Le Technologiste : ou Archives des progrès de l'industrie française et étrangère
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- LE
- TEGHNOLOGISTE
- TROISIÈME SÉRIE
- TOME PREMIER
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- ARCHIVES DES PROGRÈS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE
- Journal, hebdomadaire.
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- RÉDACTEUR EN CHEF
- LOUIS LOCKERT
- Ingénieur, ancien élève de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, Chef du 6e Croupe et Secrétaire du Jury à l'Exposition universelle de 1878
- TRENTE-HUITIÈME ANNÉE, TROISIÈME SÉRIE, TOME PREMIER.
- (XL0 Volume de la Publication.)
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- LA REPRODUCTION DES ARTICLES DE PRESENT JOURNAL EST INTERDITE,
- A MOINS DE CONVENTIONS SPÈCIALES
- Dans ce cas, le nom du Technologiste doit toujours être cité à la fin de l’article reproduit.
- PARIS
- LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET,
- 12, Rue Hautefeuille, 12.
- 1878
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- ARCHIVES DES PROGRÈS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE.
- TROISIÈME SÉRIE. — TOME PREMIER. — QUARANTIÈME VOLUME DE LA PUBLICATION.
- SOMMAIRE.
- Avis de l’Editeur. — Liquéfaction de l’oxygène, par M. Raoul Pictect. — Pile dans laquelle l’électrode attaquée est du charbon, de M. Jablochkoff. — Répétition de l’expérience de Foucault. — Minerais de bismuth en Bolivie, au Pérou et au Chili, par M. Domiecko. — Galerie d’écoulement de Rothschenberg, aux mines de Freiberg. — Note sur la composition et l’emploi industriel des gaz sortant des foyers métallurgiques, de M. Cailletet.
- CHRONIQUE.
- En commençant cette année 1878, qui sera illustrée par l’une des grandes manifestations du génie humain, qui font du xixe siècle le siècle par excellence de la force intelligente et de la domination intellectuelle, sur tout ce qui est matière et force naturelle, notre première chronique doit être consacrée à l’Exposition universelle qui s’ouvrira dans quatre mois.
- Nous n’avons pas besoin, d’ailleurs, d’aller chercher bien loin les idées et les matériaux : puisons à pleines mains dans le rapport de M. le sénateur Kranlz, Commissaire général de l’Exposition. Les faits y abondent, énoncés dans le langage le plus propre à les faire valoir, et nous n’avons que l’embarras du choix.
- Quoi qu’on en ait pu dire en d’autres temps, les travaux sont partout très-avancés : confiés à l’habile et énergique direction de M. l’In-'génieur en chef Duval, ils ont suivi une marche régulière et méthodique. Sans précipitation et sans grands efforts apparents, ils
- AVIS DE L’ÉDITEUR.
- Le Technologiste entre aujourd’hui dans la XXXVIIIe année de sa publication. L’Exposition de 1878, qui va s’ouvrir, aura, pour publier ses merveilles, peu d’ouvrages aussi autorisés que notre Journal, tant à cause de sa longue existence, que par l’ordre et le soin scrupuleux qui ont toujours présidé à sa rédaction.
- Pour être mieux à même de rendre compte à nos lecteurs de cette grande solennité internationale, noùs sommes amenés à changer notre format, afin de pouvoir plus facilement insérer dans le texte les clichés et les plans de grandes dimensions, ainsi que les tracés graphiques, dont nous n’avons pu jusqu’ici faire profiter nos abonnés.
- La disposition en deux colonnes inégales a été adoptée, afin de séparer nettement, pour le lecteur, au moyen d’un classement simple et rapide, les informations du jour, les chroniques, les nouvelles, les prix courants, etc., des articles de fond, dont la réunion en volumes rend si précieuse la collection complète de notre Journal, dont l’esprit sera soigneusement conservé.
- Entre autres choses excellentes, que les lecteurs du Technologiste ont, dans tous les temps, hautement appréciées, nous avons pris nos dispositions pour ramener dans nos colonnes d’intéressantes traductions des journaux étrangers. Autant que possible, nous ferons en sorte que nos lecteurs ne s’aperçoivent pas de l’absence de notre maître cher et regretté, du savant M. François Malepeyre; c’est en le rappelant à la mémoire de nos lecteurs et en invoquant son souvenir, que nous leur présentons notre Troisième Série, qui, nous l’espérons, fournira une carrière aussi longue que là première.
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- 2 jCc N° 1. — 5 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année.
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MECANIQUE GENERALES.
- Liquéfaction de l'oxygène, par M. Raoul Pictect.
- Une des expériences de physique les plus intéressantes de notre temps, et qui, comme l’a dit l’éminent professeur, M. Wurtz, « mérite de figurer dans « les annales de la science comme une des-plus grandes choses du siècle, » vient d’être exécutée avec un rare bonheur, dans les ateliers de la Société pour la fabrication des instruments de physique, h Genève.
- Un savant chercheur de cette ville, M. Raoul Pictect, a réussi à obtenir, à l’aide d’appareils ingénieusement combinés, la liquéfaction du gaz oxygène, l’un des éléments constitutifs de l’air atmosphérique.
- La solution de ce problème préoccupait à juste titre le monde savant, et en particulier M. Cailletet, l’habile physicien, qui vers le commencement du* mois de décembre 1877 était arrivé à liquéfier le bioxyde d’azote, sous une pression de 146 atmosphères, aidée d’une température de 11 degrés au-dessous de zéro.
- L’appareil de M. Cailletet était élémentaire : une pompe à main, basée sur le principe des presses hydrauliques, mais fonctionnant avec du mercure, poussait insensiblement ce dernier en colonne incompressible dans le récipient tubulaire où était contenu le gaz. Ce récipient était d’ailleurs entouré d’un mélange réfrigérant.
- Mais ce dispositif, remarquable par son ingénieuse simplicité, ne réunissait pas un concours d’agents assez puissants pour amener la liquéfaction de l’oxvgène. Pourtant, M. Cailletet touchait au but, et peut-être un délai de quelques jours aurait pu lui permettre d’arriver le premier à la solution de cet important problème de physique : h l’issue d’une de ces manipulations, il avait pu constater la formation, dans le tube de verre qui lui servait de récipient, d’un épais brouillard d’oxygène liquide ou presque tel, lorsque les expériences poursuivies dans le même temps par M. Raoul Pictect vinrent procurer h ce dernier une réussite complète.
- La science n’a rien k démêler avec les nationalités, et bien qu’il nous soit permis peut-être de regretter un instant que notre compatriote n’ait pas eu la priorité sur l’opérateur génevois, c’est, néanmoins, avec une profonde admiration, que nous constatons les remarquables résultats obtenus par ce dernier.
- Ses moyens d’action, du reste, étaient bien plus puissants que ceux de son rival, M. Cailletet. Que l’on se figure deux tubes cylindriques de 4 mètres de longueur, se développant autour d’un axe commun, de façon k ménager entre eux un espace annulaire. Cet espace était rempli d’un mélange d’acide sulfureux anhydre et d’acide carbonique solide dont l’évaporation était activée par l’action de quatre pompes k vide, mues par une machine k vapeur de 16 chevaux. D’autre part, le tube intérieur C (fig. 1) recevait de l’oxygène produit, au moyen du chlorate de potassium, dans un générateur en forme d’obus D, essayé k une pression de 800 atmosphères.
- Il est facile de se figurer la puissance énorme de concentration k laquelle le gaz pouvait arriver dans le tube intérieur, sous la double influence de la compression produite par son dégagement même et de la basse température développée dans l’espace annulaire.
- ont été exécutés avec une remarquable rapidité : il serait difficile de faire plus vite, plus économiquement et mieux.
- Tout n’est pas terminé assurément, mais les ouvrages de parachèvement qui restent à exécuter ne présentent aucune difficulté dont un personnel expérimenté ne puisse avoir raison, en temps utile.
- Dans les constructions du Champ-de-Mars, qui constituent la partie essentielle de l’œuvre, la grande ossature métallique est terminée, sauf le dôme central du vestibule nord, et quelques raccords de peu d’importance. Les couvertures et la vitrerie, les dallages et les planchers sont sur le point d’être achevés, tandis que, d’autre part, les peintures et les divers motifs de décoration de l’intérieur et des façades sont en cours d’exécution. Il ne s’agit évidemment que d’une décoration très-sobre, et appropriée au caractère industriel de l’édifice, et, du reste, ces travaux n’empêchent pas que le palais du Champ-de-Mars ne soit, dès à présent, livré aux exposants français et étrangers : nombre d’entre eux y ont déjà commencé leurs aménagements.
- La tranchée destinée à rétablir les communications interceptées le long du quai de la rive gauche, sera, sous peu, livrée à la circulation, et la direction des travaux pourra alors prendre possession de ce quai et du pont d’Iéna.
- D’autre part, la voie ferrée, qui doit relier toutes les parties de l’Exposition au chemin de fer de Ceinture, et par là au réseau européen, est maintenant posée. Depuis quelques jours déjà, les wagons étrangers peuvent, sans rompre charge, pénétrer dans les galeries.
- Enfin, les travaux de décoration du parc, les grottes, les cascades, les pièces d’eau et les plantations, sont poussés avec toute l’activité qu’ils comportent, au fur et à mesure de la livraison des terrains.
- Les divers concessionnaires d’emplacements, dans ce parc, commencent leurs constructions et l’on voit s’élever à vue d’œil les bâtiments du Creusot, de la Compagnie parisienne du Gaz, du ministère des travaux publics, des restaurateurs français et de la Compagnie Du val.
- Il paraît donc clair que, dans cette partie de l’Exposition, rien n’apparait qui puisse inspirer de craintes au sujet de l’achèvement de l’œuvre dans les délais voulus.
- Il faut ajouter que la grande affluence des exposants français a obligé la direction des travaux à construire de nombreux bâtiments
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- NM. —5 Janvier 1878. —XXXVIIIe Année. £( 'tLcdjnalOjjÛîte 3
- annexes, qui ne sont pas la chose la moins admirable de ce remarquable ensemble. C’est ainsi qu’il convient de citer les deux galeries de 320 mètres de longueur sur 24 de largeur qui longent l’avenue de Labour-donnaye : la légèreté de leurs fermes en tôle, sans entraits, fait le plus grand honneur à l’esprit d’invention scientifique qui distingue leur auteur, l’éminent ingénieur, M. de Dion.
- C’est aussi faute d’espace convenable dans les autres enceintes, qu’il a fallu installer sur la berge rive gauche de la Seine l’exposition de la marine, celle des ports de commerce et l’aquarium marin.
- Sur la plate-forme ainsi conquise, vont être édifiés des bâtiments en bois couvrant une surface de 6.800 mètres carrés.
- L’aquarium marin sera placé aussi sur la berge, mais sur la rive droite; le manque d’espace au Champ-de-Mars, ainsi que la nécessité de renouveler assez fréquemment l’eau de mer et de la faire venir par bateaux, justifient le choix de cet emplacement. Le projet est terminé : la surface couverte sera de 1.800 mètres, et le volume de l’eau de mer emmagasinée de 1.000 mètres cubes environ.
- Si alors, de cette berge, on remonte sur le quai de Billy, on se trouve en face du splendide palais que la convention intervenue à la date du 14 mai 1877 entre l’Etat et la ville de Paris a permis d’élever dans des conditions exceptionnelles de solidité et d’élégance, malgré les difficultés sans nombre que sont venues susciter aux architectes, la profondeur des carrières sur lesquelles il a fallu élever la majeure partie de l’édifice. Ce dernier, quoi qu’il en soit, a pris rang, de prime-abord, parmi les plus curieux et les plus grandioses monuments de Paris. Il se compose, comme chacun sait, d’une immense rotonde flanquée de deux tours de 60 mètres de hauteur; à droite et à gauche s’allongent en hémicycle deux galeries coupées par de petits pavillons et terminées par deux autres plus grands, faisant face au Champ-de-Mars. Le dôme central qui surmonte la rotonde recouvre une salle circulaire de 50 mètres de diamètre, dite salle des Fêtes, et pouvant contenir 7.000 auditeurs et 400 exécutants; cette salle, disposée en amphithéâtre, a40mètres d’élévation sous voûte.
- On y donnera des concerts toutes les semaines pendant la durée de l’Exposition. Un orgue colossal y sera placé à cette intention dès que les travaux d’aménagement intérieur le permettront.
- Le 22 décembre dernier, au malin, les opérateurs ouvrirent brusquement, en E, le tube plein d’oxygène comprimé. Un rayon de lumière électrique projeté sur le cône d’écoulement permit de constater que le jet se composait surtout de deux parties distinctes : l’une centrale, longue de quelques centimètres, dont la blancheur accusait des éléments liquides et même solides, et l’autre extérieure, teintée en bleu qui était de l’oxygène comprimé resté gazeux. La température était de 140° au-dessous de zéro, et la pression dans le tube, de 320 atmosphères !
- Fig. L
- Des charbons légèrement allumés, mis dans ce jet, s’enflamment spontanément avec une violence inouïe. Il n’a pas été possible de recueillir le liquide, à cause de la force de projection considérable avec laquelle il s’échappe; mais M. Raoul Pictect combine une éprouvette préalablement refroidie, qui pourra peut-être, au moyen de toiles, retenir un peu d’oxygène liquide.
- Qu’il nous soit permis de faire remarquer, que ce qui fait surtout le grand intérêt scientifique de cette expérience, c’est la confirmation qu’elle apporte à la théorie mécanique de la chaleur, en établissant qu’un corps quelconque, si gazeux soit-il, peut, sous l’influence d’un travail mécanique de compression assez puissant, passer de l’état de vapeur à l’état liquide.
- Maintenant, la chimie et la physique ne connaissent plus que deux gaz qui se soient toujours montrés rebelles à toutes les tentatives de liquéfaction, l’azote et l’hydrogène. Espérons que M. Raoul Pictect ne voudra pas s’arrêter en si beau chemin.
- Pile dans laquelle l'électrode attaquée est du charbon, de M. Jablochkoff.
- Le charbon brûlé dans les foyers des chaudières h vapeur peut produire un travail qui, transformé au moyen des machines magnéto-électriques en électricité, permet d’obtenir cette dernière à bien meilleur compte que toutes les piles à action chimique existant jusqu’à présent.
- Cette considération adonné àM. Jablochkoff, dont nos lecteurs connaissent les remarquables travaux sur l’éclairage électrique, l’idée de produire l’électricité en attaquant directement le charbon. Mais le charbon, comme chacun sait, n’est attaqué par aucun liquide à la température ordinaire. Il a donc dû construire une pile électro-chimique, à liquide chaud.
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- Or, les corps qui sont liquides à la température ordinaire, devaient évidemment se vaporiser à la température nécessaire pour attaquer le charbon. Il fallait donc prendre une substance qui ne devînt liquide qu’à une température déjà élevée, et dont la vaporisation n’eût lieu qu’à une température plus haute encore.
- Dans ce but, M. Jablochkoff a fondu, soit le nitrate de potassium, soit le nitrate de sodium, et dans ce liquide, il a plongé, comme électrode attaquable, le charbon de coke ordinaire et comme électrode inattaquable le platine. Mais l’expérience a démontré que cette électrode inattaquable peut être le fer, la fonte de fer, ou tout autre métal qui, en présence du charbon, n’est pas attaqué par le liquide. En outre, en ajoutant différents sels métalliques, on peut faire varier la vitesse de combustion du charbon, c’est-à-dire la force électro-motrice de la pile; bien plus, l’emploi de ces sels permet de recevoir sur l’électrode inattaquable, le dépôt galvanique du métal formant le sel.
- La force électro-motrice de la pile varie entre 2 et 3 unités suivant la nature des sels métalliques introduits dans le liquide. Cette force électro-motrice est donc supérieure à celle des piles Bunsen et Grenet. La pile Bunsen donne, en effet, au maximum 1 unité 8 dixièmes, la pile Grenet 2 unités et dans les meilleures conditions 2 unités un dixième.
- Pour mettre la pile en fonction, de la manière la plus pratique, il n’est pas nécessaire de fondre d’avance le nitrate alcalin. Il suffit d’allumer un morceau de coke et de le mettre en contact avec le nitrate en poudre. L’action chimique commence immédiatement : la température produite fait fondre le sel qui entoure le coke et la pile entre en fonction.
- Comme pendant ce fonctionnement, il se produit un grand dégagement d’acide carbonique, l’auteur a jmaginé une disposition permettant d’emmagasiner ce gaz, qui pourrait alors, étant amené naturellement à un certain état de compression, être utilisé pour produire une force motrice.
- La disposition pratique des éléments de la pile que nous venons de décrire est la suivante.
- Une marmite de fonte de fer de forme cylindrique sert à la fois de récipient et d’électrode inattaquable. Un panier de fil de fer de forme concentrique sert à tenir le coke et joue en même temps le rôle de réophore.
- A mesure que le charbon et le sel fondu s’usent, on peut ajouter ces deux substances à la main ou alimenter automatiquement la pile pendant toute la durée du travail. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, cette combustion n’est pas rapide.
- Il paraîtrait donc établi que, par ce procédé, la combustion directe du charbon peut servir à produire à la fois un courant électrique, le dépôt des métaux, et une source de force motrice. L’importance d’une pareille expérience n’échappera à personne.
- Dans le cas de la production de la lumière électrique, l’économie est évidente, car ici l’action chimique sur le charbon produit directement le courant, tandis que parles procédés ordinaires l’action chimique sur le charbon (la combustion) produit seulement des gaz chauds, dont le contact échauffe l’eau pour produire de la vapeur, qui agit dans un récepteur, lequel fait ensuite tourner les organes d’une machine électro-magnétique : quelle filière!
- Il y aurait lieu maintenant de voir si ce système de combustion du charbon permet d’utiliser le courant produit pour engendrer de la force motrice plus ou moins utilement que le système de combustion actuellement en usage.
- En avant de cette rotonde, une cascade monumentale rappelant celle de St-Cloud, enverra journellement en nappes et en gerbes jaillissantes 36.000 mètres cubes d’eau sur les rochers et dans les bassins préparés pour les recevoir.
- Puis un parc nouveau, surgissant de terre, comme par enchantement, ombragera de ses bosquets le palais algérien, les maisons persanes, japonaises, chinoises, et faquarium d’eau douce, dont les dimensions exceptionnelles sont justifiées par la nécessité évidente, où l’on se trouve en France, d’attirer l’attention publique sur la pisciculture toujours trop négligée dans notre pays.
- « L’emplacement choisi, dit le rapport, « que nous prenons la liberté de citer tex-« tuellement, est merveilleux : la ville de « Paris en offre peu de comparables; la <(. masse du monument est imposante. Ces « avantages devaient assurer à l’oeuvre un « puissant effet; mais on pouvait craindre « que, par suite des conditions dans les-« quelles le travail s’exécutait, bien des dé-« tails ne fussent négligés, et que cette œu-« vre ne présentât un caractère fruste ou in-« complet. Il n’en est rien, le zèle et le talent « de nos architectes y ont pourvu, et notre « travail supporte victorieusement l’examen « des gens de goût.
- « Pour tout dire, en un mot, la population « parisienne, si fine en ses appréciations, si « redoutée dans ses critiques, parait aujour-« d’hui avoir rendu son verdict sur notre « œuvre. Il nous est favorable. »
- STATISTIQUE.
- Récolles du cidre et du vin en France, en 1877.
- Nous sommes heureux de pouvoir donner à nos lecteurs les tableaux complets de la récolte du vin et du cidre, répartie par départements.
- La récolte des vins, en 1877, a atteint le chiffre de 56.405.363 hectolitres, tandis que 41.846.748 hectolitres seulement avaient été récoltés en 1876.
- Voici les chiffres correspondant à chaque département :
- Hectolitres.
- Ain................................. 655 521
- Aisne................................... 90.383
- Allier................................. 305.481
- Alpes (Basses-)......................... 72.997
- Alpes (Hautes-)......................... 78.462
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- N°'l. —5 Janvier 1878.—XXXVIIIe Année. tLcdlUCddlJUitC S
- Hectolitres.
- Alpes-Maritimes........................ 39 689
- Ardèche............................... 164.903
- Ardennes............................... 48.763
- Ariége.............................. 100 947
- Aube.................................. 303 049
- Aude................................. 3.168.464
- Aveyron............................... 346.891
- Bouches-du-Rhône. .................... 157.359
- Cantal................................ 11.738
- Charente............................ 3.568.424
- Charente-Inférieure................. 4.989.339
- Cher.................................. 443.411
- Corrèze............................... 214.389
- Côte-d'Or. ..........................1.190.415
- Creuse.................................... 110
- Dordogne.............................1.161.184
- Doubs................................. 249.148
- Drôme. ............................... 111.897
- Eure................................... 18.368
- Eure-et-Loir. . . ..................... 58.410
- Gard.................................. 233.882
- • Garonne (Haute-)...................... 797.108
- Gers................................ 1.928.634
- Gironde..............................3.511.094
- Hérault. ........................... 6.842.167
- Ille-et-Vilaine.........'........... 915
- Indre.......................... . 361.000
- Indre-et-Loire. .................... 1.567.224
- Isère............................... 679.769
- Jura.................................. 450.741
- Landes............................... 472.997
- Loir-et-Cher. ...................... 1.625.476
- Loire. .............................. 350.175
- Loire (Haute-)......................... 97.538
- Loire-Inférieure.................... 1 375.029
- Loiret................................ 875.504
- Lot.................................. 559.129
- Lot-et-Garonne.......................1.119.900
- Lozère.................................. 9.352
- Maine-et-Loire....................... 909.339
- Marne. ...... ........................ 473 077
- Marne (Haute-)........................ 638 221
- Mayenne................................... 853
- Meurthe-et-Moselle.................... 792.236
- Meuse................................ 359.611
- Morbihan. ............................. 18.140
- Nièvre............................... 249.244
- Oise........................... . 9.611
- Puy-de-Dôme........................... 982.376
- Pyrénées (Basses-)...............' . 159 612
- Pyrénées (Hautes-).................... 290.424
- Pyrénées-Orientales................ 1.403.250
- Rhône.............................. 1.066.840
- Saône (Haute-)........................ 405.694
- Saône-et-Loire...................... 1.407.216
- Sarthe..............................• 159.083
- Savoie............................. 215 gi2
- Savoie (Haute-)..................... 160 300
- Seine...................... . . . , 41.037
- Seine-et-Marne........................ 270.034
- Seine-et-Oise. ....................... 256.882
- Sèvres (Deux-). ................... 424 581
- Tarn................................ 768 370
- Tarn-et-Garonne..........'.......... « 12.800
- Var................................... 540.667
- Vaucluse......................... . 63.247
- Vendée................................ 528.282
- Répétition de l'expérience de
- Foucault.
- Il serait question, paraît-il, de renouveler à l’Exposition de 1878, la curieuse et célèbre expérience faite sur le pendule, au Panthéon, par Foucault.
- On se rappelle qu’un énorme globe métalliquë qui pendait à l’extrémité d’un fil de fer attaché tout au sommet de la voûte du monument, démontrait que les mouvements d’oscillation d'une masse pesante librement suspendue à l’extrémité d’un fil sans torsion, demeurent indépendants de la rotation de la terre. Le pendule se balançait avec une lenteur extrême à cause de la longueur du fil, et, au bout de chaque va-et-vient, une pointe saillante au-dessous du globe écornait un petit mur de sable destiné à rendre ainsi plus saisissant le déplacement du plan d’oscillation.
- En renversant cet ordre d’idées et en admettant à priori le principe de l’invariabilité du plan d’oscillation, on arrivait à démontrer la rotation de la terre d’une façon visible pour les yeux de tous les spectateurs.
- Cette expérience vulgarisée de manière h frapper la masse des visiteurs, et exécutée avec de nouveaux perfectionnements, réaliserait, dit-on, un véritable géoscope, nom que le promoteur de cette idée a, du reste, adopté. •
- Le pendule, pesant 308 kilogrammes environ, oscillerait au bout d’un fil de fer de 63 à 78 mètres de longueur. Ainsi qu’on le voit, il faudrait une construction spéciale pour loger cet appareil. Le pendule, en oscillant, fixerait la direction d’une sorte de rainure, portée par un pivot à l’extrémité de l’axe d’un globe terrestre de 25 à 30 mètres de diamètre.
- Ce globe reposant sur le sol, suivrait nécessairement avec les spectateurs le mouvement de la terre, de sorte que la rainure qui resterait fixe absolument pourrait être reliée à un système de grandes aiguilles qui, semblant se déplacer par rapport au globe doué d’un mouvement inappréciable, rendraient le mouvement terrestre visible h tous les yeux.
- Malheureusement l’établissement du géoscope sera forcément très-coûteux, et il est à craindre que le promoteur de cette ingénieuse idée ne puisse pas la mettre à exécution, ce qui sera certainement regrettable, car il ne saurait être indifférent de perdre les rares occasions d’initier le public à la connaissance des phénomènes astronomiques.
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Minerais de. bismuth en Bolivie, au Pérou et au Chili, par M. Domiecko.
- Aucune contrée n’est aussi riche en minerais de bismuth que la Bolivie. Les mines les plus riches sont celles de Talzna, Chorolque, Oruro et quelques autres dans le voisinage de Guaina-Potosi, Sorata, etc... Le bismuth est usuellement accompagné d’étain, souvent d’or et d’argent. La présence du bismuth a été découverte dans différentes localités du Pérou.et du Chili, mais en quaûtités comparativement restreintes. Voici divisées en trois groupes les principales variétés de minerais de bismuth que l’on rencontre en Bolivie : sulfurés, oxydés et métalliques.
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- 6 £c N«l.—o Janvier 1878.—XXXVIIIe Année.
- I. Minerais sulfurés.
- i° Minerai de bismuth oxysulfurê, dont la cristallisation semble appartenir au système du prisme droit à base rhomboïdale. Il est friable, et, d’après une récente analyse, il peut être considéré comme un oxysulfurê composé de protosulfure (B2 S2) et de sesquioxyde de bismuth (B2 O2).
- 2° Bismuthine. Ce sulfure se trouve en quantités considérables dans les mines de Chorolque, non loin de celles de Tazna en Bolivie. C’est de cette dernière localité que nous avons tiré la variété décrite plus haut. Ces deux variétés sont accompagnées de minerais oxydés qui seront décrits plus loin.
- 3° Sulfure double de bismuth et de cuivre. Deux sortes ont été trouvées dans les mines de Cerro-Blanco et Atacama (Chili).
- 4° Sulfure de bismuth riche en argent. M. Pflücker a trouvé cette variété dans la mine de Sainte-Mathilde de Morocochu (Pérou).
- II. Minerais oxydés.
- 1° Taznite : un chloro-arséniate et un chloro-antimoniate de bismuth. C’est la variété qui a été trouvée en plus grande abondance dans les spécimens qui ont éft envoyés dernièrement des mines de Tazna et de Chorolque en Bolivie. Ce minerai est amorphe et parfois imparfaitement fibreux. Si les analyses de M. Domiecko sont exactes, ce minerai serait composé d’un équivalent d’arsenic ou d’acide antimonique et d’un équivalent de sesquioxyde de bismuth. Il est mélangé en proportions variables d’oxyde hydraté et contient toujours de 2 à 3 millièmes de chlorures. L’auteur a reçu aussi des minerais semblables, des mines d’argent de Oruro, en Bolivie, également amorphes et terreux.
- 2° Oxychlorure ou Daubréite. Ces variétés déjà décrites viennent de la couche supérieure du dépôt. Les échantillons venus de Tazna et de Chorolque contiennent des sulfures (negrillos) caractérisant les parties inférieures des veines, dans lesquelles ont été trouvés des chloro-arséniates et des chloro-antimoniates.
- 3° Oxyde hydraté de bismuth compacte et terreux. C’est le minerai le plus commun de Bolivie.
- 4° Silicate hydraté de bismuth. Accompagnant le sulfure de bismuth venant de Chorolque.
- III. Minerais métalliques.
- 1° Bismuth natif. Très-commun en Bolivie où il accompagne le minerai oxysulfurê de Tazna; il ne contient pas de tellure. Dans d’autres localités de Bolivie, le bismuth natif est accompagné d’or natif.
- 2° Bismuth telluré. Alliage de bismuth, de tellure et d’argent.
- (.Iron.)
- Galerie d'écoulement de Bothschenberg aux mines de Freiberg.
- La galerie souterraine d’écoulement de Rothschenberg, la plus importante qui existe en ce genre, vient d’être achevée et inaugurée après des travaux considérables qui duraient depuis près de trente-trois ans. Elle a pour but d’écouler naturellement vers l’Elbe les eaux des mines de Freiberg (Saxe).
- Ce tunnel, qui se trouve à une profondeur d’environ 133 mètres au-dessous
- Hectolitres.
- Vienne. ..............1.631.113
- Vienne (Haute-).................'. . . 25 552
- Vosges................... 181.668
- Yonne................................. 1 048.381
- La récolte des cidres qui, en 1876, n’avait pas dépassé le chiffre de 7.035.669 hectolitres, a atteint, pour l’année 1877,13.344.945 hectolitres, se détaillant comme suit :
- Hectolitres.
- Ain.. . .................................. 664
- Aisne................................. 332.944
- Allier.............................. 5.021
- Ardennes.............................. 119.243
- Aube................................... 38.577
- Aveyron................................ 8.104
- Calvados............................ 1.774 808
- Cantal. ................................ 1.575
- Charente.................................. 782
- Cher................................... 15 063
- Corrèze............................... 13.355
- Côtes-du-Nord......................... 849.667
- Creuse.................................. 6 896
- Dordogne................................... 124
- Eure.................................. 956.220
- Eure-et-Loir........................... 138.787
- Finistère............................. 141.864
- Ille-et-Vilaine. . . ................ 1.542.476
- Indre.................................... 7.170
- Indre-et-Loire. ......................... 6.853
- Isère..................................... 130
- Loir-et-Cher............................ 3.496
- Loire...................................... 130
- Loire (Haute-)............................. 185
- Loire-Inférieure....................... 96.537
- Loiret................................. 10.454
- Lot...................................... 6.543
- Maine-et-Loire......................... 37.273
- Manche............................... 1.671.767
- Marne.................................. 12.403
- Marne (Haute-)............................. 635
- Mayenne.............................. 191.897
- Meuse............ . ................ 854
- Morbihan............................... 533.743
- Nièvre.................................. 8.102
- Nord..................................... 3.430
- Oise................................... 584.873
- Orne................................. 1.846.300
- Pas-de-Calais........................... 59.243
- Puy-de-Dôme............................. 2 397
- Pyrénées (Basses-)....................... 2.765
- Saône (Haute-)............................ 336
- Sarthe................................. 360.906
- Savoie.................................. 3.412
- Savoie (Haute-)........................ 25.749
- Seine..................................... 209
- Seine-Inférieure. ................. 1.320.3-14
- Seine-et-Marne........................ 165.021
- Seine-et-Oise.......................... 86.642
- Sèvres (Deux-).......................... 1.101
- Somme................................. 257.653
- Vienne................................... 1.025
- Vienne (Haute-)........................ 25.121
- Yonne. ...» ............................ 64.026
- Comme on le voit, les sinistres prévisions
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- N»l. —5Janvier 1878.—•XXXVIII*Année. £c ÜLccljltolUjjijîtC 7
- dont on nous entretenait au printemps sont loin de s’être réalisées, puisque les vins ont donné 14.558.615 hectolitres de plus qu’en 1876, ce qui constitue une augmentation d’environ 30 pour 100, pendant que les cidres ont gagné 6.309.276 hectolitres, soit près de 100 pour 100.
- Naissances, décès et mariages, à Paris en 1876-77.
- Nous trouvons dans le bulletin de statistique municipale, publié par les ordres de M. le Préfet de la Seine, des détails intéressants sur les naissances, les mariages et les décès qui ont été inscrits à Paris, du mois dç juin 1876 au mois de juin 1877 exclusivement. Les naissances ont été au nombre de.. 54.658
- enfants du sexe masculin..............27.918
- et enfants du sexe féminin............ 26.740
- Les enfants légitimes sont au nombre de. 40.494 et les enfants naturels, au nombre de. 14.164 Sur ces derniers, les reconnus sont. . 3.195
- Les décès ont été au nombre de. . . . 48.718 parmi lesquels, les habitants mâles
- comptent pour.....................25.418
- et les habitants du sexe féminin pour. . 23.300 Il y a donc eu une augmentation de. . 5.940
- Le nombre des mariages, dans la même période, a été de. ... ............18.302
- Recensement de la population de l'Inde anglaise.
- Un document statistique, relatif à l’Inde anglaise, vient d’être présenté au Parlement.
- Le territoire anglais occupe une surface de. . 1.617.480 kil. carrés,
- avec une population de. 191.065 445 habitants. Les Etats indigènes ont une surface de. . . . 1.018 752kil. carrés,
- avec une population de. 48 233.978 habitants. La superficie totale de l’Inde, y compris les possessions françaises
- et portugaises, est de. 2 238 480kil.carrés, avec une population de 239.978.595 habitants.
- Si l’on étudie les populations soumises à l’Angleterre, on voit que les différentes sectes religieuses se les partagent comme suit :
- Religion des Indous. .
- — des Sikhs.. . .
- — des Mahométans
- — de Boudha. . .
- — chrétienne. . . Religions diverses. . . Religions non définies.
- 139 343 820 habitants. 1174.436 —
- 40.867.125 —
- 2.832.851 —
- 897.682 —
- 5.417 304 —
- 552.227 —
- de la plus profonde galerie de Freiberg, a une longueur d’environ 35 kilomètres : son inclinaison est de 1 sur 33, sa hauteur de 3m,30 et sa largeur un peu moindre.
- Le percement a eu lieu presque entièrement à main d’homme. Les roches traversées consistent en majeure partie en gneiss solide, mais on a eu aussi à combattre, avec de grandes pertes de temps et d’argent, des sables mouvants absolument inondés.
- Entre autres circonstances remarquables, on cite la rencontre d’anciens travaux miniers dont on avait perdu tout souvenir et qui datent probablement de plus de 400 ans. Enfin, on a découvert deux couches inconnues, dont une sera immédiatement mise en exploitation.-
- Note sur la composition et l'emploi industriel des gaz
- soldant des foijers métallurgiques, '
- de M. L. Gailletet. %
- Les remarquables travaux de M. H. Sainte-Claire-Deville, sur la dissociation, en ouvrant une nouvelle voie de recherches à la science, ont permis également d’interpréter un grand nombre de phénomènes métallurgiques, qui jusqu’alors étaient restés inexpliqués.
- En recueillant les gaz qui circulent dans la partie la plus chaude des foyers où s’élabore le fer, M. Cailletet a pu, au moyen d’un appareil analogue à celui de M. Deville, établir que la composition de ces gaz refroidis brusquement, diffère complètement des résultats donnés par les analyses d'Ebelmen. Cet habile métallurgiste, ignorant les phénomènes de la dissociation, recueillait les gaz en les aspirant lentement, au moyen d'un long tube, ce qui amenait nécessairement la combinaison de leurs éléments dissociés.
- Dans les analyses d’Ebelmen, la réaction semble presque toujours complète, tandis que le refroidissement subit des gaz montre que les fumées et les gaz carburés peuvent exister en présence de l’oxygène, à la température du fer soudant.
- Les gaz recueillis au-dessus de la grille-d’un four à réchauffer, en un point où la température est telle que l’œil ne peut supporter l’éclat des briques portées au blanc le plus vif, contiennent :
- Oxygène.......................................................13.15
- Oxyde de carbone............................................. 3.31
- Acide carbonique.............................................. 1.04
- Azote (par différence)........................................82.50
- 100.00
- Indépendamment de l’oxyde de carbone, on trouve encore dans l’atmosphère oxydante du four un grand excès de charbon divisé qui se dépose en couche épaisse sur le tube chaud et froid qui sert à l’aspiration.
- Dans les usines métallurgiques, les gaz, en sortant des fours à souder, sont généralement dirigés sous des générateurs qui produisent ainsi, sans dépenses, la vapeur nécessaire au fonctionnement des machines.
- Ces gaz se refroidissent rapidement contre les parois de la chaudière, et, après un parcours de 15 mètres, leur température est inférieure à 500 degrés; ils sont alors formés de :
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- 8 ' Ce (lecl)miterIjieitc N° t. — O Janvier 1878. — XXXVIII*-' Année.
- Oxygène.................................................... 7.65
- Oxyde de carbone............................................. 3.21
- Acide carbonique.............................................. 7.42
- Azote (par différence)........................................81.72
- 100.00
- On peut conclure de cette analyse que la quantité d’oxygène a diminué de près de moitié, en réagissant non pas sur l'oxyde de carbone dont la proportion a peu varié, mais sur le charbon divisé qui existe en grande quantité, ainsi qu’on le sait, dans l’atmosphère du four. Le refroidissement et l’extinction des gaz arrêtent toute réaction, et, lorsque ces derniers sont rejetés par la cheminée d’appel, ils contiennent encore, comme on le voit, de grandes quantités de principes combustibles.
- Les recherches que l’auteur a faites, dans le but de tirer parti de ces gaz restés jusqu’à présent sans emploi, lui ont démontré qu’il est facile de les rallumer en les faisant passer sur un foyer en ralentissant leur mouvement.
- C'est dans ce but qu’il a fait établir dans ses forges de Saint-Marc (Côte-d’Or) un four de grandes dimensions, qui reçoit les gaz à leur sortie du générateur. En arrivant dans ce four, dont la section est de plus de 3 mètres carrés, les gaz perdent une grande partie de leur vitesse en même temps qu’ils s’allument en passant au-dessus d’une petite grille, sur laquelle on brûle des escarbilles ou quelque combustible de peu de valeur.
- La température élevée qui se développe dans ces conditions est utilisée dans l’usine pour le recuit des tôles. On sait, en effet, que le laminage rend le fer aigre et cassant, et qu’il se recouvre d’oxyde adhérent, dans les fours de tôlerie. En chauffant pendant douze heures les feuilles ainsi altérées dans des caisses de fonte bien closes disposées dans le four à gaz dont il vient d’être question, on constate, après le refroidissement complet, que les feuilles sont devenues parfaitement malléables et que l’oxyde a disparu en laissant les surfaces nettes et brillantes. Cette réduction s’explique facilement si l’on se rappelle les belles recherches de MM. H. Saïnte-Claire-Demlle et Troost, sur le passage de l’hydrogène à travers les métaux rouges. M. Cailletet a eu également l'honneur de faire connaître à l’Académie diverses expériences qui établissent qu’en plongeant dans un foyer un tube de fer aplati, l’hydrogène traverse les parois et leur fait reprendre en s’y accumulant leur forme première. Les gaz qui ont pénétré dans la caisse de fonte sous l’influence de parois rougies, sont donc essentiellement réducteurs et produisent en peu de temps la désoxydation complète des surfaces métalliques.
- En résumé, l’on peut conclure des expériences de M. Cailletet :
- 1° que les gaz sortant des foyers métallurgiques contiennent encore, même après leur passage sous des générateurs à vapeur, une quantité importante de principes combustibles et qu’il est facile de les allumer de nouveau et de les brûler presque complètement ;
- 2° que le passage des gaz réducteurs à travers des parois métalliques rougies peut recevoir en métallurgie des applications qui ne se borneront pas sans doute au cas particulier qui a été observé.
- Honoraires des ingénieurs en Allemagne.
- Une commission spéciale, nommée par la Société des Ingénieurs de Berlin, a fixé les honoraires des ingénieurs pour tout l’empire allemand.
- Les consultations, correspondances, calculs, dessins et pièces détachées se paient par journée de huit heures de travail comme
- suit.
- t° A domicile, ou dans le local de
- la Société des Ingénieurs. . ". 37 fr. Plus, pour le dessinateur. . . 19 »
- 2° En dehors du domicile, mais
- dans la ville...................50 »
- Plus, pour le dessinateur.. . . 19 »
- 3® Expertises de sinistres pourcom-pagnies d’assurances dans la
- localité........................50 »
- 4° Expertises en voyage, frais de
- voyage à part..................75 »
- Les études et les travaux de constructions de machines ou d’usines varient suivant l’importance des travaux : le tableau suivant indique dans quelles limites ces variations ont lieu.
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- Pour les architectes, la règle est à peu près analogue, et le taux des honoraires pour les travaux, de 7.500 à 750.000 francs, varie de 5 à 2 pour 100.
- BAR-SUR-SE1NE. — ÏYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 2. — 12 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année. jfe ILcchnullJrtiôtC 9
- DÉPÊCHES.
- Paris-Genève, 987. H/l. 10/30. M.
- « Ai liquéfié hydrogène à 650 atmosphères « et 140 degrés au-dessous de zéro : solidi-« fié par évaporation.
- « Jet couleur bleu acier, intermittent : pro-« jection violente de grenaille sur le sol, avec « bruit strident très-caractéristique.
- « Hydrogène solide conservé plusieurs mi-« nu tes dans le tube. »
- Raoul Pictet.
- NÉCROLOGIE.
- Daniel Ruhmkorff.
- Tout le monde scientifique et industriel a appris aujourd’hui la perte douloureuse qu’il a faite récemment dans la personne de Daniel Ruhmkorff, l'habile constructeur et le savant modeste qui avait obtenu le prix de 100,000 francs promis à la plus importante application de la pile de Volta.
- Tout en renonçant, dans le cas présent, au bénéfice de l’actualité, nous ne saurions, sous le vulgaire prétexte que ce douloureux événement est vieux déjà de quelques jours, manquer au devoir qui s’impose à nous de rendre à la mémoire de cet homme éminent, l’hommage de nos regrets : nos lecteurs ne nous le pardonneraient pas.
- « Personne n’oubliera, a dit M. Becquerel « à ses savants collègues de l’Académie, la « bienveillance et l’extrême bonté avec les-« quelles M. Ruhmkorff recevait les person-« nés qui venaient auprès de lui chercher « des conseils. Son désintéressement égalait « son savoir. Nous avons fait une perte re-« grettable, qui sera ressentie surtout des « professeurs et par tous ceux qui, à un titre « quelconque, s’intéressent aux progrès de la « science. La postérité saluera en M. Rulim-« korff un des hommes les plus utiles de no-« tre temps.
- « Il a été l’honneur de sa profession, et « son nom est connu du monde entier. C’est « bien de lui qu’on pouvait dire : Vir pro-« bus. »
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Applications du noir d'aniline. par M. Grawitz.
- M. Grawitz vient de prendre récemment un brevet pour empêcher le verdissage du noir d’aniline. Ce procédé repose sur l’emploi des deux mélanges-suivants :
- 1. Sulfate de fer..................................20 grammes.
- Bichromate de potassium......................... g kilogrammes.
- Acide sulfurique..................................... litres.
- Eau.............................................60 —
- ± Bichromate de potassium.......................... 3 kilogrammes.
- Acide sulfurique................................ 3.5 litres.
- Eau.................................................. .....
- On prépare un bain contenant, pour oOO litres, 5 litres du mélange n* 1, et 2 litres du mélange n° 2, on le chauffe à 80° et l’on y laisse trempor pendant trois quarts d’heure le noir d’aniline fini.
- Néanmoins, il ne paraît pas bien établi jusqu’à présent, que le passage dans ce bain oxydant puisse empêcher absolument le verdissage du noir d’aniline ordinaire; par contre,l’opération semble assez inutile quand il s’agit du noir au vanadium, et il est permis de constater que M. Grawitz n’est pas heureux dans l’emploi des procédés où il se sert des sels de fer et de chrome pour la production du noir d’aniline, plutôt que d’avoir recours à la jolie réaction du vanadium
- Lorsqu’il veut teindre directement les fibres par le noir d’aniline, il prépare également deux bains :
- 1. Acide chlorhydrique, à 20» Bauraé..................... 8 litres.
- Huile d’aniline....................................... 4 _
- Sesquiclilorure de fer à 45° Baumé.................. 4 —
- „ Eau...................................................... —
- 2. Bichromate de potassium............................... g kilogrammes.
- Eau.................................................100 litres.
- Les fibres sont mordancées dans le bain n° 1, puis éventées, et soigneusement pressées, en rajoutant au bain le liquide écoulant; puis on les laisse séjourner cinq à six heures dans le bain n° 2.
- Ensuite, on lave a 1 eau froide, puis à 1 eau tiède et on recommence jusqu’à ce que la nuance produite soit assez foncée. L’opération est achevée si, après le bain de chrome et les lavages, les fibres présentent un reflet brunâtre : les quantités sus-énoncées doivent suffire pour développer la teinture sur 200 kilogrammes de coton.
- Pour terminer, on lave à l’eau bouillante contenant 10 grammes de savon par litre, et la nuance passe au noir bleu : le carbonate de sodium employé au lieu de savon amène une teinte violette.
- Pour les pièces, le mordançage sera exécuté dans le clapot et le développement de la couleur se fera dans une cuve à roulette, ou dans tout autre appareil semblable. Le prompt développement de la couleur pourra être accéléré par une concentration plus grande du liquide et spécialement au moyen d’une plus forte dose d’acide.
- Le bain de chrome pourra être remplacé aussi par des bains de chlorures,
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- 10 N° 2. — 12 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année.
- seulement ces derniers coûtent plus cher : il faudra avoir soin, pour la teinture du coton, de ne pas faire emploi de substances nuisibles pour la fibre. Quoi qu’il en soit, ce noir doit jouir de la propriété de ne pas verdir. [Fârber Zeitung).
- Emploi de l'huile de ricin pour la préparation des cuirs.
- L’huile de ricin a été très-employée en Amérique, dans ces dernières années, pour la préparation des cuirs et aussi pour le graissage des machines.
- Le principal centre de la fabrication de cette huile est Saint-Louis, dans le Missouri. Une seule maison de cette ville a fabriqué et vendu, en 1876, environ 100 millions de kilogrammes, à 1 franc le kilogramme.
- Cette huile n’est pas traitée à froid comme celle employée en pharmacie, mais à chaud, par une forte pression des graines. On dit que les îles de Bahama se prêtent très-bien à la culture du ricin, dont les premiers essais ont parfaitement réussi.
- [British Irade Journal.)
- Vernis opaque pour l'argent oxydé.
- On manquait jusqu’à présent d’un vernis spécial pour recouvrir les objets en argent oxydé.
- On se sert depuis peu de temps d’une nouvelle composition qui donne un ton parfaitement mat.
- Il suffit de mélanger parfaitement : è
- Alcool................................................. 18 parties.
- Arsenic rouge......................................... 3 —
- Huile de castor. ...................................... 1 —
- Lorsque l’on voudra rendre le vernis plus fluide afin de l’employer pour des pièces délicates, on pourra l’éclaircir avec un peu d’alcool.
- [Stummer's Ingénieur.)
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Le téléphone, télégraphe parlant, de M. Graham Bell.
- Nous avons eu deux fois déjà l’occasion d’entretenir nos lecteurs du télégraphe parlant (1), mais sans leur donner aucune idée sur les origines de cette invention, non plus que sur la construction et le fonctionnement de cet appareil.
- Dès l’année 1837, un physicien américain, Page, remarqua que les alter-
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. III, page 44, et t. IV, page 398.
- SOMMAIRE.
- Applications du noir d’aniline, par M. Gravite. — Emploi de l’huile de ricin, pour la préparation des cuirs. — Vernis opaque pour l’argent oxydé. — Le téléphone, télégraphe parlant, de M. Graham Bell. — Essieu tubulaire à graissage automatique, pour wagons de mines et autres véhicules, de M. Joseph Dessard fils. — Statistique des accidents de chemins de fer en France. — Moyens de transport aux époques primitives, par M. E. Robert.
- CHRONIQUE.
- Une réforme importante vient d’être décidée dans notre administration : les services des postes et des télégraphes seront placés sous une direction unique. On espère réaliser par ce moyen diverses économies importantes , et donner au public des facilités qui, certainement, seront cause d’un excédant de recettes pour le Trésor, en même temps que d’un développement notable dans les relations commerciales tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
- Il y a quelques années déjà, qu’en Angleterre, le Gênéral-Post-office réunit sous une même administration les quatre services de la poste, des mandats d’argent, des caisses d’épargne et des télégraphes. Loin d’amener des complications ou des désagréments, cette concentration a produit les plus heureux effets, et malgré l’énorme affluence qu’attire dans un même lieu le fonctionnement de ces diverses institutions, tout se passe avec un ordre et une rapidité étonnants. Le développement des dépôts d’argent et surtout des correspondances s’en est accru, favorisé aussi, il faut le dire, par suite de l’adoption, dès 1810, sur la proposition de Rowland Hill, du tarif réduit de one penny pour toute lettre circulant dans toute l’étendue du Royaume-Uni En 1876, les postes anglaises ont transporté 1.018 millions de lettres, 92 millions de cartes postales, et 298 millions de livres et de journaux.
- Il est fort regrettable, que chez nous, la nécessité d’accroître les recettes du Trésor en 1871, ait poussé nos législateurs à augmenter la taxe des lettres. Il est à craindre que cette mesure maladroite ait produit un effet contraire à celui que l’on en attendait : aujourd'hui, guidé par des idées plus saines, on songe à réduire considérablement le taux de
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- N» 2. — 12 Janvier 1878. — XXXVIII'Année. £( ^Lcd)U(jl(q}L5tC 11
- l’affranchissement, qui ne serait plus que de •io centimes pour toute la France, et de 25 centimes pour les pays qui font partie de rUnion des Postes.
- Le Général-Post-office paraît être l’établissement le plus considérable et le plus perfectionné qui existe dans son genre. Il est aussi curieux à visiter que les docks de Londres, et comme eux, il donne aux étrangers une haute idée de la puissance financière de la commerciale Albion. Des deux côtés d’une des principales rues de la cité, et face à face, s’élèvent deux bâtiments importants destinés aux postes et aux télégraphes : ils ont été construits sur l’emplacement d’une ancienne abbaye française, et le peuple anglais désigne encore ces édifices sous le nom de Saint-Martin-le-Grand. Deux autres constructions en cours d’exécution, à côté de celles-ci, abriteront les entreprises des caisses d’épargne et des mandats d’argent.
- Saint-Martin-le-Grand utilise de près ou de loin 45.024 fonctionnaires ou employés, dont 5.500 sont attachés directement à l'adr ministration centrale. Parmi eux sont un grand nombre de femmes. Les rapports officiels constatent que l’on est satisfait de leur service : elles sont soigneuses, assidues, et surtout discrètes.
- Elles appartiennent pour la plupart à des familles dont plusieurs membres sont déjà employés dans divers services publics. Cette parenté est un titre de faveur auprès de l’administration, qui y trouve une garantie de moralité et de qualités solides : elle est heureuse de procurer ainsi un accroissement de ressources à des familles qui sont en quelque sorte entièrement vouées au service de l’Etat.
- D’ailleurs l’admission des femmes au Post-office n’est prononcée qu’à la suite d’examens littéraires et techniques : quelques-unes parmi les lauréats de ces concours peuvent arriver à remplir des fonctions dont les émoluments peuvent atteindre cinq et six mille francs par an.
- Il faut dire qu’à ce point de vue la France n’est pas en retard sur sa voisine, et que chez nous aussi l’on s’est fort bien trouvé des services qu’ont rendus les femmes, aux administrations des postes et des télégraphes.
- Il va sans dire que l’on a adopté au Général-Post-Office tous les systèmes reconnus les plus pratiques, par lesquels la mécanique peut régulariser et accélérer le transport des objets, la transmission des ordres et surtout assurer les meilleures conditions hygiéniques.
- natives rapides d’aimantation et de désaimantation d’un barreau de fer donnaient naissance à une série de vibrations qu’il désigna du nom de musique galvanique. En 1843, de Larive, de Genève, augmenta ces effets harmoniques en opérant sur de longs fils tendus à l’extérieur de bobines recouvertes d’un fil isolé; mais ce n’est qu’en 1861, à Friedrichsdorf, que Philippe Reiss construisit le premier appareil pouvant reproduire des sons à distance. Il faut d’ailleurs noter que ce premier téléphone, qui ne fonctionnait qu’à courte distance, ne pouvait pas reproduire le timbre et l’intensité des sons; il ne transmettait que leur élévation.
- Enfin, M. Graham Bell, né à Edimbourg et naturalisé citoyen des Etats-Unis, a fait connaître en 1876 à l’Exposition de Philadelphie, un appareil fonctionnant à grande distance, qui reproduit à la fois l’élévation, l’intensité et le timbre de la voix humaine.
- Il est nécessaire, avant de passer à la description de cet instrument, de rappeler succinctement les remarquables travaux du professeur Helmholtz-, sur l’analyse des sons.
- Les sons se distinguent :
- 1° par l'élévation, qui dépend du nombre des ondes sonores produites en un temps donné par les vibrations du corps qui sert à leur émission ;
- 2° par l'intensité qui résulte de l’amplitude des vibrations imprimées aux molécules dont est formé le corps vibrant;
- 3° par le timbre, sur la nature duquel a régné une grande incertitude jus- î qu’à ce que M. le professeur Helmholtz eut établi que l’on perçoit, indépendamment de la note fondamentale d’un son produit par un corps vibrant, une série de sons plus faibles, appelés sons supérieurs, et qui résultent de ce fait,»
- • que le corps vibrant subit partiellement des vibrations trois ou quatre fois •; plus nombreuses et de moindre amplitude que celles auxquelles il est soumis ( en son entier.
- Helmholtz a démontré que c’est à la présence de ces vibrations accessoires qu’est dû le timbre des sons produits par le larynx humain.
- En émettant un son devant une membrane, les vibrations de celle-ci reproduisent exactement toutes les particularités du son qui l’a fait vibrer, soit : le nombre de vibrations par seconde ou élévation; l’amplitude des vibrations ou intensité, et enfin, le rapport du nombre des vibrations de certaines parties de la membrane à celui de la membrane entière, qui constitue le timbre.
- Il est temps, maintenant, de dire que le téléphone tel qu’il a d’abord été inventé par M. Graham Bell, se compose d’un pavillon acoustique (fig. 2), dont le fond est formé par une mince feuille de fer doux M, tendue au moyen de trois vis. Elle porte à son centre une petite pièce allongée, en fer doux, qui se trouve ainsi en regard d’un aimant horizontal en fer à cheval E, dont les deux branches sont entourées par un circuit isolé.
- Tout le monde sait aujourd’hui, qu’en approchant et en éloignant une j armature en fer doux d’un barreau aimanté placé dans l’axe d’une bobine i d’iuducdon recouverte d’un fil do cuivre isolé, il naît dans ce dernier des courants instantanés dont les changements d’intensité suivent* les mouve- ! ments de l’armature. Or, en parlant dans le pavillon du téléphone, on pro- c voque dans la membrane des vibrations qui correspondent exactement à l’élévation, à l’intensité et au timbre des sons émis. Suivant ces vibrations, la plaquette de fer doux s’éloigne ou s’approche de l’aimant, sans le toucher, . et elle développe dans le circuit isolé une série de courants induits dont les ’ valeurs sont absolument en rapport avec l’élévation, l’intensité et le timbre < des sons qui viennent affecter le diaphragme métallique. Il se produit ainsi
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- 12 £c (LccljnoUnUïitt' N" 2. — 12 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année.
- Fig. 2.
- Fig. 3.
- une série de pulsations électriques qui seront facilement transmises à une longue distance, si les extrémités du fil de la bobine sont mises en contact avec deux conducteurs. Il suffira alors pour recueillir ces pulsations que les fils métalliques partant des deux vis indiquées sur la figure 2 aboutissent à deux autres bornes en communication avec un récepteur (fig. 3). C’est un électro-aimant tubulaire tel qu’il a été imaginé par M. Niklès en 1852. Il consiste en un barreau de fer doux, entouré d’un fil isolé, et renfermé dans un • tube de même métal, ouvert à sa partie supérieure.
- Sur le bord, et un peu obliquement par rapport au plan de l’ouverture, une mince feuille de tôle fixée par une vis forme une armature mobile. Toutes les vibrations apportées par les conducteurs sont reproduites par cette dernière qui engendre des ondes sonores faisant entendre distinctement les mots articulés dans le transmetteur.
- Les phénomènes physiques sur lesquels est basé le téléphone de M. Graham Bell sont depuis longtemps connus; mais jusqu’à présent on ne pouvait croire que des ondes sonores aussi diverses et aussi nuancées que celles produites par la voix humaine, pussent se transmettre par les vibrations d’une platine métallique, et moins encore pouvait-on supposer que ces vibrations délicates pussent provoquer des courants électriques induits assez puissants pour pouvoir, après avoir parcouru des fils métalliques d’une grande longueur, produire sur une armature vibrante en fer doux les phénomènes que nous venons de décrire.
- Quoi qu’il en soit, l’appareil qui fonctionna d’abord en 1876, et dont la théorie si simple vient d’être exposée, éiait imparfait en ce sens que le récepteur et le transmetteur étaient distincts, de telle sorte qu’on devait forcément parlér à un bout du fil et écouter à l’autre. Au contraire, l’appareil que M. Niaudet a présenté à la Société des Ingénieurs civils le 7 décembre dernier, est à la fois récepteur et transmetteur, et l’expérimentateur peut, à volonté, parler et entendre avec le même instrument, représenté fig. 4. La forme de l’aimant est changée : c’est une tige d’acier aimantée, assez longue, placée perpendiculairement et tout près, vers le centre de la lame vibrante. L’extrémité voisine de cette dernière porte la bobine, de petites dimensions.
- La réception se fait par suite des variétés d’aimantation que les courants d’induction font subir à la tige d'acier déjà aimantée.
- C’est à ce dernier point de vue, surtout, qu’il est à désirer de voir notre Administration des postes abandonner ces vieilles maisons malsaines, mal éclairées et point du tout aérées, aux escaliers multiples et impraticables, aux étroits couloirs, aux salles basses et enfumées, dont l’agglomération forme VHôtel des Postes de France. La réunion, désormais accomplie, des postes et des télégraphes, oblige à réaliser le projet dès longtemps caressé de l’abandon de la rue Jean-Jacques-Rousseau : il est temps que nous ne soyons plus obligé de redouter la comparaison avec les salles larges et spacieuses, abondamment ventilées et éclairées de Saint-Mar tin-le-Grand.
- Bien des emplacements ont déjà été mis en avant : le moyen le jjIus simple et le plus économique consisterait certainement à s’établir dans un édifice déjà existant et dont la disposition permettrait d’installer facilement les services multiples que renferment l’Hôtel de la rue Jean-Jacques-Rôusseau et celui de la rue de Grenelle-Saint-Germain. C’est à ce point de vue qu’il a été question des bâtiments des Magasins-Réunis, place du Château-d’Eau. Ils sont assez vastes en effet pour sembler suffisants ; leur distribution paraît convenable, et, bien que placés au centre de Paris, ils sont entourés de voies larges et nombreuses qui offriraient des dégagements et des abords faciles à la masse des voitures et des piétons que l’on ne peut voir sans trembler encombrer chaque jour la voie étroite qui va de la rue Montmartre à la rue Saint-Honoré.
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- N°2.—12 Janvier 1878. —XXXVIIIe Année. £c {LcdjnolOlJtôtC 13
- Fig. 4.
- Fig. 5.
- TRAVAUX DE PARIS.
- Travaux sur le chemin de fer de ceinture, en vue de l’Exposition.
- L’administration du chemin de fer de Ceinture vient de faire construire une nouvelle gare, à l’endroit où la voie est traversée par l’avenue d’Eylau, entre les gares de Passy et de l’avenue du Bois-de-Boulogne.
- Ces trois gares seront, il est vrai, bien rapprochées, mais celle qu’on installe à présent n’est pas seulement destinée à desservir les habitants de cette partie de Passy, elle servira incontestablement à décharger d’une grande quantité de voyageurs les trains faisant le service spécial de l’Exposition. En effet, par l’avenue des Lacs qui se rencontre juste à cet endroit avec l’avenue d’Eylau, on sera en quelques minutes au Trocadéro, et l’on économisera comme temps tout le long trajet qui consisterait à passer par Auteuil et le Point-du-Jour, pour retourner ensuite, par les quais de Javelle et de Grenelle, jusqu’à la gare du chemin de fer.
- Le pont déjà existant a été allongé de plusieurs travées pour porter les bâtiments de la gare, qujs l’on ne pouvait, sous peine d’encombrement, faire avancer sur l’avenue d’Eylau.
- Les escaliers sont à parements de meulière, avec partie supérieure en pierre taillée et piquée.
- Les Parisiens et les Etrangers qui se pro- • posent de venir visiter l’Exposition de 1878, ne pourront que féliciter l’administration de 1 initiative de ce projet, qui n’est pas, du reste, le seul de son espèce exécuté sur le chemin de ceinture, en vue de multiplier les
- Il est bien entendu qu’avec cet appareil, comme avec le premier, les sons qui parviennent au récepteur sont d’autant plus affaiblis que la distance est plus grande, mais il faut considérer aussi que le son qui chemine habituellement à la vitesse de 333 mètres par seconde, a parcouru ici cinq à six mille mètres par seconde. On a tenté de renforcer les sons au moyen de l’adjonction d’une pile, mais ces essais ne semblent pas, jusqu’à présent du moins, avoir donné des résultats satisfaisants.
- Tel qu’il est représenté par la figure 5, enveloppé dans sa boîte, l’appareil transmet également bien la parole, le chant et la musique instrumentale. Tout le monde peut, après une sorte d’apprentissage très-court pour l’articulation et pour l’audition, et sans l’emploi d’une pile, de manipulateurs et de récepteurs compliqués, correspondre par la parole à des distances considérables : il est même facile de reconnaître, à la voix, la personne qui parle.
- Les premières expériences, nous l’avons dit déjà, ont été faites en Amérique, à l’occasion du Centenaire, par Graham Bell lui-même, entre Boston et Nort-Conway (230 kilomètres). Puis, l’inventeur est venu en Europe, et son appareil a été présenté à l’Académie des Sciences par M. Bréguet : tout dernièrement, à la Société des Ingénieurs civils, M. Niaudet en a fait l’objet d’une conférence très-intéressante. Aujourd’hui, le téléphone est entré tout à fait dans la pratique. Plusieurs fonctionnent à New-York, d’autres à Philadelphie, à Boston, etc.
- Des essais ont été pratiqués à travers la Manche, entre San-Margaret, près Douvres, sur la côte anglaise, et Saugatte, près Calais : ils ont parfaitement réussi, et les communications téléphoniques semblent devoir être d’un grand secours lors de l’exécution, supposée prochaine, des travaux du tunnel sous-marin. Le même succès a couronné une tentative faite entre Jersey et Plymoulh.
- Enfin, à Berlin, les expériences de téléphonie, exécutées entre la direction générale des postes et celle des télégraphes ayant donné des résultats très-satisfaisants, on s’est pressé d’établir des communications de même genre aux stations de Rummelsburg et de Friedrichsberg, dans les environs de la capitale. C’est le 12 novembre dernier que les essais ont commencé.
- Le 15 novembre, le Directeur général des postes a visité ces deux stations pour y examiner les dispositions qui avaient été prises. A cette occasion, l’on a fait fonctionner deux téléphones pourvus des derniers perfectionnements, et le succès a été complet. Aussi ce fonctionnaire vient d’adresser à ses agents une longue circulaire relative à l’exploitation du téléphone sur les lignes télégraphiques.
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- Cette première organisation de bureaux téléphoniques est certainement un des événements les plus remarquables que l’on puisse citer au point de vue des découvertes scientifiques, depuis l’invention du télégraphe.
- Voici, en abrégé, quelques-unes des principales dispositions contenues dans la circulaire du docteur Stephan.
- Les bureaux qui seront ouverts au public pour le service des dépêches téléphoniques en Allemagne seront considérés comme des établissements indépendants, mais ils seront en même temps rattachés aux bureaux télégraphiques ordinaires, lesquels se chargeront de la transmission, sur leurs fils, des télégrammes envoyés au moyen du téléphone.
- La transmission aura lieu de la manière suivante : le bureau qui aura un télégramme h expédier invitera le bureau de destination à mettre l’appareil en place. Dès que les cornets du téléphone auront été ajustés, le bureau de transmission donnera le signal de l’envoi de la dépêche verbale.
- L’expéditeur devra parler lentement, d’une manière claire et sans forcer la voix; les syllabes seront nettement séparées dans la prononciation, et l’on aura soin de bien articuler les finales et d’observer une pause après chaque mot, pour que l’employé récepteur ait le temps nécessaire à la transcription.
- Lorsque le télégramme aura été reçu et transcrit, l’employé du bureau de destination vérifiera le nombre des mots envoyés; puis il répétera, à l’aide du téléphone, le télégramme entier rapidement et sans pause, afin de constater qu’aucune erreur n’a été commise.
- Pour assurer le secret des correspondances, les instruments téléphoniques seront installés dans des locaux particuliers, de sorte que les personnes étrangères au‘service ne puissent entendre celui qui envoie la dépêche verbale : il sera interdit aux employés de communiquer à qui que ce soit le nom de l’expéditeur ou celui du destinataire.
- Les taxes à percevoir pour les dépêches téléphoniques seront calculées à tant par mot, comme sur les lignes télégraphiques ordinaires.
- Cependant, quelqu’intéressantes que soient ces applications, le téléphone nous réservait des surprises plus grandes encore : il peut permettre, en effet, de fixer d’une manière définitive la parole d’un individu, et de la reproduire à volonté au bout d’un temps quelconque, absolument comme on joue un air de musique avec un orgue de Barbarie.
- Supposons, en effet, que l’on enregistre les vibrations du diaphragme métallique transmetteur ou du récepteur. Si l’on arrivait, par un moyen mécanique, dont les combinaisons seront basées sur les observations enregistrées alors que la membrane était mise en mouvement par une voix humaine, à reproduire sur la plaque absolument les mêmes vibrations, l’on pourrait se donner le plaisir d’entendre de nouveau cette voix.
- Il serait alors possible de joindre au portrait d’un grand homme ou d’un être aimé, non-seulement son écriture, mais encore sa parole. Nous ne nous étendrons pas davantage aujourd’hui sur cette application étrange que, d’ici peu de temps, nous aurons l’occasion de décrire dans ses détails.
- accès faciles aux diverses parties des parcs et des constructions.
- Un embranchement spécial relie à la ligne circulaire, la gare située à l’angle du quai d’Orsay et de l’avenue de Suffren, et un réseau de voies ferrées rattachées à cette gare permet d’amener les vagons jusque dans l’intérieur du palais.
- D’autres moyens de transports viendront d’ailleurs permettre aux nombreux visiteurs d’accéder au Champ-de-Mars : les entrées situées devant l’avenue Bosquet et l’Ecole militaire formeront les terminus d’un grand nombre de lignes d’omnibus et de tramways, et enfin les trois entrées du pont de l’Alma, du quai d’Orsay et de l’avenue Rapp seront desservies à la fois par les omnibus, par les tramways et par huit stations de bateaux à vapeur, échelonnées entre le pont de l’Alma et le pont d’Iéna.
- Etablissement de signaux avertisseurs d'incendie.
- On vient de commencer l’application aux postes de police d’un avertisseur télégraphique récemment essayé, qui se composera :
- 1° de lignes télégraphiques à courant continu, parcourant une certaine quantité de rues :
- 2° d’appareils enfermés dans des casiers vitrés, mis en communication avec des fils télégraphiques et disposés dans des lieux publics indiqués d’avance.
- Les annonces d’incendie se transmettront instantanément à tous les postes de police, aux casernes de sapeurs-pompiers, à la Préfecture de police et à la direction des eaux.
- A la droite de l’appareil est ménagée une petite vitre; elle doit être brisée pour permettre de tirer le cordon qui fait agir le mouvement destiné à transmettre le signal partout en même temps. Ce signal s’inscrit sur les appareils télégraphiques des différents postes, et il sera répété plusieurs fois.
- D’un autre côté, un galvanomètre, placé dans le signal d’alarme, indique par l’oscillation l’arrivée des secours.
- Changement de nom des rues de Paris.
- On va procéder incessamment aux changements des plaques indicatrices des “nombreuses rues qui, d’après le recueil des actes
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- N» 2. — 12 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année. £*C (LccljUClllHttôtC 1S
- administratifs de la Préfecture de la Seine, vont changer de nom.
- 1er Arrondissement. Rue Boileau, menant au Palais de Justice : rue Mathieu-Molé.
- Rue du Pont-Neuf, de la rue Berger à la Pointe-Sainte-Eustache : rue Baltard.
- • 3e Arrondissement. Rue de Harlay : rue Diderot.
- 4 e Arrondissement. Boulevard Henri IY : confirmé.
- 5e Arrondissement. Rue du Four-Saint-Jacques : rue Victor de Lanneau.
- Rue de l’Abbé-de-l’Epée, entre la rue de la Clef et la rue des Patriarches : rue de Mirbel.
- 6e Arrondissement. Rue non dénommée, de l’avenue de l’Observatoire au boulevard St-Michel : rue Herschell.
- Rue non dénommée, de la rue d’Assas au boulevard St-Michel : rue Michelet.
- Rue non dénommée, au chevet de l’église Notre-Dame-des-Champs : rue de Cicé.
- 8e Arrondissement. Rue des Ecuries-d’Artois, de la rue du Faubourg-Saint-Honoré à l’avenue de Friedland : rue Berryer.
- 11e Arrondissement. Passage Vaucanson : passage Charles Dallery.
- 14e Arrondissement. Rue non dénommée, de la rue Saillard à la rue Duroucboux : rue Francis Garnier.
- 16* Arrondissement. Rue non dénommée, de la rue de la Manutention à la rue de Mag-debourg : rue Fresnel.
- Rue non dénommée, du quai de Billy à la précédente : rue Foucault.
- Rue d’Auteuil, de l’avenue de Versailles à la rue de la Municipalité : rue de Rémusat.
- Rue non dénommée, du quai de Billy au boulevard Delessert : rue Le Notre.
- Rue non dénommée, de la précédente à la rue Beethoven : rue Chardin.
- Avenue du Trocadéro : confirmé.
- -17e Arrondissement. Rue d’Asnières : rue de Tocqueville.
- 18e Arrondissement. Rue non dénommée, de la rue d’Orsel à la rue Charles-Nodier : rue Livingstone.
- 19e Arrondissement. Rue non dénommée, de la rue de Crimée au boulevard Sérurier : rue du Général Brunet.
- Rue non dénommée, de la rue d’Hautpoul au boulevard Sérurier : rue David-d’Angers.
- 20e Arrondissement. Rue des Prairies, de la rue du Sorbier à la rue des Pyrénées : rue Malte Brun.
- Essieu tubulaire à graissage automatique, pour wagons de mines et autres véhicules•.
- de M. Joseph Dessard fils.
- Le problème du graissage des wagons de mines et autres véhicules qui, depuis longtemps, fait l’objet de patientes recherches, vient de recevoir une solution qui nous paraît de nature à apporter un progrès sensible dans l’industrie.
- L’essieu tubulaire à graissage automatique, que vient de faire breveter M. Joseph Dessard fils, donne un graissage continu sans le concours régulier d’un personnel souvent inconscient et peu susceptible d’exactitude.
- Il est économique et l’encrassement paraissant nul, il ne saurait y avoir de frais d’entretien ; de plus les matières lubrifiantes ne sont pas perdues inutilement, car la dépense d’huile n’est réelle que lorsque le véhicule est en mouvement.
- Les surfaces frottantes, étant graissées d’une manière continue, sont assurées d’une bonne conservation et d’une longue durée.
- L’essieu est creux et n’exige aucun accessoire pour le graissage : son poids est très-léger et comme les surfaces frottantes sont réduites aux plus minimes dimensions, il en résulte que l’effort de traction est plus faible qu’avec beaucoup de systèmes employés actuellement.
- Les wagons et berlines montés d’après ce système sont établis sur quatre roues indépendantes tournant librement sur des essieux fixes ils peuvent, dès lors, passer dans des courbes à petit rayon, tandis que les systèmes ayant les roues calées sur l’essieu ne peuvent guère être utilisées dans ces courbes, et occasionnent quand même une grande parte de force par suite du frottement, tout en usant le matériel et l’exposant aux déraillements.
- Statistique des accidents de chemins de fer, en France.
- Si l’on consulte les documents statistiques officiels, on constate qu’en France, du temps des Messageries, il y avait un voyageur tué sur environ 335.000 voyageurs transportés et 1 blessé sur 30.000, tandis que sur les 1.781.403.687 voyageurs transportés par les chemins de fer français du 7 septembre 1835 au 31 décembre 1875, il y a eu seulement 1 voyageur tué sur 5.178.490 et 1 blessé sur 580.450.
- Si l’on divise les accidents en deux groupes correspondant aux deux périodes du 7 septembre 1835 au 31 décembre 1854, et de janvier 1855 au 31 décembre 1875, les chiffres sont répartis ainsi qu’il suit.
- Première période. On a 1 voyageur tué sur 1.955.555 voyageurs transportés et 1 blessé sur 496.555.
- Seconde période. On a 1 voyageur tué sur 6.171.117 voyageurs transportés et 1 blessé sur 590.185.
- On voit que, dans la dernière période, le nombre des accidents a considérablement diminué.
- Dans ces dernières années, la proportion s’est restreinte encore, et les résultats pour des pays tels que la France, l’Angleterre et la Belgique sont particulièrement significatifs.
- En France, pendant les années 1872-73-74 et 75, on voit 1 voyageur tué sur 45.258.270 et 1 voyageur blessé sur 1.024.360.
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- 16 Itf giôtc N° 2. — 12 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année.
- En Angleterre, de 1872 à 1875 :1 voyageur tué sur 12 millions et 1 voyageur blessé sur 366.000.
- En Belgique, de 1872 à 1876: 1 voyageur tué sur environ 20 millions et 1 voyageur blessé sur 3.500.000.
- En résumé, on avait en France, du temps des Messageries, à peu près une chance d’être tué en faisant 300.000 voyages, et une d’être blessé sur 30.000.
- Sur les chemins de fer, de 1835 à 1855, la chance d’être tué était courue en 2.000.000 de voyages, et celle d’être blessé en 500.000.
- Avec les chemins de fer, de 1855 à 1875, on peut avoir une chance d’être tué en faisant 6 millions de voyages et une d’être blessé en en faisant 600.000.
- Enfin, sur les chemins de fer, de 1872 à 1875, il faut, pour courir une fois la chance d’être tué, faire 45 millions de voyages, et un million pour être blessé.
- (.Annales des Ponts-et-Chaussées.)
- Moyens de transport aux époques primitives. par M. E. Robert.
- M. E. Robert a adressé dernièrement un mémoire à l’Académie des Sciences, sur les moyens qui ont dû être employés par les anciens pour le transport, à de grandes distances, des grandes pierres celtiques ou gauloises. Le transport des menhirs, plus ou moins arrondis, se conçoit facilement : il a suffi sans doute de les faire rouler sur eux-mêmes. Dans la forêt de Meudon, près la fontaine des Lins, il existe un menhir connu sous le nom de Pierre au moine, sur lequel il est facile de remarquer à première vue des angles écornés et écaillés, qui indiquent clairement qu’il a été amené, en le roulant sur lui-même, des environs de Fleury, où se trouvent en place des grès semblables h ceux du barroir de l’avenue du château.
- Mais les grandes pierres plates telles que celles des barroirs et des dolmens réclamaient certainement d’autres procédés de transport.
- En examinant, dans les champs sablonneux et caillouteux de Nuisy, arrondissement d’Epernay (Marne), un monument de ce genre formé d’une pierre de 3m,20 de largeur en tout sens sur 0m,45 d’épaisseur moyenne, M. Robert a retrouvé dans le voisinage un grès dégrossi en forme de sphère pouvant avoir 30 à 40 centimètres de diamètre. L’auteur s’est alors demandé si cette pierre, grossièrement arrondie, n’avait pas dû servir au transport des grandes pierres plates du monument. Que l’on se rappelle, en effet, de quelle manière le rocher granitique, qui supporte la statue équestre de Pierre-le-Grand à Saint-Pétersbourg, a été amené du fond de la Finlande, et le transport des grandes pierres de Nuisy, depuis les plateaux de la Brie, auxquels elles ont été évidemment empruntées, jusque dans les plaines de la Champagne, devient possible à concevoir. Les boules de grès trouvées à leur pied auraient joué le rôle des boulets sur lesquels les Russes ont fait rouler l’énorme bloc finlandais à la surface des marais, des rivières et des lacs gelés. *
- Bâtiment de la ville de Paris, à l'Exposition universelle.
- La ville de Paris aura, comme on sait, son exposition dans l’espace découvert qui se trouve au centre du palais du Champ-de-Mars. Cet édifice offrira un aspect pittoresque et original : il serait, à l’exception de quelques piles en maçonnerie, exclusivement composé de fonte émaillée, relevée par des faïences artistiques, et de belles verrières en garniraient les ouvertures.
- A l’intérieur régnerait une grande nef rectangulaire de 25 mètres de largeur sur 75 mètres de longueur, divisée en cinq parties, correspondant aux travées du palais. Ce rectangle serait bordé de deux portiques ouverts sur ses deux grands côtés, et terminé par deux hémicycles à ses deux extrémités avec porches servant d’entrée.
- Voici, paraît-il, comment les espaces y
- seraient distribués :
- les beaux-arts occuperaient. . . 810 m.
- l’architecture.................... 565 »
- l’enseignement public. ..... 500 »
- les promenades.................... 300 »
- l’assistance publique............. 250 »
- le plan de Paris et la voie publique................................125 »
- les travaux historiques........... 130 »
- l’administration générale. ... 60 »
- et enfin, la préfecture de police. 65 »
- Travaux divers.
- Dans une de ses dernières séances, le Conseil municipal vient de décider l’élargissement du carrefour de l’Odéon et va y consacrer une somme de 1.460.000 francs.
- Les terrains de la place du Parvis-Notre-Dame vont être mis en état de viabilité, et pourvus d’appareils à gaz. La question des plantations est encore réservée.
- On va dégager les abords de l’église Notre-Dame-de-la-Croix, et élargir la rue d’Eupa-toria.
- On va construire une école primaire supérieure place du Trône. La dépense est évaluée à un million.
- bar-si:r-seine. — typographie saillard.
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- N° 3. — 19 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année. '' £<? <LccI)UelmjihtC 17
- SOMMAIRE. i TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE. ;
- Notice sur l’avenir de l’industrie de la garance, par M. J. Dépierre. — Influence de la lumière sur les laines à teindre, par M. Reimann. — Moyens de conserver les œufs, tant pour l’alimentation, que pour divers emplois industriels, procédés Ch. Nolol. — Machine à dresser les meules de moulin, de MM. Roger fils et Ce.— Culture du thé dans l’Inde anglaise. — Le Tour-1 ville et l’Italia, deux nouveaux navires de guerre. — Soupape de ballon, sans clapets, de M. Ernest Lefébure. Notice sur l'avenir de l'industrie de la garance, par M. J. Dépierre. Peu de matières végétales ont donné lieu à des travaux aussi nombreux et aussi remarquables que la garance, et sa culture occupe*des surfaces énormes. Son emploi, comme matière colorante, est l’objet de transactions considérables, de sorte que, toute question scientifique à part, il est d’un intérêt
- CHRONIQUE. majeur de rechercher si cette plante est destinée à devenir inutile, ou s’il est possible, par des moyens nouveaux et des perfectionnements appropriés, de la mettre en état de lutter contre sa rivale, née d’hier et déjà si puissante,
- Ingénieurs et Architectes. l’alizarine artificielle. Cette dernière est encore, à l’heure qu’il est, dans un état d’infériorité vis-à-vis de la garance, car si elle peut donner des rouges,
- « L’Ingénieur est aujourd’hui le grand « créateur de la richesse publique, de cette « richesse sans laquelle une nation civilisée « ne peut cultiver les arts, ni se livrer aux « jouissances élevées qu’ils procurent. Bien-« tôt c’est lui qui fera sortir les moissons du « sol, comme déjà, il exploite les trésors sou-« terrains du globe. Indirectement, en tant « que mécanicien, il est mêlé à toutes les fa-« brications industrielles, mais c’est directe tement, par la construction des chemins « de fer, des routes, des ponts, des canaux, « des ports de mer, des vaisseaux, etc., qu’il « crée la circulation des produits. » « L’Ingénieur est, à cette heure de la civi-« lisation, le levier qui soulève le monde « moderne et il trouve son point d’appui « dans les nécessités inéluctables du présent « et dans les intérêts de l’avenir. » « L’Ingénieur, je le répète, est le grand créa-« teurde la richesse, et, dans les civilisations « modernes, la richesse est la condition sine « quâ non d’un grand développement archi-« tectural. » N’est-il pas vrai que l’on ne peut qu’applaudir à cette définition de l’art de l’ingénieur? Tout au plus, serait-il possible de trouver l’orateur un peu en retard sur certains points : par exemple, il aurait pu dire, sans erreur, que, dès aujourd’hui « l’ingé-« nieur fait sortir les moissons du sol. » Ce n’est d’ailleurs pas un ingénieur qui a prononcé ces paroles bien rythmées, c’est un architecte, et un architecte de grand talent. Il faut bien, d’ailleurs, sacrifier quelque chose à sa dignité personnelle, et à la vanité de ses amis-, c’est pourquoi il serait peu clia- des roses, des lilas, etc., elle ne peut pas, seule, produire les couleurs intermédiaires, telles que grenat, marron, puce, etc. Ces nuances peuvent, il est vrai, être obtenues par un mélange d’alizarine et de purpurine, mais cette dernière n’est pas encore un produit marchand, malgré des tentatives nombreu-l ses, parmi lesquelles celle de Holliday de Huddersfield. Néanmoins l’époque ne saurait être éloignée où toutes les difficultés seront vaincues, de sorte que la purpurine entrera définitivement dans le domaine commercial. Les praticiens savent, d’ailleurs, que les couleurs d’alizarine artificielle sont très-résistantes et peuvent même, dans certains cas, dépasser en solidité -les couleurs à la garance. Le comité de chimie de la Société industrielle de Mulhouse a parfaitement résolu cette question sur l’initiative de M. Ivan Schlumberger, secrétaire de la Société d'horticulture de Mulhouse, et l’industrie des matières colorantes artificielles qui, en 1862, n’avait livré à la consommation que pour 12.000.000 de produits, en a fabriqué, en 1875, pour plus de 53 millions de francs, répartis comme suit : Allemagne. ... 12 fabriques, qui ont produit pour 30.300.000 francs. Angleterre. ... 1 — — — 9.000.000 — Suisse 2 — — — 7.000.000 — France 1 — — — 7.000.000 Ces chiffres correspondent à environ 1.000 tonnes d’alizarine, tandis que la production annuelle de la garance en Europe n’est pas supérieure à 48 millions de kilogrammes équivalant (à 1 0/o) à 480 tonnes d’alizarine. En 1876, la fabrication de l’alizarine avait encore augmenté, et l’Allemagne seule en avait produit 4.000.000 de kilogrammes. On consommait encore, il y a quatre ans, de fortes quantités de garance pour la préparation des extraits, mais aujourd’hui, ces produits, dont les prix ont dû subir une baisse considérable, se ressentent de plus en’ plus de la concurrence de l’alizarine, de sorte que la culture tend constamment à diminuer, tandis qu’au contraire l’extension constante de l’emploi du gaz d’éclairage fournit tous les jours en plus grande quantité les matières premières de la pâte d’alizarine. Aujourd’hui, la France produit encore 20 à 25 millions de kilogrammes de garance qui équivalent à 4.800.000 kilogrammes de pâte d’alizarine à 1() pour 100. Or, si l’on admet que l’anthracène puisse donner 50 pour 100 de son poids
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- d’alizarine sèche, il faut compter sur 1.000 tonnes d’anthracène, qui correspondent à la distillation de plus d’un million de tonnes de houille.
- Si l’on considère que la France, à elle seule, distille plus de 700.000 tonnes et l’Angleterre près de 2.000.000 de tonnes, on comprend que ce n’est pas la matière première qui fera défaut pour empêcher l’alizarine artificielle de détrôner complètement la garance.
- Il importe donc de bien préciser les conditions dans lesquelles la lutte est encore possible et rémunératrice, car s’il était encore facile, en 1875, de faire des bénéfices suffisants avec des paluds à 50 francs les 100 kilogrammes, il faut aujourd’hui, pour lutter efficacement, produire des paluds ne coûtant que 30 francs les 100 kilogrammes.
- Nous n’indiquerons que sommairement, dit M. Dépierre, les conditions auxquelles la fabrication de la garance peut rester possible, et nous recommanderons instamment aux intéressés la lecture du travail deM. Leenhardt (1) dont nous nous bornerons à extraire les quelques considérations qui suivent :
- 1° sélection des graines et choix des terrains ;
- 2° emploi rationnel des engrais et utilisation plus complète des produits fécondants ;
- 3° perfectionnements des procédés de traitement de la garance, pour la conversion en garancines ou en autres produits;
- 4° utilisation plus complète des résidus, des eaux de lavage, etc. ;
- 5° procédés de fabrication plus expéditifs : par les moyens actuels, on perd des quantités importantes;
- 6° trituration immédiate des racines, qui perdent en raison du temps qu’elles passent en magasin, tandis que les poudres de ces mêmes racines gagnent à ce séjour ;
- 7° enfin, application raisonnée des moyens mécaniques et chimiques connus aujourd’hui.
- Ainsi faisant, l’avenir de l’industrie de la garance pourra encore ne pas être trop gravement compromis, mais il faudra de constants et sérieux efforts pour que ces produits naturels luttent sans désavantage contre ceux que fournit en quantités considérables la fabrication du gaz d’éclairage.
- (Extrait des Bulletins de la Société industrielle de Rouen.)
- Influence de la lumière sur les laines à teindre, par M. Reimann.
- Un phénomène intéressant qui vient d’être observé par M. Reimann, c’est que les laines qui sont restées longtemps, dans les fabriques, exposées à l’air et à la lumière, acquièrent une plus grande puissance d’assimilation pour fixer la teinture, que les laines de même qualité et de même provenance qui auraient été emmagasinées k l’ombre.
- Cette circonstance peut amener la production sur la laine teinte, de parties ombrées, les fils qui auront été plus spécialement soumis à ce bain de lumière absorbant la teinture avec plus d’énergie que ceux qui seraient restés dans l’ombre.
- (.Farber Zeilung.)
- (1) Conférence sur la culture de la garance, faite par M. Leenhardt, membre de la Chambre de commerce d’Avignon et de la Société industrielle de Rouen. Avignon, Ch. Mallet, 1875.
- ritable de lui.en vouloir, s’il conclut que tout cela, l'ingénieur le fait pour le plus grand bien des architectes et de l’architecture.
- Pourtant, tout le monde n’a pas été de notre avis, et certains auditeurs n’ont pas été satisfaits: Quelques jeunes architectes sont cause que M. César Daly s’est cru obligé d’ajouter aux lignes que l’on vient de lire, un commentaire qui, pour donner à ses honorables collègues une satisfaction à la hauteur de leurs mérites, l’a conduit à circonscrire les attributions multiples de l’ingénieur dans l’action restreinte du constructeur.
- Pourquoi donc ces réserves, puisque l’art de l’ingénieur embrasse dans sa pratique l’universalité des branches des connaissances humaines? Toutes il les fait progresser : cela résulte évidemment des paroles citées plus haut.
- Néanmoins, parmi toutes ces branches, nous en voulons choisir une seule, l’art de la construction, et constater que sur cette petite parcelle du domaine de l’ingénieur, la lutte est vive entre l’architecte et lui. Quel but poursuit-on, en rapetissant ainsi la question pour arriver à préciser des différences qui n’existent pas de fait? Est-il juste, d’ailleurs, de regarder l’architecte comme le pa-ter famüias, et l’ingénieur comme un enfant échappé? Est-il vrai que ce soient les nécessités de l’art de la guerre et de la défense des places qui aient fait naître, au siècle de Louis XIV, l’art de l’ingénieur à coté de la profession d’architecte? Pourquoi contribuer à propager un antagonisme étrange entre les deux traducteurs d’une même idée ?
- Même en tant que constructeur, l’ingénieur voit la question à un point de vue d’ensemble qui le place au-dessus de l’architecte dont l’intervention se fait surtout sentir dans les détails. Ce n’est pas à dire que le même homme ne puisse pas procéder des deux ordres d’idées, et précisément, ceux-là qui, de notre temps, jouissent des réputations les mieux méritées en tant qu’archi-tectes, sont ceux qui ont acquis les connaissances complexes qui constituent le savoir spécial de l’ingénieur, soit qu’ils aient eux-mêmes refait leur instruction, soit qu’ils aient commencé par être ingénieur avant de se livrer à l’étude de l’architecture. Peut-être nous suffira-t-il, pour ne pas être démenti, de citer des noms comme ceux de MM. Trélat, Grenier, Davioud, Duc, Emile Muller, Léonce Regnaud, Bourdais, de Dar-tein, Hardy, Crépinel, d'Herbecourt, Chapron, Demiduid, Lavezzari, etc.
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- Mais il ne nous parait pas convenable ni juste de restreindre l’horizon comme nous venons de le faire. Reportons-nous encore aux paroles qui nous servent en quelque sorte d’épigraphe, en négligeant le commentaire restrictif qui diminue singulièrement la portée de ces idées si vraies et si nettement exprimées : il nous semble clair que les architectes prétendent considérer leurs attributions comme quelque chose de très-général, comme une grande famille de laquelle l’ingénieur ne serait qu’un humble descendant. Erreur ! l’ingénieur est le chef de la famille, son art est un tronc dont les branches multiples s’étendent au loin : l’architecture n’est rien de plus qu’une de ces branches et les circonstances dans lesquelles s’est développée la créature humaine sont telles, que cette branche est devenue d’abord forte et puissante et s’est donné un nom.
- Mais pour nouveau que soit le mot ingénieur, l’idée qu’il représente est aussi vieille que le monde : les besoins qu’il est appelé à satisfaire, et que M. César Daly a si clairement énumérés, ne sont pas nés d’hier.
- Il y a eu, tant dans l’antiquité qu’à des époques plus rapprochées de nous, quelques ingénieurs dignes de ce nom et auxquels la postérité a payé un juste tribut d’admiration : le savant Archimède, par exemple, puis l’affranchi Narcisse, le grand Michel-Ange, et l’universel Léonard de Vinci, et le persévérant Piquet, et l’infortuné Denis Papin, et Salomon de Caus, et Watt, et tant d’autres.
- Si l’art de l’ingénieur n’a pas brillé dans les temps anciens du lustre qui l’éclaire aujourd’hui, la guerre et l’art militaire n’y sont pour rien, c’est seulement parce que les moyens d’action des vieilles sociétés n’étaient ^as de nature à lui permettre de se développer : 1 ingénieur est, à proprement parler, 1 homme qui étudie les forces naturelles pour les rendre maniables et susceptibles de contribuer à l’utilité générale. Or, au temps passé, les forces naturelles étaient peu connues et mal définies •: l’homme n’avait pas su encore les rendre obéissantes. Les civilisations antiques, si puissantes pourtant, et si remarquables au point de vue de l’art, étaient incapables d engendrer le développement que nous avons atteint aujourd’hui, parce qu’elles n’avaient guère su trouver la force motrice que dans la créature et, spécialement , dans la créature humaine. Le grand mérite des hommes de notre siècle, ce qui leur a permis de créer la liberté et l’indépendance pour tous, c’est d’avoir, non pas
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Moyens de conserver les œufs, tant pour l'alimentation, que pour divers emplois industriels,
- procédés Ch. Nolot.
- Il est peu d aliments qui soient plus sains et plus facilement digestifs que l’œuf. Sous un petit volume, il renferme plus d’un tiers de son poids de principes nutritifs : aussi est-il une des plus précieuses ressources au point de vue de l’alimentation en général (I). On compte qu’à Paris, la consommation annuelle est de 115 œufs par individu, soit, pour deux millions d’habitants, deux cent trente millions d’œufs. Cette consommation est plus considérable encore en province, car l’on estime à sept milliards 231 millions la consommation totale de la France.
- Malheureusement, 1 œuf ne se conserve pas longtemps et perd rapidement sa qualité au contact de l’air1. Delà la difficulté d’en faire provision pour l’hiver, de sorte que la consommation est obligée de payer les œufs très-cher d’Octobre à Janvier de chaque année.
- M. Nolot a commencé par s’appliquer à conserver les œufs frais à l’état comestible, et il y a parfaitement réussi, au point qu’il peut, après neuf mois de conserve, livrer des œufs aussi pleins et aussi savoureux que le jour même de la ponte.
- Ces marchandises sont livrées à domicile dans.Paris, par caisses de 300, 500 et 1000. Le prix ne dépasse jamais 94 à 98 francs le mille, suivant la quantité et la distance.
- Mais, la vente et la consommation des œufs à l’état naturel, ne sont pas les seules opérations industrielles de la maison de M. Nolot. Une quantité de plus de soixante mille œufs est cassee, chaque jour, pendant neuf mois de l’année pour la fabrication de l’albumine. Les blancs seuls servent à cette fabrication : après avoir subi un fouettage mécanique, ils sont filtrés et envoyés, au moyen d’une pompe, dans les chambres où ils doivent subir une complète dessiccation. Après un certain temps, ces blancs sont retirés sous forme d’écailles, connues dans le commerce sous le nom d’albumine desséchée, qui est destinée, en grande partie, à l’impression des étoffes (2). L’importance de la fabrication de M. Nolot est de plus de 70 mille kilogrammes par an, et, il importe de constater que sa marque fait prime sur les marchés de France, d’Angleterre et d’Amérique.
- D’autre part, la maison Nolot prépare depuis plus de 10 ans une poudre de blancs d’œufs pour le collage des vins.
- Avec un kilogramme de farine albumineuse, il est possible de clarifier soixante pièces de vin; soit donc, par bordelaise, seize à dix-sept grammes de substance clarifiante, représentant une valeur de seize à dix-sept centimes.
- Or, il faut songer que pour clarifier une bordelaise de 225 litres, on emploie au moins cinq œufs qui coûteront en moyenne cinquante centimes, au lieu de seize à dix-sept centimes ; le prix actuel de cette poudre étant de dix francs par kilogramme, et quelle qu’en soit la quantité.
- Nous dirons pour terminer, que, par suite de la fabrication de l’albumine
- (1) Voir le Technologiste, 1» série, t. XXXV, page 521.
- (2) Voir le Technologiste, lre Série, t. XXXV, pages 151 et 154.
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- et de la poudre de blancs d’œufs, il y a une quantité énorme de jaunes dont il faut également tirer parti, soit près d’un million de kilogrammes. Ces jaunes après avoir subi une préparation chimique, peuvent se conserver assez longtemps et sont emmagasinés par milliers de fûts, pour être ensuite livrés à l’industrie, pour le travail de la peau, pour la chaussure et la ganterie. La coquille elle-même, soumise à l’action d’une presse hydraulique, afin d’en extraire l’albumine qui y reste attachée, donne lieu encore à des bénéfices sérieux.
- Machine à dresser les meules de moulin, de MM. Roger fils et Cie.
- Les industriels de la Ferté-sous-Jouarre, témoins de la mortalité excessive dont les tailleurs de pierre meulière sont victimes, se sont réunis pour fonder un prix destiné à récompenser l’auteur d’un moyen efficace pour soustraire ces ouvriers au danger que leur fait courir l’absorption des poussières siliceuses.
- C’est ce prix, d’une valeur de 4.000 francs, qui vient d’être décerné à M. Georges Roger, pour l’invention d’un procédé de dressage mécanique des meules, lequel préserve complètement les ouvriers de toute action nuisible.
- Cet appareil est analogue à ceux employés dans les ateliers de construction des machines pour le dressage des grandes surfaces de fer ou de fonte : c’est un tour en l’air de grande dimension, sur le plateau duquel est montée la meule à dresser. Un chariot, qui se meut parallèlement à cette surface dans le sens du rayon horizontal de la meule, supporte l’outil qui doit, par cette disposition, dresser cette surface dans toutes ses parties.
- La recherche de cet outil présentait les plus grandes difficultés par suite de la nature de la pierre : il doit, pour remplacer le marteau manié par la main d’un ouvrier habile, ménager les parties tendres et attaquer avec plus de force les aspérités résistantes, de façon à conserver à la pierre toutes ses propriétés naturelles en évitant surtout de briser sa cristallisation.
- L’outil imaginé par M. Roger fils, consiste en un arbre tournant à la vitesse de 3.000 à 3.300 tours par minute, et armé de 8 à 16 diamants placés en échelons de manière à former un escalier circulaire. Ainsi se trouvent réunis les deux éléments qui produisent la puissance d’attaque : la dureté naturelle et la vitesse acquise.
- On comprend que le tour, dans son mouvement de rotation, vienne présenter successivement chacune des parties de la meule devant l’arbre porte-diamants : le second diamant touche la pierre sur la passe faite par le premier, le troisième continue l’œuvre du second, et ainsi de suite, jusqu’à complet achèvement de la meule. Celle-ci, en sortant du tour, est non-seulement dressée d’une manière mathématique, mais aussi entièrement mise en moulage; ces deux opérations s’accomplissent en même temps et également bien.
- L’entrée de la meule, qu’il est toujours difficile de tailler régulièrement à la main, s’obtient aussi bien que facilement avec la nouvelle machine de MM. Roger fils et Cie. Il suffit, en effet, lorsque la feuillère est terminée, de donner au chariot porte-diamants l’inclinaison convenable pour la pente qui doit déterminer cette entrée.
- inventé la vapeur, car on n’invente pas ce qui existe de tout temps, mais d’avoir imaginé les moyens économiques de la produire, de l’emmagasiner et de la transformer en force obéissante. La vapeur est la grande émancipatrice : l’ingénieur l’a fendue docile, et elle lui a permis de mieux connaître son terrain et d’en tirer parti. Malgré la douce ironie avec laquelle M. César Daly constate l’existence de l’ingénieur électricien et de l’ingénieur hydraulicien, il n’en existe pas moins aussi l’ingénieur chimiste, l’ingénieur métallurgiste, l’ingénieur agricole, l’ingénieur aéronaute, etc., et l’ingénieur constructeur qui est encore quelque chose de plus que l’architecte; car, pour entrer dans les termes du commentaire qui a suivi les remarquables paroles par lesquelles nous avons été heureux de commencer cette chronique, nous ne croyons pas que la science et les ingénieurs n’aient rien de mieux à faire, que de se remettre au service de l’art, non plus que la raison au service du sentiment.
- Nous penchons à croire que ce serait là le monde renversé et le plus sûr moyen de nous laisser mener par la folle du logis.
- Répétons-le : l’ingénieur est en possession d’un domaine, vaste comme le monde : il ne fait pas difficulté de reconnaître que les architectes ont depuis longtemps cultivé avec honneur et profit un coin de ce domaine, et il estime qu’il ne peut pas y avoir d’antagonisme entre le propriétaire et un fermier intelligent qui fut, dans un temps, plus riche et plus puissant que le maître.
- Il est clair que nous ne sommes pas aujourd'hui bien au courant de la série des moyens par lesquels les constructeurs de l’antiquité, du moyen-âge et de la renaissance sont arrivés à produire les édifices que nous considérons aujourd’hui comme des types irréprochables.
- Pourtant, nous croyons nous rappeler à propos, que l’on nous a enseigné sur les bancs de l’école, que le bon sens, aidé de la conception rationnelle des besoins et des utilités, devait conduire au beau dans l’exécution, et c’est peut-être par ce moyen simple que les constructeurs, nos aînés, ont produit les merveilles que les architectes modernes admirent aujourd’hui, en attendant que « le « sentiment servi par l’imagination » les conduise à provoquer « la splendide éclosion de « l’architure organique. »
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- N» 3. — 19 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année. £c (LccIlUCdtTjJtôtC 21
- EXPOSITION DE 1878.
- Participation des Etats-Unis à l'Exposition.
- La Chambre des représentants de Washington a décidé par 133 voix contre 86, que les Etats-Unis seraient représentés à l’Exposition universelle de 1878.
- Le Courrier-Journal de Louisville (Etats-Unis) annonce que plusieurs Etats organisent des commissions pour l’Exposition de Paris, afin de recueillir des échantillons de tout ce que renferment de plus saillant l’industrie et l’agriculture du pays.
- Décorations florales de l'Exposition.
- La commission des marchés a ratifié les traités passés pour la fourniture des fleurs, feuillages, plantes aquatiques et autres, qui doivent orner les jardins du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- Cette fourniture, divisée en deux lots d’une valeur totale de 106.246 francs, comprend 386.062 plantes, savoir :
- plantes fleuries.................. 168.575
- plantes à feuillages............. 138.987
- plantes aquatiques.................... S00
- plantes de collections. . . . 78.000
- Indépendamment de cette ornementation, on parle de projets, les plus merveilleux, qui s’élaborent en vue de la prochaine Exposition.
- Parmi ces projets, on cite une exhibition des fleurs les plus rares et les plus recherchées dans* le monde des amateurs. On les trouverait semées ou plantées dans les jardins du Trocadéro où elles auraient poussé sous les yeux des plus incrédules. Elles étaleraient sous les regards des visiteurs leurs séduisantes couleurs, leurs pétales richement nuancés et leurs formes les plus variées.
- Ce sont les horticulteurs hollandais, les tulipiers de Harlem, qui nous promettent ce spectacle merveilleux.
- Service d'incendie.
- De concert avec la préfecture de police, le Commissariat général de l’Exposition universelle s’est occupé d’organiser le service d’incendie de manière à faire face à tous les besoins.
- Il a été décidé que cinq postes de pom-
- Le dressage mécanique, ainsi obtenu, outre qu’il est plus parfait, plus rapide et plus économique que le dressage à la main a encore le précieux avantage de diminuer considérablement le danger qui menace les ouvriers, car le tailleur de meules transformé en tourneur n’a plus besoin d’être constamment appliqué sur son travail.
- L’appareil a été rendu tout à fait inoffensif, par l’adjonction d’un ventilateur qui aspire toutes les poussières projetées par le tour et les conduit dans un bassin où elles sont retenues par un jet d’eau divisé en pluie.
- Le dressage mécanique a encore l’avantage de diminuer la chauffe des ! meules : comme elles sont parfaitement planes, le blé ou tout autre produit est réduit en farine d’une manière régulière et sans inégalité de frottement.
- Culture du thé dans l'Inde anglaise.
- C’est vers 1840 que furent tentés les premiers essais dé la culture et de la fabrication du thé dans l’Inde anglaise. Pendant de longues années, les capitaux étaient timides et les essais marchaient lentement. En 1863 et 1864, cependant, on finit par découvrir que cette industrie offrait un brillant avenir, et de nombreuses compagnies se formèrent au Bengale pour exploiter cette culture. Les succès qui ont récompensé les efforts des planteurs et des capitalistes anglais ont décidément doté l’Inde d’une industrie qui prend chaque jour un développement plus considérable. La culture du thé se trouve confinée dans les provinces du Bengale, de Kangra, Garhwal, Kamann, Cachar, Silhet, Chitragong, Darjeeling et Chota Nagpore. Dans le Darjeeling, il y a plus de quatre-vingts jardins ou plantations d’arbres à thé couvrant une superficie de 12.305 acres et donnant un produit de plus de 2.665.821 livres. Ce thé est transporté sur les marchés de l’Asie centrale, d’où il arrivera à chasser le thé chinois. Dans l’Annam, il y a 31.303 acres en culture avec un rendement* de plus de 6 millions de livres de thé; dans le Cachar, 23.081 acres qui donnent plus de 5.400.000 livres, et dans le Silhet, 21.408 acres produisant 4.541.659 livres de thé. Ces plantations sont placées sous la direction de plus de 200 gérants européens, et emploient plus de 15.000 travailleurs natifs. S’il est vrai que les Chinois dégustent la première décoction des feuilles etles livrent ensuite à l’Europe, le thé de l’Inde, qui est livré au commerce aussitôt sa fabrication, a toutes les chances pour supplanter son rival sur les marchés de l’Europe. Les soixante mille hommes de troupes européennes stationnées dans les principales villes de l’Inde commencent à consommer le produit du pays et quelques amateurs trouvent le parfum du thé de l’Annam, supérieur à tout ce que produit le Céleste-Empire. Les chiffres suivants montrent la décroissance de l’importation du thé chinois dans l’Inde :
- 1874 ......................................... 2.181.791 livres.
- 1875 ........................................ 1.482.272 —
- 1876 ......................................... 1.209.595 —
- Tandis que les exportations de thé de l’Inde suivent la marche ascendante que voici : '
- 1874........................................ 21.137.087 livres.
- 1875. . . ................................. 24.361.509 —
- 1876. ....................................... 27.784.124 —
- On ne compte pas, dans le Bengale, moins de 73 Compagnies de thé tTea
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- 22 £? ^CCljnoLnjistC N» 3. — 19 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année.
- Companies. » En jugeant, par ces résultats, de l’importance que cette exploitation a prise depuis quelques années, il est tout naturel de se demander si notre colonie de Saigon ne serait pas propre à cette culture.
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Le TourviUe et l'Italia, deux nouveaux navires de guerre.
- Le croiseur le TourviUe, dont la construction a été récemment terminée aux forges et chantiers de la Seyne, sur les plans du Conseil des travaux de la marine, paraît être à l’heure qu’il est le navire de guerre du type le plus perfectionné de la marine française et peut-être du monde entier : il constitue un engin de guerre des plus terribles, tant à cause de la grande vitesse que sa marche peut atteindre que par suite de l’éperon en bronze qui le précède, et de sa formidable artillerie. Le capitaine Layrle, qui le commande, a sous ses ordres 554 hommes, parmi lesquels 166 affectés au service des chaudières et de la machine, se répartissent comme suit :
- Officier, mécanicien principal de première classe................ 1
- Maître mécanicien................................................ 1
- Deuxièmes maîtres mécaniciens................................... 9
- Quartiers-maîtres mécaniciens....................................15
- Ouvriers mécaniciens.............................................48
- Matelots chauffeurs..............................................60
- Soutiers.........................................................32
- Total................166
- Le détail de ce personnel spécial donne immédiatement une haute idée de la puissance motrice que le TourviUe a k son service. Son hélice, de 5m,80 de diamètre, est à quatre bras, et pèse 16.000 kilogrammes; elle est actionnée par une machine de 1.800 chevaux nominaux, qui peut développer 7.200 chevaux vapeur ordinaires. La vapeur est fournie à cette dernière par 12 chaudières tubulaires munies de 48 foyers, ce qui. représente 2.186 mètres carrés de surface de chauffe, et 82 mètres carrés de surface de grille. Le poids total de la machine avec ses chaudières alimentées est d’environ 1 million de kilogrammes : le tout comporte 2 cheminées de 11 mètres carrés de section chacune, 700 robinets divers, 5.000 mètres de tuyautage et quatre condenseurs k surface, ayant ensemble 10.524 tubes de 2 mètres de longueur.
- La consommation du TourviUe en combustible étant de 1 kilogramme de charbon par heure et par cheval, cela fait 180 tonneaux de charbon pour 24 heures, ce qui correspond à une dépense d’environ 8.000 francs par jour.
- Les soutes peuvent contenir 850 tonneaux de charbon, permettant cinq jours de marche k toute vitesse, pendant lesquels le navire franchirait 700 lieues marines, soit k peu près 1.000 lieues terrestres.
- En effet, le côté le plus remarquable de ce nouveau bâtiment consiste dans sa grande vitesse de marche : les essais qui viennent d’être effectués sous la direction de M. l’ingénieur Orsel, devant la Commission officielle, présidée par M. le contre-amiral Peyron, ont permis au TourviUe d’atteindre avec tous ses feux allumés une vitesse de 17,2 nœuds, vitesse qui s’est maintenue constante k 14 nœuds, en usant de 6 chaudières sur 12.
- piers seraient installés sur divers points du Champ-de-Mars et du Trocadéro,
- Ces postes seront reliés entre eux par des fils télégraphiques, de telle sorte que, au moindre signal, les secours pourront être concentrés sur telle ou telle partie de l’Exposition.
- Le personnel et le matériel des postes dont il s’agit seront logés dans des pavillons spéciaux, qui contiendront eu même temps les postes des gardiens de la paix chargés du service d’ordre, au Champ-de-Mars et au Trocadéro.
- A la suite d’une soumission approuvée par la commission supérieure des marchés de l’Exposition, l’adjudication de ces divers pavillons a été effectuée, moyennant une somme totale de 60.000 francs.
- Statues du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- Voici les sujets représentés par les quatorze statues colossales qui doivent figurer sur la façade du palais du Champ-de-Mars.
- L’Angleterre, par M. Allard; les Indes anglaises, par M. Cugnot ; l’Australie, par M. Roubeaux ; l’Amérique méridionale, par M. Bourgeois ; les Etats-Unis, par M. Caillé ; la Suède, par M. Allasseur; la Norwége, par M. Lequesne ; l’Italie, par M. Marcelin ; la Chine, par M. Captier; l’Espagne, par M. Dou-blemard; l’Autriche, par M. Delove; la Hongrie, par M. Lafrance ; la Russie, par M. Le-père; la Suisse, par M. Gruyère; la Belgique, par M. Leroux; la Grèce, par M. Delorme; le Danemark, par M. Marquette ; la Perse, par M. Chatrousse ; l’Egypte, par M. Ottin ; le Portugal, par M. Sanson ; le Japon, par M. Aizelin; les Pays-Bas, par M. Tournois.
- Sur l’autre rive de la Seine, de chaque côté de la cascade, les grands groupes symboliques en fonte seront les cinq parties du monde, exécutées par MM. Falguière, Ma-thurin Moreau, Millet, Schœnewerck et Dela-planche.
- Des groupes d’animaux posés çà et là compléteront la décoration des parterres du Trocadéro. En outre, le sommet des constructions sera couronné par un grand nombre de statues allégoriques.
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- Emploi de la tôle émaillée.
- Les piliers du grand vestibule du Champ-de-Mars doivent recevoir une décoration au moyen des faïences émaillées. Pour décorer les arcs des quatre dômes d’angles du palais dans le même genre, l’emploi des faïences devenait trop coûteux, et l’on s’est décidé à employer de la tôle émaillée, qui produit un effet très-saisissant et dont la pose est beaucoup plus facile.
- La commission a traité avec M. Pâris pour l’exécution de ces tôles émaillées qui reviennent, en location, à 40 francs le mètre superficiel. La dépense totale pour les quatre dômes s’élèvera à 36.000 fr., y compris une somme à valoir de 3.240 francs.
- STATISTIQUE.
- Statistique de la culture de la vigne en France.
- La vigne occupait en France, en 1788, environ un million trois cent quarante-six mille hectares. Depuis lors, elle a envahi le terrain de plus en plus, et aujourd’hui la superficie où elle est cultivée s’est accrue au point d’atteindre près de deux millions cinq cent mille hectares, ce qui représente plus de la moitié de l’étendue totale des vignes à vin cultivées dans les cinq parties du monde, la vingt et unième partie de tout le territoire français et la onzième partie de sa surface cultivable.
- Le produit brut annuel des vignobles de France s’élève à plus d’un milliard cinq cent millions de francs. Leur culture occupe et entretient un million cinq cent mille familles de vignerons, c’est-à-dire six millions d’habitants, auxquels il faut ajouter plus de deux millions de fournisseurs, industriels, transporteurs et commerçants, constituant ensemble le cinquième au moins de noti*e population totale et représentant une production et une consommation de plus de deux milliards.
- Statistique de la fabrication des machines à coudre.
- Un relevé statistique nous donne le nombre des ouvriers employés à la fabrication des machines à coudre dans différents pays. Cette industrie occupe en Angleterre 400,000 ouvriers, et en Amérique un nombre égal,
- La commission est d’ailleurs certaine, qu’en forçant la pression, le Tour-ville pourrait atteindre 18 nœuds dans un cas de force majeure, sans compromettre la sécurité de la machine. Ce serait là un magnifique résultat, qui fait le plus grand honneur aux forges et chantiers de la Seyne.
- D’autre part, nous apprenons d’Italie que le navire cuirassé l'italia, nouvellement mis en chantier à Castellamare, sera le plus grand de tous les navires de guerre.
- Il aurait les dimensions suivantes :
- Longueur 120 mètres, largeur 22, hauteur 15, tirant d’eau 8,50, déplacement sous chargement 13.000 tonnes et poids de la coque seule 5.000 tonnes.
- Il sera muni de compartiments étanches en long et en travers entre les deux quilles, et portera en son centre une redoute blindée, de forme ovale, d’où les pièces tireront en barbette.
- Ce navire sera mis en mouvement par deux hélices de 6 mètres de diamètre actionnées par deux machines indépendantes à 6 cylindres : les chaudières seront au nombre de 26, susceptibles de fournir une force de 18.000 chevaux qui devront produire une vitesse de 16 nœuds à l’heure.
- Quant à l’armement, le Ministre de la marine aurait manifesté l’intention de donner à Yltalia des canons plus gros que ceux de 100 tonnes et de le cuirasser avec des plaques de plus de 55 centimètres d’épaisseur.
- Ce nouveau Léviathan, terminé et armé, coûterait plus de 20 millions.
- Soupape de ballon, sans clapets, de M. Ernest Lefébure.
- « Les soupapes des aérostats, dit M. Lefébure, m'ont toujours semblé fort « défectueuses ; on peut même dire que c’est à leur mauvaise construction « que sont dus la plupart des accidents. »
- Les soupapes à clapets actuellement en usage présentent, en effet, un inconvénient des plus graves : lorsque le cataplasme a été décollé, ce qui se fait à chaque ouverture, le gaz n’est plus retenu d’une manière suffisante. Il en résulte qu’on ne peut se servir convenablement de la soupape qu’une seule fois, au moment de la descente. Il serait pourtant bien avantageux de pouvoir, pendant une ascension, donner de temps en temps un petit coup de soupape, soit pour rester à une hauteur voulue dans l’atmosphère, soit même pour s’assurer du bon fonctionnement d’un organe dont le mauvais élal peut causer des accidents terribles, ainsi qu’on l’a vu dans l’ascension de la commission militaire, ascension dans laquelle le colonel Laussédat, le commandant Mangin, le capitaine Renard et M. Eugène Godard ont eu des membres brisés.
- Il est vrai qu’un assez grand nombre de modifications à apporter aux soupapes ont été proposées par MM. Henri Giffard, Jobert, W. de Fonvielle et autres. Pourtant les aéronautes ne se sont pas encore décidés à appliquer ces modifications. Il est difficile de prévoir si la proposition de M. Lefébure sera plus heureuse: mais, dans tous les cas, elle paraît, à cause de sa simplicité, destinée à rendre des services.
- La figure 6 représente la coupe de la soupape fermée, et la figure 7, la coupe de la même soupape à moitié ouverte.
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- Ce Cecljnaltfjjiôte
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- A’*-...
- Fig. 7.
- AA est un cylindre creux ouvert des deux bouts et construit en tôle légère galvanisée. Son bord supérieur A est lié à l’étoffe du ballon L par les procédés ordinaires. Dans ce cylindre glisse à frottement très-lâche un second cylindre intérieur B également en tôle galvanisée. Ce second cylindre porte à sa partie inférieure une gouttière circulaire G remplie de pommade, c’est-à-dire d’une graisse demi-liquide : ce joint, analogue à un joint hydraulique, est incapable de se renverser et de se congeler. Dans le cylindre B sont percées quatre fenêtres E E, présentant une forme triangulaire, la pointe du triangle tournée en bas. La partie supérieure de ce cylindre est ouverte, la partie inférieure est fermée par un cône de tôle G. A la pointe de ce cône, se trouve en M la corde de tirage de la soupape. Le fond du cône est relié par un ressort de caoutchouc au centre d’un croisillon fixé sur la partie supérieure du cylindre A.
- Enfin un petit parapluie I, en étoffe soutenue par des tiges de paragon K, empêche l’eau et la neige de s’accumuler au fond du cône.
- Il résulte de la description ci-dessus qu’à l’état normal, tant qu’on ne tire pas sur la corde M, l’étanchéité est absolue, puisque la surface AGMGA ne présente de solution de continuité qu’en G où se trouve le joint gras.
- Mais si l’on tire sur la corde M, le cylindre A se sépare de la gouttière G et démasque les fenêtres E. Si la traction a été faible, la pointe seulement de ces fenêtres étant démasquée, il sortira une petite quantité de gaz. Si, comme dans la figure 72, on ouvre à moitié, on obtient un écoulement notable. Enfin, si l’on tire violemment sur la corde, on obtient l’ouverture entière, qui est indispensable pendant un traînage. L’appareil ainsi mené peut donc servir, et de soupape de manœuvre, et de soupape d’aterrissage, car, lorsque le cylindre A rentrera dans la gouttière G, où se trouve la graisse demi-liquide, il retrouvera le joint aussi bon qu’au départ.
- tandis que tous les autres pays réunis n’occupent pas à cette fabrication plus de 60.000 ouvriers : total, 250.000 personnes qui ne vivent que de cette industrie. Le nombre des machines à coudre répandues dans le monde s’élève aujourd’hui à 4 millions. La main-d’œuvre de toutes ces machines représente la somme de travail de 20 à 32 millions d’ouvriers.
- INFORMATIONS DIVERSES.
- La question d’un système métrique uniforme revient sur le tapis. La Suède et la Nonvège ont admis le système français et décrété qu’il serait obligatoire chez elles dans quelques années. En Danemark, une mesure semblable est sur le point d’être adoptée. La Russie a mis la question à l’étude, et ses dispositions sont favorables.
- Seule l’Angleterre se refuse à aucun changement : elle a dernièrement encore refusé de prendre part aux conférences et aux travaux du bureau international chargé d’étudier la question.
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Gravure sur verre au moyen de l'électricité, par M. Gaston Planté. — Usages du verre soluble.—Divers procédés d’utilisation des laitiers des hauts-fourneaux, par M. Wood. — Installation du nouveau marteau-pilon du Creusot. — Nouvelles recherches sur le davyum, par M. Serguis-Kern. — Machines à vapeur horizontales et verticales, de U..Buffaud. — Nouveau manomètre anéroïde extra-sensible, de MM. Richard frères.— Rapport sur le dessèchement du lac Fucino, par M. Alfred Durand-Claye.
- CHRONIQUE.
- Les caisses de secours des ouvriers mineurs.
- Tous les ouvriers sont dignes d’intérêt, et il importe de rechercher les moyens de leur assurer à tous, sans blesser leur dignité, des ressources pour le moment où ils seront incapables de travailler. Néanmoins si une classe d’ouvriers paraît plus capable que les autres d’éviter la sollicitude de l’économiste, ce sont les mineurs, tant en considérant les conditions pénibles dans lesquelles s’effectue leur travail qu’à cause des terribles accidents dont ils sont si souvent les victimes.
- Dans ces conditions, nous croyons pouvoir intéresser nos lecteurs, en reproduisant tout au long l’intéressante communication faite par M. Salomon, à la Société des Ingénieurs civils, dans sa séance du 4 janvier 4878, sur l’organisation des caisses de secours et de prévoyance des ouvriers mineurs en Europe.
- En Prusse, en Alsace-Lorraine, en Saxe, en Bavière, en Autriche-Hongrie et en Serbie, la création des caisses de secours et de prévoyance des ouvriers mineurs est obligatoire : leur mode d’alimentation, leur but, leur organisation sont déterminés par les lois sur les mines.
- Dans ces divers pays, sauf en Autriche-Hongrie, les exploitants de mines doivent participer aux charges des caisses pour une somme au moins égale à la moitié de la contribution des ouvriers : cette mesure doit d’ailleurs être adoptée sous peu en Autriche.
- En Grèce, d’après la loi sur les mines, une somme d’un centime par drachme (on sait que le drachme vaut un franc) doit être prélevée sur le produit net de l’exploitation et êtie affectée à former un fonds destiné à se-
- CIMENTS, CÉRAMIQUE ET VERRERIE.
- Gravure sur verre au moyen de l'électricité, par M. Gaston Planté.
- On recouvre la surface d’une lame de verre ou d’une plaque de cristal avec une dissolution concentrée de nitrate de potassium en versant simplement cette dernière sur la plaque, posée horizontalement sur une table ou dans une cuvette peu profonde. D’autre part, on fait plonger dans la couche liquide qui recouvre le verre, et le long des bords de la lame, un fil de platine horizontal communiquant avec les pôles d’une batterie secondaire de SO à 60 éléments; puis, tenant a la main l’autre électrode, formée d’un fil de platine entouré, sauf à son extrémité, d’un étui isolant, on trace sur le verre les caractères ou le dessin que l’on veut obtenir.
- Un sillon lumineux se produit partout où touche l’électrode et, quelle que soit la rapidité avec laquelle on écrive ou l’on dessine, les traits sont nettement gravés sur le verre. Si l’on dessine ou écrit lentement, les traits sont gravés plus profondément. Quant à leur largeur, elle dépend du diamètre du fil servant d’électrode : s’il est taillé en pointe ils peuvent être parfaitement déliés. Le fil métallique conduisant le courant se trouve ainsi transformé en un burin spécial pour le verre, et, malgré la dureté de la substance, cette opération ne nécessite aucun effort : la force corrodante se trouve fournie par l’action du courant électrique en présence de la dissolution saline.
- On peut graver avec l’une ou l’autre électrode, mais il faut un courant moins fort pour graver avec l’électrode négative. Si, au lieu d’une surface plane en verre, on a une surface bombée, on parvient au même résultat soit en épaississant la dissolution saline à l’aide d’une substance gommeuse pour qu'elle adhère au verre, soit en faisant tourner l’objet dans le vase renfermant la dissolution, de manière à ce qu’il vienne présenter successivement à l’opérateur les différentes parties de sa surface simplement humectées, à peu de distance du liquide.
- Bien que M. Gaston Planté ait obtenu ces résultats très-remarquables en faisant usage de batteries secondaires, il est clair que l’on peut employer de préférence pour un travail continu toute autre source d’électricité, de quantité ou de tension suffisantes, soit une pile de Bunsen d’un assez grand nombre d’éléments, soit une machine Gramme, ou même une machine électro-magnétique à courants alternativement positifs ou négatifs.
- M. Planté ajoute que les figures roriques produites avec l’électricité statique et les empreintes obtenues par M. Grove avec l’électricité d’induction, se rattachent à ces altérations du verre par l’électricité dynamique. Mais comme la quantité d’électricité fournie par les machines électriques ou les bobines d’induction est relativement faible, et qu’il n’y a point, d’ailleurs, d’effet électro-chimique tel que celui qui se produit en présence d’une dissolution saline, ces figures ou ces empreintes sont difficilement visibles.
- L’application très-ingénieuse imaginée par M. Planté paraît de nature à rendre des services dans l’industrie de la gravure sur verre et pourra présenter certains avantages sur les procédés insalubres employés jusqu’ici.
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- Usages du verre soluble.
- i Les usages du silicate de sodium se répandent tous les jours davantage, j quoique la manière de le produire soit encore primitive.
- ] On s’en sert surtout dans la fabrication du savon, usage pour lequel il est ! préférable à la résine, parce que son alcalinité augmente la puissance déter-j sive. Il empêche le savon de se dessécher et prévient ainsi la perte de poids,
- | sans que pourtant l’on puisse prétendre que ce soit là une sophistication, i Le verre soluble, mélangé aux couleurs minérales, sert pour* laJ peinture : i il y a des usines qui fabriquent des mixtures de couleurs à l’huile avec du silicate de sodium. Il rend la couleur plus durable et lui donne un vernis-lustré. De même, il tend à devenir indispensable comme mordant pouri’im--pression sur calicot, et cet emploi prend une grande extension.
- Le verre liquide permet de confectionner d’excellents ciments,• à Fépreuve du feu pour les fourneaux de fonderie de fer et pour les scellements. C’est également un ingrédient important pour les diverses méthodes de fabrication des pierres artificielles. On l’emploie surtout dans le procédé' Ransortie, et l’Angleterre en consomme, de ce chef, des milliers de tonnes. Il entre dans la composition de certaines pâtes adhérentes, et peut sei*vir à préparer des mixtures à bas prix, pour réparer la porcelaine, le verre et le bois.
- Enfin, comme le silicate de sodium est entièrement à l’épVeuve du feu, il communique cette qualité aux bois, aux papiers et aux étoffes que l’on tr'empë dedans. A l’état sec, il est également à l’épreuve de l’eau et de la vapeur, et il fournit un excellent enduit pour la conservation des voûtes en briques.
- Il est encore fort utile dans les brasseries, dans les raffineries, et dans un grand nombre d’autres industries.
- (The Engineering.)
- Divers procédés d'utilisation des laitiers des hauts-fourneaux, par M. Wood.
- M. Wood est parvenu à obtenir aujourd’hui, avec les laitiers, une douzaine de produits différents dont la fabrication tend tous les jours à s’accroître.
- Une Compagnie pour l’utilisation des laitiers a construit, près des docks de Middlesboroug, dans le Cléveland, un établissement où elle fabrique surtout trois genres de produits : des briques, du ciment hydraulique et du mortier.
- Le mortier est composé de sable de laitier et de 10 pour cent environ de chaux éteinte ordinaire. Le prix de vente est de 5 francs la tonne.
- Le second produit est une espèce de ciment hydraulique, fait avec du sable de laitier, de la chaux ordinaire et de l’oxyde de fer.
- Mais la matière la plus importante produite par la Compagnie des laitiers est la brique en laitier. Le sable de laitier est mêlé à de la chaux sélénitique (selenitie lime) et à de l’oxyde de fer* et le mélange est pressé dans une machine dont M. Wood donne la description.
- Parmi les autres fabrications auxquelles peuvent donner lieu les laitiers, il faut citer celle des dalles pour le pavage des chaussées et des trottoirs.
- M. Wood rappelle ensuite le procédé de M. Basley-Britten pour faire du verre avec le laitier de haut-fourneau. M. Britten proposait de verser dans un four Siemens le laitier recueilli liquide dans une poche et d’y ajouter les proportions de soude et de silice nécessaires pour arriver à la composition du verre. Les expériences faites sur une grande échelle ont réussi, paraît-il, et
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- courir les ouvriers qui ont été victimes d’accidents, ainsi que leur famille.
- En Belgique, les caisses de prévoyance des ouvriers mineurs sont rendues obligatoires par le cahier des charges des concessions de mines : les exploitants de mines et les ouvriers-y'participent pour une somme égale.
- En Russie, la fondation de? caisses de mineurs n’ést pas obligatoire, mais si les particuliers Veulent en établir, ils doivent les organiser conformément à celles qui existent dans les mines domaniales.
- Dans les autres pays d’Europe, les associations de secours et de prévoyance des ouvriers mineurs sont absolument' libres.
- L’utilité des caisses de secours dans les mines est incontestable, mais tout ce qui est utile ne saurait être imposé par la loi. C’est de l’amélioration des mœurs, c’est de l’initiative individuelle et non d’une loi qu’il faut attendre la suppression de la misère des ouvriers devenus incapables de travailler, des veuves ef des orphelins de ceux qui ont été tués dans les travaux.
- L’intérêt personnel sollicite suffisamment les concessionnaires des mines à créer des caisses de secours pour que l’Etat se dispense de rendre le don et l’épargne obligatoires dans les mines.
- En France, plus que partout ailleurs, Faction de l’Etat ne pourrait être que nuisible ; il convient de s’y fier entièrement a l’initiative privée en présence des efforts infructueux tentés déjà par le gouvernement français pour organiser des associations de prévoyance communes à toutes les mines d’une même région. Dans une partie de l’Europe, en Prusse, et en Belgique plus particulièrement, les ouvriers mineurs sont affiliés à la fois à des caisses de prévoyance communes à toutes les mines d’une même province ou d’un même district minier, et à des caisses de secours spéciales à chaque exploitation. Les caisses particulières, en distribuant les secours temporaires, sont les auxiliaires utiles des caisses communes de prévoyance qui allouent les secours permanents.
- En France, sauf une caisse de prévoyance commune à quelques exploitations du bassin de la Loire, on ne rencontre en général que des caisses de secours particulières, distribuant à la fois des secours temporaires et des secours permanents.
- Une enquête ouverte, en 1869, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, par la Société de l’Industrie minérale, a constaté que sur 33 mines de houille en cours
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- .d’exploitation dans ces deux départements, t7 des plus importantes (les mines de,Brnay n’étant pas comprises dans oe nombre) possédaient, des caisses de secours.
- Dans les autres régions de i la France, il existe également nombre de caisses de secours particulières : on peut citer en particulier celle des mines de la Loire et des . houillères de> SainGEtienne (Loire), la Société de secours des mines de Blanzy (Saône-et-Loire), les caisses ides mines de la Grand’Combei et dVYlais (Gard), de Carmaux (Tarn), de! Han-cié (Ariége), de Decazeville (Aveyron) , de Ronchamp (Haute-Saône), de Commentry (Allier),, d’Ahun (Creuse), etc.
- Ces caisses, alimentées par l’exploitant de mines et les ouvriers, sont des sociétés d’une nature toute spéciale,, dont l’organisation, essentiellement vicieuse en général, a occasionné des grèves et de nombreux procès que l’on eût pu éviter au moyen de certaines mesures faciles à appliquer.
- Des services de .secours temporaires et permanents devraient être attribués, comme en Belgique, à deux caisses distinctes, afin que les répartitions fussent mieux assurées de ne pas faire perdre à l’ouvrier le fruit de son épargne, par suite de son départ ou de son renvoi d’une exploitation. Il pourrait exister, comme en Prusse, des catégories de [ membres ayant droit à des allocations plus ou moins élevées, selon qu’ils sont affiliés depuis plus ou moins longtemps à une caisse. Les exploitants de mines devraient tous participer aux charges des caisses pour une somme au moins égale à la contribution des ouvriers, et ne pas chercher à faire croire, contrairement à la jurisprudence des tribunaux, que leur subvention est une charité et non une obligation. Enfin il conviendrait de ne plus versçr aux caisses le produit des amendes, ce qui les rend absolument impopulaires.
- En ce qui concerne les conseils d’administration des caisses, dont l’organisation a occasionné tant de conflits, on devrait, comme l’exige la loi prussienne, les composer d’un nombre égafc de représentants.de l’exploitant et de représentants choisis parmi et par les ouvriers au lieu d’y laisser les ouvriers en minorité.
- Dans les mines où l’on a accordé aux ouvriers .la majorité des voies dans le conseil (à la caisse particulière de secours de la Compagnie des mines de la Loire, par exemple), on n’a jamais eu à regretter de leur avoir octroyé cette prérogative.'Dans tous les
- une Compagnie qui s,"intitule-: « Compagnie du verre 'breveté de Britten, » ('construit, en ce moment, une grande usine à Finedon (Northampitonshire).
- Le idernier produit dont il est question dans le mémoire de M. Wood est la laine de laitier ou laitier-coton, ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec le coton (1).'
- Contre le filet de laitier liquide qui tombe de la rigole du hauj>fpnrneau dans le wagon destiné à l’emporter, on dirige un jet de vapeur, qui divise le laitier en grains, dont chacun traîne après lui un long fil.jLetout se fige : les grains tombent, et les fils sont entraînés par le courant d’air dans un gros tube aboutissant à une chambre où ils se déposent : les parois de cette chambre disposées en lignes brisées comme un paravent, sont formées par de la fine toile métallique.
- L’air entraîné s’échappe à travers la toile contre laquelle les fils les plus fins se viennent appliquer, tandis que les plus gros se sont déposés déjà au milieu de la chambre. On recueille le laitier-coton, lorsque l’opération est terminée, avec des fourches, pour l’ensacher ou l’encaquer.
- On fait avec cette matière, qui a l’avantage d’être inaltérable et incombustible, des matelas qui peuvent être étendus sur les chaudières ou enroulés autour des tubes de vapeur pour en empêcher le refroidissement.
- [Iron and Steel institute, Newcastle.)
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Installation du nouveau marteau-pilon du Creusot.
- Les proportions du nouveau marteau-pilon du Creusot sont telles que bien qu’il soit utilisé actuellement avec une masse active de 75 tonnes, on pourra la porter à 80 tonnes et au-delà, sans crainte pour la solidité de l’ensemble.
- Le bâti est formé de deux jambages en fonte inclinés l’un vers l’autre en forme d’A et réunis par de larges plaques en fer forgé qui forment entretoises et portent les glissières qui y sont fixées par des boulons. Au sommet de l’angle est installé l’entablement qui supporte le cylindre à vapeur.
- La chabotte indépendante est formée de 11 assises, en fonte, rabotées et réunies par des clavetages spéciaux : elle est fondée sur un massif en maçonnerie de 6m.50 de profondeur. Tout 1 intervalle entre le terrain et la chabotte est rempli de madriers en bois placés en couches alternativement horizontales et verticales pour former coussin. Cette fondation a consommé 100 mètres cubes de fonte, 100 mètres cubes de bois et 1000 mètres cubes de maçonnerie.
- Pour desservir le marteau, il y aura 4 fours à gaz et 4 grues, dont trois d’une puissance de 100 tonnes et une de 150 tonnes. Ces grues sont construites tout en tôle et cornières, et sont actionnées par un moteur à vapeur porté par la grue elle-même. Ce moteur peuf donner à la grue quatre mouvements différents :
- 1° un mouvement de levée du fardeau ;
- 2° un mouvement d’orientation ou de rotation de la grue;
- 3° un mouvement de translation du fardeau;
- (1) Bien que nous ayons déjà entretenu nos lecteurs de ce produit spécial, au moment même de son apparition (Technologiste, 1™ Série, t. XXXV, page 257), nous donnons en détail son procédé de fabrication qui s’est, d’ailleurs, notablement perfectionné.
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- 28 £e (Lcclnmlotfûïte N° 4. — 20 Janvier 1878. — XXXVIII' Année.
- 4° un mouvement particulier de rotation du fardeau.
- L’ensemble de cette installation est placé dans une halle métallique spéciale dont les dimensions sont proportionnées à l’importance de l’outillage.
- Pour compléter ce dernier, les ateliers de coulée de l’acier ont été munis d’une grue à vapeur pouvant lever les plus gros lingots qui pourront être forgés, soit environ 100 tonnes.
- Ce nouvel outillage est le plus puissant qui ait été construit jusqu’à ce jour : le marteau du pilon des usines Krupp, à Essen, ne pèse que 50 tonnes et sa course maximum est de trois mètres seulement; aussi peut-il difficilement forger des lingots d’acier d’un poids supérieur à 45 ou 50 tonnes.
- Si on compare le pilon du Creusot avec celui d’Essen au seul point de vue du travail mécanique, dans l’hypothèse de la chute de la masse frappante et de la plus grande course possible de chacun d’eux, on trouve que le travail de choc du pilon du Creusot est de 412.500 kilogrammes, tandis que celui du pilon d’Essen est de 150.000 kilogrammes seulement.
- Voici maintenant les principales dimensions de cet engin :
- Diamètre du cylindre à vapeur.............................. lm,900
- Course du — — ............................. 5“,500
- Hauteur totale, du sommet du cylindre à la plaque de fondation. 18m,600
- — de la chabotte........................................ 5,,1,500
- — de la fondation en maçonnerie........................ 6™,000
- Ecartement, dans œuvre, des jambages. . ................... 7n,,500
- Poids de la chabotte....................................... 750 tonnes.
- . Volée maximum de la grue à vapeur.......................... 9m,25
- Nouvelles recherches sur le davyum, par M. Serguis Kern. •
- Le davyum est, comme on sait, un nouveau métal découvert par M.. Serguis Kern, qui vient de publier quelques considérations nouvelles sur sa récente trouvaille. La potasse donne, en présence des solutions de chlorure de davyum, un précipité jaune cîW facilement soluble dans les acides (même l’acide acétique), et les solutions de chlorure de davyum sont précipitées en brun par le prussiate jaune. Le cyanure de potassium dissout aisément le chlorure de davyum, et la solution donne, à l’évaporation, de grands prismes de cyanure double de potassium et de davyum. L’hydrogène sulfuré, en solutions acides, donne, avec le chlorure de davyum, un précipité brunâtre rapidement dissous dans les sulfures alcalins. Le sulfo-eyanure de potassium donne, avec, des solutions de chlorure de davyum, une coloration rouge, qui ne peut pas résulter de la présence du fer, que l’on a eu soin d’écarter absolument.
- Le chlorure de davyum est soluble dans l’eau, l’alcool ou l'éther; il est stable à l’air et n’est pas hygroscopique. Il forme, avec le potassium, le thallium, etc., des chlorures doubles, de couleur rouge foncé, insolubles dans l’eau et solubles dans l’alcool rectifié. Le sel double de sodium et de davyum est presque insoluble dans l’eau et l’alcool (réaction caractéristique).
- Le sulfate de davyum, de couleur orange, est presque insoluble dans l’eau.
- Le poids spécifique du davyum est 9,385; son poids atomique n’est pas encore déterminé, mais on suppose qu’il approchera de 0,154 : La quantité de davyum préparée jusqu’ici est encore très-minime, et cela rend les expériences difficiles
- [Chemical News.)
- cas, il serait juste de laisser aux membres du conseil la liberté de former leur bureau, ainsi que cela se pratique en Prusse et en Belgique.
- Ne pourrait-on pas également, comme en Belgique, autoriser le conseil à choisir le banquier auquel il désirerait confier les fonds de la caisse, afin d’écarter une source de récriminations contre l’emploi que l'exploitant peut faire des fonds qui lui sont déposés, et afin d’établir une distinction salutaire entre les fonds de la caisse et ceux de l’exploitation?
- On refuse de rendre compte aux ouvriers de la gestion en arguant de l’impossibilité de rendre des comptes à chaque ouvrier, mais il serait facile d’éluder cette difficulté en apposant à certains moments des affiches sur lesquelles on mentionnerait la situation de la caisse, ainsi qu’on le fait en Prusse, en Belgique et en Autriche.
- Les statuts des caisses devraient être rédigés avec plus de soin : il conviendrait d’y déterminer nettement les droits des ouvriers aux allocations, les causes de dissolution, le mode de liquidation et de ne pas y insérer, ainsi que cela a lieu trop souvent, des clauses entachées de nullité.
- En rédigeant les statuts on devrait s’inspirer davantage des aspirations des ouvriers, les leur donner à approuver ou plutôt les faire rédiger par un comité mixte, ainsi que l’exigent les lois sur les mines en Prusse, en Autriche, en Saxe et en Serbie.
- Au lieu de remédier à tous ces vices d’organisation des caisses de secours, au lieu de chercher à conserver par tous les moyens possibles ces institutions éminemment morales, on les a supprimées dans quelques exploitations et on les a remplacées par des caisses alimentées et gérées^.par les exploitants , par des caisses que. l’»n peut qualifier de bienfaisance, puisque les avantages qu’elles procurent sont purement gratuits.
- Les mines d’Anzin (Nord) ont toujours possédé une caisse de ce genre, mais il y a seulement quelques années on en a fondé de semblables aux mines de Bruay (Pas-de-Calais), de Montrambert et la Béraudière(Loire), du Creusot (Saône-et-Loire) et d’Aubin (Aveyron).
- Avec de telles caisses on a incité l’ouvrier à ne plus épargner et à tendre la main sans rougir : sous prétexte de lui donner satisfaction en renonçant aux retenues sur les salaires, on a aliéné sa liberté.
- Quelques ouvriers peuvent crier à tort à
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- la violation de leur liberté quand les concessionnaires exercent des retenues sur leurs salaires, mais on l’a*vu lors de la grève de Saint-Etienne, en 1869, ce n’est pas tant sur les retenues obligatoires que sur la façon de tenir compte des sommes retenues et de les administrer, que portent les réclamations de la majorité des ouvriers.
- Pourquoi dès lors les exploitants renoncent-ils si facilement aux contributions des ouvriers quand ils luttent avec tant d’ardeur, lorsqu’il s’agit de maintenir le taux des salaires?
- Parce que la retenue, dit-on, est une véritable fiction, parce que, en un mot, c’est le patron qui paie en réalité la cotisation de l’ouvrier, l’ouvrier n’appréciant, au point de vue de ses dépenses journalières, que le salaire qu’il reçoit directement en espèces.
- Cette façon d’envisager les choses est très-contestable, et elle a été contestée; mais, lors même qu’elle serait juste, on ne saurait en conclure à la convenance de la suppression des retenues : les fictions qui ont pour but de rendre les hommes meilleurs doivent être conservées.
- Si cependant les caisses de bienfaisance avaient rétabli l’harmonie, on pourrait encore en recommander l’adoption, tout en reconnaissant ce qu’elles ont de défectueux, mais il n’en a rien été.
- Au lieu de rendre l’ouvrier docile en faisant dépendre sa soumission des secours auxquels il a moralement droit, on n’est parvenu qu’à lui inspirer de la haine et le désir de se révolter contre un joug humiliant.
- Ainsi donc, le mode d’organisation des caisses de secours particulières, généralement employé en France, est très-défectueux, et les caisses de bienfaisance par lesquelles on les a remplacées, sans réussir à rétablir l’harmonie, sont beaucoup moins morales.
- On peut supprimer en partie les défauts des premières, mais on ne saura jamais populariser les secondes, parce qu’elles reposent sur la suppression de l’épargne, de la dignité et de la liberté des ouvriers.
- Conservons.doncJes caisses de secours proprement dites, puisque seules elles ont une base solide, et mettons-nous fermement à l’oeuvre pour en assurer le fonctionnement.
- Pour atteindre ce résultat, il conviendrait d’adopter d’une façon générale le système d association à deux degrés, employé avec succès en Belgique depuis l’année 1830, puis d apporter à l’organisation des caisses les quelques réformes que nous a suggérées
- • GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Machines à vapeur horizontales et verticales, de M. Buffaud.
- Parmi les grandes maisons françaises connues chez nous et h l’Etranger pour la construction des machines à vapeur, la maison Buffaud, de Lyon, tient une des premières places. Fondée, en 1830, par M. Buffaud, elle a été, après le décès de son fondateur, connue sous la raison sociale Buffaud frères, et aujourd’hui, par suite du décès de l’un de ces derniers, elle est de nouveau la maison Buffaud.
- La figure 8 représente Tune des créations nouvelles de cet établissement, et l’un des types les mieux réussis qui en soient sortis : c’est une machine à vapeur horizontale, h quatre tiroirs plans, avec ou sans condensation, et détente variable par un régulateur isochrone du système Bttss (1).
- Cette machine rentre dans le type général des Corliss : c’est-à-dire qu’elle est pourvue de quatre distributions placées aux extrémités du cylindre. Mais au lieu des secteurs circulaires de Corliss, très-difficiles à remplacer, elle possède des tiroirs plans à grille, semblables à ceux des machines de Bourdon, de Spincer, de Nolet, etc., etc. Elle offre donc, sans en avoir les inconvénients, les avantages généraux de ce système :
- 1° régularité du mouvement obtenue par le régulateur Buss commandé par engrenages;
- 2° entretien et surveillance faciles des mouvements;
- 3° ouverture totale et rapide des orifices d’admission et d’échappement et fermeture instantanée à l’introduction;
- 4° tiroirs simples et faciles à réparer;
- 5° suppression presque complète des espaces nuisibles;
- 6° enfin, séparation des conduits d'admission et d’échappement, et partant grande économie de combustible.
- Grâce à sa construction simple et rationnelle, tous les organes sont faciles à vérifier et à entretenir.
- En outre de ce moteur, qui trouve son application la plus avantageuse, surtout pour les grandes forces, la maison Buffaud construit aussi une machine de même genre, à détente Farcot également variable parle régulateur, et d’une construction un peu plus simple que la précédente; elle paraît préférable pour les forces moyennes, jusqu’à 50 chevaux.
- Pour les petites forces, les machines à vapeur verticales fixées sur chaudières, fig. 9, offrent toutes les qualités que l’on peut réclamer de ce genre d’appareils :
- 1° emplacement très-restreint;
- 2° solidité à toute épreuve;
- 3° fonctionnement à toute épreuve;
- 4° surface de chauffe relativement grande, rapidité et économie de la vaporisation.
- La bonne construction générale de ces machines les met à l’abri des accidents et supprime presque complètement les frais de réparation et d’entretien qui sont si onéreux avec les machines moins bien établies.
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. IV, page 213. .
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- Fig. 8.
- Machine à vapeur horizontale de la Maison Buffaud, de Lyon.
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- Elles sont, par suite-, appelées h rendre de grands services dans une foule d’industries, notamment dans les exploitations agricoles, les filatures, les moulinages, les tissages, les meuneries, les fabriques de chocolat, les tuileries, les brasseries, les huileries, les confiseries, les faïenceries, les imprimeries, les fabriques de produits chimiques, les teintureries, etc.
- La maison Buffaud n’a: pas borné son action à la construction des machines à vapeur. Elle a commencé par construire des moulins, elle en construit toujours, et elle s’est fait une réputation pour la fabrication des essoreuses : solides et simples, elles ont acquis une réputation méritée.
- Fig- %
- Nouveau manomètre anéroïde extra-sensible, de MM. Richard frères.
- Tout le monde sait le procédé que l’on emploie habituellement pour mesurer les faibles pressions, celle du gaz dans les conduites, par exemple : On met en communication avec la conduite un petit manomètre d'eau* en verre. Cet appareil a bien des inconvénients, outre la présence même de l’eau : il s’encrasse, se casse, et est d’une lecture difficile. Il est certain que de petits manomètres métalliques seraient bien préférables, mais l'on n’en fabriquait
- pas qui fussent sensibles à des pressions del millimètre d’eau (soit 33Q
- d’atmosphère). MM. Richard frères ont heureusement résolu le problème de cette fabrication, et leur nouveau manomètre anéroïde peut indiquer visible-
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- ment des différences de pression de d’atmosphère. Cet instrument,
- en cuivre nickelisé, a 9 centimètres de diamètre et est muni d’un ajutage calibré au pas de vis ordinaire des becs de gaz, de sorte qu’il puisse facilement s’adapter sur les conduites. L’aiguille se meut devant un cadran divisé en 10.500 ou 100 millimètres d’eau, en recevant les mouvements amplifiés d’une coquille flexible en métal, soumise directement h la pression du gaz. Cet instrument, absolument sensible, est, néanmoins, peu fragile; le transport et l’usage en sont commodes, et ses indications claires et précises sont d’une lecture facile.
- Il pourra recevoir, en dehors de l’industrie du gaz, des emplois avantageux pour mesurer le tirage des ventilateurs et des cheminées.
- Enfin, il pourra rendre, comme indicateur de vide ou autrement, de sérieux services dans l’application des sciences chimiques, physiques et physiolo-
- notre étude approfondie des caisses françaises et étrangères.
- A la communication de M. Georges Salomon sont annexés les statuts des principales caisses de secours et de prévoyance des ouvriers mineurs existant en France, en Belgique et en Prusse, ainsi que les derniers états de situation des caisses belges, prussiennes et autrichiennes, tels qu’ils sont dressés par l’administration des mines de ces pays.
- M. le Président remercie M. Salomon de sa communication.
- giques.
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- 32 (Ifcljnolajjtôtc N° 4. — 26 Janvier 1878. — XXXVIIIe Année.
- HYDRAULIÛÜE, AVIATION ET NAVIGATION.
- EXPOSITION DE 1878.
- Rappoi't sur le dessèchement du lac Fucino,
- Bâtiment chinois.
- par M. Alfred Durand-Claye.
- Parmi les grands travaux hydrauliques de génie rural exécutés dans ces dernières années, il en est un sur lequel nous avons déjà* appelé l’attention de nos lecteurs, et qui doit marquer parmi les plus considérables : c'est le dessèchement du lac Fucino dans l’Italie centrale. Entamée en 1854 et terminée en 1876, cette œuvre, vraiment gigantesque, fait le plus grand honneur à son promoteur financier, le prince Alexandre Torlonia, et à ses collaborateurs, l’illustre ingénieur de Monlricher, et MM. Bermont et Brisse. Ce dernier, qui a seul survécu à ses devanciers, morts à la tâche, a exposé dans un excellent ouvrage, rédigé en français et en anglais, tous les détails historiques et techniques de l’entreprise. C’est un résumé sommaire de cet ouvrage, fait par M. Alfred Durand-Claye, ingénieur des ponts et chaussées, que nous communiquons à nos lecteurs.
- Le lac Fucino était situé dans le pays des Marses, dans la province de la seconde Abruzze, dont le chef-lieu est Aquila, à 86 kilomètres au sud de Rome, à 155 kilomètres au nord de Naples. Il occupait le fond d’une vaste cuvette de 65.000 hectares de superficie, et ses eaux, qui couvraient 15.000 hectares, n’avaient aucune issue : une crête abrupte, le mont Salviano, les séparait de la vallée voisine du Liri. De là les graves inconvénients qui avaient suscité dès l’antiquité les plaintes des populations riveraines. Lorsqu’une série d’années pluvieuses se succédaient, les eaux s’accumulaient dans le lac, en faisaient monter le niveau et envahissaient les rives. C’est ainsi que, pour parler seulement des temps les plus voisins de nous, le niveau du lac s’éleva de plus de 9 mètres en 33 ans (1783-1816). Puis survinrent des saisons relativement sèches, de sorte que le niveau baissa de 12 mètres de 1820 à 1835: les habitants reprirent alors possession des terres riveraines, terres éminemment précieuses dans un pays de montagnes où la surface cultivable est restreinte, et la sécurité revint. Mais l’ennemi ne se laissait pas oublier, répandant autour de lui les fièvres intermittentes, compagnes obligées de ces alternatives continuelles d’humidité et de sécheresse, et reprenant bientôt son mouvement ascensionnel : de 1835 à 1861, la montée était de 9 mètres. En moins d’un siècle (1783-1861) la crue totale était de plus de 6 mètres, et les villages devenaient des îles.
- Jusqu’à l’empire romain, les Marses n’avaient trouvé d’autre remède contre leur ennemi que de l’ériger en dieu. Ce procédé n’ayant donné aucun résultat pratique, des travaux considérables furent entrepris, du temps de l’empereur Claude, sous la direction de l’affranchi Narcisse. Ils durèrent 11 ans et exigèrent une personnel considérable, que les auteurs anciens évaluent à 30.000 hommes, qui exécutèrent une galerie reliant le lac au fleuve Liri, à travers le massif du mont Salviano, sur une longueur de 5.700 mètres environ, avec une section moyenne de 10 mètres carrés. Les trois quarts de la longueur furent taillés dans la roche, et 40 puits servirent aux travaux d’extraction et à l’aérage, dont quelques-uns atteignaient 120 mètres de profondeur. En outre, des galeries inclinées, dites cuniculi, formaient des descentes vers le fond de la fouille et servaient au passage des ouvriers ou à la manœuvre des déblais. _ [A suivre.)
- Dix-liuit ouvriers chinois sont arrivés à Paris pour procéder à la construction du bâtiment qui doit abriter les produits du Cé-leste-Empire.
- Leur chef Sung-Sing-Keng est âgé de quarante-deux ans : il est mandarin de septième classe et porte le bouton de corail. On nous a assuré que sur son passeport, délivré à Shang-Haï le 20 novembre 1877, il était qualifié d’ingénieur-constructeur.
- Il est secondé par un contre-maître, Hsiang-Zi-Min, qui est âgé de trente-six ans : c’est un homme de taille moyenne, à la figure fort intelligente.
- Les ouvriers occupent trois pièces, dans lesquelles les lits sont disposés comme à bord des navires : ce sont des cadres en bois superposés qu’ils ont fabriqués eux-mêmes. Leur literie, des plus simples, se compose d’une natte et d’une couverture. Chaque homme a apporté une petite valise qui contient des effets de rechange, plus un parapluie et deux paires de souliers.
- Ces souliers ont le dessus en étoffe de soie épaisse, et leur semelle, d’une épaisseur de 2 centimètres, est garnie dans toute sa longueur d’une double rangée de clous à grosse tète. Une théière en étain et une pipe à opium complètent le bagage avec lequel ces hommes se sont embarqués pour faire un voyage de cinq mille lieues.
- A peine arrivés, ils se sont mis à l’ouvrage, et dans la cour de la rue de Chaillot on entendait, dès le lendemain, grincer la scie et chanter le rabot.
- Aussitôt que lSs formalités de douane seront accomplies, M. de Novion prendra livraison des colis chinois déjà arrivés, et fera immédiatement commencer les travaux sur place. Les ouvriers auront probablement terminé dans deux mois, et repartiront pour Sliang-Haï, mais Paris ne sera pas privé pour cela de la présence des sujets du Fils du Ciel, car, en Mars doivent arriver trois cents négociants et industriels chinois qui viendront installer leurs produits dans le bâtiment construit pour eux.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N°o. —2 Février 1878. —XXXVIIIe Année. tlLcrljnolOjjistC 33
- SOMMAIRE.
- Dosage du tannin dans les écorces de chêne, par M. Emile Perret. — Quelques nouvelles substances antiseptiques, par M. Théodor Koller. — Procédé de tannage au moyen del’extrait de bois de châtaignier.—Moyens de découvrir la coloration artificielle de l’eau-de-vie, par M. E. Caries. — Bonnes observations concernant les vignes phyl-loxérées, par M. P. Joigneaux. — Le cannibale du phylloxéra découvert, par M. Lali-man. — Sableuse automatique, de M. Paulin. — Enduit pour rendre les maçonneries imperméables à l’humidité, de M. Sylvestre. — Projet de pont sur le Bosphore, par MM. Eads et Lambert. — Mémoire sur le dessèchement du lac Fucino, par M. Alfred Durand-Claye.
- nécrologie.
- Antoine César Becquerel.
- M. A ntoine-César Becquerel, l’éminent savant, vient de mourir à l’âge de 90 ans. M. Becquerel, après avoir servi sous le premier Empire, quitta le service pour se livrer entièrement aux sciences et principalement à l’électro-chimie, où il a obtenu de si brillants résultats.
- Il était membre de l’Académie des Sciences et professeur de physique au muséum. Il laisse un grand nombre d’ouvrages scientifiques.
- Les obsèques de M. Becquerel ont eu lieu lundi dernier 20 janvier, à midi.
- Régnault.
- L’illustre physicien et chimiste, M. Régnault, vient de mourir à Auteuil, il avait soixante-huit ans.
- M. Régnault, ingénieur en chef des mines, fut successivement professeur de physique au Collège de France et de chimie à l’Ecole polytechnique, membre de l’Académie des sciences et directeur de la manufacture de Sèvres.
- Ses obsèques ont eu lieu mardi dernier 21 janvier, à midi.
- Par une douloureuse et singulière coïncidence, M. Régnault a succombé le jour anniversaire de la bataille de Buzenval, dans la-
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Dosage du tannin dans les écorces de chêne, par M. Emile Perret.
- Le procédé de MM. Münz et Ramspacher, pour doser le tannin, dont nous avons eu l’occasion d’entretenir nos lecteurs (1), n'offre pas une certitude complète, parce qu’il exige beaucoup de temps et est d’une exécution délicate.
- D’autre part, le procédé par décoction, évaporation et incinération après pesage, avec défalcation du poids des cendres, est, de tous, le plus exact; mais il est d’une pratique peu applicable dans la tannerie. M. Emile Perret a réuni les deux méthodes en une seule en les simplifiant, ce qui l’a amené au procédé suivant, que le premier ouvrier venu peut appliquer.
- Il fait une décoction de 10 grammes d’écorce de chêne à essayer, et il obtient, après épuisement, 100 centimètres cubes de liquide, contenant tout le tannin des 10 grammes. Il prend la densité du liquide à 15° ou 20° au moyen du densimètre ou tannomètre de MM. Münz et Ramspacher, et il note ces degrés, puis il ajoute à cette solution :
- 1° pour les écorces du Nord, de l’Est et du Centre de la France, 5 grammes d’albumine; 2° pour celles d’Italie, 10 grammes d’albumine.
- Le mélange est ensuite agité vivement, et, lorsque le précipité est formé, l’on ajoute une solution saturée de sulfate d’alumine, contenant son poids de sel sec, et l’on chauffe jusqu’à l'ébullition; le tannate d’albumine et d’alumine est immédiatement précipité. Les quantités de solutions d’alumine ajoutées ne sont pas indifférentes. II faut :
- 1° pour les écorces de Bourgogne, solution normale d’alumine, 2 gouttes ;
- 2° pour celles d’Italie, solution normale d’alumine, 4 à 5 gouttes.
- Le liquide filtré, ramené par le refroidissement à 15 ou 20°, est pesé au tannomètre, et la différence entre les degrés obtenus primitivement et ceux-ci, plus 2, 4 ou 5, donne le titre exact des écorces en tannin actif : c’est-à-dire que le titre de la solution doit être augmenté d’autant de degrés que l’on a ajouté de gouttes de sulfate d’alumine.
- Jusqu’à ce jour, ce procédé est le plus simple que l’on puisse employer ; mais M. Emile Perret espère pouvoir promettre un tanno-densimètre particulier, basé sur les densités fournies par de nombreuses expériences faites sur les tannins mêmes des écorces et sur leur matière i (Congrès scientifique du Havre.)
- Quelques nouvelles substances antiseptiques, par M. Théodor Koller.
- M. Théodor Koller passe en revue diverses substances antiseptiques récemment employées pour divers usages. Il mentionne d’abord l’essence de thym, qui est utilisée principalement pour la préparation des liqueurs et des poudres dentifrices, mais qui, a cause de son odeur, ne peut servir pour la préservation des aliments. Les propriétés antiseptiques de l’essence de thym sont très-développées ; ainsi, en ajoutant quelques gouttes de cette essence à une
- (I) Voir le Technologiste, 2e Série, t. I, page 260.
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- 34 Jte ^Lcd) turla(jii.îtc N» ;5. — 2 Février 1878. — XXXVIII' Année.
- solution aigrie de gomme arabique, l’aigreur disparaît et la solution se conserve pendant un temps fort considérable.
- La paraffine appartient également à la classe des substances préservatrices, mais ce n’est pas, à proprement parler, une substance antiseptique : son action est toute différente de celle de l’acide salicylique, de l’essence de thym et autres, et elle préserve les corps sur la surface desquels elle est étendue en empêchant le contact de l’air. Elle convient très-bien pour conserver la viande : à cet effet, on la fond et on y plonge la viande, que l’on retire après avoir laissé légèrement refroidir le bain, jusqu’à ce qu’une couche de paraffine se soit déposée sur la surface. L’opération est répétée plusieurs fois et la viande peut se conserver alors pendant plusieurs mois. Quand on veut s’en servir, on la passe dans de l’eau chaude, qui fond la paraffine : celle-ci peut être retirée après que l’eau s’est refroidie.
- La paraffine peut aussi être utilisée pour le bouchage des bouteilles et la préservation des conserves. On l’emploie aussi pour rendre les tissus imperméables, surtout le papier et le cuir. Une autre substance, l’acide formique, a été appliquée récemment avec succès par M. Feyerabendt, de Tilsitt, pour la conservation des cornichons au vinaigre, de la colle, des encres, etc.
- {Gemeinniitzigen Vochenschrifft )
- Procédé de tannage au moyen de l'extrait de bois de châtaignier.
- L’emploi du bois de châtaignier, à l’état d’extrait, pour le tannage des cuirs, occasionne une économie de 50 à 60 pour cent d’écorce de chêne; il diminue également la main-d’œuvre et la durée de l’opération, tout en rendant le tannage plus parfait.
- Une solution faible d’extrait de châtaignier est versée dans la fosse et mélangée à l’aide de tiges en bois. Le travail des peaux en fosses dure de vingt à vingt-cinq jours : les peaux, bien nettoyées à la chaux et travaillées, sont enterrées avec la quantité de liquide nécessaire, qui doit avoir le même degré de concentration que lorsqu’on se sert d’écorce de chêne. Pendant trois ou quatre jours, on les évente et on les met à l’air trois ou quatre fois par jour. On ajoute tous les jours une certaine quantité d’extrait, comme dans le procédé ordinaire; mais, afin d’empêcher une action trop rapide, on met des quantités plus faibles, en répétant plus fréquemment l’opération. Après le quatrième jour, le cuir n’est plus éventé que deux fois par jour, et, tous les 'deux jour^ seulement, au bout du quatorzième. On gonfle alors les peaux à l’orge, et on les fait passer au dernier traitement, qui dure un mois.
- La solution faible est additionnée d'extrait jusqu’à 20 ou 25 pour cent, puis on remue et l’on place les peaux aussi rapidement que possible dans la fosse, pour les y laisser pendant un mois. Pour les peaux très-lourdes, on recommence ^vec une solution à 20 ou 30 pour cent, et en plaçant sur chaque peau environ 11 kilogrammes d’écorce de chêne. Le cuir est empilé dans la fosse pendant quatre mois et demi, soit avec des écorces de chêne, soit avec le jus des écorces de chêne seul ou mélangé d’extrait de bois de châtaignier.
- On peut ainsi employer seulement les trois quarts ou les deux tiers de la quantité habituelle d’écorces, en remplissant les fosses de solution d’extrait à 20 ou 30 pour 100. Le cuir reste alors dans la fosse pendant deux mois et demi, puis on le place dans une seconde, où on le laisse séjourner deux mois.
- (Gerberzeitung.)
- quelle son fils, le peintre déjà célèbre, était tombé mortellement frappé.
- C’est en effet le dimanche 20 janvier qu’a eu lieu à Buzenval la cérémonie commémorative annuelle de la bataille de Montretout.
- CHRONIQUE.
- Du rôle des ingénieurs à l'Exposition universelle de 1878.
- Pour appuyer, autant qu’il est en notre pouvoir, les opinions que nous avons émises dernièrement au sujet du rôle prépondérant que joue l'ingénieur dans l’exécution des entreprises modernes, et dans la société en général, nous ne saurions rien faire de mieux, que de citer la presque totalité du discours par lequel M. Tresca a inauguré ses fonctions de président de la Société des Ingénieurs civils de France. Nous espérons que l’éminent professeur ne nous saura pas mauvais gré de cet emprunt.
- « Voilà, dit-il, que s’élabore le plus vaste concours industriel, qui a pour objet principal de mettre en relief les forces productives de la France, après toutes ses douleurs et tous ses efforts de courage : l’exécution en est confiée à d’habiles Ingénieurs de l’Etat qui ont fait leurs preuves en 1807. Par la force môme des choses, notre collaboration prend immédiatement des proportions considérables, qu’il ne nous est pas défendu, n’est-ce pas, de faire ressortir à leur juste valeur. »
- <( En ce qui concerne les bâtiments du Champ-de-Mars, M. de Dion se trouve chargé de tout l’établissement des constructions en fer, et en ce qui concerne le Trocadéro, nous trouvons le nom de M. Bourdais, associé à celui de l’habile architecte, M. Davioud : le génie civil n’est étranger chez nous ni à l’architecture ni aux beaux arts. »
- « Notre collègue, M. Lecœuvre est chargé, comme il était avec nous en 18o5, de l’installation des machines, avec un personnel qui appartient presqu’en entier à notre Société. »
- « Nous retrouvons aussi nos sociétaires parmi les constructeurs qui ont pris une grande part aux entreprises : tels sont M. Eiffel et M. Cail. »
- « L’usine de Fives-Lille a eu l’occasion de mettre en œuvre des procédés de montage dont on est tout à la fois redevable à son habile directeur M. Moreaux, et à l’ingénieur du chantier, M. Lantrac. »
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- « Enfin nous devons citer encore dans une autre partie des travaux, M. Baudet et M. Moi-sant, tous deux élèves de l’Ecole centrale. Cette participation, dans les entreprises, d’ingénieurs familiarisés avec toutes les connaissances scientifiques, donne un caractère nouveau à toutes les conditions d’exécution. L’entrepreneur devient un collaborateur d’autant plus précieux que l’on rencontre chez lui le sentiment de sa force dans la parfaite entente des conditions auxquelles ses œuvres doivent satisfaire, et celui de la responsabilité, tout à la fois morale et technique, qui lui incombe. »
- (( Notre intervention n’est pas moindre, relativement au travail d’admission des exposants, qui exige, avec une suffisante autorité de position, une appréciation bien discutée des mille procédés industriels. »
- « En 1867, 27 membres seulement de la Société des Ingénieurs civils faisaient partie des comités d’admission, et nous en comptons 81 en 1877 : c’est trois fois autant. »
- « Il ne nous a pas été aussi facile de faire la même comparaison relativement aux comités d’installation : nous dirons seulement que 69 de nos sociétaires en font partie cette année, sans compter les ingénieurs chargés des travaux d’installation, par l’administration centrale ou par les différents comités. » « Ces faits parlent d’eux-mèmes, et il ne m’a pas été difficile de rappeler les titres que nous avons à nous occuper de l’Exposition. Voyons maintenant quelles sont les obligations qui résultent de cette situation, et examinons surtout comment nous devrons y utiliser nos efforts. »
- « Notre préoccupation principale devra être cette année d’exercer, vis-à-vis des Sociétés étrangères la plus large hospitalité. Nos salles d’études et de séances devront être libéralement mises à leur disposition, de manière qu’elles puissent s’y considérer comme chez elles; de même, notre bibliothèque, déjà riche de publications que l’on ne trouve point ailleurs, devra être avant le l8r mai complètement classée et cataloguée. Mais ces facilités, que nous offrirons, pour leurs séances, aux diverses sociétés d’ingénieurs, ne rempliraient certainement qu’une partie du but qu’elles auront à se proposer, si nous ne pouvions, à l’instar de ce qu’elles font elles-mêmes à chacun de leurs meetings, leur faciliter les moyens de visiter quelques-unes des grandes usines de la France, et les travaux en cours d’exécution. »
- « Ces visites devront être préparées, et
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Moyens de découvrir la coloration artificielle de Veau-de-vie, par M. E. Carles.
- Tout le monde sait que, plus l’eau-de-vie est gardée longtemps en fût, plus sa couleur devient foncée, le bois lui fournissant de la matière colorante. Les liquoristes qui sont fort enclins à n’avoir que de vieilles eaux-de-vie, colorent les jeunes avec du caramel. Bien que cette sophistication ne trompe pas les gourmets émérites, il n’en est pas moins désirable d’avoir, pour la découvrir, un procédé chimique simple : c’est pourquoi nous donnons ci-dessous les deux moyens indiqués par M. E. Caries.
- 1° Si l’on prend deux échantillons d’eau-de-vie haute en couleur, et que l’on ajoute à chacun d’eux un sixième en volume de blanc d’œuf, ils deviennent troubles. On laisse alors reposer, ou bien on filtre pour hâter la clarification : après celle-ci, la liqueur colorée artificiellement aura gardé sa couleur, tandis que l’autre sera devenue incolore.
- 2° En ajoutant à deux échantillons choisis comme ci-dessus une solution concentrée de sulfate de fer, la liqueur sophistiquée sera troublée, tandis que la bonne eau-de-vie prendra une couleur verte d’autant plus foncée qu’elle sera plus vieille.
- (Polytechnic Rewieiv.)
- Bonnes observations concernant les vignes phylloxérées, par M. P. Joigneaux.
- « -J'ai sous la main, dit M. Joigneaux, une publication officielle ; le troi-« sième fascicule des rapports des comités d’études et de vigilance. »
- Ils sont au nombre de vingt-huit. La plupart n’apprennent rien que l’on ne sache déjà. C’est toujours des sulfo-carbonates, du sulfure de carbone, de l’arrachage et des plants américains, qu’il s’agit. Les uns en disent quelque bien, les autres beaucoup de mal, et, en somme, ils n’aboutissent à rien qui puisse nous sortir d’embarras.
- « Il en est un, pourtant, qui m'a donné de la satisfaction, dit M. Joigneaux, « c’est celui de YUnion viticole de l’Entre-deux-mers (Gironde). »
- On y voit que la commission cherche surtout, dans la robusticité et la vigueur des cépages, le moyen de lutter contre le phylloxéra, et qu’à cet effet elle s’occupe particulièrement de régénérer les vignobles par le semis et par le bouturage des vignes sauvages. Voilà ce qui s’appelle quitter les chemins battus et faire œuvre sensée, car en cette affaire, les physiologistes ont droit à plus de confiance que les guérisseurs.
- Ces années dernières, quand M. Joigneaux donnait coup sur coup le conseil de semer des vignes indigènes et de faire des porte-greffes avec les lam-brusques qui sont nos vignes sauvages, ou peut-être seulement sous-spontanées, les savants faisaient la sourde oreille. Etait-ce parce que le conseil ne sortait pas de l’Institut? Quant aux propriétaires, ils n’y donnaient pas grande attention, à cause du temps que prennent les semis, ou bien ils affirmaient,
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- sans produire l’ombre d’une preuve, qu’on avait essayé de tout cela et que rien n’avait réussi. Or, la commission de Y Union viticole de V Entre-deux-mers établit carrément le contraire.
- Cette commission a dirigé chez M. le comte de Bonneval de nombreux semis de vignes françaises et américaines qui ont bien levé. Elle a fait une pépinière de 30.000 boutures de vignes sauvages, et comme elles ont parfaitement réussi l’année dernière, elle espère que celles de 1877 réussiront de même. La commission constate que plusieurs membres du comice de Créon ont essayé du semis et du bouturage et en ont obtenu un plein succès. Elle a visité dans le canton de Carbonblanc, chez M. de Sonneville, une plantation de vignes provenant de semis de quatorze ans, et elle a reconnu que cette plantation faite au milieu des vignes ravagées par le phylloxéra, se portait à merveille.
- On avait dit à la commission que ces vignes de semis ne fructifiaient point, et pourtant, sur 144 souches, elle en a compté 123 qui portaient des raisins.
- Il a, de plus, été constaté que les vignes profondément enracinées échappent aux ravages du phylloxéra. Bonne nouvelle, assurément, pour les vignerons des coteaux de la Bourgogne, puisque les pineaux qui peuplent leurs vignes vont se loger dans les crevasses profondes des roches fendillées. Ils n’auraient donc rien h craindre pour le moment. Néanmoins, eux comme les autres, doivent mettre le temps à profit et commencer dès à présent à faire des semis des bons cépages, sans attendre que les vieilles plantations soient finies pour préparer leur renouvellement. On est, en somme, bien aise, dans la Gironde, d’avoir fait des semis il y a 14 ans, et les plants de ces semis font très-bonne figure au milieu des vignes malades.
- Le cannibale du phylloxéra découvert
- par M. Laliman.
- A l’une des dernières séances de l’Académie des sciences, M. Laliman a présenté un spécimen d’un ver, ou larve, que l’on pourrait nommer le cannibale du phylloxéra : il engloutit ce parasite dans de telles proportions, « qu’en dix minutes, écrit M. Laliman, j’en ai vu disparaître quatre-vingt-t quinze. Ma seule crainte, ajoute-t-il, est que, vu son appétit désordonné, « il n’arrive à l’Académie mort de faim.
- « Je l’ai trouvé parfois dans les interstices des galles des feuilles de vigne « et d’autres fois logé dans le tissu de ces galles. Je crois avoir aperçu son « œuf, qui se trouve sous la feuille: il est allongé, d’un blanc clair; mais je « ne l’ai pas encore vu éclore.
- « Je désire que cet insecte soit examiné et classé par M. Balbiani ou par « quelque entomologiste. Je me borne aujourd’hui à faire remarquer que, et ayant mis à sa portée quelques parasites des racines de la vigne, je l’ai « vu les dévorer comme ceux des feuilles.
- « Je signalerai enfin ce fait, que les galles n’ont paru, cette année, chez « moi, que le 15 juillet; la plupart n’ont même paru qu’au mois d’août. « Qu’est donc devenu l’insecte produit de l’œuf d’hiver, né, d’après M. Boi-« teau, le 15 avril? Que serait-il devenu et qu’aurait-il fait pendant plus de « 3 mois? »
- nous aurons le devoir d’y accompagner, à tour de rôle, nos correspondants, de manière à les leur rendre plus fructueuses. »
- « Déjà la certitude nous est acquise que notre hospitalité sera mise à profit par la Société des Ingénieurs mécaniciens de Birmingham, la digne émule de la Société des Ingénieurs civils de Londres, qui a récemment transporté son siège dans la capitale de l’Angleterre. »
- « Nous voudrions aussi leur assurer, en même temps qu’à nous-mêmes, un lieu de travail, sans sortir de l’Exposition, et parmi les diverses combinaisons qui paraissent pouvoir conduire à cet heureux résultat, nous apercevons déjà celle qui doit inévitablement réussir. »
- « L’Exposition, en effet, sera pendant plusieurs mois notre résidence habituelle et nous sommes vraiment, par nos relations, en pleine possession de tous les moyens d’information nécessaires pour y rendre nos études fructueuses. »
- « Nous tenons pour ainsi dire les clefs de toutes les avenues qui conduisent, de la manière la plus certaine, à ces informations. »
- « M. le Directeur de la section française est un des nôtres ; l’Ingénieur de l’installation des machines est également un de nos confrères, le Chef du sixième groupe et la presque totalité des Ingénieurs des Comités d’installation sont nos collègues ou nos anciens élèves, et nous trouverons auprès d’eux, ne fût-ce que par la solidarité de la confraternité professionnelle, tous les renseignements les plus certains. »
- « Nous pensons que nous rencontrerons la même bienveillance dans les sections étrangères, et je n’ai pas besoin d’interroger mon ami Owen, qui déploie déjà toute son activité dans l’organisation de l’exposition anglaise, pour vous promettre, en son nom, la bienveillance la plus excessive de la part de tous ses collaborateurs. »
- « Après avoir assuré dans l’intérêt de notre hospitalité même, tous ces moyens d’action, nous aurons un autre devoir à remplir, et vous attendez sans doute de votre Bureau pour 1878, qu’il vous dirige fermement vers son accomplissement. Je veux parler de l’étude que nous avons à faire, des discussions qu’il nous faudra provoquer et soutenir, des observations que nous devrons publier sur tous les sujets de notre compétence qui marqueront à l’Exposition.
- « Quelques-uns d’entre nous seront sans aucun doute appelés à faire partie du Jury
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- des récompenses, mais tout en proclamant l’utilité et l’extrême importance de cette institution, je dis que nous pouvons, tous ensemble entreprendre et mener à bonne fin un travail non moins intéressant : l’étude des progrès accomplis dans les différentes branches de l’art de l’Ingénieur. J’affirme même que par notre nombre, par notre connaissance acquise des travaux, il nous sera facile, sans exiger de chacun une trop onéreuse participation, de répondre à ce problème avec une sûreté de vue et une largeur d’exécution qu’aucune autre association de bons vouloirs ne serait, au même degré, en position de réaliser. »
- Il suffira pour obtenir ce résultat, que les rôles soient acceptés à l’avance, et que la part de chacun soit restreinte, autant que possible, à une spécialité, avec un plan de travail arrêté le plus tôt possible. »
- « Si nous ne nous trompons, cette organisation doit, dès à présent, attirer toute notre sollicitude, et nous avons l’intention de la provoquer immédiatement. »
- « Votre Comité en arrêtera les bases après discussion, mais il ne me paraît pas inutile de vous dire, dès aujourd’hui, comment je la comprends. Cette ouverture toute person-
- Fig. 11.
- Fig. 12.
- nelle n’aurait-elle d’autre avantage que de faire naître dans vos esprits un contre-projet plus favorable, ce serait déjà le point de départ de la mise en action que nous avions le devoir de provoquer par cette première communication. »
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Sableuse automatique, de M. Paulin.
- La Sableuse automatique de M. Paulin a pour but de répandre rapidement et économiquement du sable sur les chaussées glissantes. L’inconvénient du glissement des pieds des chevaux se présente à toutes les époques de l’année, et il est dû à des causes très-diverses : plus fréquent en hiver, par les temps de verglas, de brouillard ou de pluie fine, le glissement a lieu également en été après un faible arrosage, ou dans les voies en pente, quel que soit d’ailleurs le mode de confection de la chaussée. Il est, du reste, des systèmes de pavage qui y prêtent particulièrement, surtout le petit pavage en porphyre que la ville de Paris emploie de préférence aujourd’hui, par raison d’économie, et sur lequel le sablage devrait être entretenu continuellement.
- Il est à remarquer que les conducteurs sont obligés, sur les chaussées glissantes d’exciter leurs chevaux par des moyens plus ou moins violents, mais qui, quels qu’ils soient, leur causent un grand surcroît de fatigue.
- La Société protectrice des animaux, dont les membres consacrent tous leurs soins à chercher et à inventer les moyens de soulager les bêtes de somme qui rendent tant de services à l’homme, s’est émue de cette situation et elle a accordé à M. Paulin une médaille en argent grand modèle pour l’invention de son appareil, dont l’ensemble est représenté fig. 10.
- Fig. 10.
- La figure 11 est un détail qui représente le fond du tombereau vu par dessous. Un mécanisme mû par l’essieu du véhicule fait tourner avec rapidité un disque rayonné qui envoie au loin, dans toutes les directions, le sable qui s’échappe par une buse placée en regard. Un système de leviers commande à la fois l’ouverture de cette buse et l’embrayage qui permet à la rotation du plateau de commencer au moment même où le sable va s’écouler. Ce plateau est monté sur une sorte de genou, fig. 12, dont l’inclinaison plus ou moins grande permet, selon les besoins, de lancer le sable horizontalement ou obliquement.
- Il est à penser que cet appareil, après que l’expérience aura permis d’y introduire quelques perfectionnements nécessaires, devra rendre des services réels et devenir d’un puissant secours dans les opérations de la voirie urbaine.
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- Enduit pour rendre les maçonneries imperméables à l'humidité, de M. Sylvestre.
- M. Sylvestre emploie le moyen suivant, pour empêcher les infiltrations à travers les murs en maçonnerie exposés soit directement au contact de l’eau, soit simplement à l’humidité : on enduit la surface que l’on veut rendre imperméable, avec une dissolution de savon, puis 24 heures après on applique une dissolution de. sulfate d’alumine. Cette opération doit être renouvelée plusieurs fois. On a employé ce procédé à New-York, pour de grands bassins et il a parfaitement réussi : depuis 6 ans que ces réservoirs, qui ont environ 10 mètres de profondeur, sont construits, l’on n'y a constaté aucune fuite.
- {Engineering News.)
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Projet de pont sur le Bosphore, par MM. Eads et Lambert.
- Le capitaine James Eads vient d’achever, de concert avec M. A. O. Lambert, les plans d’un pont qui, jeté sur le Bosphore et partant de Péra, relierait Constantinople à l’Asie. Cet ouvrage, à l’exception du tablier et de la maçonnerie des piles, serait construit en fer : il aurait une largeur de 30 mètres sur 1,800 mètres de longueur, et se composerait de 15 travées dont la plus importante, celle du milieu, aurait 225 mètres de portée. La hauteur du plancher, au-dessus du niveau de la mer, serait de 36 mètres.
- La principale difficulté, pour l’établissement de ce pont, sera la construction de cette arche centrale. Le courant est très-fort en ce point, et il faudra, pour l’établissement des piles, noyer deux grands caissons à une profondeur d’eau de plus de 30 mètres. Ces piles, qui auraient une largeur de 15 mètres, seraient construites en blocs de granit reliés par des tirants de fer.
- Une exploration attentive du lit du Bosphore montre qu’il est constitué par une couche d’un mètre environ de vase d’alluvion qui recouvre un banc de 4m,50 de débris sablonneux. Plus bas, on rencontre le roc solide.
- On estime que ce pont coûterait 125 millions, et cela, grâce au bon marché de la main-d’œuvre sur les rives du Bosphore.
- Mémoire sur le dessèchement du lac Fucino,
- par M. Alfred Duraisd-Claye.
- {Suite.)
- L’exécution fut malheureusement entachée de certaines fautes de détail qui devaient amener la ruine rapide de l’œuvre.
- Le fond du radier présentait des irrégularités, des contre-pentes, et la section
- « La classification de l’Exposition a été faite au point de vue de l’appréciation de tous les mérites ; à cet effet les divers procédés y sont complètement séparés des produits qu’ils élaborent et ce n’est pas, dans mon opinion, le point de vue auquel nous devons nous placer pour constater, comme c’est notre rôle, les progrès du Génie civil dans toutes ses manifestations. »
- « Une étude attentive de la classification générale vous fera bien vite reconnaître que tous les sujets qui nous intéressent le plus appartiennent surtout à un même groupe, le groupe YI, qui a pour titre : Outillage et procédés des industries mécaniques. Ce groupe plus étendu, en réalité, que son titre ne semble l’indiquer, est subdivisé en dix-huit classes, parmi lesquelles celles de la métallurgie, des machines, des chemins de fer, des constructions civiles, etc. L’objet des autres groupes est tout autre et nous n’y pourrions citer, parmi les sujets qui nous intéressent au même titre, que les grandes questions du chauffage et de l’éclairage, dans lesquelles les progrès sont pour ainsi dire incessants. »
- Cela nous indique la marche à suivre, et il suffirait certainement de répartir notre examen entre cinq divisions pour le rendre complet. Cette condensation serait, suivant nous, beaucoup plus favorable à l’étude que le système essayé en 1867, dans lequel on avait cherché à constituer ici une Commission spéciale pour chacune des divisions de la classification officielle. »
- « Il y a une autre raison encore à l’appui de cette réduction dans le nombre des divisions : nous devons désirer que nos séances soient alimentées cette année, pour une grande partie, par les faits de l’Exposition. La division en cinq sections permettant de placer à la tête de chacune d’elles un des Membres de votre Bureau, chacun de nous aurait pour devoir de préparer les programmes des séances, en même temps que la répartition du travail. »
- « Une seule des sections serait, il est vrai, moins homogène que les quatre autres, mais elle donnera certainement lieu à des discussions qui ne seront ni moins nombreuses et ni moins intéressantes.
- « Nous répondrons ainsi aux motifs qui paraissent vous avoir dirigés dans la composition particulière de votre Bureau pour l’année de l’Exposition.
- « Nous estimons que vos quatre secrétaires seront suffisamment occupés par le ser-
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- N» 5. — 2 Février 1878. — XXXVIIIe Année. £l' CcdjUOlOljUîU' 39
- » vice du Bulletin, par celui des séances et par celui des réceptions, et nous proposerons à chacune des cinq sections qui viennent d’être définies, de désigner chacune son vice-Prési-dent et son secrétaire.
- « Vous voyez, Messieurs, que nous aurons, en 1878, à mettre à contribution tout votre bon vouloir et toutes vos ressources. J’aurais été plus rassuré dans la direction à imprimer à ce travail si je n’étais privé, par la mort, des vieilles amitiés que j’avais dès longtemps parmi vous, celles de Perdonnel, de Pétiet, de Faure, d'Alcan et de tant d’autres qui ne sont plus. Mais à côté de ces douloureux souvenirs, il y a encore d’autres relations, non moins affectueuses, qui restent debout, celle de votre excellent trésorier, par exemple, qui, comme si rien n’avait changé depuis seize ans, est toujours à son poste, avec ses mêmes règles de rigide économie, qu’il faudra bien, cependant, lui demander d’enfreindre un peu pour répondre avec une certaine ampleur aux obligations exceptionnelles de l’exercice de 1878. »
- INFORMATIONS DIVERSES.
- En attendant que l’on soit parvenu à assurer la construction du tunnel sous-marin du Pas-de-Calais, les deux comités français et anglais s’occupent d’arrêter les conditions de l’exploitation de la voie.
- La propriété du tunnel sera divisée par moitié de sa longueur, c’est-à-dire que chaque compagnie possédera la moitié du parcours calculé d’une rive à l’autre, à marée basse. Les dépenses de chaque tronçon resteront inhérentes à chaque pays. L’exploitation se fera en commun, entre la compagnie française du chemin de fer du Nord, d’une part, et les deux compagnies du South-Eastern et du Chatam, qui ont chacune une voie directe de Londres à Douvres.
- Le matériel de tous les chemins de fer français et anglais passera par le tunnel, afin d’éviter les dépenses et les délais d’un transbordement.
- Le pont métallique jeté sur l’Erdre, à la Jonnelière, pour le passage du chemin de fer de Nantes à Châteaubriant, a été soumis à l’épreuve réglementaire. Trois locomotives et une quarantaine de wagons remplis de sable 1 ont parcouru. La façon dont il a supporté le poids de cette énorme charge n’a laissé aucun doute sur sa parfaite solidité.
- n’était pas uniforme. Dans les parties argileuses et humides, des éboulements firent abandonner la direction primitive et donnèrent lieu à des coudes et à des rétrécissements absolument irrationnels. Deux inaugurations solennelles eurent lieu néanmoins : dans la première, deux flottes montées par des condamnés combattirent devant Claude et mélangèrent de sang humain les eaux qui allaient suivre l’émissaire. Dans la seconde, l’estrade qui supportait la cour s’effondra en partie sous le choc des eaux qui se précipitaient dans le nouveau lit. Malgré ce contre-temps, l’écoulement eut lieu. Les Romains n’avaient du reste pas cherché à dessécher complètement le lac : le seuil de l’émissaire restait à lm,20 au-dessus du fond. Cette disposition, qui suffisait pour assurer l’invariabilité du niveau et éviter les inconvénients résultant de la montée et de la descente successive des eaux, restait pourtant insuffisante au point de vue agricole puisqu’elle ne restituait pas à la culture la totalité de la surface occupée par l’ancien lac.
- Quoi qu’il en soit, l’émissaire ne tarda pas h cesser de remplir convenablement son rôle d’évacuateur. Dès Trajan et Adrien, des travaux considérables y étaient de nouveau exécutés. Puis il fut enfin abandonné et oublié au milieu des misères de l’invasion et du moyen âge, se comblant peu à peu, de sorte que le lac reprit ses allures désastreuses. En 1835, l’ingénieur Afan de Rivera put, grâce à une cinquantaine de mille francs accordés par le gouvernement napolitain, placer quelques boisages dans la galerie et la parcourir dans toute sa longueur, mais on n’alla pas plus loin.
- Enfin, en 1851, la concession du dessèchement du lac fut régulièrement octroyée à une société industrielle. Le prince Torlonia qui, malgré l’imperfection et les difficultés du cahier des charges, avait souscrit la moitié du capital, ne tarda pas à racheter toutes les actions et à prendre la responsabilité entière de l’œuvre. Il en confia la direction à M. de Montricher, ingénieur des ponts et chaussées, qui venait de terminer le canal de Marseille. Celte fois, tout en suivant la direction générale de l’émissaire romain, l’on entreprit le dessèchement complet du lac, la galerie nouvelle devant atteindre 6.301 mètres de longueur, avec une pente moyenne de 0m,001 par mètre. Exécutée sur plus de moitié de sa largeur en maçonnerie de pierres de taille, elle offrait une section de 19mï,609 avec 5m,76 de hauteur et 4 mètres de largeur. Elle pouvait débiter 50 mètres cubes à la seconde.
- Nous ne pouvons entrer ici dans le détail technique des travaux nécessités par cette œuvre gigantesque : leur explication, sans figures à l’appui, serait d’ailleurs difficile à suivre. Il nous suffira de signaler les difficultés considérables d’installation des chantiers dans un pays montagneux, presque absolument privé de voies de communication, au milieu d’habitants, sinon hostiles, du moins d’une profonde ignorance. Une partie des puits et des cuniculi des Romains furent rouverts. Mais partout, l’ancien émissaire dut être refait, abaissé et agrandi. 11 faut lire dans l’ouvrage à la fois si modeste et si savant de M. Brisse, le récit détaillé des traversées difficiles : à l’emplacement des grands éboulements de l'émissaire romain, d’une part, et vers la tcte voisine du lac, d’autre part, il fallut aller en sous-œuvre creuser des galeries d’essai au-dessous d’énormes masses d’eau soutenues par de vieilles maçonneries de qualité douteuse. Puis ensuite, etavec des précautions infinies, des conduits furent creusés dans la masse : au moment voulu, un dernier coup de pic livrait passage au torrent, tandis que les ouvriers trouvaient un refuge sur les passerelles ou dans le haut des galeries. M. de Montricher étant mort d’une fièvre typhoïde, à Naples, au retour d’une tournée sur les travaux (28 mai 1858), son collaborateur M. Rermont avait pris la direction de l’entreprise. M. Bermont eut la
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- satisfaction et l’honneur d’introduire pour la première fois les eaux dans le nouvel émissaire (9 août 1862), mais l’œuvre était encore loin d’être terminée : il restait 1.650 mètres de galerie à exécuter pour atteindre le niveau du fond du lac, une cuvette provisoire faisant seule communiquer le Fucino avec la portion terminée de la galerie. On put néanmoins, en une année, faire écouler 561.000.000 de mètres cubes d’eau, ce qui abaissa le niveau du lac de 4m,25. On diminua d’autant les infiltrations dans les travaux, qui devenaient de plus en plus dangereuses à mesure qu’on se rapprochait du lac. Pendant deux années (septembre 1863 à août 1865) les travaux d’avancement reprirent. Puis 634 millions de mètres cubes d’eau furent évacués du 28 août 1865 au 30 avril 1868; et le niveau du lac baissa encore de 7ra,72. En novembre 1869, les travaux de la galerie proprement dite étaient terminés et l’écoulement du reliquat des eaux assuré. Repris le 22 janvier 1870, l’écoulement des eaux devait s'achever en juin 1875.
- Outre la construction du corps de l’émissaire, il restait à exécuter les travaux de tête de la galerie et des terrassements considérables pour assécher et assainir le bassin lacustre. Ce fut M. Brisse qui conduisit à bonne fin l’œuvre de MM. Montricher et Bermont, ce dernier étant mort à son tour, le 19 mai 1870. Une grande partie des déblais furent exécutés à l’aide d’une puissante drague à vapeur, dont l’ingénieuse installation était due à M. Brisse.
- On établit un grand collecteur central de 8.000 mètres de longueur, avec une pente de 0m,14 par kilomètre et une largeur de 15 mètres au plafond. Un réseau de fossés distants les uns des autres de 1 kilomètre et formant un réseau de 650 kilomètres assura l’assèchement de la cuvette lacustre, tandis que des routes intercalées à 500 mètres de chacun d’eux ouvraient sur 210 kilomètres de longueur les communications nécessaires. Des collecteurs secondaires vinrent former une ceinture, interceptant les eaux tombées sur les pentes voisines ou amenées par les torrents, de façon à pouvoir utiliser ces eaux pour l’irrigation des surfaces desséchées et cultivées, ou bien fournir au besoin une force motrice. Au point le plus bas fut ménagé une sorte de réservoir central d’une superficie de 2.270 hectares, pouvant emmagasiner entre ses digues 55.000.000 de mètres cubes. En temps normal ce réservoir forme une vaste prairie, il n’est appelé à fonctionner qu’en temps de crue exceptionnelle ou d’interruption dans le service de l’émissaire.
- La surface totale gagnée par le dessèchement du lac est de 15.775 hectares, dont 14.175 formant le domaine du prince Torlonia et 1.600 abandonnés aux communes ou aux riverains. Sur cette vaste étendue, 400 maisons de colons doivent être construites avec 25 hectares de domaine pour chacune d’elles. Le sol ainsi conquis jouit d’une fertilité exceptionnelle : il est composé à la fois des parcelles calcaires ou argileuses arrachées des coteaux par le ravinement et de débris végétaux décomposés, provenant des nombreuses fascines qu’employaient autrefois les pêcheurs pour former des sortes d’enclos à poissons. Tout fait présumer que non-seulement le vieil ennemi des Marses, le lac Fucino, est définitivement vaincu, mais que 15.000 hectares d’excellente terre vont apporter une richesse agricole absolument inconnue jusque-là dans cette rude contrée. Sans doute les sacrifices ont été considérables. La dépense totale a atteint 43.137.209 francs, dont 24.103.994 francs pour les travaux de dessèchement proprement dits, galerie et accessoires : soit 3.043 francs par hectare. Mais le but essentiel est atteint : l’assainissement de la contrée et la fin d’inondations périodiques et désastreuses sont désormais assurés.
- On vient également d’inaugurer le pont qui traverse l'embouchure du Fay, en Ecosse.
- Ce remarquable ouvrage d’art, entièrement construit en fer, se compose de 85 arches, celle du centre ayant une élévation de 28 mètres au-dessus du niveau de l’étiage. Sa longueur totale est de 3.200 mètres.
- Les travaux de transformation de la place d’Italie avancent. La fontaine qui ornera le milieu de la place est presqu’achevée.
- La plupart des maisons de l’avenue de l’Opéra ont déjà des locataires depuis le terme de janvier.
- Les démolitions nécessitées par le prolongement de la rue des Pyramides sont terminées.
- Enfin, il est question de la construction d’une caserne de sapeurs-pompiers rue d’A-lésia.
- Les journaux d’Australie annoncent que les préparatifs pour l’exposition internationale qui doit avoir lieu-à Melbourne en 1879, sont en voie d’exécution. Ce projet d’exposition a été approuvé par l’assemblée législative. Il ne peut être, a dit récemment le gouverneur, à Stawel, considéré comme prématuré, si l’on se rend compte des merveilleux progrès que les colonies australiennes ont déjà réalisés.
- En 1879, le revenu total des différentes colonies australiennes dépassera le chiffre de 400 millions de francs, et leur commerce, y compris l’importation ou l’exportation, s’élèvera à près de 2.250 millions de francs.
- En d’autres termes, l’Australie pourrait prendre place parmi les 10 ou 12 grandes nations du monde, sous le rapport de la valeur et de l’importance de son commerce, car il n’y a que 7 ou 8 nations dont les revenus publics dépassent 400 millions de francs, et les trois puissantes colonies de Victoria, de la Nouvelle-Galles du Sud et de la Nouvelle-Zélande, ont chacune un revenu qui les place à un rang plus élevé que quelques Etats de l’Europe. Quoi qu’il en soit, le succès de l’exposition dépendra en grande partie de la coopération de la mère-patrie et des autres colonies australiennes.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N» 6. — 9 Février 1878. — XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Mémoire sur les procédés d’analyse du vin, par M. Jules Roth. — Nouveau procédé de travail dans les sucreries, par M. le docteur Lævig. — Fabrication des conserves pour la cavalerie, à la fabrique Varneke. — Nouveau procédé pour greffer la vigne et la soustraire au phylloxéra, par M. Ber-tall. — Nouveau système de moteur économique à ressort, pour machines à coudre, de M. Gunzburger. — Appareil à réduire et agrandir les dessins, de M. Loire'. — Machine à imprimer perfectionnée, à margeur automatique, de Bullock.— Le paléophone, téléphone imprimant, de M. Ch. Cross.
- CHRONIQUE.
- Rachat des lignes secondaires de ohemtns de fer ; voies ferrées de l’Algérie.
- M. le Ministre des Travaux publics ne perd pas son temps.
- Il a, dans la séance du 12 janvier, déposé sur le bureau de la Chambre un projet de loi qui a pour objet le rachat par l’Etat des chemins de fer des Charentes et d’une dizaine de petites lignes secondaires appartenant à la région du centre et du sud-ouest. C’est, une avance d’un peu plus d’un demi-milliard que M. de Freycinet demande au Parlement, pour liquider la situation des petites compagnies en détresse, qui attendaient et imploraient vainement l’intervention et le secours du gouvernement.
- Ce projet doit mettre fin à toutes les inquiétudes des actionnaires et des obligataires d’entreprises malheureuses, auxquelles l’Etat doit sa bienveillante protection, et qui fixe les droits et la position de tous les intéressés.
- D’ailleurs, le projet de M. de Freycinet n’est que l’application du principe voté l’année dernière. Dès lors, tout le monde est prêt, tout le monde a son opinion faite ; et nous ne voyons pas bien comment on tenterait de faire, au grand préjudice du commerce et de 1 industrie, de l’opposition à une mesure équitable. Les opposants prendraient une responsabilité très-lourde et très-fâcheuse ; on ne leur pardonnerait pas une mauvaise volonté qu’on aurait, d'ailleurs, peine à s’expliquer.
- La question des chemins de fer est à Tordre du jour, et c’est heureux, car elle est d’une importance capitale pour notre commerce et
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Mémoire sur les procédés d'analyse du vin, par M. Jules Roth.
- M. Jules Roth essaie les vins, en s’en servant pour teindre diverses substances; il se propose ainsi de reconnaître :
- 1° les vins naturels blancs ou rouges;
- 2° les matières colorantes et étrangères ajoutées aux vins;
- 3° les additions d'eau;
- 4° les vins pétiotisés ;
- 5° les vins fabriqués avec la glucose, les raisins de Corinthe, de l’eau et de la levure de bière;
- 6° les vins avinés, c’est-à-dire additionnés d’alcool et d’eau.
- Les essais de teinture sont exécutés avec du vin vrai saturé et avec du vin saturé par de la craie ou plutôt par de la soude. On teint d’abord du coton imprégné de mordant d’alumine et de fer, puis du coton mordancé à l’oxyde d’étain, et enfin de la laine et de la soie non mordancées.
- On observe la teinte des tissus avant et après le lavage, ainsi qu’après le savonnage. On détermine aussi la quantité de carbonate de soude nécessaire pour saturer les trois cents centimètres cubes de vin.
- Les différents vins pris comme type donnent des réactions fondamentales faciles à reconnaître.
- 1° Le bordeaux teint le mordant de fer en brun noir, presque noir.
- 2° Le narbonne et le roussillon, en brun foncé, mais moins noir : avec le narbonne, les bandes sont plus foncées qu’avec le roussillon.
- 3° Le bourgogne donne une nuance intermédiaire.
- 4° Les vins rouges ordinaires donnent une teinte moins intense.
- 5° Les vins blancs d’Alsace produisent des bandes grisâtres.
- 6° Le picpoul ne colore presque pas les tissus : non saturé, il teint la laine en jaune, et saturé, en couleur jaunâtre.
- Il est alors facile de reconnaître ceux de ces vins qui ne sont pas restés à l’état naturel.
- 1° Avec les vins avinés, la teinte est plus claire qu’avec les vins baptisés : les parties non mordancées sont blanches.
- 2° Avec le vin pétiotisé, riche en tannin, les band.es, après saturation, deviennent beaucoup plus foncées qu’avec le vin naturel.
- Tous les vins naturels sans exception teignent, après saturation, les tissus mordancés ou non en gris, et dans le cas de coloration artificielle, la teinte grise est modifiée suivant la teinte propre de la matière colorante ajoutée.
- Le bois de Campêche et celui du Brésil ne sont pas ordinairement employés, parce qu’avant d’ajouter leurs extraits seuls ou avec de l'alun, il faudrait neutraliser pour n’arriver qu’à la teinte d’un vin vieux. Les principaux colorants sont les mauves, myrtilles et cerises, tous trois inoffensifs, tandis que la phytolacea et la fuchsine passent pour dangereuses.
- (Société Industrielle de Mulhouse.)
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- N° 6. — 9 Février 1878. — XXXVIII» Année.
- Nouveau procédé de travail dans les sucreries, par le docteur Loewig.
- L’osmose fait décidément des progrès rapides en Allemagne : un industriel qui, d’ailleurs, garde l’anonyme, déclare, qu’après avoir opéré sur 10.000 quintaux de mélasse, et avoir osmosé deux fois, il a établi son bénéfice qui s’est soldé par le chiffre de 13 centimes pour 100 livres de mélasses osmo-sées. C’est évidemment là un très-beau résultat, et il est bien fâcheux que les merveilles de l’osmose menacent de prendre fin au commencement d’une carrière qui s’annonce sous d’aussi heureux auspices.
- En effet, on annonce, également en Allemagne, une importante découverte qui serait due au professeur Lœwig, de Breslau, et qui paraît destinée à modifier considérablement le travail des sucreries, si, ainsi qu’on le dit, elle surpasse tout ce que l’on a innové de plus remarquable dans l’industrie du sucre, depuis Markgraf.
- On aurait obtenu, avec le procédé du docteur Lœwig, après une seule opération, c’est-à-dire sans la défécation à la chaux, et sans la filtration sur le noir, un jus parfaitement clair, et qu’il a suffi d’évaporer pour recueillir le sucre en cristaux.
- La formation de la mélasse est insignifiante, car le sucre est extrait presque totalement. Voilà un procédé qui va, ainsi que nous le disions en commençant, singulièrement contrarier les osmoseurs, puisqu’il supprime la mélasse.
- [Deutsch Zuckerei Industrie.)
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Fabrication des conserves pour la cavalerie, à la fabrique Varneke.
- Plusieurs nations étrangères ont adopté l’usage des conserves pour l’alimentation des chevaux en temps de guerre. Il existe, en Prusse, une grande fabrique de conserves de fourrages, et trois établissements de ce genre ont été créés, au mois de mai dernier, en Russie.
- L’une de ces usines, la fabrique Varneke, est installée à Saint-Pétersbourg, dans le local de la 6e compagnie du régiment Ismaïlovski ; on a établi là cinq fours du système viennois, à chauffage continu, qui permettent de cuire en vingt-quatre heures jusqu’à 16.380 kilogrammes de conserves. Celles-ci sont composées ainsi qu’il suit :
- Farine d’avoine............................30 à 40 pour 100
- Farine de pois...............................30 à 35 —
- Farine de seigle.............................10 à 20 —
- Farine de graine de lin......................15 à 20 —
- Sel marin.................................. 2,50 —
- Comme la farine de pois peut engendrer des gaz dans l’estomac, on y introduit préalablement de la dextrine en la faisant cuire sur des plaques de
- fer,
- Là pâte est pétrie avec les pieds dans de grandes cuves en bois, puis on la
- notre industrie.il n’était que temps qu’elle fût sérieusement examinée, discutée et résolue.
- C’est dans ce même ordre d’idées, que les journaux algériens nous apportent des renseignements très-intéressants sur un projet élaboré par le Conseil supérieur du gouvernement de l’Algérie.
- Une commission spéciale avait été formée dans son sein pour rechercher les voies et moyens à proposer en vue de la construction des voies ferrées destinées à relier entre eux lês tronçons déjà en exploitation ou en construction, du réseau de notre colonie.
- Cette commission, composée de trois représentants de l’administration supérieure et de deux délégués de chacune des trois provinces d’Alger, de Constantine et d'Oran, s’est mise d’accord sur un plan d’une très-grande portée, et sur lequel l’attention publique doit s’arrêter.
- La colQnie, désireuse de voir s’achever le plus promptement possible le complément de voies ferrées dont la construction lui paraît nécessaire, et se sentant impuissante à le créer seule, à l’aide de ses propres ressources, demande à l’état de venir à son aide, avec une garantie annuelle d’intérêt que le rapport évalue à quatre millions.
- En échange de cette garantie, elle consentirait, par l’entremise de ses conseils généraux, à l’établissement d’un certain nombre d’impôts nouveaux qui assureraient d’ores et déjà à l’état la réalisation de ressources montant au chiffre de deux millions environ.
- Le premier de ces impôts serait l’impôt foncier. On sait quelle résistance ont apportée jusqu’ici les Conseils généraux de l’Algérie à l’établissement de cette contribution directe sur le territoire colonial. L’administration supérieure et les conseils coloniaux n’ont pu s’entendre jusqu’à ce jour sur les conditions dans lesquelles elle devait être établie ; on craignait d’écraser sous cette charge une propriété à peine assise et une industrie agricole qui avait tout, à créer pour prendre du développement. Or, le conseil supérieur estime aujourd’hui que si l’état consent à aider la colonie dans l’achèvement de ses voies ferrées, celle-ci peut désormais accepter franchement et loyalement cette charge dont jusqu’ici elle avait demandé à être exemptée.
- La commission ne songe nullement à transporter sur le territoire algérien les déplorables irrégularités et les anomalies qui existent en France dans la distribution de notre contribution foncière.
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- Ayant l’inappréciable avantage de pouvoir organiser sur une table rase, elle demande qu’au lieu d’en faire un impôt de répartition, on en fasse, dès l’origine, un impôt de quotité. Elle sépare les propriétés bâties de celles non bâties ; elle s’est même déjà arrêtée à un tarif, et elle propose les chiffres suivants : on fixerait le principal de l’impôt sur toutes les constructions autres que celles qui sont spécialement affectées à des exploitations rurales, au taux de 4 pour 100 de revenu net imposable. Le taux sur la propriété rurale ne serait que de 2 pour 100.
- Dans ces conditions, le revenu net imposable des propriétés bâties étant évalué à près de 25 millions, et celui des propriétés rurales à un peu plus de 14 millions, la commission estime qu’en Algérie, l’impôt foncier pourrait, dès aujourd’hui, produire en chiffres ronds 1.258.000 francs
- Le second impôt que l’on propose d’instituer, serait l’acceptation du plein tarif de France pour le droit fixe en matière d’enregistrement. Ce serait pour l’état une nouvelle ressource annuelle de 370.000 francs.
- Enfin, les Conseils généraux, en vue de favoriser les chemins vicinaux, s’étaient montrés favorables à l’établissement en principe d’une surtaxe de 1 décime sur l’octroi de mer; mais cette surtaxe ne devant s’appliquer qu’à des dépenses qui peuvent intéresser à la fois toute la colonie, on n’a pu l’affecter aux chemins vicinaux, et on proposerait aujourd’hui de la consacrer à la création de voies ferrées ; elle produirait 515.000 francs.
- En réunissant l’impôt foncier, le tarif plein des droits fixes d’enregistrement et la surtaxe, la colonie pourrait offrir à l’état un ensemble de ressources montant à 2.043.000 francs.
- Ce courant d’idées nous paraît fécond pour la France et pour l’Algérie, et il nous semble difficile que les pouvoirs publics n’accueillent pas une combinaison de ce genre, qui permettrait à l’Algérie de se développer en tirant parti de ses propres ressources.
- EXPOSITION.
- Députation d'ouvriers suisses à l'Exposition.
- Les administrations cantonales suisses accordent des subventions pour permettre à des députations d’ouvriers appartenant aux
- place sur des tables où on la roule à la main pour en former des feuilles de répaisseur du doigt, qui sont ensuite découpées à l’emporte-pièce en galettes rondes que l’on met au four jusqu’à ce qu’elles acquièrent la consistance du biscuit. Après quoi, chaque pièce de conserves présente la forme d’une galette sèche d’un diamètre de 9 centimètres environ, sur une épaisseur d’un peu moins d’un centimètre. Ces galettes sont enfilées à raison de 26 à 28 sur une tige de métal, de façon à former des cylindres dont chacun pèse 1 kil,640, et constitue la ration d’un cheval. L’expérience a démontré que cette ration correspond comme valeur nutritive à environ 10 litres d’avoine qui pèseraient 4kil,227.
- Les rations de conserves peuvent, grâce à leur petit volume, être chargées sur la selle au nombre de 10; elles donnent donc la possibilité de nourrir le cheval pendant dix jours, chose qu’il serait impossible de faire avec le mode ordinaire d’alimentation. On comprendra par là quelle importance ces conserves peuvent avoir sur le théâtre de la guerre turco-russe, quand la fourniture des fourrages offre de grandes difficultés, comme au Caucase, par exemple. Actuellement on a envoyé aux armées russes, sur le Danube, plus de 500.000 rations provenant de la seule fabrique Yarneke. La cuisson de ces produits s’opère sur divers points dë Saint-Pétersbourg et dans des fours particuliers; on cuit aussi, pour cette usine, dans rétablissement de Tpimh-bers, à Vasili Ostrow, qui renferme, comme on le sait, une boulangerie à vapeur américaine et divers appareils qui ont été appropriés à la fabrication. En tout, la fabrique Yarneke prépare 20.000 rations par jour.
- Il est bon de remarquer, en terminant, que cette nouvelle industrie a fourni du travail et des bénéfices à bien des mains. Ainsi, dans l’établissement de la 6e compagnie du régiment Ismaïlowski, il y a 80 ouvriers, et dans l’établissement de la rue Derpt, il y a 230 ouvrières et 60 ouvriers employés à l’enfilage des galettes et à l’emballage. Les femmes reçoivent %de 1 fr,75 à 2fr,10 par jour, et les hommes de 2fr,60 à 5fr,25 et plus, d’après la nature de leur travail.
- Le mode d’emballage exige beaucoup de soin : le travail est réparti de telle façon, que les uns préparent les fils pour enfiler les conserves, d’autres font les plaques en fer-blanc destinées à renforcer le fil de fer aux deux extrémités du cylindre de galette ; d’autres préparent les caissons dans lesquels sont expédiées les conserves, et d’autres enfin sont occupés à les y placer. On peut se rendre compte de la rapidité de la fabrication en voyant l’énorme quantité de conserves qui sont expédiées sur le théâtre des opérations militaires.
- Nouveau procédé pour greffer la vigne et la soustraire au phylloxéra,
- par M. Bertall.
- En parcourant l’Hérault et la Vaucluse, M. Bertall a été frappé de ce fait, que des lignes d’olivier sont plantées, suivant la coutume, au milieu des plants de vignes.
- Dans les champs les plus dévastés par le phylloxéra, lorsque toutes les vignes sont hachées, perdues, desséchées, et qu’il n’en reste plus pour souvenir que des souches inertes, l’olivier n’a rien perdu de sa force, de sa vigueur de production et de son aspect de santé.
- Il en est de meme dans lés champs où, au lieu d’oliviers, çé sont des mûriers qui sont plantés au milieu des vignes.
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- Le phylloxéra, cela est. de fait, ne s’attaquant qu’aux seules racines, ne se soucie en aucune façon de celles qui sont à sa portée, celles du mûrier et de l’olivier.
- Or, il est avéré que, depuis des siècles, et dans l’antiquité la plus reculée, les Italiens greffaient souvent la vigne sur l’olivier, ou l’olivier sur la vigne, et que les résultats en étaient des plus satisfaisants; le mûrier se prêtait aussi complaisamment à cette opération que l’olivier, et les fruits de cette union avaient une valeur tout à fait recommandable.
- Nous trouvons mentionné dans la Maison rustique de 1857 le souvenir de cet usage, dont l’auteur cite des exemples contemporains.
- Renoncer à ce procédé n’avait rien d’extraordinaire en temps normal, et lorsqu’il n’y avait pas de motif impérieux pour éviter une double culture; mais en l’état actuel, où il est du devoir de chercher à dérouter l’ennemi commun, il est bon de signaler cette combinaison, qui doit réussir maintenant comme elle a réussi jadis, et présenter cet avantage précieux de donner à nos vignes actuelles des racines que, d’après l’expérience, on sait être respectées par le phylloxéra.
- On pourrait ainsi sauver la récolte, si précieuse dans tous les départements où pousse l’olivier, et dans tous ceux où pousse le mûrier, soit dans tout le midi.de la France.
- Nouveau système de moteur économique à ressort pour machines à coudre,
- de M. Gunzburger.
- Fig. 13.
- Le système de moteur à ressort que M. Gunzburger a récemment fait breveter pour l’appliquer à la mise en mouvement des machines à coudre, se recommande immédiatement à l’attention des personnes qui savent par expé-
- différentes branches de l’industrie de venir à Paris, visiter l’Exposition.
- Exposition Algérienne.
- Malgré le nombre considérable des demandes d’admission, certaines industries locales et certains produits curieux de notre colonie algérienne, notamment ceux que l’on tire de l’autruche, ne se trouvaient pas suffisamment représentés. Il y avait surtout un grand intérêt, tant en vue de l’ornementation qu’en raison du caractère d’originalité qu’ils revêtent, à faire figurer dans les galeries de la section algérienne des mannequins-types des diverses races du pays, en costume national; des trophées d’armes indigènes, d’instruments de musique, etc. L’administration supérieure s’est donc préoccupée de combler ces lacunes. Elle va-réunir également diverses collections d’oiseaux algériens et les produits les plus curieux du Soudan importés par les caravanes.
- La bibliothèque d’Alger, si riche en manuscrits arabes, a été, de son côté, invitée à envoyer quelques-uns de ses livres les plus rares, et M. Rivière, directeur du jardin d’acclimatation du Hamma, prépare une collection de plantes exotiques des plus remarquables.
- D’autre part, les collections minéralogiques présentaient, pour un pays comme l’Algérie, qui donne de si heureux résultats et en promet de plus féconds encore, un caractère du plus haut intérêt. Le gouvernement général vient de donner à M. Pouyanne, ingénieur en chef des mines, la mission.de se rendre à Paris pour y classer les échantillons de nombreux gisements miniers existant dans la colonie.
- L’industrie coraillère fera également l’objet d’une exhibition spéciale : on y verra figurer un modèle d’une barque coralline et de ses engins, une aquarelle représentant des corailleurs à l’œuvre, à leur bord, et divers échantillons de coraux, d’éponges et de madrépores recueillis sur la côte de l’Algérie.
- Enfin des plans de lotissement de quelques nouveaux villages, et les plans en relief des hôpitaux projetés d’Alger et d’Oran, ainsi que des photographies des grands travaux d’utilité publique, compléteront heureusement cette démonstration tangible des efforts accomplis et des immenses progrès réalisés dans la colonie.
- (Extrait de la Semaine des Constructeurs.)
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- Le groupe en bronze de Charlemagne.
- Le groupe en bronze représentant la statue équestre de Charlemagne qui doit orner l’un des quatre pavillons d’angle du Palais du Champ-de-Mars, a été fondue le lundi 31 décembre 1878 chez MM. Thièbaul. C’est l’œuvre de M. Rocket. Malgré le poids énorme de cette œuvre colossale (12.000 kilogrammes), l’opération de la fonte a parfaitement réussi.
- TRAVAUX PUBLICS.
- Chemins de fer d'intérêt local de Seine-et-Oise.
- Est déclaré d’utilité publique l’établissement des chemins de fer d’intérêt local ci-après :
- 1° De Rivecourt à Ormoy-Villers, passant près de Verberie, avec raccordement près de Crépy à la ligne de Chantilly à Crépy;
- 2° D’Estrées-Saint-Denis à la ligne précédente, à laquelle elle se soudera aux abords du pont de l’Oise, près Verberie;
- 3° De Compiègne à la limite du département de la Somme, vers Roye, passant par ou près Ressons.
- La déclaration d’utilité publique sera considérée comme non avenue, si les expropriations nécessaires pour l’exécution desdits chemins ne sont pas accomplies dans le délai de cinq années, à partir de la date du présent décret.
- Service des Postes pneumatique à Berlin.
- La longueur totale des lignes de communications postales pneumatiques, à Berlin, sera de 26 kilomètres, les tuyaux conducteurs seront posés en terre à 1 mètre de profondeur, et il y aura quinze stations principales. Les lettres et les cartes de visite expédiées par cette voie devront avoir un poids et une grandeur déterminés ; elles formeront des paquets, qui ne pourront être expédiés que lorsque le nombre des lettres sera suffisant pour atteindre le poids réglementaire. La vitesse de transmission sera de 1 kilomètre par minute. Les travaux s’élèveront au prix de 1.250.000 marcks, soit 1.562.500 francs.
- (Zodtchy.)
- rience combien la manœuvre des pédales est fatigante, et de quelles maladies elles sont souv'ent la cause pour les ouvrières qui en font usage.
- Ce petit moteur, que la figure 13 représente, joint à la machine qu’il actionne, se compose essentiellement d’un vaste barillet renfermant un ressort puissant.
- Ce ressort est enroulé sur un axe fixe, lequel est porté par un solide bâti en fonte, sur le côté duquel une forte console soutient la table de travail et la machine à coudre proprement dite. Un système d’engrenages accélère le mouvement pour le transmettre à une poulie à gorge qui, par l’intermédiaire d’une courroie ronde, actionne la machine à coudre.
- Une pédale, à portée du pied droit de l’ouvrière, lui permet de manœuvrer un petit frein au moyen duquel elle peut ralentir à volonté la vitesse suivant ses besoins. Elle peut également, au moyen d’une poignée horizontale placée à sa droite, arrêter complètement le mouvement qui, dans tous les cas, est régularisé par un appareil à boules actionné par un engrenage d’angle. Enfin, une petite manivelle facile à saisir à la main droite, permet à l’ouvrière de remonter rapidement le système, sans se déranger ni interrompre son travail.
- Rien n’est plus simple, comme on voit : le tout est à peine plus encombrant qu’une machine à coudre ordinaire, et ne nécessite pas plus d’installation. Il n’y a qu’à placer sur un plancher quelconque l’appareil dont le poids assure très-convenablement la stabilité. Rien de plus facile, du reste, que d’adapter ce moteur à toutes les machines à coudre déjà existantes, de quelque système qu’elles soient. Il est bon de remarquer, cependant, que l’agencement de la machine à coudre Gunzburger, adhérente à son moteur, sera toujours préférable, parce qu’il a cet avantage de dégager complètement le dessous de la table, ce qui laisse toute liberté de position aux jambes de l’ouvrière.
- L’apprentissage de cette dernière est par ce fait très-simplifié, et presque nul. Toutes les personnes qui ont dû travailler à la machine à coudre, ou aux outils à pédale quels qu’ils soient, savent en effet qu’il faut un certain temps de tâtonnements et d’essais infructueux, pour amener entre les mouvements des mains et ceux des pieds, une harmonie nécessaire. Cette préoccupation que supprime fort à propos le petit moteur domestique de M. Gunzburger, ne venant plus troubler le travail de la couture, celui-ci s’effectue rapidement, avec une régularité et une sûreté parfaite.
- La description de l’appareil a montré comment on peut facilement modérer la vitesse et même produire l’arrêt instantané. Mais ce ne sont là que des avantages de détail, et tout précieux qu’ils soient, ils ne suffiraient peut-être pas à assurer l’avenir de cet appareil, si l’on n’était pas assuré en même temps, que son emploi répandu dans les ateliers sera un véritable bienfait pour les ouvrières dites mécaniciennes, dont la santé est trop souvent compromise par la pratique de leur état. Disons, pour terminer, que le mbteur Gunzburger peut naturellement s’appliquer à tous les appareils ou outils dont le fonctionnement n’exige qu’une force minime, tels que tours d’amateurs, scies à découper, etc.
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- PHOTOGRAPHIE, GRAVURE ET IMPRIMERIE.
- Appareil à réduire et agrandir les dessins, de M. Loire.
- Les arts graphiques se sont, dans ces derniers temps, et plus qu’à aucune autre époque, enrichis de nombreux moyens de production qui s’imposent plus ou moins aux praticiens, et parmi eux vient en première ligne le procédé si simple de M. Loire, pour réduire ou agrandir les dessins.
- L’appareil, représenté fig. 14, consiste en un cadre de bois dont les angles sont garnis d’équerres en fer percées d’un certain nombre de trous. Un châssis également en fer, formé par quatre barres mobiles reliées à leurs angles, retient une feuille de caoutchouc au moyen de crochets libres représentés en A. S’il s’agit de réduire une planche ou dessin quelconque, on commence par écarter progressivement les barres du cadre en les reculant l’une après l’autre, et les maintenant au moyen de chevilles en fer placées dans les trous des équerres. La feuille de caoutchouc est ainsi étendue sur ses deux dimensions, et quand la tension est suffisante, on serre les boulons qui, aux quatre angles, servent à joindre les plaquettes a, b, c, d, qui assemblent le
- îsessesassetsessaât
- Fig. 14.
- cadre mobile. Les chevilles, dont une est représentée en B et C, ont un collet de forme carrée, dont les quatre faces sont à des distances différentes de l’axe : cette ingénieuse disposition permet de rectifier les défauts d’aplomb qui pourraient se produire pendant l’opération de l’élargissement.
- Une couche légère d’un encollage spécial est alors passée à l’éponge sur la feuille de caoutchouc. Au bout de quelques minutes, l’encollage est sec, et l’on applique sur cette surface encollée le dessin que l’on veut reproduire, puis le cadre, portant son caoutchouc et le dessin, est porté sous la presse lithographique. Une fois l’épreuve obtenue sur le caoutchouc, on remet le cadre en fer en place sur la monture en bois, on desserre les boulons en a,
- Ecole des Arts et Métiers à Cologne.
- On a décidé la fondation, à Cologne, d’une Ecole des Arts et Métiers. Le projet ayant été sanctionné par le conseil supérieur des écoles d’Allemagne, on fera prochainement savoir si la construction de l’école sera mise au concours. On donnera également les détails définitifs d’organisation.
- (Kunst und Gewerbe.)
- INFORMATIONS DIVERSES.
- Statue du docteur Livingstone, à Glasgow.
- La statue en bronze du docteur Livingstone, le célèbre explorateur du centre de l’Afrique, vient d’être coulée d’après le modèle du sculpteur Mossman. Ce monument commémoratif sera élevé prochainement sur une des places publiques de Glasgow.
- Bas-reliefs de l'église Saint-Pierre, à Lisieux (Calvados).
- Une découverte archéologique vient d’être faite dans l’église Saint-Pierre, à Lisieux ; les travaux de dégagement qui ont été immédiatement accomplis à la suite de cette découverte , contribueront à rendre à cette cathédrale une partie de son ancienne splendeur.
- En enlevant une des boiseries murales de la chapelle de la Vierge, on a mis à découvert un très-beau bas-relief; le dégagement a été continué, et d’autres-bas reliefs sont apparus malheureusement, presque tous ont subi des mutilations.
- Ces œuvres de l’art ancien paraissent avoir appartenu aux tombeaux de certains évêques et ont dû y être placées après l’édification de la chapelle.
- Un des personnages porte le costume de guerre sous lequel tous les historiens ont représenté l’héroïne d’Orléans.
- VAmerican Archüeci rapporte, nous dit la Semaine des Constructeurs, qu’il existe, dans un Institut de New-York, une construction en sable : depuis deux cents ans qu’elle est debout, on n’y a remarqué aucune détérioration. Les colonnes de la façade sont parfaitement intactes, aucune crevasse ne s’est
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- formée. Aucuns matériaux de construction, ajoute le journal, ne peuvent donner de tels résultats. Les constructions en sable sont d’ailleurs tout à fait incombustibles.
- A Prague, en Bohême, on a préparé, dans ces derniers temps, une exposition universelle de journaux et autographes, dont l’ouverture était fixée primitivement au 16 mai. A cette exposition, si elle a lieu, se trouveront des exemplaires de journaux de tous les pays de l’Europe : l’Allemagne y sera représentée par 1.615 spécimens.. D’Amérique, on a promis la gigantesque collection de tous les journaux des Etats-Unis, laquelle a déjà figuré à l’exposition de Philadelphie. Le ministre autrichien, résidant à Yédo, et le consul impérial et royal d’Autriche, à Sanghaï, ont promis une collection de toutes les feuilles publiées dans l’extrême Orient. La collection d’autographes est déjà riche déplus de 2.000 pièces.
- b, c, d, et, en déplaçant convenablement les chevilles, on provoque le retrait proportionnel de la feuille de caoutchouc, jusqu’à ce que l’on ait obtenu la réduction desiree. On fixe de nouveau le cadre en fer, et, par un nouveau passage sous la presse lithographique, on opère le report sur une pierre bien sèche.
- S il s agissait d operer un agrandissement, l’opération, absolument identique, s’exécute en renversant les périodes.
- La feuille de caoutchouc, nettoyée par un lavage à l’eau pure et froide, peut servir indéfiniment.
- Il est facile de comprendre que ce procédé présente surtout des avantages sérieux pour la réduction : en effet, cette dernière fait disparaître les imperfections des dessins originaux, et peut même amener des finesses que le crayon ou le burin seraient impuissants à produire directement.
- La précision de l’instrument est d’ailleurs complète, au point qu’il peut servir à reporter des dessins imprimés en plusieurs couleurs.
- M. L. Deshays s’est assuré de cette précision en traçant à l’envers du caoutchouc un petit quadrillé qui s’est toujours déformé d’une façon absolument régulière, aussi bien au centre que sur les bords de la feuille.
- [Extrait du Bulletin de la Société industrielle de Rouen. — Rapport de M. Deshays.)
- Quoi qu’on en ait pu dire, les travaux du tunnel sous-marin de la Manche sont activement poussés. On a creusé à Sangatte un puits de 400 mètres au-dessous du niveau de la basse mer. L’eau que l’on y rencontre en grande quantité, est absorbée par deux pompes d’épuisement.
- La galerie d’essai, dont la longueur sera de 1 kilomètre, est commencée sous la mer et dans le terrain calcaire.
- Le tunnel pourra être considéré comme définitivement commencé s’il ne surgit pas de difficultés qui démontrent que le travail est impraticable.
- BREVETS D’INVENTION.
- Machine à imprimer perfectionnée, à margeur automatique, de Bullock.
- Fig. 13.
- Cornely. 149033, 15 juin 1877.
- Perfectionnements aux machines à broder, par la pose de plusieurs rangées de chaînettes parallèles faites avec un seul fil.
- Kalbfleich. 119034, 15 juin.
- Perfectionnements dans la concentration de l’acide sulfurique et dans les appareils employés à cet effet.
- Duplessis. 119037, 15 juin.
- Application d’un plateau rotatif aux tables de coupe des scies à rubans ou autres.
- Ce n’est qu’en 1830 que les machines à imprimer à cylindre apparurent en Amérique. Elles y furent introduites par la maison Hoe et Cie de New-York, et appliquées à l’impression des journaux.
- En 1832, ces messieurs construisirent une presse à labeurs qui donnait, à l’heure, 3.000 impressions. On était loin déjà des 500 exemplaires imprimés que pouvaient faire sur une presse, dix ans auparavant, deux imprimeurs habiles. Le progrès définitif qui devait permettre tous les perfectionnements actuels fut accompli trois ans plus tard par Rowland Hill, le patriote anglais auquel est due la réforme postale, qui a fait de la Grande-Bretagne le pays par excellence de la correspondance rapide et à bas prix. La machine Hill, pour imprimer sur papier continu, fut brevetée en 1835, de sorte qu’il y a
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- maintenant quarante-deux ans révolus que la machine à papier sans fin a pris naissance.
- Douze ans après, MM. Hoe et Cie, de New-York, prenaient un brevet pour la machine rotative qui leur est propre, et c'est dans ce même ordre d’idées que se sont illustrés les Walter, les Jules Derriey, les Marinoni, les Alauzet, les Jullien, etc.
- A tous ces noms de constructeurs émérites, il faut aujourd’hui ajouter celui de Bullock, dont la machine est représentée fig. 15.
- Ce dernier système construit à Philadelphie, est, en effet, connu sous le nom de Bullock's Self-Feeding and Perfecting Press : presse de Bullock perfectionnée, à margeur automatique. Cette machine, qui compte jusqu’à 20 petits cylindres, n’occupe que 3 mètres de longueur environ, sur lm,75 de largeur et lm,75 de hauteur. Elle peut produire, à l’heure, 20.000 exemplaires sans qu’il soit nécessaire que la main de .l’homme intervienne autrement que pour la mettre en mouvement, attendu qu’elle entraîne le papier, coupe les feuilles, les imprime des deux côtés et les empile ensuite.
- L’imprimerie du New-York possède aujourd’hui huit presses Bullock, et cet appareil qui a figuré avec honneur à l’exposition de Philadelphie, est aujourd’hui très-recherché et répandu dans le commerce de la typographie.
- Le paléophone, téléphone imprimant, de M. Ch. Cross.
- Suivant l’engagement que nous en avons pris, vis-à-vis de nos lecteurs, dans notre premier numéro de cette nouvelle série, nous venons leur dire quelques mots de l’appareil au moyen duquel M. Ch. Cross imprime les indications du téléphone et peut reproduire à un moment quelconque les paroles qui ont été confiées à l’instrument.
- Un index léger et flexible sera placé au centre de la plaque vibrante d’un téléphone récepteur, et sa pointe sera en contact avec une lame de verre noircie à la fumée. Si cette dernière est animée d’un mouvement de translation uniforme, la pointe y tracera un feston marqué à jour sur le noir de fumée. Après quoi, l’on vernit la plaque de verre et l’on reporte, par l’action de la lumière, ce feston sur une bande de papier. Il est alors facile de graver ces contours en creux sur une plaque métallique et si ensuite, on anime celle-ci du même mouvement qu’avait la lame de verre, tandis qu’un index rigide, fixé au centre d’une plaque vibrante, sera secoué par les sinuosités du feston, cette plaque, en tout semblable à celle du téléphone, reproduira les mêmes paroles que la première avait pu proférer. Il est bien entendu que ceci n’est qu’une indication de principe, dont les détails d’exécution sont laissés à l’intelligence et à l’initiative des constructeurs.
- Jiacomelti. 119039, 20 juin.
- Poêle calorifère en fonte, à double enveloppe cannelée.
- Fayol. 119040, 21 juin.
- Parachute à griffes et à taquets.
- Lams. 149042, 22 juin.
- Système de fermeture automatique de registres de générateurs.
- Dubuisson-Paquet. 119043, 22 juin.
- Pompe à réservoir.
- Rapicault. 119044, 23 juin.
- Appareil propre à la transformation du mouvement.
- Bohlig. 119045, 16 juin.
- Procédé de purification de l’eau.
- Petit: 119046, 16 juin.
- Système d’appareils électriques avertisseurs d’incendie.
- Planton. 119048, 16 juin.
- Machine dite : aérienne, permettant l’emploi de l’air comprimé au lieu de vapeur.
- Crespin aîné. 119051, 16 juin.
- Moulin à vent à gouvernail régulateur.
- Tixary. 119052, 16 juin.
- Machine à congeler ou refroidir toutes matières.
- De Vriendt. 119053, 16 juin.
- Appareil avertisseur à sonnerie électrique pour chemins de fer.
- Demuth. 119054, 16 juin.
- Perfectionnements aux machines à tailler les bouchons.
- Gadicke. 119055,16 juin.
- Procédé de reproduction des dessins pour souffleries à sable.
- Bacquet. 119056,16 juin.
- Engrais insecticide contre le phylloxéra.
- Giffard. 119057, 16 juin.
- Machine à air froid et à glace.
- Siemens. 119058, 16 juin.
- Méthode d’ornementation du verre trempé.
- Knapp. 119059, 16 juin.
- Procédé de tannage et de corroyage des cuirs.
- Acaster. 119065, 18 juin.
- Perfectionnements aux éclisses servant à la jonction des rails de chemins de fer.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Nouveau procédé d’extraction du sucre, du docteur Lœwig. — Recherches sur l’influence de la lumière sur les solutions sucrées, par M. Motten et M. H. Pellet. — Fabrication des pierres précieuses artificielles, par M. Monnier et MM. Fremy et Feil. — Fabrication des verres dépolis ou opalisés, façon mousseline. — Chemin de fer transversal à air libre dans une rue de Paris, par M. Louis Heuzé. — Traverses d’acier embouté, système Brunon frères. — Les lignes télégraphiques en Chine.
- NÉCROLOGIE.
- Claude Bernard.
- M. Claude Bernard, l’un de nos plus illustres savants, est mort dimanche dernier 10 février, à 9 heures et demie du soir.
- Né à St.-Julien, près Villefranche (Rhône), le 12 juillet 1813, il était à peine âgé de soixante-quatre ans.
- Venu tout jeune à Paris, avec une tragédie pour tout bagage, il renonça bien vite au théâtre, pour s’adonner en entier à l’étude de la médecine.
- Ses succès datent de ses premiers examens. Depuis, il n’a fait que grandir; et après avoir succédé à son maître, Magendie, au Collège de France, il a pris place à l’Académie des Sciences d’abord, puis à l’Académie de médecine et enfin à l’Académie française.
- L’empire l’avait fait sénateur et commandeur de la Légion-d’Honneur.
- M. Claude Bernard s’est particulièrement occupé de physiologie. Il a, dans cette spécialité, fait de très-importantes découvertes, et imprimé une impulsion nouvelle à la science.
- La mort de ce savant de génie sera plus qu’une perte nationale, ce sera un deuil universel.
- CHRONIQUE.
- Ports et canaux.
- Après les chemins de fer, les ports et les rivières : après la terre, la mer.
- M. de Freycinet a soumis à la signature du Président de la République, un décret
- ALCOOL, SUCRE ET FECULE.
- Nouveau procédé d'extraction du sucre, du docteur Loewig.
- Comme suite à ce que nous avons écrit dernièrement au sujet d’un nouveau procédé d’extraction du sucre dû au docteur Lœwig, nous pouvons dire aujourd’hui que ce procédé a pour conséquence la suppression de la chaux, de la saturation et du noir animal, au lieu desquels le professeur Lœwig, possesseur d’une grande fabrique de produits chimiques près Breslau, emploie l’hydrate d’alumine préparé par une méthode inconnue jusqu’ici. Le jus de betterave brut, mélangé avec ce réactif et chauffé, doit aussitôt se séparer de tout le non-sucre, précipité sous forme d’écumes, et donner un jus limpide d’une pureté très-élevée. Ce jus évaporé et cuit produirait une excellente masse cuite.
- Le professeur Lœwig a donné à entendre qu’il n’y aura plus de mélasse. ' Les frais de cette épuration complète sont évalués à 45 centimes par centner de betteraves (soit 90 centimes par 100 kilogrammes). Des échantillons du sucre obtenu par le procédé du professeur Lœwig et qui ont été montrés à une réunion de fabricants de sucre, qui a eu lieu le 8 janvier dernier à Breslau, ont accusé un excellent goût.
- Tous les essais faits jusqu’à ce jour ont eu lieu dans le laboratoire : dans peu de temps, la fabrique de sucre de Klettendorf, près Breslau, appartenant à MM. Schôeller frères, emploiera l’hydrate d’alumine en grand. On est très-désireux de savoir si l’action épurante de ce réactif se manifestera industriellement de la même manière. En cas de succès, il en résulterait certainement une grande révolution dans la fabrication du sucre de betteraves.
- Recherches sur l'influence de la lumière sur les solutions sucrées, par M. Motten et M. H. Pellet.
- Dans un nouveau mémoire récemment soumis à l’Académie des Sciences de Belgique, M. J. Motten a formulé nettement les conclusions qui suivent.
- 1° la lumière n’a pas d’action sur le sucre en dissolution, qu’il y ait présence d’air ou non dans les matras.
- 2° Quand il y a altération, elle est aussi profonde dans le liquide soustrait à la lumière que dans celui qui est éclairé; cette altération est provoquée par le développement d’organismes inférieurs.
- M. H. Pellet, de son côté, sans expérimenter dans des conditions aussi variées que celles M. J. Motten, est arrivé à des résultats qui confirment les conclusions de ce chimiste.
- Pendant 4 mois, il a placé des solutions sucrées dans divers endroits.
- 1° A la lumière ordinaire d’un laboratoire. .
- 2° A l’obscurité, mais à la même température que dans le n° 1.
- 3° A la cave.
- Dans chaque série d’expériences, on avait opéré avec trois récipients dans des conditions différentes.
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- 1° Un ballon, renfermant une solution sucrée, dont le col avait été fermé pendant l’ébullition du liquide.
- 2° Un flacon ordinaire bouché à l’émeri entièrement rempli de liquide sucré.
- 3° Un flacon à demi-rempli.
- Résultats.
- i° Dans aucun ballon, fermé pendant l’ébullition, on n’a constaté la présence du glucose dans le liquide sucré, qu’il soit conservé à la lumière ou dans l’obscurité.
- 2° Dans les flacons pleins, mais renfermant des traces d’air, on a trouvé :
- à la lumière. .........................0,11 pour 100 de glucose.
- à l’ombre du laboratoire...............0.41 — —
- à la cave.......................... . . . 0,25 — —
- 3° Dans les flacons à demi-pleins, on a trouvé :
- à la lumière....................... 1,94 pour 100 de glucose.
- à l’ombre du laboratoire.................0,89 — —
- à la cave................................0,025 — —
- Une solution sucrée concentrée à 40 pour 100 environ, faite avec du sucre ' d’une autre provenance, a donné :
- 1° flacon à demi-plein : lumière, 20,2 pour 100 de glucose.
- 2° id. id. obscurité, 19,4 —
- Des expériences anciennes avaient démontré h M. Pellet que, pour des essais de ce genre, on devait employer :
- 1° des sucres nettoyés dans les mêmes conditions;
- 2° du sucre de même provenance;
- 3° de l’eau distillée du même vase ;
- • 4° et enfin, que le bouchage des flacons devait avoir lieu dans le même endroit.
- En résumé, la lumière solaire paraît être sans action sur les solutions sucrées. ,
- CIMENTS, CÉRAMIQUE ET VERRERIE.
- Fabrication des pierres précieuses artificielles, par M. Moîxnier et MM. Frémy et Feil.
- Il y a déjà longtemps que divers savants éminents ont tenté de produire chimiquement les pierres précieuses que l'on trouve dans la nature.
- Dans la dernière séance de l’Académie des Sciences, M. Monnier a exposé le procédé qui lui a permis d’obtenir des opales, et, précisément dans la même séance, M. Frémy a donné lecture d’un grand travail qui lui est commun avec M. Feil et dont le résultat est la production industrielle du corindon incolore (rubis blanc) et du corindon diversement coloré (topaze, saphir et rubis oriental).
- On sait que l’opale, dont les plus beaux échantillons nous viennent de la Hongrie, est une pierre du plus grand prix, et pourtant elle est tout bonnement composée de silice comme le caillou vulgaire que le cantonnier brise pour l’empierrement des routes.
- établissant cinq commissions techniques et administratives chargées de dresser, pour chacun des bassins de la Seine, de la Loire, de la Garonne, du Rhône et de la mer du Nord, et par ordre de priorité d’exécution, le programme des travaux nécessaires tant pour améliorer les ports de commerce et le réseau des voies navigables, que pour compléter ce réseau.
- Le décret, que l’on trouvera plus loin, est précédé d’un rapport très-remarquable, qui peut être considéré comme le complément de celui qui a été récemment publié sur l’organisation des commissions régionales pour le classement des lignes de chemins de fer restant à exécuter.
- « Les voies navigables, dit M. de Freycinet, jouent un rôle important dans la production de la richesse du pays. Si l’on a pu croire un instant que leur utilité allait disparaître et qu’elles céderaient bientôt entièrement la place aux chemins de fer, cette impression un peu superficielle n’a pas tardé à se modifier devant un examen plus attentif des faits. On a reconnu que les voies navigables et les chemins de fer sont destinés, non à se supplanter, mais à se compléter. Entre les uns et les autres s’effectue un partage naturel d’attributions. »
- La commission instituée par le décret du 15 janvier aura pour mission de désigner les lignes de navigation nouvelles, soit canaux, soit rivières assimilées, destinées à compléter le réseau d’intérêt général. Elle arrêtera aussi les bases de la transformation et des améliorations à faire subir aux lignes actuelles pour les mettre en rapport avec les besoins nouveaux de la navigation. Le Ministre des travaux publics évalue à’ deux mille ou deux mille cinq cents kilomètres l’importance du nouveau réseau, et à dix mille kilomètres celle des remaniements à exécuter sur le réseau ancien.
- Les opérations proposées par M. de Freycinet impliquent, comme dans la question des chemins de fer, le rachat des canaux concédés.
- L’amélioration des voies navigables appelant comme complément celle des ports maritimes , le Ministre des travaux publics entend que leurs moyens soient constamment mis en harmonie avec le développement du trafic. N
- Il faudrait dépenser, pour mener à bien une pareille œuvre, 750 millions pour les voies navigables et 250 millions pour les ports.
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- Cês sommes, jointes aux trois milliards jugés indispensables pour l’achèvement du réseau ferré d’intérêt, général, porteraient à quatre milliards la dépense de mise en état de nos moyens de transport, soit par terre, soit par eau.
- Voici le décret relatif aux voies navigables :
- Le Président de la République française,
- Vu le rapport du Ministre des travaux publics, *
- Décrète :
- Article premier.
- Il est établi cinq commissions techniques et administratives correspondant aux bassins de la Seine, de la Loire, de la Garonne, du Rhône et des tributaires de la mer du Nord.
- Ces commissions seront chargées de dresser pour chacun de leurs bassins respectifs, et par ordre de priorité d’exécution, le programme des travaux nécessaires, tant pour améliorer les ports de commerce et le réseau des voies navigables, que pour compléter ce réseau.
- Art. 2.
- Chacune de ces commissions sera composée des Inspecteurs généraux des ponts et chaussées de 2e classe dont la circonscription s’étend sur le bassin correspondant ; elle comprendra, en outre, un maître des requêtes au conseil d’Etat, un ou plusieurs des ingénieurs en chef ayant pris une part importante à des travaux de navigation.
- Art. 3.
- Des arrêtés ministériels nommeront les membres de ces commissions, définiront les limites exactes du territoire de leur étude et assigneront le délai dans lequel chacune d’elles devra avoir terminé ses travaux.
- Art. 4.
- Pour les lignes intéressant à la fois des bassins limitrophes, les commissions de ces bassins pourront se concerter et délibérer en commun.
- Art. S.
- Des commissions locales seront constituées dans les ports désignés par le Ministre pour préparer le programme spécial des travaux à exécuter dans chacun de ces ports ou dans les ports secondaires voisins.
- Ces commissions seront composées de l’Ingénieur en chef du service maritime, de l’ingénieur ordinaire du port, de l’officier du port, d’un représentant du conseil municipal
- Pour fabriquer de l’opale artificielle, voici comment procède M. Monnier : il verse, au-dessus d’une solution sirupeuse de silicate de sodium, de l’acide oxalique très-étendu. Les deux liquides se mélangent lentement par endosmose : il se produit de l’oxalate de soude, et la silice, mise en liberté, se concrète sur les parois du vase avec une cohésion, une densité, une dureté tout à fait comparables à celles de l’opale. En remplaçant l’acide oxalique par du sulfate de nickel, on obtient de l’opale verdâtre.
- Pour obtenir le corindon, qui est, comme on sait, un composé d’alumine, MM. Frémy et Feil font chauffer pendant longtemps un mélange d’aluminate de plomb et de silice. Le mélange doit être tenu au rouge pendant une vingtaine de jours. Sous l’action de la chaleur, l’alumine se dégage peu à peu de sa combinaison plombique et se cristallise. On obtient ainsi du corindon incolore; mais si l’on a introduit dans le mélange 2 ou 3 centièmes de bichromate de potassium, le produit acquiert la couleur du rubis, et les cristaux sont de vrais rubis orientaux. Avec un peu d’oxyde de cobalt, c’est le saphir que l’on obtient, avec une teinte bleue plus ou moins foncée, selon la quantité d’oxyde de cobalt introduite dans le mélange. Ces merveilleuses reproductions de pierres précieuses sont d’une rigoureuse exactitude, comme densité, dureté, éclat, couleur, de même que par leurs propriétés optiques et cristallographiques.
- Nous terminerons en disant que MM. Frémy et Feil ont généreusement déclaré qu’ils mettaient leur procédé dans le domaine public, et qu’ils seraient heureux d’apprendre que l’industrie en ait pu tirer un parti avantageux.
- Fabrication des verres dépolis ou opalisés, façon mousseline.
- On sait les usages nombreux des verres dépolis ou opalisés dans l’art de construire. Plusieurs moyens ont été proposés pour enlever au verre à vitre sa transparence caractéristique, nuisible dans un certain nombre de cas.
- 1° Appliquer un corps gras insoluble au moyen d’un pinceau sur une des faces du verre, après avoir incorporé dans ce dissolvant une quantité convenable d’un corps blanc ou coloré, plus ou moins opaque, craie, albâtre, sulfate de baryte, céruse, etc.
- 2° Altérer par l’acide fluorhydrique ou les fluorhydrates, la surface du verre pour la rendre mate.
- 3° Fixer sur la feuille de verre une couche plus ou moins épaisse d’un corps vitrifiable en poudre, verre, émail, grisaille, et soumettre à des températures relativement basses capables de déterminer l’adhérence sans produire la déformation du verre.
- 4° User la surface du verre sur l’une des faces soit par frottement avec un corps dur, dans les mêmes conditions que celles employées pour le dressage du verre à vitres ou du verre k glace, sans atteindre le poli des miroirs, soit, ainsi qu’on l’a fait tout récemment, par projection de sable, animé d’une très-grande vitesse, sur la surface k dépolir.
- Tels sont les moyens généralement usités jusqu’k ce jour pour obtenir des verres dépolis dont l’usage est k peu près général dans un très-grand nombre de circonstances.
- On a fait mieux encore pour la décoration des boudoirs, vestibules, salles de bains, vérandas et autres pièces comportant un certain luxe. On a rem-
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- placé par des verres façon mousseline, uniformément colorés, ou à plusieurs couleurs, les verres dépolis, primitivement employés, obtenus par les procédés indiqués plus haut, unis ou à dessins variés.
- Il nous paraît intéressant de faire connaître les différents principes sur lesquels repose cette fabrication.
- 1° Après avoir nettoyé h sec la surface du verre, au moyen d’un chiffon très-propre et d’un peu de craie, s’il y a quelques parties qui ont été graissées par les mains des ouvriers, on y applique une première couche de couleur vitrifiable, verte, jaune ou bleue. Cette couleur, bien broyée, est étendue à consistance convenable avec un peu d’eau gommée; on régularise la surface avec un pinceau dans le sens de la largeur de la feuille d’abord, puis dans le sens de la longueur ensuite, puis on fait disparaître toutes les inégalités laissées par la brosse, et l’on fait sécher à une chaleur douce. Il faut éviter, si l’on est en hiver, que la couche étendue de la sorte vienne à geler, ce qui formerait des irrégularités en forme de fougères, apparaissant après la cuisson.
- 2° Quand toute l’eau s’est évaporée, on applique sur la feuille de verre un carton découpé ou une vignette à jour, et l'on frotte avec une brosse dure pour enlever la couleur pulvérulente et dénuder les parties qui doivent être transparentes.
- 3P Le verre est alors placé sur une surface plane qui doit recevoir un châssis sur lequel on tend soit un tulle, soit une mousseline unie, brodée ou brochée; s'il y a des parties brodées, on les met en concordance avec les ornements déjà formés par le pochoir, puis on passe dans la boîte à poussière.
- 4° Cette boîte est hermétiquement fermée : elle renferme à la partie inférieure, un réservoir dans lequel se trouve une certaine quantité de couleur blanche en poudre impalpable et parfaitement sèche. Au moyen d’un soufflet, on fait arriver dans cette caisse de l’air qui détermine un nuage, lequel se répand uniformément dans la boîte, et vient se déposer régulièrement sur la feuille de verre que l’on a glissée lentement dans le fond par une trappe réservée sur la face antérieure de la boîte. La poussière n’adhère pas au verre, elle se dépose tout aussi bien sur le verre que sur les trames qui constituent le tulle ou la mousseline. En enlevant le châssis avec précaution, on voit apparaître les dessins que la dentelle, le tulle ou la mousseline ont réservés.
- o° Pour fixer la couleur qui n’a pris aucune adhérence, on porte les feuilles dans une chambre où l’on injecte de la vapeur d’eau qui détrempe la gomme et fixe la poussière.
- 6° La cuisson s’opère alors dans des moufles en fer, de forme particulière, à parois latérales, inclinées du haut en bas et qui offrent de petites consoles sur lesquelles portent des plaques ou des planchers également en fer. On couvre ceux-ci de plâtre très-sec et plusieurs feuilles de verre y sont superposées. Les planchers, ainsi chargés, sont glissés sur les tasseaux qui les maintiennent dans le moufle.
- On peut, à l’aide de tours de mains particuliers, obtenir des dessins très-variés en déposant deux couleurs et plus, de façon à modifier les nuances par juxtapositions ou superpositions ; on fait usage de couleurs opaques ou transparentes, ou bien encore de couleurs obtenues par cémentation, telles que le jaune Jean-Cousin : il en résulte des effets remarquables surtout par leur bon marché.
- et d’un représentant de la chambre de commerce.
- Leurs rapports seront soumis aux commissions constituées par les art. 1er et 2e, qui les discuteront et dresseront ensuite le programme des améliorations des ports situés dans les régions correspondantes.
- Art. 6.
- Les rapports et documents à- l’appui produits par les diverses commissions seront soumis au Conseil général des ponts et chaussées, appelé à donner son avis sur l’ensemble de ces propositions.
- Art. 7.
- Le Ministre des travaux publics prendra l’avis du Ministre de la guerre, en ce qui concerne l’intérêt stratégique, sur le programme proposé par le conseil général des ponts et chaussées ; puis, après avoir arrêté ce programme, il le convertira en un projet de loi et le portera devant les Chambres, sans préjudice des décisions ultérieures que les pouvoirs compétents auront à prendre sur la déclaration d’utilité publique et sur les voies et moyens.
- Fait à Versailles, le 15 janvier 1878.
- Le Maréchal de Mac-Mahon, Duc de Macenta.
- Pour le Président de la République : Le*Minislre des Travaux publics,
- C. de Freycinet.
- EXPOSITION.
- La collection des Bernard de Palissy.
- Entre les diverses collections d’œuvres d’art que le public pourra étudier dans les galeries historiques du Trocadéro, on doit signaler spécialement la série des œuvres de Bernard de Palissy et de ses deux fils, qui continuèrent après lui sa fabrication.
- Il s'agit là d’une industrie tout à fait nationale : l’œuvre de terre et les rustiques figurines, qui ont joué un rôle important au xvie siècle et au commencement du xvue siècle, dans la décoration des édifices et dans l’ameublement intérieur.
- La production de Palissy est éminemment originale et si caractérisée dans ses détails que les plus habiles imitateurs de notre
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- temps ne réussissent que bien imparfaitement dans leurs reproductions.
- La direction historique de l’Exposition universelle attache un prix tout particulier à la formation de la collection dont nous parlons. Déjà elle a pu s’assurer de l’envoi d’un très-grand nombre de pièces; mais elle compte sur la bienveillance des amateurs de céramique pour arriver à former un ensemble exceptionnel. Avis donc à tous ceux qui possèdent des pièces isolées de l’œuvre des Pa-lissy; leurs offres seront acceptées avec empressement et gratitude.
- Décoration du palais dit Champ-de-Mars.
- Les travaux de décoration extérieure du palais du Champ-de-Mars sont commencés.
- Les deux artistes chargés de couvrir de faïences les pilastres des deux grandes façades, M Jean, côté de l’Ecole militaire, M. Parvillée, façade de la Seine, ont posé quelques plaques comme essai. L’effet a été excellent.
- Les plaques de M. Parvillée sont surtout remarquables par l’éclat et la solidité de leur émail. Cette décoration, du meilleur goût, aura certainement pour résultat de décider les architectes à appliquer la faïence aux constructions modernes.
- Les ascenseurs de l’Exposition.
- Peu de questions ont été étudiées avec plus de soin que la question des ascenseurs depuis 1867, et peu ont été plus perfectionnées.
- Ces ingénieux appareils, dont l’existence joue un rôle important dans nos constructions modernes, seront représentés en 1878 par plusieurs types correspondants à autant do procédés divers.
- Notons en premier lieu les deux grands ascenseurs qui prendront le public à son arrivée dans le palais du Trocadéro, l’enlèveront doucement et lui permettront d’admirer sans fatigue la vue splendide que l’on découvrira du haut des deux grandes tours carrées.
- Ces divers ascenseurs auront, nous assure-t-on, une grande puissance. Ils ont été l’objet de bien des discussions, de bien des pourparlers entre les constructeurs spéciaux et les architectes. Il avait été, en effet, décidé que les ingénieurs les établiraient à leurs
- Il y a là un véritable service rendu à l’art de la-verrerie et de nouveaux débouchés ouverts pour les architectes qui désirent concilier les besoins d’un certain luxe avec les exigences d’une économie raisonnée.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Chemin de fer transversal à air libre dans une rue de Paris, par M. Louis Heuzé.
- Nous avons déjà eu l’honneur d’entretenir nos lecteurs des difficultés que présente le tracé des voies ferrées parisiennes traversant la ville (1), et nous ne reviendrons pas sur les diverses considérations que nous avons développées relativement aux mouvements de la population et au peu de convenance d’un chemin de fer souterrain.
- Nous dirons seulement que l’administration, dans le projet de ce dernier tracé, avait conclu à l’établissement de cinq lignes passant sous les boulevards, sous les égouts et sous la Seine, pour aboutir à une gare centrale située à 7 mètres au-dessous du sol, dans les jardins du Palais-Royal.
- Les inconvénients de ce projet sont multiples : l’un des plus importants gît dans les épidémies que ne manquerait pas d’occasionner ce bouleversement général du sous-sol parisien. Le parcours sous les rues force à employer des circuits inutiles et des courbes de petits rayons, et enfin, la pire des objections à faire à ce tracé, c’est qu’il est inutile, et qu’il ne serait pas rémunérateur, et pourtant, les auteurs de ces propositions demandent une subvention de 106 millions.
- Il est visible, d’ailleurs, si l’on considère les différents courants de circulation qui traversent Paris, et les passages qu'ils ont à leur disposition, que, dans le sens de la longueur, les voies qui suivent avec facilité la vallée de la Seine à des altitudes variables, sont largement suffisantes.
- Elles sont, en effet, au nombre de neuf : les deux ceintures, les deux boulevards extérieurs, les deux intérieurs dont le boulevard Saint-Germain, la rue de Rivoli, les quais et la Seine, sur lesquelles circulent en grand nombre les omnibus, les tramways et les bateaux.
- Dans l’autre sens, au contraire, en raison des pentes souvent excessives, la ville n’est traversée, dans une longueur de 11.500 mètres, que par trois voies principales, les deux ceintures, très-éloignées, et le boulevard Sébastopol.
- C’est là ce qui conduit M. Eeu%ê à désirer un tracé transversal, pour multiplier les voies par le travers de la ville, car, on ne saurait trop le répéter, l’on a, dans le sens de la longueur, toute facilité de locomotion, mais, dans la largeur, il n’y a guère de praticable qu’une seule voie : le boulevard Sébastopol, très-fréquenté et souvent encombré, et l’on n’aurait pas dû penser à établir de tramways sur cette artère : encore moins des chemins de fer.
- Il faudrait donc couper Paris en travers par un chemin de fer, et la disposition
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. III, pages 16, 46, 63 et 76.
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- du tracé est indiquée par la nature du sol : vallée au centre, dont le sous-sol est inondé, coupé par des égouts et par la Seine, avec deux coteaux aux extrémités que l’on peut attaquer en tranchée, s’il en est besoin, car en raison des pentes, les égouts ne deviennent plus une difficulté.
- Le tracé serait donc établi en tranchée dans la partie haute et en élévation dans la partie basse; il aurait l’avantage de former un tout, une sorte de réseau complet, avec le plus rationnel des projets proposés jusqu’à présent, celui de M. Vauthier, qui tourne tout autour de Paris, sur les anciens boulevards extérieurs qui sont, presque partout, parfaitement disposés pour recevoir une voie centrale, et est ensuite recoupé par une voie longitudinale placée sur les quais. Le tracé transversal proposé par M. Heuzé viendrait heureusement compléter cet ensemble. Il ne passerait pas sur les boulevards de Strasbourg, Sébastopol et Saint-Michel, déjà si encombrés et qui ne pourraient le recevoir qu’en surélévation (ainsi que cela a déjà été proposé d’ailleurs), parce que cela détruirait le bel aspect de ces grandes voies, ruinerait les boutiquiers et abîmerait les arbres.
- Le chemin de fer transversal de M. Heuzé passerait sur Paris à une hauteur moyenne de 7 mètres, de la rue de Yaugirard à la rue Paradis-Poissonnière. Il entrerait en tranchée, au nord entre la rue de Paradis-Poissonnière et la rue de Chabrol, pour aboutir entre les gares du Nord et de l’Est, et au sud entre la rue de Yaugirard et le boulevard Montparnasse, pour arriver à la gare du même nom.
- La figure 17 montre l’aspect qu’aurait la voie transversale dans Paris. La rue proprement dite aurait 13 mètres de largeur, et elle aurait dans son axe un pont métallique longitudinal de 8 mètres de largeur, porté à 7 mètres de
- frais, se réservant de percevoir le prix des ascensions comme indemnité des travaux de pose et de construction; mais, depuis, des à-compte assez sérieux ont pourtant été obtenus de la Ville. Les réclamations des constructeurs n’en continuent pas moins. Aussi bien, ce n’est pas une petite affaire que des ascenseurs de cette taille à installer! C’est au point que plusieurs mois sont indispensables pour opérer la percée nécessaire à la pose de la tige, et qu’on devra presser extraordinairement le travail pour arriver à être prêt le 1er mai.
- Service des bateaux-omnibus, pendant l’Exposition.
- M. le Préfet de la Seine vient de soumettre à l’administration supérieure des propositions pour l’établissement de services spéciaux de transport par bateaux-omnibus et tramways pendant la durée de l’Exposition universelle de 1878.
- Fig. 16.
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- hauteur par des colonnes en fonte, de façon à laisser de chaque côté un espace libre de 2m,50, par lequel le jour et l’air arriveraient aux boutiques. Cette rue, d’ailleurs, ne comporterait aucune circulation de voitures; elle serait toute aux piétons auxquels le dessous du chemin de fer fournirait un promenoir couvert dont l'utilité, sur plus de 3 kilomètres, serait inappréciable, pour tous les passants de jour et dë nuit.
- Cette ligne suspendue a l’avantage de ne pas couper la circulation sur les grandes voies, telles que le boulevard Poissonnière, la rue de Rivoli, les quais, le boulevard Saint-Germain, la rue de Rennes; elle passe ces voies sur des ponts élégants, légers d’aspect, aussi élevés que les grandes arcades du Carrousel et que le viaduc du Point-du-Jour, et tout cela, avec des courbes insensibles, des pentes très-faibles, et une traction facile.
- Le pont continu serait créé dans des conditions de dimension et de solidité telles qu’il puisse servir au transit entre les grandes compagnies, même pour les trains les plus lourds. Mais, pour l’usage ordinaire et pour une traction rapide, les trains devraient être légers, car il ne faut pas perdre de vue que le parcours rationnel doit se faire à raison de deux minutes par kilomètre et d’une minute à peine pour les arrêts, comme au chemin d’Auteuil.
- Le tracé passerait entre les Halles centrales et la Halle au blé, où se construirait la gare centrale, sur un espace de 50 mètres de largeur sur 100 mètres de longueur, dont le dessous fournirait de vastes magasins débarcadères.
- Des lignes accessoires circulant toujours à 7 mètres de hauteur pourraient traverser les pavillons des Halles à la partie supérieure des voies couvertes qui relient les divers pavillons des Halles, ainsi qu’il est indiqué sur la figure 16.
- Le raccordement de l’hôtel des Postes, à l’angle de la rue Pagevin et de la rue Jean-Jacques Rousseau, se ferait de la même manière.
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- Un plancher dans la Halle au blé, porté sur des colonnes, permettrait d’y introduire les trains, de même que dans la cour de l’hôtel des Postes, les wagons pénétreraient à la hauteur du chemin de fer.
- [A suivre.)
- Traverses d'acier embouté, système Brunon frères.
- MM. Brunon frères, maîtres de forges à Rive-de-Gier, viennent de prendre un brevet pour la construction de traverses métalliques, en acier embouté.
- Le corps de la traverse en acier pèse 27 kilogrammes. Le rail, à patin ou à double champignon, y est fixé à l’aide de deux taquets en fer et d’un seul boulon coudé. Le poids total de la traverse, des deux boulons d’assemblage et des quatre taquets nécessaires pour fixer les rails de la voie est de 32 kilogrammes.
- Le montage de cette traverse est assez simple, et il présente cet avantage que, le relèvement des deux points d’appui, rejetant la traverse sous le ballast, la protège contre les déformations produites par les déraillements.
- Cinq cents traverses de ce système ont été commandées par la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée : elles sont, depuis le 1” août 1877, en service d’essai sur les voies de la gare de Rive-de-Gier.
- Les lignes télégraphiques en Chine.
- Nous avons eu l’occasion de parler, dans un temps, de la première voie ferrée bien courte, qui avait été construite en Chine, et voici que maintenant, l’on vient d’y établir une ligne télégraphique également très-courte, de l’arsenal de Tien-Tsin au palais du Gouvernement (10 kilomètres). Ces deux tentatives sont de nature à indiquer que le gouvernement chinois est désormais décidé à suivre ses voisins du Japon dans la voie des réformes administratives, et des améliorations pratiques.
- Il y a quelque temps déjà, qu’une compagnie étrangère, la Great-Nothern avait sollicité en vain l’autorisation de relier par un fil télégraphique les ports de Fou-Tchéou et d’Amoy. Aujourd’hui c’est le gouvernement lui-même qui a voulu se charger de la construction du télégraphe : les travaux ont été exécutés par le directeur et les élèves de l’Ecole des mines de Tien-Tsin.
- La population n’a pas fait la moindre résistance : les permissions nécessaires pour franchir les toits des maisons, ou pour établir des poteaux dans les cours des habitations ont été partout accordées sans récriminations. Le Péi-Ho est traversé au moyen d’un câble.
- Aussitôt cet ouvrage terminé, son heureux exécutant a été invité à se rendre, avec ses élèves, dans l’île Formose pour établir une ligne télégraphique sur la côte ouest de cette île. Enfin, il est aussi question d’établir une communication électrique entre Tien-Tsin et la ville de Paou-Ting-Fou.
- Don des habitants de Rio-Janeiro.
- Les habitants de Rio-Janeiro ont l’intention d’exposer au Champ-de-Mars une immense statue de bronze qui représente la France ayant à ses côtés deux génies, celui de la Liberté et celui de l’Esclavage; elle sourit au premier et repousse d’une main le second.
- Cette statue, qui ne mesure pas moins de cinq mètres de hauteur, est actuellement sur la grande place de Rio-Janeiro et doit très-prochainement être embarquée pour la France.
- Au bas, en lettres d’or, on lit l’inscription ci-dessous :
- A la France, les commerçants de Rio-Janeiro.
- Viennent ensuite les signatures de plus de cinq cents commerçants, gravées également en lettres d’or.
- Catalogue de la Norvège.
- Comme supplément au catalogue spécial des produits de la Norvège à l’Exposition universelle de 1878, AJ. le docteur O.-J. Broch, président de la Commission royale de Norvège, va publier une nouvelle édition, revue et augmentée, de son manuel statistique le Royaume de Norvège, ouvrage qui a déjà été présenté par son savant auteur au Congrès de Bruxelles en 1876.
- Le catalogue de la Norvège contiendra, en outre, des aperçus spéciaux sur les pêcheries du pays, sur l’histoire de sa littérature, sur les peintres et les sculpteurs nationaux, et sur la musique nationale. Ces ouvrages, écrits par les personnes les plus compétentes, offriront certainement un intérêt tout particulier.
- Exposition des résultats des engrais chimiques.
- M. Krantz a décidé qu’un emplacement serait mis, dans le parc du Trocadéro, à la disposition de M. Georges Ville, professeur au Muséum, afin de permettre à ce savant chimiste d’exposer le résultat de ses longues recherches sur les engrais chimiques.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 8. — 23 Février 1878. — XXXVIIIeAnnée. £c <Lccl)nèl0£ibte 87
- SOMMAIRE.
- Cinq procédés pour teindre les bois en noir. — Nouveau procédé pour le tannage des peaux, de M. Ch. Paesi. — Sur le tannage au moyen des sels métalliques : procédés Knapp. — Note sur l’outillage métallurgique, aux Etats-Unis, par M. Paul Régnard. — Chemin de fer transversal à air libre, dans une rue de Paris, par M. Louis Heuzé. — La dynamite employée à l’enfoncement des pieux et des pilotis.
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- IQUE.
- Service des falsifications, à Paris.
- Il était important que dans une ville comme Paris, qui renferme bien près de deux millions d’habitants, les services propres à prévenir, découvrir et punir les falsifications des denrées alimentaires et pharmaceutiques fussent organisés de la manière la plus sérieuse et la plus sûre. Et, en effet, la Préfecture de police a pris à tâche de préserver absolument, sur ce point, la santé publique et de défendre les consommateurs contre les manœuvres plus ou moins habiles de commerçants plus ingénieux qu’honnêtes.
- Nous avons pensé que ce sujet pouvait avoir quelqu’attrait pour nos lecteurs, et c’est avec la presque certitude de les intéresser que nous empruntons au Journal d'hygiène les détails qui suivent.
- Les substances qui font, à Paris, l’objet de la surveillance spéciale de la Préfecture de police peuvent se diviser comme suit : les comestibles, le lait et les boissons alcooliques. Chacune de ces matières relève de services spéciaux.
- 1° Comestibles.
- Le service des comestibles se compose de 20 inspecteurs placés sous les ordres d’un agent principal. Il s’exerce sur les denrées vendues sur la voie publique, aussi bien que sur les aliments cuits débités et mis en vente dans les établissements des traiteurs, des rôtisseurs, des fruitiers, etc. La surveillance des ustensiles de métal qui servent à la préparation des aliments est aussi comprise dans les attributions de l’inspection des comestibles.
- Le devoir des inspecteurs est de se rendre dans les halles et les marchés, chez les restaurateurs, les fruitiers, les crémiers, etc.,
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Cinq procédés pour teindre les bois en noir.
- La plupart des méthodes de teinture des bois en noir sont basées sur l’emploi de la décoction de bois de Campêche, plus ou moins additionnée de sels métalliques divers. Nous allons donner ci-après les recettes les plus employées, et nous terminerons par la description d’un procédé basé sur l’action du noir d’aniline.
- 1° Teinture au bois de Campêche à chaud.
- Faire cuire, dans 1000 à 1250 grammes d’eau, 250 grammes de bois de Campêche, ajouter 30 à 35 grammes de sulfate de cuivre, et décanter, après repos, la liqueur claire, dans laquelle on plonge à chaud le bois à noircir. On l’y laisse séjourner 24 heures, après lesquelles on l’expose à l’air afin de permettre l’oxydation de la matière colorante. Les pièces sont ensuite traitées par une solution chaude d’azotate de fer h 4° Baumé. Si alors, le bois n’était pas parfaitement noir, il faudrait le remettre quelques heures dans le premier bain.
- 2° Teinture au bois de Campêche à froid.
- Mélanger dans un vaisseau en cuivre, 5 kilogrammes de bois de Campêche râpé, 4 kilogrammes de noix d’Alep en poudre et 16 kilogrammes de vinaigre de bois. Après avoir laissé digérer pendant huit jours à découvert, en agitant souvent, on ajoute 5 kilogrammes d’eau, puis on évapore de façon à réduire à moitié, et l’on décante.
- L’on a, d’ailleurs, mélangé, dans un vase en terre, 1 kilogramme de limaille et 4 kilogrammes de vinaigre de bois : lorsque le liquide est arrivéj par évaporation spontanée, à marquer 13 h 14° Baumé, on décante, et on le mélange au premier en agitant; puis on laisse reposer et l’on décante de façon à obtenir une liqueur claire, dans laquelle il suffit de plonger les pièces à teindre pendant un temps d’autant plus long que le bois en est plus dur. On peut hâter l’action oxydante en ajoutant environ un gramme d’acide oxalique.
- Cette préparation se rapproche beaucoup de celle vendue très-cher sous le nom de teinture de Paris et qui s’obtient comme suit : dissoudre à l’eau chaude de l’extrait de bois de Campêche, de façon à marquer 10° Baumé, puis ajouter, pour 5 litres, 2 litres et demi de pyrolignite de fer à 11 degrés et 1 demi-litre d’acide acétique à 2 degrés. Chauffer un quart-d’heure, laisser reposer, décanter, et employer à froid.
- 3° Teinture des bois de placage.
- Cuire pendant une demi-heure les placages bruts dans une solution de soude caustique â 10 pour 100 et les y laisser séjourner 24 heures. Préparer, d’autre part, une solution de sulfate de fer à 3 pour 100 environ et y plonger, à 45°, les placages bien débarrassés de la soude par des lavages, et séchés après avoir séjourné 24 heures dans une solution chaude et concentrée de bois de Campêche. Ces placages ainsi préparés sont souples comme le cuir, et imitent le ton du plus bel ébène.
- 4° Teinture spéciale pour le chêne,
- Faire bouillir 1 kilogramme de bois de Campêche râpé avec 10 kilogrammes d’eau, filtrer sur une toile, réduire à moitié par évaporation ménagée et ajouter 10 à 15 gouttes d’une solution saturée d’indigo complètement neutre.
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- Nouveau procédé pour le tannage des peaux, de M. Ch. Paesi.
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- enfin dans tous les lieux où sont mises en vente des denrées alimentaires. Ils constatent l’état des denrées, saisissent celles qui leur paraissent avariées ou corrompues, et dressent, contre les détenteurs ou les vendeurs, des procès-verbaux qui sont transmis au tribunal correctionnel. Quand il y a des doutes, le Conseil d’hygiène et de salubrité est consulté : c’est ce qui arrive, par exemple, pour les viandes conservées, les chocolats, le pain, le beurre, les cafés, etc.
- Ce service est très-actif. Pour donner une idée des résultats qu’il produit, il nous suffira de rappeler que pendant l’année 1876, le nombre des visites d’établissements consacrés au commerce des denrées alimentaires a dépassé 79.000. On a pratiqué 4.236 saisies, et il a été dressé 52 procès-verbaux pour mise en vente de denrées corrompues : près de 30.000 ustensiles en cuivre ont été envoyés d’office à l’étamage.
- Les inspecteurs des poids et mesures prêtent un concours actif à leurs collègues du service alimentaire, et fréquemment il leur arrive de saisir des denrées suspectes et de les transmettre, à fin d’analyse, à la Préfecture de police.
- La viande de boucherie est l’objet d’une surveillance à part. Des agents spéciaux ayant
- Tout le monde sait que les peaux d’animaux soumises aux opérations du tannage sont transformées en une substance souple et imputrescible appelée cuir. Cette transformation est opérée chimiquement par la combinaison d’une substance antiseptique avec la matière organique des peaux. La substance la plus communément employée, chez nous à cet usage, est l’écorce du chêne ; mais, on peut employer aussi bien toute autre écorce contenant du tannin : l’écorce de bouleau, dont on se sert pour la préparation des cuirs de Russie, doit également au tannin son action antiputride. Aux Etats-Unis, on substitue fréquemment à l’écorce de chêne l’écorce d'une polygonée indigène (Poly-gonurn amphibium) qui contient une proportion supérieure d’acide tannique, et certains tanneurs des Antilles françaises qui ont essayé l’emploi, pour le tannage, des écorces de pois doux (Inga dulcis), s’en sont fort bien trouvés. Mais, si le tannin est un excellent antiseptique, ce n’est pas un désinfectant sans reproche, et nos méthodes habituelles de tannage ne constituent pas une industrie absolument innocente pour les ouvriers qu’elle occupe. Or, il paraît qu’un nouveau procédé de tannage, dû à un chimiste italien, M. Charles Paesi, supprimerait à la fois tous les inconvénients.
- Dans le procédé de M. Paesi, le tannin est remplacé par le perchlorure de fer, mêlé en proportion convenable avec une solution de sel marin. Cette méthode aurait de plus l’inappréciable avantage d’abréger considérablement la durée des opérations, tout en supprimant toute espèce d’infection.
- Enfin, les peaux ainsi traitées seraient, dès le début,incapables de communiquer aux ouvriers les maladies virulentes auxquelles on les accuse, non sans raison, de donner quelquefois naissance.
- le titre d’inspecteurs de la boucherie, sont chargés de vérifier dans les marchés aux bestiaux, dans les abattoirs, à la criée des viandes, dans les boucheries de cheval, sur les marchés de détail et dans les établissements particuliers, la nature et l’espèce des viandes exposées en vente. Ces agents sont choisis au concours parmi les vétérinaires et les personnes qui, ayant pratiqué le commerce de la viande, possèdent des connaissances techniques indispensables. On peut évaluer à •150.000 kilogrammes par année les saisies de viandes insalubres faites par les inspecteurs de la boucherie.
- Nous ajouterons que le Conseil d’hygiène a proposé récemment à M. le Préfet de police sur l’initiative de M. Pasteur, de munir quelques inspecteurs de la boucherie de microscopes, pour leur permettre de mieux reconnaître les viandes charbonneuses. L’affaire est en ce moment à l’étude. Enfin un médecin est chargé, par la Préfecture de police, d’inspecter les champignons vendus sur les marchés.
- 2° Lait.
- La Préfecture de police s'est depuis longtemps préoccupée de rechercher les moyens
- Préparer, d’autre part, les pièces de chêne, en les faisant séjourner 48 heures dans une solution d’alun saturée à chaud, et les plongeant ensuite dans une décoction de bois de Campêche. Les arroser alors avec la liqueur ci-dessus indiquée et les frotter avec un chiffon mouillé d’une solution à chaud d’acétate de cuivre dans l’acide acétique concentré. Si l’opération est convenablement menée et poussée assez loin, le bois de chêne deviendra aussi beau que le véritable ébène.
- 5° Teinture des bois par le noir d'aniline.
- M. Lauth indique un procédé pour teindre les bois en noir au moyen des sels d’aniline.
- Faire une solution de 50 grammes d’aniline dans 100 grammes d’acide chlorhydrique et 1000 grammes d’eau, puis y plonger le bois qui a été préalablement traité par un manganate ou un permanganate alcalin. On peut aussi préparer le bois comme suit : plonger dans une solution concentrée d’un sel de manganèse, sécher, et mettre dans un bain alcalin. L’oxyde de manganèse est ainsi mis en liberté dans les pores du bois où on le transforme en peroxyde de manganèse, par l’action d’un bain de chlorure de chaux, ou par simple oxydation à l’air libre.
- Dans tous les cas, le bois a une teinte verdâtre que l’on peut pousser au noir en lavant avec une solution de savon alcalin, ou de bichromate de potassium.
- (.Allgemeine Chemischen-Zeitung.)
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- de constater d’une manière exacte les falsifications du lait, afin d’arriver à une répression efficace des fraudes qui se commettent presque couramment dans cette branche importante du commerce parisien.
- En 18o8, le Conseil d’hygiène publique et de. salubrité du département de la Seine émit l’avis que la science est suffisamment fixée sur la composition du lait pur, et sur les variations que cette composition peut éprouver suivant les saisons, et que l’analyse chimique était dès lors l’unique moyen à employer pour constater les fraudes dont cet aliment aurait été l’objet, aucun instrument n’étant capable d’indiquer à lui seul et directement, si du lait estpurou s’il a été plus ou moins falsifié.
- La surveillance et la répression de la sophistication du lait appartiennent aux Commissaires de police, conformément aux instructions adressées à ces magistrats par le Préfet de police, dans la circulaire du 19 novembre 1871.
- A certains jours qui leur sont fixés par l’administration, ces fonctionnaires se rendent chez les marchands, nourrisseurs et crémiers établis dans leurs quartiers respectifs : ils prélèvent chez chacun deux ou trois échantillons de qualités ou de provenances différentes. Il importe que ces prélèvements soient opérés le jour indiqué par l’administration, et le matin de bonne heure, la vente de cette denrée étant généralement terminée avant neuf heures. Les commissaires de police des gares de chemin de fer sont également chargés d’opérer des prélèvements au moment des arrivages.
- Les échantillons doivent être renfermés dans des bouteilles en verre, neuves autant que possible, ou tout au moins parfaitement nettoyées et séchées : elles sont ensuite scellées et étiquetées avec soin. Le Commissaire de police dresse un procès-verbal pour chaque opération.
- Les échantillons sont envoyés le jour même avant dix heures du matin, avec une note explicative, au Conservatoire des Arts-et-Métiers, où ils sont analysés par des experts chimistes, sous la haute direction de MM. Boussinyault et Boudet.
- Un seul des échantillons est soumis immédiatement à l’analyse ; le second est conservé pour le cas où une contre-expertise serait demandée.
- Quant aux procès-verbaux d’opérations, ds sont immédiatement adressés à la Préfecture de police, et accompagnés d’une note des frais déboursés.
- Sur le tannage au moyen des sels métàlliques : procédés Knapp.
- Le nom du professeur Knapp, de Brunswick, est bien connu de toutes les personnes qui s’occupent de cuirs et de tannerie : il n’a pas inventé les moyens de tanner le cuir en se passant absolument du tannin, mais il les a, en tout cas, notablement perfectionnés et rendus très-pratiques, ainsi que nous l’explique le savant docteur Foll, directeur de la station d’expériences chimico-techniques pour l’industrie des cuirs, à Berlin.
- En principe, le procédé qu’il préconise consiste à placer la peau, qui a subi les opérations préparatoires ordinaires, dans un bain de sel d’oxyde de fer. Puis, lorsqu’elle en a absorbé une certaine quantité, on la traite par le savon en dissolution, de manière que l’oxyde de fer demeure fixé dans le cuir fabriqué, sous la forme d’un savon d’ôxyde de fer insoluble.
- Cette opération peut se faire de différentes manières. Ou la peau séjourne pendant quelque temps dans la dissolution de fer, jusqu’à ce qu’elle ait absorbé la quantité maximum qu'elle est à même de renfermer, pour être traitée ensuite par la dissolution de savon, ou bien on répète ces deux opérations alternativement, ce qui peut se faire au moyen de machines, et cela jusqu’à la complète saturation du cuir.
- C’est ainsi que le docteur Foll avait préparé des cuirs en grand, en 1875 : un cuir de bœuf préparé à la chaux, puis dépilé, fut mis dans une dissolution d'acétate de protoxyde de fer très-délayée (à environ 3 à 4 degrés Baumé), à laquelle on avait ajouté du sel de cuisine, et agité de temps à autre; tous les jours, ce bain fut un peu restauré. Au bout de cinq jours, le cuir était complètement pénétré de sel d’oxyde de fer, dont il avait absorbé et condensé une très-grande quantité.
- Le cuir fabriqué de cette façon et séché aussitôt avait une fleur cassante. Mais si on le mettait, ce qui eut lieu plus lard, dans une dissolution claire de savon, il restait souple après le séchage et montrait alors toutes les propriétés extérieures du cuir ordinaire, sauf pour la couleur, qui ôtait tout à fait particulière.
- Le docteur Foll fai-t remarquer, avec juste raison, que la couleur ne signifie pas grand chose, surtout pour le cuir à chaussures. « D’ailleurs, dit-il, la pré-« paration ordinaire au moyen du tannin ne change pas la nature fondamen-« taie du cuir, et il n’y a pas combinaison des éléments du cuir avec la « matière tannante. Dans le tannage au fer, au contraire, il y a une véritable « combinaison. »
- « Enfin, ajoute le docteur Foll, je me suis fait faire avec des veaux, qui, par « ce procédé, avaient été tannés en deux jours, une paire de bottes d’une « durée illimitée, et qui sont toujours restées aussi fermes et imperméables « quant à la semelle, que souples quant à l’empeigne. »
- Voilà donc un procédé parfait, qui donne des cuirs excellents.
- Hé bien, pas du tout! M. Müntz, au rebours de ce que nous dit M. Foll, prétend prouver que les matières tannantes végétales peuvent seules former, avec les peaux, un cuir normal, c’est-à-dire une combinaison imputrescible. Quant au cuir tanné par les sels de fer et le savon, il ne saurait, dans aucun cas, passer pour une combinaison, et M. Müntz le traite dédaigneusement de succédané du cuir normal. L’expression n’est pas flatteuse pour M. Foll, et est de nature à retrancher beaucoup de l’admiration que le lecteur pourrait avoir pour les bottes ci-dessus mentionnées.
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- Néanmoins, M. Müntz ne condamne pas absolument le tannage métallique. « Je crois, dit-il, que les essais que l’on fera dans celte direction n’auront a d’avenir que si l’on cherche à combiner les oxydes métalliques avec le tissu « de la peau. Si cette combinaison n’est pas possible, il faudra employer ce « que l’industrie de la teinture appelle des mordants, c’est-à-dire les sub-« stances capables de servir d’intermédiaires à la combinaison. Les personnes € qui ont quelque notion de la teinture comprendront facilement ma pensée, cr d’autant plus que la teinture et le tannage sont des opérations qui ont bien « des analogies. »
- « Je ne crois donc pas que M. Knapp ait résolu le problème du tannage par « les sels métalliques; mais le jugement définitif sera prononcé par les con-« sommateurs, les juges les plus compétents. »
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Note sur l’outillage métallurgique, aux Etats-Unis, par M. Paul Regnard.
- La production toujours croissante des usines sidérurgiques américaines, est due, pour une bonne part, au système protecteur et aux richesses admirables en minerais et en combustible des principaux Étals et notamment, de la Pen-sylvanie, de l’Ohio et de la région des Lacs. Elle permet d’entrevoir dans un avenir peu éloigné le jour où cette production dépassera celle de l’Angleterre, aujourd’hui encore la plus forte du monde entier.
- Cette augmentation dans la production suit une marche si rapide, que l’emploi de la fonte a plus que doublé en dix ans, tandis que son prix est descendu de 230 à 103 francs la tonne. A l’heure actuelle, la capacité de production des hauts-fourneaux américains, serait, d’après les documents publiés aux États-Unis, de 5.400.000 tonnes, soit environ le double de la production effective de 1875. La production du fer, en 1875, a été de 1.900.000 tonnes environ. Enfin, l’acier Bessemer, dont la fabrication débutait en Amérique par 2.500 tonnes en 1867, a suivi une progression incroyable, plus rapide même, qu’en Angleterre, puisqu’on en fabriquait déjà 94.000 tonnes en 1872, 145.000 en 1874, et 290.000 en 1875, tandis que le prix subissait une réduction énorme.
- De tels progrès dans la production ne s’accomplissent pas sans apporter aux appareils et aux procédés de fabrication quelques perfectionnements ; certains de ceux-ci ont pour but d’augmenter la puissance de production des appareils employés, mais le plus grand nombre visent surtout à réduire autant que possible la main-d’œuvre. Il va sans dire que ce qui peut avoir sa raison d’être dans tel ou tel pays peut avoir une bien moins grande utilité dans un autre.
- k Les hauts-fourneaux au bois sont encore nombreux en Amérique; alimentés par des minerais très-purs, ils fournissent des fontes de qualité exceptionnelle, Les hauts-fourneaux à la houille, à l’anthracite notamment, présentent des consommations assez élevées de combustible ; les appareils à chauffer le vent sont encore presque partout des appareils en fonte, mais, pourtant, on a commencé depuis deux ans à installer des appareils Siemens.
- Dès que les résultats des analyses sont connus, la préfecture de police transmet, s’il y a lieu, les procès-verbaux au parquet qui poursuit judiciairement.
- En ce qui concerne les affaires qui ne sont pas susceptibles de poursuites, les notes des frais sont renvoyées au commissaire de police, auteur du procès-verbal, pour être converties en bons de frais administratifs, qui sont ensuite remboursés par la caisse de la Préfecture de police.
- 3° Boissons alcooliques.
- Avant 1876, le service préventif des boissons était organisé de la façon suivante.
- La ville de Paris était divisée en dix circonscriptions comprenant chacune deux arrondissements. Dans chaque circonscription, un dégustateur de première classe et un de deuxième classe, surveillaient la qualité des boissons chez les marchands de vin, les limonadiers, les restaurateurs, les crémiers et les autres débitants. Il y avait en outre un service central composé de huit dégustateurs et divisé en deux sections. Le personnel de ce service central était chargé de la visite des cantines dans les casernes et dans les prisons, de la surveillance du débit des boissons dans les fêtes publiques, de la recherche des fabriques clandestines, de l’inspection des liquides à l’entrepôt des vins et dans les magasins de vente en gros ainsi que de celle des établissements particulièrement signalés comme vendant des boissons suspectes.
- Tout ce qui, dans le commerce des liquides, peut intéresser la santé publique, rentrait dans les attributions des dégustateurs : la falsification des boissons par addition d’eau ou de tout autre liquide, leur insalubrité provenant, soit de la corruption, soit de mixtions nuisibles, et aussi l’usage de comptoirs, de vases, ou d’ustensiles de divers métaux, dont l’emploi est prescrit par ordonnances de police.
- Au mois de décembre 1875, M. Léon Renault, alors préfet de police, décida que le service de la dégustation, tel qu’il avait été précédemment organisé, serait supprimé, et qu’à partir du 1er janvier suivant, il serait procédé pour la recherche des falsifications des vins et autres boissons alcooliques ou fermentées, suivant la marche adoptée pour le lait.
- Depuis cette époque, les commissaires de police sont donc chargés de prélever chez les débitants, des échantillons des boissons mi-
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- ses en vente, de même qu’ils le faisaient déjà pour le lait.
- Tous les trois jours des échantillons sont levés chez cinq négociants ou débitants de chaque quartier, et renfermés dans des bouteilles de verre neuves, ou tout au moins parfaitement nettoyées et séchées, avec procès-verbal à l’appui.
- Les procès-verbaux sont ensuite transmis directement, et le jour même de l’opération, à la Préfecture de police. Quant aux échantillons, au lieu d’être envoyés, comme ceux prélevés pour le lait, au Conservatoire des Arts-et-Mé tiers, ils sont portés à des experts nommés par la Préfecture de police, et placés sous les ordres d’un dégustateur, chef du service d’expertise. Ils apprécient la qualité des vins soumis à leur examen, et signalent à l’Administration ceux qui leur paraissent suspects de falsification, et cela sans connaître leur provenance, car les bouteilles contenant les échantillons ne portent qu’un simple numéro d’ordre, qui est reproduit dans le procès-verbal envoyé au bureau d’attributions, à la Préfecture. C’est donc seulement en se reportant au procès-verbal que l’on découvre le nom du débitant chez lequel le vin suspecté a été prélevé. Cette précaution suffit pour que les dégustateurs ne puissent pas être accusés de partialité.
- De même que pour les prélèvements de lait, la Préfecture de police transmet au parquet les procès-verbaux qui donnent lieu à des poursuites judiciaires.
- Enfin, le Conseil municipal de la ville de Paris, qui attache une importance toute particulière aux services que ce mode de dégustation est appelé à rendre à la santé publique, étudie en ce moment un projet qui consisterait à établir à la Préfecture de police un laboratoire où l’on pourrait contrôler et corroborer, au besoin, les appréciations des dégustateurs.
- STATISTIQUE.
- Statistique des exposants suisses.
- La Suisse sera représentée à l’Exposition de Paris par 1.018 exposants. Les exposants se répartissent entre les cantons comme suit :
- Genève, 220; Zurich, 184; Berne, 117; Neufchâtel, 101; Yaud, 97; Bâle-ville, 58; Saint-Gall, 45; Argovie, 43; Lucerne, 11; Schaffouse, 21; Fribourg, 12; Grisons, 11;
- On rencontre des machines soufflantes de tous les types, ainsi que des monte-charges : les plus employés sont de simples treuils à vapeur. On fait aussi usage du monte-charge pneumatique, employant la pression de l’air des conduites de vent. Une particularité à noter consiste dans la disposition de certains appareils de chargement, les cup and cône, recouverts d’une sorte de cloche conique, portant trois ouvertures, par lesquelles on verse les brouettes ou wagonnets portant le coke, le minerai et la castine. Un second cône, portant les mêmes ouvertures, s’emboîte sur celui dont il vient d’être parlé, et peut prendre un mouvemenj, de rotation autour de l’axe vertical, de sorte qu’il suffit de lui faire faire un sixième de tour pour faire correspondre les ouvertures des deux cônes et procéder au chargement, la manœuvre inverse venant masquer ces ouvertures. Ces manœuvres, ainsi que celle du balancier supportant le cup and cône, sont commandées par des cylindres à vapeur ou à pression hydraulique. Cette disposition, connue sous le nom de Weimer, paraît donner une excellente fermeture (1).
- Les cubilots sont montés sur colonnes et formés d’une chemise en fonte à nervures horizontales servant de points d’appui aux assises de la garniture, ordinairement maçonnée de briques. Dans certains ateliers de fonderie, il y a, devant le cubilot, une grande poche à tourillons, actionnée par un cylindre et une crémaillère, comme les convertisseurs Bessemer. Dans cette poche s’emmagasine la fonte venant du cubilot, que l’on verse ensuite dans les poches de coulée, portées à bras ou à la grue ; ce versage se fait par un trou rond dans la paroi, et non par un bec, ce qui évite absolument tout entraînement décrassé avec la fonte. L’emploi de petites grues hydrauliques, d’un type spécial fabriqué par Setters, le grand constructeur de Philadelphie, facilite la coulée des pièces de poids moyen.
- Les fonderies d’acier, assez nombreuses, à Pittsburgh surtout, n’emploient guère que des fours à creusets. Une usine des environs de Philadelphie emploie cependant des fours à fondre sur sole, l’un du système Martin-Siemens, l’autre du système Sellers.
- La fabrication du fer au four à puddler n’a pas paru présenter à M. Regnard de particularités notables, sauf le chauffage au gaz de pétrole, usité dans une usine de Pittsburgh. Au lieu du marteau-pilon, on emploie généralement, en Amérique, pour le cinglage des loupes, le squeezer à axe vertical, composé d’une came cannelée, excentrée, tournant dans un tambour. Une installation de fours Banks, très-complète, mérite une mention spéciale. Elle se compose d’une batterie de dix fours, rangés en fer à cheval, et desservis par un chemin de fer aérien, au moyen duquel les loupes sont portées au squeezer. Cet engin très-puissant est composé de deux cylindres horizontaux, légèrement cannelés, tournant dans un même sens, et d’une came supérieure, tournant en sens contraire, pour rouler la loupe en l’allongeant en un cylindre de 20 centimètres environ de diamètre sur lm,50 de longueur.
- Cet outil-est complété par un marteau-pilon à axe horizontal, qui refoule la tête du bloom pendant l’opération même du serrage produit par la came et les deux rouleaux cannelés. Au sortir de ce squeezer, le bloom est enlevé par une trappe que commande un cylindre à vapeur, et va rouler sur le tablier conducteur d’un train universel réversible, où, sans réchauffage, il se lamine, pour ainsi dire, tout seul. La machine motrice de ce train est une machine-pilon, à deux cylindres, assez analogue à une machine marine; elle est h coulisse de changement de marche. Le tablier, de chaque côté du train, se
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, 1.1, page 265.
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- compose d’une série de rouleaux, compris entre deux flasques latérales, et qui participent au mouvement des cylindres du laminoir, de sorte que la pièce vient d’elle-même s’engager entre les cylindres à chaque changement de marche.
- Le travail des tôles se fait, dans cette usine, avec des laminoirs à trois cylindres du système Lauth, trop connus en Europe pour qu’il soit utile de les décrire ici. Comme qualité, le fer produit ne laisse rien à désirer. M. Regnard possède des échantillons de ce fer laminé à une épaisseur de un douze-millième de pouce; il y en avait même à l’Exposition de Philadelphie atteignant un dix-huit-millième de pouce. Cette malléabilité semble un indice certain d’une pureté et d’une homogénéité remarquables du métal. La plupart des laminoirs sont munis d’une boîte de sûreté, sorte de cloche en fonte interposée entre les vis de serrage et les coussinets. Ces boîtes présentent une fente ou fenêtre qui sert, par le moyen de clavettes d’acier chassées à la masse, à les briser, en cas d’accident empêchant le desserrage des vis.
- Les trains de laminoirs dits réversibles sont aujourd hui d’un usage général; il existe un grand nombre de dispositifs pour renverser le mouvement, soit de la machine motrice, comme à Seraing et aux usines de.MM. de Wen-del, soit du train, au moyen d’embrayages à friction ou à manchons. Une disposition particulière, qui n’est pas sans analogie avec le manchon d’embrayage de M. Pouyer-Quertier, est employée à renverser la marche du train dans les usines de l'Union Iron-Mill.
