La Science en famille : revue illustrée : guide de l'amateur de sciences
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- science en Famille
- REVUE BI-MENSUELLE ILLUSTRÉE
- ABONNEMENT
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- EN FAMILLE
- REVUE PRATIQUE ILLUSTRÉE
- GUIDE DE L’AMATEUR DE SCIENCES
- DEUXIÈME SÉRIE -t- TROISIÈME VOLUME
- 1899
- PARIS
- CHARLES MENDEL, ÉDITEUR
- ii8 — Rue d’Assas — 118
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- SCIENCE EN FAMILLE
- REVUE ILLUSTRÉE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE
- LES MYSTÈRES DE LA PHOTOGRAPHIE
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- es photographes-amateurs sont surpris, de temps à autre, par l’apparition, sur leurs clichés, de phénomènes analogues à celui qu’un correspondant du Daily Mail décrivait en ces termes, il y a quelque temps déjà :
- « J’étais dernièrement, dit-il, chez un ami, à Wood-Green, lorsque l’un des visiteurs proposa de photographier la compagnie.
- « L’heure était très avancée, la nuit tombait, il nous semblait à tous qu’il fût impossible de photographier à pareil moment.
- « Néanmoins, l’amateur ayant insisté, affirmant qu’il y avait encore bien suffisamment de lumière, nous prîmes place sur une pelouse, ayant derrière nous, comme fond, à quelques pas, un massif de plantes élevées.
- « L’opérateur tira deux clichés et déclara avec assurance qu’ils étaient réussis,
- « Je ne songeais plus le moins du monde à ce petit événement, et je fus saisi du plus vif étonnement lorsque je vis l’épreuve quelques jours après ; 1 une des feuilles du massif qui était derrière nous avait été nettement photographiée à travers mon chapeau desoie, et l’on y voyait même la pointe d’une seconde feuille ».
- Les revues spéciales ayant enregistré le mystérieux phénomène sans pouvoir l’expliquer autrement qu’en supposant un cas de double exposition, la Photo-Revue reçut alors un certain nombre de communications ayant
- rapport à des faits de même nature, et dont quelques-uns permirent de conclure aussitôt qu’il y avait autre chose qu’un effet de double exposition.
- « Je photographiais une scène de marécha-lerie, racontait l’un, comme fond, la forge, dans le mur de laquelle se trouvait une fenêtre. Entre cette forge et mon objectif, un cheval qu’on ferrait. La fenêtre, qui était cachée pour l’objectif par le corps du cheval, se voyait dans le cliché d une façon absolument nette sur le corps de l’animal ; les petits bois de cette fenêtre, quelques outils qui y étaient pendus, tout était venu. Chose bizarre, il n’y avait que la fenêtre qui semblait être vue à travers le corps du cheval, aucune autre partie de la forge n’était visible.
- Je suis absolument certain de n'avoir pas exposé deux fois ma plaque : le cheval était comment alors aurais-je qui était déjà masquée.
- F'ig'- b—La famille impériale russe, d’après un cliché offrant un cas accidentel de double pose.
- là quand je suis arrivé ; pu prendre cette fenêtre
- dix minutes avant peut-être?
- Pourquoi aussi la fenêtre seule était-elle visibl à travers le corps du cheval, et pas d’autres partie du mur de la forge ?
- À quoi attribuer cette cause qui semble rendr transparent le corps du cheval? Car je suis cor vaincu de n’avoir pas posé deux fois, et, de plus de n’avoir pas vu la fenêtre en question, ni avan, ni après la pose, etc. »
- « Je ne pense pas, disait un autre, qu’il puisse ;
- 2e Série — N° 49. — l” Décembre 1898.
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- avoir, dans ce cas, double exposition, parce que j’ai été à même de voir un négatif, à peu près dans les mêmes conditions CLue celui qui a été cité.
- Le sujet, pris instantanément, représentait un tramway en marche, ou plutôt aurait dù le représenter, car on n’apercevait absolument que les roues et les pieds des chevaux ; de tramway, nulle trace.
- Seulement, les maisons situées derrière le véhicule étaient nettement reproduites.
- Comme il s’agit d’un instantané, on ne peut donc pas admettre un seul instant qu’il y ait une double exposition.
- Nombre de praticiens essayèrent de donner la solution de ce curieux problème, sans rien trouver de concluant, et comme il arrive souvent, on alla chercher très loin le pourquoi d’un phénomène dont l’explication est élémentaire et qui vient s’ajouter à la série déjà longue des mille et une petites misères que l’amateur photographe peut avoir à redouter.
- Notre confrère, René d’Héliécourt, dont les indications pratiques sont si appréciées des photographes-amateurs, disait peu de temps après dans la Photo-Revue, à ce sujet :
- « Nous avons pu constater que la majeure partie des épreuves qui nous ont été communiquées et qui étonnent à bon droit leurs auteurs, sont doublées par suite de la fermeture incomplète de l’obturateur, dont les lamelles, mal rejointes, laissent passer un mince faisceau lumineux : la plaque se trouve soumise à une faible exposition pendant tout le temps que le volet du châssis est ouvert, — sans préjudice de l’exposition normale et voulue par l’opérateur.
- Une impression lente, mais continue, peut donc influencer la plaque sensible avant que les personnes composant un groupe aient été définitivement placées, et surtout après qu’elles sont dispersées et hors du champ de l’objectif, la pose étant terminée ».
- Et après avoir donné quelques détails sur les conditions dans lesquelles doit alors se reproduire le doublement de l’image, il ajoutait :
- • « Un autre mode de production d’épreuves doublées est dù à la présence, dans la paroi antérieure de la chambre noire, d’une petite ouverture faisant l’office de sténopé, et ayant d’ailleurs une origine quelconque : trou de vis, joint mal assemblé, etc.
- Dans ce cas, on reconnaît que les deux images sont complètes et distinctes, qu’elles sont à une échelle différente, et que les objets correspondants de chaque image sont d’autant plus éloignés l’un
- de l’autre que l’ouverture-sténopé est distante de l’objectif.
- Nous avons vu des photographies très curieuses présentées par un mauvais plaisant, comme photographies spirites et qui n’avaient pas été obtenues autrement.
- On se rend compte que lorsque pareil résultat se produit accidentellement, il suffit, pour l’éviter, de boucher l’ouverture intempestive avec une petite cheville ou une boulette de cire. On la trouve facilement en plaçant l’appareil en pleine lumière et en s’enfermant sous le voile noir assez longtemps pour apercevoir le petit point lumineux qui en indique l’emplacement ».
- Or, la curieuse épreuve dont nous donnons la reproduction en première page ajustement été obtenue à la suite d’un petit accident analogue à ce dernier, ainsi que le confirme une lettre d’envoi accompagnant cette épreuve, et dont nous reproduisons les passages suivants :
- « Un de mes amis, désirant expérimenter ces jours derniers une nouvelle méthode de reproduction, avait pris comme sujet d’étude une épreuve représentant la famille impériale russe.
- Pour la circonstance, il avait monté sur la planchette un objectif grand angulaire 9 X 12 qui lui permettait de limiter le tirage de l’appareil.
- L’opération s’effectua normalement, y compris le développement qui donna un cliché très pur et très détaillé.
- Mais, au tirage, et à ce moment seulement, l’opérateur s’aperçut que son négatif présentait une image accidentelle, bien qu’il fût certain de n’avoir posé qu’une fois.
- Sa déconvenue dont il m’entretint me rappela subitement l’article de M. René d’Héliécourt sur les poses doublées ; notre ami, à qui j’en indiquai le sens, fut chercher son appareil et nous n’eûmes pas de peine à découvrir qu’un trou de vis était laissé à découvert par la rondelle de son objectif 9 x 12.
- Ce trou avait fait l’office de sténopé, et grande fut la stupéfaction de mon ami en présence d’une explication aussi simple et aussi juste ».
- La reproduction de cette épreuve intéressera les amateurs de photographie qui pourront de plus faire les remarques suivantes :
- Les deux images superposées sont d’égale dimension, car, dans ce cas particulier, et comme il s’agissait d’une reproduction au même format que le modèle, la distance était la même entre le modèle et l’objectif, d’une part, | entre l’objectif et la plaque, d’autre part, i 11 est donc évident que, dans ces conditions,
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- le sténopé devait donner, lui aussi, une reproduction de même format que le modèle.
- La distance entre les deux images respectives données par l’objectif et le sténopé est double de la distance qui sépare chacun des deux systèmes, ce qui s’explique tout aussi aisément.
- Enfin, l’intensité relative des deux images est en rapport avec l’intensité lumineuse qui les
- UN MÉTRONOME
- Sucun musicien n’ignore de quelle importance est dans l’exécution d’une œuvre l’exacte observation du mouvement voulu par l’auteur. Et cependant combien rares sont les artistes qui s’y astreignent ! Ce n’est d’ailleurs pas absolument leur faute : il règne dans l’enseignement même un certaine indécision sur la valeur des termes employés pour indiquer la lenteur ou la rapidité des mouvements (1). De plus, les anciens maîtres qui ne connaissaient pas le métronome ne pouvaient qu’inscrire des mentions aproximatives sur les œuvres, laissant à la tradition doctrinale le soin de combler cette lacune, ou au sentiment de l’exécutant la dangereuse mission de découvrir leurs intentions. Que de fois celle-ci a été trahie par leur propre faute ! Tout le monde sait la peine que l’on a éprouvée à déterminer avec précision les mouvements voulus par Wagner. Le Maître
- (i) Voici cette classification :
- Lento. Le plus lent de tous les mouvements : la
- n°ire = de 30 à 35 par minute.
- Largo. . La noire =. 40 —
- Maelzet donne = d~. 69 à 40 —
- Lar ghetto. — 50 environ —
- Adagio. = de 60 à 80 —
- Andante. — de 72 à 126 —
- Andantino. — 126 environ — ou la croche 240 —
- Allegretto. = IIO —
- Allegro. = 120 —
- Presto. = 160 de 208 à 160 —
- Prestissimo. = (aussi vite que possible).
- Entre chacun de ces termes on peut placer des valeurs intercalaires, par exemple : Allegro quasi presto, qui modifient le mouvement au gré du compositeur.
- a produites, l’image principale a été fournie par l’objectif grand angle qui, bien que finement diaphragmé, a donné une impression plus vigoureuse que celle produite par le sténopé, dont l’ouverture d’un diamètre beaucoup plus faible n’a laissé passer qu’un faisceau très restreint de rayons actiniques.
- C. C.
- A BON MARCHÉ
- de Bayreuth lui-même, ce colosse de l’art lyrique moderne, n’échappait pas au reproche que nous venons de formuler.
- Sans doute aucun artiste vraiment digne de ce nom ne se contraindra à une interprétation mathématiquement métronomique. Plus haut est son idéal ; plus large sa conception de l’œuvre ; plus intime la nécessité de sa communion d’idées et de sentiments avec le créateur. Mais ce point de vue très élevé qui doit être celui des exécutants arrivés ne peut être celui de l’élève ou du virtuose qui lit une œuvre pour la première fois. A tous deux un guide sûr est nécessaire pour assurer, au premier son étude, au second sa lecture. Là, les sciences du raisonnement reprennent toute leur valeur. Je me rappelle avoir entendu un jour la “ Folie” de Mendelssohn (Romances sans paroles) (1) jouée adagio par une fillette, élève de je ne sais quel professeur de 45e ordre. Cette page de fièvre passionnée qui donne le frisson, quand on respecte “ l’agitato confuoco ” écrit par le Maître, faisait l’effet d’une tisane trop sucrée...
- Revenons donc pour quelque's instants à l’analyse scientifique du mouvement.
- C’est à Galilée que revient l’honneur d’avoir découvert la loi de l’isochronisme des petites oscillations du pendule qui peut se formuler ainsi : Les oscillations d’un pendule qui ne dépassent pas 5° comme amplitude, sont isochrones, c’est-à-dire s’exécutent dans un intervalle de temps rigoureusement égal. Ajoutons que la loi est encore vraie, au moins très sensiblement, au-dessus de cette limite. Si donc on désigne par t la durée de l’oscillation, par l la lon-
- (1) Op. 20 n° 4.
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- gueur du pendule, par g l’intensité de la pesanteur (2) et par ir le rapport du diamètre à la circonférence (3) la formule devient :
- t = ic \] l D’où l’on tire : t* — v? I
- T g
- it2
- La quantité —— étant une constante
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- (c)
- t%
- y
- pour le même lieu, on obtient : t*— cl ou--= l.
- A B Si on effectue le calcul, on voit aisément que le pendule, qui à Paris battra la seconde, aura pour longueur :0m993f>6 ou, en nombres ronds, un mètre (4).
- Construisons-nous maintenant, à l’aide de ces données, un métronome silencieux.
- Découpons une bande de carton blanc un peu résistant et mesurant exactement 30 cm, sur 10 cm. ; sur la ligne médiane C D marquons les divisions suivantes à partir du point C : 6, 7, 8, 9, 13, 23, 24, 28 cm. ; par les points A et B faisons passer une ficelle de 20 cm. de long en
- Balle
- --23
- --2V
- -J._____
- Fig. 2.
- arrière du plan (fig. 2). Par les points E F faisons passer un fil de 70 cm. de long, fixé en E et pouvant glisser dans le trou F. Avant de le faire passer dans le trou F, enûlons-le dans une balle de plomb a qui puisse glisser
- le long du fil. L’extrémité libre du fil permettra d’amener la balle à une hauteur quelconque de l’échelle ; on la fixera elle-même à volonté en l’engageant dans une petite fente (P) ménagée sur le bord du carton.
- Cela fait, il est clair que nous serons en possession d’un pendule de longueurs arbitrairement variables, et qui nous permettra d’indiquer avec précision tous les mouvements.
- Fixée en (6) la balle donnera 256 oscillations par seconde, ce qui représente la valeur de la noire dans un mouvement de valse rapide ;
- En (8) la balle fournira 218 oscillations dans le même temps, valeur de la noire d’une valse lente ;
- En (13) elle fournira 160 oscillations, valeur de la noire (presto) de la croche (an-dante) de la double croche {largo) ;
- En (23) elle fera 120 oscil-Fi&- 3- lations, valeur de la noire (allegro) et de la croche {adagio) ;
- En (24) elle fera 116 oscillations, soit environ la valeur de la noire (mouvement de polka).
- En (28) elle donnera la valeur de la noire {allegro moderato), et ainsi de suite.
- La fig. 3 montre de quelle façon l’appareil peut être installé.
- Ce modeste instrument peut, croyons-nous, rendre de réels services aux futurs artistes.
- G. Vallet,
- de la Société astronomique de France.
- Balle
- LES PAQUEBOTS LES PLUS RAPIDES
- N attendant la mise à flot des géants de la mer que font construire 1’ “ Hamburg-America Linie”, la “ Cie Cunard ” et d’autres, il peut être intéressant de posséder une liste authentique des vitesses actuellement pratiquées par les paquebots à vapeur. Voici cette liste, d’après
- (2) A Paris g = 9,806
- (3) 3,141592. Sensiblement 3.1416.
- (4) Hugghem a fait de cette découverte une application des plus intéressantes aux horloges (1657).
- le “ Lloyd’s Register ”. Elle comprend tous les paquebots actuellement en service et pouvant réaliser au moins pendant une heure une vitesse de 20 nœuds. Ces navires sont seulement au nombre de 35.
- NOMS SERVICES VITESSE
- Leinster City of Dublin Steam Packet C» 23 nœuds 1/2 Munster « 23 nœuds 1/2
- Ulster « 23 nœuds i/2
- Kaiser Wilhelm der Grosse Brème New-Nork 22 nœuds 1/2 Campania Liverpool-New-Yorlc 22 nœuds
- Lucania « 22 nœuds
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- Service de l'ile de Man Ostende-ûouvres
- Dieppe-Newhaven
- New-York-Southampton
- Empress Queen Marie Henriette Léopold II Manche Tamise Sussex Saint-Paul Saint-Louis «
- Prince of Wales Service de l’ile de Man Queen Victoria «
- Rapide Ostende-Douvres
- Princesse Joséphine Ostende-Douvres
- Princesse Henriette Ostende-Douvres
- La Marguerite Fairfield Shipbuilding G° Seine Dieppe-Newhaven
- Majestic Queenstown-New.York
- Teutonlc «
- Paris New-York Etruria Umbria Banshe Ibex
- Reindeer «
- Roebook «
- Royal Sovereign Fairfield Shipbuilding C< Konigin Wilhelmina Malle hollandaisse Konigin Regentes «
- Prinz Hendrick «
- New-York-Southampton
- Liverpool-New-York
- «
- London N, W. Rway Great Western Rway
- 22 nœuds 22 nœuds 22 nœuds 21 nœuds 3/4 21 nœuds 1/4 21 nœuds 1/4 21 nœuds 21 nœuds 21 nœuds 21 nœuds 21 nœuds 21 nœuds 21 nœuds 20 nœuds 1/2 20 nœuds 1/4 20 nœuds 20 nœuds 1 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds 20 nœuds
- Parmi ces navires trois seulement sont français : la “ Manche ”, la ‘‘ Tamise ” et la “ Seine ”, construits par la Cie des Forges et Chantiers de la Méditerranée, tandis que 19 portent le pavillon anglais, 4 celui des Etats-Unis et 5 celui de Belgique, 3 sont hollandais et un allemand.
- Ils présentent d’énormes différences de tonnage, de parcours et de puissance motrice. Ainsi les Transatlantiques, comme “ Campania ”, et “ Kaiser Wilhelm der Grosse ” font des traversées de 3000 milles,
- tandis que la “ Manche ” ou la “ Marie Henriette ” en font seulement de 65 et 60 milles. Le déplacement du “ Kaiser Wilhem der Grosse ” atteint 20.000 tonneaux, tandis que celui de la “ Manche ” est 20 fois plus faible. La “ Campania ” a deux machines pouvant donner 30.000 chevaux ensemble, tandis que les malles belges dépensent 9.000 chevaux et les paquebots français seulement 4.500 à 5.000.
- Quatorze des navires que nous avons signalés sont munis de roues à aubes, tandis que les 21 autres sont à hélices doubles. Les malles belges et hollandaises, en particulier, sont des paquebots à roues. Malgré le brillant résultat qu’elles fournissent, il n’en demeure pas moins que ce système est plus coûteux que l’autre, parce que, pour obtenir le même service, il faut une dépense de force bien plus considérable (le double environ), en raison de la très grande résistance due à la largeur des bateaux.
- Disons en terminant que le grand obstacle à l’accroissement de la vitesse sur mer est la quantité considérable de charbon qu’il faut emmagasiner pour une traversée. La force doit être multipliée par 8 pour que la vitesse le soit par deux ! La vitesse coûte donc cher. Et s’il en fallait une preuve évidente, il n’y aurait qu’à citer l’exemple de la Cie Cunard dont les actionnaires ne touchent à peu près plus de dividende depuis l’entrée en campagne de la “ Campania” et de la “ Lucania ”.
- L. Reverchon.
- CORRESPONDANCE
- Arthur Batut nous adresse la communication suivante :
- Je lis dans le numéro 47 de la Science en Famille du 1er novembre 1898, sous le titre Arithmétique des animaux, l’exposé de deux faits qui me remet en mémoire une observation analogue que j’avais faite moi-mème à plusieurs reprises dans ma jeunesse sur un chien nommé* Fidèle. — On me 1 avait donné tout jeune ; il appartenait à la race dite La Brie et était extrêmement intelligent. Encouragé par ses heureuses dispositions, j’en
- avais fait un chien savant, et, chose à noter, le seul châtiment que j’employais pour le corriger consistait uniquement à interrompre la série de ses exercices ; rien ne lui était plus désagréable. L’un de ces exercices consistait à le faire asseoir sur un petit banc, les pieds de derrière touchant terre et une canne placée entre ses deux pattes de devant repliées.
- Je posais sur son nez un morceau de pain, je lui en jetais un certain nombre d’autres qui tombaient, soit sur sa tête, soit sur son corps, soit même derrière lui. Il restait impassible
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- sous cetle grêle de nourriture ; puis, à un signal donné, il avalait le morceau placé sur son nez et faisait la récolte de tout le reste. Souvent parmi tous les morceaux que je lui avais lancés, quelques-uns avaient roulé dans des coins sombres, sous des meubles. Il semblait les avoir comptés. Jamais, en effet, il ne cessait ses recherches qu’après les avoir tous retrouvés.
- Ce fait, que j’ai vérifié vingt fois et qui amusait fort mes amis, me semble confirmer pleinement l’opinion exprimée dans l’article de voire intéressante revue. Je me fais un plaisir de le porter à la connaissance de ses lecteurs, convaincu que plusieurs d’entre eux pourraient citer des faits de même ordre.
- Veuillez agréer, etc. Alfred Batut.
- REVUE DES LIVRES
- Le portrait en plein air, par A. Courrèges, praticien, in-18 jésus, avec fig. et i pl. en pho-tocollographie. Paris 1898. Prix : 2 fr. 50.
- « Le portrait est, dit l’auteur dans l’avant-propos de son ouvrage, en Photographie, la chose la plus difficile ; mais, si l’on opère en plein air, les difficultés sont bien plus grandes encore.
- C’est que ce qui fait la valeur du portrait, c’est l’éclairage, c’est-à-dire les lumières, les demi-teintes et les ombres qui, par leurs dispositions harmonieuses, concourent à modeler les traits du patient, avec plus ou moins d’art et d’exactitude.
- La pose, l’expression, la réaction chimique, ont assurément une très grande importance sur le résultat, mais la chose prépondérante, celle qui prime toutes les autres : c’est la distribution de la lumière.
- Les ateliers des professionnels sont particulièrement orientés, il sont généralement garnis de verres dépolis, afin que le soleil ne puisse y pénétrer ; puis, de côté et au-dessus, sont disposés des rideaux, des tentures, des réflecteurs à l’aide desquels on peut régler la lumière et lui donner une direction idéalement favorable.
- En plein air, ce n’est plus cela ; le jour arrivant le plus souvent de tous côtés, il faut rechercher les moyens qui permettront de réduire cette abondance et surtout ce désordre de lumière ; la chose n’est pas toujours aisée et l’amateur inexpérimenté, qui souvent ne voit même pas le mal, est sans armes en présence de pareilles difficultés. »
- C est afin qu’il puisse lutter avec quelques chances de succès, que l’auteur, praticien très apprécié, essaye de lui tracer la voie qu’il devra suivre.
- « Nousletentonsavecd’autantplus de courage, ajoute-t-il, que, rien n’ayant été publié spécialement sur ce sujet, nous avons tout au moins l’assurance de pouvoir dire des choses nouvelles. »
- Les Rois du Cycle : Comment sont devenus champions Bourrillon, Cor dan g, Huret, Jacqnelin, Morin, Protin, par V. Breyer et R. Coquelle, rédacteurs au Vélo. — Paris. E. Brocherioux, éditeur. 1898 — Prix 2 fr.
- Nous ne saurions mieux faire, pour présenter cet ouvrage à nos lecteurs, fervents de la pédale, que d’extraire de la préface le passage suivapt :
- 11 ne faudrait pas chercher dans ce livre un panégyrique des six fameux champions Bourrillon, Cordang, Huret, Jacquelin, Morin, et Protin. Les auteurs de cet ouvrage — ouvrage sans prétention — n'ont pas davantage cherché à se livrer à des développements littéraires, à une étude philosophico-sportive, à des considérations fastidieuses.
- Ce que le lecteur trouvera ici, ce sont six biographies complètes de six coureurs qui, par une carrière athlétique unique, par une série d’exploits incontestablement prodigieux dans la vitesse et dans le fond, exploits qui les ont, les uns et les autres, placés au-dessus de tous ceux qui, dans le monde entier, ont tenté la fortune des pistes. Les biographes n’y trouveront pas la rhubarbe et le séné auxquels ils sont habitués, et que certains ont coutume de leur passer. Dans ce livre, je le répète, des biographies complètes, contées sans prétention, de six hommes qui sont des illustrations brillantes des pistes vélo-cipédiques, et rien de plus, et rien de moins. ***
- • L’aéronautique par M. Banet-Rivet. — H. May, éditeur. Paris 1898.
- La Bibliothèque des Sciences et de l’industrie, vient de s’enrichir d’un nouveau volume sur Y Aéronautique, dû à un professeur distingué du lycée Michelet, M. Banet-Rivet.
- En abordant un sujet brûlant d’actualité, l’auteur a voulu esquisser les conquêtes de la science actuelle surtout ce qui a trait à la na-
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- LA SGIENGE EN FAMILLE
- vigation aérienne, exposer les étapes successives de la transformation des premiers aérostats, décrire les tâtonnements et les efforts, souvent pénibles, qui ont marqué chaque progrès de l’aéronautique ; il a su préciser ce qui est acquis définitivement et indiquer les progrès qui restent encore à réaliser dans cette voie neuve, d’où se lance l’esprit aventureux de l’homme.
- Citons en particulier le chapitre des Merveilles de Vatmosphère, où se trouvent décrites les impressions de voyage des aéronautes, puis ceux où sont admises les théories du ballon libre, du cerf-volant, du plus lourd que l’air; l’exposé en est simple, tout en reposant sur des bases scientifiques solides, qui rendent le livre précieux pour tous ceux qui veulent se faire une
- idée sérieuse de la marche de la solution de ce problème passionnant qui a trait à la conquête de l’air. L’auteur décrit encore avec détails la construction des aérostats, expose avec netteté la question des ballons dirigeables, les lois de Y aviation ; il consacre un long chapitre aux vo-lateurs et enfin se préocupe des applications scientifiques des ballons, ainsi que des services que peuvent rendre à la guerre les aérostats.
- Cet ouvrage, qui n’a d’ailleurs point d’analogue en France, vient combler une lacune ; de tous points, il mérite d’être signalé au public ; car il convient au savant, au spécialiste, comme au simple amateur, curieux de tout ce qui se rattache aux questions scientifiques.
- E. H.
- LES BONS ET LES MAUVAIS CHAMPIGNONS (Suite)
- ÉTUDE DE MYCOLOGIE PRATIQUE
- Comestible.
- Le Virginal (Hygro-phorus virgineus, Wulf.) Ce champignon est toujours blanc et non couvert d’une viscosité. Le chapeau est d’abord convexe, ensuite plan ou concave, aérolé à la fin, avec les bords rabaissés de 3-5 centimètres de diamètre; pédicule plein, plus mince en bas, un peu strié ; chair blanche, à odeur douce. Lames épaisses, peu serrées,' spores blanches. Pâturages, bois et bruyères, en été et en automne.
- Vénéneux.
- Le Faux Virginal (Hggrophorus Cossus, Sow.) Chapeau de 3-5 centimètres de diamètre, complètement blanc ainsi que le pédicule, mamelonné, convexe, puis concave; pied visqueux au sommet ; lames blanches, décur-rentes, peu serrées, épaisses. Spores blanches. Plus rare que le précédent, mais se trouve dans les mêmes endroits, et aussi dans les bois.
- Fig. 4.—'Oreille de peuplier (Pleurotus ostreatus Jacq.) 1. Champignon adulte, demi-grand. nat.Ji.2- Dessin en coupe du môme. Comestible.
- Comestible.
- L Oreille de Chardon (Pleurotus Eryngii,
- pousse en touffes sur les Eryngium (1) et autres Ombellifères. Sans similaires vénéneux.
- Comestible
- L'Oreille de peuplier [Pleurotus Ostreatus, Jacq.) Chapeau non gélatineux, d’un brun noirâtre ou brun, ayant 8-10 centimètres de
- (i) Appelé roulant.
- vulgairement
- chardon - io\a.nà
- 13. C.) Chapeau de 6-10 centimètres de diamètre, convexe, puis un peu déprimé, brun pâle ; pédicule épais, blanc, de 4-7 centimètres de hauteur ; lames blanches. Ce champignon, qui est bien plus commun au sud de la Loire qu’aux environs de Paris,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Fig. 9. — La Trompette des morts (Craterel-lus cornucopioides, L.) demi-grand, nat. Comestible.
- ig. 11. — La Chanterelle orangée (Can lharellus auranliacus, Wulf.) demi-grand, nat. Vénéneux.
- Fig. 5 — La Souchette. {Collybia fusipes,B.) 1. Très jeune.
- 2. plus âgé au quart grand, nat. 3. adulte, demi-grand, nat. . Comestible.
- ig. 7. — Le Faux mousseron (Ma-rasmius Oreades. Boit.) demi-grand, nat. Comestbïle.
- ig. 8. — Le Flexible brûlant (Marasmius urens.B.) demi-grand, nat. Vénéneux.
- WimËÊ?'
- Fig. 6- La fausse souchette (Collybia dryophila, Fr.) 1. Très1 jeune 2. adulte 3. plus jâgé, en demi-grand, nat. Vénéneux.
- Fig. 10. — La Chanterelle ou Girole (Cantharellus cibarius. Fr.) 1. Très jeune. 2, jeune, au quart grand, nat. 3. adulte demi-grand, nat. Comestible.
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- diamètre, presque vertical ou en forme de coquille ; pédicule très court, velouté, blanc, épais ; pousse ordinairement en groupe sur les tronc d’arbres. Lames blanches ou légèrement jaunâtres. Spores blanches. Sans similaires vénéneux. Assez commun en automne et en hiver, sur les peupliers morts et d’autres arbres (fig. 4).
- Comestible.
- La Soachecte (Col-lybia fiisipes, B.) Ce champignon est tout entier d’une couleur fauve ou marron, à l’exception des lames qui sont blanchâtres à leur naissance ; son pédicule est long de 10 12 centimètres, cylindrique au sommet, renllé vers le bas et finissant en une longue pointe qui ressemble à une racine fusiforme ; ce pédicule est nu, glabre, plein dans sa jeunesse, strié, fistuleux dans un âge avancé ; le chapeau est globuleux à sa naissance, et ensuite irrégulièrement convexe, de 8-10 centimètres de diamètre, les feuillets sont un peu éloignés, inégaux. Il pousse en automne, par groupes de 3-5, sur les troncs pourris (fig. 5).
- Comestible.
- Le faux Mousseron (Marasmius oreades,
- Boit.) Chapeau de 2-4 centimètres de diamètre, presque plan, couleur crème au café au lait, chair douce et sans goût, pédicule plein, ferme, . blanc ou légèrement jaunâtre dans presque toute sa hauteur qui atteint 5-9 centimètres. Lames entières, blanches ainsi que les spores. Ce champignon se dessèche sans pourrir. Commun dans les gazons, où il
- Vénéneux.
- La fausse Souchette (Collybia dry ophil a, Fr.) Son pédicule est nu, cylindrique, fistuleux, glabre, lisse, long de 3-6 centimètres, jaune ou brun ; le chapeau est d’abord hémisphérique, ensuite plan, ombiliqué au centre, un peu sinueux sur les bords, mince, lisse, sans stries, excepté dans la vieillesse, jaune plus ou moins pâle, quelquefois brunâtre, de 3-8 centimètres de diamètre ; lames blanche sou jaunâtres, inégales, spores blanches; on le trouve communément, mais plutôt solitaire dans les bois (fig.6).
- forme, en été et en I “ ronds de sorcières ”. automne de grands! Le chapeau seul est cercles, qu’on appelle mangeable (fig. 7).
- C. Des veines rudimentaires ou nulles sous le chapeau.
- Vénéneux.
- La Flexible brûlant (Marasmius urens, B.) Chapeau déprimé, brun rougeâtre ou simplement brunâtre ayant 3-6 centimètres de diamètre, à chair très poivrée ; pédicule jaune pâle et terreux, très ferme et flexible, cylindrique, hérissé à la base de poils jaunes ou blancs. Lames rousses, inégales. Il pousse sur les feuilles mortes, dans les bois, en été etenautomne (fig. 8).
- Vénéneux.
- La Chanterelle orangée (Cantharellus aurantiacus, Wulf.) Elle ressemble beaucoup à la précédente, chapeau en coupe, jaune, avec le dessous orangé ; ensuite gris jaunâtre, ayant 3-6 centimètres de diamètre, pied jaune roux, assez souvent noir ; un peu moins commune que l’espèce comestible, elle ne se trouve que dans les bois de Conifères (fig. il).
- Comestible.
- La Chanterelle ou Girole, (Cantharellus cibarius,Fr.) Cette espèce est d’un jaune plus ou moins pâle, même quelquefois blanc crème ou bien orangé. Chapeau à bords irréguliers de 5-9 centimètres de diamètre, d’abord arrondi et convexe, ensuite sinueux et en entonnoir, ordinairement plus prolongé d’un côté que de l’autre ; pédicule plein, charnu, épais de 10-12 millimètres, jaune orange. Le dessous du chapeau est marqué de veines ou nervures qui se continuent avec lui et qui forment des lames rudi-mentaires jaune vif, épaisses et espacées. Elle est très commune dans tous les bois, son odeur est agréable : elle est délicieuse cuite, car alors sa première amertume disparaît (fig. 10).
- Comestible.
- La Cantherelle pourpre des sapins (Cantharellus clavatus). Chapeau d’abord arrondi, puis creux, crème incarnat, passant plus tard au roux clair, à bords enroulés, blancs rudimentaires, de 2-4 centimètres de diamètre ; pied un peu courbé, incarnat pâle, et blanc dans le bas, lames épaissies, décurrentes, jaune crème, puis incarnates ; sa chair est assez épaisse et elle possède une odeur de fleurs d’oranger. Elle est toujours assez rare et on ne la trouve guère que sous les sapins. Elle ne possède pas de similaires vénéneux.
- Comestible.
- La Trompette des morts (Craterellus cor-nucopioides, L.) La consistance de ce singulier champignon de 3-6 centimètres de hauteur, est coriace et membraneuse, il a la
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- forme d’un entonnoir ou bien d’une trompette, 1 sa surface supérieure est presque noire, j peluchée ou égratignée, l’inférieure est i marquée de veines anastomosées, pâles et peu saillantes ; les bords de l’entonnoir sont sinueux, lobés et souvent étalés ; le creux du
- chapeau se continue dans le pied ; les spores sont au nombre de deux et blanches ; il pousse isolé ou en groupes, en été et surtout en automne dans les bois où il n’est jamais très commun, sans similaires vénéneux (fig. 9).
- (A suivre.) M. Beleze.
- CYCLISME ET AUTOMOBILISME
- a première automobile. — Il n’y a rien de nouveau sous le soleil 1 Croirait-on qu’une automobile fut construite par Vaucanson et présentée au roi Louis XV au mois d’avril 1748 ?
- Voici ce que raconte un de nos confrères :
- L’almanach royal relate en ces termes brefs les essais du carrosse à ressorts d’horlogerie qui furent faits en l’hôtel que l’académicien occupait rue de Charonne, au revers de la rue Saint-Antoine.
- Dès trois heures, Sa Majesté fut chez l’inventeur, en compagnie des officiers de sa maison. Il prit place sur le fauteuil disposé en haut du perron, pour que Sa Majesté pût voir sans fatigue se mouvoir la mécanique du cabriolet, à travers les allées du parc et sur la pelouse.
- Ce carrosse peut tenir deux personnes. Il est peint d’amarante, liseré de bleu et rehaussé d’or. On aperçoit entre les essieux quatre roues engrenées deux à deux et que relient des rubans d’acier dentelé.
- Des chaînes communiquent avec une manivelle tournante sous la main du conducteur, de sorte qu’il n’est aucun besoin de cheval. Sa Majesté a félicité le mécanicien en lui demandant pareille voiture pour la remise royale.
- M. le duc de Mortemart, le baron d’Avezac et M. de Lauzun qui étaient là en plus d’autres gens de cour, n’en pouvaient croire leurs yeux, tant c’est merveille.
- Le roy a dit : Des gens du vulgaire vous penseront sorcier !
- Pourtant plusienrs de ces messieurs de l'Académie assurent qu’un appareil ainsi fait ne pourrait circuler dans les rues. »
- Soit oubli du roi, soit que l’intrigue ait empêché l’exécution de l’auguste promesse, soit que l’invention fût imparfaite, nous ne trouvons plus trace de cette aïeule de nos modernes automobiles dans les annales du temps.
- -!<**
- Le Fisc et la vélocipédie. — La Direction générale des contributions directes établit qu’en 1897, 408,8b9 personnes ont payé l’impôt comme cyclistes.
- Les sommes perçues sur ces 408,869 cycles ont donné la bagatelle de 4,060,800 fr. 60.
- Bien entendu, c’est là le nombre officiel des cycles, cai, en fait, il en existe plus ; le nombre dépasse certainement 690,000.
- Quoi qu’il en soit, les chiffres — toujours officiels — indiquent une progression formidable du nombre de cycles en quatre ans :
- En 1894 : 203.026 vélocipèdes déclarés.
- En 1895 . 256.084 - —
- En 1896 : 329.816 — —
- En 1897 : 408.869 — —
- Il est probable que cette progression a continué en 1898. Dans ce cas, le nombre de cycles qui paieraient l’impôt en 1898 serait probablement de 480.000 environ.
- Ces chiffres ont bien leur éloquence.
- ***
- Moteur minuscule. — Un ingénieur de Baltimore vient de construire le plus petit moteur électrique qui ait jamais été fait.
- Ce bijou scientifique, qui tiendrait facilement sur une pièce de 50 centimes, ne pèse pas plus de 2 grammes et demi. Il est mis en mouvement au moyen d’une petite batterie d’accumulateurs au chlorure d’argent, dont la dimension n’excède pas celle d’une montre de dame.
- Malgré la faible intensité du courant produit, la vitesse du moteur est considérable. Il fait jusqu’à trois cents tours à la minute, et le seul indice de mise en marche que l’on puisse percevoir est un léger bruissement pareil au ronflement d’une toupie minuscule. Le moteur dont il s’agit est en même temps un véritable bijou, toute son armature étant en or. De plus, les appareils servant à changer la direction du courant sont du même métal précieux. Une plaque de platine poli supporte la machine électrique.
- Sa construction n’a pas pris moins de 5 ans
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- de travail à l’inventeur, qui ne serait pas dispos i à le vendre pour quelque prix que ce
- soit. Elle a coûté, dit-on, 2,300 dollars.
- C. V.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances des 31 Octobre et 7 Novembre 1898.
- Influence de la température sur la détermination du sexe chez les végétaux. — D’après les expériences de M. MolLiard, relatées dans une note que transmet M. Gaston Bonnier et relatives à l’influence de la température sur la détermination du sexe chez les végétaux où les sexes sont séparés, il résulte que la proportion des pieds femelles augmente très sensiblement avec la température; ce résultat est d’accord avec ce que l’on sait pour l’espèce humaine. Il naît relative ment plus de filles sous les climats chauds que dans les pays froids.
- ***
- Un nouvau photomètre. — M .Mascart met sous les yeux de l’Académie, un appareil imaginé par le Dr Onimus pour apprécier le degré de luminosité. Cet appareil consiste en une boîte longue de 28 centimètres, et large de 6 à 7 centimètres. Sur le couvercle se trouve une série de petits trous ronds sur lesquels sont inscrits des chiffres allant de 1 à 24. Ces trous sont bouchés par des couches de collodion.
- Chacun de ces chiffres correspond à une teinte de plus en plus foncée, et celle-ci est obtenue par une st pcrposition de pellicules de collodion coloré très légèrement k l’ourantin.
- Le chiffre s’inscrit lui-même sur un papier enregistreur et l’on peut ainsi, à la simple vue et très rapidement, savoir le degré de luminosité.
- Pour le chiffre 1, il n’y a qu’une pellicule ; pour le chiffre 2, il y en a deux, et ainsi de suite. En prenant donc pour unité une seule pellicule, on peut, selon le chiffre maximum inscrit, juger de la
- luminosité et la comparer au chiffre inscrit les jours précédents, dans la même locante, ou à ceux qui s’inscrivent dans d’autres régions.
- En résumé, cet appareil offre une orientation des plus simples et des plus faciles, et il permet de pouvoir comparer la luminosité d’un jour à un autre, ou d’un pays à un autre. Pour que cette comparaison soit possible, il faut évidemment s’entendre sur une unité de luminosité.
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- L’instantané dans la photographie sous-marine. — M. Louis Boutan a réussi, avec de nouveaux appareils construits sous sa direction au laboratoire de Banyuls-sur-mer, à obtenir des photographies sous-marines instantanées. Il s’est fait photographier lui-même par l’habile mécanicien du laboratoire, à une profondeur de 3 mètres au moment où il plongeait pour venir se placer devant l’objectif. Par une belle journée de septembre, lorsque le soleil était assez haut sur l’horizon, la pénétration de la lumière solaire était suffisante pour opérer sans dispositifs spéciaux.
- A la suite de ces expériences, on peut prévoir que la photographie sous-marine va entrer dans une phase nouvelle.
- S’il est possible, en effet, de prendre des instantanés à l’aide de la lumière solaire alors que les rayons ont traversé une épaisseur d’eau de plusieurs mètres avant de frapper l’objet et de revenir à l’objectif, il est incontestable que d’aussi bons résultats pourront être obtenus en plaçant une source lumineuse puissante, au niveau de l’appareil lui-même, pour éclairer le champ photographique.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Ce qu’a coûté la dernière guerre à l’Espagne. — D’après les documents les plus sûrs publiés par la Gazette officielle de Madrid, les dépenses des opérations militaires à Cuba pendant le premier semestre 1898, ont dépassé 437.000.000 pesetas. L’ar-
- mée, à Cuba, cà Puerto-Rico et aux Philippines, coûtait environ un million par jour, et il faudra dépenser quelque 50 millions pour faire revenir ces troupes dans la métropole. En somme, la guerre hispano-américaine aura dévoré pour l’Espagne au moins trois
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- milliards de francs, sans parler des milliers de vies perdues.
- La soupe au plomb.— Le plomb ne frappe pas seulement le soldat sur le champ de bataille ; il tue aussi tous ceux qui le touchent journellement, et, par suite, en absorbent ; et ils sont nombreux, les artisans qui manipulent le plomb : peintres, typographes, etc.
- Il y a mieux, nous sommes tous exposés à être victimes de ce meurtrier insoupçonné.
- Si vous voulez, lisez le simple et suggestif fait divers suivant : le 9 mai dernier, mourait à Limoges une toute jeune fille, Marie Bernard, âgée de seize ans, qui depuis quelques mois exerçait la profession de poudreuse sur porcelaine (les poudreuses projettent sur la porcelaine une poudre à base de plomb destinée à fixer les couleurs décoratives, ces dessins, ces fleurs qui font la joie des yeux). Les médecins attribuèrent sa mort à l’empoisonnement par le plomb ; l’opinion publique et la justice en furent vivement émues, et l’enquête démontra que tout le corps était imprégné de plomb en très faible quantité, il est vrai, mais suffisante pour produire la mort.
- Une visite du juge d’instruction au domicile de la pauvre enfant amena la découverte d’un fait sur lequel nous voulons;' attirer l’attention ; il fut démontré que la ^batterie de cuisine de la victime (oh ! une batterie de cuisine réduite à sa plus simple expression : quatre casseroles, était fabriquée en fer-blanc terne, dont Vétain fut reconnu comme étant du plomb pur. La malheureuse s’est empoisonnée, non seulement à l’atelier, mais encore chez elle avec les aliments préparés dans ces casseroles.
- On frémit en songeant que nous sommes tous exposés à absorber du plomb dans nos aliments accommodés dans les ustensiles de cuisine étamés, trop souvent, hélas ! avec des étains contenant du plomb, dans des faïences à vernis plombeux ; le lait même, cet aliment de l’enfance et le régénérateur des estomacs fatigués, est souvent trait ou conservé dans des bidons étamés au plomb.
- Combien de coliques inexplicables chez les petits et chez les grands sont dues au plomb? et peut-être faut-il attribuer à cette intoxication lente que rien ne révèle la cause
- d’une partie de ces nombreuses altérations des fonctions digestives, si communes autour de nous et qui nous menacent tous.
- Mesdames, quand vous achèterez des casseroles ou que vous ferez étamer vos cuivres, prenez garde au plomb, songez à la petite martyre de Limoges.
- (Hygiène moderne)
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- Meule de sûreté. — Les meules d’émeri tournent habituellement avec une très grande vitesse, et l’on cite des accidents très graves survenus par leur rupture sous l’action de la force centrifuge.
- Pour prévenir ce genre d’accidents, on a imaginé des dispositifs variés. Celui que représente la figure ci-contre est appliqué par la Safety Emery Wheels Company. Il consiste dans l’emploi d’une meule M présentant un épaule-ment dans sa partie centrale. Cet épaule-ment vient s’encastrer dans les pièces métalliques CC’ qui Fig. 12. serrent la meule sur
- l’arbre A. En cas de rupture de la meule, les morceaux rompus sont retenus par les pièces CC’.
- ***
- âzi
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- Rupture d’une cloche à acétylène. —
- M. F. Drouin nous signale l’incident suivant, survenu avec un appareil à acétylène du type du briquet à hydrogène. Cet appareil était formé d’une simple cloche de verre surmontée d’un robinet. On remplissait partiellement cette cloche de carbure concassé et humecté d’huile minérale, pui§ on entrait, à peu près à mi-hauteur de la cloche, une toile métallique destinée à maintenir le carbure. L’ensemble était alors plongé dans un seau d’eau et chargé d’un poids. Cet appareil, qui ne servait qu’à des expériences, donnait un débit suffisamment régulier pour cet usage, et si le carbure était mis en quantité convenable et bien humecté d’huile, la surproduction était peu importante. On s’était d’ailleurs toujours servi de l’appareil
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- en épuisant chaque fois la quantité totale de carbure qu’il contenait. Un jour, toutefois, on arrêta l’appareil lorsque le carbure fut à peu près à moitié épuisé. On sortit la cloche de l’eau, et on la laissa telle quelle, sans s’en préoccuper. Quelque temps après, en voulant la reprendre pour la recharger, on la trouva cassée. Comme il arrive toujours, lorsque l’eau est en quantité limitée, la chaux formée avait augmenté de volume et brisé les parois de la cloche. La toile métallique n’avait pas cédé, probablement parce que sa monture, concentrique à la cloche, était tournée du côté du carbure et avait été elle-même pressée contre les parois.
- L’enseignement à tirer de cette observation est que, même dans un appareil où le foisonnement ne se produit pas par la marche normale, il est utile de le prévoir, et de réserver au-dessus du carbure au moins l’espace nécessaire pour contenir la chaux sous son volume maximum.
- ***
- L’horloge du palais de Hampton-Court, à Londres. — La chambre à coucher qu’occupait Guillaume II, au palais de Hampton-Court, renferme une horloge de grande taille construite en 1660 par Dan Quare, et qui passe, maintenant encore, pour un chef-d’œuvre de mécanique. Elle sonne les heures, les demies, les quarts, ne varie pas d’une minute par mois et ne doit être remontée qu’une fois par an. Dernièrement, le mouvement s’est arrêté tout à coup, et les conserva' eurs du palais ont dû recourir à la commission d’horlogers londonniens formée et consultée l’année dernière pour les réparations à faire à l’horloge monumentale du Parlement. Ces experts se sont transportés à Hampton-Court et après avoir rendu le mouvement à la célèbre horloge ils ont déclaré qu’elle était assez bien constituée pour sonner encore les heures de deux siècles.
- Emploi de la laine d’acier. — Un grand nombre d’usines livrent couramment aucom-mcrce la laine de scorie, utilisée par tous les métallurgistes. La laine d’acier, cependant,
- Découverte d’une grotte dans l’Hérault.
- — D’après ce que nous apprend le Petit Méridional, des charbonniers viennent de découvrir, sur la limite des départements de l’Hérault et du Gard, dans l’Hérault, commune de Ganges, du côté de Sumène, dans les gorges de Rieutord, une grotte fort curieuse. L’entrée de cette grotte, qui est sur le domaine de M. Brugairoles, propriétaire, non loin de la montagne appelée « les deux jumeaux», presque au sommet de la chaîne, est d’un pittoresque remarquable. Au milieu de rochers calcaires disposés en immenses tourelles, cette grotte est d’un accès assez facile. Elle renferme des stalactites, des stalagmites et toutes sortes de fossiles de mammouth, d’ours et d’autres animaux antédiluviens, d’une richesse merveilleuse. En avançant dans la grotte, elle s’élargit et la voûte s’élève pour s’abaisser encore. Il y a plusieurs galeries. On suppose qu’il y a de nouvelles crevasses non moins curieuses, à en juger par les étages inférieurs qu’on ne connaît encore que très imparfaitement.
- !=**
- Les girafes... et la Triplice. — Ce titre ne comporte pas un rapprochement voulu ; qui aurait pu penser, cependant, que les girafes se trouveraient un jour mêlées à la Triple Alliance ?
- A Vienne, en effet, au château de Schœn-brunn, plus de girafes à exhiber.
- La cause? voici : Depuis la guerre contre les Mahdistes, la girafe, qui était principalement importée du Soudan, n’a pu être envoyée en Europe. Les jardins zoologiques ont dû, pour se rendre acquéreurs de girafes, s’adresser à l’Abyssinie. Or, Ménélik II vient de prohiber l’envoi de ces animaux à tous pays européens ayant une alliance politique avec l’Italie, de sorte que l’Allemagne et l’Autriche sont mises en interdit. Bismarck et Crispi n’avaient pas prévu celle-là.
- PRATIQUE
- est très employée aux Etats-Unis pour remplacer le papier de verre ou d’émeri, dans les ateliers de polissage, de laquage, dans la construction navale et la carrosserie.
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- Elle est formée de copeaux extrêmement fins et a tout à fait l’apparence d’une laine de couleur gris foncé. La laine est très compressible et on peut l’amener à n’occuper guère que le volume d’un cylindre de 7b millimètres de diamètre, de 375 millimètres de lon-gueurpourun poidsde500 grammes.On la vend à divers degrés de ûnesse; les trois premiers numéros sont désignés sous le nom de laine, les quatre numéros suivants plus gros, sous celui de copeaux. La laine ne raye pas et ne s’attache pas à la peinture ni au vernis.
- ***
- Enlèvement des taches par l’eau de haricots. — L’eau de haricots a la propriété d’enlever les taches des tissus sans aucun préjudice pour les couleurs. On fera cuire des haricots blancs bien secs dans de l’eau en quantité suffisante, mais sans sel. La proportion d’eau et de haricots variera suivant la force qu’on veut donner au liquide.
- Lorsque les haricots sont bien tendres, on décante l’eau de cuisson. Quand cellc-ci est refroidie, on y trempe les étoffes à détacher ou simplement la place qui est tachée et l’on frotte sans savon. Les taches d’encre, pourvu qu’elles ne soient pas trop vieilles ou que l’encre ne soit pas trop corrosive, les taches de graisse, celles de vin rouge, etc., soit sur le blanc, soit sur les étoffes de couleur, disparaissent à ce traitement.
- Quant aux haricots, ils ne sont pas perdus, ils peuvent servir parfaitement aux usages culinaires si on prend soin de les saler pendant qu’ils sont encore chauds.
- Les étoffes de soie, de laine ou de coton, noires ou en couleurs, ajoute notre confrère Messager, qui donne cette recette,deviennent comme neuves si on les lave à l’eau de haricots tiède. Il faut environ une livre de haricots pour quatre litres d’eau sans savon. Après lavage, on rince à l’eau tiède; on égoutte en pressant légèrement, on met à sécher et on repasse sur l’envers.
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- Encre pour les étiquettes de flacons. —
- Voici la formule d’une encre tenace et indélébile, donnée par le Pharmacien central-halle, et qu’on pourra utiliser pour les étiquettes des flacons de laboratoires contenant des acides, des liquides corrosifs, ou simplement destinés à être exposés à l’humidité
- dans les catacombes des laboratoires de chimie.
- On dissout 20 grammes de gomme laque brune dans une solution chaude de borax (30 grammes pour 3 à 400 centimètres cubes d’eau), puis on filtre à chaud. Au liquide filtré, on ajoute la solution suivante :
- Noir d’aniline soluble à l’eau
- (nigrosine)........... 7,50 grammes
- Tanin................... 0,30 »
- Acide pmrique .... 0,10 »
- Ammoniaque..............15 »
- Eau..................... 7
- On peut augmenter la proportion de noir d’aniline, mais la quantité ci-dessus est suffisante pour obtenir une encre d’un beau noir.
- ***
- Vernis pour cuir ordinaire. — Pour donner au cuir ordinaire non verni une belle couleur noire brillante, on se sert de la composition suivante dont on imprègne dûment le cuir, et on termine en donnant une couche d’un vernis dont l’élasticité est assurée :
- Esprit-de-vin purifié . . . 100 parties.
- Tanin..................... 80 —
- Extrait de bois de campèche . 4 —
- Mélasse............... 16 —
- Huile de lin............... 6 —
- Gutta-percha, dissous dans de l’huile de lin bouillante . . 1 —
- Noir de nigrosine .... 2 —
- Soins à donner aux meules à aiguiser.
- —- Il ne faut jamais, comme cela se pratique souvent, laisser séjourner dans l’eau la partie inférieure de la meule. Cet endroit devient plus tendre que le reste, s’use plus rapidement et la meule n’est plus ronde. Pour obvier à cet inconvénient, on dispose un petit récipient au-dessus qui laisse tomber l’eau goutté à goutte sur la meule pendant qu’elle fonctionne, celle-ci restant suspendue à sec le reste du temps. Si la meule n’est plus ronde, il faudra la tourner de nouveau. Il faut avoir soin aussi de ne rien laisser de gras sur les instruments qu’on veut aiguiser. Ces corps gras pénètrent dans les pores de la pierre, détruisent l’effet du grain qui n’a plus de mordant. Il importe aussi que la meule soit bien fixée à son axe et qu’elle ne puisse pas avoir de jeu à droite ou à gauche.
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- Pour teindre en rouge les billes de ; billard. - Pour teindre en rouge des billes ! de billard, il est essentiel de les préparer j d’abord à recevoir solidement les matières colorantes.
- A cet effet, on les tient immergées pendant une douzaine d’heures au moins, dans une dissolution assez forte d’alun ou dans de l’acide acétique.
- On les teint ensuite en les plongeant dans unedécoclion concentrée de bois du Brésil.
- {Science pratique).
- Enduit protégeant le fer et l’acier. — Un
- procédé d’exécution simple et rapide est indiqué par les Annales du Syndicat des Entrepreneurs pour protéger le fer et l’acier contre l’oxydation.
- On obtient un enduit garantissant parfaitement ces métaux, en recouvrant les objets d’une solution, à chaud, de soufre, dissous dans l’essence de térébenthine. Le soufre après l’évaporation de l’essence reste en couche mince sur la surface à protéger et s’unit intimement au métal sous l’action de la flamme d’une lampe à alcool. Il se forme ainsi un vernis d’un beau noir et très solide.
- Ÿ-'%
- Trempe de fils d’acier. — La Deutsche Uhrmacher Zeitung recommande de passer le fil d’acier dans un bain de plomb chauffé à une température de 700 à 800» centigrades, après qu’il a été recouvert préalablement d’une pâte de chaux destinée à empêcher la formation des oxydes. Le fil est ainsi chauffé d’une façon uniforme : suivant qu’on le veut dur ou élastique, on le refroidit dans de l’eau ou dans de l’huile.
- Poudre contre les coupures du rasoir.—
- Rien de plus désagréable que les petites hémorragies résultant de la coupure du rasoir. On en est aisément maître en mettant sur la coupure une petite pincée d’une poudre composée en parties égales d’alun, de gomme adragante et de tanin, finement pulvérisés et bien mélangés. Le premier pharmacien venu peut préparer cette poudre en un tour de main.
- Traitement des brûlures. — Encore un nouveau mode de traitement des plus simples et, au dire du Dr Larger qui le préconise, des plus efficaces. Il consiste à employer, aussitôt après l’accident, dit La Nature, une solution saturée à froid de chlorate de potasse en bains locaux ou en application sur la partie brûlée. A défaut d’une solution qu’on n’a pas sous la main toute prête, on jette dans l’eau froide les paillettes de chlorate, en surabondance (car le sel fond lentement), on agite et on se sert de l’eau, après décantation.
- Le remède est efficace dans toutes les variétés de brûlures, mais c’est surtout dans les brûlures du premier degré, superficielles, que son action est remarquable. La douleur se calme presque instantanément et disparaît en peu d’instants. Si la partie brûlée ne se prête pas à une immersion totale, on la recouvre de compresses d’eau chloratée et de taffetas. Le pansement est faiblement antiseptique, mais il n’est ni irritant ni toxique.
- CAUSERIE ASTRONOMIQUE
- es constellations suivantes passeront au méridien pendant le mois de décembre : Persée, le Triangle, le Bélier, YEri-dan (fig. 13).
- Persée, dont nous avons parlé dans notre précédente causerie, plane au zénith. Si vous prenez la plus petite lunette pour explorer cette région du ciel, vous serez ébloui par ie nombre des beautés célestes que vous y trouverez. Et d abord vous serez en pleine voie lactée, d’où jaillissent des milliers d’étoiles microseopiques
- qui ressemblent à une véritable poussière de diamants célestes.
- La plus intéressante étoile de cette constellation est sans contredit p ou Algol, qui représente la tête de Méduse sur la plupart des anciennes caries. C’est l’une des étoiles variables les plus régulières que l’on voit dans le ciel. Elle est en même temps l’une des plus brillantes du genre, et des plus faciles à reconnaître, quand elle est à son maximum, elle est à la suite des trois étoiles d'Andromède. Elle
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Le TnaiiÇ h'
- ym&Te~'b
- ersee
- Le Bélier
- les Poissons
- La Baleint
- L ’Eridari
- passe de la 2e à la 3e grandeur en deux jours, | 20 heures, 49 minutes, et, chose remarquable, son maximum d’éclat ne dure que six minutes.
- Si l’on tient compte du temps qui précède et suit le minimum, elle reste de 2e grandeur pendant 2 jours et 12 minutes environ.
- Offrez-vous ce curieux spectacle pendant une belle nuit d’hiver : son minimum aura lieu pendant six minutes seulement aux dates suivantes :
- Le 2 décembre, à 6 h. 25 m. du malin ;
- Le 4 décembre, à 3 h. 4 m. du matin ;
- Le 7 décembre, à minuit 3 m. ;
- Le 10 décembre, à 8 h. 52 m. du
- Le 24 décembre, à 5 h. 56 m. du malin ;
- Le 27 décembre, à 2 h. 45 m. du matin ;
- Le 30 décembre, à 11 h. 35 m. du soir ;
- et ainsi de suite en ajoutant 68 heures 49 minutes à chaque période pour obtenir la suiva n le.
- Ce phénomène a été observé pour la première fois en 1669, et, depuis celte époque, une variante de 2 ou 3 secondes seulement a été observée entre les périodes qui la ramènent du maximum au minimum.
- On présume que la variation d’éclat de ce lointain soleil est dû à la révolution d’une énorme planète qui tourne en 69 heures dans le plan de notre rayon visuel.
- Mentionnons pour mémoire le Triangle peu intéressant.
- Le Bélier est remarquable à sa forme qui a quelque ressemblance avec celle de la Lyre.
- Il y a deux mille ans, cette constellation était derrière le soleil au moment de l’équinoxe du printemps (21 mars) et elle se trouvait naturellement à la tête des constellations du Zodiaque ; maintenant c’est la constellation des Poissons
- qui remplit ce rôle.
- L’étoile y est une double facile à reconnaître, même dans un petit instrument. C’est la première double que l’on ait observée ; cette découverte a été faite en 1664 par l’astronome anglais Hooke.
- a, de 2e grandeur, passe au méridien le 6 à 8 h. 55 in. du soir (fig. 13).
- VEridan est formé d’une quantité considérable de petites étoiles dont l'alignement naturel donne l’idée d'un fleuve, d’où son nom, qui est celui de l’ancien Pô.
- Deux belles étoiles doubles 32 et 40 le rendent remarquable, la première est jaune topaze et bleue marine. La seconde est orangée. Elles ne peuvent être dédoublées qu’à l’aide d'une lunette astronomique.
- ***
- Planètes visibles en décembre. — Mars se lève le 5 à 8 h. soir, le 15 à 7 h. 21 m., le
- 25 à 6 h. 30 m.
- Jupiter n’est visible que le matin : le 5, il se lève à 3 h. 50 m., le 15 à 3 h. 21 m., le 25 à 2 h. 51 m.
- Etoiles rilantes du 7 au 10 radiant près de Castor, de la constellation des Gémeaux.
- (A suivre.) A. Perciienet.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas. La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
- soir ;
- Le 13 décembre, à 5 h. 41 m. du soir
- Fig. 13. — Carte du ciel donnant la position relative des astres visibles en décembre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- L’AQUARIUM D’APPARTEMENT ET SES HOTES (suite)
- XV. — ANIMAUX INVERTEBRES
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- indépendamment des poissons, des batraciens, des reptiles et des plantes, précédement étudiés, d’autres êtres vivants trouvent avantageusement place dans l’aquarium d’appartement, soit qu’on puisseles laisser avec les hôtes précités, soit qu’on leur réserve un aquarium spécial. Parmi ces animaux invertébrés, nous devons surtout mentionner, tout au moins pour 1 ’aqu a rium d’eau douce, les insectes et quelques mollusques.
- Voyons tout d’abord le» insectes, et parmi ceux-là, il va sans dire que nous ne voulons nullement d é -crire tous les insectes aquatiques, mais simplement ceux qui peuvent être le Fl8-plus avanta-
- 15.— Le Dyticus latissimus. A (Dessin d’après nature
- geusement entretenus dans un aquarium.
- Dytiques. — Les Dytiques sont de gros insectes coléoptères, essentiellement aquatiques, dont les mœurs sont excessivement curieuses.
- Le genre Dytique {Dyticus) comprend un très grand nombre d’espèces, la plupart très carnassières et, à ce point de vue, rien ne peut donner une idée exacte de leur voracité, aussi les a-t-on surnommées à juste titre les « requins du monde des insectes ».
- L’espèce la plus commune, celle qu’on rencontre le plus souvent dans les mares et les pièces d’eau est le Dytique bordé (Dyticus marginalis). C’est un insecte de grande taille mesurant 3 à 3 centimètres et demi de longueur, au corps élargi et un peu aplati, d’un contour formant un ovale régulier, avec le dessus du corps d’un brun olivâtre ; tandis que
- le dessous du corps et les pattes sont jaunes.
- Ces insectes, d’habitudes aquatiques, sont donc loin d’être aussi brillammant parés que leurs congénères ayant une existence absolument aérienne.
- Le mâle est facile à distinguer de la femelle. Tout d’abord il a les élytres lisses, tandis que celles de la femelle sont cannelées ; de plus, ses pattes antérieures sont pourvues de
- larges palettes garnies de petites ventouses.
- Mâles et femelles volent très bien et, le soir, il n’est pas rare de les voir prendre leur vol, bourdon nant à la manière des hannetons pour se tr an sporter d’une mare dans une autre; aussi, lorsqu’on garde ces singuliers pensionnaires dans un aquarium, est-il indispensable de le recouvrir d’une toile métallique pour éviter les escapades.
- Le Dytique est un animal à respiration aérienne, s’effectuant au moyen de trachées et de stigmates, comme chez tous les autres insectes. Aussi, pour faire sa provision d’air, doit-il, de temps à autre, venir à la surface de l’eau.
- « Leur façon d’agir, en semblable occasion, dit M. G.Vitoux, est du reste assez curieuse. Se tenant en équilibre, la tête en bas, ils font émerger légèrement l’extrémité de leur abdomen. Grâce à cette manœuvre de bizarre apparence, la dernière paire de leurs stigmates, dont les ouvertures sont particulièrement larges, puise abondamment dans' l’atmosphère l’oxygène nécessaire à la vie, et, de plus, ils emprisonnent en même temps
- gauche, un mâle ; à droite une femelle, de M. Laurent Gsell).
- 2e Série — N° 50. — 16 Décembre 1898.
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- dans le feutre qui tapisse leur abdomen, et sous leurs élytres, une épaisse couche d’air ».
- Ces insectes, par les couleurs sombres de leur livrée, en harmonie avec les teintes du milieu où ils vivent, offrent un bel exemple de mimétisme ; mais ce n’est pas là le seul moyen pratique de défense que possèdent les Dyticidës en général et le Dyticus mar-ginalis en particulier.
- « Tout comme les grands, Carabes desquels ils se rapprochent si complètement que les anciens auteurs les réunissaient en un seul groupe et que l’on a pu dire justement qu’ils étaient des Carabides adaptés à la vie aquatique, les Dyticidës, alors qu’ils sont vigoureusement pressés par des adversaires redoutables, rejettent un liquide incolore, d’une odeur nauséabonde, et que secrétent des glandes anales logées dans leur poche rectale, et, de plus, ils excrètent encore, par les articulations antérieures ou postérieures du corselet, un liquide laiteux fort déplaisant au flair. »
- Comme nous le disions plus haut, les Dytiques sont des insectes essentiellement carnassiers et voraces qui répandent la terreur partout, aussi faut-il les tenir isolés, car ils s’attaquent à tous les êtres vivants qu’ils rencontrent: larves, têtards ou poissons, qu’ils dévorent avec leurs mandibules acérées sans s’occuper de leur taille.
- De ce fait que les Dytiques sont essentiellement des animaux de proie, il résulte qu’ils sont pour les viviers un fléau réel, d’ailleurs redouté des pisciculteurs.
- A cause de leurs mœurs carnassières, il ne faut pas essayer de les élever dans des aquariums où ils se trouveraient en conpagnie d’autres animaux aquatiques, et pour cette suprême raison, on doit, de toute nécessité, leur réserver une habitation particulière.
- Celle-ci, du reste, ne sera pas difficile à installer. Un simple bocal, de taille assez grande, suffira à la condition qu’on le recouvre d’une toile métallique, destinée à prévenir les excursions au dehors de certains pensionnaires d’humeur vagabonde; ce bocal contiendra de l’eau lraîche, des herbes aquatiques et quelques graviers. Le domicile de nos hôtes ainsi préparé, on n’aura plus qu’à veiller à ce qu’une proie abondante soit
- toujours à leur disposition, et pour cela, on aura la précaution de tenir constamment à la portée de ces insectes éminemment voraces, des petits poissons morts ou vivants, des vers de vase, etc.
- Dans ces conditions favorables, on les verra bientôt se développer, grandir, multiplier et même s’entre-dévorer à l’occasion.
- Cette étude, d’ailleurs, mérite d’être poursuivie, car il n’y a rien de plus curieux que d’observer, par exemple, la façon dont ces insectes assurent la reproduction de leur espèce.
- On a cru pendant longtemps que les femelles de Dytiques déposaient leurs œufs dans la vase. Or, il est aujourd’hui reconnu que, grâce à une sorte de tarière qu’elles possèdent, elles entaillent la tige des végétaux aquatiques, dans l’intérieur de laquelle elles déposent leurs œufs. Cette observation a été faite par M. le Dr Régimbart qui, à ce sujet, s’exprime delà manière suivante:
- « Au mois de mars 1865, je vis une femelle de Dyticus marginalis se poser d’une manière tout à fait insolite sur une tige de jonc ordinaire; elle se tenait la tête en haut, les antennes cachées sous le corselet et les pattes antérieures et intermédiaires embrassant solidement la tige ; en même temps les parties postérieures, placées parallèlement au corps, s’agitaient doucement et régulièrement sur les côtés de l’abdomen, dont l’extrémité s’écartait et se rapprochait alternativement des élytres. L’insecte, changeant de place, reprit deux ou trois fois cette position qu’il ne gardait que peu de temps, puis il monta prendre de l’air et redescendit entraînant une énorme bulle. 11 se replaça de la même manière sur une nouvelle tige de jonc, avec les mêmes mouvements. Puis l’extrémité de l’abdomen s’étant fortement dilatée en s’écartant des élytres, le Dytique fit sortir sa tarière, en appliqua le tranchant sur le jonc et commença à la faire mouvoir d’avant en arrière ; il en résulta une incision longitudinale.
- Voulant étudier de plus près cette manœuvre qui m’était tout à fait inconnue, je dérangeai l’insecte qui prit la fuite en ren-| trant sa tarière. Presque au même moment, j il la sortit de nouveau en nageant et laissa I tomber un œuf. J’avais le mot de l’énigme :
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- il ne me restait plus qu’à voir opérer l’animal jusqu’aux bout sans le déranger. J’eus le bonheur de le voir, après quelques instants, remonter et prendre une grosse bulle d’air pour aller se fixer sur un jonc. La tarière se mut d’abord d’avant en arrière, avec assez de lenteur, Quand elle eut pénétré jusqu’au centre de la moelle, elle s’arrêta dirigée obliquement en bas ; enfin, elle se gonfla peu à peu et l’insecte la rentra dans son abdomen pour retourner prendre de l’air. La durée de l’opération fut d’une demi-minute. »
- C’est à la fin de l’hiver et au printemps que la ponte se produit le plus généralement.
- L’œuf est cylindrique, arqué et arrondi aux extrémités; la fente dans laquelle l’insecte loge ses œufs mesure plusieurs millimètres de profondeur. Cet œuf, au bout de peu de jours, donne naissance à une larve, qui mérite également de nous arrêter quelque peu.
- Son corps est formé de douze anneaux allant en s’amincissant, jusqu’à la queue, qui est terminée en pointe ; la tête est grosse et ronde, armée de puissantes mâchoires avec lesquelles cette larve suce non seulement les végétaux, mais encore bon nombre d’animalcules aquatiques, mollusques, vers ou petits poissons.
- Ces larves ont une croissance très rapide et, environ une semaine après leur éclosion, elles mesurent un centimètre de longueur. Après avoir subi trois mues ou changements de peau, ces larves, qui alors ont une longueur double, deviennent plus indolentes, elles s’enfoncent dans les graviers de l’aquarium, y creusent une cavité ovale et se transforment en nymphes. Celles-ci restent ainsi tout l’hiver et, dès les premiers beaux jours, se métamorphosent en insectes parfaits.
- (A suivre). Alb. Larbalétrier.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- hâssis-presse. (Suite) — On connaît iffHH les inconvénients des châssis-presse, l’image n’est vue que partiellement ; en soulevant un des volets, on risque de déplacer l’image. Voici un moyen qui, vu son économie, permettra à l’amateur le plus modeste de multiplier ses châssis selon ses besoins ; la qualité n’en sera pas sacrifiée, au contraire. La commodité de cet instrument est telle qu’il permet de voir, à chaque instant, l’imagé dans son entier; on peut alors mieux juger sa venue, retoucher dans le cliché les parties défectueuses, en un mot, mener à meilleure fin l’œuvre si importante du tirage des épreuves.
- Quel sera notre matériel ? Une simple planchette un peu plus grande sur chaque face que le format du cliché ; sur cette planche, collons un morceau de feutre épais. 1 rocurons-nous 3 pointes de 1 ou 2 centimètres de long et 2 forts bracelets de caoutchouc, ou 4 épingles de lessive à ressort. Pour opérer, nous prenons une feuille de papier sensible de la grandeur du cliché, uous la fixons sur le feutre de la planchette a 1 aide des 3 pointes que nous planterons à 1 millimètre des bords de la feuille, savoir :
- 2 sur un grand côté, la troisième sur un petit côté à 2 centim. de la partie inférieure de la feuille. Nous n’avons plus qu’à placer le cliché en contact avec la surface sensible en ayant soin de le faire buter contre les liges des 3 pointes ; puis, l’assujettissement se fera, en le pinçant par les bords au moyen des 4 épingles américaines ou des 2 bracelets de caoutchouc que nous tiendrons, en introduisant sous la planchette et ces bracelets 2 boîtes de plaques 4 1/2 x 6 ou toute autre chose. Le cliché enlevé de temps à autre pour surveiller le tirage sera donc remis exactement à la même place.
- Le système est /très commode pour les tissus qu’on a sensibilisés ; dans ce cas, il faut les prendre plus grands que le cliché et les tendre au moyen de plusieurs punaises - aucun pli ne sera à craindre.
- Pour le tirage des plaques opales, ce châssis remplacera avantageusement, les châssis à ventouses fort coûteux; il est alors nécessaire d’immobiliser la plaque opale en.piquant sur son pourtour de petites pointes sans tête qu’on aura soin d’enfoncer suffisamment pour les empêcher de faire saillie au-dessus du cliché ; naturellement,
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- il faudra placer les 3 pointes de repère à 1 ou 2 millimètres en dehors ; le peu qui reste sans impression est insignifiant (fig. 16).
- On peut également construire une grande plaque de bois qui servira pour 6 à 8 clichés et qu’on suspendra à la fenêtre — il faudra percer de petits trous de chaque côté des clichés pour le passage des bracelets de caoutchouc qu’on nouera par derrière.
- Ce système a l’avantage sur d’autres modèles de ne pas exiger du papier plus grand que le cliché, ce qui est [appréciable, maintenant que les papiers de toutes marques se vendent en pochettes aux formats courants.
- ***
- Pour l’impression des plaques positives et principalement pour l’emploi des opales, la maison Léaucourt indique le tour de main suivant, permettant de suppriiner le châssis spécial à ventouses dont le prix peut paraître élevé aux amateurs économes :
- On prend deux parties de cire jaune et une partie de poix que l’on fait fondre ensemble sur un feu doux : l’on obtient
- ainsi, après refroidissement, une pâte collante se conservant indéfiniment.
- D’un autre côté, on plie une bandelette de papier noir d’environ un centimètre de largeur en deux parties égales, de façon à former charnière.
- On prend ensuite le cliché que l’on désire
- reproduire en y appliquant la plaque positive couche contre couche; on regarde par transparence si cette dernière est à la place voulue, on fait, à chaque angle, une marque au crayon et on enlève la plaque sensibilisée.
- La place où celle-ci doit se trouver étant marquée, on applique aux deux angles inférieurs du cliché la charnière en papier au moyen de la matière collante sus-indiquée.
- Cette opération terminée, on met sur Fi?- 16- les coins inférieurs
- de l’opale une toute petite quantité de la matière adhérente et on applique celle-ci par la face sensible sur le cliché, de manière à faire correspondre exactement les angles inférieurs et supérieurs, et on donne une légère pression aux deux coins inférieurs pour bien les faire adhérer à la charnière de papier.
- L’opale ainsi appliquée sur le cliché est mise dans un châssis d’impression ordinaire et on l'expose au jour.
- Pour suivre l’impression, on place le châssis sur une table, on l’ouvre entièrement et on retire ensemble et sans bouger le cliché et l’opale. Ceci se fait très facilement en glissant l’ongle de l’index de la main droite sous l’angle supérieur droit du cliché et en retenant de la main gauche la partie inferieure.
- Les ayant retirés, on les retourne de façon à avoir le cliché au-dessus et l’opale en
- Fig. 17.’
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- d essous. On les tient juxtaposés par la main gauche et les quatre doigts en dessous et et le pouce au-dessus à la hauteur de la charnière de papier et laissant reposer l’opale sur le bout des quatre doigts de la main droite, on soulève le cliché par l'angle droit supérieur au moyen du pouce, tel que le montre la figure 17.
- Si l’épreuve n’est pas suffisamment imprimée, on laisse doucement revenir le cliché sur l’opale et on regarde par transparence si l’épreuve n’a pas bougé ; si oui, comme ce sont deux corps solides, on peut facilement les remettre de façon à faire correspondre toutes les lignes entre elles.
- On les remet alors dans le châssis, tel qu’il est dit ci-haut et on continue à l’expo-poser jusqu’à ce ce que les grands noirs commencent à se bronzer. Arrivé là, on détache l’opale et on chauffe un peu les deux coins où se trouve la poix, on enlève celle-ci au moyen d’un morceau de linge sec, et' on procède au virage.
- ***
- Châssis anglais et américains. — La
- L’INCANDESCENCE PAR LE
- construction des châssis anglais et américains n’est pas inabordable par l’amateur. Sans doute l’assemblage des diverses parties du cadre est une opération assez délicate, mais avec un peu d’habileté et de patience on se tirera d’affaire. On adoptera le mode le plus ordinaire à tenons et mortaises, les bois à assembler étant bien tirés d’épaisseur à la varlope ou au riflard, puis dressés et bien équarris, on scie les tenons tracés au trusquin des deux côtés.
- La mortaise destinée à recevoir le tenon doit avoir exactement les mêmes dimensions. On la fera au bédane en commençant des deux côtés du bois.
- On aura pris la précaution de tracer la mortaise au crayon.
- Pour construire les barrettes il suffira de se procurer des charnières et des ressorts, et pour assembler le tout, on n’aura qu’à consulter un modèle courant.
- On pourra, somme toute, construire ce châssis sans difficulté aucune.
- A. Berthier,
- (A suivre).
- GAZ ET PAR L’ÉLECTRICITÉ
- a lutte entre le gaz et l’électricité a recommencé de plus belle, depuis l’apparition des becs à incandescence par le gaz (bec Auer et appareils similaires).
- Dans ces becs, maintenant très répandus, la lumière est, comme on sait, produite par l’incandescence d’un manchon enduit de terres rares (mélange d’oxyde de thorium avec une petite quantité d’oxyde de cérium), ce manchon étant placé dans la flamme d’un bec Bunzen. Ainsi, dans ces appareils, la lumière n’est plus produite par la flamme du gaz, mais uniquement par l’incandescence du manchon.
- Si l’on fait abstraction des avantages spéciaux que présente la lumière électrique (faible production de chaleur, absence d’acide carbonique, etc.,) et si l’on se place uniquement au point de vue économique, il est évident que le choix de l’un ou l’autre système dépendra des prix relatifs du gaz et de l’électricité. On peut admettre qu’à l’état neuf, une lampe à incandescence électrique
- de 16 bougies absorbe 48 watts, soit 8 watts par bougie, et qu’un bec à incandescence par le gaz, de 50 bougies, consomme 100 litres de gaz à l’heure, soit 2 litres par bougie.
- Mais la comparaison établie uniquement sur ces bases est très imparfaite, car ni la lampe électrique, ni le manchon incandescent ne durent indéfiniment ; de plus, leur pouvoir éclairant diminue régulièrement depuis le commencement jusqu’à la fin de leur vie. On a même reconnu qu’il y avait intérêt à mettre la lampe à incandescence hors de service lorsque son intensité lumineuse était descendue à 80 0/o environ de sa valeur primitive, au lieu d’attendre qu’elle soit brûlée. Le moment où la lampe doit être mise hors de service dépend d’ailleurs du prix des lampes et de celui de l’énergie électrique ; on comprend en effet que, si la lampe est chère et le courant bon marché, il y a intérêt à l’user davantage.
- Pour permettre la comparaison, à ce point de vue de la diminution de rendement entre
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- la lampe à incandescence et le bec Auer, nous reproduisons ci-dessous la moyenne des résultats trouvés par la General Electric Company, d’une part, avec des lampes électriques de sa fabrication, d’autre part, avec des manchons à incandescence.
- Nombre d’heures de service. Lampe électrique à incandesceuee. Lampe à incandescence par le gaz.
- 0 (appareil neuf) 100 100
- 50 102 1/2 (maximum) 94.5
- 100 100 90
- 200 93 82
- 300 87,5 77,5
- 500 74
- On remarquera que, pour la lampe électrique,le rendemenl commence par augmenter, pour diminuer après avoir passé par un
- maximum. Les résultats sont exprimés en centièmes du pouvoir éclairant de l’appareil neuf.
- Comme on le voit, la décroissance est plus rapide — au début surtout — avec le manchon qu’avec le filament électrique. Il ne faut pas en conclure immédiatement à l’infériorité économique de l’un des modes d’éclairage sur l’autre. Tout dépend, comme nous le disions plus haut, des prix relatifs du gaz et de l’électricité, et aussi du prix comparé des manchons de rechange et des lampes à incandescence. Il faut, dans chaque cas particulier, faire un petit calcul, pour lequel les renseignemenis ci-dessus pourront fournir une base.
- D.
- LES BONS ET LES MAUVAIS CHAMPIGNONS (Suite)
- ÉTUDE DE MYCOLOGIE PRATIQUE
- C. Porifères ou Polyporées. Des tubes ou des pores sous le chapeau.
- Comestible.
- La Fistuline ou langue de bœuf (Fistu-lina Hepatica, Huds.). Ce champignon de
- surface inférieure sont grêles, inégaux, d’abord blancs, puis jaunes ou roussâtres, distincts et séparés. Il croît sur les vieilles ; souches et les troncs des arbres, assez com-î munément. Sans similaires vénéneux (fig. 18).
- Fig. 18. — La Fistuline ou Langue de bœuf (Fislulina hepatica, Huds). demi-grand, nat.— Au-dessous, coupé au 1/6 grand, nat. Comestible.
- 5-12 centimètres de diamètre, est d’un rouge brun, charnu, mou, attaché parle côté, sessile ou porté sur un court pédicule ; sa chair est comme zonée, d’un rouge plus ou moins foncé, succulente et aigrelette ; sa surface supérieure est, dans sa jeunesse, parsemée de petites protubérances qui, vues à la loupe, paraissent des rosettes pédicellées ; ces rosettes se détachent plus ou moins promptement, et alors la surlace est lisse ; les tubes qui occupent la
- Comestible.
- La Nonette ou Cèpe pleureur (lioletus gra-, nulatus, L.) Chapeau brun ou jaune orangé pâle, ayant 3-6 centimètres de diamètre, un peu déprimé au centre; pédicule assez gros, jaunâtre et blanchâtre au bas, présentant des gra-
- Vénéneux.
- Le Cèpe drapé (Bolet us chrysa.nt héron, B.) Ce champignon varie beaucoup pour sa forme, sa couleur et ses dimensions ; son pédicule est assez gros, cylindrique, quelquefois aminci ou bien renflé à sa base, tantôt jaune, tantôt brun
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- bistré, strié de rose ou de rouge. Son chapeau est orbiculaire, voûté, de 7-12 centimètres de diamètre, cendré, bronzé ou brunâtre ; sa chair est jaune, plus ou moins épaisse, et change de couleur dès qu’on l’entame ; pores jaunes devenant bleus par le froissement. Il pousse par terre dans les bois: il est assez commun en été et en automne (fig. 20j.
- Comestible.
- Le Cèpe orayigé (Boletus versipellis, Fr.). Son pédicule est cylindrique ou renflé dans le milieu, hérissé de pointes comme une râpe, blanchâtre moucheté de rouge ou de brun ; son chapeau est orbiculaire, épais, convexe, velouté orangé ou jaune, large, de 4-7 centimètres de diamètre, prolongé au bord en membrâne irrégulière ; pores blancs, étroits, allongés et pouvant se séparer du chapeau. Il pousse par terre dans les bois où il est assez commun en été ; sans similaires vénéneux (fig. 25).
- Comestible.
- nulations au sommet ; pores jaunâtres émettant des gouttelettes laiteuses; il pousse assez communément dans les bois, quelquefois réunis par deux (fig. 19).
- Le Cèpe gris (Boletus scaber, B.). Ce champignon s’élève ordinairement jusqu’à 10-12 centimètres ; son pédicule est plein, cylindrique, brun clair, un peu renflé à la base, hérissé de crochets ou de grosses granulations, qui ressemblent aux dents d’une râpe; il présente souvent des taches bleues à sa base. Son chapeau, de 4-8 centimètres de diamètre, est charnu, orbiculaire, convexe, ordinairement d’un bistre très cendré, quelquefois d’un brun de rouille, comme chagriné, puis ridé et gercé; ses pores sont ordinairement blancs, quelquefois grisâtres ou couleur de chair, ou bien encore jaunâtres; on le trouve dans les bois, en automne et communément. Sa chair est blanche et assez agréable à manger. Il est sans similaires vénéneux (fig. 26).
- Comestible.
- Le Cèpe (Boletus edu-lis, Bull.) Cette bonne espèce peut s’élever à 12-15 centimètres ; son pédicule est assez gros,
- Vénéneux.
- Le Cèpe chicotin (Boletus felleus, Bull.) (fig. 23) Son pédicule est cylindrique, un peu ventru à sa base, jaunâtre,
- cylindrique, quelquefois ventru, blanchâtre ou jaune, avec des lignes en réseau ; son chapeau est large, voûté, d’une couleur ferrugineuse tirant sur le brun, quelquefois d’un rouge de brique rembruni, aussi rouge cendré, enfin très rarement blanc ou jaunâtre, ayant 8-15 centimètres de diamètre ; sa chair est blanche, épaisse ferme, sucrée, quelquefois blanche ou jaunâtre, souvent d’une teinte vineuse sous la peau ; les pores sont d’abord blancs et allongés, ensuite jaunâtres ou même verdâtres ; on le trouve pendant l’été et en automne dans les bois de toute la France (fig. 21).
- marqué de lignes jaunes et réticulées, long de 8-9 centimètres ; son chapeau est jaune ou bistré, d’abord très voûté, ensuite plan et un peu concave, de 6-10 centimètres de diamètre. Sa chair est blanche, molle, peu épaisse, très amère, et devient d’un rose tendre quand on la coupe ; les pores sont blancs à leur naissance, et prennent ensuite une teinte couleur de chair. Mêmes stations que le précédent. Vénéneux.
- Le Cèpe perfide (Bo-lelus luridus, Sch.). Son pédicule est jaune d’ocre, réticulé, ordinairement gros et renflé à la base, quelquefois plus mince et cylindrique ; son chapeau est toujours voûté, orbiculaire, de 8-12 cen-mètres de diamètre, roux bistré, rarement grisât re ; sa chair est épaisse, blanche, et devient, quand on l’entame, d’un beau bleu ; pores rouge vermillon, surtout à l’orifice, et devenant jaunes avec l’âge. Il pousse sur la I terre, dans bois, à la fin J de l’été : il n’est pas très I commun (fig. 22).
- Comestible.
- Le Cèpe bronzé ou Tête de nègre (Boletus œreus, Bull.). Pédicule cylindrique, gros, long de 5-7 centimètres, jaunâtre, fauve et même brun, ordinairement marqué de nervures réticulées, disparaissant quelquefois avec l’âge. Chapeau orbiculaire, convexe, de 5-10 centimètres de diamètre, bronzé, presque noir, quelquefois brun noirâtre ; pores courts, blancs, parfois jaunâtres dans la vieillesse; chair ferme, sucrée, ordinairement un peu rougeâtre sous la peau- et jaunâtre vers les pores. Son odeur et sa saveur sont agréables. Il pousse dans les bois, fin d’été ou en automne, où il y est rare. Sans similaires vénéneux (fig. 24).
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- Fig. 23. — Le Cèpe chicotin (Boletus felleus), B.) demi-grand, nat. Vénéneux.
- Fig. 24. — Le Cèpe bronzé ou Tête de nègre IBoletus oereus, B.) à gauche, jeune ; à droite, adulte : demi-grand, nat. Comestible.
- Fig. 19. — La Nonette ou Cèpe pleureur (Boletus granulatus, L.) demi-grand, nat. Comestible.
- Fig. 20. — Le Cèpe drapé (Boletus chyrsanteron, B.) demi-grand, nat. A droite jeune, au 1/6 grand, nat. Vénéneux.
- Fig. 21.— Le Cèpe (Boletus edulis, B.) an 1/4 grand nat A droite, très jeune, à gauche, un peu pins âgé au 1/8 grand, nat. Comestible.
- Ing. 22. — Le Cèpe perfide (Boletus luridus, Sch.) demi-grand, nat. Vénéneux.
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- SSüB
- i drique, assez gros, long de 3-5 centimètres. Chapeau blanc, puis jaune d’ocre pâle; de 3-6 centimètres de diamètre, bosselé, craquelé et offrant des aréoles brunes ; chair épaisse ;
- Fi". 25. — Le Cèpe orangé (Boletus versipellis, Fr.) demi-grand. nat. Comestible.
- Comestible.
- La Croquette des Sapinières (Folyporus ovinus, Sch.). Pédicule blanc, glabre, cylin- i
- pores d’abord blancs, ensuite jaunes; son odeur est agréable et on la trouve assez rarement, mais en groupes, dans les bois de conifères ; sans similaires vénéneux.
- (A suivre.) M. Beleze.
- Fig. 26. — Le Cèpe orangé (Boletus scaber. B) demi-grand, nat. Comestible.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 14 et 21 Novembre 1898.
- L’instinct chez les animaux. — M. Bohn, préparateur à la Sorbonne est l’auteur d’un travail sur les différents stades de l’instinct dans un même groupe d’animaux. Dans cette note, présentée par M. E. Perlier, l'auteur montre que cet instinct est en rapport avec les conditions propres à la vie de l’animal. Après avoir choisi un groupe de crustacés comprenant comme termes extrêmes le Nëphrops et la Callianasse avec trois ou quatre espèces intermédiaires, il montre le Néphrops sorte de grosse écrevisse marine, à longues pattes, vivant sur le sable, et peu armé pour la lutte, ayant l’instinct de se dissimuler en recouvrant de sable son corps. Effectivement, une sorte d’humeur agglutinante qu’il secrète lui permet de former avec le sable un mortier dont il s’enduit le
- corps avec sa patte, au point de n’en laisser à découvert que quelques points. Au contraire, la Callianasse vit dans le sable où elle se creuse des galeries qu’elle sait rendre résistantes à l’aide d’un mortier constitué également au moyen de sabie agglutiné par une sécrétion. Les trois paires de pattes ont la forme spéciale au but qu’elles doivent remplir: la première paire sert à gratter le sable et à pétrir le mortier, la seconde à transporter le mortier contre les parois des galeries unies comme du stuc ; la troisième à polir et à lisser les parois.
- Yient-on à couper cette troisième paire de pattes à l’animal, celui-ci perd l’instinct et se creuse simplement un trou dans le sable. C’est ainsi que dans les espèces intermédiaires, on peut suivre les va,-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- riations de l’instinct se modifiant avec les besoins de l’animal.
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- Les phosphates noirs des Pyrénées. —
- « J’ai été appelé, dit M. David Levrat, dans un mémoire présenté par M. de la Goupillière, à visiter dans les premiers jours du mois de mai 1898, un gisement de phosphate situé à 38 kilomètres au sud d’Oloron (Basses-Pyrénées). L’aspect particulier de la matière, qui ressemble à de l’anthracite impur, son mode particulier de gisement, à la limite du terrain dévonien et de la formation houillère pyrénéenne, m’engagèrent à étudier de plus près la question et à porter mes recherches sur l’ensemble de la formation dévonienne du versant français de la chaîne des Pyrénées.
- J’ai été assez heureux pour pouvoir, à la suite de mes études sur le terrain, retrouver ces phosphates sur un grand nombre de points, en dehors des Basses-Pyrénées, notamment dans l’Ariège, la Haute-Garonne et même dans l’Aude. Je suis doncen mesure de faire connaître au moins dans ses lignes principales, celte nouvelle source de phosphates français, de fixer son niveau géologique et de donner une idée de son importance au point de vue agricole.
- J’ai reconnu d’abord que ces gisements ne constituent ni des poches, comme les phosphates de la Somme, ni des amas plus ou moins filoniens, comme les phosphorites du Quercy, mais bien une couche régulière et puissante, située à un niveau géologique si bien déterminé que j’ai pu le suivre sur toute la longueur des ,Pyrénées, en le recoupant dans la vallée des Eaux-Bonnes, de Luchon, du Salat, de l’Ariège, aux environs de Prades ; puis remontant vers les• Corbières et jusque dans la Montagne-Noire, aux environs de Cannes ; uni doute qu’il ne se prolonge dans l’Hérault.»
- M. Levrat résume ainsi ses recherches : « Dans les Pyrénées il existe un gisement phosphaté, situé à la partie supérieure du terrain dévonien, entre le marbre ou calcaire griotte et les schistes sus-jacents. Ce niveau se continue dans les Cor-bières et dans la Montagne Noire. Les phosphates se présentent sous un aspect noir brillant, rappelant celui de l’anthracite. La composition de la couche est caractérisée, dans les parties riches, par la présence de nombreux nodules noirs, brillants, durs, généralement aplatis, formés de phosphate de chaux presque pur et dosant 65 à 75 p. 100 de phosphate tribasique de chaux. La
- gangue qui enrobe ces nodules est elle-même phosphatée On y constaté en outre la présence d’une quantité importante de matière organique contenant elle-même de l’azote organique dans la proportion de 3 à 5 kilogrammes par tonne. La puissance de la couche atteint 8 à 10 mètres. Les nodules sont concentrés tantôt au toit tantôt au mur du gisefnent. I a continuité de l’enrichissement en profondeur est démontrée par les travaux de la mine de manganèse de Las Cabesses, qui ont recoupé les nodulesà 114 mètres de profondeur. » ***
- Production artificielle des perles chez les haliotis. — Note de M. Louis Boutan, communiquée par M. de Lacaze-Duthiers. On sait que l’huître perlière (méléagrine) n’est pas le seul mollusque qui soit capable de donner des perles fines. D’autres acéphales peuvent également en contenir et depuis longtemps, ces essais ont été tentés pour en faire produire artificiellement par les coquilles d’eau douce. M. Boutan a pensé que l’on pourrait faire naître artificiellement des perles dans les coquilles marines et en particulier dans celles des gastéropodes. Il a donc pris des Haliotis, mollusques abondants dans les fonds rocheux de la Manche, où ils atteignent une taille considérable, et il a fait sur ces animaux divers essais. l°Soixante Haliotis ont été trépanés de façon à enlever un fragment de coquille de 6 millimètres. Par cet orifice, on a fait pénétrer une perle de façon à refouler le manteau et à interposer la perle entre le manteau et la coquille ; l’orifice a été ensuite obstrué avec du ciment à prise rapide. 2° Même opération sur cinquante Haliotis ; seulement on introduisit la perle de nacre dans la cavité branchiale et on l’y fixa avec un crin de Florence. 3° On opéra encore, en juin au lieu de mars, en perçant sur le côté droit de la coquille deux orifices au niveau du muscle coquillier et en introduisant ensuite la perle de nacre au niveau des deux ori" fices qui servirent ainsi dè pointe d’attache comme précédemment.
- On a obtenu de cette façon des échantillons bien englobés de nacre. Il faut remarquer cependant que les perles ainsi obtenues, si elles ont la même constitution chimique que les perles, ne sont orientées en couches circulaires qu’à la périphérie, ce qui leur donne l’orient cherché, mais renferment dans leur intérieur un gros noyau de nacre dont l’orientation des couches est nécessairement différente de celle de la périphérie.
- CYCLISME ET AUTOMOBILISME
- Le Cyclisme et la marche à pied. — Il est intéressant et curieux de résoudre ce problème, fle savoir le rapport qui existe entre la
- fatigue et la marche à pied et celle qui provient d’un parcours effectué à bicyclette. Il serait imprudent de prétendre le résoudre
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- absolument et rigoureusement et les courses qui ont eu lieu entre les deux modes de locomotion nous ont simplement prouvé que nos moyens volants étaient bien médnres. Un de de nos confrères, l'Industrie des Cycles, conclut de la façon suivante :
- En dix heures, un homme bon marcheur peut couvrir : 6 kilomètres chacune des deux premières heures , b kilom. 1/2 chacune des trois suivantes ; b kilomètres durant chacune des deux autres et 4 kilomètres chacune des trois suivantes. On atteint de la sorte en dix heures environ bO kilomètres. Il est vrai que celte distance de bO kilomètres fut déjà franchie en un peu plus de b heures, mais il s’agissait de course, d’une exception donc, et les coureurs arrivaient exténués et certainement rendus incapables de continuer pareille marche.
- Pour un vélocipédiste, la moyenne — admettant même des accidents de route et une machine ordinaire — sera durant dix heures de 14 kilomètres à l’heure, ainsi répartie : 20 kilomètres pour la première heure ; 18 pour chacune des deux suivantes : 17 kilomètres durant une heure ; 16 kilomètres durant une autre, lb kilomètres pour les deux suivantes ; 14 kilomètres pour les trois dernières heures.
- De manière que le groupement de ces proportions fournira le tableau suivant :
- A bicyclette. A pied.
- 1 heure 20 kilomètres. 6 kilomètres.
- 2 18 - • 6 —
- 3 — 18 — 5 1/2 —
- 4 - 17 - 5 1/2 -
- 5 16 - 5 1/2 -
- 6 - 15 — 5 —
- 7 — 15 — 5 -
- 8 - 14 — 4 —
- 9 - 14 — 4 -
- 10 - 14 — 4 —
- La bicyclette se trouvait donc placée vis-à-vis du marcheur : pour le temps, sur une distance de bO kilomètres, dans la proportion de 3 h. 40 à 10 heures ; pour la vitesse, à celle de IbO kilomètres à bO kilomètres.
- ***
- La résistance au roulement. — Si les bandages pneumatiques n’ont fait, jusqu’à présent, dit la Vie scientifique, l’objet d’aucun travail véritablement scientifique, c’est que les théories en cours sur la résistance au roulement n’offraient, par leur incertitude, aucune base
- sérieuse pour une pareille entreprise. Le baron de Mauni,, connu déjà par ses travaux sur les cycles et le cyclisme, vient de refaire en entier et d’exposer la théorie de ce qu’on est convenu d’appeler le frottement de roulement de la seconde espèce, ou tirage proprement dit.
- La notion de la résistance au roulement a été dégagée par lui des contradictions et des erreurs qui l’obscurcissaient et a été rendue accessible à tous, même aux contre-maîtres de fabrique auxquels l’établissement des bandages pneumatiques est confié.
- Si, abandonnant les équations surannées, inutiles et parfois fausses, dont on s’était contenté jusqu’aujourd’hui, le constructeur de roues pneumatiques, que ces questions intéressent, se place au point de vue rationnel si nettement établi par M. de Mauni, il voit s’accorder les expériences, et s’explique rigoureusement les avantages des pneumatiques par rapport aux autres bandages.
- Mais ce ne sont là que les premiers fruits, purement intellectuels, d’une telle étude. — A la clarté des principes posés, la comparaison des divers systèmes de pneumatiques, l’appréciation de leurs qualités, de leurs défauts, et de leur valeur industrielle, les motifs, parfois très confus, des pratiques adoptées par les fabricants et par les coureurs, enfin la recherche de la voie où doivent s’engager les artisans des progrès futurs, progrès énormes encore et presque illimités, quoi qu’en pensent les ignorants, deviennent aisés, nous ne dirons pas pour tous, mais pour presque tous les hommes de métier qu’un empirisme aveugle et l’exclusion a priori de toute formule scientifique ne sauraient satisfaire.
- La thèse du baron de Mauni rencontrera sans doute des contradicteurs, mais ne saurait trouver d’indifférents dans le monde des constructeurs de cycles ou d'automobiles, ni même parmi les personnes intelligentes qui emploient les nouveaux engins de locomotion.
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- Le s 100 kilomètres de VU. V. F. — Les épreuves de 100 kilomètres organisés par le Comité directeur et le personnel consulaire de l’Union Vélocipédique de France obtiennent toujours le même succès et jouissent toujours de la même faveur auprès des cyclistes. Le relevé qui vient d’être fait du nombre des épreuves courues tant à Paris qu’en province,
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- du nombre des cyclistes qui y ont pris part et des brevets distribués en est la meilleure preuve.
- Sept épreuves ont été organisées à Paris par le Comité directeur; elles ont réuni 1,149 inscriptions, dont 863 partants, sur lesquels 629 cyclistes accomplissent le parcours en moins de 6 heures.
- En province, le personnel consulaire et les Sociétés affiliées ont organisé 134 épreuves de 100 kilomètres. Le nombre des brevets délivrés est de 623 pour Paris et de 1,051 pour les départements, ce qui fait un total de 1,674 brevets délivrés, dans le courant de l’exercice 1898.
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- La Course de côtes du 27 novembre dernier. — M. Paul Meyau a pris l’initiative d’organiser, le 27 novembre, une course de côtes pour automobiles à laquelle ont pris part 45 concurrents. La course a eu lieu sur un parcours de 1800 mètres en projection horizontale, sur la côte de Chanleloup. La différence de niveau est de de 114m,73, la pente moyenne de 53 millièmes et la pente maxima de 106 millièmes. Le vainqueur est M. Jenatzy : il a accompli le parcours en 3m52s avec une voiture électrique. Sans acccident survenu à la voiture électrique de M. Le comte de Chas-seloup-Laubat, elle eût sans doute fourni un temps équivalent. Le deuxième arrivant est une voiturette à essence de pétrole, montée par M. Jamin (4m2s 1/5, le troisième, un tricycle à essence de pétrole monté par M. Marcelin (4m2S). La première voiture à essence de pétrole proprement dite classée la septième, est celle de M. Giraud (voiture Amédée Bollée 4ra36s2/5). Il ne faut pas exagérer la signification de ces résultats. Toutes les voitures ont été spécialement construites, disposées et préparées en vue de cette course spèciale. Pour tous ceux qui connaissent l’élasticité de débit des accumulateurs et de combien un moteur électrique peut, pendant quelques minutes, fournir une puissance bien supérieure à sa puissance normale, le succès de l’électricité dans ce cas spécial paraît tout naturel, l’expérience prouve qu’il est facile de construire un véhicule répondant à une formule particulière, mais il serait dangereux d’en généraliser les conséquences. Cela n’enlève rien au mérite ni au succès de la brillante réunion
- organisée par M. Meyan, le sympathique directeur La France automobile.
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- Les fûts de pétrole en papier comprimé. — On connaît les diverses applications du papier comprimé qui ont été réalisées surtout en Amérique, pour la construction des maisons, des roues de wagons, des cadres et roues de bicyclettes, etc.
- La plus récente application de ce genre n’est pas des moins curieuses. Un chargement complet de pétrole est arrivé ces jours-ci à Dunkerque, embarillé dans des fûts de papier cerclés en fer. Les avantages de ce nouveau genre de récipients consistent principalement dans l’absence des joints entre les douves, ce qui supprime le coulage et, par suite, une perte notable du liquide.
- Trois fabriques établies récemment en Amérique peuvent livrer chaque jour 3,000 fûts en papier comprimé.
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- Navire aérien en aluminium. — La Atlantic and Pacific Aerial Navigation Company, de San Francisco, a fait publier la description suivante du navire aérien qu’elle construit en aluminium.
- Le navire, quand il sera achevé, aura 195 pieds de.longueur (58 mètres), soit 60 pieds (18 mètres) de plus que le plus grand navire aérien jusqu’à présent conslruit dans notre pays. Sa partie cylindrique, ou corps, aura 100 pieds (30 mètres ; elle sera raccordée par un arc conique de 500 pieds (150 mètres) de longueur établi sous un angle de 20° aux cônes de ses extrémités, d’une longueur ensemble de 45 pieds (13 mètres.
- La matière employée pour la confection de sa coque est de l’aluminium en feuilles de 0,01 de pouce d’épaisseur (1/4 de m/m) ayant 8 pieds de longueur sur 2 pieds de largeur (2 m. 40 X 0,60) et réunies entre elles par des rivets en aluminium formant une couture de tuyau de poêle.
- Le moteur sera à gazoline à double piston et fera 300 révolutions par minute ; le propulseur en aluminium, supporté par des rouleaux de même métal, aura trois ailes de 9 pouces sur 4pouces(0,25 X 0,10). Enfin, les gouvernails seront aussi en aluminium.
- G, V.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- A TRAVERS
- Les gaz nuisibles à la santé. — Un
- certain nombre de gaz sont plus ou moins nuisibles à la santé. D’après les expériences faites en Allemagne par MM. Pettenkofer et Lehmann, voici le maximum qu’on puisse tolérer, dans une atmosphère i espirable, des gaz ou des vapeurs émanant de produits nuisibles à la santé.
- Acide chlorhydrique . 1 millième.
- Ammoniac............3 à 5 millièmes.
- Chlore..............4 à 6 dix-millièmes.
- Brome...............1 millième.
- Hydrogène sulfuré. . 7 nrllièmes.
- Sulfure de carbone. . 23 dix-millièmes.
- Aniline.............1 millième.
- ***
- Le commerce des accordéons. — D’après les rapports officiels des douanes, il a été importé en France pendant l’année 1896, 69.114 accordéons, dont la presqi e totalité, représentant une valeur de 606.400 francs, a été vendue à des amateurs français. La plupart de ces objets nous viennent de l’Allemagne, pays natal de l’accordéon, où il fut invenléen 1 S2f> ; les autres viennent d’Italie...
- Et on se demande, puisque l’accordéon est aussi en honneur en France, commént il peut se faire que, nous, nous n’en fabriquions pas, que nous nous bornions à recevoir ceux d’Italie ou d’Allemagne, et que dans une* industrie aussi importante, nous demeurions tributaires de l’étranger.
- ***
- La première grève. — Quel est le pays à qui appartient le droit de revendiquer l’abandon du travail dont il soit fait mention dans l’histoire ? Notre confrère le Journal d’Hygiène répond : C’est l’Allemagne, et la ville qui la première fut le théâtre d’une grève, est Breslau, en Silésie. Les ouvriers brasseurs refusèrent collectivement de travailler en 1329, et la grève dura une année entière. 11 ne semble pas que la grève eût motivé une mesure de coercition rigoureuse, à laquelle les autorités de l’époque étaient si portées à recourir. Il n’en fut pus de même cinquante ans plus tard, en 13S5, à Dantzig, quand les ouvriers des forges abandonnèrent en masse, soufflets, enclumes, marteaux et limos. Pour mettre fin à cette grève on publia un édit par lequel tout ouvrier qui refusait
- LA SCIENCE
- obéissance professionnelle à ses patrons était menacé d’avoir les oreilles coupées.
- ***
- Une couveuse originale. — Un apiculteur ayant découvert des œufs de perdrix déjà commencés de couver eut l’idée de les placer entre deux feuilles de ouate au-dessus des cadres d’une ruche bien peuplée et il recouvrit le tout avec de la balle d’avoine. Huit jours après, sans avoir touché aux œufs, il eut la grande satisfaction de constater la naissance des petits perdreaux. Le résultat n’est pas fait pour surprendre, puisqu’il faut 36 à 39° pour l’incubation des œufs et que la chaleur moyenne des ruches est de 36 à 38°. C’est, de plus, une chaleur humide, ce qui est nécessaire pour l’éclosion. Reste à disposer le dessus des ruches de façon à obtenir la conservation de la chaleur, ce à quoi on arrive facilement. Ce qu’il y a de curieux dans le résultat obtenu, c’est que les œufs n’ont pas été retournés, comme cela se pratique pour la couveuse ordinaire. Voilà donc, peut-être, ajoute la Vie scientifique, qui relate le fait, une nouvelle couveuse artificielle que tout apiculteur peut toujours avoir à sa disposition.
- ***
- Une bande pelliculaire de 15 km. — Le
- British Journal ofphotography annonce que la Eastman Kodack C° de Rochester s’est engagée à fabriquer pour M. Dunn trois bandes pelliculaires photographiques de chacune 50.000 pieds, soit 15.240 mètres ! Le prix de chaque rouleau sera de 1000 dollars, exactement 51.800 fr. c’est à dire 3.400 fr. par kilomètre. Ces bandes sont destinées à une variété de kinétoscope appelé « cellograph » par son inventeur, M. Dunn.
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- Les éléphants morts.— C’est une opinion assez répandue aux Indes, que les éléphants, lorsqu’ils se sentent près de la mort, se retirent en des retraites profondes, dans des fourrés inextricables, où ils meurent loin des yeux des bêtes, et aussi de l’homme. Ainsi s’expliquerait ce fait souvent cité, que l’on ne rencontre pour ainsi dire jamais le squelette d’un éléphant, en dehors des restes des éléphants tués à la chasse. La légende
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- est certainement intéressante, elle ne manque pas d’une certaine poésie même, et elle a cours parmi un public très étendu. La Revue scientifique estime qu’il faut toutefois en rabattre. Un chasseur anglais a découvert des squelettes d’éléphants morts de maladie, dans des lieux qui n’avaient rien de particulièrement secret, et un chasseur a pu, pendant quelques années consécutives, observer un même squelette, et a été surpris de la rapidité avec laquelle, sous l’influence des conditions extérieures, ce squelette s’est désagrégé et a disparu. La réalité semble donc être que, si l’on observe si peu de squelettes d’élépbants, c’est parce que ces ossements sont vite détruits par les agents atmosphériques et autres. D’autre part, un fait récent, rapporté par M.Th.-R. Hubback,indique que l’éléphant n’a point toujours coutume d’aller se cacher dans des retraites pour mourir : il a rencontré un squelette de cette bête (la mort remontait à quatre ou cinq semaines environ) dans un endroit très découvert, et il est certain que l'animal n’avait pas été tué par l’homme.
- ***
- Origine des mots microphone et téléphone. — A choses nouvelles il faut des mots nouveaux. Le mot cependant peut être parfois plus vieux que la chose, même lorsqu’il s’agit d’une invention. Par exemple téléphone et microphone. Quelle est l’ori-
- gine de ces mots si bien entrés dans la science et dans les usages actuels ? D’après M. Thomas D. Lockwood, le mot microphone a été employé pour la première fois en 1827, et appliqué à un instrument mécanique, imaginé par Wheatstone et décrit par lui dans le Quarterly Journal of Science. Le microphone avait pour but de rendre perceptibles les sons les plus faibles. Le mot téléphone remonte à 1845. Il était donné à, un appareil imaginé par le capitaine John Taylor, « un instrument puissant destiné à transmettre des signaux, pendant le brouillard, à l’aide de sons produits par l’air comprimé traversant des trompettes ». En 1854, le même nom a été appliqué au système de langage musical imaginé par Sudre. Les découvertes de ces dernières années ont singulièrement modifié et précisé le sens de ces deux mots.
- ***
- Une horloge monstre à Philadelphie. —
- Il existe à Philadelphie une horloge publique dont le cadran, éclairé à l’électricité, a 10 mètres de diamètre. La grande aiguille, qui pourrait servir de poutre à plancher, a 4 mètres de longueur, la petite 2m,50, et le timbre sur lequel se piquent les heures est une cloche qui pèse 24 tonnes. Une machine à vapeur spéciale placée dans le sous-sol remonte périodiquement le mécanisme ; une autre fournit la force motrice nécessaire pour l’éclairage.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Jus de citron artificiel. — La formule suivante donne, d’après Hager, un jus de citron artificiel, qu’il pourra être utile de se procurer à un moment donné.
- Acide citrique..............70 grammes
- Eau distillée...... 850 —
- Huile de citron.......... 0sr,7
- Alcool......................80 —
- On dissout l’acide dans l’eau, puis l’huile dans l’alcool, et l’on mêle les deux solutions. ***
- Nettoyage des papiers tachés. — Pour faire disparaître les taches sur les gravures, dessins, etc., on se sert de talc ou de magnésie en poudre qu’on étend soit directement sur les taches, soit du papier blanc
- filtre. On mouille la substance au moyen d’eau oxygénée du commerce, qu’on laisse agir pendant quelques heures, puis on ôte le tout au moyen d’un pinceau. Au besoin, on renouvelle l’opération. Les taches de café, de vin, ete., sur des plans ou dessins, disparaissent complètement, sans danger pour les lignes du dessin. (Le Papier.)
- ***
- protection de l’étamage des glaces —
- Si solide qu’il soit, l’étamage des glaces et des miroirs est assez rapidement altéré par le contact de l’air qui s’infiltre sous les cadres. M. G. Philipps recommande de le recouvrir d’un vernis qui sèche rapidement et qui est ainsi constitué :
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Térébenthine.......... 720 grammes
- Résine Dama.............150 —
- Kaolin.................. 90 —
- Graphite pur.............100 —
- On fait bouillir et l’on applique en couche continue.
- ***
- la fabrication des pièces de monnaie anciennes. — Un médecin de Gannat, M. Sahut, a eu l’occasion d’observer un clou neuf dit « pointe de Paris», qui avait séjourné pendant plusieurs jours dans le tube gastro-intestinal d’un enfant, et il a constaté que les sucs digestifs avaient agi sur les parties les plus minces de ce corps étranger, en avaient effacé les tranchants et le piquant et avaient remplacé le brillant du métal par une teinte brune.
- D’après la Revue Scientifique, cette constatation expliquerait les procédés usités en Italie pour fabriquer de nos jours des médailles des époques les plus reculées. Les gens qui se livrent à cette industrie ont, dit-on, l’habitude de faire avaler par de gros oiseaux, des coqs d’Inde en particulier, des monnaies de Tibère ou de Caligula grossièrement frappées. Après quelque temps de séjour dans leur corps, les dindons rendent les médailles qui ont acquis une patine plus ou moins parfaite. Si le séjour a trop peu duré, on fait faire à la médaille un nouveau voyage gastro-intestinal, et cela jusqu’à ce
- RÉCRÉATIONS
- LES JEÜ5X DE TABLE ET DE SALON. —
- Disposition du jeu au début. — Le
- “ Plein ” qui, comme tous les jeux de table, ne se joue qu’à deux joueurs, est ainsi nommé parce que le seul objectif de chacun des deux joueurs est de remplir le grand-jan, c’est-à-dire d’accoupler deux dames sur chacune des flèches de celui-ci que l’on nomme aussi Grand Plein.
- Chaque joueur n’a que deux tables dans son jeu, celles qui se trouvent de son côté. H n’v a pas de jeu de retour.
- Mêmes lois concernant les dés, et mêmes accessoires qu’aux jeux précédents.
- Les doublets se jouent également deux fois.
- que la pièce ait acquis un aspect qui ne permet plus de douter de son authenticité. ***
- Utilisation des déchets de scierie, sciure et copeaux. — Pourquoi, aujourd’hui encore, dit Y Echo forestier,. des milliers de mètres cubes de sciure de bois sont-ils vendus à des prix ridicules, voire simplement jetés à l’eau? On ne peut répondre à cette question que quand on a constaté l’indiffé rence qui en est la cause.
- Les copeaux de la scierie et du rabot sont des sous-produits précieux, qui trouvent une bonne utilisation surtout dans la bâtisse! et il est incompréhensible qu’on conserve les vieux errements encore actuellement, alo rs que tout le monde se plaint du mauvais état des affaires.
- Nous parlerons seulement, par exemple, de l’usage que trouve la sciure en cubes, pour des séparations intérieures, des isolateurs, etc.
- Il y a là un champ d’exploitation pour chaque scieur, grand ou petit, car la fabrication de ces cubes est d’un bon rendement et ne demande pas d’installation coûteuse.
- Une autre source de bénéfices vient s’ajouter, par le fait que ces cubes de sciure peuvent être rendus incombustibles, fait dont plus d’un entrepreneur pourrait tirer parti. Il faut savoir ne rien perdre, dans le « struggle « de l’industrie actuelle.
- SCIENTIFIQUES
- LES DÉRIVÉS DU JACQUET : LE PLEIN.
- Les joueurs empilent leurs quinze dames, au début, sur la première flèche des petits-jans, qui se trouvent situés l’un en face de l’autre, comme il est indiqué dans la fig. 27.
- Le but de la partie. — Le but de la partie de Plein est, comme nous venons de le dire, d’arriver à faire le premier les six cases du grand-jan.
- A ce succès seul est attaché le gain de le partie.
- Pour y parvenir, il est bon d’abattre beaucoup de bois dans le pelil-jan, et de lâcher de mettre au plus tôt et successivement une dame sur chacune des flèches du grand-jan.
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- une sur la quatrième du petit-jan.
- Fin du jeu. — Lorsqu’un joueur est parvenu à mettre une dame sur chacune des flèches du grand-jan, il lui est facile de couvrir, car il n’est plus gêné par l’interdiction de doubler les dames dans le petit-jan. 11 peut donc abattre le bois nécessaire sur les flèches qui paraissent le plus le favoriser. Il doit néanmoins ne pas s’avancer outre mesure. Il doit aussi tâcher de conserver tous les grands doublets à jouer arin de passer ses dames et de les rendre par là inutiles.
- Le joueur qui, le premier, a couvert son grand-jan de douze dames, dont deux sur chaque flèche, gagne la partie. Il gagne double
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Cependant il est défendu de faire aucune case, c’est-à-dire d’accoupler deux dames sur la même flèche, avant d’avoir une dame sur chacune des flèches du grand-jan. Il arrive donc quelquefois que l’on ne peut jouer au début tous les dés amenés ; si, au premier coup, par exemple, on amène tous les six, on ne peut en jouer qu’un, puisqu’il est interdit de doubler les dames et qu’il n’y a pas de jeu de retour. Si, le premier coup, on amène tous les cinq, on ne peut en faire que trois en portant une dame sur la cinquième flèche du grand-jan et
- une sur la sixième du petit-jan. Impossible
- Disposition du jeu au début
- Le Plein
- Fig. 27.
- de faire le quatrième sans doubler, ce qui est
- Iig. 28.— Le Plein : Si dans cette position les noirs amènent tous les six, ils ne peuvent en faire aucun puisqu’ils ne peuvent le faire sans doubler une dame et qu’ils n’ont pas encore une dame sur chaque flèche ou grand-jan S’ils amènent tous les cinq, ils peuvent faire tous les points'
- défendu. Si, le premier coup, amène tous les quatre, on ne peut en faire que trois pour les mêmes raisons et en usant des mêmes moyens. Si pour débuter on amène tous les trois, on peut les faire tous les quatre en portant une dame sur la quatrième flèche du grand-jan et
- CNAM
- Fig. 29. — Le Plein : partie gagnée. Si dans la position de la figure précédente les blancs amènent cinq et quatre, ils font leur plein en jouant de A en B, ce qui 1< ur donne le gain de la partie. Cette figure représente le coup joué et la partie gagnée.
- si l’adversaire n’a doublé aucune dame.
- (A suivre.) Jules Bouttier.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas. La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN EAMILLE
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- CAUSERIE ASTRONOMIQUE
- (janvier)
- nière ” “ la Grappe de raisin petit groupe se compose de six étoiles principales très rap-
- îous sommes arrivés à l’époque de l’année où le ciel nous découvre ses plus grandes
- ou
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- • île Triahÿhe Persée j.
- 'le Beher-
- J3etelgeu.se
- La Baleine
- L 'Éndan
- Le Lièvre
- r.d Cohmië-
- Le Fourneau
- Fig. 30. — Carte du ciel donnant la position relative des astres visibles en janvier.
- richesses.
- Nous voyons d’abord le Co -cher, qui plane au Zénilh pendant tout le mois.
- Nous y remarquons Capella (La Chèvre) déjà connue comme étant la plus éloignée des étoiles dont la distance soit mesurée. Elle est à 170 mille milliards de lieues et sa lumière emploie 72 ans à nous parvenir. Si un vieillard mourant à 80 ans s’envolait vers cette région dirige ses regards sur la terre, il s’y reverrait à l’époque où il avait huit ans, et pourrait ainsi assister aux jeux de son enfance.
- Comme “ Vega ”, dont il a été question au mois d’août, Capella ne se couche jamais, et décrit chaque jour une circonférence dans la région boréale. Elle est d’autant plus facile à reconnaître qu’elle brille dans une région relativement déserte. Elle est avec cette dernière et Arcturus l’une des trois plus brillantes du ciel.
- Vient ensuite Le Taureau au-dessous, où l’on remarque “ les Pléiades ” que nous avons appris à reconnaître dès notre enfance sous les noms de “ Poussi-
- prochées, et qui ont chacune leur nom ; on en voit plus difficilement une septième, mais elle s’est enfuie, dit-on, à l’époque de la guerre de Troie, ne pouvant supporter la vue de l’incendie de la ville, à ce point qu’elle a dû se voiler les yeux avec la main.
- “ L e s P1 é ï -ades ” sont très intéressantes à observer, même dans une petite lunette. Avec un
- et qu’arrivé il
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- v*î
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- Fig. 3i. — Le Taureau.
- instrument puissant, on en découvre jusqu’à 625.
- Les vues faibles, généra-/ lement, n’y distinguent au-
- •/ cune étoile en particulier,
- mais seulement un amas nébuleux.
- Les vues ordinaires distinguent très bien six étoiles.
- Les bonnes vues en voient dix.
- Et les vues perçantes peuvent en découvrir quatorze.
- Nos lecteurs peuvent évaluer la puissance de leur organe visuel en se livrant à ce petit exercice.
- Non loin de là, un peu au-dessous et à gauche, tou-Taureau ” brillent “ les la plus intéressante de ce
- jours dans “ le Hyades ”. L’étoile
- groupe est AIdébaran ; c’est le type des étoiles
- 2e Série — N° 51. — l« Janvier 1899.
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- de première grandeur. On l’appelle encore “ l’œil du Taureau ”, et sur les anciennes cartes, elle remplaçait précisément l’un de ces organes de l’animal. Ce nom lui est venu des Arabes. Les Hébreux l’appelaient “ l’œil de Dieu ”.
- Aldébaran est une belle étoile rouge facile à reconnaître. Elle se trouve sur le parcours de la lune, et quand notre satellite passe devant, elle paraît quelquefois pénétrer dans le disque lunaire ; ce phénomène est dû sans doute à la réfraction produite par une atmosphère très légère qui enveloppe la Lune.
- Jamais on n’a pu mesurer sa distance, et l’on est en droit d’affirmer qu’elle est à plus de cent mille milliards de lieues d’ici ; sa lumière n’emploie pas moins de cent ans à nous parvenir.
- Elle passe au méridien le 13 à 8. h. 59 soir.
- Les progrès de la science ont permis de reconnaître par l’analyse spectrale, qu’elle renferme, dans sa composition, du sodium, du magnésium, de l’hydrogène, du fer, du bismuth, de l’antimoine et du mercure.
- Moins intéressantes à observer que les “Pléiades ”, vues dans une petite lunette, les “ Hyades ” ne sont pas dépourvues de tout intérêt.
- Le Taureau est la plus ancienne constellation du Zodiaque. (Elle est la dixième dans l’ordre que nous suivons).
- Nous arrivons à Orion, la plus vaste et la plus admirable constellation qu’il nous soit donné de contempler.
- Arrêtons-nous d’abord un instant à ces trois étoiles que tout le monde connaît sous les noms des “Trois Rois” du “ Rateau”, du “Fauchet”.
- La plus élevée des trois, 8, est précisément sur la ligne de “ l’Équateur céleste”, de sorte que deux lignes droites tirées, l’une de cette étoile à la terre, l’autre de la terre au pôle nord, formeraient un angle droit parfait.
- Elle passe au méridien le 27 janvier à 8 h. 59.
- Le contour de la constellation est formé des cinq étoiles suivantes par ordre de visibilité : a ou Bételgeuse, de première grandeur, à l’angle gauche supérieur du quadrilatère ; sa nuance est jaune topaze.
- Au-dessous des Trois Rois, à droite p surnommée Rigel, blanche et de première grandeur.
- A droite de Bételgeuse, y ou Bellatrix, de deuxième grandeur.
- Le nom de Bellatrix donné à y est le mot latin du féminin “ guerrière ” ; l’on disait autrefois que les femmes nées sous son influence étaient favorisées de bonnes langues.
- Un peu plus haut, entre a et y, \ de troisième grandeur; sous cette étoile, deux autres de cinquième grandeur <p' et <p2 forment une nébulosité. Vous seriez bien surpris si l’on vous disait que l’écartement de ces trois étoiles est supérieur au disque lunaire ; de la sorte, notre satellite pourrait passer entre ces astres sans en masquer un seul.
- A l'angle inférieur à gauche. de quatrième grandeur, forme le 4e angle du quadrilatère.
- il sera très facile de reconnaître ces cinq étoiles en les comparant à celles de la carte.
- Regardez les six étoiles qui sont à droite de la figure priucipale ; ce sont des variables reconnues comme telles, dès la plus haute antiquité.
- Revenons aux “ Trois Rois ” qui figurent le Baudrier d’Orion sur les anciennes cartes ; ces étoiles sont animées de mouvements propres qui amènent le “ Baudrier ” à se disloquer par la suite.
- 6 qui est au-dessous en forme deux, inséparables à l’œil nu ; dans une lunette de moyenne puissance, on en distingue quatre qui sont noyées dans la plus admirable nébuleuse du ciel.
- A certains moments, ce point du ciel paraît tellement lumineux qu’on devine presque cette nébuleuse à l’œil nu.
- Toute description de cette beauté céleste serait superflue. Si vous avez une lunette, dirigez-la sur cet endroit, vous serez ébloui par le charmant tableau qui frappera vos regards : ce sera quatre brillantes étoiles »jui vous paraîtront plongées dans un embrasement général d’une immense étendue. Les dimensions en sont telles qu’un train express marchant à 60 kilomètres à l’heure ne mellrait pas moins de dix millions d’années pour traverser cette nébuleuse de part en part.
- Avec la plus petite lunette, on commence à entrevoir cette idéale beauté. Avis donc aux amateurs qui possèdent le plus modeste instrument.
- Nous sommes obligé, vu le petit cadre dont nous disposons, de limiter nos réflexions sur ce sujet intéressant, qui pourrait occuper de nombreuses pages.
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- Au-dessous de Bigel, on voit la constellation du Lièvre, composée de quatre étoiles principales : a. p, y et 8 formant un quadrilatère. Cette petite constellation paraît bien insignifiante si on la compare à celle que nous venons d’examiner trop sommairement.
- Au-dessous du Lièvre, La Colombe qui n’est guère plus intéressante.
- Enfin les Burins de nulle importance.
- PLANÈTES VISIBLES PENDANT LE MOIS DE JANVIER.
- Il y a pendant ce mois pénurie de planètes
- visibles. Mars se lève le fi à fi h. fi2 soir et plane dans le ciel pendant toute la nuit.
- Jupiter se lève à 2 h. malin à la même date.
- Dans la nuit du 2 au 3 observer les étoiles filantes vers i du Dragon.
- A. Perchenet.
- Errata. — Quelques erreurs se sont glissées dans'le dernier article (N° du 1er décembre) page 16, colonne 1, lire : de la 2= à la 4» grandeur (ligne 1). — minimum au lieu de maximum (ligne 3). —3 h. 14 au lieu de 3 li. 4 (ligne 22).
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- ince à épreuve. — Pour éviter de tremper les doigts dans le bain de virage, ce qui peut avoir le double inconvénient de souiller les doigts et d’altérer le bain, on se sert de pince à épreuves.
- Voici comment on peut faire soi-même économiquement des pinces pour manipuler les épreuves dans les différents bains. Il est bon d’en faire une pour chaque bain :
- La matière première est à la portée de tout le monde; c’est une simple baleine de corset, (fig. 32.)
- Pour lui donner la forme convenable, il suffit de l’enduire d’huile et de la chauffer avec précaution sur la flamme d’une lampe à alcool.
- Sous l’action de la chaleur, la baleine devient flexible ;
- ’ elle prend toutes les lormes qu’on veut lui donner et les conserve après refroidissement.
- Les pinces fabriquées de cette façon, tout en étant souples et élastiques, deviennent' incassables et peuvent durer très longtemps. ***
- Dégradateurs en boîtes à clichés. — Il
- est facile de transformer une ancienne boîte de plaques en dégradateur ovale ou circulaire.
- Après avoir coupé les anglës b e et c d de la boîte (fig. 33) et avoir entaillé àmi-profon-deur les parois latérales suivant les lignes ponctuées d h et a e, on replie les triangles d h c et a b e, ainsi que la paroi D E. On fixe le tout sur une feuille de carton à l’aide de punaises, et, après avoir découpé dans le fond de la boîte un orifice (G) de la forme con-convenable, on place le dégradateur sur le châssis-presse. La feuille de de carton a été découpée égalemen tenson centre de manière à laisser pénétrer la lumière jusqu’au cliché, mais l’ouverture carrée qu’on y a pratiquée doit être beaucoup plus grande que celle de la boîte (fig. 34)
- ***
- Dégradateurs en métal ou en carton. —
- Dans le commerce, les dégradateurs découpés sont généralement en zinc, mais on peut les confectionner en un tout autre métal et même en carton.
- Après avoir tracé dans le centre de la feuille l’ovale à évider on l’enlève au canif, en opérant sur une plaque de verre, puis on trace, à 15 ou 20 m/m du bord de l’ouverture intérieure, une ligne destinée à limiter les coupures que l’onffern avec des ciseaux, en opérant perpendiculairement aux bords. On
- Fig, 33.
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- obtiendra ainsi des franges formées de bandes plus ou moins rapprochées selon que l’on aura donné un plus ou moins grand nombre de coups de ciseaux. Il ne restera plus qu’à courber légèrement ces franges vers l’extérieur. Ce dégradateur pourra se coller sur verre, de manière à ne pas se trouver trop près du cliché lors du tirage.
- ***
- Dégradateurs à l’estompe. — On
- dessine très légèrement sur une feuille de papier à dessin la forme de l’ovale à obtenir ; à l’aide d’une estompe en peau garnie de crayon « sauce », on noircit l’ovale en commençant par le centre; arrivé près du contour, on adoucit la teinte et l’on obtient ainsi un dégradé qu’on poursuit plus ou moins suivant le résultat désiré et le genre d’épreuves à dégrader. Ceci fait, on photographie ce dessin sur une pellicule de la-dimension du cliché à dégrader, en ayant soin de ne pas mettre au point, afin d’avoir plus de place et de faire disparaître les irrégularités du dessin ; on développe en ajoutant beaucoup de bromure au révélateur.
- Il est évident qu’en partant de ce dessin fait une fois pour toutes on peut confectionner, suivant Iss exigences du travail, plusieurs grandeurs de dégradateurs; tout dépend de la distance séparant l’objectif du dessin.
- Si l’on veut un contre-dégradateur, on n’a qu’à tirer une épreuve par contact de l’un des dégradateurs obtenus.
- Se servir de papier aussi blanc que possible, afin d’avoir des noirs vigoureux et développer à fond ; l’acide pyrogallique et l’hydroquinone conviennent très bien.
- Les amateurs que le dessin effraye peuvent se dispenser d’opérer comme nous venons de l’indiquer en collant simplement un papier noir rond, ovale, sur une feuille de papier blanc et photographiant en s’écartant beaucoup de la mise au point.
- ***
- Dégradateurs en gélatine (I). — On peut
- faire des dégradateurs en gélatine analogues à ceux du commerce.
- On découpe dans un carton assez épais, un vieux calendrier par exemple, un trou en forme de poire ou d’ovale, selon le dégradateur désiré. On fait ce trou moitié moins grand que la surface à encadrer sur l’épreuve. On applique le carton ainsi préparé sur l’extérieur d’un châssis-presse où on le fixe avec des clous. Il est bon d’avoir auparavant taillé les bords de l’ouverture en biseau et de tourner ce biseau en dedans.
- On charge le châssis-presse avec une plaque sensible 9 X 12 non rapide, de préférence au chlorobromure. On fait en sorte que l’ouverture du carton coïncide avec le centre de la plaque. On expose ensuite à la lumière d’une bougie dont la flamme est placée exactement sur la perpendiculaire partant du centre 'de l’ouverture et à trente centimètres environ de cette dernière.
- Pour obtenir une dégradation plus fine, on bouche l’ouverture du carton avec du papier transparent, jaune de préférence, mais complètement privé de trous et d’un grain très fin.
- Lorsque la plaque est développée, lavée et séchée, on en tire un positif par contact sur une plaque identique, par les procédés ordinaires. Quand cette plaque est à son tour développée, fixée, bien lavée et séchée, on la plonge dans un bain d’acide chlorhydrique à 5 0/0. Au bout de deux minutes d’immersion dans cette solution, elle se détache facilement avec l’aide du doigt.
- On plonge alors immédiatement et sans la laver la pellicule dans une solution d’alun de chrome à 30 0/0 où on la laisse pendant un quart d’heure. On l’applique ensuite sur une plaque talquée ou cirée.
- La gélatine une fois sèche se détache facilement, le dégradateur est alors terminé, il rend les mêmes services que ceux du commerce.
- En faisant subir les mêmes opérations au négatif primitif, on obtient le contre-dégradateur.
- Plus le carton employé est éloigné de la glace sensible, plus le dégradateur sera grand, mais il y a une limite. En général pour un 9 x 12, la distance devra varier entre 1 centimètre 1/2 et 2 cent. 1/2.
- Fig. 34.
- (i) D’après la Photo-Revue.
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- Par contre, plus le carton est éloigné de i sensible. On fera bien, cependant, de le la source lumineuse, plus le dégradateur se- i faire un peu plus petit que la grandeur dé-ra petit. On peut se rendre compte de ce que ! sirée, parce que la gélatine s’agrandit un peu sera le résultat final en examinant l’intérieur dans le bain d’acide chlorhydrique. (1) du châssis-presse avant d’y placer la plaque i (A suivre). A. Berthier.
- LE TRANSPORT DE LÉNERGIE PAR LÉLECTRICITÉ :
- LES COMMUTATRICES
- e transport de l’énergie par l’éleclri-ü fret* a P1^ Pen(Aant ces dernières années, une très grande extension ; est qu’en effet les applications se multiplient ; l’électricité n’est plus seulement un agent d’éclairage; elle a reçu des applications de tout ordre. C’est ainsi qu’elle fournit une solution élégante pour la distribution de la force motrice à domicile ; on commence à l’employer également au chauffage ; les industries chimiques la mettent à contribution. Mais l’application la plus importante, celle qui met en jeu les puissances les plus grandes et provoque la création des énormes usines électriques modernes, réside sans contredit dans les tramways et les chemins de fer électriques. La moindre ligne de tramways nécessite quelquefois une usine de plusieurs centaines de chevaux. Quant aux chemins de fer, c’est par milliers de chevaux que se chiffre ordinairement la puissance des stations destinées à les actionner.
- Dans les régions où abondent les forces naturelles, on utilise dans la mesure du possible la puissance des chutes d’eau. Mais il ne faut pas croire pourtant qu’une chute d’eau constitue une source d’énergie absolument gratuite. 11 n’y a intérêt à l’employer que lorsque la distance à laquelle on l’utilise n’est pas trop grande. En soumettant la question au calcul, on trouve précisément que l’intérêt du capital engagé dans des installations hydrauliques, les dynamos, la ligne, etc., est, à partir d’une certaine distance, supérieur au prix du charbon qu’on brûlerait dans une machine à vapeur d’égale puissance. Il ne faut pas s’étonner si l’on trouve encore tant de forces naturelle s inutilisées, et si 1 on voit se créer au voisinage de nos villes des stations électriques à vapeur.
- Quelle que soit du reste l’origine de l’énergie électrique, le problème qui se pose immédia-
- ment est de la transporter avec le moins de perte possible. Plus exactement, il y a, là encore, une balance à établir entre le prix de l’énergie perdue dans la transmission et l’intérêt du capital que représente le matériel qui la transmet.
- Au début des applications de l’électricité, les stations centrales ne pouvaient pratiquement
- Fig. 35.
- distribuer que dans un rayon de quelques centaines de mètres. Actuellement, on transporte utilement l’énergie à plus de cent kilomètres. Ce progrès est dû à l’emploi des hautes tensions. Alors qu’au début on ne disposait que du courant continu, à une tension d’une centaine de volts, il existe maintenant des exemples de distribution par courants alternatifs à 40,000 volts, et on emploie très couramment celle de 10,000 volts.
- Toutefois, si le courant alternatif s’impose pour le transport à grande distance, le courant continu lui est resté supérieur pour la commodité des applications. Ainsi, le courant alternatif à basse fréquence (au-dessous de 40 périodes par seconde) se prête mal à l’éclairage. Les moteurs alternatifs ne démarrent pas facilement sous charge, ce qui est un inconvénient pour la plupart de leurs applications.
- On a donc dù imaginer des systèmes qui concilient les avantages du courant alternatif
- (x) Voir encore le n° 144 (i»’° série) de la Science en Famille.
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- au point de vue du transport, à ceux du cou- j rant continu au point de vue de la distribution, J autrement dit transformer le courant alternatif en courant continu au point de vue de l’utilisation.
- Pour cela, deux procédés se présentent : on peut utiliser le courant alternatif à haute tension pour actionner un moteur, qui met en mouvement une génératrice à courant continu ; ou bien on peut effectuer la transformation par une seule machine, dite commutatrice, dont nous allons essayer de faire comprendre le fonctionnement.
- Supposons une dynamo ordinaire à courant continu, dont l’arbre porterait, outre le collecteur C, deux bagues BB connectées respectivement en deux points diamétralement opposés de l’enroulement (nous supposons une dynamo bipolaire). Dans ces conditions, la machine mise en marche et excitée à la façon ordinaire pourra débiter à volonté du courant continu (au collecteur) ou du courant alternatif (pris sur les bagues dont nous venons de parler). Réciproquement, la machine, alimentée par un courant extérieur, pourra former un moteur, soit à courant continu, soit â courant alternatif. Enfin, on pourra, en alimentant la machine par du courant alternatif arrivant aux bagues BB, recueillir sur le collecteur C du courant
- L’O]
- ’opium est un suc extrait du Papaver somniferum, variété album (Papavé-racées) ; c’est une plante herbacée, qui croît dans toute l’Europe, mais qui n’a fourni jusqu’ici l’opium qu’en Orient. La récolte se fait lorsque les capsules passent de la couleur verte à la couleur brune ; il est reconnu, en effet, que l'opium extrait des capsules venues à maturité, c’est-à-dire entièrement brunes est très pauvre en alcaloïdes, notamment en morphine ; au contraire, l’opium récolté sur des capsules vertes contient des alcaloïdes qui ne sont pas encore complètement élaborés et par conséquent nettement définis.
- L’extraction de l’opium se fait en pratiquant avec un couteau une incision sur le milieu de la capsule ; cette incision est légèrement prolongée vers le sommet de
- continu, la commutatrice fonctionnant alors, partie comme inoleur, partie comme génératrice.
- Ces machines onL un rendement très élevé, qui peut atteindre 93 o/O- Mais on conçoit que l’enroulement qui produit le courant continu étant le même que celui qui absorbe le courant alternatif, il existe un rapport déterminé entre la tension du courant continu et celle du courant alternatif, d’où la nécessité d’alimenter la machine sous une tension déterminée, et toujours plus basse que celle du courant continu. On y arrive facilement par l’emploi de transformateurs statiques.
- ^ On sait que le transport de l’énergie ne se fait pas seulement par courants alternatifs simples, mais encore et surtout par courants polyphasés. Dans ce système, on emploie plusieurs courants alternatifs dont les phases diffèrent d’un tiers de période (courants triphasés) ou d’un quart de période (courants diphasés). On construit sans plus de difficultés des commulatrices pour ces diverses sortes de courants, et il est même intéressant de remarquer que plus grand est le nombre de phases, et mieux la commutatrice est utilisée. Un assez grand nombre d’installations fonctionne déjà d’après ce système ; nous pourrions citer, parmi les plus importantes, le nouveau chemin de fer électrique de Londres.
- I U M
- façon à obtenir un arc de cercle égal aux deux tiers de la circonférence de la capsule ; quelquefois, on tait une spirale qui se termine au niveau du point de départ ; dans l’un et dans l’autre cas, l’opération se fait généralement le soir, et pendant la nuit, le suc s’écoule, forme des larmes que l’on recueille le lendemain matin. L’opium ainsi récolté est malaxé entre les mains et rassemblé en pains plus ou moins volumineux entourés d’une feuille de pavot.
- L’opium fraîchement récolté est d’une consistance molle et de couleur fauve ; mais bientôt, au contact de l’air, il durcit et devient plus foncé. Son odeur est forte et vireuse et sa saveur très amère. Il est assez soluble dans l’eau et beaucoup plus dans l’alcool. Si l’on traite sa solution par l’ammoniaque, il se fofme un abondant précipité
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- composé en majeure partie de morphine, mais contenant un peu de narcotine. Cette propriété est la base des principaux dosages de ces alcaloïdes.
- Ceci s’applique à l'opium officinal, à l'opium de Smyrne, car il existe d’autres opiums qui n’ont pas la même apparence ni exactement la même composition chimique. Ainsi l’opium d'Egypte, qui fut probablement pendant longtemps l’opium officinal, comme le fait supposer sa dénomination de thébaïque que l’on emploie encore aujourd’hui, possède une couleur rousse permanente ; son odeur, beaucoup moins forte, est mêlée d’une odeur de moisi. Enfin l’opium d’Egypte est beaucoup moins riche en morphine que l’opium de Smyrne, il n’en possède que 6 à 7 0/0, tandis que ce dernier en contient de 10 à 12 0/0.
- Les opiums de Constantinople ont à peu près la même apparence et la même consistance que ceux de Smyrne, mais leur richesse en morphine est beaucoup moins uniforme, quelquefois ils en contiennent 13 à 14 0/0, mais la proportion descend souvent au-dessous de 7 0/0.
- Les opiums de Perse qui se présentent tantôt en bâtons cylindriques de 10 à 12 centimètres de long sur 1 à 1/2 de large, tantôt en cônes arrondis, sont aussi beaucoup moins riches en morphine.
- L’opium, officinal naturellement, est une substance excessivement complexe. Le nombre des alcaloïdes que l’on y découvre constamment est si considérable que l’on peut se demander si tous existent réellement. Il serait possible en effet que la plupart de ces alcalis se formassent aux dépens de quelques-uns, par suite des actions chimiques auxquelles ils sont soumis pendant leur
- préparation, Il est évident, par exemple, que l’acide méconique OH*O7 et l’acide comé-nique C°H*Os n’existent pas simultanément dans l’opium ; ce dernier provient du premier sous l’influence de la chaleur ou de l’acide chlorhydrique. Quant à la papavéra-sine, découverte par Deschamps, Dorvault prétend qu’elle peut être absente de l’opium.
- L’opium est peut-être, de tous les médicaments, le plus utile à l’art de guérir. Lui ou ses alcaloïdes révêtent toutes les formes pharmaceutiques : Sirops (de codéine, the-baïque, diacode). On emploie la poudre, l’extrait aqueux, la teinture simple et la teinture par fermentation (Laudanum de Rousseau). On en fait un vin composé (Laudanum de Sydenham) ; il entre avec le suc de citron, le suc de verjus, le safran et la muscade dans la composition des gouttes noires anglaises. L’opium fait partie de l’élixir parégorique, de la poudre de Dover de l’électuaire diacordium, des pilules de cynoglosse. On l’emploie en outre en potions, en iiniments, en emplâtres, en collyres et en pommades. Enfin tout le monde connaît l’emploi de la solution de chlorhydrate de morphine en injections hypodermiques.
- Mais si l’opium est un remède précieux, c’est aussi un poison très violent ; il devra toujours être pris à très faibles doses et jamais sans l’avis du médecin.
- Quelques auteurs ont proposé comme antidote de la morphine et par conséquent de l’opium, les injections hypodermiques d’une solution de permanganate de potasse, mais ce moyen n’est pas très sûr, on lui préfère la caféine qui est cependant loin, elle aussi, d’être très efficace.
- Edouard Grosjean.
- LES BONS ET LES MAUVAIS CHAMPIGNONS [Suite et Fin)
- ÉTUDE DE MYCOLOGIE PRATIQUE
- D. Aculeiferes. Des pointes sous le cha-. peau.
- Le Hérisson chamois (Hydnum repan-dum. L.). Ce Champignon est quelquefois blanc et ordinairement d’un jaune fauve ; sa chair est blanche, ferme, cassante et amère ; son chapeau est convexe, bosselé, blanc roux
- ou couleur chair, de 8-12 centimètres de diamètre, ses bords sont plus ou moins ondulés et sinués ; son pédicule est gros, court, blanc grisâtre et roux à la base: les pointes inférieures du chapeau sont cylindriques, fragiles, brun clair ou couleur incarnat. Il pousse en groupes sur la terre en été. On le mange cuit
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- sur le gril, avec du beurre frais, du sel, du poivre et des fines herbes. Il est assez commun dans toute la France. Il est vulgairement connu sous les noms d' Eurclwu, de Bignoche. Sans similaire vénéneux.
- Comestible.
- Le Hérisson gélatineux (Tremellodon gelatinosum, Scop.). Sa consistance est gélatineuse, à demi-transparente ; son chapeau de 2-5 centimètres de diamètre est blanc glauque, gris souris ou brun, presque arrondi, entier, lisse en dessus, garni en dessous d’aiguillons délicats, nombreux, mous et translucides ; le chapeau est atténué en pédicule gros, court, blanc grisâtre ; on observe souvent une gouttelette d’eau au sommet des pointes. Il pousse, attaché aux vieux troncs à demi pourris, en été, dans les bois touffus et humides où il n’est pas commun.
- B. Bas de chapeau. (Caulifères).
- Comestible.
- La Coralloïde pourpre (Clavaria botrytis, Pcrs). La Coralloïde est charnue, rameuse à l’extrémité; ses petites divisions atteignent exactement la même hauteur, comme si elles avaient été taillées ; elle est assez grosse, ramassée; le tronc est blanc et le bout des rameaux est rose purpurin ; spores incolores. Elle pousse dans les prairies et au bord des chemins, en été et en automne, assez communément. On la connaît sous les noms vulgaires de Menotte Ganteline, Barbe de Bouc, de Tripette, Chevelure, Balai, etc.
- Comestible.
- La Coralloïde jaune (<Clavaria flava, Sch.). Tronc large, court, épais blanc ; rameaux bifur’ qués, atteignant tous la même hauteur, jaunes, cylindriques. Spore jaune clair, Par terre
- Une masse ramifiée Vénéneux.
- Ijü Coralloïde incarnate (Clavaria formosa. Sch.) Tronc épais, large, rose incarnat ; rameaux o f-Irant des dichotomies et insérés à des hauteurs différentes, orangées ou rougeâtres, les jeunes extrémités jaune citron ; spore jaune clair. Elle se trouve dans les mômes endroits et*à la même époque que la précédente et est aussi désignée sous les mêmes appellations.
- Vénéneux.
- La Coralloïde ochra-cée (Clavaria aurea, Sch.). Tronc très large, épais, fauve ou jaune ocracé ; rameaux raides, très divisés et se bifurquant assez bas sur le pied, couleur jaune
- dans les prairies ; assez commun aux environs de Paris.
- d’œuf ; spore jaune brun ; se trouve assez communément sur la terre dans les bois et les endroits couverts.
- C. Pas de chapeau. Une masse sphérique (Gastéromy cèles).
- Comestible.
- La. Vesse de Loup géante (I.ycoperdon gi-ganteum, Batsch.). Ce Champignon est arrondi et presque sphérique, sa grosseur peut atteindre 15-30 de diamètre; sa racine est extrêmement petite, il pousse par terre, dans les prairies en automne, mais toujours assez rare : je l’ai trouvé plusieurs fois dans les pelouses du parc du château de Blûche, à Monfort l’Amaury, (Seine-et-Oise). Il est d’abord d’un beau blanc, ensuite jaune verdâtre, puis gris un peu brunâtre. La surface est lisse et un peu pelucheuse. Spores extrêmement nombreuses, fines comme de la poussière, et munies d’un long pédicelle. Lorsqu’il est jeune, ce Champignon est fort bon à manger, et il n’en existe pas de similaires vénéneux.
- II. ASCOMYCÈTES.
- Comestible.
- La Morille. (Morschella esculenta, Bull.). Son pédicule est cylindrique, quelquefois plein, quelquefois creux à l’intérieur, blanc, uni, long de 3-5 centimètres; son chapeau, de 3-6 centimètres de diamètre, est ovoïde, adhérent avec le pédicule et crevassé de cellules polygones : elle a une odeur agréable et on en distingue trois variétés de couleur ; la première est d’un jaune paille ; la deuxième est d’abord grisâtre et devient d’un bistre foncé ; la troisième est d’un gris brun et devient ensuite noirâtre. Onia trouve surtout dans les pelouses et les prairies ombragées, particulièrement au pied des ormes, des pommiers, etc. aux mois de mars et d’avril ; elle varie beaucoup pour la forme et les dimensions. On mange les Morilles, soit fraîches, soit seches, mais on doit éviter de cueillir par la rosée ou peu après la pluie, parce qu’elles ne peuvent alors se conserver. Sans similaires vénéneux.
- Comestible.
- La Morille des Sapins (Morschella conica, Pers). Elle se distingue de la précédente
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Fi". 37. — La Vessc de loup géante (Lycoperdon giganleum, L.) au 1/4 grand, nat. Comestible.
- Fig. 36. — Le Hérisson chamois (Hydnum repandum, B.). Au milieu : Champignon adnlte, demi-grand, nat. ; à Gauche ; jeune, au 1/4 ; à droite : coupe du champignon adulte, au 1/4 grand, nat. Comestible.
- Fig. 38. — La Coralloïde pourpre (Clavaria botrytis, L.) demi-grand. nat. Comestible.
- Fig. 40. — La Morille (Morschella escu-
- lenta, Bull.), dcmi-grard. nat. Comestible.
- Fig. 41. — La Morillettc (He-vella c rispa Fr.), demi-grand. nat . Comestible.
- Fig. 42. — La Pezize veinée (Peziza venosa, Pers.). demi-grand, nat. Comestible.
- Fig. 39. — La Coralloïde incarnate [Clavaria formosa, Pers.) demi, grand, nat. Vénéneux.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- parce que son pédicule se renfle à la base et devient plus mince au sommet, il est creux, blanchâtre, long de 3-5 centimètres et se prolonge dans l’intérieur du chapeau. Ce dernier est conique, celluleux, gris brun ou jaunâtre, à côtes presque droites, le sillonnant du sommet à la base et adhérant au pied dans toute sa longueur ; elle est moins commune que la Morille comestible et, comme elle, ne possède pas de similaires vénéneux.
- Comestible.
- La Morillette blanche (Helvella crispa, Fr.,). Elle est fragile et transparente; son pédicule est grêle, cylindrique, flstuleux, sillonné de côtes profondes, blanchâtres ou jaunâtres, de3-5 centimètres de hauteur ; son chapeau est mince, lisse, en forme de mitre, divisé en lames ondulées et penchées, blanchâtres fauves ou rousses, de 2-5-8 centimètres de diamètre. Elle pousse sur la terre et est assez commune en automne d ans les bois humides et ombragés ; sans similaires vénéneux.
- Comestible.
- La Pézize veinée [Peziza venosa, PersJ.
- Ce Champignon peut atteindre 3-5centimètres de diamètre, mince, fragile, ridé à l’intérieur ; il est d’abord creusé, en grelot, prend peu à peu la forme d’une coupe, s’aplatit ensuite et ses bords se roulent quelquefois en dessous ; l’intérieur est brun et l’extérieur plus foncé. 11 pousse sur la terre en mars et en avril, dans les bois frais, les endroits couverts et humides où elle est assez commune. Sans similaires vénéneux.
- Comestible.
- La Truffe noire (Tuber mèlanospermum, Vitt.). Elle se présente sous forme d’une fongosité arrondie, irrégulière, noire ou grise, dépourvue de toute espèce de racine, de 2-8 centimètres de diamètre; sa surface est
- ACADÉMIE E
- Séances du 28 Novembre
- Action des anesthésiques sur les plantes.
- — M. G. Bonnier présente un rapport sur les recherches faites par M M. Teodoresco et Coupin, à propos de l’action des anesthésiques sur la formation de la chlorophylle. D’après les expériences faites, les substances anesthésiques s’opposeraient à cette formation et on obtiendrait des plantes
- comme vernissée ou relevée de petites éminences presque prismatiques ; sa chair est ferme, brun rougeâtre ou brun violacé, présentant des veines blanchâtres, très ramifiées ; ses spores sont épineuses. On en distingue plusieurs variétés ; 1° La Truffe noire, qui est noire en dehors et noirâtre en dedans, avec des lignes roussâties et réticulées. 2° La Truffe grise, qui est d’abord blanchâtre et devient ensuite d’un brun cendré. 3° La Truffe violette, dont la couleur est d’un noir violet. Elles se trouvent dans plusieurs parties de la France, surtout dans le Poitou et le Périgord ; elles se plaisent dans les terrains légers et pierreux et en particulier dans les forêts de chênes et de châtaigniers ; elles sont recouvertes d’un ou deux centimètres de terre ; leur odeur est si pénétrante que les porcs et les chiens les sentent de loin et on se sert de ces animaux pour reconnaître les truffières. On peut aussi les reconnaître à ce que la terre y est fendue. Tout le monde sait que la Truffe est un mets estimé des gourmets : elle est dangereuse pour les personnes bilieuses et nerveuses.
- Comestible.
- La Truffe musquée (Tuber brumale, Vitt.). Elle est d’un brun noirâtre, tant en dedans qu’en dehors, arrondie ou un peu allongée, souvent globuleuse, de 2-8 centimètres de diamètre, sa surface est toujours lisse, sa chair est gris foncé, à veines blanchâtres, extrêmement ramifiées ; lorsqu’elle est fraîche, elle est mollasse et a une forte odeur de musc ; quand elle est desséchée, sa surface est profondément plissée. Moins commune que la précédente, elle lui est bien inférieure comme qualité et comme goût ; on la trouve surtout aux environs d’Agen. Ses spores sont épineuses. Les Truffes n’ont aucun similaire vénéneux.
- Marg. Beleze.
- :s SCIENCES
- et du 4 Décembre 1898.
- comme celles que l’on obtient encave, par exemple, étiolées et décolorées en les cultivant à la lumière dans une atmosphère contenant une certaine proportion d’éther ou de chloroforme.
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- La marche des navires en temps de brouil lard. — M. Mascart analyse une note de M. l.o
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- coins sur un moyen d'éviter les collisions de navires en temps de brouillard.
- Pour diriger la marche d’un navire, dit M. Lo-coine, à l’entrée d’un port, on peut installer de part et d’autre du passage deux postes dits « pho-nophoriques », reliés électriquement et munis d’appareils propres à produire simultanément et à intervalles réguliers des sons intenses de tonalité différente. Le temps qui s’écoule entre l’audition de deux sons sur le navire indique la différence des distances aux deux postes, de sorte que le navire se trouve sur une hyperbole déterminée. Si l’un des postes émet en même temps deux sons, l’un dans l’air, l’autre dans l’eau, le navire étant muni de récepteurs pour entendre l’un et l’autre, la distance se déterminera par le temps qui s’écoule entre les deux auditions par suite de la vitesse inégale de propagation dans les deux milieux.
- Enfin, deux navires peuvent encore déterminer leur distance respective soit par des appareils à sons doubles, soit à l’aide d’un simple son produit, par l’un deux et répété aussitôt par l’autre, en notant l’intervalle du premier son et l’audition du second par le premier navire. Ces signaux seraient produits après un avis préalable par des bruits conventionnels.
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- Constitution de l’épiderme. — Jusqu’alors, on avait toujours considéré la couche cornée de l’épiderme comme formée de petites écailles rudimentaires. Or, d’après l’importante communication faite à ce sujet par M. Ranvier, elle se trouverait au contraire constituée par des utricules pleines de cire et cette cire est identique à celle des abeilles. M. Ranvier a pu en extraire 10 centigrammes et s’assurer que la cire épidermique fond aussi à 35 degrés.
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- Résistance de l’aluminium aux acides et aux alcalins. — Voici les conclusions de M. Bitte à la suite des recherches faites à ce propos par le savant chimiste.
- « L’aluminium n’est pas un métal inaltérable, et, loin de résister à la plupart des agents chimiques, il subit leur action avec facilité, conformément à la nature thermochimique de ces combinaisons; mais il est remarquable par l’opposition frappante qui existe entre ses qualités réelles et ses propriétés apparentes : grâce à la facilité extrême avec laquelle il se recouvre de couches protectrices gazeuses ou solides, il n’y a entre lui et les liquides dans lesquels on le plonge qu’un contact extrêmement imparfait, si bien que dans les cqn-
- Iditions habituelles, ceux-ci ne réagissent qu’avec une lenteur excessive et paraissent n’avoir pas i d’action. Cependant la dissolution de l’aluminium est très sensible dans un grand nombre de circonstances, toutes les fois, par exemple, qu’il se trouve en présence d’une liqueur renfermant du sel marin ou un sel analogue, en même temps qu’un acide libre, ou un sel acide: l’alumine ne reste d’ailleurs pas insoluble,- elle se change en acétate et la dissolution du métal ne peut pas être considérée comme négligeable dans certaines liqueurs froides et surtout chaudes. Ainsi une solution aqueuse renfermant 5/100 d’acide acétique cristallisable et au-tantdesel marin ou d’unautresel haloïdeanalogue, dissout activement l’aluminium dès 50°, avec dégagement d’hydrogène, et il en est de même si l’on remplace l’acide acétique libre par un des sels acides, crème de tartre, sel d’oseille, etc., dont nous avons parlé. Comme les sels d’alumine n’ont pas d’inlluence appréciable sur l’économie, il n’y a pas d’accidents toxiques à redouter, mais l’usure des vases d’aluminium peut devenir assez rapide quand ils contiennent des liquides à la fois acides et salés. Elle se manifeste tout particuliérement avec les carbonates alcalins dont l’emploi est si habituel pour nettoyer les ustensiles de ménage qui ont contenu des matières grasses, et qui ne peuvent guère être utilisés dans le cas de vases en aluminium ; en effet, une solution à 1/100 de carbonate de soude attaque ces vases lentement à froid, plus vivement vers 50 degrés, et plus rapidement encore vers la température d’ébullition; à plus forte raison, l’attaque serait-elle très intense avec des solutions concentrées du carbonate. En dernière analyse, l’aluminium est attaqué d’une manière plus ou moins profonde, dès que l’enduit protecteur habituel ayant disparu en totalité ou en partie le métal se trouve en contact avec les liquides qu’il renferme. Dans ses applications à la fabrication des vases culinaires, d’objets destinés à l’équipement de nos soldats, il y a donc lieu de se préoccuper des altérations plus ou moins intenses que ce métal est susceptible d’éprouver. »
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- Détermination delà pesanteur. — M. Janssen présente une note de M. Hansky sur la détermination de la pesanteur au sommet du mont Blanc, à Chamonix et à Meudon, au moyen de l’appareil de Sterneck qui, transportable, est adopté depuis quelques années en Autriche, en Amérique, et en Russie.
- L’auteur a trouvé pour la pesanteur, à Meudon, 9,80990; pour Chamonix, 9,80407 ; pour les Grands-Mulets, 9,79999 ; pour le sommet du mont Blanc, 9,79473.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Réglement pour l’usage des appareils cinématographiques. — La Commission des théâtres a réglé de la façon suivante l’usage des appareils cinématographiques : 1° ne pas employer de lampes à carburateur oxyéthé-rique ; 2° placer l’appareil à projections dans une cabine construite en matériaux incombustibles et du côté opposé à la sortie du public ;
- 3° aérer la cabine à l’aide d’une ouverture ménagée dans le plafond et garnie de toile métallique à mailles fines; 4° interposer | entre le condenseur et la pellicule une cuve | d’eau additionnée d’alun; 5° recueillir les pellicules, au fur à mesure de leur déroulement, dans une caisse métallique percée de la seule ouverture nécessaire à leur passage ; 6° exiger dans la cabine la présence de deux opérateurs dont l’un sera spécialement chargé de l’enroulement des pellicules de façon qu’il n'y ait pas plus d’une bande de celluloïd déroulée à la fois ; 7° placer à la portée de la main des opérateurs deux seaux remplis d’eau ; 8° interdire formellement de fumer dans la cabine ; 9° ne pas faire usage de lampes à incandescence mobiles et mettre des conducteurs électriques sous moulures.
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- Un train de bois monstre. — Les Américains ont de plus en plus tendance à utiliser le flottage pour le transport des bois de charpente. En août dernier, entrait dans le port de San-Francisco un train de bois monstre.
- C’était un immense radeau, formé de 10.000 pièces de bois, dont l’assemblage avait été fait à Stella, dans l’État de Washington, petite ville située à une centaine de kilomètres de l’embouchure du fleuve Columbia. Sa longueur totale, 183 mètres, surpassait celle de la plupart de nos transatlantiques ; sa largeur était de 15 mètres et sa profondeur d’un peu plus de 13 mètres. Cette masse colossale avait un tirant d’eau de 9 mètres. La longueur des 10.000 pièces de charpente ainsi transportées variait de 9 à 27 mètres; quant à leur diamètre à la base, il oscillait entre 30 et 40 centimètres. Cinq jours et demi seulement furent nécessaires pour
- remorquer le radeau de Stella à San Francisco et la distance qui sépare ces deux villes est d’environ 1.100 kilomètres. Le temps était le plus favorable qu’on pût désirer ; aussi n’eut-on aucun accident à signaler.
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- La grande roue de paris. — La Science en famille a donné en son temps la description de la grande roue de Chicago ; en se reportant à la figure qui accompagnait cette description, nos lecteurs se feront une idée exacte de la grande roue de Paris, et il ne nous restera plus qu’à leur donner quelques détails sur la construction et le fonctionnement de cet immense joujou, destiné à devenir, dans l’esprit de M. Claremont, l’ingénieur qui l’exploite, une des principales attractions de la prochaine Exposition.
- Son diamètre est d’environ 100 mètres, ce qui donne une circonférence de près d’un tiers de kilomètre. Les aciers entrant dans sa construction atteignent un poids de 1200 tonnes, et ont été fournis et œuvrés par les forges de Hautmont (Nord). L’axe, fabriqué en Écosse, est également en acier et pèse trente tonnes. Les fusées de cet essieu colossal tournent entre des paliers supportés par des pilones triples de 50 mètres de hauteur.
- Cette roue, la plus grande du monde dépasse de 25 mètres celle qui a été montée à Londres par la même société concessionnaire des brevets. Elle comporte 40 wagons des plus confortables, dans chacun desquels 25 personnes peuvent trouver place. Un tour complet exige de 14 à 15 minutes' et l’on arrête quatre fois par tour pour rembarquement et le débarquement des passagers.
- L’énergie nécessaire à la rotation de cette roue est produite par des machines à vapeur à grande vitesse Westinghouse au nombre de trois, pouvant développer 150 chevaux. La transmission s’opère par deux câbles sans fin entourant la roue et sur lesquels agissent les freins. Ce cycle colossal dont l’aspect est des plus pittoresques s’aperçoit le soir, de tous les points de la capitale.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Emploi des pigeons voyageurs par les paquebots transatlantiques. — On sait que la Compagnie générale transatlantique a fait des essais satisfaisants pour l’emploi des pigeons voyageurs au départ de ses paquebots allant du Havre à New-York. Depuis, la Compagnie hambourgeoise-américaine a pris la détermination d’agir de même, et elle dresse des pigeons pour pouvoir les employer régu lièrement, à partir de l’année prochaine, dans le but de donner des nouvelles de ses paquebots le plus longtemps possible après leur départ.
- La Compagnie générale transatlantique vient d’essayer de nouveau, mais cette fois en partant de New-York, l’emploi des pigeons voyageurs à bord.
- Si cet essai, qui sera renouvelé au Havre, nous apprend le Cosmos, réussit, chaque transatlantique emportera deux équipes de pigeons ayant leurs pigeonniers, l’un au Havre, l’autre à New-York, les pigeons ne pouvant guère effectuer que la moitié de la traversée. Jusqu’à mi-route du Havre à New-York, les nouvelles du bord arriveront directement en France par les pigeons français. Au delà, les pigeons de l’autre équipe précéderont le navire à New-York, et le télégraphe nous donnera les nouvelles qu’ils auront apportées. Il en sera de même au retour en sens inverse.
- Le commandant du paquebot enverra ainsi a la Compagnie un journal du bord quotidien avec des nouvelles des passagers, et, si un accident survenait, il serait facile d’envoyer des secours du port le plus proche.
- On espère pouvoir mettre en pratique prochainement cette heureuse innovation.
- ***
- Le chien pêcheur. — On lit dans le journal La Pêche Moderne :
- Le fait suivant, dont j’ai été un témoin oculaire, s’est passé l’été dernier à Enghien.
- Un amateur pêchait en bateau sur le le lac, en compagnie de son chien, un superbe ca niche noir. Survient un orage ; voilà notre pêcheur forcé de regagner le bord pour se mettre à l’abri au Pavillon chinois, sans avoir eu le temps de sortir ses lignes de l’eau. Tout à coup un des bouchons s’enfonce ; tirée par un poisson vigoureux, la ligne se tend, et la gaule, insuffisamment fixée, part à la dérive.
- « Va chercher ! », crie au toutou le pêcheur éperdu. Mais le chien n’a pas attendu cet ordre ; habitué à plonger pour retirer de l’eau des bâtons que son maître lui jette, il tient déjà dans ses mâchoires la canne à pêche, et, malgré la résistance désespérée qu’il sent à l’autre bout, la rapporte à son maître. Celui-ci n’a plus qu’à retirer de l’eau une superbe carpe de près de 3 livres, cause de tout cet émoi. Inutile de dire si le chien fut fêté par tous les témoins de cette scène ; le caniche pêcheur à la ligne n’est-il pas digne de figurer dans la galerie des pêcheurs célèbres ?
- Dr Paul Goon,
- Médecin de l’Etablissement Thermal d’Enghien. ***
- L’origine des lunettes. — On prétend que la découverte des verres pour améliorer la vision appartient au roi d’Angleterre Charles IL Après sa fuite en France, il devint pensionné de Louis XIV et tandis qu’il menait à Cologne une existenc oisive et dissolue, il rencontra un verrier et regardant à travers une petite lentille, il s’aperçut qu’il voyait plus distinctement les objets. Il amena l’ouvrier avec lui.
- On raconte que ce prince, né avec un astigmatisme myopique, put arriver mathématiquement à corriger entièrement son amé-tropie. Ses lunettes sont aujourd’hui au British Muséum ; elles furent les premières construites.
- Quand il fut couronné roi d’Angleterre, il amena l’artisan avec vingt autres qui ne firent pas moins de six mille paires de lunettes avant de faire celles qui lui convenaient. Son fils préféré, le duc de Monmouth, myope d’un œil, ne portait qu’un verre, d’où l’origine du monocle.
- ***
- Combien il y a de gouttes dans un centimètre cube. — La goutte de liquide qui se détache d’une tige, ou d’un tube, est, par une grande leçon de choses naturelles, un contrôleur exact du volume et de la densité d’un liquide déterminé. Voici ce que nous apprennent à ce sujet, les expériences du docteur Eder sur le nombre de gouttes nécessaires pour faire un centimètre cube d’une substance donnée :
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Eau . 20 gouttes
- Acide chlorhydrique. . . 20 -
- Acide nitrique 27 -
- Acide sulfurique. . . . 28 —
- Acide acétique .... 38 -
- Huile d’olive 47 -
- Essence de térébenthine . 55 —
- Alcool 02 -
- Ether • 83 —
- Il ne s’agit, dès lors, pour tout bien régler, que de bien savoir manier le compte-gouttes et c’est, l’enfance de l’art pour les moins experts.
- ***
- Le bois de Marseille. — Le bois de Marseille, tinte, ou garouille, est un produit spécial au littoial méditerranéen, lequel sert
- pour teindre les filets des pécheurs. Il s’agit d’une poudre spéciale. Cette poudre vient d’Aubagne, près de la Ciotat, où existent deux ou trois petites usines s’occupantde sa fabrication. Celle-ci consiste simplement à pulvériser l’écoree séchée de pins du pays. D’après le dire des pécheurs, aucun des ingrédients autres que l’écorce des arbres n’entre dans la composition de cette manière. Au microscope, elle ne présente, du reste, que des cellules végétales colorées, quand elles sont isolées, en jaune clair, et brunes quand elles se trouvent réunies en masse.
- Les pêcheurs bretons se servent du cachou pour le même usage, mais ce procédé est certainement plus coûteux que celui de leurs confrères méditerranéens.
