimentation et le résidu de l’évaporation sans qu’on y ait découvert aucune matière qui offrît le moindre rapport avec les faits observés, et à laquelle on pût les attribuer; et à ce sujet, on considérait si peu eomme probable un rapport de causalité, que cette même eau de la mine voisine avait été employée depuis des années à produire de la vapeur sans qu’il en fût résulté d’avaries.
- Afin de rechercher autant qu’il était possible cette cause mystérieuse, on s’est mis à étudier les conditions qui déterminaient la destruction des chaudières à vapeur dans un établissement voisin, et à établir un parallèle avec leur explication. Dans ce cas, on a pu attribuer la destruction de ces chaudières au dépôt d’une quantité considérable de carbonate de magnésie contenu dans l’eau d’alimentation, en supposant toutefois, que le poids spécifique, relativement élevé, de ce carbonate de magnésie ne lui permît pas de rester en suspension dans l’eau pen-
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- dant l’évaporation, alors cette eau déposait ce carbonate sur les parois intérieures de la chaudière et enlevait ainsi à la tôle sa propriété conductrice. On trouva, en effet, dans les résidus de l’évaporation des chaudières avariées, une proportion de 17,09 pour 100 de carbonate de magnésie, mais en faisant bouillir, comme expérience, du carbonate de magnésie et de l’eau dans un matras en verre, on observa que ce carbonate, au moment où l’ébullition de l’eau se déclarait, s’élevait du fond du matras, et que tant que durait cette ébullition, il restait en suspension dans le liquide, et qu’il était fort présumable qu’il n’exerçait aucune influence sur la destruction de la chaudière.
- Des expériences qui avaient été faites sur les tôles gercées pour déterminer leur résistance absolue, donnèrent pour celle à l’extension, une force de 36 à 40 kilogrammes par millimètre carré de section, on n’a pas, en conséquence, rencontré dans la qualité de la tôle la cause de son altérabilité.
- Dans de nouvelles expériences, on chercha alors à résoudre la question de savoir si on ne devait pas rechercher la causbdel’accident dans les rapports qui existaient entre la section des carneaux et la grille, et en particulier de la chaleur rayonnante qui se dégageait de cette dernière. A cet effet, on répara trois des chaudières avariées, mais en y faisant varier dans les limites permises, tant de la distance de la grille que la disposition des carneaux, de plus, les chaudières furent entourées de nouveau de maçonnerie, de manière que dans toutes les circonstances les changements dans les rapports ne pussent pas exercer d’influence sur la durée et la conservation des chaudières.
- Toutefois, le service du hautfourneau qui était parfaitement en état, exigeait que celui des chaudières h vapeur fût organisé aussi rapidement et définitivement que
- possible pour remettre ce fourneau en activité,, on ne pouvait pas attendre le résultat des expériences projetées sur les chaudières réparées et qui demandaient beaucoup de temps.
- En conséquence, pour justifier plus complètement l’adoption des nouveaux rapports err question et rendre de plus en plus manifeste la cause réelle des cas précédents, ou pour le moins produire autant que possible de nouveaux cas d’avaries, on organisa k la place des chaudières déchirées, trois nouvelles chaudières d’après le même système que celui qui, placé dans le voisinage de la houillère, était en activité depuis plusieurs années, sans donner lieu k des avaries avec la même eau d’alimentation. Chacune de ces trois chaudières se composait de deux corps cylindriques supérieurs de 14ra.50 de longueur sur 1 mètre de diamètre, et de deux bouilleurs en dessous de 72 centimètres de diamètre, de 9m.50 jusqu’k 10 mètres de longueur, soutenus sur le corps principal par deux tuyaux de 48 centimètres de diamètre.
- A peu près en même temps qu’on installait ces nouvelles chaudières, on procédait k l’organisation des précédentes qui avaient été réparées. Environ au bout de 14 jours, période pendant laquelle ces dernières furent chauffées avec beaucoup de soin et où l’on fit les observations les plus attentives sur leur pouvoir évaporatoire, il s’est manifesté de nouveau des fuites qui, en peu de temps, se sont accrues au point de rendre le service absolument impossible et d’obliger de nouveau k l’interrompre.
- Lors de l’examen de ces chaudières, on a encore observé des avaries graves dans les rangs divers des rivets.
- Malheureusement, les résultats n’étaient guère meilleurs avec les nouvelles chaudières. Au bout, de 48 heures de service, on voyaitdéjk s’y mânifester les conséquences d’un chauffage inégal ou d’un sur-
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- chauffage des tôles, qui se sont révélées par des fuites et l’échappement de l’eau, et dont les actions se sont manifestées par ce phénomène remarquable que le corps, d’une longueur de L4m.50, reposant en avant sur la plaque de foyer, se soulevait de 50 millimètres au-dessus de cette plaque, puis redescendait d’une manière tellement sensible, qu’à chaque ouverture des portes de foyer et pendant le chargement du combustible, ce jeu se répétait avec une telle rapidité qu’on pouvait suivre de l’œil ces mouvements. Ni une modification dans les rap-, ports de la grille, ni celle des carneaux, ni un mode de soutènement ou de suspension de la chaudière, n’ont apporté de remède à cet état des choses, et, sans nul doute, les nouvelles chaudières n’auraient pas résisté à la destruction, si d’un autre côté on n’était parvenu à saisir sur l’une d’elles, un phénomène extérieur qui a mis sur la voie de la découverte du mal qu’il s’agissait de combattre.
- Àu moment où on venait d’entreprendre sur cette chaudière une
- nouvelle expérience sous le rapport de la manière dont il fallait l’encastrer dans la maçonnerie, on entendit bientôt après l’avoir remise en activité, un bruit sourd et peu après une détonation accompagnée d’un soubresaut violent de la chaudière, comme si elle était sur le point de faire explosion; on s’empressa donc d’éteindre le feu.
- L’observation de ce phénomène fit naturellement conjecturer que par une cause quelconque, l’eau n’avait plus la faculté de mouiller les parois. Il n’était pas présumable ue le surchauffage des tôles par éfaut ou absence de l’eau, puis l’introduction et le contact subit du liquide fussent les causes auxquelles ces effets étaient dus, parce que ces conditions avaient été surveillées par plusieurs personnes qui s’étaient assurées, tant par l’observation des tubes de niveau que par celle des robinets d’épreuve de la hauteur de l’eau dans ces chaudières, et que celles-ci étaient chargées de liquide jusqu’à la hauteur normale.
- [La suite au prochain numéro.)
- -t&OO
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- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre des requêtes.
- CANAL. — SUBSTITUTION A UN COURS D’EAU. — DROITS DES RIVERAINS.
- Les riverains d'un canal creusé de main d’homme et substitué au lit d'un cours d’eau, ont, sur ce cours d'eau, les droits déterminés par les articles 644 et 645 du Code Napoléon, lorsque d’ailleurs il est déclaré, en fait, que l’ancien lit a été ainsi remplacé et que rien n'établit que le changement ait été exécuté exclusivement par le propriétaire d'une usine inférieure, à ses frais et dans son seul intérêt.
- Rejet du pourvoi formé par le sieur Perrault contre un arrêt de la Cour impériale de Caen, du 13 juillet 1865.
- M. Calmètes, conseiller rapporteur; M. Savary, avocat général, conclusions conformes; Me Groualle, avocat.
- Audience du 3 décembre 1866. — M. Taillandier, président.
- RIVIÈRE NON NAVIGABLE. — TRANSFORMATION EN CANAL DE FUITE. — DROITS DES RIVERAINS.
- Lorsqu’une rivière non navigable bordant un champ communal a • été transformée en canal de fuite d'une usine, les habitants de la commune conservent sur ce canal les droits naturels de puisage, de lavage et d’abreuvage qu'ils a-vaient antérieurement et peuvent, pour le maintien de ce droit, contraindre les propriétaires de l’usine à faire, même dans l’intérieur de l'usine et dans les parties du canal situées en amont, tous les travaux ou manœuvres nécessaires pour que ces droits de puisage, de lavage et d'abreuvage soient exercés dans leur première intégrité. Il en est surtout ainsi dans une espèce où il a été décidé par plusieurs arrêts que la partie de la rivière, formant canal de fuite, ne pouvait subir aucune modification dommageable à la jouissance du riverain.
- Rejet du pourvoi des consorts danois contre un arrêt de la Cour impériale de Besançon du 27 mai 1865, rendu au profit de la commune de Yerria.
- Rapporteur, M. Calmètes ; avocat général, M. Savary, conclusions conformes. Me Choppin, avocat.
- Audience du 20 novembre 1866. — M. Bonjean, président.
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- CHAMBRE CIVILE.
- DÉPÔT DE MATIÈRES INFLAMMABLES. — RIVERAIN DE CHEMIN DE FER. — RESPONSABILITÉ DE LA COMPAGNIE.— EXPERTISE. —IRRÉGULARITÉ. — COUR IMPÉRIALE. — COMPÉTENCE.
- L'article 7 de la loi du 15 juillet 1845, qui prohibe le dépôt de matières inflammables à moins de 20 mètres de la voie ferrée, n’est pas applicable au cas où un propriétaire riverain du chemin de fer renferme des fourrages dans un grenier situé à 7 mètres de la voie.
- En conséquence, une Cour impériale peut, sans contrevenir à cet article, déclarer la Compagnie de chemin de fer responsable de l’incendie de ce bâtiment, causé par les étincelles échappées des locomotives, lors môme qu’il est constaté en fait que ce bâtiment avait, du côté du chemin de fer, deux fenêtres, dont l'une était ouverte et l'autre bouchée avec de la paille.
- L'arrêt qui, sur la réquisition de l'une des parties, ordonne une expertise pour l'appréciation du domrnage résultant d'un incendie, doit, à peine de nullité, ordonner que l'expertise aura lieu par trois experts, s’Un’apparaît que l'autre partie ait consenti à la nomination d'un seul.
- La Cour impériale qui, saisie par appel d’une demande principale et d’une demande en garantie, confirme la sentence du premier juge sur la demande principale et infirme sur la demande en -garantie, peut renvoyer l’exécution de son arrêt aux premiers juges, sans contrevenir à l’article 472 du Code de procédure civile.
- Cassation, sur le deuxième moyen, et rejet, sur le premier et le troisième, du pourvoi formé par la Compagnie des chemins de fer deParisàLyonet à la Méditerranée contre un arrêt rendu par la Cour
- impériale de Grenoble, le 21 août 1863, au profit du sieur Tessier.
- M. Rieff, conseiller rapporteur ; M. de Raynal, premier avocat général, conclusions conformes. Plaidants, Me Beauvois-Devaux, avocat de la Compagnie, et Me Jozon, avocat du defendeur.
- Audience du 20 novembre 1866. — M. Pascalis, président.
- COURS D’EAU. — RENVERSEMENT DE BARRAGE. — DEMANDE DE DOMMAGES-INTÉRÊTS. — CARACTÈRE DE L’ACTION. — POSSESSION ANNALE. — REFUS DE PREUVE OFFERTE. — APPEL.
- L'action intentée par le propriétaire dont l'immeuble est traversé par un cours d'eau, à l'effet de faire condamner un riverain inférieur à des dommages-intérêts, pour s'être permis depuis moins d'un an et un jour de renverser un barrage établi par lui dans le lit de ce cours d'eau, rentre dans la catégorie des actions dont parle l'article 5 de la loi du 25 mai 1838.
- En conséquence, cette action doit être accueillie sans que le demandeur soit tenu de justifier d une possession annale de l’usage des eaux.
- Il importe peu d'ailleurs, que le demandeur ait surabondamment offert de prouver qu'il avait la possession plus qu'annale d'un barrage destiné à lui permettre d'user de son droit d'irrigation, et qu'il ait échoué dans cette offre de preuve ordonnée par un juge-
- 1 ment interlocutoire, lorsque par suite d’un appel interjeté, soit contre ce jugement, soit contre le jugement définitif qui l'a démis de sa demande, tout s'est trouvé remis en question entre les parties.
- L'existence de cette interlocution et de l'enquête qui l’a suivie, n'a pu avoir pour effet de modifier le caractère originaire de l'action
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- et de lui attribuer le caractère d'une action en complainte.
- Cassation, au rapport de M. le conseiller Delapalme, et sur les conclusions conformes de. M. le premier avocat général de Raynal, d’un j ugement du Tribunal de Saint-Girons, en date du 5 avril 1864, rendu au préjudice du sieur Ca-hannes et au profit du sieur Berdal.
- Plaidant, Mes de la Chère et J. Bozérian, avocats.
- Audience du 19 novembre 1866. — M. Pascalis, président.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- CHEMIN DE FER. — ACCIDENT. — RESPONSABILITÉ.
- En matière d’accidents de chemin de fer, c'est aux Compagnies à établir les faits qui les déchargeraient de toute responsabilité, et non auxvoyageurs blessés à prouver la faute desdites Compagnies.
- Le 28 février 1865, un accident se produisit sur la ligne du chemin de fer du Nord. Le train parti de Paris pour Bruxelles était arrivé au-delà de Greil, quand tout-à-coup il s’opéra une rupture dans le bandage d’une des roues d’une voiture composant le convoi. Il en résulta une dislocation violente qui amena un déraillement et causa des blessures à plusieurs voyageurs. Par suite de cet accident, M. Quarez, voyapeur de commerce; M. Salmon, négociant en dentelles; M. Strolz, employé de commerce, et M. Mouret, teinturier, actionnèrent la Compagnie en paiement et réclamèrent, à titre de dommages-intérêts : M. Quarez, 60,000 fr.; M. Salmon, 30,000 fr.; M. Strolz, 25,000 fr., et M. Mouret, 10,000 fr.
- Mais le Tribunal civil de la Seine (4e Ch.) repoussa leur demande par des motifs qui se trouvent déduits
- dans le jugement rendu le 27 avril 1866, au sujet de M. Quarez, lequel jugement est ainsi conçu :
- « Le Tribunal, — Attendu qu’il n’est pas établi que l’accident objet de la demande de Quarez soit le résultat d’une faute quelconque dont la Compagnie du chemin de fer du Nord devait être déclarée responsable ;
- « Attendu qu’il a pour cause la rupture du bandage d’une roue qui a amené la dislocation en deux parties du train et le déraillement de la voiture dans laquelle se trouvaient Quarez et autres ;
- « Attendu (jue, si cette rupture a été occasionee elle-même par une défectuosité dans la fabrication du fer de ce bandage, il est certain que cette défectuosité n’était pas visible extérieurement, ce qui exclut le reproche possible du défaut d’attention et de précaution lors de la réception, et dans l’emploi du matériel ;
- « Attendu qu’on ne peut davantage attribuer l’accident à ce qu’une corde de communication qui, dans les trains express, doit réunir la voiture de queue avec le sifflet de la machine, n’était point établie le jour de l’accident de manière à fonctionner, ce qui a donné lieu à une mesure disciplinaire contre l’agent auquel cette omission était imputable ;
- « Attendu, en admettantque cette omission constituât une inobservation du réglement, celle-ci même n’engendrerait la responsabilité u’autant qu’elle aurait été la cause e l’accident ou qu’elle y aurait influé d'une manière déterminante ;
- « Attendu qu’il n’estpointprouvé qu’il en eût été ainsi, et le contraire même ressort de cette considération, que si la corde de communication avait été établie comme elle l’aurait dû, elle aurait été certainement rompue parla secousse qui a produit la dislocation ;
- Attendu qu’elle n’aurait, dès lors, pu servir à avertir utilement le mécanicien resté sur la partie antérieure du convoi lancé avec la vi-
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- tesse d’un train express, et qui a continué sa route en conséquence;
- « Attendu qu’il résulte de l’ensemble de ces circonstances, que l’accident dont il s’agit ne peut être considéré que comme un cas de force majeure;
- « Par ces motifs,—Déclare Qua-rez non-recevable en sa demande, l’en déboute et le condamne aux dépens. »
- M. Quarez ayant interjeté appel de ce jugement,
- La Cour, après avoir entendu Me Jules Favre, avocat de l’appelant, et Mu Busson-Billaut, avocat de la Compagnie du chemin de fer du Nord, a rendu l’arrêt suivant :
- « La Cour, — Considérant que le voiturier répond de l’avarie des choses à lui confiées, à moins qu’il ne prouve qu’elles ont été avariées par cas fortuit ou force majeure ;
- « Considérant que ce principe s’applique à plus forte raison au transport des personnes et protège la sécurité des voyageurs ; qu’ainsi, dans l’espèce, le voyageur blessé n’est pas tenu de prouver la faute de la Compagnie du chemin de fer; que c’est au contraire à la Compagnie qu’incombe l’obligation de prouver les faits qui la déchargeraient de sa responsabilité;
- « Considérant qu’il est constant, en fait, que l’accident survenu le 28 février 1865 au vagon portant le n° 199, placé à la queue du train express n°29, dans le trajet de Paris à Amiens, a été causé par la rupture du bandage d’une roue qui a amené la dislocation du train en deux parties et le déraillement de la voiture où se trouvait Quarez ;
- « Considérant quecetterupture a étéelle-même occasionnée par une défectuosité dans la fabrication du fer de ce bandage ; qu’il résulte des documents produits par la Compagnie : que les spires dont ce bandage était formé n’avaient pas intérieurement toute l’adhérence nécessaire, que leur soudure n’existait qu’à la surface et masquait le vice interne de la pièce;
- « Considérant que si cette défec-
- tuosité n’était manifesté par aucun signe extérieur, et si le bandage présentant les apparences d’une bonne fabrication, avait été reçu à la suite des épreuves d’usage, ces circonstances ne constituent ni cas fortuit ni force majeure à la décharge de la Compagnie, et que l’accident a pour cause déterminante un vice du matériel dont le voiturier demeure responsable ;
- « Considérant qu’il est établi, d’autre part, que la Compagnie avait omis d’établir sur toute la longueur du train dont il s’agit, le cordeau de communication que les règlements spéciaux ordonnent de placer dans le trajet express pour réunir le fourgon de queue au sifflet de la locomotive ;
- « Que cette infraction a même été punie d’une peine disciplinaire ;
- «‘Considérant qu’en admettant que le cordeameût été nécessairement brisé au moment de la rupture de l’attelage et que le vagon où se trouvait Quarez n’eût pas moins déraillé, il résulte des faits de la cause que la rupture avait été précédée de secousses violentes et répétées, qui étaient de nature à appeler l’attention du parde-frein sur le danger d’un déraillement imminent, et que si, dès le premier moment, cet employé avait trouvé le cordeau disposé dans les conditions réglementaires, il aurait pu en donner le signal d’arrêt, sinon, prévenir absolument le sinistre, du moins en atténuer les conséquences;
- « Considérant que la Compagnie est donc responsable envers Quarez à raison, non-seulement de la confection vicieuse de son appareil de transport, mais en outre d’une faute résultant de l’inobservation des réglements;
- « Considérant que, par suite de l’accident du 28 février 1865, Quarez a éprouvé une fracture du col de l’humérus gauche, qui empêche l’articulation de l’épaule de reprendre sa mobilité et produit un raccourcissement du bras fracturé;
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- qu’il a éprouvé en outre une luxation qui produit un affaiblissement notable de la main gauche; qu’il se trouve ainsi condamné à un état permanent d’infirmité ;
- « Que ces blessures lui ont causé un dommage dont il lui est dû réparation;
- « Infirme, au principal condamne la Compagnie du chemin de fer du Nord à payer à Quarez à titre de dommages-intérêts la somme de 15,000 fr. ensemble les intérêts depuis le jour de la demande ;
- * « Condamne la Compagnie du Nord aux dépens de lre instance et d’appel. »
- Dans les autres affaires concernant MM. Salmon, Stroltz et Mou-ret, la Cour a également infirmé le jugement rendu au profit de la Compagnie du Nord, et sur les plaidoiries de Mes Àrago, Malapert et Philbert, avocats desdites parties, elle a alloué à M. Salmon, 4,000 fr., à M. Strolz, 3,000 fr., et àM. Mom ret, 1,000 fr.
- Première chambre. — Audience du 27 novembre 1866.—M. Case-nave, président.
- CONTREFAÇON. — MODIFICATION DE FORME. — RÉSULTAT INDUSTRIEL. — DÉFAUT D’INVENTION.
- Les changements de forme de proportions^ ou les modifications de coupe, ne produisent pas dans le sens légal de résultats industriels nouveaux, ne sont point brevetables.
- M. Bongers est inventeur breveté d’un système de voile s’appliquant à la coiffure et destiné à protéger la tête; M. Baudelier a, selon M. Bongers, contrefait son invention, il l’a en conséquence assigné devant le tribunal de la Seine et conclue à des dommages-intérêts pour réparation du préjudice que lui cause la contrefaçon de son invention à laquelle il
- donne le nom de Bongersotype. Le tribunal a statué ainsi :
- Attendu que, suivant procès-verbal d’huissier du 14 août 1865, il a été saisi dans la boutique de Rousse, marchand chapelier, une garniture mobile dite Bongerso-type, que le demandeur prétend être la contrefaçon de celle qu’il aurait inventée conformément à son brevet du 25 juin 1864 et à un certificat d’addition du 8 août de la même année, et que cette garniture a été vendue à Rousse par Baudelier, fabricant de casquettes ;
- Attendu que l’invention de Bongers a pour objet une garniture en étoffe, applicable aux coiffures d’hommes et de femmes, s’y adaptant au moyen d’une ganse élastique, d’un ruban, de boutons ou agrafes, avec la destination de préserver la nuque, le cou et même le haut des épaules des ardeurs du soleil, de l’action du vent, de la pluie ou du froid;
- Mais, attendu que cette garniture ne présente, au point de vue de la loi, ni un appareil nouveau, ni une application nouvelle susceptible d’être brevetés ; qu’en effet, ' le voile si anciennement connu et employé par les femmes et même par les hommes, présente une dis-osition essentiellement sembla-le; que, placé sur le devant de la coiffure et indépendant de la coiffure, il a toujours servi à garantir la figure contre les mêmes intempéries, et le fait de l’avoir fait tourner autour de la coiffure pour abriter le derrière de la tête, ne peut avoir le caractère d’une invention brevetable; que d’ailleurs avant l’année 1864, on ajoutait, notamment dans les pays chauds, aux différentes coiffures, et sur la partie postérieure, des morceaux d’etoffes pour obvier aux mêmes inconvénients, et on les assujettissait par les moyens si anciennement connus, tels que rubans, ganses élastiques, agrafes ou boutons; que si la garniture décrite par Bongers est composée de plusieurs morceaux qui, à raison de leur coupe
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- et de leur assemblage, s’adaptent plus commodément, plus élégamment à la forme de la coiffure et au mouvement du cou et des épaules, un changement de formes et de proportions, tout en réalisant un avantage, ne produit pas ce que fa loi a entendu par un résultat industriel brevetable ;
- Déclare Bongers mal fondé dans sa demande en contrefaçon et l’en déboute.
- M. Bongers a interjeté appel de ce jugement.
- La Cour a ainsi statué,
- Considérant qu’il n’y a rien de nouveau dans l’invention de Bongers ; — que l’espèce de voile ou de mouchoir muni d’une coulisse qu’il fabrique pour l’attacher au chapeau et préserver le derrière de la tête et les épaules, ne diffère des appareils usités antérieurement dans le même but que par une simple modification de coupe; — et adoptant au surplus les motifs des premiers juges, —confirme.
- Seconde chambre. — Audience du 18 décembre 1866. — M. Guil-lemard, président. — MM. Payen et H. Fontaine, avocats.
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- TRIBUNAL DE COMMERCE
- DE LA SEINE.
- CHEMIN DE FER. — CROISIÈRE MANQUÉE. — VOYAGEURS PRENANT UN TRAIN SPÉCIAL. — INDEMNITÉ.
- MM. Couvreux, de Villiers, Lem-pereur et Meidan, voulant aller à Châtillon-sur-Seine, ont pris leurs billets à la gare de Paris, le 5 mai ! 866, pour le train de sept heures du matin, arrivant h Nuits-sous-Ravière, à deux heures du soir, et correspondant avec le train partant à deux heures douze minutes pour Châtillon-sur-Seine, où il entre en gare à trois heures trente-sept minutes du soir.
- Par suite d’un accident arrivé à la machine, MM. Couvreux, de Villiers, Lempereur et Meidan, ont manqué la croisière, ils ont pris un train spécial qui leur a coûté 201 fr. 70 c., et ils ont fait assigner la Compagnie de Lyon en restitution des 201 fr. 70 c. qu’ils ont déboursés. avec 100 fr. de dommages-in-7 térêts.
- Le Tribunal, après avoir entendu les plaidoiries de M1' Walker, agréé des demandeurs, et de M° Maraud, agréé de la Compagnie de Lyon, a statué en ces termes :
- « Attendu qu’il résulte des documents fournis au-Tribunal et des explications données à la barre que le train a éprouvé, à peu de distance de Paris, un retard qui l’a fait arriver à Nuits-sous-Ravière, à trois heures dix minutes, avec un retard d’une heure dix minutes, et après le départ du train correspondant pour Châtillon, ce qui mettait les demandeurs dans l’obligation de ne partir que par le train suivant, qui arrive à Châtillon-sur-Seine à dix heures vingt minutes du soir;
- « Que les demandeurs, pour ne pas arriver à Châtillon-sur-Seine aussi tard et réparer le préjudice que ce retard leur occasionnerait, ont pris un train spécial que la Compagnie leur a fait payer, refusant d’en mettre un à leur disposition ;
- « Attendu qu’ils réclament à la Compagnie le paiement d’une somme de 201 francs 70 centimes, montant du prix qu'ils ont déboursé pour ce train spécial, plus 100 francs à titre de dommages-intérêts ;
- « Attendu que pour s’opposer à la demande, la Compagnie du chemin de fer de Lyon soutient que le retard arrivé a été occasionné par un cas de force majeure dont elle est victime;
- « Mais attendu au contraire qu’il est constant que l’accident a été motivé par une fuite de vapeur par suite d’un bris de piston, que ce ! fait provient d’un manque de sur-
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- veillance dont la Compagnie doit etre responsable, et ne peut être considéré comme un fait de force niajeure;
- « Qu’elle doit être, en conséquence, tenue de réparer le préjudice par elle causé aux demandeurs, et dont le Tribunal, avec les éléments d’appréciation qu’il possède, fixe l’importance à 200 fr. pour toute indemnité,
- « Par ces motifs,
- « Jugeant en dernier ressort :
- « Condamne la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon par les voies de droit, à payer aux demandeurs 200 francs, avec les intérêts de droit;
- « Déclare les demandeurs mal fondés dans le siirplus de leurs conclusions, les en déboute, et condamne la Compagnie du chemin .de fer de Lyon aux dépens. » Audience du 30 octobre 1866. — M. Hussenot, président.
- noms et enseignes. — ancien
- EMPLOYÉ. — USAGE DU NOM DU
- PATRON. — INDEMNITÉ.
- M. Loriol a acheté le fonds de commerce de MM. Burat et Compagnie, bandagisles, rue Mandar.
- Il a appris que M. Gauthier, ancien employé de MM. Burat et Compagnie, avait ouvert un établissement rival dans le passage du Saumon, et que pour attirer à lui la clientèle de son ancienne maison, il avait mis sur son enseigne l’inscription suivante : « Quinze années de pratique dans la maison Burat et Compagnie. »
- M. Loriol a fait assigner M. Gauthier en suppression de cette enseigne et au paiement d’une somme de 1,000 francs à titre de dommages-intérêts.
- Le Tribunal, après avoir entendu les plaidoiries de Me Eugène Buisson, agréé de M. Loriol et de Me Prunier-Quatremère, agréé de M. Gauthier, astatué en ces termes.
- Le Tribunal :
- « Sur la demande en suppression d’enseigne;
- « Attendu qu’il résulte des explications des parties et des débats ue Gauthier a ouvert, passage du aumon, 22, un établissement sur la boutique duquel il a mis en gros caractères: « Quinze années de « pratique dans la maison Bu-« rat et O, » sans même que son nom soit indiqué ;
- « Attendu qu’en employant ce moyen de publicité, qui ne saurait légalement lui appartenir, Gauthier s’est rendu coupable d’une concurrence déloyale, qu’il y a lieu en conséquence d’ordonner la suppression de ladite inscription ;
- « Sur les dommages-intérêts :
- « Attendu que les magasins étant ouverts depuis deux mois seulement, le préjudice éprouvé par Loriol sera suffisamment réparé par une somme de cent francs, au paiement de laquelle il y a lieu d’obliger Gauthier.
- « Par ces motifs,
- « Jugeant en premier ressort, ordonne que, dans la huitaine de la signification du présent jugement, Gauthier sera tenu de faire disparaître de sa boutique, de toutes ses factures et adresses, les mots*: « quinze années de pratique « dans la maison Burat », sinon et faute de ce faire dans ledit délai, dit qu’il sera fait droit;
- « Et pour le préjudice éprouvé à ce jour, condamne Gauthier, par les voies de droit seulement, à payer au demandeur 100 francs à titre de dommages-intérêts et condamne Gauthier aux dépens. »
- Audience du 10 octobre 1866. — M. Louvet, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- De l’absorption de l'hydrogène et de l’oxyde de carboné par le cuivre en fusion. Caron..................289
- Action des acides sur les métaux et leurs alliages. Crace Calvert et R.
- Johnson............................291
- Sur le verre. J. Pelouze..............295
- Influence de la lumière sur l’argenture du verre. C. Lea.................297
- Recherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de Cas-
- sius. J.-C. Fischer................298
- Sur les graines des nerpruns tinctoriaux au point de vue chimique
- et industriel. Lefort..............302
- Moyen pour teindre sur laine en bleu d’aniline soluble dans l’eau.
- Lachmann et Breuninger.............303
- Recherches sur la solidité comparée des épaississants à la lucine et à l’albumine. Thom Roberts et A.
- Rosensthiel........................305
- Compteur à alcool. Cox et Murphy. 307 Fabrication du vinaigre de betteraves . . . . ........................308
- Purification de la paraffine. Soames. 309 Emploi de la rosaniline comme réactif pour les acides gras libres. E.
- Jacobsen...........................310
- Déchaulage des charbons d’os dans les Indes occidentales. R. Friih-
- ling...............................311
- Concordance des polarimètres entre
- eux................................312
- Blanchiment de l’huile de palme. A.
- Engelhard t........................313
- Absorption dès gaz par les métaux. 313
- Smechochromasie.......................314
- Ivoire artificiel. F. Marquard.. . . 314
- ARTS MÉCANIQUES
- Laminoir à cintrer à cylindres verticaux. J. Tood...................315
- Machine à percer à poinçons multiples..............................316
- Sur les assemblages à rivets. Th.
- Baldwin..........................321
- Sur l’appareil de sûreté de Black.
- F. Promnitz......................323
- Pages.
- Sur la composition d’une incrustation de chaudière et sur l’influence d’une eau d’alimentation grasse. R. Weber.....................324
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de cassation. — Chambre des requêtes.
- Canal. — Substitution à un cours d’eau. — Droits des riverains.. . 329 Rivière non navigable. — Transformation en canal de fuite. — Droits des riverains......................329
- Cour de cassation. — Chambre civile.
- Dépôt de matières inflammables. — Riverain de chemin de fer. — Responsabilité de la compagnie. — Expertise. — Irrégularité. — Cour
- impériale. — Compétence............330
- Cours d’eau. — Renversement de barrage. — Demande de dommages-intérêts. — Caractère de l’action. — Possession annale. —
- Refus de preuve offerte.— Appel. 330
- Cour impériale de Paris.
- Chemin de fer. — Accident. — Responsabilité............................331
- Contrefaçon. — Modification de forme. — Résultat industriel. — Défaut d’invention.......................333
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- Tribunal de commerce de la Seine.
- Chemin de fer. — Croisière manquée. — Voyageurs prenant un
- train spécial. — Indemnité. . . . 334 Noms et enseignes. -- Ancien employé. —Usage du nom du patron.
- — Indemnité....................335
- BAR-SUR-SE1NE. — 1MI>. SAILLARD.
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- I.e Technoloôiste
- fùi. ï auront je
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-
-
- LE TECHNOLOGISTE
- OD
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- «2»
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Sur le four à réchauffer, à gaz, de M. Lundin, à soufflerie d'air, re-générateur de chaleur et condensateur.
- Par M. P. Tunner.
- Le four de ressuage ou à réchauffer de M. Fr. Lundin, maître de forge à Munkfors, Wermland, en Suède, est une nouveauté fort remarquable en pyrotechnie miné-rallurgique, qui a déjà fortement attiré en Suède l’attention des hommes compétents, et que la société industrielle du pays a déjà distinguée par une récompense pécuniaire fort élevée. Cet objet a également un intérêt tout particulier Pour les autres pays, puisque le tour de M. Lundin présente des avantages économiques importants pour la fabrication du fer en barres et pour celle de l’acier.
- Le four Lundin est déjà patenté en Suède et dans la plupart des Pays du continent, et on en trouve la description, ainsi que des figures bien détaillées, dans la 4e livraison Rui vient de paraître du Jern Kontorets-Annalen, description dont je présenterai ici un extrait.
- Ce four de Lundin se compose de plusieurs parties inégales, à
- Le Technologiste, T. XXVIII. — Avril
- savoir le générateur à gaz, le condensateur, le réchauffeur, le four de ressuage ou à réchauffer et la cheminée, toutes parties qui sont en communication entre elles par des tuyaux ou conduits en fonte, en tuiles ou en briques.
- Le générateur à gaz est établi d’une manière différente, suivant la nature du combustible qu’on veut employer. A Munkfors, où l’on n’a guère travaillé presque exclusivement jusqu’à présent qu’avec la sciure de bois, comme combustible, on amène sous la grille le vent de la soufflerie par plusieurs jets distribués uniformément, mode qui paraît préférable avec tous les combustibles qni sont sous un faible état d’aggregation, et par conséquent aussi avec les braises et le menu de houille, à un tirage unique par une cheminée. La grille elle-même, afin d’en faciliter le nettoyage et ainsi qu’on en fait géné-ralementusage danslesgénérateurs à gaz pour le four de M. Siemens, se compose de deux parties avec barreaux plus ou moins inclinés. Pour le menu de houille, on pourrait du reste se servir des grilles à étages, pour la houille et le bois refendu tout simplement, de grilles horizontales, ou, pour ce dernier,
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- de grilles eù pupitre. De ipême que la grille, les appareils de tisage doivent être en rapport avec la nature du combustible, et sous ce rapport, le nouveau four ne présente rien de particulier.
- Le condensateur qui, dans sa disposition et son mode d’emploi, ressemble aux régénérateurs de chaleur de M. Siemens, est la partie importante du four Lundin, en ce qu’il rend possible avec les divers combustibles, quand ils ne renferment pas au-delà de 50 à 60 pour 100 d’eau, c’est-à-dire quand ils sont en état de pouvoir brûler par eux-mêmes avec une alimentation d’air, de produire à l’état humide, sans être séchés et carbonisés, une température des plus éle-véesdansle four. Dans ce condensateur, en effet, les gaz du générateur qu’on y amène avec de, l’eau infiniment divisée, sont promptement refroidis à 20 et quelques degrés, et immédiatement débarrassés des articules d’eau qui y sont distribuées mécaniquement. Par ce refroidissement, la vapeur d’eau contenue dans les gaz du générateur est si complètement condensée et éliminée, qu’il n’en reste plus que 2 et au plus 4 pour 100, et par conséquent, moins que dans le bois séché au four.
- Avec la vapeur d’eau on chasse encore des gaz du générateur, l’acide pyroligneux et divers composés sulfurés, l’acide carbonique, etc., par suite de la propriété de l’eau de s’emparer en grande partie de ces matières, et on sépare presque complètement du goudron les particules fines de cendres et de charbon pour produire ainsi un gaz combustible, dans un état de pureté qu’on n’en a pas encore rencontré de tel dans les foyers métallurgiques.
- Dans certaines circonstances, on peut, pour obtenir encore un plus haut degré de pureté dans les gaz qui sont destinés à, produire une élévation de température ou de la lumière, employer, pour le refroidissement, de l’eau chargée
- de chaux vive ou d’une autre substance.
- Il est vrai que par le refroidissement des gaz d’une température qui s’élève de 350° à 450° G., à celle de 20° à 30°, on détruit une certaine quantité de chaleur, mais cette perte est largement compensée par l’emploi simultané des régénérateurs de chaleur de M. Siemens,- au moyen desquels le gaz et l’air nécessaire à leur combustion sont réchauffés jusqu’à 1100° ou 1200° C.
- Le principe lui-même du refroidissement des gaz du générateur, pour les assécher et les purifier, n’est pas une invention qui appartienne en propre à M. Lundin, il a auparavant été mis en pratique, il a quelques années, en Autriche, n effet, d’après les instructions de M. Em. Uhlig, consignées dans YÔsterreichs Zeitschrift für berg-und hüttenwesen de 1859, pages 50 et 51, on faisait fonctionner depuis plusieurs années, d’après ce principe, à la verrerie des frères Klein, à Tscheitsch, en Moravie, un four à gaz qui était alimenté avec une qualité très-inférieure de lignite, contenant 14 pour 100 de cendres et 30 pour 100 d’eau. Il me semble qu’il y a quelque intérêt à reproduire ici, littéralement, ce que M. Uhlig annonçait sur un appareil patenté et spécialement destiné à l’exploitation des hauts-fourneaux qu’il proposait sur ce même prin-cipe.
- « Dans notre appareil à gaz, dit-il, nous évitons tous les inconvénients de ceux précédents à cuve avec soufflerie. Le générateur muni de deux grilles à gradins inclinées l’une vers l’autre, avec environ 50 pieds carrés de surface de grille, est, par conséquent, d’un accès et d’un nettoyage faciles, sans interruption du travail, et le tirage de l’air atmosphérique est produit par un soufflet qui, d’un côté, aspire les gaz, et de l’autre, les conduit au four sous la pression requise, de façon qu’il n’y a pas plus d’air , introduit, ni plus de gaz produit
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- que le soufflet n’en livre au fourneau.
- « Entre le soufflet et le générateur est établie une disposition pour lu purification du gaz, qui s’opère de la manière la plus simple au moyen de l’eau qui est partout à t)as prix. Au contact de l’eau, la vapeur aqueuse qui, par suite de la forte proportion d’eau que renferme le lignite, est très-nuisible, est condensée et précipitée en entraînant avec elle toutes les matières d’incinération. Comme l’acide sulfurique, à tous les degrés de saturation, se combine aisément avec l’eau, les gaz sont débarrassés du soufre deslignites qui se transforme dans le générateur en acides sulfureux et hyposulfureux, et on n’introduit dans le four, sous formes gazeuses, que le carbone pur du combustible. »
- Le but final de M. Uhlig était toutefois, en cette matière, entièrement différent de celui deM. Lun-din, puisque le premier voulait introduire les gaz asséchés et purifiés dans un haut-fourneau, pour produire immédiatement du fer, but en effetfort douteux dans mon opinion, et qu’il n’a pas atteint. Seulement le principe de M. Lundin est bien clairement énoncé. Je considère aussi à ce sujet que la méthode, probablement empruntée à la verrerie en question, du tirage d’air, pour le générateur à gaz et le lancement ultérieur de ce gaz par un ventilateur à la fois aspirateur et souffleur, placé derrière le condensateur, est une disposition tout-à-fait avantageuse avec les combustibles riches en cendres et dont il est possible, avec le four Lundin, de faire un emploi avantageux avec cette sorte de combustible. Quoi qu’il en soit, la construction particulière et très-bien entendue du condensateur, ainsi que sa combinaison avec les régénérateurs de chaleur, sont bien la propriété de M. Lundin, et la cause pour laquelle il a obtenu dans la pratique, avec son four, d’aussi excellents résultats.
- Le réchauffeur et le four de res-suage ou à réchauffer offrent tous deux la même disposition, seulement la sole du premier est beaucoup plus longue et plus large, et pourvue de quatre portes normales de travail, tandis que le second, au lieu de portes de travail, paraît doté de six ouvreaux de travail dont chacun n’a que les dimensions suffisantes pour introduire et retirer les masseaux. Chacun de ces deux fours est indépendant et est pourvu de sa conduite à gaz propre, provenant du réservoir commun et de sa conduite propre de décharge de gaz dans la cheminée commune. Il peut y avoir des circonstances où il serait plus convenable de chauffer le réchauffeur d’une autre manière, ou même de le supprimer entièrement, ce qui ne changerait rien au principe général. Du reste, pour remploi spécial du four Lundin comme four à rechauffer, l’association d’un réchauffeur a de l’importance, parce que sanslui le ressuage des masseaux introduits froids s’opérerait mal.
- Ces deux fours sont construits avec des régénérateurs de chaleur absolument semblables et en général établis sur le principe de M. Siemens, seulement ces régénérateurs diffèrent un peu de la construction ordinaire par les points suivants :
- 1° Au lieu d’un tirage général par la cheminée, ils sont établis avec une soufflerie.
- 2° Les régénérateurs pour l’air d’insufflation sont placés près de la chambre de ressuage.
- 3° Les régénérateurs h gaz ont une section d’un quart plus grande que les régénérateurs à vent.
- Les briques qui constituent la partie à claire-voie des régénérateurs ont, en général, une épaisseur de 34 millimètres, seulement, les rangs supérieurs des régénérateurs à vent n’ont,qu’une épaisseur de 22 millimètres. Sans doute, la chaleur qui existe serait plus complètement absorbée si les briques, tant du régénérateur à gaz que celui à vent, n’avaient que cette dernière
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- épaisseur; mais en pareil cas, il faudrait, pour produire un tirage nécessaire, introduire un exhaus-teur, car déjà avec les grosses briques, dans les régénérateurs, les gaz qui s’en échappent ont encore une température de 300° C.
- La cheminée commune aux deux fours a 0m.45 de côté et 13m.50 de hauteur. Le but de l’installation d’une cheminée d’une aussi notable puissance, conjointement avec l’air de la soufflerie, distribuée à toutes les chauffes, consiste en ce que, par son secours, on peut régler la tension des gaz dans le réchauffeur, et surtout dans le four de ressuage, avec une telle précision, que les gaz ne peuvent s’échapper au moment où l’on ouvre les portes de travail, et encore moins l’air atmosphérique s’introduire.
- Tous les frais de construction d’un four à réchauffer du modèle Lundin avec condensateur en maçonnerie se sont élevés en Suède à la somme de 9,100 fr. Mais cette construction serait plus chère dans les autres pays du continent; seulement on peut, suivant les besoins locaux, établir des fours plus petits, et par conséquent d’un prix moins élevé.
- A Munkfors, où ces fours de ressuage au gaz sont exclusivement alimentés avec de la sciure de bois et où l’on ne réchauffe que des masseaux de finage, ceux-ci sont toujours en deux chaudes forgés sous les marteaux, principalement en barres de fer cémenté. A cet effet, on n’avait établi jusqu’à la fin de 1865 que quatre gros martinets qui ont été portés à cinq en 1866, en combinaison avec l’un de ces fours. Le ressuage et le corroyage, ce dernier pour barres plates de 75 millimètres de largeur et 16 millimètres d’épaisseur, sont opérés avec le plus grand soin, ce qui a réduit notablement le rendement. Néanmoins, la production pour une semaine entière de travail de six jours se monte encore à près de 500 quintaux métriques et pourrait s’élever sensiblement plus haut en
- substituant un laminoir aux martinets.
- La dépense en combustible se chiffre par quintal métrique de fer marchand produit, de 700 à 1000 litres de sciure de bois, telle que les scieurs la livrent, en faisant remarquer que 2 tonnes de sciure égalent au plus 4/5 tonne de charbon de bois. Le déchet en fer s’élève à 11 à 12 pour 100.
- Je ferai encore remarquer à cette occasion que si ces résultats ne araissent pas autrement favora-les, c’est parce que le ressuage et le corroyage sont opérés avec un soin extrême. Comparativement à l’ancien mode de travail à Munkfors avec un four à réchauffer chauffé au gaz de charbon de Ekman, le rendement a doublé et que la consommation du combustible s’est abaissée proportionnellement au moins de 1/7, enfin que les déchets ont diminué de 1 pour 100.
- Ajoutons en terminant, que l’emploi du four Lundin a révélé un autre avantage inattendu et fort important^ savoir une durée plus que double des fours. Cet avantage est d’autant plus surprenant, qu’avec une température notablement plus élevée et un rendement double du four, on devait s’attendre à une durée moindre plutôt qu’à un plus long service de celui-ci, mais le fait est incontestable, et pour l’expliquer on allègue deux causes. L’une de ces causes, celle qui se résente d’elle-même et paraît hors e doute,est cette circonstance que toutes les parties alcalines des gaz et les particules de combustible que ceux-ci entraînent mécaniquement sont éliminées et qu’elles ne peuvent plus, par conséquent, se déposer sur les parois du four et à la surface du 1er qui ressue, et que ce dernier, par suite d’une combustion, ne se transforme plus aussi aisément en oxyde. La seconde cause que M. le professeur Eggertz de Fahlun a alléguée, repose, selon lui, sur la suppression par la dessiccation des gaz de l’in-
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- fluence de la vapeur d’eau brûlante sur la maçonnerie intérieure, et pour appuyer celte manière de voir, il cite* le passage suivant de la dernière édition de la chimie de Berzelius. « Jeffreys a trouvé que lorsqu’un fort courant de vapeur d’eau est amené dans un fourneau en faïence, dont la température est tellement élevée que la fonte y entre en fusion, la silice se vaporise et s’échappe avec cette vapeur d’eau en si grande abondance et se dépose comme une neige en si forte proportion à l’orifice du rampant, qu’on peut la recueillir par kilogrammes. »
- Les avantages économiques que présente le four Lundin peuvent, en conséquence de ce qui a été dit, se résumer de la manière suivante :
- 1° On n’est plus sous la dépendance de la proportion d’eau qui se rencontre ordinairement dans les combustibles (bois,, tourbes, houilles modernes, etc.), puisque les combustibles hydratés, même sans dessiccation préalable, peuvent être employés directement à la production de gaz combustibles secs.
- 2° Les combustibles dans un faible état d’aggrégation, tels que la sciure de bois, la braise, etc., ui, dans les méthodes antérieures e chauffage, ne fournissent que des gaz souillés mécaniquement de particules de charbon ou de cendres, et qui d’ailleurs ne sont pas propres à produire une température élevée, peuvent sans hésitation être utilisés.
- 3° On est mieux garanti contre l’action du soufre contenu dans les combustibles, et il devient ainsi possible d’employer les houilles inférieures et riches en soufre dans toutes les opérations pour produire et affiner le fer en barres, l’acier et autres métaux.
- 4° L’emploi des régénérateurs de chaleur facilite ou favorise et en partie a même rendu possible une économie notable sur le combustible, une diminution dans les
- déchets avec une qualité supérieure en métal produit.
- 5° Les fours (et suivant les circonstances les creusets) ont une bien plus grande durée, et par conséquent on économise sensiblement les frais pour réparation, chose d’autant plus intéressante que ces fours ont une capacité de production infiniment supérieure.
- 6° Enfin, l’acide pyroligneux et le goudron peuvent etre recueillis comme produits secondaires.
- D’après ces nouveaux avantages mis en grande partie hors de doute par les succès obtenus jusqu’à présent en Suède, on doit s’attendre et même vivement désirer à ce que le four Lundin se répande promptement dans les autres pays.
- Action des acides sur les métaux et les alliages.
- Par MM. Crace Calvert et R. Johnson.
- (Suite.)
- Action des acides sulfuriques S O3, HO et S O3,3 HO sur les alliages de cuivre et de zinc. — Nous passons maintenant à l’action exercée par les deux acides sulfuriques de la force indiquée sur les laitons, dont les résultats ne sont pas moins instructifs que ceux déjà rapportés. Mais avant d’appeler l’attention sur les faits dominants qui ont été observés, il est nécessaire de donner les raisons qui nous ont fait donner la préférence dans nos expériences à SO3, HO et SO3, 3HO. Ces raisons sont que S O3, HO est le seul acide qui attaque le cuivre à un degré un peu marqué, et que S O3, 3HO est le seul qui ait une action correspondante sur le zinc, et par conséquent en employant successivement ces acides sur le même alliage à la température de 150°, nous agissions dans des circonstances favorables pour apprécier le mode exact d’action de ces acides sur les deux métaux entrant dans la composition de l’alliage.
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- Tableau n° 8. Action de l'acide sulfurique monohydraté sur les laitons.
- Surface d’attaque............................... 1 centira. cube.
- Quantité d’acide employé........................ 50 —
- Durée de l’action............................... 2 heures.
- Température.....................................150° C.
- Action sur 1 centim. cube de cuivre. . . . 1.678 = 2799 par mètre carré. '--------------- de zinc................ 0.232= 386.7 —
- COMPOSITION des alliages. PERTE sur 1 cent. cube. PERTE calculée surune surface de 1 mètre carré. PERTE théori- que. OBSERVATIONS.
- Cu Zn5-r-Zn 83.70).™ Cul6.30)luu gr- 0.098 gr- 163.33 gr- 779.50 Dégagement de S O2. Pas de H S, et zinc dissous seulement.
- Cu Zn*—Zn 80.431 » ftfl Cu 19.57 jluu 0.074 123.33 858.30 Id.
- Cu Zn3—Zn / 5 36 ) « a» Cu 24.6411UU 0.180 300.00 980.50 Id.
- CB“,-£SS|‘«» 0.083 183.30 1175.80 Dégagement de S O.
- cuzn -assit» 1.297 2161.60 1375.70 Dégagement de SO. Pas de HS. Action énergique. Résidu insoluble consistant en Zn 0, SO2; CuO, SO3, plus une petite quantité de CuS et S. Les quantités de métaux dissous sont en proportion exacte avec celle de l’alliage.
- Cu2 Zn—Zn 33.941.™ Cu66.06\luu 1.292 2158.30 2015.00 Dégagement de SO2. Pas de HS. Une petite quantité de S libre et Cu S.
- Cu3 Zn—Zn 25.52). ™ Cu 74.48 jluu 1.747 2211.66 2182.01 Id.
- Cu*Zn—Zn20.44l,™ Cu79.56{luu 1.328 2213.00 2304.47 Id.
- Cu8Zn—Zn 17.05),™ Cu 82.95 |1UÜ 0.605 1008.33 2386.19 ., Id.
- En examinant les résultats contenus dans ce tableau, on voit ressortir plusieurs résultats intéressants à savoir, que dans tous les alliages1 où il v a un excès de zinc sur la quantité du cuivre, l’attaque est excessivement limitée, tandis ue dans ceux où il y a un excès e cuivre, l’action est plus marqué^ et tout-à-fait semblable en réalité ’ à celle que l’acide exerce sur le cuivre pur.
- Il est certainement fort intéres-
- sant d’observer l’influence préventive extraordinaire qu’un métal comme le zinc possède sur l’action d’un acide aussi puissant que S O3, HO sur le cuivre, et certainement un semblable résultat ne pouvait pas être prévu à priori. Nous devons aussi appeler l’attention sur la différence frappante entre l’action de S O3, HO sur les alliages ZnCu et Zn2Cu, et par conséquent l’influence de 17 pour 100 de zinc en excès pour prévenir
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- 1 action de l’acide, l’action sur Zn Cu étant 15 fois plus violente que sur Zn2Cu.
- Enfin, on remarquera encore fiue quand SO3, HO agit sur les alliages ci-dessus, non-seulement dans tous ceux qui renferment un excès de zinc, ce métal prévient l’action de l’acide sur l’alliage lui-même, mais préserve en outre si complètement le cuivre de l’action de l’acide, que quelle qu’en soit la quantité qui est dissoute, elle est représentée par le zinc seul, tandis que dans les alliages contenant un excès de cuivre, ce métal est attaqué aussi et dissous en grandes quantités. Quant au résultat général de l’action chimique de S O3, H O sur le même groupe d’alliages, nous pouvons ajouter que les produits secondaires sont les mêmes que quand S O3, HO agit sur le cuivre même.
- Action de S O3, 3HO sur les laitons. — On verra en jetant un coup-d’œil sur les résultats contenus dans le tableau qui suit ces remarques, combien est différente l’action de S O3, 3HO comparée à celle de S03H0 sur les mêmes alliages, placés dans des circonstan-
- ces identiques, car tous les alliages qui contiennent un excès de zinc sont ceux qui sont le plus attaqués, tandis que l’acide sulfurique de cette force (SO3,3HO) exerce peu ou point d’action sur les alliages contenant un excès de cuivre ; mais ce qui augmente encore la valeur de ces résultats, c’est que tous les alliages qui renferment un excès soit de cuivre, soit de zinc sont attaqués plus ou moins, tandis que l’alliage CuZn reste intact et par conséquent cet alliage pourrait être employé avec un avantage marqué dans de nombreuses applications, et cela d’autant mieux que quand il est bien préparé, il a un bel et riche aspect de laiton, malgré la forte proportion du zinc ; il en renferme environ 45 pour 100 de plus que le laiton le plus poreux qu’on trouve communément dans le commerce.
- Enfin, on fera observer, que parmi les produits secondaires formés pendant l’action chimique de S O3, 3 HO, il n’y a pas production de sulfide de zinc comme dans le cas où S O3, HO agit sur les mêmes alliages de zinc et de cuivre.
- Tableau n° 9.
- Surface d’attaque.....................
- Quantité d’acide......................
- Durée de l’action.....................
- Température,..........................
- Action sur un centim. cube de cuivre.
- ---- de zinc..
- ....... 1 centim. cube,
- ....... 50 —
- ....... 2 heures.
- ....... 150° C.
- 0,006=10,00 par mètre carré. 5,450 = 9085,15 —
- COMPOSITION des alliages. PERTE sur 1 centim. cube. PERTE calculée sur 1 mètre carré. PERTE théorique calculée. OBSERVATIONS.
- CuZn5. gr. 0.135 gr* 225.0 gr- 7605.73 Dégagement de SO2. Pas de HS. Dépôts CuS.
- Cu Zn4. 0.130 216.0 7308.95 Id. Une trace de HS.
- CuZn». 0.120 200.0 6848.86 Id.
- CuZn». 0.115 191.6 6113.77 Id.
- CuZn. 0.000 » 4609.20 ))
- Cu2Zn. 0.119 198.33 3090.05 Dégagement de S O2.
- Cu»Zn. 0.006 10.0 2325.95 Id.
- Cu4Zn. 0.007 11.6 1864.95 Id.
- Cu5Zn. 0.006 10.0 1557.29 Id.
- {La suite au prochain numéro.)
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- Sur l'absorption de l’oxygène par les alliages d’étain et de plomb.
- ParM. P. Bolley.
- On n’a encore rien publié, du moins à ma connaissance, sur ce sujet, malgré que la question de savoir dans quel rapport chacun des métaux s’oxyde quand on chauffe au contact de l’air, ne manque pas d’intérêt. Autrefois on cherchait à tirer une conclusion de la facilité avec laquelle les deux métaux s’oxydent, mais il peut arriver que par des fusions répétées il s’opère un changement dans la composition des parties non oxydées et que dans les mélanges d’oxydes qui servent à produire l’émail, dans le cas où l’alliage tout entier ne serait pas transformé en oxyde, il se forme un mélange dans lequel les deux éléments sont distribués autrement que dans l’alliage. A ma prière, M. Grinsoz a préparé avec des alliages donnés des deux métaux qu’on chauffait à l’air et qu’on agitait, les produits de l’oxydation, en a séparé ceux-ci par débourbage des métaux non oxydés et a analysé ces produits. Voici ses résultats :
- Composition
- de
- l’alliage.
- I. Sn = 86.90 Pb = 13.10
- II. Sn = 61.24 Pb = 38 76
- III. Sn = 41.41 * Pb = 58.59
- IV. Sn = 12 42 Pb = 88.58
- Composition
- du
- mélange des oxydes.
- Sn = 96.09 Pb = 3 91 Sn = 64.60 Pb = 35.40 Sn = 41 90 Pb = 58.10 Sn = 27.73 Pb = 72.27
- On voit donc que l’étain est constamment soumis plus énergiquement à l’oxydation que le plomb. Les deux métaux se comportent dans ces circonstances comme dans les liquides. L’acide acétique étendu ne dissout dans ces alliages que l’étain quand le plomb n’y est pas en grand excès. Dans la série des tensions électriques, l’étain se comporte aussi comme métal positif vis-à-vis du plomb.
- Si les augmentations indiquées
- de l’étain dans les oxydes analysés ne sont pas proportionnelles à la quantité de ce métal dans les alliages, il faut l’attribuer aux quantités inégales de ces oxydes produits dans chaque expérience en particulier. Plus est considérable la partie oxydée comparativement à celle qui ne l’est pas, plus on doit supposer que sa composition correspond à celle qui est restée à l’état métallique, puisqu’en définitive tout l'etain et tout le plomb doivent finir par être transformés en oxyde.
- Sur le verre.
- Par M. J. Pelouze.
- (Suite).
- Verre à base d’alumine.
- On rencontre l’alumine dans tous les verres, parce que dans toutes les fabriques on se sert exclusivement de creusets d’argile, qui sont attaqués par les compositions.
- Les verres communs contiennent en général plus d’alumine que les verres blancs. M. Berthier en a trouvé 10,5 pour 100 dans le verre de Saint-Etienne, et M. Dumas jusqu’à 14 pour 100 dans un autre verre du commerce.
- On attribue généralement à l’alumine la propriété qu’aurait le verre à bouteilles de se dévitrifier plus facilement que le verre d’une composition plus simple, tels que les verres à glace et à vitre. Mais, outre qu’il n’est pas démontré que ce défaut existe à un plus haut degré dans le verre à bouteilles, on va voir qué l’expérience directe semble plutôt conduire à une conclusion contraire et confirmer l’assertion que j’ai émise, que les phénomènes de dévitrification sont surtout dus, toutes choses égales d’ailleurs, à de fortes proportions de silice.
- J’ai fabriqué un verre d’alumine
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- de la composition la plus simple possible, en fondant un mélange de cette base et de silice, au moyen du carbonate de soude.
- J’ai opéré sur 250 parties de sable, 100 de carbonate de soude et 25 d’alumine pure et sèche. Mais il a été impossible d’obtenir un affinage complet, même après avoir maintenu le creuset pendant 120 heures dans un four à gaz, qu’on a porté à la plus haute température.
- Le verre alumineux est blanc, bien transparent et d’une densité de 2,380; il est donc beaucoup plus léger que le verre h glace. Sa composition est la suivante :
- Silice.................75.00
- Soude................. 17.40
- Alumine................ 7.60
- 100.00
- J’ai fait, d’un autre côté, des verres d’un travail plus facile, en ajoutant du carbonate de chaux à des mélanges de sable, de carbonate de soude et d’alumine.
- A la composition suivante :
- Sable................... 250
- Carbonate de soude...... 100
- Carbonate de chaux.......... 50
- j’ai ajouté successivement :
- 1° Alumine pure et sèche. 30 parties.
- 2° — — . . . . 40
- 3° — . . . . 50
- 4» — . . . . 60
- 5° — . . . . 80
- 6° - . . . . 90
- 7® — — .... 100
- Le n° 1 a été laissé au four 24 heures ; il a donné un verre d’une fusion facile, mais d’un affinage assez lent, ce qui tient -sans doute à ce que, même à une température élevée, il reste beaucoup plus pâteux que le verre non alumineux.
- J’espérais que l’alumine se comporterait comme l’oxyde de chrome avec lequel elle est isomorphe, et qu’elle se séparerait de la masse vitreuse sous forme de cristaux. Il n’en a pas été ainsi. Le verre est resté homogène et transparent.
- On a exposé des fragments de ce verre à une température suffisante
- pour les ramollir, de manière à les mettre dans les meilleures conditions de dévitrification. Au bout de 48 heures seulement, on a remarqué des indices certains de dévitri-ncation, mais la masse intérieure restait claire.
- Les nos 2 et 3 se sont comportés à la fonte et au recuit comme le n° 1.
- Le n° 4 est un peu plus pâteux et un peu plus facile à dévitrifier.
- Le n° 5 ne se distingue plus du verre non alumineux'; il semble se dévitrifier moins facilement que le n° 4. Après 240 heures d’exposition dans une arche chauffée jusqu’à le ramollir, le n° 5 était encore loin d’être dévitrifié, tandis que le verre à glace l’était depuis longtemps et complètement.
- Le n° 6 contient des traces d’alumine non fondue, et on peut le considérer comme le plus alumineux que l’on puisse obtenir avec les matières premières et dans les conditions que j’ai indiquées.
- D’après ces faits, et contrairement à l’opinion généralement admise, l’alumine ne semble pas provoquer la dévitrification, et, dans tous les cas, il est certain que le verre à base de soude ou de chaux, contenant une forte proportion d’alumine, est beaucoup plus difficile à dévitrifier que le verre à glace.
- Des fragments de ce dernier verre (au sulfate ou au carbonate) ont toujours été chauffés comparativement dans des arches à côté des échantillons des silicates alumineux dont il vient d’être question.
- Le verre alumineux contenant de la chaux est très-sensiblement plus coloré que celui qui n’en renferme pas. Cela tient à ce que le verre calcaire attaque plus profondément la matière des creusets que le verre alcalino-alumineux. On devait s’attendre à ce résultat, puis-que l’addition d’une certaine quantité de chaux permet de faire entrer dans le verre une proportion beaucoup plus forte d’alumine.
- M. Baille a encore examiné les verres alumineux cités dans cette
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- note sous les n°* 2, 3, 4 et 5; malheureusement les échantillons que je lui avais remis, ceux mêmes qui avaient été. exposés longtemps au rouge sombre dans le but de constater leur faculté de dévitrification, étaient chargés de bulles et de stries.
- N» 2.
- Lumière rouge.......... 1.5115
- — jaune.......... 1.5133
- — verte...........1.5210
- Indice moyen............1.5172
- Coefficient de dispersion. 0.00185
- Ces verres sont des crowns de faible pouvoir réfrigent. Les deux premiers, ainsi que les deux derniers, sont presque identiques.,
- Un. fait curieux semble résulter de ces observations, c’est qu’à mesure que les proportions d’alumine contenues dans le verre augmentent, l’indice de réfraction augmente également, et la dispersion diminue. Pour le cristal, au contraire, les pouvoirs réfringents et disper-sifs augmentent en même temps et avec la quantité de plomb qu’il contient. Toutefois, ce fait ne peut pas être considéré comme démontré par ces seules expériences, car l’impureté des verres étudiés ne permettait de faire aucune mesure rigoureuse.
- ; i
- Verre magnésien.
- La magnésie forme avec la silice et la soude, un verre blanc qui ressemble au verre ordinaire.
- Oh a obtenu un produit d’une belle fabrication en fondant ensemble :
- Sable................. 250 parties.
- Carbonate de soude. : 100 Magnésie............ 50
- qui correspond à la composition suivante :
- Silice....................68.9
- Soude.....................16.2
- Magnésie.................. 14.9
- 100.0
- Ce verre a une depsité de 2,47. Il est un peu moins fusible que le
- En attendant des verres alumineux plus beaux, M. Baille a déterminé avec le plus de soin possible, les indices de réfraction des trois couleurs prises aux environs des raies du spectre C, D et F, et obtenu les nombres suivants :
- N» 3. N» 4. N» 5.
- 1.5120 1.5143 1.5153
- 1.5137 1.5159 1 5167
- 1.5211 1.5224 1 5232
- 1.5174 1.5192 1.5200
- 0.00177 0 00154 0.00153
- verre à glace et plus pâteux. Il se dévitrifie avec une grande facilité.
- On a préparé un autre verre avec le mélange suivant :
- Sable 250 parties.
- Carbonate de soude. . 100
- Carbonate de chaux. . 60
- Magnésie 50
- qui donne un verre formé de :
- Silice . . , 65.7
- Soude . . . 15.0
- Chaux ... 73
- Magnésie . . . 12.0
- 100.00
- Le creuset contenant ce verre a été retiré pendant le tise-froid, c’est-à-dire alors que le four est relativement froid, et on a obtenu une masse vitreuse recouverte d’une couche de cristaux très-nets.
- Le recuit a rapidement donné à ce verre l’aspect de la porcelaine dégourdie.
- Il faut, pour obtenir un verre entièrement transparent, le couler en plein affinage, quand il est bien fluide, et le recuire à une température aussi basse que possible.
- Sa densité à-f-15degrésest2,54.
- Il résulte de ce qui précède que les verres magnésiens sont d’une dévitrification extrêmement facile, et que les calcaires magnésiens doivent être, autant que possible, écartés de la composition des verres dont le travail nécessite des recuits plus ou moins fréquents.
- Les diverses expériences que j’ai sommairement décrites confirment, en les multipliant, les faits depuis
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- longtemps connus et montrent que la silice s’unit en proportions excessivement variées avec les bases, et qu’on peut faire entrer dans un verre les oxydes les plus divers sans qu’il cesse d’être homogène après son refroidissement. Il en. résulté que les formules que quelques chimistes ont cru pouvoir donner h certains verres du commerce sont sans aucune valeur, et bien plutôt mnémoniques que réellement scientifiques.
- Je ferai remarquer, d’ailleurs, que l’équivalent du silicum, dont on s’est servi jusqu’en 1845 pour calculer les formules des silicates, avait été mal déterminé, et qu’il serait, en conséquence, nécessaire de les soumettre à une nouvelle révision.
- La manière la plus rationnelle d’expliquer l’innombrable variété des verres dont il s’agit, consiste à admettre qu’ils résultent d’un simple mélange de combinaisons définies.
- Il n’y a là rien qui soit contraire aux lois des proportions chimiques, et les exemples de l’ordre de ceux que je viens de citer ne sont pas rares. L’oxyde d’antimoine peut être fondu en toutes proportions avec l’acide antimonique et même avec le sulfure d’antimoine, le protoxyde, les sulfates neutres avec les bisulfates alcalins, etc.
- Berthollet, dans sa discussion si mémorable avec Proust, admettait qu’entre la maximum et le minimum d’oxydation ou de sulfuration d’un métal, il pouvait y avoir un nombre infini de .degrés.
- Proust, au contraire, s’appliqua à démontrer que ces idées étaient inexactes, et que les métaux ne forment, avec le soufre ou l’oxygène, qu’un très-petit nombre de combinaisons à proportions invariables ; que, par exemple, tous les degrésintermediaires que l’on avait cru obtenir entre un protoxyde M O et un bioxyde MO2 ne sont que des mélanges "de ces deux combinai-sons-
- Par l’application aux idées si
- nettés de Proust, dont les progrès de la chimie n’ont fait que confirmer l’exacti tude, les verres seraient formés, ainsi que je l’ai dit, parle mélange d’un petit nombre de silicates à proportions aussi fixes et aussi simples que celles'des sulfures des oxydes, des chlorures, des sulfates, etc.; il n’y aurait entre eux aucune différence, sinon que les silicates dont se composent les verres sont moins connus et plus difficiles à préparer que les composés auxquels on vient de les comparer.
- (La suite au prochain numéro.)
- Sur une encre à mater et à écrire sur verre.
- Par M. Kessler.
- J’ai introduit, il y a quelques années, dans les cristalleries, l’usage de la gravure fluorhydrique : il est rendu facile par l’emploi d’une réserve résineuse, déposée mécaniquement aumoyen du décalquage de son impression sur papier.
- Ce procédé, exploité dès 1855 par trois maisons importantes de France (les deux cristalleries de Baccarat et de Saint-Louis, la société Maréchal et Ge, de Metz), a permis à la gravure décorative du verre et du cristal de satisfaire, avec l’économie réclamée pour les objets usuels, la tendance générale qui veut de l’art partout, et répudie les œuvres de mauvais goût.
- Dans l’origine, le besoin de nouveauté fit que, par opposition à la gravure à la molette, qui donne toujours du mat en premier lieu et ne procure le brillant que sur une première gravure mate, on rechercha surtout les effets de la gravure brillante qui s’obtient en attaquant l’objet avec un acide fluorhydrique étendu de beaucoup d’eau. On fit alors des genres dans lesquels le dessin, gravé en brillant, occupait moins de surface que le fond, et l’on trouva intérêt à mater ce fond
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- en relief, soit à la roue, soit au sable. En plaçant le sable sur une surface flottante, plane, la gravure qui est en contre-bas ne la touche pas et reste brillante.
- Dans ces derniers temps, pour varier les genres et présenter du neuf au public, on s’est mis à faire l’inverse et à former des dessins avec le mat et non avec le brillant. On conçoit que, les saillies de la surface devenant ainsi trop rares, on ne pouvait facilement dépolir la plaque, et que celle-ci, entre deux motifs, tombait dans les fonds et les rayait. On eut donc intérêt à obtenir de la gravure à l’acide qui donnât le mat, et l’on revint à ce que l’on avait négligé d’abord.
- En effet, c’est en mat que l’on a commencé à faire de la gravure fluorhydriqué; on prenait l’acide gazeux, et l’on conçoit que les mêmes réserves qui servent dans les bains trouvent à fortiori leur emploi dans les vapeurs qui les fatiguent moins. Plus tard, on sut faire de la gravure mate au trempé avec le fluorhydrate d’ammoniaque, et Berzélius indique ce sel comme le meilleur agent de gravure. Je n’ai pu trouver le nom de l’inventeur de ce moyen ; peut-être est-ce Boettger qni, paraît-il, gravait le verre à Francfort, en 4845, avec un sel inoffensif dont on n’a pas dit le nom.
- En 1858, je fis breveter l’emploi des fluorhydrates alcalins, mélangés à des acides, avec lesquels j’obtins également de très-belles gravures mates. Ce qui me donnait les meilleurs résultats, c’était l’emploi du fluorhydrate ammonique. (V. le Technologiste, t. 24, p. 590.)
- En 1864, MM. Tessié du Motay et Maréchal composèrent des bains formés avec des fluorhydrates de fluorures à base de potassium et de sodium, dont ils obtinrent des effets équivalents, etleurs formules de bains sont employées dans les deux cristalleries précitées, avec mes réserves imprimées. (Y. le Technologiste, t. 27, p. 348.)
- Toutefois, MM. Tessié du Motay
- et Maréchal fils ont proposé pour les causes qui produisent la gravure mate une explication toute différente de celle à laquelle j’avais été conduit. Ils ont attribué à l’acide étranger, ajouté à leurs bains, la propriété de former une combinaison : un copule, ont-ils dit, qui jouit de la propriété de donner le mat. Et ce mat se produirait seulement, suivant eux, par l’insolubilité des fluorures de calcium et de plomb dans des bains riches en sels avides d’eau.
- Pour moi, j’attribue à ces sels un tout autre rôle. Ils servent à déposer à la surface du verre, où l’acide fluorhydriqué se transforme en a-cide hydrofluosilicique et en fluo-silicates, un fluosilicate alcalin peu soluble, qui s’attache solidement au verre sous la forme de petits cristaux grenus. Ceux-ci font l’office d’une réserve en pointillé ; ils créent des inégalités nombreuses à sa surface, et produisent ainsi l’effet du sable et de l’émeri. Aussi, n’y a-t-il jamais de mat quand la poudre cristalline n’est pas adhérente. L’acide etles sels ajoutés ne servent qu’à rendre le depot cristallin et adhérent ; lorsque ce dépôt adhérent n’est {)as cristallin, ou bien affecte la forme de cristaux trop petits, il n’y a pas de mat, parce que, dans le premier cas, la gravure est arrêtée dès son début par une réserve continue; dans le second cas, le mal est trop faible et sans chatoiement.
- Avec le fluorhydrate d’ammoniaque qui donne déjà le mat sans l’intervention d’aucun acide étranger ni d’aucun autre sel, et avec lequel on obtient des mats de la grosseur qu’on veut, on peut voir à la loupe et même à l’œil nu les cristaux du fluosilicate ammonique qui forment cette réserve.
- En me plaçant dans des conditions de concentration particulières, j’ai réussi à en composer une encre presque inodore aveclaquelle on écrit couramment en mat avec toutes les plumes. Je crois cette encre à graver appelée à rendre des
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- services dans les laboratoires, par exemple pour les suscriptions des tubes et des flacons.
- Mais je pense qu’elle pourrait surtout recevoir une utile et désirable application pour le poinçonnage des aréomètres en verre du commerce. La signature du vérificateur sur ces instruments apporterait dans les transactions commerciales, qui exigent leur intervention, la même securité qui existe pour les poids et mesures métriques, et qu’on réclame depuis si longtemps, notamment pour les alcoomètres et les pèse-sirops.
- Argenture des miroirs
- pour les instruments d’optique.
- Par M. J. Browning.
- Pour exécuter cette argenture, on fait usage de trois solutions normales :
- Solution A. —5gr.832 d’azotate d’argent cristallise, dissous dans 425 grammes d’eau distillée.
- Solution B. — 31 grammes de potasse caustique fondue, chimiquement pure, dissous dans 775 grammes d’eau distillée.
- Solution C. — 15 grammes de sucre de lait pulvérisé, dissous dans 155 grammes d’eau distillée.
- Les solutions A et B peuvent être conservées autant qu’on veut dans des flacons bien bouchés, mais la solution C a besoin d’être chaque fois préparée récemment.
- Préparation du bain d’argent.— Le bain nécessaire pour argenter un miroir de 8 pouces (0m.2030), est préparé ainsi qu’il suit. Dans un vase en verre d’une capacité de 1 litre environ, on introduit 62 grammes de la solution A, on y ajoute goutte à goutte et en agitant constamment avec une baguette en verre la quantité d’ammoniaque caustique exactement nécessaire pour obtenir une solution troublée d’abord par un précipité grisâtre. Puis on y verse 125 grammes de
- la solution B, et le précipité noir brunâtre qui en résulte est de nouveau, comme ci-dessus, redissous par une addition d’ammoniaque. Alors on étend avec une quantité d’eau distillée suffisante pour que le tout forme un volume de.450 grammes, puis on y verse goutte à goutte de la solution A, jusqu’à formation d’un précipité gris qui, après trois minutes d’agitation, disparaît aussi. On ajoute encore 450 grammes d’eau distillée et on laisse le bain, qui ne doit pas être filtré, s’éclaircir par le repos. Tout étant préparé pour l’immersion du miroir, on ajoute à la liqueur 60 grammes de la solution G, et on agite le tout avec beaucoup de précaution, mais complètement.
- Préparation du miroir. — On se procure un disque circulaire en bois épais de 5 centimètres, et dont le diamètre est de 5 centimètres plus petit que celui du miroir. On fixe à vis, sur le disque et à des distances égales entre eux, trois clous pourvus à leur extrémité supérieure d’un œillet, et on assujettit sur ces derniers des brins de fouet qu’on réunit et au bout desquels on fait une boucle. On fait fondre dans un vase convenable un peu de goudron, on pose le disque en bois, la face qui doit recevoir le miroir, tournée en haut sur une tablette bien horizontale, on verse dessus le goudron liquide et on pose le miroir sur le goudron, après toutefois l’avoir enduit d’une pellicule mince d’essence de térébenthine, afin que le goudron adhère mieux. Alors on laisse le tout refroidir.
- JSettoijage du miroir. — Le miroir étant ainsi cimenté sur le disque en bois, le côté libre dirigé en haut et posé sur la tablette bien horizontale, on verse un peu d’acide azotique concentré sur le verre et on en frotte doucement toute la surface avec un pinceau qu’on prépare avec un tube en verre qu’on bourre de coton bien propre ; on nettoie avec soin la surface et les côtés du miroir, puis on lave bien
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- d’abord avec l’eau ordinaire, puis avec l’eau distillée. Cela fait, on transporte le disque avec le miroir, la face qui doit être argentée tournée en dessous, dans une capsule contenant un peu d’alcool rectifié, et on l’y abandonne jusqu’à ce que le bain d’argent soit prêt.
- Immersion du.miroirdans ie bain d’argent..—Dans une capsule ronde, profonde de 7 à 8 centimètres et dont le diamètre est de 5 centimètres plus grand que celui du miroir, on mélange la liqueur d’argenture de la manière indiquée ci-dessus avec la solution C, et on suspend le disque avec le miroir, dont la face libre est tournée en bas au moyen des cordes, dans la liqueur qui doit s’élever à environ 6 à 7 millimètres au-dessus des bords de ce miroir. L’argenture terminée, ce qui, suivant la température, exige de 50 à 70 minutes (en été, 50 minutes suffisent amplement), -on enlève le miroir du bain, on le lave immédiatement avec une uantitô d’eau suffisante (au moins 0 litres) et on achève avec un peu d’eau distillée. Cela fait, on pose ce miroir sur la tranche sur du papier buvard pour égoutter et sécher, et après qu’il est complètement sec, on polit l’enduit d'argent en frottant doucement et avec précaution (en tournant toujours en cercle), d’abord avec une peau la plus douce possible, puis, enfin avec addition de rouge d’Angleterre de la sorte la plus fine.
- Un miroir plan peut être argenté par le même moyen, en le cimentant ayec du goudron sur une plaque de liège, le nettoyant comme il a été dit, et employant assez de bain d’argent pour former sous la face qui doit être argentée, une épaisseur de liquide de 12 à 14 millimètres.
- Méthode employée à Stassfurt au dosaqe de la votasse au moyen du tartre.
- Par M. Th. Becker.
- Les dosages de lapotasse qu’exige l’industrie de Stassfurt son t de deux espèces. L’un de ces dosages sert à contrôler les produits fabriqués et est, par conséquent, une méthode industrielle qui n’exige,pas une’extrême précision; l’autre est un dosage analytique pour le commerce, puisque tout le chlorure de potassium est vendu à raison de sa richesse, et dans tous les cas a besoin d’être exécuté très-exactement, ce qui s’opère avec le chloride de platme par la méthode connue.
- A mesure que.cette industrie s’est développée, on a senti la nécessité d’un mode d’essai technique facile et promptdans son exécution, qui présentât une exactitude à 2 ou 1 pour 100 près et pût être exécuté par un simple ouvrier.
- L’essai par l’alun n’a fourni de résultats tant soit peu d’accord entre eux qu’avec les sels à bas titre et n’a plus été applicable aux métaux plus riches.
- La méthode de dosage de la potasse sous la forme de tartre, indi-uée d’abord par Rollner, et repro-uite, à peu ,de différence près, dans l’ouvrage de M. Mohr sur les dosages par liqueurs titrées, ne pouvait être employée sous cette form.e, parce qu’elle est trop compliquée. Le fondateur de l’industrie de Stassfurt, M. Ad. Frank, a néanmoins imaginé dans cette méthode une modification qu’on va décrire, qui s’est introduite peu à peu dans toutes les fabriques de chlorure de potassium, et qui, jus -qu’à présent, n’y a subi aucun changement.
- On dissout 1/2 atome = 3gr.76 de chlorure de potassium, qui renferme toujours du sel marin comme principale partie constituante, en chauffant, pour favoriser l’opération, dans 50 à 60 centimètres cubes d’une solution saturée de tar-
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- tre; puis, par chaque ld pour 100 présumés de chlorure de potassium, on dissout 1 gramme de tartrate acide de soude finement pulvérisé aussi dans 50 à 60 centimètres cubes d’une dissolution de tartre et on verse.la dissolution du sel so-dique dans celle du sel potassique. Le matras est, pour le refroidir, plongé dans l’eau, et aussitôt qu’il a atteint la température de la solution tartrique on l’enlève, et après avoir agité avec précaution, on décante la liqueur et on dose le tartre par l’alcali normal. Le double du chiffre de centimètres cubes dépensés, donne immédiatement celui centésimal en chlorure de potassium.
- Pour séparer le tartre 'dè la liqueur, on se sert d’un matras A, fig.'l, pl. 331, dans le bouchon duquel pénètrent deux tubes en verre qui ne descendent qu’un peu plus bas que ce bouchon. L’un de ces tubes, deux fois coudé, porte à son extrémité libre un tampon de coton, et est disposé de telle manière dans un autre matras plus petit B, avec le tartre qu’on veut soumettre à l’examen, qu’ils touchent le fond. L’autre tube est, par Un caoutchouc, mis.en communication avec une petite pompe C. La liqueur est décantée, et pour se debarrasser de l’excès employé, on ajoute encore à la dissolution présente de tartrate acide de soude, jusqu’à deux et trois fois 10 centim. cubes environ de solution tartrique, et après avoir agité on décante. La partie qui adhère au tube est lavée dans le matras, on en détache le tampon de coton et on titre.
- La pompe G. se compose d’un corps de 0m.45 de haut sur 5 centimètres de diamètre près le fond duquel s’embranche un tube mince de 1 mètre de long, qu’on peut fermer dans le haut par un robinet, et qui vers le milieu, sur un petit bec, porte un second robinet. Sur le robinet supérieur on assemble le tube de caoutchouc qui établit la communication avec le matras A. L’embase de la pompe est assez
- étendue pourque l’opérateur puisse la maintenir avec les pieds. Le piston, après que le robinet inférieur a été fermé et celui supérieur ouvert, est remonté, puis on ferme le robinet supérieur et on- ouvre celui inférieur, on abaisse le piston et ainsi de suite jusqu'à ce qu’on ait aspiré les dernières eaux de lavage.
- On peut établir cette potnpe très-économiquement. Pour le corps, on prend un vieux tuyau en fer sur le pied duquel on rive solidement un morceau de forte tôle, et pour le etit tube un tuyau à gaz. Les ro-inets sont ceux des conduites de gaz.
- La dissolution saturee de tartre est préparée d’après le procédé de M. Duflos. (Fig. 2] Dans un grand verre d’une capacité environ de 8 litres, qu’on a rempli au tiers de sa hauteur de éristaüx de tartre, on suspend un entonnoir également chargé de ces cristaux de tartre. On remplit alors le verre avec de l’eau, et après, plusieurs soutirages on recharge. De cette 'manière on obtient, au bout de 24 heures, une solution à peu près saturée. Cette solution est siphonée suivant les besoins dans un flacon dont le fond est également charge de cristaux de tartre. C’estdans ce flacon, d’une capacité de 2 à 3 litres, qu’on puise au moyen d’un siphon avec pince à pression, la quantité de dissolution dont on a besoin.
- Le mode de procéder est fort simple et peut être appris et aisément exécuté couramment par un • ouvrier. Comme il n’est pas rare de faire de 10 à 15 dosages par jour, on voit que le chimiste économise ainsi beaucoup de temps. Naturellement, on contrôle le travail de l’ouvrier en lui faisant doser un sel d’une richesse connue.
- L’erreur provenant de la dissolution à chaud est insignifiante. Le tartrate acide de soude, ainsi que le chlorure de potassium se dissolvent promptement; avec ce dernier on n’a besoin d’élever la température qu’à 60 à 70°G. Le premier se
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- dissout de même avant d’atteindre le point d’ébullition*
- Il importe de connaître préalablement avec exactitude la richesse du sel de potasse qu’on veut doser sur 10 pour 100 de chlorure de potassium, parce qu’un excès notable de lartrate acide de soude, par suite d’une précipitation par refroidissement, pourrait conduire à des erreurs très-désagréables. • L’erreur qui peut résulter de la dissolution au moyen de la chaleur est, à raison de la faible solubilité du tartre, tout-à-fait sans importance ; afin de la paralyser autant que possible, on prépare la solution tartrique de manière que 6 gouttes d’alcali normal suffisent pour neu traliser 10 centimètres cubes de dissolution tartrique. Dans des centaines d’analyses de sels potassiques que j’ai faites ou fait exécuter par cette méthode, j’ai obtenu de très-bons résultats et les erreurs n’ont pas dépassé. 11/2 pour 100.
- Ainsi qu’on l’a déjà dit, tous les produits des fabriques de chlorure de potassium sont depuis plusieurs années dosés par cette méthode, qui est devenue indispensable à raison de sa simplicité et de sa facile exécution. D’un autre côté, elle a été rejetée avec raison pour les analyses commerciales. On a, en effet, besoin dans ces dosages d’une exactitude à 0,1 pour 100 près, et la méthode de M. Mohr n’offre pas elle-même une exactitude suffisante pour le commerce. Il n’y a que celle de MM. Stas et Esselens, modifiée, qui donne avec des soins minutieux des résultats satisfaisants, mais qui exige tant de temps ue comparée à celle au chloride e platine, qui mérite toujours qu’on y ait confiance, elle ne présente aucun avantage.
- Sur la fabrication de Vazotate de potasse artificiel et du carbonate de potasse pur.
- Par M. G. Lünge.
- L’industrie déjà connue depuis quelque temps, delà conversion de l’azotate de soude en azotate de potasse, a pris un essor considérable dans la guerre civile qui a désolé l’Amérique du Nord, dès qu’on s’est aperçu qu’on pouvait fabriquer d’énormes quantités de salpêtre de potasse avec le salpêtre de soude du Chili et le chlorure de potassium, matériaux qu’il était facile de se procurer à des sources inépuisables.
- En Allemagne, ce n’est pas toutefois là le mode ordinaire de fabrication du salpêtre. Cette fabrication y est intimement liée avec celle de l’évaporation et de la calcination des vinasses provenant de la distillation des mélasses de betteraves et du salin de betteraves. Il est vrai que ce dernier, tel qu’on l’obtient par la simple évaporation et la calcination des vinasses n’est uère applicable dans beaucoup 'emplois de la potasse, à raison de la forte proportion de soude qu’il renferme, et actuellement il paraît frappé d’un discrédit à peu près général de la part des consomma-1' teurs, qui prétendent avoir été, à l’origine, trompés sur sa valeur, à cause du degréalcalimétrique élevé qu’il marque, et qui, après s’être assurés de ses défauts, n’ont plus voulu entendre parler de salin de betteraves. C’est du reste une chose dont on ne saurait les blâmer, si on considère les difficultés relatives et qu’un chimiste peut seul aisément surmonter, pour déterminer la proportion réelle de la potasse en présence de la soude.
- Ces circonstancesont donc obligé les fabricants de salin de betteraves à aviser à d’autres emplois et, à cet effet, on a suivi en Allemagne et en France des voies différentes. En Allemagne, on s’est servi du salin de betteraves ou de
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- la solution brute des vinasses calcinées pour décomposer l’azotate de soude du Chili en azotate de potasse et en soude. Le carbonate de soude qui existe toujours dans le premier se sépare naturellement en même temps que celui formé artificiellement ; il est éliminé de la manière la plus simple et livré au commerce. En Silésie et sur le Rhin, il existe par exemple de grandes fabriques de ce genre qui travaillent tous les salins de bette-caves qu'elles peuvent se procurer. f En France, on s’est efforcé de séparer, dans la fabrication, les Parties distinctes qui se trouvent dans les salins de betteraves et d’en Préparer tant de la potasse que de la soude pures, etc. ; on y a, en effet, réussi complètement, et les procédés sont aujourd’hui exploités en grand dans les fabriques. Ce procédé de séparation repose sur des cristallisations fractionnées et a, d’après les indications de M. Kuhlmann, été décrit en détail dans le Rapport de M. Hoffmann sur les produits chimiques industriels de l’Exposition universelle de 1862. Sans nul doute, cet emploi des salins de betteraves est bien plus rationel que celui pratiqué en Allemagne, mais indépendamment de cela, il existe aussi en France une grande fabrication d’azotate de potasse, où l’on ne fait usage que du chlorure de potassium d’Ecosse et de Stass-furt, qu’on peut se procurer à prix modérés. Du reste, on ne peut Qu’approuver l’observation de M. Hoffmann, qu’on ne peut pas considérer comme une source légitime l’extraction des sels de potasse du sol, au moyen des betteraves, puisqu’on dépouillerait ainsi peu à peu la terre de l’un des éléments de sa fertilité et qu’on la rendrait stérile. H serait certainement plus rationel, plus économique et plus efficace de restituer les sels à la terre sous forme de vinasse ou en lui distribuant des sels de Stassfurt, mais la discussion de cette question nous éloignerait trop de notre sujet.
- En Angleterre, où n’existe pas
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Avril
- l’industrie du sucre de betterave, et où, par conséquent, il n’y a pas de salins disponibles, on est borné exclusivement, pour décomposer l’azotate de soude du Chili, à l’emploi du chlorure de potassium.
- Autrefois, la seule source 'pour cet objet était la préparation du kelp en Ecosse; aujourd’hui les’ rapports ont changé au point que le chlorure de potassium de Stassfurt est importé même en Ecosse. Quoi qu’il en soit, la fabrication du salpêtre est exercée sur une très-grande échelle tant en Angleterre qu’en Ecosse, et je me propose de communiquer, dans ce qui va suivre, les observations que je me suis trouvé en mesure de faire dans diverses fabriques anglaises et écossaises, seulement j’ajouterai que j’ai visité ces fabriques pendant la guerre d’Amérique, et par conséquent en pleine activité; actuellement l’une d’elles à cessé de travailler et les autres ont probablement borné leurs opérations ; mais comme observation générale à l’avantage de la fabrication anglaise du salpêtre sur la fabrication allemande, je ferai remarquer préalablement que, suivant M. Hoffmann, la réaction entre le salpêtre de soude et le chlorure de potassium est infiniment plus complète qu’avec tout autre sel de potasse, à l’exception toutefois de l’hydrate de potasse; on trouvera d’ailleurs par la suite la description des deux méthodes.
- J’ai observé dans une fabrique d’Ecosse le procédé suivant :
- Du salpêtrede soude purifié (azotate de soude du Chili cristallisé une fois) et du chlorure de potassium allemand, sont dissous dans un grand vase en fer, suivant des rapports équivalents avec la quantité d’eau necessaire, et la température est, par l’introduction de la vapeur, élevée jusqu’au point d’ébullition. Par le refroidissement il se sépare une masse d’abondants cristaux d’azotate de potasse sur les parois du vase. Les eaux-mères renferment presque tout le sel ma-
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- rin et seulement un peu de salpêtre. On les enlève à la pompe au sein des cristallisoirs, dans une chaudière en fer de 2 mètres environ de diamètre où on les évapore. Cette chaudière doit toujours être tenue bien propre et exempte de rouille, et en cet état elle ne salit pas les lessives.
- Pendant l’évaporation de ces eaux-mères il se sépare continuellement dans la liqueur du sel marin ou chlorure du sodium qu’on enlève à l’écumoire et fait égoutter sur un plan incliné, de façon que la liqueur d’égouttage retourne a la chaudière. On alimente constamment cette chaudière avec de nouvelles eaux-mères, et on arrive au bout de quelque temps à obtenir une solution dans laquelle se trouve concentré beaucoup de salpêtre, qui s’accumule sans cesse dans cette liqueur bouillante, tandis que le sel marin, aussitôt qu’il a atteint sa limite de saturation, se sépare naturellement d’une manière continue.
- Lors donc qu’on a travaillé suffisamment de temps, on fait écouler de nouveau la liqueur dans les cristallisoirs où elle se refroidit. On obtient, commela première fois, une récolte de cristaux de salpêtre et des eaux-mères absolument semblables aux premières. Onles ajoute à ces dernières et on les travaille en commun.; rien n’arrête le traitement des liqueurs et le travail marche sans interruption de la manière qui a été décrite.
- Ce procédé si simple n’est naturellement praticable que là où on emploie de prime-abord des matières pures. L’azotate de soude cristallisé est presque chimiquement pur, et la principale impureté du chlorure de potassium de Stass-furt ne consiste guère qu’en sel marin qui, comme on le comprend, n’est nullement nuisible dans cette opération.
- Parmi les produits recueillis dans cette décomposition, le sel marin, après qu’il a été égoutté, est lavé avec un peu d’eau pour le
- débarrasser autant que possible des eaux-mères adhérentes; on n’a pas encore trouvé moyen d’utiliser en Ecosse ce sel qui ne trouve pas d’acheteurs, et en conséquence on le jette. On m’a assuré que le salpêtre et autres sels de potasse qui y restent encore s’opposent à son emploi ; la quantité de ces sels qui y adhèrent ainsi doit cependant y être très-faible, et dans les pays où le sel marin a une plus haute valeur qu’en Angleterre, il serait facile de trouver l’emploi ou le placement de ce produit.
- Quant au produit propre de cette fabrication, à savoir le salpêtre, il a besoin d’être raffiné avant qu’il soit possible de l’employer à la fabrication de la poudre. A cet effet, on le dissous dans la plus petite quantité possible d’eau bouillante, la solution est passée à travers un filtre en laine, et on la laisse refroidir dans une grande cuve oblon-gue en bois (6mèt.sur lm.80,) doublée en cuivre, où, en agitant continuellement avec des baguettes, on finit par obtenir la formation d’une sorte de farine cristalline fine. Cette farine est alors lavée dans des espèces de trémies en bois, à parois inclinées et à double fond, et le procédé de raffinage se poursuit exactement ainsi que Knapp l’adécritdans son Manuel de Technologie chimique, il y a 20 ans, et comme il a dit, dans des vases en cuivre et non pas en fer. Seulement, je ferai remarquer que dans ces derniers temps, on a cherché à plusieurs reprises à remplacer le cuivre, qui estd’unprix élevé et qu’on considérait auparavant comme indispensable, par le fer, et que ce n’est que dans cette fabrique que j’ai rencontré le cuivre.
- Le lavage de la farine de salpêtre est poursuivi jusqu’à ce que ce dernier, soumis à l’épreuve de l’azotate d’argent, ne marque plus qu’un centième pour 100 de chlorure de sodium, état sous lequ,el il est aujourd’hui demandé par les fabriques de poudre. Cela fait, il est introduit dans les étuves au
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- nombre de deux, placées l’une au-dessus de l’autre. Ges étuves ont environ 5 mètres de hauteur et par conséquent sont suffisamment aérées pour n’avoir pas besoin d’une ventilation artificielle. Le salpêtre y est amené étalé sur des tables en bois avec rebords qu’on range tout autour des parois. Le chauffage s’opère au moyen d’un foyer pratiqué à l’extérieur, dont la flamme parcourt, dans un canal sur le plancher des étuves, trois côtés de celles-ci, puis revient sur elle-même par une disposition semblable. Lecanal de retour est disposé près du premier, mais de manière à ce qu’il y ait un intervalle entre eux, afin de présenter une surface rayonnante plus étendue.
- Dans l’autre fabrique écossaise, le principe de la fabrication du salpêtre est absolument le même, niais les vases et les autres dispositions sont établis d’après des idées et des inventions plus récentes, ce qui fait que, dans cette fabrique, ony obtient un produit plus abondant.
- Pourdissoudrel’azotate de soude et le chlorure de potassium, on se sert d’énormes chaudières en fer et couvertes. Je n’ai pas pu m’assurer si la solution est d’abord simplement amenée à cristalliser par voie de refroidissement, et si le salpêtre éliminé est dissous une seconde fois, ou bien si la solution d’eau dans la première chaudière est cristallisée immédiatement par voie d’agitation. Pour ce dernier objet il existe une* série de vases oblongs en tôle, de lm.50 environ de profondeur, au-dessus desquels est un arbre de couche horizontal en rapport avec les machines à vapeur, et dans chacun de ces vases est placé l’arbre vertical d’un agi-tateur-qui, au moyen d’une disposition mécanique et alternative, est mis en mouvement ou amené en repos. Il tombe sous le sens que cette disposition mécanique est beaucoup plus efficace etbien mieux appropriée à une grande exploitation que le travail à bras d’homme.
- Le salpêtre en farine qu’on obtient est alors introduit dans des auges en bois k double fond et doublées en plomb, afin qu’il égoutte, puis lavé absolument comme dans la précédente fabrique. Les lavages une fois terminés, on chasse lama-jeurepartie delà liqueur adhérente a l’aide d’un appareil centrifuge et, ar conséquent, on économise ainsi eaucoup de temps, d’espace et de combustible pour la dessiccation. Dans cette fabrique, toutes les eaux-mères rentrent de même, en totalité, en charge, quoiqu’on ne paraisse pas y employer du salpêtre du Chili purifié.
- (La suite au prochain numéro.)
- Procédé pour oxyder les lessives de soude brute.
- Par M. J. Hargreaves.
- Les lessives de soude brute renferment communément de petites quantités de sulfure de sodium dont on doit beaucoup chercher à les débarrasser, surtout quand ces lessives doivent servir à fabriquer la soude caustique à l’état solide. Les méthodes usuelles pour éliminer le sulfure de sodium consistent à le transformer en sulfate de soude, par voie d’oxydation, au moyen de l’oxygène de l’air ou bien de l’azotate de soude, du chlorure de chaux, etc. La première de ces méthodes, celle de l’oxydation par l’action de l’air, a exigé jusqu’à présent l’emploi d’appareils compliqués et volumineux ; mais, d’un autre côté, par l’emploi de l’azotate de soude, du chlorure de chaux, etc., les frais de production delà soude caustique solide sont notablement augmentés.
- Afin de diminuer les frais de l’appareil pour l’oxydation des lessives brutes par l’oxygène de l’air atmosphérique, j’ai imaginé la disposition représentée dans la fig. 3, pl. 331. A, A, récipient à oxydation
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- (oxydateur); B, fond percé de petits trous; C, tuyau au moyen duquel on amène l’air sous le fond percé; D, tuyau court, évasé dans le haut, dit tuyau à air, et d’un diamètre un peu plus petit que le tuyau C; É, tuyau de décharge d’une chaudière, produisant de la vapeur à la tension de 3 kilogr. par centimètre carré.
- Le récipient A, qui peut avoir lm.50 de hauteur, étant rempli de lessive brute, on fait arriver la vapeur par le tuyau E, vapeur qui, en se mélangeant à l’air extérieur, entraîne celui-ci à travers le tuyau à air et débouche dans le récipient à oxydation. Cetair monte à travers la lessive qu’il agite avec violence et qui présente ainsi une grande surface à l’action oxydante, tandis que la vapeur chauffe la lessive et favorise ainsi l’oxydation du sulfure de sodium.
- Si on suppose que cet appareil, comme on vient de le décrire et ayant lm.50 de hauteur, soit rempli de lessive brute, et avec une vapeur à la tension de 3 kilogr. au centimètre carré, la lessive qu’il renferme peut être oxydée en 4 1/2 heures environ. J’ai établi, il y a 16 mois, un appareil de ce genre qui a été adopté généralement dans les fabriques de soude du Lancashire et du Gheshire, et a fait disparaître peu à peu les appareils ruineux d’oxydation employés jusque là. Dans quelques cas, ces vieux appareils, vendus comme ferraille, ont obtenu un prix qui a couvert tous les frais d’acquisition et d’installation du nouvel oxydateur, lequel a fourni le même rendement, tandis que les frais pour manipulations se sont élevés bien moins haut. Dans les fabriques qui produisent de grandes quantités de sels de soude caustique, et où le nouvel appareil a été sans interruption en activité, l’économie sur les frais d’azotate de soude, dans une période de 14 jours, a suffi pour payér le prix d’acquisition de cet appareil.
- Avec de légères modifications sur lesquelles je n’ai pas besoin de
- m’étendre, parce qu’il n’est pas de fabricant qui ne soit en mesure de les organiser, ce même appareil peut aussi servir à la préparation de la soude cristallisée et des sels de soude dite raffinée, en réduisant également beaucoup les frais comparativement aux procédés employés jusqu’à ce jour.
- Aussitôt qu’on a introduit la quantité nécessaire de lessive dans l’oxydateur, on fait arriver le jet de vapeur qui se mélange à l’air atmosphérique par le tuyau à air sous le double fond, et on continue cette injection jusqu’à ce qu’un échantillon de lessive qu’on puise ne donne plus de précipité noir ou brun avec l’acétate de plomb. C’est ce qui arrive au bout de trois à cinq heures, et dépend de la proportion plus ou moins grande de sulfure de sodium contenue dans cette lessive, de la pression plus ou moins considérable de la vapeur et de l’état de l’atmosphère. Lorsqu’on se propose de recueillir la soude caustique déjà présente dans la lessive, sans traitement préalable par la chaux caustique, on concentre la lessive jusqu’à ce que les sels présents, tels que le carbonate et le sulfate de soude, ainsi que le chlorure de sodium, soient devenus insolubles dans la lessive caustique, puis on abandonne celle-ci au repos ou au refroidissement pour que les matières étrangères puissent se déposer. Enfin, on concentre de nouveau la lessive caustique jusqu’à ce qu’elle renferme de 60 à 70 pour 100 de soude hydratée.
- Quand on suspend l’action de cet appareil ou de tout autre dans lequel on a recours à l’air atmosphérique comme agent d’oxydation, au moment où la lessive ne montre plus la réaction due au sulfure de sodium, il faut encore faire usage d’une certaine quantité d’azotate de soude pour rendre marchande la soude caustique, parce que le travail de l’oxydation n’a été poussé qu’au point où le sulfure de sodium a été transformé en hyposulfite et sulfite. A la tem-
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- pérature élevée h laquelle a lieu la dernière concentration, voici les réactions qui se développent :
- 2NaO, S2 0* = NaO, S0=> + NaS
- 4Na0,S02 = 3Na0,S0* + NS
- et par conséquent, pour compléter l’oxydation, on a besoin d’une addition d’azotate de soude. Mais pour cela, il n’en faut au plus que le quart de la quantité qui serait nécessaire si la lessive n’eût pas auparavant été oxydée par l’air atmosphérique.
- D’un autre côté, si l’appareil est encore maintenu en activité après que l’épreuve a donné le résultat indiqué, de façon que l’hyposulfite et le sulfite de soude soient transformés en sulfates, la quantité d’azotate de soude encore nécessaire est presque nulle.
- Essai des sulfates d’alumine en acide libre.
- Par M. C. Giseke.
- Dans ces dernières années, des masses énormes, et k bas prix, de sulfate d’alumine sont venues dans le commerce faire une rude concurrence k l’alun, parce qu’k pureté égale ce sulfate est bien plus riche en alumine que les aluns cristallisés de potasse ou d’ammoniaque, et que, la plupart du temps, on le livre au même prix et même k un prix inférieur k celui de ces deux aluns.
- Cette concurrence serait encore plus redoutable si le sulfate d’alumine étaitloujours fourni aux consommateurs au même titre et de la même pureté. Les meilleures sortes de sulfate d’alumine, celles en particulier qu’on prépare avec l’alumine de la cryolite, ne laissent, sous ce rapport, presque rien k désirer, attendu qu’ils sont exempts de fer comme les meilleurs aluns cristallisés, et que leur richesse en alumine est assez constante et égale k 14,5 pour 100, de façon que 100
- kilogr. d’alun équivalent k 75 ki-logr. de sulfate d’alumine.
- D’un autre côté, on rencontre rarement un sulfate d’alumine qui soit parfaitement exempt d’acide non combiné. J’ai trouvé parfois des sulfates du commerce qui renfermaient jusqu’k 2 et 3 pour 100 d’acide libre, au point que leur papier d’enveloppe était promptement détruit. Dans tous les cas, les meilleures sortes elles-mêmes renferment encore, la plupart du temps, de 0,5 k 1 pour 100 d’acide libre.
- Après l'absence du fer, celle de l’acide libre est assurément la condition la plus indispensable dans l’emploi avantageux du sulfate d’alumine dans les ateliers de teinture et dans la fabrication des papiers. Ce sont surtout les fabricants de papiers, qui consomment principalement cet article, qui doivent faire attention k cette condition, parce qu’un sulfate d’alumine qui renferme de l’acide libre détruit l’outre-, mer avec rapidité, fait changer la plupart des autres matières colorantes qui ont été ajoutées k la pâte à papier et donne constamment lieu k un mauvais encollage.
- Pour reconnaître la présence de l’acide libre dans le sulfate d’alumine, on ne peut pas, comme on sait, faire usage des moyens ordinaires, tels que le papier de tournesol ou les liqueurs ammoniacales dans lesquelles on a dissous du sulfate de cuivre, parce que la solution neutre du sulfate d’alumine (Al2 O3, S O3) aune réaction acide et qu’on peut y ajouter une forte proportion d’alcali avant d’y déterminer un précipité.
- M. G. Giseke, directeur de la fabrique de produits chimiques de Fiume, qui, dans la fabrication en grandes masses du sulfate d’alumine, a été chargé de rechercher un moyen sûr et prompt de doser l’acide libre, tant dans les produits fabriqués que dans les solutions, a, sous ce rapport, fait de nombreuses expériences, et proposé ! pour cela deux moyens.
- I Le premier de ces moyens est
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- basé sur l’insolubilité du sulfate d’alumine dans l’alcool absolu. On broie soigneusement 5 grammes de sulfate d’alumine avec 50 cen-tim. cubes d’alcool absolu, on jette ce mélange sur un filtre et on lave avec l’alcool jusqu’à ce que la liqueur filtrée forme 100 centim. cubes. C’est dans cette liqueur que se trouve la totalité de l’acide libre du sulfate. On ajoute donc à cette liqueur quelques gouttes de teinture de tournesol et on titre avec la soude normale jusqu’à ce que la coloration en bleu apparaisse.
- Il convient toutefois, dans cette méthode, de faire attention que le sulfate d’alumine n’est pas complètement insoluble dans l’alcool absolu. 100 centim. cubes d’alcool absolu, broyés avec du sulfate d’alumine pur exempt d’acide et filtrés, exigent 0,2 centim. cube de soude normale pour que la réaction acide disparaisse. Ces 0,2 centim. cube doivent donc être déduits du nombre des centim. cubes de soude normale qui ont été dépensés. Mais si on a affaire à un sulfate qui renferme une forte proportion d’acide sulfurique libre, par exemple 2 à 3 pour 100, il se dissout, dans l’alcool fortement acide, une plus forte proportion de sulfate d’alumine, et lorsqu’on sature par la soude normale, on obtient un résultat trop élevé. C’est par ce motif qu’on ne peut pas recommander cette méthode pour le dosage quantitatif rigoureux de l’acide libre, mais elle se prête très-bien à un dosage approximatif et à des épreuves comparatives.
- Une méthode plus sûre et préférable est la suivante qui présente cet avantage, que ce n’est pas la substance solide, mais directement sa solution qu’on traite et qui conduit rapidement au but. En effet, si à une solution étendue de sulfate d’alumine ou à des solutions d’alun de potasse ou d’alun ammoniacal, on ajoute quelques gouttes d’une teinture de bois de Campêche, il se développe une couleur très-
- caractéristique rouge-violet foncé, lorsque le sel qu’on a employé est neutre. Mais s’il renferme de l’acide libre, il en résulte une coloration en jaune brunâtre très-faible, dite couleur de bois, qui diffère complètement de la première. Cette réaction est tellement sensible qu’on reconnaît aisément 0,2 pour 400 d’acide libre, et avec un peu de pratique jusqu’à 0,4 pour 100.
- Afin de pouvoir comparer, dans les essais qu’on entreprend, les différentes colorations que produit une liqueur normale, on prépare, au moyen de cristallisations répétées, un alun de potasse pur et bien exempt d’acide, on en dissout 10 rammes dans l’eau distillée, et à 00 centim. cubes de cette liqueur on ajoute 0,5 centim. cube de teinture de campêche. La teinture de campêche est une décoction préparée avec l’eau distillée de une partie en poids de bois; à une partie en poids de cette liqueur filtrée, on ajoute après le refroidissement 1/10 en volume d’alcool, et on conserve dans des flacons bien bouchés.
- Pour constater la présence de l’acide libre dans l’un des sels d’alumine indiqués, il suffit d’en dissoudre une très-faible quantité dans 10 à 20 foi? son volume d’eau distillée, et d’y ajouter quelques gouttes de la teinture de campêche.
- Pour doser •quantitativement l’acide libre, on prépare une dissolution de 10 grammes de sulfate, et à 100 centim. cubes de cette liqueur on ajoute 0.5 centim. cube de teinture de campêche, puis on verse peu à peu de la liqueur de soude normale jusqu’à ce qu’on voie apparaître la coloration rouge-violet foncé. Vers la fin, l’addition de la soude normale ne doit s’opérer qu’avec lenteur et à des intervalles de 5 à 10 minutes, parce qu’il faut quelque temps avant que la couleur se développe complètement.
- Pour connaître les limites jus-qu’auxquelles on parvient, par ce mode d’épreuve, à reconnaître l’a-
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- eide libre, on a ajouté à une solution d’alun, qui sur 100 centim. cubes renfermait 10 grammes d’alun de potasse pur et cristallisé, des quantités mesurées d’acide sulfurique normal. Voici les résultats qui ont été obtenus:
- 1° Solution alunique pure. — Avec l’extrait de bois de Gampêche, liqueur rouge-violet foncé, la nuance bleue facilement constatée a la lumière transmise.
- 2° 100 centim.'cubes de solution d’alun avec 0,25 centim. cube d’acide normal, et par conséquent contenant 0,1 pour 100 de S O3.— Après l’addition de 0,5 centim. cube de teinture de campêche, coloration rouge pur intense, sans bleu.
- 3° 100 centim. cubes de solution d’alun avecO,5centim. cube d’acide normal=0,2 pour 100 de SO3. — Avec la même quantité de teinture, la liqueur s’est colorée après quelques minutes en rouge clair, virant aujaune.
- 4° 100 centim. cubes de solution d’alun avec 0,75 centim. cube d’acide normal=0,3 pour 100 de S O3. — Après l’addition de la teinture de campêche, la couleur rouge ne s’est plus développée, mais bien la couleur bois pure, c’est-à-dire le jaune-bruri clair, comme celle d’un extrait de campêche étendu.
- 5° Des additions de nouvelles quantités d’acide étendu n’ont amené aucun nouveau changement, si ce n’est que la couleur bois est devenue plus claire.
- On peut donc, par le procédé en question, constater avec facilité la présence de 0,3 pour 100 d’acide, et, avec un peu d’habitude, jusqu’à 0,1 pour 100. Comme ce mode a’é-preuve est tellement simple, que l’ouvrier le moins habile peut facilement y être exercé, il est à désirer qu’il se répande dans les fabriques de papier et chez les teinturiers, où il facilitera à ces gros consommateurs l’appréciation des qualités si variables de sulfate d’alumine qu’on rencontre dans le commerce.
- Pour doser en volume la quantité d’alumine que renferme un sulfate d’alumine, le meilleur procédé est celui de MM. Erlenmeyer et Lewinstein, suivant lequel on transforme, au moyen du chlorure de baryum, la solution du sulfate en chlorure d’aluminium, puis, à l’aide d’un titrage avec la soude normale, on constate les sommes de l’alumine combinée et de l’acide libre. Dans un autre, essai, on dose l’acide libre par la teinture de campêche et la soude normale, on en déduit les quantités trouvées dans le premier résultat et on calcule en conséquence la richesse en alumine.
- On peut présumer qu’avec la matière colorante pure du bois de Campêche, c’est-à-dire avec l’hœ-matoxyline, on obtiendrait des résultats encore plus nets et plus exacts, et à ce sujet, j’entreprendrai plus tard quelques expériences; mais pour les dosages industriels ordinaires, la teinture de campêche, recommandée ici, donne de fort bons résultats.
- J’ai aussi, dans d’autres expériences, essayé la manière dont une solution "étendue de sulfate d’alumine se comporte vis-à-vis l’outremer, mais les indications ne m’ont pas paru assez satisfaisantes pour pouvoir recommander ce dosage à l’outremer pour les sulfates d’alumine.
- Procédé de préparation de l’oxygène.
- Par M. A. Mallet.
- Ce procédé repose sur la propriété qu’a le protochlorure de cuivre Cu2Cl d’absorber l’oxygène de l’air et de se transformer en un oxychlorure CuCl, CuO susceptible, lorsqu’il est chauffé à 400 degrés, de restituer cet oxygène en repassant à l’état de protochlorure et ainsi de suite.
- Ce procédé permet d’obtenir de
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- l’oxygène très-suffisamment pur j presque sans dépense de matière première, car les pertes par manipulations sont évitées dans les appareils destinés à réaliser en grand cette fabrication ; dans la disposition industrielle, en effet, la matière renfermée dans des cornues horizontales animées d’un mouvement de rotation, ne sort jamais de ces vases : la distillation et la revivification se font dans le même récipient.
- On ajoute à la matière cuivreuse une substance inerte, telle que du sable ou du kaolin pour l’empêcher d’éprouver une fusion ignée. La rotation des cornues a pour but d’égaliser la température et de mélanger la matière, tant pour la distillation que pour la revivification par un courant d’air. La température nécessaire est relativement faible; elle ne dépasse pas celle de la décomposition du chlorate de potasse, car en petit on peut opérer dans du verre.
- La revivification est rapide, si la matière est un peu humectée et le courant d’air convenable. Trois ou quatre heures suffisent, avec la rotation des cornues, qui permet le contact incessant de l’air et de la matière.
- La perte, ai-je dit, est à peu près nulle; en effet, en petit dans une série de douze opérations faites successivement sur la même matière qu’on sortait à chaque fois de la cornue pour la revivifier au dehors, 100 grammes n’ont subi qu’une perte totale de 9 grammes our une production totale de 61it.760, ce qui donne une perte de 1 kilog. pour 4 mètres cubes ; c’est-à-dire à 1 fr. 20 c. le kilog., une dépense de 30 centimes par mètre cube ; mais en opérant comme je l’ai dit, c’est-à-dire en ne sortant jamais la matière des cornues, la perte est à peu près nulle; 1 kilog. de matière rend d’ailleurs 25 à 30 litres de gaz.
- Un avantage sérieux de ce mode de préparation consiste dans la facilité de passer de la production
- de l’oxygène à celle du chlore, avec le même appareil et la même matière, en ajoutant à celle-ci, après la revivification par l’air, de l’acide chlorhydrique qui la transforme en bichlorure CuCl. En grand, on emploierait l’acide gazeux tel qu’il sort des fours à soude, pour éviter l’eau de l’acide du commerce.
- La préparation du chlore par la décomposition du bichlorure de cuivre avait déjà été indiquée par M. Laurent, professeur à Rouen ; mais des difficultés de manipulation et d’appareils avaient empêché la réalisation industrielle de son procédé (1).
- Recherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de Cas-sius.
- Par M. J.-G. Fischer.
- (Suite.)
- IV. 50 centimètres cubes de la solution d’or ont été portés avec l’eau à 500 centimètres cubes ; d’un autre côté, 15 centimètres cubes de la solution de protochlorure d’étain ont été étendus pour en faire 150 centimètres cubes; et 15 centimètres cubes de la solution de bichlorure d’étain ont été portés avec l’eau au volume de 150 centimètres cubes; on a mélangé ces deux dernières solutions d’étain, et ce mélange a été versé peu à peu dans la solution d’or. D’abord le précipité qui s’est formé chaque fois dans le premier moment de l’addition de la solution d’étain a disparu constamment jusqu’au moment où l’on a eu dépensé environ la moitié de cette dernière. A partir de ce point, la couleur jaune d’or de la liqueur a pris d’abord un ton jaune grisâtre, qui est passé au brun-gris au brun foncé, et enfin
- (1) Voyez dans le volume précédent, p.137, 186 et 297, divers procédés industriels pour préparer l’oxygène.
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- elle est devenue complètement trouble, et quand on a eu versé toute la solution d’étain, elle s’est montrée pourpre foncé. Un échantillon qu’on a levé a présenté, après avoir été étendu d’eau, une belle .couleur pourpre, mais on n’y a pas aperçu le plus léger trouble. Un autre échantillon non étendu d’eau, chauffé jusqu’à l’ébullition, a laissé un précipité coloré en pourpre et s’est décoloré en même temps. La quantité totale de la liqueur n’a pas toutefois été portée à l’ébullition, mais abandonnée au repos dans un lieu obscur. Au bout de deux jours, on l’a trouvée entièrement trouble, non plus pourpre pur, mais brun kermès sale et en plusieurs parties de la paroi du cylindre en verre, il y avait une élimination manifeste en des points nombreux d’or métallique. Alors on a procédé à la récolte sur un filtre des matières éliminées.
- La liqueur filtrée a coulé d’abord rougeâtre, mais plus tard jaune d’or pâle. Cette dernière a donné avec l’acide sulfhydrique un trou-*ble brun foncé et avec le sulfate de fer une coloration bleue qui a été suivie peu à peu d’un précipité brun et fin. La liqueur contenait donc du chlorure d’or libre.
- Le contenu du filtre était un pourpre d’aspect sale qui, séché à l’air, pesait 1077 milligrammes et par la compression affectait l’éclat de l’or.
- a. 400 milligrammes, traités à chaud par l’acide chlorhydrique, ont laissé un résidu ayant l’aspect de l’or précipité, qui, séché, pesait 117,5 milligrammes. En faisant digérer celui-ci dans l’eau régale étendue, il est resté 8 milligrammes d’oxyde d’étain qui ne se sont pas dissous; la solution acide a fourni par précipitation avec le sulfate de fer 109,5 milligrammes d’or.
- La solution chlorhydrique ci-dessus a donné par précipitation avec l’ammoniaque, et après lavage et calcination du précipité blanc, 225 milligrammes d’oxyde d’étain, et la liqueur ammoniacale qu’on a rendue acide par l’acide chlorhydrique, et dans laquelle on a fait passer un courant d’hydrogène sulfuré, a fourni encore après calcination du sulfide d’étain obtenu 0,5 milligrammes d’oxyde d’étain.
- b. 200 milligrammes ont perdu à 100° C. 13 milligrammes, à 120° encore 3 milligrammes et à la chaleur rouge 12,5 milligrammes; en tout 28,5 milligrammes en poids. Sur 400 milligrammes, c’est donc 75 milligrammes. Le produit avait alors exactement la même apparence qu’avant la calcination.
- Les quantités trouvées d’or, d’oxyde d’étain et d’eau se trouvent à peu près dans le rapport de 1 équivalent, 6 équivalents et 12 équivalents.
- Analyse. Équivalents. Calcul.
- Or...................... 109.S 1 106
- Oxyde d’étain............. 233.5 6 237
- Eau........................ 57.0 12 57
- 400.0 400
- »
- V. 100 centimètres cubes de solution d’or ont été étendus jusqu’à 1000 centimètres cubes, 31,5 centimètres cubes de solution de protochlorure d’étain portés avec l’eau à 315 centimètres cubes; les deux liqueurs ont été mélangées promptement. Il y avait donc dans ce cas 30 centimètres cubes de solution
- d’or en excès. Il en est résulté immédiatement, comme dans le n° II, un précipité rouge pourpre qui, au bout de quelques minutes, s’est de lui-même déposé complètement au fond. La liqueur surnageante avait alors un aspect rouge vineux clair, et après un repos de 24 heures, elle était devenue beau-
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- coup plus pâle, et en procédant alors à la filtration, la liqueur qui avait filtré la première virait encore un peu au rougeâtre, mais celle qui la suivit était jaune d’or pur pâle. Le précipité séché à l’air pesait 1697- milligrammes, et par la compression prenait l’éclat de l’or.
- «. 400 milligrammes ont perdu à 100° G. 31 milligrammes, à 120° encore 5, et à la calcination encore 17 ; au total 53 milligrammes. L’aspect extérieur du produit n’avait, par ce traitement, éprouvé aucun changement.
- Le résidu de la calcination a été mis en digestion à chaud dans l’acide chlorhydrique. Observé au
- bout de quelques heures, la coloration foncée avait disparu et la poudre ressemblait à un mélange de blanc-jaune et de brun cannelle. En y versant goutte à goutte de l’acide azotique, on a mis promptement l’or en dissolution, et il est resté 196 milligrammes d’oxyde d’étain. Avec la solution d’or, on a obtenu, en précipitant par le sulfate de fer, 146 milligrammes d’or.
- En additionnant l’eau, l’oxyde d’étain et l’or qui ont été trouvés, il manque 5 milligrammes sur les 400; mais le rapport entre l’or, l’oxyde d’étain et l’eau se rapproche beaucoup de 2 équivalents, 7 équivalents et 16 équivalents.
- Analyse. Équivalents. Calcul.
- Or......................... 146 2 149
- Oxyde d’étain.............. 196 7 197
- Eau......................... 53 16 54
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- b. On a fait digérer directement 400 milligrammes dans l’acide chlorhydrique. La solution traitée de la manière déjà plusieurs fois indiquée, a fourni de nouveau au total 196 milligrammes d’oxyde d’étain, tandis que l’or s’élevait à 148,5 milligrammes. Si on considère la perte = 55,5 milligrammes comme étant de l’eau, les quantités d’or, d’oxyde d’étain et d’eau correspondent de même au rapport de 2 équivalents, 7 équivalents et 16 équivalents.
- VI. 70 centimètres cubes de solution d’or ont été portés à 700 centimètres cubes, et d’un autre côté, 45 centimètres cubes de solution de protochlorure d’étain portés à 450 centimètres cubes, et les deux liqueurs ont été mélangées vivement. Dans ce mélange, le protochlorure d’étain se trouvait donc en excès d’environ 13,5 centimètres cubes. Il ne s’est développé qu’une coloration rouge pourpre intense, mais pas de dépôt. Après un repos de 48 heures, il s’est néanmoins formé sur le fond un précipité rouge pourpre assez abondant, et
- la liqueur surnageante qui paraissait encore légèrement rouge rosé, a perdu cette nuance au bout de quelques jours et a filtré parfaite-41 ment claire.
- Le précipité séché à l’air pesait 2192 milligrammes et a pris comme tous les précédents l’éclat métallique, quand on l’a soumis à une pression.
- a. 400 milligrammes ont perdu de leur poids à 100° 31, à 120° encore 3 et au rouge encore 20, en tout 54 milligrammes. Le pourpre a paru alors plus clair qu’avant la calcination.
- On en a extrait l’or par l’eau régale et on a précipité par le sulfate de fer. Ce précipité pesait 126,5 milligrammes.
- b. 400 milligrammes ont fourni par le traitement direct par l’acide chlorhydrique, et les opérations consécutives en tout 220 milligrammes d’oxyde d’étain et 125,5 milligrammes d’or. «
- L’or, l’oxyde d’étain et l’eau sont presque ici dans le rapport de 1 équivalent, 5 équivalents et 10 équivalents.
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- Calcul,
- 120
- 223
- 33
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- Analyse. Équivalents.
- Or .... 126 1
- Oxyde d’étain.. . . .... 220 3
- F,a.n . . . .... 34 10
- 400
- Les observations et les expériences précédentes sont, à ce que je crois, suffisantes pour se former une idée nette sur la marche des phénomènes dans la formation du pourpre de Cassius et sur sa nature.-
- D’abord, il ne peut plus y avoir le moindre doute que le pourpre de Cassius ne renferme pas un des degrés de l’oxydation de l’or, mais de l’or métallique, et non plus un autre degré d’oxydation de l’étain
- ue le protoxyde, et que la marche
- e sa formation ne soit exprimée par les deux équations suivantes :
- (1) ÀuC13+5SnCl = Au + 3SnCl*
- (2) 3Sn Cl2+6 H 0 =3 Sn O2+ 6 H Cl
- La première action consiste donc dans la réduction du chlorure d’or en métal et dans la modification rouge pourpre, avec formation simultanée de bichlorure d’étain. Il se forme du pourpre dans toutes les circonstances, c’est-à-dire que les solutions peuvent être concentrées ou étendues, mais ce n’est que dans le dernier cas qu’on obtient un précipité, et c’est dans la formation de ce précipité que repose la seconde action de l’opération, à savoir la décomposition du bichlorure d’étain en oxyde et en acide chlorhydrique par l’eau. A la molécule d’oxyde d’étain hydraté adhère alors la molécule d’or réduit comme une matière colorante sur un tissu, et toutes deux constituent le précipité.
- Il se présente ici cette circonstance particulière que ce n’est pas seulement le corps réduit qui est précipité,mais aussi le corps réducteur, non pas chacun en particulier, mais tous deux réunis comme dans une laque, puisque ici l’oxyde d’étain développe sa propriété bien connue d’attraction pour les matières colorantes.
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- On peut à chaque instant se convaincre que la solution de bichlorure d’etain se dédouble au moyen de beaucoup d’eau en oxyde et en acide chlorhydrique. Puis, la précipitation de l'oxyde n’a lieu qu’après un ou plusieurs jours de repos, absolument comme le pourpre de Cassius quand la dilution de la liqueur n’est pas suffisante et qui reste des jours, des semaines même flottant à l’état si grand de division qu’on a cherché à le faire considérer comme étant dissous.
- Le bichlorure d’étain n’exerce pas la plus légère influence dans la production du pourpre de Cassius, bien mieux, au moyen de sa facile décomposition par unegrande quantité d’eau, il est disposé à charger le produit d’un excès d’oxyde d’étam (voyez l’expérience
- A raison des équations précédentes, le pourpre contiendrait donc pour 4 équivalent d’or constant, 3 équivalents d’hydrate de protoxyde d’étain, mais comme ici il n’y a pas combinaison chimique, la quantité de ce dernier oxyde dépend plutôt de la quantité de solution stanni-que employée, car la solution du protochlorure est également décomposée par une grande abondance d’eau et laisse précipiter de l’oxyde d’étain, de là, dans l’expérience VI, avec excès de solution de protochlorure d’étain, un produit si riche en étain, et dans cette dernière circonstance, tout dépend du degré de dilution; ce n’est donc que par exception qu’on doit attendre un semblable rapport. Dans les applications pratiques les quantités variables d’oxyde d’étain dans le pourpre de Cassius n’ont certainement aucune influence.
- Parmi les propriétés du pourpre de Cassius, il faut ranger celle que, lorsqu’il vient d’être produit ré-
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- autres dissolvants ci-dessus, il suffit pour l’obtenir très-pur d’y plonger le camphre brut. Après un contact plus ou moins prolongé, on décante, et par l’évaporation on obtient du camphre à l’état de pureté.
- L’iode est également très-soluble dans le sulfure de carbone et se traite de même.
- Après avoir fait subir les préparations habituelles aux soudes de varechs, on prend la concentration qu’on fait tremper dans le sulfure de carbone. L’iode est complètement dissout par le sulfure et l’évaporation de ce dernier donne l’iode à. l’état d’une grande pureté.
- Pour extraire le soufre contenu dans les terres sulfureuses des solfatares, on traite directement ces matières par le sulfure de carbone qui en dissout une forte proportion. On évapore cette dissolution qui laisse de beaux cristaux de soufre pur.
- Pour traiter des sulfures et des bisulfures par ce moyen, il faut préalablement leur faire subir soit une torréfaction, soit une calcination plus ou moins intense, puis les traiter par le procédé décrit plus haut.
- Au lieu de se servir du soufre comme on l’a fait jusqu’à présent pour la fabrication du sulfure de carbone, on remplace ce soufre dans cette application par des sulfures ou bisulfures de toute nature.
- cemment, il se dissout dans la solution d’or.
- D’un autre côté, les assertions de Berzelius, Bolley, Capaun,Fuchs et Proust, que le pourpre récemment préparé est soluble dans l’ammoniaque liquide , doivent, d’accord en cela avec les opinions de Buisson et Gay-Lussac, être considérées comme des erreurs.
- L’acide chlorhydrique n’enlève pas tout l’oxyde d’étain au pourpre de Cassius; l’eau régale le dissout âisémenl et complètement. D’un autre côté, le pourpre calciné n’abandonne rien à l’acide chlorhydrique et seulement son or à l’eau régale.
- Dissolvant de l'indigo, de la cochenille, etc.
- Par M. Coignet, de Lyon.
- Le sulfure de carbone, les huiles de houilles, les huiles essentielles et l’éther ont la propriété de dissoudre avec une grande énergie les matières colorantes de l’indigo, de la cochenille, du safran, du sa-franum, de la garance et des lichens employés dans la fabrication de l’orseille.*
- On fait tremper ces matières dans ces dissolvants à haute ou basse température pendant plus ou moins de temps, puis on extrait par décantation le dissolvant qui contient en dissolution la matière colorante.
- Le sulfure de carbone et autres dissolvants étant très-volatils, on les met dans un alambic et on les distille et évapore entièrement. Les matières qui restent dans l’alambic sont dans un état parfait de pureté et dépouillées de matières étrangères.
- Pour faciliter la décantation, on emploie le déplacement par pression, par quelque agent compressif que ce soit ou par un dissolvant.
- Le camphre étant très-soluble dans le sulfure de carbone et les
- Tour aille automate pour dessécher le charbon d’os des fabriques de sucre.
- Par M. L. Walkhoff.
- On est obligé dans les fabriques de sucre de betteraves, de débarrasser le charbon d’os dont on fait usage, après qu’on l’a soumis à une fermentation, par le moyen de la-j vages, de débouillis et de vapori-J sages, des matières qu’il a enlevées I aux jus de betteraves, du moins
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- celles que la feVmentation, l'ébullition avec la soude, etc., ont amenées à l’état soluble. Il s’agit donc de sécher ce charbon d’os avec la moindre dépense possible de main-d’œuvre, de surveillance, etc., afin de pouvoir le soumettre à l’appareil de calcination qui doit le revivifier et qui, comme on sait, agit d’autant mieux et plus efficacement, u’il reçoit ce charbon à un état de essiccation préalable plus parfait.
- Les dispositions imaginées jusqu’à présent pour opérer cette dessiccation des charbons d’os humides, consistent en une plaque en fer sous laquelle passent les produits de la combustion du four à revivification, pendant que les ouvriers jettent constamment à la pelle le charbon humide dans une direction contraire à celle où circulent ces produits, c’est-à-dire que ceux-ci se rapprochent successivement de plus en plus du point où cette plaque est portée à la plus haute température.
- Cette opération est très-fatigante pour les ouvriers, tant par la chaleur que rayonne la plaque sous leurs pieds, que par les vapeurs qui s’exhalent du noir. D’ailleurs, ar ce moyen, on écrase et on perd eaucoup de noir, et, indépendamment de cela, les fabricants n’ont aucune garantie que les ouvriers ont jeté le noir du côté opposé à celui où arrivent les produits de la combustion, et cependant les frais élevés auxquels donne lieu l’opération exigent qu’elle soit faite avec soin.
- Pour apporter un remède à ces inconvénients et améliorer les appareils employés en Allemagne pour cet objet, je me suis efforcé de remplacer le travail à la main jusque là indispensable par une disposition mécanique fort simple.
- La figure 4, pl. 331, représente en coupe l’appareil mécanique de séchage ou touraille pour le charbon d’os.
- La figure 5 est une vue en plan de ce même appareil.
- Les produits de la combustion
- du four à calcination des os ou de la machine à vapeur arrivent latéralement dans le carneau a de la touraille, carneau qui affecte une forme spirale a', b, b', c, c\ puis débouchent en doù ils sont jetés dans une cheminée.
- Le noir d’os, d’un autre côté, tombe de la gouttière oscillante <?, e au milieu de la touraille, où il est porté d’abord à une douce température par les gaz qui sont déjà en partie refroidis.
- De là ce noir, au moyen d’agita-teursmécaniquesl, l, qui sontarmés de palettes qu’on peut ajuster, est poussé doucement et dans une direction contraire à celui des gaz, vers la périphérie de la touraille où ils sont déchargés en /'ou dans plusieurs autres points si on le juge à propos, pour tomber dans l’appareil de calcination. Gomme c’est à cette périphérie que le courant brûlant a sous la plaque la température la plus élevée, on a la certitude complète qu’on atteint le point le plus convenable de la dessiccation.
- Le mécanisme agitateur se compose d’un arbre vertical g avec engrenage h, et d’une traverse i,i roulant aux extrémités sur des galets A;, k pour diminuer le frottement et qui porte les palettes ajus-bles l, qui suivant leur position et leur inclinaison, charient le noir plus ou moins promptement vers la périphérie.
- Désinfection du caoutchouc,
- Par M. S. Bourne.
- L’odeur extrêmement désagréable et pénétrante, inhérente aux produits fabriqués avec le caoutchouc et la propriété que possèdent ces objets, de commuuiquer une saveur nauséabonde aux liquides et autres substances avec lesquels on les met en contact, a présenté depuis longtemps une difficulté pour étendre l’emploi du caout-
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- chouc et en faire beaucoup d’applications auxquelles cette matière paraît propre. Pour faire disparaître cet inconvénient, on a eu recours à une foule d’expédients, mais aucun d’eux n’a eu de succès, à raison de la tendance énergique que possède le caoutchouc, d’absorber et de retenir les odeurs.
- Le nouveau procédé de désinfection, proposé par M. Bourne, est basé sur l’affinité encore plus puissante que possède le charbon, et spécialement le charbon d’os, pour toute espèce d’odeurs, et sa grande capacité d’absorption pour les substances gazeuses. La difficulté pratique consistait à rechercher le moyen d’employer le charbon, de manière à ce qu’il n’occasionnât pas d’avaries aux articles avec lesquels on pouvait le mettre en contact, mais cette difficulté a été surmontée par les moyens les plus simples.
- Le mode d’application varie nécessairement suivant la nature des articles qu’on traite ainsi. Généralement parlant, ces articles sont introduits sur des tablettes dans une étuve ou chambre chauffée, posés sur une couche mince de charbon, puis recouverts avec cette substance et exposés à une température de 40° à 80° C. pendant trois à six heures, après quoi on les enlève du charbon, n’ayant éprouvé d’autre changement que celui, fort important, d’avoir été débarrassés de leur odeur et d’être incapables de communiquer une saveur quelconque aux liquides ou autres substances avec lesquelles on les met en contact. Moyennant quelques précautions, on peut traiter de cette manière les tissus les plus délicats, sans altérer leur substance ou leur aspect.
- Le mode le plus convenable d’application de la chaleur est l’eau chaude ou la vapeur dont on entoure l’étuve ou la chambre dans laquelle les objets sont déposés.
- Un avantage considérable de ce procédé, c’est qu’avec un prand nombre d’articles vulcanises, il
- peut être exécuté en même temps que le chauffage ou l’opération par laquelle s’opère la vulcanisation, et que les articles quittent l’étuve vulcanisés et débarrassés de toute odeur. Il s’applique également au caoutchouc en feuilles, aux tissus imperméables, aux vêtements et autres articles fabriqués avec ces tissus après qu’ils ont été confectionnés.
- L’emploi de ce procédé a permis à l’inventeur de produire ses diaphragmes flexibles dans un tel état de pureté qu’on peut immédiatement les employer sur les vins les plus délicats et autres liquides. Le diaphragme lui-même est une invention destinée à établir dans les tonneaux ou autres vaisseaux des chambres ou séparations distinctes au moyen de cloisons flexibles qui s’appliquent alternativement sur la partie supérieure ou celle inférieure du vaisseau ou dans une position intermédiaire quelconque, de façon que, quelle que soit la quantité de liqueur contenue à l’intérieur, l’air, malgré qu’il exerce toujours une pression par l’intermédiaire du diaphragme, soit séparé de ce liquide par un bouclier imperméable. Il en résulte qu’on évite les effets nuisibles et même désastreux d’une exposition à l’air atmosphérique, et qu’on peut extraire du tonneau telle portion qu’on désire du liquide qu’il contient, sans qu’il y ait introduction d’air sur la portion restante. On assure que, de cette manière, on a conserve dans des futailles du vin et de la bière dont on soutirait de temps à autre des portions pendant six et même douze mois, sans qu’il se soit développé de fermentation acide ou putride. Le procédé s’applique, du reste, à d’autres liquides employés dans l’économie domestique ou à des produits pharmaceutiques, à des liqueurs expérimentales de physique, de chimie, etc., liquides qui sont aussi parfaitement garantis que si les vaisseaux étaient complètement chargés.
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- . Une application de cette invention est celle des soupapes dites élastiques. Dans l’une de ces applications, la soupape est destinee à l’évacuation des produits gazeux de la fermentation, tels, l’acide carbonique qui se génère dans la fermentation des moûts de vin, de bière, etc. ; dans l’autre, au contraire, à l’admission de l’air et permettre aux liquides de s’écouler par des robinets ou autres orifices.
- Dans le premier cas, une rondelle de caoutchouc vulcanisé recouvre un petit orifice par lequel le*gaz peut s’échapper, mais ce gaz rencontre sur son passage le caoutchouc qui, retenu avec force sur les bords de cet orifice, est libre de se distendre et, par cette distension, présente un grand nombre de trous très-petits qui ont été préalablement percés dans son épaisseur. Lorsque la pression cesse, la rondelle, revenant sur elle-même, redevient plate et ses trous se referment. Le degré de pression que peuvent supporter ces perforations, avant de s’ouvrir, peut parfaitement être réglé à l’avance et ajusté à tel degré qu’on désire.
- Sous l’autre forme de soupape, un petit cylindre en caoutchouc, fermé par le bout supérieur, est inséré sur un cylindre correspondant, en bois, portant un trou au centre et fortement lié sur son bord supérieur. Ce caoutchouc porte un certain nombre de fentes verticales qui traversent sa substance qui, lorsqu’on ouvre un écoulement au liquide par un orifice, sont soumises k la pression de l’air, cèdent à cette pression et s’ouvrent de façon à laisser cet air entrer dans le vaisseau, dans la même quantité qu’on soutire du liquide. Lorsqu’on arrête cet écoulement, les bords des fentes se rapprochent, de manière à s’opposer k l’échappement du liquide ou des gaz dans une direction opposée. Si par hasard il y a pression à l’intérieur sur la surface du caoutchouc, cette pression tend seulement, k fermer plus complètement les fentes, et ainsi, tout en of-
- frant une introduction suffisante de l’air, la soupape oppose une résistance convenable à sa sortie.
- Sur le point d’inflammation du pétrole.
- Par M. J. Attfield.
- Tout le monde sait que le pétrole, tel qu’il sort du sein de la terre et qu’on le rencontre à l’état brut dans le commerce, dégage une vapeur d’une odeur pénétrante qui est inflammable et qui, par conséquent, mélangée à Pair en certaines proportions, forme un mélange explosif. C’est par ce motif, et aussi pour d’autres raisons, que ce pétrole brut est toujours raffiné avant d’être livré au public. On le distille, et la première portion qui s’élève en vapeur recueillie à part sous le nom d’esprit de pétrole, sert à remplacer l’essence de térébenthine. La portion suivante, et qui est la plus considérable, est le pétrole raffiné qu’on vend sous différents noms pour l’éclairage. Quant au résidu, c’est une huile lourde qui sert aux graissages.
- Le pétrole raffiné conserve l’odeur qui caractérise le pétrole, et même, aux températures les plus élevées, il émet suffisamment de vapeurs pour être immédiatement reconnu k son odeur, mais non pas pour former avec l’air un mélange explosif. Toutefois, aux températures de l’été, dans une chambre chauffée, ou k une température encore plus élevée dans le voisinage d’une lampe allumée, il peut arriver un point auquel l’huile dégage assez de vapeurs pour atteindre un degré explosif avant de se dissiper dans l’air de l’appartement, et faire explosion au contact d’une flamme. Le degré varie avec la qualité du pétrole et la proportion d’esprit qu’on lui a enlevé k la distillation, et, si cette opération a été bien faite, le pétrole n’offre plus aucun
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- danger; malheureusement, le commerce n’est pas toujours intéressé à éliminer cet esprit, et beaucoup de pétroles qu’on débite sont d’un emploi dangereux. Leur inflammabilité et les explosions auxquelles ils peuvent donner lieu ont éveillé la sollicitude de l’administration dans tous les pays, et des lois, des instructions diverses ont réglé le transport, la conservation et l’emploi de ces matières.
- La loi anglaise ayant établi qu’on ne doit pas débiter en détail des pétroles raffinés émettant des vapeurs inflammables au-dessous de 100°F. (37°78G.),lesmarchandsont adopté, pour s’assurer de cette propriété, un moyen qui consiste à verser un peu de pétrole dans une soucoupe, une petite capsule ou autre vase semblable, à y appliquer lachaleurd’unelampe en plongeant en partie la soucoupe dans l’eau chaude, ou autrement, agitant le liquide avec un thermomètre et approchant de temps à autre une allumette enflammée pendant l’élévation de la température, jusqu’à ce que l'huile prenne feu. Le degré auquel cela a lieu est considéré comme le point d’inflammation du pétrole. Mais il s’est élevé un débat sur ce point. Des observateurs attentifs ont fréquemment observé que quelques degrés avant que le pétrole s’enflamme définitivement, une petite flamme bleue s’élançait de l’allumette enflammée sur la surface du liquide, le pétrole semblait d’abord s*enflammer puis s’éteindre, et c’est ce phénomène qu’ils ont considéré comme le point d’i-gnition. D’autres qui n’ont pas ap-perçu cette flamme ou qui n’ont pas opéré dans les circonstances qui la déterminent, ont placé ce point beaucoup plus haut, et on a d’ailleurs constaté des points dont on ne pouvait se rendre compte par cette différence; de là, des contestations, des expertises, etc., mais qui n’ont point empêché que
- la plupart des pétroles qu’on vend en détail n’émettent des vapeurs inflammables au-dessous de 38° C. Cependant M. Attfield démontre qu’il peutse développerdes vapeurs qui s’enflamment entre 27° et 30°, et que la rupture d’une lampe ou le déversement du pétrole peuvent, dans ces circonstances, causer de graves accidents.
- En conséquence, il a cherché d’abord à démontrer que le point d’inflammation du pétrole est sujet à des variations, puis il a suggéré une modification dans la méthode pour déterminer ce point avec exactitude, c’est-à-dire la température moyenne à laquelle il faut elever le pétrole pour que sa vapeur devienne inflammable.
- A cet effet, il étudie expérimentalement les causes qui peuvent faire varier ce point, tels que le temps employé à l’opération, la vitesse du dégagementdesvapeurs, la forme et la disposition du vase où se fait l’expérience, le mélange avec l’air, la distance de la flamme d’épreuve, la quantité du pétrole, etc., toutes circonstances qui expliquent pourquoi il a trouvé des pétroles qui s’enflamment à tous les degrés, entre 25° et 50° C. ; mais avant de faire connaître son mode d’observation, il croit devoir présenter le tableau des points d’igni-lion de divers échantillons de pétroles raffinés, qu’on trouve dans le commerce en gros et en détail ; les expériences sur chaque échantillon ayant été faites dans trois conditions, savoir : 1° chauffage dans une capsule en terre; 2° chauffage dans un flacon de 60 grammes, à large ouverture, sans agitation du pétrole; 3° répétition de cette dernière expérience, si ce n’est qu’avant d’approcher la flamme, on a appliqué un bouchon sur le flacon et on a agité pendant 3 à 4 minutes. Voici les résultats obtenus :
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- Tableau des poids spécifiques et des points d’ignition des pétroles du commerce.
- NOMS ET MARQUES des MATIÈRES. POIOS spécifique, celui de l’eau étant 1.000. POINT D’IGNITION EN DEGRÉS CENTIGRADES
- En capsule ouverte. En fl sans agitation. icons avec violente agitation.
- Woodville 796 26.67 24 44 21.11
- À. . ........ 797 36.67 28.33 25.56
- Standard 798 35.56 35.00 29 44
- Çaynga 798 27 22 26.67 21.11
- B.. . 799 40.00 30.56 21.67
- Denmark 799 34.44 30.00 29 44
- Hutchinson 800 32.22 30 00 28.89
- Lucifer 801 32.78 27.22 25.56
- Huile de paraffine d’Amérique. . 801 33.33 26.67 ' 20.00
- Commercial 803 40.00 27.22 24 11
- Pétrole d’Amérique n° 1 804 56.66 56.66 43.88 (2)
- — n° 2 805 33.89 32.22 23.33
- — n° 3. . . . . 806 28.33 24.44 18.89
- Huile de paraffine ordinaire. . . 806 40.56 32.22 28 33
- Brillant. / 806 28.33 23 33 22.22
- Huile de paraffine de Young (1). 819 46.66 36 11 32.78
- La méthode employée dans ces expériences est fort simple, mais elle offre l’inconvénient de ne pouvoir être toujours exécutée dans les mêmes conditions, surtout en capsule ouverte, et M. Attfield propose, pour cet objet, de se servir d’un gros tube, court et mince, en verre, qu’on peut chauffer sans crainte, qu’on remplit à chaque expérience d’une même quantité de pétrole, agite avec soin et, où la flamme d’essai est toujours intro-duiteàlamême distancedu liquide, toutes conditions pour obtenir des résultats constants. Dans ce tube, on peut introduire un thermomètre pas plus long que lui qui sert d’agitateur. On chauffe ce tube sur une petite lampe à esprit de vin ou dans un bain-marie chauffé au gaz, etc.,
- (1) Cette substance n’est pas du pétrole.
- (2) Ce pétrole est peu coloré au mo-
- ment de son acquisition, et même après son exposition pendant quelque temps à la lumière. Son poids spécifique indique que c’est un pétrole et non une huile de paraffine. Son prix en détail est de 1 fr. 26c. le litre, ce qui prouve qu’on peut livrer aisément au public des pétroles parfaitement inoffensifs à un prix raisonnable. •
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Avril
- on introduit la flamme à 12 millimètres de la surface du liquide.
- La manière de se servir de cet appareil pour indiquer le point d’ignition et le poids spécifique d’un pétrole ou d’une huile de paraffine, est fort simple.
- Dans le tube d’essai en verre mince de 15 à 16 centimètres de longueur et 36 millimètres de diamètre , on verse du pétrole jusqu’au trait ou au milieu de sa hauteur, on agite bien ce liquide avec le thermomètre, on secoue aussi pour mouiller les parties supérieures du tube et on note la température. Alors on introduit l’allumette enflammée ou mieux un petit jet de flamme de gaz de 6 millimètres de longueur, par l’ouverture du tube et à une distance de 12 millimètres de la surface du liquide, et on retire vivement en observant si une flamme fine bleue ne s’élance pas entre l’allumette et la surface de l’huile. Si cette flamme n’apparaît pas, on chauffe le tube en en passant doucement le fond sur la lampe il esprit-de-vin ou autre flamme, ou en plongeant sa partie inférieure dans l’eau chaude, agi-
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- tant constamment le liquide avec le thermomètre, notant fréquemment la température et introduisant la flamme a épreuve de minute en minute. La température à laquelle la flammé bleue apparaîtra sera le point d’ignition du pétrole, le point auquel il dégagera des vapeurs inflammables. Pour corriger ce résultat, on laisse le tube refroidir raduellement et on introduit la amme comme ci-dessus. La plus basse température à laquelle la vapeur prend feu, est le véritable point d’inflammation du pétrole essayé.
- Pour déterminer le poids spécifique, on verse le pétrole ou l’huile dans le tube d’épreuve jusqu’à ce qu’il en soit rempli aux trois quarts, on insère le thermomètre et on chauffe ou refroidit jusqu’à ce que la température soit de 150°G., on plonge un hydromètre, en ayant soin qu’il flotte bien dans le liquide, le point sur la tige de l’hvdromètre coupé par la surface inférieure du liquide, est le poids spécifique du pétrole.
- Cet hydromètre particulier pourrait être appelé pétroléomètre, mais ce nom conviendrait peut-être mieux à l’ensemble de l’appareil.
- Afin de donner une idée du degré de confiance qu’on peut placer dans le point d’ignition du pétrole déterminé ainsi, on dira que deux observateurs expérimentant à des époques différentes sur trois échantillons de pétrole, ont donné des points qui ont tout au plus varié d’un degré.
- Extraction du gaz d’éclairage et du noir d'impression, des lies de vins épuisées.
- Par M. Ed. Schlamp.
- Les lies de vin, après qu’on en a extrait l’alcool, le tartre et l’éther œnanthique sont moulées en boules et séchées sur la machine à vapeur, au soleil ou sur un four à
- gaz. Pour en fabriquer du gaz d’éclairage, M.Ed. Schlamp, chimiste à Nierstein, sur le Rhin, introduit ces lies suivant leur quantité dans une, deux, trois cornues, etc., placées dans un four à gaz. Les boules sèches sont chargées dans ces cornues avec une pelle qui en contient 50 kilogrammes, et ce charge- ' ment est opéré rapidement par un ouvrier, tandis qu’un aide placé tout près, tient à la main le tampon tout luté de chaque cornue, afin de la fermer aussitôt. que la pelle a été vidée dans la cornue et qu’elle en est retirée, ce qui procure un rendement en gaz plus considérable. En moins d’une heure la distillation sèche est opérée complètement, et alors on procède à la vidange des cornues de la même manière que dans les fabriques de gaz au bois. Les charbons incandescents qu’on trouve dans les cornues sont versés directement dans de petites caisses en tôle sur lesquelles on applique un couvercle luté pour en fermer hermétiquement l’orifice. Ces caisses, remplies de charbon, sont abandonnées jusqu’à ce qu’elles soient entièrement refroidies. Le gaz produit renferme, comme impureté principale, de l’acide carbonique et de l’ammoniaque. On le purifie avec succès en chargeant l’entrée du purificateur avec de la chaux vive récemment éteinte, et sa sortie avec la masse de Laming. M. Schlamp a obtenu de 100 kilogrammes de lie, 22 à 24 mètres cubes de gaz d’éclairage qui, avec un brûleur consommant 120 litres par heure, et comparé avec une bougie de cire de 8 au kilogramme, a indiqué au photomètre de Bunsen un pouvoir éclairant de 10 à 12 bougies. 300 à 350 kilogrammes de lies ont fourni après la distillation du gaz d’éclairage, et suivant la ualité de ces lies, 50 kilogrammes e charbon, qui, après son refroidissement, a pu être livré aux fabricants d’encre typographique.
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- Mode de fixation des couleurs sur les tissus et les fils.
- Par M. A. Paraf.
- L’acide arsénieux est d’une grande utilité en teinture et en impression, principalement quand il est combiné à l’alumine pour fixer les couleurs d’aniline; mais, par suite de sa grande insolubilité dans Peau, les acides ou les alcalis, il a peu été employé jusqu’à présent.
- M. Paraf a découvert que la glycérine agit fort bien sur l’arsenic blanc (acide arsénieux), qu’elle dissout son propre poids de cet acide, et il a appliqué avec succès cette propriété à la fixation des matières colorantes, telles que l’aniline, sur les articles en coton et autres matières. Voici sa manière de procéder :
- Il dissout d’abord une partie d’acide arsénieux dans une partie de glycérine. En second lieu, il prépare de l’acétate d’alumine par les moyens ordinaires, mais en donnant pour cela la préférence au sulfate d^alumine au lieu d’alun. Il ajoute alors de 10 à 12 pour 100 de chacune de ces solutions à une couleur quelconqued’aniline épaissie par l’empois, imprime et vaporise pendant une demi-heure. Le vaporisage terminé, il passe les articles par une eau de savon tiède, et la couleur solide se trouve entièrement fixée sur les fibres de la matière.