- Elle consiste dans un dispositif de cinq roues d’engrenage et de deux anneaux de friction, contre lesquels viennent s’appuyer des secteurs, qui se rapprochent ou s’éloignent de l’axe par le mouvement de trois vis à deux filetages, mues par des manivelles et des bielles qui vont toutes prendre leur point d’attache sur un manchon de commande, coulissant sur l’arbre au moyen d’un levier manœuvré par un cylindre à vapeur. Les moyens mécaniques de transport des paquets, des fers finis, etc., sont très-couramment employés.
- La plupart des machinés à vapeur sont à distribution par soupapes. Un engin peu connu en Europe, croyons-nous, ou tout au moins peu employé, est la scie sans dents, qui coupe le fer à froid (1). Elle se compose d’un disque en acier doux (soft steel) de près de 1 mètre de diamètre et de 3 à 4 millimètres d’épaisseur, tournant à la vitesse de 2.000 tours, et contre lequel on présente, portées par un chariot bien guidé et avançant au moyen d’une vis, les pièces à couper, barres, cornières, fers à plancher, etc. Le métal rougit et s’émiette en millions d’étincelles sous l’intensité de la chaleur produite par le frottement, tandis que la lame s’échauffe fort peu, ce qui peut être dû en partie au refroidissement qu’elle reçoit de l’air en fonctionnant, pour ainsi dire, comme un ventilateur sans ailettes, et surtout à ce que la masse de métal mise en contact dans un temps donné représente au point attaqué une masse bien plus considérable du côté de la lame que de celui de la pièce à couper. M. Reguard possède un copeau qu’il a recueilli dans l’opération du sciage d’un fer à T, et qui présente une structure particulière. L’ôchauffc-ment est tel que le métal est en grande partie brûlé, et ce copeau a la couleur des battitures, avec l’aspect d’une multitude de paillettes s’imbriquant les unes dans les autres.
- (.Extrait des bulletins de la Société des Ingénieurs civils.)
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. II, page 327.
- Tessin, 11 ; Zug, 11 ; Schwytz, 10; Thurgo-vie, 9; Soleure, 8; Glaris, 7 ; Valais, 3; Ap-penzell Rh.-Int., 3; Appenzell Rh.-Ext., 2; Bâle-Campagne, 2 ; Uri, 2. Le canton d’Urn terwald est le seul qui ne participera pas à l’Exposition.
- La nourriture des Parisiens.
- Les amateurs de statistique trouveront quelque intérêt dans les chiffres suivants, qui traduisent avec une précision mathématique l’effroyable consommation de victuailles et de liquides que Paris fait au cours d’une année. Ces chiffres sont extraits de la dernière statistique municipale publiée par les ordres de M. le Préfet de la Seine.
- En J877, Paris a mangé 20.788.859 kilogrammes de volailles et de gibier, dont le prix moyen a dépassé de 14 centimes celui de l’année précédente.
- La consommation de la viande de boucherie s’est élevée au chiffre respectable de 133.325.535 kilogrammes, celle de la charcuterie à 19.871.001 kilogrammes; les prix moyens se sont élevés de quelques centimes encore.
- On a vendu aux Halles 23.380.664 kilogrammes de poissons. Le prix moyen s’est abaissé de 1 centime. Il est entré 2.660.855 kilogrammes d’huîtres.
- Le œufs se comptent par 14.979.114 kilogrammes; le cours ne s’en est pas sensiblement modifié.
- Le prix du beurre a donné, sur le marché de vente à la criée des Halles, la moyenne de 3 fr. 31 au lieu de 3 fr. 14; la quantité introduite a été de 14.401.249 kilogrammes.
- Le prix moyen des pommes de terre a été de 2 centimes inférieur à celui de l’année précédente.
- Pour arroser ces formidables provisions, il est entré 4.343.137 hectolitres de vins en cercle, 106.540 hectolitres d’alcool pur et de liqueurs, 89.947 hectolit. de cidre et 206.481 hectolitres de bière.
- La consommation d'eau de Paris.
- Le dernier Bulletin de statistique municipale établit que la consommation d’eau potable à Paris s’élevait, tant pour l’alimentation que pour les services municipaux, à un demi-milliard de litres par jour, correspondant par chaque habitant à une moyenne de 250 litres. A côté de ce chiffre, destiné en-
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- N° 8. — 23 Février 1878. — XXXVIIIe Année. £( 63
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Chemin de fer transversal à air libre dans une rue de Paris, par M. Louis Heuzé.
- [Suite et fin.)
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- £c ttedjîtolojgijste
- N» 8. — 23 Février 1878. — XXXVIIIe Année.
- L’objection capitale, ditM. Heuzé lui-même, c’est le prix d’établissement. M. Heuzé pose ses chiffres : coût d’une part, revenu de l’autre, et après toutes ses évaluations qui nous semblent très-rationnelles, il arrive à une dépense totale de 83.335.000 francs, qui produiraient un revenu brut de 4.880.000 francs, soit près de 6 pour 100.
- M. Heuzé ajoute avec raison que la réalisation de son projet rendra plus de services et coûtera moins cher qu’un grand boulevard de 30 mètres de largeur, tout en offrant sur la voie suspendue une circulation de voitures plus active, et en bas 13 mètres de largeur, dont 8 mètres à couvert pour les piétons, avec une sécurité complète.
- Il ne faut pas oublier que la circulation transversale de Paris manque de moyens suffisants d’exécution et que toute voie nouvelle sera immédiatement encombrée : un chemin de fer seul peut, par sa rapidité spéciale, combler cette lacune. Un tramway ne remplirait pas ce but, car par la force même des choses il fonctionnera fatalement sur une voie encombrée de piétons et d’autres voitures. Sur le boulevard de Sébastopol, par exemple, où la circulation est considérable, l’établissement d’un tramway peut être regardé comme déplorable à tous les points de vue.
- A part qu’il supprime toute cause d’accidents de voitures et qu’il donne une sécurité complète aux piétons, le chemin de fer transversal, loin de nuire à. l’aspect des voies qu’il traverserait, aurait au contraire ce précieux avantage de pouvoir fournir des motifs décoratifs très-convenables, ainsi que l’on en peut juger par la figure 18 qui représente le passage du chemin de fer suspendu sur les grands boulevards, non loin de la porte Saint-Denis. En nous maintenant dans cet ordre d’idées, nous terminerons, comme M. Heuzé termine lui-même la brochure dont nous avons extrait ces renseignements, en citant un passage humoristique d’un mémoire de M. Vauthier sur le même sujet.
- « Et pendant que l’artiste développait ces riantes perspectives et les oppo-« sait aux voyages souterrains si favorables au spleen et aux fluxions de poi-« trine, un industriel qui se connaît en spéculations nous disait : vous verrez « que l’on commencera comme toujours, par la moins bonne solution, mais « vous verrez aussi qu’on en reviendra. Quant à moi, lorsque les souterrains « auront obtenu leur échec ou leur succès, je demanderai la concession d’un « chemin à ciel ouvert, et je ferai ma fortune là où le souterrain ruinera ses « actionnaires en asphyxiant ses clients. »
- La dynamite appliquée à renfoncement des pieux et des pilotis.
- Il peut arriver souvent dans les travaux, pour établir une passerelle, un poteau indicateur, etc., que l’on ait à enfoncer rapidement un pieu ou un pilotis, sans avoir à sa disposition le matériel nécessaire, sonnette ou mouton. Un moyen expéditif consiste à se servir de la dynamite. On place sur la tête du pieu une petite plaque ou disque en fonte d’assez forte épaisseur et on fait détonner une cartouche de dynamite sur sa face supérieure. Le choc imprimé au disque par la détonation agit verticalement du haut en bas sur la tête du pieu et l’oblige à s’enfoncer. Cette curieuse application de la dynamite est très-commode à pratiquer, nous en avons vu un essai qui a parfaitement réussi.
- core à s’accroître, il parait intéressant de rapprocher l’état de la consommation d’un seul jour en 1827, c’est-à-dire à cinquante années seulement de distance.
- A cette époque, l’alimentation de la ville s’opérait par quatre aqueducs : ceux de Romainville, de Belleville, de Ménilmontant et d’Arcueil ; trois pompes à feu, dont deux à Chaillot et au Gros-Caillou; la pompe du pont Notre-Dame et enfin le canal de l’Ourcq, dont le débit était loin d’avoir l’importance qu’il a acquise depuis.
- Voici' comment s’établissait la répartition : 50.000 voies, chacune de deux seaux, colportées par 500 tonneaux, 38.000 voies par 800 tonneaux à bras; 24.000 voies par 1.200 porteurs d’eau à bretelles; 25.000 voies par l’établissement des eaux clarifiées ; 45.000 voies dans les maisons, refoulées par les conduites d’eau des pompes à feu. Au total, 182.000 voies par jour. La voie correspondant à 23 litres, c’était un total de 4.186.000 litres, soit pour les 826.000 habitants d’alors, 5 litres d’eau. La distribution de l’eau s’opérait par 88 grandes fontaines et 130 bornes-fontaines.
- C’était tout un monde de porteurs d’eau, de voitures, il y a un demi-siècle, qu’il fallait pour alimenter Paris. Sur ce point, le progrès a été important.
- Statistique des portes et fenêtres en France.
- En 1822, on comptait en France 6.432.000 maisons et usines ayant au total 33.949.468 ouvertures, dit le Journal officiel. C’est une moyenne de‘5,28 ouvertures par maison. En 1876, le nombre des bâtiments imposables s’élève à 8.630.182 et l’on constate que ces bâtiments s’ouvrent par 58.475.733 portes ou fenêtres, c’est-à-dire, 6,77 ouvertures pour chaque édifice. Les départements qui comptent le plus de constructions sont ceux du Nord (293.014), de la Seine - Inférieure (183.329), de la Gironde (183.387) et du Pas-de-Calais (174.730); mais la proportion du nombre des ouvertures n’est pas la même. C’est le département de la Seine qui en compte le plus (35,85 en moyenne par maison). Viennent ensuite le Rhône (11,07) et les Bouches-du-Rhône (10,59). Le département le moins favorisé est celui des Côtes-du-Nord : on n’y compte que 3,77 ouvertures par maison.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Mémoire sur le chauffage des wagons de chemins de fer, par le procédé Regray. — Carburation du gaz d’éclairage, au moyen de l'huile de pin, par M. Charavel. — Récolte et préparation de l'amadou, par M. Valyn. — Sur le verre irisé. — Note sur la constitution moléculaire du verre trempé et des corps trempés en général, par M. Léger. — Falsification du thé, en Angleterre. — Fabrication du sucre de lait, en Suisse. — Falsification des cigares de la Havane. — Machine à coudre les chapeaux de paille, de M. Légat. — Considérations sur l’hygiène des écoles, par M. Lesgaft. — Arrivée à Londres de l'Aiguille de Cléopâtre.
- CHRONIQUE.
- Nouveaux procédés d'inhumation.
- Nous devons demander pardon à nos lecteurs du peu de gaîté de notre sujet; mais par ces temps de grosses agglomérations de population, et alors que l’on ne parle de rien moins que de créer à Méry-sur-Oise une immense nécropole desservie par un chemin de fer spécial, il y a peut-être un certain intérêt à étudier des procédés qui, sans modifier profondément le cours ordinaire des cérémonies funèbres, peuvent du moins donner une certaine quiétude aux hygiénistes et rassurer les vivants contre l’infection cadavérique et les maladies qu’elle peut entraîner à sa suite.
- L’insuffisance, au point de vue sanitaire, de nos cimetières actuels, est en effet, aujourd’hui à peu près universellement reconnue, et chaque jour on se préoccupe davantage de substituer à l’inhumation pure et simple des cadavres humains, des procédés plus conformes aux règles de l’hygiène. Les systèmes les plus divers, en apparence, ont été proposés, mais tous ont cela de commun qu’ils tendent à faire disparaître les causes d’insalubrité, par la suppression ou la destruction complète des exhalations gazeuses ou miasmatiques qui proviennent de la putréfaction des cadavres. Nous avons déjà entretenu nos lecteurs de la crémation, qui serait certainement le procédé par excellence, et la seule solution radicalement bonne.
- Le procédé que l’ingénieur Cruh vient de faire connaître, sans être aussi éloigné de nos idées modernes, ne manque pas, cepen-
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- Mémoire sur le chauffage des wagons de chemins de fer, par le procédé Regray.
- Nous extrayons du rapport de M. Baude à la Sociétéd'Encouragement quelques renseignements sur les moyens employés pour le chauffage de l’eau des bouillottes, par le procédé Regray.
- Les bouillottes ou chaufferettes destinées à être placées dans les wagons, sont remplies d’eau froide et placées sur les deux appuis des mailles d’une noria qui plonge dans un puits de 4m,50 de profondeur. Une chaudière à vapeur qui communique avec le fond de ce puits, maintient l’eau qu’il contient à la température de 100°. Cette chaudière alimente en même temps une petite machine à vapeur, de la force de deux chevaux, qui met en mouvement les tambours de la noria.
- Le trop plein du puits, conséquence inévitable de la vapeur qu’il reçoit constamment, s’écoule dans une bâche où il est repris par une pompe qui le ramène à la chaudière : on ne perd ainsi que très-peu de la chaleur développée.
- Malgré toutes les précautions que l’on peut prendre pour la construction des puits, et les soins que l’on apporte au rejointoiement des briques ou des moellons, il est difficile de les obtenir étanches, et dans les commencements il y a des pertes d’eau assez notables. Mais, au bout d’un temps assez limité, les sels calcaires tenus en suspension dans l’eau qui pénètre dans les fissures, s’y sont déposés en quantité suffisante pour garnir les joints, et, à la longue, les pertes des puits se réduisent simplement à l’évaporation. D’ailleurs, l’eau chaude contenue jour et nuit dans ces récipients, n’exerce, malgré la température élevée, aucune action destructive sur les maçonneries.
- Le mouvement donné à la noria par ses tambours est calculé de telle façon que la chaufferette soit rendue du côté opposé à l’introduction, après une immersion de cinq minutes. L’expérience a démontré, en effet, que cet espace de temps est nécessaire pour que l’eau contenue dans une boîte métallique, telle que celles qui servent au chauffage des wagons, puisse atteindre, par son immersion dans de l’eau à 100°, la température de 90°.
- Tels sont les appareils qui ont été contruits à Château-Thierry, à la fin de l’été 1876, et successivement aux stations de Paris, Epernay, Ghâlons, Bar-le-Duc, Nancy, Reims, Charleville, Longueville, Troyes, Chaumont et Ve-soul.
- La dépense d’un appareil de chauffage au moyen de la noria, pour une station peut, sans tenir compte de la construction du bâtiment, se chiffrer de la manière suivante :
- Puits revêtu en briques et fosse du moteur........ 3.300 fr.
- Prix de l’appareil à noria........................ 3.250 »
- Générateur, moteur, pompe et tuyauterie...........H.150 »
- Total........ 17.700 fr.
- Depuis qu’ils sont en fonction, ces appareils n’ont exigé que des répara-
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- 66 £e t'CI) no l tT4j i !51C N» 9. — 2 Mars 1878. — XXXVIIIe Année.
- tions insignifiantes : la rouille ne les ronge point, car ils sont rapidement revêtus d’un enduit calcaire.
- Les chaufferettes, trempées dans les puits des norias, sont remplies d’eau qui se conserve pendant toute la saison. Les renouvellements de liquide sont fort rares. On peut donc employer des bouchons de fermeture à vis avec une rondelle de caoutchouc vulcanisé, laquelle a une grande durée. Elle remplace avantageusement le cuir, qui ne résistait pas à la température de l’eau chaude.
- Cette fermeture, qui peut être absolument hermétique, constitue le principal avantage de ce système sur celui dans lequel il faut, à chaque opération, déboucher les bouillottes pour échauffer l’eau qu’elles contiennent par le contact direct de la vapeur.
- Les bouchons à vis sont alors trop longs à manœuvrer, de sorte que l’on doit avoir recours à des bouchons plus simples qui donnent trop souvent lieu à des fuites toujours importunes pour les voyageurs.
- Le tableau suivant donne le résumé des dépenses occasionnées par l’emploi du procédé Regray, aux gares de Paris, de Reims et de Chaumont :
- GARES
- de
- Paris. . . . Reims. . . [Chaumont.
- CHAUFFERETTES
- £ ’i a
- 72.478
- 69.765
- 43.106
- 73.063
- 69.647
- 43.470
- 144.541
- 139.412
- 86.588
- DEPENSE TOTALE
- fr.
- 921,88 1080 » 558 »
- fr.
- 28,12
- 14,78
- 36,32
- fr.
- 682,75
- 629,30
- 466,48
- DEPENSE
- par chaufferette réchauffée.
- fr.
- 0,01272
- 0,01548
- 0,01295
- S £
- «s£ g
- fr.
- 0,00039
- 0,00021
- 0,00093
- fr.
- 0,00942
- 0,00902
- 0,01083
- PRIX
- de
- revient
- d’une
- chaufferette
- réchauffée.
- fr.
- 0,02253
- 0,02471
- 0,02471
- En somme, on peut admettre que le réchauffage d’une chaufferette plongeante revient h 0 fr.024, sans compter les frais d’établissement des appareils et les aménagements spéciaux des bâtiments et des trottoirs que comporte ce nouveau service.
- Sans chercher à faire encore la part réelle de dépense que ce chauffage impose au budget des Compagnies, on peut voir déjà que c’est une lourde charge pour elles et pour l’Etat, puisque le prix des places n’en est pas augmenté. On doit se féliciter, néanmoins, du bien-être qui en résulte pour la grande majorité des voyageurs, pour qui les chemins de fer ne seront plus une sorte de Sibérie. Si on ne donne pas à tous le même confortable, à tous, du moins, on aura évité une souffrance.
- On pouvait présumer que le chauffage des 2e et 3e classes de wagons produirait un déclassement parmi les voyageurs : cette prévision ne s’est pas, jusqu’à présent, confirmée. Chacun garde son rang, ou du moins la place que lui assigne sa fortune et ses habitudes.
- M. Baude termine sa note en signalant un avantage, éventuel à la vérité, que M. Regray assigne à son système de chauffage.
- Le temps moyen que l’on peut assigner au changement de chaufferettes d’un train ordinaire est de douze minutes. Mais il peut arriver qu’entre l’arrivée et le départ d’un train, on ne puisse disposer du temps nécessaire pour faire un changement de bouillottes d’une façon normale, et il est toujours important de ne pas retarder un train et de troubler l’ordre du service.
- Or, si l’on veut se rendre compte de la loi de réchauffement des bouillottes
- dant, d’une certaine originalité : il consiste essentiellement à incruster les corps dans des blocs de pierre artificielle, d’une grande solidité et parfaitement imperméable aux gaz, en sorte que ces incrustations ne laisseraient échapper aucune trace d’émanations méphitiques.
- Avant de procéder à leur incrustation, on soumet les cadavres à une préparation préalable : ils sont entièrement enveloppés de toile et placés dans un bain composé, par parties égales, de chaux et d’argile, délayées dans une quantité d’eau suffisante. Au sortir du bain le corps se trouve recouvert d’une couche épaisse de cet enduit plastique. On le place alors horizontalement et on le recouvre de ciment naturel destiné à absorber l’eau en excès. Après quoi, le cadavre est placé dans un bain de goudron, et finalement recouvert d’une dernière couche de chaux. Au seul contact de la chaux ou du ciment calcaire, le goudron se solidifie promptement. Cet enduit présente alors les mêmes propriétés que le bitume de Judée, substance à laquelle les momies égyptiennes doivent leur indestructibilité.
- Le corps ainsi préparé ne peut plus exhaler d’odeur. L’application des diverses couches de chaux, d’argile et de goudron, forme autour de lui une carapace solide s’opposant à tout développement de gaz. Il serait alors déposé dans l’intérieur d’une forme, dans laquelle on verserait un mélange qui ne tarderait pas à se solidifier et à se transformer en pierre.
- Voici la composition de ce mélange :
- Ciment............... 5 parties.
- Sable pur............3 —
- Scories..............2 —
- Eau..................quantité suffisante.
- « Les pierres artificielles ainsi obtenues, « dit M. Crulz, sont d’une solidité remarquait ble. » Cela commence à être intéressant, mais attendons la fin.
- « Chacune, continue l’auteur, peut porter « une inscription funèbre ; elles peuvent être « placées dans des mausolées ou même servir « à l’édification de monuments funéraires « de forme variée. » Ceci est évidemment tout à fait nouveau, et pour peu que l’on reste seul vivant d’une famille nombreuse, rien ne sera plus facile que de se bâtir une maison avec ses ancêtres, parents et collatéraux.
- Dans un autre ordre d’idées, M. le Dr Panizza vient de publier tout récemment, à Padoue, une petite brochure intitulée : Re-
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- cherches d’un nouveau procédé d'inhumation des cadavres humains, d'après les règles de l'hygiène.
- Le système proposé par M. Panizza a pour but de produire la décomposition complète des cadavres dans le plus court délai possible, et la destruction par le feu des miasmes résultant de la putréfaction.
- Pour arriver à ce double résultat, l’auteur propose la construction de cimetières spéciaux, véritables nécropoles en maçonnerie, où de longs corridors seraient disposés de manière à recevoir des niches ou des cellules particulières pour les cadavres.
- Les bières ou les cercueils contenant les corps qui devraient être légèrement revêtus d’étoffes poreuses, seraient criblées de trous pour permettre la circulation de l’air autour du cadavre. Elles reposeraient sur une couche de charbon animal et de gravier, et elles seraient également recouvertes d’une couche de ces mêmes matériaux.
- M. Panizza veut aussi que toutes les cellules soient pourvues d’ouvertures communiquant avec le dehors et destinées à permettre l’accès de l’air, et qu’elles soient, en outre, reliées entre elles par un système de conduits servant à la ventilation, et qui viendraient tous aboutir à une cuvette centrale surmontée d’une cheminée haute de 10 mètres au moins. Au centre de cette cuvette, on disposerait un foyer destiné à brûler les produits hydro-carbonés ^de la putréfaction, amenés par les tubes.
- Dans le but de réduire la dépense qu’occasionnerait l’entretien d’un foyer permanent, M. Panizza dit que les conduits pourraient être munis de robinets qui ne seraient ouverts que de temps en temps, après les pluies, par exemple, et lorsqu’on ferait du feu dans le foyer.
- Comme on le voit, l’appareil décrit par M. Panizza ne serait, en dernière analyse, qu’une sorte de ventilateur thermique.
- L’auteur estime qu’une année serait suffisante pour faire complètement disparaître par la putréfaction les parties molles d’un cadavre placé dans ces conditions, et ne plus laisser subsister que son squelette dénudé.
- Nous n’avons fait qu’indiquer sommairement l’idée fondamentale du travail de M. Panizza, sans entrer dans les détails fournis par l’auteur, dans sa brochure.
- Voici maintenant quels seraient les avantages qui, d’après l’auteur, résulteraient de l’adoption des cimetières à cellules.
- 1° Diminution du degré de possibilité d’in-
- ou des accroissements de chaleur qu’elles reçoivent, on verra que l’on peut, au prix d’un léger abaissement de leur température, abréger le temps du plon-gement, et gagner ainsi quelques minutes pour remettre le train en marche.
- En effet, il est facile de se persuader que les températures croissent plus vite que le temps, de sorte qu’il est possible d’accélérer la marche de la noria, sans avoir un abaissement de température proportionnel. Quoi qu’il en soit, en supposant la bouillotte portée tout d’abord à une température de 90°, la courbe de décroissement des températures montre que la chaufferette conserve encore, au bout de quatre heures, une température de 35°.
- Carburation du gaz d'éclairage, au moyen de Vhuile de pin, par M. Charavel.
- L’huile de pin provenant de la distillation des bois de pin, convenablement rectifiée et épurée, peut être employée avec succès à la carburation du gaz devant servir à l’éclairage. Sa densité est plus faible que celle des matières dont on fait ordinairement usage pour cet emploi, et sa formule, qui est G20H16, la désigne comme une matière très-éclairante et capable de carburer abondamment les gaz avec lesquels elle serait mise en contact. Le gaz d’éclairage qui a subi cette opération devient, en effet, beaucoup plus éclairant.
- Récolte et préparation de F amadou, par M. Valyn.
- L’amadou est fourni par un champignon, l’amadouvier, agaric du chêne ou boule, qui croît, dans les forêts, sur le chêne, le hêtre, le frêne, le bouleau et le tilleul. Il adhère au tronc de ces arbres par un de ses côtés et affecte la forme d’un sabot de cheval. On ôte l’écorce de ce champignon, quand il est encore frais. La chair en est coupée en tranches minces que l’on bat avec un maillet, en les détirant et les mouillant de temps en temps, puis on fait sécher, et l’on bat de nouveau à sec. On frotte enfin les morceaux entre les mains, jusqu’à ce que la substance soit devenue souple et moelleuse : l’amadou est alors préparé.
- Pour le rendre facilement inflammable, on le trempe dans une dissolution d’azotate de potassium ou de plomb. Après quoi, on le bat de nouveau h plusieurs reprises, en l’imprégnant chaque fois du même liquide ; puis on le foule et on le fait sécher une dernière fois à l’air libre.
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- CIMENTS, CÉRAMIQUE ET VERRERIE.
- Sui1 le verre irisé.
- On vend beaucoup, en Allemagne et en Angleterre, de verre irisé, c’est-à-dire offrant les teintes de l’arc-en-ciel. On commence depuis plusieurs mois à en trouver en France. Il existe des sphères, des boules de verre offrant absolument l’image d’une bulle de savon.
- Le verre irisé est très-facile à fabriquer. Chaque fois que de petites particules isolées sont distribuées sur un verre, on voit apparaître les teintes de l’arc-en-ciel. Un peu de graisse répandue sur de l'eau, un peu d’essence de térébenthine font apparaître ces teintes caractéristiques.
- Il suffit de souffler sur un miroir pour que la buée qui se forme donne t- lieu à la coloration des bulles de savon : les vésicules liquides décomposant la lumière à la façon du prisme.
- Quand on regarde un miroir à travers une fine batiste, on voit se produire encore ce phénomène, et si l’on regarde une bougie à travers les cils enlre-baissés, on obtient le même résultat. Chaque fois, en un mot, que la lumière se joue à travers des milliers de petites particules isolées, mais rapprochées, il y a décomposition des rayons et production des couleurs de l’arc-en-ciel.
- Il suffit de poser sur le verre un enduit translucide de petits corpuscules solides pour l’iriser. En Allemagne, ou réchauffe les verres à iriser et l’on fait déposer à leur surface, par réduction, un oxyde métallique. L’oxyde métallique forme strie à la surface et détermine le phénomène de l’irisation. On semble employer beaucoup dans les principales verreries, comme métal irisant, le bismuth. M. Péligot, l’éminent chimiste qui a eu à analyser de ces verres irisés, y a trouvé en effet des quantités appréciables de bismuth.
- Un métal quelconque pourrait sans doute amener le même résultat.
- [La Semaine des Constructeurs).
- Note sur la constitution moléculaire du verre trempé et des corps trempés
- en général,
- par M. Léger.
- humer une personne encore vivante, résultant de cette disposition que nous avons fait connaître, des bières perforées.
- 2° Destruction des gaz et des principes organiques souvent délétères, toujours repoussants et incommodes, qui se dégagent des cadavres.
- 3° Réduction de l’aire du cimetière.
- 4° Aptitude de tous les terrains, quelle que soit leur nature, à servir à l’ensevelissement des cadavres, en exceptant seulement les terrains trop marécageux.
- 5° Innocuité d’un cimetière ainsi construit, même situé à peu de distance des habitations et des sources qui alimentent la ville.
- 6° Permanence, pour un temps indéfini, de ce cimetière, dans le même endroit.
- Nous souhaitons bonne chance à l’auteur, et nous faisons des vœux pour qu’il ne tarde pas à rencontrer une municipalité bienveillante qui veuille bien faire les frais de l’expérience ; mais à certains points de vue, le système de M. Crulz nous semble bien plus original.
- INFORMATIONS DIVERSES.
- Brevets d'invention en Suisse.
- Il paraîtrait que la Suisse serait à la veille d’introduire dans sa législation une loi sur les brevets d’invention. C’est un progrès auquel il faut applaudir. Le projet de loi contient 37 articles.
- Malheureusement, il serait calqué sur la loi allemande et exclurait, comme celle-ci, les compositions chimiques-, il contiendrait, en outre, d’autres dispositions rétrogrades.
- L’inventeur est, nécessairement, homme de progrès ; dès lors il ne peut se rallier à aucune mesure qui viole, à son égard, les droits imprescriptibles de la propriété intellectuelle et scientifique.
- Nous avons déjà eu le plaisir, à différentes reprises, d’entretenir nos lecteurs des remarquables travaux de M. Léger sur le verre trempé (1) : c’est en suivant ce courant d’idées, que nous donnons ci-après un extrait d’une communication très-intéressante faite par M. Léger, d’abord à la Société des sciences industrielles de Lyon, dans sa séance du 27 juillet 1877, et ensuite à la Société des Ingénieurs civils, dans sa séance du 19 octobre dernier.
- Le corps trempé que M. Léger étudie expérimentalement est le verre, et il démontre, par une série d’analogies, que les résultats obtenus avec le verre, s’appliquent aux autres corps trempés et notamment à la fonte et à l’acier. Il
- (1) Yoir le Technologiste, 2e Série, t. III, pages 219 et 237.
- Simplification du timbre-poste.
- La multiplicité de couleurs des timbres — il n’y a pas moins de 11 couleurs et 12 prix différents — est un réel embarras pour le public et une complication véritable pour l’administration des postes. Frappé de cet inconvénient, un habitant du Jura, M. Auguste Cordier, vient d’imaginer un ingénieux moyen d’y remédier. Son système ne comporte que trois couleurs et trois espèces de
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- N» 9. — 2 Mars 1878. — XXXVIIIeAnnée. £( (LecljttOlOjJUite 69
- timbres ; mais chacun de ces timbres peut, au moyen d’un pointillage à l’emporte-pièce, se subdiviser en quatre parties égales.
- Par exemple le timbre de 4 centimes peut se diviser en quatre fractions de i centime ;
- — le timbre de 20 centimes peut être divisé en quatre fractions de 5 centimes chacune ;
- — le timbre de 1 franc, composé de quatre fractions de 25 centimes, permet les affranchissements divisionnaires de 25, 50, 75 centimes. On conçoit que par la combinaison de ces fractions des trois espèces de timbré on puisse obtenir les affranchissements de tous les prix. Le public aurait ainsi sous la main, avec trois espèces de timbres seulement, la monnaie de tous les affranchissements. — L’administration, de son côté, trouverait là une économie de tirage et une simplification de la comptabilité.
- M. Cordier s’est associé dans son travail M. Mouchon, l’auteur du timbre actuellement usité ; la Chambre a été saisie par eux de ce projet de simplification, et lui fera sans doute bon accueil. La question, en tout cas, mérite d’être sérieusement étudiée.
- Salle des Pas-Perdus, au Palais de Justice.
- La grande œuvre de la salle des Pas-Perdus touche à sa fin ; elle sera entièrement achevée à la fin du mois de mai prochain et livrée au personnel judiciaire au retour des vacances de la Pentecôte.
- Dans un mois, tous les échafaudages, palissades, escaliers et couloirs établis pour le besoin des travaux auront disparu, et un espace suffisant de la salle des Pas-Perdus, rendu à la circulation, donnera accès aux divers services du tribunal.
- Enfin l’organisation des appareils de chauffage est aujourd’hui terminée.
- Quant à l’achèvement des locaux destinés à la nouvelle première chambre du tribunal, et du monument consacré à la mémoire de Berryer, qui doit se trouver près de cette chambre, presque en face de la statue de Malesherbes, il n’y faut pas compter avant la ûn de la présente année.
- 11 paraît décidé que les constructions élevées sur le quai, du moins la partie de ces constructions qui avoisine le palais et la Sainte-Chapelle, sera consacrée à une installation nouvelle du petit parquet et de la prison dite le Dépôt, entre lesquels ont lieu des communications constantes.
- déduit de là des tracés pratiques à employer pour les pièces qui doivent subir l’opération de la trempe.
- L'agent dont M. Léger s’est servi pour faire ses expériences sur le verre trempé est la lumière polarisée. Cette lumière produit, en traversant les cristaux bi-réfringents, des phénomènes de coloration dus à l’interférence des rayons lumineux polarisés. Ces phénomènes ne se produisent pas avec le verre ordinaire, qui n’est pas doué de la double réfraction, mais, en comprimant le verre ou en le trempant, on lui communique cette propriété, plus ou moins accentuée suivant le degré de compression ou de trempe, et s’il est alors traversé par un faisceau de lumière polarisée, on obtient des effets de coloration, des spectres variés, suivant la forme du morceau de verre et suivant son degré de compression ou de trempe.
- Voici les faits principaux qui se dégagent, tant des expériences faites par M. Léger que de l’analyse des phénomènes observés.
- L’action de la trempe sur un corps est assimilable à celle d’un martelage ou d’un frettage à chaud opéré sur le noyau central par la contraction de la couche extérieure rapidement refroidie.
- Sous l’action de cette compression due à la couche extérieure et du refroidissement qui se propage de proche en proche dans la masse, les couches de molécules qui se refroidissent au même moment sont comme agglutinées en gaines concentriques ou parallèles. Il en résulte une sorte de stratification que M. Léger appelle isotherme.
- Il existe encore une autre orientation des molécules, une constitution moléculaire conique due à l’action des molécules les unes sur les autres pendant le refroidissement. Ainsi, une larme batavique, sciée suivant un grand cercle, se sépare en deux tronçons terminés par deux cônes en regard.
- M. Léger démontre par des expériences nombreuses l’assimilation complète de la trempe au frettage et explique d’une façon très-satisfaisante, en analysant les faits observés, ces phénomènes de constitution moléculaire isotherme et conique, qui, à première vue, paraissent bien étonnants.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Falsification du thé, en Angleterre.
- Dernièrement, on a brûlé à Londres 15.000 kilogrammes de thé impropre à la consommation : il séjournait dans les magasins de la Douane depuis neuf ans. C’était un composé de feuilles de thé ayant déjà servi, et plus ou moins putréfiées, avec du sable et des feuilles d’oliviers, celles-ci dans la proportion de un cinquième.
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- Fabrication du sucre de lait, en Suisse.
- Pour donner une idée de l’importance de la fabrication du sucre de lait, il suffit de dire que le canton de Lucerne raffine chaque année 1.000 à 2.000 quintaux de sucre de lait, représentant une valeur de 300.000 francs environ.
- Le sucre brut arrive à Lucerne des communes environnantes de Gruyères, des cantons de Berne et de Schwitz. Il est obtenu par l’évaporation du sérum dans les grandes fabriques de fromage de la contrée.
- Falsification des cigares de la Havane.
- Une grande quantité de cigares dits « de la Havane » arrivent journellement en Angleterre par les ports allemands, et, il paraît, que nos voisins d’outre-Manche ont une préférence marquée pour les cigares fortement colorés. Malheureusement, par suite des mauvaises récoltes du tabac, qui a manqué partiellement depuis quelques années, les cigares légèrement colorés sont beaucoup plus communs que les autres. Aussi, pour les vendre à un prix plus élevé et pour rendre à ceux qui ont vieilli et qui sont fanés une meilleure apparence, on a préparé dernièrement diverses infusions qui se vendent en grande quantité sous le nom de « brun de la Havane. »
- Ces préparations sont annoncées publiquement et l’on indique la manière de s’en servir. Toutefois, il est rassurant de savoir qu’aucune de ces infusions ne contient rien de particulièrement malfaisant : ce sont en général des teintures végétales. Néanmoins, elles donnent au marchand le moyen de faire avec de vieilles feuilles flétries des produits qui ressemblent à de bons cigares de la Havane.
- Il est, du reste, facile de reconnaître cette supercherie en frottant légèrement le cigare avec une feuille de papier brouillard blanc, saturée d’une dissolution d’ammoniaque. La matière colorante, s'il y en a, est enlevée parle papier, tandis que le cigare, qui n’a que le brun naturel de la feuille du tabac, ne change pas de couleur.
- Machine à coudre les chapeaux de paille, de M. Légat.
- La couture des tresses de paille dont la réunion doit former des chapeaux de formes, de dimensions et de tournures si différentes, demande des conditions très-spéciales qui rendaient assez difficile la construction d’une machine spécialement pour cet objet. Il ne suffisait pas seulement de plier la paille à tous les caprices de la mode, il fallait aussi modifier la grandeur et la solidité du point, suivant la nature et la qualité de la matière première.
- La machine représentée fig. 19, inventée par M. D. Légat, ingénieur civil, résout d’une manière satisfaisante, les différents côtés du problème complexe : elle procède par la couture à points noués distancés, par un seul fil, qui est le seul système convenant à ce genre de travail.
- La tresse de paille est enroulée sur un tambour visible sur le côté de la
- Restent l’achèvement de la galerie parallèle à la galerie des Marchands et devant conduire du fond de la salle des Pas-Perdus des nouvelles Cours d’assises à la Sainte-Chapelle, et la réédification des localités destinées à la Cour d’appel et à ses greffes, à la chambre des avoués, à la bibliothèque et au vestiaire des avocats. Il paraît certain que les locaux destinés aux avocats seraient pris au premier étage, dans la partie la plus rapprochée des constructions qui s’étendent du quai de la Sainte-Chapelle, et ouvriraient sur la galerie inachevée dont nous venons de parler, à peu de distance de la bibliothèque actuelle.
- Voici les pièces d’argent qui n’ont plus cours à partir du Ier janvier 1878 :
- 1° les pièces françaises de 2fr., de I fr. et de 50 centimes qui ne sont pas à l’effigie de la République ou de Napoléon III couronné ;
- 2<> les pièces belges antérieures à 1866 ;
- 3° les pièces italiennes antérieures à 1862 ;
- 4° les pièces suisses de 1850 à 1852 ;
- 5° les pièces suisses de 2 fr. et de 1 fr. au millésime de 1860 à 1863.
- INVENTIONS ET DÉCOUVERTES.
- Nouveaux systèmes de propulsion des aérostats.
- Plusieurs journaux annoncent un nouveau système de navigation aérienne imaginé par M. Klein. Cet inventeur prétendrait se mouvoir en aspirant l’air en avant de l’aérostat, au moyen d’une pompe puissante. « Avec « ce système, dit-il, on pourrait aller de « Paris à Marseille en 4 heures. »
- On aurait lieu, d’ailleurs, d’être satisfait, môme en étant en route quelques heures de plus.
- M. Ferrieux a fait, au Palais de l’Industrie, une conférence sur la direction des ballons et les appareils de MM. Ziégler. Selon la théorie de l’inventeur, le navire aérien devra s’élever en ligne oblique jusqu’à 4.000 mètres. Arrivé dans les régions supérieures, le ballon cherchera sa direction à volonté. Ce n’est pas plus difficile que cela.
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- Concours en Prusse pour la découverte d’une substance remplaçant le plâtre.
- Un concours avait été ouvert, en Prusse, par le Ministère de l’Instruction publique et par celui de l’Industrie et du Commerce, et un prix devait être décerné à l’inventeur d’une substance, autre que le plâtre, pouvant servir à faire des moulages d’objets d’art.
- Les travaux envoyés au concours n’ont pas, à ce qu’il paraît, été jugés dignes de remporter le prix, et le concours a été renvoyé à une autre époque. Ce prix est d’environ 12.500 francs.
- La substance destinée aux moulages des objets d’art, doit avoir les avantages du plâtre, mais, en même temps, une force de résistance plus grande, de manière que les moulages puissent supporter les nettoyages périodiques auxquels on les soumet, sans qu’il soit besoin de leur faire subir des préparations préalables.
- BREVETS D’INVENTION.
- Beaumont, Barningham et Tompson.
- 119068, 18 juin.
- Perfectionnements dans la voie permanente et le matériel roulant des tramways.
- »
- Cerf Lanxenberg fils jeune, 18 juin.
- Perfectionnements dans la préparation des peaux.
- Wicks. 119072, 18 juin.
- Perfectionnements dans la fabrication des tuyaux en métal doux, et dans les appareils employés à leur fabrication.
- Jandin. 119078, 20 juin.
- Procédés nouveaux d’impression et de teinture.
- Leprince. 119079, 22 juin.
- Perfectionnements apportés : 1° au système de pivots et crapaudines de moulins à farine et autres à axe vertical, dit : système à circulation d’huile continue ; 2° au système de boites à pivots avec coussinets pour arbres verticaux, en général, dit : système réfrigérant automoteur à circulation continue.
- Beugniet-Huret. 119081, 26 juin.
- Débourreur automatique propre à tous genres de peignage des matières textiles et filamenteuses.
- machine, duquel elle part pour être, par le moyen d’un système spécial de guides, amenée sur un conducteur qui la délivre au fur et à mesure du travail.
- Tout cet agencement est disposé de telle sorte que l’on puisse, sans inter- * rompre le travail, et suivant sa nature, varier le recouvrement de la tresse et la longueur des points. L’enfilage de l’aiguille ne saurait être une préoccupation, puisqu’à chaque point, elle quitte et reprend le fil, dont la tension est réglée, suivant que l’on veut donner plus ou moins de raideur ou de souplesse à l’ouvrage, au moyen d’une navette disposée à cet effet.
- Fig. 19.
- Pour confectionner un chapeau, on commence par coudre à la main ce que l’on appelle le bouton : c'est le commencement du chapeau composé des deux ou trois premiers tours, puis on passe alors la tresse dans les guides et il suffit ensuite de guider convenablement la tresse à la main pour obtenir le chapeau tel qu’on le veut.
- Ces machines qui sont disposées pour être conduites au moteur, sont d’ailleurs très-faciles et très-douces à manœuvrer.
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- 72 £e ^^chnolutjiiite N» ü. — 2 Mars 1878. — XXXVIIIe Année.
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Considérations sur l'hygiène des écoles, par M. Lesgaft.
- Les recherches de M. le professeur Lesgaft, sur l’hygiène scolaire, nous fournissent des faits très-intéressants. Ce professeur faisant ses expériences sur les élèves de l’Ecole militaire de Saint-Pétersbourg, a remarqué que le développement du thorax est en retard relativement à celui du squelette des membres inférieurs et supérieurs et qu’à un certain âge, les leviers supérieurs se développent plus rapidement que les muscles qui les font mouvoir. Dès lors, ces derniers s’étendent, s’amincissent et se relâchent. Cette insuffisance musculaire 11e tarde pas à se faire sentir sur la fonction de la poitrine en provoquant l’affaiblissement de la respiration et en entravant la circulation pulmonaire, ce qui se vérifie par les tons accentués du cœur. Après cela, on comprend l’immense importance des exercices de gymnastique pour les jeunes gens.
- Le résultat des expériences du même professeur sur les élèves des classes supérieures a très-bien démontré que l’augmentation des goitres dépend de la gêne causée par les cols très-hauts de leurs habits. Quant aux déviations de la colonne vertébrale, dont on a tant parlé, et qui ont fait faire tant de recherches sur le mobilier des écoles, M. Lesgaft affirme qu’il n’en a presque pas rencontré.
- (Zdoroviê).
- Arrivée à Londres de l'Aiguille de Cléopâtre.
- La Cléopâtra construite par l’ingénieur Dixon, ainsi que nous avons eu l’occasion d’en informer nos lecteurs (2e série, t. VI, p. 124), pour le transport de l’obélisque dit Aiguille de Cléopâtre est enfin arrivée aux docks de Londres, le 21 janvier dernier. Tout le monde sait par quelles aventures a passé le précieux colis avant d’arriver à destination. La façon remarquable dont la Cléopâtra a résisté à ces traverses fait le plus grand honneur à M. l’ingénieur Dixou.
- Le 20 janvier à 10 heures du matin, ce bâtiment de forme toute spéciale, remorqué par le vapeur Anglia passait à l’est de Dungeness. Le lendemain, le remorqueur Mosquito lui faisait franchir l’entrée des docks où il s’amarrait à cinq heures du soir au milieu d’une foule énorme. Sa longue enveloppe de tôle est peinte en jaune au-dessus de la ligne de flottaison et en rouge au-dessous. Elle est, à l’heure qu’il est, amarrée dans l’intérieur même de Londres, le long du quai de la Bourse, où le public peut la visiter.
- Mayrhofer. 119082, 19 juin.
- Horloge de précision à échappement à ancre, et actionnée hydropneumatiquement.
- Stanley. 119083, 19 juin.
- Perfectionnements aux machines à faire les sacs en papier.
- Courme. 119084, 19 juin.
- Aide-moteur.
- Tournay. 119087, 19 juin.
- Elévateur à betteraves, pommes de terre, etc.
- Varlay. 119088, 19 juin.
- Perfectionnements aux machines magnéto-électriques.
- Consolin. 119089, 19 juin.
- Graisseur pour cylindres à vapeur, à fonction continue et obtenue par l’action directe sur le lubrifiant de la vapeur condensée préalablement et extérieurement.
- Jackson et Mellor. 119091, 19 juin.
- Moyens et appareils pour vaporiser les liquides, applicables à la conservation des dissolutions saccharines ou salines, la distillation et autres opérations analogues.
- Hargreaves. 119092, 19 juin.
- Perfectionnements dans les moyens et appareils employés dans l’absorption des gaz par des corps solides, etc.
- Bourry. 119095, 20 juin.
- Nouveaux matériaux de construction.
- Poulain. 119097, 20 novembre.
- Modérateur à gaz.
- Teisseire. 119098, 23 février.
- Remède destiné à préserver et guérir les vignes des atteintes du phylloxéra.
- Berlhelemy. 119100, 24 mai.
- Levier applicable aux métiers à filer self-acting, pour opérer séparément le débrayage de la courroie motrice.
- Pagès. 199103, 20 juin.
- Frein de sûreté à l’usage des chemins de fer.
- Punshon, Ellwood et Henderson. 119103,
- 19 juin.
- Perfectionnements dans la voie permanente des chemins de fer.
- CompagnieDentellière de France, 119106,
- 20 j uin.
- Machine radiale à percer, raboter et fraiser les pièces cylindriques. »
- BAR-SUR-SE1NE.
- TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N» 10. — 9 Mars 1878. — XXXVIIIe Année.
- £t (Let*I)noUtjjiiStv
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- SOMMAIRE.
- De la dissolution du violet au méthyle. — Couleur préservatrice du fer, de M. d'A-dhémar. — Méthode graphique pour conserver les données du travail d’un hautfourneau , par M. William, Kent. — Nouveau foyer à étages multiples pour l’emploi des combustibles pulvérulents et pauvres, de M. Michel Perret. — Les minerais de fer de Meurthe-et-Moselle. — Le concours des horloges électriques. — Perfectionnements au téléphone, de M. Trouvé. — Pile à gaz oxygène, de M. Becquerel.
- CHRONIQUE.
- Historique de la cheminée.
- Divers journaux ont, dans ces derniers temps, traité de diverses façons la question des cheminées. Nous-même avons rendu compte de quelques études spécialement intéressantes; mais le cachet particulier que nous voulons imprimer à ces chroniques, ne nous autorise pas à aborder ici les considérations théoriques et pratiques, souvent fort complexes qui peuvent, dans certains cas, servir de guide aux constructeurs. C’est à un autre côté de la question que nous voulons intéresser nos lecteurs : le côté historique.
- Au point de vue purement étymologique, le mot cheminée, qui se disait anciennement queminée, vient du bas latin caminata, fait du latin caminus, dérivé du grec xafjuvo;, qui signifie fourneau.
- Au point de vue technique, la cheminée est l’endroit d’une maison ou d’une chambre où l’on fait du feu, soit pour se chauffer, soit pour faire cuire les aliments. Elle se compose d’une construction spéciale, de forme et de disposition variables, destinée à contenir le combustible, et d’un conduit pour rejeter la fumée au dehors. Mais, bien que dans le principe, le mot cheminée ait servi exclusivement à désigner l’ensemble ainsi composé, et bien que ce soit là, certainement, son véritable sens, on en est arrivé peu à peu à désigner sous le nom de cheminée, tantôt la construction placée à l’intérieur de la chambre pour contenir le combustible, tantôt le tuyau qui conduit la fumée à l’extérieur. Cette dernière acception est surtout usitée dans l’industrie dont les besoins nouveaux ont donné lieu à l’établissement des cheminées colossales, semblables à des tours, qui
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- De la dissolution du violet au méthyle.
- Pour cette question nous recevons une explication approfondie de la part d’une autorité de premier ordre, et nous sommes heureux de la donner avec les indications mêmes de l’auteur.
- La cause habituelle d’une teinture inégale avec le violet au méthyle se réduit dans la plus grande partie des cas à une dissolution imparfaite. Un bon violet au méthyle ne doit jamais être trempé au bouillon, et pour en opérer la dissolution, dans aucun cas être jeté dans de l’eau bouillante. Il demande par contre de la part du teinturier un traitement raisonnable et tranquille, une chose qui, pour la plupart de MM. les teinturiers, semble impossible, faute de temps, paraît-il. Cette inconséquence dans le traitement se reporte sur le prix d’une manière pénible. Pour le violet au méthyle, il n’y a qu’une manière de procéder pratiquement et économiquement.
- On met le violet en morceaux dans le vase destiné à en opérer la dissolution et on l’arrose lentement, dans la proportion de lk,20 avec de l’eau bouillante. D’abord le violet forme une pâte épaisse et tenace que l’on réduit au moyen d’addition d’eau et en l’agitant. Le teinturier doit avoir soin d’opérer la dissolution au bain-marie pour éviter un refroidissement trop prompt de la dissolution.
- Couleur préservatrice du fer, de M. d’Adhémar.
- Le plus grave défaut du fer est sans contredit la propriété qu’il possède de s’oxyder rapidement; la rouille (hydrate de peroxyde de fer) est d’autant plus redoutable qu’elle s’accroît rapidement. Jusqu’ici laseule solution pratique que l’on ait trouvée est la galvanisation ou le zincage, opération qui consiste à recouvrir le fer d’une couche de zinc. Cette solution, est-il besoin de le dire, est vicieuse, puisqu’elle a pour résultat de remplacer le fer par un métal inférieur au point de vue de la résistance, et en même temps plus coûteux. .
- Bien des tentatives ont été faites pour recouvrir le fer d’une peinture préservatrice.
- L’une des plus remarquables est certainement celle de M. d'Adhémar, qui fut couronnée de succès, dans presque toutes ses applications, sans que, cependant, l’on en ait beaucoup entendu parler.
- Il ne faut pas s’étonner du long silence gardé autour de cette découverte. Chacun de nous sait que c’est par années qu’il faut compter la période nécessaire pour faire entrer les inventions les plus simples dans le domaine de la pratique commerciale. Pour n’en citer qu’un exemple frappant, la production de la lumière électrique par les machines Gramme est restée pendant plusieurs années à l’état latent et n’a pris que tout récemment un commencement de crédit dans l’éclairage industriel.
- M. d’Adhémar n’a pas échappé à la condition commune. Il lui a été im-
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- possible de répondre aux demandes qui lui étaient adressées. Il s’est trouvé en présence d’un produit qui, n’ayant pas cours dans le commerce, offrait des difficultés d’exécution qu’il fallait vaincre ou tourner.
- En effet, une des conditions de diffusion d’un produit nouveau est son bon marché.
- Il s’agissait de livrer aux entrepreneurs, aux architectes, à la marine une couleur efficace et tout à la fois économique. Plus de deux années de lutte ont été nécessaires pour arriver à un résultat satisfaisant; car les prétentions des fabricants, n’étant pas rationnelles, ne pouvaient être acceptées dans l’intérêt des consommateurs.
- Aujourd’hui toutes les difficultés ont été écartées; la production est assurée dans les conditions indispensables pour le commerce. MM. Raveau et Gaudry, concessionnaires de M. d’Adhémar, sont en mesure de fournir, à bref délai, les quantités qu’on leur demandera de la couleur préservatrice du fer, qui est aussi d’un emploi très-avantageux sur le bois.
- Le prix de cette couleur ne sort pas des limites des couleurs ordinaires et s’équilibre entre 0 fr.65 et 0fr.70 le kilogramme en poudre suivant les qualités, y compris les récipients nécessaires à sa conservation et à son transport. Son emploi, ainsi que nous l’avons expliqué, a lieu à l’instar des autres couleurs.
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Méthode graphique pour conserver les données du travail d'un haut-fourneau,
- par M. William Kent.
- Dans un travail de M. Frank Firmstone, intitulé : « Comparaison des résultats obtenus avec des hauts-fourneaux ouverts ou clos, » la série des qualités diverses des fontes produites par le haut-fourneau se trouve exprimée au moyen de courbes ou diagrammes.
- L’objet de la présente note est de montrer que la méthode graphique ou celle qui consiste à représenter les variations de qualité par des courbes ou diagrammes, est susceptible d’une application beaucoup plus étendue aux données d’un haut-fourneau : elle vient fort utilement s’adjoindre au livre du haut-fourneau, et, grâce à elle, le métallurgiste obtient des informations que l’on n’obtiendrait du livre qu’après de fastidieuses recherches.
- Nous avons par ce moyen des données sur une année entière, il n’est besoin que d’une feuille de papier ordinaire rayée en long ou en large, longue d’environ 80 centimètres, large de 25, et rayée transversalement à des intervalles de 3 cent. Les lignes verticales, ou celles qui sont dans la direction de la largeur, portent les noms des jours de l’année ; les lignes horizontales sont les divisions d’échelles arbitraires des quantités variables qu’absorbe le haut-fourneau, les échelles étant marquées en chiffres, à chaque extrémité de la feuille. Chaque jour, après avoir inscrit sur le registre la mention habituelle des charges, combustible, minerai, fondant, révolutions de la machine, température et pression du vent, quantité et qualité du produit, etc., l’em-
- ont pour but de rejeter très-haut dans l’atmosphère les produits de la combustion opérée dans des foyers de grandes dimensions, tels que ceux des chaudières à vapeur, des fours métallurgiques et autres, tout en produisant dans les foyers un tirage puissant capable d’assurer la combustion complète et économique.
- Les cheminées étaient-elles connues et employées dans l’antiquité ? Cette question a été envisagée à différentes époques, et a divisé les hommes qui semblaient les plus autorisés à la résoudre.
- Tandis que l’affirmative a été soutenue par Scamo%%i et par Antonio Ferrario, l’architecte Claude Perrault semble se prononcer pour la négative, parce que, dit-il, Vitruve ne fait aucune mention des cheminées dans son Traité d'Architecture, et ne donne pas les règles qui doivent présider à leur établissement.
- Antonio Ferrario justifie son opinion par les textes de divers auteurs latins, qui ne permettent pas de douter que les Romains et les Grecs n’eussent dans leurs habitations, des constructions spéciales et à poste fixe, pour y faire du feu l’hiver : en effet, les citations abondent.
- Dans la comédie des Guêpes d'Aristophane (acte 1, sc. 2), Phylocléon se cache dans une cheminée : un esclave l’entend et s’écrie : « Quel bruit fait le tuyau de la cheminée ?» A quoi Phylocléon, découvert, répond : « Je suis la fumée et je cherche à m’échapper. » Un peu plus loin, le fils du même Phylocléon se plaint qu’on le traitera désormais de « fils de ramoneur de cheminées. »
- Appien, de son côté, parlant des proscriptions des triumvirs (Bell. Civil, lib. 4), assure que plusieurs citoyens se réfugièrent dans les tuyaux de cheminées (fumaria sub tecto posita), pour se dérober aux recherches des meurtriers.
- Lorsque Vitellius fut élu empereur, le feu prit « aux cheminées » pendant le festin, et se communiqua, nous dit Suétone, jusqu’à la salle à manger. Enfin, dans la première églo-gue de Virgile, ne trouve-t-on pas ce vers :
- Et jam summa procut villarum culmina fumant,
- Et ceux-ci dans Horace :
- Sordidum flamma trépidant volantes •Yertice fumum,
- et bien d’autres encore !
- Scamozzi, du reste, très-net dans ses affir-
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- N° 10. — 9 Mars 1878. — XXXVIIIe Année. £c ÜCClpwllRjiùtC 75
- mations, ne se contente pas de s’appuyer sur des textes, il produit un fait. Il affirme avoir vu à Bayes,une cheminée antique, « récem-« ment découverte; elle est quadrangulaire, <c et le tuyau forme une pyramide qui se « termine en pointe. » Il peut dès lors sembler difficile de partager l’avis de Perrault qui prétend que les Romains, comme les Grecs, se chauffaient exclusivement au moyen de foyers portatifs garnis de braise incandescente, auxquels ils ajoutaient pour les grands édifices : bains publics et Palais, les hypocau&tes, sortes de poêles souterrains. Voici maintenant Winkelmann, qui explique^ son tour, de la façon la plus naturelle l’absence des cheminées à Ilerculanum et à Pompéia, et ses arguments le classent tout d’abord comme l’un des plus fervents ennemis de la cheminée antique. « On n’a, dit-il, aperçu aucune trace de « cheminées dans les chambres de plusieurs « édifices antiques ; mais dans quelques « chambres de la ville d’Herculanum, il s’est « trouvé des charbons de bois, d’où l’on « peut conclure qu’on ne s’y chauffait qu’a-« vec cette espèce de combustible. Encore, « même de nos jours, n’y a-t-il point de che-« minées dans les maisons bourgeoises de « Naples, et les personnes de distinction qui « tiennent à conserver leur santé, tant à « Naples qu’à Rome, habitent des chambres « sans cheminées et ne font pas usage du « charbon. » « Mais, dans les maisons de campagne « hors de Rome, sur des lieux élevés, où « l’air est plus pur et plus froid, les hypo-« caustes ou poêles étaient sans doute plus « communs que dans la ville. » « Ces poêles, dont ceux qui en ont parlé « n’ont certainement pas eu une idée exacte, « échauffaient les appartements sans que la « chaleur pùt porter à la tète, et l’on pouvait « conduire cette chaleur partout où l’on vou-« lait. Je puis donner une idée de ces poêles, « tant par de bons dessins, que par des restes « que j’en ai vus moi-même, dans la villa « de Tusculum. » « Au pied de la colline sur laquelle cette « maison était située, il existait un petit bâ-« timent qui servait de retraite pendant - « l’hiver. Dessous terre, il y avait quelques « petites chambres qui y sont même encore, « toutes disposées deux par deux, dont la « hauteur est égale à celle d’une table ordi-« naire, et qui ne sont pas plus larges qu’un « petit cabinet d’études. Au milieu de ces ployfi chargé de cette besogne inscrit les mêmes quantités variables sur la feuille en question, en faisant une marque pour chaque variable sur la ligne verticale qui représente le jour, la position de ces lignes étant déterminée en se rapportant aux échelles placées à l’extrémité de la page. Les lignes tracées chaque jour représentant chaque variable sont reliées par des lignes droites, produisant ainsi une ligne brisée continue, ou diagramme. La dimension et la position des échelles arbitraires aux extrémités de la ; feuille sont déterminées par la convenance de façon que les lignes brisées représentant chaque variable ne soient pas trop rapprochées les unes des autres et ne s’entre-croisent pas. Le temps nécessaire pour tenir ce travail à jour, si le registre est lui-même convenablement tenu, ne dépasse pas une ou deux minutes chaque jour. Dans les données du haut-fourneau, deux des quantités Variables sont des résultats définitifs : la quantité de fonte produite et sa nature. Toutes les autres quantités variables sont des causes antécédentes qui amènent les résultats définitifs. De ces causes variables, qui influent sur la quantité de la production, quelques-unes peuvent, dans une certaine mesure, être contrôlées par celui qui surveille la marche du haut-fourneau; d’autres dépendent de ' l’atmosphère et d’autres enfin sont accidentelles. Dans la première catégorie figurent la nature des matériaux de la charge, leurs proportions relatives, les conditions mécaniques dans lesquelles ils se trouvent, s’ils sont secs ou humides, en gros ou en petits fragments, les révolutions des machines, la chaleur ou la pression du vent et la distribution de la charge. Dans la seconde catégorie figurent le nombre de kilog. d’air introduit dans i le haut-fourneau par chaque coup de piston, l’état hygrométrique de l’air, les 1 conditions dans lesquelles s’opère le tirage des cheminées. Toutes ces causes varient suivant les saisons. Dans la troisième catégorie, il faut ranger la perte d’un tuyau ou un arrêt temporaire. La régularité de production et de qualité étant de la plus grande importance dans le travail d’un haut-fourneau, il est bon de connaître quels sont, . au point de vue de la production, les effets d’un changement de conditions antécédentes des deux premières catégories, de sorte que celui qui est chargé de la direction du haut-fourneau sache comment contrôler son travail, pre- ' mièrement, en se rendant compte des effets produits par les modifications des conditions qui échappent à son contrôle, modifications atmosphériques, etc., et secondement, en connaissant dans quelle mesure il peut neutraliser ces effets en agissant sur les causes qui dépendent de son action. Si toutes les conditions antécédentes ordinaires variables dans l’allure d’un haut-fourneau devenaient constantes, constante aussi serait la nature du produit. Si toutes les conditions demeuraient invariables, sauf les conditions atmosphériques, la quantité et la qualité des produits varieraient avec l’état de l’atmosphère, et le directeur du haut-fourneau qui, par l’expérience, aurait été familiarisé avec les effets d’un changement dans les conditions atmosphériques, pourrait y remédier, en observant une modification correspondante du haut-fourneau, sans attendre d’avoir observé un changement dans l’aspect de la scorie ou de la fonte dans le lit de fusion. La méthode graphique pour noter les modifications de conditions et de résultats dans 1 allure d un haut-fourneau offre h l’ingénieur un concours précieux pour arriver à saisir la relation entre les changements dans les condi-
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- tions susmentionnées et les changements de qualité. Elle lui permet auâsi de se rendre compte des effets de modifications arbitraires apportées dans la marche du fourneau, ou de comparer les résultats de deux hauts-fourneaux dans des conditions différentes.
- Nouveau foyer à étages multiples pour l'emploi des combustibles pulvérulents et pauvres,
- de M. Michel Perret.
- Il semblait que l’application au charbon, des appareils déjà en service depuis dix ans pour la combustion des pyrites menues, devait être facile, puisque cette pyrite est elle-même un très-mauvais combustible.
- Il n’en a pas été ainsi. La combinaison de l’oxygène avec le carbone présente deux états dont les effets calorifiques sont très-différents.
- En Savoie, des gisements énormes d’anthracite sont inexploités par suite de l’état pulvérulent et de l’impureté du combustible. Une grande partie des couches puissantes dans les mines sont abandonnées comme donnant un charbon mauvais. Le foyer à étages, peu dispendieux, permet de brûler ces matières sans préparation, de même que les boues et schistes de lavage des houilles, la poussière de coke, celle de lignite, la tourbe, le fraisil de forge, les suies de locomotive, les résidus des foyers.
- Le foyer est à quatre étages, en dalles réfractaires, sur lesquelles on étale le combustible. L’air d’alimentation s’échauffe en passant dans une pièce en fonte à double paroi, qui forme la plaque d’avant le foyer.
- Le combustible est descendu successivement d’un étage à l’autre, au moyen d’un râble, et étalé en couches minces.
- Suivant la nature de l’opération, on peut brûler par mètre carré et par heure, de 2 à 8 kilogrammes de combustible pur, déduction faite des cendres.
- Cette grande élasticité d’allure provient du fonctionnement méthodique de l’appareil. •
- 1° La température élevée des étages inférieurs permet à l’oxygène de l’air d’agir énergiquement sur le combustible.
- 2° Cette action énergique n’a lieu qu’à la surface, surface constante malgré la diminution d’épaisseur de la couche par la combustion.
- 3° L’air s’élevant d’étage en étage est dépouillé progressivement de son oxygène, à l’aide de la température croissante des étages.
- 4° La manœuvre qui fait descendre la masse en ignition d’étage en étage, présente toujours la partie la plus dépouillée de combustible au contact de l’air.
- 5° L’air est chauffé jusqu’à 300°.
- 6° L’air n’éprouve, en cheminant à la surface du combustible, aucune variation de résistance autre que celle du réglement du registre.
- En résumé : épuisement progressif et complet de la matière combustible par l’air chaud, agissant méthodiquement, dans un milieu restreint à la surface du combustible étalé en couches minces.
- L’incinération est complète, quelle que soit l’impureté du combustible.
- Ce système de foyer a déjà été appliqué pour les étuves, l’évaporation des liquides, le chauffage des ateliers et des habitations, et les thermo-siphons.
- « petites chambres, sont des piliers de bri-« ques liées ensemble simplement par de
- « l’argile.. C’est de ces mêmes briques
- « qu’est fait le plafond qui est, pour ainsi « dire, horizontal et qui porte le plancher « d’une petite chambre un peu basse. Le « pavé de cette petite chambre était fait « d’une mosaïque grossière, et les murs en « étaient revêtus de plusieurs espèces de « marbre. Dans ce pavé, on avait pratiqué « des tuyaux carrés en maçonnerie, dont les « ouvertures donnaient dans la chambre in-« férieure. Ces tuyaux, réunis ensemble, par-« couraient l’épaisseur des murs de l’appar-« tement au-dessus de la petite chambre, par « le moyen d’un conduit cintré, enduit de « marbre pilé, et se prolongeaient jusque « dans l’appartement du second étage où la « chaleur se répandait par une espèce de « muffle de chien en argile, lequel était « fermé par un bouchon. Les petites cliam-(( bres souterraines étaient donc des poêles. »
- A proprement parler la combustion n’avait pas lieu dans ces sortes de poêles : on les échauffait en y jetant de la braise incandescente. La chambre immédiatement supérieure servait d’étuve ou de sudalorium.
- Nous citerons, pour finir, un passage du Traité de la chaleur de Péclet :.« Les habi-« tâtions romaines des premiers temps de « l’empire, dit-il, paraissent avoir été chauf-« fées par des fours situés au-dessous du rez-« de-chaussée dont la chaleur se distribuait « dans la masse des bâtiments, et aussi par « des foyers fixes, ouverts de tous côtés, éta-« blis au milieu des pièces, et dont la fumée « s’échappait par un orifice percé dans le toit. (( Ces deux modes de chauffage devaient ce exiger une énorme quantité de combus-« tible.
- « Au temps de Sénèque, on commença à « pratiquer des tuyaux dans les murs pour « porter la chaleur dans les étages supé-« rieurs; il est probable que c’est là l’ori-« gine des tuyaux destinés à recevoir la « fumée. »
- De tout ce qui précède, nous croyons pouvoir déduire la suite des transformations qui ont amené la cheminée antique à une configuration assez voisine de celle de cheminée moderne, ou du moins de celle de la cheminée du moyen-âge.
- Il est évident, tout d'abord, que dans tous les pays, le chauffage primitif a consisté à faire brûler un tas de bois à terre, au milieu de la chambre, en laissant à la fumée le droit de s’échapper par un orificejpercé dans
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- le toit. Mais quant à prétendre comme certains auteurs, qui ne veulent pas accorder aux Grecs et aux Romains d’avoir eu des cheminées, que ces appareils soient de l’invention des peuples du nord, parce qu’ils y furent contraints par la nécessité, cela ne nous parait pas admissible.
- Les peuples du nord font du feu dans des poêles, et la cheminée a forcément pris naissance sous un climat tempéré; et puis les peuples du nord sont restés pendant des siècles dans un état voisin de la sauvagerie qui leur permettait d’avaler leur fumée sans que cela les gênât beaucoup, tandis que la civilisation raffinée des populations de l’Italie et des Gaules devait leur faire sentir plus vivement les inconvénients du chauffage primitif, et la nécessité d’y remédier.
- D’ailleurs, Yitruve n’est pas absolument muet sur la question du chauffage, et s’il n’indique pas les principes qui doivent présider à l’établissement des cheminées, il semble dire cependant (Cap. 3, Lib. 7), qu’il existait dans les habitations de ses contemporains, des appareils spéciaux destinés à contenir le combustible. Sa recommandation de ne pas placer de tableaux dans les chambres où l’on fait du feu, et d’y mettre des corniches et des moulures sans ornements, prouve que la construction des cheminées n’avait pas encore atteint une perfection suffisante.
- Néanmoins, le culmina fumant » de Virgile, non moins que le « sub teclo posila » d’Appien, montrent clairement qu’il y avait sur les toits, des tuyaux propres à faciliter la sortie de la fumée dans l’atmosphère. Probablement, dans le principe, ces tuyaux partaient du toit seulement, et étaient destinés à empêcher le vent de refouler la fumée à l’intérieur; mais ensuite, ils ont dù s’allonger au-dessus du toit et descendre peu à peu en allant à la rencontre de l’âtre immobile. Dans un tel tuyau, Phylocléon peut déjà chercher un refuge.
- Ajoutons que Vitruve faisait ses recommandations, propres à préserver les objets d’art du contact pernicieux de la fumée, sous la domination d'Octave-Auguste, et rien ne s’oppose à ce que ce ne soit qu’après la mort de ce prince, que les principaux per-lectionnements aient été apportés à l’établissement des cheminées.
- Comment supposer d’ailleurs, que les Romains, si pratiques, si intelligents au point de vue du confortable, après avoir imaginé le tuyau vertical de Yhypocauste, n’aient pas
- Les minerais de fer de Meurthe-et-Moselle.
- Les minerais de fer actuellement extraits dans la Meurthe proviennent tous de la formation ferrugineuse oolithique. Cette formation comprend un système de couches plus ou moins puissantes et nombreuses d’argile sableuse ou calcaire vulgairement nommée marne, et de minerai oolithique, alternant ensemble. Elle repose sur le grès supraléasique; elle est couronnée par des marnes grises ou bleues recouvertes elles-mêmes par la série des assises calcaires de l’oolithe inférieure.
- La carte géologique de M. Levallois, inspecteur général des mines, montre l’espace occupé par l’oolithe inférieure, et désigne ainsi, à part un petit nombre d’exceptions, toutes les parties régulièrement stratifiées de la formation ferrugineuse oolithique. On peut, à l’aide de cette carte, résoudre un grand nombre de problèmes, entre autres les suivants : évaluer l’étendue superficielle que le terrain minier régulier occupe dans le périmètre d’une concession ; déterminer l’emplacement le plus convenable pour l’ouverture d’un puits ou d’une galerie de recherches ; reconnaître l’existence des failles ; déterminer la pente générale des couches.
- La formation ferrugineuse présente un léger plongement vers l’ouest. Elle .s’étend, dans la région occidentale, sous un vaste plateau continu que la Moselle recoupe deux fois et que déchirent un assez grand nombre de vallées secondaires. A l’est, sur la rive gauche de la Meurthe, puis sur la rive gauche de la Moselle, la même formation se retrouve sous un certain nombre de plateaux isolés de dimensions restreintes. Ces parties sont sans doute les débris d’un vaste plateau continu qui formait autrefois vers l’Est le prolongement du plateau occidental, et qui a été morcelé et raviné par de puissants agents d’érosion.
- La découverte des mines d’hydroxyde oolithique dans le département de la Meurthe paraît dater de 1835. Cette découverte ne semble pas due au hasard. En effet, l’existence de scories de forges en amas assez considérable, dans la vallée de la Haute-Moselle, la présence du minerai en éboulis dans les tranchées des routes et des chemins, la netteté des vrais affleurements au-dessous de certains escarpements, les travaux pour la recherche des eaux et leur captation, les dénominations même de plusieurs villages, devaient infailliblement attirer un jour l’attention du monde industriel.
- La première mine fut ouverte en 1835 dans un affleurement très-net, et un premier haut-fourneau fut construit tout auprès en 1837. Pendant les quelques années qui suivirent, les indices et les découvertes se multiplièrent rapidement, les reconnaissances se faisaient juste au moment où la création des chemins de fer et des canaux allait bouleverser l’industrie métallurgique. Mais bien que la formation fût reconnue comme existant sous l’oolithe inférieure dans presque toute l’étendue du département de la Meurthe, il n’en restait pas moins à déterminer, à l’aide de puits et de galeries, la composition exacte de la formation. Les observations faites aux affleurements et dans les éboulis peuvent en effet conduire à de très-graves mécomptes surie nombre, l’épaisseur et la qualité des couches de minerai ; un exemple de ce genre s’était présenté pour l’usine de Novéant-Basse.
- Le développement considérable qu’a pris dans ces vingt-cinq dernières années l’exploitation de ces gisements de fer oolithique est le résultat, tout d’abord, de la création des voies ferrées de Paris à Metz et à Strasbourg, du canal de la Marne au Rhin et de celui des houillères de la Sarre ; ensuite, des
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- perfectionnements successifs introduits dans les procédés de fabrication de la fonte et du fer. Au début, les concessions furent demandées dans le voisinage des voies de communication, sans avoir assez égard aux conditions de richesse et de puissance du gisement; dans ces dernières années, c’est l’inverse qui a lieu, et l’on voit le tracé des voies économiques de transports précédé et déterminé par une reconnaissance des gîtes ferrifères les plus avantageux.
- Au 1er janvier 1870, vingt-quatre concessions étaient instituées et leur exploitation avait produit 1.619.867 tonnes.
- Tandis que l’extraction des minières s’était élevée k 500.000 tonnes environ.
- L’extraction de l’année 1869 s’élève à elle seule au cinquième environ de ce chiffre total, soit à 400.000 tonnes.
- Ces minerais alimentent, non-seulement les hauts-fourneaux de la Meurthe, mais encore un grand nombre d’autres plus ou moins éloignés : le tableau ci-dessous indique la répartition du minerai livré en 1869 par les mines et minières du département de la Meurthe.
- Nombre
- de tonnes consommées en 1867.
- Meurthe................................................... 273.963
- Haute-Marne................................................ 13.464
- Bas-Rhin...................................................... 676
- Nord..................................................... 11.918
- Moselle.................................................... 68.917
- Prusse et Bavière.......................................... 51.273
- Meuse et Marne............................................. 18.225
- Belgique...................................................... 386
- Total.............. 438.822
- Le prix de vente du minerai oolithique, chargé sur bateaux ou sur vagons, a varié, en 1869, selon la qualité, entre 3 fr. 15 et 4 fr. 50 par tonne ; au prix moyen de 3 fr. 89, la quantité totale consommée en 1869 représente une valeur de 1.711.914 fr. 44 cent.
- Le minerai oolithique se compose de petits grains qui sont ordinairement de la grosseur d’une tête d’épingle et qui sont agrégés par un ciment sableux, argileux ou calcaire.
- Au microscope, ils se montrent composés de couches concentriques.
- La couleur de la gangue est ordinairement rouge ou jaune rougeâtre ; elle est quelquefois grise, jaune verdâtre, jaune ou bleue. Tantôt elle est répartie d’une manière uniforme, tantôt elle forme des couches aplaties et même des bandes parallèles à la stratification.
- Les oolithes sont composées en général de peroxyde de fer uni à l’alumine, à la silice, à la chaux et k la magnésie. Le minerai renferme d’abondants débris fossiles ; la plupart sont des coquilles de mollusques marins; on y rencontre aussi des fragments de bois, des vertèbres, des ossements et des dents de grands sauriens.
- Les minerais oolithiques, pulvérisés et lavés, laissent tous un résidu plus riche en fer qu’eux-mêmes. Ce procédé d’enrichissement a été appliqué industriellement, puis abandonné k cause du déchet qu’il donne et de l’inconvénient qu’il présente de livrer le minerai k l’état pulvérulent.
- On parle d’y revenir en ce moment.
- On voit, d’après ce qui précède, que la France conserve dans les gisements oolithiques de la Meurthe un immense approvisionnement de minerai de bonne qualité, d’une exploitation économique et d’un traitement facile, puis-
- songé à adapter ce même tuyau, élargi en forme de hotte, immédiatement au-dessus de l’àtre, pour rejeter au-dehors la totalité de la fumée. On comprend ainsi que, lors de l’avènement de Yitellius, le feu ait pu prendre aux cheminées de son palais, et on arrive naturellement à la cheminée antique à Bayes, découverte par Scamozzi, laquelle « est quadrangulaire, » avec « un tuyau en pyramide, qui se termine en pointe. »
- TRAVAUX PUBLICS.
- Nouvelles fontaines municipales à Paris.
- De nouvelles fontaines doivent être placées prochainement sur les principaux squares et voies publiques de Paris.
- Le modèle en est fort simple : c’est une borne aux armes de la ville avec la devise célèbre et toujours vraie : Fluctuai nec mer-gitur.
- Avec un crédit relativement minime, 43.000 francs, on pourra installer dans Paris 265 de ces fontaines.
- Bibliothèque royale de Stockholm.
- La bibliothèque royale est, depuis le commencement de cette année, installée dans les nouveaux bâtiments qui ont été construits pour elle sur les terrains de l’Hulmgarden. La Diète avait accordé en 1871, pour cette construction, une somme de 480.000 couronnes ; les bâtiments en ont coûté 900.000. La collection, qui ne date que du commencement du siècle et qui ne renfermait à cette époque que 30.000 volumes, en compte aujourd’hui 200.000.
- Dessèchement du lac Maréotis, en Egypte.
- On annonce que des banquiers d’Amsterdam viennent d’obtenir du khédive le droit de dessécher le lac Maréotis. L’étendue de terre que l’on pourrait rendre ainsi à la culture est évaluée à 300.000 hectares.
- On sait que le 13 avril 1801, pendant l’expédition française en Egypte, les Anglais rompirent les digues du canal d’Alexandrie, firent pénétrer les eaux de la Méditerranée dans le lac Maréotis (Birket-Mariout), et ruinèrent tout le pays aux environs du lac ; 150 villages furent submergés; la vaste plaine
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- connue sous le nom de Maréotide fut changée en marais.
- La compagnie hollandaise qui se propose de la dessécher de nouveau y construirait des fermes et tenterait d’y replanter des vignes ; car toute cette contrée produisait autrefois un vin estimé, connu sous le nom de vin maréotique.
- Dragages de la basse Loire.
- Les dragages de la basse Loire ont déjà produit des résultats satisfaisants. Plusieurs navires, d’un tirant d’eau variant de 4m,15 à 4m,50, ont pu monter jusqu’aux quais de Nantes avec leur complet chargement. La continuation des dragages permettra aux navires de 5 mètres à 5m,30 de tirant d’eau de monter à Nantes. S’ils étaient pratiqués sur une grande échelle, les navires de 5m,50 à 6 mètres pourraient apporter leur chargement à Nantes sans avoir à le transborder.
- VARIETES.
- Les marées de 1878, par M. Joseph Vinot.
- C’est un phénomène bien étrange et bien imposant que les mouvements de la masse des eaux s’avançant vers le rivage, des profondeurs de l’Océan, pour se retirer ensuite au loin. Lorsqu’une personne qui n’a pas étudié se trouve en présence de cette merveille et la voit se renouveler deux fois par jour, elle ne peut se défendre de cette étonnante interrogation : la mer est donc vivante '? La comparaison de ces mouvements avec ceux de la respiration de cette épouvantable masse animée est assez naturelle, en effet.
- Ceux qui ont un peu étudié sont moins troublés par la vue du phénomène, qui conserve néanmoins pour eux toute sa grandeur. Ils savent que c’est l’action combinée de la lune et du soleil qui, sans influence visible sur les parties solides de notre globe, se manifeste sur l’immense nappe liquide à laquelle on a donné le nom d’Océan, et la soulève lorsqu’elle passe devant eux par suite de la rotation de la terre. La lune a la plus grande part dans le phénomène, en raison de sa moindre distance à nous, c’est elle qui le règle, et de même qu’on peut constater le retour de la lune au même point par rapport à nous, au sommet d’un arbre ou d’un édi-
- qu’il suffit de mélanger, dans le lit de fusion, les minerais siliceux aux minerais calcaires.
- Aussi toutes les usines de ce pays seraient-elles prospères, sans la crise traversée actuellement par la métallurgie de tous les pays. Les hauts-fourneaux se font une concurrence acharnée.
- Malheureusement pour les industriels français, la cherté de la main-d’œuvre et les impôts de consommation leur rendent la lutte impossible à soutenir contre leurs concurrents du Luxembourg.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, HORLOGERIE ET TOPOGRAPHIE.
- Le concours des horloges électriques.
- Nous avons, dans le temps, informé nos lecteurs du concours ouvert pour la fabrication d’un type d’horloges électriques de précision. Aujourd’hui, ce concours est terminé, et il a produit quinze horloges : quatre d’entre elles doivent être acquises par la ville de Paris, au prix de 5,000 francs chacune. Elles seraient placées au palais de la Bourse, au conservatoire des Arts et Métiers, à l’Observatoire et à la gare du chemin de fer de l’Ouest, rive droite.
- Les quinze appareils ont été installés dans une des larges caves pratiquées sous l’aile droite du palais du Luxembourg, à l’abri des trépidations, et pendant un mois, ils ont fonctionné sous la surveillance de leurs constructeurs, ayant pour régulateur un cadran fourni par l’Observatoire. Durant cette période d’expérience, les constructeurs ont pu constater les variations et y remédier.
- Une commission, nommée par l’administration supérieure, a dû suivre aussi la marche des appareils et les juger, tant au point de vue de la régularité, qu’à celui de la valeur des systèmes, pour choisir les quatre horloges qui seront achetées par la ville de Paris : pour la cinquième, il sera versé une prime de 3.000 francs, puis 2.000 francs pour la sixième, et 1.000 francs pour la septième.
- D’autre part, on s’occupe actuellement de la construction des deux horloges électriques monumentales qui doivent être placées à l’Exposition universelle de 1878, l’une au Trocadéro et l’autre au Champ-de-Mars, pour servir à régler les cadrans répartis aux différents points de l’enceinte générale. La transmission horaire sera faite directement à ces deux horloges-mères, depuis l’Observatoire.
- Perfectionnements au téléphone, par M. Trouvé.
- M. Trouvé est parvenu à renforcer les courants de façon à pouvoir communiquer par le téléphone à la même distance qu’avec le télégraphe électrique actuel.
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- M. Trouvé substitue à la membrane unique du téléphone une chambre cubique dont cinq faces sont constituées chacune par une membrane vibrante. Chaque membrane, mise en vibration par le son, influence un aimant fixe entouré d’une bobine constituant le circuit électrique. En associant tous les courant partiels engendrés par ces aimants, on obtient une intensité totale qui croît proportionnellement au nombre des aimants influencés.
- Supposons maintenant une ligne établie, sur laquelle on dispose un téléphone semblable à celui qui vient d’être décrit, puis groupons les membranes et les aimants en deux séries; on peut ainsi engendrer à la fois deux courants au lieu d’un seul. On pourra utiliser cette disposition pour la vérification des dépêches transmises. En effet, au reçu d’une dépêche sur un poste intermédiaire, l’employé répète la phrase reçue par lui, et en même temps qu’elle est envoyée au poste suivant, elle est également retournée comme contrôle au poste de départ, par suite de la disposition des deux séries.
- Un simple commutateur permettrait d’ailleurs de faire agir la totalité des efforts du manipulateur sur une seule membrane du récepteur. L’on pourrait ainsi transmettre la parole à des distances quelconques. M. Trouvé a exécuté h une échelle réduite un modèle qui a parfaitement réussi.
- Pile à gaz oxygène, de M. Becquerel.
- Voici comment cet appareil est composé : un tube de verre fermé à la partie inférieure par une cloison poreuse est introduit dans un flacon contenant de l’acide azotique; dans ce tube on verse de la potasse, et, dans chacun de ces liquides, on met une lame de platine, à laquelle aboutit un fil conducteur. Quand on ferme le circuit en faisant toucher les deux rhéophores, une action vive se produit, l’acide et la base entrent en combinaison. Mais cette réaction simple ne se produit pas seule, le courant ainsi engendré décompose l’eau ambiante ; l’hydrogène se porte sur l’acide azotique qu’il réduit et ne se dégage pas sur l’électrode ; par suite il n’y pas de polarisation ; l’oxygène se porte sur la potasse, reste libre et se dégage autour de la lame de platine.
- Cette pile est fort remarquable parce que, seule jusqu’ici, elle dégage de l’oxygène à l’inverse de toutes les autres qui dégagent de l’hydrogène (les piles totalement dépolarisées étant mises à part).
- Elle présente d’ailleurs un grand intérêt historique, parce qu’elle est la première à courant constant qui ait été construite; c’est dans cet élément, que, pour la première fois, on a employé deux liquides et un diaphragme poreux.
- fice, au bout de 24 heures 55 minutes en moyenne, on voit les phénomènes de haute mer et de basse mer se succéder deux fois dans ce même intervalle de 24 heures 55 minutes.
- Si la lune accélère ou retarde son mouvement, la marée fait de même, revient plus tôt ou plus tard d’un jour à l’autre, et aucun doute n’est possible à cet égard. De même, si la lune se rapproche ou s’éloigne de la terre, les autres circonstances étant les mêmes, la marée est plus forte ou plus faible.
- L’action du soleil, en raison de sa grande distance à la terre, 400 fois celle de la terre à la lune, est, malgré son énorme volume, bien moindre que celle de la lune, le quart environ.
- L’action des deux astres, qui est presque sans influence sur les petites masses d’eau, comme la Méditerranée et l’Adriatique, a tout son effet lorsque, au printemps et à l’automne, la terre présente directement aux deux astres sa région équatoriale où l’Océan Atlantique, entre l’Afrique et l’Amérique, a une immense largeur. Ces marées d’équinoxe, bien plus imposantes que les autres, se propagent jusqu’à nos côtes en un jour et demi, comme les autres marées, et nous avons alors le phénomène dans toute sa sauvage grandeur. Si le vent souffle alors de la mer, des désastres sont à craindre et les plus grandes précautions doivent être prises. Ces marées équinoxiales arriveront en 4878, les 48 février, 20 mars, 29 août, 28 septembre, puis, avec un peu moins d’intensité, les 48 avril et 27 octobre.
- Joseph Vinot.
- Nouveau moyen de reconnaître la pureté de l'eau.
- A la suite d’expériences nombreuses faites dans le laboratoire de l’école d’artillerie de Berlin, le Dr Falk décrit une nouvelle méthode d’essai de l’eau potable au moyen de l’électricité.
- La propriété conductrice de l’eau pour le courant électrique varie rapidement selon son degré de pureté.
- La résistance décroît toujours avec le degré de pureté de l’eau.
- De cette manière, il est facile de reconnaître la présence de quantités minimes de matières organiques dans l’eau.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE. ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Procédé de raffinage du sucre en fabrique, de M. Mérijot. — Système de triturateur pour la betterave, par M. Anduze.— Etude sur les moteurs à gaz, par M. Armengaud jeune fils. — Garnitures tubulaires pour boîtes à étoupes, de MM. Chavanne-Brun et fils. — Organisation des observatoires météorologiques, en Suisse, par M. Bill-viller. Procédé de raffinage du sucre en fabrique, de M. Mérijot. Aucune question n’a plus préoccupé l’industrie du sucre que celle du raffinage en fabrique, ou de la production directe des sucres blancs, propres à la consommation.
- Historique de la cheminée. (Suite.) Les fabricants allemands surtout se sont appliqués à la solution de cet important problème; mais nul n’a obtenu les résultats pratiques donnés actuellement par le procédé de M. Mérijot, qui est appliqué avec succès dans
- Si l’on admet que la cheminée, telle que nous l’entendons, ait existé chez les Romains au commencement de l’ère chrétienne, il est plus que probable que son usage se sera perpétué sans interruption jusqu’à nos jours. Cette opinion semble être celle de certains écrivains qui se sont occupés spécialement de l’histoire de l’architecture. M. L. Batüsier dit dans son Histoire de l'Art monumental, que les baptistères contenaient « un oratoire avec un autel, où « l’on disait la messe pour donner la com-« munion aux néophytes après le baptême, « et même une cheminée où l’on faisait du « feu, dans les saisons rigoureuses, afin de « préserver les enfants des atteintes du « froid. » Cela indiquerait que les cheminées étaient usitées en France dès les premiers temps de l’établissement du christianisme. Cependant, il ne paraît pas qu’elles aient été employées dans les abbayes primitives ; le plan de l’abbaye de Saint-Gall, qui date de l’an 820 environ, montre que le chauffage s’y opérait au moyen d’espèces de calorifères, assez analogues aux hypocaustes. D’ailleurs, la certitude absolue, en pareille matière, ne peut reposer que sur l’existence actuelle de cheminées construites à une époque déterminée. Or, on n’en connaît pas aujourd’hui dont la construction remonte au-delà de la fin du xie siècle. Elles ont, en général, l’apparence d’une sorte de niche prise dans l’épaisseur du mur. Le manteau, légèrement arrondi, repose sur deux pieds-droits ou sur deux encorbellements ; la hotte et la conduite sont cylindriques ou quelquefois barlongues. On trouve dans les bâtiments de la maîtrise de la cathédrale du Puy-en-Vélay, dont l’édification remonte au commencement du l’usine de Bourdon, depuis le commencement de la campagne. Les sucres bruts sont fondus en un chargement à 86 ou 87 degrés en moyenne, puis on clarifie. En ajoutant quelques litres de sang dans la dissolution du sucre brut, en mélangeant le tout et en chauffant jusqu’à l’ébullition, on provoque la coagulation de l’albumine du sang qui enlace dans une sorte de réseau toutes les impuretés solides contenues dans le sucre. Après avoir été clarifiée, la dissolution sucrée ou le sirop est envoyée sur un filtre débourbeur, filtre Taylor ou autre, puis filtrée sur du noir animal en grains. Le noir employé est environ les 30 pour 100 du poids du sucre. Evidemment la pureté du produit final et sa beauté dépendront beaucoup de l’efficacité de la filtration à laquelle on devra dès lors consacrer tous ses soins. Après la filtration, le sirop est cuit : on évite de trop serrer la cuite et l’on se conforme pour la conduite de cette opération aux principes observés en raffinerie. La cuite terminée est coulée dans le réchauffoir, puis distribuée immédiatement dans une série de moules ou formes, en tronc de pyramide que l’on porte dans l’empli pour y être opalées, c’est-à-dire mouvées à plusieurs reprises comme cela se fait dans le travail d’empli des pains, afin d’obtenir une homogénéité parfaite dans la cristallisation. Au bout de six heures, les formes renferment une masse cuite solidifiée dont la structure est identique à celle des masses cuites coulées dans les formes coniques du raffinage ordinaire. Après quoi l’on procède au turbinage. Le modèle de turbine adopté par M. Mérijot et construit par MM. Cail et Cie, se rapproche du modèle le plus répandu en Allemagne. Les turbines de Bourdon sont simplement placées sur un bâti en bois, sans fondation. Elles sont mues par-dessous, de sorte que le chargement et le déchargement du tambour peuvent se faire avec la plus grande facilité, aucun arbre et aucune poulie ne.se trouvant au-dessus de l’appareil, comme cela a lieu avec les centrifuges ordinaires. L’axe de la turbine repose, à sa partie inférieure, sur une crapaudine mobile. Le palier supérieur existant dans la turbine française est supprimé, et une garniture circulaire, disposée au-dessous du tambour, de façon à pouvoir céder en tous sens sous la pression, permet à l’axe de prendre une position convenable suivant le déplacement du centre de gravité. Pour rétablir l’équilibre et pour répartir l’effet de la charge, lorsque celle-ci est inégale sur les divers points du tambour, la turbine est munie d’un dispositif spécial imaginé par Fesca. Le tambour, qui est enfermé dans un manteau en tôle, ne porte point de rebords. Il est formé d’une carcasse en forte tôle recouverte intérieurement d’une toile métallique. C’est dans ce tambour que l’on place les formes et
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- leur contenu, et on les range dans le tambour de telle façon que leur petite base, qui est cintrée Suivant le rayon de ce tambour, vienne s’appliquer contre la surface interne de celui-ci. De cette façon, le bloc de masse cuite repose par la petite base de la forme contre la toile métallique de la turbine, et sa plus grande face libre est tournée vers l’axe de celle-ci. Pour maintenir les six formes qui constituent la charge d’une turbine, on introduit entre elles des coins en bois. On recouvre enfin le dessus des formes, d’un cercle en tôle de quelques centimètres de largeur, l’on met la turbine en mouvement, et l’on abaisse le couvercle mobile dont elle est munie, en introduisant par le centre de ce couvercle une sorte de buée formée de vapeur d’échappement et d’air.
- Cette buée ne tarde point à baigner les formes en tous sens, grâce à une plaque distributrice dont le fond du tambour est garni, et l’on voit, au bout de quelques secondes de mise en marche, un jet de sirop vert de purge jaillir avec force par . une ouverture ménagée à la partie inférieure de la turbine. La buée est évacuée par une cheminée d’appel surmontant le manteau des centrifuges, et le turbinage est terminé lorsque le sirop de purge est incolore. On enlève alors le couvercle, les coins, et les formes qui contiennent des blocs de sucre parfaitement blanc, ayant l’aspect transparent et homogène des raffinés de bonne qualité. Après un séjour de quelques heures dans l’étuve, ces blocs sont débités en morceaux réguliers livrables directement au consommateur. On peut, si l’on a cuit en gros grains, transformer les blocs en pilés pour l’exportation. Les égouts de ce turbinage sont filtrés, recuits et donnent du sucre en grains extra. Le rendement de la masse cuite pour 100 kilogrammes au premier turbinage, c’est-à-dire sous forme de blocs destinés au cassage régulier, est de 52 kilogrammes; en cristallisés, on obtient 58 à 60 kilogrammes. Les égouts de ce premier turbinage, filtrés et recuits en grains, donnent 75 kilogrammes à l’hectolitre, en sucre blanc extra; les égouts de ce deuxième turbinage donnent comme troisièmes jets 48 à 50 kilogrammes à l’hectolitre, en sucre de même richesse que celui mis à la fonte. Les égouts sont ensuite recuits pour donner des quatrièmes jets à 45 kilogrammes à l’hectolitre, des cinquièmes jets à 30 kilogrammes, et, s’il y a lieu, des sixièmes jets au rendement de 15 kilogrammes. La durée de ces opérations se décompose comme suit : 18 à 20 heures à partir de la fonte pour obtenir le raffiné propre au pilage; 24 heures pour retirer les deuxièmes jets; 8 jours pour la cristallisation des troisièmes jets, et un mois pour celle des quatrièmes. Si, par exemple, on a pris un chargement à 86 degrés, on aura, au bout de 48 heures, retiré de 100 kilogrammes, plus de 75 à 80 kilogrammes, soit de raffiné, soit de sucre extra blanc.
- Le raffinage des produits de la fabrication de tous jets est ainsi devenu possible pendant toute la durée du râpage, et les masses cuites de betteraves, transformées d’abord en sucre brut, sont livrées au commerce sous la forme à laquelle la consommation est habituée, ne laissant dans les fabriques que de la mélasse épuisée comme résidu. Le procédé est simple et il ne nécessite, comme outillage, que l’addition d’un nombre de turbines spéciales proportionné à la production de l’usine. Le reste du matériel subsiste sans aucun changement avec d’insignifiantes modifications : les formes, les lits-de-pains, les greniers, les sucettes, les étuves, etc., ont disparu et il reste seulement un matériel occupant peu de place, avec le maniement duquel le fabricant de sucre est déjà familier, c’est-à-dire les filtres, l’appareil à cuire et la turbine.
- xne siècle, plusieurs exemples remarquables de cheminées.
- L’âtre est engagé dans le mur suivant un segment de cercle de 0m,50 de flèche. La hotte, tronconique, forme l’autre segment du cercle, et se prolonge par un tuyau de section circulaire, dont la moitié sé trouve en saillie sur le plan du mur auquel est adossé le foyer. Une autre cheminée de cette maîtrise offre une disposition fort curieuse : on voit, en face du foyer, un petit trou circulaire, dirigé obliquement d’arrière en avant, et faisant l’office d’un ventilateur à courant continu.
- Dès la fin du xii® siècle, les cheminées s’étendent, s’agrandissent, et deviennent bientôt de véritables monuments ; celle du Château-de-Vauce, près Ebreuil, dans le département de l’Ailier, a déjà lm,86 de large, tandis que celle du Puy n’a que lm,49.
- Au xive siècle, nous voyons la sculpture et les bas-reliefs envahir les manteaux des cheminées ; c’est ainsi que dans la chambre du roi, à l’hôtel Saint-Pol, il y a, dit Sauvai (Histoire et Antiquités de la ville de Paris, t. II), une cheminée ornée « de grands che-« vaux de pierre ; celle de sa chambre au « Louvre, construite en 1365, était ehargée « de 12 grosses bêtes, et de 13 grands pro-« phètes qui tenaient chacun un rouleau ; de « plus, terminée des armes de France, sou-« tenue par deux anges, et couverte d’une « couronne. »
- L’hôtel de Jacques Cœur à Bourges, construit au xve siècle, renferme plusieurs belles cheminées ; dans l’une d’elles, l’âtre a jusqu’à 2m,57 de largeur.
- Du reste, cela ne paraissait pas, sans doute, suffisant pour chauffer les vastes salles des châteaux, on avait fait déjà des cheminées possédant deux foyers (grande salle du château de Coucy), et même trois comme la cheminée de la grande salle du palais des comtes de Poitiers. Les trois foyers sont surmontés d’un seul manteau richement décoré, et la fumée s’échappe par trois tuyaux séparés les uns des autres ; la largeur totale est d’environ 10 mètres, et la hauteur sous le manteau de 2m,30.
- Le xve et le xvie siècles ont vu construire une grande quantité de cheminées monumentales et remarquables à tous les points de vue ; mais rien n’égale la cheminée de la grande salle du palais de justice de Bruges. Sa hauteur est de 6 mètres et sa largeur de 11 mètres. Les colonnes, de chaque côté du foyer, sont en marbre noir. La frise ornée, à
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- ses extrémités, de génies en marbre blanc, offre des bas-reliefs en albâtre, racontant l’histoire de la chaste Suzanne. Le manteau est orné des statues en bois, de grandeur naturelle, de Charles-Quint, de Maximilien Ier, de Marie de Bourgogne, de Charles-le-Téméraire et de Marie d’Angleterre. On y voit aussi les écussons aux armes d’Espagne, de Bourgogne, de Flandre, d’Angleterre, et les médaillons de Philippe-le-Beau et de Jeanne-la-Folle. Ce monument, composé de marbre, de pierre et de bois, date de 1529 et paraît dû aux talents réunis de l’imagier Haltsmann et de sa fille. Il en existe une reproduction dans les galeries de sculpture du Louvre.
- Si les êtres des cheminées, à l’intérieur des maisons étaient aussi richement décorés, les tuyaux qui les surmontaient ne l’étaient pas moins, ainsi que le montre la cheminée de la maîtrise de la cathédrale du Puy. Les pierres sont par assises horizontales alternées de couleur, et la partie supérieure, terminée en cône, est ouverte latéralement.
- On peut voir aussi, dans le jardin du presbytère de l’église de Sainte-Croix, une tourelle octogone de 0m,90 de largeur, surmontée par deux étages de colonnettes, dont le second, à jour, donnait passage à la fumée : le tout se termine par un toit pyramidal. C’est la cheminée monumentale qui surmontait au xme siècle l’un des pignons de' l’abbaye de Saint-Lô.
- Au xiie siècle et au commencement du xme, les architectes couvrent volontiers les tuyaux, comme s’ils craignaient que la pluie ne tombât à l’intérieur ; vers la fin du xme siècle, les cheminées sont ouvertes à la partie supérieure, mais l’ouverture est étroite, et les passages latéraux subsistent. Enfin, au xive siècle et plus tard, l’ouverture supérieure a la même section que le tuyau et elle est décorée souvent par des pièces de fer, qui forment plus ou moins couronne. Tel était le tuyau de la cheminée de la grande salle du château de Sully-sur-Loire, et tels sont encore ceux du château de Du Guesclin, près de Dinan. Ils sont construits en trois matières différentes : granit, brique et ardoise, dont on a habilement tiré parti au point de vue décoratif.
- Au xve siècle, l’usage des cheminées se multiplie et l’on en met dans plusieurs pièces aux étages différents. On les superpose directement, et les tuyaux ne sont plus des tourelles isolées, mais des faisceaux de tuyaux plus ou moins nombreux. On leur donne alors une section rectangulaire allongée.
- Système de triturateur pour la betterave, de M. Anduze.
- Nous venons rendre compte d’une expérience intéressante avec un appareil Anduze pour le défibrage de la betterave, dans la sucrerie de M. Têtard, à Gonesse.
- La râpe généralement employée n’est pas un outil méthodique, c’est un outil empirique. Ce n’est pas un engin vraiment mécanique et les dispositions ingénieuses qui l’ont étayé ne peuvent rien changer à son mauvais principe.
- Au contraire, l’appareil présenté par M. Anduze est susceptible de fournir un travail constant dont le degré de finesse est réglé par la volonté du manipulateur. Sa construction est simple et robuste en même temps, ‘à ce point que les pierres y peuvent passer sans inconvénient aussi aisément que la betterave.
- Deux plateaux verticaux en fonte, armés à leur circonférence intérieure de dents coulées avec eux, sont placés dans une enceinte convenable. L’un de ces plateaux est fixe, l’autre est mobile d’abord autour de son axe et ensuite le long de cet axe. La betterave à triturer arrive entre les deux plateaux dont la forme est telle que leurs centres laissent un espace suffisant pour loger les racines qui affluent vers l’appareil. Dans cet espace, les betteraves sont déchiquetées par des couteaux, et la force centrifuge les amène se faire broyer entre les dents des plateaux et rejette la pulpe en dehors de la machine pour qu’elle soit, de là, prise dans la circulation de l’usine.
- La vitesse de rotation du plateau mobile autour de son axe fait varier le débit de l’appareil; son glissement le long de l’axe le rapproche plus ou moins du plateau fixe et fait varier le degré de finesse du produit.
- La disposition même de l’appareil fait qu’une partie broyée ne peut sortir sans avoir subi une espèce de calibrage', et par suite la fabrication se trouve ainsi, de prime abord, débarrassée des semelles produites par la râpe, souvent dans des proportions exagérées.
- En somme, l’expérience faite justifie complètement ce que la raison indique, ainsi que le montre le tableau ci-dessous résumant les analyses comparatives entre le travail de la râpe et celui du broyeur Anduze, faite par M. Lepaire, directeur de la sucrerie de M. Têtard.
- Analyse du sucre laissé dans la pulpe :
- . Du triturateur. De la râpe.
- 10 décembre 1877..................... 4.07 p. 100 4.49 p. 100
- 14 décembre 1877..................... 4.59 — 5.69 __
- 17 décembre 1877 .................... 5.09 — 5 99 —
- C’est donc environ 1 pour 100 de sucre qu’on laissera en moins dans la
- pulpe et que l’on retrouvera dans l’usine. Ces résultats n’ont pas besoin de commentaires.
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- 84 jTe (ÏUdjttOlcTCjiôte N»!!. — 16 Mars 1878. — XXXVIIIe Année.
- GENERATEURS, moteurs et outillage.
- Etude sur les moteurs à gaz, par M. Armengaud jeune fils.
- Les moteurs à gaz ont rendu déjà de grands services et en rendront de plus grands encore pour procurer, dans des conditions commodes et avantageuses, de la force motrice à la petite et la moyenne industrie. Mais en dehors de cet intérêt capital, ces machines méritent d’exciter au plus haut degré l’attention des ingénieurs, par l’importance des questions de physique-mécanique que soulève l’examen de leur fonctionnement. C’est à ce point de vue que la note de M. Armengaud étudie les nouveaux systèmes et les compare avec les anciens.
- Il est nécessaire d’exposer d’abord quelques considérations générales.
- On est universellement convenu de désigner par moteur à gaz tout moteur fondé sur l’emploi d’un mélange détonant. Ce mélange est composé d’air et de gaz d’éclairage dans des proportions qui peuvent varier entre des limites assez étendues, depuis sept parties d’air pour une de gaz ; cette composition fournit toute la quantité d’oxygène nécessaire pour brûleries divers éléments combustibles du gaz d’éclairage. La combustion complète de ce gaz développe une quantité de chaleur de 10.180 calories par kilogramme ou de 6.000 calories, en chiffre rond, par mètre cube.
- Cette chaleur soudainement produite par les réactions chimiques qui ont lieu au moment de l’inflammation du mélange gazeux, se répand dans les produits gazeux de la combustion, les dilate, et s’ils sont dans une capacité limitée, élève leur pression en les rendant ainsi aptes à exercer des efforts considérables. La température du mélange gazeux aussitôt après l’explosion dépend de la composition du mélange détonant, et peut varier de 1.200 à 2.800 degrés.
- Les moteurs à gaz ont beaucoup de points de rapprochement avec les autres moteurs, à vapeur, à air chaud, etc. Dans les uns comme dans les autres, c’est l’expansion d’un fluide gazeux qui est la cause du mouvement et par suite du travail mécanique engendré. Quelle que soit la nature du fluide, c’est sa force élastique qui est employée pour déplacer un piston lié à la résistance à vaincre. Ce fluide n’est en effet qu’un agent intermédiaire qui puise la chaleur à une source supérieure pour la verser dans une source inférieure, et, d’après le premier théorème fondamental de la thermodynamique, c’est la chaleur disparue pendant ce passage qui s’est convertie en travail mécanique extérieur.
- Il ressort de là que si l’on veut comparer dans leur principe dynamique les divers genres de moteurs que nous connaissons, une des différences essentielles réside dans la manière dont la chaleur est communiquée au corps intermédiaire.
- Dans les machines à vapeur, la chaleur est tenue d’opérer la transformation préalable de l’eau en vapeur, puis d’augmenter la tension de cette vapeur. Cette vaporisation s’opère en dehors du cylindre moteur, assez longtemps avant l’action du fluide sur son piston. Pour les moteurs à air chaud,
- Au xvie siècle, ces faisceaux prennent une importance considérable, au point de défigurer les constructions les plus remarquables, telles que les châteaux de Chambord, d’E-couen, etc...
- Enfin, au xvnc siècle la mode de l’art grec et romain fait d’abord supprimer les tuyaux de cheminée, mais on est bientôt obligé de les rétablir, n’ayant pu, du même coup, supprimer le froid, ce qui fait surmonter les édifices en terrasse de cette époque, d’appendices en briques, plâtre ou tôle, de l’effet le plus disgracieux.
- (A suivre.)
- INVENTIONS ET DÉCOUVERTES.
- Nouveau système de filière à tarauder.
- MM. Japy frères viennent de faire breveter une disposition de filière à tarauder, construite sur le principe de la séparation automatique des coussinets, pour permettre la suppression du détournage de la vis ou du boulon taraudé.
- Dans ce but, les coussinets sont montés respectivement dans des branches assemblées à charnière, dont une, la supérieure, se relève d’elle-même, dès que le taraudage est effectué.
- Le temps gagné pour tarauder une vis à métaux peut être estimé à 33 pour cent ; pour les boulons surtout, l’économie de temps est encore plus grande, et peut être évaluée à 40 pour 100 en moyenne.
- De plus, l’usure des coussinets est sensiblement diminuée.
- Prix pour un traité d'orfèvrerie.
- Le Conseil de la Société des arts de Londres offre la somme de 2.500 francs et la médaille de la Société pour le meilleur essai sur « l'art de l’orfèvre, dans le passé et le présent, chez toutes les nations, avec suggestions pratiques pour son développement futur. »
- L’essai doit être historique aussi bien que pratique, et signaler les chefs-d’œuvre produits dans les diverses contrées.
- Il est nécessaire d’exposer les obstacles qui ont concouru à retarder les progrès de l'art en Angleterre, dans le but de chercher à les aplanir et de prévoir et d’amener des per-
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- N® 11. — 16 Mars 1878. — XXXVIIIeAnnée. <Lecl)nalcUUj$tf 83
- fectionnements dans différentes branches de l’art.
- Le prix ne sera décerné qu’à un essai d’un mérite suffisant. Les communications doivent être adressées au secrétaire de la Société des Arts, John Street, Adelphi, Londres.
- NOUVELLES.
- Prix accordés par l'Académie des sciences.
- 1° Mécanique. — Prix Poncelet, M. La-guerre ;
- Prix Monlyon, M. Gaspari;
- Prix Plumey, M. Freminville ;
- Prix Fourneyron, M. Mallet.
- 2° Astronomie. — Prix Lalande, M. Asaph Hall;
- Prix Vaillant, M. Schulhof;
- Prix Vais, MM. Paul et Prosper Henry.
- Physique. — Prix Lacaze, M. A. Cornu.
- Statistique. — Prix Monlyon, M. E. Juer-nès;
- Prix réservé de 1876, M. E. Loua ;
- Mentions, MM. Dislère et Puech.
- Chimie.— Prix Jccker, M. A. Houzeau;
- Prix réservé de 1876, M. Cloëz;
- Prix Lacaze, M. Troost.
- Botanique. — Récompense de 1.000 francs à M. Galippe ; à MM. Lepage et Patrouillard, 500 francs; à M. M. Manouvrier, 500 francs.
- Anatomie et zoologie. — Prix Thore, M. Jousse de Bellesme.
- Le prix Laplace a été décerné à M. Douga-dos, sorti le premier, en 1877, de l’Ecole polytechnique et entré à l’Ecole des mines.
- Un décret en date du 21 janvier 1878 fixe à 18 ans l’àge exigé des aspirants à l’emploi de conducteurs des ponts-et-chaussées ; mais les candidats déclarés admissibles ne pourront être nommés conducteurs que lorsqu’ils auront 21 ans révolus et qu’ils auront satisfait aux obligations de la loi militaire.
- Le même décret dit que les militaires ayant passé cinq ans sous les drapeaux dans l’armée active, et les agents secondaires qui, à l’âge de 30 ans, comptaient plus de 2 ans de services, concourront jusqu’à 35 ans.
- réchauffement qui dilate l’air est produit dans un foyer spécial également indépendant du cylindre.
- Toute autre est cette communication de la chaleur dans les moteurs à gaz. Ici la chaleur est développée dans l’intérieur même du cylindre et au sein de la masse gazeuse qui doit fournir le fluide moteur. Bien plus, elle n’est produite qu’au moment où ce fluide dilaté va entrer en action. Il n’y a donc pas d’emmagasinement de chaleur.
- On comprend les avantages qui découlent de ce mode de production et d’utilisation immédiates de la chaleur. C’est la raisonde l’intérêt qui s’attache aux moteurs à gaz et de la préférence que l’on doit accorder à ces machines pour les opérations industrielles, où un travail intermittent ne saurait s’accommoder de la mise en train longue et relativement dispendieuse des machines à générateur de vapeur.
- Mais autant est simple la conception de l’emploi du mélange détonant comme source de force motrice, autant sont complexes les conditions de sa réalisation pratique. En effet, la chaleur développée par l’inflammation du mélange (au moyen d’un bec de gaz ou d’une.étincelle électrique) se transmet trop vite à l’air en excès et aux produits de la combustion, de telle sorte que ce n’est pas une expansion, que l’on obtient comme avec la vapeur ou avec l’air chaud, mais bien une explosion soudaine, dont on ne peut qu’atténuer la violence par l’augmentation du matelas d'air. De là des effets brusques, peu compatibles avec l’allure régulière que doit avoir une machine.
- D’autre part, la chaleur tend à s’échapper de la masse gazeuse aussi rapidement qu’elle y avait pris naissance et elle passe en grande partie dans les parois du cylindre, avec une vitesse qui, en vertu de la loi de Newton, est proportionnelle à la différence des températures des milieux interne et externe, laquelle est extrêmement considérable. 11 en résulte un échauffe-ment du cylindre difficile à éviter même avec les enveloppes à circulation d’eau.
- Ainsi la chaleur produite par l’explosion du mélange détonant a deux manières de disparaître. Lorsqu’elle échauffe le cylindre et rayonne vers les corps environnants, elle est perdue pour la force motrice. Si elle se maintient dans la masse gazeuse, elle s’y dépense en produisant du travail mécanique. De ces deux tendances, l’une nuisible, l’autre utile, il faut combattre la première, et développer la seconde. Pour retenir la chaleur dans la masse gazeuse, il faut mettre celle-ci en état d’engendrer le plus vite possible le travail dont elle est susceptible.
- Or ce travail se manifeste soit sous la forme d’une augmentation de volume (p.dv.), soit sous la forme d’une augmentation de force vive 1/2 m (v2—v02). Ces deux formes du travail dans lesquelles l’énergie intérieure d’un mélange explosif quelconque est transformable, peuvent très-rarement s’isoler dans l’application. C’est la force vive qui domine dans les armes à feu, et il doit en être ainsi puisqu’il s’agit d’imprimer surtout une vitesse considérable à un corps de masse relativement faible p^r rapport à la puissance de la charge. Dans les machines motrices à piston, on doit au contraire faciliter l’accroissement de volume, c’est-à-dire prolonger la détente. Malheureusement comme la capacité dont on dispose est cylindrique et a une section forcément limitée, ce résultat ne peut être obtenu dans les conditions voulues de rapidité, qu’en permettant au piston de se déplacer avec une extrême vélocité. Une conclusion à tirer de là, c’est que les moteurs à gaz doivent des machines à grande vitesse. Dans l’ancien moteur Otto et Langen il y a, lors de la course ascendante, concommitence des deux formes de travail ci-dessus signalées.
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- Malgré ce double effet, la déperdition de la chaleur par les parois est encore considérable et le rendement pratique de la machine Otto et Langen, comme de toutes les machines fondées sur le même principe, est encore très-éloigné du rendement théorique possible, lequel est par mètre cube de gaz 6.000 X 425 (425 équivalent mécanique de la chaleur) ou 2.550.000 ki-logrammètres.
- Comme on le voit, la grande difficulté qui s’oppose à l’utilisation complète du calorique en travail gît précisément dans cet état particulier en quelque sorte instable et fugitif sous lequel se trouve la chaleur émanée spontanément du mélange enflammé, état inconciliable avec l’inertie des mécanismes dont on dispose pour la transformer en travail extérieur. La conséquence à laquelle conduit cette considération, c’est que dans la recherche du problème du moteur à gaz, il convient de modifier les conditions de l’explosion du mélange détonant. Il faut, en particulier, rendre l’inflammation graduelle et, par suite, ralentir dans une certaine mesure le développement de la chaleur. Telle est, en effet, une des idées nouvelles que l’on trouve appliquée dans les deux principaux systèmes perfectionnés dont il va être question plus loin.
- Gomme pour toutes les grandes découvertes, celle de la machine h vapeur par exemple, plusieurs pays se disputent la gloire de compter le créateur du premier moteur à gaz. Ce paraît être un Français appelé de Rivaz, ancien officier de la première République : dans un brevet d’invention qu’il prit en 1807, on trouve décrite une voiture fonctionnant par un moteur k gaz. Ainsi, de même que pour la vapeur, la voilure k gaz a précédé la machine fixe. Les Anglais réclament en faveur du mécanicien Brown, qui, en 1835, construisit une machine dans laquelle le mélange explosif agit sur une colonne d’eau. M. Claudio Segré, auteur d’une étude très-remarquable sur le moteur Otto et Langen, attribue k l’italien de Cristoforis (1841) l’idée de la première machine ignéo-pneumatique.
- En France, les premiers systèmes de moteurs k gaz qui aient fonctionné d’une manière satisfaisante sont ceux de M. Hugon (1858) et de M. Lenoir (1860). On se rappelle la grande et légitime admiration que provoqua l’apparition du moieur-Lenoir, notre compatriote, qui peut être justement considéré comme ayant trouvé la première solution pratique du problème du moteur k gaz. Après le moteur Lenoir est venu le moteur k gaz k pression atmosphérique de MM. Otto et Langen, de Cologne, qui ont eu le grand mérite de réduire considérablement la dépense du gaz. Mais cet avantage est détruit par le bruit insupportable que font ces machines, et qui est la cause principale de leur abandon. Pour l’étude pratique de ce système, on lira avec intérêt le rapport très-bien fait de M. Schmitz, ingénieur de la Compagnie du Gaz, rapport inséré dans VAnnuaire de la Société des Arts et Métiers, année 1867.
- De l’ensemble des faits saillants qu’il a recueillis dans ses recherches, M. Armengaud a dégagé cette remarque importante : c’est que toutes les idées sur la manière d’employer les mélanges détonants pour engendrer une force motrice se réduisent k deux.
- Ou la force de l’explosion est appliquée directement pour pousser un piston lié d’une manière constante k la résistance à vaincre, c’est le principe des systèmes dont le moteur Lenoir est le type.
- Ou bien l’explosion agissant sur un piston libre, sert k créer derrière celui-ci une raréfaction ou vide partiel en vertu duquel la pression atmosphérique agit au retour pour développer le travail effectif : c’est le principe de
- VOYAGES ET DÉCOUVERTES.
- Expédition dans le Sahara.
- Une expédition allemande s’organise, sous la direction de M. Rohlfs, pour l’exploration de la partie orientale du Sahara. Il sera accompagné de savants parmi lesquels on cite M. le professeur Zittel, de Munich. Le quartier général de l’expédition sera à Tripoli, et ses premiers efforts seront dirigés sur une exploration des mystérieuses oasis de Wajanga et de Kufara, au sud d’Àujila, qu’aucun voyageur européen n’a encore visitées.
- (.Athenœum.)
- Le train impérial sur les chemins de fer russes.
- Voici, d’après les journaux russes, quelques détails sur le train spécial dans lequel l’empereur de Russie voyage actuellement.
- Ce train est composé de dix-huit wagons, comprenant la cuisine, le buffet et tout ce qui est nécessaire au service. La voiture de l’Empereur a 30 mètres de longueur et est portée par huit paires de roues articulées. La longueur totale du train mesure 210 mètres. Le train est entièrement chauffé par la vapeur; une galerie permet de circuler d’une extrémité à l’autre, et pour obvier à l’inconvénient des courants d’air dans ce passage, la température y est maintenue à 3 degrés au-dessus de celle qui règne dans les wagons. Tous les wagons composant le train impérial ont été construits à St-Pétersbourg, dans les ateliers du chemin de fer « Nicolas « de St-Pétersbourg à Moscou. »
- Expédition au pôle nord.
- En Hollande, les préparatifs pour une expédition au pôle nord se poursuivent activement. C’est au mois de mai que le départ est fixé. Le Spitzberg est le lieu de destination. On réserve à un autre voyage l’établissement d’une station polaire pour les observations météorologques ; l’expédition actuelle déterminera seulement la place la plus convenable pour cet observatoire.
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- N» 11.— 16 Mars 1878. — XXXVIIIe Année. £e 87
- BREVETS D’INVENTION.
- Agthe. — Système de barre d’attelage pour wagons (120453).
- Albaret et C°. — Appareil liant la paille à la sortie des machines à battre, etc. (120410).
- Albaret et C°. — Perfectionnements au semoir à engrais et à sable (120411).
- Allô. — Appareil de sauvetage (120417).
- Aubert.—Système d’arrosage (add. à 116776).
- Aude. — Manège circulaire à propulseur à hélices actionnées par la vapeur ou l’air comprimé (120476).
- Babcock (les sieurs) et autres. — Système de nettoyeur-séparateur-lustreur du blé (120516).
- Badiou. — Faulx moissonneuse à poignée articulée (120506).
- Balin. — Application du poil de certains animaux en remplacement des tontisses, et pour l’imitation des fourrures (120477).
- Bastide. — Arrêt instantané dans les rouets à cannettes par la cassure d’un ou plusieurs fils (add. à 112280).
- Beauferez et Bollé. — Procédés de fabrication des perles métalliques, etc. (120429).
- Benoît et Bouvier. — Navette à deux cannettes pour le tissage des étoffes de laine (120488).
- Bernât. — Séchoir (120363).
- Bertrand. — Appareil à vaporiser les fils de coton et de laine sur bobines, cannettes ou en écheveaux (120522).
- Bescherer. — Machine à tailler les roues d’horlogerie (120435).
- Bétremieux. — Système d’épeuleuse supprimant le graissage des broches (120493).
- Biardot et autres. — Conservation des végétaux et de leur couleur verte (add. à 119819).
- Biétrix et C° et Révollier (Société). — Perfectionnements au classement des corps suivant leur densité (120404).
- Billaudot et Lombart. — Appareil à refroidir graduellement le chocolat et autres produits analogues (120485).
- Bingham. — Blindage élastique cellulaire et rayonnant pour vaisseaux blindés, etc. (120459).
- la machine Otto et Langen. Quelquefois ces deux actions ont été combinées dans une même machine comme dans la machine de Gilles, assez en faveur en Angleterre, et aussi dans le système plus récent de M. Bisschop.
- (Bulletin de la Société des Ingénieurs civils. A suivre.)
- Garnitures tubulaires pour boîtes à étoupes, de MM. Chavanne-Brun et fils.
- Tout le monde sait que pour assurer l’étanchéité du passage d’une tige de piston telle que B (fig. 20) à travers le couvercle A d’un cylindre de machine à vapeur, on l’entoure généralement d’une garniture en étoupes ou en coton imprégnés de suif, fortement pressée par un couvercle C, maintenu par des boulons D. L’ensemble de ce système est connu sous le nom de presse-étoupes.
- Fig. 20.
- Fig. 21.
- L’on a tenté de remplacer la matière textile par des copeaux de bois ou des rondelles de liège et aussi par de la mousse nettoyée à la vapeur; mais, dans tous les cas, les fuites ne peuvent être évitées qu’en faisant usage d’une pression considérable, laquelle cause un grand frottement, et, par suite, une perte de force.
- On a essayé aussi dans ces derniers temps de faire des garnitures en alliages métalliques malléables; mais elles sont d’un prix élevé, et exigent de grands soins.
- C’est pourquoi MM. Chavanne-Brun et fils, de Saint-Chamond (Loire), ont
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- pensé à faire des garnitures de stuffing-box, au moyen d’une spirale formée par l’enroulement d’un tube G en caoutchouc recouvert d’un tissu grossier (fig. 21). Ce tube peut se faire en caoutchouc pur ou en caoutchouc rouge.
- La garniture se fait de la manière la plus simple et sans rien changer à la disposition ordinaire du presse-étoupes (voir fig. 20).
- Il faut avoir soin d’employer une garniture tubulaire d’un diamètre plus fort que le vide qui existe autour de la tige, en sorte que le tube puisse entrer un peu de force, sans se plisser sur sa partie qui touche à la tige. C’est la seule précaution à prendre. Le serrage se fait toujours très-facilement, le plus souvent à la main, et les résultats paraissent, néanmoins, excellents.
- Le graissage ne doit avoir lieu que rarement; et dans les cylindres graissés automatiquement, il suffit de s’en tenir à la lubrification qui a lieu par le contact de la tige.
- INSTRUMENTS DE PRECISION, HORLOGERIE ET ASTRONOMIE.
- Organisation des observatoires météorologiques, en Suisse, par M. Billviller.
- Chaque station est dotée d’un baromètre, d’un psychromètre, dont le thermomètre sec sert également à mesurer la température de l’air, d’un pluviomètre et d’une girouette. Ces instruments remplissent certaines conditions d’exactitude; ils sont comparés avant et après leur emploi, mis en place par un expert et observés d’après des instructions détaillées communes.
- Les indications des instruments sont inscrites trois fois par jour, à 7 heures du matin, à 1 heure et à 9 heures du soir. Les tableaux mensuels sont dressés de suite et publiés plus ou moins complètement.
- Les observations ont commencé avec le mois de décembre 1863, la Commission chargée d’établir un système d’observations météorologiques ayant trouvé un accueil favorable auprès d’un grand nombre de personnes qui ont consenti h se charger des observations dans les localités qu’elles habitent, le réseau des stations fut, comme l’intérêt scientifique le demande, reparti sur toute la Suisse.
- Du nombre de ces stations (qui était, au commencement 1863 et 64, de 88), il s’en trouve : 12 de 200 à 400 mètres; 26 de 400 à 600 m.; 18 de 600 à 1000 m. ; 17 de 1000 à 1600 m. ; 9 de 1600 à 2000 m. ; 3 de 2000 à 2200 m. ; 2 de 2200 à 2600 m. Ce nombre a varié depuis ; quelques stations ont cessé, mais de nouvelles ont été établies.
- La Commission qui a été nommée par la Société helvétique des Sciences naturelles existe encore, bien que sa tâche principale, l’organisation du réseau des stations, soit finie déjà depuis longtemps et que les affaires courantes (la publication des observations, la direction et l’inspection des stations) soient commises au bureau météorologique central. Celui-ci a été établi à l’Observatoire fédéral astronomique.
- Bisschop {de). — Perfectionnements aux moteurs à gaz et leur application (add. à 110427).
- Blanke. — Procédé et appareil de vulcanisation du caoutchouc (120414).
- Bochon. — Appareil destiné à utiliser les gaz provenant de la calcination des os (add. à 117382).
- Bodin et Riding. — Perfectionnements dans les métiers à tisser (120378).
- Boivin. — Cible électrique (120415).
- Bonnet et Guillet-Brossette. — Tuyaux en béton de ciment ou tout autre produit calcaire ou siliceux à parois métalliques (120519).
- Boucher. — Cercle à calcul remplaçant la règle à calcul (add. à 114520).
- Bourdon père. — Extracteur à gaz (120 462).
- Bourg. — Battant permettant de tisser deux
- • pièces côte à côte (120386).
- Bousset. — Perfectionnements à la sonnerie des pendules de voyage (120377).
- Bouvier et Benoît. — Navette à deux can-nettes pour le tissage des étoffes de laine (120488).
- Bouvret. — Régulateur évitant l’entrainement de l’eau avec la vapeur, applicable à toutes prises de vapeur (120536).
- Bower. — Perfectionnements dans les trappes à gaz dans les égouts (add. à 119914).
- Brain. — Perfectionnements aux piles électriques et aux moyens et appareils d’extraction du fer et autres métaux de leurs minerais, etc., etc. (120447).
- Brehmer. — Perfectionnements dans les appareils à relier les livres au moyen d’agrafes en fil métallique (120369).
- Briese. — Appareil à contrôler pour chemins de fer, etc. (120371).
- Brisse. — Appareils servant à poser les tubes des chaudières, à les mandriner, les couper et river (120443).
- Broux frères. — Mécanique d’armure pour tissage (120518).
- Brown. — Perfectionnements dans la fabrication des peaux artificielles (120503).
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Nouvelles données sur le gallium, par M. Ber-lhelot. — Sur le nickélage, par M. R. Kay-ser. — Etude sur les moteurs à gaz, par M. Armengaud jeune fils. — Culture hivernale de la pomme de terre, par M. Tel-liez. — Nouveau procédé d’abattage des animaux de boucherie. — Désinfection des futailles. — Falsification du vin en Allemagne.
- CHRONIQUE.
- Historique de la cheminée.
- (Suite.)
- Les vastes cheminées du moyen-âge et de la renaissance, exigeaient des quantités de combustible considérables ; on y jetait des troncs d’arbres de 2 et 3 mètres de long, et cela était à peine suffisant pour chauffer les vastes salles dans lesquelles elles étaient placées. Dans les campagnes, des sociétés entières se réunissaient à la veillée sous le manteau, souvent garni de bancs. Mais dès le xvne siècle, les cheminées prennent des dimensions moins considérables : de nos jours, elles sont tout à fait restreintes, et les cheminées dans le manteau desquelles un homme peut se tenir debout, deviendront bientôt une rareté.
- On a d’ailleurs été conduit à ce résultat, à la fois par l’exiguïté des appartements, et par la ehèreté croissante du combustible.
- Les conduits de fumée, surtout, avaient des dimensions beaucoup trop grandes. La cheminée ouverte, étant un moyen puissant de ventilation, donne passage à un volume gazeux relativement considérable ; aussi, n’a-t-on pas pu appliquer au calcul des dimensions de son tuyau des formules exactes.
- Néanmoins la théorie et la pratique ont conduit à admettre au maximum un tuyau de 16 décimètres carrés de section, pour les plus grandes pièces, les salons où il peut se réunir beaucoup de monde. Dans les cas les plus ordinaires, un tuyau cylindrique de 16 à 2o centimètres de diamètre sera suffisant. Ces chiffres résultent, aussi bien que les formes des cheminées modernes, des travaux successifs qui ont été publiés sur cette matière par divers savants français et étrangers.
- Dès 1713, parut à Paris un ouvrage intitulé la Méchanique du feu, par le physicien
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Nouvelles données sur le gallium, par M. Berthelot.
- Dans la séance de l’Académie des sciences du 18 février, M. Berthelot a placé sous les yeux de ses collègues de très-beaux échantillons de gallium, le nouveau métal trouvé par M. Lecoq de Boisbaudran dans les minerais des Pyrénées.
- Quand M. Lecoq de Boisbaudran découvrit le gallium, il eut grand’pcine à isoler quelques milligrammes du nouveau corps. Avec beaucoup d’efforts, il finit par s’en procurer quelques centigrammes. Cette fois, M. Berthelot a pu montrer à l’Académie de nombreux échantillons.
- M. Lecoq de Boisbaudran eut recours à l’habileté expérimentale d’un chimiste bien connu, M. Junfleisch, qui traita industriellement 5.000 kilogrammes de blende. On espérait ainsi obtenir une douzaine de grammes de gallium : on a pu en isoler cinq fois cette quantité, soit 62 grammes.
- Les magnifiques échantillons préparés par M. Junfleisch consistent en une plaque de gallium, en gallium liquide enfermé dans un tube, et en cristaux.
- La plaque est brillante comme du zinc nouvellement fondu ; seulement, comme le gallium fond à 29°,5, lorsqu’on met le doigt sur ce métal, ce doigt traverse la plaque de part en part.
- Les cristaux obtenus sont de toute beauté. Il est peu probable que l’on puisse jamais tirer parti d’un métal aussi rare. Cependant, au point de vue scientifique, comme le gallium est aussi peu volatil que l’aluminium, dont il se rapproche beaucoup par ses propriétés, il est possible qu’on puisse l'utiliser pour fabriquer des thermomètres pour les hautes températures. Il restera à étudier les propriétés physiques et chimiques du nouveau métal, ce qui sera possible, maintenant qu’on en possède des quantités appréciables.
- Sur le nickélage, par M. R. Kayser.
- Comme il arrive encore fréquemment que l’on n’obtienne pas des résultats satisfaisants dans les essais de nickélage, il ne sera pas sans intérêt de résumer les conditions à réaliser pour obtenir un dépôt solide et d’un bel aspect.
- 4° Pureté des sels de nickel et des anodes de nickel employés. Les anodes déterminent souvent l’insuccès de l’opération : ils doivent être exempts de cuivre, mais la présence du fer n’est pas nuisible.
- 2° La surface de l’anode ne peut pas être moindre que celle des objets à nickeler.
- 3° Il ne faut pas que le bain de nickel soit trop concentré. On peut recommander l’emploi d’une solution de 1 partie de sel de nickel (de préférence le sulfate ammoniacal) dans 18 à 20 parties d’eau. Il faut remplacer l'eau qui s’évapore et l’on doit veiller à ce que la température ne descende jamais au-dessous de celle d’une chambre ordinaire.
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- 4° Le bain ne doit pas perdre sa réaction neutre : s’il devenait acide, on y ajouterait goutte à goutte une solution d’ammoniaque étendue.
- 5° Les objets en cuivre ou formés d’alliages de ce métal exigent des bains spéciaux, auxquels on ajoute 10 grammes de chlorure d’ammonium par kilogramme de sel de nickel.
- 6° Pour que le dépôt soit brillant et solide, il faut employer un fort courant.
- Les opérations doivent se suivre dans un ordre bien déterminé.
- 1° Décapage mécanique des objets à l’aide du gratte-boësse, lorsque leur surface est recouverte de beaucoup de rouille, de vert-de-gris ou autres impuretés.
- 2° Traitement par une solution bouillante de potasse, formée de 1 partie de potasse pour 10 à 12 parties d’eau.
- 3° Lavage à l’eau bouillante.
- 4° Les objets en fer ou en acier sont traités par l’acide sulfurique dilué, et ceux en laiton sont décapés à la manière ordinaire.
- 5° Lavage soigné à l’eau froide.
- 6° Les objets sont plongés dans le bain de nickel et y séjournent plus ou moins longtemps, suivant l’épaisseur du dépôt que l’on désire obtenir. .
- 7° Séchage dans de la sciure de bois.
- 8° Polissage éventuel sur une meule en feutre, avec de la chaux de Vienne ou du rouge de Paris.
- Le nettoyage doit être fait avec le plus grand soin, et il ne faut jamais toucher les objets avec les mains pendant les opérations.
- (Zeitung für Blechindustrie.)
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Etude sur les moteurs à gaz,
- par M. Armengaud jeune fils.
- (Suite).
- D’après ce qui précède, on peut diviser les nombreuses variétés de moteurs à gaz en trois classes. C’est à la première que se rapportent les deux systèmes perfectionnés sur lesquels il y a lieu d’insister plus particulièrement.
- Ces systèmes sont : 1° celui de M. Otto, de Cologne (Allemagne), et 2° celui de M. Louis Simon, de Nottingham (Angleterre).
- Dans le moteur Lenoir, on sait que le mélange d’air et de gaz est admis dans le cylindre à la pression atmosphérique, et qu’il a cette pression au moment où, après l’admission pendant la moitié de la course du piston, l’inflammation par l’étincelle vient déterminer l’explosion. Déplus, cette explosion est instantanée. Or, dans les systèmes Otto et Simon, le mélange détonant est comprimé h l’avance, et c’est sous pression qu’a lieu l’inflammation par un jet de gaz. En outre, cette inflammation est graduelle et produit une explosion progressive.
- Ainsi : compression préalable du mélange détonant, et inflammation graduelle de ce mélange.
- Gauger, qui garda l’anonyme. Il voulait donner à la cheminée des jambages inclinés et paraboliques, et pratiquait sous l’âtre, sur les côtés, et derrière le contre-cœur des cavités où l’air s'échauffait pour revenir ensuite dans l’appartement. Après lui, Montgolfier et Franklin s’occupèrent de la même question, mais ce ne fut qu’au commencement de notre siècle que Rumfort parvint à vaincre la routine et à améliorer la forme et la disposition des foyers.
- Il s’est attaché à réunir autant que possible les conditions suivantes.
- 1° Disposer le feu en avant, pour réduire la profondeur du foyer, de façon à renvoyer dans la salle, la plus grande quantité possible de chaleur rayonnante.
- 2° Réduire à son minimum la quantité d’air appelé par la cheminée.
- 3° Fournir à la salle, au lieu d’air froid, de l’air préalablement chauffé.
- 4° Enfin, utiliser pour chauffer la salle même, une partie de la chaleur emportée par la fumée.
- Ses conseils furent suivis et nos pères ont tous connu les cheminées dites à la Rumfort. Depuis lors, les perfectionnements ont porté seulement sur les détails, bien que quelques-uns aient eu une influence réelle sur le tirage et la combustion. Le principal a consisté dans l’adjonction d’un tablier ou rideau en tôle, ajusté à l’ouverture de la cheminée, et permettant de la fermer en partie, de façon à produire à volonté un tirage plus ou moins violent. Cette innovation est due à Lhomond, et les cheminées, ainsi disposées, ont longtemps porté son nom.
- D’autre part, M. Millet a fait porter ses améliorations sur la faculté de restreindre ou d’augmenter le tirage par des orifices placés au fond de la cheminée ; mais son appareil est un peu compliqué, et celui beaucoup plus simple de Péclet remplit le même but ; deux registres sont placés au fond du foyer. L’un d’eux suffit habituellement, quand le feu est en train ; mais, au moment de l’allumage, ou quand on ajoute du bois neuf, si l’on a besoin d’un plus fort tirage, on ouvre le second.
- Dans les cheminées Brouzac, le feu est placé dans une sorte de seconde enveloppe ou chariot en fonte, muni de galets. Pour allumer le feu, on maintient cet appareil au fond de la cheminée, et on baisse le rideau ; quand le feu est bien allumé, on ramène le foyer sur le devant.
- Les réparations fréquentes à faire aux ga-
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- N» 12. — 23 Mars 1878. — XXXVIIIe Année. £? 'CedjtwllJjghsU 91
- lets sont le seul reproche que l’on puisse faire à ce système, excellent d’ailleurs.
- MM. Leras, Dccroizilles, Fondet, ont, de leur coté, imaginé divers systèmes de cheminées-calorifères, destinées à résoudre la 3e et la 4e des recommandations faites ci-dessus, c’est-à-dire à échauffer, par la fumée elle-même l’air, que l’on doit ensuite rendre à la salle. Le système Leras est assez simple, et donne de bons résultats ; celui de Decroizüles est trop compliqué et à peu près abandonné ; celui de Fondet est assez usité; mais le plus simple de tous et le plus commode, en ce sens qu’il peut s’appliquer facilement à la première cheminée venue, est encore celui du grand maître en fait de chauffage, de l’illustre Péclet. Il faut d’ailleurs dire que tous ces appareils donnent de bons résultats, surtout quand il s’agit de brûler du charbon ou du coke dans des grilles ; mais, s’il faut brûler dubois, le système le plus simple est toujours le meilleur.
- Comme dernier perfectionnement à la construction des foyers, on a imaginé les chemi-nées-poêles ou cheminées à la prusienfie, qui chauffent à la fois par rayonnement et par contact; seulement elles s’opposent au système habituel d’ornementation des appartements, parce qu’il n’est pas possible de rien mettre dessus : Il faut que leur partie supérieure soit libre, comme dans un poêle.
- Les matériaux employés à la construction des cheminées sont de diverses sortes : Le plâtre, malgré la facilité de son emploi, doit être absolument proscrit, parce qu’il se détériore à la fois par la chaleur et par la pluie. La fonte se dilate trop, de sorte que la brique est ce qu’il y a de meilleur, pour la construction de l’âtre; néanmoins on place habituellement au fond une plaque en-fonte ap-• pelée contre-cœur. Ce contre-cœur n’existe pas dans les plus anciennes des cheminées, que l’on possède encore aujourd’hui : il n’appa-rait guère qu’au xme siècle.
- Pour les tuyaux, on ne peut pas les faire très-facilement en briques ordinaires, à cause des dimensions réduites qu’on leur donne aujourd’hui; néanmoins, les briques Gourlier ont été longtemps employées. Elles ont l’avantage de permettre le placement facile des tuyaux dans les murs, sans en augmenter sensiblement l’épaisseur. Elles sont très-solides, mais elles sont d’un moulage difficile, et à présent leur emploi est à peu près complètement abandonné et remplacé par celui des briques Courtois pour les grandes sections, et des conduites en poterie épaisse, dits wa-
- Telles sont les idées nouvelles que l’on trouve appliquées dans les systèmes tout récemment imaginés par MM. Otto et L. Simon.
- 1° Système Otto.
- La machine de M. Otto présente dans sa construction un grand nombre de mécanismes et de dispositifs ingénieux, dont l’analyse exigerait de longs développements qui sortiraient du cadre du sujet actuel (1). Il suffira de donner une description sommaire de la disposition d’ensemble de la machine.
- Le moteur Otto ressemble extérieurement à une machine à vapeur à simple effet. Il se compose d’un cylindre unique horizontal, ouvert à un bout et fermé à l’autre par une culasse évidée intérieurement en forme cône. Dans ce cylindre fonctionne un piston, en connexion par bielle et manivelle avec un arbre sur lequel est calé un fort volant. Derrière le fond du cylindre est situé l’appareil de distribution qui comporte un tiroir actionné par une transmission prise sur l’arbre moteur. Le piston à fond de course laisse entre lui et le fond du cylindre un espace, qui est la chambre de compression; celle-ci, dans le type ordinaire, a une capacité qui est les 2/3 du volume engendré par le piston, soit les 2/5 de la capacité totale du cylindre.
- Le cylindre fait à la fois office de pompe de compression et de cylindre moteur. Et ce n’est pas là une des moindres particularités par lesquelles se distingue le nouveau système.
- La période complète du fonctionnement du moteur Otto s’accomplit en deux révolutions de l’arbre moteur, ou quatre coups de piston. Elle comprend donc les quatre phases suivantes :
- 1° le piston s’avance et aspire le mélange de gaz et d’air;
- 2° le tiroir ayant fermé l’admission, le piston revient en arrière et comprime le mélange admis ; dans l’exemple cité, celui-ci se trouve réduit aux 2/5 du volume primitif, et annexé à une pression un peu plus que doublée, c’est-à-dire supérieure à deux atmosphères;
- 3° au moment où le piston arrive à fin de course, un filet de gaz allumé enflamme le mélange comprimé ; l’expansion a lieu en vertu de la chaleur développée, et le piston avance, poussé par la pression des gaz dilatés : c’est la phase active ;
- 4° enfin le piston recule de nouveau, chassant devant lui les produits de la combustion détendus et refroidis, lesquels s’échappent dans l’atmosphère.
- Ainsi, sur quatre coups de piston consécutifs, un seul, celui de la détente, transmet à l’arbre une force motrice : le second, qui fait la compression, en consomment les deux autres, correspondant à l’aspiration et au refoulement, sont sans effet appréciable au point de vue du travail. Cette inégalité périodique des efforts moteurs et résistant justifie la grande masse donnée au volant. C’est la force vive qui y est accumulée qui fournit le travail de la compression. La régularisation de la machine se fait par un régulateur d’une disposition spéciale qui intercepte l’arrivée des gaz, et par conséquent suspend l’inflammation quand la vitesse dépasse la vitesse normale. D’ailleurs, la marche du moteur est presque silencieuse, avantage précieux sur l’ancien système Otto et Langen.
- La décroissance régulière des pressions dans le système Otto est due au ralentissement relatif que l’inventeur apporte à la combustion du mélange, et qui se trouve ainsi mieux proportionnée à la vitesse du piston moteur. De cette façon, la chaleur, au lieu de naître spontanément, se développe en quelque sorte au fur et à mesure qu’elle peut être absorbée par l’expansion
- (1) Voir le Technologiste, lre Série, t. XXXV, page 508.
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- de la masse gazeuse. On réduit donc ainsi la déperdition de la chaleur, et par suite on évite ce refroidissement rapide qui amène brusquement la chute de la pression, comme on le constate dans le cas du moteur Lenoir.
- Comment M. Otto .réalise-t-il cette combustion lente ou plutôt retardée? Tout simplement par la manière de composer la masse gazeuse soumise à l’inflamipation. Dans son cylindre, il introduit, non pas un mélange détonant unique, homogène, mais, successivement, deux mélanges de compositions différentes. A cet effet, la disposition des lumières du tiroir est combinée de manière à admettre d’abord un mélange formé de 15 parties d’air pour une partie de gaz, c’est ce que M. Otto appelle le mélange faiblement explosif, puis un second mélange formé de 7 parties d’air pour une partie de gaz, ce qu’il appelle le mélange fortement explosif.
- Les fluides gazeux qui composent la masse, ceux qui sont comburants comme l’oxygène de l’air, ceux qui sont combustibles ou inflammables comme l’hydrogène pur et les hydrogènes carbonés du gaz, et enfin, ceux qui sont inertes comme l’azote de l’air et les résidus de la combustion précédente, se trouvent distribués, non pas uniformément dans la capacité du cylindre, mais bien suivant un ordre décroissant d’inflammabilité. Les parties les plus inflammables sont près du point d’allumage, celles qui le sont le moins, avoisinent le piston ; les tranches perpendiculaires de la masse sont de moins en moins explosives à partir du fond du cylindre. Il résulte de là, qu’au moment de rallumage, ce sont les molécules situées près du tiroir qui s’enflamment d’abord, puis l'inflammation se communique aux molécules suivantes, et ainsi de proche en proche jusqu'à celles qui touchent le piston. Cette combustion à durée prolongée comme celle que l’on cherche à réaliser pour la déflagration de la poudre, engendre une chaleur qui, au lieu d’être produite tout d’un coup, se développe graduellement et, par suite, dilate progressivement les gaz. Il n’y a donc pas de tension subite comme celle qui résulte d’une explosion instantanée, mais bien une expansion régulière qui exerce sur le piston une pression continue et sans choc. Ces effets sont attestés nettement par la courbe du diagramme qui a été mentionné précédemment.
- Cependant, l’état particulier de composition et de compression où se trouve la masse gazeuse avant l’explosion, se prête moins bien à une bonne inflammation, que dans le cas où l’on a un mélange homogène et à la pression atmosphérique, pression qui est celle du bec d’allumage. Pour surmonter cette difficulté, M. Otto a renfermé le mélange fortement explosif dans un logement cylindrique ménagé dans l’épaisseur même du fond du cylindre. Dès qu’il se trouve en contact avec le bec allumeur, ce mélange forme une forte flamme qui, sortant avec impétuosité du petit logement, traverse la capacité du cylindre et provoque sur son parcours l’inflammation de la masse gazeuse.
- Telles sont les circonstances dans lesquelles s’effectue l’explosion dans le moteur Otto. On voit qu’elles satisfont aux conditions théoriques qui ont été indiquées au début de cette note. La bonne utilisation de chaleur qui en découle est justifiée par sa faible déperdition. Ainsi, l’expérience démontre que le volume de l’eau consommée par le refroidissement du cylindre est de 35 litres (dont la température s’élève de 10 à 85 degrés) par cheval et par heure. Cela fait 2.520 calories. En divisant par 6.000, on a la perte de chaleur, soit 42 pour 100. Pour la machine Lenoir, le rapport de la chaleur perdue à la chaleur totale atteint 0.85 d’après une des expériences de M. Tresca.
- L’idée de la compression est empruntée aux moteurs à air chaud; elle a été appliquée, on le sait, par Ei'icksson et par Franchot. Dans ces machines, elle
- gons et boisseaux, pour les sections moyennes et petites. Quand un conduit de cheminée construit en wagons ou en boisseaux est dévoyé, il doit être construit avec des wagons ou des boisseaux également dévoyés.
- Avec les briques Gourlier, un tuyau coûte 10 fr. le mètre linéaire, 12 fr. en briques Courtois, 8 fr. en wagons et 5 fr. en boisseaux. La surface des wagons et des boisseaux est toujours striée entièrement pour faciliter la prise du plâtre.
- S’il s’agit de ramener aux conditions normales les tuyaux d’anciennes cheminées, il n’est pas nécessaire de les reconstruire sur toute leur longueur; un rétrécissement en bas et un autre en haut suffiront.
- Il va sans dire qu’on doit soigneusement éviter de faire déboucher plusieurs cheminées dans le même tuyau : elles se gêneraient mutuellement dans leur tirage. Si, cependant, on se trouvait en face d’une pareille disposition, il suffirait pour y remédier, de séparer le grand coffre par des languettes montant à 3 ou 4 mètres, ou bien de donner à chaque cheminée des bouts de tuyau métalliques de même longueur.
- L’extrémité supérieure du tuyau sera couverte d’une mitre destinée à faciliter la sortie de la fumée et à neutraliser l’influence souvent pernicieuse des vents. Les mitres les plus simples sont des tuyaux coniques en poterie qui ont pour effet, en rétrécissant légèrement l’orifice de la cheminée, d’augmenter la vitesse de la fumée à la sortie, pour la lancer, en quelque sorte, dans l’atmosphère. Chaque fumiste a en quelque sorte son modèle. La plupart consistent à faire sortir la fumée horizontalement par un orifice qui, au moyen d’une girouette, est orienté dans le sens du-vent, pour que celui-ci facilite le tirage au lieu de la gêner.
- TRAVAUX PUBLICS.
- Canal de Paris à Pontoise.
- II est question de reprendre les études concernant la création d’un canal destiné à relier Paris à Pontoise par la vallée de Montmorency.
- Ce canal, d’après les études sommaires, qui peuvent être modifiées, déboucherait dans l’Oise, près de St-Ouen-1’Aumône, traverserait les communes d’Herbelon-Pierre-
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- lay, Montigny, Franconville, Montmagny, Pierrefitte, Saint-Denis, La Courneuve et enfin Aubervilliers, où il se jetterait dans le canal Saint-Denis. Cette nouvelle voie épargnerait à la navigation les nombreuses sinuosités que la Seine décrit entre Paris et Pontoise. Le canal aurait une longueur de 30 kilomètres et coûterait 18 millions de francs. a un double avantage : d’abord de diminuer la température à laquelle l’air doit être porté, et aussi réchauffement si nuisible pour les machines : ensuite elle réduit notablement pour des forces à peu près égales le volume du cylindre moteur, et par suite les dimensions générales de la machine. Mais si la compression préalable est éminemment avantageuse au point de vue pratique, on peut se demander s’il en est de même au point de vue du rendement. En d’autres ternies, y a-t-il oui ou non avantage à comprimer, et dans quelle mesure cette compression influe-t-elle sur le travail qu’est susceptible de produire une même masse gazeuse ? M. Armengaud explique comment il a traité cette question, en prenant
- La voirie de Bondy. comme point de départ la formule qui donne le travail développé par la détente lorsque celle-ci s’effectue sans qu’il y ait addition ou soustraction de
- L’adjudication du bail de la voirie de Bondy a enfin eu lieu après bien des années d’études et d’incertitudes. Un seul soumissionnaire s’est présenté : ce sont MM. Muller et Bilange, qui ont été déclarés adjudicataires, aux clauses du cahier des charges, moyennant une redevance de 1 fr. 53 pour 100, au mètre cube. L’adjudication comprend : 1° le bail de la voirie de Bondy pour une durée de quinze années, et 2° le traitement du stock des matières. L’administration se réserve le droit de faire à la voirie, sur une superficie de 1.000 mètres, pour son compte, toutes les expériences qui lui paraîtront utiles dans l’intérêt de l’agriculture, de l’industrie et de l’hygiène. L’adjudicataire est tenu de recevoir toutes les matières de vidange solides ou liquides, provenant de Paris et du département de la Seine, de même que les eaux de lavage du dépotoir de la Yillette et de ses citernes. Les tonneaux des fosses mobiles, les matières solides provenant du rachèvement des fosses, les rinçages des citernes, seront chargés par les soins de la ville et seront dépotés à Bondy par les soins du fermier et à ses frais. Le fermier doit également recevoir les matières insalubres liquides ou solides dont l’administration aura ordonné ou autorisé l’apport à Bondy. Les matières provenant de l’apport journalier devront être reçues et traitées en bassins ou vases clos ou couverts. Les appareils devront être installés de manière à permettre la vérification constante du degré d’épuration des eaux. La redevance à payer par le fermier pour les matières, composant l’arrivage journalier, s’applique au mètre cube et porte sur une totalité de 200.000 mètres cubes. La redevance est payable le 30 juin et le 30 décembre de chaque année. chaleur. La ligne des pressions est une courbe adiabatique. I*a formule du travail est : T K-, "•{*-(* ) * ] [vipi et vip<i étant les volumes et les pressions de la même masse gazeuse aux états extrêmes). K est le rapport des chaleurs spécifiques à pression et à volume constant de l’air. Comparant ainsi les travaux théoriques développés par une même masse gazeuse dans le cas du moteur Lenoir (sans compression) et dans le cas du moteur Otto avec compression T0 (la déperdition de chaleur étant supposée nulle dans chacun d’eux), on arrive à cette expression simple : T, T„=A«. K 1. m étant le degré de compression, un peu plus que 2 dans le cas du moteur Otto. Il suit de là qu’au point de vue de l’action intérieure de la masse gazeuse, le rendement du moteur Otto serait inférieur à celui du moteur Lenoir. Mais cette différence est de beaucoup compensée par la meilleure utilisation de la chaleur dans le moteur Otto. En tenant compte en effet de la déperdition, les travaux réels dans les deux moteurs sont : 0,58 T0 et 0,13 T*. T Or, en admettant : -7j£-= 0,75, chiffre maximum. On tire de là pour le rapport des deux travaux : S- 1% X 0,-3 D’où il suit que le système Otto peut avoir un rendement de près de trois fois supérieur à celui du système Lenoir. Il n’y a donc rien de surprenant à ce qu’au lieu de dépenser 2,700 litres par force de cheval et par heure, le moteur Otto consomme moins d’un mètre cube, et que l’on puisse même arriver, comme l’assure M. Otto, pour les grandes forces, à ne dépenser que 650 décimètres cubes. 2° Moteur L. Simon. Ce système repose sur les mêmes principes que le précédent, mais les réalise dans des conditions notablement différentes. La compression du mélange se fait dans un cylindre séparé. L’air et le gaz, après y avoir été comprimés, sont envoyés dans le cylindre moteur. A leur arrivée dans ce dernier, ils se trouvent en contact avec un bec de gaz qui brûle d’une manière cons-
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- tante, qui les enflamme et les oblige à se dilater et à pousser le piston en produisant de la force motrice. Les deux cylindres sont verticaux de préférence, et les tiges de leurs pistons sont reliées par des bielles à un arbre horizontal commun.
- L’entrée du mélange dans le cylindre et l’échappement des produits de la combustion, se font par des clapets actionnés par des cames fixées sur l’arbre moteur.
- Dans ce système, le mélange gazeux au lieu d’être introduit tout d’un coup dans le cylindre comme dans le système Otto, y arrive sucessivement et en petites charges, qui s’y enflamment les unes après les autres et déterminent une expansion vraiment graduelle.
- La chaleur développée par petites quantités à la fois s’emploie aussitôt pour la détente. Aussi y-t-il peu de déperdition de calorique. Une très-petite quantité d’eau suffit pour empêcher réchauffement des cylindres qui restent froids quand la machine a travaillé toute la journée.
- La tension très-régulière, presque sans choc, avec laquelle agissent les gaz est attestée par le diagramme qui a été envoyé de Nottingham, aucune machine de ce système n’ayant encore été construite en France.
- On constate qu’au début il y a une variation un peu brusque de la pression par -suite de l’ouverture immédiate du clapet d’admission. Puis la force élastique reste presque constante, le cylindre fonctionnant pour ainsi dire à pleine pression. Ensuite la pression descend jusqu’à la pression atmosphérique au moment de l’ouverture du clapet d’échappement. La surface de cette courbe est relativement grande, et comme d’autre part il y a peu de perte de chaleur, on s’explique le rendement que peut avoir ce moteur dont, d’après M. Simon, la dépense ne serait que de 1/2 mètre cube de gaz par cheval et par heure.
- 3° Moteur de Bisschop.
- Ce système appartient à la classe mixte des moteurs à gaz qui utilisent l’explosion à l’ascension du piston et la pression atmosphérique à sa descente. Le cylindre est vertical, et le piston qui s’y meut est relié à l’arbre moteur au moyen d’une transmission par bielle en retour. Grâce à cette disposition très-ingénieuse, M. de Bisschop peut donner à la course du piston la longueur nécessaire pour que la détente s’effectue aussi complètement que possible et donne bien en dessous un vide nécessaire à l’action de la pression atmosphérique, à l’instar du moteur Otto et Langen. Mais l’avantage qu’y trouve surtout M. de Bisschop, et cela avec raison, est la vitesse très-grande que peut prendre ainsi le piston, et qui est mieux en rapport avec la rapidité de l’explosion.
- Comme autre particularité de ce système, il convient de signaler la suppression de l’eau pour le refroidissement, lequel est obtenu par des surfaces rayonnantes, représentant cinq fois la surface extérieure du cylindre.
- Les machines de Bisschop n’ont été, au moins jusqu’à présent, construites que pour de petites forces : en particulier, pour actionner des machines à coudre. Elles fonctionnent avec une dépense qui est, à Paris et par heure, de
- 1
- 10 centimes pour le type de -7^- de cheval et de 25 centimes pour le type de
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- de cheval.
- 4° Moteur Bavel.
- Dans ce système qui est dénommé par l’auteur, moteur à centre de gravité variable, la force explosive du mélange détonant est employée pour élever
- La valeur du stock de matières existant sur le sol de la voirie est fixée à forfait à la somme de 1 .200.000 francs.
- Le fermier doit payer les impositions de toute nature, ainsi que la taxe des biens de main-morte, évaluée à 150 francs.
- Le cautionnement destiné à assurer l’exécution du cahier des charges est fixé à 300.000 francs, rapportant 3 pour 100 d’intérêt par an.
- Ainsi se trouve réglée cette importante question d’hygiène publique. Il faut espérer qu’il en sera bientôt de même pour celle des eaux d’égout, et la purification de la Seine à l’aval de Paris.
- BREVETS D’INVENTION.
- Burgat.—Charrue à versoir mobile (120494).
- Callebaut. — Perfectionnements dans le disposition des voitures de tramways (add. à 118659).
- Carpentier et Dutel. — Lecteur automatique pour métiers Jacquart (120534).
- Chanoit. — Système de réservoir à filtre (120379).
- Chanoit. — Réservoir à filtre (add. à 108432).
- Cheynet. — Fuseau à tendeur de fil mobile (add. à 106930).
- Cibert. —.Remontoir universel applicable à toutes sortes de montres (120405).
- Clémandot. — Application des verres pâle de riz, opalisés par les sulfates, etc. (120528),
- Conin. — Genre de chaîne bicrochet (120532).
- Cooper. — Perfectionnements dans les bouchons de bouteilles et leurs accessoires (120521).
- Collais et Lafoy. — Peinture décorative en rouleaux (add. à 1009M).
- Cuignet. — Machine à teindre et à laver (120520).
- Dennert. — Distributeur et régulateur pour mesureurs d’eau et pour machines hydrauliques (120500).
- Derosne. —Appareil calorifère à lames rayonnantes (120452).
- Dervaux-Ibled. — Système d’évaporation des jus et eaux d’osmose, avec utilisation des vapeurs perdues (120491).
- Desbarbieux. — Moyens mécaniques pour façonner les fils bouclés (120492).
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- Deschamps fils. — Système de télégraphe-hydraulique (120375).
- Dreux (comte de). — Système de charrue (120442).
- Droulero-Vernier. — Frein automatique des bobines de métiers continus (add. à 119814).
- Duché, Reyrel et comp. (Société). —Appareil pour la fabrication des velours avec fers dans le sens de la chaîne (120513).
- Dufour. — Peigne à tisser extensible (120388).
- Dutel et Carpentier. — Lecteur automatique pour métiers Jacquart (120534).
- Ernoult. — Métal blanc inoxydable (120453).
- Ewell et autres. — Système de nettoyeur-sé-parateur-lustreur du blé (120516).
- Famchon et comp. (Société). — Four à cuire le ciment (120531).
- Faure. — Araire rotatif à fonctions multiples (120406).
- Feltgen et Servais. — Emploi combiné de la vapeur d’eau et autres matières à l’épuration des fontes et à la fabrication du fer et de l’acier (120482).
- Fox. — Perfectionnements dans la construction ou l’établissement des tôles métalliques pour carneaux intérieurs ou boîtes à feu de chaudières (120372).
- Fox. — Perfectionnements dans la fabrication de tubes et de tôles à ondulations (120475).
- Frit% et Schrader. *— Machine perforatrice (120473).
- Funck. — Perfectionnements dans les lampes à huile (120424).
- Gadiffert. — Composition nouvelle imperméable et inattaquable (120498).
- Gaebele. — Métier à tisser mécaniquement le sparte, le coco, etc. (120495).
- G and et Gras. — Appareil destiné à maintenir la tension des fils de chaîne dans les métiers à tisser (add.- à 113970).
- Garrich. — Système préservatif des accidents de voitures (120507).
- Génissieu fils et comp. et Ravasse (Société).— Plomb-cadenas assurant l’inviolabilité de toutes sortes de fermetures de caisses-finances, colis, wagons, etc. (add. à 119476).
- Geoffroy et Weil. — Préparation liquide pour la destruction du phylloxéra, etc. (120434).
- Gorges. — Conservation des viandes de boucherie, gibier, poissons, etc. (add. à 90652).
- un piston pesant dans un cylindre. Le cylindre est muni de deux tourillons qui tournent sur des paliers, et qui, prolongés constituent l’axe moteur.
- Une chambre d’explosion ménagée aux extrémités du cylindre, t>u indépendante, reçoit le mélange détonant qui s’y enflamme au contact d’un bec de gaz et pousse le piston de bas en haut. Le poids de ce dernier agissant à l’extrémité du cylindre comme bras de levier, entraîne ce dernier dans sa chute à la manière d’un pendule. Mais dès que ce dernier est au point le plus bas, une nouvelle explosion fait remonter le piston pesant à l’extrémité supérieure. Le cylindre qui a continué son oscillation, reçoit ainsi une nouvelle impulsion, dépasse le point supérieur, et accomplit une succession de révolutions, dont la vitesse est réglée par l’effort résistant opposé au poids du piston.
- L’examen qui a été fait de la première machine d’essai construite d’après ce système, ne permet pas de porter un jugement définitif sur le mérite de ce mode d’emploi des mélanges détonants.
- Cependant, en principe, rien ne s’oppose à ce que ce système soit, autant, si ce n’est plus, économique que ceux précédemment cités, car la force explosible agissant sur un piston libre, à déplacement rapide, est utilisée suivant une des conditions que prescrit la théorie pour une bonne utilisation de la chaleur développée.
- Tels sont les perfectionnements les plus importants parmi ceux qui ont été tout récemment, c’est-k-dire dans le cours de ces deux dernières années, apportés aux moteurs fonctionnant par le gaz. Il faut reconnaître que de sérieux progrès ont été accomplis. Dans cette note, on a laissé de côté, à dessein, beaucoup de points de détail soit d’ordre scientifique, soit d’ordre mécanique qui n’ont paru que secondaires, et sur lesquels on se propose de revenir plus tard. Mais on a cherché surtout, aujourd’hui, à mettre en lumière les points les plus saillants de ces nouveaux perfectionnements, et on espère avoir démontré que, si un grand pas est fait vers la solution parfaite du problème des moteurs à gaz, il est dû à l’observation et à l’application des principes immuables et incontestables de cette nouvelle branche de la science qui s’appelle la théorie mécanique de la chaleur.
- M. Armengaud communiquera à la Société des Ingénieurs civils les résultats complets des expériences auxquelles il se livre sur les moteurs à gaz et en particulier sur le moteur Otto. Ce qu’il a voulu, dès à présent, c’est mettre la Société au courant des progrès accomplis dans cette question, et montrer que c’est dans une voie théorique rationnelle que les chercheurs et constructeurs ont dirigé leurs efforts.
- Il donnera, particulièrement, les renseignements les plus précis sur la consommation de la machine Simon, pour la comparer à celle de M. Otto, qui annonce 570 à 600 litres de gaz par force de cheval et par heure. Les expériences se poursuivent, et s’il est admis, en effet, que la machine Otto consomme moins d’un mètre cube de gaz, il est plus exact de dire que la dépense exacte est, à mesure, pour les types de diverses forces, depuis 1 cheval jusqu’à 8 chevaux. Quant à la machine Simon, les résultats ne sont pas assez précis pour les publier. M. Armengaud espère toutefois pouvoir les compléter d’ici peu de temps.
- (Bulletin de la Société des Ingénieurs civils).
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- N° 12. — 23 Mars 1878. — XXXVIIIe Année.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Culture hivernale de la pomme de terre, par M. Telliez.
- Personne, avant le 27 janvier 1875, dit M. Telliez, ne connaissait la culture hivernale de la pomme de terre : voici le mode de procéder qu’il propose.
- Choisir de beaux plants d’espèces tardives, au mois de mars : les placer dans un endroit très-sec, bien aéré et sur des claies, puis les planter du 1er au 10 août. On les butte légèrement; vers le 15 octobre, on répand un paillis dessus avec environ 10 centimètres d’épaisseur. Au mois de janvier, l’on récolte des primeurs, et au 1er mars, les tubercules sont à complète maturité.
- Nouveau procédé d'abattage des animaux de boucherie.
- Des expériences viennent d’être faites à l’abattoir central de Birmingham, en présence des membres de la Société protectrice des animaux de Londres, à l’effet de déterminer les moyens les plus prompts d’abattre les animaux de boucherie.
- La préférence doit être donnée sans conteste à la dynamite : une faible dose de dynamite posée à la partie frontale de trois bœufs, alors qu’elle a été mise en contact avec une batterie électrique de quelques éléments, a foudroyé instantanément et sans souffrance ces animaux.
- Désinfection des futailles.
- Un chimiste, M. Garder, propose d’utiliser le pouvoir absorbant des matières textiles et ligneuses (bois, papier, chiffons) légèrement imbibés d’acide sulfurique concentré, pour la désinfection des futailles vides où le dépôt de la lie laisse cette odeur, si funeste au vin nouveau qu’on y transvase. On pourrait aussi soumettre les bouchons à la même opération et, de cette manière, on arriverait à supprimer, sans grande dépense, une cause d’altération fréquente.
- Falsifications du vin en Allemagne.
- Il résulte d’un travail que vient de faire un négociant allemand, que les fabriques de vin artificiel ont pris, au-delà du Rhin, une extension énorme.
- Les produits de ces fabriques ne contiennent aucune trace de raisin. Ainsi, le docteur Tauchert, de Halle, a analysé les vins rouges d’une grande maison qui fournit une cour d’Allemagne, et il y a trouvé, des produits chimiques odorants, du sel, de l’acide acétique et de l’acide muriatique : ces derniers dans des proportions quatre fois plus fortes que celles que comporte le vin ordinaire.
- Grandjean et Lefranc. — Charbon artificiel (120391).
- Gras et Gand.—Appareil destiné à maintenir la tension des fils de chaîne dans les métiers à tissier (add. à 113970).
- Guano. — Appareil automatique électro-mécanique de sûreté pour éviter les chocs des trains sur les chemins de fer (120440).
- Guérin. — Application aux feutres en trois pas satinés faits avec jonction sans fin en tissu,'de feutres sécheurs faits de laine pure filée, pour machines à papier continu (add. à 114627).
- Guillet-Brossette et Bonnet. — Tuyaux en bé-
- . ton de ciment ou tout autre produit calcaire ou siliceux à parois métalliques (120319).
- Hardy (les sieurs). — Perfectionnements dans les freins pour wagons de chemins de fer (add. à 117886).
- Hautrive. — Application de la râpe à la fabrication des parcelles nécessaires au mode de galvanisation artificielle (120323).
- Heald et Lewis. — Machine à pétrir et à malaxer les caoutchoucs et leurs composés, afin de les étendre, etc. (120390).
- Hembert — Appareil injecteur des liquides et des gaz pour la destruction du phylloxéra (add. à 113972).
- Hérouard. — Machine à tailler les dents de peignes (120416).
- Hirsch (baron de). — Procédé de fabrication simultanée de la levure et de l’amidon (120364).
- H obier et Mathieu. — Système d’agrafe sans couture pour courroies (120376).
- Hocking. — Appareil servant à chauffer l’eau et autres liquides, etc., etc. (120393).
- Imbs. — Tissage des étoffes spoulinées, des tapis, etc., etc. (120437).
- Jacquin. —. Disposition des appareils extincteurs d’incendies ,• à production instantanée de gaz acide carbonique (120441).
- Johnson et Robey. — Fabrication des filtres pour la purification de l’eau et autres liquides (120399).
- Joly et autres. — Appareils générateurs sudorifiques applicables à l’hygiène et à l’industrie,. etc., etc. (120370).
- BAR-SUR-SEIXE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Machine à étirer les tissus, de M. Marcadier. — Nouvelle machine ù tricoter.— Le thermomètre fronde, par M. Marié-Davy. — . Enquête et étude géométrique sur le bolide du 14 juin 1877, par M. Gruey. — Unification de l’heure dans Paris : remise à l’heure, système Collin.
- CORRESPONDANCE.
- Ce n’est pas sans la plus grande surprise que je lis dans votre journal du 9 mars, page 79, sur le concours d’horlogerie une note fantaisiste qui est de nature à égarer l’opinion publique. Je pense que vous ne demanderez pas mieux que de faire une rectification. Et d’abord il y a eu, non pas 15 appareils, mais 15 demandes, ce qui n’est pas la même chose, et, ainsi que l’on pouvait le prévoir, deux concurrents seulement se sont présentés et ont été admis : M. Fello, ancien ouvrier de M. Winerl, avec un régulateur, et M. Rédier, avec trois autres.
- Le premier a eu le premier prix, ce qui lui donne droit à huit mille francs, y compris l’acquisition de son régulateur, et le deuxième prix a été donné à M. Rédier, ce qui lui donne droit à sept mille francs, y compris l’acquisition d'un de ses régulateurs.
- Enfin les essais ont eu lieu au Conservatoire des Arts et Métiers.
- Signé : Collin.
- NECROLOGIE.
- Le Père Secchi.
- L’illustre directeur dé l’Observatoire du Collège Romain est mort dans sa soixantième année, le 26 février dernier, emporté par un squirrhe à l’estomac.
- Son nom était devenu populaire en France depuis l’époque de l’Exposition universelle de 1867. On se rappelle encore tout le succès qu’obtint son ingénieux appareil météorogra-phe, où l’on voyait s’inscrire d’une manière continue les variations de la pression barométrique de la température et de l'état hydrométrique de l’air, ainsi que la vitesse et la
- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Machine à étirer les tissus,
- s
- de M. Marcadier.
- M. Marcadier est l’inventeur d’une machine k détirer les étoffes dans le sens de la trame et à les ramener au fil droit, opération indispensable avant tout emploi de ces étoffes. Elle intéresse particulièrement les apprêteurs de tissus, ainsi que les grands fabricants de chemiserie, de lingerie et de produits similaires.
- Le délirage, et surtout le retour des trames au parallélisme, esl.de la plus grande importance dans la fabrication du linge : en effet, si le tissu n’est pas au fil droit, il en résultera une déformation de l’objet fabriqué, lors des opérations ultérieures, telles que le blanchissage et le repassage.
- La machine, fort bien combinée et fort ingénieuse de M. Marcadier, représente au moins le travail de huit ouvriers. Elle opère un détirage méthodique facilement réglable, et qui peut varier de 2 à 10 centimètres : ses organes peuvent se diviser en quatre groupes principaux.
- 1° Le mécanisme servant au détirage proprement dit, ramenant constamment les tissus au fil droit.
- 2° L’enroulement du tissu pendant l’opération.
- 3° Le système de tension qui évite au tissu toute déviation pendant sa marche, pour qu’il se présente toujours régulièrement à l’action des mâchoires dètireuses.
- 4° Un appareil indépendant, destiné à humidifier les tissus, au moment où ils sont pris par les mâchoires, et les séchant avant leur enroulement sur l’ensouple.
- Dans l’état actuel de l’industrie, le détirage se fait encore manuellement dans bien des cas.
- Une des plus graves difficultés de ce travail vient de la pression inégale de la paume de la main sur les côtés du tissu; et, par suite, l’étoffe est plus ou moins bien traitée, suivant la force ou la fatigue de l’ouvrier.
- Les conditions à remplir pour qu’une machine destinée à cette opération soit complètement efficace, sont assez nombreuses.
- 1° Elle doit pouvoir traiter les tissus depuis 0m,600 de largeur jusqu’à lm,500.
- 2° La pression exercée par les mâchoires doit varier de manière à traiter, sans inconvénients, des mousselines ou des toiles très-fortes. '
- La première condition est obtenue par la mobilité des chariots sur des doubles coulisses se fixant à la largeur voulue.
- La deuxième par des écrous agissant comme tendeurs sur les ressorts des mâchoires.
- 3° Les mâchoires doivent s’ouvrir à volonté depuis 2 jusqu’à 20 millimètres suivant la nature des tissus, et cette ouverture doit être identique dans les deux mâchoires. Une tige transversale, filetée à pas inverses agissant simultanément sur les deux leviers des mâchoires, donne ce résultat.
- 4° Les tissus de 0m,600 à lm,500 de large doivent pouvoir subir un élargissement variant de 20 à 120 millimètres et au-delà.
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- Une graduation établie sur le grand levier moteur, permet de régler facilement cette condition.
- 5° La résistance d’entraînement doit aussi varier, suivant la chaîne des tissus.
- Un système de tiges parallèles, dont on augmente le nombre et dont on fait varier l’écartement suivant le besoin, donne ce résultat.
- 6° Il est souvent nécessaire de faire subir un détirage plus violent suivant la nature de l’étoffe. Dans ce cas, la vitesse de l’ensouple est diminuée.
- La machine de M. Marcadier est d’un volume relativement petit : elle a à peu près l’importance d’un métier à tisser ordinaire.
- Ses organes sont principalement des leviers; elle travaille sans bruit et peut, dans bien des cas, être mue à bras d’homme.
- Nouvelle machine à tricoter.
- Les métiers à tricoter sont connus depuis longtemps, et il en existe de différentes sortes. La machine dont nous allons parler n’a pas la prétention de se. substituer aux machines aujourd’hui employées dans toutes les fabriques de bonneterie, mais seulement de remplacer le travail à la main.
- Au contraire des étoffes tissées, composées de deux sortes de fils, que l’on distingue sous les noms de chaîne et de trame, on peut définir le tricot un tissu formé d’un seul fil, ce fil unique étant replié en boucles qui s’agrafent les unes dans les autres en formant une succession de mailles, dont chaque file représente ce que l’on nomme aussi quelquefois un point de chaînette.
- Ce résultat est atteint dans le petit engin qui nous occupe, par une série d’aiguilles ou de crochets avec pattes à charnière, animés d’un simple mouvement rectiligne alternatif. La petite pièce à charnière ou doigt mobile vient s’appliquer contre le crochet de la tête de l’aiguille et le fermer pendant sa descente à travers chaque maille.
- Ces aiguilles sont logées dans les cannelures ou rainures verticales d’un cylindre en fonte, et assujetties par un collier ouvrant, de manière à ne pouvoir prendre, une fois posées, qu’un mouvement vertical ascendant ou descendant. Enfin, ce mouvement est donné à toutes les aiguilles par une rainure en forme de Y, portée par un cylindre moteur qui enveloppe le premier, et est mis en action, au moyen d’une manivelle, par l’intermédiaire de deux engrenages d’angle. Cette rainure vient saisir successivement les aiguilles par leur partie inférieure, recourbée à angle droit, et les force à descendre, puis à remonter.
- Tels sont les organes principaux, simples, robustes .et faciles à démonter sans le secours d’aucun outil, qui constituent essentiellement la tricoteuse dont nous nous occupons.
- Le fonctionnement en est facile à comprendre. Chaque petite aiguille est primitivement entourée d’un fil, enroulé à la main et accroché de place en place à une nasse en fil de fer chargée de poids et ayant pour fonction de tirer l’ouvrage à mesure qu’il se fabrique. Puis on fait tourner la manivelle en présentant un fil devant les aiguilles ; celles-ci en descendant prennent le fil uâns leur crochet qui se ferme de lui-même par le relèvement du petit doigt formant pied-de-biche, entraînent une boucle de fil dans celle primitivement créée, et forment une nouvelle maille. Lorsque l’aiguille remonte, le doigt
- direction du vent. Le P. Secchi reçut, pour son appareil la grande médaille d’or et la croix d’officier de la Légion d'honneur.
- Le Père Secchi avait étudié les mathématiques supérieures et la mécanique céleste, sous la direction du P. Caraffa ; mais c’est surtout dans les sciences d’observation qu’il s’est illustré. Les mémoires publiés depuis 1850 par l’Observatoire du Collège romain justifient de l’empressement avec lequel les diverses sociétés savantes de l’Europe ont tenu à l’admettre dans leur sein.
- Dès 1856, il était membre de l'Académie des Nuovi Lincei, de la Société italienne des sciences, des Académies de Turin, de Bologne, de Naples, de la Société royale de Londres, de la Société royale d’astronomie, et correspondant de l’Institut de France.
- Le P. Secchi a pénétré les secrets les plus mystérieux de la constitution du soleil et des étoiles, grâce à son habileté pour les recherches spectroscopiques. Les étoiles, ouvrage publié récemment en italien, renferment tous les résultats de ses recherches ; elles sont le complément de son bel ouvrage, écrit en français, Le Soleil, qui, déjà parvenu à sa seconde édition, est publié par la librairie Gauthier-Villars, en deux beaux volumes in-8°, avec un luxe de typographie et d’illustra-tration, digne du sujet et de l’auteur.
- On n’évalue pas à moins de trois cents le nombre des mémoires que le savant italien a envoyés aux différentes sociétés savantes. Un très-grand nombre de ces travaux ont été publiés dans le Compte-rendu de l'Académie des Sciences, dont le P. Secchi était un des correspondants les plus assidus.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE D’HYGIÈNE.
- La Société française d’hygiène voulant propager dans les classes laborieuses les notions les meilleures d’hygiène et d’éducation de la première enfance, met au concours la question suivante :
- « Faire connaître d’une manière succincte, et dans les limites d’une brochure in-12 de 32 pages, les meilleures conditions de l’éducation de la première enfance.
- -1° Au point de vue de la nourriture, depuis le jour de la naissance, jusqu’au moment où l’enfant peut faire usage des aliments habituels, en insistant particulièrement sur l’allaitement maternel ; démontrer que
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- l’allaitement artificiel ne peut suppléer le premier que dans les cas de nécessité absolue.
- 2° Au point de vue du vêtement. Signaler les pratiques mauvaises, et celles qui réalisent les meilleures conditions : indiquer tous les soins corporels que nécessite le premier âge.
- 3° Au point de vue de l’habitation. Faire • connaître les avantages de l’exposition, de l’aération et de la propreté.
- Dans le développement des différents points du programme, on tiendra compte des conditions actuelles des personnes auxquelles on s’adresse, et l’on évitera surtout les théories purement idéales applicables aux classes privilégiées.
- Les récompenses consisteront en une médaille d’or et en deux médailles d’argent.
- N. B. Les mémoires, écrits en français, devront être parvenus au Secrétariat de la Société française d’hygiène, 71, rue des Saints-Pères, le 1er juin 1878.
- EXPOSITION.
- Les porteurs Decauville.
- Les travaux de l'Exposition universelle sont menés avec la plus grande activité et l'on peut compter* en voir l’ouverture pour le jour fixé, 1er mai.
- A mesure que les travaux avancent, on se rend mieux compte de ce que sera cette ex-9 position véritablement gigantesque ; mais ce n’est pas sans effroi que l’on se demande comment on pourra arriver à mettre en place les deux ou trois cent mille colis qui, suivant l’habitude des exposants, ne seront expédiés que dans les derniers jours de délai.
- Cette question a vivement préoccupé la commission supérieure qui l’a résolue en adoptant le système de chemins de fer portatifs inventés par M. Decauville aîné, de Petit-Bourg : deux kilomètres de porteur Decauville en rails d’acier, voie de 50 centimètres, vont s’étendre comme une immense toile d’araignée dans toutës les galeries du Palais du Champ-de-Mars.
- Cette même voie servira à la réexpédition des colis, et il est probable quelle sera appliquée pendant toute la durée de l’Exposition à établir un tramway miniature qui transporterait les visiteurs d’un bout à l'autre de l’Exposition.
- s’abaisse; et la petite cuiller qui le termine monte assez haut pour s’échapper de la maille créee, la même chose se répète sur chaque aiguille, à chaque tour, de sorte qu’en faisant seulement 50 tours par minute avec un cylindre monté de 100 aiguilles, on fait 5.000 mailles. Si l’on emploie le cylindre de 144 aiguilles, et que l’on fasse faire 100 révolutions par minute au cylindre moteur, on arrive à faire 14.400 mailles par minute, et l’on produit un tube de tricot, plus ou moins serré, dans lequel on peut découper et coudre toutes sortes d’objets. Si l’on veut faire, sans coutures, ou avec une couture ou un remmaillage unique, tel ou tel objet déterminé, comme un bas, par exemple, la machine permet d’exécuter ce travail directement, de faire le talon, les diminutions de la jambe, celles de la pointe, les ourlets, les côtes, les jours, etc., par des moyens excessivement simples.
- Pour faire, par exemple, un travail plat, une bande de largeur uniforme ou variable, on ne monte qu’une partie des aiguilles, et on donne à la manivelle un mouvement alternatif. Deux petites chevilles, que l’on place dans des trous du bâti à volonté, servent à limiter la course dans ce cas, sans que l’on ait à s’en préoccuper, et en même temps font rétrograder le guide-fil de façon à ce que le fil se présente toujours devant chaque aiguille avant qu’elle soit saisie par la rainure qui lui imprime le mouvement. Pour faire des côtes, il suffit d’enlever des aiguilles, en laissant leur logement vide. Pour rétrécir, on enlève des aiguilles, mais en rapprochant les voisines pour combler les vides, et en jetant la maille de chaque aiguille enlevée sur celle qui l’avoisine.
- Pour former des dessins dans le tricot, on soulève des aiguilles pendant un certain nombre de tours, en les mettant ainsi hors de la portée de la rainure motrice: on arrive ainsi à produire des effets variables à l’infini, selon le goût ou l’imagination de l’opérateur. Une femme exercée arrive, paraît-il, à produire jusqu’à 20 paires de bas par jour.
- Une série de menus détails dans la construction sont encore à noter, aussi remarquables au point de vue cynématique qu’à celui de la simplicité et de la solidit&des organes.
- Ainsi, la variation de longueur de la maille est obtenue en déplaçant une partie de la cannelure en forme de V que fixe une vis de pression. La tension est obtenue par des poids suspendus à la nàsse en fil de fer sur laquelle on agrafe le fil en montant l’ouvrage, c’est-à-dire en créant à la main la première maille, avec un petit outil spécial.
- La réparation d’un accident quelconque survenu au cours du travail, par suite d’une maladresse, est des plus facile : une longue aiguille, munie du même petit doigt à charnière que celles du métier, permet de ramasser les mailles tombées ou échappées. Enfin , on peut faire sur cette petite machine des ourlets, des franges, de l’astrakan, des passementeries, varier les couleurs, et même, avec un peu de soin, broder des dessins en couleur dans le corps du tricot.
- Le prix de la machine varie de 150 à 300 francs, suivant le nombre des cylindres de rechange.
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- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, HORLOGERIE ET TOPOGRAPHIE.
- . Le thermomètre fronde,
- par M. Marié-Davy.
- On sait que l’air atmosphérique est doué d’une grande transparence pour les rayons de chaleur lumineuse émanés du soleil, qui peuvent le traverser sans l’échauffer directement d’une manière sensible. Tous les corps opaques exposés à ces rayons s’en assimilent au contraire une partie notable qui élève leur température au-dessus de l’air ambiant.
- Dans le jour, tous les thermomètres, même ceux qui sont à l’ombre, ont donc, de ce fait, une tendance à marquer un degré un peu plus élevé que l’air environnant. Il faut les abriter, mais en ayant égard h cette circonstance, que les abris eux-mêmes se trouvent dans le même cas.
- Pour obvier à ce double inconvénient, Arago avait conseillé l’emploi de thermomètres auxquels on imprime un mouvement de fronde assez précipité, ayant pour objet de mettre l’instrument en contact avec une masse d’air rapidement renouvelée.
- Par ce moyen, l’écart, assez marqué dans certaines conditions, qui existe entre la température du thermomètre et la température de l’air, se trouve sensiblement réduit. Le thermomètre fronde est en particulier à peu près le seul qui puisse donner la température de l’air en mer, la mobilité des navires n’y permettant pas d’installation fixe. Il doit aussi accompagner le météorologiste dans ses excursions ayant pour objet de comparer les températures des localités diverses, sans installation préalable et permanente, et de contrôler les indications fournies par les thermomètres des stations météorologiques, dont l’installation semblerait défectueuse, afin de déterminer leurs constantes locales.
- Il avait été décidé, lors des premiers travaux du Trocadéro, que la cascade monumentale serait alimentée par l’eau provenant du grand bassin de la place du Roi-de-Rome.
- Depuis, l’on s’est aperçu que la quantité d’eau débitée ne serait pas assez considérable, et que l’on n’obtiendrait ainsi que des chutes absolument insuffisantes.
- De plus, il entrait dans le projet des architectes, qu’en passant sous la grotte, le public pût voir, à travers la nappe d’eau de la grande grotte, tout le palais du Champ-de-Mars. Or, pour qu’une nappe d’eau soit transparente, il est essentiel qu’elle ait au moins 15 centimètres d’épaisseur.
- Pour arriver à entretenir un si prodigieux débit d’eau, on a donc été forcé de recourir à une pompe à feu spéciale. La prise d’eau aura lieu au bas du quai de Billy. Le jeu de la pompe sera double : il consistera à tirer l’eau de la Seine et à l’élever à la hauteur de la vasque supérieure de la cascade. Des tuyaux spéciaux, d’une grande solidité et d’un fort diamètre, ont été disposés : on n’aura plus qu’à les amorcer.
- Quant aux bâtiments nécessaires à l’établissement de la pompe à feu, ils sont à peu près terminés. On a cherché à leur donner une certaine élégance; la grande cheminée en briques se trouve flanquée de deux corps de bâtiments, également en briques, avec toits en tuile et bordure de bois découpé pour dissimuler les gouttières.
- Enquête et étude géométrique sur le bolide du 14 juin 1877, par M. Gruey.
- On a longtemps confondu dans une seule et même famille le bolide et l’étoile filante : on regardait un bolide comme une étoile filante extrêmement rapprochée de nous pendant son passage à travers notre atmosphère. Aujourd’hui, on a des raisons de croire que ces corps ne jouent pas le même ..rôle astronomique dans le système du monde. Le rôle des bolides est encore , une question, mais celui des étoiles filantes est connu depuis dix ans environ.
- L’apparition d’un bolide est un phénomène assez rare. Aussi la théorie astronomique dos bolides est à peine commencée. On sait qu’ils sont de matière solide, pareille à celle des planètes, et que leur incandescence et leur explosion viennent de la prodigieuse vitesse avec laquelle ils frappent notre atmosphère : mais on ignore jusqu'ici la nature générale de leurs mouvements et les lois de leur distribution dans l’espace.
- « Il ne faut pas oublier, a dit Delaunay, que les bolides n’apparaissent ja-
- Le nombre des ouvriers qui ont été occupés ces jours derniers aux divers travaux de l’Exposition, sur l’emplacement du Trocadéro, a dépassé 1.800. On continue la construction des phares, des galeries de la salle des Fêtes, de l’aquarium, de la cascade, des palais persan, algérien, chinois, japonais, tunisien, suédois et norvégien, des pavillons des eaux et forêts, des restaurants français et espagnol, des annexes sur le quai de Billy, et du bâtiment sur le chemin de halage pour l’installation d’une pompe à vapeur.
- On travaille activement, à l’inférieur et à l’extérieur du palais, à la pose des marches de l’escalier d’honneur, des pavillons de tête et aux enduits en plâtre du pavillon central. On poursuit les différentes opérations de nivellement des terres pour l’établissement des jardins, et d’empierrement des voies carrossables au moyen d'un cylindre à vapeur.
- On a procédé à des expériences d’éclairage
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- par l’électricité, dans la salle des Fêtes, afin de pouvoir à l’avenir occuper les ouvriers jusqu’à minuit. Ces expériences ayant donné des résultats satisfaisants, un certain nombre d’ouvriers ont travaillé dans cette salle jusqu’à onze heures et demie du soir, au moyen de cet éclairage.
- On vient de dresser les dernières colonnes de l’immense marquise de la grande entrée de l’Exposition, avenue Rapp.
- Cette marquise, tout en fer, mesure 17 mètres de longueur et 13 mètres de largeur.
- Deux galeries se détachant de chaque côté, à hauteur du premier étage des deux pavillons de l’administration centrale, établiront une communication entre ces deux bâtiments par un passage couvert.
- On a posé également les derniers arceaux formant le dôme central de la grande façade du palais du Champ-de-Mars.
- On se souvient du ballon de l’Exposition universelle de 1867, qui fut une des attractions du Champ-de-Mars. Il avait un volume de 5.000 mètres cubes et pouvait enlever quinze personnes à une hauteur de 300 mètres.
- On construit, en ce moment, pour l’Exposition de 1878, un ballon qui pourra enlever cinquante personnes à plus dé 500 mètres d’altitude. Son volume sera de 25.000 mètres cubes, et il mesurera 36 mètres de diamètre. Il sera gonflé- au moyen du gaz hydrogène pur, fabriqué sur place avec de la limaille de fer traitée par l’acide sulfurique. Son étoffe, imperméable à l’hydrogène, sera faite de toiles et de feuilles de caoutchouc alternativement superposées.
- Ce ballon est construit, comme celui de 1867, par M. Giffard.
- Les appareils mécaniques sont exécutés dans les ateliers de MM. Flaud et Cohendet, ingénieurs-constructeurs à Paris.
- STATISTIQUE.
- Tourbières.
- Bien que les gisements de tourbe soient assez nombreux en France, les usages industriels en sont très-restreints et elle est presqu’exclusivement employée au chauffage domestique.
- mais qu’à de rares intervalles de temps, de sorte qu’il est impossible de se préparer d’avance à en faire des observations régulières. Ce ne sont donc que des observations toutes fortuites qui peuvent en être faites, et cela par les premières personnes venues, celles qui se trouvent dans une situation convenable au moment de l’apparition du phénomène. Aussi les données fournies par ce genre d’observations faites à la hâte, sont-elles loin de présenter habituellement l’exactitude dont on aurait besoin pour pouvoir en tirer quelques conséquences un peu précises. Si l’on ne veut pas se contenter d’évaluer la vitesse d’un bolide pendant son apparition, si l’on veut aller jusqu’à déterminer la forme et la position de la trajectoire qu’il décrit, on se trouve encore en présence de-plus grandes difficultés. Ce n'est qu’en accumulant un grand nombre de faits, avec tous les détails que comportent des observations aussi imprévues et aussi rapides que celles dont il s’agit, que l’on peut espérer arriver à jeter quelque jour sur cette question de la vitesse et de la trajectoire des bolides dans l’espace. C’est ce qu’ont bien compris, depuis longtemps, les savants qui se préoccupent de ce genre d’études: grâce à eux, les archives de la science possèdent déjà un bon nombre de relations précieuses, présentant les résultats des enquêtes faites avec soin, de chaque apparition remarquable d’un bolide. »
- M. Gruey a suivi le conseil de Delaunay dans la distribution de son travail. Après avoir ouvert une enquête sur le bolide du 14 juin 1877, l’auteur a cherché les conditions de son mouvement. Pour être utile aux jeunes gens qui voudraient s’occuper de ce genre d’études, il a expliqué toutes les formules et donné aux calculs une disposition pratique.
- Unification de l'heure dans Paris : remise à l'heure, système Collin.
- Nous avons été heureux de donner en tête de notre présent numéro la lettre de M. Collin qui rectifie certaines données que nous avions crues exactes et que nous avions communiquées à nos lecteurs, relativement aux régulateurs types dont s’est occupée la ville de Paris.
- Voici maintenant ses opinions personnelles sur le procédé beaucoup plus simple que l’on pourrait employer pour obtenir la régularisation.
- Il ne servirait à rien, dit M. Collin, d’avoir des horloges qui donnassent la seconde, du moment qu’il y a des difficultés et des dépenses inutiles, et qu’enfin les aiguilles ne la marqueraient jamais. Attendu les jeux inévitables dans leurs transmissions et la grandeur des aiguilles que les vents mettent parfois en retard ou en avance de quelques minutes, même dans les petits régulateurs des kiosques des voitures de place, où les jeux des aiguilles sont de plus d’une minute par les ébranlements que produisent les voitures sur les chaussées.
- Si encore on pouvait, par l’électricité, supprimer tout à coup le remontage et l’entretien des grosses horloges : alors on devrait y penser. Mais il est bien prouvé,jusqu’à présent, que les moyens dont on dispose sont bien loin de permettre de mouvoir ces grandes aiguilles, et encore moins de faire sonner sur les grosses cloches à moins de dépenses fabuleuses. Il faut donc de toute nécessité conserver ces machines qu’il faudra toujours remonter et entretenir.
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- Ceci parfaitement reconnu, reste donc alors à obtenir l’unification de l’heure par les moyens qui offrent le plus de sécurité et le moins de difficulté dans l’exécution en même temps que le moins de dépense pour l’entretien.
- C’est pour répondre à ces conditions que M. Collin propose son système de remise à l’heure appliqué déjà sur plusieurs horloges publiques de la ville de Paris et d’autres pays; dans le nombre on peut citer la ville de Roubaix où, sous peu, toutes les horloges vont être réglées par ce moyen.
- Fig. 22.
- Voici comment les choses se passent avec la remise à l’heure.
- Les horloges à régler (fig. 22) sont reliées toutes ensemble dans le même circuit avec l’horloge-type (fig. 23), sur laquelle elles ont quelques secondes d’avance. Toutes possèdent, aussi bien que les horloges à régler (l’horloge-type) un commutateur, c’est-à-dire deux pièces qui, lorsqu’elles se touchent, ferment le courant, qui est coupé lorsqu’elles sont séparées.
- Ces commutateurs agissent différemment. Dans l’horloge-type, les deux leviers ne sont mis en contact que quelques minutes avant l’heure du réglage et se séparent, ce qui coupe le courant lorsque l’aiguille de minute est à midi juste. Dans les horloges à régler l’effet est inverse : les leviers ne ferment le courant que lorsque ces horloges arrivent à l’heure du réglage, qui doit être quelques secondes en avance sur l’horloge-type.
- En 1872, l’extraction s’est élevée à 324.697 tonnes, d’une valeur de 3.574.662 francs, ou H fr.01 la tonne.
- Les départements dans lesquels l’extraction a dépassé 10.000 tonnes pendant les années 1870 à 1872 inclusivement, sont : la Somme, le Pas-de-Calais, l’Oise, l’Aisne, l’Isère et la Loire-Inférieure.
- L’extraction de la tourbe a lieu exclusivement en été. Les travaux n’exigent pas un personnel spécial et sont effectués par les habitants des campagnes.
- En 1872, le nombre des ouvriers a été de 26.893, celui des journées de travail de 718.874 et le salaire total de 1.750.203 fr.; d’où il résulte que le salaire par ouvrier a été de 65 fr. 08, le nombre des journées de travail de 27, et le prix de la journée de 2 fr. 43.
- Exploitation du sel marin.
- Le sel s’obtient des marais salants, des mines de sel gemme et des sources salées.
- La France possède dans l’Est des gisements inépuisables de sel gemme et des sources d’eau salée ; tout le midi et le long des côtes de l’Océan on retire le sel des marais salants.
- En 1872, les départements qui comprennent la plus grande étendue de marais étaient : la Charente-Inférieure avec 10.803 hectares; la Vendée avec 1.833;. le Morbihan avec 1.145; la Loire-Inférieure avec 1.030; les Bouches-du-Rhône avec 946 et l’Hérault avec 855.
- Le nombre des ouvriers employés sur les marais salants à la récolte du sel a été de 12.363 en 1870; de 12.898 en 1871, et de 10.784 en 1872.
- Les mines de sel gemme et les sources salées ne présentent pas, sous le rapport de la production, la même importance que les marais salants. Les mines de sel gemme exploitées étaient au nombre de 15 en 1870, de 12 seulement en 1871, par suite de la perte de plusieurs salines de la Lorraine, et de 16 en 1872.
- Pendant ce dernier exercice, on comptait 9 mines de sel en activité dans Meurthe-et-Moselle, 5 dans le Jura, 2 dans la Haute-Saône, 1 dans les Landes et 1 dans les Basses-Pyrénées.
- Le produit total des mines de sel et des sources salées a été, en 1872, de 191.722 tonnes d’une valeur de 5.800.000 fr. Le nombre des ouvriers employés la même année fut de 1.033.
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- Télégraphie en Europe.
- En 1875, le nombre des télégrammes expédiés en Suisse était de 77 pour 100 de la population. La proportion correspondante, pendant la même année, était en Angleterre de 58 pour 100 habitants ; en Hollande, de 38 ; en Belgique, 66 ; en Norwège, 27 ; en Danemark, 22 ; en France et en Allemagne, 19 ; en Italie, 16; en Autriche et en Hongrie, 12; et en Russie à peu près 4.
- Métallurgie et mines.
- L’exportation des houilles a augmenté, en 1876, de 300.000 tonnes.
- L’importation des huiles de pétrole a été supérieure de 19.000 tonnes à celle de 1875, avec une augmentation de 30 pour 100 sur les houilles brutes et de 35 pour 100 sur les houilles raffinées.
- La situation de l’industrie métallurgique a été moins prospère en 1876 que dans les années précédentes ; seule la fabrication des rails en acier n’a pas souffert et est restée à peu près stationnaire.
- Par contre, la fabrication des ustensiles de ménage et des ouvrages en fer et en tôle offre à l’exportation une augmentation de 3.689 tonnes, dans lesquelles les ponts en fer, les portes d’écluse et la grosse quincaillerie figurent pour 1.513 tonnes. . .
- Progrès*de l'industrie en Russie.
- Tableau statistique.
- Années. Nombre de fabriques. Nombre d’ouvriers. Millions en produits. OBSERVATIONS.
- 1725 1762 1776 1804 1814 1825 1842 1850 1863 1865 1866 1864 233 262 478 2.423 3.721 5.261 6.930 9.833 16.695 23.050 84.944 85.659 > 37.862 50.543 95.202 169.530 210.568 455.827 517.679 419.517 459.100 919.025 1.197.919 Roubles 5 10 10 » > » 166 351 394 650 651 J)’après le détail de cette statistique , le Royaume de Pologne seul possédait : 10.987 fabriques occupant 296.435* ouv. La production a atteint le chiffre de 51.835.436 roubles. Tous ces chiffres ont été soumis à la censure et acceptés par elle.
- La consommation du vin et des alcools.
- Dans un intéressant travail sur la consommation des spiritueux en France, M. Lunier, président de la Société de statistique de France, étudie les effets produits par l’usage
- Toutes les horloges à régler (fig. 22) possèdent à la partie supérieure un électro-aimant qui, lorsqu’il est aimanté par le courant, attire un levier dont l'extrémité est armée d’une goupille qui s’engage sur un cercle denté placé extérieurement de la roue d’échappement, et l’arrête.
- Toutes les horloges seront réunies dans un même circuit, celles à régler étant armées d’un électro-aimant et d’un commutateur, celles-ci devant avoir deux ou trois secondes d’avance sur l’horloge-type, ou beaucoup plus si on le désire, l’horloge-type ayant aussi son commutateur.
- J.PEÇAHO
- Fig. 23.
- Le réglage s’opérera alors de la manière suivante.
- Lorsque l’horloge-type (fig. 23) arrivera à l’heure fixée pour le réglage, soit toutes les heures, ou toutes les six heures, et même une seule fois par jour, les deux pièces de son commutateur se réuniront pour laisser passer le courant, afin d’être prêtes quand'les horloges à régler le fermeront.
- Lorsque les horloges à régler arriveront à l’heure juste, c’est-à-dire lorsque les aiguilles de minutes marqueront midi, leurs commutateurs fermeront le circuit. Aussitôt leurs électro-aimants étant aimantés attireront les leviers dont les extrémités s’engageront dans les rochets des roues d’échappement, ce qui les arrêtera ; mais leurs balanciers n’en continueront pas moins leurs oscillations, et cela pendant très-longtemps.
- Comme toutes les horloges à régler ont des différences plus ou moins grandes, elles s’arrêteront successivement et resteront, les unes après les autres, au repos, jusqu’au moment où l’horloge-type arrivera à l’heure exacte.
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- Là, cette dernière coupera le courant avec son commutateur, et alors, instantanément, toutes les roues d’échappement redeviendront libres, de sorte que les horloges à régler reprendront leur marche toutes ensemble et donneront l’heure exacte de l’horloge-type.
- Il faut bien observer que, dans ce système, l’électricité n’agissant que comme régulateur, peut n’être qu’un courant très-faible. Les effets peuvent même manquer une ou plusieurs fois sans que l’on s’en aperçoive, car la fois suivante qu’il fonctionnera, il remettra les choses en état, et, pendant ce temps, il n’y aura eu que quelques secondes d’avance inappréciable.
- M. Collin insiste surtout sur cette considération que le courant peut être d’une extrême faiblesse; car, le levier qui arrête la roue d’échappement étant vertical, n’offre au mouvement qu’une résistance insensible, et, une fois engagé dans les dents du rochet de la roue d’échappement, il faudrait un ressort d’opposition assez puissant, si l’échappement, auquel on donne du recul, ne venait pas, pendant que le balancier bat à blanc, à chaque oscillation, par son mouvement de recul, chasser le levier, qui est retenu par l’aimantation de l’électricité et le dégage de la roue d’échappement aussitôt que l’électro-aimant lâche prise. Ce système ne demande donc qu’une petite addition aux horloges existantes, et, ce qui est le plus important, c’est que le mécanisme le plus grossier se trouve donner, tout d’un coup, la même régularité que l’horloge la plus précise.
- A cet effet, nous citerons une observation faite sur l’horloge d’un clocher de Roubaix. On remarquait, avant l’application de la remise à l’heure, que, tous les dimanches, l’horloge se déréglait. Aujourd’hui, cela n’a plus lieu; mais on a constaté qu’après la sonnerie des cloches, qui ébranle le clocher, il y a une différence en avance assez considérable et que la remise à l’heure a beaucoup plus à faire. On a compté de 30 à 40 secondes d’écart, ce qui n’a aucun inconvénient : seulement le balancier bat à blanc plus longtemps.
- Nous ne croyons pas devoir terminer ce petit exposé sans dire un mot des compteurs à cadrans électriques que l’on voit dans certaines villes au coin des rues. Dans ce système l’électricité est le moteur, et l’on peut, en ayant de bons mécanisnîes, obtenir une certaine régularité ; mais comme tout dépend de l’électricité il arrive assez souvent des accidents. M. Collin a vu, une fois, toute la ville de Gand (Belgique) sans heure par suite d’un accident arrivé au régulateur. Dernièrement, dans une autre ville, Bruxelles, tout un quartier était privé d’heure par suite de la rupture d’un conducteur; ailleurs, en Suisse, c’était un accident à la pile. Ensuite on ne doit pas oublier qu’il faut que ces compteurs soient parfaitement bien établis si l’on veut obtenir des résultats, et qu’ils aient une certaine délicatesse pour ne pas demander trop de force à l’électricité, ce qui est très-nuisible à leurs bonnes fonctions, étant exposés aux intempéries des saisons.
- Il faut aussi bien observer que, dans ce système, l’électricité est le moteur, tandis que dans la remise à l’heure que nous venons de décrire, elle ne fait qu’opérer au réglage.
- des diverses boissons. En examinant les régions où le vin, le cidre ou la bière dominent dans la consommation, et où les alcools de vin, de cidre ou d’industrie jouent un grand rôle dans l’alimentation, il a reconnu que les condamnations pour ivresse, les cas d’alcoolisme ou de folie étaient beaucoup plus fréquents dans les pays- à cidre ou à bière que dans les pays à vin. L’abus ou seulement l’usage des 3/6 industriels est particulièrement funeste, tandis que les eaux-de-vie de vin sont d’une bénignité relative très-marquée. Il conclut en demandant une réduction notable des droits sur les vins en surélevant les taxes des spiritueux. Si nous nous en tenions à ses déductions, nous serions autorisés à réclamer des dégrèvements pour les cognacs et autres eaux-de-vie de vin ou de raisin.
- Commerce du thé à Marseille.
- Les chiffres suivants démontrent l’importance tous les jours plus considérable que prennent à Marseille les arrivages de thé (Chine par voie de Suez). La plus forte quantité du produit est expédiée immédiatement en Angleterre.
- En 1836............... 17.333 kilos.
- — 1866.............. 222.383 -
- — 1874........... 3 940.883 —
- — 1875 ........... 3.077.802 —
- — 1876............ 2.201.880 —
- La diminution de thé constatée dans ces deux dernières années, s’explique par la médiocrité de la récolte aux lieux de production, et par un stock plus considérable, restant en magasin, de 1874 et 1873.
- Utilisation du téléphone par la presse.
- Le Daily News est le premier journal qui ait fait une application pratique du téléphone. Depuis quelques jours, les bureaux de ce journal sont en communication avec la Chambre des communes par le moyen d’un téléphone adapté à un fil télégraphique ordinaire. La conversation est entendue distinctement en dépit du bruit produit par les autres fils télégraphiques, et le compte-rendu sommaire des débats du Parlement, publié chaque matin dans le Daily News, lui parvient par cette voie intéressante et nouvelle.
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- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 14. — 6 Avril 1878. — XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Métier Jacquard double de Schramm, perfectionné par M. L. Antl. — Presse hydraulique actionnée directement. — Un nouveau désincrustant pour les chaudières à vapeur. — Cisaille à main pour boulons et rivets, de M. Hirzel. — Foret à grande vitesse. — Résumés des analyses et essais faits sur le ciment de Portland, de MM. Quillot frères, de Frangey. — Le tunnel de Baltimore aux Etats-Unis. — Maisons de carton aux Etats-Unis. — Nouvelles données sur le téléphone, par M. A. Bréguet.
- CHRONIQUE.
- Chemin de fer et colonisation dans le Sahara.
- M. Soleillel vient de faire, à la Société des Ingénieurs civils, une communication des plus intéressantes, « par laquelle, dit-il, il « croit remplir un des buts de la Société, « qui est de poursuivre, par l’étude des « questions d’économie industrielle, d’admi-« nistration et d’utilité publique, l’applica-« tion la plus étendue des forces et des ri-« cbesses du pays. »
- Le chemin de fer saharien relierait l’Algérie au Niger et le Niger au Sénégal. La construction de cette ligne aurait pour avantage de livrer à nos agriculteurs une région saine et fertile, le Sahara, dont la superficie égale l’étendue de l’Europe, moins la Russie, soit 490 millions d’hectares environ, et ouvrirait à notre commerce les riches marchés du Soudan.
- Le Sahara, dit M. Soleillet, n’est pour le vulgaire qu’une mer de sable brûlant et mouvant, tourmentée par les vents ; mais pour le savant qui interroge les monuments de l’antiquité, c’est une région qui eut sa splendeur et sa civilisation. Pour le voyageur qui le traverse, c’est une zone inhabitée et incultivée, mais non inhabitable et incultivable ; pour l’économiste, enfin, le Sahara est une contrée au climat sain, au sol fertile et qui, vivifiée par le commerce et l’agriculture de l’Occident, donnera un nouveau monde à la nation qui le métamorphosera.
- C’est à la France, qui possède le nord du Sahara par l’Algérie, et qui y pénètre à l’ouest Par le Sénégal, qu’il appartient de transfor-
- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Métier Jacquard double de Schramm, perfectionné par M. L. Antl.
- Un métier Jacquard perfectionné, connu à Vienne sous le nom de machine double de Schramm, sert à la fabrication des étoffes de laine pour dames, des étoffes doubles ou matelassées, des tapis façon de Kidderminster à deux couleurs, et, en général, de tous les tissus qui exigent, pour chaque côté, une chaîne et une trame spéciale, de telle sorte que, par exemple, tous les fils de chaîne et de trame de rang impair forment la face inférieure de l’éloffe, tandis que les fils pairs constituent la face supérieure. Un perfectionnement, représenté fig. 24, a été apporté à ce métier par M. Antl, directeur de l’école de tissage de Vienne.
- La machine de Schramm permet d’obtenir un dessin avec la moitié du nombre d’aiguilles et de cartons nécessaire quand on emploie le métier Jacquard ordinaire. A cet effet, deux crochets d’égale longueur sont placés dos à dos dans chaque aiguille, de façon que leurs becs soient dirigés vers l’extérieur et que, suivant l’opportunité, le crochet de derrière (de rang impair), ou bien celui de devant (de rang pair), soient saisis par les lames de la griffe et soulevés. Les crochets impairs soulèvent tous les fils impairs (pour la face inférieure de l’étoffe), et les crochets pairs tous les fils pour la face supérieure. Les lames sont mobiles, c’est-à-dire qu’elles peuvent, suivant le cas, être amenées sous le bec des crochets impairs ou des crochets pairs, afin de soulever les uns ou les autres. Le mouvement des lames est produit au moyen d’un crochet du petit cylindre.
- Pour économiser la moitié des cartons, le cylindre est divisé en deux pièces, formant un cylindre court et un cylindre long, qui peuvent tourner séparément et possèdent chacun deux lanternes et leurs chiens ou loquets. La plus longue des deux parties du cylindre o reçoit les cartons à façonner qui contiennent le dessin sans le liage; le petit cylindre p porte les cartons pour le liage de fond du tissu, ainsi que les trous pour donner le mouvement alternatif aux lames, pour soulever le chien du cylindre à façonner et pour les lamettes.
- S’agit-il d’obtenir avec cette machine un tissu à deux couleurs, dans lequel le liage de fond est croisé et où une passée claire alterne continuellement avec une passée de couleur foncée, on n’emploie pour les deux passées qu’un seul carton à façonner, comme si l’on travaillait en une seule couleur, et ce carton est fixé sur le grand cylindre : pour le petit cylindre, 8 cartons sont nécessaires.
- Le mouvement des deux cylindres est tel que le petit tourne à chaque course de la machine, tandis que le grand ne tourne qu’une fois après deux courses de la machine, c’est-à-dire qu’un même carton arrive deux fois devant la planche d’aiguilles. Afin d’obtenir que le grand cylindre ne tourne qu’après la seconde course, chaque carton de rang impair du petit cylindre est percé d’un trou pour le crochet a ; il en résulte que ce crochet est soulevé chaque fois qu’un carton impair se présente, et, comme le crochet est relié par des leviers avec les chiens d,d\ ces derniers sont soulevés assez haut pour que le cylindre ne tourne pas.
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- Mais, à chaque course de rang pair, le chien supérieur d, fait tourner le cylindre comme à l’ordinaire et un nouveau carton avance ; en même temps, les lames se placent de telle façon que, pour un seul et même carton, elles soulèvent les crochets avec les fils de la chaîne pour la face supérieure de l’étoffe pendant la première course, tandis que, pendant la seconde course, ce sont les crochets correspondant à la face inférieure qui se soulèvent. Deux fils reçoivent donc deife mouvements différents au moyen d’un même carton, et l’on supprime ainsi la moitié des cartons, puisque chacun travaille deux fois.,
- Quelque avantageuse que soit cette machine pour la fabrication de certaines étoffes, son emploi ne s’est pas répandu comme on aurait pu s’y attendre, parce que les ouvriers se familiarisaient difficilement avec elle, et beaucoup de fabricants ont dû revenir à l’emploi des anciennes machines. Cela tenait à l’irrégularité du mouvement des chiens, qui rendait très-difficile la recherche d’un lac perdu, et déterminait une perte de temps très-considérable, à cause de la fréquence de cet accident. On était, en effet, obligé de tirer le cordon f
- pour enlever le carton du cylindre o et chercher le lac; il fallait ensuite ramener le carton du petit cylindre au lac retrouvé en tirant le cordon e, puis chercher le lac pour le liage de fond, tandis que, dans le métier Jacquard ordinaire, il suffit de tirer le cordon répétiteur pour retirer les cartons et revenir très-rapidement au lac perdu.
- Cet inconvénient a été supprimé par M. Antl, à l’aide d’une disposition fort simple, de sorte que les métiers doubles permettent de retrouver les lacs1 perdus aussi aisément que les métiers ordinaires, que les cartons travaillent dans un sens ou dans l’autre. Une tige de fer mince est recourbée en /t, de manière à former un petit crochet: cette tige est attachée par sa partie supérieure au chien d’à l’aide d’un ressort à boudin et à une hauteur telle que le crochet h puisse passer au centre d’une pièce fixée au levier b ; un cordon,
- mer le désert et de lui rendre son antique civilisation.
- A une époque relativement peu éloignée de nous, au moment où florissait la République carthaginoise, vivaient dans le Sahara des peuples ayant atteint le degré le plus élevé de civilisation connue à cette époque.
- On sait qu’il existait une puissante nation, les Garamantes, peuple qui cultivait la terre en y mélangeant du sel, probablement du salpêtre, et qui avait une agriculture très-perfectionnée.
- Les Garamantes se livraient au commerce : ils formaient de nombreuses caravanes et allaient, avec des chars à quatre roues, traînés par des bœufs, dans les pays de l’intérieur, chercher l’or et l’ivoire. Des routes pavées, construites par eux, rendaient les communications faciles entre leur pays et le Soudan.
- M. Soleillet demande que nous fassions dans le Sahara ce que nos pères ont fait en Europe, pour lui rendre la civilisation : créer de nouvelles routes, mais en y introduisant la locomotive au lieu du char des Garamantes ; car ce qui fait du Sahara une région déshéritée, c’est la seule difficulté du transport, qui revient à dos de chameau à 40 centimes par tonne et par kilomètre, ce qui restreint les transactions aux objets d’une valeur très-élevée sous un petit volume.
- Les eaux, dit M. Soleillet, ne manquent pas dans cette contrée ; elles coulent souterrai-nement et constituent une couche aquifère que les indigènes savent utiliser, et que nous utiliserions bien mieux qu’eux, pour l’irrigation du désert. La matière commerciale ne manque pas non plus, ainsi que l’auteur l’a démontré dans son opuscule sur l’avenir de la France en Afrique, enfin le Sahara est la route qui de toute antiquité a mis l’Europe en communication avec le Soudan.
- Les régions soudaniennes n’embrassent pas moins de 800 lieues dans la direction des méridiens, entre le 17° parallèle nord et le 17° parallèle sud, ni moins de 500 lieues dans la direction est-ouest.
- La population y est très-dense, très-laborieuse (38.500.000 habitants d’après les estimations de Behm et Wagner, en 1872). La végétation est riche et variée ; tous les récits des voyageurs qui ont visité ces contrées en témoignent.
- Il est presque impossible de pénétrer dans le Soudan par l’Océan, et la seule route pour y parvenir sûrement est celle du Nord. Il ne s’agit point aujourd’hui de construire une simple route : c’est par une voie ferrée
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- que nous devons unir nos possessions au Soudan.
- En interrogeant la carte, il est visible que, partant soit de l’Algérie, soit du Sénégal, le premier point à atteindre est incontestablement Tombouctou.
- Cette ville, dont la position topographique est si remarquable, est destinée à devenir le centre du commerce et de la civilisation de l’Afrique. M. Soleillet a parcouru comme voyageur la moitié de la route qui de l’Algérie va au Niger, et il a reconnu l’oasis d'In-Çalah ; il en conclut que le tracé du chemin de fer qu’il croit possible devrait passer par Alger, Affrcville, Taguine, Lagouhat, Met-tili, Zirara, El-Golea, Adrek, In-Çalah. Un seul obstacle se présenterait dans ce parcours, ce seraient des dunes de sables mouvants au sud d’El-Goléa; du reste, elles n’ont pas quatre kilomètres de largeur et ne sauraient, en somme, constituer un obstacle sérieux.
- D’In-Çalah à Tombouctou, de Tombouctou au Sénégal, la route traverserait des régions, à l’exploration desquelles M. Soleillet va se livrer, étant parti le 20 mars dernier pour le Sénégal. Mais, d’après les renseignements qu’il a pu recueillir soit dans des livres, soit auprès des indigènes qui ont voyagé dans ces contrées, il croit pouvoir affirmer que la ligne pourrait se construire d’In-Çalah à Tombouctou, de Tombouctou à Podore, de Podore à Dakar, avec un seul ouvrage d’art, un pont, pour traverser le Sénégal à Podore.
- Dans cette hypothèse, le coût kilométrique de la ligne du Sahara n’atteindrait probablement pas le prix de 200.000 francs par kilomètre, tous frais compris, même le rachat de 50.000 familles noires, esclaves du Soudan occidental, dont les bras seraient nécessaires pour la construction de la ligne.
- D’Alger à Dakar, en passant par Podore et Tombouctou, la distance calculée sur une carte n’atteint pas 4.000 kilomètres ; il faudrait donc, pour construire ce chemin de fer, 800.000.000 de francs.
- M. Soleillet estime qu’il serait possible de trouver, par la culture des terres sur le parcours, l’intérêt de ce capital ; la grande valeur des palmiers et les produits des jardins des oasis permettent de le supposer, et il soumet à l’étude des membres de la Société les conditions techniques les plus propres pour la voie et .les installations de ce chemin de fer.
- U est permis, néanmoins, de douter que le produit des terres sahariennes soit aussi important que l’estimation de M. Soleillet le ferait supposer. Sans doute, un palmier dat-
- muni d’un petit poids en plomb i, maintient le crochet h à distance de la pièce g pendant la marche normale du métier. Enfin un cordon m est attaché au crochet, passe dans la pièce g, puis sur le rouleau k, qui le tend, et vient se fixer au chien f, h l’aide d’un ressort à boudin.
- Si on soulève les chiens d, d’et Z, Z’, au moyen de poids suspendus aux extrémités des cordons e et /, le cordon m tire le crochet h dans la pièce g; si, en outre, on soulève en même temps le crochet a, celui-ci abaisse légèrement les chiens d, d’, par l’intermédiaire du levier b et du crochet h, jusqu’à ce que ces chiens dégagent le cylindre o et lui permettent de passer entre eux.
- Quand on veut travailler un dessin, en opérant en avançant, comme on le fait généralement, il faut décrocher les poids des cordons e et /, afin que les chiens supérieurs det Z agissent seuls; mais quand on doit rechercher un lac perdu, et, par suite, retirer le carton, on tire en même temps les deux cordons e et f, de façon à faire agir les deux chiens inférieurs d’et Z’. Les deux ressorts fixés aux chiens d’et V doivent être un peu plus forts que les autres.
- [ÎHngler's polytechnisches journal.)
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Presse hydraulique actionnée directement.
- Le coton, les draps, les fourrages et autres matières qui doivent être comprimées pour être transportées à bon marché peuvent avantageusement être réduites de volume à l’aide de la presse hydraulique.
- Le croquis élémentaire (fig. 25) suffira pour faire comprendre le mécanisme très-simple qui permet d’obtenir aisément des pressions rapides considérables. Le mode d’action est le suivant : avant de commencer la pressée, on admet la vapeur dans le cylindre B en ouvrant la valve P, elle fait avancer le piston F, et conséquemment le plongeur H jusqu’à l’avant du cylindre en élevant le plateau d’une quantité correspondant à l’eau introduite. Cependant, ce coup de piston ne sert qu’à chauffer le cylindre et à permettre d’envoyer la vapeur de l’autre côté du piston F. Ce résultat est atteint en fermant la valve P, et en ouvrant Q qui permet à la vapeur de traverser le conduit M, puisque le robinet T est fermé. La vapeur passe donc au-dessus du piston F qui revient au fond du cylindre B.
- Si, maintenant, nous plaçons sur le plateau de la presse la matière à comprimer, nous n’avons qu’à ouvrir la soupape T et la vapeur pénètre dans le cylindre A, dont le piston E actionne le plongeur G d’un gros diamètre. Le piston E avancera jusqu’à ce que l’équilibre de pression soit établi dans les cylindres A et B. Aussitôt cet équilibre atteint, la soupape T retombera par son propre poids, et si nous ouvrons la valve P, la vapeur nouvelle, admise derrière le piston F, fera pénétrer dans la presse une nouvelle quantité d’eau répondant au diamètre du plongeur H. La pression est d’autant plus considérable que le diamètre du plongeur H est plus petit. Les diamètres des cylindres à vapeur sont égaux, mais les plongeurs ont des surfaces qui sont entre elles comme 5 est à 1.
- La vapeur qui a servi à donner le deuxième coup de pompe, en pénétrant
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- derrière F, sert, après avoir passé devant ce même piston, à donner le deuxième coup de piston en arrière de E pour la pressée de la deuxième balle de matière à comprimer.
- Les cylindres ont lm,400 de diamètre, et la pression est ordinairement de 6 atmosphères. Le plus petit des deux plongeurs n’a que 245mra de diamètre.
- Les constructeurs de ces presses garantissent la compression de 75 ballots à l’heure, on a même pu atteindre une production de 120 balles en poussant le travail ; mais ce qui prouve l’avantage certain de ces machines, c’est que les balles préparées à l’aide des presses hydrauliques ordinaires pèsent 20 0/o de moins que celles obtenues par ce système.
- Au point de vue économique, des expériences répétées ont démontré que la compression des balles de coton ne coûtait à l’aide de cette disposition que 6 centimes l’une, tandis que les procédés précédemment employés nécessitaient une dépense de 11 à 23 centimes par balle pesant 20 0/o en moins.
- Cette machine est une preuve nouvelle des avantages que l’on peut tirer de l’application directe du moteur à l’outil.
- (.Engineering, 1er février 1878.)
- Un nouveau désincrustant pour les chaudières à vapeur.
- Divers journaux ont appelé, il y a quelque temps, l’attention de leurs lecteurs sur un nouveau désincrustant désigné sous le nom de crésyloUum et déjà employé dans un certain nombre d’établissements français.
- Ce produit était alors l’objet de différents essais à Bruxelles et à Londres et, suivant les renseignements qui nous parviennent, ces premières expériences ont paru donner des résultats satisfaisants. Les incrustations, au lieu d’adhérer avec force aux parois de la chaudière, s’écaillent sous l’action du grattoir et il devient, par conséquent, facile de les enlever.
- tier peut donner annuellement un produit net de 5 francs, mais il met cinq années à produire son premier régime de fruits ; il demande des soins et des irrigations constantes, que l’on ne peut obtenir que par le forage de puits artésiens assez profonds.
- Or, la difficulté est de fixer des habitants dans le pays, alors que l’eau ne paraît pas s’y trouver aussi facilement que semble le dire M. Soleillet. La région comprise entre l’Atlas et l’oasis d’In-Çalah, et qui s’étend sur plus de 1 .000 kilomètres de profondeur, n'a été explorée que par un petit nombre de voyageurs européens : les stations sont marquées par des oasis ou des puits assez éloignés les uns des autres, quelquefois de cinq ou six jours de marche, soit 20ff à 250 kilomètres. Si l’on rencontrait de l’eau dans cette région, en cette saison, à peu près à la surface du sol, ces explorations seraient certainement plus faciles et plus fréquentes.
- Quant à la région située plus au sud, elle est encore moins connue des voyageurs; un seul Français, M. René Caillé a pu jusqu’ici la voir en revenant de Tombouctou qu’il avait gagné par le Sénégal, et au prix de quels sacrifices ! Les renseignements que l'on a sur cette région sont donc extrêmement vagues.
- Dans les conditions actuelles, la possibilité de l'établissement d’un chemin de fer sur ce parcours semble devoir être considérée comme encore très-problématique, si l'on considère surtout les nécessités de l’exploitation d’une pareille voie ferrée.
- Quoi qu’il en soit de ces objections, M. Soleillet aura atteint son but s’il attire l’attention et l’étude des ingénieurs sur ces questions. Il est persuadé qu’on lèvera les difficultés, qu’on aménagera les eaux facilement, et que les rachats d’esclaves dans le Soudan, permettraient de peupler suffisamment la zone parcourue par le chemin de fer : du reste il ne propose pas l’exécution, mais l’étude de ce projet.
- VARIÉTÉS.
- Observatoire de Meudon.
- M. Bardoux, Ministre de l’Instruction publique, vient de déposer sur le bureau de la Chambre des.députés un projet de loi relatif à l’établissement, dans l’ancien palais de Meudon, d’un observatoire de physique, où l’on installerait une lunette de très-grande
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- puissance. M. Janssen, directeur de cet observatoire, prendrait possession du château restauré.
- On abattrait les deux ailes du premier étage, qui sont d’ailleurs à peu près détrui-tres, on maintiendrait le bâtiment du milieu. Moyennant une dépense de 170.000 francs seulement, on rendrait au monument son caractère primitif, tout en appropriant l’intérieur aux besoins du nouvel observatoire. La grande lunette, dont l’objectif doit avoir 65 à 67 centimètres de diamètre, coûterait, dit-on, 250.000 francs.
- Exposition internationale à Sydney.
- Nous apprenons, dit VEngineer, que l’on fait des préparatifs à Sydney pour l’ouverture, en 1879, d’une Exposition internationale, sous les auspices de la Société d’agriculture de la Nouvelle-Galles du Sud. On espère que beaucoup des articles qui seront exposés à l’Exposition internationale de Paris en 1878 seront ensuite dirigés sur Sydney pour figurer à cette Exposition.
- Observations graphiques sur le trot du cheval.
- Un journal de San-Francisco contient, dans un récent numéro, de curieux renseignements graphiques sur la question de savoir si un cheval au grand trot a jamais les quatre jambes en l’air en même temps. Sujet sur lequel, paraît-il, les connaisseurs sont
- Fig. 27.
- Cisaille à main pour boulons et rivets, de M. Hirzel.
- Un outil très-commode pour cisailler les boulons et les rivets est celui de M. Hirzel, de Wilmington (Delaware, Etats-Unis), représenté fig. 26. Cet outil se distingue de tous les autres du même genre par sa construction simple et peu coûteuse, aussi bien que par son usage efficace.
- L’appareil se compose de deux leviers à poignées A, A’ munis d’excentriques a, a et tournant autour de deux axes b, b, fixés des deux côtés des excentriques dans les parois du cadre G. Entre ces mêmes parois se meut la pièce transversale c, poussée suivant la ligne xy vers le point#, par les deux excentriques, quand on rapproche les poignées A, A’; si on écarte les poignées, cette pièce recule vers le point y. Une longue vis d relie la traverse c avec le tiroir S, qui glisse entre les parois du cadre G, et communique ainsi à ce tiroir le mouvement de la pièce c. Deux couteaux s s’ sont fixés au cadre et au tiroir; comme on le voit dans la coupe longitudinale, ces deux couteaux ont leur tranchant à fleur du bord inférieur du cadre G, de sorte que l’on peut couper les rivets et les boulons exactement à fleur des tôles ou des écrous.
- Fig. 26.
- Afin d’empêcher que les couteaux se heurtent l’un contre l’autre, les deux leviers A, A’ sont munis d’épaulements fixes f, f et de deux autres épaule-ments n,n\ dont l’un n est ajustable. Le réglage de la position relative des couteaux a lieu au moyen de la vis d, suivant le diamètre des boulons. Le constructeur fabrique 3 modèles de cisailles de grandeurs différentes, pour boulons de 0m,010, de 0m,013 et de 0m,016 de diamètre.
- [Hingler's Polytechnisches Journal.)
- Foret à grande vitesse.
- On a construit à différentes reprises des forets à l’archet, disposés de façon que le mouvement de rotation eût toujours lieu dans le même sens ; mais la complication de ces appareils a toujours été telle, qu’ils ne sont pas répandus. Un système bien combiné a été introduit dernièrement en Angleterre ; ce système est représenté fig. 27, h l’échelle demi-grandeur naturelle.
- L’arbre a du foret est soutenu k l’extrémité supérieure par un petit tourillon b, fixé au châssis de l’appareil; cet arbre est relié par une vis de serrage avec une poulie creuse c, assez lourde, qui joue le rôle de volant et contient, en outre, dans son intérieur un appareil d’encliquetage. Le tube en laiton e, qui entoure librement la partie supérieure de l’arbre a, porte dans la poulie une roue à rochet, dans laquelle engrène un cliquet pressé par un ressort.
- Le mouvement est communiqué à l’appareil à l’aide d’une corde en boyaux fixée, par une de ses extrémités, au tambour h, muni d’un ressort à boudin g :
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- la corde s’enroule de l’autre côté sur le tube e et est reliée avec un anneau de traction i. Quand on tire ce dernier, la roue à rochet entraîne la poulie et l’arbre a, en leur communiquant un mouvement de rotation rapide; en même temps, le ressort g est tendu ; mais, quand on cesse de tirer, le ressort se détend en ramenant la corde, ce qui fait glisser la roue à rochet sous son cliquet, en l’entraînant avec le tube e dans un mouvement de rotation de sens contraire à celui de l’arbre a. Celui-ci continue pourtant à se mouvoir dans une même direction que précédemment, à cause de l’action du volant e. Cet appareil peut fonctionner dans une position quelconque.
- (.Deutsche Industrie Zeitung.)
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Résumés des analyses et essais faits sur le ciment de Portland, de MM. Qujllot frères, de Frangey.
- Nous avons eu l’occasion de donner déjà à nos lecteurs certains renseignements utiles sur les expériences auxquelles le ciment de Frangey a été soumis, pendant six mois consécutifs; de plus, M. l’Ingénieur en chef Du-rand-Claye en a fait des analyses et des essais qui ont donné, en moyenne, les résultats suivants :
- 1° Composition chimique (moyenne de huit échantillons).
- Silice......................................................21.61
- Alumine................................................... 7 53
- Peroxyde de fer............................................. 3.19
- Chaux..................................................... 63.70
- Magnésie................................................... 1.22
- Acide sulfurique.......................................... 0 61
- Perte au feu, etc........................................... 2.16
- Indice d’hydraulicité,
- 21.61 + 7.53 63.70
- 100.00 = 0.46
- 2° Résistance moyenne, par centimètre carré, à la rupture.
- Par arrachement Par écrasement. OBSERVATIONS.
- Après 5 jours d’immersion. 17k, 12 145k, 52 Chacun des résultats inscrits dans ces colonnes est la moyenne
- Après 15 jours — 24k, 49 229k, »» de l’essai de 36 briquettes fabriquées avec de la pâte ferme de
- Après un mois — 30k, 30 320k, 07 ciment.
- La composition chimique des échantillons analysés a été trouvée très-constante, elle oscille pour chacun d’eux, considéré isolément, dans des limites très-restreintes autour de la moyenne.
- Cette composition diffère un peu de celle des ciments de Portland les plus renommes, tels que ceux de Boulogne ou les ciments anglais de bonne marque. On y remarque une dose de chaux un peu plus forte. Aussi, tandis que
- loin d’être d’accord. Un artiste, M. May-bridge, qui avait fait la photographie du fameux trotteur Occident au plus fort de sa course, vient d’être chargé de nouveau par M. Stanford de faire une série d’épreuves qui exposeront le même cheval dans toutes les positions et serviront ainsi à résoudre la question d’une façon définitive. Ce ne peut être, nous le répétons, qu’au point de vue de l’art graphique que nous dirons quelques mots des résultats surprenants que M. Muy-bridge compte obtenir aussitôt qu’il recevra de Londres les lentilles nécessaires à ses opérations et qu’il aura fait monter l’appareil qui doit en assurer la réussite. A chaque enjambée, Occident couvre vingt pieds de terrain; l’artiste fera donc placer douze chambres noires ayant les foyers de leurs lentilles à deux pieds d’intervalle, la longueur couverte par cette batterie photographique dépassant ainsi de quatre pieds celle de l’enjambée du cheval. Ces chambres noires seront ouvertes et ferçnées, au moyen de l’électricité, au moment même où le cheval passera devant chacune d’elles, et ne recevront le rayon lumineux que pendant l’espace d’un millième de seconde ! Comme le rayon aura à passer à travers deux lentilles pour pénétrer dans chacune des chambres, afin de permettre l’adaptation des épreuves au stéréoscope, ce résultat sera atteint : l’authenticité de l’origine des épreuves ne pourra, par la suite, être contestée comme cela est arrivé à l’endroit de la première, que certains intéressés affirmaient avoir été, pour l’occasion, « retouchée au pinceau. »
- TRAVAUX PUBLICS.
- Comme complément aux travaux de dessèchement du lac Maréotis, dont nous parlions dans l’un de nos derniers numéros, il est aussi question d’enlever un récif qui obstrue l’entrée du port d’Alexandrie. Il entre chaque année dans le port d’Alexandrie, 1.300.000 tonnes de marchandises; les exportations sont évaluées à 13 millions de livres sterling; les importations s’élèvent à 5 millions. Les travaux du port, qui sont maintenant près d’être achevés, auront coûté 2 millions et demi; ils placeront Alexandrie près de Marseille, de Trieste et de Gênes, dans le rang des ports de la Méditerranée.
- Cependant aujourd’hui aucun bâtiment ne
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- ni
- peut entrer dans ce port pendant la nuit, et les bâtiments d’un fort tirant d’eau n’y abordent ni jour ni nuit pendant les gros temps.
- Une étude très-complète a été faite récemment, par un ingénieur anglais, de la portion de rocher qu’il serait nécessaire d’enlever pour donner au chenal une plus grande profondeur et permettre aux bâtiments d’entrer par tous les temps. C’est un travail qui n’est nullement impraticable.
- Création d’une école des Arts et Manufactures en Chine.
- Nous avons déjà parlé dans un de nos numéros précédents, de la création en Chine, d’un Institut polytechnique, véritable école des arts et manufactures. Le but. de cette institution, « Chinese Polythecnic Institution,» est de chercher à inspirer aux Chinois le désir de se servir des produits de l’industrie de l’occident, de les mettre à même de s’initier au progrès des sciences et des découvertes modernes en leur permettant de comparer les éléments de nos sciences positives avec les éléments rudimentaires des leurs; enfin, de placer sous leurs yeux des spécimens de machines et d’appareils de l’industrie européenne.
- Une commission, composée d’Européens et de Chinois, administre l’établissement ; les avantages qui peuvent résulter, pour notre industrie et notre commerce d’exportation, de cette création nouvelle, n’ont pas échappé à l’attention du gouvernement.
- Il paraît aussi que le gouvernement belge, croyant qu’il serait utile de mettre sous les yeux des Chinois, non plus les instruments de la science ou de l’industrie, mais les produits industriels eux-mêmes, vient de décider la création d’un Musée d'échantillons à Shanghaï. Cette mesure ne peut manquer de produire d’utiles résultats. Le gouvernement propose de consacrer une somme de 25.000 francs a la location de l’établissement où se ferait cette exposition permanente et sans cesse renouvelée. On lit dans le rapport de la sec-bon centrale : « Un des premiers résultats de cette utile mesure sera probablement la création d’un comptoir belge en Chine, par Un groupe d’industriels et de commerçants, fini ne réclameront du gouvernement aucune mtervention pécuniaire pour leur entreprise. »
- Nous sommes certains que beaucoup d’industriels belges profiteront de l’occasion. Nous connaissons plusieurs ingénieurs fort
- l’indice d’hydraulicité des ciments de Portland descend rarement au-dessous de 0,50, celui du ciment de Frangey ne dépasse pas 0,46.
- Cette différence de composition paraît sans influence sur la qualité des produits.
- Leur résistance à la rupture a donné, en effet, les résultats les plus satisfaisants. Elle est, en moyenne, très-notablement supérieure à celle que l’on a eu occasion de constater sur les produits similaires.
- Si, comme il arrive toujours dans ce genre d’expériences, les résistances de quelques échantillons se sont écartées des moyennes dans des limites pouvant atteindre jusqu’au tiers de leur valeur, aucun d’eux cependant, pris isolément, n’a donné un chiffre inférieur à ceux que l’on considère habituellement comme daiis de bonnes conditions normales.
- En résumé, le ciment de Frangey, par la régularité de sa composition et par la manière dont il se comporte dans les essais, paraît appelé à prendre rang parmi les ciments de Portland de la meilleure qualité.
- Le génie militaire, lui aussi, a été mis à contribution :
- Le capitaine du génie Riondel a employé le ciment Portland artificiel de Frangey de la maison Quillot frères, pour la construction d’une partie des abris du fort de Saint-Mihiel (Meuse), en 1876 et 1877, notamment pour la confection d’environ 900 mètres carrés de chapes de voûtes et 1.400 mètres carrés d’enduits verticaux, et il n’a eu qu’à se louer jusqu’ici de la bonne qualité des produits et du résultat qu’ils ont donné.
- Le tunnel de Baltimore aux Etats-Unis.
- On travaille, dans le voisinage de Baltimore (Etats-Unis), au creusement d’un tunnel qui aura une longueur de 10.880 mètres et dont les quatre cinquièmes traversent les gneiss et le granit. Après les tunnels du Mont-Genis et du Saint-Gothard, le tunnel de Baltimore sera le plus grand travail souterrain qui ait encore été entrepris. C’est pour recevoir le conduit d’une alimentation d’eau que ce long forage horizontal est exécuté. Comme le tunnel n’est pas situé à une grande profondeur, le creusement des puits d’aérage sera facile.
- Ce tunnel doit amener les eaux de la rivière de la Poudre au lac Monte-bello, qui sert de réservoir pour la distribution de l’eau à Baltimore. Le pays à traverser est entrecoupé de collines; de sorte que le tunnel s’enfonce à des profondeurs qui varient de 20 à 100 mètres.
- Le tunnel, une fois terminé, aura sur toute la longueur un diamètre uniforme de 3m,6. Le travail s’opère à la main et non avec des machines, vu les faibles dimensions du souterrain.
- Maisons de carton aux États-Unis.
- Le journal officiel de New-York donne d’intéressants détails sur l’extension que prend, aux Etats-Unis, l’industrie des carions comprimés.
- La société qui l’exploite est actuellement en mesure de fabriquer 16 tonnes
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- capables, parlant plusieurs langues, au courant des habitudes commerciales de divers pays, qui ne demanderaient pas mieux que d’aller en Chine représenter un syndicat belge. Ce pays compte 300 millions d’habitants; il est entièrement pacifié; son commerce avec les pays étrangers représente une valeur de 1.200 millions de francs. Tous nos produits peuvent y trouver un important débouché. L’appui du gouvernement entraînera bien des habitants. Avis à nos industriels français.
- BREVETS D’INVENTION.
- lourdes. — Procédé de conservation des matières animales et végétales (120248).
- Julien-Sauve fils el Krafft. — Transformation sans fusion, en acier fin, de la fonte, du fer, du métal Bessemer, du métal Martin, etc. (add. à H5728).
- Julien.—Système de classe-monnaie (120367).
- Lacassaigne. — Perfectionnements aux machines à élargir les tissus (120487).
- Lamourette et Leroux frères. — Procédé de fabrication d’un fil irrégulier (120490).
- Lapierre. — Système d’arrêt à sabot, destiné à arrêter toutes voitures à roues, etc. (120425).
- Leblond. — Appareil à arrêter les chevaux emportés (120446).
- Le Bosq. — Système de tarare (120505).
- Leclercq. — Epaillage et désacidage mécanique des laines, etc. (add. à 111830).
- Lecuyer et autres — Conservation des végétaux et de leur couleur verte (add. à 119819).
- Lefebvre. — Mécanisme pour machines-outils à retour rapide (add. à 114769).
- Lefranc et Grandjean. — Charbon artificiel (120391).
- Legrand. — Système de remontoir (120467).
- Lejeune. — Machine à broyer le lin (120428).
- Lélang. — Moules à l’usage des chocolatiers, confiseurs, etc. (add. à 119922).
- Letel. — Planche à laver (120449).
- Levraud fils aîné. — Fabrication des talons et semelles en bois pour chaussures (120420).
- Lhosle. — Doublage des ustensiles, etc., en cuivre ou autre métal, par l’application de feuilles d’étain pur (120365).
- par jour, de cartons aptes à remplacer les matériaux les plus usuels des constructions. Ils sont livrés au commerce sous la forme de rectangles de 22 pouces (70 centimètres) de largeur et du poids de 100 livres environ (45 kilogrammes). La compression extraordinaire à laquelle sont soumis ces rectangles, entrelace tellement les fibres de la matière première, qu’ils acquièrent une consistance très-grande, et une dureté telle que nul instrument ne parvient à les transpercer de part en part.
- Comme le carton est un mauvais conducteur du calorique, les maisons construites avec ces matériaux sont chaudes en hiver el fraîches en été.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Nouvelles données sur le téléphone, par M. A. Bréguet.
- Depuis quelque temps déjà les bureaux du Champ-de-Mars peuvent correspondre avec ceux du commissariat général, rue de Grenelle-Saint-Ger-main, au moyen d’un fil télégraphique spécial. À ce mode expéditif de correspondance on vient d’ajouter un téléphone permettant, au besoin, à M. le commissaire général de s’entretenir verbalement avec ses chefs de service, et cela à la distance d’un kilomètre et demi au moins. Les fils conducteurs de ces appareils passent dans les égouts et ensuite à l’intérieur de la chaussée, en suivant la rue Saint-Dominique et la rue de Grenelle.
- Lundi dernier, M. Jamain, au nom de M. Ant. Bréguet, a signalé à l’Académie des Sciences une particularité curieuse du téléphone. On croyait que la plaque vibrante ne doit pas dépasser une certaine épaisseur, or, M. Bréguet a augmenté l’épaisseur sans nuire à la netteté des vibrations ; même, un bloc de fer de 15 centimètres d’épaisseur vibre comme une simple lame. Ce seraient donc des vibrations magnétiques qui produiraient le son transmis dans le téléphone.
- M. Bréguet a constaté, en outre, que les enveloppes de bois et de caoutchouc n’empêchent pas le phénomène.
- Enfin, en mettant en rapport avec le récepteur une série indéfinie de ces téléphones à ficelles que l’on trouve au coin des rues, il a reconnu que toutes les personnes réunies dans un salon pouvaient participer à l’audition du son transmis.
- BAR-SUR-SEINE.
- TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N» 15.— 13 Avril 1878. — XXXVIIIe Année. £c ÜLccljnulcqjiùtC H3
- SOMMAIRE.
- Nouvel appareil pour vérifier les lois de la chute des corps, par M. A. Stévart. — Dosage de l'acide hyposulfureux, dans la dissolution d’hyposulfite double de potassium et de bismuth, par M. A. Carnot. — Note sur le phosphate de chaux vitreux, par M. Sidot. — Ciment colle-forte, de M. Bôlt-ger. — Autre procédé d’irisation du verre. — Bascule à équilibre constant, de M. Re-dier. — Numéroteurs typographiques, et perforeuse, système Trouület.
- CHRONIQUE.
- Voyage du Niger aux grands lacs de l'Afrique
- équatoriale, projeté par M. de Sémellé.
- Pour faire suite au chemin de fer. saharien de M. Soleillet, nous pénétrerons plus avant dans l’intérieur de l’Afrique, vers le vaste espace de terres borné à l’ouest par le confluent du Bénoué avec le Niger, s’étendant à l’est jusqu’aux grands lacs Loùta-Nzidjé et Nyanza de Victoria, récemment exploré et qui continue à l’est jusqu’à l’Océan indien en passant, soit par le haut mont Kénia, soit par les autres sommets neigeux que Short a signalés plus au nord, en 1849. Les deux grands lacs étant exceptés, toute cette partie de l’Afrique est absolument inconnue, et constitue, ainsi que nous l’avons dit, dans notre dernier numéro, une lacune des plus importantes dans l’état actuel de nos connaissances sur la géographie africaine.
- M. le comte de Sémellé, lieutenant d’infanterie, a soumis à la Société de Géographie un projet de voyage dans ces contrées inexplorées, et il s’est offert pour entreprendre lui-même ee voyage. Son projet tend surtout à résoudre les questions principales que soulèvent le cours complet et la source des deux grands cours d’eau : le Bénoué et le Châri.
- Le voyage deviendra un voyage à découvertes à partir du confluent du Bénoué où les Anglais ont établi en 1865, le poste de Lo-k°dja et une mission protestante. Au lieu de remonter par eau cette rivière, M. de Sémellé marchera parallèlement à sa rive sud et traversera les pays d’Akpoto, de Mitchi, du Kororofa et du Kouana dont on ne connaît guère encore que les noms. Les habitants ^ Akpoto et du Mitchi sont des fétichistes ; les derniers même sont de plus des anthropo-
- CHIWIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Nouvel appareil pour vérifier les lois de la chute des corps, par M. A. Stévart.
- La découverte des lois de la chute des corps constitue le principal titre de gloire de Galilée et l’un des plus beaux exemples d’investigation expérimentale que l’on puisse citer.
- Il démontrait ces lois en les vérifiant au moyen du plan incliné, qui porte encore aujourd’hui son nom, et dont l’effet est de diminuer la vitesse, au point de rendre la chute des corps observable, sans changer la loi du mouvement.
- Au siècle dernier, Atwood imagina, dans le même but, son ingénieuse machine, dans laquelle une petite masse imprime une vitesse de chute verticale très-faible à une masse beaucoup plus grande.
- L’appareil que M. Stévart a présenté h la Société des Ingénieurs de l'Ecole de Liège, tient de l’un et de l’autre procédé, et il paraît plus précis que les deux précédents (fig. 28).
- Qu’on se figure un volant roulant sur son axe soutenu par deux rails parallèles. Si le plan des rails est incliné entre certaines limites, le volant, roulant sans glisser, prendra un mouvement uniformément accéléré et très-lent.
- En effet, une première réduction importante de l’accélération g, est obtenue par le simple fait du plan sur lequel se déplace le mobile et dont l'angle d’inclinaison est i, l’accélération est ramenée ainsi à une valeur g' telle que :
- 9' = g sin i
- et telles étaient les conditions d’expériences de Galilée avec son plan incliné.
- Mais îl est une autre réduction de g’ résultant, dans cet appareil, de ce que le corps ne descend pas en glissant, mais en tournant, de telle sorte qu’une partie du travail résultant de la chute du corps est absorbée par la force vive de translation le long du plan incliné et une autre partie par la force vive de rotation du volant autour de son axe.
- Soient : v, la vitesse de translation du volant dans le sens de l’inclinaison après un parcours h.
- R, le rayon extérieur du volant, supposé simplement cylindrique.
- r, le rayon de Taxe sur lequel repose le volant.
- w, sa vitesse angulaire de rotation : w r — v.
- M, sa masse totale composée de m, masse du volant, plus m’, masse de ses pivots ou axes.
- On aura pour le travail dû à la chute....M g’ h,
- et pour les deux forces vives qui représentent ce travail,
- et
- d’où
- 5— pour la translation,
- lw* «
- —g— pour la rotation,
- Mu*
- 2
- I w*
- 15
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- 114 £c tLccljnoUjjiste
- N» 15. —13 Avril 1878. — XXXVIIIe Année.
- Substituant à w sa valeur et à I la valeur
- m R2
- m'r2
- des moments d’i-
- nertie respectifs du volant et des axes, il vient M g'h
- d’où enfin
- v* Un , mR2 i m' \ 2 (M+ 2 r* + 2 /
- v2 = 2 g'h
- 2 r*
- I
- m R2 m' + 2 M r2 + 2M
- Identifions cette vitesse avec celle qu’aurait le mobile s’il tombait verticalement et librement avec une accélération réduite à g”, soit : fl2 = 2 g” h.
- 2M r2
- on trouve et enfin
- r = 9 9" = 9
- 2M r2 + m R2 + m'r2 2 M r2 sin *
- 2 M r2 -f- m R2 -j- m'r2
- Si l’on suppose m' — o et M = m, ce qui constitue une approximation suffisante, la masse des axes étant négligeable vis-à-vis de celle du volant, on trouve :
- 2 r2 sin i sin t
- 2 r2 -f
- 1 +
- R2
- 2r2
- Dans l’appareil représenté fig. 28, on a approximativement; Sin t — 0,05, r — 0,002 et R = 0,080, ce qui donne :
- 9—9
- 0,05
- 0,4
- 1 +
- 6400
- 6408
- 16020
- C’est-à-dire que l’accélération, de même que les vitesses et les espaces parcourus, seront plus de 16.000 fois plus petits que si le corps tombait librement, de sorte qu’une longueur de 1 mètre serait parcourue en près de 57 secondes.
- La chute sera donc facilement observable, surtout si l’appareil permet de constater exactement le temps écoulé entre le départ du mobile et l’arrivée.
- Le plan incliné est constitué par deux rails R, R’ en acier, articulés à leur extrémité inférieure et fixés, par leur partie supérieure, à une pièce qui peut monter et descendre le long d’un arc gradué K contre lequel vient agir une vis de pression permettant de fixer l’inclinaison choisie, après que la table de l’instrument a été mise de niveau au moyen des vis calantes.
- Un chariot qui peut glisser le long des deux rails et être fixé en un point quelconque de ceux-ci, porte deux crochets mobiles c, c’ qui relevés, retiennent par ses axes le volant Y dans sa position initiale.
- Les crochets c, c’ sont maintenus relevés tant qu’un courant électrique lancé dans les bobines DD, aimante leurs armatures de fer doux, de sorte que si le courant est subitement interrompu, les crochets n’étant plus retenus par les aimants, retombent et abandonnent à lui-même le volant V qui commence aussitôt à descendre en roulant sur ses tourillons 11\
- La descente s’effectue d’un mouvement uniformément accéléré, et, arrivé au bas du plan incliné le mobile rencontre deux rails r, r’ parfaitement horizontaux qui vont permettre de mesurer la vitesse acquise.
- En effet, toute accélération ayant cessé, le nouveau parcours effectué sur rails horizontaux se fera d’un mouvement uniforme jusqu’à l’arrêt provoqué par un second chariot porteur d’une lame élastique H, laquelle permettra de noter l’instant de son contact avec le tourillon t.
- L’instrument peut enregistrer exactement :
- \° l’instant où le mobile Y part du point que l’on a choisi sur le plan incliné RR’ ; c’est le commencement de l’expérience ;
- phages, et tous les ans les Foulbé (Paulls), musulmans de l’empire de Sokoto dirigent contre eux des expéditions guerrières. Il faut donc prévoir quelques obstacles au moment où le voyageur sortira des états païens et entrera pour la première fois dans les contrées presque complètement soumises par les Foulbé, le Kororofa et le Kouana.
- Le dernier point connu du Bénoué est le Taépé, c’est-à-dire le confluent du Faro qui vient du sud, et du Bénoué qui vient du sud-est et qui, au mois de juin, mesure là 840 mètres de largeur, quoique ce point soit à une distance de 700 kilomètres du confluent du Bénoué dans le Niger et à 1.100 kilomètres de l’embouchure du Niger dans l’Océan.
- Remonter le Bénoué, du Taépé à sa source, en visitant les peuplades idolâtres du sud de I’Adamaoua et celles qui vivent encore plus aü sud, ce serait déjà une tâche très-méritoire, digne de grands encouragements. Le voyageur pourrait, chemin faisant, vérifier si la communication que Barth a indiquée entre le Bénoué et le Châri, par les marais de Toubouri et la rivière Serbewel existe réellement.
- On ne sait rien relativement au cours du Bénoué à partir de 8° de latitude nord et 11° de longitude est de Paris. La partie ouest de I’Adamaoua est très-montagneusé ; on y trouve, entre autres, une montagne haute de 3.000 mètres, et le mont Alantika. Au sud de I’Adamaoua existe un autre haut sommet, le mont Lâboul, qui doit se rattacher aux montagnes que les indigènes ont signalées à Barth, au sud de Baya. A son confluent dans le Niger, le Bénoué montre ses plus basses eaux dans les mois de mars et d’avril. Sa crue commence subitement en mai, elle s’accentue avec les pluies de juillet et elle atteint son maximum en septembre. Toutes ces données, ainsi que la coloration de ses eaux aux différentes saisons, indiqueraient que le Bénoué a ses sources en pays de montagne.
- Quant au Châri, grand fleuve qui se jette dans le lac Thoaâd, on ne le connaît, d’une manière à peu près positive, qu’entre son embouchure et Maffating, ville du Baguirmi, située par 10°30 de latitude. De là le Châri au sud-est, court au milieu de la grande lacune de nos cartes, mais on suppose, et non sans de bonnes apparences, que la rivière Ouellé, découverte au loin dans l’est par le docteur Schweinfurt, est le haut de ce fleuve et que du pays des Monbouttous, il coule vers Koubanda dans le pays de Bim-beri.
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- Le programme de marche qui semblerait le plus désirable à suivre, consisterait à revenir de la source du Bénoué au marais du Toubouri, à aller de là directement à Bon-gomârt sur le Châri,et à remonter ensuite ce fleuve jusque dans les monts Malegga. Quant à la suite du voyage, M. le lieutenant de Sémellé achèverait au mieux sa grande entreprise en se dirigeant sur le lac de Baringo du Nyanza de Victoria, puis vers le haut mont neigeux de l’Orldoïnio ou Kénia, dont il tenterait de faire l’ascension, en allant toucher l’Océan indien, soit à Monbasa, soit à Malindi.
- 2° l’instant du contact des tourillons avec les rails /’ r\ qui sont isolés soigneusement de RR’ : cet instant marque la fin de la descente et du mouvement accéléré, ou le commencement du mouvement uniforme;
- 3° le contact du tourillon t avec la lame H, qui termine l’expérience.
- Une pendule marquant les secondes ou fractions de seconde, contient deux électro-aimants : l’un, en relation avec les deux boutons AA, maintient, quand il est sous l’action d’un courant électrique, le balancier de la pendule et tient par conséquent celle-ci au repos.
- L’autre, en relation avec les boutons B B agit, quand un courant y passe, pour fixer immobile une aiguille x qui double l’aiguille y de la pendule et marche avec elle quand aucun courant ne passe ni par AA, ni par BB.
- Une pile P de 2 éléments Bunsen donne un courant passant par les fils 1,1,1, et par le commutateur E dont le contact a est fermé.
- Fig. 28.
- Ce serait la traversée de la zone, aujourd’hui la plus ignorée et la plus intéressante de l’Afrique. L’itinéraire qu’on vient d’esquisser donnerait, par l’addition des distances à vol d’oiseau de ses principales sections, un total d’environ 6.660 kilomètres.
- M. de Sémellé va tenter de remplir ce programme, ayant été, sur la demande de M. le Vlce-amiral La Roncière le Noury, autorisé Par décision ministérielle à exécuter son v°yage.
- Dans cette position le volant V est pris par les crochets ce' maintenus par les électro-aimants DD’ sous l’action du courant 1,1,1; le même courant maintient la pendule à l’arrêt et nous supposerons les deux aiguilles superposées au zéro du cadran.
- Les fils conducteurs étant disposés comme l’indique la figure 28, on pose le doigt sur le bouton E du commutateur, le courant se trouve alors interrompu jusqu’à la fin de l’expérience, il ne passe plus dans les bobines DD’, d’où la chute des crochets cc’ et le départ du volant V; ni entre les boutons AA de la pendule, d’où départ simultané des deux aiguilles de celle-ci.
- Au moment ou les tourillons tt’ viennent en contact avec les rails rr', ils établissent la communication électrique entre ces deux pièces, et un courant
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- passe aussitôtdans la direction P2G21? r' G’2BB2P ayant pour uniqueeffet, comme nous l'avons dit, d’arrêter l’aiguille x de la pendille. Le volantV continue son mouvement avec une vitesse uniforme jusqu’à ce que, son tourillon Avenant en contact avec la lame H, un courant prenne la direction P3GrtHI 3 A A3 P et arrête l’aiguille y de la pendule.
- Après quelques tâtonnements sur la valeur de l’inclinaison du plan qui convient le mieux, on arrivera, par exemple, à ce que le chariot supérieur étant posé à la division 64, le mobile mette 16 secondes à parcourir le plan incliné. On posera le second chariot sur les rails horizontaux, également à 64, et l’on observera que le temps de parcours horizontal est de 8 secondes.
- On recommencera l’expérience en ramenant simplement les chariots aux divisions 49-36-25 et l’on observera que les temps du parcours sur le plan incliné sont respectivement 7, 6 et 5 secondes.
- On voit ainsi que les espaces parcourus sur le plan incliné sont proportionnels aux carrés des temps employés à les parcourir et que les vitesses acquises au pied du plan incliné sont proportionnelles à ces mêmes temps.
- Ce sont les deux lois qu’il s’agissait de démontrer.
- La machine que nous venons de décrire, construite par M. Schubart, de Gand, avec une grande intelligence du but que se proposait M. Stévart, a parfaitement répondu à ce que l’on en attendait, grâce aux soins que cet habile constructeur a apportés dans l’exécution et la disposition de toutes les parties de l’instrument.
- L’appareil pourra, dans les cabinets de physique, servir également à démontrer les lois du plan incliné, et, construit sur une échelle un peu plus grande, nous le signalons comme un précieux instrument de recherche sur deux points de mécanique appliquée encore peu étudiés, savoir : l’étude de la résistance que l’air et les fluides, en général, opposent au mouvement.
- Pour ce dernier but, il faudrait remplacer le volant par deux masses d’assez grande surface, et placées aux extrémités de bras de leviers assez longs, pour acquérir dans la descente une vitesse notable.
- (Revue universelle des Mines. — Extrait).
- TRAVAUX PUBLICS.
- Bassin à flot de Paimpol (Côtes-du-Nord).
- Est déclarée d’utilité publique l’exécution des travaux nécessaires pour la construction d’un bassin à flot au port de Paimpol (Côtes-du-Nord), conformément aux dispositions de l’avant-projet dressé par les ingénieurs et des avis du Conseil général des ponts-et-chaus-sées.
- La dépense, évaluée à 460.000 francs, sera imputée sur les fonds annuellement inscrits à la 2e section du budget du département des travaux publics (Amélioration des ports maritimes). '
- Le ministre des travaux publics est autorisé à accepter l’engagement pris, à la date du 6 juin 1877, par le conseil municipal de Paimpol, de couvrir l’Etat contre toutes les réclamations qui pourraient se produire à l’occasion de l’écoulement des eaux douces, par suite des travaux du bassin à flot.
- Canal de Caen à la mer.
- Les travaux d’approfondissement du canal de Caen à la mer vont bientôt commencer. L’adjudication aura lieu le vendredi 29 mars prochain, à la préfecture du Calvados.
- Les ouvrages à exécuter sont estimés à 842.308 francs 13 centimes.
- Dosage de l'acide hyposulfureux dans les dissolutions d'hyposulfite double de potassium et de bismuth,
- par M. A. Carnot.
- Le procédé de M. A. Carnot est très-simple et peut, en raison de sa simplicité même, rendre de très-grands services dans lqs laboratoires de chimie agricole ou industrielle. Il consiste à déterminer dans la dissolution aqueuse de l’hyposulfite double de potasse et de bismuth, la proportion d’acide hyposulfureux par l’emploi d’une liqueur titrée d’iode. Mais pour préparer la dissolution, M. Carnot se servait de nitrate de bismuth et il s’est aperçu que le nitrate de bismuth du commerce contenait des proportions assez notables de plomb, ce qui était une cause d’erreur dont il fallait tenir compte. M. A. Carnot complète donc aujourd'hui, par l’entremise de M. Boussingault, sa première communication, en présentant un tableau qui indique la quantité de plomb contenue par chaque centimètre cube de la dissolution d’hyposulfile de potasse et de bismuth.
- Ouverture de la navigation de la Meuse.
- Il y a quelques jours, est arrivé à Givet le premier bateau à vapeur, par suite de l’ouverture de la navigation sur la Meuse. Ce bateau avait à bord M. le général Berge, MM. les ingénieurs des ponts-et-chaussées et des mines, et d’autres notabilités de la région. L’arrivée du bateau avait attiré une foule assez grande sur les bords de la Meuse, à Givet.
- La canalisation de la Meuse s'avance rapidement.
- Nouveau marché aux chevaux.
- L’ouverture des nouveaux marchés aux chevaux, aux fourrages et aux chiens, a lieu aujourd’hui.
- Ces marchés établis provisoirement boulevard d’Enfer, depuis 1866, par suite de l’ou-
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- verture du boulevard Saint-Marcel, qui avait supprimé une grande partie de l’ancien marché, sont transférés à l’angle des boulevards Saint-Marcel et de l’Hôpital. Ils se tiendront : pour les chevaux, le mercredi et le samedi ; pour les fourrages, le mardi, le jeudi et le vendredi ; pour les chiens, le dimanche.
- CIMENTS, CÉRAMIQUE ET VERRERIE.
- Note sur le phosphate de chaux vitreux, par M. Sidot.
- Création d'jobservatoires de province.
- Par décret présidentiel, en date du II mars, il vient d’être créé :
- 1° A Besançon, un observatoire astronomique, météorologique et chronométrique ;
- 2° A Bordeaux et à Lyon, un observatoire astronomique et météorologique.
- STATISTIQUE.
- Le phosphate acide de chaux décrit par M. Sidot est cristallisé sous l’influence de la chaleur. Exposé à une très-haute température, il se vitrifie parfaitement, abandonnant une partie de ses éléments, et descendant, probablement, à la formule du phosphate tribasique de chaux 3CaO, PO5. Il a une grande puissance réfrangible, son équivalent étant 1,523 et sa densité 2,6. Comme le verre, il peut être taillé en forme de lentille, en prisme et en brillant ayant l’éclat du strass. Il résiste aux acides à froid, et est attaqué par les acides bouillants et la potasse. Cette propriété peut le rendre utile pour l’art de la gravure sur verre.
- [Journal of Franck Institute).
- Instruction publique en Hollande.
- En Hollande, le gouvernement vient de publier le Rapport sur l'état de l'instruction publique en ce pays. Le rapport embrasse l’exercice 1876-1877. Le document constate qu’à la fin de 1875, les 3 universités hollandaises étaient fréquentées par 1.782étudiants. Les 51 gymnases ou lycées du pays comptaient 1.351 élèves. Les 39 écoles moyennes, 4.171, et les 19 écoles pratiques du genre de celles qu’on désigne en Allemagne sous le nom bien connu de Real schulen, 3.929. Il y a en outre, en Hollande, 10 écoles moyennes pour les filles, lesquelles écoles renferment 776 élèves. Toutes ces écoles, sauf les écoles moyennes pour les garçons, avaient été plus suivies que pendant l’exercice précédent.
- Il existait, dans le pays, 2.705 écoles primaires publiques, 134 écoles particulières, du même degré, subventionnées par l’Etat, et 982, également privées, mais qui ne recevaient aucune subvention. Total : 3.821 établissements pour l’instruction primaire, ce qui ne fait que 4 de plus que durant 1 exercice précédent.
- Ces écoles primaires étaient suivies par 258.289 garçons et 234.885 filles.
- Le rapport signale encore 195 écoles pour adultes, fréquentées par 10.411 individus (6.076 hommes et 4.335 femmes).
- Ciment colle-forte, de M. Bouger.
- Le ciment dit ciment pour cristal et porcelaine est composé, d’après le professeur Bôttger, de gélatine et d’acide acétique.
- On place dans une capsule de porcelaine un morceau de gélatine claire, on fait chauffer en ajoutant un peu d’acide acétique, jusqu’à ce qu’on ait obtenu une gelée bien homogène de consistance visqueuse, qui, en refroidissant, forme une masse transparente. Pour se servir de cette substance on la liquéfie en la chauffant légèrement, on l’applique avec une brosse sur les surfaces cassées de l’objet à réparer, on rapproche les morceaux en serrant fortement et on laisse sécher pendant 12 à 14 heures.
- (American Journal of microscopy).
- Autre procédé d’irisation du verre.
- 11 vient d’être pris un brevet, aux Etats-Unis, pour l’irisation du verre. Le trait principal de ce nouveau procédé est l’application d’acides sur le verre sous une pression de 2 à 5 atmosphères et au-delà. De l’eau contenant 15 p. 100 d’acide hydrochlorique suffit pour donner au verre toutes les nuances de l’arc-en-ciel; de magnifiques pierres précieuses artificielles ont été fabriquées ainsi. Le verre irisé par ce procédé est aussi beau que celui tant prisé des antiquaires; la pression et les acides hâtant le résultat que les agents ordinaires de l’atmosphère sont des siècles à produire.
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- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, ASTRONOMIE ET HORLOGERIE.
- Bascule à équilibre constant, de M. Redier.
- M. Redier a construit récemment un nouvel appareil d’enregistrement qui est appelé à fournir aux physiciens, aux physiologistes et aux agronomes d’utiles ressources expérimentales dans leurs recherches. C’est une bascule à équilibre constant. Elle enregistre d’une façon continue les variations de poids d’un corps quelconque, animé, tel qu’un animal, une plante, etc., ou inanimé, tel qu’une substance volatile, une lampe en combustion, etc., qui se trouve placé sur sa plate-forme. Cette bascule donne le tracé de courbes représentant les gains et les pertes de poids de l’objet en expérience, et cela avec une sensibilité et une exactitude singulières.
- Cette balance chargée d’un poids de 300 kilogrammes, enregistre des fractions de gramme. Un corps beaucoup moins lourd, comme une bougie allumée, déterminera aussi sur la feuille d’épreuve, des courbes plus ou moins inclinées suivant leur nombre, et cela sans discontinuité, sans brusques ressauts.
- Cette délicatesse tient à l’état d’oscillation constant qui anime le fléau, et le déplace de très-petites quantités. Peu de personnes connaissent cette propriété des balances; M. Hervé Mangon et M. Melsens, de Bruxelles, semblent être les premiers qui aient fait ressortir cette condition.
- Arrivons à la description de notre instrument. Sur une planchette qui fait suite à la bascule, sont posés le cylindre enregistreur P, le mouvement d’horlogerie H qui le conduit, et le double rouage R qui détermine l’état constant d’équilibre. (Figure 29.)
- Voici sur quel principe repose le rétablissement de l’équilibre dès qu’il est détruit par une cause quelconque. Si l’on met sur une balance ordinaire un verre plein d’eau, équilibré par un poids, et si l’on plonge dans ce verre une masse quelconque suspendue à un fil, l’équilibre sera rompu; suivant que ce plongeur pénétrera plus ou moins dans le liquidé, il altérera plus ou moins l’équilibre.
- C’est un plongeur analogue dont M. Hervé Mangon a indiqué l’usage pour établir l’état d’équilibre constant de la bascule que nous représentons.
- Sous le petit plateau de l’instrument est un vase cylindrique V, rempli aux trois quarts d’eau ordinaire; un plongeur cylindrique dont le fil s’enroule sur la poulie R, se trouve abaissé ou relevé par le rouage de cette poulie dès que le grand plateau éprouve un excédant ou une diminution de poids. L’équilibre se rétablit aussitôt et les mouvements de la poulie R sont transmis au crayon qui marche sur l’arête du cylindre enregistreur P, laissant sur le papier déroulé les traces de tous ses mouvements. Les rouages de la poulie R sont les mêmes que ceux employés dans le baromètre enregistreur construit précédemment par M. Redier. L’un marche constamment à droite avec un échappement; l’autre à gauche avec une vitesse double du premier, et l’extrémité du fléau, par ses mouvements, détermine la liberté du volant de ce second rouage, qui fait tourner la poulie P, dans le sens voulu.
- Plusieurs modèles de la balance que nous venons de décrire sont depuis quelques mois déjà employés avec succès par M. L. Grandeau, dans son labo-
- Statistique des ateliers du département de la Seine.
- Sur l’ordre du préfet de police, on vient de terminer la statistique de tous les ateliers, usines et manufactures, etc., établis sur le territoire du département de la Seine.
- Les tableaux dressés comportent, avec une foule d’autres renseignements, le nombre exact des apprentis employés dans chacun de ces établissements.
- Cette statistique, qui n’avait pas été dressée depuis de longues années déjà, doit servir de base à la réorganisation du service de surveillance et de contrôle des enfants travaillant dans l’industrie. Il s’agirait notamment d’augmenter le nombre des inspecteurs et des comités locaux institués par la loi de 1873, de manière que chaque atelier, usine ou manufacture soit visité au moins une fois par an par les représentants de l’adminis-tion.
- Des propositions dans ce sens seront présentées au conseil général de la Seine lors de sa prochaine session.
- Les débris de cheveux de la Chine.
- Un rapport sur le commerce de Swatow contient la mention d’un fait extrêmement curieux, relatif à un article d’exportation des plus singuliers. Il s’agit de débris de cheveux ramassés dans les échoppes des barbiers chinois, pour être envoyées en Europe. Ce commerce a pris naissance en 1873, année dans laquelle on a exporté pour 15.000 francs environ, et en 1875, les expéditions s’élevaient déjà à plus de 92.000 francs. Ces débris servent évidemment en Europe à la confection des coiffures postiches de nos élégantes. Il est vraiment merveilleux de constater qu’une mode européenne aussi capricieuse que celle des faux cheveux ait eu la puissance de créer une demande et une offre dans l’intérieur de la Chine, à des milliers de lieues.
- VARIÉTÉS.
- Exposition ornithologique.
- A Vienne (Autriche) la Société ornithologique prépare, pour la première quinzstine de mai, une exposition d’oiseaux de toutes espèces, oiseaux de parade ou chanteurs, puis
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- d’objets servant à la nourriture aussi bien qu’à la conservation des oiseaux, tels que cages, nids, graines, etc. ; ensuite de produits artistiques et autres, qui tirent leur origine et leurs motifs de la gente ailée ; enfin de livres, journaux, dessins d’une nature ornithologique, d’oiseaux empaillés, de préparations d’histoire naturelle, etc.
- Frein électrique pour arrêter les chevaux emportés.
- Des expériences très-intéressantes de dressage instantané ont été faites au manège de Lille, par M. Georges, inventeur du frein Engstrom.
- ratoire de la station agronomique de l’Est. M. Grandeau a entrepris à l’aide de cette balance une série de recherches sur l’évaporation du sol et sur la transpiration .des végétaux feuillus et résineux.
- La figure 29 représente une de ces expériences : la bascule est disposée pour enregistrer les changements de poids de la plante posée sur la plateforme.
- Dans une de ses dernières leçons au Conservatoire des Arts-et-Métiers, M. Hervé Mangon a fait fonctionner la balance enregistrante d’une façon tout à fait saisissante. Un homme se tenait assis sur la plate-forme: la courbe tracée par l’appareil indiquait une certaine diminution de poids, à laquelle tout être vivant est soumis pendant le repos. Quand la courbe fut nettement tracée, l’homme se mit à lire à haute voix. Ce travail mécanique, si faible qu’il fût, ne put échapper à la sensibilité du système : aussitôt que la lecture fut commencée, on vit la courbe changer de forme et accuser une diminution de poids plus considérable.
- Fig. 29.
- M. Georges fait usage d’un appareil électrique dont les fils conducteurs sont attachés au mors du cheval. Au moindre mouvement d’impatience de l’animal, il presse le bouton qui met l’électricité en communication avec les fils, et le cheval reçoit aussitôt une violente commotion. Celui-ci s’agite d’abord, hennit et bondit; mais, recevant à chaque ruade une nouvelle décharge, il se cahne peu à peu, et, comme s’il compre-na.it que sa fougue est la cause de ses souffrances, il finit par devenir d’une docilité Parfaite.
- Si l’on a bien comprisle mécanisme de cet instrument, on voit que l’on peut s’en servir pour étudier les phénomènes de la résistance de l’air : si l’on fixe verticalement sur le fléau de la balance et au-dessus du couteau une tige supportant un plan à étudier, on aura la pression horizontale, et si on le fixe sur le plateau de la bascule, on obtiendra la pression soulevante.
- En changeant les surfaces à expérimenter ainsi que leurs inclinaisons, on peut faire toutes les expériences donnant la résistance de l’air sur les surfaces obliques.
- Le courant d’air peut être produit, soit par un ventilateur centrifuge ayant une buse à large section, comme il en existe dans plusieurs usines, soit par une soufflerie du système Piarron de Montdésir, soit, mieux encore, par une trompe catalane. On sait que cet instrument employé pour les souffleries éta-
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- blies dans les pays de montagnes est formé par un long tube ouvert des deux bouts et dans lequel on fait couler un filet d’eau tombant d’une grande hauteur. L’eau, par son frottement sur l’air, entraîne celui-ci, qui acquiert ainsi une certaine vitesse et peut être conduit au moyen de tuyaux dans l’endroit où il doit être employé. Cette trompe présente un grand avantage : pour un même écoulement d’eau, l’écoulement d’air est constant à la même température et sous la même pression barométrique. De plus, on peut faire varier la vitesse en augmentant la quantité d’eau qui s’écoule dans un temps donné. Enfin, il est facile de mesurer la pression de l’air dans la trompe au moyen d’un manomètre à eau et sa vitesse au moyen d’un anémomètre. On réunit ainsi toutes les conditions d’exactitude désirables dans des observations aussi délicates que celles qui sont nécessaires pour la détermination de la résistance de l’air.
- Plusieurs chevaux indomptés ont été soumis hier à l’expérience. Aucun d’eux n’a résisté aux effets du fluide électrique. Des chevaux du train d’artillerie et de cavalerie qui avaient jusqu’alors refusé de se prêter au joug, des chevaux de la Plata ayant fait partie du dernier convoi arrivé au Havre et qui, par conséquent, n’avaient pas encore subi le frein, ont perdu en quelques instants toute leur morgue. Ils se laissaient conduire, monter sans opposer la moindre résistance. Quelques-uns même ont franchi des passages sous lesquels ils avaient refusé de passer avant la séance.
- Numéroteurs typographiqties et perforeuse, -. systèmes Trouillet.
- M. Trouillet a construit dernièrement un numéroteur de très-petites dimensions qui lui a permis de réaliser une innovation aussi importante comme progrès typographique que comme résultat économique et financier. Du.nu-méroteur, il a fait un caractère d’imprimerie. Il impose, dans un châssis articulé de son invention, des numéroteurs typographiques, reliés ensemble, en aussi grand nombre que la feuille d’action ou autre titre-valeur contient de coupures à numéroter, et il applique le texte fixe sur les supports des axes de ses numéroteurs, au moyen d’un cliché entaillé k l’endroit des numéros. Les chiffres des numéroteurs pénètrent à travers ces entailles et se présentent à fleur du texte pour faire avec lui une planche d’impression.
- Cette forme de texte h numéros mobiles, se place, comme toutes les autres formes d’imprimerie, sur une presse à bras ou sur une presse mécanique, et l’on obtient ainsi l’impression et le numérotage simultanés des actions, des obligations, des rentes, billets de banque et billets de loterie; à chaque feuille, tous les numéroteurs marquent un numéro nouveau. C’est de la composition mobile, ce qui est notable, typographiquement; et c’est, en outre un instrument mécanique de numérotage, qui, au mérite de l’exécution nette, rapide et économique, joint celui de remplir le rôle de compteur multiple de vérification du tirage des titres-valeurs.
- Nous allons maintenant décrire un autre instrument de l’invention de M. Trouillet, qui a pour but de découper à jour dans le papier les chiffres formant le montant des chèques, des mandats ou effets de commerce.
- La perforeuse-Trouillet se manœuvre comme un appareil de télégraphie. On place le chèque à demeure sur un plateau; puis, au fur et à mesure qu’on présente, delà main gauche, l’aiguille du cadran sur les chiffres à perforer, on les coupe de la main droite, en pressant un levier.
- Il faut noter qu’on a eu soin de faire précéder et suivre le nombre d’une étoile qui le limite invariablement.
- C’est du numérotage à l’emporte-pièce ou de l’impression à jour.
- Ballon captif de 1878.
- Voici quelques nouveaux'détails sur le ballon captif de 4878.
- Le tissu de lin et caoutchouc superposés pèsera 1 kilogramme le mètre carré. La longueur d’étoffe commandée est de 4.000 mètres; sa largeur 1“,15. Cette étoffe supporte, sans se rompre, une traction de 9.000 fois son poids.
- Le même journal ajoute que l’espace alloué par l’administration à M. Gif fard est de 9.000 mètres carrés. L’éminent ingénieur en demande 3.000 de plus. La somme qu’il aura à payer au Trésor pour la location de son terrain de 120.000 francs.
- Emploi de la sciure de bois pour la litière des chevaux.
- Il paraît que la Compagnie des Petites-Voitures et celle des Tramways-Sud ont substitué la sciure de bois à la paille pour faire la litière aux chevaux. La Compagnie des -Tramways réalise ainsi, depuis trois à quatre mois, une économie de. 18 centimes par jour et par cheval ; des vétérinaires ont déclaré que ce système était excellent, sous le rapport sanitaire, à cause du tannin qui absorbe les gaz ammoniacaux nuisibles dans les écuries; seulement ces litières fournissent un fumier moins abondant qu’avec la paille, et probablement de qualité inférieure, car la sciure est à peu près inerte et ne contient aucun élément fertilisant. La sciure de bois est achetée à raison de 50 centimes l’hectolitre par la Compagnie des Tramways.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Lampe-autoxyde contre le grisou, de M. Boul-lenot. — Régulateur de lumière électrique, de M. Emile Reynier. — Le phonographe, de M. Edison. — Divers perfectionnements aux voitures de chemins de fer et de tramways, par M. Howell. — Reproductions ' photographiques de dessins d’architecture et de machines, par M. H. Pellet. — Des progrès effectués dans les applications de la photographie à l’industrie, par M. Poitevin.
- CHRONIQUE.
- La délivrance de la vigne, par Mme Amélia de Bompah.
- Nous avons déjà, à différentes reprises, entretenu nos lecteurs du phylloxéra et des différents moyens et systèmes proposés pour venir à bout de ce redoutable ennemi de nos richesses vinicoles. La question a-t-elle été résolue? Jusqu’ici, il est permis d’en douter : chacun préconise son petit ou son grand moyen; mais malgré la haute capacité scientifique de quelques-uns des inventeurs, le remède sérieux, assuré et universel est encore à trouver.
- Dans ces conditions, nous croyons être agréable à nos lecteurs en leur donnant, par le menu, le moyen proposé par Mme Amélia de Bompar. Son moyen rentre dans la catégorie des petits moyens, et il ne nous paraît pas plus mauvais pour cela, au contraire. Il a du moins cet avantage d’ètre d’une simplicité parfaite : simple comme tout ce que fait la gran’de nature, car ce n’est pas un procédé laborieusement étudié, mais simplement une nouvelle application de ce que l’on pourrait appeler le système de la dévoration universelle.
- Ceci dit, nous laisserons parler l’auteur lui-même, dont le style vif et imagé explique clairement les origines de sa découvert^, et en fait bien ressortir les avantages.
- I. Introduction.
- Un insecte est si peu de chose que rien ne paraît si facile que de le tuer : il suffit de 1 écraser ; c’est pourquoi tout le monde s’est ftus à l’œuvre pour tuer le phylloxéra; il est Sl petit : un insecte microscopique ! Tous ceux qui pouvaient, qui peuvent encore présenter
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- Lampe-autoxyde contre le grisou, de M. Boullenot.
- Le principe sur lequel se fonde la lampe de M. Boullenot est celui-ci : l’air comprimé, fourni à sa lampe en quantité suffisante pour un parfait éclairage, est pris en dehors de la mine, c’est-à-dire ailleurs'quê là où se produit le grisou.
- Cette lampe nouvelle n’a donc rien de commun avec la lampe Davy, qui vit de l’oxygène de l’air du dedans de la mine, tandis que la lampe-autoxyde se nourrit de l’oxygène de l’air du dehors de la mine.
- Fig. 30.
- L’air extérieur est amené dans les lampes-autoxydes à l’intérieur de la mine au moyen de tuyaux de canalisation rigides. L’air, ainsi distribué dans les lampes, est soumis à une pression variable, selon que les lampes sont plus ou moins rapprochées du réservoir d’air ou des récipients qui peuvent être installés sur différents points de la mine. Le principe de l’invention repose donc essentiellement sur la canalisation de l’air extérieur, analogue à la canalisation du gaz pour l’éclairage des villes.
- Cette lampe repousse d’un côté l’hydrogène carboné, pendant qu’elle se purge à chaque instant de l’acide carbonique, produit de la combustion. Une solide armature de fer la protège et la ferme. La mèche est nourrie d’huile par le principe de la capillarité; il suffit donc de mesurer l’huile au nombre d’heures pendant lesquelles on voudra que la lampe brûle. Elle éclaire le mineur à poste fixe au fond de la mine et lui fournit la lumière dans toutes les directions à l’aide d’un réflecteur tournant à volonté autour d’elle; cependant, en cas de besoin, sur tout le parcours du tube, avec des prises d’air
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- Régulateur de lumière électrique, de M. Emile Reynier.
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- un insecticide sont accourus et accourent en foule.
- S’il n’y avait, pour débarrasser la vigne de son terrible parasite, qu’à l’arracher, puis à écraser tous les phylloxéras qui sont sur ses racines, les couvrir d’insecticide ou de n’importe quelle substance chimique, puis la replanter avec soin, et, pour la faire pousser, lui donner sa bénédiction en quatre temps, le phylloxéra n’aurait pas fait parler de lui depuis si longtemps et la vigne ne donnerait pas tant de souci aux viticulteurs et aux vignerons : le premier insecticide employé eût été bon. Malheureusement, il n’en est pas ainsi.
- J’ai toujours été étonnée de la quantité des guérisseurs, des pharmaciens, des vétérinaires, des docteurs en médecine, même en droit, des avocats, des chimistes, des professeurs distingués, enfin des gens d’une grande importance, qui faisaient de très-belles théories : mais il est quelquefois fort difficile de mettre la théorie en pratique.
- C’est ce qui est arrivé : beaucoup de théories avec une pratique impraticable ; aussi, tous les moyens curatifs ont échoué.
- Les espérances ont été anéanties, la question est plus embrouillée que jamais. Je mets sous les yeux, comme mémorandum, le rapport de M. Roudier à la Chambre des députés.
- A la rentrée des chambres, M. Roudier, député de la Gironde, a déposé un projet de résolution ayant pour objet la nomination d’une commission de vingt-deux membres chargée d’étudier toutes les questions relatives au phylloxéra, et signé de MM. Roudier, Boysset, Marcellin Pellet, G. Laffitte de La-joannenque, Lévêque, Garrigat, Dubois, Joi-gneaux, Dréo, Tassin et Allègre.
- Voici le texte de ce projet de résolution, dont M. Roudier a donné lecture à la Chambre.
- « Messieurs, l’ancienne Chambre, soucieuse des intérêts des viticulteurs français, si entièrement liés à ceux de l’Etat, avait voté, le 14 juillet 1876, la résolution suivante.
- • Article unique. Une commission de vingt-deux membres sera nommée pour s’occuper de toutes les questions qui auront pour but de centraliser et d’encourager les efforts qui seront faits pour combattre le phylloxéra ; pour aider et faciliter par des moyens législatifs et par les demandes de crédit, s’il y a lieu, l’application des remèdes que la science et l’expérience auront signalés comme utiles et efficaces contre la maladie de la vigne. »
- Le défaut des régulateurs de lumière électrique, quelque parfaits, d’ailleurs, qu’ils puissent être, est la nécessité dans laquelle on se trouve d’avoir à renouveler fréquemment les charbons entre lesquels l’arc voltaïque se développe. Depuis longtemps on a cherché à pallier ce défaut par diverses combinaisons et particulièrement en employant des disques de charbons qui, en tournant tangentiellement l’un à l’autre, pouvaient déplacer constamment les points entre lesquels se produit l’arc lumineux et, par conséquent, provoquaient une usure circulaire n’ayant pour limite que la masse entière des disques ; mais le problème, dans ces conditions, présentait beaucoup de difficultés. Si on assujettissait les charbons à un mouvement résultant d’un mécanisme d’horlogerie unique, il fallait que ce mouvement d’horlogerie pût les écarter en même temps l’un de l’autre, pour fournir l’arc voltaïque, et que cette distance fût toujours à peu près la même, malgré l’usure inégale des charbons, ce qui était impossible à réaliser. M. Lemott, il est vrai, avait imaginé pour résoudre ce problème, de faire effectuer à ces charbons un mouvement continuel et rapide de va-et-vient, de manière à déterminer l’arc voltaïque par une succession d’étincelles se suivant à des intervalles assez rapprochés pour laisser sur l’œil l’impression d’une lumière continue. Mais, outre l’effet fatigant que ce genre d’action lumineuse exerce quand même sur la vue, ce système diminue considérablement l’intensité de la lumière qui se trouve affaiblie de toutes les extinctions résultant des contacts successifs des charbons.
- #' Déjà, cette intensité lumineuse se trouve notablement amoindrie par la
- sur des tubulures ou sur des candélabres, la lampe, maniée par un mineur exercé, peut devenir mobile à l’aide de petits conduits en caoutchouc vulcanisé. L’appareil se compose de deux parties, reliées ensemble par un tube .à air.
- 1° Le générateur ou le récipient A, toujours pourvu d’air à l’aide d’un •soufflet mû par l’excentrique d’une machine à vapeur, voisine du puits et utile aux pompes d’épuisement.
- 2° La lampe, fabriquée de telle sorte qu’elle puisse se visser sur une tubulure B adaptée au tube d’air D : cette tubulure étant munie d’un robinet régulateur C.
- Il suit de là que, quel que soit le nombre des lampes, elles seront toutes vissées à des distances calculées sur le tube régnant dans chaque galerie, à Laide de divers branchements, et que ces galeries seront éclairées comme lés rues d’une grande ville, et toujours à l’abri du feu grisou, et l’on aura ainsi atteint trois buts différents, et également importants.
- 1° On mettra la vie des mineurs en sûreté complète, ce que ne fait pas la lam.pe Davy.
- 2° On empêchera toule explosion bouleversant les travaux dispendieux de la mine, qu’il faut recommencer sur de nouveaux frais.
- 3° On fournira un éclairage parfait, ne viciant pas l’air de la mine si précieux au mineur, et une lampe ne gênant pas le mineur par son volume, ce qui permettra de décupler le travail.
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- « Malheureusement, le fléau sévit avec une intensité toujours croissante sur les vignobles précédemment atteints et continue sa marche envahissante sur les départements qui avaient été indemnes jusqu’à ce jour. »
- « De nombreuses recherches, de grands travaux favorisés et aidés par la précédente Assemblée, sur l’initiative de sa commission, ont été faits pour arriver à découvrir le remède qui doit enrayer le mal et sauver nos départements viticoles. »
- « Mais, si l’on peut dire avec juste vérité que-, grâce aux efforts des hommes de science et de dévouement, nous sommes dans une voie qui peut faire espérer le succès prochain, nous n’avons cependant rien encore sous la main qui puisse victorieusement et pratiquement conjurer le fléau. »
- « C’est le moment pour la Chambre, à l’exemple de sa devancière, de joindre ses efforts à ceux du gouvernement, à ceux du Sénat et de tous les hommes qui ont quelque souci de la prospérité d’une des plus importantes industries agricoles de notre pays.
- « En conséquence, nous avons l’honneur de proposer à la Chambre de voter la résolution suivante :
- « Article unique. Une commission de vingt-deux membres sera nommée pour s’occuper de toutes les questions qui auront pour but de centraliser et d’encourager les efforts qui seront faits pour combattre le Phylloxéra ; pour aider et faciliter, par des moyens législatifs et par des demandes de crédit, s’il y a lieu, l’application de remèdes que la science et l’expérience auront signalés comme utiles et efficaces contre la maladie de la vigne. » « Ces motifs, Messieurs, nous ont paru suffisants pour obtenir de vous la déclaration d’urgence. J’ajouterai que la commission de la précédente Assemblée a fait des travaux importants dont les rapports ont été déjà déposés ; il y avait donc lieu à continuer immédiatement ces travaux. C’est dans ce but que nous vous demandons la déclaration d’urgence pour la proposition que nous avons l’honneur de vous faire. »
- Conformément à la demande de M. Rou-dier, la Chambre, séance tenante, a déclaré l’urgence.
- Un mardi, la Chambre a nommé dans ses bureaux une commission chargée d’examiner la proposition de M. Roudier. Cette commision a été composée de MM. Roudier, Fal-lières, Lévêque, Bouquet, de La ffi te, de La-1°uannenque, Bel, Henry de Lur Saluces, Leçon te (Indre), Joigneaux, Cadeaux et Car-
- masse meme des charbons circulaires qui ne peuvent plus rougir aussi aisé- |j ment que quand ils sont déliés, et sont dans de mauvaises conditions à ce > point de vue. Il est vrai qu avec de fortes intensités électriques, ces mauvaises ! conditions, résultant de la grosseur des charbons, ne sont pas à craindre ; mais ! il n en est pas de meme des autres inconvénients que nous avons signalés et, pour résoudre le problème, il fallait que le régulateur de lumière, tout en conservant le système des charbons circulaires mobiles, pût être régularisé . i d après les variations mêmes de l’intensité du courant électrique, comme dans les autres appareils de ce genre. Or, c’est ce problème que M. Reynier a réalisé, dans de bonnes conditions, par la lampe qu’il a présentée.
- Dans cet appareil, les disques de charbon sont portés par deux systèmes-de leviers articulés, isolés l’un de l’autre et terminés par deux mécanismes d horlogerie indépendants, sur lesquels sont fixés les disques. L’un de cos mécanismes est fixé dans une position déterminée, qui est telle que les disques de charbon doivent se présenter, l’un par rapport à l’autre, sous un angle aigu quand ils arrivent au contact. L’autre mécanisme d’Horlogerie est articulé et relié par un système de leviers à une tige moitié fer et moitié'cuivre, enfoncée dans une bobine magnétique, qui constitue alors l’organe* régulateur électro-magnetique. Sous l’influence du courant électrique qui traverse cette bobine, la tige moitié fer, moitié cuivre, se trouve plus ou moins profondément attirée à l’intérieur de la bobine, suivant l’intensité plus ou moins grande du courant, et, après avoir provoqué l’allumage de la lampe par l’éloignement des deux disques, elle maintient, conjointement avec un ressort antagoniste, cet éloignement dans les conditions toujours convenables pour fournir une lumière égale, quelles que soient les inégalités que les disques de charbon présentent sur le pourtour de leur circonférence. Fendant que l’organe régulateur réagit ainsi pour le maintien de l’axe lumineux, les mouvements d horlogerie font tourner lentement les disques qui fournissent un point lumineux parfaitement dégagé, puisque la flamme qui l’accompagne s’élève au-dessus de l’angle qu’ils forment. Ce système de régulateur a été essayé à la gare du chemin de fer du Nord, où il a produit de bons résultats, et on a pu juger de son fonctionnement dans les ateliers de M. Breguet, où cet appareil a marché pendant plusieurs heures avec régularité, sous l’influence du courant d’une machine de Gramme, petit modèle.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Le Phonographe, de M. Edison.
- Le phonographe de M. Edison, présenté à l’Académie par M. du Moncel, a pour but, non-seulement d’enregistrer les vibrations déterminées par la voix dans un téléphone, mais encore d’utiliser les traces produites, pour la reproduction phonétique des sons ou des paroles qui les ont provoquées.
- Pour obtenir ce résultat, M. Edison adapte devant un cylindre enregis-
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- treur, mis en mouvement d’une manière quelconque, une lame vibrante de téléphone, qui porte, par l’intermédiaire d’un support en caoutchouc, une pointe traçante soutenue* d’autre part par une lame de ressort qui lui donne la roideur et l’élasticité convenables pour se prêter k la fois à la transmission et à la réception. Le cylindre, dont l’axe est muni d’un pas de vis pour lui faire accomplir un mouvement de rotation, présente à sa surface une petite rainure hélicoïdale, dont le pas est exactement celui de la vis qui fait avancer le cylindre, et la pointe téléphonique s’y trouvant une fois engagée peut la parcourir dans toute sa longueur. Une feuille de papier d’étain ou de cuivre très-mince est appliquée exactement sur cette surface cylindrique, et doit y être un peu déprimée, afin d’y marquer légèrement la trace de la rainure et de placer convenablement la pointe de la lame du téléphone. Celle-ci, d’ailleurs, appuie sur cette feuille sous une pression susceptible d’être réglée.
- Quand l’appareil est ainsi disposé, il suffit de parler fortement devant la lame téléphonique et de tourner rapidement le cylindre, pour qu’aussitôt les vibrations de la lame se trouvent enregistrées sur la feuille d’étain par une multitude de petits gaufifrages imperceptibles et plus ou moins profonds, qui sont distribués tout le long de la rainure. Or, ces gauffrages ont un relief suffisant pour que, repassant sous la pointe traçante de la lame téléphonique, ils puissent à leur tour faire vibrer celle-ci et lui faire reproduire les paroles ou les sons qui l’avaient d’abord impressionnée. Ces sons, étant amplifiés au moyen d’une sorte de porte-voix, peuvent être entendus à distahce de l’instrument et plus distinctement que dans un téléphone ordinaire.