- Tissus à nettoyer les cuivres. — Voici, d’après M. J. Boulât, le moyen de confectionner soi-même des tissus qu’on emploiera pour nettoyer les cuivres à sec
- On délaye 4 grammes de savon de Marseille dans 20 grammes d’eau, puis on ajou'e 2 grammes de tripoli blanc ; on trempe le linge et on laisse sécher. Le tripoli rose vaudrait encore mieux, mais le blanc suffit. ***
- Suppression de l’éclat du zinc. — Pour ternir l’éclat des toitures en zinc qui brillent au soleil comme des cuirasses d’acier poli avec des réverbérations aveuglantes, M. Romain, dans son manuel du plombier, recommande de le laver avec un liquide ainsi composé :
- Graphite porphyrisé.............14
- Chlorate de potasse............. 5
- Acide sulfurique................28
- Les toitures traitées par ce procédé prennent l’apparence du plomb et ont ainsi un aspect plus riche, un ton plus chaud.
- 4s**
- Réparation d’une statuette en terre cuite. — Nettoyer la terre cuite a'sec de l’eau seconde (une partie d’acide azotique et deux parties d’eau). Passer la pièce à l’eau pure. Gâcher un peu de plâtre, qu’on pose
- sur les morceaux qui doivent être recollés. Les joindre et laisser sécher. Le plâtre bavera et formera saillie le long de la cassure, il faudra le gratter avec une ripe et terminer en usant avec du papier de verre.
- Après cela, il sera nécessaire d’enduire la pièce entière avec une teinte à la gomme arabique.
- On prépare cette teinte en prenant : quatre parties d’ocre rouge, deux parties de rouge de brique, une partie de noir et quatre parties de blanc de neige ; broyer le tout sur une palette avec de l’eau gommée ou avec du lait; passer bien uniformément cette couleur sur la terre cuite avec un pinceau doux. Quand cette première couche est sèche, on en passe une seconde et on laisse sécher. Cette teinte devient plus claire en séchant. Le chocolat n’est pas seul à blanchir en vieillissant.
- Ce procédé est meilleur que celui qui consiste à recoller la terre cuite avec de la colle forte.
- ***
- La falsification des bonbons. — Par ces
- temps de fêtes du nouvel an, il n’est pas sans intérêt de connaître les falsifications dont les bonbons peuvent être l’objet :
- La falsification consiste pour ce produit spécial dans l’addition de substances nuisibles
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- et en particulier de matières colorantes interdites. Or, toutes les matières colorantes non toxiques, et autorisées à ce titre par une ordonnance de police datée du 15 juin 186*2, sont solubles. Voici donc le procédé très simple d’analyse :
- Les bonbons-, pralines ou dragées, sont placés au nombre de trois ou six, selon lei r grosseur, dans un nouet de linge fin et on suspend celui-ci dans un verre d’eau froide, de manière à ce que la partie contenant les bonbons soit seule immergée. Après quelques heures, le nouet ne contiendia plus que les substances insolubles normales (noisettes, amandes, pistaches, etc.) et l’eau, colorée ou non, aura conservé sa limpidité, si le produit essayé n’est pas falsifié.
- Si les bonbons ont été colorés par des substances non autorisées, c’est-à-dire insolubles, on les retrouvera dans le nouet. On retrouvera également sur le nouet le plâtre, la farine, la fécule, etc.
- Pour la détermination des matières colorantes, on a recours aux réactions chimiques appropriées qu’il serait trop long d’exposer.
- ***
- Baume samaritain pour plaies et brûlures. — Voilà un nom assez singulier, —
- d’une composition très efficace et qui trouve souvent des applications dans la médecine populaire. — On en fait des onctions sur les parties malades.
- Êtes-vous dans le cas d’en avoir besoin ? — Vous la pouvez confectionner vous-même.
- Elle consiste, en effet, en un mélange — par quantités égales en poids — d’huile d’olive et de vin rouge.
- Les deux substances réunies, placez sur un feu doux le vase qui les contient, — et continuez à chauffer jusqu’à ce que l’évaporation ait réduit de moitié la masse totale.
- Cela fait, le baume est renfermé dans un flacon bien bouché; on peut s’en servir tout de suite, — et le reste se réserve pour une nouvelle occasion.
- Blanchiment des objets en os. — On
- place ces objets dans de la benzine ou de l’éther pour les dégraisser, puis, après les avoir fait sécher, on les trempe dans une solution d’acide phosphorique (à 1 0/0) ; au bout de quelques heures, on les retire et, après les avoir lavés à grande eau, on les essuie et fait sécher. Ils ressemblent alors, nous affirme le correspondant qui nous donne cette recette, absolument à l’ivoire.
- LA CRÉMATION AU THÉÂTRE
- A crémation d’une personne vivante fait W partie des trucs de théâtre qui ont, à certaines reprises, leur heure de succès. Dans le moyen que nous allons décrire et dont les effets sont des plus saisissants, une jeune fille est montée sur une table qu’on a disposée dans une sorte d’alcôve formée par un paravent.
- Au-dessus de la victime est suspendu un écran cylindrique en étoffe, que l’on abaisse au niveau de la table de façon à lui faire recouvrir le sujet (fig. ). La table paraît avoir quatre pieds et les quatre lumières que l’on aperçoit montrent le dessous de la table complètement libre et ouvert. On fait constater au public que le voile cylindrique est d’une
- seule pièce, n’ayant d’autre ouverture que les cercles du bas et de la partie supérieure ; le paravent qui entoure en partie la table, n’offre d’ailleurs lui-même aucune ouverture. A un signal donné, le feu s’allume sur la tahle, au milieu de charbons couverts de cendre et d’un amas d’ossements surmontés d’une tête de mort. L’observateur le plus attentif ne peut découvrir comment la jeune personne a pu s’échapper. Il est cependant bien certain que le prestidigitateur ne peut se permettre de sacrifier chaque soir une victime aussi charmante ; il faut donc en conclure avec les spectateurs que cette représentation terrifiante cache un truc des plus habiles.
- En effet, ce n’est qu’une application des
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- procédés connus pour représenter la femme décapitée ou autre spectacle de même genre, la plupart fondés sur des miroirs plans. La table n’a que deux pieds, les deux autres sont
- Fig. 43 — Préparation de la crémation.
- réfléchis dans des glaces. Le chandelier, placé au centre ne porte que deux bougies, les deux
- Fig. 44. — La crémation.
- autres sont également vues par réflexion. Sous la table, convergeant vers le chandelier, sont disposés deux miroirs plans faisant entre eux un angle de 90° et inclinés de 45° sur les parois latérales de l’écran. Au moyen de cet arrangement, les panneaux latéraux qui sont de la même couleur que celui du fond se réfléchis-
- sent dans le miroir et leur image apparaît comme la conlinuation du panneau du fond ou encore d’étoffe ayant la mêrnn couleur.
- L’expédient est alors facile à saisir ; dès que la pseudo-victime est recouverte de l’écran
- Fig. 45. — Après la crémation.
- cylindrique, elle s’échappe immédiatement par une trappe ménagée dans le sommet de la table ; elle y place les ossements et les matières
- Fig. 46. — Explication du truc.
- jj»gd
- il
- inflammables auxquelles elle met le feu dès qu’elle entend le signal convenu. Ensuite, elle se retire en refermant la trappe derrière elle.
- D’ailleurs, les figures ci-contre donnent une idée bien exacte de cette représentation et du truc employé pour la réaliser.
- CH. MENDEL, Direcleur-Gérant, n8, rue d'Assas.
- CNAM
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LES MOUVEMENTS DES PLANTES
- fE mouvement existe continuellement dans les végétaux, car, c’est juste-Vl_____ment par là que se manifeste l’évo-
- lution vitale ; il est produit par la marche
- nerveux et par conséquent de sensibilité, quoique certains faits se passent] comme si
- Fig. 47. — La Dionée attrape-mouche (Dionea muscipula, Lin).
- même des phénomènes de nutrition, de croissance, etc. ; seulement c’est alors un mouvement moléculaire, intime, qui a lieu, et il échappe ainsi à la vue. Nous ne voulons, bien entendu, ne parler ici que des cas qui sont plus apparents et qui ont lieu d’une manière rapide, nous bornant à montrer les manifestations extérieures de ce ^
- mouvement sans Fig. 48. — La Drosera à feuilles vouloir en recher- rondes ou Rossolis (Drosera , , rotundifolia, Lin).
- cher la cause, car
- il faudrait, pour pouvoir le faire, exposer tout un cours de physiologie végétale. Cependant nous ferons remarquer que la plupart des mouvements dans les végétaux sont dus à des organes contractiles, vu qu’il n’y a pas à parler ici de centres
- Fig. 49. — L’utriculaire (Utricularia neglecta,
- Lin) grossie deux fois. En dessous, une des vessies de l’utriculaire, très grossie.
- cela était : témoin, la façon dont agissent les anesthésiques sur certaines plantes. Voici
- Fig. 50. — A Idrovandia vesiculosa (grand, nat.) Verticille de feuilles. Comme chez la Dionée, la préhension de l’insecte a lieu par la fermeture des lobes de la feuille.
- ce qui détermine principalement cette apparence de sensibilité chez les plantes : les actions mécaniques (trépidations, attouchements, etc.) et l’action des agents physiques
- 2* Série — N* 52. — 16 Janvier 1899.
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- comme la lumière, la chaleur. Mais il se produit également quelques mouvements dus à certains phénomènes comme celui de la fécondation, et qui sont assez visibles.
- Nous traiterons successivement de ce sujet, par rapport aux différentes parties des plantes. En premier lieu, la feuille présente des déplacements très nombreux, particulièrement produits par la succession de la nuit au jour. Ainsi, de même qu’on voit la lumière exercer une sorte d’attraction sur les animaux, notamment sur les insectes (1), de même elle parait agir sur les plantes : le jour, les feuilles et les fleurs s’étalent, s’épanouissent et semblent avides de lumière ; la nuit, les organes foliaires se replient, se recouvrent les uns les autres de diverses manières : on en a des exemples en observant certaines légumineuses comme le robinier faux-acacia, la fève des jardins. Il arrive aussi que, en même temps, le pédoncule s’affaisse, les feuilles s’appliquent l'une contre l’autre comme dans les mimosées. C’est sous l’influence des rayons solaires que la feuille du caladium lance des petites aiguilles très fines, qui, lorsqu’elles se trouvent dans les organes foliaires, sont enfermées dans des petits tubes.
- Le trèfle tournant est un végétal très curieux ; il a été surnommé la plante télégraphe. La feuille est formée par un pétiole commun, terminé par une grande foliole, à la base de laquelle sont insérés deux pëtiolules portant chacun une petite foliole. Dans la journée comme dans la nuit, les petites et la grande foliole sont animées d’un mouvement qui dure deux, trois, cinq minutes, la durée variera suivant l’état du temps. Ces mouvement, ont leur raison d’être ; ainsi, dans le trèfle commun, les feuilles étant l’une contre l’autre, la transpiration est moins abondante, et un trop grand refroidissement est évité. Il y a, à ce propos, deux plantes également très curieuses : la dionêe attrape-mouche et la droséra ou rossolis. — Ce sont ici les attouchements, les chocs qui agissent. — La première, que l’on trouve principalement dans la Caroline du Sud, a ses feuilles formées d’un pétiole élargi, ter-
- (i) Voir notre article : Influence de la lumière sur les animaux, n° du iôoctobje 1898.
- miné par un limbe formé de lui-même de deux lobes qui sont réunis par une ligne médiane très irritable, qui joue le rôle de charnière ; le bord de ces lobes est garni de poils. Quand un insecte se pose sur l’une do ces feuilles, immédiatement elle se ferme sur lui et l’emprisonne. La droséra qui se trouve en France a ses feuilles ovales et hérissées do filaments qui sécrètent chacun à leur extrémité, une sorte de liquide visqueux.
- Quand un i n-secte se pose sur l’une de ces feuilles, il se trouve retenu par ce liquide sirupeux, et à l’instant même tous les prolongements se rabattent sur lui, les parties molles du corps sont alors dissoutes et absorbées par la feuille. On a donné à ces deux végétaux 'les noms assez bien
- Fig. 51. — Feuille grossie de Rossolis. Certains tentacules sont infléchis sur un morceau de viande placé sur le disque, d’après Darwin.
- trouvés de plantes carnivores. Il y a encore des mouvements de feuilles comme ceux de la sensitive, que nous traiterons plus loin.
- Les fleurs sont également le siège do certaines évolutions. Ici on voit également l’influence de l’alternance du jour et de la nuit se manifester : certaines fleurs s’ouvrent lorsqu’elles commencent à recevoir les rayons lumineux et se ferment la nuit. Il en est d’autres, cependant, qui semblent craindre une trop grande abondance de 1 u -mière, comme le volubilis dont les fleurs s’épanouissent le matin, lorsque l’air est encore rafraîchi par la nuit précédente, et qui sont fermées vers les heures les plus chaudes de la journée. Les jolies corolles des nénuphars s’é-
- Fig. 52. — Deux feuilles de Dionée attrape-mouche : l’une ouverte, l’autre se refermant sur un insecte.
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- talent le jour à la surface des eaux et se retirent sous le liquide lorsque la nuit arrive, se dérobant ainsi à la vue.
- 11 est aussi certaines fleurs, comme les soucis, que l’on pourrait appeler fleurs barométriques, car elles sont plus ou moins fermées selon la température et l’état hygrométrique du temps. Mais l’un des mouvements les plus curieux entre tous est celui de la vallisnerie. Cette plante est dioïque et les fleurs mâles sont retenues au fond des eaux, tandis que les fleurs femelles, supportées par une longue hampe, viennent s’épanouir à la surface des eaux. Au moment de la fécondation, les premières brisent pour ainsi dire les enveloppes qui les retiennent prisonnières, montent à la surface du liquide et vont féconder les fleurs femelles ; leur rôle est alors achevé et elles s’en vont emportées par le courant.
- Les mouvements de l’étamine, du pistil et de l’ovaire, dont nous allons successivement traiter, se rapportent à ceux de la fleur, mais il convient mieux de les traiter à part. Deux cas peuvent d’abord se présenter, et qui expliquent la façon dont les choses se passent dans les plantes: ou bien les étamines dominent le pistil en hauteur, ou c’est le contraire qui a lieu ; dans le premier cas, pour que la fécondation soit mieux assurée, le» étamines se courbent au-dessus des stigmates, et déversent leurs grains de pollen ; dans le second cas, c’est le pistil qui se penche au-dessus des anthères et se revêt des grains fécondateurs. Il peut arriver encore que les parties que nous venons de nommer étant de même longueur, un simple rapprochement s’effectue.
- Dans la fritillaire les choses se passent de la façon suivante : la plante renverse sa fleur qui est en forme de clochette, et par cet artifice ingénieux les stigmates se trouvent imprégnés de pollen ; cela a également lieu dans les campanules. Voilà de quoi confondre la raison. Enfin, pour citer encore quelques exemples, les étamines de la ruta graveolens, qui ont ordinairement une position presque horizontale, se relèvent et ; s’appliquent sur les stigmates. Un phénomène analogue se passe dans Yéjpine-vinette. Dans certaines plantes, se rapportant aux urticées, les étamines se redressent brus-
- quement, lançant avec force le pollen sur l’extrémité du style. Tous ces mouvements peuvent être observés, notamment dans les mahonias et la berberie, dans les nigelles, les onagres.
- La balsamine présente un exemple du mouvement de Y ovaire : cette plante étant très irritable contracte, à un certain moment, sa capsule quand on la touche et projette ses graines au loin. Un phénomène ayant une certaine analogie avec celui-ci se passe dans le prutococcus appelé aussi matière verte de Priestley ; c’est un cryptogame tout à fait rudimentaire que l’on trouve surtout sur les pierres calcaires qui forment la base extérieure des maisons, et qui consiste en une espèce de sphère creuse : cette sphère se remplit peu à peu de granulations colorantes, éclate à un certain moment de l’année, donnant lieu à un grand nombre de petites sphéricules qui doivent former autant de protococcus nouveaux.
- Il y a également des mouvements pour ainsi dire d’ensemble, c’est-à-dire par lesquels la plante se meut tout entière, comme c’est le cas pour les oscillaires, qui appartiennent à la famille des algues, et la sensitive trop connue pour qu’on en fasse la description ; elle contracte toutes ses feuilles au moindre attouchement : les pétioles et les pétiolules s’affaissent, les folioles s’accolent les unes contre les autres. Elle est également sensible à la lumière et aux impressions légères comme l’ombre et la fraîcheur, car si, étant exposée aux rayons du soleil, on la transporte tout à coup à l’ombre, les mouvements se manifestent; si, la mettant pour quelques instants, sous une cloche de verre, on la découvre brusquement, le même phénomène se passe, plus ou moins marqué, selon les conditions dans lesquelles on agit.
- Mais un phénomène encore plus étonnant, similaire de celui de la vallisnerie, nous est fourni par Vutriculaire : cette plante aquatique est maintenue entre deux eaux par de petites outres renfermant un liquide un peu moins dense que l’eau.
- A un certain moment, ce liquide est remplacé par un gaz beaucoup plus léger, et la plante monte à la surface de l’eau pour l’acte de la fécondation ; celui-ci, une fois achevé, les petites utricules se remplissent
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- de nouveau de liquide et la plante redescend | au fond des eaux. I
- Nous allons revenir à la sensitive pour citer un fait qui a son importance : non seulement, cette plante tout entière peut ressentir les effets d’un attouchement en se contractant, mais encore d’autres sensitives voisines qui la touchent donnent généralement lieu à des mouvements. On cite, entre autres exemples, le suivant : une personne qui passait un jour auprès d’un endroit ou se trouvaient un grand nombre de ces j plantes, toucha celles qui étaient au bord du chemin, avec son bâton, aussitôt elles se crispèrent et le mouvement se communiqua à tout le champ.
- Pour bien comprendre ce qui va suivre et qui se rapporte à des idées d’un ordre différent, il faut jeter un coup d’œil sur le groupe de mots qui suit :
- Or&anes servant a la reproduction.
- Chez les Phanérogames. Chez les Cryptogames.
- Grains de pollen correspondent aux Anthérozoïdes.
- Anthéridies — — Anthères.
- Spores ou zoospores — — Ovaires.
- Sporanges — — Ovules ou graines.
- Si l’on prend parmi les algues, dans les fucacées par exemple, les anthérozoïdes renfermées dans certaines excroissances, et qu’on les mette dans l’eau, on voit ces infiniment petits (1) munis, quelques-uns de deux cils vibratiles, s’agiter avec une grande vivacité et cela pendant deux ou trois jours, après quoi, tout mouvement cesse chez eux. On pourrait parfaitement s’y tromper, et et prendre ces anthérozoïdes pour des infusoires. Mais ce qui est plus intéressant à voir, c’est quand les anthérozoïdes et les spores sont réunis dans une goutte d’eau.
- Voici un passage emprunté à une étude sur les algues, due à un éminent botaniste, M. Ed. Grimard, et qui permet de se rendre compte de ce qui se passe dans ce cas.
- « La fécondation peut alors s’opérer d’une façon normale, surtout si l’on a pris soin de déposer dans le liquide où flottent les spores un nombre suffisant d anthérozoïdes. On voit ces derniers s’agiter d’abord dans la plus inexplicable confusion ;
- (i) La plupart d'entre eux n’atteignent pas plus de i/ ioo de millimètre de longueur ; ils sont bien ! moins gros que les spores et un microscope est | nécessaire pour les observer.
- pendant quelques instants ils nagent sans but déterminé, entremêlant leurs cils (ils en ont un à chaque extrémité du corps) et promenant comme au hasard dans la transparence de l’eau, la transparence hyaline de leurs corps, ponctuée d’une tache orangée, puis, tout à coup, rencontrant une spore, ils l'entourent, la pressent, s’attachent à elle, se multiplient à sa surface en telle quantité qu’elle en est comme recouverte, et alors, chose vraiment étonnante, lui communiquent au moyen de leurs cils vibratiles un mouvement de rotation dont la rapidité paraît tout à fait inexplicable, lorsqu’on songe à l’énorme disproportion qui existe entre les spores et les anthérozoïdes. Les spores tournent cependant et c’est vraiment un spectacle curieux entre tous, que présentent toutes ces grosses boules jaunâtres entraînées par on ne sait quelle force et toutes hérissées de ces étranges petits corpuscules qui, presque perdus à leur surface, ne s’y manifestent que par l’agitation de leurs cils frémissants et soyeux. »
- (Jhez les conjuguées, qui sont aussi de la famille des algues, il y a des mouvements particuliers qui s’accomplissent lorsque le moment de la fécondation est arrivé. Comme ces plantes sont dioïques, les filaments de deux conjuguées s’unissent et forment un canal par l’intermédiaire duquel les anthérozoïdes arrivent en contact avec d’autres granulations.
- Nous ne saurions terminer sans indiquer ici quelques particularités très curieuses se rattachant à ce qui vient d’être dit. La faculté par laquelle se produisent un grand nombre de mouvements dans les plantes, est arrêtée toutes les fois qu’on met celles-ci sous l’action de la plupart des anesthésiques connus : chloroforme, éther, etc. De plus, cette faculté cesse dans le vide (1). Il y a enfin des plantes qui s’habituent pour ainsi dire aux commotions et ne se contractent plus une fois qu’elles ont été soumises à des attouchements successifs.
- Les mouvements des plantes présentent donc un véritable intérêt et ceux de la val-lisnerie, de l’utriculaire et d’un certain nombre d’autres végétaux sont réellement merveilleux. Nous n’avons fait qu’en citer les principaux, car il y en a beaucoup d’autres. Quant à leur étude approfondie, il reste encore beaucoup de faits imparfaitement connus et que les progrès des sciences permettront d’élucider. Henri Nuwendam.
- (i) N ous ne saurions dire si c’est là un cas général.
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- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- ncadrement des épreuves. — L’amateur qui a le goût artistique développé, sait que la photocopie peut être rehaussée par le cadre dont on l’entoure, par sa mise en scène, si l’on peut s’exprimer ainsi, et qu’un cadre mal choisi est au contraire capable de lui nuire. Il cherchera donc dans quel cadre il devra la placer.
- Le premier cadre, c’est la marge ; mais toutes les épreuves ne demandent pas une marge, cela dépend de leur nature.
- En général, les épreuves au-dessous de la plaque entière (18x24), font plus d’effet quand elles sont collées sur un carton faisant marge, tandis que les formats au-dessus paraissent mieux avec le cadre seul.
- La couleur et le grain du carton faisant marge seront choisis suivant la nuance de l’épreuve et l’effet que l’on désire produire. La couleur des marges a une très grande influence sur l’aspect final du tableau.
- Ainsi, une épreuve grise, plate, sans opposition, paraîtra plus plate encore si on l’entoure d’une marge d’un blanc éclatant, tandis que si elle est collée sur un carton foncé, ou sans marge, si elle est entourée d’un cadre de teinte soutenue, elle gagnera en vigueur et les contrastes s’accentueront.
- La forme de l’encadrement a une grande importance et doit varier avec le format de l’épreuve. Une épreuve longue et étroite fait très mauvais effet sur un bristol carré.
- Le papier brun d’emballage donne une très jolie marge pour certaines épreuves sépia, mais il faut choisir ce papier de bonne qualité et non pas rempli de brins de paille, car il n’est pas nécessairement artistique, comme le croient certaines personnes, de se servir de toutes les vieilleries, dont ne veulent. plus la cuisinière et la femme de chambre, pour se composer des encadrements.
- De même, quel mérite peut-il y avoir à composer des cadres avec de vieilles caisses d’emballage, sans même donner à ces planches un coup de rabot ?
- Le but d’un cadre est de faire ressortir le tableau et non pas d’attirer vers lui toute
- l’attention ; une autre fonction du cadre consiste à isoler l’image de ce qui l’entoure, tout en restant en harmonie avec les objets environnants. On peut conclure de là que le meilleur cadre pour une exposition n’est pas toujours le meilleur également pour un appartement privé.
- Des cadres tout faits et même des moulures du commerce, il y en a peu qu’on puisse employer avec avantage. Le cadre émaillé bleu et blanc entouré de peluche bleu pâle, le cadre miroir avec des pivoines peintes et une ouverture pour le portrait, toutes les abominations d’un genre analogue ne peuvent tenter que l’amateur novice et nous n’avons pas à nous en occuper ici.
- Je me suis étonné souvent de voir que le photographe ne fabrique pas lui-même ses propres cadres. Souvent il prépare lui-même son papier, il rougirait à l’idée de laisser développer un cliché ou imprimer une épreuve par d’autres que par lui, il y en a qui préparent eux-mêmes leurs plaques sensibles, et presque tous se contentent de porter leur image terminée à l’encadreur, en lui permettant d’en faire ce qu’il veut ! La plupart du temps, celui-ci abuse de la permission en fournissant pour une épreuve au platine un cadre en chêne avec une moulure dorée. Si l’on donne à un encadreur une idée de cadre, il est très difficile d’obtenir exactement ce que l’on désire, et en tous cas la dépense est considérable et hors de toute proportion avec le travail livré. Il y a tout à gagner à fabriquer soi-même ses cadres, et il n’y a, pour ainsi parler, rien à dire contre. Cela prend du temps, mais en photographie tout prend du temps ; les difficultés sont presque nulles, et tous les bons photographes sont assez adroits de leurs mains pour apprendre vite ce qu’ils ne savent pas. Les outils nécessaires sont peu nombreux, et la dépense que leur achat implique serait vite couverte par l'économie réalisée dans l’achat des cadres. On pourrait au moins encadrer ainsi ses tableaux suivant ses goûts.
- Les matières premières pouvant servir sont
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- peu nombreuses. A part les moulures noires unies ou cannelées, le bois seul peut servir à faire des cadres pour photographies. Toutes les essences de bois naturel ou teint trouvent leur emploi ; les plus utiles sont le sapin, le chêne, le noyer et le frêne. On pourra, dans certains cas, y joindre l’acajou, mais sa nuance est généralement d’un mauvais goût.
- On trouve dans le commeree beaucoup de moulures différentes, mais il en existe peu de bonnes. On trouvera quelquefois de jolies moulures chez des ébénistes, moulures dessinées par des architectes pour orner l’intérieur des habitations. Elles sont généralement d’un meilleur goût que les moulures des encadreurs, elles sont très économiques ; mais, comme elles sont en sapin, on est obligé de les teindre. Il faut éviter les moulures compliquées, mais un cadre large et plat, sans relief aucun, fait plus mauvais effet encore, bien que certains exposants affectent de s’en servir.
- Pour joindre entre eux les côtés du cadre, il n’y a rien de mieux que le biseau ordinaire aux quatre angles. La mortaise n’a d’autre avantage que la solidité.
- Cette question des joints en amène naturellement une autre : la largeur du cadre. La largeur du cadre dépend de celle de la marge. Une marge longue et étroite doit recevoir un cadre long et étroit.
- Si l’on a employé du bois foncé, il est préférable de le laisser dans son état naturel. Si le bois est de nuance claire, il est presque toujours bon de le teindre. La couleur doit dépendre de l’épreuve et de l’effet voulu.
- Le vert semble très en faveur, et si l’on tombe sur la bonne nuance, c’est peut être la meilleure couleur, car elle convient à presque toutes les épreuves photographiques. Les verts que l’on voit presque toujours employer sont loin d’être bons, ils sont d’habitude trop clairs et trop gris.
- Un cadre de sapin teint en vert, brun foncé, avec ou sans filet doré, poli à la cire juste assez pour faire ressortir le grain du bois sans lui donner du brillant, conviendra à toutes les épreuves et les fera bien ressortir.
- Pour les épreuves coloriées, qu’elles soient à l’albumine, au collodion, ou à la gélatine, on peut employer des cadres dorés. On con-
- fectionne ces cadres avec du bois pour les grandes dimensions, avec du carton pour les petits formats. Le plus difficile de l’opération est d’obtenir un biseau régulier.
- On peut enduire de colle forte le bois et le carton et tamiser au-dessus du sable fin ou de petits grains : vermicelle, riz, etc. Lorsque le tout est sec, on passe par-dessus une couche d’or faux ou de bronze qui produit le plus joli effet.
- On munira les épreuves d'un passe-partout lorsque le sujet comportera ce genre d’encadrement. On pourra aussi les entourer d’une vignette ou d’un dégradé obtenu en se servant d’une cache de papier noir à aiguille (1).
- Albums. — Tout amateur devrait posséder un certain nombre d’albums dans lesquels il garderait les épreuves de ses meilleurs
- clichés.
- A l’abri de la lumière et de toutes les causes de destruction, les photo-copies s’y conservent beaucoup mieux, elles restent parfaitement planes, ne se salissent pas et sont beaucoup plus faciles à examiner.
- Il est facile de confectionner un album à feuillets mobiles et c’est par là que nous terminerons cette partie de notre travail concernant les accessoires photographiques.
- On peut prendre des cartons de faible épaisseur, ce qui réduit le prix de revient. Gomme ils sont maintenus serrés, on n’a pas à craindre leur déformation.
- Chacun d’eux est muni d’une légère bande de toile destinée à le réunir à un morceau de carton étroit percé de deux trous ronds qui
- Fis. 53.
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- Fig. 5';.
- reçoivent chacun une vis à écrou, comme l’indiquent les figures 53, 54 et 55.
- Le dernier carton, formant couverture, est formé de feuilles plus rigides réunies au dos par un morceau de cuir solide.
- (i) Pour encadrer à vignettes, voir le n° 204, jre série, de La Science en Famille.
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- Ce genre d’albums, qu’on trouve d’ailleurs [ ferrures plus ou moins ouvragées, dans le commerce, permet de sortir les | Nous examinerons, dans nos prochains
- Fig. 55.
- cartons ou de les changer de place à volonté.
- Si l’on est habile dans l’art de travailler les métaux, on pourra garnir les albums de
- articles, la construction pratique de certains appareils spéciaux.
- (A suivre) A.Berthier.
- APPAREIL A GRANDE TENSION ET A HAUTE FRÉQUENCE
- PRODUCTION D’EFFLUVES
- S’est le 20 mai 1891 que M. Tesla présenta à Colombia College les résultats frappants de ses expériences si originales sur les courants alternatifs de haute fréquence. Il vint à Paris en février 1892 et répéta ses essais devant la Société de Physique et la Société des Électriciens.
- M. Tesla indiquait un moyen simple de production de courants alternatifs de grande fréquence basé sur les propriétés des bobines d’induction et des condensateurs. Les bornes secondaires d’une bobine à haute tension sont reliées aux armatures intérieures d’une bouteille de Leyde qui se décharge disruplivement. Cette décharge disruplive produit des courants alternatifs de haute fréquence. Ce procédé présentait un grand intérêt en ce sens qu’il devait permettre de reprendre et de compléter les expériences de M. Tesla sans avoir recours à un matériel spécial dont peu de savants peuvent disposer. Les expériences, en effet, ont été perfectionnées et, de tous côtés, de nouveaux résultats ont été obtenus. Sans parler de tous ces essais et de tous ces appareils et encore moins des théories diverses qui ont été émises pour l’explication de ces phénomènes, d'autant plus que l’entente n’est pas encore complète entre savants, nous décrirons les diverses expériences que M. Radiguet a réalisées lors de l’Exposition du centenaire du Conservatoire des arts et métiers, en utilisant les résonnaleurs à haute fréquence de M. le I)1' Oudin, construits par M. Radiguet sur ses indications. Le principe de production des courants à haute fréquence est le même que celui
- indiqué plus haut. Une dérivation de courant à 110 volts est prise sur le secteur. Le courant traverse un coupe-circuit, un interrupteur, un ampèremètre et un rhéostat réducteur de potentiel. A l’aide d’un fil, le courant passe dans le circuit primaire de la bobine, traverse un interrupteur spécial et revient à une touche à glissière pouvant se déplacer sur les spires du rhéostat. Aux bornes du circuit secondaire de la bobine se trouve le dispositif du D1' d’Ar-sonval pour la production, à l’aide d’un arc entre les deux armatures d’une bouteille de Leyde, des courants de haute fréquence. Les deux armatures extérieures de la bouteille sont reliées à un résonnateur de M. le Dr Oudin.
- Nous allons maintenant entrer dans le détail des divers appareils.
- Le rhéostat réducteur de potentiel est formé par un fil de maillechort enroulé sur un tambour. La longueur de fil est très grande. A l’intérieur se trouve un deuxième tambour sur lequel est également enroulé du fil. Ce rhéostat est placé directement sur le circuit à HO volts; l’intensité qui le traverse pendant les expériences varie de 2 à 12 ampères, et la résistance maxima est de 200 ohms. C’est à l’aide de prises en divers points de la résistance que Ton obtient la différence de potentiel et l’intensité nécessaires pour le fonctionnement de la bobine d’induction ; le réglage est très aisé par suite du diamètre du fil qui permet un glissement facile de la borne extérieure.
- L’interrupteur est formé d’un double électroaimant maintenu entre deux colonnes. Au centre se trouve une tige qui porte une arma-
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- ture en fer doux mobile devant les pôles des électro-aimants. Une vis placée à la partie supérieure permet de régler la course de l’armature. Cette dernière porte une petite tige en cuivre qui repose sur un ressort formé de deux lames de cuivre en arc de cercle. A l’extrémité du ressort est placée une tige de cuivre légèrement conique. Au-des-. sous de cette tige est disposé un bloc de cuivre maintenu sur le côté par une tige recourbée avec vis micrométrique permettant à volonté de déplacer le bloc de cuivre.
- /est entre la Mge conique et le bloc de cuivre que jaillit l’arc de rupture, analogue à l’arc voltaïque. Pour éviter toute détérioration rapide, les contacts sont immergés dans le pétrole.
- On peut ainsi régler très facilement les contacts en agissant sur la Fig. 56. — Résonnateur de
- course de l’armature et sur le bloc de cuivre inférieur. Cet interrupteur fonctionne très rapidement et convient très bien pour les hautes fréquences. On évite ainsi l’inconvénient du contact de platine qui colle et l’inconvénient du mercure qui, s’oxydant, fait la queue.
- La bobine d’induction, donnant des étincelles d’une longueur de SS cm., est montée dans un bain de paraffine, ce qui isole les couches inférieures du condensateur, sur le côté sont les prises pour condensateurs de capacités variables, permettant de faire varier les effets.
- Dès 1892, M. le Dr Oudin a montré que l’on peut obtenir des courants de très haute tension en employant une sorte de résonnateur formé d’un solénoïde qui est composé de plusieurs tours de gros fil de faible résistance. Les extrémités de ce fil sont reliées aux bornes d’une source de courants alternatifs à haute fréquence. On n’obtient ce résultat que pour certaines valeurs déterminées de capacité et de self-induc ti on du solénoïde.
- M. Radiguet sur les indications de M. le D1' Oudin, a construit un nouveau résonnateur formé (fig. 66) d’un solénoïde de fil rouge non isolé entouré autour d’un cylindre de bois paraf-liné. Le fil a 3 nillimèlres de liamètre, la longueur est de 60 mètres et l’écartement des spires atteint un centi-MM. Oudin et Radiguet. mètre. Une
- des armatures
- extérieures de la bouteille de Leyde, dans le dispositif du Dr d’Arsonval, est réunie directement à un contact glissant A à l’extrémité du solénoïde. L’autre aboutit à un contact A’ placé sur le côté à une plus grande hauteur. Les contacts sont fixes, et le solénoïde mobile autour d’un axe vertical ; on peut le faire déplacer à l’aide d’une vis tangente, au moyen d’un volant R et augmenter ou diminuer le nombre des spires dans chacune des parties du solénoïde. Le résonnateur est ainsi partagé en 2 parties ; à la partie inférieure naissent les oscillations
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- de haute fréquence et à la partie supérieure se trouvent les courants de haute fréquence et de tension très élevée.
- Cet appareil que M. le Dr Oudin avait étudié dans un but purement thérapeutique, a été habilement mis à profit par M. Radiguel à la réalisation d’expériences des plus curieuses et des plus suggestives. Quelques-unes de ces expériences sont représentées dans la fig. 87. Lorsque l’appareil, est entièrement réglé, en
- une corde métallique à la partie supérieure du résonnateur et qu’on la fasse tourner, on aperçoit un cordon lumineux d’où jaillissent toute une série d’aigrettes violettes. De même, si l’on porte un parapluie dans le champ, on voit toutes les baleines devenir lumineuses.
- Ce n’est là que le commencement des applications avec cet appareil. Mais qui saurait dire où l’on s’arrêtera maintenant que l’on peut créer facilement un champ électrostatique
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- Fig. 57.— Principales expériences réalisées avec l’appareil.
- Tubes de Geissler, aigrettes, baleines d’un parapluie illuminées, corde, chaîne de boules, tubes cylindriques.
- approchant la main, on voit jaillir des aigrettes violettes de 18 à 20 centimètres de longueur. Le résonnateur crée tout autour de lui, du haut en bas dans un cercle d’un rayon de 2 mètres, un champ électrostatique alternatif très intense, et l’on peut, les tenant simplement à la main, rendre lumineux une série de tubes de Geissler, ou de Crookes, etc. Le nombre des expériences peut varier à l’infini. Nous citerons en particulier celles du parapluie et de la corde que montre également notre figure. Si l’on attache
- puissant et assez étendu. Dans peu de temps, sur une scène de théâtre, les danseuses paraîtront portant des objets qui seront lumineux sans attache avec aucune source. Le succès obtenu par M. Radiguet à l’Exposition du centenaire du Conservatoire des arts et métiers nous est un sûr garant que ses expériences ont beaucoup intéressé le monde savant et le public (1).
- J. Laffargue.
- (i) D’après la Nature.
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- PETITS MÉTIERS INCONNUS
- Paris, on n’a le droit de s’étonner de rien. Les métiers qu’une foule de pauvres diables exercent sont parfaitement inconnus; ils trouvent là le moyen de gagner les quelques sous qui leur sont nécessaires pour leur existence. Quelques-uns même vendent convenablement leurs produits et gagnent de l’argent. Mais que de peine ! En voici quelques-uns, signalés par le Journal d’hygiène et dont la plupart, on en conviendra méritent d’être encouragés, en vertu même de la rubrique scientifique qui sert de titre à notre éminent confrère.
- Les Bagotiers. Portés auprès des gares, ils tachent de saisir l’adresse au cocher et en courant suivent la voiture pour s’offrir à destination à descendre les bagages. Quand les courses sont trop longues, ils ont des relais à des points fixes ; là ils trouvent un camarade à qui ils donnent l’adresse et qui les remplacent.
- Les Boulangers en vieux ramassent les croûtes de pain et en font de la chapelure.
- Les Bûcheurs, suivent les voitures de bois et ramassent les bûches à mesure qu’elles tombent. Les charretiers leur donnent quelques sous pour cette surveillance. Les voitures de charbon sont suivies de même par des individus, mais qui s'attribuent cette récolte.
- Les Ecumeurs, écument la graisse des égouts. Ils recueillent aussi les bouchons au barrage de Suresnes ou à Asnières. Ces bouchons sont retaillés et servent dans la... parfumerie.
- Les Fabricants dasticots. Bien connus des pêcheurs. Les asticots sont obtenus par une manipulation repoussante dont l’odeur dépasse toute imagination. Ce commerce est confiné à la porte Brandon et à la poterne Montsouris.
- Les Frères de la côte, se trouvent au bas des rues passantes dont la montée est rapide; moyennant une maigre rétribution, ils aident à pousser les voitures pesamment chargées.
- Les Marchands de bijoux. Sous le nom de
- bijoux, on désigne les rogatons que les restaurateurs cèdent également sous le nom d’Arlequins. La vente en est faite aux Halles. 11 s’en fait un débit important au marché de la Madeleine, rue Chauvau-Lagarde.
- Les Pilons, dont le métier consiste à mendier du pain chez les boulangers, qu’ils revendent ensuite. Si le pain est rassis, ils ont un procédé pour le remettre presque à neuf.
- Les Ramasseurs de crottes de chien. Les ramasseurs de cette catégorie suivent généralement les voies plantées d’arbres ; ils visitent lës troncs fréquentés ; à l’aide d’une cuillère à pot emmanchée à un bâton, ils recueillent ce qui fait le plus clair de leur marchandise. Ils vendent ce produit naturel aux mégissiers et aux teinturiers. Les chimistes prétendent qu’on s’en sert à cause de la grande quantité de phosphate qu’on y trouve, pour la fabrication de certains pep-tones de viande recommandés aux estomacs délicats.
- Les Ramasseurs d’œufs de fourmis. Pour la nourriture des jeunes faisans et pintades ; la vente se fait le dimanche au marché aux oiseaux.
- Les Ratiers. Ils attaquent les rats vivants et les vendent à d’autres individus qui ont la spécialité de dresser des chiens à là chasse de cet animal.
- Les Ravageurs. Ne se tiennent auprès des égouts qu’après les grands orages. Ils recueillent les matériaux de toute espèce entraînés par la violence du courant.
- Les Sénateurs, commissionnaires du marché aux fleurs. C’était autrefois le surnom des hommes de peine qui se tenaient au carré Saint-Martin et que l’industrie du Marais louait pour quelques heures, les employant le plus souvent à tourner des roues ou des manivelles.
- Les Zouaves ou Ripeurs, qui déchargent les baquets.
- D1' M.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- CYCLISME ET AUTOMOBILISME
- latistique des Cyclistes français. — Le nombre des machines taxées en 4897 s’élève à 408.869 ; si l’on admet que les 2/B des possesseurs de machines se soustraient à l’impôt, on en conclut qu’il y a environ en France 681.500 cyclistes.
- Les départements les plus riches en cycles, comparés au point de vue du rendement de l’impôt cycliste, se classent ainsi :
- Seine 79.389
- Seine-et-Oise. . . . 18.074
- Nord 14.567
- Seine-et-Marne . . . 11.157
- Seine-inférieure. . . 10.184
- A la suite se rangent avec des chiffres variant de 9 à 6.000, les départements suivants :
- Gironde, Oise, Marne, Rhône, Aisne, Maine-et-Loire, Loiret, Côte-d’Or, Pas-de-Calais, Somme, Aube, Saône-et-Loire, Yonne, Eure-et-Loir, Bouches-du-Rhône.
- On remarque tout de suite que les grandes villes contribuent beaucoup à augmenter la moyenne d’un département; d’autre part, les départements les plus pauvres sont les départements montagneux, la Haute-Loire, les Basses-Alpes, le Cantal, les Hautes-Alpes et la Lozère qui comptent de 600 à 200 cyclistes.
- Mais le nombre des réfractaires à la taxe va considérablement diminuer, pense-t-on, à la suite du réglement d’administration publique que le Conseil d’État est en train d’élaborer, concernant la plaque de contrôle.
- Il y aura trois modèles de plaques. Le premier sera délivré aux cyclistes ou possesseurs de vélocipèdes mus par l’action des pieds, le deuxième sera réservé aux motocyclistes et le troisième aux dispensés (cyclistes militaires, facteurs, etc.)
- L’administration a prévu pour ce premier exercice 700.000 plaques, ce qui doit correspondre à très peu près au nombre réel des cycles en France.
- ***
- Utilisation ralionelle de la bicyclette. — Le commandant Collet vient de publier sous ce titre une étude tout à fait intéressante dont nous extrayons le passage suivant :
- « Tous les cyclistes, dit l’auteur, sont unanimes sur la réelle supériorité de la marche à
- bicyclette sur la marche à pied en terrain plat. Mais ils mettent beaucoup de sourdine à ces éloges dès qu’il s’agit de pédaler en terrain accidenté, et ils sont d’autant plus désabusés, qu’eux-mêmes sont moins vigoureux, moins souples et moins adroits. Ces déceptions proviennent de ce qu’ils ne se rendent pas compte ni de la dépense de forces nécessaires pour la propulsion en bicyclette, ni de l’influence considérable du développement de la machine sur cette dépense.
- Evidemment, pour ne pas avoir de mécomptes de forces ou de fatigues avec une bicyclette, il faut ne dépenser avec cet instrument que ce qu’on dépense dans la marche à pied.
- I,'unité de travail mécanique est le kilogram-mètre, qui représente le travail nécessaire pour élever un kilogramme à la hauteur d’un mètre. On appelle par suite Tonne-Mètre, le travail pour élever 1.000 kilomètres à un mètre de hauteur.
- Nous supposons avant tout que l’air dans lequel se déplacent piéton et cycliste est calme, puis, que le piéton pèse 64 kilog. et offre au vent, comme résistance, une surface d’un demi-mètre carré.
- Nous supposerons encore que sa machine, munie de tous les accessoires de route du touriste, pèse 16 kilogrammes. Notre piéton, transformé en cycliste, pèsera donc 80 kilo^ grammes, que nous appellerons poids total, pour le différencier du poids personnel.
- Dans la marche à pied, le piéton transporte son seul poids, dans la marche en bicyclette, le cycliste transporte le poids total de sa personne et de sa machine. C’est un désavantage. En plaine, il est absolument insignifiant, parce que, dans la marche en terrain plat, le propre de la bicyclette c’est de faireeutrer comme résistance non pas le poids lui-mqme, mais le centième de ce poids seulement.
- Dans la marche en terrain montant, au contraire, le poids apparaît, à bicyclette comme à pied, avec sa pleine valeur.
- Evaluons exactement ce désavantage du cycliste.
- Dans la marche à pied, on peut distinguer deux sortes d’efforts. L’effort nécessaire pour
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- faire un pas, c’est l’effort élémentaire, et l’effort total, qui est la somme des efforts élémentaires pendant un temps donné, mettons une heure.
- Le piéton est absolument maître de donner à chacun de ces deux éléments une valeur aussi petite qu’il le veut.
- Dans la marche à bicyclette, il y a également deux éléments à considérer.
- L’effort élémentaire correspond au pas du piéton, c’est celui qui est absorbé pendant le coup de pédale qui fait avancer la bicyclette de la moitié de son développement.
- Rappelons que le développement est le produit de la longueur de la circonférence de la roue motrice par le rapport des deux nombres de dents du pignon avant et du pignon arrière.
- L’effort total, pendant une heure, produit de l’effort élémentaire par le nombre des coups de pédale donnés pendant le même temps, en supposant l’uniformité du mouvement et de la pente.
- Mais il y a une différence essentielle avec ce qui se passe dans la marche à pied, le cycliste, une fois qu’il a acheté sa machine, n’est plus maître de ces deux éléments.
- Le travail relatif à l’effort élémentaire a une valeur minima obligatoire, c’est celle qui correspond au demi-développement de la bicyclette parcouru avec la plus petite vitesse qu’on puisse faire ou qui vaille la peine d’être faite
- avec la machine, mettons huit kilomètres par heure.
- ***
- Cyclistes postiers en Allemagne. — Les services postaux par bicyclettes et tricyles sont depuis peu, complètement organisés par la direction des postes allemandes. Les bicyclettes sont principalement employées pour le transport des lettres et des dépêches à domicile ; les tricyles servent à transporter les petits colis postaux et les sacs de lettres de la gare au bureau central, et du bureau central aux bureaux auxiliaires.
- Tous les instruments employés par l’administration sont à la fois robustes et légers, et on les reconnaît facilement, quand ils traversent les rues d’une ville, car ils sont uniformément peints en jaune clair : les bicyclettes portent un aigle à la douille et les tricycles sur la caisse.
- ***
- Le septième Salon du Cycle et de l’Automobile. — Au moment où nous écrivons ces lignes, le Salon du Cycle bat son plein dans l’immense galerie des Machines où il se tient pour la septième fois : notre aimable collaborateur M. Hoffmann nous donnera, dans un prochain numéro, le résumé des principales nouveautés cyclistes exposées.
- C. V.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 Décembre 1898.
- Influence des armatures métalliques sur les propriétés des mortiers et bétons. —
- Depuis quelques années, on a imaginé un mode de construction dit ciment armé, dans lequel le métal est employé comme armature intérieure des pièces de béton et de mortier, et dont on se servira beaucoup pour les palais de l’Exposition.
- Les ingénieurs n’ont pas accepté sans réserve ce procédé. En effet, essayés par traction simple, les mortiers se brisent en prenant un allongement d’un dixième de millimètre environ. Or, le fer ne produit sous cet allongement qu’une résistance de 2 kilogrammes par millimètre carré, et l’on doit, par suite, admettre qu’il ne peut pas travailler davantage dans les bétons armés, avant que ceux-ci se brisent au moins jusqu’aux armatures qu’ils renferment: les fissures compromettraient la durée de ces constructions.
- M. Considère a fait des expériences pour élucider la question; il en indique la marche. 11 en résulterait que, dans les ciments armés, un bloc soumis aux efforts qui rompent infailliblement les blocs de mortier non armé n’ont plus le même effet. Le ciment résiste infiniment davantage. Le mortier possède cette propriété, dont l’importance pratique- est grande, de pouvoir, quand il est armé de fer, supporter des allongements vingt fois plus grands que ceux qui déterminent sa rupture dans les essais usuels de la traction.
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- Vaccination contre le venin de la vipère par les sucs de champignons. — M .Chauveau analyse une note de M. Phisalix, relative aux sucs des champignons qui vaccinent contre le venin de vipère. Tous les champignons semblent renfermer un vaccin contre le venin. M. C.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Phisalix a fait des recherches expérimentales sur cette question, notamment à l’aide du suc de l’agaric de couche, et il a reconnu qu’un cobaye qui a reçu sous la peau ou dans l’abdomen de 5 à 20 centimètres cubes d’eau de macération A'Agaricus édulïs supporle, au bout de quelques jours, une dose de venin de vipère mortelle en cinq à six heures pour les témoins. Celte immunité, déjà très forte, est susceptible d’être accrue, et, si, dans un intervalle de quinze à vingt jours, on soumet l’animal à deux ou trois inoculations, on peu augmenter d’un cinquième environ la dose de venin sans provoquer d’accidents. La durée de l’immunité ainsi obtenue varie dequinze jours à un mois.
- 11 convient d’ajouter que l’inoculation est loin d’être inoffensive: elle amène des accidents toxiques locaux et généraux et le suc dilué des champignons amène souvent une mortification des tissus à laquelle succède une plaie, qui suppure-Parfois même surviennent des infections plus graves suivies de mort.
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- L’Annuaire du Bureau des Longitudes | pour 1899. — M. Cornu présente l’Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1899, contenant entre autres modifications importantes :
- La révision des éléments des comètes périodiques et l’historique des comètes apparues en 1897 ;
- Le fac-similé des poinçons de garanties des matières d’or et d’argent ajouté au tableau des monnaies tenu à joui jusqu’en 1897 ;
- Les nouvelles valeurs de la superficie delà France obtenues au service géographique de l’armée et in-
- troduites par M. Levasseur, ce qui a exigé un nouveau calcul des densités de la population.
- L’article relatif à l’électricité a été notablement augmenté par M. Cornu, particulièrement en ce qui concerne la signification des unités électriques et mécaniques usitées dans les applications industrielles. Enfin, l’Annuaire se termine par des notices scientifiques sur: les Ballons-sondes, par M. Bouquet de la Grye ; la Gèodosie moderne en France, par M. Bassot; le Sidérostat à lunette de 60 mètres de foger et de 1 mètre 25 d’ouverture, en construction chez M. Gautier ; enfin les Travaux exécutés à l'Observatoire du Mont-Blanc en 1898 par M. J. Janssen.
- M. Cornu présente ensuite le volume de la Connaissance des temps pour 1901, qui est le 223e d’une éphéuiéride qui n’a jamais souffert d’interruption depuis la publication du premier volume en 1679, par Picard.
- ***
- Seance annuelle publique du 19 Décembre 1898.
- Cette séance a été consacrée à la distribution annuelle des prix décernés par l’Académie, précédée d’un discours de M. Wolf, président, dans lequel il a retracé l’historique des premières assemblées solennelles de la Compagnie et fait l’éloge des célébrités scientifiques mortes dans l’année : Aimé Girard, chimiste, Souillart astronome, Posnel, Ferdinand Cohn, naturalistes, Prosper Demontzey corespondant de la section d’économie rurale, Gauthier-Villars. La séance s’est terminée par un discours deM. Bertlielot, dans lequel il a analysé la vie et les travaux du savant Brown-Séquard.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- New-York, premier port du monde. —
- Londres a gardé pendant des siècles le titre de premier port du monde, mais d’après le rapport annuel de M. Chamberlain, commissaire de la navigation à Washington, avantla fin de l’exercice courant, c’est-à-dire avant le 30 juin 1899, Londres serait obligé de céder le pas à New-York.
- Les statistiques du Board of trade anglais constatent qu’à Londres, pendant l’année 1897, les entrées et sorties des navires faisant des voyages au long cours ont représenté un tonnage total de lo.797.659 tonneaux, ce qui constituait une augmentation de 215.000 tonneaux par rapport à l’année précédente
- Pour New-York, pendant l’année finissant L 30 juin 1898, les entrées et sorties de
- navires faisant des voyages au long cours ont donné un tonnage total de 15.343.242 tonneaux, soit une augmentation de 1.131.727 tonneaux par rapport aux douze mois précédents.
- Si, comme tout porte à le croire, l’augmentation de tonnage se maintient en faveur de New-York, avantla fin de l’exercice courant le premier port du monde sera en Amérique. Le nouveau monde aura vaincu l’ancien.
- ***
- Nouvelles applications du papier. —
- Signalons quelques nouvelles applications du papier, la plupart faites en Amérique, naturellement. D’abord les bicyclettes, dont on fait les moyeux, les rayons et les pneus des roues, en pâte à papier; les cadres sont
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- formés de tubes en pâte comprimée de l’intérieur à l’extérieur et assemblés au moyen de douilles en bronze d’aluminium. Ces cadres seraient d’une légèreté et d’une solidité à toute épreuve.
- Les parquets en papier nous paraissent d’une application plus facile et plus rationnelle. Ces parquets sont formés de pâte à papier mélangée d’une petite quantité de ciment, qu’on répand sur le sol pour la comprimer ensuite au moyen de rouleaux. La couche est peinte en couleur chêne, noyer ou acajou. Ces panquets sont mauvais conducteurs de la chaleur, du froid et du son, et ont l’apparence du linoléum, sans en avoir l’odeur. {Le Papier)
- ***
- Une coulée de 4.200 kilos de bronze. —
- On a procédé dernièrement, à New-York, à la fonte de la plus grande statue de bronze qui ait jamais été faite et qui est destinée au Central Parle.
- Les groupes importants ou les statues de dimensions exceptionnelles en bronze sont fondus d’ordinaire en dix, quinze, ou même souvent en vingt parties différentes, qui sont ensuite mises en place et soigneusement brasées.
- Une des principales fonderies de New-York a voulu tenter un tour de force métallurgique non encore essayé jusqu’à présent: le voici, d’après la Métallurgie. Après avoir
- fait modeler en argile une statue colossale du dieu Pan, jouant de la flûte pastorale, on a confectionné le moule nécessaire, que M. Gray-Barnard, le sculpteur américain, a lui-même retouché, puis les ouvriers de l’usine ont projeté d’une seule coulée, dans le moule, 4.200 kilos de bronze, qui se sont presque aussitôt solidifiés.
- La statue, une fois dégagée, a été reconnue parfaitement réussie. Elle ne porte pas trace du plus petit defaut, bien qu’elle mesure près de 5 mètres de hauteur et pèse près de 4 tonnes.
- Curieux transport d’une cheminée d’usine. — Un curieux transport de cheminée d’usine vient d’ètre effectué à Manhauset, comté de Suffolk. La cheminée avait 26 mètres de haut, 2m,15 de côté à sa base ; ses parois avaient 0m,20 d’épaisseur. Elle pesait le joli poids de 100 tonnes.
- S Le transport a été fait en neuf jours, sur ! 300 mètres. La cheminée était assise et 1 contre-ventée sur une plate-forme en bois,
- ! établie sur deux longrines lisses et suiffées à leur partie inférieure, laquelle glissait | sur des semelles, également polies et suiffées : et c’est par un glissement insensible, effectué au moyen d’un cabestan, multipliant par ISO l’effort fait par le cheval qui l’actionnait, que le transport s’est fait sans le moindre accident.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Entretien et nettoyage des bijoux d’or et d’argent. — On rend facilement aux bijoux leur brillant, quand ils ont perdu leur poli et leur éclat primitifs ; il suffit le plus souvent de les frotter légèrement avec une peau de chamois réservée à cet usage.
- Quand la peau seule ne suffit pas — ou si les bijoux présentent des surfaces irrégulières en creux ou en relief, que la peau ne peut atteindre aisément — on les brosse, pendant deux ou trois minutes avec une brosse douce chargée d’un peu de savon blanc. Quand ils sont bien essuyés, on les
- passe à la mie de pain ou à la peau de chamois.
- Quelquefois le métal est partiellement taché ou rouillé par un contact accidentel avec des substances qui l’ont terni; le brillant et' la couleur ordinaire ne reviennent pas complètement par l’emploi des moyens qui précèdent. — On se procure alors chez un droguiste, du colcotar (rouge de Prusse, rouge d'Italie, rouge Indien); on le délaye avec un peu d’eau, ou mieux, d’alcool, si l’on en a ; on frotte les bijoux avec une mousseline imbibée de cette pâte; on essuie et l’on passe à la peau douce.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- pour rendre le poli à la toile à calquer.
- — Un correspondant du journal Machinery conseille, quand on a fait un grattage sur de la toile à calquer, et qu’on veut rendre le poli à la surface, soit pour y écrire à nouveau soit pour éviter que la poussière n’y ait de prise, d’employer du blanc de Meudon ou de la stéatite. On frotte sur l’endroit voulu au moyen de bon papier buvard bien propre.
- sfs**
- L’enlèvement de la rouille. — Le Süddeutsche Apotheher Zeitung affirme que la meilleure méthode consiste à frotter l’objet soit en fer, soit en acier, avec un chiffon de laine enduit d’une mixture faite d’une partie d’acide lactique et do deux d’huile d’aspic. La rouille s’enlève presque immédiatement ; il ne reste plus ensuite qu’à rendre, s’il y a lieu, le poli au métal, en le frottant avec du papier d’émeri très fin, puis avec du rouge d’Angleterre et enfin de l’oxyde d’étain.
- ***
- Pour rendre la souplesse aux vêtements en caoutchouc. — Leur usage en est très répandu, mais il arrive parfois que l’imperméable se durcit. Pour lui rendre sa souplesse, il suffit de le plonger dans un bain ammoniacalisé.
- Préparation :
- Eau de pluie............ 10 parties.
- Ammoniaque ordinaire . . 1 à 2 parties.
- ***
- Moyen de rendre le papier transparent pour calquer les dessins. — La feuille étant
- appliquée sur le dessin à calquer, on la frotte légèrement avec du coton imbibé de benzine parfaitement pure. La benzine est absorbée, et le papier rendu transparent peut recevoir le trait au crayon ou bien à la plume et même le lavis, sans que les lignes ou les teintes s’élargissent et sans que la feuille se rétrécisse ou se soulève. Lorsque les dessins sont grands on peut appliquer la benzine à plusieurs reprises.
- Le calque achevé, la benzine s’évapore sans laisser de trace, le papier séché reprend son opacité primitive et ne conserve pas la moindre odeur.
- La pureté de la benzine est de toute nécessité.
- ***
- Préparation de l’eau sédative. — L’eau sédative si utile et si employée en lotions, en compresses ou frictions, comme excitante, révulsive, rubéfiante, peut se préparer facilement comme il suit :
- Mettez une demi-poignée de sel de cuisine dans un demi-verre d’eau; laissez fondre. Quand l’eau est redevenue limpide, versez un petit verre à liqueur plein d’ammoniaque dans un demi-litre d'eau, puis ajoutez un quart de verre à liqueur d’alcool camphré. Agitez la bouteille et bouchez. Mêlez ensuite le demi-verre d’eau salée, agitez encore et achevez de remplir avec de l’eau ordinaire.
- On peut toujours diminuer son énergie en la coupant avec de l’eau quand il s’agit de personnes ayant la peau fine et délicate.
- JEUX DE TABLE ET DE SALON
- LES DÉRIVÉS DU JACQUET : LES DAMES RABATTUES.
- Disposition du jeu au début. — Le jeu
- des “ Dames rabattues ” est ainsi nommé parce que l’on y rabat effectivement les dames qui sont empilées dans le petit-jan du joueur, comme nous allons l’expliquer ci-après :
- Deux dames sur la première flèche du petit-jan, deux autres sur la deuxième flèche ; deux sur la troisième ; et enfin trois dames sur chacune des trois autres flèches (fig. S8).
- Il faut placer les pièces l’une sur l’autre, c’est-à-dire en piles et non à côté l’une de l’autre sur chaque flèche.
- Chaque joueur n’a qu’un jan à ce jeu qui ne
- se joue qu’à deux. Chacun a quinze dames et un cornet.
- Mêmes règles concernant les dés qu’aux jeux déjà étudiés.
- Les doublets ne se jouent qu’une fois.
- But de la partie. — Les six piles constituées, l’on rabat les dames suivant les points amenés par les deux dés, c’est-à-dire que l’on prend les as sur la première flèche ou pile, les deux sur la deuxième, les trois sur la troisième, etc., etc.
- La manière de jouer les dames est donc entièrement différente de celle pratiquée aux autres jeux de table, où, pour exprimer un cinq,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- par exemple, l’on place une dame cinq flèches au-dessus de l’endroit d’où elle part, tandis qu’aux dames rabattues l’on ne fait que les mettre à bas sur la même flèche.
- Si, par exemple, vous amenez cinq et as, vous abattez pour votre as une dame de votre première pile et pour votre cinq une dame de votre cinquième.
- Si l’on fait un petit doublet — par exemple tous les deux — comme sur les trois premières flèches il n’y a que deux dames et que, par ce fait, il n’y en a qu’une à abattre, l’on ne fait qu’un point, l’adversaire fait l’autre. Les
- 2 2 2 3 3 3
- 2 2 2 3 3
- /
- Fig. 58. Les Dames rabattues : disposition du jeu au début. Les chiffres indiquent le nombre des dames posées sur chacune des flèches au début.
- points ne pouvant être faits par l’un le sont par l’autre, à ce jeu. Si ni l’un ni l’autre ne le
- dames rabattues, de garder le dé tant que l’on amène des doublets.
- La levée des dames. — Lorsqu’un joueur a complètement rabattu ses dames, il les lève suivant les points amenés, en observant les mêmes règles sur les doublets et sur les cas d’impuissance.
- Il est évident que l’on ne peut commencer à lever ses pièces que lorsqu’elles sont toutes rabattues.
- La conduite de ce jeu demande d’être attentif aux dés amenés par l’adversaire, afin de ne pas oublier de jouer les coups qu’il ne peut exprimer, celui-ci de vous avertir et ayant
- n’étant pas obligé intérêt à ne pas le faire.
- Fig. 59. Les blancs dans la position de début amènent six et as. Cette figure représente le coup joué. Les noirs jouent ensuite et amènent tous les six, ils ne peuvent en laire qu’un, n’ayant qu’une dame à abattre sur leur 2° pile; les blancs font l’autre en a ; mais les noirs couvrent le dé et rejouent encore, ayant amené un doublet.
- peuvent, ils restent sans effet. Seulement, dans ce cas, l’on conserve le dé et l’on rejoue une nouvelle fois, car c’est une loi, aux
- Fig. 60.— Les blancs ont toutes leurs dames rabattues. — Les noirs ies ont également toutes rabattues, mais ils viennent d’amener six et quatre et ils ont une dame sur la quatrième et la sixième flèche.
- Celui qui le premier a levé ses quinze pièces gagne la partie.
- Jules Bouttier.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas.
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- CAUSERIE ASTRONOMIQUE (février)
- Gémêwr
- Taureay
- '\JLePëtitCItim Fiction
- Jdelgeuste.'.'
- Bellainx
- La Licorne
- ous pourrons observer pendant le mois de février Les Gémeaux, qui planent _______ au Zénith ; au-dessous à gauche, le Petit Chien ; puis La Licorne, et le Grand Chien au-dessous.
- Les Gémeaux forment la 41e constellation du zodiaque que nous observons depuis le commencement de ces études. Les deux principales étoiles sont : Castor et Pollux, qui ont reçu les noms des lettres grecques « et p.
- Les Gémeaux contiennent une autre étoile de 2e grandeur y et six de 3e grandeur 6, e, Ç,
- 9, et [i (voir figure 61).
- Castor, est une belle double dont les composantes sont de 3e grandeur ; on la dédouble assez facilement à l’aide d’une petite lunette. Ces deux étoiles tournent autour l’une de l’autre dans un intervalle de mille ans environ. Ce système va en s’éloignant de nous à la vitesse de 45kilomètres par seconde, tandis que Pollux s’en rapproche avec une vitesse encore plus grande, 64 kilomètres
- Sinus"
- Le Grand Chipn
- • • /*
- V • \( /
- v
- .. '
- L'En dan
- Ae Lièvre
- Fig. 61. — Carte du ciel donnant la position relative des astres visibles en février.
- Fig. 62. — Les Gémeaux.
- par seconde. La différence de vitesse entre ces deux étoiles les a éloignées l’une dé l’autre d’environ 2.500 milliards de lieues depuis l’époque d’Homère jusqu’aux temps présents.
- Une petite lunette dirigée sur y nous fait voir un superbe champ d’étoiles.
- 8 est une belle double dont les composantes sont de 3e et 8e grandeurs.
- Les Gémeaux renferment un superbe amas d’étoiles qu’on peut distinguer à l’œil nu quand le ciel est bien pur ; mais avec une petite lunette, et même avec une jumelle, il apparaît bien plus intéressant. Il se trouve entre e des Gémeaux, et Ç du Taureau.
- Le Petit Chien, se compose de deux étoiles principales : Procyon de lre grandeur et p de 4e grandeur. Procyon est remarquable par son mouvement propre apparent qui le déplace dans le ciel d’une quantité égale au demi-diamètre de la lune en 1500 ans. Sa distance est de 62.000 milliards de lieues de la terre, et sa lumière met 26 ans à nous parvenir.
- Elle passe au méridien le 28 février, à 9 h. 2, six minutes avant Pollux, qui passe, lui, le même soir à 9 h. 8.
- La Licorne sépare le Petit Chien du Grand Chien. Cette constellation ne renferme que de petites étoiles dont la plus brillante est de 3e grandeur. On les trouve au-dessus de Procyon et à gauche d’Orion.
- 2* Série — N° 53. — 1« Février 1899.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Il y a bien quelques étoiles dont l’observation n’est pas dépourvue d’intérêt, mais qui ne peut être faite qu’à l’aide d’une lunette ; aussi ne jugeons-nous pas utile de nous étendre davantage sur cette constellation.
- Le Grand Chien renferme la plus brillante étoile du ciel entier, c’est Sirius, que l’on admire près de l’horizon sud pendant tout l’hiver, au-dessous et à gauche d’Orion ; elle est visible d’octobre à avril et passe au méridien le 14 février à 9 h. 2 du soir.
- Le nom de celle étoile vient du grec ssip qui veut dire : briller.
- Autrefois cette étoile se levait le matin vers le 21 juin ; elle réglait le calendrier égyptien ; son lever coïncidait avec le débordement du Nil ; c’était le commencement des grandes chaleurs ; son nom Canis (d’où le nom canicule, jours caniculaires) est devenu synonyme de grandes chaleurs. Actuellement c’est vers la fin d’août seulement que Sirius paraît avant le lever du soleil. Remarque bizarre : le mot canicule ne dérive pas de l’idée de chaleur, mais du mot chien qui ne présente aucun rapport avec l’idée qu’il fait naître. De même nous avons vu (p. 194) que le mot septentrion ne tire pas son origine de l’idée de nord, mais du nom des sept étoiles qui forment la figure de la grande ourse.
- Sirius est un soleil d’une importance capi-
- tale. Sa masse est environ 1.728 fois plus considérable que celle de notre soleil qui, lui, ne pourrait passer entre la terre et la lune.
- On peut l’observer en plein jour, avec une petite lunette si on connaît exactement sa place dans le ciel.
- Ce soleil s’éloigne de nous par un mouvement propre assez rapide. Comme nous nous dirigeons nous-même vers la constellation d’Her-cule, il en résulte que ces deux mouvements contraires éloignent l’un de l’autre ces deux astres, et ce avec une vitesse de 268 millions de lieues par année, soit sept cent mille lieues par jour.
- Sirius est une belle double dont la plus petite est de 9' grandeur ; elle est très difficile, à voir, noyée qu’elle esl dans les feux de son royal soleil.
- Elle est à 39.000 milliards de lieues de la terre, et sa lumière met 16 ans à nous parvenir.
- Planètes visibles pendant le mois de février.
- Vénus, Jupiter, Saturne, brillent le malin, au Sud-Est, avant le lever du soleil.
- Mars seul est visible le soir et pendant presque toute la nuit. Nos lecteurs pourront l’observer facilement au sud des étoiles Castor et Pollux, entre Pollux et le Petit Chien. On le reconnaîtra facilement à ses feux rougeâtres.
- (A suivre). A. Perciienet.
- VARIÉTÉS RÉTROSPECTIVES
- UN VOYAGE EN BALLON
- (.Episode du siège de Paris, en i8yo)
- A Monsieur le Secrétaire de Y Association Amicale des anciens Elèves de l'Ecole centrale des Arts et Manufactures.
- Monsieur et cher Camarade, onformément à la demande que vous m’avez faite, je vous envoie quelques notes relatives à la mission que j’ai remplie pendant le siège de Paris ; cette mission, comme vous le verrez, concernait exclusivement la défense de la capitale et les intérêts les plus chers de nos concitoyens.
- Dès le commencement du siège, j’ai suivi assidûment les réunions de l’Ecole centrale, | et je faisais partie du corps du génie civil, | section de l’assainissement.
- En dehors de cela, m’étant occupé depuis longtemps de photographie, je me trouvai en rapport avec M. d’Almeida, membre du Comité scientifique siégeant au ministère de l’Instruction publique, et je m’adonnai avec lui, pour le Comité, à des expériences relatives à la reproduction photo-microscopique des dépêches ; ce travail demandait non pas une grande habileté, mais beaucoup de discrétion.
- M. d’Almeida, quoi qu'en aient dit certains journaux,-est le premier qui se soit occupé activement de la reproduction microscopique des dépêches au moyen de la photographie, et cela dès les premiers jours du siège. L’un
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- des premiers ballons partis de Paris a même emporté une note à ce sujet émanant de lui. Cette priorité est d’ailleurs reconnue dans le Journal Officiel par M. Nadié, dans un de ses articles sur la poste pendant le siège, en date du 16 mars 1871.
- Mes essais, commencés au lycée Corneille, se continuèrent au ministère des finances où M. Ernest Picard me fit installer un laboratoire.
- Les appareils dont je me servais ont été inventés et fournis par M. Dagron. C’est avec ces appareils qu’ont été produites ces épreuves microscopiques montées dans des objets divers qui ont fait fureur si longtemps. M. Dagron mit la plus parfaite obligeance à me fournir les renseignements et les préparations dont j’avais besoin.
- Voici en quelques mots comment s’obtenaient ces épreuves : Au moyen d’un fort objectif, je faisais sur collodion humide un cliché de la dépêche à peu près de grandeur naturelle ; puis ce cliché était placé dans l’appareil de M. Dagron qui, au moyen de ses 20 objectifs et en deux poses, donnait sur une même plaque de verre 40 épreuves positives de la dépêche, ayant chacune environ un millimètre carré. Ces épreuves ne pouvaient se lire qu’avec un microscope.
- Je fis d’abord une série de recherches relatives au support définitif de ces épreuves microscopiques. J’essayai successivement le papier pelure, le mica en feuilles excessivement, minces, etc. enfin, M. Dagron m’indiqua un procédé, à lui appartenant, au moyen duquel l’épreuve microscopique pouvait être obtenue sur une pellicule très mince, très résistante, flexible, parfaitement transparente et complètement inattaquable à l’eau et aux agents atmosphériques.
- Dès lors, les applications de ce procédé devinrent évidentes au point de vue de l’envoi des dépêches de toute nature de province à Paris, par pigeons voyageurs ; la poste aérienne était créée.
- Déjà, sur les indications de M. d’Almeida, la délégation du Gouvernement envoyait à Paris, au moyen des pigeons, quelques dépêches officielles photographiées sur papier, mais qui étaient loin d’être microscopiques ; la pellicule de M. Dagron et la réduction microscopique allaient permettre
- d’envoyer par la même voie des dépêches privées en grand nombre.
- M. Ernest Picard me fit proposer alors d’aller établir en province le service des dépêches photo-microscopiques officielles et privées. C’était une affaire industrielle un peu en dehors de mon ressort; M. Dagron, qui s’était montré si dévoué et si désintéressé pendant le cours de mes essais dont il avait deviné le but, et qui dirigeait depuis longtemps d’immenses ateliers de photographie, faisait bien mieux l’affaire ; il fut accepté, et je me décidai à le seconder dans cette importante mission, tout en ayant un rôle parfaitement distinct.
- Après quelques pourparlers que prolongèrent des bruits persistants d’armistice, un traité fut passé entre MM. Rampont, directeur général des postes, qui s’était occupé très activement de cette question, les administrateurs des postes, M. Dagron et moi ; M. Ernest Picard y mit aussi sa signature.
- Pendant la durée de ces pourparlers, je fis avec M. Dagron et en présence de M. Jules Ferry, un certain nombre de dépêches microscopiques destinées à être envoyées au maréchal Bazaine dont le Gouvernement ignorait encore la triste capitulation.
- D’après notre traité, M. Dagron et moi devions nous rendre en ballon en dehors des lignes ennemies, puis à Clermont-Ferrand, où, d’accord avec le directeur des postes du Puy-de-Dôme, nous devions organiser notre service de dépêches.
- M. Dagron prenait à sa charge la partie industrielle de l’affaire, et je devais, tout en le secondant, organiser sur d’autres bases le service des pigeons-voyageurs qui ne marchait guère bien et établir, de concert avec le préfet de l’Yonne, un système de communication avec Paris au moyen de boules flottantes immergées dans le courant de la Seine.
- Je relevais de M. Rampont seul, avec qui je devais communiquer au moyen d’un chiffre convenu.
- Le 11 novembre 1870,-un décret paraissait au Journal Officiel, établissant les tarifs et conditions du nouveau mode de correspondance, et notre départ était fixé au 12.
- Ce jour-là, à neuf heures un quart du matin, par un temps splendide, deux ballons
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- de 2,100 mètres cubes chacun s’élevèrent de la gare d’Orléans. C’étaient le Niepce et le Daguerre, construits par M. Godard ; d’autres noms leur avaient été donnés, mais, sur ma demande, et le matin même, ceux-là furent substitués.
- Le Niepce emportait MM. Dagron, Poizot son gendre, Gnocchi, aide-photographe, Pagano, marin aéronaute, et moi,plus environ 500 kilog. d’appareils photographiques et 350 kilog. de lest.
- Le Daguerre était monté par MM. Pierron, ingénieur des ponts et chaussées, Nobécourt propriétaire de pigeons, et Jubert, marin-aéronaute ; il emportait de plus des pigeons, des dépêches et le complément des appareils de M. Dagron.
- Le vent soufflait exactement de l’ouest à l’est. Cette direction n’offraitrien d’engageant, mais nous comptions sur la Providence qui, pour notre ballon du moins, ne nous fit pas défaut. La sympathie publique ne nous manqua pas non plus ; car, malgré une consigne sévère, plus de 2,000 personnes assistaient au départ de cette expédition dont la réussite devait calmer tant d’inquiétudes à Paris.
- Le Niepce partit quelques minutes après le Daguerre et se tint pendant bien longtemps à une hauteur notablement moindre ; cela tenait à son fort chargement.
- Le moment du départ fut à peine remarqué par nous, car notre embarquement, suivi immédiatement de notre départ, se fit dans le plus parfait désordre. Au fond de la nacelle était le lest qui doit toujours être à la portée des aéronautes ; sur ce lest des caisses d’appareils, et, par-dessus le tout, les cinq voyageurs qui, dans une nacelle de 1 mètre 20, sur 1 mètre 60, déjà emcombrée, ne savaient comment se tenir. Notre premier soin fut donc de tâcher de nous organiser, et surtout d’arriver à avoir le lest sous la main.
- Malgré cet état de gêne, je pus jeter un coup d’œil sur la gare d’Orléans, notre point de départ, qui s’éloignait rapidement, et sur l’ensemble de Paris, qui se développait subitement sous mes yeux comme un gigantesque plan en relief.
- Je m’inquiétais cependant de notre altitude, qui était loin d’être suffisante pour franchir avec sécurité les lignes prussiennes, et nous
- travaillions activement à débrouiller notre chaos.
- Le vent avait peu de vitesse ; nous passâmes très lentement au-dessus des fortifications, dont les lignes animées se présentaient dans tout leur développement, puis vinrent les forts de Vincennes et de Nogent ; je remarquai en passant avec surprise le triste état du bois de Vincennes en partie rasé. Enfin, tout en jetant péniblement du lest, nous traversâmes la Marne, puis une série de redoutes et de retranchements prussiens. Mais là, au lieu des applaudissements et des cris d’encouragement que nous avions entendus jusqu’alors, ce fut une vive fusillade qui nous accueillit ; pendant une heure, ce ne furent que feux isolés et feux de pelotons accompagnés de cris étourdissants.Le Daguerre était toujours en avant de'nous et plus élevé, nous n’étions qu’à 900 mètres, et à cette hauteur, nombre de balles sifflaient d’une manière peu réjouissante à nos oreilles. Nous ne voyions guère les tireurs, mais nous distinguions très bien la fumée des coups de feu.
- Trois quarts d’heure environ après notre départ, et pendant la fusillade, nous constatâmes avec surprise que le Daguerre descendait ; nous ne comprenions pas cette manœuvre intempestive, mais la descente continuant, nous fûmes obligés d’admettre qu’il avait été atteint par quelque projectile. En effet, nous vîmes bientôt nos malheureux compagnons passer immédiatement au-dessous de nous et atterrir rapidement dans une ferme vers laquelle, au même moment, arrivaient bride abattue des cavaliers ennemis. Nous apprîmes plus tard que c’était près de Ferrières.
- Ce triste spectacle nous impressionna vivement; nous voulûmes monter plus haut, car les balles sifflaient toujours. Malheureusement, par un motif d’économie vraiment indigne, les sacs de lest qui nous restaient étaient en toile mince vernie ; quand on les saisissait, ils se crevaient, et le sable se répandait sans profit au milieu des caisses qui encombraient la nacelle. Il nous fallut passer tout le temps de notre traversée à essayer de repêcher ce sable au moyen de notre unique assiette, afin d’en remplir les sacs qui avaient résisté. Dans la bagarre, notre déjeuner se trouva mêlé avec le sable,
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- il fallut en faire notre deuil. Ce ne fut qu’au ] prix des efforts les plus énergiques que nous | pûmes, quelque temps après la prise du Daguerre, arriver à nous maintenir à une hauteur variant entre 1.400 et 1.500 mètres, ce qui était suffisant.
- Le temps, très clair au départ, s’était peu à peu couvert à partir de onze heures et demie ; nous nous trouvions tantôt au soleil, tantôt dans les nuages; au soleil, la température était très élevée, presque suffocante ; puis nous entrions subitement dans des nuages formés de particules glacées dont le froid intense nous saisissait d’une manière pénible.
- La carte et la boussole à la main, je tâchais de me rendre compte de la roule suivie, mais la neige, qui depuis Paris couvrait toujours le sol, et la présence des nuages me gênaient singulièrement en rendant les objets terrestres peu distincts. Je constatai cependant que pendant une partie de notre voyage le vent nous poussait vers le S.-B. 1 mais ce courant avait été bien faible, puisque notre descente se fit dans une direction ne différant pas sensiblement de l’Est.
- A une heure, il ne nous restait que deux sacs de lest, la descente fut décidée ; je fus d’avis de l’effectuer très rapidement, pour que les Prussiens, si le pays était occupé, n’aient pas le temps de nous observer et d’accourir. On ouvrit la soupape toute grande et je vis la terre se rapprocher avec une rapidité effrayante ; le baromètre indiquant une vitesse de dix mètres par seconde.
- Nos deux sacs de lest, nos deux guide-rope et l’ancre lâchés à propos, firent cependant, qu’en nous cramponnant tous aux cordes du cercle, le choc n’eut rien de fâcheux; mais un vent assez violent, dont nous ne soupçonnions pas l’existence, coucha le ballon sur le flanc, et comme le pays était absolument plat et sans obstacles, l’ancre ne mordait pas, et nous fûmes traînés à grande vitesse sur un parcours d’environ deux kilomètres. Nous nous tenions cramponnés à nos cordages, les uns sur les autres, dans une position presque horizontale, tantôt en dessus, tantôt en dessous ; des caisses nous roulaient sur le corps pendant que d’autres se brisaient avec des craquements sinistres. Pendant cette course échevelée, il arriva
- un moment où deux gros cordages, en se croisant, me serrèrent le cou ; dans un mouvement désespéré, j’allais me trouver étranglé. Même chose arriva à un de mes compagnons qui ne put se dégager, mais fut sauvé par un mouvement de rotation que subit la nacelle.
- Nous ne nous arrêtâmes que quand le ballon fut réduit à l’état de lambeaux par suite de son frottement sur le sol.
- Nous pûmes alors sortir de la nacelle, chose peu facile, car les cordages, par un effet de torsion, nous y avaient comme emprisonnés ; il fallut nous ouvrir un passage le couteau à la main, et nous pûmes constater avec satisfaction que pas un de nous n’avait de blessures, à peine quelques contusions ; seul M. Dagron resta quelques moments inanimé, mais c’était un étourdissement qui se dissipa dès que nous l’eûmes relevé.
- Cependant, dans le lointain, arrivaient en grand nombre des paysans avec des voitures. Ma première question fut relative bien entendu au pays ; nous étions à Coole, arrondissement de Vitry-le-Français (Marne); les Prussiens occupaient le pays, il en était même passé huit cents une demi-heure avant sur la route de Strasbourg, au bord de laquelle nous nous trouvions. Je crus prudent, ainsi que mes compagnons, de mettre habit bas, et de revêtir des blouses et des pantalons de toile bleue que nous prêtèrent les habitants.
- Nous nous occupâmes alors de charger rapidement bagages et ballon sur les voitures.
- Quand je vis cette opération bien en train, je partis au village avec M. l’abbé Joannès, curé de Coole, accouru des premiers, afin de mettre en sûreté les papiers dont j’étais porteur et prendre les mesures nécessaires pour notre prompt départ ; M. Dagron devait m’y rejoindre avec ses voitures.
- A peine arrivé chez M. Joannès, on vint me prévenir que les Prussiens venaient d’arriver à la fois dans le village et au ballon ; si M. le Curé de Coole n’avait pas eu la précaution de me faire passer derrière les maisons, je les rencontrais et j’étais probablement pris. Il me conseilla d’aller me cacher dans un bouquet de pins qu’il me montra à environ quatre kilomètres ; je m’y rendis en toute hâte, franchissant haies et
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- fossés, et c’est là que je passai le reste de la journée dans la neige, avec un vent glacial, une mauvaise blouse sur le dos et n’ayant rien mangé de la journée. Vu son exiguité, ce bois n’était pas très sûr pour moi ; à moins de se coucher dans la neige (ce que je fis dans les premiers instants) on était à peu près aussi en vue qu’en plein champ ; de plus, tout le village m’avait vu partir de ce côté, et si une seule personne m’avait dénoncé, je n’aurais pu m’échapper. Je restai donc là aux aguets, et je fis d’assez tristes réflexions, d’autant plus que j’entendis quelques coups de feu, et que je ne pus m’empêcher de supposer qu’ils étaient adressés à mes compagnons que je croyais prisonniers.
- J’attendais la nuit avec impatience, car affaibli par le froid et la faim, je m’étais décidé à tenter de rentrer à Coole ; j’avais bien à craindre la présence des Prussiens qui, nécessairement, devaient être sur leurs gardes, mais ayant laissé ma carie avec mes vêtements, je ne savais vraiment où aller; d’ailleurs, je n’aurais pas eu la force d’aller bien loin.
- Après avoir rôdé inutilement autour du village, sans pouvoir retrouver le presbytère où j’espérais rentrer sans être aperçu, j’allai frapper à la première porte venue. Le maître de la maison me reçut fort bien ; il m’apprit que les Prussiens étaient partis après avoir fouillé le village, et qu’ils devaient revenir le lendemain matin. Il me conduisit, sur ma demande, chez le maire qùi me fit un accueil fort déplaisant, et ne voulut me donner aucun renseignement. De là, je me rendis chez M. le Curé qui, pendant ce temps, me faisait chercher dans le bois; je soupai avec lui et j’appris alors de sa bouche les détails suivants sur la journée.
- Nous passions au-dessus de Sézanne quand nous commençâmes notre descente ; les Prussiens, mis en éveil par le télégraphe, avaient aussitôt réquisitionné des voitures pour nous poursuivre ; heureusement, le mauvais état des chemins les retarda au point qu’ils durent, pour aller plus vite, faire une partie de la route à pied dans des terres labourées , où Jls enfonçaient jusqu’à mi-jambe. Sans cette circonstance, et sans la
- course si rapide du ballon sur le sol, nous étions certainement perdus.
- M. Dagron et ses compagnons, surpris par l’arrivée des Prussiens, s’étaient sauvés au plus vite avec l’une des deux voitures sur lesquelles tous les bagages étaient déjà chargés ; Vautre voiture, par le fait de la mauvaise volonté du conducteur (gendre ou fils du maire déjà cité), et le ballon encore gisant à terre furent capturés.
- M. Dagron s’était d’abord sauvé à Cernon, mais on ne savait au juste où il était à ce moment. Je rpensai d’abord à essayer de le rejoindre ; mais je réfléchis qu’il aurait déjà bien du mal, avec ses bagages et trois compagnons, à ne pas attirer l’attention ; j’aurais encore augmenté cette difficulté ; il était d’ailleurs suffisamment muni d’argent. Ne pouvant lui être utile, je jugeai plus sage de prendre seul la route qui me mènerait le plus vite possible hors de la zone occupée. Cette route était celle du midi qui me menait dans la partie méridionale du département de l’Aube qui, croyait-on. n’élait pas encore envahie.
- M. Dagron était dans une direction opposée, mais il reprit, par la suite, en partie le même itinéraire que moi, et trouva l’aide le plus obligeant de la part des personnes qui m’avaient déjà reçu, et que j’avais prévenues du passage possible de mes compagnons.
- M. l’abbé Joannès m’apprit aussi qu’il avait été chargé par le chef du détachement prussien de rechercher dans le village tous les journaux et objets venant du ballon, et de rédiger un rapport sur cette affaire. Je me permis alors une petite vengeance contre le maire ; tout en me recevant mal, il avait sur sa table un des nombreux exemplaires du Journal officiel que nous avions apportés; j’en fis part à M. le curé, qui me promit de ne pas le lui laisser.
- Dans la nuit, je partis avec un guide, à pied, dans les terres labourées ; il pleuvait, mais j’étais protégé par unjvieux caoutchouc prêté par M. le curé de Coole, et je me trouvai réconforté par la pensée que pour le moment 'du moins nous étions tous" saufs. Nous arrivâmes à une heure du matin à Sompuis où, sur l’annonce que je venais de la part du Directeur général, M. Legralîclj
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- receveur des Postes, me reçut avec le plus ] grand empressement ; un lit me fut offert et, à cinq heures du matin, je partais à pied, j avec lui, de manière à n’être vu de personne dans le village, précaution que nous jugions utile pour éviter des bavardages qui auraient pu nuire à M. Dagron.
- A quelques kilomètres de Sompuis, le jour étant venu, nous prîmes une voiture qui nous conduisit à Dampierre (Aube), où les i Prussiens n’avaient pas paru depuis deux | mois. Là, je vis le château de ce brave comte ) de Dampierre, à l’enterrement duquel j’avais assisté à Paris quelques jours auparavant.
- A Dampierre, je trouvai un excellent homme, le Docteur Mosmentqui m’offrit ses services de la manière la plus charmante, et je pris congé de M. Legrand, qui, le nuitsuivante encore, devait continuer son œuvre de dévouement.
- En effet, à peine de retour chez lui (de Dampieire à Sompuis il y a‘25 kilomètres), il trouvait M. Dagron et toute sa caravane
- qui avaient pu retrouver la bonne voie. Sans prendre un moment de repos, M. Legrand leur procura chevaux et voitures, et les conduisit cette nuit même à Dampierre.
- Cette conduite si dévouée était d’autant plus méritoire que M. Legrand était vu d’un fort mauvais œil par les Prussiens, à la barbe desquels il continuait clandestinement sun service.
- Le docteur Mosment, dans l’après-midi de la même journée, me conduisit chez un de ses confrères, le docteur Bertrand, àNogent-le-Long, et celui-ci, après le diner, m’emmena chez son oncle, M. Lignier préfet de l’Aube, qui, chassé la veille de Troyes par l’ennemi, venait d’arriver dans sa propriété de Pougy.
- Un excellent accueil m’attendait dans cette maison, et c’est grâce aux recommandations et aux conseils de M. Lignier, que je dois d’avoir achevé mon voyage sans encombre sérieux.
- (A suivre) A. Fernique.
- L’OSTRÉICULTURE ET LES HUITRES A BON MARCHÉ
- es mois de décembre et de janvier, à cause des fêtes de Noël et du Jour de l’an, sont des mois chers aux marchands de comestibles et aux gastronomes.
- Les huîtres, — ces mollusques à qui on a fait une réputation de bêtise assez inexpliquée qu’ils partagent d'ailleurs avec leurs congénères les moules — les huîtres sont particulièrement savoureuses à ce moment de l’année et comme .telles fort estimées des gourmets.
- C’est là une vérité bien connue des Parisiens qui en font une consommation sans cesse grandissante : il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un coup d’œil, aux approches de la nuit du réveillon, sur la devanture des plus petits marchands ou s’étagent des monceaux d’huîtres de toutes provenances et de toutes catégories, où les rochers grisâtres constitués par la démocratique “ portugaise ” servent de support aux délicates “Arcachon ’’ aux Ostende et aux Marennes vertes.
- De nos jours, le ménage le plus pauvre, à Paris, se paye, au moins une fois de temps en temps, quelques huîtres, et cependant l’huître est restée jusqu’à présent un aliment
- I de luxe à peu près inaccessible aux petites bourses ; étant donnés les progrès de l’ostréiculture actuelle, ce fait peut paraître illogique, et mérite sans contredit d’être examiné.
- De toute antiquité, les huîtres ont été recherchées des gourmets. Les Romains surtout qui les considéraient comme une nourriture saine et délicate, en faisaient une grande consommation. Si l’on en croit Pline le naturaliste, c’est un spéculateur du nom de Sergius Aurata, qui, un siècle environ avant notre ère, imagina le premier de les engraisser en les faisant parquer, c’est-à-dire en les enfermant dans des viviers ou parcs, quelque temps avant de les livrer à la consommation.
- A l’époque où cet écrivain vivait, les Romains avaient déjà reconnu la supériorité des huîtres de la Manche et .de la Mer du Nord sur celles de la Méditerranée : les marchands profitaient de l’hiver pour les transporter en Italie, et afin qu’elles ne pussent s’avarier pendant le trajet, ils avaient soin de les envelopper de neige.
- Jusqu’au commencement de notre siècle,
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- les bancs d’huîtres abondaient sur notre littoral comme sur celui de l’Angleterre, de l’Irlande et de la Hollande ; deux causes principales devaient contribuer à en amener la ruine : le mauvais entretien des bancs naturels et leur exploitation à outrance. Il faut venir jusqu’en 1858, pour entendre le premier cri d’alarme, et que restait-il alors des richesses huîtrières qui avaient peuplé longtemps les côtes occidentales de l’Europe ?
- Vers juin, les collecteurs sont descendus au bas de l’eau ;'ces collecteurs sont ordinairement constitués par des tuiles creuses que l’on a trempées dans un bain de chaux, et auxquèlles s’attache le naissain (frai des huîtres qui s’y développe). Au printemps suivant, on relève les collecteurs pour en détacher les jeunes huîtres; on repasse les collecteurs au bain de chaux et on les 'remet à l’eau.
- Fig. 63. — Les appareils de M. Bouchon-Brandely pour l’élevage des huîtres.
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- Quelques bancs dans la Manche, au Havre, à Trouville, à Cancale, dans la rivière d’Auray et le bassin d’Arcachon, c’est-à-dire de quoi approvisionner les marchés de l’Europe... pendant huit jours.
- L’ostréiculture fit de rapides progrès, et à la suite de quelques tentatives infructueuses, les bassins d’Auray et d’Arcachon, enfin constitués, devinrent bientôt les plus riches d’Europe, où s’approvisionnèrent de jeunes huîtres tous ceux qui voulurent s’occuper de l’élevage de ces intéressants mollusques.
- ***
- L’ostréiculture occupe dans ces régions des populations entières ; des vasières immenses d’une étendue de plus de 10.000 hectares, et jusqu’alors improductives, y sont consacrées à la culture [de l’huître.
- Auray et Arcachon seuls, d’après les récoltes de frai des dernières années, peuvent fournir du naissain et des jeunes huîtres à tous les éleveurs d’Europe qui en demandent, tout en en conservant- pour les parcs du pays plus qu’ils n’en peuvent élever. Les huîtres d’élevage arrivées à la taille de 5 à 7 centimètres sont en effet vendues. Cette vente a lieu au printemps : triées et comptées d’avance, elles sont livrées par quantités énormes au moyen des chemins de fer, des vapeurs ou des voiliers, et l’expédition, pour un seul navire, arrive parfois à dépasser deux millions d’huîtres.
- Ces huîtres sont ensuite déposées par leurs acheteurs respectifs dans des parcs où elles achèvent de grandir et d’engraisser, et c’est de là qu’elles nous arrivent dotées du nom
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- d'emprunt que leurs propriétaires ont jugé | d’entretien, de main-d’œuvre et de surveil-bon de leur donner. I lance, très élevés en raison des espaces consi-
- Fig. 64. — Vue d’une disposition des appareils àyDord d’une vieille chaloupe.
- L’ostréiculture, telle qu’elle est comprise sur nos côtes, exige un capital-espèce assez important : parcs claies, étalages, coûtent d’abord très cher de premier établissement ; a cette dépense viennent s’ajouter les frais
- dérables sur lesquels opèrent les parqueurs.
- D’autre part, les pertes occasionnées par le froid, la chaleur, l’envasement, l’ensablement, les animaux destructeurs, les maladies provenant du sol, atteignent des proportions
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- inouies ; enfin, si les emplacements propres à la culture du précieux mollusque, dans son premier âge, ne font pas défaut, ceux qui conviennent à son engraissement sont devenus infiniment plus rares.
- C’est pour remédier à ta plupart de ces inconvénients que M. Bouchon-Brandely proposa, il y a quelques années, l’emploi d’appareils spéciaux, composés d’une série de casiers ou corbeilles de fer ou treillis métallique (fig. 63) posés les uns sur les autres et maintenus par doux montants faisant charnière sur le cadre du casier inférieur et passant par les poignées des autres. A la partie supérieure, ces montants sont réunis par une traverse en fer munie de vis et écrous de serrage.
- Ces corbeilles ont de 55 à 60 centimètres dans le sms du diamètre si elles sont circulaires, et dans le sens des côtés, si elles sont carrées, comme dans notre dessin. Le nombre de ces corbeilles varie, pour chaque appareil, selon l’épaisseur d’eau à utiliser. Comme ces appareils peuvent être attachés à des radeaux ou à des corps flottants quelconques, ils permettent de profiter de toutes les tranches de l’eau et de bénéficier des courants toujours riches en éléments nutritifs. Ils peuvent être ou suspendus sur les chenaux ou mouillés à l’état fixe sur le bord des courants. Quand on dispose d’eaux profondes, il est possible, grâce à elles, de s’adonner à ce qu’on appelle la culture intensive — nous parlons ici des appareils suspendus — el, concentrant l’action sur un point restreint, de réduire considérablement les frais d’entretien et de manipulation que l’on doit supporter quand on opère sur de vastes emplacements. D’autre part, les huîtres qu’ils contiennent étant constamment entre deux eaux et protégées par la toile des casiers, ces huîtres n’ont à craindre ni les écarts thermométriques ni les ennemis rampants et nageurs ; elles sont exemptes des maladies dues au contact d’un fond malsain. Les mortalités se trouvent dès lors considérablement réduites. La pousse est là plus rapide de beaucoup que sur le sol ; l’engraissement s’effectue d’une façon très satisfaisante. Enfin, et c’est là chose très appréciable, il est permis de se livrer aux divers travaux ostréicoles par tous les temps et par toutes les marées.
- Notre dessin (fig. 64) montre la disposition des appareils installés de chaque côté d’une vieille chaloupe. On dispose de distance en distance d e fortes barres en bois qui traversent la coque de part en part et sur lesquelles on fait reposer les tringles en fer supportant les paniers.
- Les huîtres sont placées non à plat, mais presque de champ, ce qui facilite leurs mouvements.
- Les essais faits à l’époque ont, paraît-il, donné d’excellents résultats ; nous ignorons à quel point l’emploi de ces appareils, d’un prix de revient assez élevé, s’est généralisé, toujours est-il qu’actuellement, et de leur avis même à peu près unanime, les ostréiculteurs se proclament en mesure, si l’on facilitait l’écoulement de leurs produits, d’augmenter à ce point la production que cet aliment sain et agréable pourrait devenir un aliment de tous les jours et de toutes les bourses.
- L’Angleterre et l’Irlande qui possèdent pourtant des huîtres indigènes renommées, la Belgique qui n’a aucun banc naturel, la Hollande même, achètent à Auray et à Arca-chon ce qui leur manque eu huîtres d’élevage et il en est de même de Marennes, Cancale, et des stations des côtes de la Bretagne. Sait-on par exemple qu’il n’y a Ostende, ni parcs de reproduction, ni parcs d’élevage, ni parcs d’engraissement ? Ostende n’a jamais été qu’un simple lieu de dépôt où les huîtres arrivent grasses d’Angleterre et de Bretagne, et d’où elles repartent grasses, après avoir chmgé de nom et augmenté de prix, sans avoir modifié leur qualité.
- Ainsi Auray et Arcachon seules produisent des centaines de millions d’huîtres expédiées un peu partout ; la production même, dans ces deux centres, se trouve restreinte par ce fait qu’elle est supérieure à la vente et cependant l’huître reste toujours un aliment de luxe. Les éleveurs vendent de 2 francs à 4 francs le cent des huîtres payées à Paris de 2 à 4 francs la douzaine: pourquoi cet écart si considérable? A qui incombe cette majoration colossale ? A l’octroi d’abord, qui va jusqu’à percevoir, dans certaines villes, de 1 fr. à 1 fr. 50 et même 1 fr. 80 pour le cent d’huîtres, ensuite aux intermédiaires de toutes sortes. Des huîtres d’Arcachon, par exemple, nous arrivent d’Ostende, décorées d’un nom
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- d’emprunt après avoir coûté des frais de transport considérables et enrichi quantité de gens dont le seul mérite est, non de les avoir améliorées, mais de les avoir dotées d’un nouvel état civil.
- Ces entraves abolies, le commerce des huîtres pourrait acquérir l’importance qu’il
- mérite, et, grâce à des réformes sagement comprises et prudemment amenées, ce qui se se passe en Amérique se passerait en France, et l’on verrait alors cet aliment si réparateur et si délicieux se répandre à profusion dans toutes les classes de la société.
- G. Chaplot.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- appareils stéréoscopiques. — Après la chambre noire proprement dite, le premier appareil sur lequel se
- Malgré la faveur nouvelle dont paraît jouir à l’heure qu’il est la photographie stéréoscopique, bien peu d’amateurs voudront
- Fig. 65.
- porte d’abord notre attention est la chambre stéréoscopique. Cette chambre est construite à la façon d’une chambre ordinaire, mais elle est munie de deux objectifs identiques ayant un écartement calculé.
- Pour les renseignements relatifs à l’évaluation de cet écartemënt, soit par le calcul soit expérimentalement, nous renvoyons à l’ouvrage très complet de F. Drouin : « Le Stéréoscope et la Photographie stéréoscopique ».
- s’encombrer, dans leurs excursions, de deux chambres distinctes. Nous ajlons donc rechercher comment il est possible de faire de la photographie stéréoscopique avec bine chambre noire ordinaire, à laquelle on n’aura qu’à faire subir une légère transformation.
- Chambre stéréoscopique stènopè. —'Disons en passant que la chambre stéréoscopique la plus simple est une simple boîte en’carton percée de deux trous dans le couvercle,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- analogue à celle que nous avons décrite dans la i™ partie de ce guide : chambres noires.
- Pour des images 9X8 ou 8X9 le diamètre des trous doit être de 20 à 25 centièmes de millimètres et la distance de ces derniers à la plaque de 5 à 10 centimètres.
- La ligure 65 représente une photographie stéréoscopique obtenue avec une chambre de ce genre.
- 2° Chambres munies de deux objectifs. —
- 11 est toujours préférable de faire de la photographie stéréoscopique avec deux objectifs, bien que l’on puisse obtenir des épreuves avec un seul objectif, comme nous le verrons dans la suite.
- Si l’on a deux aplanétiques identiques, ayant même foyer et même ouverture, il suffira de les monter sur une planchette d’objectif en les écartant d’environ 7 cm. Une bande de carton mince, placée à l’intérieur de la chambre noire, la partagera en deux parties égales et l’on pourra opérer avec cette chambre comme avec les appareils photographiques ordinaires.
- Si, parmi les objectifs qu’on possède, se trouve un aplanétique, on n’aura qu’à le dédoubler.
- Les deux groupes de lentilles constituant un tel objectif étant identiques, il suffira de les monter convenablement sur une seule planchette pour en obtenir de bons résultats, mais, chaque objectif partiel agissant comme une lentille simple achromatique, l’aplanétisme du champ ne sera pas assuré.
- On peut encore utiliser une jumelle de théâtre. On dévisse les deux lentilles frontales convergentes et on les monte sur une planchette. Ces objectifs doivent être très diaphragmés.
- On découpe les diaphragmes dans de minces feuilles métalliques, on leur donne
- 12 m/m ,je diamètre et on les perce en leur centre d’une ouverture de 2mm. On les monte sur une seule bande de carton. Pour fixer cette bande à une distance convenable des lentilles, on peut adopter le dispositif suivant :
- ACADÉMIE E
- Séances du 26 Décembre 1<
- Un nouveau métal : le radium. — M. Becquerel communique une note de M. et Mm« Curie
- On colle sur la planchette mobile deux couvercles de boîte identiques, percés en lem centre d’une ouverture circulaire. Le centre de l’ouverture de chaque couvercle est placé sur le prolongement de l’axe d’un des objectifs, on colle sur ces couvercles une
- Fig. 66.
- coulisse de carton disposée de telle sorte qu’elle puisse recevoir à frottement doux le carton porte-diaphragmes, comme il est indiqué (fig. 66).
- Voici, pour un appareil 13X18, les dimensions qu’on peut donner aux couvercles: hauteur 45 mm, longueur 65 mm.
- L’achromatisme qu’on obtient avec des objectifs ainsi construits n’est pas parfait, toutefois, comme on fait usage de lentilles à court foyer finement diaphragmées, il n’est pas nécessaire de faire des corrections.
- Avec une chambre 13 X 18, on obtient des épreuves 9 x 13. Le format est supérieur à celui des épreuves du commerce ; ce n’est pas un inconvénient. Nous donnerons plus tard la manière de construire un stéréoscope permettant d’examiner les photographies de cette dimension,
- Rien ne s’oppose du reste à ce qu’on coupe sur chaque épreuve 9 X 13 la partie centrale de manière à obtenir des images 8X9 susceptibles d’être examinées au stéréoscope commun. L’obturateur pourra être constitué par un volet de bois ou de carton revêtu à l’intérieur d’un morcéau de drap ou de velours noir. Une épingle légèrement enfoncée permettra de maintenir le volet en place, de manière à assurer une fermeture très hermétique. Si l’on désire une fermeture plus parfaite, on n’aura qu'à adopter un obturateur système Guerry, du modèle que nous avons donné précédemment.
- (A suivre) A.Berthier.
- S SCIENCES
- 8 et du 9 Janvier 1899.
- et de M. Bermont sur un nouvel élément fortement radio-actif contenu dans la pechblende. Déjà, M.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- et Mme Curie avaient découvert une substance fournissant des radiations susceptibles de traverser les corps opaques dans l’uranium. Ils l’ont baptisée du nom de -polonium. Cette substance se rapprochait chimiquement du bismuth. Ils ont à nouveau découvert une autre substance dans le minerai de zinc encore beaucoup plus active. Celle-là semble se rapprocher du baryum ; elle est caractérisée au spectroscope par une belle raie bleue. Les chlorures que renferme cette matière possèdent des propriétés radio-actives neuf cents fois plus grandes que celles de l’uranium.
- ***
- Propriétés du sérum des animaux immunisés contre la variole. — Sternberg avait annoncé, en 1892, qu’une goutte de vàccin mélangée à quatre gouttes de sérum d’un veau vacciné depuis deux semaines, a perdu, au bout d’une heure de contact, la propriété de provoquer une éruption vaccinale. MM. Béclère, Chombon. Ménard et Jousset ont entrepris des recherches expérimentales dans cette voie et successivement étudié le sérum de génisse vaccinée, de cheval vacciné, d’homme vacciné, puis le sérum des convalescents de variole, enfin le sérum des animaux inoculés avec le virus variolique.
- Leurs recherches, poursuivies trois ans, leur ont démontré que le sérum d’un animal vacciné ou variolé exerce, en effet, une action antivirulente.
- La production de la substance antivirulente, au cours de l’infection vaccinale ou variolique, et son apparition dans le plasma sanguin constituent une réaction de défense de l’organisme intimement liée à l’arrêt du processus morbide et au développement de l’immunité. On ne saurait encore affirmer si cette substance agit directement sur des agents infectieux comme virulicide, ou si elle agit comme un stimulant sur les cellules de l’organisme.
- ***
- Un serpent oophage de l’Afrique centrale : le «Dasypeltis Scabra ». — M. Milne-Edwards, au nom de M. L. Vaillant, présente un spécimen de cette curieuse espèce de serpent envoyé par le R. P. Guillemé, des Pères Blancs du Haut-Congo; cet individu a été capturé au moment où il avalait un œuf de cane, chose d’autant plus surprenante que le serpent, long d’environ 70 centimètres, n’a pas le cou de la grosseur même du petit doigt, le diamètre transversal de l’oeuf atteignant, lui, 45 millimèties. C’est à Mpala, sur le lac Tanganyika, que la capture en a été faite, l’animal ayant été de suite plongé dans l’alcool.
- L’œsophage est muni en un point de dents destinées à briser la coquille des œufs dont ces serpents doivent faire leur nourriture exclusive; le seul point à éclaircir est le procédé qu’ils em-
- ploient pour faire pénétrer jusqu’à leur œsophage un œuf aussi volumineux.
- ***
- La préservation de la vermoulure du bois de chêne. — Le bois de chêne dépourvu d’amidon n’est plus attaqué par les vrillettes, ces insectes qui produisent la vermoulure. D’autre part, il est possible de faire disparaître l’amidon d’un tronc de chêne. M. Emile Mer, qui a établi ces faits, indique comment on doit s’y prendre pour préserver le bois de chêne de la vermoulure.
- Il y a quelques années déjà, il avait conseillé le procédé suivant, qui consistait soit à écorcer totalement le tronc au printemps, soit plus simplement à pratiquer, au-dessous des premières branches, une décortication annulaire. L’amidon disparaît au bout de cinq à six mois dans le premier cas, au bout de dix-huit mois dans le second et le bois est devenu réfractaire à la vermoulure.
- Depuis cette époque, M. Mer s’est attaché à perfectionner son procédé. L’écorcement total doit être abandonné à cause des difficultés opératoires qu’il présente, des gerçures qui se forment dans le tronc et de certaines irrégularités dans la résorption de l’amidon. L’annélation seule est à conseiller ; mais, pour abréger la période de dix-huit mois comprise entre l’époque de l’écorce-ment et celle de l’abatage, il est nécessaire de pratiquer une seconde annélation au pied de l’arbre, laquelle s’effectue sans aucune difficulté.
- Quant à l’annélation supérieure, il convient de la faire non plus au-dessous, mais immédiatement au-dessus des premières branches, ce qui permet à l’ouvrier de prendre sur elles un point d’appui. Il ne reste plus qu’à sectionner ces branches pour intercepter toute communication des feuilles avec le tronc. Celui-ci est dépouillé de son amidon en trois ou quatre mois. De l’emploi de ce procédé il résulte un double avantage. Le tronc est préservé de la vermoulure et les branches s’enrichissent en tanin qui sert à former ces extraits, dont l’extension est de plus en plus grande dans la fabrication des cuirs.
- On peutmême se borner à l’annélation inférieure, mais, dans ce cas, il faut attendre que la cime soit morte pour abattre l’arbre, ce qui demande dix huit mois à deux ans.On doit alors l’exploiter sans retard, sans quoi il serait promptement envahi par des champignons. Ce second mode opératoire ne convient donc qu’aux petites exploitations où les arbres peuvent être surveillés et coupés au moment convenable. ***
- Sucre dérivé de l’albumine. — M. Bouchard annonce que M. Blumenthal (de Berlin) a obtenu avec l’albumine de l’œuf un sucre levogyre qui est un glucose. 11 en a déterminé nettement les réactions et a pu le faire cristalliser dans un état
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- de pureté parfaite. Ce fait est très important, car jusqu'à présent on n’avait pu faire du sucre avec de l’albumine.
- *** '
- Election. — L’Académie a procédé, par la voie du scrutin, à la formation d’une liste de deux can-
- A TRAVERS
- La production des vins français en 1898.
- — La récolte des vins en France, pour 1898, est évaluée à 35.28V.01 0 hl. soit 68.000 hl. de moins que dans la récolte de 1897 et 995.000 hl. de moins que la moyenne des dix années antérieures. Si l’on ajoute 4.500.000 hl. pour l’Algérie, et environ 300.000 hl. pour la Corse, on arrive à une production totale de 37.100.000 hl. On constate une marche ascendante dans la production pour 45 départements, notamment la Gironde, le Gers, la Côte-d’Or, la Charente-d'nférieure, l'Aube, le Puy de-Dômé, Saône-et-Loire, l’Yonne et la Vienne, et on l’attribue partie à la reconstitution du vignoble et partie à des influences atmosphériques favorables. Sur le reste du territoire, les gelées du printemps et la sécheresse prolongée de l’été ont eu des effets préjudiciables au point de vue de la quantité récoltée; mais d’une manière générale, la qualité a beaucoup gagné du fait des chaleurs tardives. La richesse alcoolique moyenne des vins ordinaires est supérieure de 2 degrés à celle de 1897. Suivant les estimations faites dans chaque département, en tablant sur les divers prix de vente chez les récoltants, la valeur de la récolte de 1898 s’élèverait à près d’un milliard.
- ***
- Les ruines de Suze. — M. Léon Heuzey a résume à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, un intéressant rapport de M. J. de Morgan sur les fouilles qu’il a opérées en 1897-1898 à la place où s’élevait Souse, l’antique et légendaire Sousa. Une série de galeries souterraines ont d’abord établi la nature archéologique de l’ancien tumulus de la citadelle de Suze, « le Mnemoniutn » de la légende. Puis, sur le plateau supérieur, deux grands édifices, l’un en briques cuites, l’autre en briques crues, ont été en partie déblayés; un grand nombre de ces briques
- didats qui devront êt représentés àM. le ministre pour la chaire de chimie industrielle, actuellement vacante au Conservatoire des arts et métiers.
- Le candidat élu comme devant être présenté en première ligne est M. Joannis, en seconde ligne M. Fleurent.
- LA SCIENCE
- étaient marquées au nom de rois susiens. Plusieurs objets d’un grand intérêt archéologique ont été retrouvés hors du second édifice où ils semblent avoir été emportés lors de la ruine de Suze par les Assyriens. Ce sont : 1° un obélisque portant quinze cents lignes d’écriture; 2° une table de bronze malheureusement brisée, qui portait des figures d’un modelé remarquable; enfin, une grande et très belle stèle d’un art saisissant et repiésentant une scène de bataille dans les montagnes. Le style de ces monuments dérive, non de l’art assyrien dont il évite la dureté mais de la grande source originale de l’art chrétien, dont il offre une forme avancée, visant à l’élégance et à l’élancement des proportions.
- Le bois de Kari comme pavage. — On
- essaye depuis quelques mois à Paris, le pavage au bois de Kari. On sait que les bois habituellement employés pour ces travaux étaient jusqu’ici le pitch-pin et le sapin du Nord. Le Kari est un bois lourd et dur, d’un grain serré, d’aspect gras et qui a la plus grande analogie avec le teak. Sa couleur est celle de l’acajou qui est, en général, beaucoup plus poreux. Le Kari vient des régions tropicales; on en rencontre dans les forêts de l’Australie en grandes quantités. On l’amène en Europe à fond de cale, comme lest ; il revient à cent vingt-quatre francs le slère, scié, débité et prêt à être mis en place. On en fait des essais boulevard Sébastopol ; et, en ce moment, on en met rue de Rome à l’angle de la rue du Rocher.
- De même que le teak employé dans les constructions de coques de navires et dans les constructions de voies de chemins de fer, il résiste parfaitement à l’humidité et à l’usure.
- (Vie Scientifique).
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- LA SCIENCE
- Recette pour fabriquer le nougat de Montélimar. — Le Bulletin de la Société des Apiculteurs algériens donne à ce propos la recette suivante. Les chiffres contenus dans l’énoncé de cette recette peuvent être évidemment diminués, et ce, en raisun proportionnelle de la quantité moindre de nougat qu’on veut obtenir.
- On prend 6 kilos de beau miel, le plus blanc possible, que l’on met dans une bassine à fond plat et même dans une autre, puis on chauffe bien le fourneau, que l’on couvre de cendres, avant de mettre le miel sur le feu, afin que la chaleur soit plus douce, car le miel ne doit pas bouillir; on remue toujours le miel avec une forte spatule de bois ; moins le feu sera fort, plus le nougat sera blanc. Lorsque le miel est cuit au boulet, ce qui se reconnaît en trempant le doigt dans l’eau fraîche, ensuite dans le miel et le reportant subitement dans l’eau fraîche, s’il reste une petite boule au doigt, on jette dans le miel ainsi préparé 30 blancs d’œufs battus en neige très ferme ; on tourne le plus vite possible et partout; dans le cas contraire, les œufs pourraient trop cuire. Pour obvier à cet inconvénient, on se sert d’une grande cuiller pour mettre les œufs au fur et à mesure, en tournant très vite la spatule, dans toute la bassine, afin que les blancs ne prennent pas au fond. Le feu doit être très doux, lorsque les œufs sont mélangés. Pour savoir si le nougat est cuit, on prend un couteau dont on trempe la pointe dans la pâte à une profondeur d’environ 30 centi-
- LES PETITS ACCIDENTS
- PRATIQUE
- mètres ; on met refroidir dans un lieu frais la pâte enlevée par le couteau sans la toucher avec les mains. Lorsque cette pâte est froide, on frappe la lame du couteau sur quelque chose, sans que la pâte touche à rien ; si cette pâte saute au loin, le nougat est cuit. Dans tous les cas, il vaut mieux laisser bien cuire, car on évite ainsi la coulure. Avant de façonner la pâte, on a préparé 12 kilos d’amandes épluchées et séchées, et on les met au four pour qu’elles chauffent doucement. On prend aussi 2 kilos de sucre en poudre sur lequel on verse 10 gouttes d’essence de citron ou de néroli, et on fait chauffer le tout au four. Lorsque le tout sera chaud et que la pâte sautera de la pointe du couteau, on mélangera d’abord le sucre, on ajoutera les amandes, le plus vite possible, afin que le nougat ne jaunisse pas sur le feu. On placera ensuite des feuilles d’orties, en étalant d’abord la pâte sur une première couche d’orties ; on recouvre avec d’autres orties, et on place une planche par-dessus; on appuie alors sur celle-ci, afin que l’ortie supérieure se colle bien partout.
- ***
- Poudre insecticide. — D’après le Drugm gist’s Circular, voici une recette bien supérieure à la classique poudre de pyrèthre, e sans aucun danger pour les êtres humains. Mélanger 280 grammes de borax avec 75 grammes d’amidon et 30 de cacao; on répand la nuit sur les points que fréquentent les insectes.
- DU TRAVAIL MANUEL
- idèle à son programme initial, la Science en Famille s’est surtout consacrée à la description de petits travaux d’amateurs, dont l’exécution peut emprunter parfois une partie de l’outillage du menuisier ou du serrurier, et qui ne va pas, justement à cause du défaut d’expérience de l’amateur, sans quelques petits accidents dus au maniement dgcet outillage. Oe sont ces accidents que nous nous proposons de passer en revue, en empruntant, pour mènera bien ce petit travail et relater le traitement ou les soins que comporte chacun de ces accidents, la
- plume autorisée de notre éminent confrère M. le Dr Foveau de Courmelles. Nous examinerons ainsi successivement les blessures produites par les différents outiis dont peut se servir l’amateur, et nous débuterons par la scie.
- I. La Sgie.
- Les blessures par la scie sont produites généralement par le saut brusque de l’instrument arrêté sur un objet dur — nœud du bois, partie métallique, etc. La scie tombe — ce sera
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- gorifique. Puis, l’hémorrhagie, même incomplètement arrêtée, rapprocher les bords de la plaie pour permettre la réunion immédiate, si cela est possible. La réunion immédiate ou par première intention est la cicatrisation sans complication. Pour effectuer ce rapprochement, il faut appuyer doucement, même très loin de la plaie, avec les deux pouces, et s’en approcher doucement par une
- l’hypothèse de la fig. 67-1 — sur la main ; elle agit à la façon d’un instrument tranchant et contondant tout à la fois. Les parties organiques sont hachées irrégulièrement, en escalier, tail ladées. La fig. 67-4 qui est une coupe de la peau donne une idée des désordres que peut produire la scie en coupant en zigzag le derme et l’épiderme, les terminaisons sensitives nerveuses qui permettent le sens du toucher, les vaisseaux
- . * J Sàe*»
- Fig. 67. — Blessure par la scie : 1. La blessure. — 2. Fermeture de la plaie avec les deux pouces. — 3, Aspect de la main après le pansement. — 4. Coupe de la peau.
- dont la salvalelle, l’artère du pouce, peut être atteinte si l’entaille est profonde. Généralement le métacarpien, l’os du pouce, qui précède les phalanges, arrête la scie et empêche de trop profonds dégâts.
- Les soins sont le lavage antiseptique dé la plaie à l’eau froide phéniquée ou boriquée.
- Ce lavage, qui empêchera souvent tout abcès ou phlegmon ultérieur, aura encore pour but de faire coaguler le sang et arrêter l’hémorrhagie. Eviter l’eau chaude qui la favorise en ouvrant les vaisseaux que le froid contracte, d’où l’effet anti-hémorrhagique de l’agent fri-
- pression douce, lente et continue (fig. 67-2). Si l’hémorrhagie continue encore, faire un premier pansement avec un peu d’amadou imbibé de perchlorure de fer appliqué sur la plaie, puis appuyer avec plusieurs tours de bande enroulés autour du pouce et du poignet. Attendre ainsi l’arrivée du médecin qui verra s’il n’y a pas de compression, car on sait que celle-ci, en gênant la circulation, produit la gangrène.
- Dr Foveau de Gourmelles.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — lmp. Bayen, rne Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- CYCLISME ET AUTOMOBILISME
- LE SALON DU CYCLE ET DE L’AUTOMOBILE
- e 15 décembre dernier s’ouvrait, à la Galerie des Machines, à Paris, l’exposition annuelle, connue sous le ! nom de Salon du Cycle et de l’A uto-mobile. Ce Salon, organisé par la Chambre Syndicale, a, dans le vaste emplacement qui lui est affecté, un aspect tout à fait grandiose ; malheureusement les petits fabricants, les modestes inventeurs semblent en avoir été à peu près complètement exclus : cet élément du pittoresque des Salons précédents fait ici défaut; en revanche, les amateurs de dispositions coquettes, élégantes, peuvent être satisfaits du luxe dépensé par certaines grandes maisons, dans l’aménagement de leur stand, qui vise uniquement un but commercial de réclame.
- En ce Salon, le Cycle semble un peu délaissé : il se trouve n’avoir — il faut bien l’avouer — gu’une importance de second ordre ; les grands efforts des constructeurs semblent se porter vers cette nouvelle attraction, Y Automobile, et c’est à la nouvelle venue, qui ne compte encore qu’un petit nombre d’années, gue se trouve réservée la plus belle part de l’exposition.
- L’Automobile, par son prix élevé, par son
- entretien coûteux,-est un instrument de luxe, une machine aristocratique par excellence, et de nombreuses années passeront encore avant que la traction mécanique soit devenue un moyen populaire de locomotion individuelle. Cependant, l’apparition de l’automobile, en dehors des progrès qu’elle permettra à la mécanique de précision de réaliser, a eu pour premier effet de faire baisser le prix des bicyclettes, qui réellement se trouvent maintenant, on peut le dire, à la portée de toutes les bourses. La phrase, devenue célèbre, d’un député, protestant contre l’impôt des vélocipèdes : « la bicyclette est le cheval du pauvre » est en train de se transformer en réalité. Tout en de venant dé-mocratrique, la bicyclette, au point de vue du tourisme, au point de ] vue de l’hygiène ? a et gardera longtemps des avantages de premier ordre sur l’automobile ; d’autre part, elle semble arrivée presque au dernier degré de la perfection ; les progrès dont elle est actuellement susceptible paraissent désormais limités. Aussi, en raison du grand nombre d’adeptes qu’elle comporte, à cause de l’importance indéniable qu’elle a actuellement dans notre société, nous commen-
- Fig. 68. — Le régulateur Gardot.
- Le cadre St-Hubert.
- Fig. 69.
- 2* Série — N° 54. — 16 Février 1899.
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- cerons par noter ce que nous avons pu remarquer au Palais des Machines de plus intéressant pour ceux qui veulent se tenir au courant des perfectionnements ou des améliorations apportés chaque année à la construction des bicyclettes.
- I. Les Cycles.
- Pour éviter toute apparence de réclame intéressée, complètement étrangère à la rédaction de cet article, nous laisserons de côté les machines de marque, livrées par toutes les maisons, grandes ou petites, attachées au commerce des vélocipèdes. Disons, pour contenter tout le monde, qu’elles sont plus parfaites les unes que les autres. Il est dès lors bien entendu que ce compte rendu ne portera que sur la partie réellement neuve du Salon : nous passerons en revue, simplement par curiosité, les modifications nouvelles, les additions originales de tout genre, qui ont le plus appelé notre attention.
- Arrêtons-nous par exemple au Cadre Saint-Hubert (fig. 69), qui, par son élasticité, paraît réaliser une amélioration notable pour la position confortable du cycliste en selle ; car il amortit dans une certaine mesure les trépidations auxquelles le touriste se trouve exposé sur une mauvaise route. Les axes des roues ne sont plus ici reliés au bâti du cadre par des pièces rigides, mais par des parties mobiles, sortes de leviers articulés, soumis à l’action des ressorts, disposés spécialement à cet effet. Ces ressorts ont pour effet de tenir les axes des roues dans la position normale qu’ils doivent occuper, qu’ils occupent dans la bicyclette ordinaire, par rapport au cadre ; mais ils entrent en action dès que la roue correspondante rencontre un obstacle, reçoit un choc ; ce choc est alors éteint, en quelque sorte, ou au moins atténué par l’élasticité du ressort : le cadre, au lieu de participer à ce choc, de se soulever, par exemple, reste en place et la secousse ne se trouve plus transmise au cycliste. Notre dessin montre les détails du dispositif : les ressorts disposés suivant F H amortissent les chocs de la roue directrice ; le ressort R annihile ceux de la roue motrice. Ce système permet de donner aux machines à caoutchouc creux une partie des avantages que possède le pneumatique, tout en dispensant le bicycliste de tous les ennuis de la « crevaison » de son bandage.
- La bicyclette articulée de Puybourdin répond au même désideratum : la suppression des secousses. Ici, la tige de selle est elle-même garnie de ressorts ; aux deux tubes montants de l’arrière du cadre, l'on ajoute deux autres tubes, glissant à frottement doux et munis de ressorts ; enfin la fourche arrière est articulée et pivote près du pédalier ; les tubes montants supplémentaires pivotent également à leur point de jonction au raccord de la selle, ainsi qu’aux pattes de la fourche-arrière. Ce système a pour effet de laisser la roue motrice se déplacer seule sous l’action des cahots, sans faire épouser infailliblement au cycliste sur sa selle, tous les chocs qu’elle subit dans son existence mouvementée. La machine Puybourdin paraît d’une construction assez compliquée ; elle comprend un plus grand nombre d’organes que la précédente ; mais elle possède cette particularité que tous les ressorts employés sont dissimulés à l’intérieur des tubes du cadre; par suite, toutes ces modifications ne changent rien à l’aspect habituel, en quelque sorte classique, de la bicyclette.
- La Bicyclette articulée Duforest, dans laquelle les tubes sont composés de parties reliées à l’aide d’écrous, paraît présenter des qualités précieuses pour un emballage facile : la caisse qui peut abriter ce genre de machine, pour le transport, paraît avoir des dimensions relativement faibles.
- Certains constructeurs semblent s’être préoccupés d’obvier au reproche, que l’on a fait à la bicyclette, de n’avoir qu’un seul développement ; une machine, d’un développement déterminé, convenable pour un cycliste en pays plat, devient très fatigante en pays de montagnes ou inversement. Il nous faut constater que les solutions présentées pour parer à ce petit inconvénient des machines actuelles, paraissent très bonnes, au moins en principe. Voici par exemple la Normale, qui possède deux développements : ceux du modèle exposé sont de 6 m 25 et de 3 m 45; mais ils peuvent évidemment être quelconques et choisis au gré du cycliste. L’avantage principal du système est de permettre au veloceman de monter les côtes j sans fatigue, en multipliant les coups de , pédale et diminuant le développement :
- 1 l’ascension sera plus lente ; mais l’homme i fatiguera moins ses organes, qui, comme l’on
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- sait, ne comportent malheureusement pas de de pièces de rechange. La chaîne, qui, dans la bicyclette ordinaire, relie deux pignons, en relie ici trois ; le pignon intermédiaire n’a aucune influence sur la multiplication; son rôle consiste uniquement à cueillir le mouvement au passage et à le communiquer à un moyeu roulant à billes sur un axe intermédiaire, emportant avec lui un autre pignon, qui a un nombre de dents deux fois plus petit, par exemple. Ce pignon transmet, au moyen d’une petite chaîne, le mouvement démultiplié à un autre organe similaire, placé sur la roue d’arrière à côté du pignon ordinaire, de sorte qu’en définitive l’on a deux systèmes de multiplication parallèles : le pignon ordinaire de la roue d’arrière est commandé par le pédalier ; l’autre voisin est relié au démultiplicateur, qui obéit au pignon intermédiaire. Les deux systèmes, ainsi établis, fonctionnent simultanément, l’un des deux travaillant, pour, ainsi dire, pour rien ou à vide: on utilise à volonté l’un ou l’autre, au moyen d’un levier d’embrayage, fixé à proximité de la main droite. Ce système, très ingénieux, a une apparence un peu compliquée par la multiplication des organes; mais, en cas d’emballement de la machine, dans une descente, l’on peut modérer son allure instantanément, en ayant recours à un changement de vitesse. On peut encore rendre les pédales immobiles, en n’embrayant aucun des pignons du moyeu, et ceci est commode pour conduire la bicyclette à la main. Enfin la présence du pignon intermédiaire empêche le ballottement de la chaîne, qui, comme l’on sait, est une cause fréquente de rupture.
- Une seconde solution plus simple et en même temps plus générale est fournie par le modèle VEtampoise : la machine exposée présente un développement triple et, par suite, un triple changement de vitesse ; ce changement est instantané et l’on peut alors choisir celui qui convient le mieux à l’état de fatigue dans lequel on se trouve, à la nature plate ou accidentée de la route que l’on parcourt. Un autre avantage du système est de pouvoir s’appliquer aux automobiles.
- Nous mentionnerons, plutôt comme curiosité, la bicyclette à roues jumelles « Twin wheel », qui a absolument l’apparence d’un
- tricycle, dont les 2 roues arrière seraient très rapprochées. Cette disposition a un avantage immédiat, c’est de réaliser la traction centrale de la machine par sa paire de roues motrices ; elle paraît bien disposée pour éviter le dérapage, la machine étant toujours d’elle-même dans un état constant de stabilité, que ne présente pas la bicyclette ordinaire. Ce système, sans répondre à une nécessité absolue du cyclisme actuel, aura sans doute quelques adeptes parmi les vieillards, les femmes ou les enfants : la machine paraît avoir certains avantages du tricycle, tout en étant exempte de ses inconvénients.
- Parmi les modifications apportées aux accessoires des bicyclettes, signalons comme très commode la Tige de selle Girardet, qui permet au cycliste de reposer les pieds sur le sol et mettre immédiatement pied à terre par une simple pression exercée sur un levier à ressorts, qui a pour effet de faire descendre la selle.
- Le Régulateur Cardot (fig. 68) paraît réaliser une amélioration, qui peut être utile dans certains cas ; il permet de ne plus laisser la selle dans une position fixe ; on peut, à volonté, rapprocher, reculer, incliner la selle en tel ou tel sens, dans la montée ou la descente des côtes. Ce dispositif donne certaine latitude, certain jeu à la position de la selle, qui s’accorde toujours avec la position naturelle du cavalier : de la sorte, la jambe reste toujours bien perpendiculaire à l’axe de la pédale et le cycliste réalise ainsi l’effort maximum.
- Ces dernières années, différents systèmes d’accouplements de bicyclettes avaient été proposés pour remédier à la position fâcheuse des personnages dans le tandem; leur aspectimpo-sant, redoutable, n’a pas rencontré une grande faveur auprès du public ; aussi, cette année, ne voyons-nous qu’un appareil de ce genre : Y Accouplement Gard permet de réunir deux bicyclettes ordinaires, de façon à les rendre solidaires, en leur faisant suivre deux chemins parallèles. Ce genre de locomotion présente d’ailleurs certains dangers ; il ne peut guère convenir qu’à deux époux, qui, outre la chaîne déjà lourde du « conjungo », éprouvent le besoin d’en trouver une nouvelle dans la chaîne de leurs bicyclettes.
- Un inventeur économe a encore eu l’idée de
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- protéger ses « pneu » par des Lames métalliques, qu’il baptise L. N. Ces sortes de protecteurs s’emploient aussi pour voitures et pour automobiles : ils ont surtout pour avantage d’empêcher les crevaisons et le dérapage.
- Enfin beaucoup de lanternes à acétylène ont été proposées aux cyclistes, qui n’ont que l’embarras du choix ; nous n’avons cependant remarqué aucun dispositif orignal ; en fait de nouveauté, nous ne voyons guère à signaler que la Bougie Ditsch, capable de durer six heures ; c’est l’analogue des bougies en stéarine, à essence ou à pétrole, déjà utilisées pour les cycles : l’appareil semble ne devoir présenter aucun danger.
- Dans le domaine des accessoires, nous remarquerons encore le Keylers, appareil de sûreté pour vélo : il est composé d’un système chiffré avec targette et fonctionne sans clef : il permet d’enrayer la roue de devant; par
- suite, il empêche le premier venu de pouvoir se servir d’une bicyclette, sans le consentement de son propriétaire.
- Le Stop Peinel nous donne les moyens de réparer instantanément les pneumatiques : il se compose d’une sorte de gaine, ayant la forme extérieure d’un crayon, qui tient en suspension à son intérieur une dissolution de caoutchouc para ; le mode d’emploi est très simple et expéditif : il paraît commode, pour procéder à une réparation rapide, au moment où un accident vous arrive en route ; c’est là un avantage assez précieux pour qu’on puisse le signaler aux amateurs.
- Telles sont les principales curiosités que nous avons remarquées aux différents stands du Salon du Cycle ; nous allons passer maintenant à la seconde partie du Salon, celle réservée à Y Automobile.
- (A suivre.) Eugène Hoffmann.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- Fig. 70.
- hambres munies d’un seul objectif.
- — Nous savons que les objectifs dédoublés ou les lentilles de jumelles ont l’inconvénient de ne pas assurer l’aplanétisme ou l’achromatisme. Si l’on tient à les conserver, il faudra user d’un artifice qui permette de ne pas toucher au système optique, prendre par exemple, avec une chambre noire ordinaire, deux vues successives de l’objet.
- Mais, pour obtenir le relief, il faut prendre ces vues de deux points différents. Il faut, donc déplacer l’appareil ou l’objet, de là deux méthodes pour l’obtention des épreuves stéréoscopiques.
- La seconde méthode n’est applicable qu’aux petits objets qu’on peut déplacer à la main ou bien aux astres, aux planètes, à la lune par exemple, non pas qu’on doive aller pousser à droite ou à gauche les corps célestes; mais parce qu’ils se déplacent ;
- d’eux-mêmes régulièrement et que l’on peut ainsi les photographier dans les deux positions différentes. Warren de la Rue a obtenu ainsi des photographies de la lune donnant un relief magnifique.
- Passons tout de suite à la première méthode qui est pour nous la plus pratique ; voici comment on opère :
- On prend une chambre noire ordinaire, on en supprime le pied qui gênerait, puis on se met en quête d’un support stable, présentant une surface plane : un banc, une table, un devant de fenêtre, etc. ; on met au point comme àl’ordi-naire en prenant les précautions voulues pour ne pas ébranler la chambre pendant la pose. Cela fait, on change la plaque et l’on fait une seconde pose du même sujet, mais après avoir déplacé l’appareil de 7 centimètres. Les deux clichés doivent être obtenus dans des conditions de pose et d’éclairage identiques, pour donner de bonnes photocopies.
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- Mais on n’a pas toujours à sa disposition une table et un banc, aussi est-il préférable de se munir d’un petit accessoire qui ne complique pas beaucoup le bagage photographique et qui permet néanmoins de se passer du secours d’autrui. Cet accessoire permet de faire coulisser la chambre latéralement, lin voici la description telle que l’a communiquée la Ph(jlo:Revue, d’après les données d’un de ses lecteurs, M. Bouchon.
- « Dans la tète du pied, maintenue largo à cet effet, on perce deux trous écartés de 8 ou 9 centimètres, distance moyenne d’écartement entre les positions successives de l’appareil ; ces ouvertures sont munies d’écrous qui reçoivent chacun à leur tour la clef de pied devant fixer la petite chambre dans ses deux stations.
- Les diagonales tracées sur la glace dépolie permettent de repérer la direction et de placer dans chaque opération le même objet au centre de la plaque.
- La disposition que nous venons d’indiquer suppose l’emploi d’une chambre de format réduit 8 X 9 ou 9 X 12, chaque châssis donnant une seule vue stéréoscopique dont les deux images constitutives tiennent les deux côtés du châssis.
- Quand on opère avec une chambre plus grande, de format 13 X 18 par exemple, on peut produire les deux vues stéréoscopiques côte à côte sur la même plaque. Il suffit pour cela de permettre au châssis arrière de la chambre de se déplacer latéralement de façon à amener, en face de l’objectif, une moitié de la plaque, l’autre étant couverte par un carton noir placé dans le dernier pli du soufflet.
- On y arrive en se servant d’une pièce intermédiaire facile à construire : c’est une planchette de 25 centim. de long., 5 centim. de large et 2 cent, d’épaisseur. La face inférieure (invisible dans la figure) est munie de deux vis ou boutons semblables à ceux qui servent à fixer le cadre arrière de la chambre sur le chariot. La partie supérieure porte 4 boutonnières a, a', b et b’, pareilles à celles des bandes d’accrochement du cha-ciot, et placées respectivement aux distances suivantes: entre a et a’, 9 centimètres, de même qu’entre b et b' ; entre a et b, comme entre a’ et b', une distance égale à celle qui
- sépare les deux boutons du cadre arrière s’accrochant au chariot.
- Si nous fixons la planchette sur le chariot, et si les deux vis ou boutons du cadre arrière sont placées dans les plaques a et b, la partie droite de la glace dépolie se trou-
- Fig. 71.
- vera en face de l’objectif; la partie gauche sera couverte, au contraire, si le cadre est accroché en «’ et b’ pour la deuxième pose.
- Cette disposition permettra donc de faire deux clichés 9 X 12 sur plaque 13 X 18 d’après des sujets quelconques, et en prenant simplement la précaution de couvrir d’un carton noir la partie qui ne pose pas, comme il est dit plus haut.
- Elle a en outre le précieux avantage de rendre facile la transposition des deux images stéréoscopiques, faites successivement sur une même plaque, et qu’on pourra tirer ainsi sans avoir à intervertir les épreuves ;
- Fig. 72.
- il suffira de présenter le côté droit de la plaque pour recevoir l’impression lorsque la chambre est fixée sur l’ouverture placée à gauche de la tête du pied, et réciproquement ».
- Il est donc indispensable, répétons-le, pour obtenir successivement sur une même plaque deux bons clichés, stéréoscopiques ou non, que l’objectif puisse être amené en face du centre de chacune des deux moitiés de la plaque.
- On arrive à ce résultat en déplaçant latéralement la planchette qui porte l’objectif, quand elle est mobile ; mais il existe un certain nombre de chambres dont la planchette ne se déplace pas latéralement, ou ne se déplace pas suffisamment. Vuici un système qu’on peut employer pour remédier à cet inconvénient.
- Comme il est indiqué plus haut, la seule
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- ressource possible consiste à déplacer la partie de l’appareil portant la glace dépolie ; on peut y arriver par une méthode différente de celle qui a été conseillée et qui est la suivante :
- Tout d’abord on construit une petite planchette A B (flg. 72) épaisse de 1 centimètre, large de 5 centimètres, dont la longueur est telle que ses extrémités dépassent de quelques centimètres le chariot.
- Deux vis à tête ronde E F (flg. 73) non complètement vissées, la fixent transversalement dans les garnitures du chariot. Une petite cheville, ou mieux, un ressort placé au-dessous assure son immobilité. Sur la partie supérieure on creuse une rainure et l’on fixe, au moyen de vis, par-dessus le tout, une lame de laiton. Cette lame présente sur la plus grande partie de sa longueur une ouverture C D correspondant à la rainure creusée dans la planchette, mais plus étroite.
- Aux points c’ d' elle est agrandie pour permettre d’y introduire la tête des vis fixées à l’encadrement qui porte la glace dépolie.
- Cette disposition forme donc une sorte de glissière dont la longueur permet de déplacer cet encadrement de 45 millimètres dans chaque direction, soit en tout 90 millimètres (pour une chambre 13 x 18).
- On peut donc avec ce système promener facilement l’arrière de la chambre à droite ou à gauche, selon que l’on veut impressionner la partie gauche ou droite de la glace, en préservant, bien entendu, l’autre moitié au moyen d’un simple morceau de carton noirci.
- Un coup d’œil jeté sur les figures permet de se rendre compte que la construction de cette planchette est beaucoup plus simple que ne le fait supposer la description.
- Enfin on peut encore adopter la disposition imaginée par M. Brunner (fig. 73). C’est une planchette b dans laquelle coulisse une règle cl. La planchette est fixée au pied, la règle à la chambre noire. On établit donc une sorte
- Fig. |73.
- de chariot latéral, qu'on peut graduer en centimètres et millimètres, et qui permet de déplacer la chambre latéralement et de la fixer en un point quelconque, dans les limites de la coulisse, bien entendu. Pour fixer la chambre sur la règle, on use de l’artifice usité en pareil cas : on enfonce deux vis à tête ronde dans la base de la chambre, en ayant soin de ne pas les visser à fond. Il suffira ensuite d’engager la tête de ces vis dans les deux rainures c et <1, ménagées à la partie supérieure de l i tête mobile, pour que la chambre soit fixée. Cette disposition qui est celle dont se servent habituellement les constructeurs pour fixer l’arrière des chambres noires est d’une grande simplicité.
- On ne peut songer, évidemment, à faire de l’instantané et même des groupes en plein air avec ce système stéréoscopique, les manipulations nécessaires au changement de plaque et de position exigeant trop de temps. Dans ce cas, il faut avoir recours à d’autres combinaisons, dont l’une des plus ingénieuses est sans contredit le stéréographe dont nous donnerons la description dans un prochain article.
- (A suivre) A.Berthier.
- LAMPE PORTATIVE A ACÉTYLÈNE
- DE MM. Cerckel, Raus et O
- 'éclairage à l’acétylène paraît maintenant entrer couramment dans la pratique. En ce qui concerne les installations fixes, on possède depuis longtemps déjà des appareils qui répondent
- à tous les desiderata. Mais la merveilleuse facilité avec laquelle on produit l’acétylène par l’action du carbure sur l’eau, a fait songer depuis l’origine de ce mode d’éclairage à construire des lampes portatives. Le
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- problème s’est trouvé beaucoup plus difficile à résoudre qu’on ne l’avait tout d’abord pensé; on peut même dire qu’il n’est pas entièrement résolu ; on possède toutefois actuellement des appareils qui suffisent aux besoins de la pratique, et qui, moyennant quelques précautions, sont très utilisables.
- Le défaut auquel on s’est toujours heurté consiste dans la surproduction, c’est-à-dire que, le carbure étant partiellement attaqué et se trouvant par suite entouré d’une gaine de chaux adhérente, cette chaux retient, comme une véritable éponge, une grande quantité d’eau, qui continue d’attaquer le carbure, même lorsque l’eau du récipient est descendue au-dessous de ce carbure. On conçoit que ce défaut est surtout sensible à la fin de l’opération, lorsque le carbure, presque entièrement attaqué, se trouve enfermé dans une grande quantité de chaux. Or, la surproduction, c’est-à-dire le dégagement d’un peu de gaz en dehors du brûleur, serait à la rigueur tolérable pour un lampe placée en plein air, mais elle est tout à fait inadmissible pour une lampe d’appartement.
- Parmi les moyens simples qui ont été proposés pour supprimer ou atténuer la sur-
- production, l’admission de l’eau en quantité limitée a paru donner de bons résultats: c’est un dispositif de ce genre qui est appliqué à la lampe de M. M. Cerckel, Raus et Cie.
- Le carbure est contenu dans un récipient, à la partie supérieure duquel vient se visser le tube qui conduit le gaz au brûleur. Le fond inférieur de ce récipient est traversé par un tube percé de trous sur sa surface extérieure, et entouré d’une mèche. Ce tube est ouvert à sa partie supérieure, c’est-à-dire en communication avec le récipient à acétylène. Le récipient plonge dans l’eau ; l’eau ne parvient au carbure qu’en traversant la mèche, et si la pression intérieure devient trop forte, elle se trouve immédiatement refoulée par le tube.
- Pour mettre la lampe en marche, il suffit, après avoir rempli à moitié le récipient de carbure, de visser les diverses parties les unes sur les autres.
- Pour éteindre, on vide l’eau et on laisse la flamme s’éteindre d’elle-même.
- La maison construit également un générateur portatif basé sur le même principe et que nous avons vu fonctionnant avec succès, appliqué à une lampe à projection.
- D.
- LES VIEUX ARBRES DE LA NORMANDIE
- LE CHÊNE A LA VIERGE, DE VATTEVILLE. — L’ORME DU VUY A GUERBAVILLE.
- a Société des “Amis des Arbres” s’est W donné pour mission de protéger nos bois et nos forêts et de veiller à ce que toutes nos plantations soient traitées comme elles le méritent, au lieu d’être, comme la chose arrive trop souvent, exposées à subir les outrages de bûcherons avides et dénués d’esthétique et de savoir.
- En protégeant les arbres, en effet, on n’agit pas seulement pour le plaisir d’artistes que séduit le pittoresque de vieux troncs moussus, couronnés de rameaux enchevêtrés bizarrement, roais on fait surtout œuvre de prévoyance avisée et en même temps œuvre de science.
- La chose est du reste facile à démontrer, et, nous l’allons voir à l’instant, les intérêts, les plus dissemblables en apparrence, ceux des gens d’affaires, comme ceux des rêveurs ou des
- | savants, s’allient ici de la manière la plus ! complète.
- Mais procédons par ordre, et voyons d’abord j de quelle utilité il peut être pour un naturaliste de garder un arbre contre les entreprises du bûcheron.
- En dépit de ce que l’on pourrait imaginer, certaines des circonstances de la vie des espèces végétales sont en réalité fort mal connues. Nous savons bien, il est vrai, grâce aux patientes et délicates recherches d’anatomie botanique, quel est le mécanisme même de la production et du développement des tissus, végétaux, nous savons encore comment se multiplient et s’accroissent les éléments cellulaires qui les composent, mais nous ignorons, par exemple, ou du moins nous ne le savons que d’une façon tout incertaine, comment ces
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- Fig. 74. Le Chêne a la Vierge de Vatteville-la-Rue, d’après une photographie de M. Gadeau de Kerviile.
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- éléments consécutifs se comportent définitivement au cours de l’existence de l’être auquel ils appartiennent.
- Pourquoi certaines plantes croissent-elles rapidement ou lentement, et pourquoi cerlaines prennent-elles un développement en diamètre plus considérable que celui d’autres espèces ou même que celui de diverses de leurs congénères ? Quelles influences les arbres exercent-ils les uns sur les autres? Y a-t-il quelque avantage ou quelque inconvénient à rapprochei certaines espèces ? Gomment de mêmes arbres ne se développent-ils pas semblablement en des circonstances d’apparence analogue ? etc., etc.
- Ce sont là tous problèmes incomplètement résolus et qui méritent à juste titre d’attirer l’attention.
- Les expliquer, en effet, ce serait du même coup augmenter la fortune de tous-, car ce serait permettre de tirer de toute exploitation forestière le maximum possible de son rendement.
- Et voilà comment les gens de science, en demandant qu’on respecte, au bénéfice de leurs études, certains arbres particulièrement remarquables "en ^raisonj de leur âge ou de leur
- Fig. 75. — L’orme du Vuy, à Guerbaville, d’après une photographie de M. Gadeau de Kerville.
- dimension, rendent service à tout le monde : aux artistes en conservant des sujets à leur admiration, aux hommes d’affaires en risquant de découvrir, grâce à leurs recherches patientes, quelques utiles notions pratiques inconnues jusqu’ici.
- P ro Léger les arbres constitue donc essen-tiellemen t une œuvre louable que l’on ne saurait trop encourager.
- Si, de tous côtés, les botanistes s’occupaient de recueillir des notes et des observations soigneuses et suivies sur les principaux arbres de leur région, on ne tarderait pas à posséder un nombre dedocuments précieux à tous égards.
- Une telle enquête a d’ailleurs été faite pour certaines régions par des
- naturalistes experts : c’est ainsi qu’en Normandie, un savant bien connu, M. Henri Gadeau de Kerville a pu mener à bien une importante monographie des vieux arbres de sa province.
- Nulle région, en France, constatons-le, n’était plus propice à de semblables recherches. En Normandie, en effet, les bois et les forêts sont nombreux, et l’on compte dans ce pays quantité d’arbres remarquables depuis longtemps distingués par la foule et auxquels s’attachent
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- souvent des traditions diverses, religieuses ou fantastiques.
- « C’est vraiment une étude pleine d’intérêt, dit M. Gadeau de Kerville, au cours de l’élude qu’il a publiée dans le Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen, que celle des vieux arbres, de ces vénérables patriarches du monde végétal, les uns développés sous la seule action de la nature, les autres cultivés, soit dans un but pratique, soit dans un but ornemental, soit à un point de vue religieux ou hygiénique, tels que les ifs plantés dans les cimetières par nos ancêtres, qui les regardaient comme symbole de l’immortalité, croyant aussi, bien à tort, qu’ils avaient la propriété de chasser les miasmes provenant de la décomposition des corps et de tenir éloignée la peste.
- « A tous égards, les vieux arbres méritent le respect, et nous devons les conserver par tous les moyens possibles; aussi est-il désolant de voir des gens inconscients ou stupidement vaniteux leur causer parfois un réel dommage, non seulement au point de vue artiste, mais au point de vue de leur existence même, en gravant leur nom dans l’écorce. Il faudrait que l’on mît à côté de tous les arbres remarquables, un écriteau portant l’interdiction d'y toucher. Certainement une semblable inscription aurait quelque bienfaisant effet.
- « Qu’ils croissent en massif, isolément, dans une forêt, un parc, un cimetière, ces vénérables et imposants témoins des siècles éteints sont fortement suggestifs, et font naître, dans les cerveaux qui savent penser, des réflexions et des rêveries, comme en déterminent les forêts et les bois, source intarissable et sublime de très pures jouissances. »
- Mais M. Gadeau de Kerville ne s’intéresse pas seulement aux arbres en raison des sentiments que leur aspect nous inspire, et de la poésie qui s’en échappe, et chez lui, l’homme de science a l’esprit précis lorsqu’il s’agit d’observer.
- Les deux descriptions suivantes du Chêne à la Vierge et de l’Orme du Vuy le démontrent du reste de façon complète.
- « Ce chêne, assez vigoureux encore, écrit M. de Kerville, est néanmoins en très manifeste voie de décrépitude, car plusieurs de ses branches, surtout dans la partie supérieure, à
- gauche dans la gravure (fig. 74), sont tout à fait mortes.
- De plus, cet arbre a subi de très grandes mutilations ; l’une des branches principales ayant, en se brisant, détérioré un bâtiment, on a, par mesure de prudence, coupé d’autres branches principales, au lieu de les rendre fort solides, et à peu de frais, en les reliant entre elles avec quelques tiges de fer. Il est bien regrettable que l’on ait ainsi mutilé ce chêne des plus intéressants.
- « Toutefois, on a eu soin de boucher, au moyen de planches, les grandes ouvertures se trouvant dans la partie basilaire du tronc, ce qui est pour lui une protection excellente. Le tronc, qui est complètement creux, présente une ciiconférence de 5 ,u 80 à 1 mètre du sol, et la hauteur totale de l’arbre est d’environ 23 m \ 7.
- « Une petite chapelle en bois, qui renferme une statuette de la Vierge, est fixée à 2 mètres du sol, partiellement dans le tronc et partiellement en dehors; au-dessous d’elle se voit un écriteau en bois avec cette dédicace : « Notre Dame de Pitié, 1765. »
- Tel est cet arbre remarquable qui se dresse au hameau de l’Angle, à Vatteville-la-Rue (Seine-Inférieure), dans le milieu d’un carrefour, et dont l’âge actuel atteint peut-être six siècles et n’est certainement pas moindre de quatre cents années.
- L’autre arbre, qui porte le nom de l’Orme de Vuy, ou Orme de la mare du Vuy, est situé au milieu d’une haie entourant la cour d’une ferme, en face la mare du hameau du Vuy, à Guerbaville (Seine-Inférieure).
- « Le tronc de cet arbre est entièrement creux, et sa périphérie n’est à peu près complète que jusqu’à environ deux mètres au-dessus du sol; toutefois, ce tronc présente des fentes basilaires, où, de chaque côté, la haie en question vient se terminer. Par la fente qui est à droite, on peut, en se baissant, pénétrer facilement dans l’intérieur du tronc, d’où, à une hauteur de 3 à 4 mètres du sol, partent trois branches s’élevant très haut et dont l’une, sur notre figure, se trouve cachée par la branche de droite. La circonférence du tronc est de 6 m 80 à 1 mètre du sol, et la hauteur totale de l’arhre est d’environ 27 m47».
- Quant à l’âge de l’arbre, il peut varier entre 300 et 500 ans,
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- En appliquant cette méthode d’observation à tous les arbres intéressants à un titre quelconque du pays normand, M. de Kerville a ainsi constitué un recueil important de documents précis, au cours desquels les naturalistes
- trouveront des points de repère certains pour des études ultérieures, et il n’est pas douteux non plus qu’une œuvre de celte nature ne puisse rendre à la science forestière les plus réels services. P. G.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 16 et 23 Janvier 1899.
- Téléphone sans fil. D’après un travail dont M. Berthelot donne lecture, M. Dussaud a eu l’idée d’utiliser les rayons ultra-violets invisibles corame agents de communication. Dans l’appareil de. son invention, le poste transmetteur est composé de deux écrans identiques percés de fentes, l’un fixe, et l’autre mobile relié à une membrane vibrante devant laquelle on parle. Une lampe à arc, pourvue d’une lentille de quartz, projette un faisceau de rayons ultra-violets dans la direction des deux fentes. Suivant les paroles qu’on prononce, les deux fentes se contrecarrent plus ou moins; le faisceau lumineux arrive donc plus ou moins intercepté au poste récepteur, où il éclaire proportionnellement un écran fluorescent qui, par son action sur des lames séléniées, fait parler un téléphone. C’est ainsi que M. Dussaud a pu téléphoner à 10 mètres, et il est certain que cette distance pourra devenir considérable avec un appareil puissant, car les rayons ultra-violets se propagent à de grandes distances sans perte très notable. ***
- Le traitement des abcès purulents. — Si
- les abcès tuberculeux, dont le point de départ a été une lésion osseuse, guérissent spontanément quelquefois, le fait n’en est pas moins exceptionnel, et comme les dangers d’une infection nouvelle du voisinage ou éloignée sont toujours menaçants, une indication s’impose, celle d'intervenir. On ne doit pas attendre, l’inaction est blâmable : l’intervention précoce, au contraire, montre les choses localement moins avancées et s’adresse à un sujet plus résistant. A l’heure actuelle, deux méthodes sont presque exclusivement en présence : l'extirpation et la méthode des injections modificatrices successives, fie sont ces deux méthodes qu’examine M. le Dr Lannelongue.
- Dans 27 cas de tuberculose des parties molles,
- A TRAVERS
- Les expériences du bateau sous-marin : 1© Gustave-Zédé. — Le sous-marin Gustave-Zédé vient d’exécuter des expériences dont
- traités par l’extirpation, soit sans ouverture, soit avec ouverture et grattage, il y a eu 27 guérisons, dont 4 après désunion totale de la plaie opératoire. Dans 5 cas, il a fallu faire un second grattage d’une petite fistule.
- Par la Méthode des injections successives, sur 17 malades opérés, 4 ont guéri par une seule injection : c’étaient deux maux de Pott lombaires et deux dorsaux lombaires ; 7 ont guéri : 3 après deux injections, 3 après quatre injections, 1 après cinq injections; les 6 autres ont eu des fistules: ils ont fini par guérir dans un délai de dix mois à à deux ans en réclamant des opérations complémentaires, curettages, ouvertures d’abcès nouveaux, etc.
- L’un des malades, atteint d’un mal de Pott dorsal inférieur, est mort après formation d’abcès multiples.
- Ges résultats établissent pour les abcès ossi-fluents la supériorité de la méthode des injections successives sur les autres procédés.
- ***
- Sur l’altérabilité de l’aluminium. — Dans une seconde communication sur l’altérabilité de raluminium, M. Bitte expose qu’il suffit d’un peu d’eau salée pour attaquer l’aluminium. Le métal est altéré dans l’eau de mer, dans les eaux saumâtres ; il l’est même dans l’air, sous l’action de l’oxygène et de l’acide carbonique. 11 se constitue dans l’eau salée une pellicule d’alumine, qui est elle-même attaquée par le chlorure de sodium ; il y a production d’aluminate de soude ; et, quand le métal est seulement dans l’air, l’acide carbonique se combine à la soude et fournit du carbonate de soude qui agit vivement sur le métal. Il se forme rapidement des trous. L’aluminium est donc loin d’offrir le degré d’inaltérabilité qu’on lui attribue généralement.
- LA SCIENCE
- les résultats prouvent qu’aujourd’hui ce petit bâtiment est un réel engin de combat. Le Gustave-Zédé, comme expérience pré-
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- liminaire, s’est rendu de Toulon en rade des îles d’Hyères en naviguant à la surface ; malgré le mistral, la traversée s’est fort bien effectuée, la tenue à la mer a été excellente. C’est en rade des îles d’Hyères qu’ont eu lieu les expériences de lancement de torpille contre un cuirassé, le Magenta, d’abord à l’ancre et ensuite en marche. Dans les deux cas, la torpille, munie d’un cône spécial, est venue frapper Je cuirassé.
- La cible, présentée par un sous-marin naviguant à la surface, est extrêmement petite ; les essais faits à ce sujet ont démontré que les chances de toucher ces bâtiments avec les canons à tir rapide sont nulles ; par suite, le sous-marin peut revenir à la surface, après des immersions plus ou moins prolongées, pour s’assurer de sa direction. A 2 kilomètres, à la surface, il est complètement invisible pour l’adversaire ; à cette distance, il fixe sa route et accomplit une plongée d’un kilomètre environ ; il revient ensuite à la surface, contrôle son trajet, replonge et remonte ensuite jusqu’à ce qu’il soit à bonne portée pour lancer sa torpille. Telle a été la manœuvre du Gus-tave-Zédé dans ses deux attaques contre le Magenta.
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- L’usine Krupp. — L’usine Krupp est la plus grande du monde entier. L’état d’hostilité permanent où se trouve l’Europe entière, depuis de longues années, lui assure un avenir brillant. Née de la guerre, l’usine Krupp ne peut se développer que par la guerre.
- A l’époque du blocus continental, les importations de l’Angleterre étaient toutes défendues, surtout le fer et l’acier. C’est alors que Pierre-Frédéric Krupp chercha à profiter de la situa Ion pour la production de 1 acier, mais le succès ne sourit pas à ses efforts, et il dut, en conséquence, renoncer à l’entreprise,
- Son fils Alfred reprit, en 1826, à l’âge de quatorze ans, l’idée de son père ; l’entreprise prospéra, de sorte que, en 1871, plus de 75.000 individus, y compris les femmes et les enfants des ouvriers, étaient occupés par l’usine. C’est en 1842, ajoute la revue la Métallurgie, qu’on fabriqua les premiers canons
- en acier; en 1865, on en livrait déjà 11.000 par an, et, dans ces derniers temps, 84.000.
- L’usine Krupp a de nombi euses succursales en Allemagne, un tir d’artillerie à Keppen d’une longueur de 17 km environ, des mines métallifères en Espagne, deux vapeurs pour le transport du minerai à Hotterdam, des presses dont l’une peut produire une pression de 5 millions de kg, avec la force de 600 atmosphères. La production de rails, en une seule journée, dépasse la longueur de 17 km.
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- Transformation en alcool des gaz des hauts fourneaux. — D’après notre confrère cité plus haut, M. Fritsche vient d’imaginer un procédé pour transformer en acool les gaz des hauts fourneaux. Cette idée a été déjà l’objet d’un commencement d’exécution.
- Les gaz qui s’échappent des hauts fourneaux contiennent quelquefois jusqu’à près de 2 0/0 en volume d’un gaz carburé que Faraday et surtout M. Berthelot ont rendu célèbre. Ce gaz, c’est l’éthylène. Or, quand on fait barboter de l’éthylène dans de l’acide sulfurique, on obtient de l’acide sulfo-éthy-lique. Lorsqu’on fait bouillir dans de l’eau, à la façon d’un pot-au-feu, cet acide sulfo-éthylique, on constate qu’il se dédouble en acide i-ulfurique et en alcool, en vrai alcool du commerce. Dès lors, il n’y aurait plus qu’à recueillir l’étylène desdiauts fourneaux, des fours à coke, des foyers où l’on distille la houille, et on récolterait, par une opération assez simple, du trois-six.
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- La princesse aux chiens — La princesse Youriewsky, veuve morganatique d’Alexandre II, aime les chiens à un degré inconnu jusqu’à ce jour. Dans tous ses voyages, elle emmène au moins une douzaine de ces uamis de l’homme» lesquels sont soignés et surveillés par des gardes spéciaux. Chacun d’eux — pas les gardes, les chiens — a droit à une indemnité de deux roubles par jour.
- Il faut plaindre les hôteliers chez lesquels la veuve morganatique d’Alexandre II plante sa tente.
- Il est vrai qu’il y a les deux roubles.
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- Tournoi de calculateurs. — Le 4 janvier dernier, a eu lieu à la réunion de la Société astronomique de France, un curieux tournoi de calculateurs. Deux des membres de la Société, M. Inaudi, le calculateur mental bien connu, et M. Brandebourg, qui opère avec des méthodes raisonnées spéciales, ont rivalisé d’exactitude et de rapidité. M. Inaudi tourne le dos au tableau, tandis qu’une personne y inscrit les sommes dictées par l’auditoire. Il résout ainsi en 9 secondes la soustraction de deux nombres de 18 chiffres chacun; en 15 secondes, la multiplication d’un nombre de 5 chiffres par'lui-même; en 54 secondes, celle d'un nombre de 5 chiffres par un autre nombre de 5 chiffres également. En 4 minutes, il a porté le chiffre 2 à sa 50e puissance, extrait des racines de chiffres portés à la 52e puissance, et enfin récapitulé de mémoire toutes les sommes inscrites au tableau sans y avoir un instant jeté les yeux. M. Brandebourg regarde le tableau et procède scientifiquement, mais il obtient dans ses opérations une rapidité plus grande encore. Pour une addition de 10 nombres de 6 chiffres chacun, le temps de les inscrire et de tirer la barre : le total est donné instantanément. Pour une multiplication de 5 chiffres par 5 chiffres, 12 secondes. Pour 4 multiplications de 2 chiffres par 2 chiffres, mais dont les 4 produits doivent être totalisés, le total général est donné en 2 secondes. Enfin, M. Brandebourg fait aussi des multiplications mentales de très grands nombres, en remplaçant les chiffres par des sons, ce qui lui donne des mots que sa mémoire retient mieux que des nombres.
- Découverte d’un manuscrit de Galilée.
- — Une découverte bien intéressante a été faite récemment à la bibliothèque vaticane. L’un des bibliothécaires, M. l’abbé Cozza Luzzi, en classant des documents du xvie siècle, a trouvé une pièce que l’on croyait perdue, le manuscrit original de Galiléesur ies marées. Ce manuscrit, qui était catalogué sous un simple numéro, 8193, est tout entier de la main de Galilée et se termine Par ces mots : « écrit à Rome dans le jardin (le Médiois, le 8 janvier 1616 ». Le travail est dédié au Cardinal Orsino, l’un des admira-
- teurs du savant. S. S. Léon XIII a pris le plus grand intérêt à cette découverte ; il en a ordonné la publication en une plaquette de luxe, aux frais du Vatican.
- La découverte de ce traité est d’autant plus importante qu’il diffère considérablement du texte admis jusqu’à présent, et publié récemment avec les œuvres complètes de Galilée par l’Académie de la Crusca.
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- Les ennemis des lignes télégraphiques.
- — On a établi une liste des animaux qui ruinent les poteaux de télégraphes. Les bisons, avant leur destruction, s’en servaient pour se gratter, et, comme ils y mettaient peu de délicatesse, ils les renversaient souvent, déterminant ainsi quelquefois la destruction des lignes sur plusieurs milles de longueur. La Norvège possède un pic de grande taille qui creuse des trous dans les poteaux croyant y trouver des insectes, le bruit des vibrations des fils étant pour lui le bruissement d’êtres animés. La Californie a aussi ses pics qui perforent les poteaux pour créer des magasins pour leurs provisions d’hiver. Les ours d’Aristook, dans le Maine (États-Unis), grimpent sur les poteaux et brisent les isolateurs en porcelaine, les prenant pour le fruit du pommier sauvage, pour lequel ils ont un goût prononcé. L’Elec-trical engineer fait remarquer qu’il manque à la liste deux agents actifs de ces destructions. D’abord les Arabes du Soudan, qui, pendant des années, ont considéré les poteaux télégraphiques comme un excellent combustible dû à la magnificence des Européens, et enfin, l’animal le plus désastreux pour les lignes télégraphiques, le gamin, qui, avec des cailloux, exerce son adresse sur les isolateurs.
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- Vol des oiseaux. — L’air comprimé joue un grand rôle dans le vol des oiseaux. En perforant l’os de la jambe d’un oiseau et en y insérant un petit tube en argent, de manière à laisser à l’air extérieur une large issue, il perd instantanément la faculté de voler. C’est ainsi que les pêcheurs de la côte d’Ostende parviennent à rendre captifs les mouettes et les goélands, devenus incapables
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- de voler, et qu’ils conduisent comme des | troupeaux d’oies quand ils leur ont perforé l’os de la jambe.
- Cette opération, suivant M. Jobard, produirait le même effet qu’une ouverture à la chaudière ou au tuyau de conduite d'une machine à vapeur ; la pression cesse, l'appareil se vide, reprend tout son poids et ne peut plus être enlevé par l’action insuffisante des ailes.
- On raconte aussi que le professeur Aretz, ancien recollet de Dietkirch, n’avait pas d’autre moyen pour élever des centaines de perdrix dans sa basse-cour. Le moyen est simple et, s’il est efficace, on peut transformer un grand nombre d’oiseaux fuyards en oiseaux domestiques.
- Le masque de Pascal. — Un moulage en plâtre du masque de Pascal vient d’être offert à la ville de Rouen pour sa bibliothèque. L’original de ce masque appartient à M. Gazier, professeur à la Sorhonne. 11 fut fait à la mort de Pascal, en 1662, sur l’initiative de quelques-uns de ses amis. 11 restitue, dit-on, de façon parfaite, « la physionomie
- I si caractéristique et si accentuée de Pascal »; on y retrouve « tous les traits du grand penseur, son nez à la courbure prononcée, ses lèvres si fines, malgré les atteintes qu’avaient dû apporter à la noblesse de son visage les ravages de la maladie qui le torlura durant sa vie entière ».
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- Homards monstres. La nouvelle de la capture, sur les côtes américaines, d’un homard de 1 m. de long laissa incrédules beaucoup de nos confrères qui ne virent dans ce homard qu’un vulgaire «canard». Il faut cependant, paraît-il, se rendre à l’évidence et le Dr E. O. Hovey a officiellement présenté à la section de zoologie de l’Association américaine pour l’avancement des sciences une notice détaillée sur les dimensions de deux de ces crustacés monstres capturés en 1897 au large, et sur les bas-fonds de la côte de New-Jersey. Us pesaient vivants 31 et 34 livres — soit 14,061 et 15,442 kg. — Une fois montés, ils atteignirent 0 m. 92 et 1 m. 005 et leurs squelettes figurent actuellement dans les collections du Muséum américain d’histoire naturelle.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Quelques conseils aux apiculteurs. —
- Notre confrère l'Apiculteur recommande contre les friandes fourmis, la plantation des tomates. Le goût de cette plante, verte ou sèche, dit-il, est tellement contraire aux fourmis qu’en en plaçant des branches dans un nid de fourmis on fait déloger celles-ci promptement avec leurs larves. Cette plante placée contre les ruches en éloigne aussitôt les fourmis.
- Il recommande également, contre les poux des abeilles, d’après le Leipziger Bienenzeitung, de placer sous la ruche une feuille de papier couverte de naphtaline.
- L’odeur de celle-ci engourdit les poux et débarrasse de ces compagnons incommodes la reine et sa ruchée.
- Ce serait un nouveau motif, ajoute-t-il, d’avoir toujours dans ses ruches
- un peu de naphtaline, celle-ci étant déjà recommandée contre la loque.
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- Inscriptions et signatures sur les épreuves photographiques. — Pour inscrire sur les photographies, d'une façon indestructible, les indications que l’on désire, il suffit, d’après ce que rapporte le journal spécial II dilettante di fotografia, d’écrire sur le bord de la photographie réservé en blanc sous le châssis positif, avec de l’encre noire assez épaisse. On place ensuite l’épreuve entre deux feuilles de carton bristol, de manière que l'un des bords soit plus court que l’autre de 1/2 cm. environ, et que l’écriture reste découverte, tandis que l’épreuve elle-même est protégée de la lumière par le carton. Cette disposition une fois prise, on expose à la lumière qui noircit le bord. Au moyen d’un tampon d’ouate baigné d'eau, on enlève l’encre.