- Réduction des composés aromatiques par la poudre de zinc.
- Par M. Baeyer.
- L’oxygène est, en général, plus difficile à éliminer des composés aromatiques que les matières grasses, parce que dans ces composés, il est souvent retenu avec plus d’énergie. C’est ainsi, par exemple, fine les agents de réduction connus n’agissent pas sur l’acide phé-
- niqué et qu’on est obligé de prendre la voie détournée du bromben-zole pour préparer avec lui le ben-zole. Cette substance est cependant réduite directement et avec facilité lorsqu’on fait passer ses vapeurs sur de la poudre de zinc chauffée. On obtient ainsi une riche récolte de benzole qui, par un produit secondaire, peut-être l’éther phénilique de M. Limpricht, possède une suave odeur de géranium. Il se forme encore en même temps d’autres produits secondaires liquides et solides, qui ne bouillent qu’à une haute température , mais en faible quantité. L’eau du groupe des acides est également réduite par le'zinc en poudre; l’acide benzoïque et l’acide phthalique fournissent de l’essence d’amandes amères quand on les traite de la sorte. 1
- Dans des recherches sur l’indigo, que j’ai eu l’occasion d’entreprendre en commun avec M. Knop, la réduction de l’isatine a été poussée jusqu’à l’oxindol, mais n’a pu être poursuivie plus loin. En chauffant avec la poudre de zinc, on réussit aisément à préparer le corps qui correspond à l’acide phénique et même à lui enlever les dernières traces d’oxygène et à préparer l’in-dol qui est là substance mère du groupe indigo. De même que les hydrocarbures forment le point de départ des alcools aldéhydes et acides correspondants, de même l’in-dol est le point de départ du groupe entier des indigos.
- L’indol, par ses propriétés, se rapproche, de la naphthylamine, il a la même odeur, distille à une haute température sans se décomposer, se concentre en une huile qui cristallise par le refroidissement, mais un caractère distinctif qu’il possède est qu’il colore en rouge cerise les copeaux de sapin mouillés avec l’acide chlorhydrique.
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- Emploi de la glycérine dans les moulages en plâtre.
- Par M. Hofmais'iN.
- Jusqu’à présent on s’est servi, pour faciliter la dépouille des objets moulés en plâtre, d’une eau de savon plus ou moins chargée. J’ai remarqué depuis longtemps que cette eau de savon ne remplissait plus aussi bien le but qu’aupara-vant et qu’il devenait difficile et pénible de détacher les moulages qui, souvent même, étaient endommagés. Sans nul doute, cet effet doit être dû à la mauvaise qualité du savon, et même le savon d’oléine qu’on trouve dans le commerce ne paraît nullementpropreà cet usage. Des expériences, pour remplacer les savons par la glycérine, ne m’ont conduit à aucun résultat satisfaisant, parce qu’elle pénètre avec trop de rapidité dans la masse poreuse du plâtre qui constitue les moules. Mais, si on enduit d’abord le moule avec de l’eau de savon, puis avec de la glycérine, le résultat est des plus heureux ; la pièce moulée, après la prise, se détache aisément et bien pure du moule et sans danger d’en briser les parties délicates. On enduit très-aisément les moules avec de la glycérine au moyen d’un pinceau.
- Nouveau procédé de fabrication du sulfate de fer.
- M. Mène a proposé récemment un nouveau procédé pour la fabrication de la couperose verte ou sulfate de fer avec les scories des forges. J^es scories siliceuses sont
- traitées par l’acide sulfurique, et la masse qui résulte de cette réaction est portée dans un four à une température de lo0° C. pour éviter la présence de la silice gélatineuse ui ne permettrait pas aux liquides e se clarifier pour la cristallisation ; il suffit de laver cette masse à l’eau chaude et de faire cristalliser.
- Ce procédé donne de la couperose jouissant de qualités qui sont estimées dans la teinture. Un procédé analogue permet d’obtenir le chlorure et l’azotate de fer à des prix bien inférieurs aux prix actuels.
- Purification de la naphtaline.
- Par M. Muth.
- Les cristaux de naphtaline, la plupart du temps colorés en brun rougeâtre qui se déposent au sein des produits oléagineux de la distillation du goudron, sont pulvérisés avec le double de leur volume de sable quarzeux, mélangés intimement par le broyage, puis en cet état introduits dans un grand bain-marie en forme de caisse en couche d’une épaisseur de 10 centimètres. Cette poudre est recouverte par une toile et on descend dans le bain-marie une boîte en bois qui s’y ajuste très-exactement. Déjà, au-dessous du point d’ébullition de l’eau, il se sublime de la naphtaline pure qui se dépose en gros gâteaux translucides sur les parois de la boîte. Il reste une masse solide fort dure qui pourrait être utilisée dans de nombreuses applications. La naphtaline recueillie est limpide et presque sans odeur.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Procédé pour le moulage de Vacier.
- Par M. Wiiitworth.
- M. Whitworth est inventeur d’un Procédé nouveau pour soumettre ï’acrer pendant le moulage à une pression énergique qui non-seule-nient donne à ce métal une plus grande densité, mais de plus évite les pertes qui résultent de l’emploi de gros jets ou de fortes masse-lottes. On a déjà proposé à plusieurs reprises de mouler l’acier sous pression, mais les moyens n’étaient pas de nature à entrer largement dans la pratique jusqu’au moment où M. Whitworth a trouvé dans le cours de ses expériences à ce sujet, que cette pression a besoin d’être considérable et que les moules actuellement en usage ne peuvent résister à cette action puissante.
- Dans le procédé de M. Whitworth, on se sert de moules en acier et dans des cas nombreux de moules en fer forgé dont la structure est indiquée dans la planche 331 où les figures 6 et 7 représentent en coupe ces sortes de moules pour la fabrication des barres, et la figure 8 en coupe verticale.
- Le cylindre extérieur en acier fondu B qui a une conicité à l’intérieur dans le rapport de 1 à SO est garni de pièces en fonte C en forme de segments qui, tant sur leur longueur que sur leur section transversale, sont creusées de sillons ou d’entailles, afin que l’air et les gaz puissent se dégager plus facilement. L’extrémité inférieure du moule est, au moyen de vis E,E, assemblée avec le chapeau D; et ce chapeau est percé d’un trou dont la grandeur et la forme sont exactement les mêmes que celles du creux du cylindre et qui sert au
- passage du piston de pression F. Ce piston F est en rapport direct avec celui d’une presse hydraulique. Sur le moule est disposé un autre piston F1 qui, en temps opportun, est vivement introduit à son intérieur et peut y être maintenu avec fermeté. Les pièces segmentaires C du moule sont aussi, sur leurs faces internes, enduites de terre grasse ou autre matière analogue, et il en de même des surfaces de pression des pistons F et F1, les enduits terreux de ces derniers étant maintenus par des anneaux de fer-blanc.
- Après que l’acier ou le fer en fusion ont été versés dans le moule, on abaisse vivement le piston F1 sur le métal fondu et on l’y maintient avec fermeté par un moyen quelconque. En meme temps, le piston de la presse hydraulique étant mis en activité, le piston F est chassé dans ce moule, ce qui expose l’acier fluide à une très-grande pression. Aussitôt qu’on a atteint la pression requise, le moule et son contenu sont abandonnés à eux-mêmes jusqu’à ce que l’acier se soit suffisamment refroidi, ou bien la pièce fondue est retirée du moule et introduite dans un four à recuire où on la laisse se refroidir lentement.
- Le procédé dont il vient d’être question s’applique aux objets pleins ou pièces sphériques massives ; quant aux corps creux dont le vide a un petit diamètre, on remplit celui-ci avec un noyau en fer, et les pistons sont établis creux afin de pouvoir s’appliquer sur le noyau.
- Les autres figures représentent des moules en acier fondu pour mouler le corps des canons.
- Fig. 9, section horizontale du moule.
- Fig. 10, section verticale.
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- Fig. 11, coupe sur la longueur du noyau.
- Le moule en acier A, A se compose de deux parties qui sont appliquées l’une sur l’autre et réunies ensemble par des boulons a, a. La face interne de ce moule est garnie d’une chemise en sable ou en terre grasse B qui, dans le modelage, a été battue entre le moule et le modèle. Au milieu de ce moule s’élève le tuyau en fonte ou en fer forgé C qui est percé d’un grand nombre de petits trous, et dans le bas présente un socle G1. C’est sur ce socle qu’on monte ou construit le noyau, ainsi que les pièces segmentaires en fonte F1 qui, de même, sont percées de trous nombreux de petit diamètre avec surfaces de contact avec le métal fluide enduites de terre grasse. Dans la partie supérieure du moule, on a fixé par des vis <?, e le collier en acier A1 au travers duquel passe le piston supérieur. Ce piston est abaissé vivement sur le métal fondu et maintenu fermement en position pendant que ce métal est soumis à la pression.
- Le piston inférieur X qui est mis en action par une presse hydraulique, passe à travers l’anneau d’assemblage Y qui, à l’aide de boulons f, est arrêté sur la face inférieure du moule et est creux, afin de pouvoir glisser sur le noyau.
- Indépendamment de cela, ilyaen-core deux autres pistons dépréssion L,L qui sont également percés et qui, par leurs percements, peuvent se mouyoir sur les noyaux en fer forgé M, lorsqu’ils sont mis en action par les pistons K des presses hydrauliques J. Les cylindres de ces presses hydrauliques sont arrêtés par des boulons el sur les collets H du moule en acier, et les faces de pression de ces pistons L sont enduits de terre grasse dans laquelle on perce des trous pour le dégagement de l’air et des gaz.
- Après que le moule a été rempli, on abaisse le piston supérieur et on le maintient fermement en place, puis on donne simultanément
- la pression avec tous les autres pistons en ayant soin que cette pression ait la même intensité ou la même force par unité de surface chez tous les pistons.
- Avec les corps massifs d’environ 10 centimètres de diamètre,. M. Withworth a employé une pression de 30 kilogrammes par millimètre carré, mais, lorsque les moules contiennent, des noyaux creux, .une pression de 7 kil.50 a déjà donné de bons résultats.
- Appareil de moulage pour les roues de chemins de fer.
- Par M. J.-B. Tarr, de Chicago.
- On a fait de nombreuses tentatives pour perfectionner la fabrication des pièces moulées en les exposant à une pression pendant qu’elles sont encore à l’état fluide. M. Tarr s’est proposé à son tour de produire des moulages en acier fondu en soumettant ce métal, encore liquide et dans les moules, à une pression considérable pour en chasser l’air interposé, donner à l’acier plus de densité et le débarrasser des soufflures et autres défauts.
- Pour donner une idée de ce procédé, nous décrirons la construction et le mode de travail de l’appareil employé pour produire une roue de chemin de Fer en acier fondu, les autres articles pouvant être fabriqués par une simple modification dans la forme des moules.
- Lafig. 12, pl. 331, est un plan de l’appareil à mouler une roue de cette espèce.
- La fig. 13, une section verticale prise parle centre de l’appareil et où l’on voit les diverses parties ou pièces du moule en position, pour permettred’enleverla roue moulée.
- Le moule se compose de trois pièces ou sections; A,A, plaque d’assise constituant la pièce inférieure du moule sur laquelle est
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- moulée la roue A1 ; B,B, anneau pour former la circonférence ou jante de la roue, ainsi qu’une portion du boudin. Cet anneau constitue la paroi verticale du moule et s adapte dans une rainure circulaire découpée sur la face supérieure et horizontale de la plaque A ; C, pièce ou section supérieure du moule qui produit le profil de la surface extérieure de la roue et forme conjointement avec l’anneau B et la plaque d’assise A une chambre ou moule dans lequel on coule la roue. L’œil, au centre de la roue A1, est produit par un noyau conique D qui est chassé à travers les trous au centre dans les plaques A et C, et dont le plus grand diamètre est dans le bas,
- La pièce C du moule a été moulée elle-même avec trois ou un plus grand nombre de manchons a,a,a s’élevant perpendiculairement sur sa face extérieure, percés et taraudés à l’intérieur dans toute leur hauteur, pour recevoir les tiges filetées è,è,è. Sur ces tiges sont calées des roues dentées c,c,c, et dans le haut, ces tiges portent des embases b\b\b' qui appuient sur la traverse E, de manière à résister à tout mouvement de bas en haut de ces tiges. Les roues c,c,c font corps avec des douilles c’,c’,c’ qui constituent autant de points d’appui pour les tiges filetées sur la traverse E. Un arbre au centre F porté sur la traverse E commande ces tiges au moyen d’une roue dentée d, qu’il porte et qui, en engrenant dans les roues c, fait tourner simultanément les tiges quand on veut faire descendre ou monter la pièce C du moule.
- La traverse E est soutenue et maintenue en place par trois piliers G,G,G, qui sont fortement fixés sur la plaque d’assise A et sur cette traverse. Deux ou un plus grand nombre de pinces à vis g,g, insérées dans des trous taraudés dans la plaque d’assise A, dans des points convenables, servent à maintenir en place l’anneau B, et des pinces semblables h,h sont fixées
- sur la pièce annulaire B, afin de pouvoir la soulever au moyen de la pièce C. Le relèvement de cette pièce B ayant pour objet de retirer la roue moulée A1.
- On a pratiqué, dans l’épaisseur de la pièce C, trois ou un plus grand nombre de trous e, (fig. 12), pour couler le métal fondu dans le moule, et l’extrémité supérieure et la plus étroite de ces trous de coulée est percée dans des coulisseaux en queue d’aronde f,f,f, qu’on fait glisser quand le métal a été versé dans les moules pour couper l’extrémité saillante des masselottes. On donne aux trous une forme conique afin de permettre de dégager la roue moulée A de la pièce C après le moulage. Immédiatement au-dessous de chacune de ces coulées e est un trou s percé dans la plaque d’assise A pour recevoir un bloc de plombagine i, au-dessous duquel est une vis de calage; pour ajuster les blocs et maintenir constamment leur surface au niveau de celle de la pièce A. On peut remplacer la plombagine par toute autre substance réfractaire et propre à empêcher l’acier liquide de mettre en fusion la pièce A, et d’y adhérer dans les points au-dessous des trous de coulée.
- Avant de commencer une opération de moulage, on recouvre les surfaces intérieures tout entières des pièces du moule avec de la suie qui empêche le métal dè brûler ce moulé et d’y adhérer. Lorsque lesdiversespièces ont été disposées dans les positions convenables et que le noyau central D a été inséré par dessous la plaque d’assise C, on verse l’acier en fusion dans le moule par les trous de coulée, jusqu’à ce que ce moule en soit entièrement rempli, puis on pousse immédiatement les coulisseaux f sur ces trous, de manière à couper la partie supérieure des masselottes s,s, et fermer les trous. En cet état, on fait tourner l’arbre principal F pour descendre la plaque G et exercer une pression ferme et puissante sur le métal liquide ren-
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- fermé dans le moule. Cette pression chasse l’air et les gaz carbures de l’acier par les ouvertures convenables ménagées dans les pièces du moule pour cet objet, en même temps qu’elle accroît la densité du métal.
- Lorsque la pièce moulée a pris l’état solide, on supprime la pression, on relève la plaque C à une distance suffisante pour la dégager de l’action des roues, puis on la fait redescendre, on ouvre dessus les pinces celles g, g sont tournées en dehors, de manière à rendre libre l’anneau B ; cela fait, on tourne de nouveau l’arbre F afin de remonter la plaque C et avec elle l’anneau B. Le noyau D est chassé paren bas et la roue d’acier fondu peut être enlevée sur la pièce' A.
- Il est facile de voir que la pièce supérieure C du moule forme le piston d’une presse à condenser l’acier et à en chasser les gaz et l’air pendant que le métal est à l’état fluide.
- Les roues ou autres articles ainsi moulés en acier possèdent, dit-on, une force et une ténacité supérieures, et les moulages peuvent s’opérer avec une extrême rapidité et une grande perfection.
- Martinet à air comprimé.
- Par M. T.-G. Dawes.
- Ce marteau, mis en action par l’air comprimé, représenté suivant une section verticale dans la figure 14, pl. 331, et en plan dans îa figure 15, s’est beaucoup répandu dans ces derniers temps dans les ateliers de construction en Angleterre.
- Le piston D du cylindre à air A, monté sur un piédestal I, est mis en mouvement par une bielle J, et un excentrique K calé sur l’arbre L, commandé par des poulies M et une courroie. Ce cylindre A, qui a
- 0m.15 de diamètre, est ouvert à l’une de ses extrémités, et on y remarque h environ 7 à 8 centimètres de son extrémité antérieure un certain nombre de percements B, au travers desquels l’air destiné à la compression est aspiré à chaque excursion. La course de ce piston de compression est 76 millim. Le cylindre de marteau E a 63mm.5 de diamètre, 0n‘.15 de course, et est fermé aux deux bouts. Dans le bas, il existe une boîte à étoupes, et dans le haut une soupape selfac-ling F, s’ouvrant de haut en bas, qui, au besoin, laisse rentrer l’air.
- Le piston du marteau, lors de sa marche en avant, comprime l’air qui se trouve emprisonné devant lui jusqu’à une pression de 300 à 350 kilog., ce qui imprime à la descente une impulsion suffisante au marteau qui ne pèse que 25 kilogr. Le relèvement de ce marteau s’opère par la pression encore suffisamment grande de l’air chassé par dessous, qui du cylindre moteur passe par le canal P dans le cylindre de marteau.
- Sur le cylindre A, entre les deux pistons, est établi à vis un robinet qu’on ne voit pas dans les figures ui, lorsqu’il est ouvert en laissant égager l’air du cylindre moteur, modère ainsi le coup du marteau. Suivant que ce robinet est plus ou moins ouvert, l’effet ou la force du coup est plus fort ou plus modéré.
- Ces martinets font de 200 à 300 excursions par minute, et ont été particulièrement appliqués avec succès au polissage des cuivres en feuilles et dans les petits ateliers de forge, etc. Ils sont très-simples et peu dispendieux pour réparation.
- Chaudière à vapeur de Dickerson.
- Les fig. 16 et 17, pl. 331, représentent deux sections prises à angle droit, l’une par rapport à l’autre, d’une chaudière à tubes bouilleurs et à tubes chauffeurs qui, dans ces
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- deux dernières années, s’est beau-
- coup répandue aux Etats-Unis, et est de l’invention de M. C.-R. Dic-kerson, de New-York. Par cette combinaison de tubes bouilleurs et de tubes chauffeurs ou à fumée, cette chaudière paraît réunir les avantages des deux systèmes. Elle Produit rapidement de la vapeur, ta circulation y est très-facile et cette vapeur n’entraîne pas d’eau avec elle. La surface de chauffe est aussi directe qu’il est possible et par conséquent opère mieux que dans les chaudières à tubes ordinaires.
- Les bulles de vapeur qui se développent dans les tubes bouilleurs qui sont inclinés, en s’élevant promptement jusqu’à l’extrémité la Plus élevée de ceux-ci, déterminent la formation d’un courant rapide d’eau suivant la même direction. L’espace d’eau est, à cette dernière extrémité, d’une grande étendue, afin que ces bulles puissent se dégager plus aisément de l’eau, mais malgré cela, la force du courant ascendant est tellement énergique de ce côté, que le courant relève d’une manière notable le niveau de l’eau et que la vapeur qui se dégage pourrait être très-humide; pour donner à cette vapeur, mélangée mécaniquement à de l’eau, le temps et l’occasion de s’en débarrasser, l’ouverture pour le tuyau de prise de vapeur est placée à l’autre bout de la chaudière et, par conséquent, toute la vapeur est contrainte de s’écouler en contact avec les tubes verticaux de chauffage placés en avant de ce tuyau, contact qui tend énergiquement à la dessécher.
- La chaudière représentée dans les figures a été établie dans l’aciérie Ressemer deMM.Winslow, Gris-'vold et Holley, à Troy, près New-York, et sert à produire de la vapeur-pour faire fonctionner la soufflerie. Elle est d'une force de 200 chevaux. Lorsque le niveau de l’eau estdeOra.'15 au-dessus de la plaque supérieure aux tubes, la surface de chauffe est de 97 mètres carrés, et celle de la surface à sécher ou sur-
- chauffer la vapeur au-dessus du niveau de l’eau, d’environ 55 à 56 mètres carrés. La surface de grille est de 5 mètres carrés et se compose de deux boîtes à feu qui ont lm.36 de largeur et lm.82 de longueur. Chacune de ces boîtes renferme 240 tubes bouilleurs de lm.82 de longueur sur 0m.045 de diamètre; il n’y a que les tubes au travers desquels passent de gros boulons de 0m.038 pour maintenir le tampon du trou d’homme, placé devant l’extrémité inférieure du faisceau de tubes qui ont 0m.070 de diamètre.
- Au-dessus de la boîte à feu sont en outre disposés 323 tubes chauffeurs verticaux de 0m.76 de longueur et de même diamètre que les tubes bouilleurs ; leur effet calorique est évalué à environ 1 /7 de celui de la surface de chauffe.
- La tôle de la chaudière se compose en grande partie de métal Bessemer. Les tampons bombés des trous d’homme par lequel on a accès dans les diverses parties de la chaudière où sont les tubes inclinés ont une épaisseur de 0æ.011 ; la tôle des plaques aux tubes a 0m.0095, et toutes les autres tôles 0ni.00635, à l’exception du fond de la chambre d’eau qui a un'e plus forte épaisseur.
- La pression de la vapeur est de 3kil.50 par centimètre carré. La chambre d’eau, au-dessus des tubes bouilleurs inclinés, a 0m.3G4 de largeur dans la partie süpérieure et 0“‘.178 dans la partie inférieure. Les espaces d’eau des deux côtés des foyers ont 0m.10 de largeur dans œuvre et celui entre les deux foyers 0m.127 dans œuvre. On a accès aux extrémités des tubes chauffeurs verticaux par une porte placée au-dessus de l’extrémité inférieure des tubes bouilleurs inclinés, afin de pouvoir nettoyer ces chauffeurs ; les séries de ces tuyaux sont disposées à 5 centimètres de distance les unes des autres.
- Cette chaudière se comporte fort bien, elle donne constamment une vapeur parfaitement sèche et pur-
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- gée d’eau; elle est moins sujette aux incrustations que les chaudières du modèle ordinaire, ce qui est probablement dû à une rapide circulation. Les tubes sont en fer, mais il serait peut-être plus convenable de faire ceux verticaux en laiton afin qu’ils résistent mieux à l’oxydation que détermine l’eau entraînée par la vapeur.
- L’absorption de la chaleur est si parfaite, qu’avec le chauffage même le plus intense, la température des gaz qui se dégagent suffit à peine pour mettre l’étam en fusion.
- Un assez grand nombre de ces chaudières ont été construites pour machines locomobiles, parce qu’à raison de leurs faibles dimensions et de leur peu de poids, elles se recommandent particulièrement pour ce service.
- Piston Cabell.
- Le piston, cet organe si important de la machine à vapeur, n’a subi depuis quelque temps que d’insignifiantes modifications, et peu de constructeurs se sont appliqués à en perfectionner l’ensemble ou les détails. M. Cabell est inventeur d’un modèle de piston qui, dit-on, procure une économie de vapeur et une économie de combustible de 12 pour 100 dans les machines de la meilleure construction. Ce piston, qui commence à se répandre aux Etats-Unis, remplit très-bien ses fonctions, est d’un prix modéré et sa garniture s’use d’une manière parfaitement uniforme.
- La figure 18, pl. 331, représente en coupe verticale un cylindre de machine à vapeur dans lequel fonctionne le nouveau piston.
- Le principal perfectionnement dans ce piston, consiste à faire un emploi avantageux d’une portion de la vapeur qui a rempli son office avant qu’elle s’échappe du cylindre. C'est à quoi l’on parvient en laissant une portion de la vapeur, du
- côté du piston où elle afflue, s’échapper par des soupapes du côté où s’est opéré le vide, cet échappement ayant lieu un peu avant que la course soit complète. \
- Un jetant un coup-d’œil sur la figure, on voit que le piston est pourvu de deux systèmes de soupapes doubles oy o qui s’adaptent sur des fossettes percées dans le piston et disposées pour les recevoir. Les corps de ces soupapes font légèrement saillie sur les faces du piston, ou plutôt ces corps sont armés de boulons dont les têtes sont saillantes, de sorte qu’au moment où le piston est sur le point de compléter sa course, ces parties saillantes sont mises en contact avec le couvercle du cylindre vers lequel le piston s’avance. Les soupapes se trouvent donc ainsi soulevées sur leurs sièges et une portion de la vapeur, qui existe du côté où le cylindre est chargé et plein, s’échappe dans le petit espace et les lumières du côté où s’est opéré le vide en les remplissant justement un peu avant le moment où va avoir lieu l’introduction de la nouvelle vapeur pour la course en retour. A l’instant même où cette nouvelle vapeur est introduite, la pression de celle-ci, qui est supérieure à celle de l’autre, ferme ces soupapes, et rend le piston étanche pour la course en retour.
- . Un autre perfectionnement, représenté aussi dans la figure, consiste à attacher, sur les faces supérieure et inférieure des pistons, des plaques métalliques minces dont une partie ou la totalité peut être cannelée ainsi qu’on le voit en y, y. Ce mode de construction rend ces • plaques suffisamment flexibles pour qu’elles cèdent sous la pression de la vapeur quand le piston est en fonction, de façon que leurs périphéries s’adaptent très-rapidement sur la surface concave du cylindre. Dans le cas où il existe des irrégularités provenant de l’usure du cylindre, cette garniture est tellement flexible, qu’elle cède ou se dilate, suivant le besoin,
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- pour s’adapter à toutes les altérations ou changements de forme qui peuvent exister. Les plaques de garniture y, y peuvent être découpées dans des feuilles de laiton, de cuivre ou autre métal, et elles sont attachées sur le piston proprement dit, au moyen d’un anneau, sur la face supérieure, et d’un écrou stfr ta face inférieure de la tipe du piston. La portion intermediaire de ta tige passant h travers un trou perce au centre des plaques.
- Régulateur de Pickering.
- Le régulateur de Pickering a reçu de nombreuses applications aux Etats-Unis, parce que, d’un cô -té, il est à un prix modéré, et de l’autre, parce qu’on peut avoir confiance dans son action et son service. Les bras articulés de ce régulateur y sont remplacés par de légers ressorts en acier qui se composent de deux ou d’un plus grand nombre de lames possédant une très-grande élasticité. Ces lames fléchissent, puis revenant à leur position primitive, la soupape tubulaire, qui tient la place de la soupape de gorge, est alternativement remontée et abaissée dans une direction verticale.
- La figure 19, pl. 331, est une section verticale d’un régulateur de Pickering.
- Les figures 20 et 21 en sont deux sections horizontales.
- Ce régulateur est établi au moyen d’un petit bâti B,au-dessus de la bon» te de la soupape régulatrice, et sur son arbre A, qui est creux et fermement vissé sur ce bâti, sont enfilées librement deux douilles C et D. La douille supérieure G peut se mouvoir sur l’arbre A, soit en montant, soit en descendant dessus ; celle inférieure D, au contraire, ne peut que tourner sur cet arbre, et non pas glisser sur sa longueur,parce qu’elle est arrêtée, dans le mouvement de glissement dans le bas, par le fond
- du godet à huile a creusé dans la partie supérieure du bâti B, et dans le haut, par la face inférieure de l’anneau de retenue b qui est fixé lui-même, par une vis de calage c, sur l’arbre A.
- La douille inférieure D porte un pas de vis d, sur lequel est vissé l’anneau E, jusqu’au contact avec l’embase ede cette douille. Au-dessous de cet anneau E, est disposée, sur le même pas de vis d, une roue dentée conique F qui, au moyen d’une autre roue semblable F1 et de l’arbre F2, est mise en état de rotation par une poulie et une courroie.
- La douille supérieure G porte également un pas de vis f avec un anneau G visse dessus et qui appuie sur l’embase g de cette douille. Le chapeau h qui surmonte cette dernière remplit les fonctions d’écrou de serrage, mais joue aussi un autre rôle dont il sera question plus loin.
- Ainsi qu’on l’a déjà annoncé, ce qui distingue en particulier ce régulateur, c’est qu’on y a remplacé les bras articulés par des ressorts S formés d’un certain nombre de lames minces d’acier disposées pour ramener constamment le régulateur dans la position représentée dans la figure 19, c’est-à-dire à rapprocher les boules les unes des autres. Comme matière, on se sert de l’acier à faire les ressorts de pendules dont on règle la largeur suivant la grandeur ou la puissance qu’on veut donner au régulateur. Le nombre des lames qui constituent un ressort est ordinairement de trois. D'abord, on avait donné à ces ressorts une courbure circulaire , mais comme, pendant l’action, ils se courbaient en sens inverse l'un par rapport à l’autre, et s’éloignaient ainsi entre eux, on les a composés depuis de deux courbes opposées l’une à l’autre, et on a fait la portion qui est maintenue dans les anneaux E et G, et qui retient fermement les boules I parallèles à l’arbre du régulateur.
- Ces ressorts S sont arrêtés sur
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- les anneaux E et G de la manière que voici : sur le pourtour de ces anneaux on a découpé de petits segments i, i, fig. 21, pour recevoir ces ressorts; ceux-ci sont appliqués sur les cordes de ces segments où on les relient sur les anneaux par de petits boulons j,j. Puis on on serre fortement sur les anneaux des bagues J qui, sur leurs faces internes, et vis a vis la tête des boulons j, portent des cavités k. Enfin, les espaces libres p,p qui ont été le résultat de la découpure des segments, sont remplis avec un métal doux, ou plutôt un alliage mou qui non-seulement empêche les boulons j de se détourner, mais encore maintient avec force les bagues J.
- Chaque boule est, suivant la direction d’un plan passant par le centre, partagée en deux parties / et m. La partie intérieure l porte une mortaise n, fig. 20, pour recevoir le ressort.
- En outre, on a arrêté au centre de cette partie l un boulon o qui passe par un trou percé dans le milieu du ressort, et, à l’autre extrémité, porte un pas de vis. C’est sur ce pas qu’on visse la partie extérieure m qui, à cet effet, est taraudée dans son percement jusqu’à ce qu’elle soit serrée fortement sur le ressort. De cette manière les deux hémisphères de chaque boule sont non-seulement fermement unis entre eux , mais de plus le ressort est solidement arrêté sur chacun d’eux.
- Les ressorts S sont donc ainsi, tant à leurs extrémités que dans leur milieu, maintenus en ligne droite et parallèle k l’axe, sans éprouver d’obstacle k leur fléchissement entre les points de retenue. Le fléchissement de la portion libre de ces ressorts s’opère suivant deux courbures opposées l’une à l’autre, de façon que dans les points de retenue supérieur et inférieur, la lame interne du ressort éprouve une courbure d’un plusgrand rayon que celle extérieure, et, au contraire, que dans le point moyen, la
- lame extérieure éprouve une courbure d’un plus grand rayon que celle intérieure. C’est au moyen de cette différence dans la direction de la courbure, que s’égalisent les déviations de chacune des lames, de façon que dans toutes les circonstances, elles restent unies dans toute leur longueur, malgré qu’elles n’aient aucun jeu k leurs extrémités, comme les ressorts elliptiques ou autres, composés de deux ou un plus grand nombre de feuilles.
- La soupape régulatrice qui se trouve placée dans une boîte ou chambre, immédiatement au-dessous du bâti B, mais qui n’a pas été représentée dans les figures, se compose d’un bout court de tube qui est mobile, peut monter et descendre k l’état étanche, ou k peu près, dans un percement vertical pratiqué dans la boîte de soupape, et qui, dans sa partie inférieure, est percé sur son pourtour d’un certain nombre de trous. Si cette soupape est remontée suffisamment pour que les trous viennent déboucher dans l’espace libre de la boîte, dans lequel aboutit le tuyau de vapeur, il s’établit sans obstacle une communication entre le percement vertical de la boîte et ce tuyau de vapeur. Lorsqu’au contraire, la soupape est suffisamment descendue ou abaissée, pour que toute sa partie pleine soit en regard de l’espace libre dans la chambre, et que la portion percée de trous dans le percement vertical de la boîte, soit descendue, la communication est interrompue.
- Pour combiner la soupape avec le régulateur, on se sert d’une tige légère v qui passe dans le percement vertical supérieur de la boîte à travers un bourrage, puis s’élève, au milieu de l’arbre creux A. La portion supérieure de cette tige v porte deux écrous de fermeture, et des deux côtés, un certain nombre de disques en acier dont ceux supérieurs appuient sur le chapeau//, et ceux inférieurs sur la douille G, d’où il résulte que chaque mou-
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- veinent vertical qu’éprouve cette douille C est partagé par la tige v et la soupape régulatrice.
- Le mode d’action de ce régulateur est facile h concevoir après les explications où l’on vient d’entrer.
- Lorsque le régulateur tourne, ses boules, par l’action de la force centrifuge, sont éloignées l’une de J’autre, les ressorts, fléchissent et la douille supérieure C, étant abaissée, agit, par la disposition décrite plus haut, sur la soupape régulatrice. Si la vitesse de rotation diminue, les ressorts tendent à revenir à leur position normale, ils ramènent les boules en dedans et relèvent en même temps la douille C, et avec elle la soupape régulatrice, de façon qu’une plus grande quantité de vapeur peut entrer dans le tuyau alimentaire de vapeur.
- Le mouvement des boules est en dehors limité par des guides L qui empêchent en même temps la torsion des ressorts au-dessus du point qui a été atteint quand la soupape a fermé complètement l’ouverture de communication, et limitent en même temps, k un certain point, la résistance que doivent opposer les ressorts. De plus, ils s’opposent k ce que les boules s’échappent lors de la rupture d’un ressort. Ces guides consistent tout simplement en une anse de gros fil en métal tourné autour de l’arbre A du régulateur, et assujetti par des rivets sur la face extérieure de l’hémisphère intérieur /.
- Sur la composition d'une incrustation de chaudière et sur l'influence d’une eau d’alimentation grasse.
- Par M. R. Weber.
- (Suite.)
- Une fois l’attention éveillée par les deux notes citées de M. le docteur Bolley et de M. C.-F.-U. Schmidt, ingénieur civil k Vienne,
- qui, tous deux, ont signalé le cas où une eau d’alimentation contenant de la matière grasse provenant des machines k vapeur k condensation, avait donné lieu k la destruction des chaudières, on a été conduit k examiner si l’on n’avait pas affaire k un cas analogue.
- On a donc recherché la matière grasse dans les résidus de l’évaporation des chaudières, résidus qui, comme ceux des chaudières précédentes, se présentaient tantôt sous la forme d’une boue grise onctueu-' se, tantôt sous celle d’une poudre douce adhérente aux parois de la chaudière, tantôt, enfin, sous celle d’une masse déjà sèche et solide, et on a essayé de déterminer provisoirement' et qualitativement leur nature.
- On a trouvé d’abord, dans les bassins d’alimentation pour les chaudières, des matières grasses qui ne pouvaient provenir que des cylindres k vapeur, des pompes k vapeur et des réchauffêurs des machines soufflantes, et qui devaient y avoir été amenées, ainsi qu’on l’a expliqué plus haut, par les eaux de condensation.
- Après cette découverte, le choix des moyens pour y remédier n’était plus douteux. On lava d’abord les chaudières, aussi parfaitement que possible, avec de l’eau pure mais sans réussira débarrasser leurs parois, tant de leur enduit pulvérulent. que de celui solide et adhérent, mais des lavages avec une lessive de soude enlevèrent bientôt et complètement les enduits.
- Les bassins furent débarrassés avec soin de toute matière grasse, et, k la nouvelle eau d’alimentation, on ajouta un peu de soude, afin d’operer la saponification de ces matières qui pouvaient être présentes dans les tuyaux d’alimentation, et enfin on introduisit aussi, dans chacune des chaudières, une certaine quantité de soude afin de neutraliser complètement les portions de corps gras qui pouvaient avoir encore échappé aux lessivages. Dans tous les cas, on ne
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- déversa plus les eaux de condensation des cylindres, des pompes et des réchauffeurs dans les bassins, mais on s’en débarrassa autrement.
- Ainsi préparées, les chaudières furent remises de nouveau en activité, et, à dater de ce jour jusqu’au moment où cette notice a été rédigée, c’est-à-dire pendant l’espace de neuf mois complets, on n’a vu se renouveler les phénomènes précédents et par conséquent aucune des perturbations anterieures. Depuis, on n’a pas eu non plus à constater de soubresauts, de fuites ou des avaries dans les chaudières, et leur service en commun a satisfait complètement à tout ce qu’on doit attendre d’appareils propres à générer de la force.
- De nouvelles additions de soude à l’eau d’alimentation sont devenues tout à fait inutiles, puisqu’on a constaté qu’on avait réussi à maintenir les chaudières propres et l’eau d’alimentation exempte de matières grasses.
- Restait à résoudre la question de savoir comment, dans le cas présent, la matière grasse avait pu produire les avaries indiquées.
- Les parois des chaudières s’étaient tapissées d’une couche très-mince d’incrustations, il s’était formé une’ poudre douce légère qui contenait en mélange des masses d’une matière brune, cassante. La poudre, qui était en quantité dominante, n’était pas mouillée même par l’eau bouillante à la surface de laquelle elle nageait; elle paraissait de nature grasse. Quant à la masse compacte, elle renfermait aussi un corps gras et même en plus forte proportion que la poudre. Elle contenait en outre des parties dures qui paraissaient avoir éprouvé des modifications de la part d’un feu violent.
- La poudre, provenant des nouvelles chaudières, après en avoir séché la masse à 100° C., fut alors traitée par l’acide chlorhydrique afin de procéder à une analyse quantitative. La majeure partie de cette poudre fut dissoute avec dé-
- gagement très-vif d’acide carbonique, il ne resta insoluble que des matières minérales, indépendamment d’un acide gras et quelques faibles quantités d’autres produits organiques qu’on sépara par le filtre, fit sécher à 110° et enfin incinéra. La liqueur filtrée servit à doser les matières solubles dans l’acide.
- Deux opérations ont indiqué, pour la poudre en question, la composition suivante :
- Portion soluble dans l’acide chlorhydrique.
- Oxyde de fer et alu-
- mine............. 5 07 4.00
- Chaux.............36.21 35.60
- Magnésie.......... 8.45 7.80
- Matière grasse et substance organique. . 5.48 5.40
- Matières minérales insolubles............ 10.77 12.36
- Acide carbonique et eau................. 34.02 34.84
- 100.00 100.00
- Cette poudre renfermait donc, comme élément dominant, du carbonate de chaux et du carbonate de magnésie, et par conséquent, les combinaisons de ces bases avec un acide gras. En outre, on y rencontrait de l’alumine, de l’oxyde de fer avec des masses insolubles renfermant de l’argile, du sable et de la silice libre. Quant au sulfate de chaux, il n’y en avait que des traces.
- La masse solide et brune qui était mélangée à la poudre n'était pas assez homogène pour qu’on pût en faire l’analyse quantitative ; elle renfermait les matières minérales indiquées ci-dessus, et de la matière grasse en quantité notablement plus forte que la poudre.
- Les masses trouvées dans les premières chaudières se composaient égalemént d’une poudre lâche et douce, mais mélangée à de petits feuillets délicats de l’épaisseur d’une feuille de papier. Ces feuillets présentaient dans leur
- Portion insoluble dans l’acide chlorhydrique.
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- cassure transversale des nuances qui variaient du gris au brun, ce qui annonçait une décomposition ue ces masses par la chaleur.1 . Ua poudre a présenté la composition suivante :
- Portion soluble dans l'acide chlorhydrique. Oxyde de fer et alu-
- mine............. 3.66 3.37
- Chaux.............. 37 08 37.83
- Magnésie........... 9.87 8.80
- Portion insoluble dans l’acide chlorhydrique.
- Matière grasse et substances organiques. 3.74 3.48
- Substances minérales insolubles.......... 9.80 9.39
- Acide carbonique et eau................. 33.85 36.74
- 100.00 100.00
- Un coup-d’œil jeté sur ces chiffres suffit pour faire voir que cette poudre est identique à la précédente.
- Afin d’éclairer la question de savoir quelle, avait pu être l’influence que la matière grasse et les produits qui en dérivaient avaient exercé sur la marche d’une chaudière à vapeur, on a fait l’expérience que voici :
- On a chauffé de l’eau jusqu’au point d’ébullition dans une capsule en fer dont la surface, qui se trouvait dans les conditions de la paroi intérieure d’une chaudière, n’était pas entièrement métallique, puis on y a versé de l’huile.
- Le mouvement tumultueux de l’eau n’a pas tardé à mettre cette huile en contact avec la paroi de la capsule et à faire adhérer une petite portion de cette huile au métal. Alors on observa que le liquide bouillant, en même temps que le dégagement de la vapeur ne s’opérait plus principalement par les parties inférieures de la capsule, en contact avec la flamme léchante, prenait dans cette capsule un volume un peu plus considérable. L’ébullition ne se développait plus Principalement à partir des points ms plus profonds, parce que ceux-ci avaient, par la matière grasse,
- perdu une petite portion de leur capacité conductrice pour la chaleur et que la chaleur transmise était abandonnée moins aisément à l’eau que lorsqu’il y avait contact parfait ou mouillage de la part de l’eau. Le phénomène se présentait comme si la capsule eût été chauffée simultanément par plusieurs petites flammes. Du reste, la majeure partie de l’huile s’était déposée sous forme d’anneau à la périphérie de la capsule. Si on chauffait avec une seconde flamme une partie de la paroi de cette capsule, rébul-lition en ce point s’y développait avec des décrépitations et de vifs soubresauts. Cedernierphénomène s’explique aisément : l’huile s’oppose au contact direct et intime de l’eau avec le bord de la capsule, la transmission de la chaleur à l’eau ne s’opère plus avec autant de facilité que quand cette eau mouille la paroi, enfin il y a surchauffage de l’huile et du métal dans les points de la capsuleque chauffe la flamme.
- Quand une matière grasse pénètre dans une chaudière à vapeur, elle vient toucher la paroi, l’eau, sans aucun doute, y bouillonne avec plus d’énergie et un phénomène dû à l’ébullition, analogue à celui qui a lieu dans la capsule mouillée par l’huile, se manifeste sur les parois latérales de cette chaudière.
- Une chose plus grave que le dépôt de matière grasse pure, chose qui ne peut guère arriver qu’avec des eaux d’aliméntation calcaires, est l’incrustation des parois delà chaudière par un sel gras de chaux. Une incrustation de ce genre, et contenant en outre, la plupart du temps, un peu de corps gras libre, n’est pas non plus mouillée par l’eau, elle adhère avec plus de force que la matière grasse elle-même sur la surface des parois, conduit très-mal la chaleur et, par conséquent, doit avoir de fâcheuses conséquences.
- L’expérience bien simple que voici fait ressortir l’influence de cette substance et la manière dont
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- elle se comporte dans les phénomènes dont il est ici question.
- On chauffe, jusqu’à l’ébullition, de l’eau dans une capsule en fer dont la face interne n’est pas entièrement métallique, puis on verse un peu d’huile à la surface de l’eau à laquelle on ajoute ensuite un peu de chaux délitée et en poudre. Il se forme aussitôt un sel gras calcaire dont les portions sont chassées par l’ébullition de l’eau sur les parois de la capsule. C’est dans les parties brutes et nues des parois internes de cette capsule, et principalement dans celle supérieure et près du niveau de l’eau, qu’adhère d’abord cette substance. En chauffant doucement le bord de cette capsule, à la hauteur du niveau de l’eau, on en favorise la précipitation. La masse dépose plus tard, et de plus en plus, des incrustations semblables sur la paroi interne. Un dépôt de ce genre de sel gras calcaire, renfermant un peu de corps gras libre, n’est toujours que très-imparfaitement mouillé par l’eau. Si, comme on l’a dit précédemment, une portion de la capsule en est recouverte, on voit, en penchant celle-ci, que dans la plupart de ses points elle n’est plus mouillée, et que le bord de la nappe d’eau paraît, dans certaines circonstances, affecter une forme convexe.
- Il est évident que le dépôt d’une couche, que l’eau ne peut mouiller sur la paroi de la chaudière, doit exercer une influence considérable sur la marche de l’ébullition. Même une couche mince, qui empêche la paroi d'être baignée, rend difficile, comme on le comprend, la transmission de la chaleur de la tôle chauffée à l’eau. Celte tôle peut, dans ce cas, être portée à une température beaucoup plus élevée que lorsqu’elle est mouillée par l’eau, et alors surviennent les dilatations inégales dans les diverses parties de la chaudière.
- On peut se faire une idée de la température à laquelle peuvent s’élever ces tôles en examinant les
- masses brunes, en partie décomposées, qui se trouvent mêlées à la matière pulvérulente des chaudières. Lorsque cette couche a, dans la suite du service, acquis une certaine épaisseur, le mal fait des progrès, la transmission de la chaleur, par suite de l’épaisseur croissante du dépôt, devient de plus en plus difficile. Du reste, l’expérience a démontré que les incrustations ordinaires des chaudières ont produit de semblables désordres. Toutefois, les couches minces sont, dans ce dernier cas, moins périlleuses, parce qu’alorsla masse peut être mouillée par l’eau, et que la transmission de la chaleur n’est pas, en définitive, aussi difficile.
- Le sel gras calcaire peut encore exercer une autre action fâcheuse sur les chaudières à vapeur. Dans le mémoire déjà cité, M. Bolley fait remarquer que lorsqu’on emploie à l’alimentation des eaux chargées de matières grasses, leur contenu en carbonate de chaux qui, lorsqu’il n’y a pas présence de sulfate de chaux, se précipite, comme on sait, sous forme de boue et non pas en croûte, peut produire une poudre fine, grasse, que l’eau n’hu-mecte plus. Dans l’opinion de ce savant, cette poudre peut donner lieu à des coups de feu sur les parois de la chaudière, frappées directement par la flamme et les produits de la combustion.
- A cet égard, il est utile de faire remarquer que cette poudre ne peut donner lieu à cet effet que lorsque les produits de la combustion ouïes carneaux sont en contact avec l’espace de vapeur, parce que, dans les autres cas, la poudre ne pouvant être mouillée par l’eau, elle ne peut se déposer sous l’eau sur les parties de la chaudière, c’est-à-dire sur des surfaces chauffées. Si cette chaudière manque d’eau, il peut naturellement y avoir encore contact avec les surfaces baignées par le feu.
- Relativement à la formation de ce produit particulier et la manière dont il se compose, produit qui
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- possède aussi d’autres propriétés désastreuses pour l’exploitation des chaudières, on a fait encore les observations qui suivent : si on introduit dans de l’eau distillée un peu de carbonate de chaux finement Pulvérisé, délité oüfortementdivisé, la liqueur, d’abord trouble, ne tarde pas, comme on sait, à redevenir claire par le dépôt de cette matière. Le résidu solide qui constitue le trouble se sépare h la surface, aussitôt qu’à ce liquide bouillant on ajoute une quantité relativement faible d’acide stéarique. A l’état sec, cette masse n’est pas mouillée par l’eau.
- Dans les chaudières à vapeur, il se forme avec le carbonate de chaux def eau alimentaire, lorsque celle-ci renfèrme un corps gras (en l’absence du sulfate de chaux), un corps de cette nature, ainsi que l’a indiqué l’expérience. Ce corps, en contact avec les parois brûlantes de l’espace de vapeur, peut abandonner en partie son eau et se transformer ainsi en une poudre que l’eau ne mouille pas. Chose digne de remarque, c’est que ce produit se réduit en poudre avec une extrême facilité, et qu’il est entraîné avec les vapeurs qui se forment et s’élèvent. Ce phénomène s’est produit avec la poudre analysée, dès qu’on l’a agitée dans un matras rempli d’eau chaude pour s’assurer de la manière dont elle se comporte avec ce liquide. On n’a pas tardé à observer sur le col du matras un léger dépôt qui a augmenté notablement en prolongeant l’ébullition.
- Lors doirc qu’une poudre de cette nature s’est déposée sur la surface mouillée d’une chaudière à vapeur, il y en a une portion qui est facilement entraînée par les vapeurs et Peut donner lieu, dans des parties d’un accès difficile, à des obstructions ou amener des perturbations dans le service, dont les causes échappent, dans certaines circonstances, à l’observation.
- Ce qui vient d’être dit confirme de nouveau combien il y a de dan-Le Technologiste. T. XXVIII. — Avril
- ger d’employer à l’alimentation des générateurs de vapeur, des eaux contenant un corps gras.
- Le sel gras calcaire produit par la saponification de ce corps gras, se dépose, comme les autres incrustations, sur les parois du générateur et y adhère; là, il n’est pas mouillé par l’eau, et affaiblit, par conséquent, ainsi que par sa propriété d’être mauvais conducteur, la transmission de la chaleur de la tôle à l’eau de la chaudière. La tôle éprouve donc des avaries, puisqu’elle est alors chauffée à une température plus élevée que celle à laquelle elle doit être soumise dans les cas ordinaires.
- De plus, cette poudre, par le corps gras libre qu’elle renferme., peut encore donner lieu à des avaries ou des perturbations d’un autre genre.
- Il est donc prudent de rejeter les mélanges contenant des corps gras qui ont été proposés par divers inventeurs, et en particulier par M. Sâgher et par M. Newton, pour prévenir les incrustations dans les chaudières.
- Soufflerie à cylindres de Fran-zensthal.
- Par M. J. Nowack, de Pibram.
- Cette soufflerie à cylindres a été établie dans des dimensions suffisantes pour fournir le vent nécessaire au service de deux hauts fourneaux. Elle se compose de deux cylindres verticaux dont les pistons sont mis en action par deux manivelles à angle droit, l’une par rapport à l’autre, et des balanciers. Ce mode d’installation n’est pas nouveau, et il n’y a que le système de construction de ces cylindres que l’auteur recommande à l’attention des ingénieurs.
- La figure 22, pl. 331, est une section sur la hauteur de l’un de ces cylindres.
- 1867. 25
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- Chacun de ces deux cylindres a une hauteur de lm.25 et peut, avec une course de piston de lm.25, as-irer, à chaque tour de manivelle, mètres cubes de vent, de façon que les deux cylindres, à 20 tours de manivelle par minute, peuvent aspirer 120 mètres cubes d’air. La vitesse du piston est donc de 0m.80 par seconde, vitesse qu’on peut encore augmenter, de façon que 120 mètres cubes de vent ne constituent pas le maximum d’effet de cette soufflerie.
- Dans la construction de ces cylindres souffleurs, l’auteur est parti de ce principe : employer, au lieu des grandes soupapes horizontales pesantes, inertes à contre-poids, un certain nombre de soupapes plus petites et les suspendre verticalement, de manière à supprimer tout contre-poids. En cela, il a été éclairé par l’expérience qui lui a appris que les grandes soupapes horizontales de la soufflerie de la mine d’argent de Pibram commençaient déjà à battre avec force lorsqu’elles faisaient 17 à 18 levées par minute.
- Pour mettre ce principe en pratique, les extrémités, tant supérieure qu’inférieure de la paroi du cylindre, et sur toute l’étendue de sa périphérie, ont été pourvues de 12 ouvertures rectangulaires qui ont servi à l’établissement de 24 soupapes à clapets pour chaque cylindre. Les 12 clapets supérieurs et les 12 inférieurs sont disposés pour que 4 placés à moins de 90°entre eux servent de clapets de refoulement, et les 8 autres, de clapets d’aspiration, de façon que chaque cylindre possède 16 clapets d’aspiration et 8 de refoulement. A et B représentent en coupe l’un des clapets supérieurs et l’un des clapets inférieurs de refoulement, et C et D, les clapets supérieurs et inférieurs d’aspiration.
- Chacun de ces clapets ferme une ouverture de 0m.115 de hauteur sur 0m.20 de largeur, d’où il résulte que la section nette totale d’une série de soupapes d’aspiration est
- 11.5 X 20 X 8 = 1840 centimètres carrés, et qu’une série de soupapes de refoulement offre une section de 920 centimètres carrés. Or, comme la surface du piston est de 12,246 centimètres carrés, il en résulte que la section, tant de la série supérieure que de celle inférieure des soupapes d’aspiration, n’est guère que 1/6, et celle des soupapes de refoulement est à peine 1/12 de la surface du piston et par conséquent dans un rapport tres-avantageux.
- Les clapets eux-mêmes sont en cuir gras, doublés de chaque côté d’une feuille mince de fer-blanc, et afin de pouvoir les changer plus facilement, ils sont vissés, non pas sur la paroi du cylindre, mais sur des légers cadres rectangulaires distincts qui, au moyen de collets, sont assujettis sur cette paroi. Ce mode de construction était surtout nécessaire pour les soupapes d’aspiration.
- Les clapets de refoulement supérieurs et inférieurs de chaque cylindre sont disposés verticalement les uns au-dessus des autres, et entourés d’une boîte à vent E et F, venue de fonte avec le cylindre. Ces deux boîtes sont d’ailleurs mises en communication entre elles par un canal G venu également de fonte avec le cylindre d’une aire de section de 260 centimètres carrés, de façon qu’il y a au total, dans chaque cylindre, quatre canaux qui, ensemble, présentent une section de 1040 centimètres carrés, au moyen desquels le vent, qui s’échappe par deux soupapes l’une au-dessus de l’autre, est en communication entre celles-ci. Ces quatre canaux communiquent à leur tour entre eux, par un canal annulaire H, d’une section de 360 centimètres carrés, sur lequel est boulonné le tuyau J de déchargé du vent.
- Les couvercles, tant supérieur qu’inférieur du cylindre, s’étendent jusqu’au bord inférieur et récipro-
- auement jusqu’au bord supérieur es clapets, mais dans les points où
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- jouent ces clapets, ces couvercles I présentent des retraites qui n’ont { juste que l’étendue ou la grandeur I nécessaire pour rendre possible le jeu de ces clapets ; seulement chez |es clapets d’aspiration inférieurs, les retraites ont besoin d’être un Peu plus grandes afin de ne pas enipecher l’écoulement libre de l’air.
- Les espaces nuisibles sont de cette manière fort restreints et ne s’élèvent guère, dans le haut, qu’à 28 déc. carr. 583, ou à peu près
- 2 pour 100 de la capacité parcourue par le piston, et dans le bas à 43 décim. carr. 737 , ou environ
- 3 pour 100.
- Le tuyau qui sert à l’écoulement de la quantité de vent fournie par chaque cylindre, porte sur son couvercle supérieur une soupape de sûreté et chacun de ces tuyaux est pourvu d’un registre régulateur. Plus loin, ces deux tuyaux se réunissent dans un porte-vent commun.
- Au moyen de ces dispositions, on peut faire marcher les hauts-fourneaux avec un seul cylindre pendant qu’on fait à l’autre les réparations nécessaires.
- Les pistons souffleurs sont construits aussi légers qu’il est possible et pourvus d’une garniture en toile. Ils consistent principalement en une plaque en fonte percée d’un trou ombilical pour recevoir la tige, et d’un anneau vertical a, a venu de fonte avec cette dernière qui, en-dessous, porte huit nervures. Les espaces entre ces huit nervures sont fermés étanches par des plaques en tôle, de façon que le poids au piston se trouve fort allège. Immédiatement au-dessus de cet anneau vertical a, a est la plaque annulaire supérieure à, à, faisant pièce'avec le corps du piston et qui, elle-même, est percée de huit ouvertures elliptiques servant à avoir accès aux ressorts de tension et aux écrous de calage. Ces ouvertures sont également fermées par des plaques de tôle et des vis à tête
- noyée. Afin de pouvoir presser les bandes de toile qui constituent la garniture sur la paroi du cylindre, suivant le besoin, on a disposé derrière celle-ci, un ressort plat en acier c, c qui est pressé sur cette garniture par huit ressorts à boudin, et autant de boulons.
- Pour équilibrer le poids des pistons, les balanciers ont été fondus en deux jumelles et le poids nécessaire pour cet équilibrage est attaché à l’extrémité des bielles entre les jumelles.
- La poudre de graphite qui sert à graisser le cylindre, peut très-bien être introduite par les soupapes d’aspiration, d’où elle se distribue sur toute la surface convexe du cylindre.
- Le reste de la construction est facile à comprendre à l’inspection de la figure et on ajoutera simplement que l’arbre, les manivelles et les bielles sont en fer forgé et qu’on fait usage de coulisseaux ou de blocs glissants, etc., pour faire marcher les pistons en ligne droite.
- Des détails sur le mode de transmission de la force motrice hydraulique aux cylindres, sont assez peu importants, on dira seulement que : un tour de la roue hydraulique donne cinq coups de piston.
- Le régulateur est un cylindre en fonte de 2ra.30 de diamètre et de 6m.50 de hauteur et par conséquent d’une capacité d’environ 27 mètres cubes, ce qui suffit parfaitement à l’exploitation actuelle des hauts-fourneaux.
- Dans l’origine, et avec douze évolutions par minute, les pistons faisaient entendre un bruissement qui, ajouté aux ébranlements de la colonne du balancier, était fort incommode, mais cet effet n’a pas persisté après que les cylindres eurent été convenablement graissés. Afin d’obtenir, avec la faible quantité d’eau dont on disposait, une plus grande vitesse, on a débrayé l’un des cylindres et l’on a atteint 19 1/2 tours par minute. Même avec cette vitesse, les clapets ont
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- fonctionné tranquillement et on a pu se convaincre que, à une vitesse plus grande, la soufflerie pouvait marcher sans bruit.
- Manomètre pour les presses hydrauliques.
- MM. Schæffer et Budenberg, habiles constructeurs allemands, ont cherché à modifier le manomètre de M. Bourdon, afin de l’appliquer plus commodément à la mesure de pressions considérables et qui atteignent jusqu’à 78 à 80 kilogrammes par centimètre carré.
- Tout le monde sait que le* manomètre de M. Bourdon est basé sur la propriété que possède un tube courbé et à section elliptique, fermé à ses extrémités, de se redresser de lui-même lorsqu’on applique à son intérieur une pression au moyen d’un fluide, par exemple la vapeur, l’eau ou l’huile. Le degré de sensibilité de l’instrument dépend simultanément de deux conditions, à savoir la longueur du tube spiral qui transmet les indications et l’épaisseur de métal de ce tube.
- Pour mesurer de très-hautes pressions, telles que celles transmises parles presses hydrauliques, on n’a pas besoin d’une sensibilité aussi délicate que lorsqu’il s’agit de la vapeur, et c’est par ce motif que MM. Schæffer et Budenberg ont réduit letubespiral de M. Bourdon, qui a une longueur des sept huitièmes de la circonférence à une demi-circonférence. Ce tube, qui dans les manomètres de M. Bourdon est en laiton bruni, est, dans le manomètre allemand, fait d’un barreau solide d’acier percé d’un.bout à l’autre et plié sous la forme indiquée en élévation dans la fig. 23, pl. 331, et en coupe suivant AB dans la fig. 24. L’extrémité libre de ce tube est fermée hermétiquement par un écrou en laiton, vissé dessus,
- et l’assemblage avec la pièce, qui se visse sur la presse hydraulique, est également rendu étanche en y faisantpénétrer légèrement le tube. Une petite bielle articulée par un assemblage à boule est attachée à l’extrémité libre du tube et communique le mouvement à un index au moyen d’un petit bras de manivelle, d’un quart de cercle et d’un pignon. Un ressort spiral capillaire est attaché à cet index afin de prévenir les soubresauts et les changements brusques.
- MM. Schæffer et Budenberg ont pourvu leurs manomètres d’une disposition fort simple dans sa construction, pour enregistrer le maximum de pression qui a été atteint au mo^en d’un index libre qui est pousse en avant'par l’index principal, mais s’engage par l’intermédiaire d’un petit encliquetage dans une sorte de roue à rochet découpée sur le bord d’un secteur, de façon que, si le manomètre est fermé, cet index reste dans la position dans laquelle il a été poussé jusqu’à ce que la personne en possession de la clé le ramène en arrière.
- Le liquide employé dans ces manomètres, pour la* transmission de la pression, est l’huile dont les tubes sont remplis et qui offre l’avantage de ne pas corroder la matière de ce tube aussi aisément que l’eau.
- Ces manomètres ont déjà été appliqués avec succès dans les usines pour l’extraction des huiles de graines, et il est présumable que leur usage s’étendra encore à mesure qu’ils seront plus connus.
- Machine perfectionnée pour l'abattage de la houille.
- Par M. J.-G. Jones.
- Dans les machines pour l’abattage de la houille, inventées il y a
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- environ deux ans par M. J.-G. Jones, et qui ont été décrites dans le Tech-nologiste, t. 25, p. 642, on a dû remarquer qu’il était nécessaire,après chaque coup du pic, d’imprimer à la machine un mouvement en a-vant, puis un mouvement en arrière. Jusqu’à présent, ces mouvements ont été effectués par l’ouvrier qui dirige la machine au moyen d’une roue à main. Quelques tentatives avaient, il est vrai, été faites depuis pour rendre cette machine automatique, sans qu’on soit parvenu à atteindre le but; mais M. Jones vient tout récemment de prendre une patente pour un moyen de rendre sa machine automatique, par l’application d’un petit pylinare combiné au grand, ou celui qui donne le mouvement au pic.
- Les deux extrémités de ce petit cylindre sont en rapport au moyen de tuyaux ou de conduits avec celles du grand cvlindre, de façon quel’aircomprimé, qui est le fluide employé dans ces machines, est fourni à ce petit cylindre en même temps qu’on en alimente le grand pour faire fonctionner le pic en va-et-vient.
- Le piston du petit cylindre se compose de deux pièces pour l’ajuster de longueur. Sur chacune des faces de ce piston, il y a une partie saillante et une retraite correspondante dans chacun des couvercles de ce petit cylindre, dans laquelle on a introduit un anneau de matière élastique ou un bourrage en substance douce. Ce piston du petit cylindre porte deux tiges passant respectivement à travers deux boîtes à étoupesdans les deux couvercles terminaux. Les extrémités extérieures de ces tiges de piston sont assemblées par de doubles cliquets ou des leviers d’enrayage, portés par des anneaux disposés sur les moyeux des roues du chariot de la machine, et, par ces moyens, le piston du petit cylindre, dans son mouvement alternatif et par l’intervention des cliquets ou des leviers, imprime alternativement à l’ensemble delà machine un petit
- mouvement de recul, puis un mouvement d’avance. Le mouvement de recul s’opère vers la fin de la course du petit piston, et lorsque le pic est encore dans l’entaille. Enfin, le piston du petit cylindre et les pièces qu’il fait fonctionner sont disposés pour pouvoir être ajustés suivant le besoin.
- La fig. 25, pl. 331, est une vue, en élévation de côté et partie en coupe des organes d’une machine d’abattage de M. Jones, nécessaire pour comprendre le perfectionnement qu’il vient d’y apporter.
- Le but, ainsi qu’on l’a indiqué plus haut, est de rendre la machine selfacting en y appliquant un second cylindre et des pièces de communication disposés de façon que la machine puisse prendre un léger mouvement rétrograde au moment où le pic a frappé un coup et est sur le point de faire retour avant de frapper un nouveau coup, et de plus, que la machine puisse exécuter un mouvement en avant, un peu plus étendu vers l’entaille que celui qu’elle a fait en «arrière avant que le pic frappe le coup suivant.
- La figure montre la disposition employée pour fonctionner avec un pic à levier, mais cette disposition est également applicable quand on fait usage d’un pic à glissement ou fonctionnant en droite ligne.
- Les transmissions entre le petit cylindre etlesroues delà machine, ainsi que les moyens pour alimenter celle-ci en air comprimé, peuvent varier dans leur forme, mais la disposition représentée dans la figure paraît une des plus convenables.
- s,s, petit cylindre dans lequel fonctionne le piston s1 ; ce piston se compose de deux pièces qui peuvent être rapprochées ou éloignées l’une de l’autre, au moyen d’une tige filetée et d’un taraudage s2,s4. Dans les couvercles qui closent ce cylindre, on a ménagé des retraites s3,s3 dans lesquelles on a introduit une matière douce et, de préféren-
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- ce, du plomb allié à une petite quantité d’étain.
- L’air ou autre fluide est fourni au petit cylindre,s,s par deux tuyaux s6,s6, et les organes qui composent le gros cylindre sont disposés comme d’habitude pour être fermés en temps opportun, mais en même temps à permettre à l’air de passer, des conduits qui se rendent aux lumières du tiroir du gros cylindre, dans le petit cylindre seulement, attendu que par cette disposition la machine peut être mue d’un lieu à un autre par l’action du piston dans le petit cylindre sans faire fonctionner celui du gros cylindre.
- Les tiges de piston s*,s4 portent des goujons, dont l’un pénètre par une pièce mortaisée s5 dans l’un des leviers de frein ou d’embrayage t,t, qui tournent sur des axes v,v que portent les parties supérieures ou cornes u* des deux bagues u qui embrassent les moyeux des roues de la machine. Ces bagues tournent et se meuvent librement sur ces moyeux, lorsque les leviers de frein n’agissent pas ou ne pincent pas les périphéries des moyeux.
- L’ajustement des deux pièces du piston cS1 du petit cylindre, pour les rapprocher ou les éloigner l’une de l’autre, s’opère au moyen de la manivelle à l’extrémité s* de l’une des tiges de piston s4.
- Supposons que la machine fonctionne et que l’air comprimé soit entré tant dans le gros que dans le petit cylindre ; le pic sera mis en action par le piston du gros cylindre, puis le piston du petit cylindre fera, par son mouvement, exécuter à la machine un petit mouvement rétrograde, au moment où le pic sera sur le point d’être retiré de l’entaille par le piston du gros cylindre; alors ce piston du petit cylindre, et lorsque le pic aura été ramené en arrière, fera avancer la machine d’une étendue plus grande que celle suivant laquelle il aura rétrogradé, et cela s’accomplira au moyen des leviers de frein qui se trouveront arrêtés dans une direc-
- tion par une tige filetée us qui passe à travers l’un des deux trous w2, percés dans les cornes u* de la bague. Les tiges filetées «3 sont vues dans les positions propres à permettre aux leviers de frein d’entrer en action et de pincer les moyeux, afin d’obtenir ainsi un recul plus court et une avance un peu plus grande de la machine ; mais quand on désire faire changer de place à la machine, alors les positions des tiges filetées sont modifiées suivant la direction dans laquelle on veut faire mouvoir la machine, et on les place dans l’un ou l’autre des trous ît2,w2, percés dans les deux cornes «*, en rapprochant entre elles les deux pièces du piston du petit cylindre, ce piston ayant une plus longue course, permet aux moyeux sur les roues, et par conséquent à ces roues elles-mêmes sur lesquelles ils sont établis, une plus grande étendue de mouvement.
- Expériences sur la détente de la vapeur d’eau surchauffée.
- MM. G. A. Hirn et A. Gazin se sont proposés de traiter expérimentalement la question suivante : De la vapeur d’eau étant surchauffée, c’est-à-dire amenée à une certaine température et à une pression inférieure à la tension maxima relative à cette température, on lui fait subir une détente brusque pendant laquelle elle n’éprouve ni perte, ni gain de chaleur, elle reste surchauffée et elle surmonte une pression extérieure égale à chaque instant à sa force élastique : déterminer dans ces circonstances la pression et la température finales.
- Nous n’entrerons pas ici dans des détails sur la méthode adoptée par MM. Hirn et Gazin pour résoudre cette question, et sur l’appareil qu’ils ont employé à cet effet, et nous nous contenterons de rassembler dans un tableau les résultats de dix séries d’observations ;
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- le degré de température étant celui | Nettoyage des graines de cotonnier. (lu thermomètre'à air.
- Pression initiale, atm. 1.397 1.683 2.113 2.219 2.431 2.328 2.636 3.231 3.743 4 273
- Température Pression Tempérât.
- initiale. finale. atm. finale.
- 131 «3 0.984 99° 6
- 131.8 0.984 99.6
- 174.0 0.981 99.3
- 179.0 0.981 99.5
- 189.2 0.979 99.4
- 192.2 0.981 99 3
- 197.8 0.973 99.3
- 219.4 0.973 99.3
- 239.0 0.967 99.1
- 234.7 0 967 99.1
- « D’après nos expériences, disent MM. Hirn et Cazin, la loi de la détente de la vapeur d’eau surchauffée ne peut être représentée par la formule connue de Laplace et Poisson, à laquelle on est conduit lorsqu’on admet les lois de Mariotte et de Gav-Lussac et l’é-
- Suivalence de la chaleur sensible isparue dans la détente et du travail externe seul. Mais si l’on admet que la chaleur est consommée, non-seulement par le travail externe, mais encore par un certain travail interne, on arrive à une solution théorique qui concorde très-bien avec les faits observés. Il suffit de joindre à l’équation qui exprime l’équivalence de la chaleur disparue et du travail total produit, une autre équation qui remplace l’expression des lois de Mariotte et de Gay-Lussac et dont celle-ci n’est qu’un cas particulier, par approximation. Cette formule générale appliquée à tous les corps, peut être démontrée rationnellement d’après les principes de la thermodynamique (1). Non-seulement nos expériences prouvent l’existence du travail interne dans la détente de la vapeur, mais encore elles confirment l’une des conséquences de la nouvelle théorie et donnent un moyen de mesurer le travail interne. »
- (1) G.-A. Hirn, Exposition analytique et expérimentale de la théorie mécanique de la chaleur. 2e éd., p. 207.
- Après que les graines de cotonnier ont été dépouillées de leur matière filamenteuse, par leur passage à travers un gin, elles n’en conservent pas moins une certaine quantité de fibres de cette matière, qui y sont restées adhérentes. Pour se débarrasser de ces fibres,M. F.-H. Gossage propose de soumettre ces graines à l’action d’une flamme ou de l’air fortement chauffé qui, par voie de combustion, détruit ces fibres. Les enveloppes de ces graines ainsi traitées deviennent cassantes et fragiles, et par conséquent, propres à éprouver une décortication facile.
- La fig. 26, pl. 331, représente l’appareil pour opérer ce travail ; i est un arbre vertical pourvu dans le haut d’un cône m, entouré lui-même d’une enveloppe conique concentrique n. Cette enveloppe se prolonge dans le bas pour former une chambre o,o, et dans le haut, pour constituer une cheminée d’appel p. Autour de cette enveloppe règne un tuyau de gaz q,q, pourvu d’une série de brûleurs r,r disposés autour du cône m, et qui projettent leurs flammes dans l’intervalle entre ce cône et son enveloppe. L’arbre l et le cône m sont mis en état de rotation à l’aide de poulies calées sur le pied du premier, et la graine de cotonnier qu’on veut purger est fournie par une trémie s. A mesure que ces graines s’échappent de cette trémie, elles sont projetées par la force centrifuge sur la surface concave de l’enveloppe n, d’où elles retombent sur le cône, puis sont projetées de nouveau sur l’enveloppe, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elles tombent dans la chambre o,o, après avoir subi pendant cette descente l’action des flammes ou de l’air chaud, que produisent les becs r,r, entre les deux surfaces coniques.
- Quelques graines de cotonnier qu’on rencontre dans le commerce, présentent une plus grande quantité de fibres adhérentes que d’au-
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- très et ont, par conséquent, besoin d’être exposées à une flamme plus intense ou un air chauffé à une plus haute température. Leur exposition à la flamme ou à l’air chaud peut être réglée en faisant tourner le cône m avec une vitesse qui, en projetant les graines un plus grand nombre de fois d’une surface à l’autre, retarde leur descente, ou bien à une vitesse moindre qui leur permet de tomber plus rapidement. Il est évident qu’on peut obtenir le même résultat variable en augmentant ou diminuant l’alimentation en gaz. Les brûleurs sont du modèle Bunsen, avec un coulant t pour régler l’introduction de l’air.
- Après avoir été ainsi traitées, les graines de cotonnier sont abandonnées à l’air afin qu’elles refroidissent avant de les emmagasiner, mais pour leur décortication, il est préférable de les porter encore chaudes dans l’appareil destiné à les décortiquer.
- Machine à shéper les pièces curvilignes.
- Par M. F.-W. Webb.
- La machine en question a été imaginée pour shéper la face interne de la jante ou couronne des roues de locomotives entre les rais, de manière h amener toutes les portions de cette couronne à l’état d’une circonférence parfaite par rapport à la ligne de centre qui passe par l’axe de l’essieu et à mettre la face interne de cette couronne parallèle dans tous ses points avec la face extérieure dressée sur le tour sur laquelle on applique le bandage.
- La roue qu’on veut shéper est fixée sur une table tournante établie sur le banc de la machine avec la couronne placée immédiatement au-dessous de l’outil vertical de shepage. Cet outil est porté à l’extrémité d’un levier coudé fonctionnant sur un point de centre qui coïncide avec le centre de l’arc suivant lequel il faut modeler la couronne. Le bras postérieur de ce levier porte une mortaise dans laquelle joue un bouton de manivelle fixé sur un disque moteur vertical; par la révolution de ce disque, l’outil décrit l’arc vertical requis, tandis que la couronne de la roue tourne horizontalement au-dessous de l’outil à l’aide d’une roue à rochet. Quand on arrive à la jonction d’un rai avec la couronne, on arrête le mouvement de rotation de la roue en débrayant la roue à rochet, et par le moyen d’une roue hélicoïde, l’outil est tourné graduellement à la main d’un quart de cercle en arrondissant dans l’angle l’assemblage entre le rai et la couronne.
- Le but qu’on se propose en sha-pant ainsi la face interne de la couronne, et en l’amenant, par ce moyen, à une courbe concentrique exacte avec celle externe, est. de produire des roues dont l’équilibre soit parfait, dans quelque point qu’on les place en les tournant sur leur centre, et cela sans accroître les frais de production. En effet, le travail de trois machines de ce genre, en fonction pendant une année, a montré qu’il y avait une économie considérable réalisée, tant sur le temps que sur les salaires par cette méthode de finissage des roues, comparativement à l’ancien moyen où l’on faisait emploi du burin et de la lime.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VA8SEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE. COÜR'DE cassation.
- Chambre des requêtes.
- ÉTABLISSEMENT INSALUBRE. — DOMMAGES-INTÉRÊTS. — DÉFENSE.
- Echappe à la censure de la Cour de cassation l'arrêt qui, en condamnant un usinier à des dommages-intérêts à raison de l'infection produite par le déversement des eaux qui alimentent son usine, induit de ce fait un défaut de précaution et l’inobservation des prescriptions administratives.
- La disposition d’un arrêt qui, en pareil cas, fait défense à l’usinier de récidiver, ne saurait être considérée comme une injonction réglementaire, ni comme un empiétement sur les décrets de l'autorité administrative, mais simplement comme surabondante et inutile.
- Rejet en ce sens du pourvoi de M. Vicq contre un arrêt de la Cour de Paris du 20 juin 1865, M. de Peyramont, cons. rap., M. Savary, av. gén., concl. conf. ; plaidant, Me Albert Gigot.
- Audience au 31 décembre 1866. — M. Bonjean, président.
- CARRIÈRE. — EXPLOITATION. — ACCIDENT. — RESPONSABILITÉ.
- Le locataire d'une carrière qui en a donné l'exploitation pour un certain nombre d’années à un carrier qui dirige les travaux, choisit les ouvriers et reçoit un prix déterminé par chaque mètre cube de pierres extraites, n'est pas civilement responsable des faits de l’un des ouvriers de la carrière, et du préposé établi par le carrier pour le remplacer en son absence.
- Admission en ce sens du pourvoi formé par le sieur Harel contre un arrêt rendu par la Cour impériale de Rennes le 2 août 1865, au profit du sieur Letort.
- Rapporteur, M. de Peyramont; M. l'avocat général Savary, concl. conf. ; plaidant, Me Léon Clément.
- Audience du 2 janvier 1867. — M. Bonjean ^président.
- PROCÉDÉS ET PRODUIT BREVETÉS. — DÉCLARATION DE SIMILITUDE AVEC DES PROCÉDÉS ET PRODUITS CONNUS. — MOTIFS.
- L’arrêt qui, statuant sur la revendication d’un produit nouveau breveté, déclare que ce produit est de même nature qu'un autre produit tombé dans le domaine public, ne saurait être attaqué comme violant l’art. 2 de la loi
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- du 5 juillet 1844, qui déclare brevetable un produit nouveau, si, des autres motifs de l'arrêt, il résulte que, par cette expression : de même nature, il a entendu affirmer la similitude des deux produits. t
- Est suffisamment motivé l'arrêt qui rejette la revendication d'un procédé breveté, en affirmant simplement que ce procédé était antérieurement connu et usité dans l'industrie, bien qu’il ne constate pas les circonstances desquelles résulterait cette divulgation.
- Rejet, en ce sens, du pourvoi de MM. Meissonnier contre un arrêt de la Cour de Paris du 27 novembre 1865.
- M. Ferey, cons. rap. ; M. Savary, av. gén., concl. conf. ; plaidant, Me Bosviel.
- Audiènce du 14 janvier 1867. — M. Bonjean, président.
- CHAMBRE CIVILE.
- CHEMINS UE FER. — MODIFICATIONS AUX TARIFS. — AFFICHES PAR AVIS SOMMAIRES ET DÉPÔT DE LIVRETS. — RÉGULARITÉ.
- Si, aux termes de l’article 49 de l’ordonnance du 15 novembre 1846 et des cahiers des charges des Compagnies de chemin de fer, les modifications apportées aux tarifs doivent être publiées par voie d'affiches, ce mode de publication, qui s'effectue ordinairement par des placards, n’est pas prescrit impérativement en cette forme.
- En conséquence, il peut être remplacé par l’affiche d'avis sommaires et par le dépôt de livrets, contenant les tarifs, dans les gares et autres lieux, conformément aux décisions ministérielles rendues à ce sujet, particulièrement pour les tarifs généraux, qui, à raison de leur étendue, ne pour-
- raient pas être publiés par voie d’affiches.
- Cassation, sur le pourvoi de la Compagnie des chemins de fer du Midi, dvun arrêt rendu par la Cour impériale de Toulouse, le 15 avril 1864, au profit du sieur Pauilhac.
- Rapporteur, M. le conseiller Mercier; M. de Raynal, premier avocat général, conclusions conformes. — Plaidants, Mcs Léon Clément çt Groualle.
- CHEMIN DE FER. — CONTESTATIONS RELATIVES A L’APPLICATION DES TARIFS. — AUTORITÉ JUDICIAIRE. — COMPÉTENCE.
- L'autorité judiciaire est seule compétente pour prononcer sur les contestations relatives à l'application des tarifs pour transport par chemin de fer et aux conditions de publicité auxquelles ces tarifs ont été assujettis par la loi ou les règlements.
- En conséquence, la Cour impériale, qui, au lieu de statuer sur la prétendue illégalité des tarifs, dont une Compagnie lui demande l’application, ordonne qu'il sera sursis jusqu’à ce que cette question de légalité soit tranchée par l'autorité administrative, méconnaît les règles de sa propre compétence, aussi bien que la force exécutoire attachée aux actes ministériels régulièrement pris pour autoriser la perception des taxes.
- Cassation sur le pourvoi de la Compagnie des chemins de fer du Midi, d’un arrêt rendu parla Cour impériale de Toulouse, le 24 mars 1865, au profit du sieur Pauilhac.
- Rapporteur, M. le conseiller Mercier; M. le premier avocat général de Raynal, concl. conf. ; plaidants, Mes Léon Clément et Groualle, avocats.
- Audience du 31 décembre 1866. — M. Troplong, premier président.
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- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- CHEMIN DE FER. — BROUILLARD. —
- ACCIDENT ARRIVÉ A UN garde-
- ligne. — MORT DE LA VICTIME.
- — NON-RESPONSABILITÉ DE LA
- COMPAGNIE.
- Le 18 octobre 1864, par un temps de brouillard, le sieur Gigleux, garde-ligne au chemin de fer de l’Est, était occupé, à une distance de 670 mètres de la gare de Dor-roans, à resserrer des boulons sur la voie montante, lorsqu’il fut surpris, renversé et écrasé par le train descendant n° 10.
- Sa veuve a demandé contre la Compagnie une indemnité composée de :
- 1° Une somme fixe de 6,000 fr. ;
- 2° Une pension annuelle et viagère de 800 fr. ;
- Elle prétendait et offrait de prouver au besoin :
- 1° Que le jour de l’accident le sieur Gigleux exécutait un travail commandé comme pressant par le sieur Panier, son chef d’équipe, lorsqu’il fut écrasé par le train;
- 2° Que le bruit du sifflet au départ de la station, ordinairement perceptible d’une extrémité à l’autre de la gare (700 mètres), ne s’est pas fait entendre ce jour-là à la distance où travaillait le sieur Gigleux, à cause d’un brouillard des plus intenses;
- 3° Qu’aucun ordre n’avait été donné, aucune précaution prise par la Compagnie, par ce temps exceptionnel, pour que son employé fût sûrement averti de l’approche du train.
- Le Tribunal avait repoussé en ces termes la demande de la veuve Gigleux :
- « Le Tribunal, etc.,
- « Attendu qu’il n’est pas établi que l’accident, objet de la demande de la veuve Gigleux, soit le résultat d’une faute quelconque dont la Compagnie du chemin de fer de l’Est doive être déclarée respon-sable ;
- « Attendu que les faits articulés
- ne seraient pas relevants dans la mesure de leur preuve possible telle qu’elle ressort dès maintenant des documents de la cause;
- « Attendu que le train n° 10, par lequel il a été atteint, à 670 mètres de la gare de Dormans, avait, conformément au règlement, sifflé au départ de celle-ci, Gigleux avait donc pu se trouver averti, et, garde-ligne, il l’était en tout cas, par l’heure du passage du train, qui se trouvait même de six minutes en retard;
- « Attendu que dans de telles circonstances, il y avait imprudence à lui à se livrer sur la voie à un travail qui était bien de sa fonction, mais dont la nécessité à ce moment même n’est nullement démontrée ;
- « Attendu que là est un défaut d’attention de sa part et la cause de l’accident,
- « Déclare la veuve Gigleux non-recevable dans sa demande, l’en déboute et la condamne aux dépens. »
- La veuve Gigleux a interjeté appel de ce jugement. Mais la Cour, après avoir entendu Me Prin, avocat de l’appelante, et Me Rivière, avocat de la.Compagnie du chemin de fer de l’Est, intimée, a rendu l’arrêt confirmatif suivant :
- « La Cour, etc.,
- « Considérant que les faits articulés ou sont dès à présent démentis, ou que quand ils seraient prouvés, il n’en résulterait pas la responsabilité de la Compagnie,
- « Confirme. »
- Audience du 4 août 1866. — 4me Chambre. — M. Salvain de Boissieu, président.
- TRIBUNAL CIVIL DE LA SEINE.
- REPRODUCTION D’OBJETS D’ART. — RÉDUCTION DE SCULPTURES. — MACHINE COLAS. — PROPRIÉTÉ ARTISTIQUE. — DROITS DE L’AUTEUR. — SIGNATURE DES ŒUVRES. — CLE-SINGER CONTRE M. BARBEDIENNE.
- Ce jugement sollicite l’attention
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- par deux points principaux : la question des droits d'auteur, la uestion de la signature sur les ré-uctions. Et par ces deux points, il éveille un double intérêt : l’un juridique et moral tout à la fois, l’autre principalement artistique.
- « Le Tribunal,
- » Joint les demandes et statuant par un seul jugement ;
- » Sur la demande principale de Clésinger,
- » En ce qui touche le compte demandé...
- » En ce qui touche les droits d’auteur réclamés par Clésinger sur les réductions faites de plusieurs de ses œuvres de sculpture;
- » Attendu que par les conclusions déposées, le 14 novembre 1866, il a déclaré restreindre sa demande aux réductions du Taureau romain ; la Sapho debout ; la Diane au repos; l’Hercule enfant; la Bacchante ; la Cléopâtre, et un buste de femme ;
- » Attendu, à l’égard du Taureau romain, la Sapho debout, la Cléopâtre, et le buste de femme, qu’ils sont la propriété de Barbedienne à qui Clésinger les a vendus, sans aucunes réserves....
- » Attendu à l’égard de la Diane au repos et de l’Hercule enfant, que Clésinger, en les aliénant au profit de tierces personnes, s’est réservé de les reproduire, et qu’il a cédé ce droit à Barbedienne, en juin 1857 pour l’Hercule, et en novembre 1860 pour la Diane, en renonçant à toutes rétributions d’auteur ;
- » Attendu, à l’égard des bustes de la Bacchante, que si Barbedienne n’est pas propriétaire de l’original, Clésinger lui en a donné un buste-copie ;
- » Attendu que Barbedienne a pu légitimement faire des réductions de cet exemplaire, devenu sa propriété ;
- » En ce qui touche les bustes des deux Césars ;
- Attendu que, par les conclusions du 14 novembre 1866, Clésinger
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- s’est désisté de toutes prétentions à leur propriété ;
- » En ce qui touche les conclusions tendant à ce qu’il soit fait défense à Barbedienne d’éditer avec le nom de Clésinger les réductions de ses œuvres :
- » Attendu que les réductions nombreuses faites jusqu’à ce jour ont été marquées de la signature de l’auteur des œuvres reproduites ;
- » Que plusieurs de ces réductions ont même été livrées à Clésinger, qui les a toujours acceptées sans protestation ;
- » Attendu que le droit de réduction implique la reproduction avec tous les accessoires de l’œuvre et par conséquent avec la signature de l’auteur ;
- » Attendu que Clésinger, au cas oùBarbebienne n’eût pas reproduit sa signature, aurait été fondé à lui reprocher de dissimuler au public qu’il fût l’auteur des œuvres originales qui étaient réduites ;
- » Attendu, enfin, que l’œuvre originale étant signée par Clésinger, la reproduction de la signature est nécessaire, puisqu’elle est le résultat inévitable du procédé de réduction ;
- » En ce qui touche les conclusions reconventionnelles :
- » Attendu que, le 23 avril 1865, Clésinger s’est reconnu débiteur envers Barbedienne d’une somme de 7,500 fr. et que, pour s’acquitter jusqu’à concurrence de 6,000 francs, il s’est engagé à lui livrer deux bustes en marbre, Diane et Lucrèce, grandeur nature ;
- » Attendu que Clésinger n’a pas encore rempli son engagement ;
- » Par ces motifs, — déclare Clésinger mal fondé dans sa demande, et l’en déboute ;
- » Ordonne que Clésinger livrera à Barbedienne, dans les six mois à partir de ce jour, les deux bustes de Diane et Lucrèce, et faute par lui de ce faire, le condamne dès à présent à lui payer la somme de 7,500 fr., avec les intérêts tels que de droit ;
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- # Condamne Glésinger aux dépens. »
- Audience du 12 décembre 1866. —Première chambre. — M. Benoit-Champy, président. — M. Aubépin, avocat impérial. — Me Léon Duval, avocat de M. Clésinger. — Me Se-nard, avocat de M. Barbedienne.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- tribunal correctionnel
- DE LA SEINE.
- CONTREFAÇON. — ÉMANATEURS HYGIÉNIQUES. — GOUDRONNIÈRES. —
- INHALATEURS.
- Les médecins de la Grèce envoyaient les phtisiques dans les forêts de pins de la Lybie et de l’île de Crète respirer lès émanations balsamiques de ces arbres, auxquels on reconnaissait la propriété (le guérir les maladies de poitrine.
- Plaute nous apprend que l’on disait de son temps, mangez de la résine, comme nous disons aujourd’hui : prenez mon élixir.
- Il fait dire à l’un de ses personnages : Resinam ex melle œgyptia-cam vorato, salvum feceéis.
- Cette nourriture ôtait peu appétissante; aussi, pour vaincre les répugnances, on eut recours à des préparations qui, tout en permettant d’utiliser les vertus précieuses des conéifères, s’appliquaient à dissimuler le remède sous des dehors séduisants.
- Puis vint la vogue de l’eau de goudron. Enfin la science recommanda les vapeurs ou fumigations de goudron. Le procédé employé jusqu’à ce jour était des plus simples ; on mettait du goudron près du malade, dans un plat, dans une assiette, dans un vase quelconque, et les émanations balsamiques, remplissant l’atmosphère, étaient apportées ainsi jusque dans les poumons des malades.
- M. Sax a pensé qu’il pouvait faire mieux, et il a construit un petit appareil dit Goudronnière des émanations hygiéniques permettant, grâce à sa dispostion, de répandre des émanations plus abondantes. Il consiste en lames multiples que l’on plonge dans une boîte contenant du goudron, et qui présentent ainsi une grande surface d’évaporation sous un petit volume.
- M. Sax a pris, le 8 décembre 1862, un brevet d’invention, puis, à la date du 9 janvier 1865 et à celle du 23 mars 1866, deux certificats d’addition. Dans son deuxième certificat d’addition, il décrit spécialement une modification nouvelle de ses appareils ; c’est une série de plaques circulaires plongeant dans un bain de goudron; elles sont fixées parallèlement les unes aux autres sur un arbre commun dont les deux bouts, formant tourillons, pivotent dans les coussinets de la boîte.
- M. Bernard, chimiste, à la date du 26 mai 1866, a déposé un appareil dit Inhalateur, consistant en une sphère plongeant à moitié dans un bain de goudron et que l’on peut faire tourner à l’aide d’une manivelle.
- M. Sax ayant vu une contrefaçon dans l’appareil de M. Bernard, a cité ce dernier devant le Tribunal, ainsi que MM. Couly et Jonquet, chez qui M. Bernard avait mis en dépôt plusieurs de ses appareils pour les vendre.
- Le Tribunal, après avoir entendu Me Lefèvre-Pontalis, avocat de M. Sax, Me Augustin Royer, avocat de M. Bernard, et Mes Gambetta et Nogaret, avocats de MM. Couly et Jonquet, sur les réquisitions de M. l’avocat impérial Manuel, a rendu le jugement suivant :
- cr Attendu que,depuislongtemps, les effets des émanations du goudron avaient été observés et recommandés; que, pour les produire, on se servait d’un procédé vulgaire qui consistait à disséminer dans une pièce habitée du goudron à
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- l’état tranquille dans les vases ou récipients analogues ;
- « Attendu que, le premier, Sax a imaginé de multiplier dans un petit espace les surfaces du goudron capables de produire les émanations, et, dès lors, d’en dégager une plus grande quantité, en remédiant aux inconvénients que présentait le procédé suivi jusqu’alors ;
- « Que les éléments essentiels du nouveau procédé consistent, dans le but d’imprégner l’air d’émanations de goudron, à avoir des appareils relativement très-réduits par rapport au cubage atmosphérique des appartenions: lesdits appareils, à grande surface ou à surfaces multipliées, enduites d’un goudron li-uide qui tend toujours, par l’effet e sa pesanteur, à s’écouler, par un mouvement lent de descente, renouvelé de temps à autre dans un récipient au-dessus duquel ces surfaces exposées à l’air sont suspendues, après avoir été immergées dans un bain de goudron ;
- « Attendu que le goudron est une substance qui, par sa propre nature et sans emploi d’un procédé particulier, produit par ses émanations des effets favorables à la santé ;
- « Que sa mobilité amène un dégagement plus considérable d'émanations qu’à l’état tranquille ;
- « Que les surfaces agrandies ou multipliées sont encore un moyen d’augmenter les émanations ;
- « Attendu que le seul moyen connu de faire emploi du goudron par le dégagement d’émanations dans l’air des chambres ou pièces habitées était la dissémination de cette substance dans des récipients ;
- « Que Sax a fait une application nouvelle de ce moyen, pour l’obtention d’un résultat industriel, en agrandissant les surfaces, et enfin en les multipliant dans un appareil d’un petit volume rotatif et portatif, et que, de plus, à cette application nouvelle, il a joint un moyen nouveau qui consiste à profiter de la mobilité du goudron, et que tous
- ces éléments essentiels, par leur réunion dans le même appareil, constituent tout à la fois et l’invention de nouveaux moyens, et l’application nouvelle de moyens connus pour l’obtention d’un résultat industriel;
- « Attendu que si, dans son brevet principal et ses certificats d’addition, il avait entendu faire breveter à son profit et d’une manière absolue et générale tous les appareils quelconques pouvant réaliser son idée, Sax serait resté dans le vague et l’arbitraire, mais qu’il n’en est pas ainsi : qu’il a spécialisé son invention dans des appareils décrits et dessinés, qui l’ont fait passer pratiquement dans les faits ; que c’est là ce qu’il peut utilement revendiquer aujourd’hui ;
- « Attendu qu’après avoir décrit dans son brevet principal un appareil comme type de son invention, et, dans un premier certificat du 9 janvier 1865, un autre appareil, tout en faisant remarquer qu’il n’entendait en aucune façon se restreindre à ses dispositions, mais revendiquer tous autres appareils, quelles que soient leur forme et leur dimension, Sax a décrit dans son second certificat du 23 mars 1866, un troisième appareil qui se compose d’une série de plaques circulaires fixées parallèlement sur un arbre commun dont les deux bouts, formant tourillons, pivotent dans les coussinets de la boîte. « Cette dernière (porte le certificat), « qui contient le goudron ou autres « matières liquides appropriées, « peut se fermer à volonté au moyen « d’un couvercle. — Comme on « peut faire tourner les plaques à « l’aide d’une manivelle, on peut « donc, à volonté et avec la plus « grande facilité, renouveler lés « surfaces des plaques en leur faite sant décrire une demi-révolution, « de manière à ce que la partie qui « avait été plongée dans le goudron « vienne se présenter de nouveau « à l’air pour émettre ainsi les éma-« nations du goudron. »
- « Attendu que l’appareil déposé
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- par Bernard, postérieurement à ce troisième certificat, est analogue ap dernier appareil de Sax; qu’il s’agit d’une succession de plaques dans l’appareil Sax, tandis que Bernard a employé une sphère pleine; que la boite de Bernard est surmontée d’un couvercle percé de trous ; que son appareil vient s’immerger dans un bain de goudron, au moyen d’une rotation manifestée par une manivelle ;
- « Attendu, sans doute, que Bernard n’a pas imité servilement l’appareil de Sax, mais qu’il l’a copie ; que les différences qu’il a introduites ne servent qu’à déguiser la contrefaçon ; que celle-ci ne consiste pas dans l’emploi de tous les moyens de l’invention, mais de moyens faisant l’objet de l’invention ;
- « Attendu que, si l’appareil de Bernard n’est pas identique à celui de Sax, on y retrouve le même principe, la même idée, une forme extérieure semblable, un couvercle, une sphère pleine au lieu de disques rapprochés, • l’emploi du système relatif, un cylindre plongeant dans un bain de goudron, et cette substance en état de mobilité;
- « Que dès lors Bernard s’est, en 1866, à Paris, rendu coupable du délit de contrefaçon.
- « A l’égard de Couly et de Jon-quet; attendu que l’un, droguiste, et l’autre, pharmacien, ils ont, en 1866, à Paris, tenu un dépôt de l’appareil Bernard, et que, sciemment, ils ont mis en vente des objets contrefaits; qu’ils ne prouvent pas u’ils aient été de bonne foi, et que ernard est encore moins fondé à invoquer telle exception ;
- « Mais attendu que Bernard a fait son dessin dans le courant de 1866; que les dépôts n’ont commencé qu’en juin ; que la confiscation des objets saisis sera une réparation suffisante ;
- « Vu les articles 40, 41 et 49 de la loi du 5 juillet 1844 ;
- « Condamne Bernard, Couly et Jonquet, chacun en 50 fr. d’amende ;
- « Condamne Bernard et Couly solidairement entre eux à ladite amende; condamne ledit Bernard et Jonquet solidairement entre eux à ladite amende, et statuant sur les conclusions de la partie civile :
- « Attendu qu’il y a eu un préjudice causé et qu’il en est dû réparation ;
- « Condamne Bernard, Couly et Jonquet, tous trois solidairement et par corps, à payer à Sax une somme de cent francs à titre de dommages-intérêts, sauf la division ainsi qu’il suit; moitié à la charge de Bernard, un quart à la charge de chacun des sieurs Couly et Jonquet ;
- « Prononce la confiscation des objets saisis et décrits ;
- « En ordonne la remise en nature à Sax, dans le délai de quinzaine à dater de ce jour; sinon condamne Bernard, Couly et Jonquet à lui payer chacun la somme de 15 francs par chaque appareil, pour en tenir lieu ;
- « Dit qu’il n’y a lieu de prononcer la confiscation des appareils en construction chez Fortin, lesquels n’ont été ni saisis ni décrits;
- « Ordonne l’insertion des motifs et du dispositif du présent jugement dans un journal de Paris, au choix de Sax et aux frais des condamnés qui en supporteront le coût entre eux, chacun pour un tiers. Les condamne tous trois solidairement aux dépens.
- « Fixe à six mois la durée de la contrainte par corps, s’il y a lieu de l’exercer.
- « En ce qui touche la demande reconventionnelle; par les motifs ci-dessus énoncés, dit qu’il n’y a lieu à statuer. »
- Audience du 27 décembre 1866. — 6me Chambre. — M. Vivien, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- Sur le four à réchauffer, à gaz, de M. Lundin, à soufflerie d’air, régénérateur de chaleur et condensateur. P. Tunncr.................337
- Action des acides sur les métaux et les alliages. Crace Calvert et H.
- Johnson.........................341
- Sur l’absorption de l’oxygène par les alliages d’étain et de plomb.
- P. Bolley.......................344
- Sur le verre. J. Pelouze..........344
- Sur une encre à mater et à écrire
- sur verre. Kessler..............347
- Argenture des miroirs pour les instruments d’optique. J. Browning.................................349
- Méthode employée à Stassfurt au dosage de la potasse au moyen
- du tartre. Th. Becker...........350
- Sur la fabrication de l’azotate de potasse artificiel et du carbonate de potasse pur. G. Lunge. . . . 352
- Procédé pour oxyder les lessives de soude brute. J. Hargreaves. . 355
- Essai des sulfates d’alumine en acide,
- libre. C. Giseke....................357
- Procédé de préparation de l’oxygène. A. Mallet......................359
- Recherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de
- Cassius. J.-G. Fischer..............360
- Dissolvant de l’indigo, de la cochenille, etc. Coignet..................364
- Touraille automate pour dessécher le charbon d’os des fabriques de
- sucre. L. Walkhoff..................364
- Désinfection du caoutchouc. S.
- Bourne..............................365
- Sur le point d’inflammation du pétrole. J. Attfield,..................367
- Extraction du gaz d’éclairage et du noir d’impression, des lies de vins
- épuisées. Ed. Schlamp...............370
- Mode de fixation des couleurs sur les tissus et les fils. A. Paraf. . . 371 Réduction des composés aromatiques parla poudre de zinc. Baeyer. 371 Emploi delà glycérine dans les moulages en plâtre. Hofmann. . . . 372 Nouveau procédé de fabrication du
- sulfate de fer......................372
- Purification de la naphtaline. Muth. 372
- arts mécaniques
- Procédé pour le moulage de l’acier.
- Whitworth............ 373
- Appareil de moulage pour les roues de chemins de fer. J.-B. Tarr. . 374 Martinet à air comprimé. T.-G.
- Dawes.................... 376
- Chaudière à vapeur de Dickerson. 376
- Pages.
- Piston Cabell......................378
- Régulateur de Pickering............379
- Sur la composition d’une incrustation de chaudière et sur l’influence d’une eau d’alimentation grasse.
- B. Weber.........................381
- Soufflerie à cylindre de Franzen-
- sthal. J. Noviack................385
- Manomètre pour les presses hydrauliques.......................388
- Machine perfectionnée par l’abattage de la houille. J.-G. Jones. . 388 Expériences sur la détente de la vapeur d’eau surchauffée.............390
- Nettoyage des graines de cotonnier. 391 Machine à shéper les pièces curvilignes. F.-W. Webb.................392
- JURISPRUDENCE
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de cassation. — Chambre des requêtes.
- Etablissement insalubre. — Dommages-intérêts. — Défense. . . . 393
- Carrière. — Exploitation. — Accident. — Responsabilité...............393
- Procédés et produit brevetés.— Déclaration de similitude avec des procédés et produits connus. — Motifs...............................393
- Chambre civile.
- Chemins de fer. — Modifications aux tarifs. — Affiches par avis sommaires et dépôt des livrets. — Régularité...........................394
- Chemins de fer. — Contestations relatives à l’application des tarifs.
- — Autorité judiciaire. — Compétence.............................394
- Cour impériale de Paris.
- Chemins de fer. — Brouillard. — Accident arrivé à un garde-ligne.
- — Mort de la victime. — Non responsabilité de la compagnie. . . 395
- Tribunal civil de la Seine.
- Reproduction d’objets d’art. — Réduction de sculptures. — Machine Colas. — Propriété artistique. — Droits de l’auteur. — Signature des œuvres.—M. Clésinger contre M. Barbedienne.......................395
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Tribunal correctionnel de la Seine. Contrefaçon. — Emanateurs hygié-
- niques. — Goudronnières. — Inhalateurs............ ..... 397
- BAR-SUR-SE1NE. — 1MP. SAILLARD.
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- Le Technologiste
- Imprimerie Roret rue ffautefeuille iQ.Parir.
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- LE TECHNOLOGISTE
- OD
- ARCHIVES DES PROGRES
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Fours brûlant la fumée.
- Par M. W. Naylor.
- La fumée qui se dégage des fours à réverbère, des fours à puddler et à réchauffer, etc., est tellement incommode dans les villes ou les grandes usines, qu’on a dû chercher depuis longtemps les moyens de la brûler et de la supprimer. Ceux qui ont été proposés jusqu’à présent ont paru entraîner à des dépenses trop élevées de construction ou d’entretien, ou bien n’ont rempli que d’une manière imparfaite le but proposé. M. Naylor sera-t-il plus heureux que ses devanciers? C’est ce que nous laissons à décider au temps et à l’expérience.
- Le procédé de M. Naylor consiste à former une ou plusieurs chambres ou conduits à air à la gorge, dans le dôme, sur les côtés ou le massif des fours en question, chambres ou conduits dont la paroi interne est séparée du laboratoire ou du rampant du four par une cloison mince ae briques ou autre matière réfractaire, de manière à imprégner l’air qui s’y trouve contenu de la plus grande quantité possible de chaleur. L’une des extrémités de ces chambres ou conduits, celle la
- plus rapprochée de la cheminée, est en rapport avec un injecteur d’air qui se compose d’un tuyau pourvu d’un ou plusieurs jets de vapeur avec orifice pour l’introduction de l’air, orifice pourvu d’une soupape automatique suffisamment équilibrée pour se fermer ou à peu près quand les jets de vapeur ne fonctionnent pas, mais s’ouvrir pour l’écoulement de l’air lorsqu’on applique ces jets.
- L’extremité opposée du tuyau en question se partage en deux branches, l’une en rapport avec l’orifice du conduit ou chambre à air chaud dont on a parlé ci-dessus, de manière à amener l’air dans les capacités, tandis que l’autre branche se rattache à un syphon renversé en partie rempli d’eau qui sert à recueillir et évacuer l’eau de condensation qui peut se former dans le tube et s’opposer à ce que cette eau soit chassee dans la chambre à air chaud.
- Par ce moyen, on fait passer un puissant courant d’air à travers les chambres, air qui, après avoir été chauffé à un degré élevé dans son passage par ces Capacités, pénètre dans le four par des ouvertures ménagées à cet effet, et où il vient se mélanger aux gaz non brûlés à me-
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- sure qu’ils se dégagent du combustible frais, dont ils effectuent la combustion en prévenant ainsi la formation de la fumée.
- Dans quelques cas, la branche à air du tuyau injecteur lance de l’air directement dans la cheminée, soit dans le bas, soit par des orifices percés à cet effet dans ses parois à. une hauteur quelconque au-dessus de son fond, ce qui produit un vif courant dans cette cheminée, le but étant de compenser le retard du tirage produit par l’effet refroidissant de l’air dans cette cheminée par un accroissement dans la rapidité de son écoulement.
- Au lieu de jets de vapeur, on peut employer d’autres moyens connus pour produire un courant d’air, par exemple, un ventilateur, un cylindre soufflant, etc.
- Gomme l’introduction de l’air dans le four ou la cheminée n’est nécessaire que pendant le temps où le combustible dégage des gaz non brûlés qui donneraient naissance à de la fumée, on propose d’adopter une disposition automatique convenable pour fermer, du moins en partie, les orifices d’air et les jets de vapeur quand on en fait usage, en disposant les choses de façon qu’avant qu’on puisse ouvrir l’orifice d’alimentation du four pour introduire du combustible, les orifices d’air et les jets de vapeur soient ouverts et fonctionnent déjà.
- Un moyen pour remplir cet objet consiste en un levier basculant sur un point de centre et portant sur l’une de ses extrémités un poids mort, tandis qu’à l’autre extrémité est suspendu un seau qui monte et descend dans un réservoir. Ce seau est percé au fond d’un trou. Le poids mort balance un peu au-delà le poids du seau vide, et lorsque le levier est dans sa position normale et qu’on n’introduit pas d’air dans le four, le poids est immédiatement placé en avant d’une porte ou d’une grille qui ferme l’orifice d’alimentation, et par conséquent tout accès dans le four est interdit
- jusqu’à ce que l’extrémité à contrepoids du levier soit remontée au point de permettre l’ouverture de la porte.Une entaille dans le poids reçoit le bord de la porte quand on l’ouvre et la maintient telle pendant u’on charge le combustible. Pen-ant cette opération, le seau qui est descendu dans le réservoir se remplit en partie d’eau, et lorsque la porte du four est fermée et par conséquent que le poids est rendu libre, sa gravité tend à faire tourner lentement le levier sur son centre, entraînant en même temps le seau chargé d’eau ; puis à mesure que l’eau s’écoule du seau par le trou percé sur son fond, l’extrémité du levier qui porte le poids descend graduellement à sa position normale en avant de la porte.
- Ce mouvement du levier, quand il s’opère, se transmet aux soupapes d’introduction d’air, ou à des robinets ou soupapes sur les tuyaux de jets de vapeur, et effectue leur fermeture graduelle, leur ouverture s’opérant par le soulèvement du levier avant l’ouverture de la porte en avant de l’orifice de chargement du four.
- On peut, si on le préfère, en cas d’un ventilateur ou d’un cylindre soufflant, faire (jue la descente graduelle de l’extremité à poids du levier transporte la courroie motrice de ce ventilateur sur une poulie folle, tandis qu’en relevant ce levier, la courroie soit rejetée sur la poulie fixe et le ventilateur mis en mouvement, afin de produire le courant d’air en temps opportun.
- La durée de la période pendant laquelle l’air doit être admis dans le four, peut être variée suivant la longueur du temps nécessaire pour que le combustible frais dégage ses gaz en augmentant ordinairement les dimensions de l’ouverture sur le fond du seau, de manière à permettre à l’eau de s’écouler plus ou moins rapidement suivant le besoin.
- La figure 1, pl. 332, est une section verticale sur la longueur d’un four à réchauffer, auquel on a ap-
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- pliqué les dispositions pour effectuer la combustion de la fumée.
- La figure 2 est une section horizontale correspondante de ce même four.
- Dans ces figures, on a indiqué l’application à un même four de trois modes différents d’effectuer la combustion de la fumée ; mais il est bien entendu que ce sont des modes qui peuvent se remplacer, et que dans la pratique un seul d’entre eux est appliqué à un four, en faisant choix de celui qui paraît le mieux adapté à la nature de ce four où on l’organise.
- A, corps d’un four ordinaire à chauffer ou à réchauffer, pourvu de la chauffe ordinaire B et d’une ouverture à la gorge débouchant dans la cheminée G.
- Dans l’une des dispositions pour prévenir la fumée, et afin d’effectuer une combustion plus économique et plus complète du combustible, on construit une chambre à air ou conduit D le long de la gorge et de la voûte du four, ainsi qu’on le voit dans la figure 1, ou bien, si on l’aime mieux, le long des parois latérales ou de la paillasse, ou dans ces deux points à la fois. Cette chambre est séparée du laboratoire A du four par des tuiles minces réfractaires E, afin de pouvoir communiquer à l’air un degré considérable de chaleur dans son passage k travers cette chambre. Sur le devant du four ou à l’extrémité où se trouve placé le foyer, on pratique dans la chemise un certain nombre de petites ouvertures ou perforations F qui communiquent avec la chambre à air D et permettent à l’air, qui a été chauffé dans son passage û travers cette chambre, d’entrer dans la chauffe juste au-dessus du combustible frais par un nombre de petits filets ou jets, ainsi qu’on le voit par les flèches, de se mélanger définitivement avec les produits gazeux de la combustion à mesure qu’ils^ se dégagent du combustible, et d’en provoquer la combustion.
- L’air atmosphérique est refoulé
- dans la chambre D à travers un tuyau G, soit à l’aide d’un ventilateur ou autre organe soufflant en rapport avec ce tuyau, ou bien l’air peut être chassé dans cette capacité par un ou plusieurs jets de vapeur, ainsi qu’on l’a représenté dans les figures. Dans ce dernier cas, le tuyau G est pourvu sur l’un de ses côtés d’une soupape d’introduction H s’ouvrant de dehors en dedans par l’afflux de l’air, et la vapeur est amenée dans ce tuyau à travers un tube I. Cette vapeur se divise en un certain nombre de jets fins à l’aide d’une série ou d’un groupe de petites buses a disposées sur une plaque à tubes, entre le chapeau b et l’extrémité du tuyau G. Ce tuyau descend directement dans un syphon renversé K contenant une colonne d’eau suffisamment haute pour s’opposer à l’échappement de la vapeur et de l’air, en permettant toutefois l’évacuation de l’eau de la vapeur condensée. Une branche latérale G1 du tuyau G pénètre dans le dôme du four et communique avec la chambre D, comme le font comprendre ces figures. Cette branche se relève sur le tuyau G pour empêcher l’eau ou l’humidité d’entrer, tant dans cette branche que dans la chambre D ; toute l'eau condensée dans ce tuyau G est-refoulée directement dans le syphon K et évacuée aussi rapidement qu’elle se forme.
- Au lieu d’introduire et de refouler l’air dans la chambre D, et de faire que cet air, après qu’il aura été chauffé, entre par le devant du four et les orifices F, on introduit parfois un ou plusieurs jets d’air dans le bas de la cheminée, soit par le moyen d’un ventilateur ou autre organe de soufflerie, ou par le secours de jets de vapeur, de préférence ce dernier moyen. Cette disposition est clairement représentée dans les figures, où L indique le tuyau qui fournit l’air et est pourvu d’une soupape et de buses exactement pareilles à celles décrites à l’occasion du tuyau G qui alimente la chambre à air chaud D.
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- Ce tuyau se relève dans le bas et forme" un jet ou une buse en M au bas de la cheminée C, de manière que l’air puisse être dirigé de bas en haut a son intérieur. Dans la courbure de ce tuyau, on établit une communication en y pratiquant une fente avec le sypnon N qui, de même que celui K, est maintenu chargé d’eau pour remplir l’office qu’on a déjà expliqué.
- Dans le but de diviser le jet d’air, on place une brique ou une tuile réfractaire O percée de trous en travers de la cheminée, au-dessus de la buse M, et afin d’empêcher que ces orifices ne soient obstrués par les scories et ne s’opposent à l’introduction de l’air dans la cheminée, on creuse une poche P sur le plancher du rampant du four, afin d’y recueillir les scories qu’on enlève par une porte latérale disposée à cet effet.
- Dans les fours à puddler, où il est à désirer qu’on économise la chaleur perdue au chauffage des guesets dans le bas de la cheminée, avant de les introduire dans le laboratoire ou chambre de puddlage, la tuile O est faite d’une seule pièce et sans orifices; alors l’air remonte le long des passages Q, Q, qu’on voit au pointillé, pratiqués dans les parois de la cheminée, et qui s’ouvrent sur les côtés de celle-ci à une élévation quelconque, ainsi que l’indique la flèche de la fig. 1, cas dans lequel l’air est chauffé avant d’entrer dans la cheminée.
- Comme, dans ces diverses dispositions, il suffit d’admettre les courants d’air, soit chauds, soit autrement, pendant une période de temps très-courte, après que le chargement en combustible frais a été opéré dans le four, on propose d’adopter une disposition automatique pour fermer l’accès aux jets d’air et de vapeur lorsque ceux-ci ne sont plus nécessaires.
- Traitement des résidus des pyrites.
- Par MM. Warren de la Rue et Hugo Muller.
- L’invention consiste en un mode de traitement appliqué aux résidus des pyrites, dits minerais grillés, afin d’y séparer le cuivre et l’argent, si ces ' pyrites en renferment, de l’oxyde de fer.
- Les résidus sont broyés et réduits en une poudre fine, puis humectés ou mélangés à l’acide sulfurique. Ce mélange, qui a la propriété de se concréter, est moulé en blocs qu’on soumet à la chaleur d’un four en élevant suffisamment la température pour décomposer le sulfate de fer et laisser sans les décomposer les sulfates de cuivre et d’argent.
- Par ce moyen le cuivre et l’argent sont en grande partie rendus solubles dans l’eau, tandis que le fer y est à peu près insoluble. Le cuivre et l’argent sont donc séparés du fer au moyen de l’eau, et précipités de la solution à la manière ordinaire.
- Suivant la nature du minerai et les moyens qui ont été employés pour le grillage, les résidus renferment un mélange plus ou moins homogène d’oxyde de fer, et de sulfures de fer et de cuivre. Afin de faciliter l’opération, il est nécessaire que la matière soit amenée à l’état pulvérulent, et à cet effet, on la broie sous des meules verticales ordinaires ou par tout autre moyen. La poudre est alors mélangée avec l’acide sulfurique dilué, et exposée à la chaleur rouge, soit moulée sous la forme de briques ou de blocs et brûlée dans un four, soit à l’état de poudre dans un appareil ordinaire à calciner ou dans un fourneau à mouffle. Si on adopte le premier procédé, il est essentiel que tout le fer contenu soit à l’état d’oxyde, ainsi que le cuivre ou à peu de chose près, autrement il faudrait une quantité considérable d’acide sulfurique pour oxyder les sulfures.
- Si l’opération de calcination
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- s’exécute dans un four à réverbère, b y a moins d’importance à ce que le minerai soit préalablement aussi complètement oxydé, attendu que l’oxydation a lieu alors aux dépens de 1 air atmosphérique et que l’opération peut être conduite de manière que dès le début du travail, les sulfures s’oxydent et se transforment en sulfates; vers la fin on elèvela température afin de décomposer le sulfate de fer.
- Le produit de cette calcination avec l'acide sulfurique est traité par l’eau jusqu’à ce qu’on ait enlevé le sulfate de cuivre soluble. Alors on met la solution en contact avec du fer métallique qui précipite le cuivre à l’état de métal.
- Si le minerai renferme de l’argent, ainsi que cela se rencontre souvent, ce métal passe également dans la solution et peut en être éliminé par l’introduction dans cette solution du cuivre métallique avant la précipitation de ce dernier métal par le fer.
- La quantité d’acide sulfurique employée dans cette opération dépend de celle du cuivre qui est pré-, sent, et aussi de l’état du minerai calciné. Si ce dernier contient encore des sulfures, il faut une quantité proportionnelle d’acide pour oxyder le soufre, ainsi que le métal combiné avec lui. Dans toutes les circonstances, il y a avantage à faire usage d’un excès d’acide.
- On a observé que pour mouler en briques, il suffisait de mélanger la quantité d’acide sulfurique concentré que l’analyse montre être nécessaire pour se combiner avec le cuivre et l’argent, avec seulement la quantité d’eau suffisante pour former une masse plastique avec
- les résidus broyés qui peuvent ainsi être moulés par les moyens généralement usités pour cet objet. Peu de temps après que le mélange est opéré, la masse devient plus ferme et peut être moulée sous une forme quelconque et enfin elle se concrète, et peut alors être maniée et séchée avant de la calciner.
- Action des acides sur les métaux et les alliages.
- Par MM. Crace Calvert et R. Johnson.
- (Suite).
- Action des acides sur les bronzes ou alliages de cuivre et d'étain. — Nous suivrons le même ordre dans l’examen de l’action des divers acides sur les bronzes que celui que nous avons adopté dans la description de l’action de ces mêmes acides sur les laitons. Ainsi, nous examinerons en premier lieu l’action de l’acide nitrique, puis celle de l’acide chlorhydrique et finalement celle de l’acide sulfurique. Il est aisé de concevoir que l’action de ces divers acides sur les alliages de bronze doit être fort différente, l’acide nitrique possédant la propriété d’agir sur les deux métaux, l’acide chlorhydrique d’agir seulement sur l’étain et non sur Te cuivre, tandis que l’acide sulfurique n’agit seulement, sur les deux métaux, que sous l’influence de la chaleur. Nous allons donc procéder à l’examen de l’action de chaque acide en particulier.
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- Tableau n° 10.
- Action de Vacide nitrique, poids spécifique 4,25, sur les alliages de cuivre et d’étain (bronze).
- Surface d’attaque................................... 1 eentim. cube.
- Quantité d’acide employé............................ 25 —
- Durée de l’action .................................. 15 minutes.
- MÉTAUX et composition des alliages. PERTE sur 1 centimètre cube. PERTE CALCULÉE sur 1 mètre carré. PERTE CALCULÉE d’après la composition des alliages.
- Cuivre. gram. 1.920 gram. 3200.000 gram. 3200.000
- Etain. 0.505 841.667 841.667
- Sn5Cu — Sn 90.27 ( Cu 9.73 ( 100 1.130 1883.330 1071.132
- Sn*Cu — Sn 88.14 | Cu 11.86 j 100 0.725 1208.333 1121.360
- Sn3Cu — Sn 84.79 1 Cu 15.21 ( 100 0.590 983.333 1200.360
- Sn2Cu — Sn 78.79 Cu 21.21 | 100 0.240 400.000 1341.869
- Sn Cu — Sn 65.02 ( Cu 34.98 ( 100 0.110 183.334 1666.600
- SnCu® — Sn 51.83 | Cu 48 17 \ 100 0.125 208.334 1977.676
- SnCu» — Sn 38.21 Cu 61.79 j 100 0 560 933 334 2298.880
- SnCu* — Sn 31.73 Cu 68.27 j 100 0.910 1516.660 2453.384
- SnCu5 — Sn 27.10 ) Cu 72.90 j 100 0.485 808.334 2577.725
- Le premier résultat qui attire l'attention, est celui qu’aucun des alliages n’est attaqué au même degré que le cuivre pur. Par conséquent, la présence de l’étain dans Galbage contre-carre à un certain point l’action de l’acide nitrique sur les bronzes, mais l’influence préservatrice de l’étain présente cette particularité, que l’action de l’acide augmente à mesure que la proportion de l’étain s’accroît ; aussi l’al-
- liage Gu Sn5 est attaqué dix fois plus que l’alliage CuSn.
- On remarquera également que la quantité des métaux dissous est moindre dans tous les alliages contenant un excès de cuivre, ainsi que dans les deux alliages Sn2 Gu et Sn3Cu que ne l’indique la théorie , mais que c’est spécialement avec les alliages Sn2Cu et SnCu qu’on observe ce résultat.
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- Tableau n° 11. Action de l'acide chlorhydrique, poids spécifique 1,10, sur les alliages de cuivre et d’étain {bronze).
- Surface d’attaque.......................!..................... 1 cent. cube.
- Quantité d’acide............................................ 50
- Durée de l’action............................................. 1 heure.
- métaux et composition des alliages. PERTE sur 1 centimètre cube. PERTE calculée sur t mèt. carré. PERTE CALCULÉE d’après la composition des alliages.
- gram. gram. gram.
- Cuivre 0.002 3.334 3.334
- Etain 0.011 18.334 18.334
- Sn5Cu 0.017 28 334 16.874
- Sn*Cu 0.016 26.667 16.554
- Sn3Cu 0.015 25.-000 16.052
- Sn*Cu 0.012 20 000 15 152
- SnCu 0 006 10.000 13 086
- SnCu8 0 006 10.000 11.107
- CnCu3 0.005 8.334 9.065
- SnCu* 0.004 6.667 8.093
- SnCu5 — - - 0.003 5.000 7.398
- Dans cette série d’expériences, l’action de l’acide chlorhydrique sur l’étain est entravée par la présence du cuivre, l’action de l’acide
- sur les bronzes diminuant à mesure que la quantité du cuivre augmente dans l’alliage. ♦ .
- Tableau n° 12. Action de l'acide sulfurique (SO3HO) sur les bronzes.
- Surface d’attaque................................... 1 centim. cube.
- Quantité d’acide.................................... 50 —
- Durée de l’action................................... 2 heures.
- Température........................................ 150° C.
- Action sur un centim-cube de cuivre. . . 1,678 = 2797,2 par mèt. carré. ---------------- d’étain.......3,010 = 5017,6 —
- COMPOSITION des alliages. PERTE sur 1 cent, cube. PERTE calculée sur 1 mèt. carré. PERTE calculée d'après la composition desalliages. OBSERVATIONS.
- CuSn5—Cu 9.73|.aa Sn90.27)lw CuSn*—Culi.86(,nn Sn88.14jluu gr- 0.656 0.546 gr- 1093.3 910.0 gr- 4801.55 4754.26 Dégagement de S O8. Pas de HS. Id.
- CuSn3—Cul5 55),ftn Sn85.45 )1UU 0.634 1056.6 4672.32 Id.
- CuSn8— CU21.21I,™ Sn 78.79 (1UU 0.525 875.0 4546.65 Id.
- CuSn —Cu34.98(4Aft Sn65.02(luu 0.632 1053.3 4240.9 Id.
- Cu8Sn—Cu 51.83),, aa Sn48.17j1UÜ 0.797 1328.3 3866.76 Id.
- Cu3Sn—Cu61.79 ,ftft Sn 38.21 (1UU 0.820 1366.6 3645.6 Id.
- Cu* Sn—Cu 68.27 j i aa Sn31.73\ 00 0.450 750.0 3501.33 Id.
- Cu5 Sn—Cu 72.90 ), nft Sn27.10|100 0.372 620.0 3391.93 Id.
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- En examinant les résultats contenus dans ce tableau, on remarque que le cuivre retarde l’action de lucide sur l’étain, aucun des alliages n’étant attaqué dans le rapport de la quantité d’étain qu’ils renferment comparativement h celle du cuivre ; au fait, un alliage Sns Cu, quoique contenant 90 pour 100 d’étain, et seulement 10 pour 100 de cuivre, n’est pas plus attaqué u’un alliage SnCu, qui contient 5 pour 100 d’étain et 35 pour 100 de cuivre. De plus, deux alliages qui renferment un grand excès de cuivre h savoir Sn CuA et Sn Cu5, sont moins attaqués qu’aucun des autres alliages compris dans la série, et il est difficile de comprendre pourquoi les deux alliages Sn Cu2 et Sn Cu3 sont attaqués avec une telle violence comparativement aux deux bronzes qui contiennent une plus forte proportion de cuivre. La seule explication que nous puissions présenter de ce résultat exceptionnel est que, dans nos expériences sur la conductibilité des métaux et des alliages pour la chaleur, nous avons trouvé que ces deux alliages jouissaient d’un pouvoir conducteur qui différait de celui de tous les autres alliages de cuivre et d’étain, et à cette époque nous émettions l’opinion qu’il était extrêmement probable que ces deux alliages n’étaient pas de simples mélanges de métaux, mais des composés définis ; l’action particulière que SO3 HO exerce sur ces alliages, comparée à celle qu’il déploie sur le reste de la série, paraît venir à l’appui de cette manière de voir.
- Sur la fabrication de l'azotate de potasse artificiel et du carbonate de potasse pur.
- Par M. G. Lunge.
- (Suite.)
- Le procédé le plus intéressant est celui que j’ai vu pratiquer dans
- une fabrique du Lancashire, procédé qui, toutefois,nem’a pas paru établi sur des bases aussi rationnelles que celles des fabriques é-cossaises que j’ai mentionnées ci-dessus. Ici, on a pris pour principe la réaction qui a lieu entre la potasse caustique et l’azotate de soude. Ces deux matières se transforment complètement en azotate de potasse et en soude caustique, et cette dernière est livrée à l’état solide ordinaire au commerce. Comme point de départ pour l’approvisionnement en potasse, on se sert du chlorure de potassium, mais pas exclusivement, attendu qu’on emploie aussi un peu de sulfate de potasse provenant du travail du kelp, en Ecosse, mais comme on ne parvient pas à se procurer ce sel en quantité suffisante, on est obligé d’employer principalement le chlorure de potassium qu’on transforme en sulfate de potasse en le traitant par l’acide sulfurique. Cette opération s’exécute exactement de la même manière que celle pour la transformation du sel marin en sel de Glauber, dans la fabrication de la soude et dans des appareils et des fours identiques.
- Il paraît qu’il faut, pour la décomposition du chlorure de potassium, une température plus élevée que pour celle du chlorure de sodium, mais on n’a pu, dans cette fabrique, me donner aucun renseignement à cet égard, et peut-être n’y a-t-on pas fait attention, parce qu’on y consacre les mêmes capsules épaisses en fonte que dans la fabrication delà soude; mais je me suis rappelé ce fait, que dans une fabrique de soude française qui décomposait son sel marin dans des capsules en plomb, et avait cherché àtraiter du chlorure de potassium dans ces mêmes capsules, on avait rencontré un obstacle dans la fusion de celles-ci.
- Le sulfate de potasse ainsi obtenu, comme à l’ordinaire, est transformé de même en carbonate par le procédé de Leblanc, c’est-à-aire qu’on le mélange à de la pierre cal-
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- caire et du charbon, et qu’on le met en fusion dans un four à soude. Il semblerait que ce procédé peut être appliqué industriellement à la fabrication de la potasse, mais des expériences poursuivies pendant plusieurs années et très-dispendieuses, qui ont été entreprises et très-bien dirigées dans cette fabrique, n’ont conduit qu’à des résultats négatifs. On n’est parvenu, a-près bien des elforts, à produire un article marchand qu’en travaillant en même temps une quantité notable (jusqu’à moitié) de perlasse d’Amérique, et comme il n’était guère possible d’obtenir ainsi des résultats économiques et rémunérateurs, on a été obligé d’abandonner la préparation de la potasse avec le sulfate de potasse.
- Les causes réelles qui ont fait é-chouer ces tentatives ne m’ont pas été révélées, mais il se pourrait que la potasse ainsi obtenue eût un aspect fort peu satisfaisant; on ne pouvait pas, comme la soude, la calciner simplement, mais il fallait la dissoudre, la faire évaporer de nouveau avant de la calciner, et ce procédé répété à plusieurs reprises devait naturellement rendre l’opération trop coûteuse. Un procédé de ce genre n’est guère profitable que pour produire les potasses purifiées propres aux verriers, potasses qui alors sont préparées sur une grande échelle dans l’usine même et uniquement avec des perlasses d’Amerique, ainsi que je le décrirai plus tard. Probablement que dans les expériences pour faire de la potasse artificielle parle procédé de Leblanc, on aura également rencontré le même inconvénient qu’on a observé récemment dans des tentatives analogues, à savoir la formation du cyanure de potassium et aussi celle du cyanate de potasse qu’il n’est pas possible d’éliminer complètement.
- Malgré qu’on n’ait pas réussi à transformer le sulfate de potasse d'une manière rémunératrice, par le procédé de Leblanc, en potasse propre à être livrée au commerce,
- cependant il-n’y a pas le moindre doute, et le mode ae travail de la fabrique en question a également démontré que la réaction dans le four à réverbère ne marche de la même manière que lorsqu’on fait usage du sel de Glauber, et que ce même procédé ne puisse transformer réellement et aussi bien qu’avec ce sel de Glauber, la potasse en carbonate et que celui-ci, comme sel, ne puisse etre mis en dissolution. Les difficultés pour la fabrication de la potasse ne se rencontrent donc que dans le traitement ultérieur de cette dissolution, traitement qui, pour obtenir du salpêtre, est tout différent de celui pour préparer de la potasse.
- Le lessivage des gâteaux (balls) qui proviennent du four s’opère dans les mêmes appareils avec agitation et liquide circulant que ceux qui servent à la fabrication de la soude et que M. Hofmann attribue à M. Shanks, tandis que M. Mus-pratt affirme qu’ils avaient été employés précédemment par M. Dun-lop, de Glascow, mais comme une invention venue de l’étranger. En réalité, jusqu’à ce point, le traitement tout entier du chlorure de potassium est exactement le même que celui du chlorure de sodium, et persiste aussi à rester le même dans le stade suivant, celui de la caustification des lessives brutes par la chaux. Celles-ci sont étendues au point de marquer un poids spécifique de 1,070 à 1,075. Après que la lessive caustique a été séparée de la chaux, elle est évaporée ; la chaux n’est lavée qu’une seule fois et abandonnée à la dessiccation àl’airlibre.Lorsqu’elleest suffisamment sèche, on la mélange avec du nouveau calcaire et on l’emploie pouropérerle mélange de Leblanc. La potasse qu’elle renferme est donc ainsi utilisée.
- Un procédé absolument identique et qui rend inutiles les lavages prolongés de la chaux, a été appli-ué par divers fabricants de soude u Lancashire pour préparer de la soude caustique, et mérite de
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- même d’être recommandé. La lessive potassique, de même que celle ordinaire de soude caustique, dans ce comté, est évaporée dans une chaudière chauffée à la vapeur, puis dans des bassines ouvertes dans lesquelles on puise les sels étrangers et autres impuretés qui se séparent jusqu’au moment où la liqueur marque un poids spécifique de 4,50.
- C’est le moment qu’on choisit pour ajouter à cette liqueur une quantité équivalente de salpêtre sodique du Chili, puis, peu après, op met cristalliser. Le salpêtre potassique qui se sépare est extrait des eaux-mères qui, après, marquent un poids spécifique bien inférieur à 1,50. Ces eaux sont évaporées de nouveau jusqu’à ce qu’elles soient ramenées à ce poids spécifique et on les laisse de rechef refroidir. On fait une deuxième récolte de cristaux de salpêtre potassique, puis les eaùx-mères sont considérées comme en étant complètement dépouillées et ne renfermant plus que de la soude caustique et des sels qui la souillent. Parfois cependant elles sont encore tellement riches en salpêtre, qu’on peut entreprendre avec avantage une troisième cristallisation.
- Ce qui se sépare pendant l’évaporation est presque uniquement du carbonate de soude provenant de la proportion de chlorure de sodium que renferme le chlorure de potassium du commerce, qui naturellement se retrouve à l’état de carbonate. Les faibles proportions de chlorure de potassium, de chlorure de sodium et de sulfate de potasse qui ne sont pas décomposées, restent dans les eaux-mères de la soude caustique. Celles-ci sont de nouveau évaporées, calcinées jusqu’à siccité, et traitées absolument comme à l’ordinaire. Toutefois, ces eaux ne fQurnissent jamais une soude caustique d’une aussi belle couleur blanche que celle qu’on trouve actuellement dans le commerce, mais elle a toujours une légère coloration bleuâtre.
- Le salpêtre obtenu dans les deux
- cristallisations est lavé dans des vases en fer avec de l’eau froide, ou mieux des eaux de lavage des opérations précédentes, jusqu’à ce qu’il ne renferme plus que 0,1 pour 100 de chlorure de sodium. Les eaux de lavage sont, dans les opérations suivantes, employées dans un ordre successif et systématique. Le salpêtre lavé est dissous dans des chaudières en fer au moyen de la chaleur, et on le laisse refroidir dans d’autres chaudières aussi en fer, semblables à celles dont on fait usage dans la cristallisation de la soude, où on l’agite fréquemment, mais seulement à bras d’homme et sans employer de mécanismes. La farine cristalline ainsi obtenue est lavée de nouveau, probablement avec de l’eau distillée, jusqu’à ce u’on ait atteint le degré de pureté ésiré. On descend ainsi jusqu’à n’avoir plus que 0,0001 pour 100 de sel marin (?).
- Malgré qu’on ne se serve exclusivement que des vases en fer, on ne retrouve pas ce métal ou son acide dans le salpêtre, seulement, ces vases ont besoin d’être constamment maintenus dans un parfait état de propreté.
- Pour sécher le salpêtre, on se sert d’une chambre en briques, construite de la même manière que celles dont on fait si fréquemment usage avec avan tage dans la fabrication du chlorure de chaux, entre autres celles en forme de tentes, c’est-à-dire formant une voûte pointue à parois inclinées à partir de la base et haute de 2 mètres au sommet, de manière qu’un homme puisse y travailler. Ces chambres peuvent avoir 2 mètres de largeur et 5 mètres de longueur. Le salpêtre y est étalé sur des tablettes en bois et au moyen de tuyaux en fer qui circulent sur le pourtour, et de l’air chauffé d’un foyer, on y maintient la température de 70° C. ; la dessiccation est ainsi très-prompte. En opérant de cette manière, lors de ma visite, on préparait 20 tonnes de salpêtre par semaine.
- Relativement à la fabrication du
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- salpêtre, par double décomposition : entre le salpêtre du Chili et le chlo- < cure de potassium, j’ai reçu depuis la rédaction du mémoire ci-dessus, les indications suivantes qui sont dignes de confiance sur le procédé Pratique usité dans une grande fabrique anglaise.
- On dissout dans une chaudière en fonte, d’une contenance d’environ 45 hectolitres, des quantités équivalentes de salpêtre du Chili et de chlorure de potassium, le tout calculé exactement sur la richesse centésimale de ces deux articles du commerce. Le salpêtre du Chili oscille ordinairement fort peu autour d’une richesse de 96 pour 100, niais le chlorure de potassium peut varier de 60 à 90 pour 100. On prend ordinairement 350 kilog. du premier et la quantité correspondante calculée du second. D’abord, le chlorure de potassium est dissous jusqu’à ce que la dissolution marque à chaud un poids spécifique de 1,200 à 1,210, puis on y ajoute le salpêtre du Chili et on chauffe jusqu’à ce que la liqueur indique le poids de 1,500. Le chlorure de sodium qui se sépare d’une manière continue est enlevé à mesure et déposé sur un plan incliné, pour ue l’eau-mère retourne à la chau-ière. Alors ce sel est lavé jusqu’à ce qu’il ne contienne plus'au maximum que 1/2 pour 100 de salpêtre, et les eaux de lavages sont reversées dans la chaudière. Dès que la lessive dans la chaudière a atteint la densité 1,500, on la laisse pendant quelque temps en. repos; le sel qui se précipite entraîne avec lui toutes les impuretés, et c’est alors qu’on fait couler la lessive claire dans les cristallisoirs. Dans la description de la patente originale, on indique une densité de 1,550, mais cette densité ne paraît pas être avantageuse, parce qu’avec une pareille concentration la lessive, tant pendant son repos que pendant qu’on l’évacue, cristallise déjà avec énergie et obstrue les conduits.
- Les cristallisoirs sont entière-
- ment plats, de manière que la cristallisation y est complète au bout de 24 heures ; au moyen d’un brassage opéré de temps à autre, on obtient que les cristaux se déposent aussi fin que ceux du sulfate de magnésie. On fait écouler les eaux-mères et on laisse égoutter complétementles cristaux. Ceux-ci sont alors arrosés avec suffisamment d’eah pour les recouvrir, et on abandonne le tout pendant 7 à 8 heures au repos. Alors on évacue cette eau et on laisse les cristaux égoutter toute la nuit; le jour suivant, on répète cette opération et on la renouvelle autant de fois qu’on le juge nécessaire, mais la plupart du temps, on a déjà obtenu un degré de pureté suffisant après le se-condlavage. On peut, du reste, s’en assurer en pressant à sec un échantillon dans du papier buvard, et en le soumettant à des épreuves pour rechercher le chlore au moyen de l’azotate d’argent. Beaucoup de fabriques livrent, en effet, le salpêtre ainsi recueilli et sansautre raffinage aux fabriques de poudre. Les premières eaux-mères, ainsi que toutes les eaux# de lavage, retournent dans la chaudière primitive à dissolution.
- Quand on se propose de raffiner le salpêtre, soit pour l’obtenir plus pur, soit pour le récolter en plus gros cristaux, on le dissout à chaud jusqu’à ce que la dissolution marque de nouveau 1,500, puis on l’abandonne à la cristallisation. Pour obtenir ces gros cristaux, on se sert d’une chaudière de lm.60 à 2 mètres de diamètre et autant de profondeur; mais pour la farine, on fait usage de vases plats comme ci-dessus,dans lesquels il faut brasser de temps à autre.
- Dans.la même fabrique du Lan-cashire, où l’on prépare l’azotate de potasse artificiel au moyen de la potasse caustique, ainsi que je l’ai décrit précédemment, on fabrique aussi du carbonate de potasse pur au taux énorme de 20 à 30 tonnes ar semaine pour lesbesoins des fa-riquesde flint-glass. Le flint-glass
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- anglais doit son absence si remarquable de toute coloration, non-seulement à l’emploi du verre de plomb, mais spécialement à celui de matériaux tout-à-fait purs. Celui dont il est question ici est le carbonate de potasse pur et cristallisé à 16 à 18 pour 100 d’eau, ce qui ne correspond pas exactement à deux équivalents d’eau de cristallisation. Le second équivalent est chassé déjà en partie parla chaleur pendant la fabrication. Le sel se présente sous la forme de petits cubes, à peu près comme le chlorure de potassium de Stassfurt.
- Comme matière brute, on se sert de la perlasse d’Amérique. Cette perlasse a déjà passé par trois opérations au four à réverbère avant d’arriver au stade final. D’abord, elle est fondue dans un four à réverbère construit comme le four à soude ordinaire, et cela avec addition de sciure et copeaux de bois pour transformer la potasse caustique et le sulfure de potassium en carbonate. C’est absolumentla même opération que celle qu’on fait pour la soude dans les fabriques anglaises. Les cendres fondues sont alors dissoutes et la solution est éclaircie parle repos ; on décante le liquide clair qu’on fait évaporer
- Su’à siccité dans un four à réver-i où la masse se transforme en une poudre noire grisâtre. On la redissout, et la solution éclaircie par le repos est évaporée dans un troisième four à réverbère, d’où elle sort sous la forme d 'un produit plus blanc. On la dissout une troisième fois et on l’évapore au point où, par le refroidissement, tout le sulfate de potasse cristallise, puis les eaux-mères continuent à être évaporées jusqu’à ce que, se refroidissant, elles forment une masse cristalline avec la proportion d’eau indiquée ci-dessus.
- Quelque compliqué que paraisse ce procédé, de nombreuses expériences entreprises dans cette fabrique ont démontré qu’il n’est pas possible d’omettre l’une quelconque de ces opérations lorsqu’on
- veut atteindre une potasse de pureté suffisante, et que d’ailleurs il est rémunérateur, puisque cette potasse purifiée à 16 pour 100 d’eau se vend aux verriers à raison de «36 livres sterling la tonne, ou 88 f. 60 c. les 100 kilogrammes.
- Sur le verre.
- Par M. J. Pelouze.
- (Suite).
- Sur quelques phénomènes de coloration du verre.
- Le verre fait dans un creuset de platine avec du carbonate de soude ur, du sable blanc de Fontaine-leau lavé à l’acide chlorhydrique, et du marbre blanc, présente une teinte verdâtre excessivement faible, mais toujours sensible sous une épaisseur de quelques centimètres.
- J’ignore si cette teinte lui est naturelle, ou s’il la doit à des traces impondérables, mais certaines d’oxyde de fer, qu’il contient encore.
- Ce verre, fabriqué industrielle-mentdans des creusets d’argile avec des matières de premier choix, du sulfate de soude pur ou du carbonate de soude à 85 degrés, présente soit une nuance d’un vert jaunâtre, soit une teinte vert d’eau légère, qu’il doit à de l’oxyde de fer dont il est impossible d’éviter la présence. Le verre à vitre, plus ferrugineux que le verre à glace, a une teinte beaucoup plus verte ; il est d’autant moins coloré, qu’il contient moins de fer, et se rapproche davantage du verre à glace.
- Tous ces verres exposés au soleil se colorent en jaune plus ou moins intense, et d’une nuance toujours plus prononcée que ne l’était la teinte verdâtre du même verre avant son insolation.
- Il suffit d’une insolation de quelques heures, quand le soleil est
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- très-ardent , pour que le phénomène dont j’ai parlé se manifeste, 6t en quelques semaines les morceaux de verre les plus épais se colorent en jaune dans toute leur masse.
- La tranche de certains carreaux de verre à vitre, examinée sous une épaisseur de quelques centimètres, semble, lorsqu’ils ont subi l’insolation, presque aussi jaune qu’un morceau de soufre. Toutes les vitres qui ont subi l’action de la lumière deviennent jaunes, et si on ne s’en aperçoit pas toujours, c’est que leur épaisseur est très-petite, puisqu’elle n’excède pas en général 1 1/2 millimètre.
- Les verres à vitre dont la teinte très-foncée annonce une forte proportion de fer, subissent à la lumière solaire une altération, mais la couleur verte persiste, quoique modifiée, même après plusieurs années d’exposition au soleil. La qualité des verres à vitre s’est beaucoup améliorée depuis le'com-mencement de ce siècle et principalement depuis quelques années, et l’on peut affirmer sans craindre d’erreur que tous ceux fabriqués aujourd’hui, au moins en France, deviennent jaunes à la lumière solaire directe.
- J’ajoute que je ne crois pas qu’il existe, dans le commerce, une seule espèce de verre qui ne change de nuance au soleil.
- Le verre à vitre, dit verre double (qui est deux fois plus épais), se colore d’une manière plus apparente; posé sur une feuille de papier ou sur un tissu blanc, on lui reconnaît distinctement une teinte jaune.
- Quand on expose à la chaleur du rouge sombre les verres qui ont jauni, ils se décolorent, ou, pour parler plus exactement, ils reprennent la légère nuance verdâtre qu’ils avaient avant l’insolation.
- Une seconde exposition à la lumière produit une seconde coloration semblable à la première, et une chaleur rouge la fait encore
- disparaître. Ces phénomènes se reproduisent indéfiniment.
- Le verre conserve sa transparence et ne donne lieu à aucune strie, ni à aucune formation de bulle.
- Une chaleur de 300 à 330 degrés, insuffisante pour recuire le verre, car les larmes bataviques lui résistent, n’est pas assez élevée pour ramener à sa couleur primitive le verre jauni au soleil.
- A la lumière diffuse, dans un appartement, le verre ne semble pas jauni, ou, s’il se colore, ce n’est qu’aérés de longues années. Je possède depuis quinze à vingt ans des échantillons de verre dont la nuance n’a pas sensiblement varié.
- La possibilité de reproduire successivement et sans limites ces singuliers phénomènes de coloration et de décoloration du verre, constitue assurément un des points les plus curieux et les plus intéressants de son histoire.
- Avant d’essayer l’interprétation de ces faits, je crois utile de rappeler : 1° que le verre pur, c’est-à-dire exempt de sulfate alcalin et d’oxyde de fer, ne se colore pas au soleil ;
- 2° Qu’à poids égal de métal, le sesquioxyde de fer colore moins le verre que le protoxyde, et que la coloration jaune qui se manifeste dans le verre est infiniment plus intense que celle qui pourrait être produite par le fer contenu dans le même verre, en le supposant tout entier peroxydé ;
- 3° Qu’il suffit d’une trace, pour ainsi dire impondérable, de sulfure pour colorer le verre en jaune.
- Cela dit, j’aborde l’explication. Il y a dans le verre qui jaunit au soleil du protoxyde de fer et du sulfate de soude. La lumière provoque entre ces matières une réaction d’où résulte du peroxyde de fer et du sulfure de sodium. La chaleur opère une réaction inverse et reproduit du sulfate de soude et du protoxyde de fer; de là, le retour du verre à sa couleur primitive.
- L’analyse vient à l’appui de cette
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- théorie en démontrant dans le verre jauni au soleil la présence d’une proportion infiniment faible, mais pourtant très-sensible, d’un sulfure , tandis que les réactifs n’en signalent pas la moindre trace dans les mêmes verres avant leur insolation.
- Dans un mémoire précédent, j’ai montré que les métalloïdes, le charbon, le silicium, le bore , le phosphore et l’hydrogène lui-même, colorent le verre en jaune, en réduisant à l’état de sulfure lé sulfate alcalin qu’il contient toujours, et dès lors on s’est expliqué pourquoi ces mêmes corps desoxydants sont sans action sur le verre pur, c’est-à-dire exempt de fer et surtout de sulfate.
- On peut se demander la raison pour laquelle les verres colorés par la réduction du suliate, ou par l’introduction directe d’un sulfure dans leur masse, résistent à une chaleur égale ou supérieure à celle qui provoque la décoloration du verre devenu jaune au soleil.
- Voici la réponse :
- Dans le verre jauni à une haute température par la réduction des sulfates, le fer se trouve à l’état de protoxyde qui ne peut réagir en aucune façon sur les sulfures : c’est pour cela que le verre reste coloré.
- Dans le verre jauni au soleil, le fer est peroxydé et propre, par conséquent, à changer le sulfure en sulfate lorsqu’on expose ce verre à l’action de la chaleur.
- Faraday a signalé, en 1824, une autre coloration du verre, non moins curieuse que celle dont il vient d’être question. Ses observations sur ce sujet ont été consignées dans le tome XXV des Annales de Chimie et de Physique. Je les reproduis textuellement. « Certains carreaux de vitres employés en Angleterre acquièrent par degrés, comme tout le monde le sait, une teinte pourpre qui, à la longue, devient très-intense. Ce changement est lent, mais pas assez pour u’on ne le remarque pas au bout e deux ou trois ans. La plupart
- des vitres qui furent placées, il y a peu d’années, dans les maisons de Bridge-Street, Black-Friars, étaient à l’origine incolores ; maintenant elles ont acquis une teinte violette ou pourpre. Dans l’intention de découvrir si les rayons solaires avaient quelque influence sur ces changements, je fis l’expérience suivante : je choisis trois vitres qui me paraissaient devoir éprouver des changements de couleur ; l’une d’elles avait une teinte légèrement violacée, les deux autres étaient pourpres, mais un degré tellement fainle, que l’on n’apercevait cette nuance que sur la tranche.
- « On brisa chacune de ces vitres en deux parties ; trois de ces six fragments, enveloppés dans du papier, restèrent déposés dans un lieu obscur, les trois autres furent exposés à l’air et au soleil. L’expérience commença en janvier 1822 ; on n’examina les verres que dans le mois de septembre suivant.
- « Les fragments garantis de l’action du soleil n’avaient éprouvé aucun changement. Les couleurs des autres, au contraire, s’étaient beaucoup foncées, et à un tel degré qu’on aurait pu difficilement admettre, si les détails de l’expérience n’avaient pas été connus, que les verres étaient de la même nature que ceux que l’on avait laissés dans l’obscurité. Ainsi, il paraît que les rayons du soleil exercent une action chimique, même sur un composé aussi compacte et aussi permanent que le verre. »
- La coloration signalée par Faraday n’est pas inconnue des verriers français ; elle s’applique à des verres qui contiennent à la fois de l’oxyde de fer et de l’oxyde de manganèse. Quand une composition fournit un verre d’une nuance trop foncée pour être accepté par le commerce, on y ajoute du savon des verriers,.c’est-à-dire du bioxyde de manganèse, en quantité calculée de telle manière que tout le fer passe au maximum, et tout le man-I ganèse au minimum d’oxydation ;
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- °n blanchit ainsi le verre, parce Que le protoxyde de manganèse ne |e colore pas, et que le peroxyde ue fer le colore beaucoup moins que le protoxyde.
- Je possède quelques échantillons devenus violets au soleil; tous présentent la propriété de se décolorer par l’action de la chaleur. Une température de 350 degrés ne suffît pas ; il faut celle que l’on emploie pour le recuit du verre en gênerai , et qui est voisine du rouge sombre.
- Le verre décoloré par la chaleur reprend au soleil la teinte améthyste qu’il y avait acquise une première fois, la perd de nouveau quand on le chauffe, sans que ces curieux phénomènes cessent de pouvoir être reproduits.
- La coloration semble être due à ce que le peroxyde de fer cède une partie de son oxygène au protoxyde de manganèse, qui deviendrait MnO2 ou Mn203, conformément à l’une des équations suivantes :
- Fe2 O» -f Mn O = 2 (Fe 0) + Mn O*, ou bien
- Fe2 O3+ 2(MnO) = 2(Fe0) + Mn2O3.
- Le recuit du verre, c’est-à-dire l’action d’une température du rouge sombre, produirait une réaction inverse qui expliquerait la décoloration.
- On aurait
- 2 (Fe 0) + Mn2 O3 = (Fe* O3 + 2 (Mn 0).
- Cependant cette théorie, toute simple qu’elle soit, laisse sans explication le fait suivant :
- Le verre au manganèse, qui devient violet à la lumière directe du soleil et qui se décolore par le recuit, puisé dans un creuset avec la canne du verrier, présente une couleur améthyste si on le trempe en le refroidissant subitement, ou, ce qui revient à peu près au même, si °n ne le recuit pas.
- Existerait-il, entre le terme de la fusion du verre et celui de son recuit, une température intermé-
- diaire qui produirait sur le verre le même effet que la lumière solaire?
- Quoi qu’il en soit, il est certain que le verre au manganèse qui a subi la trempe présente une coloration rose comme celui qui a été exposé à l’insolation.
- Observations relatives à la communication de M. P douze sur le verre.
- Par M. Bontemps.
- Je prendrai læliberté de formuler quelques observations que, dans ma longue expérience, j’ai pu faire sur le même sujet que M. Pelouze.