- Par ce système, on peut donc mettre4la parole’
- la reproduire dans tel ton qu’il convient suivant la vitesse de rotation que l’on donne au cylindre qui porte la dépêche. Si cette vitesse est la même que celle du cylindre qui l’a enregistrée, le ton des paroles reproduites est le même que celui des paroles qui ont été prononcées. Si elle est plus grande, lé ton est plus élevé, et si elle est moins grande, le ton est plus bas; mais on reconnaît toujours l’accent de celui qui a parlé. On peut aussi, en plaçant devant la lame vibrante un téléphone k ficelle, transmettre k distance la parole ainsi produite, et cette transmission peut même être effectuée k grande distance par l'intermédiaire d’un téléphone électrique, si l’on adapte k la lame téléphonique qui traduit la parole enregistrée un système de transmission électrique, ou simplement un téléphone ordinaire, pour lequel cette lame téléphonique jouerait le rôle de la voix.
- Comme le raccordement des feuilles d’étain sur un cylindre est toujours assez délicat k effectuer, M. Edison a cherché k obtenir lés traces en question sur une surface plane, et il a obtenu ce résultat de la mauière la plus heureuse. Dans ce nouveau modèle, la plaque sur laquelle doit être appliquée la feuille d’étain ou.de cuivre est creusée d’une rainure hélicoïdale en limaçon dont un bout correspond au centre de la plaque et l’autre bout aux côtés extérieurs, et cette plaque est mise en mouvement par un fort mécanisme d’horlogerie dont la vitesse est régularisée. Au-dessus de celte plaque est placée la lame du téléphone qui est d’ailleurs disposée comme dans le premier appareil et peut accomplir un mouvement de translation du centre k la circonférence de la plaque. Enfin, quatre points de repère permettent de placer toujours et sans tâtonnement la feuille d’étain dans la véritable position qu’elle doit avoir.
- L’appareil que M. Edison a présenté k l’Académie était disposé d’après le premier système, mais les expériences dont l’Académie a été témoin sont
- rigat. Cette commission a élu M. Joigneaux président, M. Bouquet secrétaire, et M. Rou-dier rapporteur. Ce dernier a déposé le vendredi suivant un rapport favorable qui sera imprimé et distribué.
- On le voit, cette question n’a pas encore de solution, et voilà quinze ans qu’on s’en occupe.
- Comment a-t-on trouvé le soufre pour guérir la vigne de l’oïdium?
- Par l’observation d’un esprit contemplatif.
- Des enfants ont fait découvrir la vapeur.
- Des bergers ont fait découvrir le café.
- Comment ai-je découvert que, partout où le fraisier des vignes était cultivé, les vignobles n’étaient pas pliylloxérés?
- Par l’observation.
- Comment ai-je vu que les vignes phylloxé-rées n’avaient pas de fraisiers des vignes, et qu'on n’en cultivait pas dans ces communes?
- Par l’observation.
- Pour 11e pas donner l’éveil, je prétextais des promenades ; j’allais chez les maires, j’allais chez les paysans, j'embrassais les enfants qui n’étaient pas morveux; je donnais dix sous à ceux qui fêtaient; ainsi la confiance s’établissait : le paysan, enchanté, m’apprenait toujours quelque chose que j’ignorais.
- Si je suis arrivée à un solution, à la vérité, il faut bien le dire, ce n’est pas sans peine et sans de grands ennuis. Une femme du monde qui s’occupe de science, en province, c’est une énormité ; cette femme est au moins toquée, si elle n’est pas ramollie. A Paris, le ridicule tue ; jugez donc en province, où tout le monde vous connaît. Je me suis moquée du ridicule, qui nous atteint si facilement, et dont tout le monde a peur ; mais les moqueurs sont obligés de m’estimer : l’estime est la blessure mortelle du ridicule.
- Oui, mes chers lecteurs, j’ai passé dans Bordeaux par toutes ces péripéties. Lorsque je serai entendue et comprise, je suis certaine de sauver les beaux vignobles de la France, une de ses plus grandes richesses. Je ne penserai qu’au bonheur d’avoir réussi.
- EXPOSITION.
- Travail de nuit.
- Le commissaire général de l’Exposition universelle de 1878 vient d’autoriser le travail de nuit dans la galerie des machines
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- des sections étrangères. MM. les commissaires étrangers qui voudront profiter de cette autorisation devront prévenir, chaque jour, M. le directeur des sections étrangères.
- Aucune lumière à flamme libre ne sera tolérée. La lumière électrique ou bien, à son défaut, des lampes à huile munies de réflecteurs et placées dans des cages vitrées. Les machines à vapeur nécessaires à l’éclairage électrique ne devront pas d’ailleurs être installées à l’intérieur du palais. Il est également interdit d’y entreposer des récipients contenant des huiles ou de manutentionner ces huiles à l’intérieur des galeries.
- Service des pompiers.
- Indépendamment de ces précautions, le service des pompiers et de la police prendront toutes les mesures voulues pour parer aux chances d’incendie. Un système de lances tout armées, réparties de distance en distance, est disposé le long des galeries, afin de pouvoir être manœuvré à la première alerte.
- La question des décorations. ,
- M. Teisserenc de Bort a proposé à la Chambre de décider qu’à l’occasion de l’Exposition universelle, le gouvernement l’autorise à faire dans l’ordre de la Légion-d’Honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet -1873, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra dépasser :
- croix de grand-officier, 3 •, de commandeur, 12; d’officier, 60; de chevalier, 223 : soit en totalité 300.
- Pour les autres Expositions, le nombre des décorations décernées avait été : à Londres, en 1851, de 52; à Paris, en 1855, de 171 ; à Londres, en 1862; de 127; à Paris, en 1867, de 230.
- suffisantes pour montrer que le problème peut être aussi bien résolu avec le second système, car ce sont les mêmes effets qui sont en jeu.
- Divers perfectionnements aux voitures de chemins de fer et de tramways,
- par M. Howell.
- La première partie de l’invention est relative à une méthode nouvelle pour construire les roues de voitures de chemins de fer et de tramways; elle consiste dans un bloc ou poulie intérieure fixée à chaque roue et à laquelle le frein peut être appliqué au lieu de l’être à la périphérie extérieure de la roue elle-même, comme cela se pratique ordinairement. L’inventeur propose d’établir cette disposition, soit en fondant le bloc du frein sur la roue au moment de la confection, soit en le rivant dessus : dans et? dernier cas, on peut le remplacer, lors d’un accident, avant que la roue ne soit usée.
- On peut agir sur cette poulie ou bloc au moyen d’une courroie ou d’une autre poulie de la même manière que l’on agit ordinairement sur la roue extérieure.
- La deuxième partie de l’invention est relative à une nouvelle application pour faciliter le passage des courbes: ceci s’effectue en reliant les essieux de chaque paire de roue, au centre de leur longueur, dans une boîte ou moyeu supporté par un ressort attaché à la charpente de la voiture au moyen de colliers ou brides, et en les montant librement dans des crapaudines pour qu’un jeu suffisant soit donné à chaque roue.
- La troisième partie de l’invention est relative h un mode nouveau et perfectionne pour fabriquer les ressorts à spirales pour voilures de tramways et autres, pour obvier à la tendance d’une marche oblique sous la pression et pour garantir une pression directe et inclinée sur le ressort. A cet effet, l’inventeur propose de placer au centre une tige métallique renfermée dans un tube en métal ou en bois, autour de laquelle fonctionne le ressort. Ce tube est plus court que le ressort, de façon k lui donner le jeu voulu.
- PHOTOGRAPHIE, GRAVURE ET IMPRIMERIE.
- VARIÉTÉS.
- Le départ des pêcheurs de Morue.
- Le départ des pécheurs pour l’Islande a eu heu le -jer sur toute la côte ouest de
- France et particulièrement à Fécamp.
- En vertu d’une ordonnance royale' de ^840, les bateaux de pèche ne doivent quitter port pour se rendre en Islande qu’à partir hu 1er avril. C’est dans l’espoir de prévenir e letour des nombreux sinistres causés en
- Reproductions photographiques de dessins d'architecture et de machines, par M. H. Pellet.
- Le procédé de M. Pellet est fondé sur la propriété que possède le perchlo-rure de fer d’être décomposé par la lumière et réduit k l’état de protochlorure. Ce dernier sel n est pas modifie dans une dissolution de prussiatc de potasse, tandis que le perchlorure est immédiatement coloré en bleu.
- Le papier sur lequel la copie doit être reçue est sensibilisé par l’immersion dans un bain forme de 100 parties d’eau, 10 de perchlorure de fer, et 5 d’acide oxalique : ce dernier peut être remplacé par des quantités équivalentes de plusieurs autres acides végétaux. Si le papier n’était pas suffisamment
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- collé, on ajouterait à cette liqueur, un épaississant quelconque : gélatine, dextrine, etc.
- Ce papier, que l’auteur appelle cyanofer, est séché à l’abri de la lumière et peut être conservé ensuite pendant un temps très-long. Sa sensibilité est très-grande.
- Pour reproduire un dessin fait sur papier transparent, on expose ce dessin à la lumière sous une glace et sur une feuille sèche de cyanofer. En été et au soleil, il faut de 15 à 30 secondes pour que la totalité du perchlorure de fer, qui n’est pas protégé contre la lumière par les traits du dessin, soit décomposée. En hiver, cette pose est de 40 à 70 secondes. A l’ombre, par un temps clair, l’exposition varie de 2 à 6 minutes; enfin, par un temps couvert, brouillard, pluie ou neige, elle exige de 15 à 40 minutes. La lumière électrique peut très-bien, en cas de besoin, être employée pour cette insolation: le temps de pose varie, en ce cas, avec l’intensité du foyer électrique et avec sa distaifce.
- Après l’exposition, la feuille est posée dans un bain de prussiate de potasse (15 à 18 pour 100 d’eau), qui colore immédiatement en bleu toutes les parties dans lesquelles le perchlorure est resté intact et qui est sans action sur les parties de la surface dont le sel a été réduit par la lumière. On lave ensuite, à grande eau, le dessin, et on le passe dans un bain de 8 à 10 pour 100 d’acide chlorhydrique qui enlève le sel de protoxyde de fer; on lave encore et on fait sécher. *
- Le dessin apparaît alors sur le fond très-blanc du papier en traits bleus, déliés et foncés, qui lui donnent tout à fait l’aspect d’un dessin fait à la main avec une encre bleue.
- Si la pose a été assez longue, on peut laisser plus longtemps le papier dans le. bain révélateur; les traits seront plus nets et plus accusés. Si les lignes du plan ont été tracées avec une encre très-noire ou chargée de jaune, on peut prolonger le temps de la pose. Dans ce cas, le développement dans le bain de prussiate est plus long. Mais aussi la coloration bleue des lignes devient plus intense et paraît presque noire quand le papier est séché.
- Ce papier, après la reproduction en bleu du dessin, peut recevoir toutes les teintes conventionnelles nécessaires. Mais ces teintes ne doivent pas être mises sur le dessin transparent à reproduire, parce qu’elles protégeraient les parties du papier qui doivent être blanchies par l’action intense de la lumière.
- Des progrès effectués dans les applications de la photographie à l'industrie,
- par M. Poitevin.
- Depuis quelques années, nous assistons à une transformation, à un développement considérable de la photographie. Pendant longtemps cet art consista uniquement à fixer, par l’action de la lumière, l’image de tout ce qui nous entoure. Niepce, Daguerre et ensuite Talbot indiquèrent les réactions que nous utilisons encore aujourd’hui pour résoudre ce problème.
- Mais ce n’était là qu’un côté de la question : on devait nécessairement chercher à faire profiter la grande industrie des impressions graphiques des épreuves ainsi obtenues, et à rendre possible la multiplication des images photographiques.
- Les premières tentatives faites pour obtenir des planches gravées par la
- 1839 dans les mers du Nord, par les bourrasques de mars, que cette ordonnance a été rendue.
- Quoique son utilité soit discutable, fait observer le journal le Yacht, à qui nous empruntons ces détails, et qu’elle place nos nationaux dans des conditions moins avantageuses que celles qui sont faites aux Anglais, aux Hollandais, aux Norvégiens et aux Danois, elle subsiste encore dans toute sa rigueur, et peu de navires parviennent à l’éluder. Aussi le premier jour d’avril est-il un grand jour sur la côte de France, depuis Cherbourg jusqu’à Dunkerque : c’est le départ des pêcheurs.
- Le type de bateau employé pour ce genre • de navigation est le flambart à tapecul dont se servaient les Normands il y a quatre siècles.
- Créés spécialement pour la pêche, ces navires, d’un port moyen de 89 tonneaux, frappent le regard, surtout par la singulière disposition de leurs ponts, séparés en plusieurs cases. Ce sont, à vrai dire, autant de petites usines, où chacun des hommes de l’équipage procède aux différentes opérations qui, sous la dénomination de paquage, ont pour but d’empêcher le poisson de se détériorer avant d’arriver au lieu de destination.
- BREVETS D’INVENTION.
- Lombard et Billaudot. — Appareil à refroidir graduellement le chocolat et autres produits analogues (120485).
- Lompert. — Compteur de rotations et de mouvements alternatifs (120497).
- Loquay. — Chenêt-grille au gaz (120461).
- Luques. — Système d’hydrocarburateur de l’air et du gaz-light (120360).
- Luques. — Traitement des liquides par les courants gazeux pour en chasser l’odeur ou changer le goût (120381).
- Maillard. — Perfectionnements aux fermetures en fer (120480).
- Malfètes et Montels (Société).— Fermeture de boîtes à lait (120419).
- Mallet. — Perfectionnements dans les machines à vapeur locomotives (add. à 105272).
- Mérijot. — Méthode de raffinage du sucre brut ou des sirops de sucrerie (120412).
- Mesplè. — Soufflet-cylindrique à piston, à vent continu, etc. (120413).
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- Mestre (de). — Outillage pour la fabrication et l’application des réseaux métalliques pour bouchage des bouteilles de vins mousseux (add. à 95657).
- Meylan. — Propulseur à piston (120483).
- Michel. — Procédé d’épaillage chimique des laines, chiffons de laine, draps, etc. (120451);
- Mühet. — Appareils de compression et d’immobilisation par «l’air ou par l’eau, pour le pansement des plaies, etc. (120489).
- Monnier. — Système d’écrou (add. à 114804).
- Monnier. — Perfectionnements dans les* cylindres broyeurs (add. à 119709).
- Mourre (les sieurs). — Mode d’emmanchement des instruments aratoires, etc. (120438).
- North. — Bouchage des bouteilles et autres vases (120471).
- Odel. — Utilisation de la chaleur provenant de la fabrication du noir de fumée, à la production de la vapeur (120385).
- Olivier.— Ciseaux à anneaux brisés (120436).
- Palmer. — Traitement du sang pour en faire des articles utiles et d’ornement (120474).
- Payen. — Moyen d’établir et de conserver la température de la glace fondante dans les wagons de chemins de fer (120409).
- Pelletier. — Machine à fabriquer les aiguilles de bonneterie (120396).
- Pemet. — Bouchage des flacons, bouteilles, etc. (120384).
- Peters. — Serrure à combinaison (120444).
- Picard. — Boîte de jonction appliquée aux cannelés des étirages des textiles, etc. (120481).
- Pikhardt et Sturmberg. — Courroie sans fin en fil de fer (120510).
- Plissonnier.. — Fabrication des crochets de traction (120382).
- Plissonnier. — Fabrication d’essieux coudés, en fer ou acier (120383).
- Poirèe. — Production d’une lumière blanche dépourvue de rayons chimiques (120460).
- Portway. — Perfectionnements dans les métiers à tisser (add. à 118657).
- Prénat. — Machine à étirer et à trafuser les Matières textiles en éeheveaux (add. à 114610).
- Puech frères. — Procédé de lavage et de dégraissage des laines (add. à 115345).
- Quennesson. — Presse hydraulique à filtrage Multiple (add. à 111477).
- lumière remontent presque à l’origine de la photographie. Le premier, Nicé-phore Niepce, vers 1825, puis ensuite MM. Fizeau et A. Poitevin indiquèrent des méthodes permettant d’atteindre ce résultat. Ce dernier, notamment, transformait la plaque daguerrienne en une planche gravée, tantôt par un traitement par les acides, tantôt par des actions galvaniques, et obtenait, dès 1846, des épreuves assez remarquables.
- Vers 1850, lorsque le système des clichés négatifs de Talbot vint remplacer les procédés de Niepce, on dut chercher d’autres moyens pouvant se rattacher aux méthodes nouvelles. C’est en 1855, qu’un ingénieur, M. Poitevin, qui, depuis dix ans, avait fait de cette question l’objet constant de ses études, indiqua une série de réactions qui permettaient de transformer une épreuve photographique en planche d’impression, et qui devaient être le point de départ de tout un groupe d’industries nouvelles dont l’importance s’augmente chaque jour.
- M. Alph. Poitevin est né à Contiens (Sarthe); il sortit de l’Ecole .centrale en 1843, et fut ingénieur des salines de l’Est; mais, au bout de quelques années, il abandonna cette position pour se livrer tout entier à la recherche d’un procédé d’impression basé sur l’emploi du cliché photographique.
- Par une étude approfondie des propriétés que prend sous l’influence de la lumière un mélange de bichromate de potasse et de gélatine, ou d’albumine, ou d’autres matières analogues, M. Poitevin a non-seulement changé les procédés photographiques ordinaires, mais il a fondé les nouveaux modes d’impression photographiques parles encres grasses qui permettent de transformer un cliché obtenu dans la chambre noire en une planche gravée, soit en relief, soit en creux ou en une planche lithographique.
- Toutes les méthodes, en effet, qui permettent aujourd’hui d’obtenir ces résultats reposent sur les faits suivants, faits énoncés dans les différentes communications de M. Poitevin aux Sociétés savantes, dans ses brevets, et dans son Traité des épreuves sans sels d'argent de 1862.
- 1° La gélatine bichromatée qui est exposée à l’action de la lumière devient insoluble dans l’eau chaude, et elle reste soluble, dans les parties non inso-lées.
- Par suite, si on dépose sur une glace une couche mince de cette gélatine bichromatée, et si, après dessiccation dans l’obscurité, on l’expose à la lumière derrière un cliché négatif qui servira d’écran, les différentes parties de la feuille de gélatine deviendront insolubles à des profondeurs plus ou moins grandes de sa surface, suivant l’intensité lumineuse qui les aura frappées.
- Traitant alors cette feuille de gélatine par l’eau chaude, celle-ci se dissou^ dra dans tous les points qui n’ont pas été influencés par la lumière, et prendra des épaisseurs inversement proportionnelles à la quantité de lumière qu’auront reçue ses différentes parties. La gélatine insolée s’hydratant et se gonflant pendant cette opération en formant des reliefs très-accusés, M. Poitevin a montré qu’on peut les mouler en plâtre et, au moyen du moule en creux ainsi produit, obtenir des planches en cuivre ou autres métaux susceptibles de servir pour l’impression.
- Lorsqu’on laisse sécher l’épreuve de gélatine dont nous venons de parler, les reliefs deviennent beaucoup moins sensibles, mais, comme ils acquièrent en même temps une grande dureté, ils peuvent, étant fortement comprimés contre une feuille de plomb, et fournir directement des moulages d’une grande finesse. C’est de là que découlent le procédé Woodbury ou photoglyptie, et le procédé de M. Rousselon.
- Enfin, si la gélatine bichromatée a été préalablement mélangée d’une ma-
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- nière intime avec des poudres impalpables et colorées, comme du charbon, du sesquioxyde de chrome, etc., quand on soumettra l'épreuve obtenue à l’action de l’eau chaude, on en dissoudra des épaisseurs plus ou moins considérables et, par suite, on obtiendra en ses différents points des teintes d’intensité variable, qui reproduiront l’image primitive avec toutes les dégradations de la lumière. De cette observation est née la photographie dite au charbon (ou aux autres matières colorantes inertes); ce procédé est devenu courant dans l’industrie photographique.
- 2° La gélatine bichromatée insolce ne se gonfle plus dans l’eau froide, comme le font les parties préservées de l’action de la lumière.
- Si donc on plonge dans l’eau froide une épreuve sur gélatine, obtenue comme nous l’avons indiqué précédemment, ses différents points se gonfleront d’autant plus qu’ils auront été soumis à une influence lumineuse moins intense. On peut déduire de là un mode de moulage à reliefs très-accentués, qui peut être utilisé principalement pour typographies, lithophanies, poteries colorées, etc.
- 3° La gélatine bichromatée insolée repousse l’eau et prend l’encre d’impression; les parties non insolées absorbent l’eau et repoussent l’encre.
- Il en résulte que si l’on humecte légèrement la surface d’une épreuve sur gélatine, puis que l’on y passe le rouleau du lithographe, l’encre grasse n’adhère qu’aux parties qui ont été modifiées par la lumière. Cette réaction a donné naissance aux impressions analogues à la lithographie, aux reports, à la typographie, à l’autographie, etc.
- Si maintenant nous examinons sommairement quels sont les procédés au moyen desquels on obtient aujourd’hui ces gravures, ces lithographies, ces typographies, que le public confond le plus souvent avec les produits ordinaires des impressions aux encres grasses, bien qu’elles soient réellement l’œuvre de la lumière, nous voyons que ces procédés ont tous pour base les réactions indiquées plus haut.
- - Les belles gravures de la maison Goupil et Ce, reproduisant les tableaux et les sculptures de nos expositions modernes, notamment, sont obtenues par les procédés Woodbury et Rousselon.
- Le premier, connu sous le nom de photoglyptie, consiste à recevoir l’image du cliché sur une couche de gélatine bichromatée et à dissoudre par l’eau chaude les parties non solarisées, en opérant par la face opposée à celle qui a reçu l’impression. Nous avons vu que l’image se trouve alors formée par des dépressions de profondeurs variables. On fait sécher avec soin la feuille de gélatine et, après l’avoir intercalée entre une planche d’acier et une autre faite d’un alliage de plomb et d’antimoine, on la soumet à une pression qui doit être d’une tonne environ par centimètre de surface. Sous cette pression considérable, la gélatine s’incruste dans l’alliage en accusant les plus légères variations d’épaisseur et donne un creux très-exact des moindres reliefs. La même feuille de gélatine peut donner ainsi jusqu’à vingt moules d’une égale finesse. • (A suivre).
- Ravasse, Génissieu fils et comp. (Société). — Plomb-cadenas assurant l’inviolabilité de toutes sortes de fermetures des caisses-finances, colis, wagons,etc. (add. à119476).
- Reimann. — Perfectionnements dans les machines à coudre (120509).
- Révoltier, Biétrix et comp. (Société). — Perfectionnements au classement des corps suivant leur densité (120404).
- Révollier-Biétrix et comp. — Perfectionnements aux presses hydrauliques (120421).
- Reyyaud. — Appareil pour obtenir l’illusion du mouvement à l’aide de glaces mobiles (120484).
- Reynier. — Lampes électriques à progression indépendante et rhéophores appropriés (add. à 110613).
- Reyrel et comp., et Duché (Société). — Appareil pour la fabrication des velours avec fers dans le sens de la chaîne (120513).
- Rheinberg frères. — Fabrication de tissus élastiques pour chaussures, ceintures, jarretières, etc. (120400).
- Richter. — Construction de roues en fer (120402).
- Richter. — Pavage en fer (120403).
- Riding et Bodin. — Perfectionnements dans les métiers à tisser (120378).
- Ripert. — Voiture-omnibus à plate-forme (add. à 119080).
- Robbins. — Procédé de séchage et de conservation des bois (120408).
- Robey et Johnson. — Fabrication des filtres pour la purification de l’eau et autres liquides (120399).
- Ruger. — Fers à repasser à chauffage intérieur (add. à 96775).
- Sacavin. — Coulisses de lits en tôle ou autre métal, etc. (120437).
- Salvy. — Production de vitraux par la photographie, remplaçant la peinture et le dessin (120387;.
- Schoeck-Jaquet. — Cimetières - nécropoles (120525).
- Schouberszhy. — Perfectionnements dans les poêles et foyers domestiques et industriels (add. à 115174).
- Schrader et Fritz. — Machine perforatrice (120473).
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Préparation des soieries pour la teinture, par M. Max Singer. — Analyse d'une nouvelle matière tannante, par M. Eitner. — Four mécanique à puddler, de MM. Howson et Godfrey. — Le columbium, nouveau métal, découvert par M. Hatchett. — Procédé pour durcir et rendre sonores les alliages des métaux doux, par M. B.Süliman.—Note sur les variations du magnétisme terrestre, par M. Quet. — La tachéométrie, ou l’art d’obtenir rapidement, avec une grande précision, et sans aucun chaînage, le plan et le nivellement des terrains, par M. Erasme Loir. — Des progrès effectués dans les applications de la photographie à l’industrie, par M. Poitevin.
- CHRONIQUE.
- La délivrance de la vigne,
- par M“e Amélia de Bompar. (Suite).
- II. Le fraisier des vignes et Varachnide Irombidion.
- Il est facile de faire la relation d’une découverte une fois que la solution en est trouvée, de dénouer le nœud gordien au lieu de le trancher. La recherche est difficile, inconstante : on croit tenir le fil, il se casse ou il vous échappe, et mille erreurs entravent la vérité.
- Le fraisier a toujours été mon objectif: mei recherches, depuis bientôt quatre ans, étaien toujours faites sur le fraisier des vignes.
- J’habite Gradignan, canton de Pessac, payi des grands vignobles et des grands premier crûs. Aux mois d’avril et de mai on aperçoi de longues guirlandes de fleurs blanches ai pied des vignes : la culture des fraisiers es pratiquée dans les vignes. Au mois de juin le parfum des fraises se mêle au parfum d< la vigne qui fleurit. Dans ce pays de vin: exquis le Phylloxéra est inconnu, ainsi qui dans toutes les communes environnantes, ov la même culture est pratiquée.
- Ceci, c’est la première observation et h Première remarque.
- Puis, par un hasard providentiel, mais Malheureux pour la propriété, j’allai habit© 1 Entre-Deux-Mers, le Brannais. Tout le pays est phylloxéré bien loin à la ronde. J’aimi les taises,— c’est une faiblesse que j’avoue.
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Préparation des soieries pour la teinture, par M. Max Singer.
- Un célèbre teinturier a dit : « Une robe de soie teinte, si bien qu’elle soit, est tout au plus bonne à faire une jupe de dessous.» Il y a beaucoup de vrai dans cette opinion, surtout pour certaines étoffes et pour l’époque à laquelle cela a été dit, car depuis, on a apporté de grandes améliorations dans la teinture des soieries et surtout dans les apprêts.
- Il est reconnu que la teinture des soieries offre de grandes difficultés, demande beaucoup de soins et ne supporte pas de médiocrité. Il faudrait pouvoir teindre la soie sans la toucher.
- Pour préparer la soie à la teinture, on a l’habitude de la débouillir au savon; c’est la première cause de toutes les cassures qui sillonnent l’étoffe et contre lesquelles les anciens systèmes d’apprêts sont impuissants, c’est-à-dire que le tapis, la rame, le collage à la brosse sur des tables vernies ou tambours chauffés par la vapeur, ne peuvent les faire disparaître. Il faut donc les éviter le plus possible, en opérant toujours sur de grands bains afin que l’étoffe soit constamment bien en large et jamais serrée.
- Le débouillissage au savon est indispensable pour les soieries et rubans à teindre en couleurs claires, mais il faut le pratiquer avec sagesse et discernement, en particulier pour les rubans qui se font en assez grande quantité dans certaines localités. Pour les rendre frais, il faut qu’ils soient bien nettoyés, et voici comment on peut arriver à d’excellents résultats.
- Sur une table en marbre, ou garnie en zinc, cuivre, etc., on fait brosser toutes les parties sales et, des deux côtés, au savon vert et avec une brosse un peu dure, puis on prépare un bain de savon blanc, dans lequel on laisse tremper quelques heures pour que la crasse se détrempe bien et que le gros des couleurs primitives tombe ensuite, sur un bain bien gras de savon bouillant : on fera bouillir doucement de 15 à 20 minutes, et l’on rincera sur trois eaux tièdes pour bien écarter le savon, puis à l’eau froide. Un bon piquage à l’acide sulfurique chaud complète cette préparation à la teinture.
- Pour les robes à teindre en nuances tendres, on fera également tremper et débouillir au savon, seulement quand on sort du savon bouillant, il faut avoir bien soin de tendre les lisières au lieu de prendre l’étoffe avec un bâton et de la laisser égoutter, ainsi que cela se pratique fréquemment.
- Pour les couleurs foncées, on supprime le bouillon de savon, qui ne peut que casser la soie, malgré les plus grands soins, et l’on se contente d’enlever les taches à la benzine et de faire tremper seulement sur un bain tiède de carbonate de soude ou d’alcali volatil. Un bon piquage après, et la teinture peut se faire sans inconvénient.
- Les soieries à teindre en noir ne demandent jamais de débouillissage au savon. On se contente de l’opération précédente quand elles sont bien sales, et la majeure partie du temps, il faut les passer en rouille toutes sèches, en les menant plusieurs fois pour bien les mouiller. On a bien rarement à retoucher après la teinture, en mettant ainsi les soies sèches en rouille, même assez sales.
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- Il est encore un moyen de mieux faire que cela. Mais il faut avoir de bons prix, car c’est plus Umg..Cependant le travail est tellement supérieur que peu de clients regarderont à une augmentation de prix, en voyant la différence dans le résultat. Il s’agit simplement de la teinture des taffetas glacés, unis et autres tissus cassants, avec l’emploi du tendeur qui tient toujours la soie tendue et l’empêche de se casser. On n’a pas besoin de cet appareil pour le damas, le satin, les lévnntines, et en général pour toutes les soieries qui ne sont pas cassantes, en employant les soins nécessaires; mais on obtient*des teintes plus unies en s’en servant.
- Il faut faire grand cas de cet appareil,, car il peut servir à teindre en noir de vieilles soies en pièces toutes fanées, qui peuvent ensuite être vendues pour neuves. Il est vrai que l’apprêt de ces pièces fait sur une machine a beaucoup contribué à opérer ce changement de vieux en neuf.
- Une recommandation importante, c’est lorsqu’on sort les soieries d’un bain quelconque, de ne jamais les mettre en tas sur une cheville, mais toujours bien aller et revenir en prenant une lisière sur la cheville. En somme, on ne saurait prendre trop de précautions pour éviter les cassures, qui ne disparaissent jamais une fois qu’elles se sont produites.
- Analyse d'une nouvelle matière tannante, par M. Eitner.
- Une nouvelle matière tannante nommée Rove, provenant de la Grèce et de l’Asie-Mineure, vient de faire son apparition, en quantité limitée sur le marché de Trieste. Après une analyse faite par M. Eitner, on a reconnu que c’était une nouvelle espèce de galles produites par un insecte (cynips kollari) sur le chêne rouge ou chêne mâle, et qui diffèrent des galles ordinaires par leurs plus grandes dimensions : elles atteignent, en effet, jusqu’à 45m/m de diamètre, tandis que la moyenne des galles ordinaires varie entre 12 et 25m/m de diamètre. Elles contiennent aussi une plus grande quantité de tannin, la proportion étant de 28 à 34 pour 100 au lieu de 23 à 30. Le nom de Rove est probablement dérivé de Rovere, nom que l’on donne en Italie au chêne mâle. Cette nouvelle matière donne au cuir une belle couleur claire et deviendra, sans aucun doute, une substance d’une grande valeur pour la tannerie. On assure que de fortes quantités pourraient être fournies, si la demande était suffisante. Le tannin est contenu dans une grande cellule spongieuse et peut être facilement extrait; on ne peut encore porter un jugement définitif sur cette matière, mais tout fait présumer que le meilleur mode de l’employer sera de la mélanger avec d’autres matières tannantes moins actives, dont le maniement bien connu des ouvriers, préservera des erreurs presque toujours inévitables par suite de remploi d’un produit absolument nouveau.
- ('Tanner's and Currier's journal.)
- — et je disais, à chaque repas, mon étonnement de ne pas voir une belle corbeille de fraises et.de ne pouvoir en manger une pleine assiette. On vint à. parler du Phylloxéra. Je m’écriai en riant : Dans un pays où l’on ne cultive pas les fraises des vignes, les vignes ne méritent pas de vivre ! Ces paroles étaient prophétiques.
- Elles furent là cause de ma seconde observation et de ma seconde remarque.
- Il y avait, dans la bibliothèque du grand-père, quelques vieux bouquins parmi lesquels je découvris un livre de jardinage qui date de près de cent ans..
- Je lus : les jardiniers, pour préserver les semis de plantes précieuses des mille pucerons qui les dévorent, plantent des fraisiers autour; le ver blanc préfère aussi le fraisier à toutes les plantes ligneuses. Ainsi, les plantes sont doublement préservées.
- Voilà un point de repère !
- Voilà un point de départ!
- Le fraisier était donc un préservatif; celane suffisait pas : il fallait la raison. Etait-ce assez de dire : plantez des fraisiers!... parce que, partout où le fraisier des vignes est cultivé, la vigne se porte bien, et que partout où le Phylloxéra sévit, il n’y a pas de fraisiers. Le fait est certain pour les vignobles phylloxé-rés ; mais comment faire planter des fraisiers à des paysans qui n’en ont jamais planté et qui ne se trouvent pas trop mal de la maladie de la vigne, parce que la maladie coûte toujours plus cher que la santé à celui qui paie les soins que l’on donne au malade. Pour sauver la vigne, le propriétaire la fait terrailler, lui donne mille soins qui la perdent, puisqu’il faudrait, au contraire, la laisser en jachères, comme' on le verra plus tard.
- Le 13 janvier 1,877, par un temps humide et chaud, après avoir regardé sur des brins d’herbe avec ma loupe, je revenais à mes fraisiers ; mais qu’est-ce donc que cette multitude de taches rouges sur les feuilles, j’y avais pourtant regardé bien souvent? Je prends une feuille, et par un bonheur inouï, je regarde dessous : une myriade d’insectes grouillait sous cette feuille; je crus à une illusion, je jetai cette feuille; j’en pris une autre; alors j’appelai mes gens, et je dis à un jeune jardinier qui venait d’un pays phyl-loxéré. — Qu’est-ce que vous voyez sous cette feuille? — Ah ! dit-il, ce sont des Phylloxéra. En effet,; le Phylloxéra ressemble à l’arachnide par sa couleur ; il était facile de commettre cette, erreur, puisque le Phylloxéra seul était connu.
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- N° 17. — 27 Avril 1878. — XXXVIII' Année.
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- Je portai immédiatement ces feuilles à la Société d’agriculture. J’allai à la Mairie, où M. Fourcfund, maire et sénateur, me reçut avec sou affabilité ordinaire. Il vit l’insecte, et ses adjoints le virent aussi. Ensuite j’en envoyai au docteur ium, excessivement apprécié à Bordeaux comme savant ; il m’é-e ri vit une lettre à peu près ainsi conçue.
- « Chère Madame, voici le portrait de l’insecte que vous m’avez envoyé. Je l’ai fait voir à plusieurs savants : c’est une Arachnide du genre Tromhidim. Je sais que vous ne vous fierez pas à mon humble avis (il est modeste, comme on le voit) ; mais l’histoire . naturelle vaut bien la peine qu’on s’en préoccupe; voyez Walkner, » ainsi que d’autres auteurs qu’il me citait.
- Je ne voulus pas le croire.
- Par moi-même je voulus étudier le Phyl-.loxera sur la vigne malade, puisque le Microscope était insuffisant. Je pris mon courage à deux mains : j’étais obligée d’aller en Queyries, à une distance considérable de Gradignan. Je faisais cette énorme course à peu près tous les huit jours. J’avais mis le vigneron dans mes intérêts et dans les siens aussi : c’était le seul moyen de savoir la vérité de ces rusés matois, qui se gardent bien de la dire, et qui aimont à rire in parlibus de l’innocence du propriétaire.
- Yoici donc le fruit de mes études, et la vérité incontestable.
- En 1877, le Phylloxéra a commencé à paraître en mai seulement; il est plus visible en juin, et en juillet et tout septembre, il est par millions sur les racines. En octobre, il y fourmille, et il y est encore au commencement de novembre, mais il n’est resté que sur quelques nouvelles racines nouvellement attaquées, et enfin au premier froid, il disparaît complètement. Où va-t-il ?
- Que ceux qui l’ont étudié si longtemps le disent. Mon observation s’arrête là, c’est tout ce que j’ai besoin de savoir. Je mets au défi de prouver qu’il y a du Phylloxéra sur les racines de la vigne pendant l’hiver.
- J’ai fait la découverte de l’arachnide trom-bidion du fraisier, inconnue jusqu’ici; aucun livre, ancien ou moderne, n’en a fait l'observation, ni, par conséquent, mention. Je l’ai vue pour la première fois le 13 janvier 1877, elle était dans toute sa vigueur ; c’était sans doute le moment de sa ponte : il y avait Une multitude d’oeufs. J’en voyais de plus petits que les autres, ce qui indiquait le vrai Moment de la reproduction et de la croissance.
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Four mécanique à puddier, de MM. Hqwson et Godfrey.
- MM. Godfrey et Uowson oui fait des essais de puddlage dans leur appareil en se servant du gaz d’éclairage comme combustible ; ils sont arrivés, quoique dans de mauvaises conditions, à puddier une tonne de fer en consommant 68 mètres cubes environ de gaz d’éclairage : la fonte avait été introduite liquide dans le four. Ces messieurs calculent que cette consommation de gaz correspond à 2.500 kilogrammes de bon charbon à gaz, dont le coke pourrait servir à la fusion de la fonte ou à d’autres emplois.
- Ils ont construit un autre four du même modèle pouvant puddier de 150 à' 200 kilogrammes à la fois et ils l’ont chauffé avec du gaz produit dans un gazogène système Br&ok et Wilson. Ce gazogène n’a pas de grille et il est soufflé par une espèce de souffleur Kœrting. L’air nécessaire à la combustion est lancé dans le four par un ventilateur à la pression de 0m,30 d’eau. Cet air est chauffé à 260° par les flammes perdues du four. La faculté de pouvoir facilement régler la marche du Kcerting et du ventilateur donne le moyen de produire à volonté dans le four une flamme oxydante ou réductrice. Il est reconnu que les fours Banks emploient des quantités onéreuses de minerai de garnissage et qu’ils s’usent rapidement à cause de la grande chaleur qu’on y produit et que le refroidissement par l’eau des parois extérieures n’est qu’un moyen insuffisant de diminuer ces inconvénients. Le four Howson, au contraire, use très-peu de minerai de garnissage et il peut faire plus de 100, opérations sans réparation et sans employer l’eau pour refroidir les parois.
- Une opération se conduit de la manière suivante.
- Quand l’intérieur du four est au rouge, on introduit la fonte liquide et on fait tourner à une vitesse moyenne de 10 tours par minute; la réaction commence et la température augmente presque sans emploi de gaz : on ajoute alors, par petites doses, du minerai de fer ou de l’oxyde de fer, que l’on jette presque froid sur le bain de fonte. Le bain liquide devient rapidement pâteux et laisse échapper beaucoup de flammèches d’oxyde de carbone. Bientôt le bain redevient liquide sans cependant offrir l’apparence ordinaire : tout le métal se met en grains et on dirait des grains de riz nageant dans un bain de laitier. Le carbone continue, à brûler, mais sans bouillonnement, jusqu’à un moment où les grains deviennent visqueux et ont de la tendance à se souder. A ce moment, il faut ralentir la vitesse de révolution du four et ne
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- plus le faire tourner qu’à 2 tours par minute : on diminue la température jusqu’au point seulement nécessaire pour garder le laitier en fusion. Au bout de quelques minutes, les flammèches diminuent et les grains commencent à se souder en petits noyaux ; il devient très-important de tourner lentement pour éviter de former des loupes foiiteuses. Plus on garde de temps la masse dans un état pâteux, meilleure est l’opération. Aussitôt que les flammes ont cessé, un rapide coup de feu termine l’opération, et on peut baller le fer. C’est la dernière partie du procédé qui est la plus difficile et demande beaucoup d’attention.
- Dans cette méthode de puddlage, il n’y a pas de bouillonnement. La tem-
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- pérature reste relativement basse et, par suite, la consommation de gaz est faible. La quantité d’oxyde de fer employé n’excède pas 150 kilogrammes par tonne de bloom et il n’y a pas d’autres dépenses de garnissage.
- 11 faut, suivant l’auteur, attribuer h la basse température l’élimination très-grande du phosphore; en effet, les scories retiennent jusqu’à 7 ou 8 pour 100 de phosphore, tandis que le fer n’en contient que 0,15 pour 100. Cependant, si on laisse séjourner quelque temps le bloom dans le four à une haute température avant de le cingler, il reprendra du phosphore. M. Howson estime que ce mode de puddlage est beaucoup moins coûteux que l’ancien, mais il n’a pas encore un assez grand nombre d’expériences dans de bonnes conditions pour donner des chiffres exacts.
- Le columbium, nouveau métal, découvert par M. Hàtchett.
- Ce métal peu connu a été découvert en 1861, par M. Hàtchett, chimiste américain. Il est extrait d’un minéral très-rare appelé columbite. Il a été préparé jusqu’ici sous la forme de poudre noire, et son prix était d’environ 1 franc le grain, soit, à peu près, 2 francs le gramme. Cependant 011 vient de le découvrir en quantités considérables dans le Colorado et, sans aucun doute, on entendra parler de lui avant peu. Comme couleur, le columbium tient le milieu entre le nickel et l’étain; il est plus léger que ce dernier et ses qualités chimiques paraissent devoir être classées entre celles de l’étain et de l’antimoine.
- Procédé pour durcir et rendre sonores les alliages des métaux doux, par M. B. Silliman.
- L’étain, le métal anglais et d’autres alliages de métaux doux rendent, lorsqu’ils sont frappés, un son mat, pareil à celui du plomb; cependant, ils peuvent être rendus sonores par un procédé récemment inventé par M. B. Silliman, de New-Haven (Etats-Unis). Pour obtenir ce résultat, il suffit de tremper ces objets dans un bain d’huile ou de paraffine chauffé à 5 degrés au-dessous du point de fusion de l'alliage à traiter. Pour déterminer ce point exactement, dans chaque cas, le bain est chauffé jusqu’à ce qu’un échantillon du métal, suspendu dans ce bain, soit devenu assez malléable pour être étiré par un fil de métal chauffé à un degré un peu plus élevé. Les petits objets minces sont immergés pendant 15 à 30 secondes; les objets plus grands, tels que les vases, etc., sont laissés une minute ou davantage. Il est essentiel que chaque objet soit chauffé uniformément et la main-d’œuvre nécessite de grands soins. Le plus ou moins de promptitude dans le refroidissement n’a aucune importance. L’alliage ainsi traité devient plus dur et plus rigide. On peut le souder et le plaquer, mais non le marteler ou l’estamper sans nuire à sa sonorité.
- Aujourd’hui, que j’ai fait le tour de l’année, je puis dire avec certitude que l’arachnide reste sous la feuille du fraisier en janvier, février, mars, avril et mai ; elle commence à disparaître en fin juin, et en juillet, août, septembre, elle disparaît complètement. Elle commence à reparaître vers le 15 octobre; en novembre, elle reparaît complètement, mais on ne voit pas encore d’œufs: la grande ponte est donc en janvier.
- J’ai fait l’observation que, pendant le temps que l’arachnide disparait du fraisier des vignes, la feuille de ce fraisier devient aussi lisse que celle des autres fraisiers, tandis que, lorsque l’arachnide l’habite, elle est recouverte de poils ou de piquants : l’arachnide se trouve ainsi abritée des intempéries des saisons.
- J’ai fait cette remarque, digne d’attirer l’attention : l’arachnide disparait complètement de la feuille du’fraisier pendant juillet, août, septembre, juste au moment où le Phylloxéra fourmille sur les racines de la vigne. L’arachnide va donc sous terre faire la chasse au Phylloxéra ; elle dévore ses. œufs, le dévore lui-même et empêche ainsi la reproduction illimitée du Phylloxéra, ehose qui ne paraît pas extraordinaire lorsqu’on sait avec quelle promptitude les pucerons grouillent sur le rosier, sur le sommet des fèves, qu’ils envahissent quelquefois de la tète au pied en quelques jours et les empêchent de croître. Mais je reviens toujours à ce qui m’occupe.
- Voici donc la véritable raison pour laquelle, dans toutes les communes où le fraisier des vignes est cultivé en grande culture, on n’a jamais vu de Phylloxéra, puisque son ennemie est là qui le guette et est toujours prête à le dévorer : le chat qui guette la souris.
- Il est curieux qu’on ait prétendu que les vignes américaines étaient résistantes au Phylloxéra : la véritable raison, c’est que les vignes d’Amérique ont des fraisiers au pied. Il est facile d’en avoir la preuve : les témoins oculaires ne sont pas rares. Le consul de Venezuela me l’a assuré. Du reste, il n’y a pas encore de vignes en Amérique, et le peu de vin qu’on y fait est si mauvais que la classe aisée ne boit que du vin de France ou d’autres provenances.
- Il est donc incontestable que jamais, dans les vignes phylloxérées, on ne verra le fraisier des vignes en grande culture.
- Cette année 1877, partout où il y a des fraisiers, la récolte a dépassé l’espérance ; tandis que, dans les vignobles phylloxérés,
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- les mécomptes ont été grands, quoique la température de cette année, pluvieuse et sèche par intermittences, ait produit des raisins dont les grains sont énormes et la peau excessivement fine, ce qui donne un grand rendement ; puis la qualité sera supérieure, disent les connaisseurs.
- Le fraisier n'est pas la seule plante où gît l’arachnide : j’en ai trouvé sous l’héliotrope d’hiver, sous les violettes, sous les feuilles de cornichon et sous diverses mauvaises herbes qui conservent leurs feuilles ; en général, les feuilles ont les mêmes poils ou piquants que j'ai remarqués sous le fraisier des vignes pendent que l’arachnide l’habite.
- Par cette raison, il faut bien se garder d’arracher les vignes phvlloxérées ; il faut les laisser en jachères, puisque sous quelques herbes sauvages se trouve l’arachnide : elle fait la chasse au phylloxéra, et, deux ans après, la vigne revient en bonne santé et produit du fruit. Le viticulteur comprend déjà qu’il vaut mieux planter des fraisiers pour préserver la vigne.
- Le fraisier des vignes produit autant et même plus qu’aucune autre récolte de céréales. Beaucoup de gens s’effarent de planter des fraisiers, comme si c’était une chose étrange, inconnue ou nouvelle ; mais la plantation du fraisier dans les vignes date de temps immémorial.
- C’est dans les vignobles plantés depuis trente ou quarante ans, où le fraisier n’est pas cultivé, que l’on verra le phylloxéra.
- Aujourd’hui, toute la France se transforme en vignes; elle remplace les blés, les prairies, les bois par la vigne, toujours de la vigne, parce que la vigne est ce qui donne le plus grand revenu : mais aussi elle nécessite des soins et des connaissances toutes particulières, les diverses tailles, etc.
- Vu le manque de bras, les nouvelles plantations sont faites au labour. Le viticulteur craint qu’une plantation de fraisiers ne nuise à la beauté de sa vigne : je crois que cela dérangerait plutôt le laboureur, qui a horreur de toute entrave et en dégoûte les nouveaux viticulteurs.
- Le grand propriétaire, quoi qu’il en dise, sera toujours joué par le paysan, qui est un ûn matois quand il s’agit de son intérêt pécuniaire et personnel.
- Depuis quatre ans que je dis : viticulteurs, Plantez des fraisiers !
- Qui est-ce qui empêche d’en planter? Le Vigneron, que le propriétaire consulte ; il l’en dissuadera tant qu’il ne verra pas un béné-
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, ASTRONOMIE ET HORLOGERIE.
- Note sur les variations du magnétisme terrestre,
- par M. Quet. ’
- Dans ce travail d’une importance capitale, M. Quet s’est proposé d’examiner à l’aide du calcul, la théorie qui attribue au soleil une action directe sur les fluides magnétiques et électriques de la terre.
- Le soleil sera regardé, dit-il, comme le siège de courants électriques fermés, de dimensions, de forme, d’orientation et d’intensité quelconques. Cette constitution comprend le cas où l’astre contiendrait des corps magnétiques, que l’on peut toujours considérer comme des assemblages de courants particulaires.
- L’action de ce système, quelque compliquée qu’elle puisse être près de la surface, devient assez simple lorsqu’elle s’applique à des points très-éloi-gnés, comme ceux de la terre. L’auteur montre qu’elle est équivalente à celle d’un courant unique qui se propagerait, avec une intensité convenable, sur la circonférence d’un grand cercle solaire dont le plan serait bien choisi. Ce courant fictif serait le grand courant solaire ou le courant résultant ; le diamètre du soleil, perpendiculaire à ce plan, serait l’axe électro-dynamique de l’astre, et ses deux extrémités en seront les pôles électro-dynamiquefc.
- Si la terre ne tournait pas, et ne se mouvait pas dans son orbite, si le soleil n’avait pas non plus de mouvement révolutif et que ses pôles électro-dynamiques fussent immobiles sur sa surface, l’action exercée par l’astre, sur les courants particulaires des corps magnétiques de notre globe, tendrait à donner une certaine direction à l’axe de ces courants et à aimanter la terre dans un certain sens.
- Rendons au soleil et à la terre leurs mouvements de rotation et de translation, et des phénomènes nouveaux vont se produire. L’état magnétique de notre globe éprouvera des changements périodiques, qui dépendront de sa vitesse de rotation et de son mouvement de translation sur l’orbite; en second lieu, les fluides électriques de la terre seront mis en mouvement dans les bons conducteurs, par des forces électro-motrices d’induction dues à la rotation et à la translation de la terre; le soleil, en tournant sur lui-même, induira notre globe, et les variations d’intensité de ses courants électriques engendreront aussi des forces électro-motrices qui seront régul%res ou périodiques, comme les variations d’où elles dérivent..
- M. Quet a calculé, d’une manière générale et complète, les composantes de toutes les forces qui se produisent dans ces conditions très-diverses, et il a obtenu des valeurs constantes et des valeurs périodiques.
- La période du jour solaire moyen, qui est fondamentale dans les variations des boussoles, ainsi que celle de l’année solaire, ne se trouvent pas dans les composantes des forces qui agissent sur les fluides magnétiques de la terre, ni dans celles des forces électro-motrices d’induction, qui proviennent de la rotation de la terre; mais ces forces donnent la période du jour sidéral, qui jouit de cette propriété importante, que les phénomènes*réglés sur elle changent de sens de six mois en six mois, pour une même heure du jour solaire.
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- C’est dans les forces électro-motrices d’induction, dues à la translation de la terre sur son orbite, et à la rotation du soleil, que Fauteur ,a rencontré la période fondamentale du jour solaire moyen et celle de l’année solaire.
- Ses formules résolvent, dans toute leur généralité, les divers problèmes qu’il a indiqués. Pour examiner les phénomènes produits par les forces, il est bon de distinguer plusieurs cas; mais l’auteur se bornera à faire connaître les conséquences des formules, lorsque les pôles électro-dynamiques du soleil sont sur les pôles de rotation; pour fixer les idées, il supposera que le pôle électro-dynamique austral et le pôle nord de rotation coïncident.
- Considérons une terre fictive, convenablement constituée au point de vue des corps magnétiques et des bons .conducteurs de l’électricité, tournant sur elle-même et décrivant une orbite autour d’un soleil sillonné de courants électriques assez intenses pour agir avec efficacité sur elle. Examinons tour à tour les effets des forces constantes et des forces variables, et appliquons ce principe général de Laplace* que l’état d’un système de corps devient périodique, comme les forces qui les animent, lorsque l’effet des conditions primitives du mouvement a disparu par l’action des résistances.
- Cette terre fictive s’aimantera ; elle aura son pôle magnétique boréal au nord de l’équateur et son pôle austral au sud.
- Son atmosphère sera chargée d’électricité positive, dont la tension augmentera avec la hauteur au-dessus du sol. Les couches intérieures et voisines du sol seront électrisées négativement.
- A la surface de cette terre, les boussoles éprouveront des changements continuels, soit dans la direction de l'aiguille aimantée, soit dans l’intensité .de la force qui l’anime.
- Ces*chaqgements seront soumis à une variation diurne, réglée sur les heures solaires.
- La marche de cette variation diurne sera de sens contraires dans les deux hémisphères séparés par l’équateur.
- La variation diurne sera accompagnée d’une inégalité annuelle.
- Pour cette inégalité, la marche de la boussole sera de même sens dans les deux hémisphères.
- Il y aura, dans le mouvement des boussoles, une variation annuelle réglée .sur les mois solaires.
- Des perturbations seront éprouvées par les boussoles, si les courants électriques solaires varient d’intensité. Au même instant du temps absolu, le pôle austral de la boussole de déclinaison subira, sur toute la surface de la terre .fictive, des écarts simultanés inégaux, étendus en certaines régions, . faibles ou nuis en d’autres, ici dirigés vers l’orient et là vers l’occident. Ces perturbations auront un caractère périodique, si l’état du soleil varie périodiquement L’aiguille aimantée pourra donc servir à étudier les changements électro-dynamiques du soleil.,
- La terre fictive que nous venons de considérer offre une image très-frappante de ce qui se passe sur notre globe, et par cela même la théorie de l’action directe nous semble avoir acquis un degré de probabilité qu’elle n’avait pas.
- hce à cette culture, qui n'a .pas été pratiquée par son père et qu’il ne connaît pas. Il ajuste de quoi vivre ; une mauvaise année le gène jusqu’à la prochaine récolte : on comprend !’excessive prudence de cet anti- progressiste.
- La vigne malade produit plus au paysan que la vigne bien portante ; je l’ai déjà dit, en voici la preuve :
- Il est des propriétaires qui dépensent 30 et 40.000 francs pour inonder leurs vignobles ; le paysan a sa vie assurée par de plus belles journées : oO centimes et plus d’augmentation par jour.
- L’inondation peut être bonne si elle iàit pousser de nouvelles racines ; on inonde l’hiver, et le phylloxéra n’est sur les racines qu’en été : on ne le tue donc pas, puisqu’il revient en juin et qu’il faut inonder chaque ;année ?
- Autrefois, <il était reconnu que la vigne n’aimait pas l’humidité. Aujourd’hui, c’est le contraire ; du reste, l’inondation ne peut être pratiquée que par les propriétaires riverains. Ce n’est que la minime partie des vignobles. Dans ce moment, presque tous les vignobles Ubournais sont à mi-ceps dans l’eau ; on dirait des vignes désolées : si le résultat est à peu près bon, le propriétaire qui fait .cette dépense extraordinairement forte, espère un revenu rémunérateur. Cette dépense n’est pas à la portée de toutes lés bourses : ce ne sont que les propriétaires de crûs exceptionnels qui peuvent l’employer.
- D’autres vignes ont été soignées par des substances chimiques, elles sont mortes ; à l’agriculture, il faut, je le répète, des substances agricoles à la portée de tous, n’emportant pas le revenu : il ne faut pas, comme l’on dit vulgairement, changer un sou contre quatre liards. Dans ce cas, souvent on changerait un sou contre moins que rien, puisque le propriétaire a fait des dépenses que la récolte ne peut pas combler.
- C’est donc la ruine du propriétaire et de la propriété.
- Un seul moyen pratique, c’est de chercher la vérité et de planter le fraisier des vignes, puisque la preuve de cette vérité est aujourd’hui incontestable.
- Non-seulement le fraisier des vignes sauve la vigne du phylloxéra, il la sauve aussi du ver blanc, larve du hanneton. Chacun sait le mal que font ces larves voraces, dont j’ai déjà parlé, avant la découverte de l’arachnide trombidion et avant d’avoir suivi le phylloxéra dans toutes ses phases, sur la vigne
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- même, pendant un an , pour comparer l'arachnide au phylloxéra. (A suivre).
- EXPOSITION.
- Vente des tickets.
- Indépendamment des bureaux de tabac, des bureaux de poste et des bureaux télégraphiques, qui sont tenus de vendre au public les tickets d’entrée à l’Exposition, des permis, de vente pourront être accordés aux personnes qui, sur leur demande, seront agréées par l’administration des finances.
- Les compagnies de chemins de fer.
- Les entreprises de voitures publiques (omnibus, tramways, bateaux à vapeur et voitures de place)*
- Les maîtres d’hôtel, cafetiers, débitants de vin et liqueurs.
- Les marchands de journaux, etc.
- Les intermédiaires officieux doivent adresser au ministre des finances une demande sur papier timbré. Cette demande doit préalablement être soumise au visa du commissaire de police de leur quartier.
- Les intermédiaires autorisés à vendre les tickets au public ne pourront se les procurer qu’auprès de l’agent comptable du Trésor. Il leur est interdit de les vendre au dessus ou au-dessous du prix de 1franc, fixé par l’article 3, sous peine d’être poursuivis conformément à la loi.
- Ils seront, d’ailleurs, tenus d’afficher d’une nianière apparente, dans le local affecté à la vente des tickets, l’autorisation qui leur aura été donnée par l’administration des finances.
- Le bureau de l’agent comptable sera ouvert aux intermédiaires :
- 1° du 15 au 30 avril 1878, au ministère •les finances (entrée par la place du Carrou-sel, pavillon Colbert) ;
- 2° à partir du 1er mai 1878, à l’Exposition tttême, porte du quai d’Orsay.
- Toute vente de tickets par l’agent compile aura lieu au comptant, et la livraison Se fera par feuilles entières de 36 tickets.
- Une remise de 2 pour 100 sera allouée aux intermédiaires.
- Les tickets qui n’auront pas été vendus Seront remboursés aux intermédiaires au prix net d’achat, c’est-à-dire déduction faite de la Remise de 2 pour 100 ci-dessus. Toutefois, ces Remboursements ne pourront être faits par
- La tachéométrier ou l'art d'obtenir rapidement avec une grande précision, et sans aucun chaînage, le plan et le nivellement des terrains^
- par M. Erasme Loir.
- ? La tachéométrie, qu’il ne faut pas confondre avec la tachymétrie, est une méthode très-simple qui permet de lever les plans sans recourir à aucun chaînage. L’instrument dont on se sert dans l'es opérations est un théodolite, dans la lunette duquel on a introduit un tube portant un triangle d’observation, ce qui permet de lire les distances sur une mire spéciale. En même’ temps que les distances, on obtient les cotes de niveau sans- pose de chiffres. Les calculs peu nombreux qu’exige cette méthode, se traitent à la règle à’ calcul avec une grande rapidité. 1
- Dans les tracés des chemins de fer, le lever des plans côtés pour les études définitives ou les avant-projets se fait avec une grande célérité et une remarquable précision. L’opérateur rayonne dans toutes les directions et peut embrasser une portée de 500 mètres. Aucun point ne lui échappe, de sorte que tout tâtonnement disparaît dans les tracés. L’économie qui en résulte, en temps et en argent, est considérable, et l’expérience démontre qu’elle n’est pas moindre de 3/5. •
- Il y a, de plus, une économie considérable sur le total des opérations; le cadastre peut être exécuté en très-peu de temps par suite de la suppression complète des chaînages dans les opérations. On opère enfin, avec une précision de beaucoup supérieure à celle qu’offrent les procédés actuels.-
- Des progrès effectués dans les applications de la photographie à l'industrie,
- par M. Poitevin.
- (Suite).
- Ces moules sont ensuite placés bien horizontalement sous de petites presses analogues aux presses à copier, et rangées, généralement au nombre de six, sur des tables pouvant tourner autour de leur axe. Après avoir graissé légèrement l’un des moules, un ouvrier verse à sa surface une solution chaude de gélatine ordinaire teintée ; il le recouvre d’une feuille de papier, puis comprime le tout au moyen de la presse. L’excès de gélatine est expulsé parles bords; il n’en reste que la quantité que peuvent contenir les creux du moule, ce qui se traduit par des épaisseurs plus ou moins profondes de matière colorante, et reproduit par conséquent l’image avec toutes les demi-teintes. L’ouvrier fait la même opération à la presse suivante, après avoir imprimé un déplacement convenable à la table, et il amène ainsi successivement devant lui toutes les presses. Au retour de la première, il démoule; la gélatine colorée a fait prise et adhère complètement au papier, qu’il suffit de passer dans une solution saturée d’alun, de laver et de laisser sécher. L’image ainsi produite atout à fait l’apparence d’une photographie ordinaire.
- Le procédé de M. Rousselon permet d’obtenir des planches gravées en creux pouvant servir aux impressions à l’encre grasse. Dans cette méthode, on prépare comme précédemment une épreuve sur gélatine bichromatée,avec cette seule modification que l’on ajoute à la gélatine un réactif qui puisse
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- produire une granulation plus ou moins accentuée sous l’influence de la lumière; la présence de ce grain à la surface de la planche est nécessaire afin de retenir l’encre en quantité plus ou moins considérable. La gélatine est ensuite traitée par l’eau chaude, séchée, puis passée au laminoir avec une feuille de plomb qui reçoit l’empreinte. A l’aide de ce moule, on obtient par la galvanoplastie, dans un bain de sulfate de cuivre, une épreuve en relief, laquelle servira à produire, également par galvanoplastie, des creux, que l’on acière, et qui peuvent servir à un tirage prolongé.
- Enfin, le procédé Albert ou Albertypie, en usage pour la lithographie-photographique, consiste à fixer sur une lame de glace une couche de gélatine bichromatée; par l’intervention de la lumière, et en se servant d'un cliché négatif comme écran, cette couche est modifiée différemment dans ses diverses parties; on humecte la surface avec de l’eau et l’on y passe un rouleau chargé d’encre. Celle-ci s’attache sur les points insolubilisés par la lumière de manière à dessiner l’image. On peut dès lors s’en servir comme d'une pierre lithographique.
- Comme on le voit, ces différentes méthodes ne sont autres que les procédés Poitevin, dont on est parvenu à perfectionner les résultats, au point de vue de la beauté des images, à l’aide de tours de main d’une grande habileté; mais on n’y rencontre aucun principe nouveau. C’est donc bien M. Poitevin qui a donné les méthodes auxquelles ont recours tous ceux qui s’appliquent aujourd’hui à transformer les épreuves photographiques en planches d’impression.
- On a, d’ailleurs, rendu justice à l’importance considérable des travaux de cet ingénieur. En 1847, la Société d’encouragement lui a décerné une médaille ; en 1862, il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur; en 1867, il a reçu le grand prix que le duc de Luynes avait fondé en 1855 pour l’inventeur qui transformerait l’épreuve photographique en une image à l’encre grasse.
- Mais c’est en vain que cet inventeur a cherché à tirer parti de ses brevets. Des industries comme la gravure, la lithographie, la typographie illustrées, ne modifient que bien difficilement leurs modes de travail, et de longues années sont nécessaires pour atteindre ce résultat. Aussi, c’est seulement vingt-cinq ans après la découverte des nouveaux procédés que nous voyons s’opérer cette transformation, lorsque le réel inventeur est déjà oublié, et lorsqu’il n’a plus aucun droit sur ses inventions, qui sont pour d’autres des sources de richesses.
- Nous avons pensé qu’il était juste, au moment où l’attention générale est attirée par les remarquables résultats fournis aujourd’hui par la photogravure, de rappeler le premier inventeur de ces merveilleuses productions et de proclamer ses droits à la reconnaissance publique.
- l’agent comptable que pendant le mois qui suivra la clôture de l’Exposition.
- L’orgue de M. Cavaillé-Coll.
- Le 15 avril, les ministres et le haut personnel de l’Exposition se sont rendus aux ateliers de M. Cavaillé-Coll, pour y entendre l’orgue destiné à la salle des fêtes du palais de l’Exposition. M. Widor, l’habile organiste de Saint-Sulpice, était chargé de montrer toutes les ressources de ce magnifique instrument : docile aux inspirations du maitre, l’orgue a épanché tous les flots de ses harmonies profondes ou éclatantes et diminué sa voix jusqu’aux sons les plus éthérés et les plus lointains.
- Les qualités de l’instrument, propres à l’accompagnement des voix, ont été mises en relief par le concours que Mme Trélat a bien voulu prêter à cette expérience musicale ; la pureté des sons et le calme de la voix étaient admirables à entendre.
- Dans les compositions d’un mouvement rapide, la vivacité des sons et leur légèreté Ont été aussi fort appréciées.
- Les ministres, MM. Léon Say et Bardoux, se sont retirés en exprimant à M. Cavaillé-Coll la satisfaction que leur avait causée l’audition de cet orgue destiné à tenir une grande place dans les fêtes musicales de l’Exposition.
- VARIÉTÉS.
- La débâcle de la Néva.
- La débâcle complète de la Néva, dont la glace s’était mise en mouvement, a eu lieu il y a quelques jours. Le commandant de la forteresse a donné le signal de l’ouverture de la navigation en se rendant en chaloupe au Palais-d’Hiver, le matin, un peu avant midi.
- La pression des glaces de la Néva pendant les deux ou trois derniers jours a causé de grandes avaries au pont Voskressensky et à celui du Palais ; leur réparation exigera d’assez grands frais.
- Les communications par bateaux à vapeur entre Oranienbau et Cronstadt ont été ouvertes hier.
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 18. — 4 Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Sur quelques expériences pour enlever le phosphore du fer, par M. William Baker. Fabrication des roues en fer forgé, par M. Schwartzkopf.— Traitement des minerais de fer, par MM. Imbs et Jouanne. — Nouveau système de temple à pinces élar-gisseuses, par M. Ernest Brulé. — Transformation du fumier en papier. — Ventilation de la salle des fêtes du Palais du Trocadéro, par M. Bourdais.
- CHRONIQUE.
- La délivrance de la vigne, par Mme Amélia de Bompar.
- (iSuite et fin).
- III. Conclusion.
- L’arachnide disparaît du fraisier pendant juillet, août, septembre, et reparaît vers la mi-octobre.
- Le phylloxéra fourmille sur la racine de la vigne en juillet, août, septembre, et disparait entièrement de la mi-octobre aux premiers jours de novembre.
- L’arachnide a huit pattes, le phylloxéra en a six.
- L’arachnide est agile, le phylloxéra se meut lentement.
- L’arachnide est insectivore, mangeant les infiniment petits, dont le phylloxéra fait partie ; il n’est qu’un puceron. Ce sont de petites araignées qui mangent le puceron lanigère, qui, lorsqu’on l’écrase, teint le doigt d’une liqueur colorante, absolument comme le Phylloxéra.
- En Amérique il y a des fraisiers. Dans toutes les communes de France où le fraisier des vignes est cultivé il n’y a pas de phylloxéra. Il est facile de prouver cette vérité : eHe est palpable. Comment le fraisier peut-il guérir la vigne ? Parce que sous la feuille du fraisier des vignes vit l'arachnide qui dé-V0l‘e le phylloxéra.
- Plus la chose est simple, plus elle est dif-ûcile à croire, surtout dans une question qui est devenue si compliquée, si embrouillée.
- J espère que la vérité se fera jour et que les* beaux vignobles de la France seront sauvés Par le fraisier des vignes.
- Pieu met toujours le remède à côté du mal.
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Sur quelques expériences pour enlever le phosphore du fer, par M. William Baker.
- Le problème métallurgique, dont il est question ici, est devenu très-important depuis l introduction des procédés Bessemer et Siemens-Martin. Depuis lors, le phosphore et autres éléments ont été observés avec plus de soin que par le passé et une meilleure connaissance de leur influence sur les propriétés des fers a été plus sûrement acquise.
- a Je vais donner ici, dit M. W. Baker, une courte notice des diverses méthodes qui ont été proposées pour purifier le fer du phosphore; j’y introduirai quelques expériences personnelles, qui n’ont pas donné de bons résultats, et m’ont beaucoup occupé. La relation des expériences qui n’ont pas réussi n’est pas sans importance, car il faut se rappeler qu’elles sont quelquefois le fondement sur lequel, un jour, est basée la pratique. »
- A une température relativement basse, le phosphore peut être oxydé, soit en chauffant l’air, soit en grillant le phosphure de fer, juste comme on calcine la motte de cuivre (sulfure) ; le sulfure et l’oxyde de fer sont décomposés et les phosphures réduits. Cette réduction par le feu a été établie par Price et Nicholson en 1855.
- Une autre méthode d’épuration consiste dans la réduction partielle des phosphures dans les procédés de puddlage du fer; mais vers la fin de l’opération, le fer exerce une action réductrice sur l’acide phosphorique. En d’autres termes, à de hautes températures, le fer a une plus grande affinité pour l’oxygène que le phosphore n’en a lui-même : par suite, celui-ci est retenu par le fer.
- Fabrication des roues en fer forgé, par M. L. Schwartzkopf.
- Les roues fabriquées par M. Schwartzkopf, sont remarquables à la fois par leur solidité, et par la simplicité de leur fabrication : le moyeu et les rais sont en fer, forgé spécialement pour les roues de wagons, d’une seule pièce et sans soudure.
- A cet effet une loupe chauffée au blanc soudant est placée dans l’ouverture centrale d’un moule convenable et forcée par une pression hydraulique dans les cavités radiales.
- Les rais sortant du moule sont refoulés à leur extrémité afin de pouvoir les souder à la couronne de la roue.
- Le moule est formé de deux parties en fonte dont chacune est pourvue de cavités correspondant à la moitié de la pièce à forger : la partie supérieure est renforcée par des anneaux en fer.
- Les deux parties du moule sont assemblées par des boulons. Un piston hydraulique est combiné de manière à exercer la pression voulue.
- Cet engin constitue une très-intéressante application, à la mécanique métallurgique, de la transmission des pressions par l’intermédiaire des liquides incompressibles.
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- Traitement des minerais de fer, par MM. Imbs et Jouanne.
- Ce nouveau mode de traitement des minerais repose sur le travail par charges intermittentes. Le minerai et le combustible sont versés dans un fourneau dans les parois duquel sont pratiquées, à différentes hauteurs, des séries d’ouvertures superposées. Par ces ouvertures, on projette des jets de gaz inflammables lancés par des jets d’air comprimé; une vive combustion s’établit dans le fourneau et les gaz projetés sous pression opèrent un brassage mécanique de la masse en fusion.
- Les combinaisons chimiques se produisent facilement sous l’action des gaz : pour les accélérer ou les augmenter, on peut croiser en divers sens les jets de gaz et d’air. Quand le minerai est fondu, le métal continue à recevoir l’influence chimique et mécanique de l’air, des gaz et de tous les autres corps que l’on désire y injecter ou y verser.
- Ces diverses actions, dont la durée et la production peuvent être réglées selon les exigences de la fabrication, déterminent la nature et la qualité du produit, fonte, acier ou fer. Lorsque le résultat demandé est obtenu, on ouvre le trou de coulée et le métal en fusion est recueilli dans les formes munies d’un filtre, qui retiennent les scories et les corps étrangers.
- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Nouveau système de temple à pinces élargisseuses, par M. Ernest Brulé.
- Tout le monde sait que l’on appelle temple l’instrument destiné à maintenir l’étoffe en largeur pendant l’opération du tissage.
- Sans le temple, l’effort que fait la trame contre les lisières, à chaque insertion d’une duite dans l’angle d’ouverture de la chaîne, tendrait à rétrécir la laize du tissu. Il en résulterait qu’à chaque extrémité de la laize, les fils de chaîne deviendraient de plus en plus obliques par rapport au plan du peigne ; de là des ruptures de fils, et des résistances pour l’application des duites contre la façure, c’est-à-dire contre le tissu fabriqué.
- Le temple est donc un instrument indispensable :
- 1° pour maintenir les fils de chaîne perpendiculaires au plan du peigne ;
- 2° pour régulariser le coup de peigne sur chaque dernière duite insérée ;
- 3° enfin pour assurer l’égalité dans la réduction du duitage.
- Dans le tissage à bras, le temple est une espèce de règle à articulation, dont les extrémités sont garnies de petites pointes très-aiguës. Ces pointes doivent entrer facilement dans le tissu de chaque lisière. Les deux bras dont se compose la règle permettent de briser cette dernière en forme de T et de faciliter ainsi l’introduction des pointes dans l’étoffe, puis l’extension voulue pour ramener celle-ci à sa largeur normale.
- Dans le tissage mécanique, on emploie des temples jumeaux-alternatifs, et
- Le quinquina croît dans le pays où l’homme tremble la fièvre : seulement, il fallait que l’homme, condamné au travail, le trouvât.
- Qu’est-ce que la science ?
- Une recherche perpétuelle : plus l’homme trouve, plus il cherche pour trouver encore. C’est ainsi que les plus belles découvertes sont venues couronner ses efforts.
- Dans cette question du phylloxéra, on s’est égaré dans la recherche, en ne voulant absolument que des procédés chimiques ; là fut l’erreur. Il fallait se borner à chercher le parasite antagoniste du phylloxéra : son dé-vorateur.
- Cette seule remarque, à laquelle je reviens toujours, que, partout où le fraisier des vignes était cultivé, la vigne se portait bien, tandis que, dans les vignes phvlloxérées, jamais, dans les communes, on n’avait planté des fraisiers ; cette seule remarque, dis-je, avait suffi pour fixer mon opinion ; de là cette recherche obstinée et persévérante dont je m’étonne moi-même.
- Je ne demande pas d’être crue sur parole. Cette coïncidence extraordinaire de l’arachnide, qui disparaît du fraisier juste au moment où le phylloxéra grouille formidable sur les racines de la vigne, est-elle une invention de mon imagination ? Eh bien ! qu’une commission de six membres suive avec moi les phases du phylloxéra et de l’arachnide pendant le courant d’une année seulement; c’est plus que suffisant pour étudier à fond cette intéressante question, et se rendre compte que l’arachnide a des griffes au bout de ses tarses, pour mieux enserrer son ennemi, qu’elle jette même un venin aux ennemis plus gros qu’elle, afin de s’en emparer.
- Le phylloxéra, lui, n’a que six pattes ; je n’ai point besoin de le décrire : on le connaît assez.
- Cette question intéresse la science au plus haut point.
- Le grand malheur est que c’est une femme qui a fait cette découverte.
- J’ai bien essayé de donner ma foi et mes convictions à l’un de mes fils. Ah bien oui ! Pendant tout l’hiver dernier, on s’est amusé avec des arachnides, on les regardait grouiller sur les feuilles, on les mettait sous le microscope, on les faisait voir à tout le monde; mais voilà tout.
- Un jour de neige, j’étais allée chercher des feuilles de fraisiers; en secouant la neige, les arachnides étaient toutes engourdies ; je mis les feuilles sur un plateau, dans le salon ; au
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- bout de deux ou trois heures la chaleur les avait ranimées, c’était à qui prendrait des feuilles pour admirer cette merveille.
- Tous les domestiques, tous les paysans passant près des vignes coupaient des feuilles de fraisiers. Oh ! comme il y en a sur celle-ci, mais regardez donc ! disaient-ils.
- La laitière, en regardant l’insecte à la loupe, fut prise de terreur d’abord, d’un fou rire ensuite.
- D’autres en avaient horreur et voulaient les écraser avec le pouce, d’autres jetaient précipitamment la feuille et regardaient leur main pour voir s’il ne restait pas quelques arachnides.
- On le voit, la science, malgré sa gravité, peut devenir fort amusante quand c’est une ignorante qui la pratique; il faut bien le dire aussi, j’avais un but en faisant voir mon insecte : c’était de le faire connaître à tout le monde, il me fallait des témoins.
- Tout Bordeaux l’a vu : j’avais toujours des fraisiers dans mes poches et ma loupe suspendue à mon cou. Amis, connaissances, pressés ou non, il fallait regarder l’arachnide, il fallait la faire connaître, il fallait faire marcher mon idée.
- Mon plus grand désespoir fut après avoir envoyé une boîte de feuilles de fraisier à un grand personnage : il l’envoya au ministre de l’agriculture, qui 'enjoignit au directeur de la poste de défendre de prendre mes fraisiers. Plusieurs procès-verbaux furent faits aux employés qui les avaient envoyés ; j’en ai même payé un. A la poste de Pressée, à la poste de Bordeaux, on les refusait net, avec mille récriminations ; mais ce que. femme veut, Dieu le veut ! J’envoyais mes fraisiers, malgré tout, par le transport à grande vitesse, en chemin de fer. On comprend que, pour agir ainsi, il faut une volonté inébranlable et une foi plus forte encore dans la vérité de ma découverte ; aussi, je n’abandonnerai la partie que lorsqu’un autre sera proclamé vainqueur.
- Je ne serais pas étonnée que la Suisse, Plus sage que la France, n’ait déjà commencé ^ planter des fraisiers. J’ai écrit au président fédéral de Yaud, à l’occasion du Congrès : w Sauvez votre patrie et faites planter le frai-Sler des vignes. « C’est si facile d’essayer, û autant mieux qu’on n’aurait qu’à faire ramasser la quantité de pieds ou trocants que 1 on arrache au moins deux fois pendant l’été, et qu’on jette au fumier.
- Je crois pourtant que beaucoup de gens es vendraient si la vérité se faisait jour et
- aussi des temples dits continus, qui affectent la forme de molettes armées de petites pointes. Ces divers moyens, bien que généralement utilisés, offrent de réels inconvénients.
- Les temples jumeaux condamnent l’ouvrier à une manœuvre continuelle de déplacement, de transport et de replacement des deux appareils en avant l’un de l’autre, au fur et à mesure que le tissu se façonne.
- D’autre part, il importe de fabriquer une certaine quantité de tissu au-dessus du temple le plus rapproché du peigne, pour qu’il y ait une place capable de recevoir l’autre temple qu’on a maintenu en situation derrière le premier, et c’est là, précisément, qu’est l’inconvénient de l’emploi des temples j um eaux-al terna tifs.
- Chaque nouvelle façure de réserve ne pouvant être obtenue que par l’insertion d’un nombre assez considérable de duites, il s’ensuit que ces duites finissent par rétrécir l’étoffe au fur et à mesure que la façure s’exécute, jusqu’à ce qu’elle arrive à former un lit assez large pour recevoir le temple qui lui est destiné. On ne remédie donc point ainsi aux inconvénients que présente le simple temple employé dans le tissage à bras.
- Quant aux molettes, elles sont un progrès, relativement aux temples jumeaux; mais elles fatiguent les lisières, pour ne citer ici que l’un des défauts qu’on reproche à ces petites roues, dont l’action extensive est continue.
- Frappé de l’imperfection de ces divers procédés, on s’est ingénié à chercher quelque chose qui répondît mieux aux exigences de la fabrication; mais je ne sache pas que l’on ait été jusqu’à présent parfaitement satisfait de ce qu’on a tenté dans cette direction.
- C’est pour cela que nous sommes heureux de signaler aux fabricants d’étoffes une invention qui nous paraît appelée à rendre de réels services, en tant que solution aussi élégante que pratique du problème : elle est due à M. Ernest Brulé père, mécanicien à Amiens, lequel semble avoir eu tout simplement pour but de copier la nature prise sur le fait.
- Supposons, en effet, que l’on place un homme vis-à-vis de chacune des deux lisières d’un tissu en voie de fabrication, et que chaque homme, utilisant le pouce et l’index de ses deux mains, vienne pincer avec les quatre doigts la lisière qu’il doit tirer à lui.
- Voilà deux hommes qui vont donner à la façure sa largeur normale, puisqu’ils tireront sur cette façure, en même temps et en sens opposé. Voyons ce qui va arriver : le métier marche; la navette passe et insère ses duites.
- Après six duites, les deux doigts au-delà desquels elles ont été insérées, s’ouvrent et vont se placer tout près de la dernière duite passée. Mais les deux doigts de l’autre main ont, pendant ce temps, fait l’office d’auxiliaires, en continuant de tirer sur leur lisière.
- Aussitôt que les deux doigts qui viennent de se déplacer ont saisi la lisière à nouveau, ils la tirent encore à eux, et comme celle-ci se trouve emprisonnée et énergiquement tendue à nouveau, les deux doigts auxiliaires peuvent s’ouvrir à leur tour, s’avancer vers les deux premiers, puis enfin saisir la lisière et tirer encore sur elle. Il va sans dire que l’homme qui est placé à l’autre lisière reproduira exactement, avec ses deux pouces et ses deux index, les déplacements que l’on vient de décrire.
- Cette marche alternative pourrait être assimilée à celle de deux individus, dont l’un ferait six pas en avant, fermerait les jambes, puis serait, après un certain temps d’arrêt, rejoint par l’autre, tous deux restant un instant immobiles avant que le premier refasse encore six pas en avant.
- M. Brulé a imaginé des pinces élargisseuses qui se déplacent absolument
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- de la même manière et elles remplacent ainsi les doigts de l’homme. Elles exécutent automatiquement ce que ferait la main ; mais elles travaillent avec une admirable précision mécanique. Le déplacement est si minime que l’action sur les lisières est incessante.
- Là, plus de frottements, plus d’usure, plus de catissage, plus d’éraillures ni de déchirures. Les lisières, traitées et tirées avec une grande douceur, et sur de très-petits parcours, restent nettes, belles et sans trace aucune de l’effort très-régulier et pour ainsi dire non interrompu que les pinces ont exercé sur elles.
- Transformation du fumier en papier.
- C’est surtout à Paris où le fumier est à bon marché, que cette industrie peut s’exercer. La séparation de la paille du fumier se fait très-facilement, au moyen d’un appareil spécial : la paille est ensuite séchée dans des étuves qu’elle traverse mécaniquement. Elle se trouve alors prête à être transformée en pâte à papier. Voici quelques chiffres qui nous ont été communiqués par l’inventeur, et qui montrent l’importance de l’opération.
- Le fumier de cinq chevaux de trait fut mis à part pendant vingt-quatre heures : ces chevaux restent à l’écurie dix heures sur vingt-quatre et produisent, dans ce temps, un poids de fumier égal à quatre-vingt-trois kilos cinquante. La paille de ce fumier, séparée par le procédé, pesait vingt-sept kilogrammes et demi, et le reste du fumier cinquante-six kilogrammes.
- Cette paille, après avoir subi les procédés de purification siccative à une température élevée, peut être employée de nouveau comme litière et ne pourrait manquer de trouver marchand parmi les propriétaires d’écuries ordinaires, moyennant une légère diminution sur le prix de la paille neuve. Elle serait aussi recherchée pour l’emballage, notamment pour celui de la porcelaine de Chine. Mais où l’emploi de cette paille est surtout avantageux, c’est dans la fabrication de la pâte à papier pour laquelle on lui doit la préférence sur la paille neuve, parce que, saturée d’urine et abandonnée à une légère fermentation, elle engendre l’ammoniaque qui opère la désintégration des fibres, et réduit à une moindre quantité l’usage d’alcalis plus puissants : d’où résulte un papier plus fort, une plus grande quantité de fibres étant conservée. La demande de pâte de paille s’accroît de jour en jour.
- En Ecosse, la fabrication du papier de pâte de paille est une branche d’industrie très-importante.
- Les fabricants de ce pays achètent en Hollande beaucoup de paille qu’ils paient sur place environ 90 francs par tonne, et dont le seul transport par mer est de 25 francs ; ce qui, avec diverses dépenses accessoires, forme un prix total de revient d’au moins 125 francs.
- Trois tonnes de paille rendent en général une tonne de pâte. Or, cette matière première qui coûte aux fabricants écossais 375 francs, ne coûterait en vieille paille de litière que 18 francs.
- En présence de ces faits, il serait préférable d’établir une usine pour la fabrication de la pâte, près de l’endroit où la matière première est accumulée. Mais si l’on se borne à vendre la paille, les machines sont très-simples : elles consistent
- 1° en un séparateur, qui produit environ quatre tonnes de matière par heure;
- qu’enfin on plantât des fraisiers, par ordre, dans les vignobles phylloxérés.
- Les propriétaires devraient être obligés de planter une plate-bande de fraisiers par hectare, dussent-ils les laisser incultes, ce qui ne les empêcherait pas d’augmenter leurs / coulants chaque année : ils ne produiraient pas de fruits, mais la vigne serait sauvée.
- Faut-il énumérer ici toutes les communes de la Gironde où l’on plante le fraisier des vignes ?
- Talence, Gradignan, Pessac, Leognan, Cestas, le Vigean, le Haillan, Blanquefort et cent autres.
- Dans la Touraine, dans la Corrèze, de Nantes à Saumur, à Provins et autres communes de la Bourgogne. Dans la Provence.
- Est-ce que, dans l’Hérault, on cultive des fraisiers ?
- Est-ce que, dans le Charentais, dans le Libernais, dans le Branais, on cultive le fraisier des vignes? Dans les départements phylloxérés cultive-t-on le fraisier ?
- Non, mille fois non.
- Plantez donc des fraisiers pour essayer de vous sauver d’une manière pratique.
- Et ne vous fiez pas aux insecticides, qui ne peuvent tuer que les insectes qui taquinent les humains.
- Depuis quatre ans, je dis dans tous les journaux : viticulteurs, plantez des fraisiers !
- Depuis six mois, j’écris dans tous les journaux.
- Viticulteurs, plantez le fraisier des vignes, où gît l’arachnide tromhidion, qui dévore le phylloxéra.
- Puissé-je être entendue !
- VARIÉTÉS.
- Les voyages d'étude autour du monde.
- Le bâtiment désigné par la société des voyages pour l’expédition autour du monde dont nous avons récemment parlé est le steamer Picardie, de la compagnie Valéry frères et fils, de Marseille.
- Ses dimensions sont les suivantes : 92 mètres de long, 9 mètres et demi de large ; il jauge 1.500 tonneaux, et sa machine développe une force de 1.000 chevaux. Sur deux vastes salons, l’un à l’arrière, de 21 mètres, l’autre à l’avant, de 15 mètres, s’ouvrent les chambres des passagers, qui sont
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- éclairées par de larges hublots placés à plus de 2 mètres au-dessus de la flottaison. Le bâtiment est muni de toutes les installations que l’on rencontre à bord des meilleurs paquebots, treuils et cabestan à vapeur, embarcations et appareils de sauvetage, canot à vapeur, roues de passerelle, fumoir, salles de bains, séchoirs, glacières, etc. La Picardie a déjà exécuté avec un entier succès plusieurs voyages dans l’océan Atlantique et dans l’océan Indien ; elle joint à d’excellentes conditions de confortable les garanties d’une parfaite sécurité. Elle quittera Marseille le 30 juin, sous le commandement deM. G. Biard, lieutenant de vaisseau. Le personnel de l’expédition est aujourd’hui complètement formé. Quant aux voyageurs, la liste en sera close avant un mois. 2° en un séchoir pour la dessiccation de la paille, afin quelle puisse être empaquetée; 3° en un fourneau pour la production de l’air chaud ; ; 4° en un puissant souffleur qui chasse l’air chaud dans le séchoir. Le nouveau fourneau qui fait partie du procédé, chauffe 140 mètres cubes (ou une quantité quelconque, avec souffleur d’une puissance proportionnelle) d’air par minute, avec continuité, à la température de 400 à 500 degrés avec une consommation minime de combustible, et l’opération de séchage . ne demande, d’ailleurs, pas plus de 150 à 200 degrés. Il va sans dire que la température peut être variée à volonté. Si l’on entend construire une usine, elle devrait être disposée pour la manutention de cent tonnes par jour, ce qui, d’après les expériences faites à Londres, produirait environ vingt-quatre tonnes de paille sèche. L’installation, pour obtenir un semblable résultat, consisterait en trois séparateurs, un séchoir, un fourneau avec son souffleur et un moteur. Il faudrait aussi des presses pour l’empaquetage de la paille, afin d’en faciliter le transport.
- Chemin de fer et locomotive sans feu de Marly-le-Roi. HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Dimanche i 4 avril a eu lieu l’inauguration du chemin de fer sur routes de Rueil à Marly-le-Roi. Cette cérémonie était présidée par le Préfet de Seine-et-Oise accompagné du Secrétaire général de la préfecture. Ils ont été reçus à Rueil par le Maire et le Conseil municipal. Les trains d’inauguration composés :1e premier, de 'trois voitures remorquées par une locomotive sans foyer, du système Lamm et Prancq ; le deuxième, d’un fourgon et de deux Voitures à impériales couvertes ; le dernier, d’un fourgon et d’une voiture à impériale, contenaient de nombreux invités. Ces trains, se suivant à 100 mètres d’intervalle, ont franchi les courbes de 20 mètres de rayon avec une facilité extrême, et un fluart-d’heure après le départ de Rueil, ils arrivaient à Bougival où les attendaient le Conseil municipal, la musique et les pom-p!ers. Après une harangue au Préfet et la réponse de ce fonctionnaire, les trains ont continué leur voyage pour s’arrêter à Port-Marly, où les invités furent reçus par le Con-seil municipal, la musique et les pompiers. Là, la machine sans foyer a été détachée Pour être chargée de vapeur avant la montée de Marly-le-Roi. Le préfet a assisté à cette mteressante opération et a complimenté l’in-flénieur de la compagnie du résultat obtenu. Le but cherché dans l'emploi des locomotives Sans foyer consiste, on le sait, à éviter les chances d’explosion ou d’incendie et à ne Ventilation de la salle des fêtes du Palais du Trocadéro, par M. Bourdais. Le problème du chauffage et de la.ventilation de la grande salle des fêtes au Trocadéro, est un de ceux qui ont occupé dès les premiers jours les architectes chargés de la construction du Palais. L’organisation de ce double service n’a pas été sans offrir de grandes difficultés. En effet, l’Etat qui construit le palais uniquement en vue de l’Exposition, n’avait à sa charge que la ventilation. Le chauffage, inutile d’ailleurs pendant la durée de l’Exposition, incombera à la ville de Paris; mais, dès à présent, les logements des calorifères sont prêts et il suffira d’installer les appareils, pour que ce service puisse être organisé. La salle des fêtes devant contenir 5.000 personnes, MM. Bourdais et Da-vioud ont organisé la ventilation par deux systèmes symétriques, mais indépendants, de manière à donner une quantité moyenne de 40 mètres cubes d’air par personne et par heure, soit 200.000 mètres cubes pour 5.000 spectateurs, ou 100.000 mètres cubes pour la moitié de la salle dont le dessous est représenté par la figure 31. Le volume d’air à fournir par seconde ressort ainsi à 28 mètres cubes. En lui donnant la vitesse moyenne de 4 mètres par seconde, on arrive à calculer, pour la galerie principale d’arrivée ou de départ, une section de 7 mètres carrés. La figure 31 fait comprendre que, pour chaque moitié de la salle, il a été possible de disposer, dans l’espace libre laissé entre les côtés de la conque et le mur formant pignon sur la place du Roi de Rome, trois cheminées de passage d’air. La première, dite de prise de l’air pur, part du sol même des carrières situées sous le Palais, et monte jusqu’au sommet de l’édifice; des registres placés à un niveau convenable permettent d’introduire dans la cheminée, soit
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- de l’air puisé au-dessus du toit, soit de l’air pris dans les carrières du Troca-déro.
- Il convient, en effet, de faire remarquer, au point de vue de la température, que la possibilité de puiser de l’air dans les carrières peut avoir une im-
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- Chambre des Machines
- portance considérable. On a constaté que cet air est parfaitement pur, et que son renouvellement peut être assuré d’une manière très-facile par l’établissement d’un puits d’aérage pratiqué dans le jardin. Or, les parois des piliers de carrières forment, suivant les saisons, une immense surface de chauffe ou
- faire aucun bruit capable d’effrayer les animaux circulant sur la même route que les chemins de fer.
- Deux trains sont ensuite partis pour Marly-le-Roi, l’un remorqué par une locomotive ordinaire, l’autre par la locomotive sans foyer. La montée s’est accomplie en six minutes sur une longueur de 2.200 mètres et en rampe de 56 millimètres par mètre.
- Une nouvelle planète.
- Le Peuple de Marseille annonce qu’une nouvelle planète, appartenant au groupe d’astéroïdes compris entré Mars et Jupiter, a été trouvée par M. Coggia, à l’observatoire de Marseille, dans la nuit du 11 au 12 avril 1878.
- C’est la 187e du groupe.
- Le Shamrock.
- Les journaux du Havre annoncent que le transport de l’Etat le Shamrock, en construction dans le chantier de la Société des forges et chantiers de la Méditerranée, à Graville, le plus grand navire construit jusqu’ici par l’industrie, en France, a été lancé mercredi dernier, avec succès, à l’heure de la pleine mer et qu’il est entré dans le port, vers neuf heures vingt-cinq, assisté de deux remorqueurs : le Neptune et le Jean-Bart.
- Les abords de la jetée du Nord-Ouest et du Grand-Quai étaient couverts de curieux. Le transport est allé prendre place au sud du bassin de l’Eure, à l’endroit dit Malakoff.
- Voici les dimensions de ce navire, le plus grand construit jusqu’ici sur les chantiers de l’Eure.
- Longueur à la flottaison, en charge, 105 mètres; largeur au maître couple, 15 mètres 30; creux sous quille, 12 mètres; déplacement total de la carène, 5.340 tonneaux.
- Aux termes du marché conclu avec l’Etat, le navire ne devait être lancé que le 15 octobre de cette année.
- Le poids des matériaux, fer et bois, employés à la construction du Shamrock, est de deux millions six cent mille kilogrammes !
- La coque du Shamrock est construite en fer et aménagée suivant les dispositions des paquebots spécialement destinés au transport des passagers militaires et malades. Le Shamrock sera affecté à ce genre de service de transport, entre la France et notre colonie de la Gochinchine.
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- La machine de ce grand steamer a été également construite au Havre, dans les ateliers de la Société nouvelle des forges et chantiers ; elle est d’une force de 2.650 chevaux indiqués.
- La Société nouvelle des forges et chantiers de la Méditerranée fait construire, dans ses chantiers de la Seyne, auprès de Toulon, également pour le compte de l’Etat, un second transport à vapeur, en tout semblable au Shamrock; il portera le nom de Tonquin.
- Concours de l'Union centrale des Beaux-Arts.
- Tous les ans, l’Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l’industrie, dont le siège est situé place des Vosges, organise des concours de géométrie et de dessin auxquels prennent part les diverses écoles professionnelles de Paris.
- Cette année, ces concours ont été des plus brillants : plus de cent jeunes filles s’y sont présentées et ont donné des preuves d’un enseignement solide.
- Trente des compositions les plus remarquables, à différents titres, ont été jugées dignes d’être exposées.
- Elles figurent dans les salons de l’Union centrale, où elles sont l’objet de l’attention et des éloges des visiteurs compétents..
- Les quatre premiers prix ont été décernés à Relies marie L arsonneur, Lucie Mesni, Jeanne Lapointe et Berthe Desmurs, toutes quatre élèves de l’école professionnelle de la rue de Laval.
- BREVETS D’INVENTION.
- Schreiber. — Moteur pour la commande des uiachines à coudre et autres petites machines industrielles (add. à 119803).
- Schroeder. — Superstructure en fer pour chemins de fer (120472).
- Scotellari et Verryck. — Appareil photographique obturateur sensible (120422).
- Scott— Perfectionnements dans les appareils P°ur fondre l’acier, métal homogène ou c°uverti (add. à 118539).
- Sêbilie— Fabrication de pavés de composition et de formes spéciales (120486).
- de refroidissement, élevant ou abaissant de quelques degrés la température de l’air d’arrivée ; il est certain que cette quantité de calories positives ou négatives doit donner lieu à une économie dans le fonctionnement des appareils.
- En été l’air sera toujours remarquablement frais, et en hiver son réchauffement sera plus rapide et plus économique. A quelque source d’ailleurs que l’on s’approvisionne d’air pur, celui-ci sera pris par l’organe de propulsion et lancé vers la voûte de la grande salle par une cheminée dite d’introduction.
- L’air passant au travers de la calotte sphérique centrale, ouverte dans la voûte, descendra progressivement jusqu’au sol, d’où il s’écoulera par les 5000 bouches, qui seront ramifiées entre elles par séries progressives, et la somme totale de l’air qu’elles débitent sera appelé par un second organe d’entraînement mécanique, pour être enfin jeté dans la troisième cheminée, dite d’évacuation. Celle-ci communiquera avec la lanterne centrale qui surmonte le comble de la grande salle, et l’air impur sortira très-loin de la prise d’alimentation, ce qui est une condition essentielle à remplir. D’après ces dispositions, on voit qu’il est fait usage de deux organes mécaniques, l’un qui souffle l’air par la grande voûte, l’autre qui l’aspire par le sol; la raison d’être de cette double action, tient à quelques considérations qu’il est utile d’exposer.
- Le parcours de l’air de ventilation dans les conduits, comme aussi les coudes qui ramifient ces derniers, donnent lieu à des frottements de diverses natures, ce qui nécessite une pression effective assez considérable pour déterminer le mouvement de l’air.
- Les expériences d’Aubuisson nous fournissent une formule qui nous permet de calculer cette pression.
- Si on désigne par P la pression de l’air en hauteur d’eau, par l la longueur des conduits, D leur diamètre moyen et v la vitesse de l’air, on aura :
- P = 0,000003 v*,
- remplaçant ces diverses lettres par leur valeur numérique, on obtient :
- 500
- P = 0,000003 42 — o®,0032.
- O
- Mais la pression nécessaire à la marche de l’air,*sans tenir compte des frottements, sera donnée par la formule
- v = y//'igh ou bien v=\/// %gx-•
- en transformant la hauteur h en air en hauteur d’eau x et en considérant que lm,30 représente la densité de l’air par rapport à l’eau pesant 1000.
- En replaçant les lettres par leur valeur, et élevant au carré, on a :
- 42 = 2 g x 4^-, d’où x = 0m,001.
- lyOU
- Cette pression due à la marche de l’air, jointe à celle nécessaire pour vaincre les frottements, porte donc le total de la pression à 0,0042.
- Pour tenir compte des divers obstacles non soumis aux calculs, nous avons cru devoir prendre, comme base d’élévation pratique, une pression de 6 millimètres d’eau; or une telle pression, qui équivaut à 6 kilogrammes par mètre carré, rendrait très-incommode l’ouverture et la fermeture des portes; de plus elle créerait une sortie anormale sensible de l’air, par les joints des grandes baies de la salle. C’est pourquoi cette pression a été décomposée en deux : en une pression positive de 3 millimètres d’eau environ, pression positive donnée par l’organe de propulsion, et en une pression négative de 3 milli-
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- mètres d’eau donnée par l’organe d’aspiration, cela étant obtenu en réglant les vitesses relatives de marche des deux appareils de propulsion et d’aspiration.
- Nous avons dit qu’il y aurait autant de bouches d’évacuation qu’il y aurait de spectateurs. La disposition de ces bouches a fait l’objet d’une étude particulière.
- On sait que les bouches ouvertes sur le parquet ont le grave inconvénient d’accumuler dans les conduits des poussières, qui en diminuent assez rapidement la section ; d’autre part, les vêtements de femmes devaient faire craindre qu’un grand nombre de bouches ouvertes sous le parquet fussent obstruées et sans effet utile. Il a semblé, par conséquent, devoir être remédié à ces divers inconvénients, en plaçant près de chaque siège un tube vertical percé en plusieurs points de sa longueur, et pouvant permettre l’aspiration de l’air à des hauteurs différentes, suivant les cas particuliers qui devaient se présenter à chaque place; c’est ainsi que l’espace triangulaire laissé entre deux retours opposés de dossiers de sièges a été utilisé pour y placer le tube de ventilation nécessaire h chaque place.
- Les ramifications sous le parquet, des diverses places entre elles, ont donné lieu à une disposition toute nouvelle, qui a eu pour objet d’égaliser aussi exactement que possible, entre toutes les places, la somme des frottements dans les divers points de la canalisation. Le principe de leur tracé consiste à faire parcourir à l’air qui sort de chacune des places, une somme de longueur toujours égale. Le plan ci-joint indique comment le problème a été résolu. On voit que les places situées près de l’organe d’aspiration ne sont pas ramifiées directement au conduit principal, mais s’en vont chercher au contraire leur point de jonction à un point moyen, sorte de centre de gravité de la surface générale du parquet ou des loges.
- Il nous reste, pour terminer cette étude, à examiner un dernier point des plus importants : quelle doit être la nature et la forme de chacun des deux organes d’aspiration et de propulsion de l’air?
- Après avoir étudié les divers ventilateurs en usage dans les mines, M. Bour-dais a été convaincu que le bruit relativement considérable produit par leur mouvement rendait leur usage impossible dans la salle du Trocadéro; par ailleurs leur rendement, sauf des cas très-exceptionnels, était loin de pouvoir donner une grande satisfaction.
- M. Ser, professeur à l’Ecole centrale, a fait usage pour l’hôpital de Ménil-montant d’une hélice qui lui a donné des résultats tout à fait remarquables.
- MM. Geneste et Herscher furent chargés d’examiner l’ensemble du projet ainsi établi, et de faire à l’administration supérieure des propositions de prix pour l’établissement de son ensemble. La série de leurs expériences, ayant donné des résultats satisfaisants, il en résulte que deux grandes hélices alimenteront d’air pur les 5.000 spectateurs, et chacun d’eux, à raison de 40 mètres cubes par heure. L’air arrivera par le haut de la salle, frais en été, chaud en hiver, descendra uniformément jusqu’au sol, et sera évacué par 5.000 bouches égales, réparties sur la surface du sol. Cet air vicié sera aspiré par deux autres hélices semblables aux premières et expulsé loin des orifices d’aspiration.
- (Bulletin de la Société des Ingénieurs civils. — Extrait.)
- Sénéchal. — Machine mobile à rincer les bouteilles (120524).
- Servais et Feltgen. —.Emploi combiné de la vapeur d’eau et autres matières à l’épuration des fontes et à la fabrication du fer et de l’acier (120482).
- Sheppard (les sieurs). — Appareil pour chauffer l’eau à l’aide de la vapeur (120469).
- Siemroth. — Système de parquet mobile (120389).
- Société anonyme des verreries de Lourches. — Moule à piquer les bouteilles (add. à 115346).
- Stephenson et autres. — Perfectionnements dans les moyens ou appareils servant à peigner la laine et autres matières fibreuses (120535).
- Stowe. — Perfectionnements dans les métiers à tisser les tuyaux pour pompes à incendie, etc. (120454).
- Studer. — Système de longrine pour voies ferrées métalliques (120374).
- Siveanor. — Perfectionnements dans les cors d'alarmes et autres mécanismes à signaux émettant des sons (120464).
- Taddei. — Four locomobile à action continue ou intermittente pour cuire le pain ou d'autres matières (120445).
- Thirion.— Système de toiture (add. à 115277).
- Tissot. — Presse-filtre continue à jus de betteraves, huiles, cidres, raisins, etc. (add. à 114348).
- Treutler. — Désoxygénation de l’air atmosphérique (120361).
- Vachette frères. — Perfectionnements dans la fabrication des serrures (120448).
- Vivian. — Perfectionnements dans les machines à vapeur (120526).
- Foss. — Instruments à réflexion pour mesurer les hauteurs célestes (120432).
- Waller. — Savon ou composé propre à laver et nettoyer (1205J 4).
- Weston. — Appareil pour allumer et éteindre les becs ou lanternes, etc. (120394).
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SÀILLARD.
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- N° 19. — 11 Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
- Ce 'SLcdjntflogiete
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- SOMMAIRE.
- Note sur la fluorescéine et sur l’éosine, par M. Cahours.— Sur la fabrication des couleurs inoffensives pour la peinture des jouets d'enfant, par M. Eug. Turpin. — Extraction directe du fer ou de l’acier des minerais, procédé Dupuy. — Transformation sans fusion de la fonte, du fer, du métal Bessemeret de l’acier Martin en acier fin, par M. Yallod.— Un nouvel acier doux. — Applications de la pression atmosphérique à l’élévation des minerais hors des puits de mines, par M. Manchet. — Machines à vapeur destinées h faire le service hydraulique du Trocadéro et de l’Exposition, construites par M. Le Brun. — Un nouvel appareil de sûreté pour les ascenseurs, par M. Vanhymbeeck. — Ponts à piles tubulaires en fonte, par M. C. Reiche.
- CHRONIQUE.
- Sur l'origine du porte-voix.
- Il paraît que M. Edison, que l’on pourrait surnommer, sans l’offenser, l’inventeur à jet continu, vient de trouver la disposition d’un instrument qui, malgré vents et marées, porterait la voix humaine à plus de dix kilomètres. Sur quels principes de la physique repose cette nouvelle invention ? Quelle est la théorie de l’aérophone de M. Edison ? Nous n’en savons rien encore.
- Cependant, nous avons pensé être agréable a nos lecteurs, en leur rappelant ce qui a été fait précédemment dans le même ordre d’idées.
- La force ou l’intensité d’un son est déter ^inée par la violence du mouvement qui 1 Produit et tout ce qui parvient à l’oreill dépend toujours de la nature du milieu 01 SOn se propage. Pour augmenter la porté de la voix, on fait usage, depuis longtemps d un instrument composé d’une embouchur Çui s’applique sur la bouche et qui est ter nilna par un pavillon évasé. On a donné à ce uistrument le nom de porte-voix; en anglais sPeaking-trumpet (trompette parlante). Oi s en sert, en mer, pour se faire entendre à uni grande distance.
- Le porte-voix a été inventé par le chevalie amuel Borland, qui rendit témoin de sei
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Note sur la fluorescéine et sur l'êosine, par M. Cahours.
- M. Ad. Bœyer a fait voir, dans un travail des plus intéressants, qu’il a produit, par l’action réciproque de l’acide phtalique et des phénols mono-, di- et tri-atomiques, des matières colorantes cristallines ou amorphes dont la teinture tire un parti fort avantageux. La formation de ces produits auxquels il a donné le nom de phtaléines. est accompagnée de l’élimination d’une, de deux ou de trois molécules d’eau, suivant que le phénol mis en expérience est mono-, di- ou tri-atomique.
- Je me bornerai k donner ici une description très-sommaire de l’une de ces matières, la fluorescéine, ainsi que de son dérivé brômé, Yéosine.
- La fluorescéine qui tire son nom de la belle fluorescence verte el tout à fait caractéristique que possède sa dissolution ammoniacale, s’obtient lorsqu’on fait agir à chaud l’anhydride phtalique sur la résorcine, phénol diatomique. Le produit de la réaction dissous dans l'alcool s’en sépare, lorsqu’on y ajoute de l’eau, sous la forme d’un précipité jaune floconneux. Celte matière teint la soie et la laine en jaune sans l’intervention d’aucun mordant. .Traitée par l’ammoniaque et la poudre de zinc, elle se transforme par hydrogénation en une matière incolore, la fluorescéine. La solution aqueuse très-étendue de cette dernière devient d’un vert opaque par réflexion, lorsqu’on lui ajoute quelques gouttes d'une solution de permanganate de potasse, par suite de la régénération delà fluorescéine.
- La formation de la fluorescéine s’explique facilement au moyen de l’équation suivante :
- C1C H4 0° + 2 (C12 H6 O4) = 2 H2 O2 -j- C40 H12 O10
- Anhydride Résorcine. Eau. Fluorescéine,
- phtalique.
- L'éosine, qui tire son nom du mot grec (aurore) est le dérivé tétrabromé de la fluorescéine. Sa composition est par suite représentée par la formule :
- C10H8Br4O,°
- On l’obtient très-facilement en ajoutant du brome goutte à goutte k la solution acétique de la fluorescéifie. Elle se sépare de cette liqueur par addition d’eau sous la forme d’une poudre rougeâtre présentant en certains points des surfaces d’un beau vert k reflets métalliques; l’alcool et l’éther la dissolvent ainsi que l’acide acétique cristallisable. Elle se sépare de cette dernière dissolution sous la forme de prismes assez nets.
- L’éosine est un acide bibasique assez énergique. Elle forme avec la potasse, la soude, la chaux et la baryte des combinaisons cristallisées, cette dernière se sépare en beaux cristaux.
- Les sels de plomb et d’argent sont amorphes. Elle se dissout dans l’ammoniaque ainsi que dans les lessives étendues de potasse et de soude, en produisant une coloration d’un beau rouge grenat.
- On peut remplacer, soit dans la fluorescéine, soit dans l’éosine, une ou plusieurs molécules d’hydrogène, soit par de la vapeur nitreuse, soit par des
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- radicaux d’alcools ou d’acides. Les produits de substitution ainsi obtenus, qui sont tous colorés, pourront peut-être aussi trouver d’utiles applications dans la teinture.
- [Journal d'hygiène).
- Sur la fabrication des couleurs inoffensives pour la peinture des jouets d'enfant,
- par M. Eug. Turpin.
- Jusqu’à ces derniers temps, les jouets d’enfant, quelle que fût leur nature, ont toujours été peints avec des substances éminemment délétères, telles que l’arsénite de cuivre, le minium, la mine orange, la céruse, le sulfure de mercure (vermillon) et lechromate de plomb.
- Toutes ces belles couleurs, vertes, jaunes, orangées, etc., sont demandées à des agents toxiques, et l’on peut même ajouter qu’ils sont prodigués sans mesure sur tous les jouets d’enfants. Effectivement il n’en existe aucun sur lesquels l’on ne rencontre des poisons sous la forme de peintures, qui sont même le plus souvent à l’eau, sur les joujoux en bois ou en carton.
- L’industrie des jouets, qui fait à Paris la base d’un commerce très-important, vient encore d’être considérablement accrue par la fabrication des jouets en caoutchouc, et, malgré que cette dernière soit encore dans l’enfance, elle est représentée sur le marché par des objets et spécimens remarquablement beaux.
- Les jouets en caoutchouc prennent chaque jour une extension nouvelle par cela même que leur souplesse les rend moins aptes à blesser les enfants, comme cela se présentait sans cesse pour les jouets en métal et en bois; ces derniers devenant par leur rigidité une cause permanente d’accidents graves.
- Au point de vue de la décoration, les jouets en caoutchouc offraient des difficultés réelles, car leur souplesse, l’imperméabilité de la matière et la richesse du coloris exigent l’emploi de couleurs solides qui ne peuvent être préparées qu’à l’huile ou au vernis gras.
- M. le professeur Chevalier, dans un rapport lu à l’Académie de médecine (20 juin 1861) et dans une note publiée en 1874, dans les Annales d'hygiène, avait examiné la question de savoir quels seraient les moyens pratiques les plus certains pour appliquer sur les jouets en bois ou en métal, ces couleurs vénéneuses de manière à ce qu’elles ne nuisent pas ou qu’elles nuisent le moins possible à la santé des enfants. D’ordinaire ces derniers les portent à la bouche et les sucent parfois, imprégnant ainsi leur salive d’une substance toxique.
- Dans l’état de la science à cette époque, ces couleurs ne pouvant être remplacées, le Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine avait sagement conseillé de recouvrir sur les susdits jouets en bois, en carton ou en métal, la couche de peinture à la colle d’un vernis gras préservatif, exempt de tout danger.
- C’était là évidemment un progrès réel, mais la substance toxique n’en existait pas moins encore sur le jouet lui-même. Parfois, aussi, le vernis gras ne recouvrait pas exactement la couche de peinture dans quelques interstices.
- On ne connaissait, d’ailleurs, aucun rouge ou orangé inoffensif pouvant remplacer les rouges ou orangés vénéneux.
- premières expériences, Charles II, roi d’Angleterre, en portant la parole, sur les côtes de Deal, à une distance de plus de 4 kilomètres. L’appareil employé était en forme de cône de lm,68 de longueur, dont les deux ouvertures avaient respectivement 5 et 53 centimètres de diamètre.
- S’il faut en croire les écrits d’un savant jésuite, le père Ànathase Kir cher, Alexandre-le-Grand appelait ses soldats à une distance de cent stades (18 kilomètres), au moyen d’un tube acoustique dont le diamètre de l’anneau était de cinq coudées (2m,40).
- Depuis la première application du porte-voix du chevalier Morland, on a construit des instruments similaires de toutes les formes : en forme d’hyperboloïde, de paraboloïde, etc. On a essayé de faire des instruments avec une embouchure en forme d’ellipsoïde et un pavillon en forme de paraboloïde.
- Il est probable que le renforcement des sons, par tous ces systèmes, est dû à la réflexion intérieure des ondes sonores, comme le disent les traités de physique qui admettent, en principe, que le but d’un instrument, tel que le porte-voix, est de rendre les rayons sonores parallèles à l’axe du tube. Mais, les faits observés viennent renverser cette théorie. Le pavillon contribue-t-il d’une manière évidente au renforcement des sons ? Les uns disent oui, les autres disent non. Où est la vérité ?
- Il résulte, cependant, d’observations sérieuses, que le renforcement du son dépend uniquement de la forme géométrique de la colonne d’air d’où part la première impulsion. Comment cette influence s’exerce-t-elle? Tel est le problème à résoudre et sur la solution duquel les physiciens sont loin d’être d’accord.
- On sait seulement que le tube du porte-voix contient les ondes sonores, les empêche de se disperser trop tôt en tous sens et leur permet de se consolider. On ne saurait, pour le moment, en dire plus long.
- Nous attendons donc, avec une très-légitime impatience, la théorie de VAérophone de M. Edison ; peut-être viendra-t-elle donner la solution d’un des problèmes les plus intéressants de la physique.
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- N° 19. — II Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
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- EXPOSITION.
- Exposition de l'administration pénitentiaire.
- L’administration pénitentiaire expose au palais du Champ-de-Mars nombre d’objets qui attireront certainement l’attention des visiteurs.
- 1° Un tableau d’un mètre carré de surface contenant les renseignements administratifs suivants : composition du personnel ; nomenclature des établissements de 'répression; total de la population de ces établissements ; son genre; les régimes alimentaire et disciplinaire; l’organisation du travail; le produit du travail.
- 2° Les wagons et voitures cellulaires ; les costumes des forçats en France et aux colonies; chaînes et menottes et tous les engins employés pour empêcher les évasions des détenus.
- 3° Les uniformes des gardiens et des gardes-chiourmes, le matériel des prisons, les ustensiles dont les détenus se servent, les vêtements des prisonniers.
- 4° Les documents : statistique pénitentiaire depuis 1851 jusqu’en 1874 (la statistique de 1875 ne sera terminée qu’au mois de juin prochain et sera ajoutée à cette époque) ; mouvements des détenus, leur instruction; — enquête parlementaire commencée le 29 avril 1872, terminée le 18 mars 1873; — exposé des mesures à prendre, des améliorations apportées ; — dispositions à prendre.
- 5° Travaux du conseil supérieur des prisons.
- 6° Le bulletin de la Société générale des prisons, fondée en 1877, par M. Dufaurè.
- 7° Les exemplaires des ouvrages des bibliothèques des prisons.
- 8° Les documents du congrès international de Londres relatif au régime pénitentiaire, Parus du 3 au 13 juillet 1872.
- 9° Les codes, ordonnances et décrets concernant les maisons d’arrêt depuis 1672 jus-hu’à nos jours.
- 10° Enfin les établissements de Casabianca, Casteluccio et Chaviari, exécutés en relief Par les détenus de ces pénitenciers.
- Les blancs employés avaient pour base la céruse, les bleus contenaient souvent du cuivre, et les verts se trouvaient constitués par un arsénite de cuivre ou par un mélange de chromate de plomb et de bleu de Prusse.
- Sur les jouets en caoutchouc, les conditions ne se trouvent plus les mêmes; le vernis gras est insuffisant pour annihiler l’effet de substances aussi délétères et les couches de peinture se détachent de leur surface et des interstices avec la plus grande facilité. Ce résultat est la conséquence naturelle de la souplesse, de l’élasticité, de l’imperméabilité et de l’extensibilité du caoutchouc vulcanisé.
- En outre, par les mouvements répétés et l’usage journalier, la peinture s’écaille, se pulvérise et se détache à l’état de poussière plus ou moins fine, que l’enfant peut absorber aisément, et qu’il absorbe inévitablement.
- De là, la nécessité de peindre à l’huile, et de là aussi la nécessité de remplacer tous les principes toxiques employés jusqu’ici, et qui pouvaient jusqu’à un certain point être considérés comme étant sans dangers sur les autres genres de jouets, lorsque les couleurs vénéneuses étaient recouvertes d’un vernis gras.
- A la suite d’une obsentation attentive et de recherches persévérantes, M. Eug. Turpin a eu la bonne chance de signaler ces nouvelles causes spéciales de danger, et de découvrir en même temps les conditions qui révélaient la solution pratique du problème à savoir : appliquer sur le caoutchouc des couleurs à l’huile complètement inoffensives.
- Les obstacles sérieux et les difficultés sans nombre ont été surmontés par une série de recherches et d’essais aussi ingénieux que précis.
- Parmi les couleurs inoffensives déjà connues, quelques-unes seulement pouvaient être employées à l’huile. Toutes les principales, le rouge, l'orangé, le jaune-orangé, etc., manquaient absolument.
- C’est à l’éosine et à la fluorescéine que M. Turpin a demandé l’importante solution; moyennant leur emploi et leur combinaison variée, il a pu reproduire toutes les colorations rouges, oranges, jaunes, etc., indispensables pour remplacer les vermillons de mercure, les minium et mine-oranges de plomb, et les chromâtes de plomb.
- En résumé, M. Turpin, a non-seulement inventé et trouvé de nouvelles couleurs, mais il a fait connaître des produits parfaitement inoffensifs pouvant remplacer dans une peinture .à l’huile des couleurs jusqu’ici chargées de substances toxiques. Il a réussi, à l’aide de ces produits nouveaux et de divers autres, à reproduire approximativement avec des couleurs sans traces de poison, la table chromatique de M. Chevreul. Finalement, il a composé une série de tubes représentant les 72 couleurs génératrices non dégradées.
- Grâce à ces travaux, il nous est permis de constater avec la plus grande satisfaction que les jouets en caoutchouc vulcanisé seront désormais les plus inoffensifs de tous les jouets mis dans les mains des enfants même en bas âge.
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- N° 19. — 11 Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Extraction directe du fer ou de l’acier des minerais, procédé Dupuy.
- Le procédé Dupuy est une nouvelle application du passage des gaz réducteurs à travers les parois métalliques rougies.
- Le minerai est placé avec le flux ou fondant convenable, dans l’espace annulaire que laissent entre eux deux cylindres concentriques en tôle, de diamètres différents. Sur la sole d’un four à réverbère est placé un disque en tôle de 0m,38 de diamètre, sur lequel est posé un cylindre en tôle de même diamètre et d’environ 0m,32 de hauteur, contenant lui-même un deuxième cylindre concentrique en tôle de même hauteur, mais de 0m,15 de diamètre. Dans cet espace annulaire de 0m,23, on place le minerai pulvérisé et mélangé en proportion convenable avec du charbon et du flux; l’espace annulaire rempli est recouvert d’une rondelle en tôle. Le creuset en tôle reçoit la chaleur intérieurement et extérieurement, les réactions s’opèrent rapidement ; le laitier le plus fusible coule en entraînant la majeure partie du phosphore; l’oxygène du minerai se combine avec le charbon. Quand la réduction paraît complète, on porte tout le creuset, qui est à l’état pâteux, sous un pilon ou un squeezer et on le lamine en fer brut ou acier puddlé, suivant la dose du carbone introduit dans le minerai. Ce procédé; d’après son auteur, est excellent pour traiter les vieux riblons, qui perdent par les procédés ordinaires de 15 à 20 pour cent de leur poids, tandis que M. Dupuy prétend en retirer presque la totalité du poids employé.
- Voici des données numériques intéressantes relatives au procédé Dupuy. Dans un four à réverbère on a placé 35 creusets de tôle contenant du minerai de fer du Lac supérieur à 67 pour cent de fer, la- réduction a duré de 6 à 7 heures, on a fait trois charges par 24 heures rendant 12,000 kilogrammes de fer en barre.
- Le prix de revient d’une tonne de fer en barre se décompose ainsi :
- 1.730 kilogram. de minerai riche; 2.730 kilogram. de minerai impur. 31.80
- 600 kilogrammes anthracite en poussière........................ 3 73
- Pulvérisation, mélange, remplissage................................ 3.23
- Houille à gazogène...............................................10 30
- Creusets, 90 kilogrammes de tôle rebuts et façon.................30.13
- Main-d’œuvre..................................................... 5 23
- Flux............................................................. 2.60
- Martelage et laminage............................................ S 25
- Total................94.35
- Les sidérurgistes s’occupent depuis quelque temps de la production directe du fer et de l’acier sans passer préalablement par l’état de fonte. C’est un retour rationnel vers la méthode catalane perfectionnée.
- 1 Les voyageurs sur la ligne Paris-Lyon-Méditerranée.
- Au dire des journaux de Marseille, l’ouverture de l’Exposition rend le nombre des voyageurs pour Paris considérable. Tous les jours le train rapide venant de Nice amène à Marseille une grande quantité de voyageurs se rendant à Paris. C’est au point que le rapide qui part de Marseille à 4 heures 50 minutes ne suffît pas. La compagnie du chemin de fer, ne pouvant augmenter le nombre de wagons de ce train, est obligée, chaque jour, de former un train spécial qui part derrière le rapide et arrive à Paris en même temps que lui.
- VARIÉTÉS.
- Deux nouveaux ponts sur la Seine.
- On vient de commencer les travaux nécessaires pour la construction de deux ponts qui doivent être élevés sur la Seine à l’extrémité ouest de l’île Saint-Denis, entre le territoire de Gennevilliers et celui d’Epinay. Ces ponts abrégeront notablement le parcours entre Paris et la vallée de Montmorency.
- Le téléphone au Japon.
- Le téléphone vient d’être adopté par le gouvernement japonais. Le Japon Herald rapporte que des expériences ont eu lieu récemment, avec l’appareil du docteur Bell, entre Yokohama et Tokio, en présence de l’empereur et de l’impératrice et de M. Ito, ministre des travaux publics.
- Les résultats ayant été très-satisfaisants, le mikado a fait acheter un grand nombre d’instruments téléphoniques afin de mettre son palais en communication avec les différentes administrations de la capitale. Il est question d’en installer également dans les principales villes du Japon.
- Le théâtre de Van Brugh.
- Van Brugh est. un des vieux dramaturges anglais du xvne siècle, contemporain de Con-grève; moins raffiné que ce dernier, il peint d’une main vigoureuse et avec une verve
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- N» 19. — 11 Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
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- brutale les défauts et les vices* de la société anglaise. De même que Sedaine avait commencé par être tailleur de pierres, Van Brugh débuta par l’architecture.
- Arrivé au point le plus brillant de sa carrière littéraire, il se souvint probablement de son premier métier, et, rêvant d’associer ses talents d’architecte et de poète dramatique, il dressa le plan d’une scène très-vaste où l’on ne jouerait que ses pièces etcelles de Con-grève : puis il réunit des souscripteurs et fit bâtir son théâtre. Malheureusement l’œuvre une fois finie se trouva gâtée par un défaut d’acoustique si prononcé que la voix des acteurs se perdait dans l’étendue de l’édifice. Van Brugh eut beau se mettre en frais de verve et d’invention, donner à son nouveau théâtre la plus charmante de ses comédies ; l’architecte menaçant d’étouffer en lui l’auteur dramatique, il fut contraint de renoncer à sa grandiose entreprise. Il serait intéressant de savoir si Wagner connaissait cette histoire lorsqu’il fit construire son théâtre de Bav-reuth.
- Les mines d'or du district de Wynaad.
- Les mines d’or du district de Wynaad, dans l’Inde méridionale, dont l’exploitation a commencé il y a quelques mois en promettant de devenir une des industries importantes des possessions anglaises, ne constituent pas le seul dépôt aurifère d’une valeur considérable qui soit exploité dans l'Inde. Les mines d’or de Colar, dans le Mysore, sont les plus anciennes et les plus étendues qui existent en ce pays. Les roches de quartz aurifère y ont, dit-on, une étendue de vingt milles de long, et passent pour être d’une extrême richesse.
- Suivant la tradition, Hyder Ali et Tippo-Saib ont exploité ces mines d’or, et, dès 1293, un général au service de l’empereur de Delhi, envahit le pays de Mysore et en rapporta une immense quantité d’or, qu’il se Procura dans le district des mines que l’on vient d’ouvrir.
- Ces mines sont situées à une élévation de 3.800 pieds au-dessus du niveau de la mer; ie climat y est très-sain. Il existe une station du chemin de fer de Madras à une distance 12 milles, de sorte que le transport du Matériel nécessaire peut s’effectuer sans difficulté.
- Jusqu’à présent, on n’avait trouvé l’or dans l’Inde qu’en quantités limitées, quoi-fiu on en rencontre dans beaucoup de parties
- Transformation sans fusion de la fonte, du fer, du métal Bessemer et de l'acier
- Martin, en acier fin,
- par M. Vallod.
- L’invention dont il s’agit ici a pour objet l’utilisation des gaz produits dans les fours Ponsard, Siemens et Muller, à la transformation, avec ou sans fusion, de l’acier de puddlage en acier fin, à la cémentation du fer et à la décarburation des lingots de fonte ou de fontes moulées.
- Pour la transformation du métal Bessemer en véritable acier, on emploie les gaz produits par les fours plus haut désignés ou autres fours gazogènes. Une partie de ces gaz, en brûlant, sert à chauffer exclusivement les boîtes à cément enfermées dans des cornues; l’autre partie, non enflammée, passe sur des lingots chauffés de 600 â 700 degrés.
- On peut aussi faire passer une partie de l’air chaud dans une cornue chauffée au rouge et contenant du charbon. L’oxyde de carbone et l’acide carbonique obtenus, après avoir passé sur le métal Bessemer, retournent soit dans le foyer, soit dans un gazomètre.
- Quand les dimensions des barres et des lingots exigent une opération continue, on remplace les combustibles ordinaires par du coke, sur lequel on laisse tomber un hydrocarbure, qui, par sa décomposition, donne des gaz hydrocarburés. On pourrait obtenir le même résultat en injectant de la vapeur d’eau sous la grille du gazogène.
- Si c’est la fonte en lingots ou en pièces moulées que l’on désire décarburer, on décape d’abord, puis on la met dans les compartiments où l’on place les boîtes à céments, puis on met du carbonate de chaux dans une des cornues chauffées par le gaz : on détermine ainsi un dégagement d’acide carbonique. Celui-ci, passant sur les pièces fondues et chauffées, passe à l’état d’oxyde de carbone : la fonte perd ainsi un équivalent de carbone. Enfin ces mêmes gaz, passant ensuite sur des lingots de métal Bessemer dans un autre compartiment du four, les transforment en véritable acier sans le concours de la fusion.
- Un nouvel acier doux.
- Chacun sait que le chrome est un métal d’une dureté extrême, qui raye même l’acier trempé, et nous avons plusieurs fois parlé des tentatives faites pour obtenir un acier très-dur, en ajoutant une certaine proportion de chrome soit à de l’acier ordinaire, soit à du fer. Or, on peut, paraît-il, avec ces deux métaux, obtenir un alliage très-doux qui peut même être plié à froid. Cet alliage serait formé de :
- Fer.........................................................96,40
- Chrôme.................................................. 2,30
- Carbone et silicium. ....................................... 1,30
- De plus, en fondant ensemble :
- Fonte ordinaire.............................................73 parties.
- Etain............-..........................................19,30
- Plomb.................................................... 1,30
- On obtient un alliage d’un aspect très-remarquable, malléable et se coulant avec la plus grande facilité dans les moules les plus délicats.
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- ISO £c ^edjnolaiÿiôte N» 19. —11 Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
- Nous laissons, d’ailleurs, au journal américain, dont nous tirons ces renseignements, la responsabilité de ses affirmations.
- [Chemical News.)
- Applications de la pression atmosphérique à l'élévation des minerais hors des puits de mines,
- par M. Blanchet.
- M. Blanchet, qui dirige les houillères d’Epinac (Saône-et-Loire) a imaginé d’appliquer la pression atmosphérique à l’élévation des minerais hors des puits de mine (1).
- M. Blanchet a fait établir, dans toute la longueur du puits d’Epinac, un tube en tôle ayant à peu près la disposition d’un ascenseur d’hôtel, mais de dimensions fort amplifiées, et qui est muni, de plus, d’un piston qui parcourt à frottement l’intérieur du tube comme be piston parcourt le cylindre d’une machine à vapeur. La profondeur du tube parcourue par ce piston dépasse 600 mètres, et la charge à monter est au moins de 10 tonnes.
- Le tube en tôle est garni intérieurement de quatre longrines verticales, qui s’appuient contre les parois, et qui sont destinées à guider le piston, pour l’empêcher de tourner sur lui-même, et faire que les bannes se présentent toujours en face des portes par où elles doivent sortir.
- M. Blanchet se propose d’installer, dans la mine d’Epinac, un second tube atmosphérique. Les deux cages effectueront leur mouvement en sens inverse. Le travail de la machine sera ainsi diminué dans une certaine proportion. L’air du premier tube n’ayant plus besoin d’être refoulé au dehors, en luttant contre la résistance de la pression atmosphérique, sera renvoyé dans le. second tube, où la résistance est moindre, au lieu d’y faire arriver de l’air, pour amener la descente de la cage vide. On réalisera ainsi un progrès semblable à celui que l’on obtient quand on fait l’extraction du minerai par une charge double, le poids de la cage vide qui descend étant employé à équilibrer le poids de la cage pleine qui monte.
- de ce pays, et généralement dans le sable des rivières. Il en a été extrait dans le nord-ouest de l’Himalaya, à Chota Nagpour, Assam, Singapore, la vallée de Godavery et quelques autres lieux. Dans le Punjab, on ne peut pas obtenir pour plus de trois ou quatre annas de ce métal pour le lavage d’une journée entière. La grande quantité d’or, sous forme d’ornements personnels, que possèdent les indigènes de toutes les classes, montre quelle somme de travail doit s’être accumulée dans ces mines, ou bien il faut qu’elles aient été autrefois plus productives qu’elles ne le sont aujourd’hui.
- Expédition hollandaise au pôle nord.
- On annonce d’Amsterdam que les préparatifs de la nouvelle expédition au pôle nord sont presque terminés. Le Wilhem-Barendsz, ainsi nommé en l’honneur du premier hollandais qui entreprit une semblable expédition à la fin du xvie siècle, a été lancé, il y a quelques jours. Il prendra la mer dans le courant de mai. C’est un schooner, de 80 tonneaux seulement, construit en chêne et muni à l’avant et à l’arrière d’une armure de fer. Il est uniquement destiné à recevoir des passagers et n’a pas de cale. L’équipage sera commandé par le lieutenant de Bruyne qui aura, sous ses ordres, deux sous-lieute-n|mts de la marine hollandaise, deux pilotes, deux marins ayant l’expérience de la pêche du hareng, et un contre-maître.
- Il y aura à bord, un naturaliste, et l’offre de M. Grant, habile photographe anglais, de se joindre à l’expédition, a été acceptée.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Machines à vapeur destinées à faire le service hydraulique du Trocadéro ’ . et de l'Exposition,
- construites par M. Le Brun.
- M. Le Brun est un des constructeurs spéciaux les mieux connus pour l’établissement des services d’eau. Il était donc tout naturel qu’il fût appelé à fournir les appareils nécessaires au service hydraulique de l’Exposition universelle de 1878.
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. II, page 103
- La Revue magnétique.
- Nous apprenons qu’un nouveau journal qui se publiera sous le titre de Revue magnétique a paru le 16 avril. En attendant le succès de cette nouvelle publication que nous croyons appelée à un grand avenir, car le magnétisme est aujourd’hui à la mode, nous souhaitons la bienvenue à son directeur M. H. Durville.
- Les eaux potables à Saint-Pétersbourg.
- L’impureté de l’eau est une des causes les plus importantes du chiffre énorme de la mortalité à Saint-Pétersbourg. C’est ainsi que
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- €e tLeclinolcHjiôte
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- dernièrement la Commission chargée par la municipalité urbaine de faire l’analyse des eaux de la ville, y découvrit des quantités considérables de plomb. Les eaux mêmes ont une couleur blanchâtre qui dénote leur mauvaise qualité. Si Top veut bien se rappeler que toutes les recherches qui ont été faites jusqu’ici sur l’influence des eaux renfermant du plomb, ont démontré que des doses même minimes de ce métal, suffisent pour rendre une eau toxique, on se représentera aisément l’émotion causée par cette découverte.
- Nous regrettons d’avoir à constater que les filtres ont été remplacés par des grilles, à mailles assez larges pour permettre aux poissons de s’engager dans les canaux conducteurs et de venir mourir jusque dans les réservoirs particuliers des maisons. La décomposition putride de ces poissons est encore une des causes qui contribuent le plus efficacement à corrompre les eaux, naturellement si pures, de la Neva, qui alimentent Saint-Pétersbourg. Nous espérons que la municipalité prendra des mesures pour supprimer cette cause d’insalubrité de la capitale russe.
- STATISTIQUE.
- La population de Paris à diverses époques.
- On a fait, à la fin de l’année 187G, le recensement de la population de Paris. Il n’est pas sans intérêt de rappeler à ce propos quelle fut, aux grandes époques de notre histoire, la population de la capitale.
- Au xvie siècle on comptait. .
- Sous Henri II,...............
- Sous Louis XIV...............
- Sous Louis XV (1719).........
- Sous Louis XVI (1778). . . . Sous la République (1798). . Sous le premier Empire (1802). Sous la Restauration (1817). . Sous Louis-Philippe (1836). .
- En 1846......................
- Sous le second Empire (1836). Après l’annexion de la banlieue (1861).................
- En 1872......................
- En 1876......................
- 120.000 habit 210.000 — 492.000 — 509.640 — 670.000 — 640.000 — 672.000 — 713.966 — 909.126 — 1.053.897 -1.174.846 —
- 1.667.841 — 1.851.792 — 1.987.748 —
- Comme on le voit, la population a été en s’accroissant, mais il faut bien reconnaître qu’à certaines époques il y a eu un ralentissement dans cet accroissement, et même une
- Son installation se compose de deux machines horizontales jumelles actionnant un seul arbre sur lequel est monté un volant de grand diamètre.
- f Ghacune des machines comporte une pompe élévatoire à double effet, une pompe alimentaire, un condenseur et une pompe à air, de sorte que l’une d’elles peut fonctionner indépendamment de l’autre, ce qui permet de ne pas interrompre le service, lors même que l’une des machines serait en réparation.
- Dans chacune des machines, la traverse du piston à vapeur est reliée par deux petites bielles à un balancier double en fer forgé, qui actionne, par l’intermédiaire de deux bielles, les pistons de la pompe élévatoire et celui de la pompe à air du condenseur.
- Sur la tige du piston de la pompe à air est fixée une traverse en* fer qui porte et fait mouvoir les plongeurs de la pompe alimentaire et celui d’une pompe destinée à envoyer de l’air dans le récipient de refoulement des pompes élévatoires.
- Les cylindres à vapeur sont munis d’une enveloppe en fonte dans laquelle circule la vapeur avant de se rendre dans la boîte des tiroirs.
- La distribution est du système Meyer à détente variable à la main.
- Les pistons des pompes élévatoires sont composés d’une rondelle centrale en gutta-percha; les chapelles présentent de très-grandes sections pour le passage de l’eau qui, dans tout son parcours, n’a qu’une très-faible vitesse.
- Les clapets d’aspiration et de refoulement sont composés de rondelles en cuir renforcées par des plaques en fer : ils sont disposés de façon à permettre une facile circulation de l’eau.
- Les machines doivent faire 16 tours par minute et élever à l’heure 750.000 litres d’eau à 50 mètres de hauteur tant pour la grande cascade du Trocadéro que pour les besoins de l’exposition du Ghamp-de-Mars.
- Voici leurs dimensions principales :
- Diamètre du piston à vapeur.................................... 0m,700
- Course...................................................... lm,600
- Diamètre du piston de la pompe élévatoire. .1.................... 0m,520
- Course...................................................... 1“>, »
- Diamètre du volant......................................... 7m,400
- Poids du volant............................................. 15.000 kil.
- Diamètre des récipients d’air des pompes.................... lm,50
- Hauteur..................................................... 10™, 00
- Les chaudières sont du système semi-tubulaire et doivent fonctionner à la pression normale de 6 kilogrammes; leur surface de chauffe totale est de 350 mètres carrés, y compris le bouilleur réchauffeur.
- Chacune d’elles porte un indicateur magnétique de niveau d’eau Lethuil-lier-Pinel et un niveau d’eau à porte-tube séparateur.
- Le poids total des machines et des chaudières avec leurs accessoires est d’environ 160.000 kilogrammes.
- Un nouvel appareil de sûreté pour les ascenseurs, par M. Vanhymbeeck.
- Nous devons à l’obligeance de M. Amouroux, le très-compétent chef de service télégraphique du Grand-Hôtel, la description d’un nouvel appareil destiné à assurer la sécurité des ascenseurs. Get appareil est l’œuvre non pas d’un ingénieur, mais de M. Vanhymbeeck, directeur du Grand-Hôtel.
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- L’ascenseur de M. Vanhymbeeck consiste en quatre vis placées verticalement à chaque angle d’un rectangle. Entre ces vis, se trouve un plancher qui porte à chacun de ses angles une noix filtrée engagée sur'la vis qui lui fait face. A la base de ces vis, est adaptée une roue satellite qui reçoit d’une roue centrale une même quantité de mouvement dans une même direction, selon que l’on imprime au plancher un mouvement ascensionnel ou descensionnel. Comme on le voit, cet ascenseur qui indique de la part de son auteur une certaine ingéniosité, paraît à la fois simple et ingénieux. Il pourrait donner à tous les systèmes d’ascenseurs connus, une sécurité incontestable.
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Ponts à piles tubulaires en fonte, par M. C. Reiche.
- La construction des piles de ponts à tuyaux en fonte, terminés à la base par une hélice coupante, est fort en usage en Angleterre; ce système est surtout utile et économiquement praticable dans les terrains mous dans lesquels il s’agit d’établir des fondations profondes; en outre, les frais d’établissement des piles à hélices peuvent être calculés d’une manière presque certaine. On a construit, il y a environ dix ans, deux ponts de ce système sur le chemin de fer du sud de la Prusse orientale. L’un près de Kœnigsberg sur le fossé des fortifications : la dépense a été de 15,625 francs, soit 7,812 francs 50 par pile, et 822 francs par mètre de hauteur. Les tubes, au nombre de 4, de 2m,04 de hauteur, de 0m,785 de diamètre et de 0m,026 d’épaisseur, sont remplis de béton : chaque pile tubulaire comprend une pièce de lm,2554 de haut avec hélice.
- Le second pont est établi au-dessus de la rivière Gablick, sur le sol d’une tourbière profonde.
- Les bouts du tube à hélice ont une longueur de lm,855, les autres tubes ont lro,883; les bouts de tubes supérieurs des piles de droite ont lm,49 ; le diamètre extérieur est 0m,785, l’épaisseur, 0m,0325. La dépense totale s'éleva à 15.250 francs; le prix moyen par mètre, était de 931 francs.
- La charge à porter par chaque pile, est de 10.900 kilogrammes, et avec la charge du train, 45.000 kilogrammes. Depuis dix ans, le pont n’a pas fléchi.
- (Glaser's Annalen.)
- diminution dans le nombre des habitants. Aujourd’hui Paris compte près de 2 millions d’habitants.
- Statistique des machines à vapeur en Alsace.
- On ne construit plus aujourd’hui, pour les ateliers, en Alsace, que des machines horizontales. Autrefois, de 1820 à 1830, on n’employait que les machines verticales de Woolf. — C’est en 1818 que Dollfus, Mieg et Ce installèrent la première machine à vapeur en Alsace. — En 1835, il y avait dans le département 55 machines, représentant environ 1.000 chevaux, la plupart à basse pression, du système Woolf.—En 1868, l’ensemble des machines à v apeur du Haut-Rhin représentait 15.293 chevaux, consommant en vapeur 12 à 10 kilog. par cheval et par heure, ce qui, avec un rendement de 7k.50 d’eau évaporée par kilogramme de houille, correspond à 1 k.25 par cheval et par heure.
- Deux types principaux étaient représentés :
- 1° Une machine à deux cylindres superposés, système Woolf, d’une disposition toute nouvelle ;
- 2° Plusieurs types du système à admission et à échappement indépendants l’un de l’autre, plus spécialement désignés sous le nom de machine Corliss.
- Les machines de ce système, très-répandues en Amérique et en Angleterre, ont été introduites à Mulhouse, vers 1867, par MM. Schlumberger et C».
- Dans cette période, un autre type a vu le jour, celui de la machine à vapeur surchauffée de M. Hirn, qui consomme 9k.298 de vapeur par heure et par cheval indiqué au frein.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD. .
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- SOMMAIRE.
- Etude sur le spectre ultra-violet, par M. A. Cornu. — Sur l’emploi du chlorure de méthyle pour la production des basses températures, par M. Vincent. — Nouveau système de chauffage des voilures de chemins de fer, des tramways et des bateaux à vapeur, par M. Èi Guitard. — Distribution à domicile du chauffage par la vapeur. — Un puits naturel de pétrole épuré. — Sur la recherche des mines de fer à l’aide de mesures magnétiques, par M. Rob. Thalèn.— Méthode de coloration du zinc. — Fabrication des clous avec de vieux rails, par M. Powell. — Mastic pour coller très-solidement le bois avec des matières d’une autre nature, par M. Elssner. — De l’alimentation des chevaux dans les grandes écuries industrielles, par M. Bixio. — Erection d’un pont au Michigan, sur la Grande-Rivière.
- CHRONIQUE.
- L'Instruction publique à l’Exposition, par M. Ch. Varey.
- Depuis plus de vingt ans que nous avons pris la plume pour la première fois, tous nos écrits viennent prouver que notre devise a été constamment : « Instruisez, instruisez, il en restera toujours quelque chose. » Aussi, dès que nous avons pu pénétrer dans le palais du Champ-du-Mars, bien avant son inauguration, nous sommes-nous préoccupé, à travers le désordre et l’encombrement de l’installation, de la place qui était réservée à l’instruction publique et quel rang nos écoles allaient occuper à l’Exposition de 1878, qui, comme ses devancières devait représenter dans sa pleine vérité le degré de savoir de toutes les nations qui viendraient y prendre part. La France— il va sans dire — nous intéressait plus particulièrement. Au point de vue de la dilfusion de l’mstruction, tant de choses restaient à faire ! Notre infériorité sur d’autres pays, moins privilégiés que nous cependant, était si frappante !
- C’est donc par les salles réservées au Ministère de l’instruction publique et aux écoles primaires que nous. commençons notre première visite à l’Exposition universelle.
- Disons-le de suite, l'instruction primaire est entrée largement dans la voie du déve-
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Etude sur le spectre ultra-violet, par M. À. Cornu.
- M. Cornu vient de faire un travail sur le spectre ultra-violet, qui n’est que la continuation du beau mémoire d’Angstrôm sur le spectre normal du soleil et son extension au-delà du spectre visuel auquel le savant suédois s’était arrêté. Il comprend toute la partie ultra-violette de ce spectre. II a divisé ce travail en deux parties : la première, qui porte sur la portion ultra-violette observable avec les spectroscopes ordinaires, a paru dans les Annales de l’Ecole normale, t. III, 1874. La deuxième partie s’étend depuis la raie O jusqu’à l’extrémité ultra-violette observable photographiquement à l’aide d’un spec-troscope dont les objectifs sont en quartz et le prisme en spath d'Islande : les raies sombres du spectre solaire sont rangées suivant l’échelle des longueurs d’onde.
- Le spectre solaire s’affaiblit et disparaît à partir d’une certaine limite et la cause de cette limitation spontanée n’est autre que l’absorption atmosphérique : il suffit, en effet, d’observer méthodiquement l’impression photographique spectrale pendant toute une journée pour reconnaître que son étendue varie dans le même sens que la hauteur du soleil au-dessus de l'horizon. L’expérience montre que le maximum d’étendue se présente entre 11 heures du matin et 1 h. 30 m. de l’après-midi. C’est à l’époque des solstices d’été qu’on obtient le maximum maximorum.
- On constate ce fait, curieux et inattendu, qu’à égalité de hauteur du soleil le spectre solaire est notablement plus intense en hiver qu’en été. Ce résultat s’explique d’une manière très-simple si l’on attribue à la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère le pouvoir absorbant qui limite le spectre ultraviolet : cette absorption (qui est la cause des raies atmosphériques dans le spectre visible) n’y paraît pas localisée sous forme de raies ou de bandes : l’action est continue et sans maxima appréciables. ^
- Sur l'emploi du chlorure de méthyle
- des basses températures,
- par M. Vincent.
- Cette substance autrefois très-chère peut s’extraire industriellement en grandes quantités et à bas prix des produits de mélasse de betterave. C’est, dans les conditions normales, un gaz qui se liquéfie sous quatre atmosphères environ de pression et peut alors être conservé dans des vases de cuivre ou de fer, lesquels constituent un magasin de froid toujours à la disposition de l’opérateur. Il suffit d’ouvrir le robinet à vis qui ferme le vase pour faire écouler le liquide et obtenir un bain à — 23°, température de son ébullition sous la pression atmosphérique. Si l’on active la vaporisation par un courant
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- d’air, la température descend à—85° environ. Quelques centimètres cubes de mercure placés dans un tube au milieu du bain sont congelés en 3 minutes. M. Vincent a disposé un appareil qui permet d’utiliser ces froids intenses et d’en multiplier aisément les applications. A cet effet, il renferme 2 ou 3 kilogrammes de chlorure de méthyle liquide dans une double paroi enveloppant un bain d’alcool ou de chlorure de calcium en dissolution, et protégée extérieurement par une couche isolante de râpure de liège. Pour obtenir de très-basses températures, il suffit de mettre en communication par un tube de caoutchouc, l’orifice à robinet de la double paroi, avec une machine pneumatique. Cet appareil permet de réaliser aisément les expériences qui exigent un refroidissement lent et gradué, celle de la cristallisation du mercure par exemple.
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- Nouveau système de chauffage des voitures de chemins de fer, des tramways et des bateaux à vapeur,
- par M. Emile Guitard.
- L’invention de M. Guitard a pour objet une disposition nouvelle et perfectionnée d’appareils permettant de chauffer les wagons de chemins de fer, au moyen de bouillottes d’eau chaude amenées à la température voulue par la vapeur de la chaudière.
- Les tentatives que l’on a faites jusqu’à ce jour dans cet ordre d’idées, n’ont pas répondu généralement au but que l’on se proposait d’atteindre, par suite de la nécessité où l’on était de ne pouvoir chauffer les trains qu’aux moments d’arrêt, ce qui produisait des températures élevées au départ et allant toujours en diminuant jusqu’au poste où l’on chauffait à nouveau. En outre, les dispositifs employés nécessitaient que l’attelage des wagons se fît toujours dans le même sens, ce qui entraînait des manœuvres longues et souvent gênantes.
- Le système de M. Guitard permet de chauffer, soit simultanément, soit indépendamment les uns des autres, les wagons de chemins de fer et de tramways pendant la marche des trains, ce qui donne la facilité de maintenir la température desdits wagons à un degré uniforme. Les wagons peuvent s’atteler dans n’importe quel sens, par suite de la disposition symétrique des conduits d’eau et de vapeur.
- Le niveau de l’admission de vapeur étant plus élevé que le niveau d’eau, le liquide contenu dans les bouillottes et dans la tuyauterie ne peut en aucune façon faire retour dans les tubes qui amènent la vapeur, et la combinaison générale de l’appareil est telle qu’il ne peut y avoir aucune crainte d’explosion ou d’incendie.
- Chaque wagon porte deux tuyaux d’arrivée de vapeur pour permettre l’attelage des wagons dans un sens ou dans l’autre, mais il n’y en a qu’un d’utilisé pendant la marche de l’appareil. Ces tubes sont entourés d’une enveloppe préservatrice et sont reliés les uns aux autres sur la longueur du train par
- loppement des connaissances techniques — des connaissances agricoles, par exemple — par l’élément vraiment scientifique. La géographie, la chimie, la géologie, l’histoire naturelle surtout, occupent une large part dans le programme des écoles primaires. L’enseignement spécial se rapportant aux insectes utiles et aux insectes nuisibles parait avoir attiré tout d’abord l’attention et la préoccupation des instituteurs.
- On a eu raison de vulgariser cette science de l’insectologie, si intéressante, si instructive, si éminemment utile par les inappréciables services qu’elle peut rendre à l’agriculture. Son succès paraît être très-grand, si nous en jugeons par les travaux scolaires exposés et par le nombre d’écoles qui possèdent des collections d’insectes. Seulement nous n’approuvons, en aucune façon, l’ordre dans lequel sont établies la plupart de ces collections.
- Une question importante s’impose à tous ceux qui cherchent à rendre profitables les enseignements de l’insectologie, surtout en ce qui concerne les insectes nuisibles : doit-on classer ces insectes d’après les familles et les espèces établies par la science et abstraction faite des végétaux qui les nourrissent, ou bien doit-on adopter la classification d’après les plantes elles-mêmes qu’il s'agit de protéger, et considérer à part chacune des espèces qui les dévorent?
- Lorsque l’on réfléchit au but qui doit être atteint, il est, certain que c’est cette dernière classification qu’il faut adopter comme la plus facile à saisir et comme se prêtant le mieux aux recherches et aux observations.
- Malheureusement, il n’en est pas ainsi, et dans les collections des écoles normales ou primaires que nous avons vues à l’Exposition, notamment la collection si complète et si remarquable des insectes recueillis et classés par les élèves de l’école communale de Perpignan, sous la direction de M. Pellet, on a adopté la vieille classification officielle, en groupant ensemble chaque espèce, chaque famille, comme la science l’indique, c’est-à-dire en les divisant en Coléoptères, Hyménoptères, Diptères, etc., etc. C’est là une méthode aride, abstraite, qui ne dit rien, qui n’apprend rien au point de vue de l’insecto-logie appliquée, tandis que le système qui a notre préférence, s’il n’est pas classique, a au moins l’avantage d’être instructif, en ce sens qu’il désigne à l'agriculture d’une façon correcte les insectes utiles et les insectes nuisibles, et qu’il donne la vie, l’esprit et l’attrait à
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- une étude très-difficile, très-morose par elle-même.
- Nous allons plus loin encore. Nous voudrions que dans l’organisation des collections scolaires, à côté de chaque insecte dévastateur, il fût placé un échantillon du végétal qu’il dévore, avec la position, le nid, la demeure même de cet insecte sur la fleur, le fruit, la feuille ou le bois, afin que l’on ait un tableau fidèle de ses dégâts ; que chaque sujet fût accompagné d’une annotation précise et concise indiquant ses mœurs et ses transformations. Une pareille collection vaudrait à elle seule le meilleur et le plus complet de tous les traités d’insectologie agricole, au lieu d’être une véritable carte muette, comme le sont toutes les collections d’histoire naturelle. Ce serait, à notre opinion, une excellente méthode pour étudier les dévastations de nos cultures, de nos jardins, de nos vergers, de nos forêts et de nos constructions et arriver, par tous les moyens dont la science et l’observation disposent, à atténuer leurs ravages qui sont, parfois, si considérables.
- Nous nous sommes très-étendu sur ce sujet; il le fallait, car, ainsi que nous le disions plus haut, l’étude de l’insectologie est appelée à rendre les plus grands services à l’agriculture, et nous ne devons pas regretter d’avoir donné à cette question un développement plus grand que ne le comporte notre cadre.
- Dans notre prochaine visite, nous continuerons l’examen de l’exposition du ministère de l’instruction publique. Du reste, nous nous proposons de laisser, la plupart du temps, à nos collaborateurs le soin de traiter les questions ou de décrire les appareils qui entrent dans le cadre de la science industrielle. Nous nous sommes réservé plus spécialement la tâche de passer en revue tout ce qui touche à la vulgarisation proprement dite. Le champ est vaste et son importance ne peut et ne doit échapper à notre attention et à notre étude.
- STATISTIQUE.
- Production du charbon.
- Pendant ces trente dernières années, la production du charbon de terre dans le monde s’est accrue d’une façon surprenante. Voici,
- des manchons élastiques qui viennent se visser sur les extrémités desdits tubes.
- La vapeur venant de la chaudière passe de ces tubes dans les tuyaux munis de robinets qui longent le wagon sur toute sa longueur. Vers le milieu de chaque compartiment du wagon, ces tuyaux se raccordent avec des tubes cribles de trous qui traversent les bouillottes renfermant l'eau que la vapeur doit chauffer. Ils se bifurquent à leur entrée dans la bouillotte pour que la vapeur chauffe l’eau sans la chasser devant elle.
- Le liquide s’introduit dans les bouillottes par un tuyau spécial; quand l’eau s’écoule par un trop plein, on le ferme et Peau a atteint le niveau nécessaire. Les tubes d enlree et de sortie sont contournés de façon à maintenir les bouillottes toujours pleines et à éviter le clapotement de l’eau pendant la marche du train.
- Pour vider les bouillottes, il suffit d’ouvrir le robinet de vidange, qui permet à tout le liquide de s’écouler par suite de la communication établie entre toutes les bouillottes d’un même wagon.
- Cet appareil perfectionné semble répondre à toutes les conditions d’un chauffage efficace et économique pour les wagons de chemins de fer et de tramways, soit que l’on veuille chauffer tous les wagons ou tousses compartiments à la fois, soit que l’on ne veuille en chauffer qu’üne fraction. Il sera toujours facile de conserver une chaleur constante, soit 15 degrés, quelle que soit la température extérieure.
- Pour se rendre un compte exact du fonctionnement de son appareil, M. Guitard a fait construire un wagon au tiers de la grandeur naturelle et un petit générateur, qui lui a permis d’essayer son chauffage et lui a donné les bons résultats qu’il en attendait.
- Distribution à domicile du chauffage par la vapeur.
- Nous avons déjà eu l’occasion de parler à nos lecteurs des entreprises tentées en Amérique pour le chauffage en grand des habitations. Il paraît que ce système a parfaitement réussi cet hiver, à New-York : on a chauffé, au moyen de la vapeur, un groupe de 51 maisons à plusieurs étages et à plusieurs logements par étage, qui étaient reliées à une chaudière commune par une simple canalisation de tuyaux dont la longueur totale était de 4 kilomètres environ. L’expérience a réussi, paraît-il, au-delà de toute espérance. Ces 51 maisons, plus une très-grande école, ont pu recevoir ainsi un chauffage excellent, très-sain, très-égal, très-agréable et surtout très-économique. Les résultats ont été si complets, si concluants, que, l’hiver prochain, on compte donner une plus grande extension à ce mode de chauffage qui vient supprimer d’abord le système généralement employé par les petites bourses, c’est-à-dire les poêles « à chaleur croupie et à mauvaise senteur, » comme disait Montaigne, système condamné par tous les médecins, puis débarrasser les habitations restreintes, comme le sont toutes celles des grandes villes, de l’emmagasinement du combustible.
- Des expériences analogues poursuivies dans la ville de Lockportont donné aussi d’excellents résultats. Trois milles de tuyaux enveloppés d’une matière mauvaise conductrice ont été posés sous le sol des principales rues de la ville, partant d’un générateur central de vapeur et aboutissant dans 50 diffé-
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- rents monuments et édifices, et, là aussi, dans une grande école publique qui, par ce moyen, ont été chauffés tout l’hiver. Des demeures situées à plus d’un mille du générateur étaient chauffées aussi facilement que celles qui en étaient voisines. Des compteurs servent à estimer la part de dépense de chaque consommateur. Ce système peut être développé et fournir de la vapeur sous pression de 50 livres par vingt milles de conduits.
- (Evening Telegram.)
- Un puits naturel de pétrole épuré.
- On vient de découvrir à « Hôlder Run Oil » en Pensylvanie, une source d’huile ne contenant aucune des impuretés que l’on trouve ordinairement dans le pétrole sortant du sol. Cette huile, d’une couleur transparente vert pâle, jaillit du puits toute épurée et peut être immédiatement utilisée pour l’éclairage. Elle donne une brillante lumière, sans odeur ni fumée, et ne peut prendre feu qu’à une chaleur de 110°.
- (Engineer.)
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Sur la recherche des mines de fer à l'aide de mesures magnétiques, par M. Rob. Thalên.
- Pour reconnaître l’existence d’une masse de minerai de fer et pour déterminer sa place, on se sert ordinairement, dans notre pays, de la boussole de mine, qui consiste en une petite aiguille aimantée, renfermée hermétiquement dans une boîte. L’aiguille, étant suspendue de telle façon qu’elle puisse se mouvoir librement dans tous les sens autour de son point d’appui, est équilibrée de telle manière qu’elle reste dans une position horizontale, tant que la force magnétique de la terre agit seule. En se servant de cet instrument, on observe à différents endroits, près d’une mine présumée, l’inclinaison de l’aiguille pour en conclure où se trouve la masse métallifère. Les ingénieurs des mines supposent à l’ordinaire que la plus grande richesse du minerai magnétique est située exactement au-dessous du point où l’aiguille se place dans sa position verticale. Cependant, il sera bien facile de se convaincre que cela ne peut pas être, en général, vrai. En effet, en représentant par G et F les composantes de la force magnétique du minerai, l’une verticale, l’autre horizontale, par Y et H celles de la force magnétique de la terre, et par P le poids additionnel que porte l’aiguille à son bout du sud, on conçoit bien, lorsque l’observation a été faite sur la ligne du méridien magnétique qui passe au-dessus de la masse du minerai, que l’angle de l’inclinaison i vers le plan horizontal se détermine par la formule
- Tang. i =
- V + G-P H —F
- d’ailleurs, le tableau comparatif des quantités de tonnes produites, en 1845 et 1874, dans les principaux pays liouillers.
- 1845. 1874.
- Grande-Bretagne 31.500.000 125.041.300
- Belgique......... 4 960.077 14.669.000
- Etats-Unis. ... 4 400 000 42.423.900
- France............ 4.141.617 16.949 000
- Prusse........... 3 500.000 41.754.600
- Autriche-Hongrie. 709.706 12.810.900
- La production de ces six pays, ensemble, est donc montée de 49.211.400 en 1845, à 253.650.700 tonnes en 1874.
- Prix des terrains à Paris.
- Le prix du mètre de terrain à Paris, diffère selon les quartiers : rue Montmartre, au coin de la rue des Jeûneurs, il vaut 1.800 francs ; à la nouvelle avenue de l’Opéra, il vaut même 2.000 francs ; tandis que dans les quartiers excentriques, le chiffre varie de 8 francs à 50 francs.
- Dans les derniers temps, l’administration municipale est devenue propriétaire d’un grand nombre de lots, par suite d’expropriation pour embellissements votés par le conseil. Petit à petit, la Ville revend ces terrains à des prix, relativement élevés, eu égard au prix d’achat.
- Dernièrement on a vendu à la chambre des notaires, les lots suivants.
- 1° Un lot de terrain situé avenue Parmentier et mesurant 1.071m,95 à 100 francs le mètre. Mise à prix : 107.195 francs. Adjugé sur une seule surenchère pour la somme de 107.300 francs.
- 2° Dans le 11e arrondissement, le mètre revient à 100 francs, tandis que, dans le 18e, il n’est plus que de 40 francs et de 25 francs dans le 12e. Un lot de terrain situé rue Mar-cadet, près la rue Simart ; superficie : 222m ,24, à 40 francs le mètre. Mise à prix : 8.889 francs 60, a été adjugé pour la somme de 13.600 francs.
- 3° Un lot de terrain situé avenue Daumes-nil, d’une superficie de 302m,09, à 25 francs le mètre ; mise à prix : 7.552 francs 25, a été adjugé pour la somme de 11.500 francs.
- Dans la même séance, on a vendu plusieurs lots de terrains, retranchés du bois de Vincennes, à des prix variant de 6 à 10 francs le mètre.
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- Le premier mille cube de chair humaine.
- Harvey a rendu un grand service à la science et sa mémoire mérite d’être honorée ; mais il paraît qu’un membre de la Société de statistique anglaise vient d’émettre le vœu qu’on fêtât le premier mille cube de chair humaine, parachevé cette année.
- Ne cherchez pas à vous rendre compte d’un calcul auquel le promoteur de l’idée ne comprend probablement rien lui-même. Voici, d’ailleurs, sur quels chiffres il est basé. Prenant pour exacte la date assignée par la Bible à la création du monde, il a supputé qu’en 6.000 ans, 170 générations d’hommes se sont succédé à la surface du globe. La population actuelle du monde étant de 1.500 millions d’habitants, il suppose une moyenne de 750 millions, ce qui fait pour les 170 générations un chiffre rond de 127.500 millions d’habitants.
- Le poids moyen du corps humain, en tenant compte, bien entendu, de la différence des sexes et des enfants morts en bas-âge, est de 74 livres, qui, multipliées par 127.500 millions, donnent au produit 4.212 millions de tonnes de corps humains, soit un mille cube d’eau de mer!
- Les écoles de Madrid.
- Il résulte d’une enquête dressée par ordre de la municipalité de Madrid, qu’il y a dans les districts de cette ville 36 écoles municipales de garçons, 37 de filles, 12 de petits enfants et 8 d’adultes. Il y a en outre 124 écoles particulières de garçons, 166 de filles, 13 catholiques de garçons, 19 catholiques de filles, 12 de petits enfants et 9 d’adultes, 3 protectorats de garçons, 6 de filles, 1 d’adultes, 10 dominicales de filles et 20 écoles spéciales; soit, au total, 455 établissements d’enseignement primaire de toutes classes.
- En février dernier, 9.869 élèves des deux sexes fréquentaient les écoles municipales et 14.172 fréquentaient les établissements privés.
- VARIÉTÉS.
- La Société française des Inventeurs.
- Dimanche, 5 mai, a eu lieu, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, en présence
- ou bien, puisque V est égal à P, eu égard h la construction mentionnée de l’instrument, par
- r.
- Tang. t =
- H —F
- On voit donc que i deviendra 90° pour H—F=0, ce qui n'aura lieu que du côté nord du pôle austral du minerai magnétique. Par conséquent, puisque dans le voisinage de la mine, la composante P n’est pas zéro qu’au-dessus du centre de la masse du minerai, on conçoit bien qu’en suivant les indications immédiates de l’instrument, on ne trouvera pas la masse métallifère, si ce n est que la force H peut être regardée comme évanouissante par rapport à G, ou que les dimensions du minerai sont très-étendues dans la direction même du méridien, ce qu’on ne peut pas savoir d’avance.
- Ajoutons de plus qu’il sera presque impossible d’obtenir, par l’emploi de l’instrument mentionné, aucune notion de la profondeur où se trouve le centre de la masse métallifère, ou en général de savoir, si la masse possède des dimensions grandes ou petites.
- Cependant, pui-squ’il est important pour l’ingénieur de se procurer des renseignements aussi complets que possible sur le minerai en question par rapport à sa position, à ses dimensions, etc., avant qu’il commence à exploiter la mine, nous lui recommandons pour faciliter une telle recherche approfondie, les mesures de déviations qu’on emploie ordinairement h l’étude de la force magnétique de la terre, conformément aux méthodes données par Gauss, Weber, Lamont, Lloyd, et plusieurs autres.
- A l’égard de l’instrument même, nous nous bornons à dire qu’on peut, vu le but proposé, lui faire subir des modifications essentielles, surtout puisqu’il sera permis, dans ce cas, de se dispenser tout à fait des corrections ordinaires par rapport à des variations de température, et ainsi de suite.
- Voici maintenant en quoi consiste la méthode que nous proposons pour la recherche des mines de fer.
- En se servant d’une boussole de déclinaison et d’un aimant mobile qu’on place convenablement dans une position fixe et immobile par rapport k l’aiguille, on mesure l’angle de déviation, causé par l’aimant, dans une série de points aussi rapprochés et aussi régulièrement espacés que possible au-dessus de la mine présumée, et de cette manière on déterminera partout la composante horizontale de l’action combinée de la force magnétique terrestre et de celle du minerai. Puis, sur un plan du terrain métallifère, on trace des lignes d’égale intensité qu’on nomme lignes isodynamiques. Ces lignes se montrent disposées en deux séries courbes fermées, entourant plus ou moins régulièrement les. deux points qui correspondent à la plus grande et k la plus petite déviation. Entre ces deux séries de lignes, se trouve une ligne non fermée, dite ligne neutre, qui correspond aux points où l’influence magnétique du minerai est tout à fait nulle.
- Les conclusions auxquelles on peut parvenir k l’aicle de la ligne, sont entre autres les suivantes :
- 1° que la ligne qui joint les deux points de l’angle maximum et du minimum de déviation indique la direction de la méridienne magnétique de la mine;
- 2° que la ligne neutre donne en général la direction de la couche du minerai;
- 3° que, dans la plupart des cas, l’intersection de ces deux lignes, la méridienne et la ligne neutre, annonce le point sous lequel est située la plus grande richesse du minerai.
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- En outre, si l’on remplace l’aimant mobile par un barreau en fer doux, on pourra tracer d’une voie analogue des lignes isoclines, dont la forme ressemble presque entièrement à celle des lignes isodynumiques; et enfin en observant seulement les angles de déclinaison de l’aiguille libre, on obtiendra les lignes isogones.
- Dans la suite, on déduit, par voie élémentaire, les formules nécessaires pour la discussion détaillée du problème proposé, savoir celui de trouver, au moyen des mesures prises, la plus grande richesse du minerai, et nous comprendrons en même temps, comment on pourra faire cette détermination par plusieurs méthodes différentes.
- Méthode de coloration du zinc.
- Voici un procédé à l’aide duquel on donne au zinc une coloration durable. Le métal doit être complètement pur, de même que les produits chimiques servant à faire le bain dont voici la composition :
- Tartrate de cuivre.................................................... 30 gram.
- Potasse caustique..................................................... 40 —
- Eau distillée........................................................ 400 —
- Le zinc soumis à l’action de ce bain prend, au bout de deux minutes, une teinte violette ; au bout de trois minutes d’immersion, il devient bleu foncé ; vert au bout de 4 1/2 minutes ; jaune d’or au bout de 6 1/2 minutes, et enfin pourpre au bout de 8 1/2 minutes.
- [Western Manufacturer.)
- Fabrication de clous avec les vieux rails, par M. Powell.
- M. W. H. Powell, de Belleville, Illinois, vient de prendre un brevet pour l’utilisation des vieux rails à la fabrication des clous.
- Le grand obstacle à l’utilisation des vieux rails était, jusqu’à présent, l’impossibilité d’obtenir un bon corroyage; M. Powell a surmonté cet obstacle. En construisant son paquet de rails, il remplit les interstices avec des déchets de fer, principalement des déchets de clous, et, de cette façon, il obtient un corroyage parfait; les clous obtenus par ce procédé ne se fendent pas plus, lors du découpage, que ceux qui sont fabriqués avec du fer neuf. A Wheeling Works, on fait aussi des clous avec des vieux rails par un procédé quelque peu différent; les rails sont coupés et mis en paquets comme à l’ordinaire, mais on emploie un fondant pour la chauffe, et l’on obtient aussi économiquement un fer malléable, ductile et d’un grain serré sous le laminoir.
- d’une foule considérable, la distribution des récompenses aux lauréats de l’Exposition des Inventeurs qui s’est tenue au Palais de l’Industrie en novembre dernier. 'La séance était présidée parM. Foucher de Careil, qui, dans un discours d’ouverture des plus remarquables, a esquissé à grands traits l’histoire des inventions et les services qu’elles rendent à l’humanité. Au milieu des plus vifs applaudissements, M. Foucher de Careil termine son discours, en adressant de justes félicitations à M. Delaporte, qui, avec un zèle, un dévouement, une activité que l’on ne saurait trop louer, eut l’heureuse idée d’organiser cette Exposition qui avait principalement pour but : 1° de mettre sous les yeux d’un public nombreux, et pour ainsi dire spécial, les progrès accomplis, les découvertes, les innovations, les inventions qui n’auraient pas aisément l’occasion de se faire connaître ; 2° de faciliter, par différents moyens, l’admission des inventeurs à l’Exposition universelle de \ 878 ; 3° enfin de les aider à trouver des commanditaires ou des collaborateurs.
- Après M. Foucher de Careil, M. Pascal Duprat a pris la parole pour prononcer un excellent discours, dans lequel le député de la Seine a représenté l’homme primitif en face de lui-même, luttant contre la nature et s’élevant peu à peu par la force de son génie inventif. L’homme ne crée rien, a dit M. Pascal Duprat, il utilise seulement les forces que la nature a mises à son service et les transforme à son profit. L’orateur a rappelé cette parole si vraie de Franklin : « L’homme est un grand animal qui se fait des outils pour vaincre la nature, » et après avoir fait l’éloge des inventeurs de tous les temps, M. Pascal Duprat a terminé son discours en disant que les inventeurs d’aujourd’hui ont bien mérité de la France et de l’humanité qui, certainement, applaudiront et seconderont leurs efforts.
- Après un rapport très-intéressant de M. le secrétaire-général, après la distribution des récompenses, la séance a été levée au milieu des applaudissements les plus chaleureux qui s’adressaient aux orateurs, aux lauréats et aussi aux fondateurs de cette œuvre éminemment utile qui s’appelle : La Société française des Inventeurs.
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- N»20.—18Mai 1878.—XXXVIIIeAnnée. £c ^LccljUOloOiiôte 159
- Le canon horaire de Vincennes.
- La ville de Vincennes était sans doute jalouse de la renommée du Palais-Royal de Paris qui, comme on le sait, possède un canon qui part au coup de midi, chaque fois que le temps le permet.
- Toujours est-il qu’on peut voir en ce moment, au milieu du square Marigny, en face du fort de Vincennes, un petit canon placé dans les conditions voulues pour que la détonation se produise au passage du soleih
- A bien envisager le fait, on le trouvera fort naturel. Que Vincennes, quartier d’artillerie, comme on sait, ait un canon de plus ou de moins... c’est sans importance.
- Mais les conséquences de ce petit fait sont plus graves. Vincennes se targuera désormais d’avoir son horaire qui sera le bon, lors même que l’Observatoire y contredirait. — Nous vivrons peut-être assez pour voir surgir quelque conflit de ce genre.
- Ligue contre le phylloxéra et contre les falsificateurs du vin.
- Les journaux allemands annoncent qu’il vient de se constituer à Cassel, une société vinicole ayant pour objet et pour but de prendre en commun des mesures destinées à combattre les ennemis de la vigne, surtout le phylloxéra, puis de s’opposer à la.fabrication frauduleuse des vins et de faire en sorte que les vins fabriqués soient, à la vente, déclarés comme tels ou comme vins artificiels. Le comité institué fait appel à tous les propriétaires de vignobles, à tous les amis de la viticulture. L’initiative d’une pareille ligue devrait être prise également en France, non-seulement pour les vins, mais encore pour tous les produits destinés à notre alimentation. Si l’effronterie des falsifications n’est pas, chez nous, aussi grande, aussi impudente qu’en Allemagne, il n’est pas moins certain qu’aujourd’hui la plupart de nos denrées alimentaires sont falsifiées. L’art de frelater les substances est vieux comme l’art du marchand, a dit un écrivain, et les sophistications augmentent progressivement avec l’avancement des sciences et avec les raffinements de la civilisation. La répression de ces fraudes est donc d’une nécessité absolue. Les lois en vigueur, sévèrement appliquées, paraissent impuissantes ; l’initiative privée pourrait produire des résultats meilleurs et
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Mastic pour coller très-solidement le bois avec des matières d'une autre nature,
- par M. Elssner.
- On a souvent besoin de coller des objets en bois avec d’autres en métal, en verre, en pierre, etc., etc. Le mastic suivant, d’après les expériences de l’auteur, satisfait parfaitement à ces conditions.
- On fait bouillir de la colle-forte de menuisier avec de l’eau jusqu’à ce qu’elle ait atteint la consistance convenable pour l’assemblage des objets en bois. On y ajoute autant de cendre de bois tamisée qu’il en faut pour l’épaissir au même point qu’un vernis. On enduit alors de cette masse encore chaude les surfaces que l’on veut réunir, et on les presse l’une contre l’autre. Après le refroidissement et la dessiccation, ces surfaces se trouvent si fortement unies-que, pour les séparer, il faut un très-grand effort, et que l’on voit souvent les surfaces de rupture être différentes dé celles qui ont été assemblées par la colle. Des pierres à aiguiser, ainsi montées sur du bois, et des poignées en bois pour des molettes à broyer les couleurs, assemblées avec ce mastic, ont déjà résisté, pendant une année, à tous les efforts qui pouvaient les désunir.
- De l'alimentation des chevaux dans les grandes écuries industrielles,
- par M. Bixio.
- S’il est un problème intéressant, c’est bien celui dont la solution doit donner aux chevaux auxquels nous confions un travail quelconque, une bonne et saine alimentation.
- La détermination d’une ration convenable, sa préparation, sa distribution dans d’excellentes conditions sont trois points importants de l’alimentation, et il est utile de s’y arrêter, de les étudier dans tous leurs détails, comme vient de le faire M. Bixio, l’éminent directeur de la Compagnie générale des Voitures de Paris.
- La brochure dont nous nous occupons aujourd’hui et qui a pour titre : de l'alimentation des chevaux dans les grandes écuries industrielles, est un rapport adressé au conseil d’administration de la Compagnie générale des Voitures sur « un projet de création d’une manutention pour la préparation des rations de la cavalerie, d’un laboratoire de chimie avec écuries d’expériences et d’un grenier central pour la réception, le nettoyage et l’emmagasinage de toutes les denrées servant à la consommation. » C’est, en un mot, le résultat de cinq années d’expériences sur une cavalerie de 10.000 chevaux.
- L’important travail de M. Bixio a surtout pour but de remplacer l’alimentation empirique par une alimentation rationnelle, en employant les méthodes scientifiques.
- M. Bixio part de ce principe si vrai : qu’il faut considérer le cheval comme un moteur, et le soumettre aux règles ordinaires de la mécanique, c’est-à-dire
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- 160 jfp <Lt'cl)U0lcqjt!3tC N» 20.—18 Mai 1878. —XXXVIIIe Année.
- qu’il faut chercher à lui faire produire la plus grande somme de travail possible avec le moins de dépense possible, en tenant compte, toutefois, de cette différence capitale entre le moteur mécanique et le moteur animé, qui consiste en cé que ce dernier se répare au détriment de sa propre substance.
- En faisant appel aux travaux sur la théorie de l’alimentation rationnelle de MM. Boussingault, Barrai, Baudement, Grandeau, Sanson, en France; de MM. Liebig, Wolf, Henneberg, Stohmann, Haiden, en Allemagne; de MM. La-wes et Gilbert, Vôelcker, en Angleterre, M. Bixio détermine une solution non-seulement scientifique du problème de l'alimentation des chevaux, mais une solution véritablement industrielle qui permet de nourrir les chevaux, de les faire produire davantage, tout en dépensant moins.
- Il y a dans ce livre, remarquable à tous les points de vue, dés chapitres d’un grand intérêt et d’un grand enseignement, surtout les chapitres qui se rapportent à la question de la ration, à la valeur nutritive de tous les grains et de tous les fourrages employés à la nourriture des chevaux.
- HABITATIONS, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Érection d'un pont au Michigan sur la Grande-Rivière.
- Voici des renseignements intéressants sur la construction rapide d’un pont au Michigan, à l’endroit où le chemin de fer de Détroit et Milwankee traverse la Grande-Rivière aux Grands-Rapides.
- Un pont en bois de 190 mètres de longueur et composé de 7 travées, avait été érigé il y a dix-neuf ans. Il vient d’être remplacé par un pont en fer, construit dans des ateliers, k256 kilomètres de l’emplacement qu’il devait occuper. Des poutres de 30 mètres, en tôle et fers à T, furent amenées par des trains spéciaux; chacune d’elles avait 3 mètres et pesait 20 tonnes.
- Le plancher du nouveau pont est au niveau de la table supérieure des poutres, à 2 mètres au-dessus du niveau de l’ancien pont.
- Le samedi 27 octobre, à 7 heures du soir, le dernier train traversa le pont; on commença aussitôt à élever la voie aux abords de ce pont, et le commencement de l'érection eut lieu le dimanche au lever du soleil. On plaça d’abord les poutres en fer entre les fermes du pont en bois; puis, celles-ci enlevées, les premières furent mises à leur place et abaissées au niveau convenable. On plaça et l’on riva aussitôt les tirants latéraux et les contreventemenls, en même temps que les ouvriers de la compagnie du chemin de fer posaient les rails.
- Trente-quatre heures après que l’on eut commencé la démolition, un train franchit ce nouveau pont en fer, le travail ayant été exécuté conformément aux dispositions projetées.
- (Rail road Gazette.)
- plus efficaces. Il y a, en France, des sociétés contre l’abus du tabac, contre l’ivrognerie et des sociétés protectrices des animaux, pourquoi n’aurions-nous pas des sociétés protectrices de la santé publique ?.
- Une plume inépuisable.
- MM. Léonardt et C«, directeurs de la célèbre manufacture de plumes de Birmingham, vont envoyer à l’Exposition de Paris, une plume fontaine ou inépuisable de récente invention. Cette plume est pourvue, à l’intérieur du bec, d’un réservoir qui n’en affecte en rien la forme ou le poids; en la plongeant dans l’encre, le réservoir s’emplit et la plume est alimentée pour un temps relativement fort long.
- Bustes de savants français et étrangers, à l'université de Berlin.
- M. le professeur Helmholtz, directeur du cabinet de physique de l’université de Berlin, se serait adressé à l’Académie des sciences de Paris pour savoir s’il pourrait obtenir des bustes en plâtre d'André-Marie Ampère, le célèbre fondateur de l’électro-dynamique, et de Victor Régnault, pour les placer à côté d’autres bustes de physiciens célèbres, dans la salle des cours du nouveau bâtiment.
- Il s’est trouvé qu’il existait dans le local de l’Académie un buste en marbre d’Ampère, mais aucun de Régnault. A la suite de la demande venue de Berlin, le secrétariat de l’Académie a résolu de faire mouler le buste d’Ampère, et M. le Ministre de l’instruction publique a donné l’ordre de faire celui de Régnault ; le statuaire Noël a été chargé de ce travail.
- L’institut de Berlin recevra un exemplaire de chacun de ces deux bustes. Une demande de ce genre, adressée par M. Helmholtz à Londres, a également été accueillie avec faveur, et le Royal-Institut a décidé de faire mouler le buste de Faraday et d’en envoyer un exemplaire à l’université de Berlin.
- BAR-SUR-SE1NE.
- TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N» 21. — 25 Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Théorie du régulateur cosinus, de M. Ed. Buss. — Faïences émaillées décoratives, de M. Lœbnitz.— Le nouveau four à briques, de M. Forster. — Régulateur cosinus, monté sur valve d’admission, combinée avec soupape d’arrêt, de M. Ed. Buss.
- CHRONIQUE.
- Les musées scolaires à VExposition, par M. Ch. Varey.
- C’est en cherchant à graver une empreinte durable dans l’esprit des enfants, en éveillant, en excitant même leur curiosité, en les habituant à observer les objets extérieurs pour en tirer, avec l’aide de quelques explications familières, des idées positives qui ne s’effacent plus, c’est, en un mot, en prenant pour base de leur instruction primaire et de leur instruction secondaire les « leçons de choses » — lessons on objecte — que les Etats-Unis d’Amérique doivent, en grande partie, la place considérable qu’ils occupent parmi les nations du monde entier chez lesquelles l’instruction a produit les résultats les plus heureux et les plus féconds.
- N’est-ce pas, en effet, un moyen puissant d’enseignement qui dispose merveilleusement aux études abstraites des sciences que celui qui consiste à répondre, tout d’abord, à l’insatiable curiosité d’une intelligence à peine formée et par cela même rebelle à un programme méthodique, fatigant, rigoureux, sans attrait, ainsi que l’a conçu la vieille pédagogie, programme dont l’aridité et la sécheresse sembleraient faits exprès, vraiment, pour inspirer le dégoût des études!
- Ce n’est qu’après que l’on a pu attirer l’attention des enfants, en leur faisant passer sous les yeux un grand nombre de choses qui leur ont donné des notions simples et concrètes, qu’il est possible de conduire ces jeunes cerveaux, mais toujours progressivement, pas à pas, d’exemple en exemple, de déduction en déduction, du connu à l’inconnu, vers les études de moins en moins concrètes et de plus en plus générales pour arriver
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Théorie du régulateur cosinus, de M. Ed. Buss.
- Nous donnons à nos lecteurs, dans le cours de ce même numéro, la description et les figures du régulateur cosinus monté sur valve d’admission combinée avec soupape d’arrêt, récemment breveté par M. Buss, de Berne. Ce régulateur est parfaitement applicable à tous les mouvements de rotation, ainsi qu’on le prouve mathématiquement : on peut produire un pendule rotatif, dans lequel le moment de la force centrifuge pour chaque vitesse angulaire, soit proportionnel au cosinus de l’angle d’écartement.
- Le nouveau régulateur consisté dans une liaison convenable d’un tel pendule cosinus avec une coulisse. Afin de définir et de préciser exactement la nature de tout l’appareil, mais principalement du pendule cosinus employé, nous donnons d’abord la théorie proprement dite du système.
- Dans la figure 32, soit A un pendule rotatif suspendu au point C, qui tourne autour de l’axe vertical Y Y, avec la vitesse angulaire w.
- Si ?t«/aïs-. • • •. sont des points matériels,
- et Xi Xi æâ . . . . , yt yt y3......
- leurs coordonnées rectangulaires ;
- si h, iuk.......sont leurs distances du point C,
- et 91 ?2?s......leurs angles d’écartement,
- et si Mc indique le moment de la force centrifuge, il résulte immédiatement de la figure 32, que
- Mc = ^ ^yx + 92 {r -f- y2 + • • • |
- O)2 l )
- = ~fav) + 2 [qxy) j
- w2 / ,
- — -—-?> £ (q l cos ?) + Z (g sin cp cos <p) j
- y t )
- I. Mc = -^-|rS (çtcos<p) + Z (g-L sin 2<p)j
- S’il y a un pendule rotatif dans lequel l’expression z [q _ sin 2 ?) pour chaque angle d’écartement soit égale à zéro, on aura aussi :
- (*) 2(«~sin 2(<p-t-0)|=O,
- Où 0 indique un angle quelconque dont tout le pendule a été écarté de sa position primitive A.
- De l’équation 1 résulte :
- , f2 f2
- (2) S(« -y-sin29)cos20+Z(g — cos 2 qp) sin 2 6 = 0
- et comme d’après l'hypothèse :
- (3) - {q -j- sin 2 ç) = 0
- il faut ensuite, pour que l’équation 2 soit remplie pour chaque angle 0, qu’on ait aussi :
- 72
- (4) Z (g — cos 2 ç) = 0
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- 162 £t N» 21. — 2S Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
- Il résulte de 3 :
- £ (g 1* sin 9 coâ 9) = 0 ou
- II. £ (g x y) = 0 Il résulte de 4 :
- £|g/2(cos29—sin*9)j = 0 ou £ (g I* cos* 9) — £ (g I* sin* 9) = O d'où
- III. £ (g y*) — £ (g x*) = 0.
- Si donc pour un pendule rotatif quelconque et pour une position primitive quelconque du pendule, c’est-à-dire pour 6 = 0, les deux conditions II et III sont remplies, on a pour chaque angle 0 quelconque : t*
- — sin 2 9) = 0, ou, d’après l’équation I,
- £(g.
- jusqu’à l’abstraction, c’est-à-dire jusqu’à l’enseignement véritablement scientifique.
- L’Allemagne, après les Etats-Unis, a adopté ce système des leçons de choses. Nous avons vu, à l’Exposition de 1867, quel parti important elle en avait tiré.
- La France est entrée largement dans la même voie. Si nous avons été très en retard, nous sommes heureux de voir que le temps perdu a été rattrapé — ou à peu près. Dans tous les cas, les écoles primaires paraissent animées d’un zèle ardent que l’on ne saurait trop encourager. Il est le précurseur d’un
- IV.
- M =
- 9
- r £ (g l cos 9)
- M . = -r- rS (5 y)
- Si A, fig. 33, est un pendule rotatif de forme quelconque, pour lequel les conditions exprimées dans les équations II et III ne sont pas remplies, et si, par exemple, pour A, on a :
- £ (g ® y) — c
- et £ (g x*) — £ g y2) = D,
- on peut lier au pendule A, à tout temps, un corps quelconque B, pour lequel on a : .
- £ (g x y) = — C et £ (g x*) — £ (g y2) = - D.
- Les deux corps A et B réunis remplissent alors nécessairement les conditions exprimées en II et III, et on a, par conséquent, d’après l’équation IV, pour un pendule rotatif combiné avec A et B, l’expression :
- to2
- M = —- r £ (g y) ou
- M =
- Q. r h,
- si Q indique le poids du pendule et h la distance verticale du centre de gravité S au point de suspension.
- grand développement intellectuel et la preuve de l’irrésistible tendance de notre pays à acquérir des notions fixes et positives.
- Les musées scolaires, dont on ne s’occupe guère, en France, que depuis quelques années et qui sont le corollaire obligé, la conséquence naturelle des leçons de choses, tiennent une place des plus honorables à l’Exposition universelle.
- Il faut applaudir sans réserve au plan adopté dans l’organisation de ces musées.
- Les instituteurs se sont très-justement préoccupés de donner aux collections de leur musée un caractère local. Les trois règnes de la nature y sont d’abord représentés par des échantillons variés. Puis, les produits naturels du sol ou les produits fabriqués par la main des hommes y dominent, selon que la contrée est plus spécialement agricole, commerciale ou industrielle.
- C’est de la pédagogie en action, c’est l’in-
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- N® 21. — 25 Mai 1878. — XXXVIIIe Année. £c (LcctynulughstC 163
- struction professionnelle localisée, dans toute sa vérité et dans toute son utilité.
- Comme l’enseignement est rendu facile, attrayant et fructueux avec un musée scolaire! Comme la tâche du maître, si aride, si ingrate, si difficile, est simplifiée, avec ce matériel précieux qu’il trouve à côté de lui, pour ses entretiens et pour ses leçons !
- J’appelle donc tout particulièrement l’attention des visiteurs de notre Exposition sur les salles consacrées aux écoles primaires ; ils pourront y passer quelques instants agréables, instructifs et surtout bien consolants, car, dans leur ensemble, les travaux exposés nous promettent pour l’avenir, dans la génération assise aujourd’hui sur les bancs de l’école, des hommes et des citoyens.
- Je recommande surtout les Musées scolaires de Sars-Poteries (Nord) (instituteur : M. Harlem) — collection des plus complètes et des plus remarquables — ; de l’école communale de St-Jean de Caen -, de l’école primaire de Villotte, devant St-Mihiel; des écoles — réunies en une seule collection par les soins de M. l’Inspecteur d’Académie du Calvados — de Caen, Falaise, Vire, Lisieux, Pont-l’Evêque et Bayeux.
- Je ne saurais, non plus, passer sous silence la collection de l’école normale d’instituteurs de la Somme qui est divisée en trois sections : alimentation — vêtement — habitation, contenant de nombreux échantillons et objets classés avec autant d’intelligence que de méthode.
- L’exemple étant le meilleur et le plus efficace de tous les sermons, nous espérons qu’après cette visite à la salle dans laquelle les travaux de nos écoles font si bonne figure, tout instituteur qui a à cœur de demeurer à la hauteur de la belle mission qui lui est confiée; que tout homme qui, par sa fortune, par sa position sociale, occupe une situation prépondérante dans sa commune voudra que, sans plus tarder, l'école soit aussi dotée d’un musée.
- La chose est si simple ! Il ne s’agit que d’un peu d’initiative et de bonne volonté — sans beaucoup de frais. — Qu’on s’adresse à tous ses amis, aux élèves, aux habitants, aux industriels, aux agriculteurs, aux propriétaires, aux collectionneurs des environs ; que chacun apporte sa part dans la mesure de ses moyens : un insecte, un oiseau, une plante, une pierre, un objet fabriqué, un dessin, une vieille monnaie, etc., etc., et les collections seront bien vite montées.
- Si nous ne voulons pas rester en arrière
- Maintenant, si nous entendons par angle d’écartement 4' celui des angles que forme la ligne de communication entre le centre de gravité et le point de suspension, avec la verticale, et si nous indiquons par s la distance comptée sur cette ligne entre le centre de gravité et le point de suspension, de telle sorte que :
- h = s cos on aura :
- y.
- M =
- Q. r. s, cos <\>
- Dans cette équation, pour un pendule donné, Q,r, s et g, sont des grandeurs constantes. Pouf une vitesse angulaire constante w, le moment de la force centrifuge est, par conséquent, proportionnel au cosinus de l’angle d’écartement. Par ce motif, tout pendule rotatif qui remplit les conditions exprimées en II et III doit être appelé dorénavant pendule cosinus.
- Dans la figure 34, soit A un pendule cosinus suspendu en C, et tournant autour de l’axe rotatif Y Y. Supposons-le relié par le tenon a et la pièce glissante b avec la coulisse K. Admettons de nouveau que le poids du pendule soit Q, celui de la coulisse, G, et que l’angle acs = p, il faut alors pour qu’il y ait équilibre :
- 10*
- Q ——. r. s. cos — G. d. sin (4/ 4 P) — Q- s- sin 41 = 0
- (O*
- 5* Q ——. r. s. cos 4> — G. d. sin 4> cos p — G. d. sin p cos ^ — Q. s. siu 4/ = 0.
- Si on choisit p de telle sorte que :
- G. d cos p + Q s = 0,
- Q.*
- C03 p
- 9
- ou que , il résulte de 5a
- Gd,
- r. s. cos y = G. d sin p. cos G. d. sin jî. g
- VI“
- d’où :
- VU-
- Q. r. s.
- Comme dans l'équation YII% le membre à droite est une constante et ne contient pas l’angle 4/, « est constant pour chaque angle d’écartement quelconque, c’est-à-dire que le régulateur est
- pour : cos p = —
- complètement astatique (isochrone).
- Dans la disposition figure 34, le support B a été tenu fixe, tandis que la coulisse K pouvait se mouvoir suivant la verticale. Par contre, si, comme c’est le cas dans la figure 35, la coulisse est maintenue fixe dans le sens vertical, tandis que le support B peut se mouvoir vers le haut et vers le bas, on obtient la disposition de l’appareil qui doit être employée dans la pratique. On a alors, si G indique maintenant le poids du support B, comme condition d’équilibre :
- w*-
- ----Q r. s. cos 41 — (G + Q) d. sin (p — 4O — Q* sin 4/ = 0
- (D®
- 5b Q —— r. s. cos 41 — (G -f- Q) d. sin p cos 4/ -f (G 4- Q.) d. sin 4/ cos p — Q. 5. sin 41 = 0
- où il y aura de nouveau pour :
- (G 4- Q) d. cos P — Q. s. = 0, ou
- Q.s.
- VIb
- VIIb
- COS P =
- (G + Q) d (G -p Q) d sin p .g Q. r. s.
- c’est-à-dire que l’appareil est encore ici complètement astatique (isochrone),
- pour un angle déterminé p,
- tel que cos f> =
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- 164 JC*'’&Wtyttfliojgiate N° 21. — 2o Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
- Les deux formules VIIa et VIIb ne contenant pas du tout l’angle <v, les deux appareils sont, pour tous les angles 4- d’une rotation entière autour de l’axe c, complètement astatiques (isochrones).
- Comme chacun des deux appareils n’est astatique que pour un angle P tout à fait déterminé, tandis qu’un changement de l’angle P amène chaque fois, pour une demi-rotation de la stabilité, et pour la seconde moitié de la rotation de l’instabilité, le degré de mobilité dans les deux dispositions peut être changé à volonté par le changement de l’angle p.
- De l’équation 5b résulte : »
- r. s. = (G -J- Q) d. sin p — (G + Q) d. cos p. tg 4/ -f- Q. s. tg <J/
- ou pour
- g
- Q. r. s.
- = C.
- = C|/ (G -f Q) d. sin p — (G -j- Q) d. cos p tg. ^ + Q. s. tg 4*
- Pour le régulateur qui est à décrire plus loin, soit par exemple
- G = 3Q et d = 3/2 5,
- d’où :
- =ct/ Q. s. (6. sin p — 6 cos p. / g ^ + tg 40
- <a = C 6 sin p — 6 cos $tg. 4'-Mfl,4'/
- et d’après l’équation YIb, il faut, pour que le système soit complètement astatique,'
- que
- COS P =
- Qs
- 4Q. 3/2 s.
- = 1/6
- p = 80° 24' 21"
- Pour un angle p quelconque plus grand, l’appareil est stable. Si nous mettons, par exemple :
- p = 90°, il en résulte :
- -f- tg 4*. et pour la constante :
- C'
- 100
- 2.4493
- Si nous entendons par énergie, pour plus de simplicité, celle des forces qui s’applique au manchon pour un changement de vitesse de 1 pour cent, cette énergie doit être proportionnelle au moment de la force centrifuge ou au cosinus de l’angle d’écartement. Si donc, on donne au pendule un angle d’écartement total de — 20° à -f- 20°, les nombres
- cos — 20û = 0.93969,
- cos 0 =1,
- et cos -f- 20° = 0,93969
- représentent les nombres proportionnels pour l'énergie dans les trois positions principales du pendule. L’énergie dans les deux positions extrêmes est donc d’environ 6 0/o plus petite que la valeur maximum qui correspond à la position moyenne.
- De la valeur C’ = -- ^^7-, on peut déduire la table suivante, dans laquelle on voit immédiatement que, même pour un angle P où l’appareil devient très-statique, et même pour un écartement de — 30° à + 30° la valeur est
- approximativement constante, ou qu’aux changements proportionnels de vitesse correspondent des angles d’écartement proportionnels.
- des autres nations, il faut que l’instruction publique continue, en France, sa marche ascendante et progressiste.
- Créons, multiplions donc les musées scolaires.
- C’est un devoir, c’est une bonne action à accomplir.
- • Ch. Varey.
- L’EXPOSITION.
- Le Buisson ardent de la ville d'Aix.
- Le chapitre métropolitain de la ville d’Aix a envoyé à l’Exposition universelle le célèbre triptyque de Saint-Sauveur, connu sous le nom de « Buisson Ardent, » qui excita si vivement l’attention des connaisseurs à l’exposition marseillaise en 1861.
- Ce triptyque a été attribué par le» uns au roi René, et par les autres soit à Jean Memm-ling, soit même à Van Eyck.
- Le panneau médial est digne, en effet, du pinceau de ce dernier et illustre maître.
- Ces diverses attristions #git pourtapj inexactes.
- Deux des membres de la commission départementale des richesses d’art ont découvert, en feuilletant les registres du roi René qui contiennent les comptes de ses « menus plaisirs, » le nom et le prénom de l’auteur de ce tableau.
- Cet auteur n’était pas Flamand, mais avi-gnonais. On le nommait « Nicolas Froment » et plus usuellement « Nicolas le Peintre, d’Avignon. »
- Nicolas était un des peintres ordinaires du roi René qui, entre temps, le chargea de décorer d’armoiries les panneaux de ses portes, les arceaux de ses hôtels et les bannières de ses trompettes.
- L’Exposition et l’industrie d'Australie.
- D’Australie, nous recevons un document qui prouve combien est vif, même dans les contrées les plus éloignées et jusqu’aux antipodes, l’intérêt qu’excite l’Exposition universelle de Paris. La pièce dont nous parlons est un numéro extrà, publié en supplément par le Sydney Morning Herald, à l’occasion de l’ouverture de l’Exposition du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
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- N» 21. — 25 Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
- Ce ‘&ed)tt0l0$i#te
- 165
- Ce supplément est publié à la fois en anglais et en français, afin qu’il soit accessible à un plus grand nombre de lecteurs.
- Dans le premier article, on rappelle que les colonies australiennes n’avaient pas encore été aussi formellement invitées à prendre part à une exposition de. travaux de toutes les nations. C’est dans la lettre au comte de Carnarvon, lettre contenant un résumé général des règlements français, que S. A. R. le prince de Galles exprima le désir que les divers gouvernements de l’empire colonial prissent une part active à ce grand concours de toutes les industries du globe.
- La Nouvelle-Galles du Sud ne manqua point de répondre à l’appel. « Il eût été à désirer, dit le journal, que l’état de nos affaires politiques nous eût permis de consacrer plus de temps à la préparation de nos envois ; mais il y a tout lieu de croire néanmoins que les échantillons des richesses naturelles de la Nouvelle-Galles du Sud, les spécimens d’habileté mécanique et de talent artistique exposés par nos fabricants attireront des visiteurs et donneront le désir de connaître davantage le pays des antipodes. »
- Le Morning Herald de Sydney entre à ce propos dans des détails intéressants sur cette colonie, ses productions naturelles, ses manufactures, son système de finances, d’instruction publique, etc.
- On sait que la richesse de l’Australie consiste surtout dans l’élevage des bestiaux. La Nouvelle-Galles du Sud, qui ne compte encore que 660.000 habitants, est aussi étendue , prétend le journal, que la France et l’Italie ensemble.
- Ceux qui se livrent à l’industrie pastorale sur une grande échelle, les « squatters,» possèdent des troupeaux de 20.000 à I million de moutons, ou des milliers de bêtes à cornes Ces bestiaux errent sur des étendues de terrains qu’on appelle des runs, espaces que les propriétaires de troupeaux tiennent àfermage du gouvernement, et qui s’élèvent quelquefois à 100 kilomètres carrés.
- On compte actuellement plus de 25 millions de moutons dans la Nouvelle-Galles du Sud. C’est à peu près un vingtième du nombre total des moutons du monde entier. Réparti entre la population, ce chiffre donne 38 moutons par tète d’habitant, or, dans le Royaume-Uni, on ne compte que 1 mouton par habitant, et en France 2/3 seulement
- Les premiers moutons y furent introduits de la colonie du Cap, en 1797. Le promoteur de cette grande industrie de la colonie est
- * VITESSE d’angle jO * VITESSE D’ANGLE CO
- 0° 0) = 100.00 0® w s 100 00
- — 10® CO = 98.52 + 10® CO - 101.46
- — 20° CO = 96.92 20» CO = 102.99
- — 30® CO = 95.07 + 30® CO = 104.70
- - 40® CO = 92.74 + 40® Ci) = 106.76
- — 50® CO « 89.52 + 50° CO = 109 48
- — 60® Cl) = 84.34 + 60® CO = 113.52
- — 70® CO = 73.63 + 70° CO = 120.74
- — 80® CO = 23.41 + 80® CO = 139.47
- — 80°.32M6" CO = 0.00 + 90® CO = OC
- CIMENTS, CÉRAMIQUE ET VERRERIE.
- Faïences émaillées décoratives, de M. Loebnitz.
- M. Lœbnitz est le petit-fils de M. Pichenot, inventeur de la faïence inger-çable, et auquel il a succédé en 1857. Tout en continuant l’industrie de son grand-père, il a cherché à développer la production de la faïence émaillée, pouvant s’appliquer aux besoins de l’architecture.
- La faïence ordinaire peut être décorée de deux manières différentes, au moyen de l’émail stannifère opaque, introduit en Italie vers le commencement du xve siècle. Tantôt l’émail blanc ou coloré est déposé sur la faïence rougeâtre, de manière à dissimuler la couleur désagréable de la terre tout en l’ornant; c’est ce genre de décoration qui fut illustré, d’abord, par Luca délia Robbia. D’autres fois, on répand h la surface de la terre cuite l’émail pulvérisé, sous forme de bouillie liquide, de manière à recouvrir toute sa surface. La porosité de la terre détermine le dépôt d’une couche mince d’émail pulvérulent sur lequel le peintre exécute sa peinture. Le tout est ensuite soumis à la cuisson qui fixe à la fois l’émail et les couleurs; cela constitue la peinture sur émail cru, et les pièces ainsi décorées, appelées majoliques, furent florissantes, surtout vers le milieu du xvie siècle. Enfin, Bernard Pa-li&sy trouva, en France, un autre mode de décoration de la faïence; mais la terre qu’il employait étant presque blanche, il se servait d’émaux colorés transparents, qu’il déposait sur les diverses parties de la terre cuite à décorer.
- Les pièces de faïerlce exposées par M. Lœbnitz à la Société d’Encourage-ment montrent des échantillons de ces différentes décorations. Tantôt l’émail stannifère opaque, diversement coloré, est appliqué sur des panneaux moulés, destinés à la construction de poêles artistiques, de bâches pour les jardins d’hiver, ou de grands médaillons pour l’ornementation des édifices.
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- 166 £e ^LedjUirlajjiôte N° 21. — 25 Mai 1878. —XXXVIIIe Année.
- M. Lœbnitz fabrique également des carreaux émaillés de différents genres : il en a été fait un important emploi pour la restauration du château de Blois, où 100.000 de ces carreaux ont été placés. Il produit aussi des panneaux pour poêles décorés dans le genre Palissy. Enfin, M. Lœbnitz a monté à l’entrée des beaux-arts français à l’Exposition universelle, avec le concours artistique de M. Sedille, architecte, une porte monumentale, de 10 mètres de largeur sur 11 mètres de hauteur, qui est formée de pièces émaillées, et ornée de trois grands panneaux représentant la sculpture, la peinture et l’architecture.
- En somme, M. Lœbnitz a su, tout en se renfermant dans la production spèciale de la faïence ordinaire, l’approprier avec talent à la décoration intérieure et extérieure des habitations dans des conditions remarquables de solidité, d’élégance et de prix.
- Le nouveau four à briques, de M. Forster.
- On vient d’essayer avec succès, à Normanton, chez M. Forster, un nouveau four à briques, ayant l’avantage d’économiser le combustible et la main-d’œuvre. Ce four a 33 mètres de longueur sur une largeur de 2m,45. Les briques sont placées, directement en sortant des moules, sur des wagons en fer qui leur font traverser le four dans toute sa longueur et les amènent à l’extrémité complètement cuites. Les foyers sont placés de chaque côté du four, vers le milieu, et le tirage de l’air chaud s’opère par une cheminée placée à l’entrée. De cette manière, les briques se cuisent graduellement avant d’atteindre les foyers et, après avoir passé par l’intense chaleur de la section centrale, elles ont le temps de se refroidir avant leur arrivée à l’extrémité du four, où, à leur sortie, elles peuvent être immédiatement empilées ou chargées sur les charrettes. Le four contient, continuellement, neuf wagons proportionnés à sa largeur, et qui sont accouplés ensemble, de sorte que lorsque l’un sort, les autres avancent d’un huitième de trajet et qu’un nouveau se place à l’entrée. Chaque wagon contient environ 5.000 briques empilées jusqu’à une hauteur de 2m,10 de façon à emplir complètement l’espace compris entre les parois du four, sauf les interstices ordinaires ménagés entre les briques pour faciliter l’égale pénétration de la chaleur. Le fer des parties basses des wagons est protégé contre l’action du feu, non-seulement par la situation des foyers sur un plan plus élevé, mais encore par un recouvrement de briques réfractaires, ainsi que par un courant d’air froid ménagé sous les wagons.
- On peut sortir du four 5.000 briques en cinq minutes; mais un séjour de quatre à six heures est nécessaire pour obtenir une bonne cuisson. On nous assure que le prix du combustible employé pour la cuisson de 1.000 briques n’excède pas Ofr. 30; nous reconnaissons, du reste, que la chaleur nous paraît être convenablement utilisée.
- M. Macarthur : il apporta en Angleterre quelques toisons qui attirèrent l’attention, et en échange il ramena quelques mérinos des fameux troupeaux de Georges III. Au retour, on lui donna une concession de 10.000 ar-pénts de terre où il acclimata les mérinos rapportés par lui.
- Les béliers mérinos d’Australie, dont la généalogie est prouvée, valent actuellement de 500 à 12.500 francs ; les brebis, de 500 à 5.000 francs.
- Un beau mouton australien porteur d’une toison épaisse, pèse environ 50 kilog. La tonte annuelle de moutons de cette catégorie donne en moyenne 3 kilog. 1/2 de laine lavée. Certains mérinos exceptionnels ont produit jusqu’à 7 kilog. 1/2 de laine à carder (non lavée) ; mais la moyenne des produits sous cette forme est, en général, 6 kilog. 1/2.
- VARIÉTËS.
- Usage médical du téléphone.
- - On a fait en Angleterre différentes expériences sur l’usage médical du téléphone. Un médecin s’en est servi, dans sa maison, pendant plusieurs semaines, pour faire communiquer un malade atteint d’un exanthème contagieux avec sa famille et ses amis. On pourrait, dit le British medical journal, recommander l'emploi du téléphone dans les hôpitaux consacrés au traitement de certaines fièvres.
- D’un autre côté, le Medical and surgical journal de Boston signale son utilité pour l’auscultation dans les maladies de poitrine. Un médecin de Pensylvania-Hospital s’en est servi pour reconnaître les maladies du cœur et les différentes variétés de respiration ; les résultats n’ont pas été complètement satisfaisants, mais il semble qu’une légère modification dans l’instrument permettra de reproduire les pulsations les plus délicates. Le téléphone deviendrait, dans ce cas, presque indispensable dans les amphithéâtres de clinique.
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- Ce fcedptalégiste
- 167
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Régulateur cosinus, monté sur valve d'admission, combinée avec soupape d'arrêt,
- de M. Ed. Büss.
- Fig. 36.
- Prix-courants des Régulateurs cosinus, de MM. Buss, Sombart et Cie, sans transmission de mouvement.
- NUMÉROS. 0 I II III
- Prix en francs. . . . 80 100 130 190
- NUMÉROS IV V VI »
- Prix en francs.. . . 270 4o0 600 »
- ___&-
- La figure 36 représente uns vue d’ensemble du régulateur cosinus faisant l’objet du second brevet pris par M. Ed. Buss, de Berne.
- Cet appareil consiste, ainsi qu’on l’a vu, fig. 32, en un arbre A, et en deux pendules cosinus semblables BB qui sont indiqués séparément dans les figures 33,34 et 35, ainsi qu’en un manchon sphérique CD. A la partie supérieure de l’arbre A est soudé à la forge un plateau uni a? qui porte le prisonnier b. En haut est foré dans l’arbre un trou axial. Le manchon consiste en deux parties C et D réunies par les vis ccc; l’inférieure C est fixée,sur l’arbre, tandis qu’un goujon d qui est relié solidement avec la partie supérieure D, pénètre dans la partie creuse de l’arbre. Le prisonnier b entrant dans le trou e force le martchon de tourner avec l’arbre. L’élévation du manchon est limitée en bas par l’anneau /, et en haut par le plateau a.
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- 168 4i? ^LedjtUrlfljjiütC N° 21. — 20 Mai 1878. — XXXVIIIe Année.
- Le pendule B consiste en un levier coudé avec une longue douille <7, la sphère /t, le poids i et l’œil k. Le tourillon / qui pénètre à travers l’œil &, se termine par une partie excentrique ou tenon, sur laquelle est montée la poulie m. Chacune des douilles g du pendule se trouve entre deux yeux nn de la partie C du manchon et chaque axe de pendule consiste en une tige d’acier 0 qui est fixée dans les yeux nn, et pénètre à travers la douille g du pendule, tandis que chacune des deux poulies m repose sur le plateau horizontal a.
- Ceci posé, il est facile de comprendre que si l’on fait tourner les deux pendules B B, dans le sens des flèches, autour de leurs axes 0; tandis que la pesanteur du manchon et des pendules appuie les poulies m contre le plateau a, les axes du pendule 00 se portent en même temps avec lç manchon CD verticalement en haut, et les tenons des poulies décrivent des chemins horizontaux. Par le déplacement du tourillon l, la position du tenon excentrique change et, par suite aussi l’angle qui est indiqué dans la théorie par p. L’appareil peut ainsi être amené d’une position complètement astatique jusqu’à un degré de stabilité qui correspond à une différence de vitesse d’environ 3 0/o- Dans ces conditions, le régulateur cosinus de M. Buss présente des avantages notables sur tous les systèmes de régulateurs à force centrifuge employés jusqu’ici.
- On sait, en effet, que le régulateur de Watt aussi bien que celui de Porter possèdent, pour des petits angles d’écartement, une énergie très-petite et sont très-immobiles pour les grands angles d’écartement; ils offrent même, dans l’angle d’écartement employé, aussi bien une mobilité très-variable qu’une énergie très-variable. Pour le régulateur croisé et de Prôll, la mobilité est assurément plus grande; mais, par contre, dans l’angle d ecartement pratique, elle est encore plus variable que dans les appareils mentionnés ci-dessus. Enfin, le système qui a fait l’objet du premier brevet de M. Buss, le 11 janvier 1870, est tel que toute la disposition de l’appareil nécessite une dépense considérable de matériel qui ne contribue en rien à la production de l’cnergie.
- Or, si nous considérons le régulateur cosinus, nous voyons qu'il permet :
- 1° le fonctionnement pratique et commode avec un angle a de 40° à 60° et par suite la possibilité d’une très-grande élévation du manchon ;
- 2° il est pour chaque position en dedans de l’angle a à peu près également mobile et aussi à peu près également énergique : il dépasse de beaucoup, sous ce rapport, même le premier régulateur de M. Buss;
- 3° le degré de mobilité peut être changé, selon les besoins, depuis une position complètement astatique, jusqu’à une stabilité quelconque;
- 4° en dehors de l’arbre A et avec le petit plateau a, toutes les pièces du régulateur inclusivement : bras de pendule, douille de pendule, etc., etc., coopèrent à la production de l’énergie, de sorte que l’appareil possède, à poids égal, urre puissance bien plus considérable que le premier régulateur de M. Buss, par exemple;
- 5° l’appareil est de beaucoup plus simple et peut être exécuté plus facilement que ce dernier; il peut être établi d’une façon plus simple et plus commode, et même à meilleur marché que celui de Porter ou celui de Watt ;
- Gû le régulateur cosinus se distingue enfin parla facilité de le tenir en bon état, aussi bien que par sa solidité, sa durée, et surtout par son bon marché, comme on en peut juger par le tableau ci-contre, dont les indications se rapportent à la coupe verticale de l’appareil fig. 37.
- Prix-courants des régulateurs cosinus, de MM. Buss, Sombart et Cie, à Paris,
- représentés fig. 37.
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- La position de la poulie de commande peut être, modifiée à volon: é.
- BAR-SUR-SEINE". — TYPOGRAPHIE S AILLA RD.
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- N» 22. — !«' Juin 1878. — XXXVIIIe Année.
- £c (Lcdpwltfjjiiste
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- SOMMAIRE.
- Le diaphanomètre, de M. D. Savalle. — L’avertisseur universel, de MM. Pierre et Ray-nal.— Le moteur à vide d’air, de M.Regge. — Les nouveaux instruments de dessin, de M. Parent.
- ALCOOL,. SUCRE ET FÉCULE
- CHRONIQUE.
- Le diaphanomètre, de M. D. Savalle.
- La question des grèves.
- Fort heureusement l’horizon industriel et commercial se trouve, à l’heure présente, dé-
- Tout le monde sait que la science possède de nombreux moyens pour vérifier, d’une façon rigoureusement exacte, la force des liquides spiritueux ; notamment, au moyen de l’alcoomètre centésimal de Gay-Lussac. Mais, pour
- Fig. 38.
- barrassé des gros nuages qui l’obscurcissaient hier. Les grévistes sont partout, venus à ré-cipiscence : les ouvriers typographes à Paris, les apprèteuses à Tarare, les boulangers à Besançon, les forgerons à Decazeville et les mineurs à Montceau-les-Mines. Et maintenant que tout est rentré dans l’ordre, peut-on dire que ces manifestations violentes aient profité à quelqu’un ?
- A personne : tout d’abord il faut dire que dans tout pays industriel, l’idée de grève traîne à sa suite un cortège quelque peu effrayant. Chez nous, en particulier, on ne
- déterminer le degré de pureté d’un l’alcool, c'est-à-dire sa qualité, objet essentiel à connaître, on n’avait jusqu’ici d’autre méthode que le dédoublement avec de l’eau et l’appréciation dégustative, fournissant, par tâtonnements, des termes de comparaison approximatifs, soumis à l’erreur, à la critique et n’ayant aucune sanction scientifique. En effet, le goût et l’odorat ne sont pas développés au même point chez tous les individus, et l’on comprend facilement les divergences d’opinion au sujet d’un examen assis sur une base aussi fragile.
- M. Savalle vient de combler cette lacune en trouvant le moyen de doser mathématiquement le degré de pureté de l’alcool. Non-seulement M. Savalle a établi une méthode rationnelle à suivre, mais il a trouvé le réactif chimique qui décèle les impuretés : il a, de plus, combiné un nécessaire très-ingé-
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- nieux, d’un usage commode et prompt, destiné à rendre des services continus à l’industrie, au commerce et à l’hygiène publique. Il a nommé son appareil diaphanomètre, expression qui indique clairement le mode d’exécution adopté et le but atteint. En effet, c’est par le degré de transparence, la diaphanéité conservée par l’alcool soumis à l’action du réactif, qui dénonce, en les colorant, les plus petites parcelles de résidus non éliminés par la fabrication, que M. Savalle indique sans hésiter la qualité du produit.
- A l’aide du procédé que nous allons décrire, il n’y aura plus désormais de surprises ni de discussions sur le degré de pureté de l’alcool. Le producteur titrera son produit et pourra le vendre en conséquence. L’acheteur, de son côté, pourra vérifier la valeur de ce qu’on lui fournit, et refuser les alcools impurs qui ne conviennent pas aux préparations délicates. Enfin, la consommation n’aura plus à redouter les graves inconvénients résultant de l’assimilation dangereuse de produits impurs, car le raffinage des alcools deviendra forcément de plus en plus parfait, le fabricant devant désormais extraire complètement les éthers et les huiles essentielles, qui sont des poisons pour l’organisme.
- L’opération est très-simple, et à la portée de chacun : le nécessaire diapha-nométrique de M. Savalle, qui est renfermé dans une boîte en chêne (fig. 38), consiste en une série de types, air nombre de quinze, et qui sont établis avec la plus grande précision. Ces types servent d’étalons pour la comparaison à faire avec le produit soumis à l'essai, et se décomposent de la façon suivante.
- Celui qui porte le signe 0 est le type de l’alcool parfaitement pur : il est blanc et complètement diaphane. Les numéros de 1 à 15 forment une gamme de teintes progressivement colorées, qui décèlent, par des nuances de plus en plus foncées, la quantité des impuretés. Pour atteindre ce but, ces types sont chargés eux-mêmes de 1/10.000 à 15/10.000 d’impuretés; de plus, ils sont mélangés à un réactif chimique, qui a la propriété de teindre l’alcool selon la quantité de souillures qu’il contient.
- Ces quinze flacons sont cachetés et ne doivent jamais être débouchés. Ils constituent une échelle ascendante de couleurs, qui forment la base des ternies de comparaison à faire.
- On opère comme il suit pour l’alcool h essayer : au moyen du tube gradué, on mesure dix centimètres cubes de l’alcool à vérifier et on les verse dans un ballon. On y ajoute une quantité égale du réactif qui’se trouve dans un flacon spécial, puis on chauffe le mélange sur la flamme d’une lampe à alcool, en ayant soin de l’agiter constamment (fig. 39). Une minute suffit pour porter le liquide à l’ébullition ; aussitôt le premier bouillon jeté, on arrête le chauffage, puis on verse le tout dans une des bouteilles vides qui se trouvent dans le nécessaire, afin de pouvoir faire la comparaison de la nuance produite avec celle de l’un des types (fig. 40). Celui qui donne la couleur du mélange obtenu indiquera le degré d’impureté.
- Il est inutile d’insister davantage sur le service rendu par M. Savalle à la santé publique, qu’il faut sans cesse préserver des produits défectueux. Mais il est bon d’appeler l’attention des fabricants et des négociants sur la propagation d’une méthode dont l’application entraînera certainement à fixer le prix de l’alcool d’après le degré de pureté réelle constaté à l’aide de la méthode diaphanométrique. Voici à cet effet, un tableau qui présente comparativement le degré de pureté et le prix, en majoration ou en déduction, sur les cours de la Bourse, qu’il entraîne avec lui.
- se rappelle pas sans frémir les répressions exercées à Saint-Aubin et à Ricamarie, sous l’Empire. Quelle est la contrée, d’ailleurs, où le chômage des ouvriers n’engendre des appréhensions ?
- Cette préoccupation des esprits est bien justifiée, car toute grève touche aux plus hautes questions d’économie politique et sociale, et ce serait un symptôme fâcheux que de voir l’opinion se détacher de ces problèmes.
- Mais n’existe-t-il pas, parmi le public, une certaine tendance vers l’exagération? N’est-on pas trop disposé à accorder plus d’importance qu’il n’en mérite à un mouvement dont l’ensemble est, en somme, l’exacte reproduction de mouvements pareils se succédant à intervalles périodiques?
- Voilà ce qu’il me parait intéressant d’examiner, en présence des grèves qui ont éclaté, et qui viennent heureusement de se terminer sur divers points de la France.
- Reconnaissons d’abord que les grandes et nombreuses coalitions de travailleurs sont plus rares ici que dans aucune autre nation.
- Pour n’envisager que l’Europe, voyons l’Angleterre et l’Allemagne. Il s’en faut de beaucoup que la population qui y vit du labeur de ses mains témoigne toute la modération à laquelle nos ouvriers nous ont accoutumés.
- En Allemagne, en Angleterre, la grève subsiste à l’état permanent : chevillée dans les mœurs, elle semble faire partie intégrante des statuts des corps de métier. Chez nous, au contraire, elle est un moyen empirique invoqué dans les cas désespérés, quand les essais de conciliation sont restés infructueux.
- Si on lit les rapports des délégués à l’Exposition de Vienne, des délégués à l’Exposition de Philadelphie, on voit qu’ils sont unanimes à repousser l’emploi d’un procédé que les leçons d’une expérience chèrement acquise leur ont appris à tenir en défiance.
- Pourquoi, alors, les grèves récentes?
- A Montceau-les-Mines, les mineurs ; à De-cazeville, les forgerons; à Besançon, les boulangers; à Tarare, les apprèteuses; les typographes travaillant aux labeurs, à Paris...
- Pourquoi ?
- Il est plus facile de formuler la demande que d’y répondre avec précision. Examinons pourtant.
- On a parlé à tort et à travers d’efforts convulsifs de la réaction, de mot d’ordre de l’Internationale ; on a agité des spectres, les uns le rouge, les autres le blanc. N’est-il pas plus simple d’aller au fond des choses?
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- Ce qui frappe surtout, c’est la simultanéité des crises. Eh bien ! cette simultanéité s’explique d’elle-même. Elle est plus apparente que réelle. Une première grève a surgi ; les autres sont nées de la contagion de l’exemple ou de redoutables coïncidences.
- Coïncidences toutes fortuites, il n’y a pas à en douter : par exemple, à Decazeville, la diminution de 10 0/o sur les salaires par un conseil d’administration qui, cette année, n’a pas distribué de dividendes à ses actionnaires !
- Assurément, il est dur pour des ouvriers d’accepter la réduction du prix de leur travail ; mais avouons qu’il n'est pas séduisant non plus, pour une compagnie financière, de voir ses capitaux frappés de stérilité.
- La plupart du temps, les grèves sont moins le produit d’une préméditation que le résultat d’un coup de tète.
- S’il en était différemment, est-ce que la stagnation qui a pesé si longtemps sur le monde commercial, est-ce que le ralentissement d’affaires occasionné par la guerre d’O-rient, ne seraient pas entrés dans les calculs?
- Evidemment, les grévistes n’ont pas tous réfléchi et voilà pourquoi, encore, il est permis d’affirmer qu’ils ne s’étaient pas concertés de région à région. Tout concert préalable suppose la réflexion.
- i, a une valeur de 20 fr. au-dessus du cours.
- Type déposé à la Bourse pour fixer la qualité passant en livraison.
- » 3 fr. au-dess
- Le diaphanomèlre s’applique aux alcools du Midi comme à ceux du Nord; il sert encore à connaître le degré de pureté des eaux-de-vie. En effet, si l’alcool de vin du Midi, sans mélange d’alcool d’industrie, contient 40/10.000 d’éther et d’huile œnanthique, c’est-à-dire d'essence de vin, il est exempt de mélange d’alcool d’industrie. Mais si l’alcool de vin se trouve additionné de moitié d’alcool d’industrie, qui titre 2/10.000 d’impuretés, le mélange n’indiquera plus que 21/10.000 au lieu de 40/10.000. Si le même produit est additionné des deux tiers d’alcool industriel, il n’indiquera plus que 15/10.000 d’essence de vin. Dans ce cas il y a, outre la densité de la couleur obtenue par le réactif, une autre indication précieuse : les essences de vin mélangées au réactif, produisent une teinte bien définie, toute différente de celle obtenue par l’alcool d’industrie impur.
- Il en est de même pour les eaux-de-vie, dont chaque espèce contient assez régulièrement la même quantité d’essence œnanthique. Ce titre varie avec le mode de distillation employé ; mais comme les méthodes distillatoires et le
- Fig. 39.
- Fig. 40.
- En somme, la conciliation est venue : elle est venue de la part des ouvriers et aussi de la part des patrons. Pour être tardive, elle n’en a pas été moins efficace.
- Si l’on établissait le compte de ce qu’ont coûté les grèves, depuis l’époque reculée à laquelle il faudrait remonter pour retrou-
- degré du produit sont les mêmes pour chaque espèce d’eau-de vie, il en résulte que les espèces varient peu comme dosage aromatique.
- Désormais il sera donc aisé de se rendre compte du degré de pureté de l’eau-de-vie, lorsqu'elle est blanche et arrive de chez le producteur. Tous les négociants feront donc sagement en employant le diaphanomètre Savalle,
- La boite contient le reactif, les flacons, les appareils et les instructions indispensables pour les essais, elle ferme à clef.
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- Le réactif est corrosif, et il y aurait danger de le porter à la bouche.
- Le nécessaire représenté fig. 38 est transportable à la main et peut servir dans tous les pays. Il coûte 150 francs, chez MM. D. Savalle fils et Cie, avenue du Bois-de-Boulogne, 64, à Paris.
- ver leur origine ; si l’on supputait les pertes qu’elles ont entraînées, pour les uns par manque de'production et pour les autres par absence de salaires, avec quelle énergie chacun crierait : plus de grèves !
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- L'avertisseur universel, de MM. Pierre et Raynal.
- Les appareils de sûreté dont les générateurs de vapeur sont munis, les uns exigés par la loi, les autres laissés au choix des industriels, ne sont réellement efficaces qu’autant qu’ils sont surveillés avec la plus grande vigilance par des chauffeurs intelligents, consciencieux et expérimentés.
- A part le sifflet d’alarme qui n’est pas réglementaire et dont la marche, jusqu’à ce jour, a toujours été défectueuse, les appareils en usage sont des indicateurs à vue du niveau de l’eau et de la pression dans la chaudière. Leur utilité cesse, non-seulement s’ils sont dérangés, cas très-fréquent, ainsi qu’en font foi les rapports des Associations des propriétaires d'appareils à vapeur, mais encore lorsque le chauffeur est absent ou inattentionné.
- Après bien des recherches et des tâtonnements, M. F. Pierre, chef monteur aux chemins de fer du Midi, est parvenu, avec le concours de M. Th. Raynal, constructeur à Narbonne, à établir un appareil d’une grande simplicité, lequel nous paraît réunir toutes les conditions d’un bon fonctionnement et d’un entretien simple et facile. Le rôle de cet appareil est de permettre l’introduction d’un jet de vapeur dans le foyer, lorsque le niveau de l’eau s’élève ou s’abaisse au-delà des limites fixées et lorsque la pression de la vapeur s’élève au-dessus du maximum indiqué par le timbre.
- Ce jet de vapeur, en rabattant les flammes et en empêchant l’air d’entrer dans le foyer, arrête la combustion et l’action des flammes sur les tôles, pour lesquelles on n’a ainsi absolument rien à craindre, leur température ne pouvant s’élever. Un appareil encore rudimentaire a fonctionné pendant quinze mois dans la chaudière d’une machine locomotive qui a parcouru, pendant ce laps de temps, les lignes les plus accidentées, sans que son foyer ait éprouvé la moindre avarie.
- Cette première expérience semble de nature à prouver que MM. Pierre et Raynal ont atteint le but qu’ils poursuivaient et que leur appareil, en écartant tout danger d’explosion ou de dégradation des chaudières, sans arrêter le travail, comme le font les bouchons fusibles, contrôle en même temps le service des chauffeurs et les force à être vigilants. Ce même appareil pourrait aussi servir à éteindre les feux sans avoir besoin de les jeter bas.
- TRAVAUX DE PARIS.
- Trois voies nouvelles seront ouvertes et classées entre le boulevard de Courcelles et la place Malesherbes, sur des terrains appartenant à divers propriétaires et cédés à la ville de Paris. Le principal propriétaire de ces terrains é’ant originaire de l’Alsace-Lor-raine, l’administration a décidé que les rues projetées porteraient les noms des villes de Phalsbourg, Langelbach et Thann.
- Le prolongement de la rue des Pyramides est exécuté jusqu’à l’avenue de l’Opéra. Il va avoir pour conséquence heureuse d’amener le dégagement complet de l’église Saint-Roch qu’un archevêque de Paris, célèbre sous la Restauration et sous le gouvernement de Juillet, qualifiait de première cure de France!
- Déjà une partie du passage qui enserre à 1 Est l’édifice religieux a été emportée par la nouvelle rue. L’administration va avoir d’autant plus de facilités pour en opérer la suppression complète, que les immeubles à démolir sont construits pour la plupart sur des terrains vendus en l’an VI, et que les contrats de vente dressés par le domaine national portent les dispositions suivantes.
- « Les acquéreurs et adjudicataires seront tenus de se conformer, quand ils en seront requis, et ce sans indemnité, aux alignements arrêtés ou qui pourront l’être par la Commission des travaux publics. »
- Les travaux de la nouvelle mairie' du dix-neuvième arrondissement, à la Villette, touchent à leur fin; le ravalement et la sculpture sont déjà terminés.
- La nouvelle mairie s’élève à l’angle de l’avenue Laumière et de l’avenue Mexico, en face de l’entrée du parc des Buttes-Chaumont.
- Elle est du style Louis XIII, avec trumeaux de brique apparente. Sa façade principale présente, en vue du parc, deux corps de bà-tifnent percés chacun de quatre baies à cha-
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- que étage, et reliés par un avant-corps que supportent quatre grosses colonnes rondes.
- Les bâtiments ont deux étages» et un atti-que.
- L’avant-corps est surmonté d’un campanile. '
- L’ensemble de l’édifice couvre une superficie de 830 mètres ; il est d’une ornementation fort riche.
- VARIÉTÉS.
- Les carrières de marbre blanc.
- Après l’Italie, qui possède la plus grande quantité de marbre blanc, la France est l’un des pays les plus riches en ce genre de matériaux. Elle a de nombreuses carrières qui fournissent des marbres très-variés dont plusieurs lui sont tout à fait propres.
- L’exploitation de la plupart de ces carrières a été pratiquée à l’époque de la domination romaine. Dans les ruines des villes gallo-romaines on trouve des débris de marbres, et non-seulement les Romains se sont servis de ces marbres pouï les monuments de la Gaule, mais ils en ont décoré certains monuments de Rome.
- L’exploitation des marbres français, négligée pendant plusieurs siècles, reprit une grande vigueur sous François Ier, qui prescrivit de n’employer que les marbres du pays à la décoration de ses châteaux.
- Henri IV continua à développer cette industrie, qui, sous Louis XIV, futportée à son apogée. C’est sous son règne que furent découverts les beaux marbres des Pyrénées et des Alpes, qui sont si propres à la décoration monumentale. Ils ont servi àj)rner le palais de Versailles, le Louvre, les Tuileries, les Invalides et presque tous les monuments de l’époque.
- Les blocs de marbre accumulés alors dans les entrepôts de l'Etat furent si nombreux, qu’ils ont suffi, après le grand roi, à la décoration des édifices élevés sous les règnes suivants jusqu'à Napoléon Ier. Ainsi, les colonnes de marbre rouge incarnat de l’arc de triomphe du Carrousel proviennent des magasins de Louis XIV.
- Pour que nos renseignements soient aussi impartiaux que complets, nous ajouterons que c’est avec le marbre statuaire ordinaire provenant de Carrare, en Italie, dit « ravac-
- Moteur à vide d’air, de M. Regge.
- Cet appareil est constitué essentiellement par trois systèmes basculants, pivotant sur leur centre, et terminés par des réservoirs cylindriques tournés en sens inverse et hermétiquement fermés. Chacun de ces systèmes a la forme d’un Z dont les barres terminales représentent les réservoirs et la barre de liaison un tube qui réunit les deux réservoirs. Quand le système est placé verticalement, l’un de ces réservoirs, celui du bas, est rempli d’alcool; l’autre est vide et ne peut contenir qu’un peu de vapeur d’alcool, car l’air a dû être préalablement chassé de ce système de vases communiquants, par l’ébullition de l’alcool, avant d’être hermétiquement fermé. Ces trois systèmes tournent sur un axe central et sont disposés de manière que les réservoirs, en faisant suite l’un à l’autre, dessinent deux arcs de cercle et constituent avec leurs conduits croisés, au point d’articulation, deux secteurs d’environ 45°. Chacun des réservoirs est, d’ailleurs, muni d’un taquet qui, en buttant contre un ressort, arrête le système dans une position déterminée. D’un autre côté, chacun des tubes de liaison de ces réservoirs est muni, dans le voisinage du collier d’articulation, d’un cliquet qui appuie sur une roue à rochet placée de l’autre côté du système, et qui, en l’entraînant lorsque le système se déplace, la fait tourner d’un arc d’environ 135“. Cette roue à rochet porte d’ailleurs, sur son axe, une roue qui s’engrène avec un système de rouages h barrettes et transforme en mouvement circulaire continu, le mouvement forcément saccadé déterminé par les systèmes basculants. Ce mouvement circulaire est naturellement régularisé au moyen d’un volant. Voici, maintenant, comment l’appareil fonctionne.
- Une lampe à alcool, ou tout autre source de chaleur, est placée sur un support au-dessous de celui des réservoirs inférieurs qui occupe le point le plus élevé de l’arc constitué par eux. Sous l’influence de réchauffement de l’alcool, qui a lieu alors, un dégagement de vapeur se produit, et cette vapeur pressant sur le liquide, le force à monter dans le réservoir supérieur correspondant, lequel étant éloigné de la verticale se trouve bientôt assez pesant pour entraîner le système, malgré le cliquet de retenue qui le maintient au-dessus de la lampe, et malgré la résistance opposée au moteur. Ce système, en tombant, vient donner un coup de marteau sur les réservoirs inférieurs qui avancent d’une quantité suffisante pour qu’un nouveau réservoir se trouve à portée de la lampe, et produise, au bout de une ou deux secondes, un effet analogue au premier; les choses se renouvellent de cette manière indéfiniment.
- Est-ce là la solution toujours et si longtemps cherchée, quoique non encore trouvée, du petit moteur domestique? c’est ce que l’expérience nous indiquera, après que quelques nouveaux perfectionnements auront pu rendre pratique, un appareil, encore à l’état rudimentaire.
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- N° 22. — 1er Juin 1878. — XXXVIIIe Année.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, HORLOGERIE ET ASTRONOMIE.
- Les nouveaux instruments de dessin,
- de M. Parent.
- Les dessinateurs emploient, sous le nom de pistolets, des guides servant au tracé des lignes courbes. Les constructeurs d’instruments ont donné à ces pistolets des formes très-variées, mais sans les assujettir à des lois géométriques; ils se sont généralement contentés de les dessiner à main levée. Aussi trouve-t-on, non-seulement dans plusieurs pistolets de formes dissemblables, mais encore souvent dans un même instrument, plusieurs parties qui font double emploi. On aurait évité ces inconvénients et réduit au minimum le nombre des instruments nécessaires à un dessinateur, si l’on avait assujetti leur tracé aux règles rationnelles dont voici les principes.
- Pour qu’un arc de pistolet soit d’un emploi commode, pour le tracé de l’arc correspondant d’une courbe, il faut, non-seulement que les deux arcs soient tangents vers leurs milieux, et que les courbures de ces points de contacts soient égales, mais encore qu’il y ait identité dans la rapidité avec laquelle varient les courbures quand on s’éloigne de ce point de contact. Il résulte de là, que la série des pistolets, qui est nécessaire à un dessinateur, doit non-seulement comporter la succession de tous les rayons de courbure que l’on trouve dans les courbes qu’il veut tracer, mais encore reproduire chaque rayon de courbure un certain nombre de fois, 6 ou.10, par exemple, mais avec des variations différentes dans les rayons de courbure pour les points voisins.
- On peut résoudre cette question en prenant, pour le tracé des pistolets, di-verses courbes géométriques : par exemple, la spirale hyperbolique, p——,
- qui présente une asymptote et donne, par conséquent, sur une étendue li-r mitée, des rayons de courbures variant entre un maximum très-grand et un minimum aussi petit qu’il est nécessaire. Si l’on trace 6 ou 10 spirales distinctes, avec des valeurs diverses de K, on rencontrera, sur chacune d’elles, le même rayon de courbure en des points qui correspondront à des valeurs diverses de et w par suite à des lois de variations de courbure toutes différentes entre elles. Si donc, l’on associe ces spirales, deux à deux, dans le même instrument, on peut, avec une série de 3 ou mieux de o pistolets, satisfaire aux besoins des dessinateurs, mieux qu’avec les quelques dizaines de modèles différents que l’on trouve chez les constructeurs.
- Au lieu de résoudre la question par des instruments fixes, on peut appeler à son aide la flexibilité des corps élastiques. C’est ainsi que, de tout temps on a créé un guide courbe en bandant en arc, au moyen d’une ficelle, soit un carrelet, soit une règle à dessiner. C’est ainsi que les ingénieurs de la marine emploient, pour tracer certaines courbes de l’architecture navale, des verges flexibles assujetties à passer par des points donnés. Il est probable que ces applications de la flexibilité ont conduit quelques ingénieurs à des solutions analogues à celles présentées parM. Parent; mais nous n’avons pas connaissance que ces solutions aient été publiées. El c’est à cause de cela,
- cione », que furent exécutées, sous la Restauration, les colonnes intérieures du palais du Corps législatif, la statue équestre de Louis XIII à la place Royale, les statues qui figurent dans la cour d’honneur du palais de Versailles, etc.
- Voici maintenant les départements dans lesquels existent les principales carrières de marbre :
- Hautes-Alpes, Aude, Bouches-du-Rhône, Côte-d’Or, Haute-Garonne, Jura, Mayenne, Meuse, Nièvre, Nord, Pas-de-Calais, Basses-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Sarther Var, Vosges.
- Le pied de granit vert sur lequel repose le sarcophage de Napoléon aux Invalides provient de ce dernier département. Le sarcophage lui-même est taillé dans un bloc de granit rouge de Finlande.
- Au Grand-Opéra, c’est le marbre sanguine et le marbre violacé du Jura qui ont été employés : de même au Trocadéro.
- Dans l’île de Corse, on exploite diverses carrières de marbre à dessins très-variés. Le piédestal de la statue du général Paoli, à Corte, est un type remarquable de ces matériaux.
- En Algérie, on rencontre l'albâtre, dont la couleur est vert émeraude, vert pomme, rouge vif, jaune d’or, etc. On y trouve également le marbre blanc statuaire, qui se rapproche beaucoup du marbre de Carrare.
- Protection des oiseaux.
- Nous sommes dans le mois des fleurs et des nids. C’est, donc le cas, pour mettre ces derniers à l’abri des attaques inconscientes dont ils ne sont que trop l’objet, de montrer par des chiffres quelles pertes cause, à la production nationale, la destruction d’une nichée.
- Un nid d’oiseau contient en moyenne cinq œufs ou cinq petits. Chaque petit mange journellement cinquante mouches ou autres insectes, et cette consommation dure quatre ou cinq semaines. Prenons une moyenne de trente jours, et nous trouverons que le nombre de mouches détruites par chaque nichée, dans ces trente jours, est de sept mille cinq cents.
- Or, chaque mouche mange journellement en fleurs, feuilles, etc., une quantité égale à son poids, jusqu’à ce qu’elle ait atteint son maximum de croissance ; en 30 jours, elle
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- N° 22. — 1“ Juin 1878. — XXXVIIIe Année. £( tLefljUOlOljiôtC 175
- aura mangé une fleur par jour, fleur qui aurait été un fruit. Donc, en 30 jours, chaque mouche ayant mangé 30 fruits, les 7.500 mouches qu’une nichée d’oiseaux aurait détruites nous feront perdre 225.000 pommes, poires, abricots, pêches, etc.
- Voilà le tort que l’on fait en dénichant un nid. On perd 225.000 fruits et cela vaut la peine qu’on y regarde.
- Nous recommandons ce calcul aux parents qui laissent leurs enfants marauder à cette époque. Il y va de leur intérêt particulier aussi bien que de celui de tout le monde.
- BREVETS D’INVENTION.
- Alcan-Lévy elLavater. — Serrage des formes typographiques (121737).
- Allais et Poitou. — Moule dépotoir à fond mobile pour l’emboîtage des conserves alimentaires (121722).
- André. — Production des métaux, alliages, combinaisons, sels, haloïdes purs, avec des métaux, alliages et combinaisons impurs (121705).
- Aurenty. — Lampe destinée à brûler l’huile de pin, etc. (add. à 117583).
- Auroy [dame). — Métiers à tricots circulaires (add. à 104098)'.
- Bachtenkirch. — Fabrication et pose des mannettes ou poignées de caisses, malles, bahuts, etc. (121813).
- Badollet et comp. — Calibre de montre à remontoir (121736).
- Balencie et Firmin-Didot. — Photophanie inaltérable sur verre (add. à 120113).
- Barbier et Hardelay. — Appareil pësèur rotatif automatique (12176J).
- Barlow. — Perfectionnements dans les appareils à dessiner (121785).
- Barnes. — Freins automatiques pour véhicules routiers et de chemins defer (121746).
- Barth et Lefebvre. — Procédé de fabrication mécanique des boutons à patin (121658).
- Bartholin. — Combinaison mécanique rendant possible la direction des aérostats (121760).
- Baudonnat. — Perfectionnements dans la fabrication des voitures de luxe, etc. (121693).
- ainsi que de leur utilité relative dans certains cas, que nous sommes heureux de les présenter à nos lecteurs.-
- Ces appareils offrent des applications des lois de la flexion des corps élastiques telles qu’elles sont données dans les traités , de la résistance des matériaux.
- Le premier, le cyclographe, a été imaginé par le capitaine du génie Prudent, et réalisé comme les suivants, du reste, par l’habile successeur de Ba-raban, M. Parent, membre de la Société d’encouragement, duquel nous tenons ces descriptions.
- Le cyclographe est destiné à tracer des cercles de grand rayon, tels que les parallèles et les méridiens des projections géographiques. Il se compose d’un bâti et d’une verge flexible, dont la section longitudinale est formée d’une ligne droite et de deux demi-paraboles du troisième degré. Les extrémités de cette verge sont maintenues par deux agrafes, pendant qu’un bou-ton mû par une vis, pousse le centre de la verge et la fait fléchir. D’après la théorie, la droite de .la verge doit alors se transformer en un arc de cercle. Pour constater qu’il en est ainsi, on trace une ligne le long de cette courbe et l’on vérifie que, effectivement, sa courbure est constante, en comparant successivement un élément quelconque de la verge avec chacune des parties de la courbe tracée.
- L’appareil porte une division qui mesure la flèche de l’arc, et qui permet, soit de conclure le rayon de courbure de cette flèche et de la longueur connue de l’arc, soit de ramener toujours la courbure à une valeur donnée. La monture porte une crosse en forme d’équerre, qui facilite le tracé des parallèles ou des méridiens sur les cartes géographiques, en permettant, par l’appui sur une règle droite ou sur un second cyclographe, de tracer des arcs de cercles, soit parallèles, soit plus ou moins convergents.
- Ce cyclographe a été le point de départ d’autres appareils à verge flexible exécutés aussi par M. Parent.
- C’est, d’abord, un pistolet élastique comprenant trois verges de rechange que l’on encastre par l’une de leurs extrémités dans une douille, et que l’on infléchit, plus ou moins, en agissant sur l’autre extrémité au moyen d’un talon mobile que l’on fixe à volonté. L’une des trois verges a pour section longitudinale une demi-parabole du 3e degré ; elle donne des arcs de cercles dont on fait varier les rayons à volonté. Une autre verge est un simple carrelet dont la courbe de flexion offre toujours un rayon de courbure infini à l’extrémité libre, et des rayons qui diminuent progressivement jusqu’à l’extrémité encastrée. Selon les flexions produites, on peut obtenir un rayon de courbure donné, en des points divers de la règle, mais avec des lois de variations de la courbure toutes différentes, puisque dans l’étendue variable de la courbe comprise entre le point considéré et l’extrémité libre, on passe toujours de la courbure donnée à une courbure nulle.
- Avec cette verge en carrelet, le plus petit rayon de courbure que l’on puisse obtenir est encore passablement grand. On peut diminuer considérablement cette valeur limite et, en même temps, étendre les lois de variations des courbures pour les divers rayons, en remplaçant la verge en carrelet par une verge de forme trapézoïdale, dont la petite base est du côté de l’encastrement.
- Cet appareil permet de tracer des courbes à petites courbures, surtout celles qui ont des asymptotes. Pour des courbures plus prononcées, il faut recourir au pistolet spiral. Cet appareil comprend une bande de ressorts en acier dont une extrémité, qui est montée sur l’arbre d’une roue de rochet, peut être enroulée plus ou moins autour de cet arbre, tandis que l’autre extrémité peut
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- en être éloignée plus ou moins, au moyen d’un curseur qui glisse à coulisse dans la fente d'une règle. On peut,donc, avec un ressort, obtenir des courbes très-variées, et accroître encore leur variété par l’emploi de ressorts plus ou moins flexibles. On peut, d’ailleurs, enrouler les ressorts, soit de droite à gauche, soit de gauche à droite, afin de les accommoder aux signes divers de la variation des courbures. Avec les autres instruments, c’est par le retournement de ceux-ci, sens dessus dessous, que se fait cette adaptation. Ne négligeons pas de signaler que le constructeur espère simplifier la construction, en remplaçant l’enroulement du ressort par le déroulement partiel d’un ressort, ayant préalablement la forme d’une spirale.
- Ces instruments sont conçus rationnellement, et exécutés avec les soins nécessaires pour qu’ils satisfassent aux conditions de leurs principes; mais, aussi, ils sont un peu coûteux. En voici deux qui sont assez simples pour être h la portée de toutes les bourses, et qui, cependant, peuvent faire un bon service. Ils ne diffèrent, d’ailleurs, d’instruments analogues, en usage depuis longtemps* que par l’extrême simplicité de leur mécanisme.
- Le premier est un arc de section régulière, tendu par une corde, que l’on peut raccourcir à volonté. Théoriquement, la courbe résultant de la flexion est sensiblement un cercle, quand la flèche est très-faible ; mais dès que celle ci devient un peu forte, la courbure cesse d’être régulière. On constate facilement cette irrégularité, en comparant avec le milieu de la courbe tracée le long de cet arc, les parties extrêmes de celui-ci. Toutefois, il n’en est pas moins vrai que^ers le milieu et sur une assez grande longueur, l’arc se confond sensiblement avec un arc de cercle, et que, par conséquent, il peut servir de guide pour le tracé de cercles de grands rayons.
- Le second instrument est formé d’une verge dont la section longitudinale est trapézoïdale. Cette verge fléchit, comme un fleuret, avec des courbures diverses variant progressivement d’une extrémité à l’autre. On peut, comme avec le pistolet élastique, accommoder facilement cette verge fléchie, et sur une grande longueur, avec une courbe à asymptote. On peut, d’ailleurs, pour des cas particuliers, modifier avec un râcloir la résistance de certaines parties de la verge flexible, afin de l’accommoder mieux à la forme d’une courbe à tracer.
- La simplicité du mécanisme de ces pistolets en arc est telle, qu’ils me semblent devoir se vulgariser facilement, non-seulement chez les ingénieurs, mais même dans les moindres écoles où l’on fait, soit des caries de géographie, soit du dessin linéaire.
- En résumé, les instruments de M. Parent paraissent remplir, dans certains cas, mieux que les pistolets actuels, le rôle de guide pour le tracé des courbes.
- Baudtiin et Picaud. — Joint métallique pour vapeur, eau et gaz (121773).
- Bauduin et Picaud. — Calorifuge destiné à empêcher le rayonnement de la chaleur et la condensation de la vapeur dans les chaudières, etc. (121772).
- Bayle et Châtaignier. — Essoreuse à jet continu pour l’essorage des sels et des houilles, etc. (121863).
- Beadle. — Perfectionnements dans les cassettes pour les prix de course des voitures (121715).
- Beecroft et Wright. — Perfectionnements dans les machines ou appareils employés dans le peignage de la laine, etc. (add. à 119286).
- Bergez. — Application de l’air comprimé à la production d’un mouvement de tressau-tement imprimé à une tige mobile (121656).
- Bernardotti. — Lessiveuse (121799).
- Bertheuil. — Rouelles de charrues à embases (121770).
- Binant. — Coulisse à rallonge en fer, à queue d’aronde pour tables, etc. (121782).
- Binder et Schioarz. — Élévateur pour la récolte des pommes de terre (121657).
- Biaise. — Appareil pour le séchage des matières textiles et des chiffons (121883).
- Bland. — Perfectionnements dans le mode et les appareils pour la couture à la mécanique (121841).
- Boiret. —Godet-dégraisseur et ajusteur pour les procédés de queue de billard (121678).
- Bonnet. — Nécessaire chimique (121801).
- Bornet. — Roues tout en fer creux, et assemblage Spécial pour charrues, brouettes et autres applications (add. à 146141).
- Bosquet. — Capsules métalliques pour bouteilles, etc. (add. à 99541).
- Boucher. — Procédé de fabrication du sulfate d’ammoniaque au moyen des déchets de cuir, peaux, poils, etc. (121823).
- Bouillon fils {dame). — Machine à battre les grains (121830).
- Boulet père. — Genre de contrôleur pour tous usages (121795).
- Bourdon. — Traitement de diverses matières par l’emploi du filtre-presse (121853)*.
- BAR-SUR-SE1NE.
- TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- Ce (lcd) ne U gis te 177
- SOMMAIRE.
- Machines à laver les laines, par M. Jubier. — Sur l’unification du numérotage des fils, par M. Gustave Roy. — Le spirophore, de M. Woilley. — Note sur les agrandissements du port d’Anvers, par M. Quinelte de Rochemont. — Contre-poison du mercure et du plomb, par M. Melsens. — Relais pour appareils télégraphiques, de M. Tommasi. — Une nouvelle application du phonographe, par le Dr Phipson. — Origine des tramways.
- CHRONIQUE.
- Protection et libre-échange.
- Lorsque, il y a trente et quelques années, Frédéric Bastiat, à qui l’on vient d’élever une statue, prit à partie les tarifs protecteurs qui enrichissaient quelques industriels au détriment de la nation tout entière, ce fut parmi les grands usiniers d’alors un immense cri d’indignation.
- Respect au travail national ! répétaient-ils sans cesse. Protection, conservation, travail national, revenaient à tout propos dans leurs écrits.
- Pourtant, les avis se partageaient.
- « L’industrie du lin ne redoute rien de la concurrence étrangère, écrivait un manufacturier de Boulogne, occupant 1.500 ouvriers. »
- — Vous voulez perdre cette industrie ! répondait le comité protecteur. Vous êtes un libre-échangiste !
- « Il est à craindre, écrivaient MM. Cunin-Gridaine, David Bacot et Monlagnac, au nom des manufacturiers de Sedan, que les rigueurs du système, prohibitif n’arrêtent l’essor que tend à prendre aujourd’hui notre commerce extérieur. Les débouchés ne s’ouvriront devant lui qu’au prix de concessions et d’échanges possibles. »
- — Libres-échangistes ! criait encore le comité protecteur.
- La théorie de Bastiat et des économistes qui le secondaient activement dans cette campagne n’avait pourtant rien de bien effrayant.
- Elle pouvait se formuler ainsi : le droit de douane se divise en deux droits parfaitement
- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Machines à laver les laines, par M. Jubier.
- Le principe de la machine repose sur l’emploi d’une tournelte à ailettes pleines, droites ou courbes se mouvant dans un panier ou. bac, de forme circulaire ou ovale, dans lequel l’eau pénètre par le centre ou par la périphérie.
- L’arbre de la lournette, supporté par des paliers fixés k la partie supérieure du panier, reçoit le mouvement donné par un moteur quelconque et transmis par poulies ou tout autre mode de transmission. Le mouvement peut même être établi pour faire fonctionner la tournelte h la main, car la force d’un homme est suffisante pour donner la vitesse et l'impulsion nécessaires.
- Les ailettes, droites ou courbes, mais toujours pleines, sont fixées d une manière quelconque h un moyeu carré ou cylindrique calé sur l’arbre. Elles sont fixées à ce moyeu au moyen de boulons ou par tout autre mode d’attache; elles peuvent être faites en bois ou en métal, sans que, pour cela le résultat cesse d’être le même. Elles sont au nombre de quatre, mais on peut en mettre un nombre plus ou moins considérable. Suivant la forme plus ou moins allongée du panier, les extrémités des ailettes de la tournelte sont, ou parallèles à l’axe de rotation ou plus ou moins inclinées vers le ou les centres du panier, de manière à engendrer un tronc de cône, dans leur mouvement autour de l’axe de rotation.
- La laine à laver est jetée dans le panier ou bac, circulaire ou ovale ; la tour-nette est mise en mouvement dans un sens ou dans l’autre, suivant qu’on fait arriver l eau par le milieu du panier ou par la périphérie. L’arrivée et la sortie de l'eau de lavage se font par des tuyaux et des caniveaux, et se règle au moyen de valves ou de robinets. Quand la laine est suffisamment lavée, on l’enlève et on procède à une nouvelle opération.
- Sur Vunification du numérotage des fils, par M. Gustave Roy.
- Depuis quelques années, les industries textiles ont senti le besoin de parler, pour leurs transactions, une seule et même langue commerciale; de nombreuses réunions eurent lieu, où les industries de tous les pays vinrent exposer leurs vues, cherchant la possibilité d’un accord. En effet, chaque pays avait autrefois son système de numérotage; c’est en Autriche et en Allemagne que le besoin d’une réglementation se faisait surtout sentir; autre était la manière de procéder à Vienne, qu’en Saxe ou sur les bords du Rhin • le Wurtemberg, la Bavière n’avaient pas les mêmes règles que leurs voisins: si chaque peuple avait sa méthode particulière, chacune des industies textiles, soie, laine, colon, lin, avait aussi sa manière particulière de procéder.
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- C’est de l’Autriche que partit l’initiative; nous devons lui rendre cette justice que, la première, elle comprit l’importance d’une entente commune sur le numérotage des fils. En 1873, à l’occasion de l’Exposition universelle de Vienne, elle convoqua un Congrès qui s’occupa de ces matières.
- Les industriels y arrivèrent peu préparés, pour résoudre ces questions qui, en apparence, sont si simples; il fallait de nombreuses études, on résolut de les entreprendre, et l’on‘convint d’un nouveau rendez-vous où chacun apporterait le résultat de son travail. En 1874, un nouveau Congrès se réunissait à Bruxelles; après de longs débats, un accord s’établit, dont le système métrique était la base : Autrichiens, Allemands, Suisses, Belges, Italiens, Français, tous se trouvèrent d’accord pour essayer de ne parler qu’une seule et même langue, en ce qui concerne le numérotage des fils. Les industriels anglais, se retranchant derrière les habitudes prises par leur commerce, exprimèrent une opinion différente sans pour cela nuire au concert qui venait de s’établir entre des intérêts si divers; on ne désespéra pas d’amener, plus tard, les Anglais aux règles adoptées pour le continent, et, en tout cas, on considérait déjà comme un grand avantage de n’avoir plus pour le numérotage que le système anglais et le système métrique.
- Un point restait en suspens. L’industrie de la soie n’avait pu souscrire aux règles que l’on voulait imposer aux autres textiles : la valeur de la soie est grande par rapport à son poids, et cette industrie demandait une réglementation spéciale, sans toutefois sortir du système métrique. Ce fut l’objet d’un troisième Congrès, où l’on se mit d’accord sur tout ce qui concerne le numérotage des soies ; cette réunion eut lieu à Turin.
- Les résolutions prises dans ce Congrès sont appelées à servir de base à l’entente complète qui, nous l’espérons, s’établira sur ces matières.
- L’emploi et la valeur d’un fil sont déterminés par la finesse qui, elle-même, œst déterminée par le rapport du poids de ce fil à sa longueur. Le numérotage des fils n’est autre chose que l’expression de ce rapport : ainsi, un fil de laine pesant 1 kilogramme et mesurant 10.000 mètres, porte le numéro 10; si pour le même poids il mesure 80.000 mètres, c’est un numéro 80, et ainsi de suite.
- De même que le numérotage métrique est la comparaison de la longueur du fil exprimé en mètres au poids de 1 kilogramme, le numérotage anglais prend pour terme de comparaison le yard et la livre anglaise.
- C’est au système métrique que se rallient les étrangers, c’est le système décimal qui a triomphé dans les trois congrès dont nous avons parlé; nous avons tout intérêt à voir s’étendre et se généraliser cette manière d’opérer qui est la nôtre.
- Nous devrons toutefois faire de notre côté abandon de quelques-unes de nos habitudes commerciales pour arriver à une entente si désirable. En France, les coutumes varient selon les matières textiles : le numéro du fil de laine s’établit sur la comparaison de la longueur au kilogramme, tandis que c’est le demi-kilogramme qui sert de point de comparaison pour le coton. L’industrie du lin a l’habitude du numérotage anglais; notre législation sur ces matières n’est pas complète, elle manque d’ensemble et de précision : les décrets de 1810 et de 1818, les ordonnances de 1819 et de 1829 ne répondent plus aux exigences de l’industrie moderne, à ce besoin d’unité dont nous trouvons la trace dans les vœux de nombreuses chambres de commerce, telles que celles de Paris, Lyon, Tarare, Amiens, Calais, Nîmes, Rennes, Cholet et Valenciennes et dans les résolutions des trois Congrès.
- Ces résolutions peuvent se résumer en quelques mots, et par leur sim-
- distincts, l’un créé au profit du Trésor, c’est le droit fiscal ; l’autre créé en faveur de certaines industries, c’est le droit protecteur.
- Le libre-échange admet le droit fiscal comme il admet tout impôt établi en vue des besoins de l’Etat.
- Mais il n’admet pas le droit protecteur, et c’est là tout son crime.
- Il admet l’impôt parce que l’impôt pèse sur tous et profite à tous.
- Il n’admet pas le droit protecteur parce que le droit protecteur pèse sur tous et ne profite qu’à quelques-uns.
- Le but poursuivi par les libres-échangistes était de fournir à tous le nécessaire, le confortable et même l’agréable, de la meilleure qualité et au plus bas prix possible.
- De même que l’on choisit les terres et les climats, pour semer du blé ou planter des vignes, de même ils voulaient qu’une industrie ne fût. créée et secondée que là où les éléments de succès et de bon marché pouvaient la faire prospérer.
- Si, disaient-ils, une denrée étrangère qui supporte les frais d’importation et acquitte le droit fiscal de la douane peut, malgré cela, faire une concurrence ruineuse à une denrée similaire française sur un marché français, c’est que la production en France de cette denrée est défectueuse ou impossible.
- Si elle est défectueuse, perfectionnez-la.
- Si elle est impossible, renoncez-y, cessez de l’imposer aux consommateurs français, quand, par la suppression du droit protecteur, vous pouvez en recevoir une meilleure et à meilleur marché de l’étranger.
- Vous ne pouvez qu’y gagner, vu la puissance exceptionnellement productrice de la France. Pour une industrie à laquelle vous aurez renoncé, vous en verrez prospérer cinquante, et tout le monde y gagnera, protecteur et consommateur.
- Bastiat et ses amis avaient raison au point de vue économique, mais au point de vue politique ils avaient plus que raison : ils triomphaient.
- Plus la production, disaient-ils, sera localisée, selon sa nature, dans les pays où se trouve l’élément de sa prospérité, plus elle sera abondante, plus elle sera bon marché, plus les nations trafiqueront entre elles, plus les liens du commerce resserreront la bonne entente, plus la paix sera nécessaire et la guerre impossible.
- Intéressons donc les nations au profit de la paix, au lieu de les tenir dans un état d’isolement d’où la guerre sortira sans cesse.
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- « Ne pas être tributaires de l’étranger », est une phrase que M. Prudhomme ne désavouerait pas.
- Le riche aussi n’a besoin de personne, ne se croit tributaire de personne ; ce qui ne l’empêche pas d’être le plus tributaire qui soit au monde, puisqu’il lui faut un plus grand nombre de valets pour le servir.
- Justement, pour ne pas être tributaire de l’étranger, il faut toujours être en état de paix. On doit éviter la guerre, même la plus juste.
- Car, pour faire la guerre, il faut demander du soufre à Naples et du plomb à l’Espagne. Il faut encore du cuivre et de l’étain pour faire des canons, il faut enfin de l’acier qui, peut-être, vient de Suède ou de Norwége : c’est donc surtout en temps de guerre que l’on est tributaire de l’étranger.
- La cause du libre-échange est gagnée devant la nation, mais elle ne l’était pas et elle ne le fut pas devant la Chambre des pairs.
- Il y avait là de respectables conservateurs : le comité protectionniste, présidé par M. Odier, entretenait l’hostilité contre le libre-échange.
- Un grand nombre d’entre eux étaient intéressés dans les hauts-fourneaux, et le comité protectionniste prédisait leur ruine, si le libre-échange triomphait.
- La situation était d’autant plus grave que c’était juste le moment où l’on créait nos grandes lignes de chemins de fei\
- La compagnie du Nord se voyant ajournée indéfiniment, par suite de l’encombrement des forges, demanda au gouvernement l’autorisation de se pourvoir à l’étranger.
- L’objet de cette demande n’était pas sans importance, car indépendamment du profit pour la compagnie, à pouvoir placer ses rails immédiatement, il existait dans le prix de revient une différence considérable.
- Les rails que l’on aurait pu recevoir en quelques jours d’Angleterre n’auraient coûté que 240 francs la tonne, tandis qu’en attendant deux ou trois ans leur fabrication en France, il fallait les payer 370 francs. Sur 20.000 tonnes de rails, c’eût été une économie de plus de 2 millions.
- Les gens de la protection furent assez influents pour faire rapporter l’arrêté du ministre. La compagnie du Nord dut subir les exigences du monopole.
- Néanmoins, les idées des libres-échangistes devaient triompher:-mais il en a été de cela comme de toutes choses, l’excès dans un genre
- plicité semblent de nature à rallier toutes les opinions : nous croyons devoir les rappeler.
- 1° Le numéro du fil sera déterminé parle nombre de mètres correspondant au poids d un gramme, sauf pour les soies grèges et moulinées dont le numérotage est réglé spécialement.
- La longueur de 1 écheveau, admise pour tous les genres .de fils dévidés, est fixée à 1.000 mètres avec subdivisions décimales.
- 3° Tout système de dévidage, à condition qu’il donne 1.000 mètres par écheveau, est autorisé.
- 4° Le numéro d’un fil de soie grège ou retordu indique le nombre de déci-grammes que pèsent 1.000 mètres de ces fils.
- 5° Un bulletin mentionne si le conditionnement a eu lieu ou non.
- Tel est le résumé de ces délibérations auxquelles prirent part les hommes-les plus compétents des nations industrielles du continent européen. Malgré-leurs demandes, ils n’ont pu encore obtenir que leurs gouvernements donnent à ces résolutions une sanction législative nécessaire pour les faire entrer profondément dans les habitudes du commerce.
- Un nouveau congrès a paru nécessaire pour affirmer une fois de plus cette entente internationale et signaler ce besoin à l’attention des gouvernements. Une commission d’initiative vient de se former, et, profitant de l’occasion de l’Exposition universelle, va convoquer à Paris un quatrième Congrès qui amènera, nous devons l’espérer, la solution définitive de cette question. La besogne lui sera rendue facile par les délibérations qui ont eu lieu : le travail préparatoire est fait, le chemin est aplani, il n’y a plus qu’à l’inaugurer,' à le livrer à la circulation. Ce sera, nous le pensons, l’œuvre du Congpès dé Paris. .
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Le Spirophore, ' ' *
- de M. Woilley.
- Cet appareil imaginé par M. Woilley pour rappeler à la vie les personnes asphyxiées ou noyées semble d’un emploi supérieur à toutes les méthodes employées jusqu’ici à cet effet. Il consiste en un cylindre de tôle assez grand pour recevoir le corps d’un adulte. Dans ce cylindre fermé d’un bout, on introduit le corps du patient jusqu’au cou, autour duquel un diaphragme est ajusté de façon à empêcher l’air de pénétrer dans l’appareil. Au moyen d’une pompe, on fait dans le cylindre, un vide relatif : l’air extérieur, poussé par son propre poids, pénètre aussitôt dans les poumons en passant par la bou-* che et les narines. ^
- On laisse alors rentrer l’air dans le cylindre et la respiration se trouve artificiellement produite; une glace adaptée au cylindre permet à l’opérateur de surveiller les mouvements de la poitrine, qui monte et descend comme pendant la vie, suivant les mouvements alternés de la pompe. Cette opéra-’
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- tion peut être répétée environ 18 fois par minute, imitation exacte de la respiration naturelle.
- Polytechnic Review.
- | Note sur les agrandissements du port d'Anvers,
- par M. Quinette de Rochemont.
- Anvers est situé sur la rive droite de l’Escaut, à 100 kilomètres environ de la mer. La ville est construite au milieu d’une plaine très-étendue, dont une partie, au-dessous du niveau des pleines mers, a dû être endiguée.
- De nombreux canaux et un réseau de voies ferrées très-complet mettent Anvers en relations directes avec toute la Belgique, le nord et l’est de la France, ainsi qu’avec la Hollande et le centre de l’Allemagne.
- Ce port se trouve donc dans d’excellentes conditions pour satisfaire aux besoins du commerce européen : il est plus rapproché que le Havre de l’Alsace-Lorraine, de l’Allemagne et du nord de la France, et il est moins éloigné que Hambourg de la majeure partie de l’Allemagne. Il peut faire con-, currence au Havre par l'est de la France et la Suisse, aussi bien qu’à Hambourg pour le centre de l’Allemagne.
- Lors de la réunion d’Anvers à la France, le port ne se composait que d’un quai situé sur la rive droite de l’Escaut et de six criques ou canaux. Napoléon y ordonna de grands travaux qui furent, en partie, exécutés, puis furent sus-' pendus, avant leur complet achèvement, par les évènements de 1814. Depuis lors, ces travaux furent repris par le Conseil communal d’Anvers, qui y consacra des sommes importantes. En 1853, la ville adopta,«en principe, la construction, en dehors des fortifications, d’un nouvel établissement maritime comprenant un bassin à flot de 140 mètres de largeur sur 300 ipètrcs de longueur, un sas et une forme de radoub.
- La navigation avait d’ailleurs été facilitée par un système de balisage et d’éclairage fort bien entendu, qui a été encore amélioré depuis.
- Bien que le bassin du Kattendyk ait été agrandi, on n’a pas tardé à sentir la nécessité de créer de nouveaux docks. La construction des bassins de jonction de la Campine et du Canal a été décidée, en 1865. Le bassin de jonction a été livré au commerce le 10 octobre 1869, et les bassins de la Campine et du Canal le 30 juillet 1873. La dépense résultant de l’exécution de ces travaux a été d’environ 10 millions.
- Enfin, l’établissement des chemins de fer sur les quais a coûté plus de 16 millions.
- Malgré les installations nombreuses et l’excellent état de son outillage, Anvers n’a pas voulu rester stationnaire et s’est imposé de nouveaux sacrifices pour rendre meilleures encore les conditions offertes au commerce maritime.
- A la suite de longues négociations entre la ville et le gouvernement, est intervenue la loi du 17 avril 1874, approuvant des conventions ayant pour objet la construction des quais, le creusement d’un bassin de batelage, et la création de nouveaux quartiers sur l’emplacement de la citadelle du sud.
- A mesure qu’une section des quais sera reconstruite et nivelée, que les pavages seront terminés, la ville y installera, à ses frais, tous les engins nécessaires au chargement et au déchargement des navires ; elle construira égale-
- entraîne toujours un excès contraire. Aujourd’hui, une sorte d’équilibre s’est établi, et les idées protectionnistes, bien qu’elles aient encore de fougueux partisans, ont simplement servi à restreindre un peu les efforts des li-bres-échangistes, de manière à produire une sorte de transition qui, peu à peu, habituera nos industriels à une liberté commerciale plus étendue.
- EXPOSITION.
- Inauguration de la section d'anthropologie.
- Samedi matin, 1er juin, à neuf heures, a été inaugurée l’exposition des sciences anthropologiques organisée au Trocadéro par les soins de la société anthropologique de Paris. En l’absence de M. Bardoux, empêché, la cérémonie était présidée par M. Teisserenc de Bort, ministre de l’agriculture et du commerce. A son arrivée, le ministre a été reçu par MM. Henri Martin, sénateur, président de la société ; de Quatrefages, président de la commission ; le docteur Broca et les organisateurs de cette exposition, tant étrangers que Français.
- M. Henri Martin a prononcé un discours dans lequel, en s’adressant au ministre, il a exposé le but que se propose la société d’anthropologie et les résultats remarquables déjà obtenus.
- M. de Quatrefages a pris ensuite la parole pour féliciter hautement les organisateurs de l’exposition. Enfin, M. Broca a dit à son tour quelques mots purement relatifs à l’exposition anthropologique.
- M. Teisserenc de Bort a remercié chaleureusement de l’excellent accueil qui lui était fait, ajoutant en substance : « Vous trouverez en moi un juge peu compétent dans la matière, mais j’ai suivi avec trop de soin les publications relatives à cette science, dont, grâce à vous, les progrès vont grandissant chaque jour, pour ne pas attacher un vif intérêt à vos recherches et à leur succès, et mon admiration est acquise aux hommes qui vont chercher jusqu’au fond des entrailles de la terre les moyens d’élargir notre horizon scientifique. »
- La visite des objets exposés a commencé après le discours du ministre et s’est prolongée jusqu'au-delà de onze heures.
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- Trains espagnols.
- Les compagnies de chemins de fer du midi de la France et de Saragosse, à Barcelone et à la frontière de France, se sont mises d’accord pour accorder une réduction de prix de moitié aux ouvriers que les députations provinciales (conseils généraux), les corporations, les sociétés et les établissements industriels désirent envoyer à l’Exposition de Paris pour y étudier leurs industries respectives.
- Entrées du mois de mai.
- Le chiffre des entrées au Champ-de-Mars et au Trocadéro, pendant le mois de mai, s’est élevé à 1,672,364, dont 1,275,860 payantes et 396.504 gratuites.
- TRAVAUX DE PARIS.
- . Eclairage de l'avenue de l'Opéra et des Champs-Elysées.
- L’éclairage électrique des avenues de l’Opéra et de l'Arc de Triomphe a été commencé hier soir, aux termes de l’engagement pris envers la ville par la société concessionnaire.
- Pour arriver à cette date, on a dû employer des candélabres provisoires empruntés au matériel ordinaire déjà en usage pour l’éclairage public. Malgré la hâte qu’il a fallu mettre à tous les préparatifs de cette installation, les appareils Jablochkoff ont fonctionné à l’heure dite.
- La lumière produira dans l’avenue un aussi bon effet d’éclat et de distribution que sur la place de l’Opéra quand les lanternes définitives, disposées spécialement pour l’éclairage électrique, remplaceront les lanternes à gaz dont on s’est servi provisoirement.
- A l’Arc de Triomphe, l’effet décoratif commençait à se dessiner, malgré la brume, à un kilomètre de distance, et devenait plus net et plus beau à mesure que l’on se rapprochait du monument.
- ment les hangars, magasins ou lieux de dépôt pour les marchandises et des salles d’attente pour les voyageurs, aux débarcadères des bateaux h vapeur.
- Une nouvelle gare de 13 hectares de superficie sera établie au sud de la ville; la construction en est commencée. Un pont avec voies pour chemins de fer, voilures et piétons sera construit sur l’Escaut, à l’extrémité de la nouvelle gare; ce pont aura une travée mobile pour permettre le passage des bateaux remontant le fleuve.
- Enfin, en 1874, le Conseil municipal a décidé qu’une somme de 20 millions serait consacrée à l’extension, à l’amélioration et à l’outillage des bassins actuels, et 5 millions à l’outillage des quais de l’Escaut.
- Les travaux comprennent : l’élargissement des quais sud et est du grand bassin; l’agrandissement du bassin du Kattendyk; l’établissement de grues et la construction de hangars autour du grand bassin et des bassins du Kattendyk et au Bois; la construction de trois nouvelles formes de radoub; l’établissement d’estacades en charpentes autour de certains bassins n’ayant pas de murs de quais; enfin, des appareils hydrauliques pour manœuvrer les portes et les ponts et faciliter la manutention des marchandises.
- De tout ceci nous devons conclure que la France doit perfectionner au plus vite son outillage maritime, si elle veut se mettre en mesure de supporter à son avantage la concurrence que le port belge s’efforce du lui faire, au prix des plus grands sacrifices.
- . Conire-poison du mercure et du plomb,
- j.!' . .** I A t)lj CJ'ikÜÙ* vl O. - il U J.' s •; .W i •
- par M> Melsens..
- Tout le monde sait à quels dangers sont exposés diverses catégories des ouvriers de nos usines, et particulièrement ceux qui sont, par leur profession, obligés de manier le mercure, le plomb et leurs dérivés.
- On ne peut donc qu’applaudir à la décision par laquelle le jury belge vient de décerner à M. Melsens, le prix annuel de 40.000 francs fondé par M. Gui-nard, pour celui qui aura fait le meilleur ouvrage propre à améliorer la position matérielle ou intellectuelle de la classe ouvrière.
- Celte décision a pour objet de couronner la méthode curative par laquelle M. Melsens combat les intoxications produites soit, par les émanations, soit par l’absorption des métaux vénéneux, ou bien prévient ces intoxications par l’emploi de l’iodure de potassium. Les affections de cette nature dépendent de la présence, dans les organes sièges de la maladie, de composés métalliques insolubles; l’iodure de potassium les transforme en composés solubles et les fait expulser.
- Pendant longtemps, l’iodure de potassium a été considéré comme un véritable toxique. M. Melsens a commencé par prouver que ce médicament est inofîensif, à la condition essentielle d’être parfaitement pur et d’être administré à dose faible d’abord, et graduellement croissante. L’administration de doses plus fortes à des personnes intoxiquées, produirait dans l’économie une quantité de sel double soluble, assez considérable pour que, entraînée dans la circulation, elle causât un véritable empoisonnement ordinaire.
- Les composés insolubles du mercure, ainsi que ceux du plomb, se transforment facilement en composés solubles à l’aide des iodures alcalins, et ces corps solubles sont éliminés par les sécrétions du corps. Le sulfate de plomb, qui est très-peu soluble dans l’eau, est, cependant, un poison qui tue les ani-
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- maux, et il est aussi dangereux à manier que le carbonate de plomb et que tous les autres composés insolubles de ce métal. Tous ces corps sont éliminés par l’action de l’iodure de potassium, qui en débarrasse l’économie et qui prévient leur dépôt dans les organes, quand il est administré k doses convenables.
- Le jury belge a rappelé, d’ailleurs, que M. Melsens avait obtenu un prix Monthyon, décerné par l’Institut de France, pour la même découverte. Il a vu, dans cette décision et dans les longues expériences qu’on a faites sur ce médicament, des autorités incontestables, constatant l’importance des prescriptions recommandées par M. Melsens.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Relais pour appareils télégraphiques, de M. Tommasi.
- Le nouveau système de relais télégraphique imaginé par M. Tommasi est surtout destiné aux longues lignes sous-marines.
- Pour .obtenir, dans ces conditions, de bons résultats, il faut que le relais ait une très-grande sensibilité, qu’il puisse être impressionné instantanément par des courants très-faibles et d’une durée excessivement courte, et que ses mouvements soient nettement définis et très-rapides. Un galvanomètre ordinaire, quelque sensible qu’il fût, ne résoudrait évidemment pas la question, à cause de sa lenteur d’action et de l’instabilité de son organe sensible.
- M. Tommasi a eu recours à un électro-aimant d’une forme toute particulière. Cet organe a une certaine ressemblance avec l’appareil que Faraday a employé pour l’étude de la rotation des rayons polarisés sous l’influence magnétique; seulement, la traverse qui réunit les deux branches polaires opposées l’une à l’autre, est recouverte, comme celle-ci, d’une hélice magnétisante, et c’est entre les pôles de cet électço-ainmnt que sont placés les deux barreaux magnétiques parallèles, destinés à réagir sur les contacts du relais. Le système magnétique, formé par ces barreaux, est d’une très-faible masse et d’une très-petite longueur, et il ne doit pas dépasser le diamètre des extrémités polaires de l’électro-aimant. Chacun des aimants pivote sur son centre et porte un petit taquet, destiné à produire une secousse pour décoller les contacts et rendre plus prompts les mouvements du système. En temps normal, ces barreaux sont rappelés dans le plan de la ligne équatoriale de l’électro-aimant, par un aimant fixe dont le pôle actif est en pointe; mais quand le courant passe à travers l’électro-aimant, chacun des pôles de celui-ci agit sur le système magnétique, à la fois par attraction et par répulsion, et tend à le faire dévier dans un sens ou dans l’autre, suivant la direction du courant à travers l’électro-aimant. Le système magnétique, qui se trouve disposé entre les deux contacts du relais, vient donc butter sur l’un ou sur l’autre de ces contacts, et fait fonctionner la pile locale destinée à animer le télégraphe mis en rapport avec les relais.
- Palais de justice.
- On vient de placer dans .la. salle des Pas-Perdus du palais de justice, au-dessus de la porte de la première chambre du tribunal civil, une très-belle horloge de Paul Garnier. De sorte que l’on pourra désormais reprendre l’ancienne formule des exploits, par laquelle on donnait assignation aux parties à comparaître devant MM. les président et juges composant la première chambre du tribunal de première instance de la Seine, séant au palais de justice, salle des Pas-Perdus, sous l'horloge.
- Passerelles sur le boulevard.
- Voici, d’après les Débats, des détails sur la forme des passerelles qui devraient être établies sur les boulevards. Elles seraient formées de deux ponts circulaires se croisant en diagonale, de sorte que les piétons partant d’un des quatre angles pourront se diriger vers les autres angles sans marcher sur la chaussée.
- Ces passerelles, qui permettraient aux plus hautes voitures de passer dessous, même avec quelqu’un debout sur la partie supérieure, n’auraient à la voussure que 50 centimètres de hauteur et 1 mètre 30 à la retombée; l’emplacement pris sur le trottoir ne serait que de 3 mètres 30.
- Ces deux ponts seraient composés chacun de deux fermes en fer, assemblées à cornières et moisées à leur rencontre, c’est-à-dire au milieu du boulevard.
- A cette jonction existe une plate-forme de 6 mètres carrés, à pans coupés; de ce centre on se dirige sur un escalier en spirale placé à l’extrémité du trottoir, dont les marches auraient 1 mètre 40 de largeur.
- VARIÉTÉS.
- Viande de cheval.
- Lorsque la viande de cheval a été définitivement admise dans l’alimentation publique en France, le comité de propagande a mis au concours une médaille d’honneur et une somme de 1.200 francs offertes par son fondateur, M. Decroix, pour être décernées à celui qui ouvrirait, à Londres, la première boucherie chevaline.
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- Nous apprenons que cette boucherie a été ouverte, le 4 mai, par un de nos compatriotes, M. Valette.
- Nouvelle machine volante.
- On vient de faire à Philadelphie l’essai d’une nouvelle machine volante. Cette machine, qu’un certain nombre d’invités ont été admis à contempler dans les bâtiments de l’Exposition permanente à Fairmount-Park, est mise en mouvement par une manivelle et dirigée au moyen d’ailettes assez semblables à celles d’un propulseur à vapeur. Elle se compose d’un cylindre que l’on remplit de gaz de manière à faire équilibre au poids de l’opérateur. En tournant la manivelle, on dirige ce cylindre à volonté à droite et à gauche.
- Les expériences d’ascension qui ont eu lieu le 8 mai à Philadelphie ont donné, paraît-il, des résultats satisfaisants.
- Encore l'obélisque anglais.
- L’obélisque d’Alexandrie, connu sous le nom d’ «aiguille de Cléopâtre», a été enlevé de son cylindre et débarqué samedi, 1er juin, sur la rive méridionale de la Tamise, à Londres, en face de l’hôpital Saint-Thomas, puis transporté sur le quai Victoria, à gauche de l’escalier d’Adelphi, non loin de l’emplacement où il sera dressé.
- BREVETS D’INVENTION.
- Bourgeois. — Graisseur lubrificateur pour machines employées dans l’industrie (add. à 117013).
- Bourgin et Schuler. — Emploi de la vapeur pour elfacer la marque des pinces sur les tissus (121704).
- Bourrey. — Régulateur automatique à gaz (121680).
- Bouverot et Hessé. — Voitures à vapeur silencieuses (121696).
- Bouvet. — Appareil sécheur de vapeur ou de gaz (121717).
- Brockelbanck. — Appareil à économiser et régler l’alimentation des lampes, en régler la lumière, etc. (121850).
- Le relais fonctionne avec des courants renversés, et il a été combiné de manière à s’appliquer aux télégraphes Morse ou aux télégraphes Hugues. Il est si sensible qu’il peut être impressionné par un couple voltaïque, composé d’un fil de cuivre et d’un fil de zinc immergés dans l’eau pure, dont le couraqt passe à travers une planche de bois sec de 20 centimètres de longueur. Ce qui correspond à une résistance de plusieurs millions de kilomètres de fils télégraphiques.
- Les expériences faites avec cet appareil, au bureau central des lignes télégraphiques, sur une ligne de 5.000 kilomètres de longueur, présentant 280 kilomètres de fils souterrains, ont montré qu’il pouvait faire fonctionner un télégraphe Morse avec un seul élément à sulfate de cuivre, et l’on a fait fonctionner avec le même système un télégraphe Hughes, entre Marseille et Alger, en transmettant vingt-deux mots par minute, avec une pile de trois à quatre éléments de Daniell. Aujourd’hui, grâce à un dispositif particulier qui permet de faire fonctionner les télégraphes Hugues avec des courants renversés, on peut transmettre jusqu’à trente-trois mots par minute, avec un seul contact au même relais et une seule et même pile.
- Une nouvelle application du phonographe, par le docteur Phipson.
- Le docteur Phipson nous-apprend qu’il est question, en ce moment, de la possibilité d’obtenir une image photographique qui se meut et qui parle, par l’emploi simultané du phonographe et du kinétiscope.
- Avant d’aller plus loin, je pense que quelques mots d’explications sont indispensables pour bien comprendre comment oii obtiendrait l’image photographique parlante et agissante, sinon pensante, dont parle le docteur Phipson. On sait que la persistance des impressions lumineuses sur la rétine a donné lieu à des jeux d’optique très-amusants; le kinétiscope, appelé aussi plénakisticope, est un de ces jeux. Il se compose principalement d’un disque circulaire en carton partagé en plusieurs secteurs égaux et percé, vers sa circonférence, de trous régulièrement espacés, en nombre égal à celui des secteurs. A chacun de ceux-ci on représente la même scène ou le même personnage, en variant seulement les attitudes du ou des personnages, de manière à y établir diverses transitions entre les positions extrêmes qu’il doit ou que chacun d’eux doit occuper. Si on place l’œil à la hauteur d’une des ouvertures du disque, et si l’on imprime à ce disque, au moyen d’une disposition spéciale très-simple, un mouvement de rotation rapide, les secteurs dans lesquels est décomposée la surface circulaire sembleront ne plus changer de place, tandis que les images qui y sont tracées paraîtront se mouvoir avec une vitesse égale à celle de la rotation donnée au disque. La durée totale de l’impression lumineuse, dans ce cas, est d’autant plus grande que la lumière est plus intense.
- Ceci posé, écoutons maintenant le docteur Phipson :
- « Un orateur parle à la Chambre ; sa voix est reçue dans un phonographe qui permet de la reproduire quand on veut, et peut-être tant qu’on veut. Ses gestes sont reproduits à l’aide d’une série d’épreuves instantanées. Ces épreuves agrandies sont projetées, l’une apres l’autre, dans la fente d’un grand kinétiscope, éclairé par un rayon de lumière électrique, tandis que le phono-
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- graphe fait entendre la voix. L’auditoire a ainsi le spectacle d’une image pho- Brooke jeune et Slake. — Perfectionnements
- tographique de grandeur naturelle qui se meut et qui parle avec la voix et dans les machines à peigner la laine ou
- les gestes du sujet*représenté. autres matières filamenteuses (121811).
- « Il ne manque plus, ajoute très-spirituellement le docteur Phipson, Brooks. — Mode d’isolement des filstélégra-
- que « la conscience propre » des philosophes, et voilà un homme tout fait, phiqües couverts (121681).
- quoique un peu mince, peut-être. Bruel frères (Société). — Dents de herses à
- [Moniteur de la Phonographie*) collet ovale (121730). Brunot. —• Application du produit thermosensitive aux épreuves photographiques
- ' (121706). Burrows aîné. — Perfectionnements dans les
- Origine des tramways. J appareils à coupler, applicables aux voi-
- tures et trucs de chemins de fer (121807).
- Tout le monde sait que l’origine des tramways remonte au xvme siècle : Buss, Sombarl et comp. — Compteur à eau
- C’est en Angleterre, dans les houillères du Northumberland, vers 1730, que (121878).
- Benjamin Outram construisit, pour le transport du charbon dans les mines, Carnoy. — Modèle de coupe mobile (121889).
- des voies avec rails plats en fonte munis d’un rebord saillant; ces voies s’ap- Ca%e et autres. — Appareil éclaireur écono-
- pelèrent tout d’abord outramroads; puis, par abréviation tram roads. mique universel (121831).
- En Amérique, tram-way s’entendait du chemin de fer à rail plat. Aujour- Chalamel et comp. (Société). — Appareil à
- d’hui, il faut prendre le mot dans une acception plus large; le tramway peut chaîne pour la teinture, à réserves, des
- être construit comme un chemin de fer ordinaire, si ce n’est que le rail fait, laines et autres matières filamenteuses
- sur la chaussée qui le supporte, une saillie nulle ou très faible et permet la (add. à 120962).
- circulation de véhicules ordinaires. Le tramway diffère également du chemin Châtelaine dit Châtelain. — Application de
- de fer, en ce sens qu’il n’est parcouru que par des véhicules isolés, à traction la serrure dans la fermeture des porte-
- animale ou mécanique qui se suivent à faibles intervalles et qui s’arrêtent bouteilles en fer (121811).
- partout où il est besoin. C’est assurément l’instrument de transport par ex- Chevalier. — Presse à mouler les briques,
- cellence des cités populeuses et des artères très fréquentées. carreaux, etc. (121867).
- Sur un bon empierrement, le tirage par tonne de 1.000 kilogrammes, d’une Chevalier-Appert. — Appareil à souder les
- voiture attelée, d’un omnibus ordinaire par exemple, est de 30 kilogrammes boîtes à conserves (add. à 116932).
- environ. Sur un bon pavage, il est de 20 kilogrammes. D’après les expérien- Christian-Duclos et Guyot. — Système de sou-
- ces de M. Tresca, membre de l’Institut, sous directeur du Conservatoire des dure à chaud ou liaison corps-à-corps d’un
- Arls-et-Métiêrs, le tirage sur chemin de fer américain ou tramway, n’est que métal quelconque au verre, etc. (121797).
- de 8k.5 à 10k.5, suivant que le rail à ornière est établi sur pavage ou sur Ciolino. — Outillage à façonner mécanique-
- macadam. On peut donc dire que le tirage par 1.000 kilogrammes de charge ment des pièces de bois de forme quelcon-
- remorquée est de 10 kilogrammes sur un tramway, c’est à-dire 1 /100e de la que, etc., etc. (121774).
- charge. Ces chiffres montrent tout l’avantage qui s’attache à la création des Clark et Standfied. — Perfectionnement dans
- tramways et expliquent le développement considérable des voies de comriiu- le montage et la manœuvre des canons
- nication qui s’établisèent par ce mode de ti^nsport, encore à son enfance, et (121769).
- appelé à de nombreux perfectionnements. Clémandot. — Application du nickel contre l’oxydation (add. à 113108). Collard Vallerant. — Mise du vin de Cham-- pagne en bouteilles plates (121730).
- . Collin. — Dispositions et réunion d’horloges
- * publiques dites : d’alarme, sur colonnes avec contrôleur (add. à 116210).
- Collineau ét Savigny. — Procédé de teinture des étoffes au moyen de la cauline et de
- ses dérivés (121802).
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 24. — 15 Juin 1878. — XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Rouleaux presseurs en caoutchouc pour impressions, de MM. Le Tellier et Verstraet. — Sur l’alizarine bleue, par M. M. Prud'homme. — Générateur solaire, de M. Mou-chot. — Le baromoleur, de M. Gaston Bo-zérian. — Perfectionnement du pal distributeur, deM. Gueyraud. — Imitation de bois d’ébène. — Sur la fabrication des crayons Gilbert, par M. Dufresne.
- CHRONIQUE.
- L'instruction primaire à l'Exposition, par M. Ch. Varey.
- Avant 1870, l’enseignement de la géographie était, en France, sinon négligé, au moins relativement restreint. Nos grandes et nos petites écoles ne possédaient guère qu’un matériel insignifiant, des atlas, des cartes murales médiocres, avec un programme d’études peu fait pour développer chez nous, dans une large mesure, les connaissances géographiques. Dans l’instruction supérieure comme dans l’instruction secondaire et primaire, on donnait bien aux élèves quelques leçons de géographie, mais ce n’était pas l’enseignement véritable d’une science qui a une importance exceptionnelle, aussi bien au point de vue de la défense nationale qu’au point de vue du développement du commerce et de l’industrie d’un pays.
- Les désastres de la guerre sont venus démontrer l’infériorité de la nation entière et l’étude de la géographie a été immédiatement à l’ordre du jour. Cette étude a passionné l’opinion publique, et elle a été poursuivie, en France, avec-une ardeur dévorante. Nous avons vil se produire, dans ce sens, un mouvement considérable et nous avons assisté, en quelques mois, pour ainsi dire, à la création de nombreuses sociétés de géographie, et à la publication d’œuvres spéciales destinées à la vulgarisation de cette science.
- Sous le coup des événements douloureux de cette triste année 1870, l’enseignement de la géographie a été dirigé tout d’abord dans un sens quelque peu militaire. On paraissait se préoccuper surtout d’enseigner aux élèves une géographie appropriée à la défense du pays ou à l’envahissement des pays
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Rouleaux presseurs en caoutchouc pour impressions, de MM. Le Tellier et Verstraet.
- On sait que dans 1 impression sur tissus et sur papiers, on se sert de draps sans fin dont 1 emploi entraîne de sérieux inconvénients bien connus des fabricants. Outre leur prix relativement élevé, il suffit de citer le montage, les déchirures et coutures, la surveillance et les soins incessants qu’ils réclament, les retraits partiels et la perte d’élasticité qui se produisent et qui sont autant d’entraves à la régularité et à la netteté de l'impression.
- De nombreuses tentatives, faites dans le but de les remplacer par quelque procédé moins imparfait, sont restées infructueuses ou n’ont donné que des résultats partiels. A ce dernier titre, mentionnons l’idée de faire enduire de caoutchouc les draps auxquels l’usage a fait perdre leur élasticité; mais l’emploi de ces draps constitue une économie dans les frais généraux plutôt qu’un véritable progrès industriel.
- Les essais tentés étaient presque tous basés sur le remplacement des draps sans fin par une garniture de caoutchouc appliquée sur le rouleau presseur. Le principe était excellent en lui-même; mais la pratique ne répondit pas aux espérances des inventeurs, dont l’insuccès provenait principalement des deux causes suivantes :
- 1° la difficulté de donner au caoutchouc une élasticité appropriée à son usage ;
- 2° le manque d’adhérence de la garniture sur le presseur.
- Tantôt, en effet, le caoutchouc, d’une densité mal calculée, formait bourrelet sous la pression, inconvénient plus grave encore quand il s agissait d’imprimer à plusieurs couleurs. Tantôt, et c’était l’écueil ordinaire, la garniture glissait sur le presseur par défaut d’adhérence.
- Bref, on s’est vu obligé de revenir aux draps sans fin et de subir tous les inconvénients attachés à leur emploi.
- Il y a deux ans qu’à l’instigation de M. G. Bourdon, de Rouen, et avec son concours, MM. Le Tellier et Verstraet ont repris pour leur compte le problème abandonné de la suppression des draps sans fin, et, après des essais multipliés, il ont eu la satisfaction d’en découvrir une solution pratique qu’ils ont soumise à l’appréciation de la Société industrielle de Rouen.
- Les expériences qui en sont faites depuis deux ans en Normandie, en Alsace et à l’étranger, établissent avec évidence les avantages que l’impression peut retirer de l’emploi des presseurs garnis de caoutchouc.
- 1° Suppression des draps sans fin et, par suite, de tous les inconvénients attachés à leur emploi.
- 29 Impression aussi bonne et aussi nette qu’avec les meilleurs draps de laine ou de coton enduits de caoutchouc, et, dans certains cas, supérieure à l’impression obtenue par les draps.
- 3° Economie notable réalisée par l’emploi des presseurs en caoutchouc.
- Les meilleurs appréciateurs de la valeur de l’invention de MM. Le Tellier et Verstraet sont évidemment les fabricants qui en font l’application dans
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- leurs usines. Or, k l’heure qu’il est, cinq manufactures d’indienne, en Normandie, ont une partie de leurs machines pourvues de rouleaux presseurs en fonte garnie de caoutchouc souple adhérent, et, sur ces cinq maisons, trois les emploient depuis assez longtemps pour en avoir reconnu les avantages dans la plupart des genres qu’elles fabriquent, et principalement dans les genres fond blanc. Près de cent mille pièces de 100 mètres ont été imprimées sur ces presseurs qui ont fonctionné pour la première fois dans cette région.
- En conséquence, et quoique l’invention de MM. Le Tellier et Yerstraet n’ait eu jusqu’à présent qu’un emploi restreint, et que ses avantages, bien que très-réels, n’aient encore été constatés que par un petit nombre de juges compétents, la Société industrielle de Rouen, pour récompenser le progrès incontestable réalisé par ces industriels, et pour encourager leurs efforts, leur a décerné la médaille d’or du programme.
- Sur Valizarine bleue, par M. M. Prud’homme.
- Dans la séance du mois de juin 1877, M. Prud'homme avait communiqué à la Société industrielle les premiers résultats qu’il avait obtenus en faisant agir à chaud un mélange de glycérine et d’acide sulfurique concentré sur les matières colorantes de la série de l’anthracène. La mononitro-alizarine lui avait fourni deuxnouveaux corps, dont l’un teint le mordant d’alumine en brun cachou sans mélange de rouge (c’est le premier corps connu qui possède cette propriété) et dont l’autre teint les mordants d’alumine en violet et ceux en fer, gris presque bleu. Ce dernier corps est surtout remarquable par sa grande résistance au savon et autres agents.