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- L’inscription apparaît alors d’un beau blanc sur fond obscur. Il suffit finalement de procéder aux opérations successives de virage et de fixage.
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- Imitation de vieux vitraux. — M. Marcel Bourdais indique la formule suivante pour obtenir d'une façon artistique intéressante l’imitation des vieux vitraux.
- On découpe sur une glace ou sur un verre épais, avec un canif bien aiguisé, une feuille d’étain en bande, de la largeur des plombs ordinaires de vitraux, c’est-à-dire cinq à six millimètres, et de la longueur que l’on désire. Les vitres sur lesquelles on veut faire des vitraux étant bien néttoyées, on y applique les bandes d’étain au moyen de gomme arabique dissoute dans de l’eau à
- laquelle on ajoute un peu d’alun. On fait bien adhérer le métal sur le verre, et l’on chasse la colle en excès, en pressant dessus avec le simple dos d’une brosse à dents, ou, avec le dos d’une cuillère. Lorsque la colle est sèche, on essuie bien l’étain avec une éponge. Le terrain artistique est préparé. 11 n’y à plus qu’à remplir les dessins, les cercles, les losanges, au pinceau, avec du vernis de couleur, transparent. Le meilleur vernis à cet effet est celui que l’on nomme sœhné : on facilite sa pose en chauffant légèrement l’envers du futur vitrail avec un fer à repasser. Le verni» en question se trouve chez tous les marchands de couleurs, en même temps que l’étain en feuilles existe chez tous les marchands de capsules pour le bouchage des bouteilles.
- JEUX DE TABLE ET DE SALON
- les dérivés du jacquet (Suite et Fin) : le tournecase
- Disposition du jeu au début. — Le
- “ Tournecase”, ou Jeu de la case à trois dames, ne se joue, comme les jeux précités, qu’à deux personnes qui ont chacune trois dames seulement, qu’elles placent sur une des bandes du tablier, à droite ou à gauche, en face les unes des autres, c’est-à-dire du même côté, comme l’indique la figure 76.
- Au Tournecase, on jette de même les deux dés dans le Tablier, mais on ne joue jamais que le plus petit des dés amenés. Si, par exemple, on amène cinq et quatre, on ne joue que le quatre, si l’on amène trois et as, on ne joue que l’as. Si l’on amène un doublet, double six, par exemple, on ne joue qu’une fois, c’est-à-dire qu’on ne fait qu’un six ou six points, et ainsi des autres doublets.
- On ne doit pas non plus faire passer une dame par-dessus l’autre, les dames doivent se suivre en marchant l’une derrière l’autre et non sauter par-dessus l’une d’elles. .
- But de la partie. — Le but de la partie au Tournecase est, pour chacun des joueurs, de faire arriver ses trois dames avant l’autre sur la douzième flèche (coin de repos), sixième flèche du grand-jan.
- Mais, pour arriver sur cette flèche, les dames éprouvent différentes difficultés. En effet,
- comme les deux joueurs marchent vis-à-vis l’un de l’autre, il arrive souvent qu’un dé porte votre dame sur une flèche située en face d’une autre de votre adversaire qui est également garnie d’une dame. Cette dame de l’adversaire est alors chassée du Tablier et devra rentrer par la suite dans le jeu.
- L’on chasse une dame au Tournecase malgré soi, parce que l’on est toujours obligé de jouer le plus petit nombre et que l’on ne peut faire passer une dame par-dessus l’aulre.
- L’on ne peut non plus mettre deux dames sur la même flèche, sauf sur la douzième qui est le but du jeu.
- On joue quelquefois bien des coups qu’il est impossible d’exprimer à cause d’une des raisons ci-dessus, et surtout quand les trois dames sont placées sur les trois dernières flèches, car on ne peut plus faire qu’un as et un deux ensuite pour gagner la partie. Il vaut mieux être chassé afin de quitter celte situation désavantageuse.
- Le coin de repos. — La douzième flèche est ainsi nommée parce qu’une dame arrivée là est complètement en sûreté et ne peut être, dans aucun cas, chassée du Tablier.
- Celui qui parvient à y mettre une dame le premier a un avantage incontestable sur l’autre.
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- Le joueur qui, avant l’autre, fait parvenir ses trois dames sur cette douzième flèche gagne la partie.
- S’il les y mettait toutes avant que son adversaire en ait placé une des siennes sur la similaire, il gagnerait la partie double.
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- Pour être complet, nous aurions voulu terminer cette première série par le Coquimbert, dont fait mention M. l’abbé Somuille dans son curieux ouvrage sur le Trictrac, mais, malgré les recherches les plus minutieuses faites dans les encyclopédies spéciales et dans les traités
- Fig. 77. — Le Tout necase. — Dans cette position, les blancs amènent cinq et deux; comme on ne joue que le plus petit dé, ils jouent de A en B et chassent des noirs la dame C qui est remise sur la bande.
- de jeux anciens et modernes les plus complets, il ne nous a pas été possible d’en découvrir la moindre trace. Peut-être un jour serons-nous plus heureux ! Nous mettrions alors tout notre empressement à en donner les règles comme supplément et comme complément de cette première série sur les Jeux de Table. Nous espérons commencer prochainement la
- publication d’une seconde série : Les Grands Jeux de Table, qui comprendrait le Trictrac et ses similaires : le Garanguet, le Toc, le Trictrac à eci ire, le Trictrac à la chouette, le Trictrac à tourner.
- Si, en dehors des jeux déjà étudiés et de ceux que nous venons de nommer, quelques lecteurs connaissaient d’autre? jeux susceptibles de se jouer sur le même Tablier, nous les prierions de bien vouloir nous en communiquer les règles, les remerciant à l’avance de toutes les explications qui pourraient nous intéresser.
- Jules Bouttier.
- Fig. 78. — Le Tournecase. — Si, dans cette position, les blancs amènent six et quatre, ils jouent leur quatre de A en B et gagnent. Ils peuvent également gagner en amenant tous les quatre. Les noirs, qui ne piuvent exprimer qu’un as et un deux ensuite, pour gagner la partie, sont très mal placés.
- Errata. — N° 50, p. 32, 2° col., 18e lig. lire afin d'éviter de au lieu de afin de. — A la légende de la figure 59 (n° 52) lire : tous les deux au lieu de : tous les six, et deux lignes plus loin, lire conservent au lieu de couvrent. — A la légende de la figure 60, lire : ils ont levé une, au lieu de : ils ont une. J. B.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, n8,rue d’Assas. La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
- Fig. 76. — Le Tournecase. — Disposition du jeu au début»
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- CAUSERIE ASTRONOMIQUE
- (mars)
- es Constellations qui nous restent à observer sont : au zénith, le lynx ; l' écrevisse, au-dessous; la licorne dont nous avons parlé le mois dernier ; enfin le navire, au-dessous de la licorne.
- Le lynx est une constellation composée d’un assez grand nombre de petites étoiles, placées entre la grande Ourse et les Gémeaux. Son nom lui est venu d’un jeu de mots de l’astronome Hé-vélius : il n’y a là, disait-il, que de petites étoiles ; Fig. 79.
- il faut avoir des ^ar^e du c'e^ donnant la position relative des astres visibles en Mars. yeux de lynx pour les reconnaître.
- A part quelques doubles intéressantes, elle n’a rien d’autrement remarquable; elle ne • l'enferme ni amas ni nébuleuses.
- L'écrevisse, appelée aussi le cancer, est la dernière constellation zodiacale que nous étudions (voir fig. 80), remarquable par sa pauvreté en étoiles brillantes, et par un amas appelé la crèche.
- Cet amas se reconnaîtra sur le prolongement de la ligne qui joint Castor et Pollux, à deux fois et demi la longueur qui les sépare et un peu au-dessus.
- Vu dans une lunette d’un grossissement de 30 à 40 fois, c’est un véritable bouquet de feu d’artifice. Il se trouve entre deux étoiles de 4e grandeur, y et S, que l’on appelle les 2 ânes.
- Le Petit Lion */ ^ ULeLynx Ôastolr
- Pollux I i .
- Le Lion
- Les 2sânes
- . 'Le 'Cancer
- •Procionfr then
- 'AHydre^JïT^.
- inu^ JLe Grand CLiien
- Le Navire
- X
- Une partie du navire seulement est visible ; la partie principale est invisible et plongée
- au-dessous de l’horizon sud.
- Les constellations que nous voyons réapparaître vers la gauche : le petit lion, le lion, l'hydre, etc., sont celles par lesquelles nous avons commencé ces études au mois d’avril dernier. Nos lecteurs qui voudront suivre ces const ella ti o n s ainsi que celles qui viendront après, devront reprendre ces études au mois d’avril 4898 pour les continuer pendant les mois suivants ; les observations dont elles ont été l’objet sont toujours exactes, quelles que soient les époques où elles ont lieu.
- Nous les engageons même à recommencer ce petit travail afin qu’ils se familiarisent avec les connaissances préliminaires qu’ils ont déjà acquises.
- Planètes visibles
- Fig. 80. — L’Écrevisse.
- PENDANT LE MOIS DE MARS
- Mars passe au méridien le 15, à 8 h. d du soir et se couche à 4 h. d5 du matin, près de Pollux des Gémeaux.
- Vénus, étoile du matin, se lève à 4 h. 37, d h. 39 avant le soleil.
- (A suivre). A. Perchenet.
- 2* Série — N* 58. — l«r Mars 1899.
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- CYCLISME ET AUTOMOBILISME
- II. — LES AUTOMOBILES
- a section de Y Automobile a pris cette année au Salon un développement considérable ; toute l'activité des fabricants de cycles se porte actuellement, à peu près exclusivement, de ce côté : la bicyclette, un peu délaissée dans les préoccupations de nos constructeurs, toujours avides de nouveauté, est à peu près arrivée à son plus haut point de perfection ; elle doit faire place à son redoutable rival, qui marche à grands pas. Nous nous proposons, en cette rapide revue, de mentionner quelques-uns des principaux modèles exposés.
- Le tricycle à pétrole constitue le type intermédiaire entre les cycles, à traction animale partielle, et les automobiles, voitures à traction mécanique complète ; l’un des plus répandus est le modèle de Dion-Bouton. La charpente de la machine est celle du tricycle ordinaire, sauf que les tubes y ont subi les renforcements nécessaires; le moteur est à essence ; le réservoir ou carburateur, placé sous la selle, peut contenir 3 litres de liquide, qui représentent la dépense nécessaire pour un trajet de 50 kilomètres au maximum. Le mélange d’air carburé fait explosion sous l’influence de l’étincelle électrique fournie par une bobine d’induction actionnée par une batterie de piles sèches ; cette batterie peut fournir200 heures de travail. L’explosion produit le mouvement du piston, qui est transformé, par une bielle, en un mouvement de rotation continu ; tout le mécanisme, pour faciliter la douceur de sa marche, est plongé dans un carter en aluminium, plein d’huile ; enfin le mouvement de rotation est transmis par un engrenage aux roues motrices. Celles-ci n’ont qu’une faible hauteur (65 centimètres), pour abaisser le centre de la gravité de la machine et donner à celle-ci plus de stabilité. « Le moteur de 1 cheval 1/4, nous dit le constructeur, tourne à 1.600 tours et pèse 25 kilos ». La mise en route se fait à l’aide des pédales, qui se débrayent ensuite automatiquement du système moteur. Quant à l’arrêt, il s’obtient bien simplement en tournant la poignée du guidon, ce mouvement ayant pour effet de produire une
- interruption dans le circuit électrique ; la machine est d’autre part munie de 2 freins, l’un porte sur la roue directrice et l’autre sur le mouvement différentiel. On voit par là, la grande simplicité de ce moteur ; aussi s’est-il vite répandu, et un grand nombre de constructeurs ont adopté, pour leurs tricycles, le moteur Dion-Bouton ou une variété, infiniment voisine, ne différant de celui-ci que par quelque modification de détail peu importante.
- Une des variétés de ce tricycle se rencontre par exemple 'dans le Motocycle Corre, qui présente comme modification importante d’être susceptible de 3 vitesses, que l’on peut interchanger suivant les difficultés de la route. Il convient d’ajouter qu’au tricycle de Dion et Bouton on peut adapter un dispositif à changement de vitesse particulier, tel que celui de Guyenet, qui paraît assez simple d'application ; nous ne le décrirons pas, parce que la description est difficile sans figure.
- Le Motocycle Aubert est fondé sur le même principe que les précédents ; mais le tricycle est, en quelque-sorte, retourné; les deux roues d’avant sont directrices et la roue d’ariière unique est seule motrice.
- Les bicyclettes à pétrole sont peu nombreuses, elles sont assez dangereuses et ne sont guère en faveur auprès des touristes; aussi n’en trouvons-nous que deux modèles exposés : la Motocyclette Werner, dont le moteur est placé sur la roue d’avant, qui devient, de ce fait, à la fois motrice et directrice ; la transmission du mouvement à la roue se fait par l'intermédiaire d’une courroie, puis la bicyclette Butikofer, dont le moteur est placé en travers de la bicyclette ; ici, la transmission du mouvement à la roue motrice se fait à l’aide d’un engrenage conique.
- Cette année a vu éclore un grand nombre d'avant-trains et d’arriéré-trains, destinés à recevoir une personne, quelquefois deux, celles-ci étant simplement portées sans aucune action sur la bicyclette ou le tricycle moteur; ce système de transport, à cause de
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- sa nouveauté, a eu une certaine vogue dans le public. Dans ce genre, assez richement représenté au Salon, nous distinguerons la Yoiturette Bollée, qui se compose d’un tricycle ordinaire à pétrole, armé d’un avant-train à une ou deux places : un modèle très curieux, susceptible de subir une série de transformations successives, qui permettent de recevoir une, deux ou trois personnes à volonté.
- La Yoiturette à mouvement différentiel de Grossot peut s’adapter à toute bicyclette, dont on enlève la roue arrière ; on obtient ainsi un véritable tricycle, suffisamment stable ; cette transformation a l’avantage sur les voitures attelées au tricycle à pétrole (quinticycle), que nous verrons tout à l’heure, de présenter des facilités de virage particulières, d’être plus légères et d’avoir moins d’adhérence au sol.
- Nous signalerons aussi comme curiosité intéressante et très pratique, Y Arrière-Frein démontable, à roue unique (système Garin), qui peut s’appliquer aux tricycles à pétrole, quels qu’ils soient, et permet d’emmener avec soi un compagnon ; on peut le démonter facilement, le plier, et il occupe alors une place très réduite ; quand il est adapté au triangle, il transforme naturellement celui-ci en quadricycle (1).
- Nous citerons encore les Voiturettes Didier, système à deux roues, s’attelant à un tricycle de Dion et Bouton ; la largeur de la voiturette est la même que celle du tricycle, de façon que les cinq roues ne produisent que trois voies, ce qui est un avantage en vitesse.
- Les Voiturettes Planés présentent un grand cachet d’élégance ; on peut les adapter aux bicyclettes ordinaires, le poids de t’appendice n’étant que de 13,5 kilogrammes; un modèle particulier a été fabriqué pour les motocycles et il est susceptible de subir CInq transformations successives, qui permettent de l’utiliser à cinq usages differents ; ees voiturettes sont d’un maniement facile ; elles sont particulièrement agréables pour la Promenade, surtout sur une route en palier;
- (i) De même, Y Avant-Train Chenard, appliqué au tncyde de Dion et Bouton, transforme celui-ci en
- quadricycle.
- car la fatigue du cycliste, servant de tracteur, est bien moindre que s’il avait à supporter directement une charge même faible. Cependant la conduite des bicyclettes, surchargée de voiturette, demande beaucoup de prudence dans les virages.
- La Yoiturette quadricycle Pinède nous servira d’intermédiaire entre les quadricycles, quinticycles, etc., précédents et les voitures proprement dites, dont une partie relève de la carrosserie ordinaire. Au lieu de chercher, comme la plupart des autres constructeurs, à adapter aux voitures ordinaires à traction animale, un système de moteur quelconque, M. Pinède a voulu emprunter, d’une façon complète, aux cycles la charpente de sa nouvelle voiture ; le cadre ou bâti de l’automobile se compose alors de tubes d’acier étiré sans soudures. C’est à l’arrière qu’est disposé le réservoir à pétrole; le moteur est d’un système à quatre temps, il marche à l’essence et est de la force de 3 chevaux ; l’allumage se fait par incandescence ; la machine est à deux vitesses et c’est par un levier, placé à la portée de la main, que se font, en pleine marche, les changements de vitesse. Deux freins puissants y ont été adaptés ; l’un commande la paire de roues motrices et l’autre le volant même du moteur ; la voiturette est à deux places et peut en recevoir trois.
- Une voiturette du même genre se rencontre dans le système Luap-Le gendre, La Mignonnette. Elle ne pèse que 140 kilos et est actionnée par le moteur de Dion-Bouton.
- La Voiture G. Rivierre est encore munie du moteur de Dion-Bouton ; elle possède deux vitesses et pèse 150 kilos; ajoutons que la transmission du mouvement se fait par l’intermédiaire d’une chaîne.
- La petite Voiture Automobile Hugot, à deux places, est, elle aussi, actionnée par le moteur de Dion et Bouton ; le siège, placé à l’arrière et suspendu sur des ressorts, permet de placer deux personnes sur la voiture ; à l’avant se trouve disposé le caisson renfermant la batterie des piles et 4 litres d’essence; sur ce caisson peut d’ailleurs prendre place une troisième personne. L’arrêt est assuré par deux freins distincts, qui assurent le bloquage immédiat des roues motrices ; il y
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- a aussi 2 changements de vitesse ; le poids de la voiture est de 200 kilos.
- La Voiturette Decauville rentre dans le même type : seulement c’est une machine de luxe, de formes très gracieuses; l’allumage s’y fait électriquement : le liquide employé est la gazoline ; le réservoir contient la provision nécessaire pour une course de 200 kilomètres ; enfin le moteur a une puissance de 3 chevaux. La Voiture Gladiator, à 2 places, est aussi légère et élégante ; elle fonctionne à l’essence et l’allumage est électrique.
- La Voiturette Dumont possède aussi un moteur de 3 chevaux; sa provision d’essence est de 12 litres ; l’allumage s’y fait encore électriquement; il y a deux vitesses et deux freins, l’un procède par coincement sur le mouvement différentiel et se manœuvre par une pédale, l’autre est à patin et agit sur les roues motrices. Le poids de la voiture, qui ne comporte que 2 places, est de 160 kilos.
- La voiture Gobron et Brillié fonctionne au pétrole, mais présente comme particularité un refroidissement des gaz par une circulation d’eau ; elle présente 2 cylindres et 4 pistons. De plus, la quantité d’essence, nécessaire pour l’explosion, au lieu d’être arbitraire comme dans les modèles ordinaires, où le conducteur fait le réglage des prises d’air suivant l’inspiration du moment, est distribuée mécaniquement dans un appareil qui opère la pulvérisation du liquide et assure son mélange intime avec l’air destiné à produire le mélange explosif.
- La voiture Motocar présente aussi une disposition toute spéciale : le moteur est à vapeur d’eau et comprend 3 cylindres ; le chauffage de la chaudière se fait au pétrole, au moyen de brûleurs Longuemare : c’esl donc une véritable machine à vapeur, marchant au pétrole.
- A côté de cette machine à vapeur, nous mentionnerons quelques machines électriques : la Société du système B. G. S., qui ne construit que des modèles de grand luxe; toutes ses voitures sont munies d’un moteur unique, relié directement à un arbre muni des engrenages différentiels ordinaires ; la simplification du mécanisme a pour corollaire
- la simplification de la surveillance ; le moteur est un type assez original de dynamo actionné par des batteries d’accumulateurs.
- L’Automobile Doré est une voiture du type phaëton, à 4 places; elle est à chaîne et les accumulateurs sont montés en 3 séries ; elle comporte 3 vitesses et 2 freins.
- Les Automobiles Mors fonctionnent aussi par l’électricité ; ces voitures comportent 10 modèles différents (dog-cart, charrette, cab, coupé, phaéton, break, etc.) ; elles sont de 2 sortes, les unes ont un moteur de 6 chevaux à 4 cylindres avec 2 vitesses ; les autres ont un moteur de 8 chevaux à 2 cylindres avec 4 vitesses ; ce dernier moteur tourne à une vitesse réduite, qui fait que les voitures de ce genre sont des voitures de famille par excellence. En outre, nous remarquerons une petite voiture, élégante et confortable, elle est à 2 places et possède un moteur de 4 chevaux. En toutes ces voitures, l’allumage est forcément électrique ; le système moteur comprend à la fois des accumulateurs et une dynamo, la dynamo servant, en route, à charger elle-même les accumulateurs.
- Ajoutons que, pour le transport des poids lourds, nous avons vu des omnibus à vapeur à 20 places, des chars à bancs à 24 places, des camions, capables de porter 5 tonnes, exposés par la maison Dion-Bouton, qui, par ses différents modèles, avec ses divers moteurs, tient la tête du mouvement automobile actuel.
- Tels sont les principaux types de tricycles, quadricycles, quinticycles, voiturettes et voitures automobiles, qui ont plus vivement attiré notre attention et qui nous paraissent appelés à un certain avenir pratique; il est facile de se rendre compte par notre énumération, déjà longue, que, de toutes parts, l’industrie s’est littéralement attelée à la production de l’automobile; il est à souhaiter qu’elle réalise, à brève échéance, dans ce domaine presque tout neuf, les progrès que l’industrie du cycle fit autrefois réaliser en peu de temps à la bicyclette, devenue aujourd’hui d’un usage si courant et qui cependant, à l’origine, produisit de nombreux mécomptes et eut de graves inconvénients.
- Eugène Hoffmann.
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- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- te Stéréographe. — Le stéréographe (flg. 81) se compose, en principe, de deux groupes de miroirs inclinés de 90°; chacun des groupes ayant ses miroirs parallèles à ceux de l’autre.
- Comme le montre la figure, les deux grands miroirs sont placés dans un plan vertical de manière que leur intersection coupe l’axe de l’objectif et lui soit perpendiculaire.
- Le plan de chaque miroir sera donc incliné de 45° par rapport à l’axe. Si les miroirs sont parallèles deux à deux, et si l’axe est bissectrice de leur angle, on obtiendra sur le verre dépoli deux images du même sujet. Le miroir de droite renverra sur celui qui lui est parallèle une image correspondant à celle que donnerait l’objectif de droite d'une chambre stéréoscopique, il en sera de même pour celui de gauche. L’écartement entre les miroirs parallèles correspondra à la distance qui séparerait les deux objectifs identiques. On adoptera comme écartement 7 à 8 c.m.
- On obtient ainsi, avec un objectif et en une seule pose les deux images nécessaires à la production du relief.
- Sans doute, la puissance lumineuse de l’objectif subit un notable affaiblissement
- Fig. 81.
- Par suite de l’utilisation partielle de l’objec-hf pour chaque image et par le fait des rayons réfléchis sur les miroirs, mais il suffira de poser un peu plus longtemps.
- En outre, le tirage des photocopies est considérablement facilité puisque les images n ont plus besoin d’être transposées. Quant a 1 obturateur, on le placera entre les lentilles ou à l’intérieur de la chambre noire.
- La confection des miroirs du stéréographe présente certaines difficultés pratiques que l’on peut vaincre néanmoins assez facilement en se conformant aux indications suivantes : si l’on possède des lames d’argent de dimensions suffisantes, on les polira, puis on pourra les monter sur une planchette de bois. Les miroirs ordinaires ne conviennent généralement pas, parce qu’ils donnent des images doubles, l’une étant produite à la surface du verre, l’autre à la surface du mercure.
- Toutefois, en se servant de feuilles de verre très minces et en opérant sous une faible incidence (cas des objets rapprochés), on peut obtenir des images bien nettes. Il vaut cependant mieux faire usage de miroirs métalliques ou de glaces argentées à la surface.
- MM. Lumière ont imaginé un procédé fort pratique et surtout fort économique pour l’argenture du verre.
- On commence par préparer une solution d’azotate d’argent dans l’ammoniaque (sans excès d’ammoniaque), puis on lui adjoint une solution à 1 0/o d’aldéhyde formique. Le mélange est versé très rapidement sur la feuille de verre préalablement bien nettoyée. Il est nécessaiire que la surface entière soit couverte d’un seul trait. En cinq minutes tout l’argent se dépose sur le verre. Laver à grande eau.
- Photographie panoramique. — Des appareils très perfectionnés ont été imaginés en France pour l’obtention de tout panorama sur une seule plaque sensible (verre ou pellicule). Le cylindrographe Moësand et l’appareil de M. Damoiseau représentent les types les plus parfaits du genre. Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir recours à des appareils aussi coûteux et l’on peut fort bien prendre tout l’horizon en se servant d’une chambre noire ordinaire. Une simple modification dans le mode d’attache de la chambre au pied permet de la transformer en appareil panoramique. Sans doute, on n’obtient pas alors en une seule pose et
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- sur un seul cliché toute la ligne d’horizon, mais il est facile, avec un peu de soin, de raccorder convenablement les divers négatifs et d’obtenir ainsi un tableau complet. La plus grande difficulté réside dans le développement des clichés qui doivent être aussi identiques que possible, comme intensité et modèle.
- Le montage de l’appareil est très simple.
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- Fig. 82. Fig. 83.
- On commence par fabriquer deux planchettes dont l’une est fixée au pied, l’autre à la chambre noire. La seconde est disposée de telle sorte, par rapport à la première, qu’elle puisse tourner autour d’un point O correspondant au centre de l’objectif, comme l’indique la fig. 82-83. On place la chambre noire sur la planchette mobile de telle sorte que la verticale passant par le dia phragme rencon.tr e l’axe de rotation O. Une simple vis à tête ronde permettra de réunir les deux planchette s (fig. 84).
- Il sera bon, avant de procéder à la pose, de faire un essai préalable en examinant tout l’horizon. On verra alors combien de plaques seront nécessaires pour obtenir les 360 degrés de la circonférence. La mise au point s’effectuera sur les objets les plus éloignés et l’on emploiera un petit diaphragme.
- Le temps de pose est toujours très court par suite de la grande somme de lumière reçue par la surface sensible.
- Si l’on veut confectionner un appareil permettant de prendre en une seule pose tout
- l’horizon, on pourra se servir des indications données par M. Max Lœhr (Phot. Corres-pondenz).
- M. Max Lœhr construit un cylindrographe notablement simplifié.
- L’objectif n’a que 4 c. m. de foyer, ce qui donne une idée de la réduction du modèle. L’appareil se compose, en substance, d’une
- boîte carrée en bois noirci intérieurement (fig. 85). Le couvercle est mobile de manière à permettre d’inspecter l’intérieur et d’introduire la pellicule, mais il ferme d’une manière absolument hermétique.
- La paroi antérieure porte l’objectif, un Steinheil (aplanat universel) de 11 mm. d’ouverture, diaphragmé à f/12.
- A la distance de 2 longueurs focales, c’est-à-dire à 80 mm. du diaphragme se trouve l’axe du cylindre portant la pellicule. Cet axe est vertical. Quant au cylindre métallique, il a un diamètre tel que son rayon, mesuré du centre à l’extérieur de la pellicule, soit de 40 mm. Il s’ensuit que la pellicule coupe l’axe principal de l’objectif précisément à son foyer ; elle est donc parfaitement au point pour les objets éloignés.
- Immédiatement devant la pellicule, c’est-à-dire entre celle-ci et l’objectif, est placé un écran percé d’une mince fente longitudinale (obturateur de plaque) qui ne laisse pénétrer jusqu’à l’émulsion que les rayons voisins de l’axe, au moins dans le sens horizontal.
- Lors de la rotation de l’appareil autour d’un axe vertical passant par le centre du diaphragme, le mince faisceau de rayons
- Fig. 85.
- immililHmr pmi 11111111 /nii u üiimiHniMiiimiii uni i h 1111 1111 Vm j m n n m 11 innni
- Fig 84.
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- délimités par la fente de l’écran produit une image panoramique aérienne stationnaire de la forme d’un cylindre de rayon r = f = 40mm, concentrique à l’axe de rotation.
- Or, les dimensions du cylindre armé de pellicule correspondent exactement à celles de cette image aérienne, il s’ensuit que l’image aérienne s’imprimera sur la pellicule si une rotation complète de l’objectif a pour corrélatif une rotation complète du cylindre.
- A cet effet, les deux axes de rotation sont munis de deux roues dentées identiques, distantes par conséquent de 80 mm. d’axe en axe.
- La roue antérieure est fixe et rendue solidaire du pied de l’appareil. A cet effet, elle est percée en son centre d’une ouverture dont le.pas de vis est le même que celui de la clef du pied. La seconde roue dentée, fixée à l’extrémité de l’axe du cylindre portant la pellicule, se meut avec lui. Les deux roues étant identiques, la même vitesse angulaire est communiquée à l’objectif et à la pellicule.
- Etant donnée la faible largeur de la bande émulsionnée, chaque cliché panoramique revient à un prix peu élevé. On peut cependant diminuer encore les frais en se servant, au lieu de pellicules en celluloïd, du papier que l’on trouve dans le commerce pour les agrandissements, par exemple \le papier au gélatino-bromure de Lamy, Eastman, etc. On en découpe une bande ayant les dimensions voulues et on la fixe sur le cylindre mobile de l’appareil.
- Le papier étant moins sensible que la Pellicule, il faut ralentir un peu le mouve- 1
- ment du cylindre, afin d’augmenter le temps de pose.
- On développe les clichés, on les fixe, on les passe à l’alun et on les sèche à l’alcool, si l’on veut opérer vite.
- Comment obtenir la transparence du papier ?
- Voici un procédé dû à M. Nodon (ganot-manœuvrier). On avait déjà obtenu cette transparence au moyen de la cire, de l’huile à froid, mais ces procédés avaient de graves inconvénients : la cire se brisait facilement et manquait de transparence, l’huile s’alté-térait à la longue et piquait l’épreuve, bref on y avait à peu près renoncé.
- Les clichés étant bien secs, on les enduit au pinceau d'huile de ricin sur les deux faces, et on les comprime avec un fer chaud. Sous l’influence de la chaleur et de la pression, l’huile pénètre dans tout le tissu du papier. Le cliché est ensuite bien essuyé quelques instants dans un vernis spécial à l'alcool, puis séché.
- Le cliché est alors d’une transparence presque égale à celle du verre, et d’une limpidité aussi grande. En outre, grâce au vernis, l’huile se trouve emprisonnée et le cliché est inaltérable. On le tire comme un cliché sur verre, l’épreuve vient presque aussi rapidement et n’offre aucune trace de pointillé ni de granulé, comme cela avait lieu avec les anciens procédés. Enfin, et c’est là un avantage notable au point de vue pratique, chaque cliché coûte dix fois moins cher qu’un cliché semblable sur verre, ou sur pellicule.
- 1 (A suivre). A. Berthier.
- L’INDUSTRIE LAITIÈRE EN FRANCE
- 'industrie laitière a pris en Europe, de-W puis une vingtaine d’années, un déve-loppement considérable sous l’influence de circonstances économiques diverses, les contrées vouées par une longue tradition à cette industrie ont élargi, perfectionné leur fabrication et on a vu en même temps des régions nouvelles introduire chez elles, avec avantage, les méthodes employées par leurs devancières dans cette production de richesses.
- h industrie laitière s’est développée de très bonne heure dans quelques régions offrant tous
- les avantages possibles pour l’élevage du bétail et la production du lait : pays montagneux ou plaines-basses du bord de la mer, riches en plantureux pâturages. Lorsque le climat est constamment humide, que l’atmosphère est toujours près de son point de saturation, la production laitière est à son maximum.
- Si, au contraire, l’air est sec et chaud, si, de plus, il est souvent en mouvement, les pertes d’eau de l’organisme animal sont considérables et la lactation est forcément peu intense.
- Dans ces régions, l’industrie laitière a donc
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- naturellement toujours été négligée. De même, autrefois, le manque de débouchés pour le lait et ses produits était un obstacle sérieux à l’extension de l’industrie laitière. Aujourd’hui cet obstacle tend à disparaître de plus en plus et le monde devient d’année en année le marché offert aux agriculteurs. 11 suffit de jeter un regard sur le développement économique du Danemarck, de la Suède, de la Finlande, pour voir comment les agriculteurs de ces pays ont été amenés, par l’extension des débouchés, à écouler avantageusement les produits du lait et à faire de l’industrie laitière la base de leur activité.
- De là est résultée une amélioration de l’élevage du bétail et cette circonstance a exercé à son tour la plus heureuse influence sur l’agriculture dans son ensemble. En France et dans beaucoup d’autres pays, l’industrie laitière n’occupe pas encore dans l’agriculture le rang'qui lui convient, et l’on n’a pas encore suffisamment apprécié les ressources considérables que procure un développement rationnel de cette production.
- Après la viande, le produit alimentaire le plus important fourni par le bétail est le lait.
- Dans une exploitation agricole, le lait peut être utilisé ou vendu en nature. Il est consommé à la ferme, soit par le personnel, soit par les animaux ; le supplément est tranformé en beurre ou en fromage. De ces nouveaux produits, une partie peut encore être consommée directement à la ferme, tandis que l’autre est livrée au commerce.
- Les résidus sont utilisés de différentes façons.
- Le lait vendu par les agriculteurs peut éga-
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- cte. 3 O jfxecJaH. oU. 3O à. fOO de ZOO - 3oo de 3oo . -4ûO OLu de.' uij de dûO
- 730 /t <
- Fig. 86. — Production du lait en France.
- lement se diviser en plusieurs parties : 1° consommation en nature ; 2° transformation en beurre ; 3° transformation en fromage ; 4° traitement industriel de différentes façons pour en augmenter la durée de conservation ou pour le rendre plus facilement transportable.
- Le choix à faire par le cultivateur entre les diverses méthodes d’utilisation du lait dépend des circonstances au milieu desquelles il est placé. Chaque pays, chaque climat, chaque
- nature de terre a ses caractères particuliers.
- L’intérêt du cultivateur n’est pas de s’épuiser en luttes permanentes et vaines contre les forces naturelles, il n’a le choix des différents moyens de production qu’en apparence. Il doit s’ef f orcer d’apprécier, de mieux en mieux, la proportion, variable avec les circonstances, suivant laquelle il doit unir aux forces naturelles, prépondérantes dans la production, les forces artificielles dont il dispose, indispensables pour l’utilisa Lion et pour l’amélioration des agents naturels. Ces faitsd’une importance considérable dans la réussite des entreprises agricoles ont été observés par les agronomes de tous les temps.
- Olivier de Serres, dans son impérissable Théâtre de Vagriculture, publié en i600, en donne une idée dans les lignes qui suivent :
- « Jusqu’ici, tous mesnagers consentent en mesme avis, touchant cebestail, non au reste de son gouvernement, qui partout n’est entièrement semblable, estant diversifié par les pays et les coutumes. Plusieurs ne nourrissent les veaux, que trente ou quarante, ou cinquante jours, en tel aage les mangeans ou vendans.
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- D’autres les font tetter quelque deux mois, en attendant qu’ils prennent goust à l’herbe et au foin, pour s’en achever de nourrir, et alors les sèvrent, etc. »
- Et plus loin :
- « Quant au fourmage, la vache ne le rend si délicat que la chèvre ou la brebis quoique abondant.
- Il est néan-mo ins de grande re-queste, et comme j’ai dict,leclimat et les herbages lui donnentnom.
- A telle cause, sont en répu-t a tio n les fo u rmages d’Auvergne, cogneus par tous les lieux de la France, depuis l’une mer jusques à l’autre, où en grande quantité ils sont transportés. En autres divers endroits de ce royaume, y a aussi des montaignes fertiles en fourmages de vache, pour leurs exquis pasturages. De même se treuvent des recoins de montaigne, de couslau, de plaine, par les provinces en plusieurs quartiers, célèbres pour les bons fourmages de diverses sortes et divers laictages, etc. ».
- Ces quelques lignes montrent bien l’importance des agents naturels dans la quantité et la qualité des produits.
- Quand la production laitière est l’unique objet de l’exploitation de l’espèce bovine, les veaux ne consomment le lait que tout juste durant le temps où il présente encore les caractères du colostrum. Nous savons en effet que le premier lait possède des propriétés particulières qui le rendent indispensable au nouveau-né.
- Si, au contraire, le lait doit servir de matière première à la production du bétail, l’intérêt du cultivateur est de fournir au jeune, comme nourriture, pendant un certain temps, tout le produit de la lactation.
- L’industrie laitière sera donc normalement très développée dans le premier cas, alors
- qu’elle ne le sera que bien peu dans le second.
- Les cultivateurs peuvent vendre le lait, soit en nature soit sous forme de beurre etdefromage. Nous avons encore à examiner comment le lait vendu en nature par le cultivateur peut être utilisé.
- C’est qu’en effet il peut être consommé directe-m e n t ou traité industriellement avant sa consommation.
- Vente du lait destine à la consommation en nature. — Cette spéculation est réglée par les débouchés et les moyens de communication.
- Ce n’est qu’aux environs des grandes villes qu’elle peut se faire parce que le débouché est à la portée des produits.
- Le but à atteindre est l’arrivage à la ville, le matin de très bonne heure, du lait provenant de la traite du soir précédent. L’alimentation des villes se fait par deux sources différentes : fo production du lait dans l’intérieur des villes ou de la banlieue immédiate constituant une industrie spéciale dénommée industrie des nourrisseurs ; 2» production rurale. Au point de vue agricole, nous n’avons à nous occuper que de cette deuxième source d'alimentation des
- Fig. . — Principaux lieux de production des beurres et des fromages.
- Beurres. — Isigny, près Bayeux (Calvados). — Gnurnay, près Neufchâtel (Seine-Inférieure).—La Prévalais, près Rennes (Ille-et-Vilaine).— Fromages. — Fromages à la crème, double crème, Neufchâtel (Seine-Inférieure). — Marottes (Nord). — Camembert (Pont-l’Évêque) line, Coulommiers (Seine-et-Marne). — Géromê ou Gérardmer (St-Dié. Vosges) — Hollande (Vendée et Charente). — Cantal. — Boquefort (Aveyron). — Bleu d’Auvergne. — Gruyère (Jura, Doubs, Savoie, Haute-Savoie). — Port du Salut (près Laval Mayenne), Pont-l’Évêque (Calvados), Mont d’Or, près Lyon. — Livarot (Calvados).
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- villes. Le rayon d’alimentation des centres populeux tend à augmenter de jour en jour en proportion de l’amélioration des moyens de communication et des progrès de la science au point de vue de la conservation du lait. La vente du lait destiné à être consommé en nature donne des résultats avantageux aux campagnes voisines des villes, par suite du prix élevé des aliments de bonne qualité. Enfin, les industriels qui vendent le lait en gros utilisent, en toute saison, les laits invendus, en les transformant en fromages blancs pendant la belle saison et en fromages façon Brie pendant le reste de l’année.
- Fabrication du beurre et du fromage. -
- La fabrication du beurre donne partout des résultats satisfaisants, lorsqu’elle est pratiquée avec les soins qu’elle comporte. Dans certaines régions, par exemple sur les pâturages des montagnes, le lait produit par de nombreux troupeaux est plus avantageusement transformé en fromages à pâle dure qui se conservent longtemps et se transportent facilement. Ces deux méthodes d’utilisation du lait coïncident avec la production du jeune bétail, autrement dit la fabrication du beurre et du fromage est le complément de l’élevage. Ce fait est tout naturel, car les pays de production bovine sont situés loin des grands centres populeux sur les rivages de la mer ou sur les montagnes : Danemark, Hollande, Flandre, Suisse, Normandie, Bretagne, Auvergne, etc.
- Toutefois, il y a encore une distinction à faire entre la fabrication du beurre et celle du fromage. En effet, la première industrie, bien qu’elle se fasse dans les milieux éloignés des grands centres comme la seconde, a cependant dans certaines contrées réputées, atteint une valeur considérable.
- Il y a des beurres de choix qui sont très appréciés sur les marchés et qui arrivent à payer le litre de lait 15 à 18 centimes ; c’est un prix rémunérateur. Tels sont les beurres d’Isigny (Calvados), de Gournay (Seine-Inférieure), de Bretagne, etc. On trouve, à côté de ceux-ci, des beurres inférieurs qui ne peuvent porter le litre de lait à plus de 10a 12 centimes. C’est un prix relativement faible.
- Les fromages, comme les beurres, n’atteignent pas tous et partout les mêmes prix : il y a là des différences dues à la réputation plus ou moins grande qu’acquièrent certains produits.
- Les fromages de Brie, très renommés, payent le litre de lait 15 à 20 centimes; il en est quelques autres qui atteignent un prix presque aussi élevé. Mais la plupart ne dépassent pas 10 à 12 centimes; aussi on peut dire qu’en général, on ne fait du fromage que là où l’on est éloigné d’un grand centre, où les communications sont difficiles, enfin, dans les pays où le système de culture est peu élevé.
- D’autres considérations interviennent encore dans le choix d’une spéculation et dans la valeur des produits.
- Telle localité est renommée pour une fabrication, telle autre n’exporte qu’une marchandise de qualité inférieure, malgré les soins et les dépenses du cultivateur. Les races Jersyaise, Bretonne, Angus, donnent un lait riche en matière grasse avec lequel on produit des beurres délicieux, et cependant les soins apportés dans la fabrication sont souvent très élémentaires. Les Normandes ou Cotentines donnent ici des beurres de qualité supérieure ; là, des fromages renommés: les Schwvtz nous fournissent les gruyères et les emmenthals ; les Hollandaises sont connues pour la pauvreté de leur lait en matière grasse et même en extrait sec, etc.
- Si l’on pousse l’observation plus loin, on remarque que dans une même région où se trouvent des animaux identiques, soignés dans les mêmes conditions, un centre produira du beurre et un autre du fromage sans que l’on songe à déroger à ces habitudes. Nous pouvons même ajouter qu’il ne paraît pas toujours prudent d’essayer de les changer et que les expériences se font trop souvent aux dépens du novateur.
- Il y a là une influence de terrain dont on voit les effets, mais dont les causes sont encore assez obscures. Les beurres qui atteignent les plushaulsprixproviennenlde terrains primaires ou secondaires pauvres en calcaire assimilable. Isignv et ses environs se trouvent sur les terrains pierreux et jurassiques, Gournay et le pays de Bray sont sur l’infracrétacé, les beurres de Bretagne les plus réputés viennent des localités situéessur le silurien etledévonien.
- Les pays producteurs de fromages sont, au contraire, en général, situés sur des terrains calcaires. Les régions de la Normandie renommées pour leur Camembert : Evreux, Dreux, etc., sopt sur l’éocène ; il en est de même de la
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- plus grande partie de la Brie et du Soissonnais, etc.
- L’altitude, la construction géologique sont autant de causes modificatrices de la qualité du lait et de ses dérivés. On a remarqué que les vallées du Doubs inférieur et de l’Ognon produisent des fromages moins fins et moins parfumés que les altitudes de 1.200 à 1.300 mèt.
- Les pâturages établis sur les tourbières donnent un lait abondant, mais de qualité inférieure. Il y a longtemps que l’on a fait cette remarque que les meilleures prairies d’embouche sont situées sur le lias. L’histoire de la race charolaise est très curieuse à ce sujet.
- En résumé, nous arrivons encore à ce résultat curieux et lourd de conséquences à savoir que, dans l’état naturel des choses, les produits sont le reflet exact du milieu dans lequel ils se sont formés. Mais il est possible, par la connaissance approfondie des causes modificatrices, d’améliorer certains agents de la production dans un but déterminé.
- Dans ce siècle de lumière, la science a marché à pas de géant et a eu comme conséquence un développement extraordinaire de toutes les industries. Il n’y a encore pas bien longtemps, les producteurs marchaient dans un monde inconnu, les produits offraient des variabilités dont on ne s’expliquait pas les causes. Aujourd'hui, on se rend compte de la plupart des phénomènes qui se passent dans les différentes transformations de la matière première.
- Ces progrès, dans l’industrie laitière, sont dus surtout à l’introduction d'appareils mécaniques puissants dont l’emploi a coïncidé avec une profonde révolution dans les habitudes agricoles.
- Quand les communications étaient difficiles, chacun travaillait pour son compte les produits obtenus dans sa ferme ; aujourd’hui, on trouve avantageux de centraliser les matières premières pour les traiter méthodiquement à l’aide d’instruments perfectionnés. C’est ainsi que notamment la production du beurre a provoqué la construction de très nombreuses usines'dans lesquelles est traité le lait produit autour d’elles dans un rayon assez étendu.
- Au lieu de centraliser les beurres hétérogènes de toutes provenances et de toutes qualités, ayant même subi une certaine altération, on centralise la matière première, le lait; pour le travailler uniformément et dans les meilleures conditions possibles.
- Ou peut facilement concevoir qu’alors le produit obtenu sera de bien meilleure et surtout de qualité uniforme. Les beurres danois sont toujours cotés au-dessus de nos meilleures marques de Normandie et la différence est quelquefois très sensible.
- Cependant les Danois peuvent nous envier nos riches herbages de la Normandie ainsi que nos pâturages situés sur le littoral armoricain dont les herbes rares, mais parfumées, donnent aux beurres un arôme des plus agréables. Lorsqu'on étudie les différents agents de la production laitière, il semble que la France doive être mieux partagée à tous égards au point de vue de la matière première et qu’elle soit par conséquent à même de fournir des produits meilleurs et que le commerce devrait payer plus cher.
- Notre infériorité réside certainement dans notre mode de fabrication.
- Les Danois tirent un meilleur parti que nous d’une matière première qui est de qualité tout au plus égale à la nôtre. Ils ont étudié les procédés nouveaux et ont franchement mis de côté tous les anciens errements pour suivre avec le plus grand soin le conseil d’hommes compétents. Les praticiens expérimentent, ils observent rigoureusement les préceptes donnés par la science: maturation de la crème, température de barattage, etc.
- L’exemple donné par les Danois ne restera pas sans effet. Nous constatons déjà une fabrication meilleure, conséquence d’une connaissance plus étendue sur l’industrie et d’une organisation technique plus rationnelle. Sans doute, la marche en avant s’effectue lentement, mais, à voir les résultats déjà obtenus, on peut prédire que l’élan vers le mieux ne s’arrêtera pas.
- D. Allard.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 30 Janvier, 6 et 13 Février 1899.
- Sur l’explosibilité de l’acétylène aux basses que la solubilité de l’acétylène dans l’acétone températures. — M. Georges Claude a constaté augmente avec une rapidité extrême lorsque I9
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- température diminue, surtout quand on arrive aux environs du point de congélation de l’acétylène, soit — 80°. A cette température, sous la seule pression atmosphérique, l’acétone dissout plus de deux mille fois son volume d’acétylène.
- Un fil de platine, traversé par un courant électrique susceptible de le porter au rouge éblouissant, peut être maintenu indéfiniment dans cette solution à 2000 vo1 sans en provoquer la décomposition explosive.
- Ce résultat a conduit M. G. Claude a un autre essai du même ordre et plus intéressant, en employant l’acétylène liquide lui-même, soumis à une température voisine de son point de fusion (— 8°) et présentant alors une tension de vapeur de 1 *tm, 3 seulement. Cet acétylène se comporte exactement comme la dissolution précédente à l’égard d’un fil de platine rougi dans sa masse.
- Cette propriété permet de combiner un procédé de liquéfaction de l’acétylène totalement exempt de danger par l’action simultanée d’une température de — 80° environ et d’une pression voisine de 1atm, 3 absolue.
- ***
- Changements de volume subis par les organes dans les bains turcs. — MM. Blanchi et Régnault ont examiné, au moyen du phonen-doscope de M. Bianchi, l’état des principaux organes pendant la période de sudation des bains turcs et comparativement après l’action de la douche froide.
- Pendant la sudation, le cœur, le foie, les poumons se dilatent. L’estomac, s’il est vide, se dilate aussi. Mais, s’il est plein, il se resserre.
- Dès qu’on abaisse la température, soit par la douche, soit par l’action de l’eau froide de la piscine, on observe une diminution de volume de tous les organes, les bains constituent donc une sorte de gymnastique des organes, une espèce de massage physiologique.
- A TRAVERS
- L© Castor du Rhône. — Dans une séance récente de la Société d’études des sciences naturelles de Nîmes, M. Galien Mingaud, son secrétaire général, a fait savoir qu’à sa connaissance neuf castors auraient été tués cette année, soit dans le Gardon, soit dans le Rhône : trois dans le Gardon, entre l’embouchure de cette rivière et le pont du Gard ; six dans le Rhône, dont deux entre Arles et Pont Saint-Louis-du-Rhône et les quatres autres entre Fourgues et Sylvéréol.
- Au lieu d’exterminer ces gros rongeurs
- Sur le mécanisme de l’étincelle électrique.
- — M. André Broca a étudié le mécanisme de l’étincelle électrique. Partant de cette conception que les rayons cathodiques sont dus à une émission de particules infiniment petites, il a été conduit à donner à l’ampoule de Grookes une forme spéciale de manière à éliminer l’influence de l’enveloppe sur le phénonème. Cette forme est la forme sphérique, accolée à deux courts tubes fermés, placés aux extrémités d’un même diamètre. Les extrémités des deux fils de platine sont ensuite disposées de manière à n’être séparées que par un intervalle extrêmement faible. Dans ces conditions, une forte bobine produit une étincelle très brillante. En plaçant cette ampoule dans un champ magnétique, il a réussi à séparer deux effluves et à mettre en évidence leur existence. De l’anode s’échappe des particules de métal, tandis que de la cathode sort un flux de particules légères. La trace des deux effluves est révélée par l’examen de l’ampoule.
- +**
- L’arbre à graisse. — M Gaston Bonnier communique une note de M. Heckel, professeur à la faculté des sciences de Marseille, sur l’organisation et la composition chimique d’une graisse industrielle du Congo français C’est la graisse d’un grand arbre du genre allanblackia ; elle renferme en grande quantité une oléostéarine douée de propriétés importantes au point de vue de l’industrie stéarique. Les graisses d’allanblackia deviendront certainement l’objet d’un commerce important. Du moins, tel est l’avis de M. Heckel.
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- Election. — M. Roux, dans la séance du 30 janvier, a été élu membre dans la section d’économie rurale en remplacement de feu M. Aimé Girard.
- LA SCIENCE
- sans grand profit pour celui qui les tue, puisque la prime a été supprimée, reconnaissant ainsi la nullité des dégâts dont on lés chargeait, les propriétaires riverains du Rhône et du petit Rhône devraient veiller au contraire à leur conservation et les laisser se multiplier, afin d’établir des élevages de castors, comme l’a fait un propriétaire de Géorgie.
- A la ferme américaine, ces animaux se trouvent au nombre de 200 jeunes et vieux; ils sont logés dans une vallée où ils dis-
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- posent de 450 hectares^ environ ; ils ont de l’eau fournie par un ruisseau partiellement endigué et pleine liberté leur est laissée. Chaque année on en tue un certain nombre pour vendre la peau ; les autres sont gardés pour la reproduction.
- Il nous semble que, dans certaines régions de la Camargue qui se prêtent mal à toute culture, l’élevage des castors serait praticable.
- Les éleveurs pourraient vendre la fourrure des animaux adultes ou même vendre les animaux vivants aux jardins zoologiques, en réservant toujours quelques couples pour la reproduction.
- La castoriculture nous paraîtrait devoir entrer dans les revenus de la ferme tout aussi bien que l’élevage des lapins. Nous serions sûrs alors, en faisant du castor un animal semi-domestique, de ne pas voir disparaître de notre faune une si intéressante espèce de mammifère.
- Au point de vue du produit, on sait que le castor est chassé de temps immémorial pour sa peau qui fournit une fourrure épaisse et douce. Une peau brute de castor du Rhône vaut en moyenne 8 francs, mais une fois tannée et débarrassée des jarres ou longs poils durs, elle est prête à servir de fourrure et vaut alors environ 12 francs. Nous ne parlerons ici que très incidemment d’un autre produit, le casloréum, dont l’usage médical diminue tous les jours.
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- Statistique des animaux domestiques. —
- Une revue étrangère, se basant sur les plus récentes statistiques fournies par le ministère de l’agriculture des divers pays, donne sur cette question les renseignements suivants. Actuellement, en chiffres ronds, l’on peut compter sur notre globe : 9 millions d’ânes et de mulets, 32 millions de chèvres, 67 millions de chevaux, 104 millions’ de Porcs, 312 millions de boeufs et de vaches, ot 511 millions de moutons, soit en tout L035 millions de têtes de bétail. Le chiffre est coquet. La France possède un peu plus de 60 millions de moutons, l’Angleterre en a 27 millions et l’Allemagne 14. Ce sont les principaux pays d’élevage en Europe. Mais le record appartient sans conteste à l’Australie
- qui n’a pas moins de 120 millions de moutons. Dans certains districts, il n’est pas rare de rencontrer des troupeaux, de 15 ou même 20.000 têtes.
- ***
- Une belle plante d’appartement. — Le
- Lepismium Knightii est une plante de forme générale allongée et dont les rameaux sont étendus, pendants, vert foncé, triangulaires, un peu déprimés, avec les arêtes vives et entaillées.
- Les entailles des jeunes pousses sont recouvertes de petites écailles rouges et p oi n t u e s sous lesquelles se déve lop-pent des touffes jaunâtres qui, à la pointe, constituent une véritable queue chevelu e. A la maturité de la pousse, ces écailles et ces espèces de cheveux disparaissent.
- Quand le bouton se forme, les entailles se couvrent de nouveau d’une chevelure grisâtre, dans laquelle sont placées les tiges et les fleurs.
- Les fleurs apparaissent en grand nombre, de novembre jusqu’au printemps, et souvent une seconde fois pendant l’été, se succédant progressivement dans les mêmes entailles ; quelquefois, mais le cas est rare, la même entaille porte deux fleurs à la fois.
- Le fruit consiste en une baie triangulaire dont le côté est fourchu.
- Cette plante, qui constitue un des plus jolis ornements pour un appartement, en raison de son abondante floraison, est originaire du Brésil méridional.
- Fig. 88.
- Lepismium Knightii, feuilles et fleurs
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- Production de l’acétylène par le carbure de calcium. — Un kilogramme de carbure de calcium, chimiquement pur, produirait, par son action sur l’eau, environ 345 litres
- Fig. 89.
- d’acétylène. Les carbures du commerce en donnent notablement moins, par la raison qu’ils contiennent des impuretés, en plus ou moins grande proportion. La quantité d’acétylène que peut dégager un kilogramme de carbure donne la valeur pratique de ce carbure, et permet d’exprimer le pourcentage de carbure pur qu’il contient.
- Le graphique ci-contre permet de faire la comparaison plus facilement, en corrigeant du même coup l’action de la pression atmosphérique et celle de la température. Le graphique donne les volumes d’acétylène que dégage un kgr.de carbure pur aux diverses pressions et aux diverses températures.
- Si l’on a, par exemple, opéré à la pression de 770 millimètres et à la température de 15 degrés, on suivra la ligne horizontale 15 jusqu’à sa rencontre avec la ligne oblique 77. La ligne verticale qui passe par le point de rencontre vient couper la ligne horizontale du bas de la figure, en un point qui donne le chiffre cherché (335 litres) fig. 89.
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- Les chevelures rousses. — Un médecin aconstaté que les chevelures rousses sont moins sujet tes à la chuie que foules les autres. 11 en donne cette raison: les cheveux roux sont relativement très gros. Trente mille suffisent à couvrir convenablement la tèle d’un roux, tandis qu’il en faut 105.000 en moyenne, c’est-à-dire plus du triple pour ombrager efficacement le crâne d’un brun. Quant aux blonds et aux blondes, avec 30.609 cheveux, ils sembleraient presque chauves, aussi en ont-ils couramment des 440.600 à 1G0.000. Cinq cheveux blonds occupent donc, en moyenne, la même surface qu’un seul cheveu roux.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Colle imperméable. — Pour obtenir une colle imperméable, on fait tremper de la colle forte ordinaire dans de l’eau jusqu’à ce qu’elle se ramollisse, on la retire avant qu’elle ait perdu sa force primitive , après quoi, on la met dissoudre dans de l’huile de lin ordinaire, sur un feu très doux, jusqu’à ce qu’elle se prenne comme une gelée.
- Cette colle peut alors servir pour assembler toute espèce de matières, puisque, outre sa force et sa dureté, elle a l’avantage de pouvoir résister à l’action de l’eau.
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- Traitement de l’ongle incarné. — M. le
- Dp Tardif préconise contre cette affection, le traitement suivant qu’il appliqua dans un cas où le patient ne voulut jamais consentir
- à une opération. Le résultat obtenu a été excellent et voici on quoi consiste ce traitement.
- Avec une allumette taillée en biseau, une tige fine, pas trop dure, on glisse entre l’ongle et le bourrelet fongueux, une mince couche d’ouate suffisamment longue pour que sa partie libre puisse recouvrir toute la partie saine de l’ongle. Avec une autre mèche d’ouate placée parallèlement à la gouttière unguéale, on garnit la partie saine des chairs. On obtient ainsi un isolement assez complet du bourrelet fongueux entre deux couches de coton; on dépose alors dans cette rainure du nitrate de plomb, en le tassant doucement, puis on recouvre d’ouate et on ferme avec une bande de gaze.
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- Au bout de 4 à 5 jours, les parties enflammées sont cautérisées, parcheminées, et on peut alors glisser de l’ouate sous l’ongle et le forcer ainsi à pousser dans des conditions normales.
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- Installation d’une bibliothèque. — Les
- personnes qui tiennent à prolonger l’existence de leurs livres feront bien d’observer les précaution;- suivantes :
- En premier lieu, il faut éviter les bibliothèques vitrées : l’air n’y circule pas et leur atmosphère confinée est tout particulièrement favorable aux insectes destructeurs de livres et aux moisissures.
- En second lieu, il convient de placer derrière les livres, comme de vigilantes sentinelles, quelques petits morceaux de drap ou de flanelle mouillés d’essences de térébenthine, de benzine, d’acide phénique ou de jus de tabac, suivant les goûts. Cette précaution, renouvelée de temps à autre, donne d’excellents résultats.
- ***
- Dorure de petits objets. — Dissolvez t gr. d’or pur dans deux cuillerées à soupe deau régale (acide nitromuriatique) ; évaporez presque à siccité, puis redissolvez dans 1 litre d’eau et ajoutez 8 gr. de cyanure de potassium et 4 gr. d’alcali volatil ; faites bouillir 4 à 5 minutes et filtrez, le bain est ainsi prêt ; pour dorer, il n’y a plus qu’à Prendre une petite plaque de zinc, poser dessus l’objet à dorer et le tremper dans le
- bain. Au bout de quelques secondes, vous aurez déjà une coloration jaune, brillante comme de l’or solide. Ce procédé extrêmement simple et facile à suivre, puisqu’il n’exige pas l’emploi d’une pile, a été expérimenté pendant plusieurs années. En ajoutant un peu plus de cyanure de potassium et quelque peu de sulfate de cuivre, on peut se servir du même bain pour avoir de l’or rouge.
- Quelques amateurs non outillés pour cette opération, craignent les vapeurs produites par l’évaporation de l’acide ; on peut alors procéder autrement.
- Mettez votre eau régale dans une tasse, ajoutez l’or et placez-la hors de la fenêtre pendant 2 heures. Au bout de ce temps, l’or sera probablement dissous. Ajoutez alors 100 à 150 gr. d’ammoniaque liquide et filtrez. L’ammoniaque et l’acide passeront, tandis qu’il restera sur le papier à filtrer une masse jaunâtre. Après avoir laissé égoutter, mettez le tout, masse jaune et papier, dans la solution de cyanure de potassium dont nous avons parlé plus haut, faites bouillir jusqu’à ce que le papier se soit désagrégé et filtrez. Dans ce procédé, il est nécessaire que tout l’acide et l’ammoniaque aient disparu; sans cela, le résultat ne serait plus le même, aussi vaut-il mieux laisser la masse dans l’entonnoir une demi-heure de plus qu’il ne paraît nécessaire, pour leur laisser le temps de s’évaporer.
- On peut aussi laver sur le filtre avec un peu d’eau distillée.
- LES PETITS ACCIDENTS DU TRAVAIL MANUEL
- LE MARTEAU
- E marteau peut, soit écraser en tout ou partie le doigt, la main ou un membre, soit prendre une partie de entre l’objet qui doit en recevoir le choc et le marteau lui-même.
- Ce dernier cas est le plus simple, le moins grave, le plus fréquent, c’est celui que nous considérerons aujourd’hui.
- En peau est-elle seulement pincée, qu’on éprouve sur le moment une sensation douloureuse, très pénible, due à l’écrasement des papilles nerveuses qui constituent, en l’épi-
- derme, le sens si délicat du toucher, ces papilles ne sont autres que les épanouissements d’une infinité de petits filets nerveux, rameaux eux-mêmes de nerfs volumineux qui transmettent au cerveau les impressions sensitives de l’extérieur ou reçoivent de l’être les ordres qui se traduisent alors par des mouvements.
- Aussi sous l’action du marteau, retirons-nous — trop tard dans le cas particulier — instinctivement la main ; il y a eu aller et retour de la main au cerveau. En outre de la sensation douleur, sensation nerveuse, il se produit au
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- bout de quelques minutes une petite boule à l’endroit pincé, d’où le nom de pinçon, ampoule, cloche, phlyctène. C’est le contenu des petits vaisseux sanguins écrasés par le choc qui se répand. Le contenu en est noirâtre et s'extravase, c’est-à-dire gagne quelque peu sur les tissus environnants, de sorte qu’en dehors de l’ampoule proprement dite on a une zone douloureuse, parfois colorée, beaucoup plus étendue. Une sorte de repercussion s’est faite à distance. Enfin l’ampoule est formée, c’est le pinçon.
- Deux modes de traitement pratique sont ici possibles .
- L’ampoule étant surtout gênante par sa grosseur, sa rotondité proéminente, la douleur que sa pression occasionne, la première indication est donc delà faire disparaître : soit par la pression (2), soit par la perforation qui la vide (3).
- Pour la pression, faire tenir la main tendue, et si c’est au pouce par exemple, appliquer la partie charnue du pouce de l’opérateur — qui n’a nul besoin d’être médecin, cela va sans dire — sur le centre de l’ampoule et appuyer en allant du centre vers la circonférence et ainsi dans tous les sens. Cette pression douce et continue fera rentrer en quelque sorte l’épanchement sanguin dans les vaisseaux d’où il est sorti et la guérison se fera assez rapidement. L’avantage de ce système est le maintien de
- l’intégrité épidermique. Une simple couche de collodion empêchera la peau de se distendre et la reprise du travail sans autre pansement, même pour une ampoule très étendue, pourra ainsi se faire immédiatement.
- Pour le percement de l’ampoule, l’avantage est la plus grande rapidité de guérison ; et l’inconvénient, la nécessité de ne pas se servir du pouce, sinon,— qu’il y ait ou non pansement
- exclusif — il y a des frottements irritatifs d’un é-piderme non intact. Alors une petite suppuration ou des ampoules secondaires se peuvent produire. f,mant au p ercement lui-même, il est des plus simples, il faut percer l’ampoule à sa partie la plus déclive pour que le liquide J s’en écoule naturellement, au besoin on y aiderait par une douce pression faite en haut au-dessus de la piqûre.
- Le pansement sera encore une légère couche de collodion qui se forme immédiatement. Au besoin, une bande analogue à celle que nous avons indiquée le mois dernier complète le pansement.
- Dans tous les cas, il faut conserver l’épiderme, sinon la plaie s’éternise.
- Dr Fctveau de Courmelles.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d'Assas.
- Fig. 90. — Les petits accidents du travail manuel, le marteau : 1. formation du pinçon. 2. traitement par la pression. 3. traitement par la perforation.
- La Eère. — lmp. Bajen, 13, rue, Neigre.
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- LA MACRE OU CHATAIGNE D’EAU
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- a mâcre (Trapa bicornis) est une plante aquatique qui appartient au genre Trapa de Linné ; les botanistes actuels rangent la mâcre dans la famille des
- destinée à la faire flotter ; à leur aisselle se développent les fleurs qui sont solitaires.
- En Europe, la mâcre flottante (Trapa natans) représentée par notre gravure (fig. 91) est la
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- Fig. 91. — La mâcre ou châtaigne d'eau.
- Onagrariacées. Il en existe plusieurs espèces répandues dans les nombreux étangs de notre pays.
- La racine plonge dans la vase ; la tige, dépourvue de feuilles, ou plutôt sur laquelle les Quilles sont réduites à une simple nervure, s élève verticalement jusqu’à la surface de l’eau ou elle se termine par un bouquet de feuilles assez rapprochées, disposées en rosette. Chaque euille supérieure porte une sorte de vésicule
- 2* Série — N» 56. — 16 Mars 1899.
- plus connue et on l’y désigne sous les différents noms de châtaigne d’eau, marron d’eau, marron cornu, corniolle, cornuelle, noix d’eau, galurin, échardon, truffe d’eau, etc.
- Le fruit est comestible; son goût rappelle celui de la châtaigne ; on le consomme généralement cuit, en entier ou réduit en purée ; séché et réduit en farine, il donne une très bonne bouillie. Certaines populations confectionnent du pain d’un goût excellent en mêlant
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- un tiers de farine ordinaire avec deux tiers de farine de mâcre.
- Les feuilles fraîches peuvent être consommées par le bétail.
- Cette plante aquatique est d’autant plus précieuse qu’elle ne demande aucun soin de multiplication ou d’entretien, et qu’elle utilise des surfaces entièrement perdues pour la culture.
- La mâcre est très estimée en Chine où, sous le nom de ling, elle constitue un aliment de premier ordre, surtout dans les régions où la
- culture du riz est peu répandue.
- La récolte qui s’effectue en septembre-octobre, donne lieu à des fêtes analogues à celles de nos vendanges. Le ling est vendu sur les grands marchés de la Chine comme on vend des noi-j settes ou des châtaignes en Europe.
- La mâcre vient bien dans les eaux profondes contenant peu de calcaire. L’ensemencement se fait à l’automne, en enfonçant les fruits dans la vase ; il a lieu une fois pour toutes, car la plante se ressème d’elle-même.
- E. Mângart.
- VARIÉTÉS RÉTROSPECTIVES
- UN VOYAGE EN BALLON (suite) (i)
- (.Episode du siège de Paris, en 1870)
- e lendemain matin, 14 novembre, je partis, conduit par un domestique et emmenant un cheval que M. Lignier avait mis à ma disposition tant que j’en aurais besoin. La voiture était de louage pour ne pas attirer l’attention. Mon objectif était Auxerre, ville non encore occupée par l’ennemi, et qui me convenait d’autant mieux qu’une partie de ma mission concernait le préfet de l’Yonne. M. Ligûier m’engagea à éviter Troyes, et à gagner Auxerre par Bar-sur-Seine et Tonnerre; il me remit plusieurs lettres de recommandation.
- Par des routes assez détournées, nous arrivâmes, sans autre rencontre que des Prussiens isolés fort indifférents, au bourg du Vendœuvre : M. Lignier m’avait remis une lettre pour M. Hément, maire ; mais en même temps que moi, arrivaient 1,500 Prussiens avec 5 à 600 chariots ; impossible de voir le maire pour lui demander conseil.
- Je déjeunai avec mon conducteur dans une auberge située en face le chemin de fer, sur lequel, hélas ! ne passait plus depuis longtemps aucun train ; nous étions au milieu des Prussiens, mais il fallait laisser reposer le cheval. Après déjeuner, j’appris que le maire avait un frère médecin ; nous allâmes le trouver et il m’adressa, en me remettant lui-même sur la route, à son ami M. Chatel, notaire à Beurey. Nous fûmes, par exemple,
- (1) Voir le n° 53, page 66.
- obligés, pour éviter les Prussiens qui auraient pu réquisitionner notre cheval, de prendre un chemin en construction, sur lequel il n’y avait encore, en fait d’empierrement, que des blocs de 30 à 60 centimètres de côté.
- M. Dagron avait aussi été de Dampierre à Nogent avec le docteur Mosment, qui m’avait promis de s’en occuper, et de Nogent à Pougy où M. Lignier lui avait indiqué le même itinéraire; mais, à Vendœuvre, les voitures de M. Dagron eurent peur de voir réquisitionner leurs chevaux ; on revint à Pougy, et M. Dagron se rendit à Auxerre en passant par Arcis-sur-Aube et Troyes, et en courant des dangers bien plus grands que ceux qu’il avait cru devoir éviter à Vendœuvre.
- M. Chatel me fit conduire par son fils chez son frère, huissier à Bar-sur-Seine, qui me donna une cordiale hospitalité. Cette ville avait été traversée la veille par 5,000 Prussiens, et on en attendait autant le lendemain : j’arrivais dans un bon moment.
- Chez toutes les personnes que j’ai citées, j’ai trouvé un accueil excessivement affable; toujours regardé au premier moment avec défiance, à cause de mon costume, j’avais à peine dit que j’arrivais de Paris en ballon, que j’étais reçu à bras ouverts. J’avais, du reste, de quoi satisfaire la curiosité de tous ces braves cœurs qui ne savaient de nouvelles que ce que les Prussiens voulaient bien leur dire : je payais ainsi leur hospitalité.
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- Le sous-préfet de Bar, M. Deurle, à qui M Lignier m’avait recommandé, et que j’eus le plaisir de revoir plus tard à Tours, me procura une voiture qui, le 16, à quatre heures du soir, me déposait à Tonnerre, où l’ennemi n’avait pas encore paru.
- En entrant en ville, j’eus grand plaisir à voir des gardes nationaux en costume; je crus pouvoir enfin respirer et modifier un peu l’état de ma toilette ; mais je n’étais pas encore au bout de ma course !
- A la sous-préfecture, où je me rendis d abord, je trouvai une grande foule demandant des fusils pour repousser les Prussiens que l’on signalait à quelques lieues. Je vis M. Soisson, sous-préfet, par qui, malgré sa perplexité, je me fis donner d’abord un sauf-conduit pour Auxerre, et qui me donna rendez-vous pour dîner dans un hôtel qu’il m’indiqua ; mais à peine arrivé à cet hôtel, j appris que les Prussiens n’étaient plus qu’à quelques kilomètres, et comme leur habitude en arrivant dans une ville, est en général d’empêcher d’en sortir qui que ce soit, je commandai de suite une voiture, et je me fis servir à dîner, sans attendre M. Soisson. Je
- n étais pas encore à table que je voyais défiler devant l’hôtel 21 uhlans, pistolet au poing; sans demander le moindre renseignement, ils arrivaient par de petites rues très directes devant la sous-préfecture, où 1 on discutait encore si, oui ou non, on se défendrait.
- Cette vue me détermina à partir de suite à Pied, la voiture devait me rejoindre sur la route. Je fis plus d’une lieue sans rien entendre venir que des cavaliers au grand galop, qui n’étaient autres que des gens des environs allant annoncer chez eux l’arrivée des Prussiens. Comme il y a neuf lieues de Tonnerre à Auxerre, et que j’en avais fait déjà dix-huit en voiture ce jour-là, la perspective de faire la route à pied, et de nuit, n;e me souriait que médiocrement. Enfin, J entendis une voiture rouler : c’était la mienne.
- A chaque instant, j’étais arrêlé par des gardes nationaux qui croisaient la baïonnette en travers de la route, ou en faisaient le geste, s’ils n’avaient pas de fusil ; l’un d’eux, meme, ayant pris mon sauf-conduit pour le montrer au chef de poste, qui seul savait
- lire, me laissa, à mon grand ébahissement et malgré la pluie battante, son képi en gage, sans doute pour me donner la certitude qu’il reviendrait.
- A Chablis, ce fut plus sérieux : je fus invité, sans pouvoir refuser, à aller trouver le maire. Des gardes nationaux prirent le cheval par la bride, et j’arrivai, toujours en voiture et escorté de falots, à l’hôtel de ville où le maire, entouré de plus de cinq cents personnes, me demanda si, réellement, les Prussiens étaient à Tonnerre; le bruit seul leur en était arrivé. Je pus et je dus leur affirmer que je les avais vus de mes yeux. On me laissa alors continuer ma route et, à onze heures et demie, j’arrivai, toujours dans le même costume, à la préfecture d’Auxerre.
- M. Ribières, préfet de l’Yonne, quoiqu’en plein conseil de défense, me reçut dès que je lui eus fait passer ma carte, avec la mention : arrivé de Paris en ballon. Je lui remis une lettre de M. Rampon, et, après avoir satisfait un peu sa légitime curiosité, je me retirai après avoir pris rendez-vous pour le lendemain matin, huit heures. M. Ribières me fit conduire à un hôtel où je soupai enfin tranquillement, et je me couchai, ayant assez des 110 kilomètres que j’avais faits ce jour-là, tant à pied qu’en voiture ; il était une heure du matin.
- A quatre heures du matin, je suis réveillé en sursaut par un tapage infernal; des tambours, des clairons, le rappel, la générale ; on frappe à toutes les portes, on réveille officiers, soldats. Les Prussiens arrivaient, disait-on, et ordre était donné à toutes les troupes d’évacuer la ville au plus vite. Je me levai en maugréant de ne pouvoir passer enfin une nuit tranquille, dont j’avais pourtant grand besoin, et je cherchai à voir M. Ribières, pour lui demander ce que je devais faire. Ce ne fut pas chose facile ; je ne connaissais nullement la ville, et je traînai longtemps sur un pavé raboteux des chaussures qui me blessaient horriblement, avant de pouvoir arriver à la préfecture. De la préfecture, on me renvoya à la mairie, de la mairie à la préfecture. De guerre lasse, je découvris le domicile particulier de M. Ribières, et il me dit que rien ne pressait, et que notre rendez-vous tenait toujours.
- Je profitai de ce que l’alerte avait réveillé
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- tout le monde pour acheter un costume un peu plus présentable, ce qui fut difficile; car, en vue de l’arrivée des Prussiens, toutes les marchandises étaient déjà cachées; enfin j’achetai l’indispensable, et ce fut avec bonheur que je changeai absolument de tout.
- Je vis M. Ribières à l’heure indiquée, mais impossible de causer, tant la défense lui occasionnait de visites et de demandes plus ou moins saugrenues; ce ne fut qu’en déjeunant avec lui que je pus parler librement.
- L’après-midi j’assistai à un conseil de défense auquel prenaient part les officiers de la garde nationale, et même des simples soldats. Les dépêches se succédaient sans interruption, annonçant les mouvements de l’ennemi ; j’eus même à donner mon avis sur la question en me basant sur ce que j’avais vu et entendu dans le cours de mon voyage. La défense fut résolue, mais les Prussiens ne vinrent définitivement qu’un mois après.
- Ils étaient pourtant venus à Chablis la veille au soir, deux heures seulement après mon passage ; mais les coups de fusil qui les accueillirent les firent se replier, et s’ils revinrent deux jours après imposer une contribution à cette ville, ils n’allèrent pas plus loin pour le moment.
- C’est pendant cette journée du 16 novembre que je vis affiché dans les bureaux de poste un décret de la Délégation en date du 6 novembre, établissant à Tours le service de la correspondance privée avec Paris au moyen des pigeons voyageurs et de la photographie microscopique.
- Ce décret m’étonna ; je ne pus avoir à Auxerre aucun éclaircissement à ce sujet. C’est ce fait qui, joint à l’ignorance complète où j’étais du sort de mes compagnons, me détermina à passer par Tours avant de me rendre à Clermont où m’appelait ma mission.
- Dans la soirée, je m’entendis avec M. Bert, professeur de physiologie à la Sorbonne et secrétaire général de la préfecture, pour organiser un service de messagers qui iraient jeter dans la Seine, le plus près possible de Paris, des boules flottantes contenant des dépêches. Nous fabriquâmes même quelques-unes de ces boules dans lesquelles j’insérai, à plusieurs exemplaires, un compte-rendu de notre expédition et les nouvelles générales les plus importantes. Ces essais furent
- jetés dans l’Yonne, mais ne furent pas reçus à Paris, où cependant deux lignes de barrage parlaitement surveillées étaient établies à cet effet.
- A minuit, je prenais congé de M. Ribière, et à cinq heures du matin je partais avec le courrier pour Bonny, station de la ligne de Montargis à Nevers. A une heure et demie, le train arrivait, et je me trouvai, avec une impression de bonheur que je n’oublierai jamais, installé dans un compartiment de première classe dans un train français, sur une ligne exploitée par des Français, et où je croisais à chaque instant des trains remplis de soldats français, dont la vue me remplissait d’une satisfaction indéfinissable.
- Sans m’arrêter, je continuai ma route sur Tours, où par suite de l’encombrement des lignes, je n’arrivai que le lendemain 18, à midi et demi, exténué de mes six jours de voyage.
- Je ne parlerai pas de l’aspect de la ville de Tours, siège de la délégation du Gouvernement, les journaux l’ont assez décrit. Toujours est-il que, par suite de l’immense affluence d’étrangers, à deux heures et demie je n’avais encore rien pris depuis la veille six heures. Quant à un gîte, je fis toute la ville sans pouvoir en découvrir, et j’aurais été dans un cruel embarras sans de bons amis que je rencontrai par hasard, et qui m’offrirent pendant tout le temps de mon séjour une charmante hospitalité.
- Le jour même de mon arrivée, je vis M. Gambetta, ministre de l’Intérieur et de la Guerre, etM. Steenackers, directeur général des télégraphes et des postes. Je ne m’étendrai pas sur mes rapports avec eux, car la politique doit être ici mise de côté. Je peux dire,néanmoins,que mamission fut considérée comme attentatoire à l’autorité de la Délégation ; il me fut interdit d’aller à Clermont et d’envoyer un seul pigeon,sous peine d’être traduit en cour martiale et fusillé. Tout cela ne me faisait pas bien peur et cependant, je sais que Ton a fait arrêter et amener à Tours entre deux gendarmes, des personnes qui arrivaient de Paris avec des pigeons, et qui venaient me retrouver à Clermont. J’omets d’autres faits très graves sur lesquels j’ai déjà insisté auprès de qui de droit. On voulut bien d’abord accepter mon projet de corres-
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- pondance au moyen déboulés flottantes, j’en fis même exécuter un certain nombre ; mais tout à coup on ne voulut plus en entendre parler, et malgré mes instances et mes démarches, on le laissa entièrement de côté jusqu’au moment de l’armistice où on se décida à le pratiquer. Mais il était bien temps !
- Ces boules étaient construites de la manière suivante : dans une sphère de bois dur de 30mm de diamètre était pratiqué un trou de 10mm traversant de part en part ; dans ce trou était fixé un tube de verre mince dont les extrémités affleuraient la surface sphérique. Ce tube recevait les dépêches roulées et était fermé aux deux bouts par deux bouchons taillés à la lime, de manière à continuer la surface de la sphère. Le tout était entouré d’un fil de fer bien serré, dont un des bouts laissé assez long servait de manche pour tremper la boule dans un bain de cire. Après plusieurs immersions rapides dans ce bain, la sphère de bois se trouvait recouverte d’une couche assez épaisse. On coupait le fil de fer à fleur de la cire, et on avait une sphère de la grosseur d’une noix qui flottait dans l’eau sans cependant en dépasser la surface ; en colorant la cire avec une couleur verdâtre, ces boules ne se distinguaient pas de l’eau par leur couleur, et, à cause de leur forme sphérique et de leur faible dimension, les obstacles ne pouvaient que bien difficilement les arrêter.
- Sur ces entrefaites, le 21 novembre, je fus appelé chez M. Gambetta, et je fus agréablement surpris d’y trouver M. Dagron qui, comme je l’ai déjà dit, était arrivé à Auxerre au prix des plus grands dangers, et avait reçu dans cette ville l’ordre formel de se rendre à Tours. *
- Du 21 ou 29, nous fîmes démarches sur démarches pour tâcher d’arriver à faire accepter notre mission, au moins en ce qui concernait les dépêches microscopiques. Une partie importante de ma mission, à savoir le service des pigeons et celui des boules flottantes, m’étant enlevée par force, je dus me contenter de m’occuper avec M. Dagron de la reproduction microscopique des dépêches.
- Déjà un photographe de Tours, M. Biaise, avait fait quelques reproductions des dépêches officielles et privées, mais dans des conditions telles qu’un pigeon ne pouvait
- porter plus de 2,000 dépêches, tandis que, par nos procédés, on a pu leur en faire porter sans fatigue 60.000. Ce procédé très primitif fut abandonné dès que nous eûmes commencé à fonctionner.
- Après bien des pourparlers et des difficultés telles que plus d’une fois je regrettai d’avoir quitté les miens et ccuru tant de dangers pour rien, on consentit enfin à essayer de nous utiliser. Le 29, on nous le notifia ; le 5 décembre, nous étions installés et, malgré la perte de la partie la plus importante du matériel et l’impossibilité de la remplacer tout de suite, nos premières dépêches étaient envoyées. Nous commencions à former un bon personnel quand, le 11, l’ordre de départ nous fut brusquement donné.
- Le 12 décembre à minuit, nous arrivions à Bordeaux, et le 15 la reproduction des dépêches recommençait pour ne plus subir d’interruption jusqu’à l’armistice.
- On peut se figurer toutes les difficultés contre lesquelles nous eûmes constamment à lutter ; difficultés venant dé l’installation forcément défectueuse, et du manque de matériel, difficultés naissant même souvent du peu de bon vouloir de certains fonctionnaires. Il nous fut impossible, à un momen donné, de trouver en France certains produits qui ne se fabriquent qu’à Paris. Il fallut les y demander dans une dépêche officielle qui, heureusement, arriva tout de suite. Les produits furent expédiés par le premier ballon, et malgré une traversée maritime de trois jours, nous arrivèrent juste huit jours après l’envoi de la dépêche. Comme le faisait observer le Moniteur universel de cette époque, avec le télégraphe et le chemin de fer, il n’aurait pas fallu moins de temps.
- Ayant été obligés de quitter Tours si précipitamment, nous y avions laissé le personnel déjà formé ; il aurait fallu à Bordeaux en former un nouveau, mais le temps manquait. Nous dûmes remplacer notre premier procédé par un autre moins parfait, mais qui nous permit d’expédier en quelques jours tout l’arriéré des dépêches déposées en grand nombre depuis un mois.
- Nous avons reproduit en tout 470 pages typographiées, quelquefois autographiées, contenant chacune plus de 15.000 lettres ou caractères, soit 200 à 250 dépêches.
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- Seize de ces pages se trouvaient reproduites sur une pellicule transparente et inaltérable de 30 millimètres sur 55 millimètres pesant 0 gr. 05.
- Chaque pellicule contenait donc de 3.000 à 4.000 dépêches de 20 mots.
- Vingt de ces pellicules roulées les unes sur les autres entraient facilement dans un petit tuyau de plume que l’on attachait à la queue du pigeon.
- Chaque dépêche a été envoyée à 20, 30 et 40 exemplaires par autant de pigeons différents ; on envoyait tous les jours de nombreux exemplaires de toutes les feuilles dont Paris n’avait pas encore accusé réception. Il en est résulté que certains des derniers pigeons envoyés portaient plus de 40,000 dépêches privées, sans compter les dépêches officielles.
- M. Dagron avait offert de reproduire gratuitement par ses procédés toutes les dépêches officielles ; ces dépêches nous étaient remises à midi ; à cinq heures il fallait en livrer 10 exemplaires microscopiques sur pellicule. Nous en fîmes 13 séries sans être une seule fois en retard.
- Nos efforts furent couronnés d’un certain succès ; le jour de l’armistice, nous n’avions plus une seule dépêche à faire ; elles avaient été toutes reproduites au fur et à mesure de
- leur remise; malgré le petit nombre des pigeons qui arrivaient à bon port, Paris a pu recevoir environ 50,000 dépêches sur près de 100,000 envoyées.
- C’est complètement à tort que quelques journaux ont attribué à M. Lévy, parti le 17 décembre, les premières dépêches reçues à Paris; M. Lévy n’arriva à Bordeaux que dans les derniers jours de décembre; nous avions déjà envoyé plus de 40.000 dépêches ; un pigeon portant des dépêches sur pellicule était même arrivé à Paris la veille ou le jour même du départ de M. Lévy. Pour l’utiliser, on voulut lui confier la reproduction microscopique des journaux, mais je ne sais pour quelle cause il n’en fit rien.
- L’armistice signé, ma mission n’avait plus aucun but ; je comptais rentrer de suite à Paris ; mais les fatigues et les tracas que j’avais éprouvés m’occasionnèrent une série d’indispositions qui ne me permirent de revenir que vers le 15 février.
- M. Dagron, également malade, n’a pu revenir que ces derniers jours, et il n’est pas encore bien remis.
- Veuillezagréer, Monsieur et cher camarade, l’assurance de mes sentiments dévoués.
- A. Fernique.
- Paris, le 15 Avril 1871.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- inétoscope. — Nous n’avons pas la prétention de reconstituer dans tous ses détails le merveilleux appareil d’Edison. On ne saurait le faire avec les moyens généralement limités dont dispose l’amateur. Aussi nous contenterons-nous d’une copie considérablement simplifiée.
- Le Kinétoscope n’est d’ailleurs lui-même qu’un perfectionnement d’appareils plus anciens. M. Marey avait réussi à reconstituer le mouvement à l’aide de la photographie. Edison arriva à reproduire des scènes entières exigeant un nombre colossal de photographies, plusieurs milliers.
- Si l’on veut s’en tenir à un à peu près, se contenter de quelques mouvements, on ob-
- tiendra sans grand effort des résultats très satisfaisants.
- L’expérience vaut du reste la peine d’être tentée; tandis que la photographie ordinaire ne donne qu’une ressemblance relative, du fait que la personne dont on reproduit l’image demeure complètement immobile et par conséquent ne nous apparaît pas sous un de ces multiples aspects qui constituent à chacun sa physionomie propre, la photographie kinétoscopique, en reconstituant le mouvement lui même, fait une espèce de synthèse des apparences successives du sujet et semble par conséquent plus apte à la ressemblance. Pour simplifier le programme, on 1 pourra s’en tenir à une simple expression
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- de physionomie : un sourire, un mouvement de tête, etc.
- décapité restauré, un pont sur une rivière, etc.
- Fgi. 92. — Thaumatrope : l’oiseau et sa cage.
- Thaumatrope. — Tout le monde a possédé dans un bagage de jouets l’un de ces nombreux appareils appelés stroboscopes, thaumatro-pes, zootropes, pbénaki sti co-pes, etc., dont la forme la plus simple est celle que représente la fig. 92.
- Un disque de carton mis en rotation avec !es doigts, autour d’un axe formé par deux cordelett es, constitue tout l’appareil.
- Sur une face du disque, on a collé une photographie représentant un sujet, sur l’autre face, un autre sujet. Quand on fait tourner le système, les deux dessins se voient en même temps, en vertu de la persistance de l’image sur la rétine ; on ne voit qu’une image.
- Ce sera, par exemple, un oiseau dans sa cage, un bouquet dans un vase, à fleurs, un
- Fig. 93. — Autre thaumatrope ; photographie amusante : le décapité.
- On peut même, en se servant de portraits,
- imaginer des sujets humoristiques : deux personnes se rencontrant nez à nez ou s’embrassant. Dans le thaumatrope dont il vient d’être question, le nombre des images est forcé men t restreint, puisque le disque de carton ne possède que deux faces.
- Il n’en est pas de même du disque tournant de Plateau et du zootrope qui en constitue un perfection ne-ment. Dans ces appareils, les photogra phi es ou les dessins
- représentant les diverses positions d’une action quelconque sont aperçus successivement à travers des fentes étroites pratiquées dans un disque de carton (plénakisticope) ou dans un cylindre de carton (zootrope) tournant autour d’un axe central. Il est aisé de construire soi-même un appareil de ce genre.
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- Zootrope-stroboscope. — Supposons qu’on veuille construire un zootrope-stroboscope. On commence par découper dans une planchette peu épaisse un disque de bois de 15 à 20 cm. de diamètre. Les boîtes à cigares fournissent une excellente matière première. Ce disque est destiné à recevoir un disque de carton de même diamètre sur lequel on colle les photographies (le disque de carton est mobile afin qu’on puisse le remplacer par des autres offrant des sujets variés). On découpe un anneau de carton de même diamètre et dans cet anneau on perce un nombre d’ouvertures correspondant à celui des photographies, on relie ce disque au plateau de bois à l’aide de tiges légères (fig. 95-1). On peut remplacer les tiges par un morceau de carton mince enroulé en forme de manchon, dont les extrémités seraient coll é e s d’une part au disque, d’autre part à l’anneau.
- Le cylindre ainsi formé est mobile autour d’un axe vertical. Lorsqu’il est animé d’un rapide mouvement de rotation, on n’a qu’à regarder à la partie supé-rieure pour percevoir une image parfaitement nette de la scène photographique.
- Au lieu de pratiquer des fentes dans l’anneau supérieur, on aurait pu les ouvrir dans le manchon cylindrique. Dans ce cas, les épreuves devraient être fixées à une bande de papier adaptée à l’intérieur de l’appareil et roulée en manchon ; toutefois, on peut
- leur conserver leur position horizontale, mais alors il faut se servir d’une lampe pour obtenir l’éclairage et employer des petits miroirs pour renvoyer les images.Ce dispositif rappelle le praxinoscope de Reynaud, (1) qui donne de si merveilleux résultats (fig. 94-2) notamment lorsqu’on le combine avec un appareil à projections.
- M. Aüschütz a construit un stroboscope coquet et léger, représenté par la fig. 95-3. Cet appareil est articulé de manière à pouvoir prendre la position représentée fig. 95-4. Les tiges articulées qui soutiennent le manchon cylindrique sont mobiles et s’abattent le long du pied, prenant la position de la fig. 95-5. La fig. 95-6 indique suffisamment
- comment on les redresse pour monter l’appareil. Un manchon avec vis de serrage que l’on pousse contre l’extrémité supérieure du pied, ou bien une rondelle que l’on pousse de même et que l’on maintient à l’aide d’une cheville, suffisent à maintenir les rayons dans la positiondé-ployée. C’est là un appareil que tout le monde pourra faire, soit en bois léger, soit en fil de fer fort soit en combinant les
- deux matières.
- Tous ces petits appareils sont plutôt du domaine des jouets scientifiques, mais ils peuvent nous servir d’introduction graduelle à la description d’un appareil plus sérieux,
- (i) Voir Science en Famille, année 1893, p. S^> *
- description de cet appareil.
- Fig. 94. — Autre thaumatrope ; photographie amusante : le décapité.
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- d’un véritable kinétoscope, qui, sans prétendre à la perfection des appareils des Marey, Edison, Lumière, etc., n’en sera pas
- délicats et assez compliqués ? Sans doute, et surtout s’il est doué d’adresse et de persévérance ; d’ailleurs, il peut se faire aider par un
- 0 D» ^
- Fig. 95. — 1. Zootrope ; 2. Praxinoscope ;
- moins de nature à donner toute satisfaction aux amateurs qui en aborderont la construction.
- L’amateur peut-il espérer mener à bien ce travail, qui comporte des rouages assez
- 3-4-5-6 Stroboscope d’Auschütz.
- ouvrier d’art — serrurier, horloger, mécanicien, tourneur, etc. — pour la confection des pièces exigeant une expérience ou un outillage qu’il n’a pas.
- (A suivre). A. Berthier.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LES CONTRUCTIONS i
- a question des constructions à l’épreuve du feu paraît préoccuperbeau-coup moins les architectes français que leurs confrères d’Amérique. 11 est juste d’ajouter que nous n’avons pas de ces maisons à 16 ou 18 étages, dont la destruction serait un véritable désastre.
- Il ne faut pas croire, d’ailleurs, que les procédés employés ou préconisés de l’autre côté de l’Atlantique présentent une sécurité absolue, puisqu’il y a peu de temps encore on citait l’exemple d’une maison de New-York, supposée « fireproof », et qui avait été fort endommagée par un incendie. Il faut bien admettre cependant que ces procédés, ne fussent-ils que des palliatifs, offrent un grand intérêt.
- M. R. W. Gibson a fait récemment une communication à ce sujet devant l’Institut royal des architectes anglais. On sait que le mode de construction le plus répandu maintenant aux Etats-Unis (nous en avons d’ailleurs aussi des exemples à Paris) consiste à former l’édifice d’une ossatpre métallique, sur laquelle viennent s’appuyer les murs. Autrement dit, ces derniers ne supportent plus le poids de l’édifice : ils ne sont que de simples panneaux supportés eux-mêmes, à chaque étage ou tous les deux étages, par les poutres métalliques horizontales, reposant sur des piliers verticaux. La destruction d’un seul de ces piliers peut amener la ruine de tout l’édifice.
- Il ne faut pas croire que le fait jque cette ossature métallique est incombustible met le bâtiment à l’abri des risques d’incendie: si le fer ne peut brûler, l’élévation de tem-
- REVUE D
- Les agrandissements d'amateurs. — Construction des appareils, obtention des épreuves agrandies, par Ach. Delamarre, avec une préface de A. Reyner. — Un volume avec 26 figures. — Prix : 2 fr. — Paris, Charles Mendel, éditeur, rue d’Assas, 118.
- L’amateur qui désire agrandir les plus jolis clichés recueillis çà et là, pendant la saison, ou rapportés d’excursions lointaines, trouvera dans cet intéressant petit ouvrage tous les renseignements nécessaires, non seulement pour
- L’ÉPREUVE DU FEU
- pérature diminue sa résistance, et le danger d’écroulement reste le même. Bien plus, certains architectes considèrent encore que le bois offre plus de sécurité sous ce rapport, car, disent-ils, il faut plus de temps pour endommager sérieusement une grosse poutre de chêne, que pour échauffer dangereusement une poutre métallique. Il faut donc, dans les constructions en fer, recouvrir le métal d’une couche isolante, et ce recouvrement doit non seulement le protéger efficacement contre réchauffement, mais il doit encore résister à l’action d’un fort jet d’eau. Il est arrivé, en effet, que des recouvrements qui se trouvaient excellents au point de vue de l’isolement calorifique, ont été complètement détruits, lors d’un incendie, par l’action des pompes, Gomme isolant, on emploie soit des briques, soit du plâtre, soit de la terre cuite ^terra-cotta). Cette dernière matière est maintenant la plus employée aux Etats-Unis. Pour les poutres principales, on les recouvre encore d’une feuille de métal, enduite de plâtre, s’il y a lieu, pour recevoir la décoration finale.
- On apporte d’ailleurs tous les soins non seulement à éliminer de la construction les matières combustibles, mais aussi à rendre aussi difficile que possible la propagation, d’une pièce à l’autre, d’un incendie supposé déclaré.-C’est ainsi que l’emploi des portes métalliques commence à se répandre, et que les vitrages contiennent un grillage métallique inclus dans le verre. Les cloisons elles-mêmes sont quelquefois formées de tôles, fixées à des cornières verticales et recouvertes de plâtre.
- ÏS LIVRES
- obtenir à coup sûr de belles épreuves agrandies, mais encore pour construire lui-même les appareils dont il aura besoin ; l’auteur le conduit par la main depuis le choix de l’installation, installation dont la simplicité étonnera bien souvent, jusqu’au montage de l’agrandissement terminé ; les détails n'ont pas été négligés, mais au contraire donnés à profusion, afin que rien ne pût, à quelque moment que ce soit, arrêter l’amateur, même non initié,
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- Guide pratique de l'amateur électricien, pour la construction de tous les appareils électriques, par E. Keignart (5e édition revue et corrigée). Librairie centrale des Sciences, J. Michelet, Rijckevorsel, successeur, éditeur, quai des Grands-Augustins, 25. — 1899. — 1 vol. 5 fr.
- La Science en Famille a déjà signalé ce travail, lors de l’apparition de la première édition, il y a plusieurs années ; mais l’électricité et ses applications ont fait de tels progrès qu’une mise à jour de l’ouvrage s’imposait, et c’est cette édition que nous recommandons aujourd’hui à nos lecteurs comme le véritable vade-mecum de l’amateur électricien.
- Celui-ci, en effet, trouvera dans ce volume, avec les notions théoriques indispensables de
- la science électrique et des renseignements pratiques de toutes sortes, un guide aussi sûr que méthodique pour la fabrication des générateurs les plus simples de l’électricité et de leurs applications, des appareils utiles ou intéressants qu’il pourra construire avec un très modeste outillage.
- ***
- La construction d'une bobine de Ruhmkorjp, que nous donnons dans ce numéro, est un chapitre extrait de cet intéressant ouvrage, qui permettra aux amateurs de récréations scientifiques de ne pas se laisser arrêter par les difficultés du début, en même temps qu’il conviendra à ceux dont les notions élémentaires ont été complétées par des études plus approfondies.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 Février 1899.
- La lecture du procès-verbal terminée, M. le 1 Président Van Tieghem se lève, et à l’occasion de la mort du Président de la République, décédé le jeudi 16 février, à 10 heures du soir, prononce la courte allocution suivante :
- « La mort de M. Félix Faure, Président de la
- A TRAVERS
- L’ « Oceanic », le plus grand paquebot du inonde. — L’« Oceanic », dont le lancement a eu lieu le 14 janvier dernier, et qu’on a mis seulement deux années à construire, est actuellement le plus grand navire qui ait jamais flotté sur l’onde.
- D’abord quelques chiffres sur ce colosse des mers :
- Longueur totale...............215m,10
- Longueur entre perpendiculaire. 208m,00
- Largeur au maître-couple. . . 20m,70
- Creux......................... 14m,90
- Tirant d’eau moyen............ 9m,80
- Déplacement. ....... 28.500 Tx
- L'Oceanic a sept ponts, y compris le pont promenade et le pont des embarcations. La passerelle du capitaine est à 24 mètres au-dessus de la quille.
- Il peut recevoir 400 passagers de première classe, 300 de seconde, 1000 de troisième. Le nombre des gens de service à bord atteindra 400. Enfin, on espère qu’il donnera une vitesse de 24 noeuds.
- Tout est nécessairement énorme en un si grand navire ; qu’on en juge :
- On vient de forger une des ancres' de
- 1 République Française, a mis la France en deuil. L’académie des Sciences ne saurait manquer de s’associer aux regrets profonds et unanimes que cette perte soudaine a provoqués dans le pays tout entier, et pour donner à ces regrets une sanction, je vais lever la séance en signe de deuil ».
- LA SCIENCE
- bossoir destinée à ce paquebot. Elle mesure 5ra,30 de hauteur, non compris l’anneau, et 3m,90 d’une pointe à l’autre. Elle ne pèse pas moins de 10.000 kilogrammes.
- On l’a forgée de façon à ce qu’elle puisse, sans aucune crainte de rupture, supporter un effort de 128 tonnes. Le poids total des ancres et des câbles destinés à l’équipement du nouveau paquebot atteint 112.000 kilogrammes, soit autant que deux locomotives à grande vitesse en ordre de marche.
- IL Oceanic a été lancé par l’arrière comme un vulgaire cargo-boat ; l’opération a parfaitement réussi et n’a duré que quelques instants. ***
- Le coucou, oiseau utile. — Le département de l’Agriculture, aux Etats-Unis, vient d’effectuer des recherches intéressantes sur les oiseaux utiles ou nuisibles, et il a été amené ainsi à étudier l’alimentation du coucou.
- Sur 155 estomacs examinés, un seul contenait des aliments végétaux ; en fait, la nourriture de ces oiseaux se compose d§
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- coléoptères, de sauterelles, de fourmis, de cigales, de mouches, de chenilles, d’araignées, de punaises, avec une prédominance énorme de chenilles et de sauterelles ; celles-là forment à elles seules la moitié du menu des coucous. On peut donc conclure d’une façon ferme que les coucous sont une espèce absolument utile, qu’il faudrait les protéger, les multiplier même, si c’est possible. Les deux espèces sur lesquelles ont porté les observations sont le coccyzus americanus et le coccyzus erythrophtalmus.
- ***
- Les forêts du monde. — M. Hutchins, conservateur des forêts au (Jap, donne, au cours d’une étude sur les-forêts de cette colonie, les chiffres suivants relatifs aux superficies en forêts dans les principaux États du monde :
- Pourcentage par rapport à la superficie Superficie totale du en forêts, pays.
- (Kilom. carrés) p. 100
- Russie et Europe............ 2.130.885 42
- Suède......................... 171.159 42
- Autriche...................... 199.298 31
- Allemagne..................... 138.774 26
- Norvège........................ 76.437 25
- Indes......................... 565.600 25
- France......................... 83.830 19
- Portugal........................ 6.730 5
- Grande-Bretagne et Irlande.. 11.272 4
- Colonie du Cap.................. 1.595 0.29
- ***
- La houille dans l’Inde. — L’Inde pro-
- duit une quantité de houille considérable. En 1887, elle donnait 1.388.000 tonnes de houille ; en 1896, elle en a fourni 3.537.820. C’est le Bengale qui est le centre de cette extraction ; on y compte 154 mines, sur un total de 172, qui ont produit 79 0/o du total ; les autres mines sont dans le Nizam (Singa-rein, etc.), dans l’Assam et dans les provinces centrales.
- Mais le charbon de Bengale est loin de valoir la houille anglaise ; il est à très bon marché et on se contente de le consommer sur place, surtout à Calcutta. Les districts houillers sont d’une grande puissance; les houillères de Ranigung-Baraker, à 210 kilomètres de Calcutta, sont estimés pouvoir
- fournir 14 milliards de tonnes de charbon; celles de Karampara 8.800 millions, celles de Bokaro 1.5U0 millions et celles de Djherria 465 millions. Si l’on perfectionne l’exploitation, qui se fait encore d’une façon primitive, l’Inde deviendra un des grands producteurs de houille.
- (Revue scientifique).
- ***
- L’origine du mot «bécane». — On se
- demande parfois d’où vient ce mot qui a été pris pendant longtemps comme synonyme de mauvaise machine et que l’on emploie aujourd'hui, dans le langage familier, pour désigner toutes les machines, indistinctement.
- On a dit que ce mot tirait son origine de la forme primitive des anciennes locomotives qui ressemblait à celle d’un bec de cane. Nous pensons que c’est une erreur. Jamais les locomotives n’ont eu un bec de cane.
- D’après Le Praticien, il faudrait plutôt croire la légende d’après laquelle bécane viendrait de bécanicien, mauvaise prononciation dont était coutumier le chef d’un grand dépôt de machines du chemin de fer du Midi, qu’un rhume permanent, ou un défaut de prononciation, obligeait, bien malgré lui, à parler ainsi. Bécanicien et Bécane ayant rapidement fait leur tour de France sur les chemins de fer, sont entrés dans le langage usuel avec les termes de cyclistes.
- ***
- Imprimerie électrique sans encre. —
- Cette invention, toute récente et qui paraît appelée à faire quelque bruit dans le monde des imprimeurs, a été pour la première fois expérimentée en public, ces jours-ci, à Croydon, en Angleterre. L’inventeur lui-même, un M. W.-F. Green, a fait la démonstration de ses appareils devant un public de savants et de curieux, qui ont été, les uns comme les autres, très frappés des résultats obtenus. Il nous est impossible d’entrer dans le détail d’une description technique relativement compliquée, mais voici en quelques lignes, dit le Moniteur industriel, le procédé imaginé par M. Green et pour lequel — chose extraordinaire — il n’est fait usage d’aucune espèce d’encre à imprimer. Le papier dont se sert l’inventeur est soumis
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- au préalable à un traitement chimique spécial, grâce auquel, dès qu’il est mis dans la presse en contact avec les caractères stéréotypés, un courant électrique traverse le papier, décompose par électrolyse le léger vernis chimique dont nous avons
- parlé, en y laissant, très distinctement tracée en noir indélébile, l’empreinte du mot, de la phrase, ou de l’alinéa désiré. Le nouveau procédé, qui appelle certaines améliorations, est dès à présent assez perfectionné pour permettre d’intéressants essais pratiques.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Pour prendre l’huile de foie de morue.
- — Parents, qui avez toute la peine du monde à faire prendre l’huile de foie de morue aux enfants, usez de cette recette, ils en deviendront presque friands. Faites chauffer un peu de café, le moins possible, mettez-y du sucre; qu’il soit très sucré, et quand il bout et que le sucre est fondu, versez-le dans une petite tasse où vous aurez mis la quantité d’huile que vous voudrez faire prendre, remuez avec la cuiller et faites boire très chaud, tout goût a disparu par le sucre et le chaud.
- De même pour les grandes personnes à qui il répugne de la prendre pure.
- (Chass eur français)
- ***
- Procédé pour garantir les arbres fruitiers contre les gelées tardives. —
- Voici un procédé simple et facile pour garantir les arbres fruitiers contre les gelées tardives :
- On creuse autour de l’arbre un fossé d’un mètre de largeur, et dont le fond atteint les racines principales ; on le remplit de fumier décomposé et bien tassé, qu’on laisse ainsi passer l’hiver. Vers la fin de cette saison, et le fumier étant bien gelé, on le recouvre
- de la terre retirée du fossé ; de cette manière il reste pendant quelque temps dans un état de congélation qui retient la végétation de l’arbre, et empêche les gelées tardives de lui nuire.
- ***
- Récolte des vers de terre. — Le ver de
- vase est la larve d’un insecte diptère, le Chiromone plumeux. On le trouve facilement, et en quantité, dans le sable vaseux qui constitue le fond de certains ruisseaux. Les poissons en sont très friands.
- Il y a plusieurs moyens excellents pour les faire apparaître. Répandez sur le sol de l’eau fortement salée, ou contenant une solution de brou de noix ou de tanin, et vous les verrez sortir; un moyen plus simple encore consiste à planter en terre un fort bâton ou une bêche et à les secouer rapidement de manière à produire un ébranlement du sol qui chasse les vers de leurs abris et les fait paraître dehors. Le soir ou la nuit, surtout après la pluie, vous les trouverez en très grand nombre se promenant à la surface du sol. Dans le fumier décomposé, on peut aussi recueillir en grande quantité une variété de lombrics qui est très appréciée des poissons.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- CONSTRUIRE SOI-MÊME UNE BOBINE DE RUHMKORFF (i)
- A machine d’induction, connue sous, le nom de bobine de Ruhmkorff, est un appareil destiné à transformer le courant primaire continu des piles, de tension plutôt faible, en une succession de courants secondaires ou réduits de tension élevée; en d’autres termes, à transformer 1 électricité dynamique en électricité statique. ^ est un des appareils électriques les plus
- connus, et c’ést sans contredit celui qui, par ses curieux effets, par les expériences multiples auxquelles il se prête, frappe le plus l’attention et l’imagination de l’observateur.
- Bien que la bobine de Ruhmkorff soit généralement connue, il est néanmoins beaucoup de personnes qui ignorent aussi bien la
- (i) Extrait du Guide pratique de l'amateur électricien. Voir notre Revue des livres, page 123.
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- manière de la construire que celle de s’en j servir. Le procédé est cependant très simple | et à la portée de tous: j’ai cru me rendre utile au grand nombre des amateurs de travaux et de récréations scientifiques, en décrivant dans un chapitre spécial et détaillé, sous une forme d’ailleurs aussi claire et aussi peu scientifique que possible, le mode de construction de la bobine et de ses accessoires, ainsi que les nombreuses expériences qui mettent en évidence les effets mécaniques, lumineux, calorifiques et physiologiques du courant induit.
- Construction de l’appareil :
- La puissance d’une bobine se détermine par la longueur des étincelles qu’elle fournit : tel modèle par exemple donne 10 millimètres d’étincelle, tel autre, 30, 40 millimètres et même davantage. Cette puissance est en relation directe avec la longueur du fil induit : cela revient à dire que plus le fil induit ou secondaire sera long, plus la bobine sera puissante. Les chiffres donnés dans les pages suivantes, concernant les dimensions de l’appareil, la longueur du fil, etc., n’ont pas besoin d’être pris à la lettre d’une façon rigoureuse ; un écart, quelque considérable qu’il puisse être, n’empêchera pas le fonctionnement de l’appareil, il aura simplement pour résultat de diminuer sa puissance ou de l’augmenter, selon qu’on aura diminué ou augmenté les données indiquées.
- Certaines expériences décrites dans ce chapitre demandent, pour être exécutées avec succès, une bobine d’une puissance assez considérable ; d’autres n’exigent qu’une puissance très restreinte et même réussiraient mal avec un appareil trop fort. Pour n’êlre pas obligé d’avoir sous la main plusieurs bobines de puissances différentes, ce qui serait aussi coûteux qu’embarrassant, je décrirai un modèle de bobine extrêmement commode, en ce sens qu’on pourra graduer a souhait sa puissance, et la faire varier du maximum au minimum théorique, c’est-à-dire au zéro. Pour cela, il suffit de rendre indépendants les deux organes essentiels de la bobine qui sont l’inducteur d’une part, et l’induit de l’autre.
- Ce dispositif n’est ignoré d’aucun constructeur et néanmoins bien peu d’appareils sortant de leurs mains en sont pourvus ; il y a donc tout avantage pour l’amateur à construire lui-
- même sa machine qui lui coûtera moins cher et sera aussi puissante, aussi parfaite, et plus commode que toutes celles qu’il aurait pu acheter toutes fabriquées.
- Passons à la description des différentes pièces.
- OrTcônstruira d’abord un socle, qui affectera la forme d’une boîte rectangulaire, longue de 40 centimètres, large de 10 et haute de 4 centimètres. Les planchettes employées auront de 5 à 10 millimètres d’épaisseur indifféremment. L’intérieur de la boîte devra être facilement accessible ; il sera bon en conséquence d’effectuer l’assemblage au moyen de vis et non de clous.
- Si le socle est creux, c’est qu’on aura à y loger un organe important de la machine, le condensateur de Fizeau, dont je parlerai plus loin.
- A la partie supérieure du socle et sur les bords, dans le sens de la longueur, on fixera deux baguettes prismatiques à base carrée de 1 centimètre de côté et longues de 30 centimètres (fig. 96-A).
- Prenons ensuite une planchette carrée B de 10 centimètres de côté et 5 millimètres d’épaisseur ; au centre, nous pratiquerons un trou circulaire de 15 millimètres de diamètre, dans lequel nous collerons l’extrémité d'un tube C en carton de même diamètre. Ce tube aura 16 centimètres de longueur, nous l’obtiendrons en enroulant une feuille de papier enduite de gomme arabique, gélatine ou colle de pâte, sur une Lige cylindrique de diamètre convenable. Une fois sec, il devra être à la fois rigide et peu épais. Ce tube est destiné à renfermer l’âme de la bobine, c’est à dire le noyau de fer ou électro-aimant.
- Ce dernier sera constitué au moyen de fil de fer mince, coupé en longueurs de 17 cm. et réunies en un faisceau D très dense, très serré, remplissant complètement le tube et le dépassant de 1 centimètre du côté de la planchette.
- On se procurera ensuite environ 25 mètres de fil de cuivre de 10 à 12 dixièmes de millimètre de diamètre, recouvert de coton : ce fil sera enroulé sur le tube de carton en spires très serrées, d’un bout à l’autre, en quatre couches superposées, séparées l’une de l’autre par une feuille de papier. Les deux extrémités du fil traverseront la planchette par deux trous pratiqués à cet effet au moyen d’une vrille.
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- Chacune de ces exlrémités sera coupée à la j longueur de 12 à 15 centimètres, plus que suf- > fisante pour effectuer plus tard les jonctions nécessaires (fig. 96-E). Celte opération achevée, on fixera verticalement la planchette à l’extrémité des baguettes qui longent la partie supérieure du socle ; on procédera ensuite à la construction de l’interrupteur ou trembleur, dont le rôle est des plus importants.
- Choisissons une lame de laiton de 70 millimètres de longueur et de 8 à 10 millimètres de largeur, suffisamment élastique et mince ; à l’une de ses extrémités, nous riverons à plat une petite masse carrée ou cylindrique de fer doux de quelques millimètres d’épaisseur et de dix à douze millimètres de largeur. L’autre extrémité sera pliée a angle droit et fixée à plat sur le socle au moyen d’une vis à bois à tête ronde, de façon que l’armature de fer doux se trouve vis-à-vis et à quelques millimètres du noyau.
- Une seconde lame de laiton, mais beaucoup plus épaisse et plus courte de 2 centimètres est disposée derrière la première et fixée au socle delà même manière; à quelques millimètres de son extrémité supérieure, cette seconde lame est percée d’un trou taraudé dans lequel on engage une vis de laiton à large tête molletée. La pointe de cette vis, venant s’appuyer sur le ressort de l’armature, permet de l'approcher du noyau ou de l’en éloigner (fig. 90-F).
- Il est bon de faire ici une remarque : quand l’appareil fonctionne, de nombreuses étincelles se produiront entre la pointe de la vis et le ressort contre lequel elle appuie. On évitera l’oxydation rapide qui en résulterait pour ces deux pièces en soudant une parcelle de platine au point de contact de chacune d’elles.
- L’interrupteur se trouvant achevé, nous fixerons sur le socle, et symétriquement, deux poupées ou bornes en laiton ; quant aux extrémités du fil inducteur, nous leur ferons traverser par deux petits trous pratiqués à la vrille la planchette supérieure du socle et nous les relierons intérieurement l’une à la borne n° 1, l’autre au ressort de l’armature. Un bout de conducteur de quelques centimètres de longueur reliera d’autre part la borne n° 2 au montant de la vis de réglage (fig. 96-G).
- N°->s pourrons, dès à présent, faire l’essai du système inducteur, désormais achevé, de
- l’appareil en reliant les deux bornes aux rhéo-phores d’une pile Bunsen ou au bichromate de 2 éléments. Si l’armature prend un mouvement de vibration rapide et bruyant, tout est pour le mieux et nous pouvons passer à une autre partie non moins importante de la bobine, c’est-à-dire l’induit.
- Nous prendrons d’abord deux planchettes carrées de 10 centimètres de côté et 5 millimètres d’épaisseur, semblables à celles qui nous ont déjà servi pour l’inducteur. Comme précédemment, nous confectionnerons un tube à la fois rigide et peu épais en papier de 155 millimètres de longueur et d’un diamètre intérieur tel qu’il puisse glisser facilement sur la bobine inductrice et la recouvrir entièrement. Aux extrémités de ce tube, nous adapterons, au moyen de colle forte, les deux planchettes, au centre desquelles il aura fallu préalablement pratiquer un trou circulaire de diamètre convenable (fig. 96-H). Une fois sèche, cette carcasse sera enduite intérieurement et extérieurement d’une couche de vernis à la gomme laque appliquée au pinceau. Nous obtiendrons ce vernis en mettant à digérer jusqu’à saturation de la laque en écailles dans de l’esprit de bois ou alcool à brûler. Cette application sèche, pour ainsi dire, instantanément. «
- Nous nous procurerons ensuite 250 gr., soit environ 3.500 mètres de fil de cuivre rouge de 0mmd d’épaisseur, nu, c’est-à-dire sans couverture isolante, et nous procéderons à l’enroulement de ce fil sur la carcasse. Cette opération est une des plus délicates dans la construction de l’appareil ; elle demande de la patience, un peu d’adresse manuelle et surtout de grandes précautions.
- Tout d’abord, nous pratiquerons dans l’une des joues de la bobine un tout petit trou au ras du tube de carton ; par cette ouverture, nous passerons, en allant de l’intérieur à l’extérieur, l’extrémité de notre fil de cuivre, que nous ramènerons le long de la planchette et que nous fixerons sous le corps d’une petite borne vissée à la partie supérieure. Pour dissimuler le fil sur ce parcours, pour l’isoler en même temps et le protéger contre tout accroc, nous collerons une feuille de papier sur la face extérieure de la joue.
- Nous placerons ensuite la carcasse sur l’axe d’une petite manivelle, d’un modèle si simple
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- qu’un coup d’œil jeté sur la figure 96-1 suffira pour comprendre la manière de la construire. D’une main, dirigeant le fil, de l’autre, tournant la manivelle, nous enroulerons une première couche de fil en ayant soin d’observer les prescriptions suivantes :
- Commencer l’enroulement à 1 centimètre de distance de la première joue et l’arrêter à 1 centimètre de la seconde.
- Faire en sorte que les spires consécutives soient aussi rapprochées que possible, mais ne se touchent pas.
- Tendre le fil suffisamment pour que les spires ne se déplacent pas d’elles-mêmes et qu’elles ne chevauchent pas l’une sur l'autre.
- Ne pas exagérer cette tension de peur que le fil ne se brise. Dans le cas où cet accident se produirait, joindre les deux bouts au moyen d’une torsion serrée et soignée.
- Fixer les dernières spires à chaque extrémité au moyen d’une goutte de poix, de gomme- laq ue, cire à cacheter ou autre substance similaire, qu’on applique à chaud, c’est-à-dire liquide, et qui se durcit aussitôt en se refroidissant.
- La première couche terminée, on prend une feuille de papier mince, mais de bonne qualité, sans trou ni déchirure — le papier parcheminé est le plus convenable — et on 1 enroule sur la bobine, de manière qu’elle fasse un peu plus d’un tour et qu’elle s’étende exactement entre les deux joues, d’un bout à 1
- l’autre. On fixe cette feuille, soit au moyen de colle, soit préférablement au moyen de cire à cacheter ou de poix, et l’on continue l’opération, en enroulant une seconde couche de fil, puis une troisième, et ainsi de suite avec les mêmes précautions que la première fois.
- On isolera chaque couche de la suivante au moyen d’une feuille de papier. Lorsqu’on sera arrivé au bout du fil, ou que la largeur des joues ne permettra plus de continuer l’enroulement, on arrêtera l’opération, en s’arrangeant pour que la dernière couche de fil se termine du côté opposé au point de départ de la première. Comme précédemment, on fera traverser au fil la joue de la bobine et l’on fixera son extrémité à une borne vissée à la partie supérieure.
- Au-dessus de cette dernière couche de fil on enroulera une feuille de papier au-dessus de
- laquelle on pourra, maiSj uniquement pour donner un peu plus de grâce à l’appareil, enrouler soit une couche serrée de fil isolé à la soie, soit une couche de fil végétal glacé.
- Il est d’usage de donner à la bobine inductrice, aux joues et à la bobine induite, une couche de vernis japonais noir ; le socle, au con traire, pourra être verni teinte acajou ou noyer.
- Cette fois, l’appareil de Ruhmkorff proprement dit est terminé.
- (A suivre) E. Keignart.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. Bayen,. 13, rue, Neigre.
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- Fig. 96. — Construction d’une bobine de Ruhmkorff.
- Fig. 97. — Vue de la bobine achevée.
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- CAUSERIE ASTRONOMIQUE (fin)
- our terminer cette série de nos études, nous donnons une carte céleste de la région du Nord. Cette carte ne sera pas la moins intéressante de toutes celles qui ont paru à cette place, sinon au point de vue des curiosités astronomiques, qui sont peu nombreuses d’ailleurs, mais par le mouvement régulier des astres, qui nous frappe davantage dans cette région, et l’application qu’on peut en tirer.
- Pour la lire utilement, placez-la sur une table devant vous, alors que vous aurez vos regards tournés vers le nord, et de façon que le nom du mois dans lequel on se Irou-ve soit tourné de votre côté. La position des étoiles sur la carte correspondra à celles qui sont dans le ciel.
- Remarquez le cercle concentrique tracé sur cette carte ; il marque la limitedesétoiles toujours visibles et ne se couchant jamais. Celles qui sont en dehors de ce cercle viennent à tour de rôle disparaître successivement sous l’horizon, les mêmes qui sont de votre côté, si vous avez Placé la carte comme il est dit plus haut. Ces étoiles, qui sont devenues invisibles, vous les retrouverez sur nos cartes mensuelles, six mois avant leur disparition, c’est-à-dire à l’époque °ù elles brillaient au zénith. C’est ainsi que Pégase et Andromède disparaîtront au mois de mai, tandis qu’au mois de novembre elles Planaient au-dessus de nos têtes, et il en sera ainsi de toutes les constellations qui figurent snr la zone extérieure ; elles disparaîtront aux mois indiqués.
- Afin de pouvoir rattacher ces étoiles à celles
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- Fig. 98. — Carte astronomique de la région du Nord.
- qui ont été passées en revue successivement pendant l’année, nous engageons nos lecteurs à rapprocher celte carte de celles qui ont déjà été publiées ; ils pourront se rendre compte de la relation qui existe entre elles. Ils feront bien également de rapprocher celle-ci de celles que nous avons données au mois de février, et d’en comparer la ressemblance.
- Passons une revue sommaire des constellations du nord, en vue surtout d’apprendre à les reconnaître dans le ciel.
- Nous voyons d’abord la petite Ourse avecl’ étoile polaire. Celle-ci est la seule du ciel qui soit constamment immobile ; et tandis que les autres se déplacent à chaque instant, la Polaire se retrouve toujours au même point du ciel. La petite Ourse forme une figure semblable à celle du Chariot, sauf qu’elle est de plus petites dimensions, que ses étoiles sont moins brillantes et plus rapprochées, et qu’elles n’ont pas la même direction ; car, quand la petite Ourse semble être sur ses pieds, la grande Ourse, au contraire, paraît renversée ; quand la petite est tournée à droite, la grande est à gauche, et inversement.
- La grande Ourse ou le Chariot, que tout le monde connaît, est caractéristique par sa forme. Outre qu’elle peut servir à déterminer l’heure approximativement (voir n° du ler février 1898) elle indique encore les saisons : en effet, quand sa queue est tournée vers l’Est, c’est le printemps ; en été, elle est dirigée en haut ; quand la queue est à l’occident, c’est l’automne, et pendant l’hiver, elle est en bas.
- 2* Série — N» 57. - 1er Avril 1899.
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- Près de Ç, on remarque une toute petite étoile appelée le cocher du Chariot. Les bonnes vues seules peuvent la distinguer.
- De l’autre côté est Cassiopée, reconnaissable à la disposition de ses étoiles en forme de W. On la trouve au côté opposé de la Grande Ourse par rapport à la Polaire. Elle fait avec elle un tour entier en 24 heures ; c’est comme les deux aiguilles opposées d’une horloge tournant autour d’un centre commun qui est le pôle.
- Le Dragon figure assez bien un reptile par la disposition onduleuse des étoiles qui forment le corps, par sa tête triangulaire et sa queue finissant en pointe.
- Cette figure contourne la petite Ourse, ayant sa tête près la Lyre, et sa queue près de la Grande Ourse.
- Telles sont les constellations principales qui avoisinent le pôle.
- ***
- Si l’on suspend un fil à plomb derrière lequel disparaîtrait Y Étoile Polaire, ce fil sera dans la direction de la méridienne, et toutes les étoiles qui passeront par derrière, seront au même instant dans le plein méridien, ou pour parler le langage usuel, elles passeront au méridien.
- Nous avons ainsi un moyen simple et facile de voir passer, pendant la nuit et à toutes les époques de l’année, plusieurs étoiles au méridien.
- Il n’est pas nécessaire d’installer un fil à plomb si nous avons à notre portée des objets qui puissent en tenir lieu, tels que l’arête d’un mur, une fente formée par des planches mal jointes, le montant d’une porte, d’une fenêtre etc., à la condition essentielle que ces .objets soient dans une direction bien verticale ; ce dont nous pourrons toujours nous assurer avec le fil à plomb.
- Nous donnons ci-dessous un petit tableau faisant connaître les heures exactes auxquelles quelques étoiles de la région boréale passeront au méridien.
- Pour s’en servir, il faudra d’abord reconnaître l’une de ces étoiles sur la carte, celle qui passe au méridien pendant le mois. Toutes y sont indiquées par un petit trait vertical, et sont accompagnées des lettres grecques dont elles portent le nom. Il faudra ensuite s’exercer à la trouver dans le ciel, truand ce résultat
- sera obtenu, on la visera de concert avec la polaire, et l’on attendra qu’elles effleurent simultanément la ligne verticale qui figure la méridienne. A cet instant même il sera l’heure du passage marqué au tableau, si l’observation a lieu à la date indiquée.
- *n Dragon 11 janvier 8 h. 58 soir
- T Dragon 4 février 8 h. 55 —
- a Cygne 15 mars 9 h. 5 —
- c Cephée ? avril 9 h. 3 -
- a Cassiopée 14 mai 9 h. 5 —
- a Persée 24 juin 9 h. 6 —
- a Cocher 22 juillet 9 h. 8 —
- P Cocher 3 août 9 h. 3 —
- 0 Gde Ourse 11 septembre 8 h. 58 —
- a Gde Ourse 20 octobre 9 h. 1 —
- ? Gdo Ourse 17 novembre 9 h. 3 —
- i Dragon 24 décembre 9 h. 10 —
- Nous avons vu (p. 130) que l’heure du passage d’une étoile diminue de 4 minutes par jour (3m56 exactement), de sorte que si l’on veut déterminer un passage avant le jour indiqué, il faudra ajouter 4 minutes par jour de l’heure indiquée.
- Voulons-nous connaître l’heure du passage au méridien de Ç de Cephée le 11 avril ?
- D’après notre tableau, ce passage a lieu à 9 h. 3 le 7 avril ;>le 11, c’est-à-dire quatre jours après, il aura lieu 16 minutes plus tôt, soit à 8 h. 47, heure locale.
- Pour obtenir l’heure de Paris, seule reconnue légale en France, d’après la loi du 15 mai 1891, il faudra augmenter l’heure locale, si l’on est à l’ouest, la diminuer si l’on est à l’est de Paris.
- Pour cela, il faut compter 4 minutes de différence par degré de longitude. Or, on peut toujours faire cette petite opération avec une simp'e carte de géographie, même pour les localités qui ne se trouvent pas sur le tracé d’une méridienne.
- Prenons un village quelconque en France, ce sera, si vous le voulez, Saint-Remy-sur-Bussy (Marne). D’après la carte du département, cette localité esta l’est de Paris ; il faudra retrancher la différence de l’heure locale. Sa position, d’après la même carte, est entre le 2e et le 3e degrés ; à environ deux degrés et demi de de longitude Est. A raison de quatre minutes par degré, cela fait une différence de 10 minutes, qu’il faut retrancher, avons-nous dit, de l’heure légale, le 11 avril, lors du passage au méridien de Ç de Cephée dans cette commune.
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- A titre d’exercice, nous proposons le pro- | sur-Saône (Haute-Saône), cette localité étant blême suivant à nos lecteurs. ! située à 3 degrés et demi environ, longitude
- A quelle heure (heure légale) a Cassiopée I Est? — Rép. 9 h. 3 m. passera-t-elle au méridien le 11 mai à Scey- ! A. Perchenet.
- DANS LES AIRS
- Sernièrement, notre confrère 1 eVélo publiait un petit entrefilet annonçant qu’un ingénieur civil, M. H. de Graffigny, se disposait à expérimenter, à la descente de Chanteloup, un nouvel appareil volant dont il est l’inventeur.
- M. II. de Graffigny est ce qu’on est convenu d’appeler une figure bien parisienne. Le hasard, qui fait bien les choses, nous ayant mis en présence, j’ai songé à lui demander quelques renseignements sur son invention avant qu’il l’expérimente, estimant qu’après il pourrait être trop tard.
- Le jeune ingénieur — M. de Graffigny est jeune puisqu’il ne compte que trente-cinq printemps — s’est mis fort obligeamment à ma disposition et m’a fait, par le menu, l’historique de la question.
- En l’écoutant parler, avec un admirable sang-froid, de s’enlever dans l’espace sur un appareil mécanique plus lourd que l’air et d’évoluer au milieu des nuages, on se demande si on ne rêve pas. Les imaginations les plus folles de Cyrano ou du doux évêque Fénelon sont, du coup, atteintes et même dépassées. Voici, résumée, ma conversation avec M. de Graffigny :
- Tous les savants sont d’accord sur la possibilité théorique de s’élever dans l’espace et de s’y diriger, à condition de posséder des moteurs capables d’imprimer une très grande vitesse à l’appareil volant. Or, l’industrie automobile a fait faire un pas de géant à la question, en construisant des moteurs à pétrole d’une légèreté spécifique inconnue jusqu’alors. Nous sommes loin, paraît-il, des vitesses de 6 m. 50 par seconde obtenues par MM. Krebs et Renârd, lors de leurs expériences de 1883 et 1884.
- Il est donc possible théoriquement de réaliser la navigation aérienne avec des appareils plus lourds que l'air, sortes de cerfs-volants traînés par une hélice et prenant leur point d’appui sur l’air.
- Mais il fallait passer de la théorie à la pratique. C’est ce que va faire M. de Graffigny avec son aéroplane. Ce nouvel appareil est un oiseau de grandes dimensions, dont le corps mesure six mètres et les ailes vingt mètres carrés de surface totale. La carcasse est en verges de sapin rouge, les unes (transversales) composant les fermes, les autres (longitudinales) reliant ces fermes les unes aux autres. Cette carcasse est consolidée intérieurement par des tirants et des jambes de force, et elle est recouverte extérieurement par une enveloppe de soie huilée. Comme le transport d’un semblable appareil ne serait pas pratique, les ailes sont démontables : leurs nervures sont en roseau et reliées aux fermes par des viroles en laiton. En plan, l’appareil présente une iorme sensiblement circulaire. Les ailes sont très concaves, ce que l’expérience a démontré avantageux; l’ensemble, monté sur deux roues et un patin à l’arrière, présente le maximum de solidité et le minimum de poids. Une surface mobile, à barrière, joue le rôle de quille ou gouvernail, et permet de chercher la stabilité en cours de route. C’est donc, en réalité, un cerf-volant affectant la forme d’un oiseau.
- Pour actionner cet appareil, deux hélices à deux palettes sont disposées à l’avant et elles reçoivent un mouvement de rotation par une transmission à courroies prenant sur un arbre intérieur, dont une extrémité, pourvue d’une roue dentée, est en relation avec un moteur à pétrole à deux cylindres, développant, à 1,200 tours, environ trois chevaux et demi. Les hélices, dunt les ailes présentent une surface totale de deux mètres et demi carrés, ont un pas de un mètre soixante et tournent à huit tours par seconde, ce qui permet de compter sur une vitesse propre de douze mètres par seconde.
- L’ensemble de l’aéroplane, sans son conducteur, ne pèsera, d’après les prévisions de
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- l’auteur, que soixante kilog. environ. Il paraît que jamais rien d’aussi léger et d’aussi puissant, pour des dimensions aussi restreintes, n’aura été établi.
- Après quelques expériences préliminaires faites sur le bord de la mer, de façon qu’en cas de chute les jours de l’aviateur soient préservés et la dislocation de l’appareil évitée, M. de Graffigny a l’intention de s’élever en ballon à quinze cents mètres au moins, et de se lancer dans les airs de cette hauteur effrayante afin de parcourir un espace considérable avant d’atterrir. Si l’air est calme, l’aviateur espère répéter toutes les manœuvres des grands voiliers de l’atmosphère, évoluer dans to.utes les directions comme font les oiseaux, sans redouter, grâce à l’expérience préalablement acquise, une catas-
- trophe quelconque.
- Malgré ce que cette entreprise a d’incertain, si quelqu’un doit la mener à bien, c’est M. H. de Graffigny qui possède des connaissances techniques étendues ; à qui le domaine de l’air est familier puisqu’il a fait de multiples ascensions libres en ballon ; qui est rompu, enfin, à tous les exercices d’une gymnastique sévère de tous les membres. Mentionnons, en terminant, ce fait que le jeune ingénieur, sans fortune, consacre le produit de ses travaux littéraires et scientifiques à payer le prix de ses expériences. Assurément ce détail est tout à son honneur, mais on ne peut s’empêcher de songer aux innombrables subventions qui s’égarent sur des objets futiles et quelquefois dangereux.
- H. Gbenet.
- PETITE MACHINE A ÉCRIRE POUR LES ENFANTS
- tANS la vie moderne fiévreuse et rapide, sont nés des appareils qui abrègent les transactions commerciales, la dactylographie par exemple, les ingénieuses machines à écrire. Malheureusement, jusqu’à ce jour, ces appareils étaient d’un prix inabordable et assez compliqués comme mécanisme. Un inventeur cependant a réussi à construire une machine à écrire très simple et pourtant économique comme prix de revient.
- Une machine à écrire pour enfants ! c’est presque une gageure.
- Son prix est peu élevé ; son maniement est des plus simples, et les caractères qu’elle imprime sont aussi nets que ceux des machines couramment en usage.
- La feuille de papier est maintenue dans la fente d’un porte-papier par une tige à ressort, et le porte-papier lui-même, une fois glissé dans une rainure spéciale, est immobilisé par un cran d’arrêt dans'la position voulue.
- Toutes les lettres de l’alphabet et les chiffres sont inscrits, en caractères majuscules, sur la
- périphérie d’un disque mobile très apparent et sont reproduits, en caractères minuscules, avec les signes de ponctuation sur une deuxième rangée concentrique intérieure. Ces signes correspondent deux à deux, suivant les rayons du disque, qui, vis-à-vis de chacun deux, est pourvu d’une petite languette.
- Pour imprimer un caractère, il suffit de déplacer le disque à lamainjusqu’à ce que ce caractère soit amené en regard d’une entaille, divisée en deux parties. S’il appartient à la rangée extérieure, on appuie la languette sur la partie droite de l’entaille en même temps qu’on agit légèrement sur un presseur disposé à cet effet; si, au contraire, il est inscrit sur la rangée intérieure, on presse la languette sur le segment de gauche.
- Ce presseur a pour effet, lorsqu’il est abaissé, d’appuyer en un point d’une bande caout-
- (i) Nous nous chargeons de fournir cette machine que nous avons eu l'occasion d’expérimenter et qui manœuvre d une façon parfaite, au prix de 8 fr. 75 (io fr. franco de port et d’emballage).
- Fig. 99. — Une petite machine à écrire pour les enfants (i).
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- choutée placée sous le disque et frottant contre les tampons encreurs.
- Tous les signes du disque sont marqués sur la bande, et leurs positions sont telles que le caractère de la bande vis-à-vis du presseur est le même que celui du disque vis-à-vis de l’entaille.
- La machine se déplace le long d’une crémaillère; elle avance vers la droite, de la longueur d’une dent, chaque fois que l’on presse sur un pousseur disposé à la gauche de l’appareil. Ce déplacement détermine l’intervalle entre cha-
- que lettre; il est produit automatiquement, lorsqu’on fait usage de la machine, car le presseur est au-dessus du pousseur et l’entraîne dans son mouvement de haut en bas.
- Pour changer de ligne, on ramène la machine vers la gauche à l’endroit voulu, en soulevant une poignée, et on pousse le porte-papier jusqu’au point de repère suivant, soit de l’épaisseur d’une ligne.
- Tous les enfants peuvent se livrer à cette petite occupation intéressante et instructive.
- (Revue Universelle).
- NOTE SUR LE RÉGLAGE DES MONTRES
- rappé depuis longtemps des longs tâtonnements par lesquels on est obligé de passer pour régler une montre, je me suis demandé s’il ne serait pas possible d’appliquer à ce cas les méthodes d’approximations successives, qui rendent tant de services dans les résolutions d’équations compliquées.
- Le problème peut se résoudre Par le calcul ou par la méthode graphique ; je préfère cette dernière, parce qu’elle a l’avantage de rendre
- Fig.
- sensible aux yeux le progrès des corrections, de telle sorte que les grosses erreurs dues à une distraction sont évitées ; de plus, la construction graphique faite pour un premier réglage peut servir plus tard pour un second. Le problème se divise en deux parties.
- 1° Déterminer exactement, au moyen d’une mesure facile à prendre, la position actuelle de la raquette, correspondant à une marche diurne connue, de manière à pouvoir, si on 'a déplaçait, l’y ramener d’une façon précise ;
- 2° Etant connue la marche diurne (avance °u retard en vingt-quatre heures) qui correspond à la vie actuelle de la raquette, déterminer le point précis où on doit la placer pour rendre cette marche nulle. De cette
- manière, les différentes causes de variation (état de tension du ressort, influences de température, etc.), dont la période est de vingt-quatre heures se compensant exactement, à part les écarts accidentels, on n’aura pas besoin de remettre la pièce à l’heure
- trop souvent.
- lo On atteint le premier but en marquant un point très fin r sur l’extrémité de la raquette, et un point o sur un des points de la montre, dans le prolongement de la tangente 100' m e n é e a u
- milieu de l’axe décrit par la raquette ; ce point 6 sert d'origine aux mesures de longueurs et la distance ro est arbitraire.
- La plupart des montres portant une trotteuse, il est facile d’avoir la marche diurne à une seconde près, même si le cadran de cette dernière est mal centré, en faisant les comparaisons quand la trotteuse est exactement sur la même division de son cadran. Pour les montres sans trotteuse, un index sur la petite moyenne suppléera à l’absence du cadran de secondes.
- 2° Pour déterminer le point de marche par la méthode graphique, on porte sur un papier quadrillé, à partir d’une origine arbitraire, une longueur O R représentant en grandeur
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- et en direction la distance or prise sur la montre.
- Au-dessous du point R, si la montre retarde, et au-dessus, si elle avance, on trace perpendiculairement à O R l’ordonnée R M dont la longueur représente à une certaine échelle la marche diurne correspondant à la position r de la raquette. On déplace ensuite la raquette de façon à changer le retard en avance ou vice versa, et on porte de O en R’ sür le quadrillé la distance or’ prise directement sur la montre ; enfin, on construit à la même échelle que ci-dessus l’ordonnée R’ M’ égale à la nouvelle marche.
- Pour avoir la position à donner à la raquette, il suffit de joindre par une ligne droite les extrémités M et M’ des deux ordonnées figurant les marches. Le point R” où cette droite M M’ coupe l’horizontale O R est le point cherché. Il y a avantage à ce que, dans un cas, la pièce avance et que, dans l’autre, elle retarde, pour éviter l’extrapolation qui donne des résultats moins exacts. Si la raquette amenée au point R” ne donnait pas une marche nulle, on déterminerait par une deuxième construction la petite correction à faire.
- Remarque. — Si plus tard, par suite de changement de saison ou à cause de l’épais-
- sissement des huiles, la montre prenait une marche sensible, les résultats précédents ne ne seront pas perdus, car, si l’on a conservé le graphique, il suffira de mener par le point représentant la nouvelle marche une parai’ lèle à l’ancienne ligne M M’ pour déterminer un point qui sera certainement très voisin du point nouveau de marche nulle et permettre une deuxième approximation plus parfaite.
- Comme les déplacements à effectuer et à mesurer sont très petits, l’instrument le plus commode pour réaliser les constructions ci-dessus est, à mon avis, un compas de réduction en forme d’X que chacun peut faire. Le petit côté sert à prendre les mesures sur la montre et le grand à les reporter sur le papier. Si les grandes branches du compas sont dix fois plus longues que les petites, en supposant que sur le papier on fasse les mesures à un dixième de millimètre près, on pourra apprécier dos centièmes de millimètre à l’extrémité de la raquette.
- Sur la montre que j’ai le plus expérimentée, un centième de millimètre correspond sensiblement à une marche d’une seconde par jour.
- (Revue Chronométrique).
- Paul Vacher.
- CONSTRUIRE SOI-MÊME une BOBINE de RUHMKORFF {Suite)w
- 'appareil de Ruhmkorff proprement dit étant terminé, on peut en faire l’essai immédiatement ; pour cela, on enfile la bobine induite sur la bobine inductrice, de façon que cette dernière soit contenue dans la première et recouverte exactement par elle. On aura dû préalablement pratiquer au bas de chacune des joues deux échancrures pour faire place aux baguettes du socle, qui "faciliteront le glissement régulier de la bobine induite. Les bornes vissées dans le socle de l’appareil seront reliées par des fils conducteurs aux rhéophores d’une pile Bunsen ou au bichromate de deux ou trois éléments couplés en tension.
- L’appareil doit fonctionner immédiatement; on s’en convaincra en approchant de l’une des bornes de .la bobine inductrice un con-
- ducteur relié à l’autre borne. Un flot continu d’étincelles jaillira entre ces deux pôles avec un crépitement caractéristique.
- La bobine ne donnera néanmoins tout son effet et ne sera parfaite que lorsqu’elle sera munie d’un accessoire important, le condensateur de Bizeau, qui a son emplacement indiqué dans le socle de l’appareil. Le condensateur a pour fonction d’annuler l’extra-courant de rupture dans la bobine inductrice, et, par suite, de renforcer dans une notable proportion la puissance du courant induit.
- Il est formé de feuilles d’étain superposées, et séparées l’une de l’autre par des feuilles de papier; toutes les feuilles d’étain impaires sont reliées ensemble et les feuille8 paires également. Le tout forme une sorte de
- (i) Voir la Revue des Livres du dernier numéro.
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- bouteille de Leyde à grande surface dont les | deux armatures communiquent chacune avec une extrémité du fil inducteur.
- Pour construire le condensateur de Fizeau, opération très facile d’ailleurs, on opérera comme il suit : on se procurera une centaine (nombre pair) de feuilles d’étain longues de 20 à 25 cm. et larges de 7, et un nombre égal de feuilles de papier de même longueur, mais larges de 9 cm. Ce dernier sera choisi plutôt mince, mais solide, sans trous, ni fissures, quelque minimes qu’ils soient, car la moindre ouverture pourrait établir une communication entre les feuilles d’étain se trouvant sur chaque face du papier troué. Pour s’assurer de ses qualités, on examinera chaque feuille séparément, en regardant au travers du côté de la lumière.
- On prendra également deux feuilles de carton de mêmes dimensions que les feuilles
- Fig. loi.
- de papier; plaçant une de ces feuilles de carton sur la table, on pose dessus une feuille d’étain de telle façon qu’il y ait une marge de 1 cm. entre les bords de l’étain et ceux du carton, sauf à une éxtrémité ou 1 étain dépassera de 1 cm. (fîg. 101). Sur la feuille d’étain, on pose une feuille de papier et sur cette dernière une seconde feuille d’étain.
- Celle-ci dépassera encore la précédente 1 cm., mais à l’extrémité opposée. On continuera de la sorte à superposer alterna-
- I tivement les feuilles d’étain et de papier, et laissant dépasser à une extrémité les feuilles d’étain impaires, et à l’autre les feuilles paires. On terminera la série par la seconde feuille de carton, puis on serrera le tout au moyen d’une ficelle.
- Il ne restera plus qu’à assujettir le condensateur dans le socle de la bobine, et l’on reliera l’une des armatures à une extrémité du fil conducteur, la seconde armature à l’autre extrémité.
- La bobine de Ruhmkorff est terminée, nous pourrons nous convaincre qu’elle n’a rien à envier en fait de puissance à celles de mêmes dimensions qui garnissent les étalages des marchands d’appareils.
- Actionnée au moyen de 3 ou 4 éléments de pile, elle donnera des étincelles nourries et bruyantes de 25 à 30 millimètres de longueur. ..........
- L’absence du condensateur l’affaiblirait d’un quart au moins ; en outre, les étincelles d’extra-courant qui se produiraient entre la vis et le ressort de l’interrupteur seraient beaucoup plus fortes et détérioreraient rapidement ce dernier organe.
- Pour que l’appareil donne son maximum d’effet avec une source électrique de puissance donnée, il faut que la bobine induite recouvre exactement la bobine inductrice; en faisant glisser la bobine induite de façon qu’elle ne recouvre plus qu’une partie de la précédente, la puissance de l’appareil sera diminuée d’autant, et il sera possible de la réduire à néant en découvrant entièrement l’inducteur. Cette disposition est d’autant plus avantageuse, comme je l’ai insinué plus haut, que dans certaines, expériences nous aurons besoin d’un courant puissant et dans certaines autres d’un courant très faible. E. Keignart.
- LE BLANCHISSAGE A LA VAPEUR
- DESCRIPTION D’UN ATELIER
- es hôtels et les restaurants des grandes villes et particulièrement de celles où il existe de grandes Compagnies maritimes, emploient beaucoup fie linge et exigent pour ce dernier une très grande propreté. Des industriels ont tenté
- de réaliser mécaniquement le blanchissage à l’aide de la vapeur. Voici la description d’une usine de ce genre établie à New-York et qui fonctionne dans de très bonnes conditions.
- Après avoir opéré le triage des différents
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- objets que l’on doit soumettre au nettoyage, on les introduit dans des machines à laver que l’on voit indiquées dans la figure 102. Ces machines sont formées : 1° d'une cage cylindrique en bois munie de 2 ou 3 portes s’ouvrant sur sa surface latérale ; 2° d’un tambour intérieur dont le diamètre est tel qu’il existe entre la surface extérieure de ce dernier et la surface intérieure de la cage de bois un intervalle assez grand.
- Ce tambour, garni de trous latéralement à
- en vapeur se précipite dans l’intervalle où se trouve le linge et entraîne dans son mouvement les impuretés qu’il contient.
- Lorsque l’eau est complètement saturée de matières étrangères, on la remplace et l’on continue l’opération jusqu’à ce que la dernière eau de lavage soit entièrement claire.
- Cela terminé, on retire le linge et on procède au séchage au moyen d’appareils à force centrifuge semblables à ceux que l’on emploie
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- Fig. 102. — Blanchisserie à vapeur: machines à laver et essoreuses.
- sa partie supérieure et renfermant de l’eau en ébullition, peut être animé d’un mouvement de va-et-vient autour de son axe, à l’aide d’un système d’engrenages et de poulies de transmission convenablement disposés.
- Le linge à laver étant placé sur la surface extérieure du tambour et les portes de sa cage étant closes, on met la machine en mouvement.
- La partie du tambour prenant une position contraire à celle qu’elle occupait déjà, l’eau
- pour la fabrication du sucre. Ces appareils sont représentés à droite des machines à laver (fig. 102).
- Ils sont composés, comme on peut le voir, de cylindres creux, dont la surface latérale est garnie de trous, qui sont montés sur un arbre vertical auquel on imprime une grande vitesse.
- Le linge encore humide étant entassé à l’intérieur de ces cylindres, on met ces derniers en mouvement, en ayant soin d’augmenter leur vitesse de rotation graduel-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- lement. En vertu du principe bien connu de la force centrifuge,, les objets viennent à être pressés contre les parois des cylindres et l’eau qu’ils contiennent s’échappe alors en gouttelettes à travers les trous pratiqués à cet effet.
- Cette opération terminée, on passe au
- mités de cette table, on étend avec soin sur celle-ci les objets à calendrer en ayant la précaution de les couvrir d’une épaisse étoffe de laine. Ensuite on fait passer la caisse plusieurs fois sur eux, jusqu’à ce que la pression considérable ait chassé l’humidité qui pourrait encore exister, et rendu leur
- Fig. 103. — Blanchissage s vapeur : calendres et séchoirs.
- calendrage ou repassage du linge.
- La machine utilisée pour ce travail (ftg. 103-2) est composée d’une caisse rectangulaire dont la surface inférieure du fond est garnie d’une plaque de fer qui donne à cette caisse un poids assez considérable. A l’aide d un mécanisme spécial consistant en deux cyhndres mus par un engrenage et sur lesquels s’enroulent deux petits câbles attachés aux extrémités de la caisse, celle-ci Peut être animée d’un mouvement lent de 'a-et-vient au-dessus d’une grande table dont le dessus est parfaitement aplani.
- La caisse étant amenée à l’une des extré-
- surface aussi lisse que possible.
- Il existe encore un autre genre de machine représenté par la figure 102, no I, et qui se compose de quatre cylindres disposés en plan incliné, et dont les axes sont munis à leur extrémité d’un système de roues dentées engrenant entre elles ; ce qui permet aux quatre cylindres de tourner ensemble dans le même sens à une très petite distance d’un plan incliné à cannelures et parfaitement poli.
- Pour calendrer une étoffe à l’aide de cette machine, lorsqu’elle est en mouvement, il suffit d’engager l’une de ses extrémités entre
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- la table qui est chauffée intérieurement à. la vapeur et la surface du premier cylindre.
- Ce dernier cylindre ainsi que les autres la font avancer sur la table en plan incliné, en exerçant une certaine pression sur elle, et finalement celle-ci ressort à l’extrémité opposée du plan où elle est reçue par une ouvrière.
- Le linge, après avoir subi l’opération du calendrage, est ensuite transporté dans des
- séchoirs où il est étendu et rangé avec ordre jusqu’à la livraison.
- L’importance de cette installation est telle qu’elle peut fournir 100.000 pièces de tout genre dans l’espace d’une journée. Les machines laveuses peuvent recevoir 300 draps ou 1.500 serviettes à l’heure, ce qui montre la rapidité avec laquelle s’effectue le blanchissage des étoffes.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- Prenons une simple boite de carton ou de bois noirci, sans soufflet, car nous nous servirons d’un objectif dit à foyer fixe, c’est-à-dire qui ne demande pas de mise au point à partir d’une certaine distance. On peut du
- reste déterminer une fois pour toutes la distance à laquelle l’appareil sera invariablement placé par rapport aux objets ou sujets à photographier et l’on opérera toujours à Fig. 104. celte distance, six
- mètres par exemple, pour laquelle on aura fait la mise au point aussi exactement que possible en construisant la boite.
- Il faut un objectif très lumineux. Comme les images sont petites, 4 X 4 ou 6 X 9 au maximum, on opérera à toute ouverture en se servant de combinaisons à court foyer (8 à 10 cm.); la durée de la pose sera donc excessivement réduite.
- L’obturateur (fig. 104) est constitué par un disque en carton pouvant tourner autour de son centre A et percé d’une ouverture circulaire I destinée à découvrir l’objectif lors de son passage devant le parasoleil. Le temps de pose dépendra donc de la vitesse de rotation de ce disque et du temps d’arrêt qu’on lui laissera au moment où l’ouverture démasquera l’obturateur.
- Le disque est monté sur un axe portant une roue dentée incomplète A’ (fig. 105),
- inétoscope (Suite). — Le mouvement que l’on désire reproduire sera d’autant plus vrai, d’autant plus exact, qu’il sera plus détaillé, c’est-à-dire représenté par un plus grand nombre d’images. C’est ainsi que des thaumatropes, zootropes, pantoscopes, etc., on est arrivé au kinétoscope et au cinématographe.
- On a multiplié les images et en même temps, ce qui était inévitable, la vitesse de rotation des disques, mais lorsqu’on est arrivé à produire un grand nombre d’images d’un mouvement exécuté en un temps excessivement court, puis d’un mouvement exigeant un temps plus long, les disques n’ont plus suffi, on a alors imaginé de reporter les images à la suite les unes des 'autres sur des bandes se déroulant sur un système de poulies mues par un mécanisme d’horlogerie : le kinétoscope était créé.
- On voit de suite que le Kinétoscope exige deux appareils, un appareil photographique destiné à la production des images et un appareil mécanique, celui dont nous venons de parler et dont nous n’aurons plus à nous occuper-
- Quelque courte que soit la pose, elle ne peut être évitée : il en résulte qu’il faut qu’au moment de la pose la pellicule sensible qui se déroule devant l’objectif s’arrête ; le mécanisme de l’appareil photographique doit donc être combiné de manière à arrêter le mouvement de la pellicule pendant la pose.
- C’est la seule difficulté qu’offre la construction de l’appareil et l’on verra qu’il est assez facile de la vaincre.
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- Fis. 105.
- c’est-à-dire dont tout le pourtour n’est pas complètement garni de dents.
- L’axe commun est mû au moyen d’un mouvement d’horlogerie, ou même à l’aide d’un simple ressort et d’un poids B (fig. 106). Si l’on préfère le mouvement d’horlogerie, il est aisé avec un peu d’ingéniosité d’adapter le mécanisme d’un réveil hors d’usage, ou celui d’une horloge, en remplaçant l’échappement par un régulateur à ailettes de carton ou de métal mince dont la
- destiné à obtenir la rotation uniforme de l’obturateur.
- La roue dentée s’articule, soit avec une autre roue dentée qui sert au déroulement de la pellicule, soit avec une règle crémaillère servant de support à la plaque sensible, si c’est d’une plaque, sensible qu’on fait usage. Comme la roue dentée n’est pas complète, il s’ensuit que le mouvement de la roue ou celui de la crémaillère n’est pas continu.
- Considérons simplement la crémaillère ; elle ne se meut que pendant le passage des dents de la roue A’ ;
- mise en place n’offre généralement pas de I lorsque l’espace a a’ (fig. 105) passe sous la
- Fig. 107.
- difficultés sérieuses. Ces ailettes peuvent du peste être fixées, soit à l’axe A A’ (fig. 106), soit à l’obturateur lui-même. Nous n’avons Pas besoin de dire que le régulateur est
- règle dentée, celle-ci demeure donc immobile, c’est la pose.
- Il faut donc que la roue A’ soit placée sur l’axe A A’ de telle sorte que ce moment,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- h
- coïncide précisément avec celui pendant lequel l’ouverture I (fig. 104 et 107) du disque A franchit l’objectif en le découvrant, ce qu’il est aisé d’obtenir.
- Le rayon de la roue A’ n’est pas indifférent. Il doit être calculé de telle sorte que les images ne chevauchent pas l’une sur l’autre et qu’elles ne laissent pas entres elles d’intervalle. Le rayon devra donc être calculé d’après la largeur de l’image. On peut encore partir de ce principe que le nombre de dents que comporte la partie dentée de la roue A’ doit être égal au nombre de dents de la crémaillère compris dans la largeur d’une image.
- On comprend maintenant ce qui se passera lorsque nous mettrons en mouvement notre appareil : la règle crémaillère C (fig. 106) porte une rainure dans laquelle on engage soit la plaque, soit son châssis. La plaque reçoit l’image lumineuse au moment précis où elle est immobilisée parle passage devant la crémaillère de la partie non dentée de la roue. A peine aura-t-elle reçu le choc des ondes lumineuses qu’elle sera de nouveau entraînée, perpendiculairement à l’axe A A’, d’une quantité égale à la largeur de l’image.
- On obtiendra ainsi sur une plaque sensible une série d’images parfaitement distinctes et correspondant aux diverses phases du mouvement.
- Si le disque obturateur fait par exemple six tours à la seconde, on obtiendra six images parallèles dont le temps de pose et les dimensions dépendront delà roue dentée et de la crémaillère.
- Quel sera le temps de pose ?
- Le temps de pose dépend de deux éléments :
- 1° Vitesse de rotation du disque A.
- 2* Diamètre de l’ouverture circulaire I.
- Supposons la vitesse de rotation de 6 tours à la seconde et le diamètre de l’ouverture de 1/10 du disque.
- Le disque mettra 1/6 de seconde à faire un tour, l’ouverture qui vaut 1/10 du disque mettra 10 fois moins de temps à passer devant l’objectif, soit 1/60 de seconde. C’est la durée de la pose.
- Mais la plaque sensible sera-t-elle immobile tout le temps de cette pose ? C’est ce que nous allons examiner.
- Le temps d’arrêt de la plaque dépend de deux éléments :
- Ie Vitesse de rotation, du disque, c’est-à-dire vitesse de déplacement de la crémaillère.
- 2° Largeur de l’échancrure de la roue dentée.
- Nous avons adopté une vitesse de rotation de 6 tours à la seconde ; supposons l’échancrure égale à 1/4 de la circonférence.
- La roue dentée faisant un tour en 1/6 de seconde, n’aura aucune action sur la crémaillère pendant 1/4 de ce temps, soit 1/6 X1/4 *= 1/24.
- La plaque sera donc parfaitement immobile pendant toute la pose et l’on pourrait sans inconvénient doubler la pose en doublant l’ouverture de l’obturateur ; il suffirait de transformer l’ouverture circulaire en ouverture elliptique.
- On se sert de plaques extra-rapides que l’on découpe en bandes de 4 à 5 cm. de longueur. Une plaque 13X18 donne quatre bandes de 4,5 X 13 ou trois bandes 4,3 X 18. Ces plaques peuvent être placées dans de longs châssis de 50 ou 60 cm. de longueur munis à leur partie inférieure d’une latte dentée. Une seule plaque 13 X 18 permettra ainsi d’obtenir une série de 15 à 20 poses successives.
- Avec un châssis à rouleaux on pourra obtenir des centaines de clichés dans l’espace de quelques secondes.
- La roue dentée et la crémaillère peuvent être prises à la scie à découper dans des planchettes de bois. On peut également trouver la roue dans quelqu’une de ces anciennes horloges que l’on mettait dans les cuisines et que l’on trouve encore à la campagne. Bref, la construction de cet appareil, on le voit, ne saurait arrêter un amateur quelque peu avisé.
- ' La manière la plus intéressante d’utiliser les photographies ainsi obtenues serait de reconstituer lé mouvement par projection en vraie grandeur sur un écran, à la façon du cinématographe de Lumière.
- Nous voilà donc amenés à parler de la construction des appareils d’agrandissements et de projections, si intéressants et si à la mode en ce moment.
- (A suivre). A. Berthier.
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- LA SGIENCB EN FAMILLE
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 27
- La “ métrophotographie — M. le colonel
- Laussedat place, sous les yeux de l’assistance, des cartes obtenues au Canada par ses méthodes, photographiques. La métrophotographie, c’est-à-dire l’art de lever des plans au moyen de la photographie, née en France, s’est répandue un peu partout,- et les cartes présentées, exécutées à
- l’échelle de-———, sont dues à M. l’arpenteur
- oU.ÜUU
- général Deville : l’une se rapporte à un district du pied des montagnes rocheuses, une autre à la région boréale du Klondike, et une troisième au pays de l’or proprement dit, par 64° de latitude nord. Cette dernière carte, dessinée à Ottawa par M. Deville qui l’a exécutée en moins de deux jours, à l’aide de seize photographies, comprend une superficie de 25.000 hectares.
- ***
- Interrupteur électrique. — Les hautes fréquences et la production des rayons X ont remis en honneur la bobine de Ruhmkorff. Pour ces deux usages il faut des interrupteurs rapides, faisant donner d’une façon constante à la bobine le maximum de longueur de l’étincelle.
- M. lïArsonval signale un interrupteur automatique imaginé par M. le docteur A. Wehnelt, de Charlottembourg, qui semble réaliser l’idéal de ces instruments.
- D’interruption du courant y est basée uniquement sur les phénomènes électrolytiques étudiés successivement par Davy, Planté, Violle et Chas-sagny.
- Si, dans un vase en plomb plein d’eau acidulée au—- par l’acide sulfurique, on plonge un fil de
- platine soudé à l’extrémité d’un tube de verre et correspondant au pôle positif d’une batterie d’accumulateurs de 40 à 110 volts (le pôle négatif étant relié au vase en plomb), le passage du courant fait rougir le fil de platine. 11 se forme une gaine lumineuse autour de ce fil et un bruit strident se produit,
- Ce bruit semble indiquer que le courant passe d’une façon intermittente : En 1892, MM. Kock et
- A TRAVERS
- La première automobile (?). — La Revue technique produit un document qui donne à ^ automobilisme une respectable ancienneté. Au m°is d’avril 1748, une automobile, cons-D uite par le célèbre mécanicien-horloger Vau-canson, fut présentée, paraît-il, à Louis XV.
- Février 1899.
- Wüllner avaient prouvé, au moyen du téléphone, qu’il en est réellement ainsi.
- M. Wehnelt, se basant sur ce fait, a eu l’idée d’intercaler, dans le circuit de la cuve électrolytique, le primaire d’une bobine d’induction et il a vu que la cuve constituait le plus parfait et le plus simple des interrupteurs.
- ***
- Un nouveau minéral : la “ carnotite ”. —
- MM. Friedel et Cumenge décrivent une substance naturelle, reçue par l’un d’eux d’Amérique, désignée comme uraconise. Elle se présente en poudre ou en masses jaunes faiblement agglomérées et se désagrégeant facilement sous la pression des doigts. Elle a été trouvée dans le comté de Montrose (Colorado), par M. Charles Poulot chimiste français, habitant actuellement Denver dans le Colorado. Le minerai se trouve dans des cavités ou des sortes de mares qui existent à la surface d’un grès et y est accompagné de chessylite et de malachite. On en a extrait environ dix tonnes.
- On y trouve aussi d’autres métaux en proportions peu définies et particulièrement des métaux radiants. Cette substance constitue une espèce minérale nouvelle qu’ils proposent d’appeler la carnotite.
- ***
- Expériences phonographiques. — M. Dus-saud présente et fait fonctionner un nouveau phonographe qui lui permet de conclure :
- 1° Que l’on fera parler d’autant plus fort un phonographe que ses cylindres auront un plus grand diamètre, ou qu’ils auront tourné plus vité lors de l’enregistrement;
- 2o Que, si l’on fait parler un phonographe devant un second phonographe dont le cylindre a un diamètre plus grand, ce dernier répétera les paroles avec une plus grande intensité que le premier.
- On a donc, par le diamètre ou la vitesse des cylindres, un moyen d’amplifier les sons à volonté, soit au moment de l’enregistrement, soit lors de la reproduction d’un rouleau.
- LA SCIENCE
- L’almanach royal relate, en ces termes brefs, les essais du « carrosse à ressorts d’horlogerie », qui furent faits en l’hôtel que l’académicien occupait rue de Charonne, au revers de la rue Saint-Antoine :
- « Dès 8 heures, Sa Majesté fut chez l’in-
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- la[ science en famille
- venteur en compagnie de plusieurs officiers de sa maison et prit place sur le fauteuil disposé en haut du perron, pour que Sa Majesté pût voir sans fatigue se mouvoir la mécanique du cabriolet à travers les allées du parc et sur la pelouse.
- » Ce carrosse peut tenir deux personnes. Il est peint d’amarante, liseré de bleu et rehaussé d’or.
- » On aperçoit entre les essieux quatre roues engrenées deux à deux et que relient des rubans d’acier dentelé. Des chaînes communiquent avec une manivelle tournante sous la main du conducteur, de sorte qu’il n’est aucun besoin de cheval. Sa Majesté a félicité le mécanicien en lui demandant pareille voiture pour la remise royale.
- » M. le duc de Mortemart, le baron d’Avezac et M. de Lauzun, qui étaient là en plus d’autres gens de cour, n’en pouvaient croire leurs yeux, tant c’est merveille.
- » Le roy a dit: Des gens du vulgaire vous penseront sorcier !
- » Pourtant plusieurs de ces messieurs de l’académie assurent qu’un appareil ainsi fait ne pourrait circuler dans les rues. »
- Soit oubli du roi, soit que l’intrigue ait empêché l’exécution de l’auguste promesse, soit que l’invention fût imparfaite, nous ne trouvons plus trace de cette aïeule de nos
- modernes automobiles dans les annales du temps. ***
- Société protectrice des oiseaux. — M. Jules Bénard a communiqué à la Société nationale d’agriculture les résultats obtenus dans sa commune, à Coupvray (Seine-et-Marne), pour empêcher la destruction des oiseaux. Une société protectrice a été créée dans ce but entre les élèves de l’école de garçons. Le président, le vice-président, le secrétaire, sont des élèves de la première division. Tous les autres élèves sont membres de la Société. Le bureau se réunit sous la présidence de l’instituteur, M. Gibet, tous les samedis à midi et demi, pendant les mois de mars, avril, mai, juin et juillet. Son rôle est de contrôler les déclarations des membres et d’inscrire sur un carnet spécial tous les nids protégés et les animaux nuisibles détruits. Voici le résultat des opérations de la Société en 1898: le nombre de nids protégés est de 570. Ils se décomposent ainsi : hirondelles 274, pinsons 80, verdiers 50, roitelets 47, rossignols 37, chardonnerets 17, mésanges 12, divers 53. Pendant l’hiver il a été détruit au moyen de pièges: 24 nids de loir et 80 petits, 4 belettes, 25 rats et plus de 300 souris.
- Il y a là, n’est-il pas vrai, un excellent exemple à imiter.
- LA SCIENCE
- Recette contre les verrues. — A la liste déjà longue des remèdes qui ont été donnés contre ces excroissances désagréables, il convient d’ajouter celui que préconise M. le D1' Louvel-Dulongpré, et qui, dit-il, lui a toujours réussi contre les verrues de l’homme et des animaux.
- 11 suffit de badigeonner légèrement, une fois par jour, les verrues, jusqu’à disparition avec une solution concentrée à chaud de bichromate de potasse.
- Pour en faire la préparation, jetez dans une quantité quelconque d’eau distillée bouillante du bichromate de potasse, jusqu’à ce qu’elle refuse d’en dissoudre; laissez refroidir. Par le refroidissement, une certaine quantité du médicament se précipite; le liquide restant est la solution concentrée
- PRATIQUE
- à chaud, dont on fera usage à froid, bien entendu. Une seule application a suffi pour débarrasser complètement un cheval dont les naseaux étaient couverts de verrues. Mais comme la peau est fine sur cette partie de l’animal, les naseaux ont pelé entièrement ; le poil fin qui les recouvre, a, du reste, parfaitement repoussé sans laisser de cicatrices.
- ***
- Une veilleuse commode. — Voulez-vous connaître le système des anciennes lampes égyptiennes, ou bien vous procurer en voyage, surpris par la maladie ou la peur de l’inconnu, une veilleuse agréable ? Prenez, dit la Chronique industrielle, une poignée de sel de cuisine que vous jetterez dans une tasse ou un petit verre; vous prendrez
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- ensuite un peu de ouate dont vous ferez une mèche que vous enfoncerez jusqu’au fond du vase, en laissant sortir un petit bout en dehors du sel. On verse ensuite sur le sel autant d’huile (pas de pétrole) qu'il peut imbiber, et l’on allume la mèche, Si celle-ci n’est ni trop épaisse, ni trop montée, une pareille veilleuse brûlera toute la nuit.
- C’est d’après ce procédé élémentaire qu’étaient alimentées les lampes des anciens Egyptiens.
- Hérodote raconte qu’à Sais ils s’en servaient non seulement dans leurs maisons, mais encore tout autour, à.ciel ouvert. Le jour de la Chandeleur égyptienne, on en allumait dans tout le pays — selon une légende sacrée — au dire de Hérodote qui, malheureusement, a négligé de nous la conserver.
- ***
- Faut-il mettre des os dans le pot-au-feu?
- ] — Faut-il, oui ou non, mettre des os dans le pot-au-feu ? Quelle est la valeur alimentaire ? Mettez-en, disent bien entendu les bouchers ! N’en mettez pas, disent certains cuisiniers spécialistes! Qui entendre ? Voici le pour et le contre de cette question.
- Lorsqu’on met un os dans le pot-au-feu, une partie de la gélatine contenue dans les pores de cet os finit par se dissoudre et les vides qu’elle y laisse se garnissent de sucs de la viande tenus en suspension dans le bouillon ; aussi, après une ébullition de cinq ou six heures, Los devient excellent à sucer, car il a absorbé les meilleurs éléments du potage. Le jarret de bœuf, en si grande faveur chez les restaurateurs pour la confection du bouillon, doit également en être exclu, le bouillon qu’on en obtient est tout simplement de la colle. Le bon bouillon est et doit être clair et limpide.
- LES PETITS ACCIDENTS DU TRAVAIL MANUEL
- CORPS ÉTRANGERS DANS L’ŒIL.
- 'oeil, cet organe si délicat et si précieux, si exposé même aux heurts, aux accidents, semble jouir d’une sorte d’immunité. En effet, peu souvent il est atteint par les chocs ou les éclats de métaux en fusion.
- Les rares cas où il est lésé sont encore trop nombreux, bien entendu; mais, je le répète, il est véritablement étonnant qu’il ne le soit pas plus souvent.