- Les conclusions de la première partie du mémoire de M. Pelouze sont que les phénomènes de la dévitrification sont surtout dus, toutes choses égales d’ailleurs, à de fortes proportions de silice.
- Les expériences de M. Pelouze démontrent en effet qu’en augmentant la proportion de silice, il a rendu le verre d’une dévitrification plus facile ; et toutefois, je ne crois pas que la silice en soit la principale cause.
- Les phénomènes de la dévitrification sont bien connus du fabricant de verre à vitre, et surtout du fabricant de bouteilles, car c’est là un des écueils de leur fabrication : le verre à vitre ou à bouteille qui a été fondu pendant douze ou quinze heures, plus ou moins, est ensuite travaillé pendant sept, huit ou dix heures à une température inférieure à celle de la fonte, et décroissante du commencement à la fin du travail, et il n’est pas rare que vers la fin, quelquefois même vers le milieu du travail, le verre devienne galeux, ce qui indique un commencement de dévitrification ; or, quel est le remède qu’emploie le fabricant ? Il ne diminue pas, dans la composition suivante, la proportion de silice, mais il diminue la quan-
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- tité de chaux ou de carbonate de chaux.
- Je crois que bien peu de verriers me contrediront quand je dirai que c’est la chaux qui est le plus puissant agent de dévitrification.
- Dans les expériences que cite M. Pelouze, le verre est devenu plus facilement dévitrificable par l’augmentation de la dose de silice, mais la composition à laquelle M. Pelouze a ajouté de la silice contenait une forte proportion de chaux; à égalité de proportion de chaux, le verre le plus chargé de silice est le plus facilement dévitri-fiable, mais le principe de cette dévitrification réside dans la chaux, et je suis convaincu que, si M. Pelouze s’était servi d’une composition au carbonate de soude, contenant une faible dose de chaux, ou mieux encore n’en contenant pas du tout, et qu’il eût augmenté successivement la proportion de silice, il aurait eu un verre de plus en plus rebelle à la fusion, contenant de plus en plus des nœuds de sable, mais il n’aurait pas obtenu un verre opalisant par le refroidissement. Augmentez l’intensité du feu, et vous pourrez obtenir un verre transparent ne devenantpas opaque par le refroidissement, avec une quantité de silice plus grande em-core que celle indiquée par M. Pelouze, si vous n’avez pas ajouté une base calcaire; M. Gaudin n’a-t-il pas fait des lentilles de microscope, en fondant du quarz au chalumeau d’hydrogène Y
- Dans la deuxième partie de son mémoire, M. Pelouze dit : Les verres à vitre et à glace se colorent en jaune plus ou moins intense par l’action des rayons solaires. Ce changement ne se produit pas dans le verre pur, mais seulement dans ceux du commerce, qui renferment toujours du sulfate de soude et un peu d’oxyde de fer ; l’action de la lumière fait passer le protoxyde de fer à l’état de peroxyde, et le sulfate de soude passe à l’état de sulfure, et c’est de là que vient la coloration jaune.
- Les verres du commerce et même la glace contiennent, il est vrai, un peu d’oxyde de fer, etaussi, d’après les récentes recherches de M. Pelouze, du sulfate de soude; mais ils contiennent aussi presque toujours de l’oxyde de manganèse; et la coloration de ces verres en jaune ne pourrait-elle pas être attribuée à cet oxyde de manganèse ? A l’appui de cette supposition, je vais citer ce qui m’est arrivé : lorsque Augustin Fresnel préluda, par de premiers appareils pour feux de ports, à ces phares puissants qui resplendissent sur nos côtes et que le navigateur rencontre aujourd’hui sur tous les points du globe, il me demanda de lui fabriquer pour ses lentilles à échelons un verre plus blanc que celui des vitres ordinaires ; j’employai une composition analogue à celle des glaces, savoir : 100 de sable blanc, 40 de carbonate de soude, 25 de carbonate de chaux (craie de Meudon), et je ne manquai pas d’y ajouter une petite dose de manganèse (environ 2 millièmes) . Le verre parut satisfaisant ; mais bientôt Fresnel me signala un fait qui se produisait dans les verres que je lui avais fournis; les prismes exposés dans les appareils prenaient une teinte jaune, et pour me prouver que c’était sous l’influence de la lumière, Fresnel brisa un prisme en deux, enferma l’un des fragments et exposa l’autre aux rayons du soleil; il m’envoya au bout de peu de temps, par M. Tabouret, conducteur des ponts et chaussées, qui doit se rappeler le fait, les deux fragments dont l’un n’avait pas changé de couleur, avait conservé sa teinte légèrement verdâtre, et dont l’autre était déjà d’une nuance jaune assez intense. Fresnel me faisait remarquer qu’il ne pourrait pas employer du verre fabriqué dans ces conditions. Il n'y avait alors que peu d’années que j’étais verrier, mais j’avais eu déjà occasion de remarquer certaines variations de couleurs auxquelles, sous l’influence d’un changement de température, était sujet le cris-
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- lai dans lequel on avait ajouté de l’oxyde de manganèse. Je fis donc du verre composé avec les mêmes proportions de sable, de carbonate de soude et de carbonate de chaux en supprimant seulement l’oxyde de manganèse ; j’en envoyai quelques prismes à Fresnel, qui, après les avoir fait tailler et polir, les soumit à l’épreuve de l’insolation pendant le même temps que précédemment, et me dit que ce verre n’avait pas subi la moindre altération et le satisfaisait complètement. J’ai depuis toujours évité de mettre de l’oxyde de manganèse, dans la composition destinée à faire du verre pour les phares et du crown pour l’optique. Je devais donc conclure que la coloration en jaune provenait du manganèse.
- A cette observation, je vais en ajouter une autre qui s’applique à la citation que fait M. Pelouze d’expériences analogues faites par Faraday sur des verres contenant du manganèse, et que l’insolation colorait en violet. Ce fait semblerait contredire celui de la coloration en jaune par le manganèse, que j’avais observé dans les verres fabriqués pour Fresnel, mais j’ai tout lieu de croire que les verres que Faraday avait soumis à ses expériences étaient ou du cristal, c’est-à-dire un silicate de potasse et de plomb, ou, sinon du cristal, un verre ayant la potasse pour fondant; car tous les verres blancs que j’ai vus devenir violets par l’insolation étaient à base de potasse, tandis que les verres devenant jaunes étaient à base de soude.
- Il existe d’anciennes glaces, et surtout d’anciennes vitres, qui ont une légère nuance violette; ees vitres sont d’ancien verre de Bohême, un verre de vitre fabriqué en Alsace et en Lorraine, plus blanc et plus épais que le verre à vitre ordinaire, et dans la composition duquel entrait du salin provenant des cendres de bois, et par conséquent de la potasse.
- En soumettant au public ces observations sur un mémoire dont
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Mai 1£
- l’éminent auteur m’honore de sa bienveillance, j’ai principalement pour but d’appeler mes confrères en verrerie à faire connaître aussi ïes faits qu’ils auront pu observer et dont M. Pelouze ne pourra manquer de faire jaillir ae nouvelles lumières, dans l’intérêt de la science et de la pratique du verrier.
- Préparation du vert de chrome.
- Par M. G. Dietrich.
- Le vert de chrome se prépare, comme on sait, en calcinant du chromate rouge de potasse avec le soufre ; mais on a indiqué des rapports très-variables entre ces deux corps.
- Suivant le procédé de l’auteur, la première condition pour obtenir un beau vert de chrome est la préparation d’un chromate de potasse débarrassé de fer autant qu’il est possible. Une seconde condition est de ne pas prendre trop de soufre et que le sel de chrome ne soit pas pulvérisé trop gros. Il a obtenu un fort beau vert en pulvérisant 5 parties de bichromate de potasse, passant à travers un tamis fin en crin, mélangeant avec une partie de fleur de soufre, remplissant à moitié un creuset de Hesse avec ce mélange, couvrant le creuset avec une tuile, chauffant au rouge sombre jusqu’à ce que les flammes de soufre aient cessé de se montrer, retirant du feu et laissant refroidir lentement le creuset toujours couvert.
- La masse pâle obtenue de couleur variable du vert grisâtre au noirâtre, dont on lave les morceaux directement avec l’eau chaude , n’est jamais pour cela débarrassée complètement du sulfate de
- E.se calciné et difficilement so-; en conséquence on pulvérise cette masse pâle et fragile dans un mortier en fer, on la tamise et la fait bouillir à plusieurs reprises
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- avec de l’eau. L’oxyde de chrome pur est alors jeté sur un filtre .à châssis, exprimé et séché fortement. Le gâteau sec est facile à briser et la poudre est d’une couleur vert foncé, assez belle,, mais manquant de feu.
- Un oxyde de chrome obtenu avec un bichromate de potasse contenant du fer, est d’une couleur vert émeraude sale ; mais on peut en éliminer le fer très-facilement en faisant digérer dans l’acide chlorhydrique etendu. La décomposition du fer combiné, qui est sous la forme de sulfure de fer, donne lieu à un dégagement d’hydrogène sulfuré , la nuance devient plus fraîche et plus claire ; mais on perd un peu d’oxyde de chrome qui se dissout dans l’acide chlorhydrique. Avec deux parties de bichromate de potasse, on obtient de deux parties et demie à deux parties trois quarts d’oxyde de chrome pur, tel qu’on l’emploie dans la peinture sur porcelaine.
- Filtre-presse pour les fabriques de sucre de betteraves.
- Par M. Robert, de Massy.
- Dans le mode de pression, d’après ce système, on fait agir l’eau ou les gaz immédiatement sur la substance qu’il s’agit de presser, en laissant de côté tous les organes intermédiaires qui sont employés, ainsi que les presses hydrauliques et autres appareils analogues pour la transmission de la force.
- A cet effet, on introduit une enveloppe , une paroi, ou un diaphragme entre la matière qui doit, par la pression, abandonner des liquides et l’agent (eau ou air) qui exerce la pression. Ces parois peuvent consister en toute espèce de tissus ou d’étoffes planes; mais on a fait principalement choix pour cet objet de celles qui possèdent le plus d’élasticité. De même, les vais-
- seaux peuvent avoir les formes les plus variées, de manière à ce qu’il soit possible de faire choix de celle qui répond le mieux aux conditions de résistance, relativement à la pression qu’on y applique. Comme exemple de la construction d’une presse de ce système, on fera la description de celle représentée dans les figures ci-après, qui est destinée à l’extraction du jus des betteraves.
- L’appareil, fig. 3, pl. 332, qui présente à l’extérieur la forme d’un cône tronqué A, est établi en forte tôle percée de trous du diamètre de quelques centimètres. Il est revêtu à l’intérieur d’une toile métallique qui elle-même est recouverte par un tissu susceptible d’opérer comme un filtre. Ce premier cône, qui constitue l’enveloppe en fer de la presse et est établi très-solidement sur un bâti convenable, reçoit à son intérieur un second cône dont la paroi B est extensible et forme la capacité close dans la-
- uelle opèpe l’agent de pression
- ans des conditions posées ci-des-sus, et que maintenant on va tout spécialement expliquer.
- Le cône intérieur est formé d’une paroi très-extensible B, ainsi qu’on l’a déjà dit, et de caoutchouc d’une assez forte épaisseur. Les bords extrêmes de cette paroi B sont pin-cés par deux plaqiles a et b assez fortement pour résister à l’effort du liquide qui opère la pression nécessaire. Ce cône interne tout entier est contenu dans l’enveloppe A, et à ses deux extrémités, il se confond avec elle, puisque par celle inférieure, il repose sur un anneau e au moyen d’un disque élastique d qu’il recouvre par son bord, et sur lequel il est serré et arrêté fermement par son propre poids.
- Voici quelle est la manière d’opérer de l’appareil établi comme on vient de l’expliquer.
- Le cône interne B étant d’un diamètre plus petit que l’enveloppe B, laisse entre lui et celle-ci un espace annulaire e qui est destiné à recevoir la substance qu’on veut près-
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- ser. On expliquera plus loin la manœuvre pour introduire cette substance dans la capacité e1. On amène le fluide de pression ( supposé flue ce soit de l’eau) dans ce cône
- et alors sa paroi, par suite de la pression, change de forme, elle se dilate du côté de la capacité e\ et transmet cette pression à la substance qui l’entoure. Les parties fluides ainsi exprimées s’échappent à travers le filtre et les trous percés dans le cône A, en se rassemblant dans une gouttière G disposée dans la partie inférieure de l’appareil.
- Lorsqu’on a opéré une pressée, on ouvre un robinet de décharge pour faire cesser la pression dans le cône interne, et on relève ce cône B pour retirer les résidus qui euvent tomber librement par la ase inférieure du cône A. Pour la pression suivante, on redescend le cône de pression à sa place, on charge de nouveau la capacité annulaire el avec la substance qu’on veut épuiser, on fait agir encore la pression de l’eau, et ainsi de suite.
- On fera remarquer ici que les plaques de fond et de chapeau du cône B, sont maintenues entre elles par un certain nombre de colonnes A f portant dans le haut et dans le bas des écrous de serrage. Deux de ces écrous sont sur la plaque de chapeau, pourvus d’une,poignée pour pouvoir relever aisément ce cône B, ainsi qu’on l’a expliqué plus haut. On fera aussi attention que ce cône B présente à son intérieur une paroi métallique percée de trous, qui n’a d’autre objet que de soutenir cette paroi flejÿÜe, lorsque celle-ci, avant l’emploi de la pression, tend à faire saillie ou le ventre à l’intérieur par le poids de la substance qui la charge.
- Passons actuellement à la description de l’appareil employé tant pour charger la substance qu’on veut soumettre à la pression, que le liquide dans la presse.
- Le cône A est en communication par un gros tuyau avec un récipient cylindrique D dans lequel se trouve un diaphragme horizontal
- E. Ce diaphragme, qu’on peut introduire ou retirer du récipient, se compose d’un plateau circulaire pourvu sur son pourtour d’une garniture flexible (en cuir) pour produire une fermeture hermétique.
- Ce diaphragme, qui est à proprement parler un piston sans tige, a pour objet de transmettre la pression de la vapeur, qui arrive par le haut dans le récipient, à la substance de remplissage. On remédie ainsi à l’inconvénient qui se manifeste chaque fois que, dans des appareils analogues, on laisse la vapeur agir directement sur la masse qui se trouve presque à l’état pâteux. Dans ce cas, la vapeur ne chasse principalement que les parties liquides de la masse, et enveloppe en fin de compte le résidu qui ne peut plus être alors déplacé. Au moyen de cette introduction du diaphragme, la séparation de la partie solide de ce liquide n’est pas possible, pas plus qu’un mélange de celle-ci avec la vapeur.
- Le récipient D est pourvu de deux tuyaux K et t avec robinets dont l’un sert à amener la vapeur, l’autre à son échappement. A l’autre extrémité se trouve un troisième tuyau j par lequel arrive la substance de remplissage, après qu’on a levé la vannette F.
- Avec cet appareil, on charge la presse de la manière suivante :
- On ferme le robinet d’introduction K de la vapeur, et on ouvre celui de décharge c pour faire écouler l’air ou bien la vapeur qui a servi dans une opération précédente, et qui reste encore dans l’appareil. On soulève la vannette F et 1a. substance arrive dans le récipient et le remplit en remontant devant elle le diaphragme E. On ferme alors le robinet de décharge, on lève la vannette F1 sur le cône A, et après avoir clos la vannette F, on laisse affluer la vapeur dans le récipient en ouvrant le robinet K. Cette vapeur presse sur le diaphragme , la substance chassée en avant vient remplir la capacité annulaire e1 dont le volume est le
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- même que celui du récipient. On rabat alors la vannette F1, et le travail de la pression commence ainsi qu’on l’a expliqué plus haut.
- Le second appareil, par le secours duquel on opère la pression dans le cône intérieur B, est en tous points semblable au précédent.
- Il consiste en un récipient cylindrique fermé G, avec diaphragme intérieur H qui sépare l’eau ou le liquide à presser de la vapeur motrice qui afflue dans le récipient.
- Le récipient est, dans le haut, pourvu de deux tuyaux, l’un, m, pour l’admission et l’autre, w, pour l’échappement de la vapeur, comme dans l’appareil précédent ; son fond est muni d’une emboîture afin de pouvoir l’assembler avec un long boyau flexible qui, par ce moyen, se trouve en communication avec le cône B. Enfin, cette presse est complétée par un robinet p, pour l’évacuation de l’air et de l’eau, et par une douille q qui appartient au tuyau qui amène l’eau nécessaire au service de l’appareil et qu’on peut fermer par un robinet.
- On voit donc comment la vapeur remonte le volume tout entier de l’eau contenue dans le récipient
- Sar sa pression sur le diaphragme dans le cône intérieur B, puis par le moyen delà même eau et de la paroi flexible B, et comment on transmet toute sa pression à la substance qu’on veut exprimer.
- Lorsque la pression est terminée, on ouvre le robinet de décharge n, la vapeur qui peut alors s’échapper cesse de presser sur le diaphragme H, modère la pression hydrostatique de l’eau qui abandonne le cône B et retourne au récipient. Alors on retire le cône B pour enlever les résidus de la presse, et on utilise pour cette opération la longueur assez considérable de boyau flexible, parce qu’il n’est pas nécessaire ainsi de démonter l’appareil.
- On fera remarquer que dans l’emploi de la vapeur comme agent moteur propre de la pression, on peut aussi mettre à profit sa détente, de façon que la pression puisse
- être réglée méthodiquement et progressivement en économisant notablement le combustible, puisque la même vapeur peut servir à plusieurs appareils. Entrons dans quelques détails h ce sujet.
- Supposons, par exemple, que dans l’atelier de travail on ait installé quatre appareils de ce genre, remplis de pulpe de betterave ; de plus, que la vapeur de la chaudière arrive avec une tension de 18 à 20 atmosphères, et qu’indépendam-ment des conduits, les capacités de vapeur de chacun de ces appareils puissent être mises entre elles en communication au moyen de robinets et de soupapes. On peut très-bien faire que la vapeur qui s’échappe de l’un de ces appareils passe dans le suivant, et après avoir exercé toute son action dans le premier, opère, dans le second, une pression un peu moindre, puis une pression encore réduite dans le troisième, et enfin qu’on utilise dans le quatrième le reste de la pression effective qu’elle possède encore.
- Il en résulte que la même vapeur ui arrive de la chaudière passe ans les divers appareils les uns après les autres, en même temps que sa tension diminue et que sa force de pression s’affaiblit peu à peu.
- Il est naturel que la vapeur qui se détend ainsi dans le dernier appareil n’exerce peut-être plus qu’une pression correspondante à 3à4 atmosphères; cette pression, néanmoins, suffit pour commencer l’oplifetion, car toute la pulpe de betterave saturée de jus abandonne déjà très-aisément et sans une pression énergique une partie de ce jus.
- On fera aussi remarquer, ce qu’il est du reste facile de reconnaître à l’inspection de la figure, que cet appareil peut êtreconstruitde façon à pouvoir le suspendre par son bord supérieur à une charpente ou par tout autre moyen, au lieu de la poser sur le sol par la partie inférieure. Celte disposition présente cet avan-
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- tage que l’espace au-dessus est | entièrement libre et que le service de l’appareil devient extrêmement facile, considération importante pour les fabriques de sucre où les opérations doivent se suçcéder les unes les autres aussi rapidement qu’il est possible, et où les mains-d’œuvre doivent être réduites par les dispositions les plus simples.
- L’invention consiste en conséquence à employer immédiatement et industriellement l’eau et les gaz pour presser diverses substances en insérant entre la substance à exprimer et l’agent qui exerce la pression, une plaque ou bien un corps flexible et imperméable. On a choisi la forme conique, parce qu’elle paraît très-facile à manœuvrer dans ses applications à une fabrique de sucre.
- Tout en développant ce système, on peut, de la même manière, disposer l’appareil pour opérer en vases clos. Dans ce cas, l’organe de pression est une sorte de vessie ou de ballon qu’on introduit d’abord dans le vaisseau, puis qu’on gonfle en y faisant arriver sous pression le liquide qui doit opérer l’expression, par un tuyau qui com-ntunique avec un appareil à refoulement, appareil qui peut être celui qui a été décrit ou bien on suppose une pompe foulante.
- Préparation de la nitroglycérine.
- Dans la patente prise en m re, le 1er août 1866, pour l’emploi de la nitroglycérine en remplacement de la poudre à tirer, M. Alfred Nobel, de Stockholm, a indiqué le tuoyen dont il se sert actuellement pour préparer cette substance.
- « Jusqu’à présent, dit M. Nobelj on a préparé la nitroglycérine en versant lentement et goutte à goutte de la glycérine dans un mélange d’acide sulfurique et d’acide azotique fumant, en ayant soin que la température ne dépasse pas 0° C.
- « Je la prépare principalement en mélangeant vivement ensemble toutes les quantités de glycérine et d’acides, après quoi je verse dans l’eau froide où la nitroglycérine se rassemble au fond.
- « Si on fait arriver la glycérine et le mélange des acides sulfurique et azotique par un tuyau en agitant fortement, on a ainsi une préparation continue.
- « Seulement, avec l’acide azotique très-concentré, par exemple du poidsspécifiquel,52,cetteméthode n’est guère applicable à cause de réchauffement considérable qui se produit. Je préfère donc ajouter l’acide azotique à l’acide sulfurique en 4 à 5 portions, et à chaque fois saturer par la glycérine. Entre chaque opération, je laisse le mélange refroidir.
- « Quand on dissout, dans 31/2 parties en poids d’acide sulfurique du poids spécifique de 1,83 (plus ou moins), 1 partie aussi en poids d’azotate de potasse ou de soude, il cristallise, par le refroidissement, des sels de la formule (KO, 4 S O3 -j— 6 H O ;) (Na0,4S03-f-6H0).
- « Ces sels, à la température de 0°, sont à peu près insolubles dans l’acide et peuvent être aisément séparés par. une presse ou une pression d’air atmosphérique. Il reste alors un mélange d’acides sulfurique et azotique très-propre à la préparation de la nitroglycérine.
- « Si on prend assez d’acide sulfurique pour que sa totalité soit absorbée par la séparation des sels ci-dessus, on a, sans distillation, du monohydrate libre d’acide azotique (NO , HO), »
- Tannin artificiel extrait des combustibles minéraux.
- ParM.W.SxEY.
- Quand on chauffe les houilles bitumineuses ou les lignites, pendant longtemps, avec l’acide azotique et
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- qu’on évapore ensuite le tout à siccité, il reste une substance brun foncé qui se dissout en grande partie dans l’eau, et surtout lorsqu’on l’y fait bouillir.
- Cette solution aqueuse a une saveur amère et un peu astringente, et précipite promptement la gélatine ainsi que l’albumine d’œuf, de leur solution dans l’eau.
- Ces produits, tant solubles qu’insolubles dans l’eau, fournis par l’acide azotique, se dissolvent dans l’alcool, l’éther, les alcalis caustiques et carbonatés, ainsi que dans l’acide sulfurique avec lequel ils forment une liqueur rouge foncé ui, étendue d’eau, laisse précipiter e nouveau la portion insoluble dans ce liquide. Ces deux substances paraissent contenirles éléments de l’acide azotique, ainsi qu’on peutle conclureaelamanièredont ils se comportent vis-à-vis certains réactifs, ainsi que lorsqu’on en approche un corps enflammé, cas auquel ils brûlent vivement et complètement avec une faible explosion.
- Ces réactions semblent indiquer que dans l’action de l’acide azotique sur les houilles et les lignites, il se produit des substances analogues à celles qui donnent naissance au tannin artificiel, par la réaction du même acide sur la résine et à l’acide picrique qui se forme dans
- ces circonstances, et par consé-uent bien différents des composés e la série tannique provenant de l’emploi des alcalis sur les matières carbonifères minérales.
- Si cette matière tannante artificielle pouvait, dans la fabrication des cuirs, servir à remplacer le tannin naturel contenu dans l’écorce de chêne et autres substances, on aurait dans le lignite une matière qui par la facilité avec laquelle elle se laisse pénétrer parles liquides, une substance très-propre à cette opération et une source des plus abondantes de ce produit.
- Grenage des pièces dorées.
- Le grenage des cadrans de montre dorés, s’opère en Suisse de la manière suivante : la pièce en laiton est d’abord écuree et polie, puis gratte-boessée, faiblement dorée et grenée en la brossant avec une bouillie composée de 1 partie d’argent en poudre, 6 parties de sel marin et 3 parties d’alcool. Plus on brosse longtemps, plus le grain est gros, une minute, du reste, suffit. On gratte-boesse de nouveau pour obtenir une surface brillante et enfin on dore par voie galvanique.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Etirage et filature du lin.
- Par M. J.-B. Fuller.
- L’objet que s’est proposé M. Fuller, de Norwich, en Amérique, est de produire un fil plus uni qu’on ne l’a fait jusqu’à présent avec le lin, le chanvre, le china-grass et autres matières dont les fibres ont des longueurs égales ou inégales, en employant des cylindres éti-reurs de filature dont les surfaces se composent d’une série de pointes ou d’arêtes tranchantes, courant d’une manière continue ou interrompue autour du cylindre, de manière à laisser des intervalles entre ce cylindre et celui cjui lui est oppose dans la tête d’étirage, les interstices agissant pour peigner et égaliser les fibres à mesura qu’ils sont tirés entre eux, pendant que les cylindres marchent avec plus de lenteur que ceux de décharge du métier.
- Pour préparer le lin, le chanvre ou autres matières, M. Fuller les fait passer par les cardes, les bancs d’étirage, les condenseurs ou les speeders, suivant la nature ou l’état des fibres, machines qui sont toutes semblables à celles pour filer le coton; puis le boudin est passé dans l’eau étiré et filé mouillé. Cette dernière opération se faisant sur une matière mouillée, facilite la production d’un fil bien plus uniforme, et permet à l’inventeur d’employer une machinerie semblable à celle ordinaire pour coton à la fabrication des toiles.
- La figure 4, pl. 332, représente en coupe les cylindres étireurs et le boudin passant dans l’eau, dans une auge f, puis entre les couples de cylindres c,ç\ brbl et a, a\ et rejeté de là sur l’ailette et sur la bobine. Les cylindres a, et b sont pressés par la selle f et la tige /*,
- avec ressort en caoutchouc à l’extrémité inférieure de celle-ci, et un écrou à oreilles g à l’extrémité supérieure, ou bien par les moyens ordinaires. Les cylindres a et a1 ont la forme et le caractère ordinaires; mais ceux b1 et c1 ont leur surface découpée en pas de vis ou avec filets en hélice, et le cylindre cl est en outre pourvu de cannelures dans le sens de la longueur, de manière à produire un grand nombre de pointes.
- Voici quel est le mode .d’opérer de cette disposition :
- Le ruban ou boudin étant préparé par l’une des méthodes en usage, est tiré lentement entre les cylindres b, 6* qui tournent exactement avec une accélération de vitesse suffisante, relativement à ceux c, c1 pour distendre les fibres. Il est alors pincé par les cylindres a et a1 où ses fibres saisies immédiatement sont étirées entre les cannelures du cylindre b1 qui le transforme en ruban plus fin. Si quelques fibres adhèrent encore les unes aux autres, les pointes sur les cylindres c1 et è1 les empêchent d’être entraînées par d’autres fibres jusqu’à ce que ces fibres elles-mêmes avancent suffisamment pour être étirées par les cylindres antérieurs.
- Si les fibres sur lesquelles on opère n’ont pas une longueur supérieure à la distance entre les couples antérieur et postérieur des cylindres, alors le cylindre perfectionné peut être appliqué comme cylindre moyen supérieur en è, les cylindres a, a1 et c, c* étant du modèle ordinaire.
- Si la mèche est très-longue^ il ne faut que deux paires de cylindres, celle postérieure se composant du cylindre perfeeVon.nô aù - ^.essvis d’un cylindre à cannelure, longitudinale ordinaire, eoupuie eq çyç\
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- ou bien ce cylindre perlectionné est introduit dans la paire moyenne ou postérieure, comme en ô* et c1.
- On peut employer un nombre quelconque de couples de cylindres formant une série, couples dans tous lesquels on introduit le cylindre perfectionné ou dans des couples quelconques, excepté dans le dernier ou les cylindres de décharge.
- Ce perfectionnement est également applicable aux têtes d’étirage et aux métiers à filer le coton, ce qui les rend propres à travailler le lin, le chanvre, le jute, le china-grass et autres matières filamenteuses et textiles. On peut l’appliquer aussi aux métiers ordinaires à filer ces dernières matières, en supprimant les barres ou les cylindres de peignes ou gills qui entrent dans çes matières,
- Mécanisme régulateur pour les métiers mécaniques.
- Par MM. Robertson et Orchar, de Dundee.
- On a fait connaître de temps à autre des formes très-variées pour résoudre un problème intéressant de mécanique industrielle, et produire un mécanisme régulateur propre à satisfaire à toutes les conditions qu’exige l’enroulement de l’ouvrage dans les métiers mécaniques , a mesure que le travail fait des progrès. Tous ces mécanismes d’enroulement peuvent néanmoins être classés sous deux genres principaux dans le travail desquels on a appliqué deux principes distincts, l’un ou l’autre de ces principes étant adopté et mis en action, suivant la nature du tissu qu’on confectionne sur le métier.
- Dans la langue des fabriques anglaises, ces deux systèmes sont souvent connus sous le nom d’enroulement positif et d’enroulement par tirage, expressions qui définis-
- sent assez imparfaitement les fonctions exactes des systèmes mécaniques dont nous allons nous occuper.
- Il arrive très-fréquemment qu’un fabricant est appelé à produire une étoffe qui, pour être tissée convenablement, exige un enroulement par tirage, afin d’obtenir un foulage ferme et serré de la trame sur la chaîne; dans d’autres occasions, les ordres embrassent des étoffes qui, pour être tissées aussi comme il convient, doivent l’être avec enroulement positif, et nous verrons plus loin ce que l’on doit entendre par ces deux expressions. Il est donc évident que les métiers doivent être continuellement modifi és, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, pendant le cours d’une année simplement, pour les adapter aux ordres qu’on reçoit. Or, on conçoit
- ue ces changements entraînent à
- es frais et à des pertes de temps qui, lorsqu’ils deviennent fréquents , sont une charge assez lourde pour le fabricant.
- MM. Robertson et Orchar ont réussi à produire un système mécanique qui peut sans difficulté et immédiatement être adapté pour remplir les fonctions de l’un ou l’autre mode d’enroulement, etpour mieux faire ressortir les avantages de cette invention, nous décrirons d’abord les deux anciens systèmes, puis la nouvelle combinaison.
- Enroulement positif. — La figure 5, pl. 332, est un enroulement positif ordinaire où l’ouvrage passe sur la poitrinière derrière laquelle est disposé ce qu’on appelle communément le rouleau à l’émeri, pour s’enrouler ensuite sur une ensouple distincte reposant sur des paliers inclinés qui le pressent sur le rouleau à l’émeri, et enroulent ainsi le tissu fabriqué. Du reste, on peut suivre plus aisément ce mouvement à l’inspection de la figure.
- A, portion du métier ou du bâti qui porte le mécanisme d’enroulement. R, arbre aux épées ou arbre alternatif sur l’une des extrémités duquel est calé le levier de tension
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- alternatif C qui transmet un mouvement oscillant au levier E jaar l’entremise de la bielle D. Ce levier E est porté librement sur le bout de l’arbre F, et à son extrémité supérieure est articulé le cliquet G qui commande la roue à rochet H, calée sur cet arbre F qui passe à travers un manchon sur le palier I. Sur l’extrémité intérieure de cet arbre F est calé le pignon de rechange J qui engrène dans la roue K, portée librement sur le tourillon fixe L. Cette roue K fait corps avec le pignon M qui engrène dans une roue N montée sur le rouleau à l’émeri O sur lequel passe le tissu fabriqué avant d’aller s’enrouler sur l’ensouple P. Le palier I est susceptible de monter et de descendre sur le bâti du métier, afin de pouvoir introduire des pignons J d’un diamètre plus ou moins grand sur l’arbre F; c’est d’ailleurs lui qui porte l’encliquetage de retenue Q. La bielle D peut également être disposée pour donner plus ou moins d’étendue au mouvement du levier E, suivant qu’on désire embrasser une ou plusieurs dents de la roue à rochet à chacune des vibrations du levier de tension C.
- Il est évident, par la description qu’on vient de lire, qu’une marche positive de l’enroulement est communiquée au rouleau à l’émeri O et qu’on peut faire varier cette marche pour l’adapter à la nature du tissu, en ayant recours à une série de pignons de rechange et en embrassant une ou plusieurs dents de la roue à rochet H dans un même mouvement.
- Enroulement par tirage. — La figure 6 est une vue en élévation de l’extrémité d’un métier à enroulement par tirage du modèle ordinaire, où la nappe que forme le tissu passe sur la poitrinière et de là sur l’ensouple de l’ouvrage. Voici comment on comprend l’action de ce mécanisme :
- A, portion du bâti du métier sur laquelle est monté le mécanisme de l’enroulement par tirage. B, arbre des épées ou alternatif sur l’une des
- extrémités duquel est calé le levier de tension alternatif C. D, tourillon ortant un galet E, ajustable de auteur dans une mortaise du levier C, et agissant sur l’extrémité inférieure du levier F, sur l’autre bout duquel est articulé le cliquet G qui embrasse une ou un plus grand nombre de dents de la grande roue à rochet H. 1,1, deux cliquets de retenue sur le boulon J et qu’on ajuste pour retenir la roue à rochet par demi-dent. Le levier F est porté sur l’extrémité extérieure d’un arbre tournant K sur lequel est calée la roue à rochet H. Cet arbre R passe à travers un trou percé ou venu de fonte sur le bâti du métier, et sur le bout est calé un petit pignon L qui engrène dans la roue M de l’ensouple de l’ouvrage. Au sommet du levier F est attaché librement un ressort à boudin N portant un pas de vis à son extrémité extérieure et passant à travers une barre fixe 0, ressort qu’on peut ajuster de tension au moyen de l’écrou à oreilles P.
- Cela bien compris, expliquons la manière dont s’opère l’enroulement par tirage.
- Le tourillon D est’d’abord ajusté dans la mortaise du levier C, afin de donner une plus grande étendue de mouvement que celle qui est nécessaire pour le passage convenable des duites de trame du tissu ; on ajuste de même le ressort à boudin N, de manière à avoir une force suffisante pour enrouler le tissu fabriqué, et en même temps maintenir un état suffisant de tension, suivant le poids du tissu, afin d’obtenir un foulage ferme et une duite passée correctement. On fera ici remarquer, ce que du reste savent fort bien les tisserands de profession, que l’enroulement par tirage s’applique plus particulièrement aux tissus épais et à duites serrées, tels que toiles à voiles, prélarts et autres analogues, où il faut un coup de battant plus énergique pour battre la trame et la serrer au degré requis, tandis, d’un autre côté, que l’enroulement positif est plus gé-
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- néralement appliqué aux tissus légers , doux, moelleux et à trame lâche.
- Enroulement combiné positif et par tirage. — Les figures 7 et 8 sont des élévations vues en bout et par devant de ce système d’enroulement combiné. *
- A, portion du bâti du métier qui porte l’enroulement. B, arbre aux epées ou alternatif portant le levier oscillant C et agissant sur l’extrémité inférieure du levier F. Ce le-vierF, quifonctionne librement sur l’extrémité d’un arbre tournant G, porte à son bout supérieur le cliquet H. I, I sont les cliquets de retenue ajustés pour retenir à une demi-dent de la roue à rochet. J, ressort à boudin articulé sur le bout du levier F et susceptible de pouvoir être relâché ou bandé par le moyen d’un écrou à oreilles K et d’un pas de vis. La grande roue à rochet L, qui est commandée par le cliquet H, est calée sur l’arbre G qui traverse une boîte venue de fonte sur le bâti du métier, et sur son côté intérieur est calé le pignon de rechange M qui transmet le mouvement à l’ensouple de l’ouvrage N par l’entremise des roues dentées intermédiaires O1 et O2 ; la roue O1, portée sur un bout d’arbre fixe P1, est constamment en prise avec la roue d’ensouple N, tandis que l’autre roue intermédiaire O2 est portée sur un bout d’arbre P2 qu’on peut ajuster dans une mortaise segmentaire découpée dans le bâti du métier, et qui a été tracée avec un rayon à partir du centre du bout d’arbre fixe P1, de façon que cette roue O2 reste constamment engrenée avec celle O1, tandis qu’elle est libre de monter ou descendre, de manière à engrener aussi avec les pignons de rechange d’un diamètre quelconque qu’on monte sur l’arbre G.
- Le tissu passe sous le rouleau û, ainsi qu’on l’a indiqué au pointillé dans les figures, rouleau qui est couvert d’émeri ou en tôle piquée pour retenir fermement le tissu. Il s’enroule de là sur l’ensouple R
- portée par les paliers inclinés S, ce qui permet à cette ensouple R de presser sur le rouleau Q dont elle reçoit son action d’enroulement. Les paliers S sont boulonnés sur la barre antérieure du métier.
- Le mécanisme combiné, ici décrit, représente, à proprement parler, l’enroulement positif, quand il est pourvu d’une série de pignons de rechange pour l’extrémité de l’arbre G, tandis qu’il représente convenablement l’enroulement par tirage, en calant le plus petit des pignons de rechange de la série sur l’extrémité de cet arbre G, puis abaissant le bout d’arbre P2 ainsi que sa roue intermédiaire O2 de manière à engrener avec ce petit pignon.
- Lorsque le tissu qu’on veut fabriquer rend nécessaire d’enrouler par mouvement positif, le pignon de rechange propre est calé sur l’arbre G et le tourillon I) ajusté dans la mortaise du levier G, alin de donner un mouvement suffisant au levier F et que le cliquet H embrasse une ou plusieurs dents de la roue à rochet L; alors bandant le ressort à boudin J de manière que l’extrémité inférieure du levier F suive le galet E avec fermeté dans son mouvement en avant, l’enroulement est en substance positif et sert à tous les usages où ce mode d’enroulement est ordinairement employé dans les métiers mécaniques. Mais lorsque le tissu qu’on fabrique rend obligatoire un enroulement par tirage, on dispose le plus petit des pignons de rechange sur l’arbre G et le mouvement est organisé autrement d’accord avec cette disposition.
- On voit donc que les inventeurs ont réussi, par une modification bien simple apportée à l’un des mécanismes (celui du tirage) en usage, à le rendre susceptible de satisfaire à tous les besoins pour produire des tissus, quels qu’ils soient, pour lesquels le fabricant reçoit des ordres.
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- Machines à fabriquer les briques de M.C. Schlicheysen.
- Par M. R. Schmidt, ingénieur civil.
- M. C. Schlickeysen, constructeur à Berlin, est, comme on sait, l’un des premiers qui ait réussi à construire des machines à fabriquer rapidement et proprement les briques, et après un mélange intime et un pétrissage complet de l’argile, à débiter celle-ci sous la forme d’un boudin, d’un ruban ou d’une nappe courant toujours, en un mot à établir une machine à travail continu. Sous sa forme la plus simple, et vue dans son ensemble, cette machine se compose d’un cylindre vertical creux dans lequel, comme dans la tinne ordinaire, tourne concentriquement un arbre armé de couteaux et dont l’enveloppe est, dans le bas, pourvue d’un orifice par lequel s’écoule, en ruban continu, l’argile soumise à la pression.
- Cette machine s’est, depuis son invention, beaucoup répandue en Allemagne, non pas seulement dans la fabrication des briques, mais dans plusieurs autres branches d’industrie où il s’agit de mélanger et de pétrir des matières plastiques, et c’est sous la forme perfectionnée qu’elle a acquise avec le temps que nous allons la décrire.
- Quelles que soient les modifications qu’on apporte à sa construction pour l’adapter à tel ou tel service, l’action de cette machine repose principalement, d’un côté, sur la structure particulière des couteaux dont l’arbre tournant est armé et, de l’autre, lorsqu’il s’agit d’obtenir une nappe lisse continue, sur celle de la filière par laquelle s’échappe la matière modelée.
- Lafig.9, pl. 332, est une section verticale de cette machine.
- La fig. 10, une section horizontale par la ligne æ, y de la fig. 9.
- Le cylindre A, A qui, dans le bas, est établi sur un socle, s’épanouit
- dans le haut en forme de trémie, ui se relie avec un cylindre B, B ’un diamètre plus grand qu’elle, d’arbre aux couteaux G, C qui, quand la machine est en activité, tourne dans la direction de la flèche, fig. 10, a deux points d’appui, l’un enE, l’autre en D. Chacun des couteaux a, b, c, d, e, f est, à peu de chose près, une fraction ou un segment d’un filet entier de vis qui couvre environ un tiers de lq section horizontale circulaire. Ces couteaux sont disposés entre eux de façon que la face inférieure de l’un d’eux couvre environ un quart de la face supérieure de celui adjacent au-dessous de lui, et qu’en ces points, il y ait même intervalle entre deux couteaux.
- La figure spéciale des couteaux c et d, qui a été représentée en plan dans la fig. 10, rend cette disposition plus facile à comprendre, mais en même temps, elle permet de reconnaître que la limite supérieure de chacun de ces couteaux forme une surface plane d, de façon que l’espace entre le plan et le couteau placé immédiatement au-dessus, a la forme d’un coin ou d’une pyramide. Maintenant, cette sorte dsengrenage ou mieux d’empiétement des couteaux les uns sur les autres fait que la matière plastique qui est soumise à la pression de l’un de ces couteaux avant d’abandonner celui-ci, est déjà partagée en deux portions parle bord tranchant du couteau suivant ; que la portion supérieure de cette matière est pressée sur ce dernier et par suite qu’il y a obstacle à ce que l’argile qui repose dessus, soit entraînée avec lui par le frottement pendant qu’il tourne, ce qui annulerait l’effet de l’hélice, et que la portion inférieure, avant qu’elle commence à se dégager du couteau supérieur, arrive sous la pression du couteau immédiatement au-dessous. C’est cette action de pression et de pétrissage de la vis sur la masse qui lui est livrée, dont on peut faire varier la puissance, tant par un changement de vitesse de l’arbre
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- aux couteaux, que par la position des surfaces hélicoïdes.
- La masse qu’il s’agit de travailler est, dans tous les cas, déposée dans le cylindre B ; l’expérience a démontré que cette masse, surtout quand elle est très-tenace et compacte, adhère aisément à la paroi interne du cylindre, et afin qu’elle soit, d’une manière certaine, livrée à l’action des couteaux, on se sert d’un ramasseur b combiné avec le premier couteau a.
- Indépendamment de la pression et du pétrissage de la masse et afin d’y provoquer un énergique mélange, chacun des trois couteaux c, d, e porte encore un ou deux bras c\ d\ e’ qui y sont venus de fonte. Dans leur section horizontale, ces bras ont la forme indiquée par c’ dans la tig. 10 qui paraît être celle qui met le moinsd’obstacle possible au mouvement de l’arbre C, mais en même temps exerce une pression verticale sur la masse. D’ailleurs, ces bras, ainsi que les parties taillées en hélice, sont, dans leurs points les plus inférieurs, pourvus encore de dents aiguës qu’on voit distinctement danslafig. 9, et servent h rompre, arracher et découper la matière.
- Dans la tinne ou cylindre qui a été représenté, il existe deux orifices d’écoulement k, k, mais qui, pour une force motrice moindre et un cylindre de plus petites dimensions, peuvent se réduire à un seul. Le dernier couteau ou le plus inférieur f comporte toujours deux segments en hélice afin de pouvoir exercer dans tous les points de la plaque de fond inférieure h une pression aussi uniforme qu’il est possible. Cette plaque de fond, dont la forme est disposée pour ne pas apporter d’obstacle à la position correcte et au mouvement régulier de l’arbre, ne fait pas corps avec le plancher U, mais est établie par une pièce arrêtée sur l’arbre, et par conséquent tourne avec lui. Cette disposition fait que ce fond h, avec toutes les matières refoulées dans les parties fermées du cylindre-
- enveloppe, marchent vers les orifices, et que ces matières doivent s’échapper par la partie inférieure de ces orifices, puisque la masse, derrière elles, qui descend constamment ne leur permet plus de poursuivre leur mouvement circulaire ou de rotation. Pendant que cette masse est ainsi transportée sur les parties inférieures des orifices par le fond mobile h, et que les parties supérieures de ces orifices sont chargées directement par l’action de pression qu’exercent les filets des helices, ainsi comprimée et chassée au-dehors, cette masse en sort en une nappe ou un ruban parfaitement homogène.
- En ce qui concerne les orifices d’écoulement ou de décharge k des machines de M. Schlickevsen, nous ferons remarquer encore qu’elles ont mêmes dimensions nettes dans toutes les machines qui sont non-seulement destinées à mélanger et à pétrir, mais aussi à mouler, et que chacun de ces orifices est en outre pourvu d’un châssis l qui porte la filière. Par la faculté de pouvoir adapter ou retirer cette filière, ce châssis peut, comme une porte, tourner sur son axe et en même temps glisser. On l’a représenté danslafig. 11. L’introduction, si facile et si commode de diverses filières dans le châssis d’une seule et même machine, permet de la faire servir à la fabrication de produits divers, tels que briques pleines ou creuses, tuiles de tous modèles, tuyaux, briquettes ou agglomérés de tourbe, de menu de houille, etc. Cette circonstance, combinée avec celle que chaque filière est, en outre, autant qu'il est possible, adaptée à chaque nature de matière première ou de produit et enfin que ces machines peuvent mélanger, pétrir et mouler les masses plastiques les plus diverses, justifie le nom que leur a donné l’inventeur de presses universelles à briques, à tuyaux, etc.
- Nous décrirons maintenant la forme des filières adoptées par M. Schlickevsen pour le moulage de
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- la tourbe en briquettes et pour la fabrication des briques pleines.
- La fabrication des briquettes de tourbe a été essayée bien des fois depuis vingt ans, mais les résultats n’ont pas été toujours heureux ou pratiques. Le but de cette fabrication est en général de préparer, avec la tourbe brute, un combustible qui ait la plus grande cohésion possible, et par conséquent qu’on peut faire voyager par tous les moyens de transport, et qui, sous un petit volume, possède un très-grand pouvoir calorifique. On doit donc opérer suivant les circonstances, si l’on veut traiter une masse tourbeuse qui a la propriété de se déliter à l’air, ou qui doit supporter un transport au loin sur des véhicules, ou enfin, si l’on se propose de mouler la tourbe en un combustible dense pour obtenir de hautes températures comme dans les travaux métallurgiques.
- La tourbe a, comme tout le monde sait, la propriété, lorsqu’on détruit sa structure naturelle et qu’on en rapproche de nouveau les parties entre elles par la pression, d’acquérir un degré élevé de densité et de cohésion. C’est sur la propriété de cette matière qu’est basé le procédé simple et économique au moyen duquel la machine de M. Schlickeysen fabrique des briquettes de tourbe. La masse de tourbe, récemment extraite du marais, est jetée dans le cylindre de la machine qui en détruit la structure fibreuse et laisse écouler par une filière de forme convenable, un ruban de tourbe qui est découpé par un appareil tranchant fort simple en briquettes de longueur voulue.
- On a représenté, sous trois aspects différents dans les figures 12, 13 et 14, une filière Schlickeysen pour le moulage des briquettes de tourbe.
- Dans les figures /, l est le châssis en fonte dont il a été question ci-dessus servant à fixer la filière sur le cylindre qui travaille la tourbe, A est la filière proprement
- dite qui est en bois et percée ici de trois orifices pour former autant de boudins ou rubans de tourbe. Les fibres ligneuses de la portion qui forme filière, sont disposées à angle droit avec la direction du ruban, à l’exception toutefois des angles obtus qui terminent l’orifice et qui sont pris dans la direction des fibres, afin d’atténuer en ce point, autant qu’il est possible, les effets du frottement. De plus, pour obtenir encore mieux ce résultat, ces angles sont mouillés par l’eau. Dans la partie supérieure du châssis l, est disposé un godet pour recevoir l’eau, et duquel, par trois vis a, cette eau peut couler dans les cavités b, b, et de celles-ci dans la cavité c, et ‘enfin, par les petits trous d, d, sur les angles des ajutages, ainsi qu’il est facile de le voir dans les figures, et arriver de là, par des fentes, sur le ruban de tourbe.
- Pour les petits établissements qui se livrent à la fabrication des briquettes de tourbe, nous recommandons les machines pouvant être manœuvrées par un ou deux chevaux, qui déjà se sont fort répandues dans les briqueteries allemandes. Le cylindre vertical en fonte de la figure 9 est remplacé dans ces machines par une tinne robuste en bois de forme légèrement conique, tandis que toutes les autres parties sont en fonte ou en ferforgé. Dans les différents numéros de ce genre de machines, la hauteur de la tinne varie de lm.80 à 2'".15, avec diamètre dans le haut de 0m.60 à 1 mètre, tandis ue la production journalière est e 3,000 à 15,000 briquettes de tourbe. Du reste, dans toutes les localités où l’on peut disposer de la force de la vapeur ou de toute autre force mécanique, ces machines peuvent y être attelées et le produit peut s’y élever au double.
- Pour les grands établissements, M. Schlickeysen construit des machines tout en fer de plus fortes dimensions, qui, avec l’emploi d’une locomobile de 6 à 8 chevaux de
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- force, peuvent atteindre une production de 20,000 à 50,000 briquettes. Les deux orifices d’écoulement k ont la même disposition intérieure que la figure 9, mais ces machines se distinguent de celles précédentes en ce qu’on peut les transporter avec leur locomobile sur le marais où l’on exploite la tourbe, et qu’elles sont alimentées par un élévateur.
- On peut voir dans les figures 14, 15, 16, sous différents aspects, les filières construites récemment par M. Schlickeysen pour la fabrication des briques pleines.
- La filière A est ici également établie en bois, et les surfaces qui la bornent dans le haut sont pourvues de cavités a, a pour recevoir l’eau qui s’écoule sur l’argile de la manière décrite plus haut. Ainsi qu’on le voit dans la figure 15, la filière, du côté de la machine, se dilate peu à peu, et sa plus petite section est, d’après la figure 14, celle fondamentale d’une brique. Suivant la nature de l’argile qu’on travaille, cet orifice est garni de cuir anglais, de cuir ordinaire ou de feutre, ainsi que l’indiquent les deux traits b dans la figure 15, et cette garniture est constamment maintenue à l’étathumide par l’eau. La cavité a qui est chargée avec ce liquide correspond, au moyen des percements c, c, avec deux gouttières d, d qui se terminent en as, as, de façon que cet ajutage est constamment imprégné d’eau.
- Pour les argiles mordantes qui détruiraient trop promptement les garnitures indiquées ci-dessus, on se sert de la disposition représentée dans la figure 16. Dans cette disposition, le châssis en bois dont il a été question ci-dessus, est recouvert de bandes en métal (laiton) qui, ainsi qu’on le voit dans la figure, s’assemblent à recouvrement comme des écailles, de façon que dans cette installation l’eau peut encore trouver un passage. M. Schlickeysen assure que dans ce modèle de filière, il a découvert celui qui convient le mieux pour
- toutes les sortes d’argiles, circonstance qui, pour les machines de moulage de briques à travail continu, est d’une grande importance.
- Les autres filières pour divers objets en terre cuite, tels que briques creuses, tuiles de tout profil imitation de pierres, etc., sont établies sur le même modèle.
- Quant à la disposition générale des machines propres surtout à la fabrication des briques, elle est encore plus variée que celle pour briquettes de tourbe, parce que l’argile renferme presque toujours des sables et des pierres siliceuses qui exigent un passage à travers un moulin à cylindres. Pour les usages ordinaires, et avec une force de un à deux chevaux, on peut, comme pour les machines à tourbe, faire usage du modèle le plus simple, c’est-à-dire de la tinne en bois épais.
- Pour la fabrication en grand et avec une force-vapeur, les machines sont en fer et à cylindre vertical avec 2 à 4 filières, et dans ce dernier cas, avec une force de 10 à 15 chevaux, on peut atteindre un produit de 25,000 à 40,000 briques par jour. Les communications de mouvement se font dans ces machines par dessous, au moyen de dispositions mécaniques appropriées, et au-dessus de la machine est élevé un échafaud sur lequel, d’un côté, on amène la terre sur wagons, et de l’autre, on place l’appareil à cylindre quand on est obligé d’y avoir recours.
- Dans ces derniers temps, M. Schlickeysen a établi des machines avec cylindre horizontal, non pas qu’avec cette disposition le travail soit plus parfait et la dépense de force moindre, mais parce que les machines de ce modèle sont plus compactes et d’un transport plus facile.
- Quant à la disposition qui sert à découper les rubans en briques dans ces machines, il existe plusieurs modes de construction dont le choix dépend de la nature et de la qualité de l’argile ou du produit
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- qu’on veut fabriquer et par conséquent de la forme de la filière. Leur description fera plus tard le sujet d’un autre article.
- ( Nous dirons en passant que tout récemment M. Schlickeysen s’est livré à des expériences sur le moulage des lignites, et que ses machines y ont été appliquées avec quelque succès.
- Enfin, comme il y a dans diverses industries de nombreuses opérations où il s’agit d’obtenir un mélange parfait entre diverses matières, et que, jusqu’à présent, on ne possède pas une bonne machine à mélanger présentant un caractère de généralité, plusieurs fabricants intelligents ont fait l’essai des machines en question et s’en sont bien trouvés. Nous ne pouvons pas indi-
- 3uer ici le rendement et la qualité es produits dans chaque cas, mais nous mentionnerons les applications qui ont déjà été faites: l°dans la fabrication des poteries pour mélanger et pétrir les terres; 2° dans celle des ciments de toute espèce; 3° au moulage des matériaux des chaux hydrauliques avant la cuisson; 4° à la préparation des masses pour moules en terre dans les fonderies de fer ; 3° dans la préparation des mortiers pour les grandes constructions ; 6° la fabrication des couleurs et des mastics ; 7° la fabrication du café-chicorée pour mélanger et mouler les pâtes; 8° dans celle du sucre pour démêler et épuiser les tourteaux de betteraves.
- Quant aux dimensions de ces diverses machines, elles sont des plus variables, et il nous suffira d’ajouter que le cylindre des plus petites, celles destinées au pétrissage de l’argile à modeler, n’a qu’un diamètre de 5 centimètres et une hauteur de 7,5.
- Perfectionnements apportés au foui
- annulaire à cuire les briques.
- Par M. C. Ziegler.
- Le four annulaire, à cuire la brique, la chaux, les ciments, etc., de MM. Hofmann et Licht, qui a été décrit et figuré dans le Technolo-giste, t. 26, p. 197, pl. 304, fig. 25-30, est certainement une des inventions les plus recommandables qui ait été faite dans ces derniers temps. Ce four a, comme on sait, pour objet d’utiliser le plus complètement qu’il est possible la chaleur développée par le combustible, en pourvoyant, pendant une marche continue, à ce que la chaleur, qui devient libre ou disponible pendant le refroidissement des produits, serve à chauffer l’air de combustion, le combustible et, par première intention, les corps qu’on va soumettre à la cuisson ; d’ailleurs, on sait que les avantages qui résultent de la disposition de ces fours sont d’autant plus grands que l’air qui afflue pour l’entretien de la combustion et qui sert de véhicule à la chaleur, a un plus long chemin à parcourir.
- Toutefois, avec le mode de construction adopté jusqu’à présent pour ces fours, ces avantages ont une limite, entre autres raisons, parce que d’après les principes bien connus, plus est grande l’aire de section que présente la cheminée, plus celle-ci doit être élevée et par conséquent, les frais pour l’installation de cette grande construction (qui absorbe surtout une partie notable du capital d’établissement) deviendraient considérables si on voulait obtenir les effets indiqués sur l’échelle la plus étendue possible.
- Mais, indépendamment de cela, l’emploi d’une cheminée pour ce four entraîne à un autre inconvénient, qui est qu’une portion notable de la chaleur développée à son intérieur, est employée à établir le tirage dans le foyer; d’après des calculs provisoires, cette portion
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- s’élèveraitpresque à la moitié de la chaleur totale produite lorsqu’on veut établir un tirage énergique pour chasser rapidement (ce qui est toujours désirable) la vapeur d’eau qui se développe des matières récemment enfournées, au moment où elles commencent à chauffer, ou l’acide carbonique qui se dégage des pierres à chaux.
- Pour réduire à son minimum cette perte de chaleur, et en même temps pour éviter la dépense considérable de l’érection d’une haute cheminée, on se sert avantageusement, pour établir le tirage dans le four, de un ou de plusieurs jets de vapeur qu’on lance dans le tuyau d’évacuation de fumée et qui, par le vide qu’ils établissent, aspirent continuellement l’air du four et établissent ainsi le tirage.
- Il est clair que par cette disposition et sans nuire au tirage, l’air delà combustion, avapt d’être évacué du four, peut, à une faible portion près, livrer aux matières qu’on cuit la totalité de sa chaleur (il n’a même besoin que de posséder la chaleur suffisante pour maintenir l’eau qu’il entraîne sous la forme de vapeur), et comme il est toujours possible au contre-maître de maintenir plus fort ou plus faible le tirage, suivant la quantité ou la pression de la vapeur employée, on peut opérer à volonté une cuisson plus rapide ou plus lente, et entraîner avec tel degré de vitesse qu’on désire, soit la vapeur d’eau qui s’élève des briques crues, soit l’acide carbonique qu’abandonnent les pierres à chaux.
- La dépense en combustible pour produire la vapeur d’eau nécessaire est bien inférieure à celle qu’on dissipe pour entretenir l’action d’une cheminée, et les Irais d’établissement d’une petite chaudière à vapeur sontbien au-dessous de ceux d’une cheminée de grandes dimensions, semblable à celles établies jusqu’à présent sur les fours annulaires.
- On peut donc, comme je l’ai déjà dit, construire des fours de ce
- genre sur un plus grand modèle, parce qu’il suffit que les gaz ou la vapeur aspirés aient la température qui maintient cette dernière à l’état vaporeux. Ce mode d’exploitation doit, d’ailleurs, exercer une influence favorable sur la qualité des produits, et il est même vraisemblable que dans ces circonstances où Je chauffage peut se faire avec lenteur et d’une manière tempérée, les briques crues peuvent être sans danger introduites dans le four aussitôt qu’elles peuvent supporter le transport et les manipulations, et qu’on économise ainsi beaucoup de main-d’œuvre et d’étendue de séchoirs.
- Le chauffage de la chaudière à vapeur peut très-bien être opéré par l’ouvrier qui soigne celui du four, et il est bien des cas où l’on n’aura pas besoin d’une chaudière à vapeur particulière pour l’objet en question, parce que dans les grandes briqueteries, celles qui sont exploitées avec le four annulaire, il se trouve presque toujours qu’on moule à la vapeur et que dans les fabriques de ciment, il est d’usage d’avoir une force-vapeur pour moudre les produits.
- L’emploi du jet de vapeur n’est pas nouveau en industrie, mais il devra avoir des conséquences éminemment avantageuses lorsqu’on l’appliquera aux fours annulaires ; il ecartera certaines difficultés qui seraient présentées dans le perfectionnement de ces remarquables appareils.
- Chaudière de Davis.
- Cette chaudière, qui paraît avoir été primitivement inventée aux Etats-Unis, pour produire de la vapeur surchauffée, a été représentée suivant une section verticale dans la fig. 17, pl. 332, tandis quelesfig. 18 et 19 sont des vues destinées à faire mieux saisir la disposition de l’appareil surchauflfeur proprement
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- dit, appareil ou surchauffeur qui se compose d’un anneau de capacités sphériques et creuses, ou boules placées au-dessus du corps delà boîte à feu, capacités qui sont reliées entre elles par des tubes Æ, de manière à ce que la vapeur passe ou circule successivement dans chacune de ces sphères.
- La chaudière, fig. 17, consiste en une disposition particulière de tubes pendants et de chambres à combustion ou chauffes A, le tout entouré d’une enveloppe verticale, et opérant de manière à faire diverger la flamme et les produits de la combustion du centre à la circonférence, mode au moyen duquel la chaleur se porte sur le plus grand corps d’eau, de manière à prévenir la formation de la mousse; B, enveloppe annulaire ou espace générateur de la vapeur de la chaudière disposée au-dessus et autour de la boîte à feu; H et H’, tubes à fumée ou de tirage et chambres de chauffage qui relient la chambre à feu A avec la boîte à fumée d, et sont disposés suivant des circonférences concentriques au-dessus de laboîte à feu, ceux extérieurs H étant en communication plus étendue et plus ouverte avec la boîte à fumée que ceux intérieurs, où le tirage est naturellement plus vif et plus largement distribué, ce qui projette la chaleur sur le corps ou la masse de l’eau. Les tubes au centre peuvent être entièrement ou seulement en partie fermés, et on s’oppose à l’échappement central ou direct de la chaleur, en les couvrant d’un chapeau en d,d, dans lequel la chaleur passe en s’écoulant parles ouvertures contractées c, c.
- Le rang intérieur de la série des tubes k fumée H’ a aussi ses orifices de sortie contractés dans une certaine mesure, et le tirage est contrarié par un dôme de vapeur e\ disposé à l’intérieur de la boîte k fumée, au-dessus de la série des tubes k fumée. Le tirage s’échappe enfin par le tuyau d' qui passe k travers le dôme. Ce dôme est clos et seulement alimenté de vapeur
- par la chaudière, k l’aide des tubes e, e; ainsi frappé par les gaz brûlants qui s’échappent, ce dôme devient une chambre k assécher la vapeur, dans laquelle un tuyau i (fig. 18 et 19) l’emprunte pour la conduire aux chambres de surchauffage.
- Ces chambres consistent, comme il a été dit, en une série de sphères g, g, disposées en cercle k l’extérieur du dôme et k l’intérieur de la boîte k fumée, directement au-dessus du rang extérieur des tubes k fumée H. C’est dans ces tubes que le tirage, qui y est le plus énergique, contribue au surchauffage de la vapeur dans les sphères.
- La vapeur qui s’écoule par le tuyau i passe d’abord dans l’une des sphères g, puis de lk, par le tube d’assemblage h, dans la sphère suivante, et ainsi de suite successivement, jusqu’k cequ’enfm, arrivant à la dernière sphère de cet anneau, cette vapeur, k l’état surchauffé, est reprise par le tube k qui la conduit k la machine k vapeur pour faire le travail requis.
- Virole pour tubes de chaudières à vapeur.
- Par M. Ed. Clark, de New-York.
- On a proposé déjk bien des moyens ou plutôt des dispositions mécaniques variées pour s’opposer aux fuites d’eau ou de vapeur par les tubes qui entrent dans la construction des chaudières k vapeur tubulaires, mais beaucoup de ces moyens n’ont pas réussi, et d’autres, quoique donnant d’assez bons résultats, ont encore besoin d’être perfectionnés.
- M. E. Clark, ingénieur k New-York, propose, en conséquence, une nouvelle disposition représentée en coupe dans la fig. 20,pl.332 et qui, suivant lui, est éminemment propre k prévenir les fuites, et k garantir contre les effets dangereux
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Mai 1867. 28
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- résultant de la dilatation et de la contraction des tubes soumis alternativement à l’action de la chaleur et du froid.
- Les viroles, dont on fait assez communément usage, sont moulées en fonte et d’une seule pièce, tandis que celles de M. Clark sont en fer ou en laiton, généralement en fer, et par conséquent, remplissent le but bien plus efficacement en dilatant le tube uniformément de chaque côté de la plaque aux tubes. Le perfectionnement consiste à employer des viroles, tant intérieures qu’extérieures, dont l’une est glissée dans l’autre, comme on le voit dans la figure. Lorsqu’une fuite vient à se déclarer dans une chaudière, tout ce qu’il y a à faire consiste à serrer la virole intérieure sur le tube avant de le calfater avec le ciment composé de céruse et de minium, puis on introduit et on met en place la virole extérieure et, le tube se trouvant promptement dilaté, la fuite est arrêtée. Ce tube n’aura nul besoin par la suite d’un calfatage et peut être maintenu parfaitement étanche par ce moyen.
- Le Scientific american nous apprend que ces viroles ont été appliquées sur les steamersl’A tlantic, le Baltic, YEricsson et d’autres bâtiments à vapeur, et que les ingénieurs de ces navires ont attesté qu’plies étaient extrêmement utiles et avaient fonctionné à leur entière satisfaction.
- Soupape de purge double pour Veau de condensation des cylindres des machines à vapeur.
- Par M. Vaessen.
- Cet appareil, qui a été représenté dans la fig. 21, pl. 332, opère une évacuation automatique et qui se répète régulièrement de l’eau de condensation des cylindres des machines à vapeur et cela, sans perte de vapeur.
- Dans la boîte principale A, sont établis deux sièges a et a' sur lesquels sont deux soupapes coniques b et b’ unies par un cylindre ou tube c et maintenues combinées ou solidaires entre elles, au moyen de la tipe d et de l’écrou e. Le tube c, immédiatement en deçà des soupapes coniques b et b\ est percé sur tout son pourtour, d’une série de trous d’écoulement, et,en outre, de plusieurs séries de trous semblables, vis-à-vis la tubulure de décharge C. La tige d porte une gorge f dans laquelle pénètre le boulon à oreilles D ; ce boulon est, près de son extrémité &, celle par laquelle il est engagé dans la gorge f, limé plat sur deux côtés, de façon que quand il se trouve dans la position représentée dans la figure, il remplit toute la largeur de la gorge ; la tige d ne peut donc pas glisser et les deux sièges a et a' se trouvent décoiffés. Mais si le boulon D est tourné de 90°, les faces plates limées k permettent à la tige des soupapes et par conséquent à ces soupapes elles-mêmes b et b\ assez de jeu pour pouvoir ouvrir et fermer alternativement sur les sièges a. et a’.
- La petite vis g qui pénètre dans la gorge h du boulon D Lempêche de sortir et d’ailleurs il est entouré en i d’un collet.
- A l’aide des pas de vis B, B’ et G sur ces tubulures, on opère l’assemblage des tuyaux.
- Dans le montage de cette soupape double on lui donne une position horizontale ; les tubulures filetées B et B’ sont vissées, l’une sur le fond, l’autre sur le couvercle du cylindre à vapeur, et on visse celle C sur le tuyau de décharge.
- Maintenant si on place le boulon D de manière que les flancs limés permettent le jeu des soupapes £>, b\ il résulte de l’action du piston dans le cylindre que la vapeur passe alternativement par B ou par B’ dans la boîte de soupape et ferme l’une des soupapes, celle à, je suppose, et en meme temps ouvre l’autre b\ et réciproquement; l’eau de con-
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- densation déplacée ou chassée dans ce cylindre, s’écoule alternativement par B ou par B’ et s’échappe par conséquent de dessus ou de dessous le piston, par la tubulure C.
- Lorsqu’une machine à vapeur est restée pendant quelque temps en repos, il s’est rassemblé de l’eau de condensation des deux côtés du piston ; pour l’évacuer dès la première course, on ouvre, penaant un instant, les deux côtés de la soupape en tournant le boulon à ailettes D de 90°, afin d’empêcher le jeu des soupapes b, b' et pour qu’elles restent ouvertes des deux côtés.
- L’accumulation de l’eau de condensation dans un cylindre à vapeur donne lieu, comme on sait, à un choc du piston sur cette eau, choc qui est, par lui-même, nuisible au mécanisme de la machine et, de plus, apporte une perturbation dans sa marche régulière. Or, on peut considérer la soupape double qu’on vient de décrire, comme une
- disposition mécanique très-propre à remédier à cet inconvénient.
- Sur la théorie des roues hydrauliques. Théorie de la turbine (1).
- Par M. de Pambour.
- (Suite.)
- Dans ma communication précédente (Y. p. 97), nous avons donné la formule des effets de la turbine, d’après le volume d’eau qu’elle dépense par seconde pendant son mouvement. Mais cette dépense est le plus souvent inconnue. Il faut donc avoir le moyen de la déterminer à priori.
- On sait que la vitesse de l’eau qui passe du réservoir dans la turbine, résulte de la hauteur de chute effective de l’eau dans le réservoir et de la force centrifuge de la roue, et que cette vitesse est représentée d’une manière sommaire par la formule
- (L)
- U2=2gH + u2—v"2 ou
- PU*
- 2g
- + —v"2)
- 2g '
- Dans cette expression, U est la vitesse de l’eau à la sortie du réservoir, H la hauteur de la chute effective, P le poids d’eau dépensé ar seconde, v la vitesse de la tur-ine à sa circonférence extérieure, et v” sa vitesse à la circonférence intérieure. On sait d’ailleurs qu’on a
- Cette équation suffirait pour exprimer les conditions du mouvement , si le mouvement de l’eau dans le réservoir n’éprouvait aucune entrave ; mais cette eau est au contraire forcée de suivre la courbure des cloisons ou directrices fixées sur le fond du réservoir. Il en résulte donc une force centrifuge dont nous allons tenir compte.
- Considérons un conduit formé par deux cloisons circulaires consécutives, l’une présentant sa con-
- cavité au passage de l’eau et recevant l’effort de la force centrifuge, l’autre marquant seulement l’épaisseur de la lame d’eau contenue entre les deux directrices. Appelons r le rayon de la première qui sera le rayon de courbure du conduit, et ru la distance moyenne de la seconde directrice au même centre qui sera le rayon de courbure intérieur. Appelons en même temps Ut la vitesse de l’eau le long du conduit.
- On sait que la quantité de travail développé par cette force centrifuge en une seconde, a pour expression
- (1) Voyez les autres communications sur la théorie des roues hydrauliques du même auteur, dans le t. 27, p. 40, 210, 386, 432, 495, et dans le présent volume, p. 97.
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- Ce travail est détruit par la fixité du réservoir ; mais il en résulte une perte de force vive qu’il faut calculer. En observant que les vitesses de l’eau dans l’intérieur et en dehors du réservoir sont en raison inverse de l’aire des passages parcourus, exprimant par 04 l’aire contractée des conduits du réservoir,
- PU2 = 2gHI* -f-P (u2—v"
- Par conséquent, en résolvant cette équation par rapport à U, faisant attention que le volume d’eau étant représente par Plt on a
- Pj = O U
- O étant celle de l’orifice de sortie, et U la vitesse correspondante, on a
- --s-
- Si l’on substitue cette valeur dans l’expression dé la force centrifuge, et qu’on l’introduise négativement dans l’équation (L), on obtient
- \__p Q8 r/<2 uî
- O? ' r\
- et négligeant les autres circonstances du mouvement comme secondaires ou pouvant être comprises dans le coefficient de contraction, on en conclut :
- (M)
- Pi =
- OV 2gH -}-t;2 — v"%
- |/,+ **=£
- V ^ O? r\
- On a donc ainsi, pour déterminer le volume d’eau dépensé, une formule d’un emploi tres-facile. Il suffit, en effet, de mesurer sur le tracé les deux rayons de courbure r’ et r” et de calculer l’aire des conduits du réservoir, ce qui se fera en mesurant l’un de ces conduits, en tenant compte de l’épaisseur des cloisons, et multipliant le résultat ainsi obtenu par le nombre des conduits.
- Afin qu’on puisse examiner les résultats de celte formule, nous avons calculé la dépense d’eau de la turbine de Miilbach, soumise à l’expérience par M. le général Morin, et nous avons adopté, pour les aires contractées, les coefficients de contraction indiqués par le savant auteur des expériences, savoir : pour l’intérieur du réservoir 0,60, et pour la sortie du réservoir, selon la levée de la vanne et dans l’ordre successif des séries, les coefficients 0,90, 0,87,0,83,0,80,0,80, 0,70 (Morin, Leçons de mécanique, 2e partie, p. 457-460).
- Les dimensions et données de la turbine de Mülbach sont les suivantes : rayon extérieur du réservoir, 0m.66; largeur des tasseaux dans le sens du rayon, 0m.08; dis-
- tance des orifices des conduits à leur extrémité extérieure, 0m.172; nombre des directrices, 24; moindre distance entre deux directrices consécutives, 0m.065; inclinaison des conduits sur la circonférence extérieure, 34°30’; épaisseur présumée des cloisons, 0m.02; aires contractées des orifices de sortie du réservoir dans les six séries d’expériences et dans leur ordre naturel, 0ni2,107200, 0“*, 11839, 0“M8825, 0mï,24192, 0,B2,24192, 0'"2,28577. Pour obtenir les rayons de courbure , on a fait le tracé des directrices, d’après le dessin de la turbine de Fraissans, de la même époque et du même constructeur, dessin donné parM. Morin dans le compte-rendu de ses expériences. Ce tracé consiste à mener autant de rayons qu’il y a de directrices, puis à établir le lieu des centres de courbure sur une circonférence décrite aux deux tiers du rayon intérieur des tasseaux, et à prendre le centre de courbure sur le troisième rayon, à partir du rayon de la directrice considérée. On en conclut :
- rt = 0m,30; ru = 01".2465; Oj =0™i.35260
- On peut prendre le centre sur le
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- quatrième, au lieu du troisième; mais pour l’objet qui nous occupe, cette disposition ne présente que des différences insignifiantes sur les nombres obtenus.
- Les résultats du calcul sont réu-
- nis dans le tableau ci-après avec les dépenses d’eau données par l’expérience. On verra que le total des chiffres du calcul ne diffère de celui des expériences que de 1,20 pour 100 en moins.
- »
- numéros des expérien- ces. HAU- TEUR de chute. vitesse V vitesse v" DÉPENS daprès calcul. E D'EAD d’après l’expé- rience.
- m. m. m. kil. kil.
- I. 1 3.552 7.163 5.172 656 651
- 2 3.547 6.755 4 878 646 651
- 3 3 560 6.447 4.655 640 651
- 4 3.580 6 278 4.533 638 651
- 5 3 580 5.969 4.310 632 651
- 6 3 565 5.730 4.138 626 651
- 7 3 555 5.502 3 973 620 639
- 8 3.565 5.503 3 829 617 639
- 9 3 580 5.044 3.642 614 639
- 10 3.585 4.736 3.420 609 638
- 11 3 621 4.367 3.154 605 638
- 12 3.621 4.069 2 938 601 638
- 13 3.650 3.731 2.694 598 638
- 14 3 680 3 407 2.461 596 638
- 15 3.703 3.084 2.227 594 651
- 16 3.703 2.796 2.019 593 651
- 17 3.730 2.671 1 928 592 651
- 18 3.750 2.159 1.559 589 651
- 11066 11617
- IL 19 3.224 7.461 5 388 1090 1209
- 20 3.199 6.864 4.957 1062 1137
- 21 3.208 6 466 4.669 1047 1152
- 22 3.210 6.128 4.425 1035 1120
- 23 3.196 5 889,4.253 1024 1120
- 24 3.177 5 571 4.023 1010 1120
- 25 3.190 5.173 3.736 998 1084
- 26 3.190 4.895 3.535 989 1063
- . 27 3 207 4.497 3.251 976 1063
- 28 3.207 4 079 2.945 968 1063
- 29 3 215 3 701 2.672 959 1055
- 30 3 225 3 482 2 514 955 1055
- 31 3.265 3 233 2.335 955 1016
- 32 3 305 2 935 2.119 954 1016
- 33 3.295 2.736 1 976 950 1021
- 14975 16294
- III. 34 3.164 9.899 7.148 1880 1968
- 35 3.164 9 153 6.609 1820 1868
- 36 3 150 8.954 6 465 1802 1863
- 37 3 153 8.307 5.999 1754 1832
- 38 3.110 7.810 5 639 1710 1828
- 39 3 070 7 262 5 244 1665 1848
- 40 3.070 6.864 4.957 1638 1743
- 41 3.075 6.268 4 520 1602 1716
- 42 3.035 5 795 4 185 1566 1659
- 43 3 085 5 173 3.736 1542 1649
- 4413.085 4 775 3.448 1522 1633
- 45*3 085 3 377 3 161 1503 1597
- 46)3.380 4.507 3.254 1570 1728
- A reporter. 21574 22932
- NUMÉROS HAO- DÉPENSE D’EAU
- des TEUft vitesse vitesse
- de d’après d’après
- expérien- ces. chute. V v" le. calcul. l'expé- rience.
- kil. kil.
- Renort. 21574 22932
- m. m. m. 1599
- 47 3.272 3.780 2.730 1518
- 48 3.400 3.830 2.766 1546 1599
- 49 3.405 3.422 2.471 1516 1599
- 26151 27729
- IV. 50 3.029 10 347 7.471 2365 2178
- 51 3.045 10.247 7.399 2362 2157
- 52 3.080 10.097 7 292 2355 2148
- 53 3.120 9.451 6 825 2297 2125
- 54 3.170 8 993 6.495 2263 2115
- 55 3.190 8.665 6.257 2236 2115
- 56 3.203 8.237 5.948 2200 2070
- 57 3 240 7.959 5.747 2183 2030
- 58 3.255 7 461 5.588 2143 2030
- 59 3.270 6.964 5 029 2106 2030
- 60 3.305 6.725 4.856 2095 2030
- 61 3.310 6.675 4.820 2088 2030
- 62 3.310 6.268 4.526 2062 1986
- 63 3.335 5.770 4 167 2032 1986
- 64 3.306 5 034 3 635 1977 1923
- 65 3 286 4.825 3 484 1915 1923
- 66 3.321 4.377 3.161 1942 1923
- 36624 34799
- Y. 67 3.610 9 948 7.184 2449 2274
- 68 3.650 9 650 6 968 2428 2178
- 69 3 560 9.053 6 537 2353 2242
- 70 3.475 8 655 6 250 2298 2179
- 71 3 300 7.959 5 747 2196 2156
- 72 3.250 7 163 5.172 2117 2075
- 73 3.230 6 665 4.813 2073 2033
- 74 3.358 6.178 4 461 2067 2022
- 75 3.343 5.720 4 131 2031 1996
- 76 3.393 5.372 3.879 2020 1949
- 77 3.398 4.915 3.549 1993 1949
- 24025 23053
- YI. 78 3.290 9 013 6 509 2375 2640
- 79 3.070 8.655 6 250 2545 2640
- 80 3.170 8 416 6.078 2543 2555
- 81 3.180 7 685 5 549 2470 2555
- 82 3.310 6 864 4.957 2426 2555
- 83 3.475 6 576 4 749 2446 2640
- 84 3.390 6.118 4.418 2383 2558
- 17188 18143
- Somme des totaux partiels. 130032 131635
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- Appareil à sasser, trier et nettoyer les gruaux.
- Par M. A.-M. Arndt, constructeur
- à Eilsleben, près Magdeburg.
- Les appareils à sasser, trier et nettoyer les gruaux, ont pour but, dans la mouture à gruaux, d’assortir les mélanges des gruaux et des recoupettes, suivantles divers poids spécifiques de ces matières. Les appareils de ce genre qui ont été employés jusqu’à ce jour, laissent beaucoup à désirer. Voici, je crois, un mode de construction qui me paraît satisfaire aux conditions du problème.
- Le nettoyage des gruaux s’opère la plupart du temps à l’aide de ventilateurs , c’est-à-dire par l’action de courants d’air qu’on introduit dans l’appareil destiné à cet objet, afin que les parties des gruaux spécifiquement plus légères soient enlevées et séparées des plus lourdes par ces courants d’air, et transportées dans le point où on veut les recevoir. Ces courants d’air dans les appareils jusqu’ici en usage ne suivent qu’une seule et unique direction, et sont d’une force uniforme , de façon qu’ils ne peuvent remplir le but que d’une manière imparfaite. Il est en effet évident que, si on a égard aux parties qui composent le mélange de la mouture à gruaux, on doit pouvoir établir un courant d’air plus ou moins fort, et c’est cette condition qui paraît être satisfaite par l’appareil dont voici la description.
- Fig. 22, pl. 332. Machine à sasser, trier et nettoyer les gruaux, vue en coupe verticale, fig. 23, section horizontale prise par la ligne 1,2 de la figure 22.
- Cette machine est armée de trois ventilateurs a, a, a, et les conduits ou porte-vents d, d, d sont en communication l’un avec l’autre par des canaux correspondants formés par des planchettes mm disposées sous une certaine inclinaison.
- La masse des gruaux tombe de
- la trémie h sur le crible b en toile métallique qui est partagé en quatre compartiments ayant chacun une grosseur de maille différente, et qu’on maintient au moyen d’une poulie à courroie m dans un mouvement horizontal alternatif et tournant. De ce crible, les parties les plus légères des gruaux tombent en cl et les plus lourdes en c4, d’où elles sont amenées séparément au premier ventilateur, ainsi qu’il est facile de le comprendre à l’inspection des figures, les parties les plus grosses étant exposées au vent le plus fort, et les plus fines au vent le plus léger. C’est classées de cette manière que les matières passent de même, d’abord devant le second ventilateur, puis ensuite sont soumises à l’action du troisième ventilateur.
- L’un des avantages principaux de cette disposition est que les canaux m ne sont pas établis sous forme de trémie ou d’entonnoirs, comme dans les machines de nettoyage ordinaire, et qu’autrement le but de la diminution graduelle dans la force du vent, conformément au poids spécifique de diverses grosseurs de gruaux qu’on veut obtenir serait manqué complètement. Les flèches, dans les porte-vent d, indiquent la direction des courants.
- La poussière ou poudre, les recoupettes, etc., que le vent enlève aux gruaux, sont reçues et déposées dans une gaîne K, dans l’intérieur de laquelle il est avantageux d’établir une seconde gaîne qui, sur trois de ses côtés, est construite en toile métallique (à mailles carrées d’un centimètre net), et qui a pour but de précipiter rapidement la poussière. La gaîne K est surmontée d’un gros tuyau de décharge d’air L qui, à un étage supérieur, débouche dans une huche ou caisse à poussière. Celle-ci est de même pourvue d’une ouverture par laquelle l’air peut s’échapper. Il est vrai qu’il se dépose peu de poussière dans cette caisse, mais cette opération paie ses frais, attendu
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- que cette poussière est d’une finesse extrême et, par conséquent, a une certaine valeur.
- Les courants d’air peuvent, en transportant les courroies sur les diverses poulies du cône u, calé sur l’arbre y\ être rendus plus forts ou plus faibles. La vitesse moyenne de l’arbre % des ventilateurs est, d’ailleurs, organisée pour faire environ de 110 à 160 tours par minute. Lorsqu’on a ajusté approximativement par le moyen décrit, la force du vent que lancent les ventilateurs a, suivant les différents buts qu’on se propose, on peut encore, pendant la marche de la machine, augmenter ou diminuer cette force : 1° par des soupapes placées sur les ventilateurs; 2° par un registre introduit dans le tuyau de décharge L.
- Les gruaux, bien classés par ordre de grosseur, tombent enfin dans des boîtes i, i, i, d’où on les extrait dans des seaux par des trappes. Les recoupettes s’échappent par la trémie s. Le tout est soutenu sur des montants o,p,v, et wen fer ou en bois.
- On donne à cet appareil une grandeur et une capaci té qui correspondent à la puissance des moulins qu’il dessert et suivant qu’on a de plus grandes quantités de gruaux à trier et nettoyer. Quand la machine a besoin d’être de grande dimension et que les étages sont bas, on en met la moitié au-dessus du plancher et l’autre moitié en dessous. On peut également, suivant les conditions, diminuer le nombre des ventilateurs et des porte-vent de la machine.
- Cet appareil me paraît devoir satisfaire à tous les besoins et appliqué avec intelligence, il remplace fort avantageusement le travail de tout ceux, fort imparfaits, employés jusqu’ici au meme service.
- Nouveau moyen pour calibrer les fils métalliques.
- Par M. Heinemann.
- La détermination précise, absolue de l’épaisseur d’un fil métallique parla mesure de son diamètre est, à raison de la difficulté dans la construction, l’emploi, la justification et l’accord entre eux des outils ou instruments appropriés à cette mesure, outils qui sont exposés à l’usure par un usage prolongé et de tous les moments, et à donner des résultats infidèles par suite de la forme des fils tirés qui n’est ronde qu’approximativement, cette détermination, disons-nous, est sujette à de si nombreuses erreurs qu’il s’élève dans l’esprit des doutes parfaitement fondés, qu’on parvienne jamais, par cette voie, à satisfaire aux besoins de l’industrie.
- Il est positif qu’un système pour la mesure des fils métalliques, établi et adopté dans un pays en particulier, ne peutpassunire au commerce qui se fait aujourd’hui entre les nations industrielles, et au développement que ce commerce semble devoir prendre dans l’avenir. N’est-il pas présumable que par l’emploi de plus en plus multiplié de ces fils, l’industrie ne se contentera pas des numéros qu’on fixerait actuellement, etdemandera des sortes de plus en plus fines et d’un calibrage plus uniforme. On doit donc s’efforcer de faire choix d’un mode d’exprimer les épaisseurs des fils métalliques, qui puisse être, autant que possible, compris par le commerce de tous les pays, indiquant avec une exactitude absolue toutes les épaisseurs, et qui servirait, par conséquênt, de mesure commune en permettant aux consommateurs et aux fabricants un contrôle bien simple et constamment à leur disposition. Remarquons qu’avec un pareil mode, il n’y aurait plus de ces malentendus ue la justice est souvent obligée e régler, qu’on rencontrerait peu
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- d’obstacles à son adoption et enfin que la pratique la rendrait bientôt générale.
- En conséquence, M. Heinemann propose, comme un mode général de désignation ou de notation applicable à toutes les espèces de fils métalliques, de se servir du poids en kilogrammes d’une longueur de 1,000 mètres ou d’un kilomètre, en prenant pour base le poids spécifique moyen du fer de 7,7. Les gros fils de laminoirs se trouveraient par exemple exprimés par le n° 386, et le fille plus fin, pour cardes, par le n° 0,13. Pour tous les numéros actuels des j auges française, anglaise, westphalienne, on trouverait aisément, entre ces limites, une expression sûre, facile à contrôler et d’une notation exacte. Les écarts sur la densité de diverses sortes de fer cjui oscillent entre 7,5 et 7,9 et résulteraient de l’adoption d’un poids spécifique moyen de 7,7, n’amèneraient dans le diamètre des fils que des différences qui ne pourraient s’élever qu’à 1/84, et n’auraient dans la pratique, même pour les fils les plus fins, aucun inconvénient sérieux ; d’ailleurs, toutes les fois qu’on aurait besoin d’une plus grande précision, les producteurs pourraient aisément obtenir les rectifications nécessaires par le calcul.
- Le degré d’exactitude avec lequel un consommateur désirerait qu’on lui livrât un fil de diamètre voulu, pourrait, par exemple, être exprimé, dans ce cas, par 220/250, ce ui voudrait dire que 1,000 mètres e ce fil ne devraient pas peser
- moins de 220 kilogr., et plus de 250 avec le poids spécifique de 7,7, et avec celui de 7,9, moins de 227 et plus de 258 kilogrammes. Le système décimal facilite donc le calcul sous le contrôle du poids, quelle que soit la longueur, fût-elle de 1,000 mètres ou d’un décimètre. Ce calcul et l’adoption d’un tableau où l’on trouverait tous les modes de numérotage des fils usités dans le commerce des divers pays, portant en regard tant le poids que le diamètre théorique en millimètres, favoriserait le passage des anciens systèmes au nouveau.
- Pour obtenir une notation numérique de l’épaisseur des tôles, on pourrait avoir recours au même moyen et en regard de l’épaisseur en millimètres, indiquer le poids en kilogrammes d’un mètre carré. La formation d’une échellegraduée, déterminée pour l’épaisseur, s’établirait d’elle-même dans la pratique, en tant, du moins, qu’on en sentirait la nécessité (1).
- (1) Nous avons fait connaître dans le Teclmologiste, t. 8, p. 271, 320 et 365, les jauges à calibrer les fils métalliques usitées dans divers pays avec leur valeur en mesure métrique. C’est ainsi qu’on trouvera dans ce volume les rapports avec le système métrique des calibres de Paris ou de Limoges, de Besançon, de l’aigle, de M. Petrement,- etc., employés en France; ceux de Birmingham, du Lan-cashire, de Bradley, de Wilkinson, etc-., en usage en Angleterre; ceux de l’Autriche, de la Carinthie, de Westphalie, de la Prusse rhénane, etc , propres à l’Allemagne, et dans le même recueil, t. 20, p. 605, le calibre qui paraît être le plus répandu actuellement aux Etats-Unis.
- E.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867.
- — AFFAIRE DU CATALOGUE OFFICIEL. — CONCURRENCE. — LA
- COMMISSION IMPÉRIALE ET M. DENTU
- CONTRE MM. LEBIGRE - DUQUESNE ,
- ÉDITEURS.
- Voici le texte de l’arrêt rendu par la lre chambre de la Cour, à son audience du vendredi 5 avril:
- « La Cour,
- « Statuant sur les appels respectivement interjetés du jugement du Tribunal civil de la Seine du 23 janvier dernier;
- « Considérant que l’Exposition universelle ordonnée par le décret du 22 juin 1863 est placée, par le décret du 1er février 1865, sous la direction et la surveillance d’une Commission constituée par le gouvernement ;
- « Considérant qu’aux termes d’une convention du 19 mars 1865, approuvée par la loi du 8 juillet suivant, l’Etat et la Ville de Paris se sont engagés conjointement à subvenir aux dépenses de l’Exposition jusqu’à concurrence de 12 millions; que la Commission, stipulant pour une association privée, s’est obligée à fournir 8 millions pour le complément de la dépense ;
- qu’en compensation, le produit des droits d’entrée et des recettes de toute nature a été abandonné à ladite Commission ;
- « Considérant que, conformément au règlement général adopté par la Commission, le 7 juillet 1865 (approuvé par décret du 12 juillet], il a été dressé un Catalogue officiel des produits de toutes les nations, indiquant la place qu’ils occupent dans le palais ou dans le parc, et que la Commission a, par convention du 15 septembre 1866, cédé à Dentu, aux prix et conditions stipulés, le droit exclusif de publier et vendre le Catalogue officiel et le Plan-indicateur de l’Exposition;
- « Considérant que le droit de la Commission et de son cessionnaire sur la publication du Catalogue et du Plan-indicateur sera protégé, soit par les règles du droit commun sur la propriété littéraire, soit par celles qui peuvent résulter de la loi d’institution de l’Exposition universelle ; que si la publication du Guide-Livret international annoncé par Lebigre et Duquesne, venait à porter atteinte, par une imitation illicite, aux droits de la Commission ou de son cessionnaire, ceux-ci pourront demander la répression de cette violation de leur propriété, mais cju’aujourd’hui tout débat sur ce point est prématuré, puisque ni l’un ni l’autre de ces ouvrages n’était publié au jour des demandes et conclusions respectives ;
- « Qu’il faut dès lors repousser
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- les conclusions de la Commission impériale tendant « à ce qu’il soit « fait défense à Lebigre-Duquesne « de publier un Livret-Catalogue « ou Guide renfermant certaines « indications; »
- « Et les conclusions de Dentu, tendant « à ce qu’il soit fait défense « à Lebigre-Duquesne de publier « leur Guide-Livret international, « ni aucun autre Catalogue de l’Exposition de 1867 ; »
- « Que toutes ces conclusions réclamant des dispositions pour l’avenir et relativement à des faits non accomplis sont, en l’état, non-recevables ;
- « Considérant qu’il reste à examiner les autres conclusions de la Commission tendant « à ce qu’il «. soit fait défense à Lebigre-Du-« quesne de publier des prospectus « ou annonces indiquant la publi-« cation d’un Livret-Catalogue, ou « Guide de l’Exposition universelle « de 1867, contenant une carte du « Palais ou des cartes-plans de ses « différentes divisions, les noms et « les adresses des exposants, l’in-v dication des classes auxquelles « ils appartiennent, leur numéro « au sein de ces classes ; »
- « Considérant que cette annonce ou publication de prospectus constitue un fait déterminé et dès à présent accompli par les intimés dont il y a lieu d’examiner la légitimité;
- « Considérant que la question soulevée est celle de savoir s’il était permis à Lebigre-Duquesne de faire en thèse générale une annonce de catalogue ou de description itinéraire de l’Exposition, et si spécialement le prospectus par eux publié constitue une violation des droits de la Commission impériale de l’Exposition ;
- « Considérantque le propriétaire d’un établissement quelconque d’une salle de vente ou d’exposition, a le droit exclusif d’en publier l’itinéraire ou le catalogue, que c’est là un accessoire de sa propriété, un droit spécial et indépendant de celui que lui assurent
- d’ailleurs les lois sur la propriété littéraire pour défendre sa propre publication ;
- « Considérant que ce principe étant reconnu, il est incontestable que celui qui n’a pas le droit de publier le catalogue ou description de la chose d’autrui ne peut avoir la faculté d’annoncer cette publication ; que l’annonce ou le prospectus d’une publication quelconque ne peut être justifié que parla propriété légitime de la publication elle-même ; que celui qui fait cette annonce se présente au public comme propriétaire; que s’il ne l’est pas, et si l’annonce est faite dans une intention de lucre et en ooncurrence avec celle du véritable propriétaire, il se trouve là un fait dommageable, qui n’est basé sur aucun droit, et qui doit être réprimé au profit des interressés;
- « Considérant qu’en appliquant ces principes aux faits de la cause et aux conclusions des parties, on reconnaît d’abord que la Commission impériale, comme représentant les fondateurs intéressés de l’Exposition internationale, est incontestablement propriétaire exclusive du droit d’en publier le catalogue;
- « Considérant que ce droit a été reconnu surabondamment par la loi de son institution et n’est pas d’ailleurs contesté, mais que Lebigre et Duquesne soutiennent que la publication par eux annoncée ne sera ni une contrefaçon du Catalogue officiel, ni une concurrence déloyale à la publication de la Commission, et qu’ils ont dès lors le droit de l’annoncer comme ils auront celui de la faire paraître ;
- « Considérant à cet égard que si l’annonce faite par Lebigre et Duquesne sur quelques points, et notamment en ce qui touche la publication du plan de l’Exposition, semble annoncer une œuvre qui pourra difficilement ne pas empiéter sur les droits de la Commission impériale, il faut reconnaître cependant qu’il est impossible d’apprécier dès à présent si ces droits
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- seront réellement blessés par la publication telle qu’elle est annoncée;
- « Que, d’une part, les documents publiés par la Commission impériale et insérés au Bulletin des Lois, sont incontestablement entrés dans le domaine public, et peuvent être employés par Lebigre et Duquesne comme par tout autre ;
- « Que, d’autre part, le caractère même de l’entreprise de l’Exposition internationale, la publicité que réclame l’intérêt des exposants, l’indécision de la limite entre les droits que la Commission s’est réservés et ceux qu’elle a compromis par ses publications et insertions au Bulletin des Lois forment un ensemble de situation qui rend spécialement difficile l’appréciation des faits;
- « Que, dans de telles circonstances, ce n’est pas sur un prospectus qu’il est possible de reconnaître si le livre annoncé constituera ou non un Catalogue ou un document s’en rapprochant assez pour constituer une violation des droits qui appartiennent à la Commission impériale; qu’en cet état, il ne peut y avoir lieu de prononcer les interdictions d’annonces par elle réclamées, ni, par suite, les dommages-intérêts demandés pour elle oupour son cessionnaire ;
- « Considérant toutefois que Lebigre et Duquesne ne se sont pas bornés, dans leurs prospectus et annonces, à. étaler les avantages de leur Guide-Livret international projeté et les différences d’où résulterait sa supériorité sur le Catalogue officiel non encore publié ;
- « Qu’ils représentent ce Catalogue comme affecté de vices essentiels qui en doivent rendre l’usage incommode et inconciliable avec les convenances des visiteurs ; qu’à l’aide de dispositions et de rapprochements typographiques faisant ressortir les prix d’insertion, ils s’efforcent de détourner les annonces et réclames de l’entreprise de Dentu pour les accaparer au profit de leur propre spéculation ;
- « Qu’ils promettent une carte du palais de l’Exposition dont il est reconnu que la publication a été concédée exclusivement à Dentu;
- « Considérant que ces pratiques dépassent les limites de la concurrence loyale et licite, que Lebigre et Duquesne doivent à Dentu la réparation du préjudice qu’ils lui ont ainsi causé ;
- « Considérant, d’un autre côté, que le 5 novembre dernier, Dentu afaitindûment pratiquer, tant chez Lebigre et Duquesne que chez leurs imprimeurs, la saisie d’un certain nombre d’exemplaires du prospectus et de la notice annonçant le Guide-Livret international;
- « Qu’à la suite de cette saisie, Dentu a intenté devant le Tribunal correctionnel une action dont il s’est désisté, qu’il a pour cette double faute causé à Lebigre et Duquesne un préjudice dont il leur doit réparation ;
- « Considérant que la Cour possède les éléments de décision nécessaires pour apprécier les dommages-intérêts respectivement dus; qu’il y a lieu de les fixer à la même somme d’où il résulte compensation ;
- « Considérant que, dans les circonstances de la cause, il n’échet d’ordonner les insertions respectivement demandées ;
- « La Cour,
- « Met les appellations et ce dont est appel au néant ;
- « Emendant décharge Lebigre-Duquesne frères des dispositions et condamnations contre eux prononcées;
- « Au principal, reçoit Dentu partie intervenante ; déboute la Commission impériale de toutes ses demandes, fins et conclusions contre Lebigre-Duquesne frères ;
- « Ordonne que les dommages-intérêts respectivement dus par Dentu et Lebigre-Duquesne frères demeurent compensés :
- « Déboute Dentu et Lebigre-Dù-quesne frères du surplus de leurs conclusions respectives ;
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- « Ordonne la restitution des amendes consignées sur tous les appels;
- « Condamne la Commission impériale, pour ce qui la concerne, aux dépens de première instance et d’appel envers Lebigre-Duquesne frères, compense les dépens de première instance et d’appel entre Lebigre-Duquesne frères et Dentu ;
- « Ordonne quant au coût de la grosse du présent arrêt qu'il sera supporté un tiers par chacune des parties.
- Première chambre. — Audiences des 18-19 mars, 1 et 5 avril 1867. — M. Devienne, premier président.
- USINE. — RÉPARATION A UNE COURROIE UE MACHINE. —ACCIDENT. — PRÉPOSÉ SPÉCIAL. — RESPONSABILITÉ DU PATRON.
- Lorsque dans un atelier un chef d'équipe est spécialement préposé aux réparations à faire aux courroies endommagées ou rompues pendant le travail des machines, et qu’un accident frappe un ouvrier chargé par lui de l'aider dans une réparation de ce genre, le patron est responsable de l’accident s’il est arrivé par la faute de ce chef d’équipe, sauf aux Tribunaux à tenir compte dans une juste limite, pour la fixation de l'indemnité, de la part d'imprudence personnelle de T ouvrier victime de l'accident.
- Ainsi jugé au profit du sieur Dez, victime d’un accident arrivé dans l’usine Cail, et dont les décisions que nous rapportons font suffisamment connaître les circonstances.
- Le Tribunal avait statué en ces termes sur la demande en dommages-intérêts formée par le sieur Dez contre MM. Cail et Ce :
- « Le Tribunal, etc.,
- « Attendu que l’enquête et la contre-enquête établissent que Dez a été blessé en remplissant un office qui lui avait été commandé;
- « Qu’en effet Taillemard est chef d’équipe de bourreliers, qu’il était spécialement chargé des courroies, que c’était lui à qui il fallait s’adresser toutes les fois qu’une courroie avait besoin de réparation ;
- « Attendu d’ailleurs qu’il est établi que Taillemard avait l’ordre de ne rien faire qui présentât du danger sans la permission du contremaître ; qu’il en résulte que Taillemard dans sa spécialité était autorisé à arbitrer s’il y avait du danger à faire la réparation sans arrêter la machine ;
- « Que les employés de Cail avaient une obligation au moins morale de lui obéir et que, de ce chef, Cail doit des réparations du dommage éprouvé par la faute de Taillemard ;
- « Mais, attendu que Dez avait reconnu lui-même l’imprudence du travail commandé par Taillemard, qu’à plusieurs reprises il s’était refusé de l’exécuter; qu’il a donc eu tort de céder à ses recommandations, n’étant pas absolument tenu de lui obéir;
- « Attendu, en conséquence, que la responsabilité de l’accident ne peut incomber toute entière à Cail et Ce, et qu’il y a lieu de modifier dans une certaine mesure les dommages-intérêts auxquels Dez peut avoir droit ;
- « Attendu que le Tribunal a les éléments pour apprécier les dommages et qu'il les fixe à la somme de quatre mille francs ;
- « Condamne Cail et Ce à payer à Dez la somme de quatre mille francs à titre de dommages-intérêts, et le condamne aux dépens. »
- MM. Cail et Ce ont interjeté appel de ce jugement. Ils soutiennent qu’ils ne sauraient être responsables, parce que Taillemard, chef de bourreliers, n’avait d’eux aucun pouvoir pour commander le travail pendant lequel l’accident est arrivé; que ce travail n’aurait pas dû être exécuté sans l’avis et même l’ordre du contre-maître, ce que Dez et tous les ouvriers savaient bien : qu’ainsi Dez a été uniquement victime de son imprudence
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- en suivant un ordre auquel il n’était nullement tenu d’obéir.
- Le sieur Dez répond qu’il résulte, au contraire, des enquêtes et contre-enquête que Taillemard était spécialement chargé de donner les ordres de la nature dont il s’agit, qu’ainsi la faute de Taillemard doit remonter jusqu’aux appelants. Le sieur Dez ajoute que l’indemnité à lui accordée par les premiers juges est complètement insuffisante et sans rapport avec la gravité de l’accident et de ses conséquences, et il demande que cette indemnité soit élevée par la Cour à la somme de vingt-trois mille francs.
- La Cour, après avoir entendu Me Thureau, avocat de MM. Cail et Ce, Me Picard, avocat du sieur Dez. et M. l’avocat général Senart, en ses conclusions conformes, a rendu l’arrêt suivant :
- « La Cour, etc., %
- « Considérant que l’accident dont Dez a été victime a eu pour cause le fait d’un préposé de la maison Cail, qui, chargé spécialement de la réparation des courroies dont la rupture avait lieu pendant le travail, a commis l’imprudence de procéder à une réparation de cette nature pendant que la machine était en mouvement et sans qu’il eût préalablement averti le contremaître pour qu’il en fît arrêter la marche.
- « Qu’il est résulté en outre de l’insistance de ce chef d’équipe auprès de Dez pour qu’il l’aidât dans le travail enmontantsur une échelle appuyée sur l’arbre de transmission;
- « Que si la coopération de Dez dans de telles circonstances constitue un fait d’imprudence qui lui est personnel, cette imprudence, qui doit être prise en considération pour la fixation des dommages-intérêts, n’était pas cependant de nature à atténuer et à modifier la responsabilité de Cail et Ge dans les proportions admises par les premiers juges ;
- « Que les dommages-intérêts
- qu’ils ont alloués sont donc insuffisants ;
- « Adoptant au surplus les motifs des premiers juges, en ce qu’ils ne sont pas contraires à ceux qui précèdent ;
- « Ordonne que le jugement sera exécuté selon sa forme et teneur, et néanmoins condamne Cail et Ce à payer, à Dez, la somme de quatre mille francs, en sus des condamnations prononcées contre eux par les premiers juges;
- « Condamne Cail et Ge à tous les dépens. »
- Quatrième chambre.—Audience du 12 janvier 1867. — M. Tardif, 'président.
- JURIDICTION CRIMINELLE. COUR DE CASSATION.
- Chambre criminelle.
- BREVETS D’INVENTION. — CESSIONNAIRE. — POURSUITES EN CONTREFAÇON. — ACTE AUTHENTIQUE.
- Les tiers dont parle farticle 20 de la loi du 5 juillet 1844 sur les brevets d'invention, et auxquels la cession d’un brevet ne peut, en l’absence de certaines formalités, être valablement opposée, comprennent spécialement les personnes poursuivies comme contrefacteurs.
- Aucune cession ou, en d’autres termes, transmission totale ou partielle du droit créé par le brevet, de quelque contrat qu'elle résulte, et à quelques conditions qu elle soit soumise, ne peut être opposée aux tiers, en l'absence des formalités prescrites par l'article 20 de la loi.
- Un jugement, surtout lorsqu'il ne s'occupe qu’incidemment, dans ses motifs, d'une cession, sur l'existence et l'étendue de laquelle il n'était pas appelé à statuer dans son dispositif, ne saurait rempla-
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- ser l'acte notarié dont parle le même article 20.
- Rejet, en ce sens, du pourvoi de M. Carbonnier contre deux arrêts identiques rendus, le 27 avril 1866, par la Cour impériale de Rouen, au profit deMM.Quidet et consorts.
- Conseiller rapporteur, M. Bar-bier; avocat général, M. Charrins. Plaidants, Me Bozérian pour le demandeur et Me Mérold pour MM. Quidet et consorts intervenants.
- Audience du 24 novembre 1866. — M. Vaïsse, président.
- BREVETS SAX. — INSTRUMENTS DE MUSIQUE. — FABRICATION DE PIÈCES DÉTACHÉES.
- Un brevet d'invention pris pour un certain genre d'instruments de musique ne garantit pas seulement la propriété de cet instrument dans son ensemble, mais encore ses organes essentiels, bien qu'ils n’aient pas fait l'objet d'une description spéciale.
- Il y a contrefaçon dans la fabrication d'une pièce détachée d'un instrument de musique, lorsqu’il est constaté en fait que cette pièce constitue un organe essentiel de l'instrument bteveté.
- L'arrêt qui rejette une offre de preuve subsidiaire par témoins est suffisamment motivé par la déclaration que les documents de la cause laissent le. .fait allégué dans l'incertitude. Cette déclaration implique que les juges ont reconnu l'invraisemblance du fait allégué.
- Le cessionnaire du droit de fabriquer un objet breveté peut, comme le breveté lui-même, faire exécuter par des tiers les organes qui le composent. En conséquence, c'est à bon droit qu'un fabricant de pièces détachées d’un instrument de musique breveté est renvoyé des fins de la poursuite en contrefaçon, à l'égard de celles de ces pièces qu'il justifie lui avoir été
- commandées par le cessionnaire muni d’une licence.
- Rejet, en ce sens, du double pourvoi de M, Drouelle et de M. Sax contre un arrêt de la Cour de Rouen du7 juin 1866, rendu au sujet de istons destinés aux instruments ax.
- M. Legagneur, cons. rapp.; M. Bédarrides, av. gén., conc. conf. ; plaidants, Mes Mimerel et Léon Clément.
- Audience du 26 janvier 1867. — M. Vaïsse, président.
- BREVETS D’iNVENTION. — PLURALITÉ DE COMBINAISONS.—DESCRIPTION. — DESSIN.
- Lorsqu'un brevet est pris pour la connexion à faire entre plusieurs instruments, tels que : baromètres, thermomètres, montres et boussoles, il suffit pour assurer au brevet la propriété de ces différentes combinaisons que la description et les dessins fassent connaître l'une d’elles, si d'ailleurs il est constaté que les moyens sont les mêmes.
- On ne saurait, en pareil cas, soutenir qu’il y a violation des paragraphes 3 et 6 de l’article 30 de la loi du 5 juillet 1844 qui déclarent nuis les brevets pris pour des principes et conceptions théoriques dont on n'a pas indiqué les applications industrielles, ainsi que ceux dont la description est insuffisante ou n’indique pas d'une manière complète et loyale les véritables moyens de l'inventeur.
- Rejet en ce sens du pourvoi de M. Arrouit contre un arrêt de la Cour de Paris, du 21 juillet 1866. M. Barbier, conseiller rapporteur; M. Bédarrides, avocat général, conclusions conformes. Plaidant, Me Stanislas Brugnon.
- Audience du 21 décembre 1866. — M. Legagneur, président.
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- juridiction commerciale.
- TRIBUNAL de commerce
- DE LA SEINE.
- CHEMIN DE FER.— TRANSPORT DE DENRÉES. — DÉLIVRANCE DES COLIS A DOMICILE 4 HEURES APRÈS l’ARRIVÉE DU TRAIN.— APPRÉCIATION DE
- délais moraux.
- Les compagnies de chemins de fer ne sont passibles d’aucune indemnité pour retard lorsqu’elles livrent les denrées au domicile des destinataires avec un délai total de quatre heures après l'arrivée des trains.
- La Compagnie de Lyon a effectué pour compte de MM. Mareau et Compagnie, trois transports de fruits venant d’Auxerre par grande vitesse, livrables à domicile, rue de la Lingerie.
- Ces expéditions ont été déposées à la gare d’Auxerre le 8 juin, pour partir par le train 172, arrivant à Paris à quatre heures du matin, et elles ont été portées à domicile à. huit heures du matin.
- La Compagnie a demandé 66 fr. §0 centimes pour sa lettre de voiture.
- MM. Mareau et Compagnie ont répondu par une demande reconventionnelle en paiement de 100 fr. d’indemnité, en soutenant que la livraison était tardive et aurait dû êtj'e faite dans les deux heures de l’arrivée du train.
- Le Tribunal, après avoir entendu les plaidoiries de Me Meignen, agrée de MM. Mareau et Compagnie, et de Me Marraud, agréé de la Compagnie de Lyon, après avoir admis la demande principale de la Compagnie, a rejeté la demande
- reconventionnelle par le iueement suivant :
- « Attendu que l’expédition a été remise à Auxerre, le 8 juin, pour partir par le train n° 172, arrivant à Paris à quatre heures du matin ; qu’aux termes de l’article 4 de l’arrêté ministériel, en date du 15 avril 1859, les expéditions de fruits doivent être mises à la disposition des destinataires, à la gare, deux heures après l’arrivée du train ;
- » Attendu qu’il est constant que les colis ont été remis au domicile de Mareau et Compagnie, à huit heures du matin ; qu’en tenant compte du temps accordé h la Compagnie par l’article 4 susvisé, pour la remise en gare des marchandises, et en ajoutant celui du transport qu’elle s’était chargée d’opérer pour le compte des destinataires, transport qui a nécessité différentes opérations consistant dans le chargement des marchandises, l’expédition de la lettre de voiture, la déclaration à l’octroi et le paiement des droits, la Compagnie n’a pas excédé le temps moral auquel elle avait droit pour la livraison des colis, qu’il y a lieu, en conséquence, de déclarer Mareau et Compagnie mal fondés en leur demande reconventionnelle ;
- » Par ces motifs,
- » Jugeant en dernier ressort:
- » Condamne Mareau et Compagnie, solidairement par toutes les voies de droit, à payer à la Compa-nie du chemin de fer de Lyon 6 francs 50 centimes, montant de la demande, avec les intérêts suivant la loi.
- » Déclare Mareau et Compagnie mal fondés en leur demande reconventionnelle, les en déboute, etles condamne en tous les dépens. » Audience du 10 novembre 1866. — M. Michau, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- Fours brûlant la fumée. W. Naylor. 401 Traitement des résidus des pyrites.
- Warren de la Rue et Hugo Millier. 404 Action des acides sur les métaux et les alliages. Crace Calvert et R.
- Johnson. ..........................405
- Sur la fabrication de l’azotate de potasse artificiel et du carbonate de potasse pur. G. Lunge. . . . 408
- Sur le verre. J. Pelouse..............412
- Observations relatives à la communication de M. Pelouze sur le
- verre. Bontemps....................415
- Préparation du verre de chrome. C.
- Jnetrich...........................417
- Filtre-presse pour les fabriques de sucre de betteraves. Robert. . . 418 Préparation de la nitroglycérine. . 421 Tannin artificiel extrait des combustibles minéraux. W. Skey. . 421 Grenage des pièces dorées.............422
- ARTS MÉCANIQUES.
- Etirage et filature du lin. J.-B.
- Fuller............................423
- Mécanisme régulateur pour les métiers mécaniques. Robertson et
- Orchar.................... . 424
- Machines à fabriquer les briques de M. C. Schlickeysen. R. Schmidt.. 427 Perfectionnements apportés au four annulaire à cuire les briques. C.
- Ziegler...........................431
- Chaudière de Davis............. . 432
- Yirole pour tubes de chaudières à
- vapeur. Ed. Clark...............433
- Soupape de purge double pour l’eau de condensation des cylindres des machines à vapeur. Vaessen. . . 434
- Pages.
- Sur la théorie des roues hydrauliques. Théorie de la turbine. De
- Pambour.......................435
- Appareil à sasser, trier et nettoyer les gruaux. A.-M. Arndt. . . . 438 Nouveau moyen pour calibrer les fils métalliques.................439
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour impériale de Paris.
- Exposition universelle de 1867. — Affaire du catalogue officiel. — Concurrence. — La commission impériale et M. Dentu contre MM. Lebigre-Duquesne, éditeurs. . . 441 Usine. — Réparation à une courroie de machine. — Accident. — Préposé spécial. — Responsabilité du patron...........................444
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Cour de cassation. — Chambre criminelle.
- Rrevets d’invention.— Cessionnaire. Poursuites en contrefaçon.— Acte
- authentique.....................445
- Rrevets de Sax. — Instruments de musique. — Fabrication de pièces
- détachées.......................446
- Rrevets d’invention. — Pluralité de combinaisons. — Description. —
- Dessin..........................446
- Chemins de fer. — Transports de denrées. — Délivrance des colis à domicile quatre heures après l’arrivée du train. — Appréciation de délais moraux......................447
- BAR-SUR-SEINE. — IMP. SA.ILLARD.
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- LE TECHNOLOGISTE
- OU
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- SE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE a ÉTRANGÈRE
- O
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Sur les fours de ressuage à gaz et à régénérateurs.
- Par M. A. Putsch.
- On trouve dans la 4e livraison de l’année 1866 du Jernkontorets annuler, paru depuispeu à Stockholm, une description et une appréciation d’un Tour de ressuage à gaz et à régénérateurs, établi par M. J. Lundin aux forges de Munkfors, en Wermland (Suède), qui se distingue de tous les fours régénérateurs à gaz établis jusqu’à présent par les particularités suivantes :
- 1° On y fait usage d’un appareil de soufflerie, tant pour produire le gaz que pour amener l’àir nécessaire à la combustion ;
- 2° On introduit un condensateur pour refroidir le gaz et le débarrasser de la vapeur d’eau qu’il peut renfermer.
- Le travail en question est un rapport officiel que MM. Rinman et ÂVestman adressent dans leur service au Jernkontor de Stockholm, et est accompagné d’un article de M. Eggertz, professeur à l’école des mines de Fahlun. Les conclusions que ces premiers savants ont déduites des expériences faites à Munkfors, ainsi que les observais Technologistc. T. XXY111. — Juin
- tions consignées dans l’article indiqué spécialement sur le four établi dans cette localité et sur les fours régénérateurs en général, me fourniront l’occasion d’examiner le problème de plus près, et surtout de comparer les résultats pratiques de la construction Lundin avec les fours régénérateurs à gaz, sans soufflerie et sans condensateurs, que j’ai construits tant en Suède que dans d’autres pays.
- A ma connaissance, et si on en excepte l’article de M. P. Tunner sur ce sujet (Voir p. 337 de ce volume), on n’a rien publié de précis sur la construction Lundin, et c’est ce qui me détermine à en faire ici l’objet d’une description avec ligures.
- L’appareil Lundin se compose des parties suivantes : A, générateur à gaz; B, condensateur; G, four à réchauffer ; D, four de ressuage ; E, cheminée.
- Fig. 1, pl. 333, coupe verticale sur la longueur, suivant la ligne A, B, fig. 2, de l’appareil entier.
- Fig. 2, plan du même appareil.
- Fig. 3 et 4, élévation et plan du tuyau d’aspersion.
- Fig. 5, section, suivant la ligne AB, fig. 7, du four à rechauffer sur une plus grande échelle.
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- Fig. 6, section, suivant la ligne G D, fig. 5, du même four.
- Fig. 7, section, suivant E, F, fig. 5, du même.
- Fig. 8, section, suivant G, H de la figure 7, du même.
- Fig. 9. section, suivant A,B de la figure 11, du four de ressuage.
- Fig. 10, section, suivant G D de la figure 9, du même four.
- Fig. 11, section, suivant EF de la figure 9, du même.
- Fig. 12, section, suivant G, H de la figure 11, du même.
- Le générateur à gaz A est, comme tous les autres générateurs de ce modèle, un fourneau à cuve qu’on charge par le haut. Le combustible est introduit par un cylindre de chargement a fermé par un cône. Sur ce cylindre repose une plaque qui réduit à son minimum l’échappement du gaz quand on abaisse le cône.
- Ainsi qu’on l’a annoncé, on se sert du vent d’une soufflerie pour générer le gaz, et l’air atmosphérique nécessaire arrive par le tuyau b dans une chambre c d’où il se distribue, tant sous la grille horizontale d que sous celle inclinée e; f est une porte pour les nettoyages ; il y en a deux sur le four.
- Les gaz qui se sont formés dans le générateur débouchent par un tuyau en fonte de 0m.45 de diamètre, dans le condensateur B qui a pour objet de les refroidir et de les débarrasser de la vapeur d’eau u’ils peuvent contenir, ainsi que es particules de poussières et de cenares qui ont pu être entraînées, et de précipiter le tout avec les vapeurs de goudron qui se sont formées dans la préparation des gaz.
- Ces gaz ne peuvent, à une température déterminée, contenir qu’une certaine proportion de vapeurd’eau, et plus cette température est basse, et moins ils en renferment. Si donc on refroidit ces gaz jusqu’à une température fixée, il se précipitera de la vapeur d’eau jusqu’à ce qu’on soit descendu au degré de saturation propre à cette température, après quoi il n’y aura plus de con-
- densation. Pour obtenir ce refroidissement et le degré de dessiccation qui en est la conséquence, on a introduit un condensateur B sur la conduite de gaz. Ce condensateur se compose de deux parties g et h. Dans g les gaz sont attaqués par des filets fins d’eau1, tandis que h est pourvu d’un grillage en fer sur lequel de l’eau descend continuellement, de façon que le gaz, dans sa marche à travers le condensateur, est dépouillé jusqu’aux moindres traces d’impuretés, de cendres et de vapeurs de goudron. Ce condensateur agit avec d’autant plus d’énergie, que les gaz qui arrivent du générateur à une température de 350° G., abandonnent le condensateur à une température de 23°, en faisant remarquer toutefois que l’eau de condensation n’est chaude qu’à 2°. En été, avec une eau de condensation à une température plus élevée, d’environ 20°, les gaz ne sont refroidis au plus qu’à la température de 40°, et même, avec une dépense plus forte d’eau , descendent au plus à 30°. Toutefois, on arrive à un degré de saturation qui est presque double en vapeur de celui par 23° de température des gaz.
- La quantité d’eau nécessaire à la condensation est introduite par le tuyau i qui est en communication , tant avec le tuyau k qu’avec celui L Cette eau arrive par k dans les appareils d’aspersion m, m, par l dans la chambre h. Une soupape peut régler l’écoulement de ce liquide, tant dans k que dans L Les appareils d’aspersion, au nombre de deux dans chaque rang, ont été représentés dans les figures 3 et 4. L’eau afflue par de petits orifices a et s’écoule avec rapidité vers les pointes en métal b placées en regard des orifices, et de là se distribue de tous côtés en filets déliés. On règle la distance des ajutages des orifices d’écoulement au moyen de lavis de réglage c. L’anneau qui porte cette vis présente une section conique qui ne s’oppose nullement à la distribution.
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- Cette disposition fort ingénieuse peut s’appliquer à des condensations dans d’autres applications.
- C’est ici l’occasion de faire remarquer que l’idée de débarrasser les gaz des vapeurs aqueuses, en y injectant directement de l’eau froide , n’est pas neuve. En effet, M. Tunner, dans son article, rappelle ue dès 1859, on a fait marcher en ohême un four de verrerie avec chauffage au gaz et condensation, et de plus que M. Uhlig s’est fait patenter en Autriche pour une construction analogue. De plus, l’ingénieur Venini, de Tione (Tyrol italien) , a pris un brevet en France, à la date du 3 janvier 1859 (Voir le Technoloqiste, t. 25, p. 72), pour un four de verrerie à chauffage au gaz et condensateur dont le mode de construction offre d’autant plus d’intérêt qu’il réchauffe non-seulement l’air pour la combustion, mais aussi les gaz secs avant qu’ils soient brûlés par la flamme perdue du four de verrerie. Il n’y a donc de nouveau dans le condensateur Lundin que l’aspersion, et c'est ce qui m’a déterminé à la décrire ici.
- Les-gaz purifiés et refroidis dans le condensateur arrivent par le tuyau en plomb n dans les boîtes o qui renferment trois soupapes p, q et r. La soupape p conduit au four de ressuage D, celle q au four à réchauffer C, et celle r au tuyau s. Ce dernier a pour objet de dégager dans l’atmosphère les gaz produits, lors de la mise en feu du générateur à gaz, et cela jusqu’il ce qu’on ait chassé tout l’air contenu dans ce générateur et dans le condensateur. Dès qu’on a obtenu cet effet, cette soupape r est fermée, et on ouvre celles p et q qui conduisent aux fours de ressuage et à réchauffer.
- De la boîte à soupape, les gaz passent directement dans le four de ressuage et dans celui à réchauffer. Ces deux appareils sont les mêmes que les fours à gaz régénérateurs de M. Siemens, et on les a représentés, dans les figures 5 à 12, sur une plus grande cchelle. Les
- fours régénérateurs étant aujourd’hui bien connus, il est inutile d’en donner une description, d’autant mieux que les figures offrent nettement toutes les dispositions de ceux en question. Les canaux s,t et u transportent les produits de la combustion, tant du réchauffeur que du four de ressuage dans la cheminée E qui leur est commune.
- Les avantages que présente cette combinaison des principes des régénérateurs avec celui au condensateur ont été exposés clairement par M. Tunner dans l’article cité (V.p. 337). Mais ces avantages ont-ils réellement été obtenus? C’est là une autre question qui m’oblige à examiner avec un peu plus d’attention tant le compte-rendu adressé par les rapporteurs officiels au comptoir Suédois, qu’un mémoire particulier de M. Lundin, sur les résultats de son exploitation, mémoire qui a été rendu public par la voie de l’impression.
- M. Lundin dit dans son rapport que dans le four de ressuage à gaz, avec soufflerie et condensation qu’il a établi, il a obtenu 11073,65 quintaux de fer, avec une dépense en combustible de 2 tonnes de sciure de bois par quintal de fer.
- Par voie théorique et par un calcul passablement artificiel, MM. Rinman et Westman arrivent au résultat que 2 tonnes de sciure de bois sont égales pour l’effet calorique à 4/5 tonne de charbon de bois (1), et par conséquent la dépense en combustible dans le four Lundin serait de 0,72 tonne de charbon de bois par quintal de fer en barres, ce qui, relativement au four à réchauffer à gaz de Ekman employé précédemment à Munk-fors, procurerait une économie de 1/7.
- (t) On n’indique pas dans le mémoire' de M. Pütsch, de quelle nature de bois, de charbon ou de sciure dont il s’agitr mais tout fait présumer que le combustible est du bois, de la sciure ou du charbon de pin ou de sapin, arbres qu’on rencontre et exploite en abondance dans les forêts de la Suède. E.
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- Il importe cependant de faire re- I marquer sur ce résultat, que la dépense en charbon dans le four de ressuage à gaz de Ekman, est, dans tous les cas, fort élevée ; M. Lundin la porte lui-même à 0,88 tonne de charbon par quintal de fer en barres; ajoutons, toutefois, que tous les fers y sont réchauffés deux fois, et malheureusement on ne trouve pas dans tout le rapport la moindre indication sur la sorte de fer qu’on fabrique.
- Dans l’iisine à fer de Sàlboda, que je connais parfaitement pour y avoir résidé longtemps, et qui est exploitée en personne par un propriétaire intelligent, M. .le baron Fleetwood, celui-ci m’a informé que la dépense en combustible des fours Ekman n’est que de 0,78 tonne de charbon de bois par quintal de fer, dépense qui, comparée à celle des fours Lundin, n’est que bien peu supérieure.
- En outre, M. Tunner, dans son ouvrage Sur l'état de la fabrication du fer en Suède, donne, p. 65, pour la dépense en combustible pour un four de ressuage au gaz alimenté avec le bois, et situé à Lesjofors, -4,5 à 5,5 pieds cubes de bois par quintal de 1er, ce qui^correspond k une quantité de 0,50 tonne de charbon de bois. Il est vrai que ce bois est soumis k la dessiccation, mais comme on se sert pour cet objet de la chaleur perdue du four de ressuage, on ne doit faire figurer en argent dans le compte d’exploitation que les frais de réparation des chambres de séchage, ainsi que quelques dépenses très-légères de transport du bois, frais qui sont d’ailleurs couverts bien au-delà par une économie de 0,22 tonne de charbon de bois par quintal de fer, comparativement k la construction Lundin.
- Maintenant les résultats obtenus par M. Lundin, quand on les comparera avec ceux qui ont été atteints dans des fours de ressuage au gaz avec régénérateurs, mais sans soufflerie et sans condensation, paraîtront encore sous un aspect bien
- différent, et pour le démontrer, je m’appuierai sur le môme rapport officiel, où MM. Rinman et West-man ont consigné le résultat de leurs expériences, c’est-à-dire sur les annales mêmes du comptoir Suédois, et en même temps j’appellerai en garantie, contre ces deux savants, deux de leurs collègues, aussi fonctionnaires du comptoir, M. le directeur Fahlstrom de Filipstad et M. Lindegrén.
- Lorsqu’on l’année 1861 j’étais en Suède pour y organiser des fours régénérateurs k gaz pour la fabrication du verre, le four k gaz établi k la verrerie de Eda, en Wermland, attira l’attention du baron Fleet-vood, et en conséquence il lit construire, en 1862, à ses forges de Siil-boda un four de ressuage, avec régénérateurs sans soufflerie, pour le service des martinets. Tout d’abord on essaya de supprimer le réchauffage des massiaux, mais la chose ne parut pas praticable, et par conséquent le four de ressuage au gaz du charbon de bois de Ekman, qui existait dans l’usine, fut utilisé comme four k réchauffer. En présence du directeur, M. Fahl-strom, on fit des expériences de corroyage, dont les résultats ont donné lieu, de la part de celui-ci, à un rapport au comptoir, du mois de décembre 1862, rapport dont je dois la communication k l’obligeance de M. le baron Fleetwood, et auquel j'emprunterai les passages les plus importants.
- « Après avoir, dit le rapport, d’après l’ordre de MM. les directeurs, du 2 janvier, visité les travaux de l’usine de Salboda,ie crois devoir leur adresser les observations qui ont été faites, k cette occasion, sur la capacité de travail d’un four de ressuage établi sur cette usine, brûlant du combustible humide et non desséché, au moyen de l’appareil calorique de M. Siemens.
- « Le ressuage et le travail de la forge qui ont eu lieu pendant ma visite ont marché de la manière la plus parfaite, non-sçulement sous
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- le rapport de la convenance et de l’utilité du principe, mais encore sous celui de la construction pratique pour atteindre toute la chaleur soudante nécessaire pour le fer de Persbers qui est le plus difficile à souder, sans qu’il y ait un jet trop abondant d’étincelles, ou soudure seulement superficielle et sans qu’il sortît des portes de travail du four une flamme incommode avec articules incandescentes de char-on, avantages que ce four semble partager en particulier avec le four de ressuage au coke. La forte proportion d’eau du combustible, qui consistait en sciure de bois et dos-ses humides, chacune par moitié, ne paraît avoir exercé aucune influence sur la chaleur soudante du four qui peut entretenir trois martinets en activité dès qu’il est alimenté avec des paquets réchauffés.
- « Sous ce rapport, il reste encore, pour la construction des fours, un problème à résoudre, à savoir l’introduction d’un réchauffage convenable, sans lequel le corroyage n’a lieu que périodiquement ou ne s’opère qu’à une température insuffisante et n’est pas successif et continu, mode de travail qui serait certainement le plus avantageux pour la forge. Des massiaux froids et non réchauffés, introduits directement dans la capacité de ressuage, en abaissent la température de façon qu’il s’écoule un temps plus ou moins long avant de pouvoir procéder au corroyage, inconvénient qui cesse du moment qu’on fournit au four de ressuage des massiaux chauffés jusqu’au rouge-brun. Pour atteindre ce but on a été obligé, pendant ces expériences de corroyage, de mettre simultanément en activité un four de ressuage au gaz de charbon, ce qui a empêché d’évaluer exactement la dépense en combustible humide par tonne de fer forgé.
- « Pour faire disparaître cet inconvénient, il faut nécessairement admettre un changement dans le mode de construction; dans ce but
- et en meme temps pour gagnêr de la place, il faut supprimer et détruire la plus grande partie des constructions, et en m’appuyant sur le résultat déjà obtenu, je crois devoir recommander à l'attention de la société et à son appui le principe de ce four de ressuage, malgré qu’on ne puisse pas, du moins pour corroyages, le considérer comme entièrement satisfaisant et méritant sans réserve d’être imité.
- « Les avantages que présente le principe et sur lesquels je m’appuie dans ce rapport pour le recommander à l’attention sérieuse de MM. les directeurs, sont les suivants :
- « 1° La longue durée de l’appareil de chauffage construit en. briques réfractaires, qui sont moins affectées, par un surchauffage ou un changement de température, que celles employées jusqu’à présent, qui, par ces causes, tantôt se fendent, tantôt sont transformées en matières fondues qui ne sont pas conductrices de la chaleur.
- « 2° La simplicité et la durée du système de soupape, sans qu’il soit nécessaire de les rafraîchir avec de l’eau.
- « 3° L’indépendance du degré de dessiccation du combustible et même de toute dessiccation particulière, qui, malgré que la chose soit d’une exécution facile pour le bois et la tourbe, entraîne toujours à des frais.
- « 4° L’emploi d’un combustible jusqu’à présent sans utilité et encombrant, à savoir la sciure de bois humide.
- « 5° La combustion complète avec la moindre perle possible de chaleur, phénomènes indiqués par l’absence absolue de la fumée et la basse température de l’air qui s’échappe par la cheminée. »
- [La suite au prochain numéro),
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- Sur le mode de traitement le plus
- avantageux des minerais de cuivre pauvres par la voie humide.
- Par M. H. Wagner, de Pfungstadt.
- Les minerais de cuivre pauvres se rencontrent très-fréquemment dans la nature à l’état de minerais sableux, schisteux, argileux, calcaires, schisto-siliceux, etc. Dans tous ces minerais, la richesse en cuivre varie souvent de 1/2 jusqu’à 10 pour 100, mais généralement les minerais qui renferment moins de 5 pour 100 sont destinés à être dissous. Dans ces minerais le cuivre se présente à l’état de malachite, d’azurite, de cuivre oxydé rouge et de cuivre noir, plus rarement sous celui de sulfure ; ce dernier, ne pouvant ordinairement pas être traité par les acides où il est insoluble à moins d’avoir subi un grillage préalable.
- L’extraction du métal par la voie ignée a toujours été accompagnée, pour les minerais pauvres oxydés, de grandes difficultés, parce que les gangues qu’il faut scorifîer s’emparent toujours d’une quantité notable de cuivre qu’elles retiennent fortement, et d’ailleurs il arrive souvent que le prix du combustible qu’on dépense rend ce mode d’extraction impossible.
- De nombreuses expériences pour traiter ces minerais par la voie humide ont conduit rarement à des résultats satisfaisants, parce que les matières minérales qui constituent les gangues renferment très-fréquemment de la chaux et de la magnésie, et en outre de l’alumine, du fer, etc., en proportions alternantes, sur lesquelles les acides employés à dissoudre le cuivre agissent aussi plus ou moins énergiquement. On doit donc perdre ainsi souvent la grande quantité d’acide nécessaire pour saturer le fer, la chaux et les autres substances terreuses.
- Ajoutons encore que les solutions de chlorure de fer, qu’on obtient dans la précipitation du cui-
- vre par le fer, sont un produit secondaire qui a trop peu de valeur pour qu’on y attache un intérêt particulier. Il y a plus, c’est que ces résidus sont la cause de plaintes nombreuses et légitimes, attendu que les cours d’eau qu’on empoisonne avec eux, non seulement ne sont plus propres pendant quelque temps à servir à la boisson des bestiaux, mais qu’un grand nombre d’usines placées au-dessous des établissements de ce genre et qui ont besoin d’une eau pure sont fortement menacées dans leur existence par ces eaux ferrugineuses. Dans ces derniers temps on a cherché à faire servir ces eaux comme agent de désinfection et> à les répandre dans le commerce, et je me réserve de faire connaître, dans un autre article, la valeur qu’elles peuvent avoir comparativement au sulfate de fer et autres moyens de désinfection.
- Dans les lieux où le minerai de cuivre se rencontre dans les roches calcaires ou dolomitiques, ou bien où la proportion de la chaux et de la magnésie s’élève au moins dans la roche à 20 pour 100, j’ai toujours trouvé qu’il y avait avantage à griller le minerai dans des fours à chaux à cuve, ou dans des fours à réverbère appropriés jusqu’à ce que le carbonate de chaux soit converti en chaux vive. Le minerai encore chaud est alors mis en contact avec un excès d’eau, la chaux se délite et se transforme en oxyde hydraté de calcium qui se dissout en partie dans l’eau et surtout, à raison de son extrême division et de son faible poids spécifique, reste longtemps en suspension.
- Gomme le minerai de cuivre présent est transformé par le traitement en oxyde de cuivre, qui a un poids spécifique fort élevé comparativement à l’oxyde hydraté de calcium, j’ai pensé qu’il ne serait pas difficile de séparer cet oxyde de cuivre par un traitement fort simple par l’eau, puis de procéder à son extraction , suivant les circonstances.
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- t J’ai eu, il y a quelque temps, l’occasion, à propos d’une proposition de prix, d’étudier avec plus d’attention la présence du cuivre dans les minerais pauvres et la manière dont il se comporte, et réussi à introduire dans son extraction un procédé qui supprime les solutions de chlorure de 1er pour la cémentation par le métal, ou de les transformer en un produit secondaire marchand. Quoique le prix ait, par une décision de juges compétents, été attribué à mon travail, des conditions imposées ultérieurement m’ont déterminé à préférer de renoncer au prix.
- Dans le procédé que j’ai proposé, on supprime complètement la précipitation par le fer, et la quantité d’acide chlorhydrique exigee pour la précipitation du cuivre, après avoir rempli son objet et qu’on en a séparé le cuivre, rentre dans le cercle des opérations, c’est-à-dire sert de nouveau aux dissolutions, et, déduction faite des pertes mécaniques, est employée à dissoudre de nouvelles quantités de minerai.
- Supposons qu’on adopte, comme c’est le cas le plus ordinaire, l’acide chlorhydrique pour l’extraction du cuivre des minerais, et qu'on emploie à la précipitation du cuivre l’hydrogène sulfuré qu’on prépare au moyen du sulfure de baryum et de l’acide chlorhydrique, dans ces circonstances, on obtient :
- 1° Dans la solution acide de cuivre, tout le métal à l’état de sulfure qui, après des lavages soignés, est chimiquement pur, tandis que la liqueur surnageante renfermant encore tout l’acide chlorhydrique libre qui avait été nécessaire pour dissoudre le cuivre, est parfaitement en état de dissoudre de nouvelles portions de ce métal.
- Or, comme il faut, pour dissoudre 1 quintal de cuivre métallique, 8 à 6 quintaux d’acide chlorhydrique du commerce, on aperçoit aisément l’avantage qu’on obtient ainsi.
- 2° D’un autre côté, les liqueurs
- neutres de chlorure de baryum qu’on a recueillies lors de la préparation de l’hydrogène sulfuré, combinées avec une proportion correspondante d’acide sulfurique, laissent précipiter du sulfate de baryte qui, après avoir été lavé, peut être débité dans le commerce sous le nom de blanc fixe, tandis que la liqueur surnageante renferme une proportion d’acide chlorhydrique libre correspondant à la quantité de chlorure de baryum qui était auparavant en dissolution. Pour chaque quintal de cuivre métallique, il faut environ dépenser 3 quintaux d’acide chlorhydrique.
- Si dans le spath pesant brut, qui sert à la préparation du sulfure de baryum, il se trouve, ainsi que cela se rencontre souvent, quelqu’autre métal utile, comme du cuivre, du plomb, etc., ce métal se retrouve à l’état de sulfure insoluble dans la liqueur de chlorure de baryum, quand il y a dans celle-ci présence d’un léger excès de sulfure de baryum, et on peut l’en séparer par le repos.
- 3° Il faut aussi mettre en ligne de compte le fer de cémentation exigé dans les autres procédés, et qu’on supprime ici entièrement.
- Il est bien entendu que dans ce procédé, il ne peut être question que de la revivification de l’acide qui a contribué réellement à la dissolution du cuivre, tandis que celui qui a été dépensé à celle des gangues (fer, chaux, magnésie, alumine, etc.) n’y est pas comprise. En conséquence, lorsque le prix du combustible et de l’excéaant des salaires le permettront, je conseille, avec les minerais calcaires et magnésiens, d’appliquer ce procédé, mais auparavant de griller le minerai, avant de le dissoudre, d’autant mieux que les composés de protoxyde de fer sont ainsi transformés en sesquioxyde qui est beaucoup moins soluble.
- S’il y a présence de composés de sulfure de cuivre, ceux-ci sont éga-
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- lement amenés sous une forme soluble dans les acides.
- Même avec les minerais pour lesquels cette voie ne saurait être conseillée, on peut utiliser de nouveau en partie l’acide dépensé pour dissoudre le fer et les terres, en faisant couler de temps à autre les dissolutions neutres et dépouillées de cuivre dans de grands réservoirs plats, agitant fréquemment pour mettre en contact avec l’air, parce ue dans ces masses il se dépose es sels basiques (surtout des sels de fer) et qu’il y a aussi de l’acide chlorhydrique mis en liberté. Si on a des résidus de la fabrication du sulfure de baryum, on fera bien, avant ce travail, de les ajouter aux dissolutions. Je pense même que si on conduisait ces eaux sur les fagots des bâtiments de graduation, comme dans les salines, cette élimination, d’un coté, marcherait plus rapidement et plus sûrement, et, de l’autre, qu’on pourrait obtenir aisément les solutions à tel degré de concentration qu’on peut désirer,
- Acier Bessemer an tungstène.
- Par M. Le Güen.
- Les qualités supérieures de l’acier au tungstène étant connues, il était désirable de pouvoir le produire par grandes masses. J’y suis
- Êarvenu en me servant du procédé essemer, à l’aciérie d’Imphy, où j’ai fait cet essai. M. Hubert, qui, dans cet établissement, dirige avec talent et succès la fabrication de l’acier Bessemer, a surveillé les détails de l’opération pour laquelle nous avons suivi la marche ordinaire, en agissant sur dés quantités de métal égales à celles employées habituellement. Ainsi, 3200 kilog. d’une fonte grise, connue pour donner de bon acier par l’addition de 400 kilog. d’une fonte blanche lamelleuse, le spiegelei-sen, qu’on reçoit de Prusse, furent, !
- après fusion au four k réverbère,' décarburés dans le convertisseur; puis, au lieu de spiegeleisen, on ajouta 400 kilog. d’une fonte contenant du tungstène. Nous avons obtenu de cette manière un acier prenant bien la trempe, se forgeant et se laminant bien. Façonné en rails pour chemins de fer, en feuilles de ressorts pour wagons et en tôle, il a, sous ces diverses formes, bien résisté aux épreuves exigées.
- La fonte alliée provenait en grande partie de celle préparée au cubilot parla méthode dont j’ai donné la description dans une note insérée à la page 225 de ce volume. La teneur, 8,84 pour 100, de cette dernière en tungstène, était moindre dans une autre portion préparée différemment, de sorte qu’elle se réduisit, en moyenne, à 6,42. Cette dose, répartie uniformément sur toute la masse du métal introduit dans l’appareil, donne la proportion de 0,70 pour 100; mais, par suite d’oxydations dans le four k réverbère et le convertisseur, il y eut des pertes qui, d’après l’analyse faite k l’Ecole des mines, s’élevèrent à moitié environ de la quantité totale. Cette déperdition n’a du reste rien d’extraordinaire ; car, avec tous les procédés suivis jusqu’ici pour obtenir de l’acier au tungstène, on n’a jamais réussi qu’a utiliser une assez minime partie de ce dernier métal.
- L’acier produit contenait donc seulement quelques millièmes de tungstène, et il paraîtra peut-être difficile qu’une si faible proportion ait eu un effet appréciable. Il n’en faut pas moins attribuer au traitement par le wolfram la propriété acquise d’avoir donné de l’acier de bonne qualité. Pour opérer cette transformation, une fonte pure, et surtout exempte de phosphore, est nécessaire ; or, celle qui formait la base de l’alliage ne remplissait pas ces conditions, c’était de la fonte grise écossaise de Gartsherrie, nullement aciéreuse et que l’influence du wolfram a dû modifier profondément.
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- Nul doute, en conséquence, que, par un choix de fontes mieux appropriées à ce genre de fabrication, l’on ne parvienne à des résultats encore meilleurs. Quant à la déperdition du tungstène, je crois qu’on pourra l’atténuer au moyen de quelques changements dans les détails de l’opération. Il faut aussi remarquer qu’en appliquant ma méthode des agglomères de wolfram, il sera facile de donner à l’alliage de la fonte un titre beaucoup plus élevé. De l’emploi simultané de ces divers moyens résulterait! t des aciers Bes-semer supérieurs à ceux de la fabrication ordinaire, de même que, dans les creusets, on obtient des aciers fondus supérieurs par l’addition du tungstène.
- Lafonteblanchelamelleuse étant, de toutes, la plus chargée de carbone , la proportion de celle au tungstène qu’il convientde lui substituer doit varier avec leur richesse relative à cet égard. Ainsi, à l’aciérie d’Imphy, pour avoir de l’acier doux, les autres conditions restant les mêmes, on réduit à 250 kilog. le poids du spiegeleisen ajouté. Nous essayâmes de le remplacer par un poids égal de fonte au tungstène, mais cette fois on eut un acier trop doux, accompagné de fer à nerf et impropre à tout usage, la dose de carbone fournie par la deuxième fonte ayant été insuffisante pour recarburer tout le fer contenu dans le convertisseur. Refondu en creuset, avec de la fonte qui lui cédait du carbone, cet acier ferreux s.e transformait en excellent acier. Il y aura donc lieu, toutes les fois qu’on devra employer une fonte nouvelle, de faire des expériences préliminaires dans le but de connaître la proportion qu’il faut en ajouter pour recarburer suffisamment le métal dans l’appareil, et produire des aciers de telle ou telle qualité.
- Il résulte de ces expériences :
- 1° Qu’on peut se servir de l’appareil Bessemer pour combiner le tungstène et l’acier;
- 2° Que la perte de tungstène re-
- connue par l’analyse est comparable à celle observee dans les autres procédés précédemment essayés ;
- 3° Qu’une fonte grise ordinaire, au coke, nullement aciéreuse et plutôt impure, est devenue, à l’aide de son traitement par le wolfram, susceptible de transformer en acier de bonne qualité le métal décarburé dans le convertisseur, ce qui ouvre un vaste champ pour la recherche et l’emploi des fontes les plus aptes à donner des aciers d’une qualité voulue;
- 4° Qu’enfin, au moyen de cette méthode, il sera possible d’obtenir des pièces de grandes dimensions en acier Bessemer au tungstène.
- Four à recuire les métaux en feuilles.
- Par MM. Prentice et Ingus.
- Jusqu'à présent, on a été dans l’usage de recuire les feuilles minces de tôle dans des boîtes pesantes en fonte, qu’on introduit dans un four à grande ouverture, dans lequel la flamme et les gaz brûlants gui se dégagent du combustible jouent autour de cette boîte qui renferme les feuilles.
- Dans le nouveau four à recuire de MM. Prentice et Inglis, non-seulement on supprime les boîtes qui sont très-dispendieuses et le travail de l’ouvrier est bien moins pénible, mais on réalise aussi une économie, que les inventeurs évaluent dans leur usine, à 25,000 fr. par an et par four.
- Ce four est extrêmement simple, d’une construction peu dispendieuse et d’un entretien peu onéreux. Il est construit en briques, et sur l’une de ses extrémités ou l’un de ses côtés, sont disposés une série defoyersoudefourneaux. De ces foyers partent des carneaux qui s’étendent sous et sur une chambre voûtée, de façon que la chaleur des carneaux est ainsi transmise h la chambre qu’elle
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- porte h la température requise. Sur l’un des côtés du four est inséré un tube en terre cuite, dans lequel est placée une plaque de verre ou de mica, de manière qu’en regardant k travers, on peut s’assurer à cha-ue instant de l’état à l’intérieur u four.
- La figure 13, pl. 333, est une section transversale du four, prise au milieu de sa longueur.
- La figure 14, une vue en élévation de côté.
- La figure 15, une section horizontale, prise par la ligne A, B de la figure 13.
- La figure 16, une autre section horizontale prise par la ligne C, D de la même figure.
- Dans toutes ces figures, le corps A du four est le lieu dans lequel on place les feuilles qui doivent être recuites. Le feu destiné à chauffer ce corps est placé sur les grilles B, B, la chaleur y est transportée par les carneaux C, C qui entourent le corps, et les produits de la combustion se rendent par ces carneaux dans la cheminée.
- En jetant un coup-d’œil sur les figures 13 et 15, on voit que le corps de ce four est à double enveloppe fl, a et è, by et qu’entre ces deux enveloppes on a laissé un espace c, c qu’on a chargé de sable ou autre corps mauvais conducteur de la chaleur. Le couronnement voûté de ce corps est également couvert de sable, et on pose une plaque en métal sur ce sable pour empêcher que l’action du tirage n’y cause quelque dérangement. L’emploi du sable a principalement pour but de rendre le corps du four parfaitement imperméable à l’air pendant le travail du recuit, sans compter qu’il tend k conserver aux tôles la température qu’elles ont acquise, et à empêcher la chambre de recuit de chauffer ou de refroidir trop subitement.
- O, O, dans la figure 14, sont les portes des foyers, et e, e dans la figure 13, représente en coupe des ceintures en fer forgé servant à maintenir les enveloppes intérieure
- et extérieure du corps du four. Indépendamment de l’emploi du sable sur la voûte et sur les côtés de ce corps, on en distribue encore entre le plancher de celui-ci et les carneaux. On peut égalementposer une plaque en fer sur ce sable afin de présenter un plancher exactement de niveau pour étendre les feuilles.
- Afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles avec les feuilles minces, telles que celles destinées à être étamées ou galvanisées, on a trouvé avantageux de mettre, le four en feu deux heures environ avant de le charger, afin qu’il soit complètement asséché. La porte de charge étant alors ouverte, les feuilles qu’il s’aejit de recuire sont posées et empilees sur le plancher de Ajusqu’h ce que le corps en soit rempli. Cela fait, la bouche du four est fermée par une maçonnerie de briques, ainsi qu’on le voit en f, fy fig, 15, et le tube qui renferme la plaque de verre ou de mica est établi en avant, dans cette maçonnerie. On abandonne ainsi la charge jusqu’à ce qu’elle ait atteint le rouge sombre, point auquel on arrête le feu. On laisse alors refroidir le four, et on retire les feuilles 24 heures environ après qu’on a cessé le feu.
- Il résulte d’une comparaison établie par les inventeurs, entre les frais par l’ancien mode de recuit des feuilles et le nouveau système, que chaque four perfectionné de leur établissement leur procure une économie de 475 fr. par semaine (près de 25,000 fr. par an) pour chaque mise hebdomadaire de 20 tonnes de teuilles recuites, et cela sans courir le risque de perdre des boîtes qui s’affaissent sous l’influence de la température du four, et de l’économie notable dans la main-d’œuvre.
- Les frais pour construire le nouveau four sont les mêmes que pour celui actuellement en usage, et les nouveaux fours peuvent fournir 20 tonnes de feuilles recuites par semaine, tandis qu’il faudrait 3 fours
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- anciens pour donner le même produit, avec emploi des boîtes à recuire.
- Sur les compositions les plus économiques et les meilleures pour la fabrication des garnitures de coussinets dans les machines.
- Par M. H. Wagner.
- Personne n’ignore que l’entretien des garnitures de coussinets dans les machines est souvent accompagné de beaucoup de main-d’œuvre, de perte de temps et d’argent. J’ai eu fréquemment dans ces derniers temps l’occasion de m’occuper directement et d’une manière suivie de ce sujet, et comme les résultats auxquels je suis parvenu m’ont paru satisfaisants sous tous les rapports, je crois devoir en donner ici communication, parce que je regarde comme une chose importante que chaque fabricant soit en mesure de préparer lui-même ses garnitures sans beaucoup de peine et en peu de temps.
- Suivant la destination et les conditions qu’on se propose de réunir dans une garniture, on a recours à des compositions différentes. C’est ainsi que pour des garnitures de machines à vapeur (garnitures de coussinets de manivelle, d’arbre principal, etc.), même sous toutes les vitesses et souvent dans les circonstances qui paraissaient les plus défavorables, on a retiré un très-bon service de la composition suivante :
- Étain................18 parties.
- Zinc.................24
- Plomb............. 4.5
- Antimoine............ . 3
- Fer-blanc ^tôleétamée). 0.5
- Cuivre............ 0.5
- L’étain, le plomb et l’antimoine métallique sont fondus dans un creuset de graphite ou de fer sous une couche épaisse de poussier de charbon de Lois, et on y ajoute peu à peu le zinc. Lorsque le tout
- est en fusion complète et que le creuset est devenu rouge cerise, on introduit le fer-blanc et le cuivre et on agite soigneusement avec une baguette en fer. Pendant tout le temps de cette fusion, il faut autant que possible que le creuset reste couvert, afin qu’il ne se produise pas d’oxydation. On doit aussi éviter avec soin un surchauf-fagè.