- M. H. Brunch, chimiste de la fabrique d’alizarine de Ludwigshafen, frappé de l’importance que pourraient avoir ces nouvelles matières colorantes, s’appliqua aussitôt à les produire industriellement. Au bout de quelques mois, il était parvenu à isoler, puis à produire à l’état de pureté, le corps bleu découvert par M. Prud’homme et à le livrer au commerce sous le nom d'alizarine bleue.
- Voici les principales propriétés assignées par M. Brunck à l’alizarine bleue. Elle se sublime en cristaux noirs, comme ceux de l’indigotine, en émettant des vapeurs d’un violet rouge. Elle est presque insoluble dans l’eau, et peu soluble dans l’alcool ; elle se dissout mieux dans l’acide acétique. Elle est soluble dans les alcalis en bleu et fournit des laques de baryte et de chaux d’un bleu verdâtre. Les acides concentrés la dissolvent avec une belle coloration rouge. L’alizarine bleue ne commence à teindre que vers 70 degrés, et les teintures demandent à être poussées à l’ébullition. On facilite la teinture en ajoutant au bain soit de l’huile pour rouge turc, soit un peu de savon.
- Les nuances obtenues avec les différents mordants sont les suivantes :
- Albumine................................bleu violacé.
- Fer.....................................bleu verdâtre.
- Chrome..................................violet.
- Etain...................................violet rougeâtre.
- En application, les mordants qui semblent le plus avantageux sont le
- voisins. Peut-être, cet enseignement est-il trop militaire..
- Aujourd’hui, on a plus généralisé l’étude des sciences géographiques et l’exposition témoigne que l’enseignement de la géographie est maintenant, dans toutes les écoles, présenté de façon à assurer les connaissances les plus étendues et les plus générales, et aussi de façon que la géographie puisse avoir une application immédiatement pratique à ceux qui se destinent à l’armée, comme à ceux qui doivent embrasser une carrière commerciale, agricole ou industrielle. Tous les documents exposés prouvent également que nos professeurs possèdent un matériel d’enseignement parfait, un programme défini, suivi avec zèle, et une méthode claire et pratique, car les progrès accomplis sont véritablement immenses.
- Les leçons de choses, dont nous parlions dernièrement avec tant de sympathie, ont joué, dans cet enseignement, un rôle important. Les plans en relief sont nombreux, au Champ-de-Mars. Quelques-uns sont même exécutés avec une précision très-grande et une exactitude saisissante. Combien nous approuvons cet enseignement ! Le relief du sol est une chose vivante qui parle aux yeux, qui parle aux sens. Il ne peut y avoir une forme meilleure et plus naturelle pour faire connaître notre Terre, ses contours, ses mouvements de terrains, ses océans, etc., et pour donner aux enfants l’idée d’un pays, de son littoral, du parcours de ses fleuves et de ses rivières, du rapport des altitudes, de la nature des pentes, de l’étendue de ses plateaux et de ses forêts, de l’importance de ses canaux, de ses chemins de fer, de son réseau télégraphique, de ses richesses géologiques et agricoles, des conditions climatériques dans lesquelles il se trouve, etc., etc.
- Les plans et les cartes en relief ne figurent pas seuls avec distinction à l’Exposition ; les cartes ordinaires et les atlas doivent aussi être cités avec éloges.
- En parcourant, en examinant tous ces matériaux recueillis, présentés avec ordre et avec méthode, on voit que le matériel et les modes d’enseignement ont été la préoccupation générale et que c’est sur leur perfectionnement que l’attention des professeurs a été principalement attirée. On voit, enfin, que le but de tous est que, comme l’a formulé un éminent professeur, « la géographie étudiée dans ses grands traits : orographie, hydrographie, ethnographie, doit toujours servir de base à toute étude ultérieure, qu’il
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- s’agisse dè stratégie ou de lois, de langues ou de races, de commerce ou d’industrie. » Ceci posé, nous ferons dans notre prochaine visite, une nouvelle excursion dans le domaine de l’Exposition des sciences géographiques, en nous préoccupant tout d’abord des résultats obtenus dans cette voie par les écoles primaires.
- Ch. Varey.
- LÉGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Les chemins de fer de la Vendée.
- Le tribunal de commerce de la Seine vient de rendre une décision intéressante au sujet de la demande introduite par un porteur d’obligations de l’émission de 1869, par la Compagnie des chemins de fer de la Vendée contre le syndic de la faillite de cette Compagnie. Ces obligations, émises à 300 francs, étaient remboursables à 500 francs, et c’était pour le montant de leur valeur nominale que le porteur voulait les faire inscrire au passif.
- Le tribunal n’a pas admis sa prétention :
- a Attendu, a-t-il dit, que la différence entre le taux de l’émission et la valeur nominale du titre ne constitue qu’une prime de remboursement, soumise à ces deux conditions, savoir : l’entretien d’un fonds d’amortissement et les tirages au sort annuels, lesquelles, par suite de la faillite, ne peuvent plus se réaliser; qu’il convient d’ailleurs de tenir compte de cette prime aux obligataires dans la mesure qui va être indiquée :
- « Attendu que pour apprécier la somme qui doit, à ce titre, être attribuée aux divers obligataires dont les obligations sont sorties aux tirages, il y a lieu, d’une part, de rechercher le moment où, d’après le tableau d’amortissement, il y aurait autant d’obligations remboursées que d’obligations à rembourser, de manière à établir, entre le dernier tirage réellement effectué et le tirage extrême prévu au contrat, le temps moyen où tous les porteurs actuels se trouvaient avoir au jour de la faillite des chances égales de remboursement; et, d’autre part, de déterminer la somme qui, par une capitalisation annuelle d’intérêts conduite jusqu’à ce temps moyen, produirait une somme égale au montant de la prime. »
- Le tribunal a évalué à 6 francs 26 la somme
- ferro-cyanure de potassium ou d’ammonium et l’acétate de chrome. On obtient ainsi, après vaporisage, une nuance bleue se rapprochant beaucoup du bleu solide foncé, avec une couleur renfermant une partie d’alizarine bleue pour quatre parties d’épaississant.
- De même qu’avec l’alizarine pour rouge, les nuances obtenues sont plus vives et plus nourries sur tissu préparé en huile pour rouge turc.
- Les couleurs obtenues par teinture ou par application résistent bien au savon, aux acidulages, au chlore et à la lumière. La laine se teint sans mordant en bain acide.
- Une des particularités les plus intéressantes de l’alizarine, signalée, du reste, par M. Prud’homme, consiste à se réduire en solution alcaline en redevenant soluble à la manière de 1 indigo ; o La cuve est rose et se recouvre d’une fleurée bleu verdâtre. »
- Le corps étant presque insoluble dans l’eau, se fixe sur la fibre en se réoxydant à l’air, et donne naissance à des nuances bleues se rapprochant beaucoup de l’indigo.
- (Bull. Soc. ind. de Mulhouse.)
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Générateur solaire,
- de M. Mouciiot.
- Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des remarquables expériences de M. Mouchot, relatives à 1 emploi de la chaleur solaire comme agent mécanique (1).
- Depuis plusieuis années déjà, M. Mouchot étudie la question d’appliquer industriellement la chaleur du soleil emmagasinée dans des appareils spéciaux. Les premières expériences eurent lieu à Tours et donnèrent d’excellents résultats. Le 8 mai 1875, par un très-beau temps, 20 litres d’eau à 20° introduits dans la chaudière à huit heures et demie du matin, ont produit, en 40 minutes, de la vapeur à 2 atmosphères, c’est-à-dire à 121°. On a pu rapidement porter la vapeur à une pression de 5 atmosphères; mais cette limite n a pu etre fi anchie a cause de la faiblesse des parois de la chaudière qui n’avaient que 3 millimètres d’épaisseur. Il faut remarquer qu’une pression de 5 atmosphères représentait déjà sur ces parois un effort total de 40.000 kilogrammes. Le 22 juillet suivant, à une heure de l’après-midi, par une chaleur exceptionnelle, 1 appareil de M. Mouchot, autrement dit son générateur solaire, a vaporisé 5 litres d’eau par heure, ce qui répond à un débit de vapeur de 140 litres par minute. Pour ces expériences, M. Mouchot s’était servi d’une machine à vapeur, sans détente et sans condenseur, donnant 70 coups de piston par minute, sous la pression d’une atmosphère.
- M. Mouchot a continué ses expériences en Algérie, et c’est le résultat de ces expériences qui a été présenté récemment à l’Académie, mais analysé de la façon la plus brève par M. le secrétaire perpétuel.
- (1) Voir le Technologiste, lre Série, t. XXXV, page 316.
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- Nous reviendrons dans un de nos prochains numéros, avec plus de détails, sur la communication de M. Mouchot qui poursuit une série d’études d’une très-grande originalité.
- nécessaire pour procurer l'amortissement de la prime et en a attribué le montant par chaque obligation aux porteurs de titres.
- Le baromoteur, de M. Gaston Bozérian
- Empoisonnement du pain par un sel . de cuivre.
- On sait qu’en 1842, 1843 et 1844 les chimistes et les tribunaux eurent à s’occuper
- Fig. 41
- Fig. 42.
- Il a été démontré, en mécanique, que la meilleure manière d’utiliser le travail de l’homme agissant comme moteur est de se servir de sa pesanteur. C’est ainsi qu’il est bien établi qu’un manœuvre passant sa journée à monter les marches d’une roue à chevilles fournil une quantité de travail bien supé-
- de l’addition d’un sel de cuivre dans le pain livré à la consommation.
- L’addition de ce sel, d’abord pratiquée en Hollande, en Belgique, puis dans le Nord de
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- la France, avait pour but, selon les uns, de fournir du pain d’une plus grande blancheur, selon les autres, d’obtenir une plus grande quantité de pain. Cette addition d’un principe toxique s’était propagée avec rapidité, elle fut la cause d’accidents graves et de poursuites judiciaires ; en effet, en 1844, toute une famille belge faillit être empoisonnée par du pain, dans la pâte duquel un boulanger ne se faisait aucun scrupule de mêler une quantité considérable de sulfate de cuivre. Ce pain présentait des parcelles de la matière toxique employée. En 1843, le tribunal correctionnel de Bruxelles condamna le nommé P , bou- langer à Saint-Josse ten Noode, à deux ans d’emprisonnement, 423 francs d’amende, privation à jamais du droit à demander une patente, et à l’affichage du jugement à Bruxelles et dans les faubourgs. Ce jugement fut confirmé par la Cour d’appel. En 1847, onze boulangers belges furent traduits devant le tribunal correctionnel de Fûmes sous la prévention d’avoir mêlé du sulfate de cuivre à la pâte destinée à faire le pain. A cette époque, cinq d’entre eux furent condamnés à deux ans de prison et 500 francs d’amende. D’autres condamnations furent prononcées dans diverses localités, un essai d’introduction de ce sel fut signalé à Paris, mais il n’eut pas d’importance. Plusieurs chimistes se sont occupés de cette question et ont fait des recherches sur les quantités de sel de cuivre employées et le moyen de déceler le cuivre dans le pain. Un grand nombre d’années s’étant écoulées, on croyait, n’avoir plus à craindre que cette malversation se renouvelât : il n’en fut point ainsi ; un boulanger de Calais fut inculpé de l’empoisonnement de plusieurs de ses clients, différentes personnes avaient été atteintes de coliques après avoir mangé du pain acheté chez lui. Un expert chargé par la justice de l’examen de cet aliment, fit connaître que le boulanger ajoutait du sulfate de cuivre dans la fabrication de son pain afin de l’obtenir plus beau et de meilleur aspect. Les tribunaux correctionnels de Boulogne accordant des circonstances atténuantes au délinquant, le condamnèrent à trois mois de prison, à 50 francs d’amende, aux frais, à la publication de dix affiches du jugement et rieure à celle qu’il eût été susceptible de produire en tournant une manivelle. Les ouvrages de mécanique sont unanimes sur ce point et tous conseillent d’employer le poids de l’homme comme moteur de préférence à tout autre moyen. Si cet incontestable principe n’a pas reçu jusqu’à présent plus d’applications, c’est qu’il restait à trouver un moyen mécanique, simple, peu encombrant et peu coûteux, qui permît de le faire entrer dans le domaine industriel et de lui donner accès dans les habitations. C’est ce qu’a essayé de faire M. Gaston Bozérian, et ce à quoi il paraît avoir réussi en inventant l’appareil auquel il a donné le nom de baromoteur (fig. 42) : il se compose de deux pédales articulées sur deux leviers d’égale longueur tournant chacune autour de son axe. Cette disposition a pour but de maintenir les pédales dans une position toujours horizontale, quelle que soit l’inclinaison des leviers. La pédale de devant décrit un chemin un peu plus grand que la pédale de derrière, afin de reporter également la fatigue sur les deux jambes. La bielle se termine par une poignée à main qui, en permettant à l’homme de modérer ou d’accélérer la vitesse, a pour principale utilité la possibilité donnée au manœuvre de vaincre très-facilement les points morts qui se trouvent pour ainsi dire complètement supprimés. L’homme, poussant la poignée lorsqu'il est au point mort supérieur, et la tirant au contraire à lui lorsqu’il arrive au point mort inférieur, peut entretenir un mouvement circulaire très-régulier même à une faible vitesse. Le bouton de la manivelle peut glisser dans une coulisse, ce qui permet de faire varier la vitesse et la quantité de travail à fournir par tour, dans de très-, grandes limites, suivant la nature de la besogne à effectuer. Lorsque l’on a de grandes résistances à vaincre, on éloigne le plus possible le bouton de manivelle du centre du plateau : on peut faire alors de 45 à 50 kilogram-mètres par tour, mais alors l’homme, à moins de se fatiguer, ne doit pas chercher à faire plus de 20 à 25 tours à la minute. A-t-on besoin au contraire de vitesse et non de force, on met le bouton de manivelle à l’autre extrémité de la coulisse et le manœuvre fait facilement 60 tours à la minute en produisant 15 kilogrammètres par tour. La poulie motrice pouvant se mettre sur l’un ou l’autre des deux arbres, on a toutes les vitesses comprises entre 20 et 300 tours à la minute : la quantité de travail produite par tour dépendra naturellement de cette vitesse. Un homme ne devant travailler sur le baromoleur que pendant une demi-heure peut très-bien produire 18 kilogrammètres par.seconde, c’est-à-dire un quart de cheval-vapeur. Pour un travail continu, on peut facilement compter sur 15 kilogrammètres par seconde, ce qui équivaut au travail de deux hommes et demi à la manivelle, puisqu’un homme travaillant avec ce dernier engin ne fournit en moyenne que 6 kilogrammètres par seconde. Le baromoteur à deux hommes (fig. 41 ), pouvant servir également pour un homme, mettra à la disposition du travailleur en chambre un moteur dont la puissance peut varier à volonté de 6 à 30 kilogrammètres suivant qu’il fera travailler un enfant, ou bien un homme, ou deux hommes. Dans ces conditions, le baromoteur nous apporte une solution inattendue et spécieuse de la question si étudiée jusqu’à présent du petit moteur domestique. S’il ne supprime pas l’emploi de la force musculaire de l’homme, il l’utilise du moins d’une façon simple,rationnelle et productive, et il présente dans tous les cas sur ses rivaux l’avantage d’une sécurité et d’une innocuité • absolues. Il n’exige aucun soin pour la mise en marche, ni aucune surveillance pendant le travail, et coûte bon marché de première acquisition, ce qui le rend accessible aux bourses les plus modestes. Il tient peu de place, et
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- présente des garanties sérieuses de durée et une grande facilité d’entretien. Enfin, sa puissance peut varier dans de grandes limites.
- L’économie d’argent que l’on réalise par l’emploi du baromoteur, comparé à celui de la manivelle ordinaire, est considérable : en mettant la journée de l’ouvrier à 5 francs, le baromotcur, fait faire à celui qui l’emploie une économie de 7 fr. 50 par jour, c’est-à-dire, l’intérêt pour un an du capital engagé pour l’acquisition de l’appareil. Il n’y a donc pas à tenir compte des frais d’amortissement devant se répartir seulement sur les jours où l’on travaille, comme cela a lieu pour divers appareils qui sont, avant tout, d’un prix trop élevé pour jamais devenir de véritables moteurs populaires et domestiques.
- En somme, le baromoteur est un engin commode, d’une locomotion aisée, facile à emporter partout avec soi, devant rendre de grands services aux travailleurs nomades par état, comme aux oùvriers obligés de loger par nécessité aux étages élevés où l’on ne peut, sans danger, faire usage de moteurs hydrauliques, ni de machines à vapeur ou à gaz.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Perfectionnement du pal distributeur, de M. Gueyraud.
- Nous avons eu déjà l’occasion de parler à nos lecteurs du pal distributeur de Gueyraud.
- Les opérations exécutées en 1877, dans un grand nombre de localités, l’ont amené à apporter quelques perfectionnements dans la construction de son outil.
- Le réservoir est formé par un cylindre en tôle, compris entre deux calottes en fonte dont l’une, la cuvette inférieure, porte la pédale et le tube-pal; il se prolonge jusqu’à l’extrémité du tube perforateur, dont le fond est fermé par un presse-étoupe à vis en acier. Ce fond donne passage à une tige creuse qui porte la pointe; cette tige, qui traverse tout l’appareil, est percée à sa partie inférieure de petits trous, pouvant alternativement se trouver au-dessus ou au-dessous de la garniture du presse-étoupe; elle sert d’appareil doseur.
- Lorsque les trous sont au-dessus du presse-étoupe, et par suite en communication avec le réservoir, le liquide s’introduit dans le tube doseur ; quand ils sont au-dessous de la garniture, la dose s’écoule. Ce passage alternatif s’obtient par une poignée à bascule fixée sur la cuvette supérieure, dont l’extrémité opposée commande le tube doseur. En appuyant sur la poignée, pour faire pénétrer le pal en terre, le tube doseur remonte et se remplit; en retirant l’outil par la poignée mobile, celle-ci bascule, elle fait descendre le tube doseur, dont les orifices démasqués laissent écouler la dose dans la chambre créée dans le sol par le relèvement du pal.
- Cet écoulement se trouve accéléré par la détente de l’air contenu dans le tube doseur, que l’introduction de la dose a chassé dans une cloche plongeant dans le liquide du réservoir.
- enfin à son insertion dans tous les journaux de Calais et de Saint-Pierre.
- VARIÉTÉS.
- Economie sur le papier.
- Ce n’est pas une bagatelle qu’une économie d’environ 275.000 francs par an, alors surtout qu’on peut la réaliser sans qu’il soit besoin de se condamner à la moindre privation et sans qu’il en. coûte autre chose que le prix d’une carte postale adressée à son papetier. Or, voilà pourtant le bénéfice que l’administration du Times, de Londres, est parvenue à obtenir au moyen de ce simple procédé. Elle a tout bonnement avisé ses fabricants de papier qu’ils eussent graduellement à en diminuer l’épaisseur. La chose fut parfaitement comprise par ces honnêtes industriels et ce résultat fut, en effet, obtenu si graduellement, qu’il n’y a guère que les gens du métier et les chiffonniers qui aient fini par s’apercevoir du changement. Pour les abonnés, du moment que le journal restait lisible et intéressant, peu leur importait l’épaisseur de la feuille tant qu’elle conservait, une consistance raisonnable. Deux cent soixante-quinze mille francs d’économie par an... rien qu’en diminuant d’un gramme ou deux le poids d’une feuille de papier! Malheureusement la chose ne serait pas possible partout : cherchez donc à alléger d’autant le poids de certaines feuilles qui nous passent par les mains... il n’en resterait pas même l’ombre.
- La guerre de l'avenir.
- L'Univers illustré du 27 avril dernier a donné un dessin représentant un ballon retenu captif à l’arrière d’un bâtiment. Le vaisseau est hors de portée du fort attaqué, et le ballon monte et s’éloigne jusqu’à ce qu'il se trouve au-dessus de la forteresse. Alors, on laisse tomber une torpille chargée de dynamite. Les aéronautes communiquent avec les marins au moyen du téléphone. Le projet a paru sous la signature de M. Simon de Van-dières.
- Il existe une très-grande difficulté pratique à délester un aérostat d’un poids relativement considérable, même si cet aérostat est retenu captif. Plusieurs projets d’aérostats
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- porteurs de bombes ont été proposés pendant le siège de Paris, et aucun n’a été adopté.
- Il y a une autre difficulté bien plus grande encore ; c’est le poids du câble destiné à retenir le ballon au vaisseau quand celui-ci se maintient hors de la portée des batteries de côtes. Le treuil dessiné sur l'Univers illustré paraît avoir 50 centimètres et est manœuvré par un homme. Or, le câble doit avoir au moins 2.500 mètres. L’on pourrait conseiller à M. Simon de Yandières d’aller voir dans la cour des Tuileries le treuil destiné au ballon captif pour une longueur de câble de 600 mètres.
- BREVETS D’INVENTION.
- Collineau et Savigny. — Préparation d’une substance végétale colorante, d’une innocuité absolue et de ses dérivés (add. à 116229).
- Colomb. — Cadre d’agrandissement et de réduction , à T usage des lithographes (121699).
- Corneliani. — Fabrication des gravures ou sculptures en bois massif (121786).
- Cowper.—Perfectionnements dans les ailettes à bobines des machines de filature (121660).
- Cowper. — Ailettes de filature (121677).
- Cozza. — Construction d’appareils de pesage (121764).
- Crampton. — Perfectionnements dans la fabrication du ciment, etc. (121708).
- Dalmau. — Ourdissoir continu (add. à . 119220)
- Danet et Viehoff. — Aération de l’intérieur des navires, des locaux servant de transports, d’emmagasinage, d’habitation, etc. (add. à 118273).
- David. — Mécanique Jacquart à double mar-chure (121667).
- David (les sieurs). — Manche et marteau pour rhabiller les meules de moulins (121755).
- Debains. — Labourage à vapeur et appareils qui s’y rapportent (add. à 118775).
- Debiè. — Fabrication des pâtes de paille, sparte, alfa, bois, etc., pour la papeterie (121857).
- Defty. — Perfectionnements dans les projectiles et cartouches pour canons et armes portatives, etc. (121866).
- L’instrument, ainsi disposé, permet de distribuer uniformément les quantités de toxique déterminées par l’expérience.
- Le temps nécessaire, pour remplir et pour vider des doses de 10 à 12 centimètres cubes, étant de 3 secondes, on pourrait distribuer 20 doses par minute, avec la certitude qu'elles ont été également réparties ; mais le temps nécessaire pour la pénétration du pal dans le sol et son retrait est de près du double dans un travail normal. On a constaté, par de nombreux comptages faits à Gréoux, en octobre dernier, pendant une quinzaine de jours, que l’homme fait régulièrement de 9 à 10 trous par minute ; on a donc la certitude absolue que, dans ce travail, les doses ont été uniformément distribuées, puisqu’on a mis le double du temps, qui serait strictement nécessaire, pour l’accomplissement des fonctions de l’appareil.
- Traitement de la vigne. — La campagne de 1877 a confirmé, sur tous les points de la France, par des expérimentations nombreuses, le succès de l’intoxication du sol, par le sulfure de carbone, au moyen du pal distributeur. Il semble utile d’exposer ici les conclusions unanimes fournies par les expérimentateurs.
- 1° L’humidité de la surface du sol est indispensable, non-seulement pour faciliter la pénétration du pal, mais pour confiner les vapeurs toxiques et empêcher leur dissémination en dehors du sol ;
- 2° Le rapprochement des trous rend l’action toxique plus prompte et plus générale ;
- 3° Tous ceux qui ont employé le sulfure de carbone pur reconnaissent la nécessité de l’allier à des substances dissolvantes, pour éviter les dangers d’incendie, d’explosion et l’incommodité des ouvriers dans son maniement, et celle de soutenir l’action toxique par des engrais potassiques. Ne s’ensuit-il pas que la combinaison avec le sulfure de potassium est toute indiquée, puisque le sulfocarbonate de potassium, qui résulte de cette union, renferme tout à la fois et le toxique et l’engrais.
- Les règles du traitement doivent, d’ailleurs, être modifiées suivant le but à atteindre.
- Dans une contrée phylloxérée, où l’on est exposé à une invasion nouvelle après un premier traitement, il serait inutile de faire des traitements trop multipliés. Dans ces conditions, deux traitements par an suffisent pour conserver la vigne en état de production. L’un, général sur toute la surface du vignoble, doit être fait dans la période hivernale d’octobre à mars, mais le plus tôt possible après les pluies d’automne; le second au printemps, au moment de la reprise de la végétation, époque correspondante à l’éclosion de l’œuf d’hiver. Ce deuxième traitement peut ne consister qu’en une injection du toxique au pied de chaque cep, si les sondages et l’inspection des racines démontrent que le traitement hivernal a détruit la totalité des insectes souterrains.
- Par contre, sur les points éloignés des contrées infestées, où le phylloxéra a été importé par des plants venus de pays contaminés, comme à Orléans et dans l’Indre-et-Loire, il est permis d’espérer que la destruction complète de l’ennemi pourra être obtenue par une guerre acharnée. Dans ce cas, le traitement doit s’inspirer des renseignements que la science et la pratique fournissent, sans considérer la dépense à faire sur l’espace traité, mais en envisageant seulement le but à atteindre, c’est-à-dire la préservation des autres vignobles. Puisque les vapeurs toxiques, fournies par le sulfure de carbone, épargnent une partie des insectes, il faudra renouveler les traitements de quinze en quinze jours, pendant toute la saison où la pénétration du pal est
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- possible. Par ce moyen, on détruira les insectes, produit de l’éclosion des Dégageux. — Tissu dit : chaîné (121731).
- œufs épargnés, avant qu’ils n’aient pu pondre à leur tour, et on continuera Deilles. — Machine à imprimer sur bois
- ces traitements répétés jusqu’à ce que, par des sondages très-multipliés, on (121727).
- ait acquis la certitude que l’espèce est détruite sur ce point, et qu’il ne s’est Delaporte. — Système de chauffage des cy-
- révélé aucun foyer de dissémination naturelle autour du premier centre d’in- lindres des métiers gaufreurs (121834).
- fection. Delille (dame veuve). — Appareil à fabriquer
- Si l’on se rappelle qu’une lutte générale et continue a pu seule triompher l’essence de café, etc. (121752).
- de l’oïdium, on demeurera convaincu que, en généralisant l’application de Delory et Houël {dame veuve). — Perfection-
- ces principes, la viticulture parviendra à détruire le phylloxéra et à conserver nements dans ia fabrication et le soudage
- à la France la source de l'une de ses principales richesses. des récipients métalliques (121875). Démoulin. — Perfectionnements au métier à tisser à lames (add. à 116253). Désableau et Putel. — Perfectionnements aux
- Imitation de bois d'ébène. machines à couper le papier, le carton, les métaux, etc. (121777).
- Le bois noir est aujourd’hui très-demandé pour ljt fabrication de panneaux Desbois et autres. — Système de vidange
- et travaux d’ébénisterie, et est préférable à l'ébène véritable. Le poirier, le (121838).
- pommier et le noisetier, dont le grain est très-fin, peuvent être ébénisés par Descuré. — Panneaux en faïence pour revê-
- le procédé suivant. Faites bouillir dans un ballon de verre avec de l’eau 4 on- tements de parois murales (121726).
- ces de noix de galle, 1 once de copeaux deCampêche, 1/2 once d’acide sulfu- Desma%ures. — Perfectionnements dans le
- rique et 1/2 once d’acétate neutre de cuivre (vert de gris). Filtrez à chaud et mode d’agglomération de certaines matières
- brossez le bois nombre de fois avec le liquide chaud. Enduisez ensuite 2 ou 3 chimiques (add. à 118335).
- fois en laissant bien sécher chaque fois, avec une solution de limaille de fer, Desson. — Appareil de bouchage pour bou-
- dans 1/4 de bon vinaigre de vin préparé à chaud, mais employé froid. teilles, flacons, etc. (121664).
- * (Polytechnic Review.) Devoluet. — Métier à tisser mécaniquement la toile métallique (add. à 116756). Devred (dame veuve). — Machine à fabriquer
- Sur la fabrication des crayons Gilbert, des mottes, briques, carreaux, etc., et a g-
- par M. Dufresne. glomération des résidus minéraux et végétaux (121671).
- La manufacture des crayons de M. Gilbert est située à Givet (Ardennes), au pied du mont d'Haurs, où elle couvre une superficie de 6.000 mètres carrés Dognin et comp. — Commande des machines à coudre et à broder (add. à 120805).
- uccupés par les bâtiments de l’usine, les bureaux, les magasins, les hangars Dronier. — Perfectionnements aux allumoirs
- pour le séchage des bois, etc. Quoiqu’une grande partie du travail soit ef- électriques (121765).
- fcctuée par des machines, l’établissement emploie, tant dans l’usine qu’au Duchesne frères (Société) et Gierckens. —
- dehors, plus de 250 ouvriers des deux sexes dirigés par un nombreux état- Moyens pour travailler les peaux tannées
- major. de chèvres, moutons, etc., etc. (121847).
- Deux moteurs à vapeur, d’une force de trente chevaux, mettent en mouve- Duchet.— Moulage des bouteilles et des vases
- ment plus de cent machines constamment perfectionnées et appropriées aux en verre (121842).
- nombreuses opérations que nécessite le travail; celui de la mine et celui Dumesnil et comp. (Société). — Fabrication
- du bois des crayons. de pierres factices hydrauliques, etc., etc.
- L’établissement de M. Gilbert consomme annuellement près de 200.000 (121784).
- kilogrammes de bois de cèdre de la Floride, sans compter une quantité con- Durand. — Oculaire à deux foyers (121729).
- sidérable de tilleuls du pays et d’autres bois blancs employés à la fabrication Edison. — Perfectionnements dans les ins-
- des crayons communs. Le bois de cèdre en billes est séché, avec le plus truments pour contrôler par le son la trans-
- grand soin, à l’air ou dans de vastes hangars, puis débité en planches, blocs mission des courants électriques, etc.
- et planchettes, par trois grandes scieries, des machines à refendre, des scies (121687).
- circulaires, etc. Elizalde. — Faucheuse et moissonneuse
- (A suivre.) (121654).
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Considérations sur l’usage de l'huile de coton, par M. Codina Langlin. — Nouvelle lampe électrique, par M. Reynier. — Quelques pofsons de notre intimité, tels que le plomb et le chrome. — Sur la fabrication des crayons Gilbert, par M. Dufresne. — Nouvelles applications du phonographe, par M. Du Monrel. — Le microphone de M. Hughes : expériences, par M. Ch. Va-rey. — Compteur différentiel, du capitaine Valessie. — Le passage de Mercure sur le soleil, par M. Camille Flammarion.
- CHRONIQUE.
- Un nouvel observatoire en Russie.
- Le 21 juin a eu lieu à Pavlovsk l’inauguration d’un observatoire magnétique, annexe de l’observatoire physique central de Saint-Pétersbourg. Le Journal de Saint-Pétersbourg donne la description de ce nouvel institut scientifique qui fonctionne déjà depuis le commencement de l’année courante.
- Le terrain sur lequel il s’élève a 7 déciatines et demi (8 hectares) de superficie. L’emplacement est très-favorable sous tous les rapports, surtout au point de vue de la tranquillité et à celui de la distance de toutes constructions contenant des parties en fer. (Les maisons les plus voisines, celles de la colonie d’Etioup, — et il n’y en a qu’une ou deux à toiture en tôle de fer, — sont à 200 sagènes (427 mètres) de distance.)
- Des forages pratiqués sur trois points ont montré que le sol de l’emplacement en question se compose, d une manière uniforme, d’une couche d’humus d’une dizaine de centimètres d’épaisseur, au-dessous de laquelle se trouve une couche de sable pur d’environ 2 mètres, qui recouvre à son tour la couche d’argile séparée du sable seulement par une mince couche de galets. Le terrain a été complètement desséché tant par le défrichement que par le creusement de canaux et d’un étang dont la couche d’argile forme le fond.
- L’ensemble de l’établissement comprend trois bâtiments scientifiques, — le bâtiment principal, en pierre et surmonté d’une tour, pour les observations météorologiques, une construction en pierre à double voûte et recouverte de terre, pour les observations de
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- Considérations sur l'usage de l'huile de coton, par M. Codi.na Langlin.
- M. Codina Langlin a étudié, au point de vue botanique et avec le plus grand soin, le cotonnier [gossypicum usitatissimum) ; il en a décrit les semences d’une façon, très-minutieuse et a indiqué la manière d’en extraire l’huile, dont le rendement est de 15 à 18 0/q. Cette huile est d’une couleur rouge de vin. Si on la purifie, d’après les procédés usités en Angleterre, à Dunkerque, à Marseille, elle devient limpide et transparente, en offrant l’odeur et le goût de l’huile d’olive : sa couleur est alors d’un beau jaune d’or. Une troisième espèce d’huile s’obtient par congélation et en soumettant à l’action de la presse cette susdite variété jaune ; on possède alors une huile privée de stéarine, dite huile d’hiver, parce qu’elle ne se gèle plus, et elle est utilisée pour les machines, dont le frottement se trouve réduit au minimum.
- L’extraction de l’huile des semences du cotonnier date de 1856, aux Etats-Unis. L’Egypte pourtant en avait envoyé des échantillons superbes à l’Exposition universelle de Paris en 1855. Du reste, Richard, Chevallier et Guillemin en parlent déjà dans leurs livres et nous apprennent que* cette huile est employée au Brésil pour l’alimentation et pour l’éclairage. Nous sommes très-heureux d’avoir à citer encore dans cet historique les noms des savants français, tels que Château, Dorvault, Fontanelle, Rouis, etc.
- C est en 1868 que 1 Angleterre et les Etats-Unis commencèrent à envoyer de grandes quantités d huiles de coton en Espagne. Dernièrement, le fournisseur civil de Sanlander a provoqué une enquête par les soins du conseil de santé de Barcelone, à l’effet de savoir si : l’usage des huiles de sésame et de coton, soit seules, soit mélangées à celle d’olive, peut être nuisible à la santé publique.
- Voici les termes de la réponse du conseil :
- 1° l’huile de coton ne renferme pas (ou du moins on n’a pas pu en extraire) de principes vénéneux ou préjudiciables à la santé des consommateurs;
- 2° il est logique d’en autoriser la consommation pour l’alimentation, alors surtout qu’elle est bien purifiée.
- Rappelons que l’Académie royale de Madrid avait aussi émis, dès l’année 1872, un avis conforme.
- M. Codina Langlin a fait diverses expériences pour rechercher des résines ou des acides volatils qui caractériseraient l’huile de coton; comme ses expériences ont donné des résultats négatifs, il se croit autorisé à conseiller très-formellement l’emploi de cette huile, que la science et l’observation considèrent comme inoffensive et qui peut rendre d’immenses services.
- En conséquence, M. Codina Langlin demande à l’autorité l’entrée libre de l’huile de colon, parce qu’elle offre de précieuses ressources aux industries chimiques en général, et à celle des savons en particulier. U engage le gouvernement à redoubler d’efforts pour procurer aux classes nécessiteuses une huile économique, sans la teindre ni la masquer, en exigeant un certificat en règle de bonne provenance, sur lequel serait indiquée la nature de l’huile et
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- son degré de pureté. Le consommateur, certain de ne pas être trompé sur la chose vendue, pourrait en toute sûreté, selon son goût ou ses besoins, s’approvisionner d’huile d’olives ou d’huile de coton.
- Nouvelle lampe électrique, par M. Reynier.
- M. Emile Reynier a cherché à produire de la lumière électrique sans arc voltaïque, en chauffant le charbon jusqu’à l’incandescence. Ce principe n’est pas nouveau. Il a déjà été expérimenté par MM. Lodygine, Konn, Bouliguine et autres. Tout le savoir et toute l’expérience de ces excellents praticiens n’ont donné que des résultats négatifs. Avec tous les systèmes imaginés par eux, ils ont obtenu, d’une source d’électricité donnée, infiniment moins de lumière qu’avec des appareils connus sous le nom de régulateurs. Ils cherchaient aussi à empêcher l’usure du charbon, espérant que le même charbon servirait à la production d’une lumière de longue durée. Cette espérance n’était pas réalisable, car tous ces systèmes exigent des charbons excessivement minces qui, portés à une température très-élevée par le passage du courant, cassent très-souvent et très-facilement, et produisent, par conséquent, un arrêt dans la production de la lumière.
- Dans la lampe dont il s’agit, M. Reynier doit compter beaucoup avec l’usure du charbon, usure qui est très-rapide : s’il faut en croire ses propres affirmations, dix centimètres par heure. Pour cette raison et afin de ne pas interrompre le courant, M. Reynier se trouve obligé d’introduire dans sa lampe le mécanisme des régulateurs fonctionnant par la pesanteur.
- En résumé, la lampe de M. Emile Reynier nous semble avoir le tort de réunir à la fois l’inconvénient connu des régulateurs et l’insuffisante lumière des lampes dites à charbons incandescents.
- Dans l’expérience à laquelle nous avons assisté à la Société de physique, 36 éléments Bunsen, grand modèle, produisaient la lumière de 6 à 8 becs Carcel et avec moins de fixité et d’éclat, tandis que, sans parler du système ingénieux de M. Jablochkoff qui, entr’autres avantages, ne possède pas de mécanisme, on peut obtenir avec n’importe quel régulateur, le régulateur Semn, par exemple, une lumière très-régulière et très belle, équivalente à 40 ou 50 becs Carcel.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Quelques poisons de notre intimité, tels que le plomb et le chrome.
- Les charcuteries de provenances étrangères ne sont pas dangereuses seulement parce qu’elles peuvent donner la trichine : il faut se méfier aussi de certains jambons enveloppés d’une toile jaune portant une estampille américaine. Cette enveloppe est teinte avec une dissolution de chroma te de plomb qui doit
- variation magnétique, et enfin un pavillon en bois, sans la moindre parcelle de fer, pour les mesurages magnétiques absolus et pour les déterminations de temps.
- Outre ces trois bâtiments, affectés au but purement scientifique de l’observatoire, il y a quatre maisons en bois pour les logements du personnel technique, du personnel de service, ainsi que pour les dépendances : écurie, remise, glacière, buanderie, bûcher, etc. Toutes les constructions ont des toitures en papier bitumé, et il est inutile de dire que les bâtiments scientifiques se trouvent à une assez grande distance des autres bâtiments pour que les observations ne soient pas influencées par leur voisinage.
- L’observatoire magnétique de Pavlovsk possède, outre une installation aussi soignée que possible, tous les instruments scientifiques les plus perfectionnés et les plus nouveaux, et comme l’observatoire physique central de Saint-Pétersbourg est un établissement modèle en son genre, son annexe, F observatoire magnétique de Pavlovsk, est, pour son but spécial, également une institution modèle au premier chef.
- Le pavillon pour les mesurages magnétiques absolus est sans aucune parcelle de fer. Toutes les parties métalliques, serrures et cadenas, clous et vis, portes et soupiraux des poêles, etc., sont en cuivre ou en laiton, et chacun de ces objets a été soumis à l’épreuve d’un magnétomètre particulièrement sensible, afin que l’on fût convaincu qu’il ne contenait absolument aucune partie de fer. La même opération a été faite pour les pierres calcaires des fondements et pour les briques blanches des poêles et des cheminées, tout comme pour le granit des socles de support des instruments. Pendant la construction, on a exercé constamment un contrôle sévère pour que les ouvriers, ainsi que cela leur avait été ordonné, n’employassent pas de clous en fer, — pas même pour les échafaudages. Une inspection minutieuse du bâtiment après son achèvement, mais avant la peinture à l’huile des murs et le bitumage de la toiture en carton-pierre, n’a pas révélé la moindre trace de fer.
- Quant aux instruments — météorologiques et magnétiques — ils ont tous été installés et ajustés sous la surveillance personnelle de M. le directeur de l’observatoire central de physique.
- Provisoirement la mission de l’établissement scientifique de Pavlovsk sera spécialement l’observation normale des éléments météoro-
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- logiques et, de magnétisme terrestre pour lesquels on possède des méthodes d’observation sûres. Dès que, par des recherches faites, soit à l’institut même, soit ailleurs, on aura trouvé des méthodes tout aussi sûres pour le mesurage constant d’autres éléments, tels que l’électricité atmosphérique, les courants terrestres, le rayonnement thermique, optique et chimique du soleil et du ciel, ces éléments formeront, eux aussi, l’objet d’observations normales.
- EXPOSITION.
- Les terrassements du Champ-de-Mars, tant remblais que tranchées, ont atteint le chiffre d’environ 1 million de mètres cubes; pour la maçonnerie, tant des bâtiments que des égouts, aqueducs, etc., on peut compter 120.000 mètres cubes : le tout, maçonnerie et terrassements, a donné lieu à des adjudications s’élevant à une somme de 4.169.000 francs ; les constructions en fer et fonte, qui ont absorbé un poids de 28.000 tonnes de métal, comptent pour 12.566.000 francs de soumissions, auxquelles ont participé nos grandes usines, les Cail et Cie, les Schneider, la Compagnie de Fives-Lille, MM. Rigollel, Moisant, Eiffel et Cie, Roussel, Baudet, etc. Pour les parquets (180.000 mètres carrés), et toitures, boiseries (2.600 mètres carrés), vitres (119.520 mètres carrés), conduites d’eau, chemins de fer, etc., les adjudications se sont élevées après de 4 millions de francs. Ajoutons-y 309.000 francs pour les plantations et parcs, plus, pour les annexes diverses : 1.205.000 francs pour le pont d’Iéna, qu’il a fallu élargir, etc. ; 635.000 francs pour fourniture de force motrice, transmissions, etc. ; 1.023.000 francs pour l’eau et le gaz ; 150.000 francs pour les voies ferrées, ballast, pose des rails, etc. ; 200.000 francs pour les bureaux; 155.000 pour le palais algérien ; 465.000 pour le bâtiment de la 'Ville de Paris, etc., etc.
- Le palais du Champ-de-Mars n’est que temporaire et serait démoli après la fin de l’Exposition; au contraire, celui du Troca-déro, avec lequel il est mis en communication directe par le pont d’Iéna, constitue une œuvre permanente, qui restera la propriété de la Ville de Paris. Le terrain sur lequel s’élève ce dernier, avec son parc, ses annexes, etc., embrasse une étendue de 151.000
- la rendre imperméable. Or, le jambon ainsi enveloppé peut très-bien s’imprégner de chromate de plomb, et le chromate de plomb est un toxique violent, capable de produire des accidents graves. On dit aussi que la belle apparence dorée que possèdent ces jambons, comme la possèdent également plu-sieu rs sortes de harengs saurs et plusieurs sortes de saucisses fumées, décorés les uns et les autres de noms étrangers, serait due au bichromate de potasse. On sait que les composés de plomb et de chrôme sont des poisons redoutables qui déterminent des accidents toxiques avec des doses relativement minimes, et cependant les sels de plomb et de chrôme.sont employés dans une grande quantité de préparations servant à notre usage presque journalier.
- Mais le chrôme n’est pas le seul métal dont il faille nous garer, et il est d’autres matières, que la charcuterie, sur lesquelles nous devons porter notre attention. Ainsi Ion a reconnu que des cachous de Bologne dont font usage les fumeurs, pour supprimer à la bouche l’odeur du tabac, contenaient jusqu’à 20 centigrammes de sel de plomb, par chaque boîte. Les mèches jaunes à briquet doivent leur facilité de brûler, au seul contact d’une étincelle, au chromate de plomb, qui entre pour un cinquième dans le poids de la mèche.
- Un certain nombre de cosmétiques destinés à donner de la blancheur à la peau, de la fermeté à la chair ou à effacer les rides, afnsi que des teintures pour colorer les cheveux, sont à base de plomb.
- Un médecin suisse vient d’appeler l’attention des hygiénistes sur les toiles vernies grises, dites toiles américaines, dont sont tapissées les petites voitures d’enfants. D’après ce savant, ces toiles doivent leur couleur grise à un vernis contenant du carbonate de plomb dans des proportions vraiment effrayantes. Cette toile renfermerait, par décimètre carré, 1 gramme 736 milligrammes de carbonate de plomb, c’est-à-dire lgr.348 de plomb métallique ! Il parait que de nombreux cas d empoisonnement par le plomb auraient été signalés ainsi, chez de jeunes enfants, pour lesquels on faisait usage de voitures recouvertes de toiles vernies grises. Un très-grand danger menace donc ces chers petits êtres, et il faut proscrire sans miséricorde toutes les voitures tapissées de toile grise; on doit n’employer que celles tapissées avec des toiles brunes dont la couleur est obtenue avec des matières ferrugineuses, ou avec de l’ocre qui n’est pas vénéneuse.
- On voit par ce qui précède combien l’administration a besoin d’exercer une surveillance active et incessante, afin d’éloigner de nous les dangers qui, sans que nous nous en doutions, nous menacent à chaque pas.
- Sur la fabrication des crayons Gilbert, par M. Dufresne.
- (Suite).
- Des appareils ingénieux, exigeant une grande précision, exécutent les diverses opérations du planage, du fraisage, du rabotage, du polissage, et donnent au crayon la forme cylindrique, hexagone, rectangulaire ou ovale; d’autres servent à trancher les bouts de crayon, à forer suivant l’axe, les manches des porte-mines, à découper les bandes de caoutchouc pour les crayons servant à effacer, etc.
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- Les opérations à la fois chimiques et mécaniques pour la préparation de la mine exigent des soins plus grands encore. La supériorité des produits de l’usine est due :
- 1° à l’emploi exclusif du meilleur graphite de Bohême, sensiblement aussi riche en carbone que les graphites de Cumberland et de Sibérie, et qui se prête incomparablement mieux à la fabrication des crayons artificiels;
- 2° au soin minutieux avec lequel le graphite est lavé et débarrassé de toutes les matières étrangères;
- 3° au malaxage prolongé et au broyage qu’il subit avec l’argile dans des moulins d’une construction spéciale.
- La pâte des crayons, travaillée et tréfilée au moyen de presses mécaniques, passe ensuite dans des fourneaux à haute température et est soumise à une surveillance incessante qui répond de la dureté de la mine et doit la rendre toujours pareille et conforme à son numéro.
- La préparation des crayons de couleurs exige des manipulations tout aussi variées et aussi délicates.
- Un bon laboratoire de chimie sert aux analyses des graphites et ù la préparation des matières colorantes.
- Si l’on ajoute aux détails qui précèdent l’énumération des diverses mains-d’œuvre nécessaires'pour le collage, le vernissage, la marque, l’empaquetage, on se demande, en vérité, comment on peut arriver à livrer au public une douzaine de crayons aux prix où le commerce les reçoit.
- La manufacture de M. Gilbert livre au commerce les produits les plus variés : crayons de graphite pour le dessin artistique, l’architecture, la topographie, les bureaux, les dessins sur bois, la photographie, là sténographie; crayons de couleurs dont les vives nuances varient à l’infini et se prêtent à une foqle d’usages, tels que le dessin à la sanguine, les dessins imitant les tons du bistre ou de la sépia. On peut même se servir de ces colorations variées qu’obtient M. Gilbert pour des cartes de géographie ou des décorations polychromes qui s’effacent ou se fixent à volonté sur le papier. Voici encore d’autres natures de crayons qu’on trouve dans la même fabrique : des crayons noirs gras rappelant le crayon lithographique, des crayons de gomme pour effacer l’encre ou la mine de plomb, des crayons d’ardoises naturels ou artificiels, des crayons porte-mine avec mines mobiles, des crayons pour l’usage des écoles et des charpentiers, des crayons pour les carnets et les portefeuilles.
- Enfin, tout ce qui peut servir à tracer un trait représentant une forme, fixer une idée, se trouve dans cette fabrique, qui livre par an au commerce un million deux cent cinquante mille douzaines de ces styles modernes, destinés à remplacer ceux qui, dans l'antiquité, servaient, en se retournant sur la cire, à traduire la pensée des poètes et des artistes.
- La fabrique de Givet livre les meilleurs crayons de graphite et de couleur à des prix bien inférieurs à ceux des produits similaires de l’Angleterre et de l’Allemagne ; elle fournit pour l’usage scolaire des crayons intitulés crayons chinois, très-appréciés partout, et qu’elle livre au prix de 3 francs 25 cen-' times les douze douzaines, et des crayons de bois blanc au prix incroyable de 1 franc 40 centimes la grosse.
- mètres carrés, circonscrite par la place du Trocadéro, le parapet du quai de Billy, la rue de Magdebourg et la rue Le Nôtre.
- Les 300.000 mètres cubes de terrassements environ, soumissionnés pour le Trocadéro, l’ont été pour une somme de 1.630.000 francs ; la maçonnerie et la décoration (96.000 mètres cubes de maçonnerie) ont été adjugés pour 3 millions 182.400 francs, il y a au moins pour 90.000 francs de travaux de mosaïques.
- Il n’est guère entré que 2.000 tonnes de fer et de fonte dans les constructions du Trocadéro, et les adjudications pour ces fournitures métalliques n'ont atteint que 733.000 francs.
- Comptons encore 610.000 francs pour le parquetage et la couverture : 1.112.400 francs pour les plantations et parcs ; 196.330 francs pour accessoires intérieurs.
- En totalisant le gros de ces sommes, relevées jusqu'à une époque où la plus grande partie des fortes dépenses était engagée, on arrive à 32.371.830 francs, dont 24.843.700 francs pour le Champ-de-Mars, et 7.528.130 francs pour le Trocadéro.
- VARIÉTÉS.
- La Société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures, présidée par M. Dumas, de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, doit tenir, en juillet prochain, sa 4me Fête de l’Enfance ouvrière, dans laquelle elle récompensera : les Institutions charitables fondées dans le but d'instruire, de moraliser, d’aider les apprentis des deux sexes; les Industriels qui se sont signalés par leur sollicitude pour le bien-être matériel et moral de leurs apprentis et jeunes ouvriers ; enfin les contre-maîtres et contremaîtresses qui auront fait preuve d’un haut degré d'intelligence et de dévouement envers les enfants auxquels ils sont chargés d’apprendre le métier, et qui savent, par leurs conseils et leur exemple, former un ouvrier intelligent ou une ouvrière habile et laborieuse.
- Elle décerne : 1° des mentions spéciales de reconnaissance ; 2° des médailles de vermeil, d’argent ou de bronze; 3° des primes en argent et des livrets de Caisse d’épargne.
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- Des médailles seront aussi décernées aux meilleurs ouvrages d’éducation ou d’enseignement primaire et professionnel faits en vue de moraliser et d'instruire les enfants des ateliers ; ainsi qu’aux inventions propres à prévenir les accidents de fabrique.
- Nota. — Les propositions dans les divers ordres de récompenses doivent être adressées à M. Jules Périn, avocat, Secrétaire, avant le 15 mai (Paris, rue de Rennes, 44).
- Congrès international d'hygiène.
- Les organisateurs de ce Congrès qui se tiendra pendant la première quinzaine d’août, au palais du Trocadéro, font appel aux médecins, aux chimistes, aux physiciens, aux météorologistes, aux pharmaciens, aux architectes, aux ingénieurs, aux vétérinaires, aux administrateurs, c’est-à-dire à tous les savants, à tous les hommes spéciaux qui, par leur situation, leur compétence, la nature de leurs travaux peuvent concourir à établir et à appliquer les règles de l’hygiène. Ce Congrès complétera, assurément, d’une manière utile et profitable, le Congrès in-* ternational d’hygiène et de sauvetage tenu à Bruxelles en 1876, dans lequel quelques-unes des questions importantes, concernant l’hygiène, avaient pu être soulevées et même résolues.
- Le programme des questions, le règlement et les détails d’organisation du Congrès de Paris seront publiés prochainement. Nous nous empresserons, à notre tour, de les faire connaître à nos lecteurs.
- Toutes les demandes de renseignements, relatives au Congrès international d’hvgiène, doivent être adressées à M. le Dr Liouville, député, secrétaire général du Congrès, au palais des Tuileries (pavillon de Flore).
- Voyage d'études autour du Monde.
- Nous apprenons avec plaisir que l’expédition autour du monde, organisée par la Société des voyages (8, place Vendôme), a réuni un nombre suffisant de voyageurs pour pouvoir partir à l’époque fixée : 30 juin. —• Il y a encore quelques places disponibles; mais qu’elles soient occupées ou non, il a été décidé que le départ aura lieu.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Nouvelles applications du phonographe,
- ¥
- par M. Du Moncel.
- En ce moment le phonographe est à son début, et l’on a pu voir que le moyen d’enregistration qui est employé exige certaines conditions qui ne seraient pas faciles à réaliser, si l’on voulait enregistrer la parole à une certaine distance de l’instrument. Mais il est probable que des perfectionnements successifs rendront cet appareil plus sensible, et alors il sera peut-être possible, non-seulement d’enregistrer les discours des orateurs, mais encore de reproduire leurs intonations et l’accent de leur voix. On pourra alors conserver en portefeuille le chant des artistes, avec l’expression et les fioritures qu’ils y auraient mis, ou bien encore la parole d’une personne aimée qui pourra se rappeler à notre souvenir, même au-delà du tombeau. Mais nous n’en sommes pas encore là, et les applications auxquelles on a songé, en ce moment, se sont bornées à faire parler une horloge.
- Supposons qu’aux différentes heures du jour, on substitue aux coups frappés par une horloge*, un mécanisme ayant pour effet de faire passer rapidement une lame vibrante sur les clichés de traces exprimant les mots ; il est minuit, il est une heure, il est deux heures, etc., l’on aura ainsi une horloge parlante qui pourra même commander de se lever à l’heure fixée. D’après les journaux anglais, il paraîtrait qu’en adaptant au phonographe deux embouchures, on pourrait enregistrer les deux parties d’un duo chanté par deux artistes, et l’appareil pourrait, à lui seul, reproduire le duo. D’un autre côté, les journaux américains viennent de nous apprendre qu’en appliquant la vapeur au phonographe, on pourrait obtenir des avertissements parlés se faisant entendre à une grande distance ; de sorte qu’en plaçant sur la cheminée d’une locomotive un système de ce genre auquel on a donné le nom d’aérophone, le mécanicien peut indiquer de loin s’il a besoin de secours et en quel point de la voie il se trouve.
- Le problème de l’enregistration de la parole étant résolu, on doit s’attendre à ce que des modifications nouvelles et par conséquent de grandes améliorations seront apportées au phonographe. Déjà deux ingénieurs et en même temps deux physiciens français d’une grande valeur, très-connus l’un et l’autre dans le monde savant, MM. Napoli et Marcel Deprez-, vont être en mesure de présenter dans quelques jours un phonographe perfectionné avec lequel ils ont la conviction d’obtenir des résultats fort importants.
- Après ces perfectionnements successifs, il est certain que les applications du phonographe se présenteront et s’imposeront d’elles-mêmes. Si l’on veut bien réfléchir que de la découverte de Galvani à la construction du premier appareil télégraphique fonctionnant par l’électricité, il s’est écoulé près d’un demi-siècle, on ne doit pas s’étonner qu’une invention comme le phonographe, qui ne date que de quelques mois, n’ait pas encore reçu des applications multiples.
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- Le microphone de M. Hughes : expériences,
- Le Bureau central de Météorologie.
- par M. Ch. Varey.
- M. Ch. Varey a poursuivi, pendant toute une semaine, des expériences les plus complètes et les plus précises sur le microphone, imaginé par M. Hughes. Nous avons, à différentes reprises, entretenu nos lecteurs du téléphone, qui, comme on sait, peut porter la parole à des distances considérables, mais on sait aussi que le son transmis fidèlement de cette manière n’arrive à destination que très-diminué. On obtient ainsi une reproduction très-fidèle, mais réduite. Au contraire, c’est une amplification que l’auteur du microphone, M. Hughes, s’est proposée, et il a réussi complètement.
- Il a pris deux planchettes de bois mince et sonores qu’il a disposées l’une sur l’autre, en équerre. Il a placé à 3 ou 4 centimètres l’un de l’autre, sur la planchette verticale, deux petits morceaux de graphite carrés, percés l’un d’un trou, l’autre d’une encoche entre lesquels on engage une baguette également en graphite, pointue à une extrémité, émoussée à l’autre, et qui peut manœuvrer librement dans les trous ci-dessus. Un fil met en communication le support supérieur avec le téléphone ordinaire, auquel il transmet un courant électrique lancé dans le support inférieur, et qui passe à travers la baguette mobile.
- Si l’on vient à parler près des planchettes, elles vibrent et communiquent tous leurs mouvements aux supports ; aussitôt la baguette de graphite se met à osciller. Les interruptions de courant sont ainsi très-accentuées et les sons produits par la membrane réceptrice du téléphone considérablement amplifiés.
- En résumé, on peut dire que le microphone est à l’ouïe ce que le microscope est à la vision. C’est avec cet instrument que M. Varey a répété toutes les expériences qui avaient déjà été faites par M., William, Crookes, une des personnalités scientifiques les plus considérables de l’Angleterre, et comme M. Crookes, en plaçant une montre sur la planche-support de l’appareil, il a entendu le défilement des rouages, les battements du balancier et même le bruit particulier du métal, ainsi que les bruits les plus légers provoqués dans son voisinage. Mais, il a voulu aller plus loin, et, pour isoler complètement le microphone des vibrations étrangères, il l’a suspendu au plafond de son bureau, situé au fond d’une cour à l’abri des bruits extérieurs. Dès le début des expériences, M. Puttemans et M. Varey ont reconnu qu’un seul élément Leclanché suffisait pour obtenir d’excellents résultats.
- Us ont expérimenté sur une communication de 26 mètres, ayant en dérivation six téléphones accouplés. Or, dans les six téléphones à la fois, les vibrations les plus légères étaient recueillies avec un accroissement considérable des sons; bien plus, une conversation, une lecture faite à un mètre de distance dans l'axe de l’appareil était admirablement perçue dans un téléphone-récepteur placé à 10 ou 15 centimètres de l’oreille. Avec deux éléments Leclanché, ces messieurs ont pu percevoir, toujours avec les sons amplifiés, le souffle de la bouche, et les pulsations du pouls.
- M. Varey est d’accord avec M. Hughes, pour considérer le microphone comme un véritable lhermoscope, puisqu’il suffit de toucher cet instrument avec la main très-chaude pour faire marcher immédiatement l’aiguille d’un galvanomètre placé dans le circuit. M. Hughes dit que le microphone peut devenir un instrument d’auscultations, susceptible de rendre de grands services à la médecine pour noter avec plus d’exactitude et de force les batte-
- Par décret en date du 25 mai%M. Mascarl, professeur au Collège de France, a été nommé directeur du Bureau central météorologique institué par décret du 14 du même mois. Nous reviendrons prochainement sur cet acte important, qui a pour but de réorganiser la météorologie française, et nous donnerons tous les renseignements relatifs au fonctionuement du nouveau bureau.
- PRIX COURANTS.
- Prix des charbons français, par tonne de 1.000 kilogrammes.
- Nord et Pas-de-Calais.
- Gaillettes. . . . gras. 29 à »» 1/2 gras. 27 à »» maigre. 24 à »»
- Gailletteries. . . 27 à »» »» à »» 22 à »»
- Tout-venant. . . 16 à »» 14 à »» 13 à 50
- Fines 13 à »» 11 à 50 9 à 10
- Coke lavé, 20 à 24. Coke non lavé, 21 à 23.
- Agglomérés, 17.
- Franche-Comté : Ronchamp.
- Tout-venant 24 fr. la tonne.
- Gré lé-lavé 27
- Morceaux 30 —
- Houille de forge. . . . 27
- Coke lavé, lr« qualité. . 42 _
- Petit coke lavé . . . 35 -
- Haute-Loire.
- Grosménil. La Taupe.
- Rondelet . 27 » 26 »
- Grenet . 26 » 22 »
- Tout-venant . 20 » 17 »
- Gaillette . 17 )> » »
- Forge lavée . • 17 0 17 »
- Forge brute . 12 )) 15 »
- Chaussine . 12 » » 9
- Coke pour fonderie.. . . 32 fr. la tonne.
- Loire.
- Pérats suivant qualité. . . 31 )) à 36 »
- Débris de cribles 21 » 25 »
- Grelasson 26 » 29 »
- Petites chatilles lavées.. . . 20 » 22 »
- Menus suivant qualité. . . . 16 » 22 »
- Agglomérés id. ... 23 1) 27 »
- Menus pour forges, lre quai. 22 )) 25 »
- d° d°. 2e — 13 » 20 »
- Menus pour gaz 19 » 20 »
- Menus industriels 13 » 16 »
- Coke lavé, lr* qualité. . . . 35 » 40 »
- Cokes métallurgiques. . . . 28 » 30 »
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- 199
- Gard.
- Mottes. Menus.
- Aggl. Gras. Maig. Grêlons. Forges, t.-ven.
- Alais.. . 32.»» 29.»» 27.»» 23.»» 23.20 22.»» Montpel. 36.50 30.50 31 50 27.50 27.30 24 50 Avignon. 37.»» 34.»» 32.»» 28.»» 28.»» 25.»» Marseil.. 38.»» 35.»» 33 »» 30.»» 30.»» 26.»»
- Menus pour coke, 16. Coke lavé, 33 à 34. Coke non lavé, 22 à 24.
- Saône-et-Loire.
- Purgé de menu ou grêlât.. . ... 29 fr. »
- Grosse braisette lavée. . . . . . . 24 fr. »
- Fine braisette lavée. . . . . . . . 22 fr. »
- Tout-venant . ... 20 fr. »
- Menu gréleux . . . . 18 fr. »
- Anthracite . . . . 14 fr. ))
- Briquettes agglomérées. . . . . . 28 fr. »
- Gros coke lavé . . . . 31 fr. »
- Petit coke lavé . ... 35 fr. )>
- Commentry-FovrchambauU.
- Charbons de Commentry. L’hectol. La tonne.
- Gros carré . . 1 75 22 50
- Forge non lavée. . . . . . 1 25 16 »
- d° lavée . . 1 45 20 50
- Menu, coke 80 18 »
- Charbons de Montvicq.
- Gros et carré en gare de Bénezet ou
- Doyet..............................16 50
- Forge, non lavée, en gare de Bénezet ou Doyet. ..........................14 50
- Les prix à l’hectolitre sont ceux des charbons livrés à Montluçon et expédiés par eau.
- Les prix aux 1,000 kilogrammes sont ceux des charbons livrés en gare de Commentry et expédiés par chemin de fer.
- BREVETS D’INVENTION.
- Fages-Vidal. — Machine à coudre à points de surjet pour gants, etc. (add. à 116788).
- Farinaux. — Chaudière à cuire et à houblon-ner, avec refroidisseur (121756).
- Fauchois. — Ferrures de châssis-tabatières (121822).
- Fichet et Muller. — Combustibles gazeux (add. à 101610).
- Fiehn. — Presse pour la fabrication des occa-rina (121675).
- Firmin Didot et Balencie. — Photophanie inaltérable sur verre (add. à 120113).
- Firth et Overend. — Perfectionnements aux machines peigneuses (121880).
- ments du cœur, le jeu des poumons, les pulsations du pouls. Il est même arrivé, avec le secours d’une bobine d’induction, à faire produire dans un téléphone-récepteur des sons qui peuvent s’entendre dans une salle entière.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, HORLOGERIE ET ASTRONOMIE.
- Compteur différentiel, du capitaine Valessie.
- M. Dupuy de Lôme a lu, à l’une des dernières séances de l’Académie des Sciences, un rapport sur le mécanisme et l’usage du compteur différentiel inventé par M. le capitaine de frégate Valessie. Le compteur différentiel est un instrument qui fournit des indications pour régler la vitesse moyenne et les manœuvres d’une machine marine. La collision qui vient d’avoir lieu dans la Manche entre deux cuirassés allemands donne une actualité toute particulière à l’appareil de M. Valessie. En effet, les navires marchant en escadre ont besoin de conserver toujours très-exactement la vitesse et la position qui leur ont été assignées. Le compteur différentiel permet de régler avec précision la vitesse de chacun des navires d’une escadre.
- La partie principale de ce compteur différentiel est une montre à secondes dont le boîtier tourne sous l’action de la machine, dans le sens opposé à
- celui de l’aiguille. S’il y a un rapport d’engrenages de entre la rotation de
- l’hélice et celle du boîtier, et si la machine fait n tours d’hélice à la minute, l’aiguille des secondes que l’on appelle différentielle paraît immobile et reste dirigée sur un repère fixe que l’on peut marquer avec un index; mais elle avance vers la gauche du repère, dès que la vitesse de la machine est supérieure, et, dans le cas contraire, elle recule vers la droite. De là, pour le mécanicien, un moyen très-sensible de se maintenir à l’allure n de tours à la minute. Les indications de l’aiguille différentielle sont données sur un limbe qui est gradué comme un cadran de secondes.Si l’on veut, en escadre, obtenir que le navire s’éloigne ou se rapproche de celui qui le précède, on commande celte manœuvre en désignant le nombre de secondes à gagner ou à perdre pour que le bâtiment avance ou recule d’une quantité précise.
- M. Dupuy de Lôme constate que le compteur différentiel de M. Valessie a donné, dans la pratique, des résultats excellents et qu’il est présentement installé à bord de tous les bâtiments de l’escadre d’évolution et de la division cuirassée de la Manche.
- Le passage de Mercure sur le soleil, par M. Camille Flammarion.
- Le passage de Mercure devant le soleil, annoncé pour le 6 mai dernier et arrivé naturellement au jour et à l’heure indiqués, n’a pas été favorisé par le
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- 200 £( (Icdmolllôtüte N»25. — 22 Juin 1878. — XXXVIIIe Année.
- temps et s’est dérobé en grande partie à la curiosité des astronomes. La capricieuse atmosphère terrestre a justement ce jour-là couvert de nuages l’Europe presque tout entière.
- A Paris, l’on n’a absolument rien pu voir, le soleil étant resté obstinément caché derrière un double rideau de nuages et n’étant apparu qu’un instant, non dans son éclat, mais seulement dans sa forme pâle et blafarde sous un voile de vapeurs. Lors du dernier passage, le 5 novembre 1860, l’on avait été plus heureux, malgré les appréhensions de la saison, et quoique ce passage ait eu lieu au lever du soleil et que le soleil se fût levé dans les nuages. Cependant, M. Flammarion se souvient qu’après une heure et demie d’attente, il eut enfin le plaisir de voir émerger d’une éclaircie, l’astre radieux si impatiemment attendu, de distinguer à sa surface la petite tâche ronde mobile qu’y traçait Mercure, d’observer et de dessiner son aspect, et de voir la planète arriver lentement au bord du disque, l’échancrer, et en sortir. L’observation dura de 8 h. 45 m. à 9 h. 12 ra.
- En Belgique, M. deBoë a pu observer à Anvers, en compagnie de deux astronomes de ses amis, les principales circonstances du passage, et, dans la communication qu’il a bien voulu en adresser, quatre points importants doivent être remarqués.
- 1° Mercure a été en retard de 3 secondes sur le calcul.
- 2° On n’a pas vu de ligament à l’entrée de Mercure sur le soleil.
- 3° La planète a paru entourée d’une auréole.
- 4° On a observé un point lumineux sur le disque de la planète.
- Ces quatre points ont chacun leur importance.
- A l’Observatoire de Toulouse, les observations ont été faites par M. Perro-tin. Le temps était mauvais et le ciel très-couvert. Cependant, à 3 h. 17’ et à 3h. 19’ 52”, on a pu observer deux contacts, ainsi qu’une auréole qui entourait Mercure et qui disparaissait chaque fois que les nuages se dissipaient complètement et que la lumière du soleil devenait très-vive.
- Enfin, MM. André et Angot, délégués de l’Académie pour observer le passage de Mercure sur le soleil, à Ogden Utah, chez les Mormons, ont pu obtenir 78 photographies parfaites, et aussi se rendre compte, ainsi que M. André l’avait annoncé, d’un phénomène bizarre qui, dans les observations précédentes de Mercure et de Vénus, avait jeté tant d’incertitude sur le moment précis du contact. Nous voulons parler des ponts ou ligaments qui avaient été vus dans ces différentes observations. Au moyen de passages artificiels d’une planète sur le soleil, M. André, dans ses expériences à l’Ecole normale, avait montré comment on pouvait faire apparaître ou disparaître à volonté cette goutte noire qui, à l’approche du phénomène, s’allonge ou s’interpose entre l’astre et le soleil, semble les souder et détermine un contact apparent qui rend impossible l’appréciation de l’instant précis du contact géométrique. M. André avait fait voir que l’accident était étranger au phénomène et qu’il était dû à l’imperfection de l’objectif de la lunette employée. MM. André et Angot informent l’Académie que les observations recueillies confirment pleinement la théorie du pont que l’un d’eux avait présentée, et qu’ils sont arrivés à obtenir, à une seconde près, l’instant du contact entre Mercure et le soleil.
- Fournier-Laigny et Guyot. — Appareil d’évaporation et de concentration des liquides (121751).
- Frager et Michel. — Compteur d’eau à cylindres (121661).
- Friedmann. — Perfectionnements aux injec-teurs d’alimentation des chaudières à vapeur (121817).
- Fromentin. — Appareil alimentateur automoteur à niveau constant pour chaudière à vapeur (121803).
- Gailhard. — Fabrication d’allumettes dites : en fer (121697).
- Gaillard. — Monte-vin (121805).
- Garrich. — Système préservatif des accidents de voitures (add. à 120507).
- Gautier et Gross. — Support universel à double rotule pour affûtage de lames de faucheuses (121881).
- Génissieu fils et comp. et Bavasse (Société). — Compteur double pour machines à imprimer, etc., pour en indiquer le travail (121886).
- Gérinière (de la). — Moyens de fabriquer les polyèdres et corps ronds (121685).
- Gierckens et Duchesne frères (Société).— Moyens pour travailler les peaux tannées de chèvres, moutons, etc., etc. (121847).
- Girard et Pabst. — Préparation de nouvelles matières colorantes (add. à 120038).
- Goddard. — Perfectionnements aux niveaux d’eau, pour chaudières à vapeur (121806).
- Godin. — Système de fourneau de cuisine, ses organes, etc. (121831).
- Gorrnan. — Perfectionnements dans la fabrication du fer et de l’acier (121861).
- Goujet, Roussel et Caze. — Appareil éclaireur économique universel (121851).
- Gruber. — Maltage mécanique (121872).
- Gruyer. — Fabrication des branches et fourchettes de parapluies, des broches à tricoter, etc. (add. à 121085).
- Guer. — Lampe gazogène économique (121824).
- Guyot et Christian-Duelos. — Système de soudure à chaud ou liaison corps-à-corps d’un métal quelconque au verre, etc. (121797).
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- Ce (Lcdjudlosjiôtc
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- SOMMAIRE.
- Stabilité absolue de l’oiseau dans l’air : conditions de cette stabilité, par M. Ch. de Louvrié. — Moyen de remédier aux erreurs qui peuvent résulter des déviations de la boussole à bord des navires où se trouvent de grandes quantités de fer, par M. Faye. — Horloge mystérieuse, de M. Théodore.— Un nouvel appareil extincteur des incendies.
- CHRONIQUE.
- L’instruction primaire à l’Exposition, par M. Ch. Varey.
- Avant d’examiner les travaux géographiques présentés par les écoles primaires et de juger les progrès accomplis par leurs élèves, il ne nous paraît pas inutile de consacrer quelques lignes au matériel d’enseignement avec lequel il a été possible, ainsi que nous le constations dans notre précédent article, de donner une aussi grande et aussi féconde impulsion à l’enseignement de la géographie.
- Il faut donc nous arrêter aux vitrines des éditeurs français.
- En ce qui concerne les sciences géographiques, la première place revient de droit et sans conteste à la maison Ch. Delagrave, à qui nous sommes déjà redevables de la création d’un institut géographique analogue à celui qui, depuis de longues années, fleurit à Gotha et qui jouit, à juste titre, dans le monde savant, d'une réputation universelle.
- L'enseignement géographique par les méthodes de M. E. Levasseur, membre de l’Institut, fournit les éléments les plus importants, les éléments principaux de l’exposition de M. Delagrave. Il faut reconnaître aussi que la méthode de M. Levasseur, à laquelle les programmes actuels de l’enseignement classique ont donné une nouvelle sanction, a fait une bienfaisante révolution dans l’enseignement de la géographie.
- Grâce à cette méthode, le maître et l’élève ne sont plus en face d’une liste de noms qui fatiguent inutilement la mémoire, sans jamais parler à l’intelligence et à 1 imagination.
- M. Levasseur a pris pour base de sa mé-
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Stabilité absolue de l oiseau dans l'air : conditions de cette stabilité, par M. Ch. de Louvrié.
- On sait qu un corps abandonne librement dans Pair, tombe toujours le centre de gravité en avant, de manière que ce dernier vienne se placer, avec le centre géométrique, sur une même verticale.
- G est la loi de 1 équilibre des corps flottants, de l’aérostat dans les airs, du navire sur l’eau; et tout corps qui tombe à travers un fluide est un corps qui flotte plus ou moins . ce n est que dans le vide que tous les corps tombent avec la meme vitesse et, par conséquent, sans position déterminée.
- C’est pour cette raison qu’il est difficile, sinon impossible, de faire tomber une carte à jouer la tranche en avant. Le centre de gravité se trouvant au milieu de la carte, elle se met de suite à glisser sur une face, ce qui place ce centre au plus bas. Mais, même dans cetle position, elle ne peut tomber verticalement que si le centre de gravite coïncide avec le centre de pression de 1 air, ce qui ne peut avoir lieu que si la carte est placée d’une manière par-faitement horizontale ; sinon, elle glissera toujours du côté de la moindre résistance, c’est-à-dire du côté du bord inférieur; et, sitôt qu’il y a glissement, le centre de pression se porte en avant, suivant la loi d'Avanzini formulée par Duchemin, (page 159, Résistance des fluides); c’est-à-dire d’autant plus en avant que 1 angle de la surface avec la direction du mouvement est plus aigu et que la vitesse est moindre.
- Le bord antérieur se relève donc nécessairement ainsi que la trajectoire déciite, et, quand la force vive acquise dans la chute est épuisée dans la * montée, le glissement recommence en sens inverse du côté du bord inférieur, la carte décrivant la même courbe; et la chute se compose d’une série de zigzags ou d’oscillations égales.
- Si la carte tombe sur champ, en équilibre indifférent, elle s’incline bientôt et la vitesse acquise dans la chute lui fait décrire une révolution complète. Elle tombe donc, en décrivant autour d’un axe horizontal des circonvolutions d autant plus petites que la carte est plus étroite dans le sens de la chute.
- Si la surface forme un angle dièdre, la chute s’opérera du côté de l’arête et suivant la bissectrice si les deux surfaces sont égales, parce que les pressions s’équilibreront. Si elles sont, inégales, les pressions s’équilibreront quand même, la plus grande se rapprochant davantage de la ligne de mouvement jusqu’à ce que l’on ait l’égalité
- S sin a = S’sin «’
- S représentant la grande surface et « son angle d’incidence, S’la petite surface et <*’ son angle d’inclinaison, et supposant la pression proportionnelle au sinus.
- C’est donc un équilibre automatique et d’autant plus certain d’ailleurs que le centre de gravité est plus bas. Mais, comme la surface plane, l’angle dièdre ne tombera verticalement que si le centre de gravité passe par hTligne qui joint les deux centres de pression; sinon, il glissera suivant cette arête du côté de la pente; et, dès lors, le centre de pression se déplaçant en avant, il
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- €e ^Lecljncila^tôte N° 26. — 29 Juin 1S78. — XXXVIIIe Année.
- tombera en décrivant les mêmes oscillations que la surface plane, mais seulement dans le plan de l’arête.
- Si donc le centre de gravité pouvait suivre le centre de pression, l’angle dièdre, une fois parvenu à sa vitesse uniforme par suite de la résistance tan-gentielle de l’air, descendrait en parcourant une ligne droite plus ou moins inclinée et il aborderait le sol sous un angle que les formules de la résistance de l’air nous permettent d’évaluer.
- Or, l’oiseau peut réaliser cette condition en portant plus ou moins ses ailes en avant ou en arrière. Au besoin, il peut suppléer à ce déplacement du centre de pression sur la surface alaire par l’action de la surface caudale.
- En effet soit a b (fig. 43 et 44) l’arête de l’angle dièdre; ac la surface caudale, P l’action de la pesanteur appliquée au centre de gravité, R la pression de l’air au centrp de pression des ailes, et q la pression sur la queue.
- Evidemment dans la . figure 43, les composantes verticales de ces deux pressions, R et q, s'ajoutent pour équilibrer l’action de la pesanteur P ; et si les moments de ces deux pressions autour du centre de gravité sont égaux, ils s’équilibreront et le centre de pression coïncidera avec le centre de gravité. *
- Si le moment de la pression caudale était trop fort, l’oiseau plongerait. Ce serait le contraire s’il était trop faible. Or, l’oiseau règle cette pression en inclinant, ou bien en étalant plus ou moins la queue. Mais, pour qu’il y ait équilibre, il faut qu’il y ait mouvement en avant, et, pour cela, il faut que la composante horizontale de R soit plus grande que celle de q.
- R,
- R
- CL
- P
- Fig. 43.
- Fig. 44.
- Au contraire, si (fig. 44) le centre de gravité se trouve placé en avant, la pression caudale devant lui faire contre-poids, leurs moments autour du point de suspension devront être égaux : la queue devra donc, dans ce cas, se relever plus ou moins.
- Dans cette hypothèse, l’équilibre s’établit automatiquement. En effet il fait plonger l’appareil et provoque le mouvement en avant, mouvement accéléré d’abord. Or, ce mouvement produit la pression q et la trajectoire se relève, et la vitesse diminuant alors, celte pression diminue aussi, et les deux moments finissent par s’équilibrer forcément. C’est ce que font voir parfaitement les petits papillons de M. Pline, lestés en avant d’un peu de cire ou d’une épingle.
- Dans ce cas, l’équilibre s’établissant aux dépens delà force ascensionnelle, et, dans tous les cas, la composante horizontale de la pression caudale étant une force retardatrice, il convient delà réduire le plus possible; et, pour cela, il faut faire coïncider le centre de pression de la surface alaire avec le centre de gravité. C’est pour ce motif que l’aile de l’oiseau décrit la courbe elliptique relevée par M. le Dr Marey.
- En effet, dans l’abaissée, l’aile se porte en avant parce que le centre de pression correspond au centre de figure quand le mouvement est normal; au contraire l’aile se porte en arrière dans le glissement, c’est-à-dire pendant la relevée, parce que le centre se déplace alors en avant. Car ainsi que l’a constaté également M. Marey, l’aile soutient, soulève même le poids pendant
- thode, l’étude de la géographie physique à laquelle elle donne plus de développement et plus de précision scientifique qu'on ne le faisait autrefois dans la plupart des ouvrages classiques ; elle ne se contente pas de présenter une description raisonnée des contrées, elle nous fait faire connaissance avec les populations, dans le passé comme dans le présent, en montrant l'histoire des lieux qu’elles habitent et la constitution sous laquelle elles vivent ; elle nous înitie à leurs travaux agricoles, à leur industrie, à leur commerce, aux rapports du sol et du climat avec les mœurs et avec la richesse des nations.
- Les ouvrages de M. E. Levasseur, destinés à l’enseignement de la géographie, indépendamment des collections à l’usage de l’enseignement secondaire classique et spécial, ainsi que des traités spéciaux, se divisent : en cours complet, — cours moyen, — petit cours.
- En outre, il a été fait, sous la direction de M. E. Levasseur, par Mlle C. Kleinhaus et M. Muret, des cartes murales et des cartes en relief que nos lecteurs connaissent bien et qui sont, à l’Exposition, très-justement admirées.
- A côté de ces ouvrages et toujours dans la collection de la maison Delagrave, citons le grand Atlas de Brué. Cet atlas peut être regardé comme le meilleur ouvrage de pe genre qui ait jamais paru en France; nous-ne pensons pas qu’aucun autre puisse lui être comparé sous le double rapport de la précision des connaissances et du soin de l’exécution. M. Levasseur, aidé de deux membres de la Société de géographie, MM. Malte-Brun et Dufresne, l’a mis au courant des plus récentes découvertes de la science moderne et en conformité avec les derniers événements de la politique contemporaine dans les cinq parties du monde.
- Dans une très-belle et très-complète collection de cartes murales, admirons, en passant, la carte de la France au 1/60.000°, représentant notre pays et avec de grands détails, sous les points de vue de la géographie physique, politique, historique, administrative et économique.
- Puis, à côté, la carte de l’Europe au 1/1.000.000% qui embrasse également, à la fois, la géographie physique, la géographie historique et politique et la géographie économique.
- Voici les reliefs pour l’étude de la topographie dressés par M. le capitaine Peigné,
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- ceux de M. Dumont, ceux de M. Eynaud de Foy, les plans en relief des montagnes françaises, de M. L.-J. Bardin, qui frappent les yeux et l’esprit par l’expression exacte de leurs formes géologiques respectives. La comparaison est d’autant plus facile entre elles, et leurs caractères généraux sont d’autant plus saillants, que ces plans-reliefs sont méthodiquement construits à une seule et même échelle, celle du 1/40.000e pour les distances horizontales comme pour les hauteurs, d’après les minutes de la carte de France de l’état-major et avec le soin le plus rigoureux.
- Voici, enfin, les globes terrestres de MM. Levasseur, Pêrigot et Moureaux, de Larochette et Bonncfons, et de nombreux instruments : alidade auto-réductrice, mire à trois voyants, boussole-alidade, boussole-montre, etc., etc., destinés à l’étude et à l’application de la topographie.
- Dans l’exposition des sciences géographiques, il serait injuste de ne pas signaler les vitrines, également très-belles, très-remarquables, quoique moins complètes, de M. Hachette et Cie et de M. Eug. Belin, qui contiennent des livres, des atlas, des cartes, des plans en relief d’une incontestable valeur.
- Pour nous résumer, nous dirons que dans cette riche collection d’objets se rapportant à l’étude de la géographie et exposée au Champ-de-Mars, on constate avec orgueil que, même à côté de l’Allemagne, de la Russie, de l’Autriche, de l’Angleterre, où l’enseignement de la géographie est, depuis longtemps, le plus complètement en vigueur, la France occupe une place honorable.
- Si, jadis, Goethe a pu lancer cette boutade : « le Français est un homme qui ne sait pas la géographie, » il n’en est pas moins certain, aujourd’hui, que le niveau des connaissances géographiques est, en France, aussi élevé, aussi brillant qu’il est possible de le désirer; que la géographie tient, dans notre enseignement national, le rang qu'elle doit occuper, et que les efforts faits pour en développer l’étude et pour améliorer le matériel d’enseignement ont été couronnés d’un plein succès.
- L’examen des travaux de nos écoles, même de nos écoles primaires, viendra, dans notre prochaine visite, confirmer ce que nous venons d’avancer.
- Ch. Varey.
- qu'elle remonte, dépensant, dans cette fonction de cerf-volant, la force vive communiquée à la masse par le battement. De cette façon, il n’y.a point.d’intermittence dans la suspension, par conséquent pas de chute, et cela est nécessaire pour les oiseaux à grande envergure; car le nombre de battements est en raison inverse de la longueur de l’aile, le rapport du poids k la surface et l’angle décrit restant les mêmes.
- La coïncidence de ces deux centres étant réalisée, l’action de la queue, pour assurer et maintenir 1 équilibre, est à peu près nulle : elle glisse parallèlement à la direction du mouvement, et ne s’en écarte que pour la modifier dans le sens horizontal. Pour se diriger horizontalement, il lui suffit de l’incliner à droite ou à gauche : la composante horizontale de la pression qu’elle subit remplace le gouvernail vertical des navires.
- Nous avons dit que la stabilité était d’ailleurs d’autant plus assurée que le centre de gravité était plus bas. On peut, en effet, remplacer l’angle dièdre par une nervure, plan ou quille partageant la surface plane en deux parties égalés. D une part cette quille abaisse le centre de gravité au-dessous du point de suspension, ce qui assure l’équilibre; d'autre part, en créant une opposition lateiale, elle force le système è se mouvoir du côté de moindre résistance, et, par conséquent, parallèlement à elle-même. Cette quille peut être remplacée par le corps du volateur.
- Des-lors, 1 oiseau peut abaisser ses ailes jusqu’à l’horizontalité sans compromettre son équilibre.
- A partir de ce point, jusqu k celui ou la ligne qui joint les deux centres de pression passe par le centre de gravite, la stabilité diminue progressivement. Au-dessous, l’équilibre tout à fait indifférent ne se maintient momentanément que par 1 effet de 1 inertie des masses, quand elles sont animées d’une certaine vitesse, comme on le voit dans la marche des bipèdes et surtout dans le vélocipède bicycle.
- Jusqu ici nous avons considéré l’appareil librement abandonné à la pesanteur et nous avons montré à quelles conditions il pourrait parcourir une ligne droite plus ou moins inclinée sous l’horizon. M. A. Pénaud, dans YAé-ronaute de janvier 1873 (page 15), nous apprend que cet angle de chute serait de 7° pour le corbeau; il est moindre encore pour les papillons de M. Pline; il est d autant plus grand, en effet, que la résistance au glissement est plus grande, ainsi que le rapport du poids à la surface.
- Maintenant si nous supposons le volateur (fig. 43 et 44) non plus tiré par la composante de la pesanteur, mais par une force quelconque horizontale, ayant la même vitesse et les ailes conservant avec cette nouvelle direction le même angle d’inclinaison qu’avec la première, il est évident que non seulement le volateur sera suspendu, mais qu’il jouira de la même stabilité.
- Nous avons supposé le volateur dans l’air en repos ; en cas de vent, les conditions d’équilibre ne seraient pas changées, ni celles de son mouvement par rapport à la niasse dans laquelle il est immergé. Mais le mouvement apparent varierait selon qu’il marcherait contre ou suivant le courant. Mais comme les courants sont loin d’être horizontaux, il se produit alors des circonstances capitales, que le voilier nous révèle et qu’il utilise admirablement pour voler sans dépense de travail.
- Nous allons les examiner et, pour mieux fixer les idées, prenons pour exemple le corbeau de M. A. Pénaud.
- Soit a b et a c représentant le plan des ailes et de la queue (fig. 45) ; soit AH l’horizon; AB, parallèle au plan des ailes dont le centre de gravité’serait A et faisant avec AH un angle de 3°30, appelé a; AM la ligne parcourue dans
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- la chute en air calme, ou bien la direction du vent et faisant avec A B un angle p = '
- Si le centre de gravité et le centre de pression coïncident, la queue doit nécessairement, comme nous l’avons dit, être parallèle à la ligne AM; et, par conséquent, former avec le plan prolongé des ailes, a b, un angle de 3° 30’ égal à P. C’est la queue qui détermine alors l’angle d’attaque de l’air; et cet angle, pour qu’il y ait suspension, ne doit jamais être nul.
- Dans cette situation, la force qui entraînait le corbeau et qui représente la résistance de l’air au mouvement était P sin a; et la force qui le soutenait était R cos p (P représentant le poids de l’oiseau et R la pression normale de l’air sur les deux ailes) et le corbeau parcourait la ligne AM avec une vitesse de 11“ par seconde. C’était la vitesse nécessaire à la suspension.
- Dans ce cas, c’est le corbeau qui se meut à l’encontre de l’air; si celui-ci s’était mû à l’encontre du corbeau suivant AM, avec la vitesse de llm, rien n’eût changé sous le rapport de la suspension et de l’équilibre; seulement, le corbeau eût paru immobile à l’observateur, la résultante X de R, et de P neutralisant la poussée en arrière du vent, poussée égale à P sin a.
- Si la vitesse du vent eût été moindre, le corbeau se fût avancé sur AM jusqu’à ce que sa vitesse ajoutée à celle du vent eût donné la vitesse totale de il mètres.
- Si elle eût été supérieure, la pression R eût augmenté proportionnellement et le corbeau eût monté verticalement parce que la résultante Xeût augmenté ^ dans les mêmes proportions que la poussée en arrière.
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- Fig. 45.
- Mais, si relevant légèrement la queue, le corbeau eût relevé le plan des ailes et augmenté l’angle p, il eût augmenté la pression R, mais diminué la résultante X qui équilibre la poussée en arrière; et le corbeau fût monté à reculons suivant AM, même avec le vent de 11“ par seconde.
- Au contraire, si baissant la queue, il eût diminué l’angle p et la pression R, il eût augmenté la résultante X et dès lors, il fût descendu suivant A M.
- Si l’angle P restait ainsi diminué, le vent augmentait de vitesse, le corbeau pourrait s’avancer plus ou moins horizontalement contre le vent selon que la composante verticale R cos P équilibrerait plus ou moins P. Et comme cette composante varie suivant l’angle p, le corbeau pourrait toujours descendre lentement vers le sol pour s’y poser doucement, quelle que fût la vitesse du vent, pourvu qu’il se posât vent debout.
- Mais si le vent faisait avec l’horizon un angle supérieur à 7 degrés, il aurait besoin de moins de vitesse pour produire les mêmes effets. Et, s’il conservait en même temps sa vitesse, le corbeau conservant le même angle d’attaque P pour être soutenu, augmenterait nécessairement l’angle a et, par suite, la résultante X. Or, comme la poussée en arrière n’a pas augmenté, la résultante X entraînerait horizontalement le corbeau contre le vent. A fortiori, si le courant est vertical.
- 11 y a donc une vitesse du venVeUun angle d’incidence au-dessous des-
- VARIÉTES.
- Société d'excursions artistiques, scientifiques et industrielles.
- Cette société vient de se fonder à Paris, sous la présidence de M. Krantz, commissaire-général de l'Exposition universelle, et sous le patronage de M. Teisserenc de Bort, ministre de l'agriculture et du commerce, et de M. Bar doux, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. Elle a pour but d’organiser pour les monuments, les musées et les usines, pour les Expositions et notamment pour celle de 1878, des séries de visites où des auditeurs, autant que possible du même âge et du même degré d’instruction, réunis autour d'un démonstrateur éclairé, recevront de lui des explications appropriées à leurs aptitudes.
- Nous croyons inutile d’insister sur l’importance des services que cette société d’excursions est appelée à rendre. Chacun comprendra, en effet, qu’elle va combler une grande lacune. Nos musées contiennent une foule d’objets des plus curieux et des plus instructifs, mais la vue seule de ces objets ne dit pas assez. Une explication détaillée donnée par une personne compétente est absolument nécessaire. Il sera désormais facile d’avoir cette explication ; on n’aura qu’à se faire inscrire au nombre des membres de la société nouvelle. Les excursions auront lieu d’abord à Paris. Plus tard, l’association visitera les monuments et les musées de la province.
- Pour faire partie de l’association, il faut en faire la demande à M. Delamotte, secrétaire de l’administration, 53, quai des Grands-Augustins, à Paris, et lui envoyer la somme de dix francs, montant de la cotisation.
- Maladie de la pomme de terre.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce vient d’adresser aux préfets six boîtes contenant chacune un spécimen de dory-phora, à tous les âges et sous ses diverses transformations.
- Les préfets transmettront une boîte à chacune des sous-préfectures et en conserveront une.
- Ces boîtes devront être exposées dans les salles où le public circule librement et de
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- manière à ce que tous les intéressés puissent facilement examiner les figurines qu’elles renferment et s'étudier ainsi à reconnaître le doryphora.
- La Revue scientifique, en publiant cet avis, y ajoute quelques lignes très-judicieuses.
- « Voilà une mesure qui prouve les bonnes intentions de l’administration de l’agriculture. Mais tout son mérite se borne à cela. Le doryphora ne se promène pas dans les salles de préfecture, et le public qui les fréquente n’a pas dès lors grand intérêt pratique à faire sa connaissance sous toutes ses formes. C’est aux cultivateurs de pommes de terre et aux ouvriers des champs qu’il fallait le montrer, car ce sont eux qui le rencontrent et peuvent par conséquent le détruire ou du moins s'en méfier. Il fallait donc envoyer ces boites, non aux préfets, mais aux maires de campagne et aux instituteurs qui auraient appris aux enfants à le reconnaître. »
- Une nouvelle application du téléphone.
- Il paraît que dans une soirée donnée par M. Bachelor ët dans laquelle était réunie toute l’aristocratie de New-York, une dame « du meilleur monde » demanda à M. Edison., si parmi toutes les inventions, plus merveilleuses les unes que les autres dont il est l’auteur, il ne posséderait pas un système permettant de bercer automatiquement un baby couché, chaque fois que celui-ci crie ou pleure.
- — Si vous saviez, M. Edison, ajouta la dame, combien il est désagréable et pénible d’être éveillée, la nuit, par les cris d’un baby, et de se lever pour le bercer! Aussi, pourvu que votre système atteigne le but que je demande, qu’il se termine en « phone >; ou en « graphe, » cela m’est bien égal !
- M. Edison est très-galant, paraît-il. Il promit de s’occuper de cette question.
- Quelques jours après, M. Edison, selon sa promesse, adressait à la dame qui n’aime pas être réveillée, la nuit, par les cris de son baby, une disposition très-originale avec laquelle il est possible, en effet, de mettre en mouvement, d’une manière automatique, le berceau d’un enfant qui pleure.
- Un téléphone est placé très-près du berceau ; chaque fois que les cris de l’enfant se font entendre, la plaque du téléphone vibre, le courant produit par ces vibrations traverse
- quels le voilier est obligé de ramer plus ou moins. Mais à mesure que cet angle et celte vitesse augmentent, le vol à voile déploie toute sa puissance et toute sa majesté. Et si le voilier peut se mouvoir contre un fort vent presque horizontal (7°), à plus forte raison peut-il se mouvoir transversalement et décrire, les ailes immobiles, ces orbes immenses qu’admirent les observateurs, surtout s’il ne fait que parcourir les bords de ces tourbillons qui foisonnent dans les pays montagneux entrecoupés de gorges. Et, que de travail emmagasiné, quand il s’est élevé à l’altitude de 2000 à 3000 mètres, travail qu’il peut dépenser à son gré pour plonger dans le courant ou s’en aller à la dérive, en doublant sa vitesse, et tout cela sans donner un seul coup d’aile.
- Or, les vents tendent à émerger, ainsi que M. de Louvrié le disait en 1866, et, depuis, l’observation et l’étude n’ont fait que le confirmer dans cette opinion.
- En effet, l’atmosphère est composée de molécules d’une expansibilité indéfinie ; soumises à l’action de la pesanteur, elles se compriment mutuellement en approchant de la terre jusqu’à ce que leur tension équilibre la force qui les maîtrise. La moindre cause peut rompre cet équilibre, et, dès lors, elles tendent à se lancer dans l’espace.
- Ainsi la chaleur du sol et l’immense réverbération des mers créent ces courants verticaux, qui, s’ils deviennent hélicoïdaux, peuvent aller jusqu’à la trombe.
- Ainsi une dépression de quelques millimètres de mercure sur un point de l’atmosphère, par suite d’un refroidissement ou d’une condensation, peut déterminer des courants horizontaux de plus de 25 mètres de vitesse par seconde. Les courants verticaux peuvent se produire sans courants horizontaux par les mêmes causes et par le simple passage d’un nuage de glace; et, si les deux causes agissent simultanément, le courant suivra la résultante.
- Mais, d’autre part, pour rester horizontal, le courant devrait parcourir une plaine parfaitement unie. La moindre colline le forcera de monter, et, la force vive de la molécule s’ajoutant à sa force expansive, il bondira dans l’espace où les molécules se dilatent et d’où elles ne retombent pas. Il en est de même des tourbillons qui se forment dans les gorges où pénètre le vent.
- D’ailleurs, de même qu’une boule de caoutchouc roulant sur un sol raboteux ne saurait se comporter comme une boule de bois, de même un fluide élastique ne saurait s’écouler sur un lit inégal comme un fluide incompressible.
- Les courants horizontaux sont donc rares, si ce n’est à une certaine altitude ; plus rares encore les courants ascendants, car ils n’ont pas de raison d’être, excepté les contre-courants supérieurs par lesquels se rétablit l’équilibre dans l’atmosphère. 11 y a plutôt succion, et le remplacement de l’air entraîné se fait par le bas comme dans les trombes. Le courant s’infléchit d’ailleurs facilement pour pénétrer dans les vallées, balayant les coteaux opposés et formant des tourbillons.
- Je crois donc que, dans l’espace circonscrit où se forment les vents vers un centre commun de dépression ou d’aspiration, il n’existe que des courants tumultueux semés de tourbillons ou d’immenses bouillonnements.
- La hauteur à laquelle s’élèvent ces courants est extrêmement variable. Elle doit varier suivant la latitude et la force des vents. Les plus profonds doivent régner entre les tropiques, particulièrement à l’équateur, à cause des courants verticaux. En tous cas, ils doivent être limités par les cbntre-courants ou plutôt par la zone relativement calme qui les sépare; et cette zône dans nos contrées est indiquée par la hauteur respective des nuages portés par les
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- 'courants qui se croisent, par: conséquent, entre deux et trois mille mètres d’altitude, en moyenne. C’est, du reste, la hauteur qu’atteignent généralement les voiliers. ' >!!
- - D’ailleurs, il suffit d'observer les mouvements des feuilles sèches, ils nous révèlent ceux dé l’atmosphère. Ainsi, en plein calme, on les voit s’élever ver-•ticalementi,:!parfois en ligne droite, parfois en tournoyant. Et quand le vent 4çs chassé 14 plaine,' elles s’élèvent obliquement, tantôt en ligne‘droite, tantôt en J<»>g$e£; spirales. L’air en est envahi jusqu’à de grandes hauteurs ; elles toUrbi'UOmeUénL! planent, montent, descendent plus ou moins vite, selon la force duilVeïtt;jet.leurs mouvements particuliers montrent qu’elles tom-.bent cependantirôlatiiveffient au milieu qui les porte. .
- Elles font,donc; du vol à voile à leur façon, selon la perfection de leurs moyens. Mais les petits papillons de M. Pline feraient beaucoup mieux; et, -si l’on lançait simultanément sur un meme courant ascendant, du haut d’une colline, plusieurs cerfs-volants libres, de couleurs différentes, construits sur les principes que; nous venons d’exposer, avec une quille qui servirait aussi de lest, et des queueh faisant des angles différents pour chaque appareil, ces cerfs-volants, se comportant dès lors différemment dans le même milieu, vérifieraient la théorie que nous venons de donner du vol à voile et, en même temps, de la stabilité et de la sécurité absolues du volateur même au sein de la tempête. Je dis absolues, parce que l’on aurait beau les déranger de leur position d’équilibre, ils la reprendraient de suite. L’oiseau ne peut pas, en effet, tomber les ailes étendues; il ne peut que plonger en baissant la queue -au-dessous de l’axe du corps. : - . ,
- ;.v Toute l’habileté du voilier consiste donc à incliner plus ou moins la queue selon qu’il veut monter, ou descendre, ou planer; à la gauchir s’il veut changer de direction horizontale; sinon, pourvu qu’il se trouve à une certaine altitude, il peut se laisser bercer et s’endormir au sein des vagues aériennes comme l’albatros, au dire des voyageurs.
- Mais tout voilier doit être rameur au besoin, comme tout rameur de haut vol. L’hirondelle, le martinet, le faucon, l’aigle, le corbeau peuvent faire du vol à voile, par les temps de vent, si cela leur fait plaisir. Ainsi feront les aviateurs.
- Dans les cerfs-volants libres, un petit gouvernail vertical placé sous la queue assurerait leur maintien de tête au vent; et, de plus, empêcherait tout mouvement giratoire que pourrait provoquer une irrégularité dans les formes.
- Les appareils d’aviation peuvent donc offrir, en plein air, autant de stabi--lité et de sécurité que les aérostats.
- - Pour ceux-ci l’atterrissement est dangereux par les temps de vent; il est -très-facile pour ceux-là, qui peuvent d’ailleurs choisir l’heure et le lieu, et
- peuvent se faire déposer doucement à terre, sans danger de traînage.
- L’oiseau de haut vol se joue des vents et s’en sert pour se faire porter au loin, où il veut, sans aucune dépense de force : le ballon est le jouet des vents.
- En air calme, le volateur ne dépense guère, dans le vol avançant, que le travail nécessaire à vaincre la résistance de l’air au mouvement, tout comme l’aérostat, savoir P sin a (fig. 45) pendant le battement, et P sin (a -f- p) pendant le relèvement de l’aile. Or, quel est le ballon si perfectionné qu’on le suppose, qui présentera pour le même poids transporté, une section de résistance aussi petite, et, par suite, exigeant aussi peu de force pour la même vitesse?
- une pile, puis un électro-aimant et se trouve ainsi considérablement augmenté, si considérablement augmenté même, que ce courant peut faire déclancher le levier d’un mécanisme qui agite très-régulièrement et.frès-doucement le berceau. Aussitôt que les cris ont cessé, c’est-à-dire aussitôt que les vibrations du téléphone ne se produisent plus, le levier reprend sa position normale et le berceau devient immobile, pour être agité de nouveau quand les pleurs recommencent. C’est aussi simple qu’ingénieux, n’est-ce pas.
- Voilà le téléphone faisant fonctions de bonne d’enfant. Il est probable que M. Gra-ham Bell n’a jamais prévu cette application-là!
- BREVETS D’INVENTION.
- Guyot et Fournier-haigny. — Appareil d’évaporation et de concentration des liquides (121751).
- Hamoyer. — Fabrication par pression, des mains de ressorts de voitures, etc. (121720).
- Healey et Ilodges. — Perfectionnements dans les parapluies, ombrelles, etc. (121735).
- Heidenreich.—Machine à estamper les plombs (121879).
- * Hertzog. — Effaçage des marques de pinces sur les lisières des tissus (121679).
- Heyn.— Fermeture de la fente aux turbines (add. à 120613).
- Hoffmann. — Mode de production des violets et des rouges d’outremer (121780).
- Houèt (dame veuve) et Delory. — Fabrication et soudage des récipients métalliques (121875).
- Hourdeaux. — Panier à fermeture métallique (121711).
- Huard aîné et Normand. — Serrure bec de cane sans fouillot (add. à 116493).
- Hubert. — Four à bronzer les canons de fusils, leurs garnitures et les fourreaux de baïonnettes (add. à 115493).
- Hunger. — Système combiné de scie et de fraise (121818).
- lbbotson. — Procédé pour ajuster les filets de vis les uns aux autres pour prévenir le desserrage des vis ou boulons (121663).
- Iché. — Coffre en zinc isolateur (121668).
- Iltiss et Martiny. — Fabrication des rouleaux,
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- cylindres et planches servant à l’impression, au gaufrage, etc., en caoutchouc * durci et souple (121691). -
- lmbs. — Fabrication d’étoffes imprimées imitant le velours bouclé ou coupé (add. à
- - 113486).
- Imbs. — Tissage des étoffes spoulinées, des
- - tapis, etc. (add. à 120457).
- 'Celui donc qui, pour faciliter le vol dé l’aigle, le suspendrait à un petit ballon approprié lui rendrait un bien mauvais service : comme l’a dit si bien M. le vicomte de Ponton d'Amécourt, il le rendrait captif au milieu des airs.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, HORLOGERIE ET ASTRONOMIE.
- Ingrand. — Appareil à tarauder les trous borgnes dans les pièces en fer, etc. (121673).
- Ireland frères et comp. — Perfectionnements aux machines à étaler le chanvre, le lin, etc. (add. à 119835).
- Japy frères et comp. — Meubles pliants (add. à 115265).
- Japy frères et comp. — Perfectionnements dans les mouvements d’horlogerie (121682).
- Jayet et Mesmer. — Presse à deux noyaux pour la gobeleterie en verre moulé (121701).
- Jeunehomme. — Tiges taraudées des bascules et écrous taraudés avec clavette, etc. (121651).
- Johnstone et Straiton. — Perfectionnements aux machines à nettoyer les peaux à longs poils et à laine (121775).
- Kaemp et Nagel. — Procédé de mouture (121771).
- KeUy. — Perfectionnements dans les lampes de voitures de chemins de fer (121877).
- Kleinschmidt. — Pompe élévatoire (121874).
- Moyen de remédier aux erreurs qui peuvent résulter r des déviations de la boussole
- à bord des navires où se trouvent de grandes quantités de fer, par M. F aïe.
- On sait que sur certains navires, les bâtiments cuirassés, par exemple, il a souvent été constaté que la boussole subissait des déviations relativement considérables. L’attention des savants et des marins a souvent été attirée sur ce point important ; divers systèmes ont été proposés, notamment par M. Faye lui-même et par M. Hughes, le savant inventeur de l’appareil télégraphique et du microphone, afin d’arriver à pouvoir rectifier les erreurs. Le système imaginé aujourd’hui par M. Faye n’est pas bien compliqué. On se sert du loch que l’on arrête, lorsqu’il a été filé sur une longueur de 300 mètres environ. Le loch indiquant la marche du navire, on relève cette marche, puis, au moyen du sextant, on prend l’angle compris entre le sommet du loch et un astre : le soleil pendant le jour, une étoile, la nuit. Par un calcul astronomique très-simple, on a l’azimut du navire, à moins d’un degré près, sans le secours de la boussole dont on peut ainsi déterminer les variations.
- Kneip. — Rivet de marteaux pour pianos (121871).
- Kromer. — Robinet cannelle à bouchon élastique creux propre à retenir et faire couler les liquides, etc. (121843).
- Ruentz.— Procédé de fabrication de la soude par le carbonate d’ammoniaque (add. à 121222). '
- Lambert. — Chariot culbuteur (121655).
- Landowski et comp. et Pawel. — Perfectionnements à la fabrication de la bière (121674).
- Landry [demoiselle). —‘Procédé de renforcement des fanons de baleine pour buses de corsets (add. à 121646).
- Langlade {de). — Perfectionnements au pudd-lage du fer et de l’acier (add. à 112460).
- Larger. — Perfectionnements aux turbines (121779).
- Laterrière {de). — Strapontin automatique à dossier (add. à 121573).
- Horloge mystérieuse, de M. Théodore.
- Nous avons déjà entretenu nos lecteurs de divers systèmes d’horloges dites mystérieuses. D’abord, celles formées d’une glace isolée dans l’espace et suspendue à un fil que M. Henri Robert a imaginées il y a quelques années, et où les aiguilles, indépendantes l’une de l’autre, ont la propriété de revenir, d’elles-mêmes, à leur place normale quand elles en ont-été dérangées (1).
- M. Robert Boudin est parti d’un point de vue tout différent, il s’est servi de la juxtaposition de deux surfaces en cristal, dont l’une a, relativement à l’autre, un mouvement qui ne peut être aperçu, à cause de la transparence de ces corps; il a appliqué ce système à une colonne de cristal formée de deux parties concentriques dont le mouvement relatif déterminait la marche des aiguilles.
- L’année dernière, enfin, M. Cadot, horloger, a simplifié ces horloges, en les composant de deux glaces juxtaposées, maintenues dans un cadre unique
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. III, page 394.
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- à deux faces. Le mouvement, contenu dans le socle, donnait à l’une d’elles un petit mouvement saccadé qui faisait sauter l’aiguille des minutes, fixée à l’une de ces glaces et qui la faisait ainsi marcher (1).
- La pendule nouvelle, présentée aujourd'hui par M. Théodore, a presque le même aspect. Mais le mécanisme est construit tout autrement et produit des effets différents. Au lieu du ressaut de la glace, dans le sens vertical, qui fait marcher les aiguilles, le mouvement agit sur elle, par deux excentriques pareils, qui lui donnent un mouvement rotatif autour de leurs centres. Dès lors, au lieu d’être saccadée, la marche des aiguilles est continue et semblable à celles de toutes les horloges ordinaires, ce qui éloigne l’attention du spectateur des moyens qu’on a employés pour déterminer cette marche. Cette disposition a un autre avantage, c’est que sur la même glace et avec le même mouvement, on peut placer, autour du cadran principal, autant de cadrans qu’on le voudra, puisque chacun des points de la glace mobile décrit un cercle pareil autour du point de la glace fixe auquel il correspondrait, si les deux glaces étaient en repos et dans leur position moyenne. On peut donc avoir ainsi simultanément l’heure du temps moyen en divers points du globe.
- Un nouvel appareil extincteur des incendies.
- Le corps des pompiers, à Rome, est occupé depuis quelque temps à expérimenter un nouvel appareil pour éteindre les incendies.
- Cet appareil, qui ne nécessite point l’usage de l’eau, est basé sur ce principe : neutraliser les effets de l’oxygène sur des corps en combustion à l’aide de l’acide carbonique. Il suffit d’avoir ouvert un traité de physique pour comprendre ce point de départ.
- La grande difficulté consistait à trouver un appareil simple et portatif capable de développer ce gaz et de le mettre en action. Ce problème semble avoir été résolu, car les expériences qui ont été faites jusqu’à présent ont donne de bons résultats.
- L’appareil, qui est déjà en usage en Angleterre, consiste en une espèce de sac renfermant les matières propres à développer l'acide carbonique. Il est muni d’un tuyau qui, au lieu de jeter de l’eau, répand ce gaz autour des flammes et les éteint petit à petit. Chaque pompier peut porter l’appareil sur son dos, comme si c’était un sac de soldat.
- Mais celte invention ne peut être utile que lorsque l’incendie est à sa naissance. En outre, il ne peut guère être employé que pour les incendies ayant de petites proportions. Néanmoins, il peut rendre de grands services dans les administrations et dans les archives à cause de la commodité du transport et de la rapidité avec laquelle il éteint les flammes.
- Le colonel des pompiers, M. Gigli, a été chargé de faire un rapport sur le résultat des expériences.
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. IV, page 318.
- Léard. — Irrigateur gradué, à air comprimé et à jet continu (121825).
- Léchât. — Chevalot d’établi de couvreur, etc. (121724).
- Lefebvre. — Condenseur épurateur appliqué aux appareils à rectifier les alcools (121754).
- Lefebvre et Barth. — Procédé de fabrication mécanique des boutons à patin (121658).
- Lefort et autres. — Système de vidange (121838).
- Le front. — Procédé pour obtenir, au moyen de la galvanoplastie, des plaques ou tubes filtrants, etc. (add. à 117301).
- Legendre. — Pompe pour élever l’eau, etc., par aspiration, ou par aspiration et compression combinées (121852).
- Legros. — Outil-machine à faire la moisson (add. à 110881).
- Lehoux et Rigot. — Métier à tisser (121757).
- Lejeune. — Fontaine-siphon à double effet pour liquide gazeux (add. à 110810).
- Lemerre. — Assemblage des wagons (add. à 99526).
- Leroy. — Machine à trancher la pierre en carrière (add. à. 115131).
- Letalle. — Mode de suspension de la charge dans les véhicules de tous genres (add. à 121552).
- Lévy frères. — Application aux foulards soie et coton de l’impression faite sur chaîne coton avant le tissage (121700).
- Lieuvain. — Appareil graisseur automatique (121669).
- Liotard. — Rampe de rôtissoire à gaz sectionnée (121859).
- Loring et Wheeler. —Perfectionnements dans la fabrication des clous pour fers à cheval, et appareils de fabrication (121887).
- Mac Dowell. — Perfectionnements dans les machines à sérancer (121849).
- Maher et Thompson. — Mode d’attache des fonds de tonneaux ou barils (121716).
- Maître. — Épaillage chimique des chiffons et tissus de laine (121839).
- Marchand fiJs.—Machine à refouler et souder les métaux en bout, applicable aux cercles de roues (add. à 118051).
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- AVIS DE L’ÉDITEUR.
- Le moment est venu de donner à nos lecteurs, sur l'Exposition, quelque chose de plus que les renseignements généraux que nous leur avons communiqués jusqu'ici.
- Il importe, que le Technologiste,joottr garder la place qu'il a su se créer dans la Presse scientifique et industrielle, puisse faire lire à ses abonnés, les descriptions de tous les appareils, machines et procédés susceptibles de les intéresser.
- Le nombre en est grand, et pour mieux accomplir notre tâche, nous avons dû nous assurer le concours,, comme Rédacteur-adjoint, de M. Rozès-Joly, Ingénieur civil des mines, dont la collaboration sera, nous l'espérons, appréciée de nos lecteurs.
- SOMMAIRE.
- Avis de l'Editeur. — Expériences sur la résistance des ballons dans l’air, par MM. Ilervé-Mangon et Léon Durand-Claye. — Cristallisation de la silice par voie sèche, par M. Huute(euüle. — Culture à la vapeur, avec les appareils John Fowler et Ce, par M. Decauville aîné, de Petit-Bourg. — Pâtes et poudres employées par les Chinois, pour produire des boissons alcooliques. — La fabrication du fromage en Franche-Comté, par M. Heuxé.
- CHRONIQUE.
- Le pavillon des travaux publics, par M. Rozès-Joly.
- A tout seigneur, tout honneur : nous débuterons par le bâtiment construit par et pour le Ministère des travaux publics. Cé dernier ne pouvait pas se dispenser de figurer dignement au concours international, et il a fait appel à ses ingénieurs, qui, non contents de lui construire un élégant palais en haut duquel le phare rayonne comme l’éternelle lumière de l’intelligence, l’ont meublé d’inestimables joyaux, qui sont la fine
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Expériences sur la résistance au mouvement des ballons dans l'air, par MM. Hervé-Mangon et Léon Durand-Claye.
- Lors de 1 investissement de Paris, il n’existait, à la connaissance de MM. Hervé-Mangon et Léon Durand-Claye, chargés par M. l’inspecteur général Raynaud de faire des expériences pour déterminer la résistance de l’air au mouvement des ballons, aucune observation directe sur la force n éces-saire au passage d un ballon a travers les couches d’air : ces messieurs ont du chercher à combler cette lacune en se plaçant dans les conditions mêmes de la pratique et en évitant toute complication d’appareil expérimental, de nature à introduire dans les résultats des éléments étrangers aux faits qu’ils avaient à constater.
- Les expériences ont été faites à la gare d’Orléans, avec deux ballons appartenant à M. E. Godard, qui a prêté son concours avec un zèle, un désintéressement et une intelligence sans égales.
- Le premier ballon, en percaline vernie, avait 6 mètres de diamètre; son volume était, par conséquent, de 113 mètres cubes et sa section droite de 28“,27.
- Le second ballon, également en percaline vernie, avait 10m,75 de diamètre, son volume était de 630 mètres cubes, sa section droite de 90m,76.
- Des expériences sur le petit ballon ont été faites en complétant son chargement par une chaîne dont une certaine longueur traînait sur le trottoir en asphalte de la gare. A l’effort nécessaire au déplacement du ballon s’ajoutait 1 effort de tirage du bout de chaîne qui frottait sur le sol. Cet effort, évalué, en moyenne, à 0k,75, a été retranché de l’effort total exercé sur la corde fixée au cercle de bois du filet et sur laquelle s’exerçait la traction de tout le système. La portion de chaîne traînant sur le sol variait un peu d’un instant à l’autre par suite des oscillations du ballon dans le sens vertical. Il résulte de cette circonstance une petite incertitude qui a été supprimée, comme on va le voir, dans les expériences faites sur le ballon de 650 mètres cubes.
- L’effort de traction a été mesuré, le premier jour des expériences, avec un simple peson à ressort. Toutes les autres expériences ont été faites avec un dynamomètre enregistreur de traction de M. le général Morin.
- L installation des expériences faites sur le ballon de 650 mètres cubes était fort simple. Le dynamomètre était fixé sur un tréteau placé à l’avant d’un wagonnet de chemin de fer roulant sur les rails. Le ballon, convenablement équilibré, était attache à 1 airiere du meme wagonnet par deux cordes verticales à peine tendues; une corde horizontale reliait le cercle du filet au dynamomètre (figure 46).
- Des hommes poussaient tout le système, et le dynamomètre, surveillé par un aide monté sur le wagonnet, enregistrait l’effort de traction du ballon. L’un des observateurs donnait le signal du passage du ballon devant les repères tracés de 10 mètres en 10 mètres sur le bord du trottoir. Le second observateur, courant en avant, lisait sur un compteur à secondes le temps employé au parcours des intervalles de 10 mètres. Un matelot, placé entre le premier et le second observateur, inscrivait les intervalles de temps qui lui
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- étaient dictés par le porteur du chronomètre. On déduisait ensuite de ces indications la vitesse de marche.
- Les efforts partiels de traction observes au peson ou mesurés sur les courbes dynamométriques sont inscrits dans le cahier qui a été mis sous les yeux de la commission, et qui se trouve dans les archives du laboratoire de l’Ecole des Ponts-et-chaussées. Ce cahier renferme, sans exception, tous les chiffres observés, et serait trop long à transcrire ici.
- On devait supposer que la résistance au mouvement des ballons dans l’air pourrait être représentée par une formule analogue à celle adoptée par les auteurs pour la résistance au mouvement des plans dans l’air.
- Toutes les expériences sont représentées, en effet, d’une manière satisfaisante par la formule :
- R = 0,02. D. S1'40 Y2.
- Fig. 46.
- dans laquelle
- R représente l’effort de traction du ballon sphérique, exprimé en kilogrammes ;
- D, le poids du mètre cube de l’air où se trouve le ballon, en kilogrammes ; '
- S, la surface du grand cercle de la sphère, ou la section droite du ballon, en mètres carrés ;
- V, la vitesse de marche, en mètres, par seconde.
- On sait, d’ailleurs, que
- D = lk,2932 —
- H
- 760 1 -f 0,00367 t
- si H est la pression barométrique en millimètres, et t la température de l’air.
- On jugera de la valeur de cette formule par le tableau suivant, qui donne,
- fleur de tous les ouvrages d’art construits ou projetés dans ces dernières années.
- La pierre de taille, le moellon, la brique polychrome et les faïences émaillées, habilement réunis par une ossature en fer, constituent les matériaux de cette remarquable construction. Un vestibule, une salle principale et un arrière-corps divisé en trois compartiments, en forment la disposition intérieure.
- Dans le vestibule, à gauche et à droite de la porte d’entrée, figurent les types de tous les matériaux de construction, que le sol de la France fournit avec une abondance et une variété sans égales : les chaux de toutes provenances, grasses ,* maigres ou hydrauliques; les ciments naturels ou artificiels; les plâtres de tous gisements ; les marbres décoratifs bruts et polis ; les nombreux échantillons de nos pierres à bâtir; les ardoises, les tuiles, les briques, les pavés, etc.
- Tous ces échantillons, méthodiquement rangés, présentent à l’œil du visiteur le mode d’emploi, de taille ou de poli qui lui est propre. Pour chacun d’eux, le lieu d’extraction est indiqué ; il n’y manque qu’une chose, le poids par mètre cube de la qualité considérée. Oubli regrettable, dans lequel ne sont pas tombés les propriétaires de carrières dont les produits ont trouvé place autour du pavillon : ils n’ont pas manqué de faire graver sur leurs blocs, et la densité et la résistance.
- Il y a eu d’ailleurs quelques lacunes plus graves, qui doivent être attribuées probablement à la rapidité avec laquelle tout cet ensemble a été conçu et exécuté. Ainsi pour ce qui est des briques, on pourrait être porté à croire que les formes et les qualités placées sur les tablettes officielles sont les seules employées dans nos grands travaux. Cependant il n’en est rien et les habitants des départements du Tarn, de la Haute-Garonne, du Tarn-et-Garonne et du Gers doivent être bien étonnés de ne pas trouver, dans la collection du ministère des travaux publics, leur brique foranne, de si belles dimensions, et dont les ingénieurs de ces départements ont tiré un si bon parti dans la construction de leurs plus importants ouvrages d’art.
- Dans la salle principale, deux panneaux sont garnis de panoplies très-bien réussies et d’un effet à la fois original et pittoresque, formées par l’habile réunion de nombreux échantillons minéraux, avec les instruments et les outils qui servent à les extraire.
- Sur les autres panneaux sont appliqués, d’abord les modèles et les planches que les
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- divers services ont envoyés comme résumés de leurs travaux. On distingue, dans la section des routes et ponts : les ouvrages d’art de Mantes et des Andelys, sur la Seine; le pont de Claix, sur la Drac, dans le département de l’Isère ; celui de Port-Boulet, sur la Loire; le pont de Lanne, sur l’Adour, etc... Le service hydraulique présente ses barrages et ses canaux : la Bourne, Saint-Martory, Lestelle et le Yerdon, et puis ses grands réservoirs, et tous les travaux d’assainissement.
- La navigation intérieure nous montre les travaux des ports, les phares, les balises et les superbes constructions des bassins à flots, parmi lesquelles il faut admirer les portes d’écluses de celui de Bordeaux, véritable œuvre de géants, conçue et exécutée par ces géants de notre industrie française qui s’appellent Schneider et Cie, du Creusot.
- Enfin, dans la section des chemins de fer, on distingue les viaducs de Vezouillac et de Pompadour, de l’Altier, du Credo, de l’Ain et de la Selle, et le grand pont de l’Edre, dont l’arche colossale est sortie des ateliers de la compagnie de Fives-Lille ; et, pour finir, le pont de Port-Sainte-Marie, sur la ligne de Condom.
- Une magnifique carte des voies de communication de ,1a France, qui fait face à la porte d’entrée, complète de la façon la plus heureuse les décorations murales de la grande salle. Au milieu, sur des tables, de riches albums renferment d’innombrables photographies de tous les ouvrages d’arts dus au talent si éclairé et si dévoué de MM. les Ingénieurs des Ponts-et-chaussées, et au-dessus de cette manifestation écrite de leurs travaux, s’élèvent les bustes des deux derniers grands-maîtres des travaux publics, Legrand,et de Franqueville.
- Les deux compartiments de l’arrière-corps ont été réservés à la carte géologique de France, aux statistiques minérales et des voies de communication; puis, aux livres, brochures, cartes et plans publiés et dressés par MM. les ingénieurs de l’Etat.
- L’administration des travaux publics a voulu montrer aux nations rivales ce que peut un grand pays, aidé de ses ressources financières et des richesses de son sous-sol, utilisées et mises en œuvre sous la direction d’hommes d’un immense talent et du plus haut mérite : c’est avec une satisfaction sans mélange que nous disons hautement qu’elle a pleinement et victorieusement réussi.
- A. Rozès-Joly.
- en regard les uns des autres, les efforts réellement observés dans les expériences et ceux que fournit la formule.
- BALLON DE 113 MÈTRES CUBES. BALLON DE 650 MÈTRES CUBES.
- RÉSISTANCE VITESSE. RÉSISTANCE
- Observée. Calculée. Observée. Calculée.
- mèt. 1.12 1.19 1.23 1.28 1.39 1.47 1.88 1.93 2 13 kil. 1.39 1.30 1.73 1 63 2.15 1.92 3 31 3.30 4.50 kil. 1.29 1.38 1 52 1.60 1.88 2 10 3.44 3.62 4.41 mèt. 0.86 0.90 1.07 1.36 1.67 2.03 2 17 » » kil. 2.95 3.45 4.44 8.81 11 39 14.58 17.30 » » kil. 2.76 3.02 4.21 9.06 10.25 15 35 17 58 » »
- Les différences entre l’observation et le calcul sont aussi faibles qu’il est permis de l’espérer dans des essais de cette nature.
- Il eût été désirable d’étendre les expériences à des ballons de plus grands diamètres et à des vitesses plus considérables. Les circonstances n’ont point permis de faire mieux, mais il est incontestable que la formule peut s’appliquer à des diamètres et à des vitesses notablement supérieurs à ceux des expériences, de sorte que cette formule suffit, quant à présent, aux besoins de la pratique de l’aérostation.
- Cette formule permet, en particulier, de dresser une table indiquant la force ascensionnelle à donner aux ballons au moment du départ, en raison de leur volume, pour qu’ils s’élèvent avec une vitesse verticale déterminée à l’avance, et de régler cette vitesse en tenant compte de la direction et de l’in-tensite du vent régnant, de façon à éviter les arbres, les édifices ou autres obstacles qui peuvent se trouver dans le voisinage du point de départ. Cette table sera d une grande utilité pratique pour toutes les ascensions qui se feront a 1 avenir. Ellle se calculera facilement au moyen de la formule précédente, dans laquelle Y représenterait, alors, la vitesse de l'ascension, et R la force ascensionnelle du ballon,
- La formule s applique seulement aux ballons bien gonflés et présentant une forme sphérique régulière. Quand le ballon est en partie dégonflé, la résistance au mouvement augmente rapidement et d’une manière irrégulière, suivant la disposition des plis de l’étoffe de la partie inférieure de la sphère. Voici, a titre de renseignement, les résultats des diverses expériences ;
- BALLON DE 113 MÈTRES CUBES, DÉGONFLÉ BALLON DE 650 MÈTRES CUBES, DÉGONFLÉ
- RÉSISTANCE RÉSISTANCE
- VITESSE. VITESSE.
- Observée. Calculée. Observée. Calculée.
- mèt. 1.10 1.66 2.31 » » kil. 2.26 5.21 5.93 » » kil. 1.24 2 83 5.48 » » mèt. 1.19 1.36 1.88 2.03 2.10 kil. 7.80 8,84 20 56 17.99 27.32 kil. 5.21 6.80 13 00 15.15 16.21
- Il résulte de ces chiffres que tout ballon dirigeable ne devrait pas cesser d etre complètement gonfle, sous peme de voir perdre une grande partie de la
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- force du propulseur. Les inventeurs doivent se préoccuper de cette nécessité, et aucun projet ne saurait mériter un examen sérieux, s’il ne réalise pas d’une manière satisfaisante cette condition essentielle de succès.
- Le bombardement obligea MM. Hervé-Mangon et Léon Durand-Claye à quitter la gare d’Orléans au moment où ils disposaient la suite, de leurs expériences. Il est à regretter qu’ils n’aient pas pu étendre leurs essais aux ballons de forme allongée, et qu’ils n’aient pas observé la résistance opposée par l’air au mouvement d’un plan présentant une surface égale au grand cercle des ballons sphériques sur lesquels ils ont opéré. Mais les résultats obtenus pourront trouver déjà de nombreuses applications, et la commission d’étude des moyens de défense aura rendu un véritable service en exécutant des expériences qui faisaient absolument défaut à la science, et qui permettront désormais de calculer, avec une exactitude suffisante, l’effort nécessaire au déplacement d’un aérostat sphérique.
- Cristallisation de la silice par voie sèche, par M. Hautefeuille.
- A l’une des dernières séances de l’Académie, M. Daubrée a entretenu ses collègues de la cristallisation de la silice par la voie sèche. C’est par l’emploi du tungstate de soude que M. Hautefeuille obtient à volonté, la silice cristallisée, soit sous la forme de la tridymite, soit sous celle du quartz. On sait, surtout depuis les travaux de M. G. Rose, que les phosphates et les tungstates alcalins sont, les uns et les autres, des agents minéralisateurs de la silice. Mais, ainsi que le démontre M. Hautefeuille, le tungstate de soude exerce une action plus énergique que le phosphate acide de soude par exemple, même à une température moins élevée, ce qui permet de l’employer pour reproduire les nombreux silicates, plus ou moins fusibles, associés à la silice dans les roches.
- VARIÉTÉS.
- Prix de mécanique agricole, à M. Decauville aîné.
- La Société des Agriculteurs de France, qui a tenu un Congrès international d’agriculture dans le Palais du Trocadéro, a fondé un prix d’honneur de mécanique agricole qui vient d’être décerné pour la première fois.
- C’est M. Decauville aîné, constructeur et industriel à Petit-Bourg (Seine-et-Oise), qui a reçu ce prix consistant en un magnifique objet d’art, pour son système de chemins de fer portatifs, qui fonctionne aujourd’hui dans le monde entier sous le nom de Porteur-De-cauville.
- Le Technologiste a déjà signalé plusieurs fois à ses lecteurs cet ingénieux système de transport et notamment à Compiègne, quand la locomotive « Lilliput » promenait, d’un bout à l’autre du concours, 60 personnes sur une voie portative de 50 centimètres posée une heure auparavant, et à l’Exposition, quand deux kilomètres de cette même voie servaient au transport et à la mise en place des colis des exposants.
- Il y a trois ans, à pareille époque, M. Decauville ainé recevait de la Société d’encouragement, pour l’industrie nationale un prix de 3.000 francs pour la meilleure application du labourage à vapeur en France. Pour un chef d’établissement de trente-deux ans, voilà des débuts qui promettent.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Culture à la vapeur, avec les appareils John Fowler et Ce, par M. Decauville aîné, de Petit Bourg.
- Fig. 47.
- Les origines du labourage à la vapeur ne remontent pas au-delà de 25 ans : c’est en 1852, qu’une association fut formée, entre un mécanicien anglais, John Fowler, un fermier écossais, David Grsig, et un sollicitor ou avoué, Addison, pour exploi ter l’idée d’un appareil à drainer que John Fowler avait imaginé. •
- L’atelier que l’on installa à Leeds (Yo.rkshire) n’occupait tout d’abord que quelques ouvriers, et c’est l’année suivante, au concours de la Société royale
- Acclimatation d'un poisson chinois.
- M. Dabry de Thiersant, chargé d'affaires de France au Centre-Amérique, à qui nous devons l’introduction dans notre pays du faisan vénéré, de la rhubarde de Hubot et de plusieurs autres espèces animales ou végétales de l’extrême Orient, vient d’obtenir un nouveau succès qui lui fait le plus grand honneur ainsi qu’à la Société d’acclimatation. Grâce à leur initiative et à leurs soins, l’acclimatation, dans nos eaux, d’un des meilleurs poissons du Céleste-Empire est aujourd’hui à peu près assurée.
- Ce poisson, à qui Guichemol a donné le nom à'Hipophthalmychthys Dabryi et que Blecker a décrit sous celui à'Hipophthalmich-
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- d’agriculture d’Angleterre, à Gloucester, que la jeune Société John Fowler et Cie montra le premier emploi de la machine à vapeur au travail de la terre.
- Cette première application était faite avec une machine à drainer tirée par un treuil muni d’un câble en fils de fer et une locomobile de la force de six chevaux. Pour cet appareil, John Fowler reçut la grande médaille de la Société. A la suite du concours, le jury publia un rapport.
- « Nous sommes bien aises de voir les perfectionnements apportés à l’ap-« pareil à drainer de John Fowler. Tous les obstacles de quelque importance « sont vaincus, et nous ne saurions trop lui témoigner notre grande appro-« bation. »
- * Si l’appareil qui fait un conduit pour l’écoulement des eaux peut fonc-« tionner à une profondeur de plus d’un mètre, la charrue à vapeur est trou-« vêe, car cette opération est bien plus difficile que celle du labourage!
- « Nous ne saurions trop recommander cette idée aux méditations de nos « ingénieurs. »
- Le jury de la Société royale avait vu juste. Il appartenait à John Fowler de compléter cette idée, et l’année suivante la vapeur servait au labourage.
- Depuis cette époque, toutes les façons de culture purent être données par ce moyen, et l’on vit successivement la charrue défonceuse, le scarificateur, la herse et enfin le rouleau, marcher par ce système.
- Le succès de MM. John Fowler et Gie ne fit qu’augmenter sans interruption chaque année; ils entreprirent successivement la construction des locomotives routières et des machines de mines.
- Ils ont obtenu, sans exception, tous les premiers prix qui ont été mis au concours en Angleterre aussi bien qu’en Amérique, et vingt-cinq ans après la fondation de leurs ateliers, au mois de janvier 1877, trois mille locomotives avaient été livrées par eux pour le labourage à la vapeur dans toutes les parties du monde, et leurs ateliers de Leeds occupaient quatorze cents ouvriers.
- Un succès aussi rapide ne pouvait manquer d’attirer de nombreux concurrents; mais la perfection de leur outillage leur a permis de rester toujours les premiers parmi les constructeurs d’appareils de labourage à vapeur, et cette situation s’est tellement accentuée dans ces dernières années, qu’ils vendent aujourd’hui leurs charrues aux autres constructeurs de locomotives de labourage.
- Ce n’est qu’en 1867, à la suite du concours international de labourage à vapeur qui eut lieu à Petit-Bourg, que M. Decauville fit un voyage en Angleterre pour voir si le labourage à vapeur était réellement aussi pratique qu’il paraissait avoir été pendant le concours. Il visita cinq ou six fermes dans le Lincolnshire, et il fut si satisfait de ces visites qu’avant de quitter l’Angleterre, il laissa à MM. John Fowler etCie la commande de deux locomotives de dix chevaux, avec une charrue, un scarificateur tournant et une herse.
- (A suivre.)
- Pâtes et poudres employées par les Chinois, pour produire des boissons alcooliques.
- Le Journal officiel a signalé dernièrement une méthode des plus curieuses pour la fabrication d'une sorte de vin adoptée par les Chinois, qui font une poudre ou un gâteau de ce que l’on pourrait appeler l’essence concentrée du
- thys molitrix, est un cyprinoïde que les Chinois, eux, ont classé parmi les poissons domestiques (kia-yu), dont la culture, si répandue dans tout l’empire, est une des sources les plus précieuses de l’alimentation publique. On l’élève dans des bassins, au moyens d’herbes aquatiques que nous possédons heureusement en France, et en peu de temps il acquiert des dimensions considérables. Son poids atteint jusqu’à 40 livres. La chair en est ferme et savoureuse, rappelant tout à la fois le goût du turbot et celui de la truite; en outre il a peu d'arêtes, ce qui n’est pas à dédaigner pour un cyprinoïde.
- Les premiers essais que M. de Thiersant a tentés pour introduire en France cette espèce intéressante datent de 1875, époque à laquelle il envoya de Canton à la Société d’acclimatation 900 alevins dont 9 seulement arrivèrent vivants à Marseille et furent confiés au délégué de la Société, qui, pour faire honneur à ses hôtes distingués, leur donna l’hospitalité dans un bassin qu’elle s’empressa de faire construire. Quatre ans se sont écoulés depuis; petit poisson est devenu grand, et nos nobles étrangers, touchés de l’accueil qu’ils ont reçu, ne demandent pas mieux que de rester $armi nous et de s’y propager. Pour encourager ces excellentes dispositions, la Société d'acclimatation va faire venir un certain nombre de leurs compatriotes, et tout permet d’espérer qu’avant peu nous pourrons leur donner un brevet de naturalisation, en attendant qu’ils fassent l’ornement de nos pièces d’eau en même temps que les délices de nos tables.
- (La Nature.)
- La Direction de l'Observatoire de Paris.
- M. Bardoux, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, vient de rendre, relativement à la direction de l’Observatoire de Paris, un véritablejugement de Salomon.
- M. le capitaine de vaisseau Moucher,, membre de l’Institut, désigné à la succession de M. Le Verrier parle conseil d’administration de l’Observatoire, a été nommé directeur avec des attributions administratives.
- M. Maurice Lœwy, membre de l’Institut et du bureau des longitudes, désigné par l’Académie des sciences, a reçu le titre de sous-directeur et est chargé de l'élément scientifique de notre grand établissement national.
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- Il ne s’agit plus maintenant que de créer un Institut météorologique avec un directeur spécial pour que l’Observatoire de Paris, jadis confié à un seul homme — il est vrai que cet homme s’est appelé, en dernier lieu : Arago, puis Le Verrier — se trouve coupé, dispersé en trois tronçons indépendants les uns des autres.
- Est-ce un bien? Est-ce un mal?
- Nous laissons à de plus compétents, et à de plus courageux que nous la tâche de résoudre cette grave question.
- Les Congrès à l’Exposition.
- Outre le Congrès international agricole qui s’est tenu du 10 au 20 juin et le Congrès pour l’unification du numérotage des fils qui vient de se terminer, les congrès internationaux suivants ont été autorisés dans les salles du Trocadéro :
- Congrès des institutions de prévoyance, du 1er au 7 juillet.
- Congrès de démographie, du 5 au 9 juillet.
- Congrès des sciences ethnographiques, du
- 15 au 47 juillet.
- Congrès pour l’étude et l’amélioration des moyens de transport, du 22 au 28 juillet.
- Congrès d’architecture, du 29 juillet au 3 août.
- Congrès d’hygiène, du 1er au 10 août.
- Congrès du génie civil, du 5 au 14 août.
- Congrès des sciences anthropologiques, du
- 16 au 21 août.
- Congrès du commerce et de l’industrie, du 46 au 22 août.
- Congrès de météorologie, du 24 au 28 août.
- Congrès géologique, du 29 août au 4 septembre.
- Congrès de la propriété industrielle (brevets d’invention, modèles et dessins de fabrique, marques et noms de commerce), du 7 au 17 septembre.
- D’autres congrès sont encore en instance auprès du comité central pour obtenir leur autorisation.
- BREVETS D’INVENTION.
- Marcillet. — Appareil détonant pour assurer une plus grande sécurité aux voyageurs dans les chemins de fer (121723).
- Martimort. — Imitation de froncés, tuyautés, plissés, bouillonnés, etc., par impression sur étoffes (121694).
- vin. On fait dissoudre un peu de cette poudre, ou gros comme une pilule de ce gâteau dans un verre d’eau et l’on a, paraît-il, une boisson que l’on consomme en grande quantité en Chine, boisson qui ressemble, dit-on, plus ou moins, comme saveur, aux différentes sortes de vins ou alcools.
- Celte boisson est plutôt une sorte de bière qu’un vin proprement dit, et la poudre qui la compose est obtenue par la pulvérisation, soit de l’avoine, soit de l’orge ou du seigle, ou bien des trois grains réunis, avec ou sans addition d’herbes aromatiques on médicinales, après avoir subi un certain degré de fermentation.
- La farine ou poudre ainsi obtenue est connue en Chine sous la dénomination de Kin-tsee, et lorsqu’elle est convenablement préparée, elle peut se conserver pendant deux ou trois ans. Certains fabricants ont, parmi les habitants du Céleste-Empire, une grande réputation pour l’excellente qualité du kin-tsee qu’ils produisent, et divers procédés sont mis en usage pour la préparation de la poudre et pour lui donner une meilleure saveur. Le riz en glume ou soigneusement nettoyé est aussi employé pour faire différentes variétés de vins, et il y a cela de particulier que, quoique dans certaines méthodes, on emploie pour leur fabrication beaucoup d’eau, l’évaporation en est complète et la poudre est vendue dans un état de siccité parfaite.
- La fabrication du fromage en Franche-Comté, par M. Heuzé.
- On fabrique, dans la Franche-Comté, trois sortes de fromages : le fromage de gruyère, le fromage bleu et le fromage de chevret. L’industrie fromagère a pris une grande extension dans les départements du Jura et du Doubs, depuis la création de voies ferrées et l’adoption du libre échange. On évalue à 20 millions la valeur des fromages fabriqués annuellement dans la province.
- Les petites fromageries sont alimentées par 40 à 50 vaches; elles ne travaillent que pendant quelques mois ou seulement durant la belle saison. Les grandes fromageries, celles qui fabriquent chaque jour et presque toute l’année, reçoivent le lait de 150 à 200 vaches.
- L’année, dans les fruitières, commence le 1er novembre. Les associés nomment un comité composé de cinq membres qui élisent un président. L’année se termine le 30 octobre de l’année suivante. A cette époque, on règle et on solde les comptes. Les associés qui doivent, paient à ceux qui ont prêté du lait. Le prix est fixé par le comité. Le premier fromage appartient au propriétaire qui a le plus grand nombre de vaches et qui est désigné par le comité; le second est la propriété de l’associé qui a apporté le plus de lait, et ainsi de suite. En général, le tour appartient à l’associé qui a à son avoir assez de lait (300 litres) pour faire un fromage, qu’il possède une, 20 ou 40 vaches.
- Tous les fromages sont vendus en bloc en deux fois. Ceux fabriqués du 1er décembre au 31 mai sont livrés ensemble h la vente. Les fromages fabriqués du 1er juin au 30 novembre sont également vendus à la même époque. Aucun associé ne peut vendre un des fromages qui lui appartiennent, mais il lui est permis d’en prendre pour son usage. Chaque fermier peut aussi en garder un pour son propriétaire.
- Dans beaucoup de localités, l’associé qui a droit au fromage a droit aussi
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- au serai et à la recuite, à la condition de nourrir le fromager et de porter à la fruitière le bois qui est nécessaire aux opérations du jour.
- Le lait, dans toutes les fruitières, est apporté soir et matin à une heure déterminée. Après avoir été examiné par le fromager, il est mesuré ou pesé et inscrit sur la taille ou le livret de l’associé. On le passe ensuite à l’aide d’un couloir pour le débarrasser des impuretés qu’il pourrait contenir et on le verse dans un large baquet en sapin appelé rendot ou réseau. Le lait qui a été livré la veille au soir est écrémé le lendemain matin et mêlé au lait qu’on vient d’apporter. La crème ainsi levée appartient à l’associé qui a le tour ou qui a droit au fromage.
- Lorsque le moment est venu de faire le fromage, le gruyêrien, ou chef de la fruitière, verse le lait dans une chaudière en cuivre ayant une forme spéciale. Ce vase est suspendu à une potence tournant sur elle-même, de manière qu’on puisse facilement la mettre sur le feu ou l’éloigner du foyer. On élève ensuite la température du liquide de 25 à 40 degrés, suivant les saisons et suivant aussi la nature du lait. Quand on constate que le lait est suffisamment chaud, on éloigne la chaudière du foyer et on y verse la présure, en agitant le liquide dans tous les sens. Il faut en moyenne 3 litres de présure pour 400 litres de lait. Au bout de 20 à 30 minutes, la coagulation de la masse est complète.
- Dans la pratique, on caille chaud ou l’on caille froid, selon que l’on élève plus ou moins la température du lait. On caille dur ou l’on caille mou, suivant que la présure est forte ou douce. Quand on caille chaud, on hâte la fermentation de la pâte; lorsque l’on caille froid, on modère cette fermentation. En hiver, on caille chaud, promptement et un peu dur; en été, on caille froid, lentement et mou. Lorsque le lait est gras et qu’il n’a pas été écrémé, on caille chaud et dur. Plus le lait est maigre, plus il faut cailler froid et mou.
- Trop de présure ou une présure trop forte ne permet pas à la masse caséeuse d’être bien liée.
- Quand le caséum est formé, on enlève la pellicule qui surnage et on brise le caillé avec un bâton armé de pointes en bois appelé brassoir, moussoir ou débatiou, en s’aidant des mains. Aussitôt que la masse a été suffisamment travaillée et qu’elle est en grain, on remet la chaudière sur le feu, qui doit être très-vif et sans fumée, et au bout de 5 à 10 minutes, suivant les circonstances, on l’éloigne de nouveau du foyer et on brasse encore le tout pendant environ un quarl-d’heure, puis on abandonne la chaudière pour que tous les grains se réunissent en une masse au fond du vase. Pendant cette opération, on élève la température du liquide de 45 à 65 degrés. En été, on chauffe jusqu’à 65 degrés et on brasse moins; en hiver, on chauffe beaucoup moins, mais on brasse davantage. En général, lorsque l’on chauffe beaucoup, on brasse moins, et lorsque l’on chauffe moins, on divise davantage. Dans les circonstances ordinaires, la cuisson du caillé dure de 20 à 30 minutes.
- [A suivre.)
- Martin et Guébin. — Pelote universelle (121840).
- Martiny et lltiss. — Fabrication des rouleaux, cylindres et planches servant à l’impression, au gaufrage, ètc., en caoutchouc durci et souple (121691).
- Martyn. — Perfectionnements dans les moyens d’attacher des doublures ou couvertures métalliques à des ouvertures circulaires, etc. (121665).
- Mathias jeune. — Système de voie ferrée pour tramways, etc. (121721).
- Mannaury. — Perfectionnements dans les coulisses et roulettes de lits, etc. (121794).
- Maxton Robert et comp. — Fabrication mécanique de la dentelle (121837).
- Mesmer et Jayet. — Presse à deux noyaux, pour la gobeleterie en verre moulé (121701).
- Michel. — Espagnolette à vis (121695).
- Michel et Frager. — Compteur d’eau à cylindres (121661).
- Mini. — Machine à câbler et enrouler mécaniquement les câbles de clôture, etc. (add. à 110910).
- Mohr. — Perfectionnements dans les appareils télégraphiques employés en cas d’alarme (121845).
- Montenécourt. — Loqueteaux pour la fermeture des devantures de boutiques, magasins, etc. (121753).
- Montlaur {de). — Fabrication de l’acide pyrogallique (121662).
- Mony.— Perfectionnements dans les charrues (121709).
- Mot. — Procédé de vidange (121836).
- Muller et Fichet.— Combustibles gazeux (add. à 101610).
- Munson. — Perfectionnements dans les machines à fabriquer les vis à bois (121862).
- Muybridge.— Mécanisme et transmission servant à distribuer l’heure à plusieurs cadrans (121743).
- Nast. — Fourneau à chauffer l’air (121787).
- Nicod (les sieurs). — Système de charrue (add. à 99162).
- Norcross. — Régulateurs automatiques de tirage pour chaudières à vapeur (121856).
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Sur l’état moléculaire des métaux, par M. Schützenberger. — Fabrication de la passementerie irisée, par M. Hélouis. — L’industrie séricicole en Corse, par M. Régulus Carlolti. — Culture à la vapeur, avec les appareils John Fowler et Ce, par M. De-cauville aîné, de Petit-Bourg. — Fabrication du fromage en Franche-Comté, par M. Heuzé.
- CHRONIQUE.
- Les tremblements de terre en Vannée 1878.
- L’année 1878 a déjà eu plus que sa part de tremblements de terre et de phénomènes du même ordre. Des tremblements de terre plus ou moins faibles, sur un point ou sur un autre de la surface du globe, se font sentir en moyenne une fois tous les trois jours, mais ce n’est que plus rarement que des commotions tout à fait violentes engloutissent des îles entières, détruisent des villes ou font émerger de la profondeur de mers insondables des récifs ou des bas-fonds.
- Pendant la première moitié de cette année, l’intensité des commotions de tremblements de terre et des éruptions volcaniques a certainement augmenté et si cela continue, l’anniversaire de la destruction d’Herculanum et de Pompeï qui ont été détruites par une éruption du Vésuve, l’an 79 après J.-C., sera célébrée l’année prochaine, par les forces mêmes de la nature.
- L’intensité de ces phénomènes s’est développée depuis le mois de juin 1877. Pendant cette année, il y a eu 100 tremblements de terre connus, et suivant nos observations, dit le Times, ce chiffre est encore au-dessous de la réalité. Dans les trois.mois de juin, juillet et août, leur nombre a été de 11 seulement ; il y en a eu 34 dans les mois de septembre, octobre et novembre.
- Comme à l’ordinaire, les plus violents de ces terribles phénomènes se sont produits dans l’Amérique du Sud. Les désastres éprouvés par les villes d’Iquique, de Valparaiso, de Lima et plusieurs autres, le 9 mai 1877, ont été énormes; les secousses se sont succédé avec une rapidité prodigieuse et ont duré plusieurs jours. Peu de temps après, une éruption volcanique sous-marine a eu lieu sur
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Sur l'état moléculaire des métaux, par M. Schützenberger.
- Un grand nombre de métalloïdes possèdent la propriété de se transformer moléculairement, et peuvent affecter deux ou plusieurs modifications allotropiques; tels sont l’oxygène, le soufre, le sélénium, le phosphore, le bore, le silicium et le carbone.
- Parmi les métaux, un seul, l’antimoine, avait été reconnu apte à subir utl changement d’état allotropique. D’après les expériences de M. Gore, on obtient, par l’électrolyse de solutions concentrées de chlorure d’antimoine, et d’autres sels analogues de ce métal, des dépôts amorphes d’antimoine, qui dégagent de la chaleur sous l’influence d’un choc, en se convertissant en antimoine cristallin ordinaire.
- Les faits suivants, que M. Schützenberger a eu l’occasion d’observer, établissent que d’autres métaux, tels que le cuivre, le plomb, l’argent, sont également aptes à donner des allotropies, lorsqu’on les isole par électrolyse ou autrement de leurs solutions salines, en se plaçant dans certaines conditions.
- Ces dernières varient avec la nature du métal. On peut, dès à présent, prévoir que ce phénomène est général et s’étendra à la grande majorité des métaux.
- Cuivre. La modification allotropique du cuivre s’obtient par l’électrolyse de solutions étendues, à 10 pour 100 environ, d’acétate neutre de cuivre Ou d’acétate légèrement basique, tel qu’on l’obtient par une ébullition de quelques minutes de la solution. On prend comme électrode positive une lame de cuivre et comme électrode négative une lame de platine. Cette dernière est placée parallèlement à la lame de cuivre positive, à une distance de 3 à’4 centimètres. Ses dimensions doivent être un peu inférieures à celles de l’électrode positive. On emploie un à deux éléments Bunsen, ou trois éléments Daniel de moyenne grandeur.
- Dans ces conditions, le dépôt de cuivre, dont on peut à volonté augmenter l’épaisseur, en prolongeant l’électrolyse, se présente sous forme de plaques très-cassantes et faciles à réduire en poudre dans un mortier en agate. Si la durée de l’expérience est prolongée pendant 12 à 24 heures, et si la lame négative n’est pas trop large, ses bords se chargent d’arborescences dirigées vers le pôle positif et implantées perpendiculairement au plan de la lame; elles sont pourvues de plusieurs branches contournées, cassantes et composées de granulations; leur longueur peut atteindre plusieurs centimètres; mais au moindre choc elles se brisent et tombent au fond du bain.
- Le cuivre, ainsi déposé, offre une teinte plus pâle que celle du cuivre ordinaire , et qui rappelle celle de certains bronzes. Si la lame négative est plus large que la lame positive, le dépôt modifié se trouve en face de cette dernière, tandis que les parties qui débordent sont couvertes de cuivre ordinaire, tranchant par sa couleur sur celle du dépôt central qu’il encadre.
- La densité du cuivre modifié est certainement plus faible que celle du cuivre ordinaire, elle se rapproche de 8,0 à 8,2. Cette densité n'a pu être déterminée avec précision, vu la difficulté d’obtenir la modification allotropique absolument pure, exempte d’oxyde de cuivre et de cuivre ordinaire.
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- La couleur, la densité et le défaut absolu de malléabilité ne sont pas les seuls caractères qui différencient la modification nouvelle du cuivre. Ses propriétés chimiques sont également très-distinctes, et parmi celles-ci, l’oxyda-bilité à froid au contact de l’oxygène libre gazeux ou dissous, ou des oxydants, constitue une réaction très-importante. Il suffit d’exposer au contact de l’air les plaques récemment sorties du bain, lavées et encore humides pour les voir se couvrir d’une couche d’oxyde cuivrique; elles prennent alors une couleur bleue ou violet indigo foncé. Une immersion de quelques secondes dans l’eau aérée chaude, ou dans une solution froide d’acétate basique de cuivre, produit le même effet. Cette grande oxydabilité explique pourquoi les plaques renferment toujours de 5 à 10 pour 100 de leur poids d’oxyde de cuivre. Par l’électrolyse d’une solution d’acétate basique, on obtient des couches très-riches en oxyde, dont la proportion peut atteindre 50 pour 100.
- En effet, dans ce cas, le cuivre allotropique s’oxyde en grande partie, à mesure qu’il se dépose, aux dépens de l’oxyde dissous dans le bain, oxyde qui se trouve ramené à l’état d’oxydule.
- Une autre propriété saillante est fondée sur l’action, à froid, de l’acide azotique pur et étendu à 10 pour 100 d’acide, environ. Ce réactif n’agit que très-faiblement et très-lentement sur le cuivre ordinaire, en dégageant surtout du bioxyde d’azote. On peut même obtenir une variété de cuivre très-divisé qui n’est pas du t^ut attaquée. Ainsi l’oxydule de cuivre dilué et traité à froid par l’acide azotique pur se transforme, sans dégagement de gaz, en nitrate cuivrique et en cuivre pulvérulent non soluble à froid dans l’acide azotique. Les choses se passent tout autrement avec le cuivre d’électrolyse de l’acétate.
- Ce dernier est immédiatement attaqué et dissous, avec un dégagement régulier de protoxyde d’azote, presque exempt de bioxyde; en même temps, il prend une coloration superficielle noir-brun, due probablement à la formation d’un oxyde intermédiaire.
- On pourrait supposer que les caractères signalés plus haut sont dus à la présence d’une certaine proportion d’hydrure de cuivre ou d’hydrogène occlus. Les expériences suivantes ne permettent pas de s’arrêter à cette idée.
- 1° Le cuivre modifié, chauffé à 100 degrés dans le vide, ne dégage pas trace de gaz.
- 2° Chauffé à 100 degrés pendant 24 heures ou à 150 degrés pendant 12 heures dans un tube fermé, avec l’eau seule, ou de l'eau acidulée à l’acide acétique, le cuivre modifié se change en cuivre dégageant presque uniquement du bioxyde d’azote avec l’acide nitrique étendu. Cependant, lors de cette transformation, il ne se sépare aucune trace de gaz hydrogène.
- Les recherches établissent qu’il existe au moins deux modifications du cuivre, dont l’une se dissout dans l’acide azotique à 10 pour 100, avec dégagement de protoxyde d’azote, et dont l’autre est indifférente à cet agent. Entre ces deux états extrêmes, on peut obtenir des états intermédiaires qui sont attaqués à froid par l’acide azotique, mais en donnant plus ou moins de bioxyde d’azote; on doit les envisager comme des mélanges des deux modifications précédentes, en proportions variables avec les conditions de transformation. 11 est probable que, comme dans toutes les transformations nllotropiques, il s’établit un équilibre pour chaque système de conditions réalisé, entre les deux états extrêmes.
- Plomb. L’électrolyse'd’une solution de potasse caustique k 10 pour 100, additionnée d’un peu de plombite de potasse, fournit un dépôt de plomb ai-
- les côtes du Pérou et a causé de grands dommages à la navigation. Les effets de ces convulsions se sont fait sentir dans toutes les parties du Pacifique.
- Pendant l’année, plusieurs tremblements de terre moins violents, quoique d’une intensité inusitée pour la partie du monde où ils se sont produits, ont éclaté en Europe. Ceux du 4 avril, du 2 mai et du 8 octobre en Suisse, du 1er novembre et du 4 décembre à Lisbonne ont été les plus alarmants. Heureusement il n’en est résulté aucun dommage sérieux. Les volcans d’Europe ont été, pendant l’année 1877, d’un calme inusité, mais dans l’Amérique du Sud, au Japon et dans tout le Pacifique cette période a été marquée par des explosions très-violentes. La fréquence de ces phénomènes dans les mers ouvertes a été l’une des particularités de l’année.
- C’est ainsi,qu’en février, une éruption très-remarquable a eu lieu dans les mers qui entourent les îles Sandwich, dix jours après une violente éruption du cratère de Maura Loa, dans la principale île du groupe ; quelques semaines plus tard, une autre éruption a éclaté au célèbre lac de lave de Kilauea. De vastes jets de cette matière ont été lancés à une grande hauteur en traversant la couche solidifiée du lac, qui pendant de longues années n’avait éprouvé aucun dérangement.
- Bien plus considérable encore a été l’éruption du mont Cotopaxi, en juin; elle a été accompagnée par de terribles pluies de cendre, de poussière et de boue, qui, poussées par le vent, se sont répandues sur tout le pays, en dévastant les terres cultivées et en causant la mort de centaines de personnes.
- Le volcan d’Ooshima, au Japon, a lancé des flammes et de la lave brûlante le 4 janvier, et est resté en activité jusqu’au commencement de février, avec la complication de tremblements de terre ; il a fait beaucoup de victimes.
- Parmi les phénomènes les plus remarquables de l’année, il faut noter l’éruption d’un nouveau volcan dans une contrée que, jusqu’alors, on avait crue exempte de ces grandes convulsions de la nature; le 11 juin, un nouveau cratère s’est ouvert près de la rivière du Colorado, en Californie. Vers le même temps, un tremblement de terre s’est fait sentir au Canada. Plusieurs îles qui ont émergé dans le grand archipel, entre la Malaisie et l’Australie, le soulèvement de nouvelles terres dans les mêmes parages, ainsi que les effets volcaniques observés dans les eaux du sud de l’Atlantique, où la mer a une profondeur
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- de 20.000 pieds, auraient suffi pour faire de cette année une période exceptionnelle de phénomènes volcaniques.
- VARIÉTÉS.
- Les changements de la ville de Londres.
- L’agrandissement et les nombreux changements qui se sont opérés dans la ville de Londres, depuis la mort de Cromwell jusqu’à la Rébellion de 1745, ressortent d’une manière frappante de la comparaison de deux cartes, dont M. Stanford de Londres vient de publier le fac-similé.
- La première est celle de Neivcourt, qui porte la date de 4058, et qui, suivant la notice qu’elle contient, comprend « le dessin exact des villes de Londres et de Westminster, avec leurs faubourgs, toutes les voies de communication, rues, ruelles et allées qui s’y trouvent, composé à l’échelle et d’une manière iconographique, par Richard New-court, de Somerton, dans le comté de Somer-sett, gentilhomme. » L’échelle est d’environ douze pouces par mille.
- De cette carte, il n’existe que deux exemplaires, dont l’un est à la Bibliothèque nationale de Paris ; l’autre a été découvert il y a quelques années. Sur les marges se trouvent des vues de l’ancienne église de Saint-Paul et de l’abbaye de Westminster, la liste des églises à l’intérieur et à l’extérieur des murs, une esquisse de l’histoire de la cité et la généalogie du « fondateur de Londres, le roi Brutus, en l’an du monde 2853. »
- Huit ans après la publication de cette carte, la plus grande partie de Londres fut détruite par le grand incendie de 1666, mais en quelques années une ville nouvelle s’éleva sur les cendres de la ville ancienne et ses limites s’étendirent avec une rapidité remarquable. D’après la vue à vol d’oiseau que nous donne la seconde carte, la ville de 1745 ne conserve plus que bien peu de traces de la ville de 1658. Quelques édifices bien connus, tels que l’abbaye de Westminster et Whitehall, sont encore debout. Tous les autres monuments sont nouveaux : Saint-Paul a été terminé, ainsi qu’un grand nombre d’églises, de théâtres, de squares et d’hôtels; les tours de Westminster sont enfin finies ; les faubourgs se sont peuplés, et les rues se sont élargies.
- lotropique, qui se présente sous forme de couche polie métallique ou d’éponge amorphe très-volumineuse. Ce plomb est très-altérable à l’air et se convertit en peu de temps en un oxyde jaune. Pour l’obtenir, on emploie comme pôle positif une lame de plomb, comme pôle négatif une lame de platine ou de cuivre. Si le bain est trop chargé en plomb ou si le courant est trop faible, le plomb se dépose en cristaux doués des caractères chimiques ordinaires. On emploie dans cette expérience un ou deux éléments Bunzen, de moyenne grandeur, et l’on sépare les deux électrodes à une distance de quelques centimètres.
- Argent. Une solution de potasse caustique à 10 pour 100, contenant un peu d’oxyde d argent ammoniacal, fournil à l’électrolyse, avec une lame positive en argent et une lame négative en platine, un dépôt rouge-brun sur cette dernière.
- Ce dépôt paraît être une modification moléculaire de l’argent; plongé dans une eau très-faiblement acide, il se convertit instantanément en argent blanc ordinaire, sans qu’il se dissolve dans le liquide la moindre trace d’argent.
- Conclusions. En résumé plusieurs métaux,antimoine, cuivre,plomb, argent se présentent sous deux états : l’un actif et l’autre moins altérable. La modification moins active représente celle qui est la plus stable, et qui se forme aux dépens de l’autre avec perte de chaleur, comme le phosphore rouge aux dépens du phosphore ordinaire, l’oxygène ordinaire aux dépens de l’ozone. Les modifications altérables représentent donc le métal normal plus une certaine quantité d’énergie fournie par le courant électrique.
- Il est arrivé, une fois h M. Sehützenberger, d’observer la transformation brusque du cuivre allotropique en cuivre ordinaire : le changement s’est effectué avec un dégagement de chaleur très-sensible.
- Les teintes irisées et très-intenses que prend le cuivre allotropique, en s’oxydant à l’air, trouveront peut-être un jour quelque application industrielle. C’est cette considération qui a engagé l’auteur à entretenir de ces faits la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. L’expérience suivante permet de réaliser instantanément l’irisation du cuivre.
- Sur une lame polie en argent, en platine, en fer-blanc ou en cuivre, on verse une couche mince de solution d’acétate basique de cuivre, puis on y applique, pendant deux ou trois secondes, une lame de zinc décapée. Partout où les deux métaux sont en contact, il se dépose sur la lame polie du cuivre altérable qui, en raison de son oxydation rapide, donne une couche irisée des plus belles nuances.
- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Fabrication de la'passementerie irisée, par M. Hélouis.
- Nobili a obtenu, le premier, des depots irisés sur divers métaux, par voie électro-chimique. Il plongeait une plaque métallique mise en communication
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- avec le pôle positif d’une pile, dans une solution d’acétate de plomb, par exemple. Le pôle négatif était relié à un fil de platine entouré, sauf aux extrémités, d’un tube de verre; ce tube plongeant dans le liquide de manière que l’extrémité métallique libre fût placée à une distance de la plaque de 1 ou 2 millimètres, on faisait passer le courant et l’on observait que, autour de ce fil, se formaient des anneaux concentriques, produits par des lames minces de bioxyde de plomb et doués des couleurs variées et extrêmement vives, que donnent les bulles de savon et autres lames minces transparentes.
- Becquerel a fait une étude complète de ce curieux phénomène, en 1843. En substituant, à l’acétate de plomb, la solution de l’oxyde de plomb dans la potasse ou dans la soude, il a obtenu des irisations beaucoup plus solides, et en prenant un certain nombre de fils comme pôles négatifs, il a pu donner aux objets de petites dimensions des colorations régulières et de teinte voulue. | Son procédé est encore appliqué aujourd’hui, pour des objets que l’on tient | à la main et dont on suit l’oxydation progressive, jusqu’au moment où l’on a obtenu le ton cherché.
- Mais l’irisation n’avait jamais été tentée sur des lames ou des fils, tellement minces qu’ils mesurent en moyenne 20 kilomètres de longueur par kilogramme.
- M. Hélouis est parvenu à donner, à ces lames et filés, des teintes uniformes dans toute leur longueur, et à produire, à Volonté, la variété de ton qu’il désire. Il agrémente avec ces fils métalliques, des galons, des tissus, des torsades, etc., qui sont d’un très-bel effet, et dont l’industrie de la passementerie fait actuellement un grand usage.
- l'industrie séricicole en Corse, par M. Régulus Carlotti.
- Le Dr Régulus Carlotti, d’Ajaccio, qui vient de mourir, a consacré une partie de son existence à la recherche des moyens d’assainir les contrées malsaines de la Corse, et de déterminer les conditions les plus pratiques de bien être et de prospérité de la population de l’île.
- Tout le monde sait que, dès 1854, dans tous les pays séricicoles d’Europe, on avait reconnu que les vers à soie périssaient en grand nombre par des maladies dont on ignorait la cause et la nature.
- L’intensité du mal augmentait d’année en année, de manière que la récolte de soie qui avait été en France de 26 millions de kilogrammes de cocons en 1853, et qui n’était plus que de 21 millions en 1854, diminuait graduellement tousles ans et se trouvait réduite à 4 millions en 1864.
- Les belles recherches de MM. Pasteur et de Quatrefages ont apporté la lumière au milieu des ténèbres d’une question des plus complexes.
- On connaît aujourd’hui la nature du mal, on détermine les conditions dans lesquelles doivent se faire les meilleures éducations de vers à soie.
- M. Carlotti rappelle avec raison que les petites éducations sont celles qui réussissent le mieux, car les soins à donner sont très-multiples, et la surveillance, surtout dans les derniers âges,doit être active et permanente.
- Il faut aussi donner aux vers à soie de l’air et de l’espace, et se conformer à î’axiome de Perrini (de Trente).
- Cette seconde carte donne, suivant les indications de son titre : « le plan exact de la ville de Londres, Westminster, le bourg de Southwark et les environs à 10 milles alentour. » Elle a été commencée en 1744 et finie en 1745 par John Roque, « géomètre-arpenteur », et gravée par Richard Tarr. Le temps qu’on a mis à l’achever ne paraîtra pas trop long quand on saura qu’elle embrasse une superficie de 13 milles sur 19, et que, « les palais de Kensington, Richmond et Hamp-toncourt, toutes les routes et chemins de traverse, sentiers, murs, haies, collines, vallées, rivières, ponts, bruyères, communaux, parcs, avenues, églises, maisons et jardins y sont exactement reproduits. » L’échelle est de 5 pouces 1/4 par mille.
- Ces deux cartes sont de précieux documents topographiques, d’un intérêt incontestable pour l’étude de l’histoire.
- La fabrication des vins en Allemagne.
- En Allemagne, il s’est formé une société vinicole qui a pour but de travailler d’une façon énergique à combattre la falsification des vins. Conformémentauxrésolutionsprises, l’an dernier, par le congrès de Fribourg, cette société vient, à ce que nous apprennent les journaux allemands, d’adopter une mesure qui a été accueillie très-favorablement dans les cercles intéressés.
- Elle a pris le parti de publier de temps à autre des listes contenant le nom des producteurs de la société qui se présentent comme vendeurs de vins naturels. Ces listes sont répandues à des milliers d’exemplaires : il y est annoncé si les vins se vendent en gros ou en détail, s’ils sont débités par adjudication, etc. De cette façon, le public est informé des débouchés d’où il peut tirer des vins, dont la pureté est garantie.
- Au bureau de la société existe une section chimique ; les vins en question, sur lesquels l’acheteur aurait des doutes, y sont soumis à une analyse sévère.
- Au reste, cette question si importante, des moyens de combattre la falsification des vins, sera traitée à fond dans un congrès de la société, congrès annoncé comme devant se réunir à Würsbourg, du 15 au 48 septembre de cette année. Beaucoup d’autres questions intéressant la viticulture et le traitement des vins y doivent être également traitées par des spécialistes.
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- Inflammation spontanée dans un moulin.
- Nous empruntons au procès-verbal d’une des dernières séances de la Société d'encouragement les intéressantes communications qui suivent, relatives à des explosions causées par les poussières.
- M. le président remet au conseil une lettre qui lui est adressée de Louisville (U. S.), par M. Laurence Smith, correspondant de la Société pour les arts chimiques, qui signale une violente explosion, survenue dans des circonstances exceptionnelles.
- « Le 2 mai dernier, une violente explosion a eu lieu dans un des grands moulins à farine, de Minneapolis, sur une des chutes du Mississipi. Ces moulins sont comptés parmi les plus grands du monde ; leur force motrice est produite par un appareil hydraulique. La détonation s’est produite sans avertissement préliminaire. La couverture entière de cet immense édifice a été lancée en l’air et les murs sont tombés en tuant un grand nombre d’employés. L’effet de cette explosion s’est étendu aux moulins voisins, renversant les murailles et causant un violent incendie qui a détruit cinq des plus- grands moulins, établis sur cette chute d’eau. Quelle est la cause de cette détonation? Après les recherches les plus minutieuses, je suis convaincu qu’il y a eu une explosion, provenant de la présence, dans l’air, de matières organiques, excessivement divisées (fleur de farine, etc.), qui ont formé un mélange explosif, semblable à celui de l’éther, de l’alcool mêlé à l’air. Des faits semblables, mais d’une bien moins grande gravité, ont, je crois, déjà été observés. Cet événement mérite la plus sérieuse attention, car il révèle un danger qui n’était pas connu et qui intéresse une importante industrie. L’inflammation a dû être causée par réchauffement des meules tournant avec une vitesse excessive (running dizzi). J’ai pensé qu’il convenait de porter cet accident extraordinaire à la connaissance de la Société d’encouragement française. »
- M. le président, en exprimant les remercî-ments du conseil pour cette très-importante communication de M.le professeur Laurence Smith, laquelle sera insérée au Bulletin, engage les membres de la Société, qui pourraient recueillir des faits relatifs au même ordre de phénomènes, à les faire connaître au conseil. Les moulins à garance employés dans les environs d’Avignon travaillent sur des matières qui doivent être portées à une
- « Quantità di buchi possibilmente minore ; spazio possibilmente maggiore. » Le moins de vers à soie, et le plus d’espace possible.
- D’après les calculs auxquels s’est livré le Dr Carlotti, la Corse, avec les éléments actuels, pourrait produire plus de trois cent mille kilogrammes de cocons. En admettant qu’on en livre la moitié au grainage, vendant la graine au prix moyen de 12 francs l’once et les cocons S francs le kilogramme, on attire annuellement dans l’île deux millions quatre cent mille francs d’un côté et sept cent mille francs de l’autre.
- Ce revenu pourrait être au moins quadruplé dans dix ou douze ans d’ici, si le mûrier était multiplié, autant qu’il pourrait l’être, sans enlever de l’espace aux autres cultures, et si le quart des familles, comme cela arrivera un jour, font chacune une petite éducation. Pour sauvegarder le présent et faciliter le développement progressif de l’industrie séricicole dans l’avenir, il faudrait aussi :»
- 1° que les éducateurs actuels, tenant compte des données de l’expérience, fussent, avant tout, jaloux de conserver la pureté de leur graine et se tinssent en garde contre la tentation d’augmenter leurs profits ;
- 2° que les nouveaux éducateurs, nous ne saurions trop le répéter, avant de passer au grainage, se soient assurés de la manière la plus positive qu’ils n’ont pas laissé pénétrer dans leurs chambrées le plus petit germe d’infection ;
- 3° que l’on donne dans les écoles de l’un et l’autre sexe des instructions sur l’art d’élever des vers à soie ;
- 4° enfin, que les associations agricoles fassent elles-mêmes des petites éducations, pouvant servir d’exemple et de modèle. Il faudrait même que de petites éducations fussent faites dans les deux écoles normales de garçons et de filles.
- On a compris, que dans les éludes et les recherches auxquelles s’est livré le savant docteur, son unique but était d’assurer à la Corse les avantages qu’elle peut retirer du développement de son industrie séricicole. Cela est vrai, mais il y en a encore un autre aussi important : renseigner ses concitoyens du continent sur l’opportunité qu’il y aurait pour eux de saisir l’occasion de relever la précieuse industrie qui rendait tant de provinces riches et prospères, pour réaliser ainsi, la prévision de M. Pasteur.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Culture à la vapeur, avec les appareils John Fowler et Ce,
- par M. Decauville aîné, de Petit Bourg.
- {Suite).
- On ne peut pas dire que le labourage à vapeur présente une grande économie comme dépense de travail par hectare; mais les résultats sont tellement différents qu’il est impossible d’établir une comparaison entre les labours par les chevaux ou les bœufs et les labours par la vapeur.
- L’avantage capital du labourage à vapeur est de permettre de donner à la
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- Culture à la vapeur, avec les appareils John Fowler et C°. par M. Dec au ville aîné, de Petit-Bourg.
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- Fig 48.
- Charrue réversible à quatre socs
- MANOEUVRÉE A L’AIDE DE DEUX LOCOMOBILES, DU SYSTÈME JOHN FOWLER ET C°,
- sur les propriétés de Petit-Bourg.
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- température assez élevée, vers 60° ; ils sont remarquables par la poussière dont l’air est rempli dans leur intérieur, et il serait intéressant de savoir s’ils ont produit des explosions d’un genre analogue. On cite des machines qui fonctionnaient encore vers 1866, dans lesquelles, par une fine poussière de charbon mêlée à l’air, se faisait une déflagration, ou véritable explosion, analogue à celle d’un mélange gazeux.
- M. Laboulaye cite un mémoire de Carnot qui est relatif à ce genre de détonation.
- M. Mangon cite des combustions très-rapides de poussières du même genre. Mais ce qui le frappe surtout dans la note de M. Laurence Smith, c’est que cet événement soit arrivé dans un moulin. Les minoteries françaises sont disposées sans doute autrement que celles de Minneapolis; dans leurs bâtiments, l’air ne contient à peu près pas de folle farine et ils paraissent à l’abri de semblables dangers.
- BREVETS D’INVENTION.
- Normand et Huard ainê. — Serrure bec de cane sans fouillot (add. à 116493).
- Norris et comp. — Mastic asphaltique applicable aux chaussées, trottoirs et dallages (121848).
- Odling. — Fermetures et appareils pour lampes de mineurs (121745).
- Ognard fils. — Tourniquet jeu de dés, jouet d’enfant (add. à 121527).
- Onfray. — Machine pour le timbrage en pointillé à jour, des actions, obligations, chèques, etc. (121690).
- Orry. — Chaîne spécialement applicable à la bijouterie en tous métaux (121835).
- Overend et Firth. — Perfectionnements aux machines peigneuses (121880).
- Pabst et Girard. — Préparation de nouvelles matières colorantes (add. à 120038).
- Pallier fils. — Charrue (121733).
- Pantz père et fils. — Perfectionnements à la chaise pliante en fer et en bois pour jardins, etc. (add. à 113814).
- Paradis (dame veuve). — Serre-bandes pour pansements, ceintures, etc. (121885).
- Patras. — Appareil pour le curage des .rails de tramways (add. à 115353).
- terre, les façons dans le temps le plus propice sans s’occuper de la trop grande sécheresse, ni de la trop grande humidité. Il ne faut pourtant pas oublier cette maxime d'Olivier de Serres : « Il vaut mieux faire le fol que de labourer par le mol; » et encore cette faute serait-elle commise qu’elle serait de peu d’importance lorsque l’on peut exécuter ensuite le hersage à la vapeur, opération tellement énergique que l’on devrait plutôt l’appeler la pulvérisation du sol h la vapeur.
- Un autre avantage de ce système de culture est d’éviter le piétinement des chevaux ou des bœufs sur le sous-sol, qui devient en quelque sorte imperméable. Un statisticien anglais a calculé qu’en labourant un champ les chevaux appuyaient sept cent cinquante mille fois le pied sur un hectare; c’est donc soixante-quinze pas par mètre carré qui sont évités.
- Le labourage à vapeur tel qu’il est représenté dans la fig. 48 a surtout l’avantage d’employer un très-petit nombre d’ouvriers et de permettre, par conséquent, de les mieux choisir et de les mieux payer.
- L’équipe nécessaire pour faire fonctionner un appareil double de dix ou quatorze chevaux se compose de deux chauffeurs conduisant chacun une locomotive, d’un laboureur dirigeant la charrue et d’un charretier pour approvisionner les machines d’eau et de charbon. Ce n’est que pour les labours profonds qu’il est nécessaire d’ajouter un manœuvre pour aider à faire basculer la charrue h chaque bout du champ ; c’est donc au maximum cinq hommes qui sont employés, et le travail fait par journée de dix heures peut s’élever en moyenne à :
- 1 hectare fouillé à...................................50 centimètres.
- ou 2 hectares et demi labourés à.......................30 centimètres.
- ou 5 hectares labourés à................................20 centimètres.
- ou 12 hectares cultivés à................................12 centimètres.
- ou 20 hectares hersés.
- ou 24 hectares roulés. **
- Le labourage ù vapeur fonctionne h Petit-Bourg sans interruption et ne s’arrête que pendant les mois d’été où toutes les terres se trouvent ensemencées.
- Nous avons relevé sur les livres de M. Decauville le nombre de jours de travail de son appareil double fig. 48, et nous avons trouvé :
- En 1874........................................... 159 jours.
- — 1875......................’..................193 —
- — 1876........................................... 154 —
- — 1877........................................... 170 —
- Comme un appareil double de dix chevaux ne peut pas faire le travail de plus de 2o0 à 300 hectares sur une exploitation faisant une culture aussi intensive que celle de Petit-Bourg, M. Decauville vient d’acheter un deuxième appareil de même force à une société d'entrepreneurs de labourage à la vapeur qui avait été obligée de se dissoudre après quelques mois d’existence.
- Cette société était la dernière qui fonctionnait en France, et l’insuccès général de toutes les tentatives qui ont été faites dans notre pays pour entreprendre le labourage à vapeur à façon peut, suivant M. Decauville, être attribué à trois causes.
- 1° Frais de direction trop élevés, ces sociétés n’ayant généralement qu’un appareil et organisant une direction qui pourrait suffire à dix appareils.
- 2° Déplacements trop fréquents du matériel, ces sociétés n’ayant pas pu, avant d’acheter leurs appareils, faire assez de marchés pour s’assurer le travail nécessaire pour payer l’intérêt et l’amortissement du capital.
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- 3° Mauvais établissement du prix de revient des labours par les agriculteurs du pays qui l’estiment beaucoup au-dessous de leur valeur et refusent de payer les prix demandés.
- Les sociétés de labourage à vapeur organisées en Angleterre sont dans une situation bien différente. Elles sont fort nombreuses, et parmi elles on compte la compagnie du Northumberland qui possède vingt appareils doubles, système Fowler, c’est-à-dire quarante machines, et une autre compagnie dont M. Hayes, de Grantham, est le directeur, et qui possède seize appareils doubles, du même système, c’est-à-dire trente-deux machines.
- On calcule que l’ensemble des sociétés de labourage à vapeur en Angleterre cultive plus de vingt-quatre mille hectares, annuellement.
- Il y a bien eu quelques insuccès, mais fort rares, et la cause en a été comme en France la mauvaise administration ou l’oubli de la précaution de s’assurer à l’avance une clientèle suffisante.
- • La fabrication du fromage en Franche-Comté,
- par M. Heuzé.
- (Suite).
- Lorsque les grains sont agglomérés, ce qui a lieu ordinairement au bout de 15 minutes environ, on enlève la masse avec précaution et on la dépose dans la position qu’elle a prise dans la chaudière, sur un moule ou cercle en bois contenant un linge propre et placé sur un égouttoir. Il est essentiel que la pâte qui est très-élastique, ne dépasse pas le haut du moule de plus de 3 à 4 centimètres. Puis, immédiatement, on presse pour débarrasser le fromage du petit-lait qu’il renferme. On le retourne cinq ou six fois pendant les vingt-quatre heures qu’il reste sous la presse. On change la toile chaque fois qu’on le retourne sur lui-même. Il est suffisamment pressé quand le linge reste presque sec. Le point essentiel, c’est de bien extraire le petit-lait. Les fromages suffisamment pressés et ayant une pâte jaunâtre et grasse se percent de trous ronds, grands et réguliers ; ceux qui ont été mal fabriqués et dont la pâte a été divisée en grains de millet, ont souvent une pâte blanchâtre et percée de petits trous ; on les nomme fromages mille yeux ou fromages séchons. On les vend à un prix moins élevé que le prix auquel sont livrés les autres fromages.
- Quand le fromage a été suffisamment pressé, on le* retire du moule, on le marque aux initiales de son propriétaire et on le porte au magasin pour commencer la salaison à l’aide de sel pilé et très-sec. Chaque jour on le retourne et on le saupoudre de sel. On a soin de ne jamais mettre sur la planche une surface humide. Dans ce but, l’après-midi, à l’aide d’un linge, on essuie les surfaces qui ont été salées dans la matinée afin qu’elles soient sèches le lendemain matin. Un fromage est salé quand il a absorbé de 2 à 4 p. 100 de son poids de sel. La salaison des fromages déposés dans un local chaud exige plus de sel que celle des fromages déposés dans une bonne cave. Cette salaison dure ordinairement deux mois en été et trois mois en hiver. A mesure que le sel s’incorpore à la pâte, le fromage blanchit et sa croûte prend de plus en plus de consistance. Pendant celte opération, on nettoie avec soin la surface des fromages et les tablettes sur lesquelles ils reposent.
- (.A suivre.)
- Pawel, Landowski et comp. — Perfectionnements apportés à la fabrication de la bière (121674).
- Penon. — Baseuleur de wagon de terrassement (add. à 119739).
- Pereire. — Procédé propre à obtenir de tous clichés photographiques et de tous dessins sur verre faits avec du vernis des clichés typographiques galvanoplasliques (add. à 118930).
- Pereire. — Papier à philigranes et son procédé de fabrication (121739).
- Perrier. — Machine pour la fabrication des allumettes en cire et en bois (add. à 91677).
- Petit. — Application du nickelage à la fabrication des cardes, peignes, etc., en usage dans le travail des matières textiles (add. à 119866).
- Petit aîné. — Procédé de préparation de poissons marinés au vin blanc et aromates spéciaux (121804).
- Picaud et Bauduin. — Joint métallique pour vapeur, eau et gaz (121772).
- Picaud et Bauduin. — Calorifuge destiné à empêcher le rayonnement de la chaleur et la condensation de la vapeur dans les chaudières, etc. (121773).
- Picot. — Taille de la vigne (add. à 102012).
- Pictet et Turrettini. — Perfectionnements dans la production de la glace (add. à 11733).
- Piet et comp. — Appareil de dessiccation complète de nodules de phosphates, minerais et matières en grains ou morceaux (121789).
- Pinet. — Système de bordure passe-poil à liseré en relief (121710).
- Piron.—Estampage de tubes imitant le genre dit : repercé, pour clefs de montres, etc. (121712).
- Piron. — Genre de doublé mixte pour fabrication d’articles de bijouterie (121713).
- Pointe. — Eau diamantée (121828).
- Poitou et Allais. — Moule dépotoir à fond mobile pour l’emboîtage des conserves alimentaires (121722).
- Polin. — Résistante à vapeur (add. à 118009).
- Politzer Hirschbach. — Garde-billet (121741).
- Pollock. — Enduit calorifuge incombustible et isolant pour chaudières à vapeur, etc. (121870).
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N» 29. — 20 Juillet 1878. — XXXVIIIe Année.
- SOMMAIRE.
- L’accident des mines de Haydock, et la lampe autoxyde, par M. W. de Fonvielle. — La gomme explosive de M. A. Nobel. — Sur les fontes de manganèse, par M. Jordan. — Régulateur de détente, de MM. Hall et Vindsor, de Rouen.—Presse chromolithographique mécanique à rateau, et machine typographique à retiration, de MM. Dupuy et fils.—Machine à brocher, de M. Brehmer. — Fabrication du fromage en Franche-Comté, par M. Heuzé.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur les machines Corliss et Compound,
- par M. de Fréminville.
- On a entamé, le lundi 8 juillet, la série de conférences publiques qui doivent avoir lieu au palais du Trocadéro.
- Après une courte allocution du Général Morin, président de cette première séance, sur l’alliance nécessaire de la science et de l’industrie, M. de Fréminville a pris la parole.
- L’éminent professeur a tracé en peu de mots l’historique des perfectionnements de la machine à vapeur depuis dix ans.
- Dans les machines les plus soignées, les espaces nuisibles atteignaient encore 5 pour cent du volume engendré par le cylindre, ce qui présentait un obstacle insurmontable à l’obtention des grandes détentes.
- En second lieu, les pertes par condensation intérieure sont aussi très-importantes, surtout dans les machines à condensation.
- Les perfectionnements, imaginés pour remédier à ces deux sortes d’inconvénients, ont produit deux genres de machines très-différentes, connues dans l'industrie sous les noms de machines Corliss et machines Compound.
- Machines Corliss.— Ces appareils devraient plutôt être appelés machines à quatre orifices, vu le nombre infini de systèmes proposés par les constructeurs. Que ce soient des tiroirs ou des soupapes, le principe est toujours le même : rapprocher les organes de distribution des orifices du cylindre, afin de diminuer le plus possible les espaces nui-
- GÊ0L0GIE, MINES ET MÉTAUX.
- L accident des mines de Haydock, et la lampe autoxyde,
- par M. W. de Fonvielle.
- Le 7 juin dernier, une formidable explosion a éclaté dans les houillè res de Haydock, mine importante et célébré des environs de Wigan (Lan cashire) ; un bruit épouvantable a porté la terreur dans tous les villages voisins.
- La feuille du controleur démontrait qu au dernier appel 240 ouvriers étaient descendus dans les galeries : cinq seulement qui se trouvaient dans le voisinage du puits d extraction ont été retirés mourants, les 235 autres n’étaient plus que des cadavres mutiles et carbonisés, quand, après mille dangers, les sauveteurs sont parvenus jusqu’à eux.
- Les charbonnages de Haydock donnent des houilles grasses fort estimées que les vapeurs de Liverpool consomment presque exclusivement, mais qui ont, comme il est facile de le comprendre, l’inconvénient de dégager des gaz carbonisés facilement inflammables ; cette propriété dangereuse est si développée qu’elle s’exerce quelquefois jusque dans les soutes mêmes des navires.
- On peut dire que de toutes les houillères, celles de Haydock sont parmi les plus dangereuses, et, tout en déplorant la catastrophe p récédente, on doit s’étonner que depuis 1866, époque où une explosion a coûté la vie à 67 ouvriers, les mines n aient point vu d autres victimes avec des appareils aussi dangereux que les lampes ordinaires de Davy.
- Cependant l’effet produit par cet accident épouvantable a été tel de l’autre cote du détroit, que 1 on a cnerché serieusement à remplacer l’appareil imparfait cause de tant de malheurs.
- Quelques-uns ont pensé à substituer à la lumière produite par 1 a combustion de 1 huile, celle de 1 électricité qui, renfermée dans des tubes de Gessler, ne saurait enflammer le grisou. En effet si les tubes se brisent, l’air rentre et tout disparaît dans l’obscurité.
- Mais il n est pas besoin d avoir recours à l’électricité pour remplacer la veilleuse qui ne porte le nom de lampe que par hyperbole, et qui, malgré la grande réputation de 1 illustre Davy, son inventeur, a été la cause de tant d’accidents dans les houillères. L’air comprimé que M. Boullenot a imaginé d amener au fond des galeries les plus reculees et les plus profondes, permet d’y entretenir, avec la lampe autoxyde dont il est l’inventeur, une clarté merveilleuse (1).
- Ce système ne demande que 1 adoption d une canalisation permanente analogue à celle du gaz dans les rues des villes, avec des robinets de prise d’air de distance en distance (fig. 49).
- Grâce à cette disposition ingénieuse, le mineur trouve partout, avec une sécurité complète, une clarté incomparablement plus grande que celle dont il était oblige de se contenter jusqu à présent. L’esprit d’économie dés grandes compagnies minières pourra seul, désormais, condamner l’ouvrier à l’obscurité et à tous ses dangers.
- (1) Voir le Technologiste, 3e Série, 1.1, page 175.
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- Il faut d’ailleurs espérer que l’Exposition universelle de 1878 sera le point de départ d’une ère nouvelle, et que les appareils ingénieux exposés dans les
- Fig. 49.
- galeries n’auront pas inutilement frappé l’attention du public et des hommes de science.
- Notons, qu’il y a quelques années M. Edouard Hermon, membre du Parlement britannique, entreprit à ses frais une enquête sur les causes du grisou et les moyens de les annuler, et qu’en 1877, M. Paul Bert, membre de la Chambre des députés, fit une proposition analogue, accueillie avec une égale faveur par les journaux de tous les partis.
- Enfin, parmi les questions d’hygiène que tout congrès sérieux devra traiter à fond, il n’en est pas certainement de plus importante, car on n’a pas oublié sans doute que, d’après une statistique récemment établie en Angleterre, chaque cent mille tonnes de charbon extraite des entrailles de la terre, représente la vie d’un ouvrier succombant sans secours à la plus terrible des morts.
- La gomme explosive, de M. A. Nobel.
- Il est intéressant de rendre compte des essais qui ont eu lieu au tunnel du Gothard, pour déterminer comparativement les effets de la gomme explosive de Nobel et ceux de la dynamite. La marche à suivre avait été indiquée par M. l’ingénieur Colladon. On prit des blocs de plomb cubiques ayant 20 centimètres de côté et percés suivant l’un des axes, d’un trou cylindrique de 12 millimètres de diamètre, sur 110 de profondeur.
- • Dans l’un de ces blocs on chargea le trou central avec 10 grammes de dynamite n° 1 de Nobel à 7o pour cent de nitroglycérine.
- Dans l’autre bloc on employa, comme charge, 10 grammes de gomme explosive de Nobel. Les deux charges furent bourrées à l’eau et on y mit le feu h la manière habituelle. Ces essais furent répétés plusieurs fois.
- sibles. Il y a donc un grand nombre de systèmes basés tous sur le même principe avec des noms différents. On est ainsi arrivé à réduire les espaces nuisibles à 2 pour cent et même à 1 pour cent du volume engendré par le cylindre, et l’on obtient des détentes très-étendues facilement actionnées par le régulateur. L’économie est sensible, par exemple, en comparant à une machine Farcot qui ne dépensera que 800 grammes par cheval indiqué, une machine Corliss marchant dans les mêmes conditions, laquelle pourra très-bien ne dépenser que 700 à 750 grammes. Mais ces machines sont très-compliquées, exigent beaucoup de soins, ne sont utilisables que sur terre et ne peuvent généralement pas marcher à de grandes vitesses.
- Machines Compound. — Ce système part d’un tout autre principe pour arriver au même but, la grande détente, qui s’opère alors dans un second cylindre : ce n’est autre chose que la machine de Woolf.
- Le travail théorique est le même que dans une machine à un seul cylindre, en supposant les espaces nuisibles nuis : mais en réalité il existe un espace nuisible entre les deux cylindres, lequel exerce une influence perturbatrice et cause une perte de travail. La détente n’est pas changée, mais le travail se répartit différemment sur les deux cylindres. Cette perte pourrait compenser les avantages de la machine.
- Avec une détente égale à 10 et une capacité intermédiaire égale au dixième du petit cylindre, la perte de travail n’est que de 2 pour cent, mais avec une capacité égale au petit cylindre, la perte serait de II pour cent.
- On peut diminuer cette perte en ne conservant pas la pleine introduction dans le petit cylindre, et en somme, les machines Woolf sont sérieusement économiques, ce qui tient surtout à leur construction et à ce que les conséquences des fuites de vapeur dans les organes du petit cylindre sont moins graves, parce que la vapeur travaille dans le grand cylindre sans passer de suite au condenseur.
- Pour avoir des détentes encore plus étendues sans augmenter les proportions du grand cylindre, on peut commencer la détente dans le petit. Le travail total se trouve réparti autrement, et la différence entre l’effort initial et l’effort final est moins grande ; mais, la même transmission ne peut plus servir pour "les deux tiroirs. Il est évident que, de cette façon, l’espace nuisible inter-
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- médiaire a une influence moindre ; mais l’importance de la perte dépendra toujours de la grandeur du volume interposé relativement aux cylindres.
- Le système dit spécialement Compound nous est venu d’Angleterre depuis quelques années. Il y a toujours deux cylindres, mais les deux bielles sont articulées sur des manivelles à angle droit : de là, un régime tout particulier. Un cylindre ne pourrait plus évacuer immédiatement dans l’autre : la vapeur s’emmagasine dans un réservoir intermédiaire qui remplit vis-à-vis du grand «ylindre le rôle de chaudière. Dans ce cas, pour l’uniformité du mouvement de rotation, il convient que les travaux de chaque piston soient égaux, ce qui est facile à obtenir. Il faut dire, pourtant, qu’en pratique on est obligé d’accepter une petite perte de travail entre le petit et le grand cylindre, pour qu’il n’y ait pas de travail négatif à la fin de la course du petit cylindre, à cause des frottements et des résistances passives.
- Dans ces machines, on ne peut plus faire facilement de détente variable, car, la machine a été réglée pour maintenir l’égalité des travaux, et si l’on change l’introduction dans le petit cylindre, l’égalité est troublée, le mouvement sera moins uniforme. Cette considération n’est pourtant pas si importante qu’elle peut le paraître au premier abord : le volant est là pour régulariser..
- D’ailleurs, il en est de même dans les machines ordinaires à détente, où les efforts varient à chaque instant.
- On peut donc obtenir des détentes variables avec les machines Compound, mais il faut faire varier l’introduction dans les deux cylindres suivant une loi déterminée : il convient alors de construire des échelles d’après lesquelles on réglera les admissions à la main.
- Ces machines commencent à s’introduire dans les ateliers, où elles sont toujours plus économiques que les machines ordinaires, car elles permettent les grandes détentes, et les causes des refroidissements et de pertes sont moins énergiques, en même temps que les fuites sont plus difficiles à cause des deux cylindres.
- Conclusion. — On pourrait désirer de parvenir à joindre aux avantages des machines à deux cylindres, les qualités d’espaces nuisibles réduits, obtenues par l’emploi des quatre orifices. C’est d’ailleurs dans ce courant audacieux que se portent dès aujourd’hui les perfectionnements. On en peut
- Les résultats furent très-nets. Dans le bloc contenant la dynamite n° 1, l’explosion produisit une cavité en forme de poche qui mesurait un volume moyen de 200 centimètres cubes. Dans le bloc contenant la gomme, la cavité produite mesurait 450 centimètres cubes. Comme les volumes des cavités produites par les deux explosifs sont très-sensiblement proportionnels à la puissance desdits explosifs, on peut conclure de ces expériences que l’effet utile de la dynamite-gomme est au moins le double de celui de la dynamite n° 1 de Nobel. C’est du reste ce que la pratique dans les mines et les carrières confirme chaque jour.
- La gomme a, de plus, sur la dynamite l’avantage de se conserver indéfiniment dans l’eau, aussi son emploi pour les torpilles est-il tout indiqué.
- Sur les fontes de manganèse, par M. Jordan.
- M. Jordan, professeur de métallurgie à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures, s^est livré à une étude approfondie sur les fontes de manganèse. Il signale, entre autres, un fait des plus intéressants, à savoir que le manganèse se volatilise en partie lorsqu’on le porte à une très-haute température. Ainsi, M. Jordan a remarqué que sur des fontes qui devaient contenir 8 0/q de manganèse, on constatait une perte de 0,6 à 0,7 0/q. C’est la première fois, croyons-nous, qu’il est question de la volatilité du manganèse, volatilité que les chimistes ne soupçonnaient même pas.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Régulateur de détente, de MM. Hall et Windsor, de Rouen.
- Cet appareil se place entre le pendule d’une machine k vapeur et l’organe qui commande le tiroir de la détente : il a pour objet de transformer les indications du pendule en mouvements rapides et énergiques par l’action d’une .force distincte appliquée k la came k bosses M (fig. 50), dont les diverses positions déterminent des amplitudes différentes pour le mouvement de la touche O, du levier P qui la porte et de la tringle Q reliée au tiroir de la détente.
- Il se compose d un cylindre A, contenant un piston E, dont la tige creuse est fixée k la came k bosses par l’intermédiaire de la traverse K, des bielles verticales et du collier L. Un orifice B met le cylindre en communication avec une enveloppe et celle-ci communique elle-même avec le condenseur de la machine par le tube G. D’autres orifices E’, au nombre de quatre, disposés symétriquement au centre du piston, établissent la communication entre le
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- haut et le bas du cylindre, qui est réuni par le tube D au réservoir d’écoulement de l’eau du condenseur.
- Il s’établit dans le haut du cylindre une certaine contre-pression déterminée par le rapport des orifices B et E’, tandis qu’un courant d’eau traverse tout l’appareil sous l’aspiration du condenseur.
- Si le poids du système mobile relié au piston est égal à la différence des forces déterminées parla pression sous le piston et la contre-pression au-dessus, il y a équilibre et la came à bosses ne varie pas de hauteur.
- Mais si on modifie le rapport des sections des orifices en faisant varier l’un d’eux, l’équilibre sera rompu et les mouvements du piston changeront la position de la came par rapport à la touche O.
- Le pendule de la machine transmet les mouvements verticaux de son manchon à la tringle F qui porte une douille I percée de deux rainures en hélice ; une goupille, engagée dans ces rainures, fait corps avec une tige placée dans la tige creuse du piston et terminée par un tiroir circulaire capable de modifier la section des quatre lumières E’ que porte le piston ; en sorte qu’un mouvement vertical de la tringle F se traduit par une rotation du tiroir circulaire, soit par l’augmentation ou la diminution de l’aire totale des orifices E’. Du reste, la course totale de la goupille dans les rainures de la douille I correspond à la fermeture complète des orifices E’ ; et on est certain que ces derniers sont à moitié ouverts lorsque la goupille occupe une position moyenne dans les rainures.
- Cela posé, on dispose d’un robinet placé sur le parcours du tube C et dont l’orifice, plus faible que l’orifice B, joue en réalité le rôle que nous avions assigné à ce dernier; si donc on veut régler l’appareil pour une certaine vitesse assignée à la machine, il suffit de modifier l’ouverture du robinet jusqu’à ce que l’équilibre du système mobile soit réalisé en maintenant la goupille au milieu des rainures ; et, inversement, si la vitesse de la machine change, le pendule agit sur la douille, provoque une rotation du tiroir et les ouvertures E’ sont modifiées.
- Ainsi, l’on change l’un des termes du rapport des orifices pour régler l’appareil à une vitesse déterminée, en agissant sur le robinet; et le pendule modifie l’autre terme de ce rapport lorsque la vitesse de la machine n’est pas uniforme.
- Soit H.la pression sous le piston par unité de surface ;
- H’la contre-pression au-dessus du piston ; h la pression dans l’enveloppe du régulateur ;
- P le poids non équilibré que le piston représente à vide;
- S la section du cylindre;
- s l’aire des orifices du piston pendant le régime; s' l’aire d’évacuation entre le cylindre et l’enveloppe ; m le développement de la circonférence de la clé ; n le déplacement d’un point de cette circonférence;
- A la hauteur du pas de la rainure en hélice; r le rapport des longueurs des bras du levier du pendule ; b la course du manchon du pendule ; l la hauteur du pendule pendant le régime; k la fraction de tour dont la machine varie ;
- L’équilibre donne : H’ = H------—.
- On a
- r = d’o hs = s[/^ JL
- H — H n
- (H — A) — 1
- voir deux exemples à l’exposition. Dans l’un, les quatre orifices sont seulement sur le petit cylindre ; dans l’autre, les deux cylindres en sont pourvus.
- Fig. 50.
- Régulateur de détente, de MM. Hall et Windsor.
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- JUGEMENTS ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELS.
- Sur le café et la chicorée.
- Un jugement rendu dernièrement par le tribunal de simple police de Hammermitli (Angleterre), est assez bizarre et ne peut qu’encourager les falsificateurs dans leur criminelle industrie.
- M. Wood, négociant, comparaissait devant un juge, M. Bridge, so.us le coup d’une triple accusation :
- 1° falsification du café ;
- 2° vente de café falsifié, à un prix trop élevé ;
- 3° tromperie dans la vente, en n’indiquant pas sur l’enveloppe de ses paquets que le café était additionné de chicorée.
- Considérant que la chicorée est un aliment sain, M. Bridge éluda les questions de falsification et de tromperie, et n’infligea à M. Wood, qu’une amende de 1 shilling.
- Personne n’ignore, cependant, que ces mélanges hétérogènes sont nuisibles, non-seulement à la qualité des aliments, mais encore à la santé de ceux qui les consomment. En outre, il est absolument interdit de livrer à l’acheteur, du café mélangé, sans l’avertir préalablement.
- Comment pourra-t-on, après un tel arrêt, appliquer les lois qui régissent les falsifications ? Le laitier qui sophistique son lait par addition d’eau, est condamné aux frais du procès, et pourtant l’eau est un aliment sain.
- (Sanitary Record.)
- Lois diverses, relatives à l’Exposition universelle.
- 1° Loi portant ouverture au ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts d’un crédit de 100.000 francs sur l’exercice 1878, à l’effet de réunir à Paris, pour visiter l’Exposition et assister à des conférences pédagogiques, des instituteurs et autres membres de l’enseignement primaire.
- Art. 1er. — Un crédit de cent mille francs (100.000 fr.) est ouvert au ministre de l’instruction publique sur l’exercice 1878 (chapitre 35, instruction primaire), à l’effet de
- 71A.
- Le pendule donne : 6 = ——; pour une variation 1 ± k de la vitesse, on a
- i
- une longueur l' = l — d’où •
- w À I I )
- et ~m7 =zfl\'(i ± Qt-----*I; d’où Ies expressions :
- tyyi £ y* I | I
- Abaissement: n = . . ..........(1)
- i-j=t/'—üLh_. . ,2)
- v wfr-l-nA...........„..........W
- Montée: " = ^1 —(T^rJ..........................(3)
- 1+4 = 1/ —(”irnA.......................O)
- En substituant aux signes qui composent ces expressions les mesures prises sur l’un des régulateurs exécutés par MM. Hall et, Windsor, celui qui figure à l’Exposition universelle par exemple, on trouve que, pour une variation 1 -{- K = 0,001 de la vitesse de la machine, ce qui correspond à une augmentation d’un millième de tour seulement, l’effort disponible sur le piston, en vertu duquel la came à bosses doit opérer son déplacement, atteint le chiffre de 28 kilogrammes. Or, les fuites n’étant pas à redouter dans le cylindre, attendu qu’elles jouent seulement le rôle d’une partie de l’aire des orifices toujours ouverts, les constructeurs n’ont employé ni presse-étoupes, ni garniture pour le piston, et les mouvements de l’appareil tenu en équilibre n’exigent qu’un faible effort.
- Le régulateur de MM. Hall et Windsor est donc très-énergique malgré son extrême sensibilité, et il permet d’employer des pendules coniques de la plus grande légèreté : celui qui gouverne la grande machine verticale exposée en ce moment est garni de boules dont le poids ne dépasse pas un kilogramme.
- PHOTOGRAPHIE, GRAVURE ET IMPRIMERIE.
- Presse chromolithographique mécanique à râteau et machine typographique à retiration,
- de MM. Dupuy et Fils.
- La machine lithographique à cylindre, du type courant adopté par tous les constructeurs, comporte un défaut inhérent à sa nature même, qui est une cause d’infériorité réelle. C’est que le cylindre est un mauvais organe de pression qui ne peut faire enlever l’encre de dessus la pierre, comme le fait si complètement le râteau employé dans les presses à bras ; de là, la nécessité de charger les rouleaux d’une plus grande quantité d’encre, ce qui cause des empâtements qui font perdre avec la finesse toute valeur au travail de l’artiste. Aussi la presse à bras possède-t-elle encore le monopole des travaux de
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- 230
- £c 'Cefliiurlogiste
- N° 29. — 20 Juillet 1878. — XXXVIIIe Année.
- luxe, malgré les avantages incontestables de la presse mécanique à cylindre. C’est pour les travaux de luxe que MM. Dupuy et fils ont combiné leur nouvelle machine, aussi l’organe de pression qu’ils y emploient est-il le râteau.
- Dans cette machine, la pierre, après avoir été se mouiller et s’encrer, revient se mettre dans l’ouverture d’un cadre à repérer* muni de pointures et absolument semblable à celui de la presse à bras; le cadre reste à demeure à l’endroit où la pierre s’arrête, de sorte que le margeur commence à pointer la feuille pendant que la pierre va s’encrer et finit de la déposer sur la seconde pointure, quand la pierre est revenue sous le cadre. A cet instant, le râteau s’avance vers la pierre, faisant dérouler le cuir tympan qui était enroulé sur un cylindre placé derrière lui : après avoir passé au-dessus de la première pointure, il descend sur le papier, fait pression et se relève à la rencontre de l’autre pointure. Il revient alors en conservant, dans son mouvement rétrograde, une hauteur constante, et pendant ce temps, le cuir s’enroule de nouveau sur le cylindre laissant sur la pierre l’épreuve que le margeur enlève pendant que le râteau termine son mouvement. La pierre va de nouveau s’encrer et ainsi de suite.
- En outre de la propriété de faire la pression par râteau, cette machine possède l’avantage de pouvoir être servie par une seule personne : l’ouvrier marge sa feuille et la retire comme dans une presse à bras et tout travail pénible lui étant retiré, l’encrage, le mouillage et le tirage, on comprend que la rapidité reste la même que dans une autre machine. La dépense étant moindre comme personnel et le résultat étant une impression parfaite, l’avantage de cette machine doit apparaître à tous les yeux.
- La machine à retiration est construite identiquement par tous les constructeurs. Le principe de ce genre de machine est en effet absolument complet et se prête également aux travaux de luxe et aux travaux courants.
- Cependant, si cette machine, en tant que système, est sans défaut, elle laisse encore à désirer au point de vue du mécanisme, et l’on peut dire qu’aucune de ses parties n’était à la hauteur de son rôle. Par exemple, le mouvement du marbre doit être absolument uniforme, c’est une condition essentielle. Cette uniformité n’existe pas avec le joint de Cardan. Pour y remédier on a trouvé les sangles, qui établissent une solidarité entre les cylindres et le marbre au détriment du mécanisme qui, bridé de toutes parts, s’use en dépensant une force considérable. Il est bien certain que l’unitormité dans la marche du marbre est cherchée activement : depuis une vingtaines d’années des brevets ont été pris. Le mouvement employé par MM. Dupuy et fils donne cette uniformité théorique, et facilite encore les autres parties du mécanisme, notamment le soulèvement des cylindres. Dans les machines courantes, un arbre placé en dessous de la machine est chargé de cette fonction ; il est commandé par l’arbre moteur, porte une came, et agit sur un cadre lié à des leviers qui font agir quatre doubles genouillères et glisser des montants.
- Dans le nouveau système, on se sert du demi-tour que fait la douille à manivelle à chaque course, pour commander un excentrique circulaire actionnant les deux bouts du cylindre par l’intermédiaire d’un T.
- Le but que le mécanisme à genouillère doit atteindre n’est pas un mystère, il doit simplement donner la certitude que les cylindres étant baissés resteront à la même hauteur pendant l’impression ; ce but, la genouillère le remplit, mais ledit mécanisme donne une sécurité encore plus grande : d’une part tout le mécanisme de soulèvement s’arrête complètement; d’autre part, la commande se faisant par un excentrique circulaire qui arrive à son point mort, on obtient une précision absolue.
- réunir à Paris, au moment des vacances scolaires, pour visiter l’Exposition et assister à des conférences pédagogiques, le plus grand nombre possible d’instituteurs et autres membres de l’enseignement.
- Art. 2. — Une commission nommée par le ministre de l’instruction publique sera chargée, de concert avec le ministre de l’agriculture et du commerce, d’organiser ces réunions et de prendre toutes les mesures nécessaires pour l’exécution de la présente loi.
- 2° Loi relative aux récompenses à décerner à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris en 1878.
- Article unique. — Le Gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre de la Légion d’honneur, sur la proposition du ministre de l’agriculture et du commerce, en dehors des dispositions restrictives des trois premiers paragraphes de l’article 1er de la loi du 25 juillet 1873, en faveur des artistes, des agriculteurs, des industriels et de leurs collaborateurs, contre-maîtres et ouvriers français, qui se seront le plus exceptionnellement distingués à l’Exposition universelle ouverte à Paris en 1878, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra pas dépasser :
- 4 croix de grand-officier,
- 16 croix de commandeur,
- 80 croix d’officier,
- 300 croix de chevalier.
- Soit, en totalité, 400 promotions ou nominations.
- 3° Loi portant ouverture au ministre de l’agriculture et du commerce, sur le budget de l’exercice 1878, d’un crédit extraordinaire de 100.000 francs.
- Art. 1er. — Il est ouvert au ministre de l’agriculture et du commerce, sur le budget de l’exercice 1878, un crédit extraordinaire de cent mille francs (100.000 fr.), sous la rubrique Chapitre 11 bis. (Achats de modèles et dessins à l’Exposition universelle de 1878, pour le Conservatoire des arts et métiers.)
- Art. 2. — Il sera pourvu à l’acquittement de ces dépenses au moyen des ressources générales affectées au budget de l’exercice 1878.
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- N°29.— 20 Juillet 1878. — XXXVIIIe Année. £c (Lcdpttfluqihte 231
- VARIÉTÉS.
- Par décret en date du 21 juin 1878, rendu sur le rapport du ministre des travaux publics, M. Lecœur (Eugène-Alexandre), conducteur des ponts-et-chaussées, est nommé ingénieur ordinaire de 3e classe au corps des ponts-et-chaussées.
- Le ministre des travaux publics a autorisé la Compagnie des chemins de fer du Midi à livrer à l’exploitation, à partir du 1er juillet prochain, la section du chemin de fer de Carcassonne à Quillan, comprise entre Limoux et Quillan.
- Cette section a une longueur de 28 kilomètres 984 mètres 70.
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- Voici quelques renseignements sur le chemin de fer aérien ou suspendu de New-York.
- Les trains partent actuellement toutes les trois minutes. Mais, dans quelque temps, quand le matériel roulant sera au complet, les départs auront lieu toutes les deux minutes, non pas avec trois, comme actuellement, mais avec quatre wagons.
- La Compagnie maritime du Maryland et Delaware se propose de construire un canal d’une longueur de 112 kilomètres sur une largeur de 30 mètres et 7 m. 50 c. de profondeur d’eau, entre la baie de Chesapeake et la baie de Delaware. Par ce canal, Baltimore se trouvera aussi rapproché de l’embouchure du Delaware que l’est Philadelphie, et la distance pour les vaisseaux faisant le trajet de New-York et Baltimore en Europe sera raccourcie de 360 kilomètres, ce qui diminuera le fret de 1/2 dollar par tonne. Cette entreprise doit coûter 8.000.000 de dollars (40.000.000 de francs) et la compagnie est autorisée à prélever une taxe de 1 franc par tonne sur tout le trafic du canal.
- BREVETS D’INVENTIQN.
- Votez aîné. — Perfectionnements aux grilles des foyers de générateurs et autres (121833).
- Pothin. — Briques creuses destinées à remplacer la pierre dans la construction des nervures des voûtes d’églises (121666).
- Enfin la commande des pinces était elle-même une chose peu mécanique, encombrante, que la poussée d’un enfant pouvait et faisait souvent déranger. MM. Dupuy et fils ont remplacé ce mécanisme par trop élémentaire par une came folle sur le cylindre et qui fait un tour pendant qu’il en fait deux. Cette came porte ainsi toutes les bosses et elles sont à l’abri de toute atteinte. Cette came sert en même temps aux autres fonctions de la machine.
- Ces modifications apportent donc : simplification et perfection dans les mouvements.
- Machine à brocher,
- ’de M. Brehmer.
- M. Brehmer, de Manchester, a construit récemment une machine, qu’il a fait breveter, destinée au piquage des brochures et des livres, avec emploi du fil d’archal substitué au fil ordinaire. Pour le piquage des brochures, on fait trois attaches séparées, après chacune desquelles le fil est rompu et les bouts rivés. A l’égard des livres, le procédé est le même, seulement les différentes feuilles ou fascicules sont, comme d’habitude, montées sur des rubans. Dans les deux cas, les résultats sont très-satisfaisants, mais surtout en ce qui concerne les livres, car, grâce à cette substitution, il n’y a plus la moindre possibilité que les feuilles se déplacent, par trop ou trop peu de tension. De plus, la nouvelle machine a l’avantage d’être très-petite et très-compacte, et elle est tellement facile à faire fonctionner, qu’une jeune fille peut, par heure, piquer 2.000 feuilles d’une brochure, et 1.200 feuilles quand il s’agit d’un livre. Son prix modique de 4.125 francs, ainsi que l’économie et la qualité du travail qui résultent de son emploi, ont déjà fait adopter la machine de M. Brehmer par d’importants établissements, entre autres, par la grande maison J. Heywood, de Manchester, et par celle plus considérable encore de MM. Waterlow et fils, de Londres.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Fabrication du fromage en Franche-Comté,
- par M. Heuzé. ^
- (Suite). .
- La fabrication du fromage de gruyère exige une grande pratique. Elle est généralement facile pendant les mois de mars, avril et mai. Les mois de juin, juillet et août sont ceux pendant lesquels la fermentation est la plus prompte. Aussi, ordinairement, on caille froid, on chauffe le caséum jusqu’à 65 degrés, et on cherche à obtenir un grain moyen afin d’avoir un fromage ayant de beaux yeux. Les grandes chaleurs et les temps orageux imposent aussi l’obligation de bien laver les ustensiles à l’eau bouillante. La fabrication pendant
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- les mois de septembre et octobre est plus facile qu’en été; toutefois, comme le lait à cette époque est toujours plus butyreux, on doit cailler un peu dur à 35 degrés et employer de la présure forte.
- Toutes choses égales d’ailleurs, le chauffage excessif du lait maintient la pâte molle et fait crevasser souvent les fromages ; en outre, un degré centigrade de chaleur de trop, peut diminuer d’un kilogramme le poids d’un fromage de 30 kilogrammes. Le fromage froid, c’est-à-dire fabriqué avec du lait qui n’a pas été suffisamment chauffé, doit être soumis à une salaison plus prolongée que les autres.
- La présure est préparée avec la recuite dans laquelle on fait infuser des caillettes. La recuite doit être à la température de 50 à 55 degrés quand on y introduit les caillettes. Chaque jour, on prépare une présure nouvelle. Celle qui n’a que vingt-quatre heures de préparation est moins forte que la présure qui a deux jours et surtout trois jours de date. A chaque fromage, on remplace la présure employée par de la recuite. Lorsque la caillette monte à la surface du liquide, la présure est trop forte; on doit la jeter. On obtient de la présure forte avec de la recuite forte et des caillettes fraîches, et de la pré^-sure moins énergique avec de la recuite faible et des caillettes vieilles. Pour juger la force d’une présure, on en met un peu dans un vase quelconque et on y verse une petite quantité de lait : la promptitude avec laquelle se forme le caséum et son aspect, indiquent très-bien la force de la présure.
- Les fromages, même ceux qui ont été bien fabriqués, sont sujets à des modifications ou altérations diverses.
- Les fromages gercés présentent des fentes plus ou moins grandes. Les fromages très-gras sont surtout exposés à cette altération, qu’on évite souvent en chauffant davantage le lait. On doit éviter d’introduire du sel dans les gerçures qui sont le plus ordinairement situées à la partie centrale du fromage. Les fromages gercés s’altèrent facilement.
- Les fromages lainés sont ceux qui présentent des fentes intérieurement. Cette altération de la pâte est le résultat d’une fermentation qui s’est développée très-lentement. On l’observe principalement sur les fromages qu’on fabrique pendant l’automne et l’hiver. Pour l'éviter, on caille promptement et dur avec une température de 38 degrés et de la présure forte.
- Les fromages montés sont ceux qui sont bombés sur leurs surfaces. Cet état se produit pendant les grandes chaleurs, et lorsque les fromages sont déposés dans des caves trop chaudes. Les fromages à bords soufflés sont ceux qui ont leur pourtour soulevé en forme de cordon. Ce défaut est le résultat d’une fermentation trop active. Ces divers fromages deviennent souvent excellents avec le temps.
- Les fromages brêchés sont ceux que l’on fabrique pendant les grandes chaleurs avec du lait aigri ou altéré par les orages. On doit cailler froid, employer une petite quantité de présure faible et brasser davantage. Le fromage ainsi fabriqué, est toujours plus pressé que les autres. Sa pâte est de qualité très-ordinaire.
- Les fromages éraillés présentent des trous très-irréguliers. Ils proviennent d’opérations faites, pendant l’automne et l’hiver, avec du vieux lait. L’érail-lure se produit sur les bords du fromage et rarement au centre. On évite celte altération en caillant chaud, promptement et dur.
- (A suivre).
- Rutel et Désableau. — Perfectionnements aux machines à couper le papier, le carton, les métaux, etc. (121777).
- Quennesson. — Presse hydraulique à filtrage multiple (add. à 111477).
- Queval. — Taquet en buffle pour métiers à tisser (add. à 115997).
- Quinat frères;—Machine à confectionner les chevilles en bois (121800).
- Raoux. — Frein applicable aux trains et convois de wagons, tramways, etc. (add. à 116097).
- Rapicault. — Genre de bobinot(121732),
- Rappeneau. — Buvard électrique (121793).
- Ravasse, Gènissieu fils et comp. (Société). — Compteur double pour machines à imprimer, etc., pour en indiquer le travail effectif (121886).
- Rave et Wattinne-Delespierre. — Polychrôme et son application à la teinture des matières textiles (121820).
- Rehm. — Perfectionnements à la fabrication du Rimeli beurre ( 121815).
- Rènis. — Tuyères à air chaud (121798).
- Richerod. — Fabrication des velours coupés (121702).
- Rigot et Léhoux. — Métier à tisser (121759).
- Robbins. — Joint pour conduites d'eau, etc. (121783).
- Robert Maxton et comp. — Fabrication mécanique de la dentelle (121837).
- Rochon. — Carde métallique (121703).
- Rollet. — Mouvement direct sans frottement (121652).
- Rosset. — Balancier-pendule à marche mystérieuse (121688).
- Rous. — Robinet-graisseur (121821).
- Roussel et autres. — Appareil éclaireur économique universel (121851).
- Saint-Requier.—Appareils désintégrateurs et pulvérisateurs (121809).
- Sauerbrey. — Giberne ou cartouchière à réservoir (add. à 121481).
- Savigny et Collineau. — Préparation d’une substance végétale colorante, d’une ino-cuité absolue et de ses dérivés (add. à 116229). '
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Détibreur pour cannes à sucre, de M. Faure. — Sur la température des vapeurs émises par les jus sucrés, par M. L. Chenot. — Les chaudières et les machines, de M. Boyer, de Lille. — Fabrication du fromage en Franche-Comté, par M. Heuzé.
- CHRONIQUE.
- Le Creusot : historique, production actuelle. par M. Rozès-Joly.
- A la fin du siècle dernier existait, dans cette portion de la France qui forme aujourd’hui le département de Saône-et-Loire, un modeste hameau. Quelques habitants rencontrèrent un jour, à fleur du sol, la naissance d’une couche de houille, qu’ils se mirent à exploiter à ciel ouvert pour le chauffage de leurs pauvres habitations.
- En 1769, l’invention du cubilot, pour refondre la fonte de fer au moyen du coke, rapprochée de la découverte de ces gisements, vint frapper l’esprit de M. François de la Chaise, qui demanda la concession de ces mines et l’obtint. C’est à cette époque que cette localité changea son nom primitif de « la Charbonnière » en celui « du Creu-sot, » et c’est peu après, en 1782, que se fonda, pour l’exploitation de la première usine à vapeur qui y fut construite, une Société dans laquelle le roi Louis XVI était un des principaux actionnaires.
- La Révolution et les grandes guerres de l’Empire ne détruisirent pas l’industrie nai^ santé, mais la particularisèrent de telle sorte que, jusqu’en 1815, elle fut spécialement affectée à la fonte des canons et des projectiles: ses fourneaux s’éteignirent ensuite jusqu’en 1818, époque à laquelle elle fut achetée, pour 900.000 francs, par MM. Chagot et Cie, qui, malgré tous leurs efforts, furent bientôt obligés de céder devant la concurrence des fonderies rivales, de sorte qu’ils durent, le 12 janvier 1826, revendre leur usine à la Société Manby, Wilson et Cie. Les nouveaux procédés d’affinage et de soudage du fer à la houille, apportés par ces derniers, ramenèrent un moment la vie dans les ateliers du Creusot; mais le succès ne couronna pas les efforts de ces inventeurs qui, sept ans plus
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Défibreur pour cannes à sucre, de M. Faure.
- Parmi les appareils nouveaux et intéressants qui figurent à l’Exposition universelle, nous citerons le Défibreur de M. Faure, qui nous paraît combiné pour rendre les services considérables que réclame l’importante industrie sucrière-coloniale.
- Chacun sait que 1 extraction du vesou s obtient à l’aide de puissants cylindres qui écrasent la canne et extrayent de 55 à 65 pour 100 de jus sucré, au lieu des 90 pour 100 qu’elle contient.
- .Le Conseil general de la Guadeloupe avait proposé de donner une prime de 100.000 francs au système qui augmenterait de 10 pour 100 le rendement du sucre.
- La meilleure solution d un problème posé est toujours celle qui est la plus simple. Or, tant au point de vue du système combiné qu’à celui de son mode d’emploi, M. Faure nous paraît avoir réussi, de ce côté, au-delà de ce que l’on pouvait désirer, car son outil a un caractère de simplicité remarquable.
- Sa machine se compose simplement d’un cylindre portant sur sa périphérie une denture robuste, hélicoïde et excentrée, tournant contre une partie de denture semblable concentrique et fixe, de maniéré que l’espace compris entre les deux dentures varie sans cesse dans un tour et au gré du travail à obtenir.
- La canne, posée en travers sur le conducteur, est immédiatement engagée dans cet espace et sort entièrement défibrée.
- On conçoit que la production soit très-considérable, car la canne, au lieu d’être finement broyée comme le faisait naguère le même M. Faure, est seulement désorganisée et grossièrement défibrée. D’où il s’ensuit que les cylindres n ayant plus à vaincre la résistance de l’écorce et des nœuds, agissent plus energiquement et plus efficacement sur les cellules, et l’on conçoit aisément que leur rendement soit supérieur.
- L appareil considère n est donc autre chose qu’un appareil complémentaire des moulins à canne actuels, travaillant alors dans d’autres conditions et rien n’est changé au matériel existant, ce qui n’est pas le côté le moins intéressant de la question.
- En effet, l’outil est simplement placé perpendiculairement à l’axe du conducteur des cylindres.
- L’alimentation a lieu sur le conducteur du décortiqueur, et, automatiquement, la canne défibrée se trouve conduite aux moulins.
- Ces derniers remplissent l’office de puissantes presses continues.
- Ce système n augmente pas la main-d œuvre et exige moins de puissance motrice.
- Appliqué directement aux cylindres, le défibreur Faure doit donner entière satisfaction à 1 augmentation demandée dans le rendement.
- Déjà M. Faure avait fait, avec un broyeur de son système, et à l’usine de MM. Cail et Cie, des expériences dont les résultats avaient été considérés comme des plus satisfaisants. Seule, la quantité suffisante de production ne
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- paraissait pas pouvoir être réalisée, et c’est à atteindre ce résultat important que M. Faure s’est heureusement employé.
- Des cannes à sucre conservées, ayant une année d’existence, et par suite, une ténacité bien supérieure à celle des cannes fraîches, ont été déchirées ou énervées avec aisance et rapidité sans que l’appareil ail paru en éprouver beaucoup de fatigue. En effet, du reste, l’action de cet appareil est une simple action de déchirement ou de séparation des fibres, presque de simple écrasement, sans aucune action d’extension ou de cisaillement de ces fibres; et c’est pourquoi, en nécessitant un travail mécanique relativement très-modéré, il peut, à faible vitesse, donner lieu à une grande production de cannes énervées, lesquelles demandent aux laminoirs un moindre travail pour un rendement supérieur en jus exprimé.
- Sur la température des vapeurs émises par les jus sucrés, par M. L. Chénot.
- • On admet généralement, qu’en portant à l’ébullition une dissolution aqueuse d’un sel quelconque, la vapeur formée est à la même température que celle provenant d’eau pure, sous la même pression, c’est-à-dire inférieure à celle de la dissolution saline en ébullition; de telle sorte que, par exemple, l’eau saturée de sel marin, quoique ne bouillant qu’à 109° sous la pression 0m,76, émettrait de la vapeur à 100° seulement. (Voir Ganot, physique. Pages 219 et 272.)
- En généralisant cette loi, on a cru pouvoir employer, dans les appareils d’évaporation dans le vide usités en sucrerie, des instruments nommés thermo-manomètres, dans lesquels une même aiguille indique à la fois la tension de la vapeur et sa température supposée, calculée d’après celle de l’eau pure.
- Or, dans ce cas, ces instruments ne donnent d’indications exactes que jusqu’au moment où le sirop est assez concentré pour que son point d’ébullition dépasse 100° sous la pression atmosphérique; au-delà de cette limite, leurs indications sont fausses, car ils continuent à marquer la même température pour une tension constante, tandis que des observations nombreuses ont fait reconnaître à M. Chénot, qu’en réalité, le vide restant constant, la température de la vapeur s’élève autant que celle du sirop lui-même, c’est-à-dire qu’à la fin de la cuite, elle est de 12 à 13° plus élevée que celle de la vapeur d’eau pure, sous la même pression.
- M. Chénot a fait ces observations à Cuba, sur une chaudière à cuire dans le vide, munie d’un bon thermomètre construit à Paris par M. Dutrou. La boule de ce thermomètre ne pénétrait que de 10 centimètres sous la coupole, et par conséquent n’était en contact qu’avec la vapeur, contrairement à l’usage de beaucoup de constructeurs, qui croient nécessaire d’immerger la boule du thermomètre dans le sirop, pour en connaître la température.
- Pour vérifier si la température de la vapeur indiquée par le thermomètre fixe, dont on vient de parler, était égale à celle du sirop ou masse cuite, on plonge un thermomètre dans le jet de sucre sortant de la chaudière à la fin de ropèration, et toujours la température du sirop est exactement égale à celle de la vapeur à la fin de l’opération.
- tard, cédaient leurs droits à MM. Coste frères, /. Chagot et Cie. Ces derniers ne réussirent pas à clore cette fâcheuse série de mutations, et, en 1836, MM.- Schneider frères devinrent à leur tour propriétaires, au prix de 2.600.000 francs.
- Dès lors, une ère nouvelle commence, et grâce au travail, à l’énergie et surtout à l’intelligente audace des nouveaux propriétaires, l’établissement se développe rapidement. Une armée d’ouvriers peuple les ateliers, et bientôt, l’une des plus grandes inventions de notre siècle, si fertile en découvertes, le marteau-pilon, qui remplace le martinet et le marteau-frontal, vient assurer à tout jamais, la prospérité des usines (19 avril 1842). En même temps, l’outillage se perfectionne, et bientôt sortent du Creusot les premières locomotives de construction française, et les premières machines marines.
- La mort accidentelle de M. Adolphe Schneider ne découragea pas son frère cadet, M. Eugène Schneider, qui resta seul à la tête de cet établissement dont il devait porter si haut la renommée, sous la raison sociale Schneider et Cie.
- En 1855, lorsqu’éclata la guerre de Crimée, l’Etat trouva, à sa disposition, des ateliers assez bien dirigés et outillés pour construire, en sept mois, 17 machines de 150 chevaux chacune pour les canonnières et les batteries flottantes, en même temps qu’ils achevaient quatre machines marines de 650 chevaux et que trois autres de 800 chevaux étaient mises en chantier.
- Les voies ferrées sillonnaient partout les terrains, sans cesse grandissants, couverts par les ateliers; les hauts-fourneaux s’élevaient comme par enchantement, et, en 1869, un convertisseur Bessemer et plusieurs fours Martin-Siemens, venaient se joindre à ces derniers pour la fabrication de l’acier.
- D’autre part, il fallait prévoir que les richesses souterraines, auxquelles le pays du Creusot devait son premier nom, finiraient par s'épuiser: c’est pourquoi MM. Schneider et Cie se rendaient successivement propriétaires des houillères de Montchanin-Long-pendu (Saône-et-Loire), de Decize (Nièvre), et d’une partie de celles de Montaud et de Beau-brun dans le bassin de la Loire, et de Brassac (Puy-de-Dôme). En même temps, par l’achat des mines d’Àllevard (Isère) et de Saint-Georges (Savoie), ils s’assuraient de larges approvisionnements de minerais de fer.
- Les chiffres, mieux que tout autre argument, feront sentir l’immense écart qui sé-
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- parait, dès-lors les usines du Creusot de leur origine : en 1836, une consommation de 40.000 tonnes de houille produisait 60.000 tonnes de fer. En 18G7, on consommait 200.000 tonnes de houille et 300.000 tonnes de minerai, pour produire 130.000 tonnes de fonte et ÎOO.OUO tonnes de fer et d’acier. Les ateliers avaient livré, depuis 1836,1.100 locomotives, 123 marteaux-pilons, 168 machines marines, d’une force totale de 40.000 chevaux, et 630 machines fixes,faisant 30.000 chevaux.
- Aujourd’hui, la première de nos grandes usines de France occupe 13.250 ouvriers répartis sur une surface de 424 hectares en ateliers et dépendances, augmentée de 732 hectares affectés à la culture, le tout sillonné par 303 760 mètres de voies ferrées, sur lesquelles circulent 27 locomotives et 1.518 wagons. 281 machines à vapeur, d'une force totale de 13.330 chevaux, actionnent 1.030 machines-outils, et 58 marteaux-pilons, dont un seul, récemment construit, peut, comme on sait, battre des lingots d’acier de 80 à 100 tonnes.
- Durant la dernière campagne (1877-78), la consommation s’est élevée à 572.000 tonnes de houille, 165.000 tonnes de coke, 400.000 tonnes de minerai, 3.500.000 mètres cubes d’eau et 2.200.000 mètres cubes de gaz, pour produire 155.000 tonnes de fonte, 126.000 tonnes de fer et d’acier et 25.000 tonnes de métal transformé en machines et engins divers. Enfin, la capacité totale de production, en supposant tous les appareils en marche, pourrait être de 700.000 tonnes de houille, 200.000 tonnes de fonte, 160.000 tonnes de fer et d’acier, et 30.000 tonnes de métal transformé en machines.
- EXPOSITION.
- Le budget de l’Exposition.
- On connaît aujourd’hui le chiffre exact des dépenses qu’a occasionnées la construction de l’Exposition universelle. Le Ministre du commerce a annoncé à la commission du budget que le total de ces dépenses était de 45.300.000 francs. Il est supérieur de 10 millions aux prévisions qui étaient formulées dans le projet de loi présenté aux Chambres en 1876. Cette augmentation tient à ce qu’on a accru dans une assez forte proportion les
- Ainsi, dans l’ébullition des solutions sucrées à basse pression, la température de la vapeur est égale à celle du liquide, et la pression restant constante, la température s’élève progressivement de 12 à 13 degrés jusqu’à la fin de la cuite, absolument comme en opérant à la pression atmosphérique* Par exemple, une opération commencée à 62°, s’achève à 74 ou 1 o°, sous le même vide. ,
- M. Chénot n’a fait aucune expérience pour constater si, à la pression atmosphérique, la température du liquide est égale à celle de la vapeur, mais il ne doute pas qu’il en soit ainsi, de sorte que la vapeur doit, comme le sirop, atteindre 112 à 113° à la pression 0m,76.
- On ne doit donc admettre que sous toutes réserves la loi physique mentionnée ci-dessus, et il est probable que l’égalité de température du liquide et de sa vapeur, constatée comme il vient d’être dit pour le sucre, se présente pour un grand nombre de cas. L’auteur suppose même qu’elle doit exister pour toutes les solutions sursaturées, dans lesquelles le corps soluble n’est maintenu en dissolution qu’à la faveur de l’augmentation de température.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Les chaudières et les machines de M. Boyer, de Lille,
- » l’Exposition universelle.
- Les fournisseurs de force motrice de la galerie des machines, à l’Exposition, devaient, d après leur cahier des charges, faire tourner leurs machines avant la fin de mars, de sorte qu’elles pussent être essayées le 1er avril. Seul, M. Edouard Boyer, de Lille, s’est tenu dans la lettre de cette convention : arrivé premier parmi tous ses confrères, il mettait en marche, le 20 mars, l’un des deux moteurs qui, installés au milieu de la classe 55, donnent le mouvement aux sections nos 3 et £ de la galerie des machines.
- C est une machine verticale (fig. 51), dont les deux cylindres, renfermés dans une enveloppe commune, reposent sur un piédestal dont l’ingénieuse disposition peimet de visiter commodément les principaux organes du mouvement. Supporté sur un élégant entablement, le balancier oscille majestueusement, couronnant quatre colonnes grecques dont les bases sont solidement fixées à la plaque générale de fondations; entre elles, repose le régulateur à force centrifuge, qui modère ou accélère la vitesse en faisant, au moyen d’un déclic, varier la détente de la distribution de vapeur. Ce déclic est commande par des excentriques établis sur l’arbre des tiroirs de distribution, lesquels sont actionnés eux-mêmes par une came triangulaire qui assure à la vapeur une introduction prompte et sans perle de pression.
- Un escalier circulaire à double volée permet d’accéder aux parties hautes de la machine pour 1 entretien des pièces supérieures : toutes celles qui fatiguent, telles que 1 arbre, les bielles, les manivelles, les tourillons, les tiges
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- 236 jCc N»30. — 27 Juillet 1878. — XXXVIII' Année.
- des pistons sont en acier. Les diamètres des deux pistons sont, respectivement de 50 et de 30 centimètres, avec des courses de.l mètre 30 et 96 centimètres. La longueur de la grande bielle est de 4 mètres, celle du balancier de 4ra,55, et le diamètre du volant est de Sm,50. Il est en deux pièces et porte sur sa jante six rainures en forme de V, pour recevoir six câbles ronds en chanvre ou coton, qui transmettent à la poulie motrice une force nominale de 25 chevaux, laquelle peut être facilement portée à 50 chevaux, mesurés sur l’arbre du volant et dans des conditions telles, qu’avec une détente égale à 7 fois le volume de l’admission, la consommation de vapeur n’atteindra pas 9 kilogrammes par heure et par cheval.
- surfaces sur lesquelles des constructions supplémentaires ont été élevées pour satisfaire aux exigences qu’on n’avait pu prévoir deux années auparavant.
- Mais, si les prévisions des dépenses sont dépassées, nous avons la satisfaction de dire que celles des recettes le sont également. Le produit des entrées, qu’on évaluait en 1876 à 6 millions, puis à 10, en pensant qu’il y avait peut-être exagération, sera, si l’on en juge par les premières semaines écoulées de-
- Le second moteur de M. Edouard Boyer est une machine horizontale (fig. 52), à un seul cylindre, h condensation et à détente variable par son régulateur de Watt à bielles croisées. La distribution s’opère à l’aide d’un seul excentrique, calé directement sur l'arbre principal et faisant mouvoir deux tiroirs placés aux extrémités du cylindre unique.
- Un bâti entreloisé, dans lequel se meuvent la bielle et la tige du piston, relie d’une manière rigide et directe le cylindre à vapeur et l’un des paliers. Comme dans la machine verticale, toutes les pièces de fatigue sont en acier fondu et poli, de façon à constituer un ensemble absolument satisfaisant comme élégance et solidité. Le piston a 61 centimètres de diamètre, et lm,25 de course; la bielle a 3m,25 de longueur, le volant 5m,50 de diamètre,
- puis l’ouverture de l’Exposition, de beaucoup supérieur à ce chiffre. En s’en tenant à de justes appréciations, le Ministre du commerce estime à 14 millions le produit des entrées. Et encore cette estimation a-t-elle été faite alors qu’on ne soupçonnait pas le succès absolument inespéré des dernières semaines, où l’on a dépassé les recettes les plus fortes de 1867.
- En tenant compte de ce double mouvement d’augmentation des recettes et des dépenses, on suppose que le déficit sera au plus égal à
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- celui qu’on prévoyait en 1876, c’est-à-dire de •10 millions. On calcule, en effet, de la manière suivante, les recettes que vaudra l'Exposition au Trésor :
- Produit des entrées, 14 millions; revente des matériaux du Champs-de-Mars, 7 millions; subvention de la Ville de Paris, 6 millions; rachat du palais du Trocadéro parla Ville de Paris, 3 millions et demi; produit des concerts du Trocadéro, 1 million. Total, 34 millions et demi.
- et le poids total de la machine est de 39 tonnes; celui du volant étant de 14 tonnes. La force nominale est de 50 chevaux, mais la torce développée théoriquement sur 1 arbre du volant est de 100 chevaux, en marchant à une pression de cinq atmosphères, avec admission à pleine vapeur pendant un 1/8 de la course du piston; dans ces conditions, l’appareil ne consommera pas plus de 9 kilogrammes de vapeur par heure et par cheval.
- Ces deux machines actionnent chacune un arbre de transmission de 50 mètres de longueur sur 80 millimètres de diamètre, dont les segments sont réunis par un manchon cylindro-conique. Ce mode de liaison se distingue en ce qu il ne porte ni boulon, ni clef faisant saillie à l’extérieur : deux frettes en acier suffisent pour effectuer le serrage, de sorte que l’on évite tous les malheureux accidents qui résultent trop souvent des saillies occasionnées par les modes de serrage habituels.
- Fig. 52.
- La salle des fêtes du palais du Trocadéro.
- La salle du Trocadéro peut contenir 5.000 personnes. La ventilation fournit 40 mètres cubes d'air par heure et par personne. Cet air arrive par le haut de la salle à travers les découpures de la grande rosace qui figure au centre de la coupole. Cet air, frais en été, chaud en hiver, descend uniformément jusqu’au sol et est évacué pgr 5.000 bouches égales réparties sur la face du parquet. La circulation de l'air dans la salle est produite
- La transmission de la machine a 1 arbre s opéré, ainsi qu’on a pu le lire ci-dessus, au moyen de volants et poulies à rainures circulaires, dans chacune desquelles vient s’insérer un câble rond; ce mode spécial et nouveau de transmission a été employé, il y a quelques années déjà, dans certaines usines d'Ecosse, mais il importe de constater que M. Boyer, de Lille, a été le premier à l’introduire en France avec un succès réel.
- Néanmoins il pourrait paraître prématuré de se prononcer dès aujourd’hui en faveur des transmissions par câbles ronds, et il faut s’en remettre à la pratique expérimentale.
- ' A cote de ses machines, que nous venons de décrire aussi longuement que nous le peimet 1 etioitesse du cadre ou nous sommes obligés de nous ren-
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- fermer, M. Boyer a eu la bonne fortune d’installer aussi les deux générateurs qui leur fournissent la vapeur. Ils sont établis sur l’avenue intérieure parallèle à l’avenue de Labourdonnaye, dans un bâtiment dont l’élégante simplicité s’arrange au mieux avec les constructions environnantes (fig. 53).
- ç.
- Fig. 53.
- Ces chaudières sont à bouilleurs inférieurs avec hautes communications soudées. Toutes les rivures, qui ont été faites mécaniquement, sont absolument régulières dans leur disposition en quinconce, et donnent aux tôles un serrage énergique, qui assure une étanchéité parfaite. Chacun des corps principaux mesure 8 mètres de longueur sur lm,20 de diamètre; le dôme de prise de vapeur a 60 centimètres de hauteur sur 70 centimètres de diamètre, et les bouilleurs ont aussi 70 centimètres de diamètre, sur 10m,15 de longueur.
- La surface de chauffe totale des deux générateurs est de 104 mètres carrés; ils sont entièrement noyés dans la maçonnerie, sauf un prolongement en forme de lyre, qui dépasse sur la façade du foyer pour porter les tubes et robinets de niveau d’eau.
- au moyen d’hélices soufflantes et d’hélices aspirantes. L’air pur est pris à volonté, soit au sommet des toits, soit dans les carrières du Trocadéro.
- Pendant les chaleurs, lorsque le thermomètre marque à l’extérieur 30 degrés centigrades, la température de la salle ne dépassera guère 20 degrés. Le refroidissement sera obtenu par la projection dans la salle de 200.000 mètres cubes d’air; en même temps un volume égal d’air vicié sera extrait par voie d’aspiration.
- Les moteurs sont deux machines de la force de 20 chevaux chacune, mettant les hélices en mouvement. Ces hélices ont un diamètre de 3 mètres ; les tuyaux d’arrivée de l’air ont ensemble i 4 mètres de section et un dévelopement de 200 mètres. La vitesse de l’air est évaluée à 4 mètres par seconde.
- La température qui règne dans la salle est fort agréable, et l’on a pu apprécier déjà l’efficacité des mesures prises pour la ventilation et l’aération.
- Il reste à formuler une opinion définitive sur une seconde question fort importante, l’acoustique. Les avis sont encore fort partagés. Mais il nous paraît que, malgré les vastes dimensions de l'enceinte et l’absence de loges et d’amphithéâtres dans les parties élevées, on a joui, dans les auditions, d’une sonorité exempte d’écho. Il ne se produit aucune répercussion ni longueur de transmission des sons.
- Le ballon captif» de M. Henri Giffard.
- Le grand ballon captif placé au centre de la cour des Tuileries, entre le palais et l’arc de triomphe du Carrousel, est entièrement gonflé. L’immense aérostat vient d’absorber les 24.000 mètres cubes d’hydrogène qu’il mesure. Une foule de curieux stationne le long des grilles des Tuileries pour contempler le colosse dont l’enveloppe est peinte au blanc de zinc.
- Voici quelques détails intéressants sur ce ballon, qui aurait été inauguré plusieurs jours plus tôt, si des difficultés imprévues et le mauvais temps, qui a empêché de peindre la surface extérieure, n’étaient venus interrompre les travaux qu’a dirigés si habilement M. l’ingénieur Giffard.
- La sphère formée par l’aérostat a 36 mètres de diamètre. Le ballon arrimé à terre a
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- une hauteur de 55 mètres. Le filet se compose de cordes de 11 millimètres de diamètre, et de 52.000 mailles pesant 3.000 kilogrammes. Afin d’éviter les nœuds'des mailles qui auraient pu user et trouer l’aérostat, on a fait passer les cordes les unes dans les autres en les entrecroisant. Des ligatures faites à l’aide de ficelles goudronnées fixent les cordes aux points de leur entrecroisement et arrêtent la forme de leurs mailles70n a fixé en outre des morceaux de peau à tous ces points d’entrecroisement, de manière à éviter l’usure de l’enveloppe contre les saillies résultant de la juxtaposition des cordes. Cette enveloppe, d’un tissu tout à fait imperméable et pouvant conserver le gaz pendant plusieurs mois, se compose de tissus adhérents superposés dans l’ordre suivant : une mousseline, une couche de caoutchouc, un tissu de toile de lin, une deuxième couche de caoutchouc, une toile dû lin semblable à la précédente, une couche de caoutchouc vulcanisé et enfin une mousseline extérieure recouverte d’un vernis et peinte ah blanc de zinc.
- Il a fallu employer 4.000 mètres de tissu ayant lm,10 de largeur, pour la confection du ballon qui a une surface totale de 4.000 mètres carrés. Chaque mètre carré de tissu pèse 1 kilogramme, et revient à 14 francs.
- Le gigantesque aérostat devant enlever un grand nombre de voyageurs à la fois, on comprend que les précautions les plus minutieuses aient été prises pour assurer la sécurité et le meilleur fonctionnement possible de la nacelle.
- M. Giffard a choisi pour sa nacelle une forme annulaire représentant un balcon circulaire au centre duquel le câble se relie au cercle supérieur. Elle n’a pas moins de 6 mètres de diamètre ; la galerie où pourront circuler les ascensionnistes est à double fond et comprend 16 compartiments qui renferment tout le matériel nécessaire au voyage aérien.
- Le balcon circulaire a 1 mètre de large, et l’espace annulaire central est de 4 mètres. Quant au parapet, il mesure lm,20 de hauteur. Les cordelettes verticales de la nacelle laissent entre elles un espace suffisant pour que les voyageurs puissent passer la tête, mais non le corps tout entier. Le nombre des voyageurs à chaque ascension ne dépassera pas 50 ; ils seront élevés à une hauteur de 600 mètres à l’extrémité d’un câble pesant 3.000 kilogrammes et pouvant supporter dans sa plus petite section une tenêion de 25.000 kilogrammes, c’est-à-dire un effort plus que double de celui auquel l’aérostat sera soumis
- Cette disposition a l’avantage précieux de s’opposer à toute déperdition de calorique, au point que, lorsque l’on entre dans la chambre des chaudières, l’on est à peine affecté d’une légère élévation de température. La consommation du combustible pour neuf heures de marche, à l’Exposition, est d’environ 1.500 kilogrammes, qui produisent 12.000 kilogrammes de vapeur, soit 8 kilogrammes d’eau vaporisés par kilogramme de charbon brûlé sur la grille. '*
- Toute cette installation, conçue par M. Ed. Boyer et exécutée exclusivement dans ses ateliers de Lille, lui fait le plus grand honneur, ainsi qu’aux entrepreneurs qui y ont contribué : M. Cordier, pour les fourneaux et la cheminée de 35 mètres de hauteur, et MM. Waaser et Bougleux, pour le châlet.
- Il importe de constater, pour finir, que depuis le 1er avril, jour de la mise en train, il ne s’est produit aucun genre d’accident, ni sur les chaudières, ni sur les machines, qui ont fonctionné tous les jours sans interruption depuis l’ouverture de l’Exposition.
- Les câbles de transmission, en particulier, se sont toujours très-bien tenus.
- A. Rozès-Joly.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Fabrication du fromage en Franche-Comté,
- par M. Heuzé.
- ' ' [Suite). 1
- On donne le nom de fromages moisis à ceux qui présentent des crevasses dans lesquelles se développent des moisissures verdâtres. Ces crevasses, comme celles des fromages gercés et des fromages làinés, laissent échapper un liquide âcre qui altère la pâte. En général} on vend le plus tôt possible les fromages ayant extérieurement des fissures, parce que, sous l’influence de l’air qui y pénètre, la pâte ne tarde pas à moisir et à se gâter.
- Lorsque les fromages sont attaqués par des mites ou cirons, on les nettoie avec soin, on les lave avec de la saumure, et, quand ils sont secs, on les enduit d’une légère couche d’huile.
- En général, les fromages fabriqués pendant l’été, et déposés dans des locaux où la température est très-élevée, exigent des soins journaliers presque minutieux et une très-grande propreté. Ils perdent dans les caves de 5 à 8 pour 100 de leur poids.
- Les fromages de gruyère sont de trois qualités : le fromage gras que l’on fait avec du lait non écrémé est excellent; sa pâte est onctueuse; on le vend pour les tables riches; le fromage ordinaire ou fromage demi-gras, qu’on fabrique avec moitié de lait frais et moitié de lait écrémé au quart, au tiers, aux trois quarts, etc., suivant les localités et la nature du lait; le fromage maigre, qui est toujours fait avec du lait écrémé ; sa pâte est dure et compacte. En général, moins le lait a été écrémé et plus la fabrication est difficile. C’est une faute de croire qu’on peut faire de bon fromage de gruyère en écrémant le
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- lait. Pour gagner 10 francs de beurre, on perd 20 francs de fromage. Les fromages fabriqués pendant les mois de décembre, de janvier et de février, n’ont jamais ce goût de noisette qui distingue les fromages que l’on fait en mai et juin, en septembre et octobre.
- La fabrication du fromage de gruyère demi-gras, qui est la plus usitée dans la Franche-Comté, est ordinairement bien comprise. En moyenne, on fabrique 1 kilogramme de fromage avec 10 ou 12 litres de lait. 100 litres de lait donnent ordinairement 9 à 10 kilogrammes de fromage et lk.250 à lk.500 de beurre. Le lait est payé de 12 à 13 centimes le litre. Les fromages de gruyère de la Franche-Comté ont généralement de 55 à 60 centimètres de diamètre et 8 à 9 centimètres d’épaisseur; leur poids varie de 25 à 30 kilogrammes.
- Dans toutes les fruitières, on fait du fromage tous les jours. Quand on en fabrique deux ou trois fois chaque jour, on dit alors qu’<m fait de deux tire deux ou qu’on fait de deux tire trois. Dans le premier cas, les deux traites permettent de fabriquer deux fromages, et, dans le second, les deux traites fournissent assez de lait pour faire trois fromages.
- Si le lait, à son arrivée au chalet, est reconnu naturel, il est mêlé aux autres ; s’il est aigri, si on lui a ajouté de l’eau ou s’il a été écrémé ou si on l’a fait bouillir, le fromager est en droit de le refuser. Le lait doit être encore chaud. S’il est froid, on est en droit d’admettre qu’il est de la veille et qu’il a été écrémé, à moins que la température de l’air ait permis d’envelopper les vases qui le contenaient d’un linge imbibé d’eau fraîche.
- Le lait de chèvre que l’on ajoute au lait de vache augmente sensiblement la qualité du fromage.
- Le petit-lait, que l’on fait chauffer jusqu’à l’ébullition après y avoir ajouté de Yaisy, fournit un deuxième produit qu’on appelle serai ou serret. Le liquide verdâtre qui reste dans la chaudière et auquel on donne le nom de recuite ou cuite sert à préparer la présure et l’aisy, ou on le donne comme boisson aux vaches et aux bêtes porcines.
- L’aisy se prépare en faisant infuser du cresson dans la recuite. On obtient de l’aisy fort avec de la recuite forte. Il faut pour cailler le petit-lait provenant de 300 à 400 litres de lait, de 7 à 10 litres d’aisy.
- Le fromage de gruyère fabriqué dans la Franche-Comté est évalué de 8 à 10 millions de kilogrammes. Le prix des 100 kilogrammes varie de 120 à 190 francs, suivant la qualité des fromages et la quantité importée de Suisse. Au prix moyen de 160 francs les 100 kilogrammes, la production annuelle moyenne représente une valeur totale de 13 à 16 millions.
- Le fromage de Septmoncel est un excellent fromage à pâte marbrée de gris bleu ; on le fabrique principalement dans les communes environnantes de Septmoncel et dans celles des cantons des Bonchoux et de Saint-Claude (Jura). Chaque fromage pèse de 3 à 8 et quelquefois 10 kilogrammes. Voici comment on le prépare : on mêle moitié lait de vache et moitié lait de brebis, et on y verse de la présure. Quand le caillé est formé, on enlève la crème qui surnage, on divise la masse caséeuse et on la met dans un moule percé de petits trous, puis on la presse légèrement. On la traite ensuite de la manière suivante : on remplit le moule de caillé et on pétrit le tout pour que le fromage soit veiné bleuâtre, nuance qui lui donne une saveur particulière. Quand le fromage est consistant, on le met tremper pendant quelques jours dans une eau saturée de sel, puis on le laisse égoutter sur de la paille, et quand il est bien sec, on le transporte à la cave et on le met de champ.
- (A suivre).
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD
- pendant les voyages aériens. Ce câble circulera à travers un tunnel qui a été creusé dans la cour des Tuileries à une profondeur de 60 mètres, et s’enroulera autour d’un treuil énorme, ^actionné par deux machines à vapeur de 30 chevaux.
- Le prix de chaque ascension sera de 20 francs par personne.
- Inauguration des galeries de Varl rétrospectif, à L'Exposition universelle.
- L’inauguration des collections historiques exposées dans l’aile droite du Trocadéro (en tournant le dos à la Seine) a eu lieu la semaine dernière.
- Les collections historiques et ethnographiques du Trocadéro constituent une exposition beaucoup plus générale que celle de 1867, puisque, cette fois, la France ne se borne pas à exposer ses propres œuvres. Grâce au concours des plus riches amateurs, les galeries de 1878 ont un aspect encyclopédique et représentent l’ensemble des productions dues au génie et à l’activité humaine.
- L’étendue des galeries du Trocadéro sur-4 passe, d’ailleurs, d’environ 2.000 mètres carrés celle de la galerie elliptique qui avait été, en 1867, consacrée à l’histoire du travail.
- TRAVAUX.
- L’éclairage électrique de l’avenue de l'Opéra.
- Les lanternes des appareils d’éclairage ordinaire de la ville, qui avaient été disposés à la hâte pour que la lumière électrique de l'avenue de l’Opéra pût être allumée le 30mai, viennent d’être enlevées. Ce sont maintenant des globes sphériques qui renferment les bougies Jablochkoff. Bien que les candélabres définitifs soient encore en construction, reflet obtenu est très-brillant; cependant la plupart des magasins de l’Avenue sont encore vides et privés de lumière. Déjà l’on peut affirmer que, lorsque l’installation définitive sera terminée, l’éclairage de cette grande artère constituera pour les étrangers une des principales curiosités de Paris.,
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- SOMMAIRE.
- Vélocipède tricycle à vapeur, par M. L -G. Perreaux. — Nouvelle théorie de la chaudière à vapeur, parM. Werner. — Application du baromoleur à des mouvements de pompe, par M. Gaston Bozérian. — Une nouvelle machine aérostatique. — Fabrication du fromage en Franche-Comté, par M. Heuzé.— Sur l’intoxication par les sels de cuivre, par M. le DT Galippe.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur l'acier, par M. Ernest Marché,
- au Trocadéro.
- Malgré la chaleur qui régnait dans la salle des conférences du Trocadéro; malgré cette température de haut-fourneau et en dépit du bruit incessant des marteaux des ouvriers occupés au montage de l’ascenseur, M. E. Marché a su se faire écouter, et écouter jusqu’au bout.
- Le jeune et intéressant conférencier a rappelé aux uns et appris aux autres ce que c’était que l’acier, quelles étaient ses propriétés typiques, les procédés de sa fabrication et ses multiples applications.
- Tout d’abord, le métal Protée, comme l’appelle si heureusement M. Marché, se présente à l’Exposition universelle sous toutes formes, depuis la vaste chaudière à vapeur et l’arbre d’hélice colossal, jusqu’au ressort le plus délicat de notre fine horlogerie.
- Il résulte de la combinaison du fer et du carbone, et occupe le rang intermédiaire entre la fonte et le fer.
- L’acier est du fer qui contient moins de deux pour cent de carbone ; la fonte est du fer qui en contient plus de deux pour cent. Il jouit de la propriété de durcir à la trempe.
- La fonte s’obtient en réduisant les minerais de fer dans des fourneaux de fusion appelés hauts-fourneaux à cause de leur élévation, et en disposant dans ces appareils, par couches successives, combustibles, minerais et fondants.
- L’Ingénieur conférencier décrit sommairement ce genre de fourneau et l’opération de la fusion.
- C’est par le gueulard qu’on introduit les matières: la réduction s’effectue directement
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Vélocipède tricycle à vapeur., par M. L.-G. Perreaux,
- à l’Exposition universelle.
- C est pour remédier aux inconvénients bien connus des vélocipèdes ordinaires et dans 1 espérance d’en faire des appareils sérieux, capables de rivaliser avec 1 espece chevaline et tout locomoteur bien entendu, que M. Perreaux a cherché à appliquer la vapeur au vélocipède à deux et trois roues.
- Le vélocipède à deux roues sera destiné aux grands équilibrisles voulant parcourir des distances fabuleuses dans un temps relativement très-court, à cause du peu de force qu’il exige pour vaincre son inertie et acquérir une vitesse considérable, soit de six à huit lieues à l’heure, dans les cas exceptionnels où les forces du voyageur constamment utilisées au profit du moteur peuvent multiplier le travail de la machine à vapeur à l’avantage des vitesses acquises.
- Le tricycle, destiné aux promeneurs désireux de posséder leurs aises, et aussi des garanties certaines d’équilibre, exige, à distance et parcours égaux, une machine plus forte, la troisième roue offrant une résistance sensible devant les obstacles routiers sans cesse renouvelés, par les frottements constants du tirage, cause particulière des petites vitesses : il pourra parcourir de trois à cinq lieues à l’heure en temps ordinaire, en chauffant modérément le générateur.
- La sortie de la vapeur est disposée de façon à la faire passer sous les pieds du voyageur lorsque la température extérieure est assez basse pour rendre le chauffage nécessaire.
- Le cylindre composant le moteur a un diamètre de 20 à 30 millimètres intérieur, sur 80 millimètres de longueur. La distribution se fait à l’aide de tiroirs s’ouvrant et se fermant au point extrême de la course du piston, de telle sorte que l’admission de vapeur est aussi prompte que possible. Le passage constant de celle-ci s effectue sans laminage pendant la durée du parcours: aussi la vitesse acquise du moteur multiplie-t-elle celle de la distribution à l’avantage du rendement.
- La pompe alimentaire peut se régler h volonté à l’aide d’un système à levier, et, par le fait, peut alimenter la chaudière avec une précision qui permet de conserver un niveau rigoureusement stable en faisant pénétrer à chaque instant une quantité d’eau égale à la quantité de vapeur dépensée.
- Le générateur formé entièrement de bouilleurs contient à son niveau ordinaire environ trois litres d’eau : il est alimenté pour deux ou trois heures à l’aide de réservoirs de capacités suffisantes. La pression exigée pour porter un homme ordinaire est de trois atmosphères et demie avec un piston de 22 millimètres de diamètre. Des cordes-courroies établissent la communication entre le moteur et la roue motrice, et, comme dans une usine, les mouvements sont donnés à l’aide de poulies agissant sans choc ni perturbation : aussi la plus grande uniformité gouverne-t-elle l’ensemble général des mouvements.
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- Légende. Figure 54.
- B, générateur recouvert d’une enveloppe non conductrice de la chaleur.
- H, gazomètre-éolipyle et R, lampe de l’éolipyle.
- O, le siège.
- E, le manomètre.
- L, cheminée du générateur et S le sifflet.
- U, système à tendre les cordes-courroies.
- P, cordes-courroies placées de chaque côté de la roue.
- C, volant du moteur.
- T, tiroir et cylindre.
- G, réservoir d’eau pour alimentation.
- A et A’, caisse-magasin.
- N et N’, étriers pour poser les,pieds.
- Figure 55.
- a et a', sont les tubes de surchauffage enroulés en spires sur la chaudière. b et b\ réunissent ces tubes à un robinet allant à la distribution, c, indique le foyer chauffé au gaz.
- Pour obtenir les meilleurs résultats des évaporations, on a cherché à donner au générateur les dimensions et les proportions les plus convenables, en
- dans l'ouvrage, et, à la partie inférieure, dans le creuset, où le vent nécessaire à la combustion est introduit par les tuyères, descend le métal fondu, que l’on cojile soit en gueuse, soit au moule.
- Du haut-fourneau, cette fonte, trop carbu-rée, passe au four à puddler ; là, elle se décarbure en partie et l’opération, arrêtée à temps, lui laisse les proportions de carbone nécessaire pour la constitution de l’acier.
- C’est ainsi qu’on obtient l’acier puddlé.
- Après avoir parlé de la cémentation, méthode toujours très-longue et donnant des résultats incomplets et irréguliers, M. Marché, laissant de côté tous les autres moyens de fabrication de l’acier, arrive d’emblée au procédé Bessemer qui, en 1856, amena une révolution totale dans la fabrication de ce métal. Il décrit le convertisseur qui, en 15 ou 20 minutes, transforme la fonte en acier et il regrette de ne pas voir installé, dans le
- Fig. 55.
- Fig. 54.
- appliquant l’action la plus directe du combustible sur les bouilleurs, afin d’arriver à un rendement correspondant au maximum de chaleur dépensée. C’est ainsi qu’en brûlant le combustible avec méthode, on obtient les plus grands effets en travail utile et l’on réalise une économie notable. Tel est le point capital que M. Perreaux croit avoir atteint, non-seulement en établissant un éolipyle à foyer incandescent pouvant fournir au moteur plus de vapeur qu’il n’en consomme, mais encore produire la vapeur sèche.
- Celle-ci est bien préférable à la vapeur humide, parce qu’en devenant de plus en plus gazeuse ou fluide, cette vapeur plus subtile cesse d’offrir au tube d’introduction et de sortie un laminage produisant la contre-pression si contraire à tout travail et si nuisible au développement des forces, en même temps que la condensation dans les tubes et le cylindre cessant absolument, les robinets purgeurs deviennent inutiles.
- Champ-de-Mars, un appareil de ce genre à l’aide duquel la démonstration de ce fait remarquable aurait frappé le visiteur.
- Nous partageons ce regret.
- Le procédé de fabrication sur sole au moyen des fours Siémens-Martin et la description de ces appareils occupent cette partie de la conférence. L’opération consiste dans la fusion d’un bain initial de fonte auquel on ajoute successivement des charges de riblons de fer ou d’acier ou de minerais de fer, et elle se termine par une addition finale de spiegel ou de ferro-manganèse. Ces matières, par leur dosage proportionné, permettent d’obtenir
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- des aciers de toute qualité depuis les plus durs jusqu’aux plus doux.
- Par des tableaux' habilement dressés et à l’aide de courbes fort ingénieuses, mathématiquement obtenues, M. Marché nous démontre les différents degrés de résistance du métal considéré pour certaines quantités de - carbone entrant dans sa composition, et il conclut en disant que c’est aujourd'hui, dans le laboratoire de l’usine, que s’effectue la vraie fabrication de l’acier où l’analyse des fontes donne le degré de carburation et où une savante synthèse reconstitue le métal.
- Rien n’est laissé à la plus ou moins grande pratique de l’ouvrier ou du maître fondeur ; on rit de ses prétendus secrets : l’ingénieur-chimiste a dévoilé le mystère.
- Des bravos, bien nourris, annoncent au conférencier qu’il a été compris de son auditoire.
- Grâce à la facilité et à la rapidité des moyens employés dans la fabrication, on produit aujourd’hui de l’acier à un prix égalant celui du fer. Dans un avenir peu éloigné, ceci sera remplacé par cela.
- Enfin, arrivant aux applications de l’acier, M. E. Marché les passe en revue, et, certes, ce champ d’études est vaste, large et varié.
- Vous le trouverez partout, dit-il; parcourez les galeries du Champ-de-Mars, les annexes, les parcs et les pavillons de nos grandes usines.
- Rails, essieux, bandages de roues de locomotives et de wagons, arbres droits et coudés, et les principaux organes des machines à vapeur : tiges de piston, glissières, bielles et manivelles sont eh acier.
- Les vastes chaudières sont aussi construites avec ce même métal, sans compter les machines-outils aussi nombreuses qu’intéressantes et les outils à main de nos artisans, d’une admirable ténuité.
- Vous le trouvez encore dans ces canons monstres, dans ces obus géants et dans ces immenses plaques de blindage qui forment notre matériel de guerre.
- Devant ces engins formidables de destruction, notre Conférencier, bien loin de s’épouvanter, éprouve une satisfaction à laquelle nous nous associons de grand cœur.
- Il se réjouit, car il voit l’outillage de nos forges se modifier, se transformer et devenir un matériel puissant qni restera. Il ne sera pas toujours employé à la fabrique du canon : il sera appliqué à des œuvres plus utiles et surtout plus humaines.
- En terminant, il est facile de conclure théoriquement que, si la vapeur hu- ’ mide va toujours en se modifiant dans les premiers anneaux de ces tubes, j des évolutions, des transformations et des métamorphoses s’opèrent dans les j suivants, et en passant ainsi successivement de l’un à l’autre pôle, on cons- ! tate que la plus grande somme de chaleur fait obtenir ici la plus grande somme de force avec un foyer infiniment plus économique. Nous pouvons également affirmer que de tous les moyens employés par retour de flamme, celui-ci est le plus simple, le plus économique et le plus facile à appliquer à tout ’ générateur. Quelle immense économie la marine, les chemins de fer et les usines, petites et grandes, en pourraient retirer le jour où cette heureuse idée serait comprise de MM. les ingénieurs et constructeurs, armés de cette * bonne volonté qui sait couronner toute oeuvre et la faire triompher à l’avantage des services rendus.
- Nouvelle théorie de la chaudière à vapeur, par M. Werner.
- Jusqu’ici, l’on avait admis que la quantité de chaleur transmise par mètre carré de surface de chauffe et par heure, pour une différence de température égale à x-t, était 23 (x-t). Quand on divise la surface de chauffe en un certain nombre de parties égales, il résulte que l’évaporation calculée ne correspond pas au résultat fourni dans certaines parties de la chaudière. L’auteur en conclut que la formule ci-dessus de la transmission de la chaleur est inexacte et qu’on devrait adopter 0,06 (z-t)*. La surface de chauffe calculée par cette formule, donne des résultats plus avantageux pour-la consommation de charbon et la production de la vapeur.
- Les essais, exécutés sur une locomotive du chemin de fer du Nord, par M. Petiet, sont les suivants :
- On a partagé la chaudière en cinq parties, égales en surface de chauffe, avec un tirage de 0m,02 de colonne d’eau.
- L’évaporation totale était répartie entre les cinq parties dans la proportion suivante :
- 68,2 +15,2 + 8,8 + 5,3 + 2,5 = 100.
- Pour un tirage de 0“,10 d’eau on avait :
- 814.23 + 114-7 + 5 = 100.
- L’évaporation, dans le second cas, était 1,4 fois plus active que dans le premier, mais avec une perte de chaleur de 5 à 6 0/0 due au tirage.
- Le chiffre 51, du dernier essai, offre un moyen d’essai des différents combustibles. Un charbon très-gras, à longue flamme, a donné dans la première partie (1/5), seulement 45 0/0; le coke, au contraire, a produit 70 0/0 de la production totale. Il résulte de là que le faisceau tubulaire d’une locomotive doit être d’autant plus grand que le combustible est plus riche en gaz et avec un tirage serré. La boîte à feu doit être aussi grande que possible, pour pouvoir brûler une grande quantité de combustible, et augmenter la puissance de la locomotive.
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- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Application du baromoteur à des mouvements de pompe, par M. Gaston Bozérian,
- à l'Exposition universelle.
- L'outillage de la guerre sera celui de la paix.
- « Si vis pacem para bellum. »
- Après ces paroles, qui terminent la conférence et qui sont couvertes par de sympathiques applaudissements, M. Daubrée, directeur de l’Ecole des mines, président d’honneur de la séance, adresse à M. Marché les remercî-ments les plus vifs.
- A. Rozès-Joly.
- Fig. 56.
- Nous avons, dans notre numéro du 15 juin dernier, entretenu nos lecteurs des principes sur lesquels reposaient l’invention du baromoteur. Nous l’avons examiné comme petit moteur domestique en indiquant toutefois que ce système nous paraissait susceptible d’un grand nombre d’applications. Deux de ces applications nous ont semblé particulièrement intéressantes et nous allons les passer successivement en revue.
- La première a trait à l’hydrothérapie, fig. 57.
- On sait que cette science, qui date à peine du commencement de ce siècle, tend à se généraliser chaque jour davantage : après avoir été pendant longtemps recommandée simplement comme moyen diététique pour bains et pour boissons, elle est entrée aujourd’hui dans le domaine de l’hygiène.
- Le principe d’un bon traitement par l’hydrothérapie est qu’une douche est d’autant plus salutaire que la réaction qui s’opère après l’opération se fait mieux; or, pour obtenir une prompte et bonne réaction, il est nécessaire de faire circuler le sang au moyen d’une très-forte projection de l’eau. Les ap-
- TARIF DOUANIER POUR LES FERS.
- Voici le projet de tarif proposé par la chambre de Saint-Dizier, portant classement et
- poids spécifiques des fers.
- Fer brut ébauché en massiaux, barres ou billettes.................... 4 f.
- Rails de 25 kilogrammes le mètre et au-dessus........................... 5
- Fer carré ayant plus de 10 m/m de\
- côté................................
- Fer rond ayant plus do 10 m/m d’épaisseur............................
- Fer plat ayant plus de 10 m/m d’épaisseur............................ > 6 ^
- Fers spéciaux ou profilés pesant plus!
- de 5 kilog. le mètre courant.........I
- Rails de moins de 25 kilogrammes! le mètre courant jusqu’à 5 kilogrammes exclusivement.......................'
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- N° 3i _ 3 A0ût 1878. — XXXVIIIe Année.
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- 245
- Fer carré de 5 à 10 mfm de côté.. . i Fer rond de 5 à 10 m/m de diamètre.! Fer plat de 5 à 10 D,/m d’épaisseur. ( Fers spéciaux ou profilés et rails pe-/ sant S kilogrammes le mètre courant!
- jusqu’à 1 kilogramme. . .............’
- Fer carré ayant moins de 5 m/m de\
- côté................................j
- Fer rond ayant moins de 5 “/“ de!
- diamètre............................V
- Fer plat ou feuillard en bande del moins de 5 d’épaisseur jusqu’à/
- \mjmm ..............................I
- Fers spéciaux ou profilés pesant! moins de 1 kilogramme le mètre cou- J
- rant............................... /
- Fer plat ou feuillard en bande de moins de 1 m/m d’épaisseur...........
- 8
- 10
- 12
- Fil de fer tréfilé :
- ayant 5 m/m de diamètre et plus. . . 10 ayant moins de 5 m/m de diamètre
- jusqu’à 2 m/m......................13
- ayant moins de 2 “/m de diamètre
- jusqu’à 1 “>/m de diamètre.........16
- ayant moins de 1 m/m de diamètre
- jusqu’à 1/2 ™/m....................18
- ayant moins de 1/2 m/m..............20
- TRAVAUX PUBLICS.
- Les Chemins de fer de Paris.
- Le conseil général de la Seine s’est occupé de la situation des études concernant les projets relatifs au chemin de fer métropolitain, au tramway circulaire du département, et du chemin de fer mortuaire de Méry-sur-Oise.
- La commission spéciale chargée de l’étude de ces projets a proposé au conseil de surseoir à sa décision jusqu’à ce que le gouvernement ait fait connaître quelles sont les lignes du département qu’il juge d’intérêt général, quelles sont celles, au contraire, qui sont d’intérêt local. Ces conclusions ont été adoptées.
- Voies de Navigation.
- Il sera procédé à l’exécution des travaux nécessaires pour améliorer la navigation du canal de Bourgogne, de l’Yonne entre Auxerre et Montereau, et de la Seine entre Montereau et Paris, conformément aux dispositions générales des avant-projets approuvés par le Conseil général des ponts et chaussées, dans ses délibérations des 6 avril 1877, 5 octobre 1876 et 25 mars 1878.
- pareils à air comprimé construits jusqu’à ce jour présentent deux graves inconvénients : le premier, c’est l’obligation non-seulement ennuyeuse mais surtout fatigante de comprimer l’air dans le réservoir, et le deuxième, c’est la diminution de pression de l’eau résultant de la dilatation progressive de l’air lorsque l’eau s’échappe du réservoir. Ces deux obstacles à une plus prompte
- Fig. 57.
- vulgarisation de l’hydrothérapie ont été supprimés dans l’appareil de M. Gaston Boze'rian.
- Au milieu du bassin se trouve une cloche en fonte qui sert de support aux leviers des pédales. L’homme, en reportant le poids de son corps successive ment k droite et à gauche, lève ou abaisse un piston fixé après le levier du milieu. L’eau, d’abord refoulée du bassin dans la cloche, passe dans les tuyaux, vient fortement frapper la peau du malade, retombe dans le bassin
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- pour être refoulée de nouveau et ainsi de suite. L’homme, pour faire marcher son appareil, n’a donc aucune préparation à faire avant de prendre sa douche et la pression est aussi considérable à la fin qu’au commencement.
- Le docteur Dujardin-B eaumetz, qui l’a expérimenté dans son service à l’hôpital Saint-Antoine de Paris, en a obtenu d’heureux‘résultats, surtout h cause de l’obligation imposée au malade de se remuer fortement pendant la douche même, ce qui fait circuler le sang et amène une excellente réaction.
- M. Gaston Bozérian a exposé un de ses appareils dans l’annexe de la classe 14 (au pied du pont d’Iéna), où il attire un grand nombre de curieux.
- La fig. 56 nous montre l’application du même système aux pompes d’épuisement. Comme il est facile de s’en rendre compte par la simple inspection de cette gravure, les hommes agissent doublement, et par leur poids et par la force musculaire des bras. Il est évident que la combinaison de ces deux mouvements doit permettre à l’homme de produire une quantité de travail bien supérieure à celle qu’il serait capable de fournir seulement avec ses bras. On a reconnu que les manœuvres qui font marcher les pompes d’épuisement ordinaires ne produisent leur effort que de haut en bas et n’agissent jamais de bas en haut, ce qui fait qu’il n’y a jamais qu’un homme sur deux à travailler. Au contraire, dans la pompe à baromoteur les hommes étant obligés de reporter le poids de leur corps successivement en avant et en arrière, agissent constamment, ce qui est déjà un grand avantage. La force musculaire des bras venant s’ajouter à ce travail, il est permis de croire que quatre hommes travaillant ainsi produiront autant de travail que si l’on avait dix hommes actionnant la pompe seulement avec les bras.
- Nous avons vu à l’Exposition, dans la classe 76, sur le quai d’Orsay, une pompe de ce système qu’un seul ouvrier faisait marcher en débitant une énorme quantité d’eau. Les pédales peuvent s’adjoindre à n’importe quelle pompe, sans qu’il soit nécessaire de faire l’acquisition de nouvelles pompes. En conservant au balancier toute sa longueur, on peut .faire travailler les hommes tantôt avec les bras, tantôt avec les jambes, ou en faire manœuvrer en même temps quatre de chaque manière, si la hauteur de la colonne d’eau est trop élevée.
- En somme, l’appareil hydrothérapique de M. Gaston Bozérian nous paraît mériter d’attirer l’attention des gens du monde et des médecins, et sa pompe ne doit pas manquer d’intéresser les entrepreneurs de travaux publics et les ingénieurs.
- Une nouvelle machine aérostatique.
- On a fait, il y a quelque temps, des expériences avec une nouvelle machine aérostatique à Hartford, dans le Connecticut. Ces expériences ont, dit-on, réussi, en ce sens que la machine peut être tournée dans tous les sens par l’opérateur; mais elle paraît incapable d’aller contre un fort vent. Suivant la description qui en est faite, la partie lourde serait en haut et la partie légère en bas. La force soulevante est fournie par un cylindre placé horizontalement, en toile fine, doublée de caoutchouc, ayant 25 pieds de longueur et 13 pieds de diamètre, ne pesant que 36 livres et chargé d’hydrogène, préparé par le procédé ordinaire au moyen de la limaille de fer et de l’acide sulfurique. De larges bandes d’étamine entourent le cylindre et descendent jusqu’à une tige de cuivre jaune plaqué de nickel, de 20 pieds de longueur sur 1 1/2 de diamètre.
- Il sera pourvu à la dépense de ces travaux, ‘ évaluée à 20 millions de francs, au moyen ; des ressources créées par la loi des finances, j
- Chemins de fer, en Algérie.
- Deux conducteurs et quatre agents secon- \ daires des ponts et chaussées viennent de j partir pour procéder à la vérification du pro- ; jet de chemin de fer Sétif-Alger, dans la 1 partie comprise entre Bordj-bou-Arréridj et les Portes de Fer.
- Cette étude définitive fera connaître exactement Je. prix de revient de cette nouvelle i voie ferrée et ce sont ces documents qui, à ; la rentrée des Chambres, serviront de base à la convention à intervenir entre l’Etat et la compagnie concessionnaire.
- Le chemin pourrait être livré à la circulation dans quatre ans.
- La compagnie de l’Est algérien pousse ses derniers travaux avec la plus grande activité.
- Elle espère pouvoir ouvrir le chemin de fer de Constantine-Sétif au 1er mai 4879.
- BREVETS D’INVENTION.
- Savigny et Colîineau. — Procédé de teinture des étoffes au moyen de la cauline et de ses dérivés (121802).
- Schuler et Bourgin. — Emploi de la vapeur pour effacer la marque des pinces sur les tissus (421704).
- Schwartz et Binder. — Elévateur pour la récolte des pommes de terre (121657).
- Seilern (le comte Hugo). — Perfectionnements au système universel de chauffage direct au gaz (121778).
- Séguin. — Appareil de chauffage pour chaudières fixes, locomobiles, etc. (add. à 109693).
- Simoulin jeune. — Emporte-pièce à plaque de pression (121810).
- Société anonyme dite : Barmer Roheis Fabrik. — Appareil à fabriquer la glace claire et transparente (add. à 113428).
- Soignie (de). — Voie ferrée (add. à 120167).
- Southby. — Production de la glace et du froid (121767).
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- Stake et Brook. — Machines à peigner la laine ou autres matières filamenteuses (121814).
- Standfield et Clark. — Perfectionnements dans le montage et la manœuvre des canons (121769).
- Straiton et Johnstone.— Perfectionnement aux machines à nettoyer les peaux à longs poils et à laine (121775).
- Strube. — Appareil soufflant pour centrifuges (121792).
- Sugg. — Perfectionnements aux becs de gaz (add. à 104387).
- Suisse. — Perfectionnements à la lampe Serrai (121868).
- Syry-Lizars et comp. — Yolant mesureur compensateur pour compteurs à gaz (121846).
- Tardy. — Perfectionnements dans la coulée des lingots (add. à 108109). •
- Tesorieri. — Régulateur sec pour becs de gaz (121844).
- Tessely. — Appareil de sûreté pour chaudières à vapeur (121757).
- Thevenet (dame). —Monture automatique de parapluies, parasols, en-tout-cas, ombrelles (121740).
- Thioust. — Etablissement des cylindres en bois destinés à l’impression des étoifes, papiers, etc. (121749).
- Thiriet et Vaudin. —Baleine factice (121683).
- Thompson et Muher. — Mode d’attache des fonds de tonneaux ou barils (121716).
- Tissot. — Presse-filtre continue à jus de betteraves, huiles, cidres, raisins, etc. (add, à 114348).
- Totin frères (Société). — Transformation de la colle de poisson (121829).
- Toufflin. — Système de moulin - batteur (121659).
- Trinquard. — Malaxeur et broyeur d’amandes (121864). ,
- Turrettini et Pictet. — Perfectionnements dans la production de la glace (add. à 117313).
- Tweddell. — Système à actionner les machines hydrauliques à action directe (121689).
- Vaulegeard, Lefort et Desbois. — Système de vidange (121838).
- Vauthier.—Perfectionnements aux machines à imprimer en plusieurs couleurs, etc. (121860).
- C’est à cette tige qu’est suspendue la machine, à l’aide de cordes minces. La partie postérieure de la machine forme à sa base un parallélogramme de tiges larges de 2 pieds et longues de 5 pieds 1/2, d’où parlent, dans le sens de la longueur, des tiges courbées, hautes de 15 pouces au centre et se joignant presqu’au sommet. Au-dessus de ce sommet s’élève une roue dentée, de 11 pouces de diamètre, avec des anses doubles, adaptées à une aile à quatre lames se mouvant horizontalement, directement au-dessous, de telle façon que l’opérateur peut facilement faire faire à l’aile deux mille révolutions à la minute. Les quatre lames sont faites en bois de houx blanc, et ont chacune une surface d’environ 50 pouces carrés. Le diamètre maximum de cette aile tournante est de 24 pouces. Les lames sont fixées à angle droit comme celles d’un propulseur à hélice. Immédiatement derrière la roue se trouve un petit siège pour l’opérateur.
- Les pieds reposent sur deux légères pédales, au-dessus et en face de l’aile. Du devant de la machine sortent d’autres tiges portant à leur extrémité une aile, tournant verticalement, semblable à celle qui se trouve aux pieds de l’opérateur, mais n’ayant que 22 pieds de diamètre. Elle est adaptée à l’aile principale ou horizontale de façon à pouvoir être mise en mouvement ou non, au gré de l’opérateur, et elle peut être tournée d’un côté à l’autre de manière à changer la direction de la machine dans l’air. Tous les mouvements de cette aile sont dirigés par les pieds de l’opérateur. Lorsqu’il appuie sur la pédale, il la met en mouvement; lorsqu’il la presse avec l'orteil de son pied droit, la machine tourne à gauche, et une légère pression de son talon la fait revenir à droite. Il peut également renverser le mouvement de son aile principale, de telle manière qu’en tournant dans un sens la machine descend, et en tournant dans un sens opposé, elle monte.
- Cette machine aurait opéré deux ascensions; lors de sa seconde, elle aurait lutté contre le vent pendant près d’une heure; mais à la fin elle aurait été obligée de céder.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Fabrication du fromage en Franche-Comté, par M. Heuzé.
- (Fin).
- Le fromage bleu de Septmoncel ressemble au fromage de Sassenage ; sa pâte est sèche et persillée; celui de Bellecombe est de qualité supérieure. On en fabrique annuellement 300.000 kilogrammes que l’on vend en moyenne 1 fr. 80 cent, le kilogramme. Un kilogramme de fromage exige l’emploi de 12 litres de lait. Lyon consomme une partie importante de celui que l’on fabrique dans l’arrondissement de Saint-Claude.
- Le petit-lait, dans cette fabrication, est chauffé. La pellicule qui se forme à sa surface est appelée brèche ou grus; elle sert à faire du beurre blanc et maigre. Le liquide, après cette opération, fournit encore du serai.
- Le fromage faux Septmoncel ou Septmoncel bâtard est principalement fabriqué dans de petites fromageries appartenant aux communes de Mouthe, Chaux-
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- Neuve et les Foncine (Jura). 11 tient le milieu entre le fromage de gruyère et le fromage de Septmoncel. Il se compose de deux fromages superposés de même dimension. L’un est fait avec le lait du matin et l'autre avec le lait du soir. On opère de manière que la coagulation de ces liquides soit lente. Quand les deux fromages sont suffisamment pressés, on les noircit avec du noir de cheminée pour leur faire prendre le bleu ; on les réunit l’un sur l’autre, on les presse et on les descend ensuite dans la cave. Les fromages ainsi fabriqués se conservent longtemps, ils sont bons.
- La production annuelle atteint 30.000 kilogrammes.
- Le fromage de chevret se fait avec le lait de chèvre ; on le mange frais. On le fabrique principalement dans l’arrondissement de Saint-Claude. Sa pâte est jaune, élastique et souple. Quand le lait est coagulé, on met le caséum dans des moules carrés appelés fermetta. Après 6 ou 8 heures, on retire les fromages des moules, on les sale, et quand ils commencent à se ramollir, on les livre à la vente. Chaque fromage pèse de 120 à 150 grammes.
- On évalue la quantité fabriquée annuellement dans les arrondissements de Saint-Claude et de Poligny à 60.000 kilogrammes.
- En résumé» la valeur totale des fromages fabriqués annuellement dans les départements du Jura et du Doubs permet de dire que l’industrie fromagère est une des principales richesses de la Franche-Comté.
- [Fin.)
- Sur l'intoxication par les sels de cuivre, par M. le Dr Galippe.
- M. le Dr Galippe, qui s’est réservé la lourde tâche d’innocenter les sels de cuivre et de démontrer que les composés cuivriques ne sont pas aussi vénéneux qu’on l’a prétendu jusqu’à ce jour, a adressé à l’Académie, par l’entremise de M. Vulpian, une nouvelle note sur ce sujet très-controversé.
- Les expériences in anima vili n’ont pas suffi à M. le Dr Galippe. Il a voulu se rendre compte par lui-même des effets physiologiques et toxiques produits par le cuivre. Depuis quatorze mois, il s’est préparé des aliments et des boissons acides, des légumes mélangés de vinaigre qui ont séjourné plus de vingt-quatre heures dans des vases en cuivre non étamés. Il s’est formé une couche de vert-de-gris au-dessus de ces aliments; il a mélangé ce vert-de-gris, comme on mélange la sauce d’un ragoût et il s’est soumis très-régulièrement à cette nourriture qui a été aussi partagée par quelques-uns de ses amis et de ses adeptes.
- Qu’est-il résulté de celte singulière alimentation? absolument rien, paraît-il, M. le Dr Galippe et ses amis, assure M. Vulpian, n’ont éprouvé ni trouble, ni colique, et avant, comme après, ils ont continué à se bien porter. La conclusion des expériences de M. le Dr Galippe est donc, ainsi qu’il l’avait déjà formulé l’année dernière, que ces sels ne méritent pas la mauvaise réputation dont ils sont entourés et qu'on les calomnie d’une façon abominable, en les prenant pour ce qu’ils ne sont pas, c’est-à-dire pour des poisons dangereux !
- VMuet. — Pierre-émail fusible à la chaleur, etc. (121653).
- Verity (les sieurs). — Appareil à aérer les maisons et les autres édifices (121855).
- Véroul. — Chaussure perfectionnée (121796).
- Verstraeten. — Système de joints de tuyaux (add. à 116773).
- Vial. — Evier inremplissable (121728).
- Vial. — Alambic automoteur servant à l'extraction de l’alcool contenu dans les liquides fermentés (121888).
- Viéhoff et Danet. — Aération des navires, des locaux servant de transports, d’emmagasinage, d’habitation, etc. (add. à 118273).
- Vincent. — Mode de préparation des éthers et en particulier de l’éther méthylchlorhy-drique (add. à 118589).
- Vincent. — Procédés frigorifiques et fabrication de la glace, etc. (121748).
- Volk. — Signal destiné à appeler l’attention des préposés ou garçons dans les cafés, restaurants, etc. (121776).
- Wallace. — Perfectionnements à la lampe électrique (121819).
- Wattinne-Delespierres et Bave. — Polychrôme et son application à la teinture des matières textiles (121820).
- Wesson.—Perfectionnements dans les armes à feu (121692).
- Wheeler et Loring.— Perfectionnements dans la fabrication des clous pour fers à cheval et appareils de fabrication (121887).
- Wiïke. — Machine à planer la tôle (121734).
- Wolff (les sieurs). — Nœud de cravate à médaillon (121882).
- Woyciechowski. —Moteur circulaire (121762).
- Wright et Beecrofl. — Perfectionnements dans les machines ou appareils employés dans le peignage de la laine (add. à 119286).
- Zanni. — Appareil électrique faisant sonner les timbres, etc., et pouvant recevoir d’autres applications (121827).
- Zuca. — Machine à brosser les chaussures (121766).
- Zunxato (dé). — Procédé pour produire plusieurs copies d’un manuscrit ou dessin (121744).
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 32. — 10 Août 1878. — XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Etude sur l’huile de pieds de mouton, par M. Théodore Chateau. — Machines à vapeur, systèmes Zimmermann et Démangé, construites par MM. Lecointe et Villette, de Saint-Quentin. — Les clichés phonographiques, par M. Olivier-Matthey. — Le sucre, réactif de l’eau potable, par M. Reynolds. — Résultats de l’emploi des traverses injectées, sur les chemins de fer allemands, par M. Moser.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur les palais de l’Exposition de 1878.
- par M. Emile Trélat ,
- au Trocadéro.
- Un auditoire nombreux et choisi se presse dans la salle des conférences.
- M. Emile Trélat, architecte et professeur au Conservatoire des Arts-et-Métiers, va nous entretenir sur les palais de l’Exposition.
- Avant de donner la parole au conférencier, M. Duclerc, vice-président du Sénat, prononce un discours.
- Il explique les motifs qui l'ont décidé à accepter de présider cette conférence : d’abord le conférencier, car il tient à donner aujourd’hui, au fils du savant, du patriote aux côtés duquel il a lutté pendant sa jeunesse, le témoignage d’une sympathie due à son nom et à sa personne.
- Ensuite il a voulu mettre à profit le retentissement qu’a dans le monde toute parole prononcée dans cette enceinte pour mettre en vive lumière un fait qui est pour son pays un honneur caractéristique.
- L’exécution de ce grand monument était exposée à de redoutables vicissitudes ; il pouvait être retardé dans sa construction, compromis, arrêté même.
- Et à la fin, quand le temps allait manquer, les exigences pouvaient croître en proportion des nécessités. Eh bien, non ! jusqu'au bout les entrepreneurs et les ouvriers ont redoublé de dévouement et d’abnégation.
- Aucun supplément de prix n'a été demandé; à la dernière heure et jusqu’à la dernière minute tous les entrepreneurs ont accepté les conditions du début.
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- Étude sur l'huile de pieds de mouton, par M. Théodore Chateau.
- Nous sommes heureux de donner à nos lecteurs cette étude très-complète sur l’huile de pieds de mouton, fabriquée dans les ateliers d’échaudage des pieds de mouton, à la nouvelle triperie des abattoirs généraux de la Villette, de Grenelle et de Villejuif : M. Chateau ne nous avait malheureusement plus rien donné depuis longtemps, et ce nouveau travail de cet éminent chimiste, sera, nous l’espérons, apprécié comme il le mérite.
- Il y a peu d’années encore, on comprenait dans le commerce, sous le nom générique à'huile de pieds de bœuf, toutes les huiles d’abatis de mammifères (bœufs, vaches, moutons, chevaux, etc.). On confondait ainsi sous une dénomination vicieuse les huiles animales provenant de la cuisson des pieds de bœuf et de vache, des pieds de mouton et des diverses issues du cheval (1), huiles différentes par leur nature, leurs caractères et leurs qualités.
- Au grand préjudice des nombreuses industries qui sont amenées, pour le graissage de leurs machines et appareils de toute nature, à préférer les huiles animales aux huiles végétales, cette confusion dure encore, et s’aggrave par la vente de mélanges, presque toujours de nature frauduleuse, soit de ces huiles entre elles, soit surtout, du mélange de ces huiles animales avec des huiles végétales, quand l’effronterie ne va pas jusqu’à la vente, sous le nom d’huiles de pieds de bœuf ou de mouton, de mélanges huileux ne contenant même pas d’huile animale!
- Dans un travail spécial (2), j’ai eu à examiner des échantillons d’huiles animales préparées sous mes yeux avec les pieds de bœuf, de mouton et avec les diverses issues du cheval, et j’ai indiqué les caractères physiques et chimiques qui permettent de les différencier avec certitude.
- J’ai joint, à cette époque, l’examen d’une huile de pieds de bœuf, de provenance certifiée de Buenos-Ayres, qui présentait les mêmes caractères que l’huile de pieds de bœuf pure de Paris. Il en est de même d’une huile similaire, certifiée de Rio-Grande du Sud (Brésil), ^que j’ai eu récemment à examiner.
- Mais, parmi toutes ces huiles animales, celle qui provient de l’échaudage et de la mi-cuisson des pieds de mouton, j’entends celle bien et honnêtement fabriquée, est sans contredit la meilleure par l’ensemble de ses qualités lubrifiantes; aussi, pure et dûment exempte de tout mélange, est-elle cotée le plus haut comme prix de vente.
- Aucun ouvrage technique n’a, jusqu’à ce jour, donné la préparation détaillée de cette dernière huile, et cependant cette fabrication spéciale existe à Paris, montée sur une très-grande échelle, aux abattoirs de la Ville de Paris, dans un établissement important qui, affermé depuis de longues années à des particuliers, relève directement de l’Administration Municipale.
- (1) L’huile de cheval provient de la cuisson, non-seulement des pieds, mais de toutes les autres parties de l’animal non livrées à l’alimentation par les boucheries hippophagiques.
- (2) Guide pratique des corps gras industriels, 2e édition. — Paris, chez Eug. Lacroix.
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- J’ai saisi avec empressement l’occasion que M. Constant Artus, l’adjudicataire actuel, m’a offerte d’examiner dans tous ses détails cette fabrication spéciale d'huile de pieds de mouton, et le remercie vivement des renseignements précis qu’il a bien voulu me communiquer sur cette intéressante industrie.
- La nouvelle triperie des abattoirs généraux de la Villette, est située entre la sixième rue, l’avenue des Coches et la rue parallèle.
- Dans cet établissement, des plus curieux à visiter, se traitent journellement les pieds de tous les moutons tués chaque jour aux abattoirs de la Villette, de Grenelle et Villejuif, soit environ 1 million 1/2 de moutons, représentant six millions de pieds par an (1).
- On y traite également les panses desdits moutons :
- 1° pour en extraire le fumier, c’est-à-dire la nourriture végétale à moitié digérée qu’elles renferment, et transformer ensuite ce fumier en engrais;
- 2° pour opérer la fonte des caillettes et en recueillir la matière grasse;
- 3° pour retirer la pepsine brute par le grattage desdites caillettes.
- Le crevage et le lavage des panses s’effectuent dans des ateliers spéciaux, appelés coches, qui sont indépendants de ceux où se traitent les pieds de mouton.
- Les panses, une fois lavées et séparées des caillettes, sont surtout vendues pour la nourriture des chiens; elles sont employées aussi par quelques industries, particulièrement par celles qui fabriquent les blagues à tabac et autres articles du même genre.
- Précédemment à 1877, c’est-à-dire avant queM. Constant Artus fût devenu adjudicataire, le traitement des pieds et des panses de mouton se faisait par des procédés très-primitifs, qui nécessitaient une main-d’œuvre pénible, un chauffage à feu nu occasionnant une dépense considérable de combustible et des réparations continuelles. En outre, la plupart des opérations, surtout celles afféreutes aux panses, développaient des odeurs nauséabondes et insupportables, par suite de l’extrême lenteur des cuissons et de la difficulté des nettoyages du sol et des appareils.