- Le forgeron lapant sur son enclume n’est-il P;>s exposé à recevoir le fer enflammé et rouge dans l’organe de la vision ? La goutte d’eau Projetée sur le foyer ardent de la forge et qui lui donne une vigueur nouvelle, par les gaz combustibles formés par la décomposition de leau en présence du charbon incandescent (carbure d’hydrogène, hydrogène et oxyde de carbone), cette goutte d’eau, dis-je, provoque Auvent des déflagrations, des crépitations, des éclats de charbon enflammé se projetant au loin.
- N est-ce pas encore la suie s’échappant des cheminées et venant frapper l’œil du travailleur et du passant ?
- N’est-ce pas la poussière impalpable du métal lancée par la meule ou la lime de l’ouvrier ?
- N’est-ce pas encore le moucheron qui viendra, à la campagne, élire domicile dans l’œil du. moissonneur ou du touriste ? N’est-ce pas la poussière ou les éclats de silex brisé par le casseur de pierres qui sautent, non au visage de celui-ci, protégé par son masque en treillis de fil de fer, mais sous la paupière du passant?
- N’est-ce pas les agents du chimiste qui lui' explosent au visage ?
- Tous, nous sommes menacés, car je ne viens citer là qu’une infime partie de ces accidents menaçant l’œil et qui, cependant, par une sorte de grâce d’état, y échappe le plus souvent.
- Voyons les moyens simples et à la portée de tous de conjurer immédiatement les accidents les plus fréquents constitués par la présence d’une substance quelconque dans l’œil.
- Supposons deux cas : \° Le corps étranger est une poussière ou un moucheron ; 2° le corps est une particule de limaille de fer.
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- Bien entendu, il faut toujours se hâter de faire l’extraction, sinon il se produit de l’irritation de la paupière, puis de la cornée, et souvent une congestion et une inflammation de l’organe longues à guérir.
- ***
- Pour la poussière ou le moucheron, il faut, si le corps étranger s’est logé sous la paupière inférieure, faire regarder le patient vers le ciel et lui abaisser avec l’index de la main gauche la paupière inférieure (fig. 108-1). Ceci fait, s’assurer du côté droit ou gauche où réside le corps à enlever. Si ce corps est à droite, c’est non seulement vers le haut que le patient devra relever le globe oculaire, mais encore à gauche. Ce faisant, il éloigne la cornée, vitre trans-
- du coin de l’œil à l’extérieur, le corps qui le gêne (fig. 108-2).
- S’agit-il d’une limaille de fer, le procédé est beaucoup plus simple. On utilise la propriété de l’oxyde de fer magnétique, vulgairement appelé aimant, qui est d’attirer quelques métaux comme le fer, le nickel. On approche soit un aimant en fer à cheval, le vulgaire jouet des enfants, ou encore un barreau aimanté (fig. 108-3).
- Ici le travailleur a un plus vaste champ d’action, il peut non seulement enlever les parcelles métalliques logées sous les paupières, mais encore celles qui, perçant la cornée, auraient pénétré plus avant dans le globe oculaire. Aussi, dans les usines où l’on manie
- Fig. 108. — Corps étrangers dans l'œil.
- parente et délicate par où la lumière arrive dans l’œil, de la main plus ou moins exercée, plus ou moins maladroite de l’opérateur. Celui-ci, qui a le droit de se servir plus ou moins bien de ses mains, car c’est le premier individu rencontré dans la rue, ou un camarade de l’ouvrier, n’a plus alors qu’à faire glisser de la paupière inférieure sur la sclérotique, corps blanc, dur et opaque qui entoure l’œil, le corps étranger.
- On ne peut cependant se servir des doigts trop gros pour cela et dont le contact irrite et déplace le globe oculaire. Il faut donc un instrument, d’ailleurs facile à construire. C’est un simple morceau de papier plié de façon à former, à une de ses extrémités, un angle très aigu, presque une pointe. C’est avec cette pointe mousse qu’on pourra facilement faire glisser
- les fers, les fontes, les aciers, où ceux-ci battus, frappés, heurtés, peuvent être projetés de toutes parts, il conviendra d’avoir, soit de de forts barreaux aimantés, soit encore des électro-aimants, dont l’attraction puissante débarrasserait incontinent le travailleur d’un danger pour sa vue, ou tout au moins en diminuerait les suites fâcheuses.
- Il est inutile de dire que les accidents consécutifs à la présence d’un corps étranger dans l’œil sont plus graves quand il y a eu pénétration de la cornée ou des organes annexés (cristallin, iris). C’est alors le rôle du médecin d’intervenir.
- D1' Foveau de Courmelles.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, n8,rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Keigre.
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- LES PLANTES ALIMENTAIRES
- LE CACAOYER
- [E Cacaoyer, ou Cacao Thèobrama, de la famille des Malvacées, est un végétal originaire de l’Amérique centrale.
- Le cacaoyer est un arbre toujours vert, portant, en tout temps, des fleurs et des fruits ; jadis les Mexicains lui attribuaient une origine divine, et ils en faisaient le plus bel ornement de leur paradis terrestre. Linné, enthousiasmé lui-même des qualités incomparables du cacao, consacra cette origine en donnant aux différentes espèces de cacaoyers le nom générique de Tiiéobra-ma : Ambroisie ! nourriture divine !
- En 1520.’, les Espagnols trouvèrent le Tchotcolatl dont nous avons fait Chocolat, en usage depuis un temps immémorial au Mexique, non seulemen t comme aliment, mais aussi comme uion n a i e .
- Quoi qu’il en soit, le cacao ue fut connu à Paris qu’en ^660, et la vente du chocolat fut autorisée arrêl du parlement.
- La culture du cacaoyer est particulièrement difficile ; le soleil des tropiques lui est néces-Saire» et il lui faut encore un sol vierge et une almosphère humide et brûlante. Aussi ces conditions réunies, difficiles à rencontrer, font-elles que la culture du cacaoyer est relativement Astreinte, malgré les efforts répétés des planteurs qui voudraient le répandre dans toute la z°ne intertropicaie.
- Fig. 109. — Rameau fructifère du Cacaoyer, seulement en 16(31, par
- Le fruit du cacaoyer, appelé vulgairement cabosse, est une sorte de baie ovoïde de 15 à 20 centimètres de long, ayant un péricarpe assez dur, marqué de cinq à dix côtes longitudinales, peu saillantes. L’intérieur du fruit est divisé en cinq loges, remplies d’une pulpe molle et gélatineuse et contenant chacune cinq à huit graines. La couleur du fruit mûr est jaune rougeâtre extérieurement, rosée à l’intérieur.
- La pulpe possède une saveur fraîche, aigrelette, fort goûtée des Créoles. Fermentée, elle
- donne une liqueur vineuse, très recherchée des Nègres.
- Les fruits mûrs sont fendus en deux, au moyen d’un couteau et d’un maillet, par des femmes et des enfants, qui enlèvent ensuite, avec une spatule en bois, les amandes et une certaine quantité de pulpe.
- La masse obtenue de la sorte est placée en tas et abandonnée à elle-même ; bientôt
- la partie pulpeuse se ramollit, entre en putréfaction, puis se liquéfie, et finalement, au bout de quatre à cinq jours, les graines sont complètement mises en liberté. Selon les pays, elles sont alors, soit mises en tas, soit enterrées dans des fosses larges et peu profondes. Dans les deux cas, du reste, elles subissent une nouvelle fermentation durant laquelle on prend grand soin de remuer de temps à autre la masse en traitement, de façon à l’empêcher de
- 2* Série — N* 68. — 16 Avril 1S99.
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- s’échauffer. Après quatre ou cinq jours, cette seconde fermentation est complète, et les ' graines sont enfin séchées au soleil sur des nattes de jonc.
- La fermentation développe la saveur aromatique du cacao aux dépens de principes âcres que contiennent les graines fraîchement cueillies.
- Le terrage du cacao modifie avantageusement sa saveur et diminue son amertume* Aussi les cacaos terrés sont-ils plus recherchés pour la fabrication du chocolat que les cacaos non terrés ou cacaos au soleil, qui sont plus particulièrement traités pour l’extraction du beurre de cacao.
- Cependant, une fois qu’elle a subi tous ces traitements, la graine, de blanche qu’elle était tout d’abord, est devenue brun rouge. Sa forme est celle d’un ovoïde plus ou moins aplati, d’une longueur de 2 à 2,5 centimètres. Les graines se composent de deux parties: le périsperme ou cosse, et l'embryon ou amande.
- La coque, dans la graine sèche, est dure et cassante, lisse ou très légèrement ridée ; immédiatement au-dessous d’elle se trouve une pellicule blanche, très fine, qui enveloppe complètement l’amande et pénètre même dans les replis de ses lobes.
- Pour l’amande, elle est formée de deux cotylédons ayant exactement la forme de la graine ; les cotylédons constituent la partie comestible du cacao. A l’extrémité la plus large de l’amande se trouve le germe qui a perdu toute propriété germinative dans les fermentations précédentes.
- Les amandes seules servent à la fabrication du chocolat.
- Les graines sont formées de 12 0/0 de coques et de 88 0/0 d’amande.
- Les amandes contiennent en moyenne 50 0/0 d’une matière grasse, connue sous le nom de beurre de capao. Celui-ci, à la température ordinaire, est légèrement jaunâtre, brillant, onctueux au toucher; sa cassure est d’un aspect cireux : il possède une agréable odeur de chocolat, et il présente celle propriété fort importante de se rancir très difficilement.
- Le beurre de cacao, lorsqu’il est pur, fond à 32» ; il est en partie composé d'oléine, de stéarine et de palmitine.
- Le reste de l’amande est formé de matières
- amylacées, de matières azotées, d’un alcaloïde, de ihéobromine, de tanins et de matières colorantes.
- La matière amylacée se présente au microscope sous la forme de grains très légèrement ovales, quelquefois réunis par groupes de trois ou quatre et leurs dimensions varient de 0mm8 à 0mm4. Ils se colorent faiblement en violet par l’eau iodée, et perdent d’ailleurs rapidement cette coloration. Leur proportion varie, suivant les amandes, de 12 à 17 0/0.
- La ihéobromine, qui est un alcaloïde très voisin de la caféine, répond à la formule C7 H8 Az* O2 ; elle existe dans les amandes dans la proportion de 2 0/0 environ.
- Quant aux matières azotées, elles sont formées par des albuminoïdes analogues au gluten et à la fibrine végétale. Leur quantité est d’environ le cinquième en poids de l’amande.
- Les amandes contiennent encore iOO/O d'eau environ et 3,5 à 4 0/0 de matières minérales composées principalement d’acide phos-phorique, de magnésie et de potasse.
- Actuellement, les grands centres de production du cacao sont : le Mexique, les Antilles, le Brésil et les Républiques de l’Equateur.
- Les principales espèces commerciales sont les suivantes :
- Les Cacaos caraques, qui proviennent des provinces du Yénézuela, Caracas et Cumenca ; on les désigne sous le nom générique de cacao de la côte ferme.
- Les Guayra et les Porto-Cabello constituent les caraques de premier choix ; ils sont terrés, ont la grosseur d’une olive, la coque peu épaisse, peu adhérente, recouverte de terre rougeâtre ou grise, et les amandes sont régulièrement ovales, d’un brun violet. Les cacaos possèdent une forte odeur aromatique et une saveur très agréable, sans amertume.
- Les caraques de deuxième choix comprennent principalement les Carupano, terrés ou non, dont les fèves sont assez régulièrement ovoïdes, à coque peu épaisse et lisse, et dont les amandes ont la chair de teinte brun violet.
- Le cacao le plus parfumé et le plus suave provient du Guatémala ; malheureusement, h est presque entièrement consommé dans le pays de production, et il n’en arrive que très peu en Europe. On le désigne sous le nom de xoconochcs. Les fèves, très grosses, allongées,
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- légèrement concaves, ont une coque mince et grisâtre.
- L’ile de la Trinité fournit une grande quantité de cacao désigné sous le nom de Trinitad : la fève est plus petite que celle des caraques et de même forme.
- Le Guyaquil, qui provient des Républiques . de l’Equateur, est encore assez commun en Europe ; ses fèves, larges et aplaties, possèdent
- une coque brune, légèrement grisâtre ; elles ont une saveur forte et suave.
- Entin, parmi les quelques espèces de cacaos qu’il convient encore de citer, on compte : les Maracaïbo, qui proviennent de Yénézuéla ; les Bahia, qui sont récoltés au Brésil, et les cacaos des îles de Bourbon, de Cuba, d’Haïti, de la Jamaïque, de la Martinique et de la Guadeloupe. Léon Padé.
- SUR LES ACTIONS DE LA LUMIÈRE
- AUX TRÈS BASSES TEMPÉRATURES
- a nature de l’action de la lumière sur W les selshaloïdes d’argent a donné lieu, comme on le sait, à deux hypothèses :
- — cette modification, suivant quelques auteurs, est d’ordre purement physique, d’autres, au contraire, admettent une décomposition chimique du sel d’argent.
- Il nous a paru intéressant d’étudier ce phénomène, en s’écartant des conditions ordinaires, de façon à apporter de nouveaux éléments à la solution du problème.
- En partant de cette observation que les réactions chimiques sont plus lentes à froid qu’à chaud, nous avons pensé que si l’impression latente était supprimée ou fortement atténuée aux très basses températures, on aurait un argument de plus en faveur de l’hypothèse d’une modification chimique du sel d’argent.
- Ces considérations nous ont ainsi amenés à étudier un certain nombre d’actions physiques et chimiques de la lumière aux températures extrêmement basses que l’on peut obtenir facilement à l’aide de l’air liquide.
- Dansun récipientcylindrique ded’Arsonval, contenant de l’air liquide, nous avons plongé Une plaque au gélatino-bromure d’argent, en laissant émerger une partie de cette plaque ; n°us avons exposé à la lumière, puis après réchauffement la plaque a été développée. Nous avons alors constaté que pour les temps é exposition courts, la lumière ne produit plus d action appréciable sur le bromure d’argent dans la partie immergée dont la température s’est abaissée à—191 degrés. Si l’on prolonge 1 action de la lumière, on parvient à produire la modification latente du sel d’argent.
- En partant des plaques au gélatino-bromure possédant la sensibilité maximum, nous avons constaté que, pour obtenir des impressions égales, il faut un temps d’exposition de 50 à 400 fois plus considérable à—191 degrés qu’à la température ordinaire.
- On peut remarquer en outre, dans les expériences à temps de pose prolongé, que l’action des rayons lumineux est encore affaiblie à la surface du liquide dans les points où l’évaporation de l’air produit un refroidissement plus considérable.
- La zone d’affaiblissement de sensibilité s’étend d’ailleurs dans la portion de la plaque qui émerge et à une certaine distance de la surface du liquide. Nous nous proposons de déterminer la température limite à laquelle la perte de sensibilité devient négligeable.
- Nous nous sommes assurés que ces mêmes phénomènes se produisent lorsque la couche sensible n’est pas directement en contact avec l’air liquide et aussi que le pouvoir absorbant de celui-ci pour les rayons chimiques est très faible et peut être considéré dans ce cas comme négligeable»
- En outre, les plaques photographiques plongées dans l’air liquide ne subissent aucune modification permanente et conservent, lorsqu’elles ont été ramenées à la température ordinaire, toutes leurs propriétés.
- Nous avons remarqué aussi que l’image latente, obtenue dans des conditions ordinaire d’exposition, ne subit aucune modification lorsque la couche sensible qui la porte est refroidie à - 191 degrés et qu’elle peut être développée après réchauffement sans
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- qu’il soit possible de constater le moindre affaiblissement de l’impression initiale.
- Le refroidissement est donc la seule cause de la perte de sensibilité, observation qui tend à faire considérer l’image latente comme le résultat d’une décomposition chimique du sel haloïde d’argent.
- Les phénomènes chimiques provoqués par les rayons lumineux aux très basses températures paraissent donc supprimés d’une façon générale.
- Les préparations photographiques qui, à la température ordinaire, subissent une décomposition chimique visible sous l’influence de la lumière, telles que les papiers au citrate d’argent, aux mucilages bichromatés et aux sels de fer, restent inaltérées lorsque cette action s’exerce vers — ‘200.
- Les faits observés dans le cas de l’impression latente des plaques photographiques extra-sensibles font supposer que cette suppression leur serait également applicable aux températures voisines du O absolu.
- Si les actions chimiques ne se manifestent plus dans ces conditions, il n’en est pas de même de tous les phénomènes produits sous l’influence de la lumière, telle que la phosphorescence.
- Les substances phosphorescentes excitées préalablement par la lumière, perdent instantanément leurs propriétés particulières, lorsqu’on abaisse leur température à — 191. Leur faculté de luire est suspendue par le froid et non détruite. Il suffit en effet de les ramener à la température ordinaire, même
- après plusieurs jours d’immersion dans l’air liquide, pour qu’elles reprennent leur phosphorescence avec la même intensité que celle qu’elles présentaient au moment où elles ont été refroidies.
- Des tubes scellés renfermant des sulfures de baryum, de strontium, de calcium et de zinc ont été chauffés de façon à éteindre toute trace de phosphorescénce résiduelle, puis immergés, à l’abri de la lumière, dans de l’air liquéfié. Après avoir été ainsi refroidis, ils ont été soumis à l’action des radiations excitatrices — lumière solaire, étincelle électrique, rayons X. — En retirant ensuite les tubes du liquide dans le laboratoire obscur, on constate qu’ils s’illuminent en se réchauffant.
- On peut conclure de ces expériences que l’excitation s’est produite, et que la lumière s’est emmagasinée à— 191 d’une façon qui paraît même plus marquée qu’aux températures ordinaires, mais la restitution est suspendue par le froid et ne se manifeste qu’à la suite du réchauffement.
- Dans de prochaines communications, nous nous proposons de déterminer les limites dans lesquelles ces phénomènes se produisent, d’étudier en outre les actions des rayons uraniques et des rayons X aux très basses températures, de compléter et de préciser ces premières expériences qui ne constituent guère, dans la présente note, qu’une indication des recherches que nous poursuivons.
- Auguste et Louis Lumière.
- STATISTIQUE
- LA SITUATION DES CHEMINS DE FER
- es recettes réalisées successivement par les grandes Compagnies ont été . les suivantes :
- 1892 ............ 1.110 millions
- 1893 ............. 1.135 —
- 1894 ............. 1.162 —
- 1895 ............ 1.911 —
- 1896 .............1.222 —
- 1897 ............ 1.260 —
- Il est vrai que le réseau des Compagnies
- est passé de 31.745 kilomètres à 33.303. Cet allongement de 1.558 km., mis en exploitation de 1893 à 1897, a contribué, dans une certaine mesure, à grossir le produit brut des voies ferrées.
- L’accroissement de la circulation des personnes et des marchandises est, tout autant que le rendement des impôts, un signe certain de la richesse publique ; aussi les économistes étudient-ils les progrès faits pnr les Compagnies de chemins de fer pour en
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- tirer telles conclusions que comportent les circonstances.
- Depuis cinq ans, les recettes brutes de nos grandes Compagnies de chemin de fer sont en augmentation constante, et l’année 1897 est même plus favorisée que les précédentes.
- L’augmentation annuelle des recettes est d’environ 26 millions, soit environ 2 O/o-Cette plus-value est inférieure à celle relevée au cours d’autres périodes, notamment à celle de 1862 à 1869 et à celle de 1875 à 1883.
- Elle est inférieure notablement à celle des chemins de fer anglais dont le réseau, de 1888 à 1S96, ne s’est accru que de 2.377 km. en passant de 31.877 km. à 34.2“4 km., et dont les recettes qui ont atteint :
- En 1888......... 1.822 millions
- En 1892......... 2.070 —
- En 1896 .... 2.275 —
- ont donné une plus-value annuelle de 67 millions dans la première période et de 51 millions dans la deuxième, soit 3 1/2 0/o, de 1888 à 1892, et 2 1/2 0/o, de 1892 à 1896.
- En Allemagne, les résultats ont été tout aussi remarquables. L’étendue des lignes
- en exploitation a beaucoup augmenté : de 39.167 km. qu’il était en 1888, le réseau a atteint 46.171 km. en 1896, soit 7.014 km. de Plus. Mais le produit, qui étaitdel.362 millions en 1888, s’est élevé à 1.563 millions en 1892 et à 1.982 millions en 1896, soit une augmentation de 201 millions, de 1889 à 1892, et de 319 millions entre 1892 et 1896. La progression annuelle a été de 50 millions, puis de 30 millions, c’est-à-dire de 3 1/2 et de 5 0/o, ce qui dénote un essor économique très supérieur à celui de la France et de l’Angleterre.
- Si l’on étudie le détail des recettes, on v°it que nos chemins de fer ont transporté 33.984.000 tonnes en 1892, et 99.054.000 tonnes on 1897, soit une augmentation de 15.L70 tonnes en cinq ans. La recette a été de 323.162.000 francs en 1892, contre 697.740.000 francs en 1897, soit une augmentation de IfrhîS.OOO francs. C’est peu au point de vue 1 essor commercial. En effet, l’Angleterre u transporté, en 1891, 315 millions de tonnes e ‘Marchandises et 356 en 1896, avec une recette de 1.090 millions de francs en 1891 et lo4 millions en 1896. L’Allemagne trans- |
- portait, en 1891, 219 millions de tonnes et son produit était de 1.104 millions de francs. En 1896, elle transportait 271 millions de tonnes et le produit passait à 1.032 millions de francs.
- Ainsi, en l’espace de cinq années, la progression de tonnage a atteint 41 millions de tonnes en Angleterre, 52 millions de tonnes en Allemagne et 15 millions seulement en France ; celle des recettes s’est traduite en Angleterre par 64 millions de francs ; celle de l’Allemagne, par 198 millions de francs et celle de la France par 45 millions de francs.
- La comparaison, on le voit, n’est guère à notre avantage.
- Nous terminerons ces renseignements statistiques par le classement suivant des principales gares françaises, tel qu’il nous est adressé par notre éminent collaborateur M. L. Reverchon. Les chiffres placés à la suite de chaque gare indiquent le nombre des voyageurs expédiés par ces gares durant l’année 1897 :
- Paris-St-Lazare .... 21.321.490
- Paris-Nord 9.089.492
- Paris-Bastille 7.512.593
- Paris-Est 6.550.492
- Lille 4.014.923
- Lyon 3.745.266
- Paris-L.-M 3.294.135
- Paris-Montparnasse . . . 3.278.829
- Neuilly-Porte-Maillot . . 3.097.280
- Paris-Auteuil 2.778.743
- Asnières 2,613.316
- Bordeaux 2.548.358
- Paris-Courcelles-Levallois. 2.544.698
- Paris-Orléans 2.301.055
- Versailles 2.067.886
- Vincennes 1.749.281
- Nancy 1.721.884
- Marseille 1.669.641
- Saint-Denis 1.653.161
- Paris-Luxembourg . . . 1.597.355
- Roubaix 1.568.290
- Rouen 1.509.964
- Paris-Batignolles .... 1.458.935
- Bois-Colombes 1.424.315
- Paris-Passy 1.233.423
- Nogent-le-Perreux-Bry . . 1.190.752
- Nogent-sur-Marne. . . . 1.189.685
- Tourcoing 1.160.482
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Tours............
- Reims............
- Enghien-les-Bains.
- 1.131.286
- 1.087.200
- 1.081.377
- La Garenne-Bezons . . . 1.079.644
- Paris-Bel Air........... 1.037.042
- Champigny............... 1.023.472
- LES LAMPES A ARC EN VASE CLOS
- ’arc électrique est ordinairement produit à l’air libre ; les charbons, portés à une haute température dans l’air qui se renouvelle continuellement, s’usent surtout par combustion. On conçoit donc que l’usure des charbons serait considérablement réduite si l’on pouvait maintenir l’arc dans un milieu non comburant.
- L’idée de produire l’arc dans un gaz inerte est loin d’être nouvelle ; mais elle n’avait donné jusqu’ici aucun résultat pratique, probablement à cause de la difficulté qu’on éprouvait à éviter, dans ces conditions, le dépôt de carbone sur le globe de verre qui enfermait l’arc. Cette difficulté a été résolue par l’emploi d’arcs relativement longs, offrant comme avantage complémentaire celui de permettre l’alimentation d’une seule lampe sous le voltage habituel de 110 volts, alors que les lampes ordinaires doivent être mises par deux en série dans les mêmes conditions.
- Les lampes Jandus, Marks, Wagenhals, appartiennent à cette catégorie. Les quelques renseignements ci-dessous montreront tout l’intérêt qu’elles présentent.
- Tout d’abord, en raison de l’usure très lente des charbons, l’entretien des lampes se trouve simplifié. Une lampe brûle 100 à 150 heures avec les mêmes charbons. La longueur de charbon brûlée étant généralement peu supérieure à 2 millimètres par heure, le rapprochement des charbons ne se fait plus qu’à intervalles assez éloignés, et un mécanisme relativement grossier suffit pour cela.
- Une lampe de ce genre construite par la Dayton Mfg. Co., et destinée à l’éclairage des tramways électriques, est même dépourvue de tout réglage automatique. Pour l’allumer, on appuie sur un bouton qui laisse tomber le charbon supérieur sur le charbon inférieur. En lâchant le bouton, celui-ci entraîne le charbon supérieur, en l’écartant d’une quantité fixe, et déterminant ainsi la formation
- de l’arc. Lorsque, après un certain temps de fonctionnement, on s’aperçoit qu’un réglage devient nécessaire, une nouvelle pression sur le bouton remet les choses dans l’ordre. On aura une idée du peu de fréquence de ces réglages, quand nous dirons qu’une de ces lampes, essayée par M. Schiemann, a pu brûler 19 heures 1/2 sans réglage. Elle était i branchée sur 5U0 volts, avec une résistance : additionnelle de 86 ohms. L’arc, qui avait 3 millimètres de longueur au début, en avait 45 à la fin, ce qui correspond à une usure moyenne d’un peu plus de 2 millimètres à l’heure. Naturellement, cet arc final de 45 millimètres n’était pas pratiquement uti- | lisable à cause de sa couleur, mais il était stable, et des chocs imprimés à la lampe ne l’éteignaient pas.
- Le nom de « lampes en vase clos » donné à ces lampes n’est pas rigoureusement exact, car la lampe ne brûle pas dans un récipient hermétiquement fermé ; l’arc est simplement contenu dans une sorte d’œuf en verre, fermé à sa partie inférieure, et presque entièrement clos à sa partie supérieure. Le charbon supérieur traverse en effet le couvercle supérieur avec un peu de jeu, et l’expérience a montré qu’il fallait laisser un léger accès d’air. La disposition de ce cou- ! vercle supérieur a une certaine importance au point de vue du bon fonctionnement de la lampe, et suivant la façon dont se trouve réglée l’admission de l’air, l’usure des charbons peut varier du simple au décuple.
- Il y a lieu de remarquer que l’usure des charbons ne se fait pas de la même façon que dans les arcs à l’air libre; il n’y a paS de cratère proprement dit, et les extrémités des charbons restent plates.
- Une lampe Marks de 5 ampères à 5 ampères 1/2, fonctionnant sur 105 à 110 volts, j avec un arc de 7 à 8 millimètres de long» donne une intensité lumineuse de 6 3 700 bougies.
- D.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 Mars 1899
- Singulier moyen de défense d’un coléoptère. — Le brachine est un coléoptère voisin des carabes. Cet insecte, d’après une note de M. Dienkx, présentée par M. Edmond Périer, possède un moyen de défense des plus singuliers. Dès qu’il est attaqué, en effet, le brachine émet un liquide qui produit à la fois une 'détonation et une fumée très odorante, de sorte qu’il est doté de ce triple moyen défensif : bruit pour effrayer, fumée pour se cacher, odeur pour éloigner. Ce liquide, très volatif et contenu dans des réservoirs, se trouve projeté violemment au dehors par l’effet de sa tension de vapeur: c’est à ce moment que se produit la détonation, et c’est en se vaporisant que le liquide donne cette fumée odorante. M. Dienkx estime la température à 8°.
- ***
- Observations géologiques à Madagascar. —
- M. Marcelin Boule est l’auteur d’une note sur divers fossiles provenant de Madagascar et dont quelques-uns recueillis à 10 km. de la côte est de l’île, appartiennent en effet au jurassique ou au crétacé et présentent drs cas de complète analogie avec des échantillons venant de Normandie ou des Ardennes. On peut donc en conclure que, dans les temps lointains, la différenciation des espèces était moins grande que de nos jours.
- Ces observations permettent encore de rendre peu admissible l’hypothèse qui consiste à croirequ’un continent aurait existé autrefois, joignant l’Inde à l’Afrique australe et englobant l’île de Madagascar dont le plateau oriental ne serait qu’un débris. Si ce continent a existé, dit M. Gaudry, qui rend compte de cette note, ce ne peut être qu’à l’époque du trias, et il serait plus tard tombé dans l’eau, à plus de 4.000 mètres, puisque les fossiles du crétacé se rencontrent là où l’on croyait le retrouver.
- VOYAGE A TRAVERS JAVA
- *, e soleil passe au zénith... Nous avons quitté dans la matinée la rade de Tandjonk-Priok, port de Batavia, et nous filons à raison de 8 à 10 milles à 1 heure, dans la direction de Samarang, autre Port de mer important de cette même côte septentrionale. Le trajet dure vingt-quatre heures.
- Assoupie, immobile, unie comme l’huile, 1 immense nappe d’eau s’enfonce dans des horizons incertains, presque vaporeux, tout vibrants de lumière ; c’est à peine si l’on distingue au sud, à la distance de quelques milles, la côte javanaise avec la fine découpure de ses volcans.
- Notre bateau est un grand vapeur à deux umts de la Compagnie Nederlands-Indisch. ide tout le navire, l’arrière seul —cabines et ponts— est réservé aux passagers « blancs » ; nu Milieu et sur l’avant du pont, pressés les uns contre les autres, pêle-mêle, avec des ballots et des caisses, des centaines d’indiens do couleur, — des Malais, des Chinois, des Javanais, — sont accroupis ou étendus.
- Ah! que l’on soupire après le moment de ' arrivée ! Comme tout laisse à désirer sur ' Aljeh ! Les cabines sont pleines d’une odeur
- qui soulève le cœur; il suffit de voir les mets apparaître sur la table pour perdre instantanément J’envie de manger ; les boissons font grimacer; on se trouve partout à l’étroit à table, dans la cabine, sur le pont.
- Grâce à une sieste prolongée, l’après-midi a passé rapidement e.t, quand la nuit est venue, on oublie de regarder autour de soi, on perd la sensation énervante du milieu ambiant; car on ne se lasse pas de contempler les étoiles qui brillent d’un vif éclat, vibrant comme des yeux humains, et une brise légère vous enveloppe do caresses réconfortantes. Les douze heures de cette nuit équatoriale s’égrènent sans qu’on songe un instant à se plaindre... Mais, s’il fallait recommencer une journée à bord de ce même navire, ce serait autre chose. Il faudrait, pour en être capable, être doué du flegme de tous ces jaunes qui encombrent le pont: foule indolente que si peu de chose suffit à contenter, une petite place où s’asseoir, un peu de riz à manger, un peu d’eau à boire, un peu de bétel et de tabac à chiquer.
- Heureusement, nous arrivons. La côte se se rapproche ; en même temps, grandissent les masses imposantes de deux volcans ^dont
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- le pied s’évase jusqu’à la mer, et nous aper- jardins’; plus loin encore, c’est la ville arabe, ccvons de mieux en mieux quelques cons- dont les façades] en maçonnerie s’alignent
- é Kl
- Le palais de l’Empereur de Solo, d’après une photographie de l’auteur.
- tructions blanches qui sont le port de Samarang. Une chaloupe à vapeur se détache de la rive et s’avance à notre rencontre ; un quart d’heure après, nous sommes descendus à terre.
- Pour atteindre la ville, nous traversons, sur une route dépourvue d’arbres, des terrains marécageux où poussent par-ci par-là des herbages d’un vert poussiéreux. Sans le voisinage de ce sol^détrempé qui dégage des miasmes de fièvre,
- Samarang] serait une ville de délices, car elle s’étend dans l’ombre d’une forêt merveilleuse que traversent de larges routes. Voici des Kampongs, faubourgs indigènes, tout en bambou, entourés de frêles palissades; plus loin, c’est le quartier des demeures européennes, blanches villas à Yéranda, édifiées en arrière de splendides
- des deux côtés des routes... Tout cola repose sous les arbres. Seule, la cité chinoise, dont les constructions en pierre bordent des chaussées étroites, manque d’ombrage ; elle s’étale en plein soleil, à,l’intérieur d’une muraille d’enceinte de grande épaisseur.
- Samarang, qui se trouve placée à l’entrée d’une contrée très populeuse de Java — le haut pays de Solo, — doit à cette situation privilégiée] d’être devenue une ville de commerce de premier ordre. C’est aux abords de son port et dans son quartier d’affaires que se manifeste son activité commerciale. Sur les routes qui les relient l’un à l’autre, c’est un va-et-vient incessant de gens affairés et de voitures à persiennes vertes qui transportent des négociants européens.
- On nous a recommandé de descendre a
- Fig. 111. — Type de l'ile de Java.
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- l’hôtel du Pavillon. Je dois dire que nous y sommes logés et servis à souhait. Belle chambre vaste et claire, avec des lits à moustiquaire, dont la gaze est blanche comme neige ; repas excellents ; hôtelier très poli, quoique la plupart du temps introuvable.
- Le lendemain matin, le soleil est à peine levé que déjà la locomotive nous emporte vers le haut pays. Nous fuyons parmi des
- V
- mi
- Fig. 112. — Javanais de Solo.
- (D après une photographie de l’auteur).
- blancheur d’une gare proprette devant laquelle le train s’arrête.
- Après que nous avons roulé pendant quelques heures, l’aspect de la contrée se modifie. Nous atteignons une plaine que recouvrent en majeure partie des champs de maïs et des rizières et que parsèment des vestiges de forêts abritant des villages. Au milieu de la plaine est située la ville de Solo, chef-lieu
- Fig. H3. — Tambour javanais. (D’après une photographie de l’auteur).
- f'WoTMgvÉsü
- rizières immergées ou sur lesquelles se déploient de beaux tapis vert tendre, parmi des Plantations de tabac et de champs de cannes à sucre. Par moments, apparaissent, à la lisière de bois de cocotiers, des villages de bambou ou bien, entre les berges chargées do palmes, des rivières sinueuses. Puis, c’est la forêt, une forêt ténébreuse qui s’élève graduellement sur les flancs des volcans. De loin en loin éclate, dans la verdure, la vive
- de tout ce haut pays.
- Solo ! ce dissyllabique dont les quatre lettres s’alignent soudain, noir sur blanc, devant nos yeux, ne dit rien sans doute à grand nombre de voyageurs. Mais à nous, il nous dit beaucoup. Nous savons depuis longtemps, depuis une époque où notre voyage était encore à l’état de projet, que, dans cette ville, un empereur javanais qui ne règne plus, continue à tenir sa cour et qu’il donne dans son
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- palais, des fêtes absolument merveilleuses, | ville est sur nos lèvres. Il nous semble main-et nous savons aussi que c’est de Solo que ve- ! tenant que nous touchons au seuil d’une cité naient les danseuses javanaises de la dernière sainte, où nous sommes venus en pèlerinage. Exposition. Depuis longtemps, le nom de cette ' {A suivre) Fritz du Bois.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Fig. 114. — L’explorateur Mizon.
- Nécrologie. — L'explorateur Mizon. — A la fin du mois dernier, la nouvelle est arrivée à Paris, télégraphiée de Zanzibar, de la mort de M. Mizon, dont les voyages d’exploration au centre de l’Afrique ont eu, il y a quelques années, un si grand retentissement.
- Mizon avait à peine quarante-cinq ans.
- Entré dans la marine en 1869, il était aspirant de lre classe en 1872, enseigne de vaisseau en 1876 et lieutenant de vaisseau en 1882.
- Ses états de services sont brillants, mais son plus beau titre de gloire est le voyage d’exploration qu’il fit au centre de l’Afrique, de 1890 à 1892, voyage au cours duquel il traversa le Delta du Niger, une partie du Congo, visita les régions inexplorées où le pauvre Crampel avait péri, et redescendit par le Congo à Brazzaville, d’où il regagna l’Océan pour rentrer en Europe.
- Mizon avait rencontré beaucoup d’obstacles, mais n’avait jamais soupçonné de dangers.
- On lui fît fête à sa rentrée, et le gouvernement lui-même crut devoir s’associer à l’enthousiasme populaire. Peu de temps après, il repartait pour consolider au centre de l’Afrique notre influence.
- Il venait d’être nommé gouverneur de Djibouti, et il s’apprêtait, quand la mort est venue le frapper, à rejoindre son nouveau poste.
- •K**
- Les nouveaux timbres-poste français. —
- Une modification complète des timbres-posti
- français vient d’être décidée dans l’une des dernières séances du comité technique postal. Trois types sont proposés : le premier pour les petites valeurs spéciales aux imprimés ; le second pour les valeurs moyennes, y compris les timbres d’affranchissement des lettres simples, et le troisième, pour les fortes valeurs destinées aux lettres do poids, aux envois chargés et recommandés, etc.
- On n’a pas encore désigné les types, mais ils devront être, pour le premier, le chiffre de la valeur bien apparent ; pour le second, une allégorie ; enfin pour le troisième, une République de face.
- Ce qu’on désire surtout, c’est simplifier la série des couleurs employées à l’impression ; on pense arriver à n’avoir pas plus de cinq teintes ainsi réparties à chaque série :
- Rouge Violet. Brun. Bleu.
- — — — —
- 1 c. 2 c. 3 c. 4 c.
- 10 c. 30 c. 15 c. 40 c. 20 c. 1 fr. 25 c.
- ***
- Consommation des boissons, pain et viande, par habitant dans le monde entier.
- — Lorsqu’on étudie quelque peu les questions d’alimentation, on est amené à faire des constatations inattendues. Qui croirait, par exemple, si la statistique n’était, à cet égard, formelle, que, chaque année, la terre produit un milliard et demi d’hectolitres de pommes de terre, production que la consommation absorbe sans peine.
- Pour le chapitre des boissons, le monde des consommateurs se partage en deux groupes principaux : les buveurs de bière et les buveurs de vin. On peut dresser, à ce égard, le tableau suivant;
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- Consommation, annuelle par habitant.
- Vin Bière
- (En litres)
- Angleterre. . 2 25 135
- Allemagne. , 4 1/2 121
- Danemark.... » 108
- Suisse . » 63
- Pays-Bas .... . 36
- Suède et Norvège. . » 31 1/2
- France . 141 27
- Italie . 108 4
- Grèce . » 2
- Espagne .... . 157 1
- Russie 3
- États-Unis. 2 25 67
- Canada 0 50 18
- Les chiffres de l’alimentation en pain sont
- également curieux à relever. Ils s’établissent ainsi ;
- Livres Livres
- France ... 467 Autriche. . . 230
- Canada... 360 Allemagne. . 180
- Italie. ... 307 Russie . . 93
- Angleterre. . 250 États-Unis . . 240 Japon . 22
- Si nous passons à la viande, nous voyons que la consommation annuelle par tête d’habitant s'établit ainsi :
- États-Unis . Livres Livres
- . 147 Suisse . . 62
- Angleterre . . 100 Belgique . . 61
- Norvège. 80 Autriche . 60
- France . 77 Russie. 50
- Espagne. . 70 Portugal . 50
- Allomagne . 64 Pays-Bas . . 50
- Suède . 62 *** Italie . . . 24
- Une famille de sangliers écrasée par un
- train. — Le personnel d’un train de ma l’-
- chandises aperçut ces temps derniers entre
- Luxembourg et Thionville, non loin de la station de Hettange-Grande, une troupe de sangliers qui s’abattait sur la voie et paraissait ss soucier médiocrement du train. qui arrivait avec son bruit de ferraille. C’est en vain qu’on essaya du sifflet de la locomotive; les bêtes ne se dérangeaient pas plus que les chiens ottomans ne se dérangent pour un v'ulgaire croyant. Le train en écrasait trois. Deux autres parvinrent à se sauver juste à l-emps, après avoir abandonné les bottines de leurs pieds de derrière sous les roues. De hachis de sanglier, qui engluait la voie,
- força le train de stopper. Le personnel du train inspecta les rails et trouva deux de ces bêtes hachées menu comme chair à pâté. Une troisième portait une blessure mortelle à la tête. Bonne chasse ! se dirent les employés. Ils chargèrent le sanglier qui pesait ses 75 lui. sur la locomotive pour le remettre à Thionville, au propriétaire de la chasse, qui ne se montra pas peu étonné à la réception de ce singulier colis.
- ***
- Repeuplement d’un cours d’eau en écrevisses. — M. P. Zipcy, professeur d’agriculture, donne dans le Journal d'agriculture pratique, de très utiles indications sur les meilleurs procédés de repeuplement des cours d’eau en écrevisses; on sait combien des mesures pratiques et persistantes s’imposent dans ce but. D’une manière générale, dit le savant professeur, on peut dire que l’écrevisse préfère les eaux relativement froides, limpides et courantes, surtout l’espèce pieds-blancs. L’écrevisse pieds-rouges vivrait plus facilement dans les eaux profondes, à fond plus vaseux. Ce crustacé fuit les endroits découverts susceptibles d’être frappés par les rayons du soleil. Il recherche des lieux sombres, bien abrités, surtout le côté sud des ruisseaux orientés de l’est à l’ouest, principalement les talus à l’abri du soleil. A ce point de vue, les obstacles naturels, pierres, souches d’arbres, plantations quelconques, etc., ont une grande importance. Les plantes telles que la charagne, la berle, etc., contenant dans leur tissus du calcaire, sont aussi très utiles. Un grand nombre de mollusques et de petits crustacés les broutent, les sucent dans toutes leurs parties et s’en assimilent la chaux. Plus tard, quand ces petits animaux sont morts, leurs coquilles tombent ou fond de l’eau et sont très recherchées par les écrevisses. Si la vase qui garnit le fond du ruisseau est trop considérable, on peut le curer en respectant toutefois, le plus possible, la végétation des plantes. Cette opération dérange un peu les écrevisses, qui pourraient par le fait se déplacer, sans aller trop loin; aussi est-il nécessaire de ne pas entreprendre le curage sur toute la longueur du ruisseau à la fois.
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- Il est bon de favoriser le repeuplement du ruisseau en y ajoutant quelques sujets reproducteurs.
- Les écrevisses sont très voraces et consomment surtout des matières animales. On peut les nourrir très facilement avec des débris de viande de toute sorte. Les plantations sur les bords du ruisseau rendent à ce point de vue de grands services. Elles attirent les insectes qui tombent dans l’eau, et deviennent aussi la proie (proie très recherchée) des écrevisses.
- L’industrie minérale au japon. — Les
- A.nnales des Mines donnent sous la signature de M. Jordan, ingénieur des mines, l’intéressante note qui suit sur l’industrie minérale au Japon.
- L’auteur qui, en octobre 1897, a visité diverses exploitations des îles d’Honshiu, de Kinshu et de Shikolu, a pu se documenter directement sur place. Il a puisé, en outre, différents renseignements dans les publications du ministère de l’Agriculture japonais, dont dépend le service des Mines, et dans certaines publications commerciales et industrielles anglaises et américaines.
- La houille est le produit le plus important du sous-sol japonais; la production qui, en 1894, était de 4.268.135 tonnes, est passée, en 1895, à 4.772.656 tonnes.
- Le cuivre vient ensuite avec 18.005.200 kil. pour 1895; cette industrie est stationnaire au Japon.
- L’antimoine s’y trouve également ; il en a été exporté, en 1895, pour 289.975 yens.
- Le Japon est pauvre en fer; en 1895, il n’a été produit, dans tout l’empire, que 15.760 tonnes de fonte, 4.015 tonnes de fer et 932 tonnes d’acier.
- On y rencontre de l’or (631 kilogr. en 1895), et de l’argent (60.665 kilogr. en 1895)
- Enfin, il existe, près d’Amuse, dans la préfecture d’Echigo, une région pétrolifère qui a donné, en 1893, plus de 12.000.000 de litres.
- Le Japon produit aussi une certaine quantité de soufre provenant de solfatares. Tout le soufre produit est exporté aux États-Unis.
- ***
- Le tombeau du ministre Turgot. — Le
- 1er février, la Commission municipale dn Vieux-Paris procédait, dans la chapelle de l’hôpital Laennec (jadis hospice des Incurables), à des fouilles destinées à s’assurer de la présence des restes du ministre Turgot dans la sépulture de la famille Turgot indiquée par une dalle du pavage de la chapelle, dalle devenue presque illisible par l’usure. C’est qu’en effet on admettait généralement qu’exhumé quelque temps après l’enterrement, le corps de Turgot avait été transporté à Bons en Normandie et qu’en 1793 la sépulture avait été violée et les ossements jetés à la voirie. En présence des seuls membres de la Commission et de trois des descendants de Turgot, la dalle a été soulevée. Alors après avoir enlevé une couche de terre blanche et de débris de pierre, on a pu voir deux cercueils de plomb portant chacun sur une plaque de cuivre une inscription parfaitement lisible. Sur celui de gauche on lisait :
- CY GIT TRÈS HAUT ET TRÈS PUISSANT SEIGNEUR ANNE-ROBERT-JACQUES TURGOT, CHEVALIER, MARQUIS DE LAUNE, MINISTRE D’ÉTAT, ETC.
- DÉCÉDÉ LE" 18 MARS 1781.
- Il s’agissait donc bien du ministre. — Le second cercueil, à droite du précédent, était celui de Michel-Etienne Turgot, ancien prévôt des marchands, décédé le 1er février 1751. Sous ces deux cercueils, deux autres étaient symétriquement placés au milieu de la même terre blanche : celui de gauche avait son inscription très visible, indiquant qu’il renfermait le corps d’Antoine Turgot, décédé en 1713. Enfin sur le dernier cercueil à droite du précédent, des débris extrêmement oxydés de la plaque permirent pourtant de reconnaître les deux chiffres 16. D’où la conclusion qu’il s’agissait de Jacques Turgot, décédé en 1659. Contrairement à ce qui a été dit, les cercueils ne furent pas ouverts. Celui du prévôt était assez endommagé au moment où on le découvrit. Les parois verticales autour de la tête avaient disparu, détruites par l’oxydation et la pression. Le crâne apparaissait donc tout entier. Avec l’autorisation expresse des membres de la famille, le docteur Capitan a pu le sortir facilement, le photographier j sur place, puis il l’a immédiatement replacé ' dans sa position première. Il n’y a donc eu
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- aucune violation des cercueils ; tout s’est passé avec la correction et la respectueuse déférence dues aux grands hommes dont les restes furent peu après réintégrés dans leur sépulture sur laquelle la dalle fut replacée. Un point important était acquis : le grand Turgot et les membres les plus distingués de sa famille reposent dans la vieille chapelle des Incurables fondée par l’un deux, Jacques Turgot. Cette constatation explique et justifie amplement les recherches qui ont été faites.
- ***
- La population de l’Europe. — D’après notre confrère Italien 1 ’Economista, la population totale de l’Europe en 1897 serait de 380 millions d’habitants, au lieu de 340 en 1887.
- Cette population se répartit de la manière suivante :
- Unités Différence par sur 1887 Millions kil. carré en millions 1897. d’habitants (100 hect.). d’habitants.
- France 38 5 72 + 03
- Allemagne 52 3 97 + 54
- Autriche-Hongrie 43 5 69 + 34
- Belgique 6 5 220 -f- 0 4
- Bulgarie 3 3 36 + 0 1
- Danemark. 2 3 60 + 02
- Espagne 18 0 36 + 04
- Grande-Bretagne 38 8 126 + 25
- Grèce . 2 4 37 + 02
- Italie.. 31 3 169 + 1 3
- Luxembourg.... 0 2 84 + 00
- Pays-Bas 4 9 149 + 05
- Portugal 5 0 55 + 03
- Roumanie 5 6 42 + 02
- Russie 103 6 20 + 17 0
- Finlande 2 6 7 + 04
- Serbie 2 3 49 + 03
- Suède 5 0 11 + 03
- Norvège 2 0 6 + 0 1
- Suisse 3 0 73 + 0 1
- Turquie 5 8 34 + 1 3
- Autres pays 1 8 4 + 02
- 37 97 + 35 3
- Les chiffres relatifs à la Russie et à la Turquie ne comprennent pas les sujets asiatiques.
- On voit que la Russie est le pays où l’augmentation de la population est le plus accentuée ; elle correspond à 1 45 0/0 en moyenne par an. Viennent ensuite l’Allemagne, avec la proportion annuelle de 1 15 0/0 ; l’Autriche, avec 0 90 0/0 ; l’Angleterre, avec 0 68 0/0, et l’Italie, avec 0 45.
- En France, le coefficient tombe à 0 08 0/0.
- Enfin, étant donné qu’on admet en nombre rond, 10 millions de kilomètres carrés pour la surface de l’Europe, cela donne, pour sa population une densité moyenne de 38 habitants par kilomètre carré, au lieu de 34 en 1887.
- ***
- Les divers alphabets. — Les alphabets des différentes langues ne se composent pas du même nombre de lettres : ainsi l’alphabet italien en a 20; le latin et l’hébreu, 22; le grec, 24; le français, 26; l’allemand et l’anglais, 26 ; l’espagnol, 27 ; l’arabe et le turc, 28 ; le persan, 31 ; le russe, 36; le slavon, 42; le sanscrit, 44, et le chinois pas moins de 214.
- LA SCIENCE
- Désinfection des vases de nuit. — Tout le monde connaît l’odeur désagréable développée par l'urine après l’ingestion de certains aliments, asperges, artichauts, etc ; même sans cause exceptionnelle, l’urine en se refroidissant dans le vase placé dans le milieu confiné de la table de nuit, commu-nifiue à celle-ci un parfum pénétrant qui n’a nen de commun avec le jockey-club ou la Peau d’Espagne. On évite complètement cet inconvénient en mettant dans le vase un peu d eau et une cuillerée de solution saturée de .^e Permanganate de potasse. (Cosmos).
- PRATIQUE
- Alliage pour boucher les soufflures. —
- L’alliage formé de 9 parties de plomb, 2 parties d’antimoine et 1 partie de bismuth est indiqué par un de nos confrères allemands comme propre à remplir les petits défauts dans la pièce de fonte. Cet alliage se dilate en faisant prise, et par suite remplit parfaitement la cavité dans laquelle il a été coulé.
- ***
- Moyen de reconnaître si le café est mélangé de chicorée. — M. L. Mathieu
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- indique à cet effet, dans la Nature, le procédé suivant:
- On étale une feuille de papier blanc à filtrer sur une lame de verre ou, plus simplement, sur une table ; on l’humecte légèrement d’eau, puis on la saupoudre du café suspect. Il est facile de faire l’expérience avec un café additionné intentionnellement de chicorée. Voici ce que l’on observe. Une ou deux minutes après le contact avec le papier, la chicorée colore l’eau en jaune brun et chaque fragment de cette substance est entouré d’une auréole teinte ; le café ne présente des taches d’auréole que fort longtemps après, une demi-heure ou une heure, suivant Sun état. Cette différence d’action tient à la texture spongieuse de la chicorée qui permet une diffusion plus rapide de ses éléments colorants, caramel, etc.
- Il est alors facile de séparer avec une pince la chicorée et de la soumettre à un examen plus approfondi ; elle s’écrase sous une légère pression, a, en général, une saveur salée ; dans le cas d’une expertise, on doit recourir à l’examen microscopique. Cet examen permet, en effet, do différencier les fragments du péricarpe du café que l’on trouve souvent dans les cafés mal triés et qui quelquefois sont également salés, s’ils ont subi le contact de l’eau de mer, ce qui peut arriver.
- ***
- Cire à parquet artificielle. — Comme la cire à parquet ne se mange pas, on ne saurait voir d’inconvénient à ce que, pour obtenir des parquets brillants comme des glaces, on prépare de la cire artificielle suivant la formule qu’a fait récemment breveter M. Paul Meyer. Cette nouvelle cire est composée de paraffine, de colophane et d’huile d’olives. Les proportions dans lesquelles ces trois corps sont mélangés peuvent varier; à titre d’exemple, en voici une.
- 100 kilogrammes de paraffine;
- 150 — de colophane;
- 10 — d’huile d’olives.
- On commence par faire fondre, à très basse température, 100 kilogrammes de paraffine ; dans ce liquide, on verse 150 kilogrammes de colophane. On mélange et, lorsque la paraffine est complètement fondue, on ajoute
- l’huile d’olives chaude. On brasse énergiquement la matière ; puis, lorsque le mélange est complètement intime, on verse la masse dans un moule où on la laisse se solidifier.
- Pour passer les planchers en couleur. —
- C’est une recette de la parfaite ménagère qui est donnée par Miss Bedfort. Prendre 4 litres 1/2 d’huile de lin, 450 grammes de brun d’Espagne, 900 grammes de séné en poudre et une trentaine de grammes de li-tharge ; mélanger dans une vieille boîte en fer-blanc, chauffer soigneusement jusqu’à ébullition, enlever du feu, ajouter 1/2 litre de térébenthine, et appliquer avec une brosse dure. Le lendemain on polit avec une étoffe enduite de cire et fixée sur. un bloc de bois.
- ***
- Tue-mouches. — On met dans un verre à boire, jusqu’à moitié de sa hauteur, de l’eau dans laquelle on a fait disssoudre du savon ; on taille une tranche de mie de pain de l’épaisseur de 0ra, 02 environ, de façon qu’elle puisse boucher complètement le verre ; on perce au milieu un petit trou évasé en entonnoir au-dessous, on étend sur la partie de cette tranche qui est tournée du côté de l’eau savonneuse, du miel, des confitures ou toute autre chose dont les mouches sont friandes ; bientôt les mouches, attirées par cet appât, s’introduisent dans la petite ouverture pour arriver aux confitures, et elles y sont asphyxiées en un instant.
- On peut placer dans la cuisine plusieurs verres ainsi préparés; s’il y a beaucoup de mouches, le soir tous les verres en sont remplis; le lendemain, on les vide et on y remet de nouvelle eau de savon. On peut garantir l’efficacité de ce procédé.
- On peut employer dans les appartements le papier tue-mouches. Dans l’instruction sur la manière de s’en servir, il est dit qu’il faut qu’il soit constamment humecté ; la meilleure manière d’obtenir ce résultat est d’employer un verre plein d’eau sur lequel on place le papier, puis une assiette ; quand on renverse le tout et qu’on tient le verre serré sur l’assiette, l’eau reste dans le verre et s’en échappe peu à peu assez pour tenir 1§ papier constamment humecté.
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- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- Ees appareils d’agrandissement. —
- Tout appareil d’agrandissement néces-H site évidemment une source de lumière ; mais la lumière peut être naturelle ou artificielle, de là la division des appareils d’agrandissement en deux classes :
- 1° ceux qui fonctionnent avec les rayons solaires ;
- 2° ceux qui fonctionnent avec une lanterne, c’es!-à-dire à la façon des lanternes magiques.
- Nous allons indiquer la manière de construire des appareils de l’une ou l’autre de ces deux classes :
- Les amateurs se sont ingéniés à tirer de rien ou du moins de peu de chose des instruments merveilleux, et, ma foi, quelques-uns ont réussi.
- En voici un qui nous donne le procédé suivant :
- Avec votre chambre noire munie de son objectif, prenez une table ordinaire, un miroir, un morceau de grosse ficelle, une caisse de dimensions convenables, deux bâtons, une chaise, un fauteuil ou, à défaut, un siège lourd (qu’on charge au besoin d’objets pesants), un morceau d’étoffe noire.
- Approchez la table d’une fenêtre exposée au m'di autant que possible, sur la table disposez votre chambre noire comme l’indique la fig. 115, de manière que l’arrière aille s’emboîter dans ri rainure de la partie horizontale de l’encadrement. Si la chambre est trop basse, on 1 élève sur des livres.
- rin a enlevé la glace dépolie et on l’a remplacée par un châssis négatif, ouvert de toutes parts, dans lequel on a placé le cliché dont on veut obtenir l’agrandissement.
- Le tirage de la chambre noire doit être réglé en proportion de l’agrandissement que l'on désire : plus on veut grand, moins il faut développer le soufflet.
- rin place la chaise à 2ni ou2n,50 de l’appareil. Sur la chaise on dresse la caisse, qui servira
- de support au papier sensible, qu’on y fixera avec 4 punaises.
- Aux angles de droite et de gauche de la caisse et de la chambre noire, on appuie les deux bâtons qui serviront de support à l’étoffe destinée à empêcher tous rayons lumineux autres que ceux qui sortent de l’objectif, de brunir le papier sensible.
- Il ne reste plus qu’à mettre en place le miroir, qui doit avoir de 50 à 60 centimètres de côté. On le dispose à l’extérieur, sur l’appui de la fenêtre, en lui donnant une inclinaison telle que les rayons du soleil, réfléchis sur sa surface, viennent frapper le cliché normalement, et former sur le papier sensible une image bien éclairée. Afin de tenir le miroir en place et de pouvoir modifier son inclinaison à volonté, on plante un piton dans le haut du cadre, on fixe une petite poulie dans le haut de la fenêtre, on attache au pilon la ficelle dont on s’est muni à l’avance, on la fait passer sur la gorge de la poulie et l’on va en attacher l’extrémité au bras du fauteuil ou au dossier de la chaise. Pour baisser la glace à mesure que le soleil monte à l'horizon, pour ramener le faisceau solaire sur le papier sensible à mesure qu’il s’en éloigne, il suffira de pousser le fauteuil ou la chaise dans le sens convenable.
- Peut-on rien imaginer de plus simple ?
- Avec un cliché d’une force ordinaire, sans diaphragmes et par un beau soleil, il faudra environ 1/2 journée de pose, avec le papier albuminé. Si l’on intercale une grosse lentille entre la glace et le cliché, il faudra moins de temps.
- Si l’on veut se contenter d’agrandissements de dimensions définies, 24X29 par exemple, on peut encore construire un appareil de la façon très simple que voici, qui a été indiquée par M. Vilson de Fairfield :
- Se procurer les matériaux suivants :
- 1° un châssis-presse 24X29 (A fig. 116) ;
- 2° deux planches de sapin présentant les
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- dimensions du châssis-presse, avec une épaisseur de 1 cm. 5 (B et G) ;
- 3° Une planche de sapin de 75 centimètres de longueur, 1 cm. 5 d’épaisseur et de la largeur du châssis-presse (D) ;
- 4.° deux lattes de 75 centimèlres de longueur ;
- 50 une feuille de fort papier d’emballage ;
- 6° un morceau de calicot noir.
- Pratiquez au milieu de la planchette B une ouverture ronde qui puisse recevoir le pas de vis de votre objectif, qui se trouve ainsi fixé. Prenez un objectif d’environ 13 centimètres de foyer. Découpez dans la planchette C une ouverture rectangulaire à rainures qui puisse recevoir vos clichés, par exemple uneplaque 9X12.
- Formez une sorte de caisse à claire voie ayant pour extrémités châssis-presse, de l’autre la planchette C, pour base la planche de sapin et pour arêtes supérieures les deux lattes.
- 51 l’appareil est destiné à n’agrandir que
- Fig. 115. — Dispositif pour agrandissement, d’un côté votre
- Lorsqu’on a obtenu sur le verre dépoli une image bien nette, on n’a plus qu’à fixer, à l’aide de vis, les diverses parties dans leur position définitive. On recouvre de papier d’emballage le dessus de l’appareil depuis le châssis jusqu’à la planchette d’objectif B. La partie du toit comprise entre l’objectif et le négatif doit être munie d’un voile de calicot noir qu’on ne fixe pas entièrement pour permettre à la main d’aller enlever le bouchon de l’objectif et
- changer le négatif. On peut aussi se servir d’un obturateur pneumatique dont le tube passerait par une ouverture ménagée dans la paroi. En ce cas, le voile noir serait supprimé et le négatif serait ajusté à l’extérieur de la planchette C. On voit de quelle manière simple on
- pourra opérer avec cet appareil :
- On commencera par fixer le négatif 9X12 dans sa fenêtre, on placera ensuite dans le châssis-presse le papier sensible, on fermera le volet après avoir appliqué sur l’envers du
- provisoirement la planchette C (celle qui porte le cliché et qu’on n’a pas encore fixée) à 68 centimètres du châssis-presse. Le volet du châssis ayant été enlevé, on place à l’intérieur un verre dépoli, on amène la planchette B munie de son objectif, à 15 centimètres environ du petit cliché 9X12, on recouvre le tout avec le drap noir et l’on met au point en manœuvrant la planchette d’objectif. 11 est nécessaire de maintenir rigoureusement parallèles le châssis-presse et les deux planchettes.
- on transportera l’appareil en pleine lumière, en dirigeant la planchette porte-plaque vers le ciel, de manière à lui faire recevoir les rayons normalement.
- Lorsqu’on juge l’exposition suffisante, °n rentre l’appareil au cabinet noir, on retire Ie papier sensible du châssis-presse et l’on pr°' cède au développement comme de coutume.
- (A suivre). A. Berthier.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- L a Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- L’INDUSTRIE du TRANSPORT des MAISONS aux ÉTATS-UNIS
- [ES transports, d’un point à un autre, d’une habitation ou d’une construction quelconque, sont choses assez rares en France, alors qu’ils constituent aux Etats-Unis une véritable industrie. Il s’est fondé, en effet, en Amérique, une corporation de déménageurs de maisons, de house-mowers, qui s’est fait une réputation universelle pour l’habileté et l’audace avec lesquelleselle entreprend ce genre de bavaux.
- En 1888, un hôtel de trois étages, de 140™ de façade, situé a Coney-Is-*and près de New-York, se trouvait xne-nacé p!1r ies eaux de la uuer ; les hou-se-mowers soulevèrent
- Fig. 117. — Soulèvement et déplacement d une maison en maçonnerie.
- l’est à l’ouest, puis on l’a tourné à angle droit, pour le reporter ensuite à lfim vers le nord. Douze vérins ont suffi pour mener à bien cette besogne, grâce à laquelle l’impoqante masse avançait de 6m10 par jour en moyenne, et qui
- revint à la >. somme de OS.000 fr.
- Mais une des plus bel-lesopéralions à mettre à l’actif de la Société est la suivante :
- Le propriétaire d’une maison à New-York trouvant sa maison mal située se mit en tête de la transporter à quelque distance : à l’aide de vérins, de rouleaux et de crics, elle subit donc un premier déplacement de 12m dans la direction du nord et 27 dans celle
- 1 édifice dont le poids ail eignait environ 4 mil-10ns de kilog. et le transportèrent, ou moyen e s'x locomotives, à 180m en arrière, c’est-à-^Ice hors de tout danger.
- A. Chicago, l’hôtel connu sous le nom de 1 orrncindy aparlment building gênait la construction du chemin de fer métropolitain ; ^ est une maison de C8m de façade avec 28ra e profondeur, 151U de hauteur, et dont le poids ^ évalué à l’époque à plus de 800.000 tonnes ; e e contient 108 chambres et sa construction a coûté 240.000 francs. Après l’avoir soulevé à
- ‘0^ du sol, on a transporté l’hôtel à 61m de
- de l’ouest.
- A moitié satisfait de ce résultat, ce propriétaire exigeant résolut d’ajouter à sa construction un étage à la base et un autre à la partie supérieure ; il fallut donc, tout d’abord, soulever celle maison à deux étages à une hauteur suffisante pour édifier un rez de chaussée.
- De grandes longrines en bois placées longitudinalement et transversalement sous les murs de façade ; des pièces plus courtes de section carrée disposées en croix de distance en distance sous les longrines de manière à
- 2* Série - N* Si). - Mai 1S99,
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- former des piliers provisoires, enfin, des vérins, | de forme particulière dans lesquels une grande j stabilité est assurée par le rapprochement du plateau mobile et de la base d’appui : tel est le matériel, peu compliqué, qui fut employé.
- Les pièces constituant les piliers provisoires avaient lm de longueur et 16 cm. d’équarrissage. On les disposa de préférence dans les parties où devaient se trouver les ouvertures, portes et fenêtres, du rez de chaussée à construire. Les vérins, au nombre de deux ou trois par pilier, furent placés entre la surface supérieure de ceux-ci et les longrines supportant la maçonnerie. On fit jouer simultanément tous les vérins et lorsqu’ils furent arrivés au bout de leur course — 35 à 40 cm. — on procéda à l’exhaussement des piliers, puis on relâcha un vérin de chaque paire et on le remit dans la nouvelle position jusqu’à ce qu’il portât bien et on procéda de même ensuite pour le second.
- Une fois que les piliers eurent atteint la hauteur voulue, on procéda à la construction des nouveaux murs dans leur intervalle en laissant des redans permettant de raccorder facilement ces portions de murs avec celles qui devaient prendre la place des piliers en bois.
- Le travail terminé, sans aucune difficulté sérieuse, et après avoir exigé surtout du soin et de l’attention, la maison à deux étages se trouva transformée, moyennant une dépense relativement faible, en une construction à quatre étages. La fig. 117 représente le soulèvement et le déplacement de celle maison.
- Il s’agit, dans les exemples que nous venons de citer, de petits déplacements ; « les house-mowers » ont transporté récemment un édifice à une distance de treize kilomètres. Un californien, du nom de Seviers, avait bâti sa demeure à Arcata ; l’endroit ne lui plaisant plus, il fait procéder au soulèvement de sa maison, la fait glisser sur des rails, l’amène au bord de la baie de Humbold, et après l’avoir placée sur des chalands accouplés, la remorque jusqu’à Eurêka, ville située à treize kilomètres, et dont le séjour l’attirait.
- Enfin, lors du tracé du métropolitain de Chicago, plusieurs édifices furent déménagés de celte façon ; d’aucuns même, coupés en morceaux, furent transportés de chaque côté de la voie.
- « Les « house-mowers », dit notre confrère
- Gaston Jougla de la Vie scientifique, s’attaquent même aux cheminées d’usine; le problème se complique, dans le cas, d’une question d’équilibre assez périlleuse.
- C’est ainsi qu’ils transportèrent dans le comté de Suffolk, une cheminée d’usine haute de 26 mètres, et de 2n<,10 de côté à la base, pesant 100 tonnes. Ils soulevèrent le délicat ouvrage, le placèrent avec précaution sur un robuste plancher et le firent glisser à 300m sur des poutres graissées. Un seul cheval, actionnant un cabestan, remorquait ce singulier véhicule.
- Mais les Américains ne se contentent pas de transporter sous d’autres cieux leurs édifices, ils les redressent encore quand ils menacent ruines. Il y a des rebouteurs, des orthopédistes pour maisons !
- Récemment une cheminée d’usine commençait à se lézarder et prenait d’inquiétantes inclinaisons. A grand renfort de palans et de cables on redressa, on « retapa » le fragile monument atteint de décrépitude sénile.
- Plus récemment encore on terminait à Chicago une maison de 16 étages qui trouva rapidement des locataires. L’un de ceux-ci constata au bout de quelques semaines, avec stupeur, que le mur de façade prenait une inclinaison inquiétante. L’architecte de la ville reconnut en effet flegmatiquement que le mur avait dévié de 0m368 de la verticale. Aussitôt évacuation de l’immeuble et invitation au propriétaire de le démolir. Un architecte aux conceptions peu banales eut l’idée, pour éviter cette démolition, de soutenir les étages supérieurs et la toiture au moyen de piliers en briques et en bois ; après quoi on enleva le
- mur incriminé qui prenait romantiquement des
- airs penchés et on le reconstruisit depuis les fondations. Cette opération, effectuée avec le plus grand succès, coûta 30.000 dollars et permit de conserver un immeuble qui en avait coûté 100.000.
- A Hal, près de Bruxelles, l’aventure fut nn peu différente. Une maison à plusieurs étages s’était enfoncée dans le sol, et, circonstance aggravante, elle s’y était enfoncée d’un seul côté, au mépris simultané de l’esthétique, de l’équilibre, et de la symétrie. L’architecte, condamné à remettre l’immeuble en état, eut l’idée tout d’abord d’essayer de le redresser. La maison fut entourée d’une énorme cage en
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- fer contre laquelle on l’amarra ; puis, à l’aide de puissants vérins, on souleva la cage, en ayant soin de rétablir les fondations à la hauteur voulue au fur et à mesure de chaque période de soulèvement ».
- Le bâtiment de la station de Schleisshem, sur la ligne de Munich à Landshut, devant être reculé de 6 mètres, on a estimé que sa démolition coûterait 31.250 fr. au moins, tandis qu’en le déplaçant au moyen de crics et de vérins, on ne dépenserait que 15.000 fr. Le déplacement a eu lieu, en effet, en septembre dernier. Le bâtiment a 17“ de longueur et llm de largeur ; son poids est évalué à 900 tonnes. On a dégarni ses fondations, on y a placé un châssis en fer à I roulant sur huit voies et supporté par 170 vérins de 7 tonnes chacun; quatre voies étaient munies de rouleaux et quatre autres de sphères en fonte. Après avoir effectué le soulèvement du bâtiment, on a procédé au déplacement à l’aide de 8 crics à chariot d’une force de 5 tonnes.
- Une opération analogue a été faite pour une maison de garde de 7m50 X 5m50 et pesant 250 tonnes ; elle a coûté 1.500 fr. environ.
- Nous disions en débutant que les applications de ce genre d’industrie étaient assez rares en France ; elles ont cependant tenté quelques architectes parisiens, et nous en avons eu un
- exemple, lors du déplacement, il y a quelques années, d’une construction en maçonnerie située dans l’enceinte de la gare St-Lazare. Il s’agissait dans l’espèce d’un petit bâtiment en bois et briques, qui servait de réfectoire et de dortoir aux mécaniciens et chauffeurs retenus par leur service à l’intérieur de la gare, et l’opération a parfaitement réussi.
- Un hangar, de 50m de longueur sur 30m de large et du poids de 150 tonnes, fut transporté à 53m ; au vélodrome de la Seine, une maisonnette comprenant rez de chaussée, premier étage et grenier, fut reculée de 4“ par la même opération et pas une vitre ne fut brisée. Enfin, tout récemment, l’école communale de la rue de Patay fut déplacée de celte façon : on la fit glisser sur 140 rouleaux de chêne reposant sur quatre voies de madriers de sapins, et une équipe de treize hommes, manœuvrant trois crics l’amenèrent à 15m de sa première position.
- Les antiques Egyptiens, sujets des Pharaons, ne s’y prenaient pas autrement pour véhiculer et mettre en place les énormes blocs de leurs immenses monuments, tant il est vrai que de tous temps, comme de nos jours encore, c’est avec l’outillage le plus élémentaire qu’ont été obtenus les travaux de soulèvement et de transports les plus considérables.
- C. C.
- L’HYGIÈNE DANS LES COLONIES
- @ous les préceptes de l’hygiène peuvent se rattacher à deux ordres d’idées généraux : formuler un régime de vie assurant un bon fonctionnement de l’organisme, — c’est Vhygiène physiologique ; — préserver ce même organisme contre toute infection microbienne, .— c'est hygiène antiseptique.
- Ua première est aussi ancienne que l’humanité; la seconde date surtout des découvertes de l’illustre Pasteur, qui ont montré fiue les microbes, lorsqu’ils parviennent à désorganiser nos fluides vitaux et nos tissus, deviennent la cause de presque toutes nos Plus redoutables maladies.
- Depuis que les pratiques hygiéniques rationnelles ont été mises en vigueur de toutes Parts dans les contrées tempérées, on y a constaté un accroissement notable de la du-
- rée moyenne de la vie humaine. Rien ne saurait mieux démontrer leur efficacité.
- Au contraire, dans les pays d’outremer, dans les colonies, où se rencontrent des conditions climatériques spéciales, la mortalité est restée des plus meurtrières. Sous l’influence de la chaleur et de l’humidité, les ferments microbiens y atteignent leur maximum de prolifération et de virulence, alors que les Européens mal acclimatés s’y débilitent et y deviennent plus accessibles à la maladie.
- Les questions hygiéniques acquièrent donc dans les colonies une importance capitale. Les Européens doivent y redoubler de précautions, tant au point de vue de l’hygiène physiologique qu’au point de vue de l’hygiène antiseptique.
- Ces précautions se présentent sous deux
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- formes principales : l’hygiène publique et l’hygiène privée.
- L’hygiène publique a pour objet les mesures d’hygiène générales relatives à la surveillance de l’alimentation, à la fourniture des eaux potables, à l’arrosage et au nettoyage de la voie publique, au reboisement en général, notamment en plantations d’eucalyptus (1). et surtout à la désinfection en grand des foyers de corruption où l’administration peut et doit intervenir.
- L’antiseptique qui convient le mieux pour cet important service public, parce qu’il a fait ses preuves partout, notamment à bord des navires contaminés et dans les lazarets, et parce qu’il possède une efficacité démontrée par de nombreuses expériences contre tous les microbes, même les plus résistants, c’est YEucalyptor, désinfectant énergique, dont on peut graduer la dose en la délayant dans plus ou moins d’eau, suivant les usages auxquels on veut l’employer.
- Etendu de vingt fois au moins son volume d’eau, il neutralise complètement tous les foyers de putréfaction ou d’infection qui peuvent se trouver dans les dépendances de la voie publique ou des bâtiments publics : eaux croupissantes, égouts, dépotoirs, décharges et latrines publiques, lieux d’équarrissage, abattoirs, et tous débris organiques ou abats à enfouir; cimetières, hôpitaux, écuries, casernes, etc. En temps d’épidémie, cette mesure de neutralisation peut être étendue à l’ensemble de la voie publique en additionnant l’eau d’arrosage d’un litre d’Eucalyptor par cinquantes litres, dose suffisante pour aseptiser la surface du sol.
- Dans l’hygiène privée, il faut distinguer l’hygiène de l’alimentation, l'hygiène de l’habitation, l’hygiène de la toilette et l’hygiène du vêtement.
- Hygiène de l'alimentation. — Dans les colonies, plus que partout ailleurs, il faut
- (i) La Dépêche Coloniale a signalé, en février dernier, le fait suivant, emprunté au journal XIndo-Chine française :
- « Il existe en Annam, dans la province de Thua-Thien, une forêt de Niaoulis (Malaleuca viridiflora), arbres de la famille des Eucalyptus. Les indigènes de la Nouvelle-Calédonie utilisent tout dans cet arbre : fleurs, fruits, feuilles et bois. Voilà donc une culture à recommander partout, surtout dans les régons empoisonnées de miasmes délétères. »
- s’attacher à la pureté et à l’asepsie parfaites des eaux servant à la boisson et à la préparation des aliments. L’usage des boissons alcooliques doit être réduit au minimum, sinon totalement supprimé, et remplacé par celui des infusions chaudes ou froides des produits végétaux dits anlidéperditeurs : café, thé, coca, etc. Suivre, autant que possible, le régime et les habitudes alimentaires des indigènes, qui sont le fruit d’une expérience séculaire.
- Hygiène de l'habitation. — Dans les colonies, l’hygiène physiologique conseille des bâtiments secs, élevés sur pilotis, où l’air et la lumière circulent largement, et où de larges vérandas protègent les parois extérieurement contre la réverbération immédiate du soleil.
- Au point de vue de l'hygiène antiseptique, . l'Eucalyptor intervient encore au premier rang pour la neutralisation des foyers d’infection que l’on pourrait appeler domestiques. Tels sont les lieux d’aisance, les éviers, tous les amas d’eaux croupissantes, de matières organiques, ordures ménagères, débris de cuisine, etc., etc. Au même titre, et pour les mêmes raisons, les chambres, les déjections et le linge des malades. Dans ces divers cas, Y Eucalyptor s’emploie étendu de vingt fois son volume d’eau au moins, en lavages et en pulvérisations.
- Pour assainir les appartements, il s’emploie, délié dans cinq fois son volume d’eau, en fumigations abondantes, par tout procédé d’échauffement le réduisant en vapeurs.
- Les feuilles d’Eucalyptus peuvent être utilement employées sous les tapis, les tentures, dans la literie, pour en éloigner toute espèce de vermine.
- Le docteur Encausse recommande de laisser en permanence sur un meuble, des soucoupes contenant un mélange d’essence d’eucalyptus et d’eucalyptol dont les émanations purifient l’air et chassent les moustiques.
- Hygiène de la toilette. — Les ablutions, les bains fréquents sont recommandés dans les colonies, au point de vue physiologique, tant afin de procurer un soulagement contre l’extrême chaleur que pour maintenir la peau nette, les pores de l’épiderme toujours ouverts et éviter tout arrêt dans les fonctions sudoripares.
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- L’antisepsie y trouve aussi son compte, surtout depuis que l’eucalyptus et ses dérivés ont permis d’obtenir des produits aimables, sous formes d’eau de toilette d’eucalyptus rectifiée (Eucalyptoline) hygiénique et anticontagieuse, de savons antiseptiques aux huiles bienfaisantes d’eucalyptus, de sels volatils d’eucalyptus et d’eucalyptol.
- Cette propriété antiseptique est d’autant plus précieuse que, comme le savent tous ceux qui ont visité nos colonies, les moindres égratignures, les moindres boutons, lorsqu’ils ne sont pas immédiatement aseptisés, y dégénèrent rapidement en « bourbouilles » suppurantes très difficiles à cicatriser. Les memes produits sont souverains contre les éruptions si fréquentes dans les pays chauds.
- Hygièiie du vêtement. — La physiologie indique, pour les colonies, des vêtements amples et légers laissant circuler l’air, mais opposant au refroidissement les qualités de chaleur, d’absorption, de révulsion sur la peau, particulières aux lainages.
- Ces qualités sont rehaussées de vertus antiseptiques depuis que l’on convertit les fibres d’Eucalyptus en une ouate naturelle qui, incorporée dans des conditions scientifiquement déterminées à des laines teintes à la nuance, permet d’établir des fils, puis des tissus, servant à confectionner du linge de dessous répondant à tous les besoins du fonctionnement normal de l'épiderme, tout un l’aseptisant.
- Les médecins recommandent, d’une façon générale, l’usage permanent de ces vêtements hygiéniques, particulièrement aux personnes délicates et surtout contre les rhumatismes, la goutte les affections des voies respiratoires, les fièvres de toutes natures, etc.
- Comme on le voit, l’Eucalyptus et ses dérivés se prêtent à toutes les nécessités de J hygiène coloniale. Le fait, connu de temps immémorial par les indigènes de la Nouvelle-
- Calédonie et de l’Australie, a été vérifié dans ces contrées, par les colons venus depuis, qui font un usage constant de ces produits, en toutes circonstances.
- Les médecins de nos pays, frappés de ces propriétés de l’Eucalyptus, les ont expérimentées contre les maladies les plus diverses — notamment contre les fièvres paludéennes. Il existe toute une bibliothèque d’ouvrages relatant les innombrables et parfois merveilleux cas de guérison obtenus tant en France qu’en Algérie, en Espagne en Italie, en Angleterre, dans plusieurs autres pays de l’Europe, et surtout, — fait à noter — dans les contrées de l’Amérique du Sud, dont le climat et les maladies sont analogues à ceux de plusieurs de nos colonies.
- Forts de ces succès, les hygiénistes, à leur tour, se sont emparés de ces produits dans un but de prophylaxie, et en considèrent l’usage constant comme une « assurance » contre la grippe, l’influenza, les bronchites, les fièvres et toutes les maladies contagieuses. — Ils prescrivent l’eucalyptol et l’essence d’eucalyptus en vaporisations répétées pour détruire les germes de contagion dans les appartements et en chasser les moustiques et les vermines qui les colportent;— en massages pour aseptiser et jassouplir la peau et les muscles ; en frictions contre les douleurs rhumatismales, goutteuses, les affections des voies respiratoires, etc.
- En Angleterre, en France, un peu partout en Europe, en Amérique, et surtout en Australie, ces applications des produits dérivés de l’eucalyptus à l’ensemble de l’hygiène sont devenues d’un usage courant, grâce à leur efficacité indiscutable.
- Ces armes antiseptiques, qui ont fait leurs preuves, sont indiquées pour former la base de toute l’hygiène coloniale sérieuse, c’est-à-dire rationnelle et par conséquent efficace.
- Dr F. Barbara.
- LANTERNES A ACÉTYLÈNE
- H le nombre des appareils généraleurs i d’Acétylène va toujours croissant, on peut en dire autant des lanternes de JlcJ7clette. Depuis qu’elles sont devenues d’un
- usage courant, on a dû en faire de tous les prix, et naturellement, leur qualité s’est ressentie du bon marché auquel certains fabricants ont été obligés de les livrer.
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- Plusieurs modèles sont absolument défectueux, mal construits, et peuvent occasionner, sinon des accidents, du moins des inconvénients plus ou moins désagréables. D’autres, quoique meilleurs, présentent certains défauts, ou bien elles sont d’un allumage difficile causé par la mauvaise disposition du tube adducteur d’eau, ou elles s’éteignent facilement, ou bien lorsque le cycliste roule dans un chemin difficile, les cahots de la route donnent lieu à de vives surproductions, sans le moindre danger, évidemment, mais capables d’inspirer une certaine émotion à ceux qui ne sont pas familiarisés avec le maniement de l’Acétylène. Enfin, la
- Fig. 118. — La “ Cétolite ”, lanterne à acétylène.
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- plupart d’entre elles affectent des formes peu esthétiques, n’ayant pas le moindre rapport avec une lanterne.
- Je viens de voir un nouveau modèle réunissant toutes les qualités que l’on peut désirer.
- Ce charmant petit appareil que ses inventeurs ont baptisé du nom original de « la Cétolite » est fabriqué par la « FrencK Company Miller » à Hazebrouck {Nord). Nous en donnons (fig. d 18 et 119) un dessin et une coupe avec légende explicative qui en feront comprendre le mécanisme.
- Le maniement de ce petit appareil se comprend aisément. Si l’on se sert de carbure ordinaire, il suffit de dévisser le récipient K et et d’y placer :
- 1° La rondelle surmontée du tube perforé ;
- 2° Le carbure (ne remplir le récipient qu’aux trois quarts) ;
- 3° La rondelle à ressort, le ressort au-dessus. Cette rondelle forme avec le récipient K une espèce de « cartouche démontable ».
- Revisser le récipient K suffisamment pour éviter une fuite, mais sans exagération.
- Remplir entièrement d’eau le réservoir D par l’orifice C, puis tourner le robinet-rondelle A jusqu’à ce que l’index B soit devant le n° 8 du robinet gradué; attendre quelques secondes; ramener le n° 4 devant le même index ; attendre environ quinze secondes avant d’allumer. Si l’on emploie les cartouches métalliques, il suffit de dévisser le récipient K, d’y placer la cartouche et de refermer comme c’est indiqué plus haut.
- L’extinction est des plus simples; fermer le robinet A dix minutes avant d’arriver à desli-
- Fig. 119.— La “Cétolite”, dessin en coupe:
- A. Rohinet-rondelle à tige, gradué de 0 à 8. —
- B. Index. — C. Bouchon pour l’introduction de l’eau. — D. Réservoir à eau. — E. Échancrure de filetage pour laisser passer l’eau. — F. Ouate servant à épurer le gaz. — G. Tige métallique autour de laquelle l’eau arrive sur le carbure. —
- H. Carbure contenu dans la cartouche. — J. Tube perforé permettant à l’eau d’attaquer le carbure par la base. — K. Récipient de la lanterne. —
- L. Bec.
- nation, et laisser la lanterne s’éteindre d’elle-même, afin d’éviter toute odeur.
- On voit, par la description qui précède, les nombreux avantages que présente cette lanterne :
- Facilité de chargement et de nettoyage ;
- 2° Fonctionnement avec tous les carbures ;
- 3° Chute de l’eau avec une justesse mathématique, ce qui évite les surproductions ; l’eau attaque le carbure par la base ;
- 4° Système spécial de ventilation (autour de la lentille), ce qui rend les coups de vent sans effet, et assure à la flamme une fixité absolue. La lentille augmente le pouvoir éclairant tout en diminuant la consommation du carbure.
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- Indépendamment de ces nombreux avantages, nous insisterons tout particulièrement sur une véritable nouveauté que présente cette lanterne, à savoir l’emploi des cartouches métalliques assurant un chargement et un nettoyage immédiats. Il peut arriver que le cycliste ait besoin de lumière pendant de longues heures (je parle de ceux qui font du tourisme, et pendant l’été voyagent une partie de la nuit) ; il est précieux, dans ces circonstances, de pouvoir recharger sa lanterne rapidement et sans êLre contraint de recourir à un nettoyage presque impossible dans ces conditions. Même simplement dans le cas d’un nettoyage après une promenade de quelques heures, il est fort agréable de pouvoir remettre sa lanterne en état sans se salir les doigts.
- Ajoutons quelle peut marcher six heures et que le perfectionnement de sa suspension assure, même sur les plus mauvaises roules, une chute d’eau régulière. Sa hauteur est de 1215 millimètres et elle pèse 375 grammes.
- Voilà dans tous ses détails, la lanterne que la Maison Miller vient de lancer. Nous n’avons pas besoin de dire qu’elle est parfaite et réalise les desiderata des plus exigeants ; nos lecteurs en seront convaincus après la lecture de la description qui précède. Son succès est assuré, et tout cycliste élégant, séduit tant par ses sérieux avantages que par sa forme coquette, voudra en orner sa machine. En verra-t-on cet été aux Chalets du Cycle ! ! !
- R. de Matiian.
- (Revue technique de l’Acétylène.)
- VOYAGE A TRAVERS JAVA
- Ee résident de Solo, pour qui nous avons des lettres d’introduction, a sa de-fa meure immédiatement àcôté de l’hôtel. Il nous fait l’accueil le plus aimable que l’on puisse imaginer; grâce à lui, grâce aussi au hasard qui nous fait arriver dans le pays à point nommé, nous pouvons déjà le lendemain voir ce qu’il y a de plus intéressant dans la ville, peut-être dans toute l’île mystérieuse : un spectacle de danses chez l’empereur.
- C’est, à l’intérieur d’une triple enceinte d’épaisses murailles, la véranda dallée de marbre d’un palais asiatique. Je l’ai toujours , devant les yeux, cette véranda, sur les marches de laquelle toute la cour impériale se tient respectueusement accroupie, tandis que le souverain, maigre vieillard au dur regard, aux vêtements de soie et de velours relevés de parements d’or, a pris place sur son trône, au centre do la terrasse, à côté du résident. Une danse sacrée, exécutée par de jeunes princesses du sang, évolue avec une extrême lenteur. Ces jeunes filles racontent, Par une mimique d’un art très délicat, une Vague légende javanaise. Elles ont le visage ^passible, la peau frottée de poudre jaune, les lèvres et les sourcils peints de rouge. Ces tiares chargées de roses coiffent leurs Petites têtes; des fourreaux-corsets en velours noir étreignent leur taille mignonne ;
- des sarrongs noirs et lamés d’or descendent, sans un pli, de leurs hanches jusqu’à leurs pieds. Le spectacle est accompagné par un orchestre indigène ou gamelan dont les sons métalliques se mêlent harmonieusement et se combinent selon les lois d’une polyphonie très riche.
- D’un spectacle, nous passons à un autre spectacle ; c’est ainsi plusieurs jours de suite. — Un soir, il y a réception officielle chez le résident, à l’occasion de l’anniversaire de naissance de la reine de Hollande. Un long cortège défile sur une large route bordée d’arbres géants ; il est ouvert par un carrosse jaune attelé de huit chevaux blancs, et dans lequel sont assis côte à côte l’empereur et le résident. En même temps, des gamelans placés à la file tout le long de la route remplissent la nuit de leurs sonneries carillonnantes et la masse noire du peuple prosterné et des rajahs qui escortent à pied la voiture impériale pousse des clameurs d’allégresse. — Évocation étrange, grandiose, d’un puissant empereur des temps anciens !
- Les fêtes finies, le souverain et sa cour disparus pour longtemps derrière les murs du palais, — je commence à circuler dans Solo, à aller à la découverte... et quels merveilleux endroits arrêtent à chaque instant mes regards. Ici, c’est un adorable coin ombreux où passe la rivière de Solo. Là,
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- Fig. 120. — Vue des environs de Wonosobo (d’après une photographie de l’auteur).
- là-bas, abrités du soleil par la ramure abondamment feuillue d’arbres immenses, des kampongs sont enfouis jusqu’au toit dans des fourrés de graminées gigantesques, dans des touffes énormes de palmes ; à travers cette végétation dense, impénétrable, sont percées des ruelles qui permettent aux quartiers indigènes de communiquer l’un avec l’autre.
- Je m’aventure un matin dans une de ces
- courtes, le peigne d’écaille au chignon. Ils paraissent tous très gais. On m’apprend que l’un d’eux se marie le jour même. Aussitôt, je franchis le seuil et me dispose à fixer tous ces visages heureux sur une plaque photographique. La bande joyeuse consent bien tout d’abord à demeurer immobile, mais ensuite quelques-uns se ravisent, sans doute ! effrayés par mon appareil, et détalent, puis
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- c’est au bord d’un étang tranquille et sur un fond de palmes et de bambous, quelques maisonnettes rustiques au seuil desquelles jouent des bambins qui sont vêtus d’un simple foulard passé autour des reins ; l’eau dormante reflète distinctement tout cela. Et
- ruelles vertes, mon appareil de photographie à la main. Tout à coup, j’aperçois, à l’entrée d’un jardin privé, un attroupement de badauds. Je m’approche... et, mêlés aux badauds, je vois, dans l’intérieur du jardin, une vingtaine de Javanais, en jupes et en vestes
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- la plupart des autres font de même et au moment où je découvre l’objectif, des vingt, il n’en reste que deux... mais, je vois qu’ils
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- C’est un ancien soldat de l’armée des Indes — d’origine alsacienne — que le climat et le service... et quoi encore? ont complètement abruti. Nous eussions mieux fait, somme toute, d’engager un domestique indigène.
- Après avoir passé une semaine à Solo, nous prenons le train pour nous rendre à Djocjokarta, qui est également une ville intéressante, et où il vaut la peine de séjourner.
- A Djocjokarta vit un Sultan qui organise dans son palais, comme son impérial voisin, de grands spectacles de danses, voire des
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- Fig. 121. — Un rajah et sa femme (dessin d’après photographies de l’auteur).
- JJ® sont pas non plus rassurés... et que... roP tard 1 ça y est ! !
- Dans mes courses à travers Solo, je me a!s accornpagner par un domestique européen que nous avons emmené de Batavia. Il J* Vra* qu’il se rend aussi peu utile que ^°ssible, qu’il ne fait que geindre et que °us songeons sérieusement à le renvoyer.
- représentations de théâtre javanais. Nous apprenons que huit jours plus tard doivent avoir lieu des fêtes à l’occasion du mariage de quatre princesses. L’idée nous vient aussitôt d’employer la semaine d’intervalle à faire une excursion sur les hauteurs volcaniques du Djeng, où se trouvent des lacs d’eau bouillante,
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- Le tenancier de l’hôtel où nous sommes descendus — l’hôtel Toegoe — se charge de nous fournir une chaise de poste qui nous permettra de franchir une cinquantaine de kilomètres dans la première journée. Par le moyen d’un messager dépêché exprès, il avise les divers relais de la route que nous parcourons d’avoir à tenir prêts des chevaux de rechange pour le moment de notre passage.
- Et nous voici, dès le matin, juchés avec le i moins de bagage possible sur une carriole qu’enlèvent, au grand galop, six petits chevaux fougueux. Le cocher s’occupe seulement de diriger ces derniers ; il est assisté de deux espèces de grooms qui sont tantôt assis à côté de lui, tantôt debout sur une planchette assujettie comme un large marchepied sur le derrière de la voiture, et tous deux ont pour rôle de claquer du fouet, de frapper les bêtes quand leur vitesse se ralentit.
- Il faut les voir, ces aides-cochers, s’élancer du siège ou du marchepied, puis courir à toutes jambes des deux côtés de l’attelage auquel ils assènent de vigoureux coups en même temps qu’ils l’excitent encore par des cris. Il faut les voir ensuite, quand les trois paires de chevaux sont emportées par un galop affolé, se raccrocher à la voiture avec une adresse de singe. Fuite vertigineuse dans-un clair tunnel de feuillage aux bordures de palmes...
- De distance en distance, on rencontre des passants — des hommes, des femmes, des enfants — qui s’en viennent à la queue-leu-leu. A l’instant où la voiture file près d’eux, ils s’arrêtent et ceux qui portent une charge la mettent à terre ; il en est qui poussent le respect jusqu’à s’acercupir.
- Quand on a franchi de 7 à 8 kilomètres, subitement à un tournant du chemin, apparaît une construction légère — simple toiture reposant sur des piliers — sous laquelle passe la route. C’est le relai. Aux alentours, des maisonnettes de bambou, un marché indigène, une population de passants et de marchands.
- Nous descendons de voiture pour quelques minutes seulement. A peine avons-nous eu le temps de nous dégourdir les jambes, d’éplucher quelques bananes, que déjà les chevaux sont remplacés. Nous changeons de pocher et de grooms.,.
- Ainsi de suite, plusieurs heures durant jusqu’au moment où nous atteignons la ville de Magelan, où nous devons passer la nuit. Saluons Magelan, jolie ville aux ombrages merveilleux qu’illumine le soleil couchant !
- Le lendemain, après avoir continué pendant quelque temps notre course à fond de train à travers la forêt, nous avançons avec une lenteur désespérante.
- Notre attelage est réduit à quatre pauvres bêtes décharnées qui font peine à voir, nous sommes sur une côte dénudée, nous élevant peu à peu par une route pierreuse qui mène à un col... Bientôt, le temps se met à l’orage, et, quand nous arrivons au point culminant du chemin, les montagnes d’alentour sont enveloppées de nuées sombres et la vallée de Wonosobo dans laquelle nous allons redescendre est sillonnée d’éclairs et retentissante du roulement du tonnerre. Le col franchi, la route dévale en ligne droite jusqu’au pied de la montagne. Mais cela n’effraie pas nos cochers qui, en se jetant sur cette pente vertigineuse, trouvent encore le moyen de jouer du fouet. Nous dégringolons avec une rapidité croissante et en un clin d’œil nous sommes au fond de la vallée.
- Les chevaux sont ruisselants, épuisés ; leurs jambes flageolent, sont devenues impuissantes à tirer la voiture d’une ornière ou d’un lit de grosses pierres et nous sautons à terre à tout moment pour pousser à la roue.
- Enfin; enfin, nous touchons au terme du trajet fixé pour la deuxième journée.
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- Wonosobo où nous arrivons est un grand village dont les habitations, toutes en bambou, sont éparpillées dans une très belle forêt.
- Au lieu d’un hôtel ouvert à deux battants, il n’y a dans cet endroit qu’une sorte de maison meublée, nommée logement. Les pièces de cet immeuble, aménagées en chambres à coucher, sont rarement occupée» i aussi, quel évènement quand apparaît un | voyageur ! Un évènement du reste qui n’est pas de nature à réjouir le personnel de la maison troublé dans son farniente accoutumé. L® propriétaire est un européen ou un demi-sang ; il demeure invisible pour ses hôtes qui ne sont en rapport qu’avec une espece de maître d’hôtel indigène appelé le inandoui-
- — Un domestique vous prépare deux
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- chambres ; sans se presser, avec l’air mécontent d’un homme dérangé dans son sommeil, il époussette les meubles, étend des draps sur les lits, rabat les moustiquaires puis il disparaît. Et nous devons appeler plusieurs fois : Spada, spada, comme on appelle «garçon » en France, pour le faire revenir. C’est l’heure de l’apéritif ; nous lui demandons le paît traditionnel des Hollandais aux Indes, c’est à dire une boisson composé de genièvre et de bitter.
- Au cours d’un entretien que nous avons avec un contrôleur hollandais qui prend sa pension dans cette maison, nous sommes consternés d’apprendre que nous ne trouverons àWono-sobo ni chevaux de selle ni voitures pour continuer notre route et pour revenir sur nos pas dans la direction de Djocjokarta.
- Le régent pourra seul vous tirer d’embarras ajoute notre interlocuteur. Or, nous n’avons point de lettre d’introduction pour l’assistant-résident du district de Wonosobo et c’est seulement recommandés par lui que nous pourrions nous rendre chez le régent. A tout hasard, nous nous présentons chez le premier et la chance qui nous accompagne dans notre voyage veut que nous ayons à faire à un homme très courtois et tout de suite disposé à vous rendre service.
- Quelques instants après, nous sommes reçus par le régent. Celui-ci, en apprenant ce Qui nous arrive, nous déclare immédiatement qu’il donnera des ordres pour que nous puissions le lendemain matin poursuivre notre
- excursion, et ensuite retourner à Djocjokarta. Cela dit, il nous invite à revenir au courant de la soirée assister dans la véranda de son habitation à un tournoi de lances, qui doit être exécuté par des jeunes gens de sa famille.
- Trois heures durant, des jeunes frères, des fils, des neveux de celui-là, lances en main, joutent pacifiquement en rythmant leurs passes sur l’accompagnement d’un orchestre où des gongs entremêlent d’harmonieux carillons. Les costumes des figurants sont composés de jupes de soie, de coiffures et de colliers de roses. Nous ne nous lasserions pas de contempler ce spectacle, évolué avec beaucoup de grâce, si les fatigues accumulées dans la journée n’appesantissaient nos paupières. A l’instant où nous nous retirons, quelle n’est pas notre surprise d’entendre éclater la Marseillaise ! Ayant appris que nous venions de France, le régent a donné l’ordre à quelques musiciens de la troupe indigène de répéter à la hâte cette marche patriotique qu’ils avaient déjà exécutée, paraît-il, dans une autre circonstance. Le fait est que la petite fanfare, en dépit de ses notes discordantes, s’acquitte de sa tâche avec une conviction toute française. Puis, nous reprenons la route qui mène au logis par une belle nuit étoilée; et tandis que la musique carillonnante du gomelan s’affaiblit en s’éloignant,de tous les kampongs d’alentour montent vers le firmament tranquille des aboiements furieux.
- (A suivre) Fjritz du Bois.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- ppareils d’agrandissement (suite). — Si l’on veut une chambre à agrandissement d’un travail plus fini que Ce^e que nous avons décrite précédemment, peut la construire de la manière suivante. °us donnons les dimensions pour l’agrandissement 18x24 ; il est facile de les modifier Sl i on veut faire plus grand ou plus petit :
- fabriquer une boîte de 100X19X25 (fig. 122) 11ùérieurement. Assembler à mi-bois pour
- empêcher les infiltrations de lumière, et noircir intérieurement.
- A un centimètre et demi du bord antérieur une planchette percée d’un trou glisse à frottement doux dans une rainure verticale. Cette planchette est destinée à recevoir extérieurement le cliché àagrandir, elle est percée au centre d’une ouverture qui pourra varier suivant la grandeur de la partie du cliché sur laquelle on voudra opérer l’amplification,
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- Il est bon d’avoir une collection de planchettes avec des ouvertures différentes. On peut aussi se contenter d’une seule, à condition de la munir d’un système de petites planchettes à glissière permettant de régler à son gré l’ouverture libre.
- A 2U c/m environ en arrière de cette première planchette il en existe une autre qu’on a fixée aux parois de la boîte. Celle-ci est munie d’une ouverture qui devra laisser
- lig. 122.
- passer l’objectif; pour éviter de pratiquer un pas de vis, on se servira de la planchette d’objectif que l’on fixera avec deux taquets. Les dimensions que nous indiquons ici no sont qu’approximatives, il faudra les modifier suivant le foyer de l’objectif employé, en opérant par tâtonnements, comme nous l’avons indiqué tout à l’heure.
- Pour déterminer l’emplacement du papier sensible, on promène à l’intérieur de la boîte un verre dépoli, afin de rechercher le maximum de netteté. Le point trouvé est repéré et l’on y pratique une rainure capable de laisser passer une troisième planchette. L’appareil est dès lors prêt à fonctionner.
- Veut-on s’en servir? — On installe l’objectif photographique en A, le cliché en B, do façon que la partie amplifiée soit en face de l’ouverture delà planchette. Le reste de la préparation se fait dans le cabinet noir, comme nous l’avons recommandé précédemment, et l’exposition, qui demande quelques secondes, se fait à la lumière diffuse. Il est bon de faire quelques essais préliminaires pour déterminer le temps de pose, variable du reste suivant le papier employé et l’intensité de la lumière.
- Indiquons, pour terminer, une précaution qui a son utilité : on fera bien d’envelopper avec le voile noir la partie postérieure de la boîte lorsqu’on y a mis le papier sensible; on évitera ainsi toute infiltration de lumière qui amènerait infailliblement un insuccès.
- (A suivre). A. Beuthier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 13, 20 et 27 Mars 1890.
- L’iode atmosphérique. — L’iode que l’on trouve chez les animaux, et qui est un principe indispensable à l’économie, provient-il de l’air, ou des aliments? RI. Armand Gautier a examiné l’air à ce point de vue.
- Cette question a déjà clé l’objet de nombreuses recherches; les résultats ont été contradictoires. Pour résoudre la question, RI. Gautier a examiné l’air recueilli sur place et en divers lieux: ville, bois, montagne et mer, séparant de la partie gazeuse les corps en suspension, puis examinant chaque portion attentivement. Il a reconnu que dans l’air de Paris (boulevard Saint-Germain), dans les bois ou à la mer, n’existe pas en quantité sensible d’iode à l’état de gaz.
- Au contraire, à Paris et à la mer, on en trouve une petite quantité sous une forme fixe et insoluble dans l’eau ; en plus, l’air de la mer en contient treize fois plus que celui de la ville. Il semble qu’on puisse induire de cette constatation que la mer est l'origine principale de l’iode atmosphé. rique, et qu’étant données la forme insoluble de çet iode et 1 absence complète de poussières miné-
- rales à la mer quand le vent vient du plein Océan, ce métalloïde doit exister dans l'air à l’état organique, probablement meme organise. On sait que le plankton des eaux de la mer est formé d’un immense réseau d'infusoires, diatomées, algues, etc., qui vivent surtout à la surface des eaux et envoient dans l'air marin leurs spores, leurs produits et débris de toute sorte.
- S'il en est ainsi, si l’iode nous vient surtout de corps organisés, non seulement les particules en suspension dans l’air des villes (et surtout de celles qui ne sont pas très éloignées des mers, comme Paris) doivent contenir un peu d’iode, mais ce corps entrant dans la composition des parties en suspension les plus légères, telles que les levures, mousses, algues, spores ou bactéries, l’iode doit être d’autant plus abondant dans les poussières qu’elles auront été recueillies sur des points pb's élevés.
- C’est, en effet, ce que RI. Gautier a constate. Dans les poussières déposées sur le Panthéon, n a retrouvé l’iode sous forme insoluble en quantité d’autant plus grande qu’il s’élevait davantage su
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- le monument. A 79 mètres, il en a trouvé dans ces poussières 0 gr. 551 pour 1.000 grammes.
- Valeur nutritive des légumes. — M. Balland adresse une note sur la composition et la valeur alimentaires des principaux légumes. Les légumes les plus nourrissants sont fournis par des racines ou des tubercules moins hydratés que les feuilles et les tiges, comme les pommes de terre, les patates, les topinambours, dans lesquels, après l’eau, les matières hydrocarbonées (amidon, sucre) tiennent le premier rang ; puis viennent, d’après la richesse en azote, l’agaric comestible (champignon de couche), les salsifis, les pousses d’asperge, les fonds d’artichaut, les choux (leurs, les petits pois et les haricots verts, les choux en général, les épinards, l’oseille et la laitue. Quant aux autres produits, leur valeur nutritive est presque nulle ; ils n’agissent que par leurs sucs aqueux ou leurs matières cellulosiques qui favorisent la dissociation des viandes dans l’estomac; plusieurs, d’ailleurs, sont exclusivement employées, comme condiment.
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- L’emploi des matières colorantes pour la recherche de l’origine des sources et des eaux d’infiltration. — M. Bnclaux présente une note de M. Trillut relative au mode d’emploi des principales matières colorantes pour la recherche de l'origine des sources, et, en général, des eaux d’imiitration. Les matières colorantes qu’il a expérimentées sont les suivantes: fuchsines neutre et acide, violet de Paris, bleu de méthylène, vert malachite, auramine, rouge congo, éosine, safra-nine et fluorescéine.
- h a étudié l’induence de divers sols sur les solutions des matières colorantes. Le mode opératoire consistait à faire traverser la couche de terre expérimentée, sous une épaisseur de 30 centimètres, Par chaque solution.
- Ii préconise surtout dans cc cas la fluorescéine dont le pouvoir tluorescent est décelé à la dose de 1 deux-milliardièmes.
- ***
- Election. — Le père Colin des Missions, auteur de travaux cartographiques importants sur Madagascar, est élu membre correspondant pour la section de géographie et de navigation, en remplacement de M. Manen, par 46 suffrages, contre à donnés à M. Normand, du Havre.
- ***
- ( Naudin. — M. le Président annonce à 1 Académie la perte douloureuse qu’elle vient de aire en la personne de M. Naudin, doyen de la ^ection de botanique, décédé subitement le mars, à Antibes (Var), et s’exprime en ces termes :
- * ^'ève et ami de Decaisne, dont il fut long-
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- temps l’aide-naturaliste dans la chaire de culture du Muséum d’histoire naturelle, M. Naudin s’est fait connaître du monde savant, d’abord par d’importants travaux descriptifs, en particulier par une monographie de la grande famille des Mélastomacées, puis et surtout, par une longue et belle série de recherches expérimentales sur l’hybridité et sur la variation qui lui a ouvert les portes de l’Académie des sciences en 1863. Depuis bien des années déjà, toujours retenu dans le Midi par la direction de l’établissement botanique créé à Antibes par Gustave Thuret et généreusement légué par sa famille à l’État, M. Naudin, tout en continuant à s’intéresser à nos travaux, ne faisait plus à Paris que do très rares et très courtes apparitions. » M. Naudin, était né à Autun, le 14 avril 1815 ; il était donc âgé de 84 ans.
- ***
- Antique légende russe relative à une chute de pierres. — En 1290, le 2 juin, d’après la légende, les habitants de Oustiougc-le-Grand, dans le gouvernement de Wologda, auraient été témoins d’une pluie de pierres absolument exceptionnelle. Un semblable récit piqua la curiosité de M. Stanislas Meunier, au cours d’un voyage qu’il fit de Saint-Pétersbourg à Nijny-Nowgorod, ii chercha à avoir sur le phénomène le plus de renseignements possible. L’auteur put avoir en communication des photographies reproduisant des vues du pays, la forme des b.oes conservés à part comme des reliques, et de très vieilles icônes peintes sur bois et représentant l’événement. En examinant ces spécimens, l’auteur n’y trouva que des roches terrestres, sans le moindre échantillon météori-tique. M. Stanislas Meunier pense qu’il n’est tombé aucune pierre en ce jour mémorable. La région était peu fréquentée et peu connue; lorsque, après un terrible orage, les habitants se rendirent de ce côté, ils virent dans la forêt saccagée, les pierres qui jonchaient le sol.
- Ces pierres ont pu tomber des nuages, elles auraient d’ailleurs été enlevées au sol de quelque point plus ou moins éloigné, par une trombe, et se seraient mélangées aux blocs erratiques. Mais ce ne sont pas des météorites.
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- Propriété et application de l’aluminium.
- — M. Bitte a continué ses études sur l’aluminium par l’examen méthodique de divers ustensiles réformés ayant servi dans l’armée, notamment à Madagascar. Elles n’ont fait que le confirmer dans ses premières opinions et ont donné les mêmes résultats que ses premiers travaux. L’aluminium est attaque par une foule d’agents, et si on veut l’en débarasser par des nettoyages, on se heurte à une nouvelle difficulté : tous les produits pouvant être employés utilement attaquent le métal plus
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- ou moins rapidement. M. Ditte, en terminant sa communication, remarque que ses considérations, qui s’appliquent à tous les objets d’aluminium, se rattachent immédiatement à l’ensemble des propriétés véritables de cet élément; celles-ci en font un corps, en réalité, très altérable; elles paraissent de nature à inspirer certains doutes et à dissiper quelques illusions relativement aux applications industrielles possibles de ce métal.
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- Recherche du mercure dans les produits des vignes traitées avec des bouillies mercurielles. — Le sublimé corrosif ayanl été récemment conseillé pour combattre les maladies crypto-
- A TRAVERS
- Essai de bois ininflammable. — Dans la construction du cuirassé Herluf-Trolle, on s’efforce de réduire autant que possible l’emploi du bois. On n’a pu cependant le supprimer tout à fait, mais le bois employé pour les cloisons, les meubles, etc., sera du bois ininflammable qui a été acheté à la Electric Fireproofing Company, de New-York. On a fait dernièrement, dans l’arsenal maritime, un essai intéressant de cette matière. Deux caisses semblables avaient été construites, l’une en bois ininflammable et l’autre en bois de pin. Chacune de ces caisses a reçu 10 kilogrammes de copeaux de chêne et 1 kilogramme de copeaux de bois résineux auxquels on a mis le feu. Tandis que la caisse en pin a été complètement consumée, celle construite en bois ininflammable n’a été carbonisée qu’à la surface et après que les copeaux qu’elles contenaient ont été réduits en cendre, on a trouvé que l'intérieur avait été à peine touché par le feu.
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- Herbes soporifiques. — Il y a dans les steppes de la Russie, mais surtout en Amérique, quelques espèces d’herbes dont l’usage a des conséquences curieuses pour les animaux. M. Gillespie, d’Edimbourg, a récemment fait de ces plantes et de leur action merveilleuse une étude que résume \a Médecine moderne.
- Ces herbes soporifiques appartiennent à un genre très connu, qui porte dans la nomenclature le nom de Stipa. C’est la stipe qui
- gamiques de la vigne et en particulier le black-rot, MM. Léo Vignon et J. Perraud ont institué des expériences pour contrôler les effets de ce sel si toxique, sur les vins et sur les vignes elles-mcmes.
- Ils ont reconnu, dans le raisin, la présence de traces de mercure en si faible quantité que, d’après les auteurs de la note, l’organisme humain peut les tolérer. Mais M. Berthelot se mortre moins affirmatif, et prétend que les effets de ces minimes quantités de mercure doivent être tenus pour suspects et périlleux, ainsi d’ailleurs que toutes matières toxiques, administrées à faible dose, de façon continue.
- LA SCIENCE
- croît sur les bords de la Méditerranée, c’est aussi le lin de la Vierge qui sert à faire des bouquets à cause de ses barbes. Dans quelques parties des Etats-Unis, surtout dans le nouveau Mexique et au Texas, il croît une espèce de Stipa viridula dont l’action désagréable et très dépressive sur les chevaux et les vaches s’observe de plus en plus fréquemment. Les bergers qui poussent leurs troupeaux sur les prairies élevées sont souvent étonnés le matin, au réveil, de trouver leurs vaches ou leurs chevaux dans un état qui rend impossible la poursuite du voyage. Les animaux font vraiment pitié. Le cheval, la tête et la queue basses, tremble de tout son corps couvert de sueur, respire rapidement et d’une façon irrégulière ; le cœur bat tumultueusement; bref, on observe tous les traits d’une maladie sérieuse au début. L’animal est incapable de se mouvoir et semble près de sa fin, bien que, suivant les observations de M. Gillespie, on n’ait jamais vu jusqu’à présent un animal succomber après l’ingestion de cette herbe. Celle-ci ne paraît, chose curieuse, nullement impressionner 1° mouton. Les accidents durent environ deux jours, mais l’état général de l’animal est encore compromis pendant quelque temps-M. Gillespie a retiré de cette herbe un extrait avec lequel il a fait quelques expériences sur des grenouilles et un lapin. Les animaux, après l’injection du liquide, paraissent en proie à des hallucinations et à une grande anxiété, puis à des effets narcotiques et paralysants.
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- Trois choses importantes dans le boire et le manger — Les personnes qui tiennent à éviter la dispepsie doivent observer ponctuellement les trois préceptes suivants :
- 1° Ne pas trop boire ; 2° no jamais manger trop chaud ; 3° re jamais manger trop froid.
- Trop boire a l’inconvénient de rendre les muscles trop mous et d’affaiblir toutes les cellules du corps en les rendant trop humides et c’est la cause de ce sentiment de faiblesse dont se plaignent tant de personnes de toutes les classes de la société.
- La seconde habitude d’avaler des mets trop chauds est excessivement préjudicicuse aux délicates membranes de la gorge et de l’estomac, sans parler des dents qui en souffrent beaucoup également.
- Manger des glaces, l’excès contraire, n’est pas moins mauvais, car ce n’est pas un aliment convenable pour le corps.
- Les personnes qui connaissent ces principes importants, et qui ne veulent pas s’y conformer, n’ont donc qu’à s’en prendre à elles-mêmes si plus tard leur désobéissance se trouve punie par des souffrances et des maladies.
- Encre pour écrire sur verre. — Voici la formule d’une encre qui est, paraît-il, excellente pour écrire sur le verre :
- Laque en feuilles.............. 20 gr.
- Borax.......................... 35 —
- Alcool méthylique...............150 —
- Eau distillée . . . . . 250 Ce.
- Dissoudre la laque dans l’alcool et le borax dans l’eau, puis verser la solution de laque lentement dans celle de borax, en remuant constamment. On ajoute à ce mélange la matière colorante requise pour obtenir la couleur désirée, par exemple un gramme de méthyle violet.
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- Moyen de nettoyer les pinceaux à vernis. — Lorsqu’un pinceau, servant au vernissage ou à la peinture à l’huile se sera séché et que les poils adhéreront les uns aux autres, même après une année, on nettoyé complètement ces pinceaux, les rendant comme neufs en quelques minutes, eu les plongeant entièrement dans de l’alcali volatil (ammoniaque) et les travaillant pour séparer et assouplir les poils.
- LES PETITS ACCIDENTS DU TRAVAIL MANUEL
- PROJECTION D’ÉCLATS MÉTALLIQUES.
- a forge peut projeter des éclats métal-liques brûlants qui détruisent les tissus Ëg&ft vivants; mais, en dehors des brûlures, que nous étudierons plus tard, il peut jaillir dans les diverses opérations que subissent les métaux et notamment les aciers, Il peut jaillir, dis-je, des morceaux plus ou m°ins tranchants qui entaillent la peau et Pénètrent dans les masses charnues.
- D’autres fois encore, un morceau de verre déchirera sur son passage les masses musculaires et restera au milieu d’elles.
- La première chose à faire dans ces cas est évidemment l’extraction immédiate du corps étranger dont la présence dans les tissus vivants produirait une irritation bientôt compliquée de suppuration. Et qui dit suppuration dit passage exagéré des globules blancs du sang, eL par suite, affaiblissement de l’organisme. Aussi il est important d’agir vite et bien.
- Pour l’extraction du morceau de verre ou de métal entré dans la masse-musculaire du bras, par exemple, il est tout d’abord facile de s’assurer si la pénétration est considérable. Si l’objet est à fleur de peau, l’ayant à peine entaillée, les doigts d’un camarade du patient l’en débarrasseront facilement (fig. 123).
- Si, au contraire, il est entré plus avant dans les chairs, il est alors préférable de ne pas y porter la main, de recourir à la pression de l’eau. Pour cela, on en fera couler d’une hauteur plus ou moins considérable, selon l’effort à produire la résistance qu’opposeraient à la sortie du corps étranger les tissus resserrés sur eux-mêmes. L’eau écartera ceux-ci et l’objet ainsi repoussé sortira bientôt (fig. 425).
- Ce mode opératoire aura des avantages multiples. Il aura supprimé les essais plus ou moins adroits des compagnons du blessé, lesquels essais eussent lacéré les chairs, irrité
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- LA SCIENCE EN EAMILLE
- celles-ci et eussent, malgré l’extraction, amené la suppuration. En outre, l’eau froide a une action hémostatique puissante, c’est-à-dire que, s’il y a hémorrhagie, il va bientôt se former à l’entrée des vaisseaux ouverts des caillots sanguins qui empêcheront la sortie du liquide
- Fig. 123. — Extraction d'un corps étranger par pression.
- vital, autrement dit la perle du sang sera ainsi arrêtée. Enfin cette hydrothérapie, particulièrement, est forcée à une action calmante antisuppurative et antifébrile des plus utiles dans le cas qui nous occupe. Ne cile-l-on pas, en effet, des plaies énormes guéries rapide, ment, alors que les patients avaient eu le courage et la patience de laisser les membres malades plusieurs jours dansl’eau froide fréquemment renouvelée ; il ne s’agit pas ici bien entendu d’eau glacée qui supprimerait la circulation et conserverait tout ou partie de l’individu à la façon des frigorifiques des établissements comme la Morgue, mais d’eau à la température de 10,15 et même 20degrés centigrades.
- L’eau courante serait préférable encore. Si le corps étranger pénétré dans la plaie est un morceau de métal à arêtes vives qui l’y immobilisent en quelque sorte, on a, comme autre moyen que la pression de l’eau, le procédé déjà signalé à propos des corps étrangers de
- l’œil, c’est-à-dire l'action des aimants dont le puissante attraction arrachera le fragment métallique.
- Comme soins consécutifs, il faudra si, par exemple, à la cessation de la douche locale
- wSHii
- Fig. 124. — Bandage du bras, d’eau froide, l’hémorrhagie reprenait, appliquer un peu d’amadou imbibé de perchlorure de fer. Ce fait, entourer le bras, à la hauteur de la partie blessée, de plusieurs tours de bande
- (fig. 124) et le porter en écharpe pour y éviter l’afflux du sang et la
- suppuration qui en pourrait être la conséquence.
- 11 importe que ces tours ne soient pas trop serrés et
- n’entravent
- pas la circulation brachiale, sinon on pourrait produire la gangrène. La douleur ressentie par le patient est le meilleur juge
- dans la matière ; s’il y a compression, le malade souffre : sinon, non. .
- Quant à rapprocher les lèvres de la plaie, a les saturer, à remettre les choses en l’état, c’est évidemment le rôle du médecin ; mais les conséquences fâcheuses de l’accident seront évitées si l’on a bien suivi nos conseils.
- Dr Foveau de Courmellesl
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas^
- La Fère. — lmp. Bayfn, 13, rue, Neigre.
- Fig. 125. — Extraction d’un corps étranger par l’action de l’eau. •
- ilôt !,
- ÜiïsàzfiilÊi
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- {Suite)
- | fêÿjfÆSES appareils d’agrandissement.
- {Suite).— Les appareils précédents sont tous destinés à l’emploi de la lumière solaire ou de la lumière diffuse. On peut avoir besoin, parfois, d’opérer avec la lumière artificielle ; voici une disposition assez simple empruntée à la « Photo-Revue », à qui elle a été communiquée par un de ses corres-I pondants de St-Pétersbourg, M. Crestin.
- ques tâtonnements, je suis arrivé à combiner l’appareil d’agrandissement dont je vous envoie ci-joint une vue photographique et qui se compose : 1° d’une chambre noire 13x18, à laquelle, pour allonger le tirage, j’ai ajouté une espèce de caisse en bois portant l’objectif ; 2° un cône métallique glissant à frottement sur la monture de l’objectif et muni à sa partie évasée d’une fenêtre dans laquelle se place le
- ifau'.1."".';
- IIIIIIIKIIliillllii
- mm
- Fig. 12G. — Dispositif de M. Crestin.
- 8 Mes expériences personnelles, dit l’auteur cette disposition, m’ont donné la conviction lue pour l’amateur qui ne veut pas faire absolument que du portrait, la véritable manière Pralique et bon marché de procéder est de se servir d’appareils à main ; il existe une grande Variété de modèles différents parmi lesquels il Sen trouve d’excellents. Plus difficile est la Question de l’agrandissement qui s’impose alors, Car les épreuves du format 4 1/2X6 et même JX8 ou 6 1/2X9, ne sont ni faciles ni agréa-J'es ù regarder ; il faut absolument qu’elles Rotent au moins agrandies jusqu’au format ^Xl8, qui constitue, d’après moi, le véritable 0rittul de l’amateur pour les positives.
- Priant de ces considérations et après quel-
- négatif à agrandir ; 3° d’un condensateur à double lentille de 95 m/m de diamètre (pour 6X8) ; 4° d’une glace dépolie couvrant complètement le condensateur ; 6° d’une lampe callophone à benzine avec réflecteur parabolique (donnant 60 bougies normales, sans réflecteur).
- Avec cet appareil et un objectif aplanélique de 80 m/m de foyer, j’obtiens facilement des agrandissements de 4X6 à 13X18. Comme je puis donner à la glace dépolie de la chambre noire, à l’objectifetaucône métallique tous les mouvements possibles, je parviens à centrer ma projection dans les meilleures conditions, ce qui me permet de classer ces épreuves dans un album, sans les coller ni les rogner, ce qui n’est pas d’une mince importance dans la pratique.
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- 178 la science en famille
- Je fais tous mes agrandissements directement sur papier au gélatino-bromure Nikko dont les tons chauds dispensent de tout virage. Avec le dispositif décrit ci-dessus et une collection ’de diaphragmes depuis f/l (11 m/m) jusqu’à //63 (1 m/m l/2j, je parviens à agrandir de 16 fois en surface n’importe quel négatif en 16 minutes ; le temps de pose est toujours le même et les diaphragmes seuls changent : f\ 16 par exemple pour un négatif normal,/727 pour un négatif très transparent, et enfin //63 pour un négatif très faible et ne pouvant absolument rien donner par un tirage par contact sur papier au chlorure d’argent. Outre cela, si j’aià agrandir un négatif à très forts contrastes, je développe l’épreuve positive à l’amidol et non pas au fer, comme à l’ordinai -re. Le ton avec i’a-inidol est en vérité moins beauqu’a-vec l'oxa-lale de fer, mais les détails sortent si bien, que ,ee petit défaut est ample-iiient compensé.
- Depuis que j’ai adopté la lampe callophone à benzine et le temps de pose invariable, ajoute M. Crestin, je n’ai plus d’insuccès et mes épreuves positives ne sont plus à comparer avec celles que j’obtenais à la lumière du jour et avec des temps de pose variables. »
- 11 est bien évident que les chambres d’agrandissement dont nous avons donné le mole de construction peuvent fort bien être bâties avec du carton, qui n’exige ni scie, ni marteau, ni rabot. Le carton fort, bien entoilé là où il le faut, est aussi solide que du bois, il est plus sensible à l’humidité, voilà tout, mais on peut l’enduire de vernis extérieurement, ce qui le protégera.
- Chambre noire détective. — M. Hepworlh, directeur de la Revue « The Caméra », a ima-
- giné une chambre noire détective de conslruc- I lion relativement facile.
- Celte chambre était destinée aux plaques de format 10X13, mais une simple modification des dimensions de ses diverses parties permettra de l’adapter à un autre formai : 9X12 J ou 13X18.
- Remarquons en passant que le format le plus pratique et le plus économique pour une détective est 9X13.
- En effet, rien n’est facile comme de couper en deux, au diamant, les plaques 13X18 du , commerce.
- Comme elles valent de 3 à 4 fr. 60 la douzaine, il s’ensuit qu’on obtient ainsi 12 plaques 9X13 pour 1 fr. 60. C’est là un avantage bien
- apprécia -ble.En outre, une j seule boî-te peut contenir les deux négatifs, ce qui simplifie I encore le matériel G en l’uniformisant.
- Admettons toutefois Ie formai choisi par
- M. Hepworlh. L’appareil se compose, en substance, de deux caisses coulissant l’une dans l’autre. La fig. 127 donne une coupe schématique de l’ensemble. A représente la caisse fixe,
- B la caisse mobile coulissant à l’intérieur de la précédente. La course que peut fournir B est d’ailleurs très limitée, car elle correspond aux variations nécessaires à la mise au point. Les parois internes de cette boîte sont tapissées de velours noir, afin d'empêcher toute réflexion nuisible de la lumière.
- Une couche de bonne peinture noire male rendrait des services analogues, mais serait moins efficace.
- La boite mobile B porte à sa partie antérieure l’objectif muni de son obturateur pneumatifiue permettant de faire l’instantané ou la pose. La
- y «y* y
- Fier. 127.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- mise au point s’effectue en agissant sur un bouton M placé à l’extérieur. Ce bouton termine une tige filetée qui s’engage dans un écrou placé à la partie inférieure de la chambre B. En faisant tourner M dans un sens ou dans l’autre, on produit le déplacement désiré.
- L’arrière de la caisse B est fermé par un diaphragme en carton noirci P P. Quant à l’objectif, il peut être quelconque. On donnera la préférence aux objectifs rapides aplanétiques symétriques ordinaires, ou mieux encore aux anasligmals. L’obturateur sera choisi parmi les plus légers et les plus résistants. Les bons modèles ne manquent pas, comme on le voit, il suffit d’adapter à la chambre noire détective l’objectif et l’obturateur dont on se sert ordinairement. On n’aura donc pas besoin de faire de nouvelles acquisitions.
- L’obturateur D E représenté sur la figure est celui de Newmann. En G se trouve un petit volet permettant de fermer complètement l’appareil pendant le transport et d’empêcher ainsi toute infiltration de lumière. Ce volet est garni intérieurement de velours noir. 11 pourrait servir à la rigueur d’obturateur pour les poses prolongées.
- Le fonctionnement de l’appareil est analogue à celui des détectives ordinaires.
- L’appareil étant déteclif, on n’emploie pas de châssis négatifs, mais un magasin contenant douze plaques renfermées comme de coutume dans des supports de tôle vernie en noir.
- En ff se trouve un long bras d’étoffe ou de cuir parfaitement imperméable, dont l’extrémité extérieure est fermée hermétiquement par un anneau de caoutchouc.
- Pour changer les plaques de place, on introduit la main dans ce bras en prenant les précautions nécessaires pour empêcher la lumière de pénétrer jusqu’au magasin, puis on soulève aisément avec les doigts libres la première plaque (celle qui vient d’être insolée) et on l’indroduit à la partie postérieure de l’appareil. De première elle devient ainsi dernière. Comme on a les doigts parfaitement dégagés, cette petite opération ne présente aucune difficulté. Un ressort R placé derrière oblige les plaques à s’appliquer contre les lattes L L’, de sorte que la première plaque se trouve toujours parfaitement au point. Un couvercle, figuré en pointillé lorsqu’il est ouvert, permet d’atteindre la manche servant à l’escamotage.
- (A suivre). A. Berthier.
- LA VENTE DES TOXIQUES PAR LES DÉTAILLANTS
- Es Pharmaciens sont d’une grande circonspection dans la délivrance des substances vénéneuses ; ils sont même d’une prudence un peu timorée, et,dans la pratique, ils vont bien au delà des obligations qui leur sont imposées par l'ordonnance royale du 29 octobre 1S4G, modifiée Par le décret du 8 juillet 1859. Ils y sont Portés par d’autres textes, notamment le fameux et innocent article 82 de la loi de germinal, qui interdit toute vente sans ordonnance, de médicaments composés, ce qui est nn moyen de les rendre attentifs à la livraison de préparations dangereuses.
- Mais la profession même du pharmacien lui fait un devoir moral de surveiller l’emploi de ces produits, de s’informer de l’usage auquel on les destine, de faire les recommandations sur les précautions qu’ils exigent, et enfin, de refuser toute substance ou composé dont l’emploi lui laisserait des doutes.
- Il y a aussi la loi générale de l’homicide par imprudence qui serait applicable en cas d’accident, et dont le pharmacien, plus que tout autre, doit tenir compte en pareilles circonstances.
- Les raisons sont donc nombreuses, qui l’obligent à être circonspect, et qui expliquent sa prudence souvent un peu exagérée ; elle est telle, en effet, que nous connaissons des pharmacies où l’on ne délivre pas de pavots ou de feuilles de morelle sans ordonnance ; ces végétaux ne sont pas médicaments composés ; ils ne figurent pas sur la liste des substances vénéneuses du décret de 1850, et sont, d’ailleurs, d’une innocuité parfaite ; là, le pharmacien ne se compromettra en aucune façon, mais cela donne la mesure de l’excès de précautions prises dans les officines pour le débit des matières soupçonnées dangereuses.
- Ce n’est pas un mal, en définitive.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Nousvoyons une exagération contraire dans la facilité et l’insouciance avec lesquelles les débitants de produits chimiques pour les arts délivrent les toxiques les plus redoutables au premier venu, et sans l’observation, non seulement des précautions légales, mais encore de celles que commande une instinctive prudence.
- Nous ne voudrions, certes, ni compliquer leur commerce, ni leur susciter des embarras, mais entre nous, et sans hller le crier sur les toits, nous les engageons, dans l’intérêt général, à être un peu plus attentifs à la délivrance de ces produits.
- Voici, par exemple, les nombreux fournisseurs de produits photographiques qui vendent couramment et à tout venant, du cyanure et du sublimé, produits figurant sur la liste du décret de 1850 ; et cela sans précautions de paquetage ou d’indications appelant l’attention sur le danger de ces produits.
- Sans doute, il est devenu impossible de refuser la fourniture de ces sels vénéneux, employés par 300,000 (paraît-il)photographes professionnels ou amateurs ; on ne peut chaque fois leur faire subir un interrogatoire sur la destination desdits produits ; il va de soi, du reste, qu’on les emploiera à la photographie, puisqu’on vient chez le marchand de fournitures photographiques; enfin, le livre aux poisons, qui n’est tenu chez aucun de ces commerçants, n’aurait pas d’effet préventif bien réel et serait une cause d’irritation chez le client, qui attribuerait au marchand la petite exigence qu’il subit.
- Mais ce que l’on devrait faire serait de ne délivrer du sublimé dans un simple papier plié en quatre, avec le nom du produit, rapidement et simplement écrit sur le paquet. Il faut entourer cette vente d’une sorte de solennité rituélique : ne livrer le produit qu’en flacon, revêtu de l’étiquette rouge du toxique, et en rappelant en deux mots l’usage prudent qu’il convient d’en faire.
- Il y a lieu aussi d’apprécier la personne à qui l’on fait la fourniture, et de s’assurer avec discrétion de l’usage réel auquel elle destine le produit.
- Les mêmes conseils peuvent être adressés aux fournisseurs des électro-métallurgistes, qui ont le même laisser aller dans la vente des sels de mercure et du cyanure de potassium.
- Les accidents qui en résultent sont, à la vérité, fort rares ; mais il n’en faut qu’un pour laisser de pénibles regrets à qui aurait pu l’éviter, et pour lui faire encourir des responsabilités très graves.
- L’inobservation des lois et réglements à laquelle nulle autorité n’a tenu la main, et qui semblait tacitement acceptée, devient aussitôt le grief invoqué pour imputer toutes ces responsabilités au malheureux débitant.
- En pratique, ces réglements sont inobservables, mais ils ont pour effet de fournir un texte permettant de frapper le commerçant qui a manqué de vigilance ou de prudence.
- Ce cas vient de se produire dans les circonstances suivantes :
- M. Doyen est un très honorable commerçant en produits pour galvanosplastie, établi au n° 138 du boulevard Richard-Lenoir. Une femme vient lui acheter pour 50 centimes de cyanure de potassium, qui est un produit très usité dans l’industrie dont il a spécialisé la fourniture ; M. Doyen livre donc sans difficulté ce cyanure qu’il débite couramment, mais que la femme achetait pour se suicider, ce qu’elle fit aussitôt : l’empoisonnement fut foudroyant.
- Or, comme dans toute mort violente, on veut toujours trouver un responsable, c’est au marchand de produits chimiques que le ministère public a imputé cette responsabilité ; puis le mari de la suicidée, un marchand de vins de Belleville, intervenant, lui réclamait en outre 10.000 fr. de dommages-intérêts.
- On lui reprochait de ne pas tenir de registre des substances vénéneuses qu’il débite, et de ne pas s’assurer de la qualité des personnes à qui il en délivre (tous ses confrères seraient en défaut dans les mêmes circonstances); le jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, 10e Chambre (audience du 18 avril 1898), dit avec une vérité incontestable :
- « Si le prévenu eût, conformément à la loi, interpellé la dame Stroff au moment où elle se présentait, il eût appris qu’elle n’exerçait pas le commerce des produits chimiques et n’avait par conséquent aucune raison avouable pour acheter du cyanure de potassium... Que s’il a été tenu dans l’ignorance sur les intentions de la dame Stroff et sur le
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- but qu’elle poursuivait, c’est donc parce qu’il a négligé de remplir les formalités à lui imposées par la loi... »
- Cela est vrai et nous dirons même qu’une femme achetant du cyanure, ce qui n’est pas habituel, et en demandant pour dix sous, au lieu de fixer un poids déterminé, indiquait une personne n’ayant pas les habitudes de ces achats, et que cela devait éveiller l’attention du débitant, puis, qu’en la questionnant un peu, elle n’aurait pu répondre qu’avec embarras, et laisser soupçonner des projets ténébreux. Mais nous ajouterons que chez un fournisseur de produits photographiques, les mêmes doutes auraient pu ne pas se produire, car hommes et femmes font de la photographie, et n’ont pas toujours dans leurs commandes une netteté commerciale.
- Quoi qu’il en soit, il y avait dans l’affaire dont il s’agit, infractions à des articles de la loi, et puisqu’elles ont eu une suite funeste, une répression, si elle ne s’imposait pas, se justifiait au moins. •
- Mais où nous ne sommes pas d’accord avec le jugement, c’est lorsqu’il dit :
- « Que cette négligence a mis aux mains de la dame Stroff l’arme dont elle s’est servie pour se détruire et doit être ainsi considérée comme la cause directe de la mort...-»
- On admettra difficilement que le refus du cyanure eût fait renoncer celte femme à ses idées de suicide ; les autres moyens rie manquent pas, depuis l’infusion d’allumettes chimiques, le demi-boisseau de charbon, jusqu’au revolver, que l’on vend sans registre à poison, sans questions d’aucune sorte, et jusqu’au saut dans le canal (si voisin de la victime volontaire et si peu surveillé la nuit).
- Il est reconnu que quiconque tient à se détruire en trouve toujours la possibilité, mêine dans les prisons, même dans les asiles d’aliénés où la surveillance est cependant bien étroite.
- Quelquefois un peu de difficulté pour se Procurer l’arme choisie retarde, il est vrai,
- 1 exécution du suicide, en même temps ses causes peuvent s’être améliorées et le désespéré être revenu à des idées moins tragiques ; mais peut-on prétendre qu’il en est généralement ainsi, et qu’on sauve toujours une
- existence en lui ôtant, pour un moment, l’instrument visé de sa destruction ?
- Ajoutons enfin que dans tous les commentaires sur la réglementation concernant la vente des substances vénéneuses, on a toujours en vue l’usage criminel des poisons ou leurs dangers par imprudence, mais non leur emploi possible dans des projets de suicide, contre lesquels, on le sait bien, toute précaution échoue, lorsque ces projets sont sérieusement arrêtés.
- Si la loi a entouré de difficultés spéciales la délivrance des poisons, qui ne sont cependant homicides que par exception et non par destination spéciale, alors qu’elle laisse vendre librement des armes à feu ou autres, ne pouvant servir à autre chose qu’à tuer, c’est qu’elle considère le poison comme l’élément traître et perfide des criminels voulant attenter à la vie d’autrui, en gardant quelque chance à l’impunité. Il faut donc laisser à cette loi son but et ne pas rendre sa transgression responsable de suicides volontaires.
- Et alors,, dans l’espèce, qu’il y ait condamnation pour la contravention, nul n’y peut contredire, mais qu’il s’y ajoute, soit une aggravation delà peine, soit une allocation de dommages-intérêts parce que la négligence du commerçant « doit être considérée comme la cause directe de la mort », voilà qui ne tombe pas sous notre compréhension, faute probablement d’être assez docte en droit.
- La conclusion de cette affaire fut une condamnation de M. Doyen, à 15 jours d’emprisonnement et à 500 fr. d’amende, puis à 800 fr. de dommages-intérêts au profit du mari de la suicidée.
- Mais ayant été reconnu que le prévenu était un très brave homme, le jugement lui a appliqué la loi de sursis, en ce qui concerne la peine de l’emprisonnement.
- Et quant à nous qui, à différents titres, faisons le commerce de matières vénéneuses, quels enseignements devons-nous en tirer?
- Celui-là seul : que nous sommes toujours exposés à semblable mésaventure.
- Il n’est aucun de nous, quel qu’il soit, qui ait un registre aux poisons en règle, et il est pratiquement impossible que ce livre soit tenu conformément aux prescriptions légales. De ces irrégularités, nous n’exceptons pas
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- les pharmaciens, même dans les officines les mieux réglées, les plus ponctuelles à l’observation des règlements.
- Le livre aux inscriptions d’ordonnances peut tenir lieu, en même temps, de registre aux poisons, mais combien souvent les noms des acheteurs restent en blanc !.. Admettons cependant cette condition remplie dans quelques maisons, nous sommes certains que dans aucune on ne trouvera sur le livre l’inscription des achats de produits toxiques : les sorties peuvent y figurer, mais non les entrées. Le livre n’est donc pas en règle !..
- Dans les drogueries, allez donc extraire de toutes les factures des fournisseurs et de chaque commande des clients, les produits sujets à l’inscription : y a-t-il une seule maison qui le fasse? S’il en est, nous les plaignons bien sincèrement : cela prouverait que leurs affaires roulent dans un bien petit cercle.
- Il y a quelque dix ou douze ans, quand l’Administration voulut contrôler les ventes de phosphore, afin d’être mise sur les traces des fabriques clandestines d’allumettes, elle demanda à tous les droguistes la communication de leurs livres aux poisons : nous n’en connaissons aucun qui ait pu en produire un à jour, et la plupart, même, n’en avaient pas. Les contraventions relevées à ce propos ont fait que tous se sont, munis du fameux registre, et qu’ils ont essayé de le tenir à peu près, mais, peu à peu, cette observance difficile de la loi s’est relâchée et a fini par être généralement abondonnée.
- Pour les ventes aux pharmaciens, ces omissions n’impliquent aucun risque, mais pour les livraisons faites aux industriels, il serait bon de se mettre en règle.
- Quant aux détaillants, marchands de couleurs, de produits photographiques ou galva-noplastiques, le registre aux poisons y est
- VOYAGE A TRA
- jg^|3|rîE Wonosobo, il faut une heure envi-lltPjP ron avec de [_bons chevaux pour atteindre, au point où la vallée finit^en cul-de-sac, le village de Temœng-goeng. Le Wedono, qui en est le chef, nous fait, à notre arrivée à 6 h. du matin, un ex-
- inconnu ; mais c’est un tort, il devrait y en avoir au moins une apparence.
- Et ce conseil est pour tous : ayez ce registre, inscrivez-y de temps en temps quelques articles, notamment les ventes à des clients qui vous laisseraient un peu d’incertitude. Votre livre ne sera jamais à jour, c’est entendu, mais en cas d’enquête, vous pourrez au moins en produire un, et ne pas paraître braver délibérément la loi.
- Tout cela ne supprimera pas la possibilité d’accidents causés ou provoqués par vos produits. Vous pourrez peut-être, non en conjurer, mais envoyer certaines gens se muni-tionner ailleurs, en mettant quelque cérémonie à la délivrance des matières vénéneuses, en observant vos acheteurs, et vous rendant compte do la nécessité de leurs achats.
- Les toxiques, enfin, doivent êlro mis dans un coin spécial, avec étiquettes significatives ; c’est une façon d’appeler sur eux la vigilance de votre personnel. L’armoire aux poisons des pharmaciens a du bon, non pas parce qu’elle enferme ces produits — oh! si peu ! — mais parce qu’elle inspire une respectueuse attention aux élèves qui y portent la main.
- Et, pour éviter de funestes méprises, no livrez pas du sublimé dans un petit paquet qui ressemble à une dose de bi-carbonate de soude.
- Malgré toutes ces précautions, vous n’empêcherez pas un suicide, mais s’il s’en perpètre avec vos produits, vous serez peut-être un peu moins maltraités que cet estimable M. Doyen.
- Les suicidés sontle plus souvent des sages; aussi devraient-ils, de leur côté, ne pas compromettre les condamnés à vivre qu’ils laissent derrière eux !
- F. Gouillon.
- ERS JAVA (Suite)
- cellent accueil et nous offre du thé et des cigares. Il a reçu des ordres de son supérieur, le régent de Wonosobo, et il tient prêts pour nous des chevaux de selle grâce auxquels nous allons pouvoir faire l’ascension du Djeng.
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- La route du Djeng est assez raide par places ; son établissement a été simplifié autant que possible ; ainsi, à de certains endroits escarpés, au lieu d'être développée en plusieurs lacets, elle s’élève par escaliers rustiques dont les marches ont en général un demi-mètre de profondeur sur 15 centimètres environ de hauteur. Nos chevaux ont le pied très sûr; ils avancent lentement, mais sans jamais trébucher. L’ascension de cette route cause à tout moment d’agréables surprises. Ici, se creusent des gorges aux parois revêtues de fougères arborescentes ; là, encaissé dans un site sauvage, s’étale un petit lac de couleur bleu noir (fig. 128). Plus haut, nous arrivons à un village où nous asistons à une danse javanaise populaire. Enfin, après trois heures de cheval, le plateau volcanique du Djeng apparaît tout à coup à un détour de la route.
- Une fraîcheur réconfortante règne là-haut. On n’y découvre nulle trace de végétation équatoriale, mais seulement des bruyères, une herbe courte et maigre, un vestige de forêt dont les arbres ont l’apparence do hêtres. D'épais brouillards enveloppent les sommets d’alentour. Au premier abord, on se croirait transporté dans quelque région alpestre de l’Europe et l’illusion durerait si fes regards ne tombaient aussitôt sur un village de bambou, d’aspect bien javanais. O’est le village du Djeng, dans lequel le gouvernement hollandais a fait construire
- une auberge très confortable dont le tenancier actuel est un ancien soldat des Indes, originaire de la Suisse allemande.
- Ermite européen de ces régions élevées, il semble réjoui de voir arriver des hôtes ; sa joie augmente quand il constate que nous Parlons un peu sa langue maternelle. Il nous installe immédiatement dans des chambres à coucher où, pour la première fois, à Java, nous découvrons des couvertures de laine sur les lits. C’est que les nuits sont fraîches là-haut ! et, parfois ausoi les journées ; j’en veux pour preuve la présence d’une vaste cheminée dans la pièce qui sert de salle à manger.
- Après avoir déjeuné de riz au kari et de poule bouillie, nous avons hâte de visiter, à Quelque distance de l’auberge, des lacs d’eau bouillante dont nous avons remarqué au loin, en arrivant, les blanches fumerolles
- contrastant avec les brouillards gris des sommets. Le sol qui avoisine immédiatement ces nappes liquides en ébullition, d’aspect marneux, réserve aux imprudents qui y mettent le pied le même sort que les sables mouvants. L’aubergiste nous raconte plusieurs scènes terribles d’enlisement qui se sont passées dans ces parages, sans qu’il fût possible à des témoins de porter secours à des malheureux qui disparaissaient lentement sous terre.
- De loin en loin, sur le plateau, s’élèvent de petits temples hindous, ornés de sculptures qui attestent un art très avancé ; ils servaient, au temps où l’Hindouisme régnait dans Java, de but de pèlerinage aux habitants des vallées de Solo et de Djocjakarta.
- Nous avons à peine le temps de voir tout cela, car bientôt la pluie commence à tomber et force nous est de regagner le logis. Porte et fcnêlres closes, assis devant un grand feu qui pétille dans la cheminée, nous avons l’illusion d’un intérieur d’auberge en Europe par un temps brumeux et mélancolique d’automne. Mais, le lendemain et les jours suivants, Java nous apparaît de nouveau dans toute la beauté de ses forêts immenses, avec sa chaleur de fournaise. Nous filons à travers une contrée qui nous est inconnue encore, sur une route aux ombrages délicieux, laquelle nous ramène à Djoejakarta.
- ***
- Dès notre retour à Djoejakarta, nous explorons les environs immédiats de la ville. Et tout d’abord nous nous faisons conduire à l’ancien Kraton, qui joua un grand rôle dans l’histoire javanaise. Là, onéprou'se une impression à la fois d’étonnement et d’enchantement. Cette antique ville indigène qui fut le théâtre de quelles tragédies sous le gouvernement autocratique de ses Sultans, repose à l’ombre d’arbres séculaires qui répandent sur elle une paix infinie. Des murs percés de portes à encadrement sculpté, surmontées de dragons de pierre, font une enceinte à cette cité morte dont les imposants vestiges sont envahis de végétation parasite et, par places, disparaissent presque dans les hautes herbes. Petite Ninive javanaise où l’on s’égare parmi des ruines somptueuses, le Kraton fut, au temps de son histoire, un
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- Fig. 128. Sur la route du Djeng (d’après une photographie de l’auteur).
- des magnificences qu’il avait contemplées. Aujourdhui, vous pouvez explorer, tout à votre aise, ce labyrinthe, et vous y découvrez des portes richement ornées et des aqueducs construits avec art sur lesquels le temps a déposé une rouille noire; des bassins très vastes où des plantes aquatiques émergent d’une mare jaunâtre; des bains uxueux entourés de colonnades circulaires, fortement détériorées ; une nécropole de marbre qui porte aussi ses marques de vétusté. Da,ns le calme funèbre qui enveloppe cette cité morte, rien ne remue, excepté les silencieuses libellules qui volent au ras des étangs d’eau saumâtre.
- le jour, une population marchande que la tombée de la nuit disperse de nouveau à tous les vents.
- Après deux nuits presque entières passées chez des princes à contempler des pan-tomimes dramatiques, nous avons la chance encore, en plein jour, d’assister à un spectacle à la fois rare et imposant. C’est le mariage de quatre princesses, filles du sultan, et nous pouvons admirer le cortège nuptial qui défile à travers Djoejakarta pour se rendre au Kraton. Cortège innombrable que celui-là ! La journée est accablante, sous les feux du soleil équatorial ; la ville est plongée dans une atmosphère de fournaise ;
- De cet antique Kraton aux énormes ruines envahies de végétation, il faut un bon quart d’heure pour regagner le Kraton actuel et les quartiers populaires de Djoejakarta. Ici, c’est la vie débordant de partout ; sur le passar ou marché indigène, la campagne déverse par d’innombrables chemins, pendant
- lieu sacré et mystérieux où nul, hormis les rajahs, ne pouvait pénétrer et aux portes duquel le peuple se prosternait. On raconte qu’un architecte anglais fut chargé, il y a quelques siècles, de la restauration de ce Kraton et que, son travail exécuté, il fut mis à mort pour qu’il ne révélât au moins rien
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- pas la moindre brise, les plantes sont immobiles. Les innombrables princes du sang, le torse nu et frotté de safran, le fez en pâte de riz sur la tête, la jupe de soie autour des hanches ; les rajahs de la suite du souverain, et ils sont légion, en casquettes de velours, en jaquette aux parements d'or ; en
- Dans chaque palanquin est assise une fiancée. Point d’accompagnement de gamelan. Le peuple regarde, respectueux et silencieux, formant, le long des rues, deux haies compactes de corps demi-nus.
- On n’entend que le bruit que font les sa-botsdes chevaux en martelant lesol desséché.
- L’INTERRUPTEUR ÉLECTROLYTIQUE DE M. WEHNELT
- »i l’on essaie de décomposer de l’eau acidulée à l’aide de deux électrodes de surfaces très différentes, on ne constate aucun phénomène particulier tant Çüe la tension ne dépasse pas quelques volts.
- Mais si l’on emploie une tension notablement supérieure à la tension de polarisation, il se produit sur la pile électrode, des phénomènes calorifiques et lumineux.
- C’est ainsi qu'avec un voltamètre (fig. 130)
- sarrong d’un tissu très fin, tout ce monde passe à cheval silencieusement. Dans ce défilé processionnel apparaissent successivement les quatre fiancés vêtus de riches costumes. Chacun d’eux, monté sur un cheval blanc dont le caparaçon est brodé au fil d’or, s’avance en tête d’un groupe de rajahs ^ pied, lesquels portent sur leurs épaules un Palaquin aux incrustations d’or et hermétiquement clos de rideaux de soie violette.
- Et ce cortège n’en finit pas : la vive lumière dans laquelle il baigne fait resplendir les parements et incrustations d’or et?chatoyer la soie des jupes.
- En quittant Djoejakarta quelques jours plus tard nous croyons sortir d’un magnifique rêve, tant les souvenirs que nous emportons de notre séjour dans cette ville tiennent de l’extraordinaire.
- (A suivre) Fritz du Bois.
- Fig. 12\ —
- Village lacustre (Java) d’après une photographie de l’auteur.
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- Constitué par une lame de plomb L et un fil de platine p, et branché sur un circuit d’éclairage (110 volts), on constate que le fil de platine p est entouré d’une gaine lumineuse et s’échauffe rapidement. MM. Lagrange et Iloho ont nommé la petite électrode « électrode active » et ils ont basé sur ce phénomène un procédé de soudure et de trempe électrique.
- Le phénomène lumineux ne paraît pas continu ; il se produit d’ailleurs en même temps un bourdonnement assez fort qui est encore une preuve de l’intermittence du phénomène. En intercalant un téléphone dans le circuit, Wtillner ont effectivement
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- Fig. 130.
- MM. Kock et démontré que le courant subit des variations.
- M Wehnelt a eu l’idée d’utiliser ce dispositif comme interrupteur pour les bobines d’induction. Pour éviter les projections de liquide, il lui donne la forme représentée (fig. 131,) c’est-à-dire que la petite électrode^ est soudée à l’extrémité inférieure d’un tube de verre V, qui plonge profondément dans le liquide. Le courant est amené au fil de platine par du mercure que contient le tube. L’électrode active p est prise comme anode, et l’appareil est intercalé dans le circuitde la bobine, comme l’indique la fig. 132. En employant comme source d’électricité une batterie d’accumulateurs A, M. Wehnelt a déjà obtenu des effets avec 12 volts : l’intensité étant de 6 ampères, la vitesse d’interruption paraissait analogue à celle d’un trembleur Deprez.
- L’emploi du condensateur est inutile. L’électrolyte employé est de l’eau acidulée à 20 — 25o Beaumé. Le nombre des interruptions croît avec la tension, et l’intensité augmente avec la surface de l’électrode active.
- Ce nouvel interrupteur donne la possibilité d’obtenir des émissions de courant extrême-
- Fig. 131.
- ment rapides, leur nombre variant de 200; à 1500 par seconde. Dans ces conditions, l’étincelle est très nourrie, et prend l’apparence d’un arc continu. De plus, l’étincelle s’allonge considérablement,, surtout avec les petites bobines. C’est ainsi qu’une bobine de
- 3 cm..d’étincelle a pu être poussée jusqu’à 7 cm. M. Villard. explique cet effet, en admettant,; que l’air dans lequel1 jaillit l’étin-:; celle s’échauffe rapiJ de ment, ce qui permet
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- Fig. 132.
- à celle-ci de s’allonger. Cette explication est confirmée par le fait que l’étincelle est sensible à un courant d’air. Si l’on fait.jaillir la décharge verticalement, la cathode C étant en bas et l’anode A ayant la forme représentée figure 133 (fil en zigzags), on constate que l’étincelle, qui jaillissait d’abord entre C et &, monte peu à peu le long du fil pour atteindre sa partie supérieure et s’y terminer par une sorte de crochet e en suivant à peu près le chemin indiqué par le pointillé de la figure. Ce rôle de l’air
- chaud expliquerait encore
- comment les grandes bobines donnent des effets
- pro portion ne 11 e m e n t
- moins marqués.
- Employé avec tubes Rœntgen, cet interrupteur permet d’actionner avec une bobine de 2 cm., un tube qui était construit pour 12 ou 15 cm. Le grand nombre d’interruptions donne une réduction considérable du temps de pose. M. Darsonval a pu obtenir instantanément une radiographie de la main. 11 exph-que de la façon suivante le fonctionnement
- Fig. 133.
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- de l’appareil : la pointe de platine rougissant à blanc par le passage du courant, il se forme autour de cette pointe une gaine de vapeur isolante. Le courant se trouve par là même interrompu. Mais la vapeur se condensant bientôt au sein du liquide, le courant passe de nouveau, et ainsi de suite. Cette explication se trouve confirmée par le fait que l’appareil ne fonctionne plus dès que la température atteint 90° C, la vapeur ne pouvant
- plus se condenser. Si on remplace le courant continu par un courant alternatif, on constate que l’interruption se produit dans un seul sens. Ce fait s’explique encore par réchauffement plus grand de la pointe lorsqu’elle est positive, de sorte que s’il y a interruption lorsque la pointe est négative, cette interruption est, en tout cas, plus lente, et, par suite, la tension secondaire de la bobine moins élevée. D.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 4 et 10 Avril 1899.
- Bateaux brise-glace utilisés en Russie. —
- M. Venukoff transmet une note dans laquelle il donne des détails sur ces navires spéciaux.
- « Les bateaux à vapeur pour naviguer dans les eaux couvertes de glace, dit-il, sont actuellement assez nombreux aux États-Unis d'Amérique et en Russie. Dans ce dernier pays, au mois de février de l’année courante, on a introduit dans le port gelé de Cronstadt un navire brise-glace ayant une machine de 12.000 chevaux-vapeur. Il marchait avec la vitesse de 3 kilomètres par heure quand l’épaisseur de glace était de 1 m. 50, et voyait cette vitesse grandir jusqu’à 7 kilomètres à l’heure lorsque l’épaisseur de glace diminuait jusqu’à 1 mètre. Ce navire a quatre hélices, dont une est destinée à briser la glace et trois autres à pousser e bateau le long du canal formé. La ville de Revel possède un pareil brise-glace encore plus grand ; notamment, sa machine a 23.000 chevaux-vapeur. Enfin, sur le lac Baïcal en Sibérie, paraîtra bientôt un navire brise-glace qui transportera, à travers les glaces brisées par lui, des trains entiers du chemin de fer transsibérien : sa machine aura la force de 40.000 chevaux-vapeur. »
- ***
- Sur les applications de l’aluminium. — M.
- Henri Moissan reconnaît la valeur des renseignements fournis par M. Ditte sur les ustensiles en aluminium, mais il s’inscrit avec beaucoup d’énergie contre ses conclusions. Il remarque d’abord que M. Ditte ne s’est pas assez préoccupé delà pureté de l’aluminium dans les objets qu’il a examinés ; or, c’est par la tenue des alliages que Ce métal devient facilement attaquable par les agents extérieurs. M. Ditte a surtout examiné des objets de fabrication relativement ancienne, Puisqu’ils ont été employés lors de l’expédition de Madagascar. Depuis, grâce aux exigences de l’administration de la Guerre, les procédés de fabrica-h°n ont été perfectionnés à ce point que le métal
- obtenu, qui, autrefois, atteignait en moyenne 92 sur 100 d’aluminium pur, en contient aujourd’hui jusqu’à 99 %
- M. Henri Moissan cite de nombreux exemples d’emploi d’ustensiles faits avec l'aluminium de nouvelle fabrication, et qui ont donné toute satisfaction dans l’armée, dans la cuisine d’un grand restaurant, et enfin chez lui-même. Il croit donc à l’avenir des ustensiles en aluminium, s’ils sont fabriqués avec le soin voulu.
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- Du rôle de la dextrine dans les végétaux.
- — M. Gaston Bonnier présente une note de M. Leclerc du Sablon, doyen de la Faculté des Sciences de Toulouse, sur le rôle de la dextrine dans les végétaux.
- L’étude de certaines plantes a permis à l’auteur de la note de se rendre compte de la dextrine considérée comme matière de réserve. Les matières de réserve proprement dites sont celles qui se trouvent accumulées dans les organes de réserve à l’état de vie ralentie. Dans les tubercules de pomme do terre et un assez grand nombre d’autres organes de réserve, l’amidon est la principale, quelquefois même la seule substance hydrocarbonée qu’on observe en quantité notable pendant la vie ralentie. De plus, l’amidon étant à l’état de grains est plus facile à observer que la dextrine qu’on dissout dans le suc cellulaire. Pour ces raisons, la dextrine est considérée, par les physiologistes, non seulement comme une substance de réserve, mais comme un composé transitoire produit pendant la consommation des réserves par l’action des diastases sur l’amidon. Il résulte des études de l’auteur que la dextrine peut être envisagée comme jouant dans les plantes plusieurs rôles différents : 1° dans les organes de réserve en voie de formation, c’est une substance servant à former l’amidon; 2° pendant que les réserves sont digérées, c’est un produit de la dé-
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- composition de l’amidon ; 3° pendant la période de vie ralentie, c’est une réserve proprement dite que l’on peut considérer comme indépendante de l’amidon.
- ***
- Halo extraordinaire observé à Paris. —
- Dans la matinée du 5 avril, un halo tout à fait exceptionnel par sa complexité et par l’éclat de ses colorations a été visible à Paris ; la description en est donnée par une note de M. Jaubert, présentée par M. Violle. A l’Observatoire municipal
- de Montsouris ce phénomène a pu être observé d’une façon complète par MM. Besson et Dutheil qui ont assisté au début de l’apparition et en ont noté avec soin les phases successives.
- L’observation suivante est surtout remarquable.
- 11 h. 30. — On voit, pendant quelques instants, confusément, mais avec certitude, un arc coloré à 45° du soleil, non loin du zénith.
- Il est à remarquer que c’est là que le halo de 45' serait touché par l’arc supralatéral qui a été prévu par Bravais, mais ne semble pas avoir été observé j’usqufici.
- A TRAVERS
- Coquillages explosifs. — On connaissait les fruits explosifs; cette fois, le journal National Druggist signale des coquillages explosifs, mais ne faisant explosion, bien entendu, que dans des conditions toutes par-ticulièies, qui n’en sont pas moins curieuses.
- Se promenant à Mobile Bay, aux États-Unis, une jeune femme avait ramassé un certain nombre de coquillages dont nous n’avons pas le nom, mais qui ressemblaient à de petits escargots, autrement dit à des hélix. Elle les mit dans sa poche sans les examiner, et n’y pensa que beaucoup plus tard, quand, en reprenant la robe qu’elle portait le jour de sa trouvaille, elle sent une odeur fort déplaisante de décomposition. Elle sortit les coquillages de sa poche, et en fit tomber quelques-uns à terre : elle marcha par hasard sur l'un d’eux, et il s’ensuivit une petite explosion assez violente. Elle en écrasa volontairement plusieurs autres, et le même phénomène se reproduisit.
- Le collaborateur du National Druggist, à qui nous empruntons ces détails, fut alors prié d’examiner les coquillages en question : leur orifice était fermé par une membrane plus ou moins épaisse, une porte qui assurait une occlusion complète. Après s’être ainsi renfermés, à la façon des escargots, ils étaient morts, isolés qu’ils se trouvaient de leur milieu favorable d’existence; et, par suite, chaque coquille était pleine de gaz de décomposition, qui faisaient explosion quand on les -laissait s’échapper à l’air par la rupture de la coquille.
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- Action néfaste du vulnéraire. — Rien de
- LA SCIENCE
- plus néfaste que le vulnéraire, la célèbre « eau d’arquebuse » dans laquelle tant de gens cherchent l’ivresse sous le précieux prétexte de se réconforter de quelque malaise plus ou moins réel. MM. Cadéac et Menier, par de savantes recherches physiologiques, en ont montré tous les dangers que l'on ne saurait assez mettre en évidence.
- Cette liqueur contient cinq essences épi-leptisantes : la sauge, l’absinthe, l’hysope, le romarin, et le fenouil, à doses suffisantes, dans un litre, pour produire l’épilepsie chez un homme de taille moyenne. Elle contient aussi un certain nombre d’éléments stupéfiants, le thym, le serpolet, la lavande, la mélisse, qui sont des antagonismes des essences épileptisantes. Enfin, on y rencontre des ex-cito-stupéfiants (menthe, origan, angélique, marjolaine, basilic, calament et sariette), qui ajoutent leur action aux épileptisants, au début de leur action, et aux stupéfiants pendant la seconde phase, qui est la plus prolongée. Ces éléments sont doublement toxiques: primitivement, ils préparent à la convulsion, et ils mènent sûrement à la stupéfaction. E11 somme, les effets épileptisants de cet ensemble d’essences sont particulièrement neutralisés par l’effet combiné des stupéfiants et des excito-stupéfiants et sontencore affaiblis par la présence de l’alcool. Aussi l’intoxication aiguë ou chronique par le vulnéraire, poussée aux limites extrêmes, se üa' duit-elle par de l’hyperesthésie, des convulsions choréiques prolongées, des convulsions tétaniques et cloniques passagères, malS n’aboutit-eüe jamais à l’attaque épileptique-
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- Cette intoxication, soit aiguë, soit chronique, produit une excitabilité morbide, une irritabilité maladive, capables de faire éclater, surtout chez les femmes et les enfants, des crises hystérisques. Mais ce n’est que chez les prédisposés que cet empoisonnement peut provoquer l’épilepsie.
- Les fleurs que l’on mange. — Les
- plantes fournissent à l’homme un grand nombre d’aliments précieux : les unes par leurs feuilles ou leurs racines, d’autres par leurs tiges aériennes ou souterraines, d’autres enfin par leurs graines ou leurs fruits.
- Dans cette rapide énumération des différentes parties comestibles des végétaux, nous ne voyons pas figurer les fleurs.
- La plupart possèdent cependant des petites glandes, à position très variable, qui distillent un liquide sucré ou nectar fort agréable si l’on en juge par l’avidité que mettent les insectes à, s’en emparer, mais il est en si petite quantité qu’eux seuls peuvent en trouver assez pour satisfaire leur appétit.
- Les petits paysans connaissent les nectars Presque aussi bien que les insectes ; ils séparent de leur calice les corolles de la sauge, de la mauve, du chèvrefeuille, pour aspirer par l’extrémité du tube une gouttelette sucrée; mais c’est là un simple divertissement. N’y a-t-il donc pas des fleurs que l’on Puisse manger?
- 11 en est quelques-unes et encore exigent-elles au préalable une préparation spéciale. ^°us allons les passer en revue.
- Les belles fleurs odorantes du nénuphar Mune, ornements des étangs et des rivières Pédant tout l’été, servent, dans l’Est de la l'rance et en Allemagne, à fabriquer des c°nfitures agréables au goût, mais légèrement
- narcotiques.
- Los pétales de la rose, les violettes, les Wnnins, nous arrivent de l’Orient et de Italie sous formes de confiseries.
- Dans le chou-fleur, nous mangeons un n°mbre immense de jeunes fleurs avant leur épanouissement. L’artichaut n’est autre cr°se que l’inflorescence non encore ouverte u tynara scolymus ; là, nous rejetons au contraire soigneusement les fleurs dont l’en-^mble forme ce qu’on appelle vulgairement
- le foin, pour manger le réceptacle floral ou fond et la base des bractées.
- L’acacia blanc ou faux-acacia, robinia pseudo acacia, si commun sur le bord des routes et dans les jardins, donne des fleurs qui servent à confectionner les beignets déacacia ; il faut, toutefois, avant d’employer ces fleurs, enlever les pédoncules qui donneraient aux beignets un goût amer fort désagréable.
- Les jolies fleurs des capucines, après avoir orné le balcon ou les fenêtres pendant quelques jours, trouveront dans la salade un emploi comme garniture de fleurs, leur saveur a quelque analogie avec celle du cresson et elles sont douées, comme lui, de propriétés dépuratives. Ce sont les seules fleurs que l’on puisse manger sans préparations ; beaucoup de personnes les cueillent à la plante même et les mangent avec plaisir. Dans la salade on les remplace quelquefois par les belles fleurs bleues de la bourrache.
- Les dotes de girofle, les câpres sont des fleurs en bouton du giroflier et du câprier. On emploie aussi, comme condiment, après un séjour dans le vinaigre, les inflorescences et les tiges d’une ombellifère perce-pierre ou crithme marititne (crithmum maritimum), très commune en France sur les côtes de l’Atlantique où elle croît parmi les galets du rivage. Une crucifère qu’on trouve dans les mêmes lieux, la crambe marine (crambe maritima), fournit des inflorescences que l’on prépare comme celle du chou-fleur.
- ***
- Un canal en far. — Le Génie civil donne la description du pont-canal qui traverse la Loire à Briare. Sa longueur est de 600 m. environ ; il repose sur 4 piles en maçonnerie écartées de 40 m. La cuvette est constituée par des poutres longitudinales en I à âme pleine, de 3,40 m. de hauteur entre les semelles, de 7,259 m. d’écartement d’axe en axe et de 0,65 m. de largeur de tables. Les tables sont formées par des tôles d’acier de de 8 à 15 mm.
- Les poutres sont reliées l’une à l’autre dans leur partie inférieure par des traverses en I de 0,700 m. de hauteur entre semelles et 1,450 m. d’écartement d’axe en axe. Les tables supérieures de ces traverses sont re-
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- couvertes d’une tôle qui se recourbe à l’approche de l’axe des poutres du pont sur lesquelles elle vient se river. Cette tôle forme le fond de la cuvette, dont les âmes pleines des poutres de pont forment les parois verticales.
- La table supérieure des poutres longitudinales supporte le chemin de halage de 2,50 m. de largeur libre, porté en encorbellement sur des consoles.
- Le poids total du métal qui entre dans la construction du pont dépasse 3 millions de kg, et la dépense pour la partie métallique atteint près de 1.200.0C0 fr.
- ***
- Les pigeons voyageurs sur l’Atlantique.
- — La poste par pigeons voyageurs entre les paquebots et le continent, sur la ligne du Havre à New-York, dont l’organisation est due au capitaine Reynaud, sera inaugurée très prochainement.
- La Compagnie transatlantique a pris ses dispositions pour arriver à obtenir un service qui, elle l’espère, sera régulier.
- Le premier mois sera consacré à l’entraînement des pigeons; mais, dès la tin d’avril, on compte les employer au transport des lettres des passagers.
- Des colombophiles fournissent les pigeons complètement élevés et entraînés sur de longs parcours.
- Une douzaine de ces pigeons seront expédiés chaque semaine au Havre pour le départ du vendredi soir. Le paquebot quitte le port à la marée du matin, le samedi; il passe à la hauteur des îles Soilly le dimanche vers trois heures du matin.
- Pour être absolument assuré que les pigeons reviendront au colombier, on ne leur demandera d’abord qu’un trajet de 200 à 250 milles, bien qu’un pigeon, dans un essai sur la Bretagne, ait déjà fait jusqu’à 600 milles.
- C’est donc après avoir dépassé les îles Scilly, entre six heures et dix heures du matin, que les dernières lettres pourront êtres envoyées.
- A ce moment, les passagers auront passé une journée et une nuit à bord.
- Pour augmenter les chances d’arrivée du courrier, on réduira par la photographie toutes lés lettres remises par les passagers : lesdouze pigeons seront lâchés, emportant
- chacun l’ensemble de cette correspondance. A l’arrivée au colombier, on agrandit et on transmet aux destinataires.
- A New-York, des équipes de pigeons ont été entraînées comme du côté français. Chaque paquebot emportera donc des pigeons français et des pigeons américains.
- Les pigeons français porteront les dépêches au départ plus d’un jour après avoir quitté le Havre, et au retour un jour avant l’arrivée au Havre. Au contraire, les pigeons américains annonceront l’arrivée à New-York, douze heures au moins avant le signalement au sémaphore, et ils assureront la communication avec la terre au départ de New-York pendant encore plus d’une journée.
- Jusqu’à présent, on est privé des nouvelles des voyageurs pendant tout le temps que dure la traversée. Cette période sera réduite de deux fois 24 heures, ce qui est fort appréciable sur un voyage qui dure environ sept jours.
- Influence de l’alimentation sur la voix.
- — D’après Good Health, certains aliments ou condiments exercent sur la voix une influence indéniable.