- Les garnitures vieilles et usées sont étamées soigneusement, et après avoir percé sur quatre de leurs côtés et au milieu des trous d’environ 8 millimètres de diamètre (trous qui toutefois ne pénètrent pas de part en part), on les replace dans leur position de travail, puis, après que l’arbre a été posé correctement dessus au moyen de cales, on l’entoure ainsi que la vieille garniture de charbons de bois incandescents, et on les chauffe tous deux jusqu’à ce que la garniture commence à devenir rouge cerise. Arrivé à ce point, on écarte vivement les charbons, on garantit avec soin les côtés de la garniture avec des morceaux de 'carton découpés à l’avance et de l’argile plastique, puis on verse la composition dans l’espace entre cette garniture et l’arbre.
- On peut, à défaut de vieilles garnitures, verser simplement la composition dans le moule à coussinet porté à la chaleur où la main ne peut plus le supporter après avoir enduit sa surface intérieure avec du graphite. Bien entendu que dans ce cas, il faut que le coussinet et l’arbre soient garantis par des morceaux de carton et de l’argile. La garniture étant refroidie, on la retire et on ébarbe à la scie ou à la lime. Cette composition s’est comportée parfaitement bien avec les piles à papier qui, indépendamment de leur grande vitesse, doivent aussi travailler sous une forte pression.
- Si, pour certaines destinations, on désire avoir une plus grande dureté, on ajoute encore soit 0,5 partie de cuivre ou de 1,5 à 2 par-
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- ties d'antimoine métallique, mais la composition de ce genre n’est usitée que dans des cas particuliers.
- Avec quelque pratique et un peu d’attention, tout le monde est en mesure d’exécuter ce travail, et si on ne parvient pas à réussir dans l’étamage, on le fait exécuter par le ferblantier.
- Une composition bien plus économique est celle qui se compose de :
- Plomb. . Antimoine. Cuivre. .
- 8 parties. 1 1
- et qui convient très-bien pour la garniture des pièces tournantes des moulins ; et tandis que les garnitures en laiton s’usent dans ce cas en peu de temps, on remarque il peine des traces d’usure sur la composition au bout de la même période.
- Une composition qui est d’un très-bon service est celle qui consiste en :
- Zinc................... 5 parties.
- Plomb..................î>
- Antimoine...............1
- Laiton (vieux coussinets usés)..............1
- Cette composition trouve une application très-avantageuse dans les garnitures mouillées, c’est-à-dire humectées par les liquides des moulins ou des appareils. On emploie aussi avec succès au même but la composition suivante :
- Zinc.................. 10 parties.
- Plomb.................. 2
- Antimoine.............. i
- Laiton................. 2
- Toutes les fois qu'on a besoin de garnitures douces et molles, on peut avoir recours à la composition que voici :
- Étain...............3 parties.
- Zinc................S
- Plomb...............3
- Antimoine...........1
- Cuivre..............1
- Nous recommandons également pour cet objet une composition qu’on prépare avec ;
- ’ Zinc. . 7 . . T . . . . . fi parties.
- Plomb...............fi
- Laiton (vieilles garnitures)..............2
- Un des plus grands avantages de ces diverses compositions pour garnitures, c’est qu’elles exigent très-peu d’huile de graissage et qu’avec un peu d’attention, elles roulent toujours à froid et sans s’échauffer.
- Dans les grands établissements, il arrive fréquemment qu’on est obligé de préparer une garniture d’une grandeur déterminée et d’un diamètre donné, et l’expérience a démontré qu’il convient d’en avoir toujours au moins une en réserve. A cet effet, j’ai fait établir un moule à garniture qui me paraît remplir parfaitement le but.
- La figure 17, pl. 333, représente une section de ce moule.
- a est un cylindre de la grosseur du tourillon de l’arbre qui est assemblé fermement par des boulons à vis é, b avec les deux chapeaux
- c, c et les deux pièces latérales d,d du moule, et en même temps maintenu bien au milieu du moule.
- La figure 18 est une vue en élévation de côté du moule ainsi assemblé.
- La figure 19 est une vue en dessus après qu’on a enlevé le chapeau. On voit par cette figure qu’entre les deux pièces latérales
- d, d est interposée une feuille de fer-blanc s’étendant jusqu’au cylindre de tourillon a et qui est destinée à partager en deux parties égales la garniture qu’on coule, c’est-à-dire à obtenir du même coup la garniture supérieure et celle inférieure.
- La figure 20 est une vue en dessus avec le chapeau. Les grands trous h, h servent à couler la composition, et les petits k, k d’évents pour le dégagement de l’air.
- Pour mouler des garnitures, il est convenable d’avoir égard à la précaution qui suit :
- Après que les pièces qui composent le moule ont été désassemblées, on les nettoie et on les frotte
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- bien uniformément avec de l’huile, puis après les avoir réunies de nouveau, on les chauffe sur des charbons ardents au point de ne plus pouvoir les tenir à la main, et on y coule la composition. Lorsque le tout est refroidi, on dévisse les boulons b, b, on enlève par un léger coup les chapeaux c,c, on lâche les vis latérales g, g, et dans cet état, les deux pièces latérales d, d se séparent aisément l’une et l’autre des garnitures moulées. Néanmoins, il est nécessaire de faire remarquer que toutes les parties saillantes du noyau ont besoin de recevoir sur le tour un peu de conicité afin de faciliter la dépouille, c’est-à-dire qu’on puisse extraire la garniture du moule.
- Avant de terminer, j’annoncerai aussi que je me sers avec avantage pour ces garnitures de composition d’une huile de graissage épaisse qu’on prépare en chauffant jusqu’à l’ébullition 150 kilogrammes d’huile de navette jusqu’à ce que l’acroléine, l’acide carbonique et autres produits de la décomposition de l’huile se soient dégagés, puis ajoutant peu à peu 1 kil.5U de minium qu’alin de mieux répartir, on distribue à la surface de l’huile au moyen d’un tamis fin. Après que l’effervescence s’est apaisée et qu’il a cessé complètement de se former de l’écume, on laisse refroidir et on verse l’huile claire dans des vases en métal. Au moyen de ce traitement, l’huile de navette est devenue plus épaisse, et toutes les matières albumineuses qu’elle renfermait ont été décomposées.
- On perce tant dans la garniture supérieure de composition qu’à travers le chapeau en fonte du coussinet un trou au moins de 10 à 12 millimètres de diamètre, et dans chacun d’eux, on adapte très-exactement un petit tube en tôle qui, à partir du point où il sort du chapeau, se dilate en forme d’entonnoir qu’on remplit avec l’huile de graissage épaisse. Aussitôt que la garniture ou l’arbre commencent à s’échauffer, il coule sur le tou-
- rillon une quantité d’huile correspondante devenue fluide par la chaleur développée, et dès que la garniture et l’arbre sont redevenus froids, l’écoulement de l’huile ne tarde pas à s’arrêter naturellement. D’après nombre d’expériences que j’ai faites, je ne puis que recommander ce mode de graissage automatique.
- Nouvelle dorure et argenture par l’amalgamation, sans danger pour les ouvriers.
- Par M. H. Dufresne.
- Les procédés ordinaires de dorure au mercure entraînent, comme tout le monde le sait, des effets désastreux pour la santé des ouvriers.
- Les moyens galvaniques suppriment ces accidents, et comme ils permettent d’étendre sur le cuivre des couches très-minces d’or ou d’argent, ils sont devenus d’un usage d’autant plus général qu’ils procurent une décoration peu dispendieuse.
- Cette décoration est suffisamment durable pour la plupart des cas ; toutefois, quand il s’agit de pièces qui sont destinées à un usage fréquent ou dont la valeur est rehaussée par la main de l’artiste et du ciseleur, il est nécessaire de revenir à l’emploi du mercure, afin de les couvrir de couches d’or ou d’argent assez épaisses et assez adhérentes pour que la solidité puisse défier le temps. C’est dans ce but que j’ai présenté, il y a quelques années, au jugementdè l’Académie, des procédés de dorure et de dé-masquinure pour lesquels j’ai pris des brevets d’invention, uniquement pour conserver ces procédés à l’art, et les empêcher de se vulgariserait profit d’une ornementation mercantile et sans goût.
- La méthode nouvelle de dorure et d’argenture que je soumets aujourd’hui à l’appréciation de l’insli-
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- tut met la santé des ouvriers à l’abri de tout danger, bien que le mercure en soit relément essentiel et en assure la solidité. Je ne veux faire cette fois aucune réserve de propriété personnelle, trop heureux si l’emploi de mon procédé peut préserver en tous pays les ouvriers qui travaillent les matières d’or et d’argent.
- Les anciennes méthodes, malgré le grand progrès apporté par M. Darcet, qui indiqua le premier l’emploi des forges à grand tirage et k châssis vitré, laissaient subsister un grave péril, celui qui provient de l'absorption des sels mercuriels par la peau. Les ouvriers qui dorent le cuivre ou le bronze sont obligés d’amalgamer les pièces avant de les charger de la pâte de mercure et d’or ; pour cela, ils les recouvrent à l’aide du grattebosse, d’un nitrate de mercure très-acide, qu’on appelle gaz en terme d’atelier. Ce travail, long et difficile, fait pénétrer sur les mains et surtout sous les ongles des quantités notables du sel vénéneux, lequel produit, avec le temps, les perturbations les plus funestes : le tremblement néphrétique, l’altération de la vue, l’affaiblissement de la pensée, etc.
- Lorsqu’ils opèrent sur l’argent, les doreurs au mercure, de même que les doreurs à la pile, ne peuvent employer le nitrate de mercure, qui entraînerait l’altération des pièces par la formation du nitrate d’argent. Mais le procédé auquel ils ont recours cause à leur santé des dommages aussi graves, bien que d’une autre nature. Yoici comment ils opèrent : un brasier très-ardent est allumé ; l’ouvrier, les bras nus pour ne pas brûler ses vêtements, les mains garnies de gants, qui, le plus souvent, sont aéjksaturésdeproduitsmercuriels, tient la pièce à dorer dans la main gauche et la fait chauffer autant que possible ; en même temps, avec la main droite, il étale sur cette pièce la pâte de mercure et d’or, et il opère une friction énergique qui doit se prolonger souvent des
- journées entières. Le manteau de verre est, la plupart du temps, enlevé de la forge, afin que le doreur puisse facilement distinguer les parties rebelles à l’amalgame, et il faut quelquefois plus d’une heure pour faire prendre le mercure, même sur un objet de petite dimension. Cependant l’ouvrier, dont les pores sont ouverts par la transpiration, est exposé aux vapeurs du mercure si la lorge tire mal, ou à un refroidissement subit si elle tire bien. Les hommes de la constitution la plus robuste succombent rapidement k un pareil travail ; resque tous sont atteints de trem-lement néphrétique. Le doreur sur cuivre peut résister assez long- • temps, mais le doreur sur argent est rapidement victime de sa profession.
- Pour remédier à ces inconvénients, tout en conservant à la dorure sur métaux la solidité que l’emploi du mercure peut seul leur donner, voici la méthode que je propose : pour le cuivre comme pour l’argent, je repousse l’emploi du nitrate de mercure acide appelé gaz par les doreurs.
- Je prends les pièces à peine décapées et rincées, je les attache au pôle positif de la pile, et je les plonge dans un bain de sel mercuriel rendu complètement basique. Pour former ce bain, je neutralise le nitrate de mercure acide par le phosphate et le carbonate de soude, puis j’ajoute du cyanure de potassium comme s’il s’agissait d’un bain d’or.
- La pièce se couvre d’une couche épaisse de mercure. Je l’immerge alors dans un bain d’or ou dans un bain d’argent le plus riche possible, sans la détacher du conducteur. Lorsque la couche galvanique est suffisamment épaisse,, je la plonge une seconde fois dans la solution mercurielle ; sous l’influence du courant galvanique, elle se couvre encore une fois de mercure. On lave ensuite la pièce et on la porte k la forge, où on l’abandonne à elle-même après avoir fermé le
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- nianteau de verre jusqu’en bas. L’ouvrier peut se retirer alors ; la vaporisation du mercure s’opère son absence. (I1 n’a pas besoin, dans toute cette opération, ni de loucher la pièce, ni de la brosser. On obtient ainsi des objets dorés ou argentés qu’il est impossible de distinguer, soit pour la solidité, soit par l’aspect de ceux qui ont été traités par les vieilles méthodes, car c’est une véritable dorure au mercure qu’on a opérée, et l’opération s’est faite sans danger pour l’ouvrier. On obtient à volonté le mat, le bruni, le vert, le rosé, tous les effets de la dorure au mercure, et tous ceux de la dorure à la pile.
- On peut avoir sur la même pièce des parties de bronze, d’argent et d’or, car les épargnes sont aussi faciles que pour la dorure électrique, tandis qu’avec les vieilles méthodes, pour soustraire à l’amalgame des parties réservées, il était nécessaire de les protéger par d’épaisses couches successives décollé et de blanc d’Espagne, ce qui rendait impossible la production des détails très-fins.
- Enfin, dans le cas où l’on voudrait recourir aux anciennes méthodes, l’amalgamation par la pile et les bains basiques constituerait encore un grand progrès et réaliserait une économie de temps et d’argent.
- Sur tes potasses et les soudes de Stassfurt [Prusse et Anhalt)i
- Par M. Li Joüliîv.
- Les mines de sél gemme. — Dans le bassin de Magdebourg-Halber-stadt, qui s’étend entre le Harz et les plaines de la basse Allemagne, à Stassfurt, petite ville de la Saxe prussienne, frontière du duché d’Anhalt, on exploite depuis une dizaine d’années un puissant gisement de sel gemme recouvert d’une couche de sels très-déliquescents de potasse et de magnésie, enfoui à 300
- mètres au-dessous du sol, au milieu du grès bigarré. L’épaisseur de 187 mètres, explorée jusqu’à ce jour, se divise en quatre parties principales : premier étage, de l'an-liydrite, 107 mètres, bancs de sel marin de 0m.09 en moyenne, séparés par des cordons de 0m.006 d’an-hydrite ; deuxième étage, de la po-lyhalite, 31m.50, bancs de sel marin séparés par des cordons de 0m.03 d’une polyhalite (CaOSO3 -f- Mg 0S03-f- K 0S03-j-2 HO) ; troisième étage,delaÂme>île(Mg0S03-|-H0), 28 mètres, formé par une succession de bancs de sel marin 63 pour 100, de kiesérite 17 pour 100, et de chlorure double de potassium et de magnésium 13 pour 100 ; quatrième étage, 'du kalisah ou de la carnallite ( KC1 -f- 2 Mg Cl -f HO , 20m.30, renfermant : carnallite 55 pour 100, sel marin 25 pour 100, kiesérite 16 pour 100. On rencontre également, dans le dernier étage, de la tachydrite (CaGl-j^2MgCl -f-2HO), de la sylvine et de la kai-nite
- [(2Mg0S03 + 3H0) + KCl],
- provenant vraisemblablement de. modifications secondaires des combinaisons primitives, et de la bora-cite (3 MgO,4Bo03).
- Le gisement est exploité par les gouvernements de Prusse et d’Anhalt dans deux mines dont les puits d’extraction sont distants de 1200 mètres. Les travaux actuels accusent l’existence d’un massif de carnallite correspondant à près de 6 millions de tonnes métriques de chlorure de potassium, et, bien qu’on ignore encore les limites de la couche de kalisalz, on peut dire qu’elle est d’une richesse inépuisable* Les sels sont abattus à la poudre, débités au pic et triés. Le kalisalz, livré à l’industrie, qui en retire le chlorure de potassium, renferme seulement 66 pour 100 de carnallite, soit 16 à 17 pour 100 de chlorure de potassium; il revient, en bloc, à 0 fr. 65, broyé, à 0 fr. 75, et les deux gouvernements le vendent 1 franc et 1 fr, 15. Les quaij-
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- tités de carnallite extraites des deux puits, depuis le commencement de l’exploitation, sont les suivantes :
- 1861 ......... 2,500,000 kilog.
- 1862 ........ 19.500,000
- 1863 ........ 71,900,000
- 1861......... 115,500,000
- 1865 ........ 82,000,000
- 1866 ....... 150,000,000
- Traitement industriel des minéraux. — Le traitement industriel du kalisalz qui s’effectue dans treize fabriques disposées autour des puits, est fondé sur ce que la carnallite se forme seulement dans des dissolutions contenant un excès de chlorure de magnésium ; aussi, si l’on dissout le sel double dans l’eau chaude et que l’on laisse refroidir, le chlorure de magnésium, plus soluble, reste en dissolution, et une partie du chlorure de potassium se dépose; on traite ensuite les eaux-mères pour retirer ce qu’elles contiennent encore de chlorure de potassium. Les produits livrés au commerce, contiennent en moyenne 82 pour 100 R Cl et 16 pour 100 Na Cl. Le prix de revient des 100 kilogrammes de chlorure (80 pour 100) est de 16 francs, comprenant 700 kilogrammes de matières premières, 8 fr. ; main-d’œuvre, combustible, emballage, frais généraux, intérêts, etc., 8 francs. Le prix de revient ne serait que de 13 fr. 30 si les sels bruts se vendaient au prix d’extraction. Cette fabrication donne lieu à deux sortes de produits accessoires : les résidus de la dissolution du kalisalz (1/3 du poids des sels bruts), composés de 55 pour 100 Na Cl, 30 pour 100 MgOSO3 -}-HO ; les sels déposés pendant la concentration des eaux-mères de la première cristallisation (1/8 du poids des sels bruts), renfermant 75 pour 100 NaCl, 20 pour 100 (KOS03-f MgOSO3 + 6HO) et 3 à 6 pour 100 K Cl.
- Le prix de l’acide sulfurique à Stassfurt n’a pas permis jusqu’ici de l’employer à transformer le
- chlorure en sulfate. Une certaine quantité de sulfate de potasse a été préparée par double décomposition du muriate et du sulfate de magnésie; mais l’impureté de la kiesérite livrée par les mines s’oppose à l’exploitation des procédés découverts. Les résidus de la dissolution du kalisalz renfermant le chlorure de sodium et le sulfate de magnésie dans des proportions favorables à leur réaction par l’action du froid, on a commencé dès l’hiver 1864-1865 à les faire servir à la fabrication du sulfate de soude, et l’on a déjà préparé 3 millions de kilogrammes de sulfate de soude calciné, qui est revenu de 5 à 6 fr. les 100 kilogrammes. Les rebuts du triage de la carnallite et la puissante région de la kiesérite fourniraient, du reste, des quantités indéfinies de mélanges salins propres à cette fabrication.
- Influence que la découverte de Stassfurt a exercée et celle qu’elle doit exercer sur le commerce, l'industrie et ïagriculture. — L’immense production de l’industrie de Stassfurt a eu pour résultats de diminuer dans les différents pays la valeur des sels de potasse (le prix du chlorure de potassium, 80 pour 100, est descendu en trois ans de 45-50 à 21-22 francs dans le nord de la France, et celui du salpêtre brut de 90-92 à 52-55 francs); d’étendre considérablement les usages du muriate, employé maintenant presque exclusivement dans la fabrication du salpêtre, du chlorate; des chromâtes et de l’alun; enfin d’amener en Allemagne, en Angleterre et en France la création de l’industrie de la potasse artificielle, fondée sur la transformation des muriates, soit directement par l’acide sulfurique, soit par la réaction avec des sulfates naturels.
- Une autre influence de cette découverte a été de permettre l’emploi des engrais potassiques recommandé depuis longtemps par M, Liebig, dans beaucoup de cultures, et notamment dans celle des plantes fourragères et industrielles
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- (trèfle, betterave, etc.). Pour répondre à ces besoins, les fabricants de Stassfurt ont préparé, en calcinant les deux produits accessoires de la fabrication du chlorure avec du kalisalz brut ou de la kiésérite, des engrais non concentrés et à bon marché, le rohesschwefelsaurekali (18 à 20 p. 100 KO SO3, 42 p. 100 Na Cl) et lekalkdünger (18 à 20 pour 100 K O SO3,14-18 p. 100 Mg O SO3, 20 à 24 pour 100 Ca O SO3, 12 à 18 p.100 Na Cl), et des engrais concentrés, chlorures à différents degrés de pureté, sulfates provenant de la décomposition du chlorure parla kie-sérite ou le sulfate de soude, et le kalisuperphosphat, mélangé d’hy-perphosphate de chaux et de sulfate de potasse. De grandes expériences poursuivies pendant plusieurs années, ont donné de bons résultats, et il a été reconnu qu’un mélange de phosphate et de sels de potasse augmente la proportion de sucre dans la betterave et de la matière amylacée dans les pommes de terre, et que les engrais potassiques sont un remède contre les maladies dont sont atteints ces végétaux.
- La comparaison des prix de revient des produits de la transformation des muriates et de ceux des industries qui ont jusqu’ici fourni la potasse, montre l’influence que la découverte de Stassfurt est appelée à exercer sur le commerce et l’industrie. Connaissant, en effet, les conditions de la fabrication de la soude en Allemagne et en Angleterre, on en (Réduit celles de la fabrication dé la potasse artificielle, et l’on trouve qu’aux prix actuels du chlorure de potassium, on doit arriver à préparer le carbonate (80 mur 100) à 49 francs en Westpha-ie, à 54 francs à Newcastle, soit à 46 et 48 francs, si les gouvernements propriétaires des mines venaient à vendre les sels bruts aux prix de revient; c’est donc une diminution de 20 francs sur le prix actuel du carbonate, qucle développement de l’industrie de la potasse artificielle doit amener.
- Le Teçhnologiste. I. XXYIU. — Juin
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- Les potasses de Kazaii et d’Àmé*-rique (70 pour 100), qui reviennent aux producteurs de 30 à 35 francs les 100 kilogrammes, ne pourront plus alors se présenter sur les marchés de l’Europe occidentale; quant aux salins de betterave, l’intérêt bien entendu de l’agriculture est de les reprendre au distillateur, et l’on peut s’assurer, du reste, que ces nouvelles conditions de vente de la potasse ne permettront pas leur raffinage. Les tableaux du commerce extérieur de l’Angleterre, de la France, de la Belgique et des états du Zollverein, montrent qu’en 1863, ces pays ont reçu 22 millions de kilogrammes de potasse de Russie et d’Amérique ; d’un autre côté, le tableau de la production du sucre de. betterave à dû donner en France, en Belgique et en Allemagne, 12 millions de kilogrammes de salin ; on calcule aussi que ces potasses correspondent, d’après leur composition moyenne, à 4 millions de kilogrammes de chlorure de potassium (80 pour 100), auxquels il faut ajouter les 11 millions produits en 1863, et l’on arrive à un minimum de 60 millions de kilogrammes de chlorure de potassium (80 pour 100) que l’industrie doit annuellement demander à Stassfurt. Une étude semblable montre qu’aux prix de revient du sulfate de soude à Stassfurt, on pourrait produire le sel de soude(80 degrés) et les cristaux presque aux mêmes conditions qu’à Newcastle ; il y a donc lieu de penser que cette nouvelle industrie affranchira les Etats du Zollverein du tribut de 5 millions de kilogrammes de soude, payé chaque année à l’étranger.
- Nouvelles recherches sur la théorie de la préparation delà soude, par le procédé Le Blanc.
- M. A. ScHEtiRER-KESÏJSËR.
- Mes premières recherches sur ce 867. ao
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- sujet m’ont conduit aux deux conclusions suivantes :
- 1° Les marcs de soude ne renferment pas d’oxysulfure de calcium ; ils sont formés par un mélange de sulfure et de carbonate, auquels’ajoutequelquefoisl’oxyde.
- 2° La première réaction qui a lieu dans le four à soude est la réduction du sulfate en sulfure, puis la transformation de ce sel en carbonate par double décomposition avec la craie.
- Ces conclusions furent confirmées d’abord par une Note de M. Dubrunfaut, déjà ancienne, mais inédite. L’expérience principale de M. Dubrunfaut est absolument la même que celle sur laquelle je me suis appuyé.
- MM. Em. Kopp ( Technologiste, t. 27, p. 208) et P.-W. Hofmann ont combattu la première conclusion, mais M. Pelouze est venu l’appuyer de sa savante autorité, et on peut affirmer aujourd’hui, que la question de l’existence de l’oxy-sulfure de calcium est résolue négativement.
- Il n’en est pas de même de la seconde conclusion, qui a été contestée par M. Kolb. Ce chimiste ayant rencontré « d’insurmontables difficultés à préparer de la soude en petite quantité, dans des creusets de laboratoire, » pense que la présence de l’acide carbonique provenant du foyer est nécessaire à la réaction finale.
- La seconde objection de M. Kolb repose sur le remplacement possible du carbonate de calcium par l’oxyde ou l’hydrate.
- J’ai donc eu à examiner successivement ces deux objections. -
- La première se trouve en contradiction avec ce que j’ai dit dans mon Mémoire, où j’ai indiqué qu’en prenant certaines précautions et en opérant dans des creusets chauffés sur un feu de charbon, on peut obtenir de la soude brute de très-bonne qualité. J’ai multiplié ces expériences et suis toujours arrivé au même résultat.
- Én opérant dans des creusets de
- terre chauffés sur un feu de charbon ou dans des creusets de platine exposés à la flamme d’une lampe à alcool, j’ai toujours obtenu de la soude brute d’un titre plus ou moins élevé, suivant l’efficacité des précautions prises contre l’action perturbatrice de l’air ou d’une température trop élevée.
- Cependant, comme l’opération faite dans des creusets chauffés directement pouvait paraître douteuse, à cause du milieu gazeux dans lequel ils se trouvent toujours plus ou moins exposés à l’action de l’acide carbonique, j’ai cherché une autre méthode qui me mît à î’abri de pareilles objections, tout en continuant à opérer en vase clos.
- Pour y arriver, j’introduis les creusets dans de la soude brute fondue, au moment où elle vient d’être retirée du four. Recouverts par la masse en fusion, qui les porte à la température convenable et les soustrait à l’action de l’air, les creusets se trouvent en même temps à l’abri de toute source d’acide carbonique autre que la réduction du sulfate de sodium. Les creusets employés étaient en porcelaine, d’une capacité de 50 centimètres cubes environ, et fermés d’une manière imparfaite par les couvercles liés avec des fils de cuivre.
- Pour retirer les creusets et en examiner le contenu, on attendait que la soude brute, solidifiée, fût complètement refroidie.
- Un mélange composé de :
- Sulfate de sodium...... 100
- Charbon de bois...... 16
- Carbonate de calcium. ... 70
- a produit de cette manière des culots poreux semblables à la soude brute, et produisant un sel renfermant quelquefois 92 pour 100 de carbonate de sodium.
- Ces essais me permettent de conclure que la sonde brute peut être préparée dans des creusets à l'abri des gaz d'un foyer.
- Le même essai, fait en employant un excès de carbonate de calcium, a donné un résultat analogue. Le
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- sel de sodium obtenu était exempt de soude caustique, preuve évidente de la non-réduction du carbonate de calcium, tandis que le sulfate avait été réduit.
- L’essai suivant concorde, du reste, avec le précédent.
- Trois creusets ont été plongés dans la soude en fusion. Le premier, servant de témoin, renfermait le mélange ordinaire; le second, du carbonate de calcium pur, et le troisième un mélange composé de 50 grammes carbonate de calcium et 6 grammes de charbon.
- Après l’opération, le premier creuset renfermait de la soude brute, et la substance des deux autres était restée intacte. Nous arrivons ainsi à cette seconde conclusion : même en présence du charbon, le carbonate de calcium exige, pour se décomposer, une température supérieure à celle nécessaire à la réduction du sulfate de sodium. Il est donc tout naturel de ne pas rencontrer de soude caustique dans les liquides obtenus avec la soude brute préparée dans les creusets, même avec un grand excès de calcaire.
- Il reste à savoir si la présence de l’acide carbonique provenant de la réduction du sulfate est indispensable à la réduction. Il me semble que cette question peut être résolue négativement, car, en supprimant cet acide carbonique, ou, en d’autres termes,'en employant le sulfure de sodium tout formé, on obtient du carbonate de sodium. On peut donc conclure : L’acide carbonique libre n’est pas indispensable à la transformation du sulfate de sodium en carbonate.
- Lorsqu’on remplace la craie par l’oxyde ou par l’hydrate de calcium, la réaction est absolument la même. Il se forme préalablement du carbonate, qui réagit ensuite sur le sulfure de sodium. Sur la sole du four à soude, cette carbonatation est toute naturelle, car, au moment où le mélange est introduit dans le four, il rencontre une grande quantité de gaz carbo-
- nique provenant du foyer. Bien plus, on peut, même dans les creusets, remplacer la craie par l’hv-drate ou par l’oxyde de calcium. Un mélange composé de :
- Oxyde de calcium. ..... 28
- Sulfate de sodium.........71
- Charbon de bois...........18
- enfermé dans des creusets et chauffé dans de la soude brute en fusion, a produit un sel renfermant quelquefois jusqu’à 94 pour 100 de carbonate de sodium et complètement exempt de soude caustique. En ajoutant même delà chaux vive à un mélange composé de craie, de sulfate et de charbon, et en faisant l’opération dans un creuset plongé dans la sonde en fusion, la soude brute obtenue fournit encore un sel exempt de soude caustique; ce.résultat a été obtenu, par exemple, par le mélange suivant :
- Sulfate de sodium........71
- Charbon................. 18
- Carbonate de calcium. . . : SO Chaux vive.......... 10
- Ainsi, au moment où le sulfate sodium se décompose, l’acide carbonique provenant de cette décomposition est fixé par la chaux ; la chaux vive se carbonate donc dans ces conditions, c’est-à-dire à la température à laquelle a lieu la décomposition du sulfate de sodium.
- On peut tirer de ces faits la conclusion suivante : Que l’on emploie de la craie, de l’hydrate ou de l’oxyde de calcium, au moment où le sulfure de sodium est formé, il se trouve en présence de carbonate de calcium.
- On est donc autorisé a regarder la seconde phase de la réaction qui produit la soude brute, comme une double décomposition entre le sulfure de sodium et la craie.
- Ces expériences me permettent de maintenir cette conclusion de mon, premier Mémoire ; toutefois, il faut y apporter une modification quant au rôle utile de l’excès de calcaire. J’avais émis l’opinion que
- de
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- l’excès de calcaire devait servir h remplacer la portion qui, accidentellement, se trouverait transformée en chaux caustique avant que la décomposition au sulfate de sodium soit complète. Mais Futilité de l’emploi de cet excès doit être cherchée ailleurs. Outre celle de multiplier les points de contact du calcaire avec le sulfure de sodium, l’excès de calcaire offre encore l’avantage de rendre les sels obtenus plus blancs, c’est-à-dire moins sulfureux, par la raison que la soude caustique des liquides retarde la double décomposition entre la dissolution du carbonate de sodium et le sulfure de calcium. Cette observation est due aux expériences très-précises et très-concluantes de M. Kolb.
- Quant à l’excès de charbon dont la pratique a consacré l’usage, une petite partie est employée à la réduction du carbonate de calcium, mais une grande partie se trouve brûlée par l’oxygène des gaz du foyer. Des analyses spéciales m’ont montré que ces gaz renferment toujours au moins 10 pour 100 d’oxygène.
- Lès conditions théoriques pour obtenir de la soude brute n’exigeraient que des quantités équivalentes de sulfate de sodium et de craie, plus le carbone nécessaire à la réduction du sulfate de sodium, à condition, toutefois, de soustraire le mélange à l’action oxydante de
- l’air, à celle des gaz d’un foyer, et d’atteindre, sans dépasser, la température convenable.
- Voici maintenant ce qui se passe dans un four à réverbère.
- Le mélange occupe sur la sole du four une hauteur de plusieurs centimètres. La partie supérieure se réduit'd’abord, et la réaction y est déjà assez avancée lorsqu’un coup de ringard vient renouveler les surfaces. La chaux caustique qui s’était formée dans la couche pâteuse de la surface, se carbonate par l’acide carbonique provenant de la réduction du sulfate des couches inférieures. Au moment où le sulfate de sodium entre en fusion, il pénètre le calcaire et s’y décompose.
- Lorsque tout le sulfate de sodium est . décomposé et'que le dégagement d’acide carbonique se modère, la température de la coulée augmente, et lè calcaire en excès commence à se décomposer en produisant de l’oxyde de carbone. Le dégagement de ce gaz est un indice précieux sur lequel on se guide pour reconnaître si l’opération est terminée', ce dégagement n’avant lieu que lorsque la matse s’épaissit, il lui donne la forme poreuse si favorable à la dissolution. En ne tenant compte que du carbone nécessaire à la décomposition du sulfate de sodium et à celle de la craie, la réaction est représentée par les trois équations suivantes (1) :
- Première phase..... oNa^SCD-flOC^tiNaSS-t-lOCO2.
- Sulfate de sodium.
- Deuxième phase. . . . bNaîS-g3CaC03 = hNa-C03-4-hCaâ.
- Craie*
- Troisième phase. * * * 2CaC03-p2C=r2Ca0-p 1C04
- Mode de préparation de l'acide sulfureux.
- ParM. F. Stolba, de Prague.
- Lorsqu’on mélange certains sulfates anhydres, tels que les sulfates de fer, de cuivre, de plomb, etc.,
- âved de la fleur de sôufre, et qu’oti chauflc le mélange, il se dégage tranquillement un courant d’acide sulfureux, pendant que le résidu, indépendamment du sulfure.métal-
- (:I ) Na = 23, S = 32, O = 16, C = 12, Ca = -10.
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- lique qui s’est formé, peut renfermer un peu du sulfate qui n’a pas été décomposé lorsqu’on n’a employé qu’une- très-faible proportion de soufre.
- Quand on veut, par ce procédé, préparer de l’acide sulfureux, ce u’il y a de plus avantageux est e faire choix, parmi les sulfures qu’on peut employer, de celui de fer, non pas seulement à raison du bas prix de ce sel qui, d’ailleurs, suffirait pour justifier ce choix, que de cette circonstance qu’on obtient ainsi un produit secondaire d’une certaine valeur et même d’une valeur supérieure à celle des matières qu’on a employées, h savoir du sulfure de fer en poudre impalpable qu’on peut employer à la préparation de l’hydrogène sulfuré.. Voici, du reste, quel est le procédé pratique.
- Le sulfate de fer du commerce est déshydraté, ce h quoi on parvient en le chauffant d’abord modérément , puis élevant peu à peu la température. On peut très-bien se servir, pour cette opération, d’une capsule ou d’une bassine en fer qu’on chauffe d’abord lentement et doucement jusqu’à ce que le sel, qui d’abord entre en fusion, commence à sécher; puis appliquant, pour sa déshydratation complète , une -chaleur suffisante, et enfin broyant en une poudre fine. Cette poudre est mélangée avec la fleur ae soufre dans la proportion, pourl partie de fleur de soufre, de 2,4 parties de sulfate de fer déshydraté. Ce mélange peut être conservé dans des vases en verre bien clos aussi longtemps qu’on le désire.
- Avec ce mélange, on peut dégager de l’acide sulfureux dans une cornue ou un matra s en verre. A cet effet, -on introduit dans cette cornue ou ce matras, sur une épaisseur de 25 à 28 millimètres, une couche de mélange, et on chauffe, soit au moyen d’une lampe ou d’un feu de charbon; mais, dans ce dernier cas, la couche peut avoir beaucoup plus d'épaisseur, Il importe
- d’employer des tubes à gaz de grand diamètre, parce qu’il se dégagé toujours aussi un peu de vapeurs de soufre qui sont entraînées parle courant de gaz, vapeurs qui pourraient obstruer des tubes étroits. Quand on laisse absorber le gaz, ce mélange n’est pas nuisible, mais s’il peut l’être, on conduit ce gaz à travers un gros tube où l’on a placé quelques paquets de coton cardé qui retiennent le soufre.
- L’acide sulfureux, à l’exception des vapeurs de soufre qui, comme on voit, sont très-faciles à retenir, est très-pur. On chauffe tant qu’il se dégage du gaz, et vers la fin on élève la température. Le gaz ne tarde pas à se développer après qu’on a commencé à chauffer, et on voit que le mélange qui a noirci d’abord dans la partie supérieure , finit par devenir noir tout entier.
- Le dégagement terminé, on laisse le résidu refroidir dans la cornue, car si on l’agitait encore chaud, il brûlerait en jetant une faible lueur, parce qu’il est très-pyrophorique, et il en résulterait une poudre rouge qui ne serait plus propre à dégager du gaz hydrogène sulfuré. Le résidu pulvérulent refroidi et introduit dans des vases fermés hermétiquement, est un excellent agent pour obtenir ce dernier gaz.
- On peut, de la même manière, faire servir le sulfate de cuivre déshydraté à la production de l’acide sulfureux, en prenant 1 partie de soufre pour 3 de sulfate de cuivre. Le dégagement du gaz a lieu encore plus facilement, mais l’opération est moins avantageuse, parce que le résidu de sulfure de cuivre n’a pas d’emploi utile. Si, au terme de l’opération, on ne chauffé pas jusqu’au rouge, on obtient ainsi un résidu bleu indigo de sulfure simple de cuivre qu’on peut par conséquent préparer de cette manière,
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- Sur le verre.
- Par M. L. Clemandot.
- A propos du récent travail de M. Pelouze sur les verres (Voyez p. 295, 344, 412), M. Bontemps a cru devoir adresser quelques remarques (V. p. 415) desquelles il résulterait que ce ne serait pas à la silice que serait dû le phénomène de la dévitrification, mais à la chaux.
- Je demande la permission, comme ancien verrier, de venir apporter mon tribut d’expérience dans la question intéressante dont il s’agit , et de soumettre à l’appréciation des lecteurs un fait qui me prouve que, dans certaines circonstances, la dévitrification peut être due seulement à un excès de silice.
- En effet, en cherchant, pour les besoins de l’optique, à fabriquer un crown-glass très-simple de composition et probablement très-dis-persif, je fis un verre exclusivement composé de silice et de soude sans chaux, avec très-grand excès de silice dont je n’ai plus sous la main les dosages. La masse ayant été soumise pendant un très long temps à une très-haute température, la fusion se produisit d’une manière complète. Alors , à la plus haute température, je retirai un morceau de verre transparent, inaltérable, que j’ai conservé après plus de dix ans de fabrication ; mais la masse de verre laissée dans le creuset, par le refroidissement lent, se dé-vitrifia d’une manière complète, et j’eus une matière opaque, blanche, ressemblant au feldspath. Cette matière, abandonnée à l’air, absorba l’humidité, se détruisit comme un sel de soude ordinaire, carbonate, sulfate, phosphate, tandis que, je le répète, le même verre, refroidi brusquement, est resté intact.
- On conclura certainement de cette expérience qu’un verre , même ne contenant pas de chaux, peut se dévitrifier; que, dans le cas actuel, c’estle trop grand excès de silice qui
- a amené la dévitrification. M. Pelouze a donc, suivant moi, rendu un véritable service en cherchant à détruire dans l’esprit des verriers cette opinion préconçue, qu'un verre sera d'autant plus solide qu'il contiendra plus de silice. J’en tire de plus cette conséquence, que, pour former un verre, il faut nécessairement ou un silicate double alcalin terreux (le verre), ou un silicate double alcalin métallique (le cristal).
- J’ajouterai encore que, pour moi, un verre est d’autant plus solide, d’autant plus inaltérable à l’air, aux agents atmosphériques, etc., qu’il est plus complexe, c’est-à-dire qu’il contient un plus grand nombre de bases différentes dans sa composition.
- Enfin, et pour en revenir à l’o-‘pinion de M. Bontemps, si un verre est trop calcaire, sa dévitrification peut êfre due à un excès de chaux, mais elle peut tout aussi bien être due à un excès de silice, à un excès d’alcali, même à un excès de plomb, à toute substance, en un mot, introduite jusqu’à refus dans sa composition.
- Sur la trempe de quelques borates.
- Par M. F.-P. Le Rouxà
- Un équivalent de magnésie calcinée et un équivalent d’acide borique fondent à une très-forte chaleur blanche et donnent un liquide très-fluide qui, versé sur une plaque de fonte, fournit un verre très-légèrement verdâtre, d’une grande légèreté et remarquable par sa so-. lidité. Dans le but d’essayer les qualités optiques de ce verre, j’essayai d’en mouler des prismes dans des feuilles de platine, mais je fus fort étonné de trouver dans mes moules une masse complètement opaque, à cassure cristalline rayon-née, d’un aspect intermédiaire entre la porcelaine et le marbre blanc. En répétant plusieurs fois l’expérience avec des matières neu-
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- ves, j’essayai de laisser refroidir ce verre dans le creuset sans le couler, et le résultat a toujours été le même.
- Il est bien évident que dans le cas de ce borate de magnésie, la trempe est la condition sine qua non de la transparence et de l’etat amorphe; il est certainement loin d’être prouvé que sous ces deux états, la constitution chimique du corps en question soit la même: je suis cependant porté à le croire; à mon avis, les phénomènes sont du même ordre que ceux que présente la congélation de l’eau, suivant que celle-ci est refroidie lentement et en grande masse ou qu’on la projette en nappe mince sur une surface amenée à une très-basse température*
- L’action de la trempe paraît être de continuer l’état isotrope qui caractérise la fusion : un corps ainsi refondu se trouve être dans un état que l’on pourrait, je crois, bien caractériser par un mot nouveau : c’est une parafusion.
- Quoi qu’il en soit, on peut conclure de l’observation que je viens de rapporter, que la magnésie offre dans ses borates la propension à la dévitrification que M. Pelouze a signalée dans les silicates triples qu’elle forme avec la soude et la chaux.
- Dans d’autres corps, les effets de la trempe ou du recuit peuvent se traduire par des changements de coloration qui semblent également indépendants de toute modification chimique, certains composés de borate d’étain, et surtout les borates d’oxydule de cuivre en offrent des exemples remarquables. Je ne parlerai ici que de ces derniers.
- En fondant rapidement ensemble 3 équivalents d’acide borique et 1 équivalent d’oxydule de cuivre et coulant la masse liquide sur une plaque de fonte, on obtient une sorte de verre dont l’intérieur est rouge orangé, et dont la surface est recouverte d’une pellicule d’une couleur foncée qu’on ne peut guère
- déterminer. Dans les premiers temps, j’attribuais cette coloration à une oxydation superficielle, mais mon attention fut bientôt attirée par cette circonstance, que la partie en contact avec le métal au moment de la coulée présentait cette modification de couleur sur une épaisseur de 1/2 millimètre environ ; il n’y avait pas là à penser à une oxydation.
- Le biborate d’oxydule de cuivre présente des effets analogues, mais les changements dans la coloration sont différents; les parties dont le refroidissement a été le plus rapide sont d’un jaune citron, celles dont il a été le plus lent, d’un rouge orangé.
- Dans les mélanges que l’on peut faire de ces borates avec ceux de plomb, d’antimoine, de zinc, etc., les effets de la trempe sont encore plus saillants.
- J’avais formé, entre autres, un mélange de parties égales de tri-borate d’oxydule de cuivre, de biborate d’antimoine, de borate neutre de plomb. Ce mélange, coulé sur une plaque de plomb, donne un verre d’un aspect noir, transparent seulement sous une faible épaisseur, et offrant alors l’apparence d’un verre fortement enfumé. Mais si on chauffe ce verre jusqu’à la température de son ramollissement et le laisse refroidir assez lentement, toute la masse devient d’un beau rouge d’ocre. On produit très-facilement ce changement en chauffant un morceau de ee verre dans la flamme d’une bougie.
- J’ai observé un grand nombre d’autres faits du même genre; quelquefois ce changement de couleur se fait spontanément, en dehors de l’action de la lumière comme dans certains mélanges contenant du borate d’étain qui passent du blanc laiteux au noir au bout de quelques mois.
- En résumé, je crois que dans tous ces cas, comme dans celui du verre au manganèse qui a été cité à la fin du mémoire de M. Pelouze
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- (v. p. 295, 344, 412), la trempe a une action spéciale indépendante de toute modification chimique. Le mécanisme de ce changement nous est, il est vrai, inconnu, et tout ce que nous pouvons en conclure, c’est que la chaleur des corps est intimement liée à.leur constitution moléculaire, plutôt peut-être qu’à leur nature chimique.
- Nouvelles méthodes pour la fabrication du gaz d'éclairage.
- Il a été fréquemment question, dans ces derniers temps, de l’em-loi de résidus ou menus de com-ustibles minéraux très-bitumineux associés à quelques huiles minérales lourdes pour en faire des combinaisons propres à fabriquer du gaz d’éclairage. Trois patentes ont été prises récemment en Angleterre pour cet objet, et nous allons donner ici un extrait de leurs spécifications après quelques remarques préliminaires.
- M. George Mackenzie est le premier en date. Il à fait à Glasgow des expériences qu’on dit avoir été très-satisfaisantes relativement au volume du gaz produit, mais, ajoute-t-on, ce gaz n’a pas toujours été permanent. Après lui, M. John Hamilton, de Glasgow, qui a essayé de chauffer les huiles avant de les mélanger au combustible, a réussi à produire un gaz complètement permanent, mais il considère ce chauffage comme indispensable pour atteindre ce but.
- D’un autre côté, MM. Walker et Smith, de Kilmarnock, ont essayé aux usines à paz de cette localité un autre procédé qui leur a fourni plus de 550 mètres cubes de gaz éminemment éclairant avec une tonne de leur mélange, ce qui assurément est non-seulement un rendement bien supérieur à celui de toutes les houilles essayées jus-; qu’à présent, mais dépasse aussi ceux obtenus par MM, Mackenzie
- et Hamilton, ce dernier n'ayant, dit-on, réalisé qu’un rendement do 400 mètres cubes, rendements qu’on ne doit, du reste, accepter qu’avec réserve.
- Néanmoins, les expériences faites à Londres dans quelques-unes des plus grandes usines à gaz avec le procédé Mackenzie ont, au rapport de l’ingénieur de l’une des Compagnies, donné des résultats satisfaisants relativement au rendement et à la qualité du gaz. D’un autre côté, le procédé Hamilton paraît avoir obtenu quelque succès sur le continent, et il est question d’organiser des usines d’après ce mode de fabrication en France, en Belgique et en Allemagne.
- Patente G. Mackenzie. — Le procédé consiste à combiner les combustibles minéraux , les lignites et l’anthracite exceptés, avec l’huile de schiste ou autre huile minérale , et à soumettre le mélange à la distillation ou à la décomposition, à des températures variables. On combine le combustible et l’huile dans le rapport de 136 litres d’huile pour une tonne de combustible, en donnant la préférence à des matières aussi privées d’eau qu’il est possible, et prenant le combustible à l’état pulvérulent. La combinaison du combustible et de l’huile doit être intime, s’opérer d’une manière quelconque, et se faire principalement à chaud.
- L’huile, comme on l’a dit, est eelle de schiste ou le pétrole, et si ces huiles renferment des huiles volatiles, on les en débarrasse par la distillation ; c’est après cette distillation que les huiles encore chaudes sont mélangées.au combustible pulvérisé.
- Dans quelques cas, on peut mélanger, à l’huile brute employée, les résidus ou fonds des cornues qu’on obtient de la distillation de ces huiles brutes pour l’éclairage, afin de réduire les frais.
- Le mélange ainsi préparé est traité, pour obtenir un gaz d’éclairage, absolument de la même manière que le pz de houille ordi-
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- haire, seulement il faut employer une forte chaleur qui ne soit jamais inférieure au rouge clair, et le plus souvent au rouge blanc. 11 reste dans la cornue un coke de bonne qualité .dont le débit couvre une partie des frais.
- Si on cherche à obtenir des huiles do qualité supérieure, on opère comme dans le cas où l’on veut produire du gaz d’éclairage, mais en commençant à la température de la fusion du plomb , et cessant au moment où ce plomb carbonise le papier qu’on y introduit. Les huiles légères brutes paraissent préférables dans ces opérations, et le meilleur appareil distillatoire est celui communément employé pour les huiles minérales. La qualité et la quantité des huiles obtenues varient avec la qualité des matières premières; mais avec des qualités moyennes, on recueille 236 à 240 litres d’huile perfectionnée d’une tonne de houille combinée à 136 litres d’huile.
- Patente Walker et Smith.—Dans ce procédé, on fait usage des appareils employés ordinairement dans les usines pour fabriquer le gaz de houille; mais au lieu de faire usage de la houille, comme source de production du gaz, on sature avec de l'huile de schiste, du pétrole ou autre hydrocarbure minéral, une certaine" quantité de tourbe ou autre matière poreuse analogue, susceptible par elle-même de générer du gaz par l’application de la chaleur. Ainsi saturée, la matière est placée dans une cornue ordinaire, on élève la température, et l’huile et les hydrocarbures combinés naturellement à la matière poreuse, sont chassés sous la forme d’un gaz d’éclairage non condensable.
- Il est bon de rappeler que la production du gaz au moyen des huiles minérales, n’est pas une chose neuve, mais que ce gaz, après avoir été dégagé, se condense rapidement. Dans le nouveau procédé, l’hydrocarbure e?t combiné à uno matière solide, et le gaz qui s’échappe ne se condense pas, Ajou-
- tons en outre qu’il entre dans sa combinaison moins de soufre, et par conséquent qu’il exige moins de chaux pour sa purification, et enfin que la production exige bien moins de temps que celle du gaz de houille.
- Dans son état naturel, la tourbe renferme 75 pour 100 d’eau, et, après avoir été séchée en plein air ù la manière ordinaire, elle en contient encore, en moyenne, 30 pour 100, avec 42 pour 100 de matières volatiles et ^8 pour 100 de coke. On peut employer la tourbe, dans cet état de dessiccation à l’air, dans le procédé en question ; mais si on veut obtenir des résultats meilleurs, il vaut mieux la sécher d’une manière plus complète, afin qu’elle puisse absorber une plus forte proportion d’huile.
- L’huile à laquelle on donne la préférence dans ce procédé, est celle connue dans le commerce sous le nom d’huile de schiste ou bien le pétrole. On peut aussi avoir recours à l’huile distillée de tourbe, et, malgré qu’on puisse employer ces huiles ù l’état brut, il vaut mieux utiliser pour cet objet la portion qui reste, après qu’on en a séparé par distillation les parties tes plus volatiles qui servent alors à l’éclairage dans des lampes.
- Dans des expériences entreprises parles inventeurs pour perfectionner leur procédé, ils ont observé que la tourbe séchée à l’air à 30 pour 100 d’eau, pouvait absorber environ 50 pour 400 de son poids d’huile; mais pour augmenter cette absorption, ils chauffent cette huile ù environ 48° à 50° G., et, après que l’absorption a eu lieu, ils laissent la tourbe ainsi chargée d’huile égoutter et refroidir ; on peut alors la manipuler et la mouler en tas comme la houille, sans qu’elle éprouve une perte appréciable d’huile. C’e^t cette tourbe ainsi imprégnée qu’on introduit dans les cornues, soit seule, soit mélangée à de la tourbe non hui-
- Ils ont tro.uvé, comme moyenne
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- de leurs expériences, qu’un mélange de une tonne d’huile de schiste avec deux tonnes de tourbe produit 1700 mètres cubes de gaz, ou environ 565 mètres cubes de gaz par tonne de mélange.
- Le gaz produit a un pouvoir éclairant très-élevé, et contient de 11 h 17 pour 100 d’hydrocarbure que l’acide sulfurique fumant peut absorber. Après sa production, ce gaz n’a nulle tendance à se condenser en huile, et, après avoir atteint la température et la pression moyennes, il peut se conserver aussi longtemps que le gaz de houille.
- Le mélange est chargé dans les cornues à la manière ordinaire, mais s’il arrive que l’huile employée contienne une proportion considérable d’éléments éminemment volatils , il vaut mieux faire usage d’une écope de forme semblable à celle de l’orifice de la cornue. La tourbe imprégnée d’huile est chargée dans cette écope, et celle-ci est introduite dans la cornue ; l’écope, d’ailleurs, pourvue d’un piston, est poussée dans cette cornue au moyen d’un manche, et la tourbe imprégnée est versée dans la partie la plus chaude de la cornue. Gela fait, on retire vivement l’écope, on ferme la cornue et on la lute avant qu’aucune flamme puisse s’échapper par son orifice.
- Quant à la température pour convertir la matière en gaz, la chaleur blanche paraît être celle qu’on doit préférer, cette température étant, suivant les expériences, celle qui a fourni les résultats les plus satisfaisants , tant pour la qualité que pour la quantité du gaz.
- L’eau contenue dans la tourbe joue/un rôle important dans la réaction qui a lieu h la température élevée à laquelle on opère, car sans cette eau ou celle produite par l’oxygène et l’hydrogène des éléments fibreux de ce combustible, on ne parviendrait pas h produire un gaz permanent.
- Un autre avantage de ce procédé est l’économie du temps : tout le gaz se dégage dans une heure et
- demie environ, au lieu de quatre heures avec la houille, et comme ce gaz ne renferme pas de composé sulfuré (?), la dépense pour la purification est moindre, et la quantité de chaux pour cet objet n’est qu’un peu plus du quart de celle nécessaire pour purifier le gaz de houille ordinaire. D’ailleurs, par suite de l’absence du bisulfure de carbone, il ne se produit pas d’acide sulfurique lors de la combustion, comme avec le gaz ordinaire.
- Les produits secondaires ont une haute valeur, et de ce chef les frais absolus de production du gaz sont réduits, attendu qu’il y a toujours preneurs pour les produits. Par exemple, on peut extraire de la li-
- ueur condensée dans les barillets
- u sulfate d’ammoniaque, de l’acide acétique, de l’alcool méthyli-que et de l’esprit de bois. On extrait des goudrons une huile lampante, de la poix et de la paraffine, ou bien ce goudron peut être mélangé à la tourbe pour produire du gaz, tandis que le résidu charbonneux ou coke qui reste dans les cornues a une assez haute valeur pour des applications hygiéniques ou dans le raffinage du sucre, attendu qu’il a^it comme décolorant et comme desinfectant, ou peut remplacer le charbon d’os employé actuellement.
- Patente J. Hamilton. — Dans ce procédé on fait bouillir une certaine quantité d’huile brute de houille, ou des résidus de la distillation des huiles minérales, avec une petite proportion de naphtaline, et pendant que ces matières sont encore chaudes, on y tamise de la houille pulvérisée, des schistes bitumineux, ou tout autre combustible minéral.
- Le mélange s’opère dans une tinne ou tout autre appareil servant à mélanger, puis on l’abandonne au repos pendant vingt-quatre heures environ, de manière qu’il y ait combinaison intime entre les éléments de la houille et ceux de l’huile qui peuvent produire du gaz et la naphtaline. Le résultat est la ma-
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- tière qui sert à produire le gaz d’éclairage.
- Le mélange de certaines substances oléagineuses , grasses et résineuses, avec des matières car-bonacêes, a déjà été proposé maintes fois pour produire du gaz, mais dans le procédé Hamillon, on mélange ou combine les huiles minérales lourdes et la naphtaline à chaud, avec la houille bitumineuse ou autre combustible minéral gras tamisé pour former le composé économique qui sert à produire du gaz.
- Voici quelles sont les proportions les plus convenables pour fabriquer le mélange ci-dessus dans un état propre à l’utiliser sur place ou à l’expédier au loin, en faisant remarquerque ces proportions peuvent varier suivant la richesse bitumineuse du combustible.
- A une tonne de houille bitumineuse criblée ou pulvérisée, on ajoute 180 litres d’huiles lourdes de houille ou de schiste, qui renferment généralement une assez forte proportion de paraffine, avec 2kil.25 de naphtaline. Avec ce mélange, on obtient 420 mètres cubes de gaz de bonne qualité et d’un prix modéré.
- Parfois on se sert des résidus de la distillation des huiles légères, résidusqui renfermentdugoudron, de la poix et quelques autres substances combinées avec ces dernières.
- La houille est jetée dans un moulin à mélanger, on y ajoute l’huile lourde qu’on a préalablement fait chauffer ; il y a ainsi mélange intime , et l’expérience a démontré que le chauffage de cette huile était indispensable pour produire un composé stable.
- On abandonne le mélange au repos pendant vingt-quatre heures, ou bien on le moule immédiatement en briques, blocs ou autres formes avantageuses, pour l’introduire dans les cornues.
- Le chauffage dans la formation du mélange, indépendamment de ce qu’il fournit un produit gazeux stable, a aussi pour but de vaincre
- la nature visqueuse ou glutineuse de quelques huiles minérales; d’ailleurs il donne une plus forte proportion de gaz d’un grand pouvoir éclairant, puisqu’il prévient l’in • fluence de la condensation de certaines substances éclairantes dans le gaz.
- L’huile lourde de goudron que, dans le commerce, on appelle naphtaline , peut entrer ou non dans la composition ; si on s’en sert, on la mélange avec celle-ci, et en même temps et par les mêmes moyens qu’on combine les autres ingrédients du mélange.
- Emploi de la paraffine dans la fabrication du sucre.
- Par M. E. Sostmann,
- On sait qu’on modère la formation des écumes dans la fabrication du sucre de betteraves au moyen de l’huile ou du beurre. Il y a cependant bien plus d’avantage à faire usage dans le même but de la paraffine; mais afin qu’on puisse se former une idée plus précisé sur cette application, il est nécessaire de se rendre compte de la formation des écumes et de leur cause.
- Lorsqu’on agite ensemble des liquides et de l’air, il se forme des bulles, c’est-à-dire des particules d’air enveloppées par une couche mince de liquide qui constituent des bulles rondes. Suivant que la consistance du liquide enveloppe est plus ou moins grande, ces bulles sont plus ou moins persistantes, tandis que celles dont l’enveloppe ne consiste qu’en eau pure crèvent presque aussitôt après leur formation, parce que la couche aqueuse est incapable de résister à la pression atmosphérique. Mais lorsque l’enveloppe de ces bulles a plus de consistance, par exemple lorsqu’elle est formée par l’eau de savon ou le blanc d’œuf battu, elle peut alors résister à une certaine pression, tant interne qu’externe,
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- et même une masse de bulles accumulées les unes sur les autres ne peuvent que difficilement briser celles qui sont placées dessous. C'est dans la capacité de résistance de ces bulles à une certaine pression que repose la possibilité de former de grandes masses accumulées d’écumes, et que réside la faculté de mousser des liquides. Plus un liquide a de viscosité, et plus il mousse lorsqu’on l’agite avec vivacité.
- Le même phénomène s’observe quand on chauffe un jus végétal visqueux et albumineux ; les bulles de vapeur qui se forment immédiate-mentsur le fond chauffe montentàla surface, s’y refroidissent assez pour qu’il y ait diminution de la pression intérieure, et suivant le degré de consistance deleurenveloppe, elles peuvent être susceptibles de résister à une pression extérieure plus ou moins forte. Si on vient à diminuer la viscosité ou la ténacité du liquide, par exemple, par une addition de matière grasse ou d’huile, les bulles doivent éclater, parce que l’huile et la liqueur aqueuse, par leurs poids spécifiques différents, forment une enveloppe inégale et non homogène qui n’est plus capable de résister aux pressions interne et externe.
- Ces phénomènes sont connus depuis longtemps dans la fabrication du sucre, et depuis bien des années on fait usage de l’huile ou du beurre pour apaiser les écumes immodérées et incommodes qui se forment lors du travail des jus de betteraves visqueux dans les appareils évaporatoires et ceux de saturation. La dépense en huile, dans ces appareils, n’estpasinsignifiante dans la plupart des fabriques, et il est à peu près impossible de contrôler les ouvriers chargés de ce service. L’huile elle-même, ouïe beurre, sont d’ailleurs immédiatement décomposés par la chaux libre qui existe dans les jus et les acides gras concrets ou liquides, qui étaient combinés à l’oxyde do glvcépile s’unissent h la chaux, se.
- séparent h l’état insoluble, tandis que l’oxyde de glycérile, en se combinant à l’eau, se transforme en glycérine qui reste en solution et contribue à augmenter la proportion des mélasses.
- Tous ces inconvénients sont évités par l’emploi de la paraffine en remplacement de l’huile lors de la saturation. La paraffine entre déjà enfusionàlatempérature de33°C.; elle n’est pas décomposée par la chaux, ce qui n’augmente pas dans les jus la proportion des matières autres que le sucre. En laissant avec précaution le jus saturé en repos, on peut reprendre la couche de paraffine qui nage à la surface des cuves à saturation, et l’utiliser sur une nouvelle quantité de jus. Si on ne veut pas la recueillir, il suffit de 30 à oO grammes de paraffine pour chaque cuve d’une capacité de 3 4^2 mèt. cubes, lorsqu’on sature simultanément le jus et les dépôts.
- La saturation du jus clair exige naturellement une quantité moindre de paraffine.
- Le prix de la paraffine qu’on emploie est à peu près de 67 à 70 fr. les 100 kilogrammes, mais une sorte inférieure qu’on trouve dans le commerce peutrendre lesmêmes services.
- L’avantage de l’emploi de la paraffine repose donc : 1° dans la grande pureté du jus saturé, parce qu’il ne s’y forme pas de glycérine; 2° dans la convenance de la matière ainsi que dans la petite quantité dont on a besoin et sa valeur relative; 3° dans le contrôle possible du travail de l’ouvrier, puisqu’on peut partager la substance en paquets de 30 à 60 grammes.
- Il n’y a pas moins d’avantage dans l’application de la paraffine en remplacement de l’huile dans les appareils d’évaporation.
- Enfin, je ferai remarquer qu’à l’instigation de M. Scheibler, je me suis servi parfois de la paraffine pour garantir les pièces des appareils et des machines contre la rouille; la paraffine n’est pas
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- comme l’huile, décomposée par la chaleur ou l’oxygène de l’air, et n’exige pas un renouvellement aussi fréquent que cette dernière, qui sous l’influence de ces agents, se décompose et attaque fortement les métaux.
- Eclairage suroxygéné.
- M. H. A. Archereau, dont le nom se rattache à plusieurs inventions utiles, a imaginé un moyen de produire industriellement et à bon marché l’oxygène, et de le faire servir avec avantage et économie, dans un nouveau système d’éclairage, qu’il appelle éclairage suroxygéné.
- Nous ne pouvons pas ici présenter de détails bien précis relativement à ce moyen de production de l’oxygène, et tout ce que nous allons dire à ce sujet, nous l’empruntons au Mémoire publié récemment, qui fait connaître que cette production a lieu par la décomposition, par la chaleur, de l’acide sulfurique du commerce.
- Cette décomposition de l’acide sulfurique par la chaleur, donne lieu à un mélange d’oxygène et d’acide sulfureux dont on opère la séparation, soit par absorption physique ou chimique, soit par la compression des deux gaz qui donne lieu à la liquéfaction de l’acide sulfureux seul, lequel s’écoule par un robinet de purge placé à la partie inférieure des récipients.
- Cet acide sulfureux est converti de nouveau etindéfmimenten acide sulfurique par son injection dans des chambres de plomb ou tout autre appareil spécial, avec une dépense minime.
- Avec ii à 11,5 kilog. d’acide sulfurique à 60°, on produit 1 mètre cube de gaz oxygène qui revient au plus, en tenant compté de tous les irais, à 79c.90.
- Quelque considérable que soit la production journalière de cet
- oxygène pour le service d’une grande ville et, par conséquent, le maniement d’une énorme quantité d’acide sulfurique, il n’y a ni danger, ni difficulté, grâce aux dispositions spéciales des appareils de M. Archereau, et ensuite à la répartition de la masse entre diverses usines.
- L’éclairage suroxygéné exige, par chaque 2 mètres cubes de gaz ordinaire ou hydrogène carburé, 1 mètre cube de gaz oxygène, et on obtient ainsi, suivant l’inventeur, un pouvoir éclairant au moins égal à celui produit par 16 mètres cubes de gaz d’éclairage ordinaire, d’après des expériences faites au photomètre et au compteur, ou, en d'autres termes, on dira que 16 mètres d’hydrogène carburé, qui coûtent aujourd’hui 4fr.80, donnent un bec de la force lumineuse de 10 bougies pendant 14 jours 6 heures 43 minutes , brûlant 7 heures par jour, tandis que 2 mètres du même gaz avec 1 mètre d’oxygène qui coûteront au plus, d’après M. Archereau, 1 fr.45, entretiendront le même bec pendant le même temps et avec le même pouvoir éclairant.
- A ces données, le Mémoire en question ajoute quelques considérations générales qu’on peut résumer ainsi qu’il suit ;
- L’emploi de l’oxygène arrêtera probablement l’augmentation progressive du prix de la houille, et par conséquent l’élévation de celui du gaz carburé.
- Le gaz oxygène est favorable ;i la vie animale, il ne produit qu’un huitième de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau générée dans là combustion de l’éclairage au gaz ordinaire, d’où sept fois moins de chaleur dans les endroits éclairés par la lumière suroxygénée, et des conditions hygiéniques plus avantageuses dans ces localités. Il purifie l’air ambiant, a la propriété d’être ijisipide, inodore, incombustible et inexplosible, de ne présenter aucun risque dans sa manipulation pu dans s'a combinaison
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- avec le gaz hydrogène carburé allumé, lorsque cela a lieu librement et graduellement dans l’atmosphère, selon les principes de M. Archereau, dans lequel on emploie deux tuyauteries parallèles et indépendantes entre elles, réunies en un seul corps ou séparées l’une de l’autre, l’une conduisant l’hydrogène carburé, et l’autre d’un diamètre trois fois moindre, amenant l’oxygène, de telle façon que la combinaison n’a lieu qu’au bec même, construit spécialement à cet effet.
- Il peut être porté k domicile dans de petits gazomètres portatifs, dans lesquels on le comprime à la pression voulue pour qu’il n’occupe que peu de volume et s’échappe sous pression constante.
- La lumière du gaz d’éclairage suroxygéné est belle, très-claire, brillante, fatigue peu la vue, est sans odeur, sans fumée fixe et ne faisant pas varier les couleurs.
- On peut le combiner k la flamme des autres matières combustibles, telles que huiles, graisse, pétrole, naphte, gazoline, etc.
- La pression nécessaire k son écoulement est la même que celle du gaz ordinaire, et on peut en reconnaître les fuites, indépendamment d’un indicateur général, en l’aromatisant à peu de frais.
- Il n’attaque pas les peintures et dorures des appartements et lieux publics, et loin de nuire k la végétation des plantations dans les villes, il leur sera, au contraire, favorable.
- L’organisation et la construction d'une usine pour la fabrication de l’oxygène par le procédé Archereau est simple, d’une direction facile et sans danger. La dépense d’établissement et d’entretien est k bien meilleur compte que celle d’une usine ordinaire.
- Enfin, les sections des tuyaux de conduite, ou mieux, les frais de canalisation sont pour la conduite des deux gaz et un éclairage donné dans le rapport pour l’oxygène de
- 16 k 1, et pour le gaz d’éclairage ordinaire de 16 k 2.
- Ecume de mer et corme artificielles. ParM. C. Puscher, de Nürnberg.
- Si on fait macérer des pommes de terre saines et entières qu’on a dépouillées de leur peau, pendant 24 k 36 heures, suivant leur grosseur, dans une eau aiguisée par 8 pour 100 d’acide sulfurique, qu’on fasse écouler l’eau acidulée et qu’on lave k plusieurs reprises, en laissant chaque fois séjourner six heures dans la nouvelle eau, jusqu’à ce que le papier de tournesol humide, placé au milieu d’un tubercule qu’on a coupé, ne rougisse plus, on remarque alors qu’il y a eu désorganisation, et que les pommes de terres sont devenues plus blanches et plus molles. Séchées sur du papier buvard ou sur du sable sec, ou du plâtre cuit à une température modérée, elles se contractent de la moitié au moins de leur volume primitif, et forment alors une substance blanche qui ressemble, par plusieurs de ses propriétés, à celle dite écume de mer (magnésite). Parfois et k la suite d’un retrait inégal, et malgré les lavages et les dessiccations les plus soignées, on observe des cavités qui rendent la matière impropre à la sculpture, mais on prévient ce défaut en faisant sécher entre des plaques épaisses de gypse, qui s’emparent avidement de l’humidité, et que pour hâter et favoriser encore l’operation on charge de poids. Ces plaques de gypse sont remplacées tous les jours par de nouvelles, de façon que la dessiccation marche avec rapidité.
- Cette masse, d’origme végétale et pjus dense que l’écume de mer, n’est pas pénétrée par la cire en fusion, elle ne paraît donc pas propre à en faire des pipes, mais elle se travaille aussi bien k lasculp-
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- tare que la matière naturelle et se distingue en outre par sa grande affinité pour les couleurs qu’elle n’absorbe, il estvrai, qu’à la surface à raison de sa densite, mais y présentent le plus pur éclat.
- Si, au lieu d’acide sulfurique, on se sert d’une eau chargée de 3 pour 100 de soude caustique, les tubercules qu’on y fait macérer sont plus durs, se gonflent et fournissent, après les lavages et la dessiccation soignée, Une masse plus élastique, il est vrai, mais d’un blanc sale. Si on porte la proportion de la soude caustique jusqu’à 19 pour 100, et qu’après avoir laissé macérer pendant 24 heures, on y fait bouillir les tubercules, l’amidon et le tissu cellulaire sé transforment en une matière gommeuse dure et insoluble dans l’eau qui, après les lavages et la dessiccation, ressemble beaucoup à la corne et peut se travailler de même. Il s’est aussi dissous un peu de gomme dans la lessive qui est alors colorée en brun foncé. Les lavages de l’amidon doivent ici être opérés avec autant de soin que ceux destinés à enlever l’acide sulfurique, mais pour constater s’il y a encore des traces de soude caustique, au lieu du papier de tournesol, on se sert du papier jaune de curcuma qui, en présence de la soude, se colore en brun.
- Si on traite des navets blancs par l’eau acidulée de la même manière que les pommes de terre, l’action du bain acide est encore plus énergique et ils deviennent très-moux et flasques. Yeut-on leur donner des formes analogues à celles de la corne de cerf, on perce à travers leur enveloppe, au moyen d’un emporte-pièce de 6 à 12 millimètres de diamètre, un trou qui passe par le centre de la pointe mince et conique de la racine, mais on laisse le gros bout intact sur une longueuràe 25millimètres..Ce gros bout est indispensable pour la formation de la couronne. Si maintenant on travaille avec précaution cette racine percée sur le tour
- après qu’elle a quitté le bain sulfurique et a été lavée, sur une broche cylindrique préalablement enduite avec de la graisse et qu’on fasse ensuite sécher dans le voisinage d’un four chauffé, le navet, au bout de quatre à cinq jours, a pris à s’y méprendre la forme d’un an-douiller de cerf. On retire^ alors la broche, on remplit à moitié le trou afin qu’il résiste à l’action de l’eau et acquiert le poids de la corne de cerf naturelle avec un mastic à l’huile, et on ferme le trou en y insérant un cylindre bien ajusté de bois dur, cylindre qui sert à assujettir les anneaux, ou à pendre aux sonnettes, et comme cette corne est un peu plus claire que celle naturelle et manque d’eclat, on la recouvre d’un vernis brun qu’on a mélangé avec une quantité suffisante de terre de Sienne ou de brun de Cassel.
- Si on donne au navet la forme d’un cylindre puis qu’on le découpe deux fois, d’abord avec un emporte-pièce de 12 millimètres, puis un autre de 25 millimètres, on a deux cylindres creux qu’on peut faire sécher sur deux baguettes en bois bien ajustées. On obtient donc ainsi, après avoir fendu ces cylindres, des plaques cornées de 25 à 50 centimètres carrés, qui, après avoir été humectées avec de la glycérine étendue, sont flexibles comme du cuir et peuvent servir à recouvrir divers objets en prenant aisément toutes les couleurs.
- On peut obtenir également des objets d’apparence feutrée en comprimant les navets préparés entre des plaques en verre. Pour cela, on découpe les navets en rondelles minces et on dispose celles-ci à côté ou bien les unes sur les autres et en direction contraire à celles en-dessous, on les couvre d’un carreau de verre préalablement couvert d’un papier à dessin coloré, et, afin qu’elles n’adhèrent pas au carreau supérieur, on pose sur les rondelles un papier buvard et enfin on met en presse. On obtient ainsi un travail de marquetterie ou de
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- placage de telle grandeur qu’on désire avec dessin coloré.
- Si, au lieu de navet blanc, on se sert de navet jaune, on obtient des formes analogues à la corne, mais de couleur rouge-corail qu’on peut employer à' faire des manches de couteaux, de parapluies, de fouets, etc. J’ai donné h cette substance, à cause de sa couleur rouge de corail, le nom de coralligénine. On peut également, avec cette substance, préparer des pièces rouges en marquetterie pour boîtes, tabatières, etc., en la travaillant de la même manière que le naVet blanc.
- Emploi d'un éther glycérique en teinture.
- Par M. A. Paraf.
- Lorsqu'on chauffe de l'acide arsénieux avec la glycérine, il perd ses propriétés acides et en acquiert d’autres toutes différentes de celles des arsénites ordinaires, en un mot, il se forme u u éther arsénieux de glycérine qui a une réaction neutre et renferme une forte proportion d’arsenic en solution. T raitée par l’acide arsénieux, la glycérine en dissout son propre poids, et un arsénite neutre étant, suivant M. Paraf, un sel précieux pour le bousage dans la teinture garance, il l’a appliqué h cet objet. De plus, comme il a la propriété de se décomposer au contact de l’eau, et de se dédoubler en acide arsénieux insoluble et en glycérine, il le considère comme un agent fixateur précieux pour les couleurs solubles, surtoutceH.es extraites du goudron, appliquées tant sur tissus que sur fils, ce qu’il opère de la manière suivante :
- On dissout 1 partie d’acide arsénieux dans un partie de glycérine. Puis on prend 500 grammes de cet éther arsénieux de glycérine, 60 grammes d’une couleur d’aniline cristallisée dissoute dans un litre d’eau et épaissie à l'amidon, Après
- l’impression, on vaporise pendant 30 à 45 minutes et par la décomposition de l'éther arsénieux, l’acide arsénieux se précipite à l’état insoluble sur le tissu ou le fil et y fixe les matières colorantes.
- Sur la mauvaniline.
- MM. de Laire, Ch. Girard et Cha-poteaut ont présenté à l’académie des sciences une note relative aux matières colorantes dérivées de la houille et dans laquelle ils décrivent une matière nouvelle de ce genre à laquelle ils donnent le nom de mauvaniline.
- La mauvaniline prend naissance lorsque l’on traite par un agent oxydant convenable un mélange d’aniline et de toluidine, dans lequel l’aniline domine ; avec de l’aniline pure ou bien de la toluidine pure, on n’obtient pas de mauvaniline. La formation de cette matière est toujours accompagnée de production d’eau. Elle contient 3 atomes d’hydrogène, remplaçables par du méthyle, de l’éthyle, du phényle ou du toluyle. Soumise à la distillation sèche,"elle se décompose, et on retrouve dans les produits de sa destruction, à la fois les monamines primaires et secondaires des radicaux phénilique et toluylique. Elle dérive de 2 molécules d’aniline et 1 de toluydiDe soudées ensemble en perdant 6 atomes d’hydrogène sous rinfluenee de l’agent d’oxydation.
- La mauvaniline est une base cristallisée ; ses cristaux, d’un brun clair, se foncent par l’action de la chaleur; maintenus pendant plusieurs heures dans une étuve entre 120° et 130°, ils retiennent un équivalent d’eau qu’ils ne perdent qu’en se décomposant sous l’influence d’une température plus élevée. La mauvaniline est soluble dans l’éther, la benzine et l’alcool ; elle est insoluble dans l’eau froide, très-peu soluble dans l’eau bouillante;
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- elle se dissout dans les acides et forme avec eux des sels qui cristallisent et présentent un reflet vert-bronze analogue à celui des sels de rosaniline peu solubles dans beau froide, assez solubles dans l’eau bouillante et dans l’eau fortement acide. Leur pouvoir tinctorial est comparable à celui des sels de rosaniline et ils communiquent à la soie et à la laine une très-belle couleur mauve.
- En faisant réagir l'aniline sur la mauvaniline, on obtient la mauva-niline triphénilique qui est une base cristallisée d'un blanc jaunâtre, soluble dans l’éther et l’alcool, insoluble dans l’eau, dont les sels ont toutes les propriétés d’une magnifique matière colorante bleue.
- La mauvaniline triéthylique s’obtient, comme la rosaniline éthylée, par le procédé de M. Hofmann. Elle est blanche et cristallisée, se dissout dans l’éther et dans l'alcool ; ses sels se dissolvent dans l’eau et teignent la laine et la soie en un beau violet-bleu.
- Teinture de la soie à coudre en noir chargé brillant.
- On a fait usage, dans ces derniers temps, pour charger la soie à coudre teinte en noir, d’un procédé qui se rapproche beaucoup de celui décrit dans les ouvrages sur la teinture et par M. Mène à la page 73 de ce volume et qui procure à cette matière ouvrée un accroissement de poids d’environ 50 pour 100 sans altérer en rien l’éclat, le craquement, le toucher, etc., de la soie. Ce procédé, qui, quand on en abuse pour tromper l’acheteur, constitue plutôt une fraude, s’exécute de la manière suivante :
- La soie est débouillie comme à l’ordinaire, lavée avec soin, puis plongée dans un bain d’azotate de fer marquant 35° Baumé, où on la passe cinq fois, puis chevillée,
- Le Technologie, T. XXY1II. — Juin f
- abandonnée pendant toute une nuit et lavée avec soin. En cet état, elle est passée dans un bain concentré de savon, lavée de rechef, mordan-cée de nouveau pendant une demi-heure dans l’azotate de fer à 35°, chevillée, laissée en repos pendant la nuit, lavée deux fois, battue et bien ouverte, lavée de nouveau, passée de rechef au savon (une bonne heure dans un bain bouillant de savon et un peu de soude), bien lavée et enfin bleutée dans le bain de cyanoferrure.
- On prend, par kilogramme de soie, de 140 à 150 grammes de cyanoferrure jaune de potassium et on ajoute, par kilogramme de ce dernier sel, 2 kilogrammes d’acide chlorhydrique du commerce. En sortant du bain, la soie est lavée une fois, mordancée de nouveau au bain d’azotate de fer à 35° (on a pour cela un second bain de fer, dit bain de fer de bleutage), laissée reposer la nuit, chevillée, bien lavée, puis passée en cachou.
- Ce bain de cachou se prépare avec 1 1/2 kilogramme de cachou jaune par kilogramme de soie. On plonge la soie dans ce bain bouillant, on l’y passe cinq fois, on l’y laisse séjourner la nuit; après qu’on a retiré le feu on interdit l’accès à la vapeur. Le lendemain matin on l’enlève et on la tord avec soin ; puis, au Bain de cachou encore tiède, on ajoute la dissolution suivante :
- Sel d’étain.........100 gram.
- Couperose verte. . . . 200
- On dissout chaque sel séparément dans l’eau, on mélange les dissolutions, on sépare, parle filtre, le précipité qui s’est formé, et on ajoute la liqueur claire au bain de cachou. On introduit la soie dans le bain ainsi préparé, on l’y traîne et l’y évente pendant 4 heures. Au bout de ce temps, on l’enlève, on porte le bain à l’ébullition, on y passe la soie à plusieurs reprises et on l’y laisse passer la nuit.
- Le lendemain matin on retire la soie, on l’exprime, on la lave bien»
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- deux fois, puis on la plonge dans un bain frais de cachou qu’on prépare avec 780 grammes de cachou par kilogramme de soie. On opère au bouillon, on passe plusieurs fois et on laisse passer la nuit, En sortant de ce bain de cachou, la soie est lavée, ouverte, lavée de nouveau et teinte au bois d’Inde.
- Le bain au bois d’Inde se compose avec une décoction de bois de Campêche à la température de 80° C., 300 à 330 grammes de savon de Marseille par kilogramme de soie, el 800 à 780 gram. de bois de Gam-pêche. On y plonge la soie bouillante, on l’y traîne a plusieurs reprises, on fy travaille, on porte de nouveau au bouillon, on l’y traîne, et on répète cette opération jusqu’à ce que la soie paraisse suffisamment bleutée.
- Cette teinture terminée, la soie est bien lavée et passée au bain d’huile de poisson saturnine, on l’y prépare en dissolvant 78 kilogrammes de sucre de saturne dans 128 litres d’eau bouillante, ajoutant ensuite 80 kilogrammes de sirop et faisant bouillir le tout pendant une demi-heure. Ce mélange, ainsi préparé, marque environ 38° Bau-mé. Quant au bain d’huile saturnine, il marque 12° ; on y plonge la soie à froid et on l’y laisse séjourner environ 3 heures.
- Au sortir du bain d’huile saturnine, la soie, sans être trop fortement exprimée, est séchée, puis trempée à plusieurs reprises dans une eau marquant 38°C., exprimée, séchée et lustrée. Les trempages ont pour but d’éliminer l’huile saturnine superflue qui donnerait à la soie un aspect grisâtre et un toucher rêche. Si on voulait, après la première dessiccation, passer la soie dans l’eau chaude, on entraînerait toute l'huile saturnine ou du moins la plus grande partie et on aurait manqué le but, c’est-à-dire d’augmenter le poids de la soie. Au moyen du séchage, le sel de plomb se fixe en certaine proportion sur la libre, mais malgré cela il s’en perd encore beaucoup par
- les lavages ultérieurs. Ce qu’il y a de mieux à faire est de soumettre la soie qu’on a enlevée du bain d’huile à l’action des vapeurs de l’acide sulfhydrique, qui forme ainsi dans l’eau un sulfure de plomb possédant une couleur noire intense.
- Noir d'aniline pour marquer le linge.
- Par M. C. Jacobsen.
- Cette encre à marquer le linge se prépare avec une solution cuivrique et une solution d’aniline préparées comme il va être expli-qué.
- 1° Solution cuivrique.— On dissout dans 60 grammes d’eau distillée 8gr.82 de perchlorure de cuivre cristallisé, 10 gr.64 de chlorate de soude et 8gr.38 de chlorure d’ammonium.
- 2° Solution daniline. — On dissout dans 40 grammes d’eau distillée, 20 grammes de chlorhydrate d’aniline, et on y mélange 20 gram. d’une solution de gomme arabique (1 gomme et 2 eau) et 10 grammes de glycérine.
- 4 parties de solution d’aniline et 1 partie de solution cuivrique, mélangées à froid, donnent une liqueur verdâtre qu’on peut employer directement pour marquer le linge, mais qui ne peut se conserver que quelques jours, au bout desquels elle se décompose; par conséquent il faut conserver les deux liqueurs séparément, et ne les mélanger que peu d’instants avant d’en faire usage. La marque peut se faire aussi bien à la plume qu’au tampon et au pinceau, et si sa liqueur ne coule pas suffisamment de la plume, on peut l’étendre avec un peu d’eau sans craindre que l’intensité de la couleur en soit affaiblie.
- La marque paraît d’abord sur le tissu vert pâle, mais par une longue exposition à l’air, elle passe
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- au noir. Elle noircit immédiatement, lorsqu’on promène sur l’envers du tissu un fer à repasser chaud, ou qu’on chauffe la marque au-dessus d’une flamme d’alcool ; mais comme par la chaleur sèche, les endroits marqués sont exposés à devenir cassants, on fera mieux de tenir le dessin tout près d’une eau qui bout dans un vase ; la température de la vapeur qui se dégage suffit pour déterminer la réaction immédiate, c’est-à-dire la formation du noir d’aniline.
- Si après le vaporisage on lave la marque légèrement dans une eau de savon chaude, la couleur se nuance en beau noir-bleu.
- La couleur résiste aux acides et aux lessives, et si on a seulement eu soin que la liqueur pénétrât intimement les fibres, c’est-à-dire que la marque ou le dessin apparaissent du côté opposé du tissu, il n’y a as à craindre qu’ils pâlissent aux lanchissages.
- Recherches sur ta densité des vins du département de l’Hérault, à propos de la question du pesage des vins.
- Par MM. C. Saiistpierre et A. Pujo.
- Le pesage des vins tend à se substituer, dans les contrées viticoles du Midi, au mesurage de ce liquide. L’un de nous, dans un Rapport présenté à la Société d’Agriculture de l'Hérault, au nom d’une Commission spéciale (17 mars 1862), a déjà fait ressortir les inconvénients nombreux du mesurage et les avantages incontestables de la vente au poids. Cependant, en présence des objections qui sont faites encore au sujet de l’assimilation du litre au kilogramme de vin dans la pratique agricole, il devenait nécessaire de montrer, par la détermination de nombreuses densités des vins, que l’erreur à laquelle on s’expose dans la vente au
- poids est insignifiante, eu égard aux erreurs considérables qui sont inévitables dans le mesurage.
- Dans ce but, nous nous sommes livrés à des expériences sur la densité des vins de l’Hérault, qui sont consignées dans des tableaux, et il ressort de ces tableaux que la densité des vins de coupage est sensiblement 0,999, l’eau pesant 1,000. Quant aux vins rouges de plaine ou de coteau, le poids de 1,000 litres oscille entre 999 et 994 kilogram-mes.
- Les vins blancs secs sont généralement plus légers: ils pèsent 0,994 pour le plus faible que nous ayons rencontré. Un vin paillet rentre dans la catégorie des vins rouges. Les vinaigres pèsent plus que l’eau.
- Les vins doux, qui comprennent les vins muscats et les vins de liqueur, ont tous un poids spécifique notablement supérieur à celui de l’eau. En effet, tandis que la quantité d’alcool qu’ils contiennent tend à abaisser leur poids, ils renferment assez de sucre pour peser jusqu’à 1089 kil. (muscat de Lunel) les 1,000 litres.
- Moyen pour distinguer la laine et
- le coton dans les tissus et les fils.
- Par M. C. Liebermanx.
- Il est parfois intéressant, pour les fabricants, de s’assurer d’une manière prompte et facile, dans les tissus de laine qui renferment du coton, du nombre et de la position des liis de cette dernière matière, et dans des fils mélangés, de la quantité respective de ces deux matières. L’acide picrique, qui peut, par voie de coloration, servir à établir la différence, attendu que le coton est complètement blanchi par cet acide, ne donne pas cependant de résultats bien tranchés à raison du faible contraste entre le jaune et le blanc. J’ai cherché, au moyen do la fuchsine, à atteindre le but, mais
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- sans succès, parce que dans les tissus serrés les fibres du coton se colorent toujours en même temps que la laine; mais un petit tour de main m’a conduit aisément à ce but.
- On sait que M. Hofmann a observé qu’une solution de fuchsine bouillie avec une lessive alcaline donne une liqueur incolore qui renferme de la rosaniline. Si on sépare par le filtre de cette liqueur un précipité floconneux qui se forme en même temps et qu’on plonge dans cette liqueur aussi chaude qu’il est possible, un tissu de laine et coton ou un fil mélangé pendant quelques secondes, ils restent entièrement incolores. Si on jette ensuite l’échantillon dans un vase rempli d’eau froide ou qu’on le lave avec soin, alors la coloration rouge de la laine aussitôt que l’alcali a été entraîné par les lavages, apparaît sans que le coton prenne la moindre coloration.
- Après la dessiccation du tissu mélangé, on peut sans peine compter chaque fil à la simple vue et reconnaître comme laine, ou coton dans les fils mélangés ce qu’on nomme la vigogne, avec un compte-lil à l’usage des fabricants, et distinguer les fils fins de laine et ceux du coton. Comme on parvient avec la fuchsine à teindre au plus haut degré d’intensité, cette méthode s’applique également, la plupart du temps,«aux fils colorés.
- La solution incolore (de rosaniline} est facile à préparer en faisant bouillir et dissoudre quelques grammes de fuchsine dans 30 centimètres cubes d’eau et pendant que la liqueur bout, y ajoutant goutte à goutte de la lessive de potasse ou de soude, jusqu’à ce qu’il y ait décoloration. La solution filtrée se conserve dans un flacon fermé par un bouchon aussi longtemps qu’on veut (1) ; avant de s’en servir de nouveau, il suffit de la
- (1) Par le refroidissement, il se sépare des paillettes cristallines de rosaniline.
- chauffer, quoique la chose ne soit pas indispensable.
- Il est à peu près superflu d’avertir que la soie se comporte comme la laine et les fibres de lin et autres matières végétales de même que le coton.
- Purification du graphite.
- Par M. Cl. Wiskler.
- Pour debarrasser le graphite naturel des matières fines qu’il renferme, on peut procéder de la manière suivante :
- Le graphite ayant été broyé finement est, suivant son degré" de pureté, additionnéde 100 à200 parties d’un mélange à parties égales de soude et de soufre, soumis, en cet état, à une chaleur rouge modérée, jusqu’à ce que la flamme bleue du soufre, qui d’abord s’échappe sous le couvercle du creuset, ail disparu et fait place à une petite flamme jaune ; la masse légèrement affaissée est, après le refroidissement, bouillie dans l’eau et lavée par décantation, et le résidu est traité par l’acide chlorhydrique étendu qui dissout tout le fer présent avec dégagement d’hydrogène sulfuré. Le graphite se présente alors sous un état de division extrême, et exige beaucoup de temps pour se déposer, mais on peut hâter ce dépôt par un lavage avec une solution de sel ammoniac.
- Ainsi obtenu, le graphite laisse encore, quand on le brûle, un léger résidu de silice blanc de neige, et pour l’en débarrasser, on le fait bouillir avec une lessive de soude, on le lave de nouveau, on le fait sécher et on le porte dans un creuset couvert à une chaleur rouge faible qui lui donne de la densité.
- De cette manière, le produit qu’on obtient des graphites les plus communs, ne laisse pas, lors de la combustion, la moindre trace de cendres.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Machine à planer et dresser les cylindres en tôles.
- Par MM. J. Harrison, ingénieurs.
- ' La machine dont on va donner ici la description, s’applique en particulier au travail des cylindres en cuivre ou en tôle, aux cylindres en fer et tournés dont on fait usage dans les appareils pour sécher, encoller, parer, apprêter et autres services; elle se compose d’un mécanisme automate pour dresser, planer, dégauchir les surfaces de ces cylindres ou autres articles.
- L’objet sur lequel on veut opérer est placé sur un cylindre en fonte qu’on fait tourner lentement et alternativement en directions contraires au moyen d’un encliquetage et de roues dentées; au-dessus de ce cylindre est placée une série de petits pilons ou de marteaux que lèvent successivement des excentriques disposés en spirale sur un arbre. Ces marteaux retombent par l’effet de la gravité, et la force du coup est réglée en faisant varier la position de l’arbre aux excentriques, ou celle des mentonnets sur lesquels ces excentriques agissent.
- Lorsque le cylindre a été suffisamment plané et dressé dans une losition ou l’un de ses points, on e fait mouvoir à l’aide d’une vis ou tout autre organe afin d’amener les autres portions de sa surface sous l’action des pilons. On parvient ainsi à économiser beaucoup de main-d’œuvre, et le travail exécuté est plus uniforme et plus parfait.
- La figure 21, pb 333, est une vue en élévation et en bout de la machine.
- La figure 22, une vue en élévation par devant,
- La figure 23, une section des pièces principales.
- a, a, flasques du bâti disposées à une distance assez considérable pour admettre entre elles les objets les plus longs sur lesquels on se propose d’opérer ; b, arbre aux excentriques fonctionnant sur des appuis dans les flasques a et sur l’une des extrémités duquel sont les poulies fixe et folle c et d ; sur cet arbre b sont calés les excentriques e disposés en spirale sur sa surface convexe, qui, en agissant sur les mentonnets f, relèvent les pilons g (fig. 23). Ces pilons sont percés de fenêtres dans lesquelles les mentonnets f peuvent monter et descendre, puis être arrêtés par des boulons dans une position donnée suivant la hauteur de chute qu’on veut donner aux pilons. Plus les mentonnets sont arrêtés haut, moins est grande la hauteur de chute de ces pilons, et réciproquement, ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte à l’inspection des figures 22 et 23, et quand on veut qu’une portion de ces pilons n’agisse pas, on les relève au-delà de l’atteinte des excentriques e et on les maintient dans cette position par une cheville qu’on insère dans un trou, comme on le voit du côté droit de la figure 22.
- j est un cylindre en fer sur lequel on place le cylindre k qu’on veut planer; ce cylindre; est pourvu de deux colliers mobiles /, /, et la portion de sa surface convexe entre ces colliers est de la plus grande longueur d’objets qu’on veut travailler dessus. Lorsqu’on veut opérer sur des cylindres plus courts, ces colliers étant libres peuvent être ajustés pour arrêter la pièce sur les côtés, et on les maintient en place par des vis de calage' ou au-, trement, Los pilous qui ne servent pas quand on plana fias pièces
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- courtes, sont maintenus suspendus comme on l’a expliqué ci-dessus.
- Pendant le travail du planage, il est nécessaire que le cylindre k sur lequel on opère avance puis recule dans le sens de sa circonférence, et en même temps que le mécanisme puisse le faire mouvoir dans la direction de son axe. Le premier de ces mouvements s’effectue ainsi qu’il suit :
- Sur l’un des bouts de l’arbre aux excentriques b est placée une came à rainure interne m dans laquelle roule un galet n inséré à l'extrémité du levier o dont le point de centre est en p (fig. 23). L’autre bras de ce levier o porte une fenêtre dans laquelle est inséré un bouton mobile q (qu’on peut arrêter derrière le levier à l’aide d’un écrou) sur lequel est articulée la bielle r, dont l’autre extrémité s’assemble par une goupille avec un autre levier s ayant son point de centre sur le bâti. Un cliquet t qu’on peut abattre et renverser sur ce levier s’engage dans les dents de la roue u sur laquelle est arrêtée par une clef ou autrement la roue v qui commande la roue dentée vl calée sur l’un des tourillons du cylindre j.
- Il est dès lors facile de comprendre que quand on fait tourner l’arbre aux excentriques b, ce mouvement se communique au cylindre j (qui entraîne avec lui le cylindre k) dans la direction requise. Le but du bouton mobile q et de la fenêtre du levier o est d’augmenter ou de diminuer l’étendue de ce mouvement, ainsi qu’on le juge nécessaire. Plus le bouton q est placé près du point de centre p du levier o, moins le mouvement communiqué au cylindre j a d’étendue, et réciproquement, comme il est facile de s’en rendre compte à l’inspection de la figure 21.
- Quant au mouvement du cylindre k dans la direction de son axe, il s’effectue par la disposition suivante. Un palier iv fixé sur l’un des côtés du bâti, porte un écrou w{ dans lequel fonctionne une vis
- x. Sur le bout extérieur de cette vis x est calée une roue à main y destinée à la faire tourner. L’autre bout de cette vis est rabattu et inséré dans une cavité sur le tourillon du cylindre y, comme l’indique la figure 22. La goupille ou clavette £ qui passe â travers ce tourillon et s’engage dans une gorge à la circonférence de la vis æ, l’empêche de sortir de la cavité du cylindre j, mais lui permet de tourner sur lui. Ainsi, lorsqu’on fait tourner la roue à main dans l’une ou l’autre direction, le cylindre j et avec lui le cylindre k qui est retenu entre les colliers l, l se meut dans la direction requise.
- On s’explique maintenant avec facilité le jeu de cette machine.
- Lorsque le mécanisme a été mis en mouvement en rejetant la courroie motrice de la poulie folle sur la poulie fixe, les excentriques e lèvent successivement les marteaux g, puis ceux-ci retombent tour à tour dans le même ordre par l’effet de la gravité en planant et dressant le cylindre k qui leur est soumis. Les excentriques e sont disposés sur l’arbre b, de façon que pendant une portion de sa révolution tous les pilons sont soulevés au-dessus du cylindre k ; dans ce moment, l’excentrique à guide intérieur m est en position pour faire reculer ou avancer le cylindre k dans la direction de sa circonférence, ainsi qu’on l’a décrit. Cette action continue aussi longtemps qu’on le juge nécessaire, alors l’ouvrier tourne la roue y pour que les pilons opèrent sur une autre portion du cylindre.
- Lorsque le planage et le dressage de ce cylindre sont terminés, la courroié motrice est rejetée sur la poulie folle, la goupille ou la clef x est enlevée et on fait tourner la roue y jusqu’à ce que la vis puisse être retirée du cylindre j qui est alors soulevé sur ses appuis et qu’on fait reposer sur un bloc de bois a1 qui est creusé pour cet objet. On retire alors le cylindre plané et fini qui est enlevé et rem-
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- placé par un autre qu’on insère sur ce cylindre j qu’on relève puis replace sur ses appuis. Alors la machine est remise en mouvement comme auparavant et manœuvrée comme il a été expliqué ci-dessus.
- Machine à défiler les chiffons de laine et de soie.
- On sait que depuis quelque temps on défilé les chiffons de laine, afin d’en obtenir des brins qu’on travaille de nouveau, file et tisse pour en fabriquer de nouvelles étoffes présentant une certaine apparence flatteuse et qu’on livre à un prix très-modéré, mais qui sont de qualité inférieure, parce ue les brins ainsi obtenus, même ans leur plus grande longueur, atteignent à peine 12 millimètres. Cette rupture de ces brins a été généralement attribuée à l’imperfection de la machine à défiler qui, en elle-même, est assez simple et ressemble au willow ou loup des filatures, mais qui, en résumé, ne fournit que des produits de bien médiocre qualité. Voici quel est le principe général et le mode de travail de cette machine :
- Les chiffons, après avoir été nettoyés et coupés en morceaux suivant les dimensions requises, sont placés sur une courroie sans fin ui les transporte entre une paire e cylindres cannelés qui les saisissent et les maintiennent avec fermeté en même temps qu’ils avancent peu à peu de l’autre côté des cylindres, où un troisième cylindre armé de pointes et tournant avec rapidité, les déchire promptement à mesure qu’ils sortent des cylindres. Il y a, il est vrai, des chiffons dont une machine mieux organisée ne tirerait pas un meilleur produit, mais avec tous les tissus peu serrés, les flanelles, par exemple, et la plupart des étoffes de laine pour l’habillement des femmes, on arrive très-bien avec une machine conve-
- nable à obtenir des brins de 8 et même 10 centimètres de longueur qu’on peut alors filer aisément sans addition de laine neuve.
- Il paraît qu’on vient d’inventer une machine de ce genre qui opère ce travail non pas seulement sur les chiffons de laine, mais aussi sur ceux de soie que l’appareil ordinaire est impuissant pour défiler. Nous ne pouvons encore présenter ici qu’un aperçu général sur cette machine d’origine américaine dont l’inventeur ne s’est pas encore entièrement assuré la propriété par des patentes et des brevets, mais nous emprunterons quelques détails à un journal anglais consacré à l’industrie.
- « Cette machine, dit notre confrère, consiste en une série de brosses articulées se mouvant dans des guides ù peu près elliptiques et sur lesquelles on place les chiffons préalablement découpés de grandeur convenable. Ces brosses les conduisent sous une autre brosse cylindrique qui tourne avec plus de rapidité que ne se meuvent les brosses articulées, et maintient ainsi le chiffon tendu et à plat. Derrière cette brosse est un cylindre en bois armé de dents en acier qui saisissent les fils de la trame et les séparent de ceux de la chaîne, et enfin les livrent à une seconde brosse cylindrique qui à son tour les abandonne à un rouleau de décharge d’où ils tombent, si c’est de la soie, en gros flocons, tandis que la chaîne restée sur les brosses articulées en une petite toison de brins longs est à son tour enlevée à mesure qu’elle avance vers le point de décharge.
- « Le brin qu’on obtient avec les chiffons de soie est en tout point égal à celui dont est fait la soie filée ordinaire, et pourra sans nul doute être employé aux mêmes usages ou pour trame sur chaîne en soie ordinaire.
- « Pour opérer sur tissus mélangés de laine ou de soie où les brins ne sont pas mêlés et filés ensemble, mais où la matière la plus
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- commune sert pour la chaîne et celle de meilleure qualité pour la trame, cette machine sépare parfaitement les deux qualités; la trame est chassée sous forme de flocons, tandis que la chaîne reste attachée aux brosses articulées. Les expériences sur tissus coton et soie, coton et laine ont démontré qu’il y avait départ parfait entre les deux matières, et cela sans rupture des fils.
- « La machine produit, dit-on, de 50 à 54 kilog. de soie de chiffons défilés en un jour avec un seul enfant pour l’alimenter, et une force d’un cheval-vapeur en met trois en activité. On peut, dit-on, se procurer actuellement le chiffon de soie pour 4 à 5 centimes le kilogramme, mais la moitié de ce poids est perdue en déchets provenant des matières étrangères, des coutures et autres parties des vêtements qui ne peuvent servir, ce qui élève le prix à 10 centimes. Les frais proviennent du lotissage des chiffons, de leur découpage en morceaux de grandeur convenable, de leur lavage, de l’alimentation des machines et de l’entretien de la force motrice. Tous ces frais sont peu élevés, puisqu’ils n’exigent pas des mains habiles, et par conséquent les profits devront être assez considérables.
- « Le travail sur les chiffons de laine est tout aussi satisfaisant; il présente d’ailleurs plus de facilité que pour la soie qui n'avait point encore été défilée par machine. »
- Barreaux squelettes 'pour les grilles des foyers.
- Par M. W.-E. Hill, de New-York.
- Les recueils américains consacrés à l’industrie parlent avec éloge d’un nouveau modèle de barreaux pour grilles de foyer que son inventeur, M. Hill, a caractérisés par le notn de barreaus-squelettes et gu} parfument biep supérieurs h
- toutes les inventions du mente genre.
- La figure 24, pi. 333, offre une section longitudinale de ce barreau et la figure 25 en est une section transversale.
- La colonne d’air froid s’élève des deux côtés de la surface de ce barreau, et en même temps monte dans le canal longitudinal A, puis s’écoule par les ouvertures latérales B, B, en remplissant un double rôle, c’est-à-dire en rafraîchissant le barreau et en portant à une température élevée l’air avant qu’il arrive sur le combustible. Ces barreaux, tout en conservant la forme générale extérieure de ceux ordinaires, sont donc établis en prenant en considération les principes scientifiques do la combustion.
- Voici les points principaux sur lesquels on s'appuie pour démontrer la supériorité des barreaux-squelettes.
- Ils présentent un perfectionnement positif et ,radical, en ce qu’on y a introduit un canal courant dans toute la longueur du barreau combiné avec des trous latéraux. Une hauteur plus grande que celle des barreaux ordinaires présente plus du double de la surface de métal chauffé en contact avec l’air qui se trouve ainsi suffisamment chaud et raréfié pour accélérer notablement son passage à travers le combustible. La forme en auge renversée du barreau a pour objet de résister au gauchissement et à la torsion, tandis que le courant d’air, sans cesse rapide et constant à travers le cœur du barreau, le préserve presque entièrement contre l’actiou du feu et augmente sa durée. Ces barreaux opèrent une combustion plus complète, et par conséquent une économie de combustible pour un effet donné, puisqu’ils fournissent à la combustion une bien plus grande quantité que les barreaux ordinaires, et que cet air est chaud.
- Ces barreaux sont aujourd’hui fort employés aux Etats-Unis, et dans la lutte célèbre entre les deu* navires li vapeur le Wwwiii ei
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- VAlgonquin, ce dernier portait des barreaux-squelettes qui se sont ainsi trouvés soumis h une bien rude épreuve et ont fonctionné avec succès,
- Distribution perfectionnée dans les machines à vapeur.
- Il n’est pas d’ingénieur, de constructeur ou d’industriel ayant fait usage d’une machine à vapeur, qui ne se soit aperçu des défauts de la distribution, telle qu’on la construit assez généralement aujourd’hui et qu’on connaît sous le nom de tiroir. Tous ont pu constater la difficulté de rendre cet appareil parfaitement étanche, le frottement considérable auquel il est exposé, l’imperfection ou plutôt l’inefficacité des moyens admis ou proposés pour l’équilibrer, etce qui est peut-être plus grave , l’abaissement de la tension qu’il produit dans la vapeur, ou même la consommation en pure perte d’une portion de cette vapeur. En effet, dans le mode actuel de construction du tiroir, les differentes parties solides dont il se compose se trouvent alternativement , et plusieurs milliers de fois dans une journée de travail, soumises à l’action de la vapeur avec toute sa pression, ou mieux à sa température la plus élevée, puis subitement mises en contact avec le passage rempli d’air froid qui conduit h la condensation. Ces pièces doivent donc refroidir notablement la vapeur atfluenle et lui enlever de sa tension, ou même en faire passer une portion à l’état liquide , d’où résultent, des pertes qui, répétées à chaque instant, doivent finir par être très-onéreuses.
- Un ingénieur de Glasgow, M. J. Yule, a cherché à remédier à ce dernier défaut qui, en effet, est le plus grave , et l’idée heureuse qui s’est présentée à son esprit a été de sépam1 le& organes de l’admission de ceu^ de l’ccbappement, et do
- les faire fonctionner séparément et alternativement par des excentriques distincts. C’est ce qu’il a exécuté de la manière la plus simple et la plus économique. D’ailleurs, l’admission et l’échappement se trouvant ainsi séparés, rien n’est plus facile que d’arrêter en un point quelconque l’afflux de la vapeur, et de marcher ù tel degré de détente qu’on désire, à l’aide de moyens mécaniques des plus simples et des plus prompts à manœuvrer.
- Nous présenterons ici un exemple du système de M. Yule, appliqué à une machine à vapeur horizontale.
- La figure 26, pl. 333, représente le plan du cylindre d’une machine à vapeur horizontale avec la distribution imaginée par M. Yüle.
- La figure 27 est une vue en élévation de côté de ce même cylindre, mais partie en coupe.
- La figure 28, une vue en élévation par derrière.
- La ligure 29, une section verticale transverse.
- Dans cet exemple, le cylindre 1 de la machine à vapeur horizontale est venu de fonte avec deux boîtes de distribution tubulaires 2 et 3 placées symétriquement et diamétralement opposées, parallèlement à ses côtés et dans le même plan
- ue l’arbre coudé de la machine.
- hacune des boîtes 2 et 3 est alésée pour recevoir un manchon ou pièce tubulaire 5, o, 6,6, et il existe quatre lumières 7, 7,8,8 communiquant avec le cylindre 1, deux à chacune de ses extrémités, percées en partie dans la paroi du cylindre et en partie dans le manchon de la boîte adjacente. Ces manchons 5, b, 6,6 sont arrêtés fermement en place, et comme ils portent à l’extérieur des collets qui sont légèrement recouverts par les couvercles aux extrémités du cylindre, ils n’exigent pas d’autre mode de fixation.
- Dans chacune des boîtes 2 et 3 se trouve placée une tige 11 et 12 terminée par deux pistons ou sur laquelle on a râlé les deux pistons
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- 43,13,14,14 qui, dans l’exemple représenté, ne portent pas de garniture, mais qu’il est préférable de munir d’anneaux de garniture. Ces pistons 13,13,14,14 sont disposés sur leurs tiges respectives 11 et 12 d’une manière convenable pour couvrir et démasquer alternativement les lumières, à mesure que les tiges se meuvent en va et vient sous l’action d'excentriques calés sur l’arbre principal. Des garnitures en étoupes ou autre matière compressible, sont appliquées entre l’extérieur de chaque piston 13, 14, et un anneau ou couvre-étoupes 17 (qu’on peut serrer au moyen de boulons 18) est vissé sur les tiges 11 et 12, afin de former un assemblage étanche entre l’intérieur des boîtes et l’air extérieur à chacune des extrémités.
- La boîte 2, sur l’un des côtés, avec ses deux pistons 13,14 et ses lumières 7,7, sert à l’admission de la vapeur dans le cylindre 1, cette vapeur ayant accès^ par un branchement 19, dans la partie moyenne de la boîte.
- De même, la boîte 3 sert, de l’au-* tre côté, avec ses pistons 13,14 et ses lumières 8,8, a l’échappement de la vapeur qui s’écoule de cette boîte par le branchement 20, au milieu de celle-ci.
- Les tiges de pistons 11 et 12 portent à leur extrémité antérieure des fourchettes percées d’yeux qui servent h les assembler directement avec les bielles d’excentriques.
- On a supprimé la garniture des pistons 13,14 k l’extrémité postérieure du cylindre où l’on fixe des couvercles creux sur les boîtes 2 et 3, tandis qu’aux extrémités antérieures, on a dit qu’on préferait des stuffing-box.
- Les dispositions qu’on vient de décrire sont évidemment susceptibles d’être modifiées, et s’appli-uent également aux machines à eux cylindres ordinaires, terrestres ou marines, ainsi qu’aux machines à détente à double cylindre. Dans ce dernier cas, il doit y avoir trois boîtes avec leurs pistons
- pour chaque couple de cylindre, une entre ces cylindres, et une à chacune des extrémités.
- Ces perfectionnements sont aussi applicables aux machines verticales ou inclinées. M. Yule a construit une machine sur ce principe pour ses ateliers de Glasgow, machine qui a été mise en train au mois de mai 1866, et qui depuis, constamment en activité, a fonctionné, dit-il, parfaitement bien, et économisé sur son ancienne machine à vapeur environ 20 pour 100 de combustible, en travaillant dans 'des conditions identiques.
- Nous ne ferons qu’une simple remarque sur la disposition imaginée par M. Yule, c’est qu’il est possible que du côté de la boîte froide d’échappement, la paroi du cylindre ne soit aussi refroidie et ne donne lieu à une précipitation de vapeur à l’intérieur de ce cylindre ; mais, dans le cas où il eh serait ainsi, le remède à apporter k ce défaut serait des plus simples.
- L’expérience démontrera aussi si ce mode de distribution n’exige pas, pour fonctionner, une plus forte dépense de force mécanique.
- F. M.
- Sur les soupapes de sûreté des chaudières à- vapeur.
- Par M. Th. Baldwin.
- Les expériences sur les soupapes de sûreté sont encore peu multipliées , et cependant il est facile de concevoir tout l’intérêt qui s’attache à la forme et au service de ces organes si importants dans la construction des machines à vapeur, et c’est par ce motif que nous nous empressons de mettre sous les yeux des lecteurs un extrait d’un Mémoire intitulé : Recherches expérimentales sur la nature et le mode d’action des soupapes de sûreté dans les machines à vapeur, et qui a été lu récemment par Th. Baldwin à la Société des ingénieurs de Londres.
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- Il arrive fréquemment, dit M. •Baldwin, avec une soupape de sûreté chargée à peu de kilogrammes Pfes au maximum de pression indiqué par le manomètre à mercure, que quand on n’emprunte pas de vapeur à la chaudière, ou que cette chaudière a une capacité supérieure à celle qu’exigerait ce travail qu’elle doit exécuter, la pression s’élève en dépit de la soupape de sûreté et chasse le mercure hors du manomètre, cas dans lequel la soupape n’a nullement rempli son But, parce qu’elle a laissé la vapeur s’élever à une pression plus haute qu’elle n’aurait dû le permettre.
- Cet état de choses s’étant présenté ii l’observation personnelle de M. Baldwin, il s’est déterminé, en 1857, à entreprendre des expériences pour savoir jusqu’à quel point la pression, dans une chaudière à vapeur, peut excéder la pression théorique ou calculée sur la soupape de sûreté, sans que cette soupape suffise pour décharger l’excès de vapeur générée dans la chaudière.
- A cet effet, il a fait choix d’une petite soupape de 25,mn.3995 de diamètre, à levier et à poids de structure ordinaire, qu’il a fixée au sommet d’un tuyau, aussi de 25mra.3995 de diam. et de 33mra.0479 de longueur, inséré dans le couvercle du trou d’horilme d’une chaudière à deux carneaux intérieurs du Lancashire. Le levier de la soupape avait une longueur de 0m.3556 ; la distance du centre de la soupape au centre de rotation du levier était de 0mm.50799, et cette soupape était chargée d’un poids de 2kil.762. Le poids du levier et delà soupape a été relevé un fois pour toutes, et est resté le même dans toutes les expériences.
- ^ On a constaté et mesuré le soulèvement de la soupape en plaçant une plaque de cuivre tout près de l’extrémité du levier. Pendant que la vapeur s’écoulait de la chaudière et h chaque soulèvement défini, on a fait une marque sur la plaque avec une pointe fine en acier,
- puis, avec un compas très-fin, on a mesuré cessoulèvements et répété chacun d’eux 50 fois sur une règle en laiton ; la longueur totale, mesurée, a été divisée par 50, pour assurer l’exacte mesure de ces soulèvements. Enfin, on a noté la pression pendant la durée de l’écoulement.
- La soupape dont on a fait usage dans l’expérience n° 1 du tableau suivant, était un disque de 31mra.75 guidé par des broches à l’extérieur. La pression dans la chaudière était de 4kil.570 par centimètre carré, y compris celle de l’atmosphère ; la soupape ne s’est soulevée de 1/20 de son diamètre, ou de lmn,.27, que quand la charge qui pesait sur elle a été réduite à 3kil.772 par centimètre carré.
- Dans l’expérience n° 2, on a expérimenté avec la même soupape et à la même pression ; mais, dans ce cas, on n’a pas laissé la pression varier dans la chaudière pendant tout le temps de l’expérience. Dans cette expérience , la soupape ne s'est soulevée de 1/20 de son diamètre que sous une charge de 3kil.743 environ, ou, en d’autres termes, la charge sur la soupape étant 3kil.743, celle dans la chaudière, qui était de 4kil.570, n’a pu soulever la soupape que de 1/20 de son diamètre sur son siège, la vapeur de la chaudière s’écoulant dans l’atmosphère.
- Le n° 3 est une expérience avec une soupape discoïde de 31m,n.750, à trois ailes glissant à l’intérieur du siège pour lui servir de guides, la pression dans la chaudière était 5kil.l32. Malgré cette pression élevée de la vapeur, la soupape ne s’est soulevée de 1/20 que lorsque la charge qui pesait sur elle a été réduite à okil.796 par centimètre carré, effet probablement dû à ce que la sortie de la vapeur était retardée parles ailes qui réduisaient l’aire du passage dans l’atmosphère. En abaissant la charge sur cette soupape à 3kil.707, et malgré que cette charge n’ait été réduite que de 0kil.089 par centimètre carré,
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- elle s’est ouverte de 1/10 de son diamètre. Jusqu’à la charge de 3 kil.937, le soulèvement de la soupape a diminué d’une manière à peu près constante avec la charge qui pesait sur elle.
- L’expérience n°4 a été faite avec la même soupape, la pression dans la chaudière était 4 kil.570. Dans ce cas, la soupape s’est soulevée de 1/20 lorsque la charge qui pesait sur elle a été abaissée à 3kil.480 par centimètre carré.
- Dans l’expérience n° 5, on s’est servi d’une soupape dont le disque avait 55nnn.547 de diamètre, avec largeur de portée ou de surface de
- 3mm 17g. je reste (je imw#27
- environ pourdonnerplus d’étendue au passage de la vapeur, comme on le voit en coupe dans la figure 30, pl. 333. La pression dans la chaudière a été 4 kil.710, et la soupape ne s’est soulevée sur son siège de 1/20 de son diamètre que lorsque la charge a été réduite à 3 kil.427.
- L’expérience n° 6 a eu lieu avec la même soupape, la pression dans la chaudière étant 4kil.921 ; la soupape ne s’est soulevée de 1/20 que par un abaissement de la charge à 3 kil.515. Celle nu 7 a été faite avec la même soupape, la pression dans la chaudière étant 4 kil.570; la soupape ne s’est soulevée de 1/20 que lorsque la charge a été réduite à 3kil.l98.
- L’expérience n° 8 a porté sur la soupape à trois ailes des nos 3 et 4, mais le disque a été réduit de 31,nm.750 à 28“"“.574 de diamètre, la pression dans la chaudière étant 4kil.570, la soupape ne s’est soulevée de 1/20 que par un abaissement de la charge jusqu’à 3 kil.585.
- Une autre expérience, celle n°9, a été faite avec la même soupape et la même pression de 4 kil.570 dans la chaudière. La soupape s’est soulevée de 1/20 quand le poids qui la chargeait a été réduit à 3kil.691. Les charges des soulèvements dans les deux dernières expériences , diffèrent entre elles, ce qui a été probablement du à l'écoulement cjn ja yapeop cto un mura point,
- la chaudière étant employée à faire marcher une machine à'vapeur et à faire bouillir des cuves au moment des expériences.
- L’expérience n° 10 a eu lieu avec la même soupape que dans les expériences nÜS 5, 6, 7, mais on a poussé plus loin l’ouverture de la soupape. Celle-ci s’est soulevée de 1/20 quand la charge sur elle a été réduite à 3 kil.774,la pression dans la chaudière étant 4kil.570.
- L’expérience n° Il a eu lieu avec la même soupape que dans les expériences nos 8 et 9, avec cette différence que les espaces entre les ailes ont été comblés avec du ciment romain, jusqu’à ce que ce remplissage format un paraboloïde de 25mm.4 de diamètre à la base avec même hauteur de 25II,m.4 de la base au sommet. Au terme de l’expérience, la soupape avait perdu tout son ciment et les soulèvements y ont en conséquence été irréguliers. La pression dans la chaudière étant 4kil.570, cette soupape s’est soulevée de 1/20 lorsque sa charge a été réduite à 3kil.831.
- L’expérience n°12 a eu lieu avec une soupape ordinaire à trois ailes et face conique, l’angle que faisait le côté oblique étant 45“,- la largeur de portée 3mra.175, le diamètre intérieur de la soupape comme précédemment. La pression dans la chaudière étant 4 kil.710, la soupape s’est soulevée de 1/20 de son diamètre, quand sa charge a été abaissée à 3kil.650 par centimètre carré.
- L’expérience n°13 a été faite avec la même soupape que celle employée dans les expériences nus 5, 6, 7 et 10, à cette différence près que la face de la soupape a été de 28mm.574 et que la portion extérieure du disque touchait presque celle plate du siège dont elle n’était éloignée que de 0mm.254. La pression dans la chaudière étant de 4kil. 710 par centimètre carré, la soupape ne s’est soulevée de 1/80 do son diamètre, que lorsque la charge a été abaissôo à 3kil,163 par centimètre carré, Cette espêi
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- nence démontre que les grandes toces pour les soupapes doivent etre exclues, puisque l’abaissement de la charge sur la soupape à 3kil.l63 ne permet à cette soupape de se soulever de 1/80 de son diamètre, que quand la pression dans
- la chaudière a été de 1 kil.547 par centimètre carré au-dessus de la charge qui pèse par centimètre carré sur cette soupape.
- En réunissant tous les résultats des expériences, on forme le tableau suivant :
- numéros PRESSION totale dans la chaudière en kilogram. CHARGE SUR LA SOUPAPE EN KILOGU PAU CENT1M CARRÉ
- des expérien- ces. lorsque la soupape s’est soulevée des fractions ci-dessous de son diamètre — gS'H'n.SQOo.
- par centiia. carré. 1/80 4/80 8/80 12/80 , 16/80
- 1 4.570 4.112 3.772 3.673 3 620 »
- 2 4 570 4.059 3 743 3.608 )) )>
- 3 5.132 4.112 3.796 3.707 )) »
- 4 4.570 3 961 3.480 3.427 3.374 »
- 5 4.710 4 148 3 427 )> » »
- 6 4.921 4.489 3.515 3.427 )) ))
- 7 4 570 3.972 3 198 )) » )>
- 8 4 570 3.902 3.585 3.445 3.339 3 270
- 9 4.570 3.849 3.691 3 568 3.480 »
- 10 4.570 4.042 3.774 3.128 )) ))
- 11 4.570 4.113 3.831 » )) ))
- 12 4 710 3.954 3.656 3.480 3.109 3.339
- 13 4.710 3.163 » » » »
- On observe beaucoup de soupapes de 50mm.8 à 127l,;m placées sur des chaudières qui ne laissent écouler que faiblement de la vapeur quand la pression dans la chaudière est de 1 kil.054 à 1 k.406 par centimètre carré au-dessus de la charge qui pèse aussi par centimètre carré sur ces soupapes. C’est ce qui arrive plus spécialement lorsque la soupape est un disque et la face semblable à celle dans l’expérience n° 13. On voit en effet dans cette expérience comme un cas extrême que si la pression dans la chaudière est 3kil.163 par centimètre carré, cette pression, avec une soupape de ce modèle, peut s’élever à 4kil.710 avant que cette soupape se soulève de 1/80 de son diamètre ou de O'11'".3175, c’est-à-dire 1/20 de son aire ou de l’orifice qu’elle couvre.
- Ces expériences démontrent donc qu’on ne peut pas espérer avoir de soupape de sûreté ordinaire d’une aire suffisante pour permettre à la vapeur, lorsque le fourneau est en pleine activité, un écoulement aussi rapide qu’il devrait l’être,
- si on ne donne à cette soupape de très-grandes dimensions.
- (La suite au prochain numéro.)
- Appareil de sûreté pour les chaudières à vapeur.
- Par M. IIackett.
- M. IIackett, inspecteur des locomotives à Warrington, a imaginé un appareil qui consiste en une construction et une disposition nouvelles de soupape de sûreté pour prévenir les explosions des chaudières à vapeur, produites par une tension trop élevée et empêcher un excès de pression provenant d’un défaut d’eau dans la chaudière.
- Cctappareil, représenté en coupe dans la figure 32, pl. 333, se compose d’un cylindre intérieur renfermé dans un cylindre extérieur ui l’enveloppe. Ces deux cylin-res sont veuus de fonte et sont vissés sur la chaudière par leur collet, en laissant entre eux un es-*
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- pace vide annulaire. Le cylindre extérieur est un peu plus haut que celui intérieur et disposé de manière qu’une soupape couvre tant le cylindre intérieur que l’espace annulaire. Le tout est coiffé d’un couvercle qui permet h la soupape de se soulever. La soupape est à l’intérieur de ces deux cylindres, chargée par un poids et un levier. Par cette disposition , la pression de la vapeur aussi bien que celle de l’eau peuvent agir sur cette soupape.
- Le cylindre intérieur est ouvert en dessous et par conséquent, sur la chaudière. L’espace annulaire est, par des tuyaux, en communication avec l’eau et permet à celle-ci, conjointement avec la vapeur, d’opérer sur la face inférieure de la soupape. Une ouverture dans le cylindre extérieur dans le haut du siège de la soupape est, d’un autre côte, mise par un tuyau en communication avec la chauffe; par conséquent, lorsque la pression est assez forte dans la chaudière pour soulever le poids de la soupape, la vapeur et l’eau s’échappent par ce tube de communication, arrivent dans la chauffe et éteignent le feu.
- Cette action sur la soupape pour l’extinction du feu, s’exerce lorsque la chaudière manque d’eau. Le levier qui sert à charger cette soupape est prolongé au-delà de son point d’appui, et à son extrémité est une tige pendante à laquelle est suspendu, au-dessous de la ligne de niveau d’eau, un vase creux ouvert. Ce vase a le meme poids spécifique que l’eau, et tant qu’il y a suffisamment d’eau dans la chaudière il y reste plongé à une certaine profondeur sans peser sur le levier auquel il est suspendu ; on peut, par exemple, ajuster le vase de telle sorte que son fond soit à une distance de 7 à 8 centimètres de la chauffe. Dans cet état, si le niveau de l’eau vient à descendre jusqu’au-dessous du fond de ce vase, l’eau contenue dans ce dernier fait équilibre à la charge sur
- la soupape et, par conséquent, la plus légère pression dans la chaudière soulève cette soupape et éteint le feu.
- Machine à vapeur à action directe
- pour pulvériser et bocarder les
- minerais
- Par M. W. Wright, de New-York.
- Le but de cette invention a été d’opérer la pul vérisation et le bo-cardage des minerais par l’action directe de la vapeur, au-dessus et au-dessous du piston, c’est-à-dire par l’action des machines à vapeur à action directe, immédiatement attelées aux tiges des pilons, quoique quelques-uns des perfectionnements indiqués soient également applicables aux bocards où les pilons sont commandés par d’autres moyens.
- Afin de faciliter l’application directe de la force de la vapeur aux bocards et obtenir un rendement égal de la matière bocardée tout autour de l’appareil, les pilons, lorsqu’ils sont en plus grand nombre que deux, au lieu d’être placés sur une seule ligne, sont disposés suivant un groupe, et la batterie est complètement entourée par une auge qui reçoit la matière broyée.
- Le minerai est fourni au bocard par des conduits inclinés qui convergent vers le centre du groupe des pilons. L’introduction de la vapeur dans les cylindres à vapeur cjui contiennent les pistons et son échappement, s’effectuent par un système de tiroirs et de pièces commandées par les tiges des pistons et des pilons, de manière à permettre de tourner ces pilons autant qu’il est nécessaire pour assurer l’uniformité de l’action et de l’usure.
- Les cylindres à vapeur avec les tiroirs et leurs armatures, sont également disposés pour (ju’on puisse les abaisser par degré, à mesure
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- ue les pilons s’usent, au moyen e quoi on assure un choc uniforme et des espaces nuisibles toujours égaux entre les pistons et les londs des cylindres à vapeur.
- La figure 33, pi. 333, est une vue en élévation par devant, du bocard perfectionné.
- La figure 34 est une section verticale prise par la ligne 1-2 de la figure 33.
- La figure 35 est un plan, partie en coupe, prise par la ligne 3-4 des figures 33-34.
- La figure 36, une section horizontale prise par la ligne 5-6 des niêmes figures.
- A, plaque de fondation circulaire en fonte, sur laquelle est montée la batterie B, B, et qui constitue la base de l’appareil. Sur cette plaque s’élèvent, à des distances égales entre eux, 4 piliersC,G destinés à soutenir la plaque de fond horizontale A’, A’ des cylindres h vapeur verticaux E,E ainsi que les enveloppes de vapeur D,D qui les entourent, chacun des pilons F, F ayant son cylindre à vapeur propre, et tous ces cylindres renfermant un piston P arrêté sur la tige de soulèvement P’ de chacun des pilons.
- On peut réunir un nombre quelconque de pilons, de pistons et de cylindres à vapeur, mais quatre, disposés sous la forme d’un carré ou à des distances égales d’une ligne verticale passant par le centré de la batterie, constituent une disposition qui paraît mériter la préférence, parce qu’elle permet d’alimenter en minerai par le centre de la batterie ou du groupe des pilons, et une égale distribution des matières à tous les bocards et, par conséquent, un rendement égal en minerai bocardé par tous les côtés de la machine à travers le crible S qui entoure la batterie et les bocards, et sa décharge dans l’auge A4 creusée dans la plaque de fondation, et qui environne, dans le bas, le crible.
- Afin de simplifier la construction, les cylindres, leur plaque de fond et les enveloppes qui les en-
- tourent sont moulés d’une seule pièce.
- A leur partie supérieure, les piliers G, C, qui passent à travers des trous ménagés dans la plaque A1 portent un filet de vis sur lesquels s’appliquent, en dessous de la plaque, des écrous G, G, et en dessus des contre-écrous H, H. Les écrous inférieurs G soutiennent cette plaque ainsi que les cylindres, et ceux supérieurs H servent à la fixer et h la maintenir. En desserrant les écrous G, on fait descendre tout d’une seule pièce la plaque, les cylindres à vapeur et les pièces qui y sont attachées, et on parvient ainsi à ajuster la batterie chaque jour, ou aussi souvent qu’on le juge nécessaire pour compenser l’usure des pilons et, par conséquent, maintenir des espaces nuisibles uniformes ou à peu près uniformes entre les pistons et les couvercles, ainsi que les fonds des cylindres.
- Pour que la plaque A1 puisse être aisément maintenue en position horizontale dans ses ajustements et que tous les cylindres soient abaissés également, une échelle /i, graduée à parties égales, est tracée sur chaque pilier G, et un index i est attaché à la plaque en regard de chaque pilier.
- Les tiges des pilons et des pistons P1 passent à travers des boîtes à étoupes a, a établies sur les fonds des cylindres ou sur la plaque A1, et la partie supérieure pénètre dans des colonnes creuses N, N qui font partie des couvercles des cylindres ou sont arrêtés fermement dessus. Ces colonnes ont même centre que lés cvlindres et sont percées et alésées de manière à constituer des guides pour les parties supérieures des tiges et, enfin, elles sont fermées au sommet.
- Les cylindres sont pourvus de boîtes de tiroir I, I, dont il peut y avoir une distincte pour chaque cylindre, mais que pour simplifier, on réduit au nombre de deux; chacuue de ces boîtes est ainsi
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- commune à deux cylindres, comme l’indique la figure 33. Ces deux boîtes sont alimentées de vapeur par des branchements P, P qui amènent cette vapeur de la chaudière. Chacun de ces cylindres est ourvu d’un tiroir Y fonctionnant orizonlalement, et par le mouvement duquel s'effectue l’introduction de la vapeur dans le cylindre par la boîte respective I, et son échappement de ce cylindre dans l’enveloppe D qui entoure tous les cylindres.
- Les tiroirs peuvent être établis sur un modèle quelconque convenable, mais pour qu’ils puissent fonctionner avec peu de frottement, l’inventeur a préféré leur donner la forme d’un piston, ou, ainsi que le représente la figure 33, de les établir doubles, de façon que chacun puisse fonctionner entre deux sièges et être équilibré contre la pression de la vapeur, excepté, toutefois, que cette pression opère sur une portion de son extrémité interne, d'aire égale à celle de la tige J, tandis que l’extrémité externe est exposée à l’atmosphère. Les faces opposées de ces tiroirs ressemblent, par la forme, au tiroir court à trois voies, et fonctionnent sur trois lumières b,c, d, dont celle intérieure b communique, ainsi qu’on le voit dans la figure 34, avec le bas de son cylindre respectif, celle extérieure c avec le haut de ce cylindre et celle moyenne d avec l’enveloppe 1), à laquelle est attachée le tuyau d’échappement D’.
- Les tiges J des tiroirs fonctionnent à travers des boîtes à étoupes c, é, dans les boîtes de tiroirs et leurs bouts extérieurs, se rattachent aux extrémités des leviers K qui basculent sur des points de centre, établis sur despotencesXfixéessurles cylindres. Les autres extrémités de ces leviers sont articulées sur des tringles horizontales /, qui jouent dans des boîtes à étoupes f” établies sur les flancs des colonnes N,N.
- La portion supérieure et termi-
- nale des tiges de pistons et de pi-lonsP1 présente une forme conique, comme on le voit en g. g, lîg. 34, afin qu’elles puissent agir comme des coins ou des plans inclinés sur les extrémités postérieures des tringles f, et par conséquent par l'entremise des leviers K, faire effectuer aux tiroirs un mouvement de dehors en dedans, à mesure que les pistons remontent, et de permettre ainsi l’admission de la vapeur par les lumières c dans le haut des cylindres, afin d’amener le mouvement de descente des pistons et des pilons. Le mouvement de dedans en dehors du tiroir détermine l’admission de la vapeur par les lumières b dans le bas des cylindres pour relever les pistons et les pilons; il s’effectue par la pression de la vapeur sur l’extrémité interne des tiroirs, à mesure que les portions coniques supérieures g des tiges P1 descendent et permettent aux tringles J de se mouvoir.
- Des ressorts Q sont appliqués pour presser de dedans en dehors les extrémités inférieures desleviers K, afin de maintenir les tringles f en contact avec les tiges des pistons et des pilons, lorsqu’il n’y a pas de vapeur dans les boîtes de tiroirs, et par conséquent de maintenir les tiroirs en position, pour commencer à opérer aussitôt qu’on admet une pression suffisante de vapeur dans les boîtes.
- Le même mouvement de chaque tiroir qui introduit la vapeur à l’une des extrémités de son cylindre respectif, permet l’échappe-menl de la vapeur par l’extrémité opposée, comme dans le cas du tiroir court ordinaire employé dans les machines à vapeur.
- Les bouts internes des tringles f sont exposés à l’action de la pression de la vapeur qui pénètre dans les colonnes creuses N, et cette action contrecarre, jusqu’à un certain point, la pression de dedans en dehors sur les tiroirs, mais les bras inférieurs des leviers étant beaucoup plus longs que ceux supé-
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- rieurs, ces tringles sont constamment maintenues convenablement en contact avec les parties coniques g des tiges de pistons et de pilons, pour assurer le fonctionnement des tiroirs. L’armature de chaque cylindre étant entièrement indépendante de celle des autres, chaque pilon fonctionne séparément et par sa propre machine à vapeur, et l’un quelconque d’entre eux peut être amené au repos sans que les autres cessent de marcher. Le haut des tiges de pistons et de pilons, affectant une forme conique, déterminent ou du moins permettent toujours le jeu convenable des tiroirs, malgré que les pilons et les pistons soient libres de tourner pendant le travail.
- Afin d’obtenir une égale distribution des matières qu’il s’agit de briser à tous les pilons, on a disposé des trémies T,T sur les côtés opposés des groupes de pilons, et de ces tréniies partent des conduits inclinés T'1, T1 qui conduisent dans un auget central T2 en rapport avec un orifice au centre du couvercle S1 du crible S, de façon que les matières sont fournies à la batterie au centre du groupe des pilons, et distribuées également à chacun de ceux-ci. Les matières réduites et pulvérisées sont livrées à travers le crible S à l’auge circulaire A2, où on peut les enlever à la pelle ou leur donner un écoulement continu par des tuyaux de décharge.
- Le couvercle S1 est adapté dans l’ouverture S2 du crible, de manière à pouvoir y monter et y descendre en maintenant toujours cette ouverture close.
- LestrémiesT sontarrêtées solidement sur la plaque A1 des cylindres à vapeur, et le couvercle S1 du crible est assemblé sur les conduits T1 et par conséquent les trémies, les conduits et le couvercle sont tous ajustés verticalement de position en même temps que les cylindres à vapeur.
- La même disposition de tiroirs et d’armatures de tiroirs, et le même
- Le Technologie. X. XXYUI. Juin 1
- ajustement des cylindres à vapeur, sont également applicables aux marteaux à vapeur, ou dans les cas où l’on ne fait usage que d’un seul cylindre et d’un pilon unique.
- Nouvelle roue pour chemin de fer.
- Par M. J. Smith.
- La figure 37, pl. 333, est une vue en élévation de la moitié supérieure de la nouvelle roue dite à suspension, vue dans laquelle on a enlevé la plaque discoïde de fermeture G. Dans ce modèle, le ban-dange D porte, sur sa surface concave ou interne, un champignon sur les côtés ou rainures duquel sont rabattues, en dedans, les plaques G, qui n’ont que la hauteur suffisante pour permettre un jeu facile, une action élastique, tout en permettant l’ajustement du bandage.
- La figure 38 est une vue en élévation de la portion inférieure de cette même roue fermée.
- La figure 39, une section transversale prise par le centre des figures 37 et 38.
- Les figures 40 et 41 sont des vues en élévation, et la figure 42 une vue en coupe transversale d’une roue construite avec bandage à nervure D, et un seul ressort intermédiaire J inséré à son intérieur et qui est saisi par les bords rabattus des plaques discoïdes, de façon que le bandage ne peut pas s’échapper latéralement, mais est libre d’éprouver un certain jeu dans le plan de la roue.
- Voici quels sont les avantages que M. Smith croit avoir réalisés dans son mode de construction de roues, dont une couple fonctionne actuellement avec succès sur le Nord London railway, et dont on se prépare à faire l’essai sur le Great Western railway.
- « La nouveauté de ce mode de construction consiste, dit-il, en ce
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- que le corps de la roue, les rais ou plaques discoïdes sont suspendus au nandage par une disposition telle, que les bandages sont soumis à une pression, tandis que le corps et les rais ou les plaques éprouvent une tension, principe contraire aux modes de construction adoptés actuellement.
- « Les avantages sont le prix modéré, la légèreté, la durée, une plus grande sécurité pour les trains et les convois, surtout à de grandes vitesses, puisque les bandages ne peuvent se détacher ou se rompre sur le corps, les rais ouïes plaques discoïdes de la roue, ou monter sur les rails. Il y a moins de galop, moins d’usure, de fatigue et de détérioration tant pour le matériel roulant que pour la voie permanente. Il ne peut pas y avoir de patinage ou de mouvement de lacet ou chocs latéraux, ni aucune nécessité pour de doubles rails dans les courbes à petits rayons. Ceperfectionnement s’oppose aussi à la torsion des manivelles et des essieux, puisque les bandages s’ajustent d’eux-mêmes; enfin, il y a moins de bruit et de vibration sur les ponts par suite de l’élasticité de ces roues.
- « Les désavantages, ou plutôt les défauts des roues actuellement en usage, proviennent de leur calage sur les essieux. Ce mode d’assemblage donne lieu à une perte de force dans la traction, à une usure et une fatigue inégales des bandages, à des patinages, glissements et oscillations des trains d’un côté h l’autre de la voie, à une contraction inégale des bandages, à la torsion clés manivelles et des essieux, tous défauts qui sont notablement augmentés toutes les fois que les châssis des machines ou des véhicules prennent du gauche, cessent d’être au carré ou d’équerre par des torsions, des chocs, etc., sans compter le mauvais état de la voie, les longueurs inégales des rails sur les différentes courbes, toutes circonstances qui ont besoin d’être prises en consi-
- dération; enfin, indépendamment des vibrations et des ébranlements des ponts sur lesquels on passe, et de l’élargissement des bandages delà machine lorsqu’il devient nécessaire de les enlever pour les remettre sur le tour.
- « L’objet des roues à ajustement automatique et élastique est d’obvier à ces défauts communs à toutes les roues fixes actuellement en usage. »
- L’idée des bandages à griffe pour saisir des rais rabattus ou avec disposition équivalente, n’est pas nouvelle. Les figures 43 et 44 représentent une forme de roues inventées par M. Yon Lindener, ingénieur des chemins de fer impériaux de Vienne, et qu’on a fait connaître dès 1865, dans le recueil intitulé : Organ fur die fortschritte des eisen-bahnswesens. La figure 43 étant une élévation du quart d’une roue, et la figure 44 une section prise par M,N sur. la figure 43, mais sur une plus grande échelle.
- À, bandage qui peut être en fer forgé ou en acier, ou moulé en coquille, suivant la manière employée par M. Gruson, de Magdebourg, pour les chemins de fer prussiens. La portion périphérique des rais en fer est rabattue sur le tourpour s’adapter dans la retraite à griffe du bandage, et ces rais sont maintenus en place par des emboîtures D qu’on applique chaudes, afin de mieux pincer ces rais à la fois en m et en w, emboîtures qui sont, d’ailleurs, maintenues elles-mêmes en place par des boulons et des écrous E, dans l’espace entre les rais.
- M. Lindener ne paraît pas avoir songé au jeu élastique interne entre le bandage et la roue, jeu qui constitue le caractère principal de l’invention de M. Smith; mais le mode d’assemblage à griffes entre les rais et le bandage paraît être commun aux deux inventions, seulement, il avait aussi été proposé antérieurement.
- N’oublions pas non plus que MM. LischineetHandyside,de St.-
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- Pétersbourg, ont inventé, en 4864, une roue qui, à quelques modifications près, ressemble à celle de M. Smith ; que ce modèle de roue a été introduit depuis trois ans sur les chemins de fer russes, où plusieurs centaines font actuellement le service avec succès.
- « Qu’une certaine élasticité bornée, mais réglée, soit nécessaire dans la masse ou le corps d’une roue de chemin de fer, c’est, dit l’éditeur du Pratical mechanic’s journal, auquel nous empruntons cet article, une chose qui ne peut faire question. Cette élasticité est à la roue ce que la traverse ou toute autre base suffisamment élastique est, ou devrait être, à la voie permanente, et il ne peut être l’objet non plus d’aucun doute, que cette élasticité dans la roue ne doive être aussi rapprochée quepos-sible du point de travail entre la roue et le rail, parce que toute masse de matière interposée ajoute à l’inertie et augmente le martelage qui a lieu en ce point. Mais il est permis d’avoir des doutes sérieux quand il s’agit de donner une certaine liberté de mouvement sensible, ou mieux, un jeu de pièces libres, dans un service continu pour les roues de chemins de fer, et on éprouve quelque inquiétude sur l’application de mouvements de cette espèce.
- lnjecteur pour les combustibles liquides.
- Des expériences pratiques et sur une échelle étendue, paraissent avoir suffisamment démontré que le pétrole peut être avantageusement substitué à la houille pour générer de la vapeur; mais, malgré les preuves convaincantes qui ont servi à établir ce fait, il n’existe peut-être pas encore d’exemple d’une application libre de ce genre dans la pratique. 11 est vrai que cette question de l’emploi du pé-
- trole pour produire de la vapeur, est comparativement encore bien nouvelle, et que dans ce cas, ainsi que dans beaucoup d’autres analogues, on rencontre peu de personnes qui consentent à prendre l’initiative. D’ailleurs, il y a des préjugés à vaincre, des intérêts contradictoires à concilier, et tant qu’on n’aura pas surmonté les uns ou satisfait les autres, la méthode la plus parfaite pour réaliser un perfectionnement dans une branche quelconque d’industrie, ne peut guère avoir de chance d’être accueillie et de se propager avec rapidité.
- Mais la question qui s’est élevée dès l’origine du cas actuel est celle-ci : est-on déjà arrivé au mode le plus parfait pour brûlerie combustible liquide? Il est vrai qu’il y a divers système qui ont la prétention de satisfaire à cette question, et on ne peut pas nier qu’on y ait beaucoup réfléchi et qu’on n’en ait cherché avec ardeur la solution. Mais malgré qu’on ait publié d’excellents résultats sur le travail des fourneaux au pétrole, ce n’est que depuis bien peu de temps qu’on a acquis une conviction très-ferme que la question ci-dessus posée, pourrait bien être actuellement ré-, solue par l’affirmative.
- Cette conviction est basée sur un examen attentif du résultat d’une méthode nouvelle pour brûler le pétrole dans le foyer d’une chaudière à vapeur d’une grande usine de Londres. L’appareil avec lequel on poursuit actuellement les expériences, a été inventé par MM. Wise, Field et Aydon, et est, comme tous ceux qui possèdent une utilité réelle, d’un caractère fort simple. Son principe consiste à faire usage du pétrole ou autre combustible liquide pour générer de la vapeur, en l’injectant au moyen de la vapeur d’eau surchauffée dans le fourneau. C’est ce qu’on opère de manière à ce qu’il soit vaporisé et distribué sur toute la surface du feu et que sa combustion s’y opère complètement.
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- On voit, à l’inspection de la fig. 45, pi. 333, que l’appareil n’est, en effet, nullement compliqué. Cette figure représente, en coupe, l’injec-teur dans lequel on admet la vapeur surchauffée par le tuyau i. Cette admission est réglée par une aiguille ^insérée dans la buse ajustable i2. Quant au pétrole, il est introduit dans l’injecteur par le tuyau j qu’on peut aussi ajuster. Une quantité convenable d’air est mélangée à la vapeur et au pétrole dans leur passage à travers le tuyau 42 qui se rend au fourneau. Cet air arrive par l’ouverture 4, et son afflux est réglé par un disque 41 qu’on peut à volonté lever ou abaisser.
- On a donc, de cette manière, un jet ou un courant de vapeur surchauffée, d’air et de pétrole qui est injecté avec force dans le fourneau par un tuyau placé immédiatement au-dessus de là porte du foyer. Ce jet vient frapper sur un autel en terre réfractaire placé à quelques décimètres delaporte.Lesbarreaux de la grille sont couverts par une plaque de fer, et sur cette plaque on jette une pelletée de houille en feu pour enflammer le jet de pétrole. L’air nécessaire à la combus-.tion de ce pétrole est introduit par des orifices percés dans la porte du foyer, et il n’y a pas de tirage ascensionnel parla grille.
- Dans l’exemple en question, l’appareil est adapté à une chaudière du Cornwall, à un seul bouilleur ordinaire, et son application n’a néanmoins exigé d’autre modification dans le fourneau, que le percement do un ou deux trous dans la porte de foyer et le placement d’une feuille de tôle sur la grille. En une demi-heure l’appareil peut être enlevé et le fourneau rendu de nouveau propre à brûler la houille.
- Dans les expériences qui ont eu lieu avec le pétrole, la combustion était des plus parfaites. Une flamme intense, brillante et violette remplissait tout l’espace au-delà de l’autel, indiquant la décomposition complète des éléments du
- combustible, tandis qu’une absence absolue de fumée et de carbone non brûlé venait ajouter un nouveau témoignage de l’exactitude du principe sur lequel cette invention est basée.
- Dans une expérience qui a duré deux heures environ, on a évaporé 19 kil.5 d’eau par kilogramme de pétrole. Pendant cette épreuve, la chaudière a fourni de la vapeur d’une tension de 3kil.50 par centimètre carré aux diverses machines de l’usine. L’huile de pétrole employée a été celle au plus bas prix et, nous croyons même, des résidus. L’appareil a exigé peu d’attention; il peut être complètement contrôlé, puisque la flamme est augmentée ou diminuée d’intensité presque instantanément en réglant l’écoulement de l’huile et de la vapeur.
- On connaît le maximum de pouvoir évaporatoire qu’on obtient de la houille de la meilleure qualité, et quand on observe que ce pouvoir est plus que doublé par l’application dupetrole à un fourneau brûlant de la houille, que ne doit-on pas attendre quand on développera le principe dans un fourneau et une chaudière établis spécialement pour cet objet? Si les inventeurs ont déjà réussi à se rendre maîtres, jusqu’à un certain point, des principes d’une combustion parfaite, avec des appareils imparfaits, et s’ils ont obtenu un succès incontestable dans la combustion du pétrole dans un fourneau ordinaire, enfin, si on considère les avantages que nous offre le pétrole comme combustible pour générer de la vapeur, on peut prédire que par le développement plus complet de ce principe et avec des modifications dans les foyers et les chaudières, les applications ne tarderont pas à devenir générales.
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- Théorie du mouvement de l'eau dans les fleuves, les rivières et les canaux.
- Dans un ouvrage paru en 1861, et intitulé : Report upon the phy-sics and hydraulics of the Missis-sipi river, ouvrage dont un très-petit nombre d’exemplaires ont été livrés à la publicité, MM. A.-A. Humphreys et H.-L. Abbot ont réuni une*foule de documents géographiques sur le grand fleuve en question, et les résultats importants de leurs recherches sur le mouvement de ses eaux. Cet ouvrage vient d’être traduit en allemand par M. H. Grebenau, qui y a ajouté beaucoup de documents intéressants, en cherchant en même temps, à faire ressortir par des notes qu’il y a ajoutées, l’exactitude de la théorie nouvelle qui y est exposée. Nous n’emprunterons à ces travaux que ce qui concerne les recherches hydrauliques des auteurs américains.
- Voici d’abord la méthode qui a été adoptée pour mesurer la quantité d’eau que débite le Missis-sipi.
- Le profil en travers a, en premier lieu, été mesuré au moyen d’une lifijne de base sur le rivage, et de théodolites placés aux points extrêmes de cette ligne. Pour mesurer les profondeurs, on s’est servi d’un poids de 5 à 10 kilogrammes. Le bateau au moyen duquel on a observé ces profondeurs, se mouvait à angle droit sur la ligne de base à l’une de ses extrémités, tandis qu’au moyen du théodolite, à l’autre extrémité de cette base, on observait la position du bateau au moment où on jetait le plomb de sondage.
- Parmi Tes méthodes pour la mesure de la vitesse, on a reconnu ue la meilleure était celle des oublesflotteurs. Après différentes expériences, on s’est servi, comme flotteurs, de petits tonneaux sans fond ou couvercle, qu’on chargeait avec un plomb jusqu’à ce qu’ils notassent verticalement sous l’eau.
- Sur la partie supérieure de ces tonneaux était arrêtée une anse ou boucle de cordage à laquelle, à l’aide d’une corde, était attaché un second flotteur de bois léger ou de liège, sur lequel était fiché un petit drapeau sur un fil métallique long de 0ra.30; les dimensions de ces tonneaux ont varié depuis 23 jusqu’à 38 centimètres de hauteur, et 15 à 25 de diamètre. Voici comment on procédait aux mesures.
- On prenait deux profils en travers à une distance entre eux de 60 mètres, qu’on observait à l’aide du théodolite dirigé sur eux à angle droit. On amarrait deux bateaux dans le fleuve, l’un assez loin au-dessus du profil supérieur, et l’autre au-dessous du profil inférieur. Après avoir lancé un flotteur du bateau supérieur, l’observateur, à l’extrémité inférieure de la ligne de base, suivait constamment avec le réticule de son instrument le petit drapeau de ce flotteur, lisait sur cet instrument, et au moment où ce flotteur coupait le profil supérieur, l’angle qu’il faisait, puis établissait sa lunette dans la direction du profil inférieur. Dans l’intervalle, l’observateur supérieur, dont le théodolite portait une horloge avec une grande aiguille des secondes, notait le moment précis où le flotteur avait traversé le profil supérieur, puis au croisement du second profil, tant le moment du passage que l’angle qu’il faisait alors.
- Quant à la profondeur à laquelle le flotteur était plongé, on a distribué, dans les premières expériences de 1851, le flotteur, autant que possible, à toutes les profondeurs et à toutes les distances du rivage; mais dans l’année 1857, on a fait choix d’une profondeur constante de 5 pieds anglais (lm.524) au-dessous de la surface, parce que dans l’intervalle on avait trouvé la loi de décroissance de la vitesse de haut en bas.
- Les déterminations des vitesses dans divers points du profil en travers du fleuve sont basées en partie sur les vitesses au-dessous de
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- la surface de l’eau, et en partie sur les vitesses à la superficie, à différentes distances du rivage.
- En ce qui concerne les premières, on a rapproché entre elles un certain nombre de mesures de la vitesse prises à diverses profondeurs, et on a reconnu que les vitesses à des profondeurs variées différaient fort peu entre elles, que la vitesse augmentait d’abord avec la profondeur, puis qu’elle décroissait, et, de plus, que le maximum de cette vitesse était placé à une profondeur très-variable au-dessous de la surface de l’eau, et enfin, que la courbure des courbes de la vitesse dépendait de la position de l’échelle. La courbe . moyenne de vitesse principale sous l’eau peut, d’après les recherches indiquées, être exprimée en mesures métriques, par î’équation parabolique suivante :
- V = —0,0235# +0,9913
- dans laquelle Y est la vitesse en mètres, et d la distance de l’axe de la parabole exprimée en fraction de la profondeur totale du courant d’eau prise pour unité.