- Ces opérations, en ce qui concerne l’extraction de l’huile des pieds de mouton, s’effectuaient encore en 1876 dans l’espace restreint d’un des bâtiments octogonaux (celui de droite) qui se présentent de suite à la vue par la grande entrée de la rue de Flandre.
- M. Constant Artus, devenu adjudicataire en mai 1876, profita de la translation des ateliers en question dans ceux de la nouvelle triperie pour réorganiser celte fabrication, et introduire dans les multiples opérations qu’elle comporte tous les perfectionnements nécessaires pour effectuer un travail automatique rapide, régulier, économique et salubre.
- La fabrication, ou plutôt l’extraction de l’huile de pieds de mouton, comporte deux opérations : l°la reprise ou échaudage des pieds; 2° leur cuisson, ou mieux leur mi-cuisson.
- I. — L’opération dite reprise des pieds de mouton, a pour but l’arrachement des bourres (parties laineuses des pieds) et des ergots qui adhèrent à ces pieds. Elle consiste dans l’immersion de ces derniers, tels qu’ils sortent des « cours de travail » (où s’abattent et se dépècent les moutons), dans des
- (1) Cet établissement ne traite absolument que des pieds de mouton. Les pieds des autres animaux, bœufs, vaches et taureaux, tués à l’abattoir de la Yillette, sont traités hors l’abattoir; et des renseignements pris à l’octroi, il résulte l’affirmation qu’il n’entre du dehors aucune huile animale ou végétale.
- De même pour les ouvriers : une grève en menaçant de tout arrêter aurait forcé l’Administration à subir les conditions imposées ou à renoncer à son œuvre; aucune menace de grève ne s’est produite. Le sentiment de l’honneur de la France engagé devant le monde entier a dominé toutes les suggestions malsaines et les revendications inopportunes.
- Quant M. le Commissaire général nous fit connaître cette situation, continue M. Duclerc, une fière émotion s’empara de nous, et cette émotion je ne puis m'en défendre encore aujourd’hui devant vous, Messieurs.
- Vous la partagez ; je vous en remercie du fond du cœur. On a été quelquefois bien sévère pour la France, sévère jusqu’à la dureté et jusqu’à la calomnie; mais aujourd’hui, l’heure réparatrice, l’heure de la justice est venue. La France, Messieurs, ne demande rien de plus (applaudissements).
- Après ces paroles, M. Trélat commence son entretien.
- Il nous convie à faire avec lui une promenade ayant son origine à la porte d’Iéna ; nous arriverons, dit-il, au Palais de fer en traversant la Seine et le parc du Champ-de-Mars, et après l’avoir visité, revenant sur nos pas, nous entrerons dans le Palais de pierre.
- Nous sommes devant le grand vestibule, vestibule solennel de cette œuvre colossale qui couvre une surface de 25 hectares ; M. Trélat admire cette façade principale de 360 mètres de longueur sur 25 mètres de largeur, composée de batteries de travées, flanquée à ses deux extrémités de pavillons, couverts d’un dôme dont le motif dominant est le pavillon central et terminé en élévation par de violents accusatifs. C’est imposant, attaquant, excitant, un peu troublant même, et n’était la grande véranda, immense verrière, qui règne le long de la façade, l’œuvre serait parfaite.
- Un peu plus d’opacité n’aurait pas nui aux statues représentant les divers Etats conviés à la grande fête du travail : Cette abondance de lumière les plonge dans un milieu d’une incontestable pauvreté.
- Il faut, continue notre entraînant cicerone, louer sans réserve l’emploi des terres cuites émaillées pour la décoration de la façade. Décorer le fer était un problème très-difficile. Il a été ici, heureusement résolu par cette innovation dans l’art de construire. Cette innovation a demandé beaucoup d’efforts : ils porteront leurs fruits.
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- Entrons dans le vestibule et regardons à nos pieds.
- Les matériaux reliants, les ciments surtout, s’y montrent avec leurs admirables propriétés : c'est grâce à leur emploi qu’on a pu construire ces énormes bases, ces socles massifs et rendre promptement accessible et moins pénible au voyageur le sol à parcourir du vaste quadrilatère.
- Comme sur la façade, la décoration est riche, puissante, attractive et le problème de décorer une carcasse en fer s’y trouve magistralement résolu.
- Passons dans une des rues, dans celle dite des Nations, où chacune de celles représentées à l’Exposition a établi pignon sur rue, et après avoir constaté la pauvreté de décoration de la section française, côté des beaux-arts, nous arrivons au premier vide où trois porches à coupole nous retiennent et sous lesquels nous remarquons un motif originalement traité avec terre cuite émaillée: c'est la porte donnant accès à la galerie des beaux-arts.
- De là on aperçoit le pavillon de la ville de Paris, se dressant majestueusement sur sa base, miroitant, chatoyant avec ses terres cuites et ses émaux, décoré avec un goût et une délicatesse de soins infinis, où l’emploi du fer, honteux quand il n’est pas à sa place, ne jure pas trop, c’est joli : cette œuvre doit rester ; mais c’est « un coffret précieux dont la sertissure fait tout le prix. »
- Tout en cheminant, en admirant, en critiquant, nous arrivons au deuxième vide, ou deuxième porche.
- Une composition d’un ordre homogène, et dont le sujet est puissamment traité, nous arrête, dit l’architecte-conférencier. La véritable polychromie se montre sur ce motif décoratif dans toute sa splendeur ; la terre cuite émaillée triomphe.
- Pénétrons, par cette riche percée, dans la galerie des beaux-arts. Ici, se trouve le point faible. La vue est « muette », l’œil est aux « travaux forcés », et l’intéressant orateur regrette la galerie des beaux-arts de l’Exposition de Londres dont la disposition intérieure avait été bien autrement comprise et dont la construction favorisait bien autrement aussi la vue des œuvres exposées, et permettait une judicieuse appréciation.
- Après avoir passé rapidement dans la galerie vestibule faisant facè à l’Ecole militaire, nous pénétrons dans la vaste galerie des machines de la section française, l’un des puissants contre-forts de l’immense édifice.
- cuves pleines d’eau chauffée à la vapeur de 75 à 80° centigr., pendant 20 minutes environ. Chaque reprise s’effectue sur 360 à 400 pieds, représentant 90 à 100 moutons.
- La reprise des pieds de mouton se faisait autrefois dans des chaudières chauffées à feu nu, ou les pieds étaient introduits, contenus dans un panier d’osier. Aujourd’hui, dans l’important établissement de MM. Constant Artus et Gie, cette opération se fait dans des chaudières chauffées à la vapeur, où l’eau chaude, l’eau froide et la vapeur sont mises, d’une façon intelligente et pratique, à la disposition immédiate de l’ouvrier, ce qui permet à celui-ci de régler convenablement la température du bain d’échaudage. Les paniers d’osier sont remplaces par des paniers en tôle perforée et galvanisée, à porte s’ouvrant automatiquement par le fond. L’enlèvement et le déchargement de ces paniers s’effectuent mécaniquement par le moyen de palans à chaînes.
- Lorsque l’ouvrier constate que la bourre laineuse s’enlève bien, il relire le panier de la chaudière, le transporte au-dessus de wagonnets en tôle galvanisée, où il le vide, et conduit ces derniers dans l’atelier, où les pieds sont grattés et les ergots enlevés, opérations faites par les femmes ; celles-ci, par l’habitude, finissent par acquérir une rapidité d’exécution, et surtout une sûreté de main véritablement surprenantes, car il s’agit ici de n’enlever que la bourre, sans toucher à la chair constituant la partie mangeable des pieds de mouton.
- Les pieds ainsi grattés et désergotés, sont mis en bottes comprenant 18 pieds (représentant 4 moutons 1/2) attachées par trois ficelles et soumises de suite à la cuisson.
- II. — La deuxième opération, dite « cuisson des pieds, a pour objet de cuire à moitié les pieds pour les mettre dans l’état où ils doivent être livrés au commerce, et de profiter de cette mi-cuisson pour en extraire la majeure partie de la minime quantité d’huile qu’ils contiennent.
- Comme pour la « reprise » des pieds de mouton, cette opération de la cuisson s’effectuait aux abattoirs, avant 1876, dans des cuves chauffées à feu nu comportant un travail long, pénible et dangereux; les bottes étaient, une à une, pêchés avec un croc et jetées, trop cuites ou pas assez cuites, dans un bassin d’eau froide.
- Aujourd’hui, dans la nouvelle triperie des abattoirs de la Villetle, les diverses phases de ce travail sont devenues automatiques. Les bottes sont introduites dans des paniers en tôle galvanisée perforée, que des palans à chaînes amènent et font descendre dans des chaudières chauffées à la vapeur, comme celles de la « reprise des pieds ». Chaque opération, comportant la cuisson de 100 à 125 bottes (suivant la grosseur des pieds, grosseur qui dépend de la provenance des moutons), s’effectue en trois heures environ. Ces 100 à 125 bottes, à 18 pieds la botte, correspondent à 1.800 ou 2.250 pieds, soit 450 à 562 moutons 1/2.
- Au fur et à mesure de la cuisson, l’huile, qui monte à la surface de l’eau bouillante, est récoltée à l’aide de poêles en tôle galvanisée, et mise dans des réservoirs de repos en zinc placés dans une pièce chaude, maintenue en hiver à une température de 20° environ.
- Chaque cuisson de 100 à 125 bottes de 18 pieds de mouton, donne lieu à une récolte excessivement variable et minime d’huile trouble (un à deux litres par 100 moutons), suivant la provenance de ceux-ci. Les moutons qui voyagent beaucoup avant d’arriver aux abattoirs, ceux d’Afrique, par exemple, donnent des traces d’huile, tout en ayant de gros et beaux pieds; la fatigue produit chez ces animaux une espèce de combustion lente de la matière
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- grasse, qui, chose curieuse, s’attaque d’abord à l’huile des pieds et la fait disparaître.
- Les bottes de pieds de mouton étant amenées à l’état de cuisson voulu, le panier qui les contient est retiré, transporté et descendu par des palans à chaînes dans des bassins en ciment où circule un courant continu d’eau froide.
- Lorsque les bottes sont refroidies, on retire les deux ficelles des bouts pour ne laisser que celle du milieu. C’est en cet état que les pieds sont vendus à la consommation.
- Les‘diverses opérations de l’échaudage et de la mi-cuisson des pieds de mouton, emploient journellement 60 femmes et 35 hommes.
- L’installation intelligente que je viens de décrire, installation automatique, où les meilleures conditions de chauffage à la vapeur, de circulation d’eau chaude et froide, ont été mises en œuvre, permet le large accès des moyens de lavage du sol et des appareils. La salubrité des ateliers est complétée par l’emploi de wagonnets en tôle galvanisée circulant sur des rails nombreux, du système Decauville.
- . Lorsque M. C. Artus aura appliqué les moyens actuellement à l’étude, devant permettre l’éclaircissement rapide de l’huile de pieds de mouton, et le prompt dépôt de la matière grasse blanche solide qui y est en suspension, et la rend opaline; l’empêche d’être « niffle », comme on dit dans le métier, sa fabrication ne laissera plus rien à désirer.
- M. Constant Artus ayant mis obligeamment à ma disposition divers échantillons d’huile de pieds de mouton provenant, tant d’opérations anciennes que récentes (une série de celles-ci faites sous mes yeux), j’ai pu examiner -cette huile à ses divers états de limpidité, au point de vue de ses caractères physiques et chimiques, la soumettre à l’action des réactifs indiqués dans mon ouvrage pour l’essai des matières grasses, et reconnaître qu’elle présente les mêmes réactions que celles que j’ai données de cette huile.
- La pesanteur spécifique de l’huile de pieds de mouton est de 0,915 grammes au litre. Telle qu’elle est vendue et employée couramment, cette huile présente une teinte opaline grisâtre. Eclaircie par le repos, la mise au froid et plusieurs filtrations, elle est d’un jaune très-pâle : j’en ai vu des échantillons qui étaient presque incolores et ressemblaient à de l’huile de lard (lard oil des Américains).
- Parallèlement à ce travail analytique, j’ai examiné de nombreux échantillons de très-belles huiles spécifiées de « supérieures, » de « superfines, » de « spéciales, » etc., et annoncées toutes comme étant, soit de l’huile de pieds de mouton pure, soit à base de cette huile animale. J’ai constaté, pour les trois quarts, l'absence d’huile de pieds de mouton, et la présence, au contraire, d’huiles végétales, d’oléine de suif et d’huile de poisson raffinée. Dans d’autres échantillons, j’ai reconnu les mélanges habituels d’huile de cheval avec les huiles d’œillette et d’olive.
- Th. Château,
- Chimiste.
- Devant cette merveille de 650 mètres de longueur sur 35 mètres de largeur et 25 mètres de hauteur. M. Emile Trélat, qui s’était imposé l’obligation de ne prononcer aucun nom, n’a pu résister au désir de citer celui de l’auteur de cette œuvre maîtresse : de Dion, mort au champ d’honneur.
- Cet ingénieur émérite avait le flair de la construction, dit-il : le premier, il a appliqué le calcul des poutres courbes rigides à la construction des charpentes en fer et est arrivé à produire, sous un aspect élégant, le maximum de résistance avec le minimum du poids du métal employé. Ici, pas de critique, rien que des éloges. C’est que le palais de fer est non-seulement une œuvre d’architectes, mais aussi une œuvre d’ingénieurs.
- En quittant le palais de fer, ne passons pas sans saluer la statue de la Liberté des Etats-Unis, et permettez-moi d’admirer ses beautés plastiques, dit M. Trélat.
- Nous voici devant le Trocadéro. On a devant soi un panorama accablant et magnifique : c’est grand et puissant, s’écrie le conférencier.
- La construction du Trocadéro est un chef-d’œuvre. Le palais de pierre a été établi dans les meilleures conditions d’économie et de solidité. Les matériaux employés ont coûté le moins cher possible en offrant la plus grande résistance, en permettant de donner aux murs J es épaisseurs les plus faibles.
- La façade est-elle polychrome ? Non. — Est-elle monochrome? Non plus. — C’est une monotonie pleine de richesses, mais avec des tonalités différentes. Ces zônes de moellons rouges et blancs sont d’un magnifique effet. Il y aurait cependant à discuter, l’œuvre l'est même beaucoup, mais nous ne pouvons encore nous prononcer, laissons le temps produire ses effets, et une fois le Champ-de-Mars démoli, nous verrons.
- Entrons dans la grande salle des fêtes du palais de pierre, nous dit M. Trélat.
- Là, encore, on voit l’intervention de l’ingénieur. Deux problèmes étaient à résoudre ; la ventilation et l’acoustique. Il fallait aérer une salle contenant 5.000 personnes, et y entretenir une température fraîche. L’air, puisé dans le sol des carrières situées sous le palais, pénètre dans la salle par 5.000 per-tuis, et cet air respiré donne « un frais innocent, un frais honnête. »
- Moins bien résolu a été le problème de l’acoustique : pas absolument résolu. Pour les sons violents, on remarque quelques résonnances et un commencement d’écho : mais
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- les surfaces amortissantes déjà employées y apporteront remède.
- Enfin, l’œuvre des palais de l’Exposition de 1878 est une œuvre « étourdissante, et quand on pense qu’en moins de vingt mois le projet a été exécuté, on n’en revient pas. »
- C’est ainsi que termine l’éminent professeur.
- La conférence finit au milieu des applaudissements des auditeurs manifestant ainsi leur reconnaissance à M. Trélat.
- Interprète des sentiments de la réunion d’élite qui assistait à la séance du 25 juillet, nous remercions le savant professeur qui, pendant plusieurs heures, nous a tenus sous le charme de sa parole tout à la fois vive, imagée et spirituelle : incisive parfois, mais toujours franche... et pleine d’autorité.
- A. Rozès-Joly.
- TRAVAUX PUBLICS.
- Nouveau bassin dans le port de Cette.
- Il sera procédé à l’exécution des travaux nécessaires pour la création, dans le port de Cette; d’un bassin, d’uiîe nouvelle passe à l’est de la jetée de Frontignan, d’un nouveau lazaret et autres travaux nécessaires pour l’amélioration de ce port, conformément aux dispositions adoptées, en principe, par le Conseil général des ponts et chaussées, dans sa délibération du 28 octobre 1875, et à l’état dressé par l’ingénieur en chef du service maritime du département de l’Hérault, en date du 1er mai 1877.
- Sont déclarés d’utilité publique les travaux mentionnés dans l’article qui précède, et dont la dépense est évaluée à 8.400.000 francs.
- Salubrité des fosses ù pulpes.
- La Société d’Agriculture de Compiègne, appelée par le Conseil d’Etat à donner son avis au sujet des dépôts de pulpes de betteraves considérées comme insalubres, a répondu qu’il ne peut être fait de différence entre les pulpes de distilleries et de sucrerie; que les fosses à pulpes tenues proprement n’offrent aucun danger pour la salubrité publique; qu’il serait préjudiciable aux cultivateurs et aux fabricants d’éloigner ces dépôts dont ils ont besoin journellement;
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Machines à vapeur, systèmes Zimmermann et Démangé, construites par MM. Lecointe et Villette, de St-Quentin,
- à l'Exposition universelle.
- Les établissements de constructions mécaniques de MM. Lecointe et Villette, de St-Quentin, sont bien connus, surtout pour leurs machines et leurs chaudières à vapeur. Mais cette maison se distingue également par ses travaux de constructions mécaniques et de chaudronnerie en tous genres, aussi bien’que par ses appareils d’huileries et de sucreries, qu’elle livre en France, aux Colonies et h l’Etranger. Elle occupe 400 à 450 ouvriers et produit des travaux pour une valeur moyenne annuelle de 2 millions ; elle comprend des ateliers de construction, de forges, de fonderie et de chaudronnerie : datant de 1847, elle a obtenu des récompenses dans toutes les expositions ou concours, où elle s’est présentée. M. A. Villette qui, par suite du décès de M. Lecointe, dirige complètement les usines, a exposé, à la classe 54, diverses machines à vapeur et des pompes, et à la classe 52, ses appareils de sucrerie : diffuseurs, presses, épierreurs, etc... (1).
- Pour ce qui concerne la classe 54, nous avons remarqué avec le plus grand intérêt la machine à vapeur qui actionne la première section de la grande galerie des machines, section française.
- C’est un.e machine à vapeur horizontale à deux cylindres accouplés, ou mieux ce sont deux machines horizontales distinctes attelées sur le même arbre, au moyen de manivelles calées à 90 degrés. Chaque machine possède sa détente, variable par le régulateur, son condenseur et sa pompe à air, dans le prolongement de la lige du piston à vapeur. Le système de détente variable par le régulateur, est de l’invention de M. Zimmermann, ingénieur à Marchiennes (Belgique). Chaque machine est à quatre distributeurs, deux pour l’admission et deux pour l’échappement. Ces distributeurs sont des soupapes équilibrées à double siège, en acier fondu et indépendantes du cylindre, de façon à pouvoir se démonter, pour la réparation ou le remplacement, sans toucher au cylindre à vapeur.
- Un seul excentrique calé sur l’arbre moteur, commande ces quatre distributeurs, au moyen d’un système de leviers très-simple. Les deux soupapes d’admission sont munies du déclic Zimmermann, par lequel le régulateur agit sur une combinaison de leviers qui éloignent ou rapprochent des points de touche en acier trempé, ce qui produit une admission de vapeur plus ou moins prolongée, à la demande du régulateur.
- La combinaison des leviers est telle que le déclic ne produit aucune réaction sur la marche du régulateur, contrairement à ce qui arrive quelquefois avec les cames. Une particularité importante, et spéciale à cette machine, c’est la simplicité des organes, et la facilité de l’entretien et des réparations. Pour le système de détente même, la conception et les organes so'nt assez * simples, pour qu’ils soient compris et maniés facilement par tous les ouvriers mécaniciens qui auraient ce moteur entre les mains.
- (1) Nous parlerons spécialement de ces derniers appareils dans un prochain article.
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- Ces machines comportent une enveloppe de vapeur autour des cylindres, et, sur le couvercle du fond, une seconde enveloppe en bois, avec interposition de feutre. La construction en est très-soignée, les fontes sont bien moulées, les pièces d’ajustement sont bien comprises et bien exécutées. Les matériaux employés sont de première qualité : tous les leviers de mouvement sont en acier coulé sans soufflures.
- D’après le rapport d’expériences faites au frein, et les relevés de diagrammes, qui nous ont été communiqués, une machine de 100 chevaux, de ce système, a rendu un effet utile de 87,50 pour 100 : elle a consommé 920 grammes de charbon par heure et par force de cheval indiqué, et 1050 grammes par cheval effectif. En somme, la machine Zimmermann exposée par MM. Lecointe et Villette, nous paraît l’une des plus remarquables de l’Exposition, par la simplicité de son système, et par sa belle et bonne construction, qui dénote un établissement sérieux et bien outillé.
- * Sans sortir de la classe 54, les mêmes constructeurs ont exposé sur la berge de la Seine une pompe Greindl à piston rotatif, avec moteur adhérent, installé sur le même bâti en fonte que la pompe : elle peut fournir 1000 litres d’eau par minute.
- Le moteur, de la force de 6 à 8 chevaux, se compose de deux pistons à vapeur, à simple effet, actionnant, chacun à l’opposé, un arbre coudé central manchonné avec l’arbre à palettes de la pompe Greindl : c’est une machine à vapeur système Démangé.
- Le tout est fait pour tenir le minimum d’espace horizontal : l’ensemble est bien étudié, et la construction est absolument soignée dans tous ses détails.
- PHOTOGRAPHIE, GRAVURE ET IMPRIMERIE.
- Les clichés phonographiques, par M. A. Olivier-Matthey.
- On sait que le phonographe a pour principe d’imprimer les vibrations de la plaque du téléphone, qui met en mouvement une aiguille, sur une mince feuille d’étain comme celle qui enveloppe le chocolat. Depuis les derniers perfectionnements, la feuille est tendue sur une plaque de zinc ayant une rainure en spirale, laquelle tourne par un mouvement d’horlogerie pendant l’action du téléphone. Mais lorsque l’on aura fait passer plusieurs fois la feuille d’étain portant l’impression phonographique, d’un discours, d’une chanson, etc., sous l’appareil répétiteur, les sinuosités empreintes sur cette mince feuille d’étain tendre, lesquelles ne présentant qu’une faible résistance à la pointe qui les touche, finiront par s’effacer, quoique la pression soit très-faible, et alors le discours deviendra incompréhensible. En somme, on ne peut pas répéter le discours souvent sans mettre la feuille d’étain hors de service.
- Or, M. A. Olivier-Matthey, chimiste à Neufchâtel, vient d’expérimenter avec succès le procédé suivant, et il paraît être le premier qui en ait eu l’idée : il
- que la police municipale peut facilement assurer la bonne tenue de ces dépôts.
- La Société d’Agriculture de Compiègne n’est pas d’avis que les dépôts de pulpes soient classés parmi les établissements insalubres.
- Moyens de transport.
- Le congrès pour le développement et l’amélioration des moyens de transport s’est ouvert, le mois dernier, au palais du Tro-cadéro.
- Nous avons sous les yeux la liste des adhérents, qui comprend plus de cent soixante députés, quinze sénateurs, cinquante présidents ou délégués des chambres de commerce et un grand nombre d’ingénieurs, d’industriels et d’hommes compétents.
- Les six commissions instituées par le comité d’organisation ont préparé un programme détaillé et arrêté les points principaux qui ont été soumis au congrès.
- Parmi ces points, trois surtout paraissent susceptibles d’une sanction pratique; ce sont ceux qui se rapportent à la statistique et à la législation internationale, à la concordance des chômages des canaux unissant deux pays.
- Le congrès de Paris, en reprenant les travaux déjà élaborés pour la statistique à Buda-Pesth et à Rome, et pour la législation à Berne, pourra contribuer puissamment à la solution de ces importantes questions.
- FAITS MARITIMES.
- Le voyage du Nautilus.
- Un bateau à voiles américain, le Nautilus, est arrivé hier au Havre, venant de Boston par Mullion Cove (Angleterre). Ce bateau, monté par deux hommes seulement, les frères Andrews, a fait cette traversée dangereuse en deux mois environ. Sa longueur n’est que de 19 pieds, sa largeur de 6 pieds 7 pouces, et sa profondeur de-2 pieds 3 pouces. Son tirant d’eau est de 6 pouces 1/2. Le voyage ne s’est pas accompli naturellement sans péripéties.
- Le Nautilus est parti de Boston le 7 juin, à trois heures de l’après-midi. Aussitôt qu’il eut perdu de vue le phare du Minot, le vent s'éleva et la tempête se déclara. La mer
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- éteignit tous les feux du bord, et les deux voyageurs se trouvèrent dans une obscurité absolue. Le plus jeune des deux frères, Walter, qui était au lit, dut se. lever pour les rallumer. Le bateau plongeait horriblement. Bientôt après le verre de la boussole se brisa, et les deux frères discutèrent s’ils ne retourneraient pas en arrière. Après avoir pris ce parti, ils se dirigèrent vers Boston, qu’ils purent regagner sans avaries nouvelles, en traversant une troupe de baleines.
- Les deux frères étaient épuisés de fatigue et surtout mortifiés de rentrer au milieu de leurs amis qui avaient salué leur départ et qui riraient de leur mésaventure. Deux jours plus tard, cependant, ils repartaient de nouveau ; ils accostèrent plusieurs bâtiments. On leur donna le conseil de mettre moins de toile dehors. Une nbuvelle tempête éclata quelques jours après ; puis le temps devint brumeux. La mer était couverte de bois flottants et il était à craindre que le frêle bateau ne fût défoncé par le choc de quelque épave.
- Enfin, après une série de gros temps, la tempête les poussa dans le canal Saint-Georges, et ils abordèrent à Mullion Cove.
- Le Nautilus sera transporté du Hâvre à Paris en chemin de fer : il stationnera près de l’Exposition, sur la Seine.
- La frégate japonaise Seiki.
- La frégate japonaise Seiki, en ce moment à l’ancre dans le port de Cherbourg, a apporté pour l’Exposition un magnifique feu d’artifice, qui ne comporte pas moins de cinquante grandes pièces montées, ou coups de feu.
- Le capitaine de la frégate, M. Jnovoüé, est arrivé hier soir à Paris avec ce feu d’artifice et douze marins japonais sachant le monter et le tirer. Une demande a été aussitôt adressée au Préfet de police pour le prier de désigner l’endroit où aura lieu cet essai pyrotechnique.
- STATISTIQUE DES SUCRES.
- Il a été importé des colonies françaises 43.899.549 kilog. de sucre contre 49.226.397 kilog. en 1877, soit une différence en moins de 5.335.848 kilog. sur l’année dernière.
- Il a été importé de l’étranger 50.700.387 kilog. de sucre contre 80.121.516 kilog. en 1877, soit une différence en moins de
- consiste à confectionner un type ou cliché parfait, aussi solide et résistant qu’une gravure sur cuivre et avec lequel on peut tirer, comme en photographie, un nombre d’épreuves, en quelque sorte illimité. j On commence par fixer un fil de cuivre à la feuille d’étain imprimée, au moyen d’un contact métallique posé en dehors de l’impression; l’autre extrémité du fil est fixée à un cylindre de zinc, lequel est dans un diaphragme (vase poreux) contenant de l’eau acidulée par un vingtième d’acide sulfurique : le tout est plongé dans un grand vase contenant une solution saturée de sulfate de cuivre dans laquelle est immergée la feuille d’étain. Un dépôt de cuivre commence aussitôt à s’effectuer, et après trois jours l’épaisseur du cuivre est suffisante pour avoir un cliché dans lequel on lire autant d’épreuves galvanoplastiques que l’on voudra : pour ces dernières, il suffit de 12 à 24 heures, suivant la température du bain et la force du courant. Par économie, efpour que le cuivre ne s’applique pas des deux côtés de la feuille d’étain, quand on fait le cliché, on peut la couvrir d’une couche isolante de cire ou de résine, du côté portant les reliefs.
- Ainsi, la musique vocale ou instrumentale reproduite par la galvanoplastie peut être chantée, jouée, conservée aussi longtemps et aussi souvent que l’on voudra sans altération. Elle pourra être reproduite avec amplification au moyen du microphone et, entendue par une réunion d’un grand nombre de personnes. On vendra les discours comme les photographies et, à l’avenir, on vendra aussi un chant quelconque, dans les magasins, comme on vend une photographie : puis au moyen d’un petit appareil peu coûteux, chacun pourra entendre une cantatrice, un acteur aussi souvent qu’il lui plaira.
- AGRICULTURE, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Le sucre, réactif de l'eau potable, par M. Reynolds.
- Rien n’est plus important, au point de vue de la santé, que la pureté de l’eau, indispensable pour la cuisson des aliments aussi bien que pour étancher la soif, et sans laquelle la digestion ni l’assimilation ne pourraient s’accomplir. Elle doit donc être surtout d’une pureté irréprochable : autrement les matières organiques ou toxiques qu’elle contient peuvent être l’origine des troubles les plus graves de la santé et la cause 'de maladies mor-. telles.
- Il est surtout important que chacun puisse vérifier si l’eau qu’il boit est pure. Un moyen simple entre tous a été indiqué h cet effet par le professeur Reynolds, de Dublin, dans une conférence publique. Prenez un demi-litre de* l’eau à examiner, dans une bouteille de verre blanc très-propre, et ajoutez-y gros comme un pois de sucre en pain, le plus blanc que l’on puisse trouver. Exposez la bouteille, bouchée par une feuille de papier, au soleil, sur la fenêtre d’une chambre. Si, après huit ou dix jours le liquide se trouble, c’est que l’eau contient des substances organiques étrangères, des impuretés pro-
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- venant probablement d’infiltrations souterraines d’égouts. Ces nuages de l’eau dans ces conditions résultent, suivant Frankland, de fermentations fon-goïdes qui prennent naissance en présence du sucre, et des traces d’acide phosphorique qui se rencontrent aussi dans les eaux d’égouts. Ce réactif est à la portée de tout le monde.
- Résultats de Vemploi des traverses injectées sur les chemins de fer allemands,
- par M. Moser.
- L’ingénieur en chef, M. Moser, donne sur l’injection des traverses de chemins de fer allemands les résultats suivants :
- 19 compagnies de chemin de fer emploient des traverses non injectées.
- 19 — — injectent les trav. au chlorure de zinc.
- 16 — — — goudron.
- 7 — — — sublimé de mercure.
- 4 — — — sulfate de cuivre.
- La statistique des différents chemins de fer donne :
- Durée de la traverse Durée de la traverse
- non injectée. injectée au chlorure de zinc
- Chêne 13 ans. 22 ans.
- Sapin. .... 4 10
- Pin 5 42
- Hêtre 3 1.3
- Mélèze 5 - 15
- Les frais d’injection par traverse se montent, en moyenne, à 70 centimes. M. Moser, dans le calcul ci-dessous, prend le prix de la traverse réformée comme une constante, et amortit la traverse en raison de sa durée.
- Prii d’une traverse Prix d’une traverse Prii . non injectée non injectée, mais
- d’acquisition. et entaillée. entaillée et amortie.
- Chêne................... 6 80 8 44 7 54
- Sapin................... 3 50 4 97 4 07
- Pin..................... 3 70 5 19 4 29
- Hêtre..................4 80 634 5 44
- Mélèze.................490 645 555
- [Journal de l'Industrie allemande.)
- 29.421.129 kilog. sur l’année dernière. La diminution des importations porte sur les provenances de Belgique, de Cuba, du Brésil, d’Autriche, et des pays non dénommés : il y a au contraire augmentation pour Maurice et l’Egypte.
- L’augmentation de la consommation du café, principal véhicule du sucre, continue à présenter une augmentation satisfaisante sur l’année dernière. Il y a peu de différence dans la consommation du cacao et du thé.
- . L’exportation des bruts indigènes a été de 9.238.325 kilog. contre 3.362.745 kilog. en 1877 et 38.497.026 kilog. en 1876. Il y a augmentation de 6 millions sur l’année dernière, mais une diminution de 35 millions sur 1876.
- L’exportation des raffinés a été, en chiffres ronds, de 85 1/2 millions contre 71 millions en 1877 et 105 1/2 millions en 1876. L’augmentation de 14 i/2 millions l’année dernière porte sur tous les pays de destination, sauf la Belgique, la Suède, l’Italie, la Grèce et divers pays non dénommés. La diminution pour l’Italie qui a maintenant d’ailleurs plusieurs raffineries en activité, dépasse 5 millions de kilog.
- La consommation, représentée par les quantités acquittées, soumissionnées non acquittées, déduction faite des quantités exportées après raffinage, a été de 114.427.190 kilog. contre 109.518.683 kilog. en 1877, soit une différence en plus, de 4.908.507 kilog. au profit de 1878.
- D’après MM. Rueb et Ledeboer, de Rotterdam, voici la proportion des sucres de diverses classes entrés dans la consommation hollandaise :
- Proportion sur l’ensemble.
- N° 10 à 20 15 à 18 10 à 14 7à9 6etau-dess.
- 1868. 2 86 o/o 31.20 o/0 55.30 % 6.82 % 3.70 % 1878. 0.62 1.90 45.71 45.66 6.11
- Les sucres de nuances foncées 7 à 9 ont augmenté de 38,84 pour cent et les sucres au-dessous de 6 de 2,41 pour cent par suite des ayantages que la raffinerie hollandaise trouve à travailler ces sucres.
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Épierreur Collas, presse Lallouette et appareil à cuire, construits par MM. Lecointe et Villelle, de Saint-Quentin. — Four à noir, de M. L. Biaise. — Note sur la formation de la sulfuraire, par M. Filhol. — Four à chalumeau pour chauffer régulièrement de longues pièces d’acier, par M. Brunstlein. — La fabrication des rails en acier Besse-mer, en Amérique. — Sciage direct des arbres à la vapeur, par MM. Ransome et Ci». — Sur le régulateur de détente, de MM. Hall et Windsor, de Rouen.— Arrêté ministériel sur la coloration des jouets. — Origine et historique du Water-Closet.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur les travaux publics aux Etats-Unis,
- par M. Malézieux,
- au Trocadéro.
- Après avoir fait une savante description géographique du pays dont il va nous parler, M. Malézieux, ingénieur des ponts-et-chaus-sées, trace son programme. Il va nous entretenir des grandes lignes de communication et de transport, des voies navigables et des chemins de fer de l’Amérique.
- Les voies navigables sont, dit-il, les grands fleuves : le St-Laurent, le Mississipi et leurs affluents. Il y a aussi les grands lacs : Michigan, Huron, Erié et Ontario avec les canaux latéraux aux grands fleuves ; tous, amenant, vers les ports de l’Océan, les richesses agricoles et industrielles de leurs vastes bassins. L’administration des Travaux publics, aux Etats-Unis, a eu d’abord pour objecté, dans la section des voies navigables, l’amélioration de l’embouchure des fleuves.
- Les deux premières lignes, celle du Saint-Laurent et celle des lacs, n'ont pas donné lieu à de grands travaux ; mais il n’en a pas été de même pour le Mississipi.
- Ce fleuve, d’un parcours de 3.800 kilomètres environ, comme tous ceux à courant rapide, dont les embouchures sont soumises à l’action des fortes marées, se ramifie en plusieurs branches s’obstruant par les apports des matières alluviales qui forment à leur entrée des barres formidables.
- Le port de la Nouvelle-Orléans, avec un
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Epierreur Collas, presse Lallouette et appareil à cuire, construits par MM. Lecointe et Yillette, de Saint-Quentin,
- à l’Exposition uni ver «cl le.
- Nous avons eu l’occasion, dans notre dernier numéro (page 253), de parler à nos lecteurs des machines à vapeur construites dans les ateliers de MM. Lecointe et Yillette, de Saint-Quentin. Nous allons aujourd’hui les entretenir des appareils de sucrerie sortant de la même maison.
- 1° Epierreur Collas. — Cet appareil a pour but d’enlever les pierres qui viennent du laveur avec les betteraves, ou qui y sont adhérentes. Ce résultat est obtenu dans l’épierreur Colas au moyen d’un courant d’eau produit par une hélice. Ce courant remue les betteraves dans l’eau et fait détacher les pierres, qui tombent au fond, tandis que les betteraves, dont la densité est peu supérieure à celle de l’eau, sont renvoyées à la surface.
- En outre que cet ingénieux appareil enlève les pierres, il produit aussi un second lavage de la betterave. Les visiteurs de l’Exposition peuvent voir fonctionner cet appareil et en constater la bonne marche.
- 2° Presse hydraulique à coffre du système Lallouette. — Ce système de presse hydraulique, déjà connu depuis quelque temps, a reçu récemment de la part de MM. Lecointe et Yillette, d’importants perfectionnements, qui existent sur le spécimen qui figure à l’Exposition à la classe 52.
- Employés comme seconde pression, après une première extraction faite dans des filtres-presses, ces appareils produisent un rendement du jus de la betterave, plus complet que par aucun autre système. On obtient, de plus, une économie de main-d’œuvre de moitié sur l’emploi des presses hydrauliques ordinaires, sans compter la suppression des claies et une notable économie sur les sacs en laine qui sont remplacés par de simples serviettes.
- Ce mode de travail, par la presse Lallouette et les filtres-presses, a fonctionné pendant toute la fabrication dernière et a donné les meilleurs résultats, constatés par des analyses qui nous ont été communiquées.
- Ajoutons que la presse qui figure à l’Exposition a marché pendant les deux dernières campagnes, dans l’usine de M. Lallouette, à Nesle (Somme).
- 3° Appareil à cuire en grains. — Cette installation est applicable aux fabriques de sucre de betteraves ou de cannes; elle est établie sur une charpente en fer, et comprend une machine à faire le vide munie d’un condenseur à injection, avant lequel les vapeurs aspirées traversent un vase de sûreté ra-lentisseur, qui retient les parties de sirops entraînées vers le condenseur par l’aspiration de la pompe. Ce ralentisseur est d’un application nouvelle, quoi-qu’ayant déjà fait ses preuves : il empêche les pertes de sirops importantes qui ont lieu par les appareils ordinaires.
- Le chauffage s’opère au moyen de quatre serpentins de vapeur intérieurs étagés, ayant chacun une prise de vapeur et un retour particulier. La soupape de vidange, avec un siégé en caoutchouc, est bien appropriée à son usage, ainsi qu une vanne de vidange pour le cas ou l’on cuit des mélasses.
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- N» 33. — il Août 1878. — XXXVIIIe Année.
- Nous avons pu remarquer la bonne disposition de l’ensemble : les formes et les dimensions des diverses parties sont bien étudiées et la construction paraît de tous points irréprochable.
- Four à noir,
- de M. Blaise.
- Le noir animal est, plus que jamais, indispensable pour la fabrication du sucre, et la raffinerie. Cette matière est donc précieuse et doit être de première qualité; mais, comme elle est très-coûteuse, il est de la plus grande importance de se procurer des appareils convenables pour revivifier le noir parfaitement, et bien économiquement. Le four Biaise possède tous ces avantages et il a fait ses preuves, car il fonctionne dans un si grand nombre d’é-tablissèments, fabriques de sucre, raffineries, fabriques de glucose, fabriques de glycérine, etc., etc., qu’il est, depuis longtemps déjà, bien connu et bien apprécié.
- Ce four tient peu de place, son établissement est très-simple et très-solide, aucune voûte n’existe dans sa construction, et il donne de grandes économies de main-d’œuvre et de combustible. Il se construit à neuf numéros, qui revivifient, selon les grandeurs, de grandes quantités de noir par 24 heures, avec très-peu de charbon. Le plus grand numéro revivifie 155 hectolitres avec 7 hectolitres de charbon. La manutention est des plus faciles : on verse le noir dans une touraille qui est chauffée par la chaleur perdue du four, de là il passe dans des tuyaux cuiseurs, et ensuite dans les tuyaux refroidisseurs, d’où on le tire en bas au moyen de tiroirs, toutes les 20 minutes. De cette façon, le noir se trouve remué et déplacé sur toute la longueur des tuyaux et il passe graduellement à tous les degrés de cuisson et à tous les degrés de refroidissement, sans donner un seul grain de blanc. Les foyers sont disposés de manière à ce que le calorique soit parfaitement distribué et que la flammé ne vienne pas frapper directement les tuyaux cuiseurs.
- - Son entretien est nul, car les tuyaux cuiseurs émaillés qui sont exposés à l’action du feu sont pour ainsi dire inusables. Il y a des fours qui marchent depuis 1T) ans, et meme plus, sans avoir eu besoin d’un seul tuyau de rechange. Des centaines d attestations flatteuses, qui émanent de fabricants très-experimentes et très-honorables, enumerent tous ces avantages.
- Un nouvel avantage du four Biaise, c’est que, pour les fours installés, on peut agrandir les petits numéros pour en faire de tous les numéros jusqu’au plus grand (le numéro 8), avantage précieux et très-important, puisqu’on peut ainsi, avec peu de frais, eviteiuje monter un deuxième four : cette combinaison d agrandissement des fours a ete imaginée il y a quatre ans.
- Ce système de four, tout simple qu il est, fonctionne dans les plus grands etablissements, dans les sucreries et raffineries de Bourbon (Puy-de-Dôme^ dans les importantes raffineries de St-Louis et de St-Charles, à Marseille^ dans celles du Hàvre, de Bordeaux, etc., etc., et tous les fabricants et les raf-1 flneurs sont, sans exception, entièrement satisfaits des résultats qu’ils en obtiennent. ' . > .
- - Un modèle de ce four se trouve à l’Exposition universelle, Groupe VI;
- classe 52, n° 202 (annexe), bâtiment faisant face à l’Avenue de la Bourdons nave. ......... •• • .... — . >
- tirant d’eau de 3 à 4 mètres, ne pouvait donner accès qu’aux navires de 4 à 500 tonneaux : aujourd’hui, ceux de 1.000 à 5.000 y pénètrent avec un fond de 5 à 7 mètres.
- Les grands travaux d’amélioration ne commencèrent qu’en 1875.
- Déjà, avant cette époque, le gouvernement fédéral avait consacré un million à des dragages qui eurent bien pour résultat d’augmenter le tirant d’eau de0m,50 à 0m,60 centimètres ; mais ce résultat fut insuffisant. Le gouvernement ne vota plus de crédit, et l’œuvre commencée en resta-là.
- En outre des grandes lignes fluviales, un affluent du Mississipi, l’Ohio, sert au trafic énorme des produits des régions carbonifères dont l’étendue dépasse celle des bassins de France, de Belgique et d’Angleterre réunis.
- Les transports de houille s’effectuent entre Saint-Louis et la Nouvelle-Orléans, et l’arrivée de ces produits fàit“du port du golfe du Mexique un port d’une importance extrême ; Il était donc indispensable d’en faciliter l’en-. trée aux vaisseaux de fort tonnage.
- De là, de nouvelles préoccupations, de nouvelles études et de nouveaux projets.
- D’ailleurs, en ce moment, les voies ferrées sont à peu près terminées : on revient aux canaux et aux rivières abandonnés depuis quelque temps, et l’administration américaine va donner plus d’élan à l’amélioration et au développement de ces voies économiques.
- Avant de nous faire connaître les grands travaux exécutés à l’embouchure du Missis-sipi, M. l’ingénieur en chef indique les procédés employés, pendant ces douze dernières années, par les Américains pour l’amélioration de leurs rivières.
- Trois procédés ont été mis en usage.
- Les barrages, les dragages et les digues longitudinales ou de rétrécissement.
- Des barrages fixes ont été seulement construits, les barrages mobiles étant inconnus aux Américains. Aujourd’hui leurs ingénieurs viennent de nous les emprunter; ils les appliquent en ce moment et nous les rapporteront sûrement, dit M. Malézieux, après les avoir heureusement modifiés, ce qui les rendra chez nous d’un emploi plus pratique. Leurs dragages s’effectuent à l’aide de fortes dragues-, soit à cuiller, soit à mâchoires ; leurs résultats sont des plus remarquables.
- Ces dragues creusent le lit, forment les talus et les banquettes avec une précision telle qu’ils semblent avoir été exécutés à sec. Elles sont libres au milieu du fleuve. Sans amarres qui les retiennent aux rives, sans cor-
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- dages gênant, le passage des navires, sans ancres, le bateau dragueur, arrivé au point où il doit agir, est fixé au fond du lit de la rivière par des pieux à crémaillères attachés à ses flancs.
- De puissantes machines à vapeur actionnent bateau et appareils.
- L’enlèvement des roches sous-marines ou sous-fluviales se fait toujours de la même 1 manière, qui a été mise en usage dans la baie de San-Francisco. '
- On établit un batardeau à l’endroit désigné, puis l’on fonce un puits vertical dans la masse jusqu’au niveau du dérasement; à ce niveau on trace des galeries horizontales à angle droit i ou bien rayonnant du fond du puits comme i point de centre. Des quantités de dynamite sont alors emmagasinées dans ces galeries, et l’on met le feu à l’aide de l’étincelle électrique, de sorte qu’avec une seule explosion, la masse rocheuse peut être enlevée et débitée.
- Les digues longitudinales ou de rétrécis- ' sement, d’un emploi déjà très-ancien, ont produit quelques heureux résultats et forment le système d’amélioration employé à la barre du Mississipi. (
- En 1874, les ingénieurs américains, se préoccupant avec juste raison de l’avenir du port de la Nouvelle-Orléans, présentèrent un projet complet d’améüoration : ce projet fut soumis à l’enquête. Il rencontra la plus vive opposition et, devant les protestations des intéressés, le gouvernement fédéral ne mit pas le projet à exécution.
- C’est alors qu’un homme d’une audace et d’une hardiesse peu communes, le capitaine Eade, résolut de faire ce que l’administration n’avait pas osé. Il proposa au gouvernement fédéral d'entreprendre à forfait à ses risques et périls les travaux devant rendre le port de la Nouvelle-Orléans accessible aux navires . de fort tonnage : ses propositions furent accueillies, et un marché, dans lequel les conditions les plus rigoureuses et les plus sévères lui étaient imposées intervint, de sorte qu’en 1875, M. Eade commença ses travaux.
- M. Eade s'engageait à fournir un tirant d'eau permettant l’accès, en tout temps, des gros navires, moyennant le rachat seul des digues évaluées à 2.600.000 francs. Les payements devaient avoir lieu par comptes successifs de 2.500.000 francs, et une retenue de garantie de i .000.000 devait rester entre les i mains de l’Etat pendant une période de dix années.
- On est à se demander comment il se fait
- , Ajoutons qu’un four Biaise, de grandeur naturelle, a été exposé à Paris en 1867. Pour les autres expositions, c’est le modèle encore exposé en 1878 qui a été appelé à y figurer : il a été apprécié selon mérite par les différents jurys de ces expositions.
- GÉOLOGIE, MIMES.ET MÉTAUX.
- Note sur la formation de la sulfuraire, j
- par M. Filhol. , j
- r ' i
- j
- Ayant observé que la sulfuraire apparaissait à Bagnères-de-Luchon dans j le conduit de l’eau froide non minéralisée chaque fois qu’on y faisait couler j
- de l’eau sulfureuse, M. le Docteur Filhol avait prié M. Laffont, surveillant de i
- l’établissement thermal, de faire naître ainsi de la sulfuraire pour en envoyer : un échantillon à l’Exposition. M. Laffont fit ce que désirait M. Filhol et j obtint en effet de la sulfuraire, mais en petite quantité. Il eut alors l’idée de faire couler dans une baignoire un filet d’eau minérale et un filet d’eau froide.
- Au bout de douze jours, la baignoire fut remplie de sulfuraire qui apparaissait comme une magnifique chevelure blanche emplissant toute la baignoire, j -Il est donc possible de se procurer de la sulfuraire à volonté.
- Four à chalumeau pour chauffer régulièrement de longues pièces d'acier, j
- par M. Brunstlein. j
- i
- On a souvent, aux aciéreries d'Unieux, à tremper des barres ou autres pièces d’acier, assez longues pour qu’il devienne difficile de leur donner, avant la | trempe, une température bien uniforme. Ce résultat est assez difficile à obtenir avec un four ordinaire, de sorte qu’à Unieux, on s’est proposé de construire un four tel que l’on puisse instantanément activer le chauffage en un point donné pas assez chaud, ou le ralentir à une place quelconque qui paraît trop chaude. Il a semblé facile d’arriver à ce résultat, en disposant tout le long de la pièce à chauffer une série de chalumeaux perpendiculaire à son axe.
- Le chalumeau n’est que la reproduction du chalumeau à gaz employé dans les laboratoires sous le nom de chalumeau Schlœswig.
- Le vent arrive par un tuyau en fer-blanc, placé au-dessus des buses, et de petites tubulures le distribuent, par des tubes en caoutchouc, à chaque bec.
- La buse du vent vient au centre de celle du gaz par un effet analogue à celui d’une trompe. Le mélange passe dans le four par un tube en fonte et est encore obligé de faire un coude qui assure une combustion complète, avant de monter verticalement contre la pièce à chauffer. Il s’échappe par les fentes du couvert, dans l’atelier.
- Une caisse en fonte placée dans le bas, le long du four, communique en son milieu avec la galerie des gazogènes au moyen d’une soupape. Sur le haut de cette caisse, chaque bec a sa prise~de gaz munie d’une petite vanne-
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- papillon qui permet de régler l’arrivée du gaz. L’arrivée de l’air peut être réglée au moyen d’une pièce en bois, à cheval sur le tube de caoutchouc.
- Les becs sont écartés de 0m,250 environ d’axe en axe, et h chaque bec correspond un compartiment dans l’intérieur du four. Le vent est fourni par un ventilateur, sa pression est d’environ 0m,150 d’eau. Les busillons à vent sont des bouts de vieux canons de fusil et ont 12 m/m de diamètre intérieur.
- Le gaz arrive avec une pression de 2 à 3m/m d’eau. Le tube où se fait le mélange a 3m/n* de diamètre.
- La longueur du four est de 3 mètres.
- Le gaz arrivant des gazogènes entraîne beaucoup de goudron, qui obstruerait assez rapidement les buses, s’il n’y avait pas une disposition pour faciliter le nettoyage. Pour débarrasser le tuyau d’arrivée du goudron qui s’y accumule, on retire d’une main le busilloh du vent et de l’autre, avec une raclette, on repousse tout le goudron dans le four.
- Vis-à-vis de chaque buse est ménagée une ouverture sur le côté opposé du four. Cette ouverture est bouchée par une brique mobile, le peu de flamme qui sort autour de cette brique permet de juger s’il y a manque ou excès de gaz dans le compartiment correspondant.
- Avec les dimensions d’arrivée du gaz et du vent, et les pressions que nous avons indiquées^on peut toujours avoir un accès de gaz, de sorte que l’ouvrier ne règle réellement que le gaz, et si un compartiment chauffe trop, il retire pour un moment le busillon à vent en fermant le papillon à gaz.
- La pièce à tremper est disposée de façon à pouvoir être tournée autour de son axe, ce qu’on fait à de très-courts intervalles; quand elle est chaude on l’enlève à la grue, cela oblige à adopter, pour enlever le couvert, un mécanisme qui n’embrasse pas le haut du four.
- Le couvert est d’une pièce, avec une tôle de vieux bouilleur à laquelle on a rapporté deux cornières longitudinales pour maintenir la garniture en briques.
- Un couvert à charnière aurait eu l’inconvénient de présenter la partie chauffée aux ouvriers manœuvrant autour du four, et le rayonnement de la chaleur les aurait gênés au moment où l’on découvre le four.
- Ce four permet de chauffer dans l’espace de deux heures à la température convenable pour la trempe (rouge cerise un peu clair) un cylindre de 0m,200 de diamètre occupant toute la longueur intérieure.
- Comme on est libre de n’allumer que les compartiments que l’on veut, on peut facilement, avec une cloison provisoire, chauffer des pièces plus courtes. Dans tous les cas, 45 secondes après que le couvert a été retiré, une pièce occupant toute la longueur du four peut, si l’on veut, être complètement plongée dans le bain pour la trempe.
- Ce four a déjà servi pour près de 200 opérations. On s’est servi du vent tel qu’on l’avait, à une pression qui n'était probablement pas la plus convenable pour un appareil de ce genre. Mais ce four ne devant marcher que d’une façon intermittente, on ne s’est pas préoccupé de cette question, non plus que de celle de l’économie du combustible.
- En somme, pour l’emploi pour lequel il a été construit, il est incontestablement tres-commode, puisqu on n a qu’à tourner des vannes pour l’allumer et pour 1 eteindre, et en taisant varier à volonté les dispositions, il pourrait trouver d’autres applications.
- Les études pour ce four remontent aux premiers jours de l’année 1875.
- qu’après des tentatives infructueuses déjà faites en plusieurs pays (et surtout en France, à Port-Louis du Rhône), qu’après de si cruelles déceptions essuyées on tentât encore de pareilles aventures ? C’est que le capitaine Eade savait que les barres détruites mettent un certain temps à se reformer. Qu’une période de trente à trente-cinq ans est nécessaire à leur reconstitution, et qu’en prenant de l’avance sur la barre au moyen du prolongement des digues, il était sùr de l’empècher de se reformer.
- Partant de ce principe, M. Eade n’a pas hésité, comme on l’a vu, à conclure son marché, et, nous le répétons, il se mit, en 1875, résolument à l’œuvre.
- Dans ce pays, il n’y a pas de pierre, pas de matériaux propres à établir des maçonneries. Dès-lors, M. Eade a construit ses digues en fascinages superposés ; elles sont espacées de trois cents mètres et des épis transversaux facilitent le dragage naturel.
- Les premières opérations de M. Eade ont été couronnées de succès. En novembre 1876, il avait obtenu 6™,10 d’eau : aussi, en décembre, touchait-il son premier à-compte.
- Le 15 décembre 1877, il atteignait 6m,70.
- Et, actuellement, où en est cette œuvre colossale?
- En mai dernier, M. Eade adressait une pétition au Ministre de la guerre en lui disant qu’il ne pouvait plus continuer. Il ne demande pas la résiliation de son marché, il ne demande pas une dérogation aux clauses principales de son traité, il ne demande pas qu’on réduise la profondeur à donner à son canal. Non. Il demande seulement qu’on adoucisse les conditions financières du traité en lui permettant de toucher ses à-comptes à des dates moins éloignées. Il est sûr du succès : d’ailleurs on n’a qu’à constater les progrès réalisés et les résultats obtenus. Enfin il demande encore que l’on fixe la largeur du canal que les ingénieurs n’ont pas déterminée dan^ leur projet primitif.
- Le Ministre, Messieurs, continue M. Malé-zieux, a fait droit à cette requête et invité la Commission à accueillir favorablement la pétition du capitaine Eade, car il y a pour le pays un intérêt puissant à ce que les travaux si bien commencés soient continués et menés à bonne fin.
- M. l’ingénieur en chef Malézieux termine cette première partie de la conférence en disant que rien de plus audacieux n’a jamais été tenté par l’industrie privée, et que si cette entreprise réussit, il s’accomplira aux
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- États-Unis une vraie révolution commerciale dont la date fera certainement époque.
- Passant aux chemins de fer, M. Malézieux nous apprend que les grandes lignes des États-Unis ont été établies sans grandes tranchées, sans grands remblais, en un mot, sans grands mouvements de terre, que sur leurs longs parcours on rencontre peu de souterrains et que les seuls ouvrages vraiment remarquables sont les grands ponts en métal servant au passage des fleuves ou rivières.
- Leurs travées à longue portée, trait caractéristique et original de ce genre de construction en Amérique, et leurs fondations atteignant 20, 30 et 35 mètres, doivent fixer l’attention des constructeurs.
- Il n’y a pas déjà si longtemps que l’application des ponts en fer existe aux Etats-Unis. Tous étaient en bois. Vers 1862 commença la transformation, et l’on construisit d’abord deux ponts à deux travées métalliques ayant 60 et 97 mètres de portée.
- En 1868-1869, devenant plus hardis, les Ingénieurs américains adoptèrent celles de 106 et de 122 mètres.
- En 1871, sur le Missouri, à Saint-Charles, fut établi un pont à travées de 91m,50 et, peu après à Cincinatti, sur l’Ohio, en fut jeté un autre mesurant 156 mètres.
- Enfin, surl’Hudson, en ces derniers temps, 5 travées de 160 mètres chacune forment un passage des plus grandioses.
- Sur ces rivières, aux crues énormes et sur lesquelles se produit une navigation si active, l’établissement des travées tournantes se commandait, aussi ces grands ouvrages sont-ils pourvus de passages de 68, 97, 102 et 118 mètres de longueur.
- Les ponts suspendus, servant tout à la fois aux routes et aux chemins de fer, ne le cèdent en rien comme hardiesse et élégance aux ponts fixes. Parmi ces nombreuses constructions aériennes on doit citer le pont de Pittsburg à travées de 244 mètres et surtout celui de New-York avec une travée de 493.
- Dans tous ces ponts , deux choses , répète M. Malézieux, doivent fixer l’attention : la superstructure et les fondations.
- Dans la superstructure le système employé permet à chaque pièce de se placer dans le sens du travail, c’est le système dit à charnière; et s’il n’est pas encore adopté en France, c’est que moins heureux que les Américains les qualités de nos fontes et de nos aciers ne nous le permettent pas.
- Les fondations s’établissent à l’aide de l’air comprimé avec les modifications dans l’ap-
- La fabrication des rails en acier Bessemer, en Amérique.
- Les manufactures de rails en acier commencèrent à s’établir en Amérique en 1872. Dès cette année, elles produisirent 94.000 tonnes de métal.
- En 1873,129.000 tonnes furent livrées à la consommation ; en 1874,400.000 ; en 1877, 420.000; et l’on estime que pendant l’année courante la production dépassera 500.000 tonnes.
- En 1872, le prix normal d’une tonne de rail d’acier Bessemer était de 115 livres slerlings ; aujourd’hui, son prix moyen est d’environ 42 livres (1055 francs).
- Grâce aux perfectionnements apportés dans l’outillage, on compte que le coût de la production sera encore réduit dans des proportions telles que l’Amérique pourra lutter victorieusement avec l’Angleterre, sur les marchés neutres.
- Les demandes commencent à arriver, et l’on a les plus belles espérances pour que, dans peu de temps, l’exportation des rails devienne chose possible.
- Etant donné l’achèvement complet aux Etats-Unis du réseau des voies ferrées; étant donné surtout, la baisse continuelle sur les prix de revient et l’esprit d’aventure des Américains, les métallurgistes du Vieux-Monde n’ont qu’à se bien tenir.
- {Polytechnic Review). .. ..
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Sciage direct des arbres à la vapeur, par MM. A. Ransome et Cie.
- Nous sommes heureux de donner ci-après, à nos lecteurs, la description extraite d’un journal anglais, de la scie à vapeur directe, pour abattre les arbres, de MM. Ransome et Cie, aux expériences de laquelle nous avons eu le plaisir d’assister récemment, à Meudon.
- Jusqu’à ce jour, les Américains avaient seuls essayé de scier mécaniquement les arbres de leurs immenses forêts, mais ils ont peu ou point réussi dans leurs tentatives. Les engins dont ils ont fait usage dans ce but sont compliqués et d’un emploi difficile, de telle sorte que le temps et les efforts dépensés pour les transporter et les mettre en position annulaient le bénéfice que l’on en pouvait tirer, comparativement au travail de la scie à main et de la hache.
- La petite machine de MM. Ransome et Cie ne présente aucun de ces inconvénients : quatre hommes suffisent aisément à la porter au pied de l’arbre que l’on veut scier, et elle travaille très-rapidement, de sorte qu’en moins de cinq minutes, elle coupe un chêne ou un orme de 1 mètre de diamètre à la base. Une équipe de quatre hommes peut parfaitement faire tomber six ou huit arbres de 75 centimètres de diamètre en une heure, y compris le temps
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- nécessaire pour transporter la machine d’arbre en arbre : quelle que soit la position de ces derniers, la scie fonctionne avec la même régularité.
- La machine consiste en un cylindre à vapeur de petit diamètre, reposant sur un pivot fixé à un léger bâti en fonte de fer, et tournant sur ce pivot. Le cylindre est actionné dans son mouvement giratoire par une roue placée à la tête du cylindre. La scie est attachée directement à l’extrémité de la tige du piston, elle est guidée dans une partie de sa longueur par des tiges métalliques, et ses dents sont taillées pour mordre seulement en dedans : par ce moyen simple, des scies de 3 mètres de longueur peuvent manœuvrer librement avec un guidage des plus élémentaire.
- La machine est mue par une locomobile facilement transportable qui lui envoie sa vapeur au moyen d’un tuyau flexible que l’on emploie de telle longueur qu’il peut être nécessaire, sans pourtant dépasser 60 mètres. Le tuyau est fait en caoutchouc assez fort pour résister à une pression élevée, et, comme le caoutchouc est mauvais conducteur, il n’est jamais assez chaud pour qu’il soit impossible de le tenir à la main.
- Le générateur employé pour les machines destinées à couper des arbres moyens pèse, y compris les roues et les brancards, 750 kilogrammes. Le foyer est disposé pour brûler les éclats et les débris de bois, au lieu de charbon, et la neige fondue alimente parfaitement la chaudière, lorsque l’eau manque, dans les contrées du Nord.
- Nous avons dit déjà que quatre hommes suffisent à transporter la machine au pied des arbres : ils suffisent également à l’ensemble de la manœuvre. Un d’entre eux dirige le cylindre, le second place les coins dans le trait pour empêcher l’arbre deserrer la scie, et dirige la chute, le troisième alimente le générateur, et le quatrième déblaye le terrain autour de l’arbre voisin.
- Ces appareils se fabriquent sur trois types différents, qui correspondent aux diamètres des arbres à abattre.
- N° 1. Arbres de 0m,6o de diamètre au maximum.
- N° 2. — lm,30 — ......—
- N° 3. — lm,80 — —
- (British Architect and Nothern Engineer.)
- poids loO kilog. prix 1000 fr.
- — 225 — — 1500 »
- — 400 — — 2000 »
- Sur le régulateur de détente, de MM. Hall et Windsor, de Rouen.
- (Correspondance.)
- C’est avec le plus grand plaisir que je vous annonce que l’appareil à détente de Hall et Windsor (1), que vous avez monté sur mes deux machines de 110 chevaux chaque, fonctionne avec une précision tellement remarquable que, certes, elle a été inconnue jusqu’à ce jour.
- Après le montage de 1 appareil, M. Hall a fait retirer la charge des machines, et en une seule fois, sans que celles-ci changent de vitesse d’une façon appréciable; quelques instants plus tard, la charge a été remise instantanément, et les machines ont encore gardé la même vitesse.
- Depuis le départ de M. Hall, j ai moi-même répété plusieurs fois la même expérience, et j’ai toujours obtenu le même résultat.
- (1) Voir le Teehnologiste, 3e Série, 1.1, page 227. ' : . ;;
- pareil de Y immobilisation de l’écluse à air et de. son rapprochement de la chambre de travail. Cette modification permet de descendre et de remonter dans l’air ordinaire. On peut ainsi augmenter la durée du travail de l’ouvrier et atteindre de plus grandes profondeurs.
- Sans s’appesantir davantage sur cette question, M. Malézieux rappelle que cette modification a vu aussi le jour en France pour les travaux du port Saint-Louis du Rhône, qu’elle est due aux recherches et aux études combinées de l’ingénieur et de l’entrepreneur des travaux, et qu’il pourrait bien se faire que des rives du Rhône elle eût été portée sur celles du Mississipi.
- Revenant aux voies navigables, M. Malézieux constate que le gouvernement fédéral, ayant compris que le meilleur régulateur des transports pour les marchandises était la voie fluviale, fait étudier avec soin et avec ensemble un réseau complet de nouvelles voies navigables.
- Il admire M. Eade qui prend la barre corps à corps, lutte avec elle, et lutte avec avantage. Il souhaite que les extrémités des mu-soirs ne soient pas enlevées par la lame ; que ses digues résistent aux flots et aux tempêtes, et qu’elles ne soient pas englouties sous un sol mouvant.
- Il souhaite encore que les bois tendres ne soient pas dévorés par les vers marins avant que les ümons ne leur aient donné une cuirasse protectrice.
- Enfin, il termine en souhaitant que cette gigantesque expérience réussisse entièrement, et. dans ces conditions, seront exaucés les vœux que font tous les Ingénieurs présents à l’Exposition universelle pour le succès de l’œuvre du brave capitaine Eade.
- A. Rozès-Joly.
- TRAVAUX PUBLICS.
- Un concours pour l'admission à l’emploi d’inspecteur particulier de l’exploitation commerciale des chemins de fer sera ouvert à Paris le lundi 23 novembre 1878.
- Les candidats devront faire parvenir leurs demandes et les pièces qui doivent les accompagner au ministère des travaux publics, avant le 15 septembre prochain, terme de rigueur.
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- | Restauration du donjon des ducs
- j de Bourgogne.
- \ On met en ce moment la dernière main à | la restauration du donjon de l’ancien manoir des ducs de Bourgogne, rue aux Ours.
- ! Ce donjon fait partie du groupe scolaire re-! marquable créé récemment par la ville de | Paris ; il est carré, percé de baies à angles ou | en ogives, et couronné de mâchicoulis.
- Il a été pendant longtemps divisé en petits logements. Dans la grande salle voûtée, on j avait fait deux étages ; la salle des gardes | était devenue un magasin de quincaillerie, ! et la soute aux munitions était tranformée j en fosse d’aisances. Mais aujourd’hui on a I restitué à l’édifice sa physionomie première : les cloisons, ainsi que les huisseries hétérogènes ont été abattues et l’on refait l’arcade ogivale d’une baie du grand étage.
- L’escalier de cette forteresse éveille surtout ; la curiosité des archéologues et des artistes.
- Le haut timon de pierre autour duquel tournent les degrés est surmonté, en guise de chapiteau, d’une caisse en pierre, d’où s’élance un chêne dont les branches illustrées ; de feuilles et de glands très-délicatement sculptés, constituent les arceaux de la voûte.
- D’après la tradition, c’est après qu’il eut fait assassiner le duc d’Orléans, dans la rue Vieille-du-Temple, que Jean fit bâtir ce donjon, qui devint, depuis lors, son retrait ordinaire, dans la crainte d’un coup de main.
- VOYAGES.
- Une nouvelle ville s’élève aux Etats-Unis avec une merveilleuse rapidité. On écrit de LeadviJle, comté des Lacs, dans le Colorado, au New York Times, que le pays forme un véritable camp, où la population arrive en foule de toutes les directions. La principale rue est remplie de constructeurs, de négociants en expectative, d’ouvriers, de commis, fous pleins d’espérance et d’animation, à cause des nouvelles mines qui leur sont promises : ils ne demandent qu’à se mettre au travail le plus tôt possible.
- Il arrive de vingt à cinquante personnes par jour. La population de ce camp dépasse actuellement 4.000 personnes venues depuis le mois de février; dans une circonférence
- Je ne pense pas que l’on puisse arriver au même résultat avec d’autres appareils à détente, et je mets mon établissement à votre disposition pour faire constater ces résultats à tous ceux qu’il vous plaira.
- Vous pourrez, en outre, faire de cette lettre l’usage qu'il vous plaira, et vous en servir publiquement, au besoin.
- Agréez, Messieurs, mes salutations bien sincères.
- A. Peynaud,
- Filateur de chanvre à Charleval (Eure).
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Arrêté ministériel sur la coloration des jouets.
- Nous avons déjà signalé à diverses reprises les dangers, qui peuvent résulter de l’emploi de substances toxiques pour la coloration des jouets d’enfants.
- Nous avons eu également le plaisir d’informer nos lecteurs des intéressantes découvertes de M. Eugène Turpin, qui permettent de fabriquer désormais des couleurs d’une parfaite innocuité (1).
- Quoi qu’il en soit, ces dangers ont éveillé l’attention de l’administration supérieure, et, sur l’avis du Comité consultatif d’hygiène publique, le ministre de l’agriculture et du commerce vient de décider qu’il y avait lieu de réglementer, en vue de la rendre inoffensive, la décoration des jouets, quels qu’ils soient, destinés à être mis entre les mains des enfants.
- Les Préfets des départements ont été invités à prendre immédiatement un arrêté dont le modèle leur est transmis par le ministère. L’article 1er de cet arrêté est ainsi conçu :
- « Il est expressément défendu d’employer, pour colorier les jouets d’enfants, des substances toxiques, notamment les couleurs arsénicales connues sous le nom de vert de Scheele, de vert de Schweinfurt, de vert Métis.
- « Les oxydes de plomb (massicot, minium), le blanc de plomb connu sous le nom de céruse, de blanc d'argent, le jaune de chrome.
- « Les préparations de mercure telles que le vermillon.
- « Les sels de cuivre, telles que les cendres bleues. »
- Dans leurs visites annuelles, les inspecteurs de la pharmacie devront s’assurer de l’innocuité de la coloration des jouets qu’ils rencontreraient dans les magasins soumis à leur inspection.
- (1) Voir le Technologiste, t. I, page 146.
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- Origine et historique du Water-Closet.
- Les water-closets ont été sensiblement perfectionnés par les modernes, mais ils étaient connus déjà dans l'antiquité, et leur origine est vraisemblablement asiatique. La chambre la plus reculée du palais d'Eglon, roi des Moabiles, paraît en avoir été un {Juges, III, 20, 25). Ils furent introduits à Rome sous la République, comme il ressort des écrits de véridiques auteurs anciens. Il en existait dans le palais des Césars, pavés en marbre, et ornés d’arabesques et de mosaïques. Derrière l’office était en effet disposé un grand bassin, dont l’eau était distribuée par des robinets aux différents sièges. Un conduit et un bassin de water-closet ont été récemment découverts derrière le théâtre de Pompeï. Héliogabale en possédait un dans son palais : c’est là qu’il s’était réfugié lorsqu’il fut découvert par ses soldats et égorgé.
- Les water-closets ont été de tout temps en usage dans l’Orient, comme l’affirment Tavernier et d’autres voyageurs qui ont parcouru ces contrées. Ils étaient fort nombreux autour des mosquées et des temples. Une semblable coutume a prévalu dans l’ancienne Rome, à Contantinople et dans d’autres cités. A Fez, notamment, autour de la mosquée, se trouvaient 150 maisons communes destinées à cet usage, possédant chacune un robinet et une cuvette de marbre, « destinés à les maintenir dans l’état de propreté le plus « complet, comme si ces endroits étaient destinés aux usages les plus pro-« près » (Ogilby, de l’Afrique). Dans son « Voyage au sérail, » Tavernier décrit une galerie où se trouvaient de nombreux water-closets. Chaque siège, dit-il, est muni d’un petit robinet. Il en mentionne d’autres, dont les ouvertures sont fermées par une plaque, mue au moyen d'un ressort, et destinée à faire évacuer ce qu’on y a déposé.
- Sir John Harrington écrit que les water-closets ont été introduits en Angleterre sous le règne d'Elisabeth : d’autres écrivains lui en attribuent même l’invention. Ils sont décrits dans un grand ouvrage français sur les arts et manufactures de M. Roubs, qui fait connaître qu’ils étaient depuis longtemps en usage en France, bien avant d’avoir été connus en Angleterre. Ceux que nous avons pu voir dans les figures jointes à cet ouvrage sont construits d’après le modèle ancien, avec trappes, comme ces deux cités d’Orient. L’origine de ces trappes n’est pas exactement connue. Leur principe est analogue à celui qu’employaient les anciens chimistes pour luter l’eau dans leurs alambics. Glauber faisait usage du même procédé pour fermer ses cornues, en remplaçant le robinet par la trappe droite et la trappe en forme de cloche. On emploie le même expédient quand les cornues contiennent du mercure ou toute autre matière corrosive.
- {The Plumber, of New-York).
- de 5 milles alentour, par petits campements, il y a une population à peu près du dôuble.
- Ce sont les grandes découvertes de plomb argentifère qui ont donné naissance à la ville de Leadville. Elle est située à 3 milles au-dessus de la jonction du California Gulch avec la rivière de l’Arkansas. Son altitude est de I 0.000 pieds. Cette élévation produit des nuits froides, des gelées au milieu de l’été, des tempêtes de neige et des pluies jusqu’au mois de juillet.
- Il y a un an, le nom même de Leadville n’existait pas et rien n’indiquait qu’on élèverait des constructions sur l’emplacement qu’elle occupe aujourd’hui. Maintenant c’est une ville organisée qui a ses diligences faisant un service quotidien, son bureau de posfe, son journal, deux banques, des centaines de magasins, un gouvernement local, une police, une école publique, des églises. Tout cela est le résultat d’un travail de quatre mois.
- Les minerais qu’on livre au chemin de fer, pour être transportés aux fonderies d’O-maha et de Saint-Louis, contiennent une valeur d’argent et de plomb de 75 à 100 dollars par tonne, en moyenne, et il en est beaucoup qui rendent quatre à cinq fois plus. Cinq mois de travail de sept hommes dans une seule mine, coûtant 7.000 dollars de salaires, de matériel, etc., ont produit du minerai qui a rapporté aux propriétaires 45.000 dollars en argent. L’exploitation connue sous le nom de camp Bird-Mine, pour laquelle une société de Saint-Louis a déboursé 250.000 dollars, rapporte pour 2.000 ou 3.000 dollars de minerais par jour, avec le travail de quarante hommes. Le Dana a rapporté 75.000 dollars en deux mois. Le salaire des ouvriers est de 2 dollars 1/2 à 3 dollars par jour.
- L’établissement de chemins de fer jusqu’à Leadville, par les gorges de la Platte et de l’Arkansas, offriront aux touristes de nouvelles merveilles en leur donnant accès à de nouvelles contrées jusqu’à ce jour inabordables. La route à travers les gorges des montagnes rivalise avec les sites les plus grandioses, et surtout les Deux-Lacs, avec leurs environs les plus pittoresques qu’on puisse trouver dans les Montagnes-Rocheuses, deviendront accessibles aux voyageurs.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Appareil pour produire le froid au moyen du chlorure de méthyle, de M. Camille Vincent. — Découverte d’un nouvel alcaloïde, par M. Tenret. — Grue fixe à vapeur et à bras, de M. Voruz aîné, de Nantes. — Sur la construction du phare d’Ar-Men, par M. PIo>x. — Sur les pompes pneumatiques, de M. Lacroix. — Les cartes hydrogéolo-giques de M. l'abbé Richard.
- CORRESPONDANCE.
- M. le Directeur du Journal le Technologiste,
- Dans votre numéro du 10 courant, vous parlez des machines de MM. Lecointe et Vil-
- Fig. 58.
- lette, de Saint-Quentin, et vous citez notamment une petite machine à deux cylindres et à simple effet, actionnant sur la berge une pompe Greindl. Vous dites que cette machine est une machine Demenge. Il y a là une erreur matérielle que, malgré le caractère courtois et bienveillant de votre article, je vous prie de vouloir bien rectifier dans votre prochain numéro.
- La machine Lecointe et Villette de la berge n’est pas une machine Demenge en effet; et MM. Lecointe et Villette ne sont pas autorisés
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MECANIQUE GÉNÉRALES.
- Appareil pour produite le froid au moyen du chlorure de méthyle, de M. Camille Vincent.
- Nous avons déjà entretenu nos lecteurs de la découverte du chlorure de méthyle, faite par M. Camille Vincent (1). Aujourd’hui, il obtient ce corps industriellement et il a construit pour son emploi, un appareil avec lequel il exécute une série d’expériences sur les moyens à employer pour obtenir économiquement de basses températures, par l’emploi de ce liquide volatil. Dans les laboratoires, on peut s’en servir soit directement, pour obtenir un froid de 23 degrés, soit, pour des températures plus basses, en employant un appareil spécial, le frigorifère de laboratoire.
- Cet appareil se compose essentiellement d’un vase cylindrique en cuivre A à double paroi, entre les deux enveloppes duquel on peut introduire du chlorure de méthyle liquide, à l’aide d’un robinet spécial B formé d’une tige d’acier filetée C terminée par un cône s’appliquant sur un siège en bronze, et que l’on peut manœuvrer à l’aide d’une poignée D; une vis S, disposée du côté opposé de l’appareil, s’appliquant sur une rondelle en plomb, étant légèrement desserrée, peut laisser échapper l’air et permettre au chlorure d’être envoyé dans le vase A. L’appareil est entouré de matières isolantes, maintenues par une enveloppe métallique E afin d’éviter réchauffement par l’air ambiant. Tout le système est supporté par trois pieds. Un ajutage vertical K, traversant toutes les enveloppes à la partie inférieure, permet au besoin, pour certaines expériences, de faire sortir du vase central un tube pour l’écoulement des produits qu’on aurait fait condenser dans un tube en U, comme le montre la figure 58.
- L’appareil étant chargé de chlorure de méthyle est toujours prêt à fonctionner. Pour faire une expérience, il suffit de mettre un bouchon de liège au bas du tube vertical K et de verser de l’alcool dans le vase M pour constituer le bain incongelable. En desserrant la vis du robinet, le chlorure de méthyle entre aussitôt en ébullition, et elle est d’autant plus vive que la température de l’appareil est plus élevée, et que l’on ouvre davantage le robinet. A mesure que le jet gazeux se ralentit, on ouvre de plus en plus le robinet, et au bout de quelques minutes le gaz ne sort plus que faiblement.
- La température du bain d’alcool s’abaisse ainsi rapidement jusqu’à—23° environ et, en laissant le robinet ouvert, cette température se maintient tant qu’il reste du chlorure de méthyle dans l’appareil. On peut ainsi, pendant plusieurs heures, refroidir vers —23°, les corps plongés dans le bain d’alcool. Quand on veut mettre fin à l’expérience, on ferme simplement le robinet et, si l’appareil renferme encore du chlorure, il est tout prêt pour une autre expérience. Si au lieu d’opérer a — 23° on veut obtenir un plus grand abaissement de température, il suffit d’activer l’évaporation du chlorure de méthyle, en reliant l’ajutage du robinet de l’appareil avec une machine pneumatique et de faire le vide. En opérant ainsi, il est facile de solidifier le mercure contenu dans des matras, que l’on maintient immergés pendant quelques instants dans l’alcool du vase central. •
- (I) Voir le Technologiste, 3® Série, 1.1, page 153.
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- La température étant de — 45° environ, on réalise facilement la belle expérience de la cristallisation du mercure. Il suffit pour cela de ne laisser congeler qu'une partie seulement du mercure, et de décanter rapidement la portion restée liquide; on obtient ainsi des enchevêtrements de cristaux d'une beauté remarquable, et de plusieurs centimètres de longueur.
- Après avoir solidifié et fait cristalliser le mercure, M. Vincent fait observer que ce frigorifère peut être d’une grande utilité dans le laboratoire, pour réaliser un grand nombre d’expériences et, en particulier pour condenser des produits très-volatils soit seuls, soit diffusés dans des gaz incondensables.
- M. Vincent a présenté à la Société d’encouragement, en même temps que l’appareil ci-dessus, une petite machine frigorifique qui n’est autre que l’appareil précédent, auquel on a ajouté une pctmpe aspirante et foulante destinée, 1° à faire le vide dans le frigorifère pour que la vaporisation puisse avoir lieu, 2° à liquéfier et à faire rentrer sans perte dans l’appareil le chlorure de méthyle vaporisé. Cette machine est toujours prête à fonctionner; il suffit de tourner une manivelle h volant pour obtenir du froid.
- Découverte d'un nouvel alcaloïde, par M. Tenret.
- M. Tenret a découvert récemment, dans l’écorce de grenadier, un nouvel •alcaloïde qui est volatil, puissamment basique, et forme des sels bien définis.
- Il précipite les chlorures de palladium et d'or, mais non ceux de platine. Il donne un précipité blanc avec les sels de plomb, de mercure, de zinc et d’argent.
- Ce nouveau corps a été appelé (probablement en l’honneur de M. Peltier), Peltiérine.
- L’éditeur du « Chemical News » saisit l’occasion, en rappelant ce fait, d’exprimer combien il désapprouve un pareil mode de nomenclature.
- Nous nous associons entièrement, pour notre part, aux protestations du directeur du « Chemical News. »
- (Polytechnic Review.)
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Grue fixe à vapeur et à bras, de M. Voruz aîné, de Nantes,
- à l'Exposition.
- La grue fixe a vapeur et à bras, représentée fig. 59, est de la forcé de 10 tonnes, elle a 7“,50 de portée et 10 mètres de hauteur sous flèche : destinée aux quais de la Seine a Rouen, elle a été achetée par la Chambre de commerce de celte ville, qui a permis qu’elle figurât à l’Exposition universelle, ou elle a fonctionne continuellement du 20 mars au 10 mai, employée
- à construire ce système. La machine Ile-menge est une machine Compound, à deux cylindres inégaux; et les seules machines Demenge de l’Exposition sont une locomohile de 5 chevaux et une machine tixe de 40 clie-vaux à condensation, exposées par la Compagnie de Fines-Lille.
- Comptant sur votre obligeance pour accueillir cette rectification, et m'en rapportant à vous, du reste, pour la forme à lui donner, je vous présente mes civilités empressées.
- L. POILI.ON, Ingénieur.
- CHRONIQUE.
- La miroiterie et le cristal émaillé, de M. Alexandre.
- . J'ai toujours aimé le fin cristal, les vitraux, les glaces et tout ce qui miroite; et, certes, je trouve Néron moins affreux et moins cruel depuis que j’ai appris qu'il paya 250.000 sesterces deux coupes en verre ornées de leurs anses.
- En vieil ami, connaissant mon faible, amateur de belles choses et bon appréciateur, m’a conduit hier au Champ-de-Mars.
- « Voyez-vous, me disait-il chemin faisant, les glaces ne sont pas ce qu’un vain peuple pense. A la fin de la République romaine, une invention nouvelle arrivait de Sidon; les miroirs de verre étaient trouvés. Ceux d’argent et d’or devinrent si communs, que les esclaves seuls s’en servirent. »
- « Sous Tibère, on commença à fondre du verre à Rome, mais longtemps encore on tira de Sidon et d’Alexandrie, villes tributaires, les coupes les plus belles et les plus précieuses. »
- « Sous Auguste, on orna de glaces les murs des appartements ; Horace, cet épicurien de haut goût, possédait une chambre qui en était entièrement revêtue, et ce luxe se répandit tellement que Sénèque s’écrie dans sa 86e lettre : « Celui-là s’estime bien « pauvre dont la chambre n’est pas tapissée « de glaces ! »
- « Plus tard, Venise s’empare de cette industrie, dont les titres de noblesse se perdent dans la nuit des temps, et la cache dans l’ile de Murano, qu’un édit du gouvernement, en date de 1391, laisse en toute propriété aux gentilshommes verriers. »
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- « Au xvie siècle, d’autres verreries se créent en Allemagne, en France et en Angleterre; elles rivalisent d’efforts, luttent avec ardeur et enfantent des merveilles. »
- Ce récit historique terminé, nous étions arrivés.
- à lever les colis pesants, pièces de machines, etc., arrivant par camions et voitures, et à diviser les colis chargés sur wagons, pour en opérer le transport par wagonnets, dans les galeries. Elle a levé quelquefois plus de 200.000 kilogrammes par jour, et son service moyen a été d’environ 100.000 kilogrammes.
- Le poids total de l’appareil, y compris la plaque de fondation du pivot, le
- Les mêmes champions sont aujourd’hui en présence.
- La France apparaît dans toute sa splendeur et sa supériorité : Saint-Gobain avec sa glace de 23 mètres de superficie nous étonne, nous remplit d’admiration ; et les miroitiers
- pivot, la plaque d’appui et la cage des galets, etc., est d’environ 32.000 kilogrammes : le pivot seul pèse 8.000 kilogrammes.
- L’installation des maçonneries qui comportent une couche de béton de 70 centimètres avec un dé en pierre de taille, appui de la plaque du pivot et noyé dans la couche de béton, une couronne de maçonnerie de 1™,75 de largeur, couverte d’une ceinture de pierre de taille dans laquelle sont en-
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- N° 34. — 24 Août 1878. — XXXVIII' Année.
- castrés les huit boulons de scellement de la plaque d’appui, a coûté 5.000 francs, fouilles comprises. Elle représentait un cylindre de 5 mètres de diamètre sur 5m,10 de profondeur et a été complètement achevée en 11 jours de temps, avec le scellement de la plaque de fondation.
- La chaudière, d’un type nouveau vertical, avec disposition amovible, se compose d’un corps de foyer avec tuyaux obliques dans lesquels l'eau circule au milieu de la flamme. Celte chaudière, tout en étant plus solide que celles à tuyaux pendentifs, est aussi facile à nettoyer que les chaudières tubulaires ordinaires : elle produit une vaporisation rapide et économique.
- Les différentes parties dont se compose ce remarquable engin se distinguent facilement sur la ligure 59, qui précède.
- 1° Un pivot, en fonte, reposant sur une plaque fixée au fond d’un puits en maçonnerie et maintenu au niveau du sol par un plateau fixé à la maçonnerie, au moyen de boulons verticaux.
- 2° Deux flasques en fonte, supportant les divers organes du mouvement, et reliées par deux entretoises. L’entretoise supérieure forme crapaudine, et celle du bas contient un chapelet de galets entourant le pivot.
- 3° Une flèche en fers plats et cornières et ses tirants.
- 4° Une chaudière h vapeur verticale, reposant sur une plate-forme fixée sur un prolongement des flasques.
- 5U Une machine à vapeur à deux cylindres obliques et changement de marche, fixée contre l’une des flasques.
- 6° Un treuil élévatoire à chaîne ordinaire, à deux vitesses, actionné par l’arbre moteur de la machine à vapeur ou par des manivelles, pourvu d’un frein, d’un rochet et d’un débrayage.
- 7° Un treuil du mouvement d’orientation, commandé par un embrayage à cônes de friction.
- Le mouvement d’orientation et celui d’ascension ou de descente de la charge peuvent être produits, à volonté, simultanément ou successivement.
- Tous les leviers et volants de manœuvre des divers mouvements, étant groupés dans un petit espace à portée du mécanicien, la conduite de l’appareil peut être faite par un seul homme.
- Les dispositions adoptées pour la construction de cet appareil, lui procurent des avantages très-remarquables sous le rapport de la facilité et de la sécurité de manœuvre.
- La faculté de manœuvrer à bras aussi bien qu’à vapeur, permet d’utiliser économiquement l’appareil lorsqu’il ne s’agit d’opérer que sur un petit nombre de colis.
- Le mouvement d’orientation et celui du treuil élévatoire peuvent avoir lieu simultanément ou séparément. Le premier cas convient surtout au déchargement rapide de colis nombreux et d’un faible poids. Le second est préférable pour les objets lourds qu’il s’agit de manœuvrer avec une grande précision : dans ce cas, le colis étant amené à la hauteur convenable, après avoir serré le frein ou débrayé le manchon, l’on fait orienter la grue aussi lentement qu’on le désire, en modérant la vitesse de la machine.
- Le frein et la marche à contre-vapeur peuvent concourir ensemble à modérer la descente des charges très-lourdes.
- L’addition d un rochet donne toute sécurité, lorsqu’il s’agit de maintenir un colis suspendu pendant un temps prolongé.
- L’embrayage à friction ne produit que graduellement le mouvement d’o-
- parisiens, avec leurs œuvres si délicieusement taillées, nous charment et nous séduisent.
- Venise, dont l’exposition est d’ailleurs fort remarquable, nous captive par ses miroirs ornés de feuillage en verre moulé d'une si alarmante fragilité et par la belle variété de ses produits.
- Comparer ces derniers au.vécliantillons si corrects, mais un peu froids,.des miroirs du même genre exposés par la miroiterie française, est une obligation qui s'impose.
- Ici, je laisse de nouveau parier mon savant cieerone :
- « Aux miroirs italiens, je reprocherai leur aspect givreux, la naïveté trop primitive de leurs montures et cette sensation do .sucre filé que leur contemplation me donne. Il y a, sans doute, beaucoup de caprice, d imprévu même, dans leur composition; mais ces feuilles de verre fixées par un clou en fer dont on aperçoit la tète, ce clinquant étalé sous des tubes de verre dont les extrémités sont ficelées avec de la corde de cuivre, ces douzaines d’ornements issus d'un même moule et distribués avec une désespérante monotonie autour du cadre ; tout cela me semble l'expression d’un art primitif qui n'a pas dit son dernier mot et qui ne m'a pas encore conquis.»
- « Dans les miroirs parisiens, je louerai la richesse et la variété de la taille, l’ordonnance savante des lignes et les jeux splendides de la lumière réfléchie et irisée par les mille facettes des biseaux »
- « Et pourtant, l'aspect de ces miroirs est froid ; un peu d’or réchaufferait ces surfaces luisantes et jetterait comme un reflet d’ombre sur ces rayons aux tons d’acier. »
- a Conseiller à ce groupe d'artistes italiens et français de remonter aux sources de l’art vénitien et de s’inspirer du grand miroir placé sur la cheminée de la salle du musée de Cluny serait sage. Plus sage encore serait pour eux d’imiter ce précieux joyau qui fut donné par le doge à Henri III, lors des fêtes que lui offrit Venise à son retour de Pologne. Je ne voudrais pas une imitation servile, mais je voudrais qu’il fût l’origine d’un grand nombre de variations aussi heureuses qu’artistiques. »
- En continuant notre visite et dans un coin perdu de la classe 18 du groupe III, parmi les ouvrages du tapissier et du décorateur, nous avons découvert, c’est le mot, un miroitier séparé, nous ne savons pas trop pourquoi, de ses frères en l’art.
- Est-ce par modestie? est-ce par hasard?
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- Dans le premier cas, nous dirons que M. Alexandre n’a pas le droit de cacher ses chefs-d'œuvre, et dans le second, que le hasard est parfois très-maladroit.
- En appliquant l’émail et l’orfèvrerie sur glace à la décoration de ses miroirs, M. Alexandre jeune a heureusement évité la monotonie par les couleurs et tempéré l’éclat des biseaux par des décorations d’orfèvrerie d’une rare audace et d’une élégante hardiesse. Ses émaux font et feront l’admiration de tous les connaisseurs : devant son exposition, il n’y a plus de critique, et celles déjà faites ne sont pas pour lui.
- Dans ce musée de lart de l’émailleur-mi-roitier, un paravent déjà célèbre et un guéridon en glace émaillée d’une incomparable perfection frappent les regards : un meuble ravissant, dont les panneaux ornés de la même façon sont du plus heureux effet, et un lambris portatif, noir et or, avec milieux émaillés, d’une richesse et d’un goût sans pareils, arrêtent le visiteur. Coffrets, miroirs eu dentelle d’argent, miroirs à niain et à die valet, appliques et jardinières, sont réunis autour de ces œuvres maîtresses et leur forment, par un habile arrangement, un gracieux et élégant entourage.
- Tout est à espérer d’une industrie qui compte parmi ses membres un créateur d’œuvres semblables.
- Si depuis 18G7 elle a quelque peu sommeillé , son réveil n’en est pas moins éclatant, et la miroiterie française, qui enfin a trouvé soii Bernard Palissy, compte quelques chefs-d’œuvre de plus.
- A. Rozès-Joly.
- EXPOSITION,
- Le ballon captif, de M. Giffard.
- L’événement aéronautique du mois est la mise en exploitation du ballon captif de M, Giffard,
- Le public a adopté avec enthousiasme cet engin colossal que l’on voit monter à six cents mètres et redescendre, au bout d’un quart d’heure. Les nombreux ascensionnistes qui ont fait ce petit voyage aérien redescendent enchantés. Mais ils sont, de plus, stupéfaits de n’avoir ressenti ni secousse, ni malaise, ni
- rientation et empêche les chocs qui pourraient provenir d’une mise en marche ou d’un arrêt trop brusque.
- Le système adopté pour la chaudière, procure une abondante production de vapeur avec des dimensions restreintes et une assez faible consommation de combustible. La disposition des tubes fortement inclinés et traversant le foyer en tous sens, produit une circulation assez rapide pour empêcher le dépôt des matières incrustantes sur la surface intérieure des tubes. La partie cylindrique et le dôme du corps de chaudière sont assemblés au foyer par des joints boulonnés, et peuvent facilement se démonter pour permettre le nettoyage ou la réparation de l’intérieur de la chaudière.
- En résumé, il a été apporté un grand soin dans l’étude de l’ensemble et des détails de construction de cet appareil : tous les organes essentiels sont facilement accessibles, très-robustes et bien ajustés, et la grue, quoique relativement légère, présente toutes les. condilions'de solidité désirables pour un appareil de ce genre.
- HABITATION, HYGIENE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Sur la construction du phare d'Ar-Men, par M. Ploix.
- La construction du phare d’Ar-Men a été exécutée par les ponts-et-chaus-sêes à l’extrémité de la chaussée de Sein, suite de récifs qui s’étend en mer jusqu’à une distance de 10 kilomètres au-delà de l’île de Sein et de la pointe du Finistère.
- Ces écueils, sur lesquels la mer brise presque constamment avec une violence extrême, sont tristement célèbres parmi les navigateurs et menacent sans cesse les marins, obligés de contourner la Bretagne pour aller de la Manche dans les parties plus méridionales de l’Océan français. Jusqu’à présent on n’avait pu signaler ce danger que d’une manière imparfaite. •
- En 1860, la commission des phares fit commencer des éludes pour savoir s’il ne seraikpas possible de construire un phare de premier ordre sur l’un des rochers émergeant à marée basse, qui sont les plus rapprochés de l’extrémité de cette chaussée.
- Ces études furent confiées à une commission d’ingénieurs et d’officiers do la marine. Abandonnées d’abord, elles furent reprises en 1866: M. l’ingénieur hydrographe Ploix, envoyé sur les lieux, proposa de tenter d’exécuter une construction sur le rocher d’Ar-Men, « œuvre extrêmement difficile, presque impossible, disait-il, mais peut-être faut-il tenter l’impossible, eu égard à l’importance capitale de l’éclairage de ces écueils. »
- Les courants qui passent sur la chaussée de Sein, sont, en effet, des plus violents: ils donnent naissance, par les temps les plus calmes, à un fort clapotis et ils rendent la mer très-grosse dès que la brise leur est contraire. Aucune terre n’abrite Ar-Men et il n’est accostable que dans de rares directions du vent. Ni la commission, ni M. Ploix n’étaient parvenus à descendre sur la roche : on ne s’en était approché qu’à 15 mètres de distance. Enfin, un iii-
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- génieur s’en approcha de plus près, et le syndic des gens de mer parvint h y descendre. On reconnut ainsi quela roche avait une largeur de 7 à 8 mètres et une longueur de 12 à 15 mètres aux basses mers, et qu’elle était presque accore du côté de l’est, en pente douce du côté opposé et enfin, qu’elle était constituée par un gneiss assez dur.
- Le mode de construction auquel on s’arrêta est le suivant : percer le rocher sur tout l’emplacement que doit couvrir l’édifice et au-delà, de trous de fleuret de 30 centimètres de profondeur, espacés de mètre en mètre. Des goujons verticaux y seraient scellés pour relier la maçonnerie à la roche : des goujons semblables et de vigoureuses chaînes horizontales seraient d’ailleurs introduites dans la maçonnerie, à mesure qu’elle s’élèverait, pour s’opposer à toute disjonction.
- Le percement de ces trous fut fait par les pêcheurs de l’île de Sein, habitués à vivre parmi les écueils de la chaussée. Dès qu’il était possible d’accoster, on voyait accourir des bateaux de pêche; deux hommes de chaque bateau débarquaient, munis de leur ceinture de liège, se couchaient sur la roche en s’y cramponnant d’une main, tenant de l’autre, le marteau ou le fleuret, et travaillaient avec une activité fébrile, incessamment couverts par la lame qui déferlait par dessus leur tête. L’un d’eux était-il emporté? La violence du courant l’entraînait loin de l'écueil contre lequel il se serait brisé, et une embarcation allait le prendre pour le ramener au travail. À la fin de la campagne de 1867, on avait pu accoster sept fois : on avait eu en tout huit heures de travail et quinze trous avaient été percés. L’année suivante on eut seize accostages, dix-huit heures de travail et on perça quarante nouveaux trous : on fit aussi le dérasement nécessaire pour les premières assises de maçonnerie.
- La construction fut entreprise en 1869. Un marin expérimenté était au guet : l’on se hâtait de maçonner en moellons bruts et ciment pur, quand il annonçait une acalmie, et de se cramponner pour ne pas être emporté quand il annonçait une grosse lame.
- A la fin de la campagne de 1869, on avait exécuté 25 mètres cubes de maçonnerie que l’on retrouva intacts l’année suivante. Aujourd'hui, le cube des maçonneries s’élève à 703 mètres cubes. Le prix moyen du mètre cube, qui était près de 3.000 francs en 1873, s’est abaissé à 375 francs en 1875.
- En 1877, le nombre et la durée des accostages dépassent tous les résultats précédents, mais il faut élever les matériaux à une hauteur de plus en plus grande : on arrive à des maçonneries de sujétion exigeant beaucoup de temps, et l’on ne fait plus que 46 décimètres cubes de maçonnerie par heure, de sorte que le prix du mètre cube s’élève à 750 francs.
- Le massif plein qui constitue le soubassement, se prolonge jusqu’au niveau des hautes mers avec le diamètre de 7m,20, auquel la largeur du rocher a obligé de se restreindre. Ce diamètre est de 6m,90 sur les 3 mètres suivants.
- Aujourd’hui, la tour est élevée jusqu’à 12m,30 amdessus du niveau des plus hautes mers, le succès de l’entreprise paraît assuré et on espère la terminer dans un délai de trois années.
- Le phare sera de second ordre et son foyer s’élèvera à 28m,80 au-dessus des plus hautes mers,
- Cet ouvrage a été particulièrement signalé à l’attention de la Société d,'Encouragement, tant par les difficultés extrêmes qu’il a fallu surmonter, que par le grand intérêt qui s’attache à une œuvre destinée à préserver nos marins des plus grands dangers qu’ils puissent redouter. Les côtes de France sont
- vertige. Pour tous la sensation est la même. Il leur semble qu’ils sont immobiles dans la nacelle de l’aérostat et que la terre s’éloigne d’eux sans bruit. Il en résulte un sentiment absolu de sécurité, que justifient du reste la solidité extrême de l’appareil et l’admirable disposition des machines. M. Dumas, à l’Académie des sciences, a rendu justice à l’organisation éminemment scientifique du ballon captif, qui ne sert pas seulement à l’amusement du monde, mais qui est utilisé chaque jour pour des études de physique et de météorologie.
- Nous ne voulons pas décrire icr dans tous ses détails l’œuvre de M. GifFard, puisqu’on trouve cette description complète dans la brochure de M. Gaston Tissandier, ornée de nombreux dessins de M. Albert Ttssandier.
- Navire aérien, de M. Roussel.
- L'Exposition collective ouvrière contient un modèle de navire aérien de M. Roussel. « Ce projet repose sur l’emploi d’ailes à clapets. Ces ailes sont au nombre de 48. L’inventeur s’est figuré qu’en multipliant le nombre et la dimension de ses ailes, il augmentait sa puissance d’action. Je serais désolé de chagriner un honnête homme, mais ne croit-il pas qu’avec un nombre si considérable de propulseurs il lui faudra, employer une puissance mécanique énorme? C'est ce dont il s’est fort peu préoccupé : c’était cependant un point d’une certaine importance.
- On voit encore à l’Exposition ouvrière un autre projet qui est de M. Poilivain. Cet inventeur, pour commencer ses opérations, veut traverser le Sahara. Il emploie, clit-il, la division du gaz et le déplacement du centre de gravité.
- TRAVAUX PUBLICS.
- Travaux au port St-Louis-du-Rhône.
- Le congrès international des transports, sur la proposition de sa sixième commission (ports et navigation maritime), qui l’avait préalablement examiné et adopté, a émis, dans sa séance générale du 27 juillet, le vœu suivant :
- Le congrès international, considérant :
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- Que le port Saint-Louis-du-Rhône a fait, depuis plus de trente ans, l’objet des vœux incessants de tous les conseils généraux et de toutes les chambres de commerce du bassin du Rhône ;
- Que ce port, comme le déclare la chambre de commerce de Lyon, dans une récente délibération à la date du 3 juin dernier, est le vrai port de ce bassin ;
- Qu’il est situé, comme tous ou presque tous les ports principaux du monde, sur la mer et sur un grand fleuve ;
- Que, par le Rhône, il se relie à tout le sys-tème hydraulique de la France et des Etats limitrophes de l’Est et du Nord ;
- * Qu’il abrège de oO kilomètres, sur Marseille, la distance de la Méditerranée à tous les points du territoire français et de l’Europe occidentale, et qu’à ce titre, il présente un : caractère d’utilité générale incontestable ;
- Qu’il offre à l’agriculture, à l’industrie et au commerce, par l’économie qu’ils y trouveront, des avantages qu’aucun autre port du littoral méditerranéen ne saurait leur offrir ;
- Que ce nouveau port est complètement achevé et magnifiquement achevé ;
- Qu’il revient aujourd’hui à l'Etat à plus de 26 millions, et que, pour mettre en valeur cet énorme capital, et rendre les services immenses qui doivent en être le résultat nécessaire, il ne manque que les moyens de communication sans lesquels aucun port ne saurait exister ;
- Emet le vœu pressant :
- Que le port Saint-Louis-du-Rhône soit doté, sans retard, de tous les moyens de communication qui, seuls, peuvent en assurer le développement ;
- Que le Rhône maritime, entre Saint-Louis et Arles, soit amélioré de façon à offrir un tirant d’eau constant de 3 à 4 mètres pour faire jouir la navigation maritime et le commerce intérieur d’une économie de parcours, également sur Marseille, d’environ 90 kilomètres.
- Que le chemin de fer d’Arles à Saint-Louis, en construction, reçoive du gouvernement toute l’aide nécessaire pour en assurer l’achèvement à bref délai.
- Fuites de gaz.
- Une nouvelle manière de trouver les fuites dans les tuyaux, dit Y American Architecte
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- remarquables entre toutes, par la manière précise dont elles sont éclairées, et le nouveau phare d’Ar-Mcn complétera de la manière la plus utile cet ensemble d’indications si précieuses.
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Sur les pompes pneumatiques, de M. Lacroix.
- M. Lacroix s’est proposé d’obtenir une pompe jouissant d’une étanchéité parfaite, tout en lui conservant une simplicité en quelque sorte élémentaire, par la suppression de toute pièce ajustée, ainsi que des garnitures ordinaires de pistons ou de presse-étoupes, qui sont toujours une source d’embarras.
- A cet effet, il a recours au système des pistons à membranes, employés déjà depuis une vingtaine d’années, par M. Girard, dont les travaux relatifs aux appareils hydrauliques, jouissent d’une notoriété sur laquelle il est inutile d’insister. Mais le dispositif, adopté par M. Lacroix, présente des particularités qui lui sont propres et qui paraissent de nature à assurer le bon fonctionnement et la durée de la membrane qui remplace la garniture ordinaire.
- La pompe se compose d’un cylindre en cuivre chaudronné, ou en fonte, sans alésage, dans lequel se meut librement un piston plongeur, en bois ou en métal. Le corps de pompe, proprement dit, est surmonté d’un manchon dont la longueur est égale à la course du piston et dont le diamètre est plus grand que celui de ce dernier de 20 à 30 millimètres. La garniture se compose d’une membrane en caoutchouc, légèrement conique, dont la longueur effective est égale à la demi-course du piston : son bord supérieur est fixé à une bride pratiquée au milieu du manchon qui surmonte le corps do pompe, et son bord inférieur s’attache sur le piston lui-même.
- La membrane, ainsi établie, constitue un joint absolument étanche et, lorsque le piston est animé de son mouvement alternatif, elle vient se loger en se repliant sur elle-même, dans la capacité annulaire comprise entre le piston et le manchon supérieur, capacité qui a dû être proportionnée en conséquence. La membrane en caoutchouc, se trouvant ainsi guidée dans ses évolutions successives, n’est pas exposée à se plisser d’une manière irrégulière, ce qui entraînerait sa prompte détérioration.
- Ce mode de construction convient aussi bien à des pompes ordinaires destinées h agir sur des liquides, qu’à des pompes pneumatiques employées soit à la raréfaction, soit à la compression des gaz. C’est à ces dernières que M. Lacroix s’est le plus spécialement attaché.
- Il a construit, dans ce système, une pompe pneumatique, ou pompe à air, destinée à faire le vide pour les opérations de laboratoire, par exemple, pour accélérer le filtrage d’un liquide visqueux. Grâce au mode de construction adopté, il peut fournir des appareils pneumatiques, très-suffisants pour les usages ordinaires, à des prix très-bas.
- M. Lacroix a egalement établi de petites pompes de compression pour les ateliers de verrerie et de cristallerie : elles fonctionnent comme les pompes
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- du même genre pourvues de pistons ordinaires, mais, avec cet avantage que la garniture, sous forme de membrane en caoutchouc,, se conserve en bon état pendant très-longtemps, pendant plus d’une année, et que son remplacement s’effectue avec la plus grande facilité, sans nécessiter le concours d’ouvriers spéciaux.
- Les cartes hydrogéologiques,
- de M. l’abbé Richard, •
- a l'Exposition universelle.
- h'hydrogéologie, autrement dit la recherche des sources d’eau, est une science nouvelle et dont les applications sont moins faciles qu’on ne le sup-posérait au premier abord.
- Le tout n’est pas de creuser la terre pour en faire jaillir l’eau qu’on cherche, le tout est de la creuser à propos, sans tâtonnements, sans* perte de temps et de travail.
- Un savant ecclésiastique, M. l’abbé Richard, de Montlieu (Charente-Inférieure), se dévoue depuis vingt ans aux études hydrogéologiques. Depuis vingt.ans il applique à la découverte des sources d’eau naturelle ou minérale, des sources d’huile et des gisements de bitume, une théorie mathématique, appuyée sur les données rigoureuses de la science et dont plus de dix mille expériences ont affirmé déjà la certitude.
- Appelé tantôt par les gouvernements, tantôt par les villes, tantôt par les industriels et les propriétaires, M. l’abbé Richard a parcouru tour à tour les principales contrées du monde. Il est allé sous tous les climats, a étudié toutes les espèces de terrains, passant des bords du Rhin en Autriche, de Belgique en Italie, d’Espagne en Orient, et du Sahara en Syrie, dans les plaines de Babylone et de la Palestine.
- Nous trouvons le résultat de ses nombreuses expériences consigné sur une carte hydrogéologique fort intéressante qu’il a exposée dans la classe seize, groupe II à l’Exposition, et que tous les visiteurs de la section de géographie remarqueront comme nous.
- Nous rappellerons en terminant que M. l’abbé Richard n’en est plus à compter ses états de service scientifiques. Les services qu’il a rendus, en France surtout, tant aux villes qu’aux particuliers, sont innombrables, et M. le Ministre de la guerre» lui adressait, il y a trois ans, une lettre de re-mercîments, pour avoir, au camp du Ruchard (près de Tours), fait jaillir des sources inconnues, et, par conséquent, épargné à nos soldats beaucoup de fatigues et de privations.
- est signalée par le Plumber. On verse à l’orifice supérieur des conduites, si elles viennent jusqu’au toit, ou dans la cuvette la plus élevée des water-closets,dans le cas contraire, environ une once d’huile de menthe poivrée, que l’on entraîne par un courant d’eau suffisant pour l’amener à l’extrémité opposée du tuyau. A l’endroit où existe une fissure, l’odeur .pénétrante de la menthe se fait sentir, nonobstant la présence des plus fortes et des plus mauvaises odeurs. L’emploi de ce mode d’expérience, aussi simple que peu coûteux, permettra bien souvent d’éviter de grosses dépenses de déplacement et de remplacement de tuyaux. Seulement, ajoute notre confrère, le propriétaire qui fera ainsi vérifier ses conduites devra avoir bien soin de surveiller son plombier, afin que, celui-ci .venant à ouvrir sournoisement la fiole qui contient l’huile odorante, ne puisse lui faire croire à la présence de crevasses imaginaires décriées à son appareil nasal. Le remède serait alors pire que le mal.
- STATISTIQUE DES ALCOOLS.
- Campagne 1877-78 [du 1er octobre au 30 septembre).
- Production : 1877-78 1876-77
- Alcools de vin 87.001 h. 54.060 h.
- — de substances. .
- farineuses. . 117.043 119.499
- — de betteraves. . 308 870 169.032
- — de mélasses. . 470 903 493.847
- — d’autres subs- \
- tances. . . . 30.090 36.100
- Stock à la fin de la cam-
- pagne précédente. . 190.480 214.984
- Importations 83. “208 66 634
- Ressources totales offi-
- oiellement constatées. 1.289.669 1 .184.196
- Bouilleurs de crû (évaluations) :
- Stock à la fin de la cam-
- pagne précédente. . 194,442 246 874
- Bouilleurs de vins. . . 126 392 56 608
- — de marc.. • 44 4 4 313 5
- Total général dps res-
- sources 1.634.937 1 524.043
- Consommation 1 019.293 823.773
- Exportation 231.390 258.771
- Stock au 30 mai. . . . 404.234 439 499
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD. •
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- SOMMAIRE.
- Graisses industrielles et huiles d’éclairage, de M. Delettrez. — Eclairage par le gaz naturel. — Les arbres à cire, par M. le Dr Henri Napias. — Sur le canal maritime de Darien ou de Panama, par M. Rozés-Joly. — Système de chariot pour déchargement des pierres, de M. Folacci. — Sur l’entretien des routes nationales. — Appareil pour la torréfaction du cacao, de M. Lambert.
- CHRONIQUE.
- La biographie d’Ernest Pétin, par M. Abel Hureau de Villeneuve.
- En l’année 1848, on voyait, rue Rambu-teau, 34, au coin de la rue Beaubourg, une boutique de bonnetier bien achalandée et bien garnie de marchandises. Au-dessus de la porte se dressait majestueusement une grande enseigne portant pour inscription : Au Franc Picard, et représentant un paysan solide, à la culotte bleue, aux bas rayés, au chef orné d’un superbe bonnet de coton.
- C’était une de ces vieilles maisons de commerce qui fournissent à leur propriétaire, sinon une grande fortune, au moins une honnête aisance à la fin d’une carrière de travail.
- Pourtant au bas de l’étalage se trouvait un objet bizarre qui faisait mal augurer de la prospérité future de la maison. C’était une carcasse de bois de soixante centimètres environ. Dans cette carcasse, quatre petites-sphères rouges figuraient des ballons. Puis on voyait un assemblage singulier d’hélices, de parachutes, de plans inclinés, de gouvernails. Sur le petit appareil était fixée une étiquette portant ces mots : Direction des ballons, système Pétin.
- Le public s’arrêtait étonné, se demandant quel rapport il y avait entre les bonnets de coton et les ballons dirigeables. Si l’on entrait, on se trouvait en face d’un homme grand et blond, au front large, aux yeux bleus, à l’air inspiré, aux allures d’apôtre : c’était Pétin. Il déclarait qu’il avait trouvé le moyen de diriger les ballons ; mais le Roi Louis-Philippe n’avait pas voulu encourager son système, parce que J a possibilité de voyager dans les airs devait forcément amener la suppression des douanes.
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- ' Graisses industrielles et huiles d'éclairage, de M. G. Delettrez,
- à l'Exposition.
- M. Gustave Delettrez a organisé à Levallois-Perret, près Paris, une usine pour la fabrication des graisses industrielles et des huiles d’éclairage, qui est depuis longtemps connue des consommateurs, par la bonne qualité des produits qui en sortent, aussi bien que par leurs prix.
- Ce fabricant, en effet, s’écartant des habitudes et de la routine générale du commerce des corps gras, a basé sur des analyses chimiques certaines, la composition de ses matières, qu’il ne s’est pas attaché à vendre bon marché, mais à produire de qualités exceptionnelles. C’est ainsi que, vendant presque toujours plus cher que ses confrères, il a pu s’attacher une clientèle solide, qui s’étend tous les jours.
- L’Exposition de 1878 lui a permis de mettre au grand jour, par la netteté des résultats obtenus, les qualités dont nous venons de parler : sa graisse influide pour coussinets, et ses graisses de piston alimentent environ 500 appareils lubrifiants, sur les moteurs et les transmissions de la galerie des machines et de ses annexes.
- Et, en effet, la fabrication de M. Delettrez se divise en trois branches distinctes : la graisse influide ininflammable, la graisse spéciale pour pistons, et les huiles à brûler.
- 1° Graisse influide ininflammable. — Sa principale qualité, et ce qui constitue surtout l’économie de son emploi, c’est qu’elle n’a pas une fluidité suffisante pour couler d’elle-même dans les coussinets et sur les arbres ; son usage exige, par suite, l’emploi d’un godet-graisseur spécial, que nous avons déjà eu l’occasion de décrire (1). La minime provision qu’il contient, suffit à une consommation de plus d’un mois sans que l’on ait à recharger l’appareil ni à le nettoyer. On a ainsi l’avantage d’éviter une notable perte de temps, et le danger qui résulte, pour les ouvriers, de l’obligation de graisser les machines en marche.
- Employée sur les navires qui sont exposés à faire de longs séjours en mer, la graisse influide présente cette qualité spéciale, que sa durée, en service, étant triple de celle des autres matières similaires, l’approvisionnement s’en trouve réduit d’autant. De plus, le roulis ni le tangage n’ont d’influence sur sa distribution ni sur sa consommation : le mécanicien n’est plus exposé à verser à côté, ni à voir rejeter hors de son godet, secoué par un gros temps, la majeure partie de l’huile qui sort de sa burette.
- La graisse influide dont la composition a été dosée synthétiquement est soumise, néanmoins, à de fréquentes analyses afin de bien se rendre compte qu’il ne se produit pas d’erreurs dans la fabrication.
- Voici ce qu’en écrivait à M. Delettrez, au mois de mai dernier, M. Léon Krafft, chimiste industriel :
- «..............au point de vue qui vous préoccupait, celui de la forina-
- (1) Voir le Technologie, 2e Série, t. IV, page 382.
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- tion du vert-de-gris, je puis vous garantir que, depuis trois semaines, il ne s’en est montré aucune trace sur les plaques de cuivre et de laiton que j’en ai couvertes, et qui sont restées exposées à l’air : même résultat pour les pièces mécaniques chaque jour en mouvement. »
- « Je ne pouvais m’expliquer vos craintes, qu’en supposant que vous vous étiez écarté, dans votre fabrication, de la composition arrêtée entre nous : mais je m’étais fait illusion, car l’analyse chimique à confirmé et la véracité de vos dires, et la très-bonne composition de ce produit. »
- La graisse influide, onctueuse et molle, ne variant point par suite des changements de température, n’oxydant pas les métaux, et par suite, ne faisant pas de cambouis, convient très-bien au graissage des engrenages et des essieux, sans crainte de coulage ni de projections.
- Quel que soit son emploi, elle procure, en moyenne, une économie d’environ 30 pour 100 sur l’emploi de l’huile, ainsi que cela a pu être constaté, sans aucune erreur possible, à l’Exposition, sur les machines de MM. Boyer, de Lille; Bouclier, de Rouen; Artige et Cie, de Paris; Farcot et ses fils, de Saint-Ouen ; Lecouteux et Garnier, de Paris ; de Quillacq, d’Anzin ; Crespin et Marteaux, de Paris, et Rikkers, de Saint-Denis, de même que sur les remarquables pompes exposées par la Compagnie des forges de l'Horme, sur la machine à papier de M. L'Huillier, de Vienne, exposée par MM. Darblay père et fis, et Béranger, et sur les arbres de transmision des classes 38, 55, 54, 60, aussi bien que sur ceux de la Suisse et de la Belgique.
- 2° Graisse spéciale pour pistons. — La fabrication de ce produit est, de même que celle de la graisse influide, soumise à une composition soigneusement étudiée et invariable. On peut, avec cette graisse, garantir le bon état des cylindres, des tiçpirs et des pistons, sans trace de résidus ni engorgement des segments : il en résulte une notable réduction dans la déperdition de la vapeur et, par suite, une économie de charbon. Soumise à une température de 180 à 200 degrés, elle continue à adhérer absolument aux parois du cylindre et aux liges des pistons : ces qualités lui assurent une économie, sur les matières similaires, de 20 à 25 pour 1Q0.
- M. Delettrez a dû, h différentes reprises, sur la demande de clients défiants, faire analyser ses graisses pour piston : voici le résultat que nous détachons d’une des expertises faites par M. Krafft, dans de telles circonstances.
- « Apparence excellente, d’un suif très-blanc, et très-dur. 50 grammes incinérés n’ont produit que des traces impondérables de poussière blanche solide; par conséquent cétte graisse ne contient pas de maiières minérales, ainsi que le prouve, d’ailleurs, sa dissolution complète dans le sulfure de carbone. »
- Les contre-expertises faites en même temps, par tel ou tel chimiste possédant la confiance des clients, et notamment au laboratoire de l’Est, à Nancy, ont donné des résultats absolument concordants.
- 3° Huiles à brûler. — Il est inutile de dire une fois encore, que les mêmes précautions dans les dosages chimiquement étudiés, et les mêmes soins dans la fabrication, ont amené M. Delettrez h produire des huiles à brûler absolument lampantes, exemptes d'acides, et qui, plus chères que les huiles vendues communément à Paris, procurent néanmoins, sur ces dernières, une économie de près de 15 pour 100.
- Elles ont été soumises à- des expériences photométriques et analytiques comparées, d’abord, par M. Tessié du Motay, et ensuite par M. Krafft, et les résultats ont été les suivants :
- Ernest Pétin était né le 24 mars 1812 à Amiens. Il avait des opinions politiques très-ardentes et faisait marcher de pair ce qui lui semblait le catéchisme de tout esprit libéral, à savoir : la médecine Raspail, le magnétisme et la direction des ballons. C’était pour lui affaire de dogme, et à ses yeux les hommes se divisaient en deux fractions : ceux qui acceptaient en entier le programme ci-dessus, et ceux qui ne l’acceptaient pas.
- La révolution de 1848 avait porté au comble son enthousiasme, et il pensait, par son invention, assurer définitivement le triomphe du progrès.
- Bientôt il se mit à faire des conférences pour expliquer son système ; puis, la révolution ayant rendu vacants les appartements princiers du Palais-Royal, on autorisa Pétin, en 1850, à y faire des conférences sur son projet de ballons dirigeables. Il y transporta ses appareils, expliqua son système et suscita un mouvement considérable d’opinion. Il eut des partisans ardents, parmi lesquels je citerai Théophile Gautier, qui publia, dans la Presse du 4 juillet 1850, un long feuilleton sur le sytème Pétin. Cet article était aussi brillant de style que dénué de bons sens.
- Je ne puis nommer tous les écrivains qui prirent parti pour ou contre les idées d’Ernest Pétin, mais je vais expliquer les principes sur lesquels reposait son système, qui, du reste, ne fut pas unique, car son dispositif varia plusieurs fois.
- En ce temps-là, on faisait aux projets de direction aérienne une objection principale : on ne pouvait, disait-on, trouver un point d’appui dans l’air. Pétin se figura qu’il avait trouvé ce point d’appui, représenté par deux larges parachutes renversés. Plaçant donc quatre ballons dans une carcasse de bois, dont le poids était au moins de quatre fois supérieur à la force ascensionnelle de ses ballons, il leur donna ses deux parachutes comme point d’appui, et il soutint qu’en utilisant l’ascension de ses aérostats, l’appareil présenterait plus de résistance à l’arrière qu’à l’avant et monterait ainsi' suivant un plan incliné.
- Dans cet appareil, la force nécessaire à la propulsion devait être fournie par des treuils de carriers, organes auxquels des hommes, montant comme des écureuils, auraient donné le mouvement, et qui auraient eux-mêmes actionné des hélices. Pétin croyait que les leviers multipliaient la force. Il lui semblait donc fort naturel de faire monter ses hommes sur de longs bras de levier, ne réfléchissant
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- pas que, par ce procédé, le mouvement de ses hélices ne serait pas plus rapide que celui de la pierre de taille qui monte de la carrière.
- Plus tard, il renonça à son immense carcasse à deux étages et la remplaça par une sorte de persienne horizontale dont les lamelles pouvaient être inclinées suivant différents angles. Plus tard encore il ne conserva plus que trois ballons réunis par un bâtis léger, mais portant une machine à vapeur destinée à faire mouvoir les hélices.
- Enfin, il en vint à annoncer que, planant immobile au sommet de l'atmosphère, il regarderait tourner la terre sous lui, n'ayant ainsi qu’à choisir son lieu de débarquement.
- On le voit, le système d’Ernest Pétin ne présentait absolument rien de sérieux; et pourtant il s’est acquis une notoriété considérable cinquante ans après les travaux si complets du général Meusnier.
- Il ouvrit une souscription pour la construction de son appareil. On a cru et on a imprimé que cette souscription avait fourni des sommes considérables; mais une lettre de Pétin, qui se trouve dans ma collection, affirme qu’il n’a reçu que 6.000 fr., dépensés par lui en frais de publicité. Les 100.000 fr. qui furent employés à la construction des trois ballons de soie rouge, du bâtis et de la machine à vapeur provenaient de la fortune personnelle de madame Pétin.
- L’appareil resta, pendant sa construction, exposé dans un terrain situé rue Mar beu f, 46. A ce moment Pétin, voulant se familiarise, avec l’aérostation, fit, le 3 août 1851, avec Poitevin, une ascension dans laquelle on se servit de l’un de ses trois ballons. Puis Pétin demanda l’autorisation de faire l’expérience de son système complet. L’autorité lui accorda le polygone de Yincennes. Cet endroit aurait dû lui convenir, puisqu’il avait annoncé l’intention de remplir ses ballons avec de l’hydrogène pur; mais il s'est ravisé, et comme il n’y avait pas au Polygone de Vin-cennes 12.000 mètres cubes de gaz d’éclairage, il annonça, le 18 septembre 1831, qu’il allait faire son expérience à l’Etranger. Six semaines après arrivait le coup d’Etat, et le public eut à s’occuper d’autre chose que du système Pétin.
- L’inventeur découragé se décida à partir pour l’Amérique, et, en janvier 1852, le trois-mâts américain Emperor partait pour Boston, emportant Pétin et -son appareil.
- A ce moment commence le martyrologe du pauvre inventeur.
- 1° Lumière aussi blanche que possible et absolument régulière, aussi bien après dix heures de marche qu’au commencement de la soirée.
- 2° Usure moindre de la mèche qui ne charbonne pas.
- 3° Certitude absolue de ne pas détériorer les organes métalliques des lampes : essai à la veilleuse garanti 24 heures.
- Nous dirons, pour finir, à nos lecteurs, que nous faisons personnellement, depuis deux ans, un usage exclusif de l’huile à brûler de M. Delettrez, et que nous en sommes absolument satisfaits. Il importe d’ajouter que cette même huile peut être employée avec succès au graissage des machines et outils de toutes sortes.
- A. Rozès-Joly.
- Eclairage par le gaz naturel.
- La ville de Kansas, aux Etats-Unis, espère être bientôt éclairée au gaz naturel. En divers emplacements, autour de la ville, on a creusé des puits artésiens qui ont donné naissance à des veines de gaz.
- A Wyandotte, à deux milles de là, il y a un puits de mine de sel gemme abandonné qui, pendant cinq ans, a donné 25.000 pieds cubes de gaz par jour.
- (Polytechnic Beview.)
- Les arbres à cire, par M. le Dr Henri Napias.
- M. Boussingault estime que l’arbre à la vache (Brosimum Galactodendrori), qui avait été déjà remarqué par De Humboldt, pourrait rendre de grands services, et il conseille de le transplanter de l’Amérique méridionale, son pays d’origine, dans nos possessions d’Afrique, parce que cet arbre fournit une quantité considérable de cire qui peut remplacer la cire d’abeilles dans la confection des cierges et dans les usages industriels.
- Acceptons avec reconnaissance une nouvelle source de lumière; tant de gens en manquent encore!... sans parler même des habitants de la presqu’île d’Alaska (Amérique russe), qui n’ont pas d’autre engin d’éclairage.qu’un petit poisson très-gras qui s’appelle chez eux Poisson Chandelle, et qui, convenablement séché, brûle à la façon de nos torches de résine.
- Mais, sans nous écarter plus longtemps du sujet qui nous occupe, rappelons brièvement que l’arbre à la vache n’est pas le seul qui puisse nous fournir de la cire.
- Si les abeilles préparent de la cire, c’est simplement en la prenant dans la nature, en l’empruntant aux végétaux, qui en ont puisé eux-mêmes les éléments dans le soi. Et, en effet, la plupart des plantes recèlent de la cire : c’est elle qui constitue, en majeure partie, cette poussière blanche qui couvre d’une couche argentée un grand nombre de fruits, et on a pu l’extraire en nature de l’herbe de nos prairies, des feuilles de la vigne, des lilas, etc., etc. Il s’en trouve même dans le liège, et on peut aisément, en traitant le liège râpé par l’éther et en évaporant sa liqueur, obtenir cette sorte particulière de cire qui porte le nom de Ce'rine.
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- Beaucoup d’autres végétaux encore, et surtout des végétaux exotiques, produisent de la cire, et quelquefois en quantité suffisante pour faire l’objet d’une branche importante de commerce.
- Des palmiers, des plantes appartenant aux familles des Myricacées, des Artocarpées, des Térébinthacées, et même des Cucurbitacées, sont exploitées par l’industrie humaine pour la cire qu’on en peut tirer. Sans doute, le produit ainsi obtenu est moins pur que la cire d'abeilles, mais il est d’un prix moins élevé ; aussi ne manque-t-il pas d’être recherché, ne fût-ce que pour falsifier celle-ci.
- La cire des palmiers, Cera de Palma, est à la fois la plus commune et la meilleure des cires végétales. Elle exsude naturellement à la surface de l’écorce des feuilles du Ceroxylon Andicola ou de certaines espèces du genre Chamœrops. C’est encore un palmier, le Corypha Cerifera, qui fournit la Cire du Brésil ou Cire de Carnauba.
- Un grand nombre de plantes de la famille des Myricacées fournissent aussi de la cire qu’on extrait en faisant bouillir les fruits, sortes de baies groupées en paquets très-serrés à l’extrémité des rameaux. La cire des myricacées, appelée encore Cire de Galé, est surtout extraite du Myrica Cerifera, petit arbuste de la Louisiane, que les Anglais nomment Candleberry ; mais beaucoup d’autres espèces aussi en peuvent fournir, plus ou moins abondamment, telles sont le M. Carolinensis (M. Pensylvanica), qui donne la Cire d'Occuba; le M. Arguta, de la Nouvelle-Grenade; le M. Sapida, de la Chine; le M. Cor-difolia et M. Quercifolia, du Cap, etc.
- La Cire végétale de Sumatra, ou cire de Getah-Lahoë ou de Gutta-Lahoë, est produite par le Ficus Cerifera, de la famille des Artocarpées. La Cire de Bénincase est due à «ne cucurbitacée de la Chine (Benincasa Cerifera).
- Enfin, l’arbre à cire du Japon paraît être une Térébinthacée de la tribu des burseracées, et la cire qu’il produit est plutôt une huile concrète, une sorte de suif, susceptible d’être employé è la fabrication des chandelles.
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Sur le canal maritime de Darien ou de Panama, par M. Rozès-Joly.
- Les dernières nouvelles nous apportent la ratification du traité intervenu entre le gouvernement des Etats-Unis de Colombie et le Comité international, pour l’établissement du canal maritime à travers l’isthme de Darien ou de Panama.
- Les conditions les plus importantes spécifiées dans le traité de concession sont que le canal projeté sera tout-à-fait neutre, ouvert au commerce du monde entier et qu’il sera entièrement terminé avant l’année 189o.
- La compagnie concessionnaire a obtenu pareillement le libre emploi de tous les matériaux de construction trouvés sur l’isthme, la cession d’une bande de terre de 200 yards (183,n, environ) de largeur des deux côtés de la ligne du canal et le choix, à sa volonté, de un million d’acres de terrain (404.670 hectares).
- Ses conférences n’eurent aucun succès, et ses ascensions échouèrent : il tomba deux fois à l’eau. En somme, il n’essaya jamais son appareil complet, et il revint en France ruiné et en proie au désespoir. Heureusement, il avait un frère honorablement connu dans l’industrie : ce frère lui fit une pension, à la condition qu’il ne s’occuperait plus de ballons.
- Ernest Pétin se retira dès lors dans le calme le plus absolu, et il vient de mourir à Saint-Ouen aussi obscur qu’il avait été célèbre.
- Abel Bureau de Villeneuve.
- NOUVELLES ÉTRANGÈRES.
- Amérique.
- Il y a aux Etats-Unis 25.000 moulins à farine, occupant 60.000 ouvriers et produisant annuellement 50.000.000 de barils de fine fleur.
- Un immense gisement de soufre a été découvert à Chillon, dans le Chili. On dit qu’il est tellement pur, qu’après un simple traitement mécanique, il peut être livré au commerce.
- M. Tiernan, celui qui a découvert le moyen d’obtenir le parfum de vanille des conifères, nous annonce qu’il vient de découvrir un autre moyen de retirer le même parfum de l’huile de clous de girofle.
- (Polytechnic Review).
- Crue du Nil.
- Le Nil vient de commencer sa crue. On sait que l’époque de ce singulier phénomène, dû aux pluies qui tombent au printemps en Abyssinie, varie un peu chaque année. En général, le premier gonflement du fleuve se fait sentir dans la Haute-Egypte au commencement de juin, et au Caire dès les premiers jours de juillet.
- . Cette année, les nouvelles d’Assouan, d’Es-neh et de Kenneh sont favorables. Le Nil marque à l’étiage la hauteur ordinaire ; vers le 15 août, le fleuve, qui roule maintenant
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- des eaux tout à fait jaunies par le limon, atteindra la moitié de la hauteur, et la crue sera complète à la fin de septembre.
- EXPOSITION.
- Envoi d'ouvriers à l'Exposition.
- On s’occupe beaucoup d’un projet qui mériterait d’être imité partout. Sur la proposition du prince de Galles, on se propose d’envoyer des ouvriers de diverses industries à l’Exposition de Paris. Chacun de ceux-ci s’engagerait à écrire un rapport sur la spécialité qu’il représente, rapports qui seraient plus tard publiés. La souscription, pour couvrir les frais de voyage, a déjà beaucoup de succès.
- Les générateurs solaires.
- M. le professeur Mouchot, de Tours, des expériences duquel nous avons déjà entretenu nos lecteurs, aurait, à l’aide de ses appareils à rayons solaires, fait rôtir des cailles en vingt minutes et bouillir de l’eau en quarante-cinq minutes.
- La loterie de l’Exposition.
- Un décret, en date du 22 juillet 1878, a autorisé une souscription nationale ayant pour objet :
- 1° De faciliter l’accès de l’Exposition universelle de 1878 à certaines catégories de personnes peu fortunées et dont la profession justifierait cette faveur;
- 2° D’encourager les exposants au moyen de l’achat de divers objets d’art et d’industrie, destinés à être répartis entre les souscripteurs par la voie du tirage au sort.
- La souscription nationale se composera de plusieurs émissions successives d’un million de francs chacune.
- Chaque émission sera représentée par 1 million de billets de souscription, du prix de 1 franc, numérotés de 0 à 999.999, sans interruption.
- Les billets de souscription seront émis par l’agent comptable du Trésor. Us seront détachés d’un livre à souche et frappés d’un timbre estampille.
- Les promoteurs de ce dernier mouvement sont, à n'en pas douter, des Français, et le contrat, dont il est parlé plus haut, paraît être le résultat important d’une récente exploration faite sous le commandement du lieutenant Wy&e, de la marine française.
- Nous ne possédons aucune information touchant la dépense et les projets de cette entreprise. Les rapports publiés sur cette expédition établissent simplement qu’une ligne favorable a été tracée de Gandi ou Acante, sur l’Atlantique, le long des vallées de la Tupisa et de la Tiati jusqu’à l’embouchure de la rivière Tuyra dans le golfe de San-Miguel sur le Pacifique.
- La ligne proposée est environ deux fois plus longue que celle allant du golfe de Saint-Blas (sur l’Atlantique) à l’embouchure du Bazano (sur le Pacifique) et qui a une longueur de 35 miles (56 kilomètres).
- Pour cette dernière voie, qui est la plus courte possible, M. Trautwine a évalué que la dépense d’un canal de 100 pieds (30 mètres) de largeur au plafond, de 200 pieds (60 mètres) au plan d’eau, et de 30 pieds (9 mètres) de profondeur, serait de 300.000.000 de dollars, soit 1.545.000.000 de francs.
- A moins cependant que la ligne préconisée par la Compagnie internationale ne possède des avantages particuliers qui, quoique possibles, paraissent être peu probables, depuis surtout les nombreuses explorations des Sociétés américaines, la dépense dépassera les chiffres de M. Trautwine établis pour la voie de Saint-Blas qui est la plus courte.
- Et il faut encore remarquer que la dernière route citée commande un tunnel de 10 miles de longueur, lequel ne représente pas moins de 175.000.000 de dollars, soit, moitié de la dépense totale.
- C’est avec le plus grand intérêt que nous attendons la production des projets des ingénieurs de la nouvelle ligne proposée.
- Néanmoins, tout en manifestant notre profonde admiration pour le splendide achèvement de l'œuvre de M. de Lesseps, nous croyons que si jamais ses compatriotes se trouvent face à face avec l’entreprise, ils réfléchiront à deux fois avant d’attaquer sérieusement un problème dont la solutipn est immensément plus difficile que ne l’était celui de Suez.
- Les difficultés d’exécution et de climat dans la construction du canal, à travers l'isthme, sont si grandes et apportent de tels éléments d’incertitude dans l’évaluation de la dépense, qu’il semble impossible qu’un pareil ouvrage puisse jamais être entrepris par une compagnie privée, puisque même avec les plus larges espérances fondées sur son utilité commerciale et pleinement réalisées, il n’est pas croyable qu’il puisse jamais être fait pour donner aux entrepreneurs le plus mince revenu de l’énorme dépense que nécessiteront et sa construction et son entretien.
- Cette appréciation est d'ailleurs basée sur l’histoire du canal de Suez qui, quoique des plus avantageux pour le commerce du monde, n’a donné dans les meilleurs temps, à ses premiers inventeurs qu’un maigre revenu, et c’est le cas de rappeler que la dépense s’élève seulement à 100.000.000 de dollars, le tiers environ de la somme, que les ingénieurs prudents, ayant une connaissance parfaite du terrain et de l’importance des travaux à exécuter, estiment être indispensable au percement de l’isthme américain.
- Le canal américain doit être ouvert par un syndicat des grandes dations commerciales du monde comme étant un ouvrage d’une importance et d’une utilité internationales, ou il ne le sera pas.
- (.Polytechnic Review).
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- HABITATION, HYGIENE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Stjstème de chariot pour déchargement des pierres, de M. Folacci.
- M. Folacci, déjà connu, dans les travaux publics, comme auteur d’un wagon propre à immerger les blocs artificiels que l’on emploie aujourd’hui dans les constructions de jetées à la mer, a créé, il y a quelques années, un type de chariot, ou de binard, qui rend facile et inoffensive une opération justement regardée jusqu’ici comme pénible et dangereuse. (Voir fig. 60.)
- La vente des billets de souscription sera faite, savoir :
- Par les débitants de tabacs et autres intermédiaires déjà autorisés à vendre des tickets, à l’exception toutefois des receveurs des postes et des receveurs des bureaux télégraphiques ;
- Par les concessionnaires chargés de la vente du catalogue général dans l’intérieur de l’Exposition.
- Les intermédiaires ne pourront se procurer les billets de souscription qu’au bureau de l’agent comptable. Le prix en sera payé comptant, et la livraison s’en fera par feuilles entières de cinq billets.
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- Fig. 60.
- Son chariot se compose d’une plate-forme portant des galets, sur laquelle repose le plancher mobile qui reçoit la pierre. Une pente de 5 pour 100 environ permet le glissement de la partie mobile sur la partie fixe. Pour déterminer ce mouvement, il suffit de tirer, sur l’avant de la voiture, une clavette qui retient le chargement : le plancher glisse avec sa charge jusqu’à ce qu’il déborde le châssis de moitié de sa longueur, puis un arrêt, qui vient buter dans une glissière latérale, le retient en porte à faux dans cette position. Mais alors, le centre de gravité de la charge passant en dehors du point d’appui, le plancher subit un mouvement de bascule, et lu pierre, placée au-dessus, continue à descendre sur l’inclinaison plus raide qu’il affecte à ce moment. Elle touche bientôt terre, et le plancher est retenu dans sa position renversée par un rouleau qui prend son appui sur le sol. Veut-on achever de dégager le chariot, il suffit de faire avancer l’attelage : la pierre s’abaisse graduellement, sans jamais recevoir de chocs brusques, et bientôt elle est déposée à terre derrière la voiture, sans que les ouvriers chargés de la manœuvre aient jamais été exposés à se trouver pris sous cet énorme poids.
- Même avec des pierres de nature très-friable, on n’a constaté, après l’opération, aucune rupture, aucun épauffrement.
- Le binard dont M. Folacci se sert en ce moment, premier essai fait dans une voie nouvelle, appelle quelques petits perfectionnements de détail que
- Une remise de 2 pour 100 sera allouée aux intermédiaires.
- Le prix des billets invendus par les intermédiaires ne leur sera pas remboursé.
- Les habitants des départements pourront se procurer des billets en en versant le prix entre les mains du percepteur de leur résidence, qui leur délivrera une quittance à souche.
- Les frais inhérents à la souscription seront prélevés sur le produit brut de chaque émission.
- Le surplus, constituant le produit net de chaque émission, sera affecté, savoir :
- 1° Dans la proportion d’un tiers, à faciliter le voyage et l’entrée à l’Exposition des personnes peu fortunées qui seront désignées par le ministre de l’agriculture et du commerce ;
- 2° Dans la proportion des deux autres tiers, à acheter des objets, pris exclusivement parmi
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- N° 35. — 31 Août 1878. — XXXVIIIe Année. £( (LlUdlUtf lOljiôtC 279
- les produits exposés, et destinés à être répartis par la voie du tirage au sort entre les porteurs de billets de souscription.
- Une commission, nommée par le Ministre de l’agriculture et du commerce, sera chargée de procéder à l’achat des lots.
- Les exposants dont les produits auront été achetés par la commission, seront autorisés à mettre sur lesdits produits un écriteau libellé : Acheté pour la souscription nationale d’encouragement aux beaux-arts et à l’industrie.
- Le tirage au sort des lots aura lieu en séance publique, dans la grande salle des fêtes du Trocadéro, à une date qui sera ultérieurement déterminée.
- Ce tirage sera effectué au moyen de six roues distinctes, contenant chacune les chiffres 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9.
- Les six chiffres extraits des six roues, placés en regard dans l’ordre de leur extraction, constitueront les numéros gagnants.
- Une seconde commission nommée par le ministre de l’agriculture et du commerce sera chargée de procéder à l’insertion des chiffres numériques dans les roues des tirages, et d’effectuer le tirage des numéros primés.
- Dans un délai de trois mois, à partir du jour du tirage, les porteurs de numéros gagnants devront se présenter au président de la commission, qui, après avoir rapproché les billets de leur souche, délivrera aux ayants droits un bon de livraison sur le garde-magasin.
- Les lots qui n’auront pas été réclamés dans le délai de trois mois ci-dessus fixé seront vendus par les soins de l’administration des domaines.
- TRAVAUX PUBLICS. *
- Réfection du pont des Invalides.
- M. Albert Gigot, préfet de police, vient de lancer une ordonnance relative aux mesures à prendre pendant la durée des travaux de restauration du pont des Invalides qui vont commencer sous peu.
- Aux termes de cette ordonnance, le passage sur le tablier du pont demeure interdit aux voitures jusqu’à la fin des travaux.
- Pour les piétons le passage restera suspendu jusqu’à ce qu’on ait trouvé le moyen
- l’inventeur introduira dans les nouveaux appareils à construire. On peut réduire un peu, par exemple, la hauteur du plancher, augmenter le diamètre du rouleau qui porte par terre, introduire une crémaillère latérale qui permette de faire varier à volonté la pente du plan incliné, enfin, rendre la voiture un peu plus légère, en adoptant d’autres ferrures : toutes ces modifications s’indiquent d'elles-mêmes, et on ne peut douter des résultats qu’elles permettraient d’atteindre.
- Un petit treuil, porté par le chariot, sert à remettre en place le tablier mobile; un homme suffit pour cette dernière opération.
- En résumé, on peut dire que M. Folacci applique à la manœuvre des grosses pierres de taille, les procédés empruntés à l’opération du lancement des bâtiments à la mer; quant à la disposition du plancher à bascule, elle peut être comparée, jusqu’à un certain point, au système des haquets que l’on emploie pour le transport des tonneaux. Comme résultat, le chariot Folacci simplifie une opération difficile et supprime un des dangers les plus graves auxquels les ouvriers soient exposés sur les chantiers de construction.
- Sur l'entretien des routes nationales.
- Des critiques ont été faites par la commission du budget au sujet de l’exactitude des renseignements fournis par les ingénieurs des ponts-el-chaussées, en ce qui concerne la qualité des matériaux employés pour l’entretien des routes nationales. On a jugé que, pour arriver à déterminer exactement les frais de cet entretien, aujourd’hui très-variables d’un département à l’autre, il fallait procéder tout d’abord à des expériences directes sur l’une des chaussées entretenues avec les diverses natures de matériaux dont on dispose.
- Une circulaire du Ministre des travaux publics vient de prescrire que ces expériences soient faites dans tous les départements simultanément et de recommander à ce sujet le procédé suivant.
- Sur la route adoptée pour les expériences, on désignera des emplacements en nombre égal à celui des natures distinctes de matériaux à essayer. Ces emplacements, distants d’environ 100 mètres d’axe en axe, devront offrir, autant que possible, des conditions identiques sous le rapport de la fréquentation, du sous-sol, de la pente, de l’humidité, de l’exposition, etc.
- Au droit de chacun d’eux, on fera, avec toutes les précautions usitées en pareil cas, un rechargement cylindré de 0m,12 à 0m,14 d’épaisseur sur toute la largeur de la chaussée et sur une longueur d’une trentaine de mètres. On notera, d’ailleurs, avec soin, toutes les circonstances de l’opération, le cube exact des matériaux employés, et on lèvera quelques profils en travers très-rapprochés, à l’aide delà règle Mary ou d’un procédé analogue.
- La chaussée neuve Sera entretenue de manière à présenter toujours une surface régulière et roulante, sans flèches ni saillies. On notera également la consommation des matériaux d’entretien qui seront de même nature que ceux de la chaussée.
- Au bout de chaque année révolue, on lèvera de nouveaux profils en travers sur les emplacements des anciens, et l’on fera des tranchées de sondage en constatant le cube des matériaux solides et des détritus, suivant les prescriptions de la circulaire du 30 août 1851 et des modèles y annexés.
- L’usure se déduira, tant de la comparaison des profils en travers que de
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- celle des cubes employés et retrouvés en fin d’expérience. En la rapprochant du chiffre de la fréquentation de 1876, on en conclura le coefficient de la consommation par 100 colliers, et, par suite, celui de la qualité des divers matériaux mis en œuvre.
- Un rapport dressé par arrondissement rendra compte du détail de ces expériences, de leurs circonstances générales ou particulières, des observations qu’elles suscitent et des conclusions qu’on en dégage.
- Appareil pour la torréfaction du cacao, de M. Lambert.
- L’appareil employé à la torréfaction du cacao, dans l’usine de M. Devinck, et qui est de l’invention d’un de ses ouvriers, M. Lambert, paraît réaliser d’une façon parfaite l’une des opérations les plus importantes de la fabrication du chocolat.
- Les auteurs de cet appareil se sont proposés de faire faire ce grillage d’une manière continue, sans négliger aucune des conditions nécessaires pour assurer la bonne qualité du produit. Il faut, en effet, qu’au début la graine soit exposée à un feu vif, jusqu’à ce que l’eau qu’elle contient soit vaporisée, et, ensuite, que le cacao soit maintenu pendant un temps convenable à une température constante : ces circonstances se réalisent dans le nouveau brûloir.
- Il est formé d’un double cylindre horizontal, à axe unique, donnant au centre un vide cylindrique, entouré d’un espace annulaire. Dans ce dernier espace, se développe une hélice en tôle et les grains de cacao, tombant d’une trémie en tête de l’appareil, dans ce compartiment, sont forcés par cette hélice à cheminer vers l’autre extrémité, en roulant sur la tôle exposée à la chaleur directe du foyer.
- Lorsque les grains sont parvenus à l’extrémité du brûloir, ils y trouvent une surface en tôle, contournée dans une forme analogue à celle d’une coquille de colimaçon, qui les oblige à entrer dans le cylindre central d’un diamètre plus petit. Là, ils subissent l’impulsion d’une seconde hélice en tôle, disposée en sens contraire de celle qui règne dans l’espace annulaire, et ils sont ramenés vers la tête du brûloir, en restant, pendant tout ce trajet, enfermés dans une capacité d’une température moins élevée, mais constante, et un orifice de sortie placé en tête non loin de l’orifice d’entrée, fait tomber dans une corbeille les grains brûlés qui ont ainsi parcouru deux fois la longueur du cylindre.
- Pour surveiller la marche de l’opération, l’axe de rotation est percé d’un trou central dans toute sa longueur et une petite cuiller, qu’on introduit par là, permet d’aller chercher près de la coquille les grains à moitié préparés. On peut ainsi connaître s’il faut accélérer ou retarder la rotation du brûloir ou le feu du foyer, ou bien faire varier l’alimentation des grains fournis par la trémie.
- d’établir une passerelle provisoire, ce qui ne peut guère tarder.
- Enfin, sur le fleuve, la circulation est interceptée, non-seulement pour l’arche menacée, qui va être reconstruite, mais encore pour l’arche attenante, afin que le remous des eaux, provoqué par le grand mouvement de navigation, ne contrarie pas la pose des étais nécessaires.
- De l'avis des ingénieurs chargés de la réfection, il faudra reconstruire seulement les deux tiers de l’arche de rive. Les fondations de la pile et de la culée qui la supportent peuvent encore résister.
- Travaux du port de Toulon.
- Le 1er août a eu lieu, dans le port militaire de Toulon, une opération des plus intéressantes.
- Le grand caisson métallique de 144 mètres de longueur sur 41 mètres de largeur, destiné à la construction de l’un des deux bassins de radoub dont le ministre a ordonné l’exécution au port de Toulon, a été conduit à sa place d’immersion, à l’extrémité de la darse de Missiessy.
- Construit dans u ne fosse maintenue étanche, à proximité du lieu d’immersion, ce grandiose outil, dans la confection duquel il n’est pas entré moins de 1.800 tonnes de fer, a été établi dans des conditions de solidité et de stabilité remarquables, qui lui ont permis de flotter comme un véritable navire et ont assuré la réussite complète de la première phase de cette entreprise.
- Il va s’agir maintenant de maçonner l’intérieur de cette vaste boîte et d’y établir le véritable bassin de radoub, travail qui nécessitera l’immersion du caisson jusqu’à la cote 18m,o0 sous le niveau de la mer, et exigera encore l’emploi d’une ceinture de plus de 400 tonnes.
- BAR-SUR-SEINE.
- TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 36.— 7 Septembre 1878.—XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Kermès animal ou végétal, par M. Max Singer. — Les travaux de protection de l’hôpital de Berck-sur-Mer, par M. Slœcklin. — Nouvelle peinture à émail, à base de silice hydratée, par M. le Dr Phipson. — Epuration des eaux d’égout de Paris, à Le-vallois-Perret. — Le nouveau téléphone, de M. Righi. — Trains pour le transport des blessés. — Le téléphone aux mines de Ferfay. — Les grandes conduites de distribution des eaux de la Vanne. — Sur l’achèvement du réseau des égouts de Paris, par M. Cadet.
- CHRONIQUE.
- Quai de VArchevêché et Petit-Pont, à Paris.
- On vient de livrer à la circulation la partie du quai longeant l’église Notre-Dame, entre le Petit-Pont et le pont de l’Archevêché, qui était fermé depuis si longtemps au public par suite des travaux de viabilité en cours d’exécution sur ce point.
- Le Petit-Pont existait déjà au même endroit sous la domination romaine. On l’appelait ainsi pour le distinguer du Grand-Pont (aujourd’hui le Pont-au-Change).
- En -1185, il fut rebâti en pierres, grâce à la libéralité de Maurice de Sully, évêque de Paris. Emporté par une inondation en 1196, il ne fut rétabli qu’en 1206. Par une singulière fatalité, il éprouva le même sort en 1280, 1296, 1323, 1376 et 1393. En 1393, on le reconstruisit avec l’argent de plusieurs juifs qu’on avait condamnés à l’amende.
- Le roi Charles VI en posa la première pierre au mois de juin. Il ne fut achevé qu’en 1406, à la Saint-Martin.
- Enfin, pour la septième fois, ce pont fut emporté par les eaux un an plus tard. La cour et la ville se cotisèrent alors pour le faire rétablir. 11 fut terminé le 10 septembre 1409.
- Mais il était voué à la destruction par l’inondation. Les grands débordements de la Seine, pendant les années 1649,1631 et 1638, le ruinèrent presque complètement. L’inscription qui devait perpétuer le souvenir de ce dernier sinistre marquait que l’édifice avait été réparé à grands frais sous la prévôté de M. de Sève, en 1636.
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Kermès animal ou végétal, par M. Max Singer.
- Le kermès était déjà connu dans le Levant du temps de Moïse, qui l’appelait jola, d’après le professeur Tychsen. On s’en servait pour donner le premier bain aux laines destinées à être teintes en pourpre : dans l’Inde, on l’employait pour teindre la soie. Pline en parle sous le nom de coccigranum, et dit qu’on teignait en pourpre avec cette matière, que les Espagnols apportaient pour payer la moitié de leur tribut au peuple romain. Lorsque l’art de teindre avec la pourpre des Tyriens fut perdu, on fit usage du kermès pour obtenir la même couleur : aussi devint-il pour plusieurs pays méridio^ naux un objet d’exportation important. On le désignait alors sous le nom de vermiculus, petit ver : le mot kermès qui est arabe, et celui de vermillon, qui est français, ne sont que la traduction du premier.
- Au moyen-âge, c’était la seule substance employée pour la teinture d’un rouge vif. En Allemagne, les paysans serfs devaient livrer aux couvents et aux chefs, parmi les autres tributs agricoles, une certaine quantité de kermès. On le recueillait à la Saint-Jean, entre onze heures et midi, avec des cérémonies religieuses, et on le désignait, à cause de cela, sous le nom de sang de Saint-Jean. A Venise, on en consommait beaucoup pour la fabrication de la couleur sur laine, qui portait le nom d’écarlate de Venise ou de France, et qui ne doit pas être confondu avec l’écarlate par la cochenille, qui a été appelée écarlate des Gobelins ou de Hollande, et qui n’a été préparée que beaucoup plus tard.
- Ce produit, nommé aussi graine d’écarlate, est le corps desséché du coccus ilicis qui vit sur les tiges et les feuilles d’une espèce de chêne-vert (Quercus coccifera), dont la hauteur ne dépasse jamais 1 mètre à lm,§0.
- Cet arbrisseau croît dans les lieux arides et pierreux du Levant, des îles de l’archipel grec (principalement à Candie), et des parties méridionales de la France, de même qu’en Espagne, en Italie, etc.
- L’insecte du kermès vit et se développe comme la cochenille. Au commencement du printemps, la femelle fécondée se fixe dans l’épiderme des rameaux et des feuilles; là elle se gonfle, prend l’aspect d’une petite noix de galle, recouverte d’un duvet blanc assez long, dépose ses œufs, les recouvre de son corps et meurt. En avril, chaque'coque rougeâtre a acquis le volume d’un petit pois et s’est arrondie : elle a perdu son duvet qui se trouve remplacé par une légère poussière blanche. On en fait la récolte avant l’éclosion des œufs, depuis le milieu de mai jusqu’à la mi-juin, le matin, avant que le soleil ait chassé la rosée. Ce sont des femmes ou des enfants qui sont chargés de cette opération : ils détachent les coques avec leurs ongles.
- Aussitôt récoltées, les coques sont exposées à la vapeur du vinaigre, pendant une demi-heure, puis on les sèche sur des toiles. Elles ont alors une couleur rouge brunâtre, une odeur vineuse, une saveur âpre et piquante : elles sont arrondies, lisses, luisantes et d’un volume qui varie depuis la grosseur d’un grain de poivre.jusqu’à celui d’un pois. Elles contiennent une poudre formée des débris de l’insecte et de ses œufs.
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- Le kermès est la seule récolte abondante qui se fasse régulièrement dans le Maroc, la seule à peu près qui ne manque jamais et puisse être considérée comme la vraie richesse des populations montagnardes. Les Amazirgans et les Skilogs vont le vendre dans les villes. Les teinturiers marocains savent en extraire une couleur rouge-d’une qualité à l’épreuve des ans. Les Arabes des provinces d’Alger et d’Oran récoltent annuellement 2.000 kilogrammes de kermès. Le chêne coccifère est fort répandu dans ces provinces
- Le kermès nous arrive en barils et caisses de tous poids. On en distingue surtout deux variétés : celui de Provence et celui d’Espagne.
- 1° Le kermès de Provence donne, en l’écrasant, une poussière rouge qui est contenue dans son intérieur: il fait pâte dans le mortier lorsqu’on le pile, et il est presque impossible de le tamiser.
- 2° Le kermès d'Espagne est en grains secs et plats: il ne contient dans son intérieur qu’une très-petite quantité de poussière de couleur terreuse, souvent même blanchâtre, et on le pulvérise bien plus facilement.
- Il se pourrait que ces différences fussent principalement dues à la manière dont on le prépare en Espagne. On assure qu’au lieu de le soumettre à l’action du vinaigre, on le fait périr dans des fours. Ce qu’il y a de certain, c’est que celui de Provence donne plus de couleur, et qu’il coûte toujours 4 à 6 francs de plus par kilogramme: aussi les marchands font très-souvent un mélange des deux qualités, qu’ils vendent sous le nom de kermès de Provence.
- En 1856, la France a importé 22.130 kilogrammes de kermès, qui, à raison de 7 francs le kilogramme, représentent une valeur de 154.910 francs. L’Espagne seule en a fourni 20.235 kilogrammes, et l’Algérie, 733 kilogrammes.
- D’après Lassaigne, la composition chimique de cette substance est absolument la même que celle de la cochenille des cactiers; aussi se comporte-t-elle généralement comme cette dernière dans les opérations de teinture. Toutefois, il faut employer bien plus de kermès que la cochenille pour avoir le même ton de couleur.
- La couleur du kermès, fixée par l’alun et le tartre, est d’un rouge-brun qui n’a pas ce feu qui caractérise l’écarlate de cochenille; mais la première a cet avantage sur la seconde, qu’elle est plus solide et qu’elle n’est tachée ni par la boue ni par les eaux alcalines.
- Le kermès, depuis l’introduction de la cochenille, est beaucoup moins usité en teinture. Cependant il est certaines couleurs pour lesquelles on ne peut pas encore s’en passer : telle est celle que les Orientaux préfèrent pour leurs calottes ou bonnets, nommés Fez ou Tarbouche. Ce n’est qu’avec le kermès qu’on peut obtenir ce -reflet d’un rouge pourpre que possèdent les bonnets fabriqués à Fez et à Tunis. Un autre motif qui oblige encore à s’en servir pour la teinture des tarbouches, c’est l'odeur qui lui est propre et que les Orientaux veulent retrouver dans les bonnets qu’on leur vend, parce qu’ils ont grande confiance dans les propriétés médicales du kermès : ils le regardent comme pouvant les préserver des maux d’yeux, des douleurs de tête et d’autres maladies.
- On en confectionne de très-grandes quantités à Constantinople, en Egypte, en Angleterre, en Allemagne (Lintz, en Autriche, Bautzen, en Saxe), et en France (Orléans, Paris, Rueil, Chatou, Condom).
- La couleur rouge de sang, très-solide, qu’on obtient dans les ateliers d’Orléans, avec moitié de kermès et moitié de garance, était connue autrefois sous le nom d’écarlate demi-graine, et le rouge pur, sans garance, s’appelait écarlate de graine, parce que l’on prenait alors le kermès pour une graine. On retrouve cette couleur de sang dans certaines parties des anciennes tapisseries.
- L’année 1718 lui fut plus funeste encore. Le pont et toutes les maisons qui le recouvraient (car nos ancêtres, comme si le sol leur eût manqué, se plaisaient à suspendre leurs habitations au-dessus des eaux) furent détruits par un incendie de la façon suivante : deux grands bateaux chargés de foin, qui descendaient le fleuve, s’enflammèrent tout à coup et vinrent s’arrêter sous une arche du Petit-Pont. Le feu se communiqua aussitôt à l’une des maisons de bois bâties dessus, puis aux autres, et enfin le pont et les maisons s’écroulèrent dans la Seine.
- Pour venir en aide aux victimes de cette catastrophe, le Parlement, par un arrêt en date du 3 mai 1718, ordonna que les contraintes par corps ne pourraient être exercées, pendant six mois, contre ceux qui avaient souffert dudit incendie, et qu’il serait fait, dans toutes les paroisses de la ville et des faubourgs de Paris, une quête générale pour subvenir aux premiers besoins de ceux qui avaient été ruinés; Cette quête produisit 111.898 livres 9 sous et 9 deniers, d’après un document de l’époque. La distribution en fut réglée par un autre arrêt du Parlement, à la date du 20 août 1718.
- La reconstruction du Petit-Pont fut ordonnée par arrêt du 5 septembre suivant. On le rebâtit en pierres, mais sans maisons dessus. Composé de trois arches à plein cintre de 6m,10 à 9m,70 d’ouverture, il n’offre, d’ailleurs, rien de remarquable.
- Mais il nous a paru curieux, à propos de la mise en état de viabilité du quai, dont il est la limite, de rappeler tous les accidents successifs de ce pont, le plus ancien du vieux Paris, avec le Pont-au-Change, son contemporain.
- TRAVAUX DE PARIS.
- Restauration du Val-de-Grâce.
- De grands travaux vont être entrepris prochainement à un des monuments les plus remarquables de Paris, à l'église du Val-de-Grâce. Il y a dix ans, le dôme qui est, après ceux du Panthéon et des Invalides, le plus élevé de tous les édifices de la Capitale, a reçu une couverture neuve, et une intelligente restauration a mis en lumière toutes les richesses du portail. Depuis la même époque, il est question de restaurer les peintures de la coupole. Malheureusement la ques-
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- tion, agitée à ce moment, fut négligée, et sans l'intervention immédiate de la direction des Beaux-Arts, ces chefs-d’œuvre seraient perdus pour la postérité.
- Aujourd’hui nous apprenons que des fonds sont disponibles et que la direction des Beaux-Arts a chargé des artistes, de la restauration de la coupole.
- Ce fut la reine Anne d'Autriche qui fît élever l’église et l’abbave du Val-de-Grâce. François Mansard donna le plan de toutes les constructions et commença l’église. Il eut pour successeurs dans cette œuvre Jacques Lemercier, puis Pierre Lemuet, auquel on associa Gabriel Leduc.
- L’abbaye, transformée en hôpital militaire, a conservé son caractère de grandeur : son cloître, ses galeries, ses vastes escaliers existent encore.
- Une cour spacieuse, fermée sur la rue par une belle grille en fer, précède l’église.
- Elle est limitée sur ses côtés par deux ailes de bâtiments qui viennent d’être restaurés, afin de mettre ces dépendances en harmonie avec l’édifice rajeuni qu’elles accompagnent.
- Les travaux de restauration sont évalués à plus de 600.000 francs : l’échafaudage seul coûtera plus de 5.000 francs.
- Le bassin du parc de Montsouris.
- Nous n’en avons pas fini avec le bassin effondré du parc de Montsouris.
- Les travaux préliminaires de réfection du sol n’ont pas été plutôt terminés qu’il a fallu assécher le bassin encore une fois.
- Aujourd'hui il est de nouveau inondé, mais sur une portion seulement : la proportion d’un tiers environ de la superficie totale.
- Les deux autres tiers, représentant une superficie d’au moins 3.500 mètres, sont en voie de reconstruction générale. On a détruit tout le tuf de l’ancien bassin.
- Pour faciliter les travaux sans gêner la population qui fréquente ce parc, on a établi un barrage solide en maçonnerie qui circonscrit le lac provisoire.
- Nous ne saurions dire ce qu’il adviendra du reste. On a bien tâtonné, sondé et reconnu le terrain sur les parties effondrées, mais on se bornera fatalement à refaire le fond de la cuvette, comme auparavant, sur une litière plus ou moins faite de béton aggloméré.
- A Montpellier, on fait un sirop avec le suc rouge qu’on extrait par expression du kermès récent. A Milan, à Naples, à Rome et surtout Florence, on prépare, avec ce suc, une espèce d’élixir ou de liqueur de table, d’une saveur délicate et fort agréable, qui est très-en vogue en Italie, sous le nom d’af-kermès.
- 3° Kermès de Pologne. En Pologne, en Ukraine, on récolte depuis un temps immémorial un kermès, le coccus polonicus, sur les racines des Sle-ranthes perennis et annuus sur lesquelles il vit. Il a les mêmes propriétés que le précédent, mais il est bien inférieur à la cochenille.
- En Pologne, on le fait bouillir avec de la bière aigre, et on teint la laine alunée dans cette décoction. Les Turcs, les Arméniens, les Cosaques, teignent avec ce kermès les maroquins, le drap, la soie, la crinière et la queue des chevaux. Les femmes turques en extraient la couleur avec du vin, ou du suc de citron et de grenade, et se servent de cette liqueur pour se teindre les ongles.
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Les travaux de protection de Vhôpital de Berck-sur-Mer, par M. Stoecklin.
- On sait que l’hôpital de Berck-sur-Mer, appartenant à l’Assistance publique de Paris et consacré au traitement des enfants rachitiques et scrofuleux, a été plusieurs fois, depuis quelques années, menacé d’être détruit par l’action incessante de la mer, qui bat la plage sur laquelle il est construit.
- Tous les ans, depuis 1872, le Conseil municipal, ratifiant les votes du Conseil de surveillance de l’Assistance publique, ouvre des crédits de sommes importantes en vue de défendre cet établissement contre l’invasion de la mer. Des épis ont été construits au nord et au sud de l’hôpital, et reliés par des barrages. Il y a trois ans, l’angle saillant de l’hôpital était très-menacé, et l’on dut établir d’urgence des estacades ou pieux avec raccordement en moellons au-devant de cet angle.
- Depuis lors, grâce aux travaux et à la surveillance incessante exercée par M. Stœcklin, ingénieur en chef des ponts et chaussées, l’hôpital peut être considéré comme à l’abri de tout danger. Le Conseil municipal a voté dernièrement un crédit de 22.000 francs pour la continuation des travaux, en 1878.
- La cause principale de l’action de la mer, qui couvre la plage et en détermine l’abaissement, réside dans la proximité d’une rivière qui se jette dans la mer en creusant un chenal, et déplace incessamment le sables des dunes sur lesquelles est érigé l’hôpital. Aussi le Conseil municipal a-t-il insisté à plusieurs reprises pour que le Ministère des travaux publics prît l’initiative de la dérivation de cette rivière (l’Authie).
- Les ingénieurs du service maritime ont été récemment invités par M. de Freycinet k étudier cette question, et l’on a lieu d’espérer que le vœu du Conseil municipal recevra bientôt satisfaction.
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- Nouvelle peinture à émail, à base de silice hydratée, par M. le Dr Phipson.
- M. le BT Phipson, professeur de chimie à Londres, a dit quelques mots au congrès général d’hygiène de Paris, d’une nouvelle peinture à émail [enamel paint) dont on fait déjà un usage considérable en Angleterre et dans les colonies anglaises. C’est un produit qui est devenu, dans ces derniers temps, une branche de fabrication de la part du Silicate Paint Company de Londres, ainsi nommée parce que les couleurs à l’huile fabriquées par cette Compagnie ont pour base de la silice très-pure, obtenue d’un dépôt naturel découvert, il y a quelques années, dans l’ouest de l’Angleterre. Ce dépôt, qui est assez étendu, consiste en silice hydratée contenant 13 pour 100 d’eau, environ, et, après la calcination, il produit un corps très-blanc contenant à peu près 90 pour 100 de silice pure. Le produit naturel, après lévigation et calcination, produit ainsi une substance très-blanche et très-ténue, qui s’assimile parfaitement aux autres couleurs, à l’huile de lin, etc.
- Au moyen de cette substance, parfaitement inerte, et de certaines préparations résineuses, on a obtenu des couleurs à émail qui sont imperméables à l’eau et qui s’appliquent facilement au moyen de la brosse, comme la peinture à l’huile ordinaire.
- Ces couleurs à émail sèchent très-vite sur les divers objets de bois, de pierre ou de métal sur lesquels on les applique, en laissant une surface dure, lisse, brillante et imperméable, qui ressemble soit à la porcelaine, soit au marbre, et qui est d’une très-grande propreté. Cette application étant tout à fait insoluble dans l’eau, on peut laver facilement à l’eau de savon, les surfaces enduites de cette peinture à émail, dont la durée semble être indéfinie. Pour les murs des hôpitaux et des casernes, et pour prévenir la pénétration de l’humidité dans les appartements, ainsi que pour une foule d’autres usages hygiéniques, aussi bien que pour la décoration et la préservation des surfaces métalliques, etc., cette nouvelle peinture à émail est certainement d’une très-grande valeur.
- Épuration des eaux d’égout de Paris, à Levallois-Perret.
- La Ville de Paris va installer très-prochainement, dans un terrain qu’elle a acheté à Levallois-Perret, une usine qui aura pour fonction de débarrasser les eaux du grand collecteur, avant leur déversement dans la Seine, des matières lourdes insolubles, sables, cailloux, etc., dont la présence a de graves inconvénients pour l'emploi ultérieur de ces eaux. Cette usine sera établie rue Gide, à l’angle de la rue d’Asnières.
- On sait que les eaux d’égout entraînent avec elles une quantité considérable de boues, sables et autres matières insolubles, dont la proportion dépasse 1 kilogramme par mètre cube, et qui représentent, par conséquent, un total journalier de 300.000 kilogrammes environ. Quelle que soit la solution à laquelle la Ville de Paris s’arrête pour le traitement de ces eaux, qu’elle les déverse en totalité sur les terres de culture ou qu’elle les laisse se perdre dans la Seine, il était indispensable d’en extraire ces matières sableuses dans le parcours du collecteur général. Si les eaux d’égout doivent continuer
- La dépense sera énorme rien que pour le cimentage apparent, et l’on aura bien de la peine, avec le nombre d’ouvriers actuellement employés, à terminer cette tâche avant l’hiver.
- Eglise suédoise.
- De nombreux ouvriers sont occupés en ce moment à l’achèvement d’un édifice affecté au rite suédois, et élevé à Montmartre, dans un terrain compris près de la rue Ordener, sur le boulevard Ornano.
- Ce monument, qui a quatorze mètres de longueur sur dix-huit de profondeur, se compose d’un porche, d’une nef, d’un transept et d’un chœur absidial. Sa façade principale est percée de trois baies ogivales et le chœur lui-même est pourvu de cinq baies de dimensions moindres. Le style de l’édifice est roman gothique; l’ensemble sera très-pur, mais très-sobre d’ornements. Le gros œuvre est terminé depuis quelques jours déjà, et au sommet des échafaudages flotte le drapeau suédois.
- STATISTIQUE.
- Voyageurs anglo-français.
- Le nombre des voyageurs venant d’Angleterre à Paris, par Dieppe, a été de 4.469 pendant le mois de mai; de 10.132 en juin, et de 11.982 en juillet. Soit un total de 26.583.
- Pendant la période correspondante de l’Exposition de 1867, le nombre des voyageurs ne s’était élevé qu’à 17.376, soit une différence de 9.207 en faveur de l’Exposition de 1878.
- Production des monnaies.
- L’administration des monnaies et médailles vient d’adresser au Ministre des finances un tableau récapitulatif des espèces d'or et d’argent fabriquées depuis 1795 jusqu’à la fin de l’année 1877. Il nous paraît intéressant d’en faire ressortir les résultats principaux.
- La date de 1795 a été choisie comme point de départ de ce travail, parce que c’est à cette époque que les monnaies ont commen-
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- ce à être fabriquées suivant le système décimal.
- En ce qui concerne les monnaies d’or, il faut remarquer que l’on n’a frappé en 1877 que des pièces de 20 francs seulement. L’émission correspondante à cette année s’est élevée à 2oo.181.140 francs, soit 12.759.057 pièces.
- Pour les années antérieures à 1877, voici la valeur nominale des monnaies d’or frappées depuis 1795, par nature de pièces. Pièces de 100 francs, 44.346.400 francs; pièces de 50 francs, 46.568.700 francs; pièces de 40 francs, 204.432.360 francs; pièces de 20 francs, 6.708.899.220 francs; pièces de 10 francs, 1.013.641.610 francs; pièces de 5 francs, 233.440.130 francs. En y ajoutant la valeur des pièces de 20 francs frappées en 1877, on trouve un total général de plus de huit milliards et demi pour l’or monnayé en France, depuis le point de départ que nous avons indiqué.
- Quant à l’argent, les espèces frappées en 1877 proviennent uniquement de commandes données à la Monnaie avant la promulgation du décret du 6 août 1876, qui a suspendu la fabrication des pièces de 5 francs ; ces espèces s’élèvent à 16.464.285 francs. On n’a pas frappé de pièces d’argent d’aucun autre module en 1877.
- De 1795 à 1876, il a été frappé pour 5 milliards 510 millions de monnaies d’argent; les pièces de 5 francs y entrent pour 5 milliards; celles de 2 francs pour 152 millions; celles de 1 franc pour 193 millions, et celles de 50 centimes pour 89 millions.
- Le total de la valeur des monnaies de bronze de 10, 5, 2 et 1 centime, s’est élevé, depuis 1795 jusqu’à ce jour, à 62.702.785 francs 40 centimes.
- VARIÉTÉS.
- La Manufacture de Sèvres.
- L’ancien musée de la manufacture de Sèvres qui vient d’être transporté dans les bâtiments de la nouvelle manufacture, avait • eu son origine en 1756, en même temps que la manufacture royale de porcelaine de France fut établie à Sèvres : elle avait été créée à Vincennes en 1740, comme entreprise particulière commanditée par le marquis de Fulvy, surintendant des finances;
- à être jetées à la Seine, on évitera les bancs immenses qui obstruent le lit du fleuve et qu’il faut enlever par des dragages dispendieux. Si, au contraire, on cherche à les appliquer à l’agriculture, on aura avantage à les débarrasser de corps étrangers qui ne tarderaient pas à obstruer infailliblement les conduites de distribution, dans la plaine d’irrigation.
- Pour arriver à ce résultat, il suffit d’établir sur le passage des eaux d’égout des réservoirs dans lesquels les sables apportés par les eaux pourront se reposer. Au sortir de ces réservoirs, les eaux seront filtrées et dépouillées ainsi des corps flottants : elles arriveront en Seine, non pas complètement épurées, mais débarrassées tout au moins de la majeure partie des impuretés qu’elles renferment. Le fleuve sera moins noir et moins infect, et les dépôts presque nuis. Quant aux matières recueillies dans les réservoirs et sur les filtres, elles seront enlevées mécaniquement et transportées à l’aide de wagons jusqu’à l’embouchure du collecteur, où on les déchargera dans des bateaux.
- Telle est en peu de mots l’économie générale de la nouvelle usine qui va être établie par la Ville de Paris. Une partie des travaux, comprenant notamment la terrasse, la maçonnerie et la charpente, et évaluée au total à 20.970 francs 80 centimes, a été mise en adjudication le jeudi 5 septembre dernier.
- Le nouveau téléphone,
- ; de M. Righi.
- A l’une des dernières séances de l’Académie, M. du Moncel a appelé l’attention sur un nouveau et curieux téléphone réalisé par M. le professeur Righi, de Bologne. Cet instrument permet d’entendre les sons sans cornet téléphonique placé sur l’oreille. La voix se répand à plusieurs mètres de distance de l’appareil récepteur, et les sons musicaux se ^perçoivent facilement dans toutes les parties d’un appartement.
- Le téléphone Righi a été imaginé au commencement de cette année, et il a été présenté le 14 mars à l’académie,de Bologne : c’est un téléphone à pile. Les premières expériences ont été faites, entre Bologne et Ferrare, sur une ligne télégraphique de 50 kilomètres.
- Le transmetteur du téléphone Righi consiste en une membrane vibrante tendue: planchette de bois, lame métallique, etc. Les vibrations de la membrane insufflent, en la comprimant, sur un peu de poudre conductrice tassée dans un dé de métal. La poudre peut être métallique, argent, fer, cuivre, ou encore composée de plombagine et de charbon : le mélange qui a paru le plus satisfaisant à l’inventeur est formé de plombagine et de poudre d'argent; le système est introduit dans un circuit de pile. Le courant passe par la poudre et va rejoindre l’appareil de réception. A chaque oscillation de la membrane, il y a variation dans l’intensité du courant transmis, et la membrane de l’appareil récepteur répète les oscillations de la membrane de l’appareil transmetteur.
- Le récepteur est analogue à celui du téléphone Bell; seulement le cornet est plus grand : il a la forme d’un petit mortier évasé. On le place sur une table. La membrane en fort papier avec petite rondelle métallique au centre a près d’un décimètre de diamètre. Elle vibre au milieu de ce gros cornet acoustique, et les sons sont transmis avec une certaine intensité.
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- Le nouveau téléphone rend bien le timbre des sons. On distingue parfaitement les différents instruments les uns des autres. Une trompette ou une flûte s’entendent parfaitement à douze mètres de distance du cornet. A l’Académie, on avait disposé l’appareil devant le bureau ; puis, à une centaine de mètres, dans la salle de l’Académie française, deux exécutants jouèrent successivement de la trompette et de la flûte. Les airs arrivaient distinctement dans la grande salle de l’Académie des sciences. C’était bien le timbre de la flûte et de la trompette. Le son est adouci et très-agréable. L’expérience a beaucoup intéressé l’assistance.
- Le chant s’entend un peu moins, l’intensité de son moteur est naturellement plus faible. Toutefois, on reconnaît parfaitement la voix du chanteur et les modulations du morceau. On perçoit une conversation à deux mètres de l’appareil.
- Le nouveau téléphone ne présente pas l’inconvénient des téléphones à charbon qui, difficiles h régler, produisent souvent un bruit de grésillement gênant pour la transmission. Le bruit de grêlons frappant une fenêtre est évité, ce qui rend les communications distinctes d’un poste au suivant.
- M. Righi interpose sur la ligne, une ou plusieurs bobines d’induction pour transformer le courant de la pile en courant de tension. Il a imaginé une disposition nouvelle qui augmente la portée de l’appareil. L’inventeur pense pouvoir transmettre la voix, avec le nouveau dispositif, à des distances très-considérables.
- Train pour le transport des blessés,
- à l'Exposition.
- Nous ne saurions trop engager nos lecteurs à examiner à l’Exposition le modèle de convoi où se trouvent si ingénieusement groupées toutes les dispositions qui ont été adoptées en vue de soulager, pendant le transport en chemin de fer, les souffrances de nos soldats.
- Il est bon d’ajouter que les voitures qui composent ce train sont de simples wagons de marchandises qu’il n’est pas difficile, ainsi qu’on pourra le voir, d’affecter à leur nouvel usage, en leur faisant simplement subir quelques modifications de détails d’une exécution très-peu compliquée. Naturellement ces voitures sont mises en contact par des passerelles mobiles, de façon à assurer la libre circulation des infirmiers et des médecins pendant la marche du train.
- On remarquera surtout un magnifique wagon, construit sur un type spécial, pour servir de logement aux médecins, dont la Société de secours aux blessés a reconnu qu’il était essentiel d’assurer le complet isolement.
- Les dernières voitures du train, très-commodément aménagées, servent de cuisine et de cantine. On y voit un buffet tout garni de verres et d’assiettes, des armoires renfermant une série d’appareils chirurgicaux et des boîtes à pansement, des remèdes pharmaceutiques, des conserves alimentaires, des vins fins, liqueurs, etc., jusqu’à une glacière, qui nous a paru installée d’une façon fort ingénieuse.
- On comprendra par ce simplea perçu combien le système d’évacuation des blessés en temps de guerre se trouve ainsi heureusement amélioré.
- quelques années après, le privilège fut acheté par une société d’actionnaires formée au capital de 240.000 francs.
- En 1755, Louis XV se mit au nombre des actionnaires et donna à l’établissement le titre royal. Enfin, en 1759, le souverain acheta toutes les actions, et la manufacture fut annexée aux maisons du roi. Elle resta dans le domaine de la couronne sous toutes les monarchies qui se sont succédé en France depuis cette époque. La Convention la respecta et en fit un établissement national; elle reçut ce même titre en 1848 et le reprit après les -évènements de 1870. Aujourd’hui, la manufacture est dans les attributions de la direction des Beaux-Arts, placée elle-même sous l’autorité du Ministre de l’instruction publique.
- Le grand air de dignité que présente l’architecture de l’ancienne manufacture cachait sans doute quelque vice de construction, puisque, après quelques années de plus qu’un siècle, les bâtiments périssent d’une vieillesse prématurée. Il y a quinze ans environ que l’administration décida la construction d’une nouvelle manufacture; l’emplacement fut choisi dans le parc de Saint-Cloud, sur le bord de la Seine, à quelques pas du pont de Sèvres : les bâtiments étaient achevés en 1870, mais les événements interrompirent les aménagements intérieurs. Après la Commune, la manufacture devint le siège d’un Conseil de guerre; enfin, après une longue interruption, les travaux furent repris. Ils ne sont point terminés; cependant leur état d’avancement a permis de commencer la translation.
- La nouvelle manufacture est formée par une série de bâtiments reliés entre eux par des galeries vitrées. Le pavillon principal, dont la façade est sur la Seine, renferme le musée céramique et les galeries d’exposition. Derrière se trouvent les ateliers, remarquables par leur dimension et par leur excellente appropriation aux divers services. Au-delà, un local complètement isolé a été réservé pour la machine à vapeur et les moulins; la même précaution d’isolement a été prise pour tous les appareils à feu, de façon à conjurer les chances d’incendie.
- Poteaux télégraphiques torpilles.
- En général, le télégraphe australien traverse des solitudes désertes où les poteaux
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- n’ont point, par conséquent, à craindre d’être renversés par des tribus hostiles. Cependant, du côté de la Chaux de Mac Donal, les indigènes sont assez nombreux et assez féroces pour qu’on ait à redouter quelque tentative contre la sûreté des lignes. Ne pouvant les ^faire garder et obligés de les abandonner à elles-mêmes, les ingénieurs télégraphiques ont imaginé un procédé fort simple et qui suffit pour épouvanter sérieusement les sauvages.
- Ils ont disposé des courants supplémentaires, de manière que quiconque s’avise de toucher les poteaux reçoit à l’instant une violente commotion qui ressemble à une punition du ciel. Cet effet inattendu, imité de la femme torpille de nos foires, a inspiré une terreur si violente à ces tribus grossières qu’elles n’osent tenter, dorénavant, de couper le fil mystérieux qui, à leur grande stupéfaction, traverse leur territoire de part en part. Grâce à ce subterfuge, une ligne dont la longueur atteint 3.160 kilomètres est restée en parfait état d’entretien, et n’a pas été interrompue une seule fois par la malveillance. Il n’est point inopportun d’ajouter que les populations coloniales, obéissant à un instant de conservation facile à comprendre, se portent d’elles-mêmes le long'de ce nerf grand sympathique de l’immense continent, et que, grâce à l’électricité, la civilisation règne depuis le golfe de Carpen-tarie jusqu’à la terre de Van Diemen.
- LÉGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Agence de renseignements.
- Les renseignements commerciaux fournis par une agence instituée dans le but de donner des notes sur la situation des commerçants ne constituent pas une diffamation.
- C’est là un conseil donné et non une attaque dirigée contre une personne désignée.
- Les motifs de la décision fendue sont intéressants à reproduire ; nous y lisons :
- « Attendu que les défendeurs ont agi dans la pensée et avec la volonté, non de porter atteinte à la considération d’A..., mais d’éclairer leurs clients sur la situation commerciale de celui-ci et de leur rendre ainsi le service qu’ils lui avaient promis ;
- Le téléphone aux mines de Ferfay.
- D’intéressantes expériences téléphoniques ont été faites dernièrement, dans les mines de Ferfay. Il s’agissait principalement d’étudier l’emploi possible des téléphones dans les charbonnages. L’essai a pleinement réussi. Les interlocuteurs placés les uns en haut, les autres au fond d’un puits, ont pu correspondre aisément à une distance de 360 mètres; un air de musique a été joué et aucune note n’a échappé aux oreilles qui devaient le recueillir. Toutefois on a constaté qu’on entendait beaucoup mieux sur le sol que sous le sol. La cause de cette déperdition du son est expliquée par la submersion du câble qui, dans les mines, reçoit perpétuellement l’eau des cuvelages.
- Notre confrère du Nord qui donne ces détails aurait pu ajouter que le même phénomène d’acoustique s’est reproduit dans tous les essais qui ont été faits à des profondeurs considérables, soit en Angleterre, soit en Allemagne : il a été signalé déjà plusieurs fois.
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Les grandes conduites de distribution des eaux de la Vanne.
- Un travail souterrain très-important va être entrepris incessamment parles ingénieurs de la Ville. Il s’agit de l’élargissement d’une conduite maîtresse de 1 mètre de diamètre, destinée à relier les conduites qui distribuent l’eau des sources de la Vanne, boulevard Saint-Germain et avenue de l’Opéra. Ce travail aura pour résultat de créer au centre de Paris un réseau de grosses conduites, au moyen duquel la pression due à la hauteur du réservoir sera transmise, sans perte de charge notable, jusqu’aux étages les plus élevés des maisons des quartiers de l’intérieur.
- Sur la rive droite, cette conduite de jonction s’embranchera à celle de l’avenue de l’Opéra dans l’intérieur de l’égout de grande dimension qui règne sous la rue des Pyramides prolongée; elle passera ensuite sous la rue des Tuileries. La traversée de la Seine s’effectuera par le Pont-Royal: mais dans cette partie du parcours, la conduite, qui sera encastrée dans la maçonnerie du pont, ne pourra être maintenue, comme à l’intérieur des grands égouts, avec un diamètre de 1 mètre. A cause de l’insuffisance de la hauteur disponible au sommet des arches, on y fera passer deux conduites de 80 centimètres de diamètre qui auront ensemble un débit un peu supérieur à celui de la conduite de 1 mètre : ces conduites seront logées sous chaque trottoir et contenues dans une galerie dont la hauteur ne devra pas être moindre de 1 mètre 25, afin qu’on puisse visiter et réparer les conduites lorsque cela sera nécessaire. Des dispositions sont prises pour que les fuites d’eau qui se produiraient dans le passage du pont soient dirigées vers les égouts des quais, de sorte qu’elles ne pourront endommager le pont et seront promptement signalées.
- Sur la rive gauche, la grosse conduite d’eau de la Vanne sera établie de
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- préférence dans des rues non encore pourvues d’égouts, afin que la galerie qui la recevra serve en même temps à l’assainissement de ces rues. Le tracé a été adopté comme suit : quai d’Orsay, rue de Beaune, rue de l’Université, rue du Pré-aux-Clercs, rue Saint-Guillaume, boulevard Saint-Germain.
- Les travaux de maçonnerie pour la construction des galeries d’égout destinées à recevoir la nouvelle conduite d’eau de la Vanne seront mis en adjudication le 5 septembre prochain : ils sont évalués à 148.000 francs. Quant à la fourniture de la fonte de la conduite et aux travaux de fontainerie, ils coûteront environ 300.000 francs.
- Sur Vachèvement du réseau des égouts de Paris, par M. Cadet.
- On vient de distribuer aux membres du Conseil municipal de Paris un rapport fait il y a quelque temps au conseil, par M. Cadet, au sujet d’un égout à construire sous la rue de Rambuteau, entre les rues Quincampoix et des Archives. Il était en effet urgent de pourvoir d’un égout cette partie de la rue de Rambuteau, très populeuse et très-imparfaitement desservie au point de vue de la salubrité et de l’approvisionnement d’eau. Le nouvel égout sera suffisamment grand pour contenir des conduites d’eau de l’Ourcq et de la Vanne, la première pour l’arrosage public, la seconde pour les concessions particulières.
- A cette occasion, M. Cadet signale la nécessité de donner une impulsion énergique à l’achèvement du réseau général des égouts de Paris, qui présente encore ainsi, sur bien des points, des lacunes regrettables.
- La longueur des égouts existant actuellement dans Paris est de 600 kilomètres environ, dont plus de 190 sont munis de rails ou portent des bateaux-vannes pour en assurer le nettoyage mécanique. Il reste encore à construire environ 350 kilomètres pour réaliser l’assainissement absolument complet de toutes les régions de Paris : on évalue la dépense de cette opération à 40 millions.
- La répartition des égouts entre les différents quartiers de Paris est très-inégale. En général, les quartiers éloignés du centre sont bien moins favorisés que ceux de l’ancien Paris. Ainsi, le 8e arrondissement possède un réseau souterrain de 60 kilomètres de développement, tandis que le 20e arrondissement n’a encore que 13 à 14 kilomètres d’égouts.
- C’est pourquoi, en approuvant les conclusions de M. Cadet, le Conseil a demandé que l’administration lui fournît un plan d’ensemble de toute la canalisation souterraine de Paris, exécutée et projetée, afin de connaître quels égouts sont les plus urgents et les plus utiles à construire d’abord, et afin d’y employer les premières sommes disponibles.
- « Qu’en conséquence l’intention de nuire, aussi nécessaire pour constituer le délit de diffamation que le fait lui-même, ne se rencontre pas dans la cause ;
- « Attendu, en second lieu, et à supposer que l’intention seule de l’écrit diffamatoire impliquât nécessairement l’intention de nuire, cet écrit, c’est-à-dire, dans l’espèce, les notes concernant A... n’ont été ni distribuées ni mises en vente dans le sens de la loi de 1819 ;
- « Que, si la distribution d’un écrit diffamatoire peut résulter de la communication de cet écrit à un certain nombre de personnes, c'est à la condition que cette communication soit faite dans un but de publicité et en vue de répandre la diffamation ;
- « Que les défenseurs sont les premiers intéressés à ce que les renseignements qu’ils fournissent à leurs clients demeurent secrets, et qu’ils ne sauraient être rendus responsables de la divulgation qui en pourrait être faite par ceux-ci ;
- « Attendu, en troisième lieu, que, pour qu’il y ait diffamation, il faut qu’il y ait allégation ou imputation d’un fait précis qui porte atteinte à l’honneur et à la considération de la personne à qui ce fait est imputé ;
- « Que, si transparente qu’on la suppose, et quelque signification qu’on puisse lui prêter, la formule : « Nous nous abstiendrions », ne renferme pas l’imputation d’un fait précis et déterminé ;
- « Qu’admettre que le délit de diffamation puisse se commettre par voie de réserve ou de réticence, d’infirmation ou de conseil, serait donner à la loi une extension téméraire et dangereuse ;
- « Qu’il y a d’autant moins lieu de l’admettre dans l’espèce que, non-seulement les défendeurs n’ont pas agi de mauvaise foi et dans le dessein de nuire à A..., mais qu’aucun reproche de légèreté ou d’imprudence n’a pu être justement relevé contre eux. » (Seine, 15 mars 1878.)
- Habitants d'un hameau.
- Les habitants d’un hameau n’ont pas qualité pour représenter la commune dont ils dépendent, s’il s’agit d’une question administrative.
- BAR-SUR-SEINE.
- TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Nouveau procédé de fabrication de la soude caustique, par M. Bazin. — Fabrication mécanique du chlorure de chaux sec, par M. Malétra. — Opinions nouvelles sur le bouillon, par le professeur Ph. Lussana. — Le lait et ses dangers, par M. J. de Pietra Santa. — Fusée de secours, par M. Sin-glelon-Hooper. — Nouveau système de fondations pour ponts, dans les terrains vaseux. — Les grandes marées d’équinoxe, par M. Joseph Vinot. — Sur les nouveaux pistolets à spirale hyperbolique, par M. de Laharpe.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur l'habitation à toutes les époques,
- par M. Ernest Lucas,
- au Trocadéro.
- Les conférences se suivent et ne se ressemblent pas.
- Après M. Emile Trélat, nous avons eu M. Ernest Lucas : après l’Attila, l’Agésilas.
- Au brio des premiers jours, au pétillant, au fin, au délicat ont succédé la lassitude, le languissant, le monotone et presque le trivial.
- On a des jours où on n’est pas heureux et, certes, M. Ernest Lucas a joué de malheur le 9 septembre courant.
- Et, à qui la faute? A coup sûr à la Société des conférences qui, comme nous l’apprend le conférencier lui-même, a eu la malencontreuse idée de faire dire le 9, ce qui ne devait être entendu que le 26.
- Il nous annonce encore qu’il a été pris à l’improviste, et, qu’à brûle pourpoint, on lui a demandé un titre pour sa conférence.
- C’était épineux, difficile, plein d’écueils même ; mais on s’est mis à deux, à quatre et à six et, enfin, on a trouvé : la conférence aura pour titre « l'habitation à toutes les époques. »
- Après le récit de cette laborieuse odyssée, M. E. Lucas fait remarquer qu’il ne traitera pas le sujet dans sa généralité, quoique cependant il en soit ainsi ordonné par l’affiche officielle ; il prendra seulement le cas particulier de l’habitation, telle que devrait la posséder l’homme peu fortuné, le travailleur ou l’ouvrier, et il recherchera, ajoute-t-il, ce
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Nouveau procédé de fabrication de la soude caustique, par M. Bazin.
- M. Bazin a trouvé un nouveau moyen pour tirer la soude caustique du sulfate de soude.
- En calcinant ce sel avec du charbon de bois, il le transforme en sulfure de sodium; puis, après avoir dissous ce sulfure dans de l’eau bouillante, il le traite par l’oxyde de cuivre ou le peroxyde de fer, dès le début de l’ébullition. Le métal s’unit alors au soufre et reste insoluble, pendant que le sodium du sulfure s’empare de l’oxygène à la place du soufre, et donne ainsi une forte solution concentrée de soude caustique.
- On est à se demander si ce procédé répondrait aux besoins d’une grande fabrication, alors surtout, que la réaction entre l’oxyde métallique et le sulfure de sodium est incomplète; mais l’auteur de cette découverte assure que cela est très-possible, et ainsi serait trouvé un nouveau procédé de fabrication industrielle de la soude caustique, beaucoup plus économique que celui déjà en usage.
- (.Polyteclmic Review.)
- Fabrication mécanique du chlorure de chaux sec, par M. Malétra.
- Ce nouveau procédé est basé sur une absorption très-rapide du chlore par la chaux, et pour cela on prend, par exemple, un cylindre en tôle de 5 à 7 millimètres, de 4 mètres de longueur sur lm,80 de diamètre, fermé des deux bouts, avec une porte k chaque extrémité et une dans le milieu, à la partie inférieure : un wagon mis sous cette porte reçoit le chlorure fabriqué qui est poussé dedans par les portes des bouts. Une trémie est disposée au-dessus d’une ouverture spéciale du cylindre, afin d’introduire la chaux que l’on veut transformer en chlorure.
- On introduit dans ce cylindre, formé à cet effet, de deux parties cylindriques se raccordant au moyen de cornières disposées sur les côtés, suivant deux génératrices symétriques, et sur les fonds suivant deux diamètres également symétriques, un arbre en fer armé de tiges portant des palettes en tôle. Ces tiges avec palettes, sont disposées sur l’arbre de distance en dis- , tance, de telle sorte que l’on constitue ainsi une sorte de spirale agissant d’une manière continue sur les matières renfermées dans le cylindre : l’arbre est mis en mouvement par une commande mécanique, engrenage ou courroie, faisant douze à vingt tours à la minute.
- Chaque palette, de 25 sur 15 centimètres, vient à son tour soulever la chaux et l’amener k la partie supérieure du cylindre, et il s’opère ainsi un mélange intime et complet par la multiplication indéfinie des surfaces, due à
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- 290 Ce ^leiijmTla^Ûîte N°37.— 14 Septembre 1878.—XXXVIIPAnnée.
- ce mouvemeiU rotatif. Tout autre moyen de malaxage ou remuement des matières tendant au même but peut également être employé.
- Le chlore arrive à la partie supérieure du cylindre, par quatre tubulures mises en communication avec les générateurs de ce gaz, et il est absorbé intégralement à mesure qu’il se trouve en présence de la chaux.
- Un thermomètre placé au sommet du cylindre, dans lequel il plonge, indique la température intérieure : c’est le guide pour la marche de l’opération, l’absorption du chlore par la chaux produisant une élévation de température; le thermomètre indique si le gaz arrive en trop grande abondance ou non.
- Un robinet placé sur la conduite principale du chlore, permet d’en régler l’arrivée; des tubes de verre mis entre deux caoutchoucs le laissent voir, sa couleur verte décelant sa présence.
- A la partie supérieure du cylindre sont pratiquées deux ouvertures de 30 sur 15 centimètres, se fermant à volonté par de simples couvercles en tôle, donnant passage à la chaleur et à l’humidité; l’absorption du gaz est tellement rapide et complète que l’opération peut se faire sans presque jamais fermer ces ouvertures.
- Dans l’été, si une grande élévation de la température extérieure ne permettait pas à la tôle de l’appareil de se refroidir suffisamment, on pourrait obvier à cet inconvénient par un courant d’eau sans cesse renouvelé dans une double enveloppe, ou tout autre moyen analogue.
- Pour assurer une marche régulière de cette fabrication, il faudra toujours marier au moins deux appareils, de sorte que l’on puisse toujours, à volonté, renvoyer le chlore de l’un sur l’autre.
- Par ce procédé, on peut faire 100 kilogrammes de chlorure de chaux en douze heures, par mètre cube. Le cylindre décrit ci-dessus, d’une contenance de 10 mètres cubes, doit pour cela recevoir 660 kilogrammes de chaux en poudre.
- L’opération se fait avec une facilité extraordinaire et sans la moindre perte de chlore; on peut constamment en suivre la marche en restant auprès de l’appareil, d’où ne s’échappe aucune odeur gênante.
- Ce système mécanique permet de construire des appareils infiniment moins coûteux que ceux employés actuellement, et qui occuperont une place ne représentant pas le sixième de la surface exigée aujourd’hui.
- Par ce procédé à vase ouvert, on est parfaitement maître de régler sa fabrication, puisque l’on peut prendre à chaque instant des échantillons dont l’homogénéité est absolue, ce dont on s’assure par le titre.
- Le chlorure de chaux ainsi fabriqué, homogène dans toutes ses parties, ne présente plus les chances de décomposition des chlorures fabriqués par couches plus ou moins épaisses, mais immobiles : on évite ainsi une perte considérable dans la fabrication de ce produit très-instable.
- La rapidité de la production, l’économie dans l’installation des appareils et dans la main-d’œuvre, la facilité du travail ne produisant plus aucune gêne pour l’ouvrier, sont autant d’avantages très-sérieux qu’on ne peut méconnaître.
- qu’a pu être cette habitation dans les divers âges. Cette transformation inattendue du grand au petit, du général au particulier, a bien lieu de nous étonner un peu : l’auditoire est comme nous ; mais en temps déposition universelle et de Congrès, on ne doit pas être trop exigeant.
- Je voudrais, demande M. E. Lucas, une maison qui fût comme le domus des Romains, le at home des Anglais ou comme le chez nous, expression si gracieuse dans la bouche de l’enfant balbutiant son premier langage ; et, renouvelant en notre intention le vœu formulé par Lafontaine dans sa fable, où il est parlé de la maison de Socrate,
- « Plût au ciel que de vrais amis,
- Telle qu’elle est, dit-il, elle pût être pleine. »
- Entrant enfin en matière, le conférencier essaie de décrire le premier abri du premier homme.
- Il s’est mis à couvert probablement sous un arbre, au pied duquel il s’est endormi, roulé dans une peau de bête. Puis, la femme est venue ; elle aussi s'est enroulée ou dans la même peau ou dans une peau semblable. Elle s’est approchée de l’homme, s’est pressée contre lui et comme conséquence... l’enfant. Ce qui convenait aux parents ne pouvait suffire à cet être- frêle et délicat qui venait de naître : de là, la construction de cette hutte, composée de branchages garnis de pierre et de terre dans leurs interstices, dont on trouve un exemple dans la cabane aborigène du Latium. C’est à ce moment, en regardant son œuvre, nous dit M. Ernest Lucas, que le premier homme a dû tressaillir de joie en pensant que si la femme a pu accoucher dans la douleur et sur la terre humide, le berceau de l’enfant sera à l’abri des rigueurs du temps.
- Renvoyé au journal des sages-femmes que dirige, avec tant de succès, notre vieil ami H. Fontan.
- Par des croquis, lestement crayonnés, M. E. Lucas nous montre la disposition extérieure de cette habitation primitive sur laquelle on remarque déjà une intention de décoration et dessine, tout à côté, un second type rappelant la forme du temple grec, à l’origine.
- Passant à la période pré-historique, il met sous nos yeux le dolmen et la caverne.
- Percé dans la roche tendre, l’intérieur de ce souterrain présente d’abord une allée couverte, copie du dolmen, aboutissant à une autre allée, .la coupant en croix et dont 1
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- longueur égale trois fois la largeur. L’une des salles est réservée aux vivants et l’autre aux morts, avec cette particularité dominante qu’un côté est toujours destiné aux hommes et l’autre aux femmes.
- D’ailleurs, le type le plus exact que l’on puisse présenter de nos jours et qui approche le plus, après 4000 ans, de la caverne anté-historique est bien la tanière des Esquimaux, formée de pierres sèches, avec mortier de boue et présentant les mêmes dispositions intérieures.
- Descendant dans le midi, dans le bassin méditerranéen, M. le secrétaire actuel du Congrès des architectes, trouve dans une ile de l’Archipel, dont le nom nous échappe (mais le nom ne fait rien à l’alfaire), une habitation remontant à 1800 ans avant notre ère, qui serait déjà suffisante pour les besoins de notre époque et dont on pourrait bien se contenter dans un pays où la pierre est en abondance, tel est son avis.
- Plusieurs pièces séparées composent son rez-de-chaussée et dans l’une d’elles, la salle commune apparemment, on remarque des traces de foyer et un socle arrondi, sur lequel devait s’appuyer le toit. Preuves que les peuples avaient déjà atteint un certain degré de civilisation pour utiliser la colonne comme point d’appui et diviser leur habitation pour la vie publique et la vie privée.
- Il nous fait ensuite aborder à l’île d’Ithaque,' si ingrate et si abrupte; là, au moyen des substructions il reconstruit une autre habitation avec des dispositions intérieures principales tendant toujours à la séparation des hommes et des femmes, et nous ramenant en Egypte, en Assyrie et même au milieu des harems de nos pachas modernes.
- Athènes, grâce aux savantes recherches et aux intelligents travaux de M. Burnouf, nous fournit de nombreux types d’habitations telles que les désire M. E. Lucas, qui nous les montre construites, la plupart du temps, d’une façon très-irrégulière, avec leurs divisions intérieures, leur puits ou leur citerne, dont la position indique la mitoyenneté et avec des traces d’escalier dénotant qu’il y avait un étage; et, comme si ces vestiges n’étaient pas des preuves assez convaincantes, il nous cite à ce propos le passage d’un plaidoyer de Lysias dans lequel il est dit qu’une scène des plus piquantes se passait au premier étage alors que le mari dormait au rez-de-chaussée.
- On le voit, le conférencier fait tous ses efforts pour rendre sa conférence intéressante ;
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Opinions nouvelles sur le bouillon, par le professeur Ph. Lussana.
- Voici des idées assez nouvelles, émises par le savant professeur Lussana, sur les propriétés nutritives du bouillon.
- L’illustre physiologiste, reprenant avec autorité la thèse déjà soutenue par M. Muller, de Strasbourg, fait un véritable procès à cette boisson populaire à laquelle il conteste absolument le nom d’aliment.
- Bien plus, il nous apprend que l’usage du bouillon est tout à fait nuisible dans le cours des maladies fébriles. « En effet, dit l’auteur, lorsque la fièvre est allumée, le sang reçoit en quantité considérable les produits de la décomposition des matières albuminoïdes, et la muqueuse gastro-entérique est en outre fort irritée, voire même ulcérée. Le bouillon qui contient des substances aromatiques, extractives et des sels, ne peut qu’aggraver cet état. »
- Quoi qu’il en soit, l’auteur distingue trois variétés de bouillon suivant le procédé qui a servi à le préparer.
- 1° Le bouillon obtenu en plongeant la viande dans de l’eau bouillante. Les matières albuminoïdes se coagulent instantanément de la surface vers l’intérieur et empêchent l’issue des principes sapides solubles qui, restant dans la masse charnue, la conservent succulente et savoureuse. Par ce procédé on obtient un bon bouilli, mais le bouillon est de qualité inférieure.
- 2° La viande est d’abord plongée dans de l’eau froide qu’on élève progressivement ensuite jusqu’à l’ébullition. Les principes solubles passent dans le bouillon, parmi Ceux-ci, les matières albuminoïdes qui se coagulent et sont rejetées avec les écumes. On obtient ainsi un bouillon d’excellente qualité, mais le bouilli est moins savoureux.
- 3° Si l’ébullition est longtemps prolongée, les principes collagènes des ligaments, des tendons et du tissu cellulaire se dissolvent peu à peu dans l’eau et se prennent en une masse gélatineuse par le refroidissement.
- Quel que soit du reste le procédé employé, le meilleur des bouillons, continue le professeur Lussana, contient les substances aromatiques extractives salines et minérales des viandes dont il provient, mais rien de plus. En effet, la graisse qui surnage à la surface est ordinairement rejetée; avec les écumes on a également enlevé l’albumine coagulée par l’ébullition ; la muscoline est insoluble dans l’eau, que celle-ci soit froide ou chaude. Ou peut doue affirmer, sans crainte d’être accusé d’erreur ou d’équivoque, que le bouillon ne contient et ne peut contenir aucun principe alimentaire, ni plastique, ni thermo-dynamogène, mais seulement des substances aromatiques et minérales.
- Le bouillon est donc une excellente boisson aromatique et minérale, exerçant une action favorable sur l’estomac, mais rien de plus, et surtout, pas un aliment.
- En effet, le meilleur bouillon, le consommé, obtenu par une longue cuisson de la viande, ne contient qu’une dose infinitésimale d’une substance albumineuse définie (1/1000).
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- Mais ce n’est pas tout encore.
- Non-seulement le bouillon n’est pas un aliment, il a encore l’énorme inconvénient de gâter la viande qui a servi à le préparer; privée de ses principes aromatiques et minéraux, elle devient d’une digestion peu facile, môme pour les chiens.
- Malgré l’autorité du savant physiologiste italien et la gravité des arguments qu’il invoque, nous ne pensons pas que le bouillon tombe jamais en discrédit, ni auprès des gens de bonne santé, ni surtout auprès des malades.
- Nous adoptons plus volontiers l’opinion émise par le savant et regretté Dr Becquerel :
- « Chimiquement et théoriquement, il est possible que le bouillon ne soit « pas un aliment, mais pratiquement, c’est autre chose, et le convalescent « qui a pris un bouillon et qui se sent parfaitement restauré, n’admettra ja-« mais qu’il vient d’avaler de l’eau salée. »
- [Gazette médicale italienne, des provinces vénitiennes.—t Journal d'hygiène.)
- Le lait et ses dangers, par M. J. de Pietra Santa.
- La fièvre typhoïde qui vient d’exercer ses ravages à Bristol, et d’autres accidents arrivés récemment, exigent, de toute nécessité, une surveillance plus active sur le lait livré par les différentes laiteries de la campagne pour la consommation des villes. Ce produit alimentaire, dont nous avons déjà eu l’occasion de signaler les dangers en tant que véhicule des maladies contagieuses, a été, selon nous, la cause principale et indéniable de l’épidémie de Bristol : l’enquête faite par l’éminent officer of health de la ville, M. Davies, est venue confirmer d’une manière péremptoire notre assertion.
- Aucune maladie contagieuse n’avait encore éclaté dans cette ville, lorsque tout d’un coup la fièvre typhoïde se déclara dans deux localités assez éloignées l’une de l’autre, différant entre elles non-seulement par leur position topographique, mais encore par les usages et les occupations de leurs habitants.
- Tout d’abord on ne sut à quoi attribuer cette terrible maladie. Les égouts et les tuyaux d’écoulement des eaux étaient dans une condition parfaite de salubrité dans les deux districts. La qualité de l’eau de boisson était excellente et, à la connaissance de M. Davies, n’avait jamais amené de fièvre. On dirigea les recherches d’un autre côté, et l’enquête fit découvrir que le lait seul avait pu produire la contagion. On ne put définir bien exactement les inconvénients que présentait le lait consommé dans l’une des localités : le laitier recevait ses approvisionnements de plusieurs fermes avoisinantes, mais on constata que les habitants de l’autre village, qui se fournissaient dans une seule et même laiterie, étaient atteints de la maladie. Les soupçons de Yofficer of health ne devaient pas tarder à se confirmer.
- La ferme fut visitée à fond ; dans la cour se trouvait un tas de fumier : aucune objection à y faire. Mais, fait plus grave, les lieux d’aisances de la maison étaient situés à 5 mètres seulement de la source qui fournissait l’eau pour les besoins du ménage. Le laitier eut beau soutenir que jamais elle n’avait servi au lavage des ustensiles : il était évident que le lait provenant
- il risque même l’anecdote croustillante : peine perdue, l’auditoire reste silencieux, froid et morose. Le seul résultat obtenu se traduit par la fugue précipitée de quelques ladies qui, gagnant la porte, répètent assez fort pour qu’on l’entende,« shoking ! shoking ! »
- Nos dames françaises font bonne contenance et essuient bravement le feu.
- Voyons si nous serons plus heureux en citant Aristophane.
- La même habitation présente les restes d’un vaste foyer, établi dans la salle principale, auprès duquel le chef de la famille en même temps chef d’hommes de guerre, venait s’asseoir, se chauffer, et parfois sécher ses vêtements trempés par la pluie de l’orage qui l’avait surpris en rentrant du marché.
- La vue de ce brave capitaine de compagnie, portant dans son casque, comme le disent Aristophane et M. E. Lucas, les légumes, les œufs et le lard plus ou moins rance dont il vient de faire emplette, ne parvient pas à dérider l’assemblée. Comme la première, par trop pimentée, cette plaisanterie grotesque n’a pas le moindre succès.
- D’étape en étape, nous arrivons à Rome. On est frappé de l’exiguité et des petites dimensions des habitations construites pendant la période républicaine. C’est qu’alors on vivait plus dehors que dedans et les camps remplaçaient la maison.
- Plus tard, le luxe arrive avec tous ses raffinements et la maison de Pompéï avec sés boutiques sur la rue, ses cours intérieures, ses jardins, ses appartements et son Insula; avec ses mosaïques, ses bronzes et tous les accessoires de la demeure somptueuse, en est le tableau fidèle et original.
- Des habitations gauloises, il en sera peu question : M. E. Lucas se contente d’en appeler à Vitruve disant que dans le nord de l’Europe se trouvent des peuples habitant dans des huttes faites de terre et de branchages, ayant un trou au milieu, pour laisser passer la fumée et dans lesquelles ils entrent en rampant.
- Il parle peu des villas mérovingiennes et carlovingiennes dans lesquelles se retrouvent les traces des habitations grecques et romaines, et surtout les aménagements du luxe raffiné des fonctionnaires romains que l’on envoyait s’enrichir sur la terre conquise.
- Et, après avoir dit quelques mots de la maison de Perennon, dans le Finistère, précieuse à cause de son exiguité; après avoir parlé de Charlemagne, des Capitulaires et des Missi dominici et de la maison arabe de
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- Tlemcen, le conférencier nous dit que la plus belle éclosion de la maison française, à petite échelle, celle qui convient au plus grand nombre, celle que doit ambitionner le travailleur ou celui qui gagne son pain de tous les jours, est la maison romane de Clunv.
- Au rez-de-chaussée : un long corridor allant d’un bout à l’autre, une grande pièce servant de cuisine, d’atelier, de salle où l’on mange, où l’on reçoit, et à côté, une cour avec citerne ou puits et indispensable ; au premier étage, deux petites chambres et la chambre d’honneur ou de ménage, telle est la disposition tant vantée par M. E. Lucas, voilà le vrai type : pour plus ample renseignements, voir le Dictionnaire de M. Viollet le Duc.
- A la suite des guerres d'Italie, la Renaissance n’amena pas de grands changements dans l’habitation privée occupée par les classes moyennes.
- Sous la monarchie absolue, et sous le règne de Louis AT, à côté des palais des fermiers généraux, des présidents à mortier et des traitants fortunés, s’élève la demeure bourgeoise avec une transformation très-importante au point de vue du confortable.
- Sous la première République et le premier empire, l’habitation reste ce qu’elle était avant.
- Aujourd’hui, tout le monde sait combien sont exigus les logements modernes de la grande ville -, combien peu on y respire, combien on y est malheureux. Aussi, est-il passé dans les mœurs de la classe moyenne d’aller habiter les campagnes voisines de la Cité. Les Anglais sont mieux partagés que nous. A Londres plus tôt qu’à Paris on a su réaliser les améliorations facilitant ce genre de vie. Moyennant vingt, vingt-cinq et trente mille francs, on peut devenir propriétaire d’une habitation avec sous-sol, cuisine, cellier, salle commune au rez-de-chaussée et grande salle au premier étage. Les compagnies de chemins de fer anglais ont eu le bon esprit de créer des abonnements à prix très-réduits et à l’aide de trains rapides très-multipliés, toute cette population suburbaine est chaque jour amenée de 30 à 40 kilomètres à la ronde dans le cœur de la grand’ville.
- L’eau et le gaz abondent et moyennant un paiement par annuité le at home est acquis.
- A quand pareille bonne fortune pour nos pauvres Parisiens?
- A côté de cette classe de travailleurs, il en est une autre tout aussi intéressante, si-
- de la ferme et vendu à Bristol contenait de cetle eau. Tous les doutes furent levés lorsque le Dr Davies rappela qu’une seule cuillerée d’eau corrompue, contenant des germes typhoïdes, mélangée au lait par un domestique peu soigneux ou de mauvaise foi, pouvait empoisonner 1.000 litres du précieux liquide.
- Quant à nous, nous sommes moralement convaincus que l’infection ne provenait que des lieux d’aisances, dont les eaux impures, en s’infiltrant dans le sol, venaient se mélanger à la source même.
- Nous ne saurions plus conserver aucun doute à ce sujet après avoir lu le rapport du savant analyste du comté, M. Stoddart, qui, chargé d’étudier cette question, conclut que le résidu laissé par des eaux impures, après évaporation à 212 degrés Farenheit, est considérable et complètement jaune de matière animale.
- Le propriétaire de la laiterie a promis au Dr Davies de changer, sous peu, du tout au tout les dispositions déplorables de son établissement, et d’interdire l’approche de la source h ses vaches. Nous inscrivons cette promesse avec plaisir; mais il n’en est pas moins vrai que plusieurs cas de fièvre typhoïde se sont déclarés en quelques jours, et que l’on craint à chaque instant de les voir augmenter. Les fermiers, les laitiers et les consommateurs ont reçu des instructions pour conjurer le fléau, pendant que l’on procédait dans la ville même à la désinfection des égouts et tuyaux d’écoulement. L’épidémie est devenue tellement sérieuse que les médecins peuvent à peine en arrêter les ravages. Les petits enfants sont plus généralement frappés, mais peu sérieusement : les adultes, au contraire, en réchappent avec peine.
- En présence de tels faits, il est nécessaire que toutes' les fermes soient soumises à une stricte surveillance, autorisée par une loi du Parlement, et les délinquants sévèrement punis.
- Il vaut mieux prévenir le mal que d’avoir à le guérir. Tel doit être le mot d’ordre du Comité de salubrité
- (In Sanitary Record. — Journal d'Hygiène.)
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Fusée de secours, de M. Singleton-Hooper.
- Des expériences très-importantes d’une fusée appliquée au sauvetage ont été faites, mercredi et jeudi, par son inventeur, M. Singleton-Hooper, sur la plage des Bains, au Havre, en présence de l’ingénieur des ponts et chaussées, du colonel d’artillerie et de l’inspecteur des douanes. Ces expériences, faites pour le compte de la Société centrale de sauvetage des naufragés, auraient donné de bons résultats : on croit savoir que cette Société va faire l’acquisition de quelques appareils de M. Hooper, qui seront plus particulièrement confiés à nos brigades de douanes des postes qui environnent le cap Griz-Nez. Celles-ci seront ainsi h même d’apprécier pendant les coups de vent d’hiver,
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- par des exercices fréquents, et aussi à l’occasion de naufrages, si la fusée Hooper offre réellement une grande supériorité sur la flèche porte-amarres Delvigne, que la Société centrale emploie depuis plusieurs années avec un grand succès, et qui a servi à arracher bien des naufragés à une mort certaine.
- Nous avons eu occasion de parler h nos lecteurs des appareils de M. Delvigne (1), que, jusqu’à présent, leur rectitude de tir a fait préférer en France à la fusée à baguette, qui est employée sur les côtes anglaises et qui offre une telle surface au vent que son tir devient incertain par les gros temps.
- Dans cet ordre d’idées, la fusée de Haie, dans laquelle la suppression de la baguette évite toute cause de déviation pendant la tempête, paraîtrait devoir être préférée à celle de M. Hooper : peut-être serait-il bon de la soumettre aussi à des essais sérieux.
- Nouveau système de fondations pour ponts, dan$ les terrains vaseux.
- Le système adopté par les ingénieurs français pour établir les fondations de ponts dans les terrains vaseux, sur le chemin de fer des Charentes, paraît être la solution du problème, recherchée en pareil cas.
- Cette ligne traverse une vallée bourbeuse, à la jonction de deux petites rivières.
- L’épaisseur de la tourbe en ce point était tellement grande que la moindre tentative pour atteindre le sol résistant aurait été des plus coûteuses.
- Aussi, pour obtenir une assiette solide, a-t-on fortement pilonné deux énormes masses de ballast sur chaque bord de la rivière et une troisième dans la presqu'île du confluent.
- Les talus de ces immenses tas ont été revêtus de pierres sèches pour empêcher le sable d’être entraîné dans les rivières, soit par les eaux pluviales, soit par celles d’inondation.
- Sur le ballast a été établie une plate-forme en bois supportant les poutres transversales du pont à deux travées de soixante pieds environ chacune.
- Lorsque quelques affaissements se produisent, les poutres sont facilement ramenées à leur niveau convenable, en bourrant du ballast sous la plateforme construite en madriers assemblés d’équerre.
- Dans un autre cas, au chemin de fer d’Alger, un système différent a été appliqué.
- Cette voie traverse une plaine de tourbe d’un mille environ de largeur ; les eaux et la compressibilité du sol ne permettent pas le moindre remblai. De là l’établissement de la voie sur un viaduc. Les fondations de cet ouvrage présentèrent de sérieuses difficultés : l’épaisseur de tourbe ou du sol compressible étant de soixante pieds environ. Il aurait été possible d’atteindre la couche solide, soit avec l’air comprimé, soit avec tout autre moyen ; mais ni l’outillage, ni les ouvriers, ni le matériel nécessaire à un pareil travail n’étaient, dans ce pays, à la portée des constructeurs.
- Vu les circonstances, les ingénieurs commencèrent à perforer des trous de sonde de dix inches (0m,2o) de diamètre. Ces trous furent revêtus de tubes en
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. III, page 216.
- non plus : c’est celle de l’ouvrier. M. E. Lucas demande pour elle la création de cités, il veut que l’ouvrier puisse devenir propriétaire lui aussi et qu’il ait le cluz nous ; il rappelle l’heureuse application du Creusot et parle des cités du nord-est de la France, du Borinage et de celles de notre chère Alsace. Il désire pour l’ouvrier de France une habitation semblable à celle du type de la maison romane de Cluny, avec quelques modifications, si M. Lucas veut bien le permettre, et rêvons, dit-il, une maison ainsi faite, avec salle commune surtout, où tout puisse se faire au grand jour, où le chef puisse travailler à l’aise, où la surveillance de la mère puisse à chaque instant s’exercer sur ses enfants, sur ses filles; une maison, enfin, où l’on soit forcé quand même d’être sage.
- Il termine en conseillant de faire d’abord l’application du groupe d’habitations par quatre, à ce groupe, soyez-en sûrs, dit-il, d’autres viendront s’ajouter, et grâce aux subventions, qui ne manqueront pas, l’école, l’église ou le temple d’abord, le marché ensuite se construiront bientôt, et même une salle de conférences où le soir, après une journée bien remplie, l’on viendra s’instruire et encore travailler.
- Ce que M. E. Lucas appelle de tous ses vœux, nous l’appelons aussi des nôtres, mais avec cette restriction, que la salle des conférences de la cité ouvrière qu’il rêve, sera autrement appropriée que celle du Troca-déro et qu’on n’y entendra pas des choses à faire rougir jusqu’au municipal de garde.
- Toutefois, la conférence finit mieux qu’elle n’a commencé et quelques timides bravos prouvent à M. E. Lucas que ce bon et indulgent public a tenu compte de ses louables efforts et lui pardonne ses citations au gros sel et ses tableaux par trop expressifs.
- Mais aussi pourquoi faire dire le 9 septembre ce qui ne devait être entendu que le 26?
- Sic faia voluerunt.
- A. Rozès-Joly.
- VARIÉTÉS.
- La visite des vignobles suspects de phylloxéra.
- Des instructions viennent d’être adressées par le ministère de l’agriculture à tous les préfets pour l’exécution de la loi du 16 juillet
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- 1878, qui donne au gouvernement le droit de faire procéder à des visites dans les vignobles des localités considérées comme indemnes, mais où la présence du phylloxéra pourrait être soupçonnée. Cette mesure de précaution est très-utile, car il est établi par des expériences nombreuses que si le mal est circonscrit dans le début, la lutte se présentera avec des chances de succès qui n’existeront plus si, au contraire, on laisse à l’insecte le temps de se développer et d’envoyer au loin de nouvelles colonies.
- M. Teisserenc de Bort invite, en conséquence, les préfets à donner les ordres les plus précis pour qu’une inspection minutieuse soit faite dans les vignobles de leur département et particulièrement sur les vignes isolées, les plants de serre et les pépinières. C’est là, le plus souvent, que se présente pour la première fois le phylloxéra et, comme exemple à l’appui, on peut rappeler que l’insecte a été découvert dans des pépinières en Allemagne, en Suisse et à Metz, et qu’en France il en a été de même à Orléans, à Toulouse, et ces jours derniers à Dijon.
- Il y a donc dans ces établissements un danger permanent qu’il faut chercher à conjurer par cette inspection attentive, et l’administration a lieu d’espérer que les préfets veilleront avec soin à ce que les vignes de leur département, et particulièrement celles situées dans les conditions que nous venons de déterminer, soient examinées et surveillées de très-près.
- Si, par hasard, quelques propriétaires se refusaient à laisser visiter leurs vignobles, les préfets auraient à en informer le ministre qui prendrait immédiatement un arrêté, conformément à l’article 3 de la loi, pour surmonter les entraves que le mauvais vouloir individuel prétendrait élever.
- Réveille-matin électrique.
- Un ingénieur-électricien anglais a inventé un réveille-matin électrique qui mérite d’être signalé à nos lecteurs des deux mondes. Le dormeur se met autour du poignet, ou du cou, ou du corps, un fil de cuivre en communication avec une machine Rumhkorff. Lorsque l’aiguille arrive à l’heure fatidique marquée pour le réveil, un courant énergique est envoyé, et, bon gré mal gré, il faut que l’on se réveille.
- tôle très-mince et remplis ensuite de béton jusqu'au solide. Sur chacune de ces colonnes de béton ainsi faites, des colonnes en fonte fur’ent dressées puis, reliées entre elles d’une façon immuable, elles supportèrent les poutres du viaduc.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, ASTRONOMIE ET HORLOGERIE.
- Les grandes marées d'équinoxe, par M. Joseph Vinot.
- Les marées consistent dans un soulèvement des eaux de l’océan dû aux attractions de la lune et du soleil. Ces attractions s’ajoutent aux époques de pleine lune et de nouvelle lune, lorsque le soleil et la lune, placés avec la terre sur une ligne droite, ont des actions concordantes. Les mêmes attractions se retranchent l’une de l’autre aux époques de premier et de dernier quartier, où la lune et le soleil sont à 90 degrés de distance dans le ciel et où leurs attractions agissent en sens inverse sur les mêmes points de la terre.
- Vers le solstice d’été, la terre présentant au Soleil sa partie sud, à la hauteur de Calcutta en Asie, du sud de l’Egypte en Afrique, de la Havane en Amérique, et la terre n’ayant pas de vastes mers dans sa partie nord, les marées sont faibles. Ainsi, cette année, le 2 juin, quoique la lune fût encore plus au nord que le soleil dans le ciel, il en est résulté que sur nos côtes, 5 Brest par exemple, la marée n’a atteint que 6m,95.
- Vers le solstice d’hiver, la terre présente au soleil sa partie sud, presque entièrement couverte d’océans, à la hauteur de Madagascar; mais la distance de ces régions centrales à nos rivages est trop considérable pour que l’effet se fasse sentir chez nous et les marées sont encore petites. Le 9 décembre dernier, quoique la lune se trouvât de notre côté, tandis que le soleil agissait au sud, la marée n’a atteint, à Brest, que 7m,05.
- Aux époques des équinoxes, au contraire, la lune et le soleil trouvent devant eux d’assez grandes masses d’eau, et ces masses d’eau sont moins éloignées de nous, alors nous avons les marées les plus fortes de l’année. Ainsi, le 20 mars, la lune, se trouvant dans la même direction que le soleil, les eaux de l’Océan se sont élevées, à Brest, jusqu’à 8m,15, et le 27 septembre, quoique la lune soit un peu plus au sud que le soleil, elles atteindront 6m,20.
- Ce n’est pas seulement par leur plus grande élévation que les marées des équinoxes sont remarquables, c’est encore par le mouvement tumultueux de leurs eaux, résultant de la progression considérable de chaque marée sur la précédente. Ainsi, du 25 mai au 2 juin, la mer montait à Brest de 5m,60 à 6m,95 en 16 marées consécutives, avec une progression' moyenne de 84 mil- | limètres d’une marée sur l’autre; du 20 au 27 septembre elle ira de 5”,35 à j 8m,20 en 13 marées consécutives, avec une progression moyenne de 219 millimètres d’une marée sur l’autre, près du triple qu’en mars. — j
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- 296 %Cl*l)nolo$iote N» 37.— 14 Septembre 1878.—XXXVIII» Année.
- A Brest donc, dans l’Océan, les grandes marées de l’équinoxe ont atteint LEGISLATION ET JURISPRUDENCE , INDUSTRIELLES.
- et atteindront :
- le 29 août, à 4 h. 31 soir, 8m,05,
- le 27 septembre, à 4 h. 04 soir,.8m,20,
- le 26 octobre, à 3 h. 39 soir, 8ra,00, Bagages avariés.
- au-dessus du zéro de l’échelle des marées du bassin. Les expéditeurs qui emballent mal leurs
- A Cordouan, golfe de Gascogne, la surface supérieure du socle de la tour bagages ne sauraient rendre les Compagnies
- sera couverte à une hauteur de : de chemins de fer responsables des avaries
- le 29 août, à 4h. 38 soir, 2m,85, survenues en voyage, et ils ne peuvent prétendre que la Compagnie, ayant accepté le
- le 27 septembre, à 4 h. 11 soir, 2m,95, colis sans observations ni réserves, l’a consi-
- le 26 octobre, à 3 h. 45 soir, 2m,80, déré comme en bon état d’emballage.
- A Saint-Malo (Manche), la mer approchera de la surface supérieure de la La Compagnie a le droit d’établir, malgré
- tablette du môle des Noires, à une distance de : son acceptation, que l’avarie résulte du mau-
- vais conditionnement de l’envoi. (Cassation,
- le 29 août, à 6h.57 soir, 0m,97, 20 février 1878.)
- le 27 septembre, à 6h.30 soir, 0m,82, le 26 octobre, à 6 h. 05 soir, lm,07. Ainsi les marées des trois jours en question et des jours voisins seront des Assurances sur la vie.
- marées énormes, et, si le vent soufflait de la mer à ce moment, elles pour-
- raient occasionner des désastres. Les assurances sur la vie, si morales dans leur principe, si utiles dans leurs effets, commencent à triompher du discrédit dans lequel elles sont restées en France. Il importe donc de relever les décisions
- Sur les nouveaux pistolets à spirale hyperbolique, judiciaires qui s’y rattachent.
- par M. de Laharpe. Lorsqu’une personne veut contracter une assurance sur la vie, elle est tenue, aux termes des statuts de toutes les Compagnies,
- Le Technologiste a récemment publié une note sur les nouveaux pistolets à de déclarer les maladies dont elle peut être
- dessin de M. Parent (1) et en particulier sur une série de pistolets ayant pour atteinte. Une fausse déclaration entraînerait
- profil des spirales hyperboliques. Il y a lieu de signaler dans cet ordre la nullité de l’assurance.
- d’idées une propriété remarquable des spirales logarithmiques, dont la formule Dans l’espèce, il s’agissait d’une personne
- est f=zksno>. Leur rayon de courbure augmente proportionnellement à la épileptique et qui avait caché son état.
- longueur développée de l’arc décrit; ou, si l’on veut, la grandeur du rayon L’intérêt de la question est double : d’une
- de courbure croît ou décroît d’une quantité constante pour une même Ion- part, l’assurance est annulée pour l’avenir,
- gueur d’arc parcourue sur la spirale, en s’éloignant ou se rapprochant du et de l’autre l’assuré déchu ne peut pas
- centre. Comme toutes les spirales logarithmiques sont semblables géométri- réclamer les primes qu’il a versées.
- queraent, il n’est pas difficile de se construire une série de ces courbes ; La solution peut paraître rigoureuse, mais
- elle est absolument juridique, car, de ce que
- quant aux moyens pratiques de tracer très-exactement ces spirales, on peut le contrat a été déclaré nul, il ne s’ensuit
- consulter l’ouvrage de Culmann : die yraphische Statik (Zurich, 1866) En tous pas, en effet, que des risques n’aient pas
- cas, on peut les construire directement, par points, d’après l’équation, au été réellement courus par l’assureur, d’où
- moyen d’un rapporteur et d’une table de logarithmes, ce qui est facile en ob- la conséquence que les primes correspondant
- servant que l’équation f=ke»<» revient à log. nat, =»u. à la période des risques n’ont pas été payées sans cause, et, par suite, ne sont pas sou-
- (1) Voir le Technologiste, 3e Série, t. I, page 174. mises à restitution. (Cour de Paris, 12 février
- 1878.)
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 38. — 21 Septembre 1878.—XXXVIIIe Année. 297
- SOMMAIRE.
- Sur le noir d’aniline au cérium, par M. Wei-< diriger. — Nouvelle peinture blanche, au sulfure de zinc, par M. le Dr Phipson. — Machines à vapeur (genre Gompound) à tiroirs équilibrés, par M. Macabies et MM. Thiollier et Guéraud. — Nouvelle fabrication d’étoffes avec des déchets et des rebuts, par M. Rydill.
- CHRONIQUE.
- Le pavillon de VAdministration des forêts construit au Trocadéro,
- par M. Lucien Étienne.
- Dans le parc du Trocadéro, au pied du grand palais de pierre et de marbre, en bas de la cascade et à droite du débouché du pont d’Iéna, émerge d’un nid de verdure un mignon palais de bois.
- L’administration des forêts était désireuse de faire une remarquable exposition; elle était fière aussi de montrer ses nombreuses collections, ses études, ses travaux, et surtout ses conquêtes; mais la place manquait au Champ-de-Mars. Sur sa demande, on lui accorda une plus grande surface, et le vaste emplacement qui regarde la Seine fut destiné à renfermer le surplus de ses richesses.
- L’emplacement obtenu, on dut construire, à la condition expresse de n’employer que les bois de nos pays : l’administration forestière voulait ainsi démontrer quel parti on pouvait tirer des essences de nos forêts pour une construction sérieuse. Mais bien plus sévère était la condition de s’éloigner des types déjà existants. Il ne fallait rien qui fût suisse, ni russe, ni suédois.
- Pour opérer cette nouvelle création, un homme de talent et de goût était à trouver; l’administration des forêts se mit à sa recherche, et, grâce au choix de M. le commissaire général, qui mit M. Lucien Étienne à sa disposition, elle put achever son œuvre.
- Disons-le tout de suite : l’architecte de la
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- direction des sections étrangères à l’Exposition universelle a été le créateur du typo français le plus élégant, le plus gracieux et le plus savant de ce genre de construction.
- Le palais de bois du Trocadéro a 42 mètres de longueur sur 13 mètres de largeur; son ossature est en bois de chêne, et les remplis-
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Sur le noir d'aniline au cérium, par M. Ch. Weidinger.
- L’application du cérium au développement du noir d’aniline n’a été que passagère, mais elle a été conservée pour l’impression ; elle a plus qu’un intérêt historique, parce que le cérium est un métal qui, par ses qualités analytiques, appartient au groupe de l’aluminium, proche du groupe du fer. Tous les autres métaux en usage pour le noir d’aniline, comme le cuivre, le tungstène, le vanadium, sont précipitables par l’acide sulfhydrique ou par le sulfure d’ammonium comme sulfures, tandis que le cérium se précipite comme oxyde hydraté.
- L’emploi du cérium pour le noir d’aniline a pour base, comme avec les autres métaux usités, la propriété de ses oxydes de se réduire et de se réoxyder aisément. Le cérium forme deux ordres de sels correspondant avec ses oxydes : sels d’oxydule et sels d’oxyde. Les premiers s’oxydent en présence d’agents oxydants, tels, par exemple, que les chlorates ou l’acide chlo-rique, en formant de l’hydrate d’oxyde de cérium d’une couleur rouge. Les, sels d’oxyde de cérium, au contraire, se réduisent en présence des agents réducteurs en sels d’oxydule : un sel d’oxyde de cérium, par exemple, traité par de l’alcool et de l’acide chlorhydrique, se transforme en un sel d’oxydule.
- C’est par suite de ces propriétés que le chlorate employé dans les couleurs de noir d’aniline est décomposé et que l’aniline forme du noir par oxydation. L’action continue jusqu’à ce que tout le chlorate soit décomposé.
- Les chlorures et les sulfates de cérium sont solubles dans l’eau et, pour les premières recherches, M. Weidinger a fait usage du bisulfate de cérium, sel d’une couleur jaune, soluble dans 6 parties d’eau ; il a pris 5 grammes de bisulfate par litre de couleur pesant 1.100 grammes et contenant 80 grammes de chlorhydrate d’aniline. La couleur s’imprime assez bien et n’exerce que peu d’action sur les racles. Après l’impression, elle paraît d’un vert très-clair, puis elle devient d’un vert foncé après une oxydation de vingt quatre heures à une température de 25° au thermomètre sec et de 20° au thermomètre humide. Savonnée ou passée par un bain alcalin, la couleur apparaît enfin en noir velouté d’une belle nuance.
- Mais le bisulfate de cérium, ainsi que le chlorure de ce métal, ne se rencontrent pas dans le commerce, tandis que l’on peut se procurer comme l’a fait l’auteur, de l’oxalate de cérium, une couleur blanche un peu rougeâtre, qui est presque insoluble dans l’eau : il existe à l’état de poudre assez fine pour pouvoir être mêlé dans les couleurs.
- En prenants grammes d’oxalate par litre de couleur, vingt-quatre heures d’oxydation ne suffisent pas; il faut employer plus d’une semaine. M. Weidinger a supposé que l’état insoluble est la cause de cet inconvénient ; c’est pourquoi il a traité l’oxalate avec de l’acide sulfurique dilué en présence d’alcool. En prenant 8 h 10 grammes d’oxalate par litre, la couleur devient un peu acide et il faut prendre garde à l’action sur les racles pendant l’impression.
- On a fait usage de cette couleur pour le genre orange de chrome avec
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- soubassement en noir d’aniline. Le noir étant oxydé, le plomb a été fixé par un bain d’acide sulfurique à 5 degrés Baume et, après lavage, l’orange a été terminé en un seul passage au bichromate de potassium additionné de chaux.
- L’auteur n’a pas essayé si l’on pouvait mieux réussir en dissolvant complètement le cérium dans l’acide chlorhydrique, puis neutralisant par la quantité d’aniline nécessaire pour la couleur : il se peut que l’on obtienne, de cette manière, une couleur plus facile à appliquer.
- En terminant, il faut dire que l’emploi du cérium, si intéressant qu’il soit, ne présente pas beaucoup d’avantages sur le noir au moyen du cuivre. Il est vrai que le quart du poids du sulfure de cuivre, en sel de cérium, suffit pour produire un bon noir, mais cette réduction est contrebalancée par les prix élevés des sels de cérium. En conséquence, ces produits n’ont pas trouvé d’application technique particulière, parce que dans le même temps le vanadium a paru et les a remplacés.
- « Néanmoins, dit M. Weidinger, nous devons être reconnaissants envers M. Kruis qui, le premier, a signalé les propriétés de ce métal et a augmenté! ainsi le nombre des corps simples qui sont applicables pour la formation du ; noir d’aniline. »
- Nouvelle peinture blanche, au sulfure de zinc, par M. le Dr Phipson.
- Tout le monde connaît les dangers inhérents à la fabrication et à l’emploi des couleurs à base de plomb, c’est-à-dire faites avec la céruse. Chacun sait que la santé des ouvriers est énormément compromise dans cette branche de l’industrie chimique, et que les remèdes adoptés, tels que la boisson habituelle de l’acide sulfurique diliié, le lavage fréquent du corps, l’usage de gants et de « respirateurs », sont tout à fait incapables d’arrêter le mal.
- Depuis plusieurs années on s’est efforcé de découvrir quelque substance qui pourrait remplacer efficacement le blanc de plomb dans la peinture à l’huile des bâtiments, des navires, des constructions en bois ou en métal, etc., et M. le Dr Phipson a lui-même consacré plusieurs mois de travail à ce sujet important, mais avec fort peu de succès. On a trouvé, il est vrai, dans l’oxyde de zinc préparé en brûlant le zinc métallique une substance moins vénéneuse que le plomb et pouvant très-bien servir de couleur blanche dans la peinture à l’huile ; mais sa production est très-coûteuse, et ses propriétés mécaniques, comme couleur à l’huile, ne sont pas assez prononcées pour qu’il puisse lutter avantageusement avec le commerce du blanc de plomb.
- Il en est tout autrement, cependant, d’une invention de M. Thomas Griffiths, de Liverpool, qui a réussi à obtenir un produit fort intéressant qui se fabrique actuellement sur une assez grande échelle, et a pour base le sulfure de zinc, ou un oxy-sulfure de ce métal, dont les propriétés, comme couleur à l’huile, sont des plus remarquables, ainsi que l’auteur a eu plusieurs fois l’occasion de le constater. On la prépare en précipitant un sel de zinc à l’aide d’un sulfure soluble, lavant et séchant le précipité. On calcine ensuite ce précipité à la chaleur rouge avec certaines précautions, et en sortant du fourneau, le produit est amené tout chaud dans de l’eau froide. 11 est alors soumis à la lévigation, recueilli et séché. Le résultat est une couleur blanche très-ténue et de la plus grande beauté.
- sages et la décoration en sapin rouge et blanc. La toiture est recouverte d’écailles de chêne imbriquées, dites bardeaux. Ces essences, artistement taillées et assemblées, forment, avec la terrasse italienne qui l’entoure, un ensemble dont la vue attire, séduit et captive.
- L’intérieur se divise en trois salles, éclairées par de petites baies haut placées, afin de réserver de larges surfaces murales. Un lanterneau, surmontant une galerie à jour et facilitant la ventilation, complète l’éclairage.
- L’exposition des forêts, confiée aux soins de M. le conservateur de Gayffier, chef de service à l’administration centrale, est très-remarquable, tant par l’habile installation des objets exposés que par leur originale et pittoresque disposition.
- En entrant, au milieu du grand vestibule central, se dresse un groupe épique : Chiens forçant un sanglier.
- Au fond est placée la riche bibliothèque des principaux ouvrages publiés par l’administration des forêts, et au-dessus, sur le grand panneau, s’étend la carte forestière de la France; à droite et à gauche de celle-ci, deux panoplies : Trophées d'armes de guerre et de chasse.
- Dans la salle latérale, à droite, les curieux peuvent consulter les herbiers forestiers, les photographies des essences exotiques naturalisées en France, les collections des bois indigènes, celles des champignons parasites, etc... On y remarque surtout de fort intéressants travaux de reboisement et de gazon-nement, dont l’exécution mettrait notre cher pays à l’abri des catastrophes terribles qui sont venues, en 1875, désoler nos vallées les plus riches.
- Des projets relatifs à une œuvre connexe de celle-ci décorent la salle de gauche. Personne n’ignore quelle menace incessante constitue la marche progressive des dunes pour toute la région du littoral qui s’étend de la Rochelle à l’embouchure de l’Adour.
- De magnifiques plans en relief, indiquant les moyens de fixation des dunes : plantations et barrages défensifs, méritent de fixer l’attention des visiteurs spéciaux. Tout autour, la collection des sables, des coquillages et des insectes des dunes, des herbiers et des spécimens des essences forestières de ces régions complètent l’enseignement.
- Mais la partie la plus intéressante, celle qui fait le plus d’honneur à l’intelligent architecte, c’est le système de décoration des
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- grands panneaux, à l’intérieur et à l’extérieur, au moyen des miliiers d’objets à la fabrication desquels concourent les bois de nos forêts : bois bruts et ouvrés, débités de toutes façons, outils, sébilles, manches, rondins,'coins, sabots, escabeaux, etc...
- En sortant du petit palais de M. Lucien Étienne, on traverse un petit vallon en miniature, d’un aspect abrupt, et sauvage, planté de diverses espèces d’arbres résineux. Des rochers. surgissent, grimaçants, le torrent gronde, le murmure des cascatelles se mêle au bruissement des sapins, dont la verdure sombre tranche sur le vert tendre des fougères. L’illusion est complète : pour un peu, l’on se croirait en plein pays pyrénéen.
- De l’autre côté du vallon s’élève un second bâtiment destiné à loger les gardes forestiers. Comme le premier, il est tout en bois, mais en bois recouverts de leur écorce; les essences de chêne, de châtaignier et de bouleau ont servi à sa construction, et la toiture est en chaume. Il est, comme son voisin, entouré de massifs verdoyants, et des plantes grimpantes lui servent d’ornement en atténuant sa rusticité.
- Cette construction, dite Pavillon des Gardes, est également l’œuvre de M. Lucien Étienne. Elle contient la collection des graines et des cônes du domaine des Barres, l’outillage de cet établissement sylvicole, les modèles et les plans d’installation des fruitières de nos montagnes des Alpes et des Pyrénées, les groupes des instruments de topographie en usage dans le service forestier, et ceux de l’industrie laitière et fromagère.
- Après cette visite, toute pleine d’agréments et d’intéressantes démonstrations, nous sommes convaincu que l’exposition forestière de 1878 laissera à tout le monde d’impérissables souvenirs, tant à cause des nombreux enseignements que l’on y peut rencontrer, que par suite des mérites de l’architecte qui en a édifié l’enveloppe, ravissante construction qui, nous le souhaitons à M. Lucien Étienne, se reproduira par nombreux exemplaires dans les parcs et les propriétés privés des environs de Paris... et d’ailleurs.
- A. Rozès-Joly.
- Au point de vue de l’hygiène, le nouveau blanc de M. Griffiths est infi-ment supérieur au blanc de plomb, comme il l’est, d’ailleurs, sous le rapport pratique : il ne possède aucune qualité nuisible, et ni sa fabrication ni son emploi n’alfectent la santé des ouvriers. Son prix de revient est comparativement très-bas ; sa durée, dans les climats les plus divers, est, pour ainsi dire, indéfinie, et il n’est altéré, ni par les émanations gazeuses ni par l’humidité. C’est un produit qui mérite, assurément, l’attention de tous ceux qui s’intéressent à la santé de la classe ouvrière. Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que le nouveau blanc, couvre beaucoup mieux que le blanc de plomb, tout en étant plus résistant aux attaques du temps, de sorte que, non-seulement, son emploi est dépourvu de tout danger pour la santé, mais encore, est beaucoup plus économique que celui de la céruse.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Machines à vapeur {genre Compound) à tiroirs équilibrés, par M. Macabies et MM. Thiollier et Guéraud.
- Tout le monde admet que la source d’économie, réalisée par une'machine à vapeur, réside principalement dans l'emploi d’une détente prolongée, soit dans un seul cylindre, soit dans deux cylindres successifs.
- Dans les machines à un seul cylindre, la détente est toujours obtenue par des organes de distribution délicats et sujets à se déranger. Le moindre jeu dans les articulations nuit au bon fonctionnement de ces organes, et, pour que la machine marche dans de bonnes conditions d’économie, il faut une surveillance incessante de la part du mécanicien, et souvent des réparations pour la remise en bon état des pièces usées.
- D’un autre côté, l’intensité des efforts sur les organes de transmission étant variable, comme la pression de la vapeur exercée sous le piston, il en résulte que ces organes doivent être assez vigoureux pour résister, non-seulement à l’effort maximum qu’ils ont à supporter, mais encore à l’effort de percussion qu’éprouvent, aux points morts, les pièces en mouvement, au moment où leur mouvement change de direction; car c’est à ce moment que les efforts transmis passent tout à coup de la plus faible à la plus forte intensité.
- La machine qui a été étudiée sous des types différents par MM. Macabies, Thiollier et Guéraud, fonctionne comme une machine Compound, seulement sa disposition toute particulière permet de l’établir k peu de frais,car elle supprime un grand nombre de pièces soumises à l’usure, telles que la tige des pistons, les couvercles des cylindres avec leurs presse-étoupes, la coulisse et le coulisseau qui guident la tige des pistons et enfin une grande longueur du bâti de la machine.
- Cette machine, représentée fig. 61., ne comporte presque pas de bâti, quoique sa solidité résiste à toute épreuve.
- Elle se compose d’un seul cylindre formé de deux parties, séparées entre
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- elles par une cloison, et alésées chacune à un diamètre différent. Ce cylindre reçoit deux pistons correspondants à chacun de ces deux diamètres et main-tenüs d'écartement par une tige centrale qui traverse la cloison intermédiaire à travers une garniture lubrifiante intérieure, ou bien par deux tiges passant à l’extérieur du; petit cylindre et reliées à une traverse sur laquelle est fixée la tige du petit piston. De cette façon on peut éviter le presse-étoupe intérieur dont l’accès est difficile.
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- Fig. 61.
- Sur le plus grand piston est articulée la bielle motrice, qui pénètre dans le grand cylindre de toute la course des pistons.
- Ce cylindre, à double compartiment, vient se boulonner en port-à-faux sur un bâti formant retour d’équerre, que l’on fixe sur un massif en maçonnerie, au moyen de solides boulons de fondation ; ou bien, dans les machines loco-mobiles, sur la tôle de la chaudière.
- La distribution se fait au moyen d’un tiroir glissant ordinaire, renfermé dans une boîte à vapeur. Ce tiroir, manœuvré par un excentrique circulaire, distribue la vapeur dans les 2 compartiments du cylindre, au moyen de 3 orifices, dont l’un sert à l’échappement.
- Pendant que la vapeur en pleine pression agit sur le piston, celle qui vient d’agir par détente sur le grand piston, trouve son émission libre.
- Lorsque le petit piston arrive à fin de course, la position du tiroir change tout à coup et l’orifice du petit compartiment se trouve en communication avec celui du grand. La vapeur à haute pression, qui vient de pousser le petit piston, agit alors par détente sur le grand piston, pendant que le petit piston ne travaille plus, et le retour de la manivelle s’opère en vertu du travail de la détente. Arrivé à fin de course, le tiroir s’est déplacé de façon à introduire de nouveau la vapeur à pleine pression sous le petit piston, pendant que celle qui vient de se détendre sous le grand piston, s’échappe dans l’atmosphère ou dans un condenseur.
- Ainsi qu’on le voit, le fonctionnement de cette machine est d’une simplicité extrême, et nullement sujet au moindre dérangement.
- Quoique très-économique de vapeur, cette machine, par sa simplicité, peut être établie à un prix bien inférieur à celui des machines ordinaires.
- Les pistons étant accessibles et à découvert, et les garnitures pouvant être
- STATISTIQUE.
- Les entrées comparées aux diverses expositions.
- A propos de l’Exposition de 1878, voici des renseignements assez curieux, relatifs au nombre des personnes qui ont visité les diverses Expositions universelles :
- A Philadelphie, le 10 mai dernier, jour de l’ouverture, 76.217 personnes sont entrées en payant; le U, le chiffre est descendu à 14.713; le 12, il n’était que de 10.142; puis il remontait, les jours suivants, à 16.000 et à 18.000. Le 27, il était de 20.000; le 30, de 41.100, et le 31, de 26.249; enfin, le 1er juin, de 23.000.
- La veille du jour de la célébration de la fête de l'indépendance américaine, on a compté 56.224 admissions, dont 46.290 entrées payantes et 9.934 gratuites ; le jour de la fête, 60.773 admissions, dont 51.711 payantes et 9.062 gratuites. Le 6 juillet, 52.040 admissions, dont 40.051 payantes.
- A l’Exposition de Vienne, le 1er mai 1873, jour de l’ouverture, les visiteurs furent au nombre de 30.000; le lendemain, le nombre n’était que de 3.330; mais il remontait les jours suivants de plusieurs milliers; il était le 5 de 11.337; le 8 do 14.401; le 11 il s’éleva même à 39.938 (y compris les entrées gratuites, se montant à 9.078); le 18, il y eut 50.521 admissions, dont 10.621 ne payant pas ; le 19, il est vrai, le chiffre descendait à 15.823, et le 20 il n’y eut que 13.523 visiteurs. Dans les vingt premiers jours de l’Exposition, à Vienne, le nombre des visiteurs a donc été de 373.473, soit, par jour, une moyenne de 18.071.
- Mais, à Vienne, le premier mois écoulé, le nombre des visiteurs triple. Le mois de mai 1873 avait amené 464.726 visiteurs; le mois de juin en fournit 1.215.917; celui de septembre 1.425.640; celui d’octobre 1.473.602. Les deux derniers jours de l’Exposition, 1er et 2 novembre, amenèrent 218.950 visiteurs.
- Les entrées totales aux Expositions de Londres, de Paris et de Vienne, ont donné les nombres suivants :
- 1851, Londres.............. 6.039.195
- 1855, Paris................ 5.162.339
- 1862, Londres.............. 6.211.102
- 1867, Paris............... 10.000.000
- 1873, Vienne............... 7.254.687
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- Ce qui fait une. moyenne, par jour, de 42.831 et de 36.322 visiteurs pour les deux expositions de 1851 et de 1862 à Londres ; de 25.811 et de 46.619 pour celles de 1855 et de 1867 à Paris; et enfin, de 39.000 visiteurs, pour celle de 1873 à Vienne.
- L’Exposition resta ouverte :
- A Londres, en 1851. .... 141 jours.
- — en 1862. .... 171 —
- A Paris, en 1855 200 —
- — en 1867. .... 210 —
- A Vienne, en 1873 126 —
- Production des métaux précieux dans les Etats à l'ouest du Missouri.
- La production des métaux précieux dans les Etats et territoires à l’ouest du Missouri, y compris la Colombie et la côte occidentale du Mexique, se répartit ainsi pour l’année
- 1877:
- Californie dollars 18 174.716
- Nevada — 51.580.290
- Oregon. — 1.191.997
- Washington — 92.246
- Idaho — 1.832.495
- Montana — 2.644.912
- Utah — 8.1t3.755
- Colorado — 7.913.539
- Nouveau Mexique.. . . — 379.010
- Arizona — 2.388.622
- Dakota — 1 500.000
- Mexique — 1.432.982
- Colombie britannique. . — 1.177.190
- Total dollars 98.421.751
- Cette somme se répartit ainsi
- Or, 47 0/0 dollars. 46.129.547
- Argent, 48 0/0 — 47.206.957
- Plomb — 5.085 250
- Total...............dollars 98.421.651
- L’exportation des métaux précieux pendant l’année 1877 a atteint la somme de 105 millions de dollars, le chiffre le plus élevé auquel on soit arrivé; il dépasse de 11.350.000 dollars celui de l’année 1857, qui, jusqu’ici, était le plus considérable.
- Les mines aurifères de l’Australie n’ont pas été moins fructueuses que celles de la Californie.
- Depuis la découverte de l’or, dans les environs de Vittoria, cette seule province en a exporté pour 850 millions do francs.
- L’exportation totale a été de 1.200.000.000 de francs ; actuellement, elle varie entre 50 ou 60 millions par année.
- faites avec des tresses lubrifiantes, on n’a pas à craindre la moindre fuite, et le frottement de ces pistons est beaucoup moindre qu’avec des segments métalliques qu’il est très-difficile de bien régler pour qu’ils soient étanches sans être durs.
- Le tiroir de distribution est équilibré au moyen d’une cale conique, placée sur le dos du tiroir et venant s’appliquer contre le couvercle de la boîte dressé avec le plus grand soin.
- Notre dessin, fig. 62, représente l’accouplement de deux machines pareilles
- Fig. 62.
- à celles que nous venons de décrire. On peut, de cette façon, en calant d’équerre les deux manivelles de l’arbre de^ couche, rompre les points morts, et éviter l’emploi d’un lourd volant, ce qui est indispensable pour les machines marines.
- Ainsi que le montre notre dessin, les deux tiroirs de distribution sont logés dans une même boîte et entièrement équilibrés au moyen d’une cale conique, logée entre ces deux tiroirs.
- La pression exercée sur cette cale, par suite de la différence des surfaces supérieure et inférieure, est suffisante pour appliquer convenablement ces pièces les unes sur les autres. ' >
- Cette machine se prête comme ensemble à toutes les dispositions usitées, on peut la construire horizontale, ou bien verticale, à cylindres debout ou à cylindres renversés, ou même inclinés.
- On peut, comme dans toutes les autres machines, employer n’importe quel procédé, pour produire une détente dans le petit cylindre à haute pression, mais nous estimons que cela n’est utile que dans les machines à condensation de grande force.
- Tous les constructeurs font des efforts continuels pour obtenir des machines dont les organes soient ramassés, de façon b contenir dans un espace restreint.
- Pour mieux résoudre cette difficile question, la même machine a été etudiee avec un autre mode de fonctionnement. Cette machine occupe peu d espace, car elle permet à la bielle motrice de venir se loger presque tout
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- entière dans les; cylindres moteurs, ainsi qu’on peut le voir à VExposition, Groupe VI, Classe 54.
- Cette disposition comporte deux cylindres à deux diamètres différents, dans lesquels manœuvrent deux pistons doubles, correspondants à ces deux dia-mètrès. La vapeur est distribuée dans ces cylindres au moyen de deux tiroirs logés dans une même boîte, lesquels glissent sur deux glaces à quatre orifices. - i.
- Pendant que la vapeur, en pleine pression, agit sur l’un des petits pistons,
- celle qui vient d’agir sur l’autre petit piston vient se détendre dans le premier grand cylindre fermé à l’échappement, où elle se rend par des conduits venus dans la fonte, qui se communiquent entre eux. Pendant ce temps, la vapeur détendue dans le 2e grand cylindre trouve libre son émission par l’orifice d’échappement, communiquant aux deux grands cylindres et débouchant dans l’atmosphère ou dans un condenseur.
- Les deux bielles sont reliées directement au milieu de la longueur des deux pistons doubles, elles oscillent dans l’intérieur de ces deux pistons, lesquels se trouvent naturellement guidés des deux côtés de l’axe d’oscillation des bielles.
- Les grands pistons sont à garnitures lubrifiantes et disposées comme un presse-étoupe ordinaire. Les deux petits pistons, au contraire, sont ajustés à frottement doux et ne portent pas de garnitures.
- Les petites fuites de vapeur, qui pourraient avoir lieu par ce piston, ne peuvent en rien nuire à la bonne marche de la machine, cette vapeur venant travailler dans le grand cylindre où s’effectue la détente.
- Cette disposition des pistons permet d’obtenir des joints étanches qui ne donnent lieu qu’à de faibles frottements.
- Comme les bielles sont toujours soumises à un effort de compression, il n’y
- Les voyageurs entre Boulogne et Calais , et entre les Etats-Unis et la France. '
- Le mouvement des voyageurs entre la j France et l’Angleterre a été, pour les ports de Boulogne et de Calais, de 45.792 pendant i le mois de juillet. Ce chiffre est un peu supérieur à celui du-mois de juin et dépasse de beaucoup celui du mois correspondant de 1877. Le nombre des voyageurs qui ontpassé j par.Boulogne est de 7.913 à l’entrée et de j 8.333 à la sortie. On a compté à Calais 15.111 passagers entrés contre 14.435 sortis.
- Il résulte encore de la statistique commu- : niquée par la chambre de commerce de Boulogne aux feuilles locales, que les recettes des douanes se sont élevées, pendant le mois : de juillet, à 741.261 fr. 40 c. pour Boulogne, 1 et pour Calais à 128.284 fr. 78 c., avec une augmentation de 121.284 fr. pour le premier de ces ports, et de 24.828 fr. pour le second, j. par rapport aux recettes du mois de juin de ! cette année.
- Quant aux Etats-Unis, \e'New-York Herald fait remarquer que le nombre des Américains partis cet été pour visiter Paris est plus considérable qu’il ne l’a jamais -été, dans aucun temps, pendant les mois de mai, juin et juillet. En 1873, année de l’Exposition universelle de Vienne, l’affluence fut beaucoup plus grande qu’elle ne l’avait encore été précédemment ; mais pourtant elle est inférieure à ce qu’on l'a vue pendant les trois derniers mois. Cependant un nombre beaucoup plus grand de steamers avait alors traversé l’Atlantique.
- On évalue à 20.000 le nombre des passagers de cabine, c’est-à-dire de lre classe, ayant pris passage pendant cette saison pour venir en France. C’est, paraît-il, un chiffre encore sans précédent.
- TRAVAUX DE PARIS.
- Les annexes du Mont-de-Piété.
- Une série de démolitions vient d’être entreprise rue des Francs-Bourgeois, à côté de l’établissement principal du Mont-de-Piété.
- Les immeubles atteints sont ceux qui portent les numéros 55 et 57 sur ladite rue, en retour sur celle des Blancs-Manteaux.
- Sur leur emplacement vont être élevés des bâtiments annexes pour l’usage du Mont-de-
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- Piété,'dont l’exiguïté et l’insuffisance sont depuis longtemps reconnues.
- L’opération actuelle et celle qui va suivre auront un autre effet heureux pour cette partie du IVe arrondissement. Elles dégageront enfin d'une manière appréciable la façade du palais des Archives nationales, qui constitue actuellement un étranglement au ' carrefour des rues des Francs-Bourgeois, du Chaume et de Rambuteau. "<
- La superficie laissée libre par les démolitions actuellement en cours peut être évaluée à 2.800 mètres environ. Il en restera au moins 2.500 de disponibles pour la construction des annexes projetées.
- Restauration de la statue de Louis XIII,
- ] sur la place des Vosges.
- !
- On vient de restaurer entièrement la magnifique statue équestre de Louis XIII qui | orne le centre delà place des Vosges, ci-devant place Royale.
- Mais en même temps, et sans que nous èn sachions le motif, on a fait disparaître les plaques d’inscription relatives à l’érection du monument.
- Les historiens de Paris ont souvent constaté | que cette inscription était plus à l’honneur de Richelieu qu’à celle du monarque, à qui cette statue avait été élevée. Il est toutefois douteux que ce soit pour en corriger le texte qu’on ait cru devoir l’enlever.
- La place Royale perd décidément peu à peu | toute sa physionomie d’autrefois. On en a ; arraché les tilleuls séculaires qui la garnissaient pour les remplacer par de petits ormeaux souffreteux.
- Ne parle-t-on pas aujourd’hui de changer la grille comme atteinte de "vétusté?
- Il ne restera plus bientôt debout que les i maisons dont l’architecture fait si agréablement diversion dans le Paris moderne, t Pourvu qu’une opération de voirie ne vienne pas les atteindre ! Le quartier du j Marais en prendrait certainement le deuil.
- LÉGISLATION ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Briquets à silex.
- L’Administration de la régie, s’appuyant sur un des paragraphes de l’article 3 de la
- a pas à craindre de martelage, ni de claquement dans les coussinets des articulations, et l’on peut, sans inconvénient, les construire en fontei
- Il résulte, de ce que nous venons d’exposer, que cette machine offre sur lesiautres lës avantages suivants :
- 1° machine très-économique, ne dépensant que la moitié de vapeur des machines ordinaires;
- 2° machine peu encombrante pouvant être établie dans un espace très-restreint; < i i,; »
- machine très-simple, ne comportant que peu d’organes et peu sujette aux dérangements et aux réparations ; 1
- 4° entretien presque nul pour*la lubrification des pièces en mouvement, frottements extrêmement réduits;
- 5° prix d’achat inférieur à celui des machines ordinaires ;
- 6° facilité de régler les pistons de façon à les rendre parfaitement étanches, sans avoir les frottements des pistons ordinaires;
- 7° durée de la machine beaucoup plus longue que celle des machines ordinaires à grande détente.
- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Nouvelle fabrication d'étoffes avec des déchets et des rebuts, par M. Rydill.
- M. Georges Rydill, de Londres, vient de prendre un brevet en Angleterre et en France pour des perfectionnements dans la fabrication des toiles double face, unies et de fantaisie, bures, couvertures, nappes, velours, etc., en utilisant les rebuts et les déchets de soie et autres tissus ou étoffes de soie tondues, déchets extraits de soie, ou chiffons de soie extraits qui contenaient une chaîne végétale de coton ou de fil de lin. Ces matières sont déchirées et transformées par une machine à chiffons ou machine à déchets de coton, dite machine Qarnett, en un duv.et de soie ou laine à carder, filer, peigner, et propre à produire des fils pour la fabrication de toiles perfectionnées, unies ou de fantaisie, bures, couvertures,, imitations de toiles cirées ou de velours à poils, couvre-pieds, jupons, etc., toiles supérieures ou autres, ayant une face tramée, laine ou lainèe, d’un côté de la pièce, et une face tramée soie de l’autre côté.
- Des pièces de toiles et tissus peuvent être faits avec une chaîne de coton ou de fil de lin ou autre végétal, ou de soie filée, alpaga, mohair, poil de chameau, poil de vache, poil de veau ou de chèvre, laine extraite, laine ou chaîne lainée, avec une face tramée soie d’un côté, soit unie’, de fantaisie ou veloutée h poils, et l’autre face en alpaga, mohair, etc., comme trame sur l’envers.
- Les pièces d’étoffes ou tissus peuvent aussi être faits avec une face de velours de soie tirée à poils, provenant de chiffons de soie ou duvet de soie ou laine, ou velours de coton tondu, et l’autre face en soie ou coton uni, de fan-
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- taisie ou h poils. Ou bien encore les pièces de toile ou étoffes peuvent être faites avec une face de soie, unie ou de fantaisie, ou en imitation de toile cirée ou de velours à poils, provenant de chiffons de soie ou duvet de soie ou laine, et l’autre face ou envers avec une trame de poil ou duvet de lapin ou de lièvre, ou laine, soie végétale, duvet, plumes, filés ou mélangés avec le duvet de soie ou laine, alpaga, mohair, etc.
- La soie de l’endroit ou de l’envers de ces pièces d’étoffes est ornementée ou à dessins, suivant les modèles ou dessins ordinaires de teinture, impression et tissage, avec trames ou chaînes teintes ou imprimées, ou trames de soie, laine ou lainages, alpaga, mohair, etc., de façon à constituer les pièces d’étoffes ou tissus unis, de fantaisie, imitation de toile cirée, velours à poils, toiles damassées ou à double face.
- On utilise aussi les chiffons de soie, duvet ou laine dans la fabrication mécanique ou manuelle de bonneteries de soie, unies, ornementées, bas de soie, pantalons, caleçons, etc., et autres articles faits sur le métier de bonneterie rectiligne ou circulaire.
- PourjDbtenir du duvet de soie ou laine, rapidement avec de grandes quantités de chiffons de soie et à peu de frais, les chiffons de soie et déchets sont d’abord nettoyés par un lavage et ils sont traités par l’acide sulfurique, muriatique ou chlorhydrique, nitrique, ou soumis à l’action de chlorures métalliques, de sulfates ou d’oxydes métalliques, chlorure d’aluminium ou alun liquides ou de leurs gaz ou vapeurs acides, pour retirer les substances végétales. Comme beaucoup de chiffons de soie contiennent une trame ou une chaîne de coton, l'extraction des substances végétales par des acides donne un beau déchet de soie, après que les acides sont retirés de la soie par un lavage à l’eau, l’ammoniaque, la potasse, l’eau de chaux, la soude caustique, le savon ou autre alcali liquide. Les eaux de rebut provenant de ce lavage acide ou alcalin servent à précipiter et à nettoyer les eaux sales extraites des chiffons de soie.
- Les chiffons ou déchets de soie, chiffons ou déchets de satin, après qu’ils ont été nettoyés à l’eau alcaline et débarrassés du coton et des substances végétales et matières étrangères, sont assortis en couleurs, classés et transformés en un duvet de soie en laine, ou duvet de satin en laine, que l’on carde, condense et file pour en faire une trame ou chaîne de soie ; ou bien l’on .carde et peigne les chiffons désagrégés et l’on file en une chaîne ou trame pour _ln fabrication d’étoffes unies, de fantaisie, imitation de toile cirée, velours à poils, pièces d’étoffes ou tissus, lesquels fils, chaîne ou trame, sont teints ou imprimés en nuances diverses, comme on le désire, avant le tissage ou en pièces.
- ....Dans certains cas, les chiffons de soie sont nettoyés et transformés en un tissu de soie et laine, sans que les fils de cotpn et les substances végétales soient retirés; puis ils sont cardés, condensés et filés en fils pour constituer des pièces d’étoffes de genre ordinaire ou autres articles textiles; et alors les substances végétales ou coton sont teintes dans les pièces d’étoffes.
- loi de 1871, ainsi conçu : « Sont considérés comme allumettes chimiques soumises à l’impôt tous les objets quelconques amorcés ou préparés de manière à pouvoir s’enflammer ou produire du feu par frottement ou par tout autre moyen que le contact direct avec une matière en combustion », a fait procéder à la saisie des briquets en acier, ainsi que des matières et ustensiles employés comme étant des similaires des allumettes chimiques et, comme tels, passibles de l'impôt.
- La question a été soumise au tribunal de la Seine, qui a déclaré que les briquets n’étaient pas prévus par la loi et échappaient à l’impôt.
- La Cour a confirmé ce jugement par ce motif que, dans un briquet, la production du feu est la manifestation d’un phénomène physique obtenu par un moyen mécanique, et non celle d’une amorce ou d’une préparation chimique due à l’industrie de la Compagnie générale ou de toute autre fabrique de produits chimiques.
- Les fabricants de briquets à pierre sont donc à l’abri de toute inquiétude, leur appareil n’est pas une contrefaçon des allumettes chimiques. (Paris, 13 mars 1878.)
- Lettre de change.
- Pour qu’un tiers porteur d'une lettre de change soit soumis aux exceptions tirées de la fraude ou du fait personnel de l’endosseur cédant, il faut qu’on établisse qu'il s’y est associé ou qu’il en a eu connaissance au moment de la cession. (Cass., 9 mars 1878.)
- Transports par chemins de fer.
- Alors même qu’un employé de chemins de fer indiquerait et recevrait un prix inférieur au prix du tarif pour le transport d’un colis, la Compagnie n’en a pas moins le droit de réclamer le payement du prix officiel. (Cassation, 20 février 1878.)
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Nouveau tissu pour le turbinage des sucres, de M. Liebermann. — Nouveau procédé de dosage pour l’extrait sec des "Vins, par M. Houdart. — Fabrication des pipes en terre, par M. J. Cloüet.— Cuisson du plâtre, et fabrication des plâtres à prise lente, par M. Ed. Landrin. — Application du téléphone à l’observation des phénomènes du magnétisme terrestre, par M. de Par-ville.
- CHRONIQUE.
- Pavillon d’exposition des eaux minérales françaises,
- au Champ-de-Mars,
- par M. Rozès-Joly.
- La plus riche collection de bouteilles et de flacons bouchés à l’émeri est bien, à coup sûr, celle qui figure sous les vitrines du pavillon des eaux minérales (classe 47, groupe V).
- Des monceaux de brochures, de notices et d’opuscules; des affiches de toutes couleurs et de toutes dimensions ; des vues photographiques de casinos, d’hôtels meublés et de sites recommandés, accompagnent cette exhibition de l’art du verrier et en font le bureau-réclame le mieux réussi de tout le Champ-de-Mars.
- Mais, disons-le bien vite, la commission dinstallation a fait tout ce quelle pouvait faire, et, comme la plus belle fille du monde, elle n’a pu donner que ce qu elle avait.
- Les grandes stations du Centre, celles du Sud-Ouest et de la chaîne des Pyrénées ; les stations secondaires des mêmes régions avec celles de la Corse et de l’Algérie ; les établissements qui naissent à peine et les bains de mer se sont contentés d’envoyer seulement leur grande publicité, leur coûteuse réclame et leurs moyens d’action sur le bon public.
- De judicieux arrangements et d’habiles dispositions ont permis, cependant, h la commission de créer, avec ces minces ressources, dans le bâtiment-type quelle a fait construire, une galerie qui n’est pas sans mérite.
- Elle intéresse parfois.
- Les patientes recherches et les savants travaux de chimistes distingués y captivent l’attention.
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Nouveau tissu pour le turbinage des sucres, de M. Liebermann.
- Les mailles de ce tissu sont quatre fois plus petites que celles des toiles ordinaires, et il possède néanmoins, malgré sa finesse, une force de résistance considérable : il a déjà subi le travail d’une campagne dans plusieurs fabriques où l’on compte- qu’il fera encore la prochaine.
- Une lettre de MM. Massignon et Dufour, de Crèvecœur (Oise), du 19 février, constate qu’avec la garniture Liebermann, ils gagnent plus du tiers du temps employé ordinairement à ces opérations, avec une économie de 3 à 5 pour 100 de sucre.
- Une autre lettre de ces messieurs du 13 juillet dit que leurs toiles sont toujours en bon état et qu’ils comptent faire encore avec, la campagne prochaine. Ces messieurs, du reste, ont modifié l’outil à ramasser le sucre d’une manière très-ingénieuse et qui assure une longue conservation à la toile.
- MM. Ad. Lefranc et C°, de Flavy-le-Martel, annoncent, en date du 26 avril dernier, avoir obtenu avec la toile Liebermann, en second et troisième jet, 32 kilogrammes et demi de sucre sur 100 kilogrammes de masse cuite, tandis qu’ils n’avaient eu que 31 kilogrammes avec la toile ordinaire; il faut donc, pour obtenir 100 kilogrammes de sucre, 307 kilogrammes de masse cuite! avec la toile Ljebermann, et 322 kilogrammes avec l’autre ; différence, 15 kilogrammes de masse cuite ou 4 kilogrammes 885 de sucre, soit près de 5 pour 100, en faveur de la nouvelle toile.
- M. Liebermann enverra une de ses garnitures de turbine à tout fabricant établi en France qui lui en fera la demande. Le montage n’exige que quelques heures, et si, après un mois d’expérience, on n’était pas satisfait, il reprendrait sa garniture sans que l’on ait rien à payer.
- Le prix de cette garniture, tissu nouveau et de soutien, est de 125 francs :
- on peut turbiner un million de kilogrammes de sucre par campagne avec trois turbines garnies de ce nouveau tissu, c’est donc 375 francs à dépenser pour réaliser un bénéfice de 30 pour 100 sur un million, soit 30.000 kilogrammes de sucre.
- Ce même tissu, mais plus fin et laminé, est bien supérieur à toutes les toiles métalliques ordinaires pour tamis dépulpeur des jus.
- Nouveau procédé de dosage pour l'extrait sec des Fms^v,
- par M. Houdart.
- Les expériences de M. Houdart ont uniquement pour objet l’examen des vins d’usage commun et de transactions courantes, tels que ceux que l’on récolte dans les départements du Gard, de l’Hérault et de l’Aude, dans le Midi, et du Cher et de 1 Indre-et-Loire, dans le Centre. Ces vins, qui représentent, en quantité, une fraction considérable de la production totale de la ‘
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- France, et qui entretiennent pour la plus large part la consommation des grandes villes, doivent être distingués, au point de vue commercial, des vins fins et sucrps, qui font l’objet de transactions toutes spéciales et dont la valeur est surtout appréciée par la dégustation. La valeur des vins communs est calculée d’après l’estimation de trois qualités : la couleur, la richesse alcoolique et l’abondance des matières extractives, c’est-à-dire des substances fixes tenues en dissolution dans le liquide.
- C’est sur la détermination de ces dernières substances que M. Houdart a surtout porté son attention. Disposant, dans la commune des Lilas (Seine), d’un magnifique chais très-bien aménagé, auquel est adjoint un laboratoire spécial de chimie que l’on peut considérer comme un modèle, exercé aux manipulations analytiques, possédant pleinement, soit par lui-même, soit par tradition, toute l’économie du commerce des vins, M. Houdart pouvait, mieux que personne, diriger ses études vers un but pratique et reconnaître, dans les faits qu’il avait observés, ceux qui étaient susceptibles d’application.
- L’expérience de Gay-Lussac, par laquelle on détermine la richesse alcoolique d’un vin, a fourni à M. Houdart le point de départ de ses recherches. On sait que cette expérience consiste à distiller un volume déterminé de vin pour en extraire l'esprit : le résidu de la distillation, nommé vinasse, contient toutes les substances fixes en dissolution dans le vin ; lorsqu’on veut déterminer le poids de ces substances, il faut poursuivre l’évaporation de la vinasse jusqu’à sec et peser le résidu. Celte opération ne peut donner des résultats exacts que lorsqu’elle est conduite avec beaucoup d’habileté et de prudence. Elle doit être soumise à des conditions de température et de durée, étudiées par M. Pasteur et, dans ces derniers temps, par MM. Gauthier et Magnier de la Source, qui ne peuvent être exécutées que par des chimistes exercés et pourvus d’un laboratoire bien outillé. Les négociants en vins ne pourraient, dans la plupart des cas, recourir à cette méthode pour déterminer la quantité de matières fixes contenue dans un vin donné. Voici le procédé plus expéditif, que propose M. Houdart.
- La vinasse est étendue d’une quantité d’eau suffisante pour reproduire le volume primitif du vin soumis à l’expérience; la densité est mesurée au moyen d’un aréomètre. Il était permis de penser que cette densité serait en rapport direct avec la quantité de matières fixes contenue dans le vin. M. Houdart a déterminé ce rapport par voie expérimentale et par plus de 600 analyses de vins du commerce courant, exécutées dans des conditions identiques et en s’entourant des précautions recommandées dans les travaux les plus récents. Ces analyses ont permis de fixer un coefficient expérimental, à peu près constant, au moyen duquel on peut transformer les indications du densimètre en indications de poids représentant la quantité de matière dissoute, de telle sorte que l’examen densimétrique, qui est très-rapide, suivi d’un calcul très-simple, permet ainsi de déterminer avec une approximation suffisante le poids de l’extrait contenu dans un vin et de se dispenser d’une longue analyse.
- Les tables de Gay-Lussac, faisant connaître les densités des liquides alcooliques de diverses richesses, ont permis à M. Houdart d’iiTlroduire dans l’exécution de son procédé une nouvelle simplification. On prend directement la densité du vin soumis à l’essai ; puis, après avoir déterminé expérimentalement le titre alcoolique, on retranche de la densité totale la densité du liquide alcoolique correspondant. On obtient ainsi la densité de la vinasse et par suite la quantité d'extrait. Ces calculs ont été faits à l’avance dans des
- On remarque les belles pétrifications du Puy-de-Dôme, les élégants coffrets qu'elles servent à monter, et le débit-buvette, balte obligée, nous aide à en voir la fin.
- Si le pavillon des eaux minérales françaises nous démontre combien sont nombreuses nos stations thermales et balnéaires, combien certaines sont riches en sources abondantes aux vertus curatives tant vantées, il nous laisse tout à fait ignorants des moyens d’application de ces richesses, de leur utilisation et des travaux qui ont amené leur conquête.
- Voilà pourquoi nous disons que le but, élevé et sérieux, que le comité organisateur s’était proposé ne sera pas atteint, l’idée noble ayant été absorbée par l'idée mercantile, le lucre ayant pris le pas sur la science.
- Et, en effet, où sont donc les représentations des admirables canalisations souterraines de nos établissements thermaux ?
- Par quoi sont indiqués les travaux de captation, si longs, si difficiles, et qui ont été si intelligemment conçus et exécutés ?
- Où se trouvent les plans de ces innombrables galeries, fidèles gardiennes de nos sources fugitives ? Dans quels cartons poudreux gisent peut-être ignorées les laborieuses études de nos ingénieurs spécialistes, parmi lesquels se couvre .tous les jours d'une gloire nouvelle notre maître à tous, M. Jules François, inspecteur général des mines?
- Comment avoir conscience des recherches et des découvertes des célébrités médicales d’autrefois ?
- Qui se douterait que les médecins distingués d’aujourd’hui, les pontifes de l’art de guérir, ont fait de si belles installations et créé les merveilles du matériel hydrothérapique? Personne, assurément, s’il n’avait pour s’instruire que la salle d’attente des Thermes de la porte Rapp. Et dans ce concours, à qui la palme? à qui le prix? A la plus grande bouteille ou au plus beau flacon?
- Néanmoins nous devons dire que tous ces reproches et ces critiques s’adressent surtout aux stations qui, pouvant donner plus de lustre et d’utilité à cette partie de l’exposition, ne l’ont pas fait.
- Ce n’était pas le moment de cacher ses richesses : quand on possède, comme le publient certains établissements, des installations, véritables modèles du genre, offrant toutes les ressources et même tous les raffinements de l'hydrothérapie moderne, les montrer est un devoir !
- Bien plus amers sont encore nos reproches
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- à l’égard des établissements qui n’ont pas répondu à l’appel du comité. Abstentions regrettables, antipatriotiques résolutions !
- A. Rozès-Joly.
- LÉGISLATION
- ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- A propos du téléphone.
- Tout le monde sait, aujourd’hui, que M. Ch. Bourseul avait inventé le téléphone dès 1854.
- L’idée du nouvel appareil est donc toute française, mais l’invention ou l’application reste la propriété du patenté américain, les lois des Etats-Unis ne permettant pas de faire annuler une patente, parce que son objet était antérieurement connu à l’étranger, s’il ne l’était pas dans les Etats-Unis. Mais comme le principe de l’invention n’appartient pas à M. Bell, un constructeur pourrait exécuter un appareil sur les indications données par M. Bourseul, mais sans toucher aux parties décrites dans la spécification américaine et lui appartenant réellement, car en ce cas, le patenté serait en droit de lui intenter une action en dommages-intérêts. Auparavant, ce dernier devrait rapporter sa patente et la modifier, en ne conservant que ce qui lui est absolument propre. C’est ce que la loi américaine appelle prendre un disclaimer.
- A ce propos, citons les articles auxquels nous faisons allusion :
- Acte pour favoriser les progrès des arts industriels et pour abroger tous les actes antérieurs sur la matière. En date du 4 juillet 1836.
- Article 7. — Après la réception de la demande, de la description et de la spécification, le paiement des taxes ayant été régulièrement effectué, le commissaire examinera ou fera examiner l’invention ou découverte prétendue nouvelle, et, si l’examen fait, il ne lui semble pas que personne autre, en ce pays, en ait jamais fait une semblable, ou que....Si enfin le commissaire juge l’in-
- vention suffisamment utile et importante, il devra délivrer une patente. Mais, lorsque, après l’examen, il paraîtra au commissaire que le pétitionnaire n’était pas le véritable et le premier auteur de la découverte ou que le perfectionnement qu’il revendiquait comme
- tables à deux entrées dressées par M. Houdart. Les densités du vin, croissant par millièmes, sont inscrites dans la colonne verticale; les titres alcooliques sont énoncés dans la colonne horizontale : à la rencontre des deux colonnes on trouve un chiffre qui représente, tous calculs et corrections faites, la quantité d’extrait contenu dans le vin. Cës tables ont pour objet d’éviter au négociant des calculs avec lesquels il n’est point familiarisé et de guider ses observations par une sorte de barème.
- *On voit, en résumé, que les longues recherches de M. Houdart ont eu pour résultat de déterminer un chiffre représentant, en moyenne, la relation qui existe entre la densité des vinasses de vin et leur richesse en matières extractives. On sera peut-être surpris que cette relation soit exprimée par un chiffre sinon constant, du moins variable entre des limites rapprochées : mais si l’on se reporte aux observations publiées par M. Pasteur, dans son célèbre mémoire sur la fermentation alcoolique, on voit que plqs du tiers et quelquefois la moitié de l’extrait est formée par la glycérine et l’acide succinique, et que, par conséquent, les extraits des différents vins présentent pour une fraction importante, une constitution uniforme. Il n’est donc pas étonnant que M. Houdart ait trouvé dans ses résultats la trace de cette uniformité relative.
- Cependant, l’emploi des chiffres moyens dans les analyses présente des inconvénients qui n’ont point échappé aux praticiens des arts chimiques, et il y aurait peut-être des réserves à faire en ce qui concerne certains vins exceptionnels qui seraient, ou très-peu riches, ou au contraire, très-riches en extrait. Ces réserves ne peuvent empêcher de reconnaître que le procédé densimétrique inventé par M. Houdart donne de bons résultats dans l’analyse des vins ordinaires de nature variée que l’on obtient dans le Bordelais, la Bourgogne, le Centre et le Midi; que ce procédé a été expérimenté avec succès dans plusieurs laboratoires, en particulier dans celui que dirige M. Gauthier, et qu’il est de nature à éclairer les transactions. En effet, dans l’état actuel des choses, les négociants apprécient la quantité d’extrait qu’ils nomment le corps du vin, par la simple dégustation. Il est à peine nécessaire d’indiquer combien ce genre d’examen est inférieur au procédé proposé par M. Houdart, et l’on comprend dès-lors l’intérêt que présentent ses recherches pour la discussion des prix et la vérification des marchandises livrées. Le dosage de l’extrait a non-seulement pour objet de servir à établir la valeur d’un vin, mais encore de déterminer le degré de stabilité de ses divers principes et, par conséquent, d’assurer le négociant contre les causes d’altération. C’est par le dosage de l’extrait comme par celui de l’alcool, que le commerçant recherche si une partie de vin qu’on lui a vendue est conforme à l'échantillon proposé. La méthode indiquée par M. Houdart est, par conséquent, de nature à fournir aux négociants en vins des éléments nouveaux d’appréciation et de discussion. Elle contribuera aussi k appeler leur attention sur certains principes constitutifs du vin dont on a trop négligé, jusqu’à présent, de tenir compte.
- {A suivre).
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- CIMENTS, CÉRAMIQUE ET VERRERIE.
- Fabrication des pipes en terre, .
- par M. J. Cloüet.
- La fabrication des pipes en terre fut jadis, à Rouen, une industrie des plus florissantes. Nombre de personnes se livraient à ce commerce à la fin du siècle dernier, et leurs produits rivalisaient avec ceux des pays les plus renommés.
- L’habitude de façonner la terre, pour la rendre apte à pouvoir brûler le tabac, est du reste fort ancienne déjà, et l’on sait qu’en dehors de la France, les Anglais, les Belges, les Hollandais, les Allemands, les Espagnols, les Turcs, les Persans, les Indiens, les Arabes, s’y livrèrent avec succès.
- Les pipes sont de formes et de nature variables, et, en ne nous occupant que des pipes en terre cuite, celles qui feront l’objet de cette communication, seront celles ordinaires, que termine un tuyau cylindrique plus ou moins long.
- *• C’est aux Portugais que l’on doit l’introduction en Europe de ce petit instrument.
- En France, la fabrication des pipes ne se fait plus guère aujourd’hui que dans les départements de l’Ailier, des Bouches-du-Rhône, de la Drôme, du Gard, du Pas-de-Calais, du Nord et de la Seine; et c’est surtout dans les villes de Dunkerque, Arras, Saint-Omer, Nîmes, Paris et Marseille, que se trouve localisée cette industrie.
- En 1771, comme le prouve l’ouvrage de Duhamel du Monceau (1), plusieurs villes du département de la Seine-Inférieure étaient au contraire réputées pour la qualité de leurs produits, qui ne graissaient pas aussi vite, au dire des fumeurs, que les meilleures pipes de Hollande (2). Rouen, Dieppe, Neufchâtel, livraient au commerce d’énormes quantités de pipes, faites avec la terre trouvée dans les environs. Cette terre est une argile pure, c’est-à-dire une variété d’alumine hydrosilicatée. Elle esi douce et onctueuse au toucher, l’insufflation de l’haleine y développe une odeur fade particulière, elle happe à la langue, et forme avec l’eau une pâte liante et tenace à laquelle on peut donner toutes sortes de formes : elle prend du retrait par la chaleur en acquérant une dureté considérable. Elle est infusible, et le plus souvent absolument blanche, mais parfois plus ou moins noire : cette coloration, due à la présence de matières organiques, est détruite par la cuisson, et n’empêche pas d’obtenir des produits d’une blancheur complète.
- Les bancs d’argile ne sont pas d’une constitution parfaitement homogène; aussi, suivant le degré de finesse de la terre, réserve-t-on celle-ci à des emplois différents : la plus grossière sert à confectionner des poteries, la
- (1) L'art de faire des pipes à fumer le tabac, par Duhamel du Monceau de l’Académie des sciences, Rouen, in-f., 1771.
- (2) La dernière personne qui, à notre connaissance, se soit livrée à celte industrie, dans notre département, est un nommé Courtois, qui fabriquait encore à Forges, il y a une trentaine d’années. Son établissement, acheté par l’Administration municipale pour y installer une maison d’école, n’a pas été réouvert.
- nouveau avait déjà été découvert ou patenté, ou décrit dans une publication américaine ou étrangère, ou que...., il en avertira le pé-
- titionnaire en lui donnant brièvement assez de renseignements pour qu’il puisse juger s’il doit renouveler sa demande ou s’il y a lieu de changer la spécification pour n’y embrasser exactement que ce qui est vraiment nouveau.
- On voit que le commissaire aurait pu refuser au pétitionnaire la patente qu’il demandait ; mais une fois accordée, il ne peut la lui retirer, il ne peut que la lui faire modifier de façon à ne lui laisser que ce qu’il a réellement inventé.
- Article 15. — Le défenseur, dans toute action de ce genre (action en dommages-intérêts), sera admis à plaider à toutes fins, à la charge de faire notifier ces défenses écrites au plaignant ou à son procureur, trente jours avant le jugement, et à arguer de cet acte et de la législation spéciale sur la matière, pour prouver que la description et la spécification déposées par le plaignant ne contiennent pas toute la vérité sur son invention ou découverte, ou que...., ou que la
- prétendue découverte avait été déjà décrite dans un ouvrage publié antérieurement à la demande du patenté, ou qu’elle était dans le
- domaine public, ou que.....; dans tous ces
- cas, s’ils sont prouvés, le jugement sera rendu au profit du défenseur avec dépens. Pourvu que, lorsque le plaignant ne soutiendra pas son action en ce sens qu’il reconnaîtra que sa spécification revendique comme nouveau plus que ce qui l’était véritablement, s’il est démontré que le défendeur a usurpé et mis à exécution la partie de l’invention qui était justement spécifiée et revendiquée comme nouvelle, il sera dans les pouvoirs de la Cour d’adjuger au plaignant tels dépens et dommages qu’elle croira convenables.
- Ainsi, tout en reconnaissant le mérite de l’inventeur américain, nous constatons que le fait d’une publication étrangère ayant donné des renseignements sur le principe d’uno invention analogue, et cela avant la prise de la patente, empêche de poursuivre un individu qui aurait construit des appareils d’après les descriptions données par cette publication.
- Droits du nu-propriétaire d'arbres fruitiers.
- On nous demande si la personne qui s’est réservé la jouissance de certains arbres frui-
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- tiers plantés sur un terrain qu’elle a vendu peut s’opposer à ce que le nu-propriétaire de ces arbres les arrache lorsqu’ils sont devenus improductifs par suite de leur vieillesse ou de certaines maladies.
- La question ne peut, à notre sens, faire de doute. L’usufruit, aux termes de la loi, cesse par suite de l’extinction de la chose. Si l'arbre ne produit plus de fruits, l’usufruit a cessé et le nu-propriétaire peut le faire arracher. A moins de stipulations spéciales, il ne peut être tenu de remplacer les arbres improductifs.
- Assurance contre l'incendie.
- Le Tribunal civil de première instance de la Seine et la Cour d’appel de Paris viennent successivement de prononcer un arrêt qu’il nous parait utile de mettre sous les yeux de nos lecteurs.
- Il a été jugé que, lorsqu’une police porte que le retard à payer la prime met l’assurance en suspens et enlève jusqu’au payement, tout droit à l’indemnité, c’est à l’assuré qui prétend que la Compagnie lui a accordé un délai à faire la preuve de cette renonciation expresse ou tacite. La remise d’un billet n’équivaut pas au paiement, le billet étant présumé pris à titre de garantie. Par conséquent, il est indispensable, en pareil cas, de se faire donner une quittance libératoire, ou tout au moins une lettre indiquant que le billet est accepté comme espèces.
- Voici les faits qui ont motivé cet arrêt :
- M. Molle est propriétaire d’une scierie mécanique qu’il assure le 10 juin 1872, moyennant une prime annuelle de 493 fr. 75, au Lloyd belge.
- Les bâtiments de son usine sont consumés par un incendie dans la nuit du 13 au 14 février 1874; M. Mollé réclame 22.919 fr. à titre d'indemnité.
- Aucune contestation ne s’élève d’abord, mais le Lloyd belge, se ravisant, oppose que l’assuré, faute par lui d’avoir payé sa prime, est déchu de tout droit.
- M. Mollé répond que, s’il était en retard, la Compagnie n’avait pas entendu résilier le contrat puisqu’elle avait accepté de lui un billet.
- Les principaux considérants de l’arrêt feront comprendre l’interprétation des juges d’appel.
- moyenne est livrée aux faïenciers, la meilleure est employée pour faire les pipes.
- En Normandie les bancs d’argile du pays de Bray semblaient tellement précieux que, par une ordonnance, Louis XIV en défendit l’exportation. L’exploitation s’en faisait à ciel ouvert dans les villages de la Bellière, le Fossé, et autres, des environs de Forges, et à Gournay ; leurs produits alimentaient les fabriques de Neufchâtel et de Dieppe. A Rouen, on utilisait les argiles de Saint-Aubin et de Belbeuf, mais au lieu d’exploiter à ciel ouvert, on avait creusé, en ces endroits, des galeries souterraines de 14 à 15 brasses de profondeur, et l’argile s’y vendait de 13 à 15 livres le muids : on n’en a jamais interdit l’exportation.
- Actuellement ces bancs d’argile sont encore utilisés, mais plus pour cette industrie; ceux du pays de Bray, affleurant jadis le sol, sont exploités maintenant à 60 mètres de profondeur, par suite de l’inclinaison des couches de terrain ; ceux de Saint-Aubin-Celloville, près Boos, de Mélamare, près Lille-bonne, et de Varengeville, fournissent aux potiers des matériaux pour la fabrication des faïences communes, car l’on ne retrouve plus de fabricants de pipes dans le département de la Seine-Inférieure.
- L’industrie que nous étudions est assez lucrative, car elle exige peu de ressources et d’appareils: il suffit, pour s’y livrer, d’avoir à sa portée une terre convenable, et cependant la fabrication n’a pas continué dans la Seine-Inférieure, alors que dans d’autres localités, on se trouve dans des conditions moins favorables. Saint-Omer, par exemple, tire sa terre des environs de Boulogne, et les maisons de Dunkerque, tantôt d’Angleterre, et tantôt d’An-denne près de Namur, en Belgique.
- Une fois en possession de la terre, lorsque l’on veut faire des pipes blanches on corroie seulement avec de l’eau, sans laver l’argile, dans le but d’ôter les gros sables, et l’on fait une pâte de consistance analogue à celle des boulangers. Si l’on veut avoir des pipes colorées, on ajoute dans ce cas à la terre, du graphite finement pulvérisé pour faire les pipes noires, comme cela se pratique à Marseille ou en Belgique, ou encore de la sanguine, également en poudre, pour donner par l’intermédiaire de l’oxyde de fer, la couleur rouge qui distingue les pipes d’Algérie, du Maroc ou du Levant.
- Quelle que soit la couleur de la pâte d’argile, pour fabriquer les pipes, un enfant prend alors une certaine quantité de matière et, ou bien roule celle-ci sur une planchette de façon à en faire un petit cylindre, ou bien, dans certaines fabriques, obtient le même résultat avec une presse à colombins, qui donne d’un seul coup un certain nombre de tuyaux.
- Chaque objet est alors repris séparément, on y ajoute une petite masse qui deviendra plus tard le fourneau de la pipe, puis on les dispose par douzaines et on les passe entre les mains de l’ouvrier.
- Chaque pièce est alors introduite dans des moules en fer ou en cuivre, formés de deux parties mobiles sur une charnière, et ayant un canal qui reçoit le tuyau. On perfore le cylindre avec une aiguille huilée que l’on laisse en place, puis après, l’on procède à la façon du fourneau, au moyen d’un mandrin en fer huilé, qui sert à aplatir l’argile contre les parois du moule, tout en creusant en godet, jusqu’à ce que l’on aperçoive l’extrémité de l’aiguille.
- On ouvre alors le moule, on coupe les rebarbes de la pâte, on répare la pièce, et on raccourcit, coude, ou enroule le tuyau, suivant les genres; puis après avoir imprimé avec une roulette la marque de fabrique, on enlève l’aiguille avec précaution et on laisse sécher les pièces à l’ombre avant de mettre au four. Un bon ouvrier peut ainsi fabriquer, en moyenne, 500 pipes
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- par jour et gagner 6 francs. Quand la dessiccation est suffisante, on arrime dans le four, en y introduisant de 3 à 5.000 pipes, et Ton cuit à un feu vif pendant un temps qui varie entre 9 et 24 heures suivant la qualité que l’on veut donner aux pipes. Celles qui sont sonores et peu cassantes, sont les plus cuites : elles sont bien plus longues à s’imbiber du liquide que produit la combustion du tabac, effet que recherchent les amateurs.