- La voix de l’alcoolique et celle du fumeur sont toutes deux symptomatiques dans leur genre. La salive, par ses effets lubrifiants, adoucit les tons ; le vinaigre, par contre, exerce une influence tout opposée. Les voix les plus âpres sont celles des buveurs de cidre chez l’homme, et des mangeuses de poires chez la femme. Certains acides, an contraire, peuvent être considérés comme salutaires : les oranges douces sont favorables, et le jus de citron non fermente, dilué dans de l’eau, est excellent.
- Le poivre doit être soigneusement évite dans la nourriture, au même titre que les sauces trop épicées et les boissons excitantes. La glucose amène souvent l’inflammation du palais et le relâchement des cordes vocales. Les plats sucrés, les crèmes, les entremets, les sirops doivent, autant qoe possible, être supprimés de l’alimentation des personnes qui ont à faire usage de la parole.
- (Revue SeientifiQue '>
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- la: SCIENCE en famille
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- Vernis caoutchouc. — Dans un bidon en fer battu, beaucoup plus grand que pour contenir la matière, vous mettez i k. 125 gr. d’huile de lin siccative, faites chauffer fortement, jusqu’à ce que l’huile fume beaucoup et vous paraisse prête à s’enflammer. Vous avez préparé 70 gr. de caoutchouc coupé en petits morceaux. Vous en prenez un morceau et le jetez dans l’huile; si elle est assez chaude, il sera fondu de suite ; vous pouvez alors ajouter le reste du caoutchouc en le jetant par portions. Agitez le tout avec une tige de fer pour bien mélanger et si tout est fondu retirez le vase du feu.
- Ce vernis devient fort épais par le refroidissement, il faut le mettre de suite en œuvre et y ajouter un peu d’essence. Ce vernis sèche très bien, surtout si on emploie une huile siccative. Il s’emploie sur les toiles, bâches de voitures, etc.
- ***
- Vernissage des parquets en “vieux carreaux rouges”. Le procédé comporte quatre opérations principales :
- I. — Vous prenez 250 grammes d’huile de lin que vous faites chauffer pendant vingt à vingt-cinq minutes.
- IL — Dans cette huile chauffée, vous ajoutez :
- Copal......
- Sandaraque. . . . Laque blanche . . .
- Résine de Galipot. .
- Mastic de résine . .
- 300 grammes 250 —
- 250 —
- 400 -
- 500 —
- Vous faites fondre ces divers ingrédients dans votre huile de lin; quand, le mélange est bien fondu : •
- III. — Vous ajoutez deux litres et demi d’alcool et de l’ocre en poudre pour lui donner la couleur; vous choisirez l’ocre jaune ou rouge, suivant la couleur que vous préférerez pour votre carreau; la couleur rouge me semble préférable à tous égards.
- IV. — Avant que ce mélange ait eu le temps de se refroidir, vous le filtrez en le faisant Passer .à travers un torchon. Puis, vous laissez sécher pendant vingt-quatre heures, et vous avez un siccatif pour les carreaux.
- Cet enduit s’étend à l’aide d’un pinceau. Vous aurez soin de ne passer dans la pièce dont vous aurez peint le parquet que douze heures après l’opération.
- ***
- Laine ou coton. — Comment peut-on distinguer la laine et le coton dans les tissus et prendre la notion de leurs proportions'relatives. Voici l’intéressante petite consultation que donne à ce sujet le Praticien industriel. Le procédé à employer consiste tout simplement à faire bouillir, pendant une heure ou deux, un morceau de l’étoffe suspecte dans une dissolution de soude caustique à 8 degrés. Si l’étoffe est de pure laine, elle sera dissoute en entier et formera un savon qui se rassemblera à la surface ; ce savon passera au travers d’un tamis fin en toile métallique, sur lequel on le jettera bouillant. Si, au contraire, l’étoffe contient du coton ou toute autre fibre végétale, cette dernière pourra bien éprouver quelque altération, mais elle ne se dissoudra pas ; aussi restera-t-elle sur le tamis sous la forme d’une pâte filamenteuse. En pesant un poids déterminé de l’étoffe et recueillant le résidu insoluble dans la lessive, le lavant et le séchant, on peut savoir les proportions respectives de laine et de coton dans le tissu.
- On peut aussi faire la distinction du coton et de la laine d’une autre manière. On mouille avec de l’acide azotique ordinaire l’étoffe suspecte et on l’abandonne pendant sept à huit minutes, après l’avoir étendue sur une soucoupe. En été, on l’expose aux rayons solaires; en hiver, on place la soucoupe sur le marbre d’un poêle chauffé modérément. Au bout de ce temps, tous les filaments de laine sont colorés en jaune et ceux de coton sont restés blancs ; on lave bien l’échantillon et on le sèche. L’inspection à l’œil nu, ou avec une loupe, permet de distinguer facilement et même de compter les filaments de ' laine et de coton mélangés. Dans le cas où le tissu est peint, on prolonge l’action de | l’acide azotique, afin de produire la disso-. lution ou la décomposition de la matière I colorante.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Pâte à la benzine pour détacher. —
- C’ost notre confrère Western Druggisb qui donne la recette de cette pâte savonneuse toute spéciale. On fait dissoudre, dans 20 grammes d’eau bouillante, 12 grammes de savon blanc dur contenant autant que pos-
- sible une forte proportion d’alcali. On laisse légèrement refroidir la dissolution, puis on y ajoute 3 grammes d’ammoniaque concentré; on remue, et l’on additionne peu à peu de 100 grammes de benzine déodorisée. On peut parfumer ensuite à sa convenance.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- FANTÔMES A LA PORTÉE DE TOUS
- iL esta la portée de tout le monde de répéter chez soi les effets au moyen desquels on a reproduit mainte et mainte fois, au théâtre, les spectres et les apparitions.
- La construction est un peu longue, mais nullement difficile. 11 faut seulement posséder une lanterne magique, la plus petite que l’on pourra trouver. On l’enfermera dans une boîte A B C D fig. 134., laquelle sera suffisamment grande pour contenir le miroir incliné M, qui doit être mobile afin de pouvoir faire passer le cône de lumière que jette la lanterne magique, par l’ouverture H.
- Cetle ouverture doit être, autant que possible, ovale et pas trop grande, et doit être munie d’une trappe, pouvant s’ouvrir et se fermer facilement.
- L’endroit de la boîte qui se trouve au-dessus de la lanterne doit être percé de petits trous pour laisser " passer la fumée et on Flg-doit mettre sur cet endroit un petit réchaud pour pouvoir contenir quelques morceaux de charbon.
- On doit avoir aussi un verre qui puisse monter et descendre dans la coulisse I, laquelle doit être verticale pour faciliter ce mouvement ; ce verre doit être soutenu par un petit cordon passant par les poulies supérieures et sortant de la boîte le long du côté D où il est maintenu à l'aide d’un petit bouton.
- On peindra sur ce verre un spectre ou telle autre figure plus agréable ou plus effrayante qu’on jugera à propos, en observant qu’elle doit être dessinée en raccourci, attendu que la nappe de fumée occasionnée par l’encens qu’on
- 134.
- doit mettre sur le réchaud, et qui s'élève au-dessus de lui, ne coupe pas à angle droit le cône lumineux que produit la lanterne, et que, dès lors, la figure du spectre doit paraître plus allongée sur cette fumée qu’elle ne l’est sur le verre.
- Après avoir allumé la lampe de la lanterne magique et disposé le miroir comme il convient, on apportera l’appareil bien fermé et on le posera sur la table, en avertissant les spectateurs de ne point s’effrayer : on mettra en place le réchaud sur lequel on répandra un peu d’encens en poudre et aussitôt on lèvera la trappe et on abaissera doucement le cordon. Lorsqu’on s’apercevra que la fumée est prête à cesser, on tirera le cordon pour faire disparaître la figure et on fermera la trappe.
- Il faut, pour faire cette récréation, éteindre toutes les lumières qui sont dans la pièce où on opère et placer l’appareil sur une table élevée, afin que les spectateurs ne puissent pas apercevoir l’ouverture par laquelle passe le cône de lumière.
- On peut, en employant des verres sur lesquels sont peints des sujets moins macabres, faire paraître des fleurs, des oiseaux, etc.
- Cette récréation produira un effet surprenant^ attendu que les spectateurs, ne voyant pas la cause qui le produit, ne sauront à quoi attribuer l’apparition subite de la figure dans la fumée, dont la tête apparaîtra la première et semblera sortir de cette fumée.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
- — Disposition de l’expérience, (coupe de l’appareil).
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LES INSECTES NUISIBLES
- LE BOMBYX DISPARATE OU ZIGZAG (Lipdfis dispar).
- ®es multiples espèces de papillons vivant en notre pays, la Liparis dispar — vulga i rement Bombyx disparate ou Zigzag — fort commune en nos forêts, se signale par l’importance des ravages qu’elle exerce.
- La chenille de cet insecte se nourrit surtout des feuilles de chêne, d’orme, de tilleul, de poirier, de pommier et de tous les arbres fruitiers, auxquels elle cause de grands dommages depuis mai jusque vers fin juin.
- A cette époque, elle fait entre deux feuilles ou sous l’écorce des arbres une coque d’un tissu large et peu serré dans laquelle elle se change en chrysalide. Elle en émerge bientôt sous la forme d’insecte parfait : l’accouplement a lieu aussitôt après, et, vers la fin de juillel, la femelle dépose ses œufs, soit sur le tronc des arbres, soit sur les haies, les palissades voi-
- Fig. 136. — L’insecte mâle.
- Mnes, soit même sur les côtés des habitations, les couvre de poils qu’elle a à l’extrémité l’abdomen, et ses œufs, qui sont globuleux, *‘sses, de couleur saumon, d’un diamètre de O‘"0015, souvent au nombre de 4 à 500, passent Uver à l’abri du froid sous cette couverture el n éclosent qu’au printemps suivant.
- L chenille est pourvue de 16 pattes. A sa 1' eine croissance, elle a environ 0m047 de lon-8ueur; son corps est d’un brun très obscur el n°lrâtre, finement réticulé de jaune pale, il
- présente au milieu du dos une ligne pâle, jaunâtre, et une ligne semblable sur chacun des côtés. Les six premiers segments derrière la tête ont chacun un tubercule bleuâtre muni de plusieurs épines noires de chaque côté de la ligne dorsale. Sur les autres segments, ces tubercules sont d’un rouge cramoisi obscur. Le tubercule des dixième et onzième segments est petit, rouge et entaillé au sommet. Toute la surface du corps est un peu velue, mais sur les côtés, les poils sont longs et forment des touffes épaisses. La nymphe a de 0 m 02 à 0ra027 de longueur. Sa couleur varie de la teinte du chocolat au rouge
- HMH
- LA
- mm
- Fig. 137. — L’insecte femelle en train de pondre.
- brun ; sur le devant on remarque quatre points noirs.
- L’insecte parfait diffère sensiblement dans les deux sexes, soit par la couleur, soit par la grosseur. Le mâle a le corps grêle , il est beaucoup plus petit que la femelle ; ses antennes
- Fig. 135. — Chenille adulte du Bombyx disparate Zigzag (Liparis Dispar).
- ïWM
- 'c Série — N *61 . — 1er Juin 1809.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- sont largement peclinées. Ses ailes supérieures sont d’un jaunâtre brun, avec deux lignes transverses d’un brun obscur, celle du dehors courbée avec des dents s’allongeant sur les veines. Les franges des ailes sont d’un jaunâtre mat et marquées de huit taches brunes. Les ailes inférieures sont d’un brun sale. Toutes les ailes à leur extrémité extérieure sont d’un brun obscur, leur dessous est d’un brun jaune moins foncé que le dessus. Lorsqu’il a les ailes étendues, le mâle mesure 4 cm. La femelle est d’un blanc pâle tirant sur le jaunâtre avec des lignes transversales et des taches brunes, semblables à celles du mâle. Les antennes sont faiblement pectinées. Elle est obèse ; son corps volumineux la rend lourde ; aussi reste-t-elle toujours immobile contre le tronc des arbres, tandis que le mâle vole avec légèreté. Lorsque ses ailes sont étendues, elles ont de 0m,047 à 0m,074.
- Pour combattre cet insecte, M. le professeur C.-H. Fingald, entomologiste de la Hatch experimental Station, à Ambert, Mass., recommande d'arroser les arbres avec du vert de Paris, à raison d’une livre dans 150 gallons d’eau, immédiatement après l’éclosion des œufs au printemps. Mais on le détruira peut-être plus sûrement en enlevant avec un grattoir, pendant l’automne et l’hiver, les
- ENCORE LA PHOTOGP
- Hous avons à plusieurs reprises entretenu nos lecteurs de la très intéressante et nouvelle voie ouverte aux photographes par l’invention du stênopé, ou photographie sans objectif. Une très respectable bibliographie existe déjà sur ce point (1). La Science en Famille, fidèle à son rôle de vulgarisatrice, n’a jamais manqué de signaler à ses lecteurs tout ce qui pouvait à cet égard captiver leur attention, soit au point de vue de la confection des chambres noires à
- (i) On peut consulter avec fruit sur ce sujet, La Science en Famille, 1892, p. 356, 1S98 9, p. 75 in fine.
- La photographie sans objectif par le colonel Colson, brochure de 1887. 2e édition, 1891.
- La Nature, passim.
- Bulletin de la Société française de photographie, avril 1888.
- Agenda Mendel, 1895, p. 203.
- couches d’œufs, semblables à une éponge, et qu’il n’est pas difficile de reconnaître à ce signe caractéristique. Il faut alors explorer les f parties tournées vers la terre des branches 1 les plus basses et même les haies et les poteaux voisins où les femelles vont volontiers chercher [ pour pondre un abri en dessous des places prédominantes. Mais il est évident que la des- f truclion des paquets spongiformes d’œufs ne f peut être complète, soit parce qu’ils sont placés trop haut, soit parce que leur ressemblance à l’écorce est telle qu’ils passent souvent inaperçus.
- Il est nécessaire, si l’on veut obtenir un I résultat important, de procéder avec soin à I Vextermination des chenilles pendant le mois de mai et même la première moitié de juin. Elles se réunissent en grandes masses à diverses époques, surtout de bon matin par ! un temps humide et froid et même lorsque la I température est chaude, quand elles sont sur I le point de muer.
- On les rencontre sous les aisselles des | branches inférieures ou au revers des rameaux, ( dans les fenles et les gerçures qui s’y trouvent, I et soit avec des chiffons, de la filasse ou de la mousse, il est facile d’en écraser un grand nombre en peu de temps.
- A. Vallès.
- VPHIE SANS OBJECTIF
- orifices uniques ou multiples permettant des vues stéréoscopiques ou plusieurs clichés sur la même plaque, soit au point de vue de la perce des orifices ; nous voulons seulement aujourd’hui compléter en quelques mots ces notions en parlant des manières d’obtenir Ie maximum de netteté des images par l’adop* tion d’une distance focale convenable, et Ie diaphragme.
- Bien que la distance entre l’orifice et la plaque sensible n’ait pas besoin d’être aussi 1 rigoureusement établie qu’avec un objectif» 1 puisqu’il n’existe pas à proprement parler d® I mise au point pour les appareils-sténope,1 I ne faudrait pas croire que le maximum de
- netteté pût être obtenu à une distant I
- nn I
- quelconque avec un orifice quelconque, doit retenir le principe fondamental suiva»1.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- La dislance focale varie en fonction du diamètre de l’orifice et de la distance de Vobjet à photographier.
- Cela posé, cherchons à déterminer en quoi consiste cette variation. Ce travail a été fait d’une façon scientifique fort remarquable dans la deuxième édition (1891) de l’ouvrage du colonel Colson.
- Si on désigne par d le diamètre de l’orifice, par x la distance cherchée pour le maximum de netteté et par D la distance entre l’objet à photographier et l’orifice, on pourra user de la formule suivante :
- d2
- Pour un orifice de-
- 0,00081 —_d« "D
- —- de millim.
- d2 devient
- Pour un oiifice de — de millim. d2 devient
- 100
- Remarquons tout de suite que la quantité est variable, puisque D n’est pas constant.
- jP
- U
- Mais au delà d’une certaine distance entre l’objet et l’orifice, quand D peut être considéré comme devenant infini par rapport à d2, cette quantité devient nulle, et alors la formule est simplifiée :
- d2
- 0,00081
- On voit que, dans ce cas, le tirage (x) doit être de 4 cm. 9, soit 10 cm. environ pour un orifice de 0,2 de millimètre, et de 11 cm. pour un orifice de 0,3 de millimètre. Ces deux valeurs sont les plus usuelles. Voici d’ailleurs un petit tableau qui pourra rendre des services à cet égard :
- (D) OUVERTURE TIRAGE (X)
- 9
- 75 (20)
- (1 mètre)
- L’expérience démontre en outre qu’il faut poser beaucoup plus pour les premiers plans que pour les lointains. On peut considérer qu’il faut multiplier par 15 la durée de pose des lointains pour obtenir celle des premiers plans.
- Si nous supposons donc que nous opérions par une belle lumière avec un orifice de 0 3
- une distance focale de 11 cm. et que les lointains nécessitent une pose de 12 secondes, celle des premiers plans devra atteindre 12X15, soit 144 secondes, soit 2 minutes 24 secondes.
- — Parlons maintenant de la possibilité de diaphragmer les orifices.
- A priori, cette affirmation paraît paradoxale, étant donnée la petitesse de l’ouverture. Il n’en est rien cependant. Quelque mince que soit la plaque dans laquelle l’ouverture aura été percée, nous avons expérimenté successivement avec des plaques variant de 0 mm 2 à 0 mm 1 en aluminium — et quelque soin qu’on ait apporté à la perce, il se produit forcément des réflexions sur les bords de l’ouverture en épaisseur, réflexions qui produisent une frange spectrale circulaire sur la plaque sensible, frange tout à fait analogue à celle du prisme de dispersion connu sous le nom de prisme à franges étalées par des stries parallèles de la surface métallique réfléchissante.
- Or, pour supprimer la couronne colorée dont il vient d’être question, il faut, de toute nécessité, consentir à restreindre légèrement l’ouverture du cône lumineux actinique, sans faire varier la distance focale. Pour y £ parvenir, on
- ^‘ C confectionnera un petit cylindre en carton que l’on collera à l’intérieur du volet antérieur _ de la chambre
- tout autour de l’orifice c on sidéré comme centre du cercle formant la base du cylindre. De plus, on s’arrangera de façon à ce que la longueur de ce cylindre puisse varier à volonté, résultat facile à obtenir en confectionnant deux cylindres glissant l’un sur l’autre à frottement doux, comme les diverses parties du corps d’une lunette d'approche ; inutile d’ajouter que ces cylindres seront recouverts soigneusement de papier noir mat.
- Supposons maintenant que notre cylindre
- O
- ~P\
- Fig. 138.
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- ait 4 centimètres de diamètre. Si nous limitons sa longueur (AA’) à 2 centimètres, le cône lumineux aura 90° d’ouverture AB. En effet, si nous appelons a l’angle total d’ouverture, il est facile devoir que la longueur
- AD — sinus ~ a ;
- l’angle AOD = l’angle OAD; donc le triangle OAD est isocèle rectangle.
- Si nous allongeons le cylindre de façon à ce que l’angle en O devienne un angle de 30°, le sinus EF = la moitié du rayon, puisque 2 sin 30 = R. Dans ce cas, l’angle total a du cône actinique aura 60°. Cette valeur est
- largement suffisante pour abattre la couronne colorée en ne permettant pas aux rayons lumineux réfléchis par la tranche de l’orifice d’arriver à la plaque. On pourra même, le plus souvent, se contenter d’un tirage intermédiaire, dans lequel la longueur du cylindre sera d’environ 2 cm, 5. Un graphique très simple permettra d’ailleurs d’obtenir fort aisément l’ouverture du cône que l’on cherchera. Nous pensons qu’un cône de 75° d’ouverture suffira le plus souvent à pallier l’inconvénient que nous venons de signaler.
- G. Vallet,
- de la Société astronomique de Fiance.
- SOIE ARTIFICIELLE
- ®epuis quelques années, la fabrication de la soie artificielle, inventée par M. de Chardonnet, a pris une extension rapide, et, à notre avis, absolument méritée par le brillant de cette soie et par son éclat métallique beaucoup plus beau que celui de la soie naturelle.
- L’usine créée à Besançon (Doubs) par la « Société pour la fabrication de la Soie de Chardonnet » est arrivée, à la suite des agrandissements successifs nécessités par la progression ascendante de la demande, à occuper 900 à 1000 personnes et à produire de 250 à 300 kilos de soie par jour.
- Cette soie, qui a commencé à être employée, il y a quelques années, par les fabricants de tresses et lacets de St-Chamond, ensuite par les passementiers de Lyon et .de Paris, puis par les fabricants de tissus pour cravates, est utilisée actuellement par les grands industriels de Calais, pour la fabrication de leurs dentelles aux genres si variés, et l’Exposition de 1900 qui se prépare sera certainement le triomphe définitif de ce textile original, chef-d’œuvre de l’industrie française dont elle suggérera de nouvelles applications.
- Si cette superbe soie est encore peu connue du public, sa fabrication l’est encore bien moins : la voici résumée en quelques mots.
- La matière première pour la production de ce produit est uniquement, le croirait-on, formée des déchets de coton provenant des grandes filatures et que l’on fait macérer pendant quelques heures dans l’acide nitrique.
- Après avoir lavé à grande eau, on obtient ainsi la matière nommée pyroxyle que l’on fait dissoudre à son tour dans l'éther sulfurique.
- Ce liquide visqueux, est filtré au travers d’une épaisse couche de coton cardé pour le débarrasser de toutes les impuretés qui pourraient venir plus tard obstruer les tubes de verre servant de filières.
- Le liquide une fois filtré passe dans un réservoir, d’où il se rend sous une pression de 10 atmosphères dans un tube d’un certain diamètre se subdivisant lui-même en une centaine de tubes plus petits, terminés chacun par un tube capillaire en verre de 4/100 de millimètre. Ces tubes capillaires constituent autant de filières, par où s’échappe, sous forme de fil, le liquide d’un réservoir.
- Le séchage est instantané et les brins, immédiatement réunis par dizaines, s’enroulent automatiquement sur des bobines situées à environ 50 centimètres au-dessus des filières. On donne ensuite une légère torsion à cette soie pour en augmenter la résistance. A ce moment, la soie n’est pas encore pratiquement utilisable, à cause de sa grande combustibilité et il est nécessaire de lui faire subir une nouvelle opération chimique destinée à lui enlever le nitre et la rendre incombustible. On arrive à ce résultat par un séjour de quatre heures dans un bain de sulfhydrate d’ammoniaque.
- Par une bizarre coïncidence, la soie qui, auparavant, “craignait” le feu, “craint”
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- ensuite l’eau qui lui fait perdre, avec une grande partie de sa ténacité, un peu de son éclat et, malheureusement pour le producteur, un bon tiers de son poids ; mais cela est absolument nécessaire, car sa combustibilité la rendrait impropre à tout usage.
- En sortant de ce bain, elle est de nouveau lavée, puis séchée, mise en flottes d’un nombre régulier de mètres, et livrée aux industriels qui en font usage.
- Le prix de revient est encore assez élevé par suite des nombreuses manipulations et
- aussi par la quantité énorme d’éther qui s’évapore chaque jour et dont on estime le prix à 3000 francs.
- Le prix de la soie varie de 35 à 40 francs le kilo.
- Les débuts de cette industrie ont été longs, pénibles et onéreux ; mais, dès maintenant, le succès est certain, et tout permet d’espérer qu’elle passera, dans un avenir rapproché, au rang des industries les plus lucratives de notre époque.
- F. Bergmann.
- L'AIR LIQUIDE
- sait de quelles difficultés ont été entourées les tentatives de liquéfaction ries gaz dits « permanents », jusqu’à ce que M. Cailletet eût montré que, en réalité, tous les gaz sont liquéfiables dans certaines conditions de pression et de température. On sait d’ailleurs que la méthode employée par M. Cailletet pour arriver à cette liquéfaction consiste à détendre le gaz comprimé et à produire ainsi un abaissement de température qui détermine la liquéfaction. C’est qu’en effet on ne peut liquéfier un gaz, quelle que soit la pression à laquelle on le soumet, qu’à la condition que sa température soit inférieure à une certaine valeur dite température critique. Or, cette température critique, qui est pour l’acide carbonique de + 3lo, pour le protoxyde d’azote -f 30°, est de 140 degrés environ au-dessous de zéro pour l’air. C’est donc en vain qu’on essayait de comprimer l’air à des pressions énormes (100 et 800 atmosphères), la liquéfaction ne se produisait pas, par la simple raison qu’on se trouvait au-dessus de la température critique. En combinant l’action de la détente avec celle du refroidissement par l’éthylène liquide, M. Cailletet a pu observer la liquéfaction de l’air : mais le phénomène ne dure que quelques instants. MM. Wroblewski et Olsz&wski (1883), en utilisant l’action du froid obtenu par l’évaporation dans le vide de de l’éthylène liquide, ont pu obtenir d’une façon permanente l’oxygène et l’azote à l’état liquide.
- Actuellement, grâce aux travaux d’un pro-fesseur allemand, M. Linde, l’air liquide est
- en quelque sorte un produit industriel. On le prépare sans le concours d’aucun autre produit, et par une simple dépense de force motrice. On l’obtient en grandes quantités, on le conserve pendant des journées entières, on le manipule presque comme de l’eau.
- Voici quel est le procédé qu’emploie M. Linde. L’air n’est pas un gaz parfait: quand il se détend, même sans produire de travail extérieur, il donne lieu à un travail interne qui abaisse sa température d’environ 1/4 de degré par atmosphère. Si donc on voulait, par cette simple détente, abaisser sa température au-dessous du point critique, il faudrait le comprimer à plus de 700 atmosphères, ce qui, industriellement, serait impraticable. Mais, si au lieu de prendre l’air à la température ambiante, on lui fait subir un premier refroidissement, et qu’on détende l’air ainsi refroidi, il suffît de 200 à 250 atmosphères pour obtenir la liquéfaction.
- L’appareil de M. Linde est construit de la façon suivante : un compresseur à deux cylindres fournit l’air à 200 ou 250 atmosphères: cet air, refroidi d’abord par une injection d’eau dans le compresseur, puis par le passage dans un serpentin entouré d’eau, est débarrassé de l’eau entraînée en le faisant passer, à la sortie du compresseur, dans une bouteille où il laisse l’eau liquide, puis dans un serpentin entouré d’un mélange réfrigérant, qui arrête la vapeur. De là, il se rend au détendeur proprement dit, qui se compose de trois serpentins concentriques. L’air arrive par le serpentin central, pourvu à sa partie inférieure de deux robinets : un
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- de ces robinets permet la communication avec le serpentin intermédiaire, l’autre sert à l’écoulement de l’air liquéfié. Ce dernier reste fermé au début de l’opération. Le serpentin intermédiaire communique avec la pompe, de sorte que l’air détendu retourne à celle-ci, sous une pression de 20 atmosphères environ (1). Enfin, le troisième serpentin, qui communique avec le récipient où s’écoule l’air liquide, débouche directement dans l’atmosphère par son autre extrémité.
- L’opération se passe donc de la façon suivante: l’air détendu à 20 atmosphères qui s’échappe du serpentin central traverse le serpentin intermédiaire en sens inverse et refroidit l’air qui arrive. A un moment donné, la température de celui-ci est assez basse pour que la détente produise la liquéfaction ; on ouvre alors le robinet d’écoulement, et on peut recueillir l’air liquide. L’air gazeux qui s’échappe pendant cette deuxième détente traverse le serpentin extérieur et concourt ainsi à la réfrigération.
- L’air liquide, placé dans un vase ordinaire, ne s’y conserve pas longtemps : sa température d’ébullition étant de — 171 degrés, il s’évapore avec rapidité en laissant sur les parois du vase un dépôt de givre. On le conserve plus longtemps dans un vase entouré d’une enveloppe calorifuge : or, le meilleur calorifuge est le vide ; on emploie donc des vases à double paroi, l’intervalle entre les deux parois étant purgé d’air aussi parfaitement que possible (2). Il y a intérêt, naturellement, à donner à ces vases la plus petite surface extérieure possible pour un volume donné ; aussi choisit-on la forme sphérique-Enfin, pour réduire au minimum l’échange de chaleur par rayonnement, on argente l’intérieur de l’intervalle vide d’air. La puissance de protection de ces vases est telle que non seulement on peut les prendre à la main lorsque l’intérieur est à une température voisine de 200 degrés au-dessous de zéro, mais encore que l’air liquide s’y conserve pendant 8 à 10 jours, à la pression atmosphérique.
- (1) L’air est détendu à 20 atmosphères, et non pas à
- la pression atmosphérique, en vue de réduire le travail de compression.
- (2) M. d’Arsonvala le premier employé ces vases à double paroi pour conserver le chlorure de méthyle liquéfié.
- L’air liquide sortant de la machine présente une teinte opalescente qui est due à la présence de petits flocons d’acide carbonique. L’air atmosphérique, tel qu’il est aspiré par le compresseur, contient en effet un peu d’acide carbonique, et cet acide carbonique est solide à la température où l’air se liquéfie. Si l’on filtre cet air opalescent, à travers un filtre ordinaire en papier, il devient clair et apparaît comme un liquide bleuâtre, très mobile. 11 ne mouille pas la peau, ce qui explique qu’on puisse le toucher sans être brûlé : il prend alors l’état sphé-roïdal. M. d’Arsonval, qui a installé au Collège de France une machine de M. Linde, et répété pour la première fois en France toutes ces expériences, rapporte à ce sujet un fait assez curieux : à la fin d’un dîner, on avait frappé du champagne en versant dans chaque verre quelques centimètres cubes d’air liquide. Par inadvertance, un des convives avala le contenu de son verre avant que l’air fût complètement évaporé, et introduisit ainsi dans son estomac 15 centimètres cubes d’air liquide. Il s’ensuivit un gonflement dû à l’évaporation de l’air, qui s’échappa bientôt dans une éructation, puis tout rentra dans l’état normal.
- Si l’on place sur l’air liquide un morceau de charbon allumé, il brûle avec vivacité. Si ce charbon est pulvérisé, la combustion est très violente: enfin, si, au lieu de provoquer l’inflammation de ce charbon en poudre à la façon ordinaire, on fait détoner au sein du mélange de charbon et d’air, une amorce de fulminate, il se produit une violente détonation. Cette dynamite d’un nouveau genre est déjà utilisée dans le percement d’un tunnel : elle présente, en effet, cet avantage que si, pour une raison quelconque, le coup rate, il suffit d’attendre quelques instants : l’air s’évapore et la charge est devenue sans danger.
- L’air liquide paraît susceptible d’autres applications. C’est ainsi que les scaphandriers pourraient emporter avec eux une provision d’air respirable, sans être reliés par un tube à un appareil extérieur.
- Si on laisse s’évaporer l’air liquide, l’azote, plus volatil, s’échappe le premier, et l’oxygène, bleuâtre, reste. On a donc là un moyen pratique d’extraire l’oxygène de l’air.
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- Aux basses températures que permet d’atteindre l’air liquide, certain corps prennent des propriétés particulières; le caoutchouc devient cassant comme du verre, le mercure
- est dur au point de pouvoir former un marteau, un œuf, un morceau de viande sont durcis comme une pierre et peuvent être pulvérisés.
- VOYAGE A TRAVERS JAVA (Suite et fin)
- ^ix heures de chemin de fer à travers \ un morne pays de rizières, après quoi ? nous arrivons sur la côte sud de Java, à Tjilatjab, point terminus de la voie ferrée. Petite ville qui s’élève sous la forêt, Tjilatjab n’est guère mise en communication qu’avec l’est de l'île ; à l’ouest, c’est la forêt vierge sous laquelle s’enfonce une route difficile peu fréquentée ; au sud, à la distance de 100 mètres au plus, c’est l’île inhabitée de Noesa-Kambangan, puis, l’océan immense, infini.
- Dans sa région tranquille, cette petite ville fait peu de bruit. Le mouvement de son port n’est pas considérable; outre quelques navires marchands, il y apparaît deux fois par année, à date fixe, un paquebot qui vient de Batavia.
- Il est vrai de dire que ce port avait plus d’importance avant qu’un chemin de fer reliât Tjilatjab à Samarang et à Sadrabaïa. Aujourd’hui la ville exporte les produits du pays par chemin de fer, au lieu qu’auparavant elle les exportait par mer.
- Dans deux ans, Tjilatjab sera relié aussi avec Batavia par une voie ferrée. 11 est donc à prévoir que, dès le moment où cette ligne sera mise en exploitation, le port de la côte sud sera presque complètement abandonné par les navires.
- Notre intention est de regagner Batavia en passant par la région solitaire de l’ouest.
- Pour pouvoir réaliser ce projet, nous devons demander par télégraphe des chevaux et deux charrettes à un voiturier de Garoet, petite ville de la province de Preanger, située au delà de cette région solitaire. On nous répond que nous avons à attendre quelques jours; Puis, au bout d'une semaine, nous apprenons que chevaux et charrettes partis à notre l'encontre vont arriver à destination.
- Seulement, de Tjilatjap jusqu’au point où nous les rejoindrons, il faut naviguer une bonne demi-journée entre la côte javanaise et Pile de Noesa-Kambangan et nous n’avons
- pas réussi à trouver un canot. Enfin le régent nous tire d’embarras en mettant son sampang à notre disposition.
- Un matin, au lever du jour, nous nous rendons sur la plage où nous trouvons le sampang du régent prêt à partir.
- C’est un canot étroit et allongé qu’un toit très aigu en bambou abrite aux trois quarts. Il y a place là-dessous pour deux personnes étendues côte à côte. Nous nous y installons de notre mieux pour maintenir l’embarcation d’aplomb et en même temps pour ne pas trop souffrir de la position horizontale qui nous est infligée pour sept grandes heures.
- En proue et en poupe, ont pris place quatre rameurs; nous voici en marche.
- Sous les coups des pagaies le port de Tjilatjap recule; bientôt un rideau de végétation enchevêtrée se tire sur ce coin de pays devenu familier à nus regards et nous voguons entre la côte javanaise et l’île Noesa-Kam-bangan sur un bras de mer immobile, qui semble une rivière au cours sinueux, bordé de deux murailles de lianes, mais qui, de fait, s’étend, par-dessous ces lianes, en lac immense, recouvert de la voûte sombre de forêts, jaillies de ses profondeurs. Notre canot glisse lentement à travers cette solitude de plantes et d’eau, pendant que nous sommes attentifs aux moindres remous de l’onde, car nous savons que les rhinocéros, les crocodiles, les oiseaux de proie ne sont pas rares dans ces parages.
- Les rameurs chantent pour s’encourager. Au bout de quelques heures, la chaleur étant excessive, leurs mouvements commencent à se ralentir. « Lebihlakas ! » Plus vite ! devons-nous leur crier à chaque instant. Et ils s’entraînent de nouveau, en chantant. Enfin, vers midi, au coude final de la rivière, l’horizon s’ouvre et, au milieu d’un lac très étendu dont on distingue à peine la rive opposée, surgissent à nos yeux des villages sur pilotis offrant un aspect très pittoresque.
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- Nous stoppons devant un de ces villages. A notre vue, les habitants se sauvent dans leurs cases et tandis que nous errons sur les ponts de planches qui les relient entre elles, personne n’ose se montrer. Tout ce que nous avons pu remarquer, c’est que cette population porte un simple mouchoir noué autour des hanches et qu’elle est de couleur fcncée.
- Notre halte n’est pas longue. Nous sommes pressés d’arriver à Kalipoe'jan, village où
- dans les rues. On sait déjà que nous repartirons le lendemain ; on a vu les charrettes envoyées de Garoet à notre rencontre et qui viennent d’apparaître au village.
- Notre idée était bien de passer la nuit à Kalipoetjan, mais voici que nous avons découvert le passagrahan, immeuble du gouvernement hollandais qui sert de pied-à-terre aux voyageurs dans les endroits privés d’hôtel, et ce passagrahan es1 me vieille maison de
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- Fig. 139. — Rizières : paysage javanais (d’après une photographie de l’auteur.
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- nous comptons passer la nuit et qui se trouve quelque part là-bas au bout du Kinder-See sur la côte javanaise. Nos rameurs n’ont plus leur belle ardeur du matin. Nous sommes forcés de les tirer sans cesse de la somnolence qui les prend et nous crions : « Tida, plan plan, » « pas si lentement. » « Lebih lakas » « plus vite » sans que l’effet produit par nos ordres dure bien longtemps. Il est vrai qu’il fait une chaleur accablante, mais enfin nous n’avons pas de temps à perdre.
- Nous arrivons à Kalipoetjan vers trois heures. C’est un endroit perdu sur la côte sud de Java.
- Aussi, l’arrivée d’un canot amenant des étrangers est-elle un grand évènement dans la vie monotone des habitants. On accourt de tous côtés pour nous voir ; on nous escorte
- bambou, menaçant ruine, couverte de moisissure, un véritable nid de mille pieds. Nous n’oserions pas y coucher. Comment faire? Les cochers, eux, ne sont pas disposés à repartir tout de suite ; ils prétextent que leurs chevaux sont fatigués. Enfin, en leur promettant un bon pourboire nous parvenons à vaincre leur résistance..., et quelques instants plus tard, fouette cocher, en route pour six heures de charrette.
- Ah ! ces six heures de voiture, je ne les oublierai jamais.
- lie jour est près de son déclin quand nous quittons Kalipoetjan. Lorsque le soleil a disparu, sous l’irradiement du disque d’or mat de la lune, la campagne est éclairée d’une lumière douce, d’un demi-jour de veilleuse, où tout a pris des formes fantastiques
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- de pays enchanté. Que c’est beau ! que c’est beau ! dit-on tout bas, pris d’une émotion presque religieuse devant cette nature rendue tout à coup adorablement belle parla baguette magique de la reine des nuits.
- Nous franchissons plusieurs collines. La route monte et descend en zigzaguant. Et de I loin en loin de cette région solitaire, apparaît un hameau où les chevaux sont relayés. A
- hurlements, cris d’animaux errant dans les forêts solitaires.
- Une demi-heure après avoir quitté ce relai, nous apercevons dans une combe, en contre-bas de la route, des masses ombreuses,-épaisses, qui semblent des rocs éparpillés. A I ce moment, les chevaux vont à fond de train comme flairant un danger. Banting, banting (taureau sauvage), nous disent les cochers
- * 1
- Fig. 140. — A Tjelatjap : le club hollandais (d’après une photographie degl'auleur).
- un relai, descendus de voiture, nous nous éloignons de quelques minutes des maisons et uous arrêtons sur un pont rustique jeté à travers un ruisseau qui coule sans faire de bruit, au pied de berges escarpées.
- De grandes plantes, auxquelles les rayons lunaires donnent un aspect rigide et métallique, s’inclinent, en épaisses bordures, sur les bords du cours d’eau et celui-ci glisse pareil à un ruban argenté. Des lucioles rayent les endroits ombreux de leur vol lumineux et le silence est si grand alentour due l’on entend ces insectes phosphorescents frôler les plantes. Mais là-bas ! dans le loin-lain, noyé de brumes pâles où nous passe-r°ns tout à l’heure, s’élèvent des bruits lriquiétants, glapissements, beuglements,
- j pris d’épouvante. A peine ont-ils prononcé | ces mots, que les masses ombreuses, mises en mouvement se dirigent vers la route et l’ayant atteinte en quelques bonds, nous poursuivent d’un galop retentissant. Une de ces énormes bêtes, se ruant en avant des autres, nous semble être un rhinocéros. La peur aiguillonne les chevaux ; notre fuite est vertigineuse. Enfin, ayant perdu du terrain, le troupeau déchaîné s’arrête, disparaît dans la nuit claire.
- Plus loin, nous surprenons des groupes de sangliers qui sont immobiles sur la route et qui détalent devant les pieds des chevaux, de droite et de gauche. Il est près de onze heures du soir quand nous arrivons au grand village de Bandjar, Nous tombons au
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- cœur du village, en plein spectacle de danses. La population est rassemblée ; le gamelan résonne et, à la clarté de la lune, quelques danseuses miment une scène d’amour.
- Cette apparition subite fait une grande impression sur nous. Voilà bien Java, la vraie Java d’autrefois, encore à milles lieues des chemins de fer et de la civilisation. Ici point d’hôtel ! un simple passangrahan où nous sommes hébergés après que le chef a pris connaissance de notre permis de voyage.
- Cette longue”? journée, — 17 heures de trajet, — a été l’une des plus intéressantes, peut-être la plus riche en impressions de nature de tout notre voyage dans la grande île.
- Les journées qui suivent sont au contraire bien pâles, presque insignifiantes ; elles nous rapprochent de plus en plus de Batavia, et quand nous arrivons enfin dans cette dernière ville, il nous semble que déjà nous avons quitté Java, tant cette capitale s’est européanisée. Fritz du Bois.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 17 et 24 Avril 1899.
- Sur les applications de l’aluminium. —
- M. Bitte répond aux arguments invoqués par M. Moissan dans la précédente séance. 11 est possible sans doute d’éviter l’altération de ce métal au moyen d’une couche de substance grasse, mais si on veut enlever cette couche avec une solution alcaline, on altère le métal. La légèreté de l'aluminium, l’inocuité de ses composés, la facilité avec laquelle on peut le travailler sont des qualités précieuses et incontestables ; la grandeur de sa chaleur d’oxydation, qui ne saurait être contestée davantage, est un inconvénient grave, au point de vue des applications.
- L’auteur croit n’avoir rien exagéré en se bornant à appeler l’attention sur « un ensemble de propriétés qui font de l’aluminium un métal en réalité fort altérable et qui sont de nature à inspirer certains doutes et à dissiper quelques illusions relativement aux applications possibles de ce métal. »
- ***
- Perfectionnement à l’interrupteur électrolytique de Wehnelt. — L’interrupteur de Wehnelt, actionné par une source de haut voltage (120 volts environ), produit un nombre d’interruptions qui peut atteindre facilement le chiffre de 1.500 à 2.000 et fait jaillir entre les extrémités du circuit secondaire de la bobine un Ilot d’étincelles.
- Autant l’expérience est facile à répéter quand on dispose d’un, haut voltage, autant elle est rebelle, impraticable, quand on cherche à la produire au moyen de quelques éléments de pile ou d’accumulateurs . M Carpentier réalise cependant le phénomène))avec cette dernière source d’électricité, grâce à un artifice très simple. Au lieu de prendre l’eau acidulée à la température ordinaire il l’utilise à des températures de 80, 90, et même 100 degrés. Le liquide placé dans un vase spécial
- convenablement isolé contre la perte de chaleur par rayonnement n’a pas besoin d’être chauffé continuellement, il suffit de l’introduire chaud dans l’interrupteur, et son fonctionnement dégage assez de chaleur pour obvier aux pertes.
- •H**
- Dans la séance du 24 avril, M. le président annonce à l’Académie le décès de M. Charles Friedel, doyen de la section de chimie, mort à Montauban, après une très courte maladie, le mercredi 19 avril, à l’âge de soixante-sept ans, et s’exprime en des termes :
- «Élève de Würtz et son successeur dans la chaire de chimie organique de l’université de Paris, M. Friedel a consacré tous ses efforts à continuer et à développer l’œuvre de son illustre maître et ami. Par ses nombreux et importants travaux, qui lui ont ouvert, dès 1878, il y a plus de vingt ans, les portes de l’Académie ; par son enseignement à l’École des mines, à l’École normale et à la Faculté des sciences ; par les élèves distingués qu’il a formés dans son laboratoire, et, tout récemment encore, par cette école de chimie pratique appliquée à la Sorbonne et à laquelle il donnait sans compter tous ses soins, il a exercé une grande et féconde influence sur les progrès de la chimie organique dans notre pays durant ce dernier quart de siècle.
- «D’autres, plus compétents, ne manqueront pas de retracer une à une, avec le détail nécessaire, toutes les étapes successives de cette vie scientifique si active et si bien remplie. Je dois me borner à dire ici que le grand vide laissé par la disparition si brusque et si inattendue de notre confrère ne sera ressenti nulle part plus profondément que dans notre Académie, où l'on savait apprécier, tout autant que l’étendue de sa science, l’affabilité de son caractère, la droiture de son esprit, l’élévation de son âme, infatigable-
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- ment éprise de vérité et de justice, et, pour tout , « Aussi ai-je l’assurance d’être l’interprète des
- dire en un mot, la haute valeur morale de sa | sentiments de tous si, pour lui rendre ma dernier personne. j hommage, je lève la séance en signe d® deuil'... *>
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Le record de la vitesse transatlantique.
- — D’après ce que rapporte le Journal clés transports, le vapeur William der Grosse qui est arrivé à New-York le 7 mars dernier, a battu pendant ce voyage son propre record et en a établi un nouveau. Ce vapeur a quitté Cherbourg le 1er mars à 6 heures 10 minutes du soir et est arrivé le 7 à 10 heures 18 minutes du matin à New-York (Sandy Hook). Il a effectué la traversée de 3.148 milles en 5 jours 20 heures et 48 minutes avec une vitesse moyenne de 22,33 milles à l’heure. La vitesse moyenne de son dernier record de la traversée vers l’Ouest était, l’an dernier au 3e voyage, de 22,29 milles, de sorte que ce record a encore été battu. Ce résultat est vraiment remarquable. Les distances parcourues journellement sont de 416, 547, 549, 556, 556, 524 milles.
- Le poids du cerveau et l’intelligence.
- — On admet assez volontiers un rapport entre le poids du cerveau et la capacité intellectuelle. Ce n’est pas cependant sans que de temps à autre cette idée vienne se heurter à des faits contradictoires. Le cas le plus célèbre est celui de Gambetta, dont le cerveau ne pesait que 1.200 grammes.
- M. Joseph Simms vient de reunir, dans Popular Science Montlily, de décembre 1898, un certain nombre de ces contradictions très gênantes pour la théorie.
- D’après ses recherches, le plus lourd cerveau connu est celui d’un jeune vendeur de journaux de Londres « quelque peu idiot » 5 te poids de ce cerveau était de 2.400 grammes.
- Après lui vient le cerveau de Rustan, qui Pesait 2.340 grammes, et ce Rustan n’était Ou un pauvre et ignare paysan Scandinave.
- Le cerveau d’une petite naine indienne Pesait 2.200 grammes, ce qui donne encore Une supériorité de 70 grammes sur le plus t°urd des cerveaux fournis par les « hommes d’esprit », celui de Tourgueneff, le romancier russe, dont le cerveau pesait 2.130 grammes.
- Le poids moyen du cerveau de l’hommeu varie du reste assez notablement.suivant les; autorités compétentes, depuis l’estimatiom d’Austin Flint, qui le fixe à 1.500 grammes,, jusqu’à ccll de M. Krause, l’anthropologiste berlinois, qui le porte à 1.650 grammes.
- * Or, M. Simms a trouvé que les cerveaux de 60 personnages célèbres donnaient le poids moyen de 1.540 grammes, ce qui ne les élève guère au-dessus de la moyenne ordinaire la plus basse, tandis que le poids moyen do 10 cerveaux d’idiots et de 5 cerveaux d’imbéciles atteignait le chiffre de 1.776 grammes.
- Il faut donc, fait remarquer la Revue Scientifique, en matière de cerveau comme; en toute autre, distinguer entre la quantité et la qualité; et il est certain que, pour un organe aussi complexe que celui de la pensée,, la structure intime et la disposition des rapports des éléments cellulaires doit jouer un rôle primordial.
- ***
- L’ozone liquide. — L’ozone, cet oxygène condensé, peut être liquéfié, comme l’air. C’est un liquide bleu, doué de propriétés oxydantes énergiques. C’est un corps explosif, par la raison qu’il est endothermique, c’est-à-dire formé avec absorption de chaleur. Le moindre contact suffit pour provoquer l’explosion, et c’est, par suite, un produit très dangereux à manipuler.
- M. Darsonval l’obtient sans danger à l’état de dissolution dans l’air liquide. Si l’on lait barboter dans l’air liquide, contenu dans un vase à double paroi, de l’air ozonisé sortant d’un appareil à effluves de Berthelot, on voit peu à peu l’air liquide se colorer en bleu. La coloration devient bientôt analogue à celle de l’indigo.
- ***
- Bureau de poste automobile. — Dans l’Etat de Maryland (Etats-Unis)jfonçtionne, depuis le commencement du mois dernier,
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- le premier bureau de poste ambulant automobile.
- Ce bureau de poste a la forme d’un omnibus, dont un des côtés est muni de guichets derrière lesquels se tiennent trois employés chargés de toutes les opérations qu’exécute un bureau ordinaire: affranchissement do lettres, colis postaux, chargements, paiements de mandats, etc.
- Un employé spécial est chargé de vider les boîtes aux lettres et les boîtes aux journaux des localités que parcourt la poste automobile.
- La distance parcourue journellement est de 60 kilomètres.
- Il paraît que les premiers essais ont donné d’excellents résultats et qu’un bureau de poste ambulant pourra aisément remplacer deux bureaux stationnaires, sans compter l’avantage qui résulte pour le public du fait de n’avoir plus à se déranger.
- ***
- Machine à fabriquer les boites. — On
- emploie depuis quelque temps en Amérique et en Angleterre une machine qui fabrique les boîtes en carton d’un seul coup. La machine prend le carton en rouleau, y découpe la boîte ou le couvercle au format voulu, trace dans les deux sens les parties à replier et coupe les coins, en une seule opération. Toutes les phases du travail étant simultanées, le résultat est plus régulier et le déchet est réduit au minimum. La machine fait des boîtes depuis 73 jusqu’à 400 milimètres de côté, en toutes formes rectangulaires ; sa vitesse peut être changée en marche, ainsi que les dimensions des boîtes. Enfin le travail est automatique et continu, de sorte qu’un simple apprenti peut faire 3.000 à 6.000 boîtes par heure, suivant les formats.
- ***
- Conservation des œufs de vers à soie. —
- Le Journal de la Société d’acclimatation donne aux éducateurs de vers à soie d’utiles indications au sujet de la conservation de la précieuse graine. La graine de bonne qualité, dit-il, garantie par le graineur au moment où il la livre au magnanier, ne se maintiendra telle que si ce dernier la conserve dans de bonnes conditions jusqu’à la mise en incubation.
- On recommande aux éducateurs de vers à soie de placer la graine, dès qu’ils la reçoivent des mains du graineur, dans un local exposé au nord, aéré, modérément sec, où la température à l’abri de toute variation sera suffisamment froide pour ne jamais s’élever au-dessus de 10 degrés centigrades. Plus la température se rapprochera de zéro, mieux cela vaudra.
- Cet appartement, dans lequel il importe de ne pas faire de feu, ne devra ni communiquer avec des tuyaux provenant d'un foyer inférieur, ni servir de chambre à coucher. Il ne devra pas être humide, sans quoi des moisissures se développeraient sur les œufs et les feraient périr.
- Il faut se garder d’imiter certains magna-niers qui, dès la réception de la graine, la placent dans un tiroir ou une armoire et entravent ainsi ses fonctions vitales; c’est, le moyen de rendre les vers à soie chétifs et les prédisposer aux maladies.
- ***
- Le poids de la terre. — Ce problème, si souvent posé par les savants, et jamais résolu d’une façon satisfaisante, vient d’être discuté de nouveau devant l’Association astronomique anglaise par le professeur C.-V. Boys, qui semble enfin avoir déterminé, avec une précision mathématique, le poids de notre planète.
- Se basant sur les lois bien connues de la gravitation universelle, découverte par Newton, M. C.-V. Boys a eu l’idée de comparer les attractions exercées l’une sur l’autre par deux sphères de dimensions et de poids inégaux, en se servant en outre d’une balance extrêmement sensible, dite à torsion, suspendue par des filaments de quartz, il est arrivé, après de longues et patientes observations, et en neutralisant toutes les causes d’erreur pouvant provenir des variations de la température ou des trépidations du sol, à déterminer exactement la densité, puis, par déduction, le poids de la terre.
- Selon le professeur anglais, la densité de notre planète est 5,5273, par rapport à l’eau bien entendu, et son poids 5,882,064,000,000 milliards de tonnes*! Détail bien curieux : précisément à la même époque, M. Braum, un physicien des plus distingués de Maria-
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- sehein, en Bohême, se livrait, de son côté, aux mêmes travaux, avec des procédés assez différents, et trouvait un résultat très sensiblement analogue.
- Mortalité des marins des grandes pêches (campagne de 1898). — Grâce aux renseignements qu’ont bien voulu leur fournir les commissaires de l’inscription maritime, les docteurs du Bois Saint-Sevrin et Chastang, médecins des navires-hôpitaux des Œuvres de mer, ont pu dresser le bilan des pertes subies par nos pêcheurs de Terre-Neuve et d’Islande, pendant la campagne de pêche de 1898.
- I. Campagne de Terre-Neuve. — Le nombre total des pêcheurs s’est élevé à 10.650 hommes.
- De ces 10.650 pêcheurs, 213 ont péri dans les circonstances suivantes:
- 1° Disparus en mer :
- a) Naufrages (6 navires). . . . 77
- b) Doris en dérivé (13) .... 28
- c) Chute à la mer^ 37
- Décédés par suite de traumatisme
- ou de maladie 71
- Total 2Ï3~
- Ce qui donne comme mortalité 20 °/00-II. Campagne d'Islande. — 3.740 marins °nt pris part à la campagne ; ils ont perdu 14 hommes, à savoir :
- Par accidents de mer . . . , 4
- Par maladie......................10
- Total.................14
- Ce qui donne cumme mortalité 4,06 °/oo, C’est, au dire de tous les Islandais, un résultat exceptionnel qui ne s’était peut-être Jamais observé encore ; les tempêtes, cette année, ont été relativement rares et on n’a en à déplorer la perte d’aucun homme par snite de naufrage.
- ♦'N:
- Poules élevées par des perdrix. — Le
- ^alletin de la Société d’acclimatation rapporte, d’après The Zoologist, un cas fort Adressant d’éducation de poussins par la perdrix.
- De quelle manière les poussins vinrent à Paître dans le nid d’une perdrix ? On ne sait l)as au juste ; toutes les probabilités sont, toutefois, qu’une poule ayant passé près du ^ et étant disposée à pondre, y déposa ^enx œufs que la perdrix couva avec les
- siens propres. On eut vent de la chose en apercevant deux volatiles dont la nature et l’espèce étaient incertaines. En approchant — avec précaution, car on croyait avoir affaire à quelque gibier, — on constata que c’étaient deux jeunes coqs, vigoureux et vifs, qui s’enfuirent à toutes jambes. Mais derrière eux se levèrent deux perdrix : les quatre oiseaux vivaient ensemble et cherchaient pâture en commun. Une des perdrix prit le vol, l’autre s’écrasa dans l’herbe ; les deux poulets se jetèrent dans un marécage rempli d’herbes et de joncs où ils se cachèrent, car les poulets sont tout aussi sauvages que les perdrix : la longue série d’ancêtres domestiques qu’ils ont derrière eux ne leur a point transmis la domestication héréditaire, et ils sont aussi farouches que les parents d’adoption avec lesquels ils vivent.
- Chose curieuse, tandis que les jeunes perdrix semblent avoir quitté leurs parents et vivent indépendantes, seuls, les deux poulets d’adoption continuent à tenir compagnie au vieux couple. Souvent, quand on passe dans les champs où habite le quatuor, celui-ci se lève tout d’un coup comme un seul oiseau : tous quatre prennent le vol et vont s’abattre à distance sûre. Les poulets imitent donc les perdrix au point de vue de la sauvagerie et au point de vue de l’usage des ailes. Le poulet vole généralement peu ; il se sert plutôt de ses jambes, et cette modification de l’instinct n’en est que plus intéressante. ***
- Les serpents dans l’Inde. — Les serpents sont le plus terrible fléau de l’Inde. Chaque année, plusieurs milliers d’infortunés périssent par suite des morsures de ces reptiles. Une statistique récente évalue à 433.300 le nombre des décès survenus de ce fait entre 1876 et 1898. Ce tableau prouve que le serpent est un adversaire infiniment plus redoutable pour l’Indou que le fauve. Pendant la même période, en effet, les bêtes féroces n’ont dévoré que 64.284 personnes. En moyenne, il se produit chaque année dans l’Inde 20.000 décès dus aux serpents et aux fauves. Ce chiffre n’est d’ailleurs qu’une moyenne. On remarque qu’il tend à s’élever depuis quelques années. En 1875, il était de 21.266; en 1896, il atteignait 24.225. C’est au Bengale que les morsures des serpents en-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- traînent le plus souvent la mort. Cetlc province figure dans le tableau statistique que nous mentionnons pour la moitié du total des décès. Les serpents ne s’attaquent pas seulement aux hommes. Ils déciment également le bétail, mais dans une proportion moindre. Depuis 1875 à ce jour, il a péri dans l’Inde, par la morsure des serpents ou sous la dent des fauves, 1.500.800 animaux domestiques. Les fauves sont cause des 9/10 de la perte totale du bétail. En 1896 par exemple, 7.143 pièces de bétail périrent par suite des morsures de serpent et 81.397 furent dévorées par des animaux féroces.
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- Nécrologie. — Charles Brongniart. — M. Charles Brongniart, docteur ès sciences naturelles, assistant au Laboratoire d’Ento-mologie du’ Muséum, né le 11 février 1859, est mort subitement d’une méningite, à Paris, le 18 avril dernier.
- Descendant d'une des plus célèbres familles de naturalistes français, M. Charles Brongniart dirigea de bonne heure ses études vers la Zoologie et spécialement vers l’Entomologie. Dès l’âge de 17 ans, il présenta à l’Académie des Sciences les résultats de ses premières recherches sur les Arthropodes fossiles, recherches qui devaient aboutir, dix-huit ans plus tard, à la publica-
- tion d’un travail considérable auquel l’académie décerna le grand prix des sciences physiques. Ses travaux concernaient surtout l’anatomie, la physiologie et la classification, mais il s’intéressa toujours aux questions d’Entomologie agricole : il fut l’un des promoteurs de l’emploi des champignons pour la destruction des insectes nuisibles. On lui doit également un très grand nombre d’articles de vulgarisation.
- ***
- Charles Friedel — M. le professeur Charles Friedel, l’éminent chimiste, né à Strasbourg le 12 mars 1832, est mort à Mon-tauban, le 19 avril. Ce fut un des brillants élèves de Wurtz : docteur ès sciences, dès 1869, il devient successivement conservateur des collections minéralogiques de l’École des mines, maître de conférences à l’École noimale supérieure, et enfin professeur à la Faculté des sciences de Paris. Après avoir enseigné la minéralogie jusqu’en 1884, il devint titulaire de la chaire de chimie organique; dès 1878, il avait succédé à Régnault à l’Académie des Sciences, et le président de cette assemblée a retracé en termes émus, que nous donnons d’autre part, les principales étapes d’une vie trop tôt terminée et consacrée tout entière aux progrès de la science.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Manière de raccommoder les objets en caoutchouc. — On rend d’abord rugueuse la partie qui doit être raccommodée aussi bien que la surface du morceau de caoutchouc qui doit servir à raccommoder, avec du papier d’émeri, ensuite on imbibe ces mêmes parties d'une solution de caoutchouc brut et de benzol ou d’éther de pétrole et on laisse le liquide agir pendant une demi-heure environ. Alors seulement on joint ensemble et on presse fortement les deux parties. Pour vulcaniser à froid le petit morceau de caoutchouc nécessaire à la réparation, et assurer son adhérence, on le trempe encore — après lui avoir fait subir l’opération indiquée ci-haut — dans du sulfure de carbone auquel on a ajouté un peu de chlorure de soufre et, immédiatement après, on applique la pièce
- sur la partie défectueuse de l’objet. On raccommode ainsi les chaussures en caoutchouc qu’il faut prendre la précaution de nettoyer auparavant.
- ***
- Contre le mal de mer. — Encore un remède simple, mais qui manque de bonne odeur; il est donné par le Journal d'Hygiène-
- Deux ou trois gouttes d’huile de pétrole sur un morceau de sucre à manger rapide* ment, et tout malaise, avec son atroce cortège, disparaîtra en un clin d’œil.
- Si un premier essai ne réussit pas, 0,1 recommence dix minutes après.
- Il est toujours facile d’essayer. Tous ceux qui ont éprouvé cet horrible mal savent bien qu’ils prendraient n’importe quoi pour s} soustraire.
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- Inscriptions sur le verre. — Les chimistes, les pharmaciens, les photographes, les amateurs de tous genres, collaborateurs du progrès, éprouvent souvent le besoin de faire des inscriptions mates sur le verre de leurs flacons et de leurs bocaux.
- Voici la formule qui leur est communiquée, à cet effet, par M. A. Daum, et qui est publiée par le Spechsaal :
- Faites dissoudre dans 500 grammes d’eau environ 36 grammes de fluorure de sodium et 7 grammes de sulfate de potasse.
- D’autre part, faites dissoudre dans 500 gr. d’eau 14 grammes de chlorure de zinc et ajoutez à la solution 65 grammes d’acide chlorhydrique.
- Lorsque vous voulez faire usage de ces deux solutions, mélangez-les en parties égalas et appliquez le mélange sur le verre, soit à la plume, soit au pinceau. Après une demi-heure, l’inscription tracée est mate et indélébile.
- ***
- La nicotine contre les parasites des bestiaux. — Les poux, les puces, les acarus et en général toutes les maladies parasitaires des bestiaux, sont combattus avec efficacité par les jus riches en nicotine mis à la disposition du public, il y a déjà quelque temps,
- et qui ont obtenu tant de succès auprès des horticulteurs.
- Pour l’emploi, on étend le jus d’environ vingt fois son volume d’eau et, au moyen du liquide, on pratique des lotions sur de petites surfaces. On doit s’en abstenir, lorsque la peau présente des plaies ou des érosions. De même, il est prudent, à cause des dangers d’empoisonnement, de ne pas se servir des jus riches sous forme de bains généraux.
- A ce propos, donnons quelques renseigne-sur les nouveaux prix des jus de tabacs riches en nicotine. A la suite de réclamations présentées par un certain nombre de conseils généraux et d’arrondissement et d’associations agricoles, et en considération de l’intérêt qu’il y a à faciliter l’emploi, pour les besoins de l’agriculture, des jus de tabac riches en nicotine, le Ministre des finances vient de réduire dans la proportion de 25 0/0 le prix de ces jus mis à la disposition du public dans tous les entrepôts et dans tous les débits de tabacs, en bidons de cinq litres, d’un litre et d’un demi-litre. Le bidon de cinq litres, qui coûtait primitivement 18 fr., sera vendu 13 fr. 50 ; le bidon d’un litre, au lieu de 4fr., 3 fr. ; le bidon d’un demi-litre, au lieu de 2fr. 30, 1 fr. 75.
- LES PETITS ACCIDENTS DU TRAVAIL MANUEL
- ÉCRASEMENT DU PIED
- N accident relativement fréquent qui menace le travailleur est le choc d’un corps pesant qui heurte un membre, le thorax, le dos, les mains, les pieds. Le heurt le plus complet est dû à l’objet qui tombe et écrase ce qu’il rencontre. Une des lois de la mécanique démontre que, dans ce cas, le travail effectué — ici c’est l’étendue du broiement — est proportionnel au poids du corps et à la hauteur dont il tombe. Le produit de ces deux quantités en est la mesure.
- La douleur est là exlrême, indicible, surtout s’il s’agit du pied. C’est le cas que nous considérons aujourd’hui. Tout le monde sait que la compression du pied par la chaussure trop étroite ou encore la douleur du cor au pied est atroce, intolérable; aussi est-il facile de juger ce que devra être l’écrasement du pied.
- Dailleurs la fig. 141 indique assez l’effare-
- ment, l’angoisse du patient, sans qu’il soit nécessaire d’y insister.
- ***
- La première mesure à prendre est la mise en liberté du pied écrasé, non pour reconnaître l’étendue de la lésion, ce qui sera l’affaire du médecin, mais pour en diminuer les conséquences.
- Pour cela, il ne faut pas songer à enlever la chaussure par les moyens ordinaires : délacement du soulier, enlèvement de celui-ci, enlèvement du bas ou de la chaussette par la traction exercée sur eux, on ne ferait ainsi que procurer au malade une douleur inutile et des déchirures nouvelles. Il faut aller franchement, résolument, autrement dit sacrifier la chaussure, en la coupant par le haut, non par un seul endroit, ce serait insuffisant, mais latéralement et enlever la lanière ainsi libre. Tout
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- le haut du pied émerge alors. Et si l’on a eu la précaution d’aller jusqu’au bout de la chaussure, on n’a qu’à la lirer par en dessous pour que le pied en sorte sans aucun effort. Pour le bas ou la chaussette, on les coupera de même. Le choc — phénomène bizarre — peut n’avoir produit que des lésions internes n’accusant rien extérieurement, eldans ces cas un pansement resté célébré, le pansement ouaté d’Alphonse Guérin, suffit. On enveloppe le membre de ouate et de bandes, on l’immobilise, on attend six semaines et souvent aucune complication ne survient: l’ouate a tamisé l’air de ses germes et de ses poussières. 11 en peut être ainsi pour le pied.
- ***
- Le plus communément, hâtons-nous de le dire, les lésions sont extérieures ; et, bien que cela ait été dit ici maintes et maintes fois, répélons-le encore à cause de l’importance du conseil, il ne faut nullement irriter le mal par des attouchements, des heurts, des examens intempestifs. Laisser la plaie au repos est la grande règle, même pour le médecin, à plus forte raison pour le profane.
- La plaie saigne-t-elle, il faut arrêter l’hémorrhagie. L’eau froide coulant sur le siège du mal est un bon moyen d’atteindre et de calmer la douleur. Puis on a l’amadou avec le perchlorure de fer, la compression au-dessus de la plaie pour que le sang des artères, ainsi arrêté dans
- sa course, n’arrive plus à la peau au-dessous de la plaie pour, de là, par les capillaires et les veines, y revenir et s’en échapper.
- ***
- L’hémorrhagie arrêtée, un premier pansement s’impose. Comment le faire? Rien n’est plus simple : quelques tours de bande méthodiquement placés autour du pied et com-mençant à partir des orteils pour remonter au-dessus du pied et même au-dessus de la cheville. 11 faut en outre que la compression très modérée soit, autant que possible, uni-forme. Si cette com-pression n’est pas égale, ou à peu près, il y aura des points où le sangaffluera, soulèvera la peau, y formant des endroits boursouflés où le doigt appuyé laisse une trace blanchâtre, c’est ce que l’on appelle de l'œdème. Et cet œdème, autrement dit cette infiltration sanguine du sang extravasé, a toutes les peines du monde à disparaître. Là est une complication inutile; en outre, il n’est produit que par la rupture de petits vaisseaux dont le contenu peut venir irriter la plaie. En résumé, il faut :
- 1 Enlever la chaussure sans effort ;
- 2° Arrêter l’hémorrahgie ;
- 3° Faire un pansement formé de bandes de toile, modérément et uniformément appliquées. ________________Dr Foveau de Courmelles.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas.
- La Fère. — lmp. Bayen, 13, rus, Neigre.
- Fig. 141. — Ecrasement du pied ; 1. Blessure produit par la chute d’un corps; 2. Déchaussement du pied blessé; 3. Hémorrhagie produite par la blessure ; 4. Bandage du pied.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- L’AGAMI
- Bans les profondeurs des forêts vierges, au nord de l’Amazone, habite Y Agami à la poitrine dorée, vivant par bandes de mille à deux mille individus. Quand ces oiseaux ne sont pas excités ou effrayés, leur allure est lente et digne, mais ils peuvent courir avec une extrême rapidité et même faire des assauts et des bonds prodigieux.
- Leur faculté de voler est, en revanche, très limitée; quand ils ont à traverser un cours d’eau d’une certaine largeur, beaucoup d’entre eux ne peuvent arriver à atteindre la rive opposée et ne parviennent à regagner la terre qu’en nageant.
- A la vue du chasseur, l’agami déploie ses ailes, mais ne vole jamais loin, il redescend bientôt à terre ou se perche sur une branche peu élevée, où il est facile à tirer. C’est dans ces accès de terreur qu’il pousse au diapason le plus élevé, le cri qui lui a valu le surnom de « trompette».
- Au début, ce cri est perçant et sauvage, puis en entend un son étouffé et roulant qu’il produit le bec fermé, ce deuxième son se prolonge pendant une bonne minute et s’éteint graduellement. Après quelques minutes de silence, le cri se fait entendre de nouveau.
- L’agami se nourrit de fruits, de graines et d’insectes. Les jeunes oiseaux préfèrent pardessus tout les vers et les insectes; en captivité ds s’habituent facilement à ne vivre que de grains et de pain. La femelle fait son nid par terre dans un trou qu’elle creuse au pied d’un erbre, et y pond généralement une douzaine d’œufs de nuance vert clair. Les jeunes, à peine
- éclos, suivent leurs parents dans leurs pérégri nations. Pendant plusieurs semaines ils sont recouverts d’un duvet épais et doux au toucher.
- L’agami s’apprivoise très facilement. Dans les établissements indiens, il se promène en parfaite liberté et remplit les fonctions de gardien du poulailler. Il reconnaît vite les personnes, obéit à la voix de son maître, le suit comme un chien, gambade autour de lui d’une façon tout à fait réjouissante et exprime sa joie lorsqu’il revient après une longue absence. Il est jaloux des autres animaux qui partagent l’affection de son maître et se montre particulièrement sensible aux caresses, mais il fait preuve d’antipathie à l’égard des étrangers, et même de haine à l’égard de certaines personnes. Sa suprématie ne s’exerce pas seulement sur les oiseaux, mais aussi sur les chats sur lesquels il fonce avec fureur jusqu’à cequ’ü les ait mis en déroute, chaque fois qu’ils s’approchent du troupeau confié à sa garde. Ces qualités de sociabilité, particulières à l’agami, ont, du reste, été notées avec soin et par nombre d’observateurs.
- Voyez par exemple cette charmante description qu’en fait M. Henri Coudreau, dans le récit d’un voyage en Guyane. « Les agamis familiers, dit-il, viennent becqueter des graines de pois sucré dans la main des petites filles, qu reculent souriantes et se font courir après, gracieuses et paradisiaques dans leur fraîche et grassouillette nudité.
- « L’agami soupire sa chanson ventriloque et
- Fig. 1V2. — Agamis dans la forêt.
- PJA
- VgSSP!
- 2* Série — N* 62 . — 16 Juin 1899,
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- prosterne sa fine tête ronde entre les pieds mignons de la douce fillette, puis, ondulant obliquement en arrière son long cou soyeux et souple, offrant sa poitrine plaquée d’azur, attentif, l’intelligent volatile plante son magnétique regard dans la candide prunelle do l’enfant charmée, qui sourit. Elle sourit de son clair et limpide sourire de la bouche et des yeux en regardant l’agami familier dans ses prunelles de velours noir que baigne une lueur métallique.
- « Ravissants, volatiles! Il est fâcheux qu’ils ne se reproduisent qu’à l’état sauvage. Ils vous suivent dans le village, à l’abatis, dans la forêt, à petits pas rapides, ou sautillant, balançant le cou. Ils viennent regarder ce que l’on fait, et quand ils ne peuvent voir, ils volent sur quelque branche à côté de votre tête pour mieux se rendre compte, (ls reviennent avec vous au village en faisant entendre de petits cris de joie. Quelque chien de leurs ennemis se présente-t-il, ils sonnent la charge et se précipitent sur lui. Ils l’attaquent de face, lui sautent sur la tête, dansent devant lui avant de lui pousser leur pointe, et se moquent de ses coups de dents.
- «Au crépuscule du soir, quand coqs et poules sont allés percher sur les branches des arbres voisins, les agamis, pour dominer la basse-cour, s’envolent sur la plus haute branche du grand arbre mort qui domine la rivière. Isolés sur cette branche sèche, surplombante, on ne voit déjà plus la patte sur laquelle ils s’appuient pour dormir à la façon des marabouts. On n’aperçoit que la tache noire de leur corps, dans l’azur laiteux du ciel crépusculaire » (I).
- Au point de vue zoologique pur, l’agami, Psophia crepitans, est un oiseau du groupe
- des échassiers et appartient à cette famille des Alectoridées qui établit le passage entre les Echassiers et les Palmipèdes, ayant des premiers la longueur des pattes et des seconds la forme du bec et le genre de vie.
- D’après le naturaliste Brehin (2), l’agami possède un corps épais avec un cou de longueur moyenne et une lêle|médiocre ; le bec est court, bombé, à arête dorsale convexe, à pointe crochue, un peu comprimé latéralement ; les tarses sont longs, les doigts courts, l’externe étant relié au médian par une courte palma-ture ; les ongles sont crochus, très acérés ; les ailes courtes, bombées, obtuses, la quatrième remige étant plus longue, la queue est courte, à plumes faibles; les plumes sont larges, celles du cou et de la tête étant veloutées et celles du dessous du corps duveteuses.
- L’agami adulte mesure 35 centimètres de longueur et son aile 30 centimètres de long; quant à sa queue, elle ne dépasse pas trois centimètres. Cet oiseau à la tête, le côu, le haut du dos, les ailes, le bas de la poitrine, le ventre et le croupion noirs, pourpre à reflets bleus ou verts, les plumes de l’aisselle d’un brun olivâtre chez les jeunes, d’un gris de plomb ou gris argenté chez les adultes; le bas du cou et le haut de la poitrine, le bas du cou et le haut de la poitrine bleu d'acier, à reflets bronzés ; l’œil brun roux, entouré d’un cercle nu couleur de chair ; le bec d’un blanc verdâtre, les tarses couleur de chair jaunâtre.
- Bien qu’appartenant à la faune tropicale, l’agami peut s’élever assez facilement sous nos climats, et on en rencontre fréquemment des exemplaires dans les ménageries de nos jardins zoologiques d’Europe.
- Reader.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- ppareil pour le tirage des épreuves stéréoscopiques sur verre. — Les
- amateurs de photographie stéréo-
- (1) H. Coudreau. — Chez nos Indiens, quatre années dans la Guyane Française, I beau vol., in-8° avec 98 gravures et x carte, chez Hachette et Cie, Paris. — Page 435.
- (2) A.-E. Brehm. — Les Merveilles de la Nature, les Oiseaux, 2 vol. in-8°, chez J.-B. Baillière, Paris. Tome II.
- scopique — ils sont de jour en jour plus nombreux — savent tous combien les diapositives sur verre sont supérieures aux photocopies sur papier. Malheureusement les procédés de tirage sont généralement délicats : si l’on opère par contact, il faut des châssis spéciaux à ventouses, et, dans tous les cas, 1® retournement de l’image est nécessaire, il faudra donc couper le négatif en deux.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- . —..............................___________________________________________________________________________________________
- C’est pour remédier à ces inconvénients et à beaucoup d’autres que revèle la pratique, que M. B. Schwartz, de Vienne, a imaginé un ingénieux appareil dont il donne la description dans Ph o t.
- Rundschau 1 8 9 3.
- Comme on le verra, cet appareil présente d’étroites
- analogies avec celui que nous avons décrit précédemment sous le nom d’appareil d’agrandissement, mais ses applications sont plus variées et sa construction est plus soignée. Il peut servir, en effet, non seulement au tirage des diapositives stéréoscopiques, mais encore aux agrandissements et aux réductions d’autres clichés.
- C’est un appareil de laboratoire, ses dimensions un peu exagérées s’opposent à son emploi en campagne. Il semble toutefois que l’on puisse l’appliquer à la photographie impressionniste,
- viendrons. Qu’il suffise de dire que l’une r reçoit le négatif, la couche étant tournée vers l’extérieur, tandis que l’autre s reçoit la plaque diapositive. On emploiera un ob-
- jectifde
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- Fig. 143,
- :
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- Fig. 144. — Paroi antérieure.
- c’est-à-dire à ce genre de reproduction qui ne manque pas de charmes et s’obtient à l’aide de lentille simple (verres de besicles, loupes à long foyer °u même sténopéj. Ces objectifs un peu Primitifs exigent des chambres noires à long tirage et donnent des épreuves de grand format, à contours un peu estompés.
- L’appareil Schwartz est constitué par une boîte de bois allongée, formée de quatre parois rigides, à l’intérieur desquelles peut se mouvoir une seconde boîte, également en forme de tube, mais de dimensions moindres et portant en son centre une partition m, munie d’un objectif n (fig. 143). Le tube extérieur est fermé à ses extrémités par des Planchettes, sur le rôle desquelles nous re-
- 196 mm. de foyer.
- Suivant l’auteur on pourrait éga lement se servir d’un objectif Zeissde
- H9 mm. de longueur focale (anastigmat n° 3, série IV). Comme l’indiquent les figures, les parois terminales sont formées de planchettes s’appliquant exactement contre les extrémités du tube en bois. La paroi antérieure porte une coulisse horizontale dans laquelle s’engage un cadre mobile présentant intérieurement les dimensions du négatif (fig. 144). Il ne s’agit pour le moment que de photographies stéréoscopiques. Si l’on veut
- appliquer
- l’appareil à d’autre s opérations, on n’aura qu’à modifier les di-mensions
- Fig. 145. — Paroi postérieure. de ce Ca-
- dre. Quelle que soit sa forme, il est pourvu à l’intérieur d’une rainure destinée à recevoir le négatif que de petits taquets permettent de maintenir à cette place, comme cela se pratique dans le cas du verre dépoli.
- La paroi postérieure reçoit le châssis g, mobile dans une coulisse horizontale (fig.I45). Ce châssis contient la diapositive. La figure indique suffisamment la construction de cette partie de l’appareil, pour qu’il soit inutile de la détailler ici.
- Les dimensions générales varient d’ailleurs avec la longueur focale de l’objectif et l’agrandissement désiré. Dans le cas de l’objectif de 196 mm. de foyer, la distance sépa-
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- rant le diaphragme delà couche du négatif est de 422 mm. (soit 2,255 longueurs focales), celle séparant la plaque sensible du diaphragme est de 358 mm.
- (soit 1,826 longueurs focales)
- (fi g- 146).
- L’image obtenue est alors,
- non pas amplifiée, mais réduite de 9 x 13 à 7 x 10.
- Dans le cas de l’anastigmat Zeiss n° 3, série IV, on aurait comme distances 119 X 2,255 et 119 X 1,826 soit 268,3 mm. et 217,3 mm. La chambre noire aurait donc une longueur totale de 49 cm.
- On sait que les plaques stéréoscopiques du commerce mesurent généralement 9 x 18 ; or, les épreuves ne doivent guère avoir plus de 8X7 chacune,soit 8x14 pour les deux.la distance qui sépare deux points symétriques ne pouvant guère excéder 7 cm. Il s’ensuit que si l’on opère par tirage direct (contact ou châssis-presse) on perdra une partie de l’image.
- L’inconvénient est encore beaucoup plus grave lorsqu’on se sert de plaques 13 X 18. Il arrive en effet souvent que l’on ne possède pas de glaces du format désiré et qu’on leur en substitue d’autres. Dans ce cas, on n’utiliserait guère que la moitié de l’image obtenue, 8 x 14 au lieu de 13 x 18. La reproduction indirecte, c’est-à-dire celle qui se fait à
- l’aide de la chambre noire permet d’éviter ces inconvénients. L’image totale étant réduite de 13 X 18 et respectivement de 9 X 18 à
- 7x8 (ou 7 x 10, la hauteur des épreu ves pouvant varier dans une certain e m e sure),
- on obtient une double diapositive dont la finesse surpasse celle du cliché, par suite de la réduction.
- Grâce au dispositif adopté pour les châssis contenant les clichés à reproduire et les plaques diapositives, on peut obtenir les combinaisons les plus variées : retournement des clichés, transposition, agrandissement des négatifs stéréoscopiques, réduction, etc. Les cadres mobiles coulissant horizontalement, on peut faire former l’image tantôt à droite, tantôt à gauche de la plaque sensible. Pour la mise au point, on substitue un verre dépoli à la diapositive. Si l’on tient à posséder un appareil absolument pratique, on confectionnera deux chambres noires à soufflet carré, en les combinant bout à bout, elles remplaceront avantageusement le tube de bois à parois rigides. Elles sont, sans doute, d’une construction plus délicate, mais permettent la mise au point par un simple mouvement (allongement ou raccourcissement) des soufflets.
- (A suivre) A. Berthier.
- AUTOMOBILISME
- L’ALCOOL ET L’AUTOMOBILISME. — LA QUESTION DU CHEVAL
- e pétrole n’est pas le seul hydrocarbure qui soit capable d’alimenter un moteur à explosions. Moyennant des dispositifs qui assurent la vaporisation et le mélange avec l’air, on peut employer la plupart des combustibles liquides suffisamment volatils : benzine, éther, acétone, alcool, etc. Mais la plupart de ces combustibles sont trop chers pour pouvoir être utilisés pratiquement. Le cas de l’alcool présente pourtant un intérêt
- spécial, en ce sens qu’il peut être produit à bon marché, mais qu’il reste cher en raison des droits qui le frappent. Il est évident que si ces droits disparaissaient ou étaient considérablement diminués, et si l’alcool pouvait i-éellement être produit à un prix sensiblement plus faible que celui de l’essence minérale, l’automobilisme lui assurerait un débouché important.
- C’est dans cette éventualité qu’un de nos
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- confrères sportifs, le Vélo, a tenté de démontrer, par une épreuve publique, que l’alcool était pratiquement utilisable dans les moteurs actuels, et que, le jour où son prix serait abordable, les voitures existantes pourraient l’employer sans transformation importante.
- Ce journal a donc organisé une course de véhicules à alcool, de Paris à Chantilly, qui a eu lieu le 11 avril dernier. Plusieurs con" currents ont répondu à son appel, mais au moment du départ, le temps était tellement mauvais (il pleuvait à verse) qu’un seul s’est décidé à partir (voiturette Briest et Armand). 11 a d’ailleurs accompli le trajet de Paris-Chantilly aller et retour (136 km.) à une vitesse moyenne de 17 kilomètres à l’heure, ce qui, en raison des circonstances défavorables, est un fort beau résultat. La voiturette était munie d’un moteur de 4 chevaux, et sa consommation totale a été de 37 litres d’alcool dénaturé. Ce voyage, effectué avec la plus parfaite régularité, démontre amplement que l’emploi de l’alcool est possible. Voyons maintenant quels peuvent être ses avantages et ses inconvénients. Au point de vue de la puissance du moteur, l’alcool et le pétrole sont à peu près équivalents : autrement dit, un cylindre de dimensions déterminées donne à peu près la même puissance, qu’il soit alimenté au pétrole ou à l’alcool. Ce fait peut paraître étrange, la puissance calorifique de l’alcool étant sensiblement inférieure à celle du pétrole ; mais il tient à ce que, pour un égal volume d'air (le volume de la cylindrée) on obtient à peu près la même quantité de chaleur, soit qu’on le brûle avec du pétrole, soit qu’on le brûle avec de l’alcool. Mais la différence de puissance calorifique fait que, pour chaque cylindrée, on sera obligé d’introduire un volume d’alcool plus grand que oolui du pétrole ; autrement dit, la consom-uiation en alcool sera plus élevée : il faut environ 3 litres d’alcool contre 2 de pétrole.
- A- ce point de vue de la puissance développée, le pétrole conserve néanmoins un léger avantage, du moins en palier, car les constructeurs de la voiturette dont nous venons de parler ont trouvé que, dans les pontées, l’alcool reprend l’avantage, et ils 1 attribuent au fait que l’explosion de l’alcool est Moins brusque, et sa détente plus régulière, Pour la même raison, les trépidations
- du moteur sont moindres.
- Le volume d’alcool introduit étant plus grand, le réglage est plus facile.
- Enfin, avantage important, l’alcool ne laisse pas d’odeur désagréable.
- Ce dernier point est, à notre avis, capital. Jusqu’ici, on s’est peu préoccupé de l’odeur, le nombre de voitures à pétrole étant encore faible. Mais vous figurez-vous, par exemple, nos boulevards sillonnés par autant de fiacres à pétrole qu’il y a actuellement de voitures à chevaux? Ce serait un toile général ! On nous a souvent dit : « l’odeur de l’échappement n’a aucune importance ; vous ne la sentez pas quand vous êtes sur la voiture ». C’est parfaitement vrai ; mais le précepte élémentaire de morale qui dit : « Respecte le nerf olfactif de ton voisin si tu veux qu’on respecte le tien » ne se trouve-t-il pas un peu malmené dans la circonstance ?
- Si l’on tient compte, en dernier lieu, de ce que l’alcool est un produit national, alors que le pétrole nous vient presque exclusivement de l’étranger, on conviendra que cette tentative d’application à l’automobilisme mérite à tous égards d’être suivie et encouragée.
- ***
- Le nouveau règlement sur la circulation des automobiles exige que les véhicules à moteur mécanique satisfassent à certaines conditions de sécurité, et que le conducteur lui-même soit reconnu apte à sa fonction. Rien de plus sage, d’ailleurs. Mais un bienfait en appelant un autre, on sent immédiatement la nécessité d’une réglementation au moins aussi sévère pour les véhicules mus par un moteur à avoine.
- Rien jusqu’ici ne vous empêche, en effet, de mettre sur la route un cheval rétif, ombrageux, mordeur, de le faire conduire par le premier venu, de le lancer à l’allure qui vous conviendra, et avec un véhicule sans frein. Votre hippomoteur s’emballe-t-il? Prend-il peur d’un morceau de papier qui vole sur la route, et vous jette-t-il dans le fossé? Vous trouvez cela tout naturel. S’effraye-t-il au passage d’un cycliste, le culbute-t-il en broyant sa machine ? C’est là un fait très ordinaire : que diable ce cycliste venait-il faire ici, avec son instrument aux formes bizarres, auxquelles un cheval n’est pas habitué ? Ne pouvait-il pas aussi bien pédaler chez lui ?
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- LA SCIENCE EN FAMII LE
- L’automobile n’échappe pas à la loi générale, et l’article 3 du décret dit nettement : « les appareils devront être disposés de manière que leur emploi ne présente aucune cause particulière de danger et ne puisse ni
- effrayer les chevaux ni...». Vous entendez
- bien, ils devront ne pas effrayer le noble animal. Si celui-ci fait un bond à votre passage, vous aurez beau arguer que vous marchiez à une vitesse modérée, que votre machine n’est pas particulièrement bruyante, que d’ailleurs vous êtes tenu de vous annoncer à 50 mètres au moins, par un son quelconque : vous aurez tort; vous deviez ne pas effrayer l’intéressant pachyderme.
- Aussi, si vous demandez à un automobiliste quel est son principal souci sur la route, de la panne qui le guette ou de l’accident possible aux grandes vitesses, il vous répondra que tout cela ne le tourmente guère, mais que chaque fois qu’il rencontre un hippomoteur, il ne se sent pas tranquille : il craint pour lui, il craint pour son véhicule, il craint surtout pour ceux qui sont dans la voiture qu’il va rencontrer.
- Empressons-nous de le dire : toutes les fois qu’un accident s’est produit, les tribunaux ont tenu compte, dans la plus large mesure, des précautions prises : ils ont condamné très justement l'automobiliste passant aune allure folle, sans se préoccuper du danger qu’il créait. Ils ont acquitté celui qui, malgré toutes ses précautions, n’a pu éviter un accident : Il est probable que, malgré la sévérité apparente du nouveau texte, les choses continueront à se passer de la même façon, mais il n’est pas moins vrai que l’automobiliste, dernier venu, est loin d’être favorisé par cette réglementation.
- Lorsqu’on dépasse une voiture attelée, il est rare que le cheval prenne peur, et généralement il se borne à un petit mouvement. La raison en est d’ailleurs naturelle, puisque • l’objet de sa crainte s’éloigne.
- Mais il en est tout autrement lorsqu’on vient à la rencontre du cheval ; il manifeste généralement des signes de frayeur à une certaine distance, et cette frayeur ne fait que s’accentuer au fur et à mesure que la machine se rapproche. Au moment de la rencontre, il n’est pas rare qu’il se mette en travers de la route, ou monte sur un trottoir ou
- même prenne le mors aux dents. La prudence élémentaire veut que, dès les premiers signes de frayeur, l’automobiliste ralentisse beaucoup son allure, de manière à permettre au conducteur du cheval de descendre de sa voiture pour prendre l’animal par la bride. Dans un cas semblable, nous n’hésitons même pas à nous arrêter complètement sur le bord de la route, et à arrêter notre moteur, de façon à ce que la machine soit absolument silencieuse. C’est une perte de temps de deux minutes peut-être, mais qui, en somme, peut éviter un accident. Hâtons-nous d’ajouter que cela ne suffit pas toujours, et que généralement l’animal manifeste encore des signes de frayeur en passant près delà machine immobilisée. Mais enfin il est difficile de faire plus, à moins de retourner d’où l’on vient ! Ceci est le cas le plus simple, mais il se présente des circonstances plus embarrassantes. C’est ainsi qu’il arrive de rencontrer une file de voitures conduites par un seul charretier. Théoriquement, ce charretier marche à pied sur la route ; en pratique, il dort dans une des voitures, quelquefois la dernière. Vous aurez beau corner à distance, ne dormirait-il point qu’il ne vous entendra pas, assourdi qu’il est par le bruit de sa voiture (on dit que les automobiles sont bruyantes : essayez donc de vous entendre auprès d’un tombereau!) Que faire? Passer si le premier cheval paraît tranquille. S’arrêter, au petit bonheur, ou aller soi-même le conduire par la bride, s’il paraît inquiet. Il nous est arrivé de rencontrer, près de Verrières, des amazones dont les chevaux, à notre approche, se mirent à faire des gambales inquiétantes, au grand effroi de leurs cavalières. Notre compagnon de route dut descendre, et comme s’il se fût agi d’un passage difficile, prendre successivement chacun des chevaux par la bride pour lui faire franchir ce mauvais pas.
- Mais le cas le plus embarrassant est le suivant ; on rencontre très fréquemment, soit près d’un champ, soit plus souvent devant une maison ou un café, une voiture laissée seule ; on ne s’est pas donné la peine de l’enrayer; quelquefois même un enfant est reste dans la voiture. Vous donnez quelques coups de trompe pour essayer de faire sortir Ie propriétaire, mais vous ne réussissez qua inquiéter davantage l’animal ; si vous êtes
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- seul, vous vous arrêtez : vous attendez cinq minutes (deux kilomètres !), personne ne vient. Vous vous décidez alors à entrer inviter le conducteur à s’occuper de son cheval. Gomme vous le trouvez généralement fort absorbé dans une partie de billard, vous n’êtes pas toujours bien reçu ; mais enfin vous finissez par passer, et c’est tout ce qu’il vous faut.
- Pour terminer, il semble que pour éviter dans la mesure du possible tout accident, il faudrait :
- 1° Que tout cheval craintif ou ombrageux portât un signe qui permît de le reconnaître à distance, et de ralentir son allure ;
- 2° Qu’il fût interdit d’abandonner un tel cheval le long d’une route ;
- 8° Que le conducteur d’un cheval peureux fût tenu de descendre de voiture et de conduire son animal par la bride toutes les fois qu'il risque de causer un accident.
- Les administrations publiques, en passant des contrats avec les entrepreneurs qui leur louent des chevaux, stipulent qu’elles n’accepteront aucun animal ombrageux, rueur ou mordeur. Pourquoi n’interdirait-on pas aussi à ces bêtes féroces l’accès de nos routes paisibles ?
- D.
- LES FAKIRS DE L’INDE, ET LES DERVICHES HURLEURS
- ET TOURNEURS DE L’ÉGYPTE
- L’EXHIBITION ACTUELLE DU JARDIN D’ACCLIMATATION
- que leur nombre ait considérable-I ment diminué, en raison directe,
- d’ailleurs, des progrès de la civilisation européenne dans ces contrées, l’Inde est encore couverte, de nos jours, d’une foule de pèlerins quêteurs et de pénitents de toutes sortes qui, sous les noms de fakirs, joghis, etc., exploitent la charité publique. Fakir ou faquir vient de l’arabe fakhar qui veut dire pauvre : les fakirs sont des moines mendiants qui rappellent assez les derviches de la Perse, de la Turquie et de l’Egypte; derviche en persan a la même signification que fakir en arabe, et l’on retrouve chez les uns et chez les autres, la même tendance à l’exagération des tortures volontaires.
- Dans lTnde, les joghis ou joguis, qui sont également des mendiants, appartiennent principalement aux castes supérieures, à la caste des Brahmanes, composée des prêtres, à celle des Rshatriias qui comprend les rajahs et les guerriers. Ils cachent sous leur paresse un semblant de dévotion, et se tiennent accroupis sur les places, à la porte des pagodes restant dans la même position des mois entiers avec des cheveux, une barbe, des ongles de dimensions démesurées, et un corps d’une saleté repoussante.
- Quant aux fakirs, leur première condition est la pauvreté ; ils portent des vêtements en lambeaux, parce que, selon les Musulmans, les
- anciens prophètes étaient vêtus ainsi. C’est en parlant d’un fakir qu’un écrivain oriental a dit qu’il devait faire preuve de dix qualités, toutes propres au chien : avoir toujours faim, n’avoir pas de lieu assuré ; veiller la nuit; ne point abandonner son maître quand même il en serait maltraité; se contenter du plus bas lieu; céder sa place à qui la veut, retourner à celui qui l’a battu ; se tenir éloigné quand on apporte à manger ; ne pas songer à regagner le lieu qu’il a quitté lorsqu’il accompagne son maître.
- Il y en a qui vivent isolés, allant presque nus, et couchant dehors; d’autres se réunissent par bandes sous la conduite d’un chef ; mais les uns et les autres sont le plus souvent armés, et deviennent de véritables pillards de grande route.
- Les seuls fakirs honorables sont ceux qui, dans le but de devenir mollahs ou docteurs, étudient le Coran dans les mosquées, et c’est dans cette catégorie qu’on rencontre les plus fanatiques, ceux qui croient se sanctifier par les tortures les plus extravagantes.
- Sortant ordinairement des castes inférieures, ne pouvant prétendre, à cause de leur naissance, à la vénération dont sont entourés les prêtres, ils cherchent à se rendre célèbres par l’exagération terrible de souffrances volontaires, et au prix de tortures inimaginables, ils finissent par gagner le litre de richis, demi-dieux.
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- Les uns se condamnent à rester debout, sans s’asseoir ni se coucher pendant plusieurs années, s’enfermant durant quarante ans, par exemple, dans une cage de fer ; les autres se surchargent de chaînes énormes, ou bien demeurent exposés nuit et jour aux intempéries des saisons
- la tête en l’honneur de la Divinité, au moyen d’une hache suspendue dans le temple.
- L’enthousiasme a bien diminué de nos jours, il est vrai, et il faut pour l’exciter, sinon une époque solennelle comme la fête du feu, dans laquelle les pénitents marchent nu-pieds sur
- iSSSSji
- : :
- Fig. 147. — Les Fakirs de l’Inde.
- et aux piqûres des insectes. Celui-ci s’enterre vif dans des fossés, pour plusieurs jours; celui-là tient constamment ses poings fermés, de manière que ses ongles, en croissant, pénètrent dans les chairs ; un autre se suspend à une branche, et y demeure attaché jusqu’à ce que ses bras se dessèchent; enfin, on en voit se tenir invariablement sur un seul et même pied; élever constamment et jusqu’à leur mort, les bras en l’air; s’aveugler en fixant le soleil ; se couper eux-mémes une main, un bras, la langue, se mettre du feu sur la tête, se taillader le corps, etc.
- A Ghazipour, jadis, a-t-on rapporté maintes fois, des fanatiques venaient se faire trancher
- des charbons ardents, du moins la présence d’un grand nombre de personnes.
- Les Derviches de l’Egypte, comme ceux de Scutari (Asie Mineure) se balancent le corps de droite à gauche, avec mille et une contorsions bizarres et une vitesse extraordinaire, tout en tenant entre leurs dénis, les uns un fer rouge, les autres un charbon ardent, jusqu’à ce qu’ils tombent, ruisselants de sueur, les yeux hors de la tête ; ou bien ils s’enfoncent dans le corps des instruments aigus, en répétant le nom d’Allah, des heures entières.
- « Ils valsaient, dit Théophile Gautier dans son ouvrage Constantinople, en parlant des derviches tourneurs, ils valsaient, les bras
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- étendus en croix, la tête inclinée, les yeux demi-clos, la bouche entr’ouverte comme des nageurs confiants qui se laissent emporter par le fleuve de l’Extase ; leurs mouvements réguliers, onduleux, avaient une souplesse extraordinaire, nul effort sensible ; nulle fatigue apparente; le plus intrépide valseur allemand serait mort de suffocation ; eux, continuant de tourner sur eux-mêmes, comme poussés par la suite de leur impulsion, de même qu’une toupie qui pivote immobile au moment de la plus grande rapidité et qui semble s’endormir au bruit de son ronflement. »
- El plus loin, il décrit, avec le même luxe d’expressions et les mêmes couleurs de style, les exercices des Derviches hurleurs :
- « Les hurlements étaient devenus des rugissements; les Derviches balançaient leurs têtes flagellées de longs cheveux noirs. Ils tiraient de leur poitrine de squelette des rugissements de tigre, des grommellements de lion, des glapissements de loup blessé saignant dans la neige, des cris pleins de rage et de désirs, des râles de voluptés inconnues et quelquefois des soupirs d’une tristesse mortelle, protestation du corps broyé sous la meule de l’âme. » (T. Gautier, Constantinople).
- Les Derviches hurleurs et tourneurs, dont M. Porte, directeur du Jardin d’Acclimatation, offre actuellement l’exhibition au public parisien, nous viennent directement de la Haute-Egypte; au nombre de vingt-deux, ils sont commandés par un cheik qui les conduit dans leur “tournée” à travers l’Europe: de Paris,
- ils doivent se diriger sur Londres.
- Leur vêtement se compose d’une ample chemise de toile blanche plissée, d’un caleçon serré aux genoux et à la taille, et d’un bonnet cylindrique de feutre épais.
- Tout le jour se passe dans des exercices variés dont les généralités qui précèdent peuvent donner une idée : les uns se mettent à tourner d’une rapidité telle qu’elle peut donner le vertige aux spectateurs; d’autres, en balançant leur corps dans les contorsions les plus bizarres, poussent des cris qui rappellent les rugissements des fauves du désert. Celui-ci, de ses dents blanches, casse et pulvérise un verre de fin cristal qu’il avale ensuite ; celui-là se promène une torche résineuse enflammée sur les bras, les jambes, le corps et le visage, tout en dansant une ronde sur un rythme monotone ; un autre, enfin, avec des grâces féminines, se fait les yeux au moyen d’un sabre rougi au feu, sur lequel il passe ensuite sa langue avec une extrême volupté.
- Les exercices finissent toujours, comme ils ont commencé, au son d’un orchestre étrange composé de flûtes jouant à l’unisson et de tar-boukas dont les airs lents et peu variés ne sont cependant pas dépourvus de charme.
- Cette exhibition à la fois ethnographique et religieuse est très intéressante, et peut donner aux spectateurs une idée des pratiques bizarres qui, dans tout l’Orient, exercent une si grande puissance sur l’imagination des foules.
- C. Chaplot.
- LES FIACRES ÉLECTRIQUES
- •a Compagnie générale de Voitures de Paris, à la suite de quelques essais isolés, a mis en circulation depuis deux mois, un assez grand nombre de voitures automobiles électriques, de façon à pouvoir juger décidément des avantages que peut lui offrir la traction mécanique au point de vue de l’économie, de la régularité du service et de la valeur des modèles à adopter.
- Voici sur ce nouveau service quelques renseignements que nous empruntons au Génie civil.
- 11 y a déjà un matériel existant, des bâti-
- ments et un personnel spéciaux, et la transformation se fera graduellement, à mesure que le public appréciera davantage la rapidité et la commodité de ce nouveau mode de traction.
- On avait tout d’abord songé aux voitures actuelles des avant-trains moteurs à deux ou quatre roues. Le problème ne paraît pas aujourd’hui devoir être résolu dans ce sens, car il est probable que les voitures existantes ne résisteraient pas longtemps à la traction mécanique.
- Une autre question se posait; il étaitnéces-
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- saire d’avoir, pour un service public, des voitures découvertes pour l’été et des voitures fermées pour l’hiver. On a résolu le problème en disposant les châssis moteurs de manière à pouvoir y fixer facilement l’un ou l’autre genre de caisses.
- C’est au moteur électrique que s’est arrêtée la Compagnie générale des Voitures. Les qualités de ce moteur, souple, silencieux, propre, facilement maniable, le feraient immédiatement choisir à l’exclusion de tous les autres si la source d’énergie ne laissait à désirer. L’accumulateur est encore, en effet, lourd, encombrant, coûteux d’achat et d’entretien ; il constitue le côté délicat de la traction électrique. La formation Planté, acceptable pour les tramways, est trop lourde pour les fiacres, et les éléments à oxydes rapportés supportent mal sinon les trépidations et les chocs, du moins les variations brusques du régime de décharge. Il faut cependant arriver à couvrir au moins la même distance qu’avec le cheval, c’est-à-dire 50 à 60 kilomètres sans recharger, et obtenir un prix peu élevé, d’autant plus qu’il est nécessaire de tenir compte de l’usure des bandages en caoutchouc des roues (pleins ou pneumatiques) indispensables pour assurer le bon fonctionnement et la durée des batteries ainsi que du moteur.
- Pour atténuer ces inconvénients, on a adopté un modèle de truc à moteur électrique, qui a permis de donner aux batteries une double suspension sur ressorts. Les roues reposent sur le sol par l’intermédiaire de ressorts plats solidaires des essieux, et la batterie est suspendue au châssis au moyen de ressorts à boudin travaillant à la compression.
- Enfin le mode d’attache de la caisse d’accumulateurs évite en partie l’influence des trépidations et permet de retirer ou de replacer la batterie sans secousses ni chocs.
- Le type de voiture étant adopté, le Conseil d’administration de la Compagnie générale des Voitures a créé une station centrale à Aubervilliers pour y installer un dépôt de 1,000 voitures, et a décidé que les essais d’études seraient faits avec 100 voitures.
- Cette station comprend deux machines horizontales de 250 chevaux chacune, actionnant par courroie deux génératrices de 1,250 ampères et 120 volts, qui distribuent le courant aux 159 postes de charge actuellement
- établis et aux différents services de l’usine,
- Il ne s’agissait pas seulement de créer l’usine génératrice, la station de charge des accumulateurs et les dépôts, il était nécessaire aussi de dresser un personnel pour conduire et entretenir les véhicules.
- On a installé pour cela une école d’apprentissage destinée à recruter des conducteurs intelligents et sobres, à leur apprendre à bien manier leur voiture, à se servir de tous les appareils qu’elle comporte et à remédier aux incidents pouvant se produire en cours de route.
- Cette entreprise a exigé beaucoup de temps et de patience. La Compagnie a apporté tous ses soins à cette école qui, incomplète ou mal faite, eût pu, à elle seule, faire échouer la tentative de substitution de la traction mécanique à la traction animale pour les voitures de place.
- Aussi rien n’a été négligé pour obtenir un plein succès. Des trucs démontés, des voitures d’essai sont mis à la disposition des cochers. On a établi spécialement pour l’école d’apprentissage une piste réunissant les accidents principaux pouvant se présenter dans les rues : pentes variées, pavages différents, tournants brusques, etc. ; enfin des mannequins, des silhouettes, des tas de pavés permettent aux conducteurs de s’exercer à se tirer d’affaire au milieu des encombrements de la voie publique.
- L’apprentissage dure dix jours. En général, dès le cinquième jour, on peut laisser sortir les conducteurs dans Paris avec les voitures d’essai. Un itinéraire à difficultés croissantes leur est imposé et leurs instructeurs les conseillent et les guident. Le cocher capable de conduire une voiture à traction mécanique passe l’examen exigé par la Préfecture de police et reçoit un permis provisoire de circulation qui, un mois après, est échangé contre un livret double lui donnant autorisation de conduire dans Paris une voiture de place a traction animale et une voiture automobile.
- On a ainsi, à l’heure actuelle, un noyau de plus de 200 bons conducteurs capables de faire apprécier au public tous les avantages de ce nouveau mode de traction.
- Le type de véhicule adopté est celui des voitures électriques anglaises importées eu France par la Compagnie française des Lut'
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- tures électro-mobiles, avec roues motrices à l’arrière et avant-train directeur.
- Ces voitures comportent un truc en acier, monté sur quatre roues caoutchoutées, qui reçoit le siège du conducteur, le mécanisme moteur, ainsi que les appareils de direction et de changements de vitesse.
- Le châssis repose d’une part sur l’avant-train à ressorts, et, d’autre part, sur l’essieu arrière par l’intermédiaire de deux ressorts plats longitudinaux, la position de la batterie n’ayant pas permis de mettre un ressort transversal.
- C’est sur ce truc, ainsi disposé, que viennent se fixer les caisses interchangeables de la voiture (coupé trois-quarts, landaulet ou vis-à-vis).
- La voiture-coupé pèse en tout, avec le personnel qu’elle doit porter, 2,310 kilogrammes.
- Les différentes positions du combinateur permettent d’obtenir 4 vitesses (3, G, 11, 17 kilomètres), l’arrêt, lé freinage électrique et une marche arrière à la vitesse de 3 kilomètres.
- Les batteries actuellement employées sont
- ACADÉMIE D:
- Séances des 4 er
- Le traumatisme chez les tuberculeux. —
- On admettait jusqu’alors que les luxations ou les entorses, d’une manière générale le traumatisme, favorisent l’évolution des tuberculoses locales et en appellent la localisation. Les expériences de M. Max Schuller semblaient favorables à cette opinion. De nouvelles recherches de MM. Lannelongue et Achard sont en contradiction avec cette manière de voir. Ils ont inoculé à des cobayes des produits tuberculeux et n’ont jamais observé, à la suite des traumatismes variés auxquels ils les soumettaient, de tuberculoses locales.
- L’iode dans l’eau de mer. — D’après les études de M. Gautier, l’eau de la pleine mer Prise à la surface, et puisée à une faible profondeur, ne contient pas d’iodures minéraux.
- Dans cette eau, la totalité de l'iode (à des traces Près) existe sous forme de composés organiques.
- Une partie de cet iode organique est fixée dans ks êtres microscopiques ; zooglées, algues, spongiaires, etc., qui vivent à la surface et jusqu’à Une certaine profondeur et constituent le Vlanhton de la haute mer.
- du type de la Société pour le travail électrique des métaux : 44 éléments, 750 kilogrammes.
- Leur capacité est de 135 ampères-heure.
- La consommation du moteur variant de 20 à GO ampères, les batteries doivent, en bon état, pouvoir fournir un parcours moyen de 50 à 60 kilomètres, suivant la nature de la chaussée, son état et l’habileté du conducteur.
- Les éléments de ces batteries sont du type mixte : les positives de formation Planté et les négatives au chlorure de plomb réduit.
- L’avant-train directeur tourne autour d’une cheville ouvrière.
- La direction est très sûre, n’étant pas réversible, mais elle est très démultipliée et exige 13 tours de volant pour faire décrire à l’avant-train un angle de 90°.
- La voiture possède deux freins électriques, un frein à enroulement et un frein à sabot.
- Ces freins ne serrent que dans le sens de la marche avant.
- La mise en marche de ces 100 voitures publiques est la première attaque sérieuse à la prépondérance du moteur à crottin dans les rues de Paris.
- S SCIENCES
- et 8 Mai 1899.
- Les quatre cinquièmes de l’iode de l’eau de mer y sont à l’état de composés organiques solubles.
- Ces composés organiques de l’eau de mer sont azotés et paraissent riches en manganèse et phosphore. Ils s’accumulent dans les eaux de rivage qui déposent, sous forme d’écumes, de zooglées, de diatomées, etc., leurs matériaux en partie solubles, en partie muqueux, restant après le bain adhérents à la peau qui les absorbe ensuite partiellement. C’est ainsi que l’organisme peut bénéficier ultérieurement de leur action excitante et spécifique.
- ***
- Sur l’absorption de l’iode par la peau et sa localisation dans certains organes. —
- M. Gautier présente également une note de M. F. Gallard, qui donne à ses travaux la conclusion suivante: La peau saine se laisse pénétrer par des iodures en dissolution dans l’eau, et l’iode qui passe ainsi dans l’organisme peut être retrouvé et dosé dans les urines et dans les viscères.
- L’alimentation joue un rôle important dans l’élimination du métalloïde ; le remplacement du régime végétal ordinaire par un régime sec et
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- amylacé produit une élévation considérable du pourcentage de l’iode.
- L'iode semble avoir une prédilection pour certains organes, le cerveau, par exemple ; il s’y fixe dans des proportions assez considérables pour permettre de supposer une action élective de cet élément.
- ***
- Chute de météorite récemment observée en Finlande.— M. Yermoloff, ministre de l’Agriculture de l'empire de Russie, a signalé à M. Stanislas Meunier la chute, dans les premiers jours de mars, près de Borgo, en mer, d'une météorite de grandes dimensions. La chute du bloc a percé dans la glace un trou de 9 mètres de diamètre qui a guidé dans les recherches faites ensuite ; cette météorite a été retrouvée enfoncée dans la vase ; on estime son poids à 1000 kilogrammes et on va procéder à son extraction.
- ***
- Préparation de corps nouveaux : le phos-phure de magnésium. — M. Henri Gautier établit que la combinaison directe du magnésium et du phosphore fournit un phosphure de formule P* Mg3. Ce composé se détruit par l’eau avec une grande facilité, en donnant de la magnésie et du
- A TRAVERS
- La plus ancienne mine de charbon de l’Europe. — M. Franz Buettgenbacb, ingénieur des mines à Aaehen (Allemagne), qui publia l’année dernière un petit livre sur ce sujet, a découvert un nouveau document qui prouve que la plus ancienne opération houillère date d’une époque antérieure à celle qu’il avait primitivement fixée. Il semblait que l’usage du charbon avait été reconnu pour la première fois dans le district de Liège en 1199, mais il n’est pas douteux maintenant que le charbon était trax aillé dans le district deWorms avant l’année 1113.
- Dans son histoire de l’Industrie houillère en Angleterre, Galloway dit qu’il est probable qu’avant la fin du règne de Guillaume-le-Lion (1214) le charbon attirait déjà l’attention sur le côté sud du détroit de Forth, et il cite que, pendant le règne de ce prince, la houillère de Carriden, près Blackness, offrait une dîme aux moines de l’abbaye do Holy-rooq à Edimbourg. Ceci se passait cent ans après que les mines de Worms étaient en exploitation régulière : les plus anciens tra
- phosphure d’hydrogène gazeux pur. Son action chimique est très grande: il réagit facilement sur les métalloïdes de la première et de la deuxième familles. ***
- Découverte d’une faune d’animaux arctiques dans la Charente à l'époque quaternaire. — MM. Marcelin Boule et Gustave Chauvet ont recueilli, provenant d’une carrière ouverte dans du calcaire crétacé, à Châteauneuf-sur-Charente, de nombreux ossements appartenant à quinze mammifères, un oiseau et deux batraciens. Cette découverte est intéressante, d’abord parce qu’elle nous montre que, pendant les périodes froides de l'époque quaternaire, la faune d’animaux arctiques habitant aujourd’hui les toundras et les steppes du nord de l’Europe, s’est avancée jusque dans la France centrale où elle a été représentée par plusieurs espèces caractéristiques. Parmi les gisements rencontrés jusqu'ici dans cette région, celui de Châteauneuf est un des plus complets et celui qui a montré l’association la plus nombreuse d’animaux adaptés à un climat froid. Il permet de signaler, pour la première fois, l’existence, dans le centre de la France, à l’époque quaternaire, de trois espèces arctiques : le lièvre des neiges, le campagnol du Nord et le renard arctique.
- LA SCIENCE
- vaux de mine de charbon connus en Europe datent donc du commencement du XIIe siècle et ne se rapportent point aux mines anglaises.
- The Engineering an Mining Journal.
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- La rose bleue. — S’il faut en croire les gazettes bulgares, un horticulteur de Kizan-lik, endroit réputé pour son industrie des parfums, M. Stantcheff aurait obtenu enfin, dans ses serres, ce phénomène floral, depuis si longtemps annoncé, la rose bleue. La terre où était planté le rosier désormais célèbre, renfermait beaucoup de chaux, de l’oxyde de fer, des sels ammoniacaux et du sulfate de cuivre. On en a prélevé plusieurs échantillons qu’analysent en ce moment des chimistes de Sofia. Quant à l’arbuste porteur de cette merveille d’un bleu turquoise, il n’avait donnéjusqu’ici que des fleurs rose pâle.
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- Tonneaux en papier. — On fabrique couramment aux Etats-Unis des tonneaux en pâte de cellulose, vulgairement dénommés tonneaux en papier,
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- Il paraît que la construction de la futaille en papier comprimé est beaucoup plus rapide que celle des fûts en bois.
- On affirme, en effet, que trois fabriques établies récemment à Hartfordt, à Cleve-land et à Toledo, peuvent livrer chaque jour 3.000 fûts en papier.
- Les avantages de ce nouveau genre de récipients consisteraient principalement dans l’absence des joints entre les douves, ce qui supprime le coulage et, par suite, une perte notable de liquide.
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- Nouvelle échelle de sauvetage. On a expérimenté à Berlin une nouvelle échelle de sauvetage qui, en quelques secondes, permet aux pompiers d’approcher d’un incendie
- LA SCIENC]
- Cachets antidiarrhéiques. — M. A. Pick donne la formule suivante :
- Alun ....... Ogr. 10
- Opium...............0 gr. 01 à 0 gr. 02
- Salicylate de bismuth. . 0 gr. 30 à 0 gr. 60
- Mêlez. Pour un cachet. Faites dix cachets semblables. — A prendre : trois cachets par jour. Cette médication se montrerait efficace même dans les diarrhées les plus rebelles.
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- Préparation des toiles à peindre. —
- Sc basant sur les reproches qu’adressent bien des connaisseurs au fond dont on recouvre d’ordinaire les toiles à peindre, fond qui brunit beaucoup en vieillissant et diminue la luminosité du tableau qui a été Peint sur la toile, M. J.-L. Schudt signale, dans Polytechnisches Cenlraïblatt, une composition nouvelle de son invention. On éteint de la chaux avec un peu d’eau, et tandis que la chaleur n’en est pas encore disparue, on y ajoute de la cire d’abeille et de 1 huile de lin, puis on écrase le tout dans un moulin à couleurs avec 1 fois 1/4 ou f fois 1/2 son poids de fromage blanc; on étend ensuite la masse sur la toile, saturée de lait et bien aplanie. Il paraît que l’enduit auisi obtenu ne se craquèle que très
- rarement.
- que l’on aurait jusqu’ici jugé inaccessible.
- D’après la nature, l’inventeur a imaginé de relier toutes les fenêtres superposées en ligne droite d’un immeuble par une tige en fer à laquelle il fixe une poignée par fenêtre. La tige de fer repose sur une boule mobile. En tirant sur l’une des poignées, toutes les fenêtres s’abattent et se fixent en formant un angle de 90°. A l’instant même, il se détache automatiquement de la partie supérieure de chaque fenêtre ainsi abattue un tronçon d’échelle. Ces tronçons viennent s’emboîter les uns dans les autres pour former une échelle des plus solides. En temps ordinaire, les fenêtres ainssi disposées ne se distinguent en rien des fenêtres ordinaires. Il est facile de les adapter à peu de frais aux maisons déjà construites.
- PRATIQUE
- Traitement des pommes de terre. — Le
- traitement des pommes de terre par le sulfate de cuivre est un traitement préventif; il laut donc l’appliquer dès le mois de juin ou le commencement de juillet.
- Voici, d’après le Journal de l'Agriculture, la composition de la bouillie recommandée par Aimé Girard :
- Pour 1000 litres d’eau, 30 kilogrammes de sulfate de cuivre et 30 kilogrammes de chaux. On fait dissoudre à part le sulfate de cuivre, et on prépare un lait de chaux à part; puis on verse lentement le lait de chaux dans la solution de sulfate de cuivre, en remuant le mélange ; enfin, on ajoute la quantité d’eau nécessaire pour faire le volume total de 1000 litres. Pour opérer le traitement, on arrose largement toutes les touffes de pommes de terre avec un pulvérisateur. On doit employer, suivant les recommandations d’Aimé Girard, environ 18 hectolitres de bouillie par hectare. Il n’a pas paru jusqu’ici nécessaire d’opérer un deuxième traitement; le remède est préventif, quand on l’applique avant l’apparition de la maladie. Quant à l’addition de mélasse ou d’autre substance à la bouillie, elle à pour effet de rendre celle-ci plus adhérente aux feuilles ; mais cette addition ne paraît pas abs lument nécessaire pour un bon traitement.
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- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES
- MOULAGE DE FEUILLES EN PLATRE
- ¥ous pouvez obtenir facilement de fort jolies feuilles de plâtre ayant minutieusement toutes les empreintes en un relief fort prononcé et qui serviront, une fois confectionnées, à égayer votre salle à manger et à décorer magnifiquement votre demeure.
- Pour exécuter et confectionner ces feuilles de plâtre, voici comment nous procéderons : nous prendrons une feuille quelconque, assez grande pourtant, avec des sinuosités et un relief assez accentués, soit par exemple une feuille de betterave, de bégonia, de choux, etc.
- Nous la prendrons bien fraîche, exempte de trous, et de la plus grande dimension possible. Sur une table, on étalera une feuille de papier, un journal par exemple, afin d’éviter que des gouttelettes de plâtre tombent et tachent la table. Votre papier bien posé à plat, vous posez dessus votre feuille à mouler face en dessous.
- La feuille ainsi posée ne saurait présenter une surface suffisamment plane ; pour qu’en posant — même légèrement — le plâtre plus tard, il ne se produise, par l’effet de son propre poids, une distension qui ferait craqueler tout l’ouvrage, on se précautionnera au préalable de papier dit “ de soie ” que l’on roulera dans ses mains en de petites boulettes (B) de diverses grosseurs (fig. 148). Nous en placerons dans ces creux, c’est-à-dire entre les bords de la feuille et.le journal, de distance en distance, pour supporter légèrement les ondulations de la feuille.
- On aura à sa portée du plâtre à modeler fin, de l’autre plâtre ordinaire fin, un pinceau doux et de l’eau bien propre. On délaye d’abord dans un vase de verre ou de grès, du plâtre à modeler avec une petite spatule de bois afin d’éviter les grumeaux et les-soufflures. On met en premier lieu dans le récipient choisi la quantité d’eau nécessaire, environ moitié pour un bol ordinaire, puis on saupoudre le plâtre à modeler fin à la main, en ayant bien soin de le laisser tomber doucement en poussière et jamais en masse.
- On arrêtera bien avant d’arriver à fleur d’eau, et on obtiendra ainsi par ce moyen un
- plâtre très liquide ; après avoir attendu une minute qu’il ait jeté tout son feu, on le battra légèrement au moyen de la spatule pour le mélanger le mieux possible.
- On trempera alors dans ce liquide blanc le pinceau, on le promènera fort délicatement, ainsi enduit, sur la feuille, en commençant par les bords pour finir vers le centre, de de manière à recouvrir l’envers d’une couche très mince de plâtre, ce qui lui donnera déjà un peu de résistance.
- On veillera particulièrement à ce que cette couche de plâtre soit bien régulière dans tous les creux, et que le plâtre ne déborde jamais de la feuille afin d’éviter qu’il ne passe en dessous et ne s’attache au papier. Une fois la première couche sèche, on en donnera une deuxième en procédant de même façon. Une fois cette deuxième couche solidifiée, déplacez un peu votre feuille sans la soulever et en la glissant légèrement, ou bien encore, ce qui est même préférable, passez le tranchant d’une lame de canif entre les bords de votre feuille et le papier, en le glissant doucement, tout autour, de façon à s’assurer que la feuille n’est, en aucune partie, scellée au papier.
- On préparera ensuite du plâtre ordinaire fin de la manière suivante :
- On délayera à nouveau ce plâtre dans le vase de verre ou de grès, comme on a fait pour le plâtre à modeler fin, en ayant soin cette fois de le laisser tomber en poussière jusqu'à fleur d’eau, on aura un plâtre moyen et on y ajoutera une petite pincée d’alun en poudre destiné à rendre le plâtre plus dur en séchant.
- On en barbouillera une couche un peu plus forte sur toute la feuille, à la condition d’en mettre peu sur les bords de la feuille de façon à lui donner plus de finesse et de légèreté une fois la feuille de plâtre finie.
- On laissera bien sécher cette couche de plâtre, et il suffira pour cela d’un quart d’heure environ.
- Si la feuille est grande, délicate, on pourra facilement lui donner plus de résistance, de la manière suivante : on découpera de petites tringles dans du fil de laiton ou du fil de fer
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- galvanisé qui, prises ensuite dans la couche de plâtre, lui donneront plus de solidité ; on les arrangera sur la feuille à ce moment afin de couler ensuite le plâtre ordinaire dessus.
- Il faudra chaque fois que l’on se sera servi du pinceau, enduit de plâtre, et avant de s’en servir à nouveau, le nettoyer en le laissant tremper dans de l’eau propre.
- Enfin quand on aura fini, il faudra nettoyer également tous les outils, bol, etc., parce que le plâtre ayant durci, il serait fort difficile ensuite de le détacher. Voilà la feuille à peu près confectionnée, il reste donc à la préparer en vue du mode de décoration auquel on désire la faire servir.
- Si l’on veut pendre simplement la feuille au mur, à volonté, on prendra un petit anneau de cuivre de 1 m/m environ de diamètre, on l’enfermera dans un ou plusieurs nœuds de “ fouet ” voir fig. 150), qui se trouvent plus tard cachés dans le scellement. On gâche alors du plâtre ordinaire plus épais que le précédent en en mettant un peu en excès dans l’eau, et de façon à obtenir un plâtre dur auquel on ajoutera également, avant de le malaxer, une petite pincce d’alun en poudre.
- Prenant alors ce plâtre épais, on en fait un léger monticule au milieu, sans en mettre sur les bords de la feuille, et avant qu’il ne fasse prise, on place aux 2/3 environ du sommet de la feuille l’anneau que l’on a préparé précédemment et qui devra être scellé dans le plâtre jusqu’au point A-B. Cet anneau ne devra pas se voir, une fois votre feuille pendue au mur.
- Dans le cas où l’on voudrait fixer la feuille à demeure sur un plat en terre cuite, on placera une boulette de plâtre gâché dur au dos de la feuille et on appliquera la feuille sur le plat à l’endroit qu’elle doit occuper, le plâtre s’écrasera légèrement, entrera dans les pores de la terre cuite et s’y fixera. On fera bien aussi au préalable de mouiller un Peu l’endroit du plat où viendra se fixer la boulette de plâtre, afin de faciliter la prise.
- Si on veut fixer la feuille sur un petit Panneau de bois de chêne ou de noyer, rectangulaire par exemple, et dont on aurait arrondi les angles, on s’assurera d’abord que cette planchette est bien plane et on la Prendra d’une surface plus grande que la
- feuille à y fixer, car rien ne serait plus disgracieux qu’une planchette de trop petite dimension pour une feuille modelée.
- On placera provisoiremenj la feuille pour en calculer le point où viendra se fixer la boulette de plâtre ; une fois que l’on sera bien sûr de ce point d’attache, on fixera trois ou quatre clous à forte tête — de ces petits clous appelés dans le commerce clous à bateau — puis on fixera au dos delà feuille une boulette de plâtre gâché dur, et l’on amènera la feuille à sa place définitive où elle sera maintenue à demeure par le scellement des clous dans le plâtre.
- On obtient par ce moyen un panneau fort artistique, il ne reste plus qu’à fixer ce dit panneau au mur avec une grande cordelière, comme s'il s’agissait d’un cadre ordinaire.
- Pour retirer la feuille qui a servi de support, c’est-à-dire la feuille naturelle, avant que le plâtre soit trop sec, et au moyen de la lame d’un canif, on grattera le peu de plâtre qui aurait pu glisser sur le bord de la feuille, mais tout doucement, afin que la feuille en se détachant n’entraîne aucun bris; on laissera sécher la feuille quelques jours à l’ombre : en perdant peu à peu sa rigidité et son humidité, elle se soulèvera et se détachera d’elle-même et il ne restera plus qu’à la soulever légèrement avec la pointe d’un canif. Une fois les bords bien détachés, elle s’enlèvera parfaitement, et on se trouvera ainsi en possession d’une magnifique feuille de plâtre portant l’empreinte des moindres nervures ou saillies de l’original et pouvant ainsi constituer, par exemple, un excellent modèle pour les dessinateurs.
- L’ouvrage terminé, on obtient par conséquent une feuille entièrement blanche. Désire-t-on peindre cette feuille, voici comment l’on procédera.
- Sur une épreuve bien sèche, on passera quelques gouttes d’une huile grasse qui lui donnera une teinte analogue à celle du papier de Chine sur lequel se tirent les belles épreuves en gravure. Une fois cette qualité acquise, la poussière n’aura nulle action sur le plâtre.
- La teinte de l’ivoire, cette teinte soufrée dont l’aspect est si doux à l’œil et dont la nuance harmonieuse et fine fait si bien
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- valoir l’épreuve qui en est revêtue, s’obtient en mélangeant un peu d’ocre dans le plâtre dont on doit se servir pour le moulage. On doit l’y mêler quand il est sec, et comme il n’est guère possible d’indiquer les proportions à observer dans le mélange, on tâtonnera, on fera des essais en mouillant le plâtre mélangé d’ocre et en laissant ensuite sécher. Pour certains modèles, la teinte un peu rougeâtre étant préférable à la teinte safranée, on peut en varier les nuances en employant l’ocre jaune ou l’ocre rouge mélangée, de manière à produire tous les tons gradués entre le jaune soufre et le jaune brique.
- Pour faire sécher presque instantanément un peu de plâtre coloré il suffît de le poser sur un pain de blanc d’Espagne, la dessiccation s’opère immédiatement.
- Le plâtre étant presque sec, pour donner l’illusion du vieil ivoire, on prendra un petit pinceau fin, qu’on trempera dans une dissolution de terre de Sienne brûlée et d’eau, le pinceau dans les creux qui donnera l’illusion de
- . . l’ivoire
- -Annes:/ curvre
- ravage par les ans.
- Si l’on veut peindre avec des coule u r s à
- l’huile, on fera bien sécher la feuille de plâtre, puis, pour la soustraire à l’humidité, on la passera à l’huile siccative, et on la fera sécher de nouveau, après quoi on pourra appliquer une deuxième couche et peindre ensuite directement.
- On arrive de même à obtenir l’imitation de tous les genres de bronze en s’y prenant de la façon suivante :
- Pour imiter le bronze vert, on prépare le plâtre avec du jaune de chrome et du bleu de Prusse délayés à l’huile, on passe en-
- suite les poudres d’or faux qu’on étend avec le pinceau. S’il s’agit de bronze antique, le plâtre doit être préparé avec une couche d’huile grasse, mélangée de terre de Sienne brûlée, après quoi il faut bien laisser sécher quelque peu et ensuite appliquer de la mine de plomb et du vert émeraude broyé à l’huile : un peu de cobalt et de vert émeraude mélangés seront étendus dans les parties creuses.
- Pour dorer ou argen-
- Fig. 148. — Disposition montrant la feuille étendue sur le papier avec la place des petites boulettes B destinées à en atténuer les ondulations.
- puis on passera des veines, ce
- ' F°uillt
- e verte nvitïireJle
- Fig. 149. — Coupe transversale d’une feuille recouverte de plâtre : A, plâtre dur ordinaire fin ; B, plâtre tendre ordinaire fin ; C, plâtre à modeler fin (clair).
- ter le plâtre, on le prépare avec deux ou trois couches d’huile grasse mélangée d’un peu de vermillon, et lorsque le plâtre a perdu sa qualité absorbante, on l’enduit d’un mordant à dorer qu’on passe également partout avec un pinceau.
- Lorsqu’il ne s’agit plus que d’étendre l’or ou l’argent en feuillet, il faut se munir d’un coussin à dorer et d’un couteau destiné à cet ouvrage.
- On renverse le livre qui contient les feuillets du métal précieux, or ou argent sur le coussin, et quand la feuille est posée, on la divise en proportions égales avec le couteau ; puis, avec un petit pinceau plat et légèrement enduit de pommade, on applique la feuille sur le plâtre, en ayant soin de l’appuyer un peu avec du coton et l’on continue ainsi, en unissant les unes aux autres toutes les petites fractions de feuillets dorés ou argentés, donner au plâtre blanc l’aspect de la terre cuite, on prend du blanc de céruse qu’on étend avec un peu d’essence de térébenthine et on ajoute de l’ocre rouge en poudre jusqu’à ce que l’on ait obtenu le ton exact de la terre cuite ; on applique ensuite ce mélange en procédant par petits coups avec la pointe du pinceau.
- Henri Féry.
- CH .MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
- Fig. 150.
- Enfin, veut-on
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- RACES AFRICAINES
- LES BECHUANAS
- fERS le 28e degré de latitude sud et le 22e degré de longitude, s’étend le territoire de l’importante tribu des Bechu-anas.
- Ce territoire est borné au nord par celui des « Batla-pins», à l’ouest par le Transvaal, au sud, par la province de Prignaland West et à l’est par le désert du Kalahari.
- La capitale,
- Kuruman, est formée de l’agglomération de 150 à 200 huttes construites de branches, de terre battue et chaume, semblables à de grandes ruches d’abeilles.
- Ces huttes, très rapprochées, les unes des autres, sont séparées par des rues étroites, inégales, remarquablement sales,où grouillent pêle-mêle cochons, poules et enfants.
- Les missionnaires y ont établi une station dans une maisonnette surmontée d’une croix, et où les rares indigènes qui ont embrassé le christianisme vont prier et se faire instruire.
- L’intérieur des huttes est peu luxueux ; elles ne contiennent guère que des peaux de bêles sauvages, des haches, des assagayes, des bouliers et d’énormes pots de terre dans lesquels les
- femmes conservent des provisions de grains.
- Les « Bechuanas j> vivent de chasse et d’agriculture, et vendent aux « Traders » des peaux
- et des plumes d’autruche.
- Leur costume d’apparat consiste en une peau de lion ou de jaguar, ou bien en une espèce de caban orné de plumes. Contrairement au goût des autres tribus cafres, ils portent peu d’ornements sur le corps et sont armés de fusils, d’assa-gayes et de boucliers façonnés en forme de violon. Ils se tondent une ligne circulaire de cheveux au-dessus des oreilles et une autre au-dessous du toupet, qu’ils portent allongé en pointe, à la façon des clowns.
- Les femmes sont peu séduisantes. Leurs cheveux, semblables aux poils d’un caniche mal tenu, sont ramenés en avant à la malconlent, et elles s’entourent le cou, les bras, la taille et les jambes de bracelets de métal, d’os et de verroteries.
- Les femmes de basse condition se ceignent les reins d’une peau de bête ; les élégantes se suspendent aux hanches toutes les étoffes qu’elles ont pu se procurer.
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- Fig. 151, — Types de Bechuanas, d’après une photographie.
- Série — N* 63 . — 1er Juillet 1899,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Cette peuplade est douce et folâtré ; elle est très bavarde et toujours disposée à s’amuser.
- Les Bechuanas s’assoient en tas pendant des heures pour chanter des mélodies abominables en grattant une espèce de guitare dont les sons discordants arrachent aux chiens de lamentables gémissements ; ils s’invitent volontiers à dîner les uns chez les autres et se font des niches incessantes qui les entretiennent dans une constante hilarité.
- Ceux qui n’ont pas embrassé le christianisme
- et c’est, de beaucoup, le plus grand nombre, sont extrêmement superstitieux, particularité commune à tous les Cafres.
- Ils croient aux sorciers et aux esprits, ainsi qu’à une autre vie, et vénèrent un être surnaturel nommé « Barimi », qu’ils supposent en communication avec les âmes des morts. Mais leur fanatisme est bien moins cruel que celui des « Ama Khosas » et des « Zoulous », et leurs « Nyakas » (prêtres) n’ordonnent jamais de sacrifices humains comme le font ceux de ces derniers peuples.
- LES PETITES INDUSTRIES
- l’industrie de la paille
- æN vient d’attirer l’attention publique sur les progrès considérables accomplis, dans plusieurs régions européennes, par ce qu’on nomme « l’industrie de la paille» et l'on se demande avec raison pourquoi la France, seule, semble indifférente à une sorte de travail qui, tout en occupant un grand nombre d’ouvriers, permet en outre la réalisation d’assez jolis bénéfices.
- En Allemagne, par exemple, des milliers de personnes vivent à peu près exclusivement de «l’industrie de la paille», fabriquant des corbeilles, paniers, tranchoirs, tables, boîtes, cassettes, éventails, chapeaux, paillassons, etc. La plupart de ces ouvriers sortent d’écoles professionnelles spéciales, créées en vue de ce travail si particulier de la paille. Il y en a dans toute l’Allemagne, et la Saxe, à elle seule, n’en compte pas moins de sept ou huit.
- Les travailleurs en question se servent, pour leur industrie, de chaumes de seigle et de blé, provenant de Toscane, et qui, semés en mars, sont coupés en juin. On leur fait subir alors un traitement assez long. Réunis en bottes, ils sont exposés au soleil, puis conservés au sec pendant deux ans. Au moment de s’en servir, on les soumet pendant trois nuits à l’action do l’humidité, et pendant trois jours à l’action du soleil : do verte, la paille devient jaune d'or. On enlève soigncusenipnt alors les épis et les racines, puis on remet la paille en bottes, qui sont lavées, égouttées, séchées, et
- ensuite, dans un local hermétiquement clos, soumises aux vapeurs d’un brasier dans lequel on brûle du soufre. Cette sulfuration fait disparaitre la teinte dorée ; la paille devient d’un beau blanc.
- C’est alors que la paille est expédiée en Allemagne, où, tandis qu’en Italie elle est façonnée telle quelle, on la fend avant de s’en servir. Elle subit neuf opérations distinctes. Les tiges sont, tout d’abord, peignées avec un instrument à dents qui enlève les racines, les épis et les feuilles ; on enlève ensuite les nœuds et l’on coupe chaque tige en trois parties. La paille est alors triée, humectée d’eau, puis passée de nouveau aux vapeurs de soufre, et enfin tressée.
- J’ai dit plus haut que chez nos voisins, où l’activité commerciale et industrielle se manifeste sous toutes les formes, on avait eu soin de créer des écoles spéciales pour l’industrie de la paille. Pourquoi ne ferait-on pas de même en France où des écoles analogues rendraient de grands services et où il est si facile de produire de la paille ayant les mêmes qualités que celle de Toscane ?
- M. de Varigny, qui a traité ce sujet avec la compétence qui lui est propre, faisait récemment observer que si l’on entrait dans cette voie, il serait aisé de procéder au blanchiment de la paille par des moyens plus rapides et plus efficaces que le brûlage du soufre, en employant, par exemple, l’ozone. On trouverait là une annexe probablement rémunératrice du travail à la ferme, dans les
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- exploitations importantes. Les moteurs à vent, tels qu’on les voit, innombrables dans les exploitations agricoles américaines, fourniraient, sans se faire prier, la force motrice ainsi que le courant électrique nécessaire pour ozoniser l’air. Il y a là, disait-il, tout un petit programme d’utilisation que les esprits sagaces et progressistes sauront, pour peu qu’ils le veuillent, mettre au point.
- Il est bien certain que rien ne s’oppose à
- ce que cette « industrie de la paille » cesse d’être à peu près exclusivement allemande pour devenir française en grande partie. Nous réussirions d’autant mieux dans ce genre, ajoute avec raison notre confrère, Y Industrie du Sud-Ouest, à qui nous empruntons ces détails, que notre fabrication y porterait ce bon goût, celte délicatesse et cette sorte de fignolage qui caractérisent si heureusement nos produits nationaux.
- CYCLISME ET AUTOMOBILISME
- LE CYCLE ET L’AUTOMOBILE
- eci tuera cela, ont dit de modernes ïfüif ProPhètes; le cyclisme disparaîtra : fjHUfl. l’automobilisme va le tuer. Faut-il prendre à la lettre cette prédiction ? Voilà une question à laquelle nous ne voudrions pas répondre « oui » sans restriction, et il nous a semblé que l’impression d’un cycliste qui est en même temps un lervent (ne lisez pas fanatique) de l’automobile, pourrait peut-être intéresser les lecteurs delà Science en Famille. Au surplus, nous le répétons, ce n’est qu’une « impression », car, dans l’état actuel de l’automobilisme, encore dans sa période d’évolution, il serait prématuré de donner un avis formel.
- rfout d’abord, le cycle ne saurait être comparé avec la voiture automobile : le véhicule lourd répond à d’autres besoins, et c’est avec la voiture attelée qu'il faut la comparer. Là, notre avis serait plus net, et nous n’hésiterions pas à dire que, pour les transports sur bonnes routes, le cheval n’a plus qu’un temps à vivre. Certes, l’automobile n’est pas parfaite, mais telle qu’elle est, elle se trouve déjà très supérieure à l'hippomobile.
- Ce que nous voudrions mettre ici en parallèle, c’est la bicyclette et l’automobile légère, motocycle ou voiturette. On ne peut manquer d’être séduit, de prime abord, par cette merveilleuse facilité qu’olfre le pétrole, de faire sans fatigue 150, 200 ou 250 kilomètres dans une journée, et c’est presque énoncer une vérité de la Palisse que de dire que le motocycle est supérieur à la bicyclette lorsqu’on n’a d’autre but que de franchir rapidement une grande distance. Il y a bien la
- panne, la fâcheuse panne qui ne vous surpi endra jamais lorsque vous vous promènerez pour votre agrément, mais qui vous fera perdre une heure le jour où vous aurez besoin d’être exact à un rendez-vous. Pourtant, la panne est rare, et si un dérangement survient, l’arrêt est presque toujours de courte durée avec une machine où le mécanisme est entièrement accessible, et où, par suite, on trouve rapidement l’organe qui a manqué à son devoir. Le motocycle reste donc par excellence la machine de vitesse, celle qui permet, dans un laps de temps court, d’arriver dispos à l’endroit où l’on veut se rendre ; mais si l’on se place au point de vue du tourisme pur, la bicyclette conserve nos préférences.
- Ce n’est plus la rapide envolée dans un tourbillon de poussière ; c’est le train « de père de famille », mais par contre, on profite beaucoup plus de la route ; on a des yeux pour autre chose que pour les cailloux du chemin, des oreilles pour d’autres bruits que le ronflement ininterrompu du moteur. Ce bruit, si merveilleusement atténué qu’il soit dans la plupart des machines, n’en est pas moins une gêne, à ce point de vue spécial des voyages d’agrément. « On n’est pas seul avec ce bruit-là », nous disait il y a quelque temps un ami en nous regardant partir avec une voiturette, un peu trop tapageuse, il est vrai. Si juste que soit le mot sous sa forme ironique, nous avouons qu’un autre compagnon de route serait plus agréable, car avec lui, plus de calme dans le paysage, plus rien de ce qui fait le charme « acoustique » de la promenade. Au point de vue « optique » la
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- latitude reste un peu plus grande, et si l’on sait se contenter d’une vitesse modérée, on peut savoir se modérer, savoir ne demander qu’un cheval à un moteur qui peut en faire trois, savoir marcher à quinze kilomètres quand on pourrait en faire trente-cinq. Si vous croyez que c’est facile !
- C’est une vraie lutte entre le touriste et le mécanicien, et pour peu que ce dernier ait le dessus, adieu le panorama ! Il faut contourner savamment les cailloux de la route, ouvrir l’œil à toutes , les inégalités de la chaussée, deviner l’obstacle qui, bien que peu visible, vous donnera un choc désagréable, si vous le rencontrez à grande vitesse.
- On atteint maintenant sur la route des vitesses presque analogues à celle des trains de chemin de fer; mais, il ne faut pas se le dissimuler, la route n’est pas faite pour ces vitesses-là. Elle présente trop d’inégalités, trop d’imprévu, pour qu’on se sente en parfaite sécurité à de semblables allures. Le véhicule automobile, quel qu’il soit, est déjà trop parfait pour le chemin sur lequel il est appelé à circuler. Il lui faudrait de véritables pistes unies, exemptes du clou ou du tesson de bouteille qui va crever votre pneu, exemptes de la pierre que le charretier a laissée sur la route après avoir calé sa voiture, exemptes du pavé de Louis XIV, ou des fondrières que laissent les lourds charrois. Ces routes-là, nous les connaîtrons
- peut-être dans un avenir prochain, mais en attendant, il faut nous contenter de vitesses modérées, oO kilomètres au maximum dans les parties les plus belles, 15 à 20 kilomètres sur les parties ordinaires, et moins encore sur le mauvais pavé ou macadam en très mauvais état.
- Mais revenons à notre comparaison. Le reproche que nous faisons au motocycle n’est, en somme, pas grave : il n’influe que sur le côté poétique du voyage. Et puis, il faut bien le dire, nous sommes à la veille d’avoir la voiture ou voiturette électrique, exempte de ce reproche-là; silencieuse, facile à conduire ; des postes de chargement disposés le long des routes permettraient même de longs voyages. Mais enfin, il nous faudra encore quelques années avant de voir cela, et en attendant, si ceux qui sc demandent s’ils doivent se convertir à la pétrolette veulent bien écouter notre avis (car ce n’est, après tout, que notre avis personnel) nous leur dirons : le motocycle et la voiturette sont des machines qui sont parfaitement au point, et vous pouvez les acheter sans crainte de surprises, si votre but est surtout de dévorer l’espace. Mais si, vous contentant de faire une cinquantaine de kilomètres dans votre journée, vous voulez savourer pleinement la jouissance de la promenade, donnez la préférence à la bicyclette.
- D.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite)
- stéréoscope pour images de grand format. — Lorsqu’on s’est servi de glaces 13 X 18 pour l’obtention des clichés stéréoscopiques, ces derniers présentent deux images de dimensions-
- 0 13. Or, on sait que le format ordinairement adopté est 9x18, soit 9X9 pour chaque image.
- L’écartement des objectif étant de 7 cin., on perd de la sorte une bonne partie des images.
- Malheureusement, étant donné que l’écartement normal des yeux n’est que de 6 à
- 7 cm., il semble difficile de construire un appareil permettant d’obtenir le relief avec des épreuves dont les points homologues seraient distants de 9 cm. L’expérience prouve toutefois que ce résultat peut parfaitement être atteint. On peut, en effet, modifier le stéréoscope ordinaire de deux manières différentes, suivant qu’on emploie les prismes ou les lentilles stéréoscopiques.
- Avec les prismes, qui n’offrent pas de foyer absolument fixe, on allonge tout simplement le tirage de la boîte et l’on constate que, si des prismes exigent pour l’examen des photo-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- copies ordinaires un tirage de 16 cm., ils exigent un tirage de 21 cm. pour permettre le bon examen de stéréoscopies 13 x 18.
- j* met Avec
- les lentilles sté-réosco-piques à foy e r fixes, on doit, ne pouvant modifier la 1 o n-gueur de foyer, 19,5 augmen-
- Fig. 152. ter l’écar-
- tement des verres. On monte alors les bonnettes sur des planchettes mobiles, et l’on peutarrher ainsi à un écartement de 9 cm. qui parait être la limite extrême, mais qui s’accorde très bien avec l’écartement présenté par les images de la stéréoscopie 13x18.
- Il est juste d’ajouter qu’un certain nombre de personnes n’arrivent alors que difficilement à percevoir le relief, le travail d'accommodation devenant assez fatigant. Aussi semble-t-il préfé-rable de choisir une distance intermédiaire entre celle de l’écartement normal dés yeux et celle de l’écartement des objectifs, ou des points homologues des épreuves.
- Un stéréoscope construit d’après ces donnnées a paru présenter de sérieux avantages, des diverses parties l’appareil. On peut le construire en bois °u en carton fort, cette dernière matière est Parfaitement suffisante :
- On découpe dans un morceau de bon carton 2 à 3 mm. d’épaisseur :
- ^eux trapèzes de la forme indiquée fig. 152. ^r°is parois id. fig. 153.
- 9 cent
- L5 cen'
- Fig. 153.
- Voici les dimensions
- Un rectangle de la forme indiquée fig. 154. Un rectangle id. fig. 155.
- Les parois latérales peuvent être de carton plus mince que le reste.
- On ouvre dans l’un des trapèzes une ouverture marquée en pointillé sur la fig. 152., on découpe le carton de trois côtés, le quatrième sert de charnière. C’est le volet qu’on ouvrira pour laisser pénétrer la lumière dans l’appareil et éclairer les photocopies.
- Des trois parois, deux ont 16 cm. de longueur, la troisième a 18 cm. Cette différence de longueur ménage derrière deux des parois l’espace nécessaire à l’introduction des photocopies dans l’appareil.
- L’assemblage des diverses parties de l’appareil n’offre aucune difficulté.
- Ces photocopies sont collées sur des cartons 13 x 18, on les transpose comme de coutume.
- Si l’on veut que le stéréoscope serve à l’examen des diapositives, on pratique dans
- 15
- Fig. 154.
- 1?
- ________________ZO_________________
- Fig. 155.
- la base une ouverture de dimensions suffisantes. On aurait même avantage, dans ce cas particulier, à remplacer le carton de la base par un mince cadre de bois formé de lattes de 5 à 6 mm. d’épaisseur.
- Nous n’avons pas encore parlé des lentilles : celles que nous avons employées avaient été coupées dans une lentille de 21 cm. de foyer. Elles mesuraient 4 cm. de côté. On peut s’en procurer à bon compte dépareilles chez tous les fournisseurs, il n’est pas nécessaire qu’elles soient achromatiques.
- (A suivre) A. Berthier.
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- ur quelques précautions à prendre pour obtenir un agrandissement le meilleur possible, quand on ne dispose que d’un médiocre objectif. — Pour un bon agrandissement, il y a plusieurs conditions principales à remplir. Je ne fais que mentionner la nécessité de rendre rigoureuse-
- ment parallèles entre eux : le cliché à agrandir
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- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- pellicule par exemple. Si c’est un cliché, il y aura avantage à ce que la couche de gélatine soit tournée du côté de l’objectif;
- 2® En n’éclairant le sujet à agrandir qu’avec de la lumière tamisée au moyen d’un verre monochromatique bleu ou violet, ou d’une solution suffisamment concentrée de sulfate de cuivre ammoniacal (eau céleste),
- «
- Fig. 156.
- etle plan sur lequel sera fixé le papier sensible, car sans cela il y aurait déformation. L’axe du système optique agrandisseur sera naturellement dirigé perpendiculairement au cliché : cela donnera l’image correcte.
- Il s’agit maintenant d’obtenir la netteté ; pour cela il faut :
- 1° Exclure les rayons nuisibles :
- 2° Mettre exactement au point qui coïncide avec le foyer des rayons chimiques émanant du type à agrandir.
- On exclura les rayons nuisibles :
- 1° En supprimant tout verre inutile, soit devant le papier sensible qui doit recevoir l’image (i), soit devant l’épreuve à agrandir,
- (i) Capitaine de Romance.
- ou de toute autre solution ne laissant passer que les rayons pour lesquels la préparation employée a le maximum de sensibilité.
- 3° En évitant par tous les moyens possibles les réflexions à l’intérieur de ce qui constituera la chambre noire ;
- 4° En diaphragmant beaucoup, une fois la mise au point effectuée. — Puisque l’on fait un agrandissement, labrièvelé du temps de pose importe moins que la netteté. Or, ou pourra toujours suppléer à l’intensité de la lumière employée par une plus longue pose.
- Pour la mise au point rigoureuse, il sera commode de se servir d’une loupe à tirage ou de préférence d’un oculaire positif (1) régie
- (i) L’oculaire positif, ou oculaire de Ramsden est
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- d'avance de manière que le plan des objets qu’il fait voir nettement coïncide avec le plan qui sera occupé par le papier sensible. La mise au point se fait alors sans verre dépoli: l’objectif agrandisseur et l’oculaire dont je viens de parler faisant par leur combinaison un microscope à long foyer avec lequel on examine le cliché à agrandir: quand on le voit très net, la mise au point est terminée et l’on n’a plus qu’à fixer le papier sensible en place avec des punaises.
- On a déjà compris que la planchette, sur laquelle on épinglera le papier sensible, est percée en son centre d’une ouverture derrière laquelle est fixée la monture de l’oculaire dont j’ai parlé plus haut, et dont l’axe coïncide avec celui de l’objectif.
- Pour le réglage de la loupe, on tend deux cheveux très-fins en croix sur le centre de l’ouverture, ou, plus simplement, on applique une vilre contre le plan où sera fixé le papier sensible et, sur la face de cette vitre qui est en coïncidence avec ce plan, on a eu soin de coller des fragments de coton ou de duvet présentant des détails très fins que l’on examine avec la loupe, la rentrant ou l’éloignant dans son coulant jusqu’à ce qu’on les voie parfaitement nets. A ce moment, il ne faut plus toucher à la loupe. Après avoir enlevé la vitre qui a servi à la régler on met le cliché en place, et c’est en déplaçant l’objectif projecteur ou le cliché, qu’on doit arriver à voir très nettement l’image de ce dernier à travers l’oculaire. Pour éviter toute chance d’erreur, ces réglages devront être faits à la lumière monochromatique qui servira pour l’agrandissement.
- La cuvette destinée au liquide monochromatique s’obtiendra très facilement en seront entre deux plaques de verre bien
- nettoyées un gros fil de caoutchouc à section carrée (ceux qui servent à confectionner les lance-pierres). On fait prendre à ce caoutchouc la forme d’un U, et les deux glaces étant serrées avec trois pinces américaines en bois ou en zinc (épingles de blanchisseuse) peuvent très bien sans autre lut conserver le liquide. Bien que, théoriquement, la place delà cuvette soit indifférente si ces glaces sont parfaites, on doit la mettre au delà du cliché par rapport à tout le système agrandisseur.
- Remarque — La précision de la mise au point sera d’autant plus grande que le grossissement de l’oculaire employé sera plus fort, surtout si l'opérateur, étant jeune, jouit d’une grande faculté d’accommodation. A l’âge où cette faculté diminue, et où l’on est obligé de commencer à écarter les objets pour les mieux voir, la distance de la vue distincte étant bien plus fixe, le grossissement de la loupe est moins nécessaire.
- Si l’on a employé des fils tendus, en déplaçant l’œil par petits mouvements rapides-devant l’oculaire, on ne doit pas les voir se déranger par rapport à l’image de l’agrandissement (Parallaxe).
- La plupart de ces précautions rappellent celles qu’il faut prendre pour régler un oculaire à réticule dans un appareil d’astronomie, elles m’ont été suggérées par le souvenir déjà lointain de longues conversations avec Prazmowski, aussi savant astronome qu’habile constructeur d’instruments d’optique.
- Paul Vacher,
- Membre de la Société Française de physique, auteur de la première trappe photographique (obturateur) qui ait permis de photographier le soleil au collodion humide (le 17 mai 1874).
- LA SCIENCE AUX CHAMPS
- LA PRÉPARATION DES FOINS
- N traitant un pareil sujet, à cette épo-que-ci de l’année surtout, notre but est de faire profiter le lecteur, hom-
- me des champs peut-être, de l’expérience que nous avons acquise par une pratique agricole de plus de trente années, et nous.serons heu-
- Ce)ui qui sert d'ans les lunettes astronomiques ou les m'croscopes munis de fils, qui doivent rester fixes, pour préciser le pointé: il.se compose de deux lentilles plan-convexes dont les parties bombées se regardent
- et constituent un microscope simple. On pourrait, si l’on dispose d'une forte lumière, se servir également de l'oculaire redresseur d’une longue vue qui est un véritable microscope.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- reux si nos quelques conseils permettent aux cultivateurs de gagner du temps, de réaliser des économies et d’éviter quelquefois des pertes importantes par le fait des brusques changements de temps.
- Epoque de la récolte. — La bonne qualité du foin est reconnue de tous les praticiens à son arôme et à sa belle couleur verte.
- Pour obtenir du bon foin, on doit faucher les prairies naturelles au moment où la majeure
- beau temps persistant avance de quelques jours le fauchage. Il appartient au cultivateur d’être assez perspicace pour saisir l’instant propice et commencer le travail.
- Toujours est-il que, quand le fourrage est fauché, il faut le faner et chercher, par tous les moyens possibles, surtout pratiques et économiques, à atteindre un bon résultat.
- Prenons d’abord les prairies artificielles ; luzerne, sainfoin et trèfle, qui exigent des
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- Fig. 157. — Andains : A, champ fauché à la main. — B, champ fauché à la machine.
- partie des plantes qui les composent sont en fleurs ; le sainfoin et le trèfle, quelques jours avant la floraison, et la luzerne, alors que les jeunes rejets commencent à faire leur apparition à la base.
- C’est le moment opportun. Attendre serait compromettre la deuxième coupe sans profit pour la première. Trop souvent, cependant, les variations atmosphériques, ainsi que de longues périodes de pluie viennent mettre obstacle au fauchage des prairies au moment même où cette opération se ferait dans d’excellentes conditions. Il arrive aussij qu’un
- soins identiques pour éviter la perte des feuilles qui constituent la valeur de ces fourrages.
- Les andains faits à la faux — fig. 157-A — sont moins éparpillés et plus faciles à faner que les andains faits à la faucheuse mécanique — fig. 157-B.
- Fauchage à la main. — Le faucheur doit toujours attaquer l’herbe en sens contraire de son inclinaison et, dans un fourrage bien garni, ne pas dépasser une largeur de lin,50 sur 0m,30, à chaque coup de faux.
- Fauchage mécanique. — Si le fourrage est
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- bien droit, il est avantageux de faire le tour du champ. S’il est versé, on ne peut faire un travail parfait qu’en coupant sur un, deux ou trois côtés. Il est préférable d’agir ainsi que de s’exposer à une perte considérable de fourrage.
- Fanage. — Le fanage a lieu ordinairement 48 heures après le fauchage. Cette opération ne doit être commencée que lorsque la rosée
- Fig. 158. — Fourches et râteau: A. fourche en bois;
- B. fourche en acier; C. râteau de fenaison.
- a entièrement disparu, c'est-à-dire entre 8 et 9 heures du matin. On se sert pour ce travail, de fourches en bois à deux doigts (fig. 158-A) °u de fourches en acier, dites américaines, à trois doigts (fig. 158-B). Des hommes et des femmes armés de ces outils tournent les andains, les divisent et les réunissent deux Par deux comme le représente la figure 159, A- et B, G et D, etc.
- Cette première opération, qui simplifie enormément celles qui suivront, doit se ter-tfüner à l’heure du repas de onze heures ou
- de midi. Le fourrage est alors laissé pendant quatre heures environ exposé au soleil. Le deuxième fanage est commencé après le déjeuner, à l’endroit même où le premier avait été commencé le matin. Il consiste à retourner
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- Fig. 159. — Opération successive du fanage.
- simplement les mêmes andains surplace et se termine vers trois ou quatre heures.
- Mise en veillottes. — On procède aussitôt à la mise en veillottes, petits tas de deux à quatre kilogrammes de fourrage sec (fig. 159 — v), suivant le degré de dessiccation. Pour la marche rapide du travail, ces veillottes doivent être rangées en lignes à peu près droites et parallèles.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Râtelage. — Si l’intervalle entre les lignes est assez grand, on passe le râteau à cheval. Dans le cas contraire, on se sert du râteau à main (fig. 158 — C).
- En grande culture, on fait toujours usage du râteau à cheval. Il faut donc prendre ses dispositions en conséquence : si les andains sont par trop rapprochés, on les réunit trois par trois ; on fane celui du milieu sur place, et l’on ramène sur celui-ci les deux autres.
- On ménage ainsi un espace suffisant pour passer le râteau à cheval.
- Ce travail du râtelage est très important. Le fourrage qui resterait éparpillé sur le sol serait desséché par le soleil et blanchi par la rosée des nuits.
- On laisse les veillottes pendant un temps qui varie de vingt-quatre à quarante-huit heures, suivant que le soleil et la température se montrent plus ou moins favorables à la dessiccation .
- Entre huit et neuf heures du matin, la Fig'
- rosée étant évaporée, on les retourne sens dessus dessous, en ayant soin de les rapprocher et de les accoler deux à deux comme l’indique la figure 159 — x. Les nouveaux tas restent exposés au soleil jusqu’à quatre heures de l’après-midi. On s’occupe alors de confondre les veillottes réunies deux à deux en un seul tas (fig. 159 -- y) et l’on passe aussitôt le râteau sur la place occupée précédemment par les premiers.
- La dessiccation est sans doute plus lente que si l’on donnait un deuxième fanage, mais cette façon de procéder a ce grand avantage de conserver beaucoup plus de feuilles au fourrage et d’économiser la main-d’œuvre, toujours insuffisante à cette époque de l’année. Quand le temps est sec et le soleil ardent, ces diverses opérations permettent d’arriver rapi-4ement à une excellente préparation du foip.
- En six ou sept jours, le fourrage est' suffisamment sec pour se conserver en grange ou en fenils.
- Si le sol est humide, on doit retourner les veillottes deux ou trois heures avant chargement sur les voitures ou la mise en meules, suivant le cas.
- Rentrée des foins. — Quand on dispose de locaux suffisants, il est préférable de procéder tout de suite à la rentrée du foin.
- Voici, selon nous, la manière la plus pratique et la plus expéditive d’effectuer cette rentrée.
- On place la charrette attelée de chevaux ou bœufs, tout à fait à proximité du premier rang de veillottes.
- Un homme charge les veillottes pendant que le charretier ou bouvier les tasse dans la charrette. Pour activer ce travail, on emploie deux ou trois attelages suivant la distance à parcourir. Ces voitures sont remisées ou déchargées tout de suite. Dans ce dernier cas, cinq ou six hommes, femmes et enfants, tassent le foin dans la grange. Dans le premier cas, les voitures ne sont déchargées que le lendemain matin, de 5 à 8 heures, alors que les ouvriers ne peuvent être employés au fanage à cause de la rosée. Cette dernière méthode, quoique peu employée, est très avantageuse. On peut, en effet, avec moins d’ouvriers, obtenir une grande somme de travail. La mise en meules est évitée ; il est, en outre, reconnu qu'un seul homme peut charger dans le même laps de temps la même quantité de foin que mettraient en meules quatre ouvriers.
- Mise en mettions. — Si l’on veut effectuer le bottelage sur place ou confectionner de grosses meules, la mise en petites meules ou meulons est au préalable indispensable. Ces meulons présentent quelquefois des inc(W"
- 160. — Meulons de foin
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- vénients. En effet, quand le cultivateur est obligé de les laisser séjourner par trop longtemps sur place, les endroits qu’ils occupaient sont marqués par la disparition partielle ou totale des plantes au détriment du regain, déjà fort au moment où s’effectue le charroi.
- Dans le cas où les meulons doivent rester un certain temps sur le champ, l’intérêt commande que leur confection soit effectuée avec quelques précautions. Pour cela, trois ou quatre personnes apportent le fourrage. L’homme le plus habile dirige l’opération, tout en y collaborant d’une façon active. Il est, en effet, chargé de recevoir les veillottes des mains de ceux qui les apportent et de les passer à l’ouvrier chargé du tassage auquel il indique de temps en temps, la place à donner aux veillottes pour que le meulon prenne bien la forme indiquée par la fig. 160. Car il faut avoir soin de tenir le milieu du meulon un peu plus haut que les bords, de lui donner un plus grand diamètre au milieu qu’à la base et de bien les terminer en pointe. On se sert, à cet effet, d’une fourche à long manche. La meule peut être également commencée par plusieurs ouvriers qui placent eux-mêmes sur le meulon en cours d’exécution la veillotte qu’ils apportent. On gagne ainsi du temps, et ce n’est que lorsque le meulon a atteint une assez grande hauteur qu’il est terminé par un seul homme.
- Le travail est achevé par un peignage au râteau, qui a pour conséquence de faciliter l’écoulement des eaux pluviales, et d’atténuer les mauvais effets des grands vents.
- Le volume et le poids des meulons varient avec l’abondance du fourrage et le degré de dessiccation. Par exemple, si l’on a du sain-
- ACADÉMIE D
- Séances des 15
- Sur les formes de conservation et de reproduction du black-rot. — Le champignon du black-rot — Guignardia bidwelli — possède, comme la plupart de ses congénères, des formes de reproduction très variées. Sans entrer dans le detail des observations faites à ce sujet par M. J- Perraud, il est intéressant de retenir au moins les conclusions pratiques de cette note, et qui s°nt les suivantes : L’enfouissement des grappes 'dackrotées par des labours d’automne ne peut
- foin bien sec, ayant de très grosses tiges, on fera des meulons de 3,000 et 4,000 kilos. Si, au contraire, les tiges de luzerne et de trèfle sont grêles et n’ont pas acquis un degré suffisant de dessiccation, on fabrique dos meulons de 1,000 à 1,200 kilos. Sans ces précautions, on aurait, dans le premier cas, du foin trop sec, perdant ses feuilles et très difficile à botteler ; dans le second, une fermentation trop forte qui nuirait à la qualité du foin.
- Quand les pluies surviennent durant la fenaison, les andains encore intacts peuvent se conserver plusieurs jours sans s’altérer. Si la pluie persiste et que le foin commence à blanchir sous l’andain, il est nécessaire de le retourner sans le diviser et de recommencer cette opération tous les deux ou trois jours. Si le temps est incertain et le fourrage à moitié sec, on devra doubler ou tripler les' veillottes ou, mieux encore, former des petits meulons de 80 à 100 kilos environ. Ce dernier travail est très expéditif : chaque ouvrier se charge de trois rangs de veillottes, choisit pour l’emplacement des meulons le rang du milieu, et forme chacun des petits meulons avec les dix ou douze veillottes les plus rapprochées.
- Ces tas, qui ont la forme d’un cône, peuvent stationner pendant quatre ou cinq jours sans inconvénients. Il suffit d’une belle journée pour achever la dessiccation et permettre la mise en grosses meules.
- Prairies naturelles.— Le foin des prairies naturelles se prépare comme celui des prairies artificielles, mais demande plus de fanages.
- Herbert,
- Chef de culture à l'École d'agriculture de Grignon.
- :s SCIENCES
- 23 Mai 1899.
- être considéré comme un moyen de destruction du parasite. Par ce procédé, on peut seulement immobiliser un nombre plus ou moins considérable de germes, à condition de ne pas déterrer, par les façons suivantes données au sol, les grappes et les grains précédemment enterrés.
- ***
- Le « botrytis cinerea » et la maladie de la toile. — Il y a quelque temps déjà, M. J. Peauverie ayant fait des recherches sur Je
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- champignon de la toile, des praticiens lui ont fait connaître que cette maladie a commencé ses ravages dans la région lyonnaise, il y a seulement une quinzaine d’années, à partir du moment où les horticulteurs ont pris l’habitude de chauffer fortement, dans une atmosphère confinée, les châssis et les couches, pour faciliter les germinations et la reprise des boutures. Elle était inconnue avant cette époque.
- Continuant ses recherches, M. Beauverie a institué une série d’expériences comparatives.
- Une température de 30* au plus, un état hygrométrique voisin de la saturation, un sub s-tratum médiocrement nutritif, une atmosphère confinée, sont les conditions qui, réunies, favorisent au plus haut degré la transformation du Botrytis cinerea en une forme stérile fixe (toile) très dangereuse pour les végétaux. Ces facteurs agissant seuls peuvent opérer partiellement cette transformation ; ils donneront une forme toile, non fusée et peu dangereuse pour les semis et les boutures. Pour éviter le retour de la toile dans les établissements qui y sont sujets, il faudrait revenir aux anciennes méthodes de bouturage, ne point agir avec des températures élevées et surtout aérer le plus possible les cultures, en un mot, éviter les hautes températures et l’excès d’humidité si favorables, surtout quand ils coïncident au développement de la « toile ».
- ***
- Sur le mémoire de Galois relatif à la théorie des questions algébriques. —
- M. Bertrand a présenté à l’Académie le rapport resté inédit, lu par Poisson le 4 juillet 1831, sur le mémoire d’Evariste Galois relatif aux conditions de résolvabilité des équations par radicaux. M. le secrétaire perpétuel a découvert le manuscrit dans les papiers d’Arago. Galois n’avait pas vingt ans
- A TRAVERS
- La consommation de la bière. — D’après des statistiques récentes, Munich serait la ville d’Allemagne où l’on boit le plus de bière ; la consommation atteint le chiffre de 566 litres par tête. A Nuremberg, la con: sommation est de 321 ; viennent ensuite Prague, Berlin, Vienne, où la consommation est respectivement de 172, 160 et 145. A Paris, la consommation moyenne ne serait que de 11 litres par personne. L'Allemagne produit par an 61 millions d’hectolitres de bière, dont 16 millions pour la Bavière. L’Angleterre produit 35 millions d’hectolitres, et l’Autriche-Hongrie 20,6 millions d’hectolitres,
- lorsqu’il fit cette découverte qui devait le rendre illustre. Il est mort l’année suivante, tué en duel, sans avoir eu la satisfaction de voir sa théorie rdmise par le monde savant. Lacroix avait à peu près refusé l’examen du mémoire. Poisson, mieux inspiré, se contentait de demander à l’auteur de compléter sa rédaction. L’histoire du travail de Galois «le plus grand génie mathématique du siècle » souvent renouvelée, est une excellente leçon pour les jeunes et pour les anciens.
- ***
- Le parasite du cancer. — M. J. Chevalier a pu isoler un parasite spécial au cancer, provenant de cultures obtenues, soit de tumeurs fraîches prises sur le vivant, soit du sang des cancéreux de l’hospice de Brevannes, soit de Pair des salles de cancéreux. Les cultures pour l’acclimatation du parasite ont toujours été faites avec un bouillon de mamelles de vaches dégraissé et additionné de 2 pour 1000 de chlorure de sodium. Au bout de quelques jours, ce bouillon, après avoir reçu l’une ou l’autre des semences ci-dessus, porté à l’étuve à 32°, se trouble, et l’on voit s’y former une mince pellicule blanchâtre, puis un dépôt de même couleur. Au bout d’un certain temps les membranes tombent au fond du ballon au fur et à mesure de leur production, et bientôt la couche inférieure se colore en rose et en rouge groseille ; à ce moment, la sporulation est accomplie. L’inoculation des cultures de ce champignon, sous la peau de cobayes, de lapins et de chiens, a donné lieu à la production de tumeurs à l’endroit de l’injection. Au bout d’un certain temps, on peut constater les symptômes de cachexie chez ces mêmes animaux. Enfin, l’autopsie de certains de ces sujets révèle des généralisations de tumeurs ganglionnaires et des noyaux secondaires viscéraux.
- LA SCIENCE
- Parmi les principales brasseries d’Allemagne et d’Autriche, on compte la brasserie Dreher, de Klein-Schwechal, qui fabrique une moyenne annuelle de 750.000 hectolitres. La brasserie hongroise de Pilser donne annuellement 640.000 hectolitres ; celle de Saint-Marxer, à Vienne, 580.000 hectolitres; celle de Lowenbrau, à Munich, 550.000 hectolitres, etc.