- Le paramètre de la parabole et la disposition de l’axe sont soumis à de fortes variations pour les eaux basses, moyennes et hautes. Toutefois, comme la forme des courbes de la vitesse dépend principalement de la loi de propagation de la résistance à travers le fluide, il faut que cette même loi domine également dans les courbes de la vitesse des couches horizontales d’eau d’une rive à l’autre, il faut donc, si on veut rechercher la courbe à paramètre, pour la vitesse sous l’eau, se livrer d’abord à la recherche des courbes de sa vitesse horizontale.
- Les courbes horizontales ont été observées à Columbus et à Wicks-burg, ainsi qu’à Natchez, mais en nombre insuffisant. Partout on a adopté pour les flotteurs une profondeur de 5 pieds anglais, ou lm.525 au-dessous de la surface de l’eau. La courbe à Columbus différait peu d’une parabole, tandis
- ue celle de Wicksburg, à raison e la variation dans la profondeur et la direction du courant, a présenté une forme tellement anormale qu’elle ne ressemblait à aucune courbe connue. La courbe, à Columbus, a été choisie à raison de sa régularité pour l’étude de la question pendante, et on a trouvé que la courbe horizontale principale et moyenne de la vitesse pouvait être représentée par l’équation parabolique suivante :
- V = 2,02777 — 2,532 tu2
- dans laquelle Y est la vitesse de l’eau en mètres à la profondeur de lm.52o de la surface, et w la distance à l’axe de la parabole exprimée en fraction de la largeur du cours d’eau prise pour unité. Mais ici aussi, les paramètres des courbes varient, et les paramètres des courbes de la vitesse à la surface de l’eau sont en raison des racines carrées des vitesses moyennes correspondantes du courant. L’équation de cette loi, puisque la vitesse moyenne est lm.630, se trouve donc être :
- 1.630
- u = --------æ2
- J (2.532)2
- expression dans laquelle x est la réciproque du paramètre de la courbe de la vitesse à la surface de l’eau qui correspond à une vitesse moyenne y.
- L’exactitude de cette loi a été vérifiée par les résultats de l’expérience. Les auteurs ont cherché ensuite les variations qu’éprouve le paramètre dans les courbes verticales de la vitesse sous l’eau, et les expériences leur ont fourni la formule suivante :
- U = Vi — 0,1024 V~v ^LZi?y
- dans laquelle v est la vitesse moyenne du courant. di la distance du point ayant la vitesse U de la surface de l’eau; la distance du point de plus grande vitesse Vt de la surface de l’eau, et D la pro-
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- fondeur du fleuve, le tout en mètres.
- Le coefficient 0,1024 est constant pour tous les grands fleuves, jusqu’à la profondeur de 8 mètres, mais à partir de là il augmente. En rapprochant entre elles les expériences faites antérieurement par les hydrauliciens, l’auteur donne comme expression générale :
- 1.69
- V/d-h.s
- mais il ne recommande l’emploi de cette formule que pour des profondeurs de moins de 8 mètres. On aurait donc pour les rivières ouïes petits fleuves, la formule :
- U = Vi
- U/D + 1.5/ V
- di — d2 \2 D
- Relativement à cette formule qui sert de base à toute la théorie de MM. Humphreys et Abbot, les auteurs font remarquer que soit qu’il s’agisse du Mississipi, dont le courant écumeux et tourbillant présente sur une profondeur de plus de 30 mètres, et une section de 18,000 mètres carrés, soit du Ba-jou-la-Fourche qui est 40 fois plus petit et roule mollement, ou, enfin, d’un petit canal ou d’une rigole pour un moulin, toujours les résultats des observations se sont accordés avec les équations trouvées pour les courbes de la vitesse sous l’eau.
- Pour trouver la position de l’axe des courbes ou le lieu de la vitesse maximum, on a cherché quelle pouvait être l’influence du vent sur la résistance à la surface de l’eau. Comme mesure de la force du vent, on a exprimé comme d’habitude le calme absolu par 0, et la force d’un ouragan par 10. Le vent le plus violent par lequel les observations étaient encore possibles avait une force de 4. On a trouvé la position de l’axe de la courbe des vitesses par un temps calme ou quand le vent soufflait en travers du fleuve, cas auquel il n’a qu’une
- faible influence, à une profondeur du fleuve deO, 317, cette profondeur prise pour unité, quelque forte que soit la vitesse moyenne des eaux. L’influence d’un vent soufflant contre le courant ou dans le sens du courant, est directement proportionnelle à sa force; dans le premier cas, il produit un relèvement et dans le second un abaissement de l’axe de la courbe des vitesses. La grandeur de ce relèvement ou de cet abaissement, est également indépendante de la vitesse moyenne du fleuve, et les expériences ont donné d* = (0,317 ±0,06/>, f indiquant la force du vent, et r le rayon moyen.
- Dans le* chapitre III de leur ouvrage , les auteurs développent la théorie expérimentale du mouvement de l’dau dans les fleuves, les rivières et les canaux. Ils commencent par faire ressortir l’imperfection des diverses méthodes jusqu’alors employées, consistant à établir la quantité de liquide que débite un cours d’eau par des mesures partielles, puis établissent ce principe basé tant sur des recherches analytiques, que sur des expériences faites sur différents fleuves, que le quotient delà vitesse moyenne par la vitesse à la moitié de la profondeur du cours d’eau, peut, dans un seul et même plan vertical, être considéré comme constant dans la pratique.il en résulte que la vitesse de la couche d’eau qui se meut à la demi-profondeur du fleuve est, d’un côté, indépendante de la direction et de la force du vent, et de l’autre, de la position de l’axe de la courbe, et par conséquent des inégalités du fond du fleuve.
- Puisque la vitesse à la demi-profondeur du cours d’eau est toujours plus grande que la vitesse moyenne dans le même plan vertical, le quotient de cette dernière par la première dans les cours d’eau de même pente et^de même profil transversal, doit être d’autant plus petit que les irrégularités du fond sont plus grandes. De
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- plus, puisque la vitesse moyenne de la courbe verticale totale augmente avec la profondeur, ce quotient, dans les cours larges et profonds, doit être plus fort et moindre dans les cours étroits et peu profonds. C’est de ces principes que les auteurs déduisent une nouvelle méthode pour la mesure des eaux des fleuves et un calcul fondé sur les mesures de la vitesse moyenne de ceux-ci.
- En introduisant ces considérations entre le profil en travers, la pente et la vitesse moyenne d’un cours d’eau, les auteurs arrivent enfin à une formule que M. Gre-benau a établie en mesures métri-triques, en lui donnant une forme
- plus simple et plus commode pour la pratique et que voici ;
- U = HK|/ a~ v^T
- y p + v ^ 1
- dans laquelle U est la vitesse moyenne ; a, l’aire du profil en travers; p, le périmètre mouillé; V, la largeur à la surface de l’eau du fleuve, de la rivière, du ruisseau ou du canal; I, la pente relative à la surfac'e de l’eau; K, un coefficient invariable égal à 8,28972, et H un coefficient variable qui dépend de la grandeur du profil en travers et de la pente, et a pour valeurs moyennes :
- Pour les petits canaux ou rigoles au-dessous d’une section de
- 1 mètre carré.............................................0.8543
- Pour les ruisseaux d’une section de 1 à 5 mètres carrés. . . 0.8796 Pour les petites rivières d’une section de 5 à 10 mètres
- carrés.. ................................................ 0.8890
- Pour les rivières d’une section de 20 à 400 mètres carrés. . 0.9223 Pour les grands fleuves d'une section supérieure à 400 mètres carrés...............................................0.9459
- Les résultats de la nouvelle formule ont été comparés dans 30 exemples avec ceux de 13 formules anciennement connues et avec les valeurs fournies par les observations ; les erreurs, dans cette nouvelle expression, se sont élevées à 5,53 pour 100, tandis que, pour les anciennes formules, elles ont oscillé entre 21,78 et 39,27 pour 100.
- Dans un Appendice, M. Grebe-nau a démontré que la parabole de vitesse découverte par MM. Hum-phreys et Abbot, sur le Mississipi, dans un plan vertical sous l’eau et paralèle au courant, existait aussi dans diverses autres eaux courantes, principalement sur le Pô, la Ghiese, l’Arno, en divers points du Rhin, sur le Quiechbach. Enfin il a fait voir, par une comparaison graphique, les vitesses moyennes du Rhin et du Hockenbach pour des
- pentes diverses déterminées d’après les formules de Dupuit, Prony, Ey-telwein etHumphreys et Abbot, que c’étaient les vitesses moyennes indiquées par la dernière qui s’accordaient avec les vitesses moyennes mesurées sur divers cours d’eau, entre autres sur le Hockenbach, le Speyerbach, le Hübéngruben, le Rhin, le Weser, l’Elbe, le Salzach, le Saalach, la Lech et l’Isar (1).
- (1) Un ingénieur des ponts-et-chaus-sées, M. Victor Fournié, vient de publier sous ce titre : Résumé des expériences hydrauliques exécutées par le gouvernement américain sur le Mississipi, avec remarques sur les conséquences qui en découlent relativement à la théorie des eaux courantes, 1 vol. in-4°, un extrait du grand travail de MM. Humphreys et Abbot; ce résumé, très-bien fait, sera fort utile aux personnes qui s’intéressent à cette partie si digne d’être étudiée de l’art de l’ingénieur.
- F. M.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS,
- JURISPRUDENCE,
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE. — TRAITÉ ENTRE LA FRANCE ET LA SAXE. — CONVENTION RÉCIPROQUE ENTRE LES ÉDITEURS SAXON S ET FRANÇAIS. — ÉDITION NOUVELLE. — TOLÉRANCE. — MM. GÉRARD ET C6 CONTRE 51. RICHAUD, ÉDITEUR de l’opéra de Lisbeth, de
- MENDELSSOHN.
- Dans les œuvres de musique dramatique, la musique et les paroles forment une œuvre indivisible.
- C'est publier une nouvelle édition d'une œuvre de musique dramatique, que de la reproduire en divisant la partition en actes d'une manière nouvelle, en lui donnant de nouvelles paroles et un nouveau titre.
- Vobligation du dépôt et de l'enregistrement au Ministère de l’intérieur, n’est pas d'ordre public, et l'éditeur qui ne l'a pas rempli peut obtenir un délai pour y satisfaire et en justifier.
- La fin de non-recevoir tirée de l'omission de ce dépôt ne peut être opposée pour la première fois en appel, la défense au fond présentée en première instance ayant eu pour effet de la couvrir et de la rendre désormais inadmissible.
- « Le Tribunal,
- « Attendu que les droits des auteurs et éditeurs, relativement aux œuvres de musique, ont été réglés entre la France et la Saxe par les traités du 19 mai 1856, ayant force de loi, et par la convention intervenue entre les éditeurs français et saxons, en date du 15 octobrel856 ;
- « Attendu qu’aux termes de ces actes, les sujets propriétaires d’œuvres musicales ont droit de s’opposer h la publication de ces œuvres en France ;
- « Que seulement, à titre de tolérance, les éditeurs français, qui avaient publié antérieurement des œuvres musicales désormais soumises à un droit privatif, ont été autorisés h continuer de vendre ces œuvres, et même à les rééditer et réimprimer ;
- « Mais, attendu que cette faculté a été réservée aux seules éditions existantes lors de la convention du 15 octobre 1856; qu’elle doit être interprétée dans un sens restrictif;
- «Que, dès lors, tout changement dans la publication des œuvres tolérées, de nature à être considéré comme constituant une édition nouvelle, doit être absolument interdit;
- « Attendu qu’il n’est point contesté que Gérard et Cie tiennent des éditeurs saxons, propriétaires de l’Opéra de Mendelssohn, portant le n° 89 de ses œuvres, le droit exclusif de publier ledit opéra en France; .
- « Attendu que Richaud a, antérieurement à 1856, édité et mis en
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- vente la partition dudit opéra en un acte sous le titre : Le Retour, accompagné d’un texte allemand et de paroles françaises par Belanger;
- « Qu’il prétend aujourd’hui s’attribuer le droit de publier la musique avec des paroles nouvelles, savoir, la musique, comme l’ayant éditée avant les traités et conventions de 1856, et les paroles nouvelles comme n’étant que la traduction du texte allemand relativement auquel aucun droit de traduction n’a été réservé;
- « Attendu que cette distinction est purement arbitraire, et contraire même à l’essence des œuvres de musique dramatique dans lesquelles la musique et les paroles constituent une propriété indivisible;
- « Que le traité et la convention sus-énoncés, accordent à Richaud non point un droit de traduction sur les paroles, mais seulement une tolérance spéciale pour son édition dont il peut continuer la publication dans les mêmes et semblables conditions ;
- « Attendu que la publication de l’opéra sus-énoncé sous le titre nouveau de Lisbeth, avec une division nouvelle exactes, et accompagné de paroles nouvelles, de Jules Barbier, constituerait véritablement une nouvelle édition ;
- « Que, dès lors, Gérard et Gie sont en droit de s’opposer à ladite publication ;
- « Attendu que Jules Barbier ayant traité avec Richaud de la publication des paroles par lui composées pour l’opéra de Lisbeth, lorsqu’il se croyait, ledit Richaud, en droit de les" publier, est fondé actuellement à demander la nullité du contrat comme étant le résultat d’une erreur substantielle, et à exiger, comme conséquence de cette nullité, la restitution de son manuscrit;
- « Attendu que Barbier a fait à Richaud offres réelles de leur restituer la somme de cinq cents francs déjà versée sur le prix du manuscrit, et que, sur le refus de Ri-
- chaud, ladite somme a été déposée à la Caisse des dépôts et consignations;
- « Mais, attendu que Barbier a traité des mêmes paroles avec Gérard et Gie à des conditions plus avantageuses que celles qui lui avaient été consenties par Richaud, u’il n’a donc éprouvé par le fait e ce dernier aucun préjudice dont il puisse lui demander réparation ;
- « Par ces motifs :
- « Fait défense à Richaud d’éditer, publier, mettre en vente sous le titre de Lisbeth la partition en deux actes avec paroles de Jules Barbier,del’opéradeMendelssohn, portant le numéro 89 de ses œuvres ;
- « Autorise Gérard et Cie à saisir dans les magasins de Richaud toutes partitions terminées ou toutes planches gravées en contravention à la susdite défense ;
- « Déclare nulles et de nul effet les conventions verbales intervenues entre Richaud et Barbier, relativement à la publication des paroles françaises composéespar Barbier sur l’opéra de Lisbeth;
- « Dit en tant que de besoin que Richaud sera tenu de restituer à Barbier le manuscrit de Lisbeth, et ce dans la huitaine de la signification du présent jugement, à peine de 20 fr. par chaque jour de retard pendant un mois; après quoi il sera fait droit;
- « Déclare bonnes, valables et libératoires les offres réelles de la somme de 500 francs faites par Barbier à Richaud et suivies de consignation ;
- « Dit qu’il n’y a lieu d’accorder à Richaud aucuns dommages-intérêts. »
- Sur l’appel interjeté par M. Richaud, Me Henri Celliez a plaidé pour l’appelant, Me Nouguier pour l’intimé et MeChaudey pour M. Jules Barbier; la Cour, conformément aux conclusions de M. l’avocat général Dupré-Lasalle, a rendu l’arrêt suivant :
- « La Cour,
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- « Sur la fin de non-recevoir proposée par Richaud, et tirée de ce que Gérard et Cie n’auraient pas accompli les formalités prescrites par le traité international du 19 mai 1856;
- « Considérant qu’à supposer que les formalités du dépôt et de l'enregistrement au ministère de l’intérieur n’auraient pas été remplies, ce qui en résulterait, c’est qu’il y aurait lieu d’accorder aux intimés un délai pour y satisfaire et en justifier ; mais que l’appelant, par sa défense, au fond, en première instance comme devant la Cour, a couvert la fin de non-recevoir qu’il propose tardivement, puisqu’elle n’est point d’ordre public, et l’a rendue inadmissible ;
- « Au fond :
- « Adoptant les motifs des premiers juges;
- « Sans s’arrêter à l’exception proposée dans laquelle l’appelant est déclaré non-recevable ;
- « Met l’appellation au néant, ordonne que le jugement dont est appel sortira effet. »
- Seconde chambre. — Audience du 17 janvier 1867. — M. Guille-mard, Président.
- OUVRIER. — OUTIL INSUFFISANT FOURNI PAR LE PATRON. — ABSENCE DE VÉRIFICATION ET IMPRUDENCE DE L’OUVRIER. —, ACCIDENT. — IRRESPONSABILITÉ DU PATRON.
- Le fait que l’outil, par l'insuffisance duquel est arrivé un accident, a été fourni à l’ouvrier par son patron, ne rend pas celui-ci responsable, lorsque l'ouvrier pouvait reconnaître cette insuffisance et choisir un autre outil.
- Cette solution est d’accord avec la jurisprudence antérieure de la Cour établissant que si le patron doit protéger contre sa propre faiblesse, au moins dans une certaine mesure, l’apprenti ou même l’ou-
- vrier inexpérimenté, d’un autre côté il n’est pas tenu de la même surveillance à l’égard d’un ouvrier qui, par son expérience, ses connaissances spéciales , et l’importance de son emploi, est appelé à sauvegarder lui-même sa sécurité.
- Le Tribunal avait déjà adopté cette solution. Voici queis étaient les faits et la prétention de l’ouvrier :
- Le 24 mai 1862 le sieur Joubert, ouvrier mécanicien chez Mme veuve Carbonnier et fils, reçut l’ordre d’aller dans une maison voisine démonter un laminoir ; il se servit pour ce travail d’un burin, mais l’outil trop faible se brisa, et un éclat de cet outil fit à l’œil gauche du sieur Joubert une blessure très-grave par suite de laquelle, après de vaines tentatives de traitement il perdit complètement cet œil.
- Le sieur Joubert, dans cette situation, a formé contre ses patrons une demande en dommages-intérêts.
- Il prétendait que l’accident était dû-au mauvais état de l’outil à lui fourni par Mme veuve Carbonnier et fils, et à l’appui de cette prétention il articulait les faits suivants :
- 1° Le sieur Joubert fut engagé dans la maison Carbonnier pour les ouvrages de précision, et il était occupé dans l’atelier du rez-de-chaussée.
- 2° Le 24 mai 1862, Carbonnier fils l’emmena dans une maison du voisinage pour réparer un laminoir ; un apprentiles accompagnait. Joubert, après examen, fut d’avis de le démonter; Carbonnier partit avec l’apprenti en disant à Joubert qu’il allait lui envoyer les outils nécessaires. Un instant après, l’apprenti apportait un burin, outil tout-à-fait insuffisant pour le travail demandé.
- Joubert, pour ne pas perdre de temps et ne pas encourir les reproches du patron, essaya de faire le travail avec l’outil apporté, mais il était trop faible, il se brisa, et un éclat qui jaillit' dans l’œil gau-
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- TRIBUNAL CIVIL DE LA SEINE.
- che lui fit une blessure profonde qui a entraîné presque totalement la perte de cet œil.
- 3° Depuis l’accident, Joubert n’a cessé de se faire opérer, espérant toujours une guérison aujourd’hui reconnue impossible.
- Le sieur Joubert demandait en conséquence contre Mmcveuve Carbonnier et fils une provision de trois mille francs et une rente viagère de quinze cents francs à titre de dommages-intérêts, attendu qu’il gagnait deux mille quatre cents francs par an.
- Mais le tribunal a repoussé cette demande par le jugement suivant :
- « Le Tribunal, etc.,
- « Attendu que Joubert ne fait pas la preuve que l’accident, par suite duquel il a été blessé à l’œil, soit le résultat d’une faute imputable à la veuve Carbonnier et à Carbonnier fils ;
- « Attendu, qu’en supposant même établis les faits que Joubert articule et offre de prouver, il n’en résulterait pas que la veuve Carbonnier et Carbonnier fils dussent être responsables des conséquences de la blessure;
- « Qu’en effet il n’avait pas été enjoint à. Joubert de se servir du burin à lui remis, et que si cet outil était défectueux il appartenait à Joubert de le reconnaître et de choisir un autre instrument;
- « Déclare Joubert mal fondé dans sa demande, l’en déboute et le condamne aux dépens. »
- Le sieur Joubert a interjeté appel de ce jugement. Mais la Cour, après avoir entendu Me Méline, avocat de l’appelant, et Me Rivière, avocat de madame veuve Carbonnier et fils, intimés, a, conformément aux conclusions de M. l’avocat généralMerveilleux-Duvignaux, confirmé la décision des premiers juges par adoption pure et simple de ses motifs.
- Quatrième Chambre.—Audience du 19 janvier 1867. — Tardif, président.
- PORTRAITS PHOTOGRAPHIQUES DES PRINCES D’ORLÉANS. — CONTREFAÇON. — DÉPÔT LÉGAL. — DÉLAI. — FIN DE NON-RECEVOIR. —DEMANDE EN DOMMAGES-INTÉRÊTS. — M. MAYER CONTRE M. FRANCK.
- Les épreuves photographiques sont des œuvres d'art pouvant constituer une propriété artistique, et sont èoumises à l'obligation du dépôt légal.
- Il suffit que ce dépôt en fait ait été effectué, pour que Vaction en contrefaçon' soit recevable ; on ne saurait opposer, comme fin de non-recevoir à cette action, que ce dépôt n’a eu lieu que postérieurement à la mise en vente des épreuves originales et de celles contrefaites.
- En effet, l’obligation du dépôt prescrit par la loi du 19 juillet 1793 n’est qu'un impôt établi dans l’intérêt des arts et une mesure de police : la loi ne fixe aucun délai, passé lequel il y ait présomption d’un abandon; de la part de l’auteur, de sa propriété au domaine public ; tant que le dépôt n’est pas opéré, il y a seulement suspension de l'exercice du droit de propriété; mais cette formalité n’est pas une condition de son existence.
- Le Tribunal a été appelé à poser ces différents principes de droit, en matière de propriété littéraire et artistique, dans les circonstances que voici :
- M. Louis Mayer, photographe, a fait en Angleterre les portraits de plusieurs membres de la famille d’Orléans, et les a mis en vente en France.
- M. Mayer se plaint de ce que ces portraits auraient été l’objet de nombreuses contrefaçons, notamment de la part de M. Franck, photographe, qui, suivant lui, non content desuivreles photographies originales en les reproduisant servilement, aurait substitué au nom de Mayer celui de Franck, et ce sans autorisation.
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- Il a formé, à raison de ces faits Préjudiciables à. ses intérêts, une demande tendant à faire déclarer contrefaites lesdites photographies, 11 en obtenir la remise entre ses piains, età20,000fr. dedommages-mtérêts.
- M. Mayer soutient que les clichés qu’il a en sa possession constituent une propriété personnelle artistique ; que seul il a le droit de publier les portraits des princes d’Orléans, qui lui en ont donné l’autorisation.
- M. Franck, tout en déniant avoir contrefait aucune des photographies incriminées, déclare que les portraits dont il est question ne sauraient constituer une propriété au profit de M. Mayer; il prétend que ces portraits sont depuis longtemps tombés dans le domaine public, faute d’avoir opéré en temps voulu, c’est-à-dire avant la mise en vente, le dépôt.légal des épreuves dont il entendait se réserver la propriété ; et il estime que cette absence de dépôt constitue une véritable fin de non-recevoir qui met obstacle à la recevabilité de l’action de M. Mayer, alors surtout que lui, Franck, a fait depuis plus de deux ans le dépôt des portraits prétendus contrefaits, ce qui, au contraire, lui assurait à lui seul un droit privatif.
- Le Tribunal, après avoir entendu Me Delasalle, avocat de M. Mayer, et Me Busson-Billaut, avocat de Franck, a, sur les conclusions de M. l’avocat impérial Aubépin, rendu le jugement suivant :
- « Le Tribunal,
- « Attendu que Mayer a fait en Angleterre les portraits photographiques des princes d’Orléans, u’il a rapporté les clichés en rance et mis en vente les épreuves qui en provenaient avec sa signature et sur un carton portant son nom ;
- « Attendu que Franck a reproduit par la photographie les épreuves originales obtenues par Mayer, et qu’il a répandu dans le commerce ces copies, en y joignant son nom ;
- « Attendu que la contrefaçon n’est point douteuse, puisque les épreuves de Franck laissent apercevoir le nom de Mayer, qui était inscrit sur l’original et qui s’est trouvé retracé sur toutes les copies en caractères affaiblis quoique lisibles ;
- « Attendu que Mayer représente les clichés des différents portraits qui font l’objet du débat et déclare qu’il n’en a point aliéné la propriété ;
- « Mais attendu que Franck oppose à Mayer une fin de non-recevoir tirée de ce que le demandeur n’ayant pas opéré dépôt légal au moment de la publication serait sans droit pour agir devant les Tribunaux ;
- « Attendu en fait que Mayer a déposé le 31 mars 1866, au ministère de l’intérieur, trois épreuves de chacune des six photographies contrefaites qui ont été enregistrées sous les numéros 1,269 et suivants;
- « Attendu que ce dépôt effectué plusieurs années après la mise en vente n’avait, suivant le défenseur, aucune valeur, et que Mayer se trouverait ainsi prive de tout droit de propriété sur ses photographies ;
- « Attendu qu’en prescrivant le dépôt de l’ouvrage à la Bibliothèque ou au cabinet des estampes de la république, faute de quoi l'auteur ne pourra être admis en justice pour la poursuite des contrefacteurs, l’article 6 delà loi du 19 juillet 1793 s’est borné à suspendre l’exercice du droit tant que le dépôt ne serait pas opéré ;
- « Que cette formalité n’a jamais été dans la pensée du législateur la condition d’existence du droit, mais seulement un impôt établi dans l’intérêt des arts et une mesure de police ;
- « Qu’on ne saurait en aucune façon tirer de l’absence de dépôt, la conséquence que l’auteur ait voulu faire un abandon volontaire de sa propriété au domaine pu-* blic;
- « Que pour être admissible, cette présomption qui changerait l’éco-
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- nomie de la loi aurait dû être exprimée clairement ;
- « Attendu que cette loi n’a imposé ni condition absolue, ni délai après lequel le dépôt fût sans valeur légale ;
- « Qu’en conséquence, Mayer ayant opéré le dépôt avant de commencer l’instance pendante, son action est recevable ;
- « Attendu que la contrefaçon commise par Franck a porté û-Mayer un préjudice réel, et que le Tribunal a les éléments nécessaires pour fixer les dommages-intérêts ;
- « Par ces motifs,
- « Sans s’arrêter à la fin de non-recevoir :
- « Condamne Franck à. remettre à Mayer toutes les photographies faites sur les siennes, ainsi que les clichés qui ont servi à leur tirage;
- « Le condamne en outre h 600fr. de dommages-intérêts et aux dépens. »
- Première chambre. — Audience du 21 novembre 1866. — M. Be-noist-Champy, président.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre criminelle.
- PHARMACIEN. — VENTE DE PRÉPARATION MÉDICALE SANS ORDONNANCE DE MÉDECIN. —SANCTION PÉNALE.
- La loi du 21 germinal an XI n’a point abrogé les anciens règlements relatifs à la préparation et à la vente des remèdes, ni les pénalités édictées par les règlements pour les contraventions ci leurs prescriptions ou défenses.
- En conséquence, encore bien que l'art. 32 de la loi de l'an XI, lequel défend aux pharmaciens de vendre des préparations médicales sans ordonnance de médecin, ne prononce aucune peine contre le pharmacien contrevenant, le juge doit appliquer la peine de l’amende prononcée par
- l’arrêt de règlement du Parlement de Paris de 1748.
- Cassation, sur le pourvoi du ministère public, d’un arrêt de la Cour impériale d’Orléans, du 27 août 1866, rendu au profit de M. Muton.
- M. Perrot de Chézelles, conseiller rapporteur ; M. Bédarrides, avocat général, concl. conf. ; plaidant, Me Pougnet, avocat du defendeur intervenant.
- Audience du 8 février 1867. — M. Vaïsse, président.
- BREVETÉ.—ACTION EN CONTREFAÇON. — DEMANDE EN DOMMAGES-INTÉRÊTS.— DÉFAUT D’APPLICATION DE CLAUSE PÉNALE. — POURVOI. — NON-RECEVABILITÉ.
- Le breveté qui a fait un traité par lequel, en accordant à un fabricant le droit de fabriquer les appareils, objet de son brevet, il lui a imposé l’obligation de les faire poinçonner, sous peine de 300 fr. par chaque appareil trouvé en contravention, peut intenter une action en contrefaçon, à raison de chaque appareil non poinçonné et devant être, en conséquence, considéré comme contrefait.
- Mais lorsque le breveté, demandeur en contrefaçon, s'est borné, devant les juges du fait, à réclamer des dommages-intérêts, sans invoquer la clause pénale, et dans des termes qui semblent plutôt écarter son application, il ne peut ensuite, pour la première fois, devant la Cour de cassation, prétendre que cette clause aurait dû être appliquée.
- Rejet du pourvoi formé par le sieur Sax contre un arrêt de la Cour impériale de Paris (chambre des appels de police correctionnelle), en date du 9 mai 1866, rendu, sans application de la clause pénale, à l’égard du sieur Gautrot.
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- M. Legagneur, conseiller rapporteur; M. Bédarrides, avocat général, concl. conform.; plaidants, Clément pour le demandeur, et Me Groualle pour le défendeur.
- Audience du 23 février 1867. — M. Vaïsse, président.
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- TRIBUNAL de commerce
- DE LA SEINE.
- STÊARINIER ET FONDEUR. — TYPE DE FABRICATION.
- Un stéarinier ne peut pas imposer à un fondeur un type de fabrication à 44 degrés, si ce dernier n'a pas pris un engagement spécial à cet effet.
- En mai 1865, des négociants stéariniers et des courtiers se sont réunis pour arrêter un type de suif titrant 44 degrés 40 centièmes, et exclure du marché tout produit non conforme à ce type, qu’ils ont déposé au ministère de l’agriculture et du commerce.
- Les fondeurs ont protesté, en déclarant que le type avait été adopté en dehors d’eux, et sans expériences contradictoires.
- MM. Thiboumery et Ce, stéariniers, ont résolu de soumettre la question au Tribunal de commerce, et ils ont assigné M. Couturier, fondeur aux abattoirs Montmartre, qui leur avait livré 5,000 kilos de suif titrant 43 degrés, pour le faire condamner à reprendre sa marchandise comme non conforme au type.
- M. Couturier, de son côté, a répondu qu’il a livré des suifs de qualité ordinaire, conforme à sa fabrication courante, telle qu’il la vend aux stéariniers de Paris et de la province, souvent avec une prime sur le cours du marché.
- Il ajoutait 'que la demande de MM. Thiboumery et Ce était d’autant moins recevable qu’ils avaient employé la majeure partie de la fourniture.
- Le Tribunal, après avoir entendu les plaidoiries de Me Deleuze, agrée de MM. Thiboumery et Ce, et de Me Augustin Fréville, agréé de M. Couturier, a statué en ces termes :
- « Attendu que le 25 avril dernier, Thiboumery et Ce ont acheté de Couturier 5,000 kilogrammes de suif de qualité ordinaire, au prix de 113 fr. les 100 kilogrammes, que cette marchandise fut livrée le 2 mai suivant et payée comptant par Thiboumery et Ge, conformément aux conventions;
- « Attendu que Thiboumery et Ce prétendent que l’emploi de cette marchandise a démontré qu’elle ne titrait que 43 degrés au lieu de 44 degrés 40 qu’elle aurait dû contenir, et demandent en conséquence que Couturier soit tenu de reprendre la partie de la livraison non encore employée, d’en restituer le prix et de leur payer en outre des dommages et intérêts.
- « Mais, attendu qu’il n’est pas justifié d’aucun engagement pris par le vendeur, au sujet du titre de la marchandise; qu’il est, d’ailleurs, établi, au débat, que cette marchandise était conforme à la fabrication ordinaire de Couturier, et dont Thiboumery et Ge connaissent la qualité; qu’en conséquence, la demande de ces derniers, introduite près de deux après avoir reçu et payé la marchandise, et après en avoir employé les quatre cinquièmes, ne saurait être admise.
- « Par ces motifs,
- « Jugeant en premier ressort, déclare Thiboumery et Ge mal fondés en toutes leurs demandes, fins et conclusions, les en déboute et les condamne aux dépens. »
- Audience du 26 décembre 1866. — M. Michau, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- Sur les fours de ressuage à gaz et à régénérateurs. A. Putsch. . . . 449
- Sur le mode de traitement le plus avantageux des minerais de cuivre pauvres par la voie humide.
- H. Wagner........................454
- Acier Bessemer au tungstène. Le
- Gu en.......................... 456
- Four à recuire les métaux en feuilles. Prentice et Inglis..........457
- Sur les compositions les plus économiques et les meilleures pour la fabrication des garnitures de coussinets dans les machines, if.
- Wagner.........................459
- Nouvelle dorure et argenture par l’amalgamation, sans danger pour
- les ouvriers. H. Dufresne........461
- Sur les potasses et les soudes de Stassfurt (Prusse et Anhalt). Jou-
- lin.......................... . 463
- Nouvelles recherches sur la théorie de la préparation de la soude, par le procédé Leblanc. A. Scheu-
- rcr-Kestner.......................465
- Mode de préparation de l’acide sulfureux. F. Stolba................468
- Sur le verre. L. Clémandot..........470
- Sur la trempe de quelques borates.
- F.-P. Leroux.....................470
- Nouvelles méthodes pour la fabrication du gaz d’éclairage. . . . 472 Emploi de la paraffine dans la fabrication du sucre. E. Sostmann 475
- Eclairage suroxygéné...............477
- Ecume de mer et corne artificielles. C. Puscher................... 478
- Emploi d’un éther glycérique en
- teinture. A. Paraf..................480
- Sur la mauvaniline....................480
- Teinture de la soie à coudre en noir
- chargé brillant. . ................481
- Noir d’aniline pour marquer le linge. C. Jacobsen....................481
- Recherches sur la densité des vins
- du département de l’Hérault, à propos de la question du pesage des vins. C. Saintpierre et A. Pujo. 483 Moyen pour distinguer la laine et le coton dans les tissus et les fils. C.
- Liebermann....................483
- Purification du graphite. Cl. Win-kler............................484
- ARTS MÉCANIQUES.
- Machine à planer et dresser les cylindres en tôles. J. Hurrison. , . 485 Machine à défiler les chiffons de laine et de soie... ....... 487
- Barreaux squelettes pour les grilles des foyers. W.-E, Hill.......488
- Pages.
- Distribution perfectionnée dans les
- machines à vapeur.................489
- Sur les soupapes de sûreté des chaudières à vapeur. Th. Baldwin.. . 490 Appareil de sûreté pour les chaudières à vapeur. Hackeit.............493
- Machine à vapeur à action directe pour pulvériser et bocarder les
- minerais. W. Wright...............494
- Nouvelle roue pour chemin de fer.
- J. Smith.......................497
- Iniecteur pour les combustibles liquides.........................499
- Théorie du mouvement de l’eau dans les fleuves, les rivières et les canaux...........................501
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour impériale de Paris.
- Propriété littéraire et artistique. —
- Traité entre la France et la Saxe.
- — Convention réciproque entre les éditeurs saxons et français. — Edition nouvelle. — Tolérance.—
- MM. Gérard et Ce contre M. Richaud, éditeur de l’opéra de Lis-beth, de Mendelssohn............505
- Ouvrier. — Outil insuffisant fourni par le patron. — Absence de vérification et imprudence de l’ouvrier. — Accident.— Irresponsabilité du patron...................507
- Trtbunal civil de la Seine.
- Portrait photographique des princes d’Orléans. — Contrefaçon. — Dépôt légal.— Délai.— Fin de non-recevoir. — Demande en dommages-intérêts. — M. Mayer contre M. Franck................... 508
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Cour de cassation. — Chambre criminelle.
- Pharmacien. — Vente de préparation médicale sans ordonnance du médecin. — Sanction pénale. . 510
- Breveté. — Action en contrefaçon.
- — Demande en dommages-intérêts. — Défaut d’application de clause pénale. — Pourvoi. — Non-recevabilité....................510
- JURIDICTION COMMERCIALE.
- Tribunal de commerce de la Seine.
- Stéarinier et fondeur. — Type de fabrication........................511
- BAR-SUR-SEINE. —- IMP, SAILLARD.
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- Le Teelmoloêiste
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- LE TECHNOLOGISTE
- Oü
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Sur les fours de ressuage au gaz et à régénérateur.
- Par M. A. Pütscii.
- (Suite.)
- Le rapportdeM. Fahlstrôm qu’on vient de lire, s’exprime d'une manière suffisamment nette pour qu’il soit superflu d’v rien ajouter. On voit qu’il se déclaré évidemment en faveur de la régénération sans soufflerie et autres appendices pour les fours de ressuage, et qu’il insiste aussi avec raison sur la néces-cité d’un réchauffage convenable. Eu conséquence, l’année suivante, le four tout entier a été reconstruit et pourvu d’un four à réchauffer spécial, de môme avec régénérateurs.
- La fig. 4, pl. 334, représente le plan du nouveau four de ressuage.
- La fig. 2 est une section transversale du générateur.
- La fig. 3, une section sur la longueur des deux fours.
- La fig. 4, une section transversale du four à réchauffer.
- La fig. 5, un plan des mômes fours.
- La fig. 6, une section transversale du four de ressuage.
- On peut se faire une idée assez exacte du générateur A, à l’inspection des figures 4 et 2. L’air atmosphérique nécessaire à la combustion, arrive par a, a, et les gaz qui se forment abandonnent le générateur en b pour s’écouler par les canaux c et d,' dans le four de ressuage et le four à réchauffer. La disposition des soupapes, ainsi que leur combinaison avec les régénérateurs et la cheminée, est facile à suivre, et il n’y a qu’un seul corps de cheminée pour les deux fours. On notera en passant, comme fait intéressant, que cette cheminée commune, qui a 13m.70 d’élévation à partir du sol, n’est construite qu’en briques non cuites de sciure de bois enduites, seulement à l’extérieur, de chaux pour les garantir contre l’humidité.
- Le four de ressuage a 6 portes de travail ordinaires, tandis que celui à réchauffer n’en a que 3. Les massiaux sont dans le four à ré-chaulïer, chauffés au rouge-brun, puis introduits dans le four de ressuage où ils sont portés à la chaude suante. Le fer qu’on a travaillé était celui de Persbergs, bien connu de tous les métallurgistes et qu’on considère comme la sorte la plus difficile à souder de tous les fers
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Juillet 1867.
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- suédois. Tous ces fers ont été travaillés en deux chaudes et la beauté du produit n’a rien laissé à désirer.
- La seule différence avec la construction de M. Lundin, abstraction faite de la soufflerie et du condensateur, consiste en ce que M. Lundin a placé les générateurs de gaz, tant pour le four de ressua-ge que pour celui à rechauffer, bien plus loin de la chambre de travail que les régénérateurs à air, et qu’il leur a donné une section bien plus grande qu’à ces derniers. M. Lundin n’a pas fait connaître les raisons de ce changement qu’il considère comme un perfectionnement, et paraît avoir eu l’idée d’opérer un mélange énergique des gaz et de l’air en faisant arriver les gaz sous l’air dans le four, mais ce but peut être atteint plus complètement en adoptant un système mieux choisi de structure de l’autel. Dans la disposition de ses régénérateurs, la flamme est formée trop promptement sur toute la largeur de son régénérateur à air, se trouve ainsi dérobée à la sole deressuage, ainsi qu’à celle de réchauffage.
- Mon four à réchauffer se distingue, en outre, de celui construit à Munkfors, en ce que les régénérateurs, pour gagner de la place, sont disposes en partie sous le four et par conséquent en ce que la sole de réchauffage se compose d’une maçonnerie solide. Comme dans les fours à réchauffer, il ne peut jamais, se former de scories, le refroidissement de cette sole par l’air, ainsi que l’a fait M. Lundin, est, dans mon opinion, une erreur, puisqu’on augmente ainsi sans nécessité sa surface de rayonnement.
- Pendant les premières semaines, mon frère H. Putsch a conduit les travaux en présence de M. Linde-grén, ingénieur, qui avait été député à Sâlboda par le comptoir suédois pour lui faire un rapport sur les résultats de ces expériences, résultats que nous empruntons aux annales même de ce comptoir.
- « Comme combustible, on s’est
- servi, tant de copeaux et autres débris de la scierie, que de bois de tiges séché à l’air (de petites tiges sciées en morceaux de 30 à 45 centimètres de long). Les débris ne peuvent guère être employés que pour moitié, autrement la température du four baisse sensiblement. Le dernier rapport que j’ai adressé contient les résultats de la première semaine'de novembre. Dans cette semaine, on a corroyé 841 quintaux de massiaux, qui ont donné 730 quintaux 60 de fer en barres avec une dépense en combustible de 832 pieds cubes de débris et 1980 pieds cubes de bois de tiges, le tout mesuré avec les vides. Pour 1 quintal de ferre en barres, on a donc employé 1 quint. 15 de massiaux et 3,85 pieds cubes de bois qui, réduits en charbon, correspondent à une dépense qui ne dépasse pas 0 tonne 38. »
- A ce rapport, je joindrai les résultats du travail de trois autres semaines, pendant lesquelles le four a été dirigé par mon frère. Voici les résultats moyens :
- Pour 1 quintal de fer traité en deux chauffes, il a fallu, avec un déchet de 13,12 pour 100,4pi. cub. 13 de bois ou réduit en charbon 0 tonne 40.
- Il est donc évident, d’après ces résultats, que la production de ce four a été plus considérable avec une diminution dans la dépense du combustible, malgré les difficultés qu’on a rencontrées dans une première application. En effet, lors de la mise en feu de ce four, on trouva que la cheminée de 45 pieds de hauteur pour ces deux fours, c’est-à-dire celui à réchauffer et celui de res-suage, ne suffisait pas, et cependant on est parvenu à produire 730 quintaux 60 de fer corroyé en deux chauffes, tandis cpie le four de res-suage ordinaire établi sur le principe Ekman, que M. Lundin a fait fonctionner à Munkfors, n’a fourni, suivant les annales du comptoir, que 530 quintaux par semaine, de façon que mon four régénérateur à gaz a donné 200 quintaux ou 37,5
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- pour 100 en plus de produit qu’un four de ressuage à gaz de Ekman, résultat tout-à-fait digne, d’attention.
- Le déchet de 13,12 pour 100 s’explique par la température élevée du four et l’inexpérience des ouvriers pour l’apprécier. Ceux-ci laissaient ordinairementle fer trop longtemps danscetappareil, aupointqu’il était presque pâteux quand on le soumettait au marteau. Du reste, ce déchet n’est pas extraordinaire et M. Tunner, dans son ouvrage sur la fabrication du fer en Suède, indique le chiffre de 13,7 pour 100 pour les déchets à Lesjofors.
- Je crois devoir faire aussi connaître ici les résultats que j’ai obtenus dans d’autres localités avec des fours de ressuage au gaz et régénérateurs, de même sans soufflerie et sans condensation et appliqués à des mêmes laminoirs.
- En 1860, j’ai construit en Pologne, à l’usine Dombrowa, un four de ressuage au gaz, et là, une commission, composée des propriétaires et des ingénieurs sous'la présidence du directeur, M. de Jossa, a fait une série d’expériences avec des combustibles divers, qui ont fourni les résultats suivants :
- On a porté à la chaude suante
- 1 quintal de fer avec 0 60 quintal de houille.
- ----- avec 1.56 pied cube de tourbe.
- ----- avec 2.02 pieds cubes de bois ou 0tonne.20 de charbon de bois.
- Le bois ainsi que la tourbe ont été, pendant plusieurs semaines avant les expériences, exposés aux influences atmosphériques. On n’a pas fait l’analyse de la tourbe qui était de qualité moyenne ordinaire relativement aux cendres qu’elle laissait par sa combustion, mais je ferai seulement remarquer que le fer un peu rouverain qu’on fabrique dans cette localité exige deux chaudes. Le déchet a été d’environ 12 pour 100.
- Je donnerai encore les résultats d’une semaine ultérieure de travail où le personnel avait déjà acquis une certaine pratique dans la manœuvre du four et où la qualité du fer à corroyer a exigé moins souvent une seconde chauffe, et j’y ajouterai, comme comparaison, la dépense en combustible d’un four de
- ressuage à feu direct qui se trouvait en activité en même temps que mon four. Il résulte du cahier des notes qu’avec un déchet de 12,5 pour 100, on a dépensé en charbon :
- Dans le four à feu direct, par quintal de fer, 84 livres de charbon;
- Dans le four à gaz avec régénérateurs, par quintal de fer, 45,5 livres de charbon.
- On sait, du reste, que sous le rapport des matériaux, les conditions des houillères polonaises sont à peu près identiques à celles qu’on rencontre dans la Haute-Silésie.
- Simaintenantonrapproche,pour en faciliter la comparaison entre eux, les résultats précédents et qu’on les ramène à la dépense en charbon de bois, on arrive aux chiffres suivants :
- Le four de ressuage à gaz avec régénérateurs sans soufflerie et sans condensation pour le laminoir de Dombrowa,
- a dépensé par quintal de fer............».............. 0tonne20 charbon de bois.
- Le four de ressuage à gaz avec régénérateur sans soufflerie et sans condensation pour les martinets de Salboda,
- par quintal de fer.....................................0.40
- Le four de ressuage à gaz de M. Lundin avec régénérateurs, soufflerie et condensation de Munkfors, par quintal de fer.............................................0.72
- Il ressort évidemment de ces faits | fors, a consommé plus de 3 fois au-que le four de M* Lundin, à Munk- | tant de charbon que celui de Dom-
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- browa etl 3/4 fois autant que celui de Sâlboda pour obtenir un même produit et qu’il est démontré que les résultats présentés comme remarquables par MM. Lundin, West-man en Rinman avec la construction du premier, et malgré la soufflerie et la condensation, ne sont rien moins que brillants.
- La différence dans la dépense en combustible entre les fours de Salboda et de Dombrowa, s’explique par celte circonstance que le premier travaillait pour le marteau et le second pour le laminoir.
- Maintenant s’élève la question de savoir d’où il vient que le four Lundin, qui est régénérateur, soit si inférieur aux deux autres ; voici, au sujet de ce phénomène particulier, l’explication que je crois devoir présenter :
- C’est un fait parfaitement établi que pour produire du gaz au moyen d’une insufflation du vent on génère constamment plus d’acide carbonique que dans les générateurs qui travaillent par le tirage d’une cheminée. La plus grande formation de cet acide est d’abord une perte de combustible.
- Une circonstance qui agit également d’une manière défavorable doit être mise à la charge du condensateur, c’est-à-dire la condensation de toutes les vapeurs de goudron développées lors de la formation du gaz, vapeurs qui, dans un four régénérateur marenant sans condensateur, sont mises à profit directement dans ce four. Les quantités de matières combustibles ainsi perdues ne sont nullement insignifiantes, et on peut très-bien affirmer que le four Lundin ne marche qu’avec le gaz oxyde de carbone mélangé à une quantité peu notable de gaz des marais, et que ce n’est qu’à raison des régénérateurs qu’on y a introduits qu’il présente un léger avantage économique sur le four au gaz de charbon d’Ek-man.
- Pour justifier M. Lundin, il faut avoir égard aux conditions dans lesquelles il s’est trouvé; en Suède,
- presque dans toutes les forges grandes et petites, on trouve un moulin à scie, même quand elles ne l’emploient qu’à leurs propres besoins. Les grandes usines possèdent des scieries complètes qui produisent des quantités si considérables de sciure que les propriétaires cherchent, par tous les moyens, à s’en débarrasser, ce qui n’est pas facile, parce qu’il leur est défendu de jeter ces matières dans l’eau. M. le professeur Eggertz a fait connaître à cet égard les masses énormes que fournissent certaines scieries. A la scierie de Dom-narf, on produit chaque jour 2,000 tonnes de sciure, et il y a 10 à 12 personnes employées exclusivement au transport de ces débris. Pour se débarrasser de ces matières, on a construit un fourneau particulier dont l’établissement a coûté près de 14,000 fr., et dont l’entretien annuel et le service dépensent aussi, par an, une somme de 780 fr. Les scieries de cette espèce sont nombreuses et il en existe une à Munkfors.
- Dans de pareilles circonstances, une méthode qui utilise non-seulement une matière jusque là sans valeur, mais qui débarrasse aussi de débris encombrants, a un certain mérite et surtout lorsque les quantités d’eau pour la scierie sont largement suffisantes. Munkfors est située sur le Claraelf, qui présente en cet endroit une chute dont seulement une partie de la force est utilisée pour l’usine; et quand pour la condensation on emprunterait par jour au fleuve plusieurs milliers de pieds cubes d’eau, cela n’aurait aucune importance. Mais cette consommation d’eau est cependant un facteurauquel il convient d’avoir égard, ainsi qu’il résulte des appréciations de MM. Rinman et Westman.
- Pour précipiter le goudron d’un seul four de ressuage, il faut, par minute, 2pi. cub.T d’eau à2°C., ou, en 24 heures, la quantité considérable de 3884 pieds cubes; masse d’eau qui oblige à maintenir en ac-
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- tivité une machine h vapeur de la force de 200 chevaux. Cela suffit seulement pour les temps froids de l’année, mais, en été, on dépense Opi.cub.'l par seconde, ou, en 24 heures, 8640 pieds pour un seul four. Il en résulte que pour beaucoup de forges, surtout celles exploitées par la vapeur, il y a impossibilité physique, abstraction faite des autres circonstances, de travailler avec le condensateur Lun-din.
- Comme four à la sciure de bois, le four Lundin mérite certainement une attention particulière, mais aussitôt que cet inventeur et les commissaires du comptoir veulent en généraliser l’emploi et l’appliquer à tous les combustibles, ils viennentseheurter, comme les expériences l’ont démontré, contre les résultats économiques. En un mot, le four n’a de valeur qu’en Suède, et même là, seulement avec la sciure de bois.
- Il ne reste plus qu’à ajouter quelques mots sur diverses assertions des rapporteurs relatives aux fours régénérateurs à gaz en général. Ces Messieurs disent dans leur rapport :
- « Les expériences qui ont été faites à Sàlboda avec les régénérateurs ont présenté d’assez graves difficultés sous le rapport des soupapes, et on peut très-bien dire que les régénérateurs de chaleur ou, comme on les appelle, les régénérateurs de Siemens, ont trouvé enfin une application en Suède par l’emploi du condensateur Lundin. »
- De son côté, M. le professeur Eg-gerlzdit: «Jusqu’à présent on avait accueilli avec doute ces régénérateurs, à raison des inconvénients que présentaient dans la pratique les soupapes et de leur peu de durée. En effet, ces soupapes éprouvent des avaries de la part des gaz brûlants qui arrivent des régénérateurs et leur mobilité est compromise parla suie, le goudron, etc. » Plus loin il ajoute : « Pour opérer une économie sur le com-
- bustible, il faut appliquer les régénérateurs, mais pour être en mesure de les appliquer, on a besoin de soupapes, et pour pouvoir travailler avec celles-ci, il est indispensable d’avoir recours au condensateur Lundin. »
- Je me demande, néanmoins, comment il peut se faire que dans le four régénérateur à gaz Lundin, les produits de la combustion qui, des régénérateurs, passent par les soupapes, possèdent une température moindre que celui que j’ai construit, surtout quand on fait attention, ainsi, du reste, que les dessins l’indiquent, que les conditions de hauteur sont les mômes dans tous deux, et qu’il n’y a de différence, qu’en ce que M. Lundin n’a pas inséré de condensateur dans les canaux respectifs. C’est là un fait que M.Eggertz n’a pas éclairci, mais pour cela je renverrai les commissaires du comptoir au rapport de leur collègue, M. Linde-grén qui s’exprime ainsi :
- « Les soupapes sur les canaux à gaz et à air ont été changées toutes les dix minutes sans autre difficulté, que parce qu’elles fonctionnaient lourdement par l’accumulation du goudron et de la suie, inconvénient qu’on peut aisément faire disparaître sans perturbation notable clans le corroyage du fer.»
- Ce léger inconvénient des soupapes a été corrigé par moi, par un mode différent de construction que je ferai connaître plus tard; mais ce qui me paraît évident, c’est que M. Lundin, à cause du goudron, n’a pas pu travailler avec les soupapes telles qu’elles avaient été décrites primitivement par M. Siemens, et au lieu de construire des soupapes sur un principe ra-tionel, a mieux aimé extraire le goudron des gaz par un lavage, tandis que dans ma construction, où on utilise le goudron, les soupapes sont adaptées à la nature des gaz, par un moyen qui paraît plus conforme à la raison.
- En résumé, si on compare les termes des divers rapports ainsi
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- que les dessins du four Lundin, avec les résultats de mon four, on arrive à cette conclusion, que si on fait abstraction de la disposition Lundin pour la sciure de bois, son système de four ne paraît pas destiné à un avenir brillant dans tous les pays où l’on ne rencontre pas les mômes conditions qu’en Suède, et que ce système n’est autre chose qu’un mode de gaspillage du combustible par une voie artificielle et un appareil dispendieux.
- Eîiiaillage du fer.
- L’émaillage du fer est un art presque né de nos jours. Aucun métal n’est susceptible de recevoir un enduit vitrifié, porcelainé ou émaillé, s’il n’est pas capable de résister à la chaleur rouge d’un four.
- Les objets en fonte qu’on veut préparer à l’émaillage sont d’abord chauffés au rouge sombre dans un four avec du sable qu’on place entre eux, et maintenus à cette température pendant une demi-heure, après quoi on les laisse refroidir très-lentement, afin de les recuire. On les soumet alors à un décapage avec du sable et de l’acide sulfurique ou chlorhydrique chauds, puis on les lave, les fait sécher, état sous lequel ils sont propres ù recevoir la première couche d’émail.
- Cette première couche se préare avec 6 parties de flintglass royé, 3 parties de borax, 1 partie de minium etl partie d’oxyde d’étain. Ces substances sont d’abord réduites en poudre dans un mortier, puis soumises à une chaleur rouge intense pendant 4 heures dans un creuset placé dans un four, pendant lequel temps on agite fréquemment pour obtenir un mélange parfait; puis, vers la fin de cette opération, on élève la température de manière ù mettre les ma-
- tières en partie en fusion, on enlève à l’état de masse pâteuse et on plonge dans l’eau froide. Ce refroidissement subit rend le mélange très-friable et permet de le réduire en poudre, état sous lequel il prend le nom de fritte.
- Une partie en poids de cette fritte est mélangée à 2 parties de poudre d’os calcinés, broyées ensemble avec de l’eau jusqu’à ce que le tout soit tellement atténué qu’on ne sente plus le moindre gravier quand on frotte entre le pouce et l’index. On passe alors à travers un tamis fin la matière, qui doit avoir la consistance d’une crème.
- On verse avec une cuillère une quantité convenable de cette matière à demi-fluide sur l’objet en fer, qui doit être chauffé pour être émaillé, ou bien, si on en a préparé une quantité suffisante, on y plonge le fer et on l’y agite pour chasser les bulles d’air et permettre à la composition d’ad-liérer doucement sur toute la surface. On abandonne alors la pièce au repos jusqu’à ce qu’elle soit assez sèche pour que l’enduit n’en égoutte plus, puis on la place dans un four chauffé de 80° à 82° C., où on la laisse jusqu’à ce qu’on en ait chassé toute l’humidité. C’est le premier enduit qui doit être appliqué avec soin, de manière à ce
- u’il n’y ait pas de points nus ou
- e parties non couvertes.
- Lorsque les objets ainsi enduits sont parfaitement secs, on les place séparément dans des cuvettes, et aussitôt que la mouffle est portée, dans le four, à la chaleur rouge, on les y introduit et on les soumet à la température de la vitrification. Ce four ressemble à celui à cuire la porcelaine. On peut l’ouvrir pour surveiller l’opération, et aussitôt que la couche d’émail est en partie fondue, les pièces sont enlevées et posées sur une plaque de fer pour refroidir. En cet état, elles ont reçu leur première couche d’émail terne et blanc, appelé biscuit.
- Aussitôt qu’elles sont parfaitement refroidies, on les mouille avec
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- de l’eau douce et pure et on y ap-
- ^une seconde couche comme nière, mais dont la composition est différente, en ce qu’elle consiste en 32 parties en poids d’os calcinés, 16 de kaolin, et 14 de feldspath. Ces matières sont broyées ensemble et on en fait une pâte avec 8 parties de carbonate de potasse dissous dans l’eau ; enfin, le tout est exposé pendant 3 heures au feu d’un four à réverbère, puis le composé calciné est amené à l’état de fritte et mélangé à 16 parties de flintglass, 51/2 parties d’os calcinés et 3 parties de flint également calciné, le tout broyé ensemble pour en faire, avec l’eau, une crème ou barbotine comme pour la première couche. Les objets sont alors traités et chauftés comme dans la première opération, et quand ils sortent du four ils ressemblent à de la faïence blanche.
- Ainsi enduites de deux couches, les pièces en reçoivent encore une autre et sont passées de nouveau au feu pour leur donner l’apparence de la porcelaine. La composition pour cet objet consiste en 4 parties en poids de feldspath, 4 de sable pur, 4 de carbonate de potasse, 6 (le borax et 1 d’oxyde d’étain, 1 de nitrate de potasse, 1 d’arsenic et 1 de craie en poudre. Ces matières sont calcinées et frittées comme on l’a décrit précédemment, puis 16 de leurs parties sont mélangées avec la seconde composition d’émail décrite, à l’exception des 16 parties de flintglass qu’on supprime. L’application et le passage au feu se font comme dans les deux autres opérations, mais la chaleur de vitrification est élevée au point de faire fondre en un seul le troisième et le second enduit, et à laisser une surface vitrifiée qui constitue un bel émail blanc.
- On peut appliquer une quatrième couche semblable à la troisième dans le cas où l’émail n’a pas une épaisseur suffisante.
- Les objets peuvent être décorés comme la porcelaine, en y appliquant des couleurs vitrifiables sur
- le dernier enduit et faisant fondre au four. On colore en bleu en mélangeant de l’oxyde de cobalt à la dernière composition; l’oxyde de chrome donne les verts; le peroxyde de manganèse les violets; un mélange de protoxyde de cuivre et d’oxyde rouge de plomb les rouges; le chlorure d’argent les jaunes, et parties égales de cobalt, de manganèse et de cuivre donnent un émail noir à la fusion.
- L’oxyde de cuivre pour rouge se prépare en faisant bouillir parties égales en poids de sucre et d’acétate de cuivre dans quatre parties d’eau. Le précipité qui se forme au bout de deux heures d’ébullition modérée est d’un rouge brillant.
- L’addition de borax calciné rend tous les émaux plus fusibles.
- Procédés de dorure et d'argenture au moyen de l’amalgame de so-dium.
- Par M. L. Cailletet.
- Ï1 y a déjà plusieurs années j’ai publié une note ayant pour titre: De l'influence de l'hydrogène naissant sur l’amalgamation. Si je rappelle ces procédés, c’est que par leur moyen on obtient, avec une extrême facilité, l’amalgamation complète et instantanée, non-seulement du cuivre, du bronze, de l’argent, mais encore des métaux tels que le fer et le platine, qui, dans les conditions çrdinaires, ne sont pas mouillés par le mercure.
- J’ai décrit dans mon travail divers moyens d’arriver au résultat annoncé, mais le plus simple consiste à plonger les métaux dans l’amalgame de sodium, recouvert d’un peu d’eau. Le mercure se déose alors en couche uniforme et ridante, quoique le métal n’ait pas été préalablement décapé par les moyens usités.
- J’ai pu ainsi amalgamer de vieilles plaques de daguerréotype,
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- abandonnées depuis plus de dix ans dans mon laboratoire aux vapeurs de toute sorte qui les avaient entièrement noircies.
- Je me sers également de ce procédé pour amalgamer les cylindres de zinc de mes piles de Bunsen. Cette opération, longue et pénible avec le mercure ordinaire, se réduit en un simple trempage quand on emploie l’amalgame de sodium.
- Lorsqu’il s’agit de dorer les métaux ainsi recouverts de mercure, il suffit de faire adhérer à leur surface de l’amalgame d’or, et de chasser ensuite le mercure par la chaleur. Malgré mon ignorance des procédés de l’art du doreur, j’ai pu obtenir sans peine des dépôts réguliers et cohérents d’or sur des lames de fer et de platine. Je me suis assuré également que des réserves pouvaient être obtenues sur les pièces à dorer ou à argenter, puisque les dessins tracés au moyen d’un vernis convenable apparaissent intacts sur la couche uniforme et brillante de mercure déposé (1). Je ferai remarquer que la dépense en sodium est très-minime, puisqu’il suffit de dissoudre moins de 1/200 en poids de sodium dans le mercure pour obtenir un composé très-actif. On sait, du reste, combien le prix du sodium a été réduit depuis les remarquables travaux de M. H. Sainte-Claire Deville, sur l’aluminium et sur les métaux alcalins.
- En résumé, les procédés que j’ai l’honneur de rappeler, permettent de recouvrir de mercure, avec une grande facilité, les métaux employés dans les arts, de dorer et d’argenter le cuivre, le bronze, ainsi que le fer et le platine, sans modifier sensiblement les anciens procédés suivis dans les ateliers.
- Les ouvriers doreurs n’auront plus à employer l’azotate de mercure, et, en opérant l’amalgamation à la température ordinaire,
- (1) La seule précaution à prendre, est de choisir un vernis qui puisse résister pendant quelques instants à la soude formée par l’oxydation de l’amalgame.
- ils pourront se mettre à l’abri des vapeurs mercurielles, dont les funestes effets font chaque année tant de victimes (1).
- Sur le poids spécifique de l'acide
- acétique et de ses mélanges avec
- l'eau.
- Par M. Oüdemans.
- M. Oüdemans, professeur de chimie au polytechnicum de Delft, a entrepris, sur le sujet en question, des recherches étendues, dont il a consigné les détails dans un ouvrage publié à Bonn, en 1866, et dont nous allons faire connaître les principaux résultats.
- L’acide acétique hydraté pur a été obtenu avec le vinaigre radical du commerce rectifié sur du peroxyde de manganèse et de l’acétate de soude (pour se débarrasser de l’acide sulfurique et de l’acide sulfureux) par des cristallisations fractionnées répétées, et enfin au moyen de cristallisations successives poursuivies jusqu’à ce que le poids spécifique restât constant. On a trouvé que le point de fusion de l’acide hydraté pur était i6°45C., et son poids spécifique à 15° G. = 1,05533. Le point d’ébullition n’a jamais pu être obtenu parfaitement constant. L’ébullition commence sous la pression barométrique de 763 millimètres à 117°G., et après une évaporation du quart, ce point d’ébullition —117° 6, et après une évaporation de un huitième, il est de 118° 2.
- (t) En présentant cette note à l’Académie des Sciences, M. H. Sainte-Claire Deville a ajouté que la question traitée par M. Cailletet lui paraissait mériter d’attirer l’attention des chimistes. M. Cailletet, en découvrant les propriétés remarquables de l’amalgame de sodium ; M. Jules Régnault, en étudiant avec tant de succès les forces électromotrices de divers amalgames métalliques ; M. Crookes, en appliquant l’amalgame de sodium à l’extraction des métaux précieux, ont donné à ce chapitre de la chimie une importance toute nouvelle.
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- Pour déterminer le poids spécifique, M. Oudemans s’est servi d’un pycnomètre dont le volume entre 0° et40°C. (température des expériences) a été vérifié avec le plus grand soin. La composition des mélanges d’acide a été .constatée par des pesées d’une part de l’acide acétique hydraté, et de l’autre, de l’eau qu’on y a ajoutée. Toutes ces pesées ont été, par le calcul, ramenées au vide.
- Au total, les expériences ont porté sur 25 liquides de différentes richesses en acide acétique, et chacun de ces liquides a été étudié aux plus basses températures possibles entre 0°et40°. Les nombres obtenus par M. Oudemans, diffèrent sensiblement de ceux donnés par M. Mohr, dans le t. 30 de An-nalen der chemie und pharmacie, mais ils s’accordent assez bien avec les anciennes déterminations qu’on doit h M. Yan der Toon, et qu’il a publiées, en 1824, dans son Mémoire sur les densités de l’acide acétique. Les différences avec les déterminations de M. Mohr seraient dues, suivant l’auteur, à ce que ce chimiste a pris pour point de départ de ses recherches un acide acétique qui renfermait encore 5 pour 100 d’eau au lieu d’acide acétique hydraté pur.
- Comme résultat général de ces expériences, on remarque que le
- maximum, dans la densité des mélanges d’acide acétique et d’eau, ne paraît en aucune façon dépendre du rapport équivalent entre C4 H4 O4 et l’eau. Ce maximum change en particulier avec la température, au point, par exemple, que la plus grande densité à 0°C. correspond h 81 pour 100 d’acide acétique, à 5°C. a une richesse de 80 pour 100, à 20°C. à celle de 78 pour 100, et à 40°C. à 76 pour 100 en acide acétique.
- En outre, l’influence qu’exerce le phénomène anormal de l’eau à 4°C. sur le poids spécifique de l’acide acétique, est fort remarquable. Elle se manifeste dans la représentation graphique des rapports des densités, en ce que la courbe à 0° a un point d’inflexion avec richesse d’environ 4 pour 100 en acide acétique, et à celle de 5° avec richesse à 5 1/2 pour 100, et, de plus, que ces deux courbes pour 2,1 pour 100 d’acide acétique se coupent, de façon que l’acide h 2,1 pour 100 n’éprouve entre 0° et 5° aucune dilatation.
- Parmi les tableaux calculés par M. Oudemans des proportions centésimales d’acide d’après les résultats obtenus, et qu’il a étendues par interpolation à tous les degrés de température, nous présenterons ici les chiffres qu’il a donnés pour les températures 0°, 15° et 40°,
- Voir le Tableau suivant, page 522.
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- PROPOR- TION centési- male d’acide acé- tique. DENSITÉ. PROPOR- TION centési- male d'acide acé- tique. DENSITÉ.
- à 0°. à 15». à 40° à 0°. à 15o. à 40".
- 0 0.9999 0.9992 0.9924 51 1.0740 1.0623 1.0416
- 1 1 0016 1.0007 0 9936 52 1.0749 1.0631 1.0123
- 2 1.0033 1.0022 0 9948 53 1.0758 1.0638 1 0429
- 3 1.0051 1.0037 0.9960 54 1.0767 1 0646 1.0434
- 4 1.0069 1.0052 0 9972 55 1.0775 1 0653 1.0440
- 5 1.0088 1.0067 0.9984 56 1 0783 1.0660 1.0445
- 6 1 0106 1.0083 0.9996 57 1.0791 1 0666 1.0450
- 7 1 0124 1.0098 1.0008 58 1.0798 1 0673 1.0455
- 8 1.0142 1.0113 1.0020 59 1.0806 1.0679 1.0460
- 9 1.0159 1.0127 1.0032 60 1.0813 1.0685 1 0464
- 10 1.0176 1.0142 1.0014 61 1.0820 1 0691 1 0468
- 11 1.0194 1.0157 1.0056 62 1 0826 1.0697 1.0472
- 12 1.0211 1.0171 1.0067 63 1.0832 1.0702 1.0475
- 13 1.0228 1 0185 1.0079 64 1.0838 1.0707 1.0479
- 14 1.0245 1.0200 1.0090 65 1.0845 1.0712 1.0482
- 15 1.0262 1.0214 1.0101 66 1.0&51 1.0717 1.0485
- 16 1 0279 1.0228 1.0112 67 1.0856 1.0721 1.0488
- 17 1.0295 1.0242 1.0123 68 1.0861 1.0725 1.0491
- 18 1 0311 1.0256 1.0134 69 1.0866 1.0729 1.0-493
- 19 1 0327 1.0270 1.0144 70 1 0871 1 0733 1.0495
- 20 1.0343 1.0284 . 1,0155 71 1.0875 1 0737 1.0497
- 21 1.0359 1 0298 1.0166 72 1.0879 1.0740 1.0498
- 22 1 0374 1.0311 1 0176 73 1.0883 1.0742 1.0499
- 23 1.0390 1 0324 1.0187 74 1.0886 1 0744 1.0500
- 24 1 0405 1.0337 1.0197 75 1.0888 1.0746 1.0501
- 25 1.0420 1.0350 1.0207 76 1.0891 1.0747 1.0501
- 26 1.0435 1.0363 1 0217 77 1 0893 1.0748 1.0501
- 27 1.0450 1.0375 1.0227 78 1.0894 1.0748 1.0500
- 28 1.0465 1 0388 1.0236 79 1.0896 1.0748 1.0499
- 29 1.0479 1.0400 1.0246 80 1.0897 1 0748 1.0497
- 30 1.0493 1.0412 1.0255 81 1.0897 1.0747 1.0495
- 31 1.0507 1 0424 1.0264 82 1.0897 1.0746 1.0492
- 32 1.0520 1.0436 1.0274 83 1.0896 1.0744 1.0489
- 33 1.0534 1.0447 1.0283 84 1.0894 1.0742 1.0485
- 34 1 0547 1.0459 1.0291 85 1.0892 1.0739 1.0481
- 35 1.0560 1.0470 1.0300 86 1.0889 1.0736 1.0475
- 36 1.0573 1.0481 1.0308 87 1.0885 1.0731 1.0469
- 37 1.0585 1.0492 1.0316 88 1.0881 1.0726 1.0462
- 38 1.0598 1.0502 1.0324 89 1 0876 1.0720 1.0455
- 39 1 0610 1.0513 1.0332 90 1.0871 a 1.0713 1.0447
- 40 1.0622 1 0523 1.0340 91 1.0705 1 0438
- 41 1 0634 1 0533 1 0348 92 1.0696 1.0428
- 42 1.0646 1.0543 1.0355 93 1.0686 1.0416
- 43 1.0657 1.0552 1.0363 94 1.0674 1.0403
- 44 1 0668 1.0562 1.0370 95 1.0660 1.0388
- 45 1.0679 1.0571 1.0377 96 1.0644 1.0370
- 46 1 0690 1.0580 1.0384 97 1.0625 1 0350
- 47 1.0700 1.0589 1.0391 98 1 0604 1.0327
- 48 1.0710 1.0598 1.0397 99 1.0580 1.0301
- 49 1.0720 1.0607 1.0404 100 1.0553 1.0273
- 50 1.0730 1.0615 1.0410
- a La densité de l’acide supérieur à 90 pour 100 ne peut pas être déterminée à 0°, parce qu’il se solidifie à cette température.
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- Fabrication d’une nouvelle céruse.
- Par MM. Fells, de New-York.
- Dans le système qu’on va décrire, MM. Fells ont la prétention de perfectionner les méthodes à l’aide desquelles on fabrique une céruse soit avec les minerais de plomb, soit avec le plomb à l’état métallique, au moyen d’un traitement particulier qu’ils appliquent au sulfate de plomb dérivé de ces minerais ou du plomb lui-même.
- Dans cette méthode, les minerais, après avoir été pulvérisés finement, sont oxydés ou calcinés h la manière ordinaire dans un four à réverbère. L’oxyde qui résulte de ce traitement, et qui doit être aussi exempt qu’il est possible de silice, de fer, de cuivre et autres matières étrangères, est dissous dans l’acide azotique étendu dans des vases doublés en feuilles de plomb laminés durs ou dans des capacités garnies à l’intérieur de verre ou de porcelaine. Il se forme ainsi un azotate de plomb qui est soluble.
- Le dissolvant se compose, de préférence, de 3 parties d’eau et 1 partie d’acide azotique, marquant 36° Baumé, mais ces proportions euvent varier sans affecter sensi-lement le résultat.
- L’azotate de plomb est alors décanté dans une série de vases séparés et traité par l’acide sulfurique en quantité suffisante pour précipiter la masse du plomb, en en laissant une certaine partie en solution, afin d’éviter la présence de l’acide sulfurique qui serait nuisible, lorsque l’acide azotique doit resservir comme dissolvant.
- Le sulfate de plomb se précipite assez promptement, et est enlevé pour subir un nouveau traitement. Quant à l’acide azotique mis en liberté, il peut servir à traiter une nouvelle quantité d’oxyde égale à celle qui a été précipitée par l’acide sulfurique.
- Quand on traite directement le plomb, on fait d’abord fondre le
- métal pour le convertir en une sorte d’éponge, en le versant dans un vase contenant de l’eau. Cette éponge est ensuite traitée par le dissolvant et précipitée comme on a dit ci-dessus.
- On peut aussi convertir le plomb métallique en oxydepar les moyens employés ordinairement pour fabriquer la litharge, qu’on traite ensuite comme le minerai calciné ou l’éponge de plomb. On peut également obtenir le sulfate par l’emploi de l’acide acétique comme dissolvant propre à remplacer l’acide azotique. Cet acide acétique exerce la même action que l’acide azotique, mais avec plus de lenteur; il a besoin, en outre, d’être employé en plus grande quantité, et en définitive est plus dispendieux.
- On recueille l’acide azotique en laissant le sulfate se précipiter sur le fond des vases, alors on peut le décanter et le faire rentrer en charge. On peut également l’obtenir après la formation du sulfate, par une douce évaporation, dans des capsules ou des bassines convenables, et là le concentrer.
- Le sulfate précipité, qu’il provienne des minerais, du plomb métallique ou de ses oxydes, est d’une qualité inférieure à raison de sa structure cristalline, de son manque de corps, et parce qu’il ne couvre pas bien. Ces défauts disparaissent par le traitement que MM. Fells lui font subir, et qui le transforme en une belle céruse à grain fin et serré.
- Pour cela, le sulfate provenant de l’azotate soluble, est soumis au contact intime d’une solution alcaline contenue dans des chaudières et bouilli pendant deux ou trois heures. La quantité d’alcali employée étant environ 3 pour 100 de celle du sulfate. L’effet de cet alcali consiste à dépouiller le sulfate d’une portion de l’acide et de l’eau en combinaison avec lui, et, par conséquent, à produire un nouvel article qu’on peut appeler sous-sulfate de plomb, possédant des
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- qualités supérieures à la meilleure céruse qu’on rencontre dans le commerce. Ce produit, lavé dans des cuves, est ensuite recueilli, jeté dans des bassines ou sur des tablettes dans un séchoir construit à cet effet, ou enfin séché dans des étuves par l’application de la chaleur.
- On peut faire varier les proportions ci-dessus entre l’alcali et le sulfate, sans affecter sensiblement le résultat, mais celles indiquées paraissent les plus avantageuses.
- On peut employer, pour remplacer la solution d’alcali caustique, l’un quelconque des composés alcalins, et les résultats sont les memes; enfin la solution peut être préparée, indifféremment avec la soude ou la potasse.
- Perfectionnements dans la fabrication du sucre de betterave.
- Par M. F. JÜnemann.
- Il y a déjà plus de 20 ans que les travaux, des chimistes et mes propres recherches sur la nature du sucre de canne, extrait de la betterave, m’ont conduit à l’idée que le faible rendement en sucre, et la grande quantité de mélasse qui résultaient du travail de la betterave, ne sont pas une condition absolue de cette industrie, mais ont pour cause un mode de fabrication défectueux.
- Depuis qu’on s’est assuré que la betterave ne renferme pas d’autre sucre que celui de la canne, il n’a plus été possible d’attribuer la formation des mélasses à une autre cause qu’à des décompositions que le sucre éprouve pendant le traitement. La betterave renferme, comme on le sait, de l’eau, du sucre cristallisable, de la fibrine végétale et de la pectose, de l’albumine et autres substances azotées, et enfin des matières grasse et colorante, des sels à bases de potasse,
- de soude, de chaux, de protoxyde de fer, de magnésie, et dont les acides sont l’acide phosphorique, l’acide sulfurique, l’acide oxalique, avec du chlorure de potassium, etc. Les mélasses des fabriques de sucre de betterave se composent, indépendamment du sucre de canne intact, de ce même sucre interverti, analogue au glucose ou sucre de fruit ou de fécule, de principe mucoso-sucré, et enfin de différents sels. Si la fabrication s’opérait dans les conditions les plus favorables, on ne devrait donc obtenir, d’un côté, que du sucre, et de l’autre, la fibre végétale, les substances azotées et les sels, et non pas de nouvelles matières produites auxdépensdu sucre, tels que le glucose, le mucoso-sucré, etc.
- En suivant pas à pas la fabrication, nous allons rechercher les causes des transformations mentionnées ci-dessus, et nous indiquerons ensuite les moyens de les éviter à l’avenir.
- La première cause est certainement la métamorphose graduelle du sucre de canne en glucose, qui s’opère déjà en partie, pendant la conservation des betteraves, sous l’influence de l’eau contenue dans le jus, et donne lieu à une perte inévitable et très-forte, à la fin d’une campagne, de sucre cristallisable.
- D’abord, il convient d’écarter le procédé de M. Maumené, qui consiste à conserver le jus de betterave au moyen de la chaux, afin d’éviter ainsi les pertes qu’on éprouve au printemps dans le travail des betteraves conservées, surtout à raison des dépenses considérables qu’entraîne l’installation des appareils; mais en outre, par cette circonstance, que le travail pour la conservation du jus doit s’opérer dans un bref intervalle de temps, et par conséquent qu’il exige de puissantes machines et beaucoup de main-d’œuvre. En second lieu, d’abandonner le procédé proposé par M. Stammer, de conserver la bouillie ou pulpe de
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- betterave par la chaux, procédé ui entraîne aux mêmes difficultés, ela fait, le problème qui reste à résoudre est donc d’organiser autrement cette partie de la fabrication du sucre, et, à cet égard, nous croyons l’avoir résolu par un moyen aussi simple qu’il exige peu de frais et de main-d’œuvre.
- L’extraction du jus, telle qu’on l’opère dans le mode actuel de fabrication pour séparer le jus des matières fibreuses, n’exige pas de notre part qu’on en fasse le sujet de remarques critiques.
- Dans le procédé usuel de défécation du jus par la chaux, on débarrasse bien ce jus des acides organiques et de certaines substances azotées. Mais en sortant des bassines de défécation, ce jus, cependant, n’est pas déjà, comme on sait, une solution pure de sucre, mais contient encore diverses substances qui s’opposent à la cristallisation du sucre, ou du moins l’entravent. Le jus renferme une quantité de chaux combinée au sucre (sucrale de chaux), puis des matières fibreuses et extractives, des substances azotées, et enfin des alcalis et des sels. On parvient à chasser complètement la chaux par la filtration du jus sur du charbon d’os, et on peut opérer enfin son élimination par l’acide carbonique, mais l'action de la chaux a déjà présenté cet inconvénient que par ses propriétés alcalines, elle a dissous une portion des substances protéiques et les maintient en combinaison, ou par cette circonstance qu’en rendant libre la soude ou la potasse, le jus sucré, ainsi traité par la chaux, reste constamment alcalin, même après son traitement ar le charbon d’os et l’acide car-onique. Ces deux modes d’action ont lieu simultanément, et entraînent une modification dans le jus déféqué, dont l’influence nuisible devient sensible par un faible rendement dans la fabrication du sucre. Les matières colorantes et extractives sont absorbées par le noir d’os, les substances azotées éprou-
- vent enfin, pendant l’évaporation du jus à la température bouillante, une décomposition en ammoniaque, mais pas avant d’avoir, par leur action nuisible sur le sucre, interverti une portion de celui de canne en sucre de fécule.
- Quant aux alcalis et aux sels, le charbon d’os exerce sur eux peu d’influence, ils restent dans le jus, passent dans la mélasse, et là entravent, non-seulementla cristallisation du sucre de canne dans cette mélasse par une action mécanique, mais de plus, donnent lieu en commun avec le sucre de fécule qui a passé aussi dans cette mélasse au développement d’une sorte de ferment qui opère d’une manière contagieuse, et transforme le sucre de canne entraîné avec lui dans la mélasse en une masse filante ou une masse atteinte de fermentation glaireuse (mucoso-sucré).
- La filtration sur charbon d’os qui, comme on vient de le faire remarquer, ne retient que la chaux et les matières colorantes et extractives, mais nullement les sels, présente en outre cet inconvénient qu’elle occasionne une perte sensible en sucre cristallisable,car on ne recueille le sucre que lui enlèvent les eaux de lavage, non plus comme sucre de canne, mais sous celle de sucre plus ou moins interverti.
- Il devient donc évident, par ce ui vient d’être dit, qu’après avoir écouvert le moyen de conserver les betteraves, sans qu’elles éprouvent de décomposition, il faut, puisque le charbon d’os, comme nous venons de le voir, ne remplit qu’imparfaitement le but, chercher un autre agent qui 1° se combine avec la chaux employée à la défécation, ainsi qu’avec la potasse et la soude mises en liberté par cette défécation, et fasse disparaître l’alcalinité du jus; 2“ se combine avec les substances protéiques en solution (développées également par la chaux) ; 3° se combine enfin avec les matières colorantes et extractives, et surtout
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- avec les substances azotées, de façon qu’on n’ait plus besoin que d’une filtration du jus sur un filtre Taylor.
- On comprend très-bien aussi que ce moyen une fois trouvé, on doit obtenir dans la clarification du jus sucré, d’un côté de l’eau et du sucre seulement, et de l’autre toutes les matières combinées qui s’opposent à la cristallisation ou qui servent à intervertir le sucre et, par conséquent, après l’évaporation de l’eau, n’avoir que du sucre et pas de mélasse, puisqu’il y a absence de toutes les matières qui donnent naissance à cètte mélasse.
- Après avoir ainsi signalé les imperfections du mode actuel de fa-nricàtion du sucre de betteraves, il nous reste à nous occuper des moyens d’écarter ces imperfections. Le premier reproche fondé que nous avons adressé à cette fabrication, est que par le mode actuel de conservation des betteraves, celles-ci sont exposées à une décomposition qui transforme de plus en plus le sucre de cannes en glucose ou sucre de fécule, au point que vers la fin d’une campagne, le rendement en sucre de cannes est toujours très-faible, que les difficultés dans le travail du jus vont croissant par la présence d’une plus forte proportion de sucre de fécule, et qu’en môme temps que le rendement en sucre de canne diminue la proportion des mélasses visqueuses et mucilagineuses augmente.
- La transformation du sucre de canne en sucre de fécule s’opère principalement sous l’influence de l’eau contenue dans les betteraves. Or, comme le sucre de canne dissous dans l’eau et exposé à l’air présente déjà dès le troisième jour des traces de glucose qui augmentent de jour en jour, tandis que cette dissolution peut se conserver en vases clos pendant des mois entiers , ce fait nous fournit déjà un moyen de s’opposer à la transformation du sucre. Tandis (pie jusqu'il présent on a cherché a préve-
- nir la décomposition des racines pendant la période de conservation en donnant accès à l'air, j’ai cherché au contraire à m’opposer complètement à son contact avec les oetteraves, et cela par un moyen qui ne permet ni la germination, ni la fermentation, ni réchauffement, et par conséquent la décomposition ou la pourriture des racines. J’ai eu l’occasion de conserver des betteraves tant dans des magasins sur terre que dans des silos souterrains (qui présentaient dans le bas un diamètre de 1 mètre environ, s’épanouissaient dans le haut et sur une longueur de 8 mètres), pendant six mois, et dans un cas pendant une année entière, sans que la proportion de sucre cristal-lisable ait changé en quoi que ce soit dans les racines, au point que l’analyse de ces racines n’a pas pu y découvrir une trace de glucose. L’agent pour cet objet est l’hydrate de chaux.
- On arrose de la chaux vive avec de l’eau bouillante et on la laisse se déliter en poudre fine. On couvre avec cette poudre le plancher du magasin, sur une hauteur de 25 millimètres , ou le fond du silo d’une couche de 50 millimètres, et on pose dessus un rang de betteraves, puis dessus une couche de 25 millimètres d’hydrate de chaux, puis un lit de betteraves, et on continue ainsi successivement par couches et lits. L’hydrate de chaux a besoin d’être préparé récemment tous les ans. L’hydrate qui a servi peut, comme on le comprend, être traité comme la chaux, amené avec l’eau à l’état de bouillie, et employé sans nulle crainte, .au lieu de chaux, à la défécation du jus sucré.
- Nous n’avons aucune observation de quelque importance à présenter sur l’élimination des matières fibreuses des jus sucrés, et nous passons, en conséquence, à la défécation au moyen de la chaux. A ce sujet, nous avons formulé le reproche que la chaux dissolvait une partie des substances protéiques
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- et mettait en outre en liberté des sels de potasse et de soude qui impriment un caractère d’alcalinité au jus. Il y a actuellement un grand nombre de fabricants qui affirment que les inconvénients des jus alcalins sont peu importants, mais qui, au contraire, dans la' crainte d’une réaction acide sur le sucre, laissent à dessein leurs jus à l’état alcalin. S’il nous est permis d’avoir confiance dans nos expériences , nous considérons cette opinion comme une erreur, car la potasse et la soude mises en liberté dans le jus par la chaux, transforment une portion du sucre de canne en glucose, et il se forme plus tard, avec ce dernier, de l’acide mélassique coloré en brun foncé, et de l’acide glucique incolore qui, tous deux se dissolvent dans le jus sucré et probablement ne contribuent pas à l’améliorer.
- Pourquoi ne rendrait-on pas le jus sucré parfaitement neutre? On considère une neutralisation efficace et nette comme une opération technique d’une extrême difficulté et qui n’est pas praticable. En effet, les moyens employés jusqu’à présent, y compris l’acide carbonique lui-même, ne remplissent pas complètement le but. De plus, il convient de faire remarquer ici qu’on considère l’alcalinité du jus comme un moyen préservatif particulier dans l’évaporation consécutive. Celte opinion est en cela d’accord avec nos expériences lorsque cette alcalinité provient uniquement d’un excès de chaux, mais il faut, dans ce cas, que tous les sels aient été chassés du jus, autrement on sera toujours ornigé de combiner les acides des sels avec la chaux et de rendre les bases libres. Du reste, nous avons évaporé des jus parfaitement neutres, purifié par notre méthode et obtenu les meilleurs résultats.
- Pour éliminer les substances azotées, beaucoup de personnes pensent qu’il suffit d’évaporer le jus, évaporation pendant'laquelle ces substances sont dans tous les
- cas transformées en ammoniaque à la température bouillante, mais cependant pas avant que déjà une portion du sucre de canne ne se soit transformée en glucose.
- Les moyens proposés par d’autres pour éliminer les substances azotées ne remplissent le but que lorsqu’ils sont appliqués à propos. Mais on n’élimine pas plus les sels par les moyens proposés que par la filtration sur charbon d’os, et ces sels restent dans le jus sucré où ils jouent leur rôle désastreux. Dans le mode de défécation que j’ai pratiqué et où j’obtiens un jus neutre et dans lequel les sels et les substances azotées sont si promptement éliminés que le jus ne présente pas de trace de sucre interverti, on procède comme je vais l’exposer.
- Dès que la défécation a été opérée par un excès de chaux, qu’on a enlevé les écumes à la surface, et que la chaux a été précipitée à la manière ordinaire par l’acide carbonique, on ajoute de 1/4 à 1/2 pour 100 d’acide stéarique (cet acide, employé même en excès, n’a aucune action de décomposition sur le jus sucré), en agitant constamment, et on chauffe jusqu’au point d’ébullition. Dès qu’on a atteint ce point, on laisse tomber la température, on enlève les flocons d’écume qui se sont formés et qui consistent en savons de potasse, de soude et de chaux, ainsi que l’excédant de l’acide stéarique. Gela fait, on ajoute 2 1/2 pour 100 de charbon de bois préparé et en grains, et on fait bouillir doucement le jus sur ce charbon pendant une demi-heure, au bout de laquelle on filtre sur du charbon de bois préparé. Ainsi travaillé, le jus se trouve déjà dans un grand état de pureté, il cristallise bien, ne donne aucun trouble quand on le mélange à l’alcool, est parfaitement neutre et peut, au contact de l’air, être conservé plusieurs jours sans se colorer ou éprouver d’autre changement et ne renfermant plus que des traces de sel. Quand
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- on l’évapore, la elairce ne se colore qu’en jaunâtre faible et est parfaitement exempte de cette saveur désagréable et salée qui est le caractère de la clairce de betterave.
- Après avoir fait cuire le jus comme à l’ordinaire, on le verse dans les cristallisoirs. Si on suppose que les prescriptions ci-dessus ont été exactement observées, la cristallisation est terminée au bout de 10 heures, et on obtient de 100 de masse d’empli 60 à 70 de sucre cristallisé.
- Le sirop qu’on recueille de ce produit est traité comme on a fait pour le jus, par la chaux, l’acide stéarique et le charbon de bois, dans un rapport tel que les quantités sont augmentées de 1/4 sur la défécation précédente; on filtre ensuite et on a de cette manière éliminé si complètement les matières colorantes et étrangères encore présentes, que le sirop ainsi purifié est limpide comme l’eau et peut être cuit pour cristalliser. On opère de la même manière une troisième et une quatrième fois.
- Il arrive très-souvent qu’il se forme, par l’action d’une haute température pendant l’évaporation du jus, ainsi que pendant la cristallisation et le travail des fonds du sucre de canne, une certaine quantité de glucose qui est éliminée de la maniéré indiquée dans le sirop, car lorsque du sirop dans lequel il y a du glucose, est traité comme il a été dit; la chaux décompose ce glucose en plusieurs acides organiques qui se précipitent en se combinant à la chaux, et quelques portions du glucose forment des corps alcalins qui s’unissent à l’acide stéarique, d’autres portions enfin se transforment en une matière colorée en brun-noir intense qui, de même que des traces de sels qui sont encore restés dans le jus après la première défécation, sont enfin éliminés par le charbon de bois préparé.
- L’acide stéarique dont on fait usage dans ce procédé peut tou-
- jours resservir, en décomposant les savons obtenus d’abord par l’acide sulfurique étendu, puis lavant à l’eau bouillante.
- Le charbon de bois préparé s’obtient en faisant bouillir 90 parties de charbon de bois en gros grains dans une solution de 5 parties de phosphate acide de chaux et 5 parties de sulfate d’alumine, faisant sécher et chauffant pour chasser l’eau et les acides. Ainsi préparé, ce charbon possède un pouvoir décolorant extraordinaire et jouit en outre de la propriété de se combiner mécaniquement avec beaucoup de sels, avantage dont est dépourvu, comme on sait, le charbon animal. Sa puissance d’absorption dure plus longtemps, et il est facile à laver et à revivifier.
- J’ai fait connaître dans ce qui précède les résultats de recherches et d’expériences qui ont été prolongées pendant des années et de travaux pratiqués en grand. Je désire que les fabricants entreprennent à leur tour des expériences sur cette méthode, et je serai suffisamment récompensé si je suis parvenu à apporter quelque amélioration dans une branche d’industrie aussi importante que l’est la fabrication du sucre (1).
- (1) Depuis la publication de l’articie précédent, qui a paru dans le Journal de la Société des Ingénieurs et des Architectes autrichiens, armée 1896, p. 192, en poursuivant mes travaux, j’ai trouvé un moyen qui est la manière la plus simple et la plus pratique propre à rendre la fabrication du sucre plus rémunératrice qu’elle n’a été jusqu’à présent. Ce moyen repose sur un agent chimique à très-bas prix, qui a une grande affinité pour le sucre, se combine avec lui dans -les jus, mais avec lui uniquement, et laisse par conséquent en solution, dans les eaux-mères, les sels, les matières colorantes et les substances azotées. Le sucre, ainsi obtenu des jus sucrés qui se trouve dans un grand état de pureté, peut déjà, sans autre évaporation, cristalliser et être travaillé en mélis ou sucre en pain.
- Par cette nouvelle méthode, on opère la fabrication du sucre de betterave de la manière suivante : 1° extraction du jus des betteraves, soit par voie de ma^ cération, soit par la presse ; 2® mélange du jus sucré avec le réactif nouveau ; 3° filtration par un filtre Taylor pour sç-
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- Extraction des huiles minérales.
- Par M. H. Robertson.
- La fig. 7, pl. 334, est une vue en élévation et en coupe de l’appareil employé pour l’extraction et la fabrication des hydrocarbures liquides des schistes, de la houille et autres substances bitumineuses.
- A, vaisseau extracteur dans lequel on dépose la substance pulvérisée dont on veut extraire l’hydrocarbure liquide, qui est entouré d’une maçonnerie de briques et maintenu en position sur son collet B, lequel repose sur la partie supérieure de cette maçonnerie, tandis que sa portion centrale est appuyée sur une cloison C. La partie supérieure de cet extracteur A est de forme conico-concave, et au sommet est placée une boîte à étoupes D, afin d’établir un assemblage imperméable à l’air ou au gaz autour de l’arbre central E qui sert à manœuvrer l’agitateur F.
- Dans le four G sont placés les chauffeurs H, H qui sont du même genre que ceux qu’on emploie pour chauffer le vent des hauts-fourneaux à l’air chaud, et à partir desquels l’air chaud passe par le tuyau P pour se rendre dans le vaisseau d’extraction et de distillation A. La chaleur perdue, et qui s’échappe du fourneau G, passe par les carneaux I, I placés sous et autour de l’extracteur A, et les produits de la combustion sont enfin jetés dans la cheminée K.
- De cette façon, la totalité ou la
- parer le sucre combiné chimiquement des eaux-mères, qui renferment la plus grande partie de l’eau, ainsi que tous les sels, la matière colorante, etc.; 4» séparation du sucre de sa combinaison chimique. Le reste du travail, comme dans les méthodes ordinaires.
- Par cette méthode, on supprime donc entièrement la défécation à la chaux, l’évaporation et les appareils dispendieux pour cet objet, la filtration sur charbon d’os; le temps employé dans ce nouveau procédé est considérablement abrégé , et n’est que le quart de celui qu’on a. consacré jusqu’à présent à la défécation, à l’évaporation et à la tiltration.
- F. JüNEMANN.
- Le Technologie. T. XXYIII. — Juillet
- plus grande quantité possible de la chaleur générée sur la grille du four se trouve utilisée sans qu’il soit nécessaire d’établir un second feu pour chauffer l’extracteur A.
- L’agitateur F est mis en mouvement par une roue d’angle L calée sur l’arbre E et que commande un pignon du même genre calé sur l’arbre M. La vapeur est introduite par le tuyau N, et les produits volatils résultant de l’opération passent au condenseur ou aux condenseurs par un tuyau assemblé sur l’emboîture 0.
- La manière d’opérer avec cet appareil est fort simple.
- Les matériaux qu’on veut distiller sont d’abord broyés dans un moulin, puis tamisés. Les portions les plus fines sont mélangées à de la résiné, de la sciure de bois ou de la terre franche sèche. Lorsque le mélange est bien desséché, on y ajoute une petite quantité de carbonate de soude et 10 h 12 litres d’huile brute de schiste ou de houille, et quand le tout a été bien mélangé et incorporé, on y ajoute la portion du schiste ou de la houille qui n’a pas passé au travers du tamis.
- L’extracteur A est alors chargé avec ce mélange en ayant soin que cette charge ne dépasse pas 15 centimètres d’épaisseur, puis les chauffeurs H sont portés à une température de 370° à425°C., et cette température, en agissant sur l’air qui traverse ces chauffeurs, se dilate assez pour produire un courant rapide d’air chaud à travers l’extracteur A, sans qu’aucun appareil de soufflerie soit nécessaire, en même temps que le passage de cet air chaud est favorisé par l’afflux de la vapeur par le tuyau N.
- Cet extracteur étant ainsi chargé, on met l’agitateur F en mouvement par les moyens indiqués ci-dessus et à raison de deux à trois révolutions par minute. Get agitateur ramasse, en tournant, la matière, la retourne constamment en exposant sans cesse de nouvelles por-ions de la charge à l’action de l’air
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- chaud et de la vapeur d’eau, et les matières ayant été finement divisées tout d’abord, les produits s’échappent beaucoup plus librement que lorsque la distillation s’opère sur des matières à l’état solide, en même temps que la sciure de bois ou la terre qu’on a mêlée à la substance, s’oppose à la congélation ou concrétion des composés qui se forment.
- Sur le côté opposé de l’arbre E est fixée une barre Q qui est armée de4 dents R, de manière que, pendant que cette barre tourne avec l’agitateur F, elle contribue à découvrir de nouvelles surfaces de la charge en la maintenant aussi sous une épaisseur uniforme sur le fond de l’extracteur pendant tout le temps de l’opération.
- La température indiquée ci-dessus a besoin d’être maintenue constante pendant toute la durée de la distillation. Quant aux résidus charbonneux, on peut les broyer finement et les livrer aux fondeurs en fer pour poudrer leurs moules.
- Réfrigérant pour la bière.
- Par M. A.-M. Dix.
- On sait qu’on construit des réfrigérants pour refroidir les moûts et Ta bière qui se composent d’une série de passages, tulles ou conduits dans lesquels circule de l’eau froide, tandis que le moût ou la bière circule dans une autre série de passages, tubes ou conduits en direction opposée à celle où marche l’eau froide. Les passages pour l’eaufroide se composent assez conl-munément'd’un certain nombre de boîtes transversales peu épaisses fixées dans le bac et reliees les unes aux autres, à leurs extrémités, ar des chapeaux, sur les parois du ac de manière à former une conduite continue. Pendant que les espaces entre les parois des boîtes minces forment passages pour le
- moût, ces passages sont reliés les uns aux autres alternativement au-dessus et au-dessous des boîtes.
- Jusqu’à présent, il n’a pas existé de moyen facile pour retirer les boîtes transverses, afin de les nettoyer, de les réparer ou de les changer, parce qu’elles ont été fixées à demeure sur le fond du bac, afin que le moût coule dans la direction convenable. M. Dix, habile brasseur anglais, s’est proposé de faciliter ces nettoyages et de perfectionner le procédé plus important du refroidissement ainsi qu’on va l’expliquer.
- f Fig. 8, pl. 334, plan du nouveau réfrigérant.
- Fig. 9, section suivant la longueur par la ligne A, B, de la figure 8.
- Fig. 10 et 11, sections transversales par les lignes G, D et E, F, même figure.
- a, a, bac ou réservoir extérieur du réfrigérant; b, b, siège ou nappe en caoutchouc placé sur le fond du bac a ; c, c, série de boîtes minces oblongues disposées transversalement, dans lesquelles coule l’eau destinée à rafraîchir le moût ou autre liqueur. Ces boîtes se terminent, à chacune deleurs extrémités, par un tube vertical qui communique avec la boîte par un certain nombre d’orifices c, e. Le tube d, à l’un des bouts de chaque boîte, est adapté dans une coulisse verticale /pratiquée dans un châssis g, g inséré dans le bac a, a, et cette coulisse est garnie de caoutchouc. Le tube, à l’extrémité opposée de chaque boîte, est distant de 5 centimètres de l’autre côté du châssis g, de manière à laisser un passage pour le moût.
- Les boîtes transversales c sont placées alternativement sur les deux grands côtés du châssis de manière à laisser un passage continu en zigzag au moût. Le sommet de chaque tube d est courbe ou rabattu en h vers le tube correspondant de la boîte adjacente, pour que les extrémités des deux tubes se rencontrent. Ces extrémités por-
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- tent des collets i, i au travers desquels passent des boulons pour les réunir les unâ aux autres en interposant des rondelles en caoutchouc ou autre matière pour former un assemblage étanche.
- On se formera une idée plus exacte de ce mode d’assemblage à l’inspection des figures 12 et 13 qui en sont des sections verticales et horizontales sur . une. échelle plus grande.
- L’eau pour rafraîchir le moût entre en k et passe par le tuyau l dans la première boîte transversale c; elle coule à travers cette boîte, pénètre parles orifices e dansle tube d à l’extrémité opposée de cette boîte, remonte dans ce tube et entre par l’extrémité opposée dans la boîte adjacente en continuant ainsi à passer d’une manière continue dans l’extrémité supérieure du premier tube e de chaque boîte, dans et à travers cette boîte remontant dans le tube h l’extrémité opposée, puis entrant par l’extrémité supérieure du premier tube de la boîte suivante et sortant finalement par la gouletle de décharge m. On voit donc que chaque boîte est alimentée par le haut au lieu de l’être latéralement comme auparavant et c’est là un caractère important de cette disposition.
- Le moût qu’il s’agit de refroidir pénètre par le tuyau d’entrée n à l’opposé de celui k qui donne accès à l’eau; il passe d’abord entre le châssis g et la boîte extrême c, puis autour du tube d à l’extrémité opposée du châssis, de là dans l’espace entre les deux premières boîtes c, à cette extrémité et ainsi de suite, en zigzag, entre les boites c et autour des tubes d de chacun des côtés du châssis alternativement, et enfin passant par la décharge o du châssis, il s'échappe par la goulette v du bac a.
- Le châssis g n’a pas d’autre fonction que de soutenir les boîtes c qui sont maintenues en place par un petit support de chaque bout, et équidistantes sur le fond par des tasseaux. Ce châssis est ouvert
- dans le haut et dans le bas et entre librement dans le bac a. Son bord inférieur, et celui aussi des boîtes c, repose sur le siège doux en caoutchouc b (ou lorsqu’on ne se sert pas du siège, sur le fond du bac a), ce qui s’oppose efficacement au passage du moût sous ces boîtes sans autre moyen de fixation.
- Il suit de ce mode d’installation que toutes les boîtes c peuvent être aisément relevées dans le bac a avec le bâti g pour les nettoyer, les réparer ou les remplacer, ou qu’une ou plusieurs d’entre elles peuvent être enle ,ées séparément en désassemblant les tubes de celle ou de celles qui doivent être enlevées avec les tubes des boîtes adjacentes ; ou bien, si on se propose de vider le réfrigérant, on peut en soulever ou abaisser un des bouts, l’autre pouvant tourner sur charnière, en se servant de poulies ou de palans pour abaisser ou relever le bac.
- Afin de main tenir les boîtes transversales c et pour qu’elles puissent résister à la pression de l’eau, on perce des trous r sur les parois opposées l’une à l’autre et des entretoises creuses sont insérées entre chaque couple de trous opposés. Alors on passe une broche dans le vide de chaque entretoise et les extrémités de ces broches sont rabattues au rivoir de manière à clore ces trous et à river ensemble les parois adjacentes de deux boîtes consécutives.
- Gaîactomètre optique.
- Par M. A.Yogel.
- Les appareils pour faire l’essai du lait sont les suivants :
- 1° Un flacon de verre qui porte une marque indiquant le niveau de 100 et de 80 centim. cubes d’eau.
- 2° Une éprouvette formée de deux plaques parallèles, éloignées rune de l’autre de 8 millimètres.
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- 3° Une pipette graduée, dont les divisions correspondent à des demi-centimètres cubes.
- On agite le lait à examiner dans tous les sens, afin de déterminer un mélange parfait et puis on retire de ce lait une certaine quantité au moyen de la pipette graduée et on le fait tomber goutte à goutte dans l’eau que renferme le flacon de 100 centimètres cubes. On agite le flacon contenant le mélange de lait et d’eau et on verse un peu de liquide troublé dans l’éprouvette formée de deux plaques de verre, uis on regarde la flamme d’une ougie à travers les parois de cette dernière. Tant que les contours de la flamme se distinguent encore, on vide l’éprouvette dans le flacon, on ajoute de nouveau un centimètre cube de lait au mélange qu’il contient, on l’agite, et verse dans l’éprouvette, on regarde de nouveau à travers l’éprouvette la flamme d’une bougie et ainsi de suite, jusqu’à ce que le contour conique de la flamme ait disparu tout à fait. La somme des centimètres cubes de lait ajoutés successivement aux 100 centimètres cubes d’eau donne la quantité de lait qu’il faut ajouter à 100 centimètres cubes d’eau pour en rendre opaque une couche d’un demi-centimètre d’épaisseur.
- On trouve immédiatement dans la table ci-après la quantité des
- matières grasses que renferment 100 parties de lait. Matières errasses
- Centimètres cubes que renferment
- de lait. 10*0 parties de lait.
- 1 . . . . 23,43
- 1,5 . . . . 15,46
- 2 . . . . 11,83
- 2,5 . . . . 9,51
- 3 . . . . 7,96
- 3,5 . . . . 6,86
- 4 . . . . 6,03
- 4,5 . . . . 5,38
- 5 . . . . 4,87
- 5,5
- 6 . . . 4,09
- 6,5 ... 3,80
- 7 , . . . 3,54
- 7,5 . . . . 3,32
- 8 . . . . . 3,13
- 8,5 , . . . 2,96
- 9 . . . . 2,80
- 9,5 . . . . 2,77
- 10 . . . . 2,55
- 11 . . . . 2,43
- 12 . . . . 2,16
- 13 . . . 2,01
- 14 ... 1,88
- 15 . . . 1,78
- 16 . . . 1,68
- 17 . . . 1,60
- 18 ; . . . 1,52
- 19 . . . 1,45
- 20 . . . 1,39
- 99 . . . 1,28
- 24 ....... . . . 1,19
- 26 . . . 1,12
- 28 . . . 1,06
- 30 . . . 1,00
- 35 . . . 0,89
- 40 . . . 0,81
- 45 . . . 0,74
- 50 . . . 0,69
- 55 . . . 0,64
- 60 . . . 0,61
- 70 . . . 0,56
- 80 . . . 0,52
- 90 . . . 0,48
- 100 ... 0,46
- <XX^OO<4-
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- ARTS MÉCANIQUES,
- Appareil pour mouiller et humecter
- les tissus qu'on veut apprêter.
- Par M. A. Stephan, de Berlin.
- Jusqu’à présent, pour humecter et mouiller les tissus qu’on destine à l'apprêt, on a fait usage de dispositions diverses, mais dont la plupart consistent à lancer sur ces tissus une pluie fine produite au moyen d’une brosse en partie submergée, qui tourne avec rapidité, et devant laquelle on fait passer l’étoffe. Ces appareils, cependant, présentent certains désavantages qu’il est facile de constater. Ainsi, des brosses de ce genre pour tourner avec une rapidité suffisante, afin de distribuer l’eau dont elles sont chargées en une pluie fine, exigent une dépense de force assez considérable. D’un autre côté, les soies de porc se ramollissent aisément et perdent de leur ressort, au point que depuis longtemps je me suis vu forcé de remplacer dans mes appareils de mouillage anglais les brosses en soies par des brosses en fils de laiton de même longueur, mais aussi avec une dépense de force encore plus grande.
- Dans ces derniers temps, on a mis à la mode ce qu’on appelle des rafraîchisseurs ou confortatifs des nerfs, appareils qui servent à l’inhalation des substances ou matières humides. J’ai cru devoir mettre à profit le principe aussi simple qu’ingénieux de ces petits appareils, et en conséquence, j’ai réalisé l’application au mouillage pour l’appret des tissus de la manière qui a été représentée dans la fig. 14, pl. 334.
- Un tuyau est, sur une étendue suffisante, pourvu ,de petits tubes ou ajutages disposés entre eux à
- une distance de 4 à 5 centimètres, par lesquels s’échappent des jets de vapeur ou d’air qui entraînent avec eux l’eau de mouillage, la dispersent et la répartissent en pluie fine.
- La pièce a est en laiton, sans avoir plus de largeur ou d’épaisseur (environ 21/2 centimètres) que ne l’exige le diamètre des ajutages , et il y autant de ces porte-ajutages vissés sur la chaudière à vapeur ou le cylindre à air comprimé qu’on emploie d’ajutages.
- Ces ajutages sont comme les jets de gaz d’éclairage en laiton, et maintenus par des vis ; le reste de l’appareil est en fer.
- Les circonstances locales servent à déterminer la manière de disposer cet appareil dans le voisinage de celui de pliage, afin que l’opération du mouillage s’opère bien librement et qu’on puisse la surveiller.
- Une pression d’au moins un tiers d’atmosphère ou d’une demi-atmosphère est nécessaire pour que l’operation marche convenablement. Si on fait usage de la vapeur, il faut veiller à ce que l’écoulement soit régulier et qu’il y ait toujours un petit excès de cette vapeur, mais si c’est l’air qui chasse l’eau de mouillage, il faut employer un ventilateur qui ne soit pas trop faible.
- Machine à repriser les tissus.
- Par M. E.-A. Cowper.
- Depuis longtemps on a cherché à construire une machine propre à exécuter le travail de reprisage ou de réparation des tissus troués
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- ou usés, afin de remplacer le travail à la main; mais jusqu’à présent, on n’était pas parvenu à inventer une machine de ce genre à bas prix, opérant un travail satisfaisant. et d’une manœuvre facile. M. Cowper, à qui l’on doit déjà quelques perfectionnements importants apportés aux machines à coudre, paraît avoir résolu le problème. Les perfectionnements par lui introduits sont relatifs à la formation d’une nouvelle espèce d’étoffe qu’il applique sur les espaces, trous ou points faibles et usés des tissus, et qu’oîi répare ordinairement par la voie des reprises, et à travailler cette nouvelle étoffe de manière à l’amener à réparer ces points, ou bien à garnir et à fortifier certaines parties neuves ou vieilles qui sont les plus exposées à être détériorées, en un mot, à opérer un bon reprisage avec une machine excellente pour ce travail.
- Fig. 15, pl. 334, est une vue en élévation, partie en coupe de cette machine.
- Fig. 16 et 17, des vues aussi en élévation aux. extrémités; dans la figure 17 on a supprimé la plaque de couverture qui maintient les organes dans leur position de travail.
- Fig. 18, plan.de la machine.
- Fig. 19, plan de la base après en avoir enlevé les parties supérieures.
- a, a, bâti de la machine composé de deux parties maintenues entre elles par des boulons ; b, axe porté par le bâti sur lequel est calé un volant b\ avec bras de manivelle &2 qui sert à faire tourner la machine. A l’autre extrémité, l’axe b porte des excentriques è3, b* (fig. 17),et sur l’excentrique b1 est fixé le bouton b5, c, coulisseau de l’aiguille qui peut monter et descendre librement dans des coulisses de guide à l’extrémité du bâti, et à mesure que l'axe b tourne, reçoit un mouvement du bouton é3, lequel fonctionne dans la mortaise transversale c1 dans le coulisseau c; l’aiguille c2 est arrêtée sur le coulisseau par une vis de calage c3; d, compresseur qui maintient l’ou-
- vrage sur la plate-forme ou la table réservée pour lui à la partie inférieure du bâti, et de laquelle il reçoit aussi son mouvement d’avance, afin que l’aiguille puisse pénétrer dans un nouveau point du tissu à chaque descente.
- Le compresseur d est inséré dans une coulisse de guide sur le bâti, et entre celui-ci et la plaque de couverture e, coulisse dans laquelle il monte et descend, et se meut latéralement à angle droit avec l’axe b. Toutefois, son extrémité supérieure est empêchée de participer à ce mouvement latéral par la petite plaque a2 fixée sur le bâti ; d1, ressort à boudin fixé d’un bout sur le compresseur d, et de l’autre sur le bâti. Ce ressort tend constamment'à ramener le compresseur d en dedans ou vers la droite; d2, autre ressort attaché de même avec tendance constante à faire descendre le compresseur.
- L’excentrique bh à mesure qu’il tourne, agit sur le compresseur pour lui imprimer un mouvement latéral qui a lieu en deux points diamétralement opposés : 1 un, mouvement effectif, se déclare lorsque le coulisseau de l’aiguille est relevé et que le compresseur porte sur le tissu, et l’autre, qui est le mouvement de retour ou à vide, lorsque l’aiguille est descendue, que la pression est supprimée par l’excentrique b3 agissant sur le bras b3 que porte ce compresseur.
- Lepied d\ au bas de ce compresseur, est cannelé suivant deux directions, de façon à pouvoir faire avancer l’ouvrage dans l’un ou dans l’autre sens, car, comme on le voit, le mouvement du compresseur s’opère soit de droite à gauche, soit de gauche à droite, suivant la direction dans laquelle on fait tourner l’axe 6; d3 est un levier de buttage placé dans le haut du compresseur d; en relevant ce levier, le pied d‘ peut être maintenu relevé sur l’ouvrage lorsqu’on le désire.
- L’excentrique à4 ne reste pas constamment en contact avec le
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- compresseur d, si ce n’est au moment où la machine exécute le plus long point dont elle est capable ; dans les autres moments, on empêche le compresseur de suivre l’excentrique par une vis d’ajustage dG qu’il porte, qui vient appuyer sur le fond de la coulisse de guide dans laquelle fonctionne ce compresseur et l’arrête plus tôt ou plus tard, suivant la longueur requise du point.
- L’aiguille c2 est alimentée de fil pour la reprise par un dévidoir f enfilé sur une broche que porte le bâti, et la tension est réglée par le levier g qui presse sur la surface du fil sur le dévidoir ; ce levier g est appliqué sur le bâti au moyen d’une vis g1 sur laquelle il tourne librement ; g2 est un contre-poids qu’on ajuste sur ce levier; en le vissant ou le dévissant sur le bras du levier, c’est-à-dire le rapprochant ou l’éloignant du centre g\ la tension du fil qui passe à l’aiguille peut être diminuée ou augmentée, et une fois ajustée, elle reste pratiquement constante depuis le commencement jusqu’à la fin du déroulement sur le dévidoir.
- Dans quelques cas, M. Cowper fait usage d’un ressort en caoutchouc au lieu d’un poids; alors il fixe sur le bâti un fil en métal pour recevoir le ressort sur lequel celui-ci peut glisser pour faire varier la tension.
- Le fil est conduit par l’œil à sur le coulisseau c et de là dans le chas de l’aiguille. Les crochets qui s’emparent du fil d’aiguille sur la face inférieure de l’ouvrage, sont fixés sur le levier h et marqués h\ h\ Ce levier est attaché au bâti ar une vis à2 sur laquelle il peut asculer et en même temps glisser d’une faible étendue, l’ouverture dans ce levier par laquelle passe la vis II2 étant une mortaise. Près de son extrémité postérieure, le levier est articulé sur un bras h3 qui, à son tour, s’articule sur le bâti, ainsi qu’on le voit dans la figure 15. L’extrémité du levier h est taillée en fourchette et reçoit
- entre ses branches un* autre levier i, i qui, pour lui conserver plus de légèreté, se compose d’une lame mince d’acier courbée dans le point où elle entre dans la fourchette; k, levier de renversement pour mettre l’un ou l’autre des crochets h1 en action, suivant qu’on tourne la machine dans un sens ou dans l’autre; c’est un fil d’acier, qui dans le haut, pivote sur le bâti et dont le bras descendant est aplati pour lui donner de la raideur et de la flexibilité dans les directions requises. Ce levier pénètre dans lçs mortaises a3 pratiquées dans le bâti et s’engage dans les encoches a3* qui y sont pratiquées. Lorsqu’il est mis en regard de ces encoches, celles-ci le maintiennent avec une fermeté suffisante, mais on peut aisément l’en dégager par une pression exercée sur l’extrémité de ce levier.
- Le levier i tourne sur un centre en i1 et à son extrémité supérieure, il porte deux bras z'2,i2 opposés aux excentriques m,m de l’arbre b. Le levier de renversement k est assemblé par le ressort à boudin l avec ce levier f, de façon que lorsque celui k est porté d’un côté à l’autre, il entraîne celui-ci avec lui,’ jusqu’à ce que l’un des bras i2 vienne toucher son excentrique respectif m qui l’arrête ; puis à mesure que l’axe tourne, le ressort /, en attirant continuellement le levier i vers le levier h, maintient son bras i2 sur l’excentrique, de manière à donner ainsi un mouvement de va-et-vient au levier i qui communique un mouvement réglé au levier h et à ses crochets, mouvement tel que le crochet en action, passe au moment où l’aiguille est abaissée entre celle-ci et son fil, du côté interne et vers le centre de la machine, de manière à cueillir sur lui une boucle. Ce crochet, en conséquence de sa forme et aidé par le mouvement de l’ouvrage qui s’éloigne de lui, ouvre et porte cette boucle en avant de manière à assurer la descente de l’aiguille à travers lors de son mouvement de
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- descente suivant; alors le crochet! sort de la première boucle et en saisit une seconde.
- On voit donc que lorsque le levier de renversement est amené d’un côté à l’autre, entraînant celui i qui porte sur lui, il met un des excentriques m hors d’action, tandis que l’autre entre au contraire en action et que de cette manière le mouvement communiqué au levier h dégage l’un des crochets h1 et met l’autre en jeu ; en outre, à l’instant où le levier de renversement est ramené, un plan incliné à son extrémité relève le compresseur d en agissant sur une saillie qu’il porte. Ce mouvement permet de pousser l’ouvrage latéralement avant de commencer une nouvelle rangée de points, toutefois la chose n’est pas absolument essentielle.
- n est un axe que porte la machine et qu’on peut tourner à la main, il sert à enrouler le fil sur la ramette o qui porte des dents sur le bord servant à espacer régulièrement le fil couché dessus et à l’empêcher de glisser. Cet axe n est fendu et la rainette sur laquelle on couche le fil est maintenue en place par un anneau élastique p qu’on insère à son extrémité. Les fils peuvent être appliqués sur cette ramette o de différentes manières, mais il vaut mieux appliquer dessus deux cours de fils se croisant l’un l’autre au centre ou vers le centre de la ramette sous une inclinaison considérable, et le lacis ainsi formé doit être au moins aussi grand que le trou ou la partie élimée qu’il s’agit de réparer.
- La ramette avec le fil couché dessus est placée sur l’ouvrage dans le point qu’on veut repriser ; le tissu est alors tendu sur cette ramette de manière que les dents sur les bords de celles-ci le maintiennent h l’état de tension, puis on applique le travail de la machine sur le tissu en lignes parallèles ui croisent les deux séries de fils , éjà indiquées sous des angles égaux. La ramette peut être placée
- sous le tissu au lieu de l’être dessus.
- L’opération marche ensuite ainsi. On fait une ligne de points de la longueur requise sur le travers du tissu, puis on renverse la direction suivant laquelle la machine tourne. Mais immédiatement avant que la direction de la rotation de la machine change, on étend l’un des doigts de la main qui tourne la machine de manière à toucher le levier de renversement A: et à le repousser de l’autre côté; on produit alors un autre rang de points parallèle au premier au bout duquel la machine est tournée dans le même sens qu’auparavant en ramenant le levier A; à sa position primitive, et le travail se poursuit de la même manière.
- Le tissu est aisément guidé dans ce va-et-vient, parce qu’il est tendu sur la ramette o qui, pendant qu’elle travaille fait, parce que le tissu et les fils sont tendus dessus, en réalité partie de la machine, conduite qu’elle est en va-et-vient par l’action du compresseur, mais avec la facilité de pivoter à peu près sur l’aiguille comme centre chaque fois qu’on lève le compresseur.
- La quantité considérable de travaux de réparations qu’il faut faire dans les grands établissements ou les ménages un peu étendus, et que cette machine peut fort bien exécuter, en rendront probablement l’emploi fort populaire..
- Machine à forger et souder les métaux.
- Par M. R. Mitchell, ingénieur à Wolverhampton.
- Cette machine a surtout pour objet de faciliter le travail du finissage des T, coudes, cintres, assemblages et autres dispositions de tuyauterie après qu’ils ont été en partie forgés.
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- La figure 20, pl. 334, est une vue en élévation par devant de la machine à souder ou à forger les pièces dont il vient d’être question.
- La figure 21 est une vue correspondante prise sur l’un des côtés.
- ,La figure 22 présente quelques détails propres à faire comprendre le jeu des pinces ou des mâchoires.
- La figure 23, d’autres détails montrant l’action conjointe des étampes, des matrices et du bloc de calibrage, les mâchoires ou griffes n’étant pas visibles dans cette figure.
- La figure 24, une section de l’un des cylindres.
- A, banc de la machine soutenu sur des appuis. Ce banc porte un montant large et robuste B, B sur lequel sont boulonnées les consoles C et D, D qui portent respectivement les cylindres E et F, F. Le cylindre E est placé verticalement et dans une position renversée, c’est-à-dire que sa tige de piston G passe à travers une boîte à étoupes sur son couvercle inférieur, tandis que les deux autres cylindres F, F sont disposés sous un angle de 45° de chaque côté du cylindre vertical, mais, de même que lui, opèrent dans une position renversée, leurs tiges de piston H, H fonctionnant aussi à travers des boîtes à étoupes sur leurs couvercles inférieurs.
- Chacun de ces trois cylindres est pourvu d’un tiroir ordinaire ou d’un autre appareil de distribution convenable dans leurs boîtes respectives 1, K, K qui reçoivent le mouvement de la main de l’ouvrier par l’intermédiaire des leviers L et M, celui L manœuvrant le tiroir du cylindre vertical E par le moyen de là tringle N et du levier O ; le levier M transmettant le mouvement aux tiroirs des cylindres F, F par l’entremise de la tringle Q et des leviers R, S et T. La tringle Q peut être ajustée de longueur, afin de pouvoir faire coïncider très-exactement les positions des deux tiroirs, et par conséquent assurer l’action
- simultanée des pistons respectifs dans les cylindres F, F.
- En manœuvrant convenablement les deux leviers à poignée L et M, l’ouvrier peut donc parfaitement disposer à son gré des trois cylindres, et suivant le besoin, faire agir seulement celui vertical ou les deux obliques.
- La tige de piston G du cylindre vertical est assemblée avec un coulisseau U qui fonctionne entre des guides sur le montant vertical B. Ce coulisseau porte une potence V à laquelle est attaché un mandrin vertical k1. Deux autres mandrins k, k, fig. 23, opérant horizontalement, sont montés sur les deux coulisseaux horizontaux W, W. Ces coulisseaux se rapprochent ou s’éloignent simultanément du bloc de modelage ou de calibrage r par 1 action des bras de levier y*y, qui fonctionnent dans des mortaises ou retraites découpées dans les coulisseaux et arrêtées à clavette sur les arbres alternatifs Z, Z que soutiennent des paliers ou des chaises a, a boulonnées sur la face inférieure du banc A, ainsi qué par des plaques basiques b, b fixées sur des supports convenables; Y1,Y1 sont d’autres bras de leviers également arrêtés sur les arbres alternatifs Z et qui sont alternativement relevés et rabattus par l’action des chevilles d,d implantées dans la portion inférieure du coulisseau vertical U, ainsi qu’on le voit clairement dans la figure 20 ; e,e{, fig. 22, sont des mâchoires ou étampes de façonnage qui, sur leurs faces de pincement, ont reçu le profil nécessaire pour s’appliquer très-correctement sur une portion de la surface de la pièce ou de l’article qu’on veut souder.
- La figure 22 représente ces mâ-choires-étampes embrassant chacune environ le tiers de la circonférence de cet article, et la portion qui reste entre les deux étampes sur le côté inférieur de cette pièce repose sur la partie concave du bloc de calibrage r, tandis que la portion à la surface supérieure,
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- celle où doit s’opérer la soudure, reste découverte de manière à ce qu’on puisse agir dessus au moyen des matrices ou outils soudeurs c,c adaptés sur les extrémités inférieures des tiges convergentes de piston H, H des cylindres F, F.
- Les mâchoires e, e’ sont articulées en f,fl sur des oreilles saillantes, sur la surface du banc et disposées de chaque côté du bloc r; g est une plaque boulonnée aux extrémités de quatre tiges horizontales glissantes h, h, tiges qui sont aussi engagées par leur autre extrémité dans une seconde plaque i, où elles sont également arrêtées par des écrous. Ces tiges glissantes fonctionnent dans des trous de guide pratiqués dans le montant vertical B, ainsi que dans le support B1 en forme de D, et elles glissent longitudinalement en va-et-vient sur la surface du banc A par l’action du coulisseau vertical U et l’intervention de la tige d’assemblage l, articulée d’un bout sur une saillie derrière le coulisseau, et de l’autre à une autre saillie sur la plaque i.
- A .1’intérieur de la plaque de devant g est logé un bloc m qui opère sur l’étampe antérieure e, tandis que l’étampe opposée e1 est pressée par un coin ml appliqué sur la face verticale U ou faisant corps avec lui.
- Chacun des cylindres travailleurs est établi ainsi que le montre la fig. 24, qui en est une section, dans le but de faire coussin aux pistons et d’arrêter leur ascension avant qu’ils aient atteint le couvercle supérieur. C’est à quoi l’on parvient en ne remontant la lumière supérieure n dans le cylindre, qu’à une certaine distance au-dessous de ce couvercle, de manière à laisser un grand espace nuisible au-dessous de celui-ci, après qu’il a interrompu l’arrivée de la vapeur en couvrant cette lumière.
- Tout autour, à l’intérieur du cylindre, règne une série de lumières distinctes 0,0, qui établissent une communication entre les deux faces du piston quand il remonte;
- la distance entre le haut et le bas de ces passages doit un peu dépasser l’épaisseur du piston, et leur bord supérieur être légèrement au-dessus de celui de la lumière 11. L’effet de cette disposition est, qu’à mesure que le piston est remonté par la vapeur qui entre par la lumière inférieure^, elle interrompt et arrête son afflux par la lumière supérieure n, et confine ou emprisonne une portion de cette vapeur au-dessus de cette lumière entre la face supérieure du piston et le couvercle du cylindre, vapeur confinée qui fait alors fonction de coussin.
- Au retour du piston, il s’établit néanmoins une communication entre les faces supérieure et inférieure de celui-ci par les lumières 0,0, et on obtient un équilibre parfait tant que le piston n’opère pas, mais dès qu’on admet de nouvelle vapeur au-dessus de ce piston, il est refoulé et descend pour opérer; puis, lorsqu’on ouvre l’échappement, il remonte de nouveau, et, dans sa course ascendante, est arrêté ainsi qu’on l’a expliqué plus haut, avant d’atteindre le couvercle du cylindre.
- Il est évident que les lumières 0, 0 pourraient être employées avantageusement sur les cylindres des marteaux-pilons et autres machines à forger à double effet.
- Pour travailler avec cette machine, la pièce en blanc, plate ou convenablement préparée, est chauffée au feu de forge, puis courbée grossièrement sous la forme d’unT,d’un coude, d’un cintre, etc., au moyen d’une machine à sheper ou à courber. Cette pièce ainsi ébauchée est chauffée de nouveau au blanc soudant, dans un four convenable, et placée dans le creux du bloc de calibrage r dans la position représentée dans les figures 22 et 23. Les trois mandrins k1 et k, k sont alors rapprochés, et, en convergeant simultanément, entrent dans les extrémités et la portion verticale du T. Cette action des mandrins est produite en
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- relevant la poignée L qui sert à admettre la vapeur au-dessus du piston dans le cylindre E, en le refoulant de concert avec le coulisseau U et le mandrin kl. Le couple supérieur des chevilles d, d sur ce coulisseau, agissant sur les leviers Y1, Y1, fait rapprocher les coulisseaux horizontaux W qui entraînent avec eux les mandrins/c, k. Un collet formé sur chacun de ces trois mandrins sert à équarrir les extrémités des trois bras du T, et rendant que ce travail s’accomplit, a descente du coulisseau U amène également sur la pièce les mâchoires e, e1 (fig. 22), qui se ferment et saisissent avec force la pièce à l’extérieur, tout en lui imprimant la forme ou le fini convenable, et la maintenant avec force pendant que les deux bords de la pièce en blanc sont soudés par les matrices ou outils soudeurs c,c.
- On a représenté dans la figure 21 le coulisseau U à sa plus basse position, mais dans la ligure 22, il est représenté, au pointillé, dans celle la plus élevée. En jetant un coup-d’œil sur ces figures, on voit qu’à mesure que ce coulisseau descend, la tige d’assemblage /, en prenant une position plus horizontale, contraint le châssis k,g,i à marcher dans la direction de la flèche, flg. 22, ce qui force le bloc m à presser sur la mâchoire antérieure e et à la fermer, en meme temps que la descente du coin m1, qui est fixe sur le coulisseau U, ferme la mâchoire correspondante e1. Pendant que la pièce est ainsi fermement saisie entre les étampes internes A;, A,1 et les mâchoires extérieures e, e{, les outils soudeurs c, c entrent en action lorsqu’on abaisse le levier M et admet ainsi la vapeur simultanément au-dessus de chacun des pistons des cylindres F, F.
- Les outils coopèrent sur la portion libre de la pièce entre les bords des mâchoires c, e' qui sont closes, et sont profilées de manière à entrer dans l’angle à la jonction du bras vertical et de ceux horizontaux du T, et à s’adapter très-
- exactement autour de la portion de la pièce qui reste libre entre les deux bords des mâchoires fermées.
- La pièce ayant été ainsi achevée, un mouvement inverse du levier L la met immédiatement en liberté, en faisant reculer simultanément les trois étampes et ouvrant les mâchoires e, e1, ce qui permet de l’enlever et de la remplacer par un autre blanc.
- Appareil à nettoyer les tubes des chaudières à vapeur.
- Par M. E. Green, ingénieur.
- M. Green s’est proposé de perfectionner l’appareil qui sert à faire fonctionnerles grattoirs ou racloirs dont on se sert pour nettoyer les carneaux ou les tubes des chaudières à vapeur, maintenir leur surface interne nette et la débarrasser de la suie, des cendres ou autres matières qui s’y sont déposées. Ces grattoirs sont généralement manœuvrés à l’aide de chaînes qui passent sur des poulies à gorge enV,et l’invention consiste : 4° dans l’emploi d’un mécanisme propre à renverser le mouvement de diverses poulies autour* desquelles passent les chaînes des grattoirs, ces poulies étant commandées par des vis sans fin ou autre mécanisme ; 2° à obtenir un mouvement alternatif emprunté à un mouvement toujours dans le même sens, exécuté par un engrenage et des bras qui s’y rattachent; 3° dans un moyen pour modifier l’étendue du mouvement; 4° à disposer des roues hélicoïdes ou autre mécanisme, librement sur les arbres des poulies à gorge en V, de manière à pouvoir les fixer à volonté sur celles-ci, ou bien à rendre folle l’une ou plusieurs d’entre elles; 5° à relever le poids sur le manchon d’embrayage au moment où celui-ci embraie, et ren-
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- verser le mouvement au moyen d’une mortaise entaillée dans les poulies.
- La figure 25, pl. 334, est un plan de cet appareil.
- La figure 26, une vue en élévation par devant.
- La figure 27, une autre vue en élévation par l’une des extrémités.
- Sur un arbre a portant une poulie b qu’on met en mouvement au moyen d’un moteur quelconque, est appliqué, sur nervure, un manchon c sur lequel sont calés deux pignons d’angle d et e. Ces pignons commandent une roue du même genre /'portée à l’extrémité d’un arbre^/qui, en certains points, est taillé en vis sans fin A, pour commander les roues hélicoïdes ?', dans lesquelles ces vis engrènent. Ces roues hélicoïdes sont montées librement sur les arbres^ des poulies A; à gorge en V, qu’embrassent les chaînes /, l des grattoirs.
- Les roues hélicoïdes i sont, a-t-on dit, montées librement sur les arbres y des poulies/? à gorge en Y, mais chacune d’elles peut être rendue fixe à l’aide d’une vis de calage m qui pénètre dans une mortaise n découpée dans la poulie. Il en résulte que les chaînes l reçoivent le mouvement nécessaire pour faire fonctionner les grattoirs, mais pour convertir ce mouvement positif des chaînes en mouvement alternatif, on a adopté le mécanisme suivant :
- L’une des roues hélicoïdes i, de préférence celle voisine de la roue d’angle f, engrène dans un pignon o enfilé sur un arbrep h vis sans fin q qui commande une roue hélicoïde folle?’, laquelle engrène à son tour dans une autre roue s fonctionnant sur un bout d’arbre t ; sur ce bout d’arbre sont arrêtés deux bras u,u dont on ajuste la position à l’aide d’une vis de calage et d’une mortaise v, afin de pouvoir les placer dans une position propre à modifier l’étendue du mouvement des chaînes /.
- A mesure que ces bras u,u tournent, l’un d’eux, au moment opportun, vient butter sur un levier d’abattage w qui bascule sur un pivot à son extrémité inférieure, tandis qu’à l’autre il porte un poids. Lorsque ce levier a été poussé par le bras u au-delà de la verticale, sur son centre, il tombe par son propre poids dans la position inverse de celle qu’il occupait auparavant, et, dans ce mouvement, il fait fonctionner le manchon d’embrayage c, et par conséquent renverse le mouvement de l’appareil.
- Si on enlève l’une des vis de calage m qui arrêtent les poulies k à gorge en V, il n’y aura plus de mouvement communiqué à la poulie respective, puisque sa roue hélicoïde i, ou tout autre mécanisme de transmission tourne à vide; cette poulie pourra donc être réparée sans arrêter les autres, et on peut établir une poignée sur l’extrémité carrée de son arbre, afin de pouvoir faire fonctionner à la main les grattoirs qui en dépendent.
- Au moment où le manchon c vient d’être embrayé dans l’autre sens, le poids est relevé au moyen de la mortaise n qui permet aux roues hélicoïdes? de circuler d’une certaine étendue sans entraîner les poulies k et les chaînes l.
- Machine à vapeur et à air combinés.
- Par M. Parker.
- Il a été fréquemment question depuis quelque temps, dans les recueils consacrés à l’industrie, de machines qui, d’après un nouveau système de M. Parker, sont mises en mouvement par un mélange de vapeur d’eau et d’air, et l’on a annoncé que l’inventeur de ce système l’avait utilisé pour faire marcher une locomobile sur les routes ordinaires, et même appli-
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- qué, avec quelques modifications, sur un petit navire. Toutefois, on n’avait encore rien publié sur cette invention, et nous croyons utile de donner au moins quelques indications sur la manière dont M. Parker opère le mélange de la vapeur et de l’air.
- Au lieu de conduire la vapeur directement de la chaudière à la machine, l’inventeur l’amène dans un tuyau qui est pourvu d’un certain nombre de branchements. Ces branchements sont fabriqués en métal mince, et chacun d’eux est percé d’une série de trous de 2 millimètres environ de diamètre. Le nombre des tuyaux de branchement et celui des trous dépend de la force de la machine qu’il s’agit de mettre en activité. On voit dans les figures 28 et 29, pl. 334, quatre branchements percés chacun de 50 trous.
- En regard de ces branchements sont disposés les tuyaux collecteurs qui sont pourvus de petits ajutages, dont chacun correspond directement à un trou dans les branchements. Dans la figure, ces tuyaux collecteurs ont 04 millimètres de diamètre, et tous les quatre sont, k leur extrémité inferieure, assemblés avec un tuyau de 127 millimètres de diamètre qui conduit la vapeur et l’air qui s’y trouve mélangé dans un récipient surchauffeur, d’où le mélange est emprunté pour la machine.
- Chacun des branchements percé de trous est assemblé avec le tuyau principal de vapeur par une articulation en forme déboîté k étou-pes, de manière k pouvoir le faire aisément tourner et l’enlever, afin de visiter les orifices d’écoulement et pour les nettoyages, et de plus, on y remarque dans le bas un robinet de vidange pour évacuer les malpropretés qui pourraient avoir été entraînées de la chaudière.
- Voici comment fonctionne cet appareil :
- Le jet de vapeur s’élance par chacun des trous percés dans les
- branchements, passe k travers une couche peu épaisse d’air avant de pouvoir arriver et s’écouler dans les ajutages du tuyau collecteur, en entraînant nécessairement avec lui une certaine quantité de cet air qui, ainsi chassé en avant et condensé par l’action de la vapeur, arrive k l’état comprimé dans le tuyau collecteur. La proportion relative d’air mélangé k la vapeur et le degré commun de leur pression, dépendent de la tension de la vapeur employée, de la grandeur relative des orifices de décharge de cette vapeur et de celle des petits tubes de prise d’air, ainsi que de la capacité dans laquelle doit s’écouler cette vapeur avant d’arriver aux ajutages et enfin de la forme de ceux-ci.
- M. Parker a fait de nombreuses expériences pour déterminer les dimensions relatives les plus avantageuses de chacune de ces parties. D’abord, il avait introduit aussi de petits tubes particuliers de décharge pour la vapeur, mais il en était résulté que l’effet du jet de vapeur, ainsi obtenu, était bien inférieur k celui qu’on parvenait k atteindre avec un orifice en mince paroi, et, en conséquence, il a conservé cette dernière disposition.
- Relativement k la tension du mélange de vapeur et d’air qu’on peut obtenir avec un jet de vapeur d’une certaine pression, nous rapporterons ici trois expériences faites par M. Parker avec un jet de vapeur de 2mrn.12 de diamètre et un diamètre d’ajutage de prise de 3mm.175.
- Avec une vapeur d’une pression de 3kil.50 au centimètre carré, on a obtenu une tension de lkil.723 dans le tuyau collecteur, et lorsque dans ce dernier la tension a été réduite k 1 kilogramme, parce qu’on avait laissé dégager le mélange de vapeur et d’air, il n’y a pas eu de refoulement ou résorption par les ajutages.
- Avec une vapeur de 2kil.80 au
- centimètre carré, la tension de la
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- vapeur à sa prise a atteint dans le tuyau collecteur 2kil.04, et il n’y a pas eu résorption du mélange par les ajutages, lorsque la pression dans le tuyau collecteur est descendue jusqu’à 1 kil.26.
- Une pression initiale de 2kil.l0 par centimètre carré a donné pour les deux autres valeurs, respectivement, 1 kil.687 etOkil.914.
- Malheureusement M. Parker n’a pas mesuré la quantité d’air comprimé chassé par un poids donné de vapeur, jusqu’au point où il n’y a pas encore résorption par les ajutages, mais d’autres expériences ui ont été entreprises semblent émontrer que le mélange de vapeur et d’air introduit dans une machine peut donner le double de travail que réalise la vapeur seule sans cette disposition pour ce mélange.
- On a déjà dit que le mélange d’air et de vapeur à sa sortie du tuyau collecteur et dans sa marche vers la machine, passait auparavant à travers un récipient qui n’a pas été représenté dans les ligures. Ce récipient, qui sert au surchauffage, est disposé dans un point convenable où il peut utiliser la chaleur perdue du foyer qui chauffe la chaudière ou être emprunté à un autre feu, ou bien on laisse de côté le récipient particulier, et on conduit le tuyau à travers un des carneaux de la chaudière avant que celui-ci débouche dans la cheminée.
- Si on ne veut pas utiliser la vapeur mélangée d’air pour faire fonctionner une machine, mais si on se
- nose seulement d’élever ainsi eau pour l’employer à faire marcher un bateau, on modifie un peu la disposition précédente, au lieu de conduire le mélange sortant du tuyali collecteur à travers un réchauffeur, on le fait passer dans et à travers une bâche contenant de l’eau. Là, l’air est de nouveau séparé de la vapeur et cette dernière est condensée pour servir à l’alimentation de la chaudière, tandis que l’air poursuit son chemin
- à travers un tuyau vers l’appareil par l’entremise duquel on se procure l’eau pour les jets de liquide qui actionnent le propulseur. Cet appareil se compose de deux capacités placées dans les fonds du navire et qui, par conséquent, lorsqu’on les a fait communiquer avec l’eau extérieure, se remplissent d’elles-mêmes. Ces capacités sont remplies alternativement en les laissant en rapport avec l’eau extérieure, puis vidées en laissant agir l’air comprimé à la surface de l’eau qu’ils renferment, car le tuyau adducteur d’eau se ferme immédiatement dès que l’air comprimé arrive, et laisse écouler toute l’eau contenue dans cette capacité par les orifices du propulseur. L’air comprimé est alternativement introduit dans chaque capacité par un tiroir fort simple construit de façon que l’air pénètre dans l’une d’elles avant qu’on lui ait fermé complètement l’accès dans l’autre. Le tout forme un couple de pompes à simple effet chez lesquelles l’air tient lieu de piston.
- M. Parker affirme qu’avec une disposition semblable à celle qui vient d’être décrite, on peut, avec un jet de vapeur d’une pression de 4 kil. 60 par centimètre carré, sortant par un orifice en mince paroi de 2,nm.ll7 de diamètre par un ajutage de 6mm.3o de diamètre qui en est éloigné de 4mm.762, obtenir un jet d’eau liquide de 6 1/2 centimètres carrés de section qui s’échappe sous une pression de 2 kilog. et qui équivaudrait, selon lui, à une force de cheval (1) et qu’un jet de vapeur de 4 kil. 60 de pression, s’écoulant par un orifice de 2alnVll7 de diamètre n’exige qu’on évapore, par heure, que 6 lit. 75 d’eau, ce qui lui semble un résultat très-avantageux, surtout quand on songe qunvec la va-
- (1) Nous renonçons à reproduire les calculs dont l’auteur se sert pour arriver à ce résultat, calculs qui nous paraissent erronnées, et qui auraient besoin d’être repris avec des données plus précises et une plus grande exactitude. F. M.
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- peur condensée, on produit une eau abondante d’alimentation pour la chaudière.
- Pour faire marcher un bâtiment, les expériences de M. Parker ont démontré qu’on ne doit lancer les jets d’eau que sous une basse pression. Quant aux mouvements des machines, il considère comme plus avantageux de donner au mélange de vapeur et d’air une tension de 4 kil. 035 par centimètre carré, mais il préfère, dans tous les cas, dans un nut d’économie, laisser la vapeur s’écouler sous la plus forte pression possible et faire les orifices ainsi que les ajutages aussi petits que la chose est possible dans la pratique.
- La faible pression indiquée ici pour le mélange propre à mettre les machines en jeu, présenterait peut-être de nombreuses difficultés, parce qu’alors on serait obligé d’avoir des cylindres d’un diamètre relatif considérable; mais si les avantages que font concevoir les calculs de l’auteur pouvaient, sous le rapport économique, être suffisamment justifiés, une telle augmentation dans les dimensions des cylindres serait un inconvénient de peu d’importance. Dans tous les cas, il est à croire que le système Parker mérite d’attirer l’attention des ingénieurs et il est à désirer qu’on communique avant peu de nouvelles données fondamentales sur ce mode d’utiliser la force de la vapeur.
- Sur les soupapes de sûreté des machines à vapeur.
- Par M. Th. Baldwin.
- (Suite.)
- La question qui s’élève maintenant est de savoir quelles seront les dimensions qu’il conviendra de donner à un orifice pour qu’il suffise à l’écoulement de toute la vapeur qui peut être générée dans une chaudière, de façon à ce que la pression ne s’y élève pas au-delà d’un certain terme ;or, tout le monde sait que cette détermination dépend de la quantité du combustible consumé et de celle de l’eau qui est évaporée dans un temps donné.
- Pour résoudre cette question, M. Baldwin la traite par le moyen d’une analyse que nous ne reproduirons pas ici et par laquelle il cherche, en s’appuyant sur les travaux de MM. Fairbairn.Tate et autres ingénieurs, le volume d’un kilogramme de vapeur sous diverses pressions, la vitesse d’écoulement en mètres de cette vapeur dans l’air par seconde sous la pression d’une atmosphère, cette même vitesse sous la pression qui règne dans la chaudière, puis il en'déduit les expressions analytiques du rapport de faire de l’orifice de la soupape de sûreté en millimètres carrés à la surface de grille en mètres carrés, tant pour les machines à vapeur fixes et marines que pour les locomotives. Enfin, à l’aide des formules qu’il a obtenues, il dresse le tableau suivant dont nous avons converti les chiffres en mesures métriques.
- Voir le Tableau suivant, page 544.
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- QUANTITÉS DONNÉES AIRE EN MILLIMÈTRES CARRÉS
- de l’orifice de la soupape de sûreté
- PRESSIONS VOLUME VITESSE VITESSE par mètre carré de surface de grille
- absolues en kilogramm. de la vapeur de 1 litre de vapeur à la pression absolue par seconde en mèt. dans l’air de la vapeur sous la pression par seconde en mèt. dans l’air de lavapeur sous la pression pour chaudières à vapeur fixes pour
- par dans d'une régnant dans la et de locomotives.
- centhn. carré. la chaudière. atmosphère. chaudière. navigation.
- kil. lit. mèt. mèt. iûill. carr. mill. carr.
- 1.034 1696.19 » )) )) »
- 1.406 1261.65 310.00 230.74 1091.00 »
- 1.750 1022.72 418.70 252.65 807 60 ))
- 2.109 861.44 489.50 248 70 691.00 »
- 2.459 744 90 543.20 )> 622 60 »
- 2.812 657.06 587.70 227.70 575.16 »
- 3.163 588.80 623.60 » 542.35 ))
- 3.515 532.62 657.70 205 85 516.52 2443.00
- 4.218 470.00 706.50 186.83 478.13 2391.00
- 4.921 388.13 748.30 )) 448.80 2247.00
- 5.624 342.26 783.00 157.90 432.17 2160.00
- 6.327 306.40 812 90 ï) 415.92 2080.00
- 7.030 277.44 839.10 137.46 402.05 2010.00
- 7 436 233.70 883.30 » 380.20 1902.00
- 9.139 216.76 903.30 )) 374.13 1870.56
- 10.545 189.44 935 70 104.45 355.78 1808 00
- 14.060 144.62 1000.00 » 329.45 1647 30
- 21.090 98.68 1089.00 84.73 314.10 | 1570.47
- Si, par exemple, on a une chaudière à vapeur du modèle de celles fixes ou de navigation qui ait une surface de grille de 2 met. carr. 957 et que la pression absolue dans la chaudière ne doive pas dépasser 5 kil. 624 par centimètre carré, en suivant la ligne horizontale à la hauteur dans la première colonne du chiffre 5,624, on trouve dans la cinquièmecolonnelechiffre 432,17 qui, multiplié par l’aire delà grille, donne
- 2,957 X 432,17—1277,83,
- c’est-à-dire que l’aire de l’orifice de la soupape de sûreté pour l’écoulement de la vapeur doit présenter une surface de 1278 millimètres carrés ou un diamètre de 40mm.30.
- Quiconque a observé la soupape de sûreté à levier du système ordinaire sait que, lorsque la vapeur s’écoule sous l’action d’un feu intense et qu’il n’y a pas d'autre issue pour son échappement ouvert sur la chaudière, cette soupape se soulève fort peu sur son siège et
- au fait, une soupape d’un diamètre de 155 millimètres devrait se soulever de plus de 2mm.615 sur son siège pour présenter une aire d’écoulement égalé à 1278 millimètres carrés que nous donne le tableau précédent pour 2 mètres carr. 957 de grille, la pression absolue étant 5 kil. 624. Il est présumable que si une pareille soupape était chargée de 5 kil. 624 par centimètre carré, la pression à l’intérieur de la chaudière s’élèverait à 6 kil. 300 au moins avant qu’elle se soulève dô 2mm.615, et si cette soupape était du genre discoïde, cette pression pourrait s’élever jusqu’à 7 kil. 03 avant qu’elle se soulevât de la quantité indiquée.
- Afin de prévenir cette élévation de la pression dans les chaudières à vapeur, il est indispensable d’avoir une soupape de sûreté qui se soulève suffisamment pour s’opposer à un accroissement de pression au-dessus de celle pour laquelle elle a été chargée ou équilibrée, et en même temps qui n’ouvre pas
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- une aire de sortie trop grande à la vapeur. On a montré qu’un orifice de 1278millimètres carrés prévient un accroissement dangereux dans la pression de la vapeur dans une chaudière possédant une surface de grille de 2 mètres carr. 957 pendant qu’il règne dans cette chaudière une pression de 5 kil. 624 par centimètre carré.
- Il paraît donc démontré qu’une soupape construite comme il a été dit et ayant un diamètre de 40mra.30 et équilibrée à raison de 5 kil. 624 au centimètre carré, se soulèvera en ouvrant une issue suffisante à la vapeur de 1278 millimètres carrés avant que cette pression puisse excéder 0 kil.07, tandis qu'une sou-
- Kdu modèle ordinaire laissera ^ ession augmenter au moins de Okil. 70 par centimètre carré au-dessus de la pression de travail avant de se soulever suffisamment pour livrer un semblable orifice.
- Cette soupape a, qu’on voit représentée dans la figure 31, pl. 333, est un solide de révolution, ou une portion d’un solide de ce genre, une sphère par exemple, qui présente toutes les facilités pour se mouvoir au besoin sur son siège ; b est l’orifice percé sur la chaudière; c,.un guide au travers duquel passe la queue d de la soupape. Cette soupape est équilibrée à la manière ordinaire soit au moyen d’un levier et d’un poids, soit directement. Son siège se relève comme on le voit en c, et touche à peu de chose près la soupape.
- Lorsque cette soupape se soulève sous l’action de la vapeur qui est très-légèrement en excès dans la chaudière sur le poids qui pèse sur elle, il ne s’échappe que très-peu de vapeur, mais si la tension de cette vapeur continue à s’élever, alors la soupape a est soulevée fortement et ouvre une issue égale ou h peu près h son aire, de façon que la pression de celte vapeur ne peut plus augmenter, puisque son excès est évacué de la chaudière. On voit donc que cette petite soupape est au moins vingt fois aussi
- efficace qu’une soupape discoïde de cinq fois son dianrètre.
- On sait très-bien que pendant la nuit, ainsi que dans d’autres circonstances, la tension de la vapeur dans les chaudières augmente, et que celle-ci s’échappe par les soupapes de sûreté, souvent à une pression considérable au-dessus de celle qui a servi à les équilibrer ou les charger; ce qui, dans le cas de chaudières anciennes et surmenées, est très-dangereux et a été souvent la cause d’explosions désastreuses. Le chauffeur se contente de jeter souvent un coup-d’œil sur sa soupape, sans regarder le manomètre, et parfois aussi le manomètre peut l’induire en erreur de plus de 1 kil.406 par centimètre carré. Quand ces circonstances se présentent, on court les plus grands dangers lorsqu’on fait usage de la soupape de sûreté ordinaire, tandis que si on place deux des petites soupapes du modèle décrit sur la chaudière, on s’oppose efficacement h ce qu’il se développe dans celle-ci un excès de pression.