- Les principaux types ordinaires de pipes sont les suivants : il y en a avec ou sans talon au-dessous du fourneau, celles qui n’en possèdent pas portent les noms de cajottes ou capucines; les croches ont l’axe du fourneau placé à angle droit par rapport au tuyau, on en consomme bien moins que de celles à axe incliné; on nomme guinguettes celles qui ont le fourneau très-petit, et anglaises celles qui ont le talon pointu, etc. Il va sans dire que, par le moulage, on peut leur donner toutes les formes imaginables.
- Les pipes avant d’être mises en vente subissent d’autres préparations.
- Lorsqu’elles doivent être décorées, on fait, avec un émail très-fusible, auquel on peut donner toutes les nuances possibles, les dessins ou enjolivements nécessaires. Cet émail non, dangereux, est variable : tantôt il est constitué par de la silice et de la soude, tantôt par du borate de soude mélangé d’oxyde de plomb, et auxquels on ajoute des oxydes métalliques ou des ocres colorées par ces oxydes et des métaux. Le décor appliqué, on recuit légèrement pour vitrifier cet émail.
- Les pipes, dans cet état, happeraient trop aux lèvres ; pour remédier à cet «inconvénient, deux procédés sont employés. Les pipes communes sont trempées dans de l’eau qui tient un peu d’argile grasse en suspension : par imbi-bition, il se dépose à la surface une couche mince d’argile que l’on frotte, lorsqu’elle est sèche, avec une étoffe de laine, et l’on obtient ainsi un certain poli. Pour celles plus fines, on les humecte avec un liquide obtenu en faisant bouillir du savon, de la cire et de la gomme, dans de l’eau : en frottant fortement avec de la flanelle, la surface de la terre devient bien luisante.
- (.Bulletin de la Sociétié industrielle de Rouen).
- Cuisson du plâtre, et fabrication des plâtres à prise lente, par M. Ed. Landrin.
- Si l’on cuit simultanément, dit M. Ed. Landrin, dans les mêmes conditions de température, des poids égaux de plâtre en morceaux et de plâtre en poudre, dans une étuve chauffée entre 150 et 200 degrés, jusqu’à ce qu’ils aient perdu toute leur eau de cristallisation, et si l’on mélange ensuite ces plâtres finement pulvérisés, poids pour poids, avec de l’eau, on constate que le plâtre cuit en morceaux fait prise en cinq minutes, tandis que le plâtre cuit en poudre fait prise en vingt minutes, c’est-à-dire en un temps beaucoup plus long. Cette différence de propriétés est très-vraisemblablement due à l’action de la chaleur, qui s’est fait plus vivement sentir sur le plâtre en poudre : ce qui tend à le prouver, c’est qu’en cuisant plus longtemps le plâtre en morceaux, on lui communique une prise plus lente. En outre, un certain nombre de faits bien caractérisés viennent à l’appui de cette hypothèse.
- < « Considérant que le billet qui aurait payé par à-eompte la prime échue dès le 11 juin 1873, ne peut être considéré comme un paiement intégral qui aurait soldé, dès le 20 décembre, la prime échue ;
- « Qu’en effet, l’acceptation pure et simple, par la Compagnie, d’un billet, ne justifie pas la renonciation qu’elle aurait de suspendre l’assurance;
- « Que l’abandon de ce droit certain devrait être prouvé par une renonciation expresse ou tacite, ce qui n’existe pas dans la cause ;
- « Que, dans tous les cas, la preuve de la renonciation invoquée incombe au débiteur Mollé, qu’il ne fait pas cette preuve, et que dès lors, il ne peut être suppléé d’office par le juge, etc. »
- La bougie Jablochkoff en référé.
- M. Tourtin, photographe, et M. Brunet, directeur du théâtre Robert-Iloudin, ont décoré d’un éclairage électrique la façade des locaux qu’ils occupent boulevard des Italiens. Un autre appareil fut placé dans l’atelier de M. Brunet : il était destiné à remplacer le soleil pour obtenir les épreuves photographiques. On utilisa à cet effet la machine à vapeur d’un voisin, M. Richard, imprimeur.
- La lumière ne fonctionnant pas, M. Brunet s’en prit à M. Denayrouse, directeur de la Société d’électricité, qui répondit que ce n’était pas sa faute si la machine à vapeur n’était pas assez forte pour alimenter trois foyers d’électricité.
- Sur le référé introduit par MM. Tourtin et Brunet, M. le président a nommé un expert pour rechercher les causes de l’insuccès dans la production de la lumière.
- VARIÉTÉS.
- Les plus habiles constructeurs de locomotives de l univers.
- Nous lisons dans VEngineer que dernièrement, à Jackson (Michigan), aux ateliers du « Michigan Central Railway » un concours a eu lieu entre deux équipes d’ouvriers: l’objet de ce concours était l’assemblage et la mise en marche d’une locomotive dans le plus court espace de temps possible. Jusq^à présent , aux ateliers de machines de Badwin, à
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- Philadelphie, ce travail demandait de neuf à quatorze jours, avec une équipe de cinq à six hommes. Lorsque récemment, on publia que le même travail avait été accompli à Jackson par M.Stewartavecquatorze ouvriers, en vingt-cinq heures, et par M. Walter Edington et son équipe en seize heures vingt minutes, les conducteurs de la province ne se firent pas faute d'exprimer très-haut leur incrédulité. Les ouvriers de Jackson se piquèrent d’amour-propre et résolurent de dépasser, s’il se pouvait, leurs propres exploits. En conséquence de cette résolution, le 16 novembre 1877, on apporta toutes les pièces de deux locomotives neuves qui n'avaient jamais été montées; les deux chaudières étaient placées sur des chariots. A sept heures, deux équipes de quatorze ouvriers chacune, commandées, l'une par M. Robert Stewart et l’autre par M. Walter Edington, se mirent à l’œuvre. Les chaudières, soulevées par des crics, furent placés sur leurs cadres massifs, les roues de commande assujetties, les cylindres, bielles, soupapes, leviers, cheminées, boulons, etc., c'est-à-dire des milliers de pièces furent toutes mises en leur place respective. Le feu déjà allumé mit la chaudière en pression avant la fin du travail. L’équipe de Edington battit sa concurrente d’environ une minute. Le mécanicien, se tenant à sa place, donna le coup de sifflet, lâcha la vapeur; les roues de commande tournèrent, et la première machine se mit en mouvement. Quelques secondes après, l'autre, avec un strident coup de sifflet, suivit sa rivale. Les spectateurs, au nombre de deux cents environ, qui observaient chaque détail avec un grand intérêt firent éclater leurs applaudissements, auxquels les ouvriers couverts de sueur firent chaleureusement écho. Il fut constaté que le travail avait été accompli en deux heures et cinquante-cinq minutes et que les ouvriers de Jackson, s’étaient particulièrement distingués. Les deux machines furent attachées à un train d’excursion emmenant les employés et les ouvriers triomphants au « Détroit. » Les machines fournirent une course de 160 kilomètres, sans échauffer un tourillon, et leur marche fut aussi douce que si elles eussent fonctionné depuis plusieurs mois déjà. l°Les plâtres ayant déjà servi ne peuvent plus être recuits utilement, comme on l’a déjà maintes1 fois constaté. 2° Le gypse cuit à une température de plus en plus élevée perd de plus en plus son affinité pour l’eau, en conservant, toutefois, la propriété de reprendre à la longue son eau de cristallisation. 3° Le plâtre cuit au rouge et gâché à la façon ordinaire ne fait plus prise ; mais si, au lieu de le noyer dans l’eau, on le mélange avec la plus petite quantité possible de ce liquide, soit environ 33 pour cent de son poids, il fait prise en dix ou douze minutes, et, moins poreux, il devient extrêmement résistant après son durcissement. Ce fait, qui n’avait jamais été observé, explique l’action de la température élevée qui est nécessaire à la fabrication des plâtres alunés ou ciments anglais, plâtres qui, comme on le sait, possèdent au plus haut degré la propriété de faire prise lente et de devenir très-durs. 4° Pour fabriquer directement des plâtres à mouler ou à prise relativement lente, il faut non-seulement les cuire pendant un temps suffisant pour les déshydrater complètement, mais encore prolonger assez longtemps l’action de la chaleur pour que les molécules perdent une partie de leur affinité pour l’eau. C’est ce qu’on réalise depuis longtemps, dans l’industrie, au moyen du four à boulanger. On vient de lire quelle était la condition indispensable pour obtenir directement des plâtres à prise lente; il résulte encore des expériences de M. Landrin qu’on peut arriver au même résultat d’une tout autre façon. Si l’on fait cuire du plâtre pendant un temps suffisamment court pour qu’il contienne environ 7 à 8 pour cent d’eau, ce plâtre ne peut être employé, car il fait prise presque instantanément. Si l’on prolonge ensuite l’action de la température, il perd ses deux équivalents d’eau, et si, enfin, on le laisse exposé à l’air, il reprend d’abord très-rapidement son eau de cristallisation ; puis l’absorption ne se fait plus qu’avec une excessive lenteur. L’exposition à l’air et l’absorption de la vapeur d’eau modifient donc leâ-qualités du plâtre, et l’on peut arriver ainsi à ce singulier résultat : deux échantillons de plâtre ayant la même teneur en eau, obtenus, il est vrai, dans des conditions diverses, se comportent très-différemment avec l’eau :l’un fait prise rapidement, alors que l’autre a une prise lente. Au reste, en analysant un très-grand nombre de plâtres à mouler du commerce, M. Landrin a toujours trouvé qu’ils contenaient 7 à 8 pour cent d’eau, c’est-à-dire qu’ils étaient tous dans les mêmes conditions d’hydratation. Il résulte aussi de ces faits que c’est une opinion fausse d’admettre, comme on l’a fait jusqu’à présent, que le plâtre s’évente en peu de temps : ses propriétés se modifient, cela n’est pas douteux, mais elles tendent plutôt à s’améliorer. L’auteur pense même que les constructeurs auraient intérêt à employer ces plâtres à prise lente, qui pourraient être gâchés avec beaucoup moins d’eau, et qui, par suite, donneraient de bien meilleurs enduits.
- Application de l’électricité à la photographie.
- On a remarqué qu’en électrisant positivement les plaques de verre dont se servent les photographes, le collodion se détache de lui-
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- INSTRUMENTS DE PRECISION, ASTRONOMIE ET HORLOGERIE.
- même. Nous reviendrons sur cette application aussi inattendue qu’intéressante.
- Application du téléphone à l'observation des phénomènes du magnétisme terrestre,
- par M. de Parville.
- M. de Parville vient d’imaginer une nouvelle application du téléphone qui semble présenter quelque intérêt. Il s’agit de la possibilité, que le téléphone peut donner, de déterminer exactement la position du méridien magnétique, c’est-à-dire la véritable direction de l'aiguille aimantée.
- On prendrait pour cela un téléphone Bell, dont le noyau magnétique serait constitué par une tige de fer de 1 mètre de longueur et qui serait soutenue par une suspension à la Cardan, sous un angle d’inclinaison voisin de celui donné par la boussole d’inclinaison. Sous l’influence du magnétisme terrestre, cette tige s’aimantera, et le téléphone pourra transmettre les bruits produits par un vibrateur quelconque placé dans le voisinage de son embouchure. Ces bruits seront naturellement d’autant plus forts que l’aimantation du barreau de fer sera plus énergique, et si on tourne le téléphone autour de l’horizon en conservant au barreau la même inclinaison, les sons transmis dans le téléphone de réception seront maxima quand l’axe du barreau sera dans le plan du méridien magnétique et minima quand il en sera à 90°. On pourra donc, par la direction qu’occupera cet axe au moment où les sons ne seront plus entendus du tout, reconnaître la direction exacte de la ligne nord-sud de l’aiguille aimantée, car elle sera donnée par la perpendiculaire à la ligne suivant laquelle est dirigé l’axe du barreau de fer en ce moment.
- On comprend qu’avec ce système, l’influence des masses de fer qui troublent d’une manière si sensible la direction de l’aiguille aimantée sur les navires en fer, serait alors à peu près nulle, et l’on pourrait obtenir ainsi une orientation plus exacte de la boussole.
- Le même procédé permettrait d’apprécier et de mesurer les variations du magnétisme terrestre.
- M. de Parville n’a pas, il est vrai, expérimenté ce système, mais les expériences faites par M. Blake permettent de croire qu’il pourrait être utilement appliqué. Voici, en effet, ce que nous lisons dans le mémoire de M. Bell :
- « Une expérience très-intéressante a été faite par le professeur Blake avec un téléphone dont le barreau aimanté était remplacé par une tige de fer doux de six pieds de longueur. Ce téléphone, étant réuni électriquement à un téléphone ordinaire, reproduisait très-bien les sons émis dans ce dernier; mais leur intensité variait suivant la direction que l’on donnait à la tige de fer, et le maximum correspondait à la position de la tige dans le méridien magnétique. »
- Le câble télégraphique de la Corse.
- Le Journal de la Corse annonce que le câble télégraphique direct qui relie la Corse au continent français a été lancé, ces jours derniers, entre Antibes et Saint-Florent. L’opération a parfaitement réussi, et dès que les travaux d’installation seront achevés, ce qui ne peut tarder, le câble sera livré à la télégraphie privée.
- ACCIDENTS.
- On mande d’Airolo, 23 septembre : trois caisses de poudre de mine ont fait explosion dans le tunnel du Saint-Gothard. Dix ouvriers ont été tués. Un grand nombre ont été blessés, dont quelques-uns grièvement.
- Le pont métallique de Miramont, près de Saint-Gaudens, s’est effondré ce matin.
- Cinq ou six ouvriers ont été blessés.
- Un terrible accident, dont les causes sont encore inconnues, est arrivé dimanche, à dix heures et demie du matin, sur le puits Saint-Amédée, appartenant à la compagnie des mines de Blanzy, et situé au hameau du Mont-maillot, commune de Sanvignes.
- Une machine électrique servant à faire partir la dynamite employée à la perforation du puits a déterminé l’explosion d’une boite de dynamite du poids d’environ 2 kilogrammes, qui avait été placée près de la porte de la machine. Le hangar sous lequel était la machine a volé en éclats et le toit s’est effondré. Neuf ouvriers, qui se trouvaient soit près de la machine, soit aux abords, ont été atteints : deux d’entre eux sont morts et les sept autres plus ou moins grièvement blessés.
- Les trois médecins de la compagnie et M. le docteur Jeannin, maire de Montceau, se sont aussitôt transportés sur les lieux où, dit le Courrier de Saône-et-Loire, ils ont donné aux blessés les premiers soins nécessaires : ensuite, morts et blessés ont été transportés à l’hôpital des Mines à Montceau.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SÀILLARD.
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- N° 40. — o Octobre 1878.—XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Nouveau procédé de dosage pour l’extrait sec des Vins, par M. Houdarl. — Arrache-bet-teraves, de M. P. Olivier-Lecq. — Note sur le pouvoir éclairant comparatif de la bougie, de l'huile et du gaz, par M. Darcel.— Sur les pipes qui se culottent d’elles-mêmes, par M. J. Cloüet. — Filtres pour la purification de l’eau, de MM. E. Johnson el J. Robey.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur le sucre, par M. Vivien,
- au Trooadéro.
- Trop étroite s’est trouvée la salle des conférences pour entendre M. Vivien.
- Le sujet, très-intéressant d’ailleurs, ne pouvait manquer d’attirer un nombreux auditoire. Il allait être question d’un de nos principaux produits alimentaires : du sucre de betteraves.
- M. Vivien débute par l’historique suivant : c’est Olivier de Serres qui, le premier en 1G50, signala la présence du sucre- dans la betterave. Après lui, Margraaf, professeur à l’Institut de Berlin, constata le même fait en annonçant, cette fois, que le sucre était cris-tallisable. On se contenta de ces indications ; on n’alla pas plus loin.
- En 1796, Achard, d'origine française, mais né en Prusse, fabrique du sucre en Allemagne et, grâce à la munificence royale d’alors, deux fabriques très-importantes s’établissent en Silésie ; la fabrication s’y développe, s’y perfectionne même au point de livrer le sucre à la consommation au prix de 3 fr,50 la livre.
- L’Allemagne, toujours sous l’action bienfaisante de son gouvernement, se couvre d'usines et devient le centre de la grande fabrication européenne.
- Le blocus continental ferme tous les ports : plus de sucre en France : les savants se mettent à l’œuvre et Chaptal vient un jour annoncer à l’Empereur que Benjamin Deles-sert a fabriqué du sucre dans son usine de Passy.
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Nouveau procédé de dosage pour l'extrait sec des Vins,
- par M. Houdart.
- [Suite).
- Pendant longtemps on n’a vu dans le vin qu’une liqueur alcoolique, n’exerçant d’autres effets sur notre organisation que ceux des excitants : mais on sait aujourd’hui, depuis les belles recherches que nous avons déjà citées, que le vin est un véritable aliment grâce aux substances nutritives qui constituent l’extrait; il importe donc d’apprendre au négociant à estimer la valeur de ces substances, à comparer les proportions diverses qu’on en rencontre dans les différents vins et, par suite, à établir un prix reposant sur une base sérieuse.
- Tels sont les services que M. Houdart aura rendus au commerce des vins : nous^ croyons que la méthode aréométrique qu’il a inventée peut aussi être utile à l’agriculture.
- On sait que, depuis une quinzaine d’années, les grands propriétaires de vignobles du Midi ont substitué pour la vente de leur récolte, le pesage des vins au mesurage, en. vue d’éviter les difficultés presque insurmontables que présentait cette dernière Opération.
- Ces difficultés tiennent à deux causes : en premier lieu, à la disproportion entre le volume des mesures maniables et le volume du liquide à mesurer dans des pays où la production atteint le chiffre élevé de 250 hectolitres à l’hectare; et, en second lieu, à la forme même des mesures. Les mesures pour liquides sont, en effet, construites de telle sorte qu’elles doivent être remplies ras de bord et qu’elles ne doivent être maniées lorsqu’elles sont pleines, sans entraîner des pertes par déversement. Divers inventeurs ont proposé de les munir de rebords ou autres dispositifs destinés à éviter ces inconvénients ; mais les modèles présentés ont été jusqu’à présent rejetés par l’administration, comme s’écartant de la figure géométrique si simple, si correcte, qui a été imposée aux mesures pour liquides par l’ordonnance royale de 1839.
- Par ces causes les propriétaires étaient autrefois obligés, dans les pays de grande production, d’adopter pour le mesurage, et vis-à-vis du marchand acheteur, une série de conventions destinées à rendre ce mesurage praticable, mais qui étaient toutes au détriment de l’exactitude. De là naissaient des difficultés entre parties, suivies de contre-mesurages qui donnaient rarement des résultats identiques avec ceux obtenus dans la première opération et qui conduisaient à de fâcheux débats devant les tribunaux. Préoccupée de cet état de choses, la Société d’agriculture de l’Hérault chargea, en 1862, une Commission, choisie dans son sein, d’étudier la question du pesage des vins : le rapport de cette Commission, présenté par M. Camille Saint-Pierre, nous fait connaître que la densité des vins du Midi est comprise entre des limites telles que 1.000 litres de vin pèsent de 991 à 999 kilogrammes. Malgré l’écart qui sépare ces chiffres, la Commission admet que la densité du vin étant peu éloignée de celle de l’eau, on peut, sans erreur sensible, transformer directement le poids en volume. Cette doctrine a prévalu dans
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- le Midi, et le pesage des vins s’y est généralisé sur cette base ; mais, ainsi qu’on vient de le voir, elle n’est pas la représentation exacte de la vérité. Les longues recherches de M. Houdarl, portant sur des échantillons de toute provenance, confirment les chiffres produits par la Commission de l’Hérault et prouvent que la densité des vins varie depuis 0,991 jusqu’à la densité de l’eau; pour un grand nombre d’échantillons, la densité est 0,993, ce qui donne pourl 000 kilogrammes un volume de 1.007 litres. Par conséquent, en prenant comme on le fait dans l’Hérault la densité du vin comme égale à la densité de l’eau, on commet, dans bien des cas, une erreur par défaut de près de 1 litre par hectolitre. Cette erreur pourrait être évitée par l’usage du densimètre que M. Houdart a fait construire par M. Saüeron en vue des essais sur les vins. Cet instrument, très-bien conçu et très-bien approprié à l’usage auquel il est destiné, permet de déterminer en quelques instants la densité du vin, par conséquent de transformer le poids en volume. C’est ainsi que M. Houdart a supprimé le mesurage et l’a remplacé avec succès par le pesage dans le vaste chais qu’il dirige et dans lequel on entrepose annuellement une quantité de 30 ou 40.000 hectolitres. Les propriétaires du Midi qui seront assez heureux pour protéger leurs vignes contre le fléau qui les menace actuellement, emploieront certainement le densimètre de M. Houdart, lorsque l’élévation des prix rendra sensibles des erreurs que l’on peut négliger actuellement, et ils trouveront avantage à substituer une méthode exacte à un moyen d’approximation.
- Arrache-betteraves de M. P. Olivier-Lecq.
- Cet instrument, breveté en France et à l’étranger, et représenté dans la figure 64, doit être signalé aux fabricants de sucre et aux cultivateurs de betteraves comme un auxiliaire dont on peut attendre les plus grands secours. Il permet, en effet, d’arracher avec toute facilité les betteraves les plus raci-neuses. Or, il n’est pas un agriculteur qui n’ait eu quelques pièces de betteraves racineuses et qui ne connaisse les difficultés d’arrachage que cette forme des racines fait naître. Les deux pointes de la charrue représentée par le dessin ci-contre sont enfoncées à 10 ou 12 centimètres de profondeur; l’extrémité de la fourche est au niveau du sol : les deux pointes soulèvent donc une couche de terre de 10 ou 12 centimètres d’épaisseur, suivant la longueur et la forme des racines, et de 17 centimètres environ de largeur. L’instrument étant en marche, les pointes font l’effet d’un levier et soulèvent la couche de terre qui entoure la betterave; celle-ci est soulevée, puis retombe légèrement inclinée dans lé* sens de la ligne, et tout en conservant son extrémité dans le sol. Le défoncement est presque nul : 10 à 12 centimètres sur 18 de largeur pour des lignes de 45 centimètres; les racines ne risquent jamais d’être blessées, à cause de l’enveloppe de terre soulevée avec elles, qui les protège.
- Les avantages principaux de l’arrache-betterave sont : rapidité du travail, récolte plus abondante; car l’instrument faisant beaucoup de besogne permet d’arracher plus tard ; le sol n’est pas défoncé ; la traction est faible;- les frais d’arrachage sont beaucoup moindres ; la betterave n’est pas blessée. M. P. Olivier-Lecq, producteur de graines de betteraves à Templeuve, près Lille
- Sans perdre un instant, l’Empereur se rend chez Benjamin Delessert, admire sa découverte, le félicite et, avant de se retirer, le nomme chevalier de la Légion-d’Honneur.
- Quelques jours après, un décret ordonnait : la création immédiate d’une école pour la fabrication des sucres; l’établissement de nombreuses fabriques dans le Nord, le Centre, le Midi et l’Est de la France; et en outre l’installation de quatre fabriques impériales.
- Ce même décret, désignant les points d’installation de ces usines, de Douai à Castel-naudary, ordonnait aussi que cent mille arpents métriques seraient consacrés à la culture de la betterave. Mais le blocus finit et avec lui la prospérité des usines françaises : le sucre des colonies fit irruption; la plupart des fabriques ne purent lutter ; elles s’écroulèrent.
- Qu’est-ce que le sucre?
- M. Vivien va nous l’apprendre.
- C’est une combinaison dans certaines proportions, de carbone et d’eau.
- Ainsi, 42k,1 de carbone et 57k,9 d’eau donnent 100 k. de sucre.
- Mais, est-ce à dire que connaissant la composition de ce corps il soit facile de le reconstituer avec les mêmes éléments pris dans les mêmes proportions? Malheureusement, non : rien de plus difficile que la synthèse du sucre, et nous n’en sommes pas encore arrivés là.
- La betterave ne jouit pas seule de la propriété de fournir du sucre : cette substance, dit M. Vivien, se trouve dans la sève de la plupart des arbres, dans les sucs de diverses plantes, dans leurs racines, dans les graines et dans les fruits.
- Seconde question : comment le sucre se forme-t-il ?
- Sur ce point, tout le monde n’est pas entièrement d’accord.
- D’aucuns supposent que l’absorption de l’acide carbonique de l’air, par les feuilles, procure le carbone nécessaire à la formation du sucre dans la plante.
- D’autres, au contraire, que les racines lui servent de véhicule.
- Pour admettre la première hypothèse, car tout est hypothétique dans la formation du sucre, il faudrait pourvoir à une consommation de 2060 milliards de mètres cubes d’acide carbonique absorbés par la plante, ce qui n’est guère possible : et, quand on saura que l’acide carbonique est répandu en abondance dans le sol et que l’atmosphère souterraine est beaucoup plus riche en ce gaz que
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- l’atmosplière aérienne, s’il est une hypothèse admissible, ce sera bien la seconde.
- Les proportions déjà établies pour la composition de la matière sucrée de la betterave se retrouvent encore et à quelque chose près, dans celle reconnue dans d’autres plantes.
- C’est ainsi, par exemple, que dans la pomme de terre on trouve pour 100 k. de matière sucrée : 44 k,45 de carbone et 55 k,55 d’eau.
- . Après ces quelques indications, touchant la composition chimique du sucre et sa formation, M. Vivien passe à son extraction de la betterave.
- La betterave contient :
- Eau....................... 86 p. 100
- Sucre.......................10 —
- Cellulose................... 4 —
- et voici comment on obtient le sucre.
- On soumet d’abord la betterave au lavage pour la débarrasser des matières terreuses qui l’environnent. Ici, la description, à vol d’oiseau, des différents appareils laveurs, accompagnés de l’épierreur Collas, seul modèle qui figure à l’Exposition universelle et construit par MM. Lecoinle et Villette, de Saint-Quentin.
- Cet appareil a pour but, comme l’indique son nom, d’enlever les pierres qui sont adhérentes à la betterave et que le simple lavage ne pourrait détacher. La différence de densité des deux corps fait que les pierres tombent au fond de la cuve du laveur et que les betteraves nagent dans le liquide.
- Ainsi préparées, on livre les betteraves au râpage. Les râpes, instruments si délicats et dont la conservation est due aujourd’hui à l’épierreur, déchirent la racine et la réduisent à l’état de pressin.
- Ce pressin, soumis à la plus grande pression, donnera le jus de betterave.
- L’extraction du jus se pratique à l’aide de plusieurs méthodes, mais dont les plus pratiques et surtout les plus intéressantes sont basées sur les phénomènes de diffusion et d’osmose.
- Si l’on prend un verre d’eau, qu’on y verse doucement du vin, jusqu’à obtenir à la surface une tranche de liquide bien déterminée-et que l’on place ce verre dans un milieu immuable, on remarque, au bout d’un certain temps, que toute la masse liquide s’est colorée et que dans n’importe quelle couche considérée, on trouve un liquide ayant les mêmes proportions en eau et en vin; on ditque le vin s’est diffusé dans la masse ; tel est le phénomène de la diffusion.
- D’un autre côté, si l’on prend un ballon
- (Nord), fait construire trois modèles de l’arrache-belteraves; l’un coûte 170 francs, l’autre 185 francs, le troisième 200 francs.
- L’instrument a déjà fait ses preuves, et son inventeur a obtenu une médaille d’or de la Société des Agriculteurs de France, ainsi que le 1er prix au concours de Gompiègne, en octobre 1877.
- Fig. 61.
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- Note sur le pouvoir éclairant comparatif de la bougie, de l'huile et du gaz,
- par M. Darcel.
- Si nous considérons les matières d’une qualité moyenne, le plus fréquemment employées pour l'éclairage, consommées sous le volume et avec des appareils permettant une bonne utilisation, nous trouvons que la même quantité de lumière produite par heure représente les dépenses suivantes :
- (Voir le Tableau à la page suivante).
- Sauf pour le gaz. qui présente des écarts excessifs de 15 à 50 centimes par mètre cube, les prix moyens que nous indiquons varient peu en France d’une localité à une autre, en dehors des droits d'octroi. Mais il ne faudrait pas conclure que tous ces prix sont applicables à l’étranger ; ainsi à Anvers le kilogramme d’huile de pétrole épurée vaut, en gros, 30 centimes, lorsque les droits l’élèvent, au détail, en France à 85 ou 90 centimes.
- On voit, qu’en ne tenant compte que de la matière brûlée, sans s’occuper des frais nécessités par les soins et l’entretien à donner à la lampe, le gaz sera aussi avantageux que le pétrole, s’il est vendu 35 centimes le mètre cube, et que l’huile de colza, s’il est vendu 48 centimes. Cependant nous verrons que ces proportions peuvent être modifiées suivant la grosseur des
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- POIDS BRUL par heure. PRIX MOYE de l’unité. PRIX par heurr de la ornière prodi INTENSITÉ de la umière prod PRIX PAR HE pour ne intensité à celle d’un bec Ber rùlant 100 de gaz à l’hei
- » X)
- gr. fr. fr.
- Bougie stéarique (Etoile lr« qualité) 10.0 0 003 0.03 0.125 0.24
- / Bec brûlant 16.5 0.0012 0 02 0 22 0.09
- Huile 1 Bec d’Argand de colza. ) demi-noir. 31.0 Id. 0.037 0 66 0.056
- f Bec d’Argand l en blanc. 40 0 Id. 0.048 1.0 0.048
- Huile-
- de pétroles Bec moyen. 32.0 0.0009 0.029 0.82 0 035
- épurée. (
- / Bec d’Argand Gaz l à 20 trous H* J dit Bengel. litres. 110 » » 1.0 »
- 1 Bec à fente
- houille, f de 0,6 140 » )) 1.1 »
- \ de millimètre.
- Observations. — Un bec brûle en noir lorsque le niveau de l’huile arrive à peine à celui du bec (comme dans les quinquets), alors la mèche est noire dès le bec.
- Le bec brûle en blanc lorsque l’huile afflue avec assez de force pour dépasser le niveau du bec (lampe modérateur et Carcel), alors la mèche reste blanche sur quelques millimètres entre le bec et la naissance de la flamme. Le bec d’Argand est le bec à mèche ronde et par conséquent avec double courant d’air, l’un intérieur, l’autre extérieur, courants activés par une cheminée en verre.
- becs. D’un autre côté, on ne doit pas envisager le prix de revient du chef du combustible seul : on doit tenir compte du prix des appareils, de la main-d’œuvre, de l’entretien, ainsi que des avantages et inconvénients que présente chaque système d’éclairage.
- 1° Bougie et huile de colza.
- Les bougies et les lampes h huile ont l’avantage de pouvoir être changées de place suivant les besoins de chaque instant, et de procurer une lumière douce, ne développant pas autant de chaleur que le gaz (1). Les bougies et l’huile de colza conviennent essentiellement à l’éclairage intérieur des habitations, surtout des pièces de luxe comme les chambres, les salons, les salles à manger, où l’on change souvent la place des foyers lumineux, et où l’on redoute l’odeur des huiles de pétrole et de schiste qu’on relègue généralement dans les parties très-aérées comme les couloirs, les escaliers de service, les cours, etc. Les bougies n’ont pas besoin d’être mouchées, mais il n’en est pas de même des lampes à huile de colza. Les lampes Carcel et modérateur peuvent, à la condition d’être remontées et d’avoir des mèches non éventées, marcher pendant cinq à six heures sans perdre sensiblement de leur pouvoir éclairant; mais les lampes brûlant en noir ou en demi-noir donnent de moins bons résultats.
- Voici, de deux heures en deux heures, la consommation et le pouvoir éclairant de becs plats et de becs d'Argand, système Bordier :
- (1) Clegg prétend qu’à égalité de lumière l'huile produit autant de chaleur que le gaz, et que la croyance contraire vient de ce que généralement on s’éclaire davantage quand on emploie le gaz. Il se trompe, ainsi qu’on peut s’en rendre compte en calculant, d’après le tableau des puissances calorifiques de Duiong, la chaleur développée par 100 litres d’un gaz de composition connue et la comparant à celle que dégagent 40 grammes d’huile. Ainsi, pour le gaz provenant du charbon de Newcastle dont la composition moyenne est donnée plus loin, et en ayant égard à ce que 3ro,,87 de gaz lourd représentent 7™>,6 de gaz oléfiant, on trouve que la chaleur produite par le gaz est à celle que développe une Carcel dans le rapport de 3 à 2 ou de 612 unités de chaleur à 392.
- rempli d’un liquide sucré, par exemple, et solidement bouché, puis qu’on le plonge dans un baquet d’eau, on voit le liquide sucré sortir du ballon, se répandre dans le baquet et l’eau prendre vivement la place du liquide renfermé dans le ballon. C’est le phénomène de Vomose dont l’explication, nous avoue M. Vivien, est des plus difficiles.
- Ces phénomènes établis : on divisera la betterave en petites cossettes de 7 à 8 millimètres de longueur et de 1 millimètre à 1 millimètre et demi d’épaisseur; cette masse semi-liquide, sera placée dans un diffuseur, puis on y fera arriver de l’eau chaude et le sucre sortira de l’appareil et se répandra dans l’eau.
- Indépendamment de cette méthode, due aux intelligents efforts de Ferdinand Poiré et qui a remplacé en France celle de Mathieu de Dombasle où elle apparut à peine et sans succès, on se sert pour l’extraction des jus, de presses continues dont les modèles figurent en grand nombre à l’Exposition, et M. Vivien de nous citer : la presse Champonnois, première presse pratique qui ait vu le jour, et à la suite celles de MM. Cuveillé, Pierron, Poche, Aymon, etc., etc. ; le conférencier décrit succinctement celle de MM. Manuel et Soçin, et fait.remarquer en passant celle de M. Tissot.
- Le jus extrait, il s’agit de l’épurer.
- Cette opération a lieu au moyen des appareils épulpeurs de MM. Marîotte frères, de Saint-Quentin, de MM.. Mesnard et Cail et des procédés de M. Linard.
- Le conférencier s’arrête un instant sur le nom de ce dernier qui, par ses travaux et ses applications a fait faire de si grands progrès à l’industrie du sucre ; il nous parle de ce procédé si ingénieux, si pratique et si économique qui consiste à récueillir, dans un réservoir commun, les jus de plusieurs ràpe-ries, installées en pleine culture, et de l’envoyer tout chaulé, à l’usine centrale au moyen de pompes puissantes et d’une canalisation souterraine.
- C’est dans cette usine qu’il va subir le traitement de l’épuration.
- L’épuration a pour but de précipiter les matières impures et de ne conserver que le jus sucré ou bien de précipiter le sucre sous forme de corps solide.
- Avant, le jus arrivait dans une chaudière chauffée à 90° ; on chaulait, on brassait et on continuait à chauffer ; un chapeau d’écume se formait au dessus de la chaudière ; on l’enlevait, on décantait et on obtenait
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- ainsi la séparation du jus sucré et des matières impures.
- Aujourd’hui l’opération se passe plus vite et plus complètement grâce aux procédés de défécation et de saturation par la double carbonatation, dont M. Rousseau a fait l’heureuse application.
- La filtration des jus sur le noir animal leur enlève aussi les matières impures.
- Ainsi épuré, le jus demande à être concentré.
- Les appareils que l’on voit figurer à l’Exposition, dits appareils à triple effet, servent à cette opération.
- Ceux de la maison Cail, ceux de l’Exposition hollandaise, si simplifiés, au point de vue de la tuyauterie, arrêtent quelques instants le conférencier qui se complaît à leur description ; il cite aussi ceux sortant des ateliers de construction de la Compagnie de Fives-Lille ; mais il oublie de les présenter à son auditoire avec leurs avantages particuliers, leurs ingénieuses dispositions et d’appuyer surtout sur celle qui rend facile le travail à double effet de la première chaudière avec l’une quelconque des deux autres et permet de faire sans arrêt le nettoyage des deux dernières.
- M. Vivien ne nous en voudra pas, à coup sûr, d’avoir relevé cet oubli ; nous connaissons le savant professeur trop soueieux des progrès réalisés dans le matériel sucrier et de son amélioration pour qu’il en soit autrement.
- Après sa concentration, continue M. Vivien, il ne reste plus qu’à cuire le sirop.
- Pendant longtemps la cuite se faisait à l’air libre, dans de simples chaudières ; maintenant elle a lieu à la vapeur et dans le vide.
- Certains indices physiques indiquent la fin de cette opération et parmi ceux-là, M. Vivien nous cite le suivant : si l’on trempe le pouce et l’index dans le sirop et que, en écartant les doigts, les deux gouttelettes soient reliées par un filament, la cuite peut être considérée comme arrivée à point, et si à ce moment on introduit dans cetto masse de sirop une certaine quantité d’autre sirop, le phénomène de la cristallisation s’opère immédiatement.
- En cet état, le sucre n’est pas convenablement pur pour être consommé, il renferme encore les mélasses.
- Pour l’en débarrasser, on le met dans des turbines animées d’un mouvement très-rapide ; ces appareils, dont on peut voir des
- I. — Becs plats Lèvent : mèches de 20 millimètres de largeur; hauteur de mèche, 5 millimètres.
- HEURES. HUILE BRÛLÉE par .heure. POUVOIR éclairant. OBSERVATIONS.
- A l’allumage grammes. 16,0 0,20 0,22
- Après 2 heures 16,5
- — 4 — 15,0 0,19
- — 6 — 13,5 0,15
- - 8 — 11,0 0,13
- — 10 — » » Charbonne, la lumière
- diminue rapidement.
- II. — Bec Bordier : mèche ronde ayant 27 millimètres de largeur lorsqu'elle est aplatie ; hauteur de mèche, 5 millimètres.
- HEURES. CONSOMMATION par heure. POUVOIR éclairant. OBSERVATIONS.
- A l’allumage grammes. 31 0,66
- Après 2 heures 30 0,65
- — 4 — 26 0,50
- — 6 — 2t 0,35 ‘
- — 8 — •. . 18 0,25
- — 10 — » )) Charbonne.
- D’où il résulte que, pour l’éclairage public, les lampes h l’huile de colza ont de grands inconvénients, surtout lors des longues nuits d’hiver pendant lesquelles il conviendrait de moucher plusieurs fois les mèches, ce qui est difficile k obtenir et coûte fort cher.
- Un éclairage public k l’huile végétale conduit d’ailleurs, en dehors de l’huile consommée, k des dépenses importantes. Outre l’appareil qui coûte, non compris la lanterne, 22 francs pour les becs plats avec double réflecteur, 20 francs pour les becs Bordier sans réflecteurs, et 40 francs avec double réflecteur, on doit compter le service d’entretien. On n’est plus dans une maison où les quelques lampes sont préparées par les domestiques et où celte dépense entre dans les frais généraux.du ménage: il faut un personnel organisé pour entretenir, préparer les lampes, les allumer, les éteindre. A Paris, les prix payés sont les suivants, passibles d’un rabais de 16,90 pour cent :
- 1° Par jour, entretien et allumage des appareils sur la voie publique. . . 0 fr, 20
- Dans les établissements municipaux........................................0 , 06
- 2° Pour fourniture de mèches et huile (octroi et douanes compris).
- Bec plat Lèvent pour chacune des cinq premières heures....................0 , 022
- — par heure suivante......................................0 , 018
- Bec Bordier, par heure, pendant les cinq premières........................0 , 042
- — par heure suivante.......................'........................0 , 030
- On suppose que la consommation moyenne par heure est respectivement de 15, 12, 28 et 20 grammes avec un pouvoir éclairant de 0,18, 0,14, 0,55, 0,4 de lampe Carcel. Pour obtenir ce pouvoir éclairant, on admet que les lampes doivent être mouchées au moins une fois dans les longues nuits.
- On voit qu’en supposant une moyenne de dix heures d’éclairage, chaque bec de la voiejpublique revient par jour : les plats k 0 fr,2o donnant 0,16 de Carcel; les ronds k 0 fr,47 donnant 0,47 de Carcel. Dans les villes où l’éclairage au gaz est payé le plus cher par la municipalité, l’entretien vaut environ
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- 0 fr,04 par jour, et le gaz 0 fr,20 le mètre cube, ce qui donne, pour un bec usant 140 litres à l'heure et produisant une lumière delGarcel,10, une dépense de 0 fr,32.
- A Paris, l’éclairage à l’huile n’est employé qu’en becs isolés dans les quartiers excentriques où la canalisation du gaz n’existe pas. Il est possible que, dans une petite ville où les becs seraient plus réunis, l’éclairage puisse être traité à des conditions moins élevées.
- La modicité du prix d’entretien des becs à huile dans les établissements publics vient de ce qu’en général le personnel de ces établissements préfère allumer et éteindre lui-même les lampes à l’heure qu’il lui plaît, et les soigner. L’entrepreneur n’a plus alors qu’à renouveler de temps en temps la provision d’huiles et de mèches.
- 2° Huile de pétrole.
- Les huiles de pétrole et de schiste donnent une flamme beaucoup plus constante que l'huile de colza, la mèche ne brûlant pas et ne servant qu’à aspirer le liquide par capillarité sans arriver jusqu’à la flamme. Il faut cependant, pour obtenir ce résultat, que le récipient du liquide soit large et peu haut, afin d’éviter de trop grandes différences de niveau. Ces huiles, quoiqu’elles donnent quelquefois une flamme fuligineuse, conviennent donc mieux que celles-là de l’éclairage extérieur et public. L’odeur, comme nous l’avons dit, surtout pour l'huile de schiste, et les dangers d’explosion les font rejeter généralement des principales pièces des habitations.
- Voici le prix, passible d’un rabais de 16,90 pour cent, payé à Paris pour l'éclairage public au pétrole rectifié (1) :
- 1° Par jour, pour l’entretien et l’allumage...................... . . 0 fr, 20
- 2° Fourniture de mèche et l’huile pour chaque heure d’éclairage. . . . Ü , 035
- La mèche est ronde et a 0,012 de diamètre intérieur; le tirage est activé par une cheminée en verre présentant un étranglement au-dessus de la flamme, l’appareil doit brûler 30 grammes d’huile à l’heure et donne un pouvoir éclairant égal à 0,8 de lampe Garcel consommant 42 grammes d’huile de colza à l’heure.
- Un bec public, brûlant pendant dix heures, coûte donc par jour 0fr,46; ainsi, à égalité de prix avec les becs ronds à l’huile végétale, il donne une lumière presque double, mais est plus cher et éclaire moins que ceux au gaz. Dans une maison particulière, où il n’y a qu’un petit nombre de becs et où l’on ne compte pas ainsi les frais occasionnés par les soins donnés aux appareils, la comparaison du prix de l’éclairage au pétrole et au gaz peut conduire à des résultats différents. Nous avons vu que 37 grammes de pétrole produisent une lumière équivalente à 100 litres de gaz brûlés dans un bec Bengel ; il en résulte que si le pétrole est évalué à 0 fr,90 le kilogramme, il faudra que le gaz soit vendu aux particuliers moins de 0 fr,83 le mètre cube pour être plus économique, et cela d’autant plus que les frais de premier établissement sont plus élevés pour le gaz, qui entraîne une canalisation intérieure, que pour le pétrole brûlé dans des lampes valant de 4 à o francs.
- Pour’le pétrole comme pour l’huile de colza et le gaz, l’utilisation dépend beaucoup de la forme et de la grosseur du bec. Ainsi, certaines lampes qui consomment 42grammes de pétrole à l’heure, donnent une lumière équiva-
- «
- (1) Il doit être parfaitement limpide, et, versé dans une soucoupe, ne pouvoir, à la température ordinaire, être enflammé par une allumette.
- modèles à l’Exposition, opèrent la séparation de ces dernières matières.
- Le sucre ainsi obtenu est donné au commerce et aux raffineries d’où il sort définitivement pour être livré aux consommateurs.
- Passant à un autre ordre d’idées, M. Vivien se livre à des considérations générales sur l’impôt dont les sucres sont frappés en France et démontre, à l’aide de chiffres, combien est funeste à la consommation et par suite à la production une taxe si élevée.
- Il fait le tableau saisissant de la production et de la consommation dans notre pays depuis 1812 jusqu’à 1877, et nous montre:
- qu’en 1812 et 1816, chaque habitant consommait 500 grammes de sucre par an ;
- qu’en 1830, la production s’élève à 7.000 tonnes et la consommation à 1 k,6 ; et qu’en 1837, elle atteint 49.000 tonnes et 3k,3.
- En 1837, le gouvernement établit l’impôt sur les sucres ; aussitôt, 185 fabriques tombèrent. L’industrie sucrière reçut le plus rude des chocs et en 1840, 389 autres usines fermèrent leurs portes. Les fabriques du Nord seules résistèrent et la production, de 49.000 tonnes, s’abaissa à 26.900.
- En 1850, la production s’élève à 76.000 tonnes et la consommation, par habitant, à 3 k,105.
- En 1870, 28.200 tonnes sont fabriquées et la consommation est de 7 k,50.
- En 1875, elle commence à diminuer et se traduit par 7 k,03. Depuis cette époque,elle va sans cesse en décroissant et si en 1876, on accuse 7k,02, en 1877, on ne trouve plus que 6 k,02 de sucre consommé par habitant.
- En Angleterre, la consommation est, par habitant, de 31 k,4, résultat de la suppression totale de l’impôt.
- Ainsi, en 1869, alors que l’impôt était de 30 fr. par tonne, la consommation était de 21 kilos.
- En 1870, l’impôt est abaissé à 15 fr., la consommation s’élève à 23 k.
- En 1871, l’impôt reste le même et la consommation augmente encore et arrive à 24 k.
- En 1873, l’impôt est porté à 7 fr,50, la consommation atteint le chiffre de 26 k.
- En 1874, on supprime l’impôt ; la consommation monte à 28k,3 et augmente jusqu’à atteindre le chiffre de 31 k,4, déjà cité.
- En Australie, chaque habitant consomme 51 k. de sucre, mais, faut-il ajouter, que le sucre, réduit en poudre très-fine, sert à la conservation des viandes et des poissons.
- Voyons quelle est la valeur d’un kilogramme de sucre en France.
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- N° 40.— 5 Octobre 1878.—XXXVIIIe Année. 319
- M. Vivien donne le sous-détail qui suit :
- l'Etat prend. ....... Ofr.76
- la culture. . ....... 0 38
- la sucrerie..............0 22
- la raffinerie........... . 0 10
- le commerce..............0 10
- Total..........lfr.56
- On le voit, le prélèvement de l’Etat est énorme.
- Les statistiques précédentes ne sont pas rassurantes pour l’avenir de notre industrie sucrière. Aussi, M. Vivien pousse-t-il un cri d’alarme et réclame-t-il la réduction notable dans le taux de l’impôt.
- En demandant la diminution de cette lourde taxe, taxe écrasante, M. Vivien ne voit pas seulement l’intérêt du fabricant; il y voit aussi l'intérêt de tout le monde.
- Et, en effet, plus on récolte de betteraves, plus les autres genres de culture se développent.
- 0n a constaté : que pour 7.000 hectares de terre livrés à la culture de la betterave, 15.000 étaient cultivés en blé ;
- q l’à 9.000 hectares employés encore à cette même culture, répondaient 16.000 hectares en céréales, et enfin que pour une surface de 13.000 hectares, produisant exclusivement de la betterave, on en comptait près de 26.000 en blé.
- Il est donc manifeste que l’intérêt général n’a qu'à gagner au développement de l’industrie sucrière et M. Vivien, en terminant, adjure le gouvernement de rendre moins dures les lois draconiennes qui pèsent sur elle et d’arriver le plus tôt possible, par un abaissement sensible dans létaux de l’impôt, à empêcher sa chute et à lui rendre sa splendeur passée. A. Rozès-Joly.
- LÉGISLATION
- ET JURISPRUDENCE INDUSTRIELLES.
- Colis transportés par les chemins de fer.
- Lorsque le destinataire d’un colis a pris livraison d’un colis et a payé le prix du transport, il n’est plus recevable à se plaindre de la fausse direction donnée à son expédition de laquelle aurait résulté pour lui une augmentation de prix.
- Il en est ainsi alors même que le prix aurait été payé avant la remise de la marchandise. (Cassation, 27 mai 1878.)
- lente à lGarcel,70, c’est-à-dire autant que deux lampes brûlant chacune 32 grammes de pétrole.
- 30 Gaz.
- Le gaz offre l’avantage d’être toujours prêt à fonctionner. Il donne une flamme blanche d’une grande régularité et d’un fort pouvoir éclairant; mais les brûleurs doivent être établis à poste fixe. L’intensité de la lumière, la grande chaleur qu’elle développe, une certaine odeur, la prompte détérioration des peintures et des dorures, et enfin le mauvais effet produit à la vue par les tuyaux qui, d’après les règlements de police, doivent être apparents, font, qu’en France du moins, on n’éclaire pas volontiers au gaz les chambres, salons et salles à manger. A l’air libre, au contraire, ou dans des pièces bien aérées et où les brûleurs peuvent sans inconvénient être placés à poste fixe, comme dans les vestibules, escaliers, couloirs, cuisines, offices, etc., aucun éclairage n’est plus commode ni généralement plus économique, malgré le prix relativement assez élevé de son installation. Celle-ci exige, en effet, une prise sur la conduite publique, un branchement jusqu’au candélabre ou jusqu’à la maison et, dans ce dernier cas, un compteur et une distribution intérieure dont les prix varient beaucoup suivant le luxe des appareils supportant les brûleurs et la dispersion des becs dans l’appartement. Généralement on doit compter que la dépense d’une installation modeste n’est pas inférieure à 75 francs pour le premier bec, et 15 francs pour les suivants (lampes non comprises).
- [Annales des Ponts-et-Chaussées.)
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- • Sur les pipes qui se culottent d'elles mêmes,
- par M. J. Cloüet.
- Les manipulations que nous avons indiquées (1), ne peuvent en aucune façon rendre dangereuses les pipes en terre cuite, tout au plus peut-on trouver désagréable l’odeur et le goût qu’elles possèdent la première fois que l’on s’en sert. En sera-t il de même de certaines autres préparations qu’on leur fait subir? c’est ce que nous allons maintenant envisager.
- Outre le décor qu’elles peuvent avoir, les pipes à long tuyau sont souvent peintes à l’extrémité que l’on met dans la bouche; quelquefois elles ont été simplement recouvertes en cet endroit d’une dissolution de cire à cacheter. Dans les deux cas la couleur rouge est donnée par du minium ou du vermillon, c’est-à-dire par des composés à base de plomb ou de mercure; la teinte jaune provient du chromate de plomb : bien que peu de matière toxique soit à même d’être ingérée de cette façon, il serait préférable de voir abandonner cette coutume d’enjoliver ainsi certaines pipes, dans la crainte de produire des accidents.
- Mais que dire des pipes qui sont vendues avec la désignation de pipes se
- (1) Voir le Technologisie, 3e Série, t. I, page 308.
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- 320 j£e (Ledjltoloigiôtc N°40.— 3 Octobre 1878.—XXXVIII'Année.
- culottant d'elles-mêmes ? Celles-là devraient être rigoureusement interdites, parce qu’elles s’adressent surtout à des fumeurs inexpérimentés, dont le jeune âge ne permet pas de connaître les dangers auxquels ils s’exposent en faisant usage de semblables instruments.
- « J’ai eu dernièrement l’occasion, dit M. Cloüet, de voir un jeune homme qui offrait sur les deux lèvres et près de la commissure droite, une trace blanchâtre, occasionnant une sensation de brûlure vive. Ne sachant à quoi attribuer ce résultat qui rappelait assez les effets de la cautérisation sur les muqueuses, au moyen de certains caustiques, j’interrogeai l’imprudent, et finis par apprendre, que pour avoir l’air de savoir mieux fumer que d’autres camarades de son âge, il avait acheté une pipe se culottant seule. Je songeai de suite au nitrate d’argent qui noircit en effet à la lumière, j’engageai à jeter la pipe cause de l’accident et cherchai à me procurer de semblables pipes, ce qui fut d’ailleurs très-facile. Ce sont celles que je mets sous les yeux du Comité. »
- Une d’elles a été exposée quelques heures au soleil, après avoir été mise dans du sable pour préserver un côté de l’influence réductrice de la lumière, elle a bruni comme on le voit. Une autre a eu son tuyau bouché par un peu de cire, puis a été remplie d’eau distillée; après quelque temps de contact, le liquide recueilli a offert tous les caractères des azotates; une troisième provenant d’une seconde maison a été pulvérisée en partie, et la poudre calcinée dans un creuset de platine a été reprise par l’acide azotique à l’aide de la chaleur, la liqueur a fourni tous les caractères des sels d’argent.
- Il est donc bien évident que l’on obtient ce genre de pipes en versant dans le fourneau une solution d’azotate d’argent; on voit même manifestement à l’intérieur, le niveau qu’a atteint le liquide, et qu’indique un liseré plus coloré. La précaution qu’ont les fabricants de vendre ces pipes enveloppées d’un papier violet, prouve, en plus, la connaissance qu’ils ont de l’effet préservateur de certaines couleurs. Quoi qu’il en soit, cette fabrication de pipes spéciales, est une fabrication blâmable, et on devrait l’interdire, car les produits mis en vente s’adressant spécialement à de jeunes sujets, on devrait respecter en eux l’ignorance d’un danger inconnu, loin de chercher à tirer profit de leurs petites passions.
- (.Bulletin de la Société industrielle de Rouen).
- Filtres pour la purification de Veau de MM. E. Johnson et J. Robey.
- Ces filtres sont destinés à la filtration des eaux potables : le noir animal ordinairement employé est remplacé par de la terre cuite k l’état de granules de grosseurs variées, selon la nature du liquide à filtrer. Il est préférable que la terre cuite soit à l’état le plus poreux possible. Pour rendre la fabrication plus économique, on peut se servir de terre cuite de rebut, telle que la cassure des fabricants de pipes en terre, le rebut et la cassure des fabricants de vases poreux pour piles, la cassure de ce que les fabricants de faïence et de porcelaine appellent biscuit, ou tout autre espèce do terre cuite, en donnant toujours la préférence k la plus poreuse, ainsi qu’k celle qui contient du fer. A défaut de ces matières de rebut, toute terre convenable peut être cuite et employée k cet usage.
- Tarifs des chemins de fer.
- Les tarifs d’une Compagnie de chemin de fer faisant bénéficier d’une réduction de prix certaines toiles communes qui voyagent « non emballées » et dont, par suite, la nature et la qualité peuvent être facilement vérifiées, on ne saurait considérer comme non emballées des toiles qui sont recouvertes sur les lisières comme sur toute l’étendue de la pièce d’une enveloppe de papier ficelé, et qui, par suite, ne peuvent être vérifiées qu’après enlèvement de cette enveloppe. (Ibid.)
- Traitement des employés.
- Les traitements des employés ne sont pas déclarés insaisissables par la loi, mais les tribunaux ont le droit de leur reconnaître un caractère alimentaire et de limiter, en ce qui les touche, les effets d’une saisie. (Ibid.)
- Une nouvelle ordonnance du Préfet de police.
- Elle porte interdiction de mettre en vente dans le département de la Seine les amorces pour pistolets d’enfants.
- On se rappelle que c’est à ces substances (mélange de chlorate avec phosphore ou soufre, fulminates divers, etc.), qu’on a dû attribuer l’horrible catastrophe de la rue Béranger, et celle plus récente encore de Montrouge.
- Peut-être trouvera-t-on cette interdiction bien rigoureuse, si l’on considère qu’elle va porter un coup mortel aux fabriques d’amorces pour pistolets d’enfants, industrie rangée par le décret de 1872, dans la 2e classe des établissements classés.
- Mais nous reconnaissons avec M. le préfet de police qu’il n’y a pas d’hésitation possible lorsque la sécurité publique est en jeu.
- La nouvelle mesure prohibitive trouve d’ailleurs sa justification dans l’ordonnance royale du 2o juin 1823 qui ne permet la vente des matières explosibles « Qu'autant que ces matières sont d’une utilité reconnue. »
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Expériences d’acoustique sur le téléphone à ficelle, par M. Millar. — Autre procédé pour la fabrication de la soude caustique au moyen du fer spathique, par M. de La Souchère. — Machine horizontale fixe, à petite vitesse et à condensation, de M. Bré-val.— Surchauffage,de la vapeur, par le système Perreaux. — La farine sans meules : moulin batteur, de M. T ouf (lin. — Extinction rapide des feux de cheminée, par M. Quéquet.— Conservation et propagation des forêts, en Amérique.
- CORRESPONDANCE.
- A propos de la fabrication de l’huile de pieds de mouton,
- par M. Th. Chateau.
- Dans le n° 32, du 10 août 1878, le Techno-logiste a bien voulu reproduire une étude qu’il m’a été donné de faire sur l’huile de pieds de moutons fabriquée à la nouvelle triperie des abattoirs généraux de la Villette.
- On me signale dans cette étude une omission, absolument involontaire, que je m’empresse de réparer.
- Les générateurs qui fournissent la vapeur aux différentes chaudières de reprise et de cuisson des pieds de moutons, sont du système de MM. Fouché et de La Harpe, et ces habiles constructeurs ont prêté leur utile concours à M. Constant Artus, pour l’installation des chaudières de cuisson, ainsi que du matériel destiné à rendre les opérations aussi automatiques que possible.
- Je vous serai très-obligé, dans l’intérêt de la vérité, de vouloir bien m’aider à réparer cette omission. Et, vous remerciant d’avance, veuillez agréer, Monsieur le rédacteur en chef, l’assurance de ma parfaite considération.
- Th. Chateau.
- A propos de lumière électrique, par M. Paul Jablochkoff.
- L’application de la bougie électrique a soulevé de nombreuses questions auxquelles je voudrais bien répondre une fois pour toutes, afin qu’il ne soit plus nécessaire d’y revenir.
- Les questions que l’on m’adresse généra-
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Expériences d'acoustique, sur le téléphone à ficelle, par M. Millar.
- Un ingénieur anglais, M. Millar, a fait récemment une série d’expériences intéressantes sur la transmission directe du son par les fils, phénomène utM lise dans l’appareil dit téléphone à ficelle. Il a opéré sur des fils de fer ou de cuivre, et a constaté les faits suivants.
- Le fil doit être plus ou moins tendu, mais il peut être attaché en différents points, de manière à former un parcours en ligne brisée : par exemple, en suivant les divers passages d’un appartement.
- Le fil peut être posé à terre, sur un tapis, sur le plancher, dans un escalier, et même, la transmission du son, de la voix, par exemple, est alors plus nette qu’avec un fil suspendu, où il se produit toujours un léger bourdonnement.
- On a pu se servir d’un fil de ligne télégraphique, en place sur les poteaux. En attachant à ce fil deux fils de cuivre aboutissant aux petits cornets servant de transmission, on a parfaitement entendu des sons peu intenses à 69 mètres, entre deux poteaux.
- A 138 mètres, avec un poteau entre les deux expérimentateurs, quoique les sons fussent moins nets, on a encore très-bien pu entendre chanter ou siffler; on entendait parler, mais moins nettement.
- L’intensité du son perçu a paru croître avec la profondeur des cornets transmetteurs, mais la netteté de l’articulation y perdait. L’intensité croît également avec le diamètre du fil. Enfin, la transmission du son se fait d’autant mieux que le fil est plus tendu.
- On peut, en attachant des branchements au fil principal, faire communiquer ensemble plusieurs personnes, simultanément. Il n’est pas nécessaire que les cornets soient tenus tout près de la bouche ou de l’oreille; il y a même souvent avantage à les éloigner un peu.
- Les expériences de M. Millar mériteraient d’être continuées, car si les téléphones à ficelle étaient susceptibles de fournir un moyen pratique de communications faciles, et meilleur marché que les téléphones électriques, cela
- pourrait devenir d’une importance réelle dans beaucoup de cas.
- *
- (The Engineering.)
- Autre procédé pour la fabrication de la soude caustiqù au moyen du fer spathique,
- par M. de La Souchère.
- Nous avons eu l’avantage de donner à nos lecteurs, tout dernièrement, dans notre numéro 37 (page 289), un nouveau procédé pour la fabrication directe de la soude caustique au moyen du sulfate de sodium.
- Or, M. de La Souchère veut bien nous informer qu’il a fait breveter, il y a
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- quelques mois, un procédé analogue qui ne donne, il est vrai, que du carbonate de sodium, mais qui lui paraît éminemment pratique.
- La dissolution de sulfure de sodium traverse successivement trois cuves remplies de fer spathique naturel (minerai à peu près sans valeur), broyé en grains de 1 à 2 millimètres pour permettre la filtration rapide.
- Elle sort de la troisième cuve absolument transformée en dissolution de carbonate de sodium ; celle-ci peut être rechargée de sulfure de sodium pour arriver à un degré de concentration facilitant et rendant moins coûteuse l’extraction du sel de soude, de sa dissolution.
- Le fer spathique (fer carbonaté) est transformé de son côté en sulfure de fer utilisable.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Machine horizontale fixe, à petite vitesse et à condensation, de M. Bréval,
- à ri<iX|>o«ition universelle.
- Les machines de la classe 50, de la grande galerie de la section française sont actionnées par un moteur sortant des ateliers de M. Bréval, de Paris, et exposé par lui. Ce moteur, qui est une machine à vapeur horizontale fixe à condensation et à petite vitesse, de la force de 35 chevaux, à un seul cylin -dre et à détente variable par le régulateur, est représenté fig. 65.
- La détente se fait au moyen d’une came et d’après le système Farcot modifié.
- Le condenseur est à double effet, et le cylindre est muni d’une double enveloppe de vapeur et de bois.
- Le diamètre du piston est de 0,n,42, et sa course de 0m,90 : il agit sur des glissières droites et sa tête est attachée à un arbre coudé, et le met en mouvement. Le volant a 4™,60 de diamètre.
- La consommation de la machine varie de 1500 grammes à 1800 grammes dejchariaçn par heure et par cheval.
- 'L’cnsembl.e de la construction est tout à la fois solide, robuste et élégant, l’ajustage ah le fini des pièces ne laissent rien k désirer : la machine Bréval peut compter parmi les beaux modèles de la grande galerie.
- Le système de graissage en particulier, mérite de fixer particulièrement l’attention : Les godets graisseurs à tige donnent une économie des plus grandes, tant comme répartition de la matière lubrifiante, que pour leur entretien.
- Dans son état actuel de marche, les godets des différents organes ne nécessitent qu’un remplissage bi-mensuel. Les transmissions munies des mêmes appareils graisseurs participent aux mêmes qualités de graissage et rendent la même économie : 250 grammes d’huile par jour suffisent à l’entretien journalier du graissage delà machine et des transmissions.
- La force nominale est obtenue avec une grande détente de vapeur, va-
- lement peuvent se résumer en quatre points principaux et que voici :
- 1° combien de foyers de lumière électrique peuvent être alimentés par telle ou telle machine ;
- 2° si on peut faire tant de foyers lumineux avec telle machine, peut-on en faire autant avec telle autre machine ;
- 3° est-il possible d’avoir tous les points lumineux de même force, c’est-à-dire avec le même pouvoir éclairant ;
- 4° si on divise la lumière électrique, pour tant de foyers, peut-on la diviser plus encore ?
- A toutes ces questions je puis répondre catégoriquement.
- Avec n’importe quelle machine ou toute autre source d’électricité, par l’application des appareils de mon système appelés accumulateurs, qui permettent de distribuer, par un seul conducteur, en plusieurs points, l’effet du courant d’une source unique d’électricité, avec renforcement de cet effet, et par conséquent d’obtenir une lumière qui se distribue, qui se canalise comme l’eau ou le gaz, j’obtiens la divisibilité indéfinie de la lumière électrique;
- Que de plus, sur une source d’électricité, j’ai produit des foyers lumineux de différentes forces, à commencer par la lumière d’une simple veilleuse jusques à une lumière d’une puissance considérable. En outre, pendant la marche de cette lumière, il m’est possible de la diminuer ou de l’augmenter à volonté, de façon qu’une lumière très-puissante puisse être réduite jusqu’à un point lumineux faible, c’est-à-dire « à bleu, » comme ôn dit pour le gaz.
- Du reste, tous ces nouveaux appareils fonctionnent régulièrement au pavillon de la Société générale d’électricité, (procédé Jabloch-koff) en face l’Ecole militaire, à l’Exposition du Cliamp-de-Mars.
- P. Jablochkoff.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur les chemins de fer sur routes,
- par M. Erxest Ciiabrie«,
- au Trocadéro.
- A défaut de M. Lebaudy, malade, M. de Mahy, député de la Réunion, présidait, as-
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- N» 41.— 12 Octobre 1878.—XXXVIIIe Année.
- Ce (Lccljno logis te
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- sisté de MM. Richard, ancien président de la Société des ingénieurs civils, Golhschalk, ancien ingénieur en chef des chemins de fer du sud de l’Autriche, et Bourdais, architecte du palais du Trocadéro.
- riable, comme nous l’avons dit, par le régulateur, à une vitesse de 40 à 50 tours, au plus : le condenseur est accessible dans toutes ses parties.
- Les prix portés au tableau ci-dessous montrent une économie réelle : ceux pour machine seule comprennent le volant, la poulie de commande, les boulons de fondation et une série de clefs pour le service de la machine.
- Fig. 65.
- L’actualité du sujet, son importance, avaient attiré un nombreux auditoire composé en majore partie d’ingénieurs attachés aux grands services des chemins de fer, d’ingénieurs de l’Etat, de préfets et de membres de divers conseils généraux et municipaux.
- Cette question des chemins de fer sur routes a été abordée et traitée par M. Chabrier avec une autorité résultant de ses longues études comme ancien ingénieur de la voie aux chemins de l'Ouest, comme vice-président d’une section des agriculteurs de Francé, comme président de la Compagnie des chemins de fer d’intérêt local de la Meuse.
- 11 est impossible de placer dans un cadre aussi restreint que le nôtre le compte rendu de cette remarquable conférence : nous n’en pouvons donner que le résumé et la conclusion.
- L’orateur commence par faire à grands traits l’historique des grandes Compagnies
- KOttCE MACHINE MACHINE, FORCE MACHINE MACHINE,
- en CHAUDIÈRE en chaudière
- CHE VA UX-YA PEUR SEULE. et accessoires. CHEVAUX-VAPEUR SELLE. et accessoires.
- 6 1,200 fr. 6.500 fr. 20 10 500 16.000
- S 5.200 7.800 25 12.100 19.000
- 10 6.200 0.200 30 11.000 21.000
- 12 7.000 10.500 10 17.500 26.000
- 15 8.300 13.200 50 20.000 30.000
- Les prix portés pour machine et chaudière comprennent tout ce qui précède, plus la chaudière cylindrique à deux bouilleurs, timbrée h 6 kilogrammes, de quelques chevaux plus forte que la machine correspondante : les appareils de sûreté suivant les ordonnances; robinetterie, tuyauterie (en supposant la machine à proximité de la chaudière); puis toutes les ferrures du fourneau, une pelle, deux tisonniers, deux tubes en cristal de rechange pour le niveau d’eau, burettes pour l’huile et suif, etc...
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- Surchauffage de la vapeur, par le système Perreaux.
- Nous avons eu l’occasion de parler à nos lecteurs du vélocipède deM. Perreaux et du système tout spécial de chaudière à vapeur dont est muni cet appareil. Mais peut être n’avons-nous pas insisté suffisamment sur son procédé de surchauffage, et il nous paraît utile d’y revenir (1).
- De tout temps, en effet, le problème posé a été de faire pénétrer, en un temps donné, la plus grande somme de chaleur dans la chaudière, par conséquent, de convertir l’eau en vapeur humide, la vapeur humide en vapeur sèche, la vapeur sèche en chaleur, et enfin la chaleur en force, en emmagasinant la plus grande quantité de calorique dans chaque molécule d’eau, puisque tout mouvement comme toute force est le résultat de la chaleur.
- Pour résoudre le problème de ce grand emmagasinage des forces vives, M. Perreaux a piqué sur le milieu du réservoir deux longs tubes conducteurs enroulés en sens inverse, soit cinq à six ou sept à huit fois, et plus si cela est nécessaire, sur chaque bout du générateur, de façon à présenter deux hélices opposées se réunissant ensuite en un seul jet correspondant à la distribution. Ainsi enroulés sur la chaudière, l’expérience prouve que le surchauffage des courants de vapeur, par retour successif au foyer, est supérieur au retour de flamme, parce que l’emmagasinage dans chaque anneau, même à basse pression, est proportionnel au nombre de spires adopté, tant il est vrai que, le thermomètre en main, le coefficient de chaleur au tube de sortie peut être doublé, ce qui démontre qu’on peut dépasser 50 pour 100 en économie d’eau et de combustible, sans compter que l’intensité du foyer exige moins de dépense que celle du foyer produisant la vapeur ordinaire. Si donc, en pénétrant dans ces tubes conducteurs la température agit progressivement dans toute leur étendue, on peut affirmer que la vapeur qui les traverse devient de moins en moins humide et dense, parce qu’en pénétrant plus facilement à l’intérieur de ces tubes la chaleur s’emmagasine avec d’autant plus d’intensité que les courants liquides, c’est-à-dire humides, vont en diminuant à chaque nouveau passage, où la dilatation des gaz et de l’air, que.l'eau contient., a lieu elle-même dans une large mesure. C’est ainsi que celte vapeur beaucoup moins dense, en sortant à une température plus élevée, évite le laminage dans les tiroirs en annulant la contre-pression, d’où il résulte qu’à pression égale le surchauffage suivant ce mode double le travail Utile, c’est-à-dire qu’à une pression de trois atmosphères, on obtient un travail égal à six de vapeur humide, parce qu’en devenant de plus en plus gazeuse ou fluide; cette vapeur plus subtile cesse d’otfrir au tube d’introduction et de sortie un laminage produisant la contre-pression, si contraire à tout travail, et si nuisible au développement des forces, en même temps que la condensation dans les tubes et le cylindre cessant absolument, les robinets purgeurs deviennent inutiles.
- On voit combien les effets de ce .mode de surchauffage par retour de la vapeur au foyer sont différents des résultats obtenus par retour de flammes, et quels avantages sérieux l’on en peut tirer : 1° l’absence de la contre-pression, comme dans la machine Corliss; 2° emmagasinant la chaleur, en élevant la température intérieure à volonté, la dilatation se manifeste sur la plus vaste échelle et paraît permettre d’augmenter la durée du travail, en réalisant une immense économie de combustible et d’eau.
- (1) Voir le Technologiste, 3e Série, t. I, page 242.
- de chemins de fer et définit le système général établi à pe jour.
- Ce système se compose d’une grande artère, la grande ligne qui va de la capitale aux villes extrêmes et frontières, et d’embranchements qui relient à la ligne mère des villes de moindre importance : l’ensemble forme un réseau.
- Le premier établissement a naturellement porté sur la ligne mère, puis sur les embranchements les plus fructueux sous le rapport du trafic.
- Quand il s’est agi de compléter le réseau, en construisant des embranchements dont la jonction et l’exploitation constituaient les Compagnies concessionnaires sinon en perte, du moins en amoindrissement de bénéfices, ces Compagnies ont hésité à appeler les capitaux nécessaires, et l’Etat a dû intervenir et prêter son concours.
- Il le fit sous diverses formes que M. Cha-brier rappelle, et les capitaux, rassurés par la garantie de l’Etat, par l’appui de son crédit, ne firent pas défaut et permirent d’a-cliever les divers grands réseaux.
- L’outillage de ces grands réseaux, c’est-à-dire la voie et le matériel sont proportionnés au travail qu’ils doivent supporter, au trafic qu’ils doivent faire.
- En 186,3 parut la loi organique des chemins de fer d'intérêt local.
- Dans la pensée de ses auteurs, elle était destinée à parfaire rapidement en France le système des transports à vapeur, à favoriser la création d’affluents aux grandes voies ferrées garanties par l’Etat et à augmenter le trafic général.
- Presque toutes les demandes en concessions formées en vertu de cette loi l’ont été en vue de créer, non pas des affluents, mais des lignes de concurrence,' des lignes exploitant le raccourci.
- On vit se construire, sous prétexte d'intérêt local, des chemins de fer de 200 à 300 kilomètres à grande course, et pourvus du même outillage que les grandes Compagnies, d’un outillage inférieur par cela même qu’il était le même, c’est-à-dire disproportionné avec leur trafic propre, et les lignes nouvelles ne purent soutenir la concurrence.
- Les subventions de l'Etat, les souscriptions particulières furent englouties, et si l’on cherche les résultats donnés depuis douze ans par la loi de 1863 ou par l’usage qui en a été fait, on arrive à cette fâcheuse conclusion qu’elle a été fertile moins en prospérité industrielle accrue, en besoins de circulation
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- satisfaits, qu’en mécomptes financiers, en spéculations parasites dont les petits capitaux ont été les plus nombreuses victimes.
- La loi de i 803 est virtuellement abrogée. Nos mandataires sont saisis de la discussion de deux lois destinées à la remplacer : l’une sur les chemins de fer à longue course, l’autre sur les chemins de fer sur routes.
- Après cet exposé, M. Chabrier entre dans le vif de la question et aborde les conditions dans lesquelles doivent se produire les chemins de fer sur routes.
- Partant de ce principe reconnu, que l’outillage d’une ligne doit être proportionné à son trafic propre, l’orateur entre dans des détails techniques que nous ne pouvons reproduire faute de place, puis il définit le rôle que doivent jouer ces modestes voies de transport.
- Les voies actuelles desservent la grande industrie, le grand commerce, elles sont voies de transit. Selon l’heureuse comparaison de M. Chabrier, elles sont fleuves et rivières. Les chemins sur routes seront les petits ruisseaux, les transporteurs des produits de la petite industrie, de la petite culture, des légumes du potager, des fruits du verger, perdus souvent faute d’un moyen de les charrier économiquement.
- Il ne s’agit pas de chemins à longue course, il s’agit de créer des lignes de 10, 20, 30 kilomètres recueillant le long des routes et amenant aux stations des grandes lignes les divers produits et les voyageurs.
- L’outillage de la ligne doit être proportionné à son trafic, pour que la ligne soit productive; l’outillage de chaque ligne doit être étudié et établi d’après ce principe.
- Le trafic est le prix d’un service rendu ; le prix doit être proportionné à la dépense nécessaire pour rendre le service. Moins le tonnage est fort, plus le prix clu transport doit être élevé. Il doit être calculé en raison de la dépense, en raison inverse du tonnage.
- Ces lignes, continue M. Chabrier, n’ont pas besoin, n’ont pas de raison d’être d’un type uniforme, les tarifs ne doivent pas être uniformes; l'étude sérieuse de chaque ligne devra déterminer ses conditions de construction, les conditions de tarifs.
- La possibilité matérielle de réaliser ces réseaux de drainage est affirmée par la mise en œuvre du chemin de fer d’intérêt local, concédé à M. Soulié, sur ces données, par le conseil général de la Meuse, entre Héronville et Triaucourt, en 1870.,
- Deux lignes, partant de la station de Re-
- Dans ces conditions, aujourd’hui vérifiées expérimentalement, il nous semble que M. Perreaux a découvert un procédé économique pour produire de grandes forces sous un volume relativement restreint.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- La farine sans meules : moulin-batteur, de M. Toufflin,
- à l'Exposition.
- Le moulin-batteur, que tout le monde peut voir fonctionner dans le pavillon spécial construit par M. Toufflin, au Champ-de-Mars, près l’École-Mililaire, tire son origine du broyeur Carr, qui est généralement connu.
- L’idée d’employer cet engin h la mouture du blé appartient en propre à M. Toufflin, et M. Carr la fit breveter en Angleterre en 1870 après quelques essais. Le premier moulin de ce système fut établi en octobre 1870 à Edimbourg : il produisit 5.000 kilogrammes de mouture à l'heure, mais en absorbant 150 chevaux de force. If résulta de cet essai infructueux que, lorsque M. Toufflin introduisit cette application en France après la guerre, il ne put la faire agréer à aucun meunier : il fallait rendre d’abord l’appareil plus pratique.
- C’està quoi l’on est aujourd’hui absolument parvenu, et le moulin-batteur, qui fonctionne dans le pavillon du Champ-de-Mars, est tellement réussi, qu’il est appelé, nous en avons la conviction, à révolutionner absolument la meunerie. Il se compose de deux disques en fer, tournant, en sens contraire, dans deux plans verticaux parallèles : ces disques sont armés de broches en acier, disposées horizontalement par rangées circulaires alternées d’un disque sur l’autre, et s’emboîtant. Ces broches suivent les mouvements de rotation des disques, de sorte qu'elles se croisent constamment et indéfiniment, avec une vitesse de 1.500 tours à la minute, sans que jamais il y ait entre elles ni frottement, ni choc. C’est le blé introduit vers le centre de cet appareil qui reçoit des chocs répétés d’une violence extrême pendant que la force centrifuge qui l’entraîne comme dans une sorte de tourbillon, le rejette à la circonférence, désagrégé, son et farine pêle-mêle, mais absolument séparés.
- Ce mode de moulure présente plusieurs avantages : 1° économie d’installation, deux mètres carrés suffisent pour monter un batteur traitant de six à trente quintaux à l’heure; 2° économie d'entretien, car le fonctionnement de l’appareil ne détermine pas d’autre usure que celle des coussinets; 3° économie de main-d’œuvre, puisque deux ou trois hommes peuvent suffire à tout le travail de la mouture, dans un moulin bien organisé, quelle que soit sa production.
- Le moulin de Vireux, appartenant h MM. Mariotte et Petit, lesquels sont concessionnaires de M. Toufflin pour le département de la Haute-Saône, est
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- monté d’après ce nouveau système : on y a remarqué que la farine donne à la fermentation un rendement considérable, au point que 100 kilogrammes de farine peuvent fournir 150 kilogrammes de pain. Cela tient à ce que la désagrégation du grain, ou sa transformation en son et en farine, s’est produite absolument sans frottement, et par conséquent sans échaufifement, de sorte que la boulange, qui n’a subi aucune altération chimique, conserve au plus haut degré toutes ses propriétés fermentescibles et nutritives.
- La force employée par le moulin-batteur que l’on voit fonctionner au Champ-de-Mars peut être évaluée à quinze chevaux-vapeur, pour une production de six quintaux*à l’heure : soit deux chevaux et demi par quintal. Or, il résulte de ce chiffre que l’on peut, avec une force de 20 à 25 chevaux, suffire à tous les besoins du nettoyage, de la mouture et du blutage de six quintaux de blé à l’heure, qui exigent, avec le système ordinaire, l’emploi de sept paires de meules, lesquelles absorberaient, avec'leurs accessoires, près de cinquante chevaux-vapeur. Si nous disons que pour avoir sept paires de meules constamment en mouvement, il faut en avoir dix de montées, nous pourrons ajouter à celte économie de premier ordre, celle du rhabillage des meules, soit, pour dix paires, 8.000 francs par an. 11 faut, il est vrai, faire entrer en ligne de compte l’usure des coussinets du batteur, dont nous avons parlé, ci-dessus; mais en aucun cas elle ne peut être aussi coûteuse que celle des transmissions de dix paires de meules.
- Enfin, il faut, à côté de ce qui précède, constater que les frais de premier établissement d’une minoterie montée avec le moulin-batteur sont notablement inférieurs à ceux d’une installation habituelle, et cela posé, on est obligé de convenir que, quel que soit le point de vue auquel on se place, M. Toufflin aura introduit dans l’industrie meiînière un appareil dont les avantages économiques contribueront puissamment à la réalisation du problème si intéressant de la production « du pain à bon marché. »
- Extinction rapide des feux de cheminée, par M. Quéquet.
- Les feux de cheminée, si nombreux h Paris, et souvent si dangereux, étaient ordinairement éteints par les pompiers h l’aide de soufre, que l’on brûlait dans Pâtre de la cheminée; mais il fallait presque toujours monter sur le toit pour boucher l’orifice du tuyau de cheminée. D’autre part, si la température de Pâtre était peu élevée, le soufre brûlait difficilement, il fondait, se transformant en soufre brun, et sa combinaison avec l’oxygène se faisait si lentement, qu’il restait souvent assez d’oxygène, dans Pair que contenait le tuyau de fumée, pour que la suie continuât de brûler.
- M. Quéquet a eu l’idée d’employer, pour éteindre les feux de cheminée, un corps qui, en brûlant, donne, comme le soufre, de l’acide sulfureux, mais dans des conditions bien plus avantageuses que le soufre en poudre.
- En effet, le sulfure de carbone, combinaison liquide de soufre et de carbone, se vaporise et s’enflamme très-facilement, brûle très-vite et donne, en absorbant l’oxygène de Pair, un gaz composé de deux tiers d’acide sulfureux et d’un tiers d’acide carbonique, également impropres l’un et l’autre à la
- vigny-aux-Vaches, sur le chemin de fer de l’Est, quelques kilomètres en avant de Bar-le-Duc, se dirigent l’une au sud, jusqu'à Hé-ronville, le long de la vallée de la Saulx; l’autre au nord, jusqu’à Triaucourt, en contournant le pays suivant les convenances du trafic.
- Le parcours total est de 61 kilomètres. Le département, les communes et l’Etat ont alloué une subvention d’environ 22.000 fr. par kilomètre; des souscriptions particulières, encouragées par cette intervention, ont fait le reste.
- Il serait impossible à l’Etat de subventionner des lignes similaires sur tous les points de la France, car il dispose d’une quantité d’argent limitée, mais il peut prêter son crédit, qui est illimité; il peut, espère M. Cha-brier, donner sa signature, sa garantie, et alors les capitaux ne feront pas défaut.
- Cette garantie de l’Etat, vis-à-vis des capitaux intervenants, doit être elle-même garantie vis-à-vis de l’Etat, par l’économie générale de l’établissement de la ligne et ce n'est qu’après études faites et sur un vote favorable des divers conseils, des diverses administrations d’un département, qu’elle sera donnée. Ce principe étant reconnu par une loi ; dans cet état de choses, les études peuvent être rapidement menées sur tous les points à la fois. Une ligne d’intérêt local, d'intérêt rural, n’a pas besoin de se préoccuper de ce que font ses voisines : elle agit pour son compte, pro domo sua, et l’Etat, s’en rapportant aux autorités locales, ne marchandera pas sa garantie, il la donnera après discussion, et il pourra s’occuper des chemins à longue course qu’il désire créer, qu’il est en train de créer.
- L’industrie souffre parce que les moyens de production sont hors de, proportion avec la consommation. Supposons, continue M. Chabrier au cours de sa conférence, que le quart des stations actuelles reçoive un de ces affluents, il y a 4.000 stations, il y aurait mille lignes à construire et, en prenant pour chacune une moyenne de 20 kilomètres, le chiffre serait de 20.000 kilomètres.
- Ces 20.000 kilomètres demanderont 3 à 4.000 locomotives, 80 à 100.000 véhicules, 600.000 tonnes de rails, 600.000 tonnes de fer et 13 000.000 de mètres cubes de bois.
- Les forges françaises si éprouvées rallumeront leurs feux, les ateliers de construction reprendront leur activité, et la classe ouvrière des grands centres industriels trouvera le travail nécessaire à son existence.
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- Les vœux des agriculteurs de France seront entendus : ils recevront la satisfaction qui leur est due, et avec le concours de l’Etat, avec son concours moral, les capitaux sérieux, qui raisonnent leur intérêt, n’hésiteront pas à s'employer-et à concourir à la mise en valeur de toutes les forces vives de la France.
- Ferdinand Blondin, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- TRAVAUX PUBLICS.
- Restauration
- de l'église Saint-Germain-des-Prés.
- On a déjà exécuté, depuis quelque temps, des travaux de restauration à l'église Saint-Germain-des-Prés. Les immeubles qu’on vient de démolir dans son voisinage vont faire place à un nouveau square qui va être créé autour de cet édifice, dont l’aspect général gagnera encore à ce dégagement projeté.
- A ce propos, rappelons que l’abbaye célèbre à laquelle cette église, chère aux archéologues, doit son nom, remonte aux premiers temps de la monarchie chrétienne.
- L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés fut fondée vers 543 par Childebert Ier, fils do. Clovis. En 845 et 858, elle fut pillée par les Normands, qui l'incendièrent en 861. Une dizaine d’années plus tard, le dommage fut réparé par l’abbé Gozlin. Mais en 885, les Normands ravagèrent encore les environs de Paris et ruinèrent de fond en comble la malheureuse abbaye. Cette fois, l’église et le monastère ne furent rebâtis que vers l’an 1000, par l'abbé Morard, aidé des libéralités du roi Robert. Le pape Alexandre III fit la dédicace de la nouvelle église le 21 avril 1163. L’abbé Eudes fit bâtir un nouveau cloître vers 1227.
- Après la construction de l’enceinte de Paris, sous Philippe Auguste, l’évêque prétendit à la juridiction spirituelle sur le territoire de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui était renfermée dans la ville. L’abbé de Saint-Germain s’adressa au pape Innocent III pour conserver ses droits. La sentence arbitrale exempta de toute juridiction épiscopale le territoire contenu depuis la tourelle de Philippe Hamelin (aujourd'hui le palais de l’Institut), jusqu’à la borne séparant, vers Grenelle, la terre de Saint-Cermain d’avec celle
- combustion. En en brûlant une très-petite quantité, 100 grammes, on a donc immédiatement un abondant dégagement de vapeurs, qui empêche l’ignilion de la suie, et cela sans qu’il soit nécessaire de monter sur le toit et presque sans frais, car 100 grammes de sulfure de carbone pur coûtent, dans Paris, 8 centimes 1/2.
- Quant au danger qu’il pourrait y avoir à manier ou à faire manier par les pompiers le sulfure de carbone, il est nul, si l’on prend quelques précautions très-simples, ainsi que le font les pompiers de Paris. Ils divisent ce liquide par quantité de 100 grammes dans des flacons assez grands pour conserver du vide, afin de tenir compte de la grande expansion du sulfure de carbone, qui bout à la température de 28°. Ces flacons sont bouchés légèrement par des bouchons garnis de cire vierge : on les place dans un local où il n’y ait jamais de feu et qui soit h l’abri de la chaleur produite par un foyer voisin.
- Les vapeurs qui pourraient, par des crevasses du tuyau de fumée, se répandre chez les voisins, sont les mêmes que celles produites par la combustion du soufre précédemment employé, et leur effet est moins nuisible que celui de la fumée.
- Les pompiers de Paris ont éteint ainsi, à Paris, en brûlant dans la cheminée du sulfure de carbone, savoir :
- En janvier 1878........................... 32 feux sur 51 feux.
- En février................................ $1 — 103 —
- En mars.................................. 138 — 165 —
- Soit.............251 feux sur 319 feux.
- Et ces 251 extinctions ont été, en quelque sorte, instantanées, sans qu’il y ait eu à monter sur les toits ou à déranger quoi que ce soit dans l’appartement.
- Conservation et propagation des forêts, en Amérique.
- En Amérique aussi, l’on a poussé le cri d’alarme h propos du déboisement : M. Hartranft, gouverneur de la Pensylvanie a, dans un message spécialement adressé à la législature, fortement appuyé sur le chapitre des lois touchant la conservation et le reboisement des forêts.
- La Pensylvanie était, à l’origine, un des Etats les plus boisés; et voici près d’un quart de siècle déjà que les forêts disparaissent, et que des mesures énergiques auraient dû être prises. Cela, d’ailleurs, n’étonnera personne, lorsque l’on aura une idée de l’énorme consommation de bois qui se fait annuellement en Amérique.
- On compte, à l’heure qu’il est, 90.000 miles (144.837 kilomètres) de voies ferrées, qui consomment, par année, environ 40 millions de traverses représentant la production de 75.000 acres (30.352 hectares) de forêts, pendant trente années. Il est indispensable, en outre, d’employer, par an, le long de ces voies, 130.000 miles de clôtures (209 210 kilomètres), coûtant 45 millions de dollars (225.000.000 de francs) de frais d’établissement et demandant au moins 15 000.000 de dollars (75.000.000 de francs) d’entretien annuel.
- A côté du raihvay, s’étend partout la ligne télégraphique : on compte, aux Etats-Unis, 75.000 miles de parcours électrique (120.698 kilomètres), qui demandent, pour être soutenus, 800.000 arbres, auxquels il en faut ajouter 300.000 pour l’entretien annuel.
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- L’allumette chimique, si petite qu’elle soit, et si insignifiante qu’elle paraisse, n’en absorbe pas moins, annuellement 300.000 pieds cubes (8.400 mètres cubes) du meilleur bois de pin. Après elles, les chevilles pour chaussures nécessitent l’emploi annuel de 100.000 cordes de beau bois, et, dans un même ordre d’idées, la confection des formes exige, chaque année, la consommation de 300.000 cordes d’érable, de hêtre et de bouleau, quantité à peu près égale à celle nécessitée par la fabrication des manches d’outils et des fûts de rabots.
- ' En 1874 les seuls outils aratoires'ont été fabriqués en bois, pour une somme de 100.000.000 de dollars (500.000.000 de francs) et les caisses d’emballage, pour une valeur de 12.000 000 de dollars (60.000.000 de francs).
- Enfin, la cuisson des briques emploie annuellement 2.000.000 de cordes de bois léger, qui représentent la récolte de 50.000 acres (20.235 hectares).
- Nous n’irons pas plus loin dans l’exposé des motifs, qui sont loin d’être épuisés, pour lesquels on consomme le bois, en Amérique : ceux qui précèdent suffisent pour donner une idée des besoins immenses de ce pays et pour prouver surabondamment que, là, comme partout ailleurs, la rapidité de la consommation dépasse celle de la production naturelle.
- Aux Etats-Unis, comme en France, les essences forestières qui sont d’une croissance rapide, ne fournissent que des bois légers, ou des arbres d’agrément : celles de la meilleure qualité sont à longue croissance, et n’ont une valeur réelle pour le commerce et l’industrie qu’à 75 ou 100 ans.
- Les constructions en général, et les clôtures des fermes eh particulier, emploient aussi une immense quantité de bois : néanmoins, on peut s’attendre à voir diminuer cette seconde cause, au fur et à mesure que l’usage des haies vives deviendra plus répandu.
- D’ailleurs, la consommation même des Etats-Unis serait encore supportable, si l’on n’y joignait pas une immense exportation: les douves de tonneau, toutes rabotées, sont, chaque année envoyées en France par millions. Le noyer, le chêne, l’érable et le pin sont envoyés en Angleterre, et les bois de mâture s’en vont jusqu’au Japon et à la Chine.
- Or, si aujourd’hui, l’on compte dans les terres de l’Est, des millions de miles carrés à l’état de solitudes arides, tandis qu’il y a cent ans, elles étaient riches et productives, cela est dû au déboisement, qui a fait disparaître toute fraîcheur, et par suite, la fertilité.
- [Lumbermaris gazette. — A suivre.)
- de Sainte-Geneviève, et depuis cette borne jusqu’à une autre formant la limite des deux mêmes terres près du cheitiin d’Issy; enfin, à partir de cette limite jusqu’à la quatrième, placée par les arbitres contre les murs, vers Saint-Etienne-des-Grès.
- Les détails de cette sentence arbitrale offrent un grand intérêt, en ce sens qu’ils indiquent la topographie du Paris de cette époque.
- La différence des juridictions donnait quelquefois naissance à de vifs débats. Les anciens registres du parlement attestent un fait étrange. Deux faux-monnayeurs, arrêtés à Villeneuve-Saint-Georges au mois de mai 12oG, furent pendus dans la justice de Saint-Germain-des-Prés, puis déplacés de la hart pour être pendus de nouveau dans la justice du roi, qui avait réclamé ce privilège seigneurial.
- Une querelle violente s’éleva, en 1278, entre l'Université et l’abbaye de Saint-Germain. Il y eut bataille entre les vassaux de l’abbaye et les écoliers. Une centaine de ces derniers furent tués. L’Université porta plainte. Le prévôt de l’abbaye fut condamné à une forte amende; plusieurs des vassaux furent exilés, et les tourelles bâties sur la porte de l’abbave, du côté du pré, furent rasées jusqu’à la hauteur des murailles.
- L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés fut supprimée en 1790. Les bâtiments devinrent propriété de l’Etat. Sur leur emplacement, ont été construites les rues de l’Abbaye et de Saint-Germain-des-Prés.
- Un débris précieux de l’édifice élevé par Childebert, c’est la tour de la façade de l’église. Les piliers de la nef paraissent appartenir à la même époque. La seconde église, bâtie en forme de croix, est du onzième siècle. Elle *avait autrefois trois clochers, un au-dessus du portail, et les deux autres au-dessus des chœurs des côtés. Ces deux derniers ont été abattus en 1821.
- Le caractère de l’architecture intérieure est tout roman, à l’exception de quelques parties construites au commencement du douzième siècle, et qui se rapprochent beaucoup plus du style gothique.
- Des réparations importantes ont déjà été faites à cette église au commencement du dix-septième siècle.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Etude sur les matières fertilisantes, au point de vue de la culture de la betterave. — Appareil de diffusion, de la Société anonyme de Prague. — Le rail-longrine d’une seule pièce, en acier, de M. E. De Soignie. — Appareils-contrôleurs, de M. Brunol. — Nettoyage, mouilleur et bluteries, de MM. H. et G. Dose frères.
- NÉCROLOGIE.
- John Penn.
- L’Angleterre vient de perdre le plus éminent de ses ingénieurs-mécaniciens, M. John Penn, qui s’était fait une brillante spécialité des machines destinées à la navigation. Fils d’un mécanicien, il naquit en 1805 à Greenwich, où plus tard il établit ses magnifiques usines, et il est mort dans un beau petit domaine, qu’il s’était arrangé dans une commune avoisinante. Il apprit à travailler de bonne heure, et dès l'âge de vingt ans il commença à fournir des machines pour divers bateaux à vapeur. L'attention de l’Amirauté fut bientôt appelée sur lui, et il fut chargé de fabriquer les engins d’un grand nombre de bâtiments. On a calculé que la maison Penn, qui est continuée par les deux fils aînés du défunt, a pourvu sept cent trente-cinq navires de machines ayant une force totale de plus d’un demi-million de chevaux.
- Lorsque, en 1854, au commencement de I9. guerre de Crimée, lord Napier se trouva impuissant dans la Baltique et demanda cent vingt chaloupes canonnières, le plus vite possible, M. Penn conseilla au gouvernement de faire fabriquer les différentes pièces dans les ateliers particuliers du pays; il se mit lui-même à l’œuvre et fournit le mécanisme pour quatre-vingt-dix-sept de ces chaloupes. La maison Penn a pris de nombreuses patentes et ses usines donnent du travail à deux mille ouvriers. Le fondateur, qui vient de mourir à l’âge de soixante-treize ans, s’était retiré des affaires, en 1875, à cause de sa vue affaiblie, après soixante ans d’un travail aussi honorable, qu’utile à son pays et au monde entier.
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Etude sur les matières fertilisantes, au point de vue de la culture de la betterave,
- par M. Pellet.
- Depuis qu’il a été reconnu que les matières minérales contenues dans les végétaux étaient indispensables, on a recherché quels étaient spécialement les engrais favorables à une plante donnée. L’analyse chimique a démontré que toutes les plantes ne laissaient pas à l’incinération des cendres de composition constante.
- De même la matière normale de chaque plante ne donne pas un poids de cendres constant.
- Mais il est ressorti un autre fait, surtout depuis les expériences de MM. Champion et Pellet, et qui est le suivant.
- On observe en général, pour le même végétal, une composition constante des cendres, lorsque le développement a été normal. Par exemple, le blé, peut être cité. On remarque en effet que, quelque soit son mode de culture, il fournit environ 1,5 à 1,7 de cendres pour 100 de matière normale. En outre les cendres obtenues présentent une fixité remarquable de composition.
- M. Pellet a dû à l’obligeance de MM. Lawes et Gilbert des échantillons de blé, cultivés sur les parcelles nos 11, 12,13 et 14 de leur champ d’expériences et qui, bien qu’ayant reçu pendant vingt ans des doses différentes d'engrais, ont donné, à l’hectare, des rendements identiques.
- D’autre part, et malgré les différences énormes des engrais, la composition des cendres a été peu influencée, et M. Pellet a remarqué qu’en outre, que là où la chaux a été en plus grande quantité, la magnésie et la potasse ont diminué, etc., et que, en résumé, si l’on calcule la quantité d’acide sulfurique nécessaire à saturer tous les alcalis, on trouve un poids constant d’acide sulfurique. Ce qui indique que les alcalis ne se sont pas remplacés poids pour poids, mais équivalent par équivalent.
- En effet, la dose d’acide sulfurique nécessaire pour saturer les alcalis totaux dans les cendres des 4 blés ci-dessus varie de 61 à 61,20.
- Ce chiffre correspond aussi à celui que les opérateurs ont donné dans un mémoire spécial et appliqué aux analyses moyennes de blé de France, etc., faites par M. Boussingault.
- Le blé admet donc peu de changement dans la composition de ses cendres, et la pomme de terre également. Mais il n’en est pas de même de la betterave, qui peut végéter avec des substitutions équivalentes des alcalis nécessaires à la formation du sucre.
- C’est ainsi que la soude, d’après les essais de M. Joulie, peut se rencontrer dans les cendres de betteraves, en proportion égale à la potasse, tandis que dans d’autres betteraves la potasse sera 7 fois plus élevée que la soude.
- La substitution s’observe également entre la chaux et la potasse, etc. Mais les expériences de M. Pellet ont montré, que si les alcalis se substituaient plus ou moins facilement entre eux par équivalent, certains corps, tels que l’acide phosphorique, n’admettaient pas de remplaçant.
- Les expériences de MM. Champion et Pellet ont fait voir aussi, que dans
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- tout végétal, on pouvait observer un rapport entre le poids total des cendres et la matière organique spéciale pour laquelle le végétal est cultivé.
- Ainsi, dans la betterave, rapport entre le sucre et les cendres totales.
- Dans le blé, rapport entre l’amidon et les cendres totales, etc.
- Ces Messieurs ont pu ainsi construire un tableau indiquant, en général, que :
- 100 kilogrammes de sucre demandent, pour se former, ou entraînent pendant la végétation dans les feuilles et dans les racines :
- Acide phosphorique..........•..........................1,00 à 1,20
- Potasse..................................................5,00 à 6,00
- Soude....................................................1,59 à 2,00
- Chaux....................................................1,50 à 1,60
- Magnésie.................................................1,20 à 1,40
- Azote....................................................2,70 à 3,50
- Or, malgré des quantités en excès dans un terrain, de tous les éléments sauf l’acide phosphorique, le sucre ne se produira pas. C’es t que cette substance ne peut se remplacer; tandis que si la chaux vient à faire en partie défaut, elle sera remplacée par la soude, la potasse ou la magnésie, et ainsi des autres alcalis.
- Il appert donc que, 1 d’acide phosphorique correspond h la formation de 100 de sucre, tandis que 5 à 6 de potasse ne correspondent qu’au même poids de sucre. L’acide phosphorique est donc 5 à 6 fois plus utile que la potasse dans la formation du sucre, en n’admettant aucun remplacement de la potasse faisant défaut, par un autre alcali.
- En un mot, s’il manque à la terre 60 kilogrammes de potasse assimilable par hectare, il y aura un déficit de 1000 kilogrammes de sucre, tandis que pour observer ce même déficit, il ne faut qu’un manque de 10 kilogrammes d’acide phosphorique.
- L’acide phosphorique doit donc être la base ou l’élément non dominant, mais indispensable pour former le sucre dans la betterave. Par conséquent, sans expérience de culture, d’après l’examen moyen des compositions des cendres, et du végétal en azote, on peut, en rapportant le poids total des cendres à un corps donné produit, par exemple le sucre pour la betterave, l’amidon pour les blés, la fécule pour la pomme de terre : on peut, disons-nous, déterminer l’ordre dans lequel les éléments sont indispensables pour tel ou tel végétal.
- Ainsi dans la betterave, on peut les classer :
- 1° acide phosphorique, 2° chaux ou magnésie, 3° azote, et 4° potasse et soude.
- Appareil de diffusion, de la Société anonyme de Prague,
- à l'Exposition.
- L’appareil rotatif de diffusion exposé se compose d’une batterie de diffusion de 9 diffuseurs. Chaque diffuseur a une capacité de 16 hectolitres et est muni d’un trou d’homme pour le remplissage et le nettoyage.
- Dans ce système, le nombre des diffuseurs est variable, ainsi que la capacité de chacun d’eux.
- Les diffuseurs sont placés sur une plaque tournante, qui reçoit d’une roue dentée un mouvement très-lent. On peut, au moyen d’une courroie horizontale qui passe sur deux troncs coniques à axes parallèles, mais de directions
- CHRONIQUE.
- L'inventeur du phonographe,
- THOMAS ELVA EDISON.
- Edison naquit au mois de février 1847, de parents peu fortunés, exerçant la profession agricole à Milan, dans l’Ohio.
- Il ne reçut d’autre éducation que celle des écoles primaires, et, forcé de gagner son pain dès l’âge de onze ans, il se fit marchand de journaux à bord des trains qui circulent sur le Great Traurck Railway.
- Grâce à son intelligence, il ne tarda pas à employer un certain nombre de boys et devint comme une sorte d’entrepreneur de la vente en gros.
- Après quelques années de ce commerce, il conçut l’idée de noircir lui-mème le papier qu’il vendait aux voyageurs, et il créa une feuille ambulante qu’il tirait à la brosse après l’avoir composée avec des caractères dont il avait fait l’acquisition.
- Le journal d’Edison attira à ce point l’attention publique que le Times de Londres en fit mention comme une des plus grandes singularités que l’esprit américain eiit enfantées dans le Far-West.
- Une spéculation aussi originale ne pouvait manquer d’obtenir un certain succès.
- Edison arriva bientôt à un tirage hebdomadaire de sept cents numéros. Mais il eut la malencontreuse idée de publier upe histoire scandaleuse arrivée à une dame habitant une des stations du railway, ce qui lui attira une fâcheuse affaire, à la suite de laquelle il renonça au journalisme.
- Obligé de se créer une nouvelle profession, il eut l’heureuse inspiration de s’adresser à l’électricité et de se faire télégraphiste. Mais comme il n’était pas facile de se procurer une situation, il ne trouva qu’une place d’opérateur de nuit.
- La vue des merveilles de l’électricité ne tardant point à stimuler son génie inventif, il proposa à son chef de construire un appareil, qui permettrait de transmettre simultanément une dépêche dans chaque sens à l’aide d’un seul fil.
- Cet homme crut que son employé avait perdu la tète quand il le vit lui proposer une pareille énormité, et, craignant qu’il ne se livrât à quelque acte de folie compromettant, il lui donna son compte.
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- Mais tout le monde n’apprécia pas si sévèrement l’invention d’Edison.
- Un flibustier industriel ayant assez d’intelligence pour comprendre l’invention que le jeune Edison eut la naïveté de décrire devant lui, prit sans façon un brevet en son nom personnel et accapara tous les bénéfices qu'il en put tirer.
- Edison, voyant que toutes ses réclamations étaient inutiles, reprit son métier d’opérateur.
- L’affaire ayant fait quelque bruit, Edison trouva moyen de persuader à son nouveau patron qu’il avait imaginé un excellent moyen pour permettre à deux trains de communiquer l’un avec l’autre. Mal conduites, les expériences aboutirent à une collision dont les conséquences furent graves. Edison n’eut que le temps de se dérober à la colère de ceux qui avaient eu l’imprudence de suivre des avis par trop enthousiastes.
- Malgré ces débuts peu encourageants, Edison n’en continua pas moins sa carrière d’inventeur. Nous ne le suivrons point en ce moment dans cette série brillante et féconde de travaux de toute nature. Déjà nos lecteurs ont pu apprécier une partie de ses découvertes, et celles dont nous n’avons point encore parlé viendront. l’une après l’autre figurer dans nos colonnes, au fur et à mesure qu’un incident ou un perfectionnement quelconque appellera sur elles l’attention universelle.
- Nous nous bornerons à dire que l’ingénieux Américain possède actuellement un laboratoire à Menloo Park, dans le Connecticut.
- La seule occupation d’Edison est d’inventer, et il occupe constamment une douzaine d’ouvriers à exécuter les appareils nécessaires aux constructions qu’il modifie sans relâche.
- Ces ouvriers sont forcément doués d’une grande intelligence. Il a pris successivement parmi eux deux collaborateurs.
- Le premier est un mécanicien nommé Balchelor, qui eut l’honneur d’accompagner Edison quand il présenta son phonographe à l’Académie nationale de Washington.
- Le second est un ancien matelot nommé Adams, qui représente Edison à l’Exposition universelle.
- En effet, au lieu de venir à Paris, pour jouir d’un triomphe si bien mérité, Edison a fait le voyage des Montagnes-Rocheuses afin de prendre part aux observations relatives .à la grande éclipse de soleil.
- Edison est en outre retenu dans les Montagnes-Rocheuses par des recherches d’un autre genre, la détermination par l’électricité,
- opposées, quant à la surface, imprimer à toute la batterie une vitesse de rotation qui varie de 8 tours à 40 tours par vingt-quatre heures.
- Avec une vitesse moyenne de 24 tours par vingt-quatre heures ou d’un tour par heure, le mouvement est à peine visible, car cette vitesse, avec une batterie ayant un diamètre de 3“,20 (10 mètres de circonférence), donne seulement comme vitesse à la circonférence 166 millimètres par minute. On n’a donc besoin que d’une force très-minime d’environ 1/3 de cheval vapeur. Le mouvement est communiqué par le bas au-dessus des diffuseurs et, sur une console, est placée la machine à couper les betteraves, dont le centre se trouve éloigné du centre de la batterie de diffusion, de la même distance que les centres de chacun des diffuseurs. Par le mouvement de rotation, chacun des diffuseurs vient se placer de lui même sous la machine à couper, pour être rempli de tranches de betterave. La machine à couper est munie d’un entonnoir construit de manière que le remplissage des diffuseurs s’opère toujours au centre de ceux-ci, malgré leur mouvement de rotation continue.
- Au moyen des vitesses différentes que l’on peut communiquer à l’appareil, on est à même d’obtenir un mouvement continu, ou intermittent, quand on arrête l’appareil pendant le remplissage de chacun des diffuseurs.
- Les avantages de ce système consistent principalement en une économie de canaux, waggonnets, etc., et le mode d’opérer est plus propre et plus correct, au point de vue du bon ordre de l’usine.
- C’est la Maison Lecointe et Villette, constructeurs à Saint-Quentin (Aisne), qui est chargée, pour la France, de la construction de cet appareil de diffusion.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Le rail-longrine d'une seule pièce, en acier, de M. E. De Soignie.
- Nous sommes heureux d’appeler la sérieuse attention des spécialistes sur le système de voie-longrine de M. E. De Soignie, ingénieur et ancien maître de forges belge.
- Nous en avons attentivement étudié les plans et la description, et nous croyons qu’il est possible de voir dans cette innovation un progrès réel sur les systèmes de voies métalliques généralement proposés jusqu’ici.
- M. E. De Soignie, à qui nous devons déjà plusieurs perfectionnements apportés à la construction des railways (nous citerons notamment sa traverse métallique appliquée sur une ligne de l’Etat belge), s’est attaché, avant tout, à donner à son système un caractère de simplicité que n’ont su atteindre aucun de ses devanciers. De cette simplicité résultent, en outre, une solidité et une stabilité remarquables.
- La voie De Soignie ne peut être assimilée à la voie Hilf ou à celle de Des-seres et Batig, dont le rail-longrine est formé d’un grand nombre d’organes; elle paraît également supérieure à la voie Barlow, dont elle réalise les avantages en supprimant ses inconvénients. En un mot, nous croyons ne pas trop nous avancer en affirmant que la voie-longrine de M. De Soignie paraît être
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- à même de résister, dans les meilleures conditions possibles, aux plus grands trafics qu’entraîne l’exploitation des chemins de fer.
- M. E. De Soignie, dans ses études, n’a pas négligé le côté économique du problème qu’il a résolu. Bien que son rail-longrine soit entièrement en acier, et pèse 51 kilogrammes le mètre courant, le coût kilométrique de premier établissement ne peut être comparé à celui des voies Vignoles sur traverses en bois; et en tenant compte de la grande durée probable d’une voie construite entièrement en acier, les calculs de fauteur le conduisent, au bout de soixante années d’exploitation, à une économie kilométrique, pour voie double, de 1 1/2 million de francs.
- Une semblable perspective est bien faite pour attirer l’attention des intéressés.
- ' M. E. De Soignie s’est mis, après études mutuelles, d’accord avec la Société John Cockenll, de Seraing, pour le laminage de son rail-longrine en acier. Cette importante usine, dont les puissants laminoirs se prêtent on ne peut mieux à ce genre de fabrication, s’engage même à livrer des longrines de 12 mètres de longueur.
- Nous croyons savoir qu’une offre de fourniture a été faite, ces temps derniers, à M. Sainctelette, ministre des travaux publics de Belgique ; nous espérons que le gouvernement y donnera une suite favorable. Il ne voudra assurément pas faire h la conception d'un de ses compatriotes un plus mauvais accueil que celui qui a été fait précédemment à des systèmes allemands et autrichiens.
- Appareils contrôleurs, de M. Brunot,
- à l'Kvpositlon.
- M. Brunot, inspecteur du chemin de fer du Nord, à Amiens, expose plusieurs types d’appareils contrôleurs qui sont employés, soit dans les chemins de fer, soit dans les usines, soit dans les transports en général pour contrôler et enregistrer tous les mouvements des machines ou véhicules, et connaître ainsi les phases du mouvement et celles du repos. La Compagnie du chemin de fer du Nord a exposé sur sa locomotive, classe 64, l’appareil type en service depuis 1876, qu’elle emploie pour contrôler la marche des trains. Le petit modèle exposé classe 54 est particulièrement destiné aux métiers de filatures, usines, moulins, machines à battre et aux voilures et camions. L’appareil enregistreur se compose d’un mouvement d’horlogerie solidement établi et qui entraîne un carton divisé en heures et minutes. Un crayon métallique, par conséquent incassable, trace un trait sur ce carton pendant la marche de la machine ou du véhicule: l’absence complète du trait indique les moments d’arrêt.
- Les traits sont obtenus par l’effet d’un poids suspendu à l’extrémité d’une lame d’acier, dont les oscillations, pendant la marche, l’obligent à frapper des coups répétés sur le crayon, de sorte que la succession des points produit un trait continu.
- Il suffit donc de placer simplement l’appareil sur la machine ou sur le véhicule, en l’enfermant dans une boîte qui leur est fixée, pour le mettre à l’abri de la malveillance des agents. La trépidation, agissant seule, supprime les transmissions et, par conséquent, simplifie l’installation de l’appareil.
- Afin que le trait ne se recouvre pas lui-même au bout d’un tour, le crayon
- de la puissance des fdons d’argent qui sont renfermés dans les profondeurs de la terre.
- Si les espérances de celui qui est parvenu à enchaîner la nymphe Echo sur une plaque de métal, ne sont point chimériques, les yeux de l’homme seront armés d’un instrument analogue au télescope, et permettant de sonder, d’une façon encore plus merveilleuse, les profondeurs des abîmes sur lesquels reposent les Républiques et les Empires.
- Beaucoup de journaux ont raconté qu’Edi-son était un inventeur aux gages d’une compagnie financière. Il y a quelque chose d’incomplet et d’erroné dans cette explication.
- Edison est employé par la compagnie télégraphique de Western-Union, qui lui paie un salaire de 100 dollars par semaine, afin d’avoir le droit de lui acheter ses inventions électriques, à prix fixé par un arbitre. Si la compagnie renonce à exercer ce droit, Edison a celui d’exploiter directement.
- C'est ainsi qu’il est resté propriétaire du brevet de la plume électrique.
- Il a été concédé à M. Beetlee, qui a établi, rue de la Bourse, un office spécial pour savants, sous l’enseigne de la Plume électrique.
- Quant au brevet du phonographe, qui n’a rien d’électrique, la compagnie n’a point eu à s’en occuper.
- L’exploitation a été donnée pour l’Europe à M. Puskas, gentleman hongrois qui l’a fait fonctionner devant l’Académie des sciences, et que quelques membres de ce perspicace Sénat ont pris, trop longtemps pour notre amoür-propre national, pour un habile ventriloque. W. de Fonvielle.
- EXPOSITION.
- Représentation au Trocadéro au bénéfice des victimes de la fièvre jaune.
- Le Commissaire général de l’Exposition, d'accord avec le Ministre de l’agriculture et du commerce, vient d’écrire à M. Mac Cor-mick, commissaire général des États-Unis, une lettre dans laquelle il lui offre d’organiser une grande fête au Trocadéro, au profit des victimes de la fièvre jaune à la Louisiane.
- Le Commissaire général américain a accepté avec empressement et a remercié au nom de son pays.
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- Les délégations ouvrières à l'Exposition.
- Les promenades d’ouvriers délégués à l’Exposition universelle ont commencé par des visites dans les galeries des premier et deuxième groupes.
- Les visites de ces délégations se prolongeront ainsi, successivement, jusque vers la fin de l’Exposition, et, afin de rendre ces visites aussi profitables que possible, les ouvriers seront guidés à travers l’Exposition par des hommes spéciaux, ingénieurs, architectes, publicistes, etc., qui ont offert gracieusement leur concours pour fournir aux ouvriers tous les renseignements de nature à les instruire tout en les intéressant.
- Ces visites, organisées en exécution de la circulaire ministérielle du 19 septembre dernier, comprendront des promenades générales et ensuite des promenades spéciales. On se réunit au commissariat général, au Champ-de-Mars.
- Le chiffre des ouvriers envoyés par leurs départements, et dont le voyage est payé moitié sur les fonds de l’État et moitié sur les fonds votés par les conseils généraux, était naguère de 700.
- Le Doubs a envoyé 104 ouvriers, la Creuse 43, le Nord 39, la Sarthe 30, l’Aube 29, la Meurthe-et Moselle 29, la Haute-Vienne 28, les Alpes-Maritimes 26, la Somme 20, les Vosges 20,1a Seine J 9, le Var 18, la Manche 17, l’Ailier 16, la Seine-et-Marne 16, l’Orne J 6, les Bouches-du-Rhône 15, l’Ariége 14, les Deux-Sèvres 14, l’Hérault 13, la Loire 13, les Pyrénées-Orientales 10, et l'Yonne 10.
- POLICE ET LÉGISLATION.
- La surveillance des étamages.
- Une ordonnance de police du 13 juin 1862 a enjoint aux chaudronniers, étameurs ambulants et autres d'employer exclusivement de l’étain fin pour l’étamage des vases en cuivre devant servir aux usages alimentaires.
- Or, des analyses chimiques récemment faites par les soins du conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine, ont établi que très-souvent cette prescription n’était pas exécutée.
- Il a été, en effet, trouvé dans des échantillons du métal employé à l’étamage des vases de cuisine, des quantités de plomb relativement considérables.
- décrit automatiquement une spirale dont le pas est réglé pour chaque tour, de façon qu’au bout de 12 heures le crayon rentre vers le centre pour ne pas recouvrir le trait précédent. L’enregistreur pour chemin de fer marche 4 jours, le petit modèle fonctionne pendant 48 heures.
- Ces appareils seront, nous semble-t-il, d’une grande utilité pour la surveillance des usines, moulins, métiers, etc., puisqu’on trouve sur chaque carton l’heure exacte h laquelle la machine a été mise en mouvement, ainsi que tous les instants d’arrêt.
- Dans les voitures ou camions affectés aux transports à de grandes distances des usines, le propriétaire ou l’industriel voit à la rentrée de la voiture si le trajet a été effectué avec ou sans arrêt et arrive à reconnaître avec un peu de pratique si son conducteur a bien suivi la marche normale. Il peut ainsi par une surveillance continuelle améliorer, au profit des chevaux, le service des charretiers trop souvent négligents. Nous croyons pouvoir recommander cet appareil, pour sa solidité, sa simplicité et l’exactitude de ses indications.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Nettoyage, mouilleur et bluteries, de MM. H. et G. Rose frères,
- ma Cliamp-flc-lVars.
- Nous avons eu l’occasion de parler à nos lecteurs, dans notre dernier numéro (page 32o), de l’installation complète de meunerie-et boulangerie établie par M. Toufflin, dans son pavillon voisin de l’École militaire, au Champ-de-Mars. Les appareils qui y exécutent le nettoyage, le mouillage et la bluterie sortent des ateliers de MM. H. et G. Rose frères, de Poissy.
- Le blé, encore impur, descend sur un tarare aspirateur, représenté fig. 66, et muni d un émolteur et d’un cribleur : il agit d’un côté mécaniquement en séparant les corps plus ou moins volumineux que le blé, et d’autre part, au moyen de ses aspirateurs, il sépare les bons grains des mauvais, tels que l’ail, le blé germé, l’orge, le seigle, la cloque, le glouton, l’ivraie, etc...
- Tel est le tarare aspirateur américain, cribleur et émotteur, de H. G. Rose frères, au moyen duquel on peut purifier toutes espèces de grains ; blé, avoine, seigle, colza, escourgeon, minette, moutarde, lin, soleil, riz, légumes secs, orge mondée, avoine décortiquée, etc.
- Au sortii de ce taiare, le ble passe dans un trieur double à graines rondes, représenté fig. 67.
- Cet appareil, bien qu ancien, n a été perfectionné d’une façon remarquable que depuis environ quatre ans, et aujourd’hui il est installé chez tous les meuniers qui se tiennent à la hauteur du progrès et n’hésitent pas à faire une dépense qui ne tarde pas à être amplement compensée en quelques mois. Il ne pouvait pas manquer à la remarquable installation de M. Toufflin.
- Ces trieurs pci fcctioiinés ont pour effet d’extraire du blé les graines rondes, telles que : nielle, vesce et autres graines légumineuses et oléagineuses qui, à la mouture, produisent des piqûres ou des taches noires dans les farines!
- De là le blé est conduit dans une colonne épointeuse à fil d’acier. Cet appareil remonte déjà à plusieurs années, et MM. Rose frères lui ont successive-
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- Fig. (36.
- ment appliqué diverses modifications de détail qui, tout en respectant le principe fondamental qui leur en avait inspiré la création, en ont fait une machine sans rivale, laissant bien loin derrière elle ces vieilles colonnes en tôle-râpe, qui ont malheureusement régné trop longtemps dans les nettoyages, mais qui, aujourd’hui, sont bien près d’avoir fait leur temps.
- La colonne épointeuse à fil d’acier, qui ne possède aucune partie aiguë, a pour principe de ne toucher que les pointes du blé, sans en attaquer les flancs. Le blé en sort lisse et poli. En outre, cette machine a la propriété de démoucheter le blé noir, ce qui est de la plus haute importance.
- De semblables infractions aux règlements constituent un danger réel pour la santé publique. La préfecture de police vient de prescrire une visite d’inspection chez tous les chaudronniers et étameurs, et des procès-verbaux seront dressés contre ceux qui contreviendraient aux dispositions de l'ordonnance spéciale du 15 juin 1862.
- Fig. 67.
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- Reproduction des séries de prix.
- Le droit exclusif de reproduction assuré par l’article 1er de la loi du 19 juin 1793 aux auteurs d’écrits en tout genre, ne s'applique pas aux actes officiels de l’autorité publique, ni aux documents qui leur sont annexés.
- Dans l’espèce il s’agissait des séries de prix contenues dans les cahiers des charges de la ville de Paris. Ces documents tombent dans le domaine public. (Cassation, 15 mai 1878).
- STATISTIQUE.
- Les richesses des bibliothèques parisiennes.
- Tous les ans, pendant les vacances scolaires, les directeurs des diverses bibliothèques de Paris font faire l’inventaire général des livres dont ils disposent. Ce travail vient d’être terminé, et voici, en chiffres ronds, le nombre de volumes dont disposent ces bibliothèques.
- La Bibliothèque nationale, qui n’a son égale nulle part, contient plus d’un demi-million de volumes.
- Outre la Bibliothèque de la rue Richelieu, la Ville de Paris possède encore d’importantes collections, que nous citons dans l’ordre alphabétique.
- Bibliothèque des Archives, fondée par Dau-nou, en 1808. — 20.000 volumes.
- Bibliothèque de l’Arsenal, qui date du siècle dernier, fondée par Saulmy-d'Argenson. — 200.000 volumes et 8.000 manuscrits. Cette bibliothèque est surtout riche en documents relatifs au théâtre.
- Bibliothèque des Avocats, au Palais de Justice. — 12.000 volumes.
- Bibliothèque du bureau des longitudes. — 5.000 volumes.
- Bibliothèque du Collège de France.— 6.000 volumes.
- .Bibliothèque du Conservatoire des Arts-et-Métiers. — 20.000 volumes.
- Bibliothèque du Corps législatif. — 50.000 volumes.
- Bibliothèque de la Cour de cassation. — 40.000 volumes.
- Bibliothèque de la Faculté de droit. —9.000 volumes.
- Bibliothèque de la Faculté de médecine.— 35.000 volumes.
- Dans la colonne épointeuse, représentée fig. 68, existe et fonctionne, sur le même axe, un aspirateur attirant les poussières au fur et à mesure qu’elles
- Fig. 68.
- se détachent du blé et les chassant dehors ou dans une chambre spéciale. Cela a le grand avantage de débarrasser de toute poussière les chambres de nettoyage, défaut des anciens appareils, dans lesquels elles retombaient sur les arbrés et les coussinets, formant un cambouis, qui obligeait d’employer plus de force et déterminait l’usure, en laissant dans les salles de nettoyage une poussière très-nuisible à la santé des ouvriers.
- En outre, cette colonne tient peu de place et éloigne tout danger d’incendie, contrairement aux anciennes.
- Enfin, comme dernière opération, le blé repasse dans un tarare aspirateur simple et il se trouve complètement nettoyé. C’est alors qu’on le confie au moulin batteur Touffiin qui rend ensuite la marchandise pour la transmettre aux nouvelles bluteries h axe tubulaire également établies par MM. H. et G. Rose frères.
- Mais avant la mouture, le grain devra passer par le mouilleur automatique représenté fig. 69, lequel supprime tous1 les inconvénients, trop souvent inhérents à ce genre d’appareil. Son grand avantage consiste en ce que, si l’on, arrête l’usine ou le nettoyage, comme il arrive assez fréquemment, il cesse immédiatement de donner de l’eau. Gela tient à ce qu’il est mû par la pesan-
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- teur du blé venant du nettoyage : dès lors, si la quantité du blé augmente ou diminue, la quantité d’eau distribuée par l’appareil varie également, ce qui assure, dans tous les cas, la régularité du mouillage.
- Les bluteries, que MM. Rose frères ont installées au pavillon de M. Toufflin, sont également supérieures à celles des anciens systèmes. Cela est dû aux manipulateurs placés à l’intérieur du cylindre, qui divisent la marchandise projetée sur toute la surface du cylindre, de sorte qu’elle blute presque sur tout le diamètre. La boulange ainsi projetée ne tombe pas en masse sur un seul plan, comme dans les anciens systèmes, ce qui donne au travail de blutage une valeur de 60 à 80 pour cent supérieure à celui d’autrefois. Ainsi une des bluteries Rose frères, de quatre mètres de longueur, fait autant de travail qu’une de six à sept mètres de l'ancien système. R y a donc économie de force et de place.
- Fig. 69.
- A) introduction du blé.
- B, blé tombant dans la vis.
- C, D, godets montant l’eau.
- E, conduit recevant l’eau des godets.
- F, réservoir à eau.
- G, vis mouilleuse.
- L’intérieur de ces nouvelles bluteries est en bois et en métal, fer et fonte, axe tubulaire avec tendeurs en fer, de sorte-que cet arbre, excessivement rigide, ne fouette pas et travaille suivant la température.
- Le système de nettoyage complet installé au pavillon de M. Toufflin, à l’Exposition, peut faire de 200 à 4000 kilogrammes à l’heure, suivant que la force varie de j à 6 chevaux, et selon les quantités que l’on veut produire. Il y a, naturellement, plusieurs numéros, dont les prix varient d’après le rendement en travail.
- Bibliothèque de l’Hôtel de la Monnaie. — 2.000 volumes.
- Bibliothèque de l’Imprimerie nationale. — 3.000 volumes.
- Bibliothèque de l’Institut. — 100.000 volumes.
- Bibliothèque des Invalides. — 23.000 volumes.
- Bibliothèque du Louvre. — 100.000 volumes.
- Bibliothèque du ministère des affaires étrangères. — 14.000 volumes.
- Bibliothèque Mazarine, bibliotheca a fun-datore Mazarinea, fondée vers le milieu du dix-septième siècle. — 160.000 volumes.
- Bibliothèque du Muséum d’histoire naturelle. — 33.000 volumes.
- Bibliothèque Sainte-Geneviève. — 170.000 volumes.
- Bibliothèque de l’ancien Sénat (palais du Luxembourg). — 20.000 volumes.
- Bibliothèque de la Sorbonne. — 123.000 volumes.
- Les divers hôpitaux de Paris possèdent également des bibliothèques,-fondées depuis peu par les élèves internes. — Hôpital de la Charité : cette bibliothèque, fondée en 1869, par le docteur Passant, s’enrichit tous les jours. — Hôpital Saint-Antoine: reconstituée par M. Richant, elle compte plus de 300 volumes.— Bicêtre : 1.100 volumes.— Hôpital de la Pitié : 1.000 volumes. — Lariboisière : 1.500 volumes.
- Nous laissons de côté d’autres établissements appartenant à des établissements administratifs.
- L’ensemble des volumes contenus dans ces établissements, joint à celui des bibliothèques sus-énoncées, forme un total que l’on peut chiffrer à plus d’un million et demi de volumes.
- On peut donc compter quinze cent mille volumes aux Parisiens, qui d’ailleurs sont très-assidus à toutes les bibliothèques.
- Pour les bibliothèques départementales, on compte dans toute l’étendue de la République, quatre millions et demi de volumes, Paris excepté. En comptant Paris, c’est environ six millions de volumes qui existent dans les bibliothèques de toute la France.
- BAR-SüR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Nouveau système d’éclairage électrique, de M. J. Rapieff. — Procédés d’éclairage et de chauffage par l’électricité, de M. Edison. — Nouveau traitement des minerais de mercure, préservant de l'intoxication mercurielle, par M. Berrens. — Nouveau système de protection du fer contre la rouille, de M. Boiver. — Machine à griller les tissus aux gaz, système Blanche, par MM. Pierron et Dehaître. — Note sur la valeur nutritive de la betterave porte-graines, par M. Leclerc. — Conservation et propagation des forêts, en Amérique.
- NÉCROLOGIE.
- Gabriel Delafosse.
- M. Gabriel Delafosse, membre de l'Institut, est mort dimanche dernier 13 octobre, à six heures du soir, des suites d'une longue maladie qui Je retenait chez lui depuis près de deux ans.
- M. Delafosse était âgé de quatre-vingt-trois ans. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, il était devenu professeur de minéralogie à la Faculté des sciences de Paris, à l'Ecole normale et au Muséum d’histoire naturelle. Il avait été élu en 1857 membre de l’Académie des sciences dans la section de minéralogie.
- M. Delafosse a publié divers ouvrages, très-estimés, sur diverses branches de l'histoire naturelle des corps minéraux et, en particulier, sur la cristallographie.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur la teinture, par M. Blanche,
- au Trocadéro.
- Lorsque les grands navigateurs abordaient sur les côtes habitées par des peuplades sauvages, ils avaient soin de se munir de verroteries et d’étoffes de couleur, à la faveur desquelles ils espéraient obtenir les bonnes grâces des populations.
- Il ne faut donc pas s’étonner que les habitants de l’ancien monde, qui, eux, portaient
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- Nouveau système d'éclairage électrique, de M. J. Rapieff.
- Un nouveau système pour produire la lumière électrique et diviser un courant unique en un certain nombre de foyers lumineux, est en ce moment essayé en Angleterre.
- On sait que c’est là une des difficultés qui ont le plus entravé l’emploi de la lumière électrique. Les bougies de M. Jablochkoff,, les premières, ont permis de résoudre la question d’une manière qui semble satisfaisante, et les expériences faites en ce moment à Paris en feront avant peu connaître exactement la valeur pratique.
- Un autre inventeur, également de nationalité russe, M. Rapieff, propose aujourd’hui un nouvel appareil d’une certaine simplicité, et qui nous semble devoir attirer l’attention des hommes spéciaux.
- Il emploie quatre charbons divisés en deux paires. Les deux charbons de la paire supérieure sont maintenus par des supports dans lesquels ils glissent et qui leur font prendre la position inclinée des deux jambages d’un V. Ces deux charbons sont poussés l’un contre l’autre, et c’est de la pointe du Y dont la position est absolument fixe dans l’espace, puisqu’elle se trouve toujours à la rencontre des arcs des deux guides, que jaillit la lumière.
- Les deux charbons inférieurs sont disposés de la même manière, un peu au-dessous, et présentent la forme d’un V renversé dont le plan est perpendiculaire à celui des charbons supérieurs. La pointe de ce second Y forme le second pôle entre lesquels jaillit l’arc voltaïque. Cette seconde pointe ayant comme la première une position fixe dans l’espace, on peut très-facilement régler leur position de manière à donner à l’arc la longueur voulue par la tension et le nombre de foyers lumineux qu’on veut obtenir.
- Afin que le courant ne puisse jamais être interrompu, et que la lumière se rallume d’elle-même en cas d’arrêt accidentel, les deux supports inférieurs sont portés sur un levier qui se termine à son autre extrémité par l’armature d’un électro-aimant dans le fil duquel passe le courant pour se rendre aux charbons. Tant que ce courant passe, l’armature est attirée et les pointes de ce charbon sont à la distance voulue ; mais dès que le courant cesse, l’aimant cesse d’attirer son armature et les deux pointes de charbon viennent au contact, de sorte que le courant se rétablit de lui-même.
- Le changement des charbons se fait très-facilement, et sans qu’il soit pour cela nécessaire d’interrompre la lumière, car chacune des branches du V peut être remplacée, tandis que l’autre continue à conduire le courant. Les charbons, employés dans les essais qui ont lieu actuellement ont 0m,45 de longueur, et leur diamètre varie suivant les besoins.
- Cet appareil, on le conçoit, fonctionne également bien avec les machines à courant continu et avec celles à courant alternatif : c’est un avantage marqué sur les bougies Jablochkoff qui ne donnent de bons résultats qu’avec ces dernières.
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- Procédés d'éclairage et de chauffage par l'électricité, de M. Edison.
- Quand on est arrivé à produire dix lumières avec une seule machine électrique, on a pensé avoir remporté une grande victoire scientifique. Par les procédés que vient de découvrir M. Edison, il prétend produire 1.000, et même 10.000 lumières, avec une seule machine : le nombre des foyers lumineux peut être, pour ainsi dire, infini. Quand l’éclat et le bon marché de la lumière seront connus du public, l’éclairage au gaz sera abandonné. Avec quinze ou vingt de ces machines magnéto-électriques récemment perfectionnées par M. Wallace, « je peux, dit M. Edison, éclairer toute la partie basse de New-York, en employant une force motrice de 300 chevaux-vapeur. Je suppose qu’on établisse un de ces foyers d’éclairage dans Nassau Street, on pourrait diriger les fils jusqu’au Cooper Institute, au bas de la Battery. Ces fils seront isolés et placés sous terre de la même manière que les tuyaux h gaz. Je propose donc d’utiliser les lanternes et les candélabres qui sont déjà en usage. »
- Dans chaque maison, l’auteur placerait un compteur dans lequel passeraient les fils en question pour aller se rattacher à de petites bornes métalliques que l’on peut installer sur les lanternes. Quand cette installation sera faite, les habitants de New-York pourront clore les conduites à gaz et renvoyer aux Compagnies qui les fournissent leurs compteurs et appareils. Quand ils voudront de la lumière, il leur suffira de toucher un commutateur et d’établir un courant électrique : ils n’auront plus besoin d’allumettes.
- Mieux que cela, le même fil qui vous aura apporté la lumière pourra vous donner également la force motrice et la chaleur. Avec la force motrice, on pourra mettre en mouvement une pompe, une machine à coudre ou toute autre machine demandant un moteur, et, par la chaleur, on pourra cuire les aliments. Pour utiliser la chaleur, il suffira d’avoir un fourneau ou un poêle arrangés pour la recevoir,'« et cela, ajoute M. Edison, pourra être fait pour presque rien. »
- La machine magnéto-électrique appelée télémachon, que nous décrirons prochainement, peut être mise en mouvement par l’eau ou la vapeur. M. Edison prétend que la dépense relative de la lumière, la force motrice ou la chaleur, données par l’électricité transmise par le télémachon, n’est qu’une fraction du prix que coûtent l’éclairage, le chauffage et la transmission de force obtenus par les moyens ordinaires.
- En employant la vapeur, la dépense serait quarante-six fois moindre, et, en employant l’eau, elle deviendrait, paraît-il, quatre-vingt-quinze fois moindre.
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Nouveau traitement des minerais de mercure, préservant de l'intoxication mercurielle,
- par M. Berrens.
- On sait que les émanations mercurielles, quelle que soit leur origine, sont excessivement dangereuses pour les ouvriers, qui respirent un air imprégné
- un habillement, se soient de bonne heure occupés de l’enrichir par les couleurs les plus diverses : les écrits des premiers âges témoignent de cette recherche et du développement des procédés suivis.
- C’est l’Inde surtout, le pays par excellence des plantes tinctoriales, qui peut être considérée comme le berceau de l’art de la teinturerie. Bien plus, dès les temps les plus reculés, on employait les mêmes méthodes auxquelles on a encore recours actuellement, et Pline nous a laissé, des procédés employés par les Indiens, une p’einturé encore exacte aujourd’hui.
- Nous dirons tout à l’heure, en quelques mots, quelles sont les pratiques mises en œuvre; mais auparavant, afin de bien éclairer la question, nous allons fixer quelques principes et développer quelques notions.
- Il ne faut pas confondre les matières colorantes avec les matières colorées : les unes sont en usage en teinture, et les autres en peinture. Pour être employées, les premières doivent être dissoutes dans l’eau, afin d’imprégner complètement les étoffes qu’elles doivent teindre”; les secondes, au contraire, doivent former avec l’huile, la gomme ou l’eau une pâte que l’on enlèvera avec un pinceau, pour la fixer sur l’objet à peindre. Enfin, comme dernière distinction, les premières ne cachent pas l’étoffe qu’elles embellissent, et les secondes masquent complètement le bois, la toile, le papier ou la matière, quelle qu’elle soit, sur laquelle on les a appliquées. Il est en outre curieux que certaines matières tinctoriales ne possèdent pas la nuance qu’elles donnent au tissu, et nous en verrons un exemple frappant avec l’indigo.
- Les matières colorantes étant dissoutes dans leau, il ne suffit pas toujours d’y plonger l’étoffe pour lui donner la couleur voulue. Il y a à ce point de vue des différences énormes entre les produits textiles provenant des végétaux, eomme le lin, le chanvre, le jute, le coton, et ceux qui nous sont fournis par les animaux, comme la soie, la laine, le crin, les poils de toutes sortes. On peut même utiliser ces différences pour obtenir des effets et des dessins. Ainsi, par exemple, la laine est très-avide de couleur : elle prend facilement la teinture, et les ouvriers accusent cette propriété en disant qu’elle en est amoureuse. Le coton, au contraire, se teint difficilement. Si donc, dans un tissu de laine, nous faisons des dessins avec des fils de coton, et si nous plongeons le tout
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- dans un bain de garance, nous aurons un fond de laine rouge, sur lequel se détacheront, en blanc, les fils de coton qui n’auront pas pris la teinture.
- Dès les temps les plus reculés, les Indiens s’étaient préoccupés de teindre le coton pour fabriquer leurs admirables étoffes d'indienne et de perse. Pour cela, ils avaient déjà inventé l’usage des mordants, c’est-à-dire des sels de natures diverses dont on imprègne les étoffes avant de les teindre et qui, sans les colorer, les rendent aptes à retenir la teinture, dont ils modifient la nuance. Les mordants sont de plusieurs sortes : ce sont les sels d’alumine qui donnent les nuances claires et les sels de cuivre et de fer qui donnent les nuances foncées.
- Or, voici l’admirable procédé que déjà, du temps de Pline, suivaient les Indiens. Ils traçaient avec le mordant, au pinceau, sur l’étoffe, les fleurs et les arabesques dont ils voulaient la décorer : ils préparaient leurs effets en variant les sels (notons que les mordants sont incolores), et ils plongeaient ensuite tout le tissu dans un bain de teinture. Les parties mordancées retenaient seules la couleur et donnaient des nuances différentes suivant les mordants employés, quoique le bain de teinture fût le même.
- C’est encore la même méthode qui est suivie aujourd’hui dans l’Inde. Et, quoique nous obtenions dans nos usines des couleurs plus vives que par ce procédé si simple, le talent des artistes indiens et leur sentiment de l’harmonie sont tels, que l’effet auquel ils arrivent est souvent supérieur au nôtre.
- En teinture, il n’y a que trois couleurs d’où dérivent toutes les autres, par des mélanges en diverses proportions. Ce sont le bleu, le rouge et le jaune : en suivant l’histoire de l’une d’elles, on parcourt toute l’histoire de l’art de la teinture.
- Prenons le rouge pour exemple. Le rouge ancien le plus connu, est la pourpre, dont on a perdu aujourd’hui le secret. On dit qu’un Phénicien, voyant son chien rougi par un coquillage qu’il dévorait sur le rivage, eut l’idée de sa fabrication. Il est certain, en effet, que l’on se servait pour la fabriquer d’un coquillage du genre murex, et l’on a retrouvé à Pompéi une fabrique de pourpre et de grands dépôts de ces coquilles.
- Il faut ensuite arriver à la découverte de Yorseille pour noter un fait saillant. On l’obtenait, et on l’obtient encore, en faisant agir l’ammoniaque sur certains lichens. On emploie l’orseille aujourd’hui, entre autres
- de ces particules. Les doreurs, les argenteurs, les étameurs de glaces, etc., sont particulièrement atteints : le plus souvent l’absorption du mercure détermine chez eux des ulcérations de la bouche avec vacillation des dents, des douleurs articulaires et des tremblements nerveux. Dans le Journal d'Hygiène, auquel nous empruntons ces quelques indications, on a détaillé les moyens propres à conjurer les dangers qui menacent continuellement les ouvriers exposés à l’action des poussières ou des vapeurs métalliques de mercure suspendues dans l’air. Mais il serait évidemment plus simple de prévenir, pour n’avoir pas à guérir.
- L'intoxication mercurielle se manifeste surtout dans les mines de mercure. Les ouvriers qui arrivent aux mines d’Almaden éprouvent très-rapidement les effets suivants : fatigue très-grande, courbature aux membres, dyspnée assez intense, du malaise dans la région épigastrique, une forte propension au sommeil, et enfin un mouvement fébrile, quelquefois passager.
- Mais la continuité du travail dans un air imprégné de vapeurs mercurielles produit des symptômes plus graves, la stomatite, qui détermine finalement la perte des dents, suivie quelquefois aussi de la nécrose du maxillaire inférieur, et enfin le tremblement mercuriel accompagné de phénomènes convulsifs et de douleurs vives.
- Mais ces effets d’intoxication, qui sont toujours assez lents, à l’intérieur même des mines de cinabre et de vermillon, sont autrement intenses aux usines d’Almaden où les ouvriers sont soumis à une absorption continue de mercure.
- La méthode de réduction des minerais de mercure, système Bustamente, employée à Almaden depuis 1646, laisse dégager dans l’atmosphère des quantités considérables de vapeurs mercurielles; aussi les ouvriers qui travaillent aux fours Bustamente, sont-ils décimés par l’empoisonnement mercuriel.
- M. Hippolyte Berrens, chimiste français résidant à Barcelone, en Espagne, a inventé une méthode de réduction des minerais de mercure préservant les ouvriers de toute absorption de vapeurs métalliques. Ce nouveau système de réduction offre divers avantages.
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- 1° Il peut être employé pendant toute l’année: par conséquent le traitement des minerais se fait sans aucune interruption dans le travail, tandis qu’avec le système Bustamente il y a interruption depuis le 15 mai jusqu’au 15 octobre.
- 2° Il est exempt de toute émanation mercurielle, et par suite, les ouvriers sont à l’abri de l’intoxication.
- 3° Le rendement en métal, à égalité de teneur, est supérieur.
- 4° Enfin, il permet de traiter des minerais de mercure relativement pauvres et, par conséquent, de mettre en exploitation des gisements aujourd'hui inexploités.
- Le système Berrens, automatique, à four vertical ou horizontal, n’accepte pas la charge continue. Une chambre de transmission est placée entre le four et les condensateurs. La forme de ceux-ci esta peu près celle de deux cônes soudés à leur base : une moitié est souterraine, et l’autre moitié, entourée d’eau, est aérienne. Ces condensateurs communiquent entre eux par la partie inférieure; le dernier communique avec un dépôt contenant du charbon destiné à arrêter les dernières particules notables du mercure qui ont pu échapper à la condensation. D’ailleurs, ce dépôt préviseur est en communication avec une machine aspirante et soufflante mue par un cylindre à vapeur. Les parois intérieures de l’appareil sont enduites de charbon végétal mélangé à son vo-
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- lume de ciment. Cet appareil condense non-seulement tous les gaz venant du four et du foyer, mais aussi le mercure, l’acide sulfureux, le goudron, et même une partie de la fumée.
- La suppression de la cheminée était indispensable dans le traitement d’un métal aussi volatil et aussi dangereux que le mercure : avec un aspirateur on peut donner une marche convenue au tirage, car il se ralentit précisément lorsque le foyer et le four sont au maximum de travail.
- Les résultats industriels obtenus avec le système Berrens, ne laissent rien à désirer : désormais, l’ouvrier, décimé par tous les anciens procédés de traitement, ne sera plus atteint par l’intoxication mercurielle. Cette nouvelle méthode de réduction réalise donc un véritable progrès au double point de vue économique et hygiénique.
- Nouveau système de protection du fer contre la rouille, de M. Bower.
- Nous avons déjà eu l’occasion de décrire le procédé du professeur Barff pour la protection du fer. Ce procédé consiste, on s’en souvient, à recouvrir le fer d’une couche d’oxyde magnétique en le soumettant à l’action de la vapeur surchauffée, alors qu’il est chauffé au rouge. Nous sommes heureux de savoir, aujourd’hui, que M. Bower vient de découvrir un procédé par lequel il obtient un revêtement plus efficace, en simplifiant les opérations.
- M. Bower emploie l’oxygène de l’atmosphère : les objets à traiter sont placés dans une chambre construite en fer ou en briques réfractaires et pourvue de deux tuyaux pour l’entrée et la sortie de l’air. Après l’introduction de l’air, la chambre est close le plus hermétiquement possible. La température est alors élevée au degré nécessaire, selon la nature des objets, elle peut varier du rouge sombre au rouge blanc. Toutes les heures, l’air est renouvelé complètement et l’on continue ainsi jusqu'à ce que la couche d’oxyde soit jugée suffisante, ce qui dépend, naturellement, de la nature des objets traités.
- Le revêtement d’oxyde obtenu par M. Bower a soutenu avec succès des épreuves sérieuses, tant sous le rapport de la dureté et de l’homogénéité que sous celui de la résistance aux iufluences oxydantes ordinaires.
- (English mechanic Journal.)
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- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Machine à griller les tissus aux gaz, système Blanche,
- Exposée au Champ-de-llars,
- par M. PlERRON et Dehaitre.
- Cette machine paraît appelée, par sa production, sa facilité de travail, son économie, et son mécanisme, ou plutôt son agencement, d’une simplicité pri-< mitive, à se substituer en peu de temps aux autres systèmes.
- usages, pour colorer les œufs de Pâques ou rougir l’alcool des thermomètres : cette remarque fixera bien sa nuance dans l’esprit.
- Enfin, au quinzième siècle, Gilles Gobelin vint installer à Paris, aux bords de la Bièvre, une usine pour la fabrication du rouge de cochenille. La cochenille est un insecte exotique qui vit sur les cactus. En 1630 seulement, sous la puissante impulsion donnée par Colbert, on découvrit à l’usine de G. Gobelin, le rouge écarlate. Enfin, en 1650, les Gobelins devinrent propriété nationale, et on y introduisit la fabrication des tapisseries. De ce jour date pour cet établissement l’ère de prospérité qui a rendu sa réputation universelle.
- En 1690, on chercha à introduire en France la fabrication de l’indienne. Mais les procédés employés donnaient des couleurs peu solides, et les réclamations se produisirent avec une énergie telle, qu’on dut interdire cette industrie naissante.
- La défense fut maintenue plus de soixante ans. En 1758 seulement, un Suisse, Abraham Frey, qui savait le monde et connaissait le métier de courtisan, offrit à madame dePom-padour un ameublement complet en perse, fabriquée à la main, à Corbeil. Le présent fut agréable, et Abraham Frey obtenait bientôt l’autorisation de fonder en France la première usine d impression.
- L’industrie progressa sans discontinuer à partir de cette époque. Michel Haussmann élevait ensuite, à Rouen, une usine pour la fabrication du rouge turc ou rouge d’Andri-nople, et, enfin, en 1759, Oberkampf établissait l’usine de Jouy-en-Josas. Il procédait d’abord comme les Indiens, en disposant les mordants au moyen de pinceaux ; mais bientôt il entrevoyait l’avenir immense de cette industrie et inventait les rouleaux, qui portent en relief les dessins et impriment sur l’étoffe les mordants dont on les a imprégnés ou les couleurs dont ils sont couverts. Ober-kampf fondait ainsi, en France, la véritable industrie de la teinture et de la décoration des étoffes.
- Enfin, à la suite de la Révolution française, vint la grande pléiade des chimistes célèbres, dont un illustre représentant, M. Chevreul, est encore vivant de nos jours. Les procédés que l’on se transmettait d’âge en âge, sans se rendre compte de leur valeur, furent alors étudiés, fouillés un à un, et le résultat de ces recherches, aidé des progrès croissants de la mécanique, fut le magnifique développement de cette industrie.
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- Il serait trop long, et peut-être trop fastidieux de décrire un à un les procédés suivis pour chaque couleur, ainsi que les nombreuses méthodes employées pour obtenir plus d’une nuance sur le même tissu.
- Mais nous pouvons nous rendre compte, par un exemple, des progrès que les chimistes, comme M. Chevreul, ont fait faire à l’art de la teinture.
- L’indigo, qui nous vient des Indes et de l’Amérique, arrive en Europe sous forme d’une pierre bleue qui n’est pas soluble dans l’eau. Si on la broie dans ce liquide, on obtient une poudre en suspension qui ne peut teindre les tissus. En enlevant de l’oxygène
- Elle permet à n’importe quel ouvrier intelligent de la conduire et de bien travailler après quelques jours d’apprentissage, car ses dispositions n’offrent aucun embarras de surveillance, et les ouvriers ne sont gênés ni incommodés par quoi que ce soit.
- Elle est construite sur une largeur qui permet de marcher avec une ou deux pièces de front, et possède une ou deux rampes de flammes, garnies de brûleurs de 65 millimètres de section, d’une structure spéciale, fendus transversalement et se touchant par le haut, afin de former une ligne de feu non interrompue sur le tissu (fig. 70).
- Le travail s’effectue sous les yeux du conducteur et de celui qui reçoit la pièce grillée, à la sortie de la machine. Les rampes sont soutenues par un support à bascule qui peut faire suspendre instantanément leur action, aussitôt qu’à l’avant ou à l’arrière de la machine, on s’aperçoit qu’il se produit des avaries.
- Fig. 70.
- à l’indigo, au moyen d’un désoxydant quelconque, on peut rendre la matière soluble; mais alors, elle devient incolore. Si, dans ce bain incolore, nous plongeons un tissu, il ne se teindra pas; mais, lorsqu’on le sortira du liquide, l’oxygène de l’air, frappant l’indigo, pourra le réoxyder et l’étoffe deviendra d’un beau bleu.
- M. Chevreul a supprimé toute cette manipulation, en trouvant un corps qui dissout l’indigo ordinaire; c’est l’acide sulfurique concentré : les opérations sont dès-lors beaucoup plus simples, et c’est par ce procédé que l’on obtient maintenant d’excellents résultats.
- L’air et le gaz arrivent séparément, chacun dans le tube qui lui est destiné, et se réunissent dans les brûleurs qui, ayant 25 centimètres de longueur, se trouvent assez allongés pour que le mélange puisse s’opérer d’une manière parfaite, et soit réglé au gré du conducteur de la machine, selon les besoins de son travail.
- Il est également intéressant de savoir que l’introduction de l'air et du gaz dans le brûleur, ne s’y fait pas d’une manière indifférente; le tube conduc-* teur du gaz doit l’échapper dans l’intérieur de ce dernier, à 10 millimètres de sa base, et celui de l’air à 50 millimètres ; si on laissait échapper l’air et le gaz à la même hauteur l’un que l’autre, ou que l’on intervertît l’ordre d’échappement, le mélange ne serait plus aussi bien fait, ni les résultats aussi satisfaisants.
- La rampe ou les deux rampes, dont les brûleurs sont munis chacun d’un robinet d’air et d’un robinet de gaz, peuvent être alimentées à volonté, de l’un ou de l’autre.
- L’air produit par un soufflet à simple ou double effet, arrivant directement dans le tube à ce destiné, lors des débuts de cette machine, il se produisait une légère intermittence dans l’action de la flamme, qui obligeait souvent à
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- donner un tour de plus pour unifier le grillage; mais ce modeste soufflet est aujourd’hui remplacé par une pompe et un réservoir d’air, qui donnent les meilleurs résultats.
- L’air, se trouvant comprimé dans le réservoir, arrive sans secousse dans les rampes, où il supprime les intermittences et divise le gaz en portant sa combustion au degré le plus élevé, en faisant chalumeau.
- Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, si l’on augmente la quantité de gaz dans un brûleur, le grillage est moins intense à cet endroit; il n’y a donc qu’un seul élément dont la dépense soit variable : c’est l’air, qui ne coûte rien.
- La flamme doit, pour être bien utilisée, brûler à bleu, et non à rouge ou jaune, ce qui indique pratiquement l’insuffisance de l’air et de l’impuissance calorifique.
- Dans tous les cas, il y a de sérieuses précautions à prendre contre les coups de flammes qui affectent une forme spéciale, et n’ont pas de solution de continuité : ils sont transversaux au tissu, c’est-à-dire dans le sens de la trame, et ne forment en quelque sorte qu’une large tache, comme celle que produirait sur le linge le talon trop chaud d’un fer à repasser.
- Ces coups de flammes sont produits par l’introduction d’une trop grande quantité d’air dans le brûleur où ils ont lieu : le gaz s’éteint, une légère détonation se fait entendre et la flamme est projetée avec force sur l’étoffe, qui, à cette place, comme avec les autres systèmes de grillage, devient plus foncée à la teinture.
- Il est aisé de comprendre que ceci ne peut avoir de gravité, à moins que le conducteur de la machine ne soit pas un ouvrier attentif et soigneux, puisqu’il peut instantanément remettre la section du brûleur en bon état de marche.
- Ce désagrément est, d’ailleurs, évité par le réservoir d’air qui régularise parfaitement la distribution dans les rampes.
- L’inconvénient précité n’étant visible que sur les pièces teintes en couleurs, et ne pouvant, commercialement, s’apercevoir sur les tissus teints en noir, on possède, en cas d’accident, la ressource de replonger les premières en noir, sans qu’il en découle d’altération sensible dans la qualité de la marchandise, ni de réduction dans la valeur.
- Que la machine soit construite à une ou à deux rampes de brûleurs, elle n’exige aucun soin particulier de nettoyage par rapport au travail; il existe un intervalle entre les rampes et le tissu, qui permet à la laine brûlée de tomber naturellement, soit sur le sol, soit dans des bâches ou des boîtes en bois. Il ne se forme ni fumée ni goudron sur le tissu, et il n’y a d’autre détachage à faire au dégorgeage, pour les couleurs, que pour enlever ce qui provient de la fabrication.
- Le tissu, pour être grillé, n’a besoin d’aucune préparation préalable; il se trouve suffisamment rétendu par son passage dans le roule fendu, ou autre embarrage, qui se trouve disposé à l’arrière des rampes : les lisières et les portées molles sont également bien grillées.
- Par suite de la grande intensité dans la combustion du gaz, il importe de faire observer qu’il est indispensable qu’un ouvrier surveille constamment la marche des tissus et les maintienne en largeur, car le moindre pli qui passe se trouve marqué immédiatement; de sorte que si une pièce est mal préparée et qu’il se présente beaucoup de faux plis à la flamme, on peut être assuré qu’ils seront tellement visibles que la marchandise sera tarée et pourra devenir l’objet d’un pour-compte.
- VARIÉTÉS.
- Conservation du poisson.
- Une expérience analogue à celle qui a si bien réussi pour les viandes de la Plata vient d’être tentée pour le poisson à Marseille, avec un égal succès. Un chargement de poissons, embarqué dans des parages éloignés et aménagé pendant la traversée à une température froide de 20 degrés au-dessous de zéro, a été amené sur le marché de Marseille. Ce premier arrivage, à titre d’essai, a eu lieu par le Raphaël, qui se dispose à reprendre la mer pour aller charger 120.000 kilogrammes environ d’excellent poisson à destination de nos marchés de France.
- . Le poisson, saisi par la température dont nous venons de parler, est gelé presque instantanément. Cette congélation rapide et énergique prévient la possibilité de toute altération et fait passer le poisson à l’état de bloc sec, incorruptible comme la pierre. L’état d’incorruptibilité se prolonge aussi longtemps que le poisson est tenu à la même température.
- Le chemin de fer du Vésuve.
- L’Italie annonce qu’on va construire un chemin du Vésuve, à l’aide duquel on pourra atteindre commodément et confortablement le cratère du volcan au moyen d’un chemin de fer dans le genre de celui du Righi.
- Le conseil supériéur des travaux publics d’Italie vient en effet d’approuver le projet du chemin de fer du Vésuve, présenté par un banquier qui a obtenu de la préfecture de Naples la concession de cette ligne.
- Il s’agit d’un chemin de fer du système, dit funiculaire et à double voie, établi sur des coussinets en fer supportés par des piliers également en fer placés à une distance de 6 mètres l’un de l’autre. La longueur de la voie sera de 810 mètres et la station au sommet de la montage sera de 420 mètres au-dessus de la station au pied du volcan : la pente de la rampe sera donc de 50 0/'o-
- Ce chemin de fer à double voie sera desservi par huit wagons à quatre places dont quatre monteront, tandis que les quatre autres descendront, une distance de 210 mètres étant toujours gardée entre l’un et l’autre convoi.
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- Pour éviter tout accident, chaque wagon sera muni d'un frein automatique breveté, d’invention récente, destiné, en cas de rupture du câble, à arrêter le wagon immédiatement.
- Tout le mécanisme sera mis en mouvement par une machine à vapeur fixe, de la force de douze chevaux.
- Pour que les pièces de mérinos soient bien grillées, il faut donner un ou deux tours, soit sur une, soit sur les deux rampes, selon la qualité.
- L’intensité de la flamme qui frappe directement sur le tissu au lieu de le lécher, sa grande puissance calorifique, donnent un travail supérieur aux autres systèmes de grillage à la flamme, et une production plus grande qui est de 36 à 40 pièces par heure de travail.
- Un chemin de fer dans l'île de Terre-Neuve.
- L’assemblée législative de Terre-Neuve vient de décréter une série de résolutions pour faciliter la construction d’un chemin de fer, qui traverserait l’ile, de la ville de Saint-Jean à la baie de Saint-George, ou tel autre point qui serait déterminé sur la côte de l’ouest. Des études préliminaires ont été faites pour vérifier la possibilité de l’exécution et les dépenses qu’elle occasionnerait. Il a été reconnu qu’il n’existe pas d’obstacles matériels sérieux à l’exécution de ce plan qui n’exigera qu’une mise de fonds relativement modérée.
- On a proposé en conséquence d’accorder un subside annuel de 120.000 dollars à la compagnie qui se chargerait de la construction et de l’entretien de ce chemin de fer ; de plus, on lui concédera libéralement les terrains de la couronne qui seront nécessaires.
- STATISTIQUE.
- Population du globe.
- La dernière livraison des Communications géographiques, de Petermann, contient de nouveaux aperçus sur le chiffre de la population du globe, par les mêmes auteurs qui avaient déjà publié un travail sur ce sujet, travail dont les journaux ont parlé.
- D’après ces nouvelles recherches, la population du globe serait actuellement de 1.439.145.300 âmes. Cependant ce chiffre ne s’appuie pas toujours sur des évaluations concluantes, surtout en ce qui concerne la Chine, l’Afrique, l’Australie et la Polynésie.
- L’Europe renferme 312.398.480 habitants; l’Asie, 831 millions; l’Afrique, 205.219.500; l’Australie et la Polynésie, 4.411.300; l’Amérique, 86.116.000.
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Note sur la valeur nutritive de la betterave porte-graines, par M. Leclerc.
- Nous sommes heureux de donner à nos lecteurs les résultats très-importants d’un travail de M. Leclerc, directeur du laboratoire de la colonie de Mettray, sur la très-intéressante question suivante : la betterave, après avoir porté des graines, ou betterave de deux ans, a-t-elle encore une valeur nutritive assez élevée pour pouvoir être utilisée comme aliment? On sait que pendant la formation d’un végétal quelconque il y a un transport, de tous les points de la plante vers la graine, des divers principes immédiats qui doivent la constituer ; les tiges et les feuilles s’appauvrissent donc en éléments nutritifs en même temps que la graine se forme. Il nous a semblé utile de rechercher précisément les changements qui pouvaient survenir dans la composition immédiate de la betterave fourragère globe jaune, à la suite de la production des graines. Quelquefois, lorsque l’année a été peu favorable à la formation de la semence, les racines se creusent et pourrissent rapidement après la récolte des grains; dans ce cas il est impossible d’en tirer le moindre parti; mais quelquefois aussi, comme cette année, les racines restent en^ tières, ne se creusent point et résistent à la putréfaction; la culture peut alors les faire consommer par le bétail : c’est ainsi que cette année la colonie de Mettray a pu utiliser 20.000 kilogrammes de betteraves ayant porté des graines.
- Voici la composition de la betterave globe jaune, avant la plantation et après la récolte de la graine.
- Eau.............................
- Cendres.........................
- Matières azotées................
- Cellulose.......................
- Sucre (de canne)................ .
- Graisse.........................
- Matières extractives non azotées.
- Relation nutritive.
- Avant Après
- plantation. la récolte de la graine.
- 84.20 91.300
- 1.31 1.827
- 0.92 0.812
- 1.16 0.757
- 5 51 0.540
- 0.19 0.038
- 6.71 .,.4.726
- 100.00 100.00
- 1 1
- 13.8 6.60
- On remarquera que le sucre a considérablement diminué ainsi que la graisse; la cellulose et les matières extractives non azotées ont diminué dans une proportion plus faible, de même que les matières azotées; l’eau et les cendres ont seules augmenté. La variation notable du sucre et des matières
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- extractives non azotées conduit à une élévation de la valeur nutritive; mais il y a à craindre qu’employée seule cette betterave ne constitue une mauvaise alimentation par suite de son extrême richesse en eau. L’agriculteur pourra toujours parer à cet inconvénient en faisant un mélange dans des proportions convenables de betterave, de balles ou de paille hachée, et de tourteau.
- Conservation et propagation des forêts, en Amérique.
- (Suite).
- En Europe, les rivières amaigries sont, actuellement, l’objet des investigations des commissions d’ingénieurs: depuis un certain nombre d’années, le Danube, l’Elbe et le Rhin ont vu progressivement diminuer le volume de leurs eaux. La cause n’en est nulle part ailleurs que dans la disparition des forêts.
- « Un pays comme le nôtre, dit l’auteur américain, aussi favorablement situé, dont le sol est riche et fertile, les habitants industrieux et intelligents, le climat agréable, etc., etc., ne doit être tributaire d’aucun autre. »
- « Il doit construire ses propres vaisseaux, les armer, y embarquer les produits qu’il manufacture, et les transporter au dehors. Mais, pour en arriver là, il faut à tout prix protéger nos forêts, non seulement pour produire des bois, mais encore et surtout, afin d’obtenir une bonne distribution des pluies. »
- La dénudation des montagnes, accomplie dans l’espace de dix années, a fait sentir son action sur tous les points de la côte du Pacifique. Déjà un grand changement s’est opéré, qui est évident, et frappe le premier observateur venu : il se révèle par la fonte rapide des neiges, laquelle a lieu en peu de jours dès le commencement du printemps, tandis que, jadis, protégée par l’ombre des forêts, elle fondait lentement, et même en été, alimentait encore, d’une eau fraîche et délicieuse, les courants d’eau des vallées, qui sont actuellement, et presque sans transition, torrentiels et taris.
- L’automne elle-même se prolonge plus que de raison et l’hiver, de plus en plus écourté, n’existe pour ainsi dire plus que de nom.
- Nous croyons qu’en répandant autant que possible les ouvrages qui traitent de l’économie forestière et de l’exploitation des bois, puis en y joignant une vive peinture des conséquences fatales du déboisement, on pourra produire de très-heureux résultats.
- Nous avons chez nous des milliers d’hommes de bon sens qui, probablement, ne se sont jamais occupés de ce sujet; et cependant, il en vaut la peine, car de grands intérêts dépendent de la bonne solution de cette question.
- Nous avons souvent remarqué le changement de climat de saison à saison, et si nos forêts continuent à disparaître aussi rapidement que cela a lieu aujourd’hui, nous devons nous attendre à des changements plus subits et plus radicaux encore que tous ceux que nous pourrions rêver.
- (Lumberman's gazette.)
- C'est une moyenne de 589 habitants par mille carré de la surface du globe.
- Après avoir évalué le nombre des hommes qui existent sur cette terre, les statisticiens allemands s’occupent de la population chevaline. Le nombre des chevaux actuellement existants sur le globe, non compris la Chine et le Japon, est, parait-il, de 58 millions. Dans ce nombre, le contingent de la Russie est de 21.570.000; celui des Etats-Unis, est de 9.504.000; la République Argentine, 4 millions; l’Allemagne, 3.352.000; le Canada, 2.624.000; la Grande-Bretagne, 2 millions 255.000; la Hongrie, 2.179.000; l’Autriche, 1.367.000; la Turquie, 1.100.000; etc.
- Dans cette énumération, la population chevaline de la France figure pour près de 3 millions.
- La traite des nègres.
- Pendant les douze mois finissant le 28 mai 1878, le nombre des bâtiments condamnés sur la côte orientale d’Afrique, pour transport d’esclaves, a été de 15, du port de 1.719 tonneaux ; le nombre des esclaves mis en liberté a été de 60, et le nombre des fugitifs, auxquels il a été donné protection, de 6. Dans l’année précédente, 27 bâtiments, du port de 2.760 tonneaux, avaient été condamnés ; le nombre des esclaves libérés avait été de 438, et protection avait été donnée à 9 fugitifs.
- Ces détails sont tirés du rapport annuel de l’amiral anglais, commandant en chef aux Indes orientales. Un autre rapport sur le commerce des esclaves dans les environs de Zanzibar pendant les six derniers mois de l’année 1877, constate qu’il y a eu une diminution très-sensible dans le nombre des esclaves transportés par mer au mépris des traités existants. Pendant cette période, il n’en a été capturé que 19 qui ont été mis en liberté. Dans les six mois qui ont précédé, il en avait été libéré 263.
- Le commerce des esclaves entre Mozambique et Madagascar continue, quoique l’édit de la reine de Madagascar ait considérablement diminué le nombre de ceux qu’on introduit dans cette île.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N°44. — 2 Novembre 1878.—XXXVIIIe Année. 345
- SOMMAIRE.
- Teinture de la paille en noir. — Procédé simple de détachage des étoffes, au moyen de l’acide sulfureux, par M. Valyn. — Machine frigorifique, de MM Giffard et Berger. — Meules artificielles en émeri et autres composés, par M. D. A. Casalonga.— Tuiles métalliques galvanisées ou vernies, système Menant. — Modifications dans les branchements particuliers des égouts de Paris. — Frein automatique continu et instantané, système Westinghouse.— Utilisation des chutes d’eau souterraines, par M. Hanriau. — Canons à gaz pour signaux de brouillard, de M. Wigham. — Sur les jetées du Mississipi, par le capitaine Eads. — Crues de la Seine : échelles hydrométriques.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur les freins continus, par M. Bandéràli,
- au Trocadéro.
- Ce n’est pas sans une certaine inquiétude, nous dit M. Bandérali, qu’il aborde le sujet dont il va nous entretenir : c’est un terrain glissant et présentant même quelques écueils. Il sait déjà que ses opinions ne sont pas partagées par tous; aussi, réclame-t-il l'indulgence des Ingénieurs présents qui ne sont pas de son avis et demande-t-il pardon aux inventeurs des différents systèmes de frein de paider beaucoup de certains, pas assez peut-être de quelques-uns, et enfin pas du tout d’autres encore.
- Les freins continus ont toujours préoccupé le monde scientifique et celui des Ingénieurs. On appelle ainsi les freins qui, s’appliquant instantanément à toutes les voitures d’un train, sont, néanmoins, mis en action par un seul moteur.
- La nécessité des freins continus ne s’est pas manifestée dès l’origine des chemins de fer; mais au fur et à mesure que le trafic grandissait, on a dû avoir recours à des moyens d’arrêt énergiques. Cet accroissement du trafic a été une des causes principales des progrès obtenus.
- D’un autre côté, les habitudes prises par les populations de marcher à grande vitesse n’ont pas été étrangères à ce mouvement ; on veut aller vite aujourd’hui et l’on trouve que le temps passé en wagon pourrait bien mieux
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Teinture de la paille en noir.
- On éprouve souvent des difficultés sérieuses, lorsqu’il s’agit de teindre la paille en noir. Quelque précaution que l’on prenne, il y a presque toujours des parties qui ne reçoivent pas assez de teinture. Des expériences assez nombreuses nous ont prouvé qu’on pouvait éviter la plupart des inconvénients en opérant de la manière suivante. On fait une lessive de potasse ou de soude, et l’on y ajoute du gluten que l’on fait dissoudre vingt-quatre heures à l’avance. Comme ce dernier se dissout très-bien dans la potasse ou la soude, on obtient ainsi une lessive dans laquelle on plonge la paille pendant vingt-quatre heures, après avoir passé la solution h travers une toile grossière, si toutefois elle n’est pas assez claire. Par ce moyen on dégraisse la paille : on l’animalise, pour ainsi dire.
- La paille est ensuite convenablement séchée, puis on la plonge dans de l’eau contenant du chlorure de fer ou une solution de nitrosulfate de fer, c’est-à-dire une dissolution de sulfate de fer avec un peu d’acide nitrique : on laisse la paille douze heures dans ce bain, à froid, puis on la fait sécher.
- Cette opération faite, on fait bouillir du campêche et on plonge la paille, à chaud, dans celte solution, à laquelle on ajoute une solution de noix de galles, de sumac, de brou de noix ou de tout autre tannin : un peu de bichromate de potasse dans le bain ne produit pas mauvais effet.
- Pour donner à la paille le luisant dont elle a besoin, on peut employer plusieurs moyens.
- 1° On peut, comme nous l’avons fait, employer de la gomme en dissolution dans le bain de teinture ; il faut avoir soin, alors, d’agiter le liquide pour éviter toute espèce de magma.
- 2° On peut aussi ajouter un corps gras à la solution, comme un peu d’huile, ou frotter la paille avec un morceau de laine imbibée d’huile. Dans ce cas, on a soin de passer la paille, après l’opération, dans un linge de laine sèche, de manière à ne laisser aucune trace du corps gras sur la matière.
- Il y a un double avantage à introduire dans la manipulation un peu d’huile, parce que, outre le brillant que l’on donne à la paille, on lui fait acquérir aussi plus de souplesse et de douceur.
- Il est évident que si la paille ne prend pas suffisamment de teinture après une première opération, on doit recommencer à la plonger dans le mordant de fer, puis dans le bain de campêche. Ces précautions sont de toute nécessité, même dans le cas des teintures les plus faciles à exécuter.
- (Moniteur de la Teinture).
- Procédé simple de détachage des étoffes, au moyen de Vacide sulfureux,
- par M. Valyn.
- Le traitement par l’acide sulfureux est l’opération qu’on peut le mieux recommander pour le parfait enlèvement de certaines taches, sur les tissus blancs, en particulier.
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- Ce Hedjttolfljjiül*
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- Voici un moyen des plus simple d’y procéder, sans avoir recours au teinturier ou au dégraisseur.
- On se sert, soit d’un tonneau, soit d’une caisse ou boîte, soit de tout autre objet analogue, en bois ou en carton, dont un seul côté est ouvert : sur les parois sont ménagées deux petites lucarnes vitrées, en regard l’une de l’autre, qui permettront d’observer et de suivre l’action du gaz acide sulfureux.
- Les pièces à soufrer, d’abord lavées à une eau de savon légère, sont suspendues tout humides, par des fils, à la partie supérieure de l’appareil.
- Des fragments de soufre sont allumés par terre, dans un petit récipient, ou un tesson de faïence, etc., sens dessus dessous, c’est-à-dire la partie ouverte en dessous, le fond qui reste, formant plafond.
- Après quoi, on lave à grande eau, on savonne de nouveau, s’il est nécessaire, et, finalement, on rince.
- Il va sans dire que la grandeur du récipient doit être proportionnée à la dimension des objets à traiter, de façon que ceux-ci ne puissent jamais être en contact avec les flammes produites par la combustion du soufre, mais seulement avec les vapeurs blanches qui s’en dégagent.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Machine frigorifique, de MM. Giffard et Berger,
- à l'Exposition.
- La machine exposée est du système P. Giffard, elle produit de l’air froid et de la glace, et repose sur le principe de la compression et de la détente de l’air. Un cylindre compresseur comprime l’air dans un réservoir, sous une pression variable de deux à trois atmosphères; cet air, échauffé par la compression, est ramené à la température de l’atmosphère par un courant d’eau quelconque; le même air est ensuite conduit sous pression, dans un autre cylindre dit cylindre de détente, dans lequel l’air comprimé restitue le travail dû à la compression, en produisant un abaissement de température variable de 40 à 50 degrés centigrades au-dessous de zéro.
- Le cylindre de compression et le cylindre de détente sont munis du piston Giffard, dont le fonctionnement parfait, l’herméticité absolue, etc., joints aux autres avantages présentés par l’agencement général de la machine, assurent avec l’emploi de l’air et de l’eau seulement, la production puissante, directe et économique de l’air froid et de la glace dans des conditions très-supérieures à tout ce qui avait été fait jusqu’ici.
- La .machine produit, en effet, 522m-c- à l’heure, d’air à 30°, ce qui correspond à 10.238 calories négatives représentant 102 kilogrammes de glace; la force motrice absorbée par la machine étant de 15 chevaux, on aura donc, avec l’emploi de l’air et de l’eau, sans aucun produit chimique, 682 calories négatives par heure, par force de cheval et pour un kilogramme de charbon brûlé. Le charbon étant à raison de 30 francs la tonne, le prix de revient du kilogramme de glace est de un demi-centime.
- s’employer à autre chose. D’ailleurs le public exigeait qu’avec cette grande vitesse, mise à sa disposition, on développât parallèlement les moyens d’arrêt.
- La question posée, continue M. Bandérali, était de savoir comment on pourrait utilement arrêter un train lancé sur une voie ferrée, en réduisant la force d’impulsion dans le plus court espace de temps possible, et sans qu’il y eût pour les voyageurs de mouvements trop brusques amenant des chocs dangereux.
- Il s’agissait, non pas d’anéantir, mais de transformer la puissance vive.
- Tout le monde connaît le vieux système appliqué aux véhicules circulant sur les voies de terre, celui du sabot, système barbare, produisant, il est vrai, son effet, avoue M. Bandérali, mais demandant un grand travail de mise en action, travail non-seulement inutile mais encore nuisible, tant il détruit les surfaces frottantes.
- Il y avait donc là, en présence de toutes ces considérations et de ces grandes questions, un sérieux problème à résoudre, et il a été résolu.
- Les freins à contre-vapeur de M. Lechâle-lier, de M. Harminghies; ceux à pression d’air, de vapeur et d’eau, ont répondu aux questions et à une partie des besoins.
- A la suite de ces systèmes, M. Bandérali cite encore le frein Newald, perfectionné en France, et celui à transmission mécanique de M. Laussédat. Mais ce n’est qu’en 1858 qu’apparurent les véritables freins continus : M. Achard venait d’appliquer la transmission électrique au serrage des sabots.
- En fidèle historien, M. Bandérali n’oublie pas le frein Guérin et porte à notre connaissance les perfectionnements qui y ont été appliqués par M. Doré.
- Les freins continus peuvent se diviser en quatre classes, déterminées par la nature des moyens employés à transmettre le serrage du sabot.
- 1° Les freins à transmission mécanique.
- 2° Les freins à transmission par la force hydraulique.
- 3° Les freins à transmission électrique.
- 4° Les freins à transmission par l’air comprimé.
- Ils peuvent se classer encore en freins automatiques ei non automatiques.
- Des freins à transmission mécanique, M. Bandérali parle peu et signale en passant le frein Backer. Il dit peu de chose du frein hydraulique dont l’action est toujours trop lente, et rappelle que le frein électrique pré-
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- sente de grands avantages vu son instantanéité d'action ; il nous assure qu’au point de vue théorique on ne saurait trouver mieux : son automaticité est réelle, efficace et complète. A l’aide du courant électrique le serrage s’opère ; le courant interrompu, l’en-rayement n’existe plus.
- M. Bandérali conclut en disant que la transmission électrique est peut-être la solution la plus avantageuse à appliquer aux trains de grande longueur.
- Nous voici arrivés au quatrième genre des freins continus et automatiques, à ceux à air comprimé.
- M. l’Ingénieur du chemin de fer du Nord choisit le système Westinghouse et en fait la description sommaire suivante : une pompe établie sur la machine, et isolée, comprime l’air; elle est servie par un moteur ne dépendant de la locomotive que par sa prise de vapeur à la chaudière.
- Dans un réservoir, installé sous la plateforme du mécanicien, est emmagasiné l’air comprimé. De ce réservoir part une ligne de tuyaux, traversant le train dans toute sa longueur avec robinets et raccords munis d’accouplements métalliques aux extrémités de chaque voiture.
- Chaque voiture porte en outre son réservoir d’air particulier, mis en communication soit avec le réservoir principal, soit avec les cylindres qui commandent les freins.
- Un tiroir distributeur dont le déplacement est soumis aux différences de pression dans la conduite règle, selon sa position, le serrage ou le desserrage des sabots, et un robinet, placé sous la main du mécanicien, permet la commande de la sortie d’air nécessaire au fonctionnement du frein.
- L’ensemble de l’appareil de M. Westinghouse est des plus remarquables par les soins apportés à sa construction et à ses perfectionnements. M. Bandérali nous montre l’organe de distribution dit triple-valve, mécanisme des plus ingénieux et dans lequel la sagacité de l’inventeur apparaît en vive lumière. D’ailleurs M. Westinghouse étudie, travaille et perfectionne sans cesse : il pousse ses scrupules jusqu’aux limites extrêmes, déjà 27 brevets d’addition ont été pris touchant son appareil.
- {A suivre.) A. Rozès-Joly.
- La machine, système P. Giffard, supprime complètement l’emploi des produits chimiques quelquefois si dangereux dans la production du froid, elle n’emploie absolument que de l’air et de l’eau.
- Elle donne, en réalité, le froid de la nature, c’est-à-dire une atmosphère à basse température, directement applicable à tous les usages industriels, et la glace qu’elle produit acquiert une extrême dureté et est bien transparente.
- L’exposition de MM. P. Giffard et Auguste Berger est remarquable à plus d’un titre, et nous ne pouvons passer sous silence le petit bâton de glace aromatisé, dû à l’initiative de M. Berger : les milliers de consommateurs qui se pressent chaque jour autour des vendeurs prouvent surabondamment qu’en France tout ce qui est présenté d’une façon agréable et sous un jour nouveau doit réussir.
- De ce côté, du moins, les inventeurs ont un succès complet.
- Meules artificielles en émeri et autres composés,
- à l'Exposition,
- par M. D. A. Casalonga.
- Il est assez difficile de constater dans quel pays a pris naissance la fabrication des meules artificielles en émeri. En France, la première usine pour la fabrication de ces produits fut installée, en 1856, à Paris, par M. Malher.
- Depuis, la fabrication des meules artificielles en émeri s’est développée dans tous les pays, et, surtout en Amérique, où l’emploi de ces meules a pris un essor encore inconnu en Europe. Il y existe non-seulement des sociétés pour la fabrication des meules, mais d’autres encore pour la construction des machines spéciales, destinées à recevoir, sur leur arbre, les meules artificielles, dont le diamètre varie de 0m,600 à lm,800 environ. La société la plus importante est celle de la Tanite, à Strondsbourg : elle possède un journal qui ne s’occupe que des diverses applications dont sont susceptibles les meules de Tanite, tout en y mêlant, comme tous les journaux techniques américains, des causeries politiques et même des poésies, aux doctes dissertations sur la meilleure méthode de monter une meule ou d’affûter une scie.
- Les meules de Tanite coûtent très-cher, et néanmoins leur emploi s’est rapidement étendu, même en Europe. La France cependant s’est montrée, jusqu’à présent, peu disposée en faveur des meules de Tanite, surtout à cause de leur prix élevé. On ne peut du reste s’en servir qu’à sec : l’eau les dissout, et la masse mouillée est réduite, en peu de jours, en une masse putride, parce que ce sont des matières organiques qui constituent la substance agglomérante des grains d’émeri.
- Les produits de la société Union, à Boston, sont également estimés et très-répandus en Amérique ; ses meules sont d’invention française, et c’est le procédé de M. Sorel, basé sur l’emploi de la magnésie, qui constitue le principe de leur fabrication. Tout le monde connaît les meules de la Société des agglomérés magnésiens, fabriquées d’après le procédé Sorel. En mélangeant une solution de chlorure de zinc ou de magnésium avec les oxydes des mêmes bases, zinc ou magnésium, on obtient une pâte qui se solidifie en quelques heures, et qui, en peu de temps, acquiert une dureté considérable. La composition résiste suffisamment à l’eau, tout en restant hygroscopique.
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- Les meules magnésiennes ne le céderaient en rien à la Tanite, si elles n’avaient -pas le grave inconvénient d’être trop cassantes. Ce défaut se fait sentir surtout pour les disques très-minces, tels qu’on les emploie pour affûter les scies
- En France, les meules à base de caoutchouc ont également progressé, grâce aux efforts de divers fabricants dont le premier a été, croyons-nous, M. De-planque : le caoutchouc s’y trouve à l’état vulcanisé, résistant bien à l’eau et à l’atmosphère. La fabrication en est assez simple : les fabriques de caoutchouc fournissent la pâte, composée de caoutchouc et de soufre. On n’a besoin que de malaxer l’émeri avec une quantité suffisante de cette pâte, et d’en mouler, sous une pression convenable, des meules, que l’on expose ensuite à une température suffisante pour effectuer la combinaison chimique du caoutchouc et du soufre.
- Les meules à base de caoutchouc, ont l’inconvénient de sentir mauvais pendant leur usage. En outre, elles ne résistent pas tout à fait à l'huile, tandis que les agglomérés magnésiens et la Tanite ne contiennent aucune substance soluble aux huiles grasses.
- Les meules que nous venons d’énumérer tiennent la tête dans les compositions innombrables qu’on a inventées pour agglomérer l’émeri et parmi lesquelles on mentionne les meules à base de silicate et de matières résineuses. Les meules à base de silicate sont surtout fabriquées en Angleterre par Bathman et Cie, et en Allemagne.
- Elles consistent en un mélange d’émeri, de silicate de potasse et de craie, ou autre carbonate de chaux : quelquefois, on y incorpore aussi de la pierre ponce finement broyée. Ces meules ont des qualités et des défauts à peu près semblables à ceux des agglomérés magnésiens : elles sont aussi cassantes que ces dernières, et on ne peut s’en servir qu’à sec. En outre, elles ne sont pas tout à fait indifférentes à l’action dissolvante des huiles grasses.
- Quant aux meules à base de matières résineuses, on peut s’en servir à l’eau ; mais, pour la plupart, elles s'encrassent à l’usage, par suite du ramollissement résultant de la fusion de la résine. C’est surtout la gomme-laque qui se trouve dans ces meules comme matière principale, jointe aussi à de la sandaraque, à de l’ambre, et quelquefois à de la colophane.
- Enfin, l’on fabrique encore, en France, une variété de meules composées essentiellement de lilharge et d’huile de lin, alliées à la gomme-laque ou autres substances analogues. Ces meules sont à très-bon marché, mais de qualité inférieure : elles s’encrassent facilement, surtout en marchant à l’huile qui les dissout à la température d’ébullition.
- Toutes les meules à base de matières résineuses se fabriquent en introduisant la plus grande partie de la résine à l’état de poudre finement broyée. Après avoir moulé les meules à l’aide d’une quantité suffisante de pâte agglomérante, on les transporte dans un four, où la fusion de la résine broyée s’opère à une température convenable.
- MM. Henri (successeur de Malbec), Deplanque et Denis Poulot sont, avec M. Sorel, les exposants qui offrent la plus grande variété et la plus grande importance au point de vue des meules artificielles.
- Ces quatre maisons se recommandent, en outre, par un ensemble intéressant de bâtis convenablement appropriés pour recevoir les diverses meules, suivant leur affectation.
- TRAVAUX PUBLICS.
- Le pont de Forlh, en Ecosse.
- Lundi dernier, la première pierre du pont de Forth a été posée au milieu de file d’In-garvie (Ecosse). Elevé au-dessus du golfe en face d’Edimbourg, ce pont de proportions gigantesques est destiné à établir une communication directe par voie ferrée entre les deux rives du fleuve.
- La station du North British railway, située à Granton, sera reliée à la petite ville de Rruntisland qui se trouve sur la rive opposée dans le comté de Fife. Construit comme le grand pont du Tay en forme d’S, le pont du Forth aura plus de deux fois la longueur de cette dernière construction ; il laissera également bien loin derrière lui, sous le rapport de l’étendue, le fameux pont des lagunes à Venise, car il n’aura pas moins de 9 kilomètres.
- Cet immense viaduc se compose de câbles de suspension en fer assez semblables à ceux du pont de Cubzac, de tablier reposant sur des piies cylindriques en briques. Les deux grandes arches du milieu, qui atteindront une hauteur de 30 mètres, s’appuieront sur la petite île d’Ingarvie, au centre du golfe.
- À chacune des extrémités du pont s’élèveront des piles colossales formées chacune de quatre groupes de colonnes en fonte solidement assujetties dans des fondations de maçonnerie, et au-dessus de ces piles on tendra d’énormes chaînes librement suspendues, comme au pont de Fribourg, entre les points cl’appui, et ancrées sur les deux rives dans des blocs de ciment.
- Le viaduc du Forth coûtera une trentaine de millions, et ne sera terminé que dans cinq ou six ans.
- Aérostalion militaire.
- On se préoccupe en ce moment, en Angleterre, de réaliser un système d’aérostation d’une application facile en temps de guerre. Dans son numéro du 2 octobre, le Standard rend compte, dans les termes suivants, d’expériences exécutées à l’arsenal royal de Woolwich.
- Le capitaine Templer, l’aéronaute, vient d’entreprendre, à l’arsenal de Woolwich, sous la haute direction du colonel du génie Noble, inspecteur des fortifications, et en présence
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- d’une commission composée d’un certain nombre d’officiers, une nouvelle série d’expériences ayant pour but l’emploi 'des ballons en temps de guerre. Ou a trouvé, après un ou deux essais, une méthode rapide pour fabriquer du gaz hydrogène en campagne au moyen d’un outillage portatif qui permet d’obtenir, en peu d’heures, un volume suffisant pour une ascension. Il faut 10.000 pieds cubes de gaz pour gonfler complètement le petit ballon Pionner, que le capitaine Tem-pler emploie à l’arsenal de Woohvich ; on peut facilement obtenir cette quantité de gaz en moins d’un jour sans employer autre chose que du fil de fer et de la vapeur d’eau.
- Toutefois, comme il est préférable de ne pas remplir le ballon avec le gaz sortant directement de l’appareil et que dans bien des cas un retard de quelques heures peut avoir de graves conséquences, on cherche maintenant le moyen de transporter le gaz à l’état comprimé jusqu’au moment où l’on devra l’utiliser. Il résulterait des expériences que la force ascensionnelle du gaz employé est de 90 livres par 1.000 pieds cubes, c’est-à-dire environ le double de celle du gaz de l’éclairage.
- Port d'Odessa.
- On écrit d’Odessa au Nouveau Temps que les travaux commencés dans le port en 1865 approchent de leur fin. Ils auraient été déjà terminés l’année passée si les opérations militaires ne s’y étaient opposées. On a jugé indispensable l’établissement d’un brise-lames sur la rade d’Odessa. Sans cela les bâtiments de commerce et les vapeurs seraient privés des avantages que leur offrait le prolongement du môle de la Quarantaine et en général tout le nouvel aménagement du port nouveau. Sans cela, enfin, on n’atteindrait pas au but qu’on s’était proposé par ces travaux, c’est-à-dire la séparation du commerce d’exportation de celui d’importation. Pendant que soufflent les vents du nord-est, nord-ouest et nord, les bâtiments et les vapeurs, ne trouvant pas de brise-lames, ne seraient pas en état de charger et de décharger leurs marchandises.
- Le ministère des voies de communication étudie en ce moment les conditions techniques du projet.
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Tuiles métalliques galvanisées ou vernies, système Menant.
- Les tujles métalliques système Menant, s’appliquent indifféremment sur charpente en bois, charpente en fer ou charpente en bois et fer. La tig. 71 représente une tuile vue en dessus, et la fig. 72 une tuile vue en dessous.
- Pour les charpentes en bois, on pose les tuiles sur des tasseaux fixés aux chevrons, et distants les uns des antres de 333 millimètres, mesure prise entre le dessus de chaque tasseau, puis les deux pattes de chaque tuile sont clouées sur ces tasseaux, en considérant que les boudins doivent se recouvrir de manière h opposer leur partie pleine aux mauvais vents. On commence par poser la rangée du bas, les tuiles de cette rangée s’agrafent, parleur extrémité inférieure, soit au chéneau, soit à des parties de feuillard fixées sur les chevrons. La deuxième rangée s’agrafe à la première, et ainsi de suite. Il est essentiel de serrer les agrafes au moyen d’un léger battage et de maintenir la distance de 333 millimètres entre la base des tuiles, d’une rangée à l’autre.
- On couvre les charpentes en fer de la même façon, mais les tasseaux sont remplacés soit par une petite cornière inégale de 25 sur 8, soit par une bande de feuillard ou de tôle, en forme de cornière. On recourbe les pattes de la tuile à la manière d’une agrafe.
- Pour le faîtage, on emploie des bandes de zinc ou de tôle galvanisée, pliées suivant la forme voulue; ccs bandes peuvent être d’une seule pièce ou de plusieurs. On y découpe les ouvertures nécessaires pour le passage des boudins : même procédé pour les rives.
- Les tuiles, ainsi posées, fig. 73, forment une couverture à l'épreuve du vent et de la pluie; cependant, comme elles ne sont agrafées à foud ni dans le haut, ni dans le bas, grâce â l’écartement de 333 millimètres, on peut les démonter de l’intérieur sans aucune difficulté. A cet effet, on décloue les pattes, on les relève, et l’on fait glisser la tuile de haut en bas. L’agrafe du haut s’engage plus profondément, celle du bas se dégage, et alors, on pousse légèrement la tuile vers le dehors, puis on la fait glisser une seconde fois, mais de bas en haut: l’agrafe supérieure se trouve dégagée à son tour, et l’on retire la tuile.
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- Des châssis spéciaux de toutes grandeurs, des bandes en tôle galvanisée ou en zinc et autres accessoires peuvent être fournis avec ces tuiles, qui semblent présenter les plus sérieux avantages sur les systèmes de toitures actuellement connus. D’abord elles coûtent moins cher que toute autre couverture, comme on peut s’en convaincre par l’aperçu des prix ci-dessous, et d’autre part, le mètre carré, composé de douze tuiles, ne pèse que 4 k.,50, en tôle, et 3 k.,50, au plus, en zinc : cette extrême légèreté permet d’obtenir un prix très-bas pour le transport, d’employer une charpente moitié moins forte, et de réduire en proportion l’épaisseur des murs.
- Les tuiles métalliques résistent aux vents les plus violents, présentent toute sécurité en cas d’incendie, ne s’oxydent pas, se dilatent librement, et laissent écouler au dehors, par 2 trous, l’eau provenant de la condensation intérieure.
- De plus, elles peuvent former, par la régularité de leurs lignes et de leurs proportions, une toiture d’un aspect particulièrement agréable : les nombreuses nuances de vernis permettent de varier les couleurs et les dessins au gré du propriétaire, ainsi qu’on peut le voir au Champ-de-Mars, sur la couverture du pavillon que M. Toufflin a fait élever pour son installation de minoterie sans meules, près de l’École militaire. Nous donnons ci-après les prix de ces tuiles, aux 100 kilogrammes, en faisant observer que, lorsqu’elles sont hors d’usage, elles peuvent être revendues aux cours des vieux métaux, ce qui correspond, pour le zinc, aux deux tiers de sa valeur première.
- Tuiles en tôle vernie, ordinaires.............................. 70 francs.
- Tuiles en tôle galvanisée......................................100 —
- Tuiles en zinc (sauf variations des cours)..................... 80 —
- Plus-values pour tuiles de couleur, selon les nuances : 0 fr, 50 à 1 franc par pièce.
- Modifications dans les branchements ‘particuliers des égouts de Paris.
- Le Conseil municipal de Paris a demandé, l’année dernière, que des modifications fussent introduites dans les conditions imposées aux propriétaires pour la construction des conduites ou branchements servant à projeter, dans les égouts publics, les eaux ménagères provenant des maisons. L’obligation de construire ces galeries en maçonnerie avec une hauteur de l^O pour en faciliter l’inspection, entraîne une dépense considérable et éloigne beaucoup de propriétaires, surtout dans les quartiers ouvriers. Il en résulte que, dans la plupart des maisons de ces quartiers, les eaux ménagères sont rejetées à l’air libre et salissent les ruisseaux dans tout leur parcours, entre le point d’où elles proviennent et la bouche de l’égout, ce qui constitue, surtout en été, une cause certaine d’insalubrité.
- Pour engager les propriétaires à verser directement les eaux à l’égout, le Conseil municipal a exprimé le vœu qu’au lieu des conduites en maçonnerie exigées, il fût permis de se servir de tuyaux en fonte ou même en poterie suffisamment solide, dont la dépense d’installation serait beaucoup moins coûteuse.
- Les ingénieurs de la ville estiment que cette modification pourrait être admise, sous certaines conditions, dans les propriétés d’un faible revenu. Quant aux maisons de grand rapport, et surtout à celles qui sont en bordure de voies de circulation d’une certaine importance, ils sont d’avis que les ga-
- TRAVAUX DE PARIS.
- Édilité parisienne.
- On nous communique les détails suivants sur l’état des travaux d’édilité à la fin de septembre.
- Le palais des Tuileries est entièrement débarrassé des échafaudages qui avaient servi à sa reconstruction. Le gros œuvre du pavillon de Marsan et de la galerie en bordure sur la rue de Rivoli est achevé, et les sculptures extérieures sont terminées.
- La rue des Pyramides est totalement garnie de maisons, et il devient urgent de démasquer la façade latérale de l’église Saint-Roch.
- Avenue de l’Opéra, il y a encore une demi-douzaine de maisons dont les travaux intérieurs ne sont pas terminés.
- On construit beaucoup rue de Madrid et rue de Lisbonne. Sur cette dernière voie, la Compagnie l’Union fait élever une maison de rapport qui n’a pas moins de 50 mètres de façade. Un peu plus loin, et à l’angle de l’avenue de Messine, on commence une construction dont le développement excède 60 mètres.
- Près du parc Monceaux également, rue de Courcelles et avenue de la Reine-Hortense, la Compagnie la Nationale fait édifier une immense maison.
- Tout le côté pair de la rue Rembrandt est en construction.
- Le marché de Maubeuge sera promptement terminé. Tout l’îlot qui l’entoure, et qui est compris entre les rues Milton, Rodier, Choron et Hippolyte-Lebas, est couvert de chantiers.
- Les démolitions du carrefour de l’Odéon sont sur le point d’être achevées, et, l’été prochain, il ne restera plus un seul terrain vague sur le boulevard Saint-Germain.
- La reconstruction de l’hôpital des Cliniques se poursuit dans de bonnes conditions.
- A l’École de médecine les fondations sont terminées et le gros œuvre du rez-de-chaussée est commencé.
- On travaille toujours, et sans cesse à P Hôtel-de-Ville, sous la direction du même entrepreneur qui a refait, il y a dix ans, le pavillon de Flore aux Tuileries.
- Les travaux ont été repris au marché de l’Ave-Maria. La charpente en fer sera terminée très-prochainement.
- Avant un mois, la couverture du bâtiment
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- destiné jadis à la préfecture de police sera posée.
- Enfin, l’ancien emplacement du ministère des finances se couvre de maisons. Il ne reste plus que trois lots de terrains vagues.
- Tramway de N agent, Vincennes et Sceaux.
- L’enquête ouverte à Paris, Nogent, Vincennes et Sceaux, au sujet du tramway projeté entre le fort de Vincennes et l'asile des aliénés de Ville-Evrard, près Neuilly-sur-Marne, est terminée depuis quelques jours. Une commission spéciale chargée d’examiner les réclamations présentées au cours de l’enquête contre les dispositions du projet, s’est réunie avant-hier au Luxembourg, sous la présidence de M. Alexandre Lefèvre, conseiller général du canton de Vincennes. Les réclamations étaient peu nombreuses et de minime importance. La grande majorité des déposants s’est montrée favorable au projet.
- En conséquence, les plans vont être incessamment soumis au Ministère des travaux publics, où sont déjà centralisées les pièces des enquêtes ouvertes dans le département de Seine-et-Oise. Le Conseil général des ponts et chaussées émettra son avis et le dossier pourra, selon toute probabilité, être soumis au Conseil général de la Seine dans la session du mois de novembre prochain. La concession serait faite au nom du département de la Seine jusqu’à la limite du département, c’est-à-dire jusqu’à l’extrémité du village de Perreux, sur le territoire de Nogent, et par le département de Seine-et-Oise pour le surplus.
- On pense que les travaux pourront commencer assez tôt pour que la ligne soit ouverte dès les premiers jours du printemps prochain.
- Réparations aux établissements scolaires.
- Une commission composée d'ingénieurs, d’architectes et de membres du comité de salubrité publique, visite, en ce moment, toutes les écoles de Paris pour se rendre compte des aménagements et des conditions hygiéniques.
- Sur ses observations, des réparations et des améliorations vont être faites à un grand nombre d’établissements scolaires.
- leries de déversement des eaux particulières dans les égouts, doivent toujours être construites en maçonnerie, afin de pouvoir être visitées, attendu que des tuyaux seraient fréquemment engorgés, ce qui exigerait des travaux presque continuels de fouille et de terrassement, très-gênants pour la circulation. Toutefois ils acceptent la réduction de la hauteur de la galerie à un mètre, ce qui permettra à un homme de s’y introduire en se courbant, pourvu que la longueur ne dépassât pas six mètres.
- Dans ces conditions l’assainissement des maisons de Paris pourrait être obtenu rapidement et à beaucoup moins de frais que si l’on exigeait l’application des règlements actuels.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Frein continu automatique et instantané, système Westinghouse.
- Médaille «l’or à l’Exposition.
- Le frein automatique Westinghouse est continu sur toute la longueur du train; il est actionné par de l’air, comprimé dans un réservoir principal porté par la locomotive, et emmagasiné dans une série de petits réservoirs auxiliaires, dont un est installé sur la locomotive, un sur le tender et un sur chacune des voitures. Tous ces réservoirs sont mis en communication par un tuyau appelé conduite générale, régnant sur toute la longueur du train. Chaque véhicule porte aussi une triple-valve et un cylindre à freins dont les pistons sont reliés aux leviers des freins proprement dits.
- Tant que la pression est maintenue dans la conduite générale, les freins sont desserrés, mais si l’air de cette conduite vient à s’échapper, par suite d’une circonstance intentionnelle ou accidentelle, la diminution de pression qui en résulte provoque aussitôt le jeu des organes de distribution (triple-valve), et les freins sont instantanément appliqués, par suite du passage de l’air, des petits réservoirs dans les cylindres à freins.
- La locomotive porte un petit cheval, mis en mouvement par la vapeur de la chaudière, et une pompe à air double effet, à clapets ordinaires. Cette pompe comprime de l’air dans un réservoir principal de 10 pieds cubes (300 litres environ) de capacité, installé généralement sous le tablier; elle donne 12 à 40 coups de piston par kilomètre parcouru. Un manomètre donne la pression de l’air dans la conduite générale des freins. Un modérateur règle l’arrivée de la vapeur et la vitesse du petit cheval, et par suite la pression de l’air dans le réservoir principal, un tuyau conduit la vapeur d’échappement à la boîte à fumée ou ailleurs.
- Pompe à air. — La pompe à air étant du type ordinaire, il n’y a pas lieu de la décrire spécialement. Le petit robinet figuré à gauche sert au graissage. On verra que l’on peut facilement sortir et visiter les soupapes à air. La levée des soupapes de décharge ne doit pas dépasser 1/32 de pouce (8/10 de millimètre environ). Le cylindre inférieur ne doit être lubrifié qu’avec une petite quantité de pétrole : la fig. 74 la représente en coupe verticale.
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- Le dragage des canaux de la ville de Paris.
- Une adjudication importante a eu lieu le 26 octobre ; elle avait trait au dragage général des canaux de l’Ourcq, Saint-Martin, Saint-Denis et du bassin de la Villette. C’est la première fois que la ville met ce travail en adjudication depuis qu’elle a racheté la concession des canaux de l’Ourcq et de St.-Denis. La Compagnie concessionnaire avait beaucoup négligé l’entretien de ces canaux en 1874 et 1875, à cause du rachat prochain par la Ville, en sorte que, sur certains points des voies navigables rachetées, il s’est fait, depuis 1876, des dépôts considérables. Sur presque tout le parcours du canal de l’Ourcq, les sondages ont établi que le fond s’est relevé de 0,40 centimètres et même de 0,50 centimètres au-dessus de son niveau normal.
- Les ingénieurs s’apercevaient bien depuis longtemps que la navigation rencontrait des obstacles sérieux provenant de l’envasement progressif du lit du canal, et ils ont établi, en 1876 et 1877, des dragues sur les points les plus menacés d’obstruction; mais les travaux entrepris no pouvaient être que provisoires, et il était essentiel que l’opération du dragage général des canaux municipaux fût l’objet d’une adjudication régulière, vu l’importance des travaux. On a calculé, en effet., que, rien que dans le parcours du canal de l’Ourcq et de ses affluents canalisés, il y avait plus de 75.000 mètres cubes de dépôts à draguer. Des obstacles de môme sorte, mais moins considérables, existent dans le canal Saint-Denis et au bassin de la Villette. Sur certains points de ce dernier bassin, les vases accumulées près des berges ont assez de hauteur pour empêcher l'amarrage des bateaux.
- On évalue à 30.000 ou 40.000 francs la somme à débourser annuellement par la Ville pour la dépense de ce dragage. L’adjudication sera faite pour trois ans et comprendra tous les travaux d’entretien dépendant habituellement de cette opération.
- Le grand gymnase scolaire de la ville de Paris.
- Avant de se séparer, le Conseil municipal de Paris a chargé l’administration de traiter pour l’acquisition d’un vaste terrain situé rue Pelouse et rue A ndrieux, destiné à l’établissement d’un gymnase pour les élèves du col-
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- lége Chaptal. Vu ses proportions considérables, ce local pourra être également utilisé pour les exercices de concours du gymnastique des écoles communales.
- L’enseignement de la gymnastique a pris, eu effet, dans les écoles de la Ville une très-grande importance depuis quelques années. Les leçons, dont les programmes ont été donnés par M. Laisné,comprennent, dans toutes les écoles communales, des exercices de marche, de mouvements simples, de mouvements combinés, le maniement des haltères, le saut, et, pour les élèves les plus âgés, les barres parallèles et l’échelle.
- Toutes les manœuvres sont accompagnées d’un chant facile et doux qui contribue à fortifier les muscles des organes respiratoires. Plus de 30.000 garçons prennent part à ces leçons qui ont lieu trois fois par semaine.
- Dans les écoles laïques, ce sont les instituteurs qui dirigent les exercices. Des professeurs spéciaux sont attachés aux écoles congréganistes.
- Partout où le nombre des élèves dépasse 60, le titulaire est aidé d’un ou plusieurs adjoints. Il y a actuellement en fonctions 203 maîtres, tant instituteurs que professeurs adjoints.
- Le manque de personnel enseignant avait obligé, à l’origine, de différer l’organisation des exercices dans les écoles de filles. Ils y ont été introduits depuis deux ans, au fur et à mesure qu’on a pu se procurer des maîtresses capables. Plus de 2.000 jeunes filles suivent aujourd’hui les cours, et, de même que les garçons, elles en recueillent à tous les points de vue les effets les plus salutaires.
- Il est probable que le pavillon en fonte actuellement affecté à l’exposition de la Ville au Champ-de-Mars sera transporté sur le terrain acquis par la Ville et recevra l'installation du grand gymnase municipal projeté.
- Les travaux du Palais de Justice.
- Les travaux du Palais de Justice sont poussés très-activement, et, conformément au désir exprimé par le Préfet de la Seine à MM. Duc et Daumct, architectes du monument, l’admirable salle des Pas-Perdus sera complètement en état à la fin du mois et pourra recevoir la visite des étrangers. Les peintures couleur de muraille sont entièrement exécutées et toutes les réparations des sculptures sont achevées. Après l’Exposition,
- La" vapeur de la chaudière pénètre dans l’espace compris entre les deux pistons de la valve principale 14. Le piston supérieur étant d’un diamètre plus grand que celui du bas, la pression tend à soulever la valve, lorsqu’elle n’est pas retenue en bas par la pression plus grande du piston 20, se mouvant dans un cylindre 19, situé au-dessus; ce dernier piston est maintenu abaissé par la pression de la vapeur arrivant de la chambre A, laquelle est toujours en communication, h l’aide du conduit f, avec l’espace compris entre les deux pistons de la valve principale. La ligure suppose que la vapeur passe par les orifices découverts par le piston inférieur de la valve principale et fait monter le piston principal 6.
- Au moment où le piston principal achève sa course ascensionnelle, la plaque 10 soulève la tige 12 et avec elle le tiroir 13, ferme la communication a entre la chambre A et le cylindre 19 et ouvre en même temps l’orifice d’échappement è, supprimant ainsi la pression sur la face supérieure du piston 20. Il en résulte que la vapeur, dans la chambre de la valve principale, sou-
- lève cette valve et vient agir sur la face supérieure du piston principal 6, et en même temps qu’elle ouvre l’cchappement sous ce piston. En arrivant au bas de sa course, le piston principal fait prendre de nouveau à la tige 12 et à la valve 13 la position figurée, donne à la valve principale la position inverse et prend, par suite, lui-même, un mouvement en sens contraire.
- Robinet à soupapes du mécanicien. — La fig. 75 représente, moitié en élévation, moitié en coupe, le robinet à soupapes à l’aide duquel le mécanicien serre ou desserre les freins.
- L’air passe du réservoir principal dans la chambre renfermant la pièce cylindrique 5, dans laquelle est logée la soupape 6, dont la partie supérieure s’applique contre son siège par le' ressort 7, équilibrant la pression de l'air de la chambre A qui communique avec la conduite générale. Le ressort 7 est comprimé par la calotte de la poignée 2, dont le mouvement de rotation règle la tension au moyen d’un filet ù pas rapide qui s’engage dans le corps du robinet. La valve 3 et le siège mobile 4 tournent solidairement avec la poi-
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- gnée 2. Dans la position figurée, il y a une ouverture de 3/16 de pouce (0m,0045) mettant en communication le tuyau du réservoir principal avec la conduite générale et conservant la pression dans cette dernière ; la valve 3 est alors maintenue sur son siège par la presque totalité de l’effort du ressort 7. Si la poignée 2 est manœuvrée légèrement à droite, la rotation de la valve 4 ferme la communication entre le réservoir principal et la conduite; la diminution de pression qui en résulte sur le ressort 7 permet à une portion de l’air de s’échapper de celle-ci dans l’atmosphère et détermine le serrage des freins. Si on manœuvre la poignée vers la droite jusqu’à l’arrêt, tout l’air s’é-
- Vers le petit Réservoir de la Voiture.
- te monument ae aerryer sera place dans la salle, juste en face de la galerie Mercière, qui a son entrée dans la cour du Mai.
- Les architectes ont apporté d'importantes améliorations dans la construction de la salle des Pas-Perdus ; elle est aujourd’hui incombustible, et les locaux réservés dans les combles aux archives du tribunal et de l’état civil sont également à l’abri du feu. En outre, les œils-de-bœuf que, sous Louis XVI, l’archi-
- Arrivée de parla Conduite principale.
- Fig. 76.
- Fig. 77.
- chappe de la conduite générale et les freins agissent immédiatement avec leur maximum d’énergie. Pour desserrer les freins, on tourne la poignée à gauche jusqu’à sa position extrême : elle entraîne avec elle les valves 3 et 4 et, dans cette position, l’air sous la soupape 6 s’échappe dans l’atmosphère par l’ouverture a, permet à cette soupape de descendre sous l’action de la pression de l’air du réservoir principal, et fait ainsi communiquer le réservoir avec la conduite générale. Lorsque la pression dans la conduite est
- tecte Antoine avait bouchés en établissant des couloirs, sont complètement libres, et.,' de plus, la salle sera chauffée.
- La salle basse des Pas-Perdus, qui date du xive siècle et qui autrefois servait de salle des gardes, restera sans destination ; elle est du plus pur ogival. La grand’chambre du Parlement devient la première chambre du tri-
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- bunal ; à la rentrée, les juges pourront y siéger. Elle sera toutefois moins grande qu’elle n’était : on a dû, en effet, prendre sur la chambre elle-même les cabinets du président, du greffier, etc.
- Les travaux dans les asiles d’aliénés de la Seine.
- Depuis plusieurs années le Conseil a témoigné de son désir de voir améliorer la triste situation d’un grand nombre dès aliénés entretenus par le département. Sur une population de 7.300 malades, 3.400 seulement sont traités dans les asiles appartenant au département de la Seine (Sainte-Anne, Vaucluse, Ville-Evrard) ou dans les quartiers spéciaux qui leur sont réservés dans les deux hospices de Bicêtre et de la Salpétrière, appartenant à l’Assistance publique. Le surplus, soit plus de 4.000 aliénés, sont envoyés dans des asiles très-éloignés, où ils sont traités suivant un prix convenu avec les départements propriétaires de ces asiles. Ces malheureux' se trouvent ainsi privés de toute communication avec leurs familles. Maintes fois le Conseil général a insisté sur la nécessité de faire cesser les transferts des aliénés de Paris en province, et pour réaliser ce but, il a invité l’administration à étudier la création de nouveaux quartiers d’asiles.
- En exécution de ces vœux, un quartier spécial, destiné aux aliénés travailleurs, c’est-à-dire à ceux qui peuvent être régulièrement occupés à un travail suivi, est en voie de construction à l’asile de Ville-Evrard. La dépense de cette construction s’élèvera à près de 900.000 francs.
- Il avait été question, en outre, d’établir un quartier de la sûreté à l’asile Sainte-Anne, pour les aliénés dangereux. Mais les améliorations, introduites depuis deux ans au quartier de la sûreté de Bicêtre, permettent d’ajourner ce projet pendant quelque temps.
- Il sera également construit à la Salpétrière et à Bicêtre de nouveaux quartiers d’aliénés : la question est à l’étude.
- Enfin le Conseil général, dans sa dernière session, a décidé en principe qu’une somme de 3.403.000 francs serait affectée, soit à la création de nouveaux quartiers dans les asiles existants, soit à la création d’un quatrième asile.
- Des études ont été commencées et sont poursuivies dans ce sens ; mais, jusqu’à pré-
- complétement rétablie, la poignée 2 doit être ramenée à la position figurée, ce qui supprime l’arrivée de l’air sous la soupape 6; celte dernière reprend sa position primitive et ferme toute communication entre le réservoir et la conduite générale, excepté par l’ouverture de 3/16 de pouce (0m,0045) mentionnée ci-dessus. Ce robinet fonctionne avec la plus grande simplicité et permet une graduation parfaite dans le serrage des freins, quel que soit le nombre des véhicules du train.
- Triple-valve. — Les figures 76 et 77 montrent, dans tous ses détails, la construction et la disposition de la triple-valve.
- L’air provenant de la conduite générale arrive par la partie inférieure de la triple-<valve et fait prendre au piston 5 la position figurée. Par une ouverture ménagée dans le centre du piston, l’air pénètre dans le réservoir, et la même pression s’établit ainsi dans ce dernier, dans la triple-valve et dans la conduite générale, pendant que les freins sont desserrés. Le piston 5 entraîne un tiroir 6 qui, dans la position indiquée par la figure, établit la communication entre le cylindre et l’air extérieur par l’orifice d’échappement b. Lorsque la pression dans la conduite principale se trouve diminuée, soit par l’action du mécanicien ou du garde, au moyen de leurs robinets de frein, soit
- Fig. 78.
- par une rupture d’accouplement ou toute autre interruption accidentelle de la conduite principale, le piston 6 est instantanément abaissé contre l’épau-lement de l’aiguille 7, ce qui empêche tout retour d’air dans la conduite générale. Le piston 5 entraîne avec lui le tiroir 6, lequel, découvrant la lumière a, permet à l’air du réservoir d’affluer dans le cylindre à freins et de serrer les freins. Pour les desserrer, l’air du réservoir principal est réadmis dans la conduite générale, ce qui fait reprendre au piston la position figurée, recharge le réservoir et permet à l’air du cylindre à freins de s’échapper dans l’atmosphère. Pour serrer légèrement les freins, il suffit de produire une faible réduction de pression dans la conduite générale, 1/3 de kilogramme par exemple. Le piston 5 s’abaisse, ne fait découvrir que partiellement la lumière fl par le tiroir 6, et l’air commence à passer du réservoir dans le cylindre à freins. Dès que la réduction de pression, qui se produit dans le réservoir, égale celle obtenue dans la conduite générale, le piston S et le
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- tiroir 6 sont repousses par l’aiguille 7 et son ressort 8, à une hauteur exactement suffisante pour fermer la lumière a sans la mettre en communication avec l’échappement. Si l'on réduit encore légèrement la pression dans la conduite générale, le même effet se produira, et permettra le passage d’une nouvelle quantité d’air du réservoir dans le cylindre à freins. Pour desserrer les freins, il suffit de rétablir la pression dans la conduite, comme il est dit ci-dessus.
- Les seules parties mobiles de la triple-valve ne font pas, en quinze ans, autant de mouvements que le piston et le tiroir d’une locomotive en un jour : leur grande durée est par conséquent hors de doute.
- Soupape de fuite.—Cette soupape empêche les freins d’être serrés par l’effet d’une réduction de pression qui ne serait due qu’à une fuite peu importante sur un point quelconque de la conduite générale: on l’installe entre chacune des triple-valves et le cylindre à freins correspondant, comme l’indique la figure 78.
- L’appareil se compose d’une boîte 1, contenant une valve ou bouchon plein 3, qui peut se mouvoir librement, et appliquer sa partie supérieure contre le siège en caoutchouc 4.
- sent, aucun emplacement n’a été spécialement désigné. Cette somme de 3.403.000 francs jointe aux dépenses du nouveau quartier d’aliénés travailleurs, sera prélevée sur le produit de six centimes additionnels aux quatre contributions, perçus depuis 1872 *et dont la prorogation pour dix ans va être demandée aux Chambres à la reprise de leur session.
- Etablissement d'un tramway allant aux Moulineaux.
- On connaît le bourg industriel des Moulineaux, situé sur le parcours de Paris à Sèvres, non loin du Bas-Meudon.
- Cette localité, jusqu’ici fort déshéritée, car si le chemin de fer la domine, il ne la dessert pas, va prochainement avoir son tramway, la reliant à Paris.
- Fig. 79.
- Lorsque l’air passe lentement, du réservoir au cylindre à frein, comme dans le cas d’une réduction graduelle de la susdite pression, il circule autour de la valve 3 sans l’appliquer sur son siège, et s’échappe dans l’atmosphère. Le flux d’air qui a lieu, au contraire, lorsqu’on réduit subitement la pression pour serrer les freins, est suffisant, pour soulever le bouchon 3 et l’appliquer contre son siège: de cette manière l’air peut passer seulement dans le cylindre à freins.
- Pièces d'accouplement. — La figure 79 représente deux pièces d’accouplement, dont une en coupe, reliant l'un à l’autre les deux tronçons de la conduite générale de deux voilures. Ces deux pièces 1,1, exactement semblables, portent chacune un anneau en caoutchouc, 3 : ces anneaux se superposent et forment un joint étanche, quand on accouple les deux pièces.
- La pression de l’air dans les deux pièces tend à appuyer les anneaux l’un contre l’autre ; de cette manière, l’étanchéité du joint augmente avec la pression. La pression de l’air tend également à écarter les pièces d’accouplement dans une direction perpendiculaire à celle des tuyaux en caoutchouc 7, et ainsi, plus la pression est considérable, plus l’assemblage est solidement constitué au moyen de la saillie que porte chaque pièce et qui s’engage dans
- La ligne étudiée et mise à l’enquête, en même temps que celle d’Auteuil à Boulogne — à laquelle elle se rattache — va être exécutée sous peu par les ouvriers de la Compagnie des omnibus.
- Elle mesurera 2.230 mètres de longueur, et voici son tracé.
- En partant de l’église de Boulogne : le boulevard de Strasbourg et la route de Billancourt à Issy, jusqu’au pont existant sur la Seine entre ces deux communes ; traversant en entier l’agglomération de Billancourt, cette nouvelle ligne alimentera également les anciennes voies ferrées de Sèvres et Saint-Cloud, qu’elle croisera à peu près dans l’axe central de la presqu’île formée par la Seine en cet endroit.
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- L’église la plus élevée de Paris.
- Il ne s’agit ni de la future basilique de Montmartre ni de notre vieille cathédrale, mais du nouveau temple catholique de Mé-nilmontant.
- Cette église, déjà remarquable par elle-même et dont la flèche atteint une hauteur de soixante-dix mètres, va posséder un perron monumental, auquel nous ne saurions comparer que celui de la Sainte-Gudule, de Bruxelles.
- En effet, ce perron qu’on achève présentement se composera de. cinquante-quatre degrés rachetant ensemble une différence de niveau de la partie sud de l’église à la place, sur laquelle s’ouvre la façade.
- Ce perron, coupé en trois parties, aura une largeur moyenne de 32 mètres. Il sera re-
- une cavité correspondante sur l’autre. Aucune avarie ne se produira si les pièces d’accouplement viennent à être arrachées par suite d’une rupture d’attelage, chaque anneau en caoutchouc pouvant suffisamment rentrçr dans la pièce qui le porte, pour permettre aux saillies de se dégager de leurs cavités respectives.
- L’attache se fait en superposant les deux pièces à angle droit l’une par rapport à l’autre, et, par un mouvement de rotation on fait engager la saillie dans la cavité correspondante.
- Manœuvre des Freins. — Le mécanicien met en marche sa pompe à air avant de mouvoir sa locomotive et charge le réservoir principal, la conduite générale et les petits réservoirs sur la locomotive et le tender, h une pression d’environ 5 atmosphères. Les boyaux d’accouplement en caoutchouc sont alors assemblés entre les voitures, et tous les robinets sur la conduite principale des freins sont ouverts, sauf le dernier à l’arrière du train.
- Lorsque la locomotive est attelée au train, l’air comprimé est admis dans la conduite générale, ainsi que dans les réservoirs des voitures, et une pression uniforme s’établit ainsi dans la conduite générale, les triple-valves, les petits réservoirs et dans le réservoir principal.
- Fig. 80.
- haussé par des bouquets-candélabres posés sur les principaux pilastres du balustre qui l’enserre.
- Les travaux de maçonnerie, de terrasse et de viabilité, relatifs à ce perron, dépasseront la somme de -400.000 francs.
- Rappelons, en terminant, que pour faire apprécier l’aspect de cette église monumentale, on est en train d’exproprier pour deux millions et demi d’immeubles, dont la démolition permettra d’ouvrir un boulevard dans l’axe de la façade.
- ADJUDICATIONS.
- Travaux pour le service du génie.
- L’autorité militaire a fait adjuger au Tribunal de commerce, sous la présidence de
- Pour serrer les freins, le mécanicien ou le garde ouvre son robinet à soupapes et laisse échapper l’air de la conduite générale La réduction de pression qui s'opère par là dans cette conduite fait aussitôt fonctionner les triple-valves, et une partie de l’air emmagasiné dans les petits réservoirs passe dans les cylindres à freins, tels que celui représenté lig. 80. Par suite, les pistons sont repousses et les freins se serrent.
- Pour serrer à fond les freins, il suffit de réduire de 20 p. 100 la pression dans la conduite générale seulement. Pour les desserrer, on rétablit de nouveau, par le jeu du robinet, la communication entre le grand réservoir et la conduite générale, ce qui rétablit la pression dans celte conduite et recharge les petits réservoirs; en même temps, l’air s’échappe des cylindres et les sabots des freins ne sont plus soumis à aucune pression.
- Quand les tuyaux, les réservoirs, etc., sont remplis d’air comprimé, pour dételer des voitures du train, sans pour cela provoquer le serrage des freins, il suffit de fermer les robinets de la conduite qui sont aux bouts de chaque voiture, avant de défaire les accouplements. La pression reste ainsi emmagasinée pour plusieurs heures sur une ou plusieurs voitures détachées d’un train, et elles sont prêtes par conséquent à tout événement; ce fait est très-
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- £e tHecljttuhqjieU
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- important dans le cas où l’on attellerait au train une voiture ou une locomotive non pourvue du frein. Si les freins se trouvent serrés, alors que la pression «e peut plus être rétablie dans la conduite générale, on peut cependant les idesserrer en ouvrant un robinet servant à vider le cylindre de chaque voiture. Une fuite dans la conduite générale, à moins d’être considérable, n’en-t»aîne pas le serrage des freins sur les voitures isolées ; des soupapes de fuite {leakage-valves) préviennent ce serrage en laissant échapper l’air des réservoirs dans l’atmosphère.
- (A suivre.)
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Utilisation des chutes d'eau souterraines, par M. Hanriau,
- à l'Exposition.
- Nous ne saurions mieux faire, en ce qui concerne l’exposition de M. Hanriau, que de reproduire quelques passages du rapport de M. Haton de la Gou-pillière à la Société d’encouragement au nom du comité des arts mécaniques.
- « M. Hanriau, ingénieur à Meaux, tire parti d’une nouvelle espèce de chutes d’eau pour faire remonter, à la surface du sol, des eaux qui s’écoulent sous terre sans utilité.
- « M. Hanriau se sert, pour produire cet effet, de la force motrice qui résulte de la chute, dans une couche inférieure absorbante, soit de l’eau inutilisable qui est à la surface du sol, soit du produit d’une source souterraine, dont le niveau est supérieur à celui de la couche absorbante. Il résulte de cet écoulement d’un niveau à un autre, une chute, qui produit une force motrice, laquelle peut être employée à faire mouvoir des pompes qui remontent *à la surface l’eau de la couche supérieure, ou bien à mettre en action les machines d’une exploitation agricole.
- «1 Le principe de l’emploi des chutes d’eaux souterraines n’est pas nouveau : ûhaélé énoncé d’une manière théorique plusieurs fois et même employé. ♦Mais M. Hanriau a généralisé son application, il en a étudié les meilleures conditions et il en a produit plusieurs utilisations importantes. Ses appareils «ont efficaces et bien étudiés. Ils donnent de bons résultats, etc. »
- ÀTerminons en ajoutant que M. Hanriau a fait à Annel, sur ce principe, une ^application très-ingénieuse de la fontaine de Héron automatique. L’eau, xarmmée par un puits foré ascendant, comprime, en tombant d’une certaine ihauteur, de l’air dans un récipient. De là, l’air comprimé est envoyé à des réservoirs supérieurs, où il force, par sa pression, le liquide à s’élever dans •desconduites. A Combs-la-Villeil élève, avec un chapelet hydraulique double, 5^500 litres d’eau à l’heure, de 17 mètres de hauteur. Plusieurs installations ont-élé aussi faites sur le plateau de la Brie pour alimenter les lavoirs com-. munaux, et les combinaisons multiples qu’il a imaginées permettent des ap-yplications fréquentes.
- M. Aubin, conseiller de préfecture, assisté de M. Ligneau, sous-intendant militaire, et du chef du génie de la rive droite de Paris, les travaux à exécuter par le service du génie, dans la chefferie de la rive droite, pour la construction de la caserne dite des Tourelles, à Belleville.
- Le nombre des soumissionnaires admis à l’adjudication par l’autorité du génie était de huit seulement. Ce fait n’a rien qui étonne, car les clauses des cahiers des charges de l’autorité militaire sont des plus onéreuses, et les devis fixés par l’administration, des plus bas. Aussi, à chaque adjudication, les soumissionnaires, au lieu d’accorder des rabais, demandent des surenchères, qui sont parfois des plus importantes.
- Voici les noms des soumissionnaires, avec le chiffre des surenchères, pour l’adjudication en question :
- MM. Masselin. . 19.50 0/0 de surenchère. Thomas.. . 17.50 — —
- Vurangot. .12 — —
- J. Bechard, 8 — —
- Gajon. . . 8 — —
- Châlon, de
- Troyes. .7 — —
- Lngarde. .5 — —-
- M. Lagarde a été nommé adjudicataire, provisoirement, sous la réserve de l’approbation du Ministre de la guerre.
- L’adjudicataire doit justifier d’un cautionnement-matériel de quarante mille francs. Il doit disposer, en outre, d’un fonds de roulement de quatre-vingt mille francs.
- Dans le délai de trois mois, à partir des jours de l’avis qui est donné à l’adjudicataire de l’approbation demandée par le ministre de la guerre, le premier sera tenu de fournir un cautionnement de la valeur de 40.000 francs.
- L’adjudicataire doit payer les frais d’affiches, d’annonces,- d’écritures, de timbre, d’enregistrement et tous autres auxquels l’adjudication a donné lieu, ainsi que l’impression du devis et du bordereau des prix.
- L’utilisation des détritus recueillis dans les hôpitaux.
- Une adjudication bien curieuse, à laquelle vient de procéder l’Assistance publique, c’est celle des ordures, détritus et rebuts de toute nature qu’on recueille annuellement dans les hôpitaux.
- La lecture du devis de cette adjudication
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- N°44.—2 Novembre 1878.—XXXVIIIeAnnée. (Lcd)lUrl(I^iôtC 359
- nous donne des détails assez intéressants sur la statistique de ce chapitre, qui n’est pas le moins important parmi les recettes de l’Assistance publique. Pour les vingt-sept hôpitaux ou hospices du département de la Seine, on trouve un total approximatif de 235.000 kilogrammes de détritus, année moyenne. Les os figurent dans l’énumération pour 150.000 kilogrammes ; les graisses blanches pour 6.000 kilogrammes, et les brunes pour 25.000 environ. On recueille encore près de 50.000kilogrammes de croûtes de pain, et d’innombrables quantités d’éplucliures de légumes frais. Tout cela rapporte environ 70.000 francs par année à l’Assistance publique. Les industriels qui s'en rendent adjudicataires, sont d’ordinaire : 1° pour les graisses, des fabricants de bougies'; 2° pour les os, des fabricants d’engrais ou de colles ; 3° pour les croûtes et les épluchures vertes, des éleveurs de porcs. Les contrats d’adjudication sont faits pour six années au maximum. Canons à gaz pour signaux de brouillard, de M. Wigham. Dans la récente réunion, tenue à Dublin, de l’Association scientifique anglaise, M. Wigham a décrit et fait fonctionner un genre particulier de signal pour les temps de brouillard : un canon dont l’explosion est produite par l’inflammation d’un mélange détonant de gaz oxygène et de gaz d’éclairage. Cet appareil a été installé au phare de Howth-Bailev. Comme on peut le charger même à une très-grande distance, par un tuyau, et y mettre le feu de même, il en résulte la possibilité de placer ces canons dans des endroits presque toujours inaccessibles ou du moins fort dangereux, par exemple des roches isolées en mer. On peut également les installer là où la place manquerait absolument pour avoir un canon ordinaire. Le canon étant relié avec le poste du phare par un tube de fer, on n’a pour le charger, qu’à ouvrir un robinet communiquant avec un gazomètre. Le feu est mis à l’aide d’une capsule à percussion par exemple, placée sur le trajet du tube. L’inflammation du gaz se propage dans le tube avec une grande rapidité, en sorte qu’on peut facilement lirerau besoin plusieurs coups se succédant rapidement. Les canons employés à Howth-Bailey sont des tubes de 0m,457 de diamètre intérieur, sur 2ra,745 de longueur, et le bruit de leur explosion est équivalent à celui d’une pièce de 18. On estime que la dépense par coup est sensiblement la même que pour une de ces pièces. [Engineering.)
- STATISTIQUE. Sur les jetées du Mississipi,
- L'usine Krupp. par le capitaine Eads.
- L'Économiste a donné récemment les chiffres suivants, cités d’après le rapport fait pour l’année 1877 pour l’usine Krupp, à Essen. Malgré la réduction du nombre des ouvriers, celte usine emploie encore 8.500 hommes pour les travaux d’acier coulé. La fonderie possède 298 chaudières et machines à vapeur, représentant une force de 11.000 chevaux, 77 marteaux mus paj* la vapeur, depuis le poids de 2 à 1.000 quintaux chacun. Dans les vingt-quatre heures, l’usine peut produire tout ce qui est nécessaire pour 12 mille anglais de chemin de fer (19 kilomètres), roues, rails, essieux, ressorts, et en outre 1.500 obus. La fonderie peut livrer 300 canons par mois. Elle en a fondu 15.000 depuis 1847. On y consomme par jour 36.000 quintaux de coke et de charbon : 21.000 becs de gaz brûlent tous les jours. Les transports d’un point à un autre de la fonderie se font sur un réseau de chemins de fer représentant une longueur de plus de Dans une lettre adressée dernièrement à un membre du Congrès des Etats-Unis d’Amérique, le capitaine Eads fait le tableau suivant de l’état actuel des grands travaux d’amélioration qui sont exécutés à l’embouchure du Mississipi. Le chenal est maintenant presque aussi bon que l’entrée du port de New-York ; de sorte que les vaisseaux à voiles et à vapeur d’un plus fort tonnage que ceux qu’il recevait précédemment, visitent aujourd’hui le port de la Nouvelle-Orléans. Les frais de transport ont été tellement abaissés que l’épargne sur les cotons, venant de la Nouvelle-Orléans a été, pendant la saison dernière, de 1.600.000 dollars (8.000.000 francs). Tout homme intelligent du Missouri n’ignore pas qu’une vraie révolution s’est opérée dans le commerce des grains, conséquence immédiate du plus fort tirant d’eau du chenal. Au fur et à mesure que le chenal s’approfondit, le comm erce se fait à ces nouvelles conditions d’établissement du port, et les producteurs du Missouri, qui réalisent déjà de beaux bénéfices en réaliseront de bien plus beaux encore L’amélioration permanente des bouches du Mississipi opère comme un régulateur des transports, et peut ainsi abaisser la valeur de chaque boissea u de grain exporté en Europe ou consommé dans les Etats de l’Atlantique .
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- L’on doit constater que cette denrée parviendra aux cultivateurs à bien mielleur compte que n’importe quelle fourniture ou marchandise transportée de l’Est.
- (.Polytechnic Review).
- Crues de la Seine : échelles hydrométriques.
- Il n’y a pas de modification sensible dans l'état de la Seine : les échelles hydrométriques marquent à peu près les mêmes degrés que les derniers jours.
- Il peut être intéressant de faire remarquer, à ce propos, que la cote du pont Royal est de 2 mètres supérieure à celle du pont de la Tournelle.
- L’échelle de la Tournelle n’ar été posée qu’au commencement du dix-huitième siècle. C’est d’après les indications de Deparcieux que l’on a calculé les cotes des crues du dix-septième siècle.
- M. Belgrand a classé comme suit les crues du fleuve de Paris.
- Lorsque la Seine atteint la cote de 5 mètres à la Tournelle et la cote de 6 mètres au pont Royal, elle couvre les chemins de halage : elle entre en grande crue ordinairement et elle affleure les bords des grands cercles de fonte des culées du pont des Saints-Pères.
- Les crues commencent à être désastreuses lorsqu’elles atteignent la cote de 6 mètres au pont de la Tournelle et de 7 mètres au pont Royal.
- En 1872, la hauteur de l’eau était de 6 mètres 85, et en 1876, de 6 mètres 80, au pont Royal.
- On a relevé de 1731 à 1799, seize crues de 5 mètres au pont de la Tournelle, et 5 seulement supérieures à 6 mètres à la même échelle.
- Ces dernières sont celles de 1740, 1741, 1751,1764 et 1799.
- Quoi qu’il en soit, pour le présent, la navigation reste toujours libre : tous les déversoirs sur l’Yonne, la Marne, la haute et la basse Seine sont ouverts.
- Néanmoins, tandis que la Seine reste stationnaire, les affluents grossissent beaucoup : on conçoit très-bien qu’au fur et à mesure que le niveau s’élève les eaux s'établissent sur de grandes étendues et perdent en hauteur ce qu’elles gagnent en largeur. Les rapports ordinaires entre les hauteurs des affluents et les hauteurs du fleuve qui permettent de déduire la cote de la crue, sont modifiés. Dans tous les cas, les ingénieurs ont raison de porter les hauteurs au maximum, et toutes les précautions sont prises contre les éventualités que pourrait amener une crue qui, d’ailleurs, ne tardera, pas à s’arrêter.
- GO kilomètres, et par 24 locomotives et 700 wagons. 44 bureaux télégraphiques, 8 pompes à incendie avec leurs machines à vapeur et un corps de pompiers bien disciplinés font partie de l’usine et de son personnel. M. Krupp possède, près de Meppen, un polygone de tir qui s’étend au-delà de 48 kilomètres. 3.300 hommes sont occupés à extraire le fer et le charbon des mines qui lui appartiennent, outre celles qu’il possède dans le nord de l’Espagne et qui produisent pour lui 4 millions de quintaux de fer par année, transportés par 5 bateaux à vapeur appartenant aussi à M. Krupp. Les ouvriers et leurs femmes, en tout 16.200 personnes, occupent 3.277 appartements dans des maisons qui sont la propriété de l’usine.
- Revenus des villes de France.
- Voici, d’après les relevés officiels dressés par le Ministère de l’intérieur, les revenus normaux des trente villes de France dont le budget dépasse un million. La Ville de Paris, qui a près de 200 millions de ressources annuelles, n’est pas comprise dans ce relevé :
- Marseille. . . . 11 007 472
- Lyon 10.437.353
- Bordeaux. . . . 6 643.130
- Lille 4.632 738
- Rouen 3.946.625
- Saint-Etienne. . 3.425.362
- Le Havre. . . . 2.882.336
- Toulouse. . . . 2.643 378
- Nantes 2.514.938
- Nancy 1 813.906
- Reims 1.655.000
- Nice 1.534 309
- Amiens 1.512.095
- Angers. . . ! . 1.437.331
- Toulon 1 412.196
- Nîmes 1 391.171
- Limoges. . . . 1 372 530
- Versailles. . . 1.370.171
- Boulogne. . . . 1 296.524
- Grenoble. . . . 1.224.864
- Tours 1.280 291
- Orléans. . . . 1.232 290
- Montpellier.. . 1.229.827
- Rennes 1.226.939
- Troyes 1.166.700
- Besançon.. . . 1 155.947
- Clermont-Ferrand.. 1.150.679
- Dijon 1.055.359
- Caen 1.105.810
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N°45. — 9 Novembre 1878. —XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Cas particulier «réchauffement d’une barre de fer, observé par M. Hirn. — Description et usage du colorimètre, de M. Nanquette. — La nickéline, nouvel alliage de cuivre et de nickel, de M. Guillemin. — Fabrication des couverts en maillechort, par M. //. Uouilhet. — Machine d'extraction à quatre câbles, de M. Croix.— Préparation des sables pour la fonderie de bronze, chez MM. Lehmann frères. — Composition de divers bronzes employés couramment, par M. Ch. Hauvel. — Nouveau système de graisseur pour cylindres à vapeur, de M. Cousolin.— Machine à vapeur rotative de M. N.-J. Raffard. — Appareil chronographe de MM. LethuiUer et Pinel. — Chemin de fer suspendu à câbles métalliques, par M. A. Co-telle.
- CHRONIQUE.
- Du rôle de la science dans la société moderne,
- par M. Laboulaye.
- Dans la séance publique annuelle des cinq Académies tenue le vendredi 23 octobre, à l’Institut, M. Laboulaye, qui occupait le fauteuil de la présidence, a prononcé un discours très-remarquable sur le rôle de la science dans la société moderne. Rappelant avec beaucoup d’à-propos un discours prononcé par Cuvier le 24 avril 1816 dans une solennité pareille, et prenant texte des résultats merveilleux de l’Exposition universelle, M. Laboulaye montre quelles conséquences immenses et révolutionnaires ont eues les grandes découvertes scientifiques appliquées à l’industrie.
- « Rien ne peut échapper à l’empire de la science ; les mondes lui ont livré le secret de leur composition. Elle a fait du soleil son esclave. Niepce et Daguerre l’ont obligé à dessiner ; leurs successeurs lui ont appris à graver, et voici qu’un modeste et studieux professeur de province force le divin Apollon à lui céder la chaleur de ses rayons, en fait un chauffeur, et, faut-il le dire dans cette enceinte? un cuisinier. »
- « Tous ces prodiges, qui en annoncent tant d’autres, ont achevé la conquête de l’opinion ; il n’est personne qui ne salue dans la seience la mère de l’industrie et de la richesse. Mais en est-il de même quand il s’agit de l’influence politique que Cuvier lui attri-
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Cas particulier d'échauffement d'une barre de fer, observé par M. Hirn.
- A la séance du 7 octobre dernier, de l’Académie des sciences, M. Hirn, le savant correspondant de Colmar, signale un cas singulier d’échauffement d’une barre de fer. « J’assistais ces jours derniers, dit-il, à la pose d’une des grandes clavettes servant à caler, sur son arbre de couche, le volant d’une machine à vapeur : celte opération était exécutée par deux ouvriers ajusteurs. En raison du peu de surface transversale de la clavette et de sa juxtaposition avec l’arbre, le marteau qui devait la chasser dans sa rainure ne pouvait la frapper directement. L’un des ajusteurs appuyait donc contre la tête de cette cheville l’extrémité d’une barre de fer cylindrique de 1 mètre de longueur sur 8 centimètres de diamètre, en ayant soin de lui donner la direction convenable. C’est sur l’extrémité libre de celte barre que frappait l’autre ou-1 vrier. »
- L’opération était à peine commencée que le premier homme, très-intelligent, avertit M. Hirn qu’à chaque coup de marteau il sentait la barre s’échauffer fortement et se refroidir de suite.
- Comme M. Hirn se montrait incrédule, il l’invita à prendre sa place pour vérifier le fait. En effet, à chaque coup de marteau et sur toute l’étendue de l’extrémité du barreau saisie par la main, le fer s’échauffait instantanément pour retomber, au bout d’une seconde à peine, à sa température initiale. M. Hirn évaluait à près de 35° cette variation brusque de température.
- Cette expérience surprit beaucoup M. Hirn; car, avant même de s’être mis en place, il avait parfaitement compris qu’il ne pouvait s’agir ici d’un échauffement réel et ordinaire, comme celui auquel donne lieu le martelage du plomb, par exemple.
- Le marteau pesait près de 5 kilogrammes, et l’ouvrier le soulevait à 2 mètres de hauteur. En admettant que l’effort d’impulsion des bras ajoutât encore un excès de vitesse due à une chute de 3 mètres, ce qui est exagéré, on arrive à un travail de S kilogr. X 5 = 25 kilogrammes représentant une quan-23
- tité de chaleur de = 0 calorie, 06. La capacité calorifique du fer étant 0,11, cette quantité donnerait lieu à un accroissement de = 0°,545 dans
- une pièce de fer de 1 kilogramme. Mais puisque réchauffement avait lieu sur une longueur de 0m,10, au moins, la masse échauffée pesant plus de 4 kilo-
- grammes, l’élévation possible maxima était à peine de
- 0°,343
- soit 0°,13. Or la
- sensation de chaleur éprouvée correspondait à une variation de plus de 30°.
- Ce phénomène thermique, quoique tout naturel au premier abord, est au fond très-singulier.
- M. Hirn pense qu’il est tout subjectif, c’est-à-dire qu’il ne s’agit que d’une question de sensation. Pour bien observer le phénomène, il fallait se placer très-près de la barre, le corps en avant de l’extrémité frappée, la tête très-rapprochée de la trajectoire du marteau et saisir le fer à environ 0m,01 de l’extrémité frappée. Chacun comprendra qu’il fallait avoir une foi robuste dans
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- l’adresse de l’ouvrier frappeur. M. Hirn hésita d’abord et se tint prudemment un peu en arrière, et il saisit la barre à 30 centimètres environ en deçà de l’extrémité. Il éprouva néanmoins une sensation bien nette de chaleur, mais fait curieux qui donne, selon lui, la clef de l’explication exacte, la source de chaleur semblait résider dans l'intérieur même de la main et non à la surface du métal qui, au contraire, paraissait rester froid. Les choses changèrent quand l’éminent expérimentateur s’enhardit et prit une position plus rapprochée. Ce fut le fer qui sembla s’échauffer. Les sensations de chaleur n’existaient que pendant la durée des vibrations sonores excitées par le choc.
- L’explication la plus probablement correcte du phénomène, consisterait donc à admettre, selon M. Hirn, que dans de certaines conditions particulières, les vibrations sonores peuvent, en ébranlant les nerfs sensitifs, déterminer à la périphérie de notre corps une sensation de chaleur, absolument comme, par exemple, une pression exercée sur les yeux ou un coup donné à ces organes éveille en nous la sensation de la lumière. Cette explication que M. Hirn hasarde sous toutes réserves, mérite vérification.
- M. Daubrée fait remarquer à ce propos que M. Tresca a constaté, sur une barre de fer soumise au marteau-pilon, des points situés de distance en distance, où la température s’élève notablement.
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Description et usage du colorimètre, de M. Nanquette.
- Le colorimètre Nanquette est surtout destiné à mesurer le degré colorant des vins rouges. Il se compose de deux cuves en cristal accolées l’une à l’autre : l’une, A (fig. 78), est parallélipipédique et contient la couleur étalon. L’autre, B (fig. 79), est prismatique : sa base est exactement semblable à celle de la cuve parallélipipédique, et sa face latérale représente un triangle rectangle, dont l’hypothénuse est la diagonale du parallélogramme formant la face latérale de la cuve voisine.
- Les deux cuves jumelles sont fixées sur un pied également en verre. Sur une des grandes faces se trouve, du côté, de la cuve prismatique, une graduation centésimale MN (fig. 80), qui permet, au moyen d’une table, de chiffrer, en unités et fractions de couleur, le vin à titrer.
- Pour faciliter la lecture, l’appareil porte un curseur C en forme de bague, muni de deux fenêtres horizontales et opposées, telles que a b : ce curseur se fixe au moyen d’une vis de pression Y.
- M. Nanquette, directeur de la ferme-école des Hubaudières, a établi, pour l’usage de son appareil, une instruction détaillée, que nous ne saurions mieux faire que de donner in extenso.
- « La précision des résultats étant subordonnée à la parfaite transparence des lames de cristal, la plus grande propreté de l’appareil est obligatoire, à l’intérieur des cuves, aussi bien qu’à l’extérieur. »
- bue? Est-il vrai, pour me servir des paroles du maître, que quelquefois les sciences transposent de fond en comble les éléments de la société? Sur ce point, on ne sera peut-être pas d’accord, et cependant, pour se convaincre de cette vérité, il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder autour de soi. »
- « On accordera, je pense, qu’en dissipant les chimères de l’astrologie, de la magie, de la sorcellerie, les sciences ont singulièrement agrandi l’esprit humain. Il serait difficile de méconnaître que l’invention de la poudre a changé l’art de la guerre, détruit la supériorité de la force physique, et mis les pays civilisés à l’abri d’une invasion de barbares; mais, si je disais que sans l’imprimerie le gouvernement représentatif, tel que nous l’entendons, ne pourrait pas exister, peut-être trouverais-je plus d’un incrédule. Et pourtant, si les anciens n’ont pas eu ce gouvernement, n’est-ce point parce que, n’ayant à leur disposition que la parole, l'opinion publique ne pouvait s’exercer en dehors de l’agora ou du forum? En Angleterre, le Parlement, sorti du régime féodal, a été presque aussi insignifiant que nos États généraux jusqu’au jour où la presse est devenue une puissance. »
- « Montesquieu, passant à Londres au commencement du dix-huitième siècle, raconte avec étonnement, comme une chose étrange, qu’il a vu un couvreur se faisant apporter la Gazette sur les toits pour la lire. Tout le régime politique des sociétés modernes est dans ce fait insignifiant. Supprimez le journal, les députés parlent dans le vide ; le système parlementaire n’est qu’une dérision. La liberté antique est tombée le jour où le forum est devenu muet; la liberté moderne disparaîtrait par la suppression des journaux. Un étranger, entrant au siècle dernier dans une cour de justice anglaise, disait à lord Mans-field : « Mylord, vous jugez dans la solitude. — Vous vous trompez, répondit lord Mans-field, en désignant du doigt un journaliste qui prenait des notes, l’Angleterre est là ! — Il avait raison : grâce à l’imprimerie et au journal, le pays se gouverne lui-même, et, plus que jamais, il est vrai de dire que la reine du monde, c’est l’opinion. »
- « La vapeur a une origine aussi modeste que l’imprimerie; il y a aussi loin de l'invention de Papin à nos locomotives et à nos transatlantiques que du pressoir de Gutenberg à nos presses cylindriques qui tirent vingt mille feuilles à l’heure ; mais une visite à la galerie des machines nous fera aisément com-
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- prendre que ces esclaves de fer et d’acier, qui ne chôment ni ne dorment, travaillent sans cesse pour répandre autour d’eux, non-seulement le bien-être, mais l’égalité. Remontez de cent ans en arrière ; il y a trois peuples en France : le paysan, le bourgeois, le noble. Le paysan est vêtu de bure et chaussé de sabots, il va à pied et ne sait pas lire; le bourgeois s’habille de ratine ou de bouracan ; il voyage en coucou ou en patache et lit les remontrances du Parlement ou les Nouvelles ecclésiastiques ; le noble porte des talons rouges, est couvert de soie et de velours, a l’épée au côté, voyage en carrosse et lit ou met sur sa table Voltaire et Y Encyclopédie. Aujourd’hui, tout le monde est vêtu de drap, chaussé de la même façon, lit les mêmes journaux et voyage par le même chemin de fer ou le même bateau à vapeur. Quand la manière de vivre est commune, quand tout conspire en faveur de l’égalité, où placer le privilège? Demandez-vous maintenant quel est le grand niveleur des temps modernes ? Le voilà, c’est la vapeur. »
- « La vapeur a bien d’autres méfaits à se reprocher : si l’on n’y prend garde, elle va détruire le vieux droit des gens. En rapprochant les hommes, en abrégeant l’espace et le temps, elle renouvelle peu à peu la face de la terre. En entrant à l’Exposition, demandez-vous d'où viennent ces flots de visiteurs que la vapeur amène de tous les points de l’horizon. Y a-t-il là seulement un nouveau triomphe de l’industrie? Non, il y a encore une révolution politique, qui, pour être pacifique, n’en est que plus profonde et plus durable. Adieu, ces frontières, vraies murailles de la Chine, derrière lesquelles on parquait les nations pour les diviser et leur apprendre à se haïr mutuellement. Les peuples se mêlent et se confondent. Le rêve des stoïciens est une vérité, le monde n’est plus qu’une vaste cité où tous les hommes ont les mêmes intérêts, les mêmes devoirs, les mêmes droits. Toute guerre est une guerre civile; elle a pour cause l’ambition des princes ou l’égarement des peuples, mais elle n’a plus d’excuse, et ce ne sont plus seulement les sages qui n’y voient qu’une exécrable folie. »
- « Dans l’intérieur de chaque pays, ces découvertes multipliées, qui enfantent chaque jour des industries nouvelles, changent peu à peu les choses, les hommes, les idées. Nous savons bien que nous ne sommes plus au moyen âge, dans ces temps reculés où un seigneur, défendu par les murs d’un donjon, protégeait de son épée les colons et les serfs
- « L’appareil étant placé sur son pied, à bon jour, c’est-à-dire en lumière directe : on introduit, à l’aide de la pipette, le vin à titrer dans la cuve prismatique B. Ce vin, quelque couleur qu’il possède, a naturellement une apparence de dégradation de couleur, de haut en bas, résultant de la forme même de sa veine liquide. »
- « On introduit alors dans la cuve parallèle A Xétalon formant unité de cou-leu r, qui peut consister en une teinture liquide fixe, un vin ramené à un ton déterminé, ou encore, comme nous l’avons adopté, en des lamelles purpu-
- rines au ton déterminé d’une demi-couleur, d’une couleur, etc., lesquelles se trouvent dans la boîte qui contient l’appareil. »
- « On place, selon le plus ou moins de couleur du vin, dans la cuve parallé-Iipipédique, une, deux, trois ou quatre de ces lamelles, de façon à arriver à une identité rapprochée de coloration entre les teintes du vin comprises entre les graduations centésimales 100 et 50, et la teinte uniforme résultant de la superposition successive d’une ou plusieurs lames colorées. Ces premières opérations effectuées, il s’agit de préciser bien exactement l’endroit où il y a identité de couleur entre les deux cuves. Pour cela, on promène l’écran le long de l’appareil, et, quand on a obtenu à l’inspection attentive
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- des petites fenêtres de ce curseur, une parité absolue de ton, il ne reste qu’à lire la graduation centésimale correspondante.Pour plus de précision encore, on pourrait se servir d’une façon de chambre noire que nous avons décrite précédemment, mais avec un peu d’habitude pratique, l’écran sera très-suffisant (1). »
- « Cette graduation centésimale et le nombre de lamelles qu’il a fallu employer étant connus, on peut facilement chiffrer le titre colorimétrique du liquide à l’essai, par la proportion résultant de l’épaisseur géométriquement décroissante de la cuve prismatique. Pour faciliter l’opération, les calculs ont été faits d’avance et sont contenus dans la table de coefficients jointe à l’appareil. »
- JExemple. — Le vin soumis à l’opération a exigé 2 lamelles et le curseur a -été arrêté à la division 75 : en prenant la table on trouvera dans les colonnes relatives aux coefficients de coloration avec 2 lam'elles et au-dessous du chiffre 75 placé dans la colonne horizontale, portant l’indication centésimale le chiffre 1,333. Ce qui indique que le vin essayé a une couleur et 33 centièmes. Si le curseur avait dû être arrêté à la graduation 50, le vin aurait 2 couleurs. »
- « L’étalon une couleur a été arrêté, sensiblement, au titre de la coloration que, dans la pratique du commerce des vins, on nomme une couleur, ce que 'nous avons reconnu être à peu près le n° 10 d’une gamme chromatique faite avec le n° 1 du rouge franc du 1er cercle chromatique des couleurs franches, établi par M. Chevreul dans son ouvrage sur les couleurs. »
- « Mais, pour la facilité de la pratique du colorimèlre, nous avons arrêté la tonalité de couleur de nos lamelles à 1/2 de couleur, comme nous l’avons dit plus haut. Les lamelles indiquées 1 couleur comptent pour deux dans la table. »
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- La nickéline, nouvel alliage de cuivre et de nickel, de M. Guillemin.
- Le cuivre forme avec le nickel et le zinc plusieurs alliages industriels qui ne sont pas tous d’un emploi courant. La composition la plus riche en nickel qui se puisse travailler, a été, pendant longtemps :
- Cuivre........................................................47 pour 100
- Nickel........................................................34 __
- Zinc..........................................................19 _
- D’ailleurs, ce métal ne supporte guère le choc des outils, et il n’est guère employé qu’à la fonte. L’alliage le plus riche, qui se travaille maintenant, contient :
- Cuivre.........................................................03 p0Ur 100
- Nickel.........................................................25 __
- Zinc. . .......................................................10 __
- ^ (1) Journal de VAgriculture, 30 juin 1877.
- rangés sur son domaine et où la noblesse était moins un privilège qu’un service militaire et une espèce de souveraineté ; mais à peine commençons-nous à voir, que la société bourgeoise, la société d’il y a cinquante ans, est en train de disparaître, et que nous avons devant nous une société qui vit de travail-Or, il ne faut pas s’y tromper, une société où chacun travaille est une société d’égaux : il n’y a plus de place ni pour le rang ni pour la naissance, ni pour le privilège. Sans doute, la richesse y joue le grand rôle, et il y a là de nouvelles questions à résoudre; mais, si glorieux qu'ait été son passé, la vieille France ne vit plus que dans l'histoire ; nous assistons à la naissance d’un monde nouveau. »
- M. Laboulaye s’occupe ensuite de l’influence considérable ou plutôt de la révolution presque radicale que la science réalisée, c’est-à-dire l’industrie, a exercée sur les grandes questions politiques.
- « Dans tous les temps, la sécurité a été la raison d'être des gouvernements; aujourd’hui, c'est un besoin plus impérieux que jamais. Chez un peuple qui vit d’agriculture, une révolution politique n’est qu’un trouble passager : elle n’empèche ni le paysan de la-bourer, ni les moissons de mûrir. Mais chez un peuple industriel, dès que le lendemain n’est pas sûr, dès qu’on ne peut faire d’entreprise à longue échéance, le travail s’arrête, l’ouvrier souffre, et l’État, qui dans la complication des intérêts modernes a besoin d’impôts énormes, tremble jusque dans ses fondements. Avis à nos enfants s’ils veulent suivre l’exemple de leurs pères; ils sont condamnés à être plus sages que nous. Autre-mènt, les événements se chargeront de leur apprendre que la patience et la modération sont le profit de tous, et des petits plus encore que des grands. »
- « Et l’éducation ? Ce n’est pas d’hier qu’on en a senti l’importance; on a répété à satiété que le maître de l’éducation serait le maître du monde. Mais c’est de nos jours seulement qu’on a compris que, dans le concours universel des nations, il n’y avait pour le pays ni industrie, ni richesse durable, si l’ouvrier n’était mis à même de déployer toutes ses facultés, et qu’il n’y avait pas de république viable, si le citoyen ne connaissait ses devoirs et ses droits. Le problème industriel et le problème politique n’en font qu’un. De là ces efforts généreux du gouvernement pour répandre l’instruction jusqu’au fond du moindre village ; de là ces sommes considérables votées par les Chambres pour favoriser l’en-
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- seignement primaire qui élève l’enfant, et l’enseignement supérieur qui élève le maître ; de là enfin, la liberté de l’enseignemènt, afin de faire concourir tous les dévouements à cette œuvre qui contient dans ses flancs l’avenir de la civilisation. »
- « En sortant de leur isolement, les sciences ont fait des miracles ; mais elles n’en ont pas fait de plus grand que de rapprocher les hommes et de les unir dans cette sainte croisade contre l'ignorance, c’est-à-dire contre la misère et les passions brutales. Et c’est ainsi, quoi qu’en disent des gens qui, les yeux fixés sur le moyen âge, n’ont que des anathèmes pour leur siècle, c’est ainsi que nous entrevoyons l’aurore d’une société nouvelle qui sera plus éclairée, plus libre, plus riche et plus morale que dans le passé. »
- « Les sciences n’ont pas seulement rapproché les conditions sociales ; elles ont exercé une influence visible sur les études qui ont l’homme pour objet. Les méthodes d’observation ont renouvelé l’histoire, l’économie politique, la philosophie; mais nulle part leur action n’est plus visible que dans la politique. L’idée d’un développement régulier, l’exemple de la nature qui ne fait rien brusquement et par à coup, nous ont appris que le temps est un des grands éléments des choses humaines ; on ne croit plus aux systèmes en faveur au début de la Révolution, on n’attend plus la régénération de l’humanité d’une déclaration des droits de l’homme ou d’une Constitution improvisée. »
- TRAVAUX DE PARIS.
- La nouvelle galerie du Conservatoire des Arts et Métiers.
- On va bientôt ouvrir, au Conservatoire des Arts et Métiers, une nouvelle aile construite en façade sur la rue Saint-Martin entre la fontaine du Vert-Bois et la cour d’honneur, et à l’édification de laquelle on était occup’é depuis trois ans.
- Cette nouvelle construction, exécutée symétriquement par rapport à l’aile en retour sur la rue de Réaumur, est destinée à loger les services du portefeuille, à l’étroit dans les anciens bâtiments.
- Un étage de cette aile serait affecté à l’exposition de planches et dessins spéciaux,
- Il est connu sous le nom de nickéline, et se fabrique couramment à Paris dans la fonderie de MM. Lehmann frères, d’après les procédés de M. Guille-min. Ensuite vient le maillechorl ordinaire des couverts, qui contient: comme nous l’avons vu, 15 à 19 pour 100 de nickel, et enfin l’alliage connu sous le nom d'alfénide qui ne contient que 12 pour 100 de nickel.
- Nous avons déjà suffisamment parlé ailleurs des différentes espèces de maillechort; mais nous nous étendrons sur la fabrication et les usages de la nickéline dans un de nos prochains numéros.
- Fabrication des couverts en maillechort, par M. H. Bouilhet.
- Les alliages de cuivre destinés à l’argenture sont très-variables de composition et de qualité; avant que l’emploi du nickel se fût généralisé, les couverts étaient en laiton formé de 66 pour 100 de cuivre et de 34 pour 100 de zinc : aujourd’hui cet alliage est presque abandonné et n’est livré que par les fabricants de produits inférieurs, aux argenteurs à bas titre.
- En introduisant du nickel dans le laiton, l’alliage qui en résulte est plus ou moins blanc, et porte en France, comme nous l’avons vu, le nom de Maillechort; les Anglais l’appellent German silbeer et les Allemands Neusilber ou packfung : celui qui présente le maximum de blancheur contient 15 pour 100 de nickel. On dépasse rarement cette proportion qui donne un métal comparable à l’argent au deuxième titre et qui possède le maximum de malléabilité : une plus grande proportion de nickern’augmenterait pas sensiblement la blancheur, et le rendrait plus difficile à travailler.
- En Allemagne et en Angleterre, cet alliage est presque exclusivement employé et sert même à fabriquer des couverts qu’on livre au commerce sans argenture sous le nom de Chinasilber ou d'Alpacca.
- Le maillechort à 15 pour 100 de nickel est exclusivement employé dans la fabrication qui a servi de type à la description que nous allons faire, et dont les détails nous ont été donnés avec la plus parfaite amabilité par M. Henri Bouilhet, de la maison Ch. Christofle et Cie, si connue à Paris et dans le monde entier par la perfection de ses produits; mais beaucoup de fabricants se contentent de maillechort à titre moins élevé contenant 10 à 11 pour 100 de nickel, et même 7 à 8 pour 100 pour des qualités inférieures, qui n’en sont pas moins livrées sous le nom de métal blanc.
- Coulage et recuisson. — Quoi qu’il en soit, la maison Ch. Christofle et Cie, qui fabrique plus de 80.000 douzaines de couverts par an, procède de la manière suivante : l’alliage est fondu dans des fourneaux à un seul creuset (en plombagine), contenant 30 kilogrammes; ils sont chauffés au coke, avec un tirage naturel obtenu par une grande cheminée. On pourrait employer l’air forcé, qui donne une production plus rapide, mais amène, rapidement aussi, la destruction des creusets. Deux fourneaux construits par un fondeur et un aide peuvent produire 600 kilogrammes de lingots par jour.
- Les lingots, débarrassés des jets, sont portés sous de puissants laminoirs qui les amènent, en 8 ou 10 passes, et avec trois recuissons, à l’épaisseur convenable : cette épaisseur est variable suivant la nature ou la dimension du couvert à produire.
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- La recuisson se fait dans de grands fours à réverbère à deux foyers où Ton peut mettre 2.000 kilogrammes de lingots à la fois. Après chaque recuisson, les bandes laminées sont dérochées aux acides par les procédés ordinaires.
- Découpage et passes de préparation. — Supposons la fabrication d’une cuiller : les bandes sont portées sous un découpoir à excentrique qui enlève des flans ayant en raccourci la forme de la cuiller; leur longueur est d’environ 120 millimètres, et ils ont, partout, la même épaisseur. C’est celte épaisseur qu’il s’agit de faire varier en même temps que l’on donnera au flan la forme et la longueur de la cuiller qui, pour le couvert de table, est de 220 millimètres. Les flans recuits sont portés sous le laminoir à matrices : celle de première préparation, gravée suivant la forme exacte de cette préparation, est montée sur le cylindre inférieur : la matrice supérieure ne porte pas de gravure.
- Les deux matrices placées en contact sont réglées au moyen de cales et de vis de pression. Deux ouvriers sont nécessaires pour la manœuvre : l’un pose les pièces, l’autre les reçoit, les guide à la sortie et les visite.
- Après la première passe qui n’a fait qu’étaler et allonger le culeron, on recuit et on décape; on procède ensuite à la deuxième passe qui se fait sur une autre matrice gravée de forme convenable. Dans cette opération, le culeron s’allonge un peu plus, ainsi que la spatule, tandis que le manche travaille légèrement.
- Passe de perfection. — La dernière passe, ou passe de perfection, se fait sur deux matrices ayant chacune, gravée en creux et par moitié, la forme définitive, les filets et les ornements du couvert terminé.
- L’opération la plus délicate est la mise au raccord des deux surfaces gravées : c’est au moyen des vis calantes que ce résultat est obtenu, et une fois acquis, ce qui demande quelquefois un temps assez long, les matrices peuvent fournir un nombre indéfini de pièces sans avoir besoin d’être démontées.
- Une seule machine de ce genre peut aisément produire 158 douzaines de pièces par jour en tenant compte du temps nécessaire au montage et ù la mise en train de la machine.
- Les fourchettes s’obtiennent plus facilement : une seule préparation suffît avant de les passer en perfection.
- Ebarbage. — Le couvert, en sortant de la machine, est plat et l’excès de métal forme une rebarbe qu’il est nécessaire d’enlever. Ce résultat est obtenu en présentant la pièce à plat sous un découpoir excentrique. Le poinçon qui sert à découper est taillé à vif et bien trempé : il enlève l’excès de matière en détournant la pièce. Pour les fourchettes, le même poinçon les coupe à longueur et enlève les entre-deux des dents d’un seul coup.
- Il reste cependant encore une rebarbe légère : sa disparition exige une dernière opération, qui s’appelle fraisage; elle se fait au moyen d’une fraise en acier, pour dégrossir, et d’une meule d’émeri à grain fin, pour terminer. La meule ou les fraises sont montées sur des tours qui ont une vitesse de 800 révolutions par minute.
- Emboutissage et cambrure. — Le culeron qui est venu plat à la machine est ensuite embouti dans des matrices placées sous le nez d’un balancier et portant un poinçon appelé bouterolle, et présentant en relief la forme exacte de l’intérieur de la cuiller.
- Puis les pièces, cuillers et fourchettes, sont cambrées sur des matrices en fonte ayant la forme du couvert fini, et montées sur des machines à deux leviers mobiles autour d’un axe horizontal. L’un des bras fixe la pièce à cam-
- voire de vitrines contenant certains spécimens d'exécution.
- Telle qu’on l’a conçue et construite, cette partie du Conservatoire des Arts et Métiers complète heureusement l’aspect de ce bel établissement.
- Nouveaux grands travaux projetés.
- Dans l’une de ses dernières séances, le Conseil municipal a décidé que ses membres s’occuperaient, chacun dans son arrondissement, de dresser l’ordre d’urgence selon lequel devront être réalisés les projets de travaux restant encore à exécuter dans Paris. Ce %
- classement devra être présenté dans un délai de deux mois et servira de base au travail d’ensemble que la Commission de voirie doit ensuite soumettre au Conseil.
- Afin de faciliter l’appréciation du degré d'urgence et de l’importance de chacune des opérations projetées, l’administration a fait distribuer au Conseil un atlas des vingt arrondissements de Paris, où elles sont représentées par des teintes conventionnelles. A cet atlas est joint un tableau donnant par arrondissement la description des percements proprement dits, des opérations qui peuvent être réalisées par la mise à l’alignement ou le reculement de certains immeubles, ou par le dégagement des abords des monuments publics, enfin les projets qui devront être abandonnés.
- Nous signalerons les plus importantes des opérations comprises dans ce tableau.
- La rue aux Ours, prolongée d’un côté jusqu’à la place des Victoires et de l’autre jusqu’à la Bastille, ne coûterait pas moins de 45 millions. L’achèvement de la rue du Louvre exigerait 26 millions ; celui de la rue du Quatre-Septembre à peu près autant. L’élargissement et le prolongement de la rue Beaubourg, entre la rue de Rivoli et le boulevard, est estimé 20 millions.
- Pour exécuter la rue de Rennes au complet, avec ses deux branches se dirigeant d’une part vers le Pont-Neuf, de l’autre vers le nouveau pont du Carrousel, la Ville devrait dépenser 38 millions.
- Le prolongement du boulevard Haussmann jusqu’au boulevard des Italiens coûterait, soit 23, soit 17 millions, suivant qu’on élargirait plus ou moins la zone des expropriations.
- L’exécution de la rue ou avenue Lacuée,
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- entre le quai cle la Râpée et la place Voltaire, ne s’élèverait pas à moins de 20 millions.
- D’après la récapitulation qui termine le travail de l’administration, les grands percements à réaliser coûteraient ensemble.......................... 432.110.492 fr.
- les élargissements simples, redressements d’alignements, etc...................118.o40.o30
- Total...........550.6S1.022
- Les projets que l’administration propose d’abandonner, s’élèvent à.. . . 43.872.802
- En sorte que l'œuvre de
- l’embellissement de Paris ----------------
- exigerait encore une somme
- de.......................... 506.778.220
- soit un demi-milliard.
- VARIÉTÉS.
- Le musée de l'Observatoire de Paris.
- M. le ministre de l’instruction publique vient d’approuver le projet que lui a soumis M. Mouchez pour la création d’une collection d’objets et de tableaux relatifs à l’astronomie et à l’histoire de l’Observatoire de Paris, depuis l’époque de sa fondation. Cette collection aura de l’intérêt, non-seulement pour les astronomes, mais aussi pour le public si nombreux qui afflue à l’Observatoire les jours de visite et dont la légitime curiosité n'est pas toujours satisfaite par la vue des instruments, dont il est difficile de leur faire comprendre f’usage, malgré les patientes explications et la bonne volonté des astronomes de service. Ces objets pourront être placés dans les deux grandes salles circulaires du premier étage, aujourd’hui entièrement vides, et dont la stérile nudité des murs affecte désagréablement les visiteurs.
- 1° Les portraits des astronomes et des savants qui ont illustré par leurs travaux ou leurs découvertes l’Observatoire de Paris depuis l’époque de sa fondation.
- 2° Une collection des médailles collectives à l’histoire de l’astronomie et de l’Observatoire, dont les coins existent à la Monnaie ou dans les familles qui voudraient bien en laisser tirer des exemplaires.
- 3° Une collection de dessins, gravures, photographies, représentant les corps célestes ou les phénomènes astronomiques, tels qu’on les
- brer, et l’autre, muni d’un appendice horizontal, peut être promené sur toute la surface du couvert et lunfaire prendre la cambrure de la matrice en fonte : ce travail se fait à la main.
- Polissage. — Les limeurs commencent par régulariser le plat ou l’arrondi du culeron, ou par bien former les dents de la fourchette; puis ils enlèvent ensuite à la lime douce les traits formés par la fraise ou la meule, et le couvert est alors prêt à polir.
- Le polissage se fait sur des tours, animés d’une vitesse de 2.000 révolutions par minute, au moyen de molettes en bois recouvertes par des morceaux de buffle coupés en rond, que l’on enduit d’huile et de ponce finement pulvérisée : on enlève aussi les traits de lime, et toutes les irrégularités de la surface. Une brosse en soie de sanglier termine le travail en l’adoucissant.
- Entre deux opérations successives, un homme reçoit, compte et vérifie la nature des pièces et met de côté celles dont le plus léger défaut, la plus petite irrégularité, pailles, noirs ou manques, ne promettrait pas un couvert irréprochable.
- Déchets. — Les différents triages et déchets successifs, soit du découpé dans les bandes laminées, soit des rebarbes enlevées, soit du poli, font que, pour 1 kilogramme de couverts prêts à être livrés au commerce, il faut fondre et laminer 3 kilogrammes d’alliage. Le déchet s’élève donc encore, et malgré tous les perfectionnements possibles, à l’énorme proportion de 66 pour 100.
- Argenture. — Après le polissage, la pièce bien brossée et absolument nettoyée, peut être soumise à l’argenture : le poids de l’argent déposé sur un couvert de table est, en moyenne, de 80 grammes, et la durée de cette argenture peut être de 8‘à 10 années.
- Statistique. — La fabrication des couverts en maillechort occupe, en France, environ 1.500 ouvriers et ouvrières, qui produisent annuellement pour 20 millions de francs de cet article: un tiers est consommé à l’intérieur et les deux autres tiers sont exportés en Turquie, dans le Levant, en Egypte, en Espagne, en Italie, dans les deux Amériques et surtout au Brésil.
- La généralité de ce que nous venons de dire pour les couverts s’applique naturellement fi toute la fabrication de l’orfèvrerie argentée par la galvanoplastie, vaisselle plate, flambeaux, surtouts de table, etc., avec les modifications de détail nécessitées par les formes et le but spécial que l’on doit donner à chaque pièce en particulier.
- Fabrication à l'étranger. — En Angleterre et en Allemagne, les fabricants de couverts ont conservé les procédés de laminage où de petits cylindres sont seuls employés. Ces machines ont été pourtant perfectionnées vers 1850 par M. Fréd. Krupp, d’Essen. C’est fi la qualité de l’acier employé pour la fabrication des cylindres nécessaires fi cette méthode, qu’il faut attribuer la conservation de cet outillage dont l’installation avait, fi l’origine, coûté des sommes considérables. Mais, si les procédés de laminage sont bons pour fabriquer vite, ils donnent des produits moins parfaits que la fabrication française, que nous venons de décrire. Aussi les industriels anglais et allemands, qui cherchent la perfection, n’acceptent-ils le laminage que comme moyen de préparation, et se servent-ils de balanciers ou de moutons pour finir leurs produits ainsi que font les fabricants de couverts d’argent en France. D reste, les méthodes de fabrication varient, dans les détails, avec ceux qui les mettent en pratique et sont forcément modifiées suivant le milieu industriel
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- et commercial où s’effectue la production et la nature du métal mis en œuvre; mais toutes ont pour éléments principaux le laminage et l’estampage.
- Machine d'extraction à quatre câbles, par M. Croix.
- L’emploi de quatre câbles a pour but de prolonger leur durée, tout en leur donnant une résistance suffisante pour extraire le charbon à mille mètres d’une manière efficace.
- Les avantages que présente cette disposition viennent de ce que le châssis à molettes reposant directement sur les bâtis de la machine, il augmente par son poids ainsi que par les poids qu’il supporte, tels que cages, câbles, poulies, etc., la stabilité de la machine, ce qui permet de réduire considérablement les fondations très-coûteuses des machines ordinaires. Par la même raison, le placement est rendu beaucoup plus facile et plus rapide, puisque le châssis à molettes n’exige plus de fondation; de plus, la machine, se trouvant en dessous du plancher de la reprise des berlines, demande très peu d’espace.
- Le poids à extraire étant réparti sur deux câbles au lieu d’un, ces câbles peuvent avoir une section plus que moitié moindre des câbles ordinaires, et leur épaisseur étant diminuée de moitié, ils peuvent se plier plus facilement sur les bobines et les molettes. Par la même raison, les poids qu’ils supportent étant pour chacun d’eux plus faibles, le rayon initial d’enroulement peut être plus grand, ce qui est une cause de conservation du câble.
- Les molettes étant doubles auront à supporter un poids moitié moindre que dîfns les machines ordinaires, il en sera de même des arbres des bobines et des boutons de manivelles.
- Préparation des sables, pour la fonderie de bronze, chez MM. Lehmann frères.
- Il existe un grand nombre de localités, aux environs de Paris, d’où l’on peut tirer des sables propres au moulage. Mais il faut dire que parmi ces diverses provenances, la seule k laquelle il convienne de s’approvisionner est Fontenay-aux-Roses : les bons fondeurs en cuivre de Paris n’en emploient jamais d’autre. A part cela les qualités générales et particulières que ces derniers doivent demander à leurs sables, sont le mêmes qui conviennent pour la fonte de fer, sauf que, pour la fonderie du cuivre et de ses alliages, le sable est toujours employé seul, sans qu’il doive jamais y être ajouté de poudre de charbon.
- Le sable de Fontenay est jaune clair : c’est un sable argileux légèrement coloré par l’oxyde de fer. Lorsqu’il sort de la carrière, il est très-humide, et se prend facilement en pelotles, sous une faible pression : k cet état il ne vaut rien pour le moulage, et doit subir une préparation. Cette préparation s’opère dans la machine k sable. Elle consiste k mélanger dans la trémie de celle-ci le sable neuf en proportions définies avec du vieux sable bien tamisé :
- voit dans les plus puissants instruments et à diverses époques ; beaucoup de ces documents, tels que la magnifique collection de dessins de la Lune, due à Jéan-Dominique Cassini, sont presque oubliés dans nos archives, où ils restent ignorés et inaccessibles même pour beaucoup d'astronomes, pour lesquels ils auraient cependant la plus grande valeur.
- 4° Enfin une collection aussi complète et méthodique que possible des anciens instruments ayant servi aux découvertes astronomiques ou de physique du globe, avec indication succincte des savants qui les ont fait construire et des travaux auxquels ils ont servi. Il sera sans doute possible de la rendre intéressante encore à l’aide de petits modèles d’instruments anciens ou étrangers que ne possède pas l’Observatoire.
- La réunion de ces collections pourra se faire à très-peu de frais ; la copie des portraits des astronomes exigera seule une dépense que le budget de l’Observatoire, à peine suffisant pour ses services ordinaires, ne pourra pas supporter. Mais on espère que l’administration des beaux-arts, qui a toujours des fonds disponibles pour l’encouragement des artistes et l’exécution de tableaux destinés à décorer les édifices publics, ne pourra se refuser longtemps à faire reproduire pour notre grand Observatoire national le portrait des •savants qui l'ont illustré.
- Cette galerie est du reste commencée, grâce à l’inépuisable générosité de M. Bis-hoffsheim pour tout ce qui touche aux sciences; nous aurons dans quelques jours le portrait de Le Verrier, qui sera le dernier de la série, et on en possède déjà le premier, qui est celui de Louis XIV, fondateur de l’Observatoire. Ce dernier portrait, fait depuis dix ans sur la demande du maréchal Vaillant, pour l’Observatoire de Paris, était resté oublié dans les magasins des beaux-arts.
- Le musée des arts décoratifs.
- L’orgfinisation du musée des arts décoratifs se poursuit activement au pavillon de Flore. Déjà on a pu juger par la remarquable exposition de tableaux anciens actuellement ouverte dans les salles du rez-de-chaussée, avec quelle ardeur la direction du nouveau musée s’applique à la tâche grandiose et vraiment patriotique qu'elle a entreprise.
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- Encore quelque temps, et l’on commencera dans les salles des étages supérieurs le classement des objets acquis ou donnés qui composeront le premier fonds d’étude de cette grande école d’arts décoratifs. M. Le-fuel, l’architecte du palais des Tuileries, vient d'informer la direction du musée qu'il avait pris ses mesures pour préparer à cet effet le premier étage du pavillon de Flore.
- Une commission d’acquisition a été constituée pour choisir à l’Exposition du Champ-de-Mars, parmi les produits français ou étrangers, les plus beaux spécimens d’art appliqué à l’industrie. Cette commission a maintenant presque achevé sa tâche. Elle a acheté pour près de 200,000 francs d’objets, s’arrêtant exclusivement à ceux qui, par leur caractère typique, la qualité du travail ou de la matière, ont paru dignes d’ètre offerts en modèles à nos ouvriers français.
- Mais ce qui prouve combien le nouveau musée était désiré par les fabricants de notre pays, c’est l’accueil enthousiaste que ceux-ci lui font, comprenant qu’il est destiné à exercer une influence sérieuse sur l’instruction de leurs ouvriers et sur le goût du public, comme cela est arrivé en Angleterre, grâce au South Kensington muséum. Un grand nombre d’entre eux ont spontanément offert des spécimens de leur fabrication.
- Tout le monde comprend l’importance de la nouvelle création, et ce ne sera pas un des moindres bienfaits de l’Exposition de 1878 d’avoir contribué à faire établir en France un musée des arts décoratifs dont un grand nombre de pays sont déjà dotés.
- Sur Valimentation des enfants dans les écoles de la ville de Paris.
- Une enquête vient d’ètre faite dans les mairies de Paris, au sujet d’une proposition soumise au conseil municipal, par l’un de ses membres, et par laquelle la Ville fournirait aux enfants de ses écoles, dans l’intervalle des classes du matin à celles du soir, une nourriture saine et chaude pour leur tenir lieu du déjeuner presque toujours insuffisant et quelquefois nul, que ces petits élèves apportent de chez leurs parents. Cette enquête a porté sur les questions suivantes : La caisse des écoles serait-elle disposée à se charger de l’organisation et de la surveillance d’un service qui fournirait aux élèves des écoles communales une nourriture saine et chaude pour
- ce mélange s’écoule de la trémie pour être laminé entre deux cylindres en fonte polie. Ce laminage est recommencé autant de fois qu’il est nécessaire pour obtenir une matière bien homogène comme corps et comme couleur, dans laquelle le sable neuf est absolument incorporé dans la masse et ne se distingue plus ni à l’œil ni au toucher : c’est 1 a petit sable.
- Sa composition n’est d’ailleurs pas toujours la même, et on lui donne plus ou moins de corps, on le fait plus ou moins fort, selon l’emploi auquel on le destine : le plus fort et le plus fin s’emploie pour le moulage des objets délicats et finis en laiton et en nickéline, et surtout pour la confection des pièces battues de ces derniers.
- Les vieux moules sont brisés après le démoulage, puis arrosés et passés à la machine à sable : c’est le sable de caisse.
- Lorsque l’on procède au moulage d’un objet quelconque, on commence par couvrir le modèle de petit sable, bien réparti au tamis, de façon à obtenir pour le moule une surface bien lisse et bien nette, puis on finit de remplir le châssis avec du sable de caisse, que l’on comprime et tamponne fortement.
- Composition de divers bronzes employés couramment, par M. Ch. Hauvel.
- Il y a, parmi les compositions du bronze, des variations excessivement multiples, et l’industrie moderne a poussé si loin la recherche des qualités particulières à l’emploi de chaque organe ou de chaque pièce de machine, qu’elle réclame en quelque sorte un bronze spécial pour chaque usage.
- Voici les compositions d’un certain nombre de bronzes couramment employés pour des services bien déterminés :
- DÉNOMINATION DU MÉTAL. Cu Sn Zn
- Marine française
- Bronze tenace, pour corps de pistons, tiges, clapets, robinets, etc. 88 12 2
- Bronze très-tenace, pour colliers d’excentriques . 90 10 2
- Bronze demi-dur, pour coussinets 86 14 2
- Bronze dur — 84 16 2
- Bronze très-dur, pour dés de réats 82 18 2
- Bronze de cloches 78 22 0
- Bronze anti-friction 8 Sb -f- 4 96 0
- Chemins de fer.
- Coussinets de vagons du Nord 82 18 2
- Boîtes à graisse de tender et de locomotives. 84 16 2
- Tiroirs de locomotives 82 18 2
- Bobinets du Paris-Lyon-Méditerranée 88 12 2
- Ville de Paris.
- Robinets des distributions d’eau 88 12 2
- Sautter, Lemonnier et C°.
- Grands cercles et autres pièces des phares 92 8 2
- Le bronze demi-dur, composé de 86 de cuivre, 14 d’étain et 2 de zinc, est celui qui est le moins poreux, le plus serré, et qui, par suite, convient le mieux lorsqu’il s’agit de supporter des pressions. C’est pourquoi c'est celui qu’il convient d’employer pour la confection des coussinets, aussi bien que pour celle des robinets et des corps de pompe à eau, à vapeur et à air comprimé, pour les récipients des machines h eau de sellz, etc.... Enfin, il est
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- encore le plus convenable pour la fabrication des cylindres d’impressions sur étoffes et sur papiers.
- D’après ce qui précède, cet alliage pourrait être également celui qui conviendrait le mieux pour la fonte des canons; néanmoins, bien que la composition du bronze de ces derniers se rapproche assez de la formule ci-dessus quant aux proportions de cuivre et d’étain, elle en diffère essentiellement en ce sens qu’il n’y entre pas de zinc, ou seulement des traces.
- Les mêmes proportions de cuivre et d’étain ne conviennent d’ailleurs pas à la confection des bouches à feu de tous calibres : ainsi, l’on peut admettre qu’il faut compter 8 à 9 parties d’étain contre 100 de cuivre, pour les pièces de 8 et au-dessous, et 11 à 13 parties d’étain contre 100 de cuivre, pour celles de 12 et au-dessus.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Nouveau système de graisseur pour cylindres à vapeur, de M. Consolin.
- Le mode de graissage le plus généralement adopté jusqu’à ce jour pour les cylindres à vapeur, consiste à y introduire directement du Suif fondu ou de l’huile, au moyen de robinets plus ou moins perfectionnés. Le mécanicien remplit le récipient qui porte le robinet, ouvre celui-ci, et toute la graisse entre immédiatement dans le cylindre : l’opération se renouvelle trois ou quatre fois par jour et on n’obtient ainsi qu’un graissage défectueux. En effet, la matière lubrifiante étant admise tout à coup en assez grande quantité, la plus faible partie reste sur le piston et les parois du cylindre, tandis que l’autre est entraînée par la vapeur à l’échappement, passe dans le condenseur, et sort avec l’eau de condensation. Les résidus gras qui proviennent du refroidissement peuvent entraver le fonctionnement des clapets des pompes alimentaires, et quand ils sont introduits dans les chaudières ils en attaquent les tôles.
- Il résulte de ce moyen tout primitif de procéder, des inconvénients assez graves que tout le monde connaît aujourd’hui : la consommation de matière grasse est relativement considérable, et une partie seulement est utilisée, pour n’avoir, en somme qu’un graissage intermittent et quelquefois insuffisant.
- M. Consolin est parti, pour opérer le graissage, de principes tout opposés : au lieu de mettre dans le cylindre des matières grasses qui sont, à la sortie, plus ou moins entraînées par la vapeur, il se sert de cette dernière pour faire pénétrer continuellement dans le cylindre, à son entrée, des quantités minimes d’huile qui sont utilisées en totalité pour lubrifier les tiroirs et le cylindre.
- Le graisseur Consolin se compose d’un récipient cylindrique en bronze C (fig. 81 et 82), qui se place verticalement et qui est fixé sur un petit panneau en bois B. A la partie supérieure se trouve un entonnoir dont l’orifice est bouché par la clef filetée R. A la partie inférieure est placé un robinet de vidange P. Deux petits conduits venus de fonte avec le récipient, l’un en haut
- le repas pris à l’école? Quelle serait la dépense pour l’arrondissement? Dans quelles proportions la caisse des écoles pourrait-elle participer à la dépense? En admettant l’impossibilité actuelle de la gratuité absolue, des bons d’aliments ne pourraient-ils pas être fournis à tous les enfants sans distinction par un bureau spécial qui les délivrerait, soit gratuitement, soit contre argent, selon la situation des parents ?
- Les réponse"s faites à ces questions ont été très-variées ; mais il a été reconnu en général que la dépense ne pourrait être mise à la charge des caisses des écoles, trop faiblement dotées ; que cette dépense serait énorme dans certains arrondissements (on l’évalue à 3 millions de francs pour l’ensemble de Paris), et qu’elle ne pourrait être recouvrée que très-difficilement sur les parents.
- Il convient d’ajouter, toutefois, que l’alimentation gratuite aux frais des caisses d’écoles existe déjà et fonctionne très-bien dans un certain nombre de salles d’asile.
- Les résultats de l'enquête seront prochainement soumis au conseil municipal, qui prendra une décision.
- Expédition scientifique dans l’Afrique centrale.
- On sait que M. l’abbé Debai%e a été chargé par M. le Ministre de l’instruction publique d’une mission scientifique dans l’Afrique équatoriale, et que cet explorateur hardi se propose de parcourir cette région dans toute sa largeur, en partant de Zanzibar pour atteindre les côtes de l’océan Atlantique.
- Le ministère de l’instruction publique vient de recevoir des nouvelles de M. l’abbé De-baize.
- Sa lettre est datée de Yimandisi, province d’Ouségoua, sur la rive droite du Vouami, par 35° 19’ 4” de longitude Est, et 6° 12’ 50” de latitude Sud, le 10 août 1878.
- M. l’abbé Debaize annonce que l’expédition pour l’exploration des régions inconnues de l’Afrique équatoriale a quitté Zanzibar le 24 juillet et s’est rendue à Bayamoyo, point principal du départ des caravanes qui se rendent dans l’intérieur.
- Après dix jours passés sous la tente à Chamba-Gonéra, petit village situé à six kilomètres de Bayamoyo, pour mettre la dernière main aux préparatifs de voyage, la caravane, forte de 400 hommes, s’est mise en
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- route et campait (au départ de la lettre) sur les bords du Youami.
- L’abbé Debaize constate dans sa lettre que tout va bien, que la santé est parfaite et que pas la moindre indisposition ne s’est déclarée depuis le départ de Marseille. Les hommes sont très-bien disposés ; il est le seul blanc au milieu d’eux, et cette situation même lui donne une plus grande autorité sur les hommes de couleur, tandis que la mission scientifique belge compte trois blancs et que la mission d’Alger en comptait dix.
- Fig. 81.
- B
- M
- Fig. 82.
- L’abbé Debaize a la certitude de mener sa mission à bonne fin.
- Tous ses instruments d’observation et de mathématiques sont en parfait état de conservation, et fonctionnent à merveille.
- STATISTIQUE.
- Volumes d’eau distribués à Paris.
- La direction des eaux de la ville de Paris vient de publier le tableau récapitulatif des
- et l’autre en bas, sont réunis par un tube en verre gradué. Ce tube peut être isolé quand on ferme les petites soupapes M et N. En face des deux conduits sont rapportées deux petites tubulures portant chacune une valve : celle du haut H pour la sortie de l’huile, et celle du bas E pour l’arrivée de l’eau.
- Le panneau B, portant le graisseur, se place verticalement contre l’enveloppe des cylindres ou contre un des murs du bâtiment de la machine. Pour les machines à balancier principalement, la première de ces dispositions nous paraît la meilleure, car en même temps qu’elle permet une installation qui se prête bien au coup d’œil d’ensemble de la machine, elle exige moins de longueur aux tuyaux.
- Sur la tubulure inférieure E, vient se fixer un petit tuyau de 0m,012 environ, qui se raccorde avec un serpentin livré par le constructeur et qui fait ainsi partie de l’appareil. L’extrémité supérieure de ce serpentin doit être mise en communication avec la conduite de vapeur ou la partie supérieure de l’enveloppe au moyen d’un tuyau et d’un robinet. Sur la tubulure H, vient également se placer un autre petit tuyau qui devra conduire l’huile du graisseur vers l’entrée de la boîte à tiroir.
- La disposition de ce petit tuyautage et surtout de la prise de vapeur doit être bien étudiée.
- Le récipient C, devant contenir à la fois l’huile, et de l’eau provenant de vapeur condensée, l’écoulement de cette huile aura lieu en vertu de la différence de densité des deux liquides, et en plus par l’action d’une colonne d’eau de faible hauteur. Il faut donc, pour que l’écoulement soit régulier, que la hauteur de charge reste constante, et que la prise de vapeur et l’admission de l’huile se fassent dans des milieux soumis à la même pression.
- Le serpentin, dans lequel la vapeur viendra se condenser, se remplira d’eau au moins jusqu’à la première spire supérieure; l’inventeur admet que la différence de niveau entre le dessus du serpentin et l’arrivée d’huile doit être au minimum de 1 mètre. Il recommande en outre de placer la prise de vapeur au moins 0m,25 plus haut que l’admission d’huile. Il fait observer que le tuyau de prise de vapeur doit être établi de manière à ne pouvoir contenir que de la vapeur jusqu’à la partie supérieure du serpentin.
- Pour fonctionner, on ferme les soupapes H et E, on ouvre celles M et N de 0m,005 à 0m,006, on ferme la purge P, et l’on retire la clef R. On verse de l’huile dans le récipient C jusqu’à ce qu’il soit plein et on remet en place le bouchon R; on admet ensuite la vapeur dans le serpentin qui communique avec l’ouverture E, et en même temps, on met le conduit partant de H, en communication avec l’air libre ; puis alors, ouvrant en grand la soupape H, on ouvre doucement la soupape E. Comme il est indispensable qu'il n’entre ni eau chaude ni vapeur dans l’appareil, on met la main sur le tuyau d’eau, et si ce tuyau chauffe on ferme la soupape E, jusqu’à ce que la condensation se fasse dans le serpentin. Ce cas ne peut, d’ailleurs, se présenter que lorsqu’on met l’appareil en route pour la première fois. L’eau contenue dans le serpentin, étant en charge, fait sortir l’huile par la soupape H, et la fait arriver jusqu’à l’autre extrémité du tuyau qui en part, pour aboutir à la conduite d’arrivée de la vapeur au cylindre, un peu avant la boîte à tiroir, ou même au papillon, si ces deux organes ne sont pas trop éloignés l’un de l’autre. L’appareil fonctionne immédiatement, et il n’y a plus qu’à régler la dépense d’eau par la soupape E : chaque goutte d’eau introduite chasse dans la vapeur la même quantité d’huile. Le récipient C peut contenir 1 ou 2 kilogrammes d’huile : le constructeur ayant établi ainsi ses modèles. La dépense est indiquée par le tube gradué en 50 et 100 grammes, et un index placé sur ce tube
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- permet de constater à chaque instant la dépense faite : lorsque le tube de niveau est plein d’eau, c’est que toute l’huile a été employée. On ferme alors les deux soupapes H et E, on enlève le bouchon R, cl, par la purge P, on laisse écouler l’eau jusqu’au bas du tube de niveau : cette eau entraîne avec elle toutes les impuretés contenues dans l’huile, qui se sont déposées au fond de l’appareil. On remplit d’huile à nouveau, on remet le bouchon, on rouvre la soupape H, et, par la valve E, on remet l’appareil en marche, ce qui a lieu immédiatement, les tuyaux étant restés l’un plein d’eau, l’autre plein d’huile.
- Une petite aiguille t, placée à la partie inférieure de l'appareil, sert à indiquer sur le volant de la soupape E le point d’ouverture que l’on a déterminé pour la dépense que l’on veut obtenir, et qui varie selon la force et l’état de la machine.
- Quand la machine est arrêtée pendant plusieurs heures, et que l’on doit remettre en marche sans que l’appareil soit vide, il n’y a qu’à fermer la soupape H pour faire cesser l’admission d’huile, sans qu’il soit nécessaire de toucher aux robinets d’admission de la vapeur et d’émission de l’huile, sur la conduite maîtresse.
- M. Correy a pu voir fonctionner quelques graisseurs du système Consolin sur des machines à balancier de la région rouennaise. Il a pu constater que le graissage se faisait d’une manière régulière et continue. D’après ce qui a été dit précédemment, on peut se rendre compte à chaque instant de la dépense d’huile en regardant le tube en verre. Cette dépense, que l’on peut régler à volonté au moyen du robinet qui laisse l’eau pénétrer dans le récipient, pourrait être aussi faible que possible : par exemple, une goutte d’huile par minute. L’huile arrivant à la boîte de distribution est entraînée, par la vapeur d’abord, sur les tiroirs dont elle lubrifie les surfaces, et ensuite sur les parois des cylindres où elle se trouve presque entièrement utilisée.
- [Société industrielle de Rouen.)
- volumes d’eau débités par les sources et cours d’eau, et de ceux élevés par les machines pour l’alimentation de Paris pendant le mois d'août 1878.
- Le total des eaux de source et de dérivation livrées à la distribution s’élève à 235.767 mètres cubes. Dans ce chiffre nous voyons figurer l’aqueduc de ceinture (Ourcq) pour 108.572 mètres cubes ; l’aqueduc de la Dhuys pour 18.900 mètres cubes; celui de la Vanne pour 99.000 mètres cubes ; le puits artésien de Passy pour 6.530 mètres cubes. L’aqueduc d’Accueil (source du Midi) fournit 2.062 mètres cubes.; les sources du Nord, Belleville, 105 mètres cubes, et Prés-Saint-Gervais, 252; le puits artésien de Grenelle fournit à la consommation 346 mètres cubes.
- Les machines puisant directement à la Seine donnent 50.858 mètres cubes d’eau de Seine ; celles puisant en Marne, 51.335 mètres cubes d’eau de Marne.
- Le total général de l’eau distribuée moyennement par jour s’est donc élevé pour août à 337.960 mètres cubes.
- Le total d’eau déjà jaugée élevée par les machines à vapeur est de 6.692 mètres cubes; le total de l’eau déjà jaugée élevée par les machines hydrauliques, de 105.052 mètres cubes, soit ensemble pour l’eau déjà jaugée, 111.744 mètres cubes.
- Les usines à vapeur et hydrauliques ont consommé par jour 31.109 kilogrammes de charbon.