- ***
- Les vivres du sac. — La Belgique militaire annonce que, à la suite d’études entreprises et continuées avec succès par la fabrique de conserves d’Anvers, la composi-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- 237
- tion des vivres de réserve dits « vivres du sac » va être modifiée de la façon suivante :
- Le biscuit sera remplacé par un produit analogue, mais plus friable, d’un goût plus agréable et renfermant une quantité beaucoup plus grande d’éléments nutritifs. Les boites en aluminium, qui contenaient le riz, le café, le poivre et le sel, seront supprimées ; on y substituera une « cartouche alimentaire » comprenant: une tablette de sel desséché ; une tablette de café, chicorée et sucre comprimés ; une tablette de farine de pois et viande pulvérisés. Ces trois tablettes seront enveloppées de papier imperméable et réunies dans un étui d’aluminium, de forme cylindrique, ayant quatre centimètres de diamètre et 5 centimètres de hauteur. Chacun de ces étuis représentera donc, avec 550 grammes de biscuit, la valeur d’une ration de vivres de réserve.
- Jusqu’à présent, la ration du sac comporte: 550 grammes de biscuit, 300 grammes de conserves de viande, 90 grammes de riz, 25 grammes de sel, 15 grammes de café sans sucre et 50 centigrammes de poivre. En cas de mobilisation, chaque homme reçoit, selon les ordres donnés, une ou plusieurs rations de vivres de réserve.
- ***
- Une ville électrique. — L’appréciation de la force électrique n’a lieu certainement, affirme Italia termale, dans aucune ville du monde sur une aussi vaste échelle qu’à Great Falls, territoire de Montana (Etats-Unis). Chars et voitures non seulement sont mus, mais encore chauffés par l’électricité. Élévateurs, presses, grues et machines les plus diverses sont actionnées par l’électricité. On y voit des machines à creuser la terre, des pompes, des machines pour briser les pierres, mues automatiquement par la force électrique. Les restaurants ont leurs cuisines chauffées à l’électricité, le boucher s’en sert Pour actionner sa machine à hacher, le cafetier brûle son café avec l’électricité. Même dans les maisons particulières, on fait usage de cette force nouvelle et à bon marché. Les fourneaux, les fers à repasser, les moules Pour cuire les gâteaux et les tourtes fonctionnent à l’électricité. Il est superflu d’observer ce que l’on peut obtenir avec une telle force d’un prix minime, et cela s’explique
- par le voisinage des grandes chutes qui ont donné leur nom à la ville, Great Faits, grandes cascades.
- ***
- La mortalité par le cancer. — Depuis quelques années, les statisticiens signalent de tous côtés un accroissement anormal de la mortalité par les maladies cancéreuses.
- En Angleterre, M. Park constate que le taux de la mortalité par cancer, qui était en 1840 de 1 pour 5.646 habitants, s’est élevé en 1896 à 2 pour 1.036, c’est-à-dire qu’en cinquante ans la mortalité a presque quintuplé.
- En 1865, le total des décès pour cancer était de 7.922; en 1875, il était de 11.414; en 1885, il montait à 15.260; et, en 1895, il atteignait le chiffre de 22.965.
- D’après un travail récent publié par Hei-mann, le même phénomène se constate en Prusse. Le nombre des cas de cancer était de 2.952 en 1877. Il s’est élevé au chiffre de 22.548 en 1896.
- Par ordre de fréquence, d’après Heimann, les différents organes atteints de cancer se classent ainsi : utérus, estomac, sein, rectum, œsophage, peau, foie, lèvres, ganglions lymphatiques. o
- Entre vingt-cinq et trente ans, on ne compte pas moins de 336 cas de cancéreux. A cet âge, la lésion se localise ordinairement à l’estomac ou à l’utérus. Puis viennent la face et le rectum.
- (Revue Scientifique),
- ***
- Locomotives à provision d’eau chaude.
- — Les chemins de fer de l’Etat prussien viennent de faire construire des locomotives dans lesquelles la provision d’eau contenue dans la chaudière est augmentée de 3 mètres cubes, et de telle façon que ces trois mètres cubes peuvent être vaporisés entièrement sans qu’il soit nécessaire d’aliments. Voici quel est l’avantage qui résulte de cette disposition ; supposons qu’une chaudière fonctionnant à la pression de 12 atmosphères effectives soit alimentée avec de l’eau à 15 degrés, comme c’est le cas habituel. Pour chaque kilogramme d’eau vaporisé, le foyer doit fournir 664,6 — 15 = 649,6 calories. Si au contraire la même chaudière est alimentée par de l’eau à la température de la vapeur, soit 190°6, chaque kilogramme d’eau n’absorbera, pour se vaporiser, que 664,6 —
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- 190,6 = 474 calories. Le même foyer pourra 649,6
- donc fournir = 1,37 fois plus de vapeur
- dans le second cas. Ainsi donc, si, au moment où une locomotive doit fournir une puissance exceptionnelle (à la montée d’une rampe, par exemple), sa chaudière contient une réserve d’eau suffisante pour qu’on puisse cesser d’alimenter, la puissance de la locomotive se trouvera momentanément augmentée d’un tiers.
- En augmentant ainsi de trois mètres cubes, dans les locomotives dont nous venons de parler, la provision d’eau consommable, on I
- est arrivé aux résultats suivants:
- •1° En raison de l’augmentation de puissance, on a pu, tout en conservant une très grande chambre de vapeur, réduire le poids de 800 kilog ;
- 2° Les machines ainsi construites peuvent remorquer une charge qui, suivant le profil, dépasse de 13 à 25 % celle des locomotives habituelles.
- Il est inutile d’ajouter que la provision d’eau consommée à la montée des rampes est restituée à la chaudière en alimentant sur les parcours faciles (pendant les descentes, I par exemple).
- LA SCIENCE PRATIQUE
- pour nettoyer l’argenterie. — On peut employer une solution saturée d’hyposulfite de soude, dans laquelle on a ajouté une petite quantité de blanc d’Espagne finement pulvérisé: on applique avec une brosse ou un linge, et l’on frotte ensuite. Le journal Pharmaceuticcil Era recommande également de se servir d’un mélange fait de 250 grammes de craie pulvérisée, 60 grammes de térébenthine, 30 grammes environ d’alcool, 17 à 18 grammes d’esprit de camphre et 9 grammes d’ammoniaque liquide. On applique avec une éponge, et on laisse sécher avant de polir.
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- Kirsch. — Pour faire du kirsch avec du miel et des cerises, on prend un tonneau d’une grandeur quelconque ; on le remplit à moitié de cerises noires bien mûres, sans queues ; on verse là-dessus trois parties d’eau où l’on a dissous une partie de miel et on place le tonneau dans une chambre .chaude, le trou de la bonde recouvert simplement d’un linge propre. Dans quelques jours la fermentation commence ; on mot alors la bonde sans l’enfoncer ; on laisse ainsi le tonneau pendant quinze jours, puis on le transporte dans la cave. Six mois j après on soutire, et on met le liquide en j bouteilles, ou bien on le transvase dans un autre tonneau. On peut faire avec les cerises qui restent une excellente boisson, en versant dessus de l’hydromel de bonne qualité.
- On peut aussi préparer un bon vin avec des groseilles que l’on a bien écrasées. Un petit verre de ce vin avec de l’eau de source bien fraîche, de l’eau de Seltz, etc., donne une excellente limonade.
- J.-B. Lericlie,
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- Procédé pour chasser les mouches et les taons. — Voici venir, avec l’été, les mouches et les taons qui martyrisent les chevaux, les fatiguent, les exaspèrent parfois jusqu’au funeste emballement. Pour mettre en fuite ces désagréables parasites, voici comment on peut procéder: on fait bouillir pendant cinq minutes une grosse poignée de feuilles de laurier dans un kilogramme de saindoux. En frottant légèrement le corps du cheval avec cette sorte de pommade, ni mouche, ni taon ne l'approchera pendant au moins toute une journée.
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- Conduite â tenir en cas de rencontre d’un cheval effrayé. — Un des plus anciens abonnés du Horseless Age, propriétaire d’une automobile avec laquelle il ne compte plus les kilomètres qu’il a parcourus sur les routes, nous indique la meilleure conduite a tenir lorsqu’on rencontre sur son chemin un cheval qu’effraie l’aspect de la voiture. Si Ie conducteur de la voiture et le cheval ont peur tous deux, un accident est inévitable-N’arrêtez pas votre voiture qui, restant immobile, ajoutera encore à l’effroi de l’animal, mais marchez à une bonne allure, en laissant
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- largement de la place au cheval. Avant que l’animal soit revenu de sa surprise, l'automobile sera déjà loin et hors de ses atteintes, et il comprendra la folie de sa terreur.
- Nous prions nos lecteurs de prendre note de ce conseil, qui pourra être utile aux débutants-chauffeurs.
- ***
- Pour éloigner les souris. — L'Industrie laitière donne comme moyen d’éloigner ces animaux dévastateurs, celui qu’a trouvé un
- horticulteur anglais et qui consiste à répandre autour des endroits fréquentés par les rongeurs quelques feuilles sèches de menthe, poivrée. A défaut des feuilles ou des tiges, quelques gouttes d’un extrait de menthe réussissent très bien. Il paraît que cette odeur est,aussi désagréable aux souris que l’est à l’olfactif des matous, celle de l’essence de térébenthine. Au.bout de quelques semaines, les souris quittent la maison pour n’y plus revenir.
- LES PETITS ACCIDENTS DU TRAVAIL MANUEL
- DOIGT ÉCRASÉ PAR LE MARTEAU
- •gawrisgous avons étudié déjà ici l’accident HaIÜ bénin, léger, que peut produire le marteau, c’est-à-dire le pinçon. Il s’agissait là d’un choc insignifiant ; mais le heurt vient-il à être violent que l’étendue du mal, les désordres consécutifs, les soins à donner sont plus importants. Supposons, et la figure en montre la fréquente possibilité, le pouce écrasé près de l’articulation médiane. Il y aura- ou écrasement complet avec lésion de l’articulation, —ce qui entraînera probablement la perte du pouce, — ou broiement des parties molles, l’articulation et les os n’étant nullement intéressés. Dans tous les cas, la douche locale d’eau froide sera excellente, tant au point de vue de l’hémorrhagie du moment que pour l’inflammation consécutive. Selon le point du choc, c’est-à-dire selon qu’il aura eu lieu près de l’ongle, ou sur la partie diamétralement opposée ou au milieu de la phalange, ou près de l’articulation, les soins à donner différeront.
- ***
- S’agit-il du broiement de l’ongle ? On pourra immédiatement le soulever délicatement, afin d’éviter un séjour dans les parties sous-jacentes, ce qui les irriterait sans utilité aucune, car l’ongle doit alors être comme inutile et même nuisible. Il vaut mieux le supprimer en le coupant avec des oiseaux minces et surtout bien coupants ; en effet, on aura avec un instrument peu tranchant des tiraillements sur la plaie, tiraillements qui ne peuvent que lui être préjudi-
- ciables, en même temps qu’ils sont très douloureux.
- Si c’est le coté latéral du pouce, voire le côté opposé, l’artère du pouce, appelée salvatelle, peut avoir été dénudée, lésée, ouverte même. Dans ce dernier cas, le sang s'échappera par bonds tumultueux et intermittents, il sera d’un beau rouge vif ; ce ne sera pas le sang noir bavant lentement de la plaie et se rougissant à l’air comme le sang veineux. Il est donc, grâce à ces caractères, facile de distinguer l’ouverture d’une artère de l’ouverture d’une veine. Pour la blessure d’un vaisseau artériel, on ne saura prendre trop de précautions. Il faudra immédiatement faire venir le médecin qui, au fond de la plaie, ira lier l’artère, ce qui évitera une perte de sang énorme, par suite de la diminution des forces du patient. Mais comme on n’a pas toujours un médecin à sa disposition, il faut, comme dans la fig. 161 2, qu’un compagnon d’atelier du blessé ferme momentanément l’artère par la pression douce et méthodique de ses doigts sur le doigt lésé.
- Il arrivera même parfois que ce moyen permettra au sang qui ne peut plus sortir, de former un caillot obturateur de la plaie et qu’ainsi la ligature devienne inutile. Rien n’est plus facile de se rendre compte de cette heureuse simplification : soulever de temps en temps les doigts compresseurs et voir s’il y a ou non continuation de l’écoulement sanguin et les remettre dans le cas affirmatif. Quand le médecin arrivera, il liera donc l’artère, s’il y a lieu, sinon il fera un simple pansement et ce sera toujours
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- une mesure de prudence de l’avoir fait appeler.
- ***
- Si la lésion siège au milieu de la phalange unguéale, après avoir fait couler sur elle une certaine quantité d’eau froide, on pourra rapprocher les chairs, en allant tout autour de la plaie et s’en rapprochant peu à peu. Dans ce cas, la blessure sera latérale et l’artère ne sera pas intéressée. Un peu de perchlorure de fer calmera l’hémorrhagie si celle-ci se prolonge.
- ***
- Si l’os et l’articulation sont atteints, il faudra, en attendant l’arrivée du praticien, placer la main dans l’eau cou-rante. Dans ce
- placera sa main qui ne subira aucun choc. Puis l’eau s’écoulera d’elle-même quand le vase sera plein, de sorte qu’elle se renouvellera constamment.
- ***
- Le pansement possible par l’entourage du blessé dans le cas peu grave est celui-ci : On entourera la plaie de légères compresses de toile fine imbibées d’eau phéniquée. On emploiera une solution contenant une partie d’acide phéniqué pour deux cents parties
- d’eau ; c’est là un mélange qui passe pour suffisamment antiseptique, mais qui surtout est un excellent m odificateur des plaies. La toile fine qui en sera imbibée peut être rem-
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- Fig. 161. — Doigt écrasé par le marteau : 1. Coup de marteau sur le pouce; 2. Compression de l’artère; 3. Poucier protégeant le doigt pendant la guérison.
- cas particulier, il vaudra mieux opérer ainsi que faire couler de l’eau sur la main du patient. Tout choc, même imperceptible, même dû à l’eau qui tomberait d’une faible hauteur sur la plaie, doit être vigoureusement évité ; le blessé évitera également la fatigue en plaçant la main à plat bien soutenue, de façon à ce que l’eau la tienne constamment mouillée. On n’a pas toujours une source ou de l’eau coulante à sa disposition, rien de plus facile que d'y suppléer. On n’a qu’à placer sous un robinet quelconque un vase assez long où l’eau tombera à une extrémité. A l’autre extrémité le patient
- placée par de la gaze légère. Des tours de bande fixeront le tout autour du pouce et du poignet.
- Quelques jours après l’accident, quand la plaie est à peu près fermée et n’est plus irritable, un poucier (fig. i61-3) entourera la partie malade et permettra ainsi de se servir de la main et de ne pas craindre les chocs qui rouvriraient la blessure ou prolongeraient sa durée.
- Dr Foveau de CourmellEs.
- CH .MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — lmp. Bayeu, 13, rue, Neigre.
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- LA CORÉE ET LES CORÉENS
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- UNE VISITE CHEZ UN RELIGIEUX FRANÇAIS EN COREE
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- a Corée est un des pays les moins explorés par nous. La crainte de l’étranger domine son histoire. Jus-q u’à ces vingt dernières années, elle tenta l’impossib 1 e pour s’isoler du reste du monde, brû-1 a n t ses ports, ravageant une large bande de territoire sur la frontière chinoise, pour en faire une zone neutre, inter dis a nt l’accès de son sol, retenant prisonniers les marins naufragés sur ses côtes, massacrant les missionnaires, défendant l’exploitation de ses richesses mi n i è r e s pour éviter de la part des autres Peuples tout désir de conquête.
- Le Japon triompha le premier de Cet esprit d’isolement
- fet obtint, en 1876, un traité de commerce ; puis vinrent ensuite ceux des Etats-Unis, de tu France, de l’Angleterre, de l’Italie et de la Russie. En 1883, enfin, le roi créait des lignes
- Fig. 102. — La maison du missionnaire catholique.
- Fig. 163. — La maison du missionnaire protestant.
- de navigation et des douanes, et, en 1886, ouvrait des lignes télégraphiques.
- 11 est donc possible aujourd’hui d’étudier
- un peu ce pays, et nous puisons dans le travail de M. le IJr Chastang quelques ren s eigne-ments inté-r e s s a n t s rapportés par lui de ses deux voyages en Corée.
- La péninsule coréenne e^t bornée au nord par les neuves Yalu et
- Tuinen et par la chaîne des monts Chan-Alin ;
- à l’ouest par la mer jaune ; au sud-est parle détroit de Corée ; à l’est par la mer du Japon.
- Elle a 940 kil o m è t r e s de long sur 250 de large.
- C’est un pays montagneux. Les plaines du centre de l’île sont d’une extrême fertilité. Séoul,la capitale, est entourée d’un mur d’enceinte de 9 kilomètres et de collines qui lui font comme une double fortification naturelle. Sa population est évaluée à 250,000 habitants.
- %• Série N* 64. — 16 Juillet 1859,
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- Trois ports sont ouverts au commerce: Chem ulpo, Fusan et Gensan.
- L’anné e coréenne est divisée en quatre saisons, comme les nôtres, avec cette différence que les solstices et les équinoxes, au lieu de marquer le commencement de chacune d’elles, en sont considérés comme le milieu.
- Le climat a des températures extrêmes ; l’été est très chaud et l’hiver très rigoureux. Bien entendu, les conditions ne sont pas les mêmes au nord et au sud, la température diffère selon les altitudes. La neige, rare dans le sud, tombe de novembre à mars dans le nord et l’ouest, se maintient jusqu’en mai et persiste toute l’année sur les hauts sommets. La sai_ son des pluies commence en avril, c’est l’épo. que des vents variables et des tempêtes; la pluie est torrentielle, les fleuves débordent, des ponts sont emportés, les terrains inondés.
- Dans son ensemble, le climat de la Corée est très salubre. Les étrangers y vivent aussi bien qu’en Europe, et si dans la population indigène la mortalité est assez considérable, cela tient moins au pays qu’aux conditions hygiéniques dans lesquelles vit le peuple.
- La constitution géologique du sol n’a jamais été l’objet d’une étude complète. Les voyageurs sont d’accord avec les missionnaires pour proclamer la richesse du sol en mines de toute nature. Le fer y est très abondant, le cuivre est d’excellente qualité ; l’or abonde, surtout dans le nord, la houille se trouve à fleur de terre.
- La faune est des plus riches, et dans ce pays où il y a des neiges qui ne fondent jamais et des fleurs qui ne cessent de pousser, on trouve côte à côte les animaux des régions froides, comme l’ours, et des réprésentants de la zone tropicale, comme le tigre.
- La flore est très variée aussi ; un missionnaire catholique avait récolté de nombreuses plantes et commencé la constitution d’un herbier des plus intéressants, mais collections et notes furent détruites à l’époque d’une de ces persécutions religieuses nombreuses dans l’histoire de la Corée.
- La configuration du sol ne permet de livrer à la culture qu’une superficie restreinte du pays. L’indigène ,ne s’occupe que de la parcelle de terrain susceptible de lui procurer le nécessaire, aussi les famines n’étaient pas
- rares, et, en 1877-78, un million d’habitants sont morts de faim.
- Un des grands obstacles au commerce est l’absence de routes, les plus belles sont fort étroites et mal entretenues.
- Le commerce extérieur est accaparé parles Japonais. La pêche du hareng est très productive et des milliers de pêcheurs viennent, d’avril à juin, de la Chine du Nord.
- Le dernier recensement officiel donne à la Corée une population de 10.518.937 habitants ; mais ce chiffre est inférieur à la réalité, car nombre d’habitants se cachent pour ne pas payer d’impôts et éviter le service militaire.
- Le Gouvernement est une monarchie absolue et héréditaire ; les provinces sont dirigées par un gouverneur ; les districts par un mandarin ; au-dessous, toute une hiérarchie d’administrateurs. Les fonctions publiques sont très recherchées, la noblesse détient le pouvoir, le peuple est pressuré et rien ne le pousse au travail, car il sait que plus il gagnera, plus il sera accablé d’impôts. L’esclavage existe de temps immémorial, mais il est doux et exempt des horreurs qu’il a engendrées dans d’autres pays.
- En principe, tout homme valide doit le service militaire, mais en réalité il n’y a pas d’armée coréenne jusqu’à, présent, toute organisation ayant été impossible. A Séoul, cependant, des officiers américains ont réussi à former une garde royale armée du fusil Remington.
- Voisins des Chinois, des Mandchoux et des Japonais, aux moments des invasions, les Coréens se sont croisés avec eux ; aussi n’est-ce pas une race pure, mais un mélange d’éléments divers. Leur langue se rapproche des dialectes tartares, elle est monosyllabique.
- Physiquement, le Coréen se rapproche plutôt du Chinois. Il a la peau jaunâtre, la taille élevée, une forte stature. La face est large, les yeux obliques et bridés, les pommettes saillantes, les lèvres épaisses, la lèvre supérieure relevée, les dents blanches, le nez court et aplati, le menton petit, souvent fuyant, les doigts longs et effilés.
- La barbe est un peu épaisse, les sourcils, et les cils peu fournis. Les cheveux sont abondants, longs, de couleur noire, avec une tendance au jaune sale.
- L’obésité, si estimée en Chine, paraît en
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- Corée beaucoup plus rare. La déformation du pied chez les femmes n’existe pas.
- Les Coréens sont doux, honnêtes, hospitaliers, mais d’une paresse et d’une incurie sans égales ; ils passent des journées entières à flâner en fumant leurs longues pipes. Sans prévoyance et sans initiative, chez eux ils ne cherchent ni à améliorer ni à perfectionner leurs conditions d’existence ; hors de chez eux ils ont la nostalgie du pays.
- L’hospitalité est pratiquée comme un devoir ; la plus grande solidarité règne dans les familles. Les relations d’amitié sont sincères et désintéressées. Ils ont l’instinct de l’association et de l’assistance mutuelle. Les marchands ont autant de corporations que d’espèces de marchandises. Tous les artisans ont des syndicats.
- La femme coréenne n’a ni nom, ni existence légale, elle est la femme, la fille ou la sœur d’un tel.
- On ne voit à visage découvert que la femme des basses classes, qui travaille comme une bête de somme et prend sur son sommeil le temps nécessaire aux soins du ménage, négligé pendant qu’elle est aux champs. Les femmes des artisans et des nobles vivent dans nne réclusion complète.
- Le soir, dans la capitale, à un signal donné Par une cloche, la rue leur appartient ; les hommes doivent regagner leur domicile.
- La femme coréenne n’assiste à aucune fête, ne boit ni vin ni alcool ; seul, le tabac lui est permis.
- Les jeunes gens et les jeunes filles ne se ren_ contrent jamais, les mariages sont arrangés Par les parents. Le divorce est difficile à obtenir.
- La piété filiale est enseignée aux enfants comme la plus belle des vertus. Dès l’âge de Clnq ans, ils sont envoyés aux écoles Payantes, où l’on enseigne presque exclusi-Vement la littérature et la morale. La poésie est très en honneur.
- La crémation est connue/ mais elle n’est Pas pratiquée, c’est l’inhumation qui est toujours employée. On n’enterre jamais dans les Ailles, mais sur les versants et au sommet des collines, et les funérailles ont lieu la nuit.
- Les tombeaux du peuple consistent en un Monticule de terre ; pour les riches, le tertre est entouré d’une dalle en pierre en fer à
- cheval ; sur le devant est placée une pierre haute d’un mètre, et ae charrue côté d’autres pierres grossièrement scupltées rappellent des figures humaines ou des chevaux.
- Les Coréens sont les inventeurs de l’art céramique, qu’ils ont à peu près abandonné aux Japonais. La principale industrie du pays est la fabrication du papier. Ils aiment la musique et la danse. Leurs chants sont monotones et sans harmonie.
- Ces indigènes n’ont aucune notion de propreté. Un voyageur anglais déclare que l’homme le plus sale qu’il ait jamais rencontré était un Coréen propre ; pour les jeunes enfants, l’eau est regardée comme dangereuse et funeste.
- Le tabac est d’un usage général, il ressemble assez au tabac turc. La partie la plus originale de leur habillement est sans contredit leur chapeau. En forme de tronc de cône, haut de 12 à 15 centimètres au minimum, il a des bords noirs en crin de cheval tressé ; il est adapté sur un bandeau qui enserre la base du chignon et attaché sous le cou par deux rubans noirs qui pendent sur la poitrine. 11 n’abrite ni du soleil ni de la pluie.
- Les vêtements sont en coton ou en soie à couleurs très claires, le blanc domine. Une veste serrée aux épaules avec des manches larges et courtes, un pantalon rentrant dans des guêtres lacées, des souliers de cuir ou en fort papier avec le bout relevé, complète le costume national.
- Les Coréens d’un certain rang portent en outre un grand manteau, le tout doublé d’ouate l’hiver.
- Les habitations sont communément en terre glaise pétrie, soutenue par des lattes de bambou et de bois. Les portes et les fenêtres en bois recouvertes de papier fort sont mal ajustées et font de nombreux courants d’air. Le parquet est en dalles de pierre, recouvert de papier épais.
- L’ameublement est primitif, quelques petits meubles ou coffres, une table basse et pas l’ombre de chaises ; on s’assoit par terre.
- L’alimentation est variée : viande, poisson, légumes, riz ; comme boisson l’eau, différentes liqueurs obtenues par la fermentation des céréales et une bière faite avec du riz.
- Le Coréen est irréligieux ; la haute société
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- pratique les principes dè Confucius, le peuple est impie et superstitieux.
- Depuis les traités, des missionnaires catholiques et protestants font beaucoup de propagande.
- Voici comment un voyageur, Gabry, raconte la visite qu'il fit à Fun de ces missionnaires, il y a quelques années :
- « Dans le port de Fusan, dit-il, un homme charmant, commissaire des douanes, nous dit apres déjeuner : « Allons voir le père missionnaire ! »
- Sa yole file sous la brise; la rade est superbe, le cirque des hautes montagnes qui l’encadre miroite sous le soleil, et les maisons japonaises brillent au milieu des sapins, comme une poignée de dés jetés par la Providence dans un plat d’épinards.
- Dans une île, nous distinguons quelques huttes couvertes de chaume ; la barque accoste et, en sautant de pierre en pierre, nous arrivons dans les rizières. Une chaumière en briques crues, un carré enclos d’un mur en pierres sèches ou grouillent quelques poules et deux Coréens vêtus de leurs longues robes de gaze blanche et de leur double chapeau en treillis de crin qui semble une cloche à fromage : c’est la case du Père (fig. 162). Trois petites pièces ; une chambre avec un lit de sangle, un bureau, et une chapelle, presque luxueuse dans cette indigence si propre et si digne — le plancher à un pied au-dessus du sol ; dessous, comme dans toutes les chaumières coréennes, la vapeur d’un fourneau circule en hiver et réchauffe, au risque d’asphyxier.
- Il y a quinze ans que le Père a quitté la France, jamais il n’y reviendra ; il n’en a pas le droit. C’est ici, dans ce coin, que les cartes ne marquent même pas, qu’il mourra inconnu, anonyme.
- Avec 15 piastres, 75 francs par mois, il doit vivre, entretenir sa chapelle, et faire la charité.
- Il y a cinquante chrétiens ici dans son hameau . de l’autre côté de la rade, dans le gros bourg qui s’étale le long de la colline, il y en a deux cents ; aussi déménage-t-il pour y installer son quartier général ; son plancher, son lit sont déjà partis ; ce soir, il couche sur une natte, après avoir mangé son écuelle de riz et sa pitance à la coréenne.
- S’écartant du Chinois qui le méprise, du Japonais qui l’agace, de l’Européen qui l’exploite, de l’Américain qui le biblifie, le Coréen vient aii missionnaire ; ils sont deux mille dans la province.
- Tout l’hiver, quand le froid les force à rester dans leur chaumière, le Père enfourche son poney, bête velue et rustique, et va de village envillage, baptiser, marier, administrer; depuis deux ans, les Coréens lui laissent toute liberté; mais avant, c’était sous un vêtement de deuil, une longue robe de lin jaune et cachant sa figure proscrite derrière
- l’écran traditionnel de papier huilé, qu’il circulait et catéchisait.
- En face, dans le plus joli cottage de la colonie étrangère, pontifie le missionnaire américain; il a sa femme, 200 dollars par mois, une vue superbe, plus deux servantes, trois boys indigènes qui forment le fonds de sa clientèle méthodiste. En tout, il a bien une quinzaine de fidèles à un dollar par mois. 11 est intelligent, débrouillard ; il attend avec impatience son premier héritier qui lui vaudra, de la part des bonnes vieilles miss de de Minneapolis, 100 dollars de plus par an. Tous les ans, il établit son budget : tout ce qu’il demande lui est envoyé — et l’on a raison, d’ailleurs. Il ne voyage pas à l’intérieur ; mauvais thé, pas de pudding; de temps en. temps, il envoie à la revue de Séoul, au Corean Repertory, un article sur l’alphabet coréen, ou sur l’invasion japonaise du xivc siècle ; parfois aussi, il adresse aux journaux d’Amérique, une étude sur la misère, trop réelle, des Coréens ; c'est, en somme, un honnête homme, presque un gentleman; il place du vin de Californie. Tous les Américains savent cela, et en rient ; les Etats-Unis ont tant d’argent ! D’ailleurs, qu’y faire? les consuls n’osent écrire: tous les quatre ans, le président saute et eux tombent. Et puis, ce serait se mettre à dos tous les journaux d’Amérique à qui les missionnaires ne seraient pas longs à câbler leurs plaintes.
- Faut-il croire ce mot d’une miss Américaine qui, grimpant à une colline, et hésitant entre plusieurs sentiers qui tous conduisaient au sommet : « C’est l’image des religions ; elles suivent des voies différentes, et toutes mènent au ciel. » D’accord ! mais encore ne faudrait-il pas qu’on les prît à rebours?
- Tout cela est loin ; mais nous penserons longtemps au Père français de Fusan, dont les yeux étaient si doux, et qui, sans sentir la fatigue, ni songer au pays absent, grimpait à pic la montagne aride de l’au delà ».
- A cause de la similitude des climats, on retrouve en Corée toutes les maladies communes dans nos pays, mais on en rencontre d’autres qui sont l’apanage des races peu civilisées.
- L b paludisme, la scrofule, la lèpre, sont fréquents ; la tuberculose est moins répandue et la rage existe également. Cent mille personnes sont mortes en deux mois du choléra, dans l’épidémie de 1886. La variole fait de grands ravages. La rougeole, la scarlatine, la fièvre typhoïde se rencontrent comme chez nous. Les maladies d'estomac sont fréquentes, car le Coréen est très gros mangeur ; les maladies de peau, entretenues par la malpi’0' prêté, sont très tenaces.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- La médecine coréenne est surtout empirique. De la constitution du corps humain et des rapports des différents organes, les docteurs coréens n’ont que de vagues idées, et, en ce qui concerne la physiologie, leurs connaissances sont aussi restreintes qu’erronées.
- Ils ont horreur du couteau et n’ouvrent jamais un abcès, qu’on recouvre, au contraire, d’une matière épaisse et visqueuse faite d’une résine. Il s’ensuit que le pus, ne trouvant pas d’issue au dehors, fuse à travers les tissus les plus lâches et ressort autre part, à moins
- qu’il ne gagne les parties profondes, aboutissant, en fin de compte, à de larges ulcérations ou à des lésions osseuses.
- La Corée est arrivée, dit le Dr Chastang en terminant, à une période de décadence telle qu’elle semble devoir disparaître en tant que pays autonome et son indépendance ne sera jamais qu’illusoire.
- Il reste convaincu que ce pays a tout à attendre de l’influence de la Russie, qui va combattre et triompher de l’influence japonaise. Ch. D.
- LE CELLULOÏD
- m} e celluloïd peut être considéré comme yjt une « dissolution solide » de nitrocel-LUà lulose dans le camphre. Les nitrocel-luloses, qui résultent de l’action de la cellulose (coton et papier) sur un mélange d’acide sulfurique et d’acide azotique ont diverses compositions, suivant le degré de concentration et les proportions relatives des deux acides, et suivant la température à laquelle la réaction s’est produite. Toutes les nitrocelluloses ne conviennent pas à la fabrication du celluloïd : une partie seulement est soluble en proportions convenables dans le camphre (c’est-à-dire dans une solution alcoolique de camphre). Il existe d’autres dissolvants (l’éther acétique, par exemple) dans lesquels toutes les variétés sont solubles ; mais le résultat de l’évaporation est une matière cassante, qui ne trouve d’emploi que comme explosif, tandis que le mélange moléculaire de nitrocellulose et de camphre, oorné, transparent à letat pur, est résistant et possède une élasticité remarquable. Il conserve l’inconvénient d’être très facilement inflammable (bien que la présence du camphre atténue beaucoup cette propriété **e la nitrocellulose), mais il a, d’un autre c°fé, l’avantage qu’aucune autre matière n° possède au même point, de pouvoir se colorer en toutes nuances, dans la masse, et av’ec tous les degrés de transparence.
- La fabrication commence par un nettoyage ct an séchage de la cellulose brute, qui est ensuite plongée dans le mélange d’acides, contenu dans des vases en terre émaillée.
- Lorsque la réaction est complète (ce qui ne peut toutefois se constater par l’apparence, car la structure de la cellulose ne change pas) on élimine l’acide par des lavages répétés, à l’eau froide. Le produit est alors soumis à un blanchiment par le chlore, qui a pour effet d’enlever la teinte jaune résultant du traitement acide. Après un lavage qui a pour objet d’éliminer la solution chlorée, la nitrocellulose est réduite en pulpe (lorsque la matière première employée était le papier); cette pulpe est essorée dans des appareils centrifuges, et la matière encore humide est soumise à des presses hydrauliques, d’où elle sort sous forme de galettes, qu’on émiette et qu’on mélange, dans des auges en bois, avec une quantité nécessaire de matière colorante (soit dissoute, soit sous forme de pigment, suivant la transparence qu’on veut obtenir) et quelquefois aussi d’huile de îicin, pour augmenter l’élasticité. Après un certain temps de contact, le mélange est pétri sur des cylindres chauffés à la vapeur. Cette période de la fabrication ressemble beaucoup à celle du caoutchouc, tant par les machines que par les procédés employés. Pendant ce pétrissage, la plus grande partie de l’alcool s’échappe, laissant un produit légèrement élastique, d’une nature particulière, parsemé d’une très grande quantité de petites bulles d’air, de sorte que la transparence en est faible, même lorsqu’il n’est pas chargé d’une couleur minérale. On éliminie ces bulles en chauffant la massse à 100° c., en même temps qu’on la soumet à
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- LA SCIENCE
- une pression élevée, dans des presses hydrauliques construites pour ce but spécial.
- Après plusieurs heures de ce traitement, on obtient des blocs sans bulles que l’on refroidit à l’eau courante et que l’on tranche en plaques de 02 mm à 20 mm d’épaisseur, suivant les besoins. On emploie à cet effet des machines où l’avancement du celluloïd et le déplacement du couteau à chaque tranche sont automatiques. Les plaques ainsi obtenues, découpées à la dimension convenable, sont placées sur des cadres recouverts d’étoffe, etchaufifées aune douce température (à la vapeur pour éviter tout danger d’incendie) et pendant un temps qui varie de 15 jours à un an, suivant l’épaisseur. On évapore ainsi la presque totalité de l’alcool, et on obtient comme produit final un celluloïd corné, très élastique. Les plaques qui se sont tordues ou ondulées pendant ce traitement sont ensuite fortement comprimées à la presse hydraulique entre des surfaces chauffées à la vapeur, et qui peuvent être ensuite refroidies par un courant d’eau. Cette opération a en même temps pour effet de polir le celluloïd, car les plaques entre lesquelles on le comprime sont elles-mêmes polies, et le celluloïd se ramollit à une tem-parature peu supérieure à 100° c.
- On peut obtenir des baguettes de n’importe quel diamètre et d’un profil quelconque, des tubes à surface lisse ou ornée, en échauffant le celluloïd non entièrement séché, dans des vases à double paroi et en le comprimant fortement à la presse hydraulique de façon à le faire sortir par un orifice de section appropriée. Il est vrai que le séchage ultérieur fait perdre aux objets ainsi obtenus une partie de leur régularité, mais on peut les remettre en forme en les comprimant de nouveau, dans l’eau bouillante, dans des moules ad hoc. Ce mode de fabrication donne une économie considérable de temps et de main-d’œuvre, en comparaison avec le procédé qui consisterait à prendre dans la masse les mêmes objets; il évite déplus tout déchet; mais il convient d’ajouter que les déchets de celluloïd sont facilement utilisables : après ramollissement à l’aide d’un dissolvant, on peut les comprimer à nouveau et les réunir en un bloc.
- Le celluloïd a trouvé beaucoup d’appli-
- EN FAMILLE
- cations en raison de la facilité avec laquelle on peut le colorer en teintes polychromes, non pas seulement superficiellement, mais encore dans la masse. C’est ainsi qu’on a pu 1 imiter un grand nombre ie produits naturels, tels que le marbre, la malachite, le lapis lazuli, l’agate, l’écaille, l’ivoire, l’ambre-, etc.
- Ces résultats s’obtiennent, soit en soudant ensemble, à chaud, des morceaux de celluloïd de diverses nuances, avant l’évaporation complète, soit en prenant du celluloïd presque terminé, en morceaux de diverses grosseurs et de diverses nuances, et en les réunissant à la presse hydraulique. Pour imiter l’ivoire, on réunit en un bloc et à la presse hydraulique à chaud, des feuilles minces de celluloïd, colorées alternativement en deux teintes différentes blanc jaunâtre.
- On coupe ensuite dans ce bloc des morceaux de l’épaisseur voulue, on les sèche et on les travaille. Pour arriver cà une imitation convenable de ces produits naturels, il faut un travail soigné et exécuté avec goût. La variété de structure et de coloration à laquelle se prête la fabrication du celluloïd est très 1 grande, et il en est de même du nombre des ob ets que l’on peut faire avec le celluloïd, soit seul, soit en combinaison avec le bois, les métaux, le cuir, etc. C’est d’ailleurs un produit agréable à travailler, car on peut facilement le percer, le tourner, le raboter, le scier, le fraiser, le gratter, le limer, et même le couper lorsqu’il est en plaques minces. On peut aisément en souder deux morceaux en mouillanl les surfaces à l’aide d’un dissolvant du celluloïd, tel que l’éthei acétique ou l’acétate d’amyle, et en les pressant simplement l’une contre l’autre. facilité avec laquelle on peut le mouler à la presse hydraulique, lorsqu’il est ramolli par la chaleur, en laissant durer la pression jusqu’au refroidissement, permet d’obtenif par ce procédé, et à très bas prix, toutes sortes d’objets, étuis, boîtes, cuvettes, etc-En employant des matrices gravées, on Peut r imiter des sculptures ou des ciselures. Lest ainsi qu’on obtient des couvertures de livres religieux, des reliures, des cartes-réclames,
- des broches, des peignes, des épingles, des montures de parapluies ornées, et mille aU' très objets. Les matrices de la presse étant polies, on évite tout travail ultérieur de 1 °b-
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- jet qui en sort. Dans le cas contraire, on peut polir à la pierre ponce ou même, pour les petits objets, passer à la surface une couche de dissolvant.
- On a préparé des vernis au celluloïd, qui s’emploient pour les objets qui n’ont à supporter aucune élévation de température et
- aucune détérioration mécanique : ces vernis qui servent surtout pour les métaux, mais aussi pour le bois et même le papier, protègent parfaitement de l’action des agents atmosphériques, des gaz quelconques, et de l’humidité.
- (D'après une communication de M. Voigl à l'Union des Ingénieurs allemands).
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- CONSTRUCTION PRATIQUE DES APPAREILS ET ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES
- (Suite et Fin)
- antoscope. — Pour agrandir les positifs sur verre, on se sert en général de la lanterne magique ou des appareils à projection.
- On peut aussi employer les appai-reils mis dans le commerce sous le nom de pantoscopes lanternoscopes, etc. Ces appareils ne permettent pas, comme les précédents, de montrer les images amplifiées à un] grand nombre de spectateurs à la fois, mais ils ont l’avantage de n’exiger qu’un - u matériel restreint et d’utiliser la A lumière du jour.
- On peut s’offrir un pantoscope à peu de frais. Liesegang, dans les Archives photographiques, a donné la construction suivante :
- On se procure quelques planchettes de bois léger, (des boîtes à cigares par exemple), une lentille simple de 13 cm. de diamètre environ, et de 13 à 15 centimètres de foyer, de la colle, des pointes,
- Fig. 16V.
- 15,5 cm
- 10,5.cm
- B
- Fig. 165.
- un verre dépoli, une règle et un canif bien aiguisé. On commence par façonner un cadre (fig. 164) percé d’un orifice circulaire d’un diamètre inférieur de 6 à 7 à celui de la loupe grossissante. Les bords de l’orifice circulaire sont taillés en biseau de manière à s’adapter exactement sur la courbure de la lentille. Le cadre carré dont les dimensions extérieures sont de 15,5 cm. est ensuite muni sur tout son pourtour l'ig. 166. d’une gorge dont la profondeur est t'gale à la demi-épaisseur du bois (3 à 4 mm.).
- On coupe ensuite, à l’aide de la règle et du canif, quatre planchettes semblables à celle que représente la fig 165, et on les assemble de manière à former une pyramide tronquée. On consolide les joints à l’aide de bandes de papier enduit de colle. On fixe de même la lentille convergente dans le cercle qui l’encadre (fig. 166). La base de la pyramide a la forme carrée Fig. 167. a b c d (fig. 167). C’est sur cette base qu’on fixe le verre dépoli qui en forme le fond ; ce fond a 10,5 cm. de côté, le verre dépoli aura donc un peu moins ;
- 10,5 cm v 0n le fixera dans un F'ig- 168. cadre à la manière de
- la lentille.
- Pour permettre l’introduction des diapositives, on fera bien de tailler une des laces latérales un peu plus courte, comme nous l’avons expliqué en exposant la construction du stéréoscope. On pratiquera ainsi une fente par laquelle on introduira les châssis.
- Les châssis qui servent au montage des diapositives sont de simples cadres de bois ou de carton dont les dimensions extérieures correspondent aux dimensions du fond de la boite sur lequel elles s’appliquent (fig. 168).
- Le pantoscope peut être muni d’un pied auquel on donnera une forme plus ou moins élégante (fig. 16'J).
- Fig. 169.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Pour examiner les épreuves, on éclaire vivement le verre dépoli en le présentant, soit à la lumière du jour, soit à celle d’une lampe. L’effet obtenu est réellement satisfaisant.
- Il nous resterait encore à signaler, pour finir, un certain nombre d’appareils un peu plus spéciaux que ceux que nous venons de décrire ; mais nous avons pensé que ces
- derniers suffiront largement à l’amateur pour occuper ses loisirs d’hiver et les journées pluvieuses de l’été. Chacun pourra d’ailleurs s’ingénier, en s’inspirant des exemples que nous donnons dans cet ouvrage, à remplacer les instruments coûteux et les appareils spéciaux que l’on ne peut se procurer facilement, par des instruments simplifiés de sa fabrication. A. Berthier.
- L’AQUARIUM D’APPARTEMENT ET SES HOTES
- XV. — ANIMAUX INVERTÉBRÉS [Suite)
- ydrophiles et Gyrins. — Dans notre dernier article, (1) nous avons donné une description assez complète des
- La fig. 170, que nous donnons aujourd’hui se rapporte donc plus spécialement à notre dernier article, mais les dytiques ne sont
- Fig. 170. — Le Dytique bordé (Dyticus murginalis), mâle et femelle, el sa larve. A droite, Dytiques bordés mâles nageant ; l’un d’eux attaque une épinoche ; à gauche, sur un brin de jonc, un Dytique femelle en train de pondre.
- dytiques, aux mœurs si curieuses à observer. | pas les seuls insectes qu’il soit intéressant (i) Voir page 17. 1 de retenir dans l’aquarium d’appartement et
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- nous allons parler d’autres coléoptères également curieux, les hydrophiles et les gyrins. L’hydrophile est le plus gros dos insectes d’aquarium. Les hydrophiles ont le corps convexe, elliptique ; la tête est allongée, inclinée en avant; le corselet, très distinct, est plus large que long et porte en dessous une épine très aiguë. Les pattes sont longues et robustes, les postérieures terminées en palettes.
- L’espèce la plus, commune, est l’Hydro-phile brun (Hydrophilus piceus) qui mesure 5 centimètres environ de longueur; il est d’un brun noir brillant, et, malgré sa taille, il vole encore assez bien.
- du, connaissent les coques de l’hydrophile. Leur forme est ovoïde, et la pointe qui les termine les fait aisément remarquer à la surface des eaux stagnantes ; comme elles sont, pour ainsi dire, moulées sur l’abdomen de l’hydrophile, c’est la grosseur de l’insecte qui en détermine les proportions. Leur couleur est toujours blanchâtre, à l’exception de la pointe qui est d’un brun foncé, l’air séchant et brunissant cet appendice qui, de plat qu’il était d’un seul côté, s’arrondit alors en forme de tube dans toute sa longueur.
- On sait que les hydrophiles, lorsqu’ils sont dans l’eau, ont la faculté de tenir de
- 171.— L’Hydrophile bfuo {Hjiropliylus piceus) mâle et femelle et sa larve. A droite, la femelle au-dessous de sa foque ovigère ; à gauche, le mâle, reconnaissable à l’élargissement en forme de hache du dernier article de son tarse anté-rieur. Dans le coin de gauche de la gravure, une coque ovigère ouverte pour montrer la disposition des œufs à son intérieur
- l’air en réserve sous leurs élytres ; il en est même qui ont continuellement une bulle d’air sous leur abdomen, de manière qu’en se posant sur un corps solide placé dans l’eau, il se fait entre les deux corps un vide qu’occupe aussitôt la portion d’air qui était destinée aux organes de la respiration.
- La femelle se construit une coque de soie ‘Lus laquelle elle enferme ses œufs et rl'i elle fixe à quelque herbe aquatique. Les !lrves sortent des œufs quinze jours après Ponte, elles sont d’une grande agilité et L’ès carnassières.
- Tous les naturalistes, dit M. Victor Ren-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- C’est le même air qui est renfermé dans la coque de l’hydrophile ; il en est la première condition, il sert à l’insecte pour respirer pendant tout le temps de son travail, et il préserve ses œufs de l’inondation.
- Rien n’est plus carieux que quelques hydrophiles dans un aquarium, car il est facile de suivre leurs transformations et d’étudier leurs mœurs bizarres.
- M. H. Coupin nous apprend que l’hydrophile se nourrit de plantes aquatiques et, à défaut,d’autres végétaux, comme des salades; il se conserve fort bien en captivité et peut être mis dans l’aquarium commun avec les poissons ; on le vend fréquemment chez les marchands de poissons rouges. Mais il faut avoir soin de lui donner largement à manger; sans quoi, il devient féroce, et s’attaque aux divers animaux aquatiques, même aux poissons, même à ses propres frères.
- Par contre, la larve de l’hydrophile est carnassière ; elle vit de proies et se nourrit principalement de petits mollusques, tels que Lymnées, Planorbes etc.
- Notons encore que l’hydrophile, essentiellement herbivore, ne s’accorde pas très bien dans l’aquarium avec le dytique qui, ainsi que nous l’avons vu, est un coléoptère aquatique carnassier au premier chef. (I)
- Les Gyrins (Gyrinus) sont des coléoptères aquatiques de petite taille, mais bien remarquables. Voici comment, à leur sujet, s’exprime M. J. Pizzetta ;
- « Placés presque toujours à la surface des eaux, ces insectes y reçoivent la lumière d’une manière directe et sont revêtus de nuances métalliques bronzées qui brillent au soleil de l’éclat le plus vif. On les voit, pendant l’été, nageant à la surface des eaux tranquilles, où ils déciiventde grands cercles, se coupant les uns les autres, comme s’ils patinaient. De là leur est venu le nom de
- REVUE D
- Les feux et les eaux, par Maurice Griveau, i vol. petit in-18 illustré, avec 4 planches hors texte en couleurs, de la collection des
- (1) Les larves de Dytique et d’Hydrophile, étant essentiellement carnassières, ne doivent pas être laissées dans un aquarium où on entretient de jeunes poissons.
- tourniquets et celui, plus scientifique, de Gyrins, qui n’en est que la traduction. La disposition de leurs yeux, qui sont placés en dessus et en dessous de la têle, les rend très difficiles à surprendre. Comme leurs ailes sont bien développées, ils volent facilement et s’en servent souvent pour se transporter d’une pièce d’eau dans une autre. Mais s’ils volent bien et nagent encore mieux, ce sont de mauvais marcheurs. En effet, si on les pose sur le sol, on les voit exécuter une série de petits bonds et s’efforcer péniblement de regagner l’eau. Ces Gyrins répandent, quand on les touche, une liqueur laiteuse d’une odeur désagréable.
- L’espèce la plus répandue est le Gyrin nageur (Gyrinus natator), d’un noir bronzé brillant, avec les élytres marquées de stries longitudinales formées par des points très rapprochés. La femelle du Gyrin pond, sur les feuilles des plantes aquatiques, des œufs cylindriques d’un blanc jaunâtre; ils éclosent huit à dix jours après la ponte et il en sort de petites larves au corps vermiforme composé de douze anneaux, dont les trois premiers portent chacun une paire de pattes, les suivants sont garnis sur les côtés de longs appendices ciliés qui leur donnent quelque ressemblance avec de petits my-riapodes. Ces larves, fort agiles et très voraces, sortent de l’eau vers le mois d’août pour se rendre sur des feuilles de plantes aquatiques. Là, elles s’enferment dans une coque ovale, pointue aux deux extrémités, formée d’une matière que transsude leur corps et qui, en séchant, devient semblables du papier gris. C’est là qu’elles se transforment en nymphe, et qu’aprôs avoir passe près d’un mois dans cet état, elles se changent en insectes parfaits.
- (A suivre) A. Larbalétrier-
- :s LIVRES
- Livres d’or de la Science — Schleicher
- Frères, éditeurs, Paris. 1899. — Prix: 1 fr-
- On a souvent entendu prononcer ces mots’ « Ils sont ennemis comme l’eau et le feu, » 1 vous hasardez pas trop, et examinez p'utot combien la Nature les associe dans son ceuv^
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- inlassable. Ce sont deux forces agissantes, deux retoutables puissances : elles sont destructives parfois, mais elles créent aussi, et leur rôle bienfaisant est au fond le plus considérable. Sans eux, où serait la vie dans l’Univers ? Ce sont eux qui animent tout. On ne s’en rend pas assez compte.
- Le feu n’est pas simple; il y a des feux de toute sorte : le ciel en fourmille, ils courent à travers les plaines de l’espace et notre Terre entretient en son sein une gigantesque fournaise dont les volcans sont la cheminée d’échappement. Le feu, c’est non seulement la chaleur, c’est aussi de la lumière. Et que de variétés dans ses manifestations ! M. Griveau nous les présente toutes : feux intermittents, feux profonds, feux fantômes, feux follets, feux phosphorescents. Il nous dit aussi le nombre infini d'applications que le génie de l’homme a su faire du feu : (métaux, verrerie, céramique) pour son éclairage (phare ou lampe), pour ses besoins journaliers et aussi, hélas! pour la destruction de ses semblables (armes à feu et artillerie).
- En regard du feu, M. Griveau nous présente l’eau, et nous fait l’histoire de ce liquide, car l’eau a une genèse; elle est un corps composé, elle a des états divers et subit des tranfor-mations dans sa structure. I.’auteur nous la montre en son activité grandiose (océans et mers) ; il nous la fait suivre dans ses pérégrinations sans fin parmi les airs : nuages qui courent, pluie qui se déverse, neige ou grêle ; puis la voici qui prend sa circulation terrestre, depuis la source cachéè jusqu’au fleuve majestueux, et la voici qui s’arrête et forme le glacier, en s’immobilisant pour un temps. Elle effectue enfin des travaux considérables à la surface terrestre et sous le sol.
- De tels livres sont excellents à lire, et l’on en retire un fruit précieux. Ce volume-ci, comme tous ceux de cette collection des Livres d’or de la Science d’ailleurs, est irréprochable de soin, de luxe, richement illustré, et par surplus accessible aux plus modestes bourses, ce qui le fera doublement rechercher du public.
- ***
- 1 raitè pratique de photographie stéréoscopique par L. Mathet. Une brochure illustrée de nombreuses figures. Prix : 2 fr. — Charles Mendel, éditeur, 118 et 118 bis, rue d’Assas. M. L. Mathet est un fervent du stéréoscope ;
- il s’est efforcé de prouver dans une brochure dégagée de toute digression scientifique, qu’avec les apppareils modernes, la double épreuve stéréoscopique ne présente pas plus do difficultés à obtenir et n’est pas plus coûteuse qu’une simple épreuve ordinaire du même format.
- Son talent de vulgarisateur lui a permis de mener à bien cette tâche que des connaissances spéciales lui rendaient facile, et de résumer dans un petit volume de 125 pages toutes les indications techniques et pratiques qu’il peut être utile de donner à un amateur pour produire, sans peine et sans échec, ces belles épreuves stéréoscopiques qui nous mettent la nature sous les yeux avec son relief, ses jeux de lumière, sa vie.
- ***
- Le livre des amusettes, par Toro, 1 vol. illustré de 43 planches servant à la description de 104 amusettes. Prix : 2 fr. Ch. Mendel, éditeur 118 et 118 bis, rue d’Assas, Paris. Les 104 amusettes que Toto a réunies dans ce coquet petit ouvrage sont divisées en cinq chapitres ayant pour titres : Amusettes en papier — Petits cartonnages — Métamorphoses d'un papier — Amusettes diverses — Amusettes avec les chiffres. Bien peu sont inédites, il est vrai, mais on doit savoir gré à l’auteur Toto, — 12 ans —de les avoir groupées de façon à en faire pour les enfants — ses camarades — auxquels il s’adresse, un sujet de récréations aussi amusantes que variées.
- « Je lance mon livre dans le public avec une entière confiance, dit-il dans sa préface ; je suis sûr qu’il sera apprécié comme il mérite de l’être et qu’un jour même les papas et les mamans me remercieront quand ils le consulteront pour distraire leurs enfants. »
- Cela est vrai, mais pour d’autres raisons encore ; c’est qu’il faut, de bonne heure, habituer le petit garçon et la petite fille à se servir de leurs doigts, à confectionner eux-mêmes un joujou, à habiller une poupée, car c’est exercer leur vue et leur toucher, c’est développer avec leur intelligence l’esprit d’observation, l’ingéniosité et le goût ; c’est, en un mot, contribuer à les rendre vifs, adroits, « débrouillards ».
- Toto — plus fort en construction de cocotes et de cages à mouches qu’en version ou en algèbre — pense surtout à la partie récréative
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- de ses ingénieuses créations ; nous en signalons les parents qui se procureront l’ouvrage seront le côté utilitaire, persuadé à l’avance que tous i de notre avis.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 29 Mai, 5 et 12 Juin 1899.
- Le « guidroa » arbre à caoutchouc de Madagascar. — Parmi les végétaux caoutchou-tifères qui constituent une des grandes richesses actuelles de Madagascar, le guidroa est un de ceux qui paraissent le plus couramment exploités dans l’ouest de l’île, dans le Bouéni et dans le Ménabé. M. Henri Jumelle, qui avait signalé cet arbre et ses propriétés, n’avait pu le désigner que par son nom indigène. Grâce à des matériaux botaniques envoyés de Suberbieville par M. Périer de la Bathie, cette lacune peut aujourd’hui être comblée. Par tous ses caractères, le guidroa appartient évidemment au genre Mascarenhasia, famille des Apocynées ; c’est une espèce nouvelle pour laquelle M. II. Jumelle propose le nom de M. velutina, par allusion au velouté très caractéristique des feuilles. Pour en récolter le caoutchouc, les Sakalaves pratiquent sur le tronc de l’arbre, pendant la saison sèche, alors que le lait est très épais, de nombreuses incisions. Le lait se coagule presque immédiatement au-dessus de la blessure enfermant de petites boules de gomme, que les travailleurs reviennent enlever une heure plus tard, et qu’ils agglomèrent en boule. Un seul homme, par ce procédé, récolte facilement 1 kilog. de produit en une journée. Le caoutchouc ainsi recueilli est de bonne qualité et est même, paraît-il, plus nerveux que celui obtenu par ébullition. A l’état sauvage, l’arbre pousse surtout dans les bois secs et rocailleux.
- i?**
- De l’angle d’inclinaison des côtes. — Si
- nous observons un sujet pendant qu’il respire, au moyen de la radioscopie, nous voyons que ses côtes s’élèvent pendant l’inspiration et s'abaissent pendant l’expiration. Ce mouvement chez le sujet sain paraît approximativement symétrique à droite et à gauche.
- CVst la première conclusion d’une étude de MM. C. Bouchard et H. Guilleminot, dont, le travail comporte les résultats suivants:
- 1* Chez ces sujets sains, la pente moyenne des côtes est la même à droite et à gauche ;
- 2° Chez les sujets malades, l’amplitude oscillatoire qui varie, sur nos épreuves, de 3“ à 5° est à peu près la même à droite et à gauche. Notons cependant que, dans les cas particuliers étudiés, elle paraît un peu plus grande à droite qu’à gauche ;
- 3° Chez les pleurétiques ou les anciens tuber-
- culeux, des pentes costales sont dissemblables toujours plus prononcées du côté malade (de 3° à 6° dans les cas considérés) ;
- 4° Chez ces sujets, l’amplitude oscillatoire des côtes est très diminuée. Le type abdominal prédomine même chez la femme. L’une d’elles, avec une amplitude de plus de 16 millimètres, avait des côtes presque immobiles.
- ***
- La source Croizat, près du Mont-Dore. —
- M. Parmentier, qui a déjà eu l’occasion de trouver, dans un certain nombre de localités, des sources très notablement différentes de celles déjà connues, en cite une nouvelle aujourd’hui, découverte il y a deux ans, entre la Bourboule et le Mont-Dore, toute proche delà fontaine pétrifiante. En général, dans une même région, les sources d'eaux minérales, sans être identiques, présentent de grandes analogies. Il est rare de découvrir, dans un périmètre restreint, des eaux qui ne ressemblent pas à leurs voisines.
- L’eau de cette nouvelle source est remarquable par sa teneur en sel marin et par l’absence à peu près totale de fer. Elle renferme au contraire des quantités notables d’arsenic.
- ***
- Construction du miroir plan de 2 mètres de diamètre du grand sidérostat de l’Exposition. — M. Gautier décrit sommairement les nouveau^ moyens qu’il a dû imaginer pour obtenir le grand miroir plan destiné au sidérostat de la lunette colossale de l’Exposition de 1930, et toutes les précautions dont il a dû s’entourer, non seulement au point de vue mécanique, mais aussi pour échapper aux difficultés provenant de la marche de la température. Comme principe, l’opération a consisté à placer le miroir sur le plateau d'un tour spécial tournant devant des règles absolument parallèles à son plan et qui portaient un plateau en bronze chargé d’user et de dresser la surface du miroir.
- Les résultats obtenus permettent d’affirmer qu’un progrès sérieux a été réalisé dans la confection des surfaces optiques de grande dimension.
- ***
- Sur la présence de l’iode dans les eaux minérales de Royat. — Après les études de M. Gautier sur la présence de l’iode dans l’eau de la mer, études exposées dans une des dernières
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- séances, nous avons aujourd’hui, sur un sujet connexe. un travail de M. A. Duboin qui s’est pro posé d^ doser l’iode dans les eaux de Royal. Il l’y a trouvé à l’état organique à la dose de 0rasr,0i par
- litre.
- Les expériences de M. Gautier sur l’eau de mer et celles de M. Duboin sur l’eau de Royat ont une grande importance.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Le maximum de la force physique. —
- Le Journal d'hygiène, d’après la Gazette médicale de Liège, relate les observations qu’un médecin allemand vient de rassembler sur le maximum de la force physique.
- Avec un dynamomètre de son invention, notre confrère a enregistré dix mille expériences.
- Représentée graphiquement, la force moyenne d’un homme do constitution saine est une courbe à peu près parabolique, mais irrégulière, dofit le sommet avoisine trente et un ans.
- Un adulte de dix-sept ans doit pouvoir soulever sans difficulté un poids de 12b kilogrammes ; à vingt ans, sa force dynamométrique est de 144 kilogrammes ; à trente et un ans, elle s’élève à 200 ; pour redescendre à loi à quarante ans, à 149 à, cinquante, et à 112 à soixante-dix ans.
- Des expériences ont été faites également sur des indigènes du Togoland. Il en résulte que la force musculaire des nègres — contrairement à l’opinion générale — est à peu de chose près pareille à celle de la race blanche.
- ***
- Curieux nid de mésange. — Je viens d’être témoin d’un fait qui me paraît assez bizarre pour intéresser vos lecteurs, écrit au Chasseur français l’un de ses correspondants.
- Je me rendais, dit-il, dans mon jardin et, passant près de la pompe, je ne sais quelle fantaisie me prit, mais j’eus l’idée de donner quelques coups de piston. Savez-vous ce qu’il en sortit ? De l’eau sans doute ? Non, un oiseau, une gentille petite mésange. Je soulevais le petit couvercle de la pompe et, à Mon grand étonnement, je vis un beau petit uid contenant cinq œufs. La mésange, avait donc pondu dans le fond du corps de pompe sur le piston. Pour s’y introduire elle devait Passer par le tuyau d’échappement d’eau
- long d’au moins cinquante centimètres et formant presque à son extrémité une courbe assez prononcée et qui doit constituer pour la petite couveuse un passage difficile à franchir.
- Comment douter encore à présent de l’ingéniosité des petits oiseaux ?
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- Hirondelle... de proie. — M. le Docteur Lebeuf,de Verdun-sur-le-Doubs, communique au même journal l’observation personnelle suivante : J’allais voir un client, dit-il, àBra-gny, distant do 2 km., quand j’aperçus une hirondelle passant au-dessus de moi à petite hauteur, 5 à G mètres environ. Cet oiseau me parut bizarre par son allure et pendant que je l’observais, il laissa tomber à mes pieds un petit moineau qui venait de naître, tout rouge, sans aucune plume et qu’il tenait dans son bec. D’où venait cette capture ? Probablement l’hirondelle l’avait saisie dans un nid d’hirondelles occupé par des moineaux pillards et se vengeait à sa façon. Après la chute du petit moineau, l’allure de l'hirondelle redevint normale.
- Une hirondelle, oiseau de proie et détruisant les couvées d’autres oiseaux, n’est pas un fait banal, je crois ; il doit être signalé aux observateurs comme un fait rare. Où fa vengeance va-t-elle se loger?
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- Nouvelle soie artificielle. — On vient de découvrir en Allemagne, dans la production de soie artificielle, un procédé qui supprime l’emploi de la nitro-cellulose. Il consiste à dissoudre des déchets de coton dans- de l’oxyde de cuivre ammoniacal, et la solution est aspirée à travers de fines ouvertures. Les fils ténus ainsi obtenus traversent une solution d’acide dilué qui sépare le cuivre et l’ammoniaque, et le résultat de l’opération est une fibre extrêmement fine et brillante qui a toutes les apparences de la soie. Ce procédé, qui est breveté en Allemagne et à
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- l’étranger, a les avantages suivants sur les procèdes Chardonnet et Lehner : 1° la production et le produit ne présentent plus aucun danger; 2° la production est beaucoup plus simple ; 3° le prix de revient est beaucoup moins élevé.
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- Capture des cailles en Egypte. — Le
- passage des cailles sur le littoral du Delta, de Port-Saïd à Alexandrie, dure depuis le commencement de septembre jusqu’au milieu du mois d’octobre. Elles arrivent de la mer, à la pointe du jour, isolément ou par petits groupes de 2 à 6, et viennent s’abattre près des plantes grasses poussées sur les dunes.
- Avant le passage, les indigènes garnissent les bons endroits de filets tendus verticalement jusqu’à une hauteur de 5 mètres, en appuyant ces filets sur des perches ou poteaux servant de tuteurs. Des cordes passées au travers d’anneaux dont est garni le filet à la partie supérieure font glisser celui-ci comme sur une tringle entre les deux poteaux où le filet est également fixé à la partie inférieure.
- Ce filet se compose d’un double rideau de mailles : le premier, du côté de la mer, à mailles très larges et assez lâches, et le second à mailles plus serrées et plissées de façon à former des poches. La première nappe est destinée à amortir la violence du choc, en laissant cependant passer l’oiseau qui vient s’abattre à plein vol dans la pan-tière dont la couleur se confond avec celle du sable.
- Dans les endroits de la plage dégarnis de filets, les Arabes ont recours à un autre mode de capture. Ils plantent, de cinq en cinq mètres environ, des rangées de roseaux desséchés, mais encore garnis de leurs feuilles, de manière que l’endroit ainsi planté présente l’aspect, d’un champ de maïs. Au pied de chaque roseau, ils placent une touffe d’herbes au milieu de laquelle ils laissent une ouverture dont l’orifice opposé à la mer est fermé par une nasse maintenue par de petites fiches enfoncées en terre. La caille, fatiguée du voyage, s’ébat au milieu de ces roseaux qui lui ont donné l’illusion d’un champ de blé ou de maïs et se réfugie bienlôt dans le buisson artificiel et dans le filet où un gardien attentif vient la prendre.
- D’autres indigènes lancent un filet sur le buisson danslequelon a vu s’abattre l’oiseau, ou bien deux d’entre eux, tenant une longue corde au milieu de laquelle se trouve un filet tendu, passent de chaque côté du buisson et abattent le filet sur l’oiseau.
- Dans la Basse-Egypte, les cailles ont encore à redouter tous les pièges de l’avi-ceptologie arabe.
- L’exportation des cailles peut s’élever à 1 million par an. Leur prix de vente au détail, dans les villes, est de 50 centimes par oiseau au début de la passée, et de 20 centimes au plus fort du passage. Cette destruction s’est généralisée depuis l’occupation anglaise.
- (Le Naturaliste).
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Un ennemi du chou. — Voici le traitement qu’on recommande de l’autre côté de l’Atlantique, contre la larve de YAnthuno-myia Brassicæ, qui cause souvent de grands dégâts en Europe. On mélange 10 i il res d’eau et 10 litres de pétrole avec un peu de savon noir, et cette émulsion diluée dans ISO litres d’eau pure sert à traiter le sol des champs infectés. La façon de procéder est très simple : au pied de chaque plant on fait avec un bâton pointu un trou assez profond pour aller jusqu’au niveau des racines et on le remplit de la solution. Au besoin, si le sol
- est très sec, on fait deux trous sur deux côtés opposés de la tige, et tout contre celle-ci. Le mélange ne fait aucun mal à la plante et tue les larves.
- ***
- Blessures produites par le harnachement : protection par la toile cirée. — Les
- harnais mal ajustés ou construits d’une façon vicieuse produisent fréquemment des plaies plates plus ou moins étendues, qui sont l’occasion de souffrances sérieuses pour les animaux, et qui peuvent, en s’envenimant, amener des accidents plus ou moins graves.
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- On peut remédier à ces blessures d’une façon très simple, à l’aide de toile cirée placée sous la couverture. 11 faut avoir soin que la toile cirée dépasse de beaucoup la circonférence de la lésion. En outre, il est bon de l’enduire, avant le travail, d’une légère couche de vaseline simple ou boriquée. Enfin, il faut avoir soin de tenir toujours le pansement dans le plus grand état de propreté.
- Cette mesure si simple est souvent suivie de très heureux résultats. Ses bons effets ont décidé l’administration militaire à autoriser les corps de troupe à acheter, sur les fonds de la masse de harnachement, de la toile cirée pour remédier aux blessures du harnais. Cet achat n’ayant pas été prévu dans la nomenclature des dépenses que peuvent effectuer les unités administratives, a été autorisé par une note ministérielle spéciale à laquelle on ne peut qu’applaudir.
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- Pour enlever les taches sur les meubles.
- — Le Cosmos nous indique le moyen suivant pour faire disparaître les taches sur les meubles. Après avoir fait chauffer un peu de bière, avec un morceau de flanelle on en frotte les taches, puis on polit ensuite la place avec la composition suivante: on prend un sou de cire, on la râpe avec un couteau dans un pot de faïence, on y ajoute 15 grammes de savon coupé en petits morceaux,
- et on verse sur le tout pour trois sous d’essence de térébenthine. On place le pot sur le feu pour faire chauffer le mélange et on remue de temps à autre avec un bâton jusqu’à fusion complète. On laisse ensuite refroidir. On applique la composition à l’endroit où était la tache avec un morceau de flanelle, on frotte avec un vieux morceau de soie. Pour le bois peint, il faut commencer par laver le bois avec de l’eau et du savon, mais sans carbonate. .
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- Procédé pour durcir les objets en plâtre.
- — Le procédé consiste à traiter les objets en plâtre par une dissolution de borate d’ammoniaque dans l’eau: nous l’empruntons à Y Ingénieur civil.
- On prépare le liquide en dissolvant l’acide borique dans l’eau chaude et en l’additionnant d’ammoniaque liquide. On peut mélanger ce liquide au plâtre dans le gâchage, ou bien traiter les objets après qu’ils sont faits en appliquant la solution à leur surface. Dans ce dernier cas, on opère à froid; les objets imprégnés de la dissolution sont, après, lavés et séchés. La surface devient très dure en deux ou trois jours et ne se laisse plus pénétrer par l’eau. On peut sc servir de cette méthode pour durcir et imperméabiliser des planchers, murs, etc.
- RÉCRÉATIONS
- es deux petites récréations suivantes M sont extraites du Livre des A musettes, que nous signalons à nos lecteurs dans la Revue des Livres du présent numéro-
- Les encres sympathiques. — On appelle encres sympathiques des liquides incolores avtc lesquels on écrit sans laisser de traces SUr le papier. L’aclion de l’air, de l’eau, de 'a chaleur en fait reparaître l’écriture de Averses couleurs, suivant le liquide employé.
- Nous allons donner la recette de quelques-unes :
- j'c jus d’oignon donne la couleur. . noirâtre.
- Le jus de citron — . . brune,
- be jus de cerises — . . verdâtre.
- Le \ inaigre fort ou l’acide acétique . rouge pâle. If y en a bien d’autres, mais elles se fabri-
- quent avec des produits chimiques qu’il serait dangereux de confier aux enfants.
- Pour se servir de ces encres, on trempe une plume neuve dans le liquide et l’on écrit ou l’on dessine sur du papier blanc. Quand l’encre est sèche, on ne voit aucune trace sur le papier; mais si on l’expose à la chaleur, l’encre apparaît en noir, brun, vert ou rouge, suivant le liquide employé.
- 11 est facile maintenant de s’imaginer les combinaisons amusantes que l’on peut faire. Par exemple, on peut écrire avec de l’encre ordinaire une lettre insignifiante, et entre les lignes en écrire une autre avec de l’encre sympathique ; ou bien faire répondre à une question en faisant choisir la réponse dans des papiers blancs sur lesquels on l’aurait
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- préalablement écrite avec de l’encre sympathique.
- On peut aussi dessiner un petit paysage en combinant les encres de diverses couleurs. On tracerait le dessin avec le jus d’oignon qui donne la couleur noire ; le jus de cerises donnerait une teinte -verte aux arbres ; le vinaigre teinterait de rouge le toit des maisons ; et le jus de citron rendrait en brun les ombres, les barrières et les troncs d’arbres.
- Le dessin terminé et parfaite m e n t sec serait invisible sur le papier blanc et n’apparaîtrait qu’exposé à la chaleur.
- Avec une autre encre sympathique qu’on peut se procurer chez les papetiers et qui est composée de chlorure de cobalt dissous dans trois fois son poids d’eau de pluie, on peut
- W3§,
- Fig. 17:2. — Cartes
- faire un ciel bleu très pur, et si l’on .ajoute à ce liquide quelques centigrammes de chlorure de nickel, on obtient un vert émeraude qui donnera de la valeur au vert pâle obtenu par le jus de cerises.
- Une autre récréation peut aussi se faire avec une forte dissolution d’alun de roche. Vous écrivez avec ce liquide sur du papier buvard ou sur un papier peu collé. Quand
- l’encre est sèche, vous trempez le papier dans l’eau. Le papier mouillé devient alors plus foncé, excepté dans les endroits où se trouve l’encre sympathique qui garde la couleur du papier sec.
- ***
- Cartes â jouer illustrées. — Si
- vous voulez utiliser un vieux jeu de cartes, ou un jeu incomplet, occupez vos loisirs en l’illustrant d’une façon originale. Les jeunes d c ssi na-tcurs trouveront dans ce passe-temps une occasion de montrer leur ingéniosité. Il faut pour cela se servir des figures des cartes qui peuvent se prêter aux c o mbinaisons les plus baroques. L’as de cœur nous a donné laUgur® d’une religieuse; l’as de trèfle peut donner le croquis d’un gé* a jouer illustrées. , . , , roC
- néral dont las
- formerait la croix sur la poitrine. Avec l’as de pique on ferait le gilet d’un personnage, e* de même l’as de carreau. Nous n’énumérons pas les mille façons d’illustrer ces cartes, les croquis ci-joints (fig. 172) indiqueront suffi' samment le parti qu’on peut en tirer.
- CH .MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas.
- La Fère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigré.
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- 3LI0THEQDE]
- NOTICE SUR LA VIE ET LES ŒUVRES de Nicolas DESMARETS
- (1725-1815)
- MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- -i
- a municipalité de Soulaines (Aube) 1 fêfïtt vient de rendre un hommage public à SjîliiŒ la mémoire de Nicolas Desmarets, en donnant son nom à l’une des rues de cette localité.
- Les promoteurs de cette résolution ont tenu à revendiquer pour leur commune l’honneur d’avoir donné le jour à l’un des savants qui contribuèrent le plus efficacement au développement de diverses branches de notre industrie nationale.
- Il convient de les en féliciter : grâce à leur intelligente initiative, le nom de Nicolas Desmarets évoquera, dans l’esprit des habitants de ce bourg champenois, un de ces amis de l’humanité fiui, selon le mot ^u grand Cuvier, consacrent les sciences au bien-être des hommes.
- Les évènements qui marquèrent la fin du règne de Napoléon 1er firent passer au second plan un certain nombre de faits de moindre importance ; la mort de Nicolas Desmarets eut le sort commun, et c’est ainsi que l’on Peut expliquer que la mémoire de ce savant s°it tombée dans un oubli aussi complet
- fiu’immérité.
- 11 ne paraîtra donc pas sans intérêt de fixer ies principaux traits de cette curieuse physionomie, en vue de contribuer à l’œuvre de réparation commencée par l’hommage pos-
- thume rendu à Nicolas Desmarets par ses compatriotes.
- La notice qu’on va lire sur la vie et les œuvres de ce savant, aujourd’hui trop ignoré,
- est r composée d’après la Biographie universelle de Mi chaud et d’après des documents extraits de la France littéraire.
- desmarets
- (Nicolas), encyclopédiste, géologue et naturaliste, né le 16 septembre 1725, à Soulaines (Aube), est mort le 28 septembre 1815. Fils d’un pauvre maître d’école de village, sa première éducation fut si négligée qu’à 15 ans il savait à peine lire. Il perdit alors son père, et son tuteur, conseillé par le curé de l’endroit, le plaça pe n sionnaire au Collège de l’Oratoire, à Troyes. Ses progrès furent si rapides que ses maîtres le dispensèrent bientôt de payer une pension que son tuteur n’acquittait qu’avec beaucoup de peine ; leur intérêt le suivit hors du collège où il venait d’achever ses études ; à son départ, ils le recommandèrent à leurs confrères de Paris.
- Desmarets trouva dans le produit de ses leçons, comme répétiteur de mathématiques, des ressources pour suivre les cours de physique, de chimie et de mécanique appliquées aux arts. Il participa dans le même temps à la rédaction du Journal de Verdun.
- Fig. 173. — Portrait de Nicolas DESMARETS, (d’après une estampe de la Bibliothèque nationale).
- 2* Série - N* 65. - l" Août 1899.
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- En 1753, il remporta le prix à l’Académie d’Amiens, sur la question relative à la jonction continentale de l’Angleterre à la France ; dans son mémoire, il se décida pour l’affirmative, non d’après de simples hypothèses, mais sur des faits positifs. Ce succès lui mérita l’estime de d’Alembert, et, par suite, la protection de Turgot,de Malesherbes, deTru-daine, qui s’empressèrent de lui fournir les moyens de cultiver son goût pour les sciences.
- De 1757 à 1759, il fut chargé par Trudaine dé visiter les principales fabriques de draps pour recueillir les meilleurs procédés, et préparer des règlements propres à donner un plus grand développement à cette branche d’industrie.
- Ce fut d’après les renseignements fournis par Desmarets que Duhamel rédigea Y Art du Drapier, dans la collection de l’Académie des sciences.
- En 1761, il visita les fromageries de Lorraine et de Franche-Comté, dont le gouvernement désirait introduire les procédés en Auvergne, il en rapporta des notes qui lui servirent plus tard à rédiger, pour l’Encyclopédie méthodique, l'art de fabriquer des fromages.
- La même année, il accompagna Boutin, alors intendant de Bordeaux, dans la visite qu’il fit de sa Généralité, pour en connaître les besoins, et préparer les éléments d’un cadastre de la Guyenne.
- En 1762, il fut nommé par Turgot inspecteur des manufactures du Limousin, et, quelques années après, il publia, sous le titre d'êphémérides, une statistique de la Généralité de Limoges, remarquable par sa précision et la justesse des aperçus.
- En 1763, chargé de visiter les papeteries de l’Auvergne, il profita de l’occasion pour étudier le Puy-de-Dôme, et reconnut, dans les colonnes de basalte qui forment la base de cette montagne, le produit des volcans qui jadis ont bouleversé la surface de cette province. Il soumit cette découverte à l’Académie, et partit en 1765, pour l'Italie, avec le duc de La Rochefoucauld. Les deux voyageurs rencontrèrent le basalte dans les monts Ëuganéens, à Radicofani, à Bolsena, Motftefiascone ; mais, partout, il observèrent en même temps les traces des éruptions volcaniques.
- Pendant son séjour à Rome, il poursuivit ses études minéralogiques jusque dans les musées, au grand effroi des conservateurs, et il se lia étroitement avec Winckelmann, qu’il avait même décidé à faire le voyage de France.
- En 1768, il fut envoyé en Hollande pour examiner les machines et décrire les procédés employés dans les papeteries; il y retourna dans le même but, en 1777 ; et cette double excursion eut tout le résultat qu’on en devait attendre pour le perfectionnement des papeteries françaises.
- Adjoint, au mois de janvier 1771, à l’Académie des sciences, il fut, la même année, chargé de l’inspection des manufactures de Champagne, et fit ensuite lever et graver sous ses yeux, par Pasumot, une carte minéralogique des montagnes de l’Auvergne sur une très grande échelle ; mais, désirant toujours la perfectionner, il n’en donna des épreuves qu’à quelques amis, et n’en livra longtemps après au public que les fragments nécessaires à l’intelligence de ses mémoires.
- Le contrôleur général des finances s’avisa de trouver, en 1781, que la place d’inspecteur des manufactures était incompatible avec les fonctions d’académicien. Desmarets qui, toujours occupé de recherches scientifiques, n’avait pas eu le temps de songer à sa fortune, fut donc réduit, après tant d’utiles travaux, au chétif traitement de membre de l’Académie. Il supporta cette disgrâce inattendue avec le calme d’un homme qui ne connaît d’autre besoin que celui de l’étude. Mais ses amis firent valoir ses droits, et il ne tarda pas à être attaché comme inspecteur à la manufacture de Sèvres.
- Ce fut d’après ses conseils que Tolosan, alors prévôt des marchands de Lyon, y fit venir d’Angleterre, en 1787, plusieurs métiers à tricot, qui furent distribués aux fabricants.
- En 1788, le roi nomma Desmarets inspecteur général, directeur des manufactures de France. Il en exerça les fonctions jusqu’en 1792, époque à laquelle il fut emprisonné, et malgré son dévouement constant au bien public, il n’échappa que par miracle aux égor-geurs de Septembre.
- Déjà membre du bureau de consultation des Arts et Métiers, créé par Louis XVI, i| fit partie de la commission temporaire fiul
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- sauva de la destruction tant de monuments précieux, sous le règne de la Terreur. Plus tard, il accepta, quoique septuagénaire, la place de professeur d’histoire naturelle à l’Ecole centrale de la Seine. Lorsque son grand âge le força de renoncer à l’enseignement, il n’en continua pas moins à être utile par ses conseils aux fabricants, et même aux simples ouvriers, dont il préférait la conversation à celle des savants, parce qu’il les jugeait plus exempts de tout esprit de système.
- Son éloignement pour la dispute l’empêcha de prendre aucune part à celle que fit naître entre les géologues son opinion sur la nature du basalte.
- Il avait fait dans sa jeunesse presque tous ses voyages à pied, vivant de pain et de fromage, accostant de préférence le mineur, le forgeron, le maçon, qui lui apprenaient toujours quelque chose. Cette vie active et frugale contribua beaucoup à le doter d’une santé inaltérable. Régulier dans l’emploi de ses journées, il poussait cette régularité jusqu’à la minute : « Personne, dit Cuvier, ne se ! souvenait de lui avoir vu changer la forme j de ses vêtements, et, jusqu’à ses derniers | jours, sa perruque et son habit ont rappelé à * peu près les modes en usage sous le cardinal j de Fleury ». I
- Il avait été décoré de la Légion d’honneur vers la fin de l’Empire, quelque temps avant de mourir.
- Cet homme respectable s’éteignit le 28 septembre 1815, à Paris, à l’âge de quatre-vingt-dix ans. Son éloge a été prononcé par Sil-vestre à la Société d’agriculture [mémoires de la Société d’Agriculture, année 1816, page 104), et par Cuvier, à l’Académie des sciences, en 1818, le même qu’il jour prononça celui de Werner, le plus illustre des adversaires de Nicolas Desmarets.
- Les missions nombreuses et les fonctions publiques dont il a presque constamment été chargé ne l’ont pas empêché de se livrer à de nombreux travaux d’une certaine étendue.
- Voici les principaux: (1)
- Art de la papeterie, Paris, Didot jeune, 1789, in-4° avec 14 planches.
- Atlas encyclopédique des géographies ancienne, du moyen-âge et moderne, précédé d’un discours préliminaire et d’une analyse, par Bonne. Paris, Agasse, 1787-1788, in-4° de 140 cartes doubles. — Fait partie de l’Encyclopédie méthodique.
- Conjectures physico-mécaniques sur la propagation des secousses dans les tremblements de terre, et sur la disposition des lieux qui en ont ressenti les effets. Paris, 1756, in-12, etc., etc. R. d’II.
- LES VITESSES DE L’HOMME
- ’iiomme a bien des façons de se véhiculer. A pied, à cheval, à bicyclette, en automobile, en chemin de fer, en ballon, à la nage, en patinant, etc.
- N’est-il pas intéressant de savoir à quelle vitesse il se meut dans ces divers modes de locomotion ? N’est-il pas piquant d’établir une comparaison, non entre leur commodité et leur confortable, — ceci a déjà été fait bien souvent, et ce n’est d’ailleurs qu’affaire d’appréciation Personnelle, — mais enlre leur rapidité? Ici ce n’est plus question de sentiment. Le chronomètre est là qui parle le langage précis et rigoureux de l’arithmétique. On peut discuter, a perle de vue s’il est plus plaisant de monter a cheval qu’en automobile. Il suffit de lire deux chiffres pour savoir quel genre de locomotion es! le plus rapide. On peut discuter cent ans
- pour savoir si le patinage est plus sportif ou plus gracieux que le cyclisme. 11 n’est pas permis de discuter plus du temps nécessaire pour faire la recherche de leur vitesse relative.
- Dans un article à la fois amusant et fort intéressant, M. Georges Prade, notre confrère de la Vie au grand air, a enregistré ces vitesses : nous les reproduisons d’après son travail et à titre de curiosité.
- Naturellement, dit-il, on peut envisager de diverses façons celte question de la vitesse de divers modes de locomotion. Il est évident que le bourgeois qui va faire un tour à bicyclette au Bois de Boulogne ne file pas à l’allure de
- (i) La liste complète de ses ouvrages, mémoires, articles, etc., se trouve dans la France Littéraire, (tome n), et dans la Biographie Universelle de Michaud.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Jacquelin ou de Bourrillon. Legentleman qui va stepper ne prend pas non plus l’allure de Tom Lane ou de tel autre célèbre jockey. D’autre part, il est des plus difficile d’apprécier la vitesse moyenne d’un genre de locomotion. Qu’est-ce même qu'une vitesse moyenne ? A quoi reconnaîtrions-nous qu’elle n’est ni supérieure ni inférieure à la moyenne exacte? Le seul moyen de comparaison exact, c’est donc de comparer la plus grande vitesse obtenue, le record, pour employer le terme technique ; c’est donc de la comparaison des records que ressortira la vraie, et, d’ailleurs, la seule possible comparaison des diverses vitesses que peut prendre l’homme.
- Et, puisque nous parlons de vitesse, prenons les temps des divers modes de locomotion sur une distance qui soit, pour tous, autant que possible, de la vitesse. Je dis autant que pos-
- L
- I---------------------------------------------
- Ceci posé, penchons-nous sur la montre et lisons les chiffres qu’elle nous indique. Commençons par le plus simple. C’est à pied que se meut naturellement l’homme.
- Quelle est sa vitesse à pied ? La question est double, et double la réponse, car l’homme se meut à pied de deux façons : il court ou il marche. Donc deux records, course et marche.
- Le kilomètre (course) a été couvert en 2 m. 37 s. 1/5 par M. G. Wood, du Racing-Club de France. Ce chiffre est, d’ailleurs, plus une indication de la plus grande vitesse qu’on peut atteindre à pied que sa limite exacte. Nous n’avons pas le temps exact des coureurs anglais et américains, meilleurs que les nôtres sur 1,000 mètres. Cependant nous pouvons comparer. L’Anglais Cumming a couvert en 1881 1000 yards, soit 913 mètres en 2 m. 17 s. et l’Américain Myers la même distance, la même
- 1 1 I________________________
- K J 1
- Fig. 174. — Les vitesses de l'homme. — Au bout de 30 secondes, les recordmen suivants, partis tous en même entraîneurs en I, sans entraîneurs en H, le cheval au trot en G, le patineur sur glace en F, le bicycle en E, le
- sible, car il est nettement impossible de trouver une distance qui puisse passer pour de la vitesse pure pour tous. C’est ainsi que 10 kilomètres sont de la vitesse pour une automobile, que 3.000 mètres, la distance du Grand Prix de Paris hippique, sont de la vitesse pour un cheval et que 1.000 mètres sont déjà presque du demi-fond pour un coureur à pied et un patineur, et le sont nettement pour un nageur.
- Quelle distance allons-nous donc choisir? Le kilomètre, si vous le voulez bien, c’est-à-dire en somme, à part les les pays de race anglo-saxonne, la distance type, l’unité de mesure, et qui est d’ailleurs admirablement choisie pour être la distance moyenne, celle qui convient le mieux à tant de modes différents.
- C’est donc sur un kilomètre que nous allons interroger le chronomètre en lai demandant de nous dire quelles sont les meilleures performances faites dans tous les pays, sur cette distance — ou sur une distance presque analogue, car, hélas ! disons-le de suite, dans les pays anglo-saxons, qui sont ceux où le sport est le plus en honneur et où les meilleures performances ont été faites, bien des fois ce n’est pas sur 1,000 mètres, mais sur un mille (1,609 m, 32) que la montre a donné son constat.
- année, en 2 m. 12 s. Cette dernière performance donnerait vraisemblablement le kilomètre en 2 m. 25 s.
- Le kilomètre (marche) a été couvert en 4 m. 24 s. par M. Barness Moss, du Stade français. On voit de suite l’énorme différence de ces deux modes de locomotion. Ajoutons que les plus grandes vitesses à pied s’obtiennent sur les pistes en gazon. C’est le terrain classique.
- ***
- Laissons encore notre homme à pied. 11 trouve devant lui une rivière. Il peut encore la traverser uniquement avec les moyens que lui a fournis la nature.
- Nous n’avons pas le temps exact du kilomètre à la nage. Ce sport ne date d’ailleurs que d’hier en France, et la seule épreuve de réelle valeur qui y fut organisée, le Critérium de la natation, œuvre du Vélo, en septembre 1898, ne se disputait que sur 500 mètres. Elle fut gagnée par l’Anglais Greasley, un des meilleurs nageurs du monde qui couvrit 500 mètres en 7 m. 26 s., ce qui donnerait, si la même vitesse pouvait être tenue, le kilomètre en 44 m. 52 s. On a d’ailleurs dû couvrir le kilomètre dans des temps peu éloignés de celui-ci. Le même
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- Greasley, le roi des professionnels anglais, a nagé un demi-mille, soit 804 mètres, en 13 m. 42 s., et le roi des nageurs amateurs, J. Flyers, a nagé 1,000 yards, 913 mètres, en 13 m. 52 s., ce qui donne le kilomètre en 15 m. environ, soit 4 kilomètres à l’heure, l’allure d’un homme qui se promène.
- ***
- La nature ne comporte que quatre éléments, dont l’un, le feu, est interdit à l’homme et dont l’autre, l’air, ne lui est pas ouvert naturellement. D’ailleurs, môme en ballon, nous ne pouvons donner la plus grande vitesse sur un kilomètre, pour la bonne raison qu’ici il n’y a nul contrôle, nulle preuve possible. L’aéronaute ignore souvent où il va, et ne se rend compte de la vitesse à laquelle ii va, qu’en divisant son trajet total par le temps qu’il a mis. Tout au plus pourrait-on rapprocher sa vitesse maxima
- sion aucune, avec des chronomètres qui n’ont rien de remarquable, et la distance même du parcours n’a rien de rigoureusement exact.
- Voici d’ailleurs les meilleurs temps des grandes épreuves françaises : Grand Prix de Paris (3,000 m) en 3 m. 17 s. ; Derby (2,400 m) en 2 m. 16 s. (temps douteux).
- Ainsi les hommes de cheval, et avec juste raison d’ailleurs, s’inquiètent plus de la façon dont un cheval gagne que du temps qu’il met à couvrir le parcours.
- Donnons cependant quelques chiffres à titre de comparaisons.
- La performance classique sur le kilomètre, performance dont on a cependant toujours douté, est celle de Chêne-Royal. Chêne-Royal, poulain de l’écurie du baron de Schickler, gagna en 1891 le prix de la Rochette à Fontainebleau. La
- - I I_____________1 I 1______________i I l o
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- temps du point O, se t rouveront : la locomotive en L, l’automobile en K, le cheval au galop en J, la bicyclette avec Patineur à roulettes en D, le coureur à pied en G, le marcheur en B et le nageur en A.
- de celle du vent. Mais dans quels rapports, avec quel déchet ? Mystère. Nous ne pourrions ~~ qu’on nous passe cette innocente plaisanterie — avoir sur les ballons que des chiffres en l’air.
- ***
- Le premier moyen de locomotion que trouva 1 homme fut le cheval.
- Quelle est la vilesse de ce vieil ami de l'humanité ? C’est ici que la question est difficile. N°ns ne pouvons naturellement prendre comme CI'itérium de la vitesse hippique l’allure du brave cheval de fiacre, de la rosse épique dont l°ut le monde a dans l’œil la silhouette mélanique et maigre. Mais en revanche, il est bien difficile de donner les temps exacts des chevaux de course sur un kilomètre. Pour les trotteurs, *a chose est encore possible, le tout étant une a,iure artificielle et régulière, dont le chronométré ne peut donner la valeur. Mais pour les Salopeurs, c’est-à-dire pour les chevaux les Pins rapides, le chronomètre n’a qu’une importance très relative. Dans les plus grandes épreuves: Grand Prix de Paris (3,000m), Derby ^Epsorri ou de Chantilly (2,400 m), New-Market, é'hesterfield Stakes (1,000m), etc., les temps sont pris à la jugeotte, c’est-à-dire sans préci-
- distance à couvrir était de 1,100 mètres et le chronomètre accusa une minute juste. Ceci fait déjà d’ailleurs douter de l’exactitude.
- Cela donnerait donc le kilomètre en 54 s. environ. Disons que cette performance a d’ailleurs soulevé toutes les incrédulités du monde hippique où pourtant, nous l’avons dit, le temps n’a pas de valeur. Elle fournit cependant une idée de la vitesse prodigieuse des chevaux de course qui doivent pouvoir faire le kilomètre en 1 minute. Le Grand Prix de Paris est d’ailleurs gagné couramment en 3 m. 25 s. environ, ce qui donne 3 fois le kilomètre en 1 m. 8 s.
- Pour les trotteurs, la différence est assez grande. Le record d’un kilomètre n’existe pas officiellement, mais il a été battu implicitement par la fameuse jument américaine Nancy Hanks, le plus célèbre des trotteurs.
- Nancy Hanks à Terre-Haute, le 28 septembre 1892, couvrit 3/4 de mille, soit 4,200 m en 1 m. 32 s. 1/5, soit 1 m. 17 s. environ pour le kilomètre. Ce temps — fait sans entraîneurs — est d’ailleurs, fait curieux, à peu près le même que celui de la bicyclette fait dans les mêmes conditions, tandis que le record du galopeur est à peu près le même que celui du cycliste avec entraîneurs.
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- Si nous passons, en effet, au cycle, nous aurons des données autrement exactes et autrement précises. Ici, le chronomètre joue un rôle prépondérant. Le record est constaté avec une exactitude rigoureuse. (1 y a eu trois sortes de cycles : le bicycle, le tricycle et la bicyclette. Vite un mot sur chacun d’eux.
- La bicyclette a complètement détrôné le bicycle. Le record de celui-ci date du 7 septembre 1888, où Wick, un coureur bordelais, couvrit, à Saint-Augustin, le kilomètre en 1 m. 33 s. Ajoutons que Wick n’est autre que M. Paul Rousseau, l’un des co-direcleurs du Vélo.
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- A tricycle, instrument délaissé lui aussi, le record est de 1 m. 23 s. par Antony qui, depuis, préfère tenter ledit record en automobile.
- ***
- C’est naturellement à bicyclette que le record a le plus d’importance. Ici la solution devient quadruple. Il y a en effet, tout le monde le sait, une différence énorme entre les temps faits avec entraîneurs et sans entraîneurs. De plus, tandis qu'un homme à pied, qu’un nageur, qu’un cheval démarrent sur place, le cycliste avec sa forte multiplication démarre plus lentement. D’où une seconde classe de records, les records départ lancé et départ arrêté.
- Le record avec entraîneurs départ lancé est de 56 s. par Champion au Parc des Princes, le 22 septembre 1898; le record avec entraîneur départ arrêté est de 1 m. 8 s. 3/5 par Lombard à la piste anglaise du Crystal Palace. La différence est, on le voit, colossale.
- Si nous passons aux records sans enlrai-neursi un peu délaissés aujourd’hui, la vitesse tombe de suite. Les 1,000 mètres, départ lancé, ont été couverts par Gougoltz en 1 m. 15 s. 4/5 à Buffalo, le 1er août 1895, et départ arrêté, en 1 m. 16 s. 3/5 (cette performance est bien supérieure à l’autre) par Jaap Eden, le 14 mai 1896, à Bordeaux.
- ***
- De la bicyclette à l’automobile la transition est naturelle. Ici, que de subdivisions. Nous avons les records (arrêté et lancé) pour voitures électriques, à pétrole et pour motocycles. Contentons-nous donc de les énumérer : les records pour tous genres de voilures automobiles appartiennent aux voitures électriques. M. de Chasseloup-Laubat a couvert le kilomètre
- arrêté en 56 s. 2/3 et le kilométré lancé a été couvert par M. Jenalzy en 44 s. 2/3.
- Pour les voitures à pétrole, les records appartiennent à la voiture de M. Loysel qui a fait 1 m. 26 s. 3/5 (arrêté) et 1 m. 3 s. (lancé). Pour les tricycles à pétrole, les records sont de 1 m. 20 s. 2/5 (arrêté) et de 1 m. 13 s. 2/5 (lancé) par le motocycliste Rigal.
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- Parlons enfin d’un moyen de locomotion assez artificiel, mais assez répandu, bien que chez nous il ne soit qu’un sport d’amusement : le patinage.
- Il y a, on le sait, deux sortes de patinage : le patinage sur glace et le patinage à roulettes sur skating.
- Voici quelques-unes des meilleures performances du patin. Le recordman actuel est un Norvégien, Peter OEstlund, qui fil 500 mètres en 46 s. 3/5 et 1.000 mètres en 1 m. 38 s. Citons aussi comme excellents patineurs les deux coureurs cyclistes : Jaap Eden, qui fit à patin 1.500 mètres en 2 m. 25 s.; et J.-S. Johnson, qui fit 100 mètres en 9 s. 4/5 et 1 mille (1.609 m) en 2 m. 42 s. 1/5. En patins à roulettes, le kilomètre a été couru par le canadien Delmont en 1 m. 50 s.
- ***
- Réglant tout le monde de vitesse, l’automobile sur rails, la locomotive, dépasse fréquemment 100 kilomètres à l’heure, ce qui donne le kilomètre en 36 s. Le recordman du kilomètre, c’est donc en somme l’homme qui prend le rapide de Calais ou de Saint-Quentin.
- ***
- Terminons sur une comparaison amusante. Supposons un kilomètre idéal qui soit à la fois voie ferrée, piste en ciment, route, piste en gazon, eau et glace. Voici quelle serait, au bout de 30 s., moment où nul n’aurait encore fini le parcours, la position des divers voyageurs dont on pourra se rendre compte dans le graphique de la fig.174. Nous ne prendrons que la meilleure performance de chaque mode de locomotion) et départ lancé si c’est possible.
- Dans leur marche idéale, au bout de la 30e seconde, les divers marcheurs seraient :
- du départ
- La locomotive...................à 833 m.
- L’automobile....................à 666 66
- Le cheval (galopant). ... à 555
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- Le coureur à bicyclette (avec
- entraîneurs) à 535
- Le coureur à bicyclette (sans
- entraîneurs) à 400
- Le cheval (trottant) .... à 389
- Le patineur (sur glace) . . . à 312
- Le coureur à bicycle. . . . à 291
- Le patineur (à roulettes) . . à 272
- Le coureur à pied .... à 204
- Le marcheur . à . . à lia
- Le nageur à 33
- Enfin, donnons une autre comparaison encore plus amusante: la lumière parcourt 77000 lieues par seconde, le son, 343 mètres par seconde. Les projectiles les plus rapides de l’artillerie (canons de 90) atteignent jusqu’à 1.214 mètres par seconde.
- Donc, quand un rayon de lumière a parcouru 1
- 1 kilomètre, — soit en - — de seconde —
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- l’homme, par son moyen de locomotion le plus
- 1
- rapide, la locomotive, a fait ------ de mètre,
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- soit un peu moins d’un dixième de millimètre. Quel lâchage. Quand le son a fait 1 kilomètre, soit en 2 secondes 54 tierces, la locomotive, un peu moins lâchée, a réussi à couvrir environ 80 mètres Mais, en revanche, le boulet de canon est déjà parvenu à un kilomètre que la pauvre locomotive est encore à [24 mètres.
- Conclusion : Nous allons donc vite, mais ce n’est que comparativement à notre allure à pied. Dans l’ensemble des forces de la nature, l’homme se traîne comme un escargot.
- L’ILLUSTRATION DU LIVRE PAR LA PHOTOGRAPHIE
- est en 1894 que l’on vit les premières applications de la photographie à l’illustration directe du promoteur, M. Charles Mendel, fit, avec le concours d’un amateur fort habile de Rouen, M. Magron, trois ou quatre volumes ou plaquettes qui furent illustrés par l’image photographiée sur nature.
- Le premier essai a été le Chanoine enlevé par le Diable. L’impression des illustrations est du procédé photocollographique. Le tirage des figures a donc été fait à part, en encres de diverses couleurs, et le tirage typographique est ensuite venu s’y repérer. C’était là commencer par le plus difficile. Le Chanoine enlevé par le Diable a pour les bibliothèques un intérêt tout particulier. Ce n’est pas seulement un bel ouvrage comme il s’en publie tant, c’est une tentative dans un genre d’édition parfaitement original, à qui l’avenir semble réservé, et qui peut-être un jour marquera une date.
- Après une publication de luxe, l’éditeur a voulu nous montrer l’illustration nouvelle dans un ouvrage courant : le Maître de l'Œuvre de Norrey est d’un caractère tout différent de l’œuvre précédent. Nous y retrouvons les compositions vivantes saisies Par l’objectif, mais le procédé du tirage employé est la photogravure qui, se tirant, on une seule fois avec le texte, met le prix
- de l’ouvrage au même taux que toutes les publications courantes des romans. Ce n’est donc plus un livre réservé à un nombre restreint d’amateurs, c’est un type nouveau, réalisable en grand, dès maintenant.
- Avec le Mariage manqué, de Claretie, nous revenons à la publication de luxe. Comme le Chanoine, le Mariage manqué est tiré en photocollographie avec encres de diverses couleurs. Son apparition coïncide avec celle de YElixir du R. P. Gaucher, un des chefs-d’œuvre de Daudet, et le bijou de la collection actuelle. Tout imprimé en caractères de missel, ce splendide ouvrage a ses planches lirées par un autre procédé, encore dérivé de la photographie, l’héliogravure, qui est au tirage phototypique sur gélatine ce que la gravure sur acier est à la gravure sur bois.
- Ces quatre ouvrages forment un ensemble des plus intéressants dans lequel il est curieux d’étudier l’œuvre si originale de l’illustrateur. Ces premiers essais figurèrent à l’Exposition du Livre où ils furent fort remarqués. Depuis, divers éditeurs ont utilisé ce genre d’illustration, mais les applications que nous en avons vues sont pour la plupart fort inférieures, principalement celles qui sont employées pour la préparation de ces albums consacrés à la reproduction de.scènes de la. vie parisienne.
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- L’illustration photographique, dit M. A. Reyner, dans la Vie Scientifique, ne peut rivaliser avec les procédés manuels, utilisés jusqu’ici que si elle est basée sur la reproduction de scènes composées avec soin et
- la circonstance, il doit être réel et non composé de ces cartonnages et de ces toiles peintes dont les photographes embarrassent leurs ateliers. Cette règle souffre peu d’exceptions, et c’est pour l’avoir appliquée dans
- Fig. ilfi. — Sj ccimen d’une, illustration d'un livre par la photographie.
- posées dans un cadre réel. Il ne suffit pas de placer un sujet quelconque revêtu d’oripeaux devant un fond factice ; il est indispensable que les modèles choisis s’identifient avec les personnages qu’ils sont chargés de représenter. Le décor joue un grand rôle en
- toute sa rigueur que M. Magron est parvenu du premier coup au succès. Toujours d’après les mêmes principes, il vient de composer une suite de charmantes photographies pour illustrer une délicieuse nouvelle intitulée la Petite Maison., d’un auteur du siècle dernier
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- dont le nom est tombé’dans l’oubli. Nous donnons ci-contre deux spécimens de ces illustrations afin de montrer quelle force le décor prête à la réalité de la scène lorsqu’il n’est pas composé d’éléments artificiels. Les images composées et photographiées par M. Magron agrémentent le texte tout en l’expliquant, car les images reproduisent dans leurs moindres détails les scènes décrites par l’auteur. Il serait difficile sans doute de trouver toujours le petit hôtel du xme siècle qui a terri au photographe pour encadrer ses modèles, mais on peut aisément rencontrer ou réunir les éléments de l’illustration de scènes de la vie moderne.
- Au point de vue typographique, la nouvelle tentative que nous signalons est également intéressante, car M. Ch.
- Mendel a essayé de corriger la sécheresse de l’image par quelques applications de couleurs.
- Dans le principe, l’image noire devait être tirée sur un fond monochrome dont la teinte se rapprocherait le plus pos-s'hle de la couleur
- dominante. Dans les illustrations où les constructions, les « fabriques » eonmc on dit en peinture, occupent Une grande surface, le ton géné-ral est un jaune 0cre qui s’adapte fort bien à l’image ^ aide au détache-^ent des plans.
- Ifor des réserves habilement pratiquées, l’imprimeur est arrivé a Multiplier les teintes et à appliquer une couleur à chacun des principaux sujets.
- L’effet obtenu rehausse encore le caractère
- Fig. 175. — Illustration d’un livre par la photographie.
- particulièrement artistique de ce genre d’illustration et fait le plus grand honneur à ses promoteurs. A. Reyner.
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- LES PETITES
- LA FABRICATION DES
- a fabrication des savons de toilette se divise en deux phases complètement distinctes: dans Tune, on se borne à la pâte savonneuse; dans l’autre, il s’agit de donner à cette même pâte, après son complet refroidissement, la couleur, le parfum, l’homogénéité, le liant, la souplesse: caractères distinctifs qui exigent une série d’opérations multiples pour lesquelles le concours de machines fort ingénieuses est indispensable.
- Le matériel affecté à la fabrication du savon de toilette est, sauf d’insignifiantes modifications, identique à celui des savons durs de ménage.
- Le refroidissement de la masse, qui, dans les chaudières ordinaires, ne peut se produire que lentement à l’air libre, avec une perte de temps très préjudiciable pour l’industriel, est obtenu presque instantanément. Aussi est-il très facile de faire trois ou quatre opérations consécutives dans la môme journée.
- Si l’on prend le savon à la sortie des mises, on compte généralement dix opérations :
- 1° division des blocs ; 2° découpage en copeaux ; 3° premier séchage ; 4° mélange des couleurs et des parfums ; 5° broyage ; 6° pelotage et boudinage ; 7° découpage des boudins ;
- 8° modelage ; 9° deuxième séchage : 10° frappage.
- Une fois réduit en copeaux, le savon est séché de façon à ne plus contenir que 10 à 12 p. 100 d’humidité. Ordinairement on se sert à cet effet d’une étuve dont les parois sont en briques et la porte en tôle. Un système régulier de ventilation est établi, par un appel d’air, à l’aide d’un aspirateur.
- Les couleurs, préalablement réduites en poudre impalpable, sont délayées, suivant leur nature, dans de l’huile, de l’alcool, delà lessive faible ou de l’eau chaude ; puis, après trituration avec les essences, on verse cette composition sur les copeaux de savons
- ACADÉMIE D
- Séances des 19
- Les arrosages tardifs de la. vigne. — Dans les grandes sécheresses, on remarque qu’à un
- INDUSTRIES
- SAVONS DE TOILETTE
- réunis dans une caisse en bois, garnie de feuilles de zinc, où un ouvrier opère le mélange du tout aussi intimement que possible.
- Le broyage est l’opération par laquelle on convertit le savon provenant du traitement précédent, en une pâte douce, onctueuse, lisse, uniformément colorée et parfumée. C’est avec le concours de cylindres en granit, dont la réunion et la disposition constituent la machine dite broyeuse-mé-langeuse, que ces caractères sont acquis.
- Chaque passe, en opérant sur une quantité de 30 kil. de matière, s’exécute en cinq minutes. Le nombre de passes nécessaires à l’amalgame complet de la pâte dépend de la nature des matières employées. Quand l’ouvrier juge l’opération achevée, il presse un bouton qui fait jouer deux autres râclettes, l’une dentelée, l’autre unie, lesquelles, en s’appliquant en avant du quatrième cylindre, détachent et divisent la nappe onctueuse et odorante en rubans qui tombent dans une caissette.
- Le pelotage et le boudinage s’effectuent simultanément à l’aide de peloteuses-boudi-neuses de divers systèmes.
- Leur but est de réamalgamer, de compresser en une masse solide et de faire sortir en boudins parfaitement homogènes, serrés et polis, la matière préparée par la broyeuse.
- Avant de soumettre les pains de savon a la presse qui doit les estamper, on les sèche; mais beaucoup moins longtemps qu’après la réduction en copeaux.
- Le frappage, dernière opération, est effectué, soit avec une presse à bras, soit avec une presse à vapeur.
- Un ouvrier habile peut frapper environ 500 pains de savon à l’heure et, s’il travaille à la volée, c’est-à-dire sans arrêt, ce qul arrive le plus souvent, ou obtient un résultat bien supérieur.
- ;s SCIENCES
- f 26 Juin 1899.
- moment donné vers la fin de l’été, le volume du grain de raisin n’augmente plus. La qualité du
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- vin obtenu en pareil cas est supérieure, mais le rendement est bien plus faible et l’augmentation du prix ne compense pas' la réduction de la quantité.
- M. Muntz a voulu essayer si l’arrosage artificiel, même tardif, n’apporterait pas une amélioration de la récolte, et a procédé à des essais dans le Roussillon, un peu avant l’époque de la récolte, l’année dernière. Mais, comme l’arrosage artificiel constitue une grosse dépense, surtout s’il faut le pratiquer sur les coteaux où l’eau doit être amenée à grands frais, il se présente aussi une question économique utile à élucider. C’est dans ces conditions que l’auteur s’est placé.
- Or, il résulte de ces expériences que l’arrosage a notablement augmenté le volume des grains de raisin; en tant que composition, ils présentent des différences insensibles avec les grains dont le cep n’avait pas été arrosé, enfin le prix de l’arrosage a été inférieur à l’augmentation de récolte. D’où on peut conclure que l’arrosage artificiel même tardif ne peut que fournir un bénéfice au viticulteur.
- Ainsi les dépenses occasionnées ont été de 60 francs environ par hectare, comprenant pour 46fr.30 la prise de l’eau à 1.500 mètres,[son élévation à 40 mètres et sa distribution par des rigoles creusées à la charrue ou à la main, et 13 francs pour les fumures surabondantes qu’exige l’augmentation du développement végétal qui appauvrit le sol.
- D’autre part, le bénéfice de vente supplémentaire a été de 200 à 250 francs à l’hectare ; il en résulte donc un -bénéfice net de 140 à 190 francs par hectare.
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- Préparation du fluor par électrolyse dans un appareil en cuivre. — A la suite d’une série d’expériences, M. Henri Moissan, qui jusqu’ici c’avait obtenu le fluor par électrolyse d’une so" lution fiuorhydriquedefluorure de potassium qu’au moyen d’un appareil en platine — ce qui, à cause de la prompte usure des électrodes et du récipient, rendait l’appareil trop coûteux, — est arrivé à
- A TRAVERS
- Baleines et Phoques. —D’après une étude Publiée par M. Southwell,dansle.£boZo<7Ls£et concernant la seule pêche de 1898, le nombre total de phoques capturés par la flotte de 18 yapcurs partie, en mars 1898, de Terre-Neuve pour pratiquer cette pêche, a été de 241.708, ^présentant une valeur nette d’environ 2 millions de francs. Il convient d’ajouter à ce
- substituer le cuivre au platine dans un nouvel appareil qui lui a donné d’excellents résultats.
- !***
- Action de quelques gaz sur le caoutchouc.
- — Un bandage pneumatique gonflé d’air sous une pression de 2 à 6 atmosphères se dégonfle peu à peu sans qu’on puisse accuser des fuites en le plaçant sous l’eau. Ce dégonflement n’est pas continu et se ralentit à mesure qu’on renouvelle l’air au moyen de la pompe ad hoc pour maintenir la pression constante.
- En analysant à ce moment l’air contenu dans la chambre, M. A'Arsonval a constaté qu’il était presque entièrement dépourvu d’oxygène et se composait d’azote.
- On sait, d’autre part, que, si l’on filtre de l’air sous pression à travers une membrane très mince de caoutchouc, l’oxygène passe beaucoup plus facilement que l’azote et que l’on recueille ainsi un gaz contenant jusqu’à 40 °/0 d’oxygène.
- Il résulte donc de ces faits que l’acide carbonique passe très facilement (par dissolution) à travers le caoutchouc;
- Que l’oxygène passe également, mais plus lentement ;
- Et que l’azote est de ces trois gaz celui que l’on peut maintenir le plus longtemps sous pression dans un récipient en caoutchouc. Il y aurait donc inconvénient sérieux à se servir d’acide carbonique pour gonfler les pneus, puisque ce gaz, en même temps qu’il s’échappe, change la consistance du caoutchouc. Il faudrait donc donner la préférence à l’azote pur.
- ***
- Le projet de réfection de la carte de France. — M. de Lapparent présente, au nom de la Commission de la carte de France, le rapport sur le projet de réfection de cette carte, et en démontre la nécesssité à tous les points de vue. La Commission a émis le vœu adopté par l’Académie, en faveur de l’exécution immédiate du projet, et il a été décidé qu’une délégation serait chargée de remettre ce vœu au ministre de la Guerre. Cette démarche a été faite le 14 juin.
- LA SCIENCE
- chiffre environ 30.000 phoques capturés par des voiliers et parles pêcheurs côtiers.
- Sur le Groenland, la pêche des phoques est à peu près abandonnée ; elle n’est plus guère pratiquée que par quelques voiliers norvégiens. La baleine devient de plus en plus rare; en 1898, la flotte de Dundee n’a pris que 990 baleines,
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- Dans ces conditions et avec les engins que l’industrie moderne met entre leurs mains, il est évident que les hommes arriveront vite à détruire les espèces d’animaux qui cependant leur sont des plus utiles.
- ***
- Restaurant en papier. — Nous avons déjà signalé de nombreuses applications très curieuses du papier ; nous allons en donner une nouvelle, le restaurant entièrement en papier construit à Hambourg, dont nous empruntons la description à The Colliery Guardian.
- Les parois sont formées d’une double couche de papier étendu sur des châssis, imprégné d’une solution incombustible et non spongieuse et muni d’un revêtement mince en laine.
- Le toit et les parois sont assemblés au moyen de boulons et de charnières, la construction tout entière peut donc se démonter rapidement en pièces et être remontée de même. La salle du restaurant mesure 30 X 6 mètres et peut contenir environ 150 personnes. Il y a 22 fenêtres et 4 ouvertures pour laisser passer la lumière parle toit. Le chauffage a lieu au moyen de deux poêles isolés.
- Un bâtiment latéral contient les bureaux du directeur, la cuisine, etc.
- Le coût total de la construction en question est, dit-on, de 1.875 francs.
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- La foudre dans les bureaux télégraphiques.— D’après les statistiques publiées par le bureau de Berne, dit notre confrère Electricien, c’est dans les bureaux télégraphiques de Roumanie que la foudre frappe le plus souvent les appareils.
- En 1807, sur 7.188 postes télégraphiques en service, 442, soit 6,2%, furent atteints.
- Dons la plupart des autres pays, la proportion varie de 1 à 3 %>.
- Le record de la sécurité est détenu par les Indes britanniques, où, sur 25.342 .appareils, 6 seulement, soit 0,023 °/o, ont été frappés pendant le courant de la même année.
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- Laproductiou du papier dans le monde.
- — D’après des calculs récents, le monde entier produirait annuellement 900.000 tonnes de papier, dont la moitié serait employée
- pour l’impression, 1/6 pour l’écriture et le restant pour divers autres usages. Les gouvernements emploieraient 10.000 tonnes, l’instruction publique 45.000, le commerce 120.000, l’industrie 140.000. Ces quantités sont produites par 3.950 fabriques, qui emploient 90.000 hommes et 180.000 femmes; la récolte des chiffons emploie 100.000 personnes.
- ***
- Une application imprévue de ciment armé. — Une curieuse invention qui nous vient, sinon d’Amérique, du moins des Américains et qui est due à un dentiste, nous est signalée par La Nature. En général, quand on a une mauvaise dent, on la fait enlever, c’est une coutume courante ; mais si ladite dent est trop mauvaise, les parois en sont friables et minces et, malgré toute l’habileté du praticien et la perfection de ses outils, il peut arriver que les racines se cassent au moment de l’opération, qui se trouve par ce fait à moitié manquée. Le procédé employé pour consolider la dent consiste à enfoncer dans les racines des tiges de fer qu’on noie dans du ciment ; en quelques minutes celui-ci fait prise et la dent creuse se trouve changée en un monolithe plein de très grande solidité et présentant une grande résistance à l’extraction.
- ***
- Les projecteurs à l’acétylène et le service de santé. — D’après l’Allgemeine Militai' Zeitung, un exercice de nuit très intéressant a eu lieu récemment, dans le but d’expérimenter, pour la recherche des blessés, les projecteurs à l’acétylène inventés par le lieutenant von Kries, du bataillon du train de la garde. Cet exercice, dirigé par le médecin-major Zelle, a été exécuté au champ de manœuvre de la brigade des chemins de fer derrière Schoneberg. L’idée fondamentale de la manœuvre était la suivante : un détachement du service de santé a pour mission de fouiller pendant la nuit un terrain très coupé et de transporter les blessés dans une tente de pansement, où l’on doit entreprendre quelques opérations chirurgicales difficiles. Prenaient part à l’exercice un détachement du train de la garde et quelques hommes de la brigade des chemins de fer, en tout 182 hommes. Tandis qu’une
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- partie de ce détachement figurait les blessés, cinq sections, disposant de 18 civières et de trois projecteurs, se mirent à la recherche des blessés.
- Le projecteur, qui est porté et manié par un seul homme, aurait donné de bons résultats ; ses rayons lumineux éclaireraient parfaitement le terrain jusqu’à 80 et 100 mètres.
- L’Allgemeine Mititar Zeitung ajoute que le projecteur à l’acétylène peut être également employé avantageusement dans certaines autres opérations de guerre, telles que la construction d’un pont pendant la nuit.
- Le lieutenant von Ivries a également inventé, pour l’éclairage de la tente où l’on fait les opérations, une lampe à acétylène d’une force de GO bougies, qui peut remplacer avantageusement les lampes à pétrole employées jusqu’à présent. La lumière quelle donne permettrait aux médecins militaires de faire des opérations chirurgicales de toute nature.
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- La photographie de l’estomac. — Dans une communication récente faite à l’Académie de Berlin, les Drs Lange et Maltzing annoncent qu’ils viennent de réussir à photographier l'intérieur de l’estomac.
- Depuis plusieurs années, ils travaillaient à Munich, dans leurs cliniques respectives, pour obtenir ce résultat, et ce n’est qu’après des centaines d’expériences qu’ils y sont parvenus d’une manière délinitive et tout à fait satisfaisante.
- D'après Photo-Revue, l’appareil photographique, qui est adapté à l’extrémité d’une sonde œsophagienne, mesure exactement 66 millimètres de long sur 11. millimètres d’épaisseur. A l’intérieur du tube de la sonde est logé un fil de cuivre en relation d’une Part avec la pile, d’autre part avec une lampe électrique minuscule, destinée à éclai-rei‘ ia paroi interne de l’estomac.
- Pour photographier cette paroi dans les meilleures conditions, il faut obtenir une légère dilatation artificielle de l’estomac. Au moyen de la sonde œsophagienne, on commence par vider et nettoyer l’organe à §rande eau ; puis on la remplit d’air à l’aide d une petite pompe à main, manœuvrée avec Précaution par l’un des opérateurs.
- Des préparatifs terminés, il ne reste plus
- qu’à descendre l’appareil, à établir le courant et à faire lentement tourner l’objectif de manière à prendre successivement toutes les parties de l’estomac. En dix minutes, avec un peu de dextérité, on obtient de quarante à cinquante vues de la paroi intérieure. Chacune de ces épreuves mesure environ 8 millimètres sur 10 seulement ; mais elles sont si nettes qu’on peut les agrandir considérablement, ce qui permet de distinguer les moindres détails et même la structure intime des tissus.
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- Une exposition des monnaies en 1900.
- — Si la proposition qui est faite par M. Mo-wat, ancien président de la Société des antiquaires de France, est agréée en haut lieu et reçoit exécution, nous aurons, à l’Exposition de l’an prochain, la collection complète des monnaies utilisées dans le monde entier. L’Administration des monnaies, prétend-il, pourrait rapidement réunir les éléments de cette collection, chaque pays participant à l’Exposition n’hésiterait pas, sans doute, à offrir un jeu complet des pièces constituant son système monétaire ; quant aux espèces métalliques en usage dans les autres pays, on pourrait les obtenir par l’intermédiaire des consuls, missionnaires et agents de divers ordres.
- ***
- Provenance des principaux minéraux.
- — Nature emprunte au Blue Book de M. Le Neve Foster les données suivantes sur la provenance des principaux minéraux :
- Charbon. — Le Royaume-Uni est actuellement le producteur le plus important de houille, mais la rapide extension des exploitations houillères aux États-Unis, et la connaissance des énormes ressources dont dispose ce pays à cet égard, portent à penser que la jeune Amérique ne tardera pas à supplanter la vieille Albion. Quoi qu’il en soit, l’empire britanique fournit actuellement plus des 2/5 de la production totale.
- Cuivre. — Les États-Unis, avec leur production énorme de 223.ÜUO tonnes de ce métal, fournissent plus de la moitié de la production totale ; le contingent de l’Espagne et du Portugal réunis est d’environ 1/8 de cette même production totale.
- Or. — Le Sud africain gagne rapidement
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- du terrain, et quoique sa production reste encore inférieure à celle des États-Unis pour 1897, on peut prévoir qu’il prendra le premier rang en 1898. En 1897, ces deux contrées et l’Australie ont produit chacune plus d’un cinquième de la production totale. La Russie donne à peu près 1/10 de cette production.
- Fer. — Que l’on juge par la quantité du minerai ou par le poids de métal fabriqué, ce sont les Etats-Unis qui prennent la tête des pays producteurs. La Grande-Bretagne vient ensuite, puis l’Allemagne avec 10 millions de tonnes de minerai tirés des dépôts pauvres, mais facilement exploitables, d’Alsace-Lor-raine. L’Espagne vient au quatrième rang comme minerai, mais avec des minerais beaucoup plus riches que les minerais allemands.
- Plomb. — L’Espagne est le plus grand producteur; viennent ensuite, à peu de distance, les États-Unis. L’Allemagne ne pro-
- LA SCIENC:
- Trois procédés pour boucher les crevasses du bois. — 11 arrive souvent que les tables et autres objets en bois se fendent par l’action de la chaleur ou par toute autre cause ; il est donc nécessaire d’avoir un enduit pour remplir ces crevasses. Cette matière peut se préparer des trois manières suivantes :
- On fait une pâte composée d’uné partie de chaux éteinte, de deux parties de seigle et d’une partie suffisante de farine de lin. On peut aussi dissoudre une partie de colle forte dans 16 parties d’eau, et lorsqu’elle est presque froide, agiter dedans de la sciure de bois et de la chaux éteinte en quantité suffisante pour former uue pâte. Le troisième procédé consiste à épaissir du vernis ordinaire à l’huile avec un mélange en parties égales de céruse, de plomb rouge, de litharge et de chaux éteinte.
- Quel que soit le procédé employé, il suffit, lorsque le produit est fabriqué, d’employer l’enduit pour boucher les crevasses et, le lendemain, ces parties rapportées sont aussi dures que celles avoisinantes.
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- Pour déceler la falsification des savons
- duit guère que la moitié de ce que donne l’Espagne.
- Pétrole. — La Russie et les États-Unis sont les deux grands producteurs.
- Sel. — Les États-Unis et le Royaume-Uni produisent chacun environ 2 millions de tonnes de sel ; la Russie en donne 1 million et demi, l’Allemagne 1 million et un tiers, les Indes environ 1 million.
- Argent. — Les États-Unis sont les principaux producteurs, suivis de près par le Mexique. La production de l’Australie est à peu près le tiers de celle des États-Unis ; la Bolivie et l’Allemagne ont une production à peu près égale â celle de l’Australie.
- Étain. — La péninsule malaise fournit près des 2/3 de l’étain.
- Zinc. — Les mines de la Haute-Silésie suffisent à elles seules ponr faire de l’Empire allemand la contrée productrice par excellence du zinc. Les États-Unis viennent en second rang, mais à grande distance.
- PRATIQUE
- noirs. — Le savon noir étant d’un usage général dans l’industrie et l’économie domestique, il est important de reconnaître s’il est falsifié.
- Or, les savons noirs contiennent souvent 20 à 25 0/0 de fécule basse, qualité que rien ne décèle à la simple vue, et comme les fécules valent environ moitié moins que les savons mous purs, leur incorporation dans le savon constitue une fraude. Pour mettre en évidence la présence de la fécule, dit le Praticien universel, il suffit d’écraser entre les lames du porte-objet du microscope un peu de savon noir de la grosseur d’une tête d’épingle; l’œil y découvre sans peine des centaines de granules amylacés, gonflés pour la plupart. S’il s’agit de doser la proportion de fécule mélangée au savon, on en prend 10 gr. que l’on dissout à froid dans de l’alcool à 85°. Le savon se dissout totalement, la fécule se dépose et forme, lorsqu’elle est desséchée, une masse pulvérente de couleur grise qu’on peut piler et qui, bouillie avec l’eau amenée à l’état d’empois consistant colore d’énormes quantités d’eau lorsqu’on y ajoute une solution d’iode.
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- Piège à mouches. — Rien de plus ennuyeux que cette engeance ailée ramenée avec les premières chaleurs de l’été, et rien de plus gênant lorsque ces encombrantes bestioles s’acharnent dans la chambre d’un malade à troubler le repos du sujet. Pour les éloigner, on recommande de mettre, dans la pièce, des branches de lavande fraîche; voici, de plus, la recette d’un piège facile à organiser, que nous trouvons dans la Chronique industrielle.
- On prend un verre rempli d’eau jusqu’à la moitié de sa hauteur et on y met dissoudre un petit fragment de savon. Puis, coiffer le verre d’une tranche de mie de pain découpée de telle façon qu’elle le bouche et ayant environ 15 millimètres d’épaisseur. Au milieu de ce bouchon posé sur l’orifice du verre, on perce un petit trou évasé en forme d’entonnoir. La face intérieure de la mie de pain, qui est tournée vers l’eau savonneuse, est au préalable enduite de miel, de confiture, ou d’un sirop agréable aux mouches. Celles-
- ci s’aperçoivent bientôt qu’il y a là quelque chose de bon ; elles entrent par l’entonnoir, voltigent et finissent par tomber dans de l’eau de savon, qui les tue. Ce procédé est à recommander pour les cuisines, les offices, les salles à manger où le nombre des ennuyeuses bestioles est si souvent considérable.
- ***
- Contre le “ver gris” de la vigne. —
- M. Foëx donne dans la Revue de Viticulture des extraits d’une lettre de M. J.-C. Gelly, d’Australie, relative à la destruction du ver gris de la vigne. On mélange 15 kilogrammes de son avec 1/2 kilogramme d’arsenic et on verse dessus deux kilogrammes de sirop (mélasse). Il est nécessaire que tout le son soit bien imprégné de sirop. On met une cuillerée à dessert du mélange autour du pied de chaque cep.
- Ce procédé, employé pendant plusieurs années en Australie, a toujours fort bien réussi : 48 heures après l’application, il n’y a plus trace de ver gris.
- LES PETITS ACCIDENTS DU TRAVAIL MANUEL
- A *
- PLAIE SAIGNANTE A LA TETE
- ®u’un choc, qu’un objet saillant, qu’un éclat métallique ou de verre atteigne plus ou moins violemment le front, et de suite il se produira, soit une bosse de sérosité sanguine extravasée, soit une plaie.
- Supposons le cas d’une plaie. Celle-ci sera plus ou moins étendue. Etant donné ce que nous avons dit précédemment sur les Plaies, on peut prévoir ce que nous allons faire : arrêter l’hémorrhagie, rapprocher les lèvres de la plaie et empêcher les complications consécutives.
- Pour arrêter l’hémorrhagie, l’écoulement d’eau froide est encore ici indiqué. Le patient fermera les yeux et pourra placer le front sous un robinet, pourvu que l’écoulement de 1 eau se fasse sans pression, doucement et 110 produise sur la plaie aucun écartement Nuisible. Autrement on pourra artificiellement produire cette douche locale, douche sans pression, nous le répétons. On prendra P°ur cela soit un linge, soit une éponge ; on les mouille, et en pressant ensuite, doucement, l’eau s’écoulera sur le front du
- patient ; on remouille, on presse à nouveau e,t ainsi de suite jusqu’à ce que l’effet salutaire voulu soit atteint. S’il est trop long à se produire, c’est-à-dire si l’hémorrhagie ne s’arrête, on fera comme à la fig. 177-2, on versera sur un linge quelques gouttes de perchlorure de fer et on l’appliquera sur la plaie. Le perchlorure de fer coagule le sang; aussi, grâce à lui, un caillot obturateur se formera bien vite.
- Selon la région de la tête qui aura été contusionnée, on pourra ou non se contenter du perchlorure de fer. La tête est la région la plus vasculaire du corps humain, surtout le visage. C’est là un avantage pour les plaies, car elles guérissent plus rapidement ; mais en revanche, c’est un grand danger si la plaie est dans le voisinage d’un vaisseau sanguin important. Il y a au front, notamment, les artères temporales superficielles, de grosses veines souvent saillantes chez quelques individus, alors surtout qu’ils sont en proie à la colère, ce qui fait craindre que leurs veines éclatent.
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- Nous avons dit déjà comment on distinguait l’ouverture d’un vaisseau veineux. Nous n’y reviendrons pas. Dans le premier cas, la ligature immédiate par un médecin est tout indiquée, et encore il peut se produire la syncope et même la mort. Pour une veine, la compression douce et méthodique
- On arrive ainsi à faire un pansement solide comprimant très modérément la partie de la tête avec laquelle il est en contact. Au besoin, des épingles maintiennent les angles droits formés par les positions verticale et horizontale des bandes ; on aura la précaution d’en rentrer la pointe de façon qu’avec
- avec rapprochement des lèvres de la plaie, linge imbibé de per-chlorure de fer par-dessus, et maintenant le tout avec la main qui presse. On a des chances de voir bientôt cesser l’hémorrhagie, même d’un gros vaisseau veineux, serait-ce la veine préparate qu’on saignait autrefois.
- Quant au pansement, il est assez difficile, à cause de la forme irrégulière de la tête, en raison de ses bosses, de ses creux, de son allongement. On forme une sorte de capeline
- en passant la bande ration de.la compresse. - 3
- à angle droit, un tour sur le front, puis on renferme la bande en maintenant avec une main le renversé, on relève la bande qui va du menton au sommet de la tête, on renverse à nouveau, on revient sur le front, et dans cet entrecroisement multiple, les renversés se trouvent soutenus ou plutôt fixés par les tours de la bande qui les vient recouvrir.
- m
- lire,
- rôle
- la main, le patient ne se pique pas. Des épingles de nourrice seraient mieux appropriées encore à ce dernier point de vue.
- Si on a bien rapproché les lèvres de la plaie, il no restera qu’une cicatrice insignifiante. Parfois une suture faite par un médecin la rendra encore moins apparente, mais chaque patient pourra se décider selon son degré de coquetterie ! Chez les alcooliques I et les nerveux, il peut,
- après une blessure à
- „ „ , la tête, même légère, tête. — 2. Prépa- \ ° ^
- Pansement. se Pâture des com-
- plications fébriles : dététanos... Bien entendu, c’est alors le du médecin d’intervenir.
- Dr Foveau de Courmelles.
- CH .MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. B¥, 13, rue, Neigre.
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- L’AQUARIUM D’APPARTEMENT ET SES HOTES
- XV. — ANIMAUX INVERTÉBRÉS (Suite)
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- ’Argyronète. — L’argyronète est un des animaux les plus curieux qu’on puisse entretenir clans un aquarium ; non pas que cette araignée soit jolie ; non certes, mais
- ses mœurs sont des plus intéressan -tes à observer.
- Voyons tout d’abord son signalement : c’est une araignée aquatique, de taille moyenne,
- « mesurant, dit M. G. Vi-toux, de douze à quinze millimètres ; sa couleur générale est brune, avec dos lignes noires sur le thorax. L’abdomen est abonda m -ment garni de poils blancs grisâtres et veloutés et qui jouent un rôle important dans son existence d’être aquatique. C’est, en effet, à l’aide de ces poils que l’argyronète, une fois sa toile tissée au sein du liquide, fait une provision d’air grâce à laquelle elle transforme sa demeure habituelle en une véritable cloche à plongeur ».
- Remarquons tout d’abord que l’argyronète (Argyroneta aquatica) possède un appareil respiratoire formé de deux poumons et de trachées, celles-ci étant situées dans la partie antérieure du corps et ne présentant du reste des ramifications peu étendues.
- Fig. 178. — L’Argyronète et sa cloche (dessin de M. Laurent Gsell).
- Cette dualité des organes de la respiration de l’argyronète trouve du reste sa justification dans le genre de vie même de l’animal qui, passant sous l’eau la presque
- totalité de son existence, compense de la sorte la rareté de ses inspirations d’air.
- L’araignée qui nous oc-c u p e est une excellente nageuse, et dans l’eau, elle peut prendre et conserver fort longtemps toutes les positions possibles et imaginables.
- Pour construire son nid ou, si vous préférez, sa cloche à plongeur, cet étrange petit animal s’y
- prend de la manière suivante :
- Elle commence tout d’abord par jeter quelques amarres sur les plantes aquatiques voisines de l’endroit où elle veut établir son nid, qui, il ne faut pas l’oublier, est placé au milieu de l’eau.
- Montant ensuite, dit M. V. Rendu, vers la surface de l’eau, la tête en bas, elle élève au-dessus du liquide le bout de son ventre, dilate ses filières, charge d’une bulle d’air l’extrémité de son corps, et plonge aussitôt pour la déposer sur un de ses fils. Cela fait, elle remonte à la surface, prend un nouveau
- Série - N* 60. - 16 Août 1899.
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- lest d’air et le réunit à la première .bulle, par le même procédé. Ce manège se répète sans interruption, tant que l’édifice n’est pas achevé. Peu à peu, une cloche se forme, elle augmente de volume à chaque convoi ; au bout d’un certain temps, elle prend la forme d’un dé à coudre ou, pour mieux dire, d’une cloche à plongeur. Des fils irréguliers aboutissent à son orifice et la tiennent suspendue au milieu de l’eau; ce sont autant de lacs pour prendre les insectes aquatiques dont l’argyronète se nourrit. Ses chasses s’effectuent de la même manière que celles des araignées sédentaires, elle se tient à l’affût dans son poste, prête à s’élancer sur le premier passant qui touchera ses fils. La proie tarde-t-elle trop à venir, l’argyronète la poursuit à la nage, la saisit dans l’eau et, selon que le caprice l’inspire, elle porte son gibier à la surface pour le manger au grand air, ou bien dans son palais nautique, afin de dîner plus fraîchement : lorsque les captures sont abondantes, elle les accroche à ses fils, en guise de provisions.
- L’argyronète quitte quelquefois son humide séjour pour aller se poser sur des plantes aquatiques, mais elle ne fait jamais de longues absences; la cloche aérienne est son véritable domicile; elle la grossit de bulles d’air jusqu’à ce qu’elle soit assez volumineuse pour lui donner facilement l’hospitalité.
- « Garnie de fils dans son fond, enveloppée d’une tapisserie au petit point dans tout son contour, elle lui offre une retraite assurée contre l’ennemi ; on ne peut y pénétrer, en effet, que par une seule fente, et le propriétaire seul en ale secret: il l’entr’ouvre avec une de ses pattes, pour s’y glisser ou pour en sortir. Quelquefois le sommet de la cloche fait saillie hors de l’eau ; le plus souvent cependant, la cloche y est entièrement plongée ; grâce à l’air qu’elle renferme, l’argy_ ronète y respire aussi librement qu’à terre j elle s’y tient la tête en bas pour mieux
- observer ce qui se passe, et pour échapper plus vite au danger : ce singulier château d’eau est le berceau de sa famille ».
- La femelle de cette curieuse araignée fait deux pontes par an, l’une au printemps, l’autre en automne. Elle abrite ses œufs dans un nid construit spécialement dans ce but. Or, cette habitation temporaire est elle-même curieuse à bien des titres. Au lieu d’être au sein même de l’eau, elle est toujours édifiée à la surface ; en outre, elle est divisée en deux compartiments : un étage supérieur où sont disposés les œufs, puis un rez-de-chaussée où la femelle reste pour garder sa progéniture, la protéger et la défendre à l’occasion.
- L’argyronète est assez commune dans toutes les eaux stagnantes ou à faible courant, mais il faut savoir la découvrir. C’est en vain qu’on la chercherait dans les régions méridionales ; par contre, on la trouve fréquemment dans les marais et même les fossés du nord de la France.
- Ainsi que le fait observer M. G. Vitoux, cette araignée se conserve très facilement en captivité; il convient d’éviter, par exemple, de lui faire habiter un aquarium où se trouvent déjà renfermés de gros insectes, des épinoches ou d’autres poissons qui ne manqueraient pas de l’attaquer.
- Mais, placée dans un vase isolé avec quelques herbes aquatiques, on a toutes commodité pour étudier ses mœurs si intéressantes et la suivre dans toutes les phases de s i très curieuse existence.
- Notons, pour terminer, que, contrairement à ce qui a lieu chez les autres araignées, le mâle est plus fort que la femelle. Remarquons aussi que, tout au moins à l’état naturel, l’argyronète, quand vient l’hiver, ferme l’ouverture de sa cloche et reste ainsi immobile pendant toute la mauvaise saison.
- Alb. Larbalétrier.
- (A suivre).
- LA CRYPTOGRAPHIE
- Se la cryptographie : Ce qu’en ont dit les anciens. — A peine l’élève est-il acclimaté dans le collège où il doit commencer à goûter aux fruits de l’arbre
- de la science, c’est-à-dire du bien et du mal» qu’il éprouve le besoin de communiquer avec tel ou tel de ses camarades par écrit, de façon à ce que les autres ne puissent connaître
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- l’objet de ces communications, quand bien même ils auraient l’écrit entre leurs mains. Alors, bravement, il construit un alphabet particulier, et il se sert de ces caractères de convention, préalablement connus de son correspondant, pour tracer des missives dont l’importance n’est certes pas très considérable et dont la politique est sévèrement bannie. Il ne se doute pas, le novice cryplographisle, qu’il fait ainsi ce que font les diplomates, les ministres et les chefs d’armée. En outre, il a la conviction intime que son écriture est absolument indéchiffrable pour toute autre personne que son correspondant, et on l’étonnerait fort en lui traduisant presque couramment les quelques lignes tracées par lui dans son mystérieux alphabet.
- Cet art de déguiser ainsi la pensée, non pas par la parole, mais par l’écriture, se nomme la Cryptographie, mot barbare produit par l'assemblage de deux autres mots grecs ; xpinrro;, caché, et ypàcpsiv, écrire ; écrire d’une manière cachée, secrète. Cetle science a aussi porté successivement les noms de Cryptologie, Poly-(jraphie, Stéganograpliie, etc. Elle était connue dès la plus haute antiquité, et beaucoup d’anciens auteurs nous ont laissé sur elle quelques mots ou quelques pages. Parmi les principaux, je citerai :
- Æneas le Tacticien, le plus ancien des auteurs militaires dont nous possédions des écrits: commentaires sur la défense des places, chapitre XXXI ;
- Polybe, histoire romaine, livre X, chapitres 44 et 48 ;
- Plutarque, vies des hommes illustres ; Ly-sandre, chapitre XXIII ;
- Dion Cassius, histoire romaine, chapitre XI, S9;
- Suétone, vie des Douze Césars, César, chapitre 15G ; Octave, chapitre 88.
- Aulu-Gelle, nuits attiques, livre XVII, chapitre 9. Etc., etc.
- Je vais donner quelques extraits de ces auteurs anciens.
- A oici comment s’exprime Ænéas le Tacticien dans le chapitre XXXI de ses Commentaires Su/>' la défense des places, intitulé : “ Des lettres chiffrées, et de la manière de les faire Parvenir secrètement ” (1).
- (0 Traduction du grec du général de Beausobre,
- I747*
- « Pour ce qui regarde les lettres que l’on envoie en secret, il y a différentes manières de les faire parvenir ; mais il faut auparavant que ceux qui s’écrivent soient convenus de quelques points ; les exemples suivants sont les plus sûrs à imiter :
- On avait mis un livre parmi plusieurs vases et autres effets ; on avait fait des points sur les caractères de ce livre, lesquels, étant rassemblés, composaient tout ce qu’on voulait mander. Or, le livre étant parvenu à celui à qui on l’avait adressé, il copia de suite, d’une ligne à une autre, tous les caractères qui étaient pointés, et en composa la lettre qu’on eût voulu lui écrire, et dont on avait seulement indiqué les caractères.
- Si l’on n’a que peu de chose à marquer à quelqu’un dans une lettre, on peut aussi se servir de ce moyen, qui ressemble fort au premier ; en remplissant une lettre fort longue de plusieurs choses communes, on pourra faire la même chose dans cette lettre, en mettant des marques sur les caractères qui signifieront tout ce que vous voudrez. Que cependant ces marques soient faites de façon à ne pas attirer l’attention ; par exemple, servez-vous de points ou de petits traits. De celte manière, personne ne prendra de soupçon, et il n’y aura que celui à qui la lettre aura été envoyée qui pourra la déchiffrer.
- Autre manière : qu’on envoie un homme .porter de vive voix des nouvelles indifférentes, ou une lettre qui ne contiendra que des choses fort ordinaires ; mais que l’on mette à son insu dans ses souliers la lettre secrète. Afin que ni la boue ni l’eau ne puissent gâter ce qui est écrit, il faut écrire sur du plomb blanchi qui ait été battu fort mince, de crainte que les lettres ne soient effacées. Lorsque l’exprès sera arrivé, que celui à qui il est adressé profile de son sommeil pour découdre ses souliers pendant la nuit ; qu’il en tire la lettre, y substitue la réponse et recouse le soulier ; le lendemain il renverra le courrier avec une lettre ostensible. De cette manière, personne, pas même l’exprès, ne saura quelle est la ruse qu’on emploie.
- On porta des lettres à Ephèse et on les fit passer de la manière suivante : on envoya quelqu’un ayant une lettre écrite sur des feuilles, et ces feuilles étaient appliquées sur un ulcère que cet homme avait sur l’os de la jambe. On pourrait aussi faire passer des lettres en
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- les pendant aux oreilles des femmes dans de petiles plaques de plomb, que l’on prendrait pour des boucles d’oreilles.
- Un traître s’est aussi servi de ce moyen pour faire passer une lettre dans le camp ennemi. Entre plusieurs cavaliers qu'on avait envoyés ravager le territoire ennemi, on avait caché une lettre sous l’extrémité de la cuirasse de l’un d’eux, et on avait ordonné à ce cavalier de se laisser tomber de cheval lorsqu’il approcherait des ennemis, de se laisser prendre, et, après être parvenu au camp ennemi, de remettre la lettre à qui elle était adressée.
- Un autre, ayant envoyé un cavalier, fit mettre une lettre dans la bride du cheval.
- On transporte encore des lettres de cette manière. Faites sécher une vessie de la grandeur nécessaire. Après l’avoir enflée et bien liée à son col, écrivez dessus avec de l’encre à laquelle vous aurez ajouté un peu de gomme. Lorsque les lettres seront sèches, désenflez la vessie et faites-la entrer dans une bouteille et soufflez-la pour qu’elle s’applique aux parois du vase. Emplissez-la d’huile. Coupez ensuite ce qui déhorde la bouteille; appliquez-en le col si bien à celui de celle-ci qu’il n’en paraisse rien au dehors, et cette bouteille ne paraîtra contenir que de l’huile (1).
- Ceci arriva autrefois : quelqu’un ayant écrit sur une tablette de bois, l’enduisit ensuite de cire, et écrivit après cela d’autres choses dans cette cire. Cette tablette étant parvenue à celui à qui elle était adressée,-il en ôta la cire, et ayant lu ce qui y était écrit, il renvoya le porteur avec une réponse écrite de même. »
- (Nous verrons plus loin, dans l’historien Justin, quelques exemples de celle façon de communiquer secrètement).
- « On dit aussi que quelqu’un, après avoir écrit sur une tablette de buis avec une encre particulière, en desséchait si parfaitement l’écriture, qu'il n’en paraissait plus un trait. Il enduisait ensuite celte tablette d’un vernis blanc, et lorsqu’elle était parvenue au .correspondant, celui-ci la plongeait dans un vase
- (i) Beausobre eût mieux fait de traduire XSyuvo; par vase quelconque à long col, car notre bouteille éveille en nous l'idée d'un corps vitreux, et Ænéas ne recommande certainement pas de se servir d'un récipient transparent: l’écriture de la vessie eût été immédiatement aperçue et lue au dehors. Du reste, cet historien, qui vivait plus de 365 ans avant J.-G., ignorait sans doute l’existence de vases de verre.
- d’eau, et tout ce qui y avait été écrit apparaissait clairement (1).
- L’on peut encore écrire ce que l’on veut sur la toile qui sert aux peintres, et, après l’avoir enduite d’un vernis blanc, y peindre un cavalier ou telle autre chose, comme par exemple des habillements blancs, un cheval blanc, ou, si vous aimez mieux, de quelque autre couleur, pourvu que ce ne soit pas du noir. Il faut ensuite donner ce tableau à quelqu’un pour le porter dans le premier temple qui se trouvera hors de la ville, et l’y suspendre, comme un don auquel il se croit obligé par quelque vœu. Lors donc qu’on voudra lire ce qui y a été écrit, il n’v aura qu’à aller au temple et, reconnaissant le tableau par une certaine marque dont on sera convenu, on l’apportera chez soi et on le trempera dans l'huile : tout ce qu’on y aura écrit redeviendra visible.
- Voici enfin la manière la plus secrète d'envoyer des lettres, mais aussi la plus difficile à exécuter. Percez vingt-quatre trous dans un dé, c’est-à-dire percez quatre de ses faces de six trous chacune. Que ces trous marquent les vingt-quatre lettres de l’alphabet grec. Souvenez-vous de quel coté se trouve la première lettre a, et celles qui la suivent. Si vous voulez, par exemple, donner l’avis :
- ou Suvipsi; àTtéffTfjirav (2), faites passer des fils par ces trous. En passant ces fils, commencez par le côté de l’a, et passez le fil par le trou qui marque celle lettre. Sautez les lettres suivantes jusqu’à ce que vous soyez venu au côté où est l’i; passez de rechef votre fil par le trou de l’i ; sautez ensuite les lettres suivantes jusqu’à ce que vous soyez au 3, et passez-y votre fil. Laissez encore toutes les lettres qui suivent cette dernière, jusqu’à ce que vous ayez trouvé Lu, et passez-y votre fil comme auparavant. Continuez de même pour les autres lettres de toute la phrase. Par ce moyen, au lieu d’écrire, vous passez des fils par toutes les lettres, comme si tout ce que vous aviez écrit n'était qu’un seul mot. Ce que l’on enverra de celle manière sera donc comme un peloton de fil roulé autour d’un dé, et il faut que celui qui voudra lire ce qu’on lui marque écrive successivement sur ses tablettes les lettres désignées par ces trous.
- La sortie des fils doit se faire dans un ordre
- (1) Il s’agit sans cloute ici d’encres sympathiques.
- (2) “ Les forces ont manqué”.
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- contraire au premier, naturellement. Il n’y a aucun inconvénient à ce que les lettres se trouvent écrites à rebours sur les tablettes.
- On fera la même chose avec encore moins d'embarras si l’on prend un morceau de bois d’un demi-pied ou d’un tiers, qui ait autant de trous que de lettres, et qu’ensuite on passe les fils par ces trous. Toutes les fois qu’il faudra passer le fil par le même trou deux fois de suite, comme lorsque la lettre se répète, tournez le fil une fois autour du bois avant de le passer pour la seconde fois dans le même trou.
- On s’est servi encore de celte méthode: ayant écrit sur une carte extrêmement mince des lignes composées de lettres extrêmement fines, on cacha cette petite carte sous la robe du porteur, au-dessus de l’épaule, en repliant la robe (I). Par ce moyen celle espèce de lettre pourra être transportée, et le porteur ne s’en doutera jamais, soit qu’il ait mis sa robe, soit qu’il la porte à son bras.
- On peut donc montrer, par des exemples, qu’il est très difficile de parer à toutes les ruses qu’on peut employer pour faire parvenir des lettres, car les habitants d’Ilion, qui travaillent depuis très longtemps à découvrir ces sortes de ruses, et qui y sont extrêmement attentifs, n’ont pas encore pu empêcher que les Locriens, aidés de quelques citoyens, n’entrassent dans leur ville.
- Histiæus voulant faire savoir quelque chose a Arislagoras, et n’ayant pas d’autre moyen pour le faire, puisqu'il était presque impossible que celui qui porterait la lettre échappât aux gardes distribués sur le chemin, fit raser la lête au plus fidèle de ses domestiques, fît imprimer quelques lettres avec un fer chaud sur la tête de ce chauve, et le tint caché jusqu’à ce qu’une partie des cheveux fût repoussée. Ce qui étant arrivé, il l’envoya à Milet, en lui
- recommandant tout simplement qu’aussitôt arrivé à Ephèse, il allât trouver Aristagoras de sa part pour le prier de lui raser de nouveau la lête et de l’examiner : les marques du fer chaud désignaient au lecteur ce qu’il avait à savoir.
- On peut aussi se servir de cet expédient. Il faut convenir auparavant de se servir de points au lieu de voyelles ; je veux dire : en mettre autant qu’il en faut pour marquer laquelle des voyelles . il faut choisir entre toutes. Par exemple (l) :
- « Que Denis le beau vienne à Héraclide ».
- Qw: D:n.\s 1: b:.w v.-.:nn: . H:r.cl.\d:
- On peut s’y prendre d’une autre manière, en substituant quelque autre chose à la place des voyelles. Mais il est nécessaire de faire déposer secrètement les billets qu’on envoie, dans un endroit connu du correspondant, afin que, dès qu’il sait que l’exprès est venu dans la ville, comme pour y acheter ou y vendre quelque chose, il sache que des lettres lui sont arrivées et qu’elles sont cachées dans l’endroit marqué. De celte manière, ni celui qui l’apporte ni personne, ne saura à qui elle est adressée.
- Plusieurs Epirotes se servent de chiens de la manière suivante : ils s’en vont avec un chien en laisse; ils lui attachent ensuite un collier dans lequel on a écrit ce qu’on voulait mander, et ils le renvoient. Ce chien ne manque pas de retourner à l’endroit d’où on la emmené. On dit que les Thessaloniciens ont inventé cet usage.
- Un pilote de Perse nommé Glus allant trouver le roi, devant lequel il n’est pas permis d’avoir aucun écrit en main, et ayant à lui parler, de mémoire, sur beaucoup de choses importantes, il en écrivit les principaux détails sur la peau de ses doigts. »
- (A suivre.) E.-N. Santini.
- LES PETITES INDUSTRIES
- LA FABRICATION DU FUSAIN POUR LE DESSIN
- wgv 'emploi du charbon de bois pour des-gjT siner remonte à la plus haute anti-quité. On a retrouvé sur les murs de Pompéï et d’Herculanum des dessins grossiers faits au moyen de bois calciné.
- 1 ous les bois ne sont pas aptes à fournir un
- ,(>) C'est-à-dire en faisant un ourlet cousu, dans quel la lettre éiait dissimulée.
- charbon permettant le dessin. Pendant longtemps, le seul bois employé à cet usage était le bois de fusain, d’où le nom donné au crayon fabriqué avec celui-ci. Mais l’art du dessin, prenant une extension considérable, demanda, vers le milieu du siècle, des qua-
- (i) La lettre a vaut un point; e en vaut deux; z, trois ; o, quatre ; et u, cinq.
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- lités autres que celles des bois de fusains, on chercha donc, à côté, les différentes essences de bois répondant le mieux aux desiderata des dessinateurs.
- Avant d’entrer dans les détails de la fabrication, examinons les différentes qualités que l’on demande aux crayons, dits fusains.
- Suivant le mode de dessin, suivant les différents effets que l’on cherche à obtenir, on doit se servir de crayons plus ou moins noirs, plus ou moins tendres. Suivant la nature du support — papier, toile — il est indispensable de combiner certaines qualités et l’on arrive ainsi à une sélection qui peut, en somme, se diviser comme suit : fusains tendres, fusains demi-durs, fusains durs.
- Chacune de ses qualités peut se diviser en deux : fusains noir-noir, fusains gris-noir.
- Nous arrivons ainsi à six sortes bien définies par leurs qualités essentielles.
- Chacune de ces sortes est susceptible de subdivisions correspondant à la grosseur des crayons. Il est justement évident que pour dessiner un petit carton, on n’a pas besoin d’un fusain aussi gros et d’une qualité aussi ordinaire que pour esquisser une toile de décor de théâtre. On arrive ainsi nécessairement à avoir besoin de fusains : petit diamètre, moyen diamètre, grand diamètre.
- Nous parlons ici de fusains cylindriques. Dans ces dernières années, on vendit des fusains triangulaires et des fusains carrés, qui ne sont,après tout, que des unités ajoutées inutilement à la liste déjà longue des fusains, un simple coup de canif permettant d’arriver immédiatement à la forme que l’on désire donner à la pointe.
- Cependant, il existe encore une sorte de fusain qui ne comporte aucune des propriétés sus-nommées, tout en les comprenant toutes. Mélange de défauts et de qualités.
- C’est le fusain pour écolier, demandant à être vendu bon marché tout en rendant de grands services à l’enfant.
- Les fusains sont mis en étuis-cartons de 5 pour le prix de 0 fr. 05.
- Les principales qualités que l’on recherche dans les bois employés dans la fabrication de fusains sont les suivantes :
- Bois blanc à fibre courte, tendre et très homogène de texture, c’est-à-dire sans nœud
- ni partie bourreuse. Enfin des essences de bois non résineuses.
- Parmi les bois employées dans la fabrication, les meilleurs, en dehors du fusain, sont ceux de noisetier, bourdaine, marronnier, marsaule, châtaignier, peuplier.
- Chacune de ces espèces de bois correspondent à une qualité particulière. Le noisetier, par exemple, donne un fusain très dur et très noir, ne se pulvérisant pas sous la pression du papier, laisse voir la texture de celui-ci sous l’épaisseur du trait C’est cette qualité qui a permis à Allongé de faire des paysages si légers et si fins.
- Ce fusain porte le nom de f usant vénitien. Voici quelques détails sur la fabrication des fusains, telle qu’elle est pratiquée par la maison J.-M. Paillard.
- Les fusains demandent une préparation différente, suivant qu’ils sont pris dans le bois plein ou dans les branchages. Les branches sont tronçonnées en longueurs égales de 17 centimètres, puis triées en trois grosseurs. Les fusains buisson sont faits par ce procédé. On a soin d’écorcer les branches avant
- le triage.
- Les fusains fabriqués ainsi ont toujours une partie plus tendre (intérieur), tandis que la surface externe est souvent assez dure. D’ailleurs aucun dessinateur ne prendra un fusain, pour l’essayer ou travailler, sans en casser la pointe.
- Les crayons pris en bois plein demandent un outillage beaucoup plus grand. On commence par débiter le bois en planchettes de 8 à 10 millimètres d’épaisseur, puis ces planchettes en bâtons carrés de même lar' geur. Ces' bâtons sont ensuite tournés et débités en longueurs de 17 centimètres. La cuisson donnant un retrait au bois, les fusains sortant du four n’ont que 15 centimètres, longueur commerciale.
- Le four à cuire est un appareil très mge) nieux permettant de cuire 30 mille crayons a la fois pour les sortes communes et 20 m^e seulement pour les sortes fines. Les crayonS sont introduits dans des formes en tôle contenant 50 pièces pour les fusains ordinaires et un seul crayon pour les fusains extra.
- Ces formes sont empilées les unes sur leS autres dans un four en fonte muni d’un tube de dégagement permettant de faire échappé
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- la vapeur d’eau au commencement de la cuisson et les gaz combustibles cà la fin.
- Une clef permet d'envoyer les gaz combustibles dans le foyer. Ces gaz prennent feu et entretiennent la température du four tant que la carbonisation n’est pas complète. Lorsque celle-ci est achevée, le dégagement du gaz cesse et l’opération se termine d’elle-même. On attend le refroidissement complet et on extrait les fusains des tubes qui les ont empêchés de se déformer.
- On a encore besoin de faire ici un triage des bâtons ; ceux dont la cuisson n’est pas totale sont mis à part, ainsi que ceux dont la surface est brillante comme s’ils étaient vernis, particularité provenant du goudron qui n’a pas été distillé entièrement.
- Les fusains ainsi triés sont mis en paquets de 50, de 25, ou en étuis de cartons de 50, 25, 10 et 5. ***
- Un produit accessoire du fusain et du pastel est le Fixatif. Ce produit est un liquide très volatil permettant, comme son nom
- l’indique, de rendre le fusain ineffaçable.
- La préparation, quoique très simple, présente cependant quelques difficultés sur lesquelles nous n’insisterons pas.
- Le point essentiel pour le dessinateur est de posséder un produit très blanc, séchant rapidement, en répandant une odeur rappelant celle de l’alcool ; sa transparence doit être parfaite.
- Le fixatif est composé d’alcool tenant en solution de la gomme laque. Pour l’emploi, on se sert d’un fixateur permettant de pulvériser le liquide sur la surface du dessin.
- Pour essayer un fixatif, on commence par faire un trait au fusain sur un morceau de papier Ingres et on pulvérise le liquide. Le papier doit rapidement se ramollir, perdre sa blancheur, devenir légèrement transparent. Au bout de quelques instants, le papier ayant repris ses qualités primitives, on essaye de frotter avec la main, le trait conserve toute sa netteté et ne s’étale pas.
- B. L.
- LE CADASTRE
- ORIGINE ET UTILITÉ — DIVISIONS DU DOMAINE IMPOSABLE — PLAN PARCELLAIRE TABLEAU INDICATIF — MATRICE CADASTRALE.
- 8fëgg|îspuis longtemps, on demande une llUtll révision complète du cadastre ; mais %s?ce travail entraîne de telles difficultés, au point de vue des dépenses qu’il exigerait et de la nouvelle méthode à adopter afin de pouvoir le tenir facilement à J°ur, que sa réalisation ne semble pas prochaine. Parmi les différents projets, ceux qui 0nt le plus de chances de succès se rapprochent du système appliqué en Australie, des 1855, sous le nom d’acte Torrens, qui permet au cadastre de servir de titre certain de la propriété foncière.
- Le cadastre, en effet, comme nous le verrons dans un instant, ne répond pas à 1 heure actuelle au but primordial de son organisation ; sa réfection, qui s’impose de Plus en plus, est retardée par l’esprit de nos campagnards qui ne voient dans ce travail fiu’une nouvelle augmentation d’impôt, tandis uu’au point de vue général, il n’est que la Constatation du droit de propriété, de ses
- divers démembrements, et entraîne à sa suite toutes les questions si complexes de la péréquation de l’impôt, l’organisation du crédit foncier, la réforme hypothécaire, etc., etc.
- Le cadastre doit être le grand livre de la propriété foncière et la hase de l’état civil du domaine ; il renferme l’évaluation en superficie des biens-fonds, ainsi que leur valeur.
- L’idée du cadastre est bien ancienne ; elle remonte à l’empire romain. On en trouve des applications dans le Cens ou tableau des Gaules (partages des terres et perception des tributs), dans les livres terriers des seigneurs féodaux du moyen âge, dans les registres des tailles des communautés ou paroisses que Colbert pensait appliquer à toute la France, projet qui fut repris par la Révolution de 1789 et commencé en 1808 dans le but de déterminer exactement les propriétés et de servir de base exacte â la répartition de l’impôt foncier.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Le cadastre comprend, entre autres, deux documents importants : le plan parcellaire qui n’est qu’un travail d’arpentage, et Y évaluation du revenu des surfaces.
- Le cadastre de la France, commencé en 1808, n’a été achevé qu’en 1844. Le territoire comprenait alors 52,153.150 hectares, se divisant en :
- Propriétés non bâties, imposables,
- 49.144.677 h.
- Propri étés bâties, imposables 244.893 hect.
- Superficies non imposables, 2.763.580 hectares et le nombre des parcelles s’élevait à plus de 126 millions. Dans une grande partie de la France, le cadastre remonte déjà à une époque très éloignée, et, depuis son établissement, des divisions et des subdivisions multipliées ont eu lieu dans les anciennes parcelles. Le morcellement souvent excessif qui s’est opéré dans beaucoup de communes rend le cadastre presque inintelligible et augmente les difficultés de son application au nouvel état de la propriété. Dans certaines communes, la confusion est telle que le travail des mutations ne pourra bientôt plus avoir lieu, la répartition de l’impôt risque de devenir de plus en plus arbitraire.
- Pour remédier à cet état de choses, une
- Fig. 179. — Plan cadastral.
- dizaine d’années ne s’étaient pas écoulées après l’achèvement du cadastre qu’une loi autorisait les communes à refaire isolément leur plan cadastral (loi du 7 août 1850).
- Plus de deux mille communes, réparties dans une cinquantaine de départements, ont appliqué cette loi de 1850 à 1883 ; dans ces 2.265 communes, le nombre des parcelles
- avaft augmenté de 7.600.000 à 8.000.000, et le nombre des propriétaires de 730.000 à 813.000; on peut dire que, depuis un demi-siècle, le nombre des parcelles s’est accru au moins de 12 à 15 0/o.
- Le travail d’arpentage des parcelles ne présente rien de particulier.; la détermination des surfaces, leurs dimensions et leurs positions relatives sont faites par un géomètre. La
- classification
- et l’évaluation des revenus sont dressées par : 10 leS actes de vente; 2°les baux ; 3° par une expertise contradictoire ; c’est sur le revenu net de la parcelle qu’est basé l’impôt foncier que doit payer le propriétaire.
- Les surfaces ont été divisées en quinze classes réparties en deux catégories. Première catégorie. — Domaine imposable-lre classe. — Terres labourables.
- 2c classe. — Prés (ici on entend les prairies
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- I*A SCIENCE EN FAMILLE
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- (Jl.t'obet
- i i
- mm
- permanentes).
- 3e classe. — Vignes.
- 4e classe. — Bois.
- 5e classe. — Vergers, pépinières, jardins.
- 6e classe. — Oseraies et aulnaies.
- 7e classe. — Etangs, canaux d’arrosage.
- 8e classe. — Landes, bruyères, pâtis.
- 9e classe. —
- Canaux de navigation.
- 10e classe.
- — Cultures diverses.
- 11e classe.
- — Propriétés bâties.
- Deuxième catégorie. —
- Domaine non imposable.
- 12e classe.
- — Routes, chemins, places et rues.
- 13e classe.
- — Rivières, lacs et ruisseaux.
- 14e classe.
- — Forêts, domaines improductifs.
- 15e classe.
- — Cimetières, églises et bâtiments publics.
- La statistique agricole
- c|e la France, publiée par le Ministère de i Agriculture, peut nous fixer sur la^ répartition des terres lors de l’enquête décennale de 1882 (rapport de M. E. Tisserand). Superficie cultivée :
- Terres labourables . . 26.017.582 hectares
- Vignes............. 2.196.799 —
- Prés naturels......... 4.115.424 —
- Herbages pâturés. . . 1.711.116 —
- Pois et forêts . ... . 9.455.225 —
- Cultures arborescentes 842.033 —
- Total. . . 44.338.179 hectares Superficie non cultivée :
- Landes, pâtis, bruyères Terrains rocheux, montagnes incultes .... Marais et terrains marécageux. ..............
- Tourbières.......- . .
- Total. . .
- 3.889.171 hectares
- 1.958.750 —
- 328.297 —
- 46.319 —
- c/ec£oo7i A
- Fig. 180. — Plan parcellaire.
- 6.222,537 hectares Le total du territoire agricole s’élève à 50 millions 560 mille 716 hectares, soit 95,66 pour cent, et le total du territoire non agricole à 2 mil-Fons 296 mille 483 hectares, soit 4,34 pour cent. Ce qui donne pour le total général du territoire 5 2 millions 857 mille 199 hectares.
- Les 49.561. 862 hectares qui constituent le territoire agricole, moins les bois de l’État, comportaient, en 1882, 12.115.
- 277 cotes foncières.
- Nous nevoulonspasexaminerl’exécution du cadastre qui est du domaine de l’administration publique, mais voir comment il est effectué.
- La France a été divisée en communes, et c’est la commune qui sert d’unité ; chacune d’elles possède à la mairie trois documents : un plan parcellaire, un tableau indicatif et une matrice cadastrale.
- Le plan parcellaire représente le territoire de la commune avec toutes ses subdivisions de propriétés ou de classes de terrain, ainsi que les parties relatives au domaine public : routes chemins, rues, rivières, cours
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- d’eau, bâtiments publics.
- Sur ce plan, chaque parcelle porte un numéro d’ordre que l’on retrouve dans un tableau explicatif annexé au plan parcellaire ; chaque numéro de parcelle porte en regard les indications suivantes :
- La superficie,
- Le nom du propriétaire,
- Sa culture (ou sa classe).
- une parcelle ;
- Deux maisons mitoyennes, ayant chacune une poite d’entrée et ne se communiquant pas, constituent deux parcelles distinctes même si elles ont le même propriétaire.
- On conçoit qu'il n’a pas été possible de faire un seul plan parcellaire par commune; les géomètres auraient été conduits à adopti r une échelle trop réduite au détriment do
- MATRICE CADASTRALE DE LA COMMUNE DE X....
- Article de M. NICOT, Louis-Adolphe, propriétaire à X....
- NOMS, PRÉNOMS PROFESSIONS ET DEMEURES des Propriétaires et Usufruitiers 1 ANNÉE de MUTATIONS INDICATION CONTENANCE IMPOSABLE CLASSE 10 REVENU FOLIOS de la matrice d’où sont tirés et où sont passésletarticles rendus ou acquis
- <D S-i O m 2 <D *<d U a W 3 de ’e" section \ 1 „ du numéro | ' du plan DES CANTONS OU LIEUX DITS 6 DE LA NATURE DE PROPRIÉTÉ 7 par PARCELLE 8 TOTALE 9 a J - J $ 63 2 « Oh CC < eu 11 TOTAL 12 w H Z — a H C2 O 14
- NICOT » 1867 A 802 La Madeleine. Terre 9 80 14 88 18 1 5 » 501,54 38
- Louis-Adolphe » » 832 - Terre 67 80 1 40,68 435
- à X... » 1875 748 Le Parchet. Bois 12 64 30 404,55 161
- » » 125 Le Moulin. Pré 6 28 2 1,66 204
- » 1876 126 - » 7 00 2 2,21 146
- » « 221 Sous l’Église. Jardin 03 00 5 1,80 179
- » » B 65 Le Carrouge, Friche 3 20 8 0,02 325
- » » 66 - Terre 1 26 70 1 45,62 128 —
- Fig. 180. — Extrait d'une matrice cadastrale : énumération des parcelles appartenant au même propriétaire.
- En résumé, une parcelle, au point de vue cadastral, est une portion de terrain présentant une même culture appartenant à un seul propriétaire. Ainsi ,par exemple, dans les pays de plaines, comme la Beauce et la Brie, une grande étendue de terres labourables, c’est-à-dire de la première classe, partagée entre quinze propriétaires, forme 15 parcelles;
- Un domaine d’un seul tenant appartenant à un seul propriétaire, comportant 15 champs de classes différentes (terres labourées, prés, landes, etc., etc., comporte également 15 parcelles ;
- Une étendue de même classe, pré, par exemple, divisée en deux ou trois parties par un chemin, un ruisseau, une haie, etc, forme 2 ou_3 parcelles ; chaque construction forme
- l’exactitude du document. Le territoire de chaque commune a été divisé en un certain nombre de sections comportant autant de feuilles spéciales (fig. 178 et 179).
- Le tableau indicatif, joint au plan, est un état indicatif des parcelles classées suivant un ordre topographique ; il indique pour chacune d’elles :
- Le numéro du plan,
- Le nom du propriétaire,
- La nature de la propriété,
- La contenance exacte de la parcelle, L’indication de la classe,
- Le revenu imposable (estimé).