- La structure de ces soupapes est telle, qu’elles ne sont pas exposées à adhérer, et, comme elles présentent peu de volume, et qu’elles n'exigent, comparativement, qu’un poids vingt fois moindre, elles sont d’une manœuvre plus facile, moins dispendieuses et plus efficaces que ces vastes soupapes incommodes employées pour les hautes pressions. En résumé, elles n’ont pas besoin de présenter un diamètre supérieur à 40 millimètres pour les hautes pressions, et dans les cas les plus généraux, de plus de 26 millimètres.
- Pour les machines à vapeur destinées au service de l’agriculture, le diamètre ne devra pas dépasser 26 millimètres,, et elles évacueront toute la vapeur que la chaudière pourra produire à la pression de 3 kil.515. Pour les chaudières de locomotives, le diamètre de ces soupapes n’a pas besoin de dépasser 38 millimètres ; pour les chaudières fixes des plus grandes dimensions,
- Le Technologisle, T. XXVIII. - Juillet 1867. 35
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- 80 millimètres de diamètre suffiront, et dans beaucoup de cas, 36 millimètres paraissent devoir remplir amplement le but. Pour les chaudières de navigation, où la pression est basse, ce modèle de soupape ne peut pas dépasser 81 millimètres de diamètre, et dans bien des circonstances 40 millimètres seront bien suffisants.
- Cette soupape peut fonctionner aussi comme indicateur du niveau de l’eau, en appliquant un levier et un flotteur k l’intérieur de la chaudière, et, dans ce cas, elle n’a pas besoin d’un diamètre supérieur k 32 millimètres, et même 26 millimètres suffiront dans la majorité des cas.
- Plusieurs de ces soupapes ont été appliquées et mises en expérience, et jusqu’à présent elles se sont montrées très-efficaces.
- Sur une nouvelle machine électromagnétique et la détermination de l’effet utile et des frais d'exploitation de ces sortes de machines en général.
- Par M. le prolesseur A. de Wàltejshofen.
- M. J. Kravogl d’Innsbruck est inventeur d’une machine (moteur) électro-magnétiqüe qui, sous le rapport de son effet utile, surpasse tellement les meilleures machines de ce genre construites jusqu’à présent, qu’il m’a paru utile d’appeler l’attention de ceux qui s’intéressent à ces sortes d’appareils, sur celle en question, qui se distingue d’ailleurs par son ingénieuse simplicité et sa structure parfaitement originale.
- Je ne puis pas, aujourd’hui, entrer dans la description de cet appareil, dont l’inventeur désire encore conserver le secret, et qui figure en ce moment à l’Exposition universelle; mais j’ai pensé qu’il y aurait de l’intérêt k commu-
- niquer les résultats que j’ai obtenus sur la capacité de travail du modèle que j’ai soumis k des expériences.
- Cette capacité de travail a été mesurée avec le frein de Pronÿ et comparée à l’effet théorique qui a été calculé d’après l’observation simultanée de la force du courant et en ayant égard à la force électromotrice et au nombre des éléments de la batterie, ainsi qu’on le décrira plus loin.
- L’effet utile ainsi mesuré, c’est-à-dire le quotient de l’effet réel par l’effet théorique correspondant, a pu alors être comparé à celui atteint jusqu’à ce jour par les autres machines électro-magnétiques.
- Le point de départ dont je me suis servi dans cette comparaison a été, d’un côté, les données fournies par M. W. Petrie (1), sur l’effet utile des meilleures machines électro-magnétiques, ainsi qu’il les a calculées, tant d’après ses propres recherches que sur les éléments fournis par d’autres physiciens, et, d’un autre côté, les résultats que les expériences de M. Müller ont donnés, d’après mes calculs, avec une machine de Stôhrer. Les comparaisons avec la machine d’Heu-reuse et Dub (aimant cloches) ou avec celle de Grüel (ancre oscillante) n’ont pas été possibles, parce qu’il n’a pas été pratiqué de mesures sur la première, tandis que les données fournies sur le travail de la seconde doivent évidemment, comme je le démontrerai, reposer sur une erreur. Quant à la machine Page, j’ai manqué aussi des données nécessaires pour apprécier son effet utile. Du reste, il est évident, tout d’abord, sous le rapport, et en s’appuyant sur les principes théoriques, que cette dernière machine doit être fort inférieure k celle de Kravogl, ce dont on pourra se convaincrç dès que la
- (1) Dans son ouvrage intitulé : On the application of electrkity and heat as mo-ving powers (Application de l'électricité et de la chaleur comme forces motrices).
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- structure de celle-ci sera connue du public.
- Avant d’entamer une discussion sur la nouvelle machine électromagnétique et sa comparaison avec d’autres appareils, j’établirai d’une manière sommaire et simple les principes d’après lesquels on doit surtout s’appuyer pour juger de l’effet utile de ces sortes de machines. Je crois rendre ainsi un service tout particulier aux lecteurs fjui ne sont pas physiciens de profession, attendu que ces principes n’ont encore été posés nulle part avec une clarté et un ensemble en quelque sortè populaire. On y verra, d’ailleurs, que la plupart des rapports sur les machines électro-magnétiques ont été rédigés d’une manière si défectueuse, qu’il n’est pas possible d’en déduire leur effet utile, et à quelles expériences et données on a affaire, lorsque le calcul de cet effet utile est possible et qu’on veut asseoir un jugement sur le mérite d’une machine de x cette sorte.
- ^ Lorsque dans un circuit de résistance w, circule un courant de force s, celui-ci représente une force ou un travail a qui, comme on sait, est d’autant plus grand, que d’un côté la résistance est plus forte et de l’autre que le carre de la force du courant est plus grande. Il en résulte cette formule :
- a—k.s^w
- dans laquelle k est un facteur constant, dont la valeur numérique dépend de l’unité suivant laquelle on veut mesurer les grandeurs a, s et lu (1).
- Il convient donc de s’entendre sur le choix de cette unité, et nous
- (t) (Xfacteur k peut aussi, suivant les circonstances, être = 1. C’est, par exemple, le cas lorsqu’on prend pour unité le travail pour lever une masse d’un milligramme gravitant avec l’accélération d’un millimètre, à une hauteur de un millimètre par seconde, tandis que pour les autres grandeurs, on fait usage de l’unité électro-magnétique de Weber; d’ailleurs on peut calculer k, d'après toute autre espèce d’unité.
- adopterons comme unité de force du travail le kilogrammètre, c’est-à-dire la force qui, dans une seconde, élève un kilogramme à ui mètre.
- Quant à l’unité de la force du courant, on peut adopter celle de Jacobi, c’est-à-dire un courant qui, quand il décompose l’eau, développe par minute un centimètre cube de gaz détonnant.
- Enfin la résistance, nous la mesurerons avec l’unité de Siemens, c’est-à-dire celle qui correspond à la résistance d’un prisme de mercure d’une section de 1 millimètre carré et d’un mètre de longueur.
- Ces unités une fois adoptées, je trouve :
- k=0,0008784
- La formule a—k.s^w, en ayant
- égard à la formule de Ohm' s = ~.
- w
- où e exprime la force électro-motrice de la source du courant peut être présentée sous la forme :
- ou, enfin, parce que e=sw sous celle :
- a — k.se
- Nous nous arrêterons à cette dernière formule et considérerons que, suivant les unités qui ont été choisies, l’unité de la force électromotrice s’obtient d’elle-même, à savoir : celle qui quand w~ 1 donnerait une force cle courant s=l.
- Sous supposerons en outre, ce qui, du reste, est en général le cas, que la source du courant de la force électro-motrice e est une batterie composée de n éléments de la force électro-motrice r,. Dans cette hypothèse e—tiv, et il est indifférent que les n éléments soient de simples, cellules'ou plusieurs cellules combinées avec les plaques de même nom. Il en résulte que la formule a~k.se devient :
- a = ft.SYi ou u~kr,.n3
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- — m —
- Cette formule sert k calculer l’effet théorique d’un courant (jui met en activité une machine électromagnétique, formule dans laquelle 7) est la force électro-motrice, n le nombre des éléments de la batterie, et s la force du courant mesurée pendant la marche de la machine.
- Pour mesurer cette force du courant, on peut très-bien se servir d’une boussole des tangentes de M. Weber ou de M. Gaugain. Au moyen de quelques ‘expériences préalables, en faisant passer un courant à travers une boussole des tangentes et simultanément par un appareil à décomposer l’eau, on peut très-bien déterminer le facteur de réduction p, avec lequel il faut, dans tous les cas, multiplier la tangente de l’angle de déviation w, afin de déterminer la force du courant en unités de Jacobi. On a alors, à cause que s= p tang. w :
- o=&r,.np tangw
- La valeur de *i, ainsi que je l’ai démontré autre part, est pour la pile de Daniell = l2, mais pour les piles platine et zinc, charbon etzinc =20; on a donc pour kv dans le premier cas, la valeur 0,01054, et dans le second celle 0,01757 à introduire dans le calcul.
- Si. maintenant nous passons au calcul de l’effet théorique d’après les expériences de M. Müller sur la machine de Stohrer, nous atteignons un double but; d’un côté nous pouvons éclairer ce qui a été dit ci-dessus, par un exemple; et de l’autre acquérir des données qui nous serviront plus tard à calculer l’effet utile de cette machine.
- M. Müller a consigné les expériences en question dans le second volume de son Manuel dephysique, 6e édition, p. 366. .
- Abstraction faite de la première de ces expériences où la machine était sans charge, on trouve que dans la seconde, la troisième et la quatrième, les angles de déviation de la boussole des tangentes ont été respectivement 22° 30’, 27°30’et
- 29°45’. Le facteur de réduction de cette boussole des tangentes est indiqué comme = 70. Les forces du courant étaient donc :
- 70 X tang. 22°30'=28.99 70Xtang.27°30' = 36.44 70Xtang 29°43'=40.01
- Comme source du courant, on s’est servi d’une batterie à trois éléments doubles charbon et zinc. On avait donc *i = 20 et par suite kn = 0,01757, puis n = 3. Les trois expériences donnent ainsi :
- 10,01757X3X28.99=1.528) a = <0,01757 X3 X36.44 = 1.920 |kilogr‘™ (0,01757 X 3X40.01 =2.108)
- pour l’effet théorique du courant employé à faire fonctionner la machine.
- Maintenant, pour s’assurer de la proportion centésimale de la force motrice que rend la machine électro-magnétique ou son effet utile et celle qui est perdue (par l’élévation de la température de chacune de ses parties, et pour surmonter les résistances passives), il convient de mesurer la force motrice réelle de la machine.
- Dans les expériences à ce sujet de M.. Müller, on a mesuré le temps pendant lequel la machine a élevé un certain poids à une certaine hauteur. Dans les trois expériences rapportées ci-dessus, les poids, rapportés aux mesures françaises, ont été en 24, 50 et 162 secondes, Okil.45, lkil.45 et lkil.95 élevés à lm.80. De sorte qu’on a eu par seconde :
- 0.45 X 1.80 24
- •1.45X1.80
- 50
- 1.80X1 80 162
- 0.03375)
- 0.05220|kilogrtre
- 0.02165]
- Si on compare le travail de la machine de Stohrer avec les effets théoriques calculés ci-dessus, on trouve pour les effets utiles :
- 0.03375
- l
- 45.3
- ou 2,21 p. 100
- 1 528
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-
- 0.03220 __ 1
- 1.920 "" 36.8
- 0.02163 _ 1
- 2.108 97.3
- ou 2.72 ou 1.03
- Prenant le résultat le plus avantageux de ces calculs qui oscille entre 1/36 et 1/37 de l’effet théorique, on voit de suite qu’il s’accorde assez bien avec l'assertion de M. W. Petrie, à savoir : que les meilleures machines électro-magnétiques ne donnent que de 1/38 a 1/32 de l’effet théorique, et par conséquent, dans le cas le plus fa-
- vorable, environ 3 pour 100 d’effet utile. Or, d’après les données, de M. Petrie, sur lesquelles je reviendrai plus tard, la machine de M. Stôhrer serait donc une des meilleures de ce genre. Malheureusement, les documents fournis par M. Stôhrer lui-même sur le travail de sa machine ne permettent pas de porter un jugement à ce sujet, parce qu’ils ne suffisent pas pour évaluer l’effet utile. Ce physicien se contente de dire que sa machine a élevé à un pied,
- avec 1 élément charbon et zinc, 13/, livre
- — — --------------------- 6 —
- — 3 — ---- 3 3/, _
- en 4 secondes. 3 —
- .2 i/, —
- 2 ______
- i v. -
- De semblables données ne sont pas suffisantes, car une machine ui, avec le nombre d’éléments ans sa batterie qui sont, indiqués, produit le travail mentionné, peut etre fort bonne, mais aussi peut être très-mauvaise. Il faut aussi tenir compte de la force de courant que chaque élément doit fournir, pendant que la machine accomplit son travail. Cette force de courant (bien entendu pendant la marche de la machine) doit donc toujours être donnée, et cela en suivant une unité généralement en usage, par exemple, avec l’unité de Ja-cobi, mentionnée ci-dessus, parce ue de simples mesures relatives 'après une unité arbitraire ou d’après le degré des déviations ne peuvent être utilisées lorsqu’on manque d’éléments pour le calcul de l’unité absolue.
- . Quand on a mesuré de la manière qui vient d'être décrite, l’effet utile d’une machine électro-magnétique, il reste encore à établir la dépense par la batterie des matières employées pour* la mettre en action. Ce point a été fréquemment mal compris ou expliqué peu clairement, et il me semble, en conséquence, d'autant plus h propos d’y consacrer une explication sommaire que les principes qui
- nous serviront de base pourront être appliqués dans les développements ultérieurs et, d’ailleurs, parce qu’ils ont servi à établir les données de M. Petrie dont il a été déjà question et sur lesquelles on reviendra plus loin.
- Dans la formule a = /rr,. ns, on a vu que s exprime le nombre de centimètres cubes de gaz détonnant, qu’un courant de force mesurée peut fournir par minute en décomposant l’eau. Ce courant devra donc nécessairement, dans chacun des éléments n de la batterie, consommer une quantité de zinc équivalente à celle du gaz détonnant ( c’est-à-dire provoquer l’oxydation). Pour calculer cette quantité, on considère que pour chaque centimètre cube de ce gaz,
- il faut ——- gramme d’eau et que 18/0
- les poids atomiques du zinc et de l’eau sont respectivement 32,53 et 9. On a donc besoin pour chaque centimètre cube de gaz d’une , 1 32.33
- quantité de zinc de- X—ÿ—
- = 0gr.001933. Par conséquent, la consommation du zinc pour une force de courant s et dans tous les éléments n s’élèvera à :
- 0,00J933X*XM gramme.
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- Or, comme ce courant, ainsi qu’il a été dit, possède une force motrice a = k.ri. ns kilogrammètres, il faut
- pour produire le travail d’un kilo-grammètre par minute une quantité de zinc :
- 0.001933 X w $
- &Y). ns
- 0 001933 _ 2.2006
- ]CV\ Y)
- grammes.
- Il est donc facile de calculer la dépense en zinc =± Z par force de cheval (75 kilogrammètres) par heure, dépensé qui s’élève évidemment à :
- ? _ 3,2006X75X60 9903
- 71
- D’où résulte cette conséquence importante que la dépense en zinc qui correspond à un travail déterminé, dépend de la nature des éléments de la batterie et est en proportion inverse avec sa force électromotrice. Si on se sert de la batterie de Daniell ou yi —12, il en résulte que la dépense en zinc par heure et
- 9903
- par force de cheval = ——- = 825 12
- gr., et si on emploie une batterie de Grove au charbon et zinc ou y,=20, que la dépense en zinc n’est que 9903
- -jÿp = 495 gram-Une même quantité de zinc correspond par conséquent à des équivalents fort inégaux de travail, suivant que ce métal est consommé dans la première ou la seconde de ces batteries.
- Nous n’avons établi jusqu’à présent que le rapport théorique entre la consommation du zinc et le travail produit; mais afin d’évaluer la dépense réelle de ce métal pour mettre une machine électro-magnétique en action, il faut faire entrer son effet utile en ligne de compte. Soit p cet effet en centièmes, on n’a qu’à multiplier la dépense théo-, . „ 100
- nque de zinc Z par —— pour trouver la dépense effective Z1 qui est ainsi :
- 100 9903
- 7)
- Il en résulte en même temps u’on peut mesurer l’effet utile ’une machine électro-magnétique
- en cherchant la dépense en zinc Z1 qu’elle exige par force de cheval et par heure avec une batterie déterminée. On tire, en effet, de l’équation précédente :
- _ 100 9903
- ^ Z1 T]
- C’est là-dessus que reposent les données de M. W. Petrie sur l’effet utile des machines électro-magnétiques. M. Petrie calcule d’abord la dépense théorique en zinc Z par force de cheval et par heure et trouve, en supposant une batterie de Daniell, le chiffre 1,56 livres anglaises (Okil.69746) (1). Ensuite, il compare les résultats obtenus tant par lui-même que par d’autres sur la consommation réelle Z1 du zinc qui, dans les meilleures machines électro-magnétiques, s’élève de 50 à 60 livres (c’est-à-dire de 32 à 38 fois) par force de cheval et par heure, et en conclut un effet utile de 1/38 h 4/32 de l’effet théorique,- ce qui s’accorde fort bien avec ce qu’on a trouvé pour la machine de Stôhrer, c’est-à-dire un peu plus de 1/37.
- (La suite au prochain numéro.)
- Emploi du pétrole au graissage des machines.
- Par M. A. Ott, de New-York.
- Il a paru depuis quelque temps sur le marché de New-York, des huiles de graissage qui, par leur bas prix et leur bonne qualité, sont fort recherchées aujourd’hui. Leur poids spécifique varie entre 0,869 et 0,890 ; elles sont translucides à
- (1) En calculant d’après la formule ci-dessus, on trouverait tlivr.82 ou Okil.82537.
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- la lumière transmise et de couleur différente qui, dans les sortes les plus fines, est la même que celle de la kerosine, et dans les sortes à plus bas prix, rougeâtre ou brun rougeâtre. Toutes présentent la fluorescence bleuâtre particulière aux pétroles, et, en effet, ce ne sont pas en réalité des pétroles bruts filtrés, dont les parties volatiles ont été évaporées au bain-marie et qui ont été mélangées avec une proportion centésimale faible d’huile végétale ou animale. Comme j’ai eu l’occasion d’apprendre à connaître par un emploi prolongé, les qualités pratiques de cette substance, je les indiquerai ici.
- 1° Elles ne se congèlent à aucune des températures observées dans nos climats.
- 2° Elles n’attaquent pas les pièces des machines comme le font les huiles animales ou végétales, parce qu’elles ne renferment pas d’acides gras. j?
- 3° Elles ne sèchejtffamais et restent constammenyKiides.
- 4° Ne contenir! pas de naphtaline, elles ne spitpas nuisibles aux yeux commpfe sont les huiles de araffîne dptillées du goudron de
- 5° JWpéhiffons de laine ou de cotejpPfi en sont trempés ne prennent,' aans aucune circonstance, spontanément feu, ainsi que cela arrive quelquefois, quand des chiffons imprégnés d’huile végétale ou animale sont mis en tas.
- 6° Elles ne renferment en mélange aucune matière terreuse, comme le pétrole brut qu’on a dans quelques ateliers, employé au graissage.
- On peut les appliquer aussi bien sur les machines les plus délicates que sur celles les plus grossières, et pour toutes les vitesses dans le mouvement.
- La filtration du pétrole se fait à travers le charbon animal, tantôt tout simplement dans un cylindre ù fond percé de trous, tantôt, ce ui est préférable, par ascension ans des appareils ingénieux pour
- cet objet. Plus le pétrole reste de temps en contact avec le charbon, plus il est clair et limpide. Ce charbon, dès que l’huile ne coule plus claire, est remplacé par du nouveau, on le laisse bien égoutter et on le calcine.
- On emploie de préférence pour cette filtration, les huiles lourdes de la Virginie occidentale.
- Tonte mécanique des moutons et autres animaux.
- M. A.-D. Renshaw s’est proposé de construire et d’appliquer des forces agissant mécaniquement pour tondre les moutons et autres animaux, au lieu de faire fonctionner les outils directement avec la main. Dans ce but, il produit l’action de cisaillement par la disposition de pièces mécaniques agissant â peu près à la manière des organes coupants des machines à moissonner, mais au lieu de donner aux lames alternatives un mouvement rectiligne, il les monte sur un point de centre autour desquelles elles oscillent ; le profil général de l’outil coupant ou des forces en avant étant une courbe décrite à partir du centre où les mouvements alternatifs ont lieu.
- Appareil excavateur,
- ParM. Millroy.
- On construit en ce moment sur la Clyde un pont en treillis pour le service du chemin de fer dit Union-railway qui doit consister en cinq travées chacune de 23 mètres d’ouverture et où les fondations pour les piles sont établies sur le principe bien connu de l’enfoncement de cylindres en fer qui, dans le cas présent, ont 2m.45 de diamètre. Le lit de la Clyde, dans le point
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- choisi pour cette construction, se compose de près de 25 mètres de vase et de sable qu’il faut traverser avant d’arriver à l’argile et au terrain ferme, mais pour vider les cylindres ainsi enfoncés du sable qui remplit leur intérieur, l’ingénieur, M. Blair, a adopté un appareil inventé par M. Millroy que nous avons fait représenter en élévation de côté et partie en coupe dans la fig. 30, pl. 334, et en plan dans la fig. 31.
- Cet appareil, auquel on a donné le nom d’excavateur, se compose d’une série de pelles, bêches ou lames de creusement et de levée «, a montées à charnière sur un châssis ou un bâti octogone en fer Z>, b, sur lequel elles s’adaptent très-exactement lorsqu’on les remonte. Ces pelles sont articulées sur le bord extérieur de ce bâti et leurs bords se relèvent intérieurement, afin de leur permettre de mieux enlever le sable et de le retenir.
- Lorsque l’appareil est sur le point d’être descendu dans les cylindres et sur l’endroit qui doit être excavé, les pelles sont ouvertes et pendent librement, ainsi qu’on l’a représen-
- té dans la fig. 30. C’est en cet état et avec les pelles pendantes que l’appareil est descendu aussi loin qu’il peut aller. Alors les pelles ayant pénétré à une certaine profondeur dans le sable, c’est le moment de les ramener vers le centre à travers la matière, chacune d’elles venant clore exactement le compartiment du châssis qui lui est propre en entraînant du sable avec elles. Le bâti et les pelles ainsi rapprochés ne forment plus qu’une capacité close, et dans cet état on remonte le tout ainsi chargé de sable à la surface par des chaînes et des moyens mécaniques qui permettent aussi de le décharger dans des va-gons de terrassement.
- Afin de prévenir les fuites et de rendre les lignes de contact étanches, on a attaché des bandes de caoutchouc en dessous de la portion octogone interne du bâti et des bras en fer en T, qui assemblent les pièces internes avec celles externes. C’est sur ces bandes de caoutchouc que pressent les bords des pelles, et quand l’appareil fonctionne en terrain friable et doux, il n’y a plus de pertes ou de fuites à craindre.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre des requêtes.
- CANAL. — USINE. — CHOSE JUGÉE.— IDENTITÉ DE PARTIE, DE CAUSE ET
- d’objet.
- Lorsque des usiniers ont fait décider qu'un ruisseau traversant un parc était un canal creusé de main d'homme, dépendant avec ses berges d'un moulin inférieur, cette décision a pu à bon droit être opposée au gendre de la propriétaire de cette partie du parc, alors qu’il est constant qu'il ne lui aurait été vendu qu'une partie des terres riveraines.
- Il en est ainsi alors même que le vendeur, agissant en son nom personnel, se prétendait propriétaire du lit et des berges du cours d’eau litigieux, par laprescription dont sa belle-mère ne s'était pas prévalu lors de la première décision.
- Un arrêt postérieur décidant au contraire, au profit des demandeurs, que le canal n'était pas creusé de main d’homme, a pu à bon droit être écarté, s'il n'est pas établi que cette décision postérieure à la précédente s'applique identiquement à la même partie du ru traversant le parc.
- Rejet, en ce sens, au rapport de
- M. de Verges et conformément aux conclusions de M. Paul Fabre, avocat général, du pourvoi formé par les époux du Tremblay contre un arrêt de la Cour impériale de Paris du 8 mai 1866; plaidant M9 Chambareaud.
- Audience du 11 mars.—M. Bon-jean, président.
- BREVET D’INVENTION. — NOUVEAUTÉ. ANTÉRIORITÉS. —CONFISCATION. — CONCLUSIONS.
- La déclaration du juge du fait, sur la nouveauté d’un procédé breveté, est souveraine, et elle ne peut être remise en question devant la Cour de cassation, même sur le motif que l’objet de l'invention ne serait pas brevetable dans les termes des art. 1 et 2 de la loi de 1844.
- Le juge du fait n'est tenu d’examiner les antériorités invoquées contre le brevet et de s'en expliquer dans les motifs de.sa décision que lorsqu'elles ont été signalées dans un chef formel du dispositif des conclusions prises devant lui; il ne suffit pas qu’elles aient été relevées dans le débat, lors même que la constatation en résulterait des énonciations des qualités de l’arrêt attaqué.
- La confiscation doit porter sur toutes les parties de l'appareil contrefait du moment que le juge
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- du fait reconnaît leur indivisibilité.
- Rejet du pourvoi de M. Lemaire-Daimé contre un arrêt de la Cour de Paris du 23 août 1865, rendu au profit de M. Canouille.
- M. Henriot, conseiller rapporteur; M. Paul Fabre, avocat général, concl. conf.; Me MimereCavocat.
- Audience du 11 mars 1867. — M. Bonjean, président.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- MACHINE DE MARLY. — RUPTURE DE L’ARBRE DE COUCHE D’UNE DES ROUES HYDRAULIQUES. — VICE CACHÉ. — RESPONSABILITÉ DU VENDEUR.
- Lorsque le fabricant fournit à la fois la matière et le travail, il y a présomption non de louage, mais de vente.
- En tout cas, c’est d'après les circonstances spéciales de la cause qu’il faut décider si, dans ce cas, le contrat constitue une vente donnant lieu à la responsabilité du vendeur, relativement aux vices cachés.
- Spécialement le directeur d'une usine, qui livre à un établissement public un arbre de couche qui se rompt, après plusieurs années de service, ne peut être assimilé à un simple ouvrier dégagé de toute responsabilité après la livraison ; c'est un vendeur responsable des vices cachés de la chose qu’il a vendue.
- Le 20 février 1864, l’arbre de couche de la troisième roue hydraulique de la machine de Marïy se brisa. Par ordonnance de référé du 1er mars 1864, rendue sur la demande de l’administration de la liste civile, M. Victor Bois, expert, fut commis pour examiner les causes de l’accident et les réparations à faire à la machine, et donner son avis sur le chiffre des dépenses.
- Dans son rapport, l’expert concluait qu’il y avait lieu à responsabilité contre MM. Feray et Ce, constructeurs de la machine. Mais en même temps il reconnaissait que ceux-ci devaient avoir un recours contre MM. Schneider et Ge, qui avaient livré l’arbre qui s’élait rompu.
- De leur côté, MM. Feray et Ce soutenaient qu’en leur qualité de constructeurs, et de plus aux termes mêmes de leur marché, ils étaient dégagés de toute responsabilité.
- Leur prétention fut accueillie par un jugement de la lre Chambre du Tribunal civil de la Seine, rendu à la date du 15 juin 1866 et qui est ainsi conçu :
- «. Le Tribunal,
- « ....Attendu que le cahier des charges du 21 juin 1857, qui fait la loi des parties, oblige par l’art. 12 l’adjudicataire à se conformer à toutes les clauses et conditions du cahier des charges générales, arrêté par S. Exc. le ministre d’Etat et de la maison de l’Empereur, le 15 novembre 1854, mais seulement, est-il dit, dans tout ce qui n’est pas contraire aux présentes dispositions ;
- « Attendu que le cahier des charges de 1854 est relatif à tous les genres de travaux et de fournitures à faire dans les immeubles faisant partie de la dotation de la couronne ;
- « Attendu qu’en admettant que l’art. 54 du cahier qui soumet l’entrepreneur aux dispositions del’art. 1792 du Code Napoléon, même après la restitution de son cautionnement, soit applicable non-seulement aux édifices, mais encore à toutes espèces de fournitures ou de constructions, telles que celles des machines, Feray n’a pu avoir l’intention de s’obliger à la garantie prescrite par l’art. 1792, et qu’il a dû croire ne se soumettre au cahier des charges de 1854 qu’en ce qui concerne les clauses générales, telles que celles relatives à la défense de sous-traiter, sans au-
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- torisation, à la conduite des travaux, aux règlements pour le bon ordre des chantiers et autres semblables;
- « Attendu, en effet, qu’il résulte de l’art. 5 du cahier des charges de 1857, non-seulement que le cautionnement doit être restitué après la réception définitive des travaux, c’est-à dire à la fin d’une année de marche régulière et consécutive du mécanisme, mais encore que les réparations et travaux s’y rapportant devront, jusqu’à cette époque seulement, être exécutés aux frais de l’entrepreneur;
- « Attendu qu’après ce délai d’une année, les travaux de réparation doivent être à la charge de la liste civile ; qu’il suit de là que la responsabilité de l’entrepreneur cesse également, et que l’art. 5 du cahier'de 1857 déroge, en cette dernière partie, aux prescriptions de l’art. 54 du cahier des charges de 1854 ;
- ce Attendu, d’ailleurs, que la prétention de Feray et Ge est conforme aux usages commerciaux; que, suivant ces usages, la responsabilité des constructeurs et fournisseurs de machines est limitée à un délai de quelques mois et, qu’en aucun cas, les stipulations les plus rigoureuses inscrites dans les marchés ne s’étendent au-delà d’une année de la livraison ;
- « Attendu qu’on ne peut admettre, à moins de conventions précises et formelles, que Feray ait consenti à encourir, pendant un grand nombre d’années, une responsabilité si pleine de périls pour son industrie ;
- « Attendu que le rapprochement des art. 5 et 22 du cahier de 1857 et de l’art. 54 du cahier de 1854, fût-il de nature à faire naître le doute à cet é^ard, ce doute devrait, aux termes de l’art. 1162 du Code Napoléon, s’interpréter en faveur de Feray qui a contracté l’obligation ;
- « Attendu que l’arbre de couche de la troisième roue hydraulique de Marly a été mis en place et a
- commencé à fonctionner au mois de décembre 1857, et que l’accident qui donne lieu au procès s’est produit dans le courant du mois de février 1864 ; que plus d’une année s’est donc écoulée depuis la marche régulière et consécutive du mécanisme ;
- « Attendu que la convention intervenue entre les parties constitue un louage d’industrie et non une vente ; que les articles 1641 et 1643 du Code Napoléon sont donc inapplicables ;
- « En ce qui concerne la demande en garantie formée par Feray contre Schneider et Ce ;
- « Attendu que l’arbre de couche a été fourni par Schneider en vertu de conventions verbales ; qu’il n’était, à défaut de stipulations expresses, tenu de la garantie que pendant les quelques mois en usage dans le commerce; que, dans le cas même où Feray eût été déclaré responsable pendant un plus long espace de temps envers la liste civile, à raison de stipulations spéciales, ce fait, complètement étranger à Schneider, ne pourrait être invoqué contre lui ;
- « Attendu que Feray a donc, à tort, mis ce dernier eif cause;
- « Par ces motifs :
- « Déclare S. Exc. le maréchal Vaillant, en qualité d’administrateur des biens formant la dotation de la couronne, mal fondé dans sa demande ; l’en déboute et le condamne aux dépens de la demande principale envers Feray et Ce et envers Boigne, Rambourg et Ge, y compris les frais d’expertise;
- « Déclare Feray non recevable, et en tout cas mal fondé dans son action en garantie contre Schneider et Ce; l’en déboute et le condamne aux dépens envers ce dernier... »
- Mais la Cour, après avoir entendu Me Dumiral, pour la liste civile, appelante, Me Octave Falateuf, pour Feray et Ce, et Me Dupont de Bus-sac, pour Schneider et Ce, a, conformement aux conclusions de M. le premier avocat général Oscar de Vallée, rendu l’arrêt suivant :
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- « La Cour,
- « Statuant sur les appels interjetés par le maréchal Vaillant ès-noms, et par Feray et Cu, du jugement du Tribunal civil de la Seine du 15 juin 4866 ;
- « Considérant en fait que, par suite d’une décision du ministre de la maison de l’Empereur, du 13 juillet 1857, Feray et Ge ont entrepris, pour la liste civile, le rétablissement de la machine de Marly, aux conditions réglées par le cahier des charges; que les travaux ont été exécutés vers 1860, reçus et payés conformément aux conventions ; mais qu’au mois de février 1864, l’arbre de couche de l’une des roues s’est rompu ;
- « Que la cause de cet accident a été vérifiée contradictoirement entre les parties, et qu’il a été reconnu que la rupture provenait d’un défaut de fabrication ;
- « Qu’en effet les lames de fer qui composent cet arbre, soudées et fondues à l’extérieur, étaient restées sans adhérence et divisées à l’intérieur dans une proportion considérable, ce qui lui enlevait sa force et avait amené la rupture ;
- « Considérant que si l’on applique à un tel ensemble de faits les principes généraux de droit, on est conduit à reconnaître que le préjudice éprouvé dans cette circonstance vient exclusivement du fait de celui qui a fabriqué l’arbre de couche dont il s’agit, et que les conséquences de cette malfaçon, comme de toute faute qui porte préjudice, doivent être mises à la charge de son auteur, à moins qu’il n’en soit dégagé par des conventions ou des dispositions spéciales de la loi ;
- « Considérant que Feray et Ce se prévalent à la fois et des dispositions de la loi et de celles des conventions intervenues entre eux et la liste civile ;
- « Que suivant eux, l’article 1792 du Code Napoléon ne leur est pas applicable, et que, par suite, ils n’encourent aucune responsabilité pour leurs travaux; que d’ailleurs,
- fussent-ils atteints par ladite disposition, ils en seraient abrités par les conditions de leur cahier des charges.
- « Sur le premier moyen :
- « Considérant que Feray et Ce ont été, pour l’établissement de la machine de Marly, de véritables entrepreneurs; qu’il importe peu que la construction qu’ils ont opérée soit, en majeure partie, composée de fer ou de fonte ; que l’emploi de ces matières, qui prennent une si grande place dans les constructions nouvelles, n’en change pas la nature et ne peut effacer la responsabilité des entrepreneurs.
- « Sur le deuxième moyen :
- « Considérant que Feray et Ce, responsables aux termes delà loi, le sont aussi aux termes de leur cahier des charges ; qu’en effet, après avoir régie le terme d’une année après laquelle aurait lieu la réception des travaux et;leur paiement, le cahier des charges particulières du 21 juin 1857 ajoute que les adjudicataires restent soumis aux conditions du cahier des charges générales du 15 novembre 1854, lequel stipule formellement la responsabilité de l’art. 1792 ;
- « Considérant que les discussions qui ont précédé la promulgation de l’art. 1792 du Code Napoléon établissent à plusieurs reprises que la réception et le paiement de l’ouvrage ne dégagent pas l’entrepreneur de sa responsabilité; que cela doit être reconnu à plus forte raison quand les stipulations du contrat l’énoncent ;
- « Considérant que Feray et Ce se prévalent de ce que l’obligation prise par eux d’entretien et réparation pendant un an implique qu’à partir de ce moment ils sont déchargés de toute responsabilité;
- « Considérant à cet égard que l’entretien et la responsabilité sont deux choses distinctes; qu’en thèse générale le propriétaire entretient seul dès le jour où il est en possession ; que la responsabilité du constructeur ne cesse pas pour cela ; que lorsque par exception l’en-
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- trepreneur a pris pendant un temps déterminé la charge d’entretenir, il accepte ainsi un surcroît d’engagement, mais il n’efface pas ses obligations ordinaires;
- « Considérant ainsi, en résumé, que le fait par un entrepreneur d’avoir fait entrer dans une construction un arbre ou sommier de fer atteint d’un vice intérieur qui en compromet la solidité est exactement semblable, quant à ses conséquences de fait, à celui de l’architecte qui place dans une maison du bois vermoulu; que les conséquences de droit doivent être les mêmes et que l’art. 1792 s’applique également dans les deux cas ;
- « En ce qui touche la garantie exercée par Feray et Ge contre Schneider et Ce ;
- « Considérant qu’il est incontestable que la responsabilité de Feray et Cc résulte d’un vice caché de la chose à lui livrée par la compagnie du Creuzot ; mais, que celle-ci soutient qu’entre elle et Feray et Ce, il n’y a pas eu contrat de vente régi par les dispositions de l’art. 1641 du Code Napoléon, qui met les résultats des vices cachés h la charge du vendeur, mais contrat de louage d’industrie, gouverné par les art. 1788 et suivants du Code Napoléon, qui dégagent l’ouvrier après livraison acceptée ;
- « Considérant que la conséquence de ce système serait celle-ci : Quand un constructeur demande à l’usine du Creuzot un arbre découché, des rails, des sommiers, si l’usine les a et les livre, elle est responsable; si elle répond qu’elle ne les a pas, mais qu’elle va les faire et les livrer, ce qu’elle exécute, elle n’est plus responsable;
- « Considérant qu’une telle différence absolue, sans aucun motif équitable, ne peut être la conséquence du droit qui n’est que la raison mise en pratique et formulée en prescription ;
- « Considérant qu’en effet les dispositions du Code n’ont point un tel résultat; que l’art. 4711 du Code Napoléon qui pose les principes en
- cette matière, dit formellement que le devis, marché ou prix fait constitue un louage quand la matière est fournie par celui pour cpii l’ouvrage se fait, d’où la conséquence que lorsque la matière est fournie par l’ouvrier, la présomption est qu’il y a vente ;
- « Considérant que le Code, après avoir posé la règle générale de l’art. 1711, arrivé au chapitre spécial des devis et marchés, dispose, dans les art. 1787 et suivants, pour des conventions dans lesquelles la matière est fournie par l’ouvrier ;
- « Considérant que cette apparente contradiction résulte ae la nature des choses ; que dans le contrat de marché à forfait se trouvent nécessairement mêlés, dans des proportions variables, les caractères de la vente et ceux de la location de travail; que c’est dans la pensée de cette situation que les auteurs du projet du Code Napoléon y avaient inséré une disposition assimilant textuellement à la vente l’engagement de livrer une chose quand elle serait faite ; que cette disposition n’a point été rejetée comme contraire au droit que le Code entendait établir, mais comme expression de doctrine qui n’avait pas le caractère d’une disposition législative ;
- « Considérant qu’il résulte de ce rapprochement des articles du Code sus-rappelés et des délibéra-»-tions qui les ont précédés, que lors-u’il s’agit de devis ou marchés ans lesquels la matière et le travail sont fournis par la même personne, il y a lieu pour le juge de déterminer la nature dominante du contrat par le fait spécial qu’il a pour objet;
- « Considérant qu’il est impossible de reconnaître et d’appliquer à l’usine du Creuzot et à ses commettants les qualifications d’ouvrier et de maître que portent les art. 1787 et suivants du Code Napoléon ; comme il serait inadmissible d’opposer à la demande en paiement de fourniture d’une telle industrie la prescription de six mois que l’art.
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- 2271 du Code Napoléon impose au travail et aux fournitures de l’ouvrier : qu’il s’agit bien au contraire de la vente entre marchands que signale l’art. 1788;
- « Que, si l’on trouvait un contrat de louage dans de telles transactions, les opérations commerciales deviendraient non des ventes, ainsi que les parties contractantes l’ont toujours pensé, mais des exécutions de contrats de louage, la chose livrée ayant presque invariablement profité du travail de celui qui la livre ;
- « Considérant qu’une telle interprétation des conventions dénaturerait le sens ordinaire des mots, et trahirait l’intention évidente des parties ; que, dans la cause, la nature de la matière employée par l’usine du Creuzot, celle de son travail, la qualité de marchands des deux contractants, toutes les circonstances accessoires du contrat lui donnent, avant tout, les caractères d’une vente, ceux du louage d’industrie n’y tenant qu’une place peu importante et ne pouvant arriver à qualifier la convention; qu’ainsi il y a lieu de repousser F exception opposée par Schneider et Ge, et de faire l’application de l’art. 1641 du Code Napoléon;
- « Considérant que les attestations et parères rapportés par Schneider et Ge, attestant que l’usage est de stipuler un délai fort limité pour la garantie des livraisons faites parles usines,loin dejustifier l’absence de toute garantie après livraison, démontrent que les vendeurs estiment, avec raison, que leur intérêt exige une condition formelle qui en borne la durée ;
- « Considérant que Feray et Schneider soutiennent que la garantie légale des vices cachés présente des inconvénients inconciliables avec l’exercice de leur industrie;
- « Considérant qu’ils en seraient au besoin préservés par des stipulations analogues a celles indiquées dans les parères par eux produits,
- et qui, respectivement acceptés, protégeraient tous les intérêts ;
- « Considérant, quant au délai dans lequel ont été intentées les actions, soit principales, soit en garantie, que dans les circonstances spéciales de la cause, et vu la nature de la marchandise vendue, les acquéreurs ont agi dans le délai le plus bref possible, et que l’intérêt du vendeur n’a, dans tous les cas, aucunement souffert du retard par lui articulé ;
- « En ce qui touche la fixation des indemnités dues à la liste civile et à Feray et Ce ;
- « Considérant que l’arbre de couche de la troisième roue hydraulique a fonctionné depuis le mois de décembre 1859 jusque dans le courant de février 1864 ; qu’en raison du profit procuré par cette partie du mécanisme et des autres circonstances de la cause, il convient de limiter les indemnités à la restitution du prix payé pour l’arbre de couche, c’est-à-dire.... francs payés parla liste civile à Feray et Ce, et... francs payés par Feray et Ce à Schneider et Ce ;
- « Qu’au moyen de cette restitution, la liste civile d’une part et Feray et Ge d’autre part, seront suffisamment dédommagés du préjudice résultant du vice caché ; que la liste civile devra abandonner à Feray et Ce, tant l’arbre brisé que les parties du mécanisme delà troisième roue qui n’ont pu être employées dans la réparation ;
- « Considérant que les conventions particulières par suite desquelles Feray et Ce prennent les fait et cause de Boigne, Rambourg et G® ne peuvent porter aucune atteinte aux obligations prises par ces derniers envers la liste civile ;
- « Infirme.
- « Au principal, condamne Feray et Ge, solidairement avec Boigne, Rambourg et Ge, à payer au maréchal Vaillant ôs-nom la somme de 8,123 fr. 85 c., montant des causes sus-énoncées, ensemble les intérêts à 5 p. 100 depuis le jour de la demande ;
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- « Ordonne que le maréchal Vaillant ès-noms restituera à Feray et Ce l’arbre de couche brisé, ainsi que les paliers, colliers et autres parties du mécanisme de la troisième roue qui n’ont pu être réemployées dans la réparation ;
- « Donne acte aux parties de ce que Feray et Ge déclarent expressément prendre le fait et cause de Boigne, Rambourg et G® ;
- « Condamne Schneider et Ce à payer h Feray la somme de 8,123 francs 85 cent., montant des causes sus-énoncées, ensemble les intérêts à 6 p. 100 depuis le jour de la demande en garantie, h la charge ar Feray et Ge de remettre à chneider et Ce l’arbre de couche brisé ;
- « Déboute les parties du surplus de leurs demandes, fins et conclusions respectives, principales et subsidiaires ; ordonne la restitution des amendes consignées sur les deux appels ;
- « Condamne Feray et Ce et Boigne, Rambourg et Ge envers la liste civile aux dépens de première instance, y compris les frais de référé et d’expertise, et aux dépens d’appel;
- « Condamne Schneider et G® envers Feray et C® en tous les dépens de première instance et d’appel, y compris ceux auxquels Feray et G® sont condamnés envers la liste civile. »
- Première chambre. — Audiences des 25 et 26janvier et 4 février 1867.—M. Devienne, prelnier président.
- JURIDICTION CRIMINELLE. COUR DE CASSATION.
- Chambre criminelle.
- USINE MÉTALLURGIQUE. — INFRACTIONS. — INONDATION. — PÉNALITÉS.
- N'est pas recevable devant la Cour de Cassation l’intervention de la partie civile lorsque le pourvoi porte seulement sur les condamnations prononcées sur les réquisitions du ministère public.
- Les infractions au régime hydraulique commisespar les exploitants d'usines métallurgiques sont punissables, non des peines portées par l'art. 96 de la loi du 21 avril 1810, applicable au régime métallurgique, mais des peines portées, soit par l’article 457 du Code pénal, soit par l'art. 15 de la loi du 6 octobre 1791, suivant les circonstances.
- Spécialement l'usinier qui, en négligeant de lever les vannes ou en les surmontant de hausses mobiles, contrairement à l'ordonnance d'autorisation de l'usine, fait refluer l'eau sous la roue du moulin d’amont, n’est passible que d'une amende qui ne peut excéder la somme du dédommagement, peine portée par l'article 15 de la loi du 6 octobre 1791, et non des peines portées par l'art. 96 de la loi sur les mines.
- Cassation, en ce sens, d’un arrêt de la Cour impériale de Dijon, en date du 14 août 1866, sur le pourvoi formé par MM. Bonnamy et autres.
- M. Guyho, conseiller rapporteur; M. Charrins, avocat général, concl. conf.; plaidants, Me Bellaigue pour les demandeurs ; M® Albert Gigot pour l’intervenant.
- Audience du 16 février 1867. — M. Valsse, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- ARTS CHIMIQUES.
- Pages.
- Sur les fours de ressuage au gaz et à régénérateur. A. Putsch. . . . 513
- Emaillage du fer.................518
- Procédés de dorure et d’argenture au moyen de l’amalgame de sodium. L. CaiUetet. ...........519
- Sur le poids spécifique de l’acide acétique et de ses mélanges avec
- l’eau. Oudemans..................520
- Fabrication d’une nouvelle céruse.
- Fells............................523
- Perfectionnements dans la fabrication du sucre de betterave. F. Jü-
- nernann..........................524
- Extraction des huiles minérales. H.
- Robertson...................... . 529
- Réfrigérant pour la bière. A.-M.
- Dix..............................530
- Galactomètre optique................531
- ARTS MÉCANIQUES.
- Pages.
- Sur une nouvelle machine électromagnétique et la détermination de l’effet utile et des frais d’exploitation de ces sortes de machines en général. A. de Walten-
- hofen...........................546
- Emploi du pétrole au graissage des
- machines. A. Ott................550
- Tonte mécanique des moutons et
- autres animaux..................551
- Appareil excavateur. Millroy. ... 551
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de cassation.— Chambre des requêtes.
- Canal. — Usine. — Chose jugée. — Identité de parties, de cause et
- d’objets........................553
- Brevet d’invention. — Nouveauté.
- — Antériorités.— Confiscation.— Conclusions.....................553
- Appareil pour mouiller et humecter les tissus qu’on veut apprêter. A.
- Stephan.......................533
- Machine à repriser les tissus. E.-A.
- Cowper........................533
- Machine à forger et à souder les
- métaux. R. Mitchell...........536
- Appareil à nettoyer les tubes des chaudières à vapeur. E. Green. 539
- Machine à vapeur et à air combinés. Parker......................540
- Sur les soupapes de sûreté des machines à vapeur. Th. Baldwin. . 543
- Cour impériale de Paris.
- Machine de Marly. — Rupture de l’arbre de couche d’une des roues .hydrauliques. — Vice caché. — Responsabilité du vendeur.. . . 556
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Cour de cassation. — Chambre criminelle.
- Usine métallurgique. — Infractions.
- — Inondations. — Pénalités. . . 558
- BAK-SUft-SEINE. — IMP. SAILLARD.
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- Impriment* /foret, /q rue f/aute/ètti/fe, Parie
- Et/. Laurent <rc-
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- LE TECHNOLOGISTE
- ou
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- SE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Emploi du plomb et du zinc dans le procédé Bessemer.
- Par M. W. Baker, de Sheffîeld.
- Le procédé Bessemer est, sans aucun doute, le problème métallurgique le plus important qu’on ait résolu de nos jours. Mais si l’Angleterre possède d’excellents appareils, de bonnes machines et un combustible de qualité supérieure pour la fabrication de l’acier Bessemer, elle manque encore d’une matière première propre à cette fabrication, car malgré que la majeure partie des fontes produites dans ce pays puisse être employée à la fabrication d’un bon essieu de chemin de fer ou d’un arbre coudé, ces fontes sont bien loin de pouvoir être appliquées à la préparation d’un acier de qualité irréprochable. La cause de cette infériorité n’est que trop évidente. Bans le procédé pneumatique, le phosphore et le soufre contenus dans la fonte ne sont pas complètement éliminés, et, du reste, la manière dont ces corps sont expulsés par le travail du puddlage, n’a encore reçu une explication satisfaisante. M. Percy est disposé à croire que dans le puddlage, la majeure
- Le Technologiste. T. XXYIII. — Août
- partie du phosphore est éliminée par voie de liquation, c’est-à-dire que les parties du fer qui renferment du phosphore à raison de leur plus grande fusibilité lors du hallage passent dans les scories. Je reconnais très-bien l’importance de cette explication, seulement je ferai remarquer qu’un contact intime du fer avec le silicate de la scorie, dans laquelle l’oxygène joue un rôle au moment où le fer prend nature, vient à l’appui de l’opinion de M. Percy, qui paraît être la seule plausible. C’est là que réside la différence entre le procédé Bessemer et le puddlage, quand on considère ce dernier comme un procédé d’affinage. Dans le premier, on ne possède pas une scorie aussi oxydante, et, d’ailleurs, elle est en bien plus faible proportion. Il arrive parfois qu’on rencontre des agglomérations arrondies de silice presque pure, mélangées mécaniquement à la scorie fluide, preuve que pour l’oxydation de cette partie du fer qui, en se combinant avec la silice présente, aurait formé une scorie aisément fusible, il n’y a pas eu un temps suffisant pour que cela s’accomplisse. Nous ne devons pas, d’ailleurs, perdre de vue que par le
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- puddlage on n’élimine qu’une partie de ces mélanges ou impuretés. M. Parry dit qu’un tiers seulement du soufre et un quart du phosphore présents sont ainsi expulsés. Tous ces faits sont faciles à expliquer quand on considère que les scories, à partir du moment où le fer commence à devenir fibreux, se trouvent en contact moins intime avec la charge et réagissent sur une surface de plus en plus petite. Il est présumable que c’est précisément là le moment auquel, l’oxydation une fois commencée, le carbone, le soufre et le phosphore sont le plus énergiquement attaqués.
- Dans le procédé Bessemer, au contraire, les scories, malgré que la charge dans le convertisseur se trouve constamment à l’état de fusion, ont évidemment bien moins d’occasions d’agir comme agent d’oxydation.
- L’emploi expérimental du plomb à l’état d’oxyde ou de métal dans le procédé Bessemer (Y. le Techno-logiste, t. 23, p. 65) est des plus intéressant, mais il y a encore quelques perfectionnements indispensables à apporter à cette méthode pour qu’elle soit entièrement satisfaisante et avant que le procédé ait réellement une valeur pratique. M. Richter a employé le plomb pour rendre la fonte blanche propre au procédé Bessemer, procède pour lequel on n’avait employé jusque là que de la fonte prise. Le fer employé dans l’experience contenait, a ce que je suppose, non-seulement le carbone à l’état de combinaison chimique (non pas sous forme de graphite), mais, en outre, n’en renfermait que fort peu. On est parti de l’hypothèse que le plomb opère comme surrogat du carbone, et lors de sa combustion donne aux impuretés le temps nécessaire pour se séparer, et, par conséquent, remplace le carbone qui fait défaut. Il y a plus, c’est qu’on s’attendait à ce que, dans la marche de l’opération, la disparition de la flamme, d’une couleur particulière, due à la combustion du plomb (fumées
- de plomb) devait servir de guide pour juger du terme de l’opération.
- Néanmoins, les expériences faites avec la litharge ou le plomb métallique dans des fours de puddlage et à réverbère ou dans des feux d’affinerie, ainsi que je le redoutais, malgré le rapport publié sur l’emploi de ces substances à Tur-rach, n’ont pas répondu aux espérances qu’on en avait conçues. C’est, du reste, une circonstance à l’égard de laquelle il ne pouvait y avoir le moindre doute. Il y a, dans tous les cas, dans les usines à fabriquer l’acier ou le fer, des chimistes parfaitement en position de résoudre la question. Tout ce que nous demandons, c’est qu’on fasse une analyse soignée d’échantillons pris sur une charge normale avant et après l’emploi de ce moyen.
- Des rapports bien faits sur des expériences de cette nature, même dans le cas où elles n’auraient pas eu de succès, auront toujours une assez grande utilité. Je me permettrai donc de communiquer quelques observations sur l’action que le zinc exerce sur le fer dans le four à réverbère et dans le procédé Bessemer. Il est difficile, pour les expériences de ce genre, de trouver dans un laboratoire toutes les conditions voulues, puisqu’on ne peut y travailler que sur une petite échelle, mais j’ai dû à l’obligeance de MM. J. Brown et Cie de Shef-field, de pouvoir, dans leur belle usine, obtenir les résultats que je vais faire connaître.
- Une charge de deux tonnes a été stratifiée dans un convertisseur avec 14 kilogrammes de zinc, puis on a donné le vent comme à l’ordinaire. Au bout de 5 minutes, la flamme de zinc avait disparu. A l’aide du spectroscope, on n’a rien saisi de particulier. Le métal qui a été coule ne présentait, dans son aspect, aucune différence avec les fontes de la même sorte de fer, qu’on avait, du reste, à dessein, choisi de basse qualité.
- Un échantillon de ce fer, tel qu’il
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- coulait du four à réverbère, renfermait 0,0361 pour 100 de soufre, et 0,1720 pour 100 de phosphore. Après son traitement par le zinc, dans le convertisseur, la masse coulée contenait 0,0267 pour 100 de soufre et 0,1500 de phosphore.
- A une charge de 3 quintaux de fonte grise, on a ajouté dans le four à réverbère, 1 pour 100 de zinc, et voici le résultat. Avant le traitement par le zinc, le fer contenait 0,0260 pour 100 de soufre et 0,437 de phosphore, et après le traitement 0,0200 de soufre et 0,375 de phosphore.
- Ces faits n’ont pas besoin de commentaires, la question est résolue :1e zinc ne peut pas chasser les dites impuretés du fer. Du reste, le zinc n’exerce pas une influence nuisible sur le métal Bessemer, puisqu’une charge de 2 tonnes de fonte traitée par 14 kilogrammes de zinc, a donné, lorsque cette fonte a été de bonne qualité, un moulage qui a pu être travaillé en un rail pour chemin de fer d’excellente qualité.
- J’ai eu l’occasion, dans mes expériences, de constater l’action réductrice du sulfate de fer calciné amené par le vent du soufflet sur la fonte. Au lieu d’une action d’oxydation de cet agent, j’ai trouvé que le soufre était réduit et passait dans la charge. Je ferai toutefois remarquer que la poudre de sulfate de fer a été insufflée dans un des premiers stades du procédé. Depuis longtemps, M. Saunderson a pris une patente pour l’emploi du sulfate de fer cristallisé (ordinaire) dans le puddlage, comme moyen d’affinage ou d’oxydation, et il paraîtrait qu’employé en quantité convenable, on aurait obtenu des résultats favorables.
- J’ai lu il y a peu de temps, que M. Crawshay avait pris aussi une patente pour l’emploi d’un mélange de sulfate de fer et de litharge dans le même but. Mais pour traiter les questions qui s’élèvent à ce propos, il n’y a que les possesseurs des grandes usines à fer ou à acier qui
- pourraient les résoudre, en mettant pour leur solution, à la disposition de chimistes qualifiés, les appareils nécessaires. Ces expériences seraient sans nul doute dispendieuses, mais leur succès aurait une valeur inappréciable.
- Spectre de la flamme du four Bessemer.
- Par M. A. Lielegg.
- Examinée sous un appareil spectral très-simple, cette flamme offre un certain nombre de lignes claires se détachant distinctement du fond du spectre continu. Celles du sodium, du lithium, du potassium, deviennent visibles dès qu’on commence la période pendant laquelle se formentles scories.D’autres groupes de lignes paraissent pendant la période du bouillonnement et arrivent à leur maximum d’intensité lumineuse dans le cours de celle de décarburation. Ces groupes vont de la ligne du sodium jusqu’à la ligne bleue du strontium ou un peu au-delà, et partagent cet espace en quatre champs à peu près égaux. Le terme du premier champ est marqué par une ligne claire jaune, située immédiatement à côté de celle du sodium, toutes les autres lignes se trouvant effacées par l’extrême intensité lumineuse de ce champ. Le second champ, contigu au premier, est situé en dedans de la portion verdâtre du spectre. Il renferme dans sa moitié la plus réfractée trois lignes verdâtres de largeur égale, dont la troisième, qui est la plus claire de toutes, marque la limite du champ. Le troisième champ comprend quatre lignes bleu verdâtre , dont l’avant-' dernière est la plus intense, et dont la dernière limite ce champ. Ces lignes sontéquidistantesentreelles et occupent 2/3 du champ, de manière à laisser entre la troisième ligne du second champ et la pre-
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- mière ligne du troisième champ, un espace égal en largeur et en intensité, et réparties h peu près également dans l’espace. La portion violette du spectre n’offre d’autres lignes que celle K P du potassium. Lorsque le spectre devient très-vif, les espaces compris entre les lignes du 3e et du 4e champ paraissent obscures et prennent la forme de raies cTabsorption dont l’existence, du reste, serait explicable dans les circonstances données. Deux lignes rapprochées, mais non rigoureusement limitées, ont été aperçues au-delà de la ligne du sodium, environ à la place de la ligne orangé rouge du calcium (Ca«). Elles font l’effet d’une large raie claire partagée endeuxmoitiésparune bande obscure traversant son milieu. Vers la fin de la période de décarburation, l’intensité lumineuse des groupes de lignes va en diminuant. Peu à peu, avant la fin de la charge, quelques-unes des lignes du 3e et du 4e champ ont disparu, tandis que le caractère du spectre
- persiste encore, à peu de chose près, à être le même qu’au commencement de la période de bouillonnement.
- La flamme du four Bessemer étant en majeure partie du gaz oxyde de carbone incandescent, c’est à ce gaz qu’il faut attribuer les lignes spectrales qu’on vient de décrire. Il est très-présumable que ces lignes etles modifications régulières u’elles éprouvent, pourront servir ans la pratique pour juger de la marche des opérations qui s’accomplissent dans le cours du procédé Bessemer et des différentes phases par lesquelles doivent passer les matières soumises à ce procédé.
- Produits du pétrole.
- Voici, suivant M. J. L. Klein Schmidt, quels sont les noms sous lesquels on désigne aux Etats-Unis les divers produits de la distillation du pétrole.
- Huile distillant au-dessous de 38° C. Poids spécifique. 0.60 (90 à97° B.) Rhigolène.
- — à 76° — 0.63 à 0.61 (50 à 90B.) Gazoline.
- — à 137® — 0.67 à 0.63 (,70 à 80 B.) N aphte.
- — à 119° — 0.73 à0.67 (60 à70B.) Benzine.
- — à 204» — 0.78 à 0.72 (50 à 60 B.) Kérosène.
- — à 260» — 0.82 à 0.78 (40 à 50 B.) Kérosène.
- — à 316» — 0.82 à 0.78 (40 à 50 B.) Kérosène lourde.
- A la température de 371° paraffine solide et gaz d’éclairage.
- Si la température de la cornue dépasse260° C., le produit ne peut plus servir à l’éclairage. On l’a d’abord appliqué comme agent de graissage, mais on y a renoncé parce qu’il répand une odeur insupportable et qu’il laisse aisément sèches les pièces frottantes des machines. Actuellemenllaplupart des distillateurs mélangent les portions les plus légères de ce produit avec la kérosène, et l’huile lourde avec l’huile brute. Aujourd’hui on distille vers la fin bien plus lentement qu’auparavant et on recueille plus cle kérosène, et si on retire 70 pour 100 de cette dernière de l’huile
- brute, on considère le rendement comme très-satisfaisant. Les huiles les plus légères extraites du pétrole sont souvent abandonnées à l’air où elles se dissipent, parce qu’on n’en a pas le placement. La benzine ne fournit que très-peu et même pas du tout de nitrobenzine. Cette benzine est vendue 4 cents, et la kérosène 64 cents le gallon(4cent. 704 et75cent.27 le litre). Quant à l’huile de graissage pour les machines, on s’est servi dans ces derniers temps principalement, d’une huile brute du poids spécifique de 0,89=28° Baumé,provenant delà Virginie et du Kentucky qu’on raf-
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- fine pour les machines délicates, en les faisant passer à travers un filtre composé.
- Sur Va%ote contenu dans l'acier et
- la fonte, et sur la nature du car-
- hone dans l'acier trempé et non
- trempé.
- Par M. L. Rinman.
- Pour doser l’azote, M. Rinman a pris 2 grammes soit d’acier, soit de fonte en morceaux, et 13 centimètres cubes d’acide chlorhydrique du poids spécifique de 1,42 qu’il a introduits dans un cornue où on avait fait le vide, et a chauffé fortement, mais pas cependant au point de chasser la liqueur de la cornue. Parfois il a mis en communication, avec cette cornue, un récipient ou un tube de condensation, pour y recueillir quelques vapeurs ammoniacales ou plutôt du sel ammoniac, mais la plupart du temps il n’a pas fait usage de ce récipient. La dissolution terminée, la liqueur refroidie a été précipitée par une bouillie de chaux fraîchement éteinte, et le précipité transporté dans une cornue à tubulure et chauffé pendant quelque temps au bain-marie. L’eau qui s’est évaporée pendant cette opération (environ 1/10 de la masse) a été condensée dans un récipient; on y a ajouté une solution de tournesol, et on a titré avec l’acide oxalique. Les chiffres qui sont rapportés plus bas et rapprochés entre eux, démontrent que les différences que présentent entre elles les diverses sortes d’acier, peuvent difficilement être causées par une inégalité dans la proportion d’azote qu’elles renferment, et, par conséquent, l’auteur n’a pas jugé k propos de poursuivre plus loin ces recherches.
- L’auteur a dosé le carbone par la méthode de M. Eggertz (Le Tec-h-nologiste, t. 25, p. 33T) au moyen
- de l’iode à 0°, méthode par laquelle de nombreuses expériences ont démontré que le résidu insoluble qui reste ainsi, déduction faite d’une certaine proportion de graphite reconnue dans une expérience particulière, contenait 60 pour 100 de carbone pur. Cette méthode, M. Rinman la trouve suffisamment exacte et très-applicable en général dans la pratique.
- L’acier trempé ne laisse, après son traitement par l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique étendu, avec ou sans le contact de l’air, aucun résidu contenant du carbone. C’est, du reste, ce que M. Caron avait constaté. S’il reste un résidu, il provient d’un peu d’acier qui n’a pas éprouvé la trempe.
- L’acier non trempé, traité par les deux acides k la plus haute température possible avec exclusion assez complète de l’air, ne laisse également aucun résidu charbonneux, mais lorsque la solution ne commence pas régulièrement et n’est pas soutenue k propos par l’élévation de la température, alors il s’en sépare du carbone qui ne se redissout plus, même quand on élève cette température. M. Rinman n’a pas recherché quelles peuvent être, dans ce cas, l’action et l’influence de l’air. Pendant la solution de l’acier non trempé par le moyen de la chaleur, on aperçoit beaucoup de carbone d’une grande finesse qui flotte dans la liqueur, mais qui disparaît ensuite quand on continue k faire bouillir. C’est lk la différence notable entre ce carbone et le graphite.
- Les quantités du carbone qu’on obtient avec l’acier doux par une solution lente et k une température modérée, dépendent d’une part du temps employé k la solution, et de l’autre, du temps consacré au recuit de l’acier trempé. Ainsi l’auteur, avec 1 gramme d’acier doux en morceau n’a obtenu, par une solution rapide k chaud, aucun résidu ; par la méthode Eggertz 0,3 pour 100, et en dissolvant à une douce chaleur effectuée en 48 heu-
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- res, 0,9 pour 100 de résidu. Le nom de graphite ne convient pas à ce carbone, et déjà Karsten avait proposé celui de polycarbure, mais comme il n’avait pu parvenir à en démontrer l’existence, cette dénomination n’a pas généralement été adoptée.
- Le carbone, dans l’acier et la fonte, s’en sépare donc, par leur dissolution dans l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique étendu, sous trois états différents, à savoir : sous celui de graphite (de la fonte), sous celui de fer carburé (de la fonte et de l’acier non trempés), et sous celui d’hydrogène carboné (de la fonte et de l’acier trempés). Ces trois états se trouvent réunis dans la fonte non trempée, les deux derniers dans la fonte et l’acier trempés. Jusqu’à nouvel ordre et provisoirement, M. Rinman donne au carbone éliminé de l’acier non trempé par une solution lente, le nom de carbone de cément (cernent kohle), et à celui qui se sépare
- de l’acier trempé, le nom de carbone de trempe (hartungkohle).
- Il faut donc, dans la fonte, doser les sommes du graphite et des carbones de cément et de trempe, et c’est ce qu’on pratique en opérant ainsi qu’il suit : par une solution prompte, à la température la plus haute possible, on obtient le graphite; par une solution lente, le graphite et le carbone de cément, et enfin par l’iode, le carbone de cément et de trempe. Assurément, une analyse directe exigerait qu’on recherchât si le carbone de cément se combine avec l’iode, l’azote, l’eau, etc., de la môme manière que le carbone de trempe, mais jusqu’à preuve du contraire, et en s’appuyant sur plusieurs calculs d’analyses, il paraîtrait qu’on peut admettre cette hypothèse.
- Les résultats des analyses de M. Rinman sont consignés dans le tableau suivant. Ce métallurgiste a trouvé dans 100 parties de fonte ou d’acier :
- combiné. CARBONE à l’état de graphite Total. AZOTE.
- Fonte blanche de Langbanshytta 4.43 0.11 4 54 0.008
- — grise id 2.05 2.50 4.55 0.005
- Fonte blanche de Vestansjo 3.96 0.71 4.67 ))
- — grise id 0.96 3.48 4.45 »
- Acier de cémentation, étiré doux, écroui à
- froid 1 20 0.30 1.50 0.016
- Aoier de cémentation, étiré doux 1.24 0.30 1.54 ))
- Id. trempé 1.48 0.02 1.50 0.016
- Acier Bessemer non trempé, n° 2 2.02 0.20 2.22 0 005
- Id. id. n° 3,5. . . . 1.17 0.10 1.27 0.005
- Id. trempé, n° 3,5. . . . Id. non trempé, n° 4,5. . . . 1.28 )) 1.28 0 011
- 0.61 0.25 0.36 0.005
- Id. sans spiegeleisen, cassant à
- chaud » )) 0 40 0.006
- Id, avec spiegeleisen, non cas-
- sant à chaud » )) 0.45 0.008
- Dans l’examen des trois sortes diverses de carbone, M. Rinman a trouvé dans l’acier doux de cémentation étiré 0,52 pour 100 de carbone de trempe, et 0,9 pour 100 de carbone de cément, ensemble 1,42 pour 100. Dans le tableau précédent, on trouve pour cet acier
- 1,24 pour 100 de carbone combiné, et 0,30 pour 100 à l’état de graphite. Le chiffre 1,24 est 60 pour 100 de 2,07, le poids du carbone total, après la dissolution de l’acier dans l’iode, se serait donc élevé à 2,07 + 0,3 = 2,37. Or, comme par une expérience parti-
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- culière, le carbone dit de cément s’est trouvé être0,9 pourlOO, et que le résidu, après dissolution de l’acier dans l’iode, renfermait 60 pour 100 de carbone pur, il faut que la proportion totale du carbone se soit
- elevee à ——— = 1,42 pour 100,
- dont 0,9 pour 100 sont du carbone de cément.
- L’erreur que l’on commet sous le rapport de cette proportion totale au carbone par ce mode de dosage du graphite dans l’acier doux, est, du reste, sans importance dans la pratique. Mais il est présumable que des recherches sur la nature de ce carbone, dit de cément, pourrontconduire à d’importantes conclusions industrielles.
- Dans tous les cas, le dosage du graphite dans la fonte peut en-
- traîner, sans nul doute, assez fréquemment à des erreurs notables, ainsi que le fait entrevoir la considération suivante. Lorsqu’on a examiné les fontes blanche et grise de Langbanshytta par la méthode de M. Eggertz, on a trouvé dans la fonte blanche pour le carbone combiné, 4,24 (au lieu de 4,43), our le graphite, 0,42 (au lieu de ,11), dans la fonte grise, pour le carbone combiné, 1,36 (au lieu de 2,05), et pour le graphite, 3,42 (au lieu de 2,50). M. Rinman démontre que les corrections suivantes conduisent aux nombres exacts. Il faut pour la première fonte diminuer le graphite de 0,11, et pour la seconde, de 2,50, et au reste ajouter 60 pour 100 pour le carbone combiné; on a donc ainsi ;
- Carbone combiné. Graphite.
- Dans la fonte blanche. (0,42 — 0,11), 0,6 -J- 4,24 = 4.426 0 11
- Dans la fonte grise. . (3,42 — 2,50), 0,6 -j-1,36 = 1.912 2.50
- Ces chiffres s’accordent, h fort peu près, avec ceux trouvés par la méthode de M. Rinman de dissolution rapide dans l’acide chlorhydrique.
- Sur le four de ressuage au gaz de M. Lundin.
- Par M. C. Schinz.
- M. P. Tunner a donné la description d’un four de ressuage au gaz avec soufflerie, régénérateurs de chaleur et condensateur qu’il recommande à raison des avantages nombreux qu’il présente, selon lui, dans la fabrication du fer forgé et de l’acier. (V. à la page 337 de ce volume).
- Comme premier avantage économique et important qu’il attribue au four Lundin, M. Tunner annonce qu’on n’y dépend plus de la proportion d’eau que renferme le combustible et que celui sans dessiccation préalable, peut être em-
- ployé directement à la production de gaz combustibles secs.
- Mais pour rendre la chose possible, il faut refroidir complètement les gaz, et pour opérer ce refroidissement on a besoin d’une
- Quantité assez considérable d’eau.
- r, on ne peut pas partout se procurer de l’eau à bas prix et même dans une usine située au bord d’une rivière il faut, pour élever l’eau, avoir recours à une force motrice et par conséquent faire des frais.
- Le problème qui consiste à diminuer la proportion d’eau contenue dans les produits de la combustion peut fort bien être résolu par un abaissement suffisant de la température, mais non pas comme l’entend M. Tunner jusqu’à 2 et au plus 4 pour 100 de la vapeur aqueuse contenue dans les gaz, car à une température de 25° C. les gaz renfermeront toujours plus de 4 pour 100 de vapeur d’eau, attendu qu’ils ne peuvent pas sortir de l’appareil autrement que saturés de vapeur.
- Cette diminution dans la propor-
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- tion de l’eau serait, dans tous les cas, de nature à élever l’intensité de la chaleur; mais comme on ne l’obtient qu’aux dépens de la chaleur que les gaz contenaient antérieurement, cette perte doit être remplacée par les regénérateurs, et j’ai démontré dans une autre occasion que cette réparation n’est pas complète. On s’est basé pour cet objet sur la formule de transmission deDulong, tandis que mes expériences, qui sont plus récentes, démontrent que la perte de chaleur, par voie de transmission, est beaucoup plus grande que ne l’indique cette formule. Il en résulte que cette réparation par les régénérateurs est bien plus incomplète que ne l’indiquaient les calculs antérieurs, et par conséquent que le refroidissement des gaz est un procédé tout à fait malheureux.
- Il y a plus, c’est que pour pousser aussi loin qu’il est possible cette réparation, on est forcé de faire passer à travers les régénérateurs tant les gaz combustibles que l’air nécessaire à leur combustion, de manière h ce qu’ils arrivent à peu près à la même température dans le four; de cette façon les gaz et l’air présentent à peu près le même volume, c’est-à-dire qu’on ne remplit pas une des conditions les plus importantes de la bonne combustion du gaz, à savoir celle d’une différence dans la vitesse d’écoulement.
- L’appareil Lundin ne peut avoir une raison d’être que là où l’usine peut être alimentée avec de la sciure de bois, parce qu’il n’est pas possible de sécher économiquement cette sciure; la fabrication du fer à la sciure de bois ne pourra donc jamais faire concurrence à celle à la houille.
- Les résultats obtenus avec le four Lundin, à savoir 12.5 pieds cubes deYienne (3 mèt. cub. 95) de sciure pour porter à la chaude suante 100 livres (50 kilogr.) de fer montrent que ce mode de chauffage n’est pas plus économique que celui ordinaire sans combustible
- gazeux. Le volume indiqué de sciure sèche pèse près de lOOlivres, et avec un feu ordinaire à la houille on ne brûle pas plus de 80 kilogr. de celle-ci pour 100 de fer.
- Un second avantage de la construction Lundin est, suivant M. Tunner, la possibilité d’employer des combustibles d’un faible état d’aggrégation.
- Comme on peut préparer des conglomérats de menu de houille et de tourbe en poudre au prix de 8 francs la tonne, conglomérats qui, par leur qualité, surpassent les meilleures houilles en morceaux, il est difficile d’apercevoir quel est l’avantage que peut procurer cet emploi direct, car même avec une surface de grille de 10 mètres carrés du générateur à gaz, on n’obtiendra jamais un gaz combustible pur, parce qu’il n’est pas possible de couvrir toujours bien uniformément une surface de cette étendue.
- Le troisième avantage attribué au four Lundin est la possibilité de pouvoir employer des houilles riches en soufre pour produire et affiner du fer en barres, etc., parce qu’on suppose que les gaz sont complètement (?) débarrassés du soufre du combustible qui, dans le générateur, est transformé en acide sulfureux et hyposulfureux.
- On allègue comme quatrième avantage que l’emploi des régénérateurs de chaleur est singulièrement facilité et favorisé, ou du moins qu’il est ainsi rendu possible.
- L’emploi des régénérateurs n’est rendu ainsi possible queparce qu’on élimine, au moyen du refroidissement, les vapeurs de goudron en sacrifiant par ce procédé la meilleure portion du combustible ; d’ailleurs c’est ce que fait aussi M. Siemens; mais l’élimination de la vapeur d’eau n’a rien à faire avec remploi des régénérateurs.
- Quant à l’économie notable du combustible que M. Tunner considère comme un cinquième avantage, nous nous sommes expliqué plus haut sur cette question.
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- Comme sixième avantage, on indique la longue durée du four. Nous n’avons aucun motif pour douter de la longue durée du tour, mais assurément ce n’est pas par les causes que lui assigne M. Tunner.
- Les matières alcalines ne sont pas présentes dans les chauffages au gaz convenablement produits ou dirigés, et sous ce rapport M. Lundin ne nous apprend rien de nouveau.
- Il n’est nullement démontré que la vapeur d’eau détruit les fours. La vapeur d’eau amenée dans un poêle en faïence en élève la température, mais cela repose simplement sur ce fait que le poids spécifique des produits de la combustion en est diminué et par conséquent que le tirage devient plus énergique, de façon que les portions les plus légères des cendres, la silice, sont entraînées et que la température se trouve augmentée par une plus grande consommation de combustible.
- La cause réelle de la plus grande durée des parois du four est due à. ce que les produits de la combustion sont chassés dans le four par un soufflet, et par conséquent qu’il n’arrive pas d’air par les portes ou les fentes dans l’intérieur du four, air qui, en venant lécher les surfaces de la paroi du four, y brûle le fer et attaque ensuite cette paroi.
- Enfin le septième avantage que M. Tunner attribue h la construction Lundin est que la production avec ce four, comparée avec celle du four de ressuage au gaz de houille deEkman, est doublée, tandis que la consommation en combustible est diminuée environ de 1/7 et que le fer brûlé diminue aussi de 1 pour 100.
- Il en résulterait que le four de ressuage au gaz de Ekman serait encore plus mauvais que le feu ordinaire sans transformation préalable du combustible en gaz.
- Si le four de ressuage de Lundin produit plus en réalité, cela est uniquement dû à ce qu’il est possible, au moyen delà soufflerie, de
- consumer une plus forte proportion de combustible, mais non pas à une combustion plus parfaite qui devrait se révéler par une économie réelle de combustible, économie qui, d’après les documents fournis, paraît être nulle, car 100 kilogr. de sciure de bois (sèche) sont égaux à. 50 kilogr. de houille qn’on brûle pour le ressuage de 100 kilogr. de fer.
- Les régénérateurs de M. Siemens ne sont nulle part d’une application plus malheureuse qu’aux fours à puddler et à ressuer, parce que la chaleur perdue de ces fours sert à produire la vapeur nécessaire à la manœuvre des marteaux et des laminoirs, que la moitié du combustible nécessaire pour le puddlage et le ressuage se trouve de rechef utilisée, tandis que les régénérateurs emploient cette chaleur en partie pour remplacer celle qui est perdue par le refroidissement du gaz.
- Quant aux défauts que M. Piitsch attribue au four Lundin (v. p. 449) on voit par ce qui précède que nous sommes à peu près d’accord, seulement je ferai remarquer que son assertion « que c’est un fait établi que dans la production du gaz par une soufflerie on produit plus d’acide carbonique qu’avec les générateurs qui travaillent par le tirage d’une cheminée, » n’est pas exacte et que c’est plutôt le contraire qu’il faudrait dire. Le reproche aussi qu'il adresse à ce four de faire une perte considérable de combustible par la condensation de toutes les vapeurs de goudron m'a paru depuis longtemps applicable à toutes les constructions d’après le système Siemens.
- Méthode d'extraction des scories cuprifères.
- Par M. C. Aubel, ingénieur.
- La méthode de traitement des scories cuprifères que je vais faire con-
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- naître a été appliquée par moi, en 1861, à Nischnei-Tagilsk, dans les usines de l’Oural, de M. Demidoff, sur des centaines de quintaux métriques de vieilles scories accumulées en ce lieu depuis les premiers temps de l’exploitation du cuivre. Cette méthode repose sur le fait que par un prillage d’oxydation de la scorie réduite en poudre fine dans un four à réverbère, 1° on transforme le protoxyde de fer (qui, dans Je cas rapporté plus bas, s’élève à 43,2 pour 100) presque complètement en sesquioxyde qui, comme on sait, à l’état fortement
- calciné, est insoluble dans les acides; 2° le cuivre, qui n’est présent dans la scorie ni à l’état de protoxyde, ni h celui d’oxyde, et assurément combiné au soufre à. l’état de petites mattes, se trouve amené dans celles-ci sous uneforme qui le rend aisément attaquable par les acides.
- La manière dont la scorie se comporte lorsqu’elle est finement divisée au feu d’oxydation dans un four à réverbère, sera rendue plus évidente par le tableau suivant qui représente la marche du travail du grillage (1).
- DURÉE CUIVRE DOSÉ EN TRAITANT L’ÉCHANTILLON PAR FER SODS FORME HE
- DU GRILLAGE. l’acide chlorhydri- que. l’acide sulfurique étendu de 8° B. l’eau bouillante. protoxyde FeO. sesquioxyde Fe-202.
- Scorie non grillée. . . . 0.0200 )) » 0.432 0.0026
- — grillée 1/2 heure 0.0180 » 0.00125 0.375 0.064
- — - 1 h. . . . 0.0180 Du fer en partie. 0 00150 0.311 0.135
- — — 1 1/2 h. . 0.0195 Id. 0.00175 0.294 0.157
- — — 2 h. . . 0.0190 Id. 0.00100 0.281 0.168
- — — 21/2 h. . 0.0185 0.0050 0.00075 0 261 0.191
- — — 3 h. . . . 0.0185 0.0145 » 0.217 0 240
- — — 3 1/2 h. . 0.0195 0.0125 )> 0.182 0.280
- — — 4 h. . . . O 0195 0.0150 » 0.137 0.325
- — — 41/2 h. . 0 0195 0 0170 )) 0.128 0 338
- — — 5 h. . . . 0.0020 0 0180 » 0.120 0 346
- — — 6 h. . . . 0.0020 0.0190 » 0.105 0.365
- Grillage à mort 7 h. . . . 0.0021 0.0190 » 0.093 0.377
- Le dosage du cuivre a été opéré par la méthode colorimétrique de M. Heine, dans laquelle mes 12 verres normaux (types), d’une capacité de 250 centim. cubes, avec lesquels j’ai comparé les échantillons de dosage, ont présenté les proportions suivantes :
- Gram, de cuivre, 1 — 0 0010
- 2 — 0.0015
- 3 — 0 0020
- 4 — 0.0025
- 5 - 0.0030 6-0 0035
- Gram, de cuivre.
- 7 — 0.0040
- 8 — 0 0050
- 9 — 0 0060
- 10 — 0.0070
- 11 — 0.0085
- 12 — 0.0100
- Je ferai, en particulier, remarquer que pour doser une faible quantité de cuivre, cette série de verres d’épreuves normaux consti-
- tue un procédé extrêmement pratique, et qu’avec un peu d’habitude les erreurs s’élèvent au plus
- (1) Un échantillon moyen de la scorie en poudre fine a été, avant le grillage, soumis à une analyse chimique rigoureuse, qpi a donné sur 100 parties :
- Silice............ 37 02
- Alumine................ 8 35
- Magnésie.................. 2.50
- Chaux..................... 4.73
- Protoxyde de fer.......43.20
- Sesquioxyde de fer. ... 0.26
- Cuivre.................... 2.00
- Soufre.................... 1.67
- 99.73
- Cette scorie provenait d’un ancien tas, et certainement tant du traitement brut que d’une matte, ce qui explique la forte proportion du cuivre.
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- à 0,0045, en outre, que pour l’examen des minerais ou des scories, 4 gramme est parfaitement suffisant.
- Les dosages du feront étéopérés par la méthode de M. Marguerite, c’est-à-dire entitrantpar le permanganate de potasse; et le protoxyde de fer, en dissolvant féchantillon dans l’acide chlorhydrique concentré hors du contact de l’air extérieur, et remplaçant à l’intérieur l’air par l’acide carbonique; puis le sesquioxyde ou plutôt la quantité totale du fer, après réduction préalable par le zinc.
- Le dosage du soufre, dans le but d’obtenir un triple contrôle, s’est opéré d’après la méthode de Platt-ner, au moyen d’une solution de chlorure de baryum titré, puis, pour plus de sûreté, on a ajouté un excès de ce dernier, recueilli sur un filtre le sulfate de baryte qu’on a pesé; enfin dans la liqueur filtrée, l’excès de chlorure de baryum a été précipité par le carbonate d’ammoniaque; le carbonate de baryte qui est résulté a été titré de nouveau par l’acide azotique normal. Ces divers modes de dosage se sont accordés très-bien, et ont donné en moyenne 4,67 pour 400 de soufre.
- Les autres substances contenues dans les scories ont été dosées par les moyens ordinaires de la chimie analytique.
- Nôtre tableau démontre, avant tout, qu’un grillage de six heures, pendant lesquelles la charge n’a besoin que d’être tenue au rouge clair, suffit parfaitement pour rendre le cuivre contenu dans la scorie propre à se dissoudre dans l’acide sulfurique de 8° Baumé. Malgré que tout le protoxyde de fer ne soit pas transformé en sesquioxyde, et que lors de l’extraction il y en ait encore une petite portion qui se dissout, il n’en résulte pas moins, puisqu’aprèslaprécipitationdu cuivre au moyen du fer, la solution se débarrasse si bien en bouillant du sulfate de fer, c’est-à-dire s’améliore, qu’elle n’est plus en rapport avec les frais de combusti-
- ble que causerait un nouveau grillage.
- La dissolution d’une scorie qui n’a été soumise que peu de temps à l’action du feu, dans l’eau bouillante, a été entreprise pour s’assurer si, peut-être par ce moyen, on ne parviendrait pas à mettre en solution la totalité de son cuivre sous la forme CuO, SO3, puisque, suivant M. Leplay, la scorie de cuivre pour une certaine quantité de ce métal, renferme plus de soufre que la matte obtenue simultanément avec la scorie. Quoique par ce moyen, ainsi que le montre le tableau, on ne soit parvenu à mettre en dissolution aqueuse, sur 2 pour 100, que 0,175 de cuivre, il serait fort possible que par une addition convenable de pyrite, on atteigne parfaitement le but. Jusqu’à présent, je. n’ai pas eu le loisir pour entreprendre une expérience de ce genre.
- D’après le procédé que je viens de décrire, on voit donc que les scories se prêtent à toutes les conditions qu’on pourrait appliquer à un minerai de cuivre pour l’extraction de ce métal. Le cuivre s’y présente sous une forme où il est dissous aisément et promptement par l’acide étendu. Puis le fer est à peu près complètement transformé en sesquioxyde insoluble. De plus, la matière calcinée ne renferme pas de terres, ou plutôt de bases, tels que chaux, argile, etc., qui troublent l’opération, et ont besoin dans l’extraction d’être saturées par les acides, pour éviter une nouvelle précipitation du cuivre ui a été redissous. Enfin il résulte e cette dernière circonstance que la masse calcinée, à raison de son état de finesse et de sable, se laisse très-facilement laver, et par suite, est très-propre à la filtration.
- Le point le plus important dans le travail du grillage, consiste à ne faire usage que d’une flamme purement oxydante, ce qu’il est facile d'obtenir par l’emploi de bois fendu, parce qu’autrement, d’un côté, par la "transformation ou
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- mieux la réduction du sesquioxyde de fer (Fe203), il pourrait aisément se former du fer métallique (qui, dans le traitement consécutif de la masse calcinée par l’acide sulfurique étendu, précipiterait de nouveau directement le cuivre mis en dissolution), et de l’autre, parce qu’il pourrait aussi se former en partie du protoxyde de cuivre (Cu20) qui, d’après la formule Cu20-j-S03 = GuO, S03-|-Cu, se transformerait en un sel d’oxyde et en cuivre métallique, et rendrait l’extraction plus difficile.
- Sur la précipitation du cuivre des eaux de cémentation par voie galvanique.
- Par M. A. Paiera.
- Les eaux cuivreuses des mines de Sehinôllnitz sont ordinairement conduites dans de longues rigoles sur du fer métallique qui précipite ou cémente le cuivre que contiennent ces eaux qui sont d’ailleurs peu riches et ne fournissent pas, en moyenne, 1 gramme de cuivre par 3lit.38 d’eau.
- Les inconvénients de cette manipulation sont principalement les suivants :
- • 1° La dépense en fer est beaucoup plus grande que l'équivalent. On a employé dans ces dix dernières années par quintal de cuivre jusqu’à 4 quintaux de fer. La cause en est attribuée à la proportion de sulfate de fer que renferment les eaux, sulfate qui, par un long séjour dans les rigoles, se suroxyde et attaque le fer qui sert à la précipitation.
- 2° Le schlich de cuivre de cémentation qu'on obtient est très-impur, il renferme de 12 à 90 pour 100 de cuivre, est mélangé à de l’hydrate d’oxyde de fer, des sels basiques de ce métal, du carbure de fer et exige par conséquent un travail ultérieur plus ou moins dispendieux.
- Enfin, l’étendue de l’appareil rend la surveillance difficile et l’enlèvement du schlich de cémentation, ainsi que les moyens pour débarrasser le cuivre du fer, donnent lieu à des pertes nombreuses.
- Pour remédier à cet état de choses, j’ai essayé quelques procédés pour précipiter le cuivre. Une précipitation par l’hydrogène sulfuré ou le sulfure de sodium n’a pas paru applicable, à raison de la pauvreté des eaux, et parce que le sulfure métallique, en si faible proportion, exige beaucoup de temps pour se séparer entièrement.
- On réussit mieux en précipitant avec un appareil galvanique, et je crois avoir par cette méthode résolu le problème.
- On sait que quand on expose une solution de sulfate de cuivre à l’action d’une batterie de Daniell, zinc et cuivre, au moyen d’un fil en communication avec le pôle zinc, il se sépare du cuivre à la cathode; mais même quand on fait communiquer une très-grande plaque avec le pôle zinc, il faut beaucoup de temps avant que la solution soit complètement débarrassée de cuivre. J’ai donc songé à un autre appareil qui est bien connu en galvanoplastie et a été imaginé par M. Jacobi. Cet appareil consiste en deux verres, où l’un est destiné à recevoir la solution de sulfate de cuivre, et l’autre qui est suspendu dans le premier et n’a pas de fond, est fermé par une vessie. Ce dernier est rempli avec de l’acide sulfurique étendu ou de l’eau salée et destiné à contenir le zinc, qui est combiné par un fil de cuivre avec l’objet à cuivrer et plongé dans la solution cuivreuse.
- Cet appareil simple, modifié comme il convient, paraît satisfaire aux conditions du problème. On peut très-bien donner à l’anode une étendue telle qu’on puisse dépouiller dans un temps relativement court, la liqueur de son cuivre. J’ai d’abord employé cet appareil sous la forme suivante. Dans une grande capsule en porcelaine,
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- on a suspendu un manchon en verre fermé par une vessie ; sur le fond de la capsule on avait mis du cuivre granulé qui était en communication avec une spirale en zinc ou en fer placée dans le manchon au moyen d’un fil de cuivre. C’est, dans la capsule que se trouve la solution cuivreuse et dans le manchon l’acide sulfurique étendu. L’appareil semblait devoir donner des résultats d’autant plus satisfaisants qu’avec son secours on est parvenu en peu de jours à débarrasser parfaitement de tout son cuivre une solution concentrée de sulfate de cuivre.
- A ce sujet, je ferai remarquer que le cuivre se dépose d’abord sur les petits morceaux de cuivre qui sont les plus voisins de la plaque de zinc ou de fer, tandis que ceux plus éloignés n’entrent en activité qu’après un temps assez prolongé. Je note aussi que la plaque de zinc ou de fer est attaquée plus énergiquement sur les bords les plus voisins du cuivre précipité. C’est d’après ces observations, qui ne sont d’ailleurs pas nouvelles en galvanoplastie, que j’ai imaginé un appareil pour la précipitation du cuivre, appareil qui a été monté comme il suit:
- Dans une cuve doublée en feuilles de gutta-percha, on a mastiqué une cellule carrée en terre, de manière que les deux parois qui reposaient sur les longs côtés de la cuve soient complètement étanches; de cette manière, on a formé avec les côtés courts de la cuve et les parois libres de la cellule en terre, le fond de la cuve et celui de la cellule, une capacité vide dans laquelle on a pu faire passer la liqueur qu’on voulait dépouiller de cuivre. Cette capacité a été remplie de cuivre granulé, et dans la cellule on a placé des plaques en fer parallèles soudées à un gros fil, de façon qu’entre les plaques il y eût un intervalle de 8*millimèlres.
- Ce système de plaques en fer a été mis, à l’aide d’un lil de cuivre, en communication de conductibi-
- lité avec le cuivre granulé. On a fait couler d’une manière continue sur un des côtés de la cellule la solution de sulfate de cuivre qui s’est écoulée de l’autre par un tube en verre. Une solution de sulfate de cuivre qui, comme les eaux des mines de Schmôllnitz, renfermait 1 gramme de cuivre sur 31it.38, dans ce petit appareil, où le chemin que la solution avait à parcourir s’élevait à peine à 15 centimètres, a été dépouillée de plus de la moitié de son cuivre, et dans deux appareils semblables, ce dépouillement a été complet. Il en est de même quand on a laissé la liqueur séjourner plus de temps dans l’appareil.
- Il paraîtrait donc que cet appareil remplit suffisamment le but. On obtient ainsi du cuivre très-pur, la dépense en fer correspond presque à l’équivalent du cuivre, enfin l’appareil est peu développé et par conséquent facile à surveiller.
- Le seul inconvénient que j’ai remarqué est qu’il faut employer une grande quantité de cuivre granulé qui, malgré qu’il ne soit pas perdu, doit cependant rester dans l’appareil et augmenter sensiblement les frais d’etablissement. J’ai cherché en conséquence dans ces derniers temps à remplacer le cuivre pur par de petits morceaux de coke, ce qui paraît très-bien réussir, attendu (jue le cuivre les recouvre si complètement et si facilement, qu’on peut sans hésiter les substituer au cuivre granulé.
- Sui’ la formation du cinabre par la voie humide.
- Par M. H. Fleck, de Dresde.
- Dans une série d’expériences que j’ai entreprises sur la préparation du cinabre par la voie humide, j’ai été conduit à cette observation que le rhodanure (sulfocyanure) de mercure et de cuivre, préparé par
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- l’action réciproque d’une solution de rhodanure de potassium et de mercure avec le sulfate de zinc suivant la formule :
- (KS CyS + HgS CyS) + (ZnO + S03)
- = (ZnSCyS + HgSCyS)-f KO +SO»)
- qu’on fait digérer dans une solution d’hyposulfite de soude, précipite du cinabre, et cette première observation m’a conduit aux résultats suivants :
- Si on chauffe la solution d’un sel double de mercure, par exemple, le rhodanure de potassium et de mercure ou le perchlorure de sodium et de mercure, avec une semblable solution d’hyposulfite de soude, il se dépose, suivant le degré de réaction acide de la liqueur qui d’abord était neutre, du sulfure noir de mercure, suivant la formule :
- Hg Cl -f (Na 0 +S2 O2) = Hg S+Na Cl + S O3
- Il y a là transformation de l’acide hyposulfureux en acide sulfurique libre, et le bichlorure de mercure passe à l’état de bisulfure de mercure dense de couleur noire. Mais si on se sert d’un excès d’hyposulfite de soude, on trouve, lorsqu’on maintient des températures basses, qu’il y a séparation du mercure sous la forme de cinabre, réaction qui chaque fois se termine par une précipitation ultérieure de sulfure noir de mercure, aussitôt que la température de digestion dépassé 60° G., en meme temps que la liqueur qui, pendant sa neutralité, précipitait du cinabre, a commencé a devenir acide. Ce phénomène semble justifier l’hypothèse qu’au commencement de la décomposition, lorsqu’il y a précipitation du cinabre, l’hyposulfite de soude ajouté en excès se transforme en tvithionate de soude d’après la formule :
- Hg Cl -p 2(NaO -p S2 O2) teHgS-1- NaCl+ (Na0 + S303}
- et que cette dernière combinaison se décompose de nouveau à des températures plus élevées en :
- Na 0 -p S2 O2 et S03
- Jamais, du reste, le phénomène ne marche régulièrement, et il arrive souvent, dans le cours des expériences, que la présence des sels de baryte ou de zinc favorise la précipitation du cinabre et en augmente la proportion, tandis que les sels de chaux, de strontiane et de magnésie n’ont conduit chaque fois qu’à la formation du sulfure noir de mercure. Si donc on fait couler goutte à goutte la solution de 1 équivalent du bichlorure de mercure dans celle de 4 équivalents d’hyposulfite de soude, après avoir ajouté d’abord à cette dernière 4 équivalents de chlorure de baryum, et qu’on fasse digérer le mélange liquide à une température de 50° G., le mercure se précipite sous la forme de cinabre, contenant en même temps du sulfate de baryte; mais la liqueur ne reste pas neutre, et il devient évident d’après cela que la baryte s’est emparée de l’acide sulfurique libre ui n’a pu ainsi troubler le travail e la formation du cinabre. En effet, d’après la formule :
- Hg Cl -f 4 (Na 0 + S2 O2) + 4 (Ba Cl = HgS -f 4NaCl + BaCl + (BaO + S202) + (Ba 0 -p S3 O3)
- il y a formation de trithionate de baryte qui, avec le chlorure de baryum non encore décomposé, peut se transformer en hyposulfite de baryte, sulfate de baryte et en acide chlorhydrique libre qui n’entrave pas au même degré que l’acide sulfurique libre, le travail de la formation du cinabre.
- Maintenant comme le sulfate de baryte qui se précipite avec le cinabre atténue à un haut degré l’intensité de sa couleur, on a remplacé le chlorure de baryum par une quantité équivalente de sulfate de zinc, et alors on a obtenu une marche plus régulière dans la formation du cinabre, surtout lorsqu’on a chauffé pendant environ 60 heures 1/10 d’équivalent par litre et les solutions mélangées de 45° à 55°. La liqueur qui a laissé sur le filtre un précipité de cinabre rouge
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- foncé présentait une réaction neutre ; elle renfermait toutefois encore 4/4 du mercure en solution qui, en élevant la température, s’est précipité à l’état de sulfure noir de mercure.
- On reconnaît qu’il y a formation de cinabre en ce que la liqueur limpide comme l’eau acquiert un aspect jaune et trouble qui peu à peu passe par le rouge de brique au violet, puis qu’il se dépose des cristaux microscopiques de sulfure rouge de mercure.
- Même quand d’après les résultats obtenus on n’aurait pas trouvé un procédé avantageux pour la préparation du cinabre dans la fabrication en grand, si on a égard aux frais élevés de production, on n’en peut pas moins soulever la question de savoir si les méthodes actuellement en usage, dans lesquelles on fait digérer de l’éthiops dans des solutions de sulfures alcalins, ou bien on l’agite dans des solutions d’alcalis caustiques fournissent du cinabre, méthodes dans lesquelles ces sulfures alcalins sont préparés par la dissolution ou la fusion du soufre dans la potasse, et si la présence d’un hyposulfite qui se forme simultanément ne serait pas une condition pour obtenir un produit utile.
- Une série d’expériences faites dans cette direction ont démontré néanmoins que, dès que le mercure, bien broyé avec le soufre, est mis en digestion dans une solution d’hyposuliite de soude, le sulfure noir de mercure, malgré qu’on le chauffe pendant longtemps, ne devient pas rouge, tandis qu’une solution d’hydrogène sulfuré et de sulfure de sodium préparée en faisant passer de l’hydrogène sulfuré gazeux dans une lessive de soude, détermine, même au bout de peu de temps, la transformation de l’é-thiops en cinabre.
- Le phénomène de la formation du cinabre s’opère d’une manière qui paraît propre a faire conclure que le sulfure noir de mercure n’éprouve pas comme tel de change-
- ment moléculaire, mais ainsi que M. Brunner l’a déjà démontré, qu’il se dissout dans le sulfure de sodium et l’hydrosulfure et se dépose de nouveau au sein de la liqueur à l’état de cinabre, à mesure qu’on introduit de nouvelles quantités du premier dans la solution. La liqueur prend alors une coloration jaune, puis rouge jaunâtre et sépare du cinabre cristallin fin qui se dépose sur le sulfure noir de mercure reposant sur le fond du vase et qui, pour favoriser sa dissolution, doit être agité, et de celte manière se transforme peu à peu en cinabre, tandis qu’une portion reste toujours en dissolution.
- Il en résulte que la formation du cinabre de cette dernière manière, ainsi que dans celle indiquée précédemment, est produite par l’hyposulfite de soude dans les solutions de mercure contenant du zinc ou de la baryte sont indépendantes l’une de l’autre et donnent lieu à des phénomènes qui n’ont aucune analogie entre eux, opinion en faveur de laquelle vient cette circonstance, qu’une solution de sulfhy-drate de sulfure de sodium amène d’autant plus lentement la transformation du sulfure noir de mercure en cinabre, qu’elle est mélangée d’une plus forte proportion d’hypo-sulfite de soude.
- Fabrication des creusets de chaux 'pour hautes températures.
- Par M. D. Forbes.
- Il y a déjà quelques années que M. H. Sainte-Ulaire Deville a recommandé, pour éviter que les métaux qu’on fait fondre ne soient souillés par du carbone et du silicium, l’emploi de creusets qu’on fabrique sur le tour avec des morceaux massifs de chaux vive. Les résultats des expériences entreprises avec ces sortes de creusets ont été extrêmement satisfaisants et
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- les métaux tels que le fer, le man- 1
- ?;anèse, le nickel, le cobalt, etc., ondus dans ces creusets, se sont trouvés bien plus doux et bien plus purs que quand on les fondait dans des creusets ordinaires en terre ou des creusets brusqués. Toutefois, dès que ces creusets de chaux dépassent certaines dimensions, il est difficile de trouver des blocs de chaux d’un volume assez considérable et exempts de fissures ou de lézardes, et dans la pratique on éprouve des pertes notables tant par la casse au façonnage et sur le tour, que par des ruptures au feu.
- Pour éviter cet inconvénient, j’ai fait l’essai de creusets en terre brasqués avec de la chaux, mais sans succès, parce que ces sortes de creusets se ramollissent avant d’avoir atteint la température nécessaire, résultat qui provient de l’action de la chaux sur l’alumine du creuset extérieur ou servant d’enveloppe.
- Après des tentatives nombreuses et variées, le procédé qui suit m’a paru remplir parfaitement le but, puisqu’il permet de préparer des creusets qui sont capables de résister à la température de la fusion du fer forgé et du cobalt sans s’affaisser ou éclater, et qu’on peut en même temps les fabriquer de grandeur assez considérable.
- On charge et remplit de noir de fumée un creuset en terre de dimensions plus grandes que ne doit être le creuset en chaux, et on y bat et y comprime suffisamment le noir. On creuse alors dans le remplissage, en commençant au centre et avec un couteau de forme convenable, une cavité jusqu’à ce qu’on arrive à 12 à 15 millimètres ou moins encore des parois du creuset en terre, de manière à ce qu’il reste dans celui-ci une brasque intérieure adhérente sur sa surface concave interne. Cette brasque est alors frottée avec une baguette épaisse en verre, jusqu’à ce que sa surface soit devenue polie, puis toute sa capacité creuse est remplie avec de la chaux vive en pou-
- dre qu’on bat fortement comme on a fait pour le noir de fumée. Enfin on creuse de nouveau une cavité au milieu de cette chaux, cavité qui constitue à proprement parler le creuset. On peut-également battre la chaux en poudre sur un noyau central en bois ayant les dimensions intérieures du creuset qu’on veut établir, puis enlever ce noyau avec précaution.
- Cette brasque de chaux est naturellement assez molle et tendre avant d’être introduite dans le four, mais en la chauffant ses parties acquièrent plus d’adhérence et finissent par constituer un creuset solide et compact dont la masse entourée par le carbone ne peut plus exercer d’action sur les parois du creuset extérieur.
- De nombreuses expériences faites avec ces creusets, même chargés de plusieurs kilogrammes de métal, ont démontré cju’ils étaient parfaitement appropries à ces sortes d’opérations.
- Il n’y a pas de doute qu’on pourra fabriquer aussi des creusets du même genre avec brasqués en magnésie et en alumine. Dans beaucoup de cas, les creusets en graphite ordinaires brasqués à la chaux, à la magnésie ou à l’alumine pures, devront rendre de très-grands services.
- Appareil pour concentrer et évaporer les lessives.
- Par M. A. Swan, de Kirkaldv, en Ecosse.
- Cet appareil destiné à concentrer et à evaporer les lessives provenant des travaux de blanchiment des tissus, consiste en une série de tambours ou capacités closes tournantes auxquelles on distribue de la vapeur afin d’évaporer les lessives et dans des dispositions pour alimenter ces tambours de vapeur. Sur les appuis que portent les parois de la bâche ou cuve qui
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- contient les lessives à évaporer, on monte sur des axes une série de tambours clos de forme cylindrique qu’on fait tourner par un moyen convenable quelconque ; mais pour cet objet, l’inventeur donne à la périphérie de ses capacités, lors-u’elles sont cylindriques, la forme e roues d’engrenage, chaque tambour engrenant ainsi avec celui adjacent ou qui le suit. Le mouvement de rotation est appliqué à l’un de ces tambours par un engrenage ou autre mécanisme, et transmis à tous les autres qui tournent ainsi dans la lessive contenue dans la bâche. Les axes des tambours tournants sont creux et les capacités sont alimentées de vapeur ainsi qu’il suit :
- Sur l’une des parois de la cuve règne un tuyau principal d’où partent des branchements qui conduisent dans chacun des tambours par l’une des extrémités des axes creux. La vapeur pénètre dans ces tambours, y circule en les chaulfant, et la chaleur qui se développe ainsi enlève en vapeur l’eau qui imprègne la lessive dans laquelle ils tournent. La vapeur perdue et l’eau de condensation s’échappent des tambours par un tuyau inséré dans l’autre bout de l’axe creux de chaque tambour.
- La figure 1, pi. 335, est une section horizontale d’une portion d’un appareil construit et disposé d’après ces principes.
- La figure 2, une élévation sur le côté de cet appareil.
- a, a, bâche qu’on charge avec les lessives qu’on veut évaporer ; è, è, série de tambours clos dont les axes sont creux et qui tournent sur des appuis c, c sur les côtés de la bâche. Les périphéries de ces tambours sont taillées comme des roues d’engrenage et chaque tambour engrène dans celui adjacent. On communique le mouvement au premier de ces tambours et par conséquent à tous d’entre eux à l’aide d’une roue dentée d, calée sur l’axe du premier tambour et qui est commandée par une autre e, sur l’arbre
- Le Teclmologiste. T. XXYIII. - Août 1
- d’une poulie motrice f; g, g, tuyau principal de vapeur disposé le long de la paroi de la bâche ; de ce tuyau g partent des branchements h, h qui se rendent à chaque tambour ù, et pénètrent par son axe creux dans l’intérieur de chacun d’eux. La vapeur entre donc simultanément dans tous les tambours &, y circule, les chauffe et évapore ainsi les lessives contenues dans la bâche où ces tambours circulent. La vapeur qui a produit son effet s’écoule de ces tambours par les tuyaux i, i insérés dans l’axe creux, mais sur le fond opposé à celui par où elle est entrée.
- Parfois, au lieu d’employer des tambours tournants, l'inventeur submerge dans une bâche contenant les lessives, une capacité close en forme de chaudière, qu’il alimente de vapeur au moyen d’une chaudière à haute pression ou autrement. La figure 3 est une section transversale de ce mode, dans laquelle a, a est la bâche pour les lessives, et è, b des tuyaux fermés submergés dans cette bâche. Ces tuyaux sont alimentés de vapeur par un tube d’introduction c communiquant avec la boîte d dans laquelle, ces tuyaux sont disposés; e est une décharge pour l’eau de condensation.
- Enfin, M. Swan propose aussi d’évaporer les lessives en fixant ou établissant sur une chaudière à vapeur ordinaire, une bassine éva-poratoire ouverte, dans laquelle on verse ces lessives, bassine qu’on peut prolonger ou étendre le long des flancs de la chaudière et un peu plus bas que la ligne horizontale passant par son centre. Le corps de la chaudière constitue le fond de la bassine, et c’est la chaleur dégagée par la paroi de cette chaudière qui évapore les lessives. La figure 4 est une section transversale d’une chaudière à vapeur sur laquelle est montée une bassine évaporatoire ; a, chaudière; ô, bassine qui se prolonge intérieurement sur les flancs de cette chaudière au-dessous de sa ligne de
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- centre ; c, carneau intérieur de la chaudière.
- Sur les moyens d'utiliser les rési-' dus de la fabrication de la fuchsine et la régénération de l’acide
- arsénique.
- Par M. R. Brimmeyr.
- Depuis que l’industrie des dérivés de l’aniline est parvenue par ses perfectionnements à un certain degré de stabilité, qu’elle a été exercée sur la plus grande échelle, et doit l’être ainsi pour être profitable, le moment paraît être arrivé où il faut consacrer une attention lus sérieuse aux résidus de la fa-ricalion et aux composés de l’arsenic qui en résultent et qu’on a beaucoup négligés jusqu’à ce jour. Cette question se présente avec un double intérêt et sous deux points de vue souvent contradictoires, à savoir : la conservation de la santé publique et l’intérêt particulier des fabricants, points qui doivent, en les combinant, recevoir une solution satisfaisante.
- Les dangers qui peuvent résulter de l’accumulation d’une substance aussi vénéneuse que l’arsenic, exigent dans l’intérêt des fabriques de fuchsine et de leur voisinage, qu’on trouve un moyen pour que cette substance cesse d’être nuisible, mais jusqu’à présent, tout ce qui a été tait dans cette direction laisse encore beaucoup à désirer, malgré qu’une concurrence croissante qui tend à substituer, peu à peu, les grandes fabriques aux petites, semble devoir borner les dangers à quelques localités seulement.
- Quant au second point de la question, il est dans la nature des choses, que pat* suite de l’abaissement du prix de la fuchsine et des besoins croissants, l’élévation probable du prix de l’arsenic, on fasse des expériences ayant pour but d’utiliser d’une manière rationnelle
- les résidus de la fabrication et pour régénérer l’acide arsénique. Nous allons chercher dès lors à apprécier la valeur pratique de trois procédés qui ont été brevetés en F rance dans ce but.
- Procédé Stopp. — 100 kilogrammes de résidus sont traités par l’acide chlorhydrique, en proportion qui varie de 70 a 80 kilogrammes. La portion insoluble est lavée avec l’eau, puis traitée par l’acide azotique qui laisse un noir d’aniline insoluble et dépose, par le refroidissement, des cristaux d’une matière colorante jaune ; on peut aussi l’obtenir sous forme de pâte par une addition d’eau froide à la solution chaude.
- La solution chlorhydrique donne, quand on la sature par le carbonate de soude, un précipité vert foncé, tandis que la liqueur claire renferme un mélange d’arsénite et d’arséniate de soude. A cette liqueur on ajoute de la chaux et on décompose le précipité qui se forme par l’acide sulfurique, auquel on ajoute un peu d’acide azotique pour oxyder l’acide arsénieux. De cette manière, toutl’acide arsénieux contenu dans les résidus est transformé en acide arsénique.
- Quant au précipité vert, ou mieux le dépôt, il donne encore, quand on le fait bouillir avec l’eau, un peu de fuchsine cristallisable ; par un nouveau traitement avec une eau ammoniacale contenant un peu de savon, on obtient une matière colorante rouge foncé magnifique. Si toutefois on redissout dans l’acide chlorhydrique, on recueille une couleur bleu pâle qui n’est pas belle, mais solide; un tissu qu’on teint avec elle prend, dans une solution faible de permanganate de potasse, un ton brun marron.
- Procédé Tabowrin et Lemaire. — Quand on travaille la fonte brune d’aniline et d’acide arsénique, il reste un résidu qui consiste en grande partie en résine (?) et des eaux-mères arsénifères qu’on distingue en eaux concentrées, eaux moyennes et eaux faibles.
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- Les eaux concentrées et moyennes sont décomposées par la potasse caustique, et la masse qui résulte de ce traitement est pulvérisée et calcinée avec du charbon ; l’arsenic réduit se dégage et brûle dans un four bouillant ; l’acide arsénieux qui se forme, ainsi recueilli, est transformé en acide ar-sénique au moyen de l’eau régale/
- Le résidu solide est simplement brûlé, la résine fournit le carbone.
- Les eaux faibles sont traitées par Un mélange de lait de chaux et de chlorure àc manganèse; ce dernier sert à la réduction de l’acide arsé-nique; il se forme un précipité d’ar-8énite de chaux qui, séché et calciné, donne aussi de l’acide arsénieux.
- Procédé Randu. — Les résidus sont simplement calcinés dans un four à coke, qui débouche dans des chambres particulières, où l’acide arsénieux se condense. On le recueille et le sublime dans des cornues en fonte.
- Pour obtenir de l’arsenic métallique, on ajoute aux résidus une certaine quantité de charbon en poudre, l’arsenic réduit se volatilise. On peut, de la manière connue, transformer en acide arsénieux.
- Remarquons, en passant, que tous ces brevets ne renferment aucune idée nouvelle, ou une nouvelle application d’un moyen connu pour obtenir un résultat industriel.
- Le procédé Stopp ne concerne que les résidus solides de la fabrication de la fuchsine et ne tient aucun compte des eaux-mères qui renferment la majeure partie de l’arsenic, ou bien peut-être par ce mode de traitement a-t-on eu en vue ce qu’on appelle la fonte brute, ce qui rendrait la chose un peu pratique. Dans ce cas, il ne serait plus question du traitement des résidus, mais de manipulations auxquelles cette fonte brute serait dès l’origine soumise dans les la-briques, pouren extraire la matière colorante, et utiliser de nouveau, en quelque sorte, les acides de l’ar-
- senic, ainsi que je l’ai proposé dans un autre mémoire.
- En ce qui concerne les résidus proprement dits, ils proviennent d’un traitement de la fonte brute par l’acide chlorhydrique ou par le sel marin et l’eau. Dans le premier cas, il reste comme résidu 10 p. 100 d’une poudre ressemblant à de l’humus, qui abandonne encore à l’alcool une quantité très-faible d’une matière colorante bleu sale, tandis que tout l’acide arsénique et de beaucoup la plus grande partie de l’acide arsénieux restent en solution. Les autres matières colorantes, et parmi elles le rouge foncé magnifique (?) se trouve dans le dépôt qui se sépare quand on sature par le carbonate de soude.
- Les matières colorantes et changeantes trouvées par Stopp sont évidemment, sous le rapport de la qualité et de la quantité, uniquement propres à faire dépenser de l’argent, du temps et du travail aux fabricants spéculateurs.
- Lacombustion, telle qu’elle a été indiquée par Lemaire etTabourin, est le mode le plus économique de traitement de ces résidus. Dans le second cas, à savoir la décoction de la fonte brutë avec le sel et un peu d’eau, puis le refroidissement, on obtient un dépôt qui, sous le rapport du poids, représente environ 50 à 60 pour 100 de la masse primitive, la plupart des matières colorantes, un peu d’acide arsénieux et le résidu insoluble. Après l’épuisement par l’eau et sans acide, il reste 18 à 20 pour 100 d’une matière bleu-violet et un résidu noir. Il y a en dissolution 52 pour 100 d’acides arsénieux et arsénique, c’est-à-dire à peu près toute la quantité qui a été employée, quand on calcule qu’il doit y en avoir de 56 à 58 pour 100 de contenu dans la fonte.
- Pour recouvrer les acides arsénieux et arsénique en solution, le procédé Tabourm et Lemaire n’est qu’en partie applicable, car l’addition de la chaux ne suffit pas pour précipiter tout l’acide arsénieux en
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- dissolution, même quand on en ajouterait assez pour absorber toute l’eau. Je suppose que Tabourin et Lemaire entendent par eaux-mères les liqueurs qui résultent du traitement de la fonte brute par l’eau (sans aucune addition), mais il ne taut pas oublier que les eaux de lavages concentrées, indépendamment d’une quantité notable d’aniline (2 pour 100 du poids de la fonte brute), renferment aussi une matière qui peut en être extraite à peu de frais. L’aniline peut être recouvrée par distillation, la matière colorante est perdue si le fabricant trouve dans la calcination une compensation plus avantageuse. Le traitement ultérieur des eaux moyennes et faibles par le lait de chaux et le chlorure de manganèse, pèche par une précipitation incomplète ae l’acide arsénieux, lorsqu’on ajoute de la chaux à l’opération, et par le traitement dispendieux de grandes masses de liquide quand on est obligé d’avoir recours à la chaleur bouillante. Malgré plusieurs défauts, on ne peut pas contester que le procédé Tabourin et Lemaire ne soit le seul qui tienne compte de tous les résidus qu’on recueille dans la fabrication.
- Avec quelque connaissance de la matière, il est aisé de voir que les trois brevetés avaient en vue les produits de divers modes de traitement de la fonte brute, et, par conséquent, que leurs méthodes ne présentent pas un caractère de généralité.
- Le procédé Randu ne s’applique que lorsqu’on sature la solution aqueuse ou acide par la craie ou le marbre en poudre.
- Dosage du tannin dans les écorces. Par M.F.Sciiulze, de Rostock.
- L’intérêt pratique considérable qui s’attache à l’appréciation correcte de la valeur des matières qui
- renferment de l’acide tannique, doit faire assurément désirer qu’on soit en possession de méthodes d’une application facile pour le . dosage quantitatif du tannin contenu dans ces matières. Si j’ajoute encore une méthode nouvelle après toutes celles déjà bien nombreuses qui ont été proposées dans ces derniers temps, c’est parce que celles-ci, sous le rapport scientifique, ne paraissent pas fondées sur un principe suffisamment justifié ou sont peu satisfaisantes à raison des complications dans leur application. C’est dans cette dernière catégorie que je range en particulier la méthode donnée par M. C. Hammer qui, du reste, est excellente par rapport au principe (1).
- Le procédé qu’on va décrire ici repose tout simplement sur la mesure de la quantité d’une solution titrée de gélatine, qui est nécessaire pour précipiter exactement le tannin contenu dans un extrait aqueux d’un poids déterminé d’écorce ou autre matière renfermant de l’acide tannique. Avec une simple solution de gélatine et un extrait d’acide tannique, sans autre préparation préalable, on ne parvient pas à operer, il est vrai, un dosage correct, parce que d’un côté les précipitations sont incomplètes, à raison de la trop grande dilution qu’on est obligé de donner aux solutions, et, de l’autre, parce que longtemps avant le terme de la réaction, il n’est plus possible de distinguer si, par une nouvelle addition goutte à goutte de la solution gélatineuse, on voit augmenter encore le précipité.
- On remédie à ce double défaut, en dissolvant, tant dans la solution de gélatine que dans l’extrait d’acide tannique, autant de sel ammoniac qu’ils peuvent en dissoudre. Au moyen de cette saturation avec le sel ammoniac, on obtient l’avantage que, même avec un haut
- (1) Nous avons donné en détail la description de la méthode de dosage des matières tannantes de M. C. Hammer, dans le Technologiste, t. 22, p. 416.
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- degré de dilution, il y a précipitation au moment où Ton mélange les deux liqueurs, que le précipité est disposé à se peletonner et à se réunir, en laissant une liqueur claire, et en particulier, quand par une addition graduelle de la solution de gélatine h l’extrait d’acide tannique, on a atteint le point de saturation. On peut, d’ailleurs, s’en assurer par une expérience lors de la préparation de la solution titrée de gélatine. Cette expérience, du reste, s’exécute de la manière que voici :
- On dissout 10 grammes d’acide tannique de noix de galle (desséchée à 105° C.) dans une solution concentrée de sel ammoniac, et on porte le volume de la liqueur à un litre par l’addition d’une solution pure de sel ammoniac dans l’eau. D’un autre côté, on fait également dissoudre 40 grammes de gélatine blanche (séchée aussià 105°) dans une solution concentrée de sel ammoniac qu’on porte encore au volume d’un litre par une solution pure dans l’eau de sel ammoniac. On verse alors dans un petit verre 10 centimètres cubes de la solution d’acide tannique, on y agite une petite cuillerée de sable hn (l’ingrédient le meilleur pour cela est ce qu’on appelle le sable des li-gnites, Braunkohlensand, après qu’on l’a suffisamment purifié, par une lévigation, des matières poudreuses, ainsi qu’en le faisant bouillir avec l’acide chlorhydrique et enfin par une calcination) ou bien du verre pilé, puis on fait couler la solution de gélatine de la burette en agitant constamment jusqu’à ce qu’il n’y ait plus augmentation sensible du précipité de tannate de gélatine. A partir de ce point, on ne verse plus la solution de gélatine que par petites portions ou goutte à goutte, en ayant soin chaque fois d’observer là manière dont le contenu du verre se comporte par le repos après qu’on l’a préalablement agité avec énergie. Tantqu’on n’a pas ajouté une quantité suffisante de solution gélati-
- neuse, le précipité ne se dépose qu’avec lenteur, au point qu’après plus d’une minute, on n’obtient pas encore une liqueur surnageante claire et que quelques gouttes de solution de gélatine y déterminent encore un précipité. Mais plus on approche du point de saturation, plus la disposition à la précipitation paraît être favorisée quand on laisse en repos, jusqu’à ce qu’enfm celle précipitation se manifeste en moins d’une demi-minute, et que dans ce court intervalle le précipité devenu floconneux et visqueux tombe au fond, et que la liqueur prenne un aspect parfaitement limpide. C’est là le point exact auquel on peut reconnaître que la précipitation est complète et terminée, et où on peut lire la quantité de solution de gélatine qui a été dépensée. Si on ajoute encore de cette solution au mélange, celle-ci n’éprouve aucune modification dans la rapidité de la précipitation ou dans la densité ou la viscosité du sédiment, mais bien dans la limpidité de la liqueur surnageante. Il semble ainsi qu’une faible quantité de la combinaison normale de tannate de gélatine qui reste dissoute, est susceptible de se combiner encore avec de la gélatine et former ainsi un précipité à légers flocons peu disposé à se déposer. Le sable fin ou le verre pilé contribuent beaucoup à favoriser le mouvement ou l’effet de dépôt.
- La gélatine qui a servi à mes dernières expériences était par un hasard d’une qualité telle que 10 centimètres cubes de la solution d’acide tannique requéraient presque exactement le même volume de solution gélatineuse, tandis qu’avec la sorte employée auparavant, il en fallait 12,5 centimètres cubes.
- Les phénomènes qu’on vient de décrire sont absolument les mêmes qu’on observe, quand au lieu d’une solution ammoniacale d’acide tannique pur, on ajoute un extrait aqueux d’une écorce renfermant
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- de l’acide tannique saturée par le sel ammoniac, h la solution titrée de gélatine. Chaque centimètre cube de la solution qu’on dépense correspond également à 10 milligrammes d’acide tannique.
- Pour préparer l’extrait aqueux, il est nécessaire de diviser suffisamment l’écorce dont on veut doser le principe tannant. Je me sers pour cet objet d’une écouane qui réduit facilement en poudre la quantité d’écorce suffisante pour faire un essai. Deux grammes d’écorce pulvérisée sont bouillis pendant dix minutes dans environ 20 centimètres cubes d’eau, puis on jette sur un filtre et on lave avec une suffisante quantité d’eau bouillante pour que toute la liqueur filtrée forme 50 centimètres cubes. C’est cette liqueur, après qu’on l’a saturée à froid avec la quantité nécessaire de sel ammoniac, dont on fait l’usage décrit ci-dessus. Si, par exemple, on a dépensé 12 centimètres cubes de la solution titrée de gélatine, cette dépense correspond à 120 milligrammes d’acide tannique, ou pour 1 gramme d’écorce, à 60 milligrammes, c'est-à-dire 6 pour 100 d’acide.
- Je ferai remarquer en terminant ue parmi les sels les plus divers ont j’ai fait l’essai comme pouvant être employés dans ce procédé, c’est le sel ammoniac qui m’a fourni les résultats les plus avantageux. Beaucoup de ces sels doivent être rejetés, les uns parce qu’ils réagissent chimiquement d’une manière directe sur l’acide tannique ou la gélatine, les autres parce qu’ils rendent les matières insolubles. Par exemple, la gélatine est précipitée de sa solution dans l’eau en saturant celle-ci par du sulfate de soude, tandis que ce sel est sans action sur l’acide tannique, qui, au contraire, est précipité par l’acétate de soude. D’autres sels, tels que le borax, s’opposent complètement h la formation d’un précipité de tannate de gélatine. L’azotate de soude, dont rien ne s’opposerait à l’emploi sous ces divers rapports,
- ne fournit pas pour une observation exacte des phénomènes de dépôt aussi bien tranchés que le sel ammoniac.
- Structure et constitution des fibres ligneuses,
- Par M. Payen.
- Parmi les nombreux produits importants qui attirent peu les regards dans l’immense exposition internationale, nous pouvons citer les pâtes à papier nouvelles.
- Chacun sait en effet que les débris des tissus de chanvre, de lin, de coton et de plusieurs autres substances textiles, deviennent de jour en jour plus insuffisants à mesure que la fabrication et la consommation du papier acquièrent de plus grandes proportions, à mesure que l’instruction se propage et que la publicité prend un essor plus rapide.
- De cet état de choses, de cette sorte de nécessité suprême est née une grande industrie qui se développe en France, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Amérique dont le but est d’extraire la cellulose fibreuse, à différents degrés d’épuration et même blanche et pure (sauf quelques dix millièmes de matières minérales), de végétaux qui jusqu’alors n’avaient fourni aucune matière première à la papeterie.
- Ces grandes opérations apportent par des voies différentes une démonstration nouvelle de la constitution organique et de la décomposition des fibres ligneuses.
- En ce qui concerne le bois de lusieurs arbres, on parvient au ut à l’aide de trois procédés distincts, chacun d’eux débarrassant par degrés la cellulose primitive des incrustations ligneuses qui, durant le cours de la végétation, avaient graduellement épaissi les parois internes de. ces fibres par
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- couches concentriques ; de telle sorte que, partant du bois normal dont la composition élémentaire présente en centièmes, suivant l’a—
- e et les espèces, 48,5 k 53 de car-
- one (1), l’oxygène et l’hydrogène dans les proportions constituant l’eau, plus un excès d’hydrogène variant de 3 à 6 millièmes, outre 6 à 11 millièmes d’azote et 2 à 6 millièmes de substances minérales, on peut arriver k recueillir la cellulose intacte, conservant les formes primitives des fibres amincies, ouvertes, en membranes plus ou moins étroites et longues réunissant les conditions utiles au feutrage de la feuille de papier (2).
- Ces membranes ainsi épurées offrent constamment la composition élémentaire de la cellulose représentée par du carbone 44,44 et de l’eau 55,55 indiquée par la formule Cl2H10O10 avec toutes ses propriétés: désaggrégation, transformation en dextrine, puis en glucose par
- (1) Les analyses publiées par Gay-Lussac et Thénard, et plusieurs autres savants chimistes, ont montré que les bois plus ou moins légers et lourds, d’essences diverses, venus dans des conditions différentes, contiennent des proportions de carbone variables entre 0,485 et 0,530 ; or, la composition de la cellulose qui forme une partie des tissus ligneux ayant une composition constante et contenant 0,444 de carbone, si les substances incrustantes ou injectées dans les parois épaissies des fibres ligneuses, et contiennent dans leur ensemble 0,545 de carbone, on pourra, par un calcul simple, représenter ainsi la composition immédiate des bois graduellement les plus lourds.
- Substances
- Cellulose. incrustantes. Carbone
- 60 -f- 40 = 48.46
- 40 -f 60 = 50.46
- 30 -f- 70 = 51.48
- 20 + 80 = 52 88
- (2) Le tissu cellulaire, disloqué par ces opérations, fournit des membranes trop courtes pour se prêter au feutrage; quant aux granules amylacés, dont j’ai constaté la présence dans le tissu des bois d’un grand nombre d’arbres, et parfois jusque dans les longues cavités des fibres ligneuses, ils se trouvent soit détruits par l’eau régale, soit transformés en glucose par l’acide chlorhydrique étendu plus facilement encore que la cellulose spongieuse injectée de matières incrustantes.
- l’acide sulfurique k 60 ou 62 degrés, produisant au premier moment de cette désaggrégation le curieux phénomène de la coloration violette par l’iode.
- L’un des trois procédés appliqués également avec succès k l’extraction de la cellulose fibreuse de la paille de plusieurs graminées reproduit en grand, k l’aide d’appareils nouveaux et de perfectionnements remarquables, les phases des opérations que j’avais effectuées anciennement dans le laboratoire pour extraire la cellulose des tissus de divers végétaux; il consiste k traiter plusieurs fois ces substances k chaud par de fortes solutions de soude ou de potasse, puis par le chlore. Dans les usines, la réaction est devenue plus énergique par l’élévation, en vases clos, de la température du liquide k 120 ou même 145 degrés. On a rendu ce traitement plus économique en reconstruisant la soude par la concentration des fortes lessives, chargées de matières organiques, l’incinération du résidu au four k réverbère et la caustification par la chaux du carbonate alcalin.
- On termine par un blanchiment k la solution d’hypochlorite de chaux (1) et d’abondants lavages k l’eau aussi pure que possible.
- Un assez grand nombre d’usines préparent ainsi par jour en France et k l’étranger 1,000 k 2,000 et jusqu’à 10,000 kilog. de pâte k papier blanche, dosée à l'état sec (2).
- Dans la belle usine de Pont-
- (1) Une addition ménagée d’acide sulfurique ou d’acide carbonique, dégageant à l’état naissant de l’acide hypochloreux ou du chlore active la décoloration.
- (2) De semblables usines sont installées chez MM. Neyres, Orioli et Fredet, à Pontcharra ; Zuber et Rieder, à l’île Napoléon; Rambricourt, à Saint-Omer; De Nœyer, à Villebrœch ; Godin à Thuy, en Relgique; à Bex, en Suisse; à Vizille, Isère ; dans une vaste manufacture, sur le Schuylkill, aux environs de Philadelphie et plusieurs autres établissements en Amérique. M. Vœlter, dans le Wurtemberg et en France, applique pour le défibrage du bois un ingénieux appareil dont l’effet mécanique peut être complété par le blanchiment.
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- chara, près Grenoble, MM. Neyret, Orioli et Hédel, traitant à chaud, par une sorte d’eau régale étendue (6 d’acide chlorhydrique, 4 d’acide azotique et 250 d’eau), des rondelles de bois de 5 millimètres d’épaisseur, parviennent à dégager la cellulose fibreuse en attaquant les substances incrustantes par la soude ou l’ammoniaque (1) dans un vase clos à double enveloppe de leur invention; le blanchiment à l’hypochlorite de chaux, puis les lavages et l'affinage à la pile suffisent ensuite pour donner une de ces pâtes de bois, blanches et pures, que l’on range à juste titre parmi les meilleures et les plus économiques succédanées des chiffons de chanvre, de lin, de coton et d’autres fibres textiles (2).
- (1) Celle-ci, recueillie par condensation dans un ingénieux appareil, peut, sauf une déperdition légère, servir indéfiniment.
- (2) On ne saurait s’étonner que le bois fournisse en général une cellulose plus pure que la paille, si on considère que celle-ci contient dix fois plus de substances minérales renfermant des proportions notables de fer. Aussi, peut-on souvent reconnaître la présence de ce métal oxydé dans les pâtes, même blanchies et lavées, de la paille, tandis que les produits obtenus du bois dans de semblables conditions n’en renferment pas de traces sensibles aux mêmes réactifs.—Depuis quelque temps, MM. Gagnage et Gignon, avec la coopération de M. Poinsot (chez M. Breton, à Pont-de-Claye) sont parvenus à extraire du zostera mariiima (improprement désigné sous le nom de varech ou fucus) de la cellulose fibreuse qui entre dans la confectiop du papier de pliage et même du papier blanc. La préparation facile consiste en un traitement par la soude, d’abondants lavages, puis le blanchiment ordinaire par l’hypochlo-rite de chaux dans une pile affineuse. Ces fibres, dans la plante, sont agglutinées par des composés pectiques, de telle sorte qu’en réagissant à la température de 15 à 20 degrés durant 10 à 15 jours, l’acide chlorhydrique étendu de 9 à 10 volumes d’eau dégage ou transforme en acide pec-tique ces composés ; que si alors, après des lavages abondants, on ajoute de l’ammoniaque en léger excès, la substance agglutinante passant à l’état de pectate d’ammoniaque dissous, ses fibres se désunissent par l’agitation, et si le liquide n’est pas en trop grande quantité, l’addition d’un équivalent de chlorure de calcium produit aussitôt un magma de pectate de chaux qui réunit en une même
- Parmi les procédés de nature à résoudre cet important problème, il en est un sur lequel je crois devoir plus particulièrement insister, parce qu*il me semble jeter une plus vive lumière sur le mode d’aggrégation des matières incrustantes dans l’intérieur des fibres ligneuses.
- Les inventeurs de ce procédé, MM. Bachet et Machard, se sont proposés d’atteindre un double but en transformant en glucose une partie de la substance incrustante des fibres ligneùses et ménageant la cellulose susceptible de se feutrer sur la toile des machines à papier. Ils ont reconnu que la portion facilement saccharifiable fait partie de la substance incrustante ; car le cœur de bois et les bois les plus durs, les plus riches en incrustations ligneuses sont ceux qui,toutes choses égales d’ailleurs, leur ont donné le plus de glucose et par suite les plus fortes proportions d’alcool.
- M. Bachet m’ayant communiqué en 1860 ce procédé, il a été vérifié ensa présence dansmon laboratoire au mois d’avril 1861, avec le concours de M. Billequin.
- Trois expériences dans lesquelles on employa une fois 400 gram. et deux fois 500 grammes de bois de sapin découpé en rondelles de un centimètre d’épaisseur, traités dans chaque essai par 2 litres d’eau et 200 centimètres cubes d’acide chlorhydrique, maintenus en ébullition durant 10 heures, ont donné, en moyenne, 21,13 de glucose (dosé par la liqueur cupro-potas-sique) pour 100 de bois ramené à l’état sec.
- masse consistante toute la matière organique. — Déjà depuis longtemps, j’avais démontré que les cellules du tissu utri-culaire de la pomme de terre, des racines charnues de la betterave et d’un grand nombre de tubercules et de racines semblables, sont de même agglutinées et manifestent de semblables phénomènes de dislocation sous l’influence des mêmes réactions successives, tandis que je n’ai pas rencontré de substances pectiques dans le bois de cœur ou d’aubier des arbres.
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- L’inspection sous le microscope montrait alors dans le résidu ligneux la cellulose résistante avec ses formes membraneuses, tandis que la cellulose spongieuse constituant la trame de la matière incrustante avait été dissoute. La proportion de la matière incrustante elle-même se trouvait d’autant augmentée dans la masse ligneuse restante, ainsi que les proportions de carbone; en tin les substances incrustantes débarrassées de la cellulose spongieuse étaient par cela même devenues plus facilement attaquables et solubles dans les solutions alcalines (1); tel fut en effet un des résultats obtenus et qui ont permis d’extraire en grand la cellulose fibreuse des bois de différentes espèces d’arbres.
- [La suite au prochain numéro.)
- Fabrication du gaz d'éclairage avec les déchets de laine des filatures.
- Par M. Liebau , ingénieur civil à Magdeburg.
- Les déchets de laine, à l’état aussi sec que possible, sont déposés dans une longue pelle destinée à charger les cornues; le fond de cette pelle est rempli, sur une hauteur de 5 centimètres, de houille sur laquelle on charge environ 15 centimètres d’épaisseur de déchets, qu’on recouvre encore avec de la nouille. Cette pelle ainsi chargée est introduite"vivement dans la cornue portée au rouge, y est renversée, puis, dès qu'on l*a retirée, on ferme la cornue. Cette fermeture doit s’opérer vivement, parce qu’il se manifeste promptement un fort dégagement de gaz.
- 100 kilogrammes de déchets, tels que les livrent les fabriques, don-
- (1) Les analyses élémentaires que nous avons faites récemment avec MM. Champion et Henry Pellot ont effectivement démontré qu’après le traitement à chaud par l’acide chlorhydrique et les lavages à l’eau, le bois de sapin contenait, à poids égal, plus de carbone et d’excès d’hydrogène, ce qui, évidemment, correspondait à une proportion plus forte de matières
- Pour 100 de bois normal desséché.. . .
- Pour 100 de bois traité par l’acide H CI et l’eau et desséché..................
- incrustantes ou une quantité relativement moindre de cellulose. Voici les résultats moyens de deux ou trois analyses (afin de rendre les conditions égales autant que possible, les deux spécimens, préalablement réduits à la lime en poudre fine et tamisée, avaient en outre été soumis à des lavages par l’alcool, puis par l’eau froide et bouillante qui avaient enlevé
- Substances solubles. Alcool. Eau.
- » 1.50 0.66
- » 1.66 1.00
- on avait donc ainsi éliminé l’influence des substances résineuses, sucrées, etc.)
- Même bois après dissolution
- Sapin blanc normal, partielle des incrustations par HCl.
- Carbone.....................
- Hydrogène...................
- Oxygène et traces de cendres.
- Excès de l’hydrogène sur les proportions d’eau..........
- 48 88 51.13
- 6.74 6.16
- 44.38 42.71
- 100.00 100.00
- 0.29 0.82
- On peut reconnaître ainsi qu’après la réaction de l’acide chlorhydrique qui a dissous et saccharifié la trame des incrustations ligneuses, les proportions de carbone et d'hydrogène en excès se trouvent accrues en raison même des différences de composition entre la substance incrustante qui contient 0,545 de carbone, et la cellulose qui en renferme seulement
- 0,444. De même après les traitements précités, le bois soumis comparativement à l’action de la potasse, laissa dissoudre 0,4867 de matière incrustante, tandis qu’à l’état normal (épuré de même par l’alcool et Peau), il ne perdit par l’action de la potasse que 0,42 de substance incrustante.
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- nent 42 mètres cubes de gaz. La houille, comme on sait, fournit, d’un autre côté, pour un poids de 100 kilogrammes, environ 33 mètres cubes de gaz.
- En se servant de cornues en fer, on peut supprimer entièrement la houille, mais les cornues en terre sont, sous le rapport des frais d’entretien, bien plus avantageuses que celles en fer. Une fois en bonne activité, c’est-à-dire chauffées vivement et uniformément, ces cornues en terre font un service régulier, sans fuites, et on peut y pratiquer plusieurs chargements de déchets sans mélange de houille. Il est cependant nécessaire de distribuer de temps à autre de la houille à ces cornues, pour qu’elles continuent à être étanches.
- La purification du gaz est absolument la même que pour le gaz de houille, seulement il faut faire attention que ces gaz sont mélangés d’une assez forte proportion d’acide carbonique. L’inventeur a trouvé, dans une analyse répétée deux fois, que le gaz pur de laine avec ùn mélange de 14 pour 100 de gaz de houille, renfermait 9 à 10 pour 100 d’acide carbonique, qui a besoin d’être éliminé par les agents de purification.
- M. Liebau a constaté que le gaz de laine pur avait un pouvoir éclairant, par une consommation de 180 litres, égal à celui de 16 bougies, et le gaz mélangé, à celui de 14 bougies, tandis que le mélange avec l’acide carbonique abaissait ce pouvoir à 13 et même 11 bougies. Le dégagement du gaz dans une cornue chargée de 30 kilogrammes , dure 1 1/2 et au plus 2 heures.
- L’auteur a établi le calcul des frais de production du gaz de laine dans les deux systèmes, et trouvé qu’il y a plus d’avantage à ajouter un peu de houille aux déchets de laine; d’abord on obtient du coke, et en second lieu on peut se dispenser de cornues en ter qui sont dispendieuses, de plus, les procédés de purification paraissent
- donner lieu à un peu moins de frais, et, enfin, les déchets sont ainsi mieux remboursés.
- M. Liebau a'installé à Penig, chez MM. J. G. Schmidt jeune et fils, une usine à gaz de déchets de laine qui fonctionne d’une manière très-satisfaisante.
- Sur les applications industrielles de la résine acaroïde ou xantho-rhoea.
- La résine acaroïde, résine de Botany-Bay, résine xanlhorhoea, est comme on sait le produit de l’écorce du xanthorhoea hastilis, arbre de la famille des liliacées indigène de la Nouvelle-Hollande, résine dont on fait une consommation assez étendue aujourd’hui pour
- narer l’acide picnque au moyen 'acide azotique. On avait d’abord espéré que cette matière pourrait, à l’état brut, devenir un sur-rogat économique de la gomme-laque dans la fabrication des vernis et de la cire à cacheter, mais la pratique n’avait pas encore confirmé cet espoir.
- Si on épuise la résine acaroïde en poudre au moyen du naphte bouillant, on obtient, suivant M. Y. Kletzinsky, un produit qui peut s’appliquer plus avantageusement que cette résine brute, à la fabrication de la cire à cacheter et, en solution alcoolique, au vernissage des meubles.
- En faisant bouillir, suivant le même auteur, la résine avec une solution de soude, il se dégage des vapeurs qui ont une odeur d’huile de rose, en même temps qu’on obtient une solution brun foncé d’un savon de résine, très-propre à coller de légers objets en papier auxquels il communique une odeur agréable, une belle couleur jaune et une grande ténacité.
- A ces renseignements, M. C. H. Worlée, de Hambourg, ajoute ceux suivants relatifs à cette matière.
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- La solution alcoolique de la sorte rouge qu’on connaît dans le commerce sous la dénomination de black-boy-gum, est d’une belle couleur rouge et remplace aujourd’hui, dans plusieurs industries les solutions de sang-de-dragon, et quand elles sont fort étendues, celles de la gomme-gutte et du safran dont on se sert pour colorer les solutions de gomme-laque et ce qu’on appelle vernis d’or dont font usage les vernisseurs sur métaux et les doreurs. Le vernis d’or ordinaire dont on recouvre les objets en laiton, a l’inconvénient de blanchir à la lumière, de façon qu’on voit promptement réapparaître, par exemple sur les instruments d’optique, la couleur crue et peu agréable du laiton; alors, pour modérer le ton rouge du sang-de-dragon, on y ajoute généralement une matière colorante jaune, telle que du safran, du curcuma, etc. Une solution de black-boy-gum, en même temps qu’elle résiste parfaitement à l’action de la lumière, donne du premier coup, ainsi que l’expérience l’a démontré, un bon ton doré, sans qu’il soit nécessaire d’y mélanger une autre matière colorante.
- On se sert avec avantage, et pour donner plus de consistance au vernis, d’un mélange de gomme-laque et de la résine en question, et on y ajoute un peu de baume de copahu qui s’oppose à ce que le vernis devienne craquelé, et suivant les circonstances, aussi une huile essentielle, de l’essence de térébenthine ou de lavande.
- Une solution concentrée delà résine, sans autre addition qu’un peu de baume de copahu ou d’huile de ricin, pour empêcher le craquela-ge, étendue sur du verre, y laisse une couche parfaitement translucide de couleur orange, et ainsi traité, ce verre peut servir avantageusement à l’éclairage des ateliers des photographes, parce qu’il ne coûte guère plus cher que le verre blanc ordinaire et qu’il jouit de la propriété d’intercepter tous les
- rayons à action chimique. Il possède, en outre, un autre avantage pour les photographes, de pouvoir le préparer eux-mêmes et avec l’in-tensite de ton qu’ils désirent.
- Les surfaces métalliques polies, enduites avec cette dissolution, n’ont pas besoin, comme celles traitées par les solutions de gomme-laque, d’être chauffées pour être recouvertes d’un enduit vernissé brillant et translucide. Ce vernissage est d’ailleurs d’une application plus facile et peut plus aisément être appliqué d’une manière uniforme. Des capsules en étain pour bouteilles, de l’étain en feuilles pour dorure en faux des cadres et autres objets, traités de même à froid, acquièrent une belle couleur d’or qui ne pâlit pas. Pour les bois mous et blancs qui doivent être vernis, une couche d’une dissolution de cette résine constitue un enduit dont la nuance est plus agréable que celle qu’on donne ordinairement avec les bois de teinture ou le rocou, qu’on applique plus facilement et plus rapidement, et n’est pas exposé à blanchir.
- Une solution de la résine dans de l’eau où l’on a dissous de la potasse ou de la soude est, sans nul doute, susceptible de plus nombreuses applications utiles que celles qu’on a trouvées jusqu’à présent. On affirme qu’aux Etats-Unis, on la fait servir en grande quantité à la fabrication du cuir, probablement pour donner à la peau une nuance jaune. Ce qu’il y a de certain c’est qu’on débite à New-York des quantités si considérables de cette résine, qu’il faut qu’elle ait dans les arts.des emplois fort étendus , indépendamment de celui pour la fabrication de l’acide picri-que, fabrication pour laquelle on préfère, en général, la variété jaune, qu’on désigne en particulier sous le nom de résine ou gomme acaroïde.
- On sait d’une manière parfaitement certaine, d’après les déclarations des maisons de New-York, qu’on fait usage de grandes mas-
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- ses de la résine rouge, et peut-être aussi de celle jaune dans la fabrication du papier, non-seulement pour l’encollage, mais aussi pour Fabriquer des papiers bruns d*em-ballage à l’usage du commtrrce des objets en fer et en acier pour remplacer les papiers dans lesquels on faisait entrer, auparavant, le goudron.
- On trouve encore un autre emploi à cette résine dans la fabrication des savons fins dits savons anglais. Il paraît qu’on arrive ainsi à donner à ces produits en même temps qu’une couleur brune, une odeur agréable de vanille, et sans nul doute cette matière mérite toute l’attention de cette branche d’industrie.
- Cette résine ne paraît pas non plus, suivant M. Worlée, être sans valeur dans la fabrication de la cire h cacheter, surtout les sortes les plus inférieures et à bas prix, qui exhalent, quand on les met en fusion, une odeuragréable, et qu’on peutparfois obteniraux prixréduits de 36 h 45 fr. les 100 kilog., et, par conséquent, de bien peu plus élevés que ceux de la résine de pins.
- La résine xanthorhoea sous ses deux variétés, n’est connue généralement en Europe que depuis peu de temps; jusqu’à présent son commerce a été concentré dans un petit nombre de mains, et ses propriétés ont été si peu étudiées par les chimistes industriels, qu’il serait fort à désirer de voir les recherches de ceux-ci lui prêter plus d’attention qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent (1).
- Fabrication du charbon poreux plastique.
- Une branche d’industrie d’une
- (1) M. C.-H. Worlée, de Hambourg, offre généreusement de fournir gratuitement à MM. les chimistes la matière intéressante dont il vient d’être question et dont ils voudraient faire l’objet de leurs recherches.
- nature toute particulière, est la fabrication de certains objets avec ce qu’on a appelé le charbon poreux plastique. Le charbon qui est un corps doué de nombreuses propriétés utiles n’a cependant, jusque dans ces derniers temps, reçu qu’un bien petit nombre d’applica tions, parce qu’on n’a pas pu donner à cette matière la forme convenable où les applications deviendront faciles et efficaces.
- La découverte du charbon poreux plastique a permis de faire un premier pas et de créer une industrie d’une importance réelle qui, si on réfléchit à ses avantages économiques, ne tardera pas, sans doute, à prendre un vaste développement.
- Sous le nom de charbon poreux plastique, on comprend une masse charbonneuse à laquelle, pendant le travail, on a donné une forme propre à la faire servir à l’emploi désiré, et qui, après ce travail, offre un corps solide, qui n’est plus plastique, ne forme plus quhine seule masse et possède toutes les propriétés du charbon, à savoir, le pouvoir d’absorber et d’attirer par ses surfaces divers gaz, et de condenser en soi quelques composés chimiques.
- La porosité combinée avec le pouvoir absorbant et attractif à la surface sont, conjointement avec sa difficile destruction par des influences agissant par voie chimique, les propriétés qui établissent tout particulièrement la valeur du charbon poreux plastique.
- Comme un bloc de ce charbon doit posséderlaporosité nécessaire, sans opérer comme un crible, une solidité utile, sans perdre, comme le coke, son pouvoir d’attraction à la surface, il est indispensable, surtout quand il s’agit de blocs dits de filtration, d’opérer sa préparation avec toute l’attention désirable, si on veut obtenir un produit qui remplisse toutes les conditions recherchées.
- Les matériaux qu’on manipule dans cette fabrication sont les suivants : charbon de bois, noir d’os,
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- sciure de bois, goudron de houille, asphalte et suie. Les proportions les plus variées dans lesquelles on peut faire entrer ces matériaux fournissent le moyen de modifier les propriétés de ce charbon plastique suivant le but et les besoins, tandis que leur extrême bon marché permet de réunir ces propriétés au plus haut degré.
- La porosité du charbon tout en permettant, en partie, la pénétration des gaz et des liquides, n’empêche pas que sa surface n’agisse sur certaines atmosphères qui ont été absorbées par les gaz ou les li-uides. L’air ordinaire chargé 'hydrogène sulfuré (les gaz infects des latrines ou des œufs pourris} abandonne cet hydrogène sulfure au charbon. De même, l’eau chargée de ce gaz en est débarrassée par le charbon. De plus, certains composés dissous dans l’eau sont absorbés et fixés par lui, en même temps qu’il retient mécaniquement divers corps solides, par exemple, les infusoires et les matières analogues.
- Les charbons de bois et d’os grossièrement pulvérisés sont mélangés à la sciure de bois et chauffés au bain-marie. A ce mélange chaud on ajoute environ 1/5 de son poids de goudron de houille, de manière qu’il en résulte une masse qu’on peut appeler sèche, et qui ne se concrète que par une forte pression. A celte masse refroidie on ajoute alors de l’asphalte pulvérisé finement, et lorsque le tout a éprouvé deux tamisages, la matière est propre h être moulée suivant la forme voulue. Cette opération s’exécute dans des moules creux en acier ou en laiton poli, qu’on charge avec la masse ci-dessus et soumet à l’action d’une presse énergique. Une pression de la durée de quelques secondes, mais très-uissante, suffit pour mouler un loc d’un gros volume.
- Les moulages creux se règlent relativement à leur forme sur les objets qu’ils servent à préparer. Tandis que les moules pour blocs
- à filtrer sont simplement des cylindres de hauteurs diverses et de diamètres variables avec plaques de fermeture gravées, les moules ourles divers fourneaux de pipes, outs de cigares, etc., sont plus compliqués. Un moule pour fourneau de pipe permet de mouler cette pipe avec la masse charbo-neuse presque instantanément, en même temps qu’il en modèle le creux ou vide au centre, de façon qu’il n’est pas nécessaire de creuser ensuite ce fourneau.
- Les masses charbonneuses moulées dans les diverses presses sont ensuite, pour carboniser la sciure de bois, le goudron et l’asphalte, portés à une haute température dans un four.
- A cet effet, les objets moulés sont introduits et bien rangés dans des caisses oblongues en tôle et entourés d’un mélange de sable et de charbon en poudre bien pressé. Une grosse caisse ou plusieurs petites remplissent le four et renferment un assez grand nombre de pièces.