- Machine à vapeur rotative, de M. N. J. Raffard.
- Les recherches très-complètes de M. Furno, sur l’histoire de la navigation mécanique, qui ont été publiées dans les Bulletins de la Société des anciens élèves des Ecoles d'Arts et Métiers, sont d’un si grand intérêt pour les mécaniciens, auxquels elles permettent de passer en revue tout ce qui a été fait, et, partant, d’éviter de perdre leur temps sur des inventions déjà connues, qu’il n’est peut-être pas inutile de présenter tous les matériaux que l’on peut avoir sur un sujet aussi important.
- C’est dans ce but que M. Raffard a donné, au même Bulletin, la description d’une machine à vapeur rotative pour la navigation, qu’il a proposée il y a bientôt dix ans.
- C’est une turbine horizontale actionnée par un métal liquide à 90 degrés centigrades, alliage de Darcet.
- A l’intérieur d’une chaudière à vapeur, sont construits deux réservoirs de forme quelconque A, A’, qui communiquent entre eux et avec la turbine T, au moyen des conduits ce' et d d', munis de quatre clapets à charnière qui
- Règlement établi par la ville de Paris, pour les enseignes mosaïques, sur les trottoirs.
- L’établissement des enseignes sur les trottoirs de Paris remonte à une quinzaine d’années seulement, depuis cette époque jusqu’au mois de mai dernier, l’administration se contentait d’imposer aux pétitionnaires les conditions énumérées ci-après :
- 1° M. X... est autorisé à piser à ses frais, risques et périls, une enseigne (en marbre, carreaux mosaïques, etc.), ayaut tant de longueur sur tant de largeur et portant l’inscription suivante : Nom du boutiquier et nature de son commerce ;
- 2° Il payera chaque année à la ville de Paris la somme de 10 francs à titre de location de l’emplacement occupé par l’enseigne ;
- 3° Il prendra à sa charge l’entretien de cette enseigne;
- 4° La présente autorisation sera toujours révocable au gré de l’administration, sur une
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- simple mise en demeure signifiée à M. X... ou à ses ayants-droit qui seront alors tenus de remettre à leurs frais le trottoir dans sou état primitif;
- 5° Trois jours avant de commencer les travaux, M. X. . devra informer M. l’Ingénieur de la section... dont les bureaux sont situés... et se soumettre aux instructions qui lui seront données ;
- 6° Enfin, il supportera les frais de raccordement à faire aux ouvrages de la voie publique par suite de la pose de l’enseigne.
- La première de ces six conditions laissait, on le comprend, une très-grande latitude aux entrepreneurs de plaques ; aussi les demandes qu’ils provoquaient devenaient de jour en jour plus nombreuses et elles émanaient, non plus seulement des boutiquiers riverains de la voie publique, mais des commerçants occupant les autres parties des immeubles et même de ceux demeurant dans les rues adjacentes.
- En outre, les plaques différaient beaucoup les unes des autres par la nature des matériaux, leurs formes, leurs couleurs, et leurs dimensions.
- Si l’ancien mode de procéder avait été maintenu, les trottoirs les plus fréquentés, tels que ceux des boulevards,, n’auraient donc pas tardé à être complètement recouverts d'enseignes de toutes sortes, ce qui leur aurait donné un aspect peu satisfaisant.
- D’un autre côté, des plaintes se seraient inévitablement produites, et cela a déjà eu lieu, de la part des locataires du rez-de-chaussée qui auraient vu placer, devant leurs boutiques situées sur la voie publique, des “enseignes appartenant à des commerçants ayant leurs magasins aux étages supérieurs de la maison ou des maisons voisines.
- Afin d’éviter tous ces inconvénients, l’administration a jugé nécessaire, surtout au moment de l’Exposition, de modifier l’article premier dont il s’agit ; cet article comprend aujourd’hui les prescriptions suivantes :
- A l’avenir, aucune demande relative à la pose d’une enseigne sur le trottoir ne sera admise si elle ne provient du locataire d’une boutique de rez-de-chaussée donnant sur la voie publique, et si la plaque rr’est pas à établir au droit de la boutique en question.'
- La demande devra être accompagnée d’un dessin colorié renfermant toutes les indications utiles et d’un spécimen du produit dont la plaque sera composée.
- La superficie de l’enseigne ne pourra pas dépasser \ mètre carré ; toutefois plusieurs
- s’ouvrent et se ferment automatiquement. A la partie supérieure des réservoirs A, A’, il y a aussi quaire soupapes: les soupapes a et a' sont pour l’admission de la vapeur et les soupapes b et b' sont pour la fuite au condensateur.
- Supposons maintenant la capacité A remplie de métal liquide, la soupape a s’ouvre, la vapeur pressant sur la surface du liquide, le clapet c s’ouvre aussi, et le métal après avoir agi sur la turbine, soulève le clapet d'et s’écoule dans le réservoir A’ en communication avec le condenseur par la soupape b’. A mesure que le réservoir A se vide, le réservoir A’ se remplit: lorsque celui-ci est plein, les soupapes a, b’ et c se ferment, et les soupapes a\ b et c’ s’ouvrant, le métal liquide retourne dans le réservoir A, après avoir agi sur la turbine, qui tourne toujours dans le même sens.
- La turbine fonctionnant avec un liquide aussi dense, ne doit pas donner, dit l’auteur, moins de 80 pour 100 du travail de la vapeur. On conçoit que l’on puisse faire ouvrir et fermer automatiquement les quatre soupapes a a\ b' b\ par des flotteurs : les quatre clapets c, c’, d, d’ s’ouvrant et se fermant d’eux-mêmes par la pression du liquide, le fonctionnement automatique de
- Fig. 83.
- l’appareil paraît assuré. Quant à la condensation, on emploierait un condenseur à surface avec pompe centrifuge de circulation sur l’axe de la turbine, qui, dans certains cas, serait aussi l’axe de l’hélice.
- Appareil chronographe, de MM. Lethuillier et Pinel.
- Le nouvel appareil de MM. Lethuillier et Pinel, simple et peu coûteux, permet h un directeur d’usine, sinon de connaître à un moment quelconque le niveau d’eau de ses divers générateurs, du moins d’être averti instantanément, soit d’un manque d’eau toujours dangereux, SQit au contraire d’un excès d’eau toujours nuisible.
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- Nous avons eu l’occasion de décrire à nos lecteurs l’appareil magnétique Lethuillier et Pinel, et ils savent que la plaque indicatrice, ainsi que son index, sont protégés par un cadre en bronze garni d’une glace : c’est ce cadre qui va recevoir l’appareil nouveau, qui permettra de connaître instantanément et à une distance quelconque les écarts de l’aiguille.
- Fig. 84.
- MM. Lethuillier et Pinel placent au bas de ce cadre (fig. 84), deux bornes en cuivre A, soudées à des lamelles en platine placées à l’intérieur du cadre et maintenues l’une au-dessus de l’autre h une distance de 0m,001 environ. Quand'le niveau baisse, et que l’index G descend au bas du cadre B, il arrive au contact de la lame supérieure et pèse sur elle, non-seulement par son
- enseignes pourront être autorisées au droit d’un magasin de grande étendue.
- Ces prescriptions, jointes à celles des cinq derniers articles, forment un règlement qui, tout en permettant de refuser ou de faire modifier avant la pose les plaques de nature à présenter un mauvais aspect ou des dangers pour la circulation, ne favorise que les commerçants réellement dignes d’intérêt, c’est-à-dire ceux qui occupent les parties les plus en vue des immeubles, payent les loyers les plus chers et font les dépenses les plus considérables pour l’aménagenrent de leurs marchandises.
- Il reste aux autres la ressource d’installer des placards contre les murs et portes d’entrée, s’ils veulent attirer les regards du public.
- (Nouvelles annales de la Construction).
- L’octroi de Paris et les briquetiers.
- Un confit, qui dure depuis plusieurs années, s’est élevé entre l’octroi de Paris et les fabricants de briques, tuiles et objets de poterie, au sujet de la perception des droits. D’après le tarif officiel de l’octroi, les briques, tuiles et carreaux sont divisés en deux catégories, l’une classée sous les numéros 57, 58 et 59 du tarif avec le titre Briques, tuiles et carreaux de dimension ordinaire, l’autre sous le n° 60 avec le titre Briques, tuiles et carreaux de toute autre dimension. On a déterminé 1ST dimension ordinaire au maximum pour la brique à 1.500 centimètres cubes, pour la tuile à 750 centimètres carrés, et pour le carreau à 300 cent, carrés. Or, depuis plus de dix ans il s’est introduit de grandes modifications dans la fabrication de ces produits. On fait des briques de nombreuses dimensions et des tuiles de formes très-variées. L’octroi, appliquant strictement le tarif, astreint à des droits beaucoup plus élevés les uns que les autres des produits de même valeur. De là, réclamation des fabricants.
- D’autres difficultés ont surgi au sujet de l’art. 62, argile, terre glaise et sable gras, qui paie 1 80 le mètre cube. On fait aujourd’hui presque autant d’emploi de sable maigre que de sable gras, et le premier est exempt de droits, ce qui produit une inégalité de traitement profitant à certains fabricants au détriment des autres.
- Pour obvier à tous ces inconvénients, M. de Saint-Julien, directeur de l’octroi, vient
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- de préparer un nouveau règlement spécial d’après lequel les briques pleines, les briques creuses et les tuiles, les carreaux et les autres objets de poterie seraient astreints respectivement à un droit unique, absolument indépendant de leurs dimensions. Le droit serait de 30 c. les 100 k. pour les briques pleines, de 36 c. pour les briques creuses et les tuiles, de 60 c. pour les carreaux et poteries. Quant aux carreaux en faïence, ils paieraient 2 70. Enfin, le sable maigre serait ajouté au tarif et paierait comme le sable gras 1 80 par mètre cube.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Les Téléphones et les Phonographes. par M. A. Niaudet.
- Ce volume, qui vient de paraître chez M. Baudry, trouvera certainement son principal élément de succès dans l’actualité de la matière si intéressante et si neuve à laquelle il est consacré, mais nous ne pouvons lui adresser ce pronostic sans y joindre quelques critiques étrangères au but qu’a paru rechercher son auteur.
- Cette publication nous a paru, en effet, avoir été écrite principalement au point de vue de la construction de ces sortes d’appareils, et être particulièrement consacrée à décrire les instruments de la maison Bréguet, à laquelle est attaché, comme chef mécanicien, son auteur.
- M. Niaudet, dans son introduction, attribue la dénomination générique de téléphones à tous les télégraphes acoustiques, dont il fait une des classes de tous les systèmes télégraphiques, répartis par lui en quatre classes : optiques, électriques, acoustiques, pneumatiques. La logique ne souffre-t-elle un peu de cette classification qui embrasse les tubes porte-voix dans la classe des téléphones, et qui semble faire supposer que ces derniers n’ont rien d’électrique?
- L’ouvrage est divisé en trois parties : la première traite des échos téléphoniques, des tuyaux acoustiques et des porte-voix à ficelle; — la deuxième, consacrée aux téléphones électriques, est divisée en sept chapitres dont quatre ne traitent que du téléphone Bell ; — les phonographes font l’objet de la troisième partie.
- Ce plan général comporte beaucoup de ma-
- poids, qui est presque nul, mais surtout par suite de la force attractive de l’aimant : il l’amène ainsi à toucher la lame inférieure.
- Aux deux bornes dont nous avons parlé sont fixées les extrémités d’un fil en cuivre constituant les pôles d’une pile : au moment du contact, le circuit se trouve fermé, et le courant passe. Sur le parcours du fil est installé un tableau indicateur T, analogue aux tableaux d’hôtels et placé où l’on veut, par exemple dans le bureau du directeur de l’usine : au moment dont nous avons parlé, l’indication manque d'eau apparaît et une sonnerie S, se fait entendre pour appeler l’attention. La même disposition existe en haut du cadre B’, et quand le niveau monte trop haut dans la chaudière, le courant déterminé par le contact des deux lames attachées aux bornes A’ fait apparaître l’indication trop d'eau.
- Ces indications sont très-importantes, car nous ne devons pas oublier que le manque d’eau est une cause fréquente d’accidents et d’explosions.
- Mais le manque d’eau lui seul ne peut qu’altérer la chaudière, faire rougir les tôles, les aigrir et en diminuer la résistance. Le danger c’est de refouler à ce moment dans le générateur de l’eau froide qui, rencontrant des parois trop chaudes, se vaporise instantanément et détermine un excès subit de pression, que la chaudière déjà altérée ne peut supporter. Or, un chauffeur qui manque d’eau ne songe qu’à pallier sa négligence et il ouvre son alimentation.
- Mais le directeur de l’usine, prévenu par son appareil, arrive au moment voulu, il empêche d’alimenter, il fait baisser les registres, ouvrir les portes, jeter les feux et voilà un accident terrible évité.
- Tel est le nouvel appareil de MM. Lethuillier et Pjnel, qui est d’un fonctionnement certain, en même temps que le montage en est des plus simples et relativement peu coûteux. Si l’index venait à tomber seul, ce qui est du reste excessivement rare, son poids est absolument insuffisant à infléchir la lame de platine'et à amener le contact.
- COMMUNICATIONS, VOIES ET TRANSPORTS.
- Chemin de fer suspendu à câbles métalliques, par M. A. Cotelle,
- à l'Exposition.
- Une des curiosités de l’Exposition est le modèle de chemin de fer à câbles que son inventeur, M. Cotelle, chimiste, manufacturier à Ponthierry (Seine-et-Marne), appelle chemin de fer agricole à rails flexibles. Il peut évidemment servir aussi bien aux transports industriels ou de matériaux de construction qu’aux produits agricoles, et le mot rails, appliqué à des câbles, réveille aussi une idée qui n’est pas précisément la définition de l’objet.
- Quoi qu’il en soit, voici comment M. Cotelle décrit son système et en résume les avantages.
- Le chemin de fer agricole, dit à rails flexibles, est une application nouvelle du mode de transport par câbles aériens : le but de l’invention est de sup-
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- primer les hauts poteaux en charpente qui, dans ce système, servent à supporter les câbles.
- Cette suppression des poteaux n’a pas seulement pour but d’économiser la dépense très-coûteuse de leur érection : elle doit avoir surtout pour effet de permettre un montage et un démontage rapides, condition essentielle de succès dans la plupart des transports agricoles.
- La condition d’équilibre dans les câbles aériens est que les wagonnets soient placés en dessous des câbles.
- Pour pouvoir placer les câbles près du sol, M. Gotelle renverse le principe. Deux câbles parallèles, convenablement tendus, servent de rails, et, sur ces rails flexibles, des wagonnets, munis de roues à gorge, peuvent circuler aussi facilement que sur des rails fixes.
- L’économie résultant de la substitution des rails flexibles aux rails fixes se démontre pour ainsi dire d’elle-même. En effet, les rails flexibles utilisent la résistance à la traction, tandis que les rails fixes utilisent la résistance à la flexion. Comme la première est plus grande que la seconde, il en résulte que, pour porter le même poids, les rails flexibles pèseront moins que les rails fixes, et,-par suite, coûteront beaucoup moins cher.
- Pour établir une voie droite d’un point à un autre, on enfonce au point de départ, jusqu’à fleur du sol et à l’écartement voulu, deux solides piquets en chêne. A chaque piquet on fixe un tendeur, et à chaque tendeur on rattache l’extrémité d’un câble, ôn déroule ces câbles jusqu’au point d’arrivée, où l’on enfonce deux piquets, que l’on rattache aux tendeurs et aux câbles comme au point de départ. Cela fait, on donne une première tension pour obtenir deux lignes droites parallèles. Les câbles, jusqu’alors, touchent toujours le sol. Des traverses en bois, munies de supports en fonte ad hoc, fixés d’avance à l’écartement voulu, servent à soutenir les câbles au-dessus du sol. Ces traverses se placent simplement sur le sol, de 3 en 3 mètres environ. Il ne reste plus qu’à donner la tension suffisante, et la voie est établie.
- Dans le cas où les accidents de terrain ne permettraient pas d’employer les traverses sans remblais, il y aurait lieu de remplacer chaque traverse par deux piquets faisant saillie au-dessus du sol de la hauteur nécessaire. C’est d’ailleurs ce qu’il conviendrait également de faire si l’on voulait établir une voie à demeure, ou bien si l’on voulait laisser libre le passage d’un cheval ou d’un homme entre les deux câbles.
- Les courbes ne doivent se faire qu’exceptionnellement, puisque les accidents de terrain ne sont jamais un obstacle bien sérieux. Cependant elles peuvent être nécessaires, notamment pour pouvoir changer aussi souvent qu’on le veut le point de chargement. Rien de plus facile que l’établissement de ces courbes : les câbles étant bien fixés sur les supports des traverses, il n’y a qu’à pousser ces traverses dans le sens que l’on veut au moyen d’une pince et à les arrêter au moyen de fiches en fer que l’on enfonce en terre. Il* va sans dire que cette opération ne doit se faire qu’avant la tènsion complète des câbles.
- [A suivre).
- tières qui n’ont qu’un rapport assez indirect avec le téléphone ; — mais, en revanche, les détails historiques concernant ces étonnantes inventions y sont absolument omis. A ce point de vue, l’ouvrage semblerait avoir été écrit par un habitant d’outre-Rhin, tant en est exclu tout ce qui peut être légitimement attribué aux Français. Ainsi, le nom de M. Bour-seul n’est pas même cité, et celui de M. Cros n’y figure qu’accidentellement ; le téléphone à charbon ne donne pas à l’auteur de cette brochure l’occasion d’en attribuer le principe au savant académicien français qui l'avait découvert, alors que M. Edison n’avait que six ans. A propos de cette question, contrairement à la grande majorité des savants d’Europe, M. Niaudet se range parmi les adversaires de M. Hugues.—iN’est-ce pas peut-être l’effet d’une vieille rancune? Ajoutons toutefois que la part de M. Ëlisha Gray dans l’invention du téléphone n’est pas davantage prise en considération par M. Niaudet qui n’aborde aucune des expériences curieuses faites par lui avec ces instruments.
- Quant à la question théorique, elle n’est traitée dans cette brochure que sommairement, à un point de vue peu actuel,' avec abstraction de tous les nouveaux aperçus que de récentes observations scientifiques ont apportées en cette matière. Devons-nous attribuer ces lacunes à la grève des ouvriers typographes qui aurait retardé l’impression d’un ouvrage écrit à une époque où manquaient toutes ces données nouvelles?
- Nous ne pouvons contester d'ailleurs l’intérêt que présente l'indication des nombreuses sources allemandes auxquelles ont été puisés les éléments de ce travail; tout l’ouvrage, dans son ensemble et dans sa rédaction, prouve surtout que son auteur joint à son expérience d’habile et expérimenté constructeur, une complète connaissance des productions scientifiques germaines.
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° 46. — 16 Novembre 1878.—XXXVIIIe Année.
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- SOMMAIRE.
- Sur le nouveau vernis employé aux ateliers (l’aérostation militaire de Meudon, par M. Buté Poitevin .—Nettoyage et blanchiment des éponges de toilette, par M. Valyn. — Les grands établissements de blanchissage, en France, par M. Sergueeff.— Fabrication du bronze phosphoreux pour la pratique courante, par MM. Lehmann frères. — Fabrication des couverts en fer battu et des couverts d’étain, par M. H. Bouilhet. — Préparation et théorie du bronze phosphoreux, par M. Guillemin. — Courroies en caoutchouc, dé MM. E Pavoux et Cie, de Bruxelles. — Grattoir à fumée perfectionné, de M. J. Daulton. — Nouvelle machine à tirer à poil en travers, de MM. Delamare et Chandelier. — L’Exposition du papier.
- — Pierre de taille de Saint-Même, de MM. F. Ponsardin et Cie. — Agrafes ou crochets à ailettes apparentes en fil métallique applicables aux couvertures en bâtiments sur bois ou fer, système Geoffroy, de Troyes.
- — Sur ce qu’aurait pu coûter le percement de l'isthme de Darien, par un canal de niveau, sans écluses et sans tunnels, s’il avait été possible, par M. Virlet d’Aoust.— Propulseur pour la navigation dans l’air et dans l’eau, de M. Braconnier. — Sur les canaux de l’Obi et de l’Yénisseï, parM. Si-doroff. — L’École d’irrigation du Lézar-deau.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur les freins continus, par M. Bandérali,
- au Trocadéro.
- (Suite.)
- Le frein Westinghouse, continue M. Bandérali, n’a pas encore dit son dernier mot : M. Bandérali craint de voir la triple-valve, cet organe si délicat, dit-il, se déranger et donner lieu à de graves embarras : l’appareil distributeur serait difficile à régler et le frein aurait le tort d’agir toujours au maximum d’effet.
- Toutefois, l’ingénieur de la Compagnie du Nord compte sur les efforts de M. Westinghouse qui, certainement, arrivera, par ses derniers perfectionnements,à dissiper ces craintes et à rendre l’appareil irréprochable. Les arrêts obtenus par ce genre de frein sont très-satisfaisants : il remplit une grande partie des conditions exigées.
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Sur le nouveau vernis employé aux ateliers d'aérostation militaire
- de Meudon,
- par M. Duté-Poitevin.
- Tout le monde sait combien il est difficile de conserver le gaz dans des ballons en étoffe simple, et ces difficultés sontbien autrementgrandes, quand on substitue le gaz hydrogène au gaz d’éclairage.
- Trouver un vernis imperméable pour les ballons ordinaires était donc un problème d une importance capitale et dont la solution devait précéder celle de tous les autres.
- Les officiers qui ont été chargés de cette étude avaient, pour précurseurs, les aérostiers de la première République, qui, comme on le sait, gardaient leurs ballons gonflés pendant toute la campagne.
- On possédait une recette vague donnée par Conté et c’est cette recette qui servit de point de départ.
- Aidés par un habile fabricant de vernis, M. Arnould, de Saint-Ouen-l’Au-mône (Seine-et-Oise), M. le commandant Delambre et M. le capitaine Renard, avaient dès 1 année 1875 retrouvé un enduit à base d’huile de lin et de caoutchouc, qui mis à l’épreuve au moyen d’appareils construits spécialement pour cet usage avait gardé le gaz sans perte sensible pendant huit jours ; mais les expériences avaient été faites en petit, et il fut reconnu en 1877 à Meudon, que 1 enduit de 187o ne séchait pas assez complètement, et, qu’appliqué sur de grandes surfaces, il ne donnait pas encore les résultats d’imperméabilité qu’on voulait à tout prix atteindre.
- Les études furent donc reprises sur une grande échelle et on possède au-jourd hui un ballon de 540 mètres cubes, qui paraît garder indéfiniment l’hydrogène pur et dont l’enveloppe ne se compose que d’une seule épaisseur de soie de Ponghée, recouverte de 5 couches de vernis et pesant environ 220 grammes le mètre carré.
- Le vernis de Meudon sèche en 24 heures, mais il resterait légèrement poissant, si on ne le recouvrait d’un enduit souple comme lui, et absolument sec à base de gomme laque : une seule couche suffit pour prévenir tout collage et permettre de plier impunément le ballon pour les transports et l’emmagasinage.
- Grâce aux soins apportés à la fabrication de l’huile siccative, l’oxydation de cette huile s arrête après un certain temps et l’étoffe ne subit pas ces altérations qui transforment le meilleur tissu en une substance dénuée de toute ténacité.
- L’étoffe est un Ponghée fourni par la maison du Louvre et que les ateliers de Ghalais se sont procurée, d’après les indications de M. Hureau de Ville-neuve.
- Voici les résultats obtenus, au moyen de ce vernis, sur un aérostat construit à Meudon : gonflé depuis le 26 septembre, il est, au moment présent, amarré sur sa plate-forme de gonflement avec une force ascensionnelle à peu près égale à celle du premier jour.
- Le gonflement a été opéré le 26 septembre au moyen de l’appareil à circu-
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- lation continue imaginé par M. le capitaine Renard, en avril 1875, et dontle fonctionnement est entièrement automatique. Deux hommes suffisent pour conduire tout l’appareil et obtenir un dégagement qui varie de 100 à 250 mètres par heure, suivant les besoins.
- Le ballon a exécuté, le même jour, des ascensions à faible hauteur ; le lendemain on déroulait le câble de toute sa longueur et on exécutait trois ascensions, à des hauteurs variant de 400 à 500 mètres. L’une de ces ascensions a duré une heure et demie pendant laquelle les aéronautes conversaient au moyen du téléphone avec les personnes restées à terre.
- La force ascensionnelle était égale, le 27 au soir à 405 kilogrammes, après avoir dépouillé le ballon de tous ses agrès et de sa nacelle. Le lendemain 28, le soleil faisait sortir du ballon une certaine quantité de gaz et la force ascensionnelle subissait une légère diminution. Cette force était réduite le soir, après la contraction, à 375 kilogrammes. Le 29, le même phénomène se reproduisant, la force ascensionnelle oscillait de 385 kilogrammes à 360. Depuis ce jour jusqu’au vendredi 4 octobre, elle n’a cessé d’osciller entre 360 et 345 kilogrammes, en raison des variations de température, des dépôts de pluie et de rosée, sur le ballon, le filet, etc.
- Il faut signaler ici une intéressante observation, qui pourra jeter quelque lumière sur les descentes brusques observées en ballon libre dans certains cas. Le 2 octobre à 8 heures du matin le ballon n’enlevait que 300 kilogrammes, et à 9 heures et demie il enlevait 345 kilogrammes. Ce résultat était uniquement dû à un dépôt abondant de gouttelettes de rosée parfaitement visibles à l’œil à 8 heures du matin et que les rayons du soleil avaient évaporées à 9 heures et demie. Comme ce dépôt recouvrait toute la calotte supérieure du ballon, soit 150m,20 carrés, environ, on peut conclure de celte expérience que la rosée peut charger un ballon de 300 grammes par mètre carré, dans certaines circonstances.
- Le vendredi 4 octobre, le ballon fut entièrement regonflé pour servir aux ascensions captives du samedi. On le laissa se tendre jusqu’à la pression de 4 millimètres d’eau à l’appendice. Cette pression est celle qui permet à cet appareil de s’ouvrir automatiquement. Le ballon fut alors pesé et sa force ascensionnelle fut trouvée égale à 412 kilogrammes, chiffre un peu supérieur à celui du premier jour.
- Il est évident, d’après ce dernier résultat, que le phénomène de l’endosmose ne s’étail pas produit d’une façon appréciable pendant toute la période observée et que les variations de la force ascensionnelle devaient être entièrement imputées aux oscillations du baromètre, du thermomètre et de l’hygromètre.
- On a pris, d’ailleurs, des précautions toutes particulières pour éviter les rentrées d’air quand le ballon est flasque. On sait, en effet, que l’aspiration produite par le bas de l’aérostat peut provoquer des rentrées d’air considérables, et que les ballons les plus imperméables tombent bien vite à terre quand ils ont leur appendice ouvert. L’expérience suivante exécutée avec un petit ballon de 35 mètres cubes, paraît assez intéressante pour être rapportée ici. Le ballon, rempli d’hydrogène pur, enlevait 15 kilogrammes le premier jour; au bout de 4 jours sa force ascensionnelle avait peu diminué, l’appendice avait été fermé avec un soin particulier et on avait soin de l’ouvrir momentanément chaque jour pour laisser sortir le gaz dilaté par le soleil. Le cinquième jour au soir on desserra la ligature de l’appendice; le lendemain matin le ballon était absolument plein, mais sa force ascensionnelle avait diminué de moitié. Le surlendemain le ballon était encore entière-
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest en a fait l’application sur le chemin de Ceinture, cette application s’étendra sûrement, mais à la longue, car elle exige la transformation de tout le matériel.
- M. Bandérali continue la conférence en nous entretenant des freins à vide des systèmes Hardy, Smith et Sanders. Il en fait la description générale et démontre que les freins à air raréfié ont une action plus lente que ceux déjà décrits, que l’on peut cependant régler à volonté le serrage des sabots et opérer ainsi la descente des rampes avec une pression déterminée, mais que l’automaticité n’existe pas.
- Des expériences très-sérieuses ont été faites en Angleterre, en Belgique, en Allemagne et en France en 1871, pour déterminer la valeur de différents systèmes de frein. M. Bandérali y a assisté, nous dit-il, et grand nombre de systèmes ont dû être éliminés comme ne présentant aucune des conditions d’efficacité : trois seulement furent conservés et expérimentés, ce sont les systèmes Smith, Westinghouse et Hardy.
- La question des freins a paru assez importante au service du contrôle des chemins de fer anglais, pour qu’en 1877 il adressât une circulaire aux différentes compagnies, résumant les conditions auxquelles doivent satisfaire les freins.
- M. Bandérali donne lecture de ces conditions ; elles sont les suivantes :
- 1° les freins doivent être instantanés dans leur action et facilement applicables par les mécaniciens ou les conducteurs de train;
- 2° en cas d’accident, ils doivent s’appliquer d’eux-mèmes instantanément ;
- 3° ils doivent pouvoir être appliqués et relâchés avec facilité tant sur la machine que sur chaque véhicule du train ;
- 4° ils doivent être employés régulièrement pour la manœuvre journalière ;
- 5° la matière employée doit être d’une nature durable.
- Mais là ne sont pas les seules conditions à exiger des freins, il y en a d’autres et sans lesquelles ils seraient insuffisants. M. Bandérali les complète en demandant que le frein soit absolument pratique, très-simple dans les organes, et surtout compris par les agents; que vingt-quatre voitures au moins puissent être arrêtées toutes à la fois ; que la source de force motrice soit indépendante de la locomotive, et enfin que le frein soit économique.
- Les essais faits jusqu’à présent sont satis-
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- faisants ; mais les ingénieurs hésitent encore à choisir un frein pour l’exploitation de leur ligne. Ils veulent attendre les résultats des expériences qui se continuent tous les jours. En Angleterre, l’importance du sujet est telle qu’un projet de loi tendant à réglementer l’usage du meilleur système de frein est à l’étude.
- Au point de vue de la traction des trains de voyageurs, la question sera bientôt résolue si elle ne l’est déjà par les systèmes dont il vient d’être question.
- Pour les trains de marchandises, dit M. Bandérali, il s’écoulera encore de longs jours avant que l’application ait lieu. De grandes difficultés sont à craindre : il faut non-seule-ment une transformation complète du matériel, mais encore une entente entre toutes les Compagnies soit françaises, soit étrangères, conditions, surtout la dernière, très-difficiles à obtenir.
- La conférence est terminée.
- Avant de nous quitter, M. Bandérali adresse ses excuses aux inventeurs qu’il a laissés dans l’ombre, et nous engage à remercier avec lui les ingénieurs français et étrangers qui se sont particulièrement occupés de la question des freins à laquelle ils ont fait faire de si grands progrès.
- Il faut savoir gré à MM. Westinghouse, Achard, etc., de leurs travaux qui sont la solution la plus vraie du problème.
- Enfin, il remercie l’auditoire de son attention soutenue, et de sa grande bienveillance.
- L’auditoire lui répond par d’unanimes applaudissements.
- A. Rozès-Joly.
- AVIS.
- Le groupe de 300 chevaux de Générateurs inexplosibles Belleville, du Service de la force motrice de l’Exposition, ne sera démonté que le 25 novembre, afin que MM. les Membres du Jury, ainsi que les Ingénieurs et Industriels, que la question intéresse, puissent venir constater le parfait état de propreté et de conservation de ces générateurs pêrfec-tionnés, après six mois d'un service très-chargé, effectué sans un seul jour d'arrêt. Cette exposition a valu à la maison J. Belle-ville et Cie la Médaille d’or et une nouvelle nomination dans la Légion d’honneur.
- ment plein, mais il ne pouvait plus soutenir son propre poids. L’orifice par où l’air s’était introduit chaque nuit pour se mêler au gaz n’avait pas plus d’un ou deux centimètres carrés. On voit donc combien il est important de fermer hermétiquement l’appendice pendant les ascensions libres, quand on veut en prolonger la durée.
- Nettoyage et blanchiment des éponges de toilette, par M. Yalyn.
- Les meilleurs éponges s’altèrent par l’usage et contractent, à la longue, une couleur brune, et même, quelquefois, noirâtre.
- On les entretient propres, en les savonnant fréquemment.
- Pour les blanchir, il faut les tremper dans une eau bien chaude, sans être bouillante, où l’on a fait dissoudre du sel d’oseille (oxalate de potassium). La quantité de sel doit être proportionnée au poids des éponges : on en met une pincée pour une petite éponge, 2 pour une moyenne, et 30 grammes pour une quantité d’éponges pesant 1/2 kilogramme.
- On les agite et on les presse fortement dans cette eau; après quoi on les rince soigneusement à l’eau pure.
- Les grands établissements de blanchissage, en France, par M. Sergueeff.
- M. Sergueeff esquisse à grands traits la statistique générale du blanchissage en France, qui déplace annuellement 350 à 400.000.000 de francs. Pour Paris, on admet par habitant 3 kilogrammes de linge par semaine, soit 280 millions de kilogrammes par an pour toute la population, sur lesquels 80 millions sont blanchis par les lavoirs publics et 10 millions par les 23 bateaux-lavoirs.
- Il existe sept grands établissements industriels de blanchissage.
- 1° L’Assistance publique de Paris blanchit, dans 16 buanderies, 8 millions de kilogrammes de linge.
- 2° La Compagnie des lits militaires, dans 300 buanderies, blanchit 30 millions de kilogrammes par an.
- 3° L’usine de Courcelles blanchit environ 1.200.000 kilogrammes.
- 4° La buanderie centrale des hôpitaux de Lyon, 1.400.000 kilogrammes.
- • 5° La buanderie de Bordeaux, 600.000 kilogrammes.
- 6° La buanderie de Nice, 200.000 kilogrammes.
- ' 7° La buanderie de Monaco, 180.000 kilogrammes.
- Soit, en résumé, un total de 42 millions de kilogrammes qui, à 10 centimes le kilogramme, représentent un chiffre de 4 à 5 millions.
- M. Sergueeff divise les opérations subies par le linge, en essa'ngeage, coulage, savonnage, lavage, rinçage, essorage, séchage et apprêt. L’essangeage a pour but d’éliminer du linge sale les parties solubles et albumineuses qu’il contient : le coulage doit saponifier par les lessives les parties grasses du linge. On distingue :
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- 1° le coulage ordinaire pratiqué par les ménages ;
- 2° le coulage par affusion, opéré par la pression de la vapeur ;
- 3° le coulage mécanique ;
- 4° le coulage à vapeur.
- M. Sergueeff passe en revue les appareils anciens, et indique les nouveaux, ainsi que leurs prix, poids, rendement, défauts et qualités.
- L’Assistance publique emploie les appareils Bouillon et Muller, construits par MM. Piet et C,e, leur successeur. Les autres établissements préfèrent les appareils à coulage continu de M. Decoudun. Les lavoirs publics et les 3.000 buanderies de Seine et Seine et-Oise emploient les appareils à ébullition. Ces derniers ont l’inconvénient de projeter des lessives bouillantes, sur du linge froid, de rendre souvent les taches indélébiles et d’user promptement le linge.
- L’usine de Courcelles est la première usine montée industriellement par M. Flachow.
- M. Sergueeff décrit les établissements publics et les prescriptions imposées aux lavoirs d’après M. Bunel.
- Les lavoirs publics en Angleterre, étudiés par M. E. Tr 'lat, sont installés avec plus de confort et dans des conditions hygiéniques meilleures qu’en France. A Paris, les laveuses paient pour une place 3 centimes par heure, elles ont deux baquets et de l’eau claire, tout le reste (le coulage, l’eau chaude, le savon) se paie à part. Leur condition d’hygiène et de confort est déplorable.
- En Angleterre on pratique le coulage mécanique avec les appareils clash-wheel. Ils font plutôt un savonnage qu’un véritable coulage.
- Le coulage h vapeur est abandonné aujourd’hui : pour le savonnage on emploie les appareils de MM. Decoudun, Piet et Bradfort.
- Après le savonnage, le linge subit un lavage à l’eau chaude, dans des tonneaux à chargement continu ou alternatif. Le rinçage emploie les mêmes appareils que le lavage.
- Après le rinçage, l’eau contenue dans le linge, s’élimine par la torsion, la pression ou la force centrifuge. Après la torsion, qui est nuisible, le linge contientf7o pour 100 d’eau, tandis qu’après l’action par la force centrifuge il ne contient plus que 23 à 30 pour 100 d’eau. Dans les ménages, on emploie les essoreuses à cylindres; dans les établissements industriels, on emploie des turbines ou hydro-extracteurs faisant 600 à 900 tours par minute. L’eau contenue dans le linge, h la sortie de l’essoreuse, est éliminée par le séchage à l’air libre, h couvert ou à air chaud. Les deux premiers sont économiques, mais leur action varie avec l’état hygrométrique de l’atmosphère. Le séchage à l’étuve est le plus expéditif: 1 kilogramme de charbon évapore environ 4 kilogrammes d’eau.
- Le procédé de chargement par tiroir est le meilleur.
- M. Sergueeff traite enfin la question d’apprêt du linge par les calandres, les mangles, les presses, et enfin la machine à repasser.
- [Société des Ingénieurs civils.)
- TRAVAUX DE PARIS.
- Réfection de l’égout de la rue de Rambuteau.
- L’une des principales artères du Paris central, la rue de Rambuteau, est encore, en partie, interdite aux voitures par suite des travaux d’égout qui viennent d’y être entrepris.
- Ce fait, qui n’est que d’un intérêt local, emprunte une certaine importance à l’insuffisance des voitures publiques du quartier Saint-Mcrri.
- A l’exception de quelques voitures légères, tout passe actuellement par la rue de Rivoli et le boulevard Sébastopol, déjà bien encombrés, comme on sait.
- Mais la réfection de l’égout de Rambuteau est intéressante à un autre point de vue.
- La voie sous laquelle il coule est une des premières qui aient marqué la transformation de Paris. Son égout était donc établi sur l’ancien type et, à diverses reprises, on put en constater l’insuffisance.
- Le nouvel égout sera construit en meulière cimentée, comme tous les autres de la ville moderne, et ses proportions seront un peu supérieures à celles de l’ancien.
- On pense que tous les travaux pourront être terminés dans la huitaine.
- Le rachat des ponts à péage du département de la Seine.
- On nous annonce une bonne nouvelle, qui sera certainement accueillie avec joie dans toute la banlieue de Paris. Il est question, à la préfecture de la Seine, du rachat du péage des sept ponts payants que l’on compte encore dans le département.
- Ce projet, sur lequel on ne peut, quant à présent, donner des détails précis, serait lié à la prorogation des centimes additionnels, dont l’approbation va être demandée aux Chambres par le gouvernement, au nom du département de la Seine. On sait, en effet, que le département a besoin de ces ressources extraordinaires, pendant plusieurs années encore, pour achever les travaux du Palais de Justice et de la Préfecture de police, pour participer aux travaux d’approfondissement de la Seine, pour transformer ses prisons, et
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- pour améliorer et agrandir ses hospices et les asiles d’aliénés.
- On prélèverait, pour le rachat des ponts à péage, une partie du produit annuel de la nouvelle imposition prorogée, et une partie de la dépense serait réclamée à l’État. On pense aussi pouvoir obtenir des communes intéressées une part contributive, qui ne peut pas être très-considérable, vu l’exiguïté de leurs ressources et l’élévation de leurs autres charges budgétaires.
- Enfin, le surplus serait demandé par voie d'emprunt à la nouvelle caisse des chemins vicinaux, qui doit comprendre le rachat des ponts à péage au nombre des opérations que la loi l’autorisera à faciliter.
- Le mémoire préfectoral relatif à cette affaire doit avoir été soumis au Conseil général à l’ouverture de la session, c’est-à-dire le 24 octobre dernier.
- On estime à 3.733.000 francs le montant de la dépense qui résulterait du rachat des sept ponts payants du département, qui sont ceux d’Ivry, de Bry, d’Asnières, de Billancourt, de Champigny, de Saint-Ouen et de l’île Saint-Denis.
- Sur cette somme, le quart de la dépense, soit 1)38.730 francs, serait demandé à l’État, la part des communes serait de 803.000 francs, et celle du département de 2.04d.230.
- L’un des premiers ponts rachetés serait celui d’Asnières, la commune ayant offert une subvention de 400.000 francs. Il est question aussi de celui d’Ivry. L’État a promis d’y participer pour 73.000 francs. On évalue le prix du rachat de ce pont à 400.000 francs. La commune- de Maisons-Alfort a promis 83.000 francs; celle d’Ivry 42.000 francs. Resterait donc 200.000 francs à la charge du département.
- Le Conseil général va s’occuper de la question et fixera le contingent à réclamer à chaque commune, pour Ja participation à la dépense du rachat.
- L’école Arago.
- Une partie des travaux de la nouvelle école primaire supérieure que la Ville de Paris va élever dans le 12e arrondissement, sous le nom d’école Arago, a été mise en adjudication, au Tribunal de commerce, le jeudi 24 octobre. Cette adjudication comprend trois lots : la terrasse, la maçonnerie et la marbrerie, estimées ensemble 487.686 francs ; la char-
- GÊ0L0GIE, MINES ET MÉTAUX.
- Fabrication du bronze et du cuivre phosphoreux, pour la pratique courante, par MM. Lehmann frères.
- L’incorporation au cuivre et au bronze, d’une proportion minime d# phosphore a été imaginée, comme nos lecteurs le savent, par MM. Kùntzel et Montefiori. Après avoir rencontré dans le principe une certaine défiance, cette préparation est aujourd’hui absolument appréciée à cause de ses excellentes qualités, et elle est définitivement entrée dans la pratique, même en France. Depuis quatre ans et demi, la Compagnie du chemin de fer d’Orléans n’emploie pas autre chose pour la composition de ses coussinets, que du bronze phosphoreux, et la Compagnie du chemin de fer du Nord en a plus de 2.000 kilogrammes en service, qui sont fabriqués par la fonderie de MM. Lehmann frères, d’après les procédés de M. Guillemin. Il en est de meme des tramways et des forges, qui commencent aussi à employer des coussinets en bronze phosphoreux.
- La faveur de cet alliage s’explique, si l’on considère que le bronze phosphoreux à 86 de cuivre, qui s’emploie pour la confection des tiroirs de locomotives, ne se rompt à la traction, que sous un effort de 30 kilogrammes par millimètre carré. Le bronze phosphoreux à 84 de cuivre avec lequel on fait les coussinets ordinaires, et celui à 76 de cuivre, avec lequel on fait les coussinets de wagons, ne se rompent que sous un effort de 20 kilogrammes par millimètre carré, et ils ne s’usent guère que trois fois moins vite en évitant complètement réchauffement des fusées. Enfin le cuivre phosphoreux ne se rompt que sous un effort de 40 kilogrammes par millimètre carré. Cette grande résistance le rend précieux pour la confection des câbles de mines : aussi résistant que l’acier, il a sur lui l’immense avantage d’échapper absolument à l’oxydation, dans l’atmosphère humide et chargée de miasmes des puits de mines.
- Fabrication des couverts en fer battu et des couverts d'étain, par M. H. Bouilhet.
- Le couvert en fer étamé, connu sous le nom de couvert en fer battu, se fabrique en très-grande quantité dans les Vosges et sur le territoire de Belfort : il s’est longtemps fait à la main. Aujourd’hui, il est exclusivement obtenu par des procédés mécaniques : laminage, découpage et estampage, le tout très-simplement, et en supprimant les passes de préparation, qui jouent un rôle prépondérant dans la confection du couvert soigné en maillechort. La tôle est découpée, et immédiatement estampée, les cuillers et les fourchettes ayant partout la même épaisseur. On arrive ainsi à produire des couverts qui peuvent se vendre à moins de six francs la grosse.
- Le couvert d’étain est coulé dans des moules en fonte ayant la forme exacte et complète du couvert fini. L’alliage de 92 pour 100 d’étain et 8 pour 100 de plomb est le plus employé; on y ajoute souvent de l’antimoine, dont l’effet
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- est de le durcir. Le métal, coulé dans les moules, est ensuite estampé dans des matrices, pour lui donner plus de perfection, puis le couvert est ébarbé à la lime, et poli.
- Il existe encore un autre produit coulé en étain, qui est connu sous le nom de métal ferré : c’est, à proprement dire, un couvert d’étain dont l’ame est en fer.
- On fabrique, par le laminage et le découpage, un couvert en fer très-grossier, analogue au couvert en fer étamé, mais plus petit que celui que l’on veut obtenir définitivement. Ce couvert est ensuite placé dans l’intérieur du moule, ^Dour former une sorte de noyau autour duquel on coule le même alliage d’étain* d’antimoine et de plomb, puis on le termine à l’estampe.
- Ce couvert a, sur celui d’étain, l’avantage d’être plus résistant, mais il est comparativement cher, et n’a pas, en fait, de supériorité bien marquée sur le couvert en fer battu.
- Préparation et théorie du bronze phosphoreux, par M. Guillemin.
- Nous avons vu comment on peut fabriquer du cuivre phosphoreux métallique, qui contient jusqu’à 3,25 pour 100 de phosphore, et dont on peut ensuite se servir, pour l’ajouter en proportions définies aux bains de fusion, afin d’obtenir les bronzes phosphoreux du commerce (1).
- Ce procédé a deux inconvénients : la perte du cuivre, et l’impossibilité de doser exactement les alliages spéciaux faits avec de vieux bronzes.
- M. Guillemin a fait breveter un procédé beaucoup plus simple, qu’il emploie actuellement, comme nous venons de le dire, dans la fonderie de MM. Lehmann frères : il introduit le phosphore à l’état de combinaison spéciale avec la chaux, et en telle proportion qu’il lui plaît, sans altérer en rien les proportions déjà établies pour le bain de fusion, et sans qu’aucune des matières étrangères introduites persiste dans le bain. M. Guillemin a réalisé ainsi de notables économies : il est d’ailleurs, croyons-nous, le premier qui, après avoir constaté la merveilleuse action du phosphore sur les alliages de bronze, en ait donné des raisons plausibles.
- Tout le monde sait, que les meilleurs bronzes sont obtenus par les refontes réitérées des vieux métaux : or, M. Guillemin a remarqué, qu’à chaque fusion nouvelle l’étain disparaît, dans la proportion de 4 pour 100 environ de la quantité de ce métal qui existait à l’origine, de sorte que, pour maintenir les dosages, il faut, à chaque opération, ajouter un peu d’étain, sans quoi ce dernier ne tarderait pas à disparaître complètement.
- Mais cette oxydation a produit de l’oxyde d’étain, et une partie de cet oxyde, qui reste dissous dans le métal, contribue à lui enlever en partie ses plus précieuses qualités, la résistance et la dureté : certains bronzes vieux, soumis à l’analyse, on accusé la présence de 1.50 pour 1.000 d’oxygène. Or, d’après M. Guillemin, le phosphore n’aurait pas d’autre effet que de réduire aussi les oxydes d’étain et de cuivre, de sorte qu’il aurait ainsi, simplement une action d’affinage, analogue à celle que M. Parson prête au manganèse, pour expliquer les avantages que présente le bronze de manganèse.
- M. Guillemin n’incorpore pas à ses bains métalliques plus de 5 pour 1000
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. I, page 33.
- pente, 40.989 francs, et la serrurerie, 125.963 francs.
- Les plans de l’école Arago, qui ont été exposés dans le pavillon de la Ville de Paris, au Champ-de-Mars, sont dus à M. Deconchy, architecte, élève de feu Baltard. Ils occupent un périmètre compris entre la place du Trône, le boulevard Mazas, la rue Picpus et une avenue projetée.
- On a prévu une dépense de 1.280.000 francs pour la construction de cette école, qui s’étendra sur une superficie de 4.235 mètres et présentera 30 mètres de façade sur la place du Trône, 84 mètres sur le boulevard Mazas, 66 mètres sur la rue Picpus et 75 mètres sur l’avenue projetée.
- Cette construction fait partie du programme tracé par le Conseil municipal, dès 1872, pour l’extension de l’enseignement primaire supérieur d’après le type qui a si bien réussi à l’école Turgot. De 1867 à 1877, trois écoles nouvelles de ce modèle ont été créées : l’école Colbert, rue de Château-Landon ; l’école Lavoisier, rue d’Enfer, et l’école J.-B. Say, rue d’Auteuil. En choisissant, pour le cinquième établissement d’enseignement supérieur,l’emplacement que nous avons indiqué, on a voulu desservir la région populeuse du sud-est de Paris, qui était jusqu’ici dépourvue de toute ressource d'instruction de cet ordre. Un sixième projet est à l’étude pour doter la région du nord-ouest, quartier des Batignolles et des Ternes, où sont agglomérées des industries qui fourniront une nombreuse clientèle.
- Il ne restera plus, pour achever d’établir les grandes lignes du système des écoles primaires supérieures de Paris, qu’à donner satisfaction aux arrondissements de la rive gauche : Grenelle, Plaisance et Gros-Caillou. Le nombre des places que l’ensemble du système pourra alors offrir aux familles sera d’environ 5.000. Ce nombre est aujourd’hui, dans les diverses écoles supérieures existantes, de plus de 2.700.
- La prison Saint-Lazare.
- Il a été question à plusieurs reprises d’un projet, qui consistait à démolir la prison Saint-Lazare et à la transporter sur un vaste terrain appartenant au département de la Seine, dans le 13e arrondissement, aux abords de la nouvelle rue de Tolbiac. Ce projet a été étudié et accueilli favorablement par la commission spéciale formée en 1875
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- pour la réorganisation des prisons du département, et il y a lieu de penser qu’il sera mis à exécution dans un avenir assez prochain, le département devant obtenir la prorogation des centimes additionnels actuellement imposés, afin de faire face aux nouvelles dépenses qui lui incombent. Parmi ces dépenses se trouvent précisément celles de la reconstruction de certaines prisons fort défectueuses, et la prison Saint-Lazare peut assurément être mise au premier rang de ces prisons.
- Nous apprenons aujourd’hui, que, de son côté, la ville de Paris vient de faire étudier par ses ingénieurs des projets de voirie concordant avec la démolition de la prison Saint-Lazare. Ces projets comprennent : 1° l’ouverture d’une rue en prolongement de la rue des Messageries, à partir de la rue d’Haute-ville jusqu’au boulevard Magenta; 2° l’ouverture d’une seconde rue perpendiculaire à la première, en prolongement de la rue Martel; 3° l’ouverture d’une troisième rue perpendiculaire à la seconde et parallèle à la première, qui viendrait déboucher sur le faubourg Saint-Denis, à l’endroit même où se trouve la porte principale de la prison.
- Ce qui rend les opérations projetées très-dignes d’attention, c’est que, tout compte fait, la dépense d’expropriation et de viabilité serait couverte par la revente des terrains provenant de la prison et restant en bordure des nouvelles voies. Il y aurait même une plus-value de 800.000 francs pour la ville de Paris.
- La chapelle du collège de Beauvais.
- Les grands travaux de restauration se font, en ce moment, à la chapelle de l’ancien collège de Beauvais, dans le 5e arrondissement. La chapelle est construite sur l’emplacement d’une maison dite la maison aux images, qui appartenait dans l'origine au collège de Laon.
- Elle date de la seconde moitié du quatorzième siècle et faisait partie des constructions primitives du collège de Dormans. Elle se compose d’un vaisseau simple, sans, collatéraux, partagé en cinq travées pour la nef, terminé par une abside à cinq pans, appuyée de solides contre-forts et percée de hautes fenêtres ogivales à meneaux.
- La flèche, décorée à sa base d'une arca-ture à trois lobes, se dresse aujourd’hui complètement restaurée, sur l’édifice, dont on vient d’opérer le dégagement au midi.
- de phosphore, et, lorsque la réaction est opérée, il n’en reste guère que 2 à 3 pour jOOO.
- Il serait, d’ailleurs, inutile qu’il restât du phosphore dans le bronze, et s’il était possible de doser assez exactement les mélanges pour qu’il y eût juste assez de phosphore pour produire l’affinage» sans qu’il en restât ensuite dans l’alliage, la perfection serait atteinte : on aurait alors un bronze absolument pur et jouissant de qualités précieuses.
- Il résulterait de là que le nom de bronze phosphoreux est impropre : c’est bronze affiné par le phosphore, qu’il faudrait dire. Quoi qu’il en soit, le bronze contient toujours des traces de phosphore, car, dans l’impossibilité d’en employer juste assez, il en faut un léger excès, afin de produire avec certitude un affinage complet.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Courroies en caoutchouc, de MM. E. Pavoux et G1E, de Bruxelles.
- Les nombreuses qualités, tant physiques que chimiques, du çaoutchouc, son extrême élasticité, son imperméabilité parfaite, sa résistance à la chaleur, à l’humidité et à presque tous les acides, même les plus concentrés, la facilité qu’il offre de pouvoir rester souple à l’infini, lui ont fait trouver une bonne application dans la courroie.
- Lorsqu’une courroie est appelée à fonctionner au milieu de vapeurs acides, dans l’eau, au soleil et à la pluie, comme dans les papeteries, les sucreries, les distilleries, les brasseries, les mines, les filatures, les machines agricoles, etc., l’emploi du caoutchouc est commandé, et le cuir doit être rejeté, parce qu’il ne se prête pas à ce genre de travail.
- Le mode de fabrication employé pour la courroie en caoutchouc permet • de l’établir sur une longueur indéfinie et suivant l’épaisseur voulue, mais uniforme, nécessitée par la force à transmettre ; elle n’a donc qu’une jonction, celle de la fermeture, et est parfaitement homogène, condition essentielle pour assurer le fonctionnement.
- N’ayant qu’un point de réunion, elle réduit à son minimum le nombre de trous dans lesquels passent les vis, rivets, lanières, ou tout autre système d’attaches; c’est une condition excellente, car c’est presque toujours par les trous et les coutures que cèdent l'es courroies. Si l’on ajoute à cet inconvénient la perte de temps pour remonter la courroie, et souvent même, l’arrêt de l’usine, on comprend que la courroie en caoutchouc est préférable, sous ce rapport, à celle en cuir.
- Envisageant l’homogénéité de la courroie, on est certain de la rencontrer dans le caoutchouc, en raison même de sa fabrication, tandis qu’elle n’existe pas dans la courroie en cuir; ainsi, dans cette dernière, la résistance ne peut être la même dans chacune des tranches longitudinales. Les fibres ne s’allongeant pas de grandeurs identiques, elle est alors forcée de se déformer sous l’action de la charge, finit par serpenter, et peut même quelquefois
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- tomber. De plus, à l’endroit où se trouve une section plus faible, l’allongement se fait le plus sentir, et va en augmentant jusqu’il ce que la courroie se rompe en ce point.
- La courroie en caoutchouc a, en outre, une grande souplesse, ce qui constitue un grand avantage. En effet, lorsque la courroie est raide, elle ne peut envelopper complètement la partie bombée de la jante d’une poulie, et n’en enroule que difficilement la circonférence; le nombre des points de contact se trouve donc diminué sensiblement par cette raideur, l’adhérence n’étant plus complète. Par suite, la courroie glisse, s’échauffe et s’use dans son épaisseur; usure toujours préjudiciable, puisqu’elle en diminue la résistance; de plus, elle échauffe les tourillons, en augmentant le frottement, ce qui constitue une perle de force motrice. Si, au contraire, l’arbre est commandé par une courroie souple, ces désagréments disparaissent; car alors la courroie, enveloppant complètement les contours de la poulie, possède son maximum de contact; une tension moindre devient suffisante, et les tourillons ne s’échauffent plus comme dans le cas précédent.
- Pour savoir quelle est la résistance à la traction de la courroie en caoutchouc, et en connaître la limite d’élasticité, de nombreuses expériences ont été faites au Conservatoire national des arts et métiers, au moyen du dynamomètre, sur plusieurs échantillons, ainsi que sur du cuir de la meilleure fabrication. On a pu se convaincre que, sous ces deux points de vue, la courroie en caoutchouc avait, à section égale, une résistance à la traction plus grande que celle en cuir. Comme dernier avantage, il faut citer la différence du prix de ces deux articles. Une courroie en caoutchouc, de même largeur et de même épaisseur qu’une courroie en cuir, donne un rabais de 7 pour 400 environ sur celleœi, le diamètre des poulies étant relativement petit; si, au contraire, celui-ci augmente, la différence de prix est bien plus sensible et s’élève jusqu’à 20 pour 100. Cet accroissement rapide qui se fait sentir dans le bénéfice s’explique parfaitement, si l’on songe que la progression des dimensions de la courroie en caoutchouc n’entraîne pas à une augmentation proportionnée dans le prix de la main-d’œuvre, ainsi que cela a lieu pour le cuir.
- Il nous reâte à indiquer que ces courroies se font avec le caoutchouc à l’intérieur quand elles doivent marcher droites, et à l’extérieur lorsqu’elles sont croisées.
- Pour arriver au degré de perfection que l’on a obtenu aujourd’hui dans la fabrication de ces courroies, on a fait bien des essais et bien des changements. Au début, elles étaient confectionnées d’une manière défectueuse : la vulcanisation en chaudière, c’est-à-dire sous l’influence directe de la vapeur d’eau, laissait beaucoup à désirer. Cette façon d’opérer donnait naissance à de graves inconvénients, dont le résultat était que la pression tendait à faire pénétrer la vapeur dans l’intérieur de la courroie et empêchait l’adhérence des toiles, sur lesquelles le caoutchouc se collait imparfaitement. Mais le procédé actuel, de vulcanisation par la vapeur sèche, a tout changé, et les diverses parties de la courroie ne forment plus qu’un seul corps homogène.
- On peut voir, à l’Exposition, un échantillon de ces courroies, en examinant la vitrine de M. E. Pavoux et Cie, à la section belge, et au moteur de la première section (galerie des machines françaises) de MM. Lecomte et Villette, classe 58, groupe VI. Un autre échantillon d’une longueur de 60 mètres est visible à la section belge, classe 47.
- La chapelle est la propriété des religieux dominicains, qui y ont ajouté un cloître et de spacieux bâtiments.
- STATISTIQUE.
- Tableau du commerce intérieur de la France.
- La commission des valeurs, instituée auprès du Ministère du commerce pour établir les prix moyens de chaque marchandise destinés à figurer dans le tableau du commerce extérieur de la France publié chaque année depuis J 820 par l’administration des douanes, vient de faire un relevé comparatif du prix réel des principaux objets de consommation exportés en 1826 avec le prix de ces mêmes objets en 1877, c’est-à-dire aux deux extrémités d’une période de cinquante ans.
- A l’exception des tissus non confectionnés, qui présentent une diminution de prix de moitié et même des deux tiers dans certains produits (le mérinos, par exemple, qui valait 47 francs le kilogramme en 1826 et 15,70 en 1877), l’augmentation de toutes les marchandises est accusée dans ce tableau d’une façon saisissante.
- C’est ainsi que le prix de la viande sur pied s’est élevé dans la proportion de 2 à 5. Le prix des fromages, qui était en 1826 de 70 c. le kilog., est en 1877 de 1,55 c.; celui des œufs a passé de 80 c. le kil. à 1,40. Le prix du beurre frais était de 1,50 le kil. en 1826, il était en 1877 de 3,10. Pour le beurre salé, l’écart est de 1,35 à 2,45. Les légumes secs et leurs farines coûtaient, en 1826,25 c. le kil.,ils valaient, en 1877,38 c.; les fruits de table : 22 c. en 1826, et 60 c. en 1877.
- Quant aux boissons, voici quelques-uns des prix comparés aux deux époques : vins ordinaires de la Gironde en 1826, 64 francs l’hectolitre, en 187.7 83 fr.; autres vins ordinaires : 20 fr. en 1826, et 40 fr. en 1877. Eaux-de-vie (alcool pur) : 90 fr. l’hectolitre en 1826, 220 fr. en 1877.
- Les objets manufacturés présentent aussi une augmentation notable, indice de l’élévation des prix de main-d’œuvre. Les gants passent de 40 fr. à 152 fr. le kil.; les chaussures, de 24 à 32 fr.; les fournitures d’horlogerie, de 20 à 40 fr.; les bronzes, de 10 à 30 fr.; la tabletterie, de 9 à 27 fr.; les pièces
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- de lingerie cousue, de 20 à 42 fr.; et les habillements, de 20 à 31 francs.
- Population indienne d'Amérique.
- On se demande souvent ce que sont en train de devenir les populations aborigènes de l’Amérique du nord. Le dernier rapport qui vient d’être adressé au ministère des Indiens (Indian office) répond à cette question. En 1877, sur 278.000 Indiens (non compris ceux d’Alaska), il y en avait 113.000 qui portaient le vêtement européen.
- Les Indiens habitaient 22. J 99maisons,dont
- I. 103 avaient été bâties l’année précédente.
- Il existe 330 écoles sur les terres réservées
- aux aborigènes, avec 437 professeurs et
- II. 515 élèves. L’année dernière, l’entretien de ces écoles a coûté 337.379 dollars. Le nombre des Indiens capables de lire, est de 40.397. L’année dernière, les Indiens ont produit 6 millions de boisseaux de grains divers : blé, orge, avoine, sur une superficie de 202.550 acres de terre. Us possèdent un total de près d’un million de moutons, bœufs et porcs.
- Les développements de l’ivrognerie.
- Il nous arrive d’Angleterre et d’Allemagne des renseignements statistiques assez curieux sur l’ivrognerie.
- D’un rapport parlementaire distribué à la chambre des communes et rédigé d’après les rapports de la police, il résulte que l'ivresse est plus fréquente dans le nord que dans le sud de l’Angleterre, bien que les cabarets soient plus nombreux au sud. Dans le sud et le sud-est, les cas d’ivresse atteignent la proportion de 15 à 23 p. 100 de la population, et, si l’on ne tient compte que des villes, 41 p. 100. Dans le nord, la proportion est de 72 p. 100, et ‘dans les villes seulement, 150 p. 100. Ce chiffre anormal s'explique facilement si l’on songe que, comme les figurants au théâtre, les ivrognes paraissent plus d’une fois sur la scène.
- D’autre part, une feuille spéciale, la Correspondance économique, signalant les progrès de l’ivrognerie en Allemagne, dit notamment qu’à Osnabrück, la consommation de l’eau-de-vie, qui avait été en 1872 de 287.000 litres, chiffres ronds, s’est élevée à 313.000 litres en 1873, à 384.000 en 1874, à
- Grattoir à fumée perfectionné, de M. J. Daulton.
- M. Daulton, est concessionnaire d’um grattoir breveté, d’un système particulier, spécialement destiné au nettoyage des tubes de chaudières tubulaires. Ce grattoir se compose d’une douille sur laquelle s’articulent des ressorts et des limes : la douille est munie d’une coulisse qui sert à faire manœuvrer un petit disque formant coin sur les ressorts. Les limes sont au nombre de trois; elles sont tournées, cylindriques sur la moitié de leur longueur et au diamètre du tube à gratter. Les ressorts sont placés sous les limes et donnent, par l’intermédiaire du disque, la tension nécessaire aux lames. Une tige à poignée est fixée au système, et permet de changer la position des limes pour assurer le grattage de toute la surface du tube. Le grattage est très-rapide, et la construction de l’outil évite d’une manière certaine la détérioration des tubes: c’est là un point très-important.
- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Nouvelle machine à tirer à poil en travers, de MM. F. Delamare et Chandelier.
- La machine à tirer à poil en travers de MM. F. Delamare et Chandelier est une nouvelle application des chardons métalliques au grattage des tissus : ce dernier est tendu entre deux rouleaux, et animé d’un mouvement de translation. Sur la partie tendue du tissu, et en contact avec lui, est un rouleau garni de pointes de cardes, formant chardon, et tournant autour de son axe dans un sens perpendiculaire à celui du mouvement de translation du tissu. Dans ces conditions il est évident que le rouleau va tirer à poil le tissu suivant la génératrice de contact. Il suffit donc de donner au rouleau, en même temps que son mouvement de rotation autour de son axe, un mouvement de va-et-vient dans le sens horizontal et perpendiculairement au sens du.mouvement du tissu, et on çonçoil que la génératrice de contact se déplaçant de toute l’étendue du mouvement de va-et-vient, le tirage à poil* sera effectué sur toute celle surface.
- Que l’on réunisse par la pensée plusieurs éléments semblables juxta-posés de façon à ce que le travail couvre toute la largeur de l’étoffe à tirer à poil, et l’on aura la machine de MM. F. Delamare et Chandelier.
- Le principe de la machine étant ainsi donné il nous reste à décrire l’appareil (fig. 8o) : sur un bâti solidement établi sont posés une série de rouleaux abedefg h sur lesquels glisse le tissu T, attiré dans le sens des flèches par le rouleau h garni de cardes et qui tourne par le mouvement de la machine. Afin que le tissu demeure tendu, il est retenu en sens inverse par le rouleau b également garni de cardes, en sens contraire du rouleau h, et qu’il est obligé d’entraîner dans son mouvement : un frein rend plus ou moins dur
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- l’entraînement de ce cylindre et tend, par conséquent, plus ou moins le tissu.
- Les appareils travailleurs C, C’ s’appliquent sur le tissu dans les parties tendues comprises entre les cylindres g et /”, et c et d. On voit que le travail est double, afin de donner progressivement deux tirages à poil successifs dans deux sens différents suivant le mode d’enroulement des chardons, appartenant aux mêmes axes.
- Tous ces chardons, ainsi que leurs nettoyeurs, sont portés sur un cadre mobile dans le sens horizontal, par un mouvement de va-et-vient qui entraîne les chardons.
- Pour imprimer aux chardons et à leurs nettoyeurs d, placés au-dessous, les mouvements de rotation convenables, un arbre qui participe au mouvement de va-et-vient du cadre, auquel il est lié par les buttoirs, est relié à chacun
- Fig. 85.
- des arbres des chardons C G’ au moyen d’une paire de pignons droits et d’une paire de pignons d’angle.
- L’arbre g lui-même, qui est carré dans sa section à l’extrémité de la machine, glisse horizontalement dans le noyau également carré de la poulie dont il reçoit, néanmoins, le mouvement de rotation.
- Les nettoyeurs reçoivent leur propre mouvement des travailleurs par deux roues droites.
- Tel est l’appareil que M. Quesnel a récemment présenté à la Société industrielle de Rouen : la Commission l’a vu fonctionner et il lui a paru que ses produits réunissaient toutes les conditions requises pour un bon tirage à poil. Le travail est suffisamment régulier dans toutes les parties du tissu et ne fatigue pas l’étoffe. Il serait difficile d’indiquer exactement les vitesses imprimées aux différents éléments de l’appareil, ces vitesses devant varier avec la nature plus ou moins intense du tirage à poil que l’on veut obtenir; toutefois on peut se baser, comme production de la machine, sur une vitesse de sortie du tissu variant entre 6 et 9 mètres par minute.
- 474.000 en 1875, et à 481.000 en 1876, soit 16 litres en moyenne par tête d’habitant.
- Les voyageurs des voitures publiques en 1878.
- Aujourd’hui que l’Exposition est terminée, il n’est pas sans intérêt de mesurer l'étendue de ce succès par le mouvement des voitures publiques, comparativement à celle de 1867.
- Pour ne nous occuper que de la Compagnie ayant le privilège du transport en commun des voyageurs dans Paris, voici les différences qui peuvent être relevées.
- En 1867, la Compagnie eut, au maximum, 840 véhicules, dont 753 voitures-omnibus et 31 voitures-tramways (pour la voie ferrée de Boulogne-Sèvres).
- Aujourd'hui la Compagnie en a 961 en circulation, dont 659 omnibus et 294 voitures-tramways, ce qui correspond comme contenance, à plus de onze cents véhicules du type de 1867.
- En 1867 elle transporta 122 millions de voyageurs.
- En 1878, elle en aura transporté 180 millions. Lors de l’Exposition de 1867, il y avait dans Paris une population presque égale à celle d’aujourd’hui (environ un neuvième de différence), mais il n’existait ni tramways nord* et sud, ni cette flotte de bateaux sillonnant aujourd’hui la Seine.
- D'où l’on peut conclure que le mouvement de la capitale est presque double cette année de celui de l’Exposition précédente.
- Les mines de la province de Murcie.
- La province de Murcie est certainement une de celles où l’industrie minière a pris le plus de développement, particulièrement dans les communes de Carthagène, l’Union Lurca, Aguilas, Murcie, etc.
- Il y a en exploitation dans cette province : 7 mines d’alun, 8 de cuivre, 44 de soufre, 49 de zinc, 413 de fer et 625 de plomb.
- Il y a, en outre, à l’étude ou non exploit tées actuellement : 3 mines d’antimoine, 7 de sel, 7 d’argent, 9 de houille, 10 de manganèse, 20 d’alun, 25 de zinc et 559 de fer.
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- La fréquentation des écoles, en Angleterre.
- En Angleterre, un rapport, publié par le bureau d’éducation montre que les résultats de la fréquentation des écoles d’art industriel sont très-favorables, pour l’ensemble du Royaume-Uni. Cette fréquentation augmente d’année en année. L’an dernier, le nombre des élèves s’est élevé, d’après le rapport, à 681.367, soit 81.199 ou 13 1/2 p. 100 de plus que pendant l’année précédente.
- Les musées industriels, à Londres, Dublin et Edimbourg ont été, pendant la même période, visités par 2 millions 1/2 de personnes.
- Les dépenses du bureau d’éducation pour cette branche spéciale, se sont élevées à 276.416 liv. st.
- Les grandes catastrophes maritimes.
- La catastrophe de la Princesse-Alice ramène douloureusement l’attention publique sur la question des abordages. Très-rares sur les fleuves et les rivières, les collisions sont, sur mer, plus fréquentes qu’on ne pourrait le croire, ainsi qu’il résulte du tableau ci-dessous que nous empruntons à la statistique
- du Lloyd •*
- Collisions. Navires avariés. Coulés.
- 1867. . 2.062 1.200 185
- 1868. . 1.923 1.117 169
- 1869. . 2.185 • 1.343 157
- 1870. . 2.290 1.365 176
- 1871.. . 2.561 1.187 167
- Total. . 11.021 5 412 854
- VARIÉTÉS.
- Le nouveau marché aux fourrages.
- Situé dans le dix-neuvième arrondissement, place du Danube, en face du marché aux chevaux, il est ouvert au public tous les jours. De même que ce dernier, le nouvel établissement a été fondé par une société anonyme, au capital de 3.500.000 francs.
- Il se compose d’un grand plateau central, mesurant 14.000 mètres, et de deux plateaux latéraux, mesurant ensemble 10.000 mètres carrés.
- Ce marché, d’une superficie totale de 24.000 mètres, est couvert en partie ; il est situé à
- L'exposition du papier.
- Une exposition universelle spéciale des fabriques de papier comprenant les machines, les matières premières employées dans cette industrie et les produits manufacturés, vient d’avoir lieu à Berlin. Cette exposition a été très-attrayante, tant par son étendue que par la nouveauté et la variété des objets exposés.
- Ce n’est pas sans intérêt que nos lecteurs apprendront que dans le catalogue de cette exposition, les États-Unis figurent en tête des nations chez lesquelles la consommation du papier est la plus grande.
- Nous extrayons de ce catalogue le tableau suivant :
- Nations. Population. Kilogr. consommés. Kilogr. par habitant
- Etats-Unis , 39.000.000 535.000.000 14.0
- Allemagne 43.000 000 244.000.000 6.0
- Angleterre. ....... 33.000.000 168.000 000 5.0
- France 37.000.000 138.000.000 3.6
- Autriche-Hongrie 36.000.000 92.000 000 2 5
- Russie 72.000.000 67.000.000 0.9
- Italie 28.000.000 38.000.000 1.4
- Etats Scandinaves 6.000.000 3.000 000 0.5
- Belgique. 5.500.000 27.000.000 5.1
- Hollande 2.500.000 17.000.000 6.3
- [Polytechnic Review.)
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Pierre de taille de Saint-Même, de MM. F. Ponsardin et Cie.
- La pierre de Saint-Même est tendre, des plus faciles à scier et à tailler; cependant elle tient lieu de pierre dure dans la plupart des cas, car seule elle suffit à tous les ouvrages autres que dallages et escaliers, dans la construction des maisons, édifices publics et travaux hydrauliques.
- Elle est homogène, d’un joli aspect. Sa résistance est de 68 kilogrammes par centimètre carré (expériences de M. Michelet). La grande puissance de ses bancs, dont quelques-uns ont 5 mètres 50 centimètres, et dont l’ensemble est de près de 40 mètres, permet de faire les plus fortes assises et des monolithes aussi gros qu’on les peut transporter, de plus de 4 mètres de hauteur, comme l’échantillon admis h l’Exposition universelle de Paris.
- Cette pierre n’est ni gélive ni salpêtreuse ; durcissant après emploi, elle résiste parfaitement à l’eau salée dans les travaux à la mer.
- Les ponts et écluses sur la Charente et ses affluents, les villes et les campagnes du pays voisin, les travaux du chemin de fer d’Angoulême h la Roche-sur-Yon, ceux des ports de Rochefort, Royan, la Rochelle, etc., en sont construits.
- L’exploitation de MM. F. Ponsardin et Cie commença en 1860, alors que divers petits chantiers fournissaient aux travaux locaux 4.000 mètres cubes
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- par an. Aujourd’hui que MM. Ponsardin et Cie ont étendu le débit, il atteint et peut dépasser de beaucoup 16.000 mètres. C’est que la pierre de Saint-Même est procurée par eux sur le littoral de l’Océan, de Bayonne à Lorient, et dans les villes du Midi, telles que Auch, Mont-de-Marsan, etc.
- La pierre de Saint-Même est vendue, en blocs de dimensions ordinaires, 20 francs le mètre cube sur wagon, en gare de Saint-Même. Les blocs de grandes dimensions et de sujétion sont vendus en raison de la difficulté des commandes, que l’on doit adresser à M. Garlandat, ingénieur à Paris, représentant de MM. Ponsardin et Gie.
- Agrafes ou crochets à ailettes apparentes en fil métallique applicables aux couvertures en bâtiments, sur bois ou fer,
- Système Geoffroy, de Troyes.
- Il n’est point nécessaire de rappeler les avantages immenses retirés de l’application des crochets ou agrafes aux couvertures en bâtiment.
- Mais il est de nécessité absolue de signaler l’inconvénient grave résultant de l’emploi de ces divers systèmes, variant à l'infini comme forme, mais n’apportant aucune amélioration à la partie essentielle.
- Cet inconvénient est très-onéreux et d’autant plus sérieux que, dès l’année 1867, la Commission de couverture déléguée lors de l’Exposition universelle le signala dans son rapport.
- Vu l’impossibilité complète d’établir un point d’appui, quelque minime qu’il soit, sur ces fils plats ou cylindriques, la pénétration du talon de ces divers crochets à travers l’ardoise inférieure, son seul appui, est certaine, à la moindre pression. De plus, la rupture de celle qu’il agrafe est inévitable quand, par son épaisseur, celte dernière l’oblige à s’élever entre la rainure formée par les deux ardoises entre lesquelles il est placé.
- Exécution onéreuse, non-seulement pour l’entrepreneur chargé de la mise en place première, où il y a toujours nécessité absolue de repasser quantité de fois sur la presque totalité des parties terminées, mais encore pour le propriétaire à l’époque des réparations dues, soit à la chute d’un corps étranger, soit à l’époque de changements apportés à la couverture, ou à la création d’ouvertures nouvelles.
- Par sa construction, l’emploi de ce nouveau crochet fait disparaître cette défectuosité dispendieuse, car, à l’inverse des précédents systèmes, il permet l’application d’échelles, de planches ou de tout autre corps faisant poids quel qu’il soit; rend les ardoises solidaires, formant un tout homogène résistant à toute pression. Retirer ces ardoises est de toute simplicité, il n’est nul besoin, comme précédemment, de tordre le crochet qui quelquefois casse et toujours est déformé : il suffit d’appuyer sur la base de l’ardoise en la remontant légèrement, et, pour la remettre en place, lui imprimer le mouvement inverse.
- La latitude entre les deux agrafes verticales de chacune de ces ardoises étant d’un centimètre, il y a facilité pour le travail d’enlèvement et de repose, et solidité, car les ardoises, reposant sur le crochet inférieur, sont en même temps pressées par le rang d’agrafes horizontales; de plus, les ailettes, ou parties apparentes de l’agrafe, étant doublées et arrondies, suppriment pour l’ouvrier les inconvénients très-sérieux d’un crochet formé d’un seul fil coupé soit à la pince, soit au découpoir.
- proximité du marché aux bestiaux, de la gare de LaVillette et du canal.
- Les fourrages qui y seront amenés ne devront point acquitter les droits à l’entrée de Paris ; l’administration de l’octroi se bornera à en demander la consignation, et les restituera le jour même du marché, dans le cas où les fourrages n’auront point été vendus pour la consommation locale.
- Le commerce des fourrages ne subira donc aucune entrave; il trouvera, au contraire, dans le nouveau marché, situé sur le territoire de Paris, des avantages que ne peuvent lui offrir les divers petits marchés des communes suburbaines.
- Le conseil d’administration de la Société est disposé à récompenser les marchands qui, pendant le premier trimestre, auront amené le plus de fourrages et contribué ainsi à la prospérité du marché, soit en leur offrant, comme dans les comices agricoles, des objets d’art, soit en leur donnant droit, pour le trimestre suivant, à un certain nombre d’entrées gratuites.
- Voici le tarif des droits arrêtés par la préfecture de la Seine :
- Objets soumis aux droits :
- Charrettes de foin (par 100 bottes). . 0,50
- Charrettes de paille de toutes espèces
- (par 100 bottes)................0,40
- Charrettes de fourrages verts, trèfles,
- luzerne, regains, etc...........0,60
- Avoine, orge, issues (par hectol.). . 0,10
- Racines, betteraves, carottes, menus
- grains. . ..........................0,10
- Remisage d’un marché à l’autre (soit sous les abris, soit au dehors) par nuit et voiture..................0,10
- Encore le phylloxéra.
- On écrit de Narbonne, au Messager du Midi, qu’en présence de l’invasion phylloxérique qui menace le département de l’Aude, la compagnie des chemins de fer du Midi a fait étudier la question de la submersion automnale ou hivernale par ses ingénieurs, et un travail a été publié à ce sujet par M. l’ingénieur Moffre, directeur des canaux.
- Ce travail est complet. Il divise les terrains susceptibles d’être submergés par les eaux du canal, en trois zones.
- La première, de Trèbes à Béziers et à Sal-lèles ; la seconde, de Béziers à Agde et aux Ouglous, qui s’étend du^anal du Midi à la mer; la troisième, formée par la commune de
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- Narbonne, et qui borde les deux rives de la Robine.
- Dans cette dernière zone, les terrains submersibles comprennent 2.331 hectares, dont 500 actuellement en vignes.
- Un singulier concours de pêche à la ligne.
- Un grand concours vient d’avoir lieu à Chièvres (Hainaut).
- Le succès de ce concours a été énorme.
- Plus de deux cents concurrents, rangés de cinq en cinq mètres sur les bords du canal, d’Ath à Blatou, ont pris part à cette lutte éminemment pacifique.
- La supériorité des amateurs Montois a été proclamée à l'unanimité.
- Le lauréat du concours porte un nom prédestiné : il s’appelle M. Barbant. Les pêcheurs parisiens devraient organiser un concours de ce genre.
- Ce système d’agrafes, à côtes cintrées formant collier, réunit.tous les avantages indispensables aux couvertures métalliques, consistant dans le maintien de la réunion des côtes principales et de jonction des ardoises en tôle ou zinc: la dilatation reste libre, et l’on obtient un enlèvement et un remplacement prompt et facile. Enfin l’on peut, sans déformation ni perte, faire tous changements ou modifications qui pourraient être jugées nécessaires à la couverture, en lui conservant son caractère de solidité primitif.
- L’agrafe à ailette simple se place entre les cannelures de l’ardoise, elle remplit le même but que l’agrafe à côtes cintrées : elle laisse h l’ardoise la même dilatation libre, la même facilité d’enlèvement et de réemploi.
- Il en est de même pour les tôles peintes, vernies, etc., etc., ou zinc en lames ordinaires. Le résultat obtenu est le même que celui ci-dessus : rapidité à la mise en place première, à l’enlèvement même partiel ainsi qu’à la repose; dilatation libre, et ce, sans porter préjudice à la solidité, et sans déformation même aux pièces voisines, ce que les différents systèmes employés jusqu’à ce jour ne pouvaient permettre.
- Cette agrafe peut également être appliquée à l’ardoise, l’ailette, quoique simple, la recouvre suffisamment à sa base pour résister à toute pression, et par sa forme.allongée, repose sur les quatre ardoises à leur point de réunion centrale. Pour l’ardoise, le fil est cylindrique sur toutes ses parties; pour le zinc ou autre métal, il est plat à sa partie invisible.
- Cours public et gratuit d astronomie populaire,
- par M. Joseph Vinot.
- Les travaux d'agrandissement de l’Ecole de médecine ne permettant pas de donner l'amphithéâtre de la Faculté à M. Joseph Vinot, pour y faire la septième année de son cours, celui-ci, avec une énergie que nous ne saurions trop approuver, vient de s’assurer la location de la salle des Ecoles, 3, rue d’Arras, près du Collège de France et de l’Ecole polytechnique. Sans aucun doute, les nombreux auditeurs des six dernières années s’empresseront de l’y suivre et la population si studieuse des quartiers des Ecoles, viendra grossir ce nombre. Ce cours s’est ouvert dimanche, 3 novembre dernier, à une heure très-précise, pour se continuer les dimanches suivants à la même heure jusqu’à Pâques, et le premier dimanche de chaque mois pendant le reste de l’année.
- Sur ce qu'aurait pu coûter le percement de l'isthme de Darien, par un canal de niveau, sans écluses et sans tunnels, s'il avait été possible,
- par M. Virlet d’Aoust.
- Il est malheureux, dit M. Virlet d'Aoust, que le grand projet du percement de l’isthme de Darien, quoique intéressant le monde entier, et bien que depuis la découverte de l’Amérique on n’ait cessé de s’en préoccuper, n’ait encore abouti jusqu’ici, malgré le grand nombre de projets dont il a été l’objet, qu’à des résultats à peu près négatifs. Il a cherché lui-même, pour la plupart d’entre eux, à démontrer l’impossibilité de leur réalisation, dans les conditions de facilités et de rapidité de communications, que le grand développement des relations commerciales de notre globe réclame aujourd’hui, c’est-à-dire, à l’aide d’un canal de niveau sans écluses et sans tunnels, pouvant éviter tout transbordement des marchandises, et permettant aux navires de toutes dimensions et de tout tonnage de pouvoir y circuler sans rompre charge.
- Déjà, en effet, dan»une note faisant partie de ses Observations sur le système des montagnes d’Anahuac ou de l'Amérique centrale, insérée à la page 250 du Bulletin de la Société de géographie, de Paris, pour 1877, Fauteur démontrait par un résumé de calcul, que les dépenses du percement de l’isthme Darien, par le seuil de Paga-Cacarica (avant-projet de MM. Gogorza et La-charme, qu on supposait alors ne s’élever qu’à 58 mètres au dessus du niveau de la mer, atteindraient à la somme ronde de deux milliards cinq cent millions de francs. Cependant, il ne faisait entrer en ligne de compte, ni les grands travaux que ce percement aurait nécessairement exigés à sa suite, ni l’augmentation probable du prix de revient des déblais, adopté comme
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- moyenne, ce qui aurait pu doubler et même tripler les dépenses : il en concluait naturellement à l’impossibilité de l’entreprise par une simple Société industrielle. Or, depuis que cette note succincte a paru, il a été démontré par les travaux de la première expédition scientifique, dirigée par M. Wyse, que le seuil de Paya-Cacarica atteint à 140 mètres d’altitude, ce qui rend encore bien plus évidemment impossible l’établissement d’un canal de niveau sur ce point, ce que, d’ailleurs, les travaux antérieurs du commandant américain Selfridge avaient déjà démontré.
- On a bien fait à M. Virlet d’Aoust quelques objections au sujet de ses calculs, mais tout à fait sans importance : celle, par exemple, de prétendre que n’ayant pas visité la localité, il ne pouvait avoir la compétence nécessaire pour traiter convenablement de la question. Comme si un ingénieur ne pouvait pas toujours résoudre par le calcul, un problème dont les données lui sont connues. Puis enfin, qu’il avait supposé une trop grande largeur à donner au canal, cent mètres, qui paraissent indispensables, pour une communication maritime de cette importance, pouvant être appelée à donner passage à des flottes entières.
- L’auteur a cru alors devoir reprendre la question, en adoptant cette fois les données de M. de Puydt, par le seuil de Paya-Tanela, en supposant les données fournies par cet ingénieur comme réelles, savoir : 46 mètres d’altitude pour son seuil, avec une largeur du canal de 60 mètres sur une longueur canalisable de 88.000 mètres. Dans ces conditions, le calcul fournit encore, pour les déblais formés, un cube de 278.800.000 mètres qui, à raison de o francs ou, ce qui paraît plus probable, de 10 francs par mètre cube, pro-' duiraient, selon que l’on adopte l’un ou l’autre de ces chiffres pour base des calculs, des dépenses de 1.384.000.000 de francs, ou de 2.768.000.000 de francs.
- Là, cependant, ne se borneraient pas les dépenses qui seraient certainement de beaucoup augmentées par les autres travaux nécessités par les conditions de l’entreprise. Mais l’altitude du col de Paya-Tanela, paraissant s’élever aussi, à au moins 146 mètres, son percement, par un canal de niveau, peut être également regardé comme impossible par cet autre point de l’isthme du Darien.
- Les mêmes calculs appliqués à l'Isthme de Panama, proprement dit, dont la largeur n’est cependant que de 65 kilomètres, mais dont le point de partage des eaux s’élève à 80 mètres au-dessus du niveau des deux mers, donnent pour son percement en tranchée à la largeur de 100 mètres, un cube de déblais d’au moins 471.210.500 mètres, dont l’enlèvement seul atteindrait, par conséquent, à une dépense presque double de celle déjà si considérable, précédemment indiquée, pour le projet de M. de Puydt.
- Après avoir examiné ensuite les autres points du Darien, dont on s’est également occupé, et notamment celui correspondant à la baie de San-Blas, lequel n’atteint pas à 50 kilomètres de largeur (c’est,*en effet, la partie la plus étroite de tout l’isthme de Panama), et avoir reconnu que, par suite de la trop grande hauteur des montagnes qui y séparent les deux mers, l’établissement d’un canal de niveau y était encore impossible ; qu’il en est de même pour l’isthme aussi très étroit du Véragua, à cause de la très haute chaîne du Chiriqui, et qu’enfm celui de Téhuantépec, dont le point de partage des eaux s’élevant à 493 mètres ne peut pas non plus donner lieu à un canal de niveau, M. Virlet d’Aoust croit devoir terminer cette revue, en ajoutant qu’il est regrettable que l’attention publique ne se soit pas encore portée sur la dépression qui existe entre les Etats de Véragua et de Costa-Rica, car,
- BREVETS D’INVENTION.
- 121910 — Baville. Machine continue à ta-„ rauder.
- 121911 — Pechineyet Cie. Transformation du sulfate de soude hydraté en sulfate anhydre ou Thenardite.
- 121912 — Collin et Lenicque. Réduction des produits dérivés de l’aniline.
- 121914 — Kerr. Matières céramiques appli-cablès aux isolateurs.
- 121915 — Schülke. Compteur à gaz.
- 121916 — Darby. Appareils de culture.
- 121917 — Montvpet. Vaporisateur instantané.
- 121920 — Reynolds. Séchoir pour fruits.
- 121921 — Roberts. Appareils producteurs du froid.
- 121922 — Maxwell-Lyte. Fabrication de la céruse.
- 121923 — Pope. Contre le desserrage des écrous.
- 121924 — Cordier. Fabrication du fer chimiquement pur.
- 121925 — Cie du, Celluloïd. Meule§ d’émeri.
- 121926 — Kindtrmann. Machine à gaz à deux pistons.
- 121927 — Grare. Moteur perpétuel.
- 121928 — Lhèritier. Appareil d’arrêt des locomotives.
- 121929 — Groux. Niveau d’eau.
- 121930 — Richardson. Affilage des limes.
- 121931 — Reytier- Pumqniaud,. Boutons de manchettes.
- 121932 — Société N. et J. Bloch. Manutentions et lavage des betteraves et charbons.
- 121933 — Purrey. Traitement des résidus du salpêtre.
- 121934 — Girard. Attache des talons.
- 121935 — Princhette. Coup de poing à nécessaire.
- 121936 — Macbrair. Glaçage, encollage et coloration des étiquettes.
- 121937 — Ludlow. Ressorts et essieux.
- 121938 — Durier. Garde-champêtre, pour métiers à tisser.
- 121939 — Gros. Traitement des marcs d’olives.
- 121940 — Ducharme. Boites à conserves sans soudure. . #
- 121941 — Bruneaux et Terrier. Block-cartes pour communication entre le visiteur et le visité absent.
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- 121942 — Lelond et Vidou. Brûloir de café.
- 121943 — Bouton. Méthode d’écriture gothique.
- 121944 — Jones. Attaches pour cravates, écharpes, etc.
- 121945 — Prosser et Moore. Lampes et appareils applicables à la lumière électrique.
- 121946 — Bozérian. Appareil à douches.
- 121947 — Lespinasse. Fourneau étoilé.
- 121948 — Dron. Perforateur rotatif.
- 121949 — Hertzog. Batteuse-chargeuse automatique pour machine à sécher la laine.
- 121950 — Cicile-Larbre. Machine à rincer les bouteilles avec des perles en cristal.
- 121951 — Noël. Montre à secondes indépendantes, dite : montre tachymètre, système Noël.
- 121952 — Société de la Corderie Mécanique de la Commission des Ardoisières d’Angers. Couture des câbles plats en fils métalliques ou autres,
- 121953 — Bachet. Saccharification des matières amylacées ou féculentes, par l’eau, la chaleur et le gluten.
- 121954 — Morin. Planétaire.
- 121955 — Scrépel - Chrétien. Procédé pour produire sur Mull-Jenny un fil de laine autour duquel s’enroule un fil de toute autre matière.
- 121956 — Société dite : Sewing Machine Company of Watertown. Machines à coudre.
- 121957 — Burdallet. Balayeuse mécanique.
- 121958 — De Vriendt. Joint pour rails, poutrelles, etc.
- 121959 — Schich. Raccord pour tuyaux flexibles.
- 121960 — Collet, Ribourt et Giraldon. Vaporisateur siphoïde.
- 121961 — Hayem aîné. Coiffes de chapeaux en celluloïd.
- 121962 — Collineauet Savigny. Vert liquide végétal inoflensif pour la coloration des condiments.
- 121963 — Chaine. Couseuse électrique.
- 121964 — Hall. Outils à aléser.
- 121965 — Walcher. Avertisseur pour communications téléphoniques.
- 121966 — Ray. Composés de kérite,. employés comme succédanés du caoutchouc.
- comme il l’a déjà fait connaître, cette dépression qui se compose de plaines fertiles et salubres, paraissant très peu élevées, n’a guère que 120 à 130 kilomètres de largeur entre deux .excellents golfes, celui de Boca del Toro sur l’Atlantique, et celui de Dulcè sur le Pacifique.
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET .NAVIGATION.
- Propulseur poui' la navigation dans l'air et dans l'eau, de M. Braconnier,
- à l'Exposition.
- On ne trouve au Champ-de-Mars qu’un seul exposant présentant un projet de navigation aérienne, et encore il a fait passer son invention sous le couvert d’un autre appareil destiné à la propulsion dans l’eau, de façon qu’on l’a placé au bord de l’eau dans le bâtiment de la navigation.
- Le propulseur de M. Braconnier, proposé pour la navigation dans l’air et dans l’eau, est une roue portant des aubes tournant autour de leurs rayons et ressemble à un moulin à vent dont les ailes tourneraient autour des bras du moulin. On voit que cela n’est pas bien neuf. On peut ajouter que la rotation des aubes autour des bras du moulin est absolument inutile dans la navigation aquatique et fort peu efficace dans la navigation aérienne.
- Si le jury s’est montré sévère avec les inventeurs de direction des ballons, ils se sont rattrapés en se réunissant h l’exposition collective ouvrière qui constitue en quelque sorte leur salon des refusés.
- A l’exposition du premier, ils n’ont pas envoyé des modèles, mais seulement des dessins avec un texte explicatif.
- Voici leurs noms : M. Roussel, concierge, montre un appareil qui doit être mû par des ailes à clapets. M. Dubois, propose des rames aériennes. M. Clément Aude, une hélice à l’avant et l’autre à l’arrière. M. Fayol une sorte de chenille aérienne contenant quarante mécaniciens refoulant de l’air en arrière, M. Camille Vert son poisson volant, M. Poilvülain un système assez compliqué, M. Courtois des turbinelles, et M. Béjot, un tableau manuscrit.
- Tout cela est bien faible sans doute, mais on ne peut pas juger par là de l’étal de l’aéronautique. On aurait pu montrer beaucoup mieux, mais pour le public incompétent, des modèles qui ne donnent pas encore des résultats pratiques, sont plutôt nuisibles qu’utiles et on a bien fait de s’abstenir.
- Sur les canaux de l'Obi et de l'Yénisseï, par M. Sidoroff.
- Dans la séance du 1er octobre de la Société de protection de la navigation russe, M. Sidoroff a lu un rapport sur le canal à construire entre la bouche de Baïdaratsk et l’Obi et entre les bouches de l’Obi et le Yénisseï. Sur la demande de la Société, le Ministère des voies de communication a consenti à la for-
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- mation d’une expédition spéciale, qui se rendra sur les lieux et sera appelée à se prononcer sur les voies et moyens de la construction de ce canal ; 5.000 roubles sont assignés dans ce but par le ministère. Cette somme étant insuffisante, la Société a accordé en outre 5.000 roubles en subside à cette expédition.
- La Société a adressé des demandes au Ministère des finances et au Gouverneur général de la Sibérie occidentale, pour obtenir que les marchands et les industriels sibériens soient invités à contribuer pour leur part à couvrir les dépenses de l’expédition projetée. La Société espère réunir ainsi la somme totale de 20.000 roubles, qui lui est nécessaire.
- M. Sidoroff a fait part de l’opinion émise par certains spécialistes sur le tracé de ce canal. Ce seraient les rivières Yadva et Tan, prenant leur source dans les lacs des toundras, qui pourraient servir à unir la bouche de Baïda-ratsk et le Yénisseï. Le cours de ces rivières est de 300 verstes, leur largeur de 50 à 60 sagènes. Elles sont libres de glaces depuis la mi juin jusqu’à la mi-septembre.
- Au dire des Samoïèdes nomades, la rivière Yooroubeï est encore plus commode pour servir à pratiquer le canal projeté. Elle sort de deux grands lacs et coule sur une distance de 250 verstes avec 50 à 60 sagènes de largeur sur 3 à 4 sagènes de profondeur. Le Youroubeï serait très-facile à unir avec la Soliaka-Retchka, qui a plusieurs bras à son embouchure, lesquels ont au moins 1 sagène de profondeur et 30 sagènes de largeur. Les bords de cette rivière sont couverts de bois et présentent ainsi des matériaux de construction abondants.
- L'Ecole d'irrigation du Lézardeau.
- Cette école est fort peu connue, et cependant elle met les élèves qui la fréquentent à même d’obtenir à leur sortie une position lucrative. Dans cette école les élèves étudient la théorie et la pratique des irrigations, du drainage et des travaux de dessèchement ; ils apprennent le nivellement et l’arpentage, et perfectionnent leur instruction primaire et agricole. En sortant de l’Ecole du Lézardeau les jeunes gens trouvent facilement à se placer, et deviennent ensuite, soit contre-maîtres, chargés spécialement des travaux d’irrigations dans de grandes exploitations, soit draineurs des départements, ou encore employés dans l’administration des ponts et chaussées. Chaque année, plusieurs des élèves qui entrent à cette école y sont envoyés, soit par les conseils généraux des départements qui leur paient leur pension, soit par de grands propriétaires qui les envoient là étudier, pour s’assurer ensuite de leur concours. C’est, en quelque sorte, une ferme-école spécialement disposée pour l’étude et la pratique de ce qui concerne les eaux. L’école du Lézardeau se trouve située dans le Finistère, près de Quimperlé.
- Les élèves y sont reçus au concours : il y a des élèves externes et des élèves internes. Ils doivent être âgés d’au moins 17 ans. Le prix de la pension pendant l’année que dure les études est de 600 francs. Les examens d’entrée pour cette année ont eu lieu à l’école, le 8 novembre.
- 121967 — Gégnon et C**. Enduit pour métaux.
- 121968 — Bong. Utilisation des sulfates alcalins au moyen des gaz réducteurs.
- 121969 — Verdu. Le scléroticotome du docteur Yerdu.
- 121970 — Peyrbrune. Boulon inviolable.
- 121971 — Perrein. Chemise à plastron fermé.
- 121972 — Bernstein. Mesureur de liquides, empêchant leur inflammation.
- 121973 — Lemne. Mastic minéral.
- 121974 — Delannoy et Lézy-Dhalluin. Fabrication du sulfate de fer.
- 121975 — Deschamps. Mécaniques d’armures
- 121976 — Bolton. Traitement des minerais.
- 121977 — Sagnes. Air surchauffé.
- 121978 — Lambert. Nettoyage des chaudières à vapeur par l’air comprimé.
- 121979 — Delion. Cadrans de pendules en celluloïd.
- 121980 — Kehvay et Thorne. Mesurage de la vitesse des navires, cours d’eau.
- 121981 — Gamain. Chromolithographie sur tissus.
- 121982 — Howig. Fabrication des bouchons.
- 121983 — Nagel et Kaemp. Construction des silos.
- 121984 — Nolf. Traitement des mattes ou métaux.
- 121985 — Bristow. Construction des chaudières.
- 121986 — Boucher et Cie. Hache-paille, hache-maïs, etc.
- 121987 — Albenois et Jeansoulin. Désagrégation de la ramie.
- 121988 — Servières. Le vote instantané.
- 121989 — Hunt. Appareils à plisser.
- 121990 — Ashury. Fers à repasser.
- 121991 — Asbury. Polissage des fers à repasser.
- 121992 — Zamore. Publicité.
- 121993 — Yost. Machines typographiques.
- 121994 — Lippmann. Talons pour la chaussure.
- 121995 — Lippmann et Pcntiggia. Moules photographiques, etc.
- 121996 — Ringo et Pasteur. Application du jeu de roulette au jeu de toupie.
- 121997 — Lehmann. Photographies binoculaires.
- 121998 — Matran. Satinette pour fleurs.
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N“47. —23 Novembre 1878. —XXXVIII'Année. £c CCI) It 01C jlj t î31C 393
- SOMMAIRE.
- Moulage des alliages de cuivre et de nickel, par M. Guillemin. — Généralités sur la fabrication des couverts, par M. Henri Bouil-het. — Sifflet d’alarme sans flotteur, de M. E. Perrotte. — Palier graisseur à hélice, de MM. Bélhouard et Brault. — Théorie et formules concernant l’action retardatrice des parois des courants liquides, par M. Boileau. — Pompe universelle à vapeur à action directe, de MM. HaytVard, Tyler et Cie. — Embrayage électrique installé à bord du Desaüz, par le commandant Trêve. — La machine parlante américaine, de M. Faber. — Chemin de fer suspendu à câbles métalliques, par M. A. Colelle. — Analyse et essai des chaux, de MM. Morize et Fontaine. — La cannelle, par M. F. Faure. — Enduits hydrofuges Muller, fabriqués par M. Salmon.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur le choix d un état au point de vue hygiénique et social,
- par M. P. Couly,
- au Trocadéro.
- Merci, tout d’abord, a dit l’orateur, pour l’honneur que vous voulez bien faire à la Société française d'hygiène, et surtout à son humble interprète de ce jour, d'assister aux conlfcrences qu’elle a cru de son devoir d’organiser.
- La Société française d'hygiène a eu à cœur de prendre sa part des luttes pacifiques ; elle a voulu témoigner de ses sentiments, de son amour pour le bien ; et, forte de son principe, forte du but humanitaire qu’elle poursuit et qu’elle serait si heureuse d'atteindre, forte enfin de l’élan mutuel qui, les guidant vers l’avenir, pousse dans les bras les unes des autres toutes les nations du globe, elle a fait appel à toute votre bienveillance, et elle se félicite de pouvoir s’entretenir quelques instants avec vous.
- Le but que poursuit la Société française d'hygiène, vous le connaissez, Mesdames et Messieurs. Nous ne tendons à rien moins qu’à augmenter de plus en plus la durée moyenne de la vie et à assurer à l’homme le complet développement de ses facultés phy-
- G ÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Moulage des alliages de cuivre et de nickel, par M. Guillemin.
- La fonte des alliages de nickel offre de sérieuses difficultés, d’autant plus grandes qu’ils sont plus riches en nickel, et ces difficultés atteignent naturellement leur maximum lorsqu'il s’agit de couler et de mouler du nickel pur.
- Ces difficultés tiennent à ce que ce métal possède au plus haut degré la déplorable propriété du rochage. On entend par là, comme on sait, la faculté qu’ont certains métaux en fusion d’absorber de l’oxygène, qui se dégage tumultueusement lors du refroidissement du bain, en produisant d'innombrables bulles qui rendent impossible l’obtention d’un métal homogène.
- Si, par exemple, l’on fond un mélange de 80 parlies de nickel pour 20 de cuivre, et qu’on refroidisse brusquement le creuset à moitié plein, le dégagement gazeux est tel que le métal se couronne d’une mousse abondante qui déborde bientôt hors du creuset, comme du lait bouillant. M. Guillemin a imaginé, pour remédier à cet inconvénient, un procédé que nous allons faire connaître à propos de la fonte et du coulage de la nickéline.
- Ainsi que nous l’avons vu, la nickéline est l’alliage de nickel le plus riche que l’on emploie actuellement dans l’industrie (1). Il est susceptible de se couler parfaitement bien et de produire des pièces qui ont tout l’éclat et les propriétés de dureté et d’inaltérabilité du nickel pur : elles sont dès-lors bien supérieures aux mêmes objets fabriqués en fer, et nickelés, car dans ce dernier cas, la couche de nickel est rapidement enlevée à toutes les places que l’usage desdits objets soumet à des frottements répétés. Dans ces conditions, la nickéline convient parfaitement à la fabrication de tous les menus objets que l’on fait, d’ordinaire, en laiton. Elle pourra aussi, dans grand nombre de cas, remplacer avec avantage la fonte malléable. Les objets fabriqués en nickéline peuvent se vendre à raison de 6 à 7 francs le kilogramme.
- La nickéline fond à 1250°, et cette température*n'est pas tellement élevée, qu’elle nécessite l’emploi d’appareils spéciaux, autres que les fourneaux et les creusets habituellement en usage pour la fusion du bronze ordinaire. On la fond donc dans un creuset brasqué, et sous une couche de charbon de bois. Pour éviter le rochage qui est également à craindre au moment du refroidissement, M. Guillemin absorbe l'oxygène dissous dans le bain métallique, au moyen d’un corps avide d’oxygène, qu’il introduit un instant avant la coulée. Le corps, dont l’inventeur a fait choix, est le sodium, et pour éviter les accidents qui ne manqueraient pas de se produire si l’on introduisait le sodium en nature, directement dans le bain, M. Guillemin s’est servi d’un procédé analogue à celui qu’il emploie pour introduire le phosphore dans le bronze phosphoreux : il fabrique préalablement un mélange de sodium et de différents autres corps qui se volatiliseront à la chaleur élevée du creuset, pour laisser le sodium agir seul et sans effets brusques
- Ce mélange, connu sous le nom d'alliage chimique, peut se couler en baguettes friables d’un aspect bronzé et verdâtre, qui peuvent se manier avec la plus grande facilité et sans le moindre danger. On en pèse la quantité
- (1) Voir le Technologiste, 3e Série, 1.1, page 361.
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- voulue que l’on ajoute, en poudre, à la surface du bain : environ 250 grammes pour 20 kilogrammes de métal, ce qui correspond, en moyenne, à 2,5 grammes de sodium par kilogramme de nickéline.
- Le sodium s’empare aussitôt de l’oxygène, et il se forme à la surface du bain une scorie protectrice qui permet de le couler en toute sécurité, et d’obtenir des pièces bien saines et sans soufflures ni bulles (1).
- Généralités sur la fabrication des couverts, par M. Henri Boüilhet.
- Avant la découverte de l’argenture électro-chimique, qui a développé d’une manière si considérable la fabrication des couverts par les procédés mécaniques, les couverts se forgeaient au marteau et s’estampaient au balancier ou au marteau dans des matrices gravées.
- Le métal, laminé à épaisseur convenable, était découpé en flans grossiers, puis forgé sur des tas carrés jusqu’à ce qu’on ait obtenu une forme approchée du couvert. On déterminait les épaisseurs et les largeurs au moyen de calibres spéciaux à chaque forme.
- Le couvert étant ainsi préparé, on le présentait ensuite sur une matrice double en acier dont les gravures représentaient le dessus et le dessous du couvert à obtenir.
- Les matrices, placées dans une boîte qui en facilitait la mise au repère, étaient placées sous un balancier, et, après plusieurs coups et plusieurs recuissons, le couvert sortait avec l’impression des ornements du modèle définitif.
- Le couvert était ensuite découpé, limé et poli.
- Pour ce travail, il fallait d’habiles ouvriers, et la production était chère et limitée. La nécessité de produire vite amena promptement l’industrie’ à se préoccuper des moyens mécaniques.
- Ce fut d’abord au laminoir qu’on demanda la préparation des flans et le finissage du couvert. Sur $es cylindres de 12 à 13 centimètres de diamètre, on gravait en creux une série de formes approchées du couvert, appelées « préparation », il fallait ordinairement deux rouleaux de préparation pour la cuiller et un rouleau de préparation pour la fourchette; on employait ensuite des rouleaux gravés portant en creux la forme définitive et les filets et ornements du modèle.
- Ces cylindres ou rouleaux étaient montés sur des cages de laminoirs en fer forgé, munies d’une double transmission par engrenage, de manière à permettre le réglage de la gravure et l’entraînement régulier du métal. Cette méthode, inventée par M. Allard, de Bruxelles, a été introduite en France,
- (1) Cet article, ainsi que ceux parus dans les nos 45 et 46, sous les titres suivants :
- La nickéline, nouvel alliage de cuivre et de nickel, par M. Guillemin;
- Fabrication des couverts en maillechort, par M. Henri Boüilhet;
- Préparation des sables, pour la fonderie de bronze, chez MM. Lehmann frères ;
- Composition de divers bronzes employés couramment, par M. Ch. Hauvel;
- Fabrication du bronze phosphoreux pour la pratique courante, par MM. Lehmann frères ;
- Fabrication des couverts en fer battu et des couverts d’étain, par M. H. Boüilhet;
- Préparation et théorie du bronze phosphoreux, par M. Guillemin;
- Sont empruntés au Nouveau Manuel du Fondeur, revu et augmenté, par MM. Gillot et Lockert, et publié par M. Roret, qui en revendique absolument la propriété.
- siques et morales, par l’application d’un mode d’hygiène rationnel, essentiellement pratique et compréhensible pour tous.
- Des voix plus autorisées que la mienne, des voix éloquentes et toujours applaudies, vous ont fait ou vous feront connaître quels ont été rïos efforts, et elles vous diront quels sont nos résultats.
- Notre programme tout entier sera développé devant vous ; si l’un de nos conférenciers s’adresse à votre cœur en vous parlant des douleurs de la première enfance; s’il vous retrace le tableau navrant de la mortalité sans nombre de nos chers nourrissons; s’il vous démontre à quel point, tout fait un devoir à la mère de se sacrifier à l’allaitement maternel, l’autre en appellera à votre raison pour élucider et résoudre la question si importante, si morale, mais en même temps si controversée, de l’utilité ou des inconvénients du rétablissement des tours. Celui-ci, quittant l’enfance pour l’homme, aura pour tâche d’énumérer les avantages d’un nouveau mode de casernement destiné à accroître dans dès proportions notables, les conditions hygiéniques dont on ne saurait trop entourer ceux auxquels la loi confie le soin suprême de défendre, au besoin, la patrie ; celui-là s’intéressera aux pauvres souffreteux, à ces jeunes déshérités du sort qui apportent avec eux en naissant le germe des maladies cruelles qui doivent, pour ainsi dire, dès leur aurore,les conduire à la mort, et que cependant la science, inspirée par l’humanité, parvient à faire sourire quelquefois encore à la vie. Enfin, notre savant, notre infatigable, notre bien-aimé fondateur, M. le docteur de Pïetra-Santa, fera une excürsiqn de plus dans le domaine de l’hygiène : il vous fera apprécier toutes les ressources, tous les bienfaits de la climatologie, et, après s’être occupé de l’homme, même lorsqu’il n’est plus, après nous avoir parlé de la crémation qui, bien que nous rappelant l’un des usages les plus répandus, les plus vénérés des temps anciens, n’en respecte pas moins, demeurant toujours volontaire, toutes les croyances des temps modernes, après nous avoir parlé, dis-je, de la crémation qui peut être de nature, il faut bien le reconnaître, à faire faire un pas immense à la salubrité publique, il vous édifiera complètement sur les motifs qui l’ont guidé, lorsqu’il a tenu à honneur que la Société française d'hygiène ne pût devoir le succès qu’aux efforts personnels et réitérés de ses membres.
- « Aide-toi, le ciel t’aidera, » telle pourrait
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- être la devise de notre Société. Il est temps que l’on s'habitue à savoir être libre; les maillots sont faits pour les enfants et non point pour les hommes. Les faibles seuls marchent tenus en laisse, et de même que l’enfant qui, échappé à la protection maternelle, est tout joyeux, en dépit même des quelques faux pas qu 'il peut faire, de se sentir marcher seul et de voir que l’on sourit à ses premiers essais, de même les Sociétés qui se fondent, loin d’user leur influence et leur temps à solliciter les attaches plus ou moins officielles du pouvoir, devraient être fières de lutter, et s’estimer heureuses de voler de leurs propres ailes.
- Est-ce là de l’orgueil? Non, c’est de la dignité.
- Ce n’est pas que l’intervention du gouvernement, surtout quand c’est un gouvernement qui, comme celui que nous avons le bonheur de posséder à cette heure, n'a pour but unique que le bien général, ne soit digne de reconnaissance et d’estime ; au contraire, on ne saurait assez se féliciter de rencontrer au pouvoir des hommes toujours prêts à seconder, à faciliter les bonnes intentions de tous les citoyens, mais on ne saurait trop aussi s’habituer à ne compter que sur soi et, fort de sa conscience, ne pas craindre de prendre sa part de responsabilité, lorsque l’on a la louable ambition d’avoir sa part de gloire.
- A l’Etat, au Pouvoir, la protection, l’encouragement et l’exemple; aux individus, l’initiative et les efforts.
- En un mot, l'Etat doit être le flambeau qui éclaire et non la chaîne qui retient.
- Cette haute vérité économique et morale, cette vérité qui renferme en elle l’avenir, cette vérité, nul mieux que le docteur de Pietra-Santa ne saurait, je le répète, la faire jaillir, la rendre étincelante à vos yeux. Et lorsque vous l’aurez entendu, lorsqu’il vous aura initiés aux secrets de sa force et de ses succès, vous reconnaîtrez aisément avec lui que, si le bien doit être sans cesse le parfaitement accueilli de quelque côté qu’il vienne, le bien, pour les natures viriles, pour les natures dévouées à leurs semblables, le bien que l’on fait, a toujours beaucoup plus de prix que le bien qu’on reçoit.
- Pour moi, Mesdames et Messieurs, j’aurai l’honneur, si vous voulez bien me le permettre, de vous dire quelques mots sur le choix d’un état. Nous parlerons du travail, c'est-à-dire de ce qu’il y a de plus digne, de plus vital, de plus fécond dans ce monde.
- dans la fabrication du couvert d’argent par M. Denière, et dans la fabrication du cuivre et du maillechort par M. Christofle. Mais comme le laminage sous des cylindres de petit diamètre avait l’inconvénient de produire des pièces de longueur inégale et souvent ondulées, on s’est ensuite contenté de faire la préparation au laminoir et d’amener les flans à longueur sans aucun ornement, le laminage remplaçant dans ce cas le forgeage au marteau; puis les flans étaient découpés mécaniquement et terminés dans des matrices en boîte en les soumettant à la pression du balancier. C’est la méthode suivie aujourd’hui à Paris dans la fabrication des couverts d’argent.
- Ce procédé a été remplacé avantageusement par le laminoir à matrices qui fut inventé en 1845 par M. Levallois. Cette machine est, à vrai dire, un laminoir de grand diamètre.
- On sait que plus le diamètre du cylindre lamineur est grand, plus le laminage se fait régulièrement. La pression ayant lieu normalement à la surface, si la surface tend à se rapprocher de la ligne droite, on aura plus de chance de conserver la rectitude de la pièce qui vient de subir la pression; mais comme il eût été impossible de fabriquer des cylindres en acier trempé sur un diamètre aussi grand que celui adopté par l’inventeur de ses machines (600 millimètres), M. Levallois a été amené à les remplacer par des portions de cylindre montées dans un porte-matrice en fonte. Les deux porte-matrices qui représentent les deux cylindres d’un laminoir sont montés sur des cages en fonte et actionnés par des engrenages. La partie cintrée de la matrice ayant de 30 à 32 centimètres de longueur, se trouve ainsi former un segment du cylindre de 600 millimètres de diamètre.
- Comme la révolution complète d’un cylindre de cette dimension eût pris un temps considérable, M. Levallois eut l'idée d’animer le porte-matrice d’un mouvement alternatif, de telle sorte, qu’avec une faible vitesse de rotation, il a pu obtenir 15 à 16 passes par minute.
- Aujourd’hui que le brevet de M. Levallois est dans le domaine public, cette machine est employée dans presque toutes les fabriques qui produisent, annuellement, de grandes quantités de couverts.
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Sifflet d'alarme sans flotteur, de M. E. Perrotte.
- Nous avons eu déjà l’occasion d’entretenir nos lecteurs des appareils de M. Perrotte (1). Mais il est, bon de dire que les dispositions généralement adoptées dans la construction d'un grand nombre de chaudières ne permettent pas de placer le flotteur nécessaire pour actionner un sifflet d’alarme. Le nouveau sifflet d’alarme pyrométrique inventé par M. Eugène Perrotte fonctionne avec la plus grande régularité sans le secours d’un flotteur, et peut être adapté aux chaudières de tous les systèmes.
- (1) Voir le Technologiste, 2e Série, t. III, page 281.
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- L’appareil dont nous donnons ci-contre (fig. 86), une vue d’ensemble est comme un niveau d'eau, en double communication de vapeur et d’eau avec la chaudière : 1° par le tuyau de prise de vapeur A, boulonné à la partie supérieure de la chaudière; 2° par le tuyau B, fixé à la-parlie inférieure, de telle sorte qu’il y ail une certaine longueur entre le point d’attache sur la chaudière, et l’appareil.
- Le corps D porte le sifflet, qui est mis en communication avec le tuyau de prise de vapeur A par un petit tube spécial C; sur le corps d’appareil est vissé un tube en laiton E placé horizontalement; ce tube, ouvert sur l’appareil, est fermé à l’extrémité opposée qui est liée au petit bras d’un levier porté par un bâti en fonte H faisant corps avec l’appareil; le grand bras du levier, établi dans le rapport de 1 à 13, est mis en relation directe avec le levier du sifflet, de sorte que tous les organes de l’appareil, tubes, levier et sifflet, sont solidaires.
- Trois éléments principaux, vous ne l’ignorez pas, sont appelés à concourir à la prospérité morale et matérielle d’un peuple : la religion, la fortune, le travail.
- En parlant de religion, loin de moi la pensée de parler de telle ou telle Eglise, de telle ou telle secte.
- De même que la liberté de conscience restera comme la plus belle conquête de l’esprit humain, de même la mise en pratique de la tolérance, dans la plus digne, dans la plus large acception de ce mot, sera l’éternel honneur de notre époque.
- Je parle de la religion du cœur, de la religion de l’âme, de cette religion qui, nous
- Fig. 86
- Dans ces conditions, le niveau s’établit dan$ l’appareil comme dans la chaudière. Ën marche normale, l’appareil étant placé au point le plus bas de l’amplitude de l'alimentation, le tube horizontal est plein d’eau et le tuyau A de prise de vapeur, renferme de l'eau jusqu’à la hauteur du niveau existant dans la chaudière.
- Lorsque le niveau s’abaisse jusqu’à une certaine limite, il arrive un moment où elle s’écoule du tube E et est remplacée par la vapeur. Cette eau avait une température d’environ 50 à 60°, la température de la vapeur qui la remplace est proportionnelle à la pression dans la chaudière, soit 145, 153, ou 160°, si la pression est de 4, 5 ou 6 atmosphères, et sous l’influence de cet accroissement brusque de température, le tube s’allonge et appuie sur le petit bras du levier, le grand bras de levier se déplace de 7 à 8 millimètres,
- élevant vers les régions supérieures, habitue l’homme à se rappeler que, si fort qu’il puisse être, il existe au-dessus de lui une force bien autrement puissante que la sienne ; je parle de la religion qui fait aimer l’humanité, qui fait chérir la famille, de la religion qui place la satisfaction intime du devoir accompli au-dessus de tous les biens, de la religion qui forme des hommes intelligents et libres et non de celles qui ne voudraient que des êtres abâtardis et serviles ; je parle de la're-ligion, enfin, qui, nous tenant aussi éloignés du fatalisme musulman que des superstitions
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- sanguinaires de l'Espagne des Philippe II, nous démontre que si les sociétés livrées au fanatisme sont d’avance condamnées à périr, il en serait bientôt, de même, aussi des sociétés qui, dans leur fol orgueil, ne glorifieraient que la matière ; — et nous prouve que les nations vraiment florissantes, les nations vraiment durables sont celles qui, sachant allier l’expansion du libre arbitre à la reconnaissance due à celui qui peut tout, ne séparent jamais l’homme de Dieu.
- Mais si la religion bien comprise est la source intarissable de l'élévation morale et de la dignité humaine, si elle est la force qui console, est-elle bien, réduite à elle-même, la force qui produit ?
- La résignation aux malheurs dont on peut être frappé est certes une bien noble chose, mais agir vaut mieux encore et, puisque Dieu lui-même a fait de la lutte ici-bas l’un des premiers devoirs, l’une des premières conditions de la vie, où donc trouver la force nécessaire, je ne dirai point pour parer aux souffrances individuelles dont chacun de nous est plus ou moins menacé, mais pour triompher de ces calamités publiques qui mettent parfois des nations entières à deux doigts de leur perte?
- Est-ce dans la fortune?
- A ce mot magique, la fortune ! qui ne serait pour l’affirmative? qui oserait douter de la puissance de l’or? L’or ne peut-il pas tout ici-bas? C’est le levier avec lequel nos Ar-chimèdes soulèveraient le monde ! L’or, voilà le maître, le souverain, que dis-je, le souverain? voilà le Dieu du jour et quel Dieu!... Certes, si l’on jugeait des vérités fondamentales d’un culte par le nombre de ses adeptes, toutes les religions réunies ne seraient que des erreurs auprès de la religion de Plutus. Et si l’image d’une divinité se proportionnait jamais à ses adorateurs, quelle idole ne nous faudrait-il pas?... Ce ne serait pas seulement le modeste veau d’or que l’on adorerait aujourd’hui, ce serait, pardonnez-moi la comparaison, ce serait un mastodonte!...
- Oui, la fortune est une force, une puissance même, quand toutefois elle n’est pas un écueil.
- Je m’explique : la fortune qui berce nos oisifs, la fortune qui se borne à varier nos plaisirs, à servir nos vanités ; la fortune qui fait naître l’orgueil enté sur la sottise, qui multiplie à l’infini l’àne du fabuliste; la fortune qui donne à certains hommes qui ne sont rien l’infatuation si ridicule du soi; la fortune qui porte leur insolence suprême à
- entraîne dans son mouvement descendant le levier du sifflet et détermine ainsi son fonctionnement.
- Le sifflet marche jusqu’à ce que l'alimentation ait ramené l’eau à son niveau normal. L’eau en arrivant à niveau dans le tube se refroidit, sa contraction ramène le levier à sa position première et le sifflet se ferme automatiquement.
- On comprend facilement que tout en actionnant le sifflet, le levier peut produire un contact pour faire fonctionner à distance une sonnerie ou un timbre avertisseur. M. Perrotte applique son appareil, non-seulement comme avertisseur du manque d’eau, mais il le combine de façon à indiquer les excès de température.
- Ce sifflet d’alarme, conçu dans un nouvel ordre d’idées, présente un caractère tout particulier, en ce qu'il agit sous les influences directes de la vapeur et de l’eau, sans le secours d’aucun organe intermédiaire, conditions qui assurent son parfait fonctionnement; d’un autre côté, sa combinaison offre un avantage très-grand, que ne possède aucun appareil similaire : c’est de pouvoir être monté à un endroit quelconque indépendant de la chaudière; ce qui, par conséquent, le rend applicable à tous les générateurs, sans exception.
- L'avertisseur pyrométrique présente donc de grands avantages et semble appelé à rendre de grands services dans l’industrie.
- Le prix de l’appareil est de 75 francs. M. Perrotte en a confié la construction à MM. Lehmann frères, à Paris.
- Palier graisseur à hélice, de MM. Béthouaut et Bhault.
- Fig. 87. Fig. 88.
- Nous nous sommes déjà occupés souvent des questions de graissage, et nos lecteurs connaissent toutes les difficultés que l’on rencontre pour la bonne utilisation de la matière lubrifiante quelle qu’elle soit.
- Ici, il s’agit d’un palier graisseur à huile, imaginé par MM. Béthouart et Brault. La figure 87 le représente en coupe verticale, et la figure 88 en plan. L’huile, qui se tient plus volontiers dans le réservoir inférieur, est remontée à la partie supérieure par une hélice, visible sur la droite de la figure 87. Celte hélice ne touche pas le fond du palier, de sorte qu’elle puise l’huile à la surface, et par conséquent, aussi pure que possible.
- Une fois l’huile ainsi remontée, elle se déverse sur l’arbre et regagne le réservoir inférieur par des rigoles ménagées entre l’arbre et les coussinets.
- L’huile n’est pas agitée ni échauffée inutilement, et elle reste ainsi cons-
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- tamment propre, de telle sorte que l’on peut, pendant plusieurs mois consécutifs, se dispenser de visiter le palier.
- Ce mode de graissage est excellent, en ce sens qu’il est continu et rationnel, puisque l’arbre commande lui-même l’hélice par le moyen d’une rondelle à vis sans fin et d’un pignon, de façon que l’arbre se lubrifie plus ou moins, selon qu’il tourne plus ou moins vite.
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Théorie et formules concernant l'action retardatrice des parois des courants liquides.
- par M. Boileau.
- Le but principal de cette nouvelle recherche est de déterminer, pour l’établissement des canaux et des tuyaux de conduite, des fonctions plus complètes que celles qui ont été employées jusqu’à présent, de la vitesse moyenne, de la perte de chute et du rayon moyen. L’étude des phénomènes que les parois des courants liquides occasionnent et des relations qui ont lieu entre les vitesses des nappes de ces courants a fait reconnaître à l’auteur que les formules à obtenir ne pouvaient être assez simples pour que la voie des déterminations empiriques suivie jusqu’ici y conduisît sûrement, et qu’il fallait s’appuyer sur une théorie, de manière que l’emploi des résultats d’expérience fût réduit au calcul des coefficients des fonctions. Nous ne pouvons pas suivre M. Boileau dans ses développements mathématiques. Il arrive aux résultats suivants : l’intensité moyenne de la résistance des parois sur l’unité de surface est égale à la somme de deux quantités dont l’une est proportionnelle à la hauteur due à la vitesse du moyen mouvement de translation du fluide en contact avec ces parois, et dont l’autre ne dépend, pour un même liquide, que de leur rugosité et de la substance dont elles sont constituées.
- Pompe universelle à vapeur à action directe, de MM. Hayward, Tyler et C°.
- On a pu remarquer à l’Exposition universelle, dans la grande galerie des machines étrangères, section anglaise, le beau et puissant modèle de pompe à vapeur universelle de MM. Hayward, Tyler et C°, qui déverse par torrents l’eau aspirée régulièrement et pour ainsi dire sans effort par des organes d’une extrême simplicité. La pompe à vapeur universelle à action directe est en effet d’une grande simplicité; elle comprend deux cylindres horizontaux ayant un axe commun, suivant lequel se meut une tige. L’un des cylindres constitue le moteur à vapeur, l’autre forme la pompe proprement dite, et il- est surmonté d’une cloche à air La tige est munie à ses extrémités d’une tête de piston : piston vapeur et piston de pompe. Le piston à vapeur contient un tiroir cylindrique de distribution dont les extrémités sont mises alternativement en communication avec la vapeur, à chaque point de la course.
- tout mépriser à côté d’eux, la fortune enfin qui, troublant la raison comme elle abaisse l’âme, fait dire à quelques privilégiés, à quelques parvenus : « Place ! faites-moi place ! je suis riche ! » cette fortune est un écueil, est un abîme!.... Elle habitue à faire de l’or une divinité et propage cette erreur aussi funeste qu’anti-économique, cette erreur qui consiste à se persuader que la richesse est le moteur unique de la vie sociale lorsqu’elle n’en est que le simple auxiliaire, que le facile agent.
- Que de gens se sont trompés dans le passé et que de gens se trompent encore de nos jours, je ne dirai pas sur la valeur intrinsèque, mais sur la force financière de l’or. Oh! sans doute l’or est admirable en tant que beauté, en tant que pureté de la matière, c’est le métal dans tout ce qu’il peut avoir de plus agréable au toucher, de plus chatoyant au regard, et l’on comprend le rôle considérable qu’il peut jouer et qu’il joue dans le change, dans la circulation monétaire; mais combien, en tant que puissance réelle en finance, l'honorabilité et le crédit ne lui sont-ils pas de beaucoup supérieurs ! Combien la science économique ne lui est-elle pas de beaucoup préférable !
- Et comme nous tenons en bien plus sérieuse estime tel modeste et bien éminent économiste de nos amis dont la haute intelligence seule et la considération sans limites dont il jouit, font naître et prospérer les combinaisons financières les plus vastes et les plus sûres, à tel souverain asiatique dont les centaines de millions en or, enfouies depuis plus de vingt ans dans des coffres, n'ont jamais empêché ses bienheureux sujets de mourir parfois de faim ou de succomber sans cesse sous le poids des impôts.
- La fortune utile, Mesdames et Messieurs, . vous le savez tous comme moi, la fortune utile est celle qui fait le bien et non celle qui fait le mal ; la fortune utile est celle dont les de Lariboisière, les Richard Wallace et les Cochin font un si noble usage; la fortune utile est celle qui, sous l’impulsion des Hot-tinger, des Laffitte ou des Rothschild, vient en aide à toutes les grandes entreprises qui sont l’honneur d’un siècle et qui, loin d’énerver, de démoraliser les hommes dans une luxueuse mollesse, se fait une gloire de centupler l’activité humaine.
- Mais ne l’oublions pas, si vaste, si justifié que puisse être le crédit, il est des moments de crise générale où le crédit lui-même s’arrête; et, ne l’oublions pas non plus, si-considérable que puisse être la richesse, si in-
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- Ce 3Lefl)nal0ji*U 399
- telligent, si digne que puisse être l’emploi que l’on en fait, la richesse n’est point inépuisable. Les mines les plus riches verraient finir leurs filons si l’on se bornait à extraire sans cesse, sans jamais reproduire. C’est la reproduction qui est tout, et cette reproduction, qui l’assure, qui en multiplie les effets, qui la rend inépuisable et fertile? — Le travail!
- Le travail, voilà la vraie puissance, voilà le moteur même. Le travail vivifie, le travail régénère. Si, comme nous l’avons vu, la fortune sans le travail s’épuise, le travail, même sans la fortune, ne s’épuise jamais, il est l’àme de tout. Et de même que le travail relève et grandit l’homme qui, pour surmonter l’adversité, pour vaincre la misère, n’en appelle qu’à son intelligence et à ses bras, de même le travail ranime et rend à leur force, à leur dignité première, les nations qui, bien que courbées sous les coups du malheur, 110 désespèrent jamais d’elles-mèmes et ont foi dans l’avenir.
- Que d’exemples ne pourrait-on pas citer delà puissance réparatrice du travail! Un seul suffira : certes, nul n’oserait se complaire à rappeler des jours néfastes et plus que douloureux pour nous ; mais il est bon de ne pas oublier, il est sage, il est utile, au contraire, de savoir se souvenir, et lorsqu’on songe à ce qu’était devenu Paris, il y a si peu de temps encore, et qu’on le voit ce qu’il est aujourd’hui, il est permis d’être ému du grand enseignement qu’il nous donne.
- Qui n'a pas vu Paris pendant le siège, qui • ne l’a pas vu surtout après la guerre, ne saurait jamais comprendre à quel point est merveilleuse la transformation à laquelle nous avons assisté.
- Pendant le siège, — et ici je serai bref,— pendant le siège, Paris s’était tout entier replié sur lui-même; ce n’était plus alors la Babylone moderne, ainsi qu’on l’appelait, ce n’était plus la Babylone ouvrant toutes ses portes aux étrangers avides de luxe et de plaisirs, c’était la ville majestueuse et som-bie, la ville qui, si terrifiée qu’elle pût être par nos désastres, n’avait plus qu’une pensée, n’avait plus qu’un seul but, rendre l’honneur au drapeau de la France, et qui, résignée à toutes les douleurs, à toutes les misères, était prête à tout souffrir, tout, excepté la honte; c’était la ville enfin qui, après avoir été Athènes, avait voulu prouver, par un effort suprême, qu’elle savait aussi être Sparte, et qui désormais, pour tout délassement, pour tout spectacle, n’avait plus que
- Extérieurement, la pompe universelle à vapeur à action directe ne présente ni bielles, ni volants, ni manivelles, ni excentriques, ni cames, ni transmissions intermédiaires; elle se réduit aux organes que nous venons de décrire. On conçoit que cette simplicité de construction permette de transmettre avec un minimum de perte la forcé imprimée par la vapeur sur le piston moteur; en outre, les orifices de distribution de la vapeur ont une section aussi grande que celle des machines motrices ordinaires, et il résulte de cette disposition qu’il ne peut se produire de perte de force vive par étranglement ou par laminage de la vapeur. La pompe universelle à vapeur à action directe est donc recommandable par la simplicité, par l’importance de son effet utile, et par la facilité de son entretien. Les cylindres moteur et les corps de pompe sont munis de deux pattes qui s’appliquent sur le bâti, maçonnerie ou chariot. Deux tuyaux de prise de vapeur et-d’échappement s’adaptent sur le moteur et deux conduites, d’aspiration et de refoulement, s’adaptent sur la pompe : rien n’est plus simple que cette installation.
- La pompe universelle à vapeur à action directe peut être employée pour les houillères, les carrières, les ardoisières, les brasseries, les distilleries, les fé-culeries, les sucreries, les filatures, les tanneries, les papeteries, les usines à gaz, l’alimentation des chaudières, les épuisements, les élévations d’eau, etc. On peut la faire fonctionner dans un puits par exemple, simplement suspendue par une chaîne, ou montée sur un chariot. Ajoutons que la vapeur motrice peut être remplacée par l’air comprimé. Les pompes Hayward, Tyler et C° sont fournies par M. J. Daulton, à Paris.
- Embrayage électrique installé à bord du Desaix, par le commandant Trêve.
- On peut voir à l’Exposition, dans la section maritime, le plan à grandes dimensions du nouvel appareil du commandant Trêve, appelé à rendre de grands services à la marine, soit pendant un combat, soit pendant un gros temps.
- M. Dupuy de Lô-i<e, le célébré ingénieur, en présentant lui-même cet appareil à l’Académie des sciences, au mois de mai dernier, en a fait ressortir avec chaleur tous les avantages. Celte communication a eu pour objet d’en assurer la priorité scientifique dont l’honneur revient à la marine française.
- Il n’est pas nécessaire d’être marin, c’est-à-dire d’être du métier, pour apprécier l’extrême utilité que présente Vembrayeur électrique, dont nous allons essayer de rendre compte.
- A bord des vaisseaux, frégates ou corvettes cuirassées, la distance, qui sépare le commandant de la machine, est considérable, et cependant, il est indispensable que le moteur obéisse, en quelque sorte, à la pensée même de celui qui est le maître du vaisseau et de l’équipage.
- Le principe sur lequel repose cet appareil a été indiqué, il y a de longues années, par M. l’ingénieur Achard. L’électricité, dans son état actuel, 11’est pas susceptible de produire de grands efforts; aussi, ne saurait-on lui demander, par exemple, de faire fonctionner la mise en train d’une machine de 450 chevaux, comme celle du Desaix. Il a fallu tourner la difficulté pour appli- i quer avec fruit ce merveilleux agent de transmission de forces.
- M. Achard, dans ses freins électriques pour les chemins de fer, a eu la
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- très-ingénieuse idée d’utiliser la force même de la machine. C’est ce que l’on a fait à bord du Desaix, et c’est à M. le capitaine de vaisseau Trêve que revient l’honneur des difficultés vaincues dans cette première application tn grand de ce système, que nous décrivons d’après les explications qu’il a bien voulu nous donner. Au bout d’une année d’efforts, cef officier supérieur a pu déclarer au Ministre de la marine que le problème de la manœuvre, à distance, des plus grosses machines marines était résolu.
- le cortège désolé et sublime de nos mères, de nos femmes et de nos enfants attendant, des journées entières, sans se plaindre, le dernier morceau de pain qui nous restait, et qui pour tout orchestre, pour tout concert, n’entendait plus que le canon.
- Après le siège, c’était bien pis encore!....
- La construction et le mécanisme de l’appareil se conçoivent facilement par la coupe que nous en donnons (fig. 89) : un manchon M, portant quatre électro-aimants E, E, est claveté librement sur un arbre A dont la rotation éventuelle, à droite ou à gauche, détermine celle de la roue C et de la vis tan-gentielle D, laquelle commande, par le secteur denté, S, la valve du registre de la prise de vapeur.
- Si le manchon M tourne de droite à gauche, par exemple, la valve ferme
- Une lueur, une aurore brillait du moins sur Paris pendant le siège, c’était la lueur de l’espoir, tandis^qu’après, l’incendie seul l’éclairait; et cette ville immense, cette ville si animée, si riante et si belle, Paris n’était plus qu’une nécropole sans fin dans laquelle les Parisiens eux-mêmes ne rentraient que
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- saisis d’épouvante et de douleur, et d’où lés étrangers paraissaient ne pouvoir jamais s’éloigner assez vite.
- Et aujourd’hui Paris rayonne, Paris a retrouvé ses plus beaux jours, Paris est tout en fête. Et à qui est due, on ne saurait assez le redire, à qui est due cette transformation merveilleuse — je me plais à la qualifier de nouveau ainsi, — à qui est due cette transformation, si ce n’est au travail? Oui, c'est au travail, et lorsqu’à la voix du Washington français, lorsqu’à la voix de notre grand et à jamais regretté citoyen, lorsqu’à la voix de Thiers, la France régénérée s’est sentie renaître au courage et à l’honneur, Paris s’est ranimé à son tour, Paris a travaillé, et Paris que chacun, il y a quatre à cinq ans à peine, fuyait comme on fuit une ville pestiférée et maudite, Paris, —oh ! c’est bien là la revanche bénie, la revanche féconde, — Paris voit le monde entier revenir dans son sein et proclamer sa ville une fois encore reine par le génie, reine par le travail.
- Aussi, qui n’aimerait le travail, qui ne se ferait un devoir de l’honorer, de le bénir?... Et je vous le demande, Mesdames et Messieurs, s’il est un lieu où le travail puisse être dignement honoré, s’il est un lieu où il doive recevoir nos hommages, n’est-ce point dans ce palais de l’industrie et des arts, dans ce palais où toutes les nations de la terre * semblent s’être donné rendez-vous pour y consacrer, par ie travail, la sainte alliance des peuples, et constituer, en réunissant leurs merveilles, la plus belle Exposition du monde ?
- Ne soyons pas injustes : certes, on peut sans chauvinisme, sans sotte vanité, comme sans vain orgueil, se montrer fier et heureux de l’Exposition universelle que nous admirons aujourd’hui; elle témoigne de progrès réels dans bon nombre de branches de l’activité humaine, et si l’étranger peut être, à juste titre, émerveillé des chefs-d’œuvre de tous genres exposés par nos industriels, par les Froment Meurice, les Christvfle et les Fan-nière, dans l’orfèvrerie d’art, par exemple ; par les Mellerio et les Lemoine dans la bijouterie et la joaillerie hors ligne; parles Mural qui, triomphant de toutes les difficultés du doublé, ont produit un coffret qui est une merveille ; par les Barbedienne, les Houdebine, et les Cornu, dans les bronzes; par les Fourdinois, les Allard et les Gœckler, dans les meubles de luxe et dans l’ornement; de même que par les Pouyat, les Deck, les
- successivement la prise de vapeur. C’est le contraire qui a lieu si ce manchon tourne de gauche à droite.
- Deux poulies en fer doux, P, P’, tournent en sens contraire l’une de l'autre, au moyen de courroies croisées fixées sur l’arbre des tiroirs de la machine du navire. Ces poulies sont folles sur l’arbre d’embrayage A. C’est tout le système.
- Supposons la machine donnant 50 tours, les poulies folles donnent aussi 50 tours, et si l’on vient à faire passer le courant dans les deux électro-aimants de l’avant, par exemple, qu’arrivera-t-il?
- La poulie P sera attirée au contact, et emportera le manchon M, dans sa rotation de 50 tours, c’est-à-dire l’arbre A, etc.
- Pour que cela arrive, il suffit d’avoir une force magnétique de contact capable de vaincre la résistance opposée par le mouvement de la valve de vapeur.
- A bord du Desaix, il a suffi d’une force magnétique de 6 kilogrammes au contact rotatif, pour vaincre la résistance de la valve, évaluée à 30 kilogrammes. Quatre éléments Delaurier répondent à ce besoin, en n’employant même que de l’eau de mer, laquelle ne fait pas défaut à bord.
- Si le courant passe dans les électro aimants E’, E’, de l’arrière, le manchon sera attiré au contact arrière et, par suite, emporté en sens contraire.
- - On comprend donc qu’au moyen de deux boutons de contact placés sur la passerelle, où l’on voudra, l’on puisse ouvrir ou fermer plus ou moins la valve de vapeur, et, par suite, donner instantanément à la machine du navire la vitesse que l’on veut.
- Avec un pareil système, on ne saurait toutefois remettre en marche la machine, si on l’avait stoppée. Pour obtenir ce résultat il faudrait, de toute nécessité, s’adresser à la mise en train elle-même, laquelle exige la force, le concours de trois hommes à bord du Desaix. La science de l’électricité n’en est pas encore arrivée à ce point d’avancement; elle ne saurait produire encore de pareils efforts, et nul ne prévoit l’époque à laquelle elle pourra le faire.
- Mais nous pensons qu’il n’y a pas lieu de s’attarder à trop de regrets à ce sujet, puisque l’on peut encore tourner très-aisément la difficulté, pour ce cas spécial d’un arrêt total de la machine. Un gros coup de cloche lancé par le courant de la même pile sera le signal de remettre la machine en marche. Ce sera le seul cas de l’intervention des mécaniciens. Dès que la machine tourne, le commandant en redevient le maître absolu. Les mécaniciens de service n’ont qu a mettre les injections en rapport avec les mouvements de la valve, ce qu’ils seraient toujours obligés de faire s’ils manœuvraient eux-mêmes cette valve.
- Avec l’émbrayeur électrique de M. le commandant Trêve, on peut en moins d’une seconde mettre au pas les 450 chevaux de la machine, lancés au grand galop. Ce qui veut dire que dans un intervalle de temps encore moindre, on peut leur faire prendre une allure intermédiaire entre ces deux extrêmes.
- On ne saurait désirer plus de rapidité de transmission et d’exécution.
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- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, ASTRONOMIE ET HORLOGERIE.
- La machine parlante américaine, de M. Faber.
- Il est bien évident qu’il faut établir une grande différence entre le téléphone et une machine parlante : la même différence qui existe entre la reproduction d’un son et la manière de déterminer ce son. Dès lors, une machine apte à reproduire les sons comme le phonographe, peut différer essentiellement d’une machine réellement parlante. En effet, la reproduction de sons même articulés pourra être très-simple, du moment où on aura entre les mains un moyen de clicher en quelque sorte les vibrations de l’air appelées à transmettre ces sons; mais pour les produire et surtout pour émettre les vibrations compliquées qui constituent la parole, il faudra la mise en action d’une foule d’organes particuliers se rapprochant plus ou moins de notre mécanisme vocal et remplissant plus ou moins exactement les fonctions du larynx, de la bouche, de la langue, des lèvres, du nez même; c’est pourquoi une machine réellement parlante est forcément très-compliquée, et c’est précisément le cas de la machine dont nous nous occupons en ce moment. Ce n’est pas, du reste, la première fois qu’on a fait des machines de ce genre, et dernièrement encore, on rappelait à l’Académie une tête parlante qui existait au treizième siècle chez le philosophe Albert le Grand, et qui fut brisée par saint Thomas d’Aquin comme étant une invention diabolique.
- La machine parlante de M. Faber que l’on a vue, il y a deux ans, au Grand-Hôtel et qu’on peut voir aujourd’hui dans le Salon attenant au théâtre de M. Robert Houdin, là précisément où M. Giffard a fait ses exhibitions du téléphone, se compose de trois parties distinctes : 1° d’un grand soufflet mû par une pédale qui fournit les courants d’air nécessaires à la production des sons, et qui joue en quelque sorte le rôle des poumons, 2° d’un appareil vocal composé d’un larynx accompagné de diaphragmes plus ou moins découpés pour modifier les sons, d’une bouche avec lèvres et langue en caoutchouc, et d’un conduit de dégagement imitant plus ou moins bien les fosses nasales, 3° d’un système de leviers articulés et de pédales aboutissant à des touches que l’on manœuvre comme les touches d’un piano.
- La partie la plus intéressante de cette machinerie est l’appareil vocal, qui a exigé des études sans nombre faites sur la nature pour arriver à la production des sons articulés. Elle se compose d’abord d’un tuyau assez gros de caoutchouc, à l’intérieur duquel se trouve disposé, comme dans une clarinette, une sorte de sifflet. Ce sifflet est composé d’un petit cylindre de caoutchouc, présentant, suivant une de ses génératrices, une fente, devant laquelle est placée une très-mince lame d’ivoire doublée de caoutchouc. Cette lame est fixée par un bout au cylindre, et s’en écarte légèrement par son bout libre, de manière à permettre au courant d’air projeté par le soufflet de pénétrer entre les deux pièces et d’y déterminer les vibrations de la lame d’ivoire nécessaires à la production du son. L’extrémité du cylindre de caoutchouc est fermée de ce côté et se trouve adaptée à une tige de fer qui sort du conduit et vient s’adapter à un système de bascules correspondant à une touche du clavier, pour qu’on puisse à volonté régler la gravité des sons. Plus l’ouverture
- Vieillard, les Maës, les Carrier Belleuse, les Vasselot et les Colas, etc., etc., dans la céramique, les terres cuites, les marbres et les cristaux; ainsi que par les Méliès et les Pinel qui ont élevé la fabrication de la chaussure à un si haut degré qu’ils en ont fait un art; de même l’industrie française ne saurait oublier, sans s’exposer à redescendre, qu’il est de son honneur, aussi bien que de son intérêt primordial d’examiner les magnifiques produits de ses rivaux et de s'inspirer des procédés et des moyens nouveaux dont ces éminents industriels disposent.
- Mais, je le répète, ne soyons pas injustes : si l’Exposition universelle de 1878 est vraiment admirable, si la multiplicité, la variété infinie de ses magnificences, de toutes ses splendeurs sont de nature, pourquoi nh le dirait-on pas ? à donner le vertige du beau, ne l’oublions point, l’Exposition universelle de 1867 était fort belle aussi ; elle brillait à plus d’un titre, et MM. les exposants d’alors pouvaient être fie^s et heureux, à aussi bon droit que le sont MM. les exposants d'aujourd’hui, du mérite et de la valeur de leurs œuvres. Toutefois, une tache faisait ombre, en 1867, à ce soleil de l’industrie humaine et c’est l’absence de cette ombre, de cette tache qui donne à l’Exposition actuelle un prix inappréciable à mes yeux, qui la rend si parfaite : je veux parler de l’heureuse absence de l’exposition des fameux canons Krupp.
- (A suivre.)
- TRAVAUX PUBLICS.
- Maison de dépôt à Dijon.
- Il est alloué au département de la Côte-d'Or, sur les fonds du Trésor, une subvention de 21.000 fr. pour la transformation de la maison d’arrêt et de dépôt, près le palais de justice de Dijon.
- Le payement de la subvention aura lieu » par à-compte et sera subordonné à la justification, par le département, d’une dépense, en travaux ou approvisionnements sur place, quaàruple de la somme à recevoir.
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- Travaux d'utilité communale à Besançon.
- La ville de Besançon est autorisée à emprunter, à un taux d’intérêt qui ne pourra excéder 5 pour 100, une somme de 1.000.000 remboursable en dix-huit ans, à partir de 1886, et destinée à l’exécution de divers travaux d’utilité communale énumérés dans une délibération municipale du 7 mars 1878, et consistant, notamment, dans la construction d’un quai, le prolongement d’une rue, l’amélioration des accès d’un pont et l’ouverture d’un chemin vicinal.
- Maison d’arrêt de Besançon.
- Il est alloué au département du Doubs, sur les fonds du Trésor, une subvention de 282.333 fr,33 c. pour la construction, à Besançon, d’une maison d’arrêt, de justice et de correction.
- ' Maison d'arrêt de Bourges.
- Il est alloué au département du Cher, sur les fonds du Trésor, et sous la réserve de l’inscription des crédits nécessaires au budget du ministère de l’intérieur, une subvention de 315.000 fr. pour la construction, à Bourges, d’une maison d’arrêt, de justice et de correction.
- Toutefois, dans le cas où, par suite de rabais résultant d’adjudications ou de marchés de gré à gré, une économie serait réalisée sur les évaluations du devis, la somme ci-dessus de 315.000 fr. serait réduite proportionnellement.
- Emploi du Téléphone sur la ligne des Bombes.
- La Compagnie des Dombes et du Sud-Est vient d’inaugurer l’emploi du téléphone sur la ligne de Lyon à Montbrison. Deux stations téléphoniques sont installées depuis quelques jours, l’une entre la gare de Lyon-Saint-Paul et celle de Gorge-de-Loup, et l’autre entre les gares de Tassin et de Charbonnières. Le fil téléphonique a été placé sur les poteaux déjà existants, à lm,50 au-dessous des fils télégraphiques ordinaires.
- La distance entre Saint-Paul et Gorge-de-
- entre la languette et le cylindre est large, plus le son est grave. Cette espèce de sifflet, qui joue le rôle du larynx, est placé naturellement en face de l’orifice du soufflet, mais à cet orifice même est adapté une sorte de tourniquet qui, en se déplaçant dans certaines conditions sous l’influence du courant d’air, peut donner au son produit à l’intérieur du larynx le râclement de l’r, et voici comment:devant l’orifice du soufflet, se trouve adapté un diaphragme percé d’une fente assez large et assez longue, qui peut être à peu près bouchée par une lamelle de même grandeur, pivotant sur un axe transversal qui la soutient par son milieu. A l’état normal; cette bascule est maintenue inclinée, et l’air repoussé par le soufflet traverse facilemefft la fente du diaphragme pour se rendre au larynx; mais deux obturateurs adaptés à des tiges de transmissions de mouvements, qui sont manœuvrées par une des touches du clavier, peuvent, en s’abaissant, boucher assez le passage de l’air pour faire basculer la lamelle articulée qui vient s’appliquer contre une bande de peau, et se met à vibrer en déterminant une action semblable à celle produite par le cri-cri. Ce petit tourniquet n’est mis en action que quand une pédale, qui est manœuvrée à la main, a abaissé les obturateurs, et il en est de même de la tige de fer qui détermine la plus ou moins grande acuité des sons passant à travers le larynx.
- Au-dessous du conduit du larynx, qui n’a guère plus de 5 centimètres de longueur, s’ouvre un tuyau également en caoutchouc qui aboutit à une cavité sphérique mise en rapport avec l’air extérieur par un tube en caoutchouc légèrement relevé qui se trouve obstrué par une sorte de soupape correspondant, par des renvois de mouvements, à une pédale mise k portée des touches du clavier. Quand cette soupape est ouverte, le son émis k travers le larynx imite un peu lestons du nez. Le larynx communique à la bouche par un conduit eu forme d’entonnoir carré dans lequel sont adaptés 6 diaphragmes métalliques placés verticalement les uns derrière les autres et terminés inférieurement par des pièces découpées, qui peuvent, en rentrant plus ou moins dans ces diaphragmes, diminuer plus ou moins l’orifice du courant d’air et créer sur son passage des obstacles plus ou moins accidentés. Ces diaphragmes sont conduits par des tiges de fer articulées à des renvois de mouvements qui les mettent en rapport avec les touches du clavier, et pour la plupart des sons articulés qui sont émis, plusieurs de ces diaphragmes sont actionnés en même temps et sur des hauteurs différentes. Nous en reparlerons à l’instant.
- La bouche se compose d’une cavité buccale en caoutchouc assez analogue à une bouche humaine et fait suite au conduit dont il a été question précédemment. A l’intérieur se trouve la langue également modelée sur la langue humaine, et qui étant reliée à deux tiges articulées adaptées k ses deux extrémités opposées, peut se relever plus ou moins par la pointe ou s’appliquer contre le palais, suivant le commandement des touches du clavier. La lèvre inférieure en caoutchouc peut également, mais sous l’influence d’une tige particulière, être plus ou moins fermée, suivant l’action des touches du clavier. Enfin, au-dessus de la lèvre supérieure est adaptée une pièce métallique circulaire prenant la forme de la bouche et qui laisse au milieu une petite ouverture pour la prononciation de la lettre f.
- Les touches du clavier sont au nombre de quatorze; elles sont de différentes longueurs, et produisent par leur abaissement les lettres suivantes : a, o, u, i, e, 1, r, v, f, s, ch, b, d, g. La plus longue correspond au g, la plus courte k l’a. Au-dessus de la touche du g, du b et du d, se trouvent deux pédales qui correspondent k l’ouverture du tuyau donnant les sons du nez, et
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- une soupape qui permet d’obtenir le p, le t et le A: avec les touches du b, du d et du g. Voici, du reste, les effets mécaniques produits par rabaissement successif de ces différenles touches.
- 1° Celle de l’a fait mouvoir les cinq premiers diaphragmes.
- 2° Celle de l’o fait encore mouvoir ces cinq diaphragmes, mais avec des hauteurs différentes et ferme un peu la bouche.
- 3° Celle de Vu en fait autant, mais la bouche est plus fermée.
- 4° Celle de 17 fait mouvoir un seul diaphragme, met le bout de la langue en l’air et ouvre davantage la bouche.
- 5° Celle de Tenait mouvoir les six diaphragmes, soulève la langue plus en arrière et ouvre encore plus la bouche.
- 6° Celle de 17 fait mouvoir cinq diaphragmes, place la langue contre le palais et ouvre encore plus la bouche.
- 7° Celle de l’r fait mouvoir les six diaphragmes, le tourniquet, place la langue moins haute et ouvre moins la bouche.
- 8° Celle du v fait mouvoir cinq diaphragmes, ferme presque les lèvres et maintient la langue en bas.
- 9° Celle de Vf effectue l’abaissement de l’appendice circulaire de la lèvre supérieure, et ferme presque entièrement la bouche.
- 10° Celle de 17 fait mouvoir seulement trois diaphragmes, ferme à moitié la bouche et soulève à moitié la langue.
- 11° Celle du ch fait mouvoir trois diaphragmes, maintient la bouche à moitié fermée et abaisse davantage la langue.
- 12° Celle du b soulève cinq diaphragmes, ferme la bouche et place la langue tout à fait en bas.
- 13° Celle du d soulève six diaphragmes, ferme aux trois quarts la bouche et soulève un peu la langue.
- 14° Celle du </soulève cinq diaphragmes, ferme la bouche aux trois quarts et abaisse complètement la langue.
- L’m s’obtient en abaissant la touche du bt et en ouvrant la soupape du conduit qui donne les effets de nez.
- L'n s’obtient en abaissant la touche d, et en agissant de même sur la soupape des effets de nez. *
- Vh s’obtient en prenant la moitié de l’aspiration du larynx.
- Les autres lettres de l’alphabet étant des sons composés sont rendues par des combinaisons des lettres précédentes.
- Les paroles prononcées par cette machine, quoique distinctes, sont dites sur un ton uniforme et traînant qui aurait dû, ce me semble, exclure l’idée d’une supercherie. Plusieurs même sont loin d’être bien distinctes; mais ces résultats n'en sont pas moins extrêmement remarquables, au point de vue scientifique, et quaqd on considère la somme d’études et d’expériences qu’il a fallu entreprendre pour arriver à combiner tous ces dispositifs, on se demande comment les physiciens n’ont pas prêté une plus grande attention à une machine aussi intéressante.
- Quant à l’exécution mécanique, on ne saurait trop admirer avec quelle simplicité et quelle ingéniosité tous les mouvements compliqués des différents organes vocaux ont été reliés aux touches du clavier dont le jeu a été calculé de manière à ne faire agir tel ou tel organe que juste de la quantité nécessaire pour produire l'effet voulu. Pour obtenir ce résultat, les touches du clavier ont des longueurs régulièrement croissantes, afin de fournir pour un même abaissement, des effets mécaniques différents sur les tiges commandant le jeu des mécanismes, et comme la plupart de ces touches doivent
- loup est de deux kilomètres, et de Tassin à Charbonnières il y a quatre kilomètres.
- Amélioration du canal de Bourgogne.
- De la rivière d’Yonne, entre Auxerre et Montereau, et de la Haute-Seine entre Monte-reau et Paris, les travaux, dont l’objet est de mettre complètement au niveau des besoins du trafic, la grande voie de navigation intérieure qui réunit la Méditerranée à l’Océan, par les vallées du Rhône, de la Saône, de l’Yonne et de la Seine, sont évalués à vingt millions de francs. Ils se décomposent ainsi :
- Canal de Bourgogne.
- Augmentation du mouillage.
- Allongement des écluses. . .
- Construction d’un réservoir de 5.500.000m* de capacité à Pont-sur-Armançon, destiné à assurer l’alimentation des biefs.
- Améliorations diverses comprenant l’étanch^ment des biefs approfondis, l’élargissement de diverses tranchées, l’exhaussement et la transformation de 50 ponts, sur écluses ou isolés, et l’élargissement de plusieurs sections du chemin de halage.
- 3.500.000 fr.» 3.50.0000 »
- \.200.000 »
- 1.800.000 »
- Yonne.
- Section d’Auxerre à la Roche. 2.100.000 »
- Section de la Roche à Montereau....................... 4.400.000 »
- Haute-Seine................. 3.500.000 »
- Total............ 20.000.000 fr.»
- Lorsque ces divers travaux seront terminés, tout le réseau navigable, mis en relation avec la Seine, l’Yonne et le canal de Bourgogne, aura ses écluses à 5,n,20 de largeur, 38,50 de longueur et un tirant d’eau uniforme de 2 mètres. Cet état de choses permettra de porter le tonnage des bateaux à trois cents tonnes.
- Séquestre du chemin de fer de Bondy à Aulnay-lès-Bondy.
- Le chemin de fer de Bondy à Aulnay-lès-Bondy, y compris le matériel fixe et le matériel roulant affectés à l’exploitation, est placé sous séquestre.
- Il sera administré et exploité sous la direction du Ministre des travaux publics.
- M. de Basire, ingénieur ordinaire des
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- Ponts et Chaussées de lre classe, est nommé administrateur du séquestre.
- Il sera procédé immédiatement à la vérification de la situation financière de la compagnie, au jour de l’établissement du séquestre, par un inspecteur général des finances, et à la constatation de l'état,, à la même époque, des travaux du chemin de fer et du matériel servant à l’exploitation, par un inspecteur général des Ponts et Chaussées.
- A partir du jour de l’établissement du séquestre, tous les produits directs ou indirects du chemin de fer seront perçus par l’administration du séquestre, nonobstant' toutes oppositions ou saisies-arrêts, et seront exclusivement appliqués tant au service de l’exploitation du chemin de fer qu’à l’exécution des travaux de parachèvement qui pourraient être reconnus nécessaires.
- BREVETS D’INVENTION.
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- — Hubert et Cie. Bracelets colliers.
- — Schotty.Nagél et Kaemp. Utilisa-
- tion de la chaleur des gaz des fours à ciments.
- — Dorbes et Leroy. Panier essoreur.
- — Cahuet. Moine pliant.
- — Lebeau. Appareil pour essayer les
- huiles.
- — Long. Sulfate de soude anhydre
- au moyen du sulfate hydraté.
- — Roques-Fonquernie. Parapluies et
- ombrelles.
- — Margotin. Brosse chiendent dite :
- bouchon.
- — Fayol. Machine circulaire à va-
- peur.
- — Hambourg. Chèvre perfectionnée.
- — Fédé. Manivelle à simple course.
- — Walter Cope. Chape protectrice
- pour parapluies, système Fox.
- — Krebs. Roues à ailes.
- — Krupp. Four à décarburer les
- fontes.
- — Pick et Lang. Accouplement des
- véhicules.
- — Spirgatis. Fabrication des cou-
- teaux de table.
- — Liotard. Tige à gaz.
- — Liotard. Rampe de rôtissoire à
- gaz.
- — Desmarais frères. Distillation des
- huiles.
- réagir à la fois sur presque tous ces mécanismes, mais dans des conditions différentes, les tiges de transmission de mouvement sont adaptées à des leviers articulés rangés les uns à côté des autres, e\ qui croisent h angle droit les touches du clavier. En adaptant à celles-ci des taquets de différentes hauteurs à leurs points de croisement avec les leviers, on peut obtenir la mise en action simultanée de plusieurs mécanismes dans des conditions qui conviennent aux effets qui doivent être produits.
- Pour rassurer le public sur les prétendus effets de ventriloquie que Ton a invoqués, il suffira de dire que M. du Moncel a pu lui-même faire parler la machine.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Chemin de fer suspendu à câbles métalliques, par M. A. Coteu.e,
- à l'Exposition.
- [Suite).
- Il est à remarquer que de telles courbes sont des lignes brisées dont les angles sont plus ou moins ouverts : il convient de ne pas faire d’angles inférieurs à 175 degrés.
- Bien que le but de l’exposant soit modeste et n’aille pas jusqu’à vouloir remplacer les chemins de fer à rails fixes, il y a lieu de prévoir la nécessité de bifurcations et de plaques tournantes. Rien n’est plus facile que leur insertion dans une voie à rails flexibles : on interrompt la voie flexible aux points de bifurcation ou de raccordement, et, en ces points, la voie flexible est remplacée par une voie fixe. Les rails de cette voie fixe, sont des fers à i dont l’âme a pour largeur le diamètre des câbles, et la partie supérieure est demi-cylindrique, de manière à pouvoir faire suite aux câbles. Une coupure convenablement faite aux extrémités des rails fixes permet de les raccorder aussi exactement que possible avec les rails flexibles pour obtenir une voie non interrompue.
- Dans le cas où l’on aurait à traverser à niveau un chemin ou une route, il conviendrait, soit de remplacer la partie flexible par une partie fixe et d’opérer comme on le fait en pareil cas, soit de réserve%une rigole dans la chaussée pour protéger le rail flexible.
- De ce qui précède, il résulte que l’on peut, en peu de ’emps et à peu de frais, établir partout des voies à rails flexibles. Que le terrain soit solide ou marécageux, qu’il soit uni ou accidenté, cet établissement sera toujours possible sans terrassements ni travaux d?art, et coûtera toujours (l’exposant l’affirme par expérience) moins cher que le simple établissement d’un chemin en terre.
- Dans cette notice, il n’est question que de câbles en fil de fer. Il va sans dire que, pour de petites exploitations, de simples fils de fer peuvent remplacer les câbles. C’est même ce qui convient le mieux toutes les fois que la marchandise à transporter peut se fractionner facilement par wagonnets de
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- iù. (Lt'djntîUuUôtc
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- 50 à 100 kilogrammes chacun. Le nombre suppléant alors à la dimension, on n’en transporte pas moins, en tin de compte, des quantités considérables. L’exposant est d’autant plus'porté à conseiller les petits wagonnets que, plus ils sont nombreux, moins la flexion est grande entre chaque traverse, par la raison que ces wagonnets se font réciproquement équilibre.
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Analyse et essai des chaux, *
- de MM. Morize et Fontaine.
- MM. Morize et Fontaine, fabricants de chaux, exposants à la section fran-i çaise, classe 66, ont remis au laboratoire de l’Ecole des mines de Paris deux 1 échantillons de leurs chaux hydrauliques. L’analyse de ces échantillons a donné les résultats suivants, que l’on peut voir consignés au registre des essais du laboratoire de l’École des mines :
- Sable siliceux 1° CHAUX BLANCHE. 2° CHAUX GRISE. ))
- Silice combinée. . . . 23.60 ' 23.50
- Alumine 5.30 5.10
- Peroxyde de fer. . . . 1.03 1 80
- Chaux 66 33 65 45
- Magnésie.1 . . . . 0.60 0.95
- Acide sulfurique. . . . )>
- Perte au feu, etc.. . . 3 10 3 20
- Total. . . 100 00 100 00
- Indice d’hvdraulicité. 0 44 0 44
- Ces analyses et cet indice montrent que les chaux fabriquées à la Pelletière, commune de Digny, canton de Senonches (Eure-et-Loir), sont éminemment hydrauliques. 1
- La cannelle,
- * par M. F. Faure.
- La cannelle est l’écorce dépouillée de son épiderme d’un arbre de la famille des Laurinées appelé Cannellier (cinnamomum), qui est originaire des contrées orientales de l’Asie.
- On le rencontre h la Chine, en Cochinchine, à Sumatra ; mais c’est dans l’île de Ceylan, que se trouve la variété qui produit la meilleure espèce de cannelle. Le cannellier a été aussi naturalisé à l’île de France, aux Antilles, à Cayenne et en Egypte.
- Le cannellier de Ceylan atteint jusqu’à 8 mètres de hauteur et 50 centimè-res de diamètre. Il est revêtu d’une écorce grisâtre à l’extérieur, rougeâtre à l’intérieur.
- 122018 — Seguin. Trempe spéciale.
- 122019 — Thommasi. Relais télégraphiques.
- 122020 — Kipling Lampe électrique.
- 12202 J — Roz. Bouteilles, flacons de chasse et de voyage.
- 122022 — De Ruvilfe. Ferrure pour chevaux.
- 122023 — Radlauer. Compteur pour voitures.
- 122024 — Wenderoth. Fermentation supplémentaire des tabacs.
- 122025 — Quinche. Jouet dit : montre-voiture.
- 122026 — Campbell Morfit. Aliments végétaux et animaux.
- 122027 — Ganeval. Appareil géographique^, système Ganeval.
- 122028 — Franc. Compteur pour les fosses d’aisances.
- 122029 — Lcpinette et Rabilloud. Détente variable.
- 122030 — Capdeville aîné. Cercle pour clia-pellerie-.
- 122031 — Pissavy frères. Elévation des liquides par aspiration hydro-phore.
- 122032 — Rylski. Gazogène.
- 122033 — Coué. Appareil d’enroulement.
- 122034 — Collombon. Anneau ou douilles des parapluies.
- 122035 — Jarry. Calorifère.
- 122036 — Lenoir frères. Tournage du bois.
- 122037 — Girovx. Canne longue-vue.
- 122038 — Melling. Compteur à eau.
- 122039 — Steinmesse. Levier à manœuvrer les wagons.
- 122040 — Tiffany. Moyen de refroidir les voitures d’hiver et d’été.
- 122041 — Landry. Appareil élévaloire des grandes glaces.
- 122042 — Hammond et Wilkinson. Robinets pour bière.
- 122043 — Philippe. Fermeture automatique pour parapluies.
- 122044 — Keessen. Rôtissoireàmouvements circulaires.
- 122045 — Evrard. Mégisserie des peaux.
- 122046 — Pelletier ainé, Amavet frères et Cie.
- Téléphone à commutateur adhérent.
- 122047 — JouLert. Boisson dite : vinette.
- 122048 — Gègnon et Cie. Cuir factice. .
- 122049 — Thomas. Allumage et extinction du gaz.
- 122050 — Weisgerber. Teinture mécanique des textiles.
- 122051 — Rergholz. Fabrication des capsules élastiques.
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- N° 47. — 23 Novembre 1878. — XXXVIIIe Année. £( (LechnoU^UitC 407
- 122052 — Archbald. Application du perlé aux fils ou lacets gaufrés.
- 152053 — Villepigue-Florent. Sacs écornés en papier.
- 122054 — Lemoine. Glissière oscillante.
- 122055 — Menant. Tuile métallique.
- 122056 — Collin et Lenicque. Agents chimiques pour réduire les colorants sulfoconjugués dans la teinture.
- 122057 — Ratel. Raquetteries de montres.
- 122058 — Hayem aîné. Faux-col intérieur.
- 122059 — Breton. Essieu variable.
- 122060 — Vermersch père et Lepoutre. Régulateur des machines à va-. peur.
- 122061 — Ryo. Métiers continus à filer et à retordre.
- 122062 — Chevalet. Traitement des vidanges.
- 122063 — Olivier. Battage des pieux.
- 122064 — Boulin. Treillages et paillassons de jardin.
- 122065 — Maginot. Pompes rotatives.
- 122066 — Huber Conrad. Alimentation automatique des chaudières à vapeur.
- . Ij220fi7 — Becker et Mot. Décliquetage appliqué aux batteuses.
- 122068 — Dratz. Volets-stores métalliques.
- 122069 — Lanzberg. Tringle pour rideaux.
- 122070 — Ledoux et Bar. Baudruche pour dessous de bras imperméables.
- 122071 — Carpentier. Banc pliant.
- 122072 — Rostaing. Portes des landaus.
- 122073 — Moscucci. Clarification des eaux pluviales.
- 122074 — Tighe. Electricité magnétique, et son application aux téléphones.
- 122075 — Gilardini. Parapluie automatique, système Gilardini.
- 122076 — Leroux. Métier à ouvrer la soie.
- 122077, — Messmer. Appareil pour développer et humecter le tabac.
- 122078 — Hardy. Machine magnéto-électrique. '! ‘i
- 122079— Gavioli. Orgue portatif à cylindre.
- 122080 — Wekens. Table pliante à banquette.
- 122081 — Schaffer. Moteurs à gaz.
- 122082 — Walcher. Aspirateur balsamique.
- 122083 — Couette. Sablier-Compteur pour petites voitures.
- 122084 — Guibert frères. Fours de verrerie, dits : fours réduits.
- Cet arbre est toujours orné de belles feuilles luisantes d’un vert Clair. Sa fleur est jaunâtre, le fruit qui lui succède est violet, entouré à sa base par un calice et rappelle la forme d’un gland de chêne.
- Pour faire la récolte de la cannelle, on coupe les branches de 3 à 4 ans qu’on râcle légèrement; puis, après avoir fait une incision longitudinale, on détache l’écorce, d’ailleurs, peu adhérente au bois.
- L’écorce ainsi séparée est coupée par morceaux et séchée au soleil, sous les ardeurs duquel elle se roule et devient dure et cassante ; c’est dans cet état qu’elle arrive sur nos marchés.
- On distingue dans le commerce, trois espèces principales de cannelle ; celles de Ceylan, de Cayenne et de Chine.
- La première est la plus fine et la plus estimée : elle est très mince, et très légère ; sa couleur est jaune clair, son odeur suave, sa saveur aromatique, agréable, piquante et légèrement sucrée. La cannelle de Cayenne est plus pâle et plus épaisse que celle de Ceylan; celle de Chine est en morceaux courts et épais, de couleur rougeâtre et d’une odeur plus forte que les précédentes.
- On estimait déjà la cannelle dans les temps les plus reculés. On raconte que Néron, aux funérailles de Popposa, fit brûler de la cannelle en quantité supérieure à celle (que les pays producteurs donnaient en un an.
- Le vénitien César Frédéric, qui voyagea en Asie vers l’année 1563, décrit la manière de procéder à la récolte de cette épice, à Ceylan.
- La cannelle s’emploie comme assaisonnement et comme agent thérapeutique ; c’est surtout dans les pays chauds qu’elle est usitée comme condiment. Comme médicament, elle s’administre à l’état de poudre, d’infusion, d’eau distillée, de teinture et de sirop ; mais le plus souvent on l’associe à d’antres substances. Elle est surtout usitée dans les cas de débilité des organes digestifs.
- On a importé en France, pendant l’année 1876, 134.385 kilogrammes de cannelle, d’une valeur de 248.612 francs. Sur celte quantité T’Angleterre en a fourni 105.687 kilogrammes.
- Enduits hydrofuges Môller, fabriqués par M. E. Salmon.
- Les enduits Môller sont spéciaux pour la pierre, les plâtres, les ciments, les bois, les métaux, les armes de guerre, les œuvres d’art, la céramique, les tissus de toutes sortes, les toitures et les canalisations souterraines.
- Ils sont employés par la marine, la guerre, la ville de Paris, les Cic 8 d mins de fer, l’industrie, le bâtiment, etc., etc.
- Tandis que l’huile de lin, employée comme base fondamentale de la peinture actuelle, n’acquiert de qualités vraiment préservatrices que par son mélange avec les couleurs, les enduits Môller ont toutes les qualités de préservation par eux-mêmes, le mélange des couleurs n’y ajoute absolument rien et ne sert qu’à varier les aspects.
- En outre, suivant leur nature et les objets sur lesquels on les applique, les effets qu’ils produisent ne sont pas les mêmes ; un très-bon enduit pour plâtres, peut ne rien valoir, appliqué sur les métaux, et vice versa.
- Chacun de ces enduits est donc combiné en vue d’effets à produire pour les applications auxquelles ils sont destinés, ils sont très-adhérents, d’une solidité et d’une souplesse remarquables, d'une très-grande force de résistance au choc et à la chaleur (quelques-uns résistent à une température de 200°) ;
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- ils sont tous complètement hydrofuges, s’emploient avec ou sans couleur, et leur prix à l’application ne s’écarte pas sensiblement du prix des peintures ordinaires.
- 1° Les enduits pour matériaux de construction, pierres, plâtres, etc., peuvent s’assimiler toutes les couleurs sans en modifier les nuances; ils laissent aux matériaux leur aspect primitif qu’ils conservent indéfiniment par la facilité que l’on a de laver aussi souvent qu’on le désire.
- Ils forment dans les pores des matériaux, non-seulement à la surface, mais encore à une certaine profondeur, une patine très-adhérente, hydrofuge, inaltérable et inattaquable par les agents atmosphériques.
- Ils améliorent d’une manière permanente l’aspect des matériaux, les durcissent aussi profondément que l’on veut, par l’application de couches successives avant siccité de la couche précédente, et constituent sur chacun un parement qui empêche toute espèce de décomposition ou de désagrégation.
- Par les facilités qu’ils offrent pour nettoyer les surfaces enduites, sans avoir recburs au grattage à vif, ils conservent intacte la pureté des lignes qui constitue la valeur artistique des sculptures et des ornementations de toutes natures.
- Ils s’appliquent avec avantage sur les façades et ravalements en pierres ou en plâtres des maisons, dans les établissements de bains, les cages d’escalier, les corridors, les antichambres, les salles à manger, les grandes salles publiques, les collèges, les bibliothèques, les salles d’hôpital, les casernes, les églises, en un mot, pour toutes les peintures faites sur matériaux poreux.
- Il faut d’abord donner une première couche avec l’enduit pur, qui dispense absolument de toutes espèces d'encollage, que l’on est toujours obligé d’appliquer sur les matériaux poreux lorsqu’on se sert de peintures ordinaires, qui elles-mêmes ne peuvent avoir une base plus solide.
- Cette première couche d’enduit pur, ne doit être donnée que sur des surfaces très-nettes et très-propres et exemptes de corps étrangers, ce que l'on obtient facilement, soit par un grattage en cas de vétusté, soit par un lavage à l’eau pure ou à l’eau de savon, que l’on fait suivre d’un lavage à l’eau. Quand cette couche sera sèche, on pourra appliquer les autres couches avec ou sans couleur: deux couches suffisent dans la plupart des cas.
- Le mélange avec les couleurs s’opère par le broyage, de la même façon qu’avec l’huile de lin, en évitant toutefois d’employer cet enduit avec le blanc de céruse pour lequel il a une très-grande affinité; il faut, au contraire, employer le blanc de zinc en évitant de broyer à la fois de trop grandes quantités de peinture qui finirait par épaissir. On peut, si cet inconvénient se produisait, les ramènera un état convenable par une addition d’essence de térébenthine. Mélangés avec de la céruse ils forment une pâte qui, appliquée au couteau, sert de rebouchage et de revêtement aux murs, lesquels acquièrent alors la dureté du marbre.
- [A suivre).
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- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
- Boivin. Parachutes pour berceaux.
- Arnaud. Châssis de fondeur. •
- Neau. Machine à laver et cirer les parquets.
- Duchesnay et Magnien. Serrure à pêne dormant et à demi-tour.
- Le chevalier de Loehr. Remontage automatique des montres de poche.
- D'Arsonval. Régulateurpourtempératures et pressions constantes.
- The Bussel et ErwinM. F. G. Company. Perfectionnements aux serrures.
- Bédu. Blanchiment des plumes.
- Hirzel. Cornue sphérique pour fabrication du gaz d’huile.
- ConnoUy. Fabrication de bottes d’allumettes.
- Crouziéres. Semelles fourrées hygiéniques.
- Feuillie. Machines à mouler les briques.
- Bizeul. Parachute contre-pression pour horlogerie.
- Gravit. Tournurière à chapeaux.
- Buhrer. Four à feu contint pour* briques.
- Breton. Soupape à flotteur pour filtres à noir.
- Fortou. Ecrins.
- Maurel. Echappement circulaire.
- Faquin. Monture de rubans.
- Antoine. Machine à plier et coller les enveloppes et sacs.
- Rose. Relève-pantalon.
- Alanzet et Cie. Presses typographiques à réaction.
- Alauzet et Cie. Presses typographiques à mouvement rotatif.
- Russel. Cylindres à triturer la pâte à papier.
- Gégnon et O. Application de déchets à la fabrication de la pâte à papier.
- Pelletier et ses Fi’s. Verre strié.
- Partz. Machine à mouler le sucre.
- Poirier et Rousseau. Semelles en bois pour galoches.
- Lechatonnier. Raffinage du sucre.
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- SOMMAIRE.
- Procédé pour blanchir les fibres textiles animales, de F.-V. Kallab. —Teinture de cheveux par le Henné, par M. Coulier. — Nouveau moulin à pressions successives et indépendantes pour l’extraction du vesou, Système Roussèlot. — Machine à agglomérer les menus de houille, par M. Billan. — Poulies de sécurité pour monte-charges et ascenseurs, système Mégy, Echeverria et Bazan, construites par MM. L. Sautter, Lemonnier el Ce. — Machine Pilon-Com-pound et cylindre du Foudroyant, exposés par MM. Schneider et Ce. — Machine à vapeur, de M. Wahchaert. — Enduits hy-drofuges Muller, fabriqués par M. E. Sal-mon. (Suite).
- CHRONIQUE.
- Conférence sur renseignement -professionnel, par M. Corbon,
- au Trocadéro.
- M. le sénateur Corbon, a fait le 10 juillet, dans la salle ordinaire du Trocadéro, une conférence intéressante sur l’enseignement professionnel. Présidée par M. H. Martin, la réunion comprenait des professeurs de tous les âges, de toutes les conditions, disons aussi de tous les sexes. Dans une chaleureuse improvisation, le président a montré comment aujourd’hui, en quelques heures, le plus humble habitant des campagnes pouvait voir et connaître, rassemblé sous ses yeux, ce que naguère de grands savants ne pouvaient (si même ils le pouvaient) trouver péniblement que dans des livres épars. Usant d’une figure heureuse, l’historien national a montré l’Exposition comme une fleur magnifique, d’un puissant épanouissement, menacée de voir sa tige se dessécher si on n’en vivifiait pas les innombrables racines ! Indiquant ainsi qu’il fallait, pour entretenir cette fleur splendide, et la faire éclore à chaque printemps, cultiver attentivement le sol fécond sur lequel elle repose. Et c’est ainsi que désignant les avantages de l’instruction primaire, les eiforts qui se font en sa faveur au sein de toutes les nations européennes, mais
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Procédé poitr blanchir les fibres textiles animales, de F.-V. Kallab.
- La laine blanchie à l’aide de l’acide sulfureux par l’un ou l’autre procédé présente toujours une teinte jaunâtre. Afin de masquer cette dernière, on introduit par la suite dans les fils ou les tissus différentes matières colorantes bleues et violettes, telles que l’indigo-carmine, le bleu ou le violet d’aniline, l’ultramarine, le bleu de Berlin, le bleu de cobalt et autres. Bien que l’on obtienne ainsi un résultat satisfaisant au point de vue de la pureté du blanc, il est à remarquer que ces matières colorantes résistent mal à l’action de l’air et de la lumière ou à celle de la vapeur d’eau ou du savon.
- Une nouvelle méthode a été proposée par M. Kallab pour blanchir la soie et la laine en employant l’acide hyposulfureux de Schiitzenberger et en se servant d’indigo pour produire un bleu résistant à la lumière, à l’air et au foulage.
- Après avoir débarrassé l’étoffe à’ blanchir de toutes les impuretés à l’aide des moyens habituels, on la plonge dans un bain d’eau pure à la température ordinaire, auquel on a ajouté au préalable 0,5 à 1 gramme d’indigo bleu rougeâtre finement pulvérisé, par 100 litres de liquide : cette solution présente une teinte bleue très-légère. Après avoir séjourné quelque temps dans ce bain, l’étoffe est exprimée ou tordue, puis placée dans le bain de blanchiment.
- Ce dernier est placé dans un réservoir en bois, à fermeture étanche et se compose d’une solution d’hyposulfite de soude fraîchement préparée, d'une densité de l,0069à 1,0283, suivant les besoins. On ajoute, par litre de solution, 5 à 20 centimètres cubes d’acide acétique à 50 pour 100 exempt d’acides minéraux et on mélange bien le tout, puis on y plonge les fils ou les tissus et on ferme le réservoir, afin d'empêcher l’entrée de l’air. L’indigo, qui était simplement adhérent à l’étoffe, est réduit et transformé en indigo blanc et absorbe sous cette forme soluble par les fibres, tandis que l’acide sulfureux dégagé par l'hyposulfite sert à produire le blanchiment. Lorsque cette opération est terminée, ce qui arrive, suivant, la nature des fibres, au bout de douze à vingt-quatre heures au plus, et quelquefois moins, on relire du bain une prise d'essai qu’on lave à l’eau et qui doit être d’un blanc pur avec un reflet bleuâtre. On enlève alors l'étoffe, on la laisse égoutter et on l’expose à l’air. L’indigo blanc se transforme en indigo bleu et produit un azurage complètement pur des fibres. Lorsqu’on emploie des bains de blanchiment concentrés, il est bon de traiter ensuite l’étoffe par une solution de soude cristallisée à 0,5 à 1 pour 100. On rince ensuite soigneusement l’étoffe dans une eau courante, on la fait égoutter el on la sèche à l’air ou dans une étuve chauffée à 30 ou 35°.
- On peut aussi placer les fils ou tissus imprégnés de poudre d’indigo dans le bain de blanchiment et n’ajouter l’acide acétique qu’après, en retirant d’abord naturellement les produits à blanchir. Toutefois, on perd de celte façon un des avantages de l’emploi de l'acide acétique. Ce dernier n’a pas seulement pour but de retenir sur les fibres l’indigo blanc qui se forme, mais
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- N°48. — 30 Novembre 1878. — XXXVII? Année.
- il empêche aussi le bleu d’indigo, qui n’a été déposé que mécaniquement, de se séparer de l’étoffe. On peut se convaincre aisément de cette influence de l’addition de l’acide en dissolvant de l’indigo en poudre fine dans de l’eau pure : l’eau reste teinte en bleu pendant très-longtemps. Mais, si l’on y ajoute un peu d’acide acétique ou d’acide chlorhydrique, tout l’indigo se précipite rapidement.
- Pour le blanchiment des laines non filées, on ajôute directement l’indigo au bain ‘d’hyposulfite ; puis on y plonge la laine après un quarl-d’heure, et l'on ajoute, après une demi-heure et lentement, la quantité nécessaire d’acide acétique dilué (10 parties d’eau pour 1 d’acide), sans retirer la laine. L’opération marche ensuite comme précédemment.
- Si le produit blanchi n’est pas encore complètement blanc, on le place une seconde fois dans un bain de blanchiment sans le bleuir de nouveau; on peut se servir à cet effet d’un vieux bain auquel on a ajouté de l’acide chlorhydrique. On essaie d’abord si ce bain, traité par du chlorure d’argent fraîchement précipité, réduit de l’argent métallique et si l’acide chlorhydrique en sépare du soufre : lorsque ces deux réactions se produisent, cela dénote que le vieux bain contenait encore de l’acide hyposulfureux. Dans le cas contraire, on ajoute au bain 1/10 ou 1/4 de la quantité d’hyposulfite employée d’abord et on y plonge les produits à moitié blanchis, ou bien aussi les produits frais bleuis. On les laisse séjourner dans le bain jusqu’à ce que l’hypo-sulfite soit entièrement transformé en sulfite, puis on les retire, et, après avoir ajouté au liquide assez d’acide chlorhydrique pour que l’on sente nettement l’odeur de l’acide sulfureux, on les replonge dans le bain, afin de les blanchir à fond. La première immersion fixe l’indigo sur les fibres et la seconde correspond à l’ancien procédé de blanchiment par l’acide sulfureux.
- Avec les laines non filées, on peut employer un bain plus concentré (densité 1,0356 à 1,0431) et sans addition d’acide acétique. Ce bain, qui ne renferme, après qu’on s’en est servi, que du sulfite de soude, peut être régénéré en y ajoutant de l’acide chlorhydrique jusqu’à ce que le liquide répande une forte odeur d’acide sulfureux, puis du zinc métallique.
- Quand on a à traiter une laine en teinte jaune, on remplace le sel de soude par de l’hyposulfite de chaux. Le sel de soude se prépare en ajoutant du zinc métallique à une solution de bisulfite de soude, en fermant le vase et en remuant de temps en temps. Au bout d’une heure environ, on décante le liquide clair et on le verse directement dans le bain de blanchiment. Pour obtenir l’hyposulfite de chaux, on ajoute au liquide précédent du lait de chaux, jusqu’à ce que la liqueur présente une réaction légèrement alcaline; on fait alors un bain d’une densité de 1 à 1,0283 et on y plonge la laine immédiatement, sans la bleuir au préalable à l’indigo. Après le blanchiment, on lave la laine, on la traite par l’acide acétique, puis on la lave encore une fois à l’eau.
- Si la laine présentait un aspect verdâtre, on la plongerait dans un bain d’acide chlorhydrique ou sulfurique extrêmement dilué, ayant simplement la saveur acide. Si la teinte était violacée ou rougeâtre, on ferait passer la laine dans un bain contenant une matière colorante capable de donner la nuance voulue. On peut augmenter, dans une certaine mesure, la quantité d’indigo, pour obtenir des nuances spéciales.
- Pour la soie, les bains de blanchiment doivent être moins concentrés que pour la laine : le degré de concentration dépend d’ailleurs de la coloration plus ou moins forte de la substance à blanchir. Cette méthode s’applique également à la laine mélangée de soie, aux toiles, au chanvre, au coton, au
- surtout en Amérique, où elle est développée à un degré inconnu parmi nous, il en arrive à l’enseignement secondaire, à cet enseignement professionnel dont M. Corbon, avec une compétence indiscutable, entreprend aussitôt la justification.
- L’honorable sénateur, avec une rapidité de diction dont il s’excuse, mais qui s’accorde très-bien avec la vivacité de ses opinions, montre que l’enseignement professionnel en France manque d’une base large et sérieuse. Depuis près de quarante ans qu’il s’est voué à l’étude de ce problème, il a montré les vices de l’apprentissage dans les ateliers. On a d’abord contesté ses arguments, puis on s’est laissé convaincre, mais on lui a répondu : « Comment faire ? »
- Alors M. Corbon a proposé des Écoles d apprentissage, son opinion formelle étant que l’apprentissage est seul possible dans les écoles, et qu’il doit y être commencé dès le plus jeune âge.
- Dans un autre temps, où le patron était le parent ou le compagnon de ses ouvriers, dont les fils devenaient ses apprentis, l’apprentissage était efficace. Aujourd’hui le patron, absorbé par l’importance et la multiplicité de ses affaires, ne peut plus s’occuper de ses apprentis. Ceux-ci, livrés à eux-mêmes, transformés en automates par suite de la division du travail, contractent des habitudes vicieuses, se démoralisent par le peu de progrès qu’ils font, prennent l’empreinte des mauvais exemples qu’ils ont sous les yeux, et finalement deviennent de mauvais sujets, ayant mis trois et quatre ans à mal apprendre un métier qu’on aurait pu leur bien enseigner en trois ou quatre mois, de sorte que le mot d'apprenti est une dérision.
- A l’école, au contraire, l’apprentissage est effectif, et M. Corbon appuie sa thèse par deux exemples : l’Ecole municipale de la Ville de Paris, 60, boulevard de la Villette, en est un. L’autre est l’École communale de la rue Tournefort, due à l’initiative privée, quoique limitée, d’un groupe de citoyens.
- M. Corbon s’élève contre l’opinion que l’on ne peut apprendre à travailler aux enfants avant l’âge de douze à treize ans.
- Il est, au contraire, dans le caractère dô l’enfant, dès l’âge de trois à quatre ans, de travailler, d’agir et de questionner, et l’honorable sénateur voudrait voir développer ces qualités qui dénotent à la fois que l’enfant sera un penseur, un chercheur et un travailleur.
- Le travail, qui était mésestimé naguère,
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- est aujourd’hui remis en honneur dans notre société moderne, malgré de regrettables exceptions. L’avenir est à la classe, bienfaisante celle-là, des travailleurs qui sont aujourd’hui le plus grand nombre. Le branle est donné, l’expérience est faite, il n’y a plus qu’à marcher et l’on marchera.
- L’homme qui a un métier est plus digne, plus fier. Affranchi des craintes de la misère, il sent son indépendance et il est citoyen vraiment libre.
- Nous ne saurions trop nous associer à la plupart des conseils de M. Corbon. A peine avons-nous regretté qu’il n’ait pas cru devoir parler de plusieurs institutions professionnelles qui existent en France, et particulièrement des Ecoles d’art et métiers, dont les bons services ne sont plus à contester. Peut-être aussi a-t-il trop aggravé les torts du patron vis-à-vis de l’apprenti. Dans son étude réelle et fortement colorée, intitulée : le Sublime, un auteur pratique a été, croyons-nous, plus près de la réalité, dans son article sur les apprentis. S’il est vrai qu’il y ait des patrons qui, ne comprenant pas l’importance de l’apprentissage, ne le prennent pas au sérieux, et ne lui donnent pas les soins les plus attentifs, il; est vrai aussi que, par la faute de apprentis mêmes ou de leurs parents, il est très-difficile de faire ou de conserver des apprentis.
- M. Corbon, pour montrer l’affaissement de l’apprentissage, surtout dans la mécanique, citait tel atelier de cent ouvriers et plus, où il ferait difficile de trouver un ouvrier vraiment habile et apte à faire certains travaux. Il n’y aurait plus, ou presque plus de ces bons ouvriers dont on peut admirer les chefs-d'œuvre à l’Exposition même, dans la galerie des œuvres rétrospectives.
- Le fait peut ne pas manquer de justesse. Cependant, dans un autre temps, il eût eu des conséquences bien autrement fâcheuses qu’aujourd’liui. La vulgarisation de la machine à vapeur, le développement extraordinaire des machines-outils, excluent de plus en plus la nécessité d’une grande habileté manuelle, pour exiger davantage des facultés spéculatives de l’esprit.
- Formé nous-même à une école d’application, nous ne saurions assez nous associer à la thèse de M. Corbon, et préconiser comme lui l’extension de ces Ecoles, dont le type et le programme seraient à étudier suivant les industries pour lesquelles elles seraient fondées. On ne peut que regretter, cependant, que l’apprentissage dans les ateliers, par
- bois et à la paille : la durée de l’opération diffère seule. Le procédé n’est pas plus coûteux que les autres et présente sur eux plusieurs avantages. [Deutsche Industrie Zeitung.)
- Teinture des cheveux par le Henné, par M. Coulier.
- • Nous lisons dans une note récemment publiée par M. Coulier, que les Persans sont très-habiles dans l’art de colorer et de teindre les cheveux. Est-ce donc un art que ce talent décoratif qui ne trompe guère que cèiit qui veulent être trompés, et qui ne peut prétendre qu’à un seul mérite, celui d’être inoffensif? Le mot nous semble risqué, mais enfin art ou non, la méthode persane qui n'emploie que les racines végétales et en particulier le Henné, vaut la peine d’être mentionnée. 4
- Déjà connu en Algérie et employé par les Mauresques, le Henné croît dans les pays chauds et humides, ses feuilles réduites en poudre, et délayées avec de l’eau, forment une pâte qu’on applique sur la barbe, les cheveux et les ongles : au bout de deux heures on lave le tout à grande eau, et les parties enduites ont pris une teinte rougeâtre. En recommençant l’opération avec une pâte, non plus de Henné, mais de Reng (sorte'd’indigo), on obtient au bout de deux heures réglementaires, un noir lustré magnifique. Il est à remarquer que le bain d’étuve pendant lequel on doit pratiquer l’opération, semble nécessaire à la réussite.
- La teinte plus ou moins foncée, à laquelle on arrive est modifiée par la . couleur primitive des cheveux teints. On trouve généralement que le Henné donne aux poils de la souplesse, mais les fait blanchir plus rapidement. Quant à la peau, un lavage au savon et le frottement des doigts lui rend promptement sa couleur naturelle.
- Le Henné vient très-bien en Algérie, le Reng y est plus rare, mais quelques personnes pensent qu’une solution faible d’indigo réduit, produirait absolument le même résultat. On nous fait observer que le Henné s’altère par l’humidité et supporte difficilement les voyages sur mer, il y a là matière à de nouvelles recherches.
- [Journal d'Hygiène.)
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Nouveau moulin à pressions successives et indépendantes pour l'extraction du vesou,
- système Rousselot,
- L’extraction du vesou a toujours été un des points les plus importants du champ de recherches dans les améliorations de la fabrication coloniale, et
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- malgré son importance, cette phase de la fabrication est restée bien longtemps stationnaire.
- Les circonstances de moins en moins favorables à l’industrie sucrière font sentir impérieusement l’insuffisance des anciens procédés, et de toutes parts, en ce moment, on est vivement préoccupé des moyens d’obtenir une meilleure extraction.
- La Guadeloupe particulièrement est entrée résolument dans la voie des améliorations et son Conseil général a fait ressortir le véritable besoin actuel de la fabrication coloniale en instituant d’abord une prime de 100.000 francs pour l’inventeur qui réalisera le meilleur moyen d’extraction.
- Celte première prime a été décernée k M. Duchassaing comme ayant élevé le rendement en sucre de lk,64, en plus de ce que Ton obtenait anciennement, et ce résultat a été obtenu en imbibant et en repressant dans un second moulin à trois cylindres, la bagasse déjà pressée dans un premier moulin semblable.
- Une autre prime, également de 100.000 francs, est de nouveau offerte jusqu’en juin 1880, à celui qui trouvera le moyen de produire, soit par une plus puissante extraction, soit par tout autre moyen, un rendement total de 14 kilogrammes de sucre turbiné par 100 kilogrammes de cannes travaillées.
- En reproduisant les chiffres de la commission nommée pour la prime délivrée en 1876, nous aurons la progression dans les deux primes :
- rendement obtenu par le procédé ordinaire (année 1876). 9,40 p. 100
- rendement obtenu par le procédé primé (année 1876). . . 1,64 » »
- Rendement total..........11,04 p. 100
- On voit que le rendement obtenu pour la première prime a été d’environ un sixième en plus de 1 ancien ; mais pour remplir le programme de la seconde prime, il reste encore à obtenir près de 28 pour 100 en plus de tout ce qu’on a pu obtenir avec la repression, et en admettant toutefois des cannes absolument de même richesse que celles des expériences de l’année 1876.
- Différents procédés d’extraction semblent avoir été suggérés aux colonies, depuis le succès, en France, de la double pression de la pulpe de betterave par les presses à cylindres, et on a été porté tout d’abord à penser qu’à l’exemple de la betterave il pouvait être avantageux de diviser préalablement les cannes pour en faciliter ensuite l’extraction du vesou. Mais les deux plantes sont essentiellement différentes en ce qui concerne la structure de leurs parties solides, et nous allons essayer de faire ressortir la nature et les propriétés de chacune d’elles.
- Dans la betterave, la matière à presser est pâteuse et les parties solides de cette plante sont d’une nature molle, glissante, n’offrant pas de consistance lorsqu’elles sont divisées et mélangées au liqtTide, formant ainsi une composition assez fluide pour subir un écoulement régulier. L’extraction du jus d’une pareille matière peut donc paraître assez difïicultueuse, ou au moins faut-il pour cela des appareils d’un genre spécial, et la pression des moulins à cylindres telle que ceux dont on se sert pour les cannes ne parviendrait jamais à séparer le liquide des parties solides. Si l’on emploie avec un avantage relatif, aujourd’hui, les presses à cylindres pour la pulpe de betterave, c’est que les cylindres de ces presses sont d’une construction toute spéciale et d’une disposition particulière, et que la matière à presser dans la betterave peut se régler, par épaisseur et fluidité rigoureusement déterminées.
- Dans la canne, au contraire, que la plante soit entière ou divisée, la matière à presser est spongieuse, résistante, et les parties solides sont d’une nature
- suite de la manière dont il a eu lieu jusqu’ici, ait dû être condamné ; car c’est vraiment là qu’il eût pu être le plus efficace, si on eût pu y réunir les conditions d’émulation , de moralité, d’efficacité dans l’apprentissage et de certitude pour sa durée. Peut-être y aurait-il, au moins concurremment, quelque chose à étudier dans cette voie. Par une réglementation administrative sage et ferme, par une surveillance instante, par une organisation spéciale dans les ateliers, par des examens, par des primes d’encouragement aux patrons et aux apprentis, peut-être pourrait-on arriver à des résultats meilleurs que ceux réalisés jusqu’ici. Quant à soustraire complètement le jeune apprenti aux mauvais exemples d’un intérieur d’où la bonne éducation est aussi absente que le bon exemple, la chose est pratiquement à peu près irréalisable de longtemps, vu le grand nombre d’enfants en regard du petit nombre d’Ecoîes et de professeurs.
- L’honorable sénateur ne disait-il pas avec raison qu'il était bien difficile d’avoir de bons professeurs, et plus difficile peut-être d’en faire, que de bons élèves?
- L’apprentissage national doit donc se faire par tous les moyens, à tous les degrés, dans les écoles avec élèves internes ou externes, mais, croyons-nous, sans exclusion des ateliers où des règles nouvelles devraient être inauguréos et suivies avec persévérance.
- TRAVAUX PUBLICS.
- Le raccordement des chemins de fer de ceinture et d’Orléans.
- Boulevard Masséna, entre les bastions 2 et 3, on vient d’ouvrir à travers les fortifications une brèche dans laquelle va être établi le raccordement extérieur du chemin de fer d’Orléans avec celui de ceinture.
- Ce travail considérable, qui s’étend à l’intérieur de Paris jusqu’à la naissance du raccordement actuel, et à l’extérieur jusqu’à six cents mètres environ des fortifications, comprend plusieurs ouvrages d’art dont une partie sont déjà commencés.
- A l’extérieur de la ville, ce sont des remblais considérables et dont la pente légère a déjà racheté la différence du niveau (six mètres) qui existe entre les deux chemins de fer.
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- En deçà des fortifications, c’est d’abord un viaduc maçonné composé de cinq arches en anse de panier, puis une travée métallique pour le passage de l’ancienne chaussée du boulevard Masséna.
- C’est ensuite un passage à niveau, coupant obliquement la chaussée du nouveau boulevard Masséna, puis un autre viaduc maçonné, venant en courbe rattacher cet embranchement à la ligne de ceinture.
- Ces divers travaux ont un caractère d’urgence sur lequel il est superflu d’insister, puisque les ouvriers y sont occupés les jours fériés comme dans la semaine.
- Projets de chemins de fer dans la banlieue de Paris.
- Le Conseil général de la Seine, dans le cours de la session qui vient de s’ouvrir, sera appelé à délibérer sur un projet de chemin de fer, étudié par les ingénieurs du département et qui aurait pour but de relier entre eux les centres de population situés au sud de Paris et compris entre les lignes de Versailles, rive gauche, et d’Orléans. Cette voie ferrée se souderait, d’une part, à la ligne projetée des Moulineaux à Courbevoie, au rond-point même des Moulineaux; d’autre part, à la ligne d’Orléans, à la station de Vitry, avec prolongement de ce point jusqu’à la station de Saint-Maur-les-Fossés sur la ligne de Vincennes, en passant par les villages de Maisons-Alfort et Créteil.
- Une autre ligne est à l’étude, mais les travaux préparatoires des ingénieurs ne sont pas encore assez avancés pour que le conseil général puisse en être saisi au cours de cette session. Il s’agirait de desservir le vaste plateau qui s’élève de Belleville, Ménilmontant et Cliaronne, et s’étend jusqu’à Romainville et Montreuil par une voie ferrée qui, partant de la ligne de Vincennes à la station de Fon-tenay-sous-Bois, s’élèverait sur le plateau jusqu’à Montreuil, s’y développerait ensuite en desservant Bagnolet, Romainville et la commune des Li'as où serait établi son terminus. On pourrait même donner aux populations du plateau de Montreuil un accès direct dans Paris, en rattachant cette ligne avec le chemin de fer de Ceinture intérieure et même la rue du Faubourg-du-Tempîe, au croisement du canal Saint-Martin.
- moelleuse et fibreuse, offrant une démarcation nettement tranchée du liquide en contact. Ces parties solides, se soutenant et s’entre-croisant, forment alors un matelas ligneux d’une très-grande ténacité sous les efforts de compression, comme par exemple ceux exercés par le laminage des cylindres des moulins à cannes. Si maintenant on se rend bien compte de la structure ligneuse de la canne à sucre, on remarque que les parties ligneuses de cette plante deviennent de plus en plus résistantes en partant du centre à la circonférence, et c’est précisément dans les cellules les plus tendres que se trouve la matière saccharine, tandis que les parties les plus dures, telles que les nœuds ainsi que plusieurs rangées de faisceaux ligneux concentriques à l’écorce, et l’écorce elle-même, ne contiennent absolument pas de sucre (voir la monographie de la canne à sucre, par le savant chimiste Payen : Chimie industrielle, 3e édition, page 345). Il en résulte que les cellules contenant le jus sucré étant les plus tendres, sont les premières écrasées sous le laminage des cylindres, ce qui rend inutile toute division préalable de la canne.
- Les moyens mécaniques employés pour comprimer la matière et exprimer le jus sucré sont : 1° la presse h cylindres; 2° la presse hydraulique ; 3° le moulin à cylindres.
- La presse à cylindres est construite tout spécialement pour les matières pâteuses et exclusivement pour la betterave; nous n’avons donc pas lieu de nous en occuper ici. Faisons seulement remarquer que le principe de cet appareil est le même que celui du moulin à cylindres pour la canne.
- La presse hydraulique exige une division préalable de la matière, et cette opération, soit râpage, soit défibrag%ou tout autre moyen de division, a pour but de déchirer les cellules saccharifères de la plante pour en faciliter ensuite l’extraction, ce qui, on le comprend, serait impossible, sans cela, dans ce genre d’appareil. La matière étant ainsi divisée, est disposée par couches superposées pour être ensuite soumise aux efforts de la pression hydraulique. Cette pression s’opère entre deux surfaces pleines et n’arrive graduellement à son maximum de puissance que vers la fin de l’opération où alors les efforts doivent être d’une haute puissance.
- Sans nous étendre plus longuement sur la pression hydraulique, on peut dire que ce genre d’appareil exige trois conditions essentielles et inhérentes à ce système de pression. Ces conditions sont :
- 1° division préalable de la matière à presser;
- 2° puissance et effort de pression très-considérables;
- 3° temps d’arrêt relativement très-long de la matière soumise à la pression.
- On semble croire tout d’abord qu’une ou plusieurs de ces conditions sont absolument nécessaires pour obtenir le maximum d’extraction et on en déduit que la matière elle-même exige ces conditions; tandis que c’est, l’appareil seul qui en est cause, par la forme plane des organes qui exercent la pression, et par la valeur du coefficient, par unité de surface donnée. Ceci oblige à la fois à la division de la matière et à des efforts considérables, pendant un certain temps nécessaire à l’expression.
- Pour démontrer avec évidence que ces conditions sont tout à fait inhérentes au système de pression hydraulique, nous mettrons en relief les principaux effets produits dans l’opération de la presse à cylindres elle-même, où l’on voit que : 1° la pression exercée est relativement faible en comparaison; 2° que la matière elle-même, étant même incomplètement divisée, chacune de ses parties échappée à la division sera de nouveau pulvérisée au laminage des cylindres ; 3° que le temps de la pression exercée sur la matière est excessivement court, tout en produisant une extraction supérieure.
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- Dans les moulins pour la canne, la matière à presser n’a besoin d’aucune préparation, les cannes sont déversées dans le moulin, telles qu’on les reçoit et forment ainsi une couche d’une certaine épaisseur, où chaque morceau de canne s’engage en s’aplatissant à l’entrée des cylindres pour former ensuite une nappe continue sous la pression. C’est alors que cette nappe ligneuse laisse écouler le liquide sucré qu’elle maintenait entre toutes ses parties, et cette matière matelassée en nappe élastique étant énergiquement comprimée entre les cylindres, ceux-ci, par leurs formes arrondies, font refluer le liquide sucré en avant du point de contact au fur et à mesure que cette nappe s’avance entre le laminage, et cette opération pourra se répéter avec la même facilité autant de fois qu’on le jugera nécessaire.
- On comprend dès-lors les avantages du moulin à cylindres puisqu’il simplifie et résume toutes les opérations dans un même appareil. Il évite une main-d'œuvre difficile et onéreuse, comme le deviendrait la manipulation de toute une matière aussi encombrante que la canne réduite en bagasse divisée, et c’est pour ces raisons et celles que nous avons signalées sur la structure de la canne, que le moulin à cylindres diversement agencé reste le seul appliqué pour l’extraction du vesou contenu dans la canne.
- Tous les fabricants de sucre coloniaux savent que les meilleurs moulins à trois cylindres ne peuvent extraire d’une seule opération que 62 à 70 kilogrammes de vesou par 100 kilogrammes de cannes. Nous disons de 62 à 70 pour 100, et cette différence dans la production d’un même moulin est occasionnée par la qualité différente des cannes, selon que celles-ci proviendront des endroits secs ou des terrains humides. Ainsi, bien que les cannes ne varient que de très-peu dans leur composition ligneuse, l’extraction avec des cannes sèches arrive quelquefois difficilement à 62 p. 100, tandis que pour celles provenant des terrains humides produisant alors des cannes dites aqueuses, l’extraction atteindra facilement 68 et même 70 kilos de vesou pour 100 kilogrammes de cannes.
- On sait également que la composition moyenne des cannes, telles que le fabricant les emploie dans la pratique industrielle, est de 13 à 15 parties de ligneux et de 85 à 87 parties de jus sucré. C’est, comme on le voit, un quart du vesou laissé dans la bagasse, c’est-à-dire 25 pour 100 de matières saccharines perdues pour la fabrication.
- De sérieuses observations et des expériences répétées, ont permis de déterminer la vitesse initiale de rotation à la circonférence des cylindres lamineurs des moulins à cannes, de façon à presser la plus grande quantité de cannes possible dans un temps donné, produisant également le maximum d’extraction de vesou. Il en résulte qu’une seule pression, quelles que soient la solidité et la puissance de l’appareil, ne produira toujours qu’une extraction limitée et incomplète.
- Depuis plusieurs années déjà, différents moyens sont employés pour arriver à une plus complète extraction du vesou. Le râpage et divers systèmes de défibrage préalable des cannes, ont été essayés en vue de faciliter et d’augmenter l’extraction du vesou; mais en outre delà force considérable employée dans cette première opération, la matière ainsi divisée, par sa nature fibreuse et spongieuse, offrait encore après celte première opération les mêmes difficultés, pour ainsi dire, dans l'extraction du vesou.
- Tandis que le moulin à cylindre, par son puissant laminage, divise la matière, pulvérise les cellules, fait pression et extrait le vesou tout à la fois; et le travail accompli ainsi demandera moins de force que ne l’exige une seule des opérations préparatoires du râpage ou du défibrage. Les moyens qui res-
- L'Union Malouine etDinanaise nous donne quelques renseignements sur l'avancement des travaux du chemin de fer de Dol à Dinan :
- Malgré le mauvais temps, les travaux du chemin de fer de Dol à Dinan sont poussés avec une grande activité.
- Depuis quelques jours, les locomotives arrivent jusqu’au pont de l’Essart, au bord de la Rance.
- Les travaux de ce pont de l’Essart, qui coûtera plus d’un million, préoccupent toujours les ingénieurs. Le montage, pense-t-on, demandera au moins quatre mois; il commencera, dit-on, vers le mois d’août 1879.
- Le lancement aura lieu à l’aide d’un système à contre-poids, et sera des plus curieux.
- Les travaux de la gare aux marchandises, à Pleudihen, sont très-avancés. On commence la gare pour les voyageurs.
- Il est aujourd’hui certain que la ligne de Dol à Dinan sera terminée à la fin de l’année prochaine.
- La suppression des tramways.
- La fermeture de l’Exposition a amené la suppression des lignes suivantes d’omnibus et de tramways.
- Ont été supprimées : la ligne de la porte Rapp au Palais-Royal ; celle d’Auteuil-Made-leinq ; le tramway du Louvre au pont d’Iéna.
- La portion du tramway de l’Étoile-Villette comprise entre l’Arc-de-Triomphe et le Tro-cadéro, ne sera plus exploitée par le tramway de la Muette à la rue Tronchet.
- Une nouvelle ligne sera créée d’Auteuil au Champ-de-Mars, conservant le trajet qui aboutit à Saint-Sulpice et venant à la Madeleine prendre le terminus de la ligne A, qui n’existait qu’à titre provisoire.
- La ligne AD, prolongée jusqu’à l’École-Mi-litaire, viendra stationner au pont de l’Alma.
- STATISTIQUE.
- Consommation du tabac.
- Le monopole du tabac fonctionne actuellement dans huit États européens, savoir : la France, l’Autriche-Hongrie, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Roumanie, la principauté de Lichtenstein et la république de Saint-Marin, c’est-à-dire sur un territoire qui
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- contient une population totale de 126.331.960 habitants, soit environ 40 pour 100 de la population totale de l’Europe. L’Autriche-Hongrie, qui figure pour le chiffre de 33.904.435 habitants, arrive au second rang. Le monopole du tabac existe en Autriche depuis 1783, en Hongrie depuis 1850.
- L’Autriche possède 28 fabriques de tabac, lesquelles, en 1874, ont occupé 26.850 ouvriers des deux sexes. La Hongrie en possède 16, qui occupent 9.104 ouvriers. Le personnel de surveillance et celui des employés s’élevaient à la même époque, en Autriche, à 542 personnes; en Hongrie, à 164. Les recettes nettes provenant du monopole du tabac se sont accrues, depuis le commencement du siècle jusqu’en 1870, dans une proportion énorme. En effet, elles étaient, en 1801, de 11.945.760 marcs (13.274.912 francs), et, en 1870, elles se sont élevées à 76.005.840 marcs (91.207.008 francs).
- Dénombrement des étrangers venus à Paris pour l'Exposition.
- Au moment de la clôture de l’Exposition universelle, il nous a paru intéressant, dit l'Agence Havas, d’extraire quelques chiffres d’une curieuse statistique qui vient d’être dressée par les soins de M. Vergniaud, membre du Conseil d’Etat et directeur du cabinet du Préfet de police, pour constater le nombre de personnes appartenant aux diverses nationalités étrangères que les merveilles de l’Exposition ont attirées dans la capitale depuis le 1er mai 1878 jusqu’à ce jour.
- Ce nombre serait exactement de 203.157.
- Il se décompose ainsi : Allemands, 21.778; Américains des Etats-Unis, 13.573; Anglais, 58.910; Autrichiens, 8.501; Algériens, 1.382; Belges, 28.830; Boliviens, 54; Brésiliens, 1.164; Canadiens, 719; Chinois, 81 ; Chiliens, 81 ; habitants de la Colombie, 156; des colonies françaises, 795; de Costa-Rica, 39; Danois, 1.767; Egyptiens, 659; habitants de la République de l'Equateur, 53; Espagnols, 10.004; Grecs, 854 ; habitants du Guatemala, 42; de Honduras, 13; Hollandais, 6.682; Indiens, 385; Italiens, 14.968; Japonais, 166; Luxembourgeois, 2.238; Marocains, 68; Mexicains, 1.409; habitants du Nicaragua, 11; du Paraguay, 11; Océaniens, 69; Péruviens, 186; Persans, 83; habitants de la République de la Plata, 18; Polonais, 1.952; Portugais, 1.687; Roumains, 1.442; Russes, 5.725; lia-
- ient aujourd’hui appliqués, sont les moulins à cylindres, opérant en repressant la bagasse et variant dans l’exécution du travail, selon les divers appareils employés. •
- De tous ces différents moyens de repression de la bagasse en usage jusqu’ici, le plus répandu et le plus pratique, et celui qui donne les meilleurs résultats, sinon dans l’extraction complète du vesou, mais au moins dans la facilité d’opération et la quantité de travail produit, c’est l’emploi du moulin à trois cylindres.
- Mais le moulin à trois cylindres, par l’agencement de ses deux pressions ne produit réellement qu’une seule extraction effective, et cette seule extraction n’a lieu, principalement pour la repression de la bagasse, qu’à la seconde pression (côté de la bagasse), tandis que la première pression n’a pour véritable effet que de préparer et de disposer la matière à presser pour la seconde pression.
- Le moulin à trois cylindres, employé pour represser la bagasse, extrait une nouvelle quantité de vesou variant de 7 à 12 kil., selon que la matière aura été plus ou moins épuisée dans la première opération. Dans le travail de plusieurs usines, il est démontré que la moyenne d’extraction dépasse difficilement 9 kil. de vesou pour une première repression sur de la bagasse dont on aurait déjà exprimé 65 kilogrammes de vesou.
- On comprend, dès lors l’indispensable nécessité de soumettre la bagasse à plusieurs pressions successives, si l’on veut extraire la totalité du jus sucré qui y est contenu. Pour atteindre ce but, l’expcrience démontre que quatre opérations sont absolument nécessaires ; encore faut-il que trois des extractions soient aidées par des imbibitions d’eau chaude, mais la quantité d’eau employée sera d’autant plus réduite que les pressions exercées seront plus énergiques, et suffisamment répétées. Enfin, il faut que le travail de chaque pression soit distinct, de façon à se rendre compte facilement, pendant le travail, du résultat de chacune d’elles. Telles sont les conditions que permet de réaliser la combinaison' des couples presseurs de M. Rousselot, constituant le moulin que nous allons décrire.
- Son système de couples presseurs repose sur le même principe, quant au fonctionnement pratique, que les moulins à trois cylindres, mais il en diffère essentiellement par une disposition plus rationnelle en vue de fournir un travail plus méthodique.
- Ce nouveau moulin se compose de quatre couples presseurs placés à la suite les uns des autres et sur le même plan.
- Un couple presseur comprend deux cylindres presseurs et un cylindre ali-mentaleur entraînant, préparant la matière à presser. Entre chaque couple presseur est installé un distributeur de bagasse, et l’écartement d’axe en axe d’une pression à l’autre est de 4 mètres, et chaque couple presseur.forme ainsi une pression séparée et distincte.
- La.première pression broie et presse les cannes comme le fait le moulin à trois cylindres, et la bagasse de cette première pression est successivement déversée dans les pressions qui suivent au moyen des chaînes sans fin à au-gets. Chaque chaîne sans fin est munie d’un débrayage, de manière à régler à volonté l’arrivée de bagasse dans chaque pression.
- L’extraction du vesou dans les trois dernières pressions est facilitée par une légère imbibition préalable de la bagasse à chaque repression.
- L’épuisement de la bagasse s’opère dans les proportions suivantes ;
- lre extraction. 2e extraction. 3e extraction. 4e extraction.
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- Soit un total minimum de 82 kil. de vesou, extrait de 100 kil. de cannes, résultat obtenu avec une imbibition, également minimum, de 15 pour 100 d’eau de jus extrait.
- Le travail que peuvent produire les quatre pressions (en admettant des cylindres de lm,50 de longueur) sera de 16.000 kil. de cannes à l’heure, exactement la même quantité que celle que produit un moulin ordinaire à trois cylindres de même longueur de cylindres et de même vitesse initiale à leur circonférence.
- Les avantages du nouveau moulin, à pressions successives et indépendantes, peuvent se résumer ainsi qu’il suit.
- 1° Sécurité plus complète pendant le travail. Par un meilleur agencement des cylindres, et par la facilité de pouvoir faire passer la bagasse d’une chaîne sans tin, directement dans les augets de celle qui suit, en cas où un accident arriverait à l’un des couples : il suffirait alors de soulever un peu le cylindre supérieur de la pression arrêtée, et les trois autres pressions continueraient à fonctionner sans causer aucune interruption dans le travail, tout en donnant encore une puissance d’extraction supérieure à celle de deux moulins à trois cylindres.
- 2° Montage, entretien et vérification plus facile. Les pressions étant séparées, établies de plein pied et recevant leur commande par le cylindre inférieur, chaque pression est dégagée et d’un abord facile en tout point, et l’exécution des pressions est toujours sous la vue.
- 3° Alimentation facile et régulière dans chacune des pressions, extraction complète du vesou, puissance du moteur mieux utilisée. Le cylindre alimenta-teur de chaque pression, entraînant et régularisant, la matière, à l'entrée de la pression, se présente toujours à la descente, et s’engage entre les cylindres sans aucun effort au fur et à mesure que la pression s’exécute. On évite ainsi des forces inutiles du moteur, et des efforts considérables et dangereux. Grâce à ces dispositions, ce moulin (dont chaque couple presse ur, aussi puissant en extraction que l’ensemble d’un moulin à trois cylindres, travaille exactement à son exemple, mais avec des moyens plus rationnels) est en mesure de produire avec certitude, dans les quatre pressions successives, une extraction de 82 kil. de vesou sur 100 kil. de cannes, en se bornant à une faible imbibition, extraction qui peut aller jusqu’à 85 kil., en augmentant, ce qui est facile à comprendre, la quantité d’eau d’imbibition, sans cependant dépasser 25 pour 100 d’eau, qui nous paraît être la limite assignée à une évaporation économique dans des conditions manufacturières et industrielles.
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ECLAIRAGE.
- Machine à agglomérer les menus de houille,
- par M. Billan.
- M. H. Billan a imaginé et fait construire une machine à agglomérer les menus de houille ou autres matières semblables, sous forme de boules.
- bitants de San-Salvador, 45; Suédois etNor-wégiens, 2.705: Suisses, 11.980; Tunisiens, 96; Turcs, 898; habitants de l’Uruguay, 16; du Venezuela, 148. Enfin, 1.674 étrangers, dont il n’a pas été possible de préciser la nationalité.
- Les époques où l’affluence des étrangers a été la plus considérable sont les suivantes.
- Du 27 août au 5 septembre, 17.223 personnes.
- Du 6 septembre au 15 septembre, 18.338 personnes.
- Du 16 septembre au 25 septembre, 17.962.
- Celles où l’affluence a été la plus faible :
- Du 1er au 8 mai, 5.757 personnes.
- Du 9 au 18 mai, 7.808 personnes.
- Du 19 au 28 mai, 6.477 personnes.
- Ces différents chiffres ne comprennent, bien entendu, que les étrangers descendus dans les hôtels de Paris ; quant aux personnes venues des départements, il n’a pas encore été possible d’en évaluer le nombre, même approximativement.
- Statistique de l'Inde anglaise.
- La population de l’Inde, d’après le dernier recensement et les évaluations les plus certaines, est approximativement de 191.018.412 âmes sous l’administration anglaise, 48 millions 298.895 dans les Etats indigènes, 271 mille 460 à Pondichéri, Karikal et autres possessions françaises; 407.712 à Goa et autres possessions portugaises; ce qui donne un total de 239.996.479 âmes.
- 139 villes dans l’Inde anglaise ayant, d’après le dernier recensement, environ 50.000 âmes, possèdent ensemble une population de près de 8.500.000 habitants. 44 villes ayant plus de 50.000 habitants, possèdent ensemble une population de plus de 5.000.000 et demi.
- Relativement au Punjâb, il est constaté que le recensement de 1868 a donné une population de plus de 23.021.887 habitants dont plus de 17 millions et demi sous l’administration britannique, et près de 5 millions et demi dans les Etats indigènes. Un recensement des municipalités du Punjâb attribue 160.553 habitants à Delhi et ses faubourgs ; 142.381 à Umritsir et ses faubourgs; 128 mille 441 à Lahore et ses faubourgs ; 50.878 à Mooltan et ses faubourgs ; et 53.430 à Pes-hawer. Le recensement de 1868 a constaté dans la division de Peshawer une population de plus d’un million d’habitants.
- La valeur officielle de l’argent monnayé
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- dans l’Inde, pendant l’année 1876-1877, a été de 6.271.122 livres sterling; il a été reçu pendant la môme période, pour être distribués par les bureaux de poste de l’Inde britannique, 122.541.753 lettres et journaux. Il a paru dans la même année, 4.865 ouvrages originaux, non compris les traductions ou réimpressions ; dans le nombre de ces ouvrages; plus de 1.200 ont la religion pour objet.
- Dans l’année 1875, il a été détruit dans l’Inde anglaise 23.450 bêtes fauves et 212.371 serpents.
- (Stalislical Abstrait).
- Statistique minérale de la France, en 1878.
- La statistique montre bien ce que nous disions que l’acier chasse le fer devant lui.
- La production des fers, où le seul département du Nord entre pour 115.000 tonnes, était en 1877 de 387.337 tonnes, en rails et autres, et de 360.100 le deuxième semestre. Cette production n’était plus que de 352.348 tonnes dans le premier semestre de cette année.
- La production des tôles suit, dans chacun des trois semestres considérés, la même marche descendante : 63.314, — 62.047, — 56.453 tonnes.
- Les aciers, au contraire, produits par dix-huit départements dont la Loire, Saône-et-Loire et le Nord sont les plus importants, suivent cette marche ascendante : 110.494,
- — 111.328, — 130.801 tonnes.
- Quant à la fonte, dont la seule production de Meurthe-et-Moselle est, de 212.000 tonnes, elle offre peu de variations, et indique les trois chiffres correspondants de 763.873,
- — 758.393, — 766.336 tonnes.
- En traduisant en francs la production minérale totale de la France, pendant le premier semestre de l’année courante, on trouve :
- Houilles............... 800.455.500 fr.
- Lignites............... 25.139 500 »
- Fontes.. ........ 91.960.000 »
- Fers forgés............ 63.422.000 »
- Tôles.................. 11.291.000 »
- Aciers................. 26 160.000 »
- Totaux. ...... 1.018 428.000 fr.
- Comme l’indique la vignette, Fig. 90, sa machine se compose de quatre disques E, placés à angle droit, et que rendent solidaires, dans leur mouvement de rotation, les engrenages coniques K montés de chaque côté des disques.
- Le bâti de la machine porte, sur un de ses côtés, une petite transmission par engrenage R, R’ avec poulies et volant, P. Y.
- La trémie T, placée au centre, et recevant le poussier de charbon mélangé au coaltar, peut être munie d’un malaxeur.
- Chaque disque porte à sa périphérie un même nombre d’alvéoles dont chacune est creusée en forme de quart de sphère : la réunion des quatre al-
- Fig. 90.
- véoles forme donc une sphère entière de 75 millimètres de diamètre et les boules agglomérées roulent les unes à la suite des autres, sur un plan incliné.
- Les disques ayant 30 alvéoles, la machine produit 30 boules par tour, à raison de 6 tours par minute : c’est donc 118.800 boules par jour de travail de 11 heures.
- Une machine produisant 28 à 30 tonnes de boules par jour, coûterait environ 12.000 francs. On conçoit que la forme des alvéoles pourrait varier. Cette machine est actuellement en fonctionnement et donne d’excellents résultats. Elle nous paraît d’autant plus intéressante qu’elle est simple et robuste, et que, sauf pour ce qui concerne l’arrimage, la forme ronde est, à la fois, rationnelle et commode.
- (Chronique industrielle.)
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Poulies de sécurité pour monte-charges et ascenseurs, système Mégy, Echeverria et Bazan,
- construites par MM. L. Sautter, Le mon nier et Cie.
- L’appareil, dont nous donnons aujourd'hui la description, est destiné à prévenir les accidents auxquels peut donner lieu l’usage des monte-charges et des ascenseurs de tous systèmes.
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- Entièrement indépendant de l’appareil de levage proprement dit, il agit pour empêcher la chute de la cage dans le cas de rupture d’un des organes de levage et lui permettre d’atteindre le sol avec une vitesse peu différente de la vitesse normale et de s’y arrêter sans choc.
- Légende.
- Figure 91, vue d’ensemble en plan.
- Figure 92, vue d’ensemble en élévation.
- Figure 93, coupe verticale suivant l’axe de la figure 92. *
- Figure 94, coupe suivant a d (fig. 93).
- Figure 95, coupe suivant c d (fig. 93).
- A, arbre.
- B, noix calée sur l’arbre A, et sur laquelle s’enroule la chaîne rité.
- G, douille calée sur l’arbre A, et portant les pignons dd. d d, pignons de communication de la roue intérieure D’ avec sur la douille C.
- Fig. 91.
- Éclairage électrique.
- Les municipalités de Liverpool, de Manchester, de Birmingham et de plusieurs autres villes d’Angleterre étudient en ce moment la question de la substitution de l’éclairage électrique à l’éclairage par le gaz.
- A Liverpool, des sommes d’argent ont déjà été votées pour des essais préliminaires, ainsi que pour les travaux d’installation du nouveau mode d’illumination des rues.
- A Woolwich, les autorités gouvernementales ont adopté la lumière électrique dans les ateliers de l’arsenal. Des groupes de fils reliés à des batteries électriques y fonetion-
- Fig. 92.
- O, de sécu-
- pignon e, fixés
- D, poulie portant le rochct d’arrêt R, et munie d’une denture intérieure D’, montée folle sur la douille C.
- e, pignon engrenant avec les pignons d d, et fou sur l’arbre A.
- E, plateau de rotation portant le régulateur de vitesse, venu de fonte avec la roue e et monté fou sur l’arbre A.
- t, taquet fixé sur le plateau E.
- r, ressort du régulateur de vitesse, garni de cuir à l’extérieur. b b\ butées fixées aux extrémités du ressort. s s, masses en fonte, libres de s’écarter radialement.
- F, plateau de fermeture vissé sur la poulie B et fou sur l’arbre A.
- I, cliquet d’arrêt agissant sur la roue à rochet R.
- R, roue à rochet venue de fonte avec la poulie D.
- O, chaîne de sécurité fixée par un bout à la cage, passant sur la noix B, et munie à son autre extrémité d’un contrepoids.
- Fonctionnement de l’appareil.
- 1° La cage descend.
- . La chaîne O imprime à la noix B, et par suite à l’arbre A, et à la douille C,
- nent depuis plusieurs semaines et donnent une clarté douce, quoique toujours brillante.
- Le prix de revient, dit le Standard, est évalué, pour chaque bec de gaz, à huit pences-par heure, un seul jet électrique faisant l’office de 40 à 50 becs de gaz ordinaire.
- Archéologie.
- Il y a quelques jours, on a découvert à Londres, dans l’aile nord du cimetière de Saint Helens, la pierre tombale d’une sépulture romaine qui remonte au quatrième siècle.
- Cette pierre est en beau marbre blanc d’Italie. Dans la construction du tombeau, une place était réservée pour l’urne cinéraire, et à côté on a trouvé une pièce de monnaie romaine. On annonce que ce remarquable mo-
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- Ce ^LecljiwliJ^iôte
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- nument archéologique a été offert à un des musées de Londres.
- Télégraphes allemands.
- Le réseau télégraphique souterrain de l’empire allemand vient, dit la Gazette d'Augs-bourg, d’être terminé dans sa plus longue étendue, savoir, de Kiel à Strasbourg. La distance est de 1.210 kilomètres. Des dépêches ont été échangées entre les deux points extrêmes.
- D’après le même journal, la ligne d’Hambourg à Kuxhaven sera achevée en novembre. Au printemps prochain, on doit entreprendre la ligne de Hambourg-Brême-Oldenbourg-Emdem avec embranchement sur Bremerha-
- un mouvement de rotation dans le sens de la flèche 2. Les pignons dd sont entraînés dans le même sens.
- La poulie D, étant retenue par le cliquet, ne peut tourner et, par suite, la roue intérieure D’ oblige les pignons dd h tourner sur eux-mêmes dans le sens de la flèche 3. Ceux-ci impriment à la roue e et, par suite, au plateau E, un mouvement plus rapide et de même sens que celui de la noix. Le plateau E entraîne, par rintermédiaire du taquet t, le ressort r et les masses s s.
- Tant que la vitesse de .descente est normale, la pression exercée par les masses s s est plus faible que la résistance opposée par le ressort qui tourne alors librement à l’intérieur de la poulie D. Mais si, par suite de la rupture d’une pièce quelconque de l’appareil de levage, le mouvement de la benne tend à s’accélérer au-delà d’une certaine limite, le plateau E, venant à tourner plus vite, la pression exercée par les masses s, sous l’influence de la force centrifuge, à l’intérieur du ressort r, dépasse la limite de résistance du ressort; celui-ci s’ouvre, et, venant s’appliquer à l’intérieur de la poulie D qui lui sert de point d’appui, empêche ainsi l’accélération du mouvement de descente.
- ven et Wilhelmshaven, puis la ligne de Co-logne-Coblentz-Trèves devant aboutir à Metz.
- Appareil contre la surdité.
- Dans une lettre datée de son laboratoire de Menlo Park, et que publie le British Medical Journal, M. Edison annonce qu’il a, en ce moment, deux collaborateurs occupés à expérimenter un appareil destiné à remédier à la surdité. Jusqu’à présent, les expériences ont donné des résultats satisfaisants, et M. Edison espère qu’avant peu il pourra présenter au public un appareil tout à fait pratique. Le seul inconvénient qu’il présente dans son état
- L’excès de travail est absorbé par le frottement du cuir du ressort contre la poulie.
- 2°* A la montée de la cage, toutes les pièces de l’appareil participent au mouvement dans le sens de la flèche 1.
- Dans les ascenseurs à câble, les ruptures, se produisant soit dans le câble lui-même, soit dans le treuil, ont pour conséquence la chute de la cage. La poulie de sécurité prévient entièrement ce danger.
- Dans les ascenseurs à piston, un autre accident est à redouter, c’est le départ de la cage de bas en haut, produite par l’entraînement des contre-poids dans le cas de rupture de l’attache du piston. Pour obvier à cet inconvénient, il suffit de faire passer sur des poulies de sécurité les chaînes qui relient la cage aux contre-poids d’équilibre.
- Parmi les nombreuses applications qu’ont déjà reçues ces appareils, nous citerons les monte-bagages du Grand-Hôtel et du Louvre. Grâce aux poulies de sécurité dont ces monte-bagages ont été munis, les hommes y circulent
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- avec une tranquillité et une confiance qu’ils ne pouvaient pas avoir auparavant. Chez M. Bariquand, le mécanicien bien connu de la rue Oberkampf, fonctionne un monte-charges, construit tout entier avec des appareils Mégy, Echeverria et Bazan, et levant 2.000 kilogrammes à une hauteur de 33 mètres. Grâce à sa poulie de sécurité, cet appareil peut servir aussi bien au transport des hommes que des marchandises.
- Nous ferons remarquer à ce propos que l’on n’est jamais assez sûr des organes d’un monte-charges pour se dispenser, quand ce monte-charges doit aussi servir au transport d’hommes, d’y adapter un appareil qui rend la sécurité parfaite.
- L’ascenseur exposé par MM. Sautter et Lemonnier dans la grande galerie des machines, et qui, abandonné au public, n’a pas cessé de fonctionner toute la journée pendant la durée de l’Exposition, était également muni d’une poulie de sécurité. Jamais autrement on n’eût osé laisser l’ascenseur à la libre disposition d’un public aussi nombreux.
- Celte confiance a été pleinement justifiée. Deux fois la cage pleine de voyageurs a été abandonnée à l’appareil de sécurité par suite de la rupture du câble de levage, et chaque fois la cage est redescendue lentement et sans secousse.
- Ces résultats ont paru assez remarquables aux yeux du jury, pour qu’il ait cru devoir accorder aux appareils Mégy, Echeverria et Bazan la seule médaille d’or donnée à des appareils de levage.
- Machine Pilon-Compound, et cylindre du Foudroyant, exposés par MM. Schneider et C1C.
- Lorsque l’on franchit les arcalures de l’immense pilon, nouvelles Fourches Caudines sous lesquelles heureusement on passe avec orgueil, et que l’on entre dans le pavillon où sont disséminées toutes les richesses du Creusot, l’esprit est frappé par le variété et la grande valeur des objets qui figurent dans cette exposition, et l’on se prend alors à regarder, non sans admiration, la statue de celui qui, par son génie organisateur, a su doter son pays d’un établissement métallurgique der premier ordre. L’illustre fondateur du Creusot, Schneider, que l’artiste a représenté debout, la tête nue, le visage empreint d’une bonhomie bienveillante, semble, du haut de son socle où il paraît arriver comme d’un voyage, se complaire au spectacle de tous ces produits épars.
- La seule nomenclature des objets exposés par le Creusot, nous conduirait bien au-delà du cadre restreint qui s’impose à nos études. Nous aurons plus d’une fois l'occasion de revenir sur cette exposition comme sur tant d’autres, lorsque l’agitation de ce grand concours se sera apaisée. Nous passerons, en l’admirant, à coté de l’appareil moteur du Mytho qui peut développer, dans ses cylindres Compound, de lm,40 de longueur lm,86 de diamètre, avec une course des pistons de lra,00, plus de 2.640 chevaux de force, et nous examinerons plus en détail le type si simple de machine fixe pour atelier, système Pilon-Compound, tout en jetant un coup-d’œil sur quelques pièces détachées, qui ne contribuent pas moins que les grands mécanismes, à révéler dans le Creusot, l’existence de matières de premier choix, et d’ouvriers très-habiles à les façonner.
- actuel, ce sont ses dimensions trop considérables. M. Edison ne peut dire encore à quel prix il pourra être livré au public.
- BREVETS D’INVENTION!
- 122114 — Ilertzog. Machine à sécher les écheveaux, laine.
- 122115 — Brunet. Secrétaire métrique des écoles primaires.
- 122116 — Mugnier. Perles factices.
- 122117 — Laurent. Tringle pour la fabrication des franges.
- 122118 — Louis Roustic et Cie. Teinture en jaune des fils de*coton, de lisières.
- 122119 — Samuel. Fabrication du ciment blanc.
- 122120 — Hold. Plume métallique.
- 122121 — Redier. Crochetage dit : à bague, pour lits en fer.
- 122122 — Redier. Volutes vermiculées et chien courant pour lits en fer.
- 122123 — Martin. Retordage des fils.
- 122124 — Pointer. Joints de tuyaux de conduites.
- 122125 — Siemens et Halske. Téléphonie électrique.
- 122126 — Aubert fils. Chaudières tubulaires à vapeur.
- 122127 — Blanchftower. Boites pour substances alimentaires.
- 122128 — Lang. Biblorphate universel.
- 122129 — Lonholdt. Aspiration et ventilation d’air.
- 122130 — Majert et Cie. Fabrication de l’acide sulfurique anhydre et hydraté.
- 122131 — Tochon. Métronome à remontoir.
- 122132 — Roussel. Tissage des déchets de laine, soie, coton, etc.
- 122133 — Bourgeois frères. Socles de chenets en tôle.
- 122134 — Bruel frères (Société). Tuyaux à joints tournants.
- 122133 — Bruel frères. (Société). Thermosiphon.
- 122136 — Descosse. Dételage instantané hip-pophora.
- 122137 — De Leeuw. Cages d’oiseaux en verre.
- 122138 — Degrave et Thièbaut. Joints de vapeur eau et gaz.
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- Ütertyiudajjiôte
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- i22139 — Sorlin. Ventilateur pour conservation des céréales.
- 122140 — Mérelle. .Mode de publicité.
- 122141 — Dupuis. Levier Dupuis.
- 122142 Félix. Production et distribution du froid.
- 122143 — Lauronce. Impressions sur tissus transparents.
- 122144 — Grangier. Tramrailway à vapeur.
- 122145 — Lemaire. Appareil à séparer mécaniquement les matelas de matières filamenteuses, drous-ses, etc.
- 122146 — Legrand. Longrines et traverses métalliques.
- 122147 — Castillon. Lampe.
- 122148 — Sonnenthal. Mouvement rotatif pour machines à forer.
- 122149 — Marty. Mèches métalliques.
- 122150 — Lemonnier. Charrue.
- 122151 — Méhu. Bagues de foc et voile d’é-tais.
- 122152 — Demorgon. Chauflbir par l’eau chaude.
- 122153 — Riondet. Publicité au moyen des cartes.
- 122154 — Zingerlè. Porte-lumière pour machine à coudre.
- 122155 De Lalande. Emploi de l’indigo.
- 122156 — Pétillât. Tarare-trieur.
- 122157 — Pétillât. Batteuse à nettoyage.
- 122158 — Machin. Compteur pour jeux.
- 122159 — Pictet Raoul et Cie. Destruction du phylloxéra.
- 122160 — Schlœsing. Procédé d’absorption des corps volatils.
- 122161 — Rousseau. Lampe merveilleuse.
- 122162 — Du fort et Humblot. Générateur à vapeur.
- 122163 — Mathei. Navire à cale étanche.
- 122164 — Tremeschini, Clerget et Soyer. Baromètre anéroïde.
- 122165 — Tète-Rollet et Balouzet-Girard.
- Machine à doubler les étoffes.
- 122166 — Hephum. Générateurs.
- 122167 — Ducros. Machine à passer à la vapeur les douves pour futailles.
- 122168 — Ducros. Machine à cintrer les douves pour futailles.
- 122169 — Ducros. Machine à jabler leston-neauxi
- 122170 — Ducros. Machine à chantourner les fonds de tonneaux.
- 122171 — Vattrè. Bouton tournant à l’intérieur des serrures.
- 122172 — Anduze. Moulins à café.
- Le cylindre brut de fonderie, destiné à la machine du Foudroyant, est une manifestation remarquable de l’habileté des ouvriers qui ont moulé et fondu cette enveloppe, munie de tous ses conduits, et qui n’ayant pas moins de 2 mètres de diamètre, et 2m,40 de hauteur, pèse 18.000 kilogrammes.
- Rien dans toute l’Exposition ne nous a paru comparable à cette pièce de fonderie, si ce n’est toutefois le double cylindre fondu par la Société Cockerill de Seraing, pour ses machines réversibles système Corliss, et exposé dans la section belge.
- Dans le cylindre du Creusot, l’orifice d’échappement débouche dans un espace mort, où doit s’amasser une certaine quantité d’eau condensée que l’enveloppe devra vaporiser à son propre détriment. La vapeur de cette enveloppe, fournie directement par la chaudière, ne.va pas à la distribution, qui est alimentée par une conduite spéciale.
- Le Creusot, avons-nous dit, expose encore un type de machine fixe, système Pilon-Compound, de la force de 50 chevaux, dont les dispositions d’ensemble sont en général très-heureuses, et réalisées toujours avec la même parfaite exécution. L’un des jambages du bâti sert de conduit de vapeur et en même temps de condenseur, lequel se trouve ainsi naturellement placé en dessous des cylindres, tout en étant à portée de la main et au-dessus du sol. Contre ce même jambage, est la pompe h air, actionnée par un double balancier, oscillant autour d’un axe implanté dans ce jambage, et attelé symétriquement de chaque côté de la tête du piston.
- Le régulateur est aussi bien placé que la pompe h air, et il est directement attaqué par l’arbre moteur au moyen d’engrenages coniques. Ses bras sont très-légèrement croisés, ses boules lourdes et son manchon sont équilibrés par un contre-poids à moment variable suivant la vitesse de la machine. Il agit sur un papillon, et la détente varie à la main par une disposition Meyer. Les dessins de la distribution indiquent, sous les tiroirs de détente, un diaphragme au-dessous duquel existe un notable espace mort; mais dans la construction ce diaphragme paraît ne pas exister.
- L’arbre du volant est en acier poli, d’un grand éclat, n’accusant pas le moindre défaut. Il semble grossi avec exagération au milieu, si on compare les deux sections limites dont le passage de l’une à l’autre est trop brusque. Dans la bielle, la différence entre la section du corps et celles des extrémités près de la tête, paraît également trop grande. Le quatrième palier, venant à la suite des trois qui sont sur le bâti, se trouve isolé et l’on pourrait craindre qu’il ne se maintînt pas en ligne.
- La maison Nillus du Hâvre a plus heureusement traité ce point, en adoptant deux volants, se faisant équilibre de chaque côté du bâti, ce qui raccourcit en même temps l’arbre moteur. En éloignant ainsi le volant, les ingénieurs du Creusot ont eu sans doute en vue de faciliter l’accès de toutes les pièces du mécanisme. Leur machine, ainsi plus dégagée, a un grand cachet de sobre élégance qui se retrouve du reste d’une manière générale dans la construction du Creusot.
- Machine à vapeur, de M. Walschaert.
- Les machines en mouvement dans la section belge sont commandées par deux arbres de transmission commandés eux-mêmes par deux moteurs.
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- L’un exposé par la maison Cail, Halot et Cie, de Bruxelles, est du système de la Société de Bitschwiller. L’autre est conçu et exposé par M. JE. Walschaert, de Bruxelles. ; . »
- M. Walschaert est connu : son nom est attaché à un mécanisme de distribution appliqué en Belgique, à un grand nombre de locomotives des chemins de fer de l’Etat et du Grand Central belge.
- Ce mécanisme est connu en Allemagne et en France sous le nom de distribution Heusinger ; mais il a été imaginé d’abord par M. Walschaert.
- La machine fixe exposée par cet ingénieur constructeur, est du même type que les machines Nolet, c’est-à-dire que l’admission se fait par des soupapes, tandis que l'échappement a lieu par des tiroirs à grille, c’est à-dire à ouvertures multiples placées sous le cylindre, aux deux extrémités. Les soupapes d’admission au lieu d’être placées sur le côté, comme dans les machines Nolet, sont placées sur le dessus du cylindre comme dans les machines Sulzer. Elles sont actionnées par un mécanisme analogue à celui de ces machines.
- Le caractère dominant de la machine Walschaert est le mouvement des tiroirs d’échappement. Il est produit par le piston moteur, dont la tête porte une sorte de patin qui, aux extrémités de la course, s’appuie sur des galets placés à l’extrémité de deux leviers pivotant sur des goujons attachés aux guides du piston. Ces leviers reliés par une tringle sont attachés à la tige commune des deux tiroirs d’échappement. Au moment où le piston arrive à une extrémité de sa course, le patin appuie sur un des galets, fait basculer rapidement les deux leviers, ouvre une des lumières d’échappement et ferme l’autre. Ce mouvement se fait avec une extrême rapidité, et lorsque le piston retourne en arrière, les deux tiroirs restent l’un ouvert, l’autre fermé, jusqu’à ce que le piston en arrivant à l’autre extrémité de sa course produise en sens inverse le mouvement de bascule des leviers et par suite la fermeture et l'ouverture des tiroirs.
- On obtient ainsi le meilleur jeu possible de ces tiroirs : grande rapidité de fermeture et d’ouverture, et maintien de l’ouverture toute grande pendant presque toute la durée de la course. Aussi les diagrammes pris sur la machine Walschaert sont-ils très remarquables par la ligne du vide qui est aussi droite qu’on puisse le désirer. Ce mode de commande des obturateurs d’échappement paraît être le plus simple et le plus complet de tous ceux qui ont été appliqués jusqu’à ce jour.
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Enduits hydrofuges Môller,
- fabriqués par M. E. Salmon. [Suite).
- 2° Les enduits pour bois servent à faire toutes les impressions sur bois, dont ils resserrent et bouchent les pores, en faisant adhérer fortement les couches ultérieures et en facilitant par là, leur durée et leur solidité. Ils conviennent à la carrosserie, aux boiseries d’appartements et, en un mot, à
- 122173 — Migneco. Anti - phylloxéra - Mi-gneco.
- 122174 — Adam. Publicité permanente.
- 122175 — Petit. Publicité diurne et nocturne.
- 122176 — Kirk. Porte-fût.
- 122177 — Brin et Cotte. Harmoni-crécelle.
- 122178 — Chameroy et Cleuet. Contrôle pour voitures de place.
- 122179 — Wiesnegg et Société Servier, Mon-nier et Rouget. Injection d’air dans les fers à souder par le gaz.
- 122180 — Moré. Machine à vapeur.
- 122181 — Weyher. Harmonifère.
- 122182 — Symons. Fourneau à gaz.
- 122183 — Gorman. Fabrication des chromâtes de potasse et de soude.
- 122184 — Rey. Pressoir hélicoïde continu.
- 122185 — Cordier. Fabrication des espagnolettes.
- 122186 — Garin. Compensateur pour machines à coudre.
- 122187 — Gagnière. Support des ringards dans le puddlage.
- 122188 — Baboin. Tulle-chenillé-étincelle.
- 122189 — Delimal. Cannetage sur renvi-deur.
- 122190 — Brieu et Ducoumau. Equarissage des bois.
- 122191 — Lanoir et Cie (Société). Système de frittage pour fours à verre.
- 122192 — Kohn. Pipe frigorifique.
- 122193 — Perriaux. Freins des wagons.
- 122194 — Chèlot. Relève-jupe, etc.
- 122195 — Lormier. Album de renseignements et d’annonces.
- 122196 — Williams. Jointures pour tuyaux.
- 122197 — Markowltsch et Scheid. Fermoir de bracelets.
- 122198 — Roland. Eclissage des rails.
- 122199 — Maugras. Cloche pour cultures.
- 122200 — Berthoud. Pince pour gants, linge.
- 122201 — Weber. Sièges d’enfants.
- 122202 — Fosbery. Protection des chaloupes canonnières, etc., contre les balles.
- 122203 — Noël et Rohart. Fabrication du sulfate d’alumine.
- 122204 — Grandis. Contre le phylloxéra et
- l’oïdium. •
- 122205 — Genet. Pavage en carreaux de fonte avec asphalte et béton.
- 122206 — Dedieu. Vastringue platine coulisse.
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- 122207 — Manmiller. Tourniquet pour retordre les filés.
- 122208 — Philippe. Futaille de quatre-vingts • litres pouvant contenir vingt
- sortes de liquide sortant par le même fausset.
- 122209 — Niellon. Régulateur à gaz, à force centrifuge.
- 122210 — Basin. Sel ammoniac sublimé.
- 122211 — Lévy fils et Salom (Société). Reproduction par moulage.
- 122212 — Arger (t Cie (Société). Téléphone.
- 122213 — Massiot. Bâton de sauvetage.
- 122214 — Le Marquanti, Malraison et Cie (Société). Aquarium gobe-mouches.
- 122215 — Bomibus (les sieurs). Tablette-sucre-café.
- 122216 — Bosselet. Bineur ou déchaumoir.
- 122217 — Serrin. Piège perpétuel.
- 122218 — Dittrich. Godets pour parapluies.
- 122219 — Descroix. Aniline pourla teinture.
- 122220 — Gaillard fils. Chauffage foyer circulaire et autres.
- 122221 — Fourer. Impression sur chaîne avant tissage.
- 122222 — Celler. Substance à polir les propulseurs et les coques.
- 122223 — Vaillant et \%yseur. Graisseur.
- 122224 — Klochhoff. Machine à vapeur.
- 122225 — Laprérie. Porte-couteau mobile.
- 122226 — Cottin. Relève-jupe.
- 122226 — Bepieff. Courants électriques pour l’éclairage.
- 122228 — Perron. Tramways.
- 122229 — Delharpe. Etireur, dérailleur et briseur.
- 122230 — Tschiffeli. Des pulpes d’olive pour engrais.
- 122231 — Bimbaud. Roulette syllabique jouet.
- 122232 — Guinand. Montre.
- 122233 — Rousselet-Landrot. Arrêt pour pompes à chapelet.
- 122234 — Kan. Séchoir épailleur.
- 122235 — Meun. Locomotive à condensation.
- 122236 — Guélin. Direction des routières.
- 122237 — Camus. Tablettes de sucre et café.
- 122238 — Deschamps fils. Niveau d’eau.
- 122239 — Dutilh. Bouchage à vis.
- 122240 — Gross. Médaillon dit : heure fixe.
- 122241 — Hubert fils. Taraud-filière.
- 122242 — Nickerson. Fabrication des scies.
- 122243 — Hamoir. Préparation des mélasses.
- 122244 — Legret. Montage des papiers sur rouleaux.
- tous les bois dont on veut conserver l’aspect, remplaçant admirablement pour cet usage l’huile siccative bouillante, qui s’étend sur le bois sans produire l’imperméabilité. Ils s’emploient, comme les précédents, avec ou sans couleur : la couche d’impression doit toujours être donnée avec l’enduit pur, et les autres seulement quand cette première sera bien sèche. Employés avec de la céruse étendue immédiatement au couteau, ils forment la meilleure base pour obtenir les polis de la carrosserie : l'enduit vernisseur, pour finir, constitue le vernis le plus solide pour l’équipage.
- 3° Les enduits au tampon pour Vébénisterie, s’emploient comme les vernis au tampon, à la gomme laque, et autres, et ont sur eux, le grand avantage d’une forte adhérence, unie à une grande résistance, permettant de mieux oblitérer les pores des bois. Dans ce but, on peut les additionner d’un peu de pierre ponce en poudre impalpable, qui, par l’action du polissage s’introduit dans les vides du bois, qu’elle remplit d’une manière solide, fixée qu’elle est par l’enduit. La pierre ponce peut être remplacée par du verre en poudre impalpable ou par toute autre matière.
- Avec ces enduits, il ne faut que le cinquième de la quantité d’huile de lin ou d’olive employée avec les vernis ordinaires pour faire glisser le tampon.
- En effectuant le polissage avec de l’enduit très-étendu d’esprit de bois, on supprime l’emploi de l’huile qui a l’inconvénient de repasser, sur le vernis, en le tachant de nuages, et lui ôtant son éclat. L’application de ces enduits laisse les effets obtenus, fixes, brillants et d’une grande durée.
- 4° Les enduits pour métaux, sont d’une adhérence et d’une solidité des plus remarquables ; ils servent à la peinture de tous les métaux : fonte, fer, cuivre, zinc, plomb, étain, fer-blanc, etc., etc. Ils forment les peintures les plus solides de toutes celles connues; quelques-uns résistent à des températures fort élevées, même au-dessus de 200 degrés. Ils peuvent être appliqués utilement à recouvrir les surfaces des machines, les toitures métalliques, les grilles, les charpentes en fer, les panneaux en tôle, les colonnes en fonte, les navires en fer, les fermetures de magasins en fer, les balcons et les personnes, les fers dorés, la tuyauterie et la robinetterie, ainsi que les armes et le matériel de guerre. C’est la seule peinture résistant à la chaleur humide des terres. On peut les employer avec toutes les couleurs, mais elles n’ajoutent rien à leur qualité. On broie les couleurs avec l’enduit, et l’on peut y employer le blanc de céruse de préférence au blanc de zinc; on applique deux couches légères, en ayant soin de ne mettre la deuxième qu’après dessiccation complète de la première. Ces deux couches sont toujours suffisantes : on peut en augmenter la solidité et l’éclat en passant une très-légère couche d’enduit pur sur la deuxième couche, avec couleur complètement sèche. Si les peintures préparées devenaient trop épaisses, on pourrait les éclaircir avec l’enduit pur lui-même, à l’exclusion de toute autre matière.
- 5° Les enduits pour œuvres d'art et céi amique, servent aux sculptures, pour les refouillements et les ornementations de toutes espèces en pierre, plâtre, céramique ou marbre, qu’ils conservent pendant fort longtemps, sans qu’on soit obligé de pratiquer autre chose qu’un simple lavage à l’eau pure ou à l’eau de savon, suivi d’un lavage à l’eau. Ils donnent aux sculptures un ton mat ou une teinte vernissée suivant que l’on emploie l’opalin ou l’extra-fin. Ils peuvent servir également à préserver les peintures murales, les fresques et les moulures de toute nature. Ils s’emploient généralement sans couleur, à moins qu’on ait h faire des peintures très-fines.
- L’enduit copal, pour peintures murales et autres, est d’une solidité à toute épreuve et d’une transparence qui ne laisse rien à désirer.
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- 6° Les enduits pour tissus et cordages, servent à préserver les cordages et les tissus, quelque forts ou fins qu’ils soient, ainsi qu’à renforcer les câbles sous-marins et de toutes sortes, qu’ils conservent mieux qu’aucun agent connu. On recouvre et pénètre avec eux les tissus destinés aux toitures des poudreries et des magasins de la guerre. On peut également imperméabiliser les voiles de navire, les tentes de campement, les prélarts et les bâches de chemins de fer, les couvertures de vvaghns, les vêtements préservateurs pour marins et soldats, les vêtements de chasseurs, auxquels ils laissent une grande légèreté, en même temps qu’ils ajoutent aux tissus une force de résistance de plus de 25 pour 100.
- Les cordages doivent être immergés dans l’enduit liquide, chauffé et maintenu à 60 degrés, pendant 5 ou 6 heures, et mis à sécher ensuite à l’air et à l’ombre. Les tissus sont imperméabilisés avec les moyens ordinaires, par l’application au couteau ou à la machine, de couches successives d'enduit chauffé à 60 degrés. Ces derniers enduits peuvent être préparés en diverses couleurs.
- 7° L'enduit pour fondations et couvertures, est hydrofuge par excellence et est surtout employé dans les fondations, au sortir du sol sur un mètre de hauteur avec des briques, pour empêcher l’humidité de remonter dans les murs. On peint, avec cet enduit, les tuiles des toitures que l’on rond de la sorte imperméables et d’une durée indéfinie. Tous les métaux destinés aux toitures, toutes les briques destinées à faire des murs exempts d’humidité, tous les plâtres qui doivent être recouverts de papier peint, tous les conduits métalliques, toutes les chapes en maçonnerie, les citernes, les poudreries sont mises à l’abri de l’humidité par son emploi. Les ciments sont rendus impénétrables par uneapplication de deux couches de cet enduit; enfin tous les fers et les bois, qu’ils soient sous terre ou hors de terre, sont très-bien conservés par les mêmes applications. Il sert aussi à fixer sur la volige des toits les tissus de toutes couleurs, imperméabilisés pour toitures, système qui réalise une économie de durée sur ceux qui sont appliqués aujourd’hui à l’industrie.
- 7° Enfin, la guerre l'emploie pour protéger ses projectiles.
- Cet enduit s’applique à chaud, à la température de 50 à 60 degrés, sur des surfaces nettes et se rapprochant, autant que possible, de cette même température pour en faciliter l’absorption. Il doit être étendu avec des brosses ou pinceaux très-durs et par couches aussi minces que possible, en évitant de donner la deuxième couche avant que la première ne soit complètement sèche.
- Plus la couche d’enduit aura séché avant d’être exposée à l’eau, plus les résultats obtenus seront efficaces.
- 422245 — Livesey et Kidd. Production et enrichissement du gaz d’éclairage.
- 422246 — Magnien. Chauffe-assiettes dans cheminée. .
- 422247 — Magnien. Bout renforcé pour la chaussure.
- 422248 — Ireland. Appareil à tendre les vêtements.
- 422249 — Hewett. Blindages métalliques.
- 122250 — Caülard frères. Chaudières marines et autres.
- 122251 — Escoffier. Ciseau avec lames de rechange.
- 122252 — Paskin. Nouvelle cannetière.
- 422253 — Allard-Rousseau. Peignage des matières filamenteuses.
- 122254 — Andorre. Moteur à vent hélicoïdal.
- 422255 — Ramuzat. Boîte à torréfier les cafés, cacaos.
- 422256 — Mauduit fils. Pompe Mauduit.
- 122257 — Pènaud. Navigation aérienne par l’hydrogène.
- 422258 — Pirard. Plissés sur tissus.
- 122259 — Société Anonyme pour la fabrication de l’aniline. Rouge d’aniline.
- 122260 — Bodson. Polissage des glaces.
- 122261 — Joachim. Perfectionnements aux cheminées.
- 122262 — Estaillartz. Eteignoir de feu de cheminée.
- 122263 — Astorgis. Monture métallique pour encadrer.
- 122264 — De la Banda et Vacossain. Chasse-neige.
- 122265 — Jacques et Sauvai. Moyen de remplacer le jaune d’œufs dans la mégisserie.
- 122266 — Pelletier. Manchon métallique pour cloches
- 122267 — Fouc lier frères et Mathieu. Machine à imprimer.
- 122268 — Enault et Allain. Ouverture des boites à conserves sans soudure.
- 122269 — Reverdy. Plan-annonces commercial et industriel.
- 122270 — Brückmann. Superstructure en fer pour chemins ferrés.
- 122271 — Binder et Schwartz. Charrue pour plantations.
- 122272 — Lioret. Remontoir pour pendule de voyage.
- 122273 — Henry. Petit tour à quatre outils.
- BAR-SUR-SEINE.
- TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N°49. —7 Décembre 1878. —XXXVIIIe Année. i'c (Lccl)UCllCf^iôtC 425
- SOMMAIRE.
- Procédé pour blanchir les fibres textiles végétales, de M. ' C. Beyrich. — Note sur l’application de l’outremer rose, par M. J.. Reber. — Nouveau moulin repressant la bagasse deux fois isolément, système Rous-seloL. — Produit destiné à remplacer le noir animal, de M. Th. Piller. — Fabrication des savons de toilette, avec les machines, de MM. Beyer frères. — Expérience sur la combustion industrielle du pétrole. — Machines à fabriquer les creusets, de M. Dor. — Grisoumètre portatif, de M. Co-quillon. — Machine à vapeur, système Corliss, exposée à la section américaine, par M. Wheelock. — Machtîies à vapeur fixes, demi-fixes et locomobiles, de M. Da-mey'. — Machine à vapeur, système Corliss, exposée à la section française, par M. Joseph Far coi. — Divers systèmes de compteurs à eau, par M. Casalonga.
- CHRONIQUE.
- Conférence sur le choix d’un élat au point de vue hygiénique et social,
- par M. P. Couly,
- au Trocadéro.
- (Suite.)
- Des canons Krupp, des engins de guerre au milieu d’une exposition des travaux de la paix ! Ce qui tue, ce qui détruit à côté de ce qui fait vivre et féconde!... Oh! qui ne se les rappelle, qui ne les voit encore, ces canons monstrueux flanqués à l’entrée du parc de l’Exposition universelle de 1867, ainsi que des chenilles gigantesques venues là pour obscurcir, pour dévorer les fleurs? Mystérieux sphinx du Nord, énigme redoutable dont le mot sinistre ne devait nous être que trop tôt révélé et qui semblait dire à la France inconsciente et folle de l’Empire :
- . « Livrez-vous à la joie, dormez dans les plaisirs, je vous réveillerai!... » On nous a réveillés, en effet, et nous nous rappelons. Oui, nous nous rappelons ; mais rassurez-vous, si nous nous rappelons, ce n’est point pour vous rendre le mal, c’est pour faire le bien! — Oh! la guerre, la guerre! si la guerre est chose rigoureusement nécessaire, si la guerre est même chose sainte lorsqu’il s’agit de défendre, de sauver la patrie, la
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Procédé pour blanchir les fibres textiles végétales, de M. C. Beyrich.
- La méthode généralement employée pour blanchir les fibres textiles et surtout les fils et les tissus de lin, consiste à dissoudre d’abord les matières collantes et autres impuretés contenues dans les fibres, en faisant bouillir ces dernières pendant plusieurs jours avec une lessive alcaline, afin de les préparer pour le blanchiment au chlore, qui doit suivre. Dans le blanchiment proprement dit, on soumet la matière à l’action des bains de chlore d’abord concentrés, puis devenant de plus en plus faibles et alternant avec des bains d’acide chlorhydrique ou sulfurique, et avec des lessives de soude. Les bains acides ont spécialement pour but de mettre en liberté le chlore, qui est resté dans les fibres et de neutraliser la chaux combinée à l’acide hypochloreux, tandis que les bains alcalins neutralisent l’acide dans les tissus et enrayent ainsi l’action destructive qui serait exercée sur ces derniers. Pendant ces opérations, les tissus sont lavés plusieurs fois avec la plus grande quantité d’eau possible, puis on les transporte au pré, afin d’obtenir un blanc pur en combinant l’action de la lumière avec celle des réactifs chimiques.
- Ce procédé présente différents inconvénients : il exige de grandes quantités d’eau et de produits chimiques ; puis on doit chauffer, et le capital de premier établissement est considérable, ainsi que les frais d’achat des outils et du combustible. Enfin il demande beaucoup de temps et de main-d’œuvre.
- De plus, le blanchiment au pré, qui est nécessaire pour l’obtention d’un produit blanc, empêche de travailler pendant l’année entière, et les bains de chlore n’agissent presque pas en hiver.
- C’est afin de remédier à tous ces inconvénients que M. C. Beyrich, d’Arns-dorf (Silésie), a imaginé son procédé, qui repose sur les trois points suivants :
- 1° l’hypochlorite de chaux, combiné avec l’acide oxalique ou l’oxalate de potassium, possède des propriétés notablement plus énergiques au point de vue du blanchiment, que lorsqu’il se trouve en présence des autres acides ou qu’il est seul;
- 2° l’acide oxalique ou l’oxalate de potassium n’attaque pas si fortement les fibres que les autres acides employés jusqu’ici dans le blanchiment;
- 3° les matières végétales, que l’on doit enlever dans le système ordinaire avant le blanchiment, ne gênent pas cette opération en présence de l’acide oxalique ou des oxalates.
- Suivant M. Beyrich, une partie de l’acide oxalique se combine avec la chaux de l’hypochlorite dissous dans l’eau, met ainsi l’acide hypochloreux en liberté, et ce dernier, par suite de son extrême instabilité, se décompose très-vite en chlore et en oxygène, qui, à l’état naissant, ont une action très-énergique; cette action ne serait même pas gênée parles matières organiques étrangères, qu’on devait enlever, au préalable, dans l’ancienne méthode. En outre, une partie de l’acide oxalique agit probablement sur les* fibres, par suite de sa force dissolvante, pour les séparer des substances collantes.
- L’application de ce procédé se fait dans des conditions variables suivant la nature du tissu et autres circonstances; cependant, on opère généralement
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- 426 £e ^edjntrlogiôte N»49.— 7 Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée.
- de la façon suivante : le tissu est traité d’abord pendant cinq à six heures dans un bain de chlorure de chaux additionné d’acide oxalique. La durée de l’opération dépend de la nature spéciale de l’étoffe, et la température du bain est de 18° à 20°, au minimum, et de 25° à 26°, au maximum. On rince ensuite l’étoffe avec soin et on la traite par une solution faible d’acide sulfurique : cette dernière opération peut cependant être éventuellement supprimée.
- Il convient de ne pas ajouter en une seule fois au bain de chlore tout l’acide oxalique ou l’oxalate, mais de n’en mettre qu’une partie, afin d’y plonger ensuite très-rapidement le tissu, parce que le chlore et l’oxygène dégagés par l’acide, agissent surtout à l’instant du dégagement. Au bout d’un certain temps, on ajoute le restant de l’acide oxalique. Le bain d’acide faible que l’on emploie après le bain de chlore n’a pas seulement pour but de mettre en liberté l’acide hypochloreux absorbé par le tissu et de le rendre actif, mais encore de transformer en sulfate de chaux, la chaux contenue dans le tissu sous forme de carbonate et d’hypochlorite. Ce sulfate de chaux ne nuit d’ailleurs pas à la couleur blanche et à l’éclat du tissu. Après le passage à l’acide, on rince le tissu, on le passe dans un bain de soude, afin de neutraliser l’acide qu’il a retenu, puis on cylindre.
- Ces opérations sont répétées plus ou moins souvent, avec des bains de plus en plus faibles, suivant l’espèce de tissu en traitement, jusqu’à ce qu’on obtienne une couleur d’un blanc parfait. Après le second lessivage, il est bon de placer l’étoffe quelques jours au pré : cela conserve le tissu et augmente la blancheur; mais on ne doit le faire qu’après le passage au bain alcalin, sans quoi on obtiendrait un effet contraire. Ce procédé convient pour tous les tissus de lin et de chanvre; les cotons bruts et les fibres très-grasses doivent d’abord être bouillies avec de la soude, mais se blanchissent ensuite très-rapidement.
- (.Deutsche industrie Zeitung.)
- Note sur l'application de l'outremer rose, par M. J. Reber.
- Un mémoire de M. E. Guimet publié par le Moniteur scientifique du docteur Quesneville (février 1878), indique la formation de l’outremer rose comme étant la cinquième des six colorations stables auxquelles on arrive par suite de la calcination et de l’oxydation d’un mélange de kaolin, de soufre, de carbonate et de sulfate de sodium, mélange employé généralement pour la production des outremers. L’outremer rose a été signalé, il y a plusieurs années déjà, mais ce n’est guère que depuis quelques mois qu’il est offert à l’industrie à des prix abordables, et différant peu de ceux de l’outremer bleu.
- Les échantillons que M. Reber a eu à examiner provenaient de la fabrique du Nüremberg et avaient été remis à la Société industrielle de Rouen, par M. Monet. Ces types se composaient de quatre numéros formant une gamme d’un rose tirant sur l’amarante et rappelant jusqu’à un certain point celui que donne la fuchsine.
- Ils peuvent être fixés sur les tissus par l’albumine comme le sont les outremers bleus. Cependant il est à remarquer qu’en coagulant l’albumine par l’eau bouillante, le ton rose de l’outremer n’est pas modifié, tandis qu’en
- guerre lorsqu’elle n’est inspirée que par le caprice ou par l’intérêt, la guerre est un crime, la guerre est un fléau! Et s'il est un vœu que chacun doive former, s’il est une prière que tout être créé doive faire, n’est-ce point celle que l'Homère français, que notre Shakespeare à nous, adressait, il y a peu de jours à peine, aux souverains, dans un discours célèbre?
- Ce que Victor Hugo, poursuivant ainsi l’œuvre si laborieuse, si constante, entreprise par notre grand publiciste, par Emile de Gi-rardin, en faveur de la paix, ce que Victor Hugo disait avec cette hauteur de vue, avec cette magnificence de langage qui n’appartient qu'au génie, il est du devoir des voix les plus faibles, comme des voix les plus inconnues de le redire à leur tour. Les grandes paroles ne sauraient avoir trop d’écho; les élans du cœur ne se mesurent pas ; il me sera donc permis de m’écrier, et vous vous écrie^ rez tous avec moi :
- « O vous qui tenez entre vos mains les destinées, des peuples ! ô vous qui d’un mot pouvez lancer des armées entières les unes contre les autres, vous qui pouvez faire détruire en un seul jour ce«que des siècles ont à peine eu le temps de former, écoutez la voix de l’humanité, la voix de la raison! Gardez-vous de donner une fois de plus le sang de vos enfants pour engrais à la terre ; donnez-lui, si vous voulez la rendre fertile, si vous voulez qu’elle soit à tout jamais féconde, donnez-lui la justice, donnez-lui la liberté, donnez-lui le travail ! »
- Si l’exemple que je viens de vous citer, Mesdames et Messieurs, si cet exemple que j’oserai, sans crainte, appeler l’exemple de la rédemption de Paris par le travail, a dû vous convaincre de l’irrésistible puissance des efforts pacifiques d’un peuple qui veut reconquérir l’estime qui lui est due ; si les fêtes magiques auxquelles nous venons d’assister sont l’expansion naturelle, la joie immense, l’éblouissement sans nom du travail satisfait; si enfin M. Tetsserenc de Bort, le ministre éminent auquel cette magnifique Exposition doit d’être, a pu dire du travail, lors de l’inauguration de l’Exposition ouvrière :
- « Le travail, considéré dans les sociétés anciennes comme un signe de servitude et d’abaissement, est devenu, dans nos sociétés modernes, le titre le plus solide, le plus indiscutable à l’estimè, au respect de tous, le moyen le plus efficace de servir son pays et d’arriver à la gloire. »
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- N°49.—7Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée. ^tecljncdUgiôtC 427
- S’ensuit-il de là que le travail lui-même n’ait point de nombreux obstacles à surmonter, de grandes difficultés à vaincre ?
- Non; rien sans peine; comme dit le poète :
- Tout bonheur est le prii d'un effort sur la terre.
- Et si nous voulions examiner ici la lutte sans fin que le travail a eu à soutenir, si nous tentions de parcourir, étape par étape, ne fut-ce qu’une faible partie du chemin qui sépare le servage proprement dit de l’établissement des jurandes et qui de la maîtrise conduit jusqu’à nos jours, nous serions effrayés des entraves dont le travail a eu à triompher, et nous demeurerions douloureusement attristés en présence du nombre de malheureux que le travail a faits.
- Oui, de même que la guerre a ses victimes, de même que la foi a ses martyrs, de même le travail a les siens. Quel long martyrologe!... Et lorsque, en énumérant nos richesses minières, en traversant nos tunnels ou en admirant ces viaducs, ces ‘chemins de fer, ces gigantesques travaux qui ont fait de nos simples travailleurs des hommes dépassant de plusieurs coudées les demi-dieux de la fable, on songe au feu grisou, aux éboulements, aux explosions, à ces catastrophes terribles qui engloutissent en un instant les soutiens de milliers de fcunilles, et que l’on voit ceux qui restent, ceux qui survivent, reprendre sans se plaindre le travail interrompu et poursuivre leur tâche, sans autre but, sans autre avenir pour eux et pour les leurs que le pain quotidien, on est tout ému de profonde pitié, et l’on sent l’indignation grandir lorsque (spectacle trop souvent renouvelé de nos jours) on entend des désœuvrés inutiles ou des exploiteurs sans vergogne se permettre de tourner en ridicule et de chercher à flétrir ce qd’avant tout ils devraient honorer !
- Certes, je ne suis pas et je ne serai jamais de ceux qui, soit par intérêt, soit par engouement mal compris, voient tout en bien dans les masses et se font les plats adulateurs de ce qu’ils devraient se faire un devoir de signaler et- de combattre. Non, je suis de 'ceux qui ne déguisent jamais la vérité, de ceux qui savent que les travailleurs honnêtes ont le même dédain pour la flatterie que pour l’injure, et qui ne craignent pas de leur dire : — On admire vos travaux, faites que l’on admire aussi votre conduite ; sachez faire garantir tous vos droits, mais remplissez aussi tous vos devoirs; ne vous bornez pas à être de paisibles, de dévoués
- opérant par la vapeur d’eau, la nuance devient plus terne et vire sensiblement au bleu.
- Ce virage provient peut-être d’un commencement de production de l’outremer rose en outremer bleu. M. Guimet dit fort bien, dans sa note, qu'en calcinant la matière rose avec du charbon on la ramène à l’état bleu, et M. Balanche est arrivé au même résultat sans addition de réducteur, et par une simple et légère calcination dans un crausct de platine.
- Les couleurs préparées avec l’outremer rose se conservent aussi bien que celles faites avec l’outremer bleu, ai mieux que les couleurs à l’outremer violet, dont la décomposition est assez prompte.
- L’action du chlore, des alcalis et des acides énergiques est la même que sur le bleu.
- Mélangé avec une dissolution d’alun, le rose se décompose bien plus lentement que le bleu; le dégagement d’hydrogène sulfuré très-marqué pour le dernier n’est que peu accentué pour le rose.
- Comme résumé, nous pensons qu’en face des nombreuses laques d’aliza-rine offertes depuis quelque temps, et à cause de la facilité avec laquelle le ton de l’outremer rose se modifie pendant le vaporisage, ce produit, sous le point de vue de l’impression des tissus, ne présente qu’un intérêt secondaire pour les genres actuels.
- En le mélangeant avec d’autres poudres plastiques, il pourrait peut-être trouver quelque emploi dans la composition des couleurs modes, ou bien encore et surtout, dans des articles spéciaux réclamant des couleurs roses à toute épreuve contre la lumière du soleil.
- [Moniteur' des fils et tissus.)
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Nouveau moulin repressant la bagasse deux fois isolément, système Rousselot.
- Ce nouveau moulin est disposé pour être placé à la suite d’un moulin déjà établi. Il se compose de deux couples presseurs agencés comme il est dit pour le moulin complet (1). L’emplacement nécessaire pour ce moulin à deux couples est de huit mètres, depuis l’ancien moulin jusqu’à la toile sans fin menant la bagasse au générateur.
- Le travail exécuté dans ce moulin comme represseur, suivra exactement celui produit dans l’ancien moulin, ayant la même longueur de cylindres. L’extraction produite dans les deux repressions est de 9 kilogrammes de vesou pour la première et de 6 kilogrammes pour la seconde : soit 15 pour 100 de vesou.extrait de la bagasse dont on aurait déjà retiré 65 pour 100.
- La puissance de la machine est de 40 chevaux pour un moulin de deux couples presseurs (cylindres de lm,50 de longueur), et une vitesse initiale de 2 tours par minute : la force de cette machine sera dans tous les cas la même que celle du moulin dont il doit represser la bagasse.
- (1) Voir le Technologiste, 3e Série, t. I, page 411.
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- Nous disons moulin represseur, mais ces deux couples employés directement comme moulin donnent une extraction supérieure de 8 à 9 pour 100 sur le moulin à trois cylindres. L’ensemble de ce moulin represseur est, comme on le voit, la moitié du système complet : les deux autres couples et la transmission peuvent être ultérieurement ajoutés. La transmission surtout ayant été étudiée et disposée pour être facilement raccordée, formera alors un système complet de quatre pressions successives.
- Produit destiné à remplacer le noir animal, de M. Th. Pilter.
- Nous avons eu l’occasion, l’année dernière, d’entretenir nos lecteurs d’un procédé d’utilisation des vieux cuirs et des déchets, qui consiste à les transformer en engrais (1). M. Pilter, de Paris, vient à son tour de les utiliser pour fabriquer un nouveau produit, destiné à remplacer le noir animal, en leur adjoignant du phosphate de calcium et du phosphate de magnésium. L'emploi de ces composés du phosphore est basé sur les observations suivantes.
- 1° Quand on chauffe sous pression, du phosphate de magnésium avec de l’eau de chaux, la chaux se combine avec l’acide phosphorique pour former du phosphate tribasique, et la magnésie insoluble est mise en liberté.
- 2° Le phosphate de calcium bibasique insoluble absorbe un équivalent de chaux et se transforme, sous l’influence de la chaleur et de la pression, en phosphate tribasique.
- 3° Le phosphafe de magnésium basique absorbe l’ammoniaque libre et les sels volatils d’ammoniaque, le carbonate et le sulfhydrate.
- Il résulte de là : 1° que, lorsqu’on remplace dans le noir, le phosphate de calcium-Mbasique par le phosphate bibasique, on augmente la capacité absorbante du charbon pour la chaux libre, et 2° qu’il est avantageux d’augmenter la teneur en phosphate de magnésium, afin de donner au charbon un plus grand pouvoir absorbant pour les sels de chaux et les sels volatils d’ammoniaque.
- La fabrication du noir animal artificiel comprend donc les opérations suivantes : 1° préparation du cuir, qui do.it fournir le charbon; 2° addition des substances organiques et minérales; 3° calcination.
- Pour préparer le cuir, les déchets, séparés des matières étrangères, sont chargés dans une marmite de Papin, mise en communication avec un générateur qui fournit de la vapeur à 6 atmosphères. On ajoute une petite quantité d’eau tenant en solution de 1 à 5 pour 100 de soude caustique, suivant la nature du cuir. Quand on fait arriver la vapeur, il se produit d’abord une condensation assez forte, qui fait que le volume du liquide augmente notablement; mais bientôt l’équilibre de température s’établit entre la vapeur, les matières à traiter et l’appareil. Au bout d’une heure ou deux, suivant l’épaisseur du,cuir et suivant qu’il a été plus ou moins tanné, la masse, qui a pris la forme d’un magma semi-liquide, est placée dans un appareil centrifuge, lequel en sépare une liqueur contenant du tannate de sodium et une petite quantité de gélatine. La masse^gélatineuse fournit, après refroidissement, une quantité considérable de gélatine. Afin d’en séparer les substances étrangères qu’elle peut encore renfermer, on peut la faire passer au moyen d’une presse hydraulique à un tamis métallique à mailles serrées, raè-
- "-"(l)vÇoir le Technologiste, 2e Série, t. IV, page 76.
- citoyens, soyez de plus en plus des hommes d’épargne, d’excellents pères de famille, commandez le respect, faites rougir ceux qui n’ayant pour eux qu’un nom trop souvent mal porté, qu’une fortune trop souvent mal acquise, n’en osent pas moins vous appeler avec mépris « le nombre, » faites, dis-je, qu’ils vous appellent les utiles elles indispensables.
- J’ai parié des victimes, des martyrs du travail : ces victimes, ces martyrs ce sont souvent des hommes, mais plus souvent encore ce sont des femmes inconscientes, ce sont de malheureux enfants.
- Le remède, je ne dirai pas souverain, étant donné que, quoi que l’on fasse, la souffrance est inhérente à la nature humaine, le remède souverain n’existe pas; mais le remède le plus salutaire, le plus efficace contre les maux sans nombre qu’enfante le travail, quel est-il?
- Ce remède, c’est la science et la liberté pour les hommes, la protection pour les femmes et pour les enfants.
- A la science, le soin de lutter de mieux en mieux contre la nature elle-même en découvrant chaque jour davantage les lois qui la régissent, et en mettant à la portée de l’homme tous les moyens de défense, toutes les précautions imaginables dont on peut disposer.
- A la liberté un autre soin encore : celui de mettre à môme le patron, comme l'ouvrier, de traiter avec armes égales de leurs droits respectifs, de rester parfaitement indépendants les uns des autres, de n’avoir qu’un lien, celui de l’intérêt commun et, poursuivant ensemble le même but, celui de la prospérité nationale, celui du bien public, d’être chacun soumis aux mêmes lois, aux thèmes exigences, de façon à ce que, ne pouvant rien l’un sans l’autre, l’ouvrier ne soit pas plus l’esclave du patron que celui-ci ne doit être l’asservi de l’ouvrier.
- Ou je me trompe fort, ou une fois les droits politiques, les droits naturels de chacun et de tous définitivement déterminés et établis, tout l’avenir social sera là. L’entente logique, parfaite et durable entre le capital et le travail, voilà le problème à résoudre; la liberté qui fait des hommes remplaçant le socialisme qui ne fait que des machines; le droit individuel sans cesse respecté, sans jamais compromettre en rien les droits de tous, voilà le but que tous les humanitaires, que tous les vrais économistes doivent chercher à atteindre.
- Nous n’examinerons point à cette heure si l’organisation présente du travail est bien
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- tout ce qu’elle devrait être ; nous ne regarderons pas si l’œuvre du législateur est complète et parfaitement juste et égale pour tous en ce qui concerne les droits des travailleurs et les droits de ceux qui les emploient ; nous laisserons également dans l’ombre les institutions, les règlements particuliers que telles ou telles industries ont su, plus ou moins, prendre et développer ; nous ne nous arrêterons pas davantage à cette question si utile, si capitale pourtant, à savoir si, soit au moyen d’une Caisse de retraite, soit au moyen d’une Compagnie d’assurances, il ne serait pas enfin de toute justice de garantir les derniers jours des invalides du travail, comme l’on est déjà parvenu à sauvegarder ceux des militaires et des divers fonctionnaires publics. Un tel examen nous conduirait trop loin et je craindrais de fatiguer outre mesure ainsi un excès d’attention, un excès de bienveillance extrême dont je m’accuse de n’avoir déjà que trop longtemps abusé. Je me borne, Mesdames et Messieurs, à dire, d’une manière générale, ce qui, selon moi, devrait être et, me permettant d’exprimer ici, en très-peu de mots, mon opinion sur la question du libre-échange, question qui me parait ne pas sensiblement s’éloigner du sujet que je traite, j’ajouterai quelle devrait être, en tant que commerce, en tant qu’industrie, la ligne à suivre aussi bien par le gouvernement que par les industriels.
- Le jour n’est pas éloigné, — et, croyez-moi, ce sera un beau jour, ce sera un jour heureux, celui-là, — le jour n'est pas éloigné où les murailles de la Chine tomberont d’elles-mêmes, où les barrières prétendues protee-• trices s’écrouleront pour jamais, où les lois de douanes, où les prohibitions nous paraîtront un rêve et où les peuples stupéfaits, pour ne pas dire indignés, de s’être si longtemps et si volontairement privés des ressources, des bienfaits réciproques dont chaque nation dispose, ne trouveront plus de voies assez ouvertes pour communiquer entre eux et se partager à l’amiable tout ce que Dieu a si bien créé pour tous.
- Une seule chose est à faire pour que ce qui est un bienfait ne puisse point devenir une calamité, une seule chose est à faire pour que le libre-échange ne soit point un vain mot et une duperie pour les uns, tandis qu’il serait une réalité, un immense avantage pour d’autres. Il suffit que le gouvernement, mû seulement par l’intérêt public (ce qui malheureusement peut-être, me direz-vous, ne s’est pas exclusivement produit à
- Apres avoir subi cette dernière opération, le cuir est à l’état voulu pour recevoir les matières minérales, auxquelles il sert de liant. A cet effet, on en sèche une quantité donnée dans une petite étuve chauffée k 110 degrés et on détermine la quantité d’eau qui s’est volatilisée, ce qui donne le dosage de la matière organique sèche contenue dans la masse humide. Comme on sait qu’à l’état sec les os, débarrassés de leur graisse, contiennent environ 30 pour 100 de matières organiques, on prend une quantité de magma telle, qu’a-près le dégagement de l’eau à 110°, elle donne 33 kilogrammes de masse sèche, et on y ajoute 50 kilogrammes de phosphate bibasique de calcium et 17 kilogrammes de phosphate de magnésium, ces deux dernières substances étant complètement desséchées, et le tout est soigneusement mélangé dans un malaxeur à vapeur. Au bout de très-peu de temps, on obtient une masse assez solide, dans laquelle les matières minérales sont mélangées intimement avec les substances organiques; cette masse est soumise à l’action d’une presse hydraulique très-forte et les différentes couches sont séparées par des pièces d un tissu absorbant, ou de feutre. Quand on laisse à la masse le temps de se tasser et qu’on augmente la pression progressivement de manière qu’elle n’atteigne son maximum qu’au bout d’un certain temps, on obtient d.es gâteaux d’un grande dureté et dont la texture a lout-k-fait l’apparence de celle des os. Après avoir été retirés de la presse, ces gâteaux sont entièrement desséchés dans une étuve chauffée à 110 degrés environ et quand leur poids a cessé de diminuer, il ne reste plus qu’à les calciner, opération qui a lieu dans un quelconque des fours en usage.
- Le réglage du feu pendant la calcination est de la plus haute importance: au début, on ne peut chauffer que très-légèrement et l’on ne doit élever la température que fort lentement. Si l’on observe ces conditions, on obtient un charbon complètement identique au noir animal par st*s propriétés physiques et qui, comme ce dernier, est susceptible d’être revivifié. Après la calcination, on le concasse comme le noir animal.
- Le charbon préparé de cette façon convient tout aussi bien pour décolorer et clarifier les jus sucrés que pour clarifier, épurer et désinfecter les eaux alimentaires et les eaux des fabriques, des mines et autres, analogues.
- L’emploi du charbon présente une importance spéciale pour le traitement des eaux vannes, parce qu’il utilise : 1° la propriété du phosphate neutre de magnésium d’absorber l’ammoniaque libre et les sels volatils d’ammoniaque (carbonate et*sulfhydrate) pour former du phosphate ammoniaco-magnésien insoluble; 2° les propriétés absorbantes du charbon pour les gaz, et 3° ses propriétés décolorantes. A cet effet, on prépare un charbon qui ne contient que du noir animal et du phosphate de magnésium neutre et au moyen duquel les eaux vannes sont désinfectées, décolorées et clarifiées par une simple filtration, tandis que les sels ammoniacaux volatils et dissous, c’est-à-dire les éléments utiles pour l’agriculture, sont en même temps fixés. La vidange des fosses d’aisance se réduit ainsi à l’enlèvement des matières fécales solides, qui peut se faire aisément par l’une des méthodes connues. Afin d’augmenter l’action du charbon, on développe les surfaces de contact en donnant au charbon des formes spéciales, comme celle de cylindres creux semblables aux vases poreux des piles, et à travers lesquels on peut faire passer les liquides à filtrer, sous pression.
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- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- . ' Fabrication des savons de toilette, avec les machines
- ' ' de MM. Beyer frères.
- Deux médailles d'or à l'Exposition.
- Nous avons eu déjà l’occasion d’entretenir nos lecteurs du remarquable outillage de parfumerie, de la construction duquel MM. Beyer frères se sont fait une spécialité (1). Mais il nous paraît que les récompenses de premier ordre dont ces habiles constructeurs ont été gratifiés par le jury, nous fournissent une bonne occasion de dire que, depuis l’année 1875, ils n ont rien négligé pour perfectionner ces intéressants appareils : certains, sans changer de forme, ont été mieux exécutés et plus soignés encore, comme fini et'comme ajustage, et d’autres ont été plus intimement travaillés et plus ou moins modifiés, quant à la forme et à l’agencement des organes qui les composent.
- Toutes les machines dont les dessins sont reproduits ci-contre, ont fonctionné, pendant toute la durée de l’Exposition universelle de 1878, dans le palais du Champ-de-Mars, sous les yeux du public, et elles ont été mises à la disposition des fabricants qui en ont profité pour faire, avec leurs produits, des expériences qui ont conduit un grand nombre d’entre eux à les installer dans leurs usines.
- Nous n’insisterons pas sur le détail des manipulations que nous avons décrites avec détail, dans notre journal, il y a trois ans. Rappelons cependant que les opérations nécessaires pour la confection du savon de toilette peuvent se réduire à sept, qui sont les suivantes :
- 1° rabotage, ou division en copeaux très-minces des blocs de savon purifié extrait des chaudières ;
- 2° pilage, ou trituration des matières solides, matières colorantes et parfums ;
- 3° tamisage de ces matières ;
- 4° broyage et transformation en pâte des copeaux de savon, et mélange intime des couleurs et des parfums — essence ou poudre — avec la pâte ;
- 5° boudinage, formation de la pâte en boudin continu, de forme et de dimensions réglées ;
- 6° pelotage, division du boudin en pelotes ou pains d’un poids déterminé ;
- 7° modelage et marque des pains.
- Ces opérations successives sont exécutées mécaniquement par des machines dont les noms indiquent suffisamment la destination. Ce sont, dans l’ordre logique des faits ; la raboteuse ou découpeuse, le pilon mécanique, la lamiseuse, la broyeuse, la boudineuse, la peloteuse, la presse à modeler et la presse à frapper.
- Parmi ces machines, quelques-unes sont très-simples, et leur fonctionnement se comprend à première vue : nous ne ferons que les énumérer.
- La raboteuse ou découpeuse (figure 96), composée de deux disques symétri-
- (1) Voir le Tecknologiste. lre Série, t."XXXV, page 49o.
- Fig. 99.
- Fig. 100.
- Fig. 101.
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- l’époque où, il faut bien l’avouer, le libre-échange a été par MM. les rouhéristes par trop proclamé à la vapeur), il suffit que le gouvernement, 'avant d’ouvrir toutes ses portes à l’entrée des produits étrangers, ait eu le soin de mettre son industrie et son commerce à même de lutter à forces égales avec l’industrie et le commerce des autres nations ; il suffit que le gouvernement se soit assuré de la bonté de l’outillage, qu’il ait multiplié les chemins de fer et les canaux ; qu’il ait favorisé de tous ses efforts la production nationale et que, de leur côté, les industriels, loin de s’habituer à se complaire (ce qui est bien un peu, pourquoi ne l’avouerions-nous pas? notre péché mignon), à ad-
- ques, munis chacun de six lames d’acier tranchantes, opère la réduction en copeaux, par un mouvement rotatif.
- Le pilon mécanique (fig. 97), auquel une came en métal ou excentrique, imprime à la fois un mouvement ascensionnel et d’évolution sur son axe, pulvérise les matières.
- La tamiseuse est représentée figure 98, la presse à modeler, figure 99, et la presse à frapper, figure 100.
- Nous n’avons pas à nous étendre ici sur ces appareils que nous avons déjà décrits, dans notre trente-cinquième volume, page 495 et suivantes : si nous en reproduisons les dessins, c’est uniquement pour éviter à nos lecteurs une recherche laborieuse. Mais, nous voulons surtout appeler leur attention sur les deux machines représentées par les figures 102 et 103, que les constructeurs ont bien perfectionnées dans ces derniers temps, et que nous allons décrire en détail.
- La broyeuse (fig. 102), est un puissant engin, bien installé sur un bâti de
- Fig. 102.
- Fig. 103.
- mirer leurs produits, à les croire indéfiniment supérieurs et de beaucoup aux produits des autres, s’attachent sans cesse à faire mieux, en se rappelant que lorsque, trop plein de confiance dans son mérite, on reste stationnaire, nos rivaux étudient et marchent. Le progrès n’admet point de repos, et s’il est sage de ne point se lancer à l’aventure et de prendre n’importe quel chemin, se croyant toujours sûr d’arriver à temps, comme avait la prétention de le faire M. le lièvre de notre bon La Fontaine, il est bien de ne pas trop imiter la tortue !
- Donc, vous le voyez, qu’il s’agisse de consommation intérieure ou d’exportation, c’est le travail et toujours le travail qui peut tout.
- fonte ; elle se compose de quatre cylindres en granit, dont deux horizontaux inférieurs, et deux supérieurs, surplombant les deux autres, tous les quatre exécutant un mouvement de broyage de bas en haut.
- La masse des copeaux de savon, après addition des parfums et de la matière colorante, est déposée par l’ouvrier dans une trémie qui la conduit entre le premier et le deuxième cylindre, où elle subit un premier broyage, de là amenée entre le deuxième et le troisième cylindre par le mouvement de rotation à vitesse différentielle, elle y est soumise à un deuxième broyage ; enfin, saisie et de nouveau broyée entre le troisième et le quatrième cylindre, la pâte retombe, onctueuse et odorante, dans la trémie, pour reprendre le chemin parcouru jusqu’à broyage complet et mélange intime du savon, avec les parfums, les couleurs et les autres substances dont on l’a additionné. Ce triple broyage opéré par le passage successif entre les quatre cylindres, est désigné, en langage technique, par le terme collectif de passe. Chaque passe, en opérant sur une quantité de 30 kil. de matière, s’exécute en cinq minutes. Le nombre de passes, nécessaires à l’amalgame parfait de la
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- pâte, dépend de la nature des matières employées. Quand l’ouvrier juge l’opération achevée, il presse un bouton qui fait jouer une lame en métal ; cette lame, en s’appliquant sur le devant du quatrième cylindre, arrête au passage la pâte qui, au lieu de retourner dans la trémie d’introduction, tombe en nappe dans la boudineuse placée immédiatement devant la broyeuse, ou bien est reçue par l’ouvriér qui la porte à la peloteuse. Comme on le voit par ce qui précède, la matière à broyer ne quitte cette machine que quand l’opération est complètement terminée. Dans les anciennes broyeuses, au contraire, dont les cylindres sont horizontaux, la pâte du savon tombe à terre, ce qui oblige l’ouvrier, après chaque pusse entre les cylindres, à la relever pour la conduire de nouveau dans la trémie d’alimentation. Cette manœuvre, qu’il faut répéter six à huit fois avec lès machines qui ne possèdent que deux ou trois cylindres, est d’abord très-fatigante, et occasionne, de plus, une perte de temps considérable.
- La boudineuse de MM. Beyer frères (fig. 103), se compose d’un cylindre de forme évasée qui reçoit la pâte sortant de la broyeuse, d’une vis sans fin à pas progressifs se mouvant à l’intérieur, laquelle pousse la masse fortement comprimée vers l’orifice de sortie situé en avant de la machine, et d’une filière à arêtes vives et tranchantes, inventée par ces mécaniciens dans le but de donner au boudin une forme nette, ainsi qu’un poli et un lustre qui lui manquent lorsqu’on emploie les filières ordinaires. C’est grâce à ces filières que ces constructeurs ont pu réaliser la fabrication mécanique instantanée du savon de toilette fabriqué à sec et celle des savons qu’ils ont appelé savon double. Ce qui a surtout frappé les spécialistes dans le fonctionnement de cette machine comparée aux anciennes, c’est la régularité avec laquelle en sort le boudin et surtout sa vitesse de sortie, preuve irrécusable de l’énorme pression qui le fournit.
- La peloteuse, représentée fig. 101, remplit les mêmes fonctions que la machine précédente, mais elle a sur elle l’avantage de donner plus de densité et de cohésion au boudin à sa sortie de la filière à arêtes tranchantes. De plus, elle réalise le problème depuis longtemps cherché de découper ce boudin en pelotes ou pains d’un poids déterminé, travail qui s’exécutait autrefois à la main.
- C’est au moyen de cette dernière machine que la parfumerie, en supprimant des manipulations multiples, souvent répétées et coûteuses, dont l’ensemble pouvait exiger cinq et six semaines de temps, est parvenue à fabriquer, presque instantanément, des quantités considérables de savons de toilette, irréprochables d’aspect, aussi bien que de qualité.
- Expérience sur la combustion industrielle du pétrole.