- Pour les propriétés bâties, le tableau indicatif mentionne le nombre des ouvertures imposables.
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- Le revenu imposable, qui a servi de base à la fixation de l’impôt a été déterminé par la classe de la parcelle qu’on a elle-même subdivisée : les terres labourées sont réparties en cinq catégories, les vignes en trois catégories, etc., etc. Chaque parcelle a été cataloguée dans une de ces subdivisions suivant les baux, les actes de vente, ou d’après un rapport d’expertise.
- Le tableau indicatif, qu’on appelle encore l’état de sections, est le complément du plan parcellaire, mais l’évaluation du revenu de la parcelle, peut-être exacte au moment où il a été dressé, ne l’est plus actuellement, car il ne tient aucun compte des changements apportés par les améliorations du domaine.
- Les parcelles de landes ou pâtis marquées comme telles sur le cadastre de 1830 sont toujours imposées comme terres incultes, même si, après transformations, elles sont converties en près, vignes, etc. ; do même les parcelles qui étaient plantées en vignes sont imposées comme telles si les vignes ont été arrachées et remplacées par dos prés. Il en résulte une inégalité flagrante dans les charges de chaque parcelle, inégalité qui augmente avec le temps.
- D’ailleurs, l’impôt en principal de chaque classe de parcelle varie suivant les départements ; dans certains départements, il est de 3 % du revenu imposable (Loire-Inférieure); dans d’autres, il s’élève jusqu’à7 %> (Hautes-Alpes) et même 29 %>, dans une commune de la Gironde.
- Le montant des centimes additionnels, perçus au profit de l’État, des départements ou des communes, dépasse aujourd’huil'impôt foncier en principal.
- Ainsi, en 1887, le principal n’était que de 120 millions, tandis que les centimes addi-Honels s’élevaient à 130 millions. La réforme flc l’impôt foncier est nécessaire, mais extrê mement difficile, et son assiette ne peut
- s’établir qu’après la réfection du cadastre.
- La loi n’admet qu’un seul dégrèvement de l’impôt foncier — sauf le cas des vignes détruites par le phylloxéra — c’est lorsque les phénomènes naturels, tels que les inondations, par exemple, ont détruit le revenu et même quelquefois entraîné le sol qui le fournissait.
- La loi du 1er décembre 1887 exempte d'impôt foncier pendant 4 ans, à partir du greffage, les terrains plantés ou replantés en vignes porte-greffes dans les arrondissements phylloxerés. Le décret du 21 juin 1892 fait débuter l’exemption d’impôt à partir de la plantation.
- La matrice cadastrale est analogue au tableau indicatif, mais la classification des parcelles, au lieu d’y être faite suivant un ordre topographique, y est dressée d’après les propriétaires. C’est en réalité le liore terrier de la commune.
- On trouve dans la matrice cadastrale, au nom de chaque propriétaire, l’énumération des parcelles situées sur le territoire de la commune; en regard de chaque parcelle se trouvent répétées les indications précédentes : numéro du plan, nature de la propriété, contenance, indication de la classe, revenu imposable, ainsi que l’indique l’exemple de la figure 180.
- La matrice cadastrale est toujours tenue à jour; chaque année l’administration des contributions directes y transcrit les mutations opérées entre les propriétaires. Cette opération délicate devient de plus en plus difficile par suite du morcellement des propriétés.
- Le plan parcellaire avec ses pièces annexes est déposé à la mairie de chaque commune où chacun peut les consulter gratuitement ; on peut obtenir des copies en s’adressant au directeur des contributions directes du département.
- Emile Briand.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 3 et 10 Juillet 1899.
- Sur la constitution physique de la Lune. tiennent plus de place que les surfaces concaves;
- ~~ MM. Lœvy et Puiseux ont réalisé de fort que dans la partie orientale de la Lune, les phé-Helles photographies de la Lune, dont ils déduisent nomènes d’affaissement se sont produits plus tôt des conclusions très intéressantes, à savoir que, ! que dans la partie occidentale. s,u' le disque lunaire, les surfaces convexes ; La Lune, à une période relativement récente, a
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- été le théâtre de grandes éruptions volcaniques, et à l’époque de ces éruptions, elle possédait une atmosphère dont les gaz ont dû être absorbés assez lentement ; même selon toute apparence, cette absorption n’est pas encore terminée. On trouve donc, dans l’examen du sol lunaire, un sérieux motif pour croire qu’il subsiste encore, à l’heure actuelle, un résidu d’atmosphère dont l’appréciation, entourée à coup sur de grandes difficultés, peut n’être pas irréalisable.
- Examen de l’eau de mer puisée à différentes profondeurs. — M. Gautier poursuit ses recherches sur la quantité d’iode dans l’eau de mer. Il présente dans cette note les résultats qu’il a obtenus en étudiant l’eau de mer prise à diverses profondeurs et il tire de ces dernières études les conclusions suivantes :
- L’iode total est, par litre d’eau, presque constant de haut en bas de la mer, quel que soit le point où l’on puise l’eau.
- L’eau de la Méditerranée paraît légèrement plus pauvre en iode total que celle de l’Océan Atlantique.
- A mesure que l’on monte vers la surface et que les êtres vivants (algues ou protozoaires) s’accumulent dans l’eau de mer, l’iode minéral des profondeurs disparaît graduellement du fond à la surface.
- Parallèlement, l’iode organisé augmente à mesure qu’on s’élève à partir du fond, comme augmente la masse des êtres vivants qui le fixent.
- L’iode dissous à l’état de combinaisons complexes est au contraire maximum à 880 degrés, mais varie peu du haut en bas. Les substances auxquelles cet iode appartient ne semblent donc pas provenir principalement des êtres vivants, si nombreux à la surface et si rares à ces profondeurs. Enfin, si la quantité d’iode est à peu près constante à toutes les profondeurs, les formes sous lesquelles apparaissent les combinaisons iodées se modifient sensiblement de bas en haut.
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- Travaux géographiques et cartographiques exécutés à Madagascar, de 1897 à 1899. —
- A TRAVERS
- Ce qu’il y a dans l’homme. — Un savant allemand s’est livré, il y a quelque temps déjà, à une série d’expériences au cours desquelles il a constaté que les éléments constitutifs d’un homme du poids moyen de 68 kilogrammes sont représentés en substance dans le blanc et le jaune de 1.200 œufs ordinaires.
- On sait que le général Galliéni a constitué un service topographique dont le centre est à Tana-narive et dont les travanx s’étendent sur toute l’île. M. Alfred Grandidier expose les résultats obtenus de 1897 à 1899 et dépose au nom du général les cartes, triangulations, tableaux, qui donnent l’immense labeur accompli dans ces deux années. La tâche, divisée en deux parties distinctes : triangulation et topographie, a fait d’immenses progrès; ceux qui y ont contribué ont d’autant plus de mérite que cette œuvre scientifique a été poursuivie en luttant contre les plus grandes difficultés, hasards de la guerre et rigueurs d’un climat exceptionnellement dur et malsain.
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- Sur l’absence de régénération des membres postérieurs chez les Orthoptères sauteurs. —
- Jusqu’à ce jour, les avis ont été partagés au sujet de la régénération des membres postérieurs des Orthoptères sauteurs.
- Afin d’essayer de résoudre cette question controversée, M. Bordage a entrepris un très grand nombre d’expériences sur des représentants des trois familles d’orthophères sauteurs, et il en conclut que les pattes sauteuses ne peuvent se reformer après mutilation.
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- Les cerfs-volants et les observations météorologiques. — M. L. Teisserenc de Bort a fait récemment à son Observatoire de Trappes, de nombreux sondages de l’atmosphère, à l’aide de cerfs-volants d'une construction toute particulière. Le 3 juillet dernier, la hauteur atteinte a dépassé 3.300 mètres ; le 14 juin, le cerf-volant s’est élevé à 3.490 mètres et. le lendemain, à 3,590 mètres. Parmi les résultats obtenus, on constate :
- 1° Que, par temps clair et fortes pressions, la vitesse du vent décroît généralement à mesure qu’on s’élève au-dessus du sol jusqu’à une altitude qui varie entre 1.500 et 3.000 mètres ;
- 2° Au contraire, par temps couvert et basses pressions, le vent augmente sensiblement avec la hauteur, particulièrement au voisinage de la couche de nuages inférieurs.
- LA SCIENCE
- Si on le vaporisait, le même liomme fournirait 98 mètres cubes de gaz et assez d’hydrogène pour gonfler un ballon ayant une force ascensionnelle de 70 kilogrammes. A l’état normal, le corps humain contient un poids de fer suffisant pour fabriquer 7 gros clous, assez de graisse pour confectionner 6 kil. 1/2 de bougie, assez de carbone pour
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- faire 65 grosses de crayons et assez de phosphore pour « boutonner » 820.U00 allumettes.
- Enfin, un homme moyen contient encore 20 cuillerées à café cle sel, 50 morceaux de sucre et 42 litres d'eau.
- D'où il faut conclure que, somme toute, au point de vue utilitaire, l’homme ne vaut pas cher, ce qui est assez d’accord avec ce que prétendent, à un autre point de vue, les philosophes.
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- Richesses en parfum des fleurs. — Cette richesse dépend de la teneur des fleurs en huile éthérique. Les fleurs parfumées peuvent se classer à peu près ainsi qu’il suit:
- Pour obtenir un kilo d’essence, il faut 1.000 kilos de fleurs d’oranger, 25.000 kilos de roses, 500 kilos de géraniums, 1.400 kilos de menthe, 200 kilos de lavande, luO kilos d’eucalyptus.
- Les autres viennent ensuite avec des mérites essentiels relatifs.
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- Influence des plantes sur la coloration
- du lait. — Au lieu de se servir du jus de carotte pour donner au beurre sa couleur jaunâtre traditionnelle, certains cultivateurs agissent sur la vache laitière elle-même, en mélangeant, à cet effet, à la nourriture des bonnes bêtes certaines plantes telles que le souci officinal, le curcuma, le carthame des teinturiers, le caille-lait jaune, la garance. On sait, d’ailleurs, que la bourrache, la renouée, le sarrasin, la crête de coq, colorent le lait en bleu ; l’absinthe, la camomille, la navette sauvage, l’ail sauvage rendent le lait acide et gâtent le beurre ; enfin le chardon, 1 artichaut, la petite oseille, la patience oaillent le lait, tandis qu’au contraire cette c°agulation est empêchée par la grassette commune et le caniclc cochléaria. Voilà, en l°ns cas, pour nos agriculteurs quelques Uldes indications qu’ils sauront certainement lettre à profit.
- Les œufs dans les nids. — Il est bien peu c'oiseaux qui n’aient un mode spécial d’ar-
- rangement des œufs dans le nid. Le plongeon ^éPose toujours deux œufs de forme à peu P*'ès exactement elliptique, reposant côte à c°ie, et invariablement aux 2/5 environ du §rand diamètre. La tourterelle, l’engoulevent
- et le pigeon commun déposent également deux œufs. Les bécassines et les pluviers pondent quatre œufs qui sont rangés dans le nid de manière à ce que leurs pointes se réunissent. Les œufs sont relativement gros, et cette disposition a sans doute pour but d’économiser de l’emplacement et de permettre à l’oiseau de couver ses quatre œufs. Un œuf ayant été retourné dans un nid fut trouvé dans sa position normale le lendemain. La caille donne assez souvent dix-huit œufs, et même plus dans le même nid ; ces œufs ont une forme particulière, grâce à laquelle le volume de l’ensemble se trouve réduit au possible. Du reste, tous les oiseaux qui pondent un certain nombre d’œufs les disposent circulairement dans leur nid, faisant preuve ainsi d’un excellent jugement, car c’est, la seule disposition qui puisse leur permettre de les couver tous.
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- L’industrie des tapis au Japon. — C’est à Sakuï, ville de 50.000 habitants, située dans la banlieue d’üsaka, qu’est le siège de l’importante industrie japonaise des tapis. Cette ville emploie environ 10.000 personnes, notamment des enfants et adolescents des deux sexes de sept à seize ans. Les tapis sont surtout faits de jute, et leur dessin est une imitation de ceux de Perse et de Turquie: les vieux modèles japonais à fleurs sont peu reproduits. Les tapis sont vendus 25 à 50 centimes le pied carré, soit 0m2, 0929, et 400 mètres carrés sont journellement fabriqués. La matière employée est principalement le jute et on l'importe surtout de Calcutta, mais la fabrication de tapis de laine commence aussi à être entreprise. Le consul anglais signale de grands progrès dans la teinture des fils employés.
- En résumé, la seule ville de Sakaï produit par an, actuellement, de quoi recouvrir 14 hectares avec des tapis, c’est un joli chiffre, car la fabrication n’est pas cantonnée en ce seul endroit du Japon.
- L’incendie de l’Exposition électrique du centenaire de la pile, à Côme. — Cette Exposition a été détruite le 8 juillet par un terrible incendie qui s’est déclaré à 10 heures du matin dans la galerie dite de la marine. A côté des pertes matérielles considérables
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- résultant de la destruction de nombreux appareils réunis dans celte exposition fort réussie, on a à regretter la perte de nombreux souvenirs du grand physicien Volta qui y avaient été groupés dans un bâtiment spécial.
- Les organisateurs de l’Exposition ne se laissent pas décourager par ce déplorable accident et les Congrès annoncés ainsi que les fêtes projetées auront lieu aux époques qui avaient été fixées.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Préparation du coton hydrophile. — Le
- coton hydrophile, très employé en chirurgie, peut se préparer de la façon suivante :
- On soumet du coton de la meilleure qualité à l’ébullition dans une solution de soude ou de potasse à 5 0/0 pendant une demi-heure, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’alcali ait saponifié toute la matière grasse. On lave ensuite parfaitement pour enlever le savon produit et tout l’alcali ; on exprime l’eau en excès et l’on plonge le coton, pendant 15 à20 minutes, dans une solution à 5 0/0 de chaux chlorurée; on lave avec un peu d’eau, on plonge dans de l’eau acidulée avec l’acide chlorhydrique, puis on fait encore un parfait lavage et une nouvelle expression. On fait bouillir de nouveau dans une solution alcaline à 5 0/0, préparée comme ci-dessus; pendant 15 à 20 minutes on lave bien, on plonge dans l’eau acidulée, pour terminer enfin par un lavage ; expression et dessiccation rapide.
- Le percement des oreilles. — Cette opération de petite chirurgie, un peu barbare, mais impossible à supprimer, comme tout ce qui est ordonné par les codes de la coquetterie, doit du moins, pour être inoffensive, être pratiquée avec antisepsie, et suivant les règles indiquées par le Dr Castueil, dans les Archives de médecine des enfants.
- Les oreilles des petites filles ne doivent pas être percées avant l’âge de trois ans, car jusque-là le lobule trop délicat risquerait de se déchirer sous le poids de ses boucles. L’âge de prédilection est la cinquième année.
- L’existence antérieure d’eczéma, do gourme, d'affection scrofuleuse, etc.,est une contre-indication absolue à cette petite opération : les lobules trop courts ou friables ne doivent pas être perforés.
- Le percement doit être fait sur le lobule de l’oreille un peu en haut et en dedans, en
- un point qui est à 6 millimètres environ en dehors de l’attache du lobule ; le trajet doit être horizontal et un peu oblique en arrière et en dehors, de façon à ce que les boucles soient bien visibles en avant et produisent plus d’effet. On se sert pour cette opération d’un petit trocart très mince et d’un bouchon de liège, ou d’un appareil imaginé par MM. Cézérac et Soux. Les instruments doivent être préalablement stérilisés, le lobule de l’oreille lavé soigneusement au savon, à l’éther et au sublimé. Si l’enfant est très pusillanime, on pourra insensibiliser la région au chlorure d’éthyle.
- Le bouchon de liège est maintenu appliqué derrière l’oreille de l’enfant au moyen de la main gauche ; avec la droite l’opérateur enfonce le trocart enduit de vaseline stérilisée, qui perce l’oreille et pénètre dans le bouchon. On retire ensuite avec précaution le bouchon, puis le trocart, et on fait aussitôt passer dans le trou qu’il laisse un fil d’argent vase-liné et stérilisé, dont les deux chefs sont noués par torsion. Panser avec de la vaseline boriquée.
- Pendant les deux jours suivants, on mobilise les fils d’argent, trois fois par jour; après ce temps, on remplace les fils par les boucles vaselinées qu’on mobilise de temps en temps pendant les premiers jours.
- Quand l’opération n’est pas bien faite, des accidents peuvent se produire et, dans quelques cas, on a vu le lobule se fendre complètement ou bien la cicatrice donner lieu à une chéloïde disgracieuse.
- ***
- Encre d’or. —- Voici un emploi quelque peu imprévu du miel, et cela dans la fabrication d’une encre d’or qu’on peut facilement réaliser soi-même. On mêle par parties égales, dit le Cosmos, de l’or en feuilles avec du miel, et on triture le mélange jusqu’à ce
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- que l’or soit réduit au dernier degré de division. On y jette 30 parties d’eau chaude, on agite et on laisse déposer. On décante alors, et on recommence ce lavage plusieurs fois. Enfin, on fait sécher le résidu, et, pour l’employer comme encre, on le mêle à un peu d’eau gommée.
- ***
- L’eau de chaux contre les piqûres de
- guêpes. — Jusqu’à ce jour, on s’est servi d’alcali volatil ou ammoniaque pour combattre les effets de piqûres de guêpes, de frelons ou d’abeilles, mais il n’est pas toujours facile de se procurer ce remède à la campagne, et, lorsqu’on peut le trouver, il n’a aucun effet, parce que l’ammoniaque, conservé dans des flacons mal bouchés, a perdu ses propriétés. Le Bulletin de la Société horticole de l’Aube recommande l’emploi de l’eau de chaux. Les douleurs les plus vives cessent presque instantanément. Rien n’est plus facile que de se procurer de l’eau
- RÉCRÉATIONS
- PHOTOGRAPHIE DES I
- sait que pour montrer la répartition des lignes de force autour d’un aimant, ou pour étudier en général la forme d’un champ magnétique, on projette de la limaille de fer sur un carton tenu dans ce champ, et on frappe légèrement sur ce carton pour provoquer la formation de lignes de titille, qui se place précisément dans la direc-hon des lignes de force du champ.
- Pour fixer le fantôme ainsi obtenu, on le Produisait autrefois sur une lame de verre enduite de cire ou de paraffine. Après formation du fantôme, on chauffait avec précaution, la limaille entrait dans là cire fondue et s’y fixait Par refroidissement. On procédait encore de la façon suivante : le fantôme était formé sur une lame de verre enduite de gomme arabique et Sechée. On exposait ensuite la plaque à l’action de la vapeur d’eau, la gomme se dissolvait à nouveau et laissait pénétrer les grains de limaille qui s’y fixaient par refroidissement.
- Toutefois, les fantômes ainsi obtenus n’étaient fine rarement d’une netteté satisfaisante, car '1 était nécessaire de prendre toutes sortes Précautions pour le fixage. Un procédé
- de chaux. Il suffît de mettre une poignée de chaux éteinte dans une bouteille, remplir la bouteille avec de l’eau, agiter et laisser reposer ; l’eau devient très claire. Lorsqu’on veut l’employer, on la verse avec précaution pour ne pas la troubler, et on remplit de nouveau la bouteille. Cette dernière précaution est indispensable pour avoir une bonne eau de chaux qui n’ait point absorbé l’acide carbonique de l’air.
- ***
- Formule de papier incombustible. — La
- Deutsche Chemiker Zeitung signale une nouvelle formule de papier incombustible. Ce papier est formé d’un mélange de 5 parties de pulpe de bois et de 95 parties de fibres d’amiante immergées dans une solution de permanganate de chaux, puis traitées par l’acide sulfurique. Le mélange est additionné d’une solution de colle forte et de borax et traité ensuite d’une façon usuelle.
- SCIENTIFIQUES
- LNTOMES MAGNÉTIQUES
- beaucoup plus élégant et qui donne des spécimens moins fragiles et plus faciles à conserver que les précédents, c’est la méthode photographique. Nous serions embarrassés de dire à qui en revient l’idée, car elle est pratiquée depuis quelque temps déjà ; nous voulons donner ici seulement quelques délails sur la manière d’opérer.
- On peut procéder de diverses façons :
- 1° On peut se servir d’une glace au gélatinobromure pour y former le fantôme, en opérant à la lumière rouge. Lorsque le fantôme est formé, on brûle une allumette à une certaine distance au-dessus de la surface sensible. Les parties non couvertes par la limaille s’impressionnent, et il ne reste plus qu’à développer pour avoir une image négative du fantôme. La glace au gélatino peut donc être remplacée par un papier rapide ou une pellicule.
- 2° La méthode suivante est d’un emploi plus facile, car elle peut se pratiquer, pour ainsi dire, sans matériel photographique. On fixe sur une plaque de verre, à l’aide de quelques petites bandes de papier gommé, une feuille de papier sensible ordinaire au chlorure d’argent.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- On dispose ensuite l’aimant sous la plaque, en les maintenant l’un par rapport à l’autre dans la posi tion dé: s i r é e L’ensemble peut être
- laissé à la lu-m i è r e diffuse, pas trop vive, pendam le temps nécessaire à la forma l i o n du fan-tome.
- On porte alors le tout au soleil, el au bout de quelques rni-n u t e s. on obtient le noircissement com plei du fond.
- On peut fixer l’épreuve sans la virer, si on ne tient pas autrement à l’effe I a r t i sti-que.
- Fig, 181. — Fantôme longitudinal d’un aimant.
- Nous reproduisons ci-contre le fantôme longitudinal (fig. 181) et transversal (fig. 182) d’un petit aimant en U.
- Fig. 182. — Fantôme transversal d'un aimant.
- En se servant des papiers au ferro-prussiate ou au cyanofer, employés ordi-
- na i re-m e n t aux photocopies indus-l rielies, on peut appliquer cette méthode à l’élude des c h amps rmgné-tiques de grandes di-in e n -s i o n s, tels que le champ extérieur des machines magnéto
- et dynamo-électriques. La feuille de papier est alors tendue sur un cadre, et on y pr ojetle de gros-s e 1 i-maille à l’aide d’un tamis. Drouin-
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas. La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- CONSTRUCTION D’UN TRICYCLE-VOITURETTE AUTOMOBILE
- e prix élevé des véhicules automobiles et les détails relativement longs que demandent certains constructeurs pour les fournir, ont dû engager plus d’un amateur de mécanique à tenter de se construire lui-même un tricycle ou une voilurette à pétrole. Nous avons pensé être utile à ceux de nos lecteurs qui sont dans ce cas, en décrivant un type de véhicule léger, facile à construire au moyen d’éléments qui se trouvent couram-
- roues par l’intermédiaire-d’un arbre de renvoi qui porte un différentiel, et qui est réuni aux roues motrices par deux chaînes. Cet arbre reçoit son mouvement du moteur, par une courroie qui sert en même temps à l’embrayage.
- Dans le tricycle, tel qu’il est représenté sur nos gravures, la direction est faite par la main gauche du conducteur, qui conserve la main droite libre pour manoeuvrer le carburateur, l’avance à l’allumage, ou au besoin pour tenir
- Fig. 183. — Vue d’ensemble de la voiturette.
- ment dans le commerce (pièces détachées de vélocipèdes).
- Ce véhicule (fig. 183) est un tricycle à deux places assises, sans pédales, à une seule vitesse. Les deux voyageurs sont à l’avant, au-dessus des roues motrices. Le moteur et ses accessoires sont à l’arrière. La direction se fait par la roue d’arrière, au moyen d’une poignée fixée au siège.
- C’est une machine de promenade, pouvant fournir une vitesse maxima de 15 kilomètres à l’heure environ, gravir toutes les rampes communes avec un seul voyageur, et franchir avec les deux voyageurs des rampes de 5 °/o et même davantage.
- Le mouvement du moteur est transmis aux
- une carte.
- L’embrayage se fait à l’aide du pied gauche; le pied droit manœuvre le frein.
- Le mécanisme reste visible à l’arrière du tricycle. Si l’ensemble y perd un peu en élégance, il y gagne en commodité; toutes les pièces restent en effet accessibles, et le moindre dérangement, la plus légère avarie sont immédiatement visibles. La tendance actuelle des constructeurs d’automobiles est de dissimuler le mécanisme du mieux qu’ils peuvent, à tel point qu’on est arrivé à construire des voilures dont l’apparence extérieure diffère à peine de celle d’une voiture ordinaire,, défelée de son cheval. Tout en rendant hommage au talent qu’il a fallu déployer pour en arriver là,
- 2* Série —• N* 67. — i«r Septembre 1899.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- et à l’esthétique indiscutable de ces voitures, jaillir un peu avant la fin de la compression nous croyons que le véhicule le plus pratique du mélange tonnant. La variation de 1 avance
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- Fig. 18';. — Image stéréoscopique du moteur à pétrole.
- sera celui où le mécanisme sera accessible, et où toute avarie survenue en cours de route pourra être réparée en démontant le moins de pièces possible.
- Moteur (figure 184). —
- Le moteur est le moteur à pétrole de Dion, de 1 cheval 1/4 ou de préférence 1 cheval 3/4.
- Comme on sait, ce moteur est du type pilon;
- 1 ’arbre, le piston et la bielle sont graissés par un bain d’huile que l’on remplace périodiquement. L’allumage est électrique. Le point de la course du piston où éclate l’étincelle d’allumage est variable. Pour obtenir le maximum d’effort du moteur en vitesse, il faut donner une avance à Vallumage, c’est-à-dire que l’étincelle doit
- à l’allumage fournit un moyen commode de régler l’allure du moteur; il faut donc que le
- con ducteur de la voiture ait sous la main la com-mande de celte avance.
- Le moteur est alimenté par un carburateur formé d’un simple réservoir de pétrole. Un peu au-dessus du niveau du liquide se trouve une plaque horizontale, soutenue par un tube vertical qui amène l’air au-dessous de la plaque. Cet air vient ainsi lécher le liquide et se charger de vapeur combustible; il est aspiré par le moteur, après avoir traverse un double robinet qui permet, d’une part, de varier la section de passage du mélange explosif, d’autre part, de varier la proportion d’air pur
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- que contient ce mélange. La commande de ces | deux robinets doit encore être ramenée sous la ! main du conducteur, car il est important que, dans les rampes, le mélange introduit au moteur soit exactement dosé, pour donner son maximum d'effet.
- Nous ne nous étendrons pas davantage sur le moteur lui-même, puisque, en l’achetant, on pourra s’entourer de tous les renseignements utiles.
- Nous conseillons néanmoins de faire faire un carburateur plus grand que le carburateur ordinaire de tricycle, de façon à ce qu’on puisse y vider un bidon de cinq litres. 11 est préférable que ce carburateur soit de forme rectangulaire.
- Il est inutile qu’il soit muni d’un bouchon de remplissage : on peut le remplir tout aussi facilement par le tube d’arrivée d’air. Il est nécessaire enfin de le munir, au point le plus bas, d’un robinet de vidange.
- Un dernier mot relatif à l’allumage : le moteur de Dion peut s’allumer, soit à l’aide de deux petits accumulateurs, soit au moyen d’une pile sèche. Il faut, pour un usage intermittent, donner la préférence à la pile sèche. Pour de longs trajets sans arrêt, l’accumulateur donne plus de sécurité.
- Il est à peine besoin d’ajouter qu’on peut employer tout autre moteur que le moteur de Dion ; mais celui-ci est recommandable comme une machine parfaitement étudiée dans ses détails, et d’une construction soignée. Son poids, avec carburateur et accessoires, est de 25 kilogs environ.
- Le moteur étant construit pour être fixé à l’arrière d’un tricycle ordinaire, on lui fera les Modifications ou additions suivantes : 1° on le Munira de quatre équerres en fer, serrées sous les écrous des entretoises du carier, pour le fixer sur une assise horizontale. La figure 184-Montre le moteur muni de ces quatre équerres. -I) On remplacera l’une des entretoises du haut Par une autre destinée à servir en même temps fi axe pour le mouvement de la poulie-tendeur. N°us donnons ci-dessus, en un même dessin (fig. 185) les dimensions de cette entretoise, et fiu mécanisme de la poulie-tendeur.
- L’enlretoise E peut être faite en fer ou en acier doux ; la manivelle M peut être en fonte °u en bronze. L’axe de la poulie (boulon B) sera en acier ; la douille D sera en bronze; enfin, la P°ulie ou galet-tendeur G sera en bois peint.
- La traction de la pédale, qui provoque l’embrayage se produit sur la vis v\ par l’intermédiaire d’une plaque j. Cette plaque est percée de plusieurs trous, de sorte que, lorsque la courroie s’est allongée, il suffit de démonter la vis v' et de la mettre dans le trou suivant, pour que la tension se produise normalement. La plaque j est reliée au levier d’embrayage par un fil de fer l.
- Puisque nous en sommes au moteur, nous donnerons également ( fig. 186) le dessin de la poulie P qui se monte sur l’extrémité conique de l’arbre. En raison de son petit diamètre, et pour mieux assurer l’adhérence, nous avons fait cette poulie en bois, avec douille en fonte; la joue très développée J qui a été faite du côté extérieur de celte poulie a pour objet de fournir une prise pour le démarrage du moteur. Enfin,
- Fig. 186.
- nous avons donné au contre-écrou C qui maintient la poulie sur l’arbre, une forme cylindrique, avec encoche, permettant d’y introduire une manivelle. Cette manivelle n’est pas absolument indispensable ; mais on la trouvera très utile lorsque, pour une raison quelconque, le moteur ne démarrant pas immédiatement, on sera obligé de lui faire faire un certain nombre de tours.
- Les cotes de la figure 186, de même que celles de la figure 185, varieront si l’on a affaire à un autre moteur que le moteur de Dion.
- La partie conique, qui entre sur l’arbre, n’a pas été cotée ; elle devra être faite d’après l'arbre lui-même (1).
- (A suivre.) D.
- (i) Toutes les cotes — même celles qui ne demandent pas être rigoureusement observées — sont en millimètres. D'une façon générale, nous avons réduit au minimum le nombre de cotes, de façon à ne pas charger inutilement les dessins. Celles qui ont été omises pourront toujours être déterminées avec une exactitude plus que suffisante en les mesurant à l'échelle sur le dessin.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- TONS SÉPIA POUR ÉPREUVES SUR PAPIER
- n 1888, j’ai mentionné pour la première fois une méthode pour virer, à l’aide d’un mélange d’hyposulfite et d’alun, les épreuves obtenues par développement (1). En 1890, MM. Détaillé, frères, ont publié au Bulletin de VAssociation Belge de Photographie (2), les résultats de quelques expériences chimiques très intéressantes de ce procédé de virage, tout en rappelant aimablement mes travaux antérieurs. Grâce à des expériences méthodiques, ils ont pu démontrer, sans doute possible, que l’action de ce mélange d’alun et d’hyposulfite de soude est due à une sulfuration. Dans un tel mélange, le soufre est lentement rendu libre ; en fait, la lenteur est telle qu’il faudrait des mois et même des années pour que la réaction fût complète. Mais si, par contre, on fait bouillir la solution, l’action chimique est beaucoup accélérée et après quelques heures, tout le souffre sera mis en liberté. Le précipité blanc, dans ce mélange, contient une grande proportion d’hydroxyde d’aluminium, qui n’a aucune action sur l’argent métallique, et le seul agent actif dont il y a lieu de tenir compte ici est le soufre. Si l’hyposulfite et J’alun ont été portés à l’ébullition pendant plusieurs heures et que l’on filtre ensuite, le liquide clair aura perdu toutes ses qualités de virage, par la raison bien.simple que, tout le soufre ayant été précipité, toute sulfuration subséquente est impossible.
- Lorsque j’ai essayé ce procédé de virage à l’hypo-alun, je n’ai jamais pensé le voir rnis en pratique, et je le considérais plutôt comme une curiosité chimique, parce que le temps qu’il fallait pour virer une épreuve était trop long. De plus, je n’accordais pas beaucoup de permanence aux épreuves ainsi virées. Quel-quesannées plus tard, j’appris qu’une firme américaine, dont la spécialité est l’agrandissement au bromure, avait mis en pratique ce procédé et qu’elle obtenait par là des agrandissements aux tons sépia très agréables. Afin de réduire la durée du virage, elle employait une solution très chaude.
- (1) Voy. Bulletin, 1889, n° 1, p. 5.
- (2) Voy. Bulletin, 1890, n" 4, p. 336.
- Depuis lors, le virage à l’hypo-alun esl devenu plus fréquent et beaucoup de photographes l’emploient régulièrement. La plupart d’entre eux préfèrent user d’une solution tiède plutôt que chaude parce que, si l’action est plus lente, les résultats en sont néanmoins plus satisfaisants.
- Tous les papiers au bromure et le Velox peuvent être virés dans un bain chaud d’hypo-alun. Je ne crois pas que ces épreuves soient aussi permanentes que les épreuves noires non virées. Mais je sais que ces tons sont plus durables que ceux obtenus par le virage à Turane.
- Afin d’expliquer pourquoi les épreuves au bromure virées à l’hypo-alun peuvent être plus permanentes que si elles étaient faites sur un papier d’argent à noircissement direct, je 11e puis que répéter l’opinion que j’ai émise en 1895 dans une lecture faite devant la Société des Amateurs photographes de New-York :
- « L’argent précipité par le développement dans l’image d’une épreuve au bromure ou d’une plaque au bromure est d’une nature toute différente de celui d’un papier à noircissement direct. Si nous examinons au microscope une épreuve ou une plaque ail bromure, nous trouvons que l’image est composée d’une multitude de petites particules d’argent, très distinctes de formes et de grandeur mesurable. Si nous observons, par contre, sous le même grossissement une épreuve à noircissement direct, nous ne parvenons pas à observer de particules d’argent. Toute l'image semble formée de p&r‘ licules d’argent si petites qu’elles apparaissent plutôt comme un corps homogène. J’ai quelque doute sur le point de savoir si
- l’image d’argent noircie directementpeutêtre
- en rien comparée aune image développée-
- « Tandis,que nous sommes certains que dans une épreuve au bromure, l’image est formée de particules d’argent pur précipite» il est plus que probable que dans le papier a noircissement, le procédé de réduction n’est pas aussi radical, et ce qui est appelé communément une image d’argent pour le papier à l’albumine, à la gélatine ou au collodion*
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- n’est rien de plus qu’un composé d’argent organique noirci ou produit par la décomposition partielle du composé primitif d’argent chloro-organique. Si cette image était pareille à celle du bromure, le fixage complet dans l’hyposulfite devrait donner une épreuve ayant le même degré de permanence à peu près que celle obtenue sur du papier au bromure, et l’expérience démontre que tel n’est pas le cas. Mais le procédé de dorure — c’est-à-dire de virage à l’or — (ou même au platine) ne rend pas cette épreuve aussi permanente qu’une épreuve au bromure(l).La conclusion naturelle est que l’image obtenue par noircissement n’est pas de l’argent pur, ou si elle contient une certaine quantité d’argent métallique libre, il existe là sous une modification allotropique spéciale susceptible assez facilement d’être affectée par les substances chimiques, de telle sorte que l’épreuve se décolore. »
- Le mode d’emploi le plus pratique du bain d’hypo-alun est le suivant :
- Les épreuves doivent d’abord, comme d’habitude, être fixées dans un bain froid ordinaire d’hypo-alun acide et passées ensuite dans le bain de virage-sépia suivant :
- Hyposulfite de soude.......... 300 gr.
- Alun en poudre................ 60 gr.
- Eau bouillante.................. 1.500 c. c.
- Dissolvez d’abord l’hyposulfite dans l’eau et ajoutez ensuite lentement l’alun. Lorsque tout est dissous, la solution sera laiteuse. Il ne faut pas la filtrer. Elle travaille mieux lorsqu’elle est un peu vieille. On peut la ^forcer de temps à autre en ajoutant de la solution fraîche, mais ne jetez jamais la vieille solution.
- Les résultats les plus rapides sont obtenus dans un bain maintenu chaud ; la pellicule Peut supporter une température de 50° à G0° C.
- Dans ce bain, les épreuves au bromure et
- sur Velox se vireront en 10 ou 30 minutes. Le Velox se vire plus facilement que le bromure et les émulsions lentes au bromure se virent mieux que les émulsions rapides.
- Si le bain est froid, il faudra peut-être plusieurs jours avant que le virage soit achevé, mais les tons seront plus agréables.
- Lorsque le bain est frais, il aura une tendance à affaiblir un peu les épreuves ; cette tendancediminueraavec l’âgedubain. On peut améliorer les nouvelles solutions en y mettant tremper des bandes de papier ou en y ajoutant un peu de solution de nitrate d’argent.
- Il est bon d’ajouter de temps à autre de la solution fraîche, afin de maintenir au bain une même composition, mais il faut que l’ancien bain soit dominant.
- Après le virage, lavez comme d’habitude et enlevez toute trace de soufre à la surface du papier en frottant à l’aide d’une petite éponge.
- Nous recommandons aussi un fixage supplémentaire à l’hyposulfite pur après avoir retiré l’épreuve du bain d’hypo-alun, parce que l’expérience a démontré que les bains d’hypo-alun agissent le mieux lorsqu’ils sont chargés d’argent et toute épreuve ainsi virée retiendra des particules d’argent qu’aucun lavage ne pourrait enlever. Le seul moyen donc de s’en débarrasser est de tremper l’épreuve dans une solution d’hyposulfite où on la laisse quelques minutes. Après quoi, on lave comme d’habitude.
- Les épreuves au bromure et sur Velox qui ont une teinte grise virent plus vite que celles dont les noirs sont purs ; il faut donc chercher à obtenir ces tons gris. On peut y arriver facilement en augmentant légèrement le temps de pose et en employant un bain de développement plus faible avec une plus grande quantité de bromure de potassium.
- Léo Backeland.
- (Traduit de Wilson’s Photographie Magazine pour le Bulletin Belge).
- L’AQUARIUM D’APPARTEMENT ET SES HOTES
- XV. — ANIMAUX INVERTÉBRÉS (Suite)
- ^ es mollusques jouent un rôle assez }j| effacé dans l’aquarium, tout au moins dans l’aquarium d’eau douce. En effet, -— ces animaux, en raison de leur immo-
- lD Une épreuve virée à l’or ou au platine pâlira n vite si on la laisse trop longtemps dans l’hypo-
- bilité, n’offrent guère d’intérêt ; en outre, les quelques espèces fluviatiles qui peuvent trouver place dans l’aquarium d’appartement
- sulfite, tandis que chacun sait qu’une épreuve au bromure ne serait guère altérée.
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- ont une livrée assez terne qui n’attire guère les regards.
- Lymnée.—LaLymnée des étangs (Lymnœa stagnalis) est bien connue de tout de monde, c’est un mollusques gastéropode, à coquille unique, mince, turbinée et terminée en pointe. On trouve les lymnées en grande abondance dans toutes les eaux dormantes, aussi vivent-elles très bien dans les aquariums.
- La densité de cet animal et de sa coquille n’est que peu supérieure à celle de l’eau, aussi flotte-t-il pour ainsi dire dans l’élément liquide. On voit souvent les lymnées nager le pied en l’air et la coquille en bas ; elles viennent respirer à la surface, puis lorsque la quantité d’air est suffisante, elles s’enfoncent en faisant des mouvements d’ondulation assez curieux sur les plantes ou sur les parois de l’aquarium.
- Les lymnées sont hermaphrodites et se reproduisent facilement en captivité ; elles pondent sur les plantes de l’aquarium des petits œufs gélatineux transparents, formant de petites masses qui tournent sur elles-mêmes d’un mouvement lent et continu.
- Planorbes. —• Les Planorbes (Planorbis sont de petits mollusques d’eau douce ayant quelque ressemblance avec les lymnées, mais leur coquille est enroulée en cercle, dont les tours de spires sont apparents en dessus et en dessous. L’animal, dit M. J. Pizzetta, porte deux longs tentacules minces et filiformes et les yeux sont placés à la base interne de ces tentacules.
- Les planorbes vivent sur les plantes aqua-
- tiques, et nagent, la coquille en bas, en contractant leur large pied. La plus grande espèce du genre est le planorbe corné (Pl. Corneus) large de 25 millimètres.
- Ce sont des hôtes assez insignifiants de l’aquarium, sur lesquels nous ne nous étendrons pas autrement.
- Anodonte. — L’anodonte est un mollusque acéphale ; c’est le seul qui présente quelque intérêt de curiosité dans l’aquarium.
- L’anodonte des étangs (Anodonta cygnea), encore appelée grosse moule, moule d'étang ou moule de chien, est une coquille à deux valves, qui atteint souvent 15 centimètres de longueur. C’est certainement le plus grand de tous les mollusques d’eau douce. On la trouve dans les étangs, les mares à fond vaseux, les rivières calmes, elle est presque toujours enfoncée dans la vase. Les coquilles sont nacrées à l’intérieur et présentent extérieurement une teinte d’un noir verdâtre.
- « L’anodonte, mise dans l’aquarium, dit M. H. Coupin, ne tarde pas à entre-bâiller ses valves, en laissant voir le bord du manteau qui, en un point correspondant à la partie postérieure de l’animal, fait saillie au dehors et montre alors deux orifices, les siphons : dans l’un, celui qui est le plus éloigné de la charnière, on voit de l’eau chargée de particules étrangères se précipiter avec force; par l’autre, au contraire,on voit l’eau sortir. On voit aussi émerger un organe musculeux, contractile servant à l’animal à se déplacer légèrement : c’est le pied ».
- (A suivre) A. Larbalétrier.
- CAUSERIE MÉDICO-BOTANIQUE
- LE QUINQUINA
- ’il est une famille végétale que chérissent à bon droit malades et médecins, c’est celle des rubiacées. Qui n’en connaît la garance, l’ipécacuanha, le café et les quinquinas ? Peu de familles végétales sont aussi précieuses qu’elle 1 Le type le plus vulgaire est donné par ces plantes communes, blanches ou jaunes, à boules très petites et agglutinantes, et que l’on nomme ordinairement des caille-laits et
- scientifiquement des galliums. Les environs de Paris foisonnent de ces végétaux, encore appelés gratterons et considérés comme antigoutteux. Leurs semences torréfiées ont été employées comme un succédané du café.
- La présentation de la famille faite, et elle n’était possible que par son type commun et banal, type que nous pouvons tous voir, arrivons à l’étude du plus important groiq10 des rubiacées : j’ai nommé les quinquinas.
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- Dans les tribus des cinchonées et des hédyotées se trouvent des arbres ou des arbustes dont l’écorce est douée de propriétés fébrifuges plus ou moins bien constatées. On leur a donné le nom générique de quinquinas, bien qu’ils doivent réellement se diviser en vrais et faux quinquinas.
- Ces arbres précieux — les vrais — sont d’origine relativement récente. Ils nous viennent d’abord du Nouveau-Monde et c’est là une excellente raison pour qu’on les ait découverts il y a moins de quatre siècles, c’est-à-dire postérieurement en 1492, date ou Christophe Colomb découvrait l’Amérique. Ce n’est pas non plus ce dernier qui les découvrit immédiatement, sinon cette année devrait célébrer son 4e anniversaire séculaire au moins aussi utile nue celui de l’or et des galions du Nouveau-Monde.
- Il faut attendre un siècle et demi avant de trouver la mention officielle du quinquina. Il est cependant probable que bien auparavant et sur le conseil de médecins indigènes, voire de sorciers ou de simples naturels du pays, les Européens avaient, avec sa précieuse écorce, calmé la rapidité de leur pouls.
- La nature a généralement placé à côté du mal le remède. Un pays donne-t-il une maladie qui lui est propre, il cherche dans sa flore — et dans sa flore spéciale — ce qui diminue l’étendue du champ de recherches — quelle plante pourra la guérir. A cela, on sera tenté de m’objecter : on bouleverse parfois Paris bâti sur d’anciens marais, et on donne aux habitants des constructions neuves qu’on élève sur ces terrains des fièvres palustres que calment les quinquinas et la quinine. Or, la faune du bassin de Paris ne contient Pas ces plantes, donc le principe est faux, ce qui n’est vrai qu’en partie. Ces fièvres palustres de nos pays sont bénignes et nous avons des amers, comme l’écorce de saule, Par exemple, capables de les guérir. Ce serait d’ailleurs par analogie avec les amers de nos pays, assure de Humboldt, que furent découverts les quinquinas Les Jésuites, fai-saut abattre pour leurs constructions un grand nombre d’arbres, auraient eu l’idée d’en goûter l’écorce, et, la trouvant amère, de s’en servir pour les fièvres intermittentes.
- D’après la tradition, les propriétés fébriles du quinquina furent mises en lumière
- en 1638 par la comtesse Del Cinchon, vice-reine du Pérou. La comtesse était atteinte d’une fièvre intermittente rebelle à tous les traitements lorsqu’on apprit qu’un corrégidor d’une province éloignée — celle de Loxa — était en possession d’un merveilleux secret pour guérir. On appela ce magistrat comme on eût appelé un empirique quelconque. Il vint avec la curative écorce et guérit la reine.
- Pour propager ou continuer la traditon, les savants ont donné à la tribu des quinquinas le nom de Cinchonées, de la comtesse del Cinchon, et à un de ses alcaloïdes, et pour la même raison, le nom de cinchonine. ***
- Les savants, — d’accord sur les propriétés et l’efficacité thérapeutique des quinquinas, — ne le sont nullement sur leurs origines. Nous venons d’en voir déjà deux, il en est d’autres encore. Ruiz et Pavon, et surtout Joseph de Jussieu, placent chez les Indiens du village de Malacatos, près de Loxa, le berceau de la science de ce remède. La Con-damine a émis une opinion analogue. Je crois que là est plutôt la vérité et l’homme sauvage, à idées restreintes, trouve plus facilement que son congénère de la vie civilisée, le remède à son mal ; il y a en cela l’instinct de l’animal ; celui-ci s’empoisonne rarement et, libre, ne tombe que de vieillesse ou d’accident, bien peu souvent de maladie. L’animal ou l’homme, à l’état sauvage, se conduisent de la même façon.
- Pour l’homme, il arrive ceci : lui — ou ses descendants — se civilisent. Les traditions se perdent, les remèdes que nous appellerions de bonne femme s’oublient ou deviennent le monopole de quelques-uns : là, les prêtres ; ici, les médecins. C’est pourquoi l’origine indienne, presque instinctive, des propriétés thérapeutiques du quinquina me paraît rationnelle et certaine.
- Quoi qu’il en soit, le quinquina fut d’abord connu sous les noms de Poudre de la Comtesse et de Poudre des Jésuites. Son origine resta longtemps mystérieuse et Louis XIV dut en acheter le secret, en 1679, d’un Anglais nommé Talbot.
- Après le produit et son efficacité il fallait connaître la plante productrice. Ce fut la Condamino qui découvrit le premier le cin-chona.
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- Après lui, citons quelques-uns de ses successeurs, autant de bienfaiteurs de l’humanité comme Joseph de Jussieu, Dombey, Ruiz et Ravon, Tafalla et Manzanilla, Mutis, de Humboldt et Bonpland, Weddel, Delondre Karsten, etc.
- Le genre Cinchona comprend des arbres élevés et des arbustes. Les feuilles sont toujours entières, mais très variables dans leurs dimensions, leur forme et leur état glabre ou pubescent. Les fleurs sont disposées en
- Fig. 187. — Quinquina jaune (Cinchona calysaya) ; détails de la fleur et des feuilles.
- ÿéÊï
- cymes ; elles sont blanches, roses ou pourprées et d’une odeur agréable ; elles ont un calice, une corolle, cinq étamines, un ovaire.
- La reproduction est intéressante: tantôt les étamines longues se penchent sur le stigmate bifide ; tantôt les branches du stigmate se penchent sur les étamines, alors très courtes et cachées. C’est ainsi que le pollen fécondant est pris par conctact direct ou par les insectes, qui le portent des organes mâles aux organes femelles.
- Le fruit est une capsule ovoïde contenant des graines nombreuses.
- Il y a de nombreuses sortes de Cinchonas. Nos figures indiquent l’espèce Calisaya vue à différentes périodes de son existence végétale.
- ***
- Les quinquinas du commerce sont multiples ; on les divise en trois grands groupes
- Fig. 188. — Quinquina jaune ; — le fruit.
- selon la forme et la couleur des tubes. Ce sont :
- 1° Les quinquinas bruns ou gris ;
- 2° Les quinquinas jaunes ou orangés ;
- 3° Les quinquinas rouges.
- Ces appellations commodes sont très anciennes ; on a cru longtemps que chacune d’elles s’appliquait à un groupe bien déterminé de Cinchonas. Il n’en est rien. Selon l’âge des plantes, l’écorce peut être grise et plus tard rouge ou jaune. Aussi le Codex, — la grande autorité que doivent écouter sans dévier les pharmaciens, — a-t-il ramené les quinquinas utilisables à trois : le quinquina
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- gris huanuco, le quinquina Calisaya, le quinquina rouge verruqueux ou non verruqueux.
- Le quinquina Calisaya qui est jaune, est plus riche en quinine, l’alcaloïde actif du Cinchona et le fébrifuge par excellence, aussi préférera-t-on ce quinquina contre la fièvre. Le quinquina gris, riche en cincho-nine, est plus tonique. Enfin le quinquina rouge, intermédiaire entre les deux autres, est préféré pour les pommades ou autres agents divers employés pour l’usage externe.
- Il existe, avons-nous dit, des vrais et des faux quinquinas, c’est-à-dire des arbres de la
- Fig. 189. — Quinquina jaune. — Coupe transversale de l’écorce.
- hÊSsgÊa!
- mna
- même famille, les uns riches en alcaloïdes et Par suite très puissants agents thérapeu-üqües ; les autres pauvres en alcaloïdes, v°ire même n’en contenant point, et, par suite, inutiles médicaments. Il est donc très important de les pouvoir distinguer. C’est le rôle de l’examen par des yeux exercés, et aussi, surtout même, des coupes microscopiques.
- ï e microscope est aujourd’hui le dieu incontesté des sciences naturelles et de la Médecine. Il a révélé les bacilles, microbes, germes, etc. Il a décelé la nature des tissus Pathologiques et après une opération, surtout auparavant, l’examen des matières morbides révèle les probabilités de récidive ou de non récidive. Au point de vue botanique, il décèle ies sophistications et fraudes de tous genres, meme dans les poudres, les farines, etc.
- Si nous examinons les figures, nous voyons un pauvre, le Cinchona scrobiculata, et un riche, le Calisaya. L’une des coupes est longitudinale, — celle de ce dernier, — l’autre est transversale. La composition intime est la même, c’est toujours du tissu cellulaire, amas de globules ronds à noyaux, du tissu libérien, moins dense que le ligneux ou bois, et des rayons émanant du centre et appelés pour cela médullaires. Mais si la composition est la même, la forme et le groupement de ces tissus varient au point
- qu’un observateur exercé n’a, en quelque, sorte, qu’à placer l’œil au microscope pour immédiatement distinguer l’espèce de quinquina placée dans le champ de l’instrument.
- ***
- La distribution géographique des quinquinas est intéressante. Elle a été bien décrite dans la
- « Si l’on jette les yeux, dit-il, sur une carte des régions tropicales de l’Amérique, on s’aperçoit tout d’abord que la Cordillère des Andes y forme deux chaînes qui, au sud, sont presque parallèles : l’une est la Cordillère maritime ou Cordillera de la Costa ; l’autre, plus élevée, est la Cordillère orientale ou seconde Cordillère. Après s’être rapprochés dans la République de l’Équateur, les deux cordons s’éloignent en divergeant dans la Nouvelle-Grenade et laissent place entre eux à une troisième chaîne, la Cordillère centrale ; eux-mêmes prennent les noms de de Cordillère orientale et Cordillère occidentale, eu rapport avec leurs positions relatives.
- « C’est sur ces longues chaînes que s’étend la zone des quinquinas, sous la forme d’une
- Fig. 190 — Quinquina jaune, coupe transversale de l’écorce.
- thèse de M. G. Planchon.
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- vaste courbe à concavité tournée vers le Brésil, et qui semble servir d( point de départ aux nombreux affluents du fleuve des Amazones. L’extrémité méridionale do la zone correspond au l'je degré de latitude australe, la pointe septentrionale au 10e degré de latitude Nord, l a célèbre localité de Loxa occupe à peu près le milieu de la courbe, en même temps que son point le plus rapproché du littoral. »
- Cette longue bande est quatre fois interrompue, mais toujours la zone des quinquinas est bien limitée, tant dans le sens vertical qu’en longueur et en largeur. Il faut un climat spécial au quinquina, un optimum, c’est-à-dire une température déterminée : ni tropicale, comme dans les plaines; ni glaciale, comme dans les régions supérieures. L’altitude de 1.600 à 2.400 mètres lui convient généralement. Cependant l’éloignement de l’Équateur et la nature du végétal influent. Ainsi on a vu aux extrémités de la zone des quinquinas à 1.200 mètres et d'autres à 3.270 mètres.
- « L’aspect des Cinchonas — dit encore M. Planchon, —paraît varier suivant les hauteurs. Supérieurement, ils s’étendent au-dessus des forêts jusqu’à la région des gentianes et y prennent la forme d’arbustes et d’arbrisseaux; dans la partie moyenne, ils sont associés à la végétation luxuriante des forêts tropicales et atteignent la taille des arbres les plus élevés. Ils disparaissent au contact des premières plantes de la région basse ».
- ***
- Les vrais quinquinas sont prescrits aux malades sous toutes les formes : poudre, extrait mou ou sec, sirop à l’eau ou au vin, teinture, vin, infusé, décocté.
- Quand on a fait du vin de quinquina avec de la poudre (écorce pilée), on peut reprendre la poudre et en extraire les alcaloïdes. — bases comme la potasse ou la soude et susceptibles de se combiner aux acides pour former des sels. — Ce sont la quinine, la quinidine, la cinchonine, la quinoïdine, la
- quinicine. Un acide y est en outre contenu, c’est l’acide quinique. Il existe en outre une matière assez définie, qu’on appelle le rouge cinchonique, et à laquelle certains auteurs attribuent des propriétés toniques remarquables. Y aurait-il analogie avec le rouge de kola, que divers observateurs, et notamment le professeur Ileckel, do Marseille, font le seul agent actif de la kola?
- Quoi qu’il en soit, le quinquina est un poison comme tous les médicaments; ce n’est même que par la toxicité qu’agit une substance thérapeutique. Il n’est donc utile que pour l’organisme malade, en l’aidant par ses réactions, à l’évacuation de ptomaïnes inutiles. Et ceci est tellement vrai que pour l’organisme sain, il produit parfois des bourdonnements d’oreilles, des vertiges, de l’ivresse, de la surdité, de la céphalalgie, des troubles de la vision, des inflammations d’estomac, des coliques, de la diarrhée, etc.
- Les doses trop considérables agissent dans le même sens. Le quinquina n’est donc pas aussi inoffensif qu’on le croit communément et ne doit pas être prescrit à tort et à travers. Son action, astringente à petite dose, devient congestive par le long usage.
- La quinine est un excellent fébrifuge etun combustible sanguin, car la fibrine y augmente, les globules diminuent, le sérum ou partie aqueuse du sang se forme plus fluide. Le pouls est ralenti.
- Sur les plaies, la poudre de quinquina active la cicatrisation, car ses principes sont antiputrides. Peut-être empêchent-ils les fermentations virulentes intérieures, comme ils empêchent les fermentations extérieures de même nature.
- La cinchonine et le rouge cinchonique fortifient.
- Somme toute, les quinquinas sont des dons précieux que la nature, une bonne mère, nous a donnés.
- Mais comme le vin, un autre inébriant tonique, et comme de tous ses dons, d’ailleurs, il faut user, non abuser : uti, nonabidh disaient nos pères! Dr Jean Roloy.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 17 et 24 Juillet 1899.
- Efficacité des cultures dérobées d’automne M. P. P. Dehéram, les cultivateurs auraient comme engrais vert. — D’après une note de certains avantages à semer sur les chaumes (
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- blé, immédiatement après la moisson, une plante à végétation rapide, telle que la vesce d’inver.
- Cette plante absorbe l’humidité du sol et restreint la formation des nitrates, ainsi que leur entraînement dans les couches profondes. Enfouie ensuite dans le sol comme engrais vert, elle exerce une action marquée sur la culture subséquente. Il cite de nouvelles observations qui confirment ces théories. L’utilité de l’ensemencement de la vesce est plus grande lorsqu’il y a des pluies abondantes. Les cultures de pommes de terre faites après cette fumure par engrais vert ont été prospères.
- ***
- Sur la prévention et la guérison de l’épilepsie toxique par l’injection de substances nerveuses normales. — M. M. V. Babès et Bacoucea viennent d’expérimenter sur un animal la méthode qui consiste à démontrer que l’injection de substances nerveuses normales faites à des épileptiques supprime ou retarde leur crise. L’injection d’essence d’absinthe rend les lapins épileptiques ; mais si, à ces mêmes lapins, on inocule avant le poison les doses suffisantes de substance nerveuse normale, on éloigne ou supprime les accès.
- ***
- Recherches expérimentales sur les rêves ; de la continuité des rêves pendant le sommeil. — D’après M. Waschide, qui expose, dans une note, ses réflexions et observations sur la continuité des rêves pendant le sommeil, ce problème serait en partie résolu, il faudrait reconnaître. avec Descartes, Leibnitz et Lélut qu’il n’y a pas de sommeil sans rêve. Le sommeil ne serait pas, d’après lui, un frère de la mort, comme le désignait Homère, mais, au contraire un frère de la vie.
- ***
- Présence de l’iode dans les algues et les les sulfuraires. — M. Armand Gautier continue
- ses recherches sur l’iode. Il établit que l’iode est un élément constant de protoplasma des algues à chlorophylle, aussi bien de celles qui habitent la mer que de celles qui croissent dans les eaux douces, mais celles-ci sont moins abondamment pourvues: tandis qu’on trouve en moyenne 60 milligrammes d’iode dans 100 parties sèches d’algues marines, celles d’eaux douces n’en contiennent, pour la même quantité, que.0mgr.25 à 2 mgr.40.
- Les algues microscopiques, surtout celles d’eau de mer, et celles qui habitent les lichens, paraissent particulièrement riches en iode.
- A la façon des champignons, les algues dénués de chlorophylle (si l’on en excepte les sulfuraires) semblent ne pas contenir nécessairement de l’iode, ou du moins n’en contenir le plus souvent qu’en quantité très minime.
- Dans les champignons, l’iode augmente ou diminue, paraît même pouvoir disparaître, suivant le milieu où ils se nourrissent ; en un mot, l'iode ne* paraît pas être un des éléments indispensables de leur protoplasma. Toujours présent, au contraire, dans les algues chlorophylliennes, souvent absent quand elles sont incolores et ne décomposant pas l’acide carbonique, l’iode semble entrer, sinon dans la constitution même du pigment chlorophyllien spécial de ces algues, du moins dans celle du support protoplasmique chargé de l’assimilation et s’y trouver sous forme d’une combinaison nucléinique à la fois richement phosphorée et iodée.
- Il n’en est plus de même des faibles quantités d’iode des champignons et des traces qu’on peut rencontrer dans quelques végétaux supérieurs, tels que le tabac ou le cresson, végétaux où l’iode peut beaucoup varier et disparaître même entièrement, constituant ainsi un élément surnuméraire pouvant passer ou non dans le végétal, suivant la composition du sol et des eaux où la plante s’est développée.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Le papier en Corée. — Dans un récent article de la Science en Famille sur la Corée et les Coréens, nous soulignions l’im-Portance de l’usage du papier dans cette contrée, où on l’emploie à la fabrication des lanternes, éventails, ombrelles, semelles, chapeaux, boîtes, à la confection de couvertures pour les planchers, les murs, les plafonds, de portes et de fenêtres, après avoir été étendu sur des cadres. Le papier de Corée est très apprécié
- en Chine et au Japon, ou il sert principalement à la fabrication des ombrelles. On le prépare au moyen d’un buisson nommé vulgairement mûrier â papier (ibroussonetia papyrifera), plante indigène qui pousse en beaucoup de points du pays, mais prospère mieux sous le climat chaud et humide du Sud. On le cultive surtout au moyen de boutures, en vue de cette fabrication ; la plante sauvage et la plante cullivée ont d’ailleurs, paraît-il, la même
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- valeur. On récolte généralement au printemps Técorce, qui, seule, est employée, et on la fait bouillir pendant longtemps dans de l’eau à laquelle on a ajouté une certaine quantité de cendres de bois, jusqu’à ce qu’elle forme une pâte (on a soin de battre la masse pendant toute la durée de l’ébullition). On dispose alors des tamis fins de bambous sur des cuves en bois peu profondes et on verse sur le tamis une cuillerée de pâte que l’on étend d’un mouvement circulaire de la main éxécuté avec dextérité. On répète plusieurs fois l’opération une ou deux fois ou aussi souvent qu’il est nécessaire (plus elle est fréquente, plus le papier obtenu sera fin), on laisse égoutter dans les cuves jusqu'à ce que la masse ait atteint une certaine consistance, de sorte que le produit de l’égouttage n’est pas perdu. On porte ensuite les tamis sur un plancher chaud pour les faire sécher. Quand la pâte est suffisamment séchée, on la porte de nouveau sur un plancher chaud, et on fait passer le fer à la main.
- Les longues stries que l’on voit sur le papier sont la trace laissée sur la pâte par le tamis ; suivant qu’elles sont rapprochées, bien distinctes, ou qu’elles font défaut, le papier est fin ou grossier. Elles sont presque imperceptibles dans certaines qualités de papier, tandis que, dans d’autres, elles sont visibles et séparées. La province de Chulla est le principal siège de cette industrie.
- ***
- Transformation de la tourbe en houille.
- — Les géologues ne sont pas encore bien d’accord sur les relations exactes qui existent entre les formations de la tourbe et celles de la houille. Mais le rêve des métallurgistes est d’arriver à passer pratiquement de l’une à l’autre, par des procédés artificiels, dans l’état actuel. Le procédé indiqué par M. Rosendahl, d’après la Deutsche Chemïker Zeitung, consiste à chauffer pendant 7 heures à 250 degrés, dans des cornues hermétiquement closes, de la tourbe de bonne qualité. Les substances goudronneuses restent dans la masse, dont on obtient environ 80 pour 100. D’après des essais effectués à l’Ecole supérieure de Christiania, le produit obtenu renferme 65 pour 100 de carbone, 16 pour 100 d’oxygène, 6 pour 100 d’hydrogène?
- | 3,7 pour 100 d’eau, et 5 pour 100 de cendres1 Le produit serait, parait-il, plus économique que la houille, tout en ayant un pouvoir calorifique égal à celui des houilles de qualité moyenne, et s’applique non seulement aux besoins ordinaires du chauffage, mais encore aux élaborations de la métallurgie.
- ***
- Profondeur des mers du Sud. — Le
- commandant Galache a exécuté, le 15 janvier dernier, à bord de la Belgica, le sondage le plus profond qui ait été obtenu jusqu’à présent dans les mers du Sud. Par 65°39 de longitude ouest et 55°50 de latitude sud, le fond de l’Océan a été trouvé à 4.040 mètres. ***
- Les platanes sont nuisibles à la santé. —
- Dans YIllustrirte Garen Zeitung, nous relevons une très intéressante observation de M. Hilliger, un Allemand qui habite Barcelone :
- Depuis quelques années, au commencement du printemps, se manifestait régulièrement chez lui et sa famille, une toux épidémique, sans que jusqu’ici il ait pu en trouver la cause.
- M. Hilliger procéda alors à un examen microscopique des matières expectorées et y trouva des corps étrangers, en forme d’étoiles, corps qu’il trouva également en grande quantité dans la poussière tombée sur sa fenêtre.
- Après un examen plus approfondi, il reconnut la similitude de ces corpuscules avec le duvet qui couvre les jeunes feuilles de platane, et qui, à l’œil nu, ont l’aspect d’une fine poussière. Il était évident que c’est à cette poussière qu’était due la toux de la famille.
- Il est curieux de remarquer que pareille observation avait été faite par Dioscoride, et Gallien a écrit de la façon la plus formelle que la poussière des feuilles de platane irrite la gorge, raucit la voix, produit là toux et est dangereuse pour les yeux et les oreilles.
- Il serait intéressant que cette question fût étudiée complètement. On aurait peut-être l’explication de certaines épidémies de toux dont on ne peut reconnaître l’origine.
- (Journal d'hygiène.) Dr M. DE T.
- Le Téléphone à Paris. — Voici un petit tableau qui montre à quel point sont privilé-
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- giés les Parisiens pour ce qui est des prix des abonnements au téléphone. Alors qu’à Paris, ce prix annuel est de 400 francs, il est à Vienne, de 208.30; à Munich, de 187.50; à Stuttgart, de 125; à Berlin, de 187.50; à Amsterdam, de 187.50 ; à Rome, de 167.50 ; à Helsinfors (Finlande), de 125; en Suède et Norwège, de 100.50 ; en Suisse, de 75 fr. avec en plus une légère taxe par conversation. Ajoutons que dans la banlieue de Paris, l’abonnement est de 50 fr. avec conversations taxées.
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- La production de l’«anis étoilé. » —
- L’anis étoilé est la graine de la badiane, arbuste toujours vert croissant sans culture sur les pentes montagneuses qui séparent le Tonkin du Kouang-Si chinois, et connu des savants sous le nom d'illicium anisatum. Ces graines donnent, à la distillation, une huile parfumée que les Annamites et les Chinois appellent Dau-hoi, et qu’ils emploient en médecine comme contre-poison contre la nicotine ainsi que contre la mixture dont les
- flèches des sauvages Thos sont imprégnées.
- En 1886, un négociant français d’Hanoï avait compris tout le parti que l’on pouvait tirer de cette plante et il en avait tenté l’exploitation raisonnée ; mais l’état troublé de la région de Lang-Son ne lui permit pas de continuer ses essais qu’il abandonna, croyons-nous, à la suite d'une tentative d’assassinat suscitée par les autorités indigènes, au cours do laquelle il fut blessé grièvement ainsi que sa femme; un de ses employés fut tué.
- L’arbuste, en plein rapport dès la neuvième année, produit annuellement 880 grammes de graines, dont le prix est moyennement de 30 francs \e picul de 61 kilogr. 280.
- Un picul de graines vertes rend de trois à quatre livres chinoises d’huile distillée (la livre : 600 grammes); le picul de cette huile est vendu, sur les marchés de Kilua ou de ! Dong-Dang, de 120 à 150 taëls (le taël chinois vaut 7 fr. 42).
- Si la graine est sèche, le même poids de semences fournit de 5 kilos 500 grammes à 6 kilos d’huile de même qualité.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Pour éviter l’asphyxie dans les cuves.
- — Tous les ans, à l’époque des vendanges, les journaux ont à enregistrer la mort de pauvres gens asphyxiés dans des cuves. Le raisin, par sa fermentation, produit, comme on le sait, de l’acide carbonique, gaz mortel à respirer dans lequel toute lumière plongée est éteinte. L’acide carbonique, étant Plus lourd que l’air, reste dans la cuve en plus ou moins grande quantité, suivant qu’elle est plus ou moins pleine de raisin. C’est donc quand elle n’est pleine qu’à moitié ou au quart qu’il s’en rencontrera le plus. L’excès du gaz s’échappe en coulant en nappe par-dessus le bord, à la manière d’un liquide, avec une odeur piquante qui vous prend au nez si vous vous en approchez; puis d se répand dans la cave et, si cette cave est située en contre-bas du sol extérieur, il s’y accumule jusqu’à ce niveau. Avant de des-' cendre dans une cuve, assurez-vous donc qu’elle ne contient pas d’acide carbonique. Pour cela, dit M. le Dr G. Bourgougnon, à Montrichard, abaissez jusque sur le raisin
- une lumière suspendue par une corde, ou mieux par un fil de fer. Si la lumière ne s’éteint pas, nul danger. Si elle s’éteint, il y a péril à descendre. C’est le cas d’employer le moyen suivant : faites le tour de la cuve, en vous servant d’une échelle, et battez énergiquement pendant deux ou trois minutes l’air intérieur de cette cuve, avec une poche, un tablier ou une pièce de gros linge. Le gaz se trouvant de la sorte chassé, la lumière descendue de nouveau jusque sur le raisin, ne s’éteint plus, preuve que tout danger a disparu. Si vous avez à porter secours dans une cave à un asphyxié, commencez d’abord par l’opération sus-indiquée. Sinon, vous compterez successivement autant de victimes que de sauveteurs. Si une cave, située en contre-bas du sol extérieur, s’est remplie de gaz, balayez-le vigoureusement par le même procédé, en ayant soin de descendre progressivement et en évitant de vous baisser. Puissions-nous, par ce moyen simple et pratique, contribuer à sauver l’existence des tireurs de cuve.
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- La bonne encre de Chine. — La bonne encre de Chine, dit le Praticien industriel, ne déteint pas, lorsqu’on a soin de la faire peu foncée, ce qui est nécessaire pour un dessin lavis. Si cependant on a fait un dessin avec de la mauvaise encre ou avec de l’encre trop épaisse, on peut empêcher l’encre de s’étaler en passant, derrière le dessin, une couche de colle de peau bien liquide et un peu chaude. Lorsqu’on ne peut employer que de la mauvaise encre de Chine, on l’améliore en la délayant dans de la colle de peau un peu claire, en guise d’eau.
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- Remise à neuf du velours. — On obtient des résultats satisfaisants pour la remise à neuf du velours en pratiquant la méthode suivante. Mélanger deux cuillerées à bouche d’ammoniaque liquide et deux d’eau chaude : on étend cette solution avec une brosse dure sur le velours, en frottant bien pour la faire entrer dans les poils, de manière à atteindre toutes les taches et les moindres plis. On couvre alors un fer à repasser chaud avec un linge mouillé, et on l’applique par-dessus l’envers du velours, jusqu’à ce que la vapeur qui s’échappe relève le poil de l’étoffe et que le tout soit parfaitement sec.
- La chasse au cerf-volant. — Les collectionneurs d’insectes pourront faire leur profit du procédé suivant, indiqué à la Vie scientifique, par un de ses lecteurs, pour capturer la lucane cerf-volant (Lucanus ser-vus). On se poste à la lisière d’une forêt de chênes, le soir, au crépuscule; au préablablc, on s’est muni d’une épuisette en filet léger, fixée au bout d’un long manche de trois a quatre mètres de longueur; cet engin est analogue au filet qui sert à la chasse au papillon. Avec beaucoup d’habitude, on se guide plus par l’oreille que par l’œil et l’on peut percevoir le bruit du vol de la lucane à une distance de près 10 de mètres. Il va sans dire que cette distance dépendra beaucoup de la finesse de l’ouïe du chasseur aussi bien que de l’habitude de son oreille au bruit du vol de l’insecte ; c’est une sorte d’accoutumance de l’oreille à un même bruit déterminé, quoique faible, mais toujours le même. L’auteur de cette communication affirme avoir pu se procurer jusqu’à quinze lucanes dans une
- soirée. Voilà un passe-temps tout trouvé pour les soirées d’été à la campagne.
- ***
- La prise du rouge chez les dindonneaux.
- — Il faut, pour prévenir cette crise, souvent fatale aux dindonneaux, leur donner une fois par jour, une pâtée de farine d’avoine ou de farine de sarrasin additionnée d’un peu de p:udre de quinquina. Si les dindonneaux éprouvent quelque malaise, s’ils se montrent plus ou moins languissants, il faut alors faire intervenir la thérapeutique.
- La formule suivante, due à un chimiste, M. Mille, peut être employée avec succès:
- Cannelle de Chine en poudre. . 1500 grammes
- Gingembre en poudre .... 5000 —
- Gentiane ........................ 500 —
- Anis ............................ 500 —
- Carbonate de fer..........2500 —
- On mélange une cuillerée à calé do cette poudre à la pâtée de vingt dindonneaux, au repas du matin ; la même dose d’une cuillerée à café sera répétée le soir. La crise passée, le dindonneau devient rapidement aussi rustique qu’il était précédemment délicat.
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- Vernis à l’eau. — D’après notre confrère Farben Zeitung, voici trois bonnes recettes pour fabriquer des vernis à l’eau, dont le premier avantage est de ne pas coûter cher.
- D’abord dans 1,629 litre d’eau, on fait dissoudre 430 grammes de bonne gomme arabique blanche et autant de glucose. Le résultat est, parait-il, fort satisfaisant.
- Dans la deuxième recette, On fait bouillir 28,5 grammes de shellac (ou laque en écailles) et 42,75 grammes de borax dans 0,564 litre d’eau, jusqu’à dissolution de la laque; ce vernis est blanc ou coloré suivant que celle-ci est blanchie ou a gardé sa coloration orange. Il est excellent sur le papier, sert beaucoup à donner du liant aux couleurs à l’eau, fournit un très bon brillant, résiste au lavage et peut même se nuancer au moyen de couleurs d’aniline.
- Pour la troisième, on mélange 0,564 litre d’albumine avec autant d’eau (si l’on emploie de l’albumine desséchée, on n’en mettra que 1.28,5 grammes); on ajoute, pour assurer la conservation du liquide, un peu d’acide phonique ou salicylique. Le mieux est de faire I sécher à l’air chaud les enduits faits avec ce vernis.
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- Nettoyage de la peau de chamois. — La
- peau de chamois, qui sert à nettoyer les objets métalliques et le verre, est d’un prix assez élevé et il est utile de savoir la nettoyer lorsqu’elle est salie. Ainsi, au lieu de la jeter, à l’avenir, placez la peau à laver dans une solution faible de soude dans de l’eau où vous aurez jeté du savon râpé. Laissez-la
- pendant deux heures, puis frottez jusqu’à nettoyage complet. Rincez ensuite dans de l’eau tiède savonneuse, — pas dans de l’eau pure, — car la peau se durcirait en séchant. Le lavage terminé, tordez dans un linge et faites sécher rapidement. Vous pouvez encore la frotter à sec et la brosser jusqu’à ce qu’elle ait repris sa douceur.
- LES PETITS ACCIDENTS DU TRAVAIL MANUEL
- BRULURES
- l est peu de corps de métiers qui n’utilisent l’action de la chaleur et où l’ouvrier ne soit, par suite, exposé aux atteintes du feu ; certains même, ceux qui ont trait au travail de la forge, par exemple, présentent ce danger à l’état pour ainsi dire permanent. Du reste, il est juste de dire que les forgerons, grâce à la grande habitude qu’ils en ont, acquièrent une endurance exceptionnelle à la chaleur, co qui leur permet de manier des outils portés à une température que des mains moins habituées ne pourraient supporter.
- Malgré toute leur habileté, ils ne peuvent néanmoins éviter les projections fortuites des éclats de matières incandescentes qui Produisent par leur contact avec la peau des désordres dépendant de l’intensité de leur nature même. De quelque façon qu’elle soit provoquée, la brûlure peut manifester m des caractères suivants : la partie du Corps affectée est simplement rougie, la Pecu peut être soulevée avec formation de vésicules ; enfin à l’état suraigu, les tissus sont complètement détruits ; les vaisseaux, les muscles et les nerfs peuvent être plus où ^oins complètements atteints.
- Dans le premier cas, qui a pour origine le rayonnement d’un feu trop ardent, l’action dan liquide chaud ou même une simple msolation, la douleur perçue à la région atteinte est très vive, et, bien que ce genre de brûlure ne présente en lui-même aucun da«ger, il faut atténuer autant que possible D souffrance, du reste passagère, qu’elle Dit éprouver.
- Il convient, avant tout, d’éviter l’action de Mc qui ne fait qu’aviver l’irritation et se Jleu garder, comme on ne le fait que trop s°uvent, d’insuffler de l’air sur la brûlure
- . LA MAIN
- ou même de produire dans son voisinage un courant d’air frais qui, sur le moment, calme la cuisson, mais lui donne plus d’intensité par la suite.
- Il suffît de plonger ou de baigner la partie brûlée dans de l’eau fraîche ou légèrement tiède, pure ou additionnée d’extrait de Saturne, pour produire un soulagement immédiat.
- Dans le cas où il serait impossible de plonger l’organe atteint dans le liquide, on le recouvrira de compresses imbibées d’eau additionnée d’extrait de saturne (deux cuillerées par litre) en les arrosant fréquemment.
- On peut aussi avoir recours à l’éther qui produit un refroidissement rapide, mais il vaut mieux s’en tenir aux moyens simples qui précèdent.
- Si la douleur est trop vive et persistante, on fera bien d’appliquer sur la partie tuméfiée de la râpure de pomme de terre ou de la confiture en gelée, la gelée de groseille par exemple, ou de l’huile d’olive, de la vaseline, du collodion, de l’alcoolature de fleur de lis etc., en un mot, tout corps que l’on a sous la main et qui est succeptible de mettre l’épiderme brûlé à l’abri de l’action oxydante de l’air. Lorsqu’il y a vésication, c’est-à-dire qu’il se forme des ampoules, il faut les percer pour en expulser la sérosité qu’elles contiennent, mais se bien garder de les déchirer et de mettre le derme à vif, car, si celui-ci était mis en contact de l’air, le blessé éprouverait des douleurs intolérables.
- Comme pansement, le liquide à base d’extrait de saturne dont la composition vient d’être indiquée convient bien. Il est préférable, cependant, de faire usage du Animent oléo-calcaire, eau de chaux 100 gr., huile d’amande douce, 10 gr., aussi complè-
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- tement mélangés que possible.
- A défaut de ces liquides qu’on n’a pas toujours à portée, on recouvrira la brûlure d’une couche épaisse d’ouate solide maintenue par des bandes de toile.
- le feu. La station verticale en effet favorise tout spécialement la combustion, en ce sens qu’elle crée un appel d’air analogue au tirage qui se produit dans une cheminée.
- Pour porter secours aux personnes atteintes
- “ïïTm»mmîituüïn^ûîîrîî“iÎMi)iîiiirnij(iiiuu(iiuiniiiimiiii
- iijiilinuiiiiiiiipraïuHi
- Fig. 191. — Brûlures produites à la main par des éclats de matières incandescentes.
- Si, pour une cause ou une autre, l’épiderme a été enlevé et que la plaie soit tà vif, on la recouvrira d’un linge fin enduit de cérat ou de vaseline, boriquée de préférence, et on lavera fréquemment à l’eau boriquée ou phéniquée.
- Dans le cas extrême de carbonisation complète d’une région du corps, il est presque toujours nécessaire d’avoir recours à l’intervention chirurgicale pour l’élimination des parties trop profondément atteintes.
- Les ravages produits par le feu sont en général tellement instantanées qu’il est pour ainsi dire impossible de les combattre sur
- il vaut mieux essayer de les entourer, le plus promptement possible, d’un drap, d’un châle, d’un vêtement quelconque, pour
- Fig. 192. — Vésicules par les ^ brûlures.
- le champ, lorsqu’ils se communiquent aux vêtements, en particulier; on perd toujours le sang-froid qui suffirait dans la majeure partie des cas pour en éviter les conséquences fâcheuses. Que faut-il faire en effet en cette occurrence particulièrement pénible ?
- Eviter tout ce qui peut augmenter l’activité de la combustion, c’est-à-dire ne pas se déplacer rapidement pour empêcher l’afflux de l’air ; le plus souvent il suffit de se rouler immédiatement par terre pour étouffer
- La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
- I)
- Fig. 193. — Pansement.
- étouffer le feu, que de tenter de l’éteindre avec de l’eau qu’on n’a jamais sous la main en temps opportun.
- Dr F. de C.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
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- LES OISEAUX MIGRATEURS
- LA GRUE
- et oiseau se distingue tout particulièrement par la régularité de ses migrations. Il s’envole vers les climats tempérés pour jouirde leurétébien-faisant, et s’en retourne dans les contrées méridiona-les pour éviter les frimas de l’hiver. Mais il ne s’envole pas seul.
- Bien qu’à de certaines époques, il se retire avec sa compagne dans les marais déserts et °on st mise son nid fait de joncs et de roseaux sur un arbre solitaire, il recherche la société de ses semblables dès que ^époque du déplace-®ent annuel aPproche.
- Alors la nemb reuse et bruyante compagnie se rassemble en deux lignes réu-nies sur le devant en un angle aigu et formant une figure en forme de coin, semblable à un gamma grec. Un oiseau vole en avant des autres, et il est remplacé dès qu’il est fatigué. Quand la phalange émigrante rencontre une
- ~i.li r 's',
- X
- Fig. 194. — La grue de Numidie
- montagne élevée, les grues se mettent à pousser des cris perçants destinés évidemment à s’avertir mutuellement, et rompant
- leurs rangs, s’élèvent en spirale, une à une, jusqu’à ce qu’el-le s aient atteint une élévation suffisante. Une fois la montagne passée, elles reprennent la formation première.
- La grue est un oiseau particulièrement gracieux, et, en même temps, singulièrement réfléchi et intellig ent.
- Tous ses mouvements sont é 1 é— gants ; toutes ses actions sont intéres santés.
- Sa démarche est calme, légère, mesurée et remplie de dignité; il ne court que lorsqu’il ne peut faire autrement; sans efforts, il quitte la terre après un ou deux bonds préparatoires, et en quelques coups de ses puissantes ailes, il gagne une hauteur suffisante ; puis, le cou et les jambes étendus, il continue son vol rapide vers le
- 2* Série — N* 68. — 16 Septembre 1899,
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- but qui l’attire. A certains moments, cependant, la grue se livre à de joyeux ébats ; elle bondit alors gaiement, les ailes ouvertes, prend les poses les plus singulières et se met à danser en cercle.
- La grue, plus rapidement qu aucun autre échassier, apprend à tenir compte des circonstances et à leur subordonner son genre de vie.
- Elle n’est pas craintive, mais, très prudente, et par conséquent fort difficile à surprendre à l’improviste.
- Quand elle est seule, sa vigilance ne s’endort jamais ;' en compagnie de ses congénères, elle place des sentinelles chargées de veiller à la sécurité générale ; et si elle a été inquiétée dans un endroit, elle n’y retourne jamais sans y avoir préalablement envoyé des éclaireurs.
- C’est avec un véritable plaisir, dit Brehm, que j’ai observé des exemples de la sagesse des grues d’Afrique, lorsqu’elles se doutaient des intentions hostiles des chasseurs. Elles envoyaient un espion en reconnaissance, puis plusieurs ; ceux-ci examinaient tous les coins et recoins, puis retournaient faire leur rapport à la compagnie qui semblait ne pas toujours ajouter foi à leurs récits. Une nouvelle escouade d’espions repartait alors, comme pour décider de ce
- qu’il fallait croire ; et finalement toute la
- troupe arrivait.
- Cependant, ce n’est pas seulement à l’état de liberté que l’on peut apprendre à connaître les diverses qualités de la grue. Il faut en avoir fait son compagnon pour pouvoir en apprécier toute la valeur.
- Autant elle évite l’approche de l’homme quand elle est libre, autant elle s’attache profondément à lui quand elle est apprivoisée, et il n’existe pas d’oiseaux, à l’exception de certains perroquets, pour se lier
- avec lui d’une amitié aussi étroite, comme la grue qui arrive à comprendre tous ses gestes. Elle ne considère pas son maître seulement comme un être qui la nourrit, mais elle lui voue une franche affection qu’elle lui
- témoigne chaque fois que cela est en son pouvoir. Elle s’habitue à la vie intérieure plus facilement qu’aucun autre oiseau,
- connaît chaque coin de chaque chambre, juge exactement à quel degré d’intimité les différentes personnes et les différents animaux sont admis dans la maison; elle a la passion de l’ordre et de la régularité ; elle met bon ordre à toutes les disputes du poulailler et surveille le bétail ausi bien que le chien le mieux dressé.
- Elle se venge à coups de bec de ceux qui la maltraitent et témoigne sa gratitude et sa sympathie par des révérences et des danses animées ; elle recherche la société des personnes qui la traitent avec bonté, mais conserve pendant des années le souvenir d’un mauvais traitement. Elle a, en un mot, le cœur et la raison d’un homme sous le plumage d’un oiseau.
- La grue d’Europe a deux ou trois pieds de hauteur; c’est un oiseau de noble prestance, aux tarses et au bec noirs ; son plumage est gris cendré, assez semblable à celui du héron, mais plus foncé.
- Elle porte un collier noir; son crâne est chauve et rouge. Elle paraît avoir été façonnée sur un modèle supérieur à celui de ses congénères; les proportions des différentes parties de son corps sont plus harmonieuses ; la légèreté y est unie à la force, la grâce,à la majesté. Une singulière disposition de ses plumes secondaires, qui existe aussi chez le cygne d’Australie, fait relever leur extrémité en un abondant panache, qul donne à sa parure un singulier cachet de distinction et de coquetterie.
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- Fig. 195. — La grue huppée.
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- « Du reste, dit Toussenel, toute la famille des grues attache une grande importance à la toilette, ce qui est tout naturel, puisque la danse est le passe-temps favori de la plupart de ses membres. Nous n’allons pas au bal en grosses bottes ni redingote. »
- D’après Toussenel, la plus coquette des grues est la grue huppée du Sénégal. Cette espèce, dit-il, est douée d’une gaieté etd’une espièglerie que même la captivité ne peut affectuer sérieusement. Son plumage, où le noir velouté contraste avec le pourpre, où le blanc argenté côtoie le jaune de l’or, rappelle souvent un habit d’arlequin et se fait remarquer par son originalité, un peu au détriment de sa distinction.
- La demoiselle de Numidie a plus d’élégance, de grâce et de décence ; elle allie la souplesse de sa danse à la grâce de ses poses et à la dignité de son port. Elle est une grande dame du siècle de Louis XIV qui préfère un majestueux menuet au galop ou à la valse. Sa parure, artistique sans prétentions, est un modèle de simplicité et de bon goût. Ces demoiselles aiment à contempler leurs charmes dans le cristal de l’onde ou dans les miroirs de Venise. Leur nom leur viendrait, paraît-il, de leur habitude de se rengorger lorsqu’on les regarde.
- Les grues de l’Asie partagent naturellement le goût de leurs congénères d’Europe et d’Afrique pour la danse. Les Japonais les avaient autrefois dressées à cet art et étaient parvenus à leur faire exécuter des pas gracieux et des pantomimes ingénieuses. Cela ne paraîtra pas extraordinaire aux personnes qui ont étudié les contorsions du dindon domestique. Mais le dindon, sans être ennemi de la danse, a infiniment moins de vocation naturelle pour cet art que la grue.
- Ce qui distingue surtout les grues, c’est leur respect pour l’ordre et la discipline. Aucune décision d’ordre public n’est exécutée chez elles qu’après une longue discussion, et aucun membre de l’association ne songe à se dérober jamais à- l’obéissance qu’il doit à la
- loi commune. Un sénatus-consulte, à la promulgation duquel prennent part tous les oiseaux adultes, règle le jour et l’heure de leurs migrations. Les chefs de l’expédition sont élus en assemblée publique par une majorité, ou plutôt par un vote unanime, car les intrigues n’ont que faire là où la supériorité du rang ne confère pas d’autre prérogative que celle de servir la chose publique au poste le plus périlleux. Aussi les suffrages ne vont-ils qu’au mérite et à la capacité, c’est-à-dire aux ailes les plus vigoureuses, à la vue la plus perçante, aux connaissances géographiques les plus étendues.
- Nous avons du reste rendu justice au sens pratique et judicieux dont les grues font preuve en ces matières, en créant le mot congrès, qui dérive du mot latin congruere, « s’assembler comme des grues». Le congrès signifie donc l’assemblée par excellence.
- Nous avons déjà décrit la diposition en triangle adoptée par ces oiseaux dans leurs migrations annuelles, disposition qui rappelle celle de la célèbre phalange macédonienne et qui est sans aucun doute la plus propre à la défense comme à l’attaque.
- Cicéron, dans son Natura Beorum, explique que l’ordre du vol des grues est organisé de façon que l’arrière-garde pousse en avant le corps de bataille. Cette opinion peut être discutée ; mais il est évident que le poste le plus fatigant du triangle est celui de l’oiseau qui en forme le sommet de direction, et qui, par conséquent, doit couper le courant de l’air et tracer en quelque sorte une route à ceux qui le suivent. C’est pour cela que, dès que ses ailes sont fatiguées par cet effort continuel, il cède sa place à un autre et se place à l’arrière-garde. Il est à remarquer que les occupants du centre ont le moins à souffrir dans ces manœuvres ; aussi se composent-ils généralement de jeunes oiseaux auxquels les adultes tâchent d’éviter le plus qu’ils peuvent les peines et les fatigues.
- Ch. F.
- LA CRYPTOGRAPHIE
- e la cryptographie. Ce qu’en ont dit
- g |§ te, les anciens (Suite). — Dans sa vie S&tf® de Lysandre, Plutarque dit (chapitre XXIII) :
- Les Lacédémoniens furent peu touchés des plaintes que les autres leur portaient contre lui (Lysandre) ; mais quand Pharnabaze eut envoyé des ambassadeurs à Sparte pour
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- accuser Lysandre des injustices et du brigandage qu’il commettait dans les provinces de son gouvernement, les éphores, indignés, se saisirent d’un de ses amis et collègues dans son commandement, nommé Torax, et lui ayant trouvé, au mépris du décret rendu, de l’argent en propre, ils le condamnèrent à mort, et envoyèrent à Lysandre la scytale de son rappel. Je dois dire ce que c’est que la scytale.
- Quand un général part pour une expédition de terre ou de mer, les éphores prennent deux bâtons ronds, d’une longueur et d’une grandeur si parfaitement égales qu’ils s’appliquent l’un à l’autre sans laisser entre eux le moindre vide. Ils gardent l’un de ces bâtons et donnent l’autre au général ; ils appellent ces bâtons scylales.
- Lorsqu’ils ont quelque secret important à faire passer au général, ils prennent une bande de parchemin, longue et étroite comme une courroie, la roulent autour de la scytale qu’ils ont gardée, sans y laisser le moindre intervalle, en sorte que la surface du bâton est entièrement couverte. Ils écrivent ce qu’ils veulent sur cette bande ainsi roulée ; après quoi, ils la déroulent et l’envoient au général sans le bâton. Quand celui-ci la reçoit, il ne peut rien lire, parce que les mots, tous séparés et épars, ne forment aucune suite, il prend donc la scytale qu’il a apportée, et roule autour la bande de parchemin, dont les différents tours se trouvant alors réunis, remettent les mots dans l’ordre où ils ont été écrits, et présentent toute la suite de la lettre. On appelle celte lettre scytale, du nom même du bâton, comme ce qui est mesuré prend le nom de ce qui lui sert de mesure ».
- Dion Cassius, dans son Histoire romaine, chapitre 9 du livre XL, dit, à propos de César :
- « ... Il avait d’ailleurs l’habitude, quand il communiquait un secret par écrit, de remplacer toujours la lettre qu’il aurait dû mettre la première par celle qui, dans l’ordre alphabétique, vient la quatrième après elle, afin que ce qu’il écrivait ne pût être compris par le premier venu... ”
- Dans son Histoire de César, chapitre LYI, Suétone dit :
- « On possède enfin de César des lettres à Cicéron, et sa correspondance avec ses amis sur ses affaires domestiques. Il y employait, pour les choses tout à fait secrètes, une espèce de chiffre qui en rendait le sens inintelligible
- (les lettres] étant disposées de manière à ne pouvoir jamais former un mot), et qui consistait, je le dis pour ceux qui voudront les déchiffrer, à changer le rang des lettres, à écrire la quatrième pour la première, comme le d pour Va, et ainsi des autres... ”
- A propos d’Octave Auguste, il dit (chapitre LXXXIII) :
- « ... Quand il écrivait en chiffres, il mettait b pour a, c pour b, et ainsi des autres lettres. Pour x il mettait deux a ».
- Dans le Livre II de ce qui nous reste de son Histoire, Justin dit, au chapitre 10 :
- “ Xerxès poursuivit pendant cinq ans ses préparatifs de guerre contre les Grecs, commencés déjà par son père. Démarate, roi des Lacédémoniens, qui vivait à sa cour, et était encore plus attaché à sa patrie qui l’avait banni qu’au prince qui l’avait comblé de bienfaits, craignant qu’une guerre inattendue ne fût fatale à ses compatriotes, en instruisit les magistrats de Lacédémone. Il eut soin d’écrire sur des tablettes de bois recouvertes de leur ancienne couche de cire, afin de n’êlre pas trahi par les traces de l’écriture sur des tablettes nues ou par la fraîcheur de la cire, et les confia à un esclave dont il était sûr, avec ordre de les porter aux magistrats de Sparte. A la réception de ces tablettes, on chercha longtemps à Lacédémone ce qu'elles voulaient dire, car on n’y voyait aucune écriture, et cependant on soupçonnait bien qu’elles n’avaient pas été envoyées sans but. On jugeait de l’importance de l’affaire par le mystère qui l’enveloppait. Après bien des conjectures, la sœur du roi Léonidas découvrit l’expédient de Démarate ; on enlève la cire, et l’on apprend par le contenu de la dépêche les nouveaux projets de l’ennemi ».
- Au chapitre 6 du Livre XXI, le même auteur nous dit :
- « ... Hamilcarayant obtenu, par l’entreprise de Paiménion, une audience d'Alexandre, lui dit que » chassé de sa patrie, il venait se réfugier vers lui et lui offrir ses services ». H pénétra ainsi les projets du prince, et en rendit compte à ses concitoyens sur des tablettes de bois enduites d’une couche de cire unie... »
- Dans ce passage, l’auteur est moins explicite que dans le précédent, et c’est à cause du premier qu’on s’explique ce qu’il veut dire dans le second.
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- De son côté, Aulu-Gelle dit ceci, dans le chapitre IX de ses nuits attiques :
- « Nous avons un recueil des lettres de C. César à C. Oppius et Balbus Cornélius, chargés du soin de ses affaires en son absence. Dans ces lettres, on trouve, en certains endroits, des fragments de syllabes sans liaison, caractères isolés qu’on croirait jetés au hasard : il est impossible d’en former aucun mot. C’était un stratagème dont ils étaient convenus entre eux ; sur le papier, une lettre prenait la place et le nom d’une autre; mais le lecteur restituait à chacune son nom et sa signification ; ils s'étaient entendus, comme je viens de le dire, sur les substitutions à faire subir aux lettres, avant d’employer cette manière mystérieuse de correspondre. Le grammairien Probus a même publié un commentaire assez curieux pour donner la clef de l’alphabet employé dans les lettres de C. César.
- Jadis, à Lacédémone, quand l’Etat adressait a ses généraux des dépêches secrètes qui devaient rester inintelligibles à l’ennemi, au cas où elles seraient interceptées, on recourait a ce stratagème : on avait deux bâtons ronds, allongés, de même grosseur et de même longueur, polis et préparés de la même manière. L’un était remis au général à son départ pour 1 armée, l’autre restait confié aux magistrats, avec les tables de la loi et le sceau public. Quand on avait à écrire au général quelque chose de secret, on roulait sur ce cylindre une hande de médiocre largeur et de longueur suffisante, en manière de spirale ; les anneaux de la bande, ainsi roulés, devaient être exactement appliqués et unis l’un à l’autre. Puis, on traçait les caractères transversalement, les lignes allant de haut en bas (d’un bout à l'autre).
- La bande, ainsi chargée d’écriture, était enlevée du cylindre et envoyée au général au lait du stratagème. Après la séparation, elle n offrait plus que des lettres tronquées et mu-Llées, des corps et des têtes divisés et épars : aussi, la dépêche pouvait tomber au pouvoir fie l’ennemi sans qu’il lui fût possible 'd’en de-Vlner le contenu. Quand elle était arrivée à sa
- LES PETITES
- LA FABRICATION DES
- B INDUSTRIE ^es Perles artificielles en ilül. verre date de l’année 165(5, époque où elle fut irnaginée en principe par
- destination, le général, qui connaissait le procédé, roulait la bande sur le cylindre pareil qu’il avait, depuis le commencement jusqu’à la fin. Les caractères, que ramenait au même point l’égalité de volume du cylindre, correspondaient de nouveau, et représentaient l’ensemble d’une lettre complète et facile à lire. Les Lacédémoniens appelaient sxuxàX/) cette espèce de lettre.
- J’ai encore lu, dans une vieille histoire de Carthage, qu’un personnage illustre de cette ville (je ne me souviens pas s’i s’agit d’Has-drubal ou d’un autre) recourut à l’expédient qui suit pour dissimuler une correspondance sur des secrets importants; il prit des tablettes neuves, qui n’étaient pas encore enduites de cire ; il écrivit sur le bois, puis étendit la cire par-dessus selon 1 usage, et envoya les tablettes, où rien ne semblait écrit, à son correspondant, qui, prévenu, gratta l’enduit et lut aisément la lettre sur le bois.
- On trouve encore dans l’histoire grecque un autre stratagème, vrai chef-d’œuvre de ruse et digne des Barbares ; il fut imaginé par Histiée, né en Asie d’une famille assez illustre. Darius y régnait alors Cet Histiée, établi chez les Perses à la cour du roi, voulait faire passer secrètement, à un certain Aristagoras, des nouvelles importantes. Voici le curieux moyen de correspondance auquel il eut recours ; un de ses esclaves souffrait depuis longtemps des yeux ; sous prétexte de le guérir, il lui rase toute la tête, et trace par des piqûres des caractères sur la peau mise à nu. Il écrivit ainsi ce qu’il avait à dire. Il garda l’homme chez lui jusqu a ce que sa chevelure eût repoussé et il l’envoya ensuite à Aristagoras :
- « Quand tu seras arrivé, lui dit-il, recommande-lui bien, en mon nom, de te raser la tête, comme je l’ai fait moi-mème».
- L’esclave obéit, se rend chez Aristagoras et lui transmet la recommandation de son maître. Celui-ci, persuadé qu’elle ne lui est pas faite sans motif, s’y soumet : c’est ainsi que la lettre parvint à son adresse.
- (A suivre). E.-N. Santini.
- INDUSTRIES
- PERLES ARTIFICIELLES
- un français nommé Jacquin, un patenôtrier, comme on appelait alors les fabricants de chapelets,
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- Jacquin était, paraît-il, un fervent de la pêche à la ligne, et il consacrait à ce passe-temps la plupart des loisirs que lui laissait sa profession : mais c’était en même temps un observateur sagace : il remarqua que lorsqu’on lave les ablettes à grande eau, celle-ci, abandonnée au repos, fournit un dépôt d’écailles toutes petites, d’un bel éclat nacré ; tel fut le point de départ de la fabrication des perles artificielles.
- Le mélange des écailles d’ablettes avec de l’eau fut d’abord appelé, avec une certaine effronterie, par l’auteur de la remarque, essence d’Orient.
- On commença par recouvrir avec cette essence, de petites boules de plâtre ou d’une autre pâte durcie ; mais l’enduit, insuffisamment adhérent, se détachait des petites sphères, sous l’influence de la chaleur et de l’humidité, et il fallut trouver autre chose. C’est alors qu’on eut l’idée d’appliquer cette essence d’Orient à l’intérieur de petites boules creuses en verre mince, à la façon d’un miroir; et c’est encore aujourd’hui le mode de fabrication employé dans l’industrie des perles fausses.
- On obtient d’abord les perles en soufflant avec des tubes de verre de grosseurs différentes, de petites boules qu’on perce ensuite de deux trous : l’un se fait au centre intérieur par le seul souffle de l’ouvrier, et l’autre se trouve naturellement formé par le creux du tube quand la perle est séparée au moyen d’un petit coup sec.
- La plupart des perles se font en forme de sphère à surface unie ; cependant celles que l’on fabrique sous le nom de perles « goitreuses » portent des excroissances que l’on produit de la manière suivante : l’ouvrier
- REVUE ]
- Considérations générales sur le Portrait en Photographie. (Enseignement supérieur de la Photographie. Conférences de 1899 Société française de Photographie, par Dillaye (Frédéric). — Gauthier-Villars, éditeur, 55, quai des Grands-Augustins, Paris. Un volume in-8'; 1899. 1 fr. 25.
- L’auteur n’émet pas la prétention d’épuiser dans ces quelques pages un sujet d’aussi vaste
- louche rapidement la perle avec le tube de verre dont une extrémité est chauffée au rouge, et il tire alors en avant la partie qui doit faire saillie, ou bien il met en contact avec la flamme différentes parties du globule de verre et il souffle doucement dans le tube, ce qui amène la formation de petites éminences. Lorsque les perles sont achevées, on recouvre leur face intérieure avec de l’essence d’Orient.
- Pour cela, on aspire une petite quantité du liquide à l’aide d’un tube de verre étiré en pointe fine, et on souffle légèrement, après avoir introduit cette pointe dans l’ouverture de la perle. On imprime ensuite à celle-ci un mouvement de rotation qui permette au liquide de se déposer uniformément partout; on place les perles sur un tamis dont le fond est couvert avec du parchemin, et on les secoue continuellement jusqu’à siccité complète. Enfin, on les remplit avec de la cire, pour les rendre moins cassantes et plus lourdes, et aussi pour que l’essence appliquée à l’intérieur se conserve plus longtemps.
- Des ouvriers spéciaux excellent dans cette fabrication qui comporte bien d’autres tours demain: s’agit-il, par exemple,d’obtenir certaines perles miroitantes d’un incroyable éclat,
- on y introduit des traces d’un alliage métallique extrêmement fusible et volatilisable.
- Le verre nécessaire à la fabrication des perles artificielles est un verre spécial de composition étudiée en vue du but à atteindre. Il est préparé, en longs tubes ou baguettes, dans les usines du savant maître verrier Léon Appert, à Clichy près de Paris.
- Ajoutons, pour terminer, qu’il faut“plus de huit mille poissons pour obtenir un kilo d’écailles.
- ÏS LIVRES
- étendue que le portrait; mais il y fait un expose des principales considérations qui doivent guider l’artiste. Le choix judicieux de ces considérations, leur groupement et leur succession fournissent un ensemble de grandes lignes et un faisceau d’éléments de critique suffisants pour former l’enseignement d’un bon travail i®' médiat, et duquel peuvent être déduites toutes les considérations particulières,
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- La Photographie en ballon et la Tèlèphoto-graphie. (Enseignement supérieur de la Photographie. Conférences de 1899 de la Société française de Photographie, par Meyer-Heine (H.), ancien Capitaine du Génie. — Même librairie. Un volume in-8°, avec 19 figures ; 1899. 1 fr. 50 c.
- L’Auteur débute par un exposé historique des expériences faites en France et à l’Etranger, à
- dater du milieu du siècle. Il indique ensuite ce que doit être le matériel photographique de l’aéronaute, et, après avoir dit quelques mots des résultats obtenus au moyen de ballons non montés et de cerfs-volants, il étudie les services que peut rendre cette application de la Photographie aux points de vue scientifique et militaire, étude qui l’amène à parler de la Téléphotographie.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 31 Juillet et 7 Août 1899.
- Les variations de l’horizon apparent. —
- M. Forel vient de reprendre à son tour à Morges dans un laboratoire, au bord du lac, l’étude de cette question, dont plusieurs auteurs se' sont occupés déjà, et qui est de la plus haute importance pour les marins. Les nombreux facteurs qui interviennent dans les déplacements de l’horizon apparent par rapport à l’horizon vrai ne permettant pas d’en donner des règles bien certaines, l’auteur de la note ne s’est occupé que des deux plus importants, la température de l’air et celle de l’eau, qui peuvent donner des erreurs considérables quand leur différence est grande.
- M. Forel donne quelques règles pratiques sur l’incertitude des observations par l’horizon apparent.
- 1° L’erreur possible sur la posjtion de l’horizon vrai, déduite de l’observation de l’horizon apparent, est plus grande quand l’air est calme que quand b est agité ;
- 2° L’erreur possible est plus forte, quand l’air est plus chaud que l’eau.
- 3° Les observations sont le plus incertaines quand le temps est calme et l’air plus chaud que l’eau. Par conséquent, les observations de la matinée sont meilleures que celles de l’après-midi. ***
- Dosage du gaz carbonique dans les différentes couches atmosphériques. — On pourrait être porté à penser que l’acide carbonique, en
- raison de son poids spécifique, est plus abondant dans les couches inférieures de l’atmosphère. Pour élucider cette question, M. Maurice de Thierry a analysé l’air à différentes altitudes, sur le mont Blanc, aux Grands-Mulets et à Ghamonix. Il a trouvé pour 100 mètres cubes d’air 26lil,2 à Cha-mounix et 26lil,9 aux Grands-Mulets. A Montsouris dans un milieu entouré d’usines, on trouve 32lil,l. 11 en résulte donc que la quantité d’anhydride carbonique diminue très peu avec l’altitude, ainsi que de Saussure l’avait remarqué, du reste, en 1828.
- M. Thierry ajoute que les neiges fraîches et anciennes (névé), ainsi que l’eau de fusion de couches glacières,même très profondes (crevasses, moulins, etc.), prises au sommet du mont Blanc (4810 mètres), soit aux Grands-Mulets, soit sur les glaciers de Talèfre et du Géant, n’ont jamais donné aucune des réactions de l’eau oxygénée.
- ***
- Action du chlore sur un mélange de silicium, de silice et d’alumine. — M. Emile Yigouroux a effectué des recherches d’après lesquelles un mélange de silice et d’aluminium, peut servir à la préparation du chlorure de silicium. Cette préparation se fait en deux temps : 1° réduction, au rouge, de la silice par l’aluminium, et épuisement par les acides de la poudre obtenue ; 2° attaque par le chlore du résidu abandonné par les acides.
- LA CLOCHE TUBULAIRE
- sait le rôle considérable que joue la s B J cloche dans noire société humaine.
- C’est le seul instrument qui, suivant la bCle expression de Chateaubriand, «fasse naître a la même minute le même sentiment dans lUUe cœurs et force les vents et les nuages à
- se charger des pensées des hommes ». Dans le monde religieux, la cloche accompagne de sa voix tour à tour joyeuse ou lugubre, les grands actes de la vie. Elle chante à la naissance de l’enfant et pleure au départ de celui, adolescent ou vieillard, que la mort vient de faucher.
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- f Dans le monde du travail, elle annonce alternativement l’heure de la peine auprès des grandes machines impitoyables et l’heure du repos après une longue journée de labeur acharné. Dans la vaste et silencieuse campagne, elle égrène, monotone et lente, à l’oreille du paysan courbé sur le sol, les sonneries de l’horloge qui accusent la fuite ininterrompue des instants. Et, chose étonnante, la note immuable que, toute sa vie de cloche, elle lance aux échos, vibre toujours à l’unisson de nos sentiments les plus divers.
- Le succès de la cloche est donc naturel.
- Malheureusement sa voix de bronze, pour avoir toute sa puissance et vaincre la résistance de l’air, demande à être servie par une masse imposante de métal. Et la singularité de sa forme rend son accord difficile. Le LA normal de 870 vibrations simples qui se trouve au milieu du clavier du piano, que fournit la voix humaine et qui, en acoustique, porte le qualificatif de LA (3), ne peut être donné que par une cloche de 90 centimètres de diamètre pesant au moins 430 kilos. Le DO (3) qui ouvre l’octave à laquelle appartient le LA normal, est déjà une cloche de 1 mètre 50 de diamètre et de 2.000 kilos, au minimum. Le DO (2), celui de la Savoyarde, cloche de 3 mètres d’ouverture et dont le poids peut varier de ifi.000 à 18.500 kilogs peut être obtenu avec les instruments les ^moins compliqués et cer-
- taines cordes vocales y atteignent presque. Quant au DO le plus grave que l’oreille puisse à peu près différencier, le DO (-2) de 32 vibrations, que l’orgue peut faire sortir d’un tuyau de 32 pieds, il faudrait pour l’obtenir une cloche de 24 mètres de diamètre, représentant le respectable total de 8 millions et demi de kilos.
- Au prix où est le cuivre, les bourdons sont à peu près inabordables. Leur emploi serait d’ailleurs fort difficile et la Savoyarde peut être con' sidérée comme la plus grosse cloche qu’on puisse pratiquement réaliser.
- C’est surtout lorsque l’on veut obtenir des accords et former des carillons susceptibles de jouer certains airs que le poids rapidement croissant des cloches (et partant leur prix) devient un sérieux obstacle. Cette croissance est en effet proportionnelle au cube du diamètre, et d’une note à son octave le diamètre double !
- Il résulte de là que, dès qu’on a réuni une octave de cloches, les unes s’en tendent de beaucoup plus loin que les autres. On pourrait dire que c’est la plus petite qui est la « dominante »• L’excédent du poids des autres sur le sien est absolument perdu au point de vue de la portée générale du son.
- Un anglais, M. Harrington, frappé de ce] inconvénient, a réussi, il y a quelques années, a produire des cloches absolument cylindriques qui le suppriment entièrement. Quelle que soit la note à fournir, le « tube » qui la donne est
- Fig. 196. — Manière de frapper une cloche tubulaire.
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- de diamètre et d’épaisseur constantes. Les | de métal, et, chose fort appréciable, la possibi
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- tig. 197. — Un carillon tubulaire en fonction.
- divers tons et demi-tons diffèrent seulement par a ongueur, Il en résulte une grande économie
- bté de réaliser les notes avec une précision mathématique,
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- Cet avantage n’est pas mince, car l’harmonisation des cloches ordinaires nécessite une installation grandiose, une oreille des plus musicales et un soin extraordinaire.
- Les cloches tubulaires Harrington, en vertu du principe même de leur construction, portent toutes à la même distance, inférieure naturellement à celle des cloches ordinaires. Elles peuvent en revanche s’établir en cinq diamètres différents, correspondant à des portées respec-
- tives de 1 à 5 kilomètres, qui répondent à la plupart des besoins.
- Il n’y a pas de raison, bien entendu, pour qu’on ne puisse établir des tubes de diamètres plus forts encore et s’entendant, par suite, encore plus loin.
- A titre de renseignement, voici un tableau qui donne la comparaison entre 22 cloches tubulaires et 22 cloches ordinaires, du SOL (2) (au-dessous des portées) au MI (4).
- COMPARAISON DES CLOCHES TUBULAIRES ET ORDINAIRES
- NOTES POIDS DES CLOCHES TUBULAIRES POIDS DES CLOCHES ORDINAIRES
- SOL 45 kilos 500 5.000 kilos
- SOL dièze 44 kilos 4.000 kilos
- LA 42 kilos 600 3.500 kilos
- SI bémol 41 kilos 200 3.000 kilos
- SI 40 kilos 2.500 kilos
- DO 39 kilos 2.000 kilos
- DO dièze 38 kilos 1.775 kilos
- RÉ 36 kilos .500 1.500 kilos
- MI bémol 35 kilos 800 1.200 kilos
- MI 34 kilos 600 1.L00 kilos
- FA 33 kilos 600 850 kilos
- FA dièze 32 kilos 500 750 kilos
- SOL 31 kilos 800 600 kilos
- SOL dièze 30 kilos 800 500. kilos
- LA normal 30 kilos 450 kilos
- SI bémol 28 kilos 500 355 kilos
- SI 28 kilos 300 kilos
- DO 26 kilos 300 245 kilos
- DO dièze 25 kilos 200 kilos
- RÉ 24 kilos 400 170 kilos
- RÉ dièze 23 kilos 500 150 kilos
- MI 22 kilos 500 120 kilos
- Longueur des tubes de 69 m/m de diamètre : de 2 ra 50 à 1 - 20.
- Diamètre des cloches : de 2 mètres à 0 ™ 59. —
- On voit que ces différentes notes en cloches tubulaires, de 69 m/m de diamètre, de 1 kilomètre de portée ne pèsent que 700 kilogs, tandis que, données par des cloches ordinaires, elles exigent plus de 30.000 kilogs de bronze.
- Dans le premier cas, c’est une dépense de 6 à 6.000 fr., dans le second, c’en est une de 100.000 ! Si l’on prend des tubes pouvant porter à 5 kilomètres, on obtient un accord parfai- i tement comparable à celui des cloches à tous égards pour environ 23.000 fr.
- Même dans ce cas, il y aura sur le métal une économie de 75.000 fr. environ qui n’est pas à t
- dédaigner, Joignez-y l’absence presque complète de frais d’installation. Il suffit, en effet, d’accrocher les tubes à une grosse poutre, et leur longueur maxima étant de 3 mètres, on voit qu’ils ne tiennent pas beaucoup de place. Nos deux dessins représentent, l’un, une installation avec son sonneur, l’autre, la façon dont les marteaux sont lancés. Tout cela est fort simple.
- Indépendamment des accords de gros tubes, M. Harrington construit encore des tubes pluS minces et plus petits pour orchestres. Ces petits tubes dont M Chateau, le représentant en France de l’inventeur anglais, vient de
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- fournir récemment une octave chromatique à l’Opéra-Comique, donnent parfaitement l’illusion de très grosses cloches.
- Economie, pureté et justesse parfaite de l’accord, simplicité d’installation, les cloches tubulaires présentent en résumé ces trois avantages qui semblent de nature à assurer leur succès
- auprès de ceux — et ils sont nombreux aujourd’hui, — qui aiment que les belles et bonnes choses ne coûtent pas trop cher !
- La cloche tubulaire semble tout indiquée par la réalisation de ces trois qualités pour devenir l’organe des carillons de l’avenir.
- L. Reverchon.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Opérations chirurgicales sur des animaux. — Un chirurgien américain a opéré, il y a deux ans, un tigre d’une appendicite.
- M. Pisanti, de Pérouse, jaloux sans doute de cette prouese, vient de faire à une lionne l’extraction de la cataracte.
- L’animal fut placé dans une cage au milieu de la ménagerie. La première difficulté fut l’administration du chloroforme. Voici comment on s’y prit. Les intervalles des barreaux de la cage ayant été bourrés de ouate, on disposa dans l'intérieur un gros-paquet de gaze imprégnée de chloroforme et on referma hermétiquement la porte.
- Au bout d’un quart d’heure, une reconnaissance faite avec précaution montra l’illustre malade couchée sur le flanc et paraissant plongée dans un coma profond, ha lionne fut aussitôt retirée de la cage, soigneusement ficelée, attachée et bâillonnée.
- On l’étendit sur une table. Mais, avant que l’opération pût être commencée, l’animal se réveilla, s’agitant violemment, et roula sur le parquet.
- Les médecins « avec un sang-froid admirable, mais non sans une vive émotion qui se lisait facilement sur leur visage », lui enveloppèrent alors la tête dans une serviette imbibée d’éther.
- L’opérée, cependant, se débattait « comme un lion », cherchant à se dégager de ses liens et de son bâillon. Elle y réussit en partie et poussa un rugissement qui fit battre en retraite la majorité des spectateurs.
- Mais l’éther produisit son effet, et l’opéra-leur réussit à replacer l’animal dans sa cage, où une nouvelle dose de chloroforme lui donna le coup de grâce.
- La tête fut alors maintenue solidement hors de la cage, et l’opération put être brillamment menée à bonne fin.
- Un détail intéressant est signalé par les | journaux dans leurs comptes rendus de cette opération mouvementée, c’est l’état d’excitation déterminé chez les autres animaux de la ménagerie, zèbres, léopards, loups, hyènes, singes, etc., par l’inhalation des anesthésiques dont l’air était saturé.
- (Revue scientifique.)
- ***
- Le « Partinium ». Le partinium — du nom de M. Henri Partin, qui en a doté l’industrie française, — est un alliage d’aluminium (densité 2.56) et de tungstène (densité 18).
- M. Auscher, ingénieur des arts et manufactures, dans une étude sur l’aluminium, publiée dans la Nature, donne les détails suivants sur cet alliage, qui, aux propriétés de légèreté de l’aluminium, joint une résistance croissant avec les dosages du métal allié.
- Fondu en sable, sa densité est de 2,8-9. Sa résistance à la traction est de 12 à 17 kilog. par millimètre carré. Son allongement est de 12 à 6 0/0, suivant les dosages. Laminé, sa densité est de 3,09. Sa résistance à la traction est de 32 à 37 kg, par millimètre carré, son allongement de 8 à 6 0/0.
- Le partinium fondu est employé à faire les enveloppes des moteurs de tricycles et des moteurs d’automobiles ; dans ces emplois, il remplace avantageusement le bronze et le laiton ; il pèse moitié moins qu’eux et présente une résistance d’un tiers en plus; en outre, son prix de revient n’est pas supérieur à celui des pièces de bronze ou de laiton. Laminé en profilés et en tôles, on l’emploie dans la construction des caisses de voitures, ce qui permet, à résistance égale, d’économiser 50 à 60 0/0 de poids mort par rapport aux caisses ordinaires en bois.
- A cause de sa légèreté et de sa résistance,
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- le partinium, dont le prix varie de 5 fr. 75 à i employé pour la construction de maisons 7 fr. 50 le kg. suivant les articles, vient d’être | démontables.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- La conservation des oignons en Zélande.
- — Voici le procédé employé par les producteurs de la province hollandaise de Zélande pour conserver les oignons: Ils entassent et laissent sur le sol toute la récolte, souvent très importante, de leur ferme ; ils la déposent en tas allongés, de forme parallélépipédique, dont les côtés verticaux sont maintenus par des claies d’osier fichées dans le sol ; la partie supérieure du tas est recouverte de paille; si vous questionnez un cultivateur expérimenté au sujet de sa façon de procéder, il vous répondra que la vente des oignons en Angleterre oblige à attendre des époques favorables, qui souvent ne se présentent que longtemps après la récolle, et que les silos de bulbes analogues à ceux usités pour les pommes de terre et pour les betteraves étant impraticables parce qu’ils provoquent la pourriture des oignons, on a dû adopter cette nouvelle méthode, au moyen de laquelle on obtient une conservation parfaite. Il existe un second moyen : on creuse des fossés de lm,20 à 2m,50 de profondeur, de 15 à 18 mètres de longueur et de 2m50 à 3m,60 de largeur, puis on garnit l’intérieur avec des planches recouvertes d’une faible couche de paille longue, après quoi ces fosses sont remplies d’oignons. Si l’on veut gagner de la place, il suffira de construire hors de terre une palissade un peu épaisse au-dessus de la première. Cette palissade, qui peut être de hauteur d’homme, est maintenue par des pieux enfoncés en terre. Dès qu’elle est construite, il suffit d’étendre une mince couche de paille sur le premier.tas et de la remplir d’oignons. S’il est nécessaire, on peut encore construire comme précédemment une troisième palissade sur les deux autres et la remplir d’oignons. Le travail terminé, les oignons sont logés pour tout l’hiver. S’il survient une forte gelée, il faudra éviter de remuer les oignons jusqu’à çe qu’ils soient tout à fait dégelés. Cette
- précaution est indispensable-, car si les abris sont ouverts et que l’on touche les oignons avant qu’ils soient complètement dégelés, ils sont tous perdus. Au contraire, en ne dérangeant pas les oignons atteints do la gelée, non seulement ils restent bons à employer pour la consommation, mais, chose qui paraîtra étonnante, ils demeurent aussi bons pour la plantation que s’ils n’avaient pas eu à souffrir du froid. A la lin du printemps, alors que les provisions conservées dans les paniers ou les magasins commencent à s’épuiser et que la chaleur du soleil réveille la force de végétation des bulbes, il est indispensable de rentrer les oignons dans une cave froide, ce qui peut se faire sans trop grande dépense ; de cette façon, la végétation sera retardée pour longtemps et il sera possible de conserver jusqu’à la nouvelle récolte les oignons sains et mangeables, au lieu de les faire venir des contrées du Midi à des prix exorbitants.
- (D'après Chasse et Pêche).
- ***
- Pour conserver les viandes pendant les grandes chaleurs. — Les cultivateurs de la Franche-Comté emploient, pour conserver les viandes pendant les grandes chaleurs, le procédé suivant qui peut rendre de grauds services dans les localités où le boucher de l’endroit ne « tue » qu’une fois la semaine. Les morceaux de viande sont placés au fond d’une grande terrine et chargés de pierres très bien nettoyées. Puis la terrine est remplie de lait, de façon que la viande soit complètement couverte. Le lait se caille dès le lendemain, mais peu importe. Chaque jtur, on prend la viande nécessaire à la consommation : et, à la fin de la semaine, le lait caillé est distribué aux porcs. La viande ne contracte aucun mauvais goût ; bien au contraire, elle s’améliore et s’attendrit. Inutile d’ajouter que la terrine doit être placée dans un endroit frais, cave ou cellier,
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- CONSTRUCTION D’UN TRICYCLE-VOITURETTE AUTOMOBILE
- {Suite)
- RANSMissiON. — Le mouvement du moteur se transmet à l’arbre intermédiaire, par une courroie en cuir
- La courroie est cousue ou collée, de façon à présenter une surface lisse sur sa face extérieure.
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- Fig. 198.
- e 25 mm. de largeur. Cette courroie est dé-endue lorsque le véhicule est à l’arrêt, en appuyant, sur le brin supérieur, le galet-ten-eur dont nous avons parlé précédemment on ûc* la courroie et on détermine l’embrayage.
- La courroie est cousue ou collée, de façon à présenter une surface lisse sur sa face extérieure.
- L’arbre intermédiaire A est représenté fig. 198 ; la poulie H est en bois, de façon à
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- être aussi légère que possible. La douille F, qui porte les pignons du différentiel, est en bronze ; les engrenages du différentiel sont en fonte (ils se trouvent tout faits dans le commerce). Il est inutile que les dents soient taillées ; des engrenages bruts suffisent. L’arbre A est un tube d’acier. La roue II y est clavetée; l’arbre I est également un tube d’acier ; la roue R’ y est maintenue par une clavette brasée sur I. Chacun des pignons Q Q’ (qui reçoivent les chaînes) est vissé et claveté. La douille filetée qui reçoit le pignon Q est fendue en deux, de façon à permettre de sortir l’arbre A du coussinet K.
- Fig. 199.
- Elle est retenue sur l’arbre A, outre le serrage de la clavette, par une goupille de 5 mm.
- On remarquera que l’un des pignons Q est à l’extérieur, et l’autre Q’ à l’intérieur du coussinet correspondant. Cette position n’a d’autre raison d’être que de permettre l’utilisation des moyeux ordinaires de vélocipèdes, sur lesquels le pignon est vissé à droite. Le mouvement d’entraînement doit tendre à serrer le pignon sur le moyeu, et à desserrer le cône de réglage des billes. Ces deux conditions sont réalisées si les deux chaînes sont à droite des roues.
- Les pignons Q Q’ ont 8 dents ; les roues dentées S S’ qu’ils commandent ont 24 dents (1).
- Les coussinets K (simplement serrés sur
- (x) Il est évident qu’on pouira varier ce rapport suivant la destination de la machine.
- les tubes verticaux X qui portent le siège) sont on bronze ; ils sont pourvus chacun d’un petit graisseur.
- Les chaînes sont des chaînes ordinaires de vélocipède. Elles ne se trouvent soumises qu’à des efforts beaucoup plus faibles que ceux qu’elles ont à supporter dans une bicyclette ; par contre, la vitesse est plus grande (1).
- Roues. — Les deux roues motrices sont des roues d’arrière de vélocipède. On choisira de préférence des moyeux et des pneus de tandem. Comme la machine n’a pas d’autre suspension que ses pneumatiques, on fera bien de prendre ceux-ci d’un diamètre assez fort (50 mm., par exemple). Il est préférable de les prendre avec une enveloppe un peu épaisse. L’enveloppe mince donne, il est vrai, un roulement un peu plus doux, mais ce point n’a qu’une importance secondaire, en comparaison des ennuis qui peuvent résulter de perforations fréquentes.
- Le diamètre des roues (au roulement) est de 65 centimètres.
- La roue directrice, à l’arrière, a un diamètre de 40 cm. Sur les machines représentées par les figures, cette roue est garnie d’un caoutchouc creux de 38 mm. Il sera préférable de la munir également d’un pneumatique.
- Cadre.— Tout le cadre (fig. 199) est formé de tubes de 25 mm. de diamètre et 1 mm. à 1 mm. 1/2 d’épaisseur.
- Les quatre tubes horizontaux TTTT reposent sur les roues motrices par l’intermédiaire des fourches NNNN, simplement serrées sur les tubes. Les entretoises UUUU maintiennent l’écartement des tubes et les relient, d’une part avec les supports du siège, d’autre part avec le tube transversal V qul porte la direction. La douille de direction 0 est une pièce ordinaire de vélocipède. La fourche est également une fourche de bicyclette, raccourcie.
- Le siège est supporté par quatre tubes verticaux X, réunis à leur partie supérieure par deux tubes horizontaux Y, qui forment en même temps les bras du siège. Les tubes
- (i) Le lecteur devra vérifier et com cotes de la fig. igS (notamment les cotes de qui peuvent varier suivant les moyeux de - -suivant les engrenages de différentiel, que l’on au à sa disposition.
- pléter les longueur)
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- msm
- Fig. 200.
- en diagonale Z assurent la rigidité transversale
- La fi g. 200 représente en dét ail le raccord des tubes du siège. La pièce b est braséc sur les deux tubes.
- Ou remarquera que le support du moteur est constitué par deux traverses t en bois, et une planchettejp également en bois. Ce mode de construction, choisi pour des raisons de simplicité, pourra être à volonté remplacé par une construction métallique, mais, nous le répétons, le bois remplit parfaitement le but.
- Nous représentons à part (fig. 201) le cadre du siège. Ce cadre pourra être fait en hêtre. On ménagera tout autour un évidement de 5 mm. (comme le montre la coupe) destiné à recevoir la garniture de cuir, montée sur tôle. Cette garnitu re devra être mise en place, de même que celle du dossier, par un fabricant de sièges. Les dimensionsde ia planchette
- tubes horizontaux. Cl) Les tubes verticaux y sont soudés à l’étain et retenus par deux vis v qui traverseront à la fois la pièce U et le tube. Cette vis v se répétant un grand nombre de fois dans le tricycle, nous en donnons (fig. 203) le dessin détaillé. Il y aura lieu de faire faire au moins 40 de ces vis, de façon à en conserver quelques-unes de rechange.
- La fig. 204 représente la pièce N qui reçoit l’axe des roues motrices.
- Il faut donc quatre de ces pièces.
- Le même modèle servira :
- 1— 4 à rrr 1 i& 1 4-4-
- <4 — 3) — —1 f--R ir
- Fig. 202.
- du dossier sont 80 cm. x 10 cm. X 20 mm.
- Elle peut être faite en peuplier.
- Il est inutile d’ajouter que toutes les par-f*es en bois devront être soigneusement Peintes, de façon à pouvoir au besoin être lavées De même, toutes les pièces de métal n°n polies, ou dont le poli serait difficile à ^retenir, seront peintes avec une peinture-émail.
- La fig. 202 représente les entretoises U fiui réunissent les tubes horizontaux T du cadre, et les relient aux tubes verticaux. Ces PJèces, au nombre de six, sont en acier coulé. Elles sont simplement serrées sur les
- 1° Pour les pièces qui supportent le siège, mais l’encoche y sera remplacée par un trou pour boulon de 10 mm. (4 pièces) ;
- 2» Pour les pièces qui supportent le dossier (deux piècesl : trous pour boulons de 6 mm. — Avoir soin d’introduire ces pièces sur les tubes horizontaux Y avant brasure;
- 3° Pour les pièces qui supportent l’appuie-pieds (trou pour vis de 6 mm.) (2 pièces) ;
- 4° Pour les supports de l’axe du frein (trou de 15 mm. (2 pièces).
- La planchette qui pour dimensions : Longueur 845 mm. Largeur 180 mm.
- forme appuie-pieds a
- (i) Il eût évident que la cote 140 de cette pièce est subordonnée à la dimension des roulements qu’on emploiera.
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- Epaisseur 20 mm.
- Elle est en chêne, et garnie d’un linoléum simplement fixé par quelques clous à tête ornementée. Son extrémité avant est reliée par des chaînettes aux entretroises U. fCes
- __________ chaînettes vien-
- 71 lient se serrer sous
- F l
- les vis v).
- La flg. 205 donne le détai 1 des pièces de frein. Un arbre hori-Fi&- 203- zontal formé d’un
- tube d’acier de 1 mm. d’épaisseur porte trois manivelles, dont deux supportent les patins de frein ; la troisième, calée à un angle convenable par rapport aux autres, sert à manœuvrer le frein à l’aide du pied droit. A cet effet, cette manivelle se prolonge par une pièce de fer recourbée (représentée à gauche sur la figure) qui allonge le bras de levier, l es manivelles sont goupillées (goupilles de 4 mm.) et soudées sur l’arbre.
- Les deux pièces (semblables à celle de la flg. 204) qui supportent l’arbre du frein sont m’o n -téesaw-des sus de celles qui supportent l’appuie-pieds.
- Nous ajouterons que les patins en fer représentés flg. 205 pourront être avantageusement remplacés par des patins en caoutchouc, tels que ceux employés sur les bicyclettes.
- Ce frein est énergique et sûr ; toutefois, tant pour se conformer aux prescriptions
- administratives que pour obtenir un surcroît de sécurité, on pourra adopter un second frein que l’on choisira parmi les freins ordinaires de vélocipède, et dont, probablement,
- Fig. 204.
- Fig. 205.
- on n’aura jamais occasion de se servir. Il faut remarquer d’ailleurs que, en cas d’urgence, le moteur lui-même forme un frein, si l’on supprime l’allumage ; mais il est utile d’ajouter que le moteur, ainsi embrayé et ne travaillant pas, est insuffisant
- pour arrêter
- le véhi-c u 1 e sur une pente un peu forte. Ce dernier mo* de de frei nage ne doit d’ail-
- leursja-mais être emplo' yé dans un en-droit
- encombré ; dans un embarras de voitures ; en effet, il peut être presque aussi dangereux de ne pouvoir repartir immédiatement que de ne pouvoir s’arrêter.
- (A suivre) D.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
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- LE RAT DU BRÉSIL ET L’AÏ A DEUX ORTEILS
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- [ans les profondeurs de la forêt vierge qui recouvre le delta de l’Orénoque, là où les cimes des arbres, extrêmement touffues, se confondent souvent entre elles, de façon à former un immense toit, fait de feuillage et de branches entrelacées, qui ne laisse passer aucun rayon de soleil, là-bas, dans les recoins les plus obscurs, l’aï (Cho-lœpus didacty-lus) est plongé du matin au soir dans un profond sommeil. Tout en haut, caché dans lefeuillage du Cereropia, du Broie nea grancliceps ou du Sponcl lus, cet animal se fient suspendu, le dos appuyé contre une branche, et les jambes accro-ehées à des branches, plus minces, auxquelles il se maintient à l’aide des griffes, dont sont munis ses orteils. Ces derniers sont au nombre de deux pour les pattes de devant, et de trois, pour celles de derrière. Cest ainsi que l’aï, qui aime avant tout ses aises, trouve, dans un enchevêtrement de branchages garnis d’épais feuillages, une Paisible et douce retraite, où il échappe à f°us les regards indiscrets, et est à l’abri de |°us ses ennemis, comme la harpie, et où Indien même a de la peine à le surprendre. Outre cela, la teinte presque olivâtre de sa Peau, qui est recouverte de longs poils, s’har-Monise bien avec celle des innombrables Plantes grimpantes desséchées, avec la Pousse et la parasitique Barba de Palo, et
- Fig. 206. - Le
- cela à tel point, que même des yeux exercés s’y laissent tromper facilement. Mais, dès que l’heure du crépuscule s’approche, cette masse qui jusqu’alors semblait inerte, s’anime soudain. En premier lieu apparaît la tête qui, auparavant, était fortement inclinée sur
- la poitrine, puis l’animal commence par s’étirer très lentement et avec une visible satisfaction, en bâillant plusieurs fois, lentement et uni-formément finalement, il s’avance avec précaution et sans se presser, cl s’en va chercher sa nourriture. L’aï se nourrit de fleurs de lianes et autres plantes analogues. A part cela, il a une grande prédilection pour rat du Brésil. la magnifique
- Posa de la mon tana, de couleur écarlate, Il se repaît également très volontiers de différents fruits, tels que le doux pendare, les fruits du Mimusops et beaucoup d’autres, qu’on rencontre dans la forêt vierge.
- Comme tous les animaux peu développés et d’un degré inférieur, Taï est peu sensible aux blessures, et il peut se passer d’aliments pendant un laps de temps assez long.
- Tant qu’il n’est pas molesté, rien ne saurait le déranger, lorsqu’il se livre au repos, ou qu’il semble plongé dans une sorte de contemplation. Mais, dès que l’animal flaire un danger imminent, où qu’il se sent poursuivi sur les arbres par un Indien, alors il s’avance à une allure plus vive que d’habi-
- 2» Série — N* «9. — 1« Octobre 48W,
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- tude qui correspond à peu près à notre pas accéléré. Silencieusement il se fraye un passage à travers les branches, et s’éloigne vivement, quoique avec infiniment de précautions, en passant d’arbre en arbre.
- L’amour maternel n’existe chez l’aï qu’en apparence, car, quoique la femelle traîne son petit avec elle jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge de deux ans environ, elle n’oppose presque pas.de résistance lorsqu’on cherche à le lui enlever, et s’aperçoit à peine de sa disparition.
- ***
- Le rat du Brésil, représenté sur notre gravure, se trouve également dans les régions tropicales de l’Amérique. La femelle de cet animal ne porte pas la queue en rond, sur le dos, comme l’indiquent généralement les gravures qui le représentent. La queue est toujours allongée, et tout au plus légèrement recourbée en dedans, à son extrémité. Les petits s’accrochent à leur mère, en enfonçant leurs griffes dans sa fourrure et s’y maintiennent également, en enroulant leurs petites queues autour de celle de leur mère ou encore autour de ses jambes ou de son cou, suivant le cas.
- La femelle du rat du Brésil vit généralement seule et ce n’est guère qu’à l’époque du rut qu’on la trouve en compagnie d’un mâle, sur les arbres extrêmement touffus du territoire de la Guyane. A l’aide de feuilles tombées des arbres, entièrement desséchées et jaunies, le rat du Brésil se confectionne, sans art, une couche très primitive, soit dans lès crevasses des arbres, soit encore, dans l’enchevêtrement de branchages et de
- plantes grimpantes. Il se nourrit principalement de fruits et d’insectes, quelquefois aussi de petits œufs. Il fait ses petits en décembre ou en janvier et on en compte généralement huit ou dix. Ces derniers qui, en naissant, ont l’aspect chétif et peu développé, s’accrochent aussitôt aux petits seins de la mère, où ils restent suspendus pendant 40 ou 50 jours, c’est-à-dire jusqu’à leur entier développement. Lorsqu’ils ont atteint les 2/3 de leur grandeur naturelle, et que leur poids commence à fatiguer la mère, cette dernière se débarrasse d’un certain nombre de petits, qu’elle mange elle-même, pour n’en conserver que quatre ou cinq, tout au plus.
- Comme tous les animaux de cette catégorie, le rat du Brésil dort toute la journée, et ce n’est qu’à la nuit tombante qu’il s’apprête à chercher sa nourriture. C’est un petit animal extrêmement mignon, d’environ 20 cm., de long, muni d’une queue de 25 centimètres, dans le genre du rat. Le poil de cet animal est d’un fauve clair, sauf sur le dos, qui présente une teinte un peu plus foncée que le reste ; on distingue, en outre, une ligne sombre très accentuée allant du nez jusqu’au sommet de la tête. Les yeux sont relativement grands et sortent quelque peu de l’orbite ; ils ont une teinte brune, un peu pâle et une expression toute particulière. Les grandes oreilles, r.ues et d’un noir bleuâtre, ayant quelque analogie avec celles des chauves-souris, tremblent continuellement. La fourrure des rats du Brésil est excessivement douce, contrairement à celle des grandes espèces, dont les poils sont souvent rudes et hérissés. A. North.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- DÉVELOPPEMENT A L’ÀCIDE PYROGALLIQUE ET LA SOUDE CAUSTIQUE
- e vous demande la permission d’attirer votre attention sur un mode de développement très peu connu, auquel j’ai recours depuis environ une année et qui me paraît offrir certains avantages, du moins à mon avis, avis d’ailleurs partagé par plusieurs de mes collègues à qui je l’ai indiqué.
- G’idée de remplacer, par la soude caus-
- tique, les carbonates alcalins généralement employés avec l’acide pyrogallique, est venue à bien des personnes. Quelques rares for' mules ont été proposées, mais sans succès, car ce mode de développer no s’est p&s répandu.
- Lors de mes premières tentatives de remploi de la soude caustique avec l’acide pyr°* gallique, je me suis heurté à un voile ren-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- dant impossible l’obtention d’un cliché présentable.
- Après avoir repris ces essais au commencement de 1898, je me suis aperçu que la soude caustique devait être ajoutée avec grande précaution et en très faible quantité au début du développement.
- Les clichés fournis par l’acide pyrogallique et la soude caustique présentent, suivant moi, certaines qualités.
- La caractéristique de ce développement est de permettre l’obtention de clichés dont la gradation des teintes est bonne, avec des noirs transparents et non empâtés. Les détails viennent facilement dans les ombres. La coloration est bonne et régulière. Le voile dichroïque n’apparaît jamais. La durée du développement (dix à vingt minutes) est peut-être un peu longue ; mais en développant en même temps plusieurs clichés dans des cuveltcs différentes, si la pose n’est pas la même pour tous, ou en développant plusieurs clichés de même pose dans une même cuvette, cet inconvénient est fortement diminué.
- Si l’on considère le révélateur â l’acide pyrogallique au point de vue de l’action de ce corps sur la gélatine, on voit facilement que la gélatine subit, de sa part, une sorte de tannage qui, dans le cas où l’on veut pousser la venue de l’image assez loin pour avoir des détails, en raye la perméabilité de la couche et par suite l’action du révélateur. La soude caustique a, au contraire, une action inverse : elle tend à gonfler la gélatine. Ces deux propriétés opposées, mises à contribution dans le développement à l’acide pyrogallique et à la soude caustique, permettent de se rendre compte du caractère de douceur des clichés ainsi obtenus.
- Voici la marche à suivre pour employer ce développement :
- 1° Une solution de sulfite de soude anhydre à 1,5 ou 2 pour 100 préparée au montent de développer une série de clichés ;
- 2° Une solution de bromure de potassium d 10 pour 100 ;
- 3° Une solution de soude caustique ainsi Préparée : dans 1 litre d’eau faire dissoudre 100 gr. de soude caustique ordinaire en Plaques. Cette solution se conserve parfaitement dans des flacons à l’éineri dont le
- bouchon et le goulot ont été paraffinés à chaud avant d’y introduire le liquide.
- Pour l’emploi de cette solution, il est commode d’employer un petit flacon compte-gouttes entièrement en verre et d’une contenance d’environ 4fi gr, dont les parties rodées ont été paraffinées à chaud.
- Clichés à pose normale.
- Solution de sulfite de soude
- anhydre à 1,5 ou 2 pour 100 100 ce.
- Solution de soude caustique à
- 10 pour 100...............2 à 3 gouttes
- Acide pyrogallique . . . . 0 gr. 5 à 0 gr. 6
- Plonger la plaque dans ce mélange.
- Au bout de trente secondes environ, si rien n’apparait, ajouter au mélange, versé dans un verre, deux gouttes de la solution de soude caustique et ainsi de suite, mais très lentement jusqu’à faible apparition des grandes lumières.
- C’est là un point important sur lequel je ne saurais trop appeler votre attention.
- Si l’on ajoute trop rapidement la solution de soude caustique, l’image vient vite, devient grise et ne monte jamais bien.
- Une fois les grandes lumières apparues et bien indiquées, on peut ajouter de temps en temps une ou deux gouttes de soude caustique à 10 pour 100.
- Vers la fin du développement, l’addition de l’alcali peut se faire plus largement sans avoir à craindre que le cliché devienne gris. Cette addition est même utile pour faire monter le cliché. Le bromure de sodium formé par la réaction permet d’augmenter la dose d’alcali.
- Clichés à pose trop longue.
- Même marche, mais ajouter dès le début, avant de plonger la plaque dans le bain, 2 à 3 gouttes de bromure de potassium* à 10 pour 100.
- Clichés à pose très courte dits instantanés.
- Prendre :
- Solution de sulfite de soude anhydre à 1,5 ou 2 pour 100 100 cc.
- Solution de soude caustique à 10 pour 100................5 à 10 gouttes.
- Plonger la plaque dans ce mélange.
- Au bout de trente ou quarante secondes, verser le liquide dans un verre et y ajouter 0 gr., 5 ou 0 gr., 6 d’acide pyrogallique.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Remettre le tout bien mélangé dans la cuvette. Si l’image n’apparaît pas après environ trente secondes,, ajouter 1 ou 2 gouttes de soude caustique à 10 pour 100 et ainsi de suite, mais toujours avec grande précaution.
- Ainsi que je l’ai dit, le développement dure de dix à vingt minutes.
- La plaque, développée à fond, est plongée, sans lavage, dans le bain de fixage indiqué par M. le marquis de la Ferronnays (Bulletin de la Société française de Photographie, | année 1883, p. 94).
- La formule est la suivante :
- Eau. . ,.................... 1 lit.
- Ilyposulfite de soude ... 150 gr.
- Faire bouillir, retirer du feu et ajouter
- Alun......................... 40 gr.
- Laisser déposer douze heures environ.
- Ce bain est très pratique et fournit des clichés dépourvus de toute coloration anormale.
- On peut, en place de ce bain, faire usage d’une solution d’hyposulfite de soude à 15 pour 100, additionnée de 2 à 4 pour 100 de bisulfite de soude.
- J’ai développé des clichés au moment des grandes chaleurs de l’été 1898 et dans un laboratoire dont la température était très élevée, sans avoir eu aucun soulèvement de la gélatine.
- Je crois que ce développement mérite d’être essayé par mes collègues qui, je l’espère, y trouveront les avantages que j’ai signalés dans la présente note.
- {Société française). DROUET.
- CONSTRUCTION D’UN TRICYCLE-VOITURETTE AUTOMOBILE
- {Suite)
- l nous reste à décrire quelques pièces accessoires, au sujet desquelles nous n’entrerons pas dans de grands détails, car chacun pourra les varier à sa guise.
- Direction. — La fig. 207 montre les pièces de la direction. La poignée de commande r est serrée sur un tube vertical c’ qui porte à son autre extrémité un levier s qui transmet le mouvement à l’arrière du tricycle, par une longue tringle, (tube de 15 m/m de diamètre et 3/4 de mm. d’épaisseur). Le tube vertical c’ passe dans une douille c munie de deux pattes : la patte supérieure se fixe, par deux vis à bois, sur la traverse avant du siège. La patte inférieure se fixe de la même façon sur an tasseau en bois rapporté sous cette traverse.
- Commande du carburateur et de l'avance (fig. 208 ). — La commande des deux robinets du carburateur se fait par deux poignées f, g, serrées sur deux tubes concentriques a, o, qui portent chacun une manivelle h, h’. Ces manivelles transmettent par deux tringles i, le mouvement aux deux robinets du carburateur. Le tube a passe dans deux coussinets r qui viennent se fixer, par des vis à bois, sous la traverse avant du siège. Les deux manettes f g viennent ainsi
- à portée de la main droite du conducteur. On règle le serrage des coussinets r de façon que le tube a y tourne ù frottement un peu dur, et ne risque pas de tourner seul en marche, sous l’action des trépidations. La manette f qui commande le robinet d’introduction sera d’ailleurs serrée sur le tube a à un angle tel que, s’il y a déplacement sous l’action des vibrations, son poids tende à fermer le robinet. Cette précaution évite toute chance d’emballage du moteur lorsque le tricycle est abandonné au repos, le moteur étant en marche. La même remarque s’applique d’ailleurs à la commande de l’avance à l’allumage, commande qui s’effectue par des organes tout à fait analogues, mais, bien entendu, avec un seul tube a et une seule poignée qui sera placée de façon que son poids tende à réduire l’avance à l’allumage. Les coussinets r de ce second tube sont fixés sous la traverse arrière du siège. La longueur de la tringle i qui commande l’avance est 630 mm. environ.
- Montage du carburateur. — Le moteur est monté sur la planchette p ; son pot d’échappement est monté sur la même planchette. Une déviation prise sur le tube d’échappement est envoyée dans un tube qui traverse la partie inférieure du carbura-
- f&aæîa
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- teur. On obtient ainsi un réchauffage de l’essence,qui combat lerefroidissementdû à l’évaporation. Le diamètre du tube de réchauffage est d’environ 5 m/m.
- Le carburateur est monté sur la paroi verticale d’une boîte qui sert en même temps de boîte à outils, et qui contient la pile ou l’accumulateur. Cette boîte, qui a pour di-m e n s i o n s e x t é -rieures:
- longueur 45 cm., largeur 15 cm., hauteur 20cm.,
- (bois de 15 m/m d’épaisseur), est fixée par deux boulons à droite du tricycle, sur les traverses en bois t.
- Sous cette boîte se trouve fixée par deux colliers la bobine d’allumage. Les bis qui réunissent
- siège, par un
- Fig. 207.
- interrupteur placé à portée de la main.
- Béquille. — Il sera bon (de munir le tricycle d’une béquille l’empêchant de redescendre en arrière si l’on s’arrête sur une forte rampe. Cette béquille sera fixée par une charnière à la traverse t voisine du différentiel. Son autre extrémité sera attachée à une corde qui, passant dans un trou percé dans l’autre traverse t, vient s’attacher à la douille de direction c ou à une pièce quelconque à l’avant du siège. On peut ainsi, en manœuvrant cette corde, laisser traîner ou relever la béquille. Il est prudent de la laisser traîner à la montée de toutes les rampes un peu fortes.
- Fig. 208,
- çette bobinera la pile passent, à l’avant du I Embrayage. — La fig. 209 montre sché-
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- matiquement le détail de l’embrayage. Le galet tendeur G est appuyé sur la courroie par l’intermédiaire d’un levier L (barre de fer de 15X3 m/m) commandé lui-même par un long levier x formé d’un tube d’acier (diamètre 25 m/m, épaisseur 1 m/m) à l’extrémité duquel est montée une pédale y qui vient passer entre l’arbre du frein et l’appuie-pieds,
- ( h Wf V >
- i C7
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- i
- Fig. 209.
- à portée du pied gauche du conducteur. Un ressort u, attaché sous le siège, tend à relever le levier x lorsque le conducteur l’aban-donnne.
- Il ne reste plus qu’à munir la machine d’un porte-lanterne et d’une corne d’avertissement, pour qu’elle soit prête à prendre la route. Le porte-lanterne sera du type pour moyeu de bicyclette : on le serrera sous l’un des boulons qui fixent le siège.
- Une recommandation importante : mettre des contre-écrous ou goupiller les boulons toutes les fois que c’est possible, afin d’éviter ........ ... — ... .
- les desserrages et la perte des écrous en cours de route. Après chaque voyage (et surtout dans les débuts) vérifier soigneusement le serrage de tous les écrous: donner une attention spéciale à ceux qui serrent sur du bois.
- Une remarque qui, en terminant, ne sera peut-être pas inutile: les positions relatives des divers organes, que nous avons indiquées, sont évidemment susceptibles d’être modifiées; toutefois, les modifications — si l’on se propose d’en apporter — devront être faites judicieusement. On pourrait être tenté, par exemple, de ramener vers l’avant (tout le dessous du siège étant vide) l’ensemble du mécanisme, de façon à réduire la longueur du tricycle. Il faudra bien se garder d’aller trop loin dans cette voie. Four assurer la stabilité longitudinale, il faut en effet que le poids des voyageurs — même supposés assis à l’avant du siège — soit sûrement équilibré par le moteur et ses accessoires. Autrement on risquerait des chutes en avant, très graves, à la descente des pentes.
- (A suivre) I).
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 14, 21 et 28 Août 1899.
- Action des diverses variations lumineuses sur les êtres vivants. — II y a quelques années M. Camille Flammarion fit connaître à l’Académie les résultats qu’il avait obtenus relativement aux modifications des plantes soumises à l’action des diverses radiations du spectre solaire. C’est ainsi, par exemple, qu’en choisissant certains rayons, en éliminant certains autres, il avait pu transformer les dimensions, la forme et la couleur des plantes.
- M. Flammarion a essayé la même application au règne animal et a expérimenté d’abord sur le ver à soie ; il est arrivé à ces intéressants résultats : La production maximum de la soie a lieu sous le verre violet pourpre clair, et le minimum sous le bleu foncé où elle est les 0,75 de celle du verre incolore.
- L’expérience indique que les femelles des verres violet pourpre, orangé et incolore, sont plus fécondes que celles du verre bleu.
- Enfin, les diverses radiations paraissent influencer la distribution des sexes, et cette variation est à peu près dans le même sens que celle de la quantité de soie produite ; le nombre des femelles est de 56 pour 100 sous le verre incolore et de 37 pour 100 seulement sous le verre bleu fonce.
- Sur la cause des traînées lumineuses p®r' sistantes qui accompagnent certaines étoiles filantes. — A propos d’une observation curieuse
- faite, dans la nuit du 12 au 13 août, par
- MM-
- Lagrula et Luizet, et relative à une traînée lumineuse d’une durée de 20 minutes (de 12 h. 53 a 13 h. 13 pendant l’observation des Perséides, M- C-
- André fait remarquer que cette observation nt& pas sans offrir un certain intérêt : d’abord par *c temps assez étendu pendant lequel on a pu suivi0 le météore ; mais surtout parce que les change' ments de forme successifs et le déplaceme*û
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- continu de l’image lumineuse paraissent démontrer nettement que les traînées lumineuses persistantes observées déjà pour un certain nombre de ces météores, sont uniquement dues à la propagation successive des fragments dans lesquels ils se partagent lors de leur rupture.
- ***
- Hydrogène solide. — M. U. Moissan transmet à l’Académie la dépêche suivante qu’il
- vient de recevoir de M. Dewar, de Londres.
- « L’hydrogène se solidifie en écume blanche ou en une masse semblable à un verre transparent. L’hydrogène solide fond à environ 16° au-dessus du zéro absolu, d’hélium pur change d’état lorsqu’il est refroidi au moyen de l'hydrogène solide et sous une pression de 8 atmosphères. Des graines refroidies dans de l’hydrogène liquide conservent toutes la propriété de germer. »
- AU CAMBODGE
- vez-vous jamais voyagé sous le ciel des tropiques ? Connaissez-vous le pays du printemps éternel? Le pays où, durant six mois de l’année, les nuages n’osent voiler la splendeur du ciel ? Le pays où les arbres géants ne perdent jamais leur parure ? Le pays où les forêts vierges abritent, avec mille autres, l’oiseau de paradis perdu dans les orchidées? Le pays où le pauvre et le mendiant ne sont point connus ? Le pays où chacun à son gré peut être riche propriétaire en quelques heures ? Connaissez-vous enfin le paradis terrestre?
- Ce pays, qui fascine ceux qui n’ont fait que de l’entrevoir, et dont le souvenir embaume la vie sans retour, c’est celui que l’ignorance a nommé le tombeau de la France : c’est l’Indo-Chine.
- 11 n’y a que quelques années encore, il semblait de bon ton de calomnier ces immense régions dont les richesses féeriques étaient inconnues. La conquête, avec ses misères nécessaires, avait semblé jeter comme un voile sombre sur ce lointain qu’on ne connaissait que par les annales de la guerre.
- Un peu mieux connue aujourd’hui, l’Indo-Chine commence à faire rêver les plus Incrédules • et dans quelque temps, comme à l’époque de Christophe Colomb, ce sera la fièvre qui s’emparera de tous les esprits, et nos Indes orientales attireront à elles des populations entières, comme autrefois l’Amérique.
- L’Amérique a marc,hé à pas de géant dans la voie de la civilisation ; l’Indo-Chine marchera encore plus vite. C’est le pays neuf, le pays de l’avenir. La France voit enfin que si plie a dû pleurer la perte, au siècle passé,
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- de ses plus beaux joyaux, elle peut aujourd’hui se réjouir en retrouvant ses richesses coloniales.
- D’aucuns hocheront peut-être encore la tête et refuseront d’étudier ce qu’ils ne veulent pas connaître, mais assurément dans quelques années années au plus, ceux-là se compteront, car la vérité aura fait son chemin et montré que le prétendu tombeau indo-chinois n’est autre chose qu’une terre promise laissant bien loin derrière elle la Palestine et l’Egypte.
- Pendant plus de quinze ans, j’ai parcouru l’Indo-Chine en tous sens, parlant la langue des indigènes et vivant de leur vie.
- Je puis donc sans crainte d’illusions, donner quelques détails sur ces contrées privilégiées.
- Immense autrefois, puisqu’il s’étendait sur presque toute l’Indo-Chine, fort riche aussi puisqu’il a laissé des monuments et des villes entières qui font notre admiration, le Cambodge ou royaume de Khmer est réduit aujourd’hui à quelques provinces peuplées de deux millions d’habitants environ.
- Tout petit qu’il est, le Cambodge d’aujourd’hui pourrait nourrir vingt-cinq millions d’habitants et plus. Les dix-neuf vingtièmes de son territoire admirablement fertile sont incultes. Les deux tiers du pays sont couverts d’immenses forêts.
- Le sol est tellement vierge et tellement bien fécondé par les inondations régulières que les engrais y sont inutiles. Là, tout pousse avec une exubérance qu’il faudrait plutôt contenir et diriger que de développer. Les cultures riches, auxquelles ne sauraient être comparées nos cultures-de France-, n’exigent que peu de travail et peu de frais, et
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- sont d’un rapport inouï. Qu’il nous suffise de citer l’indigo, le coton, la canne à sucre, le poivre, le tabac, le café, le cacao. Je ne parle pas du riz, qui se sent si bien chez lui qu’on en trouve des plaines immenses à l’état sauvage.
- Aussi, pendant les hautes eaux, voyez les indigènes pa-r e s s e u x.
- Montés sur les pirogues, ils s’avancent au milieu des rizières sauvages en secouant les épis murs ; et dans quelques heures ils rentrent dans leurs cases avec un chargera e n t de grains.
- Les forêts abondent de fruits succulents, les rivières et les étangs regorgent de poissons.
- Les animaux domestiques trouvent à se nourrir d’eux-mêmes. Comment, alors, la misère et la pauvreté seraient-elles connues en ces régions étonnantes ?
- Que si le Cambodgien n’est pas millionnaire, et s’il est paresseux, c’est que rien ne lui manque, et que dans ce paradis il peut
- vivre heureux à ne rien faii*e ou à peu près.
- Tout ce qu’il faut pour construire une habitation commode et agréable, il le trouve
- dans la forêt voisine, qui est à tout le monde.
- L’intempérie des saisons n’étant pas connue, quelques mètres d’étoffe légère sont plus qu’il n’en faut pour son vêtement. Aussi on peut dire, sans crainte de se tromper, qu’en travaillant dix fois moins que le Français, le Cambodgien est dix fois plus heureux.
- Comment donc, malgré tant de
- richesses naturelles, malgré la fa-c i 1 it é du bicn-ê tre, les habitants du Cambodge sont-ils tombés dans une décadence complète ?
- Nous allons voir comment, à notre arrivée en Indo-Chine, le peuple khmer, après pim sieurs siècles d’une splendeur incomparable, n’était cependant pas le plus heureux du monde, bien que devant l’être.
- Aux règnes brillants et légendaires de
- ' Fig. 210. — Jeunes Cambodgiennes.
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- Beautimo-Surivong et de Préakêt-Méaléa, glorieux fondateurs d’Angkor, avait succédé une ère de décadence, qui, en quelques siècles, par les guerres et les dissensions, avait amené le Cambodge à sa ruine. Les rois khmers, devenus rois fainéants malgré leurs noms pompeux de fils du soleil, de descendants d’Indra, étaient impuissants à contenir l’invasion des Siamois et des Annamites.
- sens sur une rive et en sens inverse sur l’autre rive.
- La polygamie fut une autre plaie. A l’instar de la cour, des princes et des ministres, les notables voulurent avoir leur sérail et leurs bayadères. Les jeunes gens, ne trouvant plus à se marier, entrèrent dans les bon-zeries pour y vivre à ne rien faire. Aussi la dépopulation du royaume se fît-elle sentir
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- Fig. 211. — Cambodgiennes jouant aux dominos.
- Les monarques enfouis dans leur sérail, vendaient les provinces aux gouverneurs ; la justice était aux plus offrants. Les fils dégé-nérés de ces hardis bâtisseurs de villes et de Palais n’étaient plus capables de relever une Muraille, de construire un pont ou d’entre-tenir une route. Seules, les voies fluviales Pliaient les villages des Cambodgiens entre eux. Encore les khmêrs étaient-ils d’une paisse telle qu’ils faisaient des rêves de fleuves dont les eaux couleraient dans un
- d’une façon terrible.
- L’esclavage vint aussi précipiter cette décadence. Les maîtres étaient d’une paresse telle qu’ils ne se donnaient pas même la peine de faire travailler leurs esclaves.
- Les lettres seules végétaient encore, parce que, depuis les princes jusqu’aux esclaves, tous devaient passer par les bonzeries.
- Les études se bornaient, d’ailleurs, à apprendre la lecture et l’écriture.
- J. Guesdon.
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- LA CRYPTOGRAPHIE
- Se la cryptographie : ce qu’en ont dit les anciens (Suite). — Dans les chapitres xliii et xliv du Livre x de son Histoire générale, Polybe traite de divers moyens employés par les anciens pour communiquer secrètement et de fort loin, surtout pendant les opérations militaires. Voici comment il s’exprime (1) :
- XLIV.— Gomme cette manière de donner des signaux, quoique d’un grand usage dans la guerre, n’a pas été jusqu’à présent traitée avec exactitude, il est bon que nous nous y arrêtions un peu pour en donner une connaissance plus parfaite.
- C’est une chose reconnue de tout le monde que l’occasion a une grande part dans toutes i les entreprises, mais surtout dans celles qui concernent la guerre. Or, de tout ce qui s’est inventé pour la saisir, rien n’est plus utile que les signaux par le feu. Que les choses viennent de se passer, ou qu’elles se passent actuellement, on peut par ce moyen les apprendre à une distance de trois ou quatre journées de là, et quelquefois même à une plus grande distance. Quelque affaire pressante demande-t-elle un prompt service? Grâce à ces signaux, il est vite arrivé.
- Autrefois, cette manière d’avertir était trop simple et perdait par là beaucoup de son utilité. Car, pour en faire usage, il fallait être convenu de certains signaux; et comme il y a une infinité de différentes affaires, la plupart ne pouvaient se connaître par des fanaux. Il était aisé, par exemple, d’avertir ceux avec qui l’on en était convenu, qu’il était arrivé une armée à Orée, à Péparèthe ou à Chalcis ; mais des évènements qui arrivent sans qu’on s’y attende, et qui demandent qu’on tienne conseil sur le champ et qu’on y apporte du remède, comme une révolte, une trahison, un meurtre ou autre chose semblable, ces sortes d’évènements, dis-je, ne pouvaient s’annoncer par le moyen des fanaux. Car il n’est pas possible de convenir d’un signal pour des évènements qu’il n’est pas possible de prévoir.
- Enée, qui a laissé un Traité sur la stratégie, essaya de porter remède à cet inconvénient ;
- (i) Traduction de dom Vincent Thuillier, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur. Paris, 1730,
- 6 yob in-^\
- mais il s’en faut de beaucoup qu’il l’ait fai1 avec tout le succès qu’on aurait souhaité On va en juger: Ceux, dit-il, qui veulent s’informer mutuellement par des fanaux de ce qui se passe, n’ont qu’à prendre des vases de terre également larges, profonds et percés en quelques endroits. Il suffira qu’ils aient trois coudées de hauteur et une de profondeur. Qu’ils prennent ensuite des morceaux de liège un peu plus petits que l’ouverture des vaisseaux ; qu’ils plantent au milieu de ce liège une tige fragmentée de trois doigts en trois doigts par quelque enveloppe ou signal fort apparent, et qu’ils écrivent sur chacune de ces enveloppes les choses qui arrivent le plus ordinairement pendant une guerre. Sur l’une, par exemple: Il est entré de la cavalerie dans le pays; sur l’autre : il est arrivé cle Vinfanlerie pesamment armée ; sur un troisième : de l'infanterie légère ; sur la suivante : de l’infanterie et de la cavalerie. Sur une autre encore: des vaisseaux ; ensuite: des vivres, et de même, sur toutes les autres enveloppes, tous les autres évènements qu’ils prévoiront par bonnes raisons devoir arriver, eu égard à la guerre qu’on aura à soutenir.
- Que, de part et d’autre, on attache à ces vases de petits tuyaux d’une exacte égalité, en sorte qu’il ne s’écoule ni plus ni moins d’eau des uns que des autres. Qu’on remplisse les vases d’eau ; qu’on pose dessus les morceaux de liège munis de leur bâton, et qu’ensuite on ouvre les tuyaux. Il est clair que, les vases étant d’une capacité égale, le liège descendra et les bâtons s’enfonceront dans les vases en proportion du liquide écoulé. Qu’après avoir fait cet essai avec une égale promptitude et ensemble, on porte les vases aux endroits ou l’on doit donner et observer les signaux, et qu'on les munisse de leur liège.
- A mesure qu’il arrivera quelqu’une de ces choses mentionnées sur bâtons, qu’on lève un fanal et qu’on le tienne élevé jusqu’à ce que de l’autre côté, chez le correspondant, on en leve un autre. Qu’aiors on baisse le fanal et quon ouvre les tuyaux : quand l’enveloppe sur laquelle est inscrite la chose dont on veut avertir sera descendue au niveau des bords du vase, qu’on lève le flambeau, et que de l’auhe côté l’on bouche sur le champ les tuyaux >
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- qu’on regarde en même temps ce qui est écrit sur la partie du bâton qui touche à l’ouverture du vaisseau. Alors, si tout a été exécuté de part et d’autre avec la même promptitude, de part et d’autre on lira la même chose.
- Mais celte méthode, quoique un peu différente de celle dans laquelle on employait, conjointement avec les fanaux, des signes dont on était convenu, ne paraît pas encore suffisante. Car on ne peut pas prévoir toutes les choses, qui peuvent arriver, et quand on pourrait les prévoirai serait impossible de les marquer toutes sur un bâton. D’ailleurs, quand il arrivera quelque chose à laquelle on ne s’attendait pas, comment pourra-t-on en avertir d’après ce moyen ?
- Ajoutons que ce qui est écrit sur le bâton n’est aucunement précis ni déterminé. On n’y voit pas combien il est entré de cavalerie ou d’infanterie, ni en quelle partie du pays sont ces troupes, ni combien de vaisseaux ou combien de vivres sonl assurés. Car pour marquer ces sortes de particularités sur le bâton, il aurait fallu les prévoir avant qu’elles arrivassent, et cela n’est certes pas possible; car le moyen d’envoyer des secours, si l’on ne sait ni combien on aura d’ennemis à combattre, ni où ils sonl? Comment avoir confiance en ses forces ou s’en méfier ; en un mot, comment prendre son parti, sans savoir combien de vaisseaux ou combien de vivres il est venu de la part des alliés ?
- XLV. — La dernière méthode a pour auteurs Cléomène et Démocrite, mais nous-même l’avons perfectionnée beaucoup. Elle est propre à fournir tous les renseignements utiles, mais elle exige de la part des opérateurs l’attention la plus scrupuleuse. La voici :
- Que l’on prenne toutes les lettres de l’alphabet et qu'on en fasse cinq parties, cinq lettres contenues dans chacune. 11 y en aura une qui n’aura que quatre lettres, mais cela est sans conséquence. Que ceux qui seront désignés pour donner et recevoir les signaux écrivent sur cinq tablettes ces cinq parties des lettres, et conviennent ensuite entre eux que celui qui devra donner le signal lèvera d’abord deux fanaux à la fois, et qu’il les tiendra levés jus-fio’à ce que, de l’autre côté, on en ait aussi levé deux, afin que, de part et d’autre, on soit averti que l’on est prêt; que, les fanaux baissés, celui qui donnera le signal élèvera des fanaux par sa gauche pour faire connaître quelle
- tablette on doit regarder ; en sorte que si c’est la première, il n’en élève qu’un ; si c’est la seconde, il en élève deux, et ainsi du reste. Il fera de même par sa droite pour marquer à celui qui reçoit le signal quelle lettre de la tablette il faudra qu’il observe et qu’il écrive.
- XLYI. — Après ces conventions, chacun s’étant mis à son poste, il faudra que celui qui donne le signal ait une alidade garnie de deux tuyaux, de manière à bien reconnaître par l’un et l’autre la droite et la gauche du correspondant.
- Qu’on plante droit les tablettes proche de l’alidade, et qu’à droite et à gauche règne une palissade de dix pieds d’étendue et de grandeur humaine ; par ce moyen, les signaux, quand on les élève, apparaissent d’une manière plus énergique, et, abaissés, ils disparaissent brusquement.
- Tout cela étant bien disposé de part et d’autre, supposons par exemple que l’on veuille annoncer qu’ENViRON cent hommes se sont retirés chez les ennemis... On choisira d’abord les mots qui diront cela avec le moins de lettres possible, comme : Krétois cent nous ont quittés (1), ce qui exprime la même chose avec moitié moins de lettres ; on écrira donc cette phrase sur une petite tablette, et on l’annoncera ensuite de la manière suivante : la première lettre est un K, qui est dans la seconde partie et sur la seconde tablette (2); on élèvera donc à gauche deux fanaux, pour marquer à celui qui reçoit le signal que c’est la seconde tablette qu’il doit examiner, et à droite, cinq fanaux, qui lui feront connaître que c’est un K, la cinquième lettre de la seconde partie, qu’il doit écrire sur une petite tablette.
- Ensuite, on élèvera quatre fanaux à gauche, pour marquer le P, qui est dans la quatrième partie (tablette), puis deux à droite pour avertir que cette lettre est la seconde de la quatrième partie, et ainsi de la même façon pour les lettres suivantes. Par celte méthode il n’arrive rien qu’on ne puisse annoncer d’une manière fixe et déterminée.
- (1) Les Crétois étaient renommés pour leur perfidie.
- (2) Le mot Crétois s’écrit en grec Kpiyueç, et la première lettre, le Kappa, est la dixième lettre de l’alphabet grec.
- En lettres majuscules, le mot s’écrit ainsi : KPHTE2 la deuxième lettre, le rho (P, p), ne représente pas le moins du monde potre lettre P,
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- XLVII. — L’emploi des fanaux est bien fréquent et peut paraître considérable, mais c’est parce que chaque lettre demande à être désignée par deux groupes ou signes différents ; et
- A TRAVERS
- Le Livre d’or de l’Imprimerie en France. — L’imprimerie nationale a presque terminé toute la partie typographique du fameux « Livre d’or de l’imprimerie en France », qui doit figurer à l’Exposition de 1900, et qui comprendra tout ce qui peut se faire de plus beau dans toutes les parties de l’imprimerie.
- C’est avec des caractères fondus tout exprès que le texte a été composé. Les planches et dessins seront l’œuvre de nos plus éminents graveurs et dessinateurs. Le papier sera de la qualité la plus belle et la plus rare. La reliure, en cuir repoussé, avec rehauts et charnières en argent ciselé, sera à elle seule une véritable œuvre d’art.
- La composition aujourd’hui terminée, l’Imprimerie nationale va s’occuper de la gravure, du tirage et de la brochure, opérations qui seront, d’ailleurs, longues et délicates, étant donnée la perfection que l’on veut atteindre.