- La sole du four est chauffée par un feu de houille ou de coke. Au bout de quelques heures il se dégage des caisses qui sont ouvertes un gaz combustible qui paraît être du gaz d’éclairage mélangé à beaucoup d’oxyde de carbone et des substances organiques de la masse charbonneuse qui n'ont pas été décomposées à une faible chaleur rouge (goudron, asphalte, sciure, etc.).
- Les gaz qui se dégagent des caisses sont enflammés et conduits par des carneaux sous le four et autour des caisses. Par les ouvertures qui permettent de régler la combustion on fait arriver l’air nécessaire pour brûler ces gaz et en même temps que le feu de houille est maintenu à son minimum, ces objets se cuisent pour ainsi dire eux-mêmes. Cette cuisson, y compris le refroidissement, dure de 24 à 30 heures.
- La marche de la cuisson permet de modifier de bien des manières
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- les propriétés du charbon. Les propriétés dues à la porosité et l’attraction superficielle qui produit une décomposition chimique ne s’obtiennent au plus haut dégré que lorsque la carbonisation a marché à la plus basse température possible et en même temps que cette carbonisation est complète. Un chauffage plus énergique transforme le charbon en coke qui ne possède aucune attraction à la surface, mais présente les propriétés du graphite. On sait que les cylindres en charbon qui ont servi bien des fois dans les batteries électriques de Bunsen, se composent de coke presque pur, qui conduit bien l’électricité, mais qui est sans action quand il s’agit de tirer parti de ^attraction de surface.
- Il faut faire bien attention, dans la cuisson du charbon poreux plastique, que la température ne s’élève pas jusqu’au blanc naissant : on n’obtiendrait ainsi que des objets en coke.
- Les articles principaux de la fabrique de MM. Bühring et Quer-feld, de Hambourg, sont des blocs à filtrer, dits charbon à filtre. Leur grosseur n’est pas la même et leur prix varie avec la hauteur et le diamètre, mais ce prix peut être considéré comme très-modéré relativement aux effets.
- Indépendamment des filtres qu’on débité en très-grande quantité, on fabrique aussi des fourneaux de pipes qui absorbent les jus du tabac, des porte-cigares, des frottoirs pour allumettes chimiques, des plaques à germination pour essayer la faculté germinative des graines et semences, etc.
- Nous recommandons tout particulièrement les planches ou pla-ues en charbon pour chambres e malades et salles d’hôpital. Ces plaques en charbon de diverses dimensions sont suspendues dans ces chambres ou ces salles après avoir été humectées avec de l’acide chlorydrique étendu. Les propriétés de condensation dont jouit ce charbon et l’affinité de l’acide
- pour l’ammoniaque, débarrassent promptement l’air de la plupart des miasmes ou mélanges délétères ou nuisibles qu’il peut renfermer.
- Nouveaux générateurs de froid.
- Par M. Ed. Carré.
- Les appareils reposent directement sur l’expérience de Leslie, dont ils ont le développement nor-mal,^ développement qui permet d’opérer sur une échelle quelcon-ue et d’atteindre à une sûreté 'effet qui les rend tout à fait pratiques, de sorte que l’on pourrait dire que l’expérience du docteur écossais est la création du principe, tandis que mes appareils sont sa mise en action.
- Le premier problème h résoudre pour en arriver là était la construction d’une machine pneumatique simple, peu coûteuse, facile à construire et à manœuvrer, constante dans ses effets et pouvant cependant produire le vide d’une manière courante, à 1 millimètre de mercure près, sans être altérée par les émanations acides. Celle que j’ai soumise à l’académie des sciences coûte au plus 60 fr.; elle a fonctionné pendant 18 mois sans réparations, et produit de la glace avec l’acide sulfurique dilué jusqu’à 52 degrés.
- En second lieu, il fallait combiner un mode de contact de la vapeur d’eau et de l’acide qui, sans affaiblir sensiblement la minime tension de l’afflux gazeux, permît pourtant de diluer l’acide, afin de lui faire rendre le maximum d’effet utile. Deux modes principaux conduisent à ce résultat : le premier consiste à faire circuler un mince filet d’acide dans un tube où circule en même temps la vapeur d’eau ; le second, a terminer le tube abducteur de cette vapeur par un bec horizontal mobile qui
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- affleure le bain acide et qu’on remonte à mesure que l’acide augmente de volume en s’emparant de F eau vaporisée.
- Les récipients à acide, formés d’un alliage de plomb et d’antimoine à 5 ou 6 pour 100, supportent sans déformation une pression de 5 à 6 atmosphères, tandis que la charge à laquelle ils peuvent être exposés ne peut dépasser une atmosphère. Ils ont été soumis à une expérience suffisamment prolongée pour en conclure qu’ils peuvent résister plus de 20 ans au contact constant de l’acide sulfurique ; celui-ci, après les avoir attaqués superficiellement d’abord, les incruste d’une couche de sulfate de plomb qui les préserve, à très-peu près, de toute érosion ultérieure.
- La pompe en cuivre est préservée du contact de l’acide sulfureux que dégage toujours l’acide récemment introduit par une disposition qui baigne constamment et nécessairement ses parois intérieures d’une couche d’huile ; cette huile, loin de nuire à son travail physique, lui assure au contraire toute la perfection désirable. Ses soupapes sont mues mécaniquement et ne peuvent pas se déranger.
- l)e l’ensemble de ces dispositions sommairement énoncées, il résulte des appareils qui gardent le vide pendant plusieurs mois et donnent une production de 2 à 3 ki-logr. de glace par kilogr. d’acide à 66 degrés et qu’on n’extrait que lorsqu’il s’est étendu à 52 degrés environ; la congélation commence généralement 3 ou 4 minutes après qu’on a commencé à faire le vide; si on veut se born.er h obtenir de l’eau froide à 3 ou 4 degrés, 2 minutes suffisent et une agitation de quelques instants lui restitue l’air qu’elle a perdu dans le vide.
- Outre racide sulfurique qui est l’agent le plus économique à employer, je me sers de divers agents hygrométriques puissants, parmi lesquels la potasse et la soude caustiques se distinguent par la
- promptitude et l’intensité de la congélation qu’elles provoquent.
- Sans entrer dans l’énumération des applications diverses dont ce système est susceptible, je me bornerai à en mentionner deux, qui me paraissent des plus intéressantes et qui sont l’installation à bord des navires de caves artificielles pouvant garder indéfiniment des températures de 5 à 6 degrés, sous toutes les latitudes, et la réfrigération des appartements ; ces résultats pouvant s’obtenir au moyen du chlorure de calcium desséché, sont absolument exempts de tous dangers dans tous les cas, et le chlorure dilué pouvant être indéfiniment reconstitué, la dépense est des plus minimes.
- Sur Vosokérite.
- Par M. B. Hoffmann.
- Depuis quelques années, dit M. Hoffmann, directeur de la fabrique de paraffine de Neupesth, près Pesth, on trouve dans la Gallicie, déjà si riche en sources de pétrole et en bitumes, une matière ou plutôt un bitume, qui se distingue en particulier de tous les autres parla quantité de paraffine qu’il renferme.
- Ce bitume se présente sous la forme d’une masse ressemblant beaucoup à la cire d’abeilles, et a, parce motif, reçu le nom de cire de terre [erdwachs), ou à raison de son odeur agréable, par les minéralogistes, celui d'ozokërite.
- Cette substance se rencontre en plus grande abondance sur les pentes de la chaîne des Carpathes qui se dirigent vers les vallées, et en particulier dans le voisinage de Drobrobiltz, où souvent à une profondeur de 40 mètres, elle forme de grands nids dans' l’argile bitumineuse. On l’exploite comme tout autre produit minier, et on la fait fondre dans des chaudières ouvertes en fer; puis, après avoir laissé
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- déposer par le repos quelques matières terreuses, on la coule et on en remplit des tonneaux en bois. Le refroidissement opéré, elle se détache, on enlève le tonneau et on la débite sous cette forme de pains dans le commerce.
- Quand on achète de la cire de terre, il faut faire bien attention, parce qu’il arrive très-fréquemment qu’elle est sophistiquée à dessein avec de la terre, de l’eau, etc. Lorsque cette matière est de bonne qualité, elle se présente sous la forme d’une masse dure et compacte d’une couleur verdâtre et virant un peu au noirâtre, qui, quand on l’ouvre, ne doit renfermer ni terre, ni pierre, ni eau.
- A basse température, la cire de terre est cassante et dure, mais à la chaleur de la main elle devient molle et peut se pétrir ; ses surfaces ont un éclat fijras, son odeur n’est pas désagréable et plutôt douce etéthérée. Elle entre en fusion entre 62° et 63° C.
- On obtient avec l’ozokérite, en moyenne 40 à 45 pour 100 d’une huile propre à l’éclairage, ainsi que de 30 à 33 pour 100 de paraffine, dont le point de fusion est de 60° à 62° G. En outre, elle renferme encore des matières résineuses, surtout de lachrysène et de la pyrène. Quant à la créosote, elle s’y rencontre en proportion tellement faible, qu’un traitement par une lessive de soude pour s’en débarrasser paraît superflu. De même que dans la plupart des goudrons de ligni-tes, il y a présence de la leucoline et de l’aniline, mais seulement des traces, et l’extraction de ces matières des résidus acides ne paierait pas les frais.
- La cire de terre est un article important de commerce pour la Gallicie, attendu que plusieurs fabriques, tant dans Vienne qu’au dehors, qu’à Pesth et en Moravie, travaillent cette matière. Son prix oscille communément entre 40 à 50 fr. les 100 kilogrammes.
- La fabrication des matières propres à l’éclairage dont il a été ques-
- tion avec la cire de terre, ressemble à celle qu’on pratique pour préparer ces mêmes matières avec les goudrons de lignites et de houilles, seulement elle est beaucoup lus simple, parce qu’on n’a pas esoin d’en séparer les composés phéniques. Deux distillations de l’huile brute sur la chaux, ou mieux sur le chlorure de chaux, après élimination préalable des résines par l’acide sulfurique suffisent pour donner une photogène blanche, presque sans odeur, du poids spécifique de 0,790 à0,810, ainsi qu’un pétrole jaune clair, sans odeur, du poids spécifique de 0,800 à 0,825, toutes huiles qui sont ininflammables. Ces propriétés rendent ces huiles plus avantageuses que celles de lignites et de tourbes, ainsi que celles qu’on extrait des pétroles de la Gallicie.
- On purifie la paraffine d’un manière avantageuse, en la traitant à plusieurs reprises par la benzine, et en soumettant la masse chaque fois à la presse, qui enlève à cette masse toute la résine qui a été dissoute.
- Sur la vinification.
- Par M. M. Perret.
- Quand on remplit une cuve de raisins, bientôt, et sous l’influence de la fermentation, il se forme deux couches : l’une liquide, c’est la couche inférieure; l’autre solide, et qu’en terme de métier on nomme le chapeau, c’estlacouche supérieure. La grappe, la pulpe, les pépins et surtout les grains restés intacts, s’y donnent rendez-vous.
- J’ai observé que pendant la fermentation, la température varie facilement de 15 degrés entre les deux milieux, et que c’est toujours la couche supérieure qui est la plus chaude; dès lors, j’en ai conclu que de l’un à l’autre, la fermentation devait être fort différente, tant sous le rapport de la
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- durée que de la nature des produits engendrés. C’est ce que vint bientôt révéler l’analyse. Dans le chapeau, la fermentation est, en effet, bien plus rapide, le vin plus coloré, l’acétification plus prompte et l’alcool plus abondant à un moment donné.
- Donc, théoriquement et pour éviter les inconvénients d’un tel état de chose, il faudrait, en quelque sorte, tirer la cuve en deux fois, c’est-à-dire qu’il faudrait d’abord enlever le chapeau, le pressurer, enfûter le vin en provenant, et ne tirer le vin de pied que beaucoup plus tard, ou bien il faudrait perpétuellement fouler la cuve.
- Il n’est pas besoin d’insister sur ce que ces deux méthodes auraient d’impraticable et même, jusqu’à un certain point de nuisible. Voici ce que j’ai imaginé et qui m’a parfaitement réussi.
- Je continue comme par le passé à me servir de cuves ordinaires, mais je les divise suivant des plans horizontaux par des clayonnages mobiles distants les uns des autres de 0m.36 environ. Alors, au moment de l’encuvage, ces clayonnages étant démontés, je remplis le premier compartiment, puis je pose la première claie ; je passe ensuite au second, et je vais ainsi jusqu’à l’avant-dernier, que je laisse vide, afin de laisser un espace au regors ultérieur du liquide. Dans ces nouvelles conditions et par l’effet de la fermentation, le chapeau tend bien également à se former, mais les claies s’y opposant, la vendante reste à ce point uniformément répartie dans la cuve, que le thermomètre indique en chaque point la même température pendant toute l’opération. Dès lors tout devient régulier, l’acétification disparaît, la couleur est partout la même, mais chose plus curieuse à noter, l’opération durant à peine les trois cin-uièmesdu temps ordinaire et l’en-osmose de l’alcool par les parties solides se réduisant par le fait de moitié, le vin titre un dixième en sus de l’alcool qu’il contiendrait
- Le Technologiste. T. ÏXYIII. — Août
- dans les circonstances ordinaires. Voilà trois ans que j’opère de la sorte, et la supériorité des résultats que donne ce procédé si simple est aujourd’hui incontestable (1).
- Teinture en rouge du bois, du cuir,
- des os, de la corne, de la soie, de
- la laine, etc.
- Par M. C. Pusiier.
- Pour teindre en rouge les matières indiquées, on mélange ensemble une solution d’acide picrique et une solution de fuchsine à chacune desquelles, avant le mélange, on a ajouté de l'ammoniaque. Au moyen de diverses proportions dans ce mélange, on peut obtenir toutes les nuances depuis le rouge bleuâtre le plus intense jusqu’à l’orangé le plus clair. Comme la couleur ne se développe que par l’évaporation de l’ammoniaque, il se passe quelques minutes avant qu’elle atteigne toute sa beauté.
- Si on dissout 4 grammes d’acide picrique dans 500 grammes d’eau bouillante et qu’on y ajoute après le refroidissement 8 grammes d’ammoniaque liquide, d’un autre côté, qu’on dissolve 2 grammes de fuchsine cristallisée dans 50 grammes d’alcool, qu’on étende de 325 grammes d’eau chaude et ajoute 00 grammes d’ammoniaque, et enfin qu’on mélange les deux liqueurs après que la couleur de la fuchsine a disparu, on a environ 500 grammes de mordant d’un prix modéré qui suffit par exemple pour 4 à 6 peaux de mouton.'Pour compléter la teinture, l’ivoire et les os ont besoin qu’on les plonge une à deux
- (1) Ce procédé est connu depuis longtemps, mais n’a pas été appliqué aussi généralement qu’il le mérite, et dans une note adressée à l’Académie des sciences à laquelle le procédé de M. Perret a été communiqué, M. Maumené a rappelésqu’il avait proposé cette même méthode il y a neuf ans dans son ouvrage intitulé : Indications théoriques et pratiques sur le travail des vins, p. 261, § 331 et 333.
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- fois dans un bain très-faible d’acide azotique ou d’acide chlorhydrique. Les objets ronds sont plongés quelque temps dans le mordant. Le bois peut, avant, être enduit de colle de pâte combinée à la gélatine. Le mordant peut servir d’encre rouge qui n’attaque pas les plumes en fer.
- Moyen de produire des températures élevées.
- Nous avons, dans le t. 27, p. 355, annoncé que M. A. Perrot avait proposé un moyen d’obtenir des températures très-élevées par la combustion du gaz d’éclairage.
- Depuis cette époque, l’auteur a cherché à rendre son fourneau industriel, c’est-à-dire à lui donner une forme et un mode de réglage qui permît d’en faire usage sans aucune notion théorique, et il est arrivé ainsi à fondre dans des fourneaux pour creusets n° 12 ou 13, et par conséquent petits, ce qui est défavorable, 5 kilogrammes de cuivre rouge en brûlant 1,500 litres de gaz. Pour 5 kilogrammes d’or à 0,750, il en faut 400 litres. Les fourneaux peuvent être construits dans toutes les dimensions et pour tous les creusets en usage dans l’industrie, la canalisation du gaz et les dimensions comme le prix des compteurs étant les seuls obstacles.
- M. Perrot annonce aussi qu’il a commencé à faire l’application du même principe à des appareils de laboratoire. Il suffit pour cela de modifier les conditions du tirage. Il est arrivé ainsi à la fusion du nickel sans rien changer à la disposition de l’appareil, sauf le tirage. On peut, en changeant la forme du brûleur, chauffer les mouffles aux températures les plus élevées.
- Coton-poudre comprimé.
- On croit, en Angleterre, être parvenu à rendre sans danger l’emploi du coton-poudre en ayant recours au mode de préparation que voici :
- On commence par fabriquer le coton-poudre à la manière ordinaire, puis, encore humide, on le transporte dans une machine à défiler, où on en sépare les fibres pour en former une sorte de pulpe. Cette pulpe bien mélangée est soumise ensuite à l’action d’une presse hydraulique qui la réduit en un cylindre dont chaque centimètre cube correspond à 6 centimètres cubes de poudre ordinaire. Sous cette forme plus convenable, le mineur a l’avantage que toute la matière explosive ramenée à un plus petit volume peut être entièrement confinée au fond du trou de mine et que son travail se trouve ainsi notablement diminué en même temps que l’effet paraît être plus considérable.
- Préparation de l'argent pur.
- M. Gutzknow a présenté à l’Académie californienne des sciences, une feuille d’argent chimiquement pur de 90 centimètres de diamètre et du poids de 85 grammes, et aussi mince que du papier fin. Sa couleur était d’un blanc magnifique et sa texture semblable à celle d’une belle dentelle. Cet argent a été obtenu en mélangeant des solutions de protosulfate de fer et de sulfate d’argent sur un grand plat; l’argent remonte à la surface où il forme une feuille. Après avoir levé cette feuille, il s’en forme une nouvelle. On présume que ce mode facile de préparer l’argent pur pourra avoir d’utiles applications dans l’industrie.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Moulage de la fonte et de l’acier.
- ParM. J. Whitworth.
- Nous avons déjà décrit à la page 373, un procédé imaginé par M. Whitworth pour mouler l’acier, et dans lequel il fait usage d’une pression considérable pour donner aux pièces moulées une plus grande densité et plus de netteté dans les formes. Dans les nouveaux moyens que cet inventeur propose pour mouler certains articles, par exemple les bandages de roues d’une seulepièce, ou des objets creux tels que des projectiles de guerre, il se sert de pistons mus ordinairement par une force hydraulique, qu’il dispose de façon à imprimer une égale pression au métal en fusion dans le moule; puis après avoir pendant un certain temps appliqué cette pression et lorsque le métal s’est solidifié, à retirer en temps opportun l’appareil intérieur de résistance, alin de permettre au métal de se contracter pendant le refroidissement.
- Pour mouler certains articles, par exemple ceux qui ont une longueur considérable ou qui exigent des conditions particulières, M. Whitworth appliqueaussi une pression hydraulique sur les surfaces extérieures du moule qui est partagé en plusieurs sections. Il introduit de la terre grasse séchée à l’air ou au four, ou bien du sable entre les diverses sections pour fa-ciliterl’échappement de l’air, de façon telle que quand on applique la pression aux sections dont le moule est composé, celles-ci peuvent se rapprocher entre elles et permettre d’etendre la pression requise à une plus grande étendue de surface de métal fluide dans le moule que lorsqu’on fait simplement usage de pistons.
- La figure 5, pl. 335, est une vue en élévation de l’appareil de M. Whitworth.
- La figure 6 en est une section verticale.
- Les figures 7, 8,9 et 10, des sections horizontales prises respectivement par les lignes A, B; G, D; E, F et G, H des fig. 5 et 6.
- A, A, bloc en fonte garni à son centre d’un cylindre en acier B, dans lequel fonctionne un piston G qui, lorsqu’on refoule de l’eau ou un autre liquide dans le cylindreB, remonte le piston plein Q. D,D,deux colonnes à vis dont les extrémités inférieures sontfermement arrêtées dans le bloc A, tandis que les portions de ces colonnes sont filetées au-dessus de ce bloc afin de pouvoir, au moyen des boulons tarais dés G, G, G’, G’ remonter ou descendre un autre bloc E à une hauteur convenable.
- Le moule F, F est en acier, afin de présenter une force suffisante pour résister aux pressions les plus énergiques auxquelles on-soumet l’acierou la fonte. Cemoule enacier F est arrêté dans le bloc E par un écrou taraudé F’, F’. A l’intérieur de ce moule est une pièce de remplissage J en fonte, qui s’y trouve retenue également par un écrou taraudé J’, J’. A l’intérieur de cette ièce de remplissage J est la dou-lure ou enveloppe en fonte H, H perforée d’un grand nombre de trous pour faciliter le passage de l’air, de la vapeur ou des gaz, et à l’extérieur de cette enveloppe existent des rainures ou des canaux nombreux afin que cet air, cette vapeur ou ces gaz puissent se dégager librement à travers les perforations. L’intérieur de l’enveloppe métallique perforée H est garni d’une chemise en sable, terre ou argile, ou autre matière réfractaire qui est moulée dans la doublure
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- métallique de la forme requise, puis ensuite retirée, séchée et mise en place pour recevoir l’acier en fusion.
- Cette doublure métallique H est maintenue en place par des arrêts ou verrous U, U, et la pièce moulée E est disposée pour tourner sur l’une des vis D comme sur un axe, de manière à s’ouvrir sur la presse lorsqu’il s’agit d’enlever l’article moulé ou quand on veut mettre en place un nouveau moule.
- K est un noyau en métal qui est revêtu de sable ou de terre grasse. Ce revêtement est formé à part de ce noyau, séché, puis replace sur ce noyau où il est retenu par des che-villettes ainsi que par le nez inférieur K2 en métal. L’extrémité supérieure de la tige de ce noyau K est fixée dans la barre K’ arrêtée sur la face inférieure du piston R, lequel fonctionne dans un cylindre hydraulique formé dans la partie supérieure du bloc de fonte L,L. Cette tige du noyau K est susceptible de glisser à travers la boîte tubulaire M, fixée, ou plutôt faisant corps avec le bloc L, et l’extrémité inferieure de ce piston est en acier, mais garni de sable ou de terre. Il s’abaisse sur le métal en fusion dans le moule, en même temps que le bloc L et que la boîte M résistent à l’échappementdu métalau dehors, au moment où la pression de la tête Q du piston plein C est appliquée sur le fond.
- La portion cylindrique supérieure du bloc de fonte L est fortifiée par des cercles d’acier, et quand les dimensions sont considérables, on peut l’entourer d’un cylindre en cette matière.
- La tige R’ du piston R est filetée sur sa face extérieure pour pouvoir l’ajuster à la longueur requise du noyau; O, O, sont deux colliers arrêtés sur la portion supérieure ou cylindrique du bloc L. Cette tige R’ peut glisser, monter ou descendre librement à travers les ouvertures des colliers O, O, excepté quand elle a été arrêtée par }a bague taraudée N’. Le bloc L
- peut également, quand il n’a pas été entravé par les bagues N, N, monter ou descendre sur les vis verticales D, D.
- Les bagues taraudées N, N et N’ se composent chacune de deux pièces qu’on peut éloigner ou rapprocher l’une de l’autre au moyen de vis à filets à droite et à gauche sur les arbres P, P et P’. L’arbre fileté P’ passe à travers une mortaise percée dans la tige du piston creux R’, et sur chacun des côtés de son appui jt?2 sur le bloc L, il porte deux colliers jtiLp1 disposés sur celui-ci qui l’empêchent de s’écarter latéralement dans cette mortaise. Sur cet arbre P’ est calée une roue à poignée qui sert à le faire tourner et au moyen de laquelle les deux pièces dont se compose la bague N’ s’éloignent ou se rapprochent l’une de l’autre, et qui, quand elles sont rapprochées, arrêtent la tige du piston R’ en l’empêchant de se mouvoir à travers les colliers 0,0.
- Les arbres à filets droit et gauche P, P portent des pignons P2 qui commandent les deux roues P3, P3. Ces roues tournent sur des axes fixés sur l’une des deux pièces dont se compose chacune des bagues taraudées N, N. Les extrémités extérieures de ces axes sont reliées entre elles par une barre. Sur chacune de ces roues P3 est fixé un levier P\ et ces leviers sont reliés par la bielle P3 qui, à ses extrémités, est articulée sur eux. Lors donc que l’un de ces deux leviers P* se meut, il imprime en même temps par la bielle P3, un mouvement à l’autre levier, et, par conséquent, leurs roues tournent simultanément, et à leur tour ces roues font tourner les arbres filetés P au moyen de leurs pignons respectifs.
- M. Whitworth préfère que le bloc de fonte L et les pièces qui s’y rattachent soient relevés et abaissés comme il convient, par une force hydraulique, mais on peut disposer un autre appareil attaché sur le boulon à œil S.
- Dans la disposition qui a été re-
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- présentée dans les figures, le versement de l’acier fondu ou de la fonte en fusion dans le moule doit s’opérer avant que le noyau ait été introduit dans ce moule, et c’est une chose nécessaire, quand les parois de la pièce moulee sont comparativement peu épaisses, comme danslecasoùl’on moule desprojectiles hexagones; mais si ces parois ont une plus grande épaisseur et où le versement du métal fondu peut s’elfectuer librement après que le noyau a été mis en place dans le moule, ce noyau peut être introduit à sa place avant de couler.
- Pour se servir de cet appareil, en supposant que ses parties soient disposées comme on le voit dans les figures, on verse l’acier fondu en suffisante quantité dans le moule, et le bloc L est abaissé comme il convient et mis en place. Alors les bagues N, N sont arrêtées et le piston Q est remonté par son plunger C, de façon que le métal en fusion se trouve soumis à une forte pression. Lorsque le métal s’est raffermi, on relève le noyau en métal K, et dans ce remontage il n’a plus de rapport avec la couche de sable ou de terre. On releve le noyau en introduisant l’eau ou le liquide sous pression par l’ouverture d’une soupape convenablement disposée dans l’espace sous le piston R, qu’on rend libre de se mouvoir en ouvrant la bague taraudée N’. Ce noyau K est relevé à travers la boîte M qui reste en position, de façon que le métal est toujours soumis à la pression à l’intérieur du moule.
- Pour mouler des projectiles du poids de 68 à 70 kilogr., M.Whit-worth a trouvé que la pression devait persister encore 8 minutes environ avant d’enlever le noyau K ; l’enlèvement de ce noyau permet à la cavité formée dans le métal chaud de se contracter dans la dernière période du refroidissement.
- La distance entre les écrous G et G’ sur les vis D, D est faite plus grande que l’épaisseur du bloc E, pour permettre un mouvement d’ascension suffisant pendant qu’on
- applique la pression, et empêcher que les verrous U, U ne soient brisés ou que l’enveloppe métallique H ne soit poussée en dehors.
- Le moule F et les pièces qu’il renferme, ainsi que le noyau représenté dans les figures et dont on se sert avec lui, sont propres à mouler des projectiles hexagones, mais on peut le remplacer par d’autres formes de moules ou d’appareils pour mouler d’autres corps creux, tels que des bandages de roues d’une seule pièce, des cylindres et autres articles pour lesquels on se sert de noyaux et dans les cas où on veut se réserver la faculté de retirer ces noyaux pendant que la pièce moulée en acier ou en fonte reste encore soumise à la pression dans le moule.
- Appareil pour le peignage de la laine.
- Par M. A. Prouvost.
- Cette machine à peigner la laine est du genre de celle où on a substitué des plaques circulaires tournantes ouaesdisquesauxanciennes brosses à laper, destinées à pousser la laine dans les dents de deux couronnes ou peignes circulaires qu’on alimente de laine. Les perfectionnements consistent à combiner avec les disques circulaires un autre disque intermédiaire de même forme en avant des deux premiers couples de disques, c’est-à-dire entre les disques qui fonctionnent entre les dents ou pointes du peigne circulaire' extérieur, et entre les disques qui fonctionnent entre les dents ou pointes du peigne circulaire intérieur. Ge 'disque intermédiaire est placé dans l’angle au point de tangence des deux peignes circulaires ; ses fonctions consistent à maintenir les brins de la laine dans les dents ou pointes des peignes, de façon que ces brins ne puissent en sortir au moment où
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- les deux peignes effectuent leur i séparation.
- La figure 11, pl. 335, est une vue en élévation par-devant d’une pei-gneuse pour la laine à laquelle on ; a appliqué ce perfectionnement.
- La figure 12 est une vue en élévation de côté d’une portion du mécanisme.
- La figure 13, une section horizontale prise exactement au-dessus des disques ou plaques circulaires, d’une portion de la machine sur une plus grande échelle.
- A,A, anneau extérieur de la machine avec séries ou rangs de dents et formant des peignes ; B et B1, deux des divers anneaux plus petits portant également des rangs de dents. Chacun de ces petits anneaux est mis dans un point de sa révolution en contact ou du moins se rapproche intimement de l’anneau extérieur A, ainsi qu’il est facile de le constater à l’inspection de la figure 13, et qu’on l’observe d’ailleurs dans toutes les peigneu-ses de ce modèle dites nobles ; G,D, deux plaques circulaires ou disques ui fonctionnent entre les rangs e dents de l’anneau extérieur A, et F, F, deux autres disques semblables entre les rangs de dents de l’anneau intérieur B; ces quatre disques agissent, comme on le voit, entre le point de contact ou de tangence de ces deux anneaux. Ils ont pour objet de faire pénétrer les boudins fournis à ces derniers dans les dents et de les maintenir pendant le peignage ; G, H, deux autres disques, un pour chaque anneau, disposés à une plus grande élévation que les quatre autres C,D,E,F, afin d’abaisser en partie les boudins sur les dents.
- I, plaque circulaire ou disque intermédiaire en avant des autres disques et logé entre ceux C,D, et E,F, dans l’angle au point de tangence des deux anneaux. Ce disque sert à maintenir la laine dans les dents des peignes, et c’est l’emploi de ce disque intermédiaire I dans la place particulière qui lui est as-
- signée ici qui constitue le caractère principal ae cette invention.
- Les autres parties de cette machine seront faciles à comprendre à l’inspection des figures, et on ajoutera seulement que l’inventeur préfère employer des dents plates au lieu de la forme ronde ordinaire, de façon à ce que le passage des disques entre lesranps de dents ne se trouve pas entrave.
- Sur les machines à raboter rond.
- Il arrive souvent qu’on est dans la nécessité de raboter une surface concave métallique pour lui donner un plus haut degré de perfection, et en conséquence on établit des machines à raboter présentant des dispositions particulières propres à satisfaire à la nature du travail qu’on a surtout en vue. Il peut Se présenter des cas où il s’agit de surfaces chez lesquelles le trait tracé par le rabot ou le burin court parallèlement à la surface courbe, ou d’autres où la direction de ce trait fait un angle droit avec la courbure demandée.
- Pour obtenir le premier effet, on a depuis longtemps adopté deux méthodes différentes. Suivant l’une d’elles, la pièce à raboter, au lieu d’être boulonnée directement sur la table de la machine, est assujettie sur un charriot qui peut se mouvoir transversalement sur cette table. A ce charriot est suspendue immédiatement une tige de la longueur du rayon de courbure de la surface courbe qu’on veut obtenir, tige qui, par son autre extrémité, est libre d’osciller autour d’un point de centre arrêté sur le bâti de la machine. Il est facile de voir dans cette disposition que, pendant le mouvement de va-et-vient de la table de rabotage et par l’action de cette tige ou rayon de courbure, le charriot avec la pièce de travail se meut transversalement sur la table, et que dans le passage devant le
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- tranchant de l’outil on produit un trait courbe.
- Toutefois, par cette méthode, on ne peut naturellement raboter que les surfaces profilées suivant un arc de cercle, et si on veut raboter des surfaces présentant une autre courbure, il faut avoir recours à un autre procédé. En conséquence, on fixe comme d’habitude la pièce à travailler sur la table, mais on donne au porte-outil la faculté de s’écarter latéralement. Maintenant, pour obtenir une courbure désirée, on arrête sur la table de rabotage près de la pièce qu’on veut travailler une plaque qui porte une rainure ou une découpure formée suivant la courbure qu’on veut obtenir. Un boulon adapté sur le porte-outil fonctionne dans cette rainure et transmet ainsi au burin la déviation latérale exigée. Afin de prévenir les coups morts et de broutement, et par suite les mouvements de tremblement du porte-outil, il faut que le boulon et la partie de la rainure qui lui correspond aient reçu une forme légèrement conique, et que ce boulon pénètre assez profondément dans cette rainure.
- Comme exemple d’une pièce de travail pour laquelle on veut que le trait de rabotage soit donné dans une direction à angle droit par rapport à la courbure qu’on doit profiler, nous citerons seulement des pièces qui entrent dans la composition des chaudières à vapeur, surtout pour locomobiles, tel que le dressage des surfaces pour dômes de vapeur, pour pieds de cylindres et appuis de chaudières, etc. Dans des cas semblables, M. Aveling, constructeur de locomotives pourvoies ordinaires, s’est servi avec avantage de la disposition représentée dans la figure 14, pl. 335.
- Dans cette disposition, la pièce est boulonnée sur la table de la machine, de façon à ce que la courbure à la surface de cette pièce soit disposée transversalement sur cette table. Le porte-outil est rendu
- libre de sa vis de calage verticale et suspendu à une bielle qui a son oint de centre sur la traverse du âti de la machine. Si main tenant le porte-outil est ajusté par la vis horizontale dans le sens transversal, il faut qu’il puisse, par l’action de la bielle, descendre peu h peu, puis remonter, de façon que le tranchant du burin décrive un arc de cercle dont le rayon correspond à la longueur de cette bielle.
- La figure 15 présente une disposition analogue, mais différente. Ici le burin A, fixé dans le porte-outil B, est attaché immédiatement au bras C, qui constitue le rayon de courbure. Ce bras C oscille autour du boulon E, qu’on peut, au moyen d’une vis et d’une roue à poignée D, remonter ou abaisser. Le coulisseau horizontal ordinaire F, que fait mouvoir la vis G, possède au milieu un boulon saillant ou axe qui joue dans une mortaise ou coulisse correspondante sur le dos du bras C. L’action que produit cette disposition est naturellement la même que celle décrite précédemment.
- Au lieu d’employer une bielle de ce modèle, ce qui, du reste, n’est possible que lorsqu’il s’agit de surface présentant une courbure circulaire, on peut également établir un bout d’arbre saillant sur le coulisseau vertical du porte-outil, qui, en travaillant dans une coulisse, détermine le profil, coulisse u’on pratique dans une plaque isposée comme il convient au-dessus du support, et qu’on peut très-bien tailler suivant une courbure quelconque.
- On peut egalement appliquer une bielle semblable à celle dont il vient d’être question aux tours, lorsqu’on se propose de tourner des surfaces non plus cylindriques, mais présentant une courbure différente, comme, par exemple, dans l’installation des paliers courbes pour les coussinets des véhicules des chemins de fer dans le système Sinclair. Les figures 16 et 17 représentent une disposition de ce
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- genre, où l’extrémité du burin décrit par l’action combinée du mouvement de transport du support et de la bielle en arc de cercle. Sur le coulisseau transverse A du support est arrêtée la bielle B, qui. traverse un œil pratiqué dans une potence G boulonnée sur le support, et est percée de plusieurs trous, dans lesquels on introduit le boulon qui sert de point de centre h la bielle F. L’autre extrémité de cette bielle est attachée au bras E d’une équerre D, fixée sur le banc de tour G, de manière à pouvoir tourner dessus. Lors donc que le support glisse le long du banc, le coulisseau A, au moyen de la bielle, est poussé ou ramené, et en conséquence de ce mouvement, le burm, ainsi qu’on l’a décrit ci-dessus pour la machine à raboter, affecte une marche en ligne courbe. La bielle F se compose de deux pièces pourvues de filets courant à droite et à gauche, et qui, par le moyen d’un long tube, sont combinées entre elles au moyen d’un écrou taraudé en conséquence, disposition à l’aide de laquelle on donne à cette bielle des longueurs différentes, et par conséquent on obtient des courbures de différents rayons.
- Machine à vapeur rotative sur un nouveau principe.
- Par M. W. Hollinghausen.
- M. R. Schmidt, ingénieur civil ù Berlin, a fait connaître une machine à vapeur rotative établie sur un nouveau principe, pour laquelle un jeune constructeur de Berlin, M. W. Hollinghausen, vient de se faire patenter. Malgré, dit M: Schmidt, que nous soyons d’avis que dans l’application au nouveau principe qui sert de base à cette machine, l’inventeur n’ait pas encore surmonté toutes les difficultés que présente le problème, et que
- son appareil ne puisse, dans son état actuel, satisfaire complètement aux besoins de la pratique, cependant l’importance de l’objet justifiera sans doute la description que nous en allons présenter, d’autant mieux que l’application de ce principe pourra peut-être, dans d’autres mains, être utilisé plus avantageusement et avec plus de succès. Nous laisserons de côté, dans cette description, les détails de la construction, pour ne nous attacher qu’au principe nouveau, d’après lequel la machine est construite , afin de pouvoir le faire mieux saisir par le lecteur.
- Les figures 18 et 19, pl. 335, représentent la machine ù vapeur nouvelle, suivant deux sections verticales prises à angle droit l’une par rapport à l’autre.
- Le principe général sur lequel cette machine est fondée, consiste en ceci : Sur l’arbre principal de la machine sont établis dans un cylindre deux pistons, de manière que pendant que l’un d’eux est assemblé ou embrayé sur l’arbre et mis en mouvement par la vapeur, l’autre piston cesse d’être assemblé ou embrayé avec le même arbre, et reste en repos.
- F, arbre principal; A, cylindre à vapeur; Q, distribution; R, lumière d’introduction de la vapeur; S, lumière d’échappement; G et B, deux pistons ; O et N, deux coulisseaux remplissant des fonctions particulières qu’on expliquera plus bas.
- Sur l’arbre principal F sont calés deux manchons D et E qui, à l’une de leurs extrémités, sont rodés l’un sur l’autre, et dans le voisinage de leur autre extrémité sont bourrés sur le cylindre. Le manchon D est, au moyen d’un assemblage h griffes, combiné avec le manchon G et le manchon E combiné de même avec le manchon H. Ces derniers manchons G et H ne tournent pas sur l’arbre F, mais peuvent glisser dans le sens de sa longueur. Deux ressorts à boudin i et k servent à presser constant-
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- ment les manchons G et H sur ceux H et E, et ainsi à permettre l’em-hrayage ou l’accouplement lorsque d’autres circonstances ne s’y opposent point. A cet effet, les "dents des manchons d’embrayage sont taillées de telle sorte, que lorsque l’un des manchons D ou E tourne dans la direction de la flèche, fig. 18, il entraîne avec lui le manchon G ou H et par conséquent l’arbre F, et, au contraire, que lorsque l’un de ces manchons D ou E est mû en direction inverse ou est maintenu en place, il n’y a pas commande de la part des griffes de l’accouplement, et par conséquent entraînement de l’arbre F.
- Sur chacun de ces manchons D et E est calé un piston, h savoir le piston B sur le manchon D, et le piston G sur le manchon E. Le mode de construction des pistons est facile à comprendre à l’inspection des figures, et dans la figure 19 on a enlevé la plaque de couverture.
- Le mode d’action de ces pistons, en conformité avec les pièces qui viennent d’être décrites, est main-nant facile à expliquer.
- Dans la figure 18, les pistons occupent, l’un par rapport à l'autre, une position telle, que la vapeur arrive entre eux par le canal R. Cette vapeur presse le piston'G sur le coulisseau O qui a été poussé en avant, de façon que dans ce moment et en cet état, le piston n’exerce aucune action pour faire tourner l’arbre F.
- D’un autre côté, B obéissant à la pression de la vapeur, est chassé dans la direction de la flèche, et le mouvementest transmis àl’arbreF.
- Lorsque le piston B a parcouru une étendue suffisante dans sa course pour que son point a coïncide ou soit mis en contact avec le point b du piston C, moment avant lequel le coulisseau O a été ramené en arrière, ce piston B chasse devant lui celui C d’une certaine étendue, en prenant la position B’, et le piston C la position C’; mais bientôt,par suite des
- vitesses acquises, ces pistons démasquent les lumières R et S, et il en résulte, d’un côté, que la vapeur s’échappe derrière B’, et de l’autre, qu’elle commence à affluer dans G’. Dans ce moment, le piston C remplit les fonctions que B exerçait auparavant, c’est-à-dire qu’il commande à son tour l’arbre F.
- Mais à peine le piston B’ a-t-il démasqué la lumière R, et le piston G la lumière S, et avant qu’il y ait encore une pression bien sensible, le coulisseau O qui s’était retiré, revient en avant pour caler le piston B’, qui a pris la place de celui C, et en même temps le coulisseau N s’avance aussi dans le cylindre. Le premier de ces coulisseaux s’oppose en conséquence à ce que le piston B’ recule en lui présentant un point d’appui. Le coulisseau N, en s’avançant aussi, prévient le cas où le piston B’, par suite de la force vive acquise, serait chassé au-delà de' la lumière d’introduction R. On comprend maintenant aisément quel est le mode d’agir des pistons, et comment ils entrent alternativement en action en entraînant l’un après l’autre l’arbre principal F dans un mouvement de rotation continu.
- Le jeu correct et en temps opportun des coulisseaux O et N s’opère par des organes mécaniques connus, qui empruntent leur mouvement à cet arbre principal.
- Pour que la machine puisse aussi travailler avec détente, on a disposé dans la boîte de distribution Q un tiroir T, que des tiges et des leviers, commandés par l’arbre principal, servent à faire fonctionner. Quant au degré de la détente, il se règle par les dispositions connues et généralement adoptées.
- Nouveau moteur à vapeur.
- Par M. Girard.
- Le nouveau moteur à vapeur de
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- la force de 250 chevaux est destiné à élever l’eau à la Villette pour le service de la ville de Paris. L’appareil dénommé par son auteur, machines géminées, est une heureuse modification du système à deux cylindres de Woolf. Voici succinctement en quoi consistent les nouvelles dispositions :
- La vapeur fonctionne tout d’abord, avec détente réglée par un modérateur, dans le cylindre, muni d’une double enveloppe, de la première machine, puis au lieu de passer immédiatement dans un second cylindre, deux fois plus grand, comme dansles appareils de Woolf, celte vapeur, qui a perdu une quantité de chaleur proportionnelle au travail qu’elle vient d’opérer sur le premier piston, parcourt une certaine longueur de tuyaux insérés dans les derniers carneaux du fourneau vers la base de la cheminée ; elle y reprend, sans dépense de combustible, la chaleur nécessaire pour rester à l’état de vapeur en remplissant l’espace qu’engendre le piston de la seconde machine ; celle-ci est h basse pression. Nous disons sans dépense de combustible, puisque les tuyaux réchauffeurs sont établis à la suite de la chaudière, au milieu des gaz produits par la combustion, à un endroit où ils ne peuvent plus fournir de chaleur à la chaudière et où ils sont prêts h se déverser dans l’atmosphère par la cheminée.
- Chacune de ces deux machines est pourvue d’un condenseur; elles peuvent fonctionner séparément en cas de réparation de l’une d’elles.
- Les pompes élévatoires sont attelées au piston même des moteurs à vapeur et sont mues simultanément sans aucune décomposition de force.
- La vapeur est fournie à ces machines géminées par un générateur à foyer intérieur, à flamme renversée ; les s;az de la combustion, après avoir été complètement enflammés au contact de briques réfractaires tapissant une certaine longueur de paroi à la suite du foyer, traversent
- en retour une série de tubes, puis culbutent pour venir, en descendant, environner un large bouilleur ou chaudière additionnelle dans laquelle se fait l’alimentation.
- Il résulte de cette disposition que l’équilibre de température qui tend à s’établir entre les gaz incandescents et les parois de la chaudière est incessamment détruit, puisqu’à mesure que les gaz se refroidissent, ils rencontrent, des parois plus froides; la différence de pesanteur spécifique de l’eau contenue dans les diverses parties du générateur, suivant la température, maintient l’eau d’alimentation, plus lourde parce qu’elle est la moins chaude, dans le bouilleur inférieur, d’où elle ne sort que par le trop-plein. La conséquence de cette installation du générateur et du moteur sont un travail qui, évalué en eau élevée, correspond ù 1 kilogramme de charbon par force de cheval.
- La détente variable dans le cylindre de la première machine, est réglée par un nouveau régulateur isochrone à 4 boules, dont voici la description :
- M. Girard commence par équilibrer les boules du régulateur ordinaire par deux boules semblables diamétralement opposées avec un même levier. En faisant tourner le régulateur, on obtient une couple de forces centrifuges dont il s’agit d’équilibrer le moment, n’ayant plus à s’inquiéter de la pesanteur. Si, par la pensée, on met les quatre boules très-près de la verticale, le moment de la force centrifuge sera presque nul. Il faut que le moment du contre-poids qui agit, sur le manchon soit presque nul aussi. Si, au contraire, on place les boules à 45°, le moment aura atteint son maximum et celui du contre-poids agissant sur le manchon aura aussi son maximum. Les deux moments deviendront encore presque nuis, lorsque les boules continuant à s’écarter auront pris la position horizontale.
- Pour qu’il en soit ainsi, M. Girard
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- transmet l’effort centrifuge au manchon par un secteur denté ayant Pour centre, le centre d’oscillation des boules; le manchon est denté aussi et engrène avec une barre à contre-poids'qui a un secteur denté aussi, mais avec un rayon moitié de l’autre. De cette façon, lorsque les boules se déplacent d’un certain angle, le poias se déplace d’un angle double. Il s’ensuit que pour l’excursion complète des boules mesurée pour 90°, le poids parcourt un angle de 180° et dans cette course, le moment du poids a toujours fait équilibre au moment de la force centrifuge. En effet, lorsque celui-ci a atteint son maximum à 45°, celui du poids a atteint également son maximum à 90°.
- Le bénéfice qu’on peut tirer d’un pareil régulateur peut avoir une grande importance, surtout pour les machines usuelles; car son équilibre à chaque instant, quel que soit l’angle, permet de lui faire parcourir de grandes amplitudes et de disposer ainsi d’un travail considérable pouvant agir directement pour faire varier la détente, afin de diminuer ou d’augmenter la force de la machine, au lieu de faire varier cette force en étranglant la vapeur à travers une valve régulatrice. Dans ce dernier cas, la vapeur est on ne peut plus mal utilisée, et si l’on veut se rendre compte de ce qui se paisse dans le cylindre, on trouve qu’au départ du piston, la pression sur sa face est à peu près égale à celle dans la chaudière; puis le piston prenant une vitesse de plus en plus grande, la vapeur rentre par un rétrécissement, prend une très-grande vitesse, dont la force vive vient se détruire dans le cylindre, ce qui donne une première perte de travail mécanique.
- Vienne maintenant le moment où le piston va se ralentir de plus en plus pour achever sa course, alors le cylindre se remplit de vapeur à haute pression, vapeur qui est abandonnée dans l’espace ; par
- conséquent nouvelle perte de travail mécanique.
- L’application du nouveau régulateur remédiera à ce grand inconvénient, en admettant la vapeur avec la pression de la chaudière sur une portion plus ou moins grande de la course du piston sans perte de force vive. Cette vapeur se détendra, en développant un travail sur le piston, et lorsque ce dernier aura parcouru sa course entière, il restera dans le cylindre une pression insignifiante qui s’évacuera sans perte sensible.
- Description du moteur à pression
- d'eau de M. Ramsbottom et Cie.
- Par M. G. Delabar.
- C’est M. W. Armstrong qui a été le premier en Angleterre qui ait proposé et exécuté avec succès l’application de la pression de l’eau comme force motrice au moyen d’appareils spéciaux, et tous les ingénieurs et les constructeurs connaissent et ont pu apprécier les avantages de son accumulateur, de ses grues hydrauliques, etc. Il convient aussi "de rappeler son moteur à pression d’eau qu’il fera peut-être connaître prochainement au public.
- En attendant, plusieurs autres inventeurs ont cherché à résoudre le problème qui paraît actuellement attirer toute l’attention qu’il mérite, et parmi les constructeurs ui ont suivi avec succès les traces e M. Armstrong, il faut mettre au premier rang M. J. Ramsbottom et Cie, de Blackburn.
- Les ateliers de la compagnie établissent des machines de ce genre de plusieurs grandeurs, par exemple, de 0m.60 de diamètre de piston et au-delà et pour différentes pressions d’eau, en particulier pour les besoins des petites industries dans les villes. Dans l’année 1865, ils avaient livré 23 de ces machines
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- pour différentes villes et diverses applications, telles que presses, scies circulaires, moulins à broyer les couleurs, etc. Tous ces moteurs sont organisés de façon à mesurer et à indiquer avec la plus grande précision la dépense d’eau qu’ils emploient pendant un jour ou un mois de travail.
- Quant à leur disposition, on conçoit qu’à raison de leurs nombreux repos et de leurs grands changements dans la vitesse qu’elles présentent dans les applications, les machines à un seul cylindre travailleur, du moins dans les circonstances où le mouvement alternatif en ligne droite du piston doit être transformé en un mouvement continu de rotation, ne paraissent pas, par les raisons connues, applicables avantageusement, et c’est ce qui a déterminé M. Ramsbottom à adopter une disposition double, c’est-à-dire à deuxcylindres oscillants avec distribution convenable. Toutefois, par cette adoption, non-seulement la construction est devenue plus compliquée, mais son exécution a été plus difficile, et il a fallu que les constructeurs apportassent le plus grand soin pour éviter les chocs nuisibles et la réaction de l’eau sur ou sous le piston.
- D’après ces considérations, il est absolument nécessaire que le point de centre et l’axe de rotation des deux cylindres soient centrés avec la plus grande précision par rapport à l’axe de la manivelle, de manière que l’amplitude ou les arcs d’oscillation que décrivent les axes des cylindres ou plutôt chacun des points de ces axes dans le mouvement d’oscillation du cylindre, se correspondent très-exactement. Par les mêmes motifs, tous les mécanismes secondaires entre les soupapes ou les tiroirs et les axes moteurs, comme liges de tiroirs, excentriques, etc., doivent être supprimés. Cette suppression a besoin d’être opérée entre autres, parce que l’usure et le ballotage des tourillons et les ébranlements des tiges de tiroirs qui en sont la
- conséquence exercent une action tout particulièrement nuisible dans les machines à cylindres oscillants qui n’ont pas une stabilité aussi grande.
- Du reste, ces sortes de machines peuvent être établies de bien des manières différentes, suivant l’usage auquel on les destine, et non-seulement dans la position verticale, mais aussi dans celle horizontale. On n’y voit pas toujours un tiroir de distribution, ou, comme dans le cas présent, des disques-soupapes plats, mais souvent de forme conique, qui oscillent comme le cylindre sur leur axe. Mais quelle que soit la forme des mécanismes de distribution, la valeur pratique de ces sortes de machines dépend principalement de leur bonne disposition et de leur parfaite exécution. Ces organes paraissent donc être sous la dépendance du point de vue sur lequel le constructeur a principalement porté son attention.
- Ces considérations générales bien comprises, nous allons présenter une description détaillée du moteur à pression d’eau de M. Ramsbottom.
- Fig. 20, pl. 335, plan de la machine.
- Fig. 21. Coupe verticale sur sa longueur, suivant la ligne XX de la figure 20.
- Fig. 22. Coupe verticale transverse, suivant la ligne Y Y, fig. 20 et 21.
- Fig. 23. Coupe horizontale par les axes de rotation, suivant Z Z, fig. 21.
- Fig. 24. Vue en élévation et de côté d’un cylindre avec son disque-soupape ou de distribution.
- Fig. 25. Même vue en élévation du support médian avec le disque-soupape ou de distribution correspondant fixe.
- Fig. 26. Coupe horizontale d’une tige de piston, suivant la ligne WW, fig. 20.
- A, A, arbre principal deux fois coudé à angle droit ou à double manivelle a, a, et a', a' ; B,R, deux cylindres travailleurs avec leurs pis-
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- tons ù, b et leurs tiges b\ b’ ; ces cylindres présentent en p, p des mamelons de renfort pour recevoir les coussinets des axes, et ont en p’, p’ des parois renforcées avec disque tournant et canaux de distribution, cylindres qui oscillent lors de la rotation de l’arbre moteur A sur les tourillons c,c et c\c-’ des axes solides C,C et G’, G’, ces derniers étant pourvus en y,v de filets de vis, et en E,E et E’, E’ d’écrous taraudés.
- D, D, disques-soupapes fixes en acier trempé, destinés à établir entre les tiroirs tournants et les chambres de distribution un assemblage aussi étanche qu’il est possible ; F, F, bâti fixe sur lequel tant l’arbre moteur A, que les axes de rotation C’, G’, trouvent leur point d’appui, ainsi que G, qui est le support pour l’axe de rotation médian C; H, H’, orifices ou lumières pour l’entrée de l’eau dans les cylindres, etK, K’pour son échappement à travers les canaux de distrib ution N, N, en communication avec ces orifices ; J1, J*, chambre de distribution éta-bliedans lesupportmédianqui,par l’intermédiaire des nervures mitoyennes M, M et du manchon m, m, est partagée en deux compartiments, dont l’un, celui J‘communique avec le tuyau d’eau et l’autre, J*, avec le tuyau d’échappement w. Lors de l’oscillation du cylindre sur ses axes horizontaux, les lumières des canaux N, N viennent alternativement s’appliquer sur celles H et K, et respectivement sur celles H’ et K’ des chambres de distribution J1 et J2, et introduisent ainsi l’eau à chaque tour de la manivelle A sur et sous les pistons è, b des cylindres, ce qui imprime à ces pistons un mouvement alternatif qui, au moyen des tiges b\ b\ donne un mouvement continu de rotation à l’arbre coudé A.
- Les oritices H et K, ainsi que ceux H’ et K’, comme on peut le voir en particulier dans les figures 22 et 2o, forment dans les disques en acier trempé des secteurs circulaires, dont le point de centre est
- placé sur la ligne centrale de l’axe C, et dont le rayon moyen, suffisamment prolongé, toucherait la circonférence de la manivelle.
- Les orifices N, N, dans le disque tournant du cylindre, fig. 24, ont égalementlamême forme, etcomme lorsque le cylindre est dans la position verticale, ils viennent se poser sur les nervures moyennes de même forme des disques d’acier, nervures qui les recouvrent et où ils sont toujours fermés par ceux-ci dans la position du cylindre qui correspond aux points morts, tandis qu’ils restent ouverts dans toute autre position inclinée en communiquant, comme on l’a dit, alternativement avec les orifices H et K ou H’ et K’ de la chambre de distribution. Leur plus grande ouverture correspond donc, comme on le voit, à la position moyenne des pistons, position dans laquelle ces pistons, aussi bien que les manivelles, possèdent la plus grande vitesse.
- On reconnaît immédiatement, au moyen de cet appareil de distribution dans cette machine à pression d’eau, que dans toutes les circonstances, la quantité d’eau af-fluente ou d’échappement est dans un rapport exact avec les vitesses des pistons ou celle du mouvement de la manivelle, avec cette circonstance que lorsque l’un des pistons, au milieu de sa course, possède le mouvement le plus rapide, les canaux qui communiquent avec lui ont reçu la plus grande charge d’eau, tandis que ces mêmes canaux, lorsque le piston s’approche des termes de sa course, sont en proportion moins chargés, et que pour l’autre piston, le rapport est exactement inverse, c’est-à-dire que la plus grande vitesse de ce piston, ou mieux le plus fort chargement de ces canaux, correspond aux points morts du mouvement de la manivelle du premier piston, c’est-à-dire au plus faible chargement, ou mieux à la fermeture complète des canaux de distribution correspondants.
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- C’est de cette manière qu’on parvient le mieux à régler et à maintenir uniforme le mouvement de l’arbre coudé, et à égaliser, mais non pas à éviter entièrement les quelques troubles dans les tiroirs, et les réactions, les ébranlements ou la trépidations qui les accompagnent.
- Quant à la disposition des pistons de travail, leur garniture est facile à comprendre à l’inspection de la figure 21. Elle consiste, comme à l’ordinaire, en chapeaux à bords retroussés.
- En ce qui concerne le centrage et l’ajustement des cylindres de travail, il convient de faire remarquer que les deux axes extérieurs de rotation C’, C’ sont filetés en Y, y, avec écrous taraudés correspondants E,E serrés dessus, et servant à exercer une pression étanche de la part du cylindre et du disque de rotation sur le disque correspondant d’acier; et enfin, quand cette pression étanche est établie, les contre-écrous E’, E’ ont pour objet de maintenir fermement à leur place correcte lès axes G’, G’, et par suite aussi les cylindres.
- L’appareil pour indiquer et mesurer la quantité d’eau dépensée dans un temps donné par la machine, est un compteur à peu près disposé comme les compteurs à gaz ordinaires ; il est disposé dans un point convenable de la machine, et mis en jeu par un mécanisme fixe en rapport avec les cylindres oscillants ou les arbres tournants. Comme la course du piston est toujours de même étendue et déterminée parla double longueur du bras de la manivelle, il en résulte, de cette manière, que la quantité d’eau employée ou ajoutée est déterminée, et peut être mesurée et calculée de la manière indiquée avec toute l’exactitude désirable.
- Il ne reste plus qu’ù faire remarquer que l’appareil tout entier est des plus faciles à transporter. Parvenu à sa destination, il peut être aussi installé très-aisément et mis en activité en peu d’heures, tandis
- que son prix n’est pas élevé et qu’il occupe peu de place.
- Etude sur le tracé des roues hydrauliques à aubes courbes.
- Par M. Didion.
- Les principes les plus féconds ne produisent pas immédiatement, dans l’application, tout ce qu’ils donnent après les modifications qu’indiquent l’expérience et l’observation : telles sont les roues hydrauliques à aubes courbes du savant général Poncelet.
- L’idée ingénieuse de remplacer les roues à palettes planes, que l’eau frappe en dessous avec perte de force vive, par une roue à aubes courbes, où l’eau peut entrer sans choc et sortir sans vitesse, ne peut être complètement réalisée dans la ratique, vu l’épaisseur à donner la lame d’eau, l’inclinaison à donner à l’aube sur la circonférence pour que l’eau se dégage assez rapidement, et vu la hauteur des chutes d’eau à utiliser avec des roues de diamètres limités. Cependant, dans l’application, on a immédiatement réalisé un rendement deux fois et demie plus grand que les roues ù palettes planes.
- Me trouvant en 1847 chargé, à la direction des Poudres, du tracé de plusieurs roues hydrauliques en projet, je priai M. Poncelet de m’honorer de ses conseils et de m’indiquer les perfectionnements qu'il avait apportés au tracé de ses roues. Il y avait notamment à déterminer le point de la circonférence où le filet moyen de la lame d’eau devait entrer sur l’aube. Cette détermination est extrêmement importante, puisque de ce point dépend la vitesse de l’eau affluente, sa vitesse a la sortie, la hauteur du point de sortie, et par conséquent les pertes de force vive qu’il faut diminuer autant que possible.
- J’ai pensé que, pour cette déter-
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- mination, il fallait tracer la trajectoire qui suit une molécule d'eau sur l’aube durant le mouvement de rotation de la roue. C’est l’objet principal de ces études que M. le général Poncelet a bien voulu m’engager à suivre. Elles m’ont beaucoup aidé dans l’exécution de projets de roues hydrauliques et m’ont immédiatement conduit à de très-bons résultats. J’ai complété le tracé, j’en ai fait de nouvelles applications, et, comme elles pourront servir dans beaucoup de cas, je crois devoir les présenter ici.
- La détermination de la trajectoire est très-compliquée : on n’y parvient pas par l’analyse. Notre tracé y conduit avec toute la précision désirable et sans trop de difficultés ; il fournit des règles qui, dans l’application, dispenseront de recherches nouvelles.
- Considérons une aube courbe d’une roue animée d’une vitesse uniforme de rotation « autour de son centre O, et, sur cette aube, au point n, une molécule m animée d’une vitesse relative égale à v. Cette molécule est soumise à la force constante de la pesanteur g et à la force centrifuge variable en grandeur et en direction avec la position du point n. M. Poncelet a démontré que la résultante de ces deux forces passe constamment par un point I situé sur la verticale du point O et au-dessus, à une distance constante égale à ~~, la ré-
- sultante R étant d’ailleurs variable avec la position du point n.
- En s’élevant vers le point I, la molécule m perdra de sa vitesse; quand elle n’aura plus qu’une vitesse v\ très-peu différente de v, elle se sera rapprochée de I d’une . , , , i j. u4-d' v—v' quantité k égalé a —-—.—-—;
- si donc sur ni on porte ne~k, et que, du point I comme centre, avec un rayon le, on décrive un arc de cercle jusqu’à sa rencontre avec l’arc de l7aube en f, le dernier point sera la position de la molécule sur l’aube. Mais, durant cette
- ascension, l’aube s’est avancée vers l’aval en vertu de la vitesse de rotation w de l’aube. Or, si l’on calcule ou si l’on mesure la longueur nf de l’arc de l’aube, et que l’on considère qu’elle peut être regardée comme parcourue avec une vi-v-{-vi ,
- tesse moyenne —-—, on aura la
- durée du parcours, et par conséquent la position nouvelle de l’aube; et si alors, du point O comme centre, avec un rayon O/, on décrit un arc de cercle vers l’aval, sa rencontre f> avec la nouvelle position de l’aube donnera la position absolue de la molécule, et un second point de la trajectoire : ainsi de suite pour autant de points qu’on voudra. Il faut ici que v etv1 soient assez peu différents pour que, à la vitesse variable du parcours n f, qui sert à calculer la durée, on puisse substituer sans erreur sensible la r-f-r1 _ ,
- vitesse moyenne —|—. Pour cela,
- dans les cas ordinaires, le nombre des points d’une trajectoire n’a pas besoin de surpasser treize ou qua-. torze.
- On obtient ainsi la somme de la trajectoire, où la vitesse relative de la molécule sur l’aube est nulle et où cette molécule a pour vitesse celle de la roue en ce point. Au-delà, on détermine de la même manière la partie descendante de la trajectoire ; son intersection avec la circonférence extérieure de la roue donne sa vitesse suivant l’aube à sa sortie; en composant celle-ci avec la vitesse de la roue, on a la vitesse absolue de la molécule d’eau, laquelle vitesse, et la hauteur de chute à laquelle elle correspond, sont entièrement perdues pour l’effet sur la roue. On a également l’élévation du point de sortie au-dessus du niveau d’amont qui est aussi une partie de la chute totale perdue pour l’effet de l’eau.
- Le point d’admission m du filet moyen est le premier point de la trajectoire; la tangente en ce point est la direction du filet qui entre
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- sans choc sur l’aube. C’est, comme l’a indiqué M. Poncelet, la diagonale d’un parallélogramme égale à la vitesse de l’eau en ce point, et dont un côté a pour direction la tangente à la circonférence en M et la grandeur égale à la vitesse de celle-ci, l’autre côté étant la tangente à l’aube. La longueur de ce dernier côté est la vitesse relative de l’eau sur l’aube; c’est la vitesse initiale de la molécule d’eau.
- La vitesse de l’eau au point m résulterait simplement de la distance au niveau d'amont, sans la perte due au parcours sur le coursier, que l’on estime, au maximum, au dixième du chemin parcouru depuis le milieu de l’orifice de la vanne.
- Les trois parties de la hauteur de chute perdues que nous avons déterminées étant retranchées de la chute totale, le restant est la seule hauteur complètement utilisée ; son rapport à la chute totale donne le rendement théorique de l’eau. Dans ces pertes ne sont comprises, comme on le voit, ni la perte d’eau entre la roue et son coursier, ni les résistances passives de la roue.
- Nous avons fait une application de ces principes au projet d’une roue hydraulique destinée à une usine à meules pesantes pour la poudrerie d’Esquerdes; elle avait 3m.50 de diamètre et devait utiliser une chute d’eau de lm.80, au-dessus du bas de la roue, au niveau d’aval, l’aube étant inclinée de 26 degrés sur la circonférence et ayant un rayon de 0m.50 a l’origine , la roue faisant 15 tours par minute.
- En prenant pour le point M quatre hauteurs équidifférentes, la pre-mièrea0m.080,lessuivantes0m.195, 0m.310, 0ra.425 au-dpssus du bas de la roue, j’ai trouvé que les hauteurs du point de sortie étaient respectivement 0m.376, 0nVl88, 0m.110, 0m.062, et les rendements théoriques 0,66, 0,77, 0,84, 0,87.
- On voit immédiatement l’avantage qui résulte de l’élévation du
- point m, surtout en partant du bas de la roue. Lorsque le point est déjà élevé, l’avantage n est plus considérable ; ait contraire, du côté d’amont, la direction du filet moyen et celle du coursier en développante de cercle se relèvent beaucoup; il en résulte une difficulté dans le raccord avec le fond du canal d’amenée et une diminution considérable dans le débit pour une largeur de vanne donnée, ce» qui forcerait à recourir à des roues très-larges : aussi s’est-on borné à la hauteur de 0m.310, qui donne une élévation du point de sortie de 0m.ll et un rendement de 0,84.
- Cette hauteur est ici le sixième de la hauteur totale de chute et le rayon de l’aube le tiers de la hauteur de chute au-dessus du point M.
- Ces résultats indiquent aussi qu’on aurait un avantage marqué à abaisser le bas de la roue au-dessous du niveau d’aval, et que, si cet abaissement était seulement de 0m.ll, qui est l’élévation du point de sortie, ce serait une partie de chute qui ne serait plus perdue, et ue l’on arriverait ainsi à un ren-ement de 0ra.87.
- Nous avons également recherché l’inconvénient d’un rayon d’aube trop grand. Ainsi, en supposant un rayon de 0m.84, au lieu de 0m.50, pour une élévation du point d’entrée égale à 0m.08, il en résulte que la durée du trajet sur la roue est 0S,68 au lieu de 0S,61, que la vitesse de sortie est lra.88 au lieu de lm.74, que la hauteur du point de sortie est 0m.51 au lieu de 0,n.38, et qu’enfin, le rendement théorique est 0,57 au lieu de 0,66. La diminution du rayon de 0ra.84 à 0m.50, donne donc une augmentation de rendement d’un sixième en sus.
- Le rayon le plus court procure encore un avantage pour la mise en train d’une usine, alors qu’il faut un grand effort initial. On trouve, en effet, que la pression de l’eau sur l’aube avec les rayons 0m.50 et [ 0m.84 est dans un rapport plus
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- grand que celui de 6 à 3, c'est-à-dire qu’avec un rayon d’aube de 0ra.50 on obtient une pression initiale de près du double de celle que donne un rayon de 0m.84.
- Ces divers résultats théoriques sont d’ailleurs confirmés par l’expérience, et les roues à aubes courbes, étudiées comme nous l’indiquons, ont toujours parfaitement fonctionné, tant sous le rapport du rendement que sous celui de la mise en train.
- , Ces mêmes recherches nous ont egalement permis de déterminer la largeur de la couronne et la longueur des aubes pour que l’eau ne tes déborde pas.
- Sur une nouvelle machine électromagnétique et la détermination de l'effet utile et des frais d'exploitation de ces sortes de machines en général.
- Par M.le prof. A.deWalteishofen.
- (Suite).
- Après avoir calculé l’effet utile de la machine électro-magnétique de Stôhrer, j’aurais bien voulu lui comparer la machine de Grüel, à ancre oscillante, mais je n’ai trouvé qu’une donnée unique et incomplète qui, même après un examen plus attentif, ma paru erronée, de façon que la comparaison a été impossible.
- M. Grüel, en effet, dit dans les Annales de Poggendorff, vol. 89, p. 156,quele travailde sa machine, taxé tout d’abord avec la force minime de courant de 2 petits éléments zinc et fer de 14 pouces carrés de -surface active, s’élevait à 0,03 force de cheval; mais cette circonstance que la force du courant n’est pas donnée, rend impossible le calcul de l’effet utile, surtout quand on ajoute qu’on s’est servi d’éléments zinc et fer dont, comme on sait, il existe plusieurs espèces de forces électro-motrices
- fort diverses. Toutefois, si on suppose qu’on s’est servi de la plus puissante de ces piles zinc et fer, à savoir celle composée de fonte dans l’acide azotique, et de zinc dans l’acide sulfurique qui, suivant M. Buff ( Annalen der chemie und pharmacie, vol. 101, p. 13), comparée à une pile de Daniell, développe uneforceélectro-motrice de 1,775 et, par conséquent possède, d’après l’unité que nous avons choisie, une force électro-motrice de 12 X 1,775=21,3; on voit que cette appréciation de la force doit reposer sur une erreur, surtout quand on prend en considération les données qu’on y ajoute sur la masse de fil présente dans le circuit. Le fil de cuivre conducteur du courant sur les quatre branches del’é-lectro-aimant avait un diamètre de lmm.5 et pesait 2kil.l63. Il fallait donc, si onadmetquelepoidsspécifique du cuivre=8,95, etpar conséquent unelongueur de fil del36m.77,
- . , . . , , 136.77
- que la résistance ait ete —y-—
- —60™.79delongueurdefildecuivre del millim. de diamètre et, par conséquent au moins une résistance de 2 unités Siemens. La force de courant développée par les deux éléments ne pouvait donc, même avec la machine en repos, et en ne tenant aucun compte des résistances de la pile, dépasser la valeur limite 21.3 X 2
- ----------=21.3, et bien moins en-
- core l’atteindre pendant la marche de la machine ; mais, même quand la force du courant serait devenue 21,3, l’effet théorique, d’après la formule a=kri,ns n’aurait encore été que 0,0008784 X 21,3 X 2 X 21,3 =0,797 kilogrammètre et ne serait, par conséquent, élevée qu’à 0,0106 force de cheval. L’évaluation 0,03 force de cheval, qui dépasse presque du triple la valeur-limite théorique possible, provient donc évidemment d’une erreur ou d’une faute d’impression.
- Relativement à la machine deM. Page (qui a été décrite dans le Poly-
- Le ïechnologiste. T. XXY1II. — Août 1867.
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- technisches journal, de M.Dingler, t. 124, p. 18), j’ai déjà annoncé qu’on ne possédait pas de données qui permettent de calculer son effet utile. L’assertion que la machine peut, sous le rapport économique, entrer en concurrence avec la machine à vapeur, peut très-bien être contredite sans avoir connaissance de ses effets utiles, en appliquant les principes développés dans ce Mémoire et en ayant egard à cette considération que, comme force d’activité, M. Page suppose une batterie de Grove, c’est-à-dire une batterie dans laquelle, indépendamment de la valeur capitale du platine, que dans tous les cas on peut remplacer par du charbon, il faut aussi tenir compte de la dépense en acide azotique.
- J’ai démontré précédemment qu’en faisant usage d’une batterie dont les éléments, comme c’est le cas pour la batterie de Grove, possèdent une force électro-motrice = 20, la dépense en zinc, par heure et par force de cheval s’élèverait à 495 grammes, si une machine électro-magnétique pouvait réaliser tout l’effetthéorique, c’est-à-dire donner 100 pour 100 d’effet utile, ce qui naturellement ne sera jamais atteint, mais seulement partiellement. Mais on sait que pour 32,53 parties en poids de zinc, il faut 63 parties pondérales d’acide azotique (premier hydrate), et par conséquent, pour 495 grammes de zinc
- 495 X gç, = 959 grammes de cet
- acide, dont l’acide azotique ordinaire du commerce, du poids spécifique de 1,33, ne renferme à peu près <jue 50 pour 100. Il faut donc en acide azotique ordinaire, le double de celui théorique, c’est-à-dire 1900 grammes par force de cheval et par heure; or, si on porte le prix du kilogramme d’acide azotique à 72 centimes, onvoitque la dépense par force de cheval et par heure, s’élèverait à 1 fr.37.Dans tout cela il n’est toujours question que d’un emploi de minimum théorique qu’il faudrait dépenser pour obtenir 100
- pour 100 d’effet utile, quantité qui sera toujours dépassée en réalité. Il ne peut donc nullement être question d’établir une concurrence aux machines à vapeur avec la machine Page, surtoutquand on songe que la dépense d’une machine à vapeur est souvent, par force de cheval et pour 6 heures, inférieure àlfr.37.
- Les frais de la machine Page sont évalués, par M. Dub, au moins à 90 fr. par jour et par force de cheval. M. Dub arrive à ce résultat en comparant la machine Page avec la machine à cloches de Dub et d’Heureuse, mais il n’a pas été pris de mesure de la force sur cette dernière ; cependant M. Dub n’est arrivé à ce résultat qu’au moyen d’expériences préliminaires sur l’aimant à cloches et des rapports de dimensions du modèle, pour en conclure la capacité de travail et les frais d’exploitation d’une machine de ce genre de grand modèle, moyens à l’aide desquels il arrive à ce résultat, que sa machine qui, comparée à celle Page, ne peut avoir que la moitié de sa force pour une même dépense, exige par force de cheval et par heure, 1872 grammes, c’est-à-dire un peu moins du minimum théorique (1900 grammes) indiqué plus haut pour 100 pour 100 d’effet utile. Cette contradiction s’explique par cette circonstance c^ueM. Dub, pour réfuter plus aisément l’assertion de M. Page, a adopté un mode d’estimation qu’il considère lui-même comme trop favorable, et sa conclusion, en se basant sur la vitesse observée sur le modèle, pour en conclure celle qui aurait lieu dans l’exécution en grand, paraît très-problématique.
- Il résulte de ce qui vient d’être exposé, que les données sur la machine Grüel, ainsique celles sur la machine Page, et pas plus que celles sur la machine d’Heureuse et Dub, ne peuvent permettre d’en conclure l’effet utile que ces machines sont susceptibles d’atteindre. Quant aux rapports écono-
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- iniques d’autres machines électromagnétiques établies sur de nouveaux modèles, je n’ai pas encore rencontré de notice qui mérite quelque attention.
- Je me vois donc ramené dans la comparaison que je prétends établir delà machine Kravogl, aux indications rapportées plus haut, de M. W. Petne, et aux données numériques, d’accord avec celle-ci, que j ai tirées par le calcul des expériences de M. Müller sur la machine de Stôhrer.
- Notre point de départ peut donc se résumer ainsi qu’il suit: Les meilleuresmachinesélectro-magné-tiques construites jusqu’à présent, et sur les rapports economiques desquelles on possède des données comparables entre elles, donnent environ 3 pour 100 d’effet utile.
- Le travail du modèle Kravogl a été, comme il a été dit, mesuré au frein de Prony appliqué à l’arbre du volant. La longueur de levier =14.86 ; le poids du levier en bois réduit au point de suspension du plateau =10 gram., et le poids de ce petit plateau lui-même = 23 gram. Quand ce plateau était chargé de q gram., la pression tangen-tielle sur l’arbre du volant s’élevait ainsi à (</-j-33) X 14.86 gram.,
- c’est-à-dire X 14,86 kilo-
- ÎUUÜ
- grammes. La circonférence de l’arbre était 2uX 14 millim.=0m.088. Pour un nombre de tours R du volant par seconde, le travail était
- donc l = x 14,86 X 0,088
- x R=x 1’307 x R kil0'
- grammètre par seconde, ou bien 1 =1,307 Q R si nous faisons la charge totale au point de suspen-
- En même temps, on a mesuré la
- force du courant s en observant l’angle de déviation w d’une boussole des tangentes, dont le facteur de réduction P=4,9, de façon que s = 4,9tangw.
- Pour faire travailler l’appareil, on s’est servi de douze éléments constants, charbon et zinc, qui étaient combinés en six éléments doubles, parce que de cette manière, ainsi qu’on a pu le constater par des mesures préalables de la résistance, on peut rendre celle à l’intérieur de la batterie égale, autant qu’il est possible, à la résistance à l’extérieur et, par conséquent, obtenir la combinaison la plus avantageuse des cellules dont on dispose. Comme la batterie se composait de six éléments d’une force électro-motrice20, l’efïetthéo-rique a avec la force de courant s, d’après la formule a = kYnns, se trouvait donc être dans ces expériences.
- a=0,0008784 X 20 X 6 X 4,9 tang w, ou «=0,316 tang w,
- par conséquent l’effet utile devenait
- « -°JL-
- a 0,ol6tangü> tangw
- 1- QR
- ou bien centièmes «=233---------
- r tang w
- C’est de cette manière qu’ont été obtenus les résultats des expériences consignés dans le tableau suivant, sur lequel je ferai seulement remarquer que le nombre de tours R a été mesuré à l’aide d’un chronomètre, de manière à pouvoir lire le nombre de secondes nécessaire pour accomplir un nombre déterminé de tours, généralement 30.
- On n’a donné les centièmes qu’en nombres entiers, en laissant de côté les fractions au-dessous de 1/2, et comptant pour unité celles au-dessus, ainsi qu’on l’a représenté par un chiffre gras.
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- Nos. TOURS R CHARGE Q TRAVAIL l DÉVIATION iù FORCE du courant S EFFET théorique a EFFET UTILE en centièmes P
- 1 1.33 0.335 0.582 83» 0' 39.91 4.206 14ponr 100
- 2 1.66 0.285 0.621 83.15 41.40 4.364 14 —
- 3 2.17 0.275 0.780 82 15 36.00 3.740 21 —
- 4 2.50 0.285 0.931 82.5 35.24 3.714 25
- 5 3.57 0.125 0 584 80.2 27.91 2 942 20 —
- 6 3 85 0.100 0.504 79.35 26.65 2.809 18 —
- 7 4 17 0.075 0.409 79.30 26.44 2.787 15 —
- 8 5.00 0.100 0.654 80.35 29.55 3.114 21 —
- 9 5.50 0.185 1.330 82.30 37.22 7.846 17 —
- 10 6.15 0.050 0.403 79.20 26.02 2.742 15
- (La suite au prochain numéro.)
- Etudes théoriques et pratiques sur l’écoulement et le mouvement des eaux.
- Par M. Ph. Gauchler.
- M. Gauchler a présenté à l’Académie des sciences un Mémoire étendu sur le sujet en question, Mémoire dont il a donné un extrait que nous reproduisons ici.
- Ce Mémoire se compose de trois parties : la première traite de l’écoulement de l’eau parles orifices; la seconde du mouvement de l’eau dans les tuyaux de conduites; la
- P)
- en supposant l’axe des z vertical et dirigé de haut en bas, 8 la densité du liquide, ? la pression éprouvée par la molécule, g l’intensité de la pesanteur, t le temps, et G une constante.
- troisième du mouvement de l’eau dans les canaux et les rivières. L’auteur établit, dans sonMémoire, les formules théoriques pour ces divers cas, et en certifie l’exactitude par la comparaison des résultats qu’elles fournissent avec ceux que l’expérience a donnés.
- Première partie. — Partant des principes généraux de la mécanique rationnelle, M. Gauchler établit l’équation du mouvement d’une molécule liquide renfermée dans un système de vases solides, équation qui est :
- On en déduit l’équation du mouvement permanent :
- le théorème de Bernouilli,
- S
- 1 A , r i
- T
- df
- ~dT
- dt
- et le théorème
- v — V'ïgh
- Considérant ensuite le recul que subit un vase pendant l’écoulement, l’auteur établit l'impulsion que subit une palette d’une courbure quelconque, par l’cflct d’une lame d’eau
- qui y entre et en sort tangentielle-inent.
- La viscosité résultant d’actions mutuelles entre les molécules, n’a pas d’influence sur l’écoulement d’un liquide quand le mouvement permanent est établi, car le mouvement du centre de gravité d’un
- de Toricelli
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- système est indépendant des réactions moléculaires. On peut donc appeler degré de vitesse, le temps, plus ou moins long, qu’un liquide met à acquérir la vitesse due à la hauteur, lorsqu’il s’écoule par un orifice.
- Passant ensuite aux contractions, M. Gauchler établit pour l'écoulement par un orifice rectangulaire, l’équation connue :
- (2) Q^~mLV7^(l
- où Q est la dépense, L la largeur de l’orifice, Z et % les charges sur ses côtés horizontaux, etm le coefficient de dépense.
- Considérant une fente mince indéfinie comprise entre deux plans inclinés sur la verticale d’un angle o, et supposant les filets liquides convergents vers l’orifice, on trouve pour valeur du coefficient de contraction
- K = — +cos & )
- Le rapport de cette valeur à celle cju’on trouverait en supposant des filets parallèles, est représenté par une construction géométrique très-simple. Si la fente est plane, on a o =90 degrés, et
- Pour un orifice carré, la contraction s’exerçant dans les deux sens, on a :
- k=(t-)’=0,#17
- L’équation (2), appliquée à une série d’expériences de MM. Poncelet et Lesbros, montre que pour un même orifice rectangulaire, le coefficient m est indépendant des pressions, pourvu que le rapport desdimensionsde l’orifice n’excède pas 10. Pour les orifices carrés, l’expérience donne m=0,60 ; l’effet de la contraction étant 0,617, il reste pour les effets de la courbure de la veine horizontale et du frottement, la quantité 0,017.
- Il résulte des expériences de MM. Poncelet et Lesbros, que si « est le rapport du grand côté au pe-tit, on a pour les orifices rectangulaires :
- m —0,60(1 +0,01 a)
- pourvu que * soit inférieur à 10.
- Au moment où le liquide s’écoule, il tend à entraîner avec lui le vase dont il s’échappe, l’effort qu’il exerce en ce sens est appelé succion. L’auteur en rend compte par l’équation du mouvement permanent, et s’en sert pour déterminer théoriquement les coefficients d’écoulement des ajutages.
- Pour un ajutage cylindrique de peu de longueur, le coefficient de dépense est égal à la racine carrée du coefficient relatif au même orifice percé en mince paroi.
- Après avoir déterminé l’écoulement à travers un tuyau traversé de diaphragmes percés de petits trous, le Mémoire traite de l’écoulement par les déversoirs, et établit une formule qui rend assez bien compte des coefficients déterminés par MM. Poncelet et Lesbros.
- Deuxième partie. — Après avoir démontré pourquoi la formule de Prony ne peut pas représenter la loi du mouvement de l’eau, M. Gauchler cherche à la déterminer directement par l’observation, en étudiant les expériences faites à Chaillot par feu Darcy.
- Choisissant 57 expériences faites par Darcy, sur des tuyaux en fonte neuve et en fonte vieille nettoyée, il étudie les variations qu’éprouvaient les différentes puissances de la pente, du diamètre et de la vitesse, en passant d’une expérience à l’autre. Parti de la formule théo-que
- /(») = n\/r
- il a été conduit, après de longues et laborieuses recherches, à la formule
- 1 4._ 3— 4,_
- (3) V'v-P-r-Dt/v =a\/D\/l
- 4
- où i', D, Z représentent respective-
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- ment la vitesse moyenne, le diamètre de la conduite et la pente, et où a est un coefficient variant avec la surface intérieure du tuyau.
- La formule (3) n’est pas complète, car la vitesse devient nulle en pratique, avant que la pente soit réduite à zéro, à cause de la capillarité. La formule devrait donc être :
- Vv + ~D = aVhiV^T —p 4
- où p devrait, d’après Laplace, être
- de la forme ~, a étant variable
- avec la nature du liquide et celle delà paroi. L’erreur, cependant, n’est sensible que lorsque les pentes sont extrêmement petites, de sorte que la formule (3) est applicable à tous les cas qui peuvent se présenter dans la pratique.
- En appliquant cette formule aux expériences de Darcy, l’auteur en conclut pour a, les valeurs suivantes :
- Nature de la paroi. Valeurs de a.
- Fonte neuve............6.625
- Fonte chargée de dépôts. 5.5
- Tôle et bitume........7.0
- Fer étiré............. 6.4
- Plomb.................7.U
- Terre.................6.7
- L’auteur conclut, en outre de ses applications expérimentales, que la loi d’écoulement est la même pour toutes les petites et les grandes vitesses, contrairement à l’opinion de Darcy, et comme les tuyaux se chargent plus ou moins de dépôts, il conseille d’adopter généralement le coefficient 5,5 dans la pratique. L’accord est d’ailleurs remarquable entre les résultats fournis par la formule (3) et ceux de l’expérience.
- Troisième partie. — Pour déterminer le mouvement de l’eau dans les canaux à ciel ouvert, M. Gauch-ler s’est servi des expériences exécutées par MM. Darcy et Bazin, à Dijon (1).
- (1) Voyez le rapport fait à l’Académie des Sciences sur les recherches relatives au mouvement de l’eau dans les canaux,
- Après avoir constaté que la loi du mouvement n’est pas la même que celle qui rend compte de l’écoulement dans les tuyaux, il établit qu’elle n’est pas très-différente. L’équation qui la représente est à un terme près, la même que celle qui est applicable au mouvement de l’eau dans les conduites; elle est de la forme :
- G) v/7 =a v'Rpbf
- où R est le rayon moyen, v la vitesse moyenne, et I la pente. De l’application de cette formule aux nombreuses expériences de MM. Darcy et Bazin, il conclut que a est variable avec la nature de la paroi, mais qu’il est indépendant de la forme du profil.
- Tant que les pentes sont supérieures h 0,0007, les résultats de l’expérience sont remarquablement d’accord avec ceux du calcul. Mais quand les pentes sont inférieures à 0,0007,1a loi change brusquement, et on trouve alors la relation :
- (5) \A;=pl/Rl/l
- L’auteur rend compte de cette différence en l’attribuant à un changement dans la manière dont les molécules liquides progressent. Tant que les pentes superficielles sont supérieures à 0,0007, elles sont déterminées uniquement par les pentes du fond, et les molécules liquides roulent les unes par dessus les autres, en vertu des lois de la pesanteur, en allant alternativement de la surface au fond. Quand la pente est inférieure à 0,0007, elle devient fonction du rayon moyen; ces molécules se meuvent en vertu des pressions d’amont, et il se produit plutôt un mouvement de glissement qu’un mouvement de roulement.
- Après avoir appliqué les formules (4) et (5) à des expériences de Dubuat, Woltmann, Brünings,
- découvert par MM. Darcy et Bazin, dans le tome 25 du Technologis te, pages 93,157, 210, 322 et 385.
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- Baumgarten, Poirée, Emmery et 1 valeurs pratiques de « et p de la Leveillé , l’auteur a déterminé les | manière suivante :
- Nature de la paroi. Valeurs de a.
- Maçonnerie de pierre de taille et de ciment, de 8.S à 10
- Bonne maçonnerie ordinaire...............de 7.6 à 8.5
- Parois en maçonnerie avec fond en terre.. de 6.8 à 7.6
- Rigoles en terre sans herbes.............de 5.7 à 6.7
- Rigoles en terre, avec herbes sur les talus, de 5 à 5.7 Rivières................................. » »
- Valeurs de [J-de 8.5 à 7.0 de 8.0 à 8.5 de 7.7 à 8.0 de 7.0 à 7.7 de 6.6 à 7.0 de 6.4 à 7.0
- Ces formules sont assez.faciles à calculer avec des tables des carrés et des cubes. Elles doivent, suivant l’auteur, entrer dans la pratique des ingénieurs comme représentant les faits naturels avec plus de vérité que toutes les autres.
- Excavateur de îlunter.
- L’industrie de l’exploitation des mines doit à M. F. Hunter, un appareil, ou plutôt un pic mécanique, destiné àfaciliterbeaucoup ses travaux, et qui a, dit-on-, été déjà appliqué avec succès dans une houillère des environs de Glasgow.
- Dans cet appareil, on fait usage d’un piston fixe qui s’adapte dans l’espace annulaire d’un segment cylindrique ou d’un cylindre, seg- 1 ment ou cylindre qui est fermé sur les deux côtés du piston, en laissant toutefois suffisamment de liberté au mouvement, pour que lorsque* la vapeur ou l’air comprimé est introduit par une soupape centrale de l’autre côté du piston, le cylindre ou le segment puisse tourner ou prendre un mouvement d’oscillation sur le piston fixe, la vapeur étant alternativement admise sur les faces opposées de ce piston par deux lumières sur le tiroir central, par l’une desquelles la vapeur du côté chargé au cylindre ou segment est condensée, tandis que de nouvelle vapeur est admise par l’autre lumière, sur l’autre côté du segment, les lumières étant ouvertes et fermées par la rotation du segment sur le tiroir central.
- La figure 27, pl. 335, est une section verticale de l’appareil.
- Lafigure 28, une section horizontale, en regardant la face inférieure de la figure 27.
- La figure 29, un plan.
- La figure 30, une élévation de côté.
- Lafigure 31, une vue détachée en élévation de l’un des outils ou pics pour tailler le front de la roche, outil qui, lorsqu’on en fait usage, est emmanché à l’extrémité d’un levier alternatif.
- Lorsqu’on se sert de l’excavateur dans une minière ou une carrière, on le monte sur un truc ou un charriot roulant, qu’on fait avancer sur une ligne de rails.
- L’appareil se compose d’un piston A, qui a été fondu d’une seule pièce avec la plaque de fond B ; on voit la forme segmentaire de ce piston dans la figure 28. A l’extérieur et enveloppant le piston A, qui est fixe, est le cylindre G qui est maintenu en place par un anneau d’assemblage D,D, taillé en queue d’aronde du côté interne, ainsi qu’on le voit fig. 28, de façon que quand il est boulonné sur la plaque B, il forme une rainure angulaire qui correspond à un collet triangulaire a ménagé tout autour du cylindre C, et adapté exactement dedans. Cet assemblage angulaire étant disposé de sorte que le cylindre C est libre de tourner dessus lorsque la vapeur ou l’air comprimé est introduit dans ce cylindre de l’un ou de l’autre côté de la cloison E.
- La boîte au centre F, qui porte les lumières b et c, est fixee sur la face supérieure du cylindre G, ainsi
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- qu’on le voit dans la coupe transversale fig. 27, et au centre de cette boîte est fixée une pièce G à laquelle se rattache le tuyau de vapeur ou d’air comprimé II. comme le représente la figure. Cette dernière pièce G contient la lumière d, qui distribue cette vapeur ou cet air comprimé, alternativement à celle b et c, et de là sur les faces opposées de la cloison E, en forçant cette cloison, et avec elle le cylindre C, à osciller constamment dans des directions opposées, sur le piston fixe A. La forme de la section de cette pièce centrale G a été représentée dans la figure 28, et sur chacun de ses côtés, on a laissé des cavités e, e par lesquelles s’échappent la vapeur ou l’air comprimé qui a rempli ses fonctions.
- Sur l’extrémité supérieure de cette pièce centrale G a été fixé un levier I, dont l’un des bouts porte une poignée dont l’ouvrier se sert pour mettre en marche ou arrêter l’excavateur ou aj uster l’étendue du mouvement du cylindre G et du levier de taille J. L’autre extrémité de ce levier I est pourvue d’un quart de cercle K portant deux butoirs L,L, qui se prolongent sulfisam-ment dans le bas, comme l’indiquent les figures 27 et 30, pour être frappés par le levier J lorsqu’il arrive à l’un ou à l’autre terme de son mouvement, de façon qu’en plaçant les butoirs, plus rapprochés ou plus éloignés l’un de l’autre, l’ouvrier peut régler à volonté l’étendue du mouvement angulaire de l’appareil.
- En se reportant à la figure 28, on voit que la vapeur ou l’air comprimé qui passe parla lumière b dans l’espace f, porte l’appareil, à fort peu près, au terme de l’une de ses
- excursions; celui-ci a néanmoins encore une petite distance à parcourir avant que sa course soit complète. Dans la position ainsi représentée, le levier J a été mis en contact avec le butoir L, et ce levier, en se mouvant dans le reste de son excursion, entraîne avec lui le levier I à une distance suffisante pour faire tourner la lumière e dans la pièce centrale et l’amener sur la Uimière c conduisant de l’autre côté de la cloison E, tandis qu’au même instant la lumière à est ouverte sur le passage qui conduit à l’échappement, de façon que la vapeur ou l’air comprimé sont admis successivement sur le côté opposé pour produire la course en retour de l’appareil.
- Ces mouvements alternatifs se répétant successivement, on parvient ainsi à maintenir l’appareil continuellement en action.
- Le levier J qui porte l’outil excavateur N est inséré dans une douille O boulonnée sur la surface convexe ou extérieure du cylindre, et une série de trous percés tout autour de celui-ci, permettent d’attacher ce levier dans l’un quelconque de ces points ou trous, ou même, au besoin, d’appliquer plusieurs leviers excavateurs.
- Au lieu de construire un cylindre G complet, on peut n’empîoyer u’un segment cylindrique, cas ans lequel le piston A est partagé en deux pistons fixes formant bu-tements, sur lesquels appuie la vapeur ou l’air pour faire fonctionner les parties mobiles de l’appareil.
- La forme de l’outil excavateur ou du pic dépend principalement de la nature des matières qu’on se propose d’attaquer.
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- JURISPRUDENCE ET LÉGISLATION INDUSTRIELLES
- PAR M. VASSEROT
- AVOCAT A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- jrumSPRUDEiYCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre civile.
- CHEMINS DE FER. — MODIFICATIONS AUX TARIFS. — AFFICHES PAR AVIS SOMMAIRES ET DÉPÔT DE LIVRETS. — RÉGULARITÉ.
- Si, aux termes des art. 48 et 49 de l'ordonnance du 15 novembre 1846, et de l'art. 48 du cahier des charges de la Compagnie des chemins de fer du Midi, les modifications aux tarifs, soumises à Vapprobation ministérielle, doivent être portées à la connaissance du public, par des tableaux affichés dans les lieux plus apparents des gares et stations des chemins de fer; ces dispositions ne sont pas tellement impératives et absolues, qu'elles ne puissent être remplacées par des équivalents, suivant les circonstances.
- En conséquence, si, en raison de l’étendue des tarifs, ce mode d’affichage n’est pas praticable, ou présente des inconvénients, les affiches prescrites peuvent être remplacées par des livrets déposés dans les gares et stations où devraient être apposées ces affiches, et par des affiches sommaires, annonçant au public le dépôt de ces livrets, et la demande en homologation des prix indiqués dans ces livrets.
- Le contraire avait été jugé par
- la Cour impériale de Toulouse, le 24 mars 1865, au profit du sieur Pauilhac contre la Compagnie des chemins de fer du Midi. Celle-ci s’est pourvue en cassation.
- « La Cour,
- « Vu le moyen unique du pourvoi,
- « Vu les articles 48 et 49 de l’ordonnance du 15 novembre 1846, et l’art. 48 du cahier des charges de la Compagnie :
- « Attendu que l’ordonnance du 15 novembre 1846 et le cahier des charges imposé aux Compagnies de chemins de fer sont des actes législatifs, dont l’interprétation et l’application, à l’égard des tiers, appartiennent aux Tribunaux judiciaires;
- « Qu’il en est de même des tarifs dressés en exécution de ces dispositions, et qui, comme elles, deviennent la loi du public et des Compagnies;
- « Qu’en conséquence, les Tribunaux chargés d’appliquer ces tarifs ont le droit et le devoir d’examiner s’ils ont été faits, publiés et homologués conformément aux-dites dispositions ;
- « Attendu que l’art. 49 de l’ordonnance du 15 novembre 1846, reproduit dans l’art. 48 du cahier des charges de la Compagnie des chemins de fer du Midi, dispose que lorsque la Compagnie voudra apporter quelques changements aux prix autorisés, le public sera informé, par des affiches, des changements soumis il l’approbation du ministre ;
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- « Que le mode d’affichage prescrit par cet article se trouve plus spécialement déterminé par l’art. 48 de ladite ordonnance, lequel dispose que les tableaux des taxes et des frais accessoires approuvés seront constamment affichés dans les lieux les plus apparents des gares et stations des chemins de fer;
- « Attendu que, si, en règle générale, la disposition de l’art. 49 doit être entendue en ce sens que les affiches doivent contenir les taxes nouvelles dont l’homologation est demandée, cette disposition n’est pas tellement impérative, que si, en raison de l’étendue des tarifs, ce mode d’affichage n’est pas praticable ou présente des inconvénients, ces affiches ne puissent être remplacées par des livrets déposés dans les gares et stations où devraient être apposées ces affiches, et par des afïiches sommaires annonçant au public le dé-ôt de ces livrets et la demande en omologation des prix indiqués dans ces livrets;
- « Attendu que ce mode de publication satisfait pleinement aux exigences de la loi ;
- « Qu’en décidant le contraire l’arrêt attaqué a formellement violé les articles ci-dessus visés ;
- « Casse. »
- Audience du 31 décembre 1866.
- — M. Troplong, 'premier président.
- — M. Mercier, conseiller rapporteur. — M. Raynal, avocat-général.—MesL. Clement et Groualle, avocats.
- CHAMBRE DES REQUÊTES.
- COURS D’EAU. — RÈGLEMENT.
- L'art. 645 du Code Napoléon conférant aux Tribunaux un droit supérieur de police, on ne saurait critiquer comme constituant la violation de l'autorité de la chose jugée une décision par laquelle le juge, à raison de circonstances nouvelles, statue sur un usage de
- cours d'eau par voie de règlement antérieur.
- Rejet du pourvoi formé par M. Lemaire, contre un arrêt de la Cour impériale de Nancy, du 16 décembre 1865, rendu au profit de MM. Colin et autres.
- M. Calmètes, conseiller rapporteur; M. Paul Fabre, avocat général, concl. conf.; plaidant, MeHous-set, avocat.
- Audience du 11 mars 1867. — M. Taillandier, président.
- MAITRES ET OUVRIERS.—SALAIRES. — COMPÉTENCE.
- Les contestations entre maîtres et ouvriers, relatives aux salaires qui sont dus à ceux-ci, doivent être portées devant les Conseils des prudhommes; le Tribunal de commerce ne peut pas en être saisi directement.
- L'incompétence des Tribunaux de commerce à cet égard, étant d'or-drepublic, peut être opposée pour la première fois devant la Cour de cassation.
- Admission, en ce sens, du pourvoi formé par le sieur Schneider, contre un jugement du Tribunal de commerce de Cette, du 27 juillet 1865, rendu au profit du sieur Balestrier.
- M. Taillandier, conseiller rapporteur; M. Paul Fabre, avocat général, concl. conf,; M(’ Tambour, avocat.
- Audience du 13 mars 1867. — M. Bonjean, président.
- COUR IMPÉRIALE DE PARIS.
- INCENDIE. — MATIÈRES PREMIÈRES CONFIÉES A UN ENTREPRENEUR. — RESPONSABILITÉ. — COMPÉTENCE.
- Un entrepreneur, qui a reçu une matière première pour la travailler, est, en cas de perte de cette chose par suite d’un incen-
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- die, responsable de cette perte, à moins qu'il ne prouve qu'il n’y a eu aucune faute de sa part dans Vévénement qui a causé cette perte.
- Le Tribunal de commerce est compétent pour statuer sur la demande intentée à l'occasion de la perte de marchandises confiées pour être manufacturées.
- Le 1er août 1866, le Tribunal de commerce de la Seine avait rendu le jugement suivant :
- « Le Tribunal,
- a Sur la demande de Gelin en paiement de 4,073fr.09.;
- « Attendu que dans le courant de 1864, Gelin a remisa Guillaume, entrepreneur de sciage mécanique, une certaine quantité de bois destinés à être ouvrés, et, qu’à défaut par lui de les avoir restitués, Gelin réclame purement et simplement leur valeur ;
- « Attendu que, pour se refuser au paiement de cette demande, Guillaume prétend que son établissement industriel ayant été incendié avec les bois de Gelin qui y étaientcontenus,le26octobre!864, il est exonéré par un cas de force majeure de toute obligation de restitution envers Gelin ;
- « Mais, attendu que, sans avoir à examiner si l’accident dont ex-cipe Guillaume, peut être assimilé à un cas de force majeure, il est constant que Guillaume a reçu les bois de Gelin, et contracté l’obligation de les rendre après avoir subi les opérations pour lesquelles ils lui étaient remis; qu’à défaut par lui de faire cette restitution, il doit être tenu d’indemniser Gelin de la privation desdits bois;
- « Attendu que le Tribunal possède les éléments nécessaires pour fixer l’importance de la valeur desdits bois, laquelle sera équitablement déterminée à la somme de 4,073 fr. 09 cent, au paiement de laquelle Guillaume doit être tenu;
- « Sur la demande en dommages-intérêts de Gelin, pour privation des bois;
- « Attendu qu’il ne justifie d’aucun préjudice éprouvé autre que la perte de ses bois et que la condamnation qui va suivre sera une réparation suffisante de ce préjudice;
- « Sur les dommages-intérêts réclamés par Gelin en cas de restitution des bois;
- « Attendu qu’il résulte de ce qui précède qu’il n’y a pas lieu d’y faire droit :
- « Condamne Guillaume par toutes voies de droit, même par corps, conformément aux lois des 17 avril 1832 et 13 décembre 1848, à payer à Gelin 3,818 fr. 39 c. pour solde des causes de la demande avec intérêts suivant la loi ;
- « Déclare Gelin mal fondé dans le surplus de sa demande en dommages-intérêts, l’en déboute et condamne Guillaume aux dépens. »
- En appel, la Cour, après avoir entendu Me Péronne, avocat, dans l’intérêt de l’appelant, et Me Lepel-letier, avocat, pour l’intimé, a confirmé en ces termes la décision des premiers juges :
- « La Cour,
- « En ce qui touche la compétence;
- « Considérant qu’il s’agit dans l’espèce d’une entreprise de manufacture, Guillaume ayant pour industrie de faire travailler par ses machines ou par des ouvriers à ses gages les marchandises qui lui sont confiées, dans le but de leur donner une certaine façon et spéculant par conséquent sur le bénéfice de la main-d’œuvre; qu’il suit de là que le Tribunal de commerce était compétent ;
- « Au fond :
- « Considérant que l’ouvrier ou entrepreneur d’ouvrage, auquel une chose est remise pour être travaillée, est obligé de restituer cette chose dont il devient débiteur;
- « Considérant que, aux termes de l'art. 1302 du C. N., combiné avec l’art. 1789 du même Code, son obligation n’est éteinte par la perte de la chose qui lui est remise qu’autant que cette chose a péri sans sa faute ;
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- « Considérant que' c’est à celui qui se prétend libéré par la perte de la chose à prouver sa libération, et par conséquent à prouver que la chose n’a pas péri par sa faute ; que, dans ce cas, il ne suffit même pas au débiteur de prouver que la perte de la chose a eu lieu par cas fortuit, quand il s’agit d’un cas fortuit qui n’est pas exclusif de la faute, tel qu’un incendie; qu’il doit, de plus, prouver que sa faute est restée étrangère à l’événement qui a eu pour conséquence la perte de la chose ;
- « Considérant que Guillaume ne prouve point que l’incendie qui a éclaté dans sa scierie le 28 octobre 1864 et qui a consumé les bois qu’il avait reçus de Gelin pour être travaillés, soit arrivé sans sa faute ; que cette preuve est d’autant plus nécessaire dans l’espèce qu’il résulte du procès qu’immédiatement avant l’incendie, Guillaume a fait travaillera la forge, dans la scierie, une partie de la nuit pour remettre la machine en état de fonctionner le lendemain matin ;
- « Considérant qu’à l’appui de sa demande tendant à être admis à prouver par témoins qu’il n’a commis ni faute ni imprudence, Guillaume n’articule aucun fait précis dont la preuve puisse être ordonnée;
- « Considérant que la somme à payer par Guillaume, pour tenir lieu du bois qu’il ne peut rendre en nature, a été justement déterminée par les premiers juges à l’aide des éléments d’appréciation fournis au procès;
- « Met l’appellation au néant, et, sans s’arrêter à l’exception d’incompétence proposée par l’appelant, de laquelle il est débouté, ordonne que ce dont est appel sortira son plein et entier effet ; condamne l’appelant à l’amende et aux dépens. »
- Cinquième chambre.—Audience du 22 février 1867. — M. Massé, president.
- TRIBUNAL CIVIL DE LA SEINE.
- MAITRES ET SERVITEURS. — SALAIRE.
- — INTERPRÉTATION DE CONVENTION.
- Le 15 octobre 1865, le sieur Ba-radel est entré comme charretier ou vacher chez M. le vicomte de la Rochefoucauld, propriétaire à Beauvoir (Loir-et-Cher). Aux termes de l’engagement intervenu entre le maître et le serviteur, le premier s’est obligé à loger, nourrir et habiller le second, à lui donner 10 francs par mois et à lui payer, après deux ans et demi de service, une somme de 800 fr. Le 8 octobre 1866, le sieur Baradel a cessé de faire partie du domestique de M. le vicomte de la Rochefoucauld.
- Est-ce volontairement? Oui, selon ce dernier, qui se plaint des services du sieur Baradel et l’accuse d’avoir, de son plein gré et même assez brusquement, quitté le domaine de Beauvoir. Non, d’après le sieur Baradel, qui prétend n’avoir donné aucun sujet de mécontentement à M. le vicomte de la Rochefoucauld, et avoir été cependant congédié à la suite d’une discussion avec le régisseur de son maître, à propos d’un chien.
- Dans ces circonstances, le serviteur, qui avait régulièrement reçu ses 10 fr. par mois, n’avait-il rien de plus à réclamer à son maître ? Un débat s’est élevé à ce sujet devant M. le juge de paix du 7e arrondissement de la ville de Paris qui, à la date du 26 octobre dernier, a fait droit à la demande du sieur Baradel, et à condamné par défaut M. le vicomte de la Rochefoucauld à lui payer 320 fr. pour solde de gages. "
- Appel a été interjeté de celte sentence, par M. le vicomte de la Rochefoucauld. Mais, sur les plaidoiries de Me Guerrier, avocat de l’appelant, et de Me Pinvert, avocat de l’intimé, la cinquième chambre du Tribunal civil de la Seine a rendu le jugement suivant :
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- « Le Tribunal,
- « Attendu que Baradel a assigné de la Rochefoucauld devant M. le juge de paix pour avoir paiement d’une somme de 320 fr. pour solde de ses gages ; que cette demande a été accueillie par jugement de défaut en date du 26 octobre 1866 ;
- « Attendu que de la Rochefoucauld a interjeté appel dudit jugement; qu’il fonde son appel sur ce qu’il ne doit rien à son domestique;
- « Qu’il est, en effet, convenu avec Baradel, comme avec ses autres gens de service, qu’il serait logé, nourri et habillé, et recevrait dix francs par mois, et que, s’il restait deux ans et demi à son service, il lui serait compté, à l’expiration de ce terme, une somme de huit cents francs;
- « Que de la Rochefoucauld prétend que cette somme n’est pas le produit de retenues opérées sur un gage fixe et déterminé par an, mais une gratification qui n’est acquise au serviteur qu’autant que celui-ci est resté chez lui pendant les trente mois, durée de son engagement;
- « Que Baradel ayant été un mauvais ouvrier et ayant quitté son service brusquement et volontairement au mois d’octobre 1866, quand son engagement ne cessait qu’en mars 1868, il n’a aucun droit à tout ou partie de la somme de 800 francs ; que c’est donc à tort que, par le jugement précité, il a été alloué à Baradel, sur ces 800 fr., une somme proportionnée au temps de son service;
- « Attendu que, tout en reconnaissant les avantages réciproques que les parties peuvent retirer d’une pareille convention, on ne peut admettre que la somme de 800 fr. soit une pure gratification au serviteur seulement après les trente mois expirés ;
- « Qu’en effet, s’il en était ainsi, absolument et sans distinction aucune, le serviteur, à la veille même de toucher cette récompense ^ de ses bons services, devrait en être privé par la volonté du maître qui
- le renverrait, ou pour toute autre cause étrangère à sa volonté qui ferait cesser le louage ;
- « Qu’une pareille conséquence, qui blesse les règles de la justice et de l’équité, est évidemment contraire à l’esprit de la convention aussi bien qu’à l’intention des parties, d’où il suit qu'à moins d’une faute imputable au serviteur, la portion de la somme de 800 fr. promise, afférente au temps qu’il a passé chez le maître doit lui être remise, puisque ce n’est d’ailleurs qu’en raison de la perception de cette somme au terme fixé de ses services qu’il avait accepté de les rendre à un prix mensuel certainement inférieur à ce qu’il devrait être ;
- « Attendu que de la Rochefoucauld ne prouve pas que la conduite de Baradel l’ait mis dans la nécessité de le renvoyer ou que Baradel ait volontairement quitté son service ; qu’il n’offre même pas de faire la preuve des griefs qu’il allègue dans ses conclusions;
- « Par ces motifs ;
- « Reçoit de la Rochefoucauld appelant du jugement par défaut du 26 octobre 1866 ;
- « Dit qu’il a été bien jugé, mal appelé, ordonne que ledit j ugement sortira effet, et condamne de la Rochefoucauld à l’amende et aux dépens. »
- Cinquième chambre.—Audience du 20 mars 1867.—M. de Ponton-d’Amécourt, président.
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- COUR DE CASSATION.
- Chambre criminelle.
- BREVET D’INVENTION. — COMBINAISON DE PLUSIEURS ÉLÉMENTS. — EMPLOI D’UN SEUL.—NON-CONTREFAÇON. — SYSTÈME DE CHAUDIÈRES. — MANOMÈTRE. — APPRÉCIATION.
- Lorsqu'un brevet n'est valablement pris que par une combinaison d'éléments, qu’un arrêt déclare
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- être isolément dans le domaine public, l'usage d’un seul de ces éléments ne saurait constituer un fait de contrefaçon.
- Il en est surtout ainsi lorsque l’emploi qu’en fait leprétendu contrefacteur est différent de celui qu’en fait le breveté.
- Spécialement, l’usage du manomètre, comme élément d'un système breveté de chaudières pour la préparation des conserves alimentaires, ne saurait être critiqué lorsque cet instrument est appliqué à un système de chaudières différent; alors surtout que, dans le premier système, il sert à régler d'une manière précise et régulière le degré de concentration au calorique, tandis que, dans le second, il sert seulement pour avoir une idée générale et approximative de la chaleur.
- Les appréciations faites par les juges du fait sur cette différence d'emploi sont souveraines et ne sauraient être critiquées devant la Cour de cassation.
- Rejet du pourvoi formé par le sieur Chevallier-Appert contre un arrêt de la Cour impériale d'Orléans, du 25 juillet 1866, rendu au profit du sieur Gravier.
- M. Barbier, conseiller rapporteur; M. Bédarrides, avocat général, concl. conf.; plaidants, Mus Dareste et J. Bozérian, avocats.
- Audience du 8 mars 1867. — M. Vaïsse, président.
- CONTREFAÇON. — COUR IMPÉRIALE. — COMPÉTENCE. — NOUVEAUTÉ D’OBJET DU BREVET. — REJET DES ANTÉRIORITÉS.— CERTIFICAT d’aD-DITION.
- Sont souveraines les déclarations des Cours impériales sur le mérite des brevets d’invention, pris pour l'application nouvelle de moyens connus, à l'effet d'obtenir un résultat industriel nouveau.
- Lorsqu'une Cour impériale a reconnu la nouveauté de Vobjet
- d’un brevet, cette déclaration emporte nécessairement le rejet de toutes les antériorités opposées à ce brevet.
- Le prévenu de contrefaçon, poursuivi pour atteinte tant au brevet principal qu’au certificat d'addition, ne peut pas opposer à la poursuite une antériorité qui s'appliquerait au certificat d'addition, lorsqu’il est constaté que ce certificat n'est qu’un perfectionnement du brevet primitif, et que la contrefaçon portait sur l'ensemble de la fabrication brevetée.
- Rejet du pourvoi formé par les sieurs Schmoll et Ebeling, contre un arrêt de la Cour impériale de Paris, du 16 août 1866, rendu au profit du sieur Wyns.
- M. Barbier, conseiller rapporteur ; M. Bédarrides, avocat général, concl. conf.; plaidants, Me Groualle pour les demandeurs, et Me Beauvois-Devaux pour le défendeur.
- Audience du 22 mars 1867. — M. Vaïsse, président.
- COALITION. — ATTEINTE A LA LIBERTÉ DU TRAVAIL. — MENACES.
- Le délit d’atteinte à la liberté du travail substitué par la loi du 25 mai 1864 à l’ancien délit de coalition puni par l’art. 414 du Code pénal, n'existe qu'autant que des menaces, des violences ou voies de fait, ou des manœuvres frauduleuses sont relevées à la charge des prévenus ; mais les menaces dont il s’agit résultent de tout moyen d'intimidation employé à l'égard des patrons ou ouvriers pour amener ou mainte-nir la cessation de travail, et les menaces « d’interdiction de travail » rentrent par conséquent dans celles qui peuvent constituer le délit. L’art. 414 nouveau, en parlant des menaces, n'a pas entendu se référer aux art. 305 à 308 du Code pénal qui punissent
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- seulement les menaces de voies de fait.
- Rejet, après délibéré dans la chambre du conseil, du pourvoi de MM. Miaulle et consorts, contre un arrêt de la Cour impériale d’Amiens, du 20 décembre 1866, qui les a condamnés à la peine de l'emprisonnement pour atteinte à la liberté du travail par menaces.
- M. du Bodan, conseiller rapporteur ; M. Bédarrides, avocat général, concl. conf.; plaidant, Me Hé-rold.
- Audiences des 4 et 8 avril 1867. — M. Vaïsse, président.
- BREVET D’iNVENTION. — EMPLOI DE MOYENS CONNUS. — APPLICATION NOUVELLE. — ÉTENDUE DE L’iN-VENTION. — RÉSUMÉ DU MÉMOIRE DESCRIPTIF. —ANTÉRIORITÉ.
- L’emploi plus utile de moyens antérieurement connus dans une même industrie ne constitue pas une application nouvelle de moyens connus brevetable dans le sens de l'art. 2 de la loi du 8 juillet 1844.
- Lorsqu'un breveté a déclaré dans le résumé de son mémoire descriptif qu'il entendait breveter d’une façon générale la fabrication d’un outil [dans l'espèce des fers à tuyaliter et à plisser) par la soudure des diverses pièces dont il se compose, il ne peut se prétendre valablement breveté pour la place précise que cette soudure occupe sur le dessin joint au mémoire.
- Son brevet est donc nul si, au moment où il a été pris, il était d’un usage général de réunir ces diverses pièces au moyen d'une soudure placée tantôt à un point, tantôt à un autre.
- Cassation, après délibéré, sur le
- pourvoi des époux Hénon-Thomas, d’un arrêt de la Cour impériale de Metz, du 16 août 1866, rendu au profit du sieur Rainol, liquidateur de la Société Hénon frères.
- M. Meynard de Franc, conseiller rapporteur; M. Gharrins, avocat général, concl. conf.; plaidant, Me J. Bozérian, avocat.
- Audience du 27 avril 1867. — M. Vaïsse, président.
- JURIDICTION ADMINISTRATIVE.
- CONSEIL DE PRÉFECTURE
- DE LA SEINE.
- CONTRIBUTIONS DIRECTES. —PATENTES. — ARTISTE PEINTRE JOIGNANT AUX TRAVAUX DE SON ART DES TRAVAUX INDUSTRIELS. — PEINTURE SUR VERRE ET EN DÉCORATION.
- Il y a lieu d’imposer h la patente de septième classe, comme exerçant la profession de peintre sur verre et en décoration, l’artiste peintre qui ne se borne pas à vern dre les produits de son art, mais qui entreprend à ses risques et périls, et en se faisant aider par des ouvriers, l’exécution soit de peintures murales et de dessins pour vitraux, soit de vitraux peints. Si les premiers travaux appartiennent à l’art proprement dit, les seconds qui consistent en de simples décors, et dans la fabrication et la pose de vitraux et qui nécessitent le concours d’ouvriers, donnent lieu à une taxe de patente comme constituant un travail d'industrie.
- Ainsi jugé, par arrêté du 23 février, sur la réclamation du sieur Steinheil.
- M. Marguerie, rapporteur; M. Pastoureau, commissaire du gouvernement.
- Séance du 23 février 1867. — M. Dieu, président.
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- TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE NUMÉRO.
- AK1S CHIMIQUES.
- Pages.
- Emploi du plomb et du zinc dans le procédé Bessemer. W. Baker. 561 Spectre de la flamme du four. A.
- Lielegg...........................563
- Produits du pétrole..................564
- Sur l’azote contenu dans l’acier et la fonte, et sur la nature du carbone dans l’acier trempé et non
- trempé. L. Rinman.................565
- Sur le four de ressuage au gaz de
- M. Lundin. C. Schitiz.............567
- Méthode d’extraction des scories
- cuprifères. C. Aubel..............569
- Sur la précipitation du cuivre des eaux de cémentation par voie galvanique. A. Paiera.................572
- Sur la formation du cinabre par la
- voie humide. H. Fleck.............573
- Fabrication des creusets de chaux pour hautes températures. D. Forbes.............................575
- Appareil pour concentrer et évaporer les lessives. A. Svmn. . . 576 Sur les moyens d’utiliser les résidus de la fabrication de la fuchsine et la régénération de l’acide
- arsénique. R. Brinmeyr...........578
- Dosage du tannin dans les écorces.
- F. Schulze.......................580
- Structure et constitution des fibres
- ligneuses. Payen...............582
- Fabrication du gaz d’éclairage avec les déchets de laine des filatures.
- Liebau.........................585
- Sur les applications industrielles de la résine acaroïde ou xantho-
- rhoea..........................586
- Fabrication du charbon poreux plastique..............................588
- Nouveaux générateurs de froid. Ed.
- Carré..........................590
- Sur l’osokérite. R. Hoffmann. . . . 591
- Sur la vinification. AJ. Perret. . . 592
- Teinture en rouge du bois, du cuir, des os, de la corne, de la soie, de
- la laine, etc. C. Pusher.......593
- Moyen de produire des températures élevées......................591
- Coton-poudre comprimé.............594
- Préparation de l’argent pur. . . . 594
- ARTS MÉCANIQUES.
- Moulage de la fonte et de l’acier. J.
- Whitworth........................595
- Appareil pour le peignage -de la
- laine. A. Prouvost...............597
- Sur les machines à raboter rond. . 598 Machine à vapeur rotative sur un nouveau principe. W. Hollin-
- ghausen........................ 600
- Nouveau moteur à vapeur. Girard. 601
- Description du moteur à pression
- Pages.
- d’eau de M. Ramsbottom etCie. G.
- Delabar........................603
- Etude sur le tracé des roues hydrauliques à aubes courbes. Di-
- dion...........................606
- Sur une nouvelle machine électromagnétique et la détermination de l’effet utile et des frais d’exploitation de ces sortes de machines en général. A. De IValtenho-
- fen........................... . 609
- Etudes théoriques et pratiques sur l’écoulement et le mouvement des
- eaux. Ph. Gauchler...............612
- Excavateur de Hunter................613
- JURISPRUDENCE.
- JURIDICTION CIVILE.
- Cour de Cassation. — Chambre cÀvile. Chemins de fer. — Modifications aux tarifs. — Affiches par avis sommaires et dépôt de livrets. — Régularité............................617
- Cour de cassation.— Chambre des requêtes.
- Cours d’eau. — Règlement............618
- Maîtres et ouvriers. — Salaires. — Compétence..........................618
- Cour impériale de Paris. Incendie. — Matières premières confiées à un entrepreneur. — Responsabilité. — Compétence.. . . 618
- Tribunal civil de la Seine.
- Maîtres et serviteurs. — Salaire. — Interprétation de convention. . . 620
- JURIDICTION CRIMINELLE.
- Cour de cassation. — Chambre criminelle. Brevet d’invention. — Combinaison de plusieurs éléments. — Emploi d'un seul. — Non-contrefaçon. — Système de chaudières. — Manomètre. — Appréciation...............621
- Contrefaçon. — Cour impériale. — Compétence. — Nouveauté d’objet du brevet. — Rejet des antériorités. — Certificat d’addition. 622 Coalition.— Atteinte à la liberté du
- travail. — Menaces...............622
- Brevet d’invention. — Emploi des moyens connus. — Application nouvelle. — Etendue de l’invention. — Résumé du Mémoire descriptif. — Antériorité...........623
- JURIDICTION ADMINISTRATIVE.
- Conseil de préfecture de la Seine. Contributions directes. — Patentes.
- — Artiste peintre joignant aux travaux de son art des travaux industriels. — Peinture sur verre et en décoration...............623
- BAR-SUR-SEINE. — 1MP, SAILLARD.
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- Le Teehnoloaiste
- Imprimerie /foret, rite Jlaute/etulle îi./foris.
- PI. 555.
- hd. Laurent se
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- ou
- ARCHIVES DES PROGRÈS
- DE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE R ÉTRANGÈRE
- O
- La Table des XX premières années du Technologiste, dont la publication a été retardée jusqu’à ce jour par des causes indépendantes de notre volonté, paraîtra avec le 1er numéro de la XXIXe année (octobre 1807). Nous profitons do cette occasion pour rappeler à nos lecteurs que les abonnés à la Collection complète ou ceux qui en auront fait l’acquisition, recevront gratuitement ce volume, et que les abonnés à la 29e année pourront l’acquérir au prix de 5 francs, qu’ils devront joindre au montant de leur renouvellement.
- ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- Appareil à laver et sécher la laine.
- Par MM. J. et A. M’Naugiit.
- La figure 1, pl. 336, est une section sur la longueur de l’appareil à laver les laines ou autres matières filamenteuses.
- La figure 2 est un plan de cet appareil.
- a, fig. 1 et 2, cuve avec un faux-fond b soutenu sur des appuis et percé de petits trous à peu de distance de l’extrémité c; d, arbre porté sur des supports dans la cuve, et sur lequel sont fixés les propulseurs e, e; f, tamis ou crible en tôle dans une position inclinée sur lequel la laine est remontée par le râteau g sur les petits cylindres h, h qui la livrent aux cylindres essoreurs i,i.
- a1, fig. 3, 4 et 5, bâti en bois auquel sont fixées les dents ou griffes b\b* pour accrocher et entraîner la laine en avant; c\c\ poupées établies sur ce bâti et
- entre lesquelles circulent les manivelles A, k pour lui imprimer le mouvement; d\dl, liteaux sur ce bâti au moyen desquels celui-ci est soutenu pendant qu’il glisse sur les tasseaux m,m, ce qui l’empêche de descendre trop bas dans le tamis ou le crible f, dans lequel il fonctionne de manière à empêcher ses dents ou griffes b1, b1 de porter sur le fond de celui-ci.
- La laine ou autre matière sur laquelle on opère est jetée dans la cuve a sur le faux-fond b avec la quantité nécessaire de liquide. Alors l’arbre d, étant mis en mouvement par la poulie /, fait tourner les propulseurs e, e qui présentent une courbure et une disposition telles que tout en lavant la laine, ils la font avancer et l’amènent au pied du tamis ou crible incliné f.
- Le râteau remonteur g se meut d’arrière en avant dans le crible f au moyen des manivelles A, A qui font tourner des roues 1,1 commandées par la roue m calée sur
- 40
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Septembre 1867,
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- l’arbre n\ sur l’extrémité de cet arbre est établie la poulie o que met en jeu une courroie passant sur une poulie p enfilée sur l’arbre q que fait tourner la poulie r.
- Ce râteau-remonteur g est relevé par les boutons de manivelle s, s qui entrent dans les fentes t,tde poupées et descendu vers les propulseurs au moment où les boutons ont franchi leur plus grande levée, puis à mesure que ceux-ci continuent à tourner, ils abaissent le râteau sur les tasseaux u,u et en passant entre les joues des poupées c^c1, ils font remonter ce râteau le long du plan incliné du crible, de façon que la laine est entraînée en avant et qu’une certaine portion est enfin jetée sur les cylindres /t, h qui tournent tous dans la même direction, c’est-à-dire vers les cylindres essoreurs î, i au moyen des petites roues v, v qu’on voit dans les figures 1 et 2 qui sont mises en mouvement par la poulie w commandée elle-même par une courroie passant sur la poulie x calée sur l’arbre q. Cet arbre q communique aussi le mouvement aux cylindres essoreurs i, i à l’aide d’un pignon et d’une roue et commande egalement le batteur y.
- Ce batteur y tourne avec une grande rapidité, en ouvrant et rejetant la laine dans la partie postérieure de la machine, à mesure que la livrent les cylindres essoreurs. L’eau, exprimée de cette laine pendant qu’elle passe entre ces cylindres, tombe dans une auge 2, puis de là par une gouttière %' coule dans la cuve a, où en arrivant sous le faux-fond b, elle est chaulfée, puis dans cet état remonte à travers la plaque percée en c où elle se trouve de nouveau soumise à l’action des propulseurs.
- Les perfectionnements apportés dans le mode de dessiccation de la laine consistent dans l’emploi d’une série de cylindres se mouvant tous dans le même sens par l’entremise de roues dentées droites ou d’angle ou autres organes mécaniques. Les périphéries de
- ces cylindres sont en tôle percée de trous ou en toile métallique. A l’extrémité opposée à celle où sont disposés les engrenages ou organes moteurs est attaché à chaque cylindre un tube pourvu d’une buse qui fait saillie à leur intérieur. C’est par ces tubes qu’on refoule de l’air chaud qui, s’élançant par les buses dans l’intérieur des cylindres, s’en échappe à travers les trous de la tôle ou les mailles de la toile métallique.
- Sous ces cylindres sécheurs est disposée une plaque ou plate-forme cannelée et la laine ou autre matière fibreuse étalée sur ces cylindres, est entraînée pendant qu’elle est soumise à l’action de l’air chaud qui lui enlève toute son humidité, à mesure qu’elle circule avec eux. Ces cylindres peuvent être disposés dans un même plan horizontal ou par rangs les uns sur les autres, de manière à pouvoir entraîner les matières en arrière et en avant ou à leur permettre de tomber du rang supérieur sur celui ou ceux inférieurs.
- Vert d’aniline.
- Par MM. J.-A. Wanklyn et A. Paraf.
- Un mélange à parties égales de rosaniline, d’esprit de bois et d’iodéthyle ou d’iodepropyle, est chauffé pendant 3 à 4 heures dans un vase fermé ou sous pression, à une température de 110 à 115° C. Après le refroidissement, le produit est bouilli dans 4 à 5 fois son poids d’eau à laquelle on a ajouté 1 pour 100 de carbonate de soude, puis on décante ou on filtre. La liqueur décantée ou filtrée est colorée en vert et renferme une petite quantité de la nouvelle matière colorante en dissolution.
- Le résidu qui est resté sur le filtre est le violet de Hofmann ; il est de nouveau lavé avec l’eau à laquelle on a ajouté de la potasse
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- ou de la soude caustiques, puis, après la dessiccation, chauffé de nouveau avec parties égales d’esprit de bois et d’iodéthyle ou d’io-depropyle, pendant 3 à 4 heures dans un vase fermé jusqu’à la température de 110 à 115°, et lavé de nouveau à l’eau chaude renfermant 1 pour 100 de carbonate de soude. Ile cette façon, on obtient une plus forte quantité de la matière colorante verte, tandis qu’il ne reste sans se dissoudre qu’un peu de violet de Hofmann qui n’a pas été transformé.
- Ce résidu est de nouveau lavé avec de l’eau sodée, séché et traité encore une fois par l’esprit de bois, l’iodéthyle ou l’iodepropyle. Après un lavage à l’eau contenant 1 pour 100 de carbonate de soude, il reste à peine du violet de Hofmann qui n’ait pas été transformé et qu’on peut traiter une quatrième fois de la manière décrite.
- Toutes les dissolutions de carbonate de soude qui renferment la matière colorante verte, réunies, peuvent être concentrées et employées comme les autres couleurs d’aniline à la teinture et à l’impression.
- Les auteurs ne disent pas si le nouveau vert peut être obtenu en cristaux. Il paraîtrait que sous le rapport de l’éclat et la beauté de la nuance et surtout à la lumière artificielle, il surpasserait de beaucoup le vert d’aniline obtenu avec l’aldéhyde, mais qu’il aurait l’inconvénient grave d’éprouver promptement des changements à la lumière solaire. D’ailleurs, comme pour sa préparation, on a besoin relativement d’une grande quantité d’iode, il est dans tous les cas d’un prix plus élevé, et par conséquent ne recevra probablement que des applications bornées.
- Note sur la présence et la formation du sucre cristallisable dans
- les tubercules de THelianthus tu-
- berosus.
- Par M. Dubrunfaut.
- Nos connaissances sur le mode de formation du sucre et des autres hydrates de carbone sont fort incomplètes, et il serait à désirer que de nouvelles études et de nouvelles observations vinssent éclairer cette question importante de physiologie végétale.
- Les observations que nous allons présenter aujourd’hui datent d’une dizaine d’années; nous avons différé de les publier, parce que nous espérions pouvoir les compléter par de nouvelles recherches ; mais le loisir nous ayant manqué, nous prenons le parti de les faire connaître dans l’état informe où elles se trouvent.
- Les tubercules de YHelianthus tuberosus, vulgairement connus sous le nom de topinambours, ont été, dès l’année 1824, l’objet de recherches faites par deux chimistes éminents, MM. Payen et Braconnot. Les résultats principaux de ces recherches, qui sont restés acquis à la science, sont que les topinambours renfermeraient une grande proportion de sucre incris-tallisable (0,14 à 0,19) et une portion variable d’inuline. M. Payen a fait, en outre, cette remarque importante : que le suc de topinambours, soumis à la fermentation alcoolique dans les conditions où il l’a examiné, lui a donné l’énorme quantité de 8 à 9 centièmes d’alcool. Ce fait ne s’est pas justifié dans les établissements de distilleries, où l’on a tenté de mettre en pratique la distillation directe des topinambours. Dans ces conditions, on a observé que les topinambours, travaillés en septembre ou octobre, fermentent et donnent fort peu d’alcool à la distillation ; on a observé en outre que, vers la fin de l’hiver, les topinambours conservés fournissent un suc très-fermentes-
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- cible et fort propre par là même à la fabrication économique de l’alcool. Ces faits pouvaient faire pressentir que les tubercules subissaient, dans leur constitution chimique, sous l’influence du temps, des modifications qui sollicitaient un nouvel examen. Tel a été le point de départ de nos recherches, et notre note sur l’inuline qui a été publiée (le Technologiste, t. 17, p. 587) a eu pour but, en précisant et en complétant nos connaissances sur cette intéressante substance, de servir de préambule aux travaux que nous préparions sur les topinambours. Voici les résultats sommaires auxquels nous étions arrivé.
- Lesuc des topinambours récoltés en septembre a un pouvoir rotatoire énergique à gauche, et il subit une fermentation alcoolique incomplète sous la seule influence du ferment de bière. Abandonné à lui-même, il se prend en masse caillebottée, et le précipité pulvérulent qui s’est formé est de l’inu-line bien caractérisée. Le suc, séparé de ce précipité et traité par l’alcool, donne un nouveau précipité d’inuline. Le même liquide, ainsi séparé de l’inuline pulvérulente et observé optiquement, accuse la neutralité, et il subit la fermentation alcoolique sous l’influence du ferment de bière, sans cesser de conserver la neutralité optique.
- Les mêmes tubercules, récoltés en mars ou avril, donnent un suc qui possède un pouvoir rotatoire à droite. Il ne donne plus de précipité d’inuline, ni spontanément, ni à l’aide de l’alcool, et, en le soumettant à la fermentation alcoolique, il la subit d’une manière profonde et fournit à la distillation une quantité d’alcool qui justifie l’observation faite par M. Paven en 1824 (1).
- Le même suc, concentré et traité
- (1) Si l’on voulait distiller utilement en toutes saisons les tubercules de topinambours, et surtout en automne, il faudrait leur faire subir une saccharification préa-
- par l’alcool à haut titre (92 ou 93 degrés) jusqu’à refus de dissolution, fournit deux produits, savoir : 1° un solutum alcoolique; 2° un précipité gommeux insoluble dans l’alcool, mais entièrement soluble dans l’eau.
- Ce dernier produit, dissous dans l’eau et observé optiquement, est neutre, et il subit la fermentation alcoolique sans perdre sa neutralité optique.
- Le solutum alcoolique séparé de l’alcool a un pouvoir rotatoire énergique à droite; il subit l’inversion à la manière du sucre de canne, sous l’influence des acides ou du ferment de bière ; il subit très-bien la fermentation alcoolique, et le produit sucré interverti a un pouvoir rotatoire variable avec la température. Malgré ces propriétés caractéristiques du sucre de canne, le solutum en question, amené à l’état sirupeux, n'a pu donner de cristaux. En traitant ce sirop par la baryte, il donne un précipité de sucrate insoluble bien caractérisé, et ce sucrate, traité par l’acide carbonique, fournit une dissolution qui, concentrée, donne une belle cristallisation de sucre decannepur.
- Le traitement barytique, appliqué au suc normal des tubercules récoltés en avril, ne peut produire de sucrate. Le même traitement, appliqué au solutum alcoolique des tubercules récoltés en septembre, ne donne ni sucre ni sucrate.
- Les tubercules récoltés entre les mois de septembre et avril, participent à des propriétés différentes que nous venons d’énumérer, suivant l’époque de la récolte.
- Ces faits fournissent un nouvel exemple de l’utilité des propriétés optiques, considérées comme moyen d’investigation dans les recherches de chimie organique, et justifient l'insistance de M. Biot à les faire adopter. En effet, nous
- labié par les acides. Si, au contraire, il s’agissait d’une fabrication d’inuline, il faudrait n’opérer que sur des tubercules récoltés en septembre ou octobre.
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- avons pu constater dans les tubercules de topinambours, une proportion de sucre cristallisable qui s’est élevée jusqu’à 5 ou 6 centièmes, et ce sucre eût échappé à nos moyens d’analyse, comme il avait échappé à tous les observateurs, si la certitude des indications optiques n’avait justifié et encouragé la persévérance de nos recherches.
- Les mêmes faits nous paraissent établir d’une manière certaine que l’inuline produite en abondance pendant la première végétation, subit ultérieurement des modifications qui la transforment en deux autres produits isomères, savoir : le sucre cristallisable de la canne, et un sucre incristallisable optiquement neutre, analogue à celui qu’on retrouve dans la fermentation du sucre interverti. L’organisme végétal produirait-il synthétiquement dans ces conditions le sucre de canne, avec les composés organiques que nos méthodes d’analyse produisent par dissociation dans le procédé d’inversion?
- Description d’une disposition pour décharger mécaniquement les cylindres à refroidir dans les appareils à revivifier les noirs d’os.
- Par M. Eug. Langen, de Cologne.
- Le noir ou charbon d’os en grain est employé, comme tout le monde sait, dans la fabrication du sucre à purifier et à clarifier les jus, opération qui s’exécute en faisant passer ces jus à travers des couches épaisses de ce noir,cequiapour résultat de débarrasser ces solutions de sucre des impuretés qu’elles renfermaient et qui restent dans ce noir. Par suite de ces opérations, le noir est dépouillé peu à peu et de plus en plus de ses propriétés purifiantes, ou, comme on dit, de sa force, et pour lui restituer celle-ci, et le faire servir de nouveau, on
- est obligé de temps à autre de le débarrasser des matières qu’il a retenues. C’est à quoi l’on parvient au mieux et de la manière la plus complète en le calcinant à l’abri du contact de l’air.
- Pour que cette calcination soit aussi parfaite qu’il est possible, il est indispensable que toutes les particules de noir soient pendant un même temps soumises à un même degré de chaleur, et en outre ce n’est que lorsqu’elles sont entièrement refroidies qu’on peut les exposer de nouveau au contact de l’air.
- La calcination des noirs d’os s’opère à peu près généralement dans des cylindres chauffés par les produits gazeux de la combustion dans un foyer. Aux extrémités de ces cylindres à calciner sont placés les cylindres à refroidir dans lesquels la température du noir calciné s’abaisse suffisamment pour qu’on puisse sans crainte l’exposer au contact de l’air. L’évacuation du noir des cylindres de calcination dans ceux à refroidir s’est toujours opérée jusqu’à présent par les soins d’un ouvrier qui de temps en temps ouvre des registres donnant issue dans les cylindres à refroidir dans lesquels il laisse précipiter la quantité de noir qu’il considère comme suffisamment calciné et prêt à resservir.
- Cette disposition présente le grave inconvénient que le séjour au noir dans les cylindres à calcination et dans ceux à refroidir, c’est-à-dire le procédé à peu près tout entier de la revivification, dépend dans ses plus importants détails de la volonté ou du caprice de l’ouvrier. Ecarter ces inconvénients et opérer l’évacuation dans les cylindres refroidisseurs par un mécanisme automatique facile à régulariser, tel est le but de la nouvelle invention qu’on va décrire.
- Cette invention est, dans tous les cas, indépendante de la construction particulière du four à revivification, et pour en rendre la dis-
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- position et le mode d’action plus faciles à comprendre, nous l’avons fait représenter combinée avec un four de ce genre du modèle de ceux le plus généralement en usage actuellement.
- La figure 6, pl. 336, représente une portion d’un système consistant en quatre fours accolés les uns aux autres. Chacun de ces quatre fours renferme 18 cylindres verticaux à calciner A, A, A, exposés de a en b aux produits gazeux et brûlants de la combustion dans des foyers disposés sur les côtés. Les extrémités inférieures des cylindres à calciner sont, au moyen de manchons en fonte, assemblées sur les cylindres à refroidir B, B, B, à section rectangulaire. Ces derniers cylindres reposent dans le bas sur une plaque
- C, G en fonte encastrée dans la maçonnerie du four.
- Les figures 7 et 8 représentent pour un seul de ces fours, et sur une plus grande échelle, les pièces qui constituent la disposition nouvelle. La figure 7 est une section sur la longueur, et la figure 8, une section transversale par les extrémités inférieures des 18 cylindres à refroidir B, B d’un seul de ces fours. Ces cylindres, comme on l’a dit, reposent sur la plaque en fonte C,C qui, sur sa lace supérieure, est pourvue d’ouvertures
- D, D avec rebords saillants venus de fonte, dans lesquelles pénètre et s’ajuste chaque cylindre à refroidir.
- Sur sa face inférieure, cette plaque C, C est pourvue dans le sens de sa longueur de huit cloisons ou nervures c, c venues de fonte formant au-dessous d’elles sept canaux ouverts. Ces canaux sont recoupés à angle droit par les cloisons transversales d, d appliquées sur le bord des ouvertures D,D, de manière à former autant de chambres ou compartiments particuliers
- E, E dont chacun, par conséquent, est en communication par l’une des ouvertures D avec l’un des cylindres à refroidir. Les cloisons
- ou nervures c et d s’aperçoivent aisément dans les figures 7, 8 et 9, cette dernière figure étant une vue de la face supérieure de la plaque
- C, C.
- A une distance de 20 millimètres environ au-dessous des cloisons c et d de la plaque C, C est une seconde plaque en fonte F, F dont on voit la face supérieure ou le plan dans la figure 10. Cette plaque F, F repose sur quatre roues G, G roulant sur tourillons portées par des supports pendants H, H vissés sur la plaque C,C. De cette manière, la plaque F,F peut glisser d’une certaine étendue dans un sens confine dans l’autre dans la direction de la longueur et sous la plaque C, C.
- La plaque F,F, ainsi que le représente en particulier la figure 10, est percée de 18 ouvertures J, J dont chacune se trouve placée au-dessous de l’un des compartiments E,E formés par les cloisons c et d.
- Nous allons maintenant expliquer le mode d’action de cette partie de l’appareil.
- Lorsque les cylindres à refroidir sont remplis de noir d’os calciné, ce noir descend par les ouvertures
- D, D percées dans la plaque C, G et se dépose sur la plaque F, F, de façon que ces compartiments ou chambres E, E s’en remplissent en partie, ainsi qu’on le voit distinctement dans la figure 7. Si maintenant on fait mouvoir d’une petite étendue et de droite à gauche (fig. 7) cette plaque F, F, la masse de noir qui repose sur elle dans chacune des chambres E,E ne participe pas à ce mouvement; mais pendant qu’il s’exécute, il s’écoule du nouveau noir des cylindres à refroidir sur cette plaque. Lors donc que cette même plaque est ramenée de la gauche à la droite de la même étendue qu’on lui avait d’abord fait parcourir, les cloisons transversales d,d s’opposent il ce que le noir qui repose sur cette plaque prenne part à ce mouvement de retour. A chaque mouvement en
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- avant de la plaque, la quantité du noir qui se trouve dans les chambres E,E augmente donc dans une certaine proportion qui dépendra de la grandeur de la section de ces chambres E,E et du chemin que parcourra la plaque F,F. La conséquence de ces mouvements est ue la face convexe k, k des masses e noir accumulée dans ces chambres, marche peu à peu en avant jusqu’à ce qu’enfin,lors d’un mouvement de retour de la gauche à la droite de la plaque F, F, une portion de ce noir arrive au-dessus des orifices J, J qui y sont pratiqués, par lesquels elle est précipitée pour être reçue dans un réservoir commun L qui fait partie de chacun des fours. Une fois que l’écoulement du noir a commencé dans ces chambres ou mieux dans les cylindres à refroidir, il se renouvelle à chaque aller avec retour de la plaque F, F, ce qui décharge chaque fois une certaine quantité de ce noir de chaque four.
- Il reste à expliquer comment s’opère le mouvement régulier de va-et-vient de la plaque F, F. Les plaques des quatre fours sont toutes commandées par une bielle l sur laquelle sont arrêtées les carènes m, m venues de fonte sous ces plaques. Il suffit donc de faire mouvoir une de ces bielles pour ue les quatre appareils de vi-ange opèrent de la manière décrite.
- On a fait choix comme organe moteur de ces bielles l d’une petite machine à colonne d’eau K qui est alimentée par un de ces réservoirs placés à un niveau supérieur qu’on trouve dans la plupart des fabriques. Ce moteur paraît particulièrement avantageux pour ce genre de travail, parce qu’il exerce sur les bielles une force à fort peu près constante, et comme la résistance que les plaques F, F opposent à ce mouvement alternatif est aussi presque toujours la même, celles-ci doivent prendre un mouvement à peu de chose près uniforme dont la vi-
- tesse peut être réglée très-aisément.
- L’appareil qu’on vient de décrire remplit donc parfaitement le but, à savoir : d’évacuer le noir d’os des cylindres à refroidir d’une manière mécanique et régulière.
- Structure et constitution des fibres ligneuses.
- Par M. Payen.
- (Suite.)
- Ces faits, reproduits manufac-turièrement à l’aide de moyens nouveaux, se trouvent en parfaite concordance avec les déductions organograpbiques présentées par M. Brongniart à la suite de recherches auxquelles nous nous étions livrés ensemble. L’examen au microscope, en soumettant à divers réactifs des tranches très-minces soit transversales, soit longitudinales, de bois, tant dans leur état naturel qu’après les avoir dépouillées des matières autres que la cellulose, nous avait fait voir que « l’épaississement intérieur de chaque utricule est composé en même temps de cellulose et de nouvelles substances ligneuses qui sont mêlées avec elles, de sorte qu’après avoir dissous et enlevé ces substances, les parois des utricules ligneuses ne sont pas réduites à une membrane extérieure mince, mais présentent au contraire une couche intérieure gonflée et comme spongieuse de cellulose, bien distincte par cet aspect de la zone externe, plus solide et très-bien limitée, qui correspond à la membrane primitive de ces utricules. »
- C’est précisément cette membrane de cellulose que l’on parvient aujourd’hui à extraire pure par plusieurs procédés industriels.
- Déjà, M. Pelouze, en 1859, après avoir fait connaître une modification isomérique de la cellulose, constatait que l’eau acidulée par
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- les acides chlorhydrique, sulfurique, etc., agit sur la cellulose normale plus ou moins pure, et, à l’aide d’une ébullition prolongée, la transforme en glucose (4).
- Mais, ce qui caractérise nettement, je crois, le procédé de MM. Bachet et Machard, c’est que, tout en saccharifiant une partie des incrustations, ils ménagent, autant qu’ils le peuvent, la cellulose constituant les membranes primitives et parviennent à l’extraire, soit légèrement brunie par des matières colorantes étrangères, soit blanche et pure, propre à la fabrication de différentes sortes de papier.
- Je vais indiquer sommairement comment s’effectue la saccharification de la cellulose spongieuse et l’épuration de la cellulose résistante dans plusieurs usines (distillerie de Saint-Tripon, papeterie de Bex, en Suisse, et papeterie de Vizille [Isère]).
- Une grande cuve, contenant 8,000 litres d’eau et 800 kilog. d’acide chlorhydrique ordinaire, reçoit 200 kilogrammes de rondelles de sapin; un courant de vapeur porte le liquide à l’ébullition, que l’on soutient pendant douze heures; la' solution acide est soutirée, puis saturée aux 99 centièmes par le carbonate de chaux. Le chlorure de calcium formé ne s’oppose pas à la fermentation alcoolique, excitée d’ail-
- (1) On se r endra très-facilement compte de ces dispositions anatomiques, si on les compare à la structure remarquable des noyaux des fruits de Celtis : dans ces noyaux n’existent pas les incrustations ligneuses qui donnent une dureté si grande à tous les noyaux des fruits dits à noyau, jusqu’alors examinés ; elles sont remplacées par des concrétions de carbonates de chaux et de magnésie qui leur procurent une dureté plus grande encore ; de telle sorte, qu’à l’état normal, les fruits de Celtis ébréchent les lames en acier, tandis qu’après l’action d’un acide étendu qui a dissous avec effervescence les carbonates minéraux, la trame de cellulose se montre souple, tout en conservant les formes primitives des noyaux ; elle peut alors être entamée et découpée au rasoir sans la moindre difficulté.
- leurs à la température de 22 à 25 degrés par une addition de levure. On obtient par la distillation une quantité d’alcool en rapport avec la glucose produite.
- On soumet le résidu ligneux au lavage méthodique, h un écrasage sous une meule en grès et au défi-lage avec lavage h la pile ; un lé-vigateur débarrasse de quelques agglomérations la pâte que l’on fait égoutter et presser; on obtient ainsi une pâte grisâtre convenable pour fabriquer le papier dit de pliage.
- Si l’on veut obtenir un produit blanc, il faut soumettre cette substance au chlore gazeux, puis aux lessivages alcalins et lavages complets. On achève le blanchiment en môme temps que la division mécanique, â l’aide de l’hypochlo-rite de chaux agissant dans une pile affmeuse. Un stère de bois donne 100 à 120 kilogrammes de cellulose fibreuse légèrement teinte en brun-roux; le dernier blanchiment par l’hypochlorite de chaux seul ou légèrement acidulé occasionne une déperdition d’environ 30 pour 100.
- La cause principale des déperditions variables qui se manifestent pendant le traitement chimique du bois et de la paille, en vue d’en extraire la cellulose fibreuse, tient à la réaction du chlore ou de l’acide hypochloreux, réaction qu’il est très-difficile de limiter aux matières colorantes et autres substances étrangères; en effet, lorsque les doses des réactifs décolorants sont trop fortes ou que la température s’élève, la cellulose elle-même est attaquée, éprouve une véritable combustion au sein du liquide; elle subit dans ce cas une transformation partielle ou totale en eau et acide carbonique. On peut heureusement amoindrir ces déperditions en ménageant les doses du chlore et prévenant l’élévation de la température, sauf à prolonger la durée du contact.
- Conclusions. — 1° On voit que l’industrie nouvelle des succédanés
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- des fibres textiles présente à divers titres un grand intérêt. Elle permettra de subvenir aux développements progressifs de la consommation du papier, consommation qui, elle-même, suit l’impulsion heureuse donnée à l’instruction générale.
- 2° Au point de vue scientifique, elle vient démontrer, par une production totale de la matière première du papier, que la cellulose extraite pure de différentes origines et même des fibres ligneuses plus ou moins incrustées est chimiquement identique.
- 3° Que la cellulose spongieuse, moins aggrégée, formant la trame des incrustations ligneuses, peut être enlevée aux utricules primitives par les acides, qui la transforment en glucose susceptible d’éprouver la fermentation alcoolique.
- 4° Qu'ainsi l’on peut obtenir du bois de diverses essences forestières un double produit : de l’alcool et des membranes de cellulose assez résistantes, flexibles et pures pour entrer jusqu’en proportion de 80 centièmes dans la composition des papiers de toute nature, y compris les plus blancs.
- 5° Au point de vue agricole, cette vaste démonstration expérimentale n’offre pas moins d’intérêt, car elle signale un nouveau débouché pour les produits des plantations de conifères qui, de leur côté, peuvent assurer l’assainissement et la mise en valeur de landes incultes occupant encore d’immenses surfaces dans notre pays (1).
- (1) En signalant autrefois, par des expériences nombreuses et des observations au microscope, les différents états de cellulose, montrant qu’elle constitue les utricules primitives des fibres ligneuses et la trame des substances incrustantes complexes épaississant par degrés les parois internes de ces fibres, je ne pouvais espérer lever immédiatement certains doutes qui ont effectivement persisté chez quelques personnes.
- Mais aujourd’hui, qu’à l’aide de ces données de laboratoire réalisées en grand, on parvient sans peine à extraire des
- Nouveau ciment magnésien.
- Par M. Sorel.
- Ce ciment est fondé sur le principe du ciment k l'oxychlorure de zinc que j’ai fait connaître en 1835 (le Technologiste, t. 17, p. 250). C’est un oxychlorure de magnésium basique et hydraté.
- On forme ce ciment en gâchant de la magnésie avec une solution de chlorure de magnésium plus ou moins concentré ; le ciment est d’autant plus dur que la solution est plus dense. Dans la plupart des cas, j’emploie du chlorure marquant de 20 à 30 degrés à l’aréomètre de Baumé.
- On peut, dans le nouveau ciment, remplacer en tout ou en partie le chlorure de magnésium par plusieurs chlorures ou sels ayant pour base des métaux compris dans les trois premières sections de la classification de Thénard.