- Des expériences, qui ont été faites le 19 octobre dernier au cercle naval de Brooklyn, à New-York, au sujet de l’emploi du pétrole comme combustible industriel, permettent d’entrevoir une révolution dans le commerce du fer, de l’acier, de la verrerie et d’autres industries.
- Par l’emploi du pétrole comme combustible, non-seulement le charbon de terre se trouverait distancé, mais encore, avec une dépense relativement très-minime, on acquerrait une puissance calorique supérieure à tout ce qui a été obtenu jusqu’à ce jour.
- Mais, nous l’avons vu aussi, le travail a ses victimes, le travail a ses.dangers,, contre lesquels on ne saurait assez se prémunir; et si, nous l’avons dit, le meifleur préservatif pour les hommes, c’est la science et la liberté; si, nous tenons à le répéter, nous voulons que les sociétés comme les individus eux-mêmes s’habituent à vivre de leurs propres efforts, à voler de leurs propres .ailes, nous reconnaissons hautement que, pour les femmes inconscientes comme pour les enfants, c’est l’intervention de l’Etat, c’est la protection permanente, la protection organisée qui est indispensable.
- Il faut s’être occupé d’industrie, il faut avoir vécu de la vie des ateliers, pour savoir à quel point l’enfance joue un rôle actif et précieux dans la production nationale ; il faut s’être occupé d’industrie, il faut avoir vécu de la vie des ateliers, pour savoir également de quels abus, de quelle exploitation coupable ces malheureux enfants ont été si tristement l’objet. On se surprend à douter de l’humanité en se rappelant certains faits, on en viendrait même à regretter, à maudire l’atelier et la prospérité de nos usines et de nos manufactures, si l’on songeait à quel prix cette prospérité s’obtenait. Et pourtant, en y réfléchissant bien, en se rendant compte du véritable état des choses, est-ce bien l’humanité proprement dite que l’on doit accuser ? les industriels, les patrons, les ouvriers eux-mêmes, étaient-ils donc des êtres dénaturés, des êtres sans entrailles qui prenaient plaisir à faire souffrir, à dévorer l’enfance ? Non ! l’homme n’est point cruel par nature, Dieu nous a faits bons ; l'intérêt seul nous égare, et si les enfants ont eu tant à souffrir de l’industrie, c’est que l’industrie, subissant les inévitables effets de la concurrence et ignorant les véritables lois de l’économie politique, en était arrivée à ne plus considérer l’enfance que comme un élément dont elle pouvait impunément abuser et qui irait toujours se renouvelant sans cesse. Erreur funeste, plutôt que volonté criminelle : tout s’épuise ! L’enfance, dont vous faites un si étrange, un si irréfléchi, un si déplorable abus aujourd’hui, vous fera défaut demain, et vous serez les premiers à demeurer épouvantés et contrits, lorsque, voyant le vide se faire autour de vous, vous reconnaîtrez que l’exploitation de l’enfance, telle que vous la pratiquiez, était aussi inhumaine qu’antiéconomique.
- Toujours est-il que le mal était extrême ; il était tel que le pays du laissez-passer, le
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- pays du laissez-faire en fut terrifié, et que l’Angleterre, d’efforts en efforts, de réformes en réformes, de bill en bill, en arriva à transformer du tout au tout le mode de production dans la Grande-Bretagne, et qu’on lui doit de voir aujourd’hui l’enfance protégée chez elle (et cela au bénéfice même de la prospérité industrielle), au-delà de toute espérance, au-delà de toute prévision.
- En France, le mal était, il est vrai, moins grand ; la France était heureusement un peu moins industrielle que sa riche rivale, des populations ouvrières ne disparaissaient point encore pour ainsi dire en entier ; mais il était cependant temps de veiller. Manchester faisait déjà école, et peut-être que, le temps et la concurrence aidant, nos départements du Nord n'auraient eu bientôt plus rien à envier à nos voisins d’outre-Manche en tant que destruction en coupe réglée de l’enfance, si, grâce à la courageuse initiative d’un riche industriel, d’un ministre intègre, d’un homme de bien, la loi du 22 mars 1841 sur le travail des enfants dans les manufactures n’était venue rappeler à l’industrie française que si le commerce avait ses intérêts, l’humanité avait aussi ses droits.
- Mais si le ministre Cunin-Gridaine avait fait une chose à jamais honorable pour lui, s’il avait fait une chose éminemment utile en proposant et en faisant adopter la loi du 22 mars 1841, il lui avait été naturellement impossible d’arriver à la perfection d’un seul coup, et sa loi, qui n’atteignait que les usines à feu continu ou les manufactures occupant vingt ouvriers au moins réunis en atelier, et qui confiait à une inspection purement gratuite le soin de veiller à l’exécution des conditions prescrites, ne devait point tarder à présenter des lacunes regrettables dans ses dispositions législatives, et à faire naître des défaillances sensibles dans le mode de surveillance établi.
- Les demi-mesures sont rarement fécondes : le mal a beau ne -pas être un phénix, bien loin de là, il n’en renaît pas moins beaucoup trop facilement de ses cendres. Il faut l’attaquer jusque dans sa racine, si l’on ne veut point qu’il se reproduise sans cesse ; et ce n’était point en s’en tenant à un nombre insignifiant d’ateliers, en s’en rapportant au zèle désintéressé et plus ou moins soutenu de quelques esprits dévoués, de quelques hommes charitables, que l’on devait raisonnablement pouvoir espérer déraciner d’une manière efficace et durable les habitudes mercantiles qui faisaient de l’enfance une chose,
- Dans les expériences faites à Brooklyn, on a constaté une chaleur de 5.000 degrés. On a fondu des gueuses de fonte en dix minutes (au lieu de deux heures) et soufflé du verre en deux heures (au lieu de seize). Le combustible employé se compose d’un résidu de pétrole mélangé de coaltar.
- L’application de cette nouvelle invention h la marine pourrait, si les appareils présentaient autant de sécurité que d’efficacité, produire une véritable révolution dans la navigation à vapeur.
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Machines à fabriquer les creusets, de M. Doa.
- M. Dor, directeur des établissements de M. deLaminne, à Arapsin-lez-Huy, a exposé deux machines à fabriquer les creusets réfractaires pour la fusion des minerais de zinc et d’autres métaux. Ces creusets doivent avoir une texture assez compacte pour ne pas être traversés par les gaz et pour présenter une grande résistance à l’action corrosive des scories. Leur fabrication offrait donc de sérieuses difficultés. Elles ont été vaincues par l’emploi de trois presses hydrauliques capables de produire une pression de 300 atmosphères également répartie sur toutes les parties du creuset.
- La machine principale qui est la presse h creusets, est composée de trois cylindres hydrauliques surmontés d’un cylindre à terre, relié aux premiers par quatre colonnes de fer. Le cylindre central a un piston de 200 centimètres de diamètre assemblé au moyen d’une clef, avec le mandrin qui pénètre dans le cylindre à terre, et qui se termine par une tête ayant la forme intérieure du creuset à fabriquer. Au-dessus du cylindre à terre, est placée une lunette dont la forme intérieure est celle de l’extérieur du creuset, et qui est fermée par un couvercle, de sorte que lorsque la tête du mandrin arrive au haut de sa course dans l’intérieur de la lunette, l’espace qui reste libre entre le couvercle, les parois de la lunette et la tête du mandrin, est le moule du fond du creuset. La lunette et le couvercle peuvent être facilement fixés ou desserrés au moyen d’un écrou et d’une clef et peuvent pivoter sur l’une des deux colonnes qui relient ces pièces au cylindre à terre.
- Les deux cylindres hydrauliques latéraux n’ont que 95 millimètres de diamètre, de sorte que la somme de leurs sections n’est que les 45 centièmes de la section du piston central.
- Ces deux petits pistons sont reliés avec un piston annulaire qui remplit exactement la section qui reste libre entre le cylindre à terre et le mandrin : deux rainures verticales pratiquées dans ce piston annulaire laissent un passage libre h la clef d'assemblage du mandrin, de sorte que celui-ci peut se mouvoir sans entraîner le piston annulaire.
- Deux petites pompes jumelles en bronze foulent l’eau dans les trois cylindres hydrauliques à la fois. Elles sont munies d’une soupape de sûreté réglée pour une pression de 300 atmosphères.
- Ces explications étaient nécessaires pour faire comprendre l’idée fonda-
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- mentale de cette machine, qui nous a paru nouvelle et très-digne d’attention, car elle résout le problème suivant qui peut se présenter dans bien des applications : faire sortir une matière compressible à travers un moule quelconque tout en lui créant une résistance déterminée. C’est le piston annulaire qui sert ici de résistance. En-effet, lorsqu’on a rempli le cylindre à terre avec le ballot à comprimer et que l’on y fait pépétrer ensemble le piston central et le piston annulaire, ceux-ci commencent d’abord à écraser la terre ; mais bientôt, la résistance de celle-ci devient supérieure à l’effort qui agit sur les petits pistons hydrauliques tout en restant inférieure à l’effort du piston central. Dès lors celui-ci continue à comprimer la terre; mais cette dernière refoule le piston annulaire qui descend pendant que l’autre monte. Ainsi vers la fin de l’opération, le piston central reçoit une pression hydraulique de 360.000 kilogrammes, tandis que les deux pistons latéraux ne reçoivent ensemble qu’une pression de 42.000 kilogrammes. Donc, le piston central continuera à comprimer la terre et celle-ci refoulera le piston annulaire malgré cette résistance de 42.000 kilogrammes, qui assurera la compacité du creuset. C’est ce même piston annulaire qui, lorsque la compression est finie et que l’on a ouvert le couvercle de la lunette, se charge de repousser le creuset et de le faire sortir à travers l’espace libre entre la lunette et la tête du mandrin, ce qui lui donne sur toute la hauteur la forme voulue. Rien n’est plus simple que le maniement de cette machine et l’idée dç faire servir la pression de l’eau à la fois comme puissance et comme résistance peut être féconde en applications. Nous recommandons très-vivement, à l’attention des ingénieurs cet appareil simple et pratique, qui peut passer inaperçu et dont la valeur est très-sérieuse. Ses constructeurs sont MM. Dautrebande et Thiry, de Huy.
- A côté de cette presse à creusets, M. Dor a exposé une machine à faire les ballots de terre. La terre est battue par un pilon dans un cylindre dont le fond est un piston engagé dans un cylindre hydraulique, qui se vide lentement par un petit orifice d’une section convenable. Quand le ballot est terminé on fait remonter ce piston au moyen d’une petite pompe et le ballot est poussé hors de son moule.
- Cette machine h pilonner, et la presse k creusets, exigent ensemble une force motrice de 10 chevaux et le service de 4 hommes : elles permettent de fabriquer par jour de 10 heures, 120 creusets de lm,50 de hauteur pesant chacun 65 kilogrammes. La presse exposée peut faire des creusets de 2"‘,00 de hauteur et de n’importe quelle section, ronde, ovale ou carrée, pourvu que le grand axe ne dépasse pas 0ra,365, qui est le maximum demandé par les fabricants de zinc.
- La première presse de M. Dor fonctionne depuis 10 ans chez MM. de La-minne, et a produit environ 500.000 creusets.
- Plusieurs grandes usines ont monté de ces presses dont l’usage se généralisera sans aucun doute.
- Grisoumètre portatif, de M. Coquillon.
- M. Coquillon a déjk montré dans différentes communications faites k l’Académie des sciences, comment les hydrocarbures gazeux, en passant sur un fil de palladium porté au rouge-blanc, en présence de la vapeur d’eau, se
- pour y substituer les règles de la raison et de l’humanité.
- M. Cunin-Gridaine fut le premier à s’apercevoir des défauts de la loi ; il avait planté les jalons, il voulut agrandir le chemin; et, dès les premiers jours de l’année 1818, il avait proposé une nouvelle loi qui, instituant une inspection salariée, faisait enfin entrer la question dans la voie essentiellement pratique, dans la voie féconde en heureux résultats.
- Malheureusement (et l’on devait en avoir longtemps la preuve encore), le bien se produit avec de bien autres difficultés que le mal : les événements politiques ne permirent pas que la loi votée par la Chambre des pairs, le 21 février 1848, pùtètre présentée à la Chambre des députés, et l’Empire, malgré bon nombre d’efforts individuels renouvelés auprès de lui, l’Empire, malgré le rapport on ne peut plus remarquable de M. le baron Dupin à la Chambre des pairs, rapport constatant que, dans les départements de l’Eure et de la Seine-Inférieure, par exemple, pour 1.000 jeunes gens de vingt ans reconnus propres au- service militaire, 1.032 et 1.078 étaient réformés comme rabougris, difformes ou débiles, l’Empire, en dehors de quelques tentatives isolées et manquant de l’esprit de suite, je n’ose dire de la volonté, du bon vouloir qui seuls font réussir, l’Empire laissa inachevée et dans l’ombre une loi de laquelle dépendait cependant tout l'avenir de nos futures générations ouvrières.
- On semblait prendre plaisir à s’agiter dans le vide ; on multipliait les enquêtes et comme si l’on eût désiré, pour ainsi dire, ne jamais aboutir, la seule mesure efficace, la seule mesure possible, l’organisation d’une inspection salariée, restait toujours en oubli.
- Bien peu d’argent, cependant, eût suffi pour faire beaucoup de bien !
- Dans un rapport général que j’eus à adresser sur la question, en 1839, et dans lequel j’avais dû constater les heureux effets obtenus par l’inspection salariée en Angleterre, je crus de mon devoir de dire :
- « Consacrez une parcelle du budget à la surveillance éclairée de l’enfance et, pour quelques pièces d’or que vous aurez semées, vous ferez d’une population rachitique et dépravée des hommes valides et moraux. »
- Mais, que voulez-vous ? là où les millions naissaient comme par enchantement ; là où, sur un signe, des sommes considérables étaient votées pour de simples courses de chevaux, on persistait à ne rien trouver pour assurer
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- la protection du travail de l’enfance. Certes, nul de nous ne le contestera, l’amélioration de la race chevaline est chose utile et méritoire en soi, et, lorsque le « tout Paris », pour me servir d’une expression consacrée, honore dé sa présence et de ses vivats les rapides vainqueurs du turf, il peut être de suprême bon ton de se montrer radieux en revenant de la Marche ou d’Auteuil. Peut-être penserez-vous, il est vrai, que, pour être bipède, notre race peut bien n’en avoir pas moins aussi une certaine valeur; peut-être vous direz-vous que les courses que l’homme a, à son tour, à faire ici-bas ne sont point toujours ni des plus faciles ni des plus agréables, et que l’espèce qui produit les Jacquard, les Lamartine et les Cuvier, pourrait bien ne pas être sans quelques titres aux faveurs prodiguées à la race des Thurio ou des Gladiateur. Mais ne récriminons pas ; élevons la question, ne faisons point de la critique, faisons de renseignement, occupons-nous de la loi du 19 mai 18.74 sur le travail des enfants et des filles mineures employés dans l’industrie.
- (d suivre.)
- STATISTIQUE.
- Les étudiants de l'université d'Helsingfors.
- La liste des étudiants du l’université d’Hel-singfors pour le semestre d’automne est publiée par les journaux finlandais. On y relève que le nombre des étudiants est de 1.064,* sur ce ehiflre, 191 appartiennent à la faculté de théologie, 251 à la faculté de droit, 92 à la faculté de médecine, 266 à la faculté d’histoire et de philologie et 264 aux sections physico-mathématiques.
- Ces chiffres sont très-élevés, mais ne répondent pas à la réalité des choses. Il n’y a que 619 étudiants effectifs, et les 445 restants sont ou bien daüs d’autres villes du pays à donner des leçons, ou en qualité de gouverneurs dans les.familles, ou bien étudient la contrée en tournées, ou bien sont absents des cours pour différentes raisons.
- Voilà comment les listes des étudiants de l’université d’Helsingfors portent souvent les noms de personnes arrivées à l’extrême vieillesse et qui restent inscrites pendant toute leur vie.
- L’université comprend 24 professeurs or-
- transforment en oxyde de carbone et hydrogène. Il a constaté que, en présence du fil de platine, les résultats sont identiques : cette action semble donc due exclusivement à l’incandescence du fil.
- Il a, dès lors, paru intéressant à l’auteur, de rechercher si le platine pouvait remplacer le palladium pour l’analyse des hydrocarbures gazeux et s’il pouvait brûler, comme lui, de très-petites quantités de gaz carbonés mêlés à l’air, et il a fait pour cela diverses expériences comparatives.
- M. Coquillon a pris un tube de 25 centimètres cubes environ, à l'extrémité inférieure duquel il a fait souder un fil de palladium de deux dixièmes de millimètre de diamètre et de 2 à 3 centimètres de longueur; il a introduit dans ce tube du gaz C*-H?, depuis la proportion de 0,-2 pour 100 jusqu’à 7 ou 8 pour 100. Le carbure a été complètement brûlé, et dans aucun cas, il n’a obtenu de détonation.
- En opérant dans les mêmes conditions avec le fil de platine et le portant au rouge-blanc, on a pu brûler complètement de petites proportions de gaz; mais, à partir de 4 pour 100, il s’est produit de petits soubresauts, et, à 7 pour 100, des détonations qui pouvaient briser le tube.
- L’expérimentateur a opéré ensuite sur des mélanges d’air et de G* H4. Avec le fil de palladium, il a obtenu de petits soubresauts et même de petites dér tonations avec 7 ou 8 pour 100 ; il pouvait néanmoins faire ses lectures et ses observations. En opérant sur le même gaz avec un fil de platine, les détonations étaient beaucoup plus fortes et brisaient le tube.
- De ces expériences nous pouvons conclure que :
- 1° le biêarbure d’hydrogène mêlé à l’air est plus détonant que le protocarbure ;
- 2° le palladium produit une détonation moindre que le platine ;
- 3° ces deux métaux peuvent également brûler, au rouge-blanc, de petites quantités de gaz.
- On pourra donc, dans certains cas, substituer le platine au palladium, lorsqu’on n’aura pas à craindre les détonations; c’est ce qui a été fait pour le grisoumètre portatif. Le mesureur de cet appareil a une capacité de 12,5 seulement, et il a été disposé de façon qu’on ne s’en serve que jusqu’à 2 ou 3 pour 100 de gaz; à partir de cette limite, la lampe donne des indications. La détonation avec le fil de platine n’est pas à craindre dans ces limites, surtout avec une si petite capacité, et le fil de platine a, sur le fil de palladium, cet avantage que lq. pile Planté ne le fond pas, et qu’elle peut facilement le porter au rouge-blanc lorsqu’elle est complètement chargée. Une incandescence de 10 à 12 secondes suffit pour brûler tout le gaz contenu dans les 12,5 centimètres cubes, et il faut attendre trois minutes environ pour le refroidissement de la masse gazeuse. Il faut, bien entendu, veiller au contact des bornes-pinces, pour qu’elles ne s’échauffent pas et que, par suite, le temps du refroidissement ne soit pas trop long. Eh faisant, du reste, une expérience à blanc sur de l’air ordinaire, on verra le temps que le gaz met à revenir au zéro : s’il dépassait trois ou quatre minutes, on serait dans de mauvaises conditions.
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- GENERATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Machine à vapeur, système Corliss, exposée à la section américaine, par M. Wheei.ock.
- Dans celte machine, la particularité qui saute aux yeux, d’abord, c'est que la course du piston est égale à 2,7 fois le diamètre du cylindre. Cette augmentation de course a pour effet immédiat de réduire les espaces nuisibles, et aussi de diminuer les efforts sur le bouton de la manivelle, sur le palier et sur le guide delà tête du piston.
- Les fuites sur la circonférence de ce dernier, sont aussi relativement moindres, puisque la circonférence en est plus petite, et la vitesse plus grande.
- La diminution relative du diamètre du cylindre a encore un autre avan-tage, qui est de réduire la longueur des tiroirs transversaux : elle en facilite l’exécution, et rend presqu’insensibles les déformations qui pourraient résulter des différences de dilatation. Il a été facile de s’assurer que les tiroirs-robinets ou distributeurs de cette machine, qui a travaillé en charge pendant toute la durée de l’Exposition, sont tout-à-fait étanches.
- Ces tiroirs cylindro-coniques sont, de plus, placés en dessous du cylindre, ce qui assure l’écoulement facile de l’eau condensée ou entraînée dans ledit cylindre. Leur mouvement est d’ailleurs obtenu d’une façon beaucoup plus simple que dans la machine Corliss primitive : les presses-étoupes sont supprimés, ce qui permet de diminuer la longueur des tiges des distributeurs.
- Mais, le principal avantage de cette machine, consiste dans la disposition relative, très-ingénieuse de ses orifices : le tiroir de détente est placé derrière le tiroir distributeur, ce qui rend impossible toute fuite directe de vapeur entre le tiroir de détente et le condenseur. Cela permet, en outre, de donner à ce tiroir de détente une avance telle, qu’il soit déjà ouvert au moment du passage de la manivelle aux points morts : il en résulte que la fermeture de l’admission peut avoir lieu dès les premiers instants de la course du piston.
- On a pu voir cette machine, exécutée par un constructeur consciencieux, travailler à simple effet pendant des journées entières, avec un des fonds du cylindre enlevé, et tout le monde a pu se rendre compte de sa parfaite exécution : malgré sa charge quotidienne, elle fonctionnait sans bruit, sans vibrations, et avec une grande régularité. L’axe du cylindre était situé exactement dans le plan décrit par le centre du bouton de la manivelle.
- La machine de M. Wheelock a été achetée par d'habiles constructeurs français, MM. Legavrian et fils, de Lille.
- Machines à vapeur fixes, mi-fixes et locomobiles,
- ‘ de M. Damey, de Dôle.
- Les machines à vapeur locomobiles, de M. Damey, dont nous reproduisons un spécimen, fig. 104,.ont été spécialement étudiées dans le but d’arriver à une grande économie de combustible.
- dinaires, 6 professeurs extraordinaires, un prosecteur, 15 privat-docents, 4 lecteurs ordinaires, 3 lecteurs extraordinaires et 3 maîtres de gymnastique. Il y a 7 chaires de professeurs ordinaires et 2 chaires de professeurs extraordinaires qui sont vacantes.
- Statistique des chemins de fer austro-hongrois.
- Chemins de fer de l’Etat :
- Territoire cisleithanien. . 594kil.
- Territoire transleithanien. 1.680 '
- 2 274kil. 2.274k.
- Chemins de fer concédés :
- Territoire cisleithanien. . 10.132kil.
- Territoire transleithanien. 4.886
- 15 018kil. 15.018k.
- Total général............... 17.292k.
- Sur ces 17.292 kilomètres,
- l’Etat exploitait. . 1.758, soit 10,20 pour 100, les Compagnies. . 15.534, soit 89,80 pour 100;
- mais il importe de faire une distinction importante. Si le réseau exploité par l’Etat comprenait quelques kilomètres appartenant à des compagnies, 78 kilomètres, le réseau exploité par les compagnies comprenait, en-deçà de la Leitha, 594 kilomètres de lignes appartenant à l’Etat.
- Le tableau ci-après résume la situation kilométrique totale des chemins de fer de l’Empire austro-hongrois à la fin de diverses années, de 1810 à 1876.
- 1840 ........................ 427 kil.
- 1850 .................... 2 227
- 1860. . ................... 5.232
- 1865 ...................... 6.397
- 1866 .................... 6 456
- 1867 ....................... 6.610
- 1868 ...................... 7.349
- 1869 ...................... 8.213
- 1870 ...................... 9.855
- 1871...................... 11.864
- 1872...................... 14.055
- 1873. .................... 15.570
- 1874..................... 16 065
- 1875...................... 16.767
- 1876...................... 17.292
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- VARIÉTÉS.
- Voyages en Australie.
- De nombreuses expéditions ayant pour objet l’exploration et l’exploitation industrielle des parties inconnues de la vaste contrée qui
- Les chaudières sont montées sur un bâti ou socle indépendant, disposé pour recueillir toute l’huile du mécanisme,et elles présentent une disposition particulière, de façon qu’il suffit de desserrer un certain nombre de boulons pour démonter le foyer et sortir les tubes : ce sont, en réalité, des chaudières à foyer amovible.
- Dans le mouvement, on a fait en sorte de supprimer, autant que possible, les organes mécaniques susceptibles de donner des chocs afin que ces appareils fonctionnent sans bruit : l’usure des pièces en est moindre, d’autant plus que
- Fig. 104.
- s’étend entre le golfe de Carpentaria et l’Océan indien, et qui, sous le nom de Territoire du Nord, fait partie de la colonie de l’Australie méridionale, ont obtenu peu de succès pendant ces dernières années.
- Il en est une, d’une grande importance, qui est en ce moment, dit le Times, en voie d’exécution. Si elle réussit, comme tout le
- les contacts sont à larges surfaces, et les pièces principales ont été coulées en acier ou en bronze.
- Ces machines ont été encore dotées par M. Damey de plusieurs autres dispositions heureuses : elles sont munies d’un réchauffeur d’eau à haute température, d’une pompe alimentaire, d’un nouveau presse-étoupe à serrage concentrique, et enfin, d’un nouveau régulateur à action rapide, breveté, système Damey, sur lequel nous aurons certainement l'occasion de revenir.
- La supériorité de ces machines paraît bien prouvée par des expériences of-
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- ficielles, par les plus hautes récompenses et par les attestations nombreuses des personnes qui en font usage.
- Les rapports des Jurys de l’Exposition de 1878 n’étant pas encore connus, nous reproduirons un extrait de ceux qui ont suivi l’Exposition de 1867.
- « Parmi toutes ces machines, nous avons expérimenté celles qui, quoique moins connues du public, nous ont paru présenter les dispositions les plus perfectionnées et les mieux entendues pour le bon emploi du combustible dans le générateur, et la meilleure utilisation de la vapeur dans les cylindres. Ce sont celles de MM. Ransomes et Sims en Angleterre et de M. Damey en France. Ces machines sont à détente variable par l’action du régulateur, et leurs organes de distribution sont établis avec tout le soin que comporterait une machine de manufacture. Toutes deux réchauffent l’eau d’alimentation, et elles ont donné régulièrement une consommation de 2 kilogrammes 05 (Ransomes et Sims) et 1 kilogramme 53 (Damey) par force de cheval et par heure, dans les expériences faites avec le plus grand soin.
- « Nous ne pouvons, sans l’aide de figures, décrire ces organes, mais nous devons signaler dans la chaudière de M. Damey une disposition fort ingénieuse, etc. »
- M. Damey, depuis lors, a encore fait des progrès, et il y a été constamment encouragé par les nombreuses récompenses qu’il a su mériter et obtenir.
- Machine à vapeur, système Corliss, exposée à la section française, par M. Joseph Farcot.
- Dans cette machine, la course du piston est égale à 1,6 fois le diamètre du cylindre : les espaces nuisibles peuvent être un peu plus grands, mais par contre, la déperdition de chaleur par les parois du cylindre sera toujours moins grande que dans la machine de Wheelock, qui, d’ailleurs, n’a pas d’enveloppes de, vapeur.
- Les tiroirs-robinets sont beaucoup plus longs que ceux de la machine Wheelock : cela va de soi, puisque le diamètre des cylindres est beaucoup plus considérable, et que la machine est aussi beaucoup plus puissante. Ils ont le tort, peut-être, d’être placés directement sur les fonds du cylindre, déjà affaiblis par leur grand diamètre. Il pourrait résulter de là que les déformations produites à la fois, parles dilatations inégales et par les flexions causées par l’action intermittente de la vapeur sur les fonds du cylindre pourraient rendre assez difficile la fermeture exacte de ces tiroirs, si l’on n’était garanti contre une semblable éventualité par la construction parfaite des organes.
- Watt, afin de supprimer l’espace nuisible produit par les conduits du cylindre, avait donné au tiroir plan une longueur égale à celle du cylindre même ; mais ces tiroirs trop longs se déformaient par suite des dilatations inégales et n’étaient jamais étanches.
- Le tiroir d’échappement, situé au-dessus de la génératrice inférieure du cylindre, ne permet pas à l’eau de s’écouler naturellement au condenseur à l’état d’eau.
- Dans cette machine, l’admission et la détente se font au moyen du même tiroir, et comme à ce tiroir, qui ne peut avoir qu’une avance presque nulle, il faut un certain temps pour exécuter les deux mouvements en sens contraire
- fait espérer, elle donnera des résultats qui graduellement deviendront profitables et permanents. Jusqu’ici on a éprouvé des difficultés presque insurmontables à transporter par grandes quantités des bestiaux, ot des troupeaux dans ces contrées, mais on parvient maintenant à vaincre cette difficulté en conduisant les troupeaux directement à travers le continent de l'Australie du sud. Nous apprenons que d'immenses déserts rocailleux dans lesquels on ne trouve pas d’eau, sinon à des intervalles de 200 à 300 milles, ont été traversés avec un succès complet, ou tout au moins sans pertes trop considérables.
- Différents moyens ont été mis en pratique pour surmonter les dangers de ces lointains voyages, et jusqu’ici ils ont réussi. Quelques 20.000 ou 30.000 moutons et 10.000 têtes de bestiaux cheminent lentement vers les immenses pâturages qui s’étendent dans le territoire du nord, et qui maintenant sont inoccupés. Cette expédition se divise en plusieurs parties, l’une est sous la conduite de M. Ernest Giles, l’explorateur australien bien connu ; les troupeaux et les bestiaux sont également divisés par parties, afin de réduire autant que possible les pertes. Le temps qu’occupera le voyage sera d’au moins sept mois, mais comme il faudra nécessairement s’arrêter à de fréquentes stations, il est probable que le voyage pourra durer plus longtemps.
- Autres voyages.
- Depuis plusieurs années, les Anglo-Australiens poursuivent la colonisation de la Nouvelle-Guinée ; ce sont eux qui ont pris l’initiative des principales expéditions à travers cette grande île, dont le centre est encore inconnu. L’année dernière et cette année, de nouveaux explorateurs, parmi lesquels on remarquait M. Ingham et M. d'Alberlis, ont parcouru une vaste étendue du pays et obtenu des résultats qui méritent d’être signalés.
- A la date du 10 août, M. Ingham adressait au gouverneur de la province de Queensland un rapport détaillé sur la marche d’un premier détachement, composé de 50 colons chercheurs d’or venus de Sidn'ey et débarqués à Port-Moresby le 25 mars. Ce rapport constate qu’une entente cordiale règne entre les indigènes et les blancs. Les caravanes de trafiquants malais viennent de fort loin pour échanger les produits du sol contre les objets manufacturés. Il paraît, du reste, que l’on
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- €e ^Ledjnalir^iôte
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- rencontre, dans la plupart des villages, des chefs hospitaliers.
- Le 1er mai, l’expédition Ingham s’étart mise en route pour l’intérieur. Le plus grand obstacle que les voyageurs aient eu à surmonter, c’est l’épaisseur des jungles. Pendant ' plusieurs semaines ils ont dû se frayer un passage à travers le fourré en se servant de ‘ la hache ou en incendiant les broussailles. Dans les premiers jours d’août, ils atteignaient le fleuve d’Or et établissaient sur ses rives un campement où ils ont attendu la fin des pluies.
- D’après des nouvelles plus récentes, ils se sont remis en marche au commencement de septembre et ont reconnu plusieurs cours d’eau qui conduisent sans doute jusqu’au milieu de l’île. La présence de gisements aurifères avait été constatée dans la région montagneuse, etM. Ingham sollicitait l’envoi d’un bâtiment de guerre pour assurer l’ordre et la protection des colons qui se préparaient à commencer des fouilles.
- L’expédition de M. d’AIbertis n’a pas eu moins de succès que la précédente au point de vue scientifique. Cet infatigable voyageur a remonté la rivière Fly jusqu’à 800 mètres de son embouchure, et il a découvert dans l’intérieur de la Papouasie une chaîne de montagne!1 de J .200 à 4 .500 mètres de hauteur, située à une quarantaine de kilomètres au nord-est.
- De retour ces jours-ci à Londres, il y a rapporté des collections d’histoire naturelle extrêmement rares et comprenant entre autres curiosités des perles, des oiseaux de paradis, des hommes et des femmes papous. Ces collections présentent le plus vif intérêt pour l’ethnographie; elles n’ont pas été acquises, comme on le supposait, par le British Muséum. M. d’AIbertis les a cédées au marquis Doria, qui en a fait don au musée civique de Gènes.
- BREVETS D’INVENTION.
- 122274 — Henry. Laminoirs des bijoutiers.
- 122275 — Lecomte, Rehsey, Jeuch et Tuquet.
- Machine à fixer sur tulle de la chenille.
- 122276 — Williams. Construction des fourneaux.
- 122277 — Puech. Procédé pour épiler les cuirs.
- qui produisent l’ouverture et la fermeture de la lumière, on peut objecter que la fermeture ne peut avoir lieu qu’après le passage des points morts par la manivelle. Mais, les qualités correspondantes de la machine Wheelock, ne vont pas sans de graves défauts qui, du moins n’existent pas dans la machine Farcot : la communication du cylindre avec le condenseur, dans la'machine américaine, n’est pas assez directe, et elle a l’inconvénient de se faire par un conduit qui a une paroi commune avec le conduit d’amenée de vapeur ; de plus, le mécanisme d'admission, pour simple qu'il soit, a le tort de dépendre de celui de l’échappement, et, enfin, la vapeur ne peut être admise que jusqu’aux quatre ou cinq dixièmes de la course du piston.
- Il est à regretter que la machine Farcot n’ait pu fonctionner que très-rarement. Les fondations, naturellement exécutées avec un caractère quelque peu provisoire, et qui n’avaient pas été, de la part de l’entrepreneur de maçonnerie, l’objet de tous les soins nécessaires, avaient tassé dès les premiers jours de marche, ce qui avait rendu celle-ci difficile, et même dangereuse au point de vue de la conservation des organes.
- Cette force motrice de 700 chevaux, avait été commandée par la ville de Paris, pour actionner des pompes, par l’intermédiaire d’engrenages. Sans doute il doit y avoir des raisons particulières pour que les ingénieurs de la ville de Paris aient choisi une machine horizontale pour une installation de grande durée, étant donné surtout que dans cette machine le poids du piston, qui est considérable, n’est pas supporté. Il est reconnu aujourd’hui que le cylindre vertical est le seul qui ne se déforme pas, et, dans tous les appareils de marine bien conçus on y revient.
- Dès lors, il est permis de se demander comment il se fait que l’on ait construit tant de machines horizontales : on pourrait peut-être en trouver la raison dans ce fait, que la machine à cylindre vertical laisse moins de bénéfice au constructeur. Et puis certaines distributions à glissières, ne pouvant fonctionner qu’horizontalement, il est tout naturel que le constructeur présente la machine horizontale comme étant la meilleure.
- Mais pour le manufacturier riche, la machine à cylindre vertical est préférable, parce que dans ces machines les bonnes qualités, celles du piston notamment, se conservent presqu’indéfiniment, et, il ne faut pas oublier, que le piston est l’organe le plus important de la machine à vapeur.
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Divers systèmes de compteurs à eau, par M. Casalonga.
- Il y a plusieurs sortes de compteurs en général, dont on s’est beaucoup occupé depuis une trentaine d’années : compteurs de tours, compteurs dits de voitures, compteurs à gaz et compteurs à eau.
- Les inventeurs des totaliseurs du nombre de tours ont pu voir appliquer en assez grand nombre leurs inventions, soit dans la mécanique générale, soit dans la meunerie, ou ailleurs.
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- Ceux qui ont imaginé des appareils h compter ou à mesurer le gaz ont pu encore trouver un nombre satisfaisant d’applications.
- Mais moins heureux, ont été les inventeurs de compteurs pour les voitures, que les seules grèves remettent momentanément en honneur, et aussi, croyons-nous, la plupart de ceux qui ont voulu mesurer l’eau et les autres liquides.
- La raison, pour les compteurs de voitures, nous en paraît être qu’a un moment donné les compagnies et les propriétaires ont paru désirer considérablement l’application d’un compteur lorsqu’ils n’en avaient, en réalité, aucune envie. De là des essais dans des conditions telles, que de très-sérieux inventeurs ont été usés, fatigués, ruinés et enfin obligés de renoncer à la solution après des dépenses considérables. Aujourd’hui, c’est à peine si la grève des cochers pendant l’exposition a remis ces compteurs en vue.
- Pour l’eau, il en a été presque de même en France, et ce n'est que depuis peu de temps qu’il semble que certaines compagnies, et certains industriels, aient bien réellement le désir de mesurer ce liquide, ou les autres similaires, dans quelques cas particuliers.
- Nous allons présenter à nos lecteurs, en ce qui concerne les compteurs à eau, un rapide historique de la question, en France.
- Disons d’abord qu'il yak distinguer :
- 1° les compteurs à eau sous pression ou colonne d'eau, c’est-à-dire transmettant la pression du liquide mesuré ;
- 2° les compteurs sans pression, ceux où le liquide mesuré doit s’écouler naturellement sans contre-pente.
- Chacune de ces deux espèces de cômpteurs se subdivise elle-même :
- 1° en compteurs à colonne d’eau, à oscillations alternatives avec ou sans déplacement du centre de gravité, à pistons membraneux ou métalliques, avec robinets, soupapes ou tiroirs, à systèmes par écrasement de tubes flexibles, à d’autres systèmes réacteurs, etc., pour les compteurs k pression;
- 2° en compteurs à mouvement continu, équilibrés, à oscillations ou k baquets, à distributeurs, etc., pour les compteurs sans charge ultérieure.
- M. Arsdïi, actuellement ingénieur en chef de la Compagnie parisienne de chauffage et d’éclairage par le gaz, n’a pas dédaigné de s’occuper, un des premiers, de la recherche d’un bon compteur k eau.
- Dès 1847, il présentait d’abord une disposition fractionnaire ou à plusieurs distributeurs et k flotteur, mesurant seulement le débit de quatre de ses distributeurs et en déduisant seulement celui des autres par proportionnalité. C’était un mesurage sans pression, ou à l’air libre.
- Mais aussitôt, et après avoir passé par une combinaison s’approchant de celle des compteurs à gaz, il combina un compteur à pression, consistant en une machine rotative formée par le jeu de palettes rentrant dans un noyau circulaire excentré.
- M. Gargan lui-même, président du comité, et membre du jury delà classe 54 à l’Exposition de 1878, produisit k son tour un appareil à mesurer ou plutôt à peser l’eau.
- L’habile et regretté hydraulicien Girard, dans l’un de ses brevets, indique la disposition k flotteur, qui sera reprise plus tard par Chameroy, pour obtenir le débit constant.
- (A suivre).
- 122278 — Duffy. Indicateur servant à contrôler les sommes payées.
- 122279 — Lockie. Préparation des aliments farinacés.
- 122280 — Mestayer. Eplucheur pour la pomme de terre.
- 122281 — Pratl et Whitney (Comp.). Em-bouchoirs de fusils.
- 122282 — Krauss et Kreyczik (Société). Machine à faucher.
- 122283 — Bash et Lévy. Envidage du fil.
- 122284 — Berthoud et Cie. Machines à découper.
- 122283 — Berthoud et Cie. Séchage des feuilles de fer-blanc.
- 122286 — Chambrette. Chocolat lacté.
- 122287 — Pointel. Anneau plat avec fermeture spéciale.
- 122288 — Jaquier. Procédé pour lustrer les peaux de gants.
- 122289 — Michel, Gay et Digonnet. Barbin propre à purger les soies.
- 122290 — Marsden. Appareils servant à élever l’eau et condenser les vapeurs.
- 122291 — Pérotin. Robinet d’aspiration de pompe à incendie.
- 122292 — Govjet et Orsatti. Grille tubulaire rotative.
- 122293 — Morane. Presses hydrauliques.
- 122294 — De Waroquim. Encerclage métallique pour semelles.
- 122293 — Delamare. Semelles hydrofuges.
- 122296 — Brouillard. Ferme-persiennes, volets, etc.
- 122297 — Petitlaurent. Fermeture électrique des passages à niveau.
- 122298 — Dupeyron. Album à changement de vues.
- 122299 — Boutherin. Pliage pour tresses, soutaches et rubans.
- 122300 — Guérin-Brècheux (dame veuve). Eventail strié.
- 122301 — Turnbull. Soupapes de sûreté.
- 122302 — Lockwood et Firth. Ressorts de chemins de fer et autres.
- 122303 — Bouvry. Entonnoir à flotteur.
- 122304 — Moreau. Laveur et transporteur de la tourbe.
- 122303 — Motte. Attracteur pour navires à vapeur.
- 122306 — Pierron et Dehaüre (Société). Mouvement progressif automatique, applicable aux machines à humecter les tissus, etc.
- BAR-SUR-SE1NE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N° oO. — 14 Décembre 1878. —XXXVIIIe Année.
- SOMMAIRE.
- 'Emploi du gaz naturel et du pétrole, au chauffage en général, et à la fabrication du noir de fumée, par M. P. Blanc. — Extincteur des incendies, système Rolland. — Procédé de soudure directe des pièces de fonte, par M. C. de Laharpe. — Description du perforateur Vicoigne-Noeux, système Guenez. — La culture du tabac en Suisse. — Applications nouvelles de la dynamite pour l’alimentation, par M. J.-M. Cyrnos. — Sur la bière de Bavière, par le Dr Boens. — Tunnel dans les mines d’argent de Nevada, par M. Sulro. — Machine à faire les pavés, par M. J. Ward.— Câble télégraphique de Berlin à Cologne, Francfort et Strasbourg. — Bois injecté au tan-nate de fer, par M. Hatzfeld. — Les chemins de fer en Asie-Mineure. — Les roues de wagons en fonte, par M. Ganz. — Divers systèmes de compteurs à eau, par M. Casalonga.
- CHRONIQUE.
- Un heureux coin de terre, par M. de Mont ali vet.
- Un heureux coin de Terre, tel est le titre agréable, donné par M. le comte de Monta-livet à un charmant écrit rural. D’un bout à l’autre, il s’agit là d’agriculture, de l’agriculture il y a soixante ans et de l’agriculture d’aujourd’hui dans les deux communes de Saint-Bouize et de Couargues,en Sancerrois. C’est dans cette partie du département du Cher, sur la rive gauche de la Loire, que se trouve le vieux château de Lagrange, acheté en 1817 par l’ancien ministre de l’intérieur du premier empire. M. de Montalivet commence par raconter le premier voyage qu’il fit avec son père pour visiter le domaine, et il fait une peinture évidemment ressemblante de l’état du pays, des difficultés de la route, des obstacles présentés par la traversée du fleuve, de la rusticité et de la mauvaise hygiène des habitations, de la dureté de la vie menée par les habitants, de la modicité des récoltes, de la maigreqr du bétail. Il décrit ensuite l’état actuel : de bons chemins, des ponts, des maisons bien construites et salubres, des habits chauds et des souliers, une bonne nourriture, des récoltes plus que doublées et surtout variées, et un beau bétail. La
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ECLAIRAGE.
- Emploi du gaz naturel et du pétrole, au chauffage en général, et à la fabrication du noir de fumée,
- par M. P. Blanc.
- La fabrication du noir de fumée se fait à Pétrolia (Pensylvanie), dans des conditions particulières qu’il n’est pas sans intérêt de noter. La situation exceptionnelle de la ville, bâtie à proximité des sources de pétrole, a permis de fonder un établissement très-important pour la fabrication du noir de fumée. Voici quels sont les procédés employés : dans de grandes chambres, disposées pour cela, brûlent des milliers de becs de gaz dont la flamme vient heurter des lames d’ardoise sur lesquelles se dépose le carbone en poussière ténue. On râcle les ardoises périodiquement et le produit obtenu est mis en baril, puis expédié sans autre manutention, sur les principaux marchés. Les becs de gaz sont alimentés par les émanations naturelles du sol, de sorte que la matière première ne coûte rien.
- En Europe on obtient le noir de fumée dans des conditions bien moins avantageuses, en faisant brûler des huiles lourdes au moyen de lampes à large mèche. Les noirs ainsi obtenus, reviennent à un prix plus élevé que ceux d’Amérique, mais comme en général leur fabrication est plus soignée, ils trouvent leur emploi dans bien des cas où la qualité des premiers ne serait pas suffisante.
- Une des premières maisons de Paris, pour les encres d’imprimerie, fabrique elle-même le noir de fumée qui entre dans la composition de ses produits. Elle se sert pour cela d’un procédé analogue à celui décrit plus haut. Mais les noirs qui servent à faire les encres, devant être très-purs et très-fins, on fait brûler les lampes (alimentées avec la naphtaline), dans une chambre tendue de flanelle: le produit de la combustion se partage de lui-même en trois parties suivant son degré de finesse : la première est adhérente au plafond de la chambre, c’est le noir le plus fin et le plus léger; la seconde est recueillie sur les étoffes suspendues verticalement, et la troisième se dépose sur le sol même de la chambre.
- La ville de Pétrolia est non-seulement célèbre par ses puits à pétrole, mais encore par ses sources inépuisables de gaz, lesquels fournissent aux habitants un précieux combustible que l’on emploie pour le chauffage, l’éclairage et tous les besoins de l’industrie. Dans un pays où le gaz ne coûte pour ainsi dire rien, l’emploi des moteurs qui l’utilisent doit se répandre rapidement, comme les systèmes de chauffage pour générateurs ou autres. En appliquant directement le gaz au moteur, on aura la machine à gaz, sans cet intermédiaire, eau ou vapeur.
- Il existe, de Pétrolia ù Pittsbourg, une canalisation pour amener l’huile de pétrole sur les marchés de cette dernière ville. Le liquide est refoulé dans les tuyaux au moyen de pompes mues par une machine à vapeur dont les chaudières sont chauffées au gaz.
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- Extincteur des incendies, système Rolland.
- Des expériences ont été faites à Toulon, au champ de manœuvres, sur un bûcher de 4 mètres de diamètre, et au moins d’autant de hauteur, lequel avait été composé avec des broussailles de sarment, du bois en petits et gros échantillons, des tonneaux, des paniers, des caisses en bois goudronné, etc. On avait arrosé les broussailles et les sarments formant la base, de 9 litres de pétrole, et l'on peut dire que c’était un bûcher vraiment combustible.
- L’expérience a eu lieu en présence de M. Daumas, député de Toulon, du maire de la ville et d’une grande partie des membres du Conseil municipal, entourés d’une foule de curieux.
- Deux pompes avaient été amenées à une certaine distance du foyer; à côté de chacune d’elles on avait placé un baquet contenant environ 350 litres d’eau de mer, puisée dans les fossés des fortifications et ayant en dissolution environ 80 kilogrammes de la composition inventée par M. Rolland. La dissolution dans l’eau, que celle-ci soit douce ou salée, s’opère dans 3 ou 4 minutes environ.
- Le feu ayant été mis au bûcher, les flammes s’élevèrent bientôt k une certaine hauteur.
- Les deux pompes furent alors mises en marche et aussitôt que le bois était touché par le liquide injecté, dont la couleur était celle d’une boue claire, il devenait noir et s’éteignait-.
- Les pompiers pouvaient s’en approcher facilement pour attaquer le foyer intérieur. En quelques minutes, il ne restait plus qu’un peu de flamme au centre du foyer.
- Les pompes étant arrêtées pendant quelques minutes le feu reprenait, mais par le bois qui n’avait pas brûlé dans la première expérience. En effet, les bois brûlés et noircis par le contact du liquide Rolland prennent feu avec plus de difficulté que les autres.
- Lorsque le bûcher ne forma plus qu’un brasier dont les flammes s’élevaient de nouveau à une grande hauteur, les pompes l’attaquèrent encore et le même effet se produisit. Tout bois touché par le liquide s’éteint immédiatement, et du foyer s’échappe une fumée blanchâtre et épaisse.
- Cette expérience a parfaitement réussi et nous pensons qu’il y a un grand intérêt à se servir de procédés de ce genre pour l’extinction des incendies.
- 11 serait préférable seulement que le mélange fût fait d’avance et placé dans des bonbonnes hermétiquement fermées. On pourrait alors avoir un liquide très-concentré que l’on mélangerait au fur et k mesure, k l’eau versée dans la bâche de la pompe.
- Le mélange ordinaire est d’environ 8 k 10 pour 100 en poids de la matière; mais on peut faire toutes les combinaisons jusqu’à 100 kilogrammes de matière pour 100 litres d’eau, ce qui constitue la solution la plus concentrée.
- Les matières employées se trouvent facilement dans le commerce, et ne sont pas d’un prix élevé.
- M. Rolland a expérimenté son procédé dans diverses villes et partout il a obtenu le même résultat.
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- transformation est complète au moral et au physique. Une seule chose est cependant demeurée sans variation : c’est le bon sens de la population, son attachement au sol, sa bonté native. Quelques faits empruntés au parallèle que M. de Montalivet établit entre la vie moderne dans le Sancerrois et la vie il y a soixante ans, montreront la grandeur des progrès accomplis.
- En 1817, il fallait soixante heures pour aller de Paris à Saint-Bouize en diligence, et l’on mettait plus de trois heures pour traverser la Loire en bac. Aujourd’hui, le voyage ne demande plus que six heures, et on traverse la Loire sur le pont suspendu de Saint-Thibault en quelques minutes. « Il n’y avait, il y a soixante ans, d’autre véhicule possible pour les voyageurs, dit M. de Montalivet, que des pataches ouvertes de deux côtés et dont le fond en osier plongeait dans les cours d’eau qu'il fallait traverser. Quel est l’ancien de mon âge qui ne se rappelle avec effroi le gouillat de la Jarlande, situé à l’angle du pré des Hâtes, à peu de distance des premières-* maisons du village de La Croix? Combien s’y sont baignés malgré eux? Combien de souvenirs de charrettes brisées et de chevaux compromis dans ce désolant passage remplacé aujourd’hui par un ponceau aussi large que solide. Et, quand, par hasard, par un beau temps, les chemins qu’on décorait du nom de routes devenaient, comme le jour de notre arrivée, abordables pour la voiture de poste qui amenait à Lagrange mon père et moi, en combien d’endroits ne devait-on pas combler de trop profondes ornières par des quantités de bourrées pour racheter leur profondeur jusqu’au niveau du sol? » L’admirable réseau de chemins vicinaux que la loi de 1 836 a permis d’établir dans le Sancerrois, comme dans toute la France, est fréquenté aujourd’hui par d’excellentes voitures. Disons, en passant, que M. de Montalivet a eu l’insigne honneur d’attacher son nom à cette loi qui a été l’agent le plus précieux de nos améliorations agricoles.
- Il y a soixante ans, « la population comptait à peine 420 habitants à Saint-Bouize et 290 à Couargues. Dans les deux communes, presque toutes les habitations et les écuries sans exception étaient couvertes en chaume, aucune ne l’était en ardoises; les portes étaient basses, les plafonds trop peu élevés ; les fenêtres (une seule presque toujours), étaient trop étroites, comme si l’on avait eu peur de l’air et du soleil. Beaucoup de seuils, au lieu de s’élever au-dessus du sol, étaient
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- accompagnés d’une marche ou deux de descente. C’était pour avoir plus chaud, me ré-» pondait-on sérieusement, qu’on se plaçait ainsi en pleine humidité. Les écuries étaient étroites et habitées par une petite race de bœufs et de vaches dont on trouverait à peine le type aujourd’hui; très-peu de chevaux, des charrues romaines qu’il fallait atteler de six bœufs au moins, tant la race était petite, tant le sol était peu ameubli par suite d’une culture imparfaite. » Le pays était insalubre, les habitants étaient décimés par les fièvres ; ils mangeaient du pain bis, mais beaucoup de pain, deux livres et demie par tète, à peu près; jamais de viande. Pas de boulangeries : l’immense majorité des ménages cuisaient tous les huit ou quinze jours. « La presque totalité des familles, dit M. de Montalivet, n’ajoutait aucune viande à la nourriture du pain, si ce n’est, pour quelques-unes, un peu de porc les jours de grandes fêtes ou de fatigue exceptionnelle. La soupe était faite uniquement avec de l’eau, quelques légumes frais et un peu de beurre. On mangeait le pain avec des légumes secs, comme les haricots ou les pois, et parfois avec quelques pommes’ de terre appelées dans le pays truffes ou tartoufles, et contre lesquelles existait alors un préjugé populaire qui les signalait comme n’étant vraiment bonnes que pour les cochons. Enfin, deux des repas se terminaient en ajoutant au pain du fromage blanc, fait avec du lait caillé, presque toujours salé. » Nous ne pouvons tout citer. Ajoutons seulement comme trait caractéristique que, pour le vêtement, on n’avait ni bas, ni chaussettes ; on ne connaissait guère que les sabots. Le plus grand luxe consistait dans l’emploi d’une étoffe composée de laine et de fil, appelée poulangis. Presque aucun habitant ne savait lire ; le curé était le seul maître qui donnait quelques leçons aux enfants dont il avait besoin pour le service de l’église.
- Aujourd’hui, toutes les maisons sont couvertes en tuiles et même en ardoises; elles sont remarquablement bien bâties, toutes au-dessus du sol et quelques-unes à deux étages ; des rideaux en garnissent les fenêtres. Ii y en a 130 nouvelles. La population a doublé, car la mortalité a diminué de jour en jour. De 1860 à 1877, les registres de l’état civil constatent 448 décès et O U naissances. Il y a deux boulangeries à Saint-Bouize. Mais si le pain (désormais du pain blanc), est encore la nourriture la plus générale, ce n’est plus la seule: il y a une boucherie dans le village, et l’on y consomme plus de G.000 kilogrammes de
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Procédé de soudure directe des pièces de fonte, par M. C. de Laharpe.
- On peut souder, à la fonderie, certaines pièces de fonte brisées, et éviter souvent par là le retard et la dépense d’un nouveau moulage.
- Le procédé consiste à échauffer ensemble, par un courant de fonte, les deux pièces jusqu’au point où les parties contiguës commencent à fondre. À ce moment précis, on arrête le jet de fonte, et on laisse une petite quantité de métal, qui en se refroidissant, fait corps avec les deux morceaux, et les soude.
- Si l’opération est bien conduite, une soudure semblable est parfaitement solide, et la pièce ainsi recollée rompra plutôt en tout autre point qu’à l’endroit de la réparation.
- Il est à désirer, pour faire une bonne soudure, que les deux lèvres de la cassure entrent en fusion simultanément et sur toute leur longueur; il faut donc, pour que la soudure soit possible, que la section de la pièce, dans l’endroit cassé, ne soit pas trop mince par rapport à sa longueur, et qu’il n’y ait pas, dans le voisinage immédiat de la rupture, de trop grandes irrégularités d’épaisseur, qui puissent rendre inégale la répartition de la chaleur tout le long de la cassure. Aussi ne peut-on guère espérer de réussir des soudures sur des pièces d’ornement par exemple.
- Il faut également que la partie cassée soit parfaitement indépendante du reste, autrement la dilatation et le retrait feraient casser la pièce en quelque autre endroit.
- On recolle sans peine des bords de brides de tubulures, des angles de boîte à tiroir ou de glaces de cylindres à vapeur, des charnières saillantes, et autres pièces semblables (fig. lOo).
- Lorsqu’on veut faire une soudure, on commence par buriner en chanfrein les deux lèvres de la cassure (tig. 106), et on place les deux morceaux sur un châssis, dans la position exacte qu’ils doivent occuper une fois soudés, le chanfrein le plus large étant de préférence placé en dessus, et à peu près horizontalement.
- On forme en sable pilonné, tout à l’entour de la place à souder, une sorte de rigole AB (fig. 107), en ayant soin que les tranches de fonte restent parfaitement propres. La figure suppose qu’on ait établi dans le sable une arma-
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- ture en fer pour maintenir la partie supérieure pendant la coulée ; cette disposition n’est représentée que pour plus de clarté, et toutes les fois que la pièce le permettra, on la placera de préférence dans des châssis, jusqu’en haut, comme pour un moulage ordinaire.
- A l’extrémité B de la rigole on pratique dans le sable un conduit aboutissant à un dévet’sbir dii' gdülbt èiï terre C, au-dessous duquel on ménage la place de poser une poche dé grandeur Convenable. On arme au besoin ce goulot d’une gouttière en tôle, pour résister au jet de fonte qui doit le traverser.1 u ' J
- Fig. 107.
- Tout étant ainsi disposé, le maître fondeur attend, pour commencer l’opération, d’avoir des poches déjà chaudes par le passage de quelques charges, et il en prend deux d’égale contenance ou environ. L’une se place, vide, sous le goulot C, l’autre est amenée chargée de fonte, et on la verse doucement dans la rigole au point A, en ayant soin que le courant de métal baigne bien les deux faces de la cassure. Celles-ci s’échauffent peu à peu, et au moment où le maître fondeur, qui suit de l’œil leur échauffement, voit qu’elles commencent à fondre, il bouche par un tampon de terre le conduit BC, et fait arrêter le courant de fonte. On couvre ensuite d'un peu de sable la soudure, qu’on laisse lentement refroidir.
- Une fois le démoulage fait, il reste à buriner les jets et les surépaisseurs de métal, travail qui doit être fait avec beaucoup de précaution, la fonte étant généralement très-dure dans la soudure.
- Il est commode, dans le moule, de ménager à la rigole un petit déversoir par une légère coupure D ; cela permet à l’excès de fonte, au-delà du niveau voulu, de s’échapper librement.
- La quantité de fonte nécessaire pour une opération de ce genre est relativement forte ; il faut qu’elle soit assez chaude pour qu’on puisse l’utiliser aussitôt après pour des moulages. Pour souder un bord de bride, dans une cassure de 100 millimètres sur 25 millimètres d’épaisseur ou environ, il faut avoir en réserve 300 à 400 kilogrammes de fonte. Mais on ne peut guère indiquer de chiffre précis, ce poids variera évidemment suivant la masse et la section de la pièce à recoller, et suivant que la cassure sera plus ou moins accessible. ,
- Ce procédé de soudure est resté jusqu’ici un secret de quelques grands ateliers : il peut rendre de grands services, et n’offre d’ailleurs aucune difficulté réelle.
- no;__________
- viande par an. Les habitants sont bien vêtus, à ce point qu’on trouve dans le village deux tailleurs, deux cordonniers et deux magasins de nouveautés. U y a maintenant deux écoles primaires de garçons et de filles : en 1878, 120 enfants, sur 145, les fréquentaient.
- Quant aux progrès de la culture, on en a une idée par ces détails : « En 1823, dit M. de Montalivet, après de premiers efforts, la culture du blé occupait déjà 190 hectares; cinquante ans plus tard, elle en comptait 490. Cette étendue de culture produisait, en 1828, 400 hectolitres environ, tandis qu’aujourd’hui le rendement est de près de 11.800 hectolitres. Le poids de chaque hectolitre atteignait alors très-rarement 75 kilogrammes, tandis qu’aujourd’hui il dépasse 76 kilogrammes. » A l’ancien blé du pays dit radin, a succédé le blé bleu. Partout il y a de bons instruments de culture : la machine à battre à vapeur est presque seule employée; elle est conduite par des entrepreneurs. Les pommes de terre, les betteraves, les prairies artificielles ont conquis leur place. Dans une petite localité voisine, on fait la culture du raisin pour l’exportation vers Paris; c’est, pour un très-petit pays, un revenu brut de 1 .400.000 francs représentant plus de 700.000 francs de revenu net qui se partage entre les vignerons, qui sont tous expéditeurs et tous petits propriétaires, presque sans exception.
- L’accroissement de bien-être est partout considérable : on en a une preuve dans l’accroissement des salaires. Voici, d’après M. de Montalivet, la curieuse nomenclature des salaires fixes dans les fermes en comparant 1825 à 1878 :
- Professions. Gagés en 1825.
- Bergères, .de 30 à 50 fr. Vachers. . . de 60 à 70 Bouviers. . de 120 à 130 Laboureurs, de 130 à 150 Charretiers, de 200 à 230 Servantes, .dé 90 à 120
- Gages en 1878. de 120 à 130 fr. de 180 à 200 de 280 à 300 de 450 à 500 de 450 à 500 de 200 à 300
- « C’est-à-dire, ajoute l'illustre auteur, qu’en même temps que le revenu de la propriété doublait, les salaires fixes augmentaient dans une proportion deux à trois fois plus forte. Heureuse et double progression qui a penché, Dieu merci ! du côté de ceux qui souffrent. » Ne voulant pas s’en rapporter à ses seuls souvenirs, M. de Montalivet s’est rappelé qu’en 1822, à sa sortie de l’Ecole polytechnique, il était venu dans le Sancerrois avec un de ses camarades entré, comme lui, clans les ponts et chaussées. Il a dans ces dernières années, demandé à ce vieil ami de revenir avec lui
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- N° 50. — 14 Décembre 1878. —XXXVIIIe Année. £c 445
- et de comparer le présent au passé. Les vives impressions de ces deux hommes distingués sont retracées dans les pages que nous analysons. Cela nous a remis en mémoire bien des scènes semblables dont nous avons pu être maintes fois le témoin. Nous avons retrouvé là la confirmation de toutes nos appréciations. Mais l’exemple fourni par M. de Montalivet a cela de particulièrement précieux, c’est que les progrès qu’il signale ont été accomplis dans des communes absolument et exclusivement agricoles. Oui, les progrès de l’agriculture en France sont énormes ; en le démontrant avec l'autorité qui lui appartient, M, de Montalivet n’a pas fait seulement un bon livre, il a fait aussi une bonne action.
- TRAVAUX DE PARIS.
- Nouvelles écoles.
- La Ville de Paris a procédé le 7 décembre, à l’adjudication des travaux de deux nouveaux édifices scolaires très-importants.
- Le premier sera situé rue d’Argenteuil dans les terrains restés à la Ville après les expropriations faites pour la régularisation et l’abaissement du sol de cette rue, ainsi que pour le prolongement de la rue des Pyramides. C’est une école de garçons destinée à remplacer l’école démolie par suite de ces opérations. Les travaux à adjuger sont évalués au total à 332.411 francs et divisés en quatre lots, savoir : terrasse et maçonnerie, 233.351 francs; charpente, 10.919; couverture et plomberie, 15.751 ; serrurerie, 53.190 francs. Les auteurs des plans de cette nouvelle école sont MM. Salleron et Detni-muid.
- La seconde adjudication concerne aussi la construction d’une école de garçons destinée à remplacer celle de la rue Tardieu (18e arrondissement), qui est beaucoup trop exiguë et qui se trouve dans des conditions d’installation tout à fait déplorables. Le nouvel établissement scolaire s’étendra en façade sur la rue Foyatier qui longe à gauche le square de la place Saint-Pierre et formera retour sur les rues Bertlie et Tardieu. On a mis en adjudication six lots de travaux, savoir : terrasse et maçonnerie, 157.721 francs; charpente, 17.900 francs; couverture et plomberie, 12.697 francs; menuiserie, 33.660 francs; serrurerie, 46.176 francs;
- Description du perforateur Vicoigne-Nœux, système Guenez, breveté s. g. d. g.
- Le perforateur Guenez se compose ,(fig. 108, 109 et 110) d’un cylindre en fonte AB muni de deux rainures, qui lui permettent de coulisser sur deux longerons en fer CD C’D’ : ce cylindre porte en dessous une cavité dans laquelle se trouve logé un écrou F commandé par une vis G maintenue dans l’entretoise E, qui réunit les longerons en arrière. Ces deux longerons sont réunis en avant par un guide en fonte H muni d'un manchon en bronze dans lequel passe la tige du perforateur. Ce guide porte en outre, logés à l’intérieur, une roue à rochet I, un verrou J et un ressort à boudin, pièces qui doivent fournir le mouvement de rotation (voir fig. 113, la coupe par H).
- Le cylindre AB se divise intérieurement en deux cavités cylindriques distinctes : la première, KL, sert de boîte à tiroir, la seconde, MN, constitue le cylindre proprement dit (voir fig. 111 et 112, les détails intérieurs).
- Dans la partie cylindrique KL, se trouve disposé un tiroir a b maintenu sur une tige cd entre deux pistons e et f; cette tige sort de la boîte à tiroir et pénètre dans le cylindre MN par un petit conduit cylindrique qui relie les deux cylindres KL et M N. L’extrémité de la tige du tiroir fait piston dans celte communication, et dépasse dans le grand cylindre d’une longueur égale h la course que doit prendre le tiroir.
- Un piston P est ajusté dans le cylindre MN ; ce piston est évidé à l’intérieur et porte un petit buttoir g qui fait lui-même piston dans cet évidement.
- L’air comprime est amené dans l’appareil par le conduit O, deux autres conduits mnt, amènent cet air comprimé d’une façon continue en avant
- du piston P, tandis qu’un autre conduit p q n’amène l’air comprimé en arrière du piston qu’autant que le tiroir a b découvre l’orifice p. Dans la position indiquée figure 111, l’orifice p du conduit pq étant placé sous l’évidement du tiroir, l’arrière du cylindre se trouve en communication avec l’atmosphère, et l’air comprimé agissant seulement en avant du piston fait reculer celui-ci au fond du cylindre; le buttoir p, maintenu en avant par l’air comprimé qui s’est introduit par le conduit h, vient heurter la tige du tiroir, et fait avancer celui-ci dans sa position opposée; l’orifice p se trouve alors découvert, l’air comprimé s’introduit en arrière du piston et celui-ci est lancé en avant avec une force dont la puissance est représentée par la pression de l’air agissant sur une surface qui est la différence entre la section entière du piston et la section annulaire d’avant, c'est-à-dire à la section de la tige qui est calculée en conséquence.
- Le tiroir est ramené en avant de la manière suivante : le petit piston e qui se trouve en arrière est évidé, ainsi que le montre le dessin ; un petit conduit l amène l’air comprimé en arrière de ce piston, et la pression s’y établissant ramène bientôt le tiroir dans sa position initiale. A ce moment un petit orifice percé dans le piston e se trouve en face d’un conduit i percé dans le cylindre, et l’air comprimé qui remplissait l’espace réservé en arrière du piston e s’échappe et le mouvement du tiroir peut de nouveau avoir lieu comme précédemment. Un trou percé en J dans le cylindre empêche l'air comprimé de s’amasser en arrière du petit piston f ou le vide de s'y produire.
- Pour obtenir le mouvement de rotation, une rainure en hélice S S’ (fig. 108, 109 et 110) a été creusée sur la tige du piston ; le rochet I (fig. 113) porte un ergot u qui s’engage dans la rainure; un verrou J est maintenu appuyé contre
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- 446 jf* tlUdjltolOjQistC N° SO. — 14 Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée.
- peinture, vitrerie et tenture, H.752 francs. Total des travaux soumis à l’adjudication : 279.906 francs. Le projet est de M. Salleron.
- Le déménagement du pavillon de la Ville de Paris, à l’Exposition.
- Quatre emplacements sont proposés pour l’installation définitive du pavillon de la Ville de Paris, qui doit être démonté et enlevé du Champ-de-Mars à la fin de ce mois.
- 1° Boulevard Morland et boulevard Henri IV, à la suite du bâtiment des archives de la Ville; le pavillon municipal occuperait un rectangle dont les deux petits côtés seraient en façade sur les deux boulevards ; l’un des deux grands côtés serait mitoyen avec l’hôtel des archives, l’autre borderait une rue nouvelle séparant la propriété municipale de celle de l’Etat (poudres et salpêtres).
- 2° Triangle formé par la rue Lbomond, l’impasse des Vignes et la rue dè l’Abbé-de-
- Fig. 108
- Fig. 109.
- Fig. 110.
- la denture de la roue à rochet par un ressort à boudin et ne permet alors la rotation du rochet que dans un seul sens.
- L’inclinaison de l’hélice est telle que lorsque le piston est lancé en avant, la roue à rochet détourne et l’outil avance sans tourner; lorsqu’au contraire le piston revien t en arrière, la roue à rochet ne pouvant tourner dans le sens où la sollicite l’inclinaison de l’hélice, c’est l’outil qui se déplace angulairement.
- La vis G à laquelle le mouvement est donné à la main par la manivelle x et l’intermédiaire des pignons y et z sert à faire avancer le perforateur sur ses longerons à mesure que le fleuret pénètre le rocher.
- Le tableau suivant donnera une idée exacte des résultats obtenus aux mines de Nœux avec la perforation mécanique.
- Prix de revient du mètre d'avancement dans les schistes pour une galerie de 2m,40 de largeur sur 2 mètres de hauteur.
- PERFORATION MÉCANIQUE, TRAVAIL A LA MAIN.
- fr c. fr. c.
- Prix payé aux ouvriers pour main- Prix payé aux ouvriers 53 ))
- d’œuvre et poudre 50 » Poudre 11 »
- Réparations aux fleurets 1 » Réparations aux fleurets. . . . » 25
- Graisse, déchets, etc 1 50
- Réparations aux perforateurs et
- amortissement de leur valeur. . 5 »
- Dépense aux compresseurs, char-
- bon et machinistes compris. . . 10 »
- Prix du mètre 67 50 Prix du mètre. . . . 64 25
- Prix de revient du mètre d’avancement dans les grès pour une galerie * de 2m,4Ü de largeur sur 2 mètres de hauteur.
- PERFORATION MÉCANIQUE. fr. c. TRAVAIL A LA MAIN. fr. c.
- Prix payé aux ouvriers pour main- Prix payé aux ouvriers. .... 112 »
- d’œuvre et poudre 70 )) Poudre 21 »
- Réparations aux fleurets 1 25 Réparations aux fleurets » 40
- Graisse, déchets, etc. ...... Réparations aux perforateurs et 1 50
- 5 50
- amortissement de leur valeur. . Dépense aux compresseurs, char-
- bon et machinistes compris . . 12 »
- Prix du mètre 90 25 Prix du mètre 133 40
- l’Epée prolongée ; cet emplacement occupé par l’ancien collège Rollin, serait facilement déblayé et transformé en un square au centre duquel serait placé le pavillon.
- 3° Terrain appartenant également à la Ville, près du quai de Billy, à l’angle de la rue de la Manutention. La Ville a vendu récemment beaucoup de terrains aux environs pour construire des hôtels particuliers.
- 4° Enfin, autre terrain, en forme de trapèze, qui était occupé en partie par l’exposition ouvrière, et que la Ville possède entre les
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- N° 50. — 14 Décembre 1878. — XXXVIII' Année. tUfchnollTjghstr 447
- rues Montessuy et Camou, l’avenue de la .Bourdonnaye et l’avenue Rapp.
- C’est ce dernier emplacement que M. Viol-lel-le-Duc propose au Conseil municipal. Le pavillon de la Ville serait transformé en gymnase municipal et muni de tous les agrès nécessaires pour servir à des cours publics de gymnastique.
- Le nouveau service du chemin de fer de Ceinture.
- En présence de la concurrence redoutable des tramways et des bateaux-omnibus, l’administration du chemin de fer de Ceinture se décide à changer son système d’exploitation.
- Les trains espacés de quart-d’heure en quart-d’heure, dont la section de Saint-Lazare à Auteuil eut d’abord seule le bénéfice et qui, dans la suite, furent organisés jusqu’à la gare
- L’inspection de ce tableau démontre suffisamment tout l’avantage que l’on peut retirer de la perforation mécanique; cet avantage est d’autant plus considérable que les terrains sont plus durs. Dans les bowettes où la perforation est employée à N ceux, l’épaisseur des schistes étant à celle des grès dans le rapport de 3 à 1, le prix moyen du mètre serait pour le travail mécanique de 73,19 et pour le travail à la main de 8i,34, soit une économie de 8 francs 35 par mètre en faveur du travail mécanique.
- Ce résultat serait peu de chose si la question de temps ne venait s’ajouter à la question pécuniaire. La perforation mécanique permet de faire dans le même temps un avancement triple, quadruple et même six fois plus grand que le travail à la main. Mais cette question de temps est liée aussi intimement avec la question de prix de revient. Les résultats indiqués plus haut ont été obtenus dans les conditions suivantes : le travail de la perforation est effectué par deux postes de chacun quatre hommes, chaque poste travaille huit heures; l’avancement journalier varie de lm,30 à lm,40; la longueur des trous percés ne dépasse pas lm,25, et la dépense de poudre 30 francs par mètre en moyenne.
- Le travail à la main ne donnerait pas une avance supérieure à 0m,50 pour le même temps.
- En marchant à trois postes, on réaliserait une diminution sensible du prix de revient ; l’avancement pourrait atteindre lm,80 à 2 mètres par vingt-quatre
- Fig. m.
- Fig. 113.
- d’Ouest-Ceinture, vont avoir lieu désormais sur toute la rive gauche depuis Paris-Saint-Lazare jusqu’au Bel-Àir.
- A la station du Bel-Air, on pourra correspondre régulièrement avec le chemin de fer de Yincennes qui, lui aussi, a des trains de quart-d’heure en quart-d’heure pour la section de la Bastille à Vincennes.
- Ainsi, notre unique chemin de fer intra-muros va pouvoir rendre les mêmes services
- heures, les autres conditions restant les mêmes ; l’avance ainsi obtenue serait environ trois à quatre fois plus grande que celle qui pourrait être faite avec le travail à la main.
- Hors de ces limites, le prix de revient croît rapidement. On est arrivé à faire jusqu’à 4 mètres et 4m,50 d’avancement par vingt-quatre heures, mais voici au prix de quels sacrifices on a obtenu une rapidité aussi considérable. Les postes sont de six hommes chacun et l'on en fait quatre, les trous sont forés à 2m,50 de profondeur; il en résulte une dépense de dynamite qui,-dans les terrains durs surtout, peut devenir quatre fois supérieure à celle
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- ' v.448 jCrt- N" 50.— 14 Décembre 1878.— XXXVIIIeAnnée.
- que nous indiquons pins haut, £t, les terrains formant les parements de la galerie se trouvent tellement ébranlés par les explosions que les travaux de consolidations qu’ils nécessitent ensuite augmentent encore beaucoup le prix de revient.
- Il convient donc, à moins de circonstances exceptionnelles, de ne pas
- chercher à atteindr^^pe rapidité trop considérable. t?s
- En résumé, en se bornant h5 un avancement de 2 mètres à 2W,50 par jour, avec trois postes de chacun quatre hommes, et en ne faisant pas les trous de mine d’une profondeur supérieure à t*1!,25, la perforation mécanique devient une opération pratique; économique* et dont l'application est un progrès incontestable.
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- f La culture du tabac en Suisse.
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- Pendant ces dernières années la culture du tabac a fait des progrès considérables en Suisse, et a donné des résultats aussi avantageux que la culture de la vigne. Dans l’ouest de la Suisse,, les plantations de tabac les plus considérables se trouvent dans le canton de Vaud, la vallée de Broyé, le voisinage de Payerne,„Avenches, Grangçs et Cprcelles. Les produits sont en très-grande partie vendus en Allemagne et à Genève.
- La culture du tabac, pour réussir, exige les plus grands soins et une attention constante. La terre doit recevoir beaucoup d’engrais, de manière à pouvoir produire l’année suivante une récolte de blé. Le produit moyen d’un acre de terre en tabac est de douze quintaux qui valent dans les années ordinaires 450 francs, tandis qu’un hectare en blé n’en rapporte pas plus de 200. Mais ces chiffres ne doivent pas être considérés comme marquant exactement la différence du bénéfice, parce que les frais de culture sont beaucoup plus considérables pour le tabac que pour le blé.
- Dans le canton de Vaud, le tabac est ordinairement cultivé avec un système de métayage modifié. Dès le commencement du printemps le propriétaire remet la terre bien préparée au métayer. Celui-ci plante le tabac, donne aux plantes pendant l’été les soins nécessaires, fait la récolte et la fait sécher dans un bâtiment mis à sa disposition par le propriétaire. Quand le tabac est prêt à être vendu, ce qui a lieu généralement au commencement de l’année suivante, le produit est pesé et partagé par moitié entre le propriétaire et le métayer.
- Applications nouvelles de la dynamite pour Valimentation, par M. J.-M. Cyrnos.
- Nous avons déjà signalé les expériences entreprises dans les abattoirs de Birmingham par les soins de la Société protectrice des animaux, à l’effet de déterminer le moyen le plus prompt pour abattre les animaux de boucherie. La préférence doit être donnée sans conteste à la dynamite, parce qu’à
- que l'omnibus sur les deux tiers de son étendue.
- On hésite encore à adopter la mesure des trains toutes les quinze minutes sur la section rive droite, entre Courcelles-Ceinture et le Bel-Air qui, cependant, est la plus fréquentée du public, parce que, sur cette section, il y a le service permanent du transit des marchandises qui encombre les voies.
- STATISTIQUE.
- Le service de la poste à Paris et en France.
- Ijepuis la réforme postale du l,r mai dernier, la correspondance à distribuer journellement dans Paris s’est élevée de 377.600 objets à 472.00Q : il a fallu créer une -4e brigade avec un personnel de 347 facteurs. On a établi, en même temps, huit distributions par jour, au lieu de sept.
- L’ensemble des localités pourvues de bureaux de poste comprend aujourd’hui :
- 1° en France, 17.786.158 habitants desservis par 7.163 facteurs;
- 2° en Allemagne, 17.003.000 habitants desservis par 8.349 facteurs.
- Soit, en moyenne, 1 facteur par 2.483 habitants en France, et par 2.036 seulement en Allemagne.
- La poste française dessert, 2 fois par jour, 3.930 localités, 3 fois par jour 910 localités, et plus de 3 fois 270 localités.
- Yoici maintenant la moyenne du nombre des bureaux de poste créés chaque année pendant les six dernières années dans quelques pays.
- Aux Êtats-Uuis : 1.216 bureaux, soit 1 par 37.072 habitants.
- En Suisse : 56,1 par 47.663 habitants.
- En Angleterre : 249,1 par 132.760 habitants.
- En Italie : 72,1 par 381.697 habitants.
- Eu France : 50,1 par 720.000 habitants.
- Le classement des tournées nivales d’après leur étendue, en 1866 et en 1877, donne les résultats suivants pour les parcours kilomé-
- triques ci-après : Nombre de tournées En 1S66. En 1S77.
- De 15 kilom. et au-dessous. 793 341
- 15 — à 20 kilom. . 1.738 1.267
- 20 — à 25 kilom. . 3.963 4.463
- 25 — à 28 kilom. . 4.664 7.092
- Au-dessus de 28 kilom. . 5.248 5.937
- . Totaux. . . 16.406 19.010
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- Statistique des aliénés du département de la Seine.
- Le rapport général ^ur la situation du service des aliénés du département de la Seine, qui vient d'être distribué au conseil général, établit qu’il est entré en 1877 dans les services entretenus par le département 2.704 aliénés nouveaux, admis par séquestration ou placement d’ofïiee, plus 120 aliénés placés volontairement par leurs familles.
- Si l’on compare lès statistiques du commencement du siècle avec celles des dernières années, on voit que les cas de folie dans le département de la Seine ont suivi une progression extraordinairement rapide. En 1801, l’on ne comptait que 946 aliénés dans ce département. Au 31 décembre dernier, on en trouve 7.547, soit en plus 6.601. Ainsi, en 77 ans, la population" aliénée a plus que Sextuplé, ce qui correspond en moyenne à un accroissement annuel de 85 personnes, tandis que, durant la même période, la population générale de Paris s’est à peine triplée; car évaluée à 600 mille âmes au commencement du siècle, elle est portée à 1.988.806 par le dénombrement opéré en 1876.
- Le mouvement ascensionnel des admissions est surtout sensible depuis l’application de la loi du 30 juin 1838, qui est venue régler la situation des aliénés. Il est hors de toute proportion depuis les vingt dernières * années, et excepté dans la période décennale 1831-1840, le nombre des admissions ne cesse de l’emporter sur celui des sorties. Depuis dix ans, c’est par une moyenne d’environ 200 que se traduit l’acuroissement annuel de la population aliénée. Il a même atteint en 1877 le cbitfre de 273, alors qu’en 1876, il était brusquement tombé au chiffre de 26.
- Il est à remarquer aussi que, jusqu’en 1860, la moyenne des admissions de femmes aliénées est plus élevée que celle des admissions d’hommes, tandis qu’à partir de cette époque la proportion est renversée. Cet excédant se résume ainsi :
- De 1861 à 1870 on a admis, sur cent, 52,96 hommes contre 47,0i femmes. De 1871 à 1876 on a admis 54,21 hommes contre 45,78 femmes. Mais en 1877 la proportion revient à son ancien état. Il y a eu cette année 49 hommes admis en moins que l’année précédente, tandis qu'on constate une augmentation de 134 femmes.
- une faible dose, posée sur la région frontale d’un bœüf,qcette substance formidable, alors qu’elle est mise en contact avec üne^batterie électrique de quelques éléments, foudroie ranimai instantanément et sâns souffrances (1).
- Voici, maintenant, les détails d’une nouvelle application de la dynamite à la pêche en pleine hier. rpu;
- 11 y a quelques années, presque au début de la*découverte, par un temps de tempête, le bateati à vapeur le Zouave, en manoeuvrant pour sortir du port de Bastia, était laticé contre la jetée'pRr le travers de la machiner Dans le choc violent, la mer s’engouffre à rintérieur, les feux sont éteints, et le navire sombre immédiatement, encombrant de ses débris la petite passe du Port-Vieux.
- Pour la déblayer au plus vite, les-ingénieurs ont recours à la dynamite ; les résultats sont immédiats et satisfaisants, mais à chaque décharge les pêcheurs du port sont tout étonnés dervoirmonler, à la juifacéTliUa jnavidans un périmètre assez éloigné, une quantité de poissons inertes et inanimés. Les enfants qui prennent leurs ébats, en plongeant au fond de l’eau, sont très-surpris à leur tour de mettre la main sur de gros poissons de 2 à 3 livres, abasourdis et donnant à peine quelques signes de vie.
- Personne, bien entendu, ne se plaint de cette pêche miraculeuse: marins, enfants et curieux se régalent, à plusieurs reprises, de cette aubaine inattendue.
- Instruits par cet heureux hasard, des industriels organisèrent des pêches régulières dans des conditions analogues, én mettant à la81 disposition des pêcheurs les appareils nécessaires.
- Lorsque les barques sont arrivées dans les endroits propices, le patron fait descendre à une certaine profondeur la petite carfCTüche de dynamite, s'éloigne à une distance convenable, plonge les éléments électriques dans la pile, et provoque ainsi l’explosion de la cartouche. Les poissons, frappés par la commotion violente, montent instantanément à la surface de l'eau et sont recueillis sans peine au moyen d’une espèce de filet à papillons.
- Inutile d’ajouter que ce genre d’exercices n’est pas exempt de dangers, et nous avons pu constater dernièrement, à Livourne, qu’un marin avait perdu trois doigts de la main droite.
- Le poisson ainsi pêché est-il apte à une bonne alimentation?
- Plusieurs de nos amis de Bastia, qui avaient mangé les gros poissons recueillis par les enfants plongeurs, les avaient trouvés aussi délicats et aussi savoureux qu’à l’ordinaire. •
- Quelques personnes de la Spezzia et de Via Reggio nous ont assuré, cependant, que le poisson recueilli (alors même qu’il ne présentait aucune lésion matérielle) n’avait pas le même goût.
- Ce qiril y a de positif, c’est qu’à conditions égales, le poisson pêché à la dynamite se détériore plus promptement que le poisson pêché à l’hameçon ou au filet.
- Il y aurait là un problème intéressant d’expérimentation et d'étude. Ajoutons toutefois, en terminant, que la pêche à la dynamite est et doit rester interdite par la loi, pour une foule de bonnes raisons que nous aurons sans doute l'occasion d’énumérer plus tard.
- (Journal d'Hygiène )
- (1) Voir le Technologiste, 3e Série, t. I, page 96.
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- ' Sur la bièr'e'de Bavière, >
- " -i: ’îSTU £ r,
- par le Dr Boexs. ,
- Le Dr Boëns, de Charleroi, frappé des inconvénients produits par l’usage de la bière de Bavière, a entrepris des études comparatives qui l’ont conduit aux résultats suivants :
- 1° la bière dite de Bavière provoque soit un état d’ébriété, soit une indigestion spéciale chez les personnes qui en font un usage habituel ;
- 2° prisé à doses modérées, elle précipite la digestion, trouble les fonctions intestinales, favorise et amène des congestions au cœur et aux poumons;
- 3° l'abus de cette boisson détermine de graves affections du système nerveux.
- Pour le savant docteur, le remède le plus efficace pour combattre le mal consisterait dans l’augmentation des droits de douane et de fabrication.
- Par ce moyen l’on arriverait facilement à substituer le vin à la bière.
- Nous aurons prochainement l’occasion de revenir sur l’intéressant volume de M. Boëns : la bière au point de vue médical, hygiénique et social.
- (.Journal d'Hygiène.)
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- VARIÉTÉS.
- Le prix Cro%alier.
- La commission chargée de juger le concours annuel du prix fondé en 1833 par M. Croxatier s’est réunie le 23 novembre, à la préfecture de la Seine, sous la présidence de M. Mouton-Duvernet, membre du conseil de préfecture.
- Le nombre des concurrents était de six.
- La commission a décerné les récompenses suivantes :
- 1° le prix de 300 francs, à M. Iiault (Louis) ;
- 2° mentions honorables,
- à M. Massenet (Edouard),
- et à M. Chautard.
- La commission a exprimé le regret que les ouvriers ciseleurs en bronze et en orfèvrerie ne se soient pas présentés en grand nombre ; elle espère que cette branche d’industrie trouvera l’année prochaine des concurrents sérieux.
- Une exposition publique du concours aura lieu à une époque qui n’est pas encore fixée.
- Tunnel dans les mines d'argent de Nevada, par M. Sutro.
- Un gigantesque travail souterrain vient d’être achevé dans les riches mines d’argent de Nevada; c’est le tunnel Sutro, quia une longueur de 6 kilomètres et qui rejointie filon métallifère à une profondeur verticale de 500 mètres, servant à l’issue des eaux et des minerais, aussi bien qu’à l’aérage.
- Avant le fonctionnement du tunnel Sutro, l’extraction seule de l’eau coûtait annuellement aux Compagnies de 10 à 15 millions de francs.
- C’est en 1864-66 que M. Sutro a obtenu de la Législature de Nevada l’autorisation de creuser son tunnel, et de percevoir des compagnies minières une redevance de 2 dollars (10 francs) par tonne de minerai qui sera extraite par cette voie : la tonne américaine est égale à 900 kilogrammes environ.
- Le travail a été commencé vers la mi-octobre 1869, et la communication avec le filon a eu lieu le 15 juillet dernier. Il a donc fallu près de neuf ans pour parfaire cet ouvrage, un des plus audacieux que l’art des mines ait jamais exécutés.
- Le coût total sera d’environ 20 millions de francs.
- Pour mener à bien cette entreprise, M. Sutro a fait preuve d’une persévérance, d’une énergie et d’une foi peu communes.
- Les mines de Nevada, que M. Sutro a dotées de ce magnifique tunnel, ont produit en 1877 une quantité de lingots d’or et d’argent évaluée à 222 millions, qu’ont fourni toutes ensemble les mines des États-Unis.
- Le célèbre filon Comstock, en Nevada, est exploité seulement depuis 1860. Il y a quatre ans, en 1874, on est tombé tout à coup sur des amas de minerai massif qu’on fouille encore et qui ont déjà produit à eux seuls 400 mil-
- Les pompiers et les compagnies d'assurances.
- La question de la participation des Compagnies d’assurances dans la dépense imposée à la Ville de Paris par l’entretien des sapeurs-pompiers, vient de faire l’objet d’un échange de lettres entre M. le Préfet de la Seine et le syndicat des principales Compagnies de Paris.
- M. Ferdinand Duval a fait remarquer, au nom de la Ville, que l’administration municipale a développé et considérablement amélioré, depuis quelques années, le service des secours destinés à combattre les incendies. Ces améliorations, en elfet, ont pour résultat de diminuer dans une mesure importante les risques des Compagnies et de rendre plus avantageuses pour elles les conditions des polices d’assurances. Elles consistent, notamment, dans la création d'un réseau télégraphique qui relie entre eux tous les postes et casernes de pompiers et dans l’acquisition de plusieurs nouvelles pompes à vapeur. De plus, le Conseil municipal vient de décider que, pour faire face aux besoins d’une manière plus complète encore que par le passé, l’effectif du régiment serait augmenté de près
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- N° oO. — 14 Décembre 1878. —XXXVIIIeAnnée. £c 431
- de 200 hommes : cette mesure seule coûte à la Ville près de 150.000 francs par an.
- A toutes ces considérations, les Compagnies ont répondu par un refus formel de participer, à aucun degré, à la dépense supportée par la Ville. Le syndicat a fait observer que les améliorations ci-dessus avaient surtout pour objet de sauvegarder la vie des personnes, bien plutôt que la conservation des propriétés, que la prime prélevée sur les assurés était aussi faible que possible et que, si les Compagnies devaient s’imposer la charge qu’on leur demande, elles seraient obligées de relever leurs tarifs, ce qui ferait, en définitive, retomber cette charge sur le public.
- Il y aurait bien une solution à ce conflit : ce serait que la Ville devînt elle-même compagnie d’assurances. Mais on rencontrerait, sans doute, des obstacles dans la législation.
- Les inondations du Nil.
- La crue du Nil atteint, cette année, jusqu’à 27 pics à l’étiage du Caire, dépassant de 3 pics le maximum de hauteur nécessaire à une bonne irrigation des terres. Les mesures de précaution n’ayant pas été prises en temps utile, plusieurs désastres se sont produits. Dans la province de Darbieh, une digue s'est rompue, le 20 octobre, sur une longueur de 100 mètres, entre les villages de Choubra et de Mit-Radiz, près de Samanoud. L’inondation a immédiatement pris sur ce point une grande extension : 50 villages ont été envahis par les eaux et en partie détruits, et 500 personnes environ ont péri. A Mansourah, notre agent consulaire évalue à 150.000 feddans la superficie des terrains inondés et à plus de 26 millions de francs le dommage éprouvé par la récolte. A la date du 28 octobre, l’inondation avait atteint Talka, en face du Mansourah, et le service du chemin de fer de Mansourah à Tantah était interrompu entre la première de ces localités et Mahal-lat-el-Kébir.
- Dans la province de Dabkalieh, les dégâts sont peu importants : l’inondation y couvre à peine 200 feddans, et le fleuve baisse en proportion du volume d’eau qui s’est répandu dans la campagne.
- Enfin, d’après les renseignements parvenus de Damanbour, dix villages ont été entièrement détruits dans le Behéra et dix-neuf autres ont gravement souffert. La superficie de terrain inondée est, dans cette province,
- lions d’or et d’argent, dont moitié à peu près de l’un et de l’autre métal. La production de ces mines marche en ce moment sur le taux de 15 millions par mois ou 180 millions par an. Aucune mine au monde, pas même Potosi de Bolivie, ou Ganajuato du Mexique, aux plus beaux jours de la domination espagnole, n’a donné pareil résultat.
- Un des heureux associés des mines de Nevada, 0’Brien, qui fut garçon de buvette h San-Francisco, est mort récemment en laissant une fortune de 200 millions de francs, acquise en trois ans dans l’exploitation de ces mines.
- [Journal des Mines.)
- Machine à faire les pavés, par M. J. Ward.
- Cette machine fait exactement le même mouvement que l’ouvrier carrier, mais plus rapidement et avec plus de force : elle arrive donc à faire le même travail avec plus de précision, en moins de temps et avec moins de fatigue.
- Elle consiste essentiellement en un marteau mû par la vapeur. Ce marteau est enchâssé au bas de la tige du piston, dans une matrice, de façon à pouvoir se retourner sur plusieurs de ses faces et éviter ainsi la trop grande fréquence de trempe.
- La matrice elle-même est dirigée par un ou plusieurs guides, de façon à éviter la flexion de la tige du piston. A côté du piston se trouve l’appareil de distribution de la vapeur à détente variable, prenant son mouvement par la came sur la matrice même du marteau ; la détente se règle à volonté par le bras, la tringle et le levier terminé par la pédale. C’est donc l’ouvrier lui-même qui règle la distribution parle moyen du pied.
- Cette même machine, en changeant la matrice et le marteau, peut encore servir à fendre ou à recouper les blocs; le marteau prend alors une forme analogue à celle des marteaux à main actuellement en usage.
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Câble télégraphique de Berlin à Cologne, Francfort et Strasbourg.
- Tout le monde sait que le gouvernement de l’Allemagne du Nord a fait les plus grands sacrifices pour mettre son réseau télégraphique à l’abri des entreprises de destruction ou autres détériorations auxquelles peuvent être sujets les fils électriques aériens.
- Voici quelques détails concernant plus particulièrement les parties du réseau immergées dans un cours d’eau, comme l’est, par exemple, la partie qui traverse le lit du Petit-Rhin, non loin de Strasbourg.
- Les câbles sous-aquatiques sont plus solides que les câbles terrestres : ils sont renforcés par une gaîne en fil-de-fer recouverte elle-même de chanvre goudronné, et fixés dans le lit des rivières par des boulons métalliques. Pour
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- le passage du Grand-Rhin, à Kehl, on a préféré, vu la violence du courant, fixer le câble le long du trottoir d’amont du pont du chemin de fer qu’il parcourt, comme au pont du Corbeau à Strasbourg, dans une gaîneen fer battu.
- Tour prévenir en cet endroit les effets de la chaleur sur l’enveloppe de gutta-percha qui entoure l’écheveau conducteur, on a fait reposer celui-ci sur un lit de briques et calfeutrer tous les vides avec du crin végétal; enfin il est une intéressante précaution dont ce même pont du Rhin offre l’application. On sait qu’il existe encore une partie tenante à l’extrémité du pont qui touche la rive alsacienne. En cas d’attaque du côté de Strasbourg, on tournerait cette extrémité ; or, en prévision de cette éventualité, on a fixé, non loin de cette partie mobile, un câble de structure sous-aquatique assez long pour pouvoir, étant immergé, établir la communication télégraphique entre la rive et le premier pilier du pont. L’établissement du télégraphe souterrain coûte environ 5.000 marcs par kilomètre. Le poids du câble dépasse 2 kilogrammes par mètre courant. L’ensemble de l’opération met en communication directe Berlin, Francfort, Strasbourg et doit se terminer à Metz.
- Dois injectés au tannate de fer, par M. Hatzfeld.
- Quoique les injections proposées pour la conservation des bois soient fort nombreuses, les seules qui soient encore employées dans ce but se réduisent presque à celles faites avec du sulfate de cuivre ou avec de la créosote ; mais chacune d’elles présente des inconvénients qu’il est utile de rappeler.
- Des poteaux télégraphiques injectés au sel cuivreux veulent être très-souvent remplacés au bout de six â sept ans, et même parfois au bout d’une période beaucoup moindre. Cette brièveté du rôle conservateur du vitriol bleu tient sans doute à ce que, restant soluble, la plus grande partie disparaît par l’humidité du sol.
- Quant à la créosote, comme le dit très-justement M. l’ingénieur en chef Boris, qui s’est occupé spécialement de la question, on sait qu’on la fait pénétrer dans le bois par l’injection en vase clos, en la chauffant à 50 ou 60 degrés centigrades pour la rendre plus fluide. Mais cette substance étant inflammable, son emploi peut être dangereux, surtout dans les pays chauds; aussi n’en fait-on usage que dans les régions septentrionales de la France et dans les contrées où ne règne jamais de température plus élevée. De plus, ce procédé est coûteux.
- M. Hatzfeld se sert, pour atteindre le même but, de tannate de peroxyde de fer, qui est un corps solide et insoluble. Mais comment l’injecter, s’il n’est pas soluble? C’est ici que se révèle l’ingéniosité et la supériorité de ce procédé. On ne l’injecte pas directement, on le produit sur place, dans l’intérieur des vaisseaux du bois. Le tannate de protoxyde, qui est soluble, absorbe de l’oxygène avec beaucoup d’énergie au contact de l’air et se transforme rapidement en tannate de peroxyde de fer. Il suffit donc d’injecter une solution de tannate de protoxyde de fer pour obtenir le résultat cherché.
- Dans la pratique, cette opération se divise en deux phases successives :
- 1° on injecte d’abord de l’acide tannique sous forme de solution d’extrait de châtaignier ;
- d'environ 30.000 feddans, dont un tiers était planté en coton, un tiers en maïs et le reste en bersim, sorte de trèfle servant à nourrir les bestiaux. On évalue approximativement le dommage éprouvé par la. récolte à la somme de cinq millions de francs.
- Le musée des arts décoratifs.
- L’exposition de l’art contemporain qu’organise le musée des arts décoratifs au pavillon de Flore, ouvrira le 9 décembre. Elle comprendra les spécimens les plus parfaits de l’art appliqué à l’industrie qui ont figuré à l’Exposition universelle et qui ont été le plus remarqués. On y retrouvera, dans un ordre logique et approprié à l'enseignement industriel, les beaux meubles, les magnifiques faïences, les étoffes, les bronzes, etc., etc., qui ont été le plus admirés au Champ-de-Mars dans les sections française et étrangère.
- Grâce au concours des Commissaires étrangers, les fabricants du monde entier feront figurer leurs œuvres dans cette exposition exceptionnelle, qui sera comme une quintessence raffinée de celle du Cliamp-de-Mars. Quant aux industriels français, ils ont répondu avec le plus vif empressement à l'appel du comité, et beaucoup ont proposé, non-seulement de prêter leurs meilleurs produits, mais ont offert des dons et des souscriptions au musée des arts décoratifs.
- Pour classer le grand nombre d’objets qu’on apporte de toutes parts au musée, pour procéder à des choix rigoureux et les présenter dans un ordre profitable à l’enseignement professionnel, douze commissions ont été constituées; Elles sont composées des hommes les plus compétents dans chaque spécialité. Voici les noms des présidents de ces sections ;
- Section d'Architecture, président M. Duc ; Sculpture, M. Guillaume, directeur général des beaux-arts ;
- Peinture, M. Gérome, suppléé par M. Bar-rias ;
- Décor fixe, M. Paul Mantz ;
- Décor mobile (meubles, bronzes), MM. E. Odiot et Bocher ;
- Céramique, M. Paul Dalloz ;
- Vêtements, M. Dupont-Auberville;
- Parure (bijouterie, etc.), M. Georges Berger;
- Armes, M. de Longperrier;
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- Enseignement, M. Louvrier de Lajolais;
- Bibliothèque, M. le baron Gérard.
- Ces sections se réunissent deux fois par semaine au pavillon de Flore, et font preuve de la plus grande activité. Dans quelques jours, le public pourra apprécier le premier résultat de leurs efforts en allant voir l’exposition du Musée des arts décoratifs.
- BREVETS D’INVENTION.
- -122307 — Cadot. Système d’égaliseur automatique pour les pianos de toutes constructions.
- 122308 — Tinette. Système de machine à vapeur.
- 122309 — Cambray et Grignon. Siphon à transvaser les liquides.
- 122310 — Charre. Machines à couper le papier.
- 122311 — Gleize. Rôtissoire.
- 122312 — Gisler. Chasse-corps servant à nettoyer les rails des tramways.
- 122313 — Siermann. Production de la soude et de la potasse par le sulfate de soude ou le sulfate de potasse.
- 122314 — Silber. Lampe-lanterne à l’huile.
- 122315 — Ferry. Ouverture et fermeture des châssis de serre.
- 122316 — Charlet et Cohon. Collier de cheval.
- 122317 — Brin. Nacrage métallique.
- 122318 — Diehl. Meubles de fantaisie.
- 122319 — Duclmi-Doris. Emballage dit : pa-ragelée des huîtres.
- 122320 — Couffinhal. Machine à agglomérer les houilles, à balancier hydraulique.
- 122321 — BouiUaut. Emousseur pour les chaudières à carbonater les jus de betteraves.
- 122322 — Biloret et Mora. Téléphonie électrique.
- 122323 — Laffiteau et Riejer. Armes à feu.
- 122324 — GêrinRoze. Appareils pour water-closets.
- 122323 — Coudray. Montage des queues de boutons, pommes de parapluies.
- 122326 — Holland. Boites à provisions pour voyageurs.
- 122327 — Hinrichs. Brûleurs pour lampes.
- 122328 — Petzold et Sanden. Appareils à
- 2° on injecte ensuite du protoxyde de fer sous forme de pyrolignite, qui joint à l’avantage du bon marché celui 'dente pas attaquer les libres du bois.
- On procède en vases clos, comme avec la créosote : le prix des appareils est donc le même.
- Ce système, d’invention récente, est appliqué déjà par la Compagnie du chemin de fer de l’Est pour des poteaux télégraphiques, et par la Compagnie des mines d’Anzin pour dès étançons de mines. fi
- Les avantages de l'emploi de ce procédé s'expliquent d’eux-mêmes. Ils résultent de l’usage d’une substance insoluble:, c'est*indiro fixée solidement, et dans les parties les plus intimes de la substance ligneuse, grâce au véhicule liquide injecté en vase clos. Le dosage peut être fait de manière à avoir un excès d’acide tannique, qui agit déjà isolément en coagulant l'albumine du bois, qui est pour ainsi dire tanné et rendu presque imputrescible.
- Un des résultats secondaires de l’application de Ce procédécpourra le faire adopter de préférence dans l’industrie de la construction : les bois injectés au peroxyde de fer prennent, h la longue, la couleur et la dureté de l’ébène. C’est ce qui arrive accidentellement pour les bois enfouis depuis longtemps dans un sol humide : les parties avoisinant des pièces en fer sont souvent complètement noircies et encore saines.
- L’analyse chimique des bois injectés démontre d’ailleurs nettement que c’est du tannate de peroxyde de fer qui s’est formé dans la masse même des fibres ligneuses.
- Les expériences faites par la Compagnie du chemin de fer de l’Est ont fourni les données numériques suivantes : le poids d’une traverse ainsi injectée, qui était de 25 kilogrammes, s’est élevé à 26 kil.500, et Indépensé, tout compris, ne se serait élevée qu’à 75 centimes.
- L’industrie commence aussi à se servir de ce procédé pour teindre les bois à bon marché et dans de bonnes conditions de solidité, en noir (pour imiter le bois d’ébène) et en gris (pour reproduire le bois de Spa), tous deux très-employés en ébénisterie et dans la fabrique de parquets.
- [Eisenbahn.)
- Les chemins de fer en Asie-Mineure.
- U'n ingénieur turc vient de publier, au nom de son gouvernement, une carte d’Anatolie où sont marqués les tracés de plusieurs vpios ferrées dont l’exécution progressive opérera une véritable transformation de ce beau pays. La principale ligne projetée partirait d’Ismid (Nicodémie), pour se diriger de là sur Kara-Hissar, Konieh (ancienne Iconium), sur Adana et sur Aïas, où elle atteindrait le golfe d’Eskanderoum (Alexandrette) ; puis elle gagnerait Alep pour suivre, au-delà de cette ville, la vallée de l'Euphrate jusqu’au golfe Persique.
- Telle est la ligne officiellement désignée par le gouvernement turc comme devant être la plus promptement exécutée. Mais on lui en a proposé encore plusieurs autres. On sait qu’en 1872 une commission du parlement avait vivement recommandé au gouvernement anglais la création d’une seconde route vers l’Inde, par la vallée de l’Euphrate.
- D’après ce projet, une ligne irait de Smyrne à Allah Scheher et serait continuée jusqu’à Kara-Hissar, où elle rencontrerait la grande voie d’Ismid à Alep que nous avons décrite plus haut. Smyrne, déjà si importante par son commerce, verrait alors sa prospérité portée au plus haut point. Elle attirerait
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- certainement dans son magnifique port une partie considérable du commerce de la Syrie, de la Perse et de l’Inde : celle qui est destinée à l’Europe occidentale.
- Il existe encore un troisième projet consistant à faire de Sinope la tête d’une ligne qui se dirigerait de là sur Samsoun, Amasie, Tokat, Sivas, Mala-tija, franchirait l’Euphrate au-delà de cette dernière ville, et atteindrait à Mossoul la vallée du Tigre, qu’elle suivrait jusqu’au golfe Persique. Dans ce plan, la ville de Siva deviendrait le centre le plus important de l’Anatolie septentrionale, car d’un côté elle serait reliée à la grande voie d’Ismid, Adana, Alep par un embranchement aboutissant à Kutayeh, et de l’autre un second embranchement la réunirait à Erzeroum, d’où partirait une autre voie ferrée se dirigeant sur Diarbekir et Mossoul. Une des conséquences les plus certaines de la construction de cette ligne allant de Sinope et'Samsoun à Siva, Diarbekir et Mossoul, serait d’y attirer toute la partie du commerce du golfe Persique destinée à la mer Noire, laquelle suit actuellement la route des caravanes, de Mossoul à Bayazid et Erzeroum. Sinope et Samsoun, ces deux antiques colonies de Milet, retrouveraient alors leur splendeur passée.
- Avec le système de chemins de fer actuellement à l’étude, toutes les parties de l’empire Ottoman seraient reliées entre elles tant au point de vue militaire qu’au point de vue commercial.
- Les roues de wagons en fonte, par M. Gaisz.
- L’emploi des roues de wagons en fonte trempée, se répand de plus en plus en Europe, surtout en Autriche. L’établissement fondé en 1844 à Buda, par M. Ganz, a fourni 300.000 roues en 1874. La profondeur de la trempe au bandage varie de 10 à 15 millimètres. On peut voir quelques fragments et quelques spécimens de ces roues dans l’exposition autrichienne (annexes du Champ-de-Mars) ; on remarque surtout une roue n° 423, qui a parcouru 128.978 milles et une autre dont le parcours a été de 340.446 milles; les surfaces de roulement sont à peine usées. Les résultats donnés par ces sortes de roues sont si avantageux, que le baron Von W eber, dans son rapport au Gouvernement sur les chemins de fer (Vienne, 31 mai 1874), recommande les roues en fonte trempée comme les plus économiques et les plus sûres.
- (.Américan railroad Gazette.)
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Divers systèmes de compteurs à eau, par M. Casalonga.
- [Suite).
- En 1852, Cholefield et Langlois, ou la maison Brunt et Cie, à Paris, inaugurent une disposition à baquet-bascule que plusieurs inventeurs inventent
- éteindre les étincelles, pour machines à vapeur.
- 122329 — Lavaissiêre et Joly. Fouets blindés intérieurement.
- 122330 — Roullier-Arnoult et Arnoalt. Ele-veuse artificielle dite : hydro-mère.
- 122331 — Valenciennes. Nitrification de la glycérine à froid.
- 122332 — Pétri et Koelbl. Indicateur applicable aux machines à vapeur.
- 122333 — Brooks. Métiers à filer et à doubler.
- 122334 — Spinelli. Savon fait avec les fruits et les graines oléagineuses.
- 122335 — Soutoul. Appareils sudothérapi-ques.
- 122336 — Dépensier. Serrure incrochetable.
- 122337 — Klein. Porte-mèche pour lampes.
- .122338 — Pion. Robinet supprimant les coups de bélier.
- 122339 — Blanche fort. Jet d’eau.
- 122340 — Lebcrecht-Stralls. Fabrication des briquettes.
- 122341 — Schmidt. Chaudière à tuyaux.
- 122342 — Giovesi, Andreoli et Cie. Machine pour enlever la suie dans les conduits.
- 122343 — Graulou et Dulerÿ. Appareils à élever l’eau.
- 122344 — Martignion. Plomb servant à la maçonnerie.
- 122345 — Rillieux. Évaporation dans le vide à un effet multiple.
- 122346 — Flateau. Chapeaux de paille artificielle.
- 122347 — Baumgarten. Navire aérien, dirigeable.
- 122348 — Jourdan. Lunettes et pince-nez.
- 122349 — Vautour. Bouchon en verre dit : l’échanson fidèle.
- 122350 — Grignet. Machines à laver les tonneaux.
- 122351 — Copello et David. Machine à ployer les pâtes alimentaires.
- 122352 —. Rabaux. Chasse-pierres sur tramways.
- 122353 — Patrix. Fabrication de galoches.
- 122354 — Duvernet. Impression visible sous l’action de la chaleur.
- 122355 — Baboin. Cuite, blanchiment, teinture, etc., des matières textiles et des tissus.
- 122356 — Petit-Girard. Métier à étirer les tissus.
- 122357 — Garrive-Meynard. Moteur agissant par lui-mème.
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- 122358 — Greffe fils. Appareil à distiller.
- 122359 — Brunon ainé. Pompes rotatives.
- 122360 — Renault. Instrument destiné à préparer un verre d'absinthe.
- 122361 — Ailhaud. Relais pour transmissions télégraphiques.
- 122362 — Gourm. Appareil à traiter les marcs d’olives.
- 122363 — Bellimd. Semoir.
- 122364 — Laclote. Chaussure.
- 122365 — Guth. Porte-plume.
- 1223G6 — Mason. Traitement des résidus de la fabrication de l’acide sulfurique.
- 122367 — Duroni. Thermomètre en métal estampé.
- 122368 — Husson. Sommiers-lits en fer.
- 122369 — Lanham. Rouleaux d’encrage.
- 122370 — Blake. Traitement des matières végétales fibreuses pour la fabrication du papier.
- 122371 — Lefranc et Cie (Société). Charbon aggloméré chimique.
- 122372 — Brown. Egrainage du gazon, du trèfle, du lin, etc.
- 122373 — Rose (les sieurs). Bluterie.
- 122374 — Brandon. Poudres explosives ké-raklines.
- 122375 — Canneaux. Isolateur.
- 122376 — Legoff. Charrues.
- 122377 — Laffitte. Machine à fendre le bois.
- 122378 — Pelletier ainé, Amavet frères et Cie. Gâches à air, et serrure.
- 122379 — Saint-Géot et Puget. Râclette avec tablier pour tramways.
- 122380 — Gerschel. Carnet-Album.
- 122381 — Fargue. Porte-plume.
- 122382 — Bravais et Cie (Société). Dialy-“ seurs Bravais.
- 122383 — Pierrard-Parpaite et fils (Société).
- Peigne nacteur des peigneuses Heilmann.
- 122384 — Castel. Fabrication de l’opaline.
- 122385 — France. Machine à encoller le co-
- ton.
- 122386 — Strube. Régulateur de pression.
- 122387 — Vautier fis jeune. Robinets-régulateurs à clapets.
- 122388 — Nicolai. Appareils à rectifier les corps gras.
- 122389 — Chartier et Henry. Mastic calorifuge.
- 122390 — Lanoa. Communication d’axes sans engrenages.
- 122391 — Westinghouse. Railways.
- 122392 — Huzard. Moyen de produire le mouvement.
- encore tous les jours aujourd’hui. Puis le même Chameroy inaugure sa longue série de brevets sur la matière, en commençant par un appareil où l’eau est déplacée par le mercure en contact avec elle et inversement. Il passe ensuite par son appareil à flotteur, et arrive enfin à son compteur piézométriqué.
- Certes, si quelqu’un avait dû et pu résoudre parfaitement le problème du mesurage exact et certain, sous pression, c’est cet infatigable chercheur qui, seul, ou avec d’autres membres de sa famille, a fait les plus nombreux essais, couverts par au moins une douzaine de brevets.
- Il y a renoncé, s’en tenant à sa jauge à flotteur, pour obtenir un débit constant.
- Nous pourrons donner, une autre fois, une liste chronologique, avec quelques analyses, des brevets de compteurs, délivrés depuis 1846.
- Pour le moment, bornons-nous à signaler ceux des compteurs, exposés ou non, qui sont parvenus à se mettre plus ou moins en vue et pendant plus ou moins longtemps.
- D’abord, le compteur Siemens, qui date de 1852, et qui est peut-être celui que l'on a le plus appliqué à cause de la modicité de son prix et du peu de volume qu’il occupe. Il consiste simplement en une petite turbine h réaction à axe vertical, précédée d’un tamis pour retenir les impuretés qui pourraient influencer sa marche assez délicate (1).
- Cet appareil marche sous pression, et il mesure à 5 pour 100 près, et quelquefois à 10 et 15 pour 100. Il laisse écouler une certaine quantité de liquide, assez notable, sans que le système qui agit sur le totaliseur soit actionné. Il est très-simple, et très-employé en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, et même en France.
- Le compteur Kennedy est bien différent du précédent. Plus lourd et plus cher, il est cependant plus exact et plus certain. C’est une machine à colonne d’eau, dans le genre de celle qu’avait combinée M. Couronne. Le piston est muni d’une rondelle roulante en caoutchouc, système Woodcock, et il vient heurter, à chaque excursion, contre les fonds, lesquels sont eux-mêmes garnis, à cette intention, de caoutchouc. La lige traverse un presse-étoupe et vient actionner le distributeur qui consiste en un robinet dont la clef est nantie d’un levier à contre-poids.
- Cet appareil a beaucoup de frottement à vaincre. Il importe que la clef du robinet soit peu serrée et laisse alors passer un volume notable, pour que, en cas de refroidissement, cette clef ne soit pas serrée par le boisseau au point de ne pouvoir plus manœuvrer. Ce compteur fonctionne avec un bruit sourd dû aux chocs du piston et à l’abattage du contre-poids.
- Le compteur Oury, exploité par M. Maldant, se compose d’une capacité lenticulaire, séparée en deux parties par une membrane souple, ayant au centre un point d’appui qui fait la distribution sur des soupapes. Ce compteur est sensiblement le même qu’un appareil du même genre exploité par MM. Nicolas et Chamon. Dans ce dernier appareil, la soupape double, équilibrée, est poussée d’un siège à l’autre à chaque excursion, par une disposition de ressort ayant une action analogue à celle de deux doigts projetant, par pression, un noyau de cerise. M. du Boys, ingénieur des ponts et chaussées, paraît être le premier qui ait fait usage des pistons membraneux. Un de ses appareils fonctionnait à l’Exposition de 1867.
- Dans l’ordre des compteurs occupant une position mixte entre les compteurs à volume et ceux à réaction, se place le compteur Bonnefond, qui con-
- (1) Voir le Technolugiste, 2e Série, t. III, page 89.
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- sistc en un noyau léger muni de plusieurs hélices, tournant dans un tuyau cylindrique et que le courant de l’eau met en mouvement. Cette disposition, qui a exercé l’ingéniosité d’autres inventeurs, en France et en Angleterre, conduit à un appareil très-simple, aussi simple que le Siemens, duquel il procède un peu, et avec lequel il partage, du reste, une partie de ses inconvénients.
- Nous avons sous les yeux les dessins d’un compteur anglais, de Payton, procédant des engrenages de Poppendorf, c’est-à-dire que la mesure est faite par deux pistons rotatifs s’engrenant l’un dans l’autre. Nous ne croyons pas devoir nous y arrêter.
- Nous mentionnerons sans nous y arrêter également, mais pour y revenir bientôt, divers compteurs exposés, parmi lesquels celui de Payre, celui de Piau, construit par la maison Bouvier, d’Angers; celui de Challéat, procédant de la disposition du Boys; celui de Mathelin et Deplechin, enfin celui de Frayer et Michel, qui serait le compteur adopté en ce moment par la Compagnie des eaux de la ville de Paris.
- Ce compteur est formé de deux capacités cylindriques accolées, avec fenêtres; la distribution est à tiroir et s’effectue dans un cylindre par la tige des pistons de l’autre cylindre. Les pistons, très-légers, ont des cuirs emboutis. Nous avons entendu dire beaucoup de bien de cet instrument dont les prix d’acquisition seraient un peu élevés. Il nous souvient qu’un appareil analogue, imaginé par M. Clausolles, avait donné des résultats sur lesquels on fondait des espérances sérieuses, mais qui ne se confirmèrent pas. Cependant, le compteur renfermait les mêmes organes, et agissait d’une manière presque identique que dans celui de Frager et Michel.
- Quoi qu’il en soit, et sans aller plus loin pour aujourd’hui, plusieurs compteurs de types divers sont aujourd’hui en application. Mais il nous a été donné de constater que, pendant que cet instrument était fortement recommandé par telle Municipalité, telle autre déclarait n’avoir pu en tirer aucun parti.
- C’est que, ainsi que nous le disions en commençant, le problème à résoudre est très-difficile. Et pourquoi l’est-il autant? Parce qu’il s’agit de mesurer sous pression.
- Mesurer sous pression, est la condition sine qua non imposée à tout compteur. Or, par là même, on l’empêche d'être ce que doit être un véritable compteur : exact, certain et durable.
- Que l’on se figure un instrument, si parfaitement exécuté et combiné soit-il, obligé de se mouvoir au sein d'un liquide qui est souvent trouble, chargé de boues ténues, de sables et d’autres détritus en suspension. En outre des pistons, qui devront être étanches tout en absorbant peu de frottement, il faut considérer les axes d’oscillations, les tiges, et enfin le distributeur, manœuvrant ou oscillant sans cesse et en tout sens au sein du liquide considéré. Ce distributeur sera un clapet, un tiroir, un robinet, une soupape à projection, se déplaçant plusieurs fois dans une minute, quelquefois dans une seconde. Peut-on établir, sur un tel organe,*des certitudes de durée dans le bon fonctionnement et dans le degré d’exaclitude? Il faut cependant passer par ces inconvénients, si la pression est indispensable. Mais l’est-elle dans tous les cas? Nous croyons que non. Nous pensons même que, dans la plupart des cas, elle- peut être avantageusement évitée et le problème résolu, en évitant ainsi le principal obstacle à une marche assurée.
- 122393 — Ilonnay. Appareil permettant d’aérer les grilles des foyers et d’enrichir les combustibles de gaz à l’eau.
- 122394 — Petitjean et Bel pèche (Société). Couvert articulé à coulant.
- 122395 — Annandale et Waston. Épurateur ou filtre tournant de la pulpe ou pâte à papier.
- 122396 — Choquet. Impression décorative du mica.
- 122397 — Jaml. Traitement des phosphates de chaux.
- 122398 — Alexandre. Peinture sur gélatine.
- 122399 — Stavffer. Graisseur à action directe.
- 122400 — Brown. Pompe à action directe.
- 122401 — Guion. Décoloration des matières par les lumières artificielles.
- 122402 — Sanyas. Écliaudeuse Roussillon-naise.
- 122403 — Martin. Vis de lit universelle.
- 122404 — Huvelle, Duchateau et Leteneur.
- Machine à agglomérer la houille.
- 122405 — Garnot. Pompe à épuisement.
- 122406 — Arnold et Grégoire. Métiers à filer sans broches.
- 122407 — Les Petits Fils de Philip. Mécaniques à la Jacquart, pour velours façonné.
- 122408 — Monillets. Limes et râpes.
- 122409 — Egasse. Fabrication du gaz hydrogène.
- 122410 — Finzi. Porte-clés.
- 122411 — Boussel et Auhriot aine. Boutons pour manchettes.
- 122412 — Bellessort. Garniture pour biberons, bidons.
- 122413 — Oudin. Boutons-tourniquets.
- 122414 — Chartier. Siphon applicable aux égouts, etc.
- 122415 — Menicr frères. Emballage des bouteilles et des fûts en verre.
- 122416 — De Bejar O Lawlor. Communications téléphoniques.
- 122417 — Langen. Raffinage du sucre.
- 122418 — Wright et Corcoran. Préparation de la tourbe.
- 122419 — Birnhaum. Vêtements imperméables.
- 122420 — Grandchamp fils et Cie (Société).
- Fours à la bouille pour la cuisson des grès cérames.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- SOMMAIRE.
- Matières colorantes dérivées de l’aloès, par M. Max Singer. — Essais des minerais de bismuth et d’antimoine du département de la Corrèze, par M. Carnot.— Cubilots avec circulation d’eau. — Fabrication du nickel en Amérique. — Dosage de l’amidon dans le papier, par M. C. Wurster. — Pile à papier perfectionnée, construite par MM. Béthouart et Brault. — Pèche des éponges aux îles de Bahama. — Les baromètres vivants, par M. Cosles. — Effets des parfums sur la santé. — La décoloration des fleurs, par M. Schnetzler. — Le géoscope, de M. Mancel de Perceval. — Le condensateur chantant, par M. Du Moncel.
- CHRONIQUE.
- Les logements insalubres, par M. le Dr Décaissé.
- C’est à un homme de bien, mort il y a quelques mois à peine et qui a attaché son nom à la plupart des questions qui intéressent la classe ouvrière, c'est à M. de Melun que revient l’honneur d’avoir, en 1850, appelé l’attention sur l’insalubrité d’un grand nombre de maisons à Paris et dans nos grands centres manufacturiers.
- Dans des rapports restés célèbres, deux illustres économistes, Villermé et Blanqui, avaient déjà, avec toute l’autorité de la science et une douloureuse éloquence, révélé l’effrayante insalubrité des demeures ouvrières de Lille, de Lyon, de Rouen. M. de Melun se fit à la tribune l’interprète de l’opinion publique justement émue par ces récits lamentables, et obtint de l’Assemblée nationale, en 1850, cette loi éminemment tutélaire, dont la commission dès logements insalubres a la mission, depuis 26 ans, de poursuivre l’application dans la ville de Paris. Cette commission vient de publier le rapport général sur ses travaux pendant la période de 1870 à 1876.
- Ce remarquable et volumineux travail dû à la plume d’un savant hygiéniste, M. le docteur Perrin, nous apprend que, pendant cinq ans, la commission a examiné 17.434 affairesl Sur ce nombre, 11.671 ont été terminées à l’amiable par ses soins; 5.295 ont dû être déférées au conseil municipal, 39 au conseil de
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Matières colorantes dérivées de l'aloès, par M. Max Singer.
- Les matières colorantes dérivées de l’aloès, dont les principales sont les produits de l’oxydation de ce corps, l’acide aloétique, l’acide chrysammique et la chrysamide, n’ont pas encore acquis dans l’industrie la considération qu’elles méritent, parce que leur préparation exige de grandes quantités d’acide azotique, ce qui augmente beaucoup le prix de revient. Cependant, comme l’industrie est aujourd’hui parvenue, au moyen d’appareils d’absorption convenablement appropriés, à condenser les vapeurs nitreuses dégagées et à les transformer en majeure partie en acide azotique, il pourrait bien arriver que dans quelque temps on vît les dérivés de l’aloès acquérir une certaine importance industrielle.
- Les différentes espèces d’aloès contiennent une substance soluble dans l’eau, très-amère, cristallisable, facilement altérable et résinifiable, à laquelle, on a donné le nom d'aloïne ou d’amer d'aloès; elles renferment en outre des résines et corps azotés protéiques.
- Ulex a trouvé dans l’aloès fraîchement préparé 70 pour 100 d’aloïne, 25 pour 100 de résine et 5 pour 100 de substance protéique ; ces proportions varient cependant avec la provenance de l’aloès.
- L’aloïne de l’aloès des Barbades et de l’aloès succotrin, nommé barbaloïne, est essentiellement différente de l’aloïne de l’aloès de Natal, qui est désignée sous le nom de nataloïne.
- La barbaloïne, C17H1807(?), cristallise en petits cristaux grenus et jaunes; traitée par l’acide azotique, elle donne de l’acide aloétique et de l’acide chrysammique, et lorsqu’on la fond avec de l’hydrate de potasse, elle fournit de l’acide paroxybenzoïque, C7HG03, et de l’aorcine, C7H80*.
- La nataloïne, C^H^O*1, est moins soluble dans l’eau et l’alcool que la barbaloïne; elle cristallise sous une autre forme; traitée par l’acide azotique, elle ne donne pas d’acide aloétique et d’acide chrysammique, mais de l’acide picrique et de l’acide oxalique, et fondue avec de l’hydrate de potasse, elle fournit bien de l’acide paroxybenzoïque, mais, au lieu d’aorcine, probablement de la résorcine, C8H,0O*.
- La résine d’aloès qui accompagne l’aloïne n’est pas une résine proprement dite, parce que, bien qu’elle soit insoluble dans l’eau froide, elle se dissout dans l’eau bouillante, de laquelle elle se précipite parle refroidissement.
- L’aloïne aussi bien que la résine d'aloès peuvent être considérées comme des matières colorantes, parce que leurs dissolutions, de même que celles de l’aloès, teignent en jaune les tissus les plus variés. Mais les matières colorantes proprement dites sont les dérivés de l’aloès produits, en même temps que de l’acide picrique et de l’acide oxalique, par l’action de l’acide azotique.
- La nature de ces dérivés dépend de la concentration de l’acide azotique et de la durée de la réaction.
- D’après Mulder, il se forme d’abord l’acide aloérésinique, substance encore problématique et d’ailleurs peu étudiée et incomplètement connue.
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- L’acide aloétique prend ensuite naissance, et celui-ci est enfin transformé par l’acide azotique concentré en acide chrysammique.
- Cependant ces deux derniers acides se forment simultanément dans la plupart des cas, et ils se trouvent l’un à côté de l’autre dans le produit de l’opération.
- 1° Préparation de l'acide aloétique et de l’acide chrysammique avec l’aloès.
- Le meilleur procédé est celui qui a été indiqué par Stenhouse et Hugo Muller.
- Dans 6 parties d’acide azotique d’un poids spécifique de 1,36, qui est préalablement chauffé presque à l’ébullition dans une grande cornue munie d’un récipient bien refroidi, on introduit peu à peu 2 parties d’aloès en petits morceaux (le plus avantageux à employer est l’aloès des Barbades). La réaction est très-vive, et il se dégage de grandes quantités de vapeurs nitreuses; aussi doit-on au commencement de l’opération ajouter l’aloès par très-petites portions et chauffer très-peu ou même pas du tout. Plus tard, on chauffe et on reverse de temps en temps dans la cornue l’acide qui a passé à la distillation. Lorsque tout l’aloès a été introduit, on laisse digérer encore pendant 10 heures, et pendant les trois dernières heures on distille l’acide affaibli, de manière à ce que le contenu de la cornue soit réduit à la moitié de son volume primitif. On ajoute ensuite par petites portions encore 3 parties d’acide azotique, et l’on fait digérer encore pendant 6 à 7 heures, durant lesquelles on distille la majeure partie de la masse. Le résidu contenu dans la cornue est ensuite versé dans 4 parties d’eau environ ; après avoir agité, on rassemble l’acide picrique et l’acide aloétique non dissous, et l’on dessèche ces acides, que l’on fait ensuite digérer comme précédemment pendant 6 ou 8 heures avec une partie d’acide azotique concentré contenu dans une cornue. Le résidu, qui maintenant se compose des acides picrique, aloétique et chrysammique, est lavé par décantation avec de l’eau bouillante, jusqu’à ce que l’eau de lavage ne soit plus colorée qu’en rouge pâle. De cette manière on élimine l’acide picrique. Le mélange d’acide aloétique et d’acide chrysammique qui reste est desséché et de nouveau traité comme précédemment pendant 10 heures avec encore une partie d’acide azotique concentré. La plus grande partie de l’acide aloétique est ainsi transformée en acide chrysammique. Ensuite, on lave avec de l’eau bouillante, jusqu’à ce que l’eau de lavage soit colorée en rouge pâle, et puis on fait bouillir pendant à peu près 5 minutes avec environ 4 parties d’eau, et l’on filtre. Cette opération est répétée trois ou quatre fois, jusqu’à ce que la couleur du liquide filtré soit rouge-vif, au lieu d’être pourpre. On fait de nouveau bouillir avec de l’eau, et on ajoute un petit excès de craie, qui rend le contenu du vase rouge foncé ou pourpre. Par le refroidissement, il se sépare sur les parois du vase de petites aiguilles rouges de chrysammate de calcium, et au fond il se dépose une masse floconneuse du même sel. On recueille les cristaux et les flocons, on les dessèche et on les fait cristalliser dans l’alcool étendu (parties égales d’alcool et d’eau). Lorsque l’aloès n’est pas suffisamment décomposé et qu’il y a encore une quantité notable d’acide aloétique, ces aiguilles ne cristallisent pas tout d’abord, mais si l’on fait bouillir avec de nouvelles quantités d’eau et si on laisse refroidir le liquide entre chaque opération, elles finissent par se former, parce qu’on élimine de celte façon l’aloétate de calcium, qui est plus facilement soluble dans l’eau froide et qui paraît s’opposer à la cristallisation. Les eaux de lavage colorées en rouge, que l’on obtient dans les dif-
- préfecture et 429 aux tribunaux. Si l’on considère que Paris compte, environ 72.000 maisons, il résulte de ces chiffres que le 23e environ de ces maisons étaient considérées comme plus ou moins insalubres. On peut dire cependant que Paris est la capitale la mieux tenue de l’Europe et que Londres et Berlin donneraient sous ce rapport un chiffre beaucoup plus défavorable.
- La commission signale dans la dépendance des logements comme causes principales d’insalubrité, les cours couvertes, les courettes qui existent en assez grand nombre, la mauvaise disposition des grilles d’égout, les puits et puisards, les dépôts et trous à fumier, le rassemblement d’animaux domestiques, les émanations provenant de certaines industries, le mauvais état des ruelles et impasses non encore classées, etc.
- Un point qui, à juste raison, a fixé particulièrement l’attention de la commission, c’est la construction et les dispositions souvent vicieuses des fosses d’aisances, et surtout des cabinets d’aisances, qui, avec le défaut d’entretien et de propreté dans ces derniers, constituent parfois dans les habitations un véritable fléau. Certes, comme le fait observer M. Perrin, l’ordonnance royale du 24 septembre 1819, qui règle la construction des fosses d’aisances dans la ville de Paris, a été un progrès véritable, mais elle ne répond plus aux exigences de l’hygiène moderne. En effet, on n’y trouve aucune réglementation à l’égard des cabinets d’aisances proprement dits, qui laissent tant à désirer dans la plupart des maisons. Comme nous l’avions déjà écrit ailleurs, et nous sommes heureux d’être d’accord sur ce point avec la commission, l’idéal à poursuivre consisterait à supprimer complètement les latrines banales dans toute construction neuve, et à mettre à la disposition de chaque ménage un cabinet d’aisances exclusivement à son usage. Quoi qu’il en soit, il y a de ce côté un progrès réel et qui ne s’arrête pas, car, pour ne parler que des appareils filtrants s’embouchant sur les égouts, le nombre en a doublé depuis 1869. La commission propose d’ailleurs une série d’améliorations fort sages, qui, il faut l’espérer, seront bientôt mises à exécution.
- Voyons maintenant les causes d’insalubrité que l’on rencontre le plus habituellement dans l’intérieur des maisons et sur lesquelles il est bon d’appeler l’attention de l’administration.
- C’est d’abord le défaut de lumière naturelle dans une pièce habitée d’une manière
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- permanente, non susceptible d’assainissement, telle qu’une loge de concierge, par exemple. Tout le monde sait que la vie ne se développe qu’avec difficulté, et qu elle languit quand elle ne trouve pas la quantité d’excitant lumineux dont elle a besoin. Cette loi s’applique à l’homme comme aux plantes, et la commission pense qu’une loge obscure, comme on en rencontre beaucoup trop à Paris, au point de ne permettre à aucune heure de la journée d’y travailler ou d’y lire, n’est pas habitable sous peine de compromettre à la longue la vie et la santé des occupants. Dans plusieurs circonstances, on a cherché à remédier, mais imparfaitement, aux inconvénients signalés; mais plus d’une fois on a dû recourir à l’interdiction absolue.
- Tous les hygiénistes sont d’accord pour dire qu’il faut de l’air en quantité suffisante pour respirer, et qu’il faut de l’air pur pour respirer d’une manière salubre.
- Quelle est la capacité minimum qu’une pièce habitée d’une manière permanente doit olfrir, une loge de concierge, ou une chambre à coucher, par exemple ? La commission propose d’interdire toute pièce qui offre moins de 14 mètres cubes de capacité par personne, et de n’en tolérer aucune au-dessous de 10 mètres. Dans ce dernier cas, le séjour ne doit pas être constant. Les chambres de domestiques ou d’employés, la plupart des chambres ou cabinets dans les hôtels garnis appartiennent à cette catégorie de pièces.
- L’humidité est une cause pernicieuse d’insalubrité dans un grand nombre de logements. Elle a pour cause ordinairement la mauvaise qualité ou la vétusté des matériaux employés dans la construction, l’habitation prématurée du logement, la situation des pièces habitées au rez-de-chaussée, etc. La plupart du temps, la commission, on le comprend, s’est trouvée impuissante à donner satisfaction aux plaintes qui lui étaient adressées et elle avait depuis longtemps donné son assentiment à un vœu émis par M. Belgrand, à savoir : que dans toute construction neuve destinée à l’habitation, les gros murs soient établis en bonne meulière jusqu'à un mètre au-dessus du sol. Divers moyens palliatifs et variables, selon les circonstances, ont été proposés pour combattre l’humidité dans les bâtiments anciens. Nous citerons entre autres celui qui consiste, en particulier dans les chambres à coucher, à prescrire le revêtement en bois à une certaine hauteur de la partie intérieure des murs.
- Contre l'humidité des constructions neuves
- férentes opérations, sont concentrées et elles fournissent, après avoir été additionnées d’acide azotique pur, une quantité considérable d’acide aloélique brut, qui, par un nouveau traitement avec l’acide azotique concentré, peut être transformé en acide chrysammique. On extrait ainsi de l’aloès 3 ou 4 % de chrysammate de calcium. Bien que l’aloès soit la meilleure matière à employer, on peut aussi obtenir à moins de frais une grande quantité d’acide chrysammique, en traitant par l’acide azotique la résine qui reste dans la préparation à froid de l’extrait d’aloès. Le rendement que donne cette résine n’est cependant pas beaucoup plus grand que la moitié de celui que fournit l’aloès.
- Le chrysammate de calcium brut, obtenu comme il vient d’être dit, est purifié par des cristallisations répétées que l’on effectue alternativement dans l’eau bouillante et dans l’alcool étendu. La solution aqueuse bouillante du sel purifié forme par le refroidissement un magma d’aiguilles rouges brillantes. Il est très-facilement soluble dans l’alcool bouillant, modérément dans l’eau bouillante, dans laquelle il cristallise presque complètement par le refroidissement. Lorsqu’on ajoute à la solution bouillante de ce sel un petit excès d’acide azotique, de l’acide chrysammique pur se précipite. L’acide rassemblé après le refroidissement forme des écailles dorées, d’un volume considérable et d’un éclat magnifique, qui ressemblent beaucoup à l’iodure de plomb. Le liquide filtré est tout à fait incolore, et il ne contient plus de traces d’acide chrysammique.
- 2° Préparation de l'acide aloélique et de l'acide chrysammique avec la barbaloïde.
- L’aloès barbade, qui a une belle couleur brune et une forte odeur, est dissous dans huit fois son poids d’eau bouillante additionnée d’un peu d’acide chlorhydrique. On laisse reposer la solution dans un lieu froid pendant au moins 24 heures, et la résine se sépare. Le liquide décanté est évaporé au bain-marie à consistance sirupeuse ; il forme alors moins d’un quart du volume primitif.
- Au bout d’un ou deux jours, il se prend en une masse demi-solide par suite de la production de grains cristallins. Cette masse est jetée sur un filtre de toile et fortement pressée après l’écoulement de l’eau-mère colorée en noir.
- La barbaloïne brute ainsi obtenue est de couleur jaune citron et elle constitue 20 ou 25 pour 100 du poids de l’aloès, si celui-ci était de bonne qualité. Il est facile de l’obtenir pure par recristallisation dans l’alcool, mais cela n’est pas nécessaire pour la préparation de l’acide chrysammique.
- La barbaloïne brute, desséchée et pulvérisée, est maintenant introduite peu à peu dans 6 fois son poids d’acide azotique fumant (poids spécifique 1,45). Au bout de quelques heures, on ajoute une quantité d’eau égale à la moitié du poids du mélange, et l’on fait bouillir, jusqu’à ce qu’il se produise de fortes secousses par suite de la formation d’un précipité grenu jaune. Pendant cette opération, il se dégage beaucoup d’acide carbonique avec des vapeurs nitreuses.
- Le produit est ensuite versé dans une grande quantité d’eau, et il se forme un précipité jaune cristallin d’acide aloélique et d’acide chrysammique.
- Ce précipité est séparé par filtration, lavé et desséché.
- Dans les eaux-mères, il reste de l’acide oxalique et de l’acide picrique avec une petite quantité d’acide aloétique, qui peut être extrait de la manière suivante : tous les liquides sont évaporés à siccité, le résidu est lavé avec de
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- l’eau, et l’acide aloétique étant très-difficilement soluble, reste comme résidu.
- Le mélange desséché d’acide aléotique et d’acide chrysammique est bouilli pendant 8 ou 10 heures avec 1 partie ou 1 partie 1/2 d’acide azotique concentré. On ajoute encore de l’eau, on filtre et on lave, jusqu’à ce que les eaux de lavage soient rouge-rosé.
- On fait alors bouillir pendant 1 heure le résidu avec son poids d’acétate de potassium dissous dans 50 parties d’eau.
- La solution filtrée bouillante fournit, par le refroidissement, une cristallisation magnifique de chrysammate de potassium pur.
- Dans les eaux-mères se trouve l’aléotate de potassium facilement soluble, duquel on sépare l’acide aloétique par l’acide azotique et qui peut être transformé, comme précédemment, par oxydation, en acide chrysammique.
- La barbaloïne ainsi traitée fournit de 33 à 40 pour 100 de son poids de chrysammate de potassium pur.
- L’acide chrysammique se forme également p*ar l’action de l’acide azotique fumant sur l’acide chrysophanique qui se trouve dans la rhubarbe. En effet, l’acide chrysammique peut être regardé comme de l’acide tétranitro-chryso-phanique.
- Acide chrysophanique (Rheine)
- C° H8 O*.
- Acide chrysammique
- Cu H* Az* O19 = Cu H* (Az O*)* OL
- D’après cette manière de voir, l’acide chrysophanique serait un isomère de l’alizarine
- C* H8 0* = CU H6 O*
- |HO
- |HO.
- Blanchiment des plumes, par MM. A. Viol et C.-P. Duflot.
- Ce procédé de blanchiment des plumes repose sur ce fait que les plumes à blanchirtr, empées, soit dans les essences de résine telles que les térébenthines et les autres huiles hydrocarburées provenant de la distillation des sucs résineux en général, soit dans les essences similaires de lavande, de thym, etc., soit enfin dans les hydrocarbures bilumeux, se décolorent sous l’action de la lumière et de la chaleur.
- Pour utiliser industriellement cette réaction, on opère comme il suit.
- Les plumes que l’on veut blanchir et spécialement les plumes d’autruche sont plongées dans des vases contenant un des composés ci-dessus spécifiés. On les y laisse un temps plus ou moins long, suivant le degré de décoloration à obtenir, en les maintenant à une température de 30° centigrades et en les exposant le plus possible à l’action de la lumière.
- Quand les plumes sont devenues suffisamment blanches, ce qui arrive généralement après trois ou quatre semaines, on les essore de façon à enlever jusqu’aux dernières traces de l’essence qui les imbibait, puis on les sèche et on les prépare d’après les méthodes connues : c’est ainsi qu’elles sont nettoyées, puis azurées suivant les moyens en usage.
- qui sont habitées à peine bâties, la commission n’a pas cru devoir proposer l’interdiction temporaire, malgré tous les dangers qui résultent d’un pareil séjour, parce qu’ils peuvent être atténués dans une certaine mesure par l’emploi d’un chauffage énergique. Elle s’est donc bornée à prescrire ce genre d’assainissement, tout en reconnaissant que cette prescription, faute de contrôle possible, manque d’une réelle et sérieuse efficacité.
- Elle fait avec raison une guerre acharnée aux soupentes que l’on rencontre encore fréquemment dans les loges de concierge, dans les arrière-boutiques, et que l’hygiène condamne sévèrement. Elle n'hésite pas à demander la suppression de pareils réduits dans lesquels, comme le dit justement M. Perrin, on ne saurait trop le rappeler, ceux qui y séjournent la nuit respirent inévitablement un air corrompu et vicié, faute de renouvellement.
- Que dire maintenant de ces chambres de domestiques situées dans les combles et sans cheminées? On y étouffe en été, on y gèle en hiver. Dans d’autres cas, certaines de ces pièces sont transformées en une véritable étuve sèche d’un bout de l’année à l’autre, par suite du passage à l’intérieur de nombreux coffres de cheminées et quelquefois de tuyaux dépendant de fourneaux en fonte constamment allumés. J’ai visité l’an passé, au faubourg Saint-Denis, un malheureux poitrinaire qui vivait ou plutôt qui expirait dans une de ces chambres placée sous les combles et chauffée en plein été par le tuyau d’un fourneau de pâtissier. Je me rappelle encore l’étonnement de cet industriel, lorsque je lui dis que je regardais comme coupable et très-coupable le propriétaire qui mettait en location un pareil lieu. La commission a recours, dans ces circonstances, à un ensemble de mesures qui remédient autant que possible au danger que présentent ces pièces et prononce quelquefois l’interdiction.
- La question des sous-sols à titre d’habitation de nuit n’est pas encore résolue, mais l’hygiène doit’les condamner en principe. Cependant, même s’ils ne sont pas humides, lorsqu’ils n’ont pas de caves au-dessous, qui soient suffisamment aérées, on n’hésite pas à les interdire.
- On interdit aussi les toitures en papier goudronné, si l’insalubrité constatée résulte de l’insuffisance de ce mode de couverture pour protéger convenablement le logement contre le froid.
- Les appareils ordinaires de chauffage, les
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- fourneaux de cuisine, les cheminées et les graves inconvénients qu’ils présentent souvent ont été l’objet des constantes préoccupations de la commission. Le gaz d’éclairage appliqué au chauffage et à l’éclairage domestique dont l’emploi tend à se généraliser de jour en jour, a attiré aussi son attention et une sous-commission poursuit en ce moment cette double et intéressante étude.
- Une cause d’insalubrité signalée souvent à l’administration, c’est le manque d’eau dans les habitations. Ici on ne peut qu’obliger le propriétaire à mettre à la disposition du concierge un approvisionnement d’eau en quantité suffisante pour assurer la salubrité de la maison. Il serait désirable que le prix des petits abonnements aux eaux de la Aille fût abaissé le plus possible pour amener un plus grand nombre de propriétaires à s’abonner.
- Les garnis et en particulier les chambrées, dans lesquels l’encombrement résulte d’un trop grand nombre de personnes réunies dans une même pièce, ont été l’objet d’une étude qui a abouti à une réglementation des garnis qui, nous n’en doutons pas, atténuera en grande partie les dangers que présente, au point de vue de la salubrité, cette catégorie de logements.
- C’est encore l’encombrement que l’on a à reprocher aux bureaux de nourrices, qui, pour la plupart, sont assez mal tenus, comme chacun peut s’en convaincre. Ce genre d’établissements n’étant pas classé, il reste en dehors des atteintes de la commission, qui donne seulement son avis, quand l’administration le lui demande.
- On remarque dans les écoles communales et les écoles libres une tendance vers les améliorations hygiéniques, mais bien des progrès restent encore à réaliser. C’est surtout dans les externats, qui sont au nombre de plus de 1.200 dans Paris, que le défaut d’espace et l’encombrement se font sentir. Mais il est impossible d’appliquer ici les règlements dans toute leur rigueur, et on est même obligé d’user d’une grande indulgence : la cherté croissante des loyers et la difficulté pour les instituteurs de trouver des propriétaires favorables à ce genre de location, en font un devoir.
- Il faut signaler enfin les ateliers de la petite industrie qui sont loin de réunir des conditions suffisantes de salubrité. Là encore, comme dans beaucoup de cas, la commission des logements insalubres se trouve désarmée et ne peut agir que lorsque l’atelier signalé
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Essais des minerais de bismuth et d'antimoine du département de la Corrèze,
- par M. Carnot.
- Les recherches entreprises sur le gîte de bismuth de Meymac (Corrèze) ont donné quelques résultats intéressants.
- La masse quartzeuse qui renferme les minerais, étudiée d’abord à son affleurement par des travaux à ciel ouvert, a été attaquée ensuite à la profondeur de 25 mètres par un puits vertical et par une galerie d’écoulement de 180 mètres de longueur. Cette galerie a été pratiquée dans le granité por-phyroïde et a traversé plusieurs petites veinules quartzeuses, contenant de la pyrite de fer et du molybdène sulfuré. La masse quartzeuse présente, à ce niveau, environ 6 mètres d’épaisseur et 15 mètres de longueur; elle renferme une sorte de colonne, à peu près verticale, de pyrite de fer, mesurant 5 mètres d’épaisseur, dans laquelle sont disséminés du mispickel, ainsi que des minéraux à base de cuivre, de plomb et de bismuth. Des essais faits par M. Carnot ont montré que celte masse métallifère contient, en moyenne, de 6 à 10 millièmes de bismuth, autant de plomb et de 8 h 25 millièmes de cuivre. En quelques points aussi, on trouve, comme au voisinage de la surface du sol, des amas de wolfram, de schéelite, ainsi que des minéraux sulfurés et oxydés de bismuth.
- Enfin M. Carnot a également recueilli quelques échantillons d’oxyde d’étain, mais jusqu’ici ils se sont montrés fort rares.
- On s’occupe actuellement de disposer à Meymac les appareils métallurgiques destinés à l’extraction, par voie humide, des métaux utiles contenus dans ce mélange complexe.
- A 10 kilomètres au sud de Tulle (Corrèze), sur la commune de Chanac, une mine d’antimoine, qui est depuis quelques mois l’objet d’actifs travaux de reconnaissance, a été visitée par M. A. Carnot. La découverte de ce gîte remonte à plus de dix années : elle est due à M. Vény, conducteur des ponts et chaussées; mais elle n’avait encore été suivie d’aucune recherche. Le renchérissement de l’antimoine a déterminé l’inventeur et le propriétaire du sol à ouvrir des travaux sur le filon, qui a pu être suivi, à ciel ouvert, sur plus de 100 mètres de longueur. Il présente une épaisseur variable de 0“,40 à 0m,70. Le terrain encaissant est formé de schistes argileux noirâtres, sur lesquels le filon paraît intercalé ; sa direction est à très-peu près celle du N-S. magnétique. Le minerai est de la stibine, ayant quelques centièmes de fer, mais ne contenant ni arsenic, ni plomb, ni hrgent.
- [Revue de Géologie.)
- Cubilots avec circulation d'eau.
- On a essayé il y a quelque temps, à Grôditz, un nouveau système de cubilot, dont la cuve se compose simplement de tôle refroidie à l’extérieur par de
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- l’eau et ne renferme aucune garniture réfractaire. On fut amené à cet essai par suite de la nécessité où l’on se trouvait de maintenir le four en allure de fusion depuis le commencement jusqu’à la lin de la journée de travail ; dans ces conditions, la garniture s’usait avec une grande rapidité et les matériaux les plus réfactaires n’avaient qu’une durée très-courte. Ce système avait d’ailleurs été employé déjà avec succès dans les fours à cuve de Pilz, à Frey-berg.
- La cuve du four de Grôditz est cylindrique et sa partie inférieure (en dessous des ouvertures d’admission du vent) sert de sole, c’est-à-dire de réservoir pour le métal fondu. Cette sole seulement est construite en briques réfractaires, cela étant nécessaire pour maintenir en fusion le métal en repos; elle est entourée d’un cylindre en tôle. La chambre de fusion est située au-dessus de la sole; elle est formée d’un cylindre en tôle, rivé, étanche à l’eau et relié, en haut et en bas, par des anneaux en fer, avec un second cylindre en tôle, concentrique au premier et d’un diamètre plus grand. La chambre de fusion est ainsi entourée d’un canal annulaire, dans lequel on établit une circulation d'eau continuelle. L’eau froide, qui est amenée d’un réservoir installé sur la plate-forme du gueulard, entre par la partie inférieure de l’enveloppe et s’écoule, après s’être échauffée, par la partie supérieure : la consommation est facile à régler au moyen d’un robinet placé sur le tuyau d’alimentation.
- Autour de la partie inférieure de cet anneau refroidi se trouve un second canal, dans lequel circule l’air lancé par la soufflerie pour pénétrer ensuite dans le cubilot par un grand nombre d’ouvertures ou de tuyères, disposées en deux rangées superposées. Ces tuyères, qui relient la chambre à air avec l’intérieur du cubilot, doivent nécessairement traverser l’enveloppe à circulation d’eau, et les joints entre les parois de l’enveloppe et les tuyères doivent être rendus bien étanches. Derrière chaque tuyère se trouve, comme à l’ordinaire, un regard facile à ouvrir et percé dans la paroi extérieure de la chambre à air, afin de pouvoir observer l’intérieur du four et briser, au besoin, les agglomérations de scories. La somme de toutes les sections des entrées d’air équivaut à 1/6 de la section de la cuve. La partie supérieure de la cuve, où les gaz sont déjà notablement refroidis, est formée d’anneaux en fonte à collets extérieurs et sans circulation d’eau, afin de diminuer la hauteur du réservoir à eau.
- Le diamètre intérieur de la cuve est de 0ra,700, ce qui suffit amplement pour fondre 3.000 à 3.500 kilogrammes de fonte par heure, en allure pleine. La hauteur de la sole jusqu’à l’arête inférieure de la cuve refroidie est de 0m,410 ; la rangée supérieure de tuyères est située à 0m,566 au-dessus du fond de la sole et l’écartement des deux rangées est de 0m,250. La rangée inférieure est formée de 6 tuyères de 0m,095 de diamètre, et la supérieure de 0m,07o de diamètre. La hauteur de la partie refroidie est de 1“,25 et celle de la partie supérieure non refroidie de lm,35, de sorte que la hauteur totale du cubilot, y compris la sole, est'de 3 mètres. La largeur de l’enveloppe réfrigérante, c’est-à-dire la distance entre les deux cylindres en tôle, est de 0m,090; les tôles ont 0m,008 d’épaisseur. L’entrée de l’eau est réglée de telle façon, que la température, à la sortie du four, soit de 30 à 35 degrés. On consomme environ 65 litres d’eau par minute, et, comme l’eau a une température de 5 à 10 degrés à son entrée, la chaleur absorbée par minute s’élève à 1.625 unités.
- Le four de Grôditz travaille dans des conditions très-défavorables ; il sert à fondre le métal nécessaire à la fabrication de tuiles en fonte (une spécialité
- n’est en réalité qu’un accessoire du logement dont il occupe une partie. Mais elle fait observer qu’il est regrettable que tout local insalubre, logement, boutiques, magasins, ateliers, garnis, asiles, ouvroirs, crèches, écoles, ne relève, pas, dans l’application, d’une autorité unique.
- M. Perrin signale, parmi les inconvénients de la loi de 1850, la longueur des délais d’exécution accordés aux propriétaires et l’impossibilité, dans beaucoup de cas, de remédier au mal en temps utile et en particulier pendant les épidémies.
- Il faut bien le dire aussi, cette Joi excellente n’est exécutée qu’à Paris, et il suffît de visiter nos villes de province pour se convaincre de l’incurie que les municipalités apportent à remplir un de leurs plus impérieux devoirs.
- Ce devoir, il serait bon que l’administration supérieure le-leur rappelât; car si l’inégalité existe et existera toujours dans la mort aussi bien que pendant la vie, si la mort frappe les villes plus rigoureusement que les campagnes, et les classes nécessiteuses plus sévèrement que les classes aisées, le problème que l’hygiène des villes a à se poser et à résoudre, est d’égaliser les chances, d’abaisser la mortalité des pauvres au niveau de celle des riches et celle des villes au niveau de la mortalité des campagnes.
- Il serait bon aussi de rappeler aux premiers intéressés qui, dans ces graves questions d’hygiène, sont d’une indolence remarquable, qu’il existe une loi protectrice de leur santé qui leur permet, dans mainte occasion, de mettre un frein à la rapacité de certains propriétaires dont le moindre souci est trop souvent le respect de la vie humaine.
- TRAVAUX DE PARIS.
- Voies nouvelles.
- Trois voies nouvelles seront ouvertes et classées entre le boulevard de Courcelles et la place Malesherbes, sur des terrains appartenant à divers propriétaires et cédés à la ville de Paris. Le principal propriétaire de ces terrains étant originaire de l’Alsace-Lor-raine, l’administration a décidé que les rues projetées porteraient les noms de Phalsbourg, Laugelbach et Thann.
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- de l’usine), lesquelles exigent un métal fortement surchauffé. Le poids de fonte liquide employée chaque fois, même quand on remplit en même temps un grand nombre de moules, est relativement minime et l’on ne peut, par suite, fondre à la fois qu’une petite quantité de métal, après quoi il y a un temps d’arrêt. Comme le cubilot avait dû être placé à côté d’une propriété privée, on était obligé de travailler à gueulard fermé et de conduire les gaz par un carneau descendant vers une cheminée éloignée; la pression des gaz était ainsi augmentée, ce qui amenait une réduction de l’acide carbonique dans le four. Dans ces conditions, la consommation de coke s’élevait un peu au-dessus du chiffre normal et atteignait 12 pour 100 du poids delà fonte; mais, dans des circonstances plus favorables, ce cubilot ne consommerait guère plus de coke que ceux du système ordinaire, puisque les 1.625 unités de chalçur que perd le four refroidi à l’eau ne constituent que le tiers ou le quart de la chaleur qui se perd dans les fours non refroidis et ne peuvent, par conséquent, exercer une influence notable sur la perte totale de chaleur.
- Pendant la fusion, la paroi du four se recouvre d’une mince couche de scorie qui s’enlève aisément après le refroidissement et laisse le fer à nu. La cuve conserve son diamètre intact, tandis que, dans les cubilots ordinaires, ce diamètre augmente sans cesse et occasionne une consommation de coke croissant de plus en plus. L’emploi du cubilot à circulation d’eau supprime la nécessité d’avoir un four de réserve pour les cas de réparations et permet de travailler, au besoin, jour et nuit sans interruption.
- {Deutsche Industrie Zeitung).
- Fabrication du nickel pur, en Amérique.
- C’est un fait bien connu que les objets nickelés en Amérique sont beaucoup plus blancs et plus beaux que les dépôts obtenus ici; ce fait doit être attribué à ce que le métal est mieux fabriqué, et que, par suite, ses combinaisons et le dépôt galvanique qu’on en retire ont d’autres propriétés.
- Quand on examine la composition des différentes variétés de nickel employées en Europe, on reconnaît que ce métal renferme des impuretés qui exercent une influence notable sur la couleur du dépôt galvanique. Le tableau suivant montre cette composition :
- Nickel
- anglais. allemand. français.
- Nickel..................... 86.0 84.5 75.7 80.9 77.5
- Cobalt..................... 6 5 8.2 2 2 5.2. 3.7
- Cuivre.............. — 0.6 12.5 7.7 10.2
- Fer. ...................... 1.4 1.1 0.4 1.2 1.1
- Arsenic.................... 1.3 0 4 2.6 3.8 2.8
- Zinc....................... 2.0 0.7 4.1 0.5 1 4
- Manganèse.................. 0 2 0.8 — — 0.6
- Soufre........................ 1.7 2.2 2.3 0.2 1 1
- Carbone.................... 0.5 2 9 0 2 0 1 0.7
- Silice et alumine.......... 0.4 0.6 — 0 4 0.9
- 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0
- Il résulte de ces analyses que les principales impuretés du nickel sont le cobalt et le cuivre. Le nickel est pourtant plus facile à obtenir à l’état de pureté que le cobalt, parce qu’il possède pour l’oxygène une affinité moindre
- Les casernes.
- Est autorisée la construction à. Paris, au lieu dit les Tourelles, d’une caserne dont la dépense totale, évaluée à 1.200.000 fr. se répartira en trois termes égaux sur les exercices 1878, 1879 et 1880.
- Le ministre des finances est autorisé à aliéner les immeubles ci-après désignés, situés à Paris et faisant partie du domaine de l’Etat, savoir :
- Caserne de Popincourt ;
- Caserne de la Courtille ;
- Caserne de Penthièvre.
- Groupe scolaire de la rue des Billettes et travaux municipaux.
- Dans une récente séance, le Conseil municipal de Paris a décidé la construction d’un groupe scolaire protestant rue des Billettes, 302.000 fr. ; les constructions d’une école de garçons et d’une école de filles, rue Blanche et rue delà Trinité, 377.778 fr. ; l’établissement de plantations, de bancs et d’appareils d’éclairage aux abords de l'église Notre-Dame, 1.200 fr.
- Asile et école de filles.
- Le conseil municipal a voté un projet de construction d’une école de filles et d’un asile rue Marie-Antoinette et rue d’Orsel, dans la limite d’une dépense de 503.500 francs.
- Restauration des monuments publics.
- L’administration poursuit activement les opérations de restauration, de nettoyage et d’embellissement des monuments et ouvrages d’art décoratif de la capitale.
- Parmi ces monuments, nous citerons la fontaine monumentale de la place Saint-Sul-pice, de Visconti; la fontaine de la rue de Grenelle-Saint-Germain, de Bouchardon, le Palais-Royal, etc.
- Ce dernier subit une réparation complète à l’intérieur. Il s’agit de substituer aux pierres dégradées, — et il y en a beaucoup, — des pierres neuves préalablement façonnées et sculptées, pour que l’assimilation soit correcte. Puis on badigeonne en gris toutes les façades donnant sur le jardin, et en blanc, à l’huile, les murs, les piliers et les voûtes des
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- que celle du cobalt: une méthode de purification est basée sur cette dernière propriété. On transforme une certaine quantité d’oxyde de nickel pui\en une pâte au moyen d’eau; on granule celte pâte à l’aide d’un tamis, on la laisse sécher et on la place dans un tube en porcelaine, qu’on chauffe au rouge; on fait ensuite passer un courant d’hydrogène, puis on laisse refroidir dans le tube. Dans l’industrie, l’opération se fait dans des cornues semblables à celles employées pour la fabrication du gaz.
- De cette manière on obtient une poudre métallique grise, que l’on fond avec un peu de borax dans un creuset garni intérieurement d’alumine pure; le régule produit ainsi est d’un blanc d’argent, est presque aussi tendre que le cuivre, et a pour poids spécifique 8.575; il est très-malléable et se laisse laminer à une épaisseur aussi faible que l’étain en feuilles; au contact de l’air atmosphérique, cette tôle mince de nickel devient mate et jaunâtre au bout de quelques jours.
- Le nickel est moins fortement attirable à l’aimant que le cobalt et le fer, mais il est plus fusible. Les alliages de cuivre et de zinc avec ce nickel pur sont beaucoup plus beaux que ceux obtenus jusqu’ici avec le nickel ordinaire du commerce; l’alliage de nickel et d’aluminium se distingue d’une manière toute spéciale par son bel aspect et résiste très-bien aux influences atmosphériques.
- En Angleterre, on employait, dans le traitement du minerai de nickel, beaucoup d’arsenic, afin de produire un alliage de nickel et d’arsenic très-fusible et qu'il était, par suite, facile de séparer de la scorie et des métaux associés. Ce procédé insalubre et irrationnel sera supprimé par l’adoption de la nouvelle méthode.
- On mélange le minerai grillé avec la moitié de son poids de calcaire et on traite ce mélange dans un cubilot muni d’une soufflerie. Il se produit d’un côté une scorie entièrement fluide, formée par la chaux du calcaire combinée avec l’oxyde de fer et la silice du minerai, tandis que d’un autre côté, l’oxyde de nickel est réduit à l’état de métal qu’on extrait aisément par coulée, de la sole du four.
- Par ce procédé, on ne fait aucune perte notable de nickel et le métal obtenu renferme 88 pour 100 de nickel pur; le restant est formé de cobalt, de fer et d’un peu de soufre, sans aucune trace d’arsenic. On a donc ainsi un métal brut d’une pureté déjà supérieure à celle des diverses variétés de nickel du commerce connues jusqu’ici.
- Relativement à la séparation du nickel par voie humide, on doit bien tenir compte de l’observation pratique suivante : quand on a en solution un mélange de sulfate de nickel, de cobalt, de zinc, de manganèse, de fer et de cuivre et qu’on y ajoute à chaud autant de sulfate d’ammoniaque qu’il peut dissoudre, presque tout le sel de nickel et de cobalt se précipite sous forme d’un magma cristallin de couleur verte, tandis que les autres métaux restent en solution. Le précipité est un sel double très-peu soluble dans les solutions acides et facile à séparer de l’eau-mère.
- (Métal arbeiter.)
- galeries. L’opération de toilette générale du Palais-Royal est en cours très-avancé.
- Les statues du Palais-Bourbon, de la place de la Concorde, les murs du jardin des Tuileries et de la place Royale viennent d’ètre restaurés.
- Nouveaux ponts sur la Seine.
- On vient de commencer les travaux nécessaires pour la construction de deux ponts qui doivent être élevés sur la Seine à l’extrémité ouest de l’île Saint-Denis, entre le territoire de Gennevilliers et celui d’Epinay. Ces pon's abrégeront le parcours entre Paris et la vallée de Montmorency.
- Les chauffoirs publics, à Paris.
- L’Assistance publique se propose d’installer de nouveaux chauffoirs dans différents quartiers de Paris.
- Les chauffoirs publics ne sont pas une invention moderne : l’Assistance ne ferait que suivre les exemples d’autrefois. De tout temps, aussi loin qu’on puisse lire dans notre histoire, on voit qu'il a existé des salles chauffées, ouvertes aux passants. Les monastères du moyen-âge avaient leurs chauffedoux où les pauvres venaient s’abriter.
- Une particularité curieuse : les théâtres possédaient jadis une salle où les comédiens et les spectateurs allaient se chauffer. Ces anciens chauffoirs sont devenus les foyers actuels.
- Entre les habitués des foyers de théâtres et les clients des chauffoirs publics, l’échelle est grande. Ces derniers se composent de déclassés, qui ignorent le chemin de la bibliothèque, mais qui connaissent celui du Palais de Justice : dans les salles d’asile, des assises, de la correctionnelle, voire des chambres civiles, on trouve toujours la même clientèle... autour du poêle. Il n’est pas rare de rencontrer dans cette clientèle de tout petits rentiers, bonnes gens qui comptent les bûches de leur petit feu, et qui utilisent le bon charbon de la justice, tout en se régalant des émotions de l’audience.
- Jusqu’à présent, le monde de la rue, dont toute l’existence : le pain, l’asile, tout devient le problème de chaque instant, n’avait pas de chauffoirs publics. C’est à cette classe de malheureux que l’assistance publique consacrera des chauffoirs spéciaux.
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- Il est question d’v joindre des fourneaux économiques, c’est-à-dire que ceux qui viendront y profiter d’un calorique gratuit pourront en même temps s’y procurer des aliments à bon marché.
- On ne peut qu'applaudir à cette innovation de l’administration.
- VARIÉTÉS.
- L’observatoire du général Nansouty, au Pic du Midi.
- La première pierre de l’établissement n’a été posée que le 20 juillet. Sous cette première pierre du mur de façade sud on a placé une boîte en plomb renfermant :
- 1° deux pièces de monnaies françaises frappées en 1878;
- 2° un cylindre en cristal contenant une notice signée par MM. Nansouty et Baylet, et donnant les noms des ingénieurs et des souscripteurs qui ont concouru à l’édification de l’observatoire ;
- 3° un numéro du XIXe Siècle qui annonce les dons de M. Baggio, pour a.000 francs, et de M. Bischoffsheim, pour 15.000 francs.
- Sauf la pierre, qui a été extraite sur place, tout a dù être porté à dos d’hommes et de mulets.
- La construction élevée cette année est la moitié de ce qu’elle doit être.
- La voûte est faite, mais non couverte de la chape en ciment. Il eût été à craindre que cette chape fût détériorée par les gelées, qui sont quelquefois très-fortes en septembre.
- Pour passer l’hiver, la voûte a été couverte d’abord avec de la paille et des paillassons, qui avaient servi de couchage aux ouvriers. Sur cette première couche de paille il a été placé des bâches en toile goudronnée, sur lesquelles des planches, chargées de pierres très-lourdes, ont été fixées pour empêcher le vent de les déplacer. Outre cela, les bâches ont été amarrées aux murs avec des cordages et des fils de fer.
- Toutes les ouvertures ont été fermées par de la maçonnerie afin d’éviter l’entrée de la neige et des malfaisants touristes qui, une fois, ont été assez peu scrupuleux pour brûler des bois et des paillassons appartenant au courageux entrepreneur M. Abadie.
- L’année prochaine, la construction sera terminée.
- FILATURE, TISSAGE ET PAPETERIE.
- Dosage de l'amidon dans le papier, par M. C. Wurster.
- L’amidon est une partie constituante importante et qui fait rarement défaut dans les papiers collés dans leur masse, tels qu’on les rencontre en général. Quand on emploie de la colle brune, l’addition de l’amidon est absolument indispensable; on ajoute pourtant aussi de l’amidon quand on se sert de colle blanche, afin de donner au papier une meilleure sonorité. De même, on met dans le papier ordinaire, chargé de matières étrangères, une grande quantité d’amidon, afin de retenir davantage de ces matières dans le papier. A cause de cette addition d’amidon, la plupart des papiers prennent une teinte variant du violet au bleu foncé quand on les plonge dans une solution diluée d’iode dans l’alcool ; l’intensité de cette teinte est souvent la seule base d’après laquelle on déduit la quantité d’amidon.
- Le dosage de l’amidon est aisé et peut être exécuté en même temps que celui de la résine. Comme les pertes de l’amidon sont très-variables dans la fabrication du papier, les usines bien administrées ne doivent pas négliger de déterminer la quantité d’amidon qui reste dans le papier, afin d’en tenir compte dans le calcul du prix de revient.
- Le dosage peut en être fait par différence, en dissolvant la résine et l’amidon, et en pesant ensuite le papier; on peut aussi transformer complètement en sucre l’amidon dissous, par une ébullition prolongée avec un acide dilué ou en y ajoutant du malt, et titrer ensuite le sucre par les procédés ordinaires.
- M. Wurster a rejeté l’analyse par différence : il détermine d’abord l’humidité, puis il sépare la résine en faisant bouillir avec de l’alcool, auquel il ajoute quelques gouttes d’acide chlorhydrique; enfin, il dissout l’amidon en faisant bouillir, pendant très-longtemps, le papier dans un mélange d’eau et d’alcool, en parties égales et auquel on ajoute quelques gouttes d’acide chlorhydrique ; on pèse alors le résidu. L’action de l’acide chlorhydrique détermine une certaine perte de matières minérales ; on doit donc doser les cendres du papier brut et du papier traité, et la différence, qui est sensiblement constante et varie entre 0,8 et 1,1 pour 100, est retranchée de la résine. Les résultats obtenus ainsi sont suffisamment concordants pour la pratique.
- Le dosage de l’eau se faisait en séchant la matière à 105 ou 110 degrés dans une étuve; le papier desséché est extraordinairement hygroscopique, de sorte qu’il faut le placer dans un tube pour le peser, aussitôt qu’on le retire de l’étuve; on obtient des résultats plus concordants en séchant directement le papier dans le tube qui sert à le peser, tube qu’on peut fermer à ses deux bouts et qu’on remplit ainsi d’air sec.
- Pour doser l’eau, la résine et l’amidon, on pèse une bande de papier de 0m,04 à 0m,05 de largeur et d’un poids de 0&r,5 à l?r,05; on la dessèche ensuite, puis on la pèse de nouveau. Cette bande est alors repliée, de façon à former des plis de 0m,003 à 0m,004 de large et on la fait bouillir pendant quelques minutes dans un petit vase avec de l’alcool, auquel on a ajouté quelques gouttes d’acide chlorhydrique. L’alcool se colore en jaune par suite de la
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- dissolution de la résine. Quand la coloration n’augmente plus, on décante la liqueur, on lave le papier soigneusement avec de l’alcool, ou bien, ce qui est préférable, on le fait encore bouillir deux ou trois fois avec de l’alcool sans acide chlorhydrique, puis on l’exprime entre des feuilles de papier à filtrer, on le sèche et on le pèse. La perte de poids, après qu’on en a soustrait les matières minérales dissoutes, donne la quantité de résine qui existait dans le papier. En étendant d’eau la dissolution de résine, celle-ci se trouble fortement. On ne trouva pas trace d’amidon dans le premier extrait alcoolique. Pour le contrôle, on a dissous, dans quelques essais, la résine au moyen d’éther et l’on a trouvé des résultats concordants avec ceux fournis par le traitement à l'alcool.
- La bande de papier exempte de résine est alors lavée à grande eau, puis on la plie de nouveau et on la fait bouillir dans un vase couvert avec un mélange à volumes égaux d’alcool et d’eau, additionné de quelques gouttes d’acide chlorhydrique, jusqu’à ce que le papier bien lavé à l’eau ne se colore plus quand on le plonge dans une solution d’iode. Dans la plupart des cas, une demi-heure à une heure suffit. On retire alors le papier, on le lave, on le fait bouillir avec de l’alcool et de l’eau, on le sèche et on le pèse : la différence de poids donne directement la quantité d’amidon.
- La proportion des volumes d’alcool et d’eau pour la dissolution de l’amidon doit toujours être parfaitement déterminée ; si l’alcool était trop concentré, les produits de la transformation de l’amidon ne resteraient pas en solution; si, au contraire, la liqueur contenait trop peu d’alcool, le papier se désagrégerait et l’opération deviendrait plus difficile à exécuter.
- NATURE DU PAPIER. Eau. Résine (par l’alcool). Résine (par l’éther). Amidon. Gendres. Fibres (par différence). OBSERVATIONS.
- p. 100. p. 100. p. 100. p.100. p. 100. p. 100.
- Papier de poste fin, mince. 7,2 2,9 — 3,5 1,8 84,6
- Idem. traité par l’éther. — — 2,9 — — —
- Papier de poste fin, épaisseur 3,1 82,0
- moyenne 7,6 5,4 — 1,9 l es cendres étaient
- Papier de poste fin, épais. . Papier à écrire ordinaire (1), avec beaucoup de pâte au 7,2 3,4 3,7 7,8 77,9 formées de sulfate de baryte, de sorte qu’on ne dût pas faire de corrections. Les cendres étaient
- bois 5,8 3,9 9,1 33,4 17,8 formées d’argiles presque entièrement solu-
- Id., traité par l’éther. . _ — 3,9 * ble dans l'acide sulfurique.
- (1) Ce papier, bien qu’il contînt déjà 53,2 pour cent de matières étrangères, renfermait encore beaucoup de fibres ligneuses, de sorte que la quantité de libres provenant de chiffons ne dépassait pas 25 pour cent.
- Quand l’acide chlorhydrique n’est pas complètement enlevé du papier, ou quand on dessèche à une température trop élevée, le papier dévient très-cassant. Afin de pouvoir doser les cendres de ce papier par le procédé indiqué précédemment, on enveloppe les morceaux dans une bande de papier dont la teneur en cendres est connue ; on obtient ainsi un charbon très-volumineux et brûlant difficilement, dès que le diamètre de la cartouche est supérieur à 0m,003 ou 0m,004 ; on peut aussi avec avantage placer les cendres noires volumineuses dans un papier non lavé et qu’on serre dans une spirale en fil de platine; le charbon brûle alors rapidement.
- Travaux de la ville de Dijon.
- La ville de Dijon est autorisée à emprunter, à un taux d’intérêt qui ne pourra excéder 5 p. 100, une somme de 1.100.000 fr. remboursable en dix ans, à partir de 1884, sur ses revenus ordinaires, et destinée tant à concourir à la dépense d’agrandissement des Facultés des lettres et des sciences qu’à pourvoir à l’exécution des divers travaux d’utilité communale, consistant dans la reconstruction d’une salle d’asile, la construction d’un groupe scolaire, la création du boulevard Saint-Nicolas et l’aménagement de la place Darcy et de ses abords.
- La fabrication des aiguilles à coudre.
- Le préjugé veut que les aiguilles d’origine anglaise soient seules de bonne qualité, et presque toutes les aiguilles anglaises qui se consomment en France viennent d’Allemagne, où il en existe 40 à 50 fabriques.
- Nos fabriques françaises pourraient imiter ces honnêtes Allemands et vendre leurs produits sous des marques anglaises, en donnant ainsi satisfaction aux préjugés de leurs clients, mais la loi sur les marques de fabrique n’est pas applicable à tous, elle frappe nos nationaux et n'atteint pas nos honnêtes voisins. La fabrication des aiguilles créée chez nous en 1819, comprenait, en 1860, neuf fabriques ; depuis six ont succombé, il en reste trois aujourd’hui.
- On compte de 5.000 à 60.000 aiguilles au kilogramme selon les sortes. Un mille d’aiguilles n° 9 pèse 75 grammes, un mille de n° 10 pèse 60 grammes; on prend une moyenne de 15.000 au kilogramme. La France consomme près de î million et demi d’aiguilles, ou 100.000 kilogrammes; elle n’en produit que 20.000 kilogrammes à peine d’une valeur de 800.000 francs environ. Le chilfre total moyen de la consommation est de 4 millions de francs, soit 50 centimes environ par femme française.
- Les droits sont de 200 francs par 100 kilogrammes d’aiguilles à coudre de moins de 5 centimètres de longueur et de 100 francs pour 5 centimètres et plus.
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- BREVETS D’INVENTION.
- 122421 — Dertelle frères. Procédé destiné à masser les plombs dans les cartouches.
- 122422 — Hartmann, Dumoitiez et Cie. Feston perfectionné.
- 122423 — Peugeot et Cie. Machines à coudre.
- 122424 — Delpech. Essieu patent ordinaire.
- 122423 — Goutaray et Régnault. Fer à repasser.
- 122426 — Diederichs. Purgeur automatique.
- 122427 — Collet. Guano humain.
- 122428 — Nicolaî. Gaz d’éclairage.
- 122429 — Nosbaume. Contrôleur.
- 122430 — Becker. Pots de cuisine.
- 122431 — Bouche. Pédale universelle.
- 122432 — Lion. Traitement des huiles siccatives.
- 122433 — Jeantaud etMuhlbacher. Manchons en caoutchouc pour voitures.
- 122434 — Schiffner. Broyeur et mélangeur.
- 122435 — Patent composite Fire Light company limited. Allume-feu.
- 122436 — Nines. Pompe.
- 122437 — Kohsel et fils. Tuyaux pour conduites.
- 122438 — Burstow. Appareils à compenser la longueur des fils à signaux.
- 122439 — Baveux. Indicateur chronométrique à sonnerie.
- 122440 — Gercke. Fabrication au moyen de matières tourbeuses de planches, matériaux de construction.
- 122441 — Lefebvre. Machine à vapeur verticale.
- 122442 — Bugnot-Colladon. Décapage du fer.
- 122443 — de Dampierr eitiTmles plates à crochet.
- 122444 — Girard. Crémaillères permettant de guider l’attelage de la charrue.
- 122445 — Halu et Thébault. Album de publicité.
- 122446 — Mouline. Machine pyrodynamique.
- 122447 — Demoulins de Riols. Emploi des jus de tabac dans le papier à cigarettes.
- 122448 — Abbott. Tissus waterproof.
- 122449 — De Cré et Cie. Question-annonces.
- 1&2450 — Schlumberger et Cie (Société). Tube à esquive pour broche de métier à filer.
- S’il s’agit de déterminer la quantité de fibres contenues dans le papier, on traite une bande pesée par de l’alcool, puis ensuite par un mélange d’alcool et d’eau, on la sèche et on la pèse, et on fait, en outre, les deux dosages de cendres : la différence donne la quantité de fibres pures.
- Le tableau ci-dessus montre le résultat de quelques analyses de papier exécutées par l’auteur.
- [Dingler’s Polytechnisches Journal.) -
- Pile à papier perfectionnée, construite par MM. Béthouart et Brault.
- Nous avons eu déjà l’occasion d’entretenir nos lecteurs des remarquables paliers graisseurs exposés par MM. Béthouart et Brault (1) ; nous voulons aujourd’hui leur parler des piles à papier, que ces ingénieurs livrent à l’industrie de la papeterie, dans des conditions remarquables comme entente du résultat à produire et comme construction.
- Fig. 114.
- Fig. 115.
- Tout le monde sait que la pile à papier est une cuve de forme ovalaire et de peu de hauteur (élévation fig. 114, et plan fig. llo), séparée par une cloison médiane E, de façon à former un canal dans lequel la pâte à papier circule et barbotte, pour subir différents mélanges nécessaires à sa préparation.
- Celle que nous représentons ici est destinée à déchiqueter la pâte, à la moudre en quelque sorte, par son passage entre le tambour H, garni de pointes I, et le coursier inférieur. Celui-ci se termine brusquement par une coupure dans laquelle les matières étrangères lourdes peuvent se déposer, et qui produit un remou favorable aux mélanges. Un plan incliné C va ensuite rejoindre le fond normal D de la cuve : il est encore recoupé par une autre tranchée G moins grande que la première, et par une autre encore plus petite.
- (1) Voir le Technologiste, 3* Série, t. I, page 397.
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- Ce (Lecljnelojjistc
- N» 51. — 21 Décembre 1878. — XXXV11D Année.
- Puis le courant produit par le mouvement de rotation ramène les matières sous le rouleau, et ainsi de suite, tant qu’on le juge convenable. Après quoi, la masse liquide est évacuée par les tampons placés au point le plus bas du fond de la pile.
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Pêche des éponges aux îles de Bahama.
- L’Europe tire une grande partie de ses éponges des pêcheries de la Méditerranée. Les Etats-Unis emploient de préférence les éponges pêchées aux îles Bahama : New-York est la grande place de commerce de ce produit. En 1877, l'exportation était de 250.000 livres, valant 125.000 dollars. Sur cette quantité les Etats-Unis ont importé 100.000 livres environ : le Canada et l’Angleterre 150.000 livres. On s’attend k une augmentation considérable de l’exportation de cet article : les petites éponges servent maintenant à l’emballage des porcelaines, verroteries, sculptures, etc.
- On distingue les éponges de l’archipel en diverses qualités : les éponges Laine de Mouton, Soie, Velours, Rocher, Faune, Ruches de miel, Verre, sont les noms des principales de ces espèces : c’est à l’île Abaco qu’on pêche les meilleurs produits.
- La pêche occupe 500 bateaux et deux mille hommes, gens de couleur pour la plupart. La pêche dure de deux à six semaines, suivant la dimension des barques et le bon ou mauvais temps : quand l’eau est agitée, le travail des plongeurs devient impossible.
- Au sortir de l'eau, les éponges constituent nne masse noire, visqueuse, d’une odeur désagréable et que la décomposition des polypes rend insupportable. Dès qu’on en a des quantités suffisantes, on les enterre dans le sable des côtes, ou bien encore on les expose au soleil : lorsque la masse visqueuse est complètement décomposée, on la bat et on la lave soigneusement dans l’eau de mer. Autrefois on lavait les éponges en les laissant exposées à l’action de l’eau de mer, dans des paniers en treillis de til de fer ; le nettoyage se faisait bien, mais la pourriture attaquait souvent l’éponge même, ce qui fit abandonner le procédé.
- Une fois nettoyées, les éponges sont amenées au port, où on les trie; puis on les vend aux enchères : le produit de la vente est partagé entre les pêcheurs et les plongeurs.
- Les acheteurs procèdent k un nouveau triage et au séchage : les espèces grossières sont blanchies par un passage à l’eau de chaux. Puis on coupe avec des ciseaux les racines et les parties dures ou gâtées : cette opération est assez délicate. Ainsi débarrassées de toute matière étrangère, les éponges sont pressées et emballées.
- Le prix des éponges k Nassau (le port de l’île de la Providence) varie de 25 cents k 1 dollar et demi; le prix moyen est de 60 cents la livre, soit 5 francs environ.
- 122451 — Schulze et Wagner (Société). Remise postérieure pour tirer les fils de chaîne dans le tissage des étoffes de gaze.
- 122452 — Roosevelt et Bréguet. Téléphone.
- 122453 — Rewitt. Machines à imprimer.
- 122454 — Blanchon. Bougeoirs.
- 122455 — Stein. Cachou Stein.
- 122456 — Dos Santos e Silva. Allumettes en bois.
- 122457 — Kraus. Dessus de siège water-closets.
- 122458 — Société anonyme de Construction de la Villette. Système de couplage pour wagons.
- 122459 — Carmagnolle. Machine à coudre, à mouvement d’horlogerie.
- 122460 — Poilvache. Ressort à boudin à filet plat.
- 122461 — Hearson. Becs de lampes.
- 122462 — Devés-Delisle. Licol.
- 122463 — Champomier. Chaussures filiformes.
- 122464 — Otto. Vélocipèdes.
- 122465 — Barges. Appareil à préserver de toute tache durant les pertes.
- 122466 — Ponchaud. Étiquette mobile pour casiers.
- 122467 — Gros. Machines à coudre les semelles.
- 122468 — Blanchard. Fauteuil-lit.
- 122469 — Thomas. Bineur-sarcleur.
- 122470 — Mariette fils. Cadenas.
- 122471 — Aulit. Machine à perforer les roches.
- 122472 — Stevenson et Wylde. Suspension de meules de moulins.
- 122473 — Wittenberg. Cartouche à dynamite perfectionnée.
- 122474 — Spitz. Pompe à bière.
- 122475 — Gancel. Paillettes à perles.
- 122476 — Gancel. Muguet mécanique appliqué à tous les tissus.
- 122477 — Bonnamour. Publicité dans le porte-monnaie-portefeuille.
- 122478 — Rendu et Moïse. Tissu de soie côtelé sans armure.
- 122479 — Marolle et Jacquet. Propulseur en lames d’acier flexible.
- 122480 — Morel. Fabrication du velours à deux pièces.
- 122481 — Martin. Pédale pour fermer, ouvrir les moules et piquer les bouteilles en verre.
- 122482 — Guillet fils. Grelots avec une double gorge.
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- 122483 — Malleva!. Métier à tisser mécanique.
- 422484 — Bathêron et de. Procédé pour obtenir une bande blanche dans les satins tramés coton.
- 122485 — Duplat. Aération de tout local infecté.
- 422486 — Lafosse fils. Carnet solaire.
- 122487 — Lepron. Eau de lumière de Le-pron.
- 122488 — Norget et Henry. Presse à onglets.
- 122489 — Peigné. Abat-jour.
- 122490 — Ababie. Chaudière à vapeur indirecte, à faire la colle.
- 122491 — Taylor Rurrows. Frein applicable aux bobines de métiers continus.
- 122492 — Mahon frères. Cliineuse-Mahon.
- 122493 — Madinier. Desséchage du café.
- 122494 — Poirier. Moulin à poivre.
- 122495 — Shone. Appareil à aspirer et refouler l’eau.
- 122496 — Rosenegger. Fabrication du verre.
- 122497 — Blumhardt et Votteler. Rognage des livres, décoration des tranches.
- 122498 — Blanchet. Métiers à tricoter.
- 122499 — Bouquet. Crampons à deux pointes.
- 122500 — Dalton et Simon. Talons ajustables.
- 122501 — Kilian. Boutons à épingle et plaque.
- 122502 — Chalamel et (Société). Teinture des matières filamenteuses.
- 122503 — Roger et Gallet. Bâton cosmétique.
- 122504 — Cogniet. Ozokérite pour lubréfier.
- 122505 — Macarez. Bas cuirassés d’enfants.
- 122506 — Rooth. Machines à carder la laine.
- 122507 — Arondel jeune. Lit de campement.
- 122508 — Rissmüller et Wtesinger. Traitement des chiffons.
- 122509 — De Pina. Fourrage artificiel.
- 122510 — Klonne et lmperatori. Fabrication du gaz d’éclairage.
- 122511 — White. Machines à coudre.
- 122512 — Lemel. Mobilier scolaire.
- 122513 — Berlon. Trieur-Berton des céréales.
- 122514 — Movgey. Moteur à gaz liquéfiés, à l’acide sulfureux anhydre.
- 122515 — Gonon. Colorants d’aniline.
- 122516 — Limousin. Fabrication de rubans et velours.
- 122517 — Mayer et Alexandre. Lessive à laver le linge.
- 122518 — Levavasseur. Chaîne s’appliquant à la bijouterie et au travail mécanique.
- Les Baromètres vivants, par M. Costes.
- Rien d’ennuyeux comme de traîner toute la journée dans ses courses, lorsqu’il fait beau, un parapluie qu’on oublie dans chaque maison où l’on va. Rien de désagréable comme de sortir en habit léger et d’attraper une insupportable averse. Voici donc des pronostics qui sont d’ordinaire assez sûrs : Si les hirondelles, dont l’instinct ne trompe jamais, volent au raz de la terre, l’orage n’est pas loin; si au contraire elles disparaissent ou qu’elles s’élèvent dans les hauteurs de l’atmosphère, on peut être certain qu’il fera sec.
- Les poulets sont aussi de bons baromètres. S’ils se roulent dans la poussière ou hérissent leurs plumes, c’est signe de pluie. On peut aussi se renseigner de même auprès des canards qui, lorsqu’ils sentent l’eau venir, battent des ailes joyeusement, plongent et se poursuivent.
- Les corbeaux saluent également la pluie par leurs croassements discordants. Les chouettes houloulent, les bergeronnettes sautillent le long des fossés, enfin les abeilles ne s’éloignent que fort peu de leur ruche et y rentrent précipitamment avec ou sans butin, dès qu’elles sentent le mauvais temps sur le point de les surprendre. Lorsque les vaches lèchent le soir les murs afin de recueillir le salpêtre que l’humidité de l’atmosphère fait suinter, on peut pronostiquer sans crainte le mauvais temps.
- Enfin, dernier baromètre non vivant, il est vrai, mais qui est aussi sûr que les précédents, si la lame d’un outil tranchant comme une faux reste sèche le matin à la rosée, on peut être assuré du beau temps, tandis que lorsqu’elle prend de l’humidité et se teinte de tons bleus et roses, c’est de la pluie à courte échéance.
- Effets des parfums sur la santé.
- Un professeur italien vient de se livrer à des recherches très intéressantes sur les fleurs. Il a découvert que les parfums d’origine végétale exerçaient sur l’atmosphère une action bienfaisante en convertissant l’oxygène qu’elle renferme en ozone, et en augmentant ainsi son degré d’oxygénation.
- Les essences qui servent ù développer la plus grande quantité d’ozone sont celles du laurier-cerise, du trèfle, de la lavande, de la menthe, du genévrier, du citron, du fenouil et de la bergamotte.
- Celles qui en produisent en moindre quantité sont : les essences d’anis, de thym et de noix-muscade.
- Les fleurs de narcisse, de l’hyacinthe, de la mignonnette, de l’héliotrope et du lys développent de l’ozone en vase clos.
- Les fleurs privées de parfums n’en développent pas et celles dans lesquelles il est peu sensible, en produisent en petite quantité.
- Raisonnant, d’après ces faits, le savant professeur recommande la culture des fleurs dans les terrains marécageux et dans tous les endroits à émanations délétères.
- [Polytechnic Review.)
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- 470 £? lîUcljnolfljjiôte N» 51. — 21 Décembre 1878.— XXXVIIIe Année.
- La décoloration des fleurs, par M. Schnetzler.
- De tout temps des savants se sont appliqués à rechercher les moyens de donner aux plantes, aux fleurs, une couleur autre que celle qui leur a été donnée par la nature.
- Voici, maintenant, un savant qui a trouvé le moyen de décolorer les plantes. M. Schnetzler, professeur à Lausanne, vient de signaler qu’en présence du borax, toutes les matières colorantes des végétaux autre que le chlorophylle se diffusent, de sorte que la plante se trouve décolorée; les plantes rouges, par exemple, deviennent vertes.
- {In Lancette belge.)
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION, ASTRONOMIE ET HORLOGERIE.
- Le géoscope,
- de M. Mancel de Perceval.
- Nous avons déjà eu l’occasion d’entretenir nos lecteurs du géoscope de M. Mancel de Perceval, avec lequel on peut démontrer expérimentalement le mouvement de rotation de la terre.
- M. Mancel de Perceval espérait faire cette belle expérience pendant la durée de l’Exposition universelle : mais ce projet n’a pu se réaliser, et aujourd’hui, c’est en Angleterre que le géoscope va être construit.
- Rappelons en quelques mots comment est conçu l’appareil de M. Mancel de Perceval.
- La principale pièce est un immense globe terrestre de 20 mètres de diamètre sur lequel on suivra le mouvement de rotation, h raison de 3 mètres par heure. Ce globe reposant sur le sol devra nécessairement suivre avec les spectateurs le mouvement de la terre. Cet ingénieux résultat est obtenu par l’emploi d’un long pendule qui maintient immobiles de longues aiguilles indicatrices.
- Le globe qui représentera la terre ayant un volume considérable et poursuivant un mouvement de rotation de plusieurs mètres par heure, la marche de ces aiguilles sera visible.
- Il rendra tangible, en quelque sorte, aux moins attentifs, le mouvement réel de la terre tournant sur son axe d’occident en orient.
- Afin de mieux faire comprendre à nos lecteurs l’importance scientifique de l’expérience que M. Mancel de Perceval entreprendra, nous compléterons les lignes qui précèdent, par le passage suivant, d’une étude sur ce géoscope, publiée par M. Camille Flammarion, dans le journal La Nature (numéro du 23 février 1878).
- « Au lieu d’un simple parvis recouvert de sable, comme dans l’expérience faite par Foucault, au Panthéon en 1850, dit notre savant collègue, pour
- 122519 — Joly. Chaîne sans soudure.
- 122520 — Berghauzen. Chauffage des wagons..
- 122521 — Cliff et Cie. Fabrication de la dentelle dite : Valenciennes.
- 122522 — Les fils d'Ulrich Vivien. Application du jeu des touches, à la Jacquart du métier à corsets.
- 122523 — Schmitz. Chapeaux d’imitation, tissu Parisien.
- 122524 — Hilgers. Lucarne estampée.
- 122525 — Williams. Roues pour chemins de fer.
- 122526 — Deneau et Pichard. Publicité.
- 122527 — Blancq frères. Machines à apprêter les bérets, casquettes.
- 122528 — Bignand. Bouton Bignand.
- 122529 — Remy. Cadres à pivots pour miroirs.
- 122530 — Jolivet. Machine à poncer les bois.
- 122531 — Petit. Machine à tailler les limes.
- 122532 — Rouslan. Préparation de l’albâtre.
- 122533 — Triquet et Jouvenel. Fabrication des parapluies.
- 122534 — Ozenne. Machines à battre.
- 122535 — Harkort. Indicateur de la vitesse des arbres.
- 122536 — Vivares. Roulettes pour meubles.
- 122537 — Lemaître. Machine à hacher la viande.
- 122538 — Périnot. Boutonnière métallique.
- 122539 — Catherine. Verre à vitres arrêtant les rayons du soleil.
- 122540 — Kuntre et Pollack. Attelage pour chemins de fer.
- 122541 — Ashworth. Châssis de fenêtres.
- 122542 — Thomson et Connolly. Conservation des parois des navires, etc.
- 122543 — Engstrom {dame). Appareil électrique empêchant les chevaux de s’emporter, etc.
- 122544 — Pollock et Wilkinson. Locomobiles.
- 122545 — Viel. Ornementation des éventails.
- 122546 — De Dienheim Broch >cki. Chloro-
- zone.
- 1225 47 — Boque. Chambrière pour voitures.
- 122548 — Leteneur et Iluvelle. Machine à laver le linge, etc.
- 122549 — Lucas. Garde-greffes.
- 122550 — Chanot. Affûtoir à lames métalliques.
- 122551 — Vanden Hielakker. Eventails.
- 122552 — Dubied. Pince pour forêts.
- 122553 — Loyer. Garde-robe.
- 122554 — Lemut. Utilisation des chaleurs perdues des fours à puddler.
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- N°SL— 21 Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée. 471
- 422555 — Sainte - Marie - Dupré frères. Capsule à étiquette.
- 122556 — Teichgraber. Pianinos à sourdine supérieure.
- 122557 — Charpentier. Avertisseur d’incendie.
- 122558 — Petitpierre-Pellion. Robinet-valve.
- 122559 — Daniel et Croizette. Chaussure.
- 122560 — Devaux. Poêles.
- 122561 — Guy. Moteur universel.
- 422562 — Clarcli. Machines à creuser.
- 122563 — Germain. Manches de pelles.
- 122564 — Mondolloi fUs. Boissons gazeuses.
- 122565 — Thomassin. Chaussure galvanique.
- 122566 — Nathan. Médaillon - porte - allu -mettes.
- 122567 — Arnaud. Balance - bascule romaine.
- 122568 — Bouquet. Composition pour tuer les insectes sur la vigne et arbres fruitiers.
- 122569 — Izard. Fermetures de portails de magasins, etc.
- 122642 — Bellot et Douine (Société). Traitement des laines.
- 122643 — Dalbanne et Gonzalês. Plinthe mobile à. bascule.
- 122644 — Chion. Chaudière à vapeur.
- 122645 —• Malliar-Lamblot et Dorzée. Appareil pour chaudières d’évaporation.
- 122646 — Bertcher. Solides pleins et creux aux surfaces extérieures des foyers.
- 122647 — Bouché. Contrôle pour voitures publiques.
- 122648 — Poirier. Anode de nickel en grenaille.
- 122649 — Haedicke. Lampe inexplosible sans mèche.
- 122650 — Gottschling. Réchauds de cuisine à pétrole.
- 122651 — Genest, Herscher et Ci*. Chauffage à eau chaude.
- 122652 — Emsley et Smith. Machines à retordre.
- 122653 — Thompson. Machines à couper l’écorce.
- 122654 — Basset. Traitement des chlorures et des sulfates alcalins.
- 122655 — Toussaint. Tissus en crin appliqués à la fabrication des articles de voyage.
- 122656 — Hanctin. Machine à frotter les sables de fonderie.
- recevoir le tracé des oscillations successives, M. Mancel place sous le plan d’oscillation du pendule une sphère terrestre colossale posée verticalement, le pôle nord en haut. La pointe inférieure du pendule oscille dans une coulisse horizontale mobile, posée sur le pôle nord de la Terre. La déviation du plan des oscillations produit en même temps celle de la coulisse dans laquelle oscille l’aiguille. Du support de la coulisse, situé au-dessus du pôle, descendent des bras ou indicateurs, véritables méridiens mobiles, qui tourneront au-dessus du globe, de l’est à l’ouest, suivant le changement du plan d’oscillation du pendule. En réalité, ce plan restera fixe, la coulisse restera fixe, les méridiens resteront fixes, et on verra les différents pays de la Terre se déplacer lentement en vertu du mouvement diurne du globe lui-même. » Nous faisons des vœux les plus sincères pour que cette grande et belle idée de ce géoscope obtienne en Angleterre, tout le succès qu’elle mérite.
- Le condensateur chantant, par M. Du Moncel.
- Le but que se proposent ceux qui s’occupent de perfectionner le téléphone est d’augmenter l’intensité du son transmis; mais, en général et pour la transmission de sons de toute nature, comme les articulations de la voix parlée, les progrès obtenus sont encore très-incomplets. Cela lient au principe même sur lequel est fondée la transmission des sons. Ceux qui sont articulés exigent que les courants soient continus, les effets résultant d’actions différentielles qui ne sauraient jamais être considérables, en raison de la brièveté des déplacements du diaphragme des téléphones. Mais il n’en est plus de même quand les courants peuvent être discontinus, comme le sont ceux qu’on fait servir à la reproduction des sons musicaux. Dans ce cas, les sons peuvent être entendus h distance, comme le démontre de la manière la plus nette le condensateur chantant dont le principe est dû à M. Varey et qui a été combiné d’une manière très-simple par MM. Pollard et Garnier.
- Cet appareil consiste dans un condensateur, formé de trente feuilles de papier de 9 centimètres sur 13, superposées, entre lesquelles sont intercalées vingt-huit feuilles d’étain de 6 centimètres sur 12, réunies de manière à constituer les deux armures du condensateur. A cet effet, les feuilles paires sont réunies ensemble à l’un des bouts du cahier de papier, et les feuilles impaires à l’autre bout. En appliquant ce système sur un carton rigide, après avoir eu soin de le ligaturer avec une bande de papier, et en serrant les feuilles d’étain réunies aux deux bouts du condensateur avec deux garnitures de cuivre, munies de boulons d’attache pour les fils du circuit, on obtient ainsi un appareil qui joue le rôle d’un véritable chanteur. Un poids assez lourd, placé sur le condensateur pour serrer les lames, n’arrête nullement son fonctionnement; il en affaiblit seulement les sons qui deviennent alors plus harmonieux, ce qui rend douteux l’hypothèse de mouvements attractifs des lames, qu’on avait émise dans l’origine pour expliquer ces effets.
- L’appareil transmetteur se compose d’une sorte de téléphone sans manche, dont la lame vibrante est constituée par une lame de fer-blanc très mince, au centre de laquelle est soudé un morceau cylindrique de charbçn, et contre ce charbon appuie un autre cylindre de la même matière, qui est porté par
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- une traverse de bois, articulée, d’un côté, sur le bord inférieur de la boîte du téléphone, et fixée, de l’autre côté, sur le bord opposé de la boîte, au moyen d’une vis de réglage. Un ressort arqué (un bout de ressort de pendule), placé en travers de cette pièce, lui donne une certaine élasticité sous son serrage, et cette élasticité est nécessaire pour le bon fonctionnement de l’appareil qui constitue, par le fait, une sorte de microphone à diaphragme.
- La lame de fer est mise en rapport avec l'un des pôles d’une pile, de six éléments Leclanché, et le charbon inférieur correspond à l’hélice primaire d’une bobine d’induction, déjà reliée au second pôle de la pile. Enfin, les deux bouts de l’hélice secondaire de la bobine sont reliés directement aux deux armures du condensateur.
- Cette hélice secondaire doit être constituée par vingt couches de fil n° 32, ou mieux, de n° 42, recouvert de soie; et l’hélice primaire est formée par quatre couches de fil n° 16. La longueur de la bobine ne doit pas dépasser 7 centimètres, et le diamètre du noyau de fils-de-fer fins doit être d’environ 1 centimètre.
- Pour obtenir le chant sur le condensateur, il faut régler le transmetteur de manière que les deux charbons ne se touchent pas, à l’état normal, mais soient assez près l’un de l’autre pour que, en chantant, les vibrations de la plaque puissent effectuer des contacts suffisants. On arrive facilement à ce réglage par le tâtonnement et en émettant une même note jttsqu’à ce que le condensateur résonne. Si trois notes, faites successivement, sont bien reproduites, l’appareil peut être considéré comme suffisamment réglé, et pour le faire fonctionner, il suffit d’enfoncer la bouche dans l’embouchure, comme on le fait quand on chante dans un mirliton. 11 faut, pour obtenir un bon résultat, que l’on entende la lame de l’appareil vibrer à la manière des flûtes à l’oignon. Au lieu des charbons, on peut employer des contacts de platine; mais avec la disposition précédente, l’appareil peut être employé à divers autres usages.
- 122637 — Gross. Bracelet-tiroir ou cache-portrait.
- 422638 — Delsart. Alimentation et régularisation de la pression des chaudières à vapeur.
- 122639 — Audineau. Plan - cicerone - bous -sole.
- 122660 — Kriegehtein et Pellin. Fabrication des pianos.
- 422661 — Paradis. Aiguisage des lames de faucheuses-moissonneuses, etc.
- 122662 — Morane jeune. Presse hydraulique à chaud.
- 422663 — Barbier. Catafalque perfectionné.
- 122664 — Buskett. Mode d’attache d’outils de terrassement pour armes à feu.
- 122663 — Foley. Articles d’ameublement.
- 122666 — Woods. Freins pour chemins de fer. ,
- 122667 — Trottier. Ouverture et fermeture de boites.
- 122668 — Faucon frères (Société). Bec rond à porte-mèche mobile et à double courant d’air.
- 122669 — Roynette père. Alimentation des chaudières à vapeur.
- 122670 — Audibert. Frein pour arrêter les chevaux.
- 122671 — Proux. Tarare-ventilateur.
- 122672 — Bonnor. Contre les explosions de chaudières.
- 122673 — Dupart. Batteuse à main.
- 122674 — Baron de Joêst. Lettre dite : l’a-bréviateur.
- 122673 — Debruge. Machine à fabriquer les pilules.
- 122676 — Fischer. Drainage automatique.
- 122677 — Hoffmann. Régulateur des moteurs.
- 122678 — François (demoiselle). Rails pour locomotive-jouet.
- 122679 — HarHngue et Thcisen. Annonces sur trottoirs, etc.
- 122680 — Hadley et Mac-Carty. Sabots de voitures.
- 122681 — Maillard. Treuil à chaîne soudée.
- 122682 — Rousseau. Calorifères, etc.
- 122683 — Deschamps. Douche aéro-hydraulique.
- 122684 — Grosieux. Étoffe produite par l’application du gratteron.
- 122683 — Skatschkoff. Appareil pour contrôler la densité des liquides.
- BAR-SUR-SEINE. — TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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- N» 52.— 28 Décembre 1878. —XXXVIIIe Année. £( htttfllTjgigt? 473
- TABLE
- DES MATIÈRES-
- TABLE ANALYTIQUE
- j
- DES MATIÈRES
- DE LA PETITE COLONNE.
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DE NOMS D’AUTEURS
- CHRONIQUES.
- CHIMIE, PHYSIQUE ET MÉCANIQUE GÉNÉRALES.
- Biographie d’Ernest Pétin. — Hureau de
- Villeneuve................................273
- Biographie de Thomas Elva Edison. — W.
- de Fonvielle..............................3$0
- Caisse de secours des ouvriers mineurs. —
- Salomon................................... 25
- Chemin de fer et colonisation dans le
- Sahara. — Soleillet.......................105
- Conférence à propos des chemins de fer sur
- routes. — Ernest Chabrier.................232
- Conférence sur l’acier. — Ernest Marche'. 241 Conférence sur la teinture. — Blanche. . 337 Conférence sur le choix d’un état, au point de vue hygiénique et social. — P.
- Couly................................ 393-415
- Conférence sur l’enseignement professionnel. — Cor bon............................409
- Conférence sur les freins continus. — Ban-
- dérali............................... 345-377
- Conférence sur les machines Corliss et Com-
- pound. — De Fréminville...................225
- Conférence sur les Palais de l’Exposition de
- 1878. — Emile Trélat......................249
- Conférence sur les travaux publics aux
- Etats-Unis. — Malézieux...................257
- Conférence sur le sucre. — Vivien. . . . 313 Conférence sur l’habitation à toutes les époques. — Ernest Lucas.........................289
- Creusot : historique et production actuelle.
- — Rozès-Joly. . ..........................233
- Délivrance de la vigne. — Amélia de Bom-
- par.............................. 121-129-137
- Exposition de 1878. — Lockert................ 1
- Historique de la cheminée. — Lockert. 73-81-89 Ingénieurs et architectes. <— Lockert. . . 17
- Instruction primaire à l'Exposition. —
- Varey................................ 185-201
- Instruction publique à l’Exposition. —
- Varey.....................................153
- Logements insalubres. — Decaisne. . . . 457 Miroiterie et cristal émaillé. —Alexandre. 267 Musées scolaires à l’Exposition. — Varey. 161 Nouveaux procédés d’inhumation. — Lockert........................................ 65
- Nouvel observatoire en Russie. —Lockert. 193
- Origine du porte-voix. — Lockert.............145
- Pavillon de l’administration des Forêts, au
- Trocadéro. — Lucien Etienne...............297
- Pavillon des travaux publics. — Rozès-Joly...................................., 209
- Bazin. Soude caustique : nouveau procédé de fabrication.........................289
- Becquerel. Pile à gaz oxygène................................................... 80
- Buss. Régulateur cosinus ; théorie.................................................161
- Carnot. Dosage de l'acide hyposulfureux, dans les dissolutions d’hyposulfite
- double de potassium et de bismuth...............................................116
- Cornu. Spectre ultra-violet........................................................153
- Filhol. Sulfuraire; formation. ....................................................259
- Hautefeuille. Cristallisation de la silice par voie sèche.......................212
- Ilirn. Echauffement particulier d’une barre de fer..............................361
- Jablochkoff. Pile dans laquelle l’électrode attaquée est du charbon............. 3
- La Souchère (de). Soude caustique : nouveau procédé de fabrication, au moyen-
- du fer spathique............................................................... 321
- Malétra. Chlorure de chaux sec; fabrication mécanique..............................289
- Pictet. Oxygène, liquéfaction....................................................... 2
- Schutzenberger. Etat moléculaire des métaux....................................... 217
- Ternet. Alcaloïde nouveau..........................................................266
- Vincent. Chlorure de méthyle employé à produire les basses températures. 153-265
- TEINTURE, BLANCHIMENT ET TANNERIE.
- Beyrich. Blanchiment des fibres textiles végétales............................425
- Cahours. Fluorescéine et éosine................................................. 145
- Coulier. Teinture des cheveux par le henné....................................411
- Dépierre. Garance : avenir de cette industrie................................. 17
- Duté-Poitevin. Vernis employé aux ateliers d’aérostation militaire deMeudon. 377
- Eilner. Analyse d’une nouvelle matière tannante...............................130
- Grawilz. Noir d’aniline, applications............................................. 9
- Kallab. Blanchiment des fibres textiles animales..............................409
- Knapp. Tannage au moyen des sels métalliques.................................. 59
- Koller. Substances antiseptiques nouvelles....................................... 33
- Lockert. Bois d’ébène, imitation.............................;................ 192
- — Coloration des jouets ; arrêté ministériel............................ 263
- — Huile de ricin employée pour la préparation des cuirs.................... 10
- — Tannage au moyen de l’extrait de bois de châtaignier..................... 34
- — Teinture de la paille en noir............................................345
- — Teinture du bois en noir : cinq procédés................................. 57
- — Violet au méthyle, dissolution........................................... 73
- Max Singer. Aloès : matières colorantes dérivées.............................. 457
- — Kermès animal ou végétal..............................................281
- — Préparation des soieries pour la teinture.............................129
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- 474 £c (LecljUlîlOljÛite N“52. —28 Décembre 1878. —XXXVIII» Année.
- Paesi. Tannage des peaux : nouveau procédé................................ 58
- Perret. Tannin : dosage dans les écorces de chêne.......................... 33
- Phipson. Peinture blanche au sulfure de zinc...............................298
- Prud'hom. Alizarine bleue................................................. 186
- Reber. Outremer rose.......................................................426
- Reimann. Lumière agissant sur les laines à teindre....................... 18
- Sergueeff. Etablissements de blanchissage en France...................... 379
- Turpin. Couleurs inoffensives pour la peinture des jouets d’enfants......146
- Valyn. Détachage des étoffes, par l’acide sulfureux....................... 345
- — Eponges de toilette : nettoyage et blanchiment.........................379
- Viol et Duflot. Blanchiment des plumes.................................... 460
- Weidinger. Noir d’aniline au cérium........................................297
- ALCOOL, SUCRE ET FÉCULE.
- Anduze. Betterave : système détriturateur........................................ 83
- Blaize. Four à noir. . •.........................................................258
- Caries. Eau-de-vie : coloration artificielle..................................... 35
- Chenot. Température des vapeurs émises par les jus sucrés........................234
- Faure. Défibreurs pour canne à sucre. .......................‘...................233
- Houdart. Dosage par procédé nouveau de l’extrait sec des vins............... 305-313
- Lecointe et Villette. Diffusion : appareil de la société anonyme de Prague.. . . 331
- — — Epierreur Collas..................................................... 257
- — — Presse Lallouette, et appareil à cuire............................... 257
- Lockert. Pâtes et poudres employées par les Chinois, pour produire des boissons
- alcooliques............................................................ 214
- — Sucre de lait : fabrication en Suisse.................................... 70
- Lœwig. Sucre : nouveau procédé d’extraction...................................... 49
- — Sucreries : nouveau procédé et travail...................................... 42
- Mérijot. Sucre : procédé de raffinage en fabrique................................ 81
- Molten et Pellet. Solutions sucrées : influence de la lumière.................... 49
- Nanquetle. Colorimètre..............................................................362
- Olivier-Lecq. Arrache-betteraves................................................... 314
- Pellet. Betterave : matières fertilisantes..........................................329
- Pilter. Noir animal artificiel......................................................428
- Reynolds. Sucre, réactif de l’eau potable...........................................255
- Roth. Analyses de vin.............................................................. 41
- Rousselot. Moulin nouveau à pressions successives et indépendantes pour l’extraction du vesou.................................................................. 411
- — Moulin repressant la bagasse deux fois isolément............................427
- Savalle. Diaphanomètre............................................................. 169
- Tauchert. Falsification du vin, en Allemagne....................................... 96
- CORPS GRAS, CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.
- Beyer frères. Savons de toilette : machines et fabrication....................... 430
- Billan. Machine à agglomérer les menus de houille.................................416
- Blanc. Gaz naturel et pétrole employés au chauffage en général, et à la fabrication du noir de fumée............................................................ 441
- Charavel. Carburation du gaz d’éclairage, au moyen de l’huile de pin.............. 67
- Çhateau, Huile de pieds de mouton.................................................249
- Codina Langlin. Huile de coton.................................................... 193
- Parcel. Bougie, huile et gaz : pouvoirs éclairants comparés.......................315
- Delettrez. Graisses industrielles et huiles d’éclairage...........................273
- Edison. Eclairage et chauffage par l’électricité..................................338
- Pavillon d’exposition des eaux minérales
- françaises. — Rozès-Joly................'
- Ports et canaux. — Lockert.................
- Postes et télégraphes réunis. — Lockert. . Protection et libre-échange. — Lockert. . Quai de l’Archevêché et Petit-Pont, à Paris. — Lockert.............................
- Question des grèves. — Lockert.............
- Rachat des lignes secondaires de chemins
- de fer. — Lockert........................
- Rôle de la science dans la Société. — La-
- boulaye.................................
- Rôle des Ingénieurs à l’Exposition universelle de 1878. — Tresca...................
- Service des falsifications, Paris. — Lockert. Tremblements de terre, en l’année 1878. —
- Lockert.................................
- Un heureux coin de terre.— De Montalivet. Voyage du Niger aux grands lacs de l’Afrique. — De Sémeüé...........................
- STATISTIQUE.
- Ateliers du département de la Seine. . . 118
- Budget de l’Exposition...................235
- Chemins de fer austro-hongrois...........436
- Commerce du thé à Marseille..............104
- Consommation d’eau de Paris............ 62
- Consommation du tabac....................414
- Consommation du vin et des alcools. . . 103 Culture de la vigne en France............ 23
- Débris de cheveux de la Chine. ..... 118 Délégations ouvrières à l’Exposition. . . 332 Dénombrement des étrangers venus à Paris, pendant l’Exposition................415
- Développements de l’ivrognerie...........385
- Ecoles de Madrid.........................157
- Economie sur le papier...................190
- Empoisonnement du pain par le cuivre. . 188 Entrées comparées diverses Expositions. . 300 Entrées du mois de mai à l’Exposition. . 181
- Etudiants de l’université d’Helsingfors. . 435'
- Exploitation du sel marin...............102
- Exposants suisses....................... 61
- Fabrication des aiguilles à coudre. . . . 466 Fabrication des machines à coudre. ... 23 Fréquentation des écoles en Angleterre. . 387
- Grandes catastrophes maritimes. .... 387
- Industrie australienne à l’Exposition. . . 164
- Industrie en Russie........................103
- Instruction publique en Hollande. . . . 117
- Machines à vapeur en Alsace................152
- Mines de la province de Murcie.............386
- Mines et métallurgie.......................103
- Naissances, décès et mariages, à Paris,
- en 1876-77.............................. 7
- Nourriture des Parisiens.................... 62
- Pièces d’argent démonétisées. ...... 70
- Population de l’Inde anglaise............... 7
- 305
- 49
- 10
- 177
- 281
- 169
- 41
- 361
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- N°52.— 28 Décembre 1878. — XXXVIIIe Année. £( 475
- Population de Paris à diverses époques. . 151
- Population du globe.........................343
- Population indienne d’Amérique.............385
- Portes et fenêtres de France................ 64
- Premier mille cube de chair humaine. . 157
- Prix accordés par l’Académie des Sciences. 85 Prix des charbons français, par tonne de
- 1000 kilogrammes.........................198
- Prix des terrains à Paris...................156
- Production des métaux précieux, dans les
- Etats de l’Ouest du Missouri.............301
- Production des monnaies.....................285
- Production du charbon. ....................155
- Récoltes du cidre et du vin en France,
- en 1877................................... 4
- Revenus des Villes de France...............360
- Richesses des bibliothèques parisiennes. . 335
- Service de la poste, à Paris et en France. 448
- Statistique de l’Inde anglaise.............416
- Statistique des alcools....................272
- Statistique des aliénés du département de
- la Seine.................................449
- Statistique des sucres.....................255
- Statistique minérale de la France..........417
- Tableau du commerce intérieur de la
- France...................................385
- Tarif douanier pour les fers...............244
- Télégraphie en Europe......................103
- Tourbières.................................101
- Traite des nègres...........................344
- Travaux du Champ-de-Mars, Exposition.. 195
- Usine Krupp.................................359
- Utilisation des détritus des hôpitaux. . . 358
- Volumes d’eau distribués à Paris. . . . 371
- Voyageurs anglo-français....................284
- Voyageurs des voitures publiques, en 1878 . 386 Voyageurs entre Boulogne et Calais, et entre les Etats-Unis et la France............302
- TRAVAUX PUBLICS.
- Guitard. Chauffage des wagons, tramways, et bateaux à vapeur...................154
- Lockert. Chauffage à vapeur distribué à domicile...............................155
- — Combustion industrielle du pétrole.........................................432
- — Eclairage par le gaz naturel............................................275
- — Puits naturel de pétrole épuré..........................................156
- Napias. Arbres à cire.............................................................275
- Rapieff. Eclairage électrique : nouveau système................................337
- Perret {Michel). Foyer nouveau à étages multiples pour l’emploi des combustibles pulvérulents et pauvres...................................................... 76
- Quéquet. Feux de cheminée; extinction rapide...................................320
- Regray. Chauffage des wagons de chemins de fer................................. 65
- Reynier. Lampe électrique nouvelle............................................... 194
- — Régulateur de lumière électrique. ......................................122
- Rolland. Extincteur des incendies................................................ 442
- Valyn. Amadou : récolte et préparation......................................... 67
- CIMENTS, CÉRAMIQUE ET VERRERIE.
- Rôtlger. Ciment colle-forte........................................................ 117
- Clouët. Pipes en terre ; fabrication.............................................308
- Elssner. Mastic pour coller le bois avec des matières d’une autre nature. . . . 159
- Forster. Four à briques nouveau.................................................... 166
- Landrin. Plâtres à prise lente : cuisson et fabrication..........................310
- Léger. Verre trempé et corps trempés en général ; constitution moléculaire. . . 68
- Lockert. Verres dépolis ou opalisés, façon mousseline............................ 51
- — Verre irisé................................................................ 68
- — Verre irisé, autre procédé................................................ 117
- — Verre soluble, usages...................................................... 26
- Lœbnit%. Faïences émaillées, décoration.............................................165
- Monnier, Frémy et Feil. Pierres précieuses artificielles......................... 50
- Morizeet Fontaine. Chaux : analyse et essais.....................................406
- Phipson. Peinture d’émail à base de silice hydratée.....................•........284
- Planté. Gravure sur verre par l’électricité...................................... 25
- Quillot frères. Ciment de Portland : résumé d’analyses et d’essais............... 110
- Sidot. Phosphate de chaux vitreux...................................................117
- Wood. Laitiers de hauts-fourneaux : procédés d’utilisation....................... 26
- Aérostation militaire...................348
- Amélioration du canal de Bourgogne. . . 404 Annexes du Mont-de-Piété................302
- GÉOLOGIE, MINES ET MÉTAUX.
- Bassin à flot de Paimpol...................116
- Bassin du parc de Montsouris...............283
- Bâtiment de la ville de Paris, à l’Exposition
- universelle.............................. 16
- Bibliothèque royale de Stockholm. ... 78
- Canal de Caen à la mer.....................116
- Canal de Paris à Pontoise.................. 92
- Casernes à Paris...........................463
- Changement de nom des rues de Paris. . 14
- Chapelle du collège de Beauvais............383
- Chauiïoirs publics à Paris.................464
- Chemin de fer dans l’île de Terre-Neuve. . 343
- Chemin de fer dans Paris...................245
- Chemin de fer de ceinture, en vue de l’Exposition................................. 13
- Chemin de fer de la Vendée.................187
- Chemins de fer d’intérêt local de Seine-et-Oise................................... . 45
- Adhémar. Couleur préservatrice du fer........................................... 73
- Raker. Fer : expériences pour lui enlever le phosphore.......................... 137
- Berrens. Minerais de mercure : nouveau traitement préservant de l’intoxication
- mercurielle..................................................................... 338
- Rerthelot. Gallium : nouvelles données.......................................... 89
- Blanchet. Tube atmosphérique pour desservir les puits de mines..................150
- Bouilhet. Couverts : généralité sur la fabrication.............................. 394
- — Couverts en fer battu et en étain, fabrication. ........................381
- — Couverts en maillechort, fabrication.....................................395
- Boullenot. Lampe autoxyde contre le grisou...................................... J21
- Bower. Protection du fer contre la rouille........................................340
- Brunstlein. Four à chalumeau pour chauffer régulièrement des pièces d’acier.. 259 Cailletel. Gaz des foyers métallurgiques, composition et emploi industriel. . . 7
- Carnot. Minerais de bismuth et d’antimoine du département de la Corrèze. . . 461
- Coquillon. Grisoumètre portatif....................................................435
- Croix. Machine d’extraction à quatre câbles........................................368
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- 476 Cf ÜUllpt'alogidfc N-52. — 28 Décembre 1878. —XXXVIIIe Année.
- Domiecko. Bismuth; minerais en Bolivie, au Pérou et au Chili............... 5
- Dor. Creusets : fabrication à la machine...................................433
- Dupuy. Fer ou acier extrait directement des minerais.......................148
- Fonvielle (de). Lampe autoxyde ; accident des mines de Haydock.............223
- Guenez. Perforateur Vicoigne-Nœux.............................................445
- Guillemin. Bronze phosphoreux, préparation et théorie.........................382
- — Moulage des alliages de cuivre et de nickel.........................393
- — Nickéline : nouvel alliage de cuivre et de nickel...................364
- Halchett. Columbium : nouveau métal........................................132
- Hauvel. Bronzes employés couramment, composition...........................369
- Hoivson et Godfrey. Four mécanique à puddler...............................131
- Imbs et Jouanne. Minerais de fer, traitement...............................138
- Jordan. Fontes de manganèse...................................................227
- Kayser. Nickélàge............................................................. 89
- Kent. Travail des hauts-fourneaux : méthode graphique de le contrôler. ... 74
- Laharpe (de). Soudure directe des pièces de fonte..........................443
- Lehmann frères. Bronze et cuivre phosphoreux, fabrication pratique.........38J
- — Sables pour la fonderie de bronze, préparation......................368
- Lockert. Acier doux nouveau...................................................149
- — Coloration du zinc.....................................................158
- — Cubilots avec circulation d’eau........................................461
- — Galerie d’écoulement de Rothschemberg aux mines de Freyberg......... 6
- — Minerais de fer de Meurthe-et-Moselle............................... 77
- — Nickel pur en Amérique.................................................463
- — Rails en acier Bessemer, fabrication en Amérique....................261
- — Vernis opaque pour l’argent oxydé...................................... 10
- Melsens. Mercure et plomb : contre-poison........................% . . . 181
- Nobel. Gomme explosive........................................................226
- Poivel. Clous fabriqués avec de vieux rails................................158
- Serguis Kern. Davyum : nouvelles recherches................................... 28
- Silliman. Alliages des métaux doux : procédés pour les rendre sonores...... 132
- Thalèn. Mines de fer : recherche à l’aide du magnétisme.................... 156
- Vallod. Fonte, fer, acier Bessemer et acier Martin, transformés sans fusion, en
- acier fin................................................................. 149
- GÉNÉRATEURS, MOTEURS ET OUTILLAGE.
- Armengaud jeune fils. Moteurs à gaz; étude générale...................•. 84—90
- Bélhouarl et Brault. Palier graisseur à hélice.............................397
- Boyer. Chaudières et machines à vapeur.....................................235
- Bozèrian. Baromoteur..........................................................188
- Bréval. Machine horizontale fixe, à petite vitesse et à condensation.......322
- Buffaud. Machines à vapeur horizontales et verticales...................... 29
- Buss. Régulateur cosinus monté sur valve d’admission, avec soupape d’arrêt. 167
- Casalonga. Meules artificielles en émeri, et autres composés...............347
- Chavanne-Brun et fils. Garnitures tubulaires pour boîtes à étoupes......... 87
- Consolin. Graisseur pour cylindres à vapeur................................370
- Damey. Machines à vapeur fixes, mi-fixes et locomobiles....................436
- Daulton. Grattoir à fumée perfectionné........................................385
- Farcot. Machine à vapqur système Corliss, exposée à la section française. . . 438
- Gif fard et Berger. Machine frigorifique......................................346
- Gunzburger. Machine à coudre : nouveau système de moteur à ressort......... 44
- Hall et Windsor. Régulateur de détente................................ 227-262
- Hirzel. Cisaille à main pour boulons et rivets.............................109
- Lecointe et Fillette. Machine à vapeur Zimmermann..........................253
- Lethuillier et Pinel. Chronographe........................................... 373
- Lockert. Désincrustant nouveau pour chaudières à vapeur....................108
- — Foret à grande vitesse...................................................109
- Chemins de fer du Vésuve..................342
- Chemins de fer en Algérie.................246
- Déménagement du pavillon de la Ville de
- Paris à l’Exposition....................446
- Dessèchement du lac Maréotis.............. 78
- Deux nouveaux ponts sur la Seine. . 148-464
- Dragages de la Basse-Loire................ 79
- Dragage des canaux de la ville de Paris. . 352
- Eclairage électrique......................418
- Eclairage électrique des avenues de l’Opéra et des Champs-Elysées. . . . 181-240
- Ecole Arago...............................381
- Ecole des Arts-et-Manufactures, en Chine. 111 Ecole des Arts-et-Métiers, à Cologne. . . 46
- Edilité parisienne........................350
- Eglise suédoise...........................284
- Emploi de la tôle émaillée................ 23
- Emploi du téléphone sur la ligne des Dom-
- bes.....................................403
- Entrée du port d’Alexandrie...............110
- Etablissement d’un tramway allant aux Moulineaux............................ 357
- Fuites de gaz...........................271
- Grand Gymnase scolaire de la ville de
- Paris. .................................352
- Groupe scolaire de la rue des Billettes, et écoles de filles........................463
- Mairie du XIXe arrondissement..............172
- Maison d’arrêt de Bourges.................403
- Maison de dépôt à Dijon...................402
- Moyens de transport........................254
- Navigation de la Meuse....................116
- Nouveau bassin dans le port de Cette. . . 253
- Nouveau marché aux chevaux................116
- Nouveau marché aux fourrages..............387
- Nouveau service du chemin de fer de ceinture....................................447
- Nouveaux grands travaux projetés. . . . 366 Nouvelle galerie du Conservatoire des Arts-
- et-Métiers .............................365
- Nouvelles fontaines municipales à Paris. . 78
- Nouvelles écoles..........................445
- Observatoires de province.................117
- Observatoire du général Nansouty, au pic du Midi.................................465
- Passerelles sur le boulevard. ....... 182
- Pont de Forth, en Ecosse..................3-48
- Port d’Odessa.............................349
- Prison Saint-Lazare.......................382
- Projets de chemins de fer dans la banlieue de Paris................................413
- Raccordement des chemins de fer de ceinture et d’Orléans.......................412
- Rachat des ponts à péage du département
- de la Seine.............................381
- Réfection de l’égout, rue de Rambuteau.. 380
- Réfection du pont des Invalides...........279
- Réparations aux établissements scolaires. 351 Restauration de la statue de Louis XIII,
- place des Vosges........................303
- Restauration de l’égliseS^Germain-des-Prés 326 Restauration des monuments publics. . . 463 Restauration du donjon des ducs de Bourgogne, à Paris............................263
- Restauration du Val-de-Grâce..............282
- Rue des Pyramides.........................172
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- N»52. — 28 Décembre 1878. — XXXVIIIe Année. <Lcf - 477
- Salle des Pas-Perdus, au Palais de Justice..................................... 69
- Séquestre du chemin de fer de Bondy à
- Aulnay-les-Bondy. . ....................40-4
- Service des Postes pneumatique à Berlin. 43
- Signaux avertisseurs d’incendies........... 14
- Statue du docteur Livingstone à Glascow. 46 Suppression de certains tramways. . . . 414
- Télégraphes allemands.....................419
- Tramways de Nogent, Vincennes et Sceaux. 331 Travaux au port Saint-Louis du Rhône. . 271 Travaux dans les asiles d’aliénés de la
- Seine....................................333
- Travaux de la ville de Dijon..............466
- Travaux divers dans Paris................. 16
- Travaux du Palais de Justice. . . . 182-333
- Travaux du port de Toulon.................280
- Travaux d’utilité communale à Besançon. 403 Travaux pour le service du génie. . . , 337
- Voirie de Bondy........................... 93
- Voies de navigation.......................243
- Voies nouvelles......................... 462
- Macabies, Thiollieret Guéraud. Machine à vapeur genre Compound, à tiroirs
- équilibrés............................................................... 299
- Mouchot. Générateur solaire............................................... 187
- Pavoux et C*>. Courroies en caoutchouc...................................383
- Perreaux. Surchauffage de la vapeur......................................324
- Perrotte. Sifflet d’alarme sans flotteur.................................395
- Pierre et Raynal. Avertisseur universel.....................................172
- Raffard. Machine à vapeur rotative...........................................
- Ransome et C»>. Sciage direct des arbres à la vapeur.....................201
- Regge. Moteur à vide d’air............................-..................4 73
- Régnard. Outillage mécanique aux Etats-Unis................................. GO
- Sautter, Lemonnier et Cte. Poulies de sécurité pour monte-charge et ascenseurs,
- système Mégy, Echeverria et Bazan.........................................
- Schneider et Cie. Machine Pilon-Compound....................................420
- — Cylindre du Foudroyant................................................
- — Marteau pilon du Creusot.............................................. 27
- Voruz aîné. Grue fixe, à vapeur et à bras.......................... 266
- Walschaert. Machine à vapeur.................................................
- Werner. Théorie nouvelle de la chaudière à vapeur........................243
- Wheelock. Machine à vapeur, système Corliss, exposée à la section américaine. 436
- VARIÉTÉS.
- Acclimatation d'un poisson chinois. . . . 212
- Agence de renseignements....................287
- Aiguille de Cléopâtre.......................183
- Alimentation des enfants dans les écoles
- de la ville de Paris......................369
- Antériorité à propos du téléphone. . . . 307
- Appareil contre la surdité..................419
- Application de l’électricité à la photographie......................................311
- Archéologie.................................418
- Ascenseurs de l’Exposition.................. 33
- Assurance contre l’incendie.................309
- Assurances sur la vie.......................296
- Bagages avariés.............................296
- Ballon captif de 1878.............. 120-238-269
- Bâtiment chinois à l’Exposition............. 32
- Bougie Jablochkoff en référé................310
- Brevets d’invention en Suisse............... 68
- Briquets à silex............................303
- Buisson ardent de la ville d’Aix............164
- Bureau central de météorologie..............198
- Bustes des savants français et étrangers à l’université de Berlin....................160
- FILATURE, TISSAGE ET PAP*ETERIE.
- Antl. Métier Jacquard double, de Schramm.....................................493
- Béthouard et Brault. Pile à papier perfectionnée.............................407
- Brulé. Temple à pinces élargisseuses : nouveau système.......................138
- Carlotti. Corse : industrie séricicole..........................................220
- Delamare et Chandelier. Machine nouvelle à tirer à poil en travers...........383
- Hélouis. Passementerie irisée.................................................. 219
- Jubier. Machine à laver les laines...........................................177
- Légat. Machine à coudre les chapeaux de paille............................... 70
- Liebermann. Tissu nouveau pour le turbinage des sucres.......................303
- Lockert. Exposition du papier.....................................................
- — Fumier transformé en papier...................................................
- Marcadier. Machine à étirer les tissus....................................... 97
- Pierron et Dehaitre. Machine à griller les tissus au gaz, système Blanche. . . 340
- Regnard. Machine à tricoter..................................................... 93
- Roy. Numérotage des fils : unification............................................
- Rydill. Fabrication nouvelle d’étoffes avec les déchets et les rebuts........303
- Wurster. Dosage de l’amidon dans le papier...................................*. 403
- AGRICULTURE, ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET ALIMENTATION.
- Câble télégraphique de la Corse...........312
- Café et chicorée. . ......................229
- Canon horaire de Vincennes................139
- Carrières de marbre blanc.................172
- Catalogue de la Norwége................... 36
- Changements de la ville de Londres. . . 219 Chemin de fer et locomotive sans feu, à
- Marly-le-Roy............................141
- Colis transportés par chemin de fer. . . . 319 Collection des Bernard de Palissy, à l’Exposition rétrospective.................... 32
- Concours de l’Union centrale des Beaux-Arts....................................143
- Bertall. Vignes : procédé de greffe pour les soustraire au phylloxéra......... 43
- Bixio. Alimentation des chevaux dans les grandes écuries industrielles. ... 139
- Boëns. Bière de Bavière............................................................
- Costes. Baromètres vivants.......................................................499
- Cyrnos. Dynamite appliquée à l'obtention de matières alimentaires............. 448
- Decauville aîné. Culture à vapeur avec les appareils John Fowler et t>. . 212-221
- Faure. Canelle......................................................................
- Garder. Désinfection des futailles............................................... 99
- Gueyraud. Pal distributeur..........................................................
- Heuzé. Fabrication du fromage en Franche-Comté............... 213-224-231-239-247
- Joigneaux. Vignes phylloxérées ; observations.................................... 35
- Laliman. Cannibale du phylloxéra................................................. 30
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- 478 (LedmoLniiste N°52.— 28 Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée.
- Lambert. Cacao : appareil de torréfaction......................................280
- Leclerc. Betterave porte-graine : valeur nutritive........................ 343
- Lockert. Abattage des animaux de boucherie : nouveau procédé................... 96
- — Cigares de la Havane, falsification.................................... 70
- — Conserves pour la cavalerie............................................ 42
- — Culture du tabac en Suisse.............................................448
- — Forêts : conservation et propagation en Amérique................... 327-344
- — Thé : culture dans l’Inde anglaise..................................... 21
- — Thé : falsification en Angleterre...................................... 69
- Lussana. Bouillon : opinions nouvelles.........................................291
- Nolot. Œufs : conservation, tant pour l’alimentation que pour l’industrie . . 19
- Pietra Santa {de). Lait et ses dangers.........................................292
- Roger fils et Cie. Machine à dresser les meules de moulin...................... 20
- Roze frères. Nettoyeur, mouilleur et bluterie..................................333
- Schneizler. Décoloration des fleurs............................................470
- Telliez. Culture hivernale de la pomme de terre. . . .......................... 96
- Toufflin. Moulin-batteur : farine sans meules..................................323
- HABITATION, HYGIÈNE ET TRAVAUX PUBLICS.
- Bourdais. Ventilation de lapsalle des fêtes, au palais du Trocadéro.........141
- Clouët. Pipes se culottant seules...................................... 319
- Eads et Lambert. Pont sur le Bosphore....................................... 38
- Folacci. Chariot pour le déchargement des pierres...........................278
- Galippe. Intoxication par les sels de cuivre. ..............................248
- Geoffroy. Agrafes ou crochets à ailettes apparentes en fil métallique, applicables aux couvertures en bâtiment, sur bois et fer...........................388
- Lesgaft. Ecoles : considérations d’hygiène.................................. 72
- Lockert. Dynamite employée à l’enfoncement des pieux et des pilotis......... 64
- — Effet des parfums sur la santé........................................469
- — Fondations de pont dans les terrains vaseux...........................294
- — Maisons de carton, aux Etats-Unis.....................................111
- — Pont au Michigan, sur la Grande-Rivière.............................. 160
- — Tunnel de Baltimore, aux Etats-Unis................................. . 111
- — Water-closet : origine et historique..................................264
- Menant. Tuiles métalliques galvanisées ou vernies.............................349
- Paulin. Sableuse automatique..........................;..................... 37
- Ploix. Phare d’Ar-Men.........................................................269
- Ponsardin et Cie. Pierre de taille de Saint-Même....................„. . . 387
- Reiche. Ponts à piles tubulaires en fonte...................................132
- Salmon. Enduits hydrofuges Môller........................................ 407-422
- Sutro. Tunnel dans les mines d’argent de Névada.......................... . . 450
- Sylvestre. Enduit contre l’humidité. . . ................................... 38
- Stoecklin. Hôpital de Berck-sur-Mer : travaux de protection.................283
- Van Hymbeck. Ascenseurs : nouvel appareil de sûreté.........................151
- Ward. Machine à faire les pavés...............................................451
- Woillez. Spirophore.......................................................... 179
- TÉLÉGRAPHIE, VOIES ET TRANSPORTS.
- Bell. Téléphone, télégraphe parlant............................................ 10
- Bréguet. Téléphone : nouvelles données...................................... 112
- Brunon frères. Traverses d’acier embouti....................................... 56
- Brunot. Appareils contrôleurs................................................. 332
- Gotelle. Chemin de fer suspendu à câbles métalliques.................... 375-405
- Concours de pêche à la ligne................389
- Concours en Prusse, pour la découverte d’une substance remplaçant le plâtre. . 71
- Congrès à l’Exposition......................215
- Congrès international d’hygiène.............197
- Conservation du poisson.....................342
- Court public et gratuit d’astronomie, par
- M. Joseph Vinot..........................389
- Crue du Nil.................................276
- Débâcle de la Néva..........................136
- Décoration du Palais du Champ-de-Mars. 53
- Décorations florales de l’Exposition. ... 21
- Départs des pêcheurs de morue...............126
- Députation d’ouvriers suisses à l’Exposition. . . . v . ......................... 43
- Direction de l’Observatoire de Paris. . . . 214
- Don des habitants de Rio-de-Janeiro. . . 56
- Droit du nu-propriétaire d’arbres fruitiers..........„.........................308
- Eaux potables à Saint-Pétersbourg. . . . 150
- Encore le phylloxéra.....................388
- Envoi d’ouvriers à l’exposition..........277
- Expédition au pôle Nord.................. 86
- Expédition dans le Sahara................ 86
- Expédition hollandaise au pôle Nord. . . 150
- Expédition scientifique dans l’Afrique centrale................................... 370
- Exposition algérienne.................... 44
- Exposition à Melbourne en 1879........... 40
- Exposition de l’administration pénitentiaire..................... . 147
- Exposition des résultats des engrais chimiques. ................................. 56
- Exposition internationale à Sydney. . . . 109
- Fabrication des vins en Allemagne. ... 220
- Fête de l’enfance ouvrière............... 196
- Frein électrique pour arrêter les chevaux emportés.................................119
- Générateurs solaires. .....................277
- Groupe en bronze de Charlemagne. ... 45
- Guerre de l’avenir.......................190
- Honoraires des ingénieurs en Allemagne. 8
- Inauguration des galeries de l’Art rétrospectif à l’Exposition....................240
- Inflammation spontanée dans un moulin. 221
- Inondations du Nil.. . ....................451
- La frégate japonaise Seiki...............255
- Leadville.................................. 263
- Le Shamrock..............................132
- Les plus habiles constructeurs de locomotives de l’univers.......................310
- Ligue contre le phylloxéra et contre la falsification du vin........................159
- Lois diverses à propos de l’Exposition. . 229
- Loterie de l’Exposition..................277
- Machine volante. ...........................183
- Maladie de la pomme de terre.............204
- Manufacture de Sèvres....................285
- Marées de 1878........................... 79
- Mines d’or du district de Wynaad. . . . 149
- Musée, de l’Observatoire de Paris. . . . 367
- Musée des arts décoratifs................. 368
- Navirè aérien............................270
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- N»o2. —28 Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée. £( &CCl)mil(hjÛïte 479
- Nouveau moyen de reconnaître la pureté
- de l’eau.............................. 80
- Nouveau système de filière à tarauder. . 84
- Nouveau système de propulsion des aérostats.................................... 70
- Nouvelle ordonnance du préfet de police. 320 Nouvelle planète.................... . . 142
- Observations graphiques sur le trot du
- cheval..................................109
- Observatoire de Meudon.....................108
- Octroi de Paris et les briquetiers.........374
- Orgue de M. Cavaillé-Coll.................136
- Participation des Etats-Unis à l’Exposition. 21
- Plume inépuisable..........................160
- Pompiers et compagnies d’assurance. . . 450
- Porteurs Decauv’ille...................... 99
- Poteaux télégraphiques torpilles...........286
- Prix Crozatier.............................450
- Prix de mécanique agricole.................212
- Prix pour un traité d’orfèvrerie........... 84
- Protection des oiseaux.....................174
- Réglement établi par la ville de Paris, pour les enseignes mosaïques sur les
- trottoirs...............................372
- Représentation au Trocadéro, au bénéfice
- des victimes de la fièvre jaune.........332
- Réveille-matin électrique..................295
- Revue magnétique...........................150
- Salle des fêtes du Palais du Trocadéro. . 237
- Salubrité des fosses à pulpes..............253
- Sciure de bois pour litière des chevaux. . 120 Service des bateaux omnibus pendant l’exposition................................... 54
- Service d’incendie à l’Exposition......... 21
- Simplification du timbre-poste............. 68
- Sociétés d’instruction, scientifiques, artistiques et industrielles.................204
- Société française des inventions...........157
- Société française d’hygiène................ 98
- Statues du Champ-de-Mars et du Trocadéro................................... 22
- Surveillance des étamages..................333
- Tarifs de chemins de fer...................320
- Téléphone au Japon.........................118
- Téléphones et phonographes.................375
- Téléphone, nouvelle application............205
- Théâtre de Yan-Brugh.......................148
- Trains espagnols..........................181
- Train impérial sur les chemins de fer russes.................................. 86
- Utilisation du téléphone par la presse. . 104
- Vente des tickets de l’Exposition..........135
- Viande de cheval...........................182
- Visite des vignobles suspects de phylloxéra 294 Voyage d’études autour du monde. . 140-197
- Voyage du Nautilus....................... 254
- Voyages en Australie.......................437
- Voyageurs sur la ligne P.-L.-M.............148
- Brevets d’invention. — 47—71—87—94—112—126 143-175-183-191-199—206—215-223—231 - 246—390—404—420—439—453—467
- Cross. Paléophone : téléphone parlant....................................... 48
- Dessard. Essieu tubulaire à graissage automatique pour wagons de mines, et
- autres véhicules......................................................... 15
- Gan%. Roues de wagons en fonte..............................................454
- Hatzfeld. Bois injectés au tannate de fer...................................452
- Heusé. Chemin de fer transversal à air libre, dans une rue de Paris.........53-63
- Howell. Voitures de chemins de fer et de tramways...........................425
- Lockert. Accidents de chemins de fer en France.............................. 45
- — Aiguille de Cléopâtre : transport à Londres............................. 72
- — Câble télégraphique de Berlin à Cologne, Francfort et Strasbourg. ... 454
- — Chemins de fer de l’Asie-Mineure........................................453
- — Lignes télégraphiques en Chine.......................................... 56
- — Origine des tramways....................................................184
- — Routes nationales, entretien............................................279
- — Téléphone aux mines de Ferfay...........................................287
- — Train pour le transport des blessés.................................... 286
- Millar. Téléphone à ficelle : expériences d’acoustique......................321
- Moser. Traverses injectées sur les chemins de fer allemands.................256
- Perreaux. Vélocipède tricycle à vapeur.........................................244
- Righi. Téléphone nouveau...................................................... 285
- Robert. Moyens de transport aux époques primitives.......................... 49
- Schwarlzkopf. Roues en fer forgé.................................................
- Soignies {de). Rail-longrine d’une seule pièce, en acier....................334
- Tommasi. Relais pour appareils télégraphiques..................................482
- Trouvé. Téléphone, perfectionnements................."...................... 79
- Westinghouse. Frein continu, automatique et instantané......................351
- HYDRAULIQUE, AVIATION ET NAVIGATION.
- Roileau. Action retardatrice des parois des courants liquides................398
- Bozérian. Pompes mues par le baromoteur................ ; ......................244
- Braconnier. Propulseur pour la navigation dans l’air et dans l’eau..............394
- Cadet. Egouts de Paris : achèvement du réseau....................................288
- Casalonga. Compteurs d’eau de divers systèmes............................ 439-454
- Durand-Claye. Dessèchement du lac Fuccino....................................32-38
- Eads. Jetées du Mississipi...................................................339
- Hauriau. Chutes d’eau souterraines : utilisation.................................358
- Hayward, Tyler et C•«. Pompe universelle à vapeur à action directe...........398
- Hervé Mangon et Durand-Claye. Résistance aux ballons dans l’air..............209
- Johnson et Robey. Filtres pour la purification de l’eau......................320
- Lacroix. Pompes pneumatiques.....................................................274
- Le Brun. Machines à vapeur destinées au service hydraulique de l’Exposition. 450
- Lefébure. Soupape de ballon, sans clapets........................................ 23
- Lockert. Branchements particuliers dans les égouts de Paris : modifications d’établissement.....................................................................350
- — Crues de la Seine : échelles hydrométriques..............................360
- — Eaux d’égout de Paris : épuration à Levallois-Perret.....................284
- — Eaux de la Vanne : élargissement des conduites de distribution...........287
- — École d’irrigation du Lézardeau........................................ 392
- — Machine aérostatique nouvelle............................................246
- — Navires de guerre italiens : le Tourville et VItalia..................... 22
- — Pèche des éponges aux îles Bahama...................................... 468
- — Presse hydraulique actionnée directement.................................107
- Louvrié {de). Stabilité absolue de l’oiseau dans l’air.......................201
- Quinette de Rochemont. Port d’Anvers, agrandissements. ...................... 80
- Richard. Cartes hydrogéologiques............................................... 272
- Rozès-Joly. Canal maritime de Darien ou de Panama. . ........................276
- Sidoroff. Canaux de l’Obi et de l’Yénisséi.......................................394
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-
- 480 ifeN» 52. — 28 Décembre 1878. — XXXVIIIe Année.
- Singleton-Hooper. Fusées de secours.........................................293
- Virlet d'Aoust. Percement de l’isthme de Darien.............................389
- Wigham. Canons à gaz pour signaux dans le brouillard. . ....................359
- BREVETS D’INVENTION.
- INSTRUMENTS DE PRECISION, ASTRONOMIE ET HORLOGERIE.
- Billviller. Observations météorologiques en Suisse.......................... 88
- Collin. Unification de l’heure dans Paris : remise à l’heure.............. 101
- Faber. Machine parlante américaine..........................................402
- Faye. Déviation de la boussole à bord des navires en fer : moyens d’y remédier. 207
- Flammarion. Passage de Mercure sur le soleil................................199
- Gruey. Bolide du 14 juin 1877............................................... 100
- Laharpe (de). Pistolets nouveaux à spirale hyperbolique.....................290
- Lockert. Horlogerie électrique, concours....................................... 79
- Loir. Tachéométrie............................................................ 135
- Mancel de Perceval. Expérience de Foucault reproduite....................... 5
- — Géoscope..................................................................470
- Marié Davy. Thermomètre-fronde................................................ 100
- Moncel (du). Condensateur chantant.......................................... . 471
- Parent. Instruments nouveaux pour le dessin.................................174
- Parville (de). Téléphone appliqué à l’observation des phénomènes du magnétisme terrestre............................................................. . 312
- Quet. Magnétisme terrestre, variations.........................................133
- Redier. Bascule à équilibre constant...............................!... 118
- Richard frères. Manomètre anéroïde extra-sensible nouveau système. ... 31
- Stévart. Appareil nouveau, pour vérifier les lois de la chute des corps........113
- Théodore. Horloge mystérieuse..................................................207
- Trêve. Embrayage électrique à bord du Desaix...................................399
- Valessie. Compteur différentiel................................................199
- Varey. Microphone Hughes : expériences.........................................198
- Vinot. Marées d’équinoxe.......................................................295
- PHOTOGRAPHIE, GRAVURE ET IMPRIMERIE.
- Brehmer. Machine à brocher............................'.....................231
- Bullock. Machine à imprimer perfectionnée, à margeur automatique............ 47
- Dufresne. Crayons Gilbert, fabrication.....................................192-195
- Dupuy et fis. Presse chromolithographique mécanique à râteau................229
- — Machine typographique à retiration........................................230
- Edison. Phonographe............................................................123
- Le Tellier et Verstraet. Rouleaux presseursen caoutchouc pour impressions. . 185
- Loire. Appareil à réduire et agrandir les dessins........................... 46
- Moncel (du). Phonographe : nouvelles applications..............................197
- Olivier-Mallhey. Clichés phonographiques.......................................254
- Pellet. Reproductions de dessins d’architecture et de machines..............125
- Phipson. Phonographe, nouvelle application.....................................183
- Poitevin. Progrès dans les applications de la photographie à l’industrie. . 126-135
- Trouillet. Numéroteurs typographiques et perforeuses......................... 420
- 122892 — Boiffn (les sieurs). Elimination du soufre phosphore des fontes.
- 122893 — Morin. Croisées et portes, système Morin.
- 122894 — Basset. Fabrication de l’ammoniaque.
- 122895 — Monnier. Générateurs à vapeur.
- 122896 — Terrel des Chênes. Filtre pour liquides.
- 122897 — Clarke. Machine à laver et rincer les bouteilles.
- 122898 — Seerelan. Avertisseur électrophonique.
- 122899 — Drevelle. Machine à percer.
- 122900 — Chauvin et Marin-Darbel (Société).
- Frein automatique pour appareils de levage.
- 122901 — Chauvin et Marin-Darbel'(Société).
- Construction économique d’une grue.
- 122902 — Croquet. Bottes à l’écuyère.
- 122903 — Fleischer. Appareil pour gouverner les navires.
- 122904 — Lévy. Mouvement de pendule.
- 122905 — Rogers. Fabrication des vis.
- 122906 — Guattari. Procédé de sculpture sur bois.
- 122907 — Fialont. Fabrication des mètres.
- 122908 — Réau et Chalmette. Mécanisme transformant un mouvement rectiligne en circulaire alternatif.
- 122909 — Walkerr et Stephenson. Appareils pour le peignage de la laine, etc.
- 122910 — Hamer, Métcalfe et Daviès. Appareils servant à l’alimentation des chaudières de locomotives, etc.
- 122911 — Jagger. Garniture pour organes de machines à vapeur, etc.
- 122912 — Charpin. Chaussure.
- 122913 — Guirand. Coussin hygiénique.
- 122914 — Morel-Fourrier. Cadran compteur et contrôleur.
- 122915 — Francon et Charmes. Introduction du sulfure de carbone et autres corps dans le sol.
- 122916 — Serin. Espagnolette.
- 122917 — Allain et Riviére-Dejean. Lavage de minerais.
- 122918 — Locqueneaux. Rince-bouteilles.
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- N° 52. — 28 Décembre 1878 . —XXXVIIIe Année. %ecl!ynolc%t!SÜ’ 481
- TABLE TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES FIGURES DES MATIÈRES.
- INTERCALÉES DANS LE TEXTE.
- — A •
- Figures. Pages.
- 1. Appareil à liquéfier l’oxygène. — Abattage des animaux de boucherie, nouveau procédé. — Lockert . . 96
- Raoul Pictet 3 Accidents des chemins de fer, en France. — Lockert. . . . . 15
- 2 à 5. Téléphone. — Graham Bell. 12 et 13 Action retardatrice des parois des courants liquides. — Boileau . . 398
- 6 et 7. Soupape de ballon, sans clapets. — Agrafes, ou crochets à ailettes apparentes, en fil métallique, applicables aux
- Ernest Lefébure 23 couvertures en bâtiment sur bois et fer. — Geoffroy. ... . . 388
- 8 et 9. Machines à vapeur. — Buffaud Aiguille de Cléopâtre : transport à Londres. — Lockert . . 72
- jreres < • • ouetol Alcaloïde nouveau. — Temet
- 10 à 12. 13. Sableuse automatique. — Paulin. Machine à' coudre à ressort. — 37 Alimentation des chevaux dans les grandes écuries industrielles. — Bixio. . . 159
- Gunzburger 44 Alizarine bleue. — Prud'hom . . 186
- 14. Appareil à agrandir et réduire Alliages des métaux doux : procédé pour les rendre sonores. — Silliman. . . . 132
- les dessins. — Loire 46 Aloès : matières colorantes dérivées. — Vax Singer - . . 457
- 15. Machine à imprimer perfection- Amadou : récolte et préparation. — Valyn . . 67
- née, à margeur automatique. Amidon nouveau. — Lockert . . 149
- — Bullock 47 Analyse d’une nouvelle matière tannante. — Eitner . . 130
- 16 à 18. Chemin de fer transversal à air — du vin : mémoire. —Roth . . 41
- libre, dans une rue de Paris. — Heusé 53. 55 et 69 Appareil à réduire et agrandir les dessins. — Loire . . 46
- 19. Machine à coudre les chapeaux de — contrôleurs.— Bninot . . 332
- paille. — Légat 71 — nouveau pour vérifier les lois de la chute des corps. — Stévart.. . . . . 113
- 20 et 21. Garnitures tubulaires de boîtes à Arbres à cire. — Napias . . 275
- étoupes.— Chavanne-Brun et fils 87 Arrache-betterave. — Olivier-Lecq . . 314
- 22 et 23. Système de remise à l’heure. — Ascenseurs: nouvel appareil desûreté. — Vanhymbeeck . . . . 151
- Collin 102 et 103 Avertisseur universel. — Pierre et Raynal . . 172
- 24. Métier Jacquard double de
- Schramm. — Antl 106
- 23. Presse hydraulique actionnée di- B
- rectement. — Lockert 108
- 26. Cisaille à main pour boulons et Baromètres vivants. — Costes . . 469
- rivets. — Lockert 109 Bascule à équilibre constant. — Rédier . . 118
- 27. Foret grande vitesse. —Lockert. 109 Baromoteur. — Gaston Bozérian . . 188
- 28. Nouvel appareil pour vérifier les Betterave : matières fertilisantes. —Pellet . . 329
- lois de là cli ute des cui ps« Stévart 115 — porte-graine : valeur nutritive. — Leclerc . . 343
- 29. Bascule à équilibre constant. — — système de triturateur. — Anduze . . 83
- Bédier 118 Bière de Bavière. — Boêns . . 450
- 30. Lampe autoxyde contre le grisou. Bismuth : minerais en Bolivie, au Pérou, et au Chili. — Domiecko . . 5
- Bouilenot 121 Blanchiment des fibres textiles animales. — Kallab. . . 409
- 31. Ventilation de la salle des fêtes — — végétales. — Beyrich . . 425
- au Palais du Trocadéro. — — des plumes. — Viol et Duflot . . 460
- Bourdais. . ‘ 142 Bois d’ébène, imitation. — Lockert . . 192
- 32 à 33. Théorie du régulateur cosinus. — — injectés au tannate de fer. — Ilatzfeld . . 452
- 36 et 37. Régulateur cosinus monté sur Bolide du 14 juin 1877. — Gruey . . 100
- valve d’admission combinée Bougie, huile et gaz : pouvoirs éclairants comparés. — Darcel . . 315
- avec soupape d’arrêt. — Buss. 167 Bouillon : opinions nouvelles. — Lmsana . . 291
- 38 à 40. Diaphanomètre. — Savalle. 169 et 171 Branchements particuliers dans les égouts de Paris : modifications d’établisse-
- 41 et 42. Baromoteur. — Gaston Bozérian, 188 ment. — Lockert . . 350
- 43 à 45. Stabilité absolue de l'oiseau dans Bronzes employés couramment : composition. — Hauvel . . 369
- l’air. — De Lcuvrié. . . 202 et 204 — et cuivre phosphoreux : fabrication pratique. — Lehmann frères.. . . . 381
- 46. Résistance au mouvement des — phosphoreux, préparation et théorie. — Guillemin . . 382
- ballons dans l’air. — Hervé-
- Mangon et Léon Durand-Claye. 210
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-
-
- 482 jfe N° 52. — 28 Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée.
- c
- Câble télégraphique de Berlin à Cologne, Franefort et Strasbourg. — Lockert. . 451
- Cacao : appareil de torréfaction. — Lambert.......................................280
- Canal maritime de Darien ou de Panama. — Rozès-Joly...............................276
- Canaux de l’Obi et de l’Yénisséi. — Sidoroff.............................. 291
- Canelle. — Faure..................................................................406
- Cannibale du phylloxéra. — Laliman................................................ 36
- Canons à gaz, pour signaux dans le brouillard. — Wigham........................359
- Carburation du gaz de l’éclairage, au moyen de l’huile de pin. — Charavel. . 67
- Cartes hydrogéologiques. — Richard................................................272
- Chariot p’our le déchargement des pierres. — Folacci...........................278
- Chaudières et machines à vapeur. —Boyer.. . ...................................235
- Chauffage à vapeur distribué à domicile. — Lockert.............................155
- — des wagons de chemins de fer. — Regray..................................... 65
- — des wagons, tramways et bateaux à vapeur. — Guitard........................154
- Chaux : analyses et essais. — Morize et Fontaine..................................406
- Chemin de fer suspendu, à câbles métalliques. — Cotelle.................... 375-405
- . — . transversal à air libre, dans une rue de Paris. — Heusé. . . . 53-63
- — en Asie-Mineure. — Lockert............................................453
- Chlorure de chaux sec : fabrication mécanique. — Malètra.......................289
- — de méthyle, employé à produire les basses températures. — Vincent. 153-265
- Chronographe. — Lethuilîier et Pinel..............................................373
- Chutes d’eau souterraines : utilisation.—Hanriau.. ............................358
- Cigares de la Havane, falsification............................................... 70
- Ciment colle-forte.—Bôttger...................................................... 117
- — de Portland : résumé d’analyses et d’essais. — Quillot frères..........110
- Cisaille à main, pour boulons et rivets. — Hirzel......................... 109
- Clichés phonographiques. — Olivier-Mathey.........................................254
- Clous fabriqués avec de vieux rails. — Powel...................................158
- Coloration des jouets : arrêté ministériel. — Lockert..........................263
- Coloration du zinc.—Lockert. . ...................................................158
- Colorimètre. — Nanquette..........................................................362
- Columbium : nouveau métal. — Hatchett..........................................132
- Combustion industrielle du pétrole. — Lockert..................................432
- Compteur différentiel. — Valessie.................................................199
- Compteurs d’eau de divers systèmes. — Casalonga. .......................... 439-454
- Condensateur chantant. — Du Moncel.............................................471
- Conserves pour la cavalerie. — Lockert......................................... 42
- Corse : industrie séricicole. — Carlotti.......................................220
- Couleur préservatrice du fer. — Ahdémar........................................ 73
- — inoffensives pour la peinture des jouets d’enfants. — Turf in..........146
- Courroies en caoutchouc. — Pavoux et Cie.......................................383
- Couverts en fer battu et en étain, fabrication. — Rouilhet.....................381
- — en maillechort, fabrication. — Bouilhet................................365
- — généralités sur la fabrication. — Bouilhet.............................394
- Crayons Gilbert, fabrication. — Dufresne......................................192-195
- Creusets, fabrication à la machine. — Dor......................................433
- Cristallisation de la silice par voie sèche. — Hautefeuille....................212
- Crues de la Seine : échelles hydrométriques. — Lockert.........................360
- Cubilots avec circulation d’eau. — Lockert.....................................461
- Culture à la vapeur avec les appareils John Fowler et Cie. — Decauville ainê. 212-221 Culture du tabac en Suisse. — Lockert.............................................448
- — hivernale de la pomme de terre. — Telliez.............................. 96
- Cylindre du Foudroyant. — Schneider et C»«.....................................420
- D
- Davyum : nouvelles recherches. — Serguis-Kern............................ 28
- Décoloration des fleurs. — Schnetzler....................................470
- Défibreur pour cannes à sucre.—Faure. . .................................233
- 47 et 48. Culture à la vapeur. — Decauville aîné........................213 et 222
- 49. Lampe autoxyde. — De FonvieUe. 226
- 50. Régulateur de détente. — Hall et
- Windsor........................228
- 51 à 53. Chaudières et machines. — Ed.
- Boyer.............. 236, 237 et 238
- 54 et 55. Vélocipède tricycle à vapeur. —
- Perreaux........................242
- 56 et 57. Pompes mues par le baromoteur.
- — Gaston Bozêrian. . . 244 et 245
- 58. Production du froid au moyen
- du chlorure de méthyle. — Camille Vincent...................265
- 59. Grue fixe à vapeur et à bras. —
- Voruzainé.................... 267
- 60. Chariot pour décharger les pier-
- res de taille. — Folacci. . . . 278 61 à 63. Machines à vapeur (genre Com-pound) à tiroirs équilibrés. — Macobies, Thiollier et Gué-raud......................... 300, 301 et 302
- 64. Arrache - betteraves. — Olivier
- Lecq.......................... 315
- 65. Machine horizontale fixe, à petite
- vitesse et à condensation. —
- Bréval. .......................323
- 66 à 69. Nettoyeur, mouilleur et bluterie.
- — Rose frères. . . 334, 335 et 336
- 70. Machine à griller les tissus au
- gaz. — Pierron et Dehaltre. . 341 71 à 73. Tuiles métalliques galvanisées ou
- vernies. — Menant..............349
- 74 à 80. Frein continu, automatique et instantané. — Westinghouse,
- 352, 353, 354, 355, 356 et 357 78bi* à 80bi». Colorimètre. — Nanquette. . . 363 81 et 82. Graisseur de cylindres à vapeur.
- — Consolin..................371
- 83. Machine rotative. Raffard. . . . 373
- 84. Chronographe. — Lethuilîier et
- Pinel......................374
- 85. Machine à tirer à poil en travers.
- Delamare et Chandelier. . . . 386
- 86. Sifflet d’alarme, sans flotteur. —
- Per rot te..................395
- 87 et 88. Palier graisseur à hélice. — llé-
- thouart et Brault...........397
- 89. Embrayage électrique. — Trêve. 400
- 90. Machine à agglomérer les menus
- de houille. — Billuu.......417
- 91 à 95. Poulie de sécurité pour monte-charges et ascenseurs, système Mégy, Echeverria et Bazan. — Sautter, Lemonnier et Ce 418 et 419 96 à 103. Fabrication des savons à la machine. — Beyer frères. . 430 et 431
- 104. Machine à vapeur locomobile.—
- Damey........................437
- 1054107. Soudure directe des pièces de
- fonte. — De Luharpe. . 443 et 444 1084113. Perforateur Vicoigne-Nœux —
- Guenez................. 446 et 447
- 114et 115. Pile 4 papier. — Bèthouart et
- Brault. ....................467
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-
- N° 52. — 28 Décembre 1878. —XXXVIIIe Année.
- ^edjuo lacs Û5 te
- 483
- BREVETS D'INVENTION.
- 122920 — Geiger. Machines à fabriquer les tubes de papier pour filature.
- 122921 — Brunswick. Annonces industrielles sur carafes, etc.
- 122922 — Loeb. Protection des organes respiratoires.
- 122823 — Mariin. Roue en fer à deux jantes.
- 122923 — May an. Verre dans la fabrication des moulures.
- 122924 — Decauville. Voies ferrées et matériel qui s’y rapporte.
- 122925 — Guislain. Produits alimentaires à base de coca du Pérou.
- 122926 — Gandrille. Semoirs pour répandre régulièrement les -poudrettes, etc.
- 122927 — Richmond. Téléphones.
- 122928 — Prêtât. Eteignoir.
- 122929 — Schultz. Utilisation des matières combustibles.
- 122930 — Belleroche. Chauffage de trains de voyageurs.
- 122931 — Lejeune, Decouflé et Cie. Machines à fabriquer les cigarettes.
- 122932 — Adams. Décoration de la porcelaine, etc.
- 122933 — Box. Roulettes pour meubles.
- 122934 — Bouilliant. Rouleaux compresseurs pour macadam.
- 122935 — Bijur. Volet perfectionné.
- 122936 — Sauvalle. Tourne-pages musique.
- 122937 — Edwards. Embauchoirs.
- 122938 — Houzeau et Goutierre. Four pour calcination et distillation.
- Désincrustant nouveau, pour chaudières à vapeur. — Lockert..................108
- Désinfection des futailles. — Garder. . . .....................r............ 96
- Dessèchement du lac Fuccino. — Durand-Claye.................................32-38
- Détachage des étoffes, par l’acide sulfureux. — Valyn.......................345
- Déviation de la boussole sur les navires en fer, et moyens d’y remédier.— Paye. 207
- Diaphanomètre. — Savait e...................................................169
- Diffusion : appareil de la Société anonyme de Prague. — Lecointe et Villette. . 331
- Dosage de l’acide hyposulfureux dans les dissolutions d’hyposulfite double de pa-
- tassium et de bismuth. — Carnot..........................................116
- Dosage de l’amidon dans le papier. — Wurster. . ............................465
- — par procédé nouveau, de l’extrait sec des vins. — Houdart. .... 305-313
- Dynamite employée à l’enfoncement des pieux et des pilotis. — Lockert. ... 64
- — employée à l’obtention des matières alimentaires. — Cymos............448
- E
- Eau-de-vie, coloration artificielle. — Caries..................................... 35
- Eaux d’égout de Paris : épuration à Levallois-Perret. — Lockert...................284
- Eaux de la Vanne : élargissement des conduites de distribution. ...... 287
- Echauffement particulier d’une barre de fer. — Him.............................361
- Eclairage électrique nouveau système. — Rapieff................................337
- — et chauffage par l’électricité. — Edison................................338
- Eclairage par le gaz naturel. — Lqckert........................................275
- Ecole d’irrigation du Lézardeau. — Lockert........................................392
- — considérations d’hygiène. — Lesgaft........................................ 72
- Effets des parfums sur la santé.—Lockert. ............................ 469
- Egouts de Paris : achèvement du réseau. — Cadet................................288
- Embrayage électrique à bord du Desaix. — Trêve. ...............................399
- Enduit contre l’humidité. — Sylvestre.......................................... 38
- Enduits hydrofuges Môller. — Salmon........................................ . 407-422
- Epierreur-Collas. — Lecointe et Villette.......................................257
- Eponges de toilette : nettoyage et blanchiment. — Valyn........................379
- Essieu tubulaire à graissage automatique pour wagons de mines et autres véhicules. — Dessard............................................................... 15
- Etablissements de blanchissage, en France. — Sergueeff.........................379
- Etat moléculaire des métaux. — Schutzenberger..................................217
- Expérience de Foucault reproduite. — Mancel de Perceval........................ 5
- Exposition du papier. — Lockert................................................387
- Extincteur des incendies. — Rolland........................'...................442
- F
- 122939 — Tierce frères. Tour à fileter, etc.
- 122940 — Magnes-Lahens. Poudre dite : goudron pulvérulent.
- 122941 — Magnes-Lahens. Goudronnière-fil-tre au goudron pulvérulent.
- 122942 — Lelièvre. Plateau-cadre pour plier des tissus.
- 122943 — Vimont. Machine à mesurer les tissus en laine.
- 122944.— David. Fabrication du velours épinglé.
- 122945 — Montigny. Coffret inodore.
- 122946 — Holzinger. Appareils à filtrer.
- 122947 — Kokosinski. Cylindre à décanter les liquides.
- 122948 — Renard et de Lahaye. Elévateurs.
- 122949 — Prat. Fabrication des chapeaux.
- Fabrication du fromage en Franche-Comté. — Heuzé. . . . 215-224-231-239-247
- — nouvelle d’étoffes avec les déchets et les rebuts. — Rydill............303
- Faïences émaillées décoratives.—Lœbnitz...................... . ............165
- Falsification du vin, en Allemagne. — Tauchert.............................. 96
- Fer : expériences pour lui enlever le phosphore. — Baker....................138
- Fer ou acier, extrait directement des minerais. — Dupuy.....................147
- Feux de cheminée, extinction rapide. — Quéquet..............................326
- Filtres pour la purification de l’eau. — Johnson et Robey...................320
- Fluorescéine et éosine. — Cahours...........................................145
- Fondations de pont dans les terrains vaseux. — Lockert......................294
- Fonte, fer, acier Bessemer et acier Martin, transformés, sans fusion, en acier
- fin. — Vallod............................................................149
- Fonte de manganèse. — Jordan................................................227
- Foret à grande vitesse. — Lockert..............................................109
- Forêts : conservation et propagation en Amérique. —Lockert.............' 327-344
- Four à briques nouveau. — Forster............................................166
- Four à chalumeau pour chauffer régulièrement de longues pièces d’acier. —
- Brunstlein..................................................................259
- Four à noir.—Biaise. ..........................................................258
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- 484 £( (Lfcl)U0ll4ÿt!5tC N° 52. — 28 Décembre 1878. —XXX VIIIe Année.
- Four mécanique à puddler. — Howson et Godefroy.............................131
- Foyer nouveau, à étages multiples, pour l’emploi des combustibles pulvérulents
- et pauvres. — Michel Perret............................................. 76
- Frein continu automatique et instantané. — Westinghouse....................331
- Fumier transformé en papier. — Lockert.....................................140
- Fusée de secours. — Singleton-Hooper.......................................293
- G
- Galerie d’écoulement de Rotschemberg, aux mines de Freiberg. — Lockert. . . 6
- Gallium : nouvelles données. — Berthelot....................................... 89
- Garance ; avenir de cette industrie. — Depierre................................ 17
- Garnitures tubulaires pour boîtes à étoupes. — Chavanne-Brun et fils........... 87
- Gaz naturel et pétrole employés au chauffage en général, et à la fabrication
- du noir de fumée. — Blanc...................................................441
- Gaz des foyers métallurgiques ; composition et emploi industriel. — Cailletet. . 7
- Générateurs solaires. — Mouchot................................................187
- Géoscope. — Manuel de Perceval.............................................. 470
- Gomme explosive. — Nobel.......................................................2.6
- 'Graisses industrielles et huiles d’éclairage. — Delettrez.....................273
- Graisseur pour cylindres à vapeur. — Consolin..................................370
- Grattoir à fumée perfectionné. — Daulton.......................................383
- Gravure sur verre par l’électricité. — Planté.................................. 23
- Grisoumètre portatif. — Coquillon.................*............................433
- Grue fixe à vapeur et à bras. — Voruz aîné.....................................266
- H
- Hôpital de Berck-sur-Mer : travaux de protection. — Stœcklin.................283
- Horloge mystérieuse. — Théodore..............................................207
- — électriques, concours. — Lockert..................................... 79
- Huile de coton. — Codina Langlin.............................................193
- — de pieds de mouton. — Chateau........................................249
- — de ricin employée pour la préparation des cuirs. — Lockert. . ... . 10
- I
- Instruments nouveaux pour le dessin. — Parent..................................174
- Intoxication par les sels de cuivre. — Galippe................. . . . •........248
- J
- Jetées du Mississipi. — Eads
- 339
- K
- Kermès animal ou végétal. — Max Singer...........................281
- L
- Lait et ses dangers. — De Pietra Santa..........................................292
- Laitiers de hauts-fourneaux : procédas d’utilisation. — Wood.................... 26
- Lampe autoxyde : accident des mines de Haydock. — W. de Fonvielle...............223
- — autoxyde contre le grisou. — Boullenot.. ...............................121
- — électrique nouvelle. — Beynier..........................................194
- Lignes télégraphiques en Chine. — Lockert....................................... 36
- Lumière agissant sur les laines à teindre. — Reimam............................. 18
- 122930 — Villeneuve, Delonde et Cie (Société).
- Emploi de la faïence, etc., dans , la construction des pendules.
- 122931 — Lissagaray. Foyer pour combustible liquide.
- 122932 — Lissagaray. Surchauffeur avec accessoires.
- 122933 — Johnson, Staples etBarradell. Machines pour peigner la laine.
- 122934 — Bildè. Fermeture coulissée.
- 122933 — Breguet. Téléphone capillaire.
- 122936 — Wiebe. Procédé pour isoler les fils télégraphiques.
- 122937 — Büttner. Appareil à réunir, etc., les forces hydrauliques.
- 122938 — Hack. Briquettes en tourbe.
- 122939 — Kayser. Echalas de vignes, etc.
- 122960 — Carbonneaux. Patin articulé pour boutons de manchettes, etc.
- 122961 — Alessandri. Appareil économique pour la consommation du gaz.
- 122962 — Lowe et Dwight. Surchauffage de la vapeur et fabrication des gaz de chauffage, etc.
- 122963 — Thivel, Morlet et Cie. Appareil pour régler sur métiers, l'enroulement des tissus.
- 122964 — Delvincourt-Aubertin. Frette pour voitures.
- 122963 — de Lort-Sérigmn. Etrier.
- 122966 — Gontard (demoiselle). Etau à pression parallèle.
- 122967 — Guislain. Produits alimentaires à base de coca.
- 122968 — Cecchinelli (demoiselle). Corset napolitain, brassière milanaise.
- 122969 — Decroix. Appareil préservateur pour wagons, etc.
- 122970 — Fauvelle-Delebarre fils. Peigne à chignon électro-voltaïque.
- 122971 — Morel - Delaunay. Recouvrements pour passages souterrains de fils-signaux.
- 122972 — Oeschger-Mesdach et Cie. Chauffage au gaz des fours à zinc.
- 122973 — Sublet. Fabrication de fers achevai.
- 122974 — Mattson. Irrigateurs ou clysopom-pes.
- 122973 — Brun. Ventilation directe.
- 122976 — Brun. Ventilateur-remontoir.
- 122977 — Darras (dame). Bourse <Je voyage pour dames.
- 122978 — Drache. Appareils à chauffer et à refroidir.
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- N°52. — 28 Décembre 1878.— XXXVIII'Année. 1kechtt(îl(Kj[i)3tV 48S
- 122980 — Laurent. Filtre-presse pour extraction des huiles de graines, etc.
- 122981 — Lapostolle-Levêque. Houe à bras.
- 122982 — Gautier (les sieurs). Pince-nez ressort.
- 122983 — Thomas. Vaisselle et autres articles cuirassés. f
- 122984 — Chappèe. Pompes aspirantes à jet continu.
- 122983 — Morel. Signal pneumatique établissant la correspondance des voyageurs avec le chef de train.
- 122986 — Coulier. Bride de sûreté pour chevaux.
- 122987 — Nemitz. Cadran lumineux.
- 122988 — Paris et Bonnard. Carafe pour l’absinthe.
- 122989 — Louit et Goursseau. Publicité industrielle sur plans des villes, etc.
- 122990 — Antoine. Enduit applicable au bouchage des vins.
- 122991 — Aillaud. Profils faits au tour.
- 122992 — Valentin. Fabrication des pipes à fumer, etc.
- 122993 — Chapuis. Robinets-bouchons pour bidons, etc.
- 122994 — Hanzer. Colliers pour ressorts de voitures.
- 122995 — Bazin. Appareil de dragage.
- 122996 — Sellier. Emploi des émaux.
- 122997 — Borzonne et Ravetta. Jouet dit : trompette-parisienne.
- 122998 — Nickerson. Granulation des matières ligneuses.
- 122999 — Griffiths. Propulseurs à hélice.
- 123000 — Shepherd. Machines à enlever les coutures des chiffons. ¥
- 123001 — Pierrard. Décoration des éventails, etc.
- 123002 — Bodson et Madge. Machine à tailler les limes.
- 123003 — Bodson et Mudge. Machine à tailler les râpes.
- 123004 — Thiriet. Fabrication des ardillons de boucles.
- 123005 — Goupil. Sommier-matelas.
- 123006 — Charles. Machine à laver le linge, etc.
- 123007 — Roumêas. Miroir à alouettes.
- 123008 — Besset. Boîte - conserve alimentaire.
- 123009 — Baudrimont. Force motrice dite : pyrodynamie.
- 122979 — Caso. Moulin à vent.
- M
- Machines à agglomérer les menus de houille. — Billan............................416
- — à brocher. — Brehmer..................................................231
- — à coudre les chapeaux de paille. — Légat.............................. 70
- — à coudre : nouveau système de moteur à ressort. — Gunzburger. ... 44
- — à dresser les meules de moulin. — Roger et fils....................... 20
- — aérostatique nouvelle. — Lockert.......................................246
- — à étirer les tissus. — Marcadier...................................... 97
- — à faire les pavés. — Ward.............................................451
- — à griller les tissus au gaz, système Blanche. — Pierron et Dehaitre. . . 340
- — à imprimer perfectionnée, à margeur automatique. — Bullock............ 47
- — à laver la laine. — Jubier............................................177
- — à tricoter. — Reynard..................................................... 98
- — à vapeur. — Walschaert................................................421
- — à vapeur destinées au service hydraulique de l’exposition. — Le Brun. . 150
- — à vapeur fixes, mi-fixes et locomobûes. — Damey. ..........................436
- — à vapeur genre Compound, à tiroirs équilibrés. — Macabies, Thiollier et
- Guêraud..................................................................299
- — à vapeur horizontales et verticales. — Bvffaud........................ 29
- — à vapeur rotative. — Raffard.............................................. 372
- — à vapeur système Corliss, exposée à la section américaine. — Wheelock.. 436
- — à vapeur système Corliss, exposée à la section française. — Farcot.. . . 438
- — à vapeur Zimmermann. — Lecointe et Villette............................253
- — d’extraction à quatre câbles. — Croix..................................386
- — frigorifique. — Giffard et Berger......................................346
- — horizontale fixe, à petite vitesse, et à condensation. — Bréval........322
- — nouvelle à tirer à poil en travers. — Delamare et Chandelier...........385
- — parlante américaine. — Faber...........................................402
- — pilon-Compound. — Schneider et Ci».....................................420
- — typographique à retiration. — Dupuy et fils............................230
- Magnétisme terrestre, variations. — Quet............................................133
- Maisons de carton aux Etats-Unis. — Lockert.....................................111
- Manomètre anéroïde extra-sensible : nouveau système. — Richard frères. ... 31
- Marées d’équinoxe. — Joseph Vinot. .............................................295
- Marteau-pilon du Creusot. — Schneider et Cie.................................... 27
- Mastic pour coller le bois avec des matières d’une autre nature. — Elssner. . . 159
- Mercure et plomb, contre-poison. — Melsens......................................181
- Métier Jacquard double de Schramm. — Antl.......................................105
- Meules artificielles en émeri, et autres composés. — Casalonga..................347
- Microphone Hughes, expériences. — Varey............................................ 198
- Minerais de bismuth et d’antimoine du département de la Corrèze. — Carnot.. 461
- — de fer, de Meurthe-et-Moselle. — Lockert............................... 77
- — — traitement. — Imbs et Jouanne........................................138
- — de mercure : nouveau traitement préservant de l’intoxication mercu-
- rielle. — Berrens........................................................338
- Mines de fer : recherche à l’aide du magnétisme. — Thalèn.......................156
- Moteurs à gaz : étude générale. — Armengaud jeune fils....................... 84-90
- — à vide d’air. — Regge......................................................173
- Moulage des alliages de cuivre et de nickel. — Guillemin........................393
- Moulin-batteur; farine sans meules. — Toufflin......................................325
- — nouveau à pressions successives et indépendantes, pour l’extraction du
- vesou. — Rousselot.. . ..................................................411
- — nouveau repressant la bagasse deux fois isolément.. — Rousselot. . . . 427
- Moyens de transport, aux époques primitives. — Robert........................... 16
- N
- Navires de guerre italiens : le Tourville et Yltalia. — Lockert,
- Nettoyeur, mouilleur et bluteries. — Rose frères..........
- Nickélage. — Kayser.......................................
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- 486 (Lecljnalo^iôtf N°52.— 28 Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée.
- Nickéline, nouvel alliage de cuivre et de nickel. — Guillemin...................364
- Nickel pur, en Amérique. — Lockert..............................................463
- Noir animal artificiel. — Pilter................................................428
- — d’aniline, applications. — Grawitz........................................ 9
- — — au cériqpi. — Weidinger................................................297
- Numérotage des fils, unification. — Roy.........................................177
- Numéroteurs typographiques, et perforeuses.— Trouillet..........................120
- O
- Observatoires météorologiques en Suisse. — Bilîviller...................... 88
- Œufs : conservation, tant pour l’alimentation que pour l’industrie. — Nolot. . 19
- Origine des tramways. — Lockert............................................184
- Outillage mécanique aux États-Unis. — Regnard.............................. 60
- Outremer rose.—Reber........................................................ 426
- Oxygène, liquéfaction.—Pictet................................................. 2
- P
- Pal distributeur. — Gueyraud...................................................190
- Paléophone, téléphone parlant. — Cross......................................... 48
- Palier graisseur à hélice. — Bétkouart et Brault............................397
- Passage de Mercure sur le soleil. — Flammarion..............................199
- Passementerie irisée. —Hélouis.................................................219
- Pâtes et poudres employées par les Chinois, pour produire des boissons alcooliques. — Lockert............................................................ 214
- Pêche des éponges, aux îles de Bahama. — Lockert............................468
- Peinture blanche, au sulfure de zinc.—Phipson.. . ..........................298
- — d’émail à base de silice hydratée. — Phipson.........................284
- Percement de l’isthme de Darien. — Virlet d'Aoust...........................389
- Perforateur Vicoigne-Nœux. — Guenez............................................445
- Phare d’Ar-Men. — Ploix........................................................269
- Phonographe. — Edison. '.......................................................123
- — nouvelle application. — Phipson..........................................183
- — nouvelles applications. — Du Moncel..................................197
- Phosphate de chaux vitreux. — Sidot.........................................117
- Pierre de taille de Saint-Même. — Ponsardin et Cie..........................387
- — précieuses artificielles. — Monnier, Frémy et Feil................... 50
- Pile à gaz oxygène. — Becquerel............................................. 80
- — à papier perfectionnée. — Béthouart et Brault..........................467
- — dans laquelle l’électrode attaqué est du charbon. — Jablochkoff........ 3
- Pipes en terre, fabrication. — Clouèt.......................................308
- — se culottant seules. — Clouêt.............................................319
- Pistolets nouveaux, à spirale hyperbolique. — De Laharpe.......................296
- Plâtres à prise lente : cuisson et fabrication. — Landrin......................310
- Poisons de notre intimité : plomb et chrôme. — Lockert.........................194
- Pompes mues par le baromoteur. — Bozérian...................................244
- — pneumatiques. — Lacroix............ . 271
- — universelle à vapeur, à action directe. — Hayward, Tyler et Cie.........398
- Pont au Michigan, sur la Grande-Rivière. — Lockert..........................160
- Ponts à piles tubulaires en fonte. — Reiche.................................152
- — sur le Bosphore. — Eads et Lambert................................... 38
- Port d’Anvers; agrandissements. — Quinette de Rochemont.....................180
- Poulies de sécurité pour monte-charges et ascenseurs, système Mégy, Echever-
- ria et Bazan. — Sautter, Lemonnier et Cie.................................417
- Préparation des soieries pour la teinture. — Max Singer.....................129
- Presse chromolithographique mécanique à râteau. — Dupuy et fils.............229
- — hydraulique actionnée directement — Lockert..........................107
- — Lallouette, et appareil à cuire. — Lecointe et Villette..............257
- Progrès dans les applications de la photographie à l’industrie. — Poitevin.. 126-135 Propulseur pour la navigation dans l’air et dans l’eau. — Braconnier. .... 391
- 123010 — Salichon. Métiers de rubans à la Jacquard.
- 123011 — Jabæuf. Lampe.
- 123012 — Hicks. Bouchage des bouteilles, etc.
- 423013 — Volters. Fabrication d’acide sulfurique anhydre.
- 123014 — Lawson. Genre de commande pour métiers à filer, etc.
- 123015 — Lascols. Appareil carburateur.
- 123016 — Roze. Tapis liège français.
- 123017 — Clark. Tondeuses pour cheveux et laine.
- 123018 — Damoizeau et David. Combinaison de la chaîne Galle, avec un engrenage à denture.
- 123019 — Bmgen. Robinet-soupape de conduite d’eau.
- 123020 — Henry fils. Laminoir à déplacement latéral.
- 123021 — Martin. Clapet pour entonnoirs, etc.
- 123022 — Sardin, Roux, Bazin et Ci0 (Société). Flacon ou flask à deux goblets.
- 123023 — Rainaud et Mercier. Générateur à vapeur chauffé par le gaz.
- 123024 — Larché. Renvideui*s.
- 123025 — Morichon et Trouvez. Echelle de sauvetage.
- 123026 — Reuchsel. Appareil dit : sonogra-phe.
- 123027 — P asturel. Caisse d’ensevelissement.
- 122028 — Mollière. Montage de métier à tisser.
- 123029 — Dêchamp. Broyeur universel Déchamp.
- 123030 — Fudez. Etuis pour recevoir l’or, etc.
- 123031 — Paur. Emploi des cendres de pyrites de fer grillées.
- 123032 — Marland. Fourrotatoireàpuddler.
- 123033 — Michelat. Malle et cantine à lit.
- 123034 — Rouen et Barras. Jouet d’enfant.
- 123035 — Pagis. Système de charrue.
- 123036 — Trickett. Machine à aiguiser les tondeuses.
- 123037 — Carré et Vitasse. Sujets décoratifs articulés.
- 123038 — Laugère. Moteur à force excentrique.
- 123039 — Massm père et fils (Société). Fabrication d’un cadre mécanique pour photographie.
- 123040 — Rosenfeld (les sieurs). Tire-bot-
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- N°52. —28 Décembre 1878.—XXXVIIIeAnnée. £c XÎLCi*!)C 487
- 123041 — Bemhard. Savon dit : le dégraisseur.
- 123042 — Albaret et Cie. Eclairage électrique.
- 123043 — Vico. Tirage au sort des valeurs à lots.
- 123044 — Délayé. Insufflation des poudres insecticides.
- 123045 — Beer. Métier à tricoter.
- 123046 — Deschamps. Brodequin.
- 123047 — Mosquera. Appareils à égrener le café, etc.
- 123048 — Stephan. Fabrication du gaz hydrogène carburé.
- 123049 — Kautz. Machines à coudre.
- 123050 — Delporte. Nouveau tissu.
- 123051 — Carred. Plume à double usage.
- 123052 — Gryson. Robinet pour faire mousser la bière.
- 123053 — Gosset. Fourneaux de cuisine.
- 123054 — Robin. Moteur pour jouets d’enfants.
- 123055 — Boudeau. Eventails en métal.
- 123056 — Mayer. Patte en caoutchouc pour vêtements.
- 123057 — Cartier-Saint-René. Appareil dit : géogyroscope
- 123058 — Monsion. Lanterne.
- 123059 — Bertrand. Câble de sûreté pour ascenseurs.
- 123060 — Marchand. Cadre-écrin.
- 123061 — Braun. Locomotive pour l’alimentation par le pétrole.
- 123062 — Main et fils. Produit à désincrus-ter les chaudières à vapeur.
- 123063 — Boissonnet. Cartouchière.
- 123064 — Edart. Appareil pour le rangeage des vins.
- 123065 — Leycuras. Chaussure cuir et bois.
- 123066 — Libby. Fabrication de la chaussure.
- 123067 — Koeller. Bouchon pour bouteilles.
- 123068 — Brenzinger. Fixation des bandages sur les roues de chemins de fer.
- 123069 — Mac Neale. Nettoyage des rails de tramways.
- 123070 — Chatel. Garniture pour courroies.
- 123071 — Muraire. Système supprimant les cordons des rideaux.
- 123072 — Regimbaud. Ferrure mobile pour rideaux.
- 123073 — Letang. Moules pour chocolats, etc.
- 123074 — Magniat. Bourrelet, mauvais conducteur de la chaleur.
- Protection du fer contre la rouille. — Bower............................... 340
- Puits naturel de pétrole épuré. — Lockert.......................................156
- R
- Rails en acier Bessemer ; fabrication en Amérique. — Lockert..................261
- Rail-longuerine, d’une seule pièce en acier. — De Soignie.....................331
- Régulateur-cosinus monté sur valve d’admission, combinée avec soupape d’arrêt. — Buss, Sombart et C®......................................................407
- Régulateur-cosinus, théorie. — W. Buss........................................404
- — de détente. — Hall et Windsor..................................... 227-262
- — de lumière électrique. — Reynier............................................
- Relais pour appareils télégraphiques. — Tommasi...............................433
- Reproductions de dessins d’architecture et de machines, — Peïïet..............125
- Résistance aux ballons dans l’air. — Hervé-Mangon et Durand-Claye.............209
- Roues de wagons en fonte. — Ganz..............................................454
- Roues en fer forgé. — Schwartzkof.............................................437
- Rouleaux presseurs en caoutchouc, pour impressions. — Le Tellier et Verstraet. 185 Routes nationales : entretien. — Lockert........................................279
- S
- Sables pour la fonderie de bronze ; préparation. — Lehmann frères................368
- Sableuse automatique. — Paulin................................................... 37
- Savons de toilette : machines et fabrication. — Beyer frères................... 430
- Sciage direct des arbres à la vapeur. — Ransome et de............................261
- Sifflet d’alarme sans flotteur. — Perrote........................................395
- Solutions sucrées : influence de la lumière. — Motten et Pellet.................. 49
- Soude caustique, nouveau procédé de fabrication. — Bazin.........................289
- — caustique, nouveau procédé de fabrication au moyen du fer spathique.—
- De la Souchère. ......................................................321
- Soudure directe des pièces de fonte. — De Laharpe................................443
- Soupape de ballon sans clapet. — Lefébure........................................ 23
- Spectre ultra-violet. — Cornu....................................................153
- Spirophore. — Woillez.............................. . .-.........................479
- Stabilité absolue de l’oiseau dans l’air. — De Louvrié. .........................201
- Substances nouvelles antiseptiques. — Koller..................................... 33
- Sucre de lait : fabrication en Suisse. —- Lockert................................ . 70
- Sucre; nouveau procédé d’extraction. — Loevig.................................... 49
- — procédé de raffinage en fabrique. — Mérijot.............................. 81
- — réactif de l’eau potable. — Reynolds.....................................255
- Sucreries ; nouveau procédé de travail. — Lœwig.................................. . 42
- Sulfuraire, formation.— Filhol............................................... . . . 259
- Surchauffage de la vapeur. — Perreausc...........................................324
- T
- Tachéométrie. —Erasme Loir......................................................135
- Tannage au moyen de l’extrait de bois de châtaignier. — Lockert.............. 34
- — au moyen des sels métalliques. — Knapp................................ 59
- — des peaux: nouveau procédé. — Paesi................................... 58
- Tannin : dosage dans les écorces de chêne. — Perret.......................... 33
- Teinture de la paille en noir. — Lockert.....................................345
- — des cheveux par le Henné. — Coulier...................................414
- — du bois en noir : cinq procédés. — Lockert............................ 57
- Téléphone à ficelle : expériences d’acoustique. — Millar........................321
- — appliqué à l’observation des phénomènes du magnétisme terrestre. —
- DeParville...................................................................312
- Téléphone aux mines de Ferfay. — Lockert..................................... . 287
- — nouveau. — Righi.........................................................285
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- 488 £e '(IwljttOlOjjitfU N° 0-2. — 28 Décembre 1878. — XXXVIIIeAnnée.
- Téléphone : nouvelles données. — Bréguet.....................................112
- — perfectionnements. — Trouvé...............................*........... 79
- — télégraphe parlant. — Bell............................................ 10
- Température des vapeurs émises par les jus sucrés. — Chivot..................234
- Temple à pinces élargisseuses, nouveau système. — Brulé......................138
- Thé : culture dans l’Inde anglaise. — Lockert................................ 21
- — Falsification en Angleterre. — Lockert................................ 69
- Théorie nouvelle de la chaudière à vapeur. — Wemer...........................243
- Thermomètre fronde. — Marié Davy.............................................100
- Tissu nouveau pour le turbinage des sucres. — Liebermam......................305
- Train pour le transport des blessés. — Lockert...............................286
- Travail des hauts-fourneaux : méthode graphique pour le contrôler. — Kent. . 74
- Traverses d’acier embouti. — Brunon frères................................... 56
- Traverses injectées, sur les chemins de fer allemands. — Moser...............256
- Tube atmosphérique, pour desservir les puits de mines. — Blanchet............150
- Tuiles métalliques, galvanisées ou vernies. — Menant.........................349
- Tunnel de Baltimore, aux Etats-Unis. — Lockert...............................111
- — mines d’argent de la Névada. — Sutro..................................450
- U
- Unification de l’heure dans Paris ; remise à l’heure. — Collin
- 101
- V
- Vélocipède tricycle à vapeur. — Terreaux........................................241
- Ventilation de la salle des fêtes, au Palais du Trocadéro. — Bourdais...........141
- Vernis nouveau employé aux ateliers d’aérostation militaire de Meudon. — Duté-
- Poitevin....................................................................... 377
- Vernis opaque pour l’argent oxydé. — Lockert.................................... 10
- Verre irisé. — Lockert............................................................. 68
- — — autre procédé. — Lockert..............................................117
- — dépolis ou opalisés, façon mousseline. — Lockert........................ 51
- — soluble, usages. — Lockert.*............................................ 26
- — trempé et corps trempés en général ; constitution moléculaire. — Léger. . 68
- Vignes phylloxérées ; observations. — Joigneaux................................. 35
- — procédé de greffe pour les soustraire au phylloxéra. — Bertall.......... 43
- Violet au méthyle, dissolution. — Lockert....................................... 73
- Voitures de chemins de fer et de tramways. — Howell.............................125
- w
- Water-Closet : origines et historique. — Lockert
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- 123075 — Desmarest et Cosnard. Appareils de parfumerie.
- 123076 — Hervier. Malle de voyage.
- 123077 — Havers et Geach. Coupage de la chenille, etc.
- 123078 — Viallet. Bouton de manchettes.
- 123079 — Guilbert. Coffre de voiture.
- 123080 — Cormier. Chaussures.
- 123081 — Danshell. Manière de raffiner et de décolorer les huiles, etc.
- 123082 — Pannard. Système de timbre.
- 123083 — Gengembre Hubert (les sieurs). Appareil pour enroulement de rubans, etc.
- 123084 — Erlach. Construction de vélocipèdes.
- 123085 — Raimbault. Boite d’essieu.
- 123086 — Lepault. Fabrication des paumelles.
- 123087 — Larive. Métiers à tisser.
- 123088 — Bouillant. Manche de faux.
- 123089 — Poteau. Grillage tamiseur de foyer.
- 123090 — Reynaert. Cafetière ou théière-bouilloir.
- 123091 — Nauts. Câbles métalliques.
- 123092 — Bathias. Affiloir.
- 123093 — Carrière. Décoration des métaux.
- 123094 — Pabst et Girard. Dérivés azotés et matières colorantes.
- 123095 — Lavillaugouet. Canalisation d’eaux vannes, etc.
- 123096 — Kober et Franke. Boîtes d’allumettes.
- 123097 — Cœuilte. Publicité par les notes d’addition.
- 123098 — Grether. Couplage des tuyaux flexibles.
- 123099 — Pesch. Machine à écurer les tissus en soie.
- 123100 — Mondollot. Gazéification de liquides.
- 123101 — Fielder. Nettoyage des navires.
- BAR-SUR-SEINE.
- TYPOGRAPHIE SAILLARD.
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