- ***
- Préparation artificielle de l’indigo. —
- Dans toutes les synthèses organiques qui doivent recevoir une application industrielle, les conditions économiques jouent un rôle prépondérant. Combien de produits ont déjà été obtenus artificiellement dans des laboratoires qui n’attendent, pour être fabriqués en grand, que les perfectionnements de préparation qui, seuls, leur permettront, en abaissant leur prix de revient, de lutter avantageusement avec les produits naturels. On a eu, cette année, un nouvel exemple de ce fait dans la question, depuis si longtemps pendante, de la fabrication de l'indigo. M. Aimé Pictet, professeur de chimie à l’université de Genève, donne sur cette question, si intéressante pour les industriels de la teinture et de l’impression, des renseignements que le Carnet industriel résume ainsi ;
- d’un autre côté, si l’on apporte à ces transmissions toutes les précautions nécessaires, on sera très satisfait de l’emploi de cette méthode. (A suivre) E.-N. Santini.
- LA SCIENCE
- La première synthèse de ce colorant date de 1874. Depuis cette époque, de nombreux procédés de fabrication avaient été découverts d’abord par M. de Baeyer, à Munich, en dernier lieu par M. Heumann, à Zurich, mais aucun d’eux ne permettait de livrer l’indigo artificiel à un prix inférieur à celui de l’indigo naturel. Ce n’est que tout récemment que la Badische-Anilin und Sodafabrick, à Ludwigshafen, est parvenue à résoudre le problème. Grâce à une modification essentielle apportée à la préparation d’un produit intermédiaire, elle est arrivée, en partant de la naphtaline, c’est-à-dire de l’un des hydrocarbures du goudron, et en utilisant le procédé Heumann, à obtenir l’indigo dans des conditions économiques satisfaisantes. On peut donc considérer, dès à présent, la fabrication de cette importante matière colorante comme entrée définitivement dans le domaine industriel.
- ***
- Contre le brouillard. — D’après ce que nous apprend la Monthly Weather Review, un inventeur, M. Tugrin, préconise un « dissipateur de brouillard » d’un genre tout nouveau. Il consiste en un simple tuyau de 2m,50 de longueur et de 8 centimètres de diamètre, terminé par un pavillon évasé et pouvant tourner dans toutes les directions. Dans ce tuyau pénètre, à la base, un tube disposé suivant le même axe et dans lequel un ventilateur refoule, sous pression, un courant d’air spécialement chauffé à cet effet dans la chaufferie du navire.
- L’officier de service, grâce à un dispositif simple, lorsqu’il est surpris par le brouillard, braque le pavillon successivement dans tous les sens, en même temps qu’en pressant sur une pédale il envoie dans le tuyau une sorte de décharge d’air chaud. M. Tugrin n’a pas la prétention d’effondrer un banc de brouib lard avec cette artillerie thermique, mais il
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- dit qu’un navire peut ainsi se dégager d’une brunie même ti ès épaisse à plusieurs centaines de mètres et sortir, tout au moins, de l’horrible incertitude qui démoralise les plus vaillants ; ne fût-ce que comme moyen de protection temporaire, il semble que ce système mérite d’être expérimenté.
- ***
- La plaie des grenouilles. — Dans une lettre adressée à Nature de Londres, M. H. Fortey signale un phénomène curieux. Le 5 juillet dans l’après-midi, près de Kings’ Norton, il rencontra un véritable banc de grenouilles, s’étendant sur une longueur de plus de 350 mètres, et couvrant la route en une masse si serrée qu’il ne pouvait s’avancer qu’en marchant sur la pointe des pieds. Le rassemblement était parfaitement limité; il commençait brusquement et finissait de même. On ne voyait pas, du reste, un seul de ces batraciens en dehors du chemin. Ces animaux avaient tout au plus dix jours d’âge et leur présence en ce lieu est d’autant plus extraordinaire que le point où l’on trouve de l’eau est à plus de 300 mètres de là. Une enquête, faite dans le voisinage, apprit à H. Fortey que cette légion était en marche depuis quatre jours. Sur son chemin, elle avait rencontré une villa et l’avait littéralement assiégée, envahissant les jardins, les salles basses; on avait beaucoup à faire pour s’y débarrasser des traînards.
- Nous avons connu de ces envahissements de batraciens en Cochinchine, ajoute le Cosmos, mais il s’agissait de crapauds. A la première averse de la saison des pluies, ils sortaient de terre par myriades, envahissant, à Saigon, les habitations encore fort primitives à cette époque (18661 ; ce n’était pas une Petite affaire que de se débarrasser de leur répugnant voisinage. Les grenouilles Passent pour moins familières ; le fait cité ramène à l’esprit les nombreux récits de pluies de grenouilles.
- ***
- Destruction d’un village par la nouvelle artillerie de campagne. — Le gouvernement allemand avait, il y a quelque temps, acheté, Pour agrandir le champ d’instruction de Lockstedt, une assez grande étendue de terrain. Comme il y avait sur ce terrain un certain nombre de bâtiments et, entre
- autres, un village du nom de Ridders qu’il fallait raser, l’autorité militaire a mis cette bonne occasion à profit pour se rendre compte de l’efficacité du nouveau matériel sur les lieux habités. En conséquence, les régiments d’artillerie nos 9 et 24, qui se trouvaient au camp de Lockstedt, ont reçu l’ordre de détruire à coups de canon le village do Ridders.
- Un correspondant allemand de l'Allge-meine Schweizerische Militarzeitung rapporte en ces termes cette opération :
- « On ouvrit sur cet objectif, qui était une bonne fortune pour les artilleurs, un feu dont les effets ont prouvé les excellentes qualités de notre nouvelle pièce de campagne. Au cinquième coup, plusieurs maisons brûlaient déjà, et lorsque l’on exécuta le feu rapide, tout le village devint en peu de minutes la proie des flammes. » (Revue du Cercle militaire). ***
- Consommation des alcools en France, en Allemagne et en Angleterre. — Le Times publie une statistique intéressante sur les quantités comparatives d’alcool qui sont absorbées annuellement en France, en Angleterre et, en Allemagne. Pour cela, il prend les trois principaux liquides : vin, bière et liqueurs, et il calcule quelle est la moyenne de la consommation par tête dans chacun des trois pays.
- C’est ainsi qu’en France, d’après la moyenne obtenue, chacun de nous consomme 8 litres de liqueurs, 96 litres de vin et 22 litres seulement de bière.
- En Allemagne, la consommation des liqueurs est exactement la même qu’en France, à savoir 8 litres par habitant. La consommation de vin est infime: 7 litres par habitant. La bière, par exemple, est de 115 litres par habitant.
- En Angleterre, la consommation de la bière dépasse celle de l’Allemagne et s’élève au chiffre respectable de 140 litres par habitant. Par contre, la consommation des liqueurs n’est que de 4 lit. 1/2 par personne, et celle du vin de 2 litres.
- Si, maintenant, on prend le pourcentage d’alcool, qui, d’après les derniers chiffres officiels, se trouve dans les trois principaux liquides dont nous venons de parler, on arrive au résultat suivant:
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- France, 50 p. 100 d’alcool dans les liqueurs, 7 p. 100 d’alcool dans le vin, 5 p. 100 d’alcool dans la bière. Total, 12 litres d’alcool par habitant et par année.
- Allemagne, même proportion d’alcool dans les trois liquides. Total, 10 lit. 1/2 par habitants et par année.
- Angleterre, .r8 p. 100 d’alcool dans les li-
- queurs, 10 p. 100 d’alcool dans le vin, 6 p. 100 d’alcool dans la bière. Total, 11 lit. d’alcool par tête et par année.
- Comme on le voit, les chiffres auxquels on aboutit diffèrent de peu entre les trois pays, mais, néanmoins, si la statistique citée plus haut est exacte, c’est encore la France qui tiendrait la tête pour la consommation de l’alcool.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Le durcissement du plâtre. — M. Maillon, de Lyon, indique le procédé suivant comme pouvant donner d’excellents résultats. Le principe réside dans un mélange de magnésie convenablement préparée avec le plâtre mis en oeuvre.
- Voici les deux manières d’opérer qu’il indique :
- On calcine les pierres magnésiennes (dolomies ou magnésites) à une chaleur suffisante pour l’évaporation de l’acide carbonique (couleur rouge) ; on pulvérise de suite cette magnésie rendue caustique et on la tamise à une finesse impalpable — autant que possible; — on la mélange dans des proportions de 15 à 30 pour 100 avec du plâtre, et on gâche le tout avec de l’eau simple; on moule ou l’on façonne, et, l’objet étant sec, on l’imbibe d’une solution contenant de 20 à 30 pour 100 de sulfate de zinc. La solution, en ce cas, ne peut pénétrer à fond îe mélange. Si l’on veut que le durcissement soit parfait dans toute l’épaisseur de l’objet, on opère comme il suit :
- On gâche le mélange de plâtre et de magnésie directement avec une solution de sulfate de zinc, mais celle-ci un peu moins concentrée que précédemment ; on emploie tout de suite la matière, on moule, ou l’on façonne, et le produit obtenu devient, une fois sec, d’une dureté « telle qu’une pointe de fer ne puisse l’entamer ». La blancheur de la matière ne laisse rien à désirer avec le sulfate de zinc; mais si l’on veut une « couleur de bois », il suffit de remplacer le sulfate de zinc par le sulfate de fer; des frictions d’huile de lin cuite donneront ensuite à la surface ainsi colorée un ton plus ou moins foncé. ***
- Graisse brillante pour souliers. Tecli-nische Berichte signalait récemment un cirage donnant aux chaussures un luisant fort
- agréable, On prend 126 parties d’alcool, puis 11 de camphre, 16 de térébenthine de Venise, 36 de shellac (laque en écailles),, et 11 d’une substance colorante ; cette dernière peut être composée en faisant dissoudre, dans 800 parties d’alcool, 15 parties de bleu d’aniline, ou autant de brun de Bismarck.
- Colle sur fer-blanc. — On sait que le papier tient difficilement sur le fer-blanc brillant; le mieux, dans ce cas, est encore de rendre mate, au moyen de papier verré, la partie sur laquelle on désire coller une étiquette. On peut alors employer indifféremment la colle de farine ou d’amidon, une solution de gomme arabique ou de la colle à froid, dont voici une bonne formule :
- Gélatine en plaques .... 200 gr.
- Eau.............i . . . 150 gr.
- Faire dissoudre au bain-marie et ajouter:
- Acide acétique.................50 gr.
- Alcool.........................50 gr.
- Alun en poudre. ..... 50 gr.
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- Désinfection rapide de l’eau des puits.
- — L'eau des puits est singulièrement suspecte après les étés brûlants ou les hivers pluvieux. M. Langlois, dans la Presse médicale, recommande le procédé d’assainissement suivant : on jette tout d’abord dans le puits ou dans la citerne une dissolution de 20 grammes de permanganate de potasse par mètre cube d’eau approximativement jaugée, ce qui est facile pour peu qu’on ait de mathématiques. Puis on précipite le permanganate en excès sous forme de bioxyde de manganèse en jetant dans la citerne un bon panier de braise de boulanger. Le microbe est fort contrarié par cet assainissement.
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- Photographie des cyclistes. — La popularité du cyclisme a obligé les professionnels à avoir dans leur atelier un dispositif Per'
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- mettant de photographier les vélocipédistes sur leur machine. Il n’est pas facile de donner à ces photographies l’aspect du mouvement. Une méthode est décrite dans le Pratical Photographer ; elle permet de tenir suspendue une bicyclette à l’aide d’un crochet qui prend la tige de selle et est attaché d’autre part par une corde à un anneau üxé au mur ou au plafond. On peut incliner la machine de telle sorte que l’on a sur l’épreuve l’illusion d’un cycliste prenant un virage en pleine course. Si la corde se montre, on peut la retoucher sur le négatif. On arrive encore à donner l’illusion du mouvement dans une courbe en inclinant l’appareil. Il faut avoir soin de bien choisir son fond, par exemple, car un cycliste se détachant sur un intérieur ou entouré de plantes de salon est un terrible contre-sens.
- (Bulletin belge).
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- Mesure de la vitesse sur route. — Pour mesurer la vitessse à laquelle on marche, en voiture, à bicyclette ou en automobile, il suffit de compter le nombre de secondes qui s’écoulent entre le passage de deux bornes hectométriques consécutives. En divisant 360 par ce nombre de secondes, on obtiendra fa vitesse en kilomètres à l'heure. Pour éviter tout calcul sur la route, surtout si l’on veut faire un grand nombre de mesures successives, le plus simple est d’emporter avec soi le tableau ci-dessous, copié sur une carte de visite :
- Temps employé pour \ Vitesse en franchir 1 hect. kilomètre à l’heure.
- 8 secondes 45
- 9 40
- 10 36
- 11 32,7
- 12 80
- 13 27,6
- 14 25,7
- 15 24
- 16 22,5
- 17 21,2
- 18 20
- 19 18,9
- 20 18
- 21 17,1
- 22 16,3
- 23 15,6
- 24 15
- 25 14,4
- 26 13,8
- 27 13,3
- 28 12,8
- 29 12,4
- 30 12
- 32 11,2
- 34 10,6
- 36 . 10
- 40 9
- 45 8
- 51 1/2 7
- 60 6
- LES PETITS ACCIDENTS DU TRAVAIL MANUEL
- DES BLESSURES DE L’OREILLE
- H^&egous n’avons pas l’intention de parler llvîlf ^es blessures cl0 l’oreille pro-duites par un agent quelconque, mais bien de celles que peuvent occasionner des éclats métalliques ou autres, dans les ateliers, les carrières et les mines.
- On peut considérer l’oreille comme divisée en deux parties : l’une externe, constituée Par le pavillon de l’oreille et le conduit auditif, l’autre interne, renfermée dans une Petite boîte osseuse qu’on nomme le rocher, et constituée par plusieurs petits osselets d’une extrême délicatesse. Ces osselets sont séparés du conduit auditif par une cloison |
- membraneuse appelée le tympan, et qui joue le rôle d’une plaque téléphonique. En effet, les bruits extérieurs sont collectés par le pavillon de l’oreille et s’engouffrent dans le conduit auditif au fond duquel ils vont frapper la membrane du tympan. Celui-ci entre en vibrations ; ces vibrations le mettent en contact avec les osselets de l’oreille interne, et ces derniers transmettent au cerveau par l’intermédiaire du nerf auditif les vibrations venues du tympan.
- Tel est le jeu de cet admirable instrument. Voyons maintenant quelles sont les .perturbations que les éclats peuvent apporter dans
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- LA SCÏENCE EN EAMILLE
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- son fonctionnement.
- Si ces éclats n’agissent que par choc sur les parties extérieures de l’oreille, ils pourront ne produire que de légères contusions parfois accompagnées d’ecchymoses, c’est-à-dire d’extravasations sanguines donnant à la peau une couleur bleue, violacée ou rouge. Mais si le choc est violent, il peut donner lieu à une déchirure du tympan, à une commotion de l’oreille interne dont les osselets peuvent être brisés ; la commotion peut s’étendre au cerveau et être suivie de syncope. D’autres fois le choc est tel qu’il produit une fracture de la boîte osseuse du rocher, fracture dont le symptôme dominant est une hémorrhagie par le conduit auditif.
- Si donc, à la suite d’un choc, une d e lieu con-faut
- perte sang a par ce duit, il craindre une lésion du rocher, lésion fort grave qui constitue une porte d’entrée aux germes extérieurs jusqu’aux membranesducerveau, et qui peut être suivie de méningite, d’abcès du cerveau et de mort.
- Dans un cas de choc suivi d’hémorrhagie par l’oreille, on aura soin de maintenir la personne à peu près assise, de lui appliquer des sinapismes aux jambes, de lui injecter dans l’oreille de l’eau très froide, pendant très peu d’instants si la perte de sang est abondante ; puis on introduira dans l’oreille un tampon imbibé de perchlorure de fer et on renouvellera constamment les compresses froides autour de la région frappée. Le jour même, un petit vésicatoire appliqué derrière servira à décongestionner le cerveau et les méninges. Enfin il faudra que le blessé garde pendant plusieurs jours un repos absolu.
- Si l’éclat métallique, au lieu de produire un choc, s’est implanté dans les tissus, il ne
- Fig. 212. — Corps étrangers dans l’oreille.
- faudra pas trop se hasarder à intervenir: car, d’une part, l’éclat métallique peut être muni de dentelures en hameçon et son extraction peut produire une plaie déchiquetée; d’autre part, on peut mettre à découvert des artères sectionnées auxquelles le corps étranger servait d’obturateur: dès lors, le caillot sanguin qui commençait à boucher la lumière du vaisseau est expulsé par la force de la circulation et l’on se trouve en face d’une hémorrhagie qui peut être des plus sérieuses. A plus forte raison, ne conseillerons-nous pas d’intervenir en l’absence du médecin, si les éclats métalliques ont pénétré dans le conduit auditif, et c’est tout au plus si l’on permettra de faire dans l’oreille une injection d’eau anti-septisée, de la façon qu’indique la figure 212. Dans ce cas, on dirigera le jet de telle sorte qu’il rase la paroi supérieure du conduit et qu’après avoir bu!é contre le tympan, il revienne en ricochet derrière le corps étranger qu’il entraînera au dehors si ce dernier n’est pas profondément implanté dans les tissus.
- Si, enfin, l’éclat métallique a produit des coupures, des incisions, et si ces plaies donnent lieu à des hémorrhagies, on lavera rapidement les parties blessées et on se hâtera d’appliquer un pansement compressif afin d’arrêter la perte du sang. Ce pansement consistera dans un linge très propre appliqué sur les plaies ou dans une plaque d’amadou qu’on recouvrira d’un gâteau d’ouate et d’une bande. Si l’hémorrhagie a été tant soit peu sérieuse, on ne devra défaire ce pansement qu’à l’arrivée du médecin.
- Dr R. Martin.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LES POISSONS BIZARRES
- LE PROTOPTÈRE
- msismsM
- WÊÊm,
- e mudfish — en bon français, poisson de boue — comme l’appellent les nègres de la Gambie, le Protopterus anectens, comme l’ont baptisé les ichthyolo-' gistes, est un de ces êtres qui, tout en étant spécialement organisés pour la vie aquatique, sont néanmoins susceptibles, en certaines circonstances, de s’accommoder durant un temps plus ou moins long d’une vie aérienne.
- Au point de vue zoologique pur, peu d ’ a n i -maux sont plus intéressants que ces Protop-tères, etccla pour l’excellente raison qu’ils appartiennent à un groupe de transi ti on, celui des dip-noïques, et montrent très nettement le mécanisme du passage du type poisson au type amphibie.
- Au surplus, ce dernier point est si exact que, rapporte Claus en son Traité de zoolo-yû, « le naturaliste qui les découvrit le Premier les considérait comme des reptiles •chthyoïdes, et que plus tard même on les regardait comme des amphibies écailleux ».
- Cet ordre des dipnoïques qui,en dehors du Protoptère, renferme les deux seuls genres Ceratodus et Lepidosiren, est connu des zoologistes depuis seulement une cinquante d’années, et, à l’heure actuelle, nous ’gnorons encore l’histoire de son développement embryologique.
- La conformation extérieure de ces animaux est tout à fait celle des poissons. Le corps est allongé,, anguilliforme, couvert jusqu’au-dessus de la tête d’écailles rondes, et chez le protoptère adulte, il peut atteindre environ 90 centimètres.
- l ig. 213. — Le Protoptère (dessin d’après nature).
- Le protoptère possède une nageoire dorsale commençant à peu près au milieu de la longueur du corps et se continuant avec la caudale.
- Quant aux nageoires pectorales, elles sont grêles, à tige cartilagineuse segmentée et portant des rayons sur un côté. Les nageoires abdominales sont d’une constitution semblable et placées très en arrière.
- La tête est large et aplatie ; elle porte de petits yeux latéraux d’une teinte brun châtain et un museau assez pro-fon dément fendu, à l’extrémité duquel l’on rein a r q u o deux narines.
- En avant
- des nageoires antérieures, il existe de chaque côté une fente branchiale sur laquelle trois petites branchies extérieures persistent jusque dans un âge avancé.
- Cette particularité n’empêche point, du reste, le protoptère de posséder, comme les poissons ordinaires, des branchies internes.
- Ses arcs branchiaux, de nature cartilagineuse, sont au nombre de six, et le quatrième et le cinquième seuls portent une double rangée de lamelles branchiales.
- Ce qui rapproche le protoptère et les autres dipnoïques des amphibies nus, c’est leur mode de respiration par des poumons ainsi que la conformation du cœur.
- « Toujours les capsules nasales cartilagineuses et généralement fenêtrées, écrit le zoologiste Claus, présentent des orifices postérieurs qui traversent la voûte palatine dans la région antérieure, immédiatement en arrière de l’extrémité du museau. En route,
- 2* Série — N* 70. - 16 Octobre 1899.
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- deux sacs situés en dehors de la cavité abdominale au-dessus des reins, occupent la place de la vessie natatoire et débouchent par l’intermédiaire d’un court canal commun dans la paroi antérieure du pharynx. Ces sacs, qui présentent des alvéoles bien développées et des réseaux capillaires, se comportent physiologiquement comme des poumons ; ils reçoivent du sang veineux par une branche de la crosse aortique postérieure et envoient au cœur du sang aortique par des veines pulmonaires. Les conditions de la respiration sont donc entièrement semblables à ce qu’elles sont chez les amphibies nus à respiration branchiale et pulmonaire. Il faut encore noter la ressemblance dans la conformation du cœur et des principaux troncs vasculaires. Les dipnoïques possèdent une circulation double et deux oreillettes (droite et gauche) incomplètement séparées. Il existe aussi un cône artériel musculeux, renfermant soit des séries de valvules comme chez les ganoïdes (Ceratodus), soit, comme chez les grenouilles, deux replis longitudinaux disposés en spirale, qui se réunissent à leur extrémité antérieure et qui tendent à diviser la cavité du cône en deux moitiés, dont l’une est en rapport avec des artères branchiales, l’autre avec les vaisseaux pulmonaires (1).
- Le protoptère a le dos d’un vert olive et semé de nombreuses taches irrégulières brunes ou noires; son ventre est d’une nuance violacée uniforme, et, chez les individus jeunes, le membre antérieur présente des anneaux d-’une teinte foncée.
- Les mœurs et habitudes du protoptère sont des plus intéressantes.
- Grâce à son double appareil respiratoire, en effet, cet animal peut sans inconvénient mener une double vie, terrestre ou aquatique.
- Pendant toute la saison des pluies, c’est de l’existence régulière des poissons que vit le protoptère, et durant tout ce temps, c’est tout au plus s’il vient, de moment à autre, de nuit principalement, sur le sol ou dans les feuillages humides, chasser pour sa nourriture les grenouilles ou les petits reptiles. Mais, quand l’instant des chaleurs sèches
- (i) D(i) * 1' C. Claus, Traité de zoologie, traduit de l'allemand par G. Moquin-Tandon, i vol, in 8°, chez Savy, Paris, 1878, p. 859.
- arrive, l’animal change du tout au tout sa façon de vivre. Il entreprend alors une sorte d’hivernage, s’enterrant au sein d’une motte de terre à l’intérieur d’une sorte de coton qu’il sécrète lui-même.
- « Depuis quelques années, on apporte de la Gambie en Europe des mottes de terre d’une grosseur variable, mais qui ne dépassent pas le volume des deux poings ; elles contiennent toutes un protoptère. Elles proviennent des rizières, des marais, des étangs ou des rivières qui se dessèchent et dont les eaux sont habitées en abondance par ce poisson », note le naturaliste A. Dumeril au au cours de son Histoire naturelle des Poissons, dans le chapitre qu’il consacre au protoptère.
- Les protoptères, durant leur hivernage en leur retraite de terre, reposent enroulés, la queue repliée en partie sur la tête, et si bien ramassés sur eux-mêmes qu’il est tout à fait impossible de préjuger de leur taille, d’après les dimensions des mottes qui les renferment.
- Le temps que ces poissons peuvent passer de la sorte en cet état d’engourdissement est fort long et peut atteindre plusieurs mois.
- Le réveil de l’animal est particulièrement curieux.
- « Quand on place un de ces cocons dans un bassin rempli d’eau dont la température répond à peu près à celle des eaux de l’Afrique centrale, le protoptère, dont l’enveloppe se délaye rapidement, se trouve aussitôt rappelé à la vie ; il se montre d’abord extrêmement lent, comme endormi, mais au bout d’une heure, il est complètement réveillé (1). »
- A différentes reprises, l’on a conserve assez longtemps en Europe, en aquarium, des protoptères, notamment à Londres, au Palace-Cristal et à Paris, au Jardin des Plantes ; le public de la capitale put à loisir, il y a quelques années, en examiner plusieurs spécimens, dans la salle, des dépêches du Figaro ; mais, en dépit des curieuses observations qui furent faites sur ces poissons, il nous reste encore beaucoup & apprendre de leur histoire.
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- (1) A, Brehm. Les merveilles de la nature, Poissons et les Crustacés, 1 vol, in-8°, chez }' Baillière, p. 95.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- CONSTRUCTION D’UN TRICYCLE-VOITURETTE AUTOMOBILE
- {Suite)
- près cette description du tricycle, nous allons entrer dans quelques détails sur la « manière de s’en servir ».
- Deux recommandations essentielles sont les suivantes:
- 1° Ne jamais aller, avec le tricycle, dans des chemins qu’on n’affronterait pas avec un vélocipède ordinaire; c’est-à-dire éviter le mauvais pavé, les chemins à ornières, etc.;
- 2o Nettoyer soi-même sa machine après chaque excursion.
- Cette dernière recommandation évitera plus d’une « panne »: en procédant soi-même à la mise en état de la machine salie, on fera — presque malgré soi — une révisiun, pour ainsi dire pièce à pièce, du mécanisme, et on s’apercevra généralement d’un commencement d’avarie avant qu’il ait atteint des proportions graves.
- Il est utile d’emporter toujours avec soi, même pour de courts voyages, les accessoires dont voici la liste :
- La clef du moteur. Cette clef sert au démontage des soupapes et de la bougie d’allumage.
- Line clef anglaise',
- Un nécessaire de réparation pour les pneumatiques ;
- Une pompe;
- Le l’huile spéciale pour le graissage du moteur;
- La mesure pour cette huile (la quantité que l’on introduit dans le moteur, à chaque remplissage, doit être, en effet, mesurée);
- Un pèse-essence (il en existe des modèles très portatifs, n'ayant pas plus de 10 cm. de kmg);
- Une burette à huile;
- Quelques pièces de rechange (vis et écrous, Ur)e bougie d’allumage, quelques chaînons, joints en amiante pour le moteur) ;
- Une pince universelle (formant à la fois P’nce plate, pince coupante, pince à griffes et
- tournevis) ;
- Un entonnoir pour le remplissage du carburateur ;
- ües bouchons pour le carburateur ;
- Quelques chiffons ;
- Du papier d'émeri, des bouts de fl de fer, qui peuvent être nécessaires pour le nettoyage ou de menues réparations;
- Enfin un cadenas pour fermer la boîte à outils.
- Cette liste paraît longue; en réalité, l’ensemble est peu volumineux et laisse encore beaucoup de place libre.
- Lorsqu’on voyagera dans une région mal connue, on fera bien de se munir d’une liste des divers dépositaires d’essence pour moteurs; enfin, un savon, une serviette et une brosse seront souvent utiles, si l’on a eu à faire quelques réparations en route, ou si l’on a voyagé sur une route poussiéreuse.
- Avant toute excursion, il faut s’assurer, si l’on emploie un accumulateur, qu’il est suffisamment chargé pour le trajet qu’on se propose de faire, et que le carburateur renferme assez d’essence (le carburateur est muni d’un flotteur qui permet de s’en assurer rapidement). On vérifie également que les pneus sont gonflés, puis on procède à la mise en marche du moteur, après avoir versé une dose d’huile dans le carter.
- On commence par régler la hauteur de la prise d’air du carburateur, en amenant l’extrémité supérieure du tube au niveau de la tige du flotteur, on ouvre en grand le robinet d’admission, on met le robinet de mélange dans la position qu’on juge la plus convenable (1); on ouvre le petit robinet à la partie supérieure du cylindre, puis avec la manivelle dont nous avons parlé, on tourne à la main le moteur. Si le robinet de mélange est dans la bonne position, on obtient l’explosion dès les premiers tours; sinon, on varie l’ouverture jusqu’à obtenir régulièrement l’explosion à chaque tour. L’emploi d’une manivelle courte, permettant de tourner assez vite le moteur, rend ce tâtonnement très rapide. Le moteur ne peut se tenir en marche avec le cylindre ouvert; mais aussitôt qu’on obtiendra régulièrement l’allumage, on ôtera la mani-
- (i) Cette position dépend surtout de la température En hiver, il n'est pas rare qu’on soit obligé de démarrer avee la prise d’air pur fermée.
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- velle, on fermera le robinet, et saisissant les bords de la poulie, il suffira de franchir une fois ]a compression (c’est-à-dire de faire deux tours au plus) pour que le moteur se mette en marche. Le démarrage doit se faire, naturellement, sans avance à l’allumage. Aussitôt le moteur parti, on fermera presque complètement le robinet d’admission, de façon à ne laisser arriver de mélange que juste la quantité nécessaire pour le tenir en marche.
- Si on ne pouvait démarrer le moteur dans aucune position du robinet de mélange, c’est que (en supposant les soupapes en bon état et les joints bien faits) l’allumage serait défectueux. On s’en assurerait en séparant le fil de la bobine, de la borne de la bougie, et en l’approchant du bâti, à quelques millimètres. Si, en faisant faire quelques tours au moteur, on n’obtient pas à chaque tour une étincelle brillante, chaude, bien franche, c’est qu’il y a quelque chose de défectueux dans le circuit. Le défaut le plus fréquent est que les surfaces de contact de l’interrupteur (la pointe en platine de la vis et la plaque du ressort) sont salies. Il suffit alors d’y passer un peu de papier d’émeri, ou même quelquefois de tourner simplement la vis d’une fraction de tour, de façon à changer les surfaces de contact. Quelquefois aussi, le mauvais contact tient à ce qu’une goutte d’huile s’est introduite entre les surfaces.
- Le moteur étant en marche, on démarre le tricycle en appuyant avec le pied gauche sur la pédale d’embrayage y, en même temps que de la main droite, on ouvre en grand le robinet d’introduction, au moyen de la manette g.
- On augmentera ensuite l’avance à l’allumage. Si la machine se trouve sur une bonne route et sur un profil facile (en palier, par exemple), on devra maintenir partiellement fermé le robinet d’introduction, et même le fermer tout à fait dans certaines descentes. En arrivant sur une rampe, au contraire, on l’ouvrira en grand, et, un peu avant d’aborder la rampe, on réglera bien exactement le dosage du mélange détonant, au moyen de la manette f. Le bruit du moteur sert de guide pour ce réglage.
- Pour l’arrêt, on commence par supprimer l’avance, puis on débraye en même temps que l’on forme presque complètement le robinet
- I d’introduction. On n’emploie le frein que le moins possible.
- Un litre d’essence permet de faire une vingtaine de kilomètres; mais cette consommation peut s’élever beaucoup si le réglage n’est pas fait d’une façon rationnelle. Supposons, en effet, que le tricycle montant une côte à son allure normale et le moteur travaillant en plein, on aborde un palier; il faudra réduire la puissance du moteur. On pourra y arriver par l’un des moyens suivants: réduction de l’avance à l’allumage; fermeture partielle du robinet d’intioduction; augmentation de la proportion de pétrole contenue dans le mélange détonant; augmentation de la proportion d’air contenue dans ce mélange.
- Mais il est évident qu’il ne faut pas employer indifféremment l’un quelconque de ces moyens.
- En réduisant l’avance à l’allumage, par exemple, on réduit la puissance sans diminuer en rien la consommation.
- En augmentant la proportion de pétrole au delà de celle qui donne l’effort maximun, on augmente la consommation alors que la puissance diminue, ce qui est tout à fait irrationnel. De plus, on provoque des dépôts de charbon dans la culasse du moteur, et la bougie risque de s’encrasser rapidement.
- Il sera donc préférable, ou bien de fermer en partie l’introduction, ou d’augmenter la quantité d'air introduite, ou enfin de combiner ces deux modes de réglage.
- Toutes les deux heures environ, on s’arrêtera pour vider l’huile du moteur et la remplacer par une nouvelle dose d’huile fraîche.
- A l’arrivée, il n’y a aucune autre précaution à prendre, avant le remisage, que de fermer par un bouchon le carburateur. On ouvrira également l’interrupteur placé dans le circuit de la bobine.
- Si Ton a marché sur une route boueuse, il sera préférable de procéder au nettoyage immédiatement. On se servira pour cela d’un jet d’eau sortant par un très petit orifice. Lorsque toute la boue aura été enlevée, on séchera avec un chiffon, puis on graissera légèrement avec un autre chiffon imbibé d’huile ou de pétrole.
- D.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LA CRYPTOGRAPHIE (suite)
- je la cryptographie: ce qu’en ont dit les anciens (Suite). — J’ai tenu à donner ces extraits d’auteurs que l’on nomme toujours quand on traite de cryptographie, mais dont les passages ne sont jamais cités au lecteur, qui tiendrait pourtant à lire lui-même les écrits des anciens sur les matières qu’on veut lui faire étudier.
- Remarquons toutefois ici que plusieurs de-ces auteurs, dans les répétitions et les citations qu’ils font les uns des autres, donnent plutôt le moyen d'écrire en cachette que celui d’écrire au moyen de caractères secrets ; cela me rappelle l’ingénieux artifice dont se servaient une dame et son ami pour correspondre en cachette : c’était le mari de la dame qui portait les criminelles missives des deux personnages ; on les glissait, sans qu’il s’en doutât le moins du monde, dans la doublure de son chapeau. Cette boîte aux lettres d’un nouveau genre, qui n’avait d’ailleurs rien de commun avec la cryptographie, fonctionna avec une régularité qu’aucun incident ne troubla jamais.
- Quant au moyen dont usaient les éphores pour correspondre secrètement avec leurs généraux, il faut avouer qu’il était bien enfantin, et que pas n’était besoin d'être grand clerc pour lire à première vue ce que contenaient les feuilles de parchemin déroulées.
- En effet, du moment qu’elles étaient probablement roulées autour d’un cylindre parfait, et que l’on écrivait d’un bout à l’autre sur 1 enveloppe continue qui résultait de cet enroulement, il est évident que les fragments de lignes devaient se trouver, quand on déployait la bande, à des distances égales les uns des autres. On n’avait donc qu’à lire le premier fragment, et à chercher plus bas le fragment qui s’y raccordait. Si c’était le dixième, on en avait donc huit entre celui-là et le premier ; ^és lors, on en passait huit autres et l’on tombait sur le troisième, puis sur le quatrième, et ainsi de suite. Quand on arrivait au bas de la bande de parchemin, on n’avait qu’à compter les fragments restant et à continuer par le haut pour lire la suite de la dépêche.
- En voici un exemple. Supposons que nous ayons la scytale suivante à déchiffrer :
- Vous avez eu tort de livrer ba mée dont le commandement vo la victoire à se ranger sous les ouve la république, sa pénurie u, d’ouvrir à l’ennemi le chem ait preuve dans cette circontance vez prises pour obtenir un résu èrement de votre imprudence, et formons un corps de cinq mille h maintenez-vous où vous êtes avant taille contre des forces aussi c us a été confiée. La bravoure ne drapeaux d’un général. Vous co en hommes et en argent, et vous in de Sparte. Nous félicitons l’a solennelle, et vous-même des he Itat aussi excellent pour la patrie, nous prions les dieux de mieux v ommes qui sera vers vous dans di d’entreprendre aucune opération onsidérables avec la petite ar suffit pas toujours pour obliger nnaissez l’état dans lequel se tr risquiez, si vous aviez été vainc rmée du courage dont elle a f ureuses dispositions que vous a mais nous vous blâmons sév ous inspirer à l’avenir. Nous x jours au plus tard. Jusque là
- Après avoir lu la première ligne : vous avez eu tort de livrer ba..., nous savons que le reste du dernier mot est : ... taille, et nous les cherchons. Nous le trouvons à la onzième ligne. Donc, chaque fragment de phrase suivant se trouve onze lignes plus bas, en partant de celui qu’on vient de lire ; et quand, au bas de la colonne, nous ne pouvons plus compter onze lignes, nous n’avons qu’à remonter au sommet et à lire au-dessous du premier, puis à continuer la même série d’opérations.
- Nous trouvons ainsi la dépêche suivante :
- « Vous avez eu tort de livrer bataille contre des forces aussi considérables avec la petite armée dont le commandement vous a été confié. La bravoure ne suffit pas toujours pour obliger la victoire à se ranger sous les drapeaux d’un général. Vous connaissez l’état dans lequel se trouve la république, sa pénurie en hommes et en argent, et vous risquiez, si vous aviez été vaincu, d’ouvrir à l’ennemi le chemin de Sparte. Nous félicitons l’armée du courag dont elle a
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- fait preuve dans cette circonstance solennelle, et vous-même des heureuses dispositions que vous avez prises pour obtenir un résultat aussi excellent pour la patrie. Mais nous vous blâmons sévèrement de votre imprudence, et nous prions les dieux de mieux vous inspirer à l’avenir. Nous formons un corps de cinq mille hommes qui sera vers vous dans dix jours au plus tard. Jusque là, maintenez-vous où vous êtes avant d’entreprendre aucune opération. »
- Il est probable, toutefois, que les anciens se servaient, pour la rédaction de ces scytales, d’un alphabet semblable à celui dont les auteurs cités plus haut font honneur à J. César et à Octave ; de cette façon, la lecture ne pouvait pas en être faite sans une étude longue et pénible si l’on ne possédait pas le chiffre convenu ; mais nous verrons cependant tout à l’heure que rien n’était plus facile que le déchiffrement de ces sortes de dépêches.
- A diverses époques, de nombreux auteurs se sont occupés des écritures secrètes et en ont donné divers systèmes plus compliqués les uns que les autres, comme aussi les moyens de les déchiffrer.
- A titre de bibliographie, je citerai les ouvrages suivants, que le lecteur pourra consulter à la Bibliothèque nationale s’il veut étudier à fond la cryptographie ; à la suite du titre de l’ouvrage, je mets entre parenthèses la cote d’inventaire du livre :
- Polygraphie universelle et universelle écriture cabalistique de l’abbé Trithéme, traduite en français par Gabriel de Collange. Paris, 1561, in-4° (Réserve, v. 1751).
- Traité des chiffres, par Biaise de Vigenère. Paris, 1586, in-4° (v. 17.868).
- L’interprétation des Chiffres, ou Règle pour bien entendre et expliq uer toutes sortes de chiffres simples; tiré de l’italien d’Antoine Maria Cospi, par F. I. Nicéron, minime. Paris, 1641, in-12 (v. 21.681).
- La Cryptographie, contenant une très subtile manière d’écrire secrètement, par Jean Robert du Carlet. Paris, 1644, in-12 (v. 37.055).
- Le Contr’ espion, ou Les Clefs de toutes les correspondances secrètes, par Blandol. Paris, 1793, in-12 (v. 36.825).
- Traité d'Obscurigraphie, ou Art de déchiffrer et traduire avec la plus grande facilité, et sans en avoir aucune connaissance, toutes les écritures en caractères allemands,
- anglais, arabes, arméniens, etc., par Ch.-Fr. Vésin. Paris, 1838, in-8° (X. 54.859).
- La Cryptographie, ou l'Art d’écrire en chiffres, par le bibliophile Jacob (Paul Lacroix). Paris, 1856, in-12 (v. 52.650).
- La Cryptographie dévoilée, ou Art de traduire ou de déchiffrer toutes les écritures, par V. de Romanini. Paris, 1857, in-8° (X. 33.029).
- Les écritures secrètes dévoilées, par Ch. Joliet. Paris, 1874, in-12 (Vp. 10.959).
- Dictionnaire télégraphique économique et secret, par Mamert Gallian. Paris, 1874, in-12 (v. 39.796).
- L’art de déchiffrer les écritures secrètes, par Edme Simonnat. Paris, 1881, in-8° (8° v. 4.117).
- La cryptographie militaire, par Aug. Kerck-hofïs, docteur ès lettres, professeur, etc. Paris, 1883, in 8° (8® v. 5.722).
- La cryptographie et ses applications à l’art militaire, par H. Josse, capitaine d’artillerie. Paris, 1885, in-8° (8° v. 7.442).
- Sur les mécanismes cryptographiques, par H. Léauté, membre de l’Institut. Paris, 1888, in-8° (8° v. 6.888, pièce).
- Cryptographie, par le marquis de Vioris. Paris, 1888, in-12 (8° v. 20.352).
- Science et guerre. Cryptographie, télégraphique optique, etc., par Max de Nansouly, P. Jupport, H. Mamy et G. Richon. Paris, 1888, in-12 (8o v. 7.237).
- Système nouveau de cryptographie (sans nom d’auteur). Paris, 1889, in-8° (Réserve, p- v> 293).
- Quelques-uns de ces traités sont écrits uniquement en vue des professionnels, c’est-à-dire pour les diplomates et surtout pour les mil*' taires ; ce sont les plus récents, ceux de MM. Kerckhoffs, Josse, Léauté, Vioris, et le dernier cité, sans nom d’auteur; ceux-là sont purement techniques et ont pour but, autant d’établir un chiffre absolument inintelligible a autrui, que de procurer l’intelligence de n importe quel chiffre inconnu donné.
- C’est la haute école de la cryptographie. Du reste, au point de vue militaire, voici, d’apres Kerckhoffs, les conditions sine quibus non que doit présenter cette science :
- 1° Le système doit être matériellement, sinon mathématiquement, indéchiffrable ; I>1
- 2° Il faut qu’il n’exige pas le secret, et qu h
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- puisse sans inconvénient tomber entre les mains de l’ennemi ;
- 3o La clef doit pouvoir en être communiquée et retenue sans le secours de notes écrites, et être changée ou modifiée au gré des correspondants ;
- 4° Il faut qu’il soit applicable à la correspondance télégraphique;
- 5“ Il faut qu’il soit portatif, et que son maniement ou son fonctionnement n’exige pas le concours de plusieurs personnes ;
- 6° Enfin il est nécessaire, vu les circonstances qui en commandent l’application, que le système soit d’un usage facile, ne demandant ni tension d’esprit, ni la connaissance d’une longue série de règles à observer. — C’est-à-dire que le meilleur système de cryptographie militaire serait celui dans lequel on n’aurait besoin que d’une feuille de papier et d’un crayon.
- Le lecteur ne doit pas s’attendre à ce que je traite ici ces questions ardues de haute cryptographie ; ce n’est pas dans un traité élémentaire d’arithmétique qu’il faudrait chercher les règles du calcul infinitésimal et intégral. Ceux qui désireront approfondir ces questions intéressantes auront recours aux savants ouvrages que j’ai indiqués plus haut, et spécialement pour eux ; quant aux autres lecteurs, ils trouveront ici tout ce qui pourra les intéresser sur la correspondance secrète, ancienne ou moderne, au moyen de chiffres convenus entre les correspondants, et plus ou moins indéchiffrables pour les étrangers.
- J’ajouterai qu’en soi il est rare qu’un chiffre
- AU CAMBC
- tE même que les admirables monuments qu’on rencontre partout au Cambodge, ensevelis dans les forêts sauvages, attestent un art architectural fort avancé, de même aussi les nombreux écrits qu’on trouve en quelques pagodes nous font voir des littérateurs et des Poètes aux accents magiques.
- Mais en tout cela on ne retrouve que les vestiges d’un glorieux passé.
- La cour elle-même, avec ses bayadères r'chement costumées, avec ses centaines cl’éléphants de parade, n’était plus qu’un amas indigeste de splendeurs et de misères,
- ne puisse être découvert : ce n’est qu’une question de temps et de patience. La patience, on peut toujours l’avoir; pour le temps, c’est autre chose. Ainsi, à la guerre, un courrier tombe entre les mains de l’ennemi et on lui prend ses dépêches chiffrées. Si le chiffre exige un jour au moins de recherches pour être découvert, il est évident que l’adversaire aura le temps d’exécuter le mouvement qu’il annonce, si ce mouvement doit avoir lieu dans quelques heures. C’est donc le temps qui manquera ici pour pénétrer le secret contenu dans la dépêche ; et si, — comme les règles de la guerre l’imposent,— cette même dépêche a été envoyée par dix, vingt ou trente exprès à la fois, précisément pour le cas où plusieurs d’entre eux seraient pris, rien n’empêchera l’adversaire d’agir comme il l’entend, car l’une au moins des dépêches envoyées simultanément est parvenue à destination.
- Nous étudierons donc dans ce volume les systèmes de cryptographie en usage entre particuliers, et suffisamment indéchiffrables pour lasser la patience des indiscrets les plus tenaces dans leurs recherches ; je donnerai en outre quelques systèmes qui assurent le secret le plus absolu des dépêches sans avoir à faire pour cela les calculs parfois très pénibles qu’exigent les chiffres en usage dans l’armée ou la diplomatie. Nous commencerons par la méthode dite de Jules César, pour passer ensuite aux autres, plus ou moins compliquées.
- (A suivre) E.-N. Santini.
- DGE (Suite)
- lorsque le drapeau de la France apparut sur les bords du Mékong.
- D’armée, il n’en n’existe point. En temps de guerre, toute homme valide est enrôlé et s’arme comme il peut. Les finances de l’Etat sont réduites à néant, le souverain, accaparant pour lui seul les décimes du royaume.
- Le peuple se divise en deux classes : écrasants et écrasés, la seconde naturellement beaucoup plus nombreuse que la première.
- D’où il faut conclure que le pays le plus riche du monde, malgré les ressources natu-
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- relies, malgréune situation exceptionnellement avantageuse, arrive promptement à la ruine lorsqu’il est mal administré.
- Ajoutons à ce tableau que le système de guerre des Indo-Chinois amène bien vite l’anéantissement d’une nation. Outre les tueries et les massacres sans merci, les dé-
- du Cambodge sont aussi rares aujourd’hui qu’ils ont dû être nombreux autrefois.
- Voilà, en quelques mots, comment on peut expliquer la décadence à laquelle les Khmers sont arrivés.
- Malgré cela, revenant à notre idée première, nous sommes heureux de constater
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- Fig. 214. — Un éléphant du roi (d’après une photographie de l’auteur).
- portations en masse de la population ont vite rendu à l’état sauvage une nation où il ne reste plus de bras.
- Peut-être faudrait-il trouver dans ces légions de captifs le moyen dont se sont servis les rois khmêrs pour élever les gigantesques constructions d’Angkor.
- Mais ce qu’ils ont probablement fait pour d’autres peuples, aux jours de leur victoire, ils ont dû le subir, lorsqu’ils ont été les vaincus; et c’est pour cela que les habitants
- qu’on ne trouve point au Cambodge de misères à fendre le cœur comme celles qu’on rencontre trop souvent en Europe, que l’indigène ne doit s’en prendre qu’à lui seul s’il n’est pas plus fortuné et s’il ne jouit pas de tout le bien-être qu’on peut envier. I a fer" tilité du sol est toujours la même, toujours inépuisable. Les pluies et les inondations périodiques ne sont-elles pas toujours là pour tout féconder? Le soleil des tropiques n’a-t-il pas toujours ses rayons vivifiants
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- pour faire germer et mûrir les plus riches moissons ?
- Pour compléter cette courte étude sur le pays kbmêr, il ne sera pas sans utilité de jeter un coup d’œil sur la vie familiale et sociale du Cambodgien.
- Celui-ci élève toujours sa case sur pilotis, à un mètre cinquante environ au-dessus du sol ; et cela pour plusieurs raisons. D’abord
- case annamite. Elle est construite presque tout entière en bambous. Les parois sont en feuilles de papier cousues et la toiture en chaume ou en feuilles.
- La forêt voisine, qui est la propriété de tous, fournirait d’excellentes charpentes d’un bois impérissable. Mais comme il faudrait travailler pour faire quelque chose de solide, le Khmêr se contente de bambous, et se
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- Fi^. 216. — Case Cambodgienne h Phnômpèuh (Cambodge).
- l’habitation est mieux aérée et plus propre. Ensuite, elle est à l’abri de l’inondation et Moins accessible aux reptiles. Dans certaines régions, l’élévation de la case est une garantie contre les fauves, contre le tigre surtout. Enfin, le dessous sert de hangar.
- Bien que le Cambodgien aime la proximité des cours d’eau ou des étangs, chose indispensable à l’Annamite, qui ne fait qu’un avec sa barque ou sa pirogue, le premier habite ' olontiers l’intérieur des i erres.
- La case cambodgienne est plus propre, Plus élancée et moins disgracieuse que la
- paye ainsi le plaisir d’avoir une maison neuve de temps en temps.
- On accède à la case par une échelle en bambous. L’intérieur est divisé en deux ou trois compartiments, dont le premier seul, celui de l’avant, est accessible aux étrangers. Le plancher est généralement fait en lattes de bambous, ou plus rarement de planches dégrossies à la hache.
- A noter, en passant, que les quelques rares Cambodgiens qui scient de long, tiennent leur scie horizontalement et perpendiculai rement,
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- L’ameublement khmêr est des plus primitifs. Un ou deux lits de camp, des nattes, quelques courts oreillers fort durs, servant d’accoudoirs, des boîtes à bétel, un crachoir : tout est là ; chaises, tables et autres meubles sont encore à inventer. Pendus aux parois, en feuilles quelquefois, des instruments de musique, des satras gravés sur feuilles de latanier et des godets de bambous. C’est assez dire que le luxe n’est pas connu et que le confortable le plus élémentaire fait défaut.
- Aussi les marchands de meubles du quartier Saint-Antoine ne seront-ils guère tentés de faire de l’exportation en ces parages. Par contre ils trouveraient à importer en France des essences de bois admirables, tels qu’é-bène, palissandre, bois de rose, etc., etc.
- Un jour, à l’entrée des forêts de Pontéay-Méas, je trouve une énorme bille d’ébène dont l’extrémité se consumait lentement.
- « Pourquoi, dis-je au Cambodgien de la case voisine, brûler de si beaux bois? — « Oh ! me répond-il, ce bois ne manque pas dans la forêt. Et comme il brûle lentement, nous le préférons pour conserver du feu. »
- Souvent, la cuisine cambodgienne se fait sous la case à côté de l’indispensable mortier en bois dans lequel on blanchit le riz ; ordinairement elle se fait au fond ou sur le côté de la case, dans un réduit séparé.
- Dans cette cuisine peu attrayante où tous les Trompette du monde eussent été au désespoir, vous pouvez voir une ou deux marmites en terre, un réchaud également en terre, un plateau en cuivre ou en bois pour servir le riz, quelques tasses, une jarre pour le poisson pourri accommodé en fromage, une salière, quelque poissons salés ou fumés, parfois des lanières de chair de caïman qu’on prendrait volontiers pour des bouts de courroies racornies, et enfin un ou deux gros coutelas servant un peu à tous les usages. Le Cambodgien est très sobre et se nourrit misérablement; ce qu’on, aurait peine à croire à première vue, les Cambodgiens étant généralement beaux hommes. Du poisson, du riz, des herbes et des fruits, voilà tout le menu. Voyez donc celui-ci : il mange à belle dents un énorme concombre. C’est son dessert. Des goûts on ne discute pas.
- Pour manger le riz, les Khmers ne se servent pas de baguettes, comme le font les 1 Chinois et les Annamites, les doigts leur suffisent. Ils ne font généralement que deux repas par jour.
- Si le Cambodgien se contente de peu pour son repas, il se contente de moins encore pour son repos.
- La natte déroulée est étendue dans un coin, ou au milieu de la case, sur la planche ou sur les tringles en bambou qui servent de plancher. Voilà la couchette du Khmêr.
- Habituellement la natte est étendue sous une moustiquaire, objet indispensable. Si indispensable, en certains endroits, qu’on en donne même aux chevaux. La fumée la plus épaisse et la plus insupportable qu’on fait autour de l’habitation est aussi un surcroît de précaution pour écarter les terribles moustiques.
- Los buffles, en guise de moustiquaire, ont la flaque boueuse dans laquelle ils ne manquent pas de se faire une cuirasse contre les insectes.
- Quelques Cambodgiens, plus pauvres, et surtout quand il sont en voyage, se roulent dans une enveloppe de jonc gigantesque, laquelle tient lieu de natte et de moustiquaire.
- Il est bon de noter que les Cambodgiens, les Siamois et les Annamites ont une telle
- habitude de l’équilibre qu’ils dorment souvent enroulés dans cette enveloppe sur le toit hémisphérique de leur barque balancée sur le fleuve.
- Les Cambodgiens comptent les heures de la façon suivante :
- lre veille, de 6 heures à 8 heures: l’heure où les enfants vont se coucher;
- 2e veille, de 8 heures à 10 heures : l’heure où les hommes vont se reposer ;
- 3e veille, de 10 heures à minuit: l’heure où les vieillards vont dormir ;
- 4e veille, de minuit à 2 heures : premier chant du coq ;
- 5e veille, de 2 heures à quatre heures deuxième chant du coq ;
- 6e veille, de 4 heures à6 heures: troisième chant du coq. Aurore.
- (A suivre) J. GuesdON.
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- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- LE PRODUIT CHIMIQUE LE PLUS IMPORTANT EN PHOTOGRAPHIE
- l est un produit chimique qui entre dans la composition de toute plaque photographique, de tout dévelop-pateur et de tout bain fixateur ; c’est le moins coûteux des produits, bien qu’il soit le plus important; son nom est l’eau.
- En l’absence de cet important constituant, aucune action chimique ne semble se produire, bien que les résultats de toute opération, soit chimique, soit photographique, soient largement influencés par la plus ou moins grande proportion employée de corps.
- L’eau est, pour ainsi dire, le dissolvant le plus universel que l’on possède et il existe bien peu de substances qu’il ne dissolve pas, ne fut-ce qu’en quantité minime.
- Cependant, pour les corps organiques — telles les résines — on emploie avec plus de succès d’autres dissolvants.
- L’eau, comme tous les autres corps, se compose d’une agglomération de particules infinitésimales si petites qu’aucun microscope ne les pourrait différencier l’une de l’autre.
- Ces particules sont en mouvement continuel, la rapidité de ce mouvement dépendant de la température ; au point de congélation, ce mouvement est à peu près nul ; mais à mesure que la température s’élève, elles se meuvent de plus en plus rapidement, de telle manière que quand l’eau arrive à la température d’ébullition, le liquide se volatilise et se transforme en vapeur ou gaz.
- Les particules ne se touchent jamais entièrement et la distance qui les sépare l’une de l’autre dépend aussi de la température ; plus celle-ci augmente et plus grande devient la distance qui les sépare.
- Quand une substance — telle que, par exemple, le bromure de potassium — est mise à dissoudre dans l’eau, les particules de cette substance se comportent à peu près comme celles do l’eau portée à l’ébullition ; les particules du bromure viennent s’insérer dans les interstices laissés entre les particules de l’eau.
- De là on voit clairement que plus grands seront les espaces laissés entre les particules de l’eau, plus grande aussi sera la
- quantité de bromure que celle-ci pourra dissoudre.
- Or, nous venons de dire que plus chaude devient l’eau, plus considérables deviennent les espaces entre les particules. Il découle de cela que l’on pourra dissoudre le bromure (ou les autres substances) plus rapidement dans l’eau chaude que dans l’eau froide. Si on a dissous dans de l’eau chaude autant de bromure qu’il a été possible, de telle manière que tous les interstices des particules d’eau ont été comblés par les particules de bromure, ceux-ci seront repoussés à mesure que l’eau se refroidira et que les particules d’eau se contracteront; de sorte qu’une partie du bromure sera déposée sous forme de cristaux, l’eau restant toutefois saturée de bromure.
- Les faits que nous venons d’exposer font comprendre la différence qui existe entre une solution saturée à chaud et une autre saturée à froid.
- Le pouvoir que possède la gélatine d’ab sorber l’eau, a plusieurs applications importantes en photographie.
- Dans la préparation des émulsions, la proportion d’eau destinée à y entrer doit, être calculée avec soin ; dans la photographie l’eau est le facteur important ; les parties de la planche qui ont été exposées à la lumière ne prennent plus l’eau, tandis que les parties qui n’ont pas reçu l’action des rayons lumineux restent susceptibles de s’imbiber d’eau ; conséquemment, lorsque le rouleau encré passe sur la planche, les parties humides refusent de prendre l’encre grasse du rouleau, qui adhère, au contraire, aux parties sèches qui la transfèrent au papier.
- Le rouleau encreur lui-même ne fournirait pas un travail satisfaisant si la gélatine dont il se compose n’était pas imbibée d’une quantité déterminée d’eau; si celle-ci était en excès, l’impression ne se ferait pas bien.
- Dans les autres procédés mécaniques d’impression, la plus ou moins grande perméabilité à l’action du bain d’acide dépend largement du plus ou moins d’eaq çontenue dans la gélatine.
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- L’eau est un très mauvais conducteur de la chaleur. Si on chauffe le sommet d’un vase long et étroit, rempli d’eau, on trouvera que cette eau reste au bas du vase, pour ainsi dire, aussi froide qu’elle l’était avant de chauffer.
- Si cependant on chauffe le bas du vase, chaque particule, à mesure qu’elle devient chaude, devient plus légère et monte vers le sommet du récipient ; il se produit de la sorte un mouvement de circulation dont le résultat est que la température s’élève d’une façon plus ou moins égale dans tout le volume d’eau.
- La glace, comme tous les autres solides, nécessite de la chaleur pour fondre et se transformer en liquide. Elle est un peu plus légère que l’eau et flotte naturellement, de telle sorte qu’en fondant elle est toujours en contact avec les parties les plus chaudes du liquide, parties qui, nous venons de le voir, se trouvent toujours au sommet.
- La plupart des corps utilisés en photographie sont plus pesants que l’eau et vont, par conséquent, au fond; si on les y laisse, sans les agiter, ils se dissolvent très lentement.
- Si on applique la chaleur au fond du vase, l’eau est mise en mouvement, mais il y a danger à chauffer de la sorte un vase au fond duquel gît un lit de cristaux, car ceux-ci, à moins qu’on ne les agite continuellement, absorbent tellement la chaleur qu’il se forme, au fond, une surface comparativement froide et que le vase, s’il est en verre, se brisera très probablement.
- Il vaut mieux alors verser de l’eau bouillante sur les cristaux ou, si l’on fait une grande quantité de solution, les suspendre dans le vase à l’aide d’un sachet en mousseline.
- En raison de son pouvoir dissolvant, mentionné au commencement de cet article, l’eau a une tendance à dissoudre, en plus ou moins grande quantité, tout ce qui entre en contact avec elle, jusqu’à ce que, pourrions-nous dire, tous les interstices de ces particules soient comblés.
- L’eau dissout également une quantité considérable des principaux gaz renfermés dans l’air, tels que l’oxygène, l’azote, l’acide car-
- REVUE DES
- . . r-
- Connaissances pratiques pour conduire les au- j
- tomobiles à pétrole et électriques, suivies du
- bonique.
- Au premier de ces gaz est due la détérioration des agents réducteurs qui entrent dans les développateurs ; aussi, avant de préparer un développateur en quantité importante, fera-t-on bien de bouillir l’eau pour en chasser le gaz, et de s’en servir pendant qu’elle est bouillante.
- La présence de l’acide carbonique dans l’eau de pluie permet à celle-ci de dissoudre la chaux qu’elle incorpore en s’infiltrant à travers les roches; de telle sorte que les eaux les plus naturelles renferment de la chaux, outre les autres impuretés.
- En faisant bouillir cette eau, le gaz acide carbonique est chassé et la chaux est précipitée.
- Le gypse, ou sulfate de chaux, reste cependant en solution et ne peut être séparé que par une distillation qui fournit une eau pratiquement pure, au point de vue photographique.
- Le défaut de l’eau de source ou de rivière qui n’a pas été distillée est que la chaux qu’elle renferme rend troubles les solutions d’oxalate et de quelques autres corps.
- En dehors de la chaux, les eaux naturelles renferment également des chlorures — tels que le sel commun ou chlorure de sodium — dont l’action consiste à précipiter, par exemple, l’argent sous forme de poudre blanche,
- L’aspect trouble que prend la première eau employée au lavage des papiers sensibles albuminés ou chlorurés est dû à l’action du chlorure contenu dans l’eau et s’unissant aux sels argentiques.
- L’eau de pluie, à moins que les conduites ne soient très sales, peut être employée pour faire toutes les solutions photographiques, en dehors des révélateurs pour lesquels on aura soin de la faire bouillir.
- Si on laisse l’eau de pluie exposée à la lumière, il s’y produit des végétations microscopiques de couleur verte, qui rendent son emploi préjudiciable aux solutions.
- (Traduit de Pholography pour l'Objeclif)
- C.-F. Townsend.
- LIVRES
- nouveau réglement, par Félicien Michotte. — Un volume broché avec gravures, 3 fr. 5°
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- — Librairie centrale des Sciences, Paris.
- « Cet ouvrage, dit l’auteur, est le cours public et gratuit que j’ai professé à l’Association Polytechnique, et dans lequel j’ai cherché avant tout à me mettre à la portée de chacun, quel que soit son degré d’instruction, et à lui faire retenir et comprendre tout ce qu’il doit savoir et rien de plus ».
- Aussi, le lecteur ne devra pas chercher dans ce volume ni l’historique, ni la théorie des moteurs, ni les calculs nombreux que l’on trouve dans presque tous les ouvrages — théorie et calculs qui ont surtout pour but de montrer la science de l’auteur, science facile à acquérir, car on la
- A TRAVERS
- Un nouveau papier. — Nos papeteries vont avoir à lutter contre une concurrence anglaise qui pourrait devenir dangereuse, grâce à un nouveau procédé de fabrication, très simple et peu coûteux, qui tend à prendre un grand développement de l’autre côté de la Manche, et que relate comme suit le Journal clés Papetiers.
- 11 s’agit du papier obtenu avec des herbes par le procédé ordinaire qui n’a pas besoin d’être décrit (lavage à l’eau, traitement par une lessive de soude chaude, nouveau lavage et mise en pâte dans les cuves).
- Toutes les variétés d’herbes les plus communes peuvent être employées dans la fabrication de ce nouveau papier. Il convient seulement, quand on destine les herbes à cet emploi, de les récolter avant qu’elles commencent à fleurir.
- La fibre du papier ainsi obtenu est très longue, sa ténacité et sa souplesse sont remarquables.
- Ces qualités permettent de se servir de cette pulpe pour fabriquer du papier toile, du papier à dessiner, à écrire, à calquer, Parce qu’elle fournit une surface fine et lisse d’une grande apparence.
- On est parvenu à calculer qu’un kilogramme de gazon sec produisait un quart de son Poids de papier. En d’autres termes, on arrive à démontrer qu’un hectare de terrain planté en gazon peut fournir, en moyenne, 2.500 kilogrammes de papier.
- trouve dans tous les traités spéciaux — qui ne peuvent être compris que de ceux qui les savent déjà et qui sont de toute inutilité à un chauffeur.
- Il ne faudra pas y chercher non plus la description de chaque voiture ni de sa carrosserie : les prospectus des fabricants et les ouvrages parus sont là pour compléter cette lacune.
- Par contre, le lecteur y trouvera l’étude de toutes les parties composant une voiture, la manière de la démonter, de la remonter, les soins qu’elle demande, les accidents qu’elle peut avoir, sa conduite, son mode de réparation : toutes choses que doit posséder celui qui conduit une automobile.
- LA SCIENCE
- A imiter.— Le Journal clés Inventeurs relate que le conseil municipal de Devon, en Ecosse, vient d’édicter un arrêt qui condamne à 5 sliil ngs d’amende tout individu coupable de briser du verre sur les routes.
- Rien n’est plus logique et plus conforme à l’intérêt public.
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- Un village Suisse éclairé à l'acétylène.
- — Le village de Worb, près de Berne, est éclairé à l'acétylène depuis le mois d’avril dernier. Cette installation, qui compte mille flammes de trente bougies, est l’une des plus importantes de la Suisse. Elle comprend une usine génératrice d’où part la conduite principale sur laquelle se branche le réseau de distribution pour l’éclairage public et l’éclairage domestique. L’usine rappelle par ses formes extérieures une usine à gaz ordinaire. Elle contient deux générateurs pouvant produire chacun 10 mètres cubes de gaz à l’heure, un gazomètre d’une capacité de 50 mètres cubes et tous les appareils et magasins accessoires. La conduite principale a 3.000 mètres de développement; c’est un tuyau en fonte de 10 centimètres; les autres canalisations sont formées par des tuyaux en fer. Il y a pour l’éclairage des rues, trente-quatre réverbères éloignés de 50 à 150 mètres. Bien que ces distances semblent passablement grandes, l’éclairage est suffisant.
- Le service de cette installation est très simple et peu coûteux, puisqu’à l’usine un
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- seul homme suffit à fabriquer, en trois heures, le gaz nécessaire au remplissage du gazomètre.
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- Trottoirs cyclables. — La Municipalité de Hambourg vient de décider la création dans toutes les rues qui ne sont pas asphaltées ou pavées en bois, d’un trottoir spécial réservé aux cyclistes. Cette piste bitumée, d’un mètre environ de large, serait prise, à droite et à gauche, sur les trottoirs déjà existants. Un côté serait pour l’aller, l’autre pour le retour, du centre de la ville vers la périphérie. Le Sénat de Hambourg, auquel ce projet avait été présenté par les chefs du premier district, l’a non seulement adopté, mais en a recommandé la prompte exécution. D’après les devis, la somme à engager, répartie sur cinq ou six ans, ne dépassera pas 243,000 m., et les travaux, déjà commencés, seront terminés en 1903 au plus tard. Hambourg sera ainsi la première et la seule ville du monde à posséder un réseau complet de trottoirs cyclables.
- ***
- Les diamants en Chine. — On annonçait récemment que les Allemands avaient découvert des mines de diamant dans leur nouvelle concession en Chine, et qu’ils fondaient les espérances les plus brillantes sur le rapport du géologue, auteur de la découverte.
- M. Fauvel, un Français, ancien fonctionnaire des douanes en Chine, vient de rappeler que le fait était connu, et que M. l’abbé David, le missionnaire estimé,
- LA SCIENCl
- Pour arrêter un rhume de cerveau. —
- Le docteur Max Nassauer dit dans « le Practitioner» qu’on peut arrêter un rhume de cerveau au début avec une solution faible (rose pâle) de permanganate de potassium qui semble avoir une action spécifique sur le coryza. Dès la première heure, à quelques minutes près, le rhume se trouve arrêté. On se mouche vigoureusement, puis on se lave bien les narines avec la solution en laissant couler le liquide d’une narine à l’autre et dans la bouche. On essuie ensuite le nez avec un morceau d’ouate. On enfonce dans les
- l’a signalé dès 1875. Il avait trouvé de la poussière de diamant et même de petits diamants dans le résidu des briquettes de charbon qui sont employées à Pékin, et même dans la poussière des rues de cette ville, où sans doute ils étaient arrivés par les résidus de ce combustible que l’on sème un peu partout.
- Au surplus, l’existence du diamant n’était pas ignorée des Chinois; s’ils ne l’emploient guère comme pierre d’ornement, il y a longtemps que leurs industriels s’en servent pour armer des forets, spécialement ceux qui servent à percer la porcelaine ; encore une de nos inventions les plus modernes que nous retrouvons en Chine, utilisée de temps immémorial.
- La recherche des petits diamants pour cet usage ne constitue rien de semblable aux grandes entreprises qui enrichissent ou qui ruinent les gens en quelques jours. De pauvres diables se chaussent de sandales de paille et se promènent, ainsi munis, dans le cours des ruisseaux qui ont la réputation de rouler le précieux minéral. Les petits diamants pénètrent dans la paille où ils sont retenus, et les sandales, mises en tas, sont brûlées; il ne reste plus qu’à bluter les cendres pour trouver le trésor. C’est cependant un métier qui nourrit à peine celui qui l’exerce. Il est clair que ces petits fragments de diamants roulés par le ruisseau viennent de quelques gisements ignorés. Ce sont ces gisements que les savants allemands cherchent à déterminer. (Cosmos).
- PRATIQUE
- narines un morceau d’ouate imbibée de cette solution et on renverse suffisamment la tête pour permettre au liquide de bien imbiber le nez. On retire ce petit tampon d’ouate au bout d’une heure. Un coryza même bien pris peut se calmer sous l’influence de ce traitement, mais il est encore plus efficace lorsque les éternuements, de légers chatouillements, et une sécrétion plus abondante annoncent le début du mal.
- ***
- Procédé d’imperméabilisation des tissus.
- — L'Hygiène moderne indique la méthode
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- suivante pour réaliser l’imperméabilisation des tissus. Etendez le tissu en question sur une planche, «l’endroit» en dehors, puis, avec une petite éponge un peu résistante, enduisez-le d’huile de lin très siccative en prenant très peu à la fois et en frottant fortement et par petites parties, afin d’imprégner également le tissu ; laissez sécher à l’ombre pendant quelques jours ; étendez alors votre tissu, l’envers en dehors, faites-lui subir la même opération et laissez sécher à l’ombre ; enfin retournez à nouveau le tissu, l’endroit en dehors, et terminez par une troisième couche.
- Pour donner une couleur brune au tissu, on ajoute à l’huile siccative un peu de terre de Sienne brûlée ou de terre d’ombre brûlée.
- Les tissus épaississant sensiblement par ces opérations réitérées, il y a lieu d’en tenir compte dans le choix que l’on fera.
- ***
- Conservation des œufs. — On essaye différentes méthodes pour conserver les œufs le plus longtemps possible.
- Dans le Journal d'agriculture pratique, M. le baron Henry d’Anchald cite, d’après le Berliner Markthallen Zeitung, des expériences faites à ce sujet, en Allemagne, dans le but de comparer les résultats obtenus.
- On a pris des œufs frais qu’on a traités différemment en juin, et, après huit mois de conservation, on les a ouverts fin février pour permettre une rigoureuse comparaison :
- Méthodes. Sur 100 œufs
- Conservation dans de l’eau
- salée...................... 100 de mauvais
- Enveloppés dans du papier.... 80 —
- Baignés dans un mélange d’acide
- RÉCRÉATIONS
- Une expérience de laboratoire curieuse.
- — La Revue de Chimie industrielle décrit une curieuse expérience de laboratoire par Schwersenski etCaro. Elle consiste à verser dans une éprouvette environ 3 centimètres cubes d’acide sulfurique pur que l’on recouvre d’un égal volume d’alcool à 96°, en évitant de mélanger les deux liquides. Si on introduit dans l’éprouvette un cristal de permanganate
- salicylique et de glycérine... 80 de mauvais
- Frottés avec du sel............ 70 —
- Conservés dans du son............ 70 —
- Recouverts de paraffine....... .10 —
- Badigeonnés d’un mélange d’acide salicylique et de glycérine........................... 70 —
- Plongés 12 à 15 secondes dans
- de l’eau bouillante............ 50 —
- Plongés dans une solution
- d’alun......................... 50 —
- Plongés dans une solution
- d’acide salicylique............ 50 —
- Vernis avec du silicate de potasse .......................... 40 —
- Vernis au collodion.............. 40 —
- Recouverts de saindoux........ 20 —
- Conservés dans des cendres de
- bois......................... 20 —
- Vernis avec de la gomme laque 20 —
- Traités avec un mélange d’acide borique et de silicate de
- potasse........................ 20 —
- Traités avec du permanganate
- de potasse.................... 20 —
- Recouverts .de vaseline........... 0 —
- Conserv s dans de l’eau de
- chaux.......................... 0 —
- Conservés dans une solution de silicate de potasse............... 0 —
- Les trois dernières méthodes sont les meilleures; cependant, le traitement à la vaseline est long, et celui à l’eau de chaux communique à certains œufs un goût désagréable. Reste la méthode au silicate de potasse, qui a l’inconvénient de rendre les œufs brisants lorsqu’on les plonge dans l’eau bouillante ; pour y obvier, on perce la coquille avec une aiguille avant de faire cuire. Quel que soit le procédé employé, il ne faut prendre que des œufs non fécondés.
- SCIENTIFIQUES
- de potasse assez gros et bien compact, le cristal, au contact de l’acide, dégage des bulles gazeuses et après quelques minutes on constate à la zone de contact des deux liquides des étincelles très brillantes et de petites explosions; les étincelles se multiplient, les deux liquides se mélangent et il se produit alors une sorte de petit feu d’artifice dans toute la masse. Le phénomène dure
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- fClüUM
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- parfois plus d’un grand quart d’heure. Durant l’expérience, la température de l’alcool ne s’élève pas jusqu’à son point d’ébullition et l’alcool ne s’enflamme pas. Il est prudent de placer l’éprouvette dans un vase destiné à recevoir l’acide en cas de rupture de l’éprouvette, par suite de soubresauts dus aux explosions.
- ***
- Les grenouilles cataleptiques. — L’expé- j rience suivante est facile à renouveler. On J place quelques grenouilles dans un plat contenant unecou„ che d’eau, peu épaisse, puis on recouvre ce plat d’un entonnoir renversé, dont les bords plongent dans l’eau ; on suspend dans la cloche ainsi formée, en le faisant passer par le tube de l’entonnoir,un petit morceau de ouate sur laquelle on aura versé i?i°- ~ s°bill(3
- une trentaine de gouttes de chloroforme. Enfin on met un bouchon de ouate dans le goulot de l’entonnoir, si bien que les grenouilles sont plongées dans une atmosphère surchargée de chloroforme où elles vont rapidement être anesthésiées.
- On les sort alors de la cloche. Ce n'est pas un spectacle ordinaire que de voir ces grenouilles aveugles et sourdes, la peau absolument insensible aux piqûres qü’on peut leur faire, se relever sur les pattes de devant, regardant ou du moins semblant contempler le ciel, comme en extase. Elles sont en véritable catalepsiej car on peut leur donner la plus étrange position, elles la conserveront, sans rien sentir ni rien entendre.
- Cette expérience est la reproduction d’essais faits par M. de Tarchanoff, et dérive quelque peu de l’expérience de Volta, qui fut l’origine de la pile électrique.
- L’union fait la force. — Prenez sept bouchons, placez-en un debout sur une table, entourez-le des six autres également debout; saisissez le tout avec la main et plongez les bouchons complètement dans l’eau de façon qu’ils soient bien mouillés ; retirez-les de l’eau pour les abandonner à eux-mêmes. L’eau, qui a pénétré dans les bouchons par capillarité, les maintiendra soudés entre eux, et, bien que chaque bouchon soit dans un équilibre instable, l’ensemble ainsi obtenu sera stable. Cette récréation, qui nous
- démontre la cohésion produite par un phén o m ène capillaire, vient nous prouver une fois de plus la vérité de notre vieil adage : « L’union fait la force ».
- ***
- La gobille et les deux assiettes. — Terminons par une petite récréatio n
- et les deux assiettes. amusante
- qui pourra sans doute procurer à nos jeunes lecteurs quelques instants de distraction pendant les longues soirées d’hiver qui approchent.
- Plaçons deux assiettes plates sur la table de façon qu’elles se touchent parles bords. Mettons une gobille dans la première et proposons à quelqu’un de la faire passer dans la seconde, simplement en soufflant dessus ainsi que le montre la figure 216. Cette opération qui, à première vue, semble très simple, l’est beaucoup moins en réalité, car pour que la gobille tombe dans la seconde assiette, il lui faut passer juste au point de contact des deux assiettes, sinon elle dévie et roule sur la table.
- F. B.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LA CULTURE DE L’EDELWEISS
- ’Edelveiss, à la fleur de neige, appartient essentiellement à la flore alpestre; sa présence dans un jardin ordinaire est donc destinée à provoquer toujours le plus grand étonnement. Cependant sa culture est facile, mais exige l’application aussi stricte que possible de ses conditions d’existence natales. Tout coin ensoleillé d’un jardin est propice, à la condition, cependant, que le terrain ait été préparé avant de recevoir la plante.
- L’Edelweiss croît dans les hautes régions alpestres, partout où les ébou-lements de rochers ont laissé suffisamment d’hu-®us pour le nourrir. Sa longue chevelure de fines racines, qui dépasse sou-vent un mètre, va cher-cher dans la profondeur du sol l’humidité et la nourriture qui lui sont nécessaires et il réussit Ie mieux dans les ter-rains dont le sous-sol consiste en pierres calcaires. Là, il s’épanouit en plein soleil, bravant la chaleur ainsi que les frimas, aspirant pendant 1® jour l’eau des bas l°uds et se rafraîchissant la nuit au contact d’une abondante rosée.
- C est avec cette façon de vivre qu’il faut c°mpter, si l’on tient à réussir la culture de cette plante dans un jardin.
- Le sol où est semé l’Edelweiss devra donc ®lre rendu très imprégnable. Pour cela, il aut creuser la terre à une profondeur d’au jaoins 50 centimètres, et si elle est de bon JUlnus, on l’additionne par moitié avec du ^eux mortier sec, détaché d’un mur.
- N faut éviter de se servir pour le mélange,
- ® chaux calcinée, qui brûlerait la plante ehcate. Dans le terrain préparé de cette ^ ǰn, on place à environ 50 centimètres UQe de l’autre, les jeunes plantes qui, au
- Fig. 217. — L’Edelweiss
- mois de mars, auront été tirées de la graine sur une couche de fumier. Sur cette couche de fumier, la très petite graine de l’Edelweiss doit être semée régulièrement et recouverte de terre menue d’une façon assez légère pour éviter d’en étouffer la germination.
- Dans cette transplantation des jeunes pousses, on remarquera déjà l’étonnante longueur des fines racines qui s’enfoncent profondément dans le sol, traversant la couche de fumier.
- Aussi ne convient-il pas de transplanter des, plants plus âgés ni des plantes d’un an, car on risquerait de déchirer leurs racines, ce qui provoquerait leur dépérissement. C’est, du reste, à cause de la longueur des racines que le sol doit être remplacé à une bonne profondeur.
- Si quelques-unes des jeunes plantes sont détruites par les vers ou les limaces, il faut les remplacer par d’autres, en ayant soin de protéger contre ces ennemis celles qui sont restées indemnes. L’arrosage journalier au commencement et à la fin de chaque journée chaude est de toute nécessité pour l’Edelweiss qui, cependant, ne doit jamais séjourner dans l’eau.
- Quand vient l’hiver, l’Edelweiss n’exige aucun soin protecteur. Les petites plantes disparaissent sans laisser de trace, mais se réveillent au printemps pour inaugurer une existence nouvelle.
- A peine la neige est-elle fondue, que les petites têtes de velours argenté surgissent et, quand le mois de mai a orné toutes les plantes de leur parure de vert feuillage, les premières étoiles de l’Edelweiss brillent, elles aussi, dans le jardin.
- 2* Série — N* 71. — Novembre 18SÔ„
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- LA science en FAMILLE
- Comme beauté, elles ne le cèdent en rien aux autres spécimens de la flore alpestre et réjouissent toujours la vue de l’ami des fleurs.
- Lorsque, vers la fin du mois de juin ou au commencement de juillet, les brûlants rayons du soleil ont bruni les pétales qui entrouvrent alors leurs couronnes pour faciliter, semblables à celles de la « Dent du Lion », l’envolée de la semence, il faut couper les
- têtes mûres pour recueillir la graine. L’année suivante, la floraison apparaîtra plus abondante et plus splendide. Il ne se produit de dégénérescence que lorsque les longues racines ont dépassé le terrain préparé et cherchent vainement leur nourriture dans le sol humide environnant. Alors les fleurs deviennent brunes et chétives, et leur semence est stérile.
- AUTOMOBILISME
- LA VITESSE EST-ELLE UN DANGER?
- l y a quelques années, si l’on eût posé cette question, même à ceux qui voyaient sous le jour le plus favorable l’avenir de l’automobilisme, ils n’eussent pas hésité à répondre oui. Si on leur eût dit que, sous peu, des machines iraient de Paris à Bordeaux à une vitesse moyenne voisine de 50 kilomètres à l’heure, et qu’on atteindrait plus de 100 kilomètres à l’heure sur une courte distance, ils eussent certainement répondu par un sourire d’incrédulité. Et pourtant, voici que les faits viennent donner un bizarre démenti à cette pensée si naturelle. Voici que, dans des courses organisées journellement, des voituris-tes, des motocyclistes même atteignent couramment des vitesses fantastiques sans qu’il leur arrive la moindre chose, alors qu’on a enregistré dernièrement toute une série d’accidents graves — quelques-uns ayant entraîné mort d’hommes — à des vitesses beaucoup plus modérées que celles dont nous parlions tout à l’heure.
- Il faut dire avant tout que les courses, à côté de l’indiscutable service qu’elles rendent à l’automobilisme, font souvent naître dans l’esprit de certaines personnes, cette idée erronée que la voiture automobile doit régulièrement marcher à cette vitesse de train express, qu’elle est faite pour cela. Cette erreur, partagée par nombre de néo-voituristes, a été la cause de plus d’un accident. L’été dernier, nous allions passer presque chaque dimanche dans une petite localité située à 75 kilomètres environ de Paris. Combien de fois ne nous a-t-on pas dit, à notre arrivée : « Vous avez mis environ
- une heure et demie n’est-ce pas pour venir de Paris ? Et notre interlocuteur était tout étonné lorsque nous lui apprenions que nous avions mis en réalité trois heures et demie, dont une heure pour la traversée de Paris. — « Comment, vous ne pouvez [aller plus vite? — Peut-être, mais pour diverses raisons, je préfère ce train « de père de famille ».
- Et ces raisons, les voici :
- La vitesse, par elle-même, n’est que bien rarement une cause de danger, si le véhicule est muni de bons freins et si l’on apporte à la conduite une attention de tous les instants. Mais elle peut le devenir indirectement de deux façons :
- 1° Par suite d’une avarie dans le véhicule.
- Supposons qu’une pièce de la direction se casse, qu’une fusée grippe, qu’un essieu se brise, qu’un bandage quitte la jante: il est clair que les conséquences de l’accident seront beaucoup plus graves s’il se produit en pleine vitesse. (Nous avons entendu récemment soutenir l’opinion contraire. Si vous avez un accident qui provoque l’arrêt brusque de la voiture, nous disait notre interlocuteur — un automobiliste éprouvé — vous avez des chances d’être projeté à distance de la voiture, si la vitesse était grande. Si au contraire elle était faible, vous avez des chances d’être pris dessous. Nous laissons bien, entendu, à son auteur la responsabilité de cette assertion.)
- 2° Par suite de l’état de la route.
- S’il est bien évident que, par ulie visite minutieuse de sa voiture, et un eü' tretien soigné, l’automobiliste peut rendre très improbables les chances d’avaries au
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- véhicule, il n’est pas maître de la route sur laquelle il marche. Un caniveau inattendu, une grosse pierre rencontrée en vitesse peuvent donner des embardées dangereuses, ou même amener la rupture de pièces du mécanisme. Un sol glissant, tel que le pavé de bois arrosé ou friable comme une route sablonneuse, peuvent produire des dérapages et pour peu qu’un obstacle se présente sur le trajet du véhicule qui pirouette, celui-ci a de grandes chances de verser. Là encore, la faible vitesse atténuera beaucoup les conséquences de l’accident.
- Il est hors de doute qu’on se sent plus en sécurité à 40 kilomètres à l’heure sur certaines bonnes routes, droites, désertes, bien entretenues, qu’à 10 kilomètres sur certaines descentes dont le pavé gras et inégal vous envoie à droite et à gauche à chaque tour de roue, rendant le freinage dangereux, bien que nécessaire.
- Le tout est de savoir discerner les circonstances où l’on peut sans danger marcher à grande allure, et pour cela rien ne peut suppléer à une grande expérience de la route. C’est pour avoir voulu trop connaître la vitesse que certains voituristes ont payé de leur vie une imprudence que quelques mois de pratique leur auraient évitée. C’est bien assez d’avoir le souci de l’accident qui peut vous être causé par le cheval peureux, par le charretier imprudent, négligent ou endormi,
- sans avoir à prévoir d’en causer soi-même par sa propre imprudence.
- Nous ne parlons que pour mémoire des accidents que l’on peut causer aux tiers par suite d’une vitesse trop grande dans un endroit très fréquenté. Savoir modérer son allure dans de semblables cas est une règle trop élémentaire pour qu’il soit nécessaire d’y insister.
- A part quelques cas où le sol est exceptionnellement mauvais, on peut dire que l’automobile est plus sûre que la voiture attelée et nous avouons que, dans un fiacre hippomobile, nous ne nous sentons plus que dans une sécurité relative. Mais la sécurité réelle de l’automobile n’existe qu’à la condition de savoir conduire à une vitesse raisonnable, en rapport avec l’endroit traversé.
- C’est une erreur de croire que l’automobile est là pour remplacer le chemin de fer : son but doit être surlout de remplacer la voiture attelée, et on peut dire qu’elle la remplace avec avantage.
- Le récent règlement a, avec beaucoup de justesse, limité à 30 kilomètres à l’heure la vitesse maximum en rase campagne, et 20 kilomètres à la traversée des agglomérations. Sachons simplement observer ce règlement et quelquefois encore être plus prudents qu’il ne l’exige, et tout ira pour le mieux.
- D.
- LA CRYPTOGRAPHIE (suite)
- [éfinitions. — Donnons d’abord quel-H ques définitions.
- On appelle Chiffre l’ensemble des ;nes spéciaux dont on se sert pour écrire une dépêche, que ces signes soient des lettres, des chiffres arabes, des figures, etc.
- La Clef du chiffre est la succession alphabétique de ces signes, c’est-à-dire Y alphabet jdcèi/*remplaçant l’alphabet ordinaire.
- C’est aussi un mot, une courte phrase, dont les lettres servent de point de départ à la rédaction de la dépêche au moyen du chiffre, et qui par conséquent en permettent la lecture sans recourir aux calculs cryptographiques.
- Le Chiffre a simple clef est celui dans lequel la même lettre est toujours représentée par le même signe.
- Le Chiffre a double clef, ou à clefs multiples, est celui dans lequel on change d’alphabet fictif à chaque ligne, à chaque mot ou à chaque lettre. Ainsi nous donnons plus loin un groupe de vingt-quatre alphabets différents, formés par vingt-quatre ordres de succession différents des lettres de notre alphabet : on peut convenir, entre correspondants, que le premier mot d’une dépêche sera écrit avec le deuxième de ces alphabets, le deuxième avec le troisième alphabet, et ainsi de suite.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Grille. — On désigne sous le nom de Grille un carton découpé à jour sur plusieurs points,
- ainsi complètement le sens de la missive. Le correspondant, au reçu de celle-ci, applique
- Fig. 218. — La grille.
- VOUS
- pouvez
- venir
- ce
- soir
- Fig. 219. — La grille laissant voir seulement les mots réels.
- et que l’on applique sur le papier pour écrire en clair, c’est-à-dire en langage ordinaire, la dépêche à envoyer. On remplit ensuite les intervalles laissés en blanc, et on dénature
- à son tour sur le papier un carton découpé d’une façon rigoureusement semblable, et il ne peut lire que les mots réels de la dépêche, c’est-à-dire ceux qu’il voit dans les ouvertures
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- du carton. Ces mots-là sont dits mots réels; les autres sont les mots nuls.
- Voici un exemple de ces sortes de correspondances; d’abord la grille (fig. 219). Notre correspondant a appliqué ce carton sur son papier à lettre et il a écrit dans les cinq ouvertures qui y ont été pratiquées. Enlevant le carton, il a ensuite rempli le blanc des lignes pour dénaturer le sens de la première phrase tracée, et il nous envoie ceci :
- « Est-ce que vous m’avez oublié ?
- Si vous pouvez enfin me tenir parole, faites-le donc : Paul doit venir voir demain ce tableau et dire son avis. Il préférerait cependant un soir d’automne. » Nous appliquons notre grille semblable sur cette dépêche, et nous ne voyons plus
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- que les cinq mots suivants (fig. 219). Vous pouvez venir ce soir, qui sont les mots réels.
- Méthode de Jules César. — Comme nous l’avons vu plus haut dans les extraits de Suétone et d’Aulu-Gelle, la méthode de Jules César consiste à substituer aux: lettres composant un mot d’autres lettres prises plus loin dans l’alphabet, ou tous autres signes arbitraires.
- Ainsi, au lieu de compter les 25 lettres de l’alphabet en commençant par a, on peut commencer par b et a se trouvera à la fin.
- Si l’on commence par c, les dernières lettres de l’alphabet fictif seront a, b.
- Si l’on commence par d, comme faisait César, les dernières lettres seront a, b, c.
- Voici les 25 alphabets que l’on crée ainsi :
- — a b c d e f g h i j klmnop.qrst u v x y z
- — bcde f g h i jk lmn opqrstuvxyz a -
- — c d e f g h i j kl mno p q r s tuvxyzab-
- — d e f g h i j klmnopqrstuvxyzabc-
- — efghijklmnopq r s tuvxyzabcd-
- — f g h i j klmno pq r s tuvxyz abcde
- — g h i j k 1 m n o p q r s t u v x y z a b c d e f
- — h i j k 1 m n o p q r s t u v x y z a b c d e f g
- — i j k 1 m n o p q r s t u v x y z a b c d e f g h
- — j k 1 m n o p q r s t u v x y z a b c d e f g h i
- — k 1 m n o p q r s t u v x y z a b c d o f g h i j
- — Imnopqrs t u v x y z a b c de f g h i j k
- — m n opqrstuvxyz a b c d e f g h i j kl
- — nopqrs tuvxyzabcdefghij k 1 m
- — o p q r stuvxyzab cdef g h i j k lmn
- — pqrs tuvxyzabc d e f g h i j klmno
- — qrstuvxyzabcd efghijk lmnop
- — r s tuvxyz abcde fghijklmnopq
- — s tuvxyz abcde f ghi jklmnopqr
- — tuvxyzabcdef gh i j klmnopqr s
- — u v x y z a b c d e f g h i j klmnopqr s t
- — vxyzabcdefghi j klmnopqr s tu
- — xyzabcde fghij klmnopqr s t u v
- — yzabcdefghijk lmnopqrstuvx
- — z abcde fghi jklmnopqr s tuvxy
- Dans ces alphabets, toutes lettres conservent leur ordre de succession habituel: on remarquera, en effet, que l’alphabet ordinaire est simplement coupé en deux et que les deux fragments ont changé de place; le premier prend la place du deuxième. Si donc l’on sait que la lettre V, je suppose, remplace la
- lettre A, on n’a qu’à reconstituer l’un près de l’autre l’alphabet véritable et l’alphabet fictif, en prenant la lettre V pour point de départ de ce dernier :
- ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVXYZ VXYZABCDEFGHI J KLMNOPQR S TU
- (A suivre) E.-N. Santini.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- AU CAMBODGE [Suite)
- ous avons parlé des animaux domestiques : les Cambodgiens en élèvent un peu de toutes sortes.
- Ils élèvent des volailles. Chose facile, puisque ces animaux trouvent eux-mêmes à se nourrir.
- Ils font également l’élevage du porc, qu’ils nourrissent facilement avec les troncs de bananiers, lesquels poussent partout.
- Ils ont quelques buffles, dont ils se servent peu pour le labour ou pour le transport.
- Ils ont surtout à l’intérieur des terres, le bœuf.
- Les bœufs qui ne sont pas dressés pour la course ont une valeur de deux ou trois piastres, soit huit à douze francs.. Ceux au contraire qui sont dressés valent jusqu’à quinze et vingt piastres. Ce sont, attelés à de petites voitures primitives, qu’on soulève avec la main, d’excellents coureurs. Au lieu de porter le joug derrière les cornes, ils le portent flottant sur le cou. Des guides passées aux naseaux servent à conduire ces coursiers d’un nouveau genre. Avec un tel attelage on traverse les rivières et leurs talus, on escalade les troncs d’arbres renversés dans la forêt, et on franchit les rivières aux rives les plus escarpées.
- Les Cambodgiens ont aussi leurs poneys. Ce ne sont pas des bucéphales ; mais s’ils ne fournissent pas une longue course, ils ont au moins l’avantage d’être rapides et faciles à conduire. On en trouve à vingt-cinq piastres, à quinze piastres, et même à quatre ou cinq piastres. Avis aux maquignons qui voudraient tenter l’importation.
- Après avoir parlé de l’habitation du Cambodgien et de ses commensaux, il serait bon de dire un mot des travaux ordinaires.
- Comme des gens qui ont tout à souhait, les Cambodgiens travaillent peu ou ne travaillent point ; à moins qu’on n’entende par travailler, jeter quelques graines et en récolter les.fruits.
- Dans l’intérieur ils font quelques rizières, des plantations de coton, de tabac, de maïs, etc., mais juste assez pour se suffire.
- Ils s’occupent de chasse, de pêche surtout. Mais, Dieu I quelles pêches ! Ils barrent un
- ruisseau aux hautes eaux, et quand les eaux baissent, ils viennent prendre le poisson toujours en quantité aux barrages. Ou, mieux encore, ils avisent dans la plaine une dépression de terrain, et lorsque le soleil a absorbé presque toute l’eau amenée par binon ‘ dation, ils viennent prendre le poisson à moitié mort pour en faire des salaisons, ou un fromage que ferait rougir notre roquefort, ou tout autre fromage ambulant, c’est le prochoc.
- Ce prochoc est un mets fort appétissant. L’odeur révolte les narines les plus blasées. Et dire que dans ces pays on ne connaît même pas le tabac à priser!... Quelques bribes du dit fromage introduites dans la bouche vous font vite absorber un ou deux bols de riz, rien que pour en faire oublier la saveur. Mais, passons!...
- Quelquefois le Cambodgien prend sa hache et se décide à faire tomber un arbre de la forêt, à condition toujours qu’il ne soit pas trop gros. Souvent aussi ces troncs d’arbres creusés demeurent là, et la pirogue commencée reste des années en chantier.
- En certains endroits, les Cambodgiens récoltent, sur un beau palmier-éventail (le borassus flabellifor misj, le liquide qu’ils font évaporer pour obtenir le sucre.
- Dans les forêts, ils récoltent à peine un millième de la gomme-gutte ou de la gomme laque qui est à leur portée. Toujours la même activité de vieux propriétaire goutteux!!!
- Ils récoltent de l’huile de bois, surtout employée pour fabriquer des torches ou pour calfater les barques.
- Les richesses naturelles abondent en ce pays de bénédiction. Mais les Cambodgiens, encore une fois, ont quelque chose qui de-passe de beaucoup ces richesses pourtant inimaginables : c’est leur paresse.
- J’ai rencontré plusieurs fois des femmes octogénaires grattant le sol avec leur couteau pour y jeter des graines de maïs ou des morceaux de cannes à sucre. Leur travail semblait plutôt un amusement. Toutefois, pendant ce temps, les hommes valides de la maison restaient comme des cariatides assis sur leurs talons au coin des rues, ou passaient
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- leurs journées chez un mandarin quelconque se donnant l’air de personnages, ne fût-ce que comme valets de pied.
- Un coup d’œil maintenant sur la vie familiale, vie patriarcale s’il en fut jamais.
- L’enfant qui vient de naître est, sans plus
- Mais, seigneur bonze, quand on a quitté notre terre, que rencontre-t-on ?
- On rencontre la mer, qu’on traverse pour arriver en France.
- En France, la terre, les arbres, sont-ils comme chez nous?
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- Fig. 220. — Bonzerie Cambodgienne.
- de façon, étendu sur une natte plus ou moins dure, ou plutôt toujours très dure. On lui donne le sein jusqu’à ce qu’il puisse avaler, bénévolement ou non, de la bouillie de riz : ce dont on se hâte de le gorger. Est-il étonnant après une habitude prise en si bas âge, que les indigènes ne parlent que de manger le riz quant ils veulent parler de leur repas?
- A propos de riz, une petile parenthèse trouve ici sa place.
- Avant que le drapeau de la France vint flotter sur les bords du Mékong, un Cambodgien, mandarin peu ami de chrétiens, s’entretenait avec un missionnaire.
- Non, la végétation est tout autre.
- Y cultive-t-on le riz ? Non : on n’y cultive pas le riz qui n’y viendrait que peu ou point.
- Comment ! pas de riz chez vous ? Mais alors... que mange-t-on?
- On mange du pain.
- Du pain, du pain... répéta le bonhomme en hochant la tête.
- Puis se tournant vers ses amis :
- — Voyez-vous, leur dit-il, il l’avoue lui-même. Chez lui on ne trouve même pas de riz. C’est parce qu’il meurt de faim qu’il vient ici.
- Et on le crut sans peine.
- Après cette parenthèse déjà un peu longue,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- revenons au pauvre bébé étendu sur la natte et bourré de riz.
- Si l’enfant n’est pas mollement couché, au moins on lui prodigue les soins de propreté. De temps à autre on le passe à la rivière à grande eau, et tout est dit.
- Un peu plus grand, l’enfant est porté à
- temps variant de quelques jours à quelques semaines, ou même quelques mois, dans les grandos familles.
- Les garçons entrent à la bonzerie pour y étudier les caractères.
- Là, bien que dans chaque bonzerie il y ait un gourou ou précepteur, c’est surtout
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- Fig. 221. —‘Pagode Cambodgienne à Kien-Swai (d’après une photographie dell’auteur)
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- cheval sur la hanche de son aîné, ou de ses parents : c’est le seul mode usité pour porter les enfants.
- Grandelet, il a la tête rasée, à part deux ou trois mèches qui trouvent grâce, surtout celle du sommet de la tête : c’est le toupet cambodgien et siamois.
- Lorsque l’enfant atteint l’âge de la puberté, on lui rase le toupet, ce qui est pour la famille un jour de grande fête. Les fillettes entrent alors à l’ombre (chôl malôp), c’est-à-dire qu’elles se retirent à l’intérieur de la case, où elles restent cantonnées, pour. un
- l’enseignement mutuel qui est en vogue, vu la paresse des bonzes toujours occupés... à ne rien faire.
- Toutefois en cet enseignement primitif autant que primaire, il y aurait pour nous quelque chose à prendre : notre enseignement y gagnerait certainement. Les enfants en effet apprennent sans difficulté à lire et a écrire à la fois. Voici comment. Pour épeler les caractères, l’enfant se sert d’une planchette dans laquelle les lettres sont gravées en creux. En prononçant le caractère, il passe son doigt dans la cannelure de la lettre.
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- Plus tard, sur des modèles plus petits, il passe la pointe d’un poinçon. En sorte que lorsque l’élève sait lire, sa main a déjà l’habitude de tracer le caractère. Et comme ces planchettes alphabétiques sont bien écrites, l’enfant se forme la main àune belle écriture.
- Lorsqu’arrive l’époque du mariage, les parents des futurs (futurs qui ne sont généra-
- une tasse de vin de riz. Le mariage est conclu.
- On ne danse point à ces noces, bien qu’on y fasse souvent une musique plus ou moins harmonieuse. Les indigènes du reste, Cambodgiens, Siamois et Annamites, ne connaissent pas la danse. Il arriva un jour à ce propos une histoire piquante.
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- Pagode du Préa Héa Sùor. — Chinois préparant des offrandes et bonzes. (d’après]une photo graphie deTauteur).
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- lement pas des futurs passés, les Cambodgiens se mariant très jeunes), casent, après quelques pourparlers, le jeune homme dans la famille où il doit prendre femme. C’ést pour y faire des essais de gendre. Dieu sait que de misères naissent de là ! Si tout va bien, le futur offre à sa belle quelques cadeaux, tels que bijoux et vêtements. Souvent aussi il construit une case pour les parents de la fiancée.
- Au jour fixé pour la cérémonie, on fait un repas de noce ; les mariés viennent saluer solennellement leurs parents en leur offrant quelques chiques de bétel, des cigarettes, et
- Le roi du Cambodge avait été invité à un bal à bord d’un bateau de guerre français. Sa Majesté assistait en simple spectateur et prenait plaisir à contempler ces manœuvres d’un nouveau genre. Une chose cependant semblait le peiner. Il s’adressa à un officier de la flotte, pauvre officier tout en nage, et lui dit :
- — Comment donc, vous Français, qui faites toujours les choses grandement, ne payez-vous pas quelqu’un pour vous remplacer dans cet exercice si pénible ?
- Figure du danseur!...
- La bonne étiquette, surtout chez les Anna^
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- mites, veut que les enfants qui honorent leurs parents, leur fassent cadeau, de leur vivant, d’une paire de... cercueils.
- Même de la part de certains gendres, cela ne serait guère de mise chez nous. Mais les hommes sont ainsi faits que ce qui plaît aux uns ferait la mort des autres.
- Par contre, l’autorité dans la famille et le respect de cette autorité seraient, par le temps qui court, une leçon pour beaucoup d’enfants européens.
- Un enfant a-t-il commis quelque faute?...
- Apporte le rolin, lui disent ses parents ou quiconque chargé de le corriger. L’enfant, sans mot dire, apporte le rotin, salue à deux genoux celui qui va le châtier, et embrasse l’instrument qui doit le frapper. Il s’allonge sur le sol; et, la correction reçue, il prend le rotin qu’on lui a jeté sur le dos, l’embrasse de nouveau et salue encore à deux genoux celui qui l’a frappé.
- L’enfant, ou le serviteur coupable, n’attache point au rotin l’idée humiliante que nous y trouvons en France. S’il est coupable, il se relève sans honte après la punition reçue. La dette est payée, et tout est dit. Il n’a point de rancune. Si celui qui est frappé se sent innocent, il pardonne diflicilement; et souvent, si c’est un serviteur, il disparaît.
- Le chef de la famille est craint et respecté chez lui. Femmes et enfants sont absolument sous sa main,
- Les femmes jouissent d’une très grande liberté. Elles peuvent aller et venir, et, comme chez nous, elles s’occupent du train de la maison. Presque toutes savent tisser. Elles cousent fort peu, le vêtement khmêr, pour l’homme comme pour la femme, ne se composant que de deux bandes d’étoffe. Les esclaves et ils sont nombreux, sont loin d’être accablés de travail. Quelquefois cependant on rencontre des maîtres qui, craignant qu’ils ne s’enfuient, les mettent aux fers
- A la mort d’un membre de la famille, avec les devins et les sorciers, on fait venir les bonzes qui lisent quelques pages de pâli et reçoivent des cadeaux. L’enterrement est une cérémonie solennelle autant que faire se peut. Chez les riches, on conserve le corps dans la famille, durant des semaines et des mois. On procède ensuite à la crémation, phose rare chez les gens du peuple.
- J’assitai un jour à une crémation. Le corps du défunt, enveloppé de bandelettes cirées, avait été placé dans une bière artistiquement travaillée, chamarrée d’or et de couleurs voyantes : on eût dit une pagode en miniature.
- Hors du village, à l’entrée de la forêt, on avait dressé des tentes. C’est là, sous une tente mieux ornée et flanquée de hauts mâts, chargés de pavillons blancs (couleur de deuil) que reposait le corps entouré de bonzes. Sous les autres tentes, assistaient à un festin la veuve du défunt, la famille et les invités. Les musiciens occupaient une autre place. Lorsque le soir fut venu, on transporta le corps sous un dais élevé plus loin. Au-dessous de ce dais, on avait élevé un petit tertre surmonté d’un carré de bûches. Le corps fut déposé sur ce bûcher, et tous, fumant et causant, firent cercle à une certaine distance. Les bonzes, transportés en palanquins, prirent place au premier rang et commencèrent la lecture du pâli.
- Des pièces d’étoffe blanche furent déposées sur la bière. Les bonzes s’approchèrent à la suite de la veuve, et après s’être mis un pan d’étoffe sur la tête, emportèrent tout ce qui se trouvait là.
- Nouvelle lecture du pâli, après laquelle les iukis (brûleurs) s’avancèrent la torche à la main. On ouvrit la bière, et chacun put voir le défunt portant sur la poitrine une pipe, des chiques d’arec et de bétel et une pièce d’argent.
- Les iukis firent alors par trois fois, en allumant leurs torches, le tour de la bière; puis mirent le feu à la bière et au bûcher. On ajouta quelques bûches résineuses, et en quelques instants tout fut envahi par les flammes.
- La bière, en bois très mince, fut bientôt consumée, la tête du mort se détacha, et vint rouler comme une bombe fumante aux pieds des bonzes. A l’aide d’une perche, les iukis la roulèrent vers le bûcher. Deux heures après il ne restait plus de la vanité humaine qu’un amas noir et fumant d’une odeur suffocante. De l’eau répandue sur ces restes permit à la veuve de recueillir deux ou trois ossements, qu’elle emporta chez elle pour les déposer dans un vase au coin de la case, ou dans un petit pagodin en face de l'habitation-
- Cette cérémonie teripinée, chacun se reti-
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- ra, en vantant les qualités du défunt et sur- nant le reste du bûcher à lui-même, tout les libéralités de la veuve, et abandon- (A suivre) J. Guesdon.
- ASTRONOMIE
- LA NOUVELLE PLANÈTE EROS
- tL y a longtemps déjà, nous avons entretenu nos lecteurs, grâce à l’aimable hospitalité que nous a toujours réservée la Science en famille, de la loi de Bode ou plutôt do Titius. Nous disions que celte loi n’était qu’approximativement exacte, et n’avait qu’une utilité mnémotechnique. Voici une nouvelle planète Eros, découverte l’an dernier (sept. 1898) (1) qui semble avoir voulu démontrer la vérité de notre assertion.
- Bien curieuse est, en effet, la nouvelle venue : permettez-moi de vous la présenter en quelques lignes, bien qu’elle ne soit pas accessible aux petits instruments d’amateurs. On ne peut pas dire qu’elle circule entre Mars et la Terre, ni entre Mars et Jupiter (comme les astéroïdes) ; en réalité, elle décrit son ellipse autour du soleil, tantôt au delà tantôt en deçà de l’orbite de Mars qu’elle coupe par conséquent en deux points; elle est donc, pendant un certains parcours, plus éloignée de la Terre que Mars, et le reste du temps, plus rapprochée de nous que la planète aux canaux mystérieux.
- On sait que les planètes connues jusqu’à nos jours décrivent des orbites presque circulaires; un dessin, exécuté à une faible échelle, ne permet même pas de montrer leur excentricité. Il en va autrement pour le capricieux Eros. — Ce petit dieu n’en fait jamais d’autres ! — Mais la portion de l’orbite qui, par rapport à nous, se trouve au delà de Mars est infiniment moins longue que celle qui est en deçà. La dislance moyenne de la planète au Soleil est 1,45, celle de la Terre étant 1 et celle de Mars, 1,524. L'excentricité (rapport entre la diffé-
- , a—b
- rence des' demi-axes et la 1/2 du grand---
- R
- C
- ou —— en remplaçant dans la formule qui Précède (a—b) par c) = 0,21139. Nous devons
- (i) V. Bulletin de la Société astronomique de
- France, Oct, 1898.
- à un savant géomètre qui s’est beaucoup occupé des petites planètes, M. le général Parmentier, la communication de très inté-jessants calculs sur la planète Eros. En voici les résultats dont nous sommes heureux de pouvoir faire profiter nos lecteurs avec l’autorisation de leur auteur. Il est en effet assez facile de voir
- que ( a = 1,45655 ) a—b
- et { b = 1,1486 ) ou c
- 0,3079001
- D’où aussi pour les distances aphélie (a + c ) et périhélie (a—c) d’Eros : 1,764 et 1,148. Voici d’ailleurs un tableau synoptique intéressant pour les quatre quantités a, 2 c, a+c et a—c pour les trois planètes voisines :
- a 2 c a + c a — c
- La Terre 1 0,034 1,017 0,983
- Eros 1,456 0,616 1,764 1,148
- Mars 1,524 0,284 1,666 1,38
- Enfin de la formule :
- e = — = 0,21139 a
- on peut tirer les valeurs de a et de c. c
- a = — et c = (a—b) = e a e
- Si l’on effectue les calculs, on voit que (c) (différence des demi-axes) = 0,3079001, et a (demi grand axe) = 1,45655 b (demi petit axe) = 1,1486 A l’aide de la troisième loi de Képler, on peut se proposer de chercher maintenant le temps de la révolution de l’astre nouveau en fonction du temps de révolution de la Terre (365,24) et de a et a’.
- On a, en effet :
- (365,24)(i) 2 __ a3 _ l3 x2 a’3 (1,45)3
- Si l’on effectue, on trouve pour x sensiblement 642j, 08,quantité intermédiaire entre celle de la durée des révolutions de la Terrç
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- et de Mars. A priori on pouvait pressentir qu’il en devait être ainsi puisque nous savons que la plus grande partie de l’orbite d’Eros se place entre celles des deux grandes planètes.
- Le calcul de la surface de l’ellipse d’Eros sera fourni par la formule
- (itab) = 3,141592 X 1,4585 x 1,1486 L’inclinaison de l’orbite sur l’écliptique est de 9° 57’, 4” ^1). Si donc on cherche quelle est, au moment de l’aphélie, la distance entre la planète et l’écliptique, la simple inspection de la figure suivante montre que
- l’on a :
- Trace du plan de l’écliptique.
- x — sin. 9° 57’, en faisant R = à a + c ou à 1,764, et en prenant pour unité la distance moyenne du Soleil à la Terre (1).
- G. Vallet,
- de la Société astronomique de France.
- A TRAVERS
- Le pouvoir de dessiccation chimique.
- — M. W. Elborn, dans Pharmaceutical Journal, a essayé l’action des produits le plus fréquemment employés comme agents de dessiccation : acide sulfurique à la densité de 1,843, chlorure de calcium fondu, carbonate de potasse sec.
- Un poids égal, soit 258 grammes, de chacun de ces corps, exposé dans le laboratoire pendant vingt-quatre heures, est devenu :
- Acide sulfurique . . . . . 494 grammes.
- Chlorure de calcium. . . . 448 —
- Carbonate de potasse . . . 315 —
- L’acide sulfurique est donc l’agent de dessiccation le plus énergique.
- ***
- Une pompe géante. — Cette pompe, qui pourrait bien être la plus puissante qu’on ait construite jusqu’alors, est celle delà fameuse mine Calumet et Hécla, aux Etats-Unis. C’est une pompe à triple expansion, haute de 15 mètres, actionnée par un moteur de 1.500 chevaux de puissance et qui peut débiter par heure 11.250.000 litres. En la faisant fonctionner à pleine charge, elle pomperait aisément 337 millions de litres d’eau par vingt-quatre heures ; mais on n’a pas autant d’eau que cela à lui fournir, et il faut la laisser se reposer.
- ***
- Un aliment nouveau pour le porc. —
- (i) D’autres astronomes ont donné la quantité 11° qui paraît sensiblement trop forte.
- LA SCIENCE
- M. Dibowsky, — ancien directeur de l’Agriculture en Tunisie, — actuellement directeur du Jardin d’essai à Vincennes, — pendant son séjour à Tunis, a eu l’idée d’instituer une série d’expériences visant l’utilisation des sous-produits de l’huilerie. Ces recherches ont une importance d’autant plus grande que la culture de l’olivier conquiert sans cesse de nouveaux domaines en Tunisie. C’est même en raison delà place considérable acquise par cet arbre dans les plantations de notre protectorat que la jeune école tunisienne a annexé une huilerie modèle à sa ferme d’expérience. C’est là que les recherches de M. Dibowsby sur la valeur alimentaire des grignons d’olives ont été poursuivies. Les grignons sont les résidus de Ja pression des olives, une sorte de tourteau fait de la partie solide du fruit — pulpe et noyau — plus ou moins imbibée de matière grasse. On est arrivé à extraire celle-ci à l’aide du sulfure de carbone qui, naturellement, fournit une huile tout à fait inférieure. Il était donc intéressant de voir si, au lieu de traiter les sous-produits des huileries par le sulfure de carbone, il n’était pas profitable de les faire utiliser par l’agriculture, et plus spécialement par l’élevage. Des analyses, en effet, dues à M. Malet, assignaient aux
- (i) Il est possible, mais nous n’émettons cette hypothèse que sous toutes réserves — que le Petlt Eros ne soit qu’une unité de l’essaim d’astéroïdes, qui, déviée de sa route par les perturbations combinées de Mars et de la Terre, ait adopté une orbite plus fantaisiste que ses sœurs de l’espace,
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- tourteaux d’olives une richesse en éléments nutritifs qui n’était pas à dédaigner. Pour 100 parties de grignons, il trouva 3,48 de matières azotées, 14,84 de matières grasses, 15,89 de cellulose et 2,13 de matières minérales ; les extractifs non azotés et l’humidité concourent, à parties égales, à former les deux autres tiers.
- Les bovidés et les moutons ne se sont pas montrés friands de ce résidu ; par contre, les porcs en ont consommé pendant toute la durée de l’expérience. Pour pouvoir comparer les effets de ce nouvel aliment on a divisé les animaux en un certain nombre de lots. Chacun de ces groupes recevait une ration composée pour les uns de maïs en grains, pour d’autres uniquement de grignons, pour d’autres enfin d’un mélange de maïs et de grignons, le tout arrosé de quelques litres d’eau grasse. La ration composée de maïs seul revenait à 36 centimes, celle de grignons seuls à 15 centimes, celle du mélange de maïs et de grignons à 25 centimes. Au bout d’un mois, la première a donné un accroissement en poids de 34 0/0, la seconde de 12 0/0, la troisième de 46 0/0. L’alimentation donc, à l’aide d’un mélange de maïs et de grignons d’olives, a donné les meilleurs résultats. Et cependant cette ration est d’un tiers plus écononomique que celle au maïs seul. Par contre, on voit que les grignons distribués seuls sont insuffisants pour assurer l’engraissement rapide des animaux.
- Ces expériences sont poursuivies, en ce moment, avec le même soin par M. Paturel, le distingué directeur de l’école de Tunis. Mais, dès maintenant, on peut affirmer qu’en Tunisie, où l’élevage des porcs se fait dans des conditions particulièrement favorables, les grignons d’olives joueront un rôle considérable le jour où l’on installera de grands établissements d’engraissement et d’abatage Pour ces animaux.
- ***
- La destruction des loups. — Le bulletin du Ministère de l’Agriculture vient de publier l’état des loups et des primes payées en 1897.
- Le nombre des fauves détruits atteint 189, savoir: 4 louves pleines, 64 loups ou louves 11011 pleines et 121 louveteaux, pour lesquels M total des primes payées a été de 11,840 fr.
- On sait qu’aux termes de la loi du 4 août
- 1882, les primes payées par l’Etat pour la destruction des loups sont fixées de la manière suivante: 100 fr. par tête de loup ou louve non pleine: 150 fr. par tête de louve pleine; 40 fr. par tête de louveteau. Est considéré comme louveteau l’animal dont le poids est inférieur à 8 kilos. Lorsqu’il est prouvé qu’un loup s’est jeté sur des êtres humains, celui qui le tue a droit à une prime de 200 fr.
- Le département de la Charente tient la tête de la statistique de 1897 avec 40 fauves; viennent ensuite la Dordogne qui en a 31, la Meuse 13, la Haute-Saône 12, les Vosges 11, la Marne 10, la Haute-Vienne 10, la Vienne 9, les Deux-Sèvres 8, l’Indre 7, la Haute-Marne 7, la Corrèze 6, l’Aube 4, l’Aveyron 2, la Côte-d’Or 2, la Loire 1, la Haute-Loire 1,1e Lot-et-Garonne 1, la Meurthe-et-Moselle 1, la Nièvre 1, les Basses-Pyrénées 1.
- L’année 1898 fournira une statistique plus importante pour la Meurthe-et-Moselle, puisque, dans les seuls cantons de Haroué et Vézelise, il a été détruit plus de 20 de ces dangereux carnassiers.
- ***
- Une station centrale roulante. — La Compagnie des chemins de l’Est utilise en ce moment, pour les travaux de réfection qu’elle fait exécuter dans le tunnel de Torcenay, près de Chalindrey, une station d’électricité roulante dont les services sont très appréciables. C’est un chariot électrogène pouvant voyager sur rails; il est porteur d’un moteur à pétrole qui actionne une dynamo dont le courant sert à la mise en marche si on le transmet au moteur ou à l’éclairage pendant les travaux. Cette petite usine mobile peut aussi bien distribuer la lumière et la force que servir au chargement des accumulateurs des voitures électriques, etc. Elle est capable d’alimenter soit 4 à 6 lampes à arc, soit 20 à 40 lampes à incandescence. Son emploi peut donc être avantageux dans les chantiers de nuit, les travaux en tunnel, les wagons de secours, les petites gares ayant à assurer, la nuit, des embarquements exceptionnels, etc. L’Allemagne qui militarise tout, fait actuellement des essais avec une voiture automobile de ce système qui servirait de salle d’opérations en cas de guerre. Cette nouvelle voiture d’ambulance offre extérieurement une certaine ressemblance avec celles qui servent au
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- LA "SCIENCE EN FAMILLE
- transport des munitions et des malades. Elle est munie Ü’un moteur à pétrole de 5 chevaux approvisionné pour une marche de 15 heures et actionnant une dynamo de 63 volts et 40 ampères, qui fait fonctionner un projecteur lumineux d’une grande puissance. L’appareil est, dans son ensemble, relativement léger et peu s'olumineux; cependant, la voiture porte encore de nombreux accessoires, notamment tout le matériel nécessaire à, l’installation immédiate et à l’éclairage d’un hôpital de campagne provisoire. (Electricien)
- ***
- Rayons émis par une pointe électrisée.
- — Une pointe mise en rapport avec le pôle négatif d’une machine électro-statique est, d’après le docteur S. Leduc, un centre actif de production de rayons chimiques non éclairants, mais qui impressionnent à distance, comme les sources lumineuses ordinaires, les plaques et les papiers photographiques. On peut ainsi, par exemple, tirer, en pleine obscurité, des épreuves positives d’un cliché négatif. Ces rayons se réfléchissent et se réfractent ; on peut les concentrer à l’aide de lentilles et de miroirs.
- Fuisen, de Copenhague, a montré la remarquable efficacité des rayons chimiques pour le traitement de certaines dermatoses, notamment du lupus; mais il met en œuvre un matériel compliqué que chaque médecin pourra remplacer, comme le montre le docteur Leduc, par une machine électro-
- LA SCIENC
- Le décalogue du cycliste. — D’un journal allemand, ces dix commandements du cycliste :
- lo Inspecte ta bicyclette avant do partir;
- 2° Nettoie-la à ton retour à la maison ;
- 3° Tiens ta droite ; passe à gauche ;
- 4° Habille-toi rationnellement et non en gommeux ;
- 5° Pars de bonne heure plutôt que tard ;
- 6° Ne perds jamais la tête et jamais les pédales ;
- 7° Quand tu vois que tu ne pourras éviter un choc pense à ton frein ;
- 8° Emporte tes outils de réparation et
- statique et une électrode, en réunissant en un faisceau convergent les rayons émis par une pointe électrisée.
- ***
- La destruction des corbeaux. — Cette question préoccupe de plus en plus les agriculteurs, et beaucoup d’Associations émettent des vœux pour que ce pillard soit détruit en tout temps, même'à l’aide du fusil.
- La Société des viticulteurs de France a émis le vœu que le corbeau soit classé, dans toute la France, parmi les animaux nuisibles ; que le gouvernement en encourage la destruction par tous les moyens possibles, notamment en invitant les propriétaires et locataires à détruire, dans leurs bois, les nids, œufs et jeunes corbeaux, en accordant des primes pour cette destruction, en autorisant, sans aucune formalité, les maires, soit à requérir le garde champêtre, soit à désigner une autre personne assermentée, pour détruire au fusil, en tout temps, et même en temps de neige, sans permis de chasse, sur la demande des cultivateurs intéressés et avec autorisation des propriétaires ou locataires du droit de chasse, les corbeaux qui causeraient des dommages aux emblavures et aux meules.
- Il serait à souhaiter qu’on en finisse avec cette question et que les pouvoirs publics accordent l’autorisation de détruire les corbeaux sur tout le territoire.
- PRATIQUE
- n’oublie pas ta lanterne ;
- 9° Sache aussi bien descendre à droite qu’à gauche ;
- 10° Fais attention qu’on ne te vole pas ta bécane.
- ***
- Nettoyage des gants blancs glacés. — ^a
- benzine, en raison de son odeur persistante* ne saurait être employée. Il vaut mieux se servir d’une solution de savon dans du la^ bouillant, à laquelle on ajoute un jaune d’œu battu à la neige pour un demi-litre de solution ; on additionne le tout de quelques gouttes d’ammoniaque.
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- LA SCIENCE EN EA.MfLLE
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- On met les gants à nettoyer, on les lave au moyen d’une petite pièce de laine et on les fait sécher à l'ombre; ils restent souples et doux.
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- Le meilleur brillant pour cuir de luxe.
- — D’après le Moniteur de la Cordonnerie, le lait de vache est préférable à tous les apprêts pour les cuirs qui n’ont pas été graissés et qui doivent être lustrés au moyen du verre ou du bois cabris, il est d’un excellent effet. On répand le lait avec une éponge sur le côté grain, on laisse sécher et on polit ensuite avec le verre.
- En additionnant d’une faible quantité de sucre on augmente le brillant.
- ***
- Pour faire disparaître l’odeur du pétrole.
- — L’odeur du pétrole est souvent incommo-
- QUELQUES INSTRUMENT
- a musique, de tout temps, fut en grand honneur chez les peuples, occupant leurs loisirs, ayant place dans leurs fêtes. Les poètes l’ont chantée et la portaient si haut qu’ils lui attribuaient une origine divine ; c’est ainsi qu’ils nous montrent Apollon exilé sur la terre et apprenant la lyre aux bergers.
- Sans rapporter ici aucune des fables mythologiques qu’on pourrait citer à ce sujet, nous désirons donner une description rapide des instruments de musique des peuples barbares en montrant les essais les plus grossiers qui furent tentés dans les siècles les plus reculés pour arriver à peu près à l’époque où ces différentes ébauches sont devenues de véritables instruments de précision.
- Il en existe un nombre incroyable.
- En Turquie, des violons, des mandolines; le Kanoun, la Ghaïda (flûte de derviche), mais surtout les zils, c’est-à-dire la famille des tambours, timbales et cymbales. Ce sont les zils qui ont le plus d’importance à cause du grand commerce qu’en fait la Turquie, dont la production fournit à la consommation de l’Europe entière. Ces zils se fabriquent avec un alliage particulier employé aussi pour les timbres d’horloge. Les musiciens
- dante. Voici, dit le Moniteur des Pétroles, un moyen fort simple de la faire disparaître. Mélanger à 4 litres 1/2 de pétrole 100 grammes de chlore de blanchisseuse (chlorure de chaux), et agiter de nouveau (la chaux a la propriété d’absorber le chlore). Il ne reste plus qu’à laisser déposer le mélange et à décanter. On est certain d’obtenir un pétrole absolument inodore et dont le pouvoir éclairant n’est pas diminué — au contraire. ***
- Pour écailler le poisson. — Il arrive souvent que les écailles sont tellement adhérentes qu’il n’y a plus moyen de les enlever. Cette difficulté se présente lorsque le poisson est très frais. Il suffit de tremper le poisson pendant quelques instants dans l’eau bouillante, vous l’écaillerez ensuite avec la plus grande facilité.
- DE MUSIQUE PRIMITIFS
- ambulants se servent de curieux instruments appelés chou'ara sazi, bulgari, dairé, etc. Dans le pays on nomme ces gens-là des chou’ara (poètes).
- Les indigènes de l’Algérie ont trois catégories d’instruments, car il y a la musique des villes, la musique militaire et celle des habitants de la tente.
- Dans les villes, on a : la houitra, espèce de mandoline à huit cordes ; la kamendja, violon à quatre cordes ; le rebeb, violoncelle à deux cordes ; le hanoun, sorte de harpe horizontale, l’antique psalterion ; le thar, tambour de basque ; le derbouha, tambour formé d’une poterie recouverte d’un parchemin ; et le Djouah, flûte en roseau.
- La musique militaire se compose : de la kaïtra, hautbois; du téboul, grosse caisse des naghats, petits tambours plats qu’on frappe avec une baguette, et des nar’arats, cymbales. Cette musique marchait autrefois à la tête des cavaliers, immédiatement après les étendards; elle est encore en usage dans les Goums.
- Quant aux habitants de la tente, ils n’ont point d’autres instruments que la grosse flûte en roseau appelée guesba et le bendir, espèce de gros tambour de basque.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- A l’exception des tambours et de la guesba, qui sont fabriqués sous la tente, les autres instruments sortent des ateliers d’Alger et de Constantine.
- Le tambour qui affecte une forme étrange, est fait d’un vase en terre cuite dont l’ouver-
- Fig 223. — Harmonica des nègres de l’Afrique équatoriale.
- ture est recouverte par une peau. Une seconde peau est appliquée à l’autre extrémité et se divise en plusieurs pointes terminées par des liens qui vont s’attacher à la première et la tiennent tendue.
- La ligure 223 représente un harmonica des nègres de l’intérieur de l’Afrique. Comme on le voit, c’est une série de planchettes de dimensions différentes attachées sur un cadre en bois par des ligaments d’écorce. Le musicien obtient les sons au moyen de deux baguettes dont il se sert simultanément ou successivement à son gré. Tous les harmonicas se jouent de cette manière-là.
- Dans quelques tribus, l’barmonica est composé de noix de coco enfilées et réunies sur un cadre.
- La figure 224 représente.un violon africain tout à fait primitif. C’est tout simplement une tige de roseau dont on a soulevé l’écorce avec précaution, par bandes minces et soutenues à chaque extrémité par des chevalets.
- On prend deux de ces roseaux ainsi préparés, et on les frotte l’un sur l’autre. En France, du reste, les enfants de la campagne savent très bien se construire des instru-
- ments tout semblables avec les tiges du maïs.
- Beaucoup de ces instruments barbares sont tellement grossiers et primitifs qu’on a peine à s’imaginer que l’objet qu’on a devant les yeux soit capable de produire quelque son.
- Le Dahoméen accompagne souvent les siens de la figure d’une idole grossièrement ébauchée, servant de manche à un violon ou
- Fig. 224. — Un violon primitif.
- d’appui à un tambour, ou à une espèce de harpe. Les prêtres (les Grios) ont su inspirer aux nègres une grande vénération pour ces instruments, qui sont classés au nombre des
- Gris-Gris, c’est-à-dire des génies incarnés. On trouve des instruments fétiches du même genre parmi les peuples de
- l’Australie.
- L’Océanie nous a, du reste, montré un instrument tout primitif : c’est le nafa, instrument de percussion fait d’un tronc d’arbre évidé. Lorsqu’un de leurs prêtres commence à frapper en cadence sur le nafa, les tribus s’assemblent et viennent former le cercle autour de l’inspiré. C’est au son du nafa que se prennent les grandes résolutions.
- Les instruments asiatiques, en général, sont plus élégants de forme, ainsi qu’en témoigne le violon indien représenté par la figure 225 ; la matière est plus dégrossie et, dans l’Inde surtout, ils sont même ornés de sculptures et de dessins qui ne manquent pas d’un certain goût.
- (A suivre.)
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Eère. — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
- Fig. 225. — Violon indien.
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- LA CANNELLE ET SES FALSIFICATIONS
- liSil
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- e cannellier (cinnamonum zeyla-nicurn) de la famille des Laurinées, est originaire de 1 île de Ceylan. La cannelle est L’écorce séchée des jeunes branches du cannellier.
- Tous les livres anciens citent la cannelle comme une des substances les plus odoriférantes. Les Grecs et les Romains l’appelaient Cinnamone; elle leur venait d’Arabie ; les Arabes eux-mêmes la tiraient de la Chine.
- Les anciens employaient principalement la cannelle pour assaisonner leurs mets, pour parfumer leurs bains ; ils en brûlaient d’énormes quantités aux funérailles.
- Nos ancêtres, les Gaulois, étaient très friands du vin chaud parfumé à la cannelle.
- Dans le commerce, on distingue Irois espèces de cannelles :
- • 1° La cannelle de Ceylan, ou cannelle fine, qui est l’espèce la plus estimée; elle se trouve dans le commerce sous la forme de longs tubes formés par les écorces extrêmement minces (2 millimètres), enroulées sur elles-mêmes; sa couleur est blonde, légèrement foncée, elle possède une odeur aromatique douce et agréable, qui lui est Propre, sa saveur est chaude, légèrement piquante, très aromatique, sans aucune
- Fig. 226. — Rameau en fleur du cannelier (cinnamonun zey-lanicum).
- Fig. 227. — Poudre de cannelle de Chine pure (d’après une photomicrographie de l’auteur, grosseur 200 diamètres).
- amertume. La décoction dans l’eau ne bleuit pas la teinture d’iode ;
- 2" La cannelle de Chine ou cannelle casse, cannelle brune. Les rouleaux sont durs, moins longs que les précédents, les écorces sont plus épaisses, elles no sont pas emboîtées les unes dans les autres, leur couleur est brun rouge. L’odeur est forte, peu agréable, la saveur est très épicée et légèrement amère. Sa décoction, bleuit la teinture d’iode ;
- 3o La cannelle de Malabar ou casse ligneuse. Elle se présente sous la forme de rouleaux plus gros que
- les précédents et for-m é s d’une série de tubes rentrant les uns dans les autres comme les tubes d’une lunette. Gette espèce est moins aromatique que les deux autres, elle est, en consé-quence, la moins chère et la moins estimée; sa décoctio n bleuit fortement la teinture d’iode. Elle est souvent substituée à la can-
- nelle de Ceylan.
- Il existe encore un certain nombre d’autres variétés de cannelle que nous ne décrirons pas et qui, d’ailleurs, peuvent être classées dans une des catégories précédentes.
- , .Le principe essentiel de la cannelle est une huile essentielle, volatile qui se trouve
- 2« Série — N* 72. — 15 Novembre 1899.
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- dans l’écorce, dans la proportion de 1/2 à 1 0/0 ; cette huile a une saveur douce et aromatique, une odeur agréable qui lui est propre. Elle est composée de plusieurs hydrocarbures et d’ald é hy d e cinnamique (C®H80).
- La cannelle se vend quel-quefois en poudre, elle peut alors être falsifiée par des additions de farine ou de fécules, de substances minérales qui augmentent son poids. Ces fraudes se retrouvent soit par le microscope, soit par le dosage des cendres, et si l’on veut éviter d’être trompé, il faut toujours acheter de la cannelle en bâtons et la pulvériser soi-même.
- La cannelle est un des meilleurs toniques stimu-lants, elle relève agréablement la saveur des
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- Fig. 228. — Poudre de cannelle falsifiée par addition de farine de légumineuses.
- Fig. 229. Poudre de] cannellejde Chine.falsifiée par addition de grignons d’olives et d’amidon de maïs (d’après des microphotographies de l'auteur; grossissement de 200 diamètres).
- mets sucrés, elle facilite la digestion.
- Dans la série des condiments aromatiques à laquelle appartient la cannelle, on peut citer la vanille et le clou de girofle, dont il serait intéressant de rechercher et de signaler les falsifications. Il en est d’autres encore, dont la saveur est agréable et appétissante, tels sont le laurier, le thym, la sauge, la menthe, etc. Ceux-ci sont tous produits, du reste, par des plantes croissant en nos pays, et iis ne sont jamais falsifiés, mais servent plutôt à fabriquer les autres. Les plus importants d’entre eux sont le persil et le laurier si utile, dans les bouquets garnis, le thym et le serpolet chan-t é s p a r les poètes anciens.
- L, Paré.
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- AU CAMBODGE (Suite et Fin)
- 'accord avec tous ceux qui ont étudié cette question, nous ne croyons pas que la race cambodgienne soit destinée à un brillant avenir. Elle est emportée sur une pente où l’on ne peut guère que l’arrêter en l’encadrant avec des peuples plus jeunes qui lui feront prendre leurs plis et leurs mœurs.
- Ceux qui ont étudié les évolutions et la constitution actuelle des peuples de l’Indo-Chine n’hésitent pas «à dire que l’avenir est à la race annamite, race moitié chinoise, ou le chinois même prend un développement considérable.
- L’Indo-Chine, ainsi que l’indique fort judicieusement son nom, est un composé de race aryenne et de race jaune, où cette dernière prend une proportion telle que la première semble devoir être absorbée dans un avenir relativement proche. En tout cas, Cambodgiens et Siamois sont une infime minorité à tous points de vue, minorité qui s’affaiblit de jour en jour.
- Avec ces quelques données, qui sont la base du problème de l’avenir des nations indo-chinoises, quelle doit être l’œuvre de la France dans ces immenses et riches contrées dont elle est maîtresse ?
- Puisque les Cambodgiens et les Siamois manquent, par eux-mêmes, de cette vitalité qui fait les grands peuples, il ne reste plus qu’à leur infuser la vie des peuples voisins pour en tirer les plus grands avantages possibles.
- Nous le répétons, les Cambodgiens et les Siamois, encadrés par les Annamites et les Chinois, sont hommes à devenir un bon appoint dans l’œuvre de notre colonisation. On peut déjà constater les résultats de cette combinaison en basse Cochinchine, où les Cambodgiens, entourés d’Annamites actifs et entreprenants, sont obligés de suivre l’élan. Dans les provinces de Travinh, de Soctrang et de Baclieu, ils sont devenus travailleurs. Alliés aux Chinois, les Cambodgiens donnent naissance aux Minh Euong, les meilleurs colons de l’Indo-Chine. C’est chez ces derniers qu’on trouve les plus belles plantations. Ils se fixent dans le pays dont ils multiplient les richesses.
- En 1875, de Tân-Châu, frontière cochin-chinoise, à Phnôm-pênh, on ne rencontrait sur le grand fleuve que trois ou quatre villages habités par des Annamites. Aujourd’hui, ces derniers occupent presque toute la rive gauche et bon nombre de points sur la rive droite.
- Aussi, comme ces parages ont changé d’aspect ! Au lieu de hautes herbes et de brousses impénétrables, ce sont des plantations et des jardins magnifiques. Là où les rives étaient presque désertes, ce sont des barques par centaines qui vont et viennent jour et nuit.
- La région y a doublement gagné : parce que les Annamites et les Chinois ont défriché et mis en rapport ces riches terrains, et parce que l’intérieur, que les Annamites habitent difficilement, a été peuplé et mis en culture par les Cambodgiens qui ont reculé devant le flot envahissant.
- Voici la façon quelque peu originale dont les Annamites se sont installés à la place des Cambodgiens.
- A l’époque des hautes eaux, la barque annamite, montée par toute la famille, remonte le Mékong. De temps à autre, les voyageurs descendent à terre pour faire connaissance, non pas avec les Cambodgiens, mais avec le pays. Lorsque le site leur convient, ils s’arrêtent sur les berges pour y installer leurs pêcheries. L’eau monte: l’Annamite monte avec l’eau. L’inondation arrive: l’Annamite s’installe avec sa barque sur la rive qui a disparu sous l’eau.
- Alors seulement il fait visite aux Cambodgiens du voisinage, entre en rapport avec eux, leur donne du poisson, etc... Et comme il est bon enfant et fort intrigant, malgré les divergences d’idées et les antipathies de race, il finit par obtenir la confiance des Cambodgiens.
- L’eau se retire, l’Annamite reste là. Pour avoir un commencement de case, il transporte sur le sol le toit de sa baraque et s’y installe à demi. Comme les Annamites sont tous frères (anhem), ils reçoivent du renfort. Ce sont des parents qui viennent les voir, mais pour longtemps, cela va sans dire.
- Lorsque les anhem sont en nombre, ils ne demandent plus, ils commandent. Les Cam-
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- c;t;
- LA SCIENCE EN EAMILLE
- bodgiens, très pacifiques, pour éviter les querelles journalières, finissent toujours par prendre le large. Un des Annamites les plus délurés assume le titre de chef de village que ses compatriotes lui reconnaissent, et le village est fondé;
- Notre pau-
- vre cœur de F r a n ç a i s, qui ‘se colle un peu partout à tort et à travers, s’est ému parfois de la situation faite par les Annamites aux C a m-bodgiens; en sorte que ces civilisateurs en seconde main n’ont pas eu souvent l’appui de nos administrateurs.
- Pis que cela, les Annamites du Cambodge ne sont plus jugés que par leurs ennemis de race, les Cambodgiens, qui ne m a n quent
- pas, au cas échéant, de les oublier en prison le plus longtemps possible.
- Disons à ce propos que, malgré quelques misères inévitables, venant surtout des interprètes, les Cambodgiens, aussi bien que les Annamites et les Chinois, préfèrent de beaucoup être jugés par nos tribunaux français.
- On oublie trop que nos tribunaux, en Indo-Chiné, sont un dés moyens les plus puissants pour y asseoir notre autorité. Pourquoi alors
- ne pas multiplier ces tribunaux? Et surtout pourquoi les éliminer?
- La réponse est facile. Chacun est jaloux .de son autorité, et on ne voit qu’avec peine une autorité, une justice indépendante. Les Cocliincliinois n’ont pas oublié la noble
- vigueur que dut déployer autrefois' M. Le Myre de VilerS pour mettre lin a un état de choses dé plorable. Au moins d e-vrait-on profiter au Cambodge des leçons du passé.
- Quoi qu’il en soit, le C a m b o d g e offre à notre industrie et à notre com-merce ses richesses i n'calculables. C’est un pays neuf, un pays très riche. Les produits s pontanés, tels que bois d’essence, caoutchouc, gommes, ré* etc..., ne deman-capitaux pour
- 230. — Marchands de vin de palme au Cambodge. (D’après une photographie de l’auteur.)
- sines, cardamomes, etc. dent que des bras et des arriver sur nos marchés.
- Recueillons et centuplons ces richesses : ce sera chose facile pour peu que notre administration veuille bien favoriser l’initiative privée, ou simplement ne pas la contrarier.
- Toutes les branches du commerce de l’agriculture et de l’industrie y sont encore à développer. Mais, encore une fois, il faut;
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- pour arriver à un résultat complet, que notre colonie ne soit pas seulement peuplée de militaires et d’administrateurs.
- De grandes voies de communication par
- compris qu’ils ont entrepris des voies ferrées pour drainer les produits de l'Indo-Chine centrale et les amener à Bangkok. C’est une des conditions premières pour que notre
- Fig. 231 — Pressoir pour canne à sucre. (D’après une photographie de l’auteur).
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- terre sont nécessaires. Le Cambodge est tout, autre que la Cochinchine, et les voies fluviales y sont tout à fait insuffisantes. Les Siamois et les Anglais l’ont tellement bien
- Indo-Chine devienne la terre promise^de la France ou bien, comme on l’a déjà imprimé, son paradis terrestre.
- J. G.
- A TRAVERS
- Le télégraphe en Chine. — Quand le télégraphe fut établi en Chine, l’une des premières difficultés auxquelles on se heurta tut relative à la transmission des dépêches écrites en langue chinoise. On sait, en effet, flue l’écriture chinoise ne compte pas moins flc 44.000 caractères idéographiques, que
- LA SCIENCE
- seuls les appareils télégraphiques imprimant ou dessinant, du genre Casclli, auraient pu transmettre. Mais, comme ces appareils sont très délicats et fort chers, il a fallu chercher un moyen pratique de se servir du système Morse à signaux linéaires.
- La difficulté a été vaincue grâce à l’idée
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- ingénieuse de M. Viguier, capitaine de port à Shangaï. Cet officier composa un code télégraphique avec les 5.00Ü principaux idéogrammes du dictionnaire « de l’empereur Kiang-Ksi j> qui est un ouvrage classique' en Chine où il fait autorité. A chacun de ces caractères lut attribué un nombre de 4 chiffres que l’on transmet par le télégraphe. On échange ainsi des dépêches chiffrées qui, — comme celles du gouvernement,—ont l’avantage de n’être lisibles que par celui qui possède la clé du code.
- Comme les expéditeurs et destinataires ordinaires doivent s’en remettre aux employés du télégraphe pour la traduction des chiffres du code, ou inversement en clair, ces derniers ne se font pas faute d’exiger du public une commission supplémentaire à leur profit qui varie, suivant la position du client, mais qui ne descend guère au-dessous de 1/10e du tarif par mot.
- ***
- L’huile de bois. — Voici qu’on signale un nouveau concurrent aux huiles de colza, déjà détrônées pour le graissage industriel par les huiles minérales. Il s’agit de ]’« huile de bois» extraite d'un arbre de la famille des euphorbiacées, connu au Japon sous le nom de «yamagiri » et qu’on exploite principalement pour la préparation de l’huile à Ilokkaido (île de Yézo). Cette huile est surtout employée dans le pays pour l’éclairage et l’imperméabilisation des vêtements en papier. On l’expédie à Kobé, logée dans de vieilles caisses à pétrole en fer-blanc, et elle revient dans ce port à environ 0,30 à 0,35 le kilo, gramme. On pense qu’un bel avenir commercial est réservé à ce produit en Europe, en rai-sonde ses qualités : absolument neutre, l’huile de bois est à recommander pour le graissage des machines, elle est également propre à la fabrication des savons et des vernis.
- ***
- Domestication des serpents. — Cet intéressant problème est depuis longtemps résolu au Brésil, où abonde, comme dans les pays chauds d’ailleurs, le surmulot (le gros rat gris des égouts de Paris), originaire de l’Asie centrale, d’où il s’est répandu dans tous les pays par la navigation. On élève en domesticité des giboias, sorte de petits boas qui ne dépassent point la grosseur du bras
- sur une longueur de 4 mètres au plus. Dans, l’Etat de Pernambuco, du Para, etc., toute maison bien tenue a sa giboia qui, dans le jour, se tient euroulée au pied de l’escalier. Le soir, elle se met en chasse et tue les rats jusque dans les greniers. Elle ne mange qu’une faible partie de ce gibier. Elle est d’aillleurs inofifensive pour l’homme et même pour l’enfant: et on la dresse à res-^ pecter les animaux de basse-cour. Un couplé de giboias se vend sur les marchés jusqu’à cinq mille reis (12,50).
- ***
- Coussin hermétique en papier. — L’industrie japonaise du papier est arrivée à fabriquer des papiers extraordinairement tenaces et pour ainsi dire indéchirables; ces sortes de papier peuvent même entrer maintenant en lutte avec les étoffes en caoutchouc, ainsi que le montre l’exemple suivant, emprunté à Der prahtische Mas-chinen-Constructeur :
- Un coussin de 30 centimètres de longueur sur 12 à 14 centimètres de largeur ne pèse, par exemple, que 39 à 45 grammes. Il est constitué par plusieurs couches de papiers les unes sur les autres et qui n’atteignent ensemble que 2 millimètres d’épaisseur. Malgré cela, on a pu constater qu’une bande du papier en question, de 16 c/m X 16 c/m, résiste très bien à un effort de traction moyen de 100 kilogrammes. L’homme le plus fort peut, avec des bottes ferrées, s’appuyer et marcher dessus sans endommager aucunement le coussin.
- Cette étonnante ténacité du papier est obtenue par un procédé tout spécial de fabrication. Le papier en question provient d’une matière végétale à fibres très allongées, les‘ quelles se croisent alternativement une à une.
- Chauffage électrique d’un hôpital. —
- vient d’installer, au nouvel Hospice du Mont-Carmel, près des chutes du Niagara, un système très complet de chauffage électrique qui mérite d’être mentionné.
- L’Hospice est construit à 3 kilomètres environ de l’usine de la Canadian NiaQara Power, qui lui fournit l’énergie électrique pour l’éclairage et le chauffage. L’édifiee dispose de 200 lampes à incandescence de 16 bougies; une force de 25 chevaux es
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- employée pour l’éclairage, la cuisine et le chauffage de l’eau, et, en hiver, 75 chevaux sont nécessaires pour le chauffage de l’étage inférieur de l’établissement qui comprend 11 chambres à coucher, une salle à manger, une salle de réception, un office et un corridor de 36 mètres de long sur 3 mètres de large. L’étage a 4m,50 de haut.
- Le corridor est chauffé par neuf appareils de 4 chevaux. Chaque chambre à coucher possède son appareil. Le courant, amené à 2.200 volts, est réduit à 110 volts par des transformateurs.
- L’Hospice dispose aussi de deux chaudières
- chauffées électriquement ; l’une do 1.800 litres de capacité, fournit l’eau chaude à la buanderie et aux bains. L’autre, de 675 litres, produit l’eau bouillante. Dans la grande chaudière, l’eau est portée de 15 à 100° en six heures.
- Dans l’usine, il y a un four électrique et trois fourneaux, dont le plus grand prend 50 ampères et peut rôtir 25 livres de viande à la fois.
- Les deux petits appareils prennent chacun 23 ampères sous 10 volts. Dans les petits poêles, on peut faire cuire du pain en 18 minutes.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Pour protéger et conserver les dessins au crayon, au fusain, à l’encre de Chine.
- — La formule suivante donne, paraît-il, de bons résultats pour la conservation des fusains et des dessins au crayon Conté. Mettez 60 grammes de gomme-laque blanche concassée menu dans un litre d’alcool à 90 degrés ; laissez macérer pendant trois ou quatre jours, en agitant de temps en temps. Bien filtrer, de façon à éviter le dépôt : on obtient alliai un excellent fixatif.
- l’our protéger ces dessins, ainsi que ceux à l’encre de Chine, un journal allemand conseille. pour empêcher qu il s’y forme des taches sous les frottements, de les recouvrir fi’une couche do collodion, cette substance étant préalablement additionnée de 2 pour 100 de stéarine empruntée tout simplement à une bonne bougie en stéarine. Pour étendre cet enduit protecteur, on le verse, comme le font les photographes pour leurs plaques, sur le dessin posé sur une plaque de verre ou une Planchette. Au bout de 10 minutes, tout est sec; le dessin possède un glaçage un peu terne et peut se laver sans aucun inconvénient.
- ***
- Pour donner un beau poli aux poêles et aüx fourneaux. — Voici l’un des procédés éployés dans le Nord et en Angleterre; il institue une amélioration sur le simple e,hploi de la mine de plomb avec de l’eau.
- On forme une pâte composée de :
- Mine de plomb pulvérisée. . 400 grammes
- Essence de térébenthine. . . 125 —
- Eau.......................125 —
- Sucre..................... 25 —
- On l’emploie avec la brosse. Une première
- pour l’étendre sur l’objet,une seconde,sèche, pour obtenir le brillant, qui est très beau.
- ***
- Colle â papier. — Un journal spécial amé ricain. le 'Western Painter, recommande la formule suivante pour fabriquer une bonne code à papier, assurant une adhérence parfaite et continue au bois et aux maçonneries, en dépit de 1 humidité. On prépare la colle de pâte comme d’ordinaire, avec de la farine de seigle, et, quand elle a bouilli, on y ajoute 8 gr. 1/2 d’un bon vernis à l’huile de lin et 8 gr. 1/3 de térébenthine par 500 grammes de colle. ***
- Comment on peut remplacer le verre dépoli.—Il arrive souvent aux photographes amateurs, ou même professionnels, en excursion, de briser le verre dépoli de leur chambre noire. Comment remédier à cet ennuyeux accident 2 Voici une méthode pratique assez simple, encore que toute temporaire. Elle consiste à prendre une plaque sensible de l’un de ses châssis et à la passer à l’hyposulfite ; ensuite on fait un bain de teinture bleue avec ; les tablettes qu’on trouve dans tous les ménages et qui servent pour le linge. La plaque est plongée dans ce bain pendant lfi minutes, puis mise à sécher et ensuite peut être
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- employée comme verre dépoli ; elle a l’a- i sans couleurs, ce qui permet de juger bien vantage de faire voir le sujet à photographier I mieux de ce que donnera l’épreuve définitive.
- QUELQUES INSTRUMENTS DE MUSIQUE PRIMITIFS (Suite)
- POPNILAT
- ;g7îV^;
- Fig. 232. — Harmonica japonais.
- e Japon a aussi un harmonica (fig. 232) beaucoup plus étudié que celui des Africains que nous avons représenté
- présenter d’autres spécimens des instruments de l’Inde, la contrée où les poèmes sacrés se chantent encore avec accompagne-
- précédemment. Les planchettes sont tendues | au-dessus d’un petit navire qui augmente la sonorité. Ceci n’est qu’un simple détail, mais ce détail montre combien la race japonaise est intellectuellement au-dessus des nègres de l’intérieur de l’Afrique.
- Notre fig. 233 reproduit Xharmonica-lam-iam.
- Cet harmonica est com-posé de disques de cuivre quirecouvrentdes boîtes cylindriques de même métal. Ici encore, il y a entente des lois de la sonorité. Ce tam-tam, frappé avec deux marteaux, comme celui qui accompagne la figure, produit des effets harmoniques saisissants.
- L'harmonica-tambour (fig. 234)de l’Inde anglaise se compose, comme on le voit, d’une série de petits tambours, dont le diapason varie avec la grosseur. Il a évidemment beaucoup d’analogie avec le tam-tam japonais, mais les sons de ce dernier sont plus retentissants. Nous regrettons de ne pouvoir re-
- Fig. 233. — Harmonica-tam-tam.
- ment de musique, et qui, par conséquent, doit être riche en types conservés depuis un grand nombre de siècles.
- Il nous reste à citer un instrument très primitif, la flûte en usage chez quelques peuplades indigènes de la Guyane. Cette flûte consiste tout simplement en un os — un os de daim, — percé de trois trous, et qui rappelle les flûtes faites dans l’antiquité avec l’os de la jambe d’un cerf, instrument bien éloigne du simple roseau creux. Les voyageurs qui ont traversé, par une soirée silencieuse, les pays habités par les Tamanaques, les Guayvas, les Galibis, ont conservé le souvenir des sons étranges que tirait de sa flûte quelque chasseur indigène et que répercutaient au loin les échos des forêts de sape-teilliers et de palmiers.
- CH. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’AssaS' La Eère, — lmp. Bayen, 13, rue, Neigre.
- Fig. 234. — Harmonica tambour de l'Inde.
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- Table des Matières
- Du Troisième Volume (année 1899) (2e Série).
- A
- Académie des sciences, II, 25, 42, 60, 76, 91,
- 107, 123, 141,151, 172, 187, 202, 219, 235,
- 252, 266, 283, 298, 811, 326
- Acétylène (production de 1’) par le carbure
- de calcium..............................110
- Acétylène (un village Suisse éclairé à 1’). . 349
- Accidents (les petits) du travail manuel, 79,
- 111. 143, 175, 207, 289, 271, 303, 335
- Accordéons (le commerce des).............. 29
- Agami (1’)................................209
- Agrandissement le meilleur possible (pour obtenir un) avec un médiocre objectif . . 230
- Aï (F) à deux orteils..................... . 321
- Air liquide (l’(...............................197
- Airs (dans les)................................131
- Alcools (consommation des) en France, en
- Allemagne et en Angleterre...................333
- Alphabets (les divers).........................157
- Animaux domestiques (statistique des) . . 109
- Anis étoilé (la production de F)...............301
- Apiculteurs (quelques conseils aux) ... 94
- Aquarium d’appartement (F) et ses hôtes, 17,
- 248, 273, 293
- Arbres fruitiers (pour les protéger contre
- les gelées tardives).........................125
- Arbres de la Normandie (les vieux) ... 87
- Argenterie (pour nettoyer F)...................238
- Arithmétique des animaux (correspondance) 5
- Artillerie de campagne ('destruction d’un
- village par la nouvelle).....................833
- Asphyxie dans les cuves (pour éviter FJ . . 301
- Astronomique (causerie) . . 15, 33, 65, 97, 129
- Automobile (la première)..................10. 141
- Automobilisme (F) et l’alcool..................212
- B
- Baleines et phoques............................267
- Bande pelliculaire (une) de 15 km. ... 29
- Bateau sous-marin : Gustave Zédé (les expérience du).................................... 91
- Baume samaritain pour plaies et blessures. 47
- Bécane (origine du mot)........................124
- Bechuanas (les)................................225
- Bibliothèque (installation d’une) .... 111
- Bière (la consommation de la)..................236
- Bijoux d’or et d’argent (entretien et nettoyage
- des)......................................... 62
- Billes de billard (pour teindre en rouge les). 15
- Blanchiment des objets en os................... 47
- Blanchissage à la vapeur (le)..................135
- Bobine de Ruhmkorff (construire soi-mème
- une)................................. 125, 134
- Bois de Kari (le) comme pavage .... 78
- Bois ininflammable (essai de)..................174
- Bois de Marseille (le)......................... 46
- Bombyx disparate (le) ou zigzag .... 193
- Bonbons (falsification des).................... 46
- Brillant (le meilleur) pour cuir de luxe . . 367
- Brongniart (Charles) (nécrologie) .... 206
- Bronze (une coulée de 4.200 k. de) ... 62
- Brouillard (contre le)....................332
- Brûlures (traitement des).................. . 15
- Bureau de poste automobile................203
- G
- Cachets antidiarrhéiques..................221
- Cacaoyer (le).............................145
- Cadastre (le).............................279
- Café mélangé à la chicorée (pour reconnaître le).....................................158
- Cailles (capture des) en Egypte...........254
- Calculateurs (tournoi de)................. 93
- Cambodge (au)............... 827, 343, 358, 371
- Canal en fer (un).............."... 189
- Cancer (la mortalité par le),.............237
- Cannelle (la) et ses falsifications .... 369
- Caoutchouc (pour raccommoder les objets en) 206
- Cartes à jouer illustrées.................256
- Castor du Rhône (le) •....................108
- Celluloïd (le)............................245
- Cerf-volant (la chasse au). ..... . 302
- Cerveau (le poids du) et l’intelligence. . . 203
- Champignons (les bons et les mauvais) 7, 23, 39
- Chemins de fer (la situation des) .... 148
- Cheval (la question du)...................212
- Cheval effrayé (quand on rencontre un) . . 230
- Chevelures rousses (les)..................110
- Chien pêcheur (le)........................ 45
- Chou (un ennemi du).......................254
- Ciment armé (une application imprévue du) 268 Cinématographiques (réglement pour l’usage
- des appareils).......................... 44
- Cire à parquet artificielle...............158
- Citron (jus de) artificiel................ 30
- Cloche tubulaire (la).....................311
- Cloche à acétylène (rupture d’une) ... 12
- Colle imperméable.........................110
- Colle sur fer-blanc.......................384
- Commutatrices (les), transport de l’énergie
- par l'électricité)...................... 37
- Consommation des boissons, pain, viande, etc., par habitant du monde entier. . . 155
- Constructions (les) à l’épreuve du feu . . 122
- Coquillages explosifs.....................188
- Corbeaux (la destruction des).............366
- Corée (la) et les Coréens.................241
- Coton hydrophile (préparation du). . . . 286
- Coucou (le), oiseau utile.................123
- Couveuse originale (une).................. . 29
- Crémation (la) au théâtre................. 47
- Crevasses du bois (pour boucher les) . . . 270
- Cryptographie (de la). . 274, 307, 330, 341 355
- Cuivres (tissus à nettoyer les)........... 46
- Cyclisme et automobilisme, 10, 26, 59, 81, 98
- 227 354
- p.377 - vue 383/386
-
-
-
- 378
- TABLE DES MATIÈRES
- Cycliste (le décalogue du) . . . . . . 366
- D
- Dames rabattues (les) (dérivé du jacquet) . 63
- Déchets de scierie, sciure et copeaux. . . 31
- Derviches hurleurs et tourneurs (les) de
- l’Egypte...............................217
- Désinfection des vases de nuit............157
- Désinfection rapide de l’eau des puits . . 334
- Desmarets (Nicolas).......................257
- Dessiccation chimique (le pouvoir de). . . 364
- Diamants en Chine (les)...................350
- Dindonneaux (la prise du rouge chez les) . 302
- Dorure do petits objets...................111
- E
- Eau sédative (préparation de 1’) . . . . 63
- Echelle de sauvetage (nouvelle)...........221
- Ecrevisses (repeuplement d’un cours d’eau en) 155
- Edelweiss (la culture de 1’)..............353
- Eléphants morts (les)..................... 29
- Encre de Chine (la bonne).................302
- Encre d’or................................236
- Encre pour les étiquettes de flacons ... 14
- Encre pour écrire sur verre...............175
- Encres sympathiques (les).................253
- Enduit protégeant le fer et l’acier.... 15
- Eros (la nouvelle planète)................363
- Estomac (la photographie de F), .... 269
- Etamage des glaces (protection de 1’). . . 30
- Europe (la population de 1’)..............157
- Expérience de laboratoire curieuse . . . 351
- Exposition électrique du centenaire de la pile, à Côme (incendie de 1’)................285
- F
- Fakirs (les) de l’Inde....................216
- Fantômes à la portée de tous..............192
- Fantômes magnétiques (photographie des) . 287
- Fiacres électriques (les).................217
- Fils d’acier (trempe de).................. 15
- Fleurs (richesses en parfum des) .... 285
- Fleurs (les) que l’on mange...............189
- Foins (préparation des)...................231
- Force physique (le maximum de la) . . . 253
- Forêts (les) du monde.....................124
- Foudre (la) dans les bureaux télégraphiques. 263
- Friedel (Charles) (nécrologie)............206
- Fusain pour le dessin (la fabrication du). . 277
- G
- Gants' blancs glacés (nettoyage deé) . . . 366
- Gaz des hauts fourneaux (transformation en
- alcool)................................ 92
- Gaz nuisibles à la santé (les)............ 29
- Girafes (les)... et la Triplice."......... 13
- Gobille (la) et les deux assiettes .... 352
- Goultes (combien il y a de) dans un centimètre cube................................... 46
- Graisse brillante pour les souliers.... 334
- Grenouilles (la plaie des)................333
- Grenouilles cataleptiques (les) ..... 352
- Grève (la première)....................... 29
- Grotte dans l’Hérault (découverte d’une) . . 13
- Grue (la).................................305
- Guerre (ce qu’a coûté la dernière) à l’Espagne ....................................
- Guêpes (eau de chaux contre les piqûres de)
- H
- Harnachement (contre les blessures produites
- par le)................................
- Herbes soporifiques.......................
- Hirondelle de proie..........................
- Homards monstres..........................
- Homme (ce qu’il y a dans 1’)..............
- Horloge monstre (une) à Philadelphie . .
- Horloge (1’) du palais de Ilampton-Court, à
- Londres................................
- Houille (la) dans l’Inde..................
- Houille (transformation de la tourbe en). Huile de foie de morue (pour prendre F). .
- Hygiène dans les colonies (P).............
- I
- Illustration (F) du livre par la photographie. Imperméabilisation des tissus (procédé d’) . Imprimerie en France (le livre d’or de F) . Imprimerie électrique sans encre .... Industrie (F) minérale au Japon .... Incandescence (F) par le gaz et l’électricité .
- Inscriptions sur le verre.................
- Instruments de musique primitifs (quelques) .............................£67,
- Interrupteur (F) électrolytique de M.Wehnelt
- J
- Java (Voyage à travers). . .151, 167, 182,
- Jeux de table et de salon (les). . 31, 63,
- K
- Kirsch....................................
- L
- Laine ou coton............................
- Laine d’acier (emploi de la)..............
- Lait (influence des plantes sur la coloration
- du)....................................
- Lampes à arcs (les) en vase clos ....
- Lampe portative à acétylène...............
- Lanternes à acétylène.....................
- Lepismium Knightii, plante d’appartement Lignes télégraphiques (les ennemis des). . Locomotives à provision d’eau chaude .
- Loups (la destruction des)................
- Lumière (sur les actions de la) aux très
- basses températures....................
- Lunettes (origine des)....................
- Machine à fabriquer les boîtes .....
- M
- Machine à écrire pour les enfants (petite) .
- Macre (la) ou châtaigne d’eau.............
- Mal de mer (contre le)....................
- Manuscrit de Galilée (découverte d’un) . Marins (mortalité des) des grandes pèches
- (1898)........................... . . .
- Mers du sud (profondeur des) ..... Mésange (curieux nid de)..................
- Il
- 287
- 251
- 174
- 253
- 94
- 284
- 30
- 13
- 124 300
- 125 163
- 263
- 350
- 332
- 124
- 156
- 21
- 207
- 376
- 185
- 199
- 95
- 238
- 191
- 13
- 285
- 150
- 86
- 165
- 109
- 93
- 237
- 365
- 147
- 45
- 204
- 132
- 113
- 206
- 93
- 205
- 300
- 253
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- 379
- Métiers inconnus (petits)................. 58
- Métronome à bon marché (un)............... 3
- Meules à aiguiser (soins à donner aux) ... 15
- Meule de sûreté........................... 12
- Microphone (origine--dtLinot,)............ 30
- Mine de -charbon (la plus ancienne) de
- l’Europe.................................... 221
- Minéraux (provenance des principaux) . . 269
- Mizon (mort de l’explorateur).............151
- Monnaies (une exposition de) en 19 ;0. . . 269
- Moteur minuscule.......................... 10
- Mouches (piège à)............................. 271
- Mouches et taons (poûr chasser) .... 238
- Moulage de feuilles en plâtre.............222
- Mouvements des plantes (les).............. 49
- N
- New-York, premier port du monde ... 61
- Nicotine (la) contre les parasites des bestiaux 207 Nougat de Montélimar (pour fabriquer le) . 79
- O
- “ Océanie ” (T) le plus grand paquebot du
- monde...................................123
- Œufs (conservation des)...................351
- Œufs (les) dans les nids..................285
- Oignons (conservation des ) en Zélande . . 316
- Oiseaux (vol des)......................... 93
- Ongle incarné (traitement de 1’) . . . . 110
- Opérations chirurgicales sur des animaux . 815
- Opium (1’). . 38
- Oreilles (le percement des)...............286
- Os dans le pot-au-feu ? (faut-il mettre des) . 143
- Ostréiculture (1’) et les huîtres à bon
- marché.................................. 71
- Ozone liquide (1’) . .....................203
- P
- Paille (l’industrie de la)................226
- Papier incombustible (formule de) . . . 287
- Papier (nouvelles applications du). ... 61
- Papier transparent pour calquer les dessins
- (moyen de rendre le).................... 63
- Papier (restaurant en)....................268
- Papier (la production du) dans le monde . 268
- Papiers tachés (nettoyage des)............ 30
- Papier (le) en Corée............................299
- Papier (un nouveau) . . 349
- Paquebots les plus rapides (les) .... 4
- Partinium (le)..................................315
- Pascal (le masque de)..................... 94
- Pâte à la benzine pour détacher .... 192
- Peau de chamois (nettoyage de la). . . . 303
- Perles artificielles «(la fabrication des). . . 309
- Pétrole (pour faire disparaître l’odeur du) 367 Photographie pratique : tons sépia pour
- épreuves sur papier.....................292
- Photographie pratique : développement à l’acide pyrogallique et la soude caustique. 322
- Photographie pratique : le produit chimique le plus important en photographie . . . 347
- Photographie de cyclistes.................334
- Photographie (les mystères de la)... . 1
- Photographie sans objectif (encore la) . . 194
- Photographiques (construction pratique des appareils et accessoires) (suite), 19, 35, 53,
- 75, 84, 101, 118,138, 159, 171, 177) 210,228 247
- Photographiques (inscriptions sur les
- épreuves).................................... 94
- Pièces de monnaie anciennes (fabrication
- des)......................................... 31
- Pigeons-voyageurs (les) sur l’Atlantique. . 190
- Pigeons-voyageurs (emploi des) par les paquebots transatlantiques ...................... 45
- Pinceaux à vernis (pour nettoyer les) . . 175
- Planchers en couleur (pour passer les) . . 158
- Plâtre (pour durcir les objets en) . . 255, 334
- Plein (le), jeu dérivé du Jacquet .... 31
- Pommes de terre (traitement des). . . . 221
- Pompe géante (une)...............................364
- Porc (un aliment nouveau pour le) . . . 364
- Poisson (pour écailler le).......................367
- Poudre contre les coupures de rasoir. . . 15
- Poudre insecticide............................... 79
- Poules élevées par des perdrix ..... 205
- Princesse aux chiens (la)........................ 92
- Production d’effluves........................... 55
- Projecteurs à l'acétylène (les) et le service de
- la santé.......................................268
- Protoptôre (le)..................................337
- Q
- Quinquina (le)...................................294
- R
- Rat du Brésil (le)...............................321
- Rayons émis par une pointe électrisée . . 366
- Réglage des montres (note sur le) . . . . 133
- Revue des livres..............6, 122, 250, 311 349
- Rhume de cerveau (pour arrêter un) . . . 350
- Rose bleue (la) .................................220
- Roue de Paris (la grande)........................ 44
- Rouille (l’enlèvement de la) . , . . . . 63
- S
- Sac de soldat'(les vivres du)....................237
- Sangliers écrasés par un train...................155
- Savons de toilette (fabrication des) . . . 266
- Savons noirs (pour déceler la falsification des) 270
- Serpents dans l’Inde (les).......................205
- Société protectrice des oiseaux..................142
- Soie artificielle................................197
- Soie artificielle (nouvelle)............... . 253
- Souris (pour éloigner les).......................239
- Station centrale roulante (une)..................365
- Statuette en terre cuite (réparation d’une) . 46
- Suzo (les ruines de)............................. 78
- T
- Taches (enlèvement des) par l’eau de
- haricots....................................... 14
- Taches sur les meubles (pour enlever les) 255
- Tapis (J'industrie des) au Japon .... 285
- Téléphone (origine du mot)....................... 31
- Téléphone à Paris (le)...........................300
- Terre (le poids de la)...........................204
- Timbres-postes français (les nouveaux) . . 154
- Toiles à peindre (préparation des). . . . 221
- Toile à calquer (pour rendreje poli à la) . 63
- Tonneaux en papier ........ 220
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- 380
- TABLE DES MATIÈRES
- Tournecase (le) (jeu dérivé du jacquet). . 05
- Toxiques (vente des) (par les détaillants) . 179
- Train de bois monstre (un)................. 44
- Transport des maisons aux États-Unis(l’in-
- dustrie du).............................161
- Transport (curieux) (d’une cheminée d’usine. 62
- Tricycle-voiturette automobile (construction
- d’une).................... 289. 317, 324, 329
- Trottoirs cyclables....................350
- Tue-mouches........................... 158
- Turgot (le tombeau du ministre) .... 156
- U
- Union (1’) (fait la force).............352
- Usine Krupp (P)........................ 92
- V
- Veilleuse commode (une)................142
- Vélocipédie (la) et le fisc............ 10
- Velours (remise à neuf du).............302
- Ver gris (contre le) (de la vigne) .... 271
- Vernis caoutchouc......................191
- Vernis à Peau ................................302
- Vernis pour cuir ordinaire............. 14
- Vernissage des parquets en vieux carreaux
- rouges.......................................191
- Verre dépoli (comment on peut remplacer le) 375
- Verrues (recette contre les)...................142
- Vers à soie (conservation des œufs de) . . 204
- Vers de terre (récolte des)....................125
- Vêtements en caoutchouc (pour rendre la
- souplesse aux).............................. 63
- Viandes (pour conserver les) pendant les
- grandes chaleurs............................316
- Ville électrique (une).........................237
- Vins français (la production des) (en 1898) . 78
- Vitesse (mesure de la) sur route .... 335
- Vitesse transatlantique (le record de la). . 203
- Vitesses (les) (de l’homme)....................259
- Vitesse (la) (est-elle un danger en automobilisme) ?.......................................354
- Vitraux (imitation de vieux).................... 95
- Voix (influence de l’alimentation sur la). . 190
- Voyage en ballon (épisode de la guerre de
- 1870).............................. 67, 114
- Vulnéraire (action néfaste du).................188
- Z
- Zinc (suppression de 1 éclat du)................ 46
- La Fère. — lmp. Bayen, 13, rue Neigre.
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