- Ce ciment magnésien est le plus blanc et le plus dur de tous les ciments; il se moule comme le plâtre. On obtient des objets moulés qui ont la dureté et la couleur du marbre, en mélangeant avec ce ciment des matières convenables. Ce ciment pouvant prendre toutes les couleurs, je l’emploie à former des mosaïques du plus bel effet, des imitations d’ivoire, des billes de billard, etc.
- Le nouveau ciment possède au plus haut degré la propriété agglu-
- fibres ligneuses une partie de la cellulose intacte, conservant la structure primitive et entrant chaque jour, en raison même de ces formes originelles, dans la fabrication du papier, le doute sur ce point ne semble plus permis.
- C’est encore ainsi qu’il m’a fallu presque tous les ans trouver de nouvelles méthodes d’expérimentation pour parvenir à faire exactement apprécier le rôle de la diastase et de plusieurs autres agents dans les transformations multiples des granules féculents; pour mettre en évidence et faire admettre sans plus d’objections les termes de la cohésion croissante de l’intérieur à la périphérie dans chacune des couches concentriques qui constituent la masse globuleuse de ces granules.
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- tinative, ce qui permet de former des masses solides à des prix peu élevés, en agglomérant dans de grandes proportions des matières de peu de valeur; une partie de magnésie peut agglomérer, de manière à former des blocs durs, plus de 20 parties de sable, de calcaire ou autres matières inertes, tandis que les chaux et ciments ordinaires ne peuvent agglomérer que 2 ou 3 fois de matières étrangères.
- Au moyen des matières agglomérées, on pourra bâtir là où les matériaux de construction manquent. Pour cela, il suffira de transporter, s’il ne s’en trouve pas sur les lieux, de la magnésie et du chlorure de magnésium et avec cela du sable, des galets et autres matières plus ou moins dures se trouvant sur place ou dans le voisinage; on moulera d’excellents matériaux de construction qui représenteront des pierres de taille.
- Voici une autre application du nouveau ciment qui est très-importante et qui a une sanction de près de deux années d’expérience; c’est son emploi au durcissement des murs en calcaires tendres et des plâtres. Pour cela, on emploie le ciment à l’état très-fluide et composé spécialement pour cet objet et on l’applique au moyen d’une brosse, comme si c’était un badigeon ordinaire.
- Le ciment magnésien qui résiste à l’action de l’eau peut être obtenu à très-bas prix, surtout en employant de la magnésie extraite des eaux-mères des salines, soit par le procédé de M. Balard au moyen duquel on obtient en même temps de la magnésie et de l’acide
- chlorhydrique, soit en décomposant les eaux-mères, formées en grande partie de chlorure de magnésium au moyen de la chaux vive; de là résulte une double décomposition qui produit de la magnésie et du chlorure de calcium. J’emploie les eaux-mères à 20 degrés et je mets moins d’un équivalent de chaux pour un équivalent de chlorure de magnésium, afm qu’il ne reste pas de chaux indécomposée et qu’il reste du chlorure de magnésium dans l’eau-mère. J’obtiens par ce procédé, outre de la magnésie hydratée qu’il faut calciner, du chlorure de calcium contenant une certaine quantité de chlorure de magnésium. Ce mélange ou chlorure double étant en grande quantité, j’ai cherché à en tirer parti et trouvé qu’en y ajoutant un peu de magnésie et d’autres matières en poudre, telles que de la craie ou de la chaux, on en formait un excellent badigeon très-adhérent et qui durcit la surface des murs sur lesquels on l’applique. On peut aussi employer ce liquide avec la magnésie pour former un ciment.
- On voit que par ces procédés, on donne une valeur à des choses qui n’en n’ont pas et qu’ils procureront à l’industrie une nouvelle matière première et des éléments dont une grande partie ne proviendra pas de la partie solide du globe, mais de l’eau de la mer qui est inépuisable. La matière première du nouveau ciment ne manquera donc jamais, il n’en est pas de même pour les carrières et les mines qui diminuent chaque jour et finiront certainement par s'épuiser complètement.
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- ARTS MÉCANIQUES.
- Appareil à sécher la laine.
- Par M. E. Semper, ingénieur civil.
- Ce n’est guère que dans ces derniers temps qu’on a fait des tentatives sérieuses pour introduire des réformes dans le mode de séchage des laines et remplacer les anciens modes de travail à la main, par des dispositions mécaniques et un mode d’opérer plus rationnel. Cependant, le séchage est sans nul doute une subdivision des plus importantes du travail des laines et des tissus de laine, et exerce une influence tellement décisive sur la bonté et la beauté des produits fabriqués qu’on a droit de s’étonner que l’attention des filateurs, des fabricants de tissus de laine et des praticiens ne se soit pas appliquée plus tôt à apporter des améliorations remarquables dans les appareils à sécher cette matière. Pendant que toutes les opérations pour le travail de la laine sont exécutées sérialement aujourd’hui par des appareils ou des machines, le séchage de la laine est resté une opération lente et imparfaite à laquelle il faut réserver un grand emplacement, et y entretenir un chauffage dispendieux. D’ailleurs, un fait qui n’a pas pu échapper aux fabricants, c’est que la disposition imparfaite pour sécher les laines est très-fréquemment une cause de pertes assez sensibles. Si, en effet, la laine n’est pas séchée d’une manière uniforme, le loup et après lui la carde ne peuvent plus en séparer suffisamment les impuretés et la poussière, et par conséquent il n’est plus possible d’obtenir un fil net et brillant, tandis que si la laine est séchée outre mesure, sa douceur et son élasticité sont compromises, le brin devient cassant, elle perd de son poids et ne four-
- nit en fin de compte qu’un produit sec et dur.
- Dans la construction d’un appareil à sécher la laine, il y a avant tout deux problèmes à résoudre :
- 1° Il s’agit d’abord d’opérer le séchage par un appareil dans lequel on puisse faire l’emploi le plus avantageux ou le plus économique de la chaleur développée et en même temps d’établir une ventilation appropriée qui favorise la dessiccation ; appareil qui dès lors est en mesure de produire beaucoup sous le plus faible volume possible, qui, sans une trop grande dépense de force, remplace le travail manuel par des dispositions mécaniques et dont enfin la structure permet de l’établir dans toute salle de travail.
- 2° Le séchage de la laine par cet appareil doit s’opérer d’une manière en rapport avec la nature de la laine et ne pas lui être préjudiciable.
- L’expérience a démontré qu’une température de 100 à 112° G. n’exerce aucun effet nuisible sur la laine tant qu’elle est humide; ainsi on peut porter, par exemple, la laine à la température de l’ébullition de l’eau, sans que cela nuise à son élasticité et à sa douceur. Une laine sèche ou à peu près sèche est au contraire surséchée par une température de 40 à 50°. Il faut donc faire attention, quand on fait sécher cette substance, que tant qu’elle est encore à l’état numide, elle soit exposée à l’action la plus énergique de la chaleur pour en chasser le plus d’eau possible, mais qu’à mesure qu’elle se dessèche, la température devienne de plus en plus modérée. De plus, il faut veiller qu’il y ait un renouvellement proportionné de l’air dans la chambre à dessiccation pour rafraîchir la laine, entraîner les vapeurs humi-
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- des et favoriser ainsi l’évaporation de l’eau. Enfin, il faut établir dans cette chambre à dessiccation même des différences de températures, afin de pouvoir introduire mécaniquement la laine humide dans les points de plus haute température, puis, à mesure qu'elle se dessèche, la faire passer dans une atmosphère de moins en moins chaude, et enfin la faire sortir de l’appareil. Cette manière de procéder suppose déjà un travail continu de l’appareil et par conséquent un rendement régulier et un travail donné. La laine humide doit donc entrer dans l’appareil d'une manière continue, y circuler et le quitter à l’état sec.
- Dans l’appareil qu’on va décrire on a tenu compte de toutes ces conditions.
- La figure 11, pi. 336, représente cet appareil à secher la laine, en coupe sur la longueur suivant la ligne A B, fig.
- La figure 12 est une section suivant la ligne C, D, fig. 11.
- La figure 13, une section horizontale par la ligne brisée E, F, fig. 11, où l’on a supprimé les tuyaux de chauffage.
- La chambre chaude ou capacité de l’appareil qui est chauffée est entourée d’un bâti en fer et de panneaux de même métal. Ceux-ci, à une distance de 10 à 12 centimètres, sont à leur tour environnés d’une seconde enveloppe en bois qui s’oppose au rayonnement de la chaleur, et par conséquent permet de monter l’appareil dans une salle ou un atelier quelconque. Aux deux extrémités de cette chambre se trouvent des portes doublées intérieurement de tôle afin de pouvoir nettoyer l’appareil à l’intérieur.
- Les tuyaux de chauffage a, a sont des tubes étirés en fer doux, d’un diamètre extérieur de 30 millimètres, qui s’étendent en serpentant depuis le haut jusqu’au bas de l’appareil, et qui se trouvent suspendus sur ses côtés au moyen de barres de fer rondes a1. Il est facile du reste d’avoir accès aux assemblages b de ces tuyaux pour les
- visiter ainsi que les parties latérales de l’appareil. Dans le haut, à l’origine des serpentins, et dans le bas à leur terminaison, il existe sur la longueur de l’appareil des supports qui soutiennent des tuyaux principaux G, G‘ dans lesquels embouchent et débouchent tous les serpentins. Le tuyau principal supérieur G reçoit directement la vapeur sous une certaine pression d’une chaudière à vapeur et la distribue également dans tous les serpentins, dont l’eau de condensation s’écoule dans le bas dans le tuyau principal G1, et de celui-ci par un appareil de purge de Schàifer et Budenberg, qui retient la vapeur et ne laisse évacuer que l’eau, de façon qu’il y a constamment dans les tuyaux de la vapeur sous pression qui produit promptement un développement de chaleur intense.
- D’après les principes de la physique, la plus forte chaleur, par suite de la disposition des tuyaux de chauffage, tend à s’élever vers le haut et à s’accumuler dans la partie supérieure de l’appareil, tandis que dans le bas il doit régner une température moins élevée; cette différence de température est d’ailleurs favorisée par le mode de disposition de la ventilation. Sur l’appareil est disposé un aspirateur H qui, par les deux tuyaux J et J’ qui débouchent dans le plafond de la chambre chaude, aspire l’air humide et la rejette dans l’atmosphère par le tuyau
- Sur le plancher de cette chambre chaude, et distribués surla longueur, on a percé des trous d’air c, c par lesquels arrive l’air frais. Le nombre de tuyaux de chauffage, la grandeur et la vitesse de la rotation de l’aspirateur, et enfin le nombre et le diamètre des trous d’appel d’air, se règlent d’après la
- (1) Dans les établissements mus par l’eau, cet air chaud et humide peut avec avantage être conduit dans le canal pour dégeler en hiver la roue hydraulique ou recevoir quelque autre application.
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- capacité de rendement qu’on veut donner à la machine et le volume qu’elle occupe.
- L’appareil décrit dans cette note fournit en douze heures de travail 400 kilogrammes de laine sèche ; une laine humide, traitée préalablement par une machine centrifuge, contient encore 35 pour 100 environ d’eau, et dans ce cas on en chasse donc encore 140 kilogr. par jour ou 11 kilog. 500 par heure, c’est-à-dire qu’il faut en évaporer et en évacuer cette quantité. Il existe dans la machine 13 serpentins chacun de 14 mètres de développement, en tout 182 mètres de tuyaux courants de 30 millimètres de diamètre extérieur; ces tuyaux présentent ainsi une surface totale de 13 mètres carrés, ce qui veut dire qu’il faut à peu près 15 mètres de cours de tuyaux ou 1 mètre carré 10 pour évaporer par heure 1 kil. d’eau, ce qui paraît suffire, lorsque la vapeur arrive directement de la chaudière sous une pression de deux atmosphères. Quant à l’aspirateur, il fait environ 1200 tours par minute.
- La température, dans la partie inférieure de la capacité intérieure de l’appareil, celle où la laine sèche abandonne en K1 celui-ci, est environ de 20° G., tandis que dans celle supérieure, où la laine humide est introduite en K, elle s’élève de 68° à 70°. Les corbeilles chargées de laine humide, introduites en K entre les serpentins, sont déplacées de temps à autre ou à des intervalles, ettoujoursamenées dans un étage plus bas, puis quittent la chambre chaude en K1 avec la laine sèche. La laine qu’il s’agit de sécher se présente donc de tous côtés aux tuyaux chauffeurs, de façon que la chaleur rayonnante de ceux-ci est utilisée sans perte sensible.
- Les corbeilles, fig. 14, sont construites en fer d’angle léger, fortifiées dans les angles par des équerres rivées et recouvertes de treillages en fer. Au milieu des deux petits côtés des châssis qui doivent
- se placer le long des grandes parois de l’appareil, elles portent des tourillons d qui, comme on l’expliquera plus loin, pénètrent dans les chaînons correspondants d’une chaîne ; en outre, les grands côtés de ces corbeilles, au moins sur les angles, sont pourvus de pièces arrondies e, au moyen desquelles celles-ci glissent sur les segments de guide n.
- Voici actuellement quelles sont les dispositions mécaniques pour faire marcher les corbeilles à des-'siccation.
- Sur les deux grands côtés internes de l’appareil, sont disposées des chaînes /’, /', dont on a représenté un fragment grossi dans la figure 15. Ces chaînes sont établies en lames de fer feuillard, assemblées par des rivets avec rouleaux pouvant se mouvoir aisément. Chaque douzième chaînon g de cette chaîne est en fonte et porte un trou rond g' dans lequel s’insère le tourillon d de la corbeille fig. 14. La distance entre ces chaînons percés est, entre eux, de 0m.65, etpar conséquent l’appareil peut admettre en môme temps autant de corbeilles que la chaîne a de fois 12 chaînons ou de chaînons en fonte percés d’un trou. L’appareil représenté peut en contenir 40. Les corbeilles, au moyen de ces tourillons insérés dans les chaînons solides ou massifs de la chaîne, sont donc forcées de suivre le mouvement de celle-ci en môme temps qu’elles peuvent tourner sur leur tourillon, toutes les fois que rien n’y forme obstacle.
- Les deux chaînes qui courent parallèlement empruntent leur mouvement à un arbre L’ sur lequel est calé un cône de poulies L ; aux deux extrémités de cet arbre, sont des vis sans fin ù, filetées l’une à droite, l’autre à gauche, qui engrènent dans une roue hélicoïde h', calée sur l’arbre i; sur ce dernier arbre i, sont calées des roues coniques,/ qui transmettent le mouvement à des roues de môme forme i* et par l’entremise de celles-ci et au moyen des bouts d’arbre ï\ ferme-
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- ment arrêtés sur ces derniers, le transmettent aux poulies de chaîne k placées à leur extrémité opposée et sur les parois internes de l’appareil. Ces bouts d’arbre ïA sont maintenus dans des boîtesi4, vissées sur le bâti.
- Ces poulies de chaîne sont à douze subdivisions qui correspondent àdeslongueurs déterminées de chaînes et par conséquent présentent, pour recevoir les douze chaînons massifs, une entaille convenable. Les poulies k et 4”, fig. 16, servent à faire marcher la chaîne et se meuvent avec elle ; celles 4” reposent sur des tourillons oblongs qui, ici, où le bâti de l’appareil s’élargit de la distance des tourillons de corbeille d, permet, suivant la largeur du bâti, de les rapprocher ou de les éloigner l'une de l’autre, afin de pouvoir en ce point enlever les corbeilles de la chaîne pour les nettoyer et les rétablir ensuite sur cette chaîne; mais en marche ordinaire, ces corbeilles ne quittent pas la chaîne. Les vis v qui tournent dans les écrous de calage servent à faire marcher en avant les boîtes g, disposées dans des rainures du bâti, afin de pouvoir tendre les chaînes.
- Le cône de poulies L a pour objet, en déplaçant la courroie, de ralentir ou d’accélérer la marche de la chaîne et des corbeilles à travers la chambre chaude de l’appareil. En marche moyenne, l’arbre L’ fait 62 tours par minute, et par conséquent les roues hélicoïdes h’ qui ont 52 dents et qui sont menées de droite et de gauche parles vis sans fin /«., font un tour par minute. Il en résulte que les poulies de chaîne k font aussi un tour par minute, et que 12 chaînons et une longueur de corbeilles correspondante par minute passent dans l’appareil, et enfin que les 40 corbeilles contenues dans cet appareil le traversent en 40 minutes.
- Chaque corbeille est chargée d’un poids de 500 grammes environ de lame sèche, il faut donc qu’il passe à travers l’appareil 60 cor-
- beilles par heure chargées de 30 à 35 kilogr. de laine, pour que celui-ci puisse fournir par jour 400 kilogrammes environ de laine sèche. Mais comme toutes les laines, en supposant une même température dans la chambre chaude, ne sèchent pas avec la même rapidité, et que les laines fines, légères et ouvertes sèchent au contraire plus promptement que celles qui sont lourdes, grossières et feutrées, on peut, en déplaçant la courroie sur le cône de poulies L, régler la marche des corbeilles, la ralentir ou l’accélérer à volonté.
- Quand on n’a à sécher qu’une petite quantité de laine, on peut faire circuler l’appareil plus lentement, et ainsi économiser de la vapeur; la laine, par un séjour plus prolongé dans l’appareil, sèche également bien à basse température.
- Voici quelle est la marche des corbeilles :
- Ces corbeilles qui, vers K, ont une position horizontale, maintiennent cette position pendant qu’elles glissent sur les tringles de guide m, m\ jusqu’à ce qu’elles viennent japper par leur bord arrondi e contre l’angle n. Cet angle n, ainsi que celui n\ obligent alors ces corbeilles, pendant que leurs tourillons de rotation passent devant les poulies déchaînés, à effectuer un mouvement plongeant, puis à revenir à leur position horizontale. Ces mouvements se répètent aussi souvent qu’il y a d’etages dans l’appareil.
- Une corbeille est-elle arrivée en K, elle est contrainte par le ressort o de prendre une position verticale et par conséquent à se décharger de la laine qu’elle contenait. Cette position verticale persiste jusqu’à ce qu’elle vienne frapper les ressorts o qui la rétablissent dans sa première position horizontale en K, où on la charge de nouveau de laine.
- Mécanisme moteur. — Un arbre moteur principal met en mouvement un premier engrenage avec système de poulies fixe et folle à
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- raison de 52 tours par minute. Cet arbre est en rapport avec le cône de poulies qui met l’appareil en marche. Quant au ventilateur de Lloyd, qui doit faire 1200 tours par minute, c’est un engrenage intermédiaire qui sert à lui transmettre cette vitesse.
- Par l’introduction des appareils à laver la laine, et par l’invention de celui à la sécher, il devient possible d’organiser un système d’ap-Pareils à désuinter, laver et sécher les laines, procédant d’une manière continue, qu’on peut faire fonctionner avec une faible dépense de force, où la laine n’est pas foulée, et avec économie de sacs, de corbeilles. La transformation de la laine brute en laine sèche et prête à subir les travaux préparatoires à la filature, exige à peine' deux heures ; les travaux se suivent sans interruption dans leur marche, en fournissant un produit bien uniforme et en rapport avec la nature et la qualité de la laine. C’est dans cet ensemble harmonieux et avantageux des appareils propres à chaque opération, que réside le principal mérite de l’appareil à sécher la laine qu’on vient de décrire.
- Nouvelle machine à raboter.
- Par M. J. Todd.
- Les machines h raboter qui chaque jour rendent de si grands services dans l’art des constructions n’ont pas, depuis leur première introduction dans les ateliers, cessé d’être l’objet d’études et de tentatives pour en perfectionner le travail, ou pour donner plus de rapidité à celui-ci, tout en lui conservant sa bonne exécution. Toutes ces tentatives, comme du reste toutes celles qui ont été appliquées aux autres machines-outils, n’ont pas toujours été couronnées de succès, et après s’être flatté qu’on avait apporté une amélioration réelle et définitive à ces intéres-
- santes machines, on a été obligé de revenir en arrière, puis de reprendre les perfectionnements à nouveaux frais et de marcher ainsi, comme dans beaucoup d’autres opérations des arts, de tâtonnements en tâtonnements jusqu’à ce qu’en-fin la somme des connaissances acquises, ou un praticien habile, soient venus mettre le sceau à cette invention.
- Pour justifier ce que nous venons d’avancer, il nous suffira de mentionner les machines à raboter qui, parle renversement de l’outil, fonctionnent dans l’une et dans l’autre direction, c’est-à-dire où l’outil rabote, coupe ou enlève un copeau de métal tant à l’aller qu’au retour de la table ou plate-forme. Assurément, cette idée d’un mécanisme à double effet était heureuse, puisqu’il n’y avait plus de perte de temps au retour et que l’outil, pendant presque toute la durée du mouvement dans un sens ou dans l’autre, exécutait un travail utile. Cependant, ces machines à raboter à double effet par renversement de l’outil faisant volte-face, n’ont pas tardé à présenter des inconvénients qui ont donné à réfléchir aux constructeurs.
- Le grand défaut de toutes les machines à raboter dans les deux sens, construites sur le système du renversement de l’outil, consiste en ce qu’au bout de très-peu de temps de service, les ajustements de la boîte d’outil sont tellement usés et fatigués par ce travail, que cet outil n’a plus la fermeté nécessaire, qu’il vacille, ballotte et prend du jeu à un degré tel qu’il devient à peu près impossible d’obtenir un trait net et une coupure vive par ce moyen, de manière que, dans tous les cas où il s’agit d’un travail de bonne qualité et d’un beau fini, on s’est vu forcé d’en revenir aux machines qui ne rabotent que dans une seule direction.
- Il est évident qu’avec les machines à raboter à simple effet, le mouvement de va et vient s’opère avec la même vitesse tant à l’aller qu’au
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- retour, la moitié du temps nécessaire pour compléter un travail donné est perdu entièrement, du moins en ce qui concerne l’effet mécanique de l’outil, puisque la table de rabotage, à vide et sans effet utile, revient simplement reprendre sa place primitive pour la course suivante
- Il est vrai qu’on a cherché dans les machines à simple effet, à remédier à cet état de choses en disposant de diverses manières ingénieuses le mécanisme du mouvement de retour, c’est-à-dire en abrégeant le temps pendant lequel s’exécute le retour sans travail et le réduisant au tiers de ce qu’il est lorsqu’il s’opère dans la meme durée de temps que l’aller, mais on a fait judicieusement remarquer que par ces dispositions on faisait encore une assez grande perte de temps, et que, d’après le principe de l’équivalence mécanique du travail exécuté et de la force dépensée pour cette exécution, on n’ob-tenait aucun avantage, même en abrégeant la période de retour de la course ; car la plus grande dépense de combustible et de vapeur nécessaire pour augmenter la vitesse de la table, balance exactement le bénéfice du temps, ou est une dépense additionnelle qu’on peut opposer à la diminution du temps occupé au travail.
- Ajoutez à cela que le mécanisme qui opère cette course accélérée et amène un retour plus rapide, devient plus compliqué, et qu’il y a fatigue et usure plus considérables, et on conviendra que les avantages de ce retour accéléré sont à peu près illusoires.
- S’il peut y avoir réellement une économie, il devient donc évident qu’elle ne peut guère provenir que de la diminution du salaire qu’on paie aux ouvriers, diminution qui doit correspondre à celle du temps employé pour exécuter un travail donné.
- Ainsi, sous quelque point de vue u’on envisage la question de la ifterence dans les résultats entre
- une machine à vitesse uniforme et constante à l’aller et au retour, et une machine à mouvement de retour accéléré, on aperçoit aisément ue cette question se borne à une ifference correspondante dans le montant des salaires qu’il s’agit de payer, et tout le monde conviendra que cette différence est représentée par une fraction excessivement petite du total des frais auxquels entraîne le travail d’une pièce donnée, et par conséquent qu’elle mérite à peine d’être prise en considération.
- Pour surmonter les difficultés que présente le problème mécanique du mode de construction des deux classes de machines à raboter à simple et à double effet, M. Fox, de Derby a proposé un modèle de machine de ce genre que nous avons décrit dans le tome 26, p.90, du Technologiste et représenté dans les figures 22 et 23 de la pl. 302.
- Dans la machine de M. Fox, les montants sont boulonnés à peu rès au milieu de la longueur du anc. Ces montants ont du reste, comme on peut le voir dans la description indiquée ci-dessus, une forme qui diffère de celle qui avait été adoptée jusque là, et au fait, c’était une nécessité résultant de la nature même de la construction de la machine, mais aussi la cause de défauts graves. Ces montants ne consistent en réalité qu’en deux coulisses verticales, parallèles et rectangulaires, arrêtées sur le banc sur chacune des faces desquelles, et transversalement au banc, est établi un coulisseau pour le char-riot de la boîte d’outil, de façon que la machine porte des outils distincts dans une boîte ou plusieurs boîtes séparées, une ou plusieurs pour la course en aller ou de dégrossissage, et une ou plusieurs pour la course en retour ou de finissage. La machine se trouve donc pourvue en tout de quatre boîtes, de manière qu’on peut à volonté employer, suivant qu’on le juge à propos, deux outils pour dégrossir et deux outils pour finir, ou un seul de chaque espèce.
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- Ces dispositions ont pu paraître heureuses, mais dans le fait la machine est entachée, comme on l’a dit, de deux défauts extrêmement graves.
- Le premier de ces défauts est dû h sa structure même, et résulte de ce qu’il y a impossibilité de rendre les montants parfaitement rigides à raison de leur forme, à moins de leur donner une très-grande largeur sur le plat ou dans le sens de la longueur de la machine.
- Ce défaut en introduit donc un autre qui consiste dans la distance à laquelle les boîtes d’outils se trouvent placées l’une par rapport à l’autre, d’où l’on voit qu’on est obligé de parcourir une bien plus grande longueur de banc pour atteindre le tranchant des outils et avant de commencer chaque course, longueur de banc qui doit être aussi parcourue à la même vitesse que celle du travail.
- M. J. Todd paraît avoir évité ces défauts dans la machine dont nous allons présenter une description sommaire. Dans cette machine, il n’y a pas non plus de temps perdu par la table revenant à vide, chose, du reste, qui n’est pas nouvelle puisqu’on a, depuis longtemps, adopté le système des outils à renversement de M. Withworth, et la boîte h mouvement alternatif avec outils dégrossisseurs et outils finisseurs placés dos à dos, ceux dégrossisseurs étant légèrement en avance latéralement sur ceux finisseurs.
- La figure 17,pl. 336, est une vue en élévation de côté de la machine à raboter de M. Todd.
- La figure 18 est le plan de celle machine.
- La figure 19, une section verticale transverse par les montants.
- La figure 20, une élévation par l’une des extrémités où l’on voit le mécanisme moteur et les poulies.
- En jetant les veux sur ces figures, il est facile de voir que le banc est pourvu d’un couple additionnel de montants, que les faces de ces deux couples sont parallèles les
- Le Technologiste. T. XXVIII. — Septe
- unes aux autres, et que ces montants sont placés entre eux à une distance suffisante seulement pour permettre k l’ouvrier d’introduire une. clé k écrous, afin d’ajuster les vis de calage de l’outil.
- Il est évident que cette disposition permet de fixer d’une manière parfaitement rigide tant les outils dégrossisseurs que les outils finisseurs, et cela d’une manière tout à fait indépendante les uns des autres, aussi bien que de régler la distance entre eux la plus petite qu’on peut, de façon qu’il ne soit plus possible qu’un outil ballotte et qu’il y ait de temps perdu, pour que la table ail un certain espace k parcourir avant de commencer sa course en retour, si ce n’est une distance fort courte entre les pointes des burins.
- Les deux couples de montants reçoivent d’ailleurs un nouveau degré de rigidité par les entretoises enfer qui les unissent l’un à l’autre dans le haut, et les jambes de force qui les étayent.
- Les coulisseaux du mouvement transversal et les porte-outils sont relevés ou abaissés k la manière ordinaire, et sur chacun de ces coulisseaux, suivant la grandeur de la machine, on peut monter un ou plusieurs charriots et autant de boîtes d’outils.
- Les deux coulisseaux etles outils euvent opérer simultanément ou ien on peut ne faire fonctionner, dans un moment, que l’un d’eux, attendu que la table est manœuvrée par un engrenage qui produit un mouvement uniforme quand on rabote dans les deux directions, et un trait k mouvement lent avec retour accéléré quand on ne fait usage que d’un seul coulisseau pour raboter des articles de peu de longueur ou d’un profil compliqué, ae la même manière qu’avec une machine k raboter ordinaire.
- Les petites machines avec table mise en mouvement par une crémaillère et un pignon ont leurs poulies mobiles au centre ou près du centre du banc, mais les grandes
- bre 1867. 41
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- machines qui sont aussi commandées par une crémaillère et un pignon portent leurs poulies motrices derrière les montants, à moitié chemin environ entre le centre et l’extrémité du banc, afin de laisser un espace suffisant de chaque côté de la machine. Quant à toutes les machines avec labiés commandées par des vis, elles ont leurs poulies motrices A1 A2 et leurs engrenages disposés comme on le voit dans les figures.
- Chacune de ces machines à raboter peut avoir de un à quatre char-riots et autant de porte-outils opérant automatiquement et placés verticalement en S, T sur les faces des montants, et par la description qu’on vient de lire, il est évident qu’avec un seul charriot et un seul burin en action sur chaque coulisseau et aussi un seul charriot et un seul burin en activité sur chacun des montants S, T, trois outils coupent alternativement à chaque course aller ou retour de la table ; une série de trois de ces outils creuse les traits de dégrossissage et une série de trois autres les traits finisseurs, et tous ces traits fort rapprochés les uns des autres de façon que trois des côtés d’une pièce carrée peuvent être rabotés et terminés par les outils passant une fois dessus.
- Dans bon nombre d’opérations on peut armer les coulisseaux d’un certain nombre de charriots et de porte-outils, quand on veut exécuter un travail de rabotage sur une grande surface horizontale, travail où le dégrossissage et le finissage s’exécutent par le passage une seule fois sous les burins.
- Quel que soit le nombre des outils qu’on emploie dans ces machines, tous reposent et coupent en s’appuyant sur de solides bute-ments, de façon que le travail ne peut manquer d’être de la meilleure qualité.
- Y. D.
- Sur une nouvelle machine électromagnétique et la détermination de l'effet utile et des frais d'exploitation de ces soldes de machines en général.
- Par M. le professeur A. de Wâltenhofen.
- (Suite.)
- Il est évident, d’après le tableau des expériences qui a été donné précédemment, que dans toutes les machines électro-magnétiques, l’effet utile paraît plus ou moins dépendant de la vitesse, dépendance qui, par des motifs théoriques, doit toujours avoir lieu, et sur laquelle nous ne croyons pas devoir nous étendre davantage.
- La vitesse la plus avantageuse dans le cas présent, paraît avoir été celle où le volant a fait 2 1/2 tours par seconde. Avec cette vitesse, l’effet utile a atteint 25 pour 100 et, par conséquent, a été comparativement 8 fois plus considérable qu’avec les meilleures machines de ce genre construites jusqu’à présent. Avec des vitesses plus grandes, on voit descendre cet effet jusqu’à 15 pour 100 ; à des vitesses encore plus grandes, il y a de nouveau augmentation jusqu’à 21 pour 100, et, chose remarquable, ce second maximum de l’effet utile se manifeste à une vitesse (5 tours) qui est exactement le double de celle où a eu lieu le premier maximum de cet effet. Puis ces effets décroissent de nouveau, du moins jusqu’au terme des expériences, mais pas au-dessous de 15 pour 100, ce qui est encore cinq fois le travail des meilleures machines électro-magnétiques connues. Ce n’est que lorsque les mouvements sont très-lents, au-dessous de 2 tours par seconde, qu’on observe les plus petits effets utiles qui, à mesure que le mouvement se ralentit, présentent un décroissement rapide, tandis que la vitesse angulaire du volant manifeste une inégalité périodique qui ne permet plus de prendre d’une manière
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- sûre, des mesures avec le frein de Prony, ce qui a rendu nécessaire, comme on l’a fait pour l’appareil de Stôhrer, d’avoir recours à la méthode de la charge directe au moyen de la suspension d’un poids. J’ai donc cru devoir cesser des expériences entreprises dans des circonstances aussi peu favorables, d’autant mieux que la machine, par suite de sa disposition intérieure, n’est pas calculée pour des vitesses aussi faibles. Je me bornerai donc à formuler cette observation, que même dans les effets utiles les plus réduits que la machine ait présentés, il n’y en a pas un seul aussi faible que le maximum de 3 pour 100 qu’atteignent les meilleures machines électromagnétiques connues.
- L’effet utile moyen avec les vitesses comprises entre celles extrêmes de 2 à 6 tours par seconde, dépasse 18 et atteint presque 19 pour 100, et est, par conséquent, au moins six fois celui des machines les plus capables de ce genre.
- Après avoir constaté que la nouvelle machine inventée par M. Kra-vogl constitue un progrès des plus importants, il se présente de nouveau la question tant de fois agitée, de la possibilité d’utiliser l’électro-magnétisme comme force motrice, question qui se réduit à savoir jusqu’à quel point, par le perfectionnement successif de ces machines, on pourra élever le rapport de leur effet utile.
- L’inventeur du modèle qui fait l’objet de ce mémoire, a conçu l’espoir que par des perfectionnements déjà projetés apportés à son appareil, il parviendra à en porter l’effet utile au double, ce qui laisserait entrevoir par conséquent un maximum d’environ 50 pour 100. Je pense néanmoins qu’il ne faut pas encore se laisser entraîner sur cette pente, surtout quand on tient suffisamment compte de la perte considérable qui a lieu dans tous les cas, et que M. Page n’évalue qu’à 15 pour 100, tandis que M. Dub propose de la porter plutôt à
- 50 pour 100, perte que pour procéder d’une manière quelque peu certaine, on ne doit pas évaluer au-dessous de 30 pour 100.
- Si donc on réussit, ce qui du reste, n’est pas du tout invraisemblable, à porter par les perfectionnements projetés, la machine de Kravogl au rendement de moitié de l’effet théorique, on aura atteint ainsi à fort peu près les limites de la capacité des machines électromagnétiques, et tous les efforts ultérieurs pour utiliser l’électro-magnétisme comme force motrice devront être appliqués aux perfectionnements, sous le rapport économique, des batteries galvaniques qui serviront à produire un travail.
- Afin d’établir les points de vue qu’on doit, sous ce rapport, avoir toujours en première ligne sous les yeux, nous ajouterons les considérations suivantes :
- D’après les formules qui ont été exposées précédemment, la dépense en matériaux est, pour une même force motrice, d’autant plus petite que la force, électro-motrice des éléments de la batterie est plus grande. Cette circonstance permettrait déjà de donner la préférence aux piles chargées avec l’acide azotique, par exemple les piles charbon et zinc, si le prix élevé de cet acide qui, comme on l’a démontré plus haut, s’élèverait dans l’hypothèse de 400 pour 100 d’effet utile, à 1 fr.37c. par force de cheval et par heure, et par conséquent pour 50 pour 100 d’effet utile à 2 fr. 74 c., n’y opposait une impossibilité dans les applications en grand. Ces frais, avec le liquide de chargement que j’ai proposé autre part, et où l’acide azotique est remplacé en partie par l’acide sulfurique et qui fournit une force électro-motrice bien plus grande, se trouveraient dans tous les cas notablement réduits, mais non pas au point de rendre l’emploi d’une batterie de ce genre réellement avantageuse. Les liqueurs de M. Bering, ou les solutions d’azotate de potasse ou de soude dans l’a-
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- eide chlorhydrique, ne sont guère pratiques, parce que les piles ainsi chargées présentent une diminution beaucoup trop rapide dans leur action. Il s’agit donc en premier lieu de trouver un surrogat à l’acide azotique, surrogat qui avant tout doit être un liquide riche en oxygène, bon conducteur et peu dispendieux.
- La consommation du zinc a moins d’importance, parce que le sulfate de ce métal qui reste comme produit secondaire couvre en grande partie les frais.
- D’un autre côté, il faut prendre en considération la surface totale des plaques excitatrices et respectivement le nombre des cellules (qu’il ne faut pas confondre avec le nombre des éléments) dont la batterie est composée, et cela non-seulement sous le rapport de l’espace et des frais d’installation, mais tout particulièrement sous celui de la commodité plus ou moins grande, du temps et des frais pour le service de la batterie, lors de son démontage, nettoyage, remontage, chargements, réparations, etc.
- En ce qui concerne la surface des plaques (et respectivement le nombre des cellules) de la batterie, il est facile de démontrer que cette surface pour une force électro-motrice égale et un même travail, et par conséquent pour une même dépense de matériaux, peut être fort différente, puisqu’elle dépend de la résistance qui, dans les cellules, incombe à une étendue superficielle déterminée de la grandeur des plaques.
- Pour rendre évidente cette dépendance, supposons qu’il s’agisse de monter le plus avantageusement possible une batterie destinée à faire fonctionner une machine électro-magnétique pouvant faire le travail d’un cheval, avec cette condition que la résistance en dehors de la batterie pourra s’élever à un chifire w. Sous le rapport de la batterie, admettons que, relativement au nombre des plaques exci-
- tatrices et de la liqueur de chargement, il faut compter sur une force électro-motrice ^ dans chaque cellule, tandis, d’un autre côté, que par des expériences préalables, on s’est assuré que la résistance dans chaque cellule qui incombe à l’unité de surface (mètre carré) de grandeur de plaque, en ayant égard à la forme adoptée, à la distance des plaques et des diaphragmes, peut être évaluée à u. Il s’agit maintenant de calculer le nombre n des plaques et la grandeur f de celles-ci dans les cellules toutes montées qui, pour une batterie de n éléments accolés les uns aux autres, peuvent produire l’effet désiré, où nous supposerons la disposition la plus avantageuse des résistances qui a été indiquée, puisqu’on a monté la batterie de telle sorte que la résistance en dedans d’elle est égale à celle au dehors.
- La résistance d’une cellule de la grandeur de plaque f est évidemment ~ et par n cellules n
- or, comme nous avons supposé qu’on a fait choix de n et de f, de u
- manière que n — = w, il en resuite une force de courant/' — füÜL
- = _[rL 2» J-
- 2 u *
- D’un autre côté, d’après les formules précédentes, l’effet théorique a = kr\. ns est par conséquent :
- , nfi\ Ær,2 kYi -~-nf
- 2m
- 2m
- d’où
- nf =
- 2 a
- Tr?
- ou lorsque la machine fournit p pour 100 d’effet utile :
- „ 100 2 a
- nf:
- P
- kri2
- Ce terme nf exprime évidemment la surface totale de plaques de la batterie, et par conséquent il est proportionnel h la résistance u (la surface des plaques étant 1).
- Pour une force de cheval, on
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- peut poser a — 75 ; pour une pile charbon et zinc f\ = 20. On a donc 2 $
- avec ces suppositions, -y = 427,
- et par conséquent nf= 427. u, et lorsque la machine donne p pour
- 100 d’effet utile nf— X 427. u.
- D’après mes expériences, les piles charbon et zinc avec cellules en argile, u descend rarement jus-
- 3u’k la valeur 0,005. Supposons onc par exemple que u = 0,01, et p = 50 pour 100, on voit que pour une force de cheval, il faudra une surface de batterie nf — 2 X 427 X 0,01 = 8,54, c’est-à-dire plus de 8 1/2 mètres carrés.
- Il suit de l’hypothèse ci-dessus u „ nu
- n — = w que / =----------; cette va-
- f . tu
- leur, substituée dans l’équation de
- 2a-
- _ 2 a . w2 u
- n f= ——. u, donne-------
- ' fer,2 ’ w
- et par conséquent n2
- fer,2
- ,U,
- 2» feT* 1
- et n
- t/
- la
- krp
- . f 2 a
- et puisque nf — y. u,
- il s’ensuit que :
- u
- • V w
- ou lorsque la machine électromagnétique donne p pour 100 d’effet utile, cas dans lequel il faut faire intervenir l’effet théorique 100
- ----. a,
- P
- n = l/iîL l/ 1SL. i/: r p v le r,2
- r=
- où l’on voit que la grandeur requise f des plaques des éléments simples est aussi dans un rapport direct avec les résistances de l’unité de surface.
- Si on préfère, au lieu de donner à chaque élément en particulier la grandeur de plaque f, remplacer
- chacun de ces éléments par un plus grand nombre de petits couples de plaques, où les plaques de même nom sont réunies les unes aux autres, il est clair que leur nombre p dans chaque élément, et par conséquent leur nombre total nr pour la batterie entière, doit être d’autant plus grand que la résistance de l’unité superficielle est plus considérable. Dans des cas semblables, cette résistance sert à déterminer le nombre des cellules de la batterie.
- L’atténuation autant que possible de cette résistance dans celles-ci, est donc le second point qu’il s’agit d’atteindre et ne pas perdre de vue si on veut perfectionner les batteries destinées à faire marcher les machines électro-magnétiques. Cette atténuation doit être étudiée tant dans le choix des liquides de chargement bon conducteurs que dans la forme la plus convenable à donner aux cellules, forme qui, sans prendre en considération la capacité laissée pour charger suffisamment en liquide, doit consister à rapprocher les plaques excitatrices le plus près possible entre elles, et en particulier dans la nature des diaphragmes poreux.
- Le prix élevé et la faible durée des cellules en argile d’une faible résistance, fait vivement désirer qu’on réussisse à utiliser une autre matière pour cet objet et qui permette de fabriquer à peu de frais des diaphragmes poreux et durables, ainsi, par exemple, qu’on a essayé de le faire en petit avec la pile en platine de M. Jedlick, en se servant de papier préparé particulièrement pour cet objet.
- Quand même on ne réussirait pas à rendre les machines électromagnétiques capables d’entrer en concurrence avec les machines à vapeur, il n’en est pas moins vrai d’après ce nouveau succès qui permet d’espérer qu’on parviendra à établir des machines électro-magnétiques à 50 pour 100 d’effet utile, que toute possibilité n’est pas interdite en présence des per-
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- fectionnements auxquels les batteries galvaniques paraissent susceptibles d’être portées (et en particulier par un surrogat convenable pour l’acide azotique et une autre matière pour les cellules en argile), de rendre les machines électro-magnétiques accessibles à un grand nombre de petites industries, machines qui offriraient à celles-ci, comparativement aux machines h vapeur, les avantages bien désirables d’un moindre capital d’installation, si l’on réussissait d’ailleurs à diriger de telle sorte l’économie des batteries galvaniques que les produits secondaires qui en résulteraient aient un emploi ou une valeur avantageuse.
- Le problème de la construction des batteries galvaniques à bon marché qui comprend en lui la question vitale de l’électro-magné-tisme comme force motrice, ne peut donc trouver de solution qu’en suivant cette voie, c’est-à-dire en se basant sur une disposition physique et une économie bien avéree reposant sur un produit secondaire utile et marchand, et par conséquent qu’il fallait prendre en considération dans les perfectionnements des batteries galvaniques indiqués ci-dessus.
- Mon but, dans la publication de ce mémoire, a été principalement d’appeler de nouveau l’attention des praticiens sur cette branche de l’art physique technique, et aussi de faciliter à ceux qui ne sont pas physiciens l’examen et le jugement des expériences et des lois théoriques qui régissent ces matières.
- Roues de bennes de Saint-Eloy.
- Par M. Lombard, directeur des min'es de Graissessac.
- Depuis longtemps on s’occupe de l’amélioration du graissage des roues de bennes, non-seulement au point de vue de l’économie de l’huile, mais encore et principale-
- ment pour améliorer la main-d’œuvre de roulage et diminuer les pertes de temps nécessitées par le graissage. Bien des systèmes ont été imaginés, et cependant aucun d’eux n’a encore réalisé tous les avantages qu’on cherchait.
- Dans le système ordinaire, l’huile se perd des” deux côtés de la roue ; il s’en perd, en outre, beaucoup en graissant, et il faut verser la benne sur le côté. Pour peu que les trajets soient longs, la benne arrive avec des essieux secs et échauffés, de sorte que le roulage est pénible et l’usure des essieux et des roues est très-rapide.
- Dans les roues à patente ordinaires, l’huile ne se perd que d’un côté : aussi suffit-il de graisser une benne tous les 2 ou 3 jours; mais le graissage est long à cause du boulon qu’il faut sortir et remettre ensuite. Ces boulons qui ferment l’orifice du graisseur se dévissent bien souvent en marchant, à cause des ébranlements continus ; ils tombent et l’huile s’en va.
- Dans quelques exploitations du centre, on a essayé de couler, autour de l’essieu placé dans la roue, un alliage nommé antifriction, de sorte que la fusée de l’essieu est emprisonnée complètement dans le métal. On graisse par un trou fermé par un boulon. Dans ces sortes de roues, l’huile se perd d’un côté comme dans les roues à patente; d’un autre côté, ce métal, étant très-fragile, se casse et l’huile s’écoule par les fissures.
- Nous ne nous arrêterons pas ici à la description des divers systèmes de roues essayées avec plus ou moins de succès pour nous occuper de suite de celui qui est employé à Saint-Eloy, et qui, mis en pratique depuis quelques mois, semble devoir réaliser à peu près toutes les conditions désirables pour obtenir un bon roulage et une économie d’huile.
- La figure 21 de la planche 336 est une vue de devant.
- La figure 22 est une vue de derrière.
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- La figure 23 est une coupe suivant la ligne brisée AOB.
- La figure 24 est une coupe suivant la ligne CD.
- Ces roues ont chacune quatre réservoirs d’huile placés symétriquement autour du moyeu, ils sont indiqués par les lettres R. Chaque réservoir est percé du côté de l’essieu d’un orifice N L (fig. 22 et 23) ; de telle sorte ,que l’huile contenue dans un réservoir supérieur tombe sur l’essieu et le trop-plein se rend dans les réservoirs inférieurs. Par ce moyen, à chaque tour de roue, l’essieu est graissé quatre fois, et l’huile ne peut pas s’échapper comme dans les autres roues.
- Chaque réservoir est fermé au moyen d’une petite plaque P boulonnée, dont les joints sont faits avec du mastic^ Serbat. L’un des quatre réservoirs est percé d’un petit trou m (fig. 23), par où se fait le graissage avec une burette ordinaire et mieux avec une petite seringue. A ce trou est soudé un petit tube K qui pénètre dans l’intérieur, de telle manière que l’huile une fois entrée ne peut plus sortir par là. Ce tube est fermé, pour empêcher la poussière d’y entrer, par un petit tampon en fil-de-fer terminé par quelques arêtes. Ces arêtes se redressent dans le réservoir et empêchent au tampon de sortir seul.
- L’essieu E est en fer et porte une embase en V contre laquelle vient s’appliquer un rondelle mobile en acier tournée S. Cette rondelle est actuellement remplacée par un petit manchon en fonte qui sert de coussinet. Cette modification évite l’usure de la composition, permet un matage plus solide sans produire de serrage sur l’essieu.
- Pour fixer l’essieu à la roue, on commence par graisser légèrement la fusée de l’essieu jusqu’à trois ou quatre centimètres au-dessus de l’embase; puis on place un mince bourrelet de mastic au minium contre le bord de la circonférence extérieure de la rondelle S et en dessous, de manière à for-
- mer un joint étanche en a. Cela fait, on place l’essieu dans la roue, on frappe légèrement tout autour de la rondelle pour écraser le mastic; puis on bouche avec un peu de mastic le vide formé par la circonférence intérieure de la rondelle et le pourtour de l’essieu en e, et on coule par dessus de l’étain fondu ou un alliage J convenablement malléable, de manière à remplir tout le vide qui reste au-dessus de la rondelle. Dès que le métal est refroidi, on le mate pour obvier au retrait produit. L’essieu se trouve ainsi emprisonné et n’a besoin pour tourner que d’un mouvement de torsion qu’on lui imprime à la main.
- Le plomb n’est pas convenable pour cet usage, il est trop mou et finirait à la longue par se couper et s’arracher; l’étain est excellent, surtout si on y ajoute un peu de zinc ou d’antimoine pour augmenter sa dureté. Il ne faut pas en mettre trop cependant, de crainte de le rendre cassant et impropre à être matté.
- Nous avons dit plus haut qu’à chaque tour de roue l’essieu doit être graissé quatre fois ; mais on peut objecter à cela que la force centrifuge doit s’opposer au graissage. Dans tous les cas, le graissage se fera au départ et à l’arrivée, ainsi que dans les manœuvres où la vitesse est très-faible; mais il est facile de prouver que, pour les vitesses du roulage ordinaire dans les mines, la force centrifuge ne peut empêcher le graissage.
- En effet, la force qui s’oppose au PV2
- graissage = -- .dans laquelle P
- est le poids de l’huile, Y est la vitesse ae la roue ou de la benne, R est le rayon de la roue et g=9,81.
- La force qui tend à faire graisser l’essieu=mg dans laquelle la
- p
- masse de l’huile ou —; donc cette 9
- force égale P.
- Pour que le graissage n’eût pas lieu, il faudrait que nous eussions
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- — 648
- PV2
- P<—_ ou qu’au moins nous 9 R
- PV2
- eussions P = —— : nous aurions
- 9&
- alors </R = Y2.
- Mais la plus grande vitesse imprimée dans la mine aux bennes est en moyenne de 0m.90 à 1 mètre, donc il faudrait que R = —
- 9
- = 0.10.
- Donc, toutes les fois que le rayon de ces roues aura plus de 0,10, le graissage s’effectuera.
- La première fois qu’on graisse ces roues, il est bon de mettre dans chacune d’elles de 45 à 50 grammes d’huile, parce que les parois en se lubrifiant en absorbent une certaine quantité; mais ensuite on n’en met que 30 grammes et le graissage ne se fait qu’une seule fois par mois, de sorte que l’usure de l’huile pour une benne et par mois s’élève à 120 grammes, soit 1 kil. 440 par an.
- Quand les bennes sont versées sur le côté pour les décharger, si les réservoirs contenaient trop d’huile, il pourrait s’en perdre un peu par le pourtour de l’essieu ; il
- convient alors de graisser tous les 12 ou 15 jours au moyen de 12 à 15 grammes d’huile par roue.
- A Saint-Eloy, on ne graisse que tous les mois et on emploie de l’huile de schiste qui coûte de 52 à 55 fr. les 100 kil. Au bout de deux mois une roue a été démontée et on a reconnu que l’essieu n’avait pas la moindre usure ; on voyait encore les coups de crochets du tournage.
- Ces roues sont actuellement coulées en coquilles, de sorte que la surface de la fonte devenant très-dure, leur durée est considérablement augmentée.
- L’expérience est venue confirmer les espérances qu’avait fait naître la théorie ; en effet, depuis plus de deux ans, ces roues fonctionnent à Saint-Eloy sur une grande échelle et h Graissessac depuis plus d’un an. Le roulage a été facilité etune notable économie d’huile en est résultée.
- Quelques expériences comparatives ont été faites pour déterminer le rapport de l’effort à la charge tournée. Voici les résultats qui ont été trouvés sur un chemin de fer parfaitement horizontal.
- A Saint-Eloy, roues à patente (système Cabony) ayant un diamètre de 0.35, graissées chaque jour à l’huile de résine........................
- 1
- 49.8
- roues système Lombard, même diamètre que les précédentes, graissées depuis quinze jours à l’huile d’olive.
- Mêmes roues graissées à l’huile de résine..................
- 1
- 71.8
- 1
- 0877
- A Graissessac, roues du système ordinaire, diamètre 0.20, graissées à chaque voyage avec un mélange de 1/2 huile d’olive et
- 1
- 1/2 huile de résine. Après un parcours de 4000 mètres. ——
- GO
- — roues système Lombard, même diamètre, graissées tous les quinze jours avec le même mélange, après avoir par-
- 1
- couru 18000 métrés....................................—--
- 03
- Ces roues parcourent en quinze jours environ 110,000 mètres; elles sont graissées au moyen de 30 gr. du mélange dont il est parlé, et au bout de ce temps les ouvriers ne trouvent pas de différence sensible
- dans l’effort qu’ils ont à faire pour rouler leur chariot (1).
- (1) M. Depin, constructeur à Montlu-çon (Allier), et M. de Saint-Phale, directeur de la fonderie de Mazières à Bourges (Cher), fournissent ces roues tout montées.
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- Le Technolog’iste
- Imprimerie Roret rue fftuUe/èuiffe n.Paris.
- PL 336.
- Ed.Iaurent se-
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- 649 —
- TABLE ANALYTIQUE
- PAH ORDRE DE MATIÈRES,
- I. ARTS MÉTALLURGIQUES, CHIMIQUES, DIVERS ET ÉCONOMIQUES.
- 1. Extraction, traitement, alliage, analyse, dosage des métaux, carbonisation, arts métallurgiques, appareils, etc.
- Pages.
- Cubilot à air chaud. T. Summerson. 1 Epuration du platine. E. Sonstadt. 4 Nouveau fondant. Margueritte. , . 27
- Mode de construction des hauts-fourneaux pour recueillir les gaz.
- J. et G. Addenbroke et P.-A. Mill-
- ward........................... 65
- Sur l’amalgame de sodium. //.
- Wurtz...........................67,114
- Coloration du laiton.............. 70
- Coloration en noir du zinc et du
- laiton. L. Knaffl..............144
- Moulage des cylindres en coquilles. 179
- Expériences de réduction par le zinc. C. Stahlschmidt..............180
- Moyen de se servir des fourneaux à la Wilkinson pour allier le tungstène à la fonte. Le Guen........225
- Nouveau four à puddler. H. Besse-
- mer..............................226
- Mode de traitement des minerais de
- fer................................ 231
- Fourneau à fabriquer le zinc et l’acier. C.-W. Siemens.................232
- Alliages japonais.................... 235
- Action des acides sur les métaux et les alliages. Crace Calvert et R.
- Johnston........................... 238
- Sur le four à réchauffer à gaz de Lundin, à soufflerie d’air, régénérateur de chaleur et condensateur. P. Tunner.......................337
- Sur l'absorption de l’oxygène par les alliages de plomb et d’étain. P.
- Bolley............................. 344
- Procédé pour le moulage de l’acier.
- Whitworth.......................... 373
- Traitement des résidus des pyrites.
- Warren de la Rue et H. Millier. . 404 Sur les fours de ressuage à gaz et
- à régénérateurs. A. Putsch. . . 449,513 Sur le mode de traitement le plus avantageux des minerais de cuivre pauvres. H. Wagner.............454
- Acier Bessemer au tungstène. Le Guen..............................456
- Pages.
- Four à recuire les métaux en feuilles. Prentice et Inglis.............457
- Sur les compositions pour garnitures de coussinets dans les machines. H. Wagner.................... 459
- Purification du graphite.O. Winkler. 484 Emploi du plomb et du zinc dans le procédé Bessemer. W. Baker.. . . 561 Spectre de la flamme du four Bessemer. A. Lielegg........................563
- Sur l’azote contenu dans l’acier et la fonte et sur la nature du carbone dans l’acier. L. Rinman. . . 565 Sur le four de ressuage au gaz de
- Lundin. C. Schinz...................567
- Méthode d’extraction du cuivre des scories cuprifères. C. Aubel. . . . 569 Précipitation du cuivre des eaux de cémentation par voie galvanique.
- A. Pater a..........................572
- 2. Précipitation des métaux sur les métaux ou autres substances, par voie galvanique, électro-chimique, dorure, argenture, etc.
- Gravure sur zinc en haut relief par
- voie galvanique. R. BÔttger. ... 24
- Fabrication du cuivre par voie électrique............................. 113
- Dépôt électro-chimique de magnésium............................... 236
- Sur le dépôt galvanique d’argent
- brillant.......................238
- Grenage des pièces dorées........422
- Nouvelle dorure et argenture par l’amalgamation. H. Dufresne. . . 461
- Procédé de dorure et d’argenture au moyen de l’amalgame de sodium. L. Cailletet................. 519
- Préparation de l’argent pur..... 594
- 3. Fabrication du verre, des poteries, de la porcelaine, peinture sur verre, sur porcelaine, etc.
- Verre de thallium. Lamy.......... 26
- Roue à potier perfectionnée. J. Cliff. 200
- Sur le verre. J.Pelouze. . . 295,344,412
- Influence de la lumière sur l’argenture du verre. C. Lea...............297
- Sur une encre à mater et écrire sur le verre. Kessler...................347
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-
-
-
- 650
- Pages.
- Argenture des miroirs pour les instruments d’optique. J. Browning. 349 Observations relatives au verre.
- Bontemps.........................413
- Machines à fabriquer les briques de C. Schlickeysen. R. Schmidt. . . 427 Perfectionnements apportés au four annulaire à cuire les briques. C.
- Ziegler......................... 431
- Sur le verre. L. Clémandot..........470
- Sur la trempe de quelques borates.
- F.-P. Leroux.....................470
- Emaillage du fer....................318
- Fabrication des creusets de chaux pour hautes températures. D.
- For hes..........................573
- 4. Matières tinctoriales, teinture, impression, peinture, blanchiment, couleurs, apprêts, conservation, vernis, etc.
- Fabrication des couleurs dérivées
- de l’aniline. Th. Coupier........ 12
- Rouge d’aniline économique et couleurs de mode. . ................... 15
- Préparation des couleurs d’aniline
- en poudre.......................... 16
- Siccatif pour les couleurs à l’huile.
- F. Jünemann........................ 19
- Sur un mordant de fer nommé
- rouille. Ch. Mène.................. 71
- Sur le jaune d’aniline. C. A. Martius
- et P. Griess....................... 74
- Appareil de blanchiment pour les
- tissus. H. Scharf.................. 80
- Sur la fabrication du jaune d’urane. 124 Préparation des métaux et des alliages en poudre. J. Fuchs. . . . 177 Sur les matières colorantes de la garance................................ 190
- Matière colorante cristalline jaune
- de l’indigo....................... 194
- Préparation du vert de chrome. C.
- Dieterich..........................247
- Mémoire sur les graines de nerprun au point de vue industriel. Le-
- fort.......................... 236,302
- Moyen pour teindre sur laine en bleu d’aniline soluble dans l’eau.
- Lachmann et Breuninger.............303
- Recherches sur la solidité comparée des épaississants à la leucine et à l’albumine. Th. Roberts et A. Ro-
- senthiels..........................305
- Emploi de la rcsaniline comme réactifs pour les acides gras. E. Ja-
- cobsen.............................310
- Smechochromasie.......................314
- Dissolvant de l’indigo et de la cochenille. Coignet.................... 364
- Mode de fixation des couleurs sur les tissus et les fils. A. Paraf. . . 371 Préparation du vert de chrome.
- Dietrich...........................417
- Sur la mauvaniline....................480
- Emploi d’un éther glycérique en
- teinture. A. Paraf.................480
- Teinture de la soie à coudre en noir
- chargé brillant................... 481
- Noir d’aniline pour marquer le linge. C. Jacobsen................... 482
- Moyens d’utiliser lès résidus de la
- Pages.
- fabrication de la fuchsine. R. Brim-
- meyr.........................; • 5/8
- Teinture en rouge du bois, du cuir, des os, de la corne, de la soie, de
- la laine, etc. C. Pusher.........5*'*'
- Appareil à laver et sécher la la,ine.
- J. et A. M’Naught.................6-*>
- Yert d’aniline. J.-A. Wanklyn et A. Paraf..................................626
- 5. Produits chimiques, alcalimétrie, chlorométrie, alcoométrie, ciments, distillation, pyrotechnie, etc.
- Fabrication du carbonate d’ammo-niaque du commerce. J.-C Bell. . 5
- Fabrication et application des sels „
- de chrome. J.-H. Chaudet........ '
- Fabrication du phénol sodique. . . y Sur les densités de l’acide azotique.
- F. Kolb................. .... 17
- Extraction du parfum et de l’arome
- des plantes.....................
- Essai des essences.................
- Procédé simple pour préparer les fleurs de soufre. A. Hauch. ... Dosage de la soude dans les potasses
- du commerce. Greager............. .
- Emploi du fluor dans la fabrication
- de la soude. W. Weldon..........
- Nouveau procédé de fabrication de
- la céruse. Spence...............
- Préparation de l’éther formique du
- commerce P. Stinde................ 161
- Sur le chlorure de magnésie comme agent de blanchiment. P. Bolley. 133 Recherches historiques et pratiques sur la nature du pourpre de Cas-
- sius. J. Fischer.......... 184,247,298
- Sur la préparation de l’acide azotique. Wagner....................... 243
- Préparation de l’acide acétique et des acétates purs avec l’acide pyroligneux et la baryte. Richter. . 244 Fabrication du sulfide d’ammonium.
- P. Spence..........................24o
- Préparation du cyanure de potassium pur. L. Knafft,...................246
- Compteur à alcool. Cox et Murphy. 30/ Méthode employée à Stassfurt au dosage de la potasse au moyen du
- tartre. Th. Becker........... 330
- Sur la fabrication de l’azotate de potasse artificiel et du carbonate de
- potasse pur. G. Lunge...... 352,408
- Procédé pour oxyder les lessives de soude brute. J. Hargreaves. . . . 333
- Essai des sulfates d’alumine en acide
- libre. C. Giseke. .................337
- Procédé de préparation de l’oxygène.
- A. Mallet.................... 359
- Réduction des composés aromatiques par la poudre de zinc. Baeyer. . 371
- Nouveau procédé de fabrication du
- sulfate de fer. . .................372
- Sur les potasses et les soudes de
- Stassfurt. Jouiin................ 463
- Recherches sur la théorie de la préparation de la soude. A. scheunr*
- Kestner. ......................* 465
- Mode de préparation de l’acide sulfureux. F. Stolba,.................. • 468
- Sur le poids spécifique de l’acide
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-
-
-
- Pages.
- acétique et de ses mélanges avec
- l’eau. Oudemans................. 520
- fabrication d’une nouvelle céruse.
- Fells............................523
- formation du cinabre par la voie
- numide. H. Fieck.................573
- APpareil à concentrer et évaporer
- les lessives. A. Swan............576
- Coton-poudre comprimé...............594
- Tannage, 'préparation des peaux, des cuirs, apprêt des matières textiles, etc.
- Tannin artificiel extrait des combus-
- tibles minéraux. IF. Skey.........421
- Dosage du tannin dans les écorces.
- F. Schulze........................580
- Matières grasses, amylacées, éclairage à l'huile, au gaz, aux hydrocarbures, électrique, savon,noir, etc.
- y j. j -- 7 --7
- Transformation de l’acide oléique en acide palmitique. F. Jünemann. . 10
- Distillation des hydrocarbures. TF.
- Cormack........................... 11
- Fabrication du savon liquide de gly-
- cérine. Heeren.................... 19
- Sur le rhigolène..................... 27
- Fabrication de l’albumine du sang.
- R. Richter........................ 136
- Fabrication de l’huile de paraffine. 138 Extraction des huiles de graines pour la table, l’éclairage et le
- graissage. H. Vohl.................186
- Appareil générateur de gaz d’éclai-, rage. Pond, Richardson, Morse. . 196 Sur la composition et les moyens d’utiliser les eaux des féculeries et des amidonneries. H. Vohl. . . . 253 Eclairage au magnésium. H. Larkin 260 Blanchiment de l’huile de palme. A.
- Engelhardt........................313
- Extraction du gaz d’éclairage et du noir d’impression des lies de vin
- épuisées. Ed. Schlamp.............370
- Sur le point d’inflammation du pétrole. J. Altfkld.................. 367
- Purification de la naphtaline. Muth. 372 Préparation de la nitroglycérine.. . 421 Nouvelles méthodes pour la fabrication du gaz d’éclairage..............472
- Eclairage suroxygéné.................477
- Extraction des huiles minérales. H.
- Robertson........................ 529
- Produits du pétrole..................564
- Fabrication du gaz d’éclairage avec les déchets de laine. Liebau. . . . 585 Sur l’osokérite. B. Hoffmann. . . . 591
- 8. Sucres, gommes, résines, ivoire, corne, colles, sels, enduits, caoutchouc, guüa-percha, papiers, etc.
- Procédé pour appliquer sur zinc des enduits colorés brillants. R. BÔitger. 25
- Colle forte à la glycérine. ...... 27
- Sur les résines. Violette........... 82
- Expérience sur l’emploi de l’eau froide ou chaude au lavage des filtres. C. Stammer................. 133
- Recettes pour le mordançage et la coloration de la corne dans la fabrication des boutons. G. Mann. . 194 Appareil pour le traitement des les-
- Pages.
- sives de résidu dans la fabrication du papier de paille. E. Amos
- et TF. Anderson................251
- Purification de la paraffine. Soames. 309
- Déchaulage des charbons d’os dans
- les Indes. R. Frühling.........311
- Concordance des polarimètres entre
- eux........................... 312
- Touraille automate pour dessécher le charbon d’os des fabriques de
- sucre. L. Walkhoff.............364
- Désinfection du caoutchouc. S.
- Bourne........................ 365
- Filtre-presse pour les fabriques de sucre de betteraves. Robert. . . . 418
- Emploi de la paraffine dans la fabrication du sucre. E. Sostmann. 475 Perfectionnements dans la fabrication du sucre de betteraves. F.
- Jünemann......................524
- Structure et constitution des fibres
- ligneuses. Payen........ 582,631
- Applications industrielles de la résine acaroïde ou xanthorœa. . . . 586
- Disposition mécanique pour décharger le noir animal des cylindres.
- E. Langen.....................629
- 9. Economie rurale et domestique.
- De l’influence de la chaleur sur les vins rouges liquoreux. H. Marès. 20
- Sur la pression que l'acide carbonique de la bière exerce dans les
- tonneaux. Prandlt............. 22
- Mouillage des grains dans le mal-
- tage. IF.-R. Taylor.............. 82
- Conservation des substances animales.............................. 84
- Sur la fabrication du perphosphate
- de chaux. Stromeyer................ 129
- Encre indélébile. Knecht-Senefelder. 198 Recherches sur les qualités vitales de la levure de bière. H. Hoffmann. 257 Machines à hacher les viandes. TF.
- Venuleth.. . •......................259
- Fabrication du vinaigre de betteraves..............................308
- Appareil à sasser, trier et nettoyer
- les gruaux. A.-M. Arndt.............438
- Recherches sur la densité des vins.
- C. Saint-Pierre et A. Pujo.......483
- Réfrigérant pour la bière. A ,-M. Dix. 530 Galactomètre optique. A. Vogel. . . 531 Nouveaux générateurs de froid. Ed.
- Carré..............................590
- Sur la vinification. M. Perret. . . . 592 Fabrication du charbon poreux
- plastique..........................588
- Note sur la présence et la formation du sucre cristallisable dans le topinambour. Dubrunfaut................627
- 10. Objets divers.
- Moyen d’utiliser les phénomènes de
- sursaturation. Jeannel.............116
- Poids spécifique des dissolutions de sulfates de fer et de cuivre. G.-T.
- Gerlach............................129
- Sur l’absorption et la séparation dialytiques des gaz. Th. Graham. 143 De l’absorption de l’hydrogène et de l’oxyde de carbone par le cuivre en fusion. Caron..................289
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-
-
-
- 652
- Pages.
- Absorption des gaz par les métaux. 313 Ivoire artificiel. /. Marquard. . . . 314 Emploi de la glycérine dans les moulages en plâtre, Hoffmann. , 373
- Pages.
- Ecume de mer et corne artificielles.
- C. Puscher..........................4*8
- Moyen de produire des températures élevées, A, Perrot, , . . , . 594
- II. ARTS MÉCANIQUES.
- 1. Moteurs, turbines, machines hydrauliques , électro-magnétiques, caloriques, à air, etc.
- Des moyens d’annuler les perturbations produites dans le mouvement des machines. H. Arnoux. . 53
- Théorie des machines à gaz travaillant par explosion. J. Macquorn-
- Rankine......................... t58
- Moteur hydraulique. Cavanna. . . . 278 Sur la théorie des roues hydrauliques. Théorie de la turbine. De
- Parnbour.................... 97, 433
- Sur une nouvelle machine électromagnétique. Waltenhofen. 540,609,642 Description du moteur à pression d’eau de Ramsbottora. G. üelabar. 603 Etude sur le tracé des roues hydrauliques à aubes courbes. Didion. . 606
- 2. Machines à vapeur, locomotives, locomobiles, de navigation, chemins de (er, etc.
- Fabrication des bandages en acier fondu pour les chemins de fer. J.
- Pirth............................ 33
- Fixateur hydraulique pour les tubes
- des chaudières à vapeur.......... 34
- Soupape de sûreté à compensation.
- W. Naylor. ...................... 36
- Appareil de sûreté pour les machines à vapeur..................... 36
- Détermination du degré économique de détente dans les machines à
- vapeur. Macquorn-Rankine...... 40
- De la locomotion sur les routes ordinaires à l’aide de la vapeur.
- Séguier.......................... 41
- Emploi du pétrole au chauffage des
- chaudières à vapeur.............. 48
- Représentation graphique de la pression moyenne de la détente de la vapeur. W.-F. Macquorn-Rankine. 89
- Générateurs à vapeur à chambres sphériques. Harrison et Luders. . 90
- Nouvelle chaudière à vapeur. Vianne. 92
- Chaudière à vapeur dite de combinaison........................... 93
- Sur la soupape de sûreté des machines à vapeur. Rühlmann. ... 94
- Sur les mouvements de l’eau dans
- les chaudières à vapeur..........152
- Chaudières à vapeur à tubes verticaux. Hall...................... 154
- Tampons pour chemins de fer. L.
- Sterne.......................... 162
- Construction de chaudières de locomotives à joints soudés..........201
- Machine à vapeur rotative. W. Hall. 206 Générateur à vapeur chauffé au gaz. 207 Nouveau mode de fabrication des rails de chemins de fer. W.-H. Barlow..............................272
- Soupape de sûreté nouvelle. J.-R.
- Swan...........................
- Mélange de l’air et de la vapeur. . .
- Mode de fabrication des bandages
- de roues en. acier.............
- Sur la corrosion des chaudières de locomotives et sur les moyens de
- les en préserver...............
- Sur l’appareil de sûreté de Rlack.
- F. Promnitz....................
- Appareil de moulage pour les roues de chemins de fer. J.-B. Tarr.. . Chaudière à vapeur de Dickerson. .
- Piston Cabell.....................
- Sur la composition d’une incrustation de chaudière et l’influence d’une eau d’alimentation grasse.
- R. Weber.................... 324,381
- Expériences sur la détente de la vapeur d’eau surchauffée........... 390
- Chaudière de Davis..................432
- Virole pour tubes de chaudières à
- vapeur. Ed. Clarke...............433
- Soupape de purge double pour l’eau de condensation des cylindres des machines à vapeur. Vaessen.. . . 434 Rarreaux-squelettes pour les grilles
- des foyers...................... 488
- Distribution perfectionnée dans les
- machines à vapeur............... 489
- Sur les soupapes de sûreté des chaudières à vapeur. Th. Baldwin. . . 490 Appareil de sûreté pour les chaudières à vapeur. Hackelt. ..... 493 Machine à vapeur à action directe pour bocarder les minerais. W.
- Wright...........................494
- Nouvelle roue pour chemin de fer.
- J. Smith.........................497
- Appareil à nettoyer les tubes des chaudières à vapeur. E. Green. . 539 Machine à vapeur et à air combinés.
- Parker.......................... 540
- Sur les soupapes de sûreté des machines à vapeur. Th. Baldwin. . . Emploi du pétrole au graissage des
- machines. A. Ott...............
- Machine à vapeur rotative sur un nouveau principe. W. Hollinghau-
- sen............................
- Nouveau moteur à vapeur. Girard.
- 3. Machines-outils, outils divers, organes de machines, presses, machines diverses, etc.
- Machine à ébarber et parer les ri-
- vets. E. de Bergue.............. 29
- Embrayage des arbres. S.-P. Ruggles. 30
- Recuit des fils métalliques....... 30
- Sur les machines à double percussion............................ 31
- Marteau-pilon perfectionné. C. Em-met..........................
- 543
- 550
- 600
- 601
- 273
- 274
- 276
- 278
- 323
- 374
- 376
- 378
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-
-
-
- — 653 —
- Tages.
- Tour double pour bandages de roues de chemin de fer. J. Ramsbottom, 87
- Laminoir à mouvement de rotation interrompu. J. Ramsbottom. ... 88
- Machine à battre l’or, l’argent et autres métaux. F. Schindler.... 151
- Loupe-tuyau. Zipshauser.......... 1(13
- APpareil à cingler les grosses pièces
- de forge....................... 19!?
- Régulateur chronométrique. C.-W.
- Mandrins se centrant et se serrant
- seuls. J.-E. Earle................ 265
- ^Ur les assemblages à rivets. B. La-
- tham.............................. 267
- Outil pour couper les entretoises dans les boîtes à feu des locomotives. A. Gross. ....................273
- Ventilateur de Rider.................277
- Laminoir à cintrer à cylindres verticaux. J. Tood..................... 315
- Machine à percer à poinçons multi-
- pies..........................316
- Sur les assemblages à rivets. Th.
- Baldwin.......................321
- Martinet à air comprimé. T.-G. Dames................................. 376
- Régulateur Pickering........... 379
- Manomètre pour les presses hydrauliques...............................388
- Machine à shéper les pièces curvilignes. F.-W. Webb...................392
- Machine à planer et dresser les cylindres en tôles. J. Harrison. . . 485
- Mécanisme régulateur pour les moteurs mécaniques. Robertson et
- Orchar........................424
- Machine à forger et souder les métaux. R. Mitchell....................536
- Moulage de la fonte et de l’acier.
- J. Whitworth..................595
- Sur les machines à raboter rond. . . 598
- Nouvelle machine à raboter. J. Todd. 629
- 4* Machines à préparer, ouvrir, carder, filer, tisser les matières filamenteuses, imprimer, apprêter les tissus, fabriquer les papier s, etc.
- Appareil à laver les fils. C. Raiser. 77 Sur l’introduction des matières inorganiques dans le papier. F. War-
- rentrapp........................... 439
- Sur une machine à évider les planches d’impression. J. Heilmann. . 145
- Rame à sécher les chaînes............. 147
- Nouveau battant de tissage. J.-Th.
- Cook............................... 148
- Appareil centrifuge pour les draps et les étoffes apprêtés. E. Semper. 149 Appareil àgriller les tissus. F. Licbell. 150
- Filature du lin désaggrégé.......... 275
- Etirage et filature du lin. J.-B. Eviter...............................423
- Moyen de distinguer la laine et le coton dans les tissus et les fils. C. Liebermann.........................
- Tages.
- Machine à défiler les chiffons de
- laine et de soie.................. 487
- Appareil pour mouiller et humecter
- les tissus. K. Stephan.............533
- Machine à repriser les tissus. E.-A.
- Cowper.............................533
- Appareil pour le peignage de la
- laine. A. Prouvost.................597
- Appareil à sécher la laine. E. Semper. 635
- 5. Constructions, sondages, mines, cours d’eau, moulins, pompes, souffleries, chauffages, etc.
- Sur le système de chauffage Daelen et ses applications. R. Schmidt.
- Fourneau à brûler le pétrole et les
- naphtes. C.-P. Richardson..........16
- Sur l’emploi de la nitroglycérine dans les carrières de grès. C.
- Kopp.............................. 51
- Sur la nitroglycérine inexplosible.
- J. Stinde......................... 54
- Emploi des cendres de lignites dans la fabrication des briques. J.
- Schmelzer.......................... 55
- Sur la combustion sans fumée des
- lignites. V. de Posch............. 101
- Injecteur pour puiser l’eau à de grandes profondeurs. A. Barclay. 155 Sur les pertes qu’éprouvent les combustibles fossiles exposés à
- l’air............................. 161
- Nouvel outil de mineur............... 166
- Machine à pulvériser les minerais.
- J. Jones.......................... 264
- Emploi de la tourbe pour le chauffage des locomotives...............277
- Soufflerie à cylindre. J. Nowack.. . 385 Fours brûlant la fumée. W. Naylor. 401 Machine perfectionnée pour l’abattage de la houille. J.-G. Jones.. . 388 Injecteur pour combustibles liquides...................................499
- Théorie du mouvement de l’eau dans les fleuves, les rivières et
- les canaux........................501
- Appareil excavateur. Millroy...... 551
- Etudes théoriques et pratiques sur l’écoulement et le mouvement des
- eaux. Ph. Gauchler................612
- Excavateur Hunter................... 615
- Nouveau ciment magnésien............ 633
- Roues de bennes de Saint-Eloy. Lombard...............................646
- 6. Objets divers.
- Technologie du bâtiment. Th. Châ-
- teuu............................. 166
- Force explosive du sodium............213
- Des couleurs au point de vue physique, physiologique, artistique
- et industriel. Rrücke.............214
- Nettoyage des graines de cotonnier. 391 Nouveau moyen pour calibrer les
- fils métalliques..................439
- Tonte mécanique des moutons.. . . 551
- FIN DE LA TABLE ANALYÎiUUK.
- p.653 - vue 693/709
-
-
-
- TABLE ALPHABETIQUE
- DES MATIÈRES.
- A
- Pages.
- Abattage de la houille, machine.............388
- Acaroïde, résine........................... 586
- Acétates purs, préparation..................244
- Acide palmitique, avec l’acide oléique. ... 10
- — oléique, transformation................ 10
- — azotique, densités..................... 17
- — carbonique de la bière, influence de la
- pression............................ 22
- — azotique, préparation..................243
- — acétique pur, préparation..............244
- — pyroligneux........................... 244
- — sulfureux , préparation................468
- — acétique, poids spécifique.............520
- — arsénique, régénération. . 578
- — action sur les métaux et les allia-
- ges.................... 238—291—341—405
- — gras libres, réactif................. 310
- Acier fondu pour bandages................... 33
- — fourneau à le fabriquer............... 232
- — moulage............................... 373
- — au tungstène.......................... 456
- — son azote et son carbone............. 565
- — moulage............................... 595
- Addenbroke (J. et G.), construction pour recueillir les gaz des hauts-fourneaux. 65
- Air mélangé à la vapeur..................274
- Albumine du sang, fabrication........... 136
- — comparée à la leucine.............. 305
- Alcool, compteur.........................307
- Alliages en poudre, préparation......... 177
- — japonais............................235
- — action des acides.. . . 238—291—341—405
- — absorption de l’oxygène............. 344
- Alumine, essai des sulfates............... 357
- Amalgame de sodium.............. 67—114—519
- Amidonneries, traitement des eaux......... 253
- Ammoniaque, fabrication du carbonate.. . . 5
- Ammonium, préparation du snlfide.........245
- Amos (li.), traitement des lessives......251
- Anderson fW.), traitement des lessives. . . 251 Aniline, fabrication des couleurs. .... 12—16
- — rouge économique....................... 15
- — jaune................................... 74
- — teinture de la laine. ................ 303
- — vert.................................. 626
- Appareil de sûreté pour machines à vapeur . 38
- — à laver les fils.................... 77
- — de blanchiment pour tissus.......... 80
- — centrifuge pour les draps..............149
- — à griller les tissus. . ..............150
- — générateur de gaz d’éclairage.........196
- — à cingler........................... 199
- — pour le traitement des lessives..... 251
- — de sûreté de Black....................323
- — à sasser et trier les gruaux........438
- — de sûreté pour chaudières............ 493
- — à mouiller les tissus..................533
- — à nettoyer les tubes des chaudières. . 539
- — excavateur........................... 551
- — à évaporer les lessives.............. 576
- — pour le peignage de la laine..........597
- Pages.
- Appareil à laver et sécher la laine......,• 625
- — pour revivification du noir animal, dé- .
- chargement...........................JL-
- — à sécher la laine...................... JA
- Argent, machine à battre................... * A
- — brillant, dépôt galvanique.............."A
- — pur, préparation.....................
- 349
- Argenture du verre
- — des miroirs
- — nouvelle............................ .g
- — à l’amalgame de sodium..............
- Arndt (A. M.), appareil à sasser et trier les .
- gruaux.................................
- Arnoux ( H. ), moyens d’annuler les perturbations dans le mouvement des machines
- 461
- 55
- bUlUcû* *•••••••••••••••••• gg
- Arôme des plantes, extraction.
- Assemblages à rivets............... 267 - *
- Altfield (J.), point d’inflammation du pétrole 3°.
- 321
- Aubel (C.) extraction du cuivre............... .
- Azotate de potasse, fabrication.......... 352—
- Azote dans l’acier............................80
- 569
- B
- Baeyer, réduction des composés aromatiques. 3'1 Baker (AV.), emploi du plomb et du zinc dans
- le procédé Bessemer......................8J.
- Baldwin (Th.), assemblages à rivets........32
- — soupapes de sûreté................. 490—5’^
- Bandages de roues en acier fondu. . . . 33—“7
- — tour double............................. JL
- Barclay, injecteur pour puiser l’eau......... ‘A
- Barlow (AV. H.), fabrication des rails.....
- Barreaux squelettes...................... •
- Baryte, dans la préparation de l’acide acéti- ,
- que pur....................................y;L
- Bâtiment, Technologie......................
- Battant de tissage nouveau.................
- Becker (Th.), dosage de la potasse...........350
- Bell (J. G.), sels de chrome...............
- Bergue (C. de), machine à ébarber et parer
- les rivets..............................
- Bessemer (IL), nouveau four à puddler. . .
- — emploi du plomb et du zinc dans son
- procédé...............................8®J
- — spectre de la flamme du four.........
- Betteraves, fabrication du vinaigre......... 30»
- Bière, influence de la pression de l’acide car-
- bonique.............................
- — vitalité de la levure.................
- — réfrigérant..........................
- Black, appareil de sûreté................... 323
- Blanchiment des tissus.....................
- — an chlorure de magnésie..............
- Bleu d’aniline soluble dans l’eau........... 303
- Bois, teinture en rouge............... • • • 8Ü-
- Boites à feu, outil à couper les entretoises.. Bolley (P.), chlorure de magnésie dans le
- blanchiment.............................
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-
-
-
- — 655
- Pages.
- Üontemps, sur le verre..........................415
- "(rates, trempe................................ 470
- vottger (R.), gravure sur zinc.................. 24
- — application d’enduits colorés sur zinc.. 25
- bougies stéarines, fabrication avec l’acide
- oleique...................................... 10
- tourne (S.J, désinfection du caoutchouc.. . 365
- "°utons dl corne............................... 194
- °reuninger, teinture de la laine en bleud’a-
- niline...................................... 303
- Brimmeyr (R.), résidus de la fabrication de
- la fuchsine................................. 378
- “riques avec cendres de lignites................ 35
- — machine à fabriquer.................... 427
- R — four à cuire. . ............................431
- browning (J.), argenture des miroirs........ 349
- bruche, des couleurs............................214
- G
- Çobell, piston................................. 378
- h'ailletet (L.), dorure et argenture............519
- Calibrage des fils métalliques................. 439
- Canaux, mouvements de l’eau.....................501
- Caoutchouc, désinfection........................365
- Carbonate d’ammoniaque, fabrication....... 5
- — de potasse, fabrication..... 352—408
- Carbone dans l’acier et la fonte.......... 565
- Coron, absorption par le cuivre en fusion. . 289
- Carre (Ed.), générateurs de froid.............. 590
- Cavanna, moteur hydraulique............. 278
- Cendres de lignites dans la fabrication des
- briques...................................... 55
- Céruse, procédé de fabrication................. 128
- — nouvelle, fabrication.................. 523
- Chaînes, rame à sécher......................... 147
- Chaleur, influence sur les vins................. 20
- Charbon d’os, déchaulage....................... 311
- — touraille à dessécher.................. 364
- — poreux plastique, fabrication...........588
- Chaleau (Th.), technologie du bâtiment. . . 166 Chaudet (J .-II.), fabrication des sels de
- chrome........................................ 7
- Chaudière à vapeur nouvelle..................... 92
- — de combinaison.......................... 93
- — à vapeur de Dickerson.................. 376
- — à vapeur de Davis...................... 432
- — virole pour tubes.......................433
- — à vapeur, chauffage...................... 2
- — à vapeur, fixateur hydraulique.......... 34
- — chauffage au pétrole.................... 48
- — mouvement de l’eau..................... 152
- — à tubes verticaux...................... 154
- — de locomotives à joints soudés......... 201
- — corrosion...._....................278
- — à vapeur, alimentées en eau grasse. 324—381
- — — soupapes de sûreté....... 490
- — — appareil de sûreté........493
- — — appareil à nettoyer les tubes. . 539
- Chauffage Daelen................................. 2
- ^ — des locomotives à la tourbe.................277
- Chemin de fer, bandages en acier fondu. . . 33
- — — tour double pour bandages de
- roues............................ 87
- — — tampons.................. 162
- — — fabrication des rails.... 272
- — — moulage des roues........ 374
- *— — roue nouvelle.............497
- Chiffons, machine à défiler................... 487
- Chlorure de magnésie dans le blanchiment. . 135
- Chrome, fabrication des sels..................... 7
- - préparation du vert.......................247
- Ciment magnésien.............................. 633
- Cinabre, formation par voie humide..............573
- Clark (Ed.), virole pour tubes..................433
- Clémandot (L.), sur le verre....................470
- Cliff (J.), roue à potier...................... 200
- Colle forte à la glycérine...................... 27
- Cochenille, dissolvant......................... 364
- Pages.
- Coignel, dissolvant de l’indigo, de la coche-
- nille........................................... 364
- Coloration du laiton......................... 70
- — en noir du zinc et du laiton........ 144
- — de la corne......................... 194
- Combustibles fossiles, pertes à l’air....... 164
- — liquides, injecteur................. 499
- — minéraux, source de tannin...........421
- Combustion sans fumée des lignites.......... 101
- Composition pour garnitures de coussinets.. 459
- Composés aromatiques, réduction............. 371
- Compteur à alcool........................... 307
- Conservation des substances animales.......... 84
- Cook (J.-Th.), battant de tissage........... 148
- Cormack (\V.), distillation des hydrocarbures........................................... 11
- Corne, mordançage et coloration. ...... 194
- — artificielle........................ 478
- — teinture en rouge....................593
- Coton, moyen de le distinguer de la laine. . 483
- — poudre comprimé......................594
- Cotonnier, nettoyage des graines............ 391
- Couleurs d’aniline, fabrication............ 12—15
- — à l’huile, siccatif.................. 19
- — à divers points de vue.............. 214
- — fixation sur les tissus et les fils. 371
- Coupe-tuyau................................. 163
- Coupler (Th.), fabrication des couleurs d’aniline........................................ 12
- Coussinets, compositions pour garnitures.. . 459
- Cowper (E.-A.), machine à repriserlestissus. 533
- Cox , compteur à alcool..................... 307
- Crace-Calvert, action des acides sur les métaux et les alliages. . . . 238—291—341—405
- Creusets de chaux, fabrication.............. 575
- Cubilot à air chaud.......................... 1
- — chauffage............................ 2
- Cuir, teinture en rouge......................593
- Cuivre, fabrication par voie électrique. ... 113
- — poids spécifique des dissolutions de son
- sulfate............................. 129
- — absorption de l’hydrogène et de l’oxyde
- de carbone.......................... 289
- — traitement des minerais panvres. . . . 454
- — extraction des scories cuprifères... 569
- — précipitation des eaux de cémentation.. 572
- Cyanure de potassium pur, préparation.. . . 246
- Cylindres, moulage en coquilles..............179
- — soupape de purge.................... 434
- — machine à planer.................... 485
- D
- Daelen, chauffage........................... 2
- Davis, chaudière à vapeur................. 432
- Dawes (T.-G.), martinet à air comprimé. . . 376
- Déchaulage des charbons d’os.............. 311
- Déchets de laine, fabrication du gaz.......585
- Delabarre (G.), moteur à pression d'eau. . . 603 Dépôt électro-chimique de magnésium. . . . 236
- — galvanique d’argent brillant...... 238
- Détente, degré économique.................. 40
- — représentation graphique de sa pression
- moyenne............................ 89
- — de la vapeur d’eau surchauffée.... 390
- Diaphragmes colloïdes..................... 143
- Dickerson, chaudière à vapeur..............376
- Didion, roues hydrauliques à aubes conrbes. 606 Dieterich (C.), préparation du vert de
- Distribution dans les machines à vapeur.. . 489 Dix (A.-M.), réfrigérant pour la bière. . . . 530
- Dorure nouvelle.............................461
- — à l’amalgame de sodium.. . ............519
- Draps, apprêts, appareil centrifuge.........149
- Dubrunfaut, présence du sucre dans le topinambour.................................... 627
- Dufresne (II.), dorure et argenture........ 461
- p.655 - vue 695/709
-
-
-
- Tages.
- E
- Eau, mouvement dans les chaudières à vapeur........................................ 152
- — injecteur pour la puiser............ 155
- — grosse d’alimentation........ 324—381
- — théorie de ses mouvements..........501
- — des féculeries, moyens de les utiliser. . 253
- — chaude ou froide pour lavage des fil-
- tres à sucre........................ 133
- — de cémentation,précipitation du cuivre 572
- — études sur l’écoulement et le mouve-
- ment......................... .... 612
- Earle (J.-E.), mandrins se centrant seuls. . 265 Eclairage, appareil générateur de gaz. . . . 193
- — au magnésium........................ 260
- — suroxygéné......................... 477
- Ecorces, dosage du tannin................... 580
- Ecoulement des eaux......................... 612
- Ecume de mer artificielle....................478
- Electricité pour fabriquer le cuivre.........113
- Emaillage du fer............................ 518
- Emmet (C.), marteau-pilon perfectionné. . . 85
- Encre indélébile............................ 198
- — à mater et écrire sur le verre..... 347
- — à marquer le linge................. 482
- Enduits colorés sur zinc..................... 25
- Enyelhardl (A.), blanchiment de l’huile de
- palme.................................... 313
- Entretoises, outil à couper..................273
- Epaississants à la leucine et à l'albumine,
- comparaison.............................. 305
- Epuration du platine.......................... 4
- Essences, essais............................. 28
- Etain, absorption de l’oxygène par ses alliages......................................... 344
- Etlier formique/préparation................. 131
- — glycérique, emploi en teinture......480
- Etoffes apprêtées, appareil centrifuge..... 149
- Excavateur Hunter........................... 615
- F
- Fabrique de sucre de betteraves, filtre-
- presse....................................... 418
- Féculeries, traitement des eaux.............. 253
- Fells, cémse nouvelle........................ 523
- Fer, mordant pour teindre la soie............. 71
- — poids spécifique des dissolutions de son
- sulfate............................. 129
- — traitement des minerais............. 231
- — émaillage............................518
- Fibres ligneuses, structure et constitution
- 582—631
- Filature du lin désaggrégé....................275
- Fils, appareil à laver........................ 77
- — fixation des conleurs............... 371
- — moyens d’y distinguer la laine du co-
- ton................................. 483
- Fils métalliques, recuit...................... 30
- — — calibrage..................... 439
- Filtre-presse pour fabrique de sucre..........418
- Filtres à sucre, lavages..................... 133
- Firth (J.), bgnda^es en acier fondu........... 33
- Fischer (J.), recherches sur le pourpre de
- Fixateur hydraulique pour tubes............. 34
- Flcck (H.), cinabre par voie humide.........573
- Fleurs de soufre, préparation............... 75
- Fleuves, mouvements de l’eau................501
- Fluor, dans la fabrication de la soude. ... 121
- Friiling (R.), décliaulage des charbons d’os. 311
- Fondant nouveau............................. 27
- Fonte alliée au tungstène.................. 225
- — moulage........................... 595
- Force explosive du sodium...................213
- — son azote et son. carbone......... 565
- Forbes (D.), creusets de chaux..............575
- Tages.
- Four Bessemer, son spectre.................
- — de ressuage au gaz.................
- Fourneau à brûler le pétrole...............
- — à fabriquer le zinc et l’acier.....
- — à la Wilkinson, dans les alliages.. . .
- Four à puddler nouveau.................... • •
- — à réchauffer à gaz, à soufflerie et régé-
- nérateur...........................
- — à cuire les briques................
- — à recuire les métaux...............
- — de ressuage à gaz et à régénérateur. .
- — brûlant la fumée...................
- — de ressuage à gaz..................
- Froid, générateurs.........................
- Fuchs (J.), métaux et alliages en poudre.. . Fuchsine, moyen d’utiliser les résidus. . . . Fuller (J.-B.), étirage et filature du lin. . . Foyers, grilles à barreaux squelettes......
- 563
- 567
- 46
- 232
- 225
- 226
- 337
- 431
- 457
- 449
- 401
- 513
- 590
- 177
- 578
- 423
- 488
- G
- Galactomètre optique..........................531
- Galvanisme pour graver sur zinc............... 24
- — pour précipiter le cuivre.............572
- Garance, matières colorantes................. 190
- Garnitures de coussinets, composition. . . . 459 Gauchler (Ph.), écoulement et mouvement des
- eaux...................................... 612
- Gaz, construction pour les recueillir dans les
- hauts-fourneaux........................ 65
- — absorption et séparation dialytique.. . 443
- — appareil générateur................... 196
- — pour chauffer les générateurs de va-
- peur.................................. 207
- — absorption par les métaux............. 313
- — d’éclairage, extraction............... 370
- — — modes de fabrication.. . . 472
- — — avec déchets de laine.. . . 585
- Générateur de vapeur chauffé au gaz...... 207
- — à vapeur à chambres sphériques. ... 90
- — de froid......................... 590
- Gerlaeh (G.-Th.), poids spécifique de dissolutions des sulfates......................... 129
- Girard, moteur à vapeur...................601
- Giseke (G.), essai des sulfates d’alumine. . . 357
- Glycérine, savon liquide.................. 19
- • — colle forte........................ 27
- — emploi dans les moulages......... 372
- Grattant (Th.), absorption et séparation dialytique des gaz.............................. 143
- Graines, extraction des huiles........... 186
- — de nerprun..................... 256—302
- — de cotonnier, nettoyage................391
- — mouillage au maltage................... 82
- Graphite, purification................... 484
- Gravure sur zinc.......................... 24
- Greager, dosage de la soude dans les potasses. H 7 Green (E.), appareil à nettoyer les tubes des
- chaudières............................ 539
- Grenage des pièces dorées................ 422
- Griess (P.), jaune d’aniline................... 74
- Grilles à barreaux squelettes..................488
- Gross (A.), outil à couper les entretoises.. . 273
- Gruaux, appareil à sasser et trier........438
- H
- Hackelt, appareil de sûreté.............. 493
- Jlall, chaudière à vapeur............. 154
- Hall (W.), machine à vapeur rotative. . . - 206 Hargreaves (J.), oxydation des lessives de
- soude.................................. 355
- Harrison, générateurs à vapeur.. ...... 90
- Ilarrison (J.), machine à planer les cylindres. 485 Hauch (A.), préparation des fleurs de soufre. 75 Hauts-fourneaux, mode de construction. . . 65
- Ueeren, savon liquide à la glycérine...... 1 ®
- p.656 - vue 696/709
-
-
-
- — 657 —
- Pages.
- Heilmann (J.),machine à évider les planches
- d’impression.............................. 145
- Hclianlhus tuberosus, présence du sucre.. . 627
- Hill ("W.-E.), barreaux squelettes.......... 488
- Hoffmann (H.), vitalité de la levure..........257
- Hoffmann, sur l’osokérite.................... 591
- Hofmann, emploi de la glycérine dans les
- moulages...................................372
- llollinghausen (W.), machine à vapeur rotative.......................................600
- Huile de paraffine, fabrication........ 138
- — de palme, blanchiment...................313
- — de graines, extraction................. 180
- — minérales, extraction. . ...............529
- Hunier (F.), excavateur...................... 615
- Hydrocarbures, distillation................... H
- Hypochlorite de magnésie, dans le blanchiment...................................... 135
- I
- Incrustation par eau grasse............... 224—381
- Indigo, matière jaune......................... 194
- — dissolvant................................364
- Inglis, four à recuire les métaux............. 457
- Injecteur pour puiser l’eau................... 155
- — pour combustibles liquides................499
- Instruments d’optique, argenture des miroirs....................................... 349
- Ivoire artificiel............................. 314
- J
- Jacobsen (E.), réactif pour les acides gras. . 310 Jacobsen (C.j, noir à marquer le linge.. . . 482 Jaune d’urane, fabrication................. 124
- — d’aniline.............................. 74
- Jeannel, emploi des phénomènes de sursaturation................................... 116
- Johnson (R.), action des acides sur les métaux et les alliages..... 238—291—341—405
- Jones[J.), machine à pulvériser les minerais. 264 Jones (J.-G.), machine pour l’abattage de la
- houille.................................. 388
- Joulin, potasses et soudes de Stassfnrt. . . . 463 Jilnemann (F.), transformation de l’acide
- oléique................................ 10
- — siccatif pour les couleurs et les vernis. 19
- — sucre de betteraves................... 524
- K
- Kessler, encre à mater et écrire sur leverre. 347 Knaffl (L.), coloration en noir du zinc et du
- laiton......................... * • • ^
- — préparation du cyanure de potassium.. 246 Knechl-Senefelder (Ed.), encre indélébile. . 198 Kolb (F.), densités de l’acide azotique. ... 17
- Kopp (G.), emploi de la nitroglycérine.... 51
- L
- Lachmann, teinture de la laine en bleu d’aniline........................................
- Laine, teinture en bleu d’aniline............
- — moyen de la distinguer du coton.. . .
- — machine à défiler les chiffons.........
- — gaz d’éclairage avec ses déchets. . . .
- — teinture en rouge. . _.................
- — appareil à laver et sécher.............
- — appareil à sécher......................
- Laiton, coloration . .......................
- — coloration en noir...............- • •
- 303
- 303
- 483
- 487
- 585
- 593
- 625
- 635
- 70
- 144
- Pages.
- Laminoir à mouvement de renversement. . . 88
- — à cintrer............................ 345
- Lamy, verre de thallium..................... 26
- Langen (E.), décharge des appareils à revivifier le noir animal................... 629
- Larkin (II.), éclairage au magnésium. . . . 260
- Lalham (B.), assemblages à rivets.......... 267
- Lavage des fils............................. 77
- Lea (G.), argenture du verre................297
- Le Guen (I?.), alliage du tungstène et de la
- fonte............................. 225
- — acier au tungstène...................456
- Leroux (F.-F.), trempe des borates........470
- Lessives, appareil de traitement...........251
- — appareil aies évaporer.............. 576
- Leucine, comparée à l’albumine........... 305
- Levure de bière, vitalité.................257
- Liefcon.gazd’éclairageavec déchets de laine. 585
- IJebelt (F.), appareil à griller les tissus. . . 150 Liebermann (G.), moyen de distinguer la
- laine du coton......................... 483
- Lielegg (A.), spectre de la flamme du four
- Bessemer................................563
- Lies de vin, pour la fabrication du gaz et
- du noir................................370
- Lignites, cendres dans la fabrication des 581
- briques............................. 55
- — combustion sans fumée............... 101
- Lin, étirage et filature................ 275—423
- Linge, encre à marquer.......................482
- Lessives de soude, procédé d’oxydation. . . 355
- Locomotion sur routes ordinaires.......... 41
- Locomotives, chaudières à joints soudés. . . 201
- — outil à couper les entretoises......273
- — chauffage à la tourbe...............277
- — corrosion des chaudières........... 278
- Lombard, roues de bennes................ 646
- Luders, générateurs à vapeur............. 90
- Lundin, four à réchauffer à gaz......... 337
- — four de ressuage au gaz............ 567
- Lunge (G.), fabrication de l'azotate et du
- carbonate de potasse............... 252—408
- M
- Machine à pulvériser les minerais...........264
- — à percer.................................316
- — pour l’abattage de la houille............388
- — à shéper les pièces curvilignes......... 392
- — à planer les cylindres...................485
- — à défiler les chiffons...................487
- — à ébarber et parer les rivets............ 29
- — à évider les planches d’impression. . . 145
- — à battre l’or et l’argent................151
- — à forger et souder les métaux........... 536
- — à raboter rond.......................... 598
- — à vapeur et à air..................... 540
- — à vapeur rotative....................... 600
- — électro-motrice nouvelle.. . 509—546—642
- Machines à double percussion.................. 31
- — moyens d’annuler leurs perturbations. 55
- — à gaz par explosion, théorie.......... 158
- — à hacher les viandes.................. 259
- — à fabriquer les briques..................427
- — à vapeur, appareil de sûreté.......... 38
- — degré économique de la détente........ 40
- — soupape de sûreté................... . 94
- — rotatives............................... 206
- — soupape de purge....................... 434
- — distribution perfectionnée.............. 489
- — à bocarder les_ minerais.................494
- — soupapes de sûreté...................... 543
- — graissage au pétrole.................... 550
- — à raboter............................... 639
- M’Naught(J. et A.), appareil à laver la laine. 625 Magnésium, dépôt électro-chimique.............236
- — éclairage............................... 260
- Mallet (A.), préparation de l’oxygène...... 359
- Mandrins se centrant seuls....................265
- Le Technologiste. T. XXYIII. — Septembre 1867.
- 42
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-
-
- 658
- «
- Pages.
- Mann (6.), mordançage et coloration de la
- corne............“.....................194
- Manomètre pour presses hydrauliques. . . . 388 Macquorn-Rankine (AV.-F.), degre économique de la détente........................... 40
- — représentation graphique de la pression
- moyenne de la détente de la vapeur. 89
- — théorie des machines à gaz par explo-
- sion................................ 158
- Marès (H.), influence de la chaleur sur les
- vins..................................... 20
- Margueritte, fondant nouveau................ 27
- Maltage, mouillage des grains............... 82
- Marquard (F.), ivoire artificiel............ 314
- Marteau-pilon perfectionné.................. 85
- Martinet à air comprimé..................... 376
- Marlins (C.-A.), jaune d’aniline............ 74
- Matière jaune dans l’indigo................. 194
- — inorganiques, introduction dans le pa-
- pier................................ 139
- — colorantes de la garance............ 190
- Mauvaniline................................ 480
- Mécanisme régulateur pour métiers mécaniques....................................... 424
- Mélange de l’air et de la vapeur. ..........274
- Mène (Ch.), mordant de fer pour soies. ... 71
- Métaux, machine à battre................... 139
- — en pondre, préparation............. 177
- — absorption des gaz................. 313
- — action des acides.. . . 238—291—341—405
- — en feuilles, four à recuire......... 457
- — machine à forger et souder.......... 536
- Métiers mécaniques, régulateur..............424
- Millroy, appareil excavateur................ 551
- Millward (P.-A), construction pour recueillir les gaz des hauts-fourneaux............. 65
- Minerais de fer, traitement................ 231
- — machine à pulvériser................264
- — de cuivre pauvres, traitement...... 454
- — machine à bocarder...................494
- Miroirs, argenture.......................... 349
- Mitchell (R.), machine à forger et souder.. . 536
- Mordançage de la corne...................... 194
- Mordant de fer pour teindre la soie.......... 71
- Morse, appareil générateur de gaz........... 196
- Moteur à vapeur nouveau..................... 601
- — à pression d’eau.................... 603
- Mouillage des grains au maltage............. 82
- Moulages des cylindres...................... 179
- — en plâtre, emploi de la glycérine. . . . 372
- — de l’acier.......................... 373
- — des roues de chemins de fer......... 374
- Moteur hydraulique.......................... 278
- Moutons, tonte mécanique.....................551
- Mouvement des eaux.......................... 612
- Millier (Hugo), traitement des résidus des
- pyrites.................................. 404
- Murphy, compteur à alcool................... 307
- Math, purification de la naphtaline..........372
- N
- Naphtaline, purification.. ...................372
- Naphtes, fourneau à les brûler.............. 46
- Naylor (AV.), soupape de sûreté............ 36
- — fours brûlant la fumée........... 401
- Nerprun, graines. . .................. 256—302
- Nitroglycérine, emploi..................... 51
- — inexplosible...................... 54
- — préparation........«...............421
- Noir d’impression, extraction............. 370
- — d’aniline à marquer le linge..... 482
- — animal, déchargement des cylindres.. . 629
- Noivach (J.), soufflerie à cylindre....... 385
- O
- Pages.
- Orchar, régulateur pour les métiers........
- Osokérite..................................
- Os, teinture en rouge..................; • •
- Oit (A.), pétrole pour graisser les machines. Oudemans, poids spécifique de l’acide acétique........................................
- Outil de mineur............................
- — à couper les entretoises...........
- Oxydation des lessives de soude............
- Oxygène, préparation.......................
- — absorption par les alliages........
- 424
- 591
- 593
- 550
- 520
- 166
- 273
- 355
- 359
- 344
- P
- Pambour (de), théorie de la turbine. . . 97—435
- Paraf (A.), fixation des couleurs........... . 371
- — emploi de l’éther glycérique......480
- — vert d’aniline....................626
- Paraffine, fabrication de l’huile........ 138
- — purification..................... 309
- — emploi dans la fabrication du sucre.. . 475
- Papier, introduction de matières inorganiques................................. 139
- — de paille, traitement des lessives.. . . 251
- Parfum des plantes, extraction............ 28
- Parker, machine à vapeur et à air........ 540
- Paiera (A.), préparation du cuivre....... 572
- Payen, structure et constitution des fibres
- ligneuses...................... 582—631
- Peignage de la laine, appareil............597
- Pelouze (J.), surleverre. . 295—344—4)2—415
- Perphosphate de chaux, fabrication....... 129
- Perret, sur la vinification.............. 592
- Perturbations dans le mouvement des machines, moyen de les annuler.................... 55
- Pétrole, fourneau à le brûler............. 46
- — chauffage des chaudières à vapeur.. . . 48
- — point d’inflammation............. 367
- — pour graisser les machines....... 550
- — produits......................... 564
- Phénol sodique, fabrication............... 9
- Pickeriny, régulateur.................... 379
- Pièces de forge, appareil à cingler...... 199
- — curvilignes, machine à sliéper... 392
- — dorées, grenage...................422
- Piston Cabell............................ 378
- Planches d’impression, machine à évider.. . 145
- Plantes, extraction du parfum............. 28
- Platine, épuration........................ 4
- Plomb, absorption de l’oxygène par ses alliages.................................. 344
- — emploi dans le procédé Bessemer. ... 561
- Polarimètres, concordance................ 312
- Pond, appareil générateur de gaz......... 196
- Poseh (V. de), combustion des lignites.. . . 101 Potasse, dosage de la soude...................... 117
- — dosage par le tartre............. 350
- — fabrication de l’azotate et du carbonate. 352
- — de Stassfurt..................... 463
- Potassium, préparation du cyanure........ 246
- Potier, roue perfectionnée............... 200
- Pourpre de Gassius, recherches.. 184—247—298 Prandll (C.), pression de l’acide carbonique
- de la bière............................ 22
- Prentice, four à recuire les métaux...... 457
- Presses hydrauliques, manomètre.......... 388
- Pression, influence de l’acide carbonique.. . 22
- — moyenne de la détente de la vapeur, re-
- présentation graphique............ 89
- Produits du pétrole.......................564
- Promnitz (F.), appareil de sûreté........ 323
- Prouvost (A.), peignage de la laine......... 597
- Pujo (A.l, densité des vins.............. 483
- Puscher (G.), écume de mer et corne artificielles.............................. 478
- — teinture en rouge.................593
- Putsch (A.), fours de ressuage.... 449—513
- Pyrites, traitement des résidus...........404
- Or, machine à battre.
- 159
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-
-
-
- 659
- Pages.
- R
- Rails, mode de fabrication.................272
- Raiser (G.), appareil à laver les fils..... 77
- Rame à sécher les chaînes................. 147
- Ramsboltom (J.), tour double pour bandages
- de roues........................... 87
- — laminoir à renversement........... 88
- — moteur à pression d’eau.......... 603
- Recuit des fils métalliques................ 30
- Réduction par le zinc..................... 180
- Réfrigérant pour la bière..................530
- Régulateur chronométrique............ 208—261
- — de Pickering..................... 379
- Représentation graphique de la pression
- moyenne de la détente de la vapeur. ... 89
- Résidus des pyrites, traitement........... 404
- — de la fabrication de la fuchsine. 578
- Résine acaroïde ou xanthorœa.............. 586
- Résines.................................... 82
- Rhigolène.................................. 27
- Richardson, fourneau à brûler le pétrole.. . 46
- — appareil générateur de gaz....... 196
- Richler (B.), fabrication de l’albumine du
- sang.............................. 136
- — préparation de l’acide acétique et des
- acétates purs......................244
- Rider, ventilateur........................ 277
- Rinman (L.), azote et carbone dans l’acier
- et la fonte............................ 565
- Rivets, machine à ébarber et parer......... 29
- — leurs assemblages........... 267—321
- Rivières, mouvements de l’eau............. 501
- Robert, filtre-presse pour fabriques de sucre. 418
- Roberts (Th.J, épaississants.............. 305
- Robertson, régulateur pour les métiers.. . . 424
- Robertson (H.), extraction des huiles minérales....................................... 529
- Roue pour chemin de fer................... 497
- — a potier perfectionnée........... 200
- — de chemins de fer, tour double.... 87
- — hydrauliques, théorie........... 97—435
- — bandages en acier................ 276
- — de bennes........................ 646
- Rouge d’aniline............................ 15
- Rouille, mordant de fer.................... 71
- Rosaniline, emploi comme réactif.......... 310
- Rosenthiel (A.), épaississants............ 305
- Roues hydrauliques à aubes courbes, tracé.. 606
- Routes ordinaires, locomotion.............. 41
- Rvggles (S.-P.), recuit des fils métalliques.. 30
- Riihlmann, soupape de sûreté............... 94
- S
- I
- Sainlpierre (C.), densité des vins..........483
- Savon liquide à la glycérine.. . ........... 19
- Scharf (H.), appareil de blanchiment des
- tissus................................... 80
- Scheurer-Kestner (A.), sur la préparation
- de la soude..............................465
- Schindler (F.), machine à battre les métaux. 159
- Schinz (C.), four de ressuage au gaz..... 567
- Schlamp (Ed.), extraction du gaz d’éclairage
- et du noir.............................. 370
- Schlickeysen (C.), machine à fabriquer les
- briques..................................427
- Schmelzer (J.), cendres de lignite dans la
- fabrication des briques. ................ 55
- Schmidt (R.), machine à fabriquer les briques........................................427
- Schulze (F.), dosage du tannin dans les écor-
- Schutzenberger ( j.), des couleurs......... 214
- Scories cuprifères, extraction du cuivre. . . 569 Seguier, locomotion sur routes ordinaires. . 41
- Semper (E.), appareil centrifuge........... 149
- — appareil à sécher la laine............ 635
- Sels de chrome, fabrication................... 7
- Pages.
- Siemens (C.-W.), régulateur chronométrique................. 208—261
- — fourneau à fabriquer le zinc et l’acier. 232
- Skey (W.), tannin artificiel................. 421
- Smechochromasie.............................. 314
- Smith (J.), roue pour chemin de fer.......... 497
- Soames, purification de la paraffine..........309
- Sodium, amalgame...................... 67—114
- — force explosive...................... 213
- Soie, teinture en rouge.......................593
- — mordant de fer........................ 71
- — teinture en noir......................481
- — machine à défiler les chiffons........487
- Sonstadt (E.), épuration du platine............ 4
- Sorel, ciment magnésien.......................633
- Soslmann (E.), emploi de la paraffine dans la
- fabrication du sucre...................... 475
- Soufre, préparation des fleurs................ 75
- Soufflerie à cylindre........................ 385
- Soude, dosage dans les potasses.............. 117
- — fabrication par le fluor............. 121
- — recherches sur la préparation........ 465
- — de Stassfurt..........................463
- Soupape de sûreté à compensation.............. 30
- — — des machines à vapeur. . 94
- — — nouvelle................... 273
- — — des chaudières à vapeur. 490
- —543
- — de purge pour l’eau de condensation. . 434
- Spectre de la flamme du four Bessemer.. . . 563 Spence (P.), fabrication de la céruse........ 128
- — préparation du sulfide d’ammonium.. . 245 Stahlsmidt (C.), réductions par le zinc. . . 180 Stammer (G.), lavage des filtres à sucre.. . 133
- Stephan (A.), mouillage des tissus........... 533
- Sterne (L.), tampon pour chemin de fer. . . 162 Slinde (J.), nitroglycérine inexplosible.... 54
- Stinde (P.), préparation de l’acide formique. 131 Stolba (F.), préparation de l’acide sulfureux. 468 Stromeyer, fabrication du perphosphate de
- chaux..................................... 129
- Substances animales, conservation............ .84
- Sucre, emploi de la paraffine dans sa fabrication..........................................475
- — de betteraves, filtre-presse..........418
- — — perfectionnements. . . . 524
- — dans les tubercules de V Helianthus tu-
- berosus.............................. 627
- Sulfates de fer et de cuivre,poids spécifique
- de leurs dissolutions................ 129
- — fabrication.......................... 372
- — d’alumine, essai..................... 357
- Sulfide d’ammonium, préparation.............. 245
- Summerson (T.), cubilot à air chaud. ... 1
- Sursaturation, emploi des phénomènes. ... 116
- Swan (J.-R.), soupape de sûreté...............273
- Swan (A.), appareil à évaporer les lessives.. 576
- T
- Tampons pour chemins de fer................162
- Tannin artificiel.......................... 421
- — dosage dans les écorces..............580
- Tarr (J.-B.), moulage des roues de chemins
- de fer................................... 374
- Tartre pour dosage de la potasse............ 350
- Taylor ( W.-R.), mouillage des grains au
- maltage................................... 82
- Technologie du bâtiment..................... 166
- Teinture, emploi de l’éther glycérique.... 480
- — de la soie en noir...................481
- — en rouge............................ 593
- Températures élevées, moyen de les produire. 594
- — hautes, creusets de chaux........... 575
- Thallium, verre.............................. 26
- Tissus, blanchiment.......................... 80
- — appareil à griller.................. 150
- — fixation des couleurs............... 371
- — moyen de distinguer la laine du coton. 483
- — mouillage et apprêt..................533
- — machine à repriser.................. 533
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-
-
-
- — 660
- Pages.
- Pages.
- Todd (J.), machine à raboter............... 639
- — laminoir à cintrer..................315
- Tonte mécanique des moutons.................551
- Tour double pour bandages de roues........ 87
- Touraille pour charbon d’os................ 364
- Tourbe pour chauffage des locomotives.. . . 277 Tubes, fixateur hydraulique................. 34
- — de chaudières, virole...............433
- — des chaudières, machine à les nettoyer. 539
- Tungstène, alliage avec la fonte............225
- Tunner (P,), four à réchauffer à gaz........337
- Turbine, théorie........................ 97—435
- U
- Urane, fabrication du jaune................ 124
- V
- Vaessen, soupape de purge.................434
- Vapeur, représentation graphique delà pression de sa détente................... 89
- — générateur chauffé au gaz....... 207
- — mélangée à l’air.................274
- — d’eau surchauffée, détente...... 390
- Ventilateur de Rider....................... 277
- Venuleth (AV.), machines à hacher les viandes...........................................259
- Vernis siccatif........................... 19
- Verre de thallium......................... 26
- — recherches......... 295—344—412—415
- — argenture....................... 297
- — encre à mater et écrire......... 347
- — observation......................470
- Vert de chrome, préparation.......... 247—417
- — d’aniline....................... 626
- Vianne, chaudière à vapeur................ 92
- Vinaigre de betteraves, fabrication...... 308
- Vinification..............................592
- Vins, influence de la chaleur............. 20
- — de l’Hérault, densité............483
- Violette (H.), résines.................... 82
- Vohl (H.), extraction des huiles de graines. 186
- Yogel (A.), galactomètre optique..........531
- — traitement des eaux des féculeries et
- des amidonneries.................253
- w
- Wagner, préparation de l’acide azotique. . . 243
- — traitement des minerais de cuivre.. . . 454
- — compositions pour garnitures de cous-
- sinets............................459
- Walkhoff (L.), touraille pour charbon d’os.. 364 Wallenhofen (A. de), machine électro-ma-
- gnétique.................... 546—609—642
- Wanklin (J.-A.), vert d’aniline..........
- Warren de la Bue, traitement des résidus
- des pyrites.............................404
- Warrenlrapp (F.), matières inorganiques
- dans le papier........................
- Webb (F.-'W.), machine à sheper........... 392
- Weber (R.), alimentation des chaudières en
- eau grasse........................ 324—381
- Weldon (W.), emploi du fluor dans la fabrication de la soude........................ 1**
- Whitworth (J.), moulage de l’acier.. . 373—595
- Winkler (Cl.), purification du graphite. . . 484 AVolfram réduit allié à la fonte. ....... 22»
- Wright (AV.), machine à bocarder les minerais...................................... 494
- Wurtz (H.), amalgame de sodium.. . . 67—H4
- X
- Xanthorœa, résine,
- Z
- Ziegler (G.), four à cuire les briques....431
- Zinc, gravure par voie galvanique........... 24
- — application d’enduits colorés....... 25
- — coloration en noir................. 144
- — expériences de réduction............ 180
- — fourneau à le fabriquer.............232
- — pour réduire les composés aromatiques. 371
- — emploi dans le procédé Bessemer.. . . 561
- Zipshauser, coupe-tuyau..................... 1®3
- FIN DE LA. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
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- TABLE DES PLANCHES ET DES FIGURES,
- Planches. Figures. Pages,
- cccxxv 1— 3. Cubilot à air chaud, T. Summerson................... 1
- 4— S. Système de chauffage Daelen. R. Schmidt.................. . 2
- 6— 10. Distillation des hydrocarbures. W._ Cormack........ 11
- 11—13. Machine à ébarber et parer les rivets. C. de Bergue. ... 29
- 14 Embrayage des arbres. S.-P. Ruggles............................ 30
- 15— 17. Fabrication des bandages en acier. J. Firth. . ......... 33
- 18—19. Fixateur hydraulique pour les tubes de chaudières. ... 34
- 20—21. Soupape de sûreté à compensation. W. Naylor........... 36
- 22 Appareil de sûreté pour les machines à vapeur............ 38
- 23 Degré économique de la détente. T. Macquorn-Rankine. . . 40
- 24— 26. Fourneau à brûler le pétrole. C.-P. Richardson.......... 46
- cccxxvi 1—5. Construction des hauts-fourneaux. J. et G. Addenbroke et
- P.-A. Miüward........................................... 65
- 6 Préparation des fleurs de soufre. A. Hauch...................... 75
- 7— 9. Appareil à laver les tils. C. Raiser..................... 77
- 10 Appareil de blanchiment pour les tissus. H. Scharf. ... 80
- 11— 12. Mouillage des grains de maltage. 1F.-R. Taylor.......... 82
- 13— 16. Marteau-pilon perfectionné. C. Emmet................. . 85
- 17 Pression moyenne de la détente. W.-F. Macquorn-Rankine. 89
- 18—19. Générateurs à vapeur. Harisson et Luders................... 90
- 20—21. Chaudière à vapeur. Vianne................................. 92
- 22— 24. Chaudière à vapeur de combinaison....................... 93
- 25— 26. Combustion des lignites. V. de Posch....................101
- cccxxvn 1—5. Fabrication de l’albumine du sang. B. Richter.............136
- 6— 7. Rame à sécher les draps.....................................147
- 8— 11. Battant de tissage. J.-TA. Cook.........................148
- 12— 13. Appareil centrifuge pour les draps. E. Semper...........149
- 14— 15. Appareil à griller les tissus. F. Liebelt...............150
- 16— 17, Machine à battre l’or. F. Schindler.....................151
- 18— 19. Chaudière à vapeur. Hall................................154
- 20— 23. Injecteur pour puiser l’eau. A. Barclay.................155
- 24 Théorie des machines à gaz. J. Macquorn-Rankine...........158
- 25 Tampons pour chemins de fer. L. Sterne....................162
- 26— 28. Coupe-tuyau. Zipshauser.................................163
- cccxxyiii 1—2. Moulage des cylindres en coquilles........................179
- 3 Générateur de gaz. Pond, Richardson et Morse....................196
- 4— 8. Appareil à cingler.......................................199
- 9— 10. Roue à potier perfectionnée. J. Cliff...................200
- 11—14. Chaudières soudées.........................................201
- 15— 16. Machine à vapeur rotative. W. Hall......................206
- 17— 18. Générateur chauffé au gaz.............................. 207
- 19— 23. Régulateur chronométrique. C.-TF. Siemens...............208
- 24 Couleurs à divers points de vue. Brücke. ......................214
- cccxxrx 1—10. Four à puddler. H. Ressemer..............................225
- 11—16. Fourneau à zinc et acier. C.-W. Siemens,...................232
- 17—20. Traitement des lessives. A. Amos et W. Anderson. .... 251
- 21— 22. Machine à hacher les viandes. W. Venuleth...............259
- 23— 24. Machine à pulvériser les minerais. J. Jones.............264
- 25—29. Mandrins se centrant seuls. J.-E. Earle................. . 265
- 30—32. Mode de fabrication des rails. W.-H. Barlow................272
- 33 Soupape de sûreté. J.-R. Swan..................................273
- 34—39. Outil pour couper les entretoises. A. Gross................273
- cccxxx 1— 4. Compteur à alcool. Cox et Murphy....................... 307
- 5— 8. Laminoir à cintrer. J. Tood.............................315
- 9—14. Machine à poinçons multiples...........................316
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- Planches.
- CCCXXXl
- CCCXXXII
- cccxxxin
- CCCXXXIV
- cccxxxv.
- CCCXXXVI
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- Figures; Fages.
- 1— 2t Dosage de la potasse. Th. Becker.................. 350
- 3 Oxydation des lessives de soude. J. Hargreaves.................355
- 4— 5. Touraille pour charbon d’os. L. Waïkhoff.................364
- 6—11. Moulage de l’acier. Whitworih..............................373
- 12— 13. Appareil de moulage des roues. J.-B. Tarr................374
- 14— 15. Martinet à air comprimé. T.-G. Dawes......................376
- 16— 17. Chaudière à vapeur. Dickerson. ...........................376
- 18 Piston Cabell..................................................378
- 19— 21. Régulateur Pickering.....................................379
- 22 Soufflerie à cylindre. J. Nowack...............................385
- 23—24. Manomètre pour presses hydauliques.........................388
- 25 Machine pour l’abattage de la houille. J.-G. Jones........388
- 26 Nettoyage des graines de cotonnier..................... . 391
- 1— 2. Fours brûlant la fumée. W. Naylor..........................401
- 3 Filtre-presse pour sucreries. Robert................. 408
- 4 Etirage et filature du lin. J.-B. Fuller..................423
- 5— 8. Mécanisme régulateur pour métiers. Robertson et Orchar. 424
- 9—16. Machines à fabriquer les briques. R. Schmidt...............427
- 17— 19. Chaudière de Davis......................... 432
- 20 Viroles pour tubes de chaudière. Ed. Clarck............ . 433
- 21 Soupape de purge double. Vaessen............... 434
- 22—23. Machine à sasser les gruaux. A.-M. Arndt...................438
- 1—12. Fours de ressuage à gaz et à régénérateurs. A. Putsch. . 449
- 13— 16. Four à recuire les métaux en feuilles. Prentice et Inglis. . 457
- 17— 20. Compositions pour garnitures de coussinets. H. Wagner. . 459
- 21—23. Machine à planer les cylindres. J. Harisson................485
- 21—25. Barreaux squelettes. W.-E. Bill........................ . . 488
- 26— 29. Distribution dans les machines à vapeur.....................489
- 30—31. Sur les soupapes de sûreté des chaudières. Th. Baldwin. 490
- 32 Appareil de sûreté pour les chaudières. Hackett..................493
- 33—36. Machine à bocarder les minerais. W. Wright...................494
- 37—44. Nouvelle roue pour chemin de fer. J. Smith................. 497
- 45 Injecteur pour les combustibles liquides.........................499
- I— 6. Fours de ressuage au gaz. A. Putsch.........................513
- 7 Extraction des huiles minérales. IJ. Robertson...................529
- 8—13. Réfrigérant pour la bière. A.-M. Dix..........................530
- 14 Appareil à mouiller les tissus. A. Stephan.......................533
- 15— 19. Machine à repriser les tissus. E.-A. Cowper.................533
- 20— 21. Machine à forger et à souder. Mitchell. ....................536
- 25—27. Appareil à nettoyer les tubes des chaudières. E. Green. . 539
- 28 —29. Machine à vapeur et à air combinés. Parker............ . . 540
- 30—31. Appareil excavateur. Millroy.................................551
- 1— 4. Appareil à évaporer les lessives. A. Swan.....................576
- 5— 10. Moulage de la fonte et de l’acier. J. Whitworih.............595
- II— 13. Appareil pour le peignage de la laine. A. Prowost...........597
- 14— 17. Machine à raboter rond......................................598
- 18— 19. Machine à vapeur rotative. W. Hollinghausen. ...... 600
- 20— 26. Moteur à pression d’eau de Ramsbottom. G. Delabar. . . 603
- 27— 31. Excavateur de Hunter. ......................................615
- 1— 5. Lavage des laines. J. et A. M’Naught.........................625
- 6— 10. Appareil à décharger les noirs d’os. E. Langen..............629
- Il—16. Appareil à sécher la laine. E. Semper........................635
- 17—20. Nouvelle machine à raboter...................................639
- 21— 24. Roues de bennes. Lombard....................................646
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- TABLE DES MATIÈRES
- DE LA
- LÉGISLATION ET DE LA JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- A
- •décident. Transport de chevaux par chemin de fer, blessures, conditions du transport, responsabilité des compagnies, 106. — Transport de marchandises, 57. — Ouvrier blessé, défaut de précaution de la victime, irresponsabilité du patron, 171—507. — Déchargement d’une machine, condition de la responsabilité, 222. — De chemin de fer, responsabilité des compagnies, 331. — Dans l’exploitation d’une carrière, responsabilité, 393.— A un garde-ligne de chemin de fer, irresponsabilité de la compagnie, 395. — Dans une usine lors de la réparation d’une courroie, préposé spécial, responsabilité du patron, 444. — Insuffisance d’outillage, obligation du maître, 507.
- Affiches.— Tarifs des chemins de fer, 394 — 617.
- Agents chimiques. Marché, abandon d’un produit pour l’emploi de procédés nouveaux, 286.
- bigles. Ornements tombés dans le domaine public, surmoulage, 220.
- Aliments. Procédés de conservation, con-trefaçon, 283-621.
- Appareilleurs. Construction d’appareils à gaz, responsabilité, arrêté préfectoral du 18 février 1862, 111.
- Artistes. Travaux d’art et d’industrie, patente, 623.
- Assimilation des marchandises non classées à celles qui sont énumérées pour la perception des taxes de transport par chemins de fer, 58.
- Atteinte à la liberté du travail, constata-tion du délit, 622.
- Auteurs. Droits des, 395.
- Avaries. Transport par chemins de fer, 57.
- B
- baccarat. Cristallerie, marché pour la fourniture d’un agent chimique, abandon de cet agent dans la fabrication, emploi d’un produit nouveau, contestations, 286.
- Bail. Droit privatif d’un locataire industriel, 109.— Droit d’un locataire industriel d’introduire dans les lieux loués une machine à vapeur nécessaire à son exploitation. Décret du 25 janvier 1865, 281. — Voyez propriétaire.
- Barbedienne. Propriété artistique et commerciale, 395.
- Barrage. Renversement, cours d’eau, dommages-intérêts, 330.
- Brevets d’invention. Le procédé de fabrication et le produit de la fabrication sont indépendants l’un de l’autre, si donc le brevet est pris uniquementpour la conservation du procédé, il ne protège pas le produit, quand même ce dernier serait nouveau, 106. — Réunion d’éléments divers constituant un procédé industriel, nouveauté, énonciation et description des éléments, 220. — Un appareil qui se distingue dans certaines de ses parties de ceux antérieurs, peut-il être valablement breveté, si ces différences sont peu importantes; doit-on rechercher si ces différences produisent ou non un résultat industriel, 220. — Application du manomètre, ordonnance du 22 mai 1844, 284—621. — Défaut de résultat industriel, 333. — Le brevet pris pour un instrument ne garantit pas seulement l’ensemble, mais les organes essentiels, sans qu’il soit besoin de la description spéciale de chacun d’eux, 416. — Pluralité de combinaison, défaut d’application industrielle, question de validité de brevet, 446. — Nouveauté, antériorité, 553. — L’application d’un appareil du domaine public comme élément d’un système, n’invalide pas un brevet pris pour l’application de ce même appareil à un système différent, 622. — Appréciation de l’étendue et de la validité d’un brevet par l’état antérieur de l’industrie, 623. — Certificat d’addition, antériorité, 622. — Contrefaçon, 60. —Le breveté qui a concédé un droit de fabrication sous condition de poinçonner lui-même les objets fabriqués, peut poursuivre les objets non poinçonnés comme contrefaits, 511. — Cession, acte authentique,
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- 445—446.—Il peut être valablement inséré dans une vente ou marché de fourniture d’objets brevetés, que levendeur garantit l’acquéreur contre toute réclamation appuyée sur des brevets antérieurs, 217. — La constatation par un jugement d’avant faire droit de la brevetabilité de l’invention et de la similitude de l’objet argué de contrefaçon, ne fait pas obstacle à ce que le jugement sur le fonds déclare l’invention non susceptible de brevet, 106. — De l’examen des brevets antérieurs à celui qui sert de base aux poursuites, comparaison et validité, 110. — Sont souveraines les déclarations du juge du fait sur l’application nouvelle des moyens connus et du résultat industriel obtenu, 622. — Les questions d’antériorité sont souverainement résolues par le juge du fait, 110—622. — La déclaration du juge du fait qu’un produit breveté est de la même nature qu’un produit tombé dans le domaine public est souveraine, 393. — Comment doit être entendue l’expression : les tiers, dans l’article 20 de la loi du 5 juillet 1844, 445. = Objets des brevets : Tampon de choc en caoutchouc pour locomotives, 217. — Conserves alimentaires, 284-621. — Coiffures, 333. - Gou-dronnière, 395.—Instruments de musique, 445.— Baromètres, thermomètres, montres, boussoles, 446. — Fers à tuyauter, 623.
- Brouillard. Cause d’accidents sur un chemin de fer, non responsabilité de la Compagnie, 394.
- G
- Canal de dérivation et de fuite, droits des propriétaires riverains, 57. — Usine, moulin, présomption de propriété, 172 -329-553.
- Carrière. Accident dans l’exploitation, responsabilité, 393.
- Catalogue de T Exposition universelle. Droit privatif ou concurrence, 441.
- Chemins de fer. Transports. = Marchandises non désignées aux tarifs, perception par assimilation, appréciation des Tribunaux, 58. — Comment doit être entendue la responsabilité pour le transport des chevaux de luxe, 106.— Acceptation d’un colis après l’heure réglementaire, retard dans la livraison, responsabilité de la Compagnie, 223. = Croisière manquée, indemnité due au vovageur, train spécial, 331. — Modifications aux tarifs, publicité par affiches et avis sommaires, 394.—Par affiches et livrets, 617.—Transport de denrées alimentaires, délais moraux, 447. = Construction .-sont nuis les sous-traités faits par un entrepreneur général auquel le cahier des charges impose d’exécuter personnellement les travaux, 62. —' Expropriation du sous-sol pour le percement d’un tunnel, droit des pro-
- priétaires de la surface, constructions, 169. — Clôture par des haies, élagage, préjudice aux voisins, compétence administrative, 281.= Responsabilité: — Avaries, application de la clause des tarifs spéciaux : sans garantie du cas fortuit ou delà force majeure, présomption de faute de la Compagnie, 57. — Incendie de fourrage par les locomotives. Loi du 15 juillet 1845, art. 7, sur le dépôt des matières inflammables, 330. — Caractères des exceptions à l’action en responsabilité, 331. —Accident à un garde-ligne, effet du brouillard, 395. = Contestations: compétence, 394-— Légalité de l’application des tarifs, 394. — Traité d’acquisition des locomotives, stipulation de garantie contre l’action des brevetés prétendant une antériorité, 217.
- Chevaux. Transport par chemin de fer, accident, responsabilité, 106.
- Clesinger, sculpteur, propriété artistique,
- Coalition. Délit, 622.
- Commune. Concession d’usage des eaux, inaliénabilité et imprescriptibilité, toutes concessions sont précaires et révocables, 105.
- Concurrence. Surmoulage d’un objet industriel dans le domaine public, défaut de nouveauté, 220.
- Concurrence illicite. Industries similaires établies dans le même immeuble, responsabilité du propriétaire. — Catalogue de l’Exposition universelle, 441.
- Conseil des prud’hommes. Salaires d’ouvriers, 618.
- Conserves alimentaires. Procédés, contrefaçon, 284—621.
- Construction de machines. Délais de garantie et responsabilité du fabricant-58.
- Contrefaçon. Etendue du pouvoir du président en matière d’ordonnances autorisant des saisies, 60. — Il appartient au pouvoir discrétionnaire du juge correctionnel, saisi d’une demande en contrefaçon, d’ordonner le renvoi devant les juges civils déjà saisis d’une demande en validité de saisie, 60. — Expert nommé pour décrire un objet saisi? dispense du serment, 60. — Recel d’objets contrefaits, complicité, condamnation solidaire, 60. — Introducteurs et vendeurs d’objets contrefaits français et étrangers, 60. — Aveu suivi postérieurement et dénégation, preuve suffisante, 60. — Une saisie préalable n’est pas nécessaire pour justifier une demande en contrefaçon, 60. — Jugement préparatoire et jugement définitif, les déclarations contenues au premier sont seulement conditionnelles, elles peuvent être détruites par les dispositions du second, 106. — Dans une revendication de procédés de fabrication et de combinaisons, il n’importe pas de rechercher la proportionnalité des combinaisons, 110. — Les antériorités sont souverainement décidées par les juges du fait, 110—622. — L’acqué-
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- reur de bonne foi peut valablement sti- I puler la livraison d’appareils brevetés sous condition qu’il sera affranchi de toutes réclamations de la part de brevetés à une date antérieure à celui du breveté vendeur, 217. — Lorsque le procédé industriel poursuivi comme contrefait, présente tous les éléments de celui breveté, éléments qui sont eux-mêmes dans le domaine public, le prévenu peut-il être renvoyé sur le motif qu'il n’existe que de légères différences entre les deux procédés, n’y a-t-il pas lieu de rechercher le résultat industriel obtenu, 220. —Le tribunal de Commerce est incompétent pour statuer sur une demande en contrefaçon, quel que soit le titre sous lequel on présente l’action, par exemple : concurrence déloyale, 220. — Moyens et résultats différents, application du manomètre aux chaudières, 284. — Les changements de forme et de proportion, les modifications de coupe ne présentent pas un résultat industriel nouveau, 333. — La déclaration des juges du fait est souveraine lorsqu’elle porte que le produit breveté ou argué de contrefaçon est connu et dans le domaine public, ou qu’il y a similitude entre eux, 393. — Contrefaçon d’une pièce détachée d’un appareil organe essentiel, 416. — Dessin, description, 446. — Dépôt légal en vertu de la loi du 19 juillet 1793. — Ce dépôt doit-il être opéré dans un délai légal, notamment en ce qui concerne des portraits photographiques, 508. — Le breveté qui a fait une concession de fabrication moyennant une certaine redevance pour chaque appareil fabriqué et sous condition de le revêtir d’un poinçon, peut poursuivre comme contrefait tout appareil non poinçonné, 510. — Une clause spéciale ne doit être appliquée que sur la demande expresse du poursuivant, 510. — La Cour de cassation ne peut pas contrôler la déclaration de nouveauté portée par les juges du fait, 553. — Ce que doit comprendre la confiscation, 553. — L’emploi d’un appareil du domaine public dans les combinaisons d’un brevet, ne peut être privatif, il peut en être fait un emploi différent sans contrefaçon, 622. — Les juges du fait décident souverainement la nouveauté de l’application et le résultat industriel, 622.— L’emploi plus utile de moyens déjà connus, dans une même industrie, ne constitue ni un droit privatif, ni une contrefaçon, 623. — Certificat d’addition, perfectionnement, antériorité, 622. = Objets contrefaits : tampons de choc en caoutchouc pour locomotives, 217. — Conserves alimentaires, 284—621. — Voiles pour coiffures, 333. — Emanateurs hygiéniques et inhalateurs, 397. — Instruments de musique, 446. — Photographies, 508. — Manomètres, 621.— Fers à plisser, 623.
- Contributions directes. Dans quel cas un artiste peut-il être patenté, 623.
- Cours d’eau. Canal de dérivation, usinier et propriétaires riverains, irrigation , 57. — Contestation entre usiniers sur le partage des eaux, réglement établi par l’autorité judiciaire, réserve du pouvoir administratif, 105. — Moulin et usine,présomption de propriété, 172. —Libre écoulement, travaux hydrauliques insuffisants, chômage d’usines, 281. — Substitution d’un canal, transformation, droits communaux de puisage, lavage et abreuvage, 329. — Renversement de barrage, possession annale, dommages-intérêts, 330. — Infection par suite du déversement des eaux d’une usine, dommages-intérêts, 393. — Canal creusé de main d’homme, propriété, chose jugée, 553. — Hausse de vannes, contravention au régime hydraulique, 559. —Règlement par jugement, compétence, 618.
- Cristalleries. Procédés anciens, procédés nouveaux, marché pour fourniture d’un produit nécessaire à la fabrication, abandon de ce procédé, emploi de produits différents, 286.
- D
- Décors. Peinture industrielle, patente, 623.
- Découverte scientifique. Abandon de procédés anciens, marché, 286.
- Décret du 25 janvier 1865, sur les machines à vapeur, conséquences à l’avantage des locataires industriels, 281.
- Denrées alimentaires. Transport par chemins de fer, retard dans la délivrance des colis, 447.
- Dépôt légal des œuvres artistiques. Musique d’opéra, 505. — Portraits photographiques, 508.
- Dessin de brevet d’invention, 446.
- E
- Eau. Canal de dérivation et de fuite, droits des propriétaires riverains, 57. — Partage à faire entre deux usiniers, 105. — Qui sert à un usage public est imprescriptible, les concessions en sont précaires et irrévocables, 105. — Dérivation partielle d’un cours d’eau, présomption de propriété, moulins et usines, 172—553. — Appréciation des tribunaux, 105. — Doit avoir un libre écoulement, insuffisance de travaux hydrauliques, dommage causé à des moulins et usines, 281. — Substitution d’un canal au cours d’eau primitif, droits communaux de puisage, lavage et abreuvage, 329. — Renversement de barrage, possession annale, 330. — Infection par le déversement d’une usine, dommages-intérêts, 393. — Chose jugée, 553. — Inondation par la hausse des vannes, préjudice, 559. — Règlement, compétence, 618.
- Eclairage au gaz. Appareilleurs, responsabilité, 111.
- 42*
- Le Technologiste, T. XXY1II. — Septembre 1867.
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- Elagage des haies d’un chemin de fer, préjudice, 281.
- Emanateurs , inhalateurs, contrefaçon , 395.
- Empiétements de concessionnaire de mine, sur une exploitation voisine, compétence judiciaire, 106.
- Enseigne. Nom commercial, indemnité pour usage abusif, 335.
- Entrepreneur général de travaux publics, ne peut sous-traiter lorsque le cahier des charges l’astreint à une exécution personnelle, 62. — Incendie de matières premières , responsabilité , 618.
- Etablissements insalubres, infection d’un cours d’eau par un usinier, 393.
- Expertise en matière de saisie de contrefaçon, serment, 60. — Nombre des experts, irrégularité, 330.
- Exposition universelle. Catalogue, droit de propriété, 441.
- Expropriation. Construction d’un chemin de fer, tunnel, l'expropriation du sous-sol n’entraîne pas l’obligation d’acquérir la surface, 169.
- F
- Eermier. Conditions de salaire d’ouvriers, 620.
- Fers à plisser ou tuyauter, contrefaçon, 623.
- Fleuriste. Mercière, étendue du commerce, concurrence, 109.
- Fondeurs et stéariniers, type de fabrication, usage industriel, oll.
- Force majeure et cas fortuit. Transport, présomption de faute des compagnies de chemin de fer et des voituriers, responsabilité, 57.
- Fourrages. Dépôt près de la voie du chemin de fer, incendie, responsabilité. Loi du 15 juillet 1845, 330.
- Fournitures. Marché de. — Procédés nouveaux, abandon des procédés anciens, 286.
- G
- Garantie due par un constructeur de machines, délai, 58.
- Garde-ligne de chemin de fer, accident dû au brouillard, irresponsabilité de la compagnie, 395.
- Gares de chemin de fer. Affiche des tarifs, 394.
- Gaz. Appareilleurs, responsabilité, arrêté préfectoral du 18 février 1862, 111.
- Goudronnières. Emanateurs et inhalateurs, contrefaçon, 397.
- H
- Heure réglementaire de la remise des colis par une compagnie de chemin de
- fer, retard dans la livraison, responsabilité, 223—447.
- Haie séparative d’un chemin de fer et de propriétés particulières, élagage, préjudice aux voisins, compétence administrative, 281.
- I
- Incendie. Fourrages, matières inflammables. Loi du 15 juillet 1845, 330. — De matières premières confiées à un entrepreneur, responsabilité, 618.
- Industries similaires. Etablissement dans un même immeuble, concurrence du propriétaire, 109.
- Inhalateurs. Emanateurs hygiéniques, contrefaçon, 397.
- Irrigation. Canal de dérivation et de fuite, 57.
- L
- Lances pour drapeaux, modèle tombé dans le domaine public, surmoulage, 220.
- Livraison. Retard, remise après l’heure réglementaire , responsabilité d’une compagnie de chemin de fer, 223— 447.
- Locataire d’ateliers a le droit, depuis le décret du 25 janvier 1865, d’y introduire une machine à vapeur, 281.
- Locomotive avec tampons de choc en caoutchouc, brevet d’invention, garantie de l'acquéreur, 217.
- M
- Machine de Marly, rupture d’un arbre de couche, responsabilité du constructeur, délai de garantie, 58—554. — Accident dans le déchargement, responsabilité du destinataire, 222. —Accident lors de la réparation d’une courroie, préposé spécial, responsabilité du patron, 444.
- Machines à vapeur, décret du 25 janvier 1865, droit du locataire industriel, 281.
- Machine Colas pour la réduction des sculptures, propriété artistique, 395.
- Marchandises. Avaries par le transport en chemin de fer, tarifs spéciaux, cas fortuit, force majeure, 57. — Non désignées aux tarifs des chemins de fer, assimilation, conventions et décisions judiciaires, 58.
- Marché pour fournitures. — Abandon des procédés de fabrication, inexécution du marché, 286.
- Marchés pour travaux. Ouvriers à la tâche, responsabilité, 170.
- Marly. Voyez Machine de.
- Matières inflammables. Dépôt de fourrages par un riverain du chemin de fer, incendie, responsabilité, 320.
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- Matières premières confiées à un entrepreneur, incendie, responsabilité, 618.
- Médecins et pharmaciens. Société, son objet, nullité, 108. — Vente de préparations médicinales composées sans ordonnance de médecin, 283—510.
- Menaces. Liberté du travail, 622.
- Mendelshon. Opéra de Lisbeth, 505.
- Mines. Empiétement d’un concessionnaire sur une concession voisine, compétence judiciaire, 106.
- Moulin. Canal de dérivation et de fuite, irrigation, 57. — Cours d’eau, 172— 553. — Hausse de vannes, inondation, 553.
- N
- Nom artistique, 395.
- Nom commercial. Usage par un commis du nom de son patron, 335.
- O
- Opéra. Œuvre artistique complexe, indivisibilité des paroles et de la musique, 505.
- Ordonnance autorisant une saisie en matière de contrefaçon, étendue du pouvoir du président, 60.
- Ordonnances médicales. Codex, préparations pharmaceutiques, 283.
- Ornements. Surmoulage, modèles tombés dans le domaine public, 220.
- Ouvriers. Interdiction des sous-traités à un entrepreneur de travaux publics, 62. — À la tâche doivent être considérés comme des entrepreneurs pour la responsabilité décennale de l’art. 1792 du Code Nap., 170. — Salaires, conventions, 620. — Compétence du Conseil des prud’hommes, 618. — Atteinte à la liberté du travail, 622. — Accidents. — Défaut de précautions de la victime, irresponsabilité du patron, 171—507. — Déchargement d’une machine, 222. — Dans l’exploitation d’une carrière, 393.— Blessé lors de la réparation d’une courroie, préposé spécial, 444. — Insuffisance d’outillage, 507.
- P
- Patente. Artiste, 623.
- Patron. Accident à un ouvrier, défaut de précaution de la victime, irresponsabilité du maître, 171—393. — Compétence du Conseil des Prud’hommes pour les questions de salaire d’ouvrier, 618—620. — Liberté du travail, 622.
- Peinture industrielle et artistique, patente, 623.
- Pharmaciens. Société avec un médecin, objet, pacte illicite, nullité, 108. — Vente de médicaments composés sans ordonnance magistrale, contravention a la loi de germinal an XI, 283—510.
- Photographies. Dépôt, portraits, 508.
- Portraits photographiques, propriété artistique, dépôt légal, 508.
- Propriétaires. Industries similaires dans le même immeuble, concurrence, faute et responsabilité du propriétaire, 109. — Construction d’appareils de chauffage et d’éclairage au gaz, responsabilité, 111. — Expropriation du sous-sol, superficie, 169. —L’introduction d’une machine à vapeur dans des ateliers est de droit commun depuis le décret du 25 janvier 1865, 281. — Salaires d’ouvriers, 620. — Voyez : Cours d’eau.
- Propriété artistique. Surmoulage, 220. — Sculptures, 395. — Indivisibilité d'une œuvre artistique, paroles et musique d’opéra, dépôt au ministère de l’intérieur, application d’un traité avec la Saxe, 505. — Portraits photographiques, contrefaçon, 508.
- •Propnéfétnclusfrieffe. Ornements, domaine public, 220.
- R
- Réduction de sculpture. Propriété artistique, 395.
- Régime métallurgique. Contraventions, dispositions pénales, 559.
- Responsabilité des constructeurs de machines, 58—554. — Des constructeurs d’appareils à gaz, 111. — Des ouvriers à la tâche est réglée par l’art. 1792 du Code Nap. comme celle des entrepreneurs, 171. —Du destinataire, accident au déchargement, 222. — Accident à un ouvrier dans l’exploitation d’une carrière, 393. — Accident de chemin de fer, brouillard cause déterminante, 395. — Dans une usine, surveillance spéciale d’un préposé, 444. — L’ouvrier qui reçoit un outillage de son patron doit en faire personnellement la vérification, 507.
- Riverains du canal de dérivation ou de fuite de cours d’eau, 57— 553. — Droits de puisage, lavage, abreuvage, 329. — De chemins de fer, incendie de fourrages, matières inflammables. Loi du 15 juillet 1845, 330.
- Rondelles brevetées pour amortir le choc, des locomotives, vente, garantie de l’acquéreur, 217.
- S
- Salaire d’ouvrier, compétence des prud’hommes, 618—620.
- Sanction pénale. Loi de germinal an XI sur la pharmacie, 283—510.
- Saxe. Convention sur la propriété artistique, 505.
- Sculpture. Propriété artistique, réduction, machine Colas, M. Clésinger, 395.
- Société entre un médecin et un pharmacien, pacte illicite, 108.
- Stéarinier et fondeur. Ce que l’on doit
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- entendre par un type de fabrication industrielle, 511.
- Surmoulage. Objet d'art industriel, domaine public, 220.
- T
- Tampon de choc pour locomotives, brevet, vente et garantie, 217.
- Tarifs de chemin de fer spéciaux, exception des conditions prévues de force majeure et cas fortuit, principe de présomption de faute de la compagnie, 57.
- — Marchandises non désignées aux fixations du prix du transport par assimilation, pouvoir des tribunaux, 58.
- — Modifiés, publicité par affiches et avis sommaires, 394. — Compétence, 394. — Régularité et suffisance de la publicité, 617.
- Type de fabrication. Comment il doit être apprécié, 511.
- Transport. Chemin de fer, présomption de responsabilité, 57. — De marchandises sans désignation de tarif, mode d’assimilation, 58. — Remise tardive des colis et livraison en retard par le voiturier, 223. — Délais moraux, livraison à domicile, 447.
- Travaux. Responsabilité des tâcherons, 170.
- Travaux publics. Entrepreneur général, obligation du cahier des charges, défense de sous-traiter, 62. — Chemins de fer, 169.
- Tunnel. — L’expropriation du sous-sol n’emporte pas l’obligation pour l’expropriant d’acquérir la surface, 169.
- U
- Usine. — Canal de dérivation et de fuite, irrigation, moulin, 57. — Machine de Marly, rupture de l’arbre de couche, responsabilité du constructeur, délai de garantie, 58—554. — Partage des eaux entre deux usines, compétence judiciaire, 105. — Conduits et appareils, 111. — Cours d’eau, présomption de propriété, 172—553. — Accident au déchargement d’une machine, responsabilité, 281. — Substitution d’un canal à un cours d’eau, droits communaux de lavage, puisage, abreuvage, 329. — Déversement d’eau infectée, dommages-intérêts, 393. — Accident à un ouvrier, présence d’un préposé spécial du maître, faute du maître, responsabilité, 444. — Type de fabrication, 511. — Contravention au régime hydraulique des établissements métallurgiques, pénalité, 559.
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- Vannes. Travaux hydrauliques, chômage d’usine, 281. — Régime métallurgique, inondation, 559.
- Verreries. Procédés de fabrication, 286.— Décoration artistique, 623.
- Voiles pour coiffures, 333.
- Voituriers, 57—58. — Voyez : Chemins de fer.
- Voyageurs. Accidents , responsabilité , 331. — Chemin de fer, croisière manquée, train spécial, indemnité, 331.
- ci
- UN DE LA TABLE DES MATIÈRES DE LA JURISPRUDENCE ET DE LA LÉGISLATION INDUSTRIELLES.
- BAR-SUR-SE1NE. — IJIP. SAILLARD.